Historique des interventions
Leçons apprises
200 ANS DE GESTION DU COUVERT ARBORE
Les dominantes
• 1800-1950: L’Etat deboise
• 1950-80: La “conservation des sols”, l’ere des structures mecaniques
• 1980-2000: Agroforesterie et structures vegetales de freinage du
ruissellement
• 2000-2010: Extension des cultures perennes a travers des incitations
de marche (“market-driven natural resources management”)
• 2010-2015: Subventions directes pour la mise en place de systemes
d’exploitation durables
1800-1950: L’Etat deboise
Legislation et incitations fiscales pour l’exportation des forets (campeche,
acajou, gaiac, bois jaune….plus de 10 especes pour la teinturerie, le
tannage du cuir, l’industrie navale, pharmaceutique, l’ebenisterie…)
1950-1980: L’ere des structures mecaniques
En 1955, deja:
- 4.000 kilometres de
structures de protection
- 14.000 m3 de seuils en
pierres seches dans les
ravines
Fin 1970: Quelques lecons fondamentales et
certaines reussites par la suite (“Bwa se danre”)
“L’orientation marchande et l’organisation sociale de la societe
paysanne haitienne, jointe a la demande croissante de bois pour
satisfaire les besoins en energie, suggerent que le temps est venu
d’envisager la faisabilite de faire du bois une culture de rente”.
“Le paysan haitien est trop appauvri pour se permettre le luxe de se
preoccuper de “conservation des sols” en tant qu’objectif a court
terme. La conservation des sols est possible […] seulement en tant que
resultat secondaire d’activites novatrices dont la fonction primaire, du
point de vue du paysan est la generation de revenus supplementaires.”
(Gerald Murray, 1979)
1980-2000: Accent sur le vegetal:
agroforesterie, “cultures en couloir”
2000-2010: Incitations a l’extension des cultures perennes a
travers les mecanismes de marche (ameliorer la qualite, court-
circuiter les intermediaires, augmenter les prix au producteur)
Amelioration de la conduite des manguiers
et du conditionnement des fruits pour
l’export, coops de commercialisation… Cacao pour l’exportation
On sait ce qu’il ne faudrait plus faire: du pret
a porter, vite et presse
Ce qu’il faudrait faire:
observer, ecouter, comprendre
avant d’entreprendre
Il y a des arbres en
quantite mais ou sont
les “forets”?
2% de couvert arboré ou
32% ?
Une couverture arboree
construite par les agriculteurs et
qui remplit de multiples
fonctions
Pourquoi il y en a la et pas la?
Les contraintes possibles: sols,
pluviometrie, altitude,
exposition, marche des produits,
foncier…
Ce serait pas le charbon?
Les lecons de l’histoire: C’est pas le charbon.
Paysages de 1930, avant l’urbanisation
Morne Puilboreau Route Las Cahobas-Hinche
Les lecons de l’histoire: C’est pas le charbon.
Paysages de 1930
Bien comprendre les mecanismes de l’erosion pour definir des
solutions adaptees
Faible efficacite, faible durabilite, couts eleves, faible
valorisation des ouvrages mecaniques (cordons de pierres,
murs secs, canaux de contour)
C’est la litiere et les filtres vegetaux qu’il faut developper pour
accroitre les taux de MO en surface et favoriser l’infiltration
des eaux de pluie (cf. Roose, 2014)
Integrer davantage l’arbre et les plantes pluriannuelles dans
les systemes vivriers
… mais, avec des pentes fortes,
ca ne saurait nous proteger contre consequences des episodes de precipitations
violentes (70-100 mm./heure)
Couvert boise et inondations a l’epoque coloniale
“
Quelques fois, le quart de la pluie des plaines tombe par un seul orage. Rien n’egale le ravage et les
degradations occasionnes par ces immense eaux” St-Venant, planteur colonial
Moreau de St-Mery sur Gonaives: “ L’emplacement du bourg est evidemment tropbas, les grandes
pluiesl’inondent souvent, le terrainne peut s’egouter…”
Moreau de St-Mery sur la Grande Riviere du Nord: “ cette riviere qui eprouve quelques fois un dessechement
presque total est connue pour la violence de ses debordements” (inondations majeures en 1684, 1697, 1705, 1722
[200 morts], 1751, 1754..)
L’Artibonite: Quelques fois l’elevation de ses ecores ne suffit pas pour la contenir; et apres avoir encore
surmonte les digues, qui ont depuis six jusqu’a dix pieds de haut, elle se repand dans la plaine”
Ce qu’il faudrait faire:
• Capitaliser sur les opportunites de marche pour etendre les
productions perennes et pluriannuelles afin d’augmenter
parallelement le revenu des producteurs
6 millions d’urbains et plus = Demande et prix croissants pour:
- Fruits a forte valeur calorique (avocat, fruit a pain, arbre a pain,
banane, mangue, canne de bouche …)
- Poteaux de construction, bois d’oeuvre
- Bois energie (charbon)
Capitaliser sur les savoir faire paysans
Quelques exemples
Canne de bouche associee a de la banane
sur les versants d’une zone humide Amenagements de ravines
Capitaliser sur les savoir faire paysans
Quelques exemples
Gestion des forets seches pour la
production de charbon Systemes agroforestiers multi-etages
Sur le plan institutionnel:
- Des programmes sur le long terme,
pas des projets (3-5 ans)
pour favoriser l’extension des systemes de production durables et
rentables
- Des services de l’Etat qui remplissent leurs fonctions d’appui:
formation, recherche appliquee, controle et lutte
phytosanitaire, recherche de marches, desenclavement,
securisation fonciere…

Haiti

  • 1.
