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Bilan et Perspectives
En semble p our le s per s onne s s a n s a bri !
©LoïcDelvaulx
L’Ilot 2015
Éditrice responsable
Ariane Dierickx
Brochure réalisée par
Gregory Vandendaelen
Graphisme
Lisa Boxus / inextenso.be
Photographies
Loïc Delvaulx
Sommaire
Éditorial
2015 en quelques chiffres
L’État anti-social actif
L’ILOT : une approche globale
Mission, Vision, Action
Notre public
Accueillir
Témoignages
Le Clos
Les pots de L’ILOT, tremplin vers l’emploi
L’ILOT 160
L’ILOT 38
L’ILOT Jumet
Capteur de logements
S.Ac.A.Do.
Témoignages
Nos comptes
Les sans-toit veulent un toit !
Nous soutenir
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éditorial
2015futuneannéecharnièrepournotreasso-
ciationenévolutionconstante,àl’imagedela
société qui nous entoure.
Depuisplusde50ans,L’ILOTestauxcôtésdes
personnessansabri.Noussommestoujourslà
etnousn’avons,malheureusement,jamaiseu
autant de travail et de demandes d’aide.
Nos méthodes de travail, nos ambitions en
tantqu’association,elles,évoluentetdevront
encoreévolueraufildesannéesàvenir.Notre
société, le monde qui nous entoure, est plus
complexe, plus segmenté, plus divisé que
jamais. La pauvreté et l’isolement social
gagnent chaque jour du terrain. Les chemins
quimènentausans-abrismen’ont,eux,jamais
été aussi nombreux.
UneassociationcommeL’ILOTsedoitd’adap-
ter ses méthodes de travail et ses actions de
terrain à cette société en profonde mutation.
Depuisquelquesannéesdéjà,nousmultiplions
les expériences afin de répondre au mieux
aux évolutions de notre public et aux change-
mentsdupaysageéconomiqueetsocialbelge
et européen. Aujourd’hui, à l’heure d’écrire
ces lignes, nous pouvons être fiers d’être une
des associations dont les projets sont parmi
les plus diversifiés du secteur. Si nos projets
sont multiples et s’adressent à différents
publics, l’objectif de notre association reste
©LoïcDelvaulx
en quelques chiffres :2015
Ariane Dierickx
Directrice générale
inchangé : diminuer et éradiquer un jour le
sans-abrisme. Un objectif ambitieux certes,
maisauquelnouscroyonsfermement.Vousle
lirez dans ce rapport, à L’ILOT, nous n’accep-
tons pas d’intervenir uniquement pour rendre
la vie en rue moins indigne ou moins incon-
fortable, ni même encore pour éviter qu’on y
meure de froid ou de faim. Bien sûr, cela reste
nécessaire, mais notre objectif doit être plus
ambitieux : nous devons multiplier les portes
de sortie concrètes et durables. Ce travail de
longue haleine passe par une action concrète
de recherche active de solutions logement et
par la mise en place d’actions visant l’autono-
miefinancièredespersonnes.Toutenpoursui-
vantetenaméliorantlesservicesdéveloppés
par le passé, c’est notamment ce à quoi nous
nous sommes employés en 2015.
Bonne lecture,
•	 1 046 personnes sans abri accueillies
dans nos différents services
•	 21 946  nuitéesdansnos3 centresd’hé-
bergement
•	 92 personnesontretrouvéunlogement
aprèsunpassagedansundenosprojets
•	 13 852 repasdemidiéquilibréset7 022
petits déjeuners distribués en journée
au Clos
•	 5 679 douches chaudes prises au Clos
•	 	1 017 lessives de vêtements d’usagers
et usagères du Clos
•	 	plus de 65 usagers et usagères du
centre de jour Le Clos suivis par le Ser-
vice social
•	 30 famillesparmilesquelles65 enfants
hébergées dans notre Maison d’accueil
d’urgence
6 7
L’État
anti-social actif
Billet d’humeur
Il y a quelques dizaines d’années, lorsqu’une per-
sonne poussait la porte de L’ILOT, elle savait
qu’après avoir pris le temps nécessaire du repos
puis celui de la reconstruction, elle pourrait, avec
notre soutien, retrouver un logement, voire même
un emploi, et repartir du bon pied. Savoir qu’il était
possible de trouver des solutions concrètes et effi-
caces était aussi important pour notre public que
pour nos travailleurs sociaux. Et dans tous les cas,
nous pouvions compter sur un État social certes
imparfait mais néanmoins capable de défendre les
plus fragiles.
La situation d’aujourd’hui est bien différente : la
crise économique est passée par là, transformant
le marché de l’emploi en une grande loterie dont
seuls certains joueurs reçoivent un ticket et la
crise du logement a pris une telle ampleur qu’elle
touche désormais aussi les ménages aux revenus
moyens. L’État social qui se voulait si ambitieux est
demoinsenmoinscapabledecorrigerlesinégalités
sociales,absentesdelaplupartdespréoccupations
politiques actuelles : les mécanismes de redistri-
bution qu’il avait développés pour lutter contre ces
inégalités se sont dégradés au profit d’un système
néolibéralapparemmenttriomphantquiaprogres-
sivement fragilisé le système global de protection
sociale, détricoté les services publics, multiplié les
statuts précaires et provoqué la prolifération des
politiques d’austérité.
Danscecontexte,lapauvretéaujourd’huin’estplus
considéréecommelaconséquenced’unerépartition
inégaledesrichessesmaisbiencommeun« accident
de parcours » dont la responsabilité devient indivi-
duelleetnonpluscollective.Ilneresteplusdèslors
qu’àaccepterdeselaisser« activer »ou« réinsérer »
pour expier sa faute. Celles et ceux que le système
n’aura pas réussi à digérer seront, au choix selon
les époques et les idéologies, des « laissé.e.s pour
compte »,des« exclu.e.s »,des« surnuméraires »,des
« inemployables », des « démuni.e.s », des « nécessi-
teux »,des« défavorisé.e.s »,des« vulnérables »,etc.,
les « sans-abris » étant le symbole suprême de la
mise en échec de notre modèle social-démocrate.
Englués dans les réalités individuelles des per-
sonnes accompagnées, les professionnelLEs du
social finissent par se distancier de cette lecture
politiqueetparappliquerconsciemmentounonles
règles de l’État social actif. L’ILOT refuse cette lo-
gique qui enferme les travailleurs sociaux dans une
posture schizophrénique et contraire à la mission
qui doit rester la leur : tout en tâchant d’accompa-
gner au mieux les personnes à partir des individua-
lités microsociales, il nous faut rester vigilant.e.s
et développer une analyse critique des inégalités
macrosociales dans lesquelles s’inscrivent de plus
en plus de réalités individuelles.
Cette analyse politique des mécanismes qui
fabriquent les pauvres doit nous permettre de
constater que notre secteur récolte aujourd’hui
les fruits des politiques d’austérité et d’activation
imposées ces dernières décennies : greffé à un sys-
tèmeorganisantdefaçonstructurellelesinégalités
socialesdetoutesnatures,lesous-financementdes
secteursdelasanté,delajustice,delajeunesse,de
l’égalité entre femmes et hommes, du logement,
etc. amène dans nos services un nombre grandis-
sant de personnes. C’est le cas notamment des
personnes souffrant d’assuétudes lourdes et/ou
de problèmes de santé mentale, des sortant.e.s de
prison dont les institutions pénitentiaires n’ont pas
pu préparer la réinsertion, des jeunes qui sortent
d’institutions à leur majorité sans aucun filet de
sécurité, des femmes victimes de violences conju-
gales ou intrafamiliales qui ne trouvent pas de
place dans les structures d’urgence spécialisées,
defamillesincapablesdepayerunloyerdevenuina-
bordable, d’allocataires sociaux subitement exclus
du chômage, etc.
Les chiffres enregistrés dans nos différents ser-
vices en 2015 attestent de l’aggravation de cette
tendance. Le dernier dénombrement réalisé par La
Strada en novembre 2014 a enregistré 2 603 per-
sonnes sans abri ou très mal logées en Région de
Bruxelles-Capitale 1
. Ces chiffres alarmants ne
semblent toutefois pas suffisants pour convaincre
le niveau politique de l’urgence de la situation. Et
forceestdeconstaterque,dansunmêmecontexte
d’austérité, toutes les urgences n’ont pas la même
valeur et, que dans la hiérarchie des urgences,
celle de l’humain en a nettement moins que celle
du béton des tunnels bruxellois pour prendre un
exemple récent.
L’accompagnement individuel des personnes, qui
reste le cœur de l’action de L’ILOT à travers ses
différents services, ne doit pas nous empêcher
de dénoncer cette situation et de tenter d’influer
sur le niveau politique. C’est par des propositions
constructives et des projets innovants, créatifs
et alternatifs qui permettront d’inverser cette
tendance, que L’ILOT s’engage aussi, auprès des
personnes sans abri, à construire une société plus
égalitaire et plus solidaire.
Ariane Dierickx,
Directrice générale
1	 LaStradaestlecentred’appuiausecteurbruxelloisd’aideaux
personnes sans abri. Parmi ces 2 603 personnes, on compte
56% d’hommes, 22% de femmes, 20% d’enfants et 2% non
précisés.
Depuis plus de 50 ans, L’ILOT vient en aide aux personnes les plus fra-
gilisées par notre société et tente de leur proposer des solutions les plus
durables possibles. Elle tente aussi de s’adapter aux nouveaux défis aux-
quels nous sommes confrontés.
©LoïcDelvaulx
8 9
Trouver
un logement :
« Capteur de
Logements »
Sortir de la rue
et ne pas y retomber :
« S.Ac.A.Do »
L’ILOT : une approche globale
Un accueil
pour les sans-abri
en journée :
« Le Clos »
Héberger et
accompagner des
hommes sans abri à
Bruxelles « L’ILOT 38 »
Héberger et
accompagner
des hommes sans
abri en Wallonie
« L’ILOT Jumet »
Une maison
d’hébergement
pour les femmes
et les familles
sans abri :
« L’ILOT 160 »
L’ILOT est composé de 6 projets : le Centre de jour ‘Le
Clos’,lestroisMaisonsd’accueil,leservicedeguidance
à domicile S.Ac.A.Do et la Cellule ‘Capteur de Loge-
ments’ représentent le dispositif global d’accompa-
gnementdel’ASBLL’ILOT.
L’équipestratégiqueetadministrativesituéeausiège
de l’ASBL, 73 rue de l’Eglise à Saint-Gilles, coordonne
l’action sociale et soutient la gestion et les missions
del’ensembledesservicesproposés.
Mission
L’ILOT a pour missions de répondre aux besoins
despersonnessansabriparl’accueil,l’hébergement
et l’offre de services de première nécessité, et de
mener une action de fond par un accompagne-
ment individuel.
Notre objectif est atteint lorsque les personnes
accompagnées retrouvent un niveau d’autonomie
leur permettant de réaliser leur(s) projet(s) et des
conditions de vie dignes.
Vision
•	 Une place pour chacun et chacune ! Ceci
nécessite que chaque personne soit reconnue
et accueillie telle qu’elle est, qu’elle trouve une
place au niveau de notre association et retrouve
celle à laquelle elle a droit dans la société.
•	 La dignité pour tous et toutes ! Ceci suppose
de proposer des solutions dignes et adaptées
aux besoins des personnes : structures d’accueil
à taille humaine, accompagnement social de
qualité impliquant écoute active et attention
spécifique pour leur projet de vie, quel qu’il soit.
•	 Engagement et solidarité ! Par notre action,
nous visons le développement d’une société soli-
daire mue par l’engagement de ses citoyens et
citoyennes organisés ou non.
Action
•	 accueil
•	 hébergementenurgenceoudansladurée(de1jour
à 9 mois)
•	 repas
•	 lessives, douches, consignes à bagages
•	 accompagnement psychosocial
•	 guidance budgétaire
•	 aide à la recherche d’un logement
•	 accompagnement en logement des personnes
sorties de la rue
•	 aideàlarecherched’uneformationoud’unemploi
•	 soutien scolaire aux enfants
©LoïcDelvaulx
10 11
Notre public
Deshommes,desfemmes,desenfants,desfamilles
sans abri. En 2015, L’ILOT est intervenu auprès de
1 046 personnes.
Les différents services de L’ILOT s’adressent à des
personnes sans abri provenant de tout le territoire
belge. L’ILOT accompagne aussi des personnes qui
ne sont pas ou plus sans abri mais qui vivent en si-
tuation de grande précarité. Notre rôle est alors de
les aider à conserver leurs droits et leur logement.
Sans abri ?
S’appuyantsurlatypologieETHOS(EuropeanTypo-
logy on Homelessness and housing exclusion), qui
classifielespersonnessansabriselonleursituation
par rapport au logement, L’ILOT s’adresse tant aux
personnesn’ayantaucunerésidencefixequ’auxper-
sonnes considérées comme mal logées.
Cetteapproche,quiconfirmequel’exclusionliéeau
logement est un processus (et non pas un phéno-
mènestatique)concernantbeaucoupdepersonnes/
ménages à différents moments de leur vie, intègre
également les personnes « en risque » de sans-
abrisme.
Comment devient-on
sans-abri en 2015 ?
Les problèmes rencontrés par les résident.e.s des
maisons d’accueil sont de plus en plus diversifiés
et ont des implications sur leur capacité à mettre
en place un projet de vie. Parmi eux, nous obser-
vons les éternelles récurrences : exclusion de la
cellule familiale, absence de repères et perte de
confiance, violences conjugales ou intrafamiliales,
assuétudes, troubles mentaux, transition après
une incarcération, etc. Parfois, une fin de bail, une
expulsion, une séparation ou encore une cohabita-
tion difficile mène à la rue. À ces difficultés vient
parfois se greffer la question de l’absence ou de
la perte de titre de séjour, ce qui peut amener à
devoir déroger aux temps de séjour maximum afin
de permettre une remise en ordre administrative,
condition minimum à retrouver une situation de
vie normalisée.
Ces ruptures par rapport aux normes ont mené à
l’exclusion – familiale, du travail, du logement, d’un
groupe social -, la perte du logement concrétisant
une errance personnelle. Il n’est pas rare que les
personnes accueillies, hébergées et/ou accompa-
gnées soient déficientes sur les plans sanitaire,
psychosocial, administratif et économique.
Nombreuses sont les personnes, pour la très
grande majorité des femmes qui, victimes de
violences conjugales, finissent par quitter le
foyer familial. Démunies et très abîmées sur le
plan psychologique, elles se tournent souvent,
faute de structures adaptées pour les accueillir,
vers les maisons d’accueil. Car de fait, de façon
ponctuelle, dans cette rupture brutale de vie, elles
sont… sans abri. Accompagnées ou non d’enfants,
elles peuvent alors se (re)poser pour une période
de trois mois dans une des maisons d’accueil de
L’ILOT, le temps d’être réorientées vers des struc-
tures plus adéquates ou de se reconstruire un mini-
mum avant de rebondir. Bien souvent, les enfants
qui les accompagnent ont eux-mêmes connu des
violences familiales, ce qui nécessite là aussi une
prise en charge spécifique.
Dépendances
Les assuétudes sont un autre phénomène bien
connu des services d’accueil des personnes sans
abri. Les personnes dépendantes à l’alcool et/ou
à une médication mal gérée et/ou à des drogues
douces ou dures constituent une large part des
personnes hébergées au sein des Maisons d’ac-
cueil de L’ILOT. Si l’encadrement ou le support
assuré ne suffisent pas à garantir la gestion de
ce type de situation par rapport à la vie commu-
nautaire, les équipes sont inévitablement ame-
nées à réorienter ces personnes vers une solution
plus adaptée, en s’assurant au préalable de leur
collaboration.
Santé Mentale
Deplusenplusdepersonnesaccueilliesprésentent
des pathologies mentales, des troubles de la per-
sonnalité. Ce phénomène concerne aussi bien les
plus jeunes que les plus âgés. Ne disposant pas de
compétences médicales, les maisons de L’ILOT ne
peuventaccueillirlespersonnesquiprésententdes
troublescomportementauxtropimportants,néces-
sitantdessoinsetunaccompagnementspécifiques
et/ou de nature à déstabiliser les autres résidents
(toxicomanieprofondeetnonstabilisée,alcoolisme
profond, troubles psychiatriques lourds, etc).
De la prison à la rue
Les « sortants de prison » restent nombreux à fré-
quenter « L’ILOT 38 » et « L’ILOT Jumet », les deux
maisons d’accueil pour hommes : outre le fait d’être
« sansabri »etdepeut-êtrecumulercetétatavecdes
problèmes de consommation de drogue ou d’alcool.
Les maisons pour hommes de L’ILOT, à Bruxelles
comme à Jumet, hébergent aussi des hommes du-
rant leur congé pénitentiaire. Les hébergements
sous surveillance électronique sont limités
au coup par coup afin de ne pas tomber dans des
régimes d’hébergement différenciés et pervertis :
accès aux chambres autorisé à certains et non
à d’autres en journée, collusion et influence des
hébergés plus fragiles, perception du personnel de
la maison d’accueil en tant qu’auxiliaire carcéral.
L’ILOT étant une des seules structures du secteur
de l’aide aux personnes sans abri à accepter les de-
mandes de congés pénitentiaires, celles-ci sont
exponentielles ces dernières années. 29 personnes
en congé pénitentiaire ont été hébergées en 2015.
En fin L’ILOT accueille aussi les personnes en
situation irrégulière/illégale, c’est-à-dire sans
statutreconnuenBelgique,L’ILOTassureundépan-
nage d’une semaine. Dans le cas de la Maison d’Ur-
gence, ce délai peut être plus long, tenant compte
de la situation spécifique de la personne ou de la
famille et de la possibilité pour l’équipe de l’accom-
pagner dans les démarches de régularisation.
©LoïcDelvaulx
12 13
Accueillir
En 2015, L’ILOT a accueilli 1 046 personnes. 647 per-
sonnesontétéaccueilliesdansnotrecentredejourde
Bruxelles (Saint-Gilles). Notre maison d’accueil pour
hommes de Bruxelles a accueilli 95 hommes seuls,
celle de Jumet 96. La maison d’accueil d’urgence
pour femmes et familles a quant à elle accueilli
208 personnes : 101 femmes seules mais aussi 23 fa-
milles monoparentales et 7 couples avec enfants.
Pour l’accueil de jour, il n’existe aucune limite dans
letemps(tantquelespersonnesaccueilliesrestent
bienconsidéréesparnotreéquipecommesansabri).
L’accueil de nuit dans les maisons d’accueil est
quant à lui limité à 3 ou 9 mois.
L’accueil de jour
C’estpermettreauxpersonneslesplusdémunieset
les plus exclues de sortir de l’isolement en tissant
du lien. Ce lien est créé en proposant un cadre
structurant (heures d’ouverture, règles de vie,
prise de rendez-vous avec les travailleurs sociaux,
etc.) qui rompt avec l’univers flottant et insécuri-
sant de la rue et offre l’éventualité d’une rencontre
avec le personnel social d’encadrement.
Le lien créé permet en général à la réalité de faire
surface : échecs multiples, dépendance à l’alcool,
rupture familiale, violence, posture de démission,
résignation à la vie dans la rue par épuisement ou
manque de choix, etc.
Parcequevivreàlarueestuneépreuvequotidienne,
L’ILOT veut accueillir tout au long de l’année,
365 jours par an, pour éviter la rupture de ce lien
et permettre à celles et ceux qui n’ont aucun autre
espace d’accueil et de repos, de venir souffler
quelques heures.
Contrairement aux idées reçues, l’accueil en jour-
née est fréquenté autant l’été que l’hiver, preuve
que le sans-abrisme n’est pas une problématique
de saison !
Les services de 1re
 nécessité, qui répondent aux
besoins primaires des personnes vivant à la rue,
s’articulent autour de plusieurs axes :
•	 la sécurité : l’écoute active, la communication
non violente et la gestion proactive des conflits
permettent de veiller au respect de chacun et
chacune à l’intérieur des murs du Clos;
•	 avoir un lieu à soi pour s’alléger de ses bagages
et déposer ses affaires personnelles grâce aux
consignes ;
•	 le repos : se reposer et se ressourcer dans un
endroit propre et chaleureux;
•	 l’hygiène : se laver et pouvoir porter des vête-
ments propres grâce aux services douches et
lavoir ;
•	 les repas (petit déjeuner et repas de midi) pour
s’alimenter correctement.
Ces services sont aussi pour la personne ac-
cueillie et qui le souhaite, le point de départ
d’un travail social individualisé qui permettra
de sortir peu à peu de l’extrême précarité et de
reconstruire un projet de vie.
Concrètement, le travail social permet aux per-
sonnes accueillies de bénéficier d’une aide à la
remise en ordre administrative, à la recherche de
logement temporaire ou définitif, à la recherche
d’appui juridique, d’une orientation vers une aide
médicale ou psychologique, d’un accès à la culture,
mais aussi d’aide pour renouer des contacts fami-
liaux ou sociaux.
Comme on le voit par l’offre de services propo-
sée au sein du centre de jour, L’ILOT ne s’inscrit
pas dans une conception humanitaire de l’aide
aux personnes mais bien dans celle d’une action
sociale.
Cette conception de l’action sociale se veut
durable et participative dans la mesure où elle
cherche à inclure activement la personne concer-
née dans la démarche proposée. Il s’agit de rendre
les personnes actrices de leur avenir et d’ouvrir la
voie vers l’autonomie.
©LoïcDelvaulx
©LoïcDelvaulx
14 15
L’accueil-hébergement
L’ILOT dispose de 3 maisons d’accueil d’une ving-
taine de lits chacune.
Ces maisons ont pour mission d’assurer l’héberge-
mentdepersonnessansabritoutenmenant,durant
le séjour des personnes, une action de fond basée
sur un accompagnement psychosocial de qualité.
Historiquement, L’ILOT a toujours eu la volonté de
proposer un hébergement de type familial qui
allieproximité,soutienetrespectdechacunetcha-
cune.Lenombrelimitédelitsetdeplacesd’accueil
est donc un choix assumé par l’organisation.
Le premier objectif de l’hébergement, qu’il soit à
court,moyenoulongterme,estd’assurerl’accueil
des personnes en détresse, tout en travaillant
avec elles à la suite de leur parcours, traduit dans
un projet d’accompagnement individualisé.
Endéveloppantunprojetd’accompagnementindivi-
dualiséaveclespersonneseffectivementdevenues
résidentes d’une de nos maisons d’accueil, il s’agit
de se concentrer avec elles sur les différentes dé-
marchesàréaliserafindeleurpermettredequitter
cette maison.
Le second objectif de l’hébergement est d’orienter
les personnes vers un retour à une autonomie
quileurpermettraderetrouveruneplacedigne
danslasociété,notammentparlebiaisd’uneréin-
sertion socioprofessionnelle.
La durée d’accueil reste en principe fixée à maxi-
mum trois mois (pour la maison d’urgence) ou six
mois à neuf mois (pour les deux autres maisons).
L’accueil n’est pas conditionné par une « obligation
de résultat » au terme de l’hébergement. La seule
condition est de pouvoir s’adapter aux exigences et
à la vie communautaire de la maison.
Entermesd’objectifsfixés,lesattentessontadaptées
etnuancées.Lepremierobjectifestdepermettreàla
personnederetrouverladignité,unrythmedevie,
unlieuderessourcement,unespoir,l’accomplis-
sement de projets immédiats dans un quotidien
de vie. À plus long terme ensuite et seulement, on
envisagera les questions de l’accès à un logement et
tout ce quecelanécessiteousuppose…
©LoïcDelvaulx
« Je travaillais de 10 à 15h et de 18 à 1h du matin en semaine et 3h
du matin les week-ends, tout ça pour gagner l’équivalent de 7 euros
l’heure. Mon patron me louait une chambre au-dessus du restaurant,
500 euros par mois pour moins de 20 m2
. J’y suis resté 4 ans. Par-
fois mon patron, qui habitait à 100 m du restaurant, m’appelait la nuit
pour lui apporter à manger. Il me demandait aussi de promener son
chien à des heures impossibles. Par peur de perdre mon emploi et
mon studio, je ne disais jamais non. (…) Un jour j’ai craqué, épuisé
physiquement et conscient d’être devenu un esclave. (…) Je me suis
retrouvé comme cela du jour au lendemain libre mais sans abri. »
Faris, 39 ans, hébergé au sein de notre maison d’accueil de Bruxelles
« J’ai été expulsée de mon
appartement quand je
suis sortie de l’hôpital.
Je me suis retrouvée
dans un centre de nuit
pour personnes sans
abri, un de ces centres
qui héberge la nuit mais
qu’on doit quitter tôt le
matin. Là-bas, on m’a tout
volé, jusqu’au sac à main.
Ici au Clos, je peux rester
en journée et je suis aidée
pour refaire mes papiers
et retrouver un logement. »
Claudine, 49 ans
« Après ma cure de désintoxication, je me suis
retrouvée une nouvelle fois en rue, avec mes
économies j’ai été vivre 3 semaines à l’hôtel, à
Namur. Là-bas, je me suis défoncée ; alcool,
drogues et médicaments pour oublier… je
voulais en finir pour de bon. Un matin je me
suis réveillée, j’ai pensé à l’accueil que j’avais
connu à L’ILOT l’été passé, j’ai appelé et Sté-
phane [éducateur] m’a dit qu’il y avait une place
pour m’accueillir le soir-même, j’ai pris le train
et je suis arrivée. Sans cette réponse positive,
je ne serais sans doute plus vivante là à l’heure
qu’il est. »
Christine, 40 ans
16 17
Convaincue que l’inclusion et l’émancipa-
tion sociale passent par l’ouverture à de
nouveaux horizons, notamment socio-pro-
fessionnels, L’ILOT a décidé de développer
un projet d’économie sociale visant à
terme la création d’emplois pour des
personnes précarisées récemment sor-
ties de la rue.
Inspiréparlesuccèsdumodèleparticipa-
tif mis en place au sein de notre centre de
jour Le Clos, qui depuis plusieurs années
déjà propose à ses usagers et usagères de
prendre activement part à la vie du centre
(préparation des repas, entretien des es-
paces, etc), le projet « Les Pots de l’Ilot »
viseà(pré)formerauxdifférentsmétiers
de l’Horeca des personnes en grandes
difficultés sociales et économiques en
dispensant un apprentissage sur le terrain
et en poursuivant des objectifs de stabili-
sation et de resocialisation.
Le projet est organisé autour de 2 grands
axes :
•	 la formation (ou pré-formation), via la
miseautravailetl’encadrementdesper-
sonnes récemment sorties de la rue et
intéressées par les métiers de l’Horeca ;
•	 un accompagnement psycho-social
individuel, avec la volonté de trouver
pour chaque personne des solutions à
ses problèmes spécifiques.
Lancé en janvier 2015 au sein de notre
centre de jour, le projet est soutenu finan-
cièrement par la Région de Bruxelles-
Capitale en tant qu’Initiative Locale de
Développement de l’Emploi ainsi que par
la Fondation Roi Baudouin dans le cadre
de son programme Venture Philanthropy.
Grâce à ce soutien, L’ILOT a pu s’offrir les
services d’une équipe de formateurs et
de coachs professionnels qui accom-
pagnent le projet dans chacune de ses
dimensions et étapes. Concrètement, de
quoi s’agit-il et quelles sont ces étapes ?
•	 Renforcerlescompétencesdel’équipe
permanente du Clos afin de lui per-
mettre d’assurer un encadrement pro-
fessionneldespersonnesbénéficiantdu
projet d’économie sociale ;
•	 Développer des outils et procédures :
grille d’évaluation des savoir-faire et
savoir-être, référentiel de compétences
et connaissances à acquérir, plan de for-
mationetd’accompagnementpersonna-
lisé des stagiaires, etc. ;
•	 Mettre au point un programme de for-
mations et de coaching incluant des
tempscollectifsetactionsindividuelles
et mêlant apprentissage des connais-
sances de base des métiers de l’Horeca
et mise en situation concrète au sein du
restaurant social du Clos.
En 2015, année pilote du projet, nous avons
pu proposer 4 modules de formation qui
ont été suivis par 8 personnes fréquentant
notre centre de jour. Notre objectif pour
2016 : proposer 20 modules de formation
à un groupe d’une quinzaine de personnes.
Ouvert7jourssur7,étécommehiver,leCentredejour
« LeClos »estunhavredepaixpourlespersonnesqui
viventàlarue.Celieupermetdetisserdulienenpas-
santlajournéedansunenvironnementchaleureux.Au
fildutempsetdelaconfianceretrouvée,LeClosper-
met aux personnes les plus précarisées de s’orienter
versunlieud’hébergementadaptéetdequitterlarue.
Outrelesrepas,lespersonnesontaccèsàunlavoir,
àdesconsignesetàdesdouchesetpeuventbénéfi-
cier sur demande d’un suivi social individuel.
En 2015, Le Clos a accueilli 647 personnes, dont
151 femmes.
En 2015, nous y avons fourni 20 874 repas et
5 979 douches, 1 765 consignes ont été mises à la dis-
positiondespersonnesquiviventenruepourleurper-
mettred’ylaisserensécuritéleurseffetspersonnels.
5 679 douches chaudes ont été prises. Le Clos c’est
1 restaurantde41 places,1 espacecuisine,2 blocssani-
taires,1 lavoir,6 douches,2 bureauxpourl’accueiletles
suivisindividuelset1cabinetdedentisterie.
En collaboration avec Médecins du Monde,
239 consultations gratuites de dentisterie ont été
proposées en 2015.
LaquasitotalitédubudgetduClosestcouvertepar
les dons privés et les aides à l’emploi.
Offrir un accueil
pour tous et toutes en journée
Le Clos
Les Pots de L’ILOT,
tremplin vers l’emploi
©LoïcDelvaulx
Une alimentation saine et équilibrée
accessible au plus grand nombre
Précarité et sans-abrisme riment trop souvent
avec malbouffe. Malgré les conseils récurrents des
banquesalimentairesauxassociationssouscontrat
avecelles,beaucoup–etjusqu’ilyapeunousenavons
faitpartie–persistenteneffetàredistribueruneali-
mentation nutritionnellement catastrophique ne
contenantnifruitsnilégumesfrais.
Convaincusque« mangerbien »nedoitpasêtreréser-
vé à une élite et doit pouvoir toucher les couches les
plusprécariséesdelapopulation,L’Ilotadécidéd’en
faireunepriorité.Grâceauxconseilsdespécialistes,
nous avons modifié nos modes de collecte alimen-
taire et aujourd’hui, 30 % de celle-ci répondent aux
critèresd’unealimentationsaineetdurable(produits
bio,desaison,équilibrés,etc.).Etcen’estqu’undébut.
18 19
Héberger et accompagner
des hommes sans abri à Bruxelles
L’ILOT 38
Ne sachant où aller de nombreuses femmes et
familles fuyant des situations de violence domes-
tique ou conjugales, se retrouvent sans abri, faute
d’alternatives. Une maison les accueille 24h sur 24.
Outre les victimes de violences, « L’ILOT 160 » est
une des rares maisons à Bruxelles qui accueille les
personnessanspapiers.Bienquecelles-cinesoient
pas nécessairement illégalement en Belgique, le
moindre événement de vie peut les faire basculer
danslaplusgrandeprécarité.L’équipeentamealors
des démarches pour obtenir une régularisation, ce
quisupposeunminimumdestabilitéetdesécurité,
surtoutlorsquelesenfantssontprésents,etlapos-
sibilité de retrouver une adresse.
Nous avons, en 2015, accueilli 65 enfants issus
de 30 familles sur un total de 208 personnes
ÀL’ILOT,chaquepersonnesansabrihébergéesevoit
proposer un Projet d’Accompagnement Individuel.
Celui-ci reprend le projet du résident et les diffé-
rentes mesures à mettre en place pour le réaliser
(remise en ordre administrative, recherche de for-
mation ou de travail, de logement, etc.).
Au sein de ce projet de maison communautaire,
outrelestâchesménagères,desactivitésrégulières
(sportives,culturelles,culinaires,loisirsdivers)sont
organisées pour permettre de resserrer les liens
entre les résidents et les travailleurs sociaux et de
créer un sentiment d’existence en dehors des murs
de l’institution.
hébergées et accompagnées. L’équipe tient
compte dans son fonctionnement de la présence
de ces enfants, jeunes et moins jeunes. Notre
maison comprend ainsi un espace réservé aux
0-3 ans, un salon pour les ados et un module de
jeux dans le jardin. Une des premières préoccu-
pations de notre équipe est de rescolariser ces
enfants et d’assister au mieux les parents dans
leur mission d’éducation (aide pour les devoirs,
soutien à la parentalité, etc).
Le bâtiment comporte 6 chambres (dortoirs et
chambres familiales), des lieux de vie communau-
taires, un espace pour les jeunes enfants et un
jardin.
En2015,41 personnesontretrouvéunlogement
suite à leur séjour dans cette maison.
En 2015, 95 personnes ont été hébergées à
« L’ILOT 38 » pour un total de 7 255 nuitées. Il s’agis-
sait surtout de personnes âgées entre 30 et 39 ans
et50et59 ans.Lapopulationhébergéeestsouvent
déficitairesurleplansanitaire,psycho-social,admi-
nistratif et économique. 21 des 95 hommes héber-
gés en 2015 étaient en congé pénitentiaire.
Cette maison se compose de 13 chambres indivi-
duelles et de 2 dortoirs de 4 et 6 places (capacité
totale de 24 places), d’espaces de vie communau-
taires et d’un grand jardin.
En2015,27 personnesontretrouvéunlogement
suite à leur séjour dans cette maison.
Une maison qui accueille dans l’urgence
les femmes et les familles
L’ILOT 160
©LoïcDelvaulx
©LoïcDelvaulx
20 21
Reloger les plus démunis
des Bruxellois et des Bruxelloises
Capteur de logements
Héberger et accompagner
des hommes sans abri en Wallonie
L’ILOT jumet
En 2015, l’équipe de la Maison d’accueil de Jumet
a accueilli et hébergé 96 personnes diffé-
rentes soit un total de 7 076 nuitées. Son service
d’accompagnement post-hébergement a permis
d’accompagner 60 personnes dont 33 étaient déjà
suivies en 2014.
Les problèmes rencontrés par les personnes sans
abri hébergées sont variés et ont des implications
sur leur capacité à mettre en place un projet de vie,
un projet d’avenir.
La maison se compose de 24 chambres indivi-
duelles, de vastes espaces de vie communautaires
et est entourée d’un très grand jardin dans lequel il
est prévu de développer un projet de potager parti-
cipatif en 2016.
En2015,16 personnesontretrouvéunlogement
suite à leur séjour dans cette maison.
Capteur de Logements se définit comme une cel-
lule régionale au service de l’ensemble des struc-
tures d’aide aux personnes sans abri de la Région
de Bruxelles-Capitale. Via la captation directe
sur le marché immobilier privé et le montage de
projets immobiliers alliant rentabilité et enga-
gement social (construction de logements neufs
ou rénovation), elle a pour objectif de trouver et
créer de nouvelles portes de sortie vers le loge-
ment durable.
Bien que dernier né des projets de L’ILOT, Capteur
de Logements a pu réaliser en 2015 des résultats
qui sont très prometteurs pour les années à venir :
4 baux signés, c’est-à-dire 4 appartements (de 1 à
2 chambres) trouvés dans lesquels 8 personnes ont
déjà pu s’installer), 4 montages de projets enta-
més en 2015 et encore en cours de développement
(1 immeuble de 3 appartements de 1 à 3 chambres,
1 immeublede3 appartementsde1et2 chambreset
2 à 3 appartements de 1 à 3 chambres).
Subsidiée dans sa phase de « recherche-action »
par la COCOM de novembre 2014 à mars 2015, elle a
ensuiteétéentièrementfinancéesurfondspropres
le reste de l’année 2015.
En 2015, 8 personnes ont trouvé un logement
suite à l’intervention de notre équipe « Capteur
de Logements ».
©LoïcDelvaulx
©GregoryVandendaelen
22 23
Sortir de la rue et ne pas y retomber
s.ac.a.do.
Le logement n’est pas tout. Une fois un appar-
tement trouvé, la personne sans abri relogée se
trouvefaceàunesériededifficultés(entretenirson
logement, payer les factures à temps, contracter
une assurance, construire un réseau de contacts,
etc) qui, si elles ne sont pas surmontées, peuvent
mener à des retours à la rue ou en institution.
L’équipe de S.Ac.A.Do apporte un soutien primor-
dial aux personnes qui (ré-)intègrent un logement
pour les aider à s’y maintenir (travail de prévention
au sans-abrisme). Des professionnelLEs de l’aide
aux personnes (assistants sociaux et psychologue)
les accompagnent dans les différentes dimensions
de leur vie quotidienne, mais aussi pour les aider
à trouver si nécessaire un logement plus adéquat
(insalubrité, coûts directs et indirects du logement
tropimportantsparrapportàlasituationfinancière
delapersonne,logementdurableaprèslelogement
de transit, etc.).
L’accompagnement proposé est rythmé par la
demande des bénéficiaires. Les travailleurs font
appel aux ressources propres des personnes mais
aussi à leur réseau social. L’objectif est de tisser ou
de fortifier des liens significatifs qui permettront
aux personnes de vivre dignement et de manière
autonome.
En 2015, 47 ménages ont été accompagnés par
S.Ac.A.Do. à Bruxelles.
©LoïcDelvaulx
©LoïcDelvaulx
« À Bruxelles, il y a
40 000 dossiers en attente
pour un logement social, ce
qui représente actuellement
une file d’attente de…
7 ans ! Les associations qui
hébergent des personnes
sans abri, sont elles,
pleines été comme hiver.
Une situation d’autant plus
incroyable que des milliers
de logements restent vides
à Bruxelles. Trouver un
logement convenable à un
prix décent n’a jamais été
aussi difficile à Bruxelles»
Samantha, coordinatrice de la
cellule Capteur de Logements
« Monsieur P. est refugié politique, il vit en
errance depuis son arrivée sur le territoire
belge. Sans abri il avait été accueilli par L’ILOT
en maison d’accueil puis accompagné vers un
logement de transit. Nous l’accompagnons
par notre service à domicile depuis 4 mois.
Angoissé et mélancolique à l’idée de ne plus
jamais revoir son pays et les siens, il a beau-
coup de difficultés à organiser sa vie quoti-
dienne et à remplir ses obligations adminis-
tratives. Nous lui apprenons à payer son loyer,
lui expliquons ses factures et l’aidons à trouver
la bonne aide au bon endroit. Nous essayons
de construire quelque chose, une nouvelle vie
avec lui, afin de lui permettre de trouver une
place dans notre société. »
David, responsable du service
de guidance à domicile S.Ac.A.Do.
24 25
Nos comptes
 Dons et legs
 Subsides
 Mesures pour l’emploi
 Participation aux frais
 Récupérations diverses
 Patrimoine
  Frais de mission et d’action sociale
 Administration
 Bâtiments
 Personnel administratif
 Personnel de terrain
 Amortissements et provisions
  Frais financiers
Produits 2015 Charges 2015
L’ilot – Compte de résultats
Charges 2015 2014
Frais d'action sociale 177.898,58 191.705,18
Bâtiments 157.577,48 176.486,12
Administration 90.822,87 85.045,33
Frais communication et récolte de fonds 82.420,03 38.811,06
Frais de personnel 2.564.361,06 2.508.179,84
Amortissements & provisions 88.046,29 110.053,94
Frais financiers 24.083,59 25.338,61
Total dépenses 3.185.209,90 3.135.620,08
Produits 2015 2014
Dons et legs 710.076,67 645.516,97
Subsides 1.797.475,59 1.667.745,34
Mesures pour l'emploi 279.321,43 288.414,41
Participation aux frais 406.719,04 401.572,21
Récupérations diverses 1.754,25 1.808,00
Patrimoine 922,20 1.657,35
Produit exceptionnel 0,00 108.190,76
Total recettes 3.196.269,18 3.114.905,04
Résultat 11.059,28 -20.715,04
L’ilot – Bilan
Passif 2015 2014
Capitaux propres 1.315.764,99 1.331.355,05
Provisions 183.968,39 202.115,96
Dettes > 1 an 427.826,98 449.435,21
Dettes < 1 an 366.337,63 457.425,12
Comptes de régularisation 13.580,92 1.756,65
Total passif 2.307.478,91 2.442.087,99
Actif 2015 2014
Immobilisations 1.442.643,95 1.499.822,70
Créances < 1 an 373.766,90 380.985,45
Valeurs disponibles 483.422,44 554.267,85
Comptes de régularisation 7.645,62 7.011,99
Total actif 2.307.478,91 2.442.087,99
Fonds de roulement disponible 484.916,41 488.083,52
Besoin en fonds de roulement 1.493,97 -66.184,33
Situation de trésorerie 483.422,44 554.267,85
4,95 %
8,17 %
73,25 %
7,26 %
2,76 % 0,76 %
2,85 %
0,03%
0,05%
22,22 %
56,24 %
8,74 %
12,72 %
2726
Une nuit dehors est une nuit de trop. Un lit dans un
centre d’urgence devrait être exceptionnel. Et un
séjour dans une maison d’accueil devrait être un
simple tremplin, pas un passage sans issue. La si-
tuationdenotrepublicsedégradepourtantd’année
en année. En tant qu’acteur de terrain, L’ILOT veut
dénoncer plusieurs tendances intolérables et
indignes de notre époque :
La lutte contre le sans-
abrisme a fait place à la
gestion du sans-abrisme !
Pourrendrelephénomèned’exclusionaulogement
le plus marginal possible, il faut s’attaquer aux
causes et pas simplement à sa face visible. L’ILOT
reconnaît l’utilité des services d’urgences. Mais,
à nos yeux, cette action n’a de sens qu’aux côtés
d’actions visant à aider plus durablement les per-
sonnes. Depuis plus de dix ans pourtant, les choix
politiques ont engendré un déséquilibre grandis-
sant, en particulier à Bruxelles 2
. Malgré les nom-
breux appels lancés pour dénoncer la situation, les
nouveaux moyens dégagés par le politique restent
principalement orientés vers la « gestion » du sans-
abrismevialerenforcementdudispositifhivernalet
del’urgencesociale 3
,véritablesgouffresfinanciers
n’apportant que des solutions ponctuelles sans ja-
mais s’attaquer ni aux causes, ni à la recherche de
solutionsdurables.Dansunepolitiquestructuréeet
ambitieusedeluttedurablecontrelesans-abrisme,
personne ne devrait rester dans un abri d’urgence
lorsque la situation d’urgence est dépassée, qu’il
s’agisse de la nuit ou de l’hiver.
Pour être véritablement ambitieuse et efficace,
une politique de lutte contre le sans-abrisme doit
à la fois être accrochée à la conviction qu’il y a une
fin possible au sans-abrisme, tout en mettant en
place, en attendant cette fin, des actions multiples
et coordonnées.
Les sans-toit
veulent un toit !
« Pouvez-vous m’aider à trouver un logement ? », telle est la principale
demande adressée à nos équipes par les personnes qu’elles accompagnent.
Isolé.e.s ou accompagné.e.s de leur famille, celles et ceux qui posent cette
question se montrent très actifs/ves pour se sortir de leur situation : personne
ne souhaite rester en rue, en maison d’accueil ou dans un logement inadé-
quat (insalubre, insécurisé ou surpeuplé). L’article 23 de notre Constitution
justifie tout le combat que L’ILOT mène pour venir en aide à ces personnes :
« Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. Ce
droit comprend le droit à un logement décent. »
Les difficultés qui attendent ces personnes en
quête d’une « porte de sortie » sont nombreuses.
Avec les moyens humains et financiers du bord,
L’ILOT s’est fixé comme priorité de développer dif-
férents types de services pour aider le plus grand
nombredepersonnesàsortirdel’exclusionauloge-
ment : c’est l’Axe Logement de L’ILOT, qui chaque
année grandit un peu plus. Vu l’hétérogénéité des
profils des personnes qui s’adressent à nous, l’offre
se veut plurielle afin de pouvoir répondre au mieux
aux besoins spécifiques de chacun et chacune.
Faute de logements accessibles à notre public ou
de moyens suffisants pour faire fonctionner nos
services, nous restons toutefois loin de pouvoir
débloquer toutes les situations. Refusant de se
résigner, L’ILOT compte continuer à renforcer son
AxeLogementpourluttercontrelesans-abrisme.
©LoïcDelvaulx
2928
Une crise du logement
abordable qui s’aggrave
d’année en année
Alorsquelespropriétairesprivésnesontpasincités
àlouerleursbiensàdespersonnesplusfragilisées,
lesparcsdelogementspublicsousemi-publicssont
de plus en plus saturés. Les premières victimes de
cette crise sont les personnes sans abri, condam-
nées au mieux à des hébergements temporaires
(dortoirs d’urgence, logements insalubres ou de
transit, maisons d’accueil), au pire à survivre en rue
dans la plus grande précarité. En Région bruxel-
loise, le taux de risque de pauvreté ou d’exclu-
sion sociale s’élève à 41,2 % 4
et un tiers des
Bruxellois et des Bruxelloises vivent avec un
revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté,
ce qui rend très compliqué le paiement d’un loyer
même modéré. On le sait depuis plusieurs années,
le nombre de logements sociaux dans la Région
bruxelloise est très nettement insuffisant 5
et la si-
tuationn’estpasvraimentmeilleuredanslesautres
grandes villes du pays. Les solutions développées
par les Agences Immobilières Sociales sont
également saturées, de plus en plus de personnes
nenoustromponspasdecible :sitouteslesfraudes
doivent être combattues, certaines doivent l’être
en priorité !
Unmarchédel’emploienpanne,unecriseaffolante
du logement et une augmentation du coût de la vie
ne cessent d’aggraver les situations de précarité.
Ajoutezàceladesproblématiquesindividuellestou-
répondant aux conditions d’accès. Pour de nom-
breuses personnes et de ménages, vivre dans un
logement décent est devenu un rêve inaccessible.
Des dispositifs d’aide
inefficaces ou qui s’envolent…
Certaines aides sont spécialement destinées aux
personnes sans abri (allocation de relogement
octroyée par les régions, garantie locative et/ou
1er
 loyer octroyés par les CPAS). Mais lorsque, com-
binés à des politiques inégalitaires, les freins à leur
bonneutilisationsurgissent,c’esttoutelamachine
qui s’enraye et notre société devient une véritable
« Fabrique des Pauvres » 6
 : temps d’attente inter-
minable pour situations urgentes, interprétation
trop restrictive des situations de sans-abrisme qui
sont par nature singulières et plurielles, demande
de preuves administratives pour les personnes les
moinsvisiblesdesbasesdedonnéesdenosadminis-
trations, etc. Dans le même temps, nos politiques
durcissentlesconditionsd’accèsàdesaidesvitales
commel’allocationdechômageoulerevenud’in-
sertionsociale.Àl’heureoùdesfraudesfiscalesde
grandeampleursontsouslesfeuxdesprojecteurs 7
,
jourspluscomplexesetdiverses,devantlesquelles
nostravailleurssociauxseretrouventdémunisetin-
suffisammentoutillés,etvousaurezunesituation
devenue intenable pour les associations comme
L’ILOT : saturation généralisée pour les maisons
d’accueil, les centres de jour et mêmes les centres
d’hébergementd’urgenceoùlesséjourssensésêtre
très courts s’allongent d’année en année.
2	 Lire à ce sujet la carte blanche de L’IL-
OTetd’InfirmiersdeRueparuedansLa
Libre Belgique du 29/12/2015.
3	 De 2015 à 2016, le budget de la COCOM
consacré à la lutte contre le sans-
abrismepassede9.8à17 millionsd’eu-
ros.Lapolitiqued’accueild’urgencese
réserve la part du lion, passant de 3.9
à 10.3 millions d’euros, soit une aug-
mentation de 164 %  ! (source : Budget
sans-abrisme à Bruxelles : un gâteau
aux parts inégales » Alter Echos no 
417,
8 février 2016.
4	 Observatoire de la Santé et du Social
de Bruxelles-Capitale (2014), Baro-
mètresocial2014,Bruxelles:Commis-
sionCommunautaireCommune,pp.13
et 14.
5	 Selon la SLRB, au 31 décembre 2013,
le nombre de logements sociaux dis-
ponibles s’élevait à 36 073 alors que le
nombre de ménages en attente était,
lui, de 44 332.
6	 ExpressionduForumbruxelloiscontre
les inégalités pour dénoncer un sys-
tèmeentierquifabriquedessituations
de pauvreté et de précarité.
7	 Nous écrivons ces lignes à l’heure du
Panama Papers.
Un autre modèle de société est possible !
L’ILOT tire la sonnette d’alarme sur l’urgence qu’il y a de déployer un autre modèle de
société. Tout le monde serait gagnant de vivre dans une société plus inclusive. Malgré une
gestion tardive de l’accueil des réfugiés, l’État a montré que quand il le veut, il a le pouvoir
de contraindre et d’inciter les acteurs du logement à dégager des solutions. Cet effort
encourageantetindispensablemettoutdemêmeenlumièrelemanquedevolontépolitique
pourlaluttecontrelesans-abrismedepuisdesdécennies.Dessolutionspolitiquesexistent
et méritent d’être mises en place.
Malgré ce coup de gueule, L’ILOT est loin de se résigner! Les freins actuels constituent
autant de défis pour lesquels L’ILOT se bat et compte encore se battre avec acharnement
de longues années. Il n’y a pas de réponse simple aux situations complexes. Et le combat
pour une société plus égalitaire se gagnera avec des alliés plutôt que contre des ennemis.
Après les obstacles et les mesures politiques souhaitées, place aux valeurs sûres et aux
innovationssocialessurlesquellesL’ILOTcomptes’appuyerpouraiderlesplusfragilesà
accéderàdesconditionsdeviedignes :travailenréseau,créationdesolutionsdelogement
via la sensibilisation de propriétaires et d’investisseurs privés et la collaboration avec les
A.I.S., seconde vie pour les logements inoccupés et accompagnement en logement sont
autantdechevauxdebataillepournous.Plusquejamais,nouscontinuonsàavoirbesoinde
votreaideetdevotregénérositépouryarriver.Ensemble,construisonslemondededemain !
©LoïcDelvaulx
30 31
Votre soutien
fait toute la différence !
Agir,c’estrefuserlafatalitéetoffrird’autresperspec-
tivesauxfemmes,auxhommesetauxenfantsquiont
perdu les protections les plus élémentaires : un toit,
unemploi…uneplacedigneauseindenotresociété.
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vous nous permettez de réduire les coûts de levée
de fonds que l’ASBL doit engager chaque année
pour garantir le minimum de 25 % de contributions
en dons et mécénats privés, nécessaires pour exis-
ter en tant que dispositif pour les personnes sans
abri. Votre soutien régulier à nos côtés nous per-
met une meilleure planification de nos actions et
de répondre rapidement aux situations d’urgence
que nous rencontrons au quotidien.
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la totalité de vos dons atteint 40 € minimum.
Votre don peut être effectué sur le compte ban-
caire de L’ILOT : IBAN BE33 0017 2892 2946
BIC : GEBABEBB
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ou investisseur social
Notre cellule « Capteur de Logements » est à la
recherche de propriétaires et investisseurs souhai-
tantparticiperàunprojetinnovantetaltruiste.Pour
en savoir plus, contactez-nous au 02 793 07 22 .
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vouschoisissezpourfaireperdurervosidéauxetvos
Nous soutenir valeurs. En faisant le choix de léguer une partie de
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tuellegsàl’ASBL.Nousvousaccompagneronsdans
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de vos ayants droits.
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désirez vous engager dans cette démarche, n’hési-
tez pas à nous joindre au 02 537 20 41 ou par email
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MERCI à nos bénévoles : Eldy, Chantal, Jean, Alain,
Simone,Sonja,Bruno,Valérie,Pascale,Constantine,
Najim, Magalhaes, Mohamed, Marcel, Laurent,
Daniel, Jean-Philippe, Paulette, Alain, Mireille,
Corine, Roger, Claudine, José, Anne, Martine,
Josette, Luigi, Laurent, Françoise, Diego, Michelle,
Christian, Aurélie, Nathalie, Marie-Paule.
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de votre organisation ? Vous voulez soutenir un pro-
gramme particulier ou proposer à vos employés de
s’investirdansunprojet ?Vouspensezeffectuerundon
en nature à L’ILOT ? Vous aimeriez en savoir plus sur
lesavantagesfiscauxrelatifsauxdonsfinanciers ?Par
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àinfo@ilot.be
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BrusselsHotelsAssociation/CommissionCommu-
nautaire Française (Cocof) / Commission Commu-
nautaireCommune/FondationRoiBaudouin(Fonds
de Bienfaisance de Bruxelles, Fonds Baron Jean-
CharlesVelge,FondsBaronneMoniquevanOldeneel
tot Oldenzeel) /Banque Degroof/Petercam/ Give
Eur-Hope ASBL / BNP / Oksigen Lab ASBL / Région
deBruxelles-Capitale/RégionWallonne/Servethe
City/Rotaract/CarrefourBelgique/Wink/Graceffa.
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avec lesquels L’ILOT travaille régu-
lièrement
AMA, Archipel-HOBO, centre Ariane, Article 27,
Babel, Banque alimentaire, Bruxelles-Accueil,
CEMO de Saint-Gilles, CEMôme, Centre d’Accom-
pagnement et de Formation pour Adultes, Centre
de prévention des violences conjugales et fami-
liales, Chez Nous - Bij Ons, CIRE, Commissariat
Général aux Réfugiés et aux Apatrides, Compa-
gnons Dépanneurs, Diogènes, Enaden, Espace
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  • 1. Bilan et Perspectives En semble p our le s per s onne s s a n s a bri ! ©LoïcDelvaulx L’Ilot 2015
  • 2. Éditrice responsable Ariane Dierickx Brochure réalisée par Gregory Vandendaelen Graphisme Lisa Boxus / inextenso.be Photographies Loïc Delvaulx Sommaire Éditorial 2015 en quelques chiffres L’État anti-social actif L’ILOT : une approche globale Mission, Vision, Action Notre public Accueillir Témoignages Le Clos Les pots de L’ILOT, tremplin vers l’emploi L’ILOT 160 L’ILOT 38 L’ILOT Jumet Capteur de logements S.Ac.A.Do. Témoignages Nos comptes Les sans-toit veulent un toit ! Nous soutenir 4 5 6 8 9 10 12 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 26 30
  • 3. 54 éditorial 2015futuneannéecharnièrepournotreasso- ciationenévolutionconstante,àl’imagedela société qui nous entoure. Depuisplusde50ans,L’ILOTestauxcôtésdes personnessansabri.Noussommestoujourslà etnousn’avons,malheureusement,jamaiseu autant de travail et de demandes d’aide. Nos méthodes de travail, nos ambitions en tantqu’association,elles,évoluentetdevront encoreévolueraufildesannéesàvenir.Notre société, le monde qui nous entoure, est plus complexe, plus segmenté, plus divisé que jamais. La pauvreté et l’isolement social gagnent chaque jour du terrain. Les chemins quimènentausans-abrismen’ont,eux,jamais été aussi nombreux. UneassociationcommeL’ILOTsedoitd’adap- ter ses méthodes de travail et ses actions de terrain à cette société en profonde mutation. Depuisquelquesannéesdéjà,nousmultiplions les expériences afin de répondre au mieux aux évolutions de notre public et aux change- mentsdupaysageéconomiqueetsocialbelge et européen. Aujourd’hui, à l’heure d’écrire ces lignes, nous pouvons être fiers d’être une des associations dont les projets sont parmi les plus diversifiés du secteur. Si nos projets sont multiples et s’adressent à différents publics, l’objectif de notre association reste ©LoïcDelvaulx en quelques chiffres :2015 Ariane Dierickx Directrice générale inchangé : diminuer et éradiquer un jour le sans-abrisme. Un objectif ambitieux certes, maisauquelnouscroyonsfermement.Vousle lirez dans ce rapport, à L’ILOT, nous n’accep- tons pas d’intervenir uniquement pour rendre la vie en rue moins indigne ou moins incon- fortable, ni même encore pour éviter qu’on y meure de froid ou de faim. Bien sûr, cela reste nécessaire, mais notre objectif doit être plus ambitieux : nous devons multiplier les portes de sortie concrètes et durables. Ce travail de longue haleine passe par une action concrète de recherche active de solutions logement et par la mise en place d’actions visant l’autono- miefinancièredespersonnes.Toutenpoursui- vantetenaméliorantlesservicesdéveloppés par le passé, c’est notamment ce à quoi nous nous sommes employés en 2015. Bonne lecture, • 1 046 personnes sans abri accueillies dans nos différents services • 21 946  nuitéesdansnos3 centresd’hé- bergement • 92 personnesontretrouvéunlogement aprèsunpassagedansundenosprojets • 13 852 repasdemidiéquilibréset7 022 petits déjeuners distribués en journée au Clos • 5 679 douches chaudes prises au Clos • 1 017 lessives de vêtements d’usagers et usagères du Clos • plus de 65 usagers et usagères du centre de jour Le Clos suivis par le Ser- vice social • 30 famillesparmilesquelles65 enfants hébergées dans notre Maison d’accueil d’urgence
  • 4. 6 7 L’État anti-social actif Billet d’humeur Il y a quelques dizaines d’années, lorsqu’une per- sonne poussait la porte de L’ILOT, elle savait qu’après avoir pris le temps nécessaire du repos puis celui de la reconstruction, elle pourrait, avec notre soutien, retrouver un logement, voire même un emploi, et repartir du bon pied. Savoir qu’il était possible de trouver des solutions concrètes et effi- caces était aussi important pour notre public que pour nos travailleurs sociaux. Et dans tous les cas, nous pouvions compter sur un État social certes imparfait mais néanmoins capable de défendre les plus fragiles. La situation d’aujourd’hui est bien différente : la crise économique est passée par là, transformant le marché de l’emploi en une grande loterie dont seuls certains joueurs reçoivent un ticket et la crise du logement a pris une telle ampleur qu’elle touche désormais aussi les ménages aux revenus moyens. L’État social qui se voulait si ambitieux est demoinsenmoinscapabledecorrigerlesinégalités sociales,absentesdelaplupartdespréoccupations politiques actuelles : les mécanismes de redistri- bution qu’il avait développés pour lutter contre ces inégalités se sont dégradés au profit d’un système néolibéralapparemmenttriomphantquiaprogres- sivement fragilisé le système global de protection sociale, détricoté les services publics, multiplié les statuts précaires et provoqué la prolifération des politiques d’austérité. Danscecontexte,lapauvretéaujourd’huin’estplus considéréecommelaconséquenced’unerépartition inégaledesrichessesmaisbiencommeun« accident de parcours » dont la responsabilité devient indivi- duelleetnonpluscollective.Ilneresteplusdèslors qu’àaccepterdeselaisser« activer »ou« réinsérer » pour expier sa faute. Celles et ceux que le système n’aura pas réussi à digérer seront, au choix selon les époques et les idéologies, des « laissé.e.s pour compte »,des« exclu.e.s »,des« surnuméraires »,des « inemployables », des « démuni.e.s », des « nécessi- teux »,des« défavorisé.e.s »,des« vulnérables »,etc., les « sans-abris » étant le symbole suprême de la mise en échec de notre modèle social-démocrate. Englués dans les réalités individuelles des per- sonnes accompagnées, les professionnelLEs du social finissent par se distancier de cette lecture politiqueetparappliquerconsciemmentounonles règles de l’État social actif. L’ILOT refuse cette lo- gique qui enferme les travailleurs sociaux dans une posture schizophrénique et contraire à la mission qui doit rester la leur : tout en tâchant d’accompa- gner au mieux les personnes à partir des individua- lités microsociales, il nous faut rester vigilant.e.s et développer une analyse critique des inégalités macrosociales dans lesquelles s’inscrivent de plus en plus de réalités individuelles. Cette analyse politique des mécanismes qui fabriquent les pauvres doit nous permettre de constater que notre secteur récolte aujourd’hui les fruits des politiques d’austérité et d’activation imposées ces dernières décennies : greffé à un sys- tèmeorganisantdefaçonstructurellelesinégalités socialesdetoutesnatures,lesous-financementdes secteursdelasanté,delajustice,delajeunesse,de l’égalité entre femmes et hommes, du logement, etc. amène dans nos services un nombre grandis- sant de personnes. C’est le cas notamment des personnes souffrant d’assuétudes lourdes et/ou de problèmes de santé mentale, des sortant.e.s de prison dont les institutions pénitentiaires n’ont pas pu préparer la réinsertion, des jeunes qui sortent d’institutions à leur majorité sans aucun filet de sécurité, des femmes victimes de violences conju- gales ou intrafamiliales qui ne trouvent pas de place dans les structures d’urgence spécialisées, defamillesincapablesdepayerunloyerdevenuina- bordable, d’allocataires sociaux subitement exclus du chômage, etc. Les chiffres enregistrés dans nos différents ser- vices en 2015 attestent de l’aggravation de cette tendance. Le dernier dénombrement réalisé par La Strada en novembre 2014 a enregistré 2 603 per- sonnes sans abri ou très mal logées en Région de Bruxelles-Capitale 1 . Ces chiffres alarmants ne semblent toutefois pas suffisants pour convaincre le niveau politique de l’urgence de la situation. Et forceestdeconstaterque,dansunmêmecontexte d’austérité, toutes les urgences n’ont pas la même valeur et, que dans la hiérarchie des urgences, celle de l’humain en a nettement moins que celle du béton des tunnels bruxellois pour prendre un exemple récent. L’accompagnement individuel des personnes, qui reste le cœur de l’action de L’ILOT à travers ses différents services, ne doit pas nous empêcher de dénoncer cette situation et de tenter d’influer sur le niveau politique. C’est par des propositions constructives et des projets innovants, créatifs et alternatifs qui permettront d’inverser cette tendance, que L’ILOT s’engage aussi, auprès des personnes sans abri, à construire une société plus égalitaire et plus solidaire. Ariane Dierickx, Directrice générale 1 LaStradaestlecentred’appuiausecteurbruxelloisd’aideaux personnes sans abri. Parmi ces 2 603 personnes, on compte 56% d’hommes, 22% de femmes, 20% d’enfants et 2% non précisés. Depuis plus de 50 ans, L’ILOT vient en aide aux personnes les plus fra- gilisées par notre société et tente de leur proposer des solutions les plus durables possibles. Elle tente aussi de s’adapter aux nouveaux défis aux- quels nous sommes confrontés. ©LoïcDelvaulx
  • 5. 8 9 Trouver un logement : « Capteur de Logements » Sortir de la rue et ne pas y retomber : « S.Ac.A.Do » L’ILOT : une approche globale Un accueil pour les sans-abri en journée : « Le Clos » Héberger et accompagner des hommes sans abri à Bruxelles « L’ILOT 38 » Héberger et accompagner des hommes sans abri en Wallonie « L’ILOT Jumet » Une maison d’hébergement pour les femmes et les familles sans abri : « L’ILOT 160 » L’ILOT est composé de 6 projets : le Centre de jour ‘Le Clos’,lestroisMaisonsd’accueil,leservicedeguidance à domicile S.Ac.A.Do et la Cellule ‘Capteur de Loge- ments’ représentent le dispositif global d’accompa- gnementdel’ASBLL’ILOT. L’équipestratégiqueetadministrativesituéeausiège de l’ASBL, 73 rue de l’Eglise à Saint-Gilles, coordonne l’action sociale et soutient la gestion et les missions del’ensembledesservicesproposés. Mission L’ILOT a pour missions de répondre aux besoins despersonnessansabriparl’accueil,l’hébergement et l’offre de services de première nécessité, et de mener une action de fond par un accompagne- ment individuel. Notre objectif est atteint lorsque les personnes accompagnées retrouvent un niveau d’autonomie leur permettant de réaliser leur(s) projet(s) et des conditions de vie dignes. Vision • Une place pour chacun et chacune ! Ceci nécessite que chaque personne soit reconnue et accueillie telle qu’elle est, qu’elle trouve une place au niveau de notre association et retrouve celle à laquelle elle a droit dans la société. • La dignité pour tous et toutes ! Ceci suppose de proposer des solutions dignes et adaptées aux besoins des personnes : structures d’accueil à taille humaine, accompagnement social de qualité impliquant écoute active et attention spécifique pour leur projet de vie, quel qu’il soit. • Engagement et solidarité ! Par notre action, nous visons le développement d’une société soli- daire mue par l’engagement de ses citoyens et citoyennes organisés ou non. Action • accueil • hébergementenurgenceoudansladurée(de1jour à 9 mois) • repas • lessives, douches, consignes à bagages • accompagnement psychosocial • guidance budgétaire • aide à la recherche d’un logement • accompagnement en logement des personnes sorties de la rue • aideàlarecherched’uneformationoud’unemploi • soutien scolaire aux enfants ©LoïcDelvaulx
  • 6. 10 11 Notre public Deshommes,desfemmes,desenfants,desfamilles sans abri. En 2015, L’ILOT est intervenu auprès de 1 046 personnes. Les différents services de L’ILOT s’adressent à des personnes sans abri provenant de tout le territoire belge. L’ILOT accompagne aussi des personnes qui ne sont pas ou plus sans abri mais qui vivent en si- tuation de grande précarité. Notre rôle est alors de les aider à conserver leurs droits et leur logement. Sans abri ? S’appuyantsurlatypologieETHOS(EuropeanTypo- logy on Homelessness and housing exclusion), qui classifielespersonnessansabriselonleursituation par rapport au logement, L’ILOT s’adresse tant aux personnesn’ayantaucunerésidencefixequ’auxper- sonnes considérées comme mal logées. Cetteapproche,quiconfirmequel’exclusionliéeau logement est un processus (et non pas un phéno- mènestatique)concernantbeaucoupdepersonnes/ ménages à différents moments de leur vie, intègre également les personnes « en risque » de sans- abrisme. Comment devient-on sans-abri en 2015 ? Les problèmes rencontrés par les résident.e.s des maisons d’accueil sont de plus en plus diversifiés et ont des implications sur leur capacité à mettre en place un projet de vie. Parmi eux, nous obser- vons les éternelles récurrences : exclusion de la cellule familiale, absence de repères et perte de confiance, violences conjugales ou intrafamiliales, assuétudes, troubles mentaux, transition après une incarcération, etc. Parfois, une fin de bail, une expulsion, une séparation ou encore une cohabita- tion difficile mène à la rue. À ces difficultés vient parfois se greffer la question de l’absence ou de la perte de titre de séjour, ce qui peut amener à devoir déroger aux temps de séjour maximum afin de permettre une remise en ordre administrative, condition minimum à retrouver une situation de vie normalisée. Ces ruptures par rapport aux normes ont mené à l’exclusion – familiale, du travail, du logement, d’un groupe social -, la perte du logement concrétisant une errance personnelle. Il n’est pas rare que les personnes accueillies, hébergées et/ou accompa- gnées soient déficientes sur les plans sanitaire, psychosocial, administratif et économique. Nombreuses sont les personnes, pour la très grande majorité des femmes qui, victimes de violences conjugales, finissent par quitter le foyer familial. Démunies et très abîmées sur le plan psychologique, elles se tournent souvent, faute de structures adaptées pour les accueillir, vers les maisons d’accueil. Car de fait, de façon ponctuelle, dans cette rupture brutale de vie, elles sont… sans abri. Accompagnées ou non d’enfants, elles peuvent alors se (re)poser pour une période de trois mois dans une des maisons d’accueil de L’ILOT, le temps d’être réorientées vers des struc- tures plus adéquates ou de se reconstruire un mini- mum avant de rebondir. Bien souvent, les enfants qui les accompagnent ont eux-mêmes connu des violences familiales, ce qui nécessite là aussi une prise en charge spécifique. Dépendances Les assuétudes sont un autre phénomène bien connu des services d’accueil des personnes sans abri. Les personnes dépendantes à l’alcool et/ou à une médication mal gérée et/ou à des drogues douces ou dures constituent une large part des personnes hébergées au sein des Maisons d’ac- cueil de L’ILOT. Si l’encadrement ou le support assuré ne suffisent pas à garantir la gestion de ce type de situation par rapport à la vie commu- nautaire, les équipes sont inévitablement ame- nées à réorienter ces personnes vers une solution plus adaptée, en s’assurant au préalable de leur collaboration. Santé Mentale Deplusenplusdepersonnesaccueilliesprésentent des pathologies mentales, des troubles de la per- sonnalité. Ce phénomène concerne aussi bien les plus jeunes que les plus âgés. Ne disposant pas de compétences médicales, les maisons de L’ILOT ne peuventaccueillirlespersonnesquiprésententdes troublescomportementauxtropimportants,néces- sitantdessoinsetunaccompagnementspécifiques et/ou de nature à déstabiliser les autres résidents (toxicomanieprofondeetnonstabilisée,alcoolisme profond, troubles psychiatriques lourds, etc). De la prison à la rue Les « sortants de prison » restent nombreux à fré- quenter « L’ILOT 38 » et « L’ILOT Jumet », les deux maisons d’accueil pour hommes : outre le fait d’être « sansabri »etdepeut-êtrecumulercetétatavecdes problèmes de consommation de drogue ou d’alcool. Les maisons pour hommes de L’ILOT, à Bruxelles comme à Jumet, hébergent aussi des hommes du- rant leur congé pénitentiaire. Les hébergements sous surveillance électronique sont limités au coup par coup afin de ne pas tomber dans des régimes d’hébergement différenciés et pervertis : accès aux chambres autorisé à certains et non à d’autres en journée, collusion et influence des hébergés plus fragiles, perception du personnel de la maison d’accueil en tant qu’auxiliaire carcéral. L’ILOT étant une des seules structures du secteur de l’aide aux personnes sans abri à accepter les de- mandes de congés pénitentiaires, celles-ci sont exponentielles ces dernières années. 29 personnes en congé pénitentiaire ont été hébergées en 2015. En fin L’ILOT accueille aussi les personnes en situation irrégulière/illégale, c’est-à-dire sans statutreconnuenBelgique,L’ILOTassureundépan- nage d’une semaine. Dans le cas de la Maison d’Ur- gence, ce délai peut être plus long, tenant compte de la situation spécifique de la personne ou de la famille et de la possibilité pour l’équipe de l’accom- pagner dans les démarches de régularisation. ©LoïcDelvaulx
  • 7. 12 13 Accueillir En 2015, L’ILOT a accueilli 1 046 personnes. 647 per- sonnesontétéaccueilliesdansnotrecentredejourde Bruxelles (Saint-Gilles). Notre maison d’accueil pour hommes de Bruxelles a accueilli 95 hommes seuls, celle de Jumet 96. La maison d’accueil d’urgence pour femmes et familles a quant à elle accueilli 208 personnes : 101 femmes seules mais aussi 23 fa- milles monoparentales et 7 couples avec enfants. Pour l’accueil de jour, il n’existe aucune limite dans letemps(tantquelespersonnesaccueilliesrestent bienconsidéréesparnotreéquipecommesansabri). L’accueil de nuit dans les maisons d’accueil est quant à lui limité à 3 ou 9 mois. L’accueil de jour C’estpermettreauxpersonneslesplusdémunieset les plus exclues de sortir de l’isolement en tissant du lien. Ce lien est créé en proposant un cadre structurant (heures d’ouverture, règles de vie, prise de rendez-vous avec les travailleurs sociaux, etc.) qui rompt avec l’univers flottant et insécuri- sant de la rue et offre l’éventualité d’une rencontre avec le personnel social d’encadrement. Le lien créé permet en général à la réalité de faire surface : échecs multiples, dépendance à l’alcool, rupture familiale, violence, posture de démission, résignation à la vie dans la rue par épuisement ou manque de choix, etc. Parcequevivreàlarueestuneépreuvequotidienne, L’ILOT veut accueillir tout au long de l’année, 365 jours par an, pour éviter la rupture de ce lien et permettre à celles et ceux qui n’ont aucun autre espace d’accueil et de repos, de venir souffler quelques heures. Contrairement aux idées reçues, l’accueil en jour- née est fréquenté autant l’été que l’hiver, preuve que le sans-abrisme n’est pas une problématique de saison ! Les services de 1re  nécessité, qui répondent aux besoins primaires des personnes vivant à la rue, s’articulent autour de plusieurs axes : • la sécurité : l’écoute active, la communication non violente et la gestion proactive des conflits permettent de veiller au respect de chacun et chacune à l’intérieur des murs du Clos; • avoir un lieu à soi pour s’alléger de ses bagages et déposer ses affaires personnelles grâce aux consignes ; • le repos : se reposer et se ressourcer dans un endroit propre et chaleureux; • l’hygiène : se laver et pouvoir porter des vête- ments propres grâce aux services douches et lavoir ; • les repas (petit déjeuner et repas de midi) pour s’alimenter correctement. Ces services sont aussi pour la personne ac- cueillie et qui le souhaite, le point de départ d’un travail social individualisé qui permettra de sortir peu à peu de l’extrême précarité et de reconstruire un projet de vie. Concrètement, le travail social permet aux per- sonnes accueillies de bénéficier d’une aide à la remise en ordre administrative, à la recherche de logement temporaire ou définitif, à la recherche d’appui juridique, d’une orientation vers une aide médicale ou psychologique, d’un accès à la culture, mais aussi d’aide pour renouer des contacts fami- liaux ou sociaux. Comme on le voit par l’offre de services propo- sée au sein du centre de jour, L’ILOT ne s’inscrit pas dans une conception humanitaire de l’aide aux personnes mais bien dans celle d’une action sociale. Cette conception de l’action sociale se veut durable et participative dans la mesure où elle cherche à inclure activement la personne concer- née dans la démarche proposée. Il s’agit de rendre les personnes actrices de leur avenir et d’ouvrir la voie vers l’autonomie. ©LoïcDelvaulx ©LoïcDelvaulx
  • 8. 14 15 L’accueil-hébergement L’ILOT dispose de 3 maisons d’accueil d’une ving- taine de lits chacune. Ces maisons ont pour mission d’assurer l’héberge- mentdepersonnessansabritoutenmenant,durant le séjour des personnes, une action de fond basée sur un accompagnement psychosocial de qualité. Historiquement, L’ILOT a toujours eu la volonté de proposer un hébergement de type familial qui allieproximité,soutienetrespectdechacunetcha- cune.Lenombrelimitédelitsetdeplacesd’accueil est donc un choix assumé par l’organisation. Le premier objectif de l’hébergement, qu’il soit à court,moyenoulongterme,estd’assurerl’accueil des personnes en détresse, tout en travaillant avec elles à la suite de leur parcours, traduit dans un projet d’accompagnement individualisé. Endéveloppantunprojetd’accompagnementindivi- dualiséaveclespersonneseffectivementdevenues résidentes d’une de nos maisons d’accueil, il s’agit de se concentrer avec elles sur les différentes dé- marchesàréaliserafindeleurpermettredequitter cette maison. Le second objectif de l’hébergement est d’orienter les personnes vers un retour à une autonomie quileurpermettraderetrouveruneplacedigne danslasociété,notammentparlebiaisd’uneréin- sertion socioprofessionnelle. La durée d’accueil reste en principe fixée à maxi- mum trois mois (pour la maison d’urgence) ou six mois à neuf mois (pour les deux autres maisons). L’accueil n’est pas conditionné par une « obligation de résultat » au terme de l’hébergement. La seule condition est de pouvoir s’adapter aux exigences et à la vie communautaire de la maison. Entermesd’objectifsfixés,lesattentessontadaptées etnuancées.Lepremierobjectifestdepermettreàla personnederetrouverladignité,unrythmedevie, unlieuderessourcement,unespoir,l’accomplis- sement de projets immédiats dans un quotidien de vie. À plus long terme ensuite et seulement, on envisagera les questions de l’accès à un logement et tout ce quecelanécessiteousuppose… ©LoïcDelvaulx « Je travaillais de 10 à 15h et de 18 à 1h du matin en semaine et 3h du matin les week-ends, tout ça pour gagner l’équivalent de 7 euros l’heure. Mon patron me louait une chambre au-dessus du restaurant, 500 euros par mois pour moins de 20 m2 . J’y suis resté 4 ans. Par- fois mon patron, qui habitait à 100 m du restaurant, m’appelait la nuit pour lui apporter à manger. Il me demandait aussi de promener son chien à des heures impossibles. Par peur de perdre mon emploi et mon studio, je ne disais jamais non. (…) Un jour j’ai craqué, épuisé physiquement et conscient d’être devenu un esclave. (…) Je me suis retrouvé comme cela du jour au lendemain libre mais sans abri. » Faris, 39 ans, hébergé au sein de notre maison d’accueil de Bruxelles « J’ai été expulsée de mon appartement quand je suis sortie de l’hôpital. Je me suis retrouvée dans un centre de nuit pour personnes sans abri, un de ces centres qui héberge la nuit mais qu’on doit quitter tôt le matin. Là-bas, on m’a tout volé, jusqu’au sac à main. Ici au Clos, je peux rester en journée et je suis aidée pour refaire mes papiers et retrouver un logement. » Claudine, 49 ans « Après ma cure de désintoxication, je me suis retrouvée une nouvelle fois en rue, avec mes économies j’ai été vivre 3 semaines à l’hôtel, à Namur. Là-bas, je me suis défoncée ; alcool, drogues et médicaments pour oublier… je voulais en finir pour de bon. Un matin je me suis réveillée, j’ai pensé à l’accueil que j’avais connu à L’ILOT l’été passé, j’ai appelé et Sté- phane [éducateur] m’a dit qu’il y avait une place pour m’accueillir le soir-même, j’ai pris le train et je suis arrivée. Sans cette réponse positive, je ne serais sans doute plus vivante là à l’heure qu’il est. » Christine, 40 ans
  • 9. 16 17 Convaincue que l’inclusion et l’émancipa- tion sociale passent par l’ouverture à de nouveaux horizons, notamment socio-pro- fessionnels, L’ILOT a décidé de développer un projet d’économie sociale visant à terme la création d’emplois pour des personnes précarisées récemment sor- ties de la rue. Inspiréparlesuccèsdumodèleparticipa- tif mis en place au sein de notre centre de jour Le Clos, qui depuis plusieurs années déjà propose à ses usagers et usagères de prendre activement part à la vie du centre (préparation des repas, entretien des es- paces, etc), le projet « Les Pots de l’Ilot » viseà(pré)formerauxdifférentsmétiers de l’Horeca des personnes en grandes difficultés sociales et économiques en dispensant un apprentissage sur le terrain et en poursuivant des objectifs de stabili- sation et de resocialisation. Le projet est organisé autour de 2 grands axes : • la formation (ou pré-formation), via la miseautravailetl’encadrementdesper- sonnes récemment sorties de la rue et intéressées par les métiers de l’Horeca ; • un accompagnement psycho-social individuel, avec la volonté de trouver pour chaque personne des solutions à ses problèmes spécifiques. Lancé en janvier 2015 au sein de notre centre de jour, le projet est soutenu finan- cièrement par la Région de Bruxelles- Capitale en tant qu’Initiative Locale de Développement de l’Emploi ainsi que par la Fondation Roi Baudouin dans le cadre de son programme Venture Philanthropy. Grâce à ce soutien, L’ILOT a pu s’offrir les services d’une équipe de formateurs et de coachs professionnels qui accom- pagnent le projet dans chacune de ses dimensions et étapes. Concrètement, de quoi s’agit-il et quelles sont ces étapes ? • Renforcerlescompétencesdel’équipe permanente du Clos afin de lui per- mettre d’assurer un encadrement pro- fessionneldespersonnesbénéficiantdu projet d’économie sociale ; • Développer des outils et procédures : grille d’évaluation des savoir-faire et savoir-être, référentiel de compétences et connaissances à acquérir, plan de for- mationetd’accompagnementpersonna- lisé des stagiaires, etc. ; • Mettre au point un programme de for- mations et de coaching incluant des tempscollectifsetactionsindividuelles et mêlant apprentissage des connais- sances de base des métiers de l’Horeca et mise en situation concrète au sein du restaurant social du Clos. En 2015, année pilote du projet, nous avons pu proposer 4 modules de formation qui ont été suivis par 8 personnes fréquentant notre centre de jour. Notre objectif pour 2016 : proposer 20 modules de formation à un groupe d’une quinzaine de personnes. Ouvert7jourssur7,étécommehiver,leCentredejour « LeClos »estunhavredepaixpourlespersonnesqui viventàlarue.Celieupermetdetisserdulienenpas- santlajournéedansunenvironnementchaleureux.Au fildutempsetdelaconfianceretrouvée,LeClosper- met aux personnes les plus précarisées de s’orienter versunlieud’hébergementadaptéetdequitterlarue. Outrelesrepas,lespersonnesontaccèsàunlavoir, àdesconsignesetàdesdouchesetpeuventbénéfi- cier sur demande d’un suivi social individuel. En 2015, Le Clos a accueilli 647 personnes, dont 151 femmes. En 2015, nous y avons fourni 20 874 repas et 5 979 douches, 1 765 consignes ont été mises à la dis- positiondespersonnesquiviventenruepourleurper- mettred’ylaisserensécuritéleurseffetspersonnels. 5 679 douches chaudes ont été prises. Le Clos c’est 1 restaurantde41 places,1 espacecuisine,2 blocssani- taires,1 lavoir,6 douches,2 bureauxpourl’accueiletles suivisindividuelset1cabinetdedentisterie. En collaboration avec Médecins du Monde, 239 consultations gratuites de dentisterie ont été proposées en 2015. LaquasitotalitédubudgetduClosestcouvertepar les dons privés et les aides à l’emploi. Offrir un accueil pour tous et toutes en journée Le Clos Les Pots de L’ILOT, tremplin vers l’emploi ©LoïcDelvaulx Une alimentation saine et équilibrée accessible au plus grand nombre Précarité et sans-abrisme riment trop souvent avec malbouffe. Malgré les conseils récurrents des banquesalimentairesauxassociationssouscontrat avecelles,beaucoup–etjusqu’ilyapeunousenavons faitpartie–persistenteneffetàredistribueruneali- mentation nutritionnellement catastrophique ne contenantnifruitsnilégumesfrais. Convaincusque« mangerbien »nedoitpasêtreréser- vé à une élite et doit pouvoir toucher les couches les plusprécariséesdelapopulation,L’Ilotadécidéd’en faireunepriorité.Grâceauxconseilsdespécialistes, nous avons modifié nos modes de collecte alimen- taire et aujourd’hui, 30 % de celle-ci répondent aux critèresd’unealimentationsaineetdurable(produits bio,desaison,équilibrés,etc.).Etcen’estqu’undébut.
  • 10. 18 19 Héberger et accompagner des hommes sans abri à Bruxelles L’ILOT 38 Ne sachant où aller de nombreuses femmes et familles fuyant des situations de violence domes- tique ou conjugales, se retrouvent sans abri, faute d’alternatives. Une maison les accueille 24h sur 24. Outre les victimes de violences, « L’ILOT 160 » est une des rares maisons à Bruxelles qui accueille les personnessanspapiers.Bienquecelles-cinesoient pas nécessairement illégalement en Belgique, le moindre événement de vie peut les faire basculer danslaplusgrandeprécarité.L’équipeentamealors des démarches pour obtenir une régularisation, ce quisupposeunminimumdestabilitéetdesécurité, surtoutlorsquelesenfantssontprésents,etlapos- sibilité de retrouver une adresse. Nous avons, en 2015, accueilli 65 enfants issus de 30 familles sur un total de 208 personnes ÀL’ILOT,chaquepersonnesansabrihébergéesevoit proposer un Projet d’Accompagnement Individuel. Celui-ci reprend le projet du résident et les diffé- rentes mesures à mettre en place pour le réaliser (remise en ordre administrative, recherche de for- mation ou de travail, de logement, etc.). Au sein de ce projet de maison communautaire, outrelestâchesménagères,desactivitésrégulières (sportives,culturelles,culinaires,loisirsdivers)sont organisées pour permettre de resserrer les liens entre les résidents et les travailleurs sociaux et de créer un sentiment d’existence en dehors des murs de l’institution. hébergées et accompagnées. L’équipe tient compte dans son fonctionnement de la présence de ces enfants, jeunes et moins jeunes. Notre maison comprend ainsi un espace réservé aux 0-3 ans, un salon pour les ados et un module de jeux dans le jardin. Une des premières préoccu- pations de notre équipe est de rescolariser ces enfants et d’assister au mieux les parents dans leur mission d’éducation (aide pour les devoirs, soutien à la parentalité, etc). Le bâtiment comporte 6 chambres (dortoirs et chambres familiales), des lieux de vie communau- taires, un espace pour les jeunes enfants et un jardin. En2015,41 personnesontretrouvéunlogement suite à leur séjour dans cette maison. En 2015, 95 personnes ont été hébergées à « L’ILOT 38 » pour un total de 7 255 nuitées. Il s’agis- sait surtout de personnes âgées entre 30 et 39 ans et50et59 ans.Lapopulationhébergéeestsouvent déficitairesurleplansanitaire,psycho-social,admi- nistratif et économique. 21 des 95 hommes héber- gés en 2015 étaient en congé pénitentiaire. Cette maison se compose de 13 chambres indivi- duelles et de 2 dortoirs de 4 et 6 places (capacité totale de 24 places), d’espaces de vie communau- taires et d’un grand jardin. En2015,27 personnesontretrouvéunlogement suite à leur séjour dans cette maison. Une maison qui accueille dans l’urgence les femmes et les familles L’ILOT 160 ©LoïcDelvaulx ©LoïcDelvaulx
  • 11. 20 21 Reloger les plus démunis des Bruxellois et des Bruxelloises Capteur de logements Héberger et accompagner des hommes sans abri en Wallonie L’ILOT jumet En 2015, l’équipe de la Maison d’accueil de Jumet a accueilli et hébergé 96 personnes diffé- rentes soit un total de 7 076 nuitées. Son service d’accompagnement post-hébergement a permis d’accompagner 60 personnes dont 33 étaient déjà suivies en 2014. Les problèmes rencontrés par les personnes sans abri hébergées sont variés et ont des implications sur leur capacité à mettre en place un projet de vie, un projet d’avenir. La maison se compose de 24 chambres indivi- duelles, de vastes espaces de vie communautaires et est entourée d’un très grand jardin dans lequel il est prévu de développer un projet de potager parti- cipatif en 2016. En2015,16 personnesontretrouvéunlogement suite à leur séjour dans cette maison. Capteur de Logements se définit comme une cel- lule régionale au service de l’ensemble des struc- tures d’aide aux personnes sans abri de la Région de Bruxelles-Capitale. Via la captation directe sur le marché immobilier privé et le montage de projets immobiliers alliant rentabilité et enga- gement social (construction de logements neufs ou rénovation), elle a pour objectif de trouver et créer de nouvelles portes de sortie vers le loge- ment durable. Bien que dernier né des projets de L’ILOT, Capteur de Logements a pu réaliser en 2015 des résultats qui sont très prometteurs pour les années à venir : 4 baux signés, c’est-à-dire 4 appartements (de 1 à 2 chambres) trouvés dans lesquels 8 personnes ont déjà pu s’installer), 4 montages de projets enta- més en 2015 et encore en cours de développement (1 immeuble de 3 appartements de 1 à 3 chambres, 1 immeublede3 appartementsde1et2 chambreset 2 à 3 appartements de 1 à 3 chambres). Subsidiée dans sa phase de « recherche-action » par la COCOM de novembre 2014 à mars 2015, elle a ensuiteétéentièrementfinancéesurfondspropres le reste de l’année 2015. En 2015, 8 personnes ont trouvé un logement suite à l’intervention de notre équipe « Capteur de Logements ». ©LoïcDelvaulx ©GregoryVandendaelen
  • 12. 22 23 Sortir de la rue et ne pas y retomber s.ac.a.do. Le logement n’est pas tout. Une fois un appar- tement trouvé, la personne sans abri relogée se trouvefaceàunesériededifficultés(entretenirson logement, payer les factures à temps, contracter une assurance, construire un réseau de contacts, etc) qui, si elles ne sont pas surmontées, peuvent mener à des retours à la rue ou en institution. L’équipe de S.Ac.A.Do apporte un soutien primor- dial aux personnes qui (ré-)intègrent un logement pour les aider à s’y maintenir (travail de prévention au sans-abrisme). Des professionnelLEs de l’aide aux personnes (assistants sociaux et psychologue) les accompagnent dans les différentes dimensions de leur vie quotidienne, mais aussi pour les aider à trouver si nécessaire un logement plus adéquat (insalubrité, coûts directs et indirects du logement tropimportantsparrapportàlasituationfinancière delapersonne,logementdurableaprèslelogement de transit, etc.). L’accompagnement proposé est rythmé par la demande des bénéficiaires. Les travailleurs font appel aux ressources propres des personnes mais aussi à leur réseau social. L’objectif est de tisser ou de fortifier des liens significatifs qui permettront aux personnes de vivre dignement et de manière autonome. En 2015, 47 ménages ont été accompagnés par S.Ac.A.Do. à Bruxelles. ©LoïcDelvaulx ©LoïcDelvaulx « À Bruxelles, il y a 40 000 dossiers en attente pour un logement social, ce qui représente actuellement une file d’attente de… 7 ans ! Les associations qui hébergent des personnes sans abri, sont elles, pleines été comme hiver. Une situation d’autant plus incroyable que des milliers de logements restent vides à Bruxelles. Trouver un logement convenable à un prix décent n’a jamais été aussi difficile à Bruxelles» Samantha, coordinatrice de la cellule Capteur de Logements « Monsieur P. est refugié politique, il vit en errance depuis son arrivée sur le territoire belge. Sans abri il avait été accueilli par L’ILOT en maison d’accueil puis accompagné vers un logement de transit. Nous l’accompagnons par notre service à domicile depuis 4 mois. Angoissé et mélancolique à l’idée de ne plus jamais revoir son pays et les siens, il a beau- coup de difficultés à organiser sa vie quoti- dienne et à remplir ses obligations adminis- tratives. Nous lui apprenons à payer son loyer, lui expliquons ses factures et l’aidons à trouver la bonne aide au bon endroit. Nous essayons de construire quelque chose, une nouvelle vie avec lui, afin de lui permettre de trouver une place dans notre société. » David, responsable du service de guidance à domicile S.Ac.A.Do.
  • 13. 24 25 Nos comptes  Dons et legs  Subsides  Mesures pour l’emploi  Participation aux frais  Récupérations diverses  Patrimoine   Frais de mission et d’action sociale  Administration  Bâtiments  Personnel administratif  Personnel de terrain  Amortissements et provisions   Frais financiers Produits 2015 Charges 2015 L’ilot – Compte de résultats Charges 2015 2014 Frais d'action sociale 177.898,58 191.705,18 Bâtiments 157.577,48 176.486,12 Administration 90.822,87 85.045,33 Frais communication et récolte de fonds 82.420,03 38.811,06 Frais de personnel 2.564.361,06 2.508.179,84 Amortissements & provisions 88.046,29 110.053,94 Frais financiers 24.083,59 25.338,61 Total dépenses 3.185.209,90 3.135.620,08 Produits 2015 2014 Dons et legs 710.076,67 645.516,97 Subsides 1.797.475,59 1.667.745,34 Mesures pour l'emploi 279.321,43 288.414,41 Participation aux frais 406.719,04 401.572,21 Récupérations diverses 1.754,25 1.808,00 Patrimoine 922,20 1.657,35 Produit exceptionnel 0,00 108.190,76 Total recettes 3.196.269,18 3.114.905,04 Résultat 11.059,28 -20.715,04 L’ilot – Bilan Passif 2015 2014 Capitaux propres 1.315.764,99 1.331.355,05 Provisions 183.968,39 202.115,96 Dettes > 1 an 427.826,98 449.435,21 Dettes < 1 an 366.337,63 457.425,12 Comptes de régularisation 13.580,92 1.756,65 Total passif 2.307.478,91 2.442.087,99 Actif 2015 2014 Immobilisations 1.442.643,95 1.499.822,70 Créances < 1 an 373.766,90 380.985,45 Valeurs disponibles 483.422,44 554.267,85 Comptes de régularisation 7.645,62 7.011,99 Total actif 2.307.478,91 2.442.087,99 Fonds de roulement disponible 484.916,41 488.083,52 Besoin en fonds de roulement 1.493,97 -66.184,33 Situation de trésorerie 483.422,44 554.267,85 4,95 % 8,17 % 73,25 % 7,26 % 2,76 % 0,76 % 2,85 % 0,03% 0,05% 22,22 % 56,24 % 8,74 % 12,72 %
  • 14. 2726 Une nuit dehors est une nuit de trop. Un lit dans un centre d’urgence devrait être exceptionnel. Et un séjour dans une maison d’accueil devrait être un simple tremplin, pas un passage sans issue. La si- tuationdenotrepublicsedégradepourtantd’année en année. En tant qu’acteur de terrain, L’ILOT veut dénoncer plusieurs tendances intolérables et indignes de notre époque : La lutte contre le sans- abrisme a fait place à la gestion du sans-abrisme ! Pourrendrelephénomèned’exclusionaulogement le plus marginal possible, il faut s’attaquer aux causes et pas simplement à sa face visible. L’ILOT reconnaît l’utilité des services d’urgences. Mais, à nos yeux, cette action n’a de sens qu’aux côtés d’actions visant à aider plus durablement les per- sonnes. Depuis plus de dix ans pourtant, les choix politiques ont engendré un déséquilibre grandis- sant, en particulier à Bruxelles 2 . Malgré les nom- breux appels lancés pour dénoncer la situation, les nouveaux moyens dégagés par le politique restent principalement orientés vers la « gestion » du sans- abrismevialerenforcementdudispositifhivernalet del’urgencesociale 3 ,véritablesgouffresfinanciers n’apportant que des solutions ponctuelles sans ja- mais s’attaquer ni aux causes, ni à la recherche de solutionsdurables.Dansunepolitiquestructuréeet ambitieusedeluttedurablecontrelesans-abrisme, personne ne devrait rester dans un abri d’urgence lorsque la situation d’urgence est dépassée, qu’il s’agisse de la nuit ou de l’hiver. Pour être véritablement ambitieuse et efficace, une politique de lutte contre le sans-abrisme doit à la fois être accrochée à la conviction qu’il y a une fin possible au sans-abrisme, tout en mettant en place, en attendant cette fin, des actions multiples et coordonnées. Les sans-toit veulent un toit ! « Pouvez-vous m’aider à trouver un logement ? », telle est la principale demande adressée à nos équipes par les personnes qu’elles accompagnent. Isolé.e.s ou accompagné.e.s de leur famille, celles et ceux qui posent cette question se montrent très actifs/ves pour se sortir de leur situation : personne ne souhaite rester en rue, en maison d’accueil ou dans un logement inadé- quat (insalubre, insécurisé ou surpeuplé). L’article 23 de notre Constitution justifie tout le combat que L’ILOT mène pour venir en aide à ces personnes : « Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. Ce droit comprend le droit à un logement décent. » Les difficultés qui attendent ces personnes en quête d’une « porte de sortie » sont nombreuses. Avec les moyens humains et financiers du bord, L’ILOT s’est fixé comme priorité de développer dif- férents types de services pour aider le plus grand nombredepersonnesàsortirdel’exclusionauloge- ment : c’est l’Axe Logement de L’ILOT, qui chaque année grandit un peu plus. Vu l’hétérogénéité des profils des personnes qui s’adressent à nous, l’offre se veut plurielle afin de pouvoir répondre au mieux aux besoins spécifiques de chacun et chacune. Faute de logements accessibles à notre public ou de moyens suffisants pour faire fonctionner nos services, nous restons toutefois loin de pouvoir débloquer toutes les situations. Refusant de se résigner, L’ILOT compte continuer à renforcer son AxeLogementpourluttercontrelesans-abrisme. ©LoïcDelvaulx
  • 15. 2928 Une crise du logement abordable qui s’aggrave d’année en année Alorsquelespropriétairesprivésnesontpasincités àlouerleursbiensàdespersonnesplusfragilisées, lesparcsdelogementspublicsousemi-publicssont de plus en plus saturés. Les premières victimes de cette crise sont les personnes sans abri, condam- nées au mieux à des hébergements temporaires (dortoirs d’urgence, logements insalubres ou de transit, maisons d’accueil), au pire à survivre en rue dans la plus grande précarité. En Région bruxel- loise, le taux de risque de pauvreté ou d’exclu- sion sociale s’élève à 41,2 % 4 et un tiers des Bruxellois et des Bruxelloises vivent avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté, ce qui rend très compliqué le paiement d’un loyer même modéré. On le sait depuis plusieurs années, le nombre de logements sociaux dans la Région bruxelloise est très nettement insuffisant 5 et la si- tuationn’estpasvraimentmeilleuredanslesautres grandes villes du pays. Les solutions développées par les Agences Immobilières Sociales sont également saturées, de plus en plus de personnes nenoustromponspasdecible :sitouteslesfraudes doivent être combattues, certaines doivent l’être en priorité ! Unmarchédel’emploienpanne,unecriseaffolante du logement et une augmentation du coût de la vie ne cessent d’aggraver les situations de précarité. Ajoutezàceladesproblématiquesindividuellestou- répondant aux conditions d’accès. Pour de nom- breuses personnes et de ménages, vivre dans un logement décent est devenu un rêve inaccessible. Des dispositifs d’aide inefficaces ou qui s’envolent… Certaines aides sont spécialement destinées aux personnes sans abri (allocation de relogement octroyée par les régions, garantie locative et/ou 1er  loyer octroyés par les CPAS). Mais lorsque, com- binés à des politiques inégalitaires, les freins à leur bonneutilisationsurgissent,c’esttoutelamachine qui s’enraye et notre société devient une véritable « Fabrique des Pauvres » 6  : temps d’attente inter- minable pour situations urgentes, interprétation trop restrictive des situations de sans-abrisme qui sont par nature singulières et plurielles, demande de preuves administratives pour les personnes les moinsvisiblesdesbasesdedonnéesdenosadminis- trations, etc. Dans le même temps, nos politiques durcissentlesconditionsd’accèsàdesaidesvitales commel’allocationdechômageoulerevenud’in- sertionsociale.Àl’heureoùdesfraudesfiscalesde grandeampleursontsouslesfeuxdesprojecteurs 7 , jourspluscomplexesetdiverses,devantlesquelles nostravailleurssociauxseretrouventdémunisetin- suffisammentoutillés,etvousaurezunesituation devenue intenable pour les associations comme L’ILOT : saturation généralisée pour les maisons d’accueil, les centres de jour et mêmes les centres d’hébergementd’urgenceoùlesséjourssensésêtre très courts s’allongent d’année en année. 2 Lire à ce sujet la carte blanche de L’IL- OTetd’InfirmiersdeRueparuedansLa Libre Belgique du 29/12/2015. 3 De 2015 à 2016, le budget de la COCOM consacré à la lutte contre le sans- abrismepassede9.8à17 millionsd’eu- ros.Lapolitiqued’accueild’urgencese réserve la part du lion, passant de 3.9 à 10.3 millions d’euros, soit une aug- mentation de 164 %  ! (source : Budget sans-abrisme à Bruxelles : un gâteau aux parts inégales » Alter Echos no  417, 8 février 2016. 4 Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (2014), Baro- mètresocial2014,Bruxelles:Commis- sionCommunautaireCommune,pp.13 et 14. 5 Selon la SLRB, au 31 décembre 2013, le nombre de logements sociaux dis- ponibles s’élevait à 36 073 alors que le nombre de ménages en attente était, lui, de 44 332. 6 ExpressionduForumbruxelloiscontre les inégalités pour dénoncer un sys- tèmeentierquifabriquedessituations de pauvreté et de précarité. 7 Nous écrivons ces lignes à l’heure du Panama Papers. Un autre modèle de société est possible ! L’ILOT tire la sonnette d’alarme sur l’urgence qu’il y a de déployer un autre modèle de société. Tout le monde serait gagnant de vivre dans une société plus inclusive. Malgré une gestion tardive de l’accueil des réfugiés, l’État a montré que quand il le veut, il a le pouvoir de contraindre et d’inciter les acteurs du logement à dégager des solutions. Cet effort encourageantetindispensablemettoutdemêmeenlumièrelemanquedevolontépolitique pourlaluttecontrelesans-abrismedepuisdesdécennies.Dessolutionspolitiquesexistent et méritent d’être mises en place. Malgré ce coup de gueule, L’ILOT est loin de se résigner! Les freins actuels constituent autant de défis pour lesquels L’ILOT se bat et compte encore se battre avec acharnement de longues années. Il n’y a pas de réponse simple aux situations complexes. Et le combat pour une société plus égalitaire se gagnera avec des alliés plutôt que contre des ennemis. Après les obstacles et les mesures politiques souhaitées, place aux valeurs sûres et aux innovationssocialessurlesquellesL’ILOTcomptes’appuyerpouraiderlesplusfragilesà accéderàdesconditionsdeviedignes :travailenréseau,créationdesolutionsdelogement via la sensibilisation de propriétaires et d’investisseurs privés et la collaboration avec les A.I.S., seconde vie pour les logements inoccupés et accompagnement en logement sont autantdechevauxdebataillepournous.Plusquejamais,nouscontinuonsàavoirbesoinde votreaideetdevotregénérositépouryarriver.Ensemble,construisonslemondededemain ! ©LoïcDelvaulx
  • 16. 30 31 Votre soutien fait toute la différence ! Agir,c’estrefuserlafatalitéetoffrird’autresperspec- tivesauxfemmes,auxhommesetauxenfantsquiont perdu les protections les plus élémentaires : un toit, unemploi…uneplacedigneauseindenotresociété. Devenez parrain ou marraine de l’ilot En soutenant L’ILOT sur une base mensuelle, vous nous permettez de réduire les coûts de levée de fonds que l’ASBL doit engager chaque année pour garantir le minimum de 25 % de contributions en dons et mécénats privés, nécessaires pour exis- ter en tant que dispositif pour les personnes sans abri. Votre soutien régulier à nos côtés nous per- met une meilleure planification de nos actions et de répondre rapidement aux situations d’urgence que nous rencontrons au quotidien. Soutenir l’ilot par un don Une attestation fiscale annuelle est délivrée si la totalité de vos dons atteint 40 € minimum. Votre don peut être effectué sur le compte ban- caire de L’ILOT : IBAN BE33 0017 2892 2946 BIC : GEBABEBB En devenant proprietaire responsable ou investisseur social Notre cellule « Capteur de Logements » est à la recherche de propriétaires et investisseurs souhai- tantparticiperàunprojetinnovantetaltruiste.Pour en savoir plus, contactez-nous au 02 793 07 22 . Nous soutenir par un legs Larédactiondevotretestamentestlemomentque vouschoisissezpourfaireperdurervosidéauxetvos Nous soutenir valeurs. En faisant le choix de léguer une partie de vos biens à l’ASBL L’ILOT, c’est bien plus qu’un acte matériel que vous posez. L’ILOT se tient à votre dis- position pour toute information au sujet d’un éven- tuellegsàl’ASBL.Nousvousaccompagneronsdans votre démarche généreuse à l’égard des personnes plus démunies et ce dans le respect le plus objectif de vos ayants droits. Devenir bénévole Le bénévolat est un véritable échange. Si vous désirez vous engager dans cette démarche, n’hési- tez pas à nous joindre au 02 537 20 41 ou par email à info@ilot.be. MERCI à nos bénévoles : Eldy, Chantal, Jean, Alain, Simone,Sonja,Bruno,Valérie,Pascale,Constantine, Najim, Magalhaes, Mohamed, Marcel, Laurent, Daniel, Jean-Philippe, Paulette, Alain, Mireille, Corine, Roger, Claudine, José, Anne, Martine, Josette, Luigi, Laurent, Françoise, Diego, Michelle, Christian, Aurélie, Nathalie, Marie-Paule. Des entreprises socialement responsables Vous désirez optimiser le positionnement sociétal de votre organisation ? Vous voulez soutenir un pro- gramme particulier ou proposer à vos employés de s’investirdansunprojet ?Vouspensezeffectuerundon en nature à L’ILOT ? Vous aimeriez en savoir plus sur lesavantagesfiscauxrelatifsauxdonsfinanciers ?Par sonengagement,votreentreprisepeutêtreactricede l’aide aux plus démunis d’entre nous. N’hésitez pas à nouscontacteràcesujetau025372041ouparemail àinfo@ilot.be Ils nous ont soutenus en 2015 BrusselsHotelsAssociation/CommissionCommu- nautaire Française (Cocof) / Commission Commu- nautaireCommune/FondationRoiBaudouin(Fonds de Bienfaisance de Bruxelles, Fonds Baron Jean- CharlesVelge,FondsBaronneMoniquevanOldeneel tot Oldenzeel) /Banque Degroof/Petercam/ Give Eur-Hope ASBL / BNP / Oksigen Lab ASBL / Région deBruxelles-Capitale/RégionWallonne/Servethe City/Rotaract/CarrefourBelgique/Wink/Graceffa. Liste non exhaustive des partenaires avec lesquels L’ILOT travaille régu- lièrement AMA, Archipel-HOBO, centre Ariane, Article 27, Babel, Banque alimentaire, Bruxelles-Accueil, CEMO de Saint-Gilles, CEMôme, Centre d’Accom- pagnement et de Formation pour Adultes, Centre de prévention des violences conjugales et fami- liales, Chez Nous - Bij Ons, CIRE, Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides, Compa- gnons Dépanneurs, Diogènes, Enaden, Espace Social Télé-Service, Fami-Home, Fédé Bico, Habi- tat et Rénovation, Infirmiers de Rue, Jamais Sans Toit, La Fontaine, La STRADA, Le Projet Lama, Les Petits Riens, Logement pour Tous, Maison de la Paix de Molenbeek, Médecins du Monde, Mosaïque- Asile, Office des Etrangers, Pierre d’Angle, Puerto, Relais social de Charleroi, Restaurant du Cœur de Wavre, RestoJet, Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat, Samu Social, SMES-B, SIREAS, Source, Union des locataires de Saint-Gilles ainsi que : les Agences Immobilières Sociales, les CPAS, les centres d’alphabétisation, les centres de santé mentale, les habitations protégées, les hôpitaux, les maisons médicales, les plannings familiaux, les prisons, le réseau des Capteurs de Logements wallons et bruxellois, les Services d’Aide aux Vic- times, les Services de Traduction et d’Interpréta- riat en milieu Social, les sociétés de logements sociaux, etc. ©LoïcDelvaulx ©LoïcDelvaulx
  • 17. Éd.responsable :ArianeDierickx,Ruedel’Église,73à1060Bruxelles L’ILOT, membre de l’AERF, Association pour une éthique en Récolte de Fonds L’ILOT est membre de l’AERF, signe de notre engagement à vousinformerentoutetranspa- rence sur la situation financière et la bonne gestion des fonds récoltés pour l’accomplisse- ment de nos missions auprès des personnes sans abri. L’ILOT est agréée par la Région Wallonne,laRégiondeBruxelles- Capitale, la COCOF et la COCOM pour ses activités en faveur des personnes sans abri, par la Di- rection régionale bruxelloise du Logement en tant qu’Associa- tion d’Insertion Par le Logement (AIPL) ainsi que par la Région de Bruxelles-Capitalepoursesacti- vités d’économie sociale en tant qu’Initiative Locale de Dévelop- pement de l’Emploi. L’ILOT est également agréé par le SPF Finances comme asso- ciation habilitée à délivrer des attestations fiscales pour les dons atteignant un minimum de 40€ sur base annuelle. Avec le soutien de nos dona- teurs,denoséquipesemployées et bénévoles. Le conseil d’admi- nistration de L’ILOT : AnneBoulenger,PhilippeKumps, Max Bleeckx, Georges-Henri Beauthier, Ariane Magotteaux, Edgar Szoc, Thibaut Leroy. Siège central Rue de l’Église 73 1060 Bruxelles Tél. 02 537 20 41 Fax. 02 537 35 93 Email : info@ilot.be www.ilot.be Nº d’entreprise 0409.835.193 ONSS 2991.69.33 Compte bancaire IBAN : BE33 0017 2892 2946 BIC : GEBABEBB Ensemble, poursuivons notre engagement auprès des personnes sans abri. ©LoïcDelvaux