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Nº95 - OCTOBRE 2013 | Bimestriel

Le magazine de l’Association des Francophones du Vietnam

PA R T E N A IR E S
PA R T ICU L IE R S
S O M M A I R E
DOSSIER
France-Vietnam : partenaires particuliers

ÉDITO

12

20
ENVIRONNEMENT
Petit Ours Brun se fait de la bile

24
PORTFOLIO
La torpeur du dragon

32
VOYAGE
Hà Giang, le carrefour indigo

38
PETITE LE�ON DE CUISINE
Cá chẻm sốt chanh dây

AGENDA
D'octobre à décembre sur Saigon

6

Nº95 - OCTOBRE 2013 | Bimestriel

4

AFV
Cocktail de rentrée
Actualités
Escapade
Commission Sociale

30

TALENTS D'ICI
Une garde-robe dans la valise

40

REÁCIT D'ENTREPRENEUR
C'est en bougeant que l'on devient boulanger

42

L'ECHO DES AFFAIRES
L'ouverture du Metropole Hanoi

44

QUOI DE NEUF
9 bons plans à découvrir sur Saigon

46

LE COIN CULTURE
4 livres à devorer

49

BOUTIQUES PARTENAIRES
Retrouvez toutes nos adresses fidélité

Après avoir repris
la présidence de
l’AFV en juin dernier,
j’aborde
cette
nouvelle
année
2013-2014
avec
toujours
autant
d’enthousiasme. Au nom de tous nos membres, je
remercie Françoise Orsini, à qui je succède, pour avoir
fortement contribué à faire rayonner l’AFV au sein de
notre communauté.
Une nouvelle année, donc, avec une nouvelle
mouture. L’AFV en effet change de nom, troquant
« Amicale » pour « Association ». Elle adopte
également un nouveau logo, qui fait la part à plus de
modernité, tout en conservant l’essentiel : le chapeau
conique (nón bài thơ) qui est le symbole du Vietnam
traditionnel.
Changer pour quoi faire, me direz-vous ? Depuis 2008,
le monde bouge et le Vietnam aussi. Les attentes
de notre communauté évoluent et nous devons
nous efforcer d’y répondre concrètement. C’est un
défi quotidien, qui ne peut être relevé que grâce à
l’engagement de nous tous, et à notre ancrage dans
le tissu économique et social d’Ho Chi Minh Ville. Je me
réjouis donc à l’idée d’intégrer de nouveaux bénévoles
qui souhaitent s’impliquer pour contribuer à l’essor
de notre association en apportant un regard neuf,
sans perdre de vue les valeurs qui font notre succès
aujourd’hui : l’accueil, le partage et la convivialité.
En cette période de rentrée, je souhaite la bienvenue à
tousnosmembresetàtousceuxquiviennentd’arriver
au Vietnam en particulier. Je les invite à parcourir notre
tour d’horizon des principaux acteurs de la présence
française à Saigon, que nous vous présentons dans ce
numéro, à l’occasion de l’Année France-Vietnam.
Enfin, je m’associe à la rédaction de l’Echo pour vous
présenter notre tout nouveau format. Nous espérons
que vous le trouverez toujours aussi convivial !

Corinne Vernizeau
preùsidente de l'AFV
3
da
en
Ag

depuis le 22 Septembre – mise en lumière de la Poste Centrale
à l'occasion de la célébration du 40ème anniversaire des relations
franco-vietnamiennes 19 octobre – « Les femmes du 6ème
étage », film de Philippe Le Guay (2011), à l'Idécaf 22 octobre
– conférence sur l’urbanisme à Saigon, au Bizu Café, 16 Thủ Khoa
Huân, Q1 AFV 25 et 26 octobre – « Balade en France »,
rencontres gastronomiques de 18h à 23h à l’Hôtel Equatorial, 242
Trần Bình Trọng, Q5 (voir Dossier) 26 octobre – « Les petits
ruisseaux », film de Pascal Rabate (2010), à l'Idécaf 30 octobre
– concert de l’Orchestre de Paris, sous la direction de Paavo Järvi:
Haydn, Grieg, Roussel, Fauré, Mozart, à l’Opéra 31 octobre –
afterwork au Vasco’s, 74/7D Hai Bà Trưng, Q1 AFV 31 octobre
– « From the New World », concert de l’Orchestre Philharmonique
de Malaisie, sous la direction de Claus Peter Flor : Prokofiev &
Dvorak, à l’Opéra

01 novembre – concert du Quatuor Artiès, programme
classique, à la Maison de la Jeunesse, 4 Phạm Ngọc Thạch, Q1
06 novembre – escapade à l’Ecomusée du Bambou, province de
Bình Dương AFV 09 & 10 novembre – « La Flûte Enchantée»,
opéra de W. A. Mozart, solistes, chœurs et orchestre du HCBO sous
la direction de Magnus Loddgard , à 20h, à l’Opéra du 15 au
18 novembre – « Fer de rêve », exposition Hélène Kling, au 92 Lê
Thánh Tôn, Q1 ; vernissage le 14 novembre à 18h30 (voir encadré)
23 novembre – Focus Jazz, concert du Erik Truffaz Quartet,
au Sofitel 26 novembre – Focus Jazz, concert « Gặp Lại Bạn /
Retrouvailles » par le Mezcal Jazz Unit, au Sofitel 28 novembre
– afterwork au Rendez-vous de Saigon, 9A Ngô Văn Năm, Q1 AFV
30 novembre – bazar du Deck, Nguyễn Ư Dĩ, Thảo Điền, Q 2

© photos Sophie Goyault-Gounouf

“

Fer de Rêve (du 15 au 18 novembre) : Hélène Kling expose
ses dernières œuvres, fruit de deux années de travail. Une
approche tridimensionnelle qui allie matériaux de récupération
et matériaux riches. « Ma recherche Artistique passe par
une réflexion sur l'image et la situation de la femme dans les
différentes sociétés. Le résultat de ce travail est en harmonie
parfaite avec l’idée que j’ai de la femme et de l'Art».

"
 30 novembre – gala du CMI  29 & 30 novembre –
« Casse-noisette », ballet de P. I. Tchaikovsky, orchestre du HCBO,
sous la direction de Trần Vương Thạch, à 20h, à l’Opéra
06 et 07 décembre – « Christmas Carol Concert » par The
International Choir and Orchestra, à 19h30, le 6 à la chapelle St Paul, le 7 à la
cathédrale Notre-Dame 07 décembre – déjeuner moules-frites AFV
 08 décembre – concert du Ho Chi Minh City Ballet and Symphony
Orchestra dirigé par Nicolas Chalvin, directeur musical de l’Orchestre des
Pays de Savoie, à 20h, à l’Opéra du 12 au 15 décembre – clôture de
la saison française au Vietnam, au Palais de la Réunification (voir encadré)
du 02 au 15 décembre – « Serpenter dans la ville », exposition
Urbanisme à Saigon, sur Lê Lợi face à l'Opéra du 09 au 15 décembre
– exposition Alexandre Yersin par l’Institut Pasteur : célébration du 120ème
anniversaire de la fondation de Dalat, exposition photographique
« Dalat hier et aujourd’hui », festival de films français, spectacle musical
« Vietnam Vision », événement autour du roman « Peste et choléra » de
Patrick Deville (prix Fémina 2012), à Dalat 14 et 15 décembre – « Le
Bon Marché », produits du terroir, pique-nique géant et de nombreuses
animations, au parc du 23/09 près du marché de Bến Thành, entrée libre
(voir Dossier)  courant décembre – exposition « Les 54 ethnies », plus
de 200 photos de Sébastien Laval et Lê Vương, au Musée des Beaux-Arts,
97AD Phó Đức Chính, Q1 15 décembre – « le riz de A à Z », sortie
thématique dans les rizières pour découvrir la chaîne de production du riz
AFV 19 décembre – afterwork au XU, 71-75 Hai Bà Trưng, Q1 AFV

“

Clôture de l'année France-Vietnam (du 12 au 15
décembre) : plusieurs événements se tiendront dans
l’enceinte du Palais de la Réunification : inauguration
du nouveau parcours muséologique, projection
d’images et animations 3D sur la façade par la société
bretonne « Allumeurs d’Images », Fête des Terroirs et
de l’Agriculture.

"

Pour tous les événements AFV consultez les
dernières infos sur le site www.afvsaigon.org
AFV - Cocktail de rentrée

Bonne rentreùe aø tous !

N

otre Cocktail de rentrée a remporté un vif succès cette année encore avec près de
400 participants. Une très belle soirée que l’AFV co-organise comme chaque fois en
partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam (CCIFV)
et avec le soutien de nombreux sponsors, notamment Air France, AGS Fourwinds, le FV
Hospital et Finewines.
La soirée a débuté par les discours d’ouverture : d’abord Pierre-Jean Malgouyres, Président de
la CCIFV, aussitôt suivi par Corinne Vernizeau, Présidente de l’AFV. Puis nous avons pu profiter
d’un magnifique buffet préparé par les équipes du Sofitel.
Traditionnellement, cette première soirée de la rentrée est pour nous l’occasion de rencontrer
et d’accueillir les nouveaux arrivants sur Saigon. Mais c’est aussi un grand moment de
convivialité au sein de la communauté francophone, qui nous permet de nous retrouver tous,
après de bonnes vacances passées en France ou ailleurs. Nous avions tant de choses à nous dire
et à partager qu’il était parfois difficile de se faire entendre, mais cela ne nous a pas empêchés
d’apprécier la musique d’ambiance jazzy et la tombola qui ont agrémenté la soirée. Celle-ci s’est
déroulée dans une atmosphère joyeuse, et les heureux gagnants ont décroché de somptueux
lots: un coffret cadeau offert par Senses Club, un séjour au Resort An Lam Saigon River offert par
City Pass, et enfin un billet A/R pour Paris offert par Air France.
Nous avons également eu l’honneur d’accueillir sur scène Fabrice Mauries,
Consul Général de France, ainsi que Pierre Desouche, représentant le
Comité de solidarité venant en aide aux ressortissants français en difficulté.
Nous remercions tous nos sponsors pour les produits de
dégustation qui nous ont été offerts tout au long de la
soirée. C’était comme d’habitude délicieux ! Nous prenons
dès maintenant rendez-vous pour l’année prochaine !
D’ici là, nous espérons vous revoir lors des prochains
événements que les équipes de l’AFV, dynamisées
et renforcées par de nouvelles
recrues depuis la rentrée, vont
organiser tout au long de cette
nouvelle année 2013-2014.
Le Bureau de l’AFV

6
AFV - Actualités

Café de l'Été
Pour la troisième année consécutive,
une vingtaine de personnes se sont
réunies chez Gilles Gripari, dans
une ambiance conviviale. Merci à
tous les participants, dont de
nombreux nouveaux
arrivants.

NOUVEAU
PERMANENCE JURIDIQUE GRATUITE
Dans le cadre de l’ouverture de notre nouveau
département Droit de la famille, le cabinet Fidal
Asiattorneys, avec le soutien de l’Association des
Francophones du Vietnam, assurera
pour les
familles
françaises
les
plus
démunies,
une
permanence juridique gratuite tous les mois.
Telle est aussi notre conception d’un rôle social de
l’avocat français opérant à l étranger; il s’agit pour nous
d’un devoir moral et déontologique.
Lieu et horaires de la permanence :
Le 1er Mercredi de chaque mois de 8h30 à 12h30
Chez Fanny 29-31 Ton That Thiep, Quan 1, HCMV
Si vous remplissez les conditions ci-dessus et êtes membre de
l’AFV, vous pouvez envoyer un mail à : longin@asiattorneys.com
pour prendre un RDV.

8

WELCOME
Bienvenue à tous ceux qui ont rejoint l'AFV :

Lan Tran Thi Tuyet, Stephanie Arnaud, Marine Guizien, Daniel
Diziain & Thao Nguyen Nguyen, Veronique Triquigneaux &
Philippe Triquigneaux, Mai Nguyen Le Hoang, Phuong Vu
Ngoc Linh, René-Georges Pietri, Marion Puravet & Mathieu
Degas, Carole & Bertrand Chane Sam, Christian Tang &
Ngoc Pham, Nathalie Jeanson & Jean Luis Vuong, Catherine
Ly, Marie Angelo, Dominique Yon, Audrey Saint André,
Alexandre Kogut & Chloe Glemot, Agnes Fazakas & Lionel
Delaite, Lisa & Sébastien Auligny, André & Marie-Andrée
Springer, Magali & Xavier De Oliveira Artus, Mai & Regis
Martin, Baptiste Cauet, Nhat Tau Dat Luu, Thi Hai Ly Nguyen
& Eric Benedetti, Michelle & Thomas Moarbes Grasberger,
Virginie Ciceron, Radka & Denis Labric, Pierre Dupont &
Catherine Mellier, Soazig & Bruno Nabec, Patricia Gerber,
Jean Luc Le Bar & Trang Luong Huynh Khanh
Visite du centre
historique de Saigon
Une escapade proposée par l’AFV,
conduite par Isabelle Aragon

Isabelle raconte.
Découvrir l’histoire
de cette ville ne
peut que nous
aider à mieux
l’apprécier. Même
le
bâtiment
du Saigon Tax
Center, si austère
et froid, acquiert
un certain prix à nos yeux
lorsqu’on le voit comme un
vestige de l’art moderne du
XIXѐme siècle. Etonnamment, à
côté des quelques belles bâtisses
coloniales,
les
sentinelles
témoins de l’histoire de cette
ville sont ses grands hôtels. Il y
a le Majestic, construit en 1925
par un riche homme d’affaire
chinois
sur
l’emplacement
d’une fameuse boîte-de-nuit
de l’époque appelée La taverne
alsacienne ; le Continental,
construit en 1880 et tenu
pendant plus de 40 ans par
Matthieu Franchini puis son
fils, figures emblématiques
de l’épopée corse en
Indochine ; le si célèbre
Rex, ayant longtemps
appartenu à des membres
de la famille du dernier
empereur Bảo Đại ; le
Caravelle, d’où les journalistes américains, durant la
guerre du Vietnam, prétendaient pouvoir couvrir l'action
sans quitter leur tabouret de bar... Ces lieux ont hébergé
des officiers sud-vietnamiens, japonais, français ou
américains, des ambassades, des nuées de journalistes,

des personnalités célèbres, sulfureuses ou controversées,
comme André Malraux ou Graham Greene. C’est la
permanence de ces hôtels à travers l’histoire agitée de
ce dernier siècle et demi qui retient un peu l’âme tant
houspillée de Saigon.
On enjambe les siècles. Des Cham aux Trần, des Lê aux
Nguyễn, un vrai voyage entre poésie et tyrannie. Si vous
ne connaissez pas la personnalité fascinante et exaltée
de Monseigneur Pigneau de Béhaine, la détermination
farouche de Gia Long et la douceur du prince Cảnh, alors
appelez Isabelle et venez. Venez faire sortir de terre
la fascinante forteresse à la Vauban, bâtie en 1790 par
30.000 hommes sous les instructions du mandarin français
Olivier de Puymanel, et si vite rasée, en 1859, par les
bombardements de la marine française. Fermez les yeux et
contemplez la grandiose
procession de 40.000
hommes
accompagnés
de 120 éléphants lors des
funérailles de Monseigneur
de Béhaine. Alors, tout
en déambulant, vous
remarquerez les briques
rouges de la cathédrale
Notre-Dame, acheminées
depuis Toulouse, vous
imaginerez ses anciens
vitraux
de
Chartres
hélas en grande partie
détruits, vous apprécierez
l’illumination de l’Hôtel de
Ville réalisée par les services d’éclairage de la ville
de Lyon. Même les Marseillais se sentiront chez
eux sous le mât de la Pointe des blagueurs, ancien
emplacement d'un café populaire situé en face des
Messageries maritimes, actuel musée Hồ Chí Minh.
Et si, à la fin de la visite, vous trouvez que la
langue vietnamienne ressemble « au gazouillis des
oiseaux », comme le disait si joliment le polyglotte
Alexandre de Rhodes – si vous retenez que, contre
toute attente, Saigon signifie forêt de kapokiers – et si vous
devinez, en vous promenant, un peu de l’Opéra Garnier
et du Petit Palais en découvrant l’Opéra de Saigon,
ou un peu de Notre-Dame de Paris en contemplant la
cathédrale – alors Isabelle aura gagné.

9

Texte de Laure Farnault

I

l est 9h30. Le groupe se forme autour d’Isabelle sur les
berges de la rivière Saigon, et c’est lentement que l’on
s’immerge dans l’histoire de celle qui fut surnommée
en son temps « la Perle de l'Extrême Orient». Le centreville, superposition de bâtiments disparates et d’enseignes
variées, a un charme réservé aux initiés.
AFV - Commission Sociale

C

N

N

N

Rentrée sociale
La rentrée, voici une bonne occasion
de faire le point sur la Commission
Sociale. La CS (petit raccourci...) est
la branche caritative de l’Association
des Francophones au Vietnam (AFV).
Elle a pour vocation d’aider les petits
Vietnamiens dans le besoin. Thuy Lieu
Vongphasouk, Dominique Monssigny,
Caroline Rose et Aude Beernaert
constituent, cette année, l’équipe de la
CS. D’année en année, nous suivons les
projets que nous souhaitons maintenir
dans le temps, et recherchons en
permanence des fonds pour les
financer. Pour cela, nous organisons
des évènements au profit de la CS en
nous appuyant sur tous les adhérents
de l’AFV qui apportent d’une façon ou
d’une autre leur aide. Rappelons que
la moitié de la cotisation AFV revient
à la CS. Nous faisons aussi appel au
sponsoring en sollicitant les sociétés,
recevons des dons financiers ou en

10

nature, de sociétés ou d’associations,
de France ou du Vietnam. Nous
lançons enfin régulièrement des
appels lorsqu’un besoin particulier
émerge.
Les projets concernent le financement
de scolarités (frais administratifs,
fournitures, etc.), l’apport de riz et de
lait, le suivi de malentendants (achat
de matériel auditif). Ponctuellement,
d’autres actions sont menées, tel le
financement d’opérations cardiaques
ou l’achat de matériel orthopédique.
Nous avons besoin de vous, de votre
temps et de vos idées, pour nous
aider à organiser des évènements,
à rechercher les sponsors. Alors,
n’hésitez pas à nous contacter lors des
permanences de l’AFV, ou via notre
mail. Toute aide, même ponctuelle,
nous est précieuse.
Merci et à bientôt !
L’équipe de la CS

commission@afvsaigon.org

N

Vivre la cécité,
vaincre l’adversité
Un vendredi de septembre, je me
suis présentée à l’un des centres
d'accueil pour jeunes non-voyants
que la Commission Sociale soutient
régulièrement.
Ma
mission:
leur remettre des fonds pour le
financement du premier trimestre
scolaire des 25 pensionnaires de
l'établissement.
Située au fond d'une ruelle, dans une
zone densément urbanisée, cette
toute petite structure est dirigée d'une
main de maître par la responsable,
laquelle m'a reçue chaleureusement et
m’a gentiment fait visiter les lieux.
J'ai pu ainsi assister aux différentes
activités des élèves : étude du braille
et de l'informatique, confection
de bijoux fantaisie, travaux de
couture dans le cadre de l’Atelier des
Créations. Une atmosphère bercée
Un chèque qui
donne des ailes
L’AFV a été conviée au cocktail dînatoire organisé
par Air France jeudi 20 juin, au Restaurant Shri, pour
la remise officielle des dons collectés lors du Gala
de Charité qui avait eu lieu le 23 mars dernier. Les
cinq associations présentes, dont l’AFV, se sont
vu remettre chacune un énorme chèque de 270
millions de VND, aussi imposant par la taille que
par la valeur, qui a dépassé toutes nos attentes !
Cette somme servira comme convenu à financer
notre projet d’accompagnement des jeunes adultes
malentendants que nous suivons dans les centres de
Thủ Đức et Củ Chi. Elle nous permettra notamment
d’acheter les machines à coudre promises, mais
également de couvrir l’intégralité du programme de
formation professionnelle de ces jeunes, ce qui n’était
pas prévu initialement. Nous ne manquerons pas
de vous tenir informés des actions que nous allons
mener, et nous tenons à remercier Air France et tous
les sponsors pour avoir organisé un tel événement,
ainsi que tous les donateurs, sociétés ou particuliers,
qui étaient présents à la soirée et ont apporté leur
soutien en participant aux ventes. Au nom de tous
nos jeunes, merci pour cette grande générosité ; c’est
un tremplin formidable pour leur avenir professionnel
et leur vie d’adulte. Un grand pas pour un futur plus
autonome.
Corinne Vernizeau

C

par le plaisir d’écouter la radio, ou même des
émissions télévisuelles. Les sœurs font leur
possible pour que leurs protégés ne manquent
de rien, ou presque... Mais, en dépit de leurs
soins irréprochables, la vétusté et l’inconfort
des locaux sont patents. A chaque orage de
mousson, les inondations boueuses envahissent
le rez-de-chaussée. Malgré cela, les jeunes
semblent bien dans leur peau, la tête pleine
de projets d'avenir, comme tout un chacun –
comme nous autres qui voyons.
Aujourd'hui, le centre a besoin en première
nécessité :
- de mobilier (meubles informatique, tables)
pour remplacer celui existant, passablement
détérioré ;
- d’un téléviseur, neuf ou d'occasion ;
- de papier cartonné, vierge ou imprimé, pour
graver du braille.
C'est une structure qui se maintient difficilement.
Pour pérenniser son existence, nous devons
poursuivre inlassablement notre action, sans
relâcher notre attention.
Caroline Rose

N

LifeStyleShop

The ultimate designer
shopping experience
for lifestyle and
fashion

Le lai corner, Nguyen Van Trang , District 1, HCMC
Tel +84 39251495
info@gayavietnam.com, www.gayavietnam.com
France-Vietnam
Partenaires
Particuliers

L

’histoire a tissé des liens
forts entre la France et
le Vietnam. 2013 marque
le quarantième anniversaire
de l’établissement des
relations diplomatiques
entre nos deux pays. Pour
aller au-delà de la simple
célébration d’un anniversaire,
les gouvernements français
et vietnamien ont souhaité
organiser l’« Année FranceVietnam ». Cet événement
est divisé en deux temps :
d’abord l’année de la France
au Vietnam, qui a débuté
officiellement au mois d’avril
et s’achèvera à la mi-décembre
de cette année, puis au premier
semestre 2014 se déroulera
l’année du Vietnam en France.
L’occasion pour l’Echo des
Rizières de faire le point sur le
rôle des principales institutions
françaises basées à Saigon.

Diplomatie

CONSULAT

Trois questions à Fabrice Mauries,
Consul Général de France à Ho Chi Minh Ville
Action culturelle

IFV

Entretien avec Nicolas Bergeret,
directeur de l'Institut Français du Vietnam
Francophonie

IDÉCAF

Un forum linguistique incontournable à HCMV
Affaires

CCIFV

Perspectives entrepreneuriales, avec la Chambre
de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam

12
Diplomatie

Trois questions à Fabrice Mauries,
Consul Général de France à Ho Chi Minh Ville

Fabrice Mauries (© Yann Lerval)

L’année de la France au Vietnam
se termine en décembre ici. Elle
deviendra l’année du Vietnam en
France à partir de janvier 2014. Quels
en sont les objectifs ?
Il s’agit de renforcer notre
rayonnement et notre influence
au Vietnam, en montrant à nos
partenaires vietnamiens ce qu’est
l’excellence française dans tous les
domaines. C’est pourquoi elle s’est
déclinée sur tous les plans : politique,
avec de nombreuses visites politiques
bilatérales, comme la venue de la
ministre du Commerce extérieur
Nicole Bricq en avril 2013, ou celle de
Laurent Fabius en août dernier pour
préparer la visite en France du Premier
ministre vietnamien Nguyễn Tấn Dũng
du 24 au 26 septembre – mais aussi
économique, culturel, scientifique et
technique.
Dans ce type « d’années croisées »,
la composante la plus visible est la
culture. Ici, on oublie parfois qu’il y a
une forte pénétration de la culture
française et de la langue française.
Les pouvoirs publics français ont eu le
souci d’assurer une forte visibilité à cet
événement et, de fait, je crois que nous
sommes parvenus à être les plus actifs
sur la période la plus longue. Depuis le
mois d’avril, les événements se sont

Lors de notre rencontre à votre arrivée
en mai 2011, nous avions évoqué trois
enjeux qui vous tenaient à cœur : la
présence des entreprises françaises
au Vietnam, les enjeux culturels et
l’aide apportée à la communauté
française par le Consulat. Où en eston aujourd’hui ?

Consulat a beaucoup augmenté ces
dernières années ; ce n’est pas le cas,
croyez-le bien, du nombre d’agents
qui sont chargés d’accueillir le public
et d’instruire les dossiers.
J’ai déjà évoqué les enjeux culturels.
Quant aux enjeux universitaires et
scientifiques, ils restent fondamentaux
et ils mériteraient une interview
spécifique. Permettez-moi de signaler
seulement l’inauguration le 12 août
d’un Centre international de congrès
à Quy Nhơn, initié par un couple de
scientifiques franco-vietnamiens, Kim
et Jean Trần Thanh Vân.
Lors de votre venue au Café de
rencontre de la rentrée de l’AFV,
vous aviez signalé les difficultés
rencontrées par une partie de la
communauté française aujourd’hui.
Pourquoi et quelles sont-elles ?

Ces enjeux sont toujours pertinents.
La priorité, le gouvernement l’a
affirmé avec force, est le soutien à nos La communauté française à Ho Chi
entreprises et à leurs exportations. Minh Ville reste très dynamique,
Celles qui sont présentes au Vietnam et sa taille continue de croître.
savent qu’elles sont toujours les J’observe cependant que les taux de
bienvenues au Consulat et que nous progression déclinent depuis deux
essayons de leur apporter le meilleur années.
service possible, dans le cadre de nos Aujourd’hui, environ 5.000 Français
compétences et de nos moyens. Je sont inscrits au registre du Consulat,
prends deux exemples. La nouvelle dont la plupart résident à Ho Chi
législation du travail au Vietnam Minh Ville1. Entre 2012 et 2013, la
demande aux entreprises de faire progression de cette communauté est
authentifier des pièces administratives de 3 %, alors qu’elle était de 8 % entre
(diplômes, etc.) nécessaires
Le Sacre du Printemps
à la constitution d’un
dossier pour l’obtention
d’un permis de travail. Le
Consulat s’est réorganisé
pour apporter ce service
aussi promptement que
possible. Nos entreprises
ont également besoin de
nous solliciter pour des
visas pour leurs partenaires,
leurs collaborateurs ou leurs employés 2008 et 2009 et de 12,4% entre 2010 et
vietnamiens. Là encore nous essayons 2011. Pourquoi ? Il y a sans doute de
d’apporter le meilleur service, dans nombreuses raisons mais j’observe
le respect de la réglementation mais que cette décélération coïncide
aussi compte tenu de nos contraintes. avec les difficultés économiques que
Le nombre de demandes de visas au traverse le Vietnam depuis deux ans.
1

La circonscription du Consulat s’étend sur 22 provinces au total, jusqu’à Huế.

13

Propos recueillis par Sabrina Rouillé

succédé à Hanoi et à Ho Chi Minh
Ville, avec des moments inoubliables,
comme par exemple la représentation
du « Sacre du Printemps » dans les
deux villes, fin juin. Bientôt vont
suivre à HCMV l’Orchestre de Paris
le 30 octobre et les illuminations du
Palais de la Réunification les 13 et
14 décembre, qui seront l’occasion
d’en dévoiler le nouveau parcours
muséographique, conçu et réalisé par
des experts français.
La croissance au Vietnam est
aujourd’hui de 5 % alors qu’elle était de
7 ou 8 % il y a quelques années. Cette
croissance est tirée notamment par
le secteur exportateur, qui constitue
une réserve de croissance du pays.
Le secteur domestique, lui, semble
marquer un peu le pas. La ville traverse
enfin une crise immobilière en raison
d’une inadéquation entre l’offre et
la demande. Certains chantiers ont
ralenti, d’autres ont été stoppés.

Nous sommes là pour apporter notre
aide dans la mesure de nos moyens et
de nos compétences. La situation est
aujourd’hui délicate mais il est aussi
évident que le pays repartira un jour, car
le potentiel est immense. L’inflation,
qui est toujours un impôt sur les plus
démunis, diminue. Le gouvernement a
mis en place une politique de rigueur
et d’assainissement qui, à terme,
portera ses fruits.

L’Orchestre de Paris

Le Vietnam reste un pays où il fait
bon vivre et où les opportunités
demeurent importantes. Mais la
situation économique n’est plus aussi
porteuse qu’auparavant. Tout le
monde en pâtit et avant tout, bien sûr,
les Vietnamiens. Mais la communauté
française en ressent aussi les effets,
notamment ceux qui dépendent du
secteur domestique. Je veux parler ici
de l’hôtellerie, de la restauration, du
commerce de détail, du BTP, de l’agroalimentaire, etc.
Au Consulat, nous faisons le constat
que la communauté française fait
face à davantage de difficultés
aujourd’hui qu’hier. La commission
des bourses pour le Lycée Marguerite
Duras a de plus en plus de travail.
Les allocataires sociaux restent en
nombre relativement important. Ceux
qui souffrent le plus sont, comme en
France, les familles monoparentales ou
les personnes âgées sans ressources.
Certains sont dans une situation de
détresse totale. Enfin, il y a le cas de
tous ceux qui ne sont pas inscrits au
Consulat et que, par définition, nous
ne connaissons pas, mais qui sollicitent
notre concours ou notre aide, pour les
sortir parfois de situations difficiles.
Je souhaite que les associations
de Français présentes à HCMV,
et notamment l’Association des
Francophones au Vietnam, jouent
un rôle plus actif dans ce domaine,
en liaison bien évidemment avec le
Consulat et le Comité de solidarité.

14

Consulat Général de France
à Ho Chi Minh Ville
27 Nguyễn Thị Minh Khai, Q1
Tel : 08 35 20 68 00
Web : www.consulfrance-hcm.org
Action culturelle

Quatuor Erik Truffaz

Entretien avec Nicolas Bergeret,
directeur de l’IFV, Institut Français du Vietnam

Quels ont été les
grands projets
entrepris et les
points forts à
venir ?
Nous
avons
labellisé plus de
100 projets dans
tout le pays pour
cette année. Il
est difficile de
tous les citer !
Le
Forum
d’Affaires
France-Vietnam, en présence de la
Ministre du Commerce Extérieur,
Nicole Bricq, a marqué le lancement
des festivités. Le Festival International
des Textiles Extraordinaires, à Huế, fin
avril, ainsi que la représentation du

Quels sont les critères déterminant
le choix des projets labellisés ? Par
qui la labellisation est-elle accordée
et de quels avantages bénéficient les
projets choisis ?

Nicolas Bergeret

L’IFV est l’opérateur du Ministère
des Affaires Étrangères en matière
d’action culturelle. C’est lui qui est en
charge de l’organisation de l’Année
France-Vietnam dans sa composante
culturelle. L’Institut Français du
Vietnam, basé à Hanoi, et ses antennes
à Ho Chi Minh Ville et Huế sont
étroitement associés au choix des
projets et sont en lien constant avec
les autorités vietnamiennes pour la
bonne organisation des événements.
L’IFV bénéficie du soutien d’un comité
de mécènes présidé par Bertrand
Méheut, Président du directoire du
groupe Canal + et constitué de : Accor,
Alstom, Canal +, EADS, EDF, Sanofi et
Vivendi. Nous avons également un
partenariat presse avec VN Express.

« Sacre du Printemps » à Ho
Chi Minh Ville et à Hanoi, pour
ne citer qu’eux, ont été de
très grands succès.
Tous les événements et toutes
les célébrations organisées dans ce
cadre ont pour vocation de couvrir
tous les domaines de notre relation :
échanges politiques, manifestations
dans le domaine économique,
événements culturels variés et de très
haut niveau.
Tout en s’attachant à présenter des
éléments remarquables de l’histoire,
du patrimoine et des traditions de la
France et du Vietnam, cette Année
a pour ambition de faire découvrir à
chacun des deux pays les aspects les
plus contemporains et les plus créatifs
de l’autre, loin des clichés, et ainsi de
se donner de nouvelles opportunités
de travailler ensemble. Beaucoup de
pays organisent des festivités cette
année pour célébrer l’établissement
de leurs relations diplomatiques avec
le Vietnam, mais l’Année FranceVietnam est à part pour deux raisons:
d’abord, parce que c’est une année
« double », puisque l’an prochain
c’est le Vietnam qui sera à l’honneur
en France ; ensuite, par l’ampleur
du calendrier : plus d’une centaine
d’événements ont été et seront
organisés, que ce soit à Ho Chi Minh
Ville, Hanoi, Hué et bien d’autres
villes.

Propos recueillis par Edith Giraudo

Quel rôle joue l’Institut Français du
Vietnam dans les Années croisées
France-Vietnam ?

L’Institut Français est un établissement
public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 2011. Il est présidé par
Xavier Darcos. Il y a plus de 150 antennes
de l’Institut Français dans le monde.
L'Institut Français est en charge de la
promotion de l’action culturelle extérieure de la France en matière d’échanges
artistiques (spectacles vivants, arts
visuels, architecture), de diffusion dans
le monde du livre, du cinéma, de la
langue française, des savoirs et des idées.
L’Institut Français a également pour mission la promotion en France des cultures
étrangères, à travers l’organisation de
« saisons » ou festivals – ainsi le « Fonds
Sud cinéma », dispositif de soutien au
cinéma des pays émergeants, en partenariat avec le Centre National du Cinéma
et de l’Image Animée. Il développe un
programme de résidences internationales
en France comme à l’étranger.
A Ho Chi Minh Ville, l’antenne de l’Institut
Français du Vietnam met en œuvre la
programmation culturelle établie par la
maison mère à Hanoi. Elle organise également des manifestations dans tous les
domaines mettant à l’honneur les artistes
et intellectuels français et vietnamiens
installés dans le sud du pays. Ces manifestations sont majoritairement, mais pas
exclusivement, accueillies par l’Idécaf.

Les critères sont l’excellence et la
variété. Et par-dessus tout, le souhait

15
Quand et comment se clôturera
cette saison française au Vietnam ?
C'est à Ho Chi Minh Ville les 13, 14
et 15 décembre que se déroulera
l’événement de clôture de l’Année
de la France au Vietnam. Il s’agira
d’une mise en lumière spectaculaire
du Palais de la Réunification par les
Allumeurs d’Images, une société
bretonne d’excellence dans ce
domaine. Nous attendons un très
grand nombre de spectateurs pour
cet événement qui fera date.

Web : www.anneefrancevietnam.com

Institut Français du Vietnam,
antenne de Ho Chi Minh Ville
Les bureaux se trouvent dans l’enceinte
du Consulat Général de France
à Ho Chi Minh Ville
27 Nguyễn Thị Minh Khai, Q1
Tel : 08 35 20 68 61
Fax : 08 35 20 68 29
Email : culturel@consulfrance-hcm.org
Web : www.institutfrancais.com

16

La médiathèque de l’Idécaf

d’aller au-delà des clichés. L’IFV et les
mécènes ont apporté leur soutien
financier à un maximum de projets
labellisés. La labellisation permet
également d’assurer la publicité de
l’événement sur le site Internet de
l’Année France-Vietnam et via nos
partenaires presse vietnamiens.

L’Institut d’Échanges Culturels avec la
France (Idécaf) de Ho Chi Minh Ville
est l’un des plus importants centres de
langue française au Vietnam. Situé au
cœur de Saigon, cet établissement, fondé
en 1982, est un espace idéal et reconnu,
ouvert à tous les amoureux de la langue
française et de la culture francophone.
Elle s’appelle Hải et son mari est
français, elle suit des cours de français
pour pouvoir l’utiliser couramment et
se faire des amis dans la communauté
francophone. Il s’appelle Mạnh, il
maîtrise parfaitement l’anglais mais a
besoin de toute urgence d’apprendre
le français car il va partir prochainement
en mission économique en Europe. Elle
s’appelle Thảo, et avec son mari ils ont
choisi le Lycée international Marguerite
Duras pour la scolarité de leurs enfants,
aussi a-t-elle besoin du français pour
suivre attentivement les devoirs et les
leçons des petits. Ils s’appellent Nam,
Long, Tuyên, Tuấn ou Sơn, ils ont besoin
de perfectionner leur français car ils
sont ingénieur, médecin, chercheur
ou avocat et bientôt ils travailleront
uniquement
en
français.
Elles
s’appellent Colette, Shoko, Dorothée,
Nama, Janett, elles sont japonaises,
américaines ou péruviennes et elles
viennent aussi à l’Idécaf pour découvrir
une nouvelle langue et s’enrichir
spirituellement. Bref, vous l’aurez
compris, les personnes qui fréquentent
l’Idécaf chaque jour se comptent
par milliers car l’enseignement du
français est une des activités majeures
de l’Institut. Le corps professoral
se compose d’une soixantaine
d’enseignants français, suisses, belges
et vietnamiens expérimentés. Trois
bâtiments accueillent les différentes
classes proposées par l’Idécaf ainsi
qu’une salle multimédia ouverte matins
Francophonie

Un forum linguistique
incontournable à HCMV : l’Idécaf

Chaque année, l’Idécaf ouvre cinq
sessions de formation au français (des
grands débutants jusqu’au DELF C2) de
huit semaines chacune. Chaque session
accueille environ 2.300 à 2.500 apprenants
avec un pic pour la session d’été de juillet
et août.
Pour permettre à toutes et tous de
pratiquer le français et de l’utiliser
concrètement en dehors des classes,
l’Idécaf possède un lieu unique et riche. Il
s’agit de la Médiathèque. Aménagée dans
un espace lumineux de 780 m², elle compte
aujourd’hui
parmi les plus
importants
centres
de
ressources
francophones
d’Asie du Sud-Est.
À la fois centre de
documentation
sur la France
contemporaine,
bibliothèque de
loisirs,
centre
de
ressources
éducatives
et
pédagogiques,
la
médiathèque s’adresse à tous : grand
public,
étudiants,
professionnels,
adolescents et très jeunes enfants. Elle
propose une collection renouvelée de
plus de 20.000 documents multi-supports
dont 600 CD-audio, 100 cédéroms et 300
DVD, à consulter sur place ou à emprunter.
Fonctionnelle et conviviale, dotée d’un
système de gestion informatisé, la
médiathèque est toute l’année le théâtre
de programmes d’animations (ateliers
de création), de rencontres (lectures,

conférences,
cafés-littéraires).
Elle
accueille aussi de grands rendez-vous du
livre, comme « Le printemps des poètes »,
« Lire en fête » et différentes conférences
– ainsi la dernière en date sur Franz Kafka.
Mais les autres arts ne sont pas en reste à
l’Idécaf. La musique et le cinéma y ont une
place de choix. En effet, en complément
de
l’enseignement
du
français,
l’établissement organise régulièrement
des activités extrascolaires comme des
expositions, des projections de films, des
concerts, des débats, des concours de
français et un club francophone mensuel.
Tout ceci contribue à développer des liens
interculturels lors de l‘apprentissage du
français et à susciter la passion chez les
apprenants.
L'Idécaf héberge
Campus France, un
service officiel de
l’Institut Français
qui a pour mission
d'accompagner
les
étudiants
vietnamiens dans
leur projet et dans
leurs démarches

administratives pour des études
supérieures en France. Il a ainsi pour but
de promouvoir les formations supérieures
françaises dans le monde et de donner
aux étudiants étrangers les clés pour partir

suivre des études supérieures en France,
du pays de départ au pays d’accueil, des
premières informations jusqu’au séjour
en France et au retour dans le pays
d’origine. Campus France disposait, en
février 2012, de 135 espaces et 39 antennes
implantés dans 107 pays. Campus France
organise régulièrement des journées
d’information sur les études en France afin
de communiquer aux élèves, étudiants,
ainsi qu’à leurs parents, sur les conditions
d’accès aux études en France.
Enfin, comment ne pas parler de
l’excellent restaurant « Le Jardin » qui
lui aussi est dans l’enceinte de l’Idécaf.
Véritable lieu de rendez-vous des
gastronomes, ce restaurant propose
une cuisine française de qualité, variée
et à des prix très abordables. Venir au
restaurant « Le Jardin » à midi ou en
soirée, c’est l’assurance de passer un
excellent moment et de faire de nouvelles
connaissances francophones.
Ainsi, avec ses innombrables atouts,
son professionnalisme dans le domaine
du Français Langue Étrangère et ses
manifestations culturelles, l’Idécaf est une
adresse sûre pour les francophones de Ho
Chi Minh Ville et des provinces limitrophes.

Institut d’Échanges Culturels
avec la France (Idécaf)
31 Thái Văn Lung, Q1
Tel : 08 38 29 54 51
Fax : 08 38 29 14 24
Email : bde@idecaf.gov.vn et
mediatheque@idecaf.gov.vn
Web : www.idecaf.gov.vn et
www.facebook.com/idecafhcm

17

Texte d’Hervé Fayet

et après-midis. Les outils pédagogiques
sont modernes et bien adaptés pour
un public motivé et stable depuis de
nombreuses années.
Affaires

Perspectives entrepreneuriales, avec la CCIFV,
Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam
La CCIFV est un relais nécessaire au
Vietnam pour faciliter l'approche et
les relations avec les entreprises et les
autorités vietnamiennes.
Grâce à Promosalon, l’activité de la
CCIFV s’illustre également en sens
inverse via l’accompagnement des
entreprises vietnamiennes sur les
grands salons internationaux pour
découvrir de nouveaux marchés.

Elle a pour principale mission d’animer
la communauté d’affaires française
au Vietnam en favorisant l’échange
d’informations et d’expériences entre
ses membres grâce à son réseau. La
CCIFV apporte son soutien aux sociétés
françaises à chaque étape de leur
projet de développement au Vietnam
en leur proposant un appui concret
et des solutions opérationnelles. Tour
d’horizon de ses différents services.

Texte de Cendrine Nazos

Créée en 1989, la CCIFV a été officialisée
par les autorités vietnamiennes en
1998. Aujourd’hui, la CCIFV compte
plus de 280 membres. Association
privée à but non lucratif animée par
des administrateurs élus et bénévoles,
elle appartient au réseau mondial des
Chambres de Commerce et d’Industrie
Françaises à l’Étranger (UCCIFE), qui
réunit 111 chambres dans 81 pays.

Domiciliation
La CCIFV met à disposition son
service de domiciliation sur Ho
Chi Minh Ville et Hanoi. Implantés
dans le centre-ville, des bureaux
permettent à toute société de
travailler dans les meilleures
conditions au Vietnam. Des salles de
réunion entièrement équipées sont
également disponibles à la location
(vidéoprojecteur,
système
de
vidéoconférence Hanoi-HCMV, accès
internet, fax, photocopieur, etc.).
En 2013, 15 entreprises ont bénéficié
des services de domiciliation de la
Chambre.

Aide à la prospection et à l’implantation
Les
missions
de
prospection
commerciale de la CCIFV offrent un
appui complet aux entreprises qui ne
sont pas encore présentes au Vietnam.
Deux approches avec organisation d’un
programme de rendez-vous sur place
sont proposées : une approche export
(comment exporter ses produits et son
savoir-faire au Vietnam) et une approche
sourcing (identification, rencontre et
évaluation des fournisseurs au Vietnam).
Nos équipes sont à la disposition des
entreprises et proposent différentes
études dans le cadre d’une installation
au Vietnam. Les études de marché
offrent des analyses de la demande
ou de la concurrence, des détails sur
le système de distribution, la taille du
marché, etc. Les études d’implantation
sont plus tournées vers les aspects
juridiques
et
réglementaires,
la fiscalité, la disponibilité et la
qualification de la main d’œuvre, la
sélection de zones industrielles, etc.
La CCIFV accueille des missions
d'entreprises individuelles ou en
partenariat avec le réseau des CCI de
France, des missions institutionnelles
de régions et villes françaises dans le
cadre des coopérations décentralisées.

18

Services RH
Avec une base de données
constamment actualisée de plus
de 3.000 candidats vietnamiens
et français, francophones et/ou
anglophones, la CCIFV appuie les
entreprises pour définir le profil
recherché, identifier et sélectionner
les meilleurs candidats.
Afin de fidéliser le personnel
des entreprises et d’améliorer
la performance des équipes, la
CCIFV organise régulièrement des
formations
inter-entreprises,
en
français ou en anglais, à destination
de toute personne cherchant à
renforcer son expertise et ses
compétences. Parmi les thèmes
régulièrement abordés : l’interculturalité, le management d’équipe
et le leadership, le management de
projet, la communication ou encore
la recherche d’emploi au Vietnam.
La CCIFV organise également des
formations
intra-entreprise
sur
mesure, à la demande de ses membres.
Événements
La CCIFV anime et enrichit la vie
des professionnels au Vietnam en
organisant entre 70 et 80 événements
par an : petits-déjeuners et déjeunersdébats, à l’écoute de nos membres,
pour des rencontres informelles
ou des conférences thématiques
sur des sujets spécifiques ou
d’actualité ; networkings et team
buildings, moments d’échanges et
de rencontres conviviaux ; forums
d’affaires et délégations d’affaires
offrant de nouvelles opportunités de
développement au Vietnam et dans la
région ; événements grand public, pour
partager des moments d’exception,
tels que Balade en France, le Gala
ou encore le Cocktail de rentrée ;
commissions sectorielles, gratuites et
réservées aux membres, ayant pour
objectif le partage d’expériences
et d’expertises dans des secteurs
d’activités ciblés : agro-alimentaire,
BTP,
nouveaux
entrepreneurs,
PME Corner, ressources humaines,
Restaurants et Commerces Individuels
et Sourcing-Achats.
2013 : l’année France-Vietnam
Elle est marquée par un large éventail
d’événements, dans tous les domaines
(culture, éducation, coopération en
matière d’enseignement supérieur
et de recherche, tourisme, sport,
etc.), avec pour objectif de dynamiser
les échanges économiques entre la
France et le Vietnam et de renforcer
la visibilité des entreprises françaises
installées localement. Ainsi, la CCIFV
s’est impliquée très en amont dans
la préparation de cette année pour
être à l’initiative de trois événements
principaux :
Gala de lancement de l’année FranceVietnam à HCMV : le 8 avril dernier, en
parallèle au Forum d’Affaires FranceVietnam qu’elle co-organisait avec
Ubifrance (près de 100 entreprises
venues de France), la CCIFV a organisé
le Gala de lancement de l’Année
France-Vietnam en présence de Nicole
Bricq, Ministre du commerce extérieur.

Ce gala de prestige a été l’occasion de
célébrer la première cérémonie des
Trophées Français de l’Entreprise qui
récompensait les plus performantes
des entreprises françaises installées
au Vietnam.
Balade en France (à venir) : la CCIFV,
en partenariat avec Sopexa et l’hôtel
Equatorial, invite les participants à
redécouvrir ou à faire découvrir au
public vietnamien les bons plats de
France tout en savourant les vins des
plus célèbres de nos régions. Dans
une ambiance conviviale, les visiteurs
apprécieront un riche programme
d’animations pour passer une soirée à
la française, entre amis, en famille ou
avec son équipe. A l’hôtel Equatorial,
les 25 et 26 octobre.
Le Bon Marché (à venir) : c’est le
plus gros événement de rue de la
saison de la France au Vietnam. Pour
célébrer l’amour partagé de la bonne
gastronomie et de la fête, les visiteurs
pourront, pendant deux jours, goûter
et acheter des produits de qualité issus
des terroirs français et vietnamien, et
participer à un pique-nique géant pour
profiter de nombreuses animations. Au
programme : concours de boulangerie,
ateliers cuisine, jeux, spectacles
culturels et deux concerts en plein air
avec de nombreuses têtes d’affiches,
issues notamment de la jeune scène
vietnamienne. Le Bon Marché se
tiendra les 14 et 15 décembre, dans le
Parc du 23 Septembre, près du marché
Bến Thành (entrée libre).

Pourquoi rejoindre la CCIFV ?
Pour développer votre réseau en rejoignant les rangs de nos 280 membres.
Pour être au cœur des événements
variés qui animent la communauté
d’affaires tout au long de l’année.
Pour accroitre votre visibilité via nos
supports de communication.
Pour développer votre activité au Vietnam grâce à nos services
de conseils et d’appui.
Pour faciliter votre quotidien en bénéficiant de nos services (carte privilège,
location de salle, etc.).
Pour recruter et former votre personnel.
Pour rester connecté à l’actualité
économique et commerciale locale
via nos publications.
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en devenant membre de la chambre
européenne Eurocham.

Les publications de la CCIFV
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événements, l’actualité de la Chambre,
des membres et des partenaires, et les
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qui propose des notes sectorielles et des
dossiers thématiques approfondis tout en
laissant place à l’actualité des membres
de la CCIFV, au calendrier des déplacements de la Chambre en France et aux
principaux événements.

CCIFV Ho Chi Minh Ville
Eurocentre, 3ème étage,
49 Mạc Đĩnh Chi, Q1
Tel : 08 3825 8625
Fax : 08 3825 8915
Email : ccifv.hcm@ccifv.org
Web : www.ccifv.org

19
ENVIRONNEMENT

ENVIRONNEMENT

Petit Ours Brun
se fait de la bile

Texte d’Etienne Fréneaux
Photos de Nicolas Bonnaud

Le Centre de Réhabilitation des
{ un long combat vers le respect deOurs de Tam Đảo, }
la dignité animale

Un jeune pensionnaire du
Centre de Réhabilitation
de Tam Đảo

20

P

our des raisons historiques
évidentes, jusqu’à une époque
récente, l’enfance vietnamienne
n’a guère connu pour se bercer ces
tendres historiettes télévisées qui ont
façonné la conscience écologiste du
public occidental – une théorie qui
mériterait sûrement d’être étayée,
mais qui explique peut-être pourquoi,
sur les marchés locaux, les comparses
de Kermit, trépanées et écorchées,
agonisent de longues heures durant

au fond de bassines bondées, tandis
que des moitiés de Némo, les tripes à
l’air, s’asphyxient dans des pochettes
plastiques ; et que dire des congénères
de Saturnin, pendus par les pattes au
guidon d’une bécane pétaradante,
s’évanouissant dans les vapeurs de gaz
carbonique ? Pour satisfaire de crédules
cacochymes, Tigrou est réduit en
poudre de perlimpinpin et Babar buté
pour son ivoire. Petit Ours Brun non plus
n’échappe pas à la sinistre traque.
Petit Ours Brun voyage à mobylette

Ours malais, ou sun bear

Espèces en danger
Les ours traqués pour
leur bile sont Ursus
thibetanus (Ours Noir
d’Asie, ou Ours à
Collier – Moon Bear
en anglais, en raison
du croissant de poils
clairs sur son poitrail)
et Helarctos malayanus (Ours Malais – Sun
Bear en anglais, pour
ses tâches orangées).
La bile des ours est
réputée très efficace
pour éliminer les calculs vésiculaires chez
l’homme. Si cette propriété est démontrée,
les désagréments
d’une telle pratique
sont tout aussi
avérés : les risques
d’infection dus à de
mauvaises conditions
d’extraction sont
courants, et parfois
mortels. Par ailleurs,
des substituts synthétiques ou végétaux
existent, plus sûrs et
plus efficaces. Animal
Asia édite un fascicule
pour promouvoir
cette pharmacopée
éthique.

L’un des trois containers arraisonnés à Bình Dương,
où étaient séquestrés 19 ours.

Quand Petit Ours Brun est
né, il ne mesurait pas plus de
quinze centimètres. Cet heureux
événement s’est déroulé quelque
part dans les contreforts boisés de
l’Himalaya. Petit Ours Brun grandit
entre le Vietnam, le Laos et la
Chine. La nature ne connaît pas de
frontière. Les braconniers non plus.
Un beau jour, pas si beau, Petit
Ours Brun échappe à la vigilance
de sa mère pour faire son quatreheures d’une termitière isolée.
Mais alors qu’il piétine un tapis
de feuilles mortes, une étrange
plante referme ses pétales d’acier
sur sa papatte. Broyée. Le voici
coincé, et Petit Ours Brun n’a plus
que ses yeux pour pleurer. Accourt
une poignée d’êtres fluets aux cris
agressifs, qui s’emparent de lui et
le fourrent dans un sac. Commence
alors une longue équipée à
mobylette. Petit Ours Brun est
ligoté si étroitement que ses liens
lui entaillent la chair, et il fait bien
noir sous la toile épaisse. Pauvre
Petit Ours Brun. La gloutonnerie
est un défaut chèrement payé.
		

Petit Ours Brun a mal au bide

Lorsque Petit Ours Brun reprend
conscience, c’est pour constater
qu’il est coincé dans une cage à
peine plus grande que lui. Le sol
est constitué de barreaux qui
blessent ses coussinets. Et qu’il fait
noir ! Il entend des semblables qui
gémissent – l’un a la patte tranchée,
du fait d’un piège ; l’autre, plus âgé,
semble sous l’emprise d’une terrible
douleur abdominale. « Que lui estil arrivé ? », se demande Petit Ours
brun. Il l’apprendra bientôt à ses
dépens. Soudain, une lumière crue
éclate – impensable pour qui n’a
jamais quitté le couvert de la jungle.
Une clique d’hominidés ouvre sa
cage, l’empoigne ; armés d’une
grande seringue, ils le piquent au
ventre. Quelle douleur ! Ils tâtonnent
et triturent. Un coup dans l’intestin,
pour rien ; un coup dans le foie,
encore raté. Mais quelle douleur !
Enfin ils parviennent à leurs fins : ils
percent sa vésicule et en pompent la
bile. Lubie d’apothicaire. Petit
Ours Brun gronde et beugle,
en vain. Puis ses tortionnaires
s’en vont, l'abandonnant à sa
souffrance.
Ils
reviendront
demain. Pauvre Petit Ours Brun.
L’horreur est humaine.

STOP !

Le lecteur scandalisé trouve-t-il la
farce de mauvais goût ? Certes – mais
comment zapper ? Si les ours étaient
moins ours, ils auraient un prophète
et s’inventeraient un paradis. Or ours
oncques ne prient. Alors, dans sa
prodigieuse omnipotence, l’humanité
cruelle mais miséricordieuse leur
procure les deux. Le salut, d’abord,
leur vient de Jill Robinson, vétérinaire
britannique expatriée à Hong-Kong,
qui depuis 1993 mène une campagne
active contre l’exploitation des ours,
en Chine initialement puis ailleurs en
Asie rapidement. En 1998, elle fonde
Animal Asia, une ONG aux ramifications
bientôt planétaires. Deux ans plus
tard, le gouvernement chinois autorise
l’ouverture d’un centre de réhabilitation
pour ours dans la province du Sichuan –
voilà pour l’éden.
Au Vietnam, le combat ne date pas
d’hier. Dès 1992, une loi interdit la capture
d’ours. Toutefois, les fermes à bile ne
sont pas menacées, car séquestrer
n’est pas capturer : pour peu que les
contrevenants trompent la vigilance des
garde-parcs, une fois l’ours emprisonné
la loi est impuissante. Mais Animal Asia
s’en mêle et, à force de lobbying, finit
par obtenir une nouvelle avancée : en
2005, les fermes à biles sont décrétées
illégales. Victoire? Pas tout à fait. D’une
part, la réclusion des ours n’est pas
interdite, donc les propriétaires de ferme
maquillent leurs agissements ; que les
ours soient visiblement maltraités et
aient la panse percée de part en part ne
constitue pas une « preuve » – de braves
bêtes de foire un peu usées, voilà tout.
D’autre part, l’hypocrisie n’est parfois
même pas nécessaire – la force suffit. Ce
fut le cas à Quỳnh Lưu (province du Nghệ
An) ; une ferme à bile avérée a résisté à
la trentaine de policiers et rangers venus
exiger la libération de quatre ours et se
saisir du patron, lequel encourait amende
et prison. Les villageois alentour sont
venus prêter main forte aux trafiquants,
conscients des intérêts économiques en
jeu. La loi a dû s’incliner. Et l’activité a été
relocalisée en douce. Heureusement,
ce cas reste isolé, et les actions
conjointes d’Animal Asia et des autorités
parviennent à récupérer nombre de
malheureux. La plupart des rescapés sont
recueillis dans des centres autochtones
aux moyens limités ; les plus chanceux
atterrissent dans celui qu’Animal Asia a
obtenu l’autorisation de construire en
2008, consécration d’une décennie de
tractations. Visite guidée d’un sanctuaire
hors-norme.

21
Une page de félicité

Nous sommes à la lisière du Parc
National de Tam Đảo, à 70 kilomètres
au nord de Hanoi. Au pied du massif
montagneux, dans un étroit vallon
ceinturé de forêt tropicale, Animal Asia
a obtenu une concession de 20 ans pour
y établir son centre : douze hectares de
terres arables qui ont dû être rachetés à
des cultivateurs locaux. Les imposantes
installations ont été entièrement
financées par l’association.
Passé la clôture de haute sécurité, le
nouvel arrivant, qu’il soit hominidé
ou ursidé, se soumet aux contrôles
de rigueur : un simple pédiluve
désinfectant pour le premier genre,
une quarantaine en bonne et due
forme pour le second, assortie d’une
hospitalisation plus
ou moins intensive
suivant son état de
maltraitance.
La
clinique, dirigée par
un seul vétérinaire et
ses deux assistants,
dispose du matériel
sophistiqué idoine
pour traiter les
pathologies
récurrentes,
de
l’infection cutanée
au cancer aggravé,
en
passant
par
les
traumatismes
articulatoires. Pour
les rescapés les plus
jeunes, une nursery
a été spécialement
aménagée.
Les
adultes une fois
rétablis
peuvent
rejoindre les autres pensionnaires, à
l’heure actuelle plus d’une centaine !
Pour loger tout ce monde, il a fallu voir les
choses en très grand, forcément : deux
« maisons des ours » ont été achevées,
sur un total de cinq projetées; chacune
de ces maisons comprend douze
boxes en béton, équipés de hamacs
aux lanières douillettes, qui tous

donnent sur un vaste enclos
agrémenté de piscines, jeux
de bois, balançoires, grattedos dernier-cri. Les locataires
peuvent y batifoler à loisir,
s’assoupir sur une poutre en
bambou, jouer à la grosse
baballe, se bastonner pour
une peccadille. Depuis l’étage
supérieur des maisons, une
soixantaine de surveillants
se relaient pour veiller au
grain, en tâchant d’intervenir
le moins possible. En cas
de
débordement,
bien
compréhensible pour ces
âmes solitaires contraintes
à vivre en collectivité, un vigoureux
jet d’eau calmera les plus hargneux.
L’heure du repas
ou la nuit qui
tombe ramènent
instinctivement les
villégiateurs à leurs
appartements.
Le régime est
végétarien, fruits
et légumes du
marché local ; les
convalescents
ont droit à un
traitement
de
faveur : milk-shake
banane, miel et
marshmallow.
Au final, il s'agit
moins
d'un
sanatorium que
d'une
maison
de retraite. Les
ours demeurent
trop
fragilisés
psychologiquement et physiquement
après leur expérience en ferme à
bile ; la plupart nécessitent un suivi
médical permanent. Il est donc
hors de question de les relâcher un
jour dans la nature. Une pointe de
désillusion ? Après tout, le paradis
ne remplacera jamais l’âge d’or de
l’innocence.

Des ours à collier (ou moon bear) s’ébattent
dans le Centre de Réhabilitation de Tam Đảo

Un combat de longue haleine…
1973 : la Convention sur le Commerce International des Espèces
Menacées (CITES – ou Convention
de Washington) est ratifiée par 80
pays. En 2013, ils sont 178.
Voir www.cites.org
1992 : le Vietnam interdit la capture d’ours.
1994 : le Vietnam adhère à la CITES.
1998 : fondation d’Animal Asia par
Jill Robinson, à Hong Kong.
2005 : le Vietnam proscrit
l’existence des fermes à bile, qui
demeurent légales en Chine.
2008 : Animal Asia ouvre le Centre de
Réhabilitation des Ours de Tam Đảo.
2010 : une ferme constituée de trois
containers transformés en cages
est démantelée à Bình Dương ; 19
ours sont libérés, une prise record.
…qui n’est pas encore gagné.
2.400 ours toujours en captivité au Vietnam.
17% des médecins traditionnels
vietnamiens prescrivent
toujours de la bile d’ours.

Financement
Les coûts de gestion du centre de Tam Đảo représentent 800 dollars
par ours et par mois. Ces fonds proviennent exclusivement des dons
et subventions qu’Animal Asia parvient à lever. Les plus généreux
pourront sponsoriser un ours (et le baptiser) pour la somme de 12.000
dollars.
Visite
Le centre de Tam Đảo est ouvert au public, sur réservation préalable.
Consulter le site internet : www.animalsasia.org
Intervention chirurgicale à la clinique du Centre
de Réhabilitation de Tam Đảo

22
Photos de Florian Chavanon,
texte d’Etienne Fréneaux

Bến Tre

portfolio

portfolio
L

Koh Dach, Cambodge

es Vietnamiens l’ont baptisé le fleuve des Neuf Dragons (Cửu Long), et il est vrai que
le Mékong possède la fougue imprévisible du mythique animal, enclin à des crues
dévastatrices. Pourtant, c’est à un voyage très paisible que nous invite Florian Chavanon,
entre Cambodge et Vietnam. Les personnages qu’il croise tout au long de son périple affichent
un calme serein – résignation ou détachement bouddhique, le regard est souvent vague, la
pause nonchalante. Soudain, à l’heure où le crépuscule tombe sur les berges bleutées, une
troupe de gamins s’élance dans l’onde rafraîchissante, éclaboussant le calme vespéral de leurs
rires frénétiques. Gare, le dragon veille…

25

Kandal, Cambodge

Vĩnh Long
Bến Tre
Kandal, Cambodge

27
Mỹ Tho

Sa Đéc
Vĩnh Long

Ces photos sont extraites du livre
«Histoire)s( du Mékong », paru aux
éditions Verlhac. C’est un ouvrage réalisé
à l’initiative de Rivages du Monde, en
collaboration avec David Dibilio,
auteur des textes.

Trà Vinh

29
talents

d'ici

Une garde-robe dans la valise
{ Collection Lucie Brochard }

D

Texte d'Odyl Devaux-Zeller

epuis sa plus tendre enfance,
Lucie Brochard est passionnée
par tout ce qui touche à la
création et à la mode. « J’ai fait mon
premier stage chez Chloé à 16 ans.
Puis, deux ans plus tard, j’ai suivi une
journaliste de défilé en défilé ». C’est
donc tout naturellement qu’elle intègre
l’École de la Chambre Syndicale de la
Couture Parisienne. Durant ses études,
elle remporte le concours de Kobe qui
lui permet ainsi de passer dix jours au
Japon. C’est la découverte de l’Asie.
Elle y apprend le styling, le déstructuré
réfléchi, joue avec le raffinement des
couleurs et des superpositions. Sur le
chemin du retour, elle s’arrête un mois
en Chine. Son stage lui permettra de

30

connaître le fonctionnement d’un pays
de production.
Sitôt son école terminée, elle effectue
un stage chez Paule Ka, puis Christian
Lacroix, ce qui lui offre l’opportunité de
pénétrer l’univers de la mode Homme.
Sélectionnée par son école, elle
s’envole vers les États-Unis et se tourne
vers la mode masculine. Elle plonge
dans le marketing et la photo, éveillant
ainsi son côté artistique.
Retour en France où Lucie travaille
deux années chez Freeman T. Porter
en tant que bras droit du directeur
artistique. Elle suit toute une collection,
du design à la production, puis la
commercialisation, le marketing et la
communication.
Lucie fait une pause. D’origine
coréenne, de père français et de mère
vietnamienne, elle décide d’aller faire
un tour au Vietnam en février 2012. Le
pays l’inspire, son côté créatif prend
très vite le dessus, elle prospecte pour
sa propre garde-robe. « Je voulais créer
des vêtements afin de m’identifier
tant au Vietnam qu’à la France, mais
en même temps ces vêtements
devaient être portables facilement.
Je voulais allier le côté moderne de la
femme avec une certaine sensualité et
originalité ». Elle s’amuse. Sa chambre
d’hôtel devient son studio de création.
« Je dessinais les modèles le soir dans
ma chambre. Le lendemain je fouinais
sur les marchés à la recherche des

tissus, le couturier du coin exécutait mes
modèles ». En avril, elle rentre en France
avec dans l’idée de repartir très vite.
En juillet 2012, Lucie revient au Vietnam
pour s’y installer. Elle démarre sa propre
collection, exécute les prototypes en
toile, crée le patronage, fait beaucoup
de sourcing afin de trouver le bon tissu ;
une partie vient de Paris, mais la soie
est vietnamienne. Lucie mélange les
différents styles : le prêt-à-porter fifth
street de New York, le chic parisien et
l’exotisme vietnamien. Elle ne néglige
pas le côté confortable et pratique du
vêtement, comme les nombreuses
poches de certaines pièces. « Il faut
que le vêtement soit fluide, qu’il glisse
sur le corps, qu’il soit bien structuré

afin de donner un certain charisme à
la silhouette. Un habit doit être facile,
agréable. »
Son leitmotiv : « toujours prête ».
L’ensemble de sa collection doit tenir
dans une valise. « La valise renferme les
habits d’une femme pour une semaine,
les habits pour le travail mais aussi
pour les soirées, le week-end. Je joue
avec ce que je ressens en voyageant, je
le transmets dans cette collection. »
Lucie joue avec les couleurs et la
matière. Ainsi la robe de cocktail en
néoprène. Elle n’hésite pas à ajouter
de l’asymétrie dans sa collection, sans
sacrifier la rigueur de la construction
et de la coupe. La création de chaque
vêtement a une histoire : le manteau
est celui qu’elle avait dessiné pour sa
sœur en mars, la veste a été créée pour
son premier entretien, la robe conçue
pour un mariage au Vietnam.
Une année est nécessaire à Lucie
pour créer et distribuer sa première
collection. La recherche des ateliers
de confection s’avère une tâche
difficile. « Trouver une bonne qualité
de confection, se faire comprendre.
J’ai un bon coup de crayon, de bonnes
bases dans la construction, c’est ce qui
m’a permis de créer ici. »
« Ma collection s’adresse à des femmes
averties qui recherchent une certaine
créativité, qui aiment le vêtement
confortable et fonctionnel, tout en
privilégiant l’élégance spontanée
en toute occasion. La sobriété dans
l’originalité. »
Rendez-vous au premier semestre
2014 pour découvrir les trésors de la
deuxième valise. De belles surprises en
perspective !
La distribution de la collection Lucie Brochard
se fait de bouche à oreille, sur Internet et lors
de ventes privées. Pour plus d’information,
consulter le site web www.luciebrochard.com

31
Texte d’Etienne Fréneaux
Photos de Nicolas Bonnaud

L'invitation

au voyage

dans
{ Virée chromatiqueGiang }
la province de Hà

D

En haut : le col de Mã Pí Lèng.
Autour : instants volés aux marchés de
Quản Bạ, Mèo Vạc et Đồng Văn.

32

e lourds rideaux de brume
grisâtre
flottent
dans
l’embrasure de la gorge,
ballottés par un blizzard poissé qui
vous glace les os. A la faveur d’une
bourrasque, des pans de falaise
ruisselants crèvent le voile fragile,
crocs karstiques émoussés, cariés par la
végétation tropicale. Dans cette gueule
médusée, le voyageur est happé par
une fine langue de bitume grumeleux,
qui serpente comme à l’aveuglette,
lèche les corniches rocailleuses,
s’immisce au travers d’un torrent,
fait la nique au vide. Glissière rouillée,
intermittente. Précipice impitoyable,
constant. L’humidité dilue les contours
et les tons en un halo pleurnichard,
quasi achromatique. Émergeant de
cette fantasmagorie, deux feux-follets

fuchsias fluo louvoient doucement.
On distingue bientôt leur silhouette
humaine, coiffée d’un foulard à la
couleur éclatante : une mère et sa
fille, armées de serpes, une hotte vide
en partage, marchent en direction
du col de Mã Pí Lèng – « le Nez du
Cheval », dont le sommet adjacent
offre un profil évocateur. A 1000
mètres d’altitude, ce passage est l’un
des plus spectaculaires du pays, et son
franchissement requérait naguère une
bonne dose d’héroïsme, avant que
l’État n’intervienne pour désenclaver
ces confins septentrionaux, désormais
raccordés par l’aimable Route du
Bonheur (Đường Hành Phúc – QL4C).
Mais chacun sait que le bonheur est
moins fleuve tranquille que torrent
capricieux : lacets rancuniers et
dénivelés mesquins rendent la vie
dure aux conducteurs, tandis qu’en
contrebas la rivière Nho Quế aguiche les
imprudents avec ses parfums capiteux
de raisin (nho) et de cannelle (quế) –
puis elle est engloutie par le canyon de
Tu Sản, dont les pans calcaires dressent
un portique dantesque de 800 mètres
de haut. Un vent d’outre-tombe y
déferle sans relâche. Les deux femmes
n’ont cure de ce tableau lugubre. Le
brouillard les a happées derechef, et
toute couleur s’en est allée avec elles.
Fragment fugitif d’arc-en-ciel, dont on
traque la clef…
	

Mille-feuille

La vallée de Đồng Văn, auquel le col
livre accès, recèle plus d’un trésor.
A commencer par ses archives

paléontologiques, enfouies dans cet
écrin de pains karstiques, truffées de
précieux fossiles ayant réchappé de
plusieurs extinctions majeures. Le
séjour des vivants n’est pas moins riche
en diversité, et en raretés menacées :
rhinopithèque du Tonkin (Rhinopithecus
avunculus), singe au nez tronqué et à la
bouille renfrognée ; ours noir à collier,
ou ours-lune (Ursus thibetanus), dans
le collimateur des fermes à bile ; saro
de Sumatra (Capricornis sumatraensis),
cousin du chamois – les débusquer est
peine perdue. La beauté scénique est
tout aussi prégnante. Autant de raisons
qui ont conduit l’UNESCO à inscrire
cette région de 2350 km² (soit près d’un
tiers de la province de Hà Giang) au
Réseau Mondial des Géoparcs (GGN en
anglais), sous la dénomination de

« Parc Géologique du Plateau Calcaire
de Đồng Văn », en 2010.
Un critère supplémentaire fait la
renommée du géoparc : son rôle
de conservatoire culturel. Dix-sept
minorités ethniques dûment recensées
(soit environ 250.000 individus) s’y
sont établies au fil des siècles, la
plupart en provenance du bassin du
Yangzi, en Chine méridionale, à l’instar
des Việt eux-mêmes. Si ces derniers
ont occupé la région deltaïque, dès le
IIIème siècle avant J.C., les autres ont
migré plus tardivement, occupant les
espaces accidentés vacants, un vaste
arc montagneux encerclant la plaine
du Fleuve Rouge. Leur sédentarisation
s’est effectuée à force d’ingéniosité,
pour réussir à s’adapter à un relief
exécrable. Si les environs de Sa Pa se

33
sont prêtés à la culture en terrasses, il
en va autrement du côté de Đồng Văn,
royaume de la caillasse : impossible de
venir à bout des champs de pierres qui
tapissent les pentes aiguës ; il faut donc
composer : la riziculture est délaissée au
profit du maïs, le chanvre est préféré au
coton pour confectionner les textiles –
au registre des plantes psychotropes,
le pavot est très répandu ; les champs
sont souvent délimités par une
haie de larme-de-Job (Coix lacrymajobi), ingrédient indispensable des
pharmacopées
autochtones.
On
laboure et on herse, généralement sans
bête de somme, en zigzaguant parmi
les monolithes ; leurs anfractuosités
hébergent astucieusement des semis.
Et puis, quand la terre avaricieuse n’a
plus rien à donner : tabula rasa – le
brûlis demeure très répandu, et le
nomadisme, même circonscrit à de
modestes périmètres, perdure.

Polychromie

Dans ces sociétés mouvantes, dont
les strates ethniques épousent la
zonation altitudinale, il est un repère
immuable et syncrétique, foyer
d’échanges autant que d’intégration :
le marché. C’est ici que l’arc-en-ciel
prend son essor. Et explose en rasemottes, éclaboussant tout alentour.
Turbans écarlates greffés de colifichets
métalliques, jupons jaunes et vestes
violettes, plastrons marron et festons

34

potiron, tabliers bardés de broderies
bigarrées, revers chamarrés, ourlets
bariolés,
passementeries
irisées,
ceintures de feu et cols enneigés ;
vendeuse de saumure à rayures,
productrice de poireaux à carreaux,
pois et fleurs ornent tréteaux ou
bandeaux – et quelle palette (de veau) !
La foire aux bestiaux adjacente illustre
les tonalités fauves, charbonnées ou
poivre-et-sel, robes bovines et poils
canins, en partance pour leur destin…
Dans la brumaille graillonneuse, smog
gastronomique nourri des alambics
et des pipes à eau, qui mêle la fumée
des marmites de thắng cố à celle des
braseros où dorent les moelleux mèn
mén et mitonne le succulent cơm lam
– dans cette ambiance enivrante qui
attiédit les frimas hivernaux, affole
les pupilles autant qu’elle affriole les
papilles, le carrousel des costumes
traditionnels s’est mué en un carnaval
où la mode est au jacquard criard, au
brocart gueulard, polyamides épinglés
de paillettes psychédéliques, falbalas
made in China. Au milieu de ce déluge
synthétique et kaléidoscopique, un
pigment apaisant s’impose en toile
de fond des us et costumes, teinture
végétale endémique que l’on cultive
depuis des lustres : l’indigo.
L’omniprésence de cette couleur à la
fois austère et intense, bleu abyssal
troublé par les reflets sensuels du
violet, est due principalement à la

gente masculine, qui affectionne le
complet paysan uni, veston rustique
à boutons chinois et pantalon évasé,
tout d’indigo teint, sans oublier le béret
d’inspiration résolument basque, qui
remplace des coiffes traditionnelles
tombées en désuétude. Une mode
lancée vraisemblablement par les
ethnies Hmong, majoritaires en fond
de vallée.

Nuance hmong

Les Hmong n’auraient pénétré que
tardivement au Tonkin, à la fin du
XVIIIème siècle, chassés de Chine par
la répression mandchoue (dynastie
Qing). Loin de constituer une nation
homogène, on distingue Hmong Noirs,
Hmong Rouges, Hmong Verts, Hmong
Blancs, Hmong Fleuris et Ná Mỉeo, qui
tous possèdent leur dialecte et leurs
atours propres. Ils ont cependant une
conscience aiguë de leur spécificité
ethnolinguistique
commune,
et
renâclent à jouer le jeu des peuples
dominants, qu’il s’agisse des Chinois,
des Việt, des Lao ou des Français, qui
ne sauraient tolérer l’existence d’un
embryon d’État hmong sur leurs marges
communes. Le XXème siècle sera une
succession d’allégeances éphémères
et de rébellions infructueuses, qui se
solderont par le repli, la soumission ou
l’exil.
En témoigne l’histoire d’une bâtisse
insolite, qui domine le village de Sà Phìn :
thắng cố : ragoût de
viande, os, viscères,
queue, etc.
mèn mén : galettes
de maïs
cơm lam : riz gluant
cuit en bambou

Portraits hmong
(en haut, à l’école de Lũng Cú ;
en bas, aux marchés de
Quản Bạ et Mèo Vạc).

le Château du Roi hmong (Nhà vua
Mèo). L’appellation est abusive, car ses
locataires n’ont jamais régné que sur
l’une des multiples tribus hmong, et
d’autres roitelets contrôlaient d’autres
vallées, depuis d’autres châteaux –
ainsi celui de Bắc Hà, dans la province
de Lào Cai, dans un style « français » des
plus kitch. A Sà Phìn, le palais évoque
plutôt les yamen, résidences officielles
des mandarins dans l’Empire du Milieu.
Derrière sa façade monumentale en
pierres de taille s’ouvre une succession
de trois cours intérieures ceinturées
de galeries en bois, qui desservent pas
moins de 64 pièces où cohabitaient une
centaine de personnes : la famille du

chef, avec ses multiples femmes et
rejetons, et l’abondante domesticité.
Devant le palais se dresse la tombe
de Vương Chính Đức, le dernier des
monarques locaux, ami de Hồ Chí
Minh, rallié à la Révolution d’Août en
1945. Sa descendance, cependant,
vit aujourd’hui en France ou au
Québec… Et le palais, vidé de ses
illustres occupants, demeure un
vestige encombrant.
Du reste, les circuits touristiques
vietnamiens privilégient généralement
une halte patriotique au Mât de Lũng
Cú (Cột cờ Lũng Cú). Les amateurs
d’escalier apprécieront l’exercice,
avec ses quelque 700 marches à

flanc de colline puis dans la tour,
au sommet de laquelle est déployé
un immense drapeau vietnamien.
L’emplacement n’est pas anodin : il
s’agit du point le plus septentrional
du pays, comme un coin enfoncé
dans le flanc de la Chine. D’en-haut,
le panorama est grandiose, mais on
serait bien en mal de discerner la
démarcation. Tout alentour semble
si homogène : les mêmes villages
hmong, les mêmes hameaux thái,
dao ou lô lô… Autant de peuples
indifférents
aux
frontières,
riverains vagabonds du grand
carrefour indigo.

35
Localisez marchés et circuit sur le site de l’AFV :
www.amicaledesfrancophonesauvietnam.org/informations/voyages

Y aller

Le fil conducteur de ce périple est la route nationale QL4C, la
fameuse « route du bonheur », qui part de la capitale éponyme de
la province de Hà Giang (à 300km au nord de Hanoi) pour décrire
un arc de cercle vers la frontière chinoise. Elle dessert les villages
de Quản Bạ, Yên Minh, Sà Phìn, Đồng Văn, Mèo Vạc, qui sont
autant de marchés animés et colorés. Celui de Quản Bạ est dominé
par la fameuse « paire de seins », binôme de collines évocateur. Celui de
Mèo Vạc est réputé pour ses bestiaux, celui de Sà Phìn jouxte le Château
du Roi hmong. Jours de marché : le samedi à Quản Bạ, le dimanche à
Đồng Văn et Mèo Vạc, tous les 6 jours à Sà Phìn. A visiter tôt le matin,
entre 6 et 9 heures.
Entre Sà Phìn et Đồng Văn, un embranchement bifurque au nord vers
Lũng Cú et son Mât. Entre Đồng Văn et Mèo Vạc, la route emprunte le col
panoramique de Mã Pí Lèng. A Mèo Vạc, la route TL217 conduit au fameux
marché annuel de l’amour de Khâu Vai, où les autochtones viennent y
chercher l’âme sœur, pour un temps ou pour longtemps, selon
des rituels plus élaborés qu’un simple speed-dating – nous ne
saurions que trop recommander de les laisser vaquer en
toute intimité, sans voyeurisme.
Le Parc Géologique du Plateau Calcaire de Đồng Văn
possède un site Internet : www.dongvangeopark.com
Le printemps et l’automne sont les meilleures
saisons pour visiter la région – l’hiver peut-être
très rude, l’été trop pluvieux. La boucle au départ
de Hà Giang s’effectue sur trois jours minimum.
La route est tortueuse mais ne présente aucune
difficulté ; accessible en auto ou à moto.
De haut en bas : panorama frontalier depuis le
Mât de Lũng Cú ; façade puis cour du Château du
Roi hmong, à Sà Phìn ; en partance pour la cuisine.
A droite : le Mât de Lũng Cú.

36
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DE CUISINE

Thaéng

Tuù Thô

Sophie

{ Filet de poisson, sauce fruit de la passion. }
Servi avec du riz à l'ail.

Aujourd’hui, je rends visite à Tú Thơ, fondatrice du restaurant May. Ensemble, nous
allons vous concocter un délicieux cá chẻm sốt chanh dây, autrement dit : du poisson,
légèrement frit, accompagné d’une savoureuse sauce au fruit de la passion, une
spécialité familiale dont Tú Thơ accepte de nous révéler le secret.

Texte Sophie Goyault Gounouf
Photos d Etienne Freneaux

Pour commencer, j’investis leur cuisine – pour cuisiner ; que les choses soient claires :
mon objectif n'est pas de visiter, mais véritablement de participer, pour ensuite vous
donner des recettes vietnamiennes que nous pourrons toutes refaire à la maison,
seules devant nos fourneaux, avec des produits faciles à trouver.
Tout d'abord, direction le marché local et l'épicerie. J'y trouve tout, sauf pour le
poisson, pour lequel je mettrai un petit bémol : trouver des filets de bar aussi épais
que ceux du May n'est pas chose aisée, mais ce n'est pas grave, pour cette recette
tous les poissons blancs sont bons et l'épaisseur des filets fera juste varier la cuisson.
On s'adapte, on a l'habitude !
Dans le registre « c'est moi qui l'ai fait », j'ai simplement suivi les instructions du chef
Thắng ; je n'ai pas le même équipement, mais cela n'a rien à voir avec la réussite de
la recette, c'est une question d'envie ! C’est parti…

Ma liste de courses
- Fruits de la passion
- Filets de poisson blanc
- Riz
- Œuf
- Ail frais et frit
- Ciboulette
- Nuoc mam
- Sel & Poivre
- Sucre
- Custard en poudre
- Farine
- Huile

Préparation
 Prélevez la pulpe d'environ 1 kg de fruits de la passion, mixez
finement et faites un jus à l'aide d'un bol mixeur.
 Mettez le jus dans une poêle et laissez
chauffer à feu doux le temps que le sucre
du fruit caramélise légèrement pour faire
ressortir le goût.
 Rajoutez le sucre, le custard en poudre, et
laissez sur feu doux afin que la sauce prenne
un peu de consistance et résiste à votre
cuillère.
 Faites refroidir la sauce avant de la mettre
telle quelle dans un pot à confiture.
Délicieux avec du poisson, la sauce peut
également accompagner des viandes
blanches ou se tartiner sur une crêpe. Vous
pourrez conserver cette sauce 3, 4 ou 6 mois
en la stérilisant (comme une confiture) ou
jusqu'à un mois au frigidaire.

38

Ingrédients
300g de pulpe de fruit de la passion 
50g de sucre 
30g de sel 
10g de custard en poudre 
environ 100 ml d'eau 

Avec ma soeur, nous la meùlangions
meâme avec du riz ou des paâtes.
Vous pouvez

préparer la
sauce la veille
pour la diluer
et la mettre
sur le poisson
à la dernière
minute.
Ingrédients
 300g de filets de bar
 sel & poivre
 1 cuillère à soupe d'eau
 2 cuillères à soupe de
farine
 de l'huile pour la friture

Variez les

recettes en
utilisant d'autres
poissons blancs.

 Coupez les filets en cubes de même taille, cela
facilitera la cuisson et la mise en place dans
l'assiette. Salez et poivrez les morceaux.
 Mettez les cubes dans un bol, rajoutez 2 cuillères
à soupe d'eau, 1 cuillère à soupe de farine et roulez
(légèrement) les cubes dans la farine.
 Mettez à chauffer un wok ou une poêle avec de
l'huile. Attendez la bonne température de l'huile afin
de saisir les morceaux (faites un essai avec un petit
morceau de pain, il faut que cela crépite).
 Plongez les morceaux et laissez-les dorer. Attendez
qu'ils prennent une couleur brune et piquez-les
pour connaître la bonne cuisson