  • 2.
    200 ANS DEGESTION DU COUVERT ARBORE Les dominantes • 1800-1950: L’Etat deboise • 1950-80: La “conservation des sols”, l’ere des structures mecaniques • 1980-2000: Agroforesterie et structures vegetales de freinage du ruissellement • 2000-2010: Extension des cultures perennes a travers des incitations de marche (“market-driven natural resources management”) • 2010-2015: Subventions directes pour la mise en place de systemes d’exploitation durables
  • 3.
    1800-1950: L’Etat deboise Legislationet incitations fiscales pour l’exportation des forets (campeche, acajou, gaiac, bois jaune….plus de 10 especes pour la teinturerie, le tannage du cuir, l’industrie navale, pharmaceutique, l’ebenisterie…)
  • 4.
    1950-1980: L’ere desstructures mecaniques En 1955, deja: - 4.000 kilometres de structures de protection - 14.000 m3 de seuils en pierres seches dans les ravines
  • 5.
    Fin 1970: Quelqueslecons fondamentales et certaines reussites par la suite (“Bwa se danre”) “L’orientation marchande et l’organisation sociale de la societe paysanne haitienne, jointe a la demande croissante de bois pour satisfaire les besoins en energie, suggerent que le temps est venu d’envisager la faisabilite de faire du bois une culture de rente”. “Le paysan haitien est trop appauvri pour se permettre le luxe de se preoccuper de “conservation des sols” en tant qu’objectif a court terme. La conservation des sols est possible […] seulement en tant que resultat secondaire d’activites novatrices dont la fonction primaire, du point de vue du paysan est la generation de revenus supplementaires.” (Gerald Murray, 1979)
  • 6.
    1980-2000: Accent surle vegetal: agroforesterie, “cultures en couloir”
  • 7.
    2000-2010: Incitations al’extension des cultures perennes a travers les mecanismes de marche (ameliorer la qualite, court- circuiter les intermediaires, augmenter les prix au producteur) Amelioration de la conduite des manguiers et du conditionnement des fruits pour l’export, coops de commercialisation… Cacao pour l’exportation
  • 8.
    On sait cequ’il ne faudrait plus faire: du pret a porter, vite et presse
  • 9.
    Ce qu’il faudraitfaire: observer, ecouter, comprendre avant d’entreprendre
  • 10.
    Il y ades arbres en quantite mais ou sont les “forets”? 2% de couvert arboré ou 32% ? Une couverture arboree construite par les agriculteurs et qui remplit de multiples fonctions Pourquoi il y en a la et pas la? Les contraintes possibles: sols, pluviometrie, altitude, exposition, marche des produits, foncier… Ce serait pas le charbon?
  • 11.
    Les lecons del’histoire: C’est pas le charbon. Paysages de 1930, avant l’urbanisation Morne Puilboreau Route Las Cahobas-Hinche
  • 12.
    Les lecons del’histoire: C’est pas le charbon. Paysages de 1930
  • 13.
    Bien comprendre lesmecanismes de l’erosion pour definir des solutions adaptees Faible efficacite, faible durabilite, couts eleves, faible valorisation des ouvrages mecaniques (cordons de pierres, murs secs, canaux de contour) C’est la litiere et les filtres vegetaux qu’il faut developper pour accroitre les taux de MO en surface et favoriser l’infiltration des eaux de pluie (cf. Roose, 2014) Integrer davantage l’arbre et les plantes pluriannuelles dans les systemes vivriers
  • 14.
    … mais, avecdes pentes fortes, ca ne saurait nous proteger contre consequences des episodes de precipitations violentes (70-100 mm./heure) Couvert boise et inondations a l’epoque coloniale “ Quelques fois, le quart de la pluie des plaines tombe par un seul orage. Rien n’egale le ravage et les degradations occasionnes par ces immense eaux” St-Venant, planteur colonial Moreau de St-Mery sur Gonaives: “ L’emplacement du bourg est evidemment tropbas, les grandes pluiesl’inondent souvent, le terrainne peut s’egouter…” Moreau de St-Mery sur la Grande Riviere du Nord: “ cette riviere qui eprouve quelques fois un dessechement presque total est connue pour la violence de ses debordements” (inondations majeures en 1684, 1697, 1705, 1722 [200 morts], 1751, 1754..) L’Artibonite: Quelques fois l’elevation de ses ecores ne suffit pas pour la contenir; et apres avoir encore surmonte les digues, qui ont depuis six jusqu’a dix pieds de haut, elle se repand dans la plaine”
  • 15.
    Ce qu’il faudraitfaire: • Capitaliser sur les opportunites de marche pour etendre les productions perennes et pluriannuelles afin d’augmenter parallelement le revenu des producteurs 6 millions d’urbains et plus = Demande et prix croissants pour: - Fruits a forte valeur calorique (avocat, fruit a pain, arbre a pain, banane, mangue, canne de bouche …) - Poteaux de construction, bois d’oeuvre - Bois energie (charbon)
  • 16.
    Capitaliser sur lessavoir faire paysans Quelques exemples Canne de bouche associee a de la banane sur les versants d’une zone humide Amenagements de ravines
  • 17.
    Capitaliser sur lessavoir faire paysans Quelques exemples Gestion des forets seches pour la production de charbon Systemes agroforestiers multi-etages
  • 18.
    Sur le planinstitutionnel: - Des programmes sur le long terme, pas des projets (3-5 ans) pour favoriser l’extension des systemes de production durables et rentables - Des services de l’Etat qui remplissent leurs fonctions d’appui: formation, recherche appliquee, controle et lutte phytosanitaire, recherche de marches, desenclavement, securisation fonciere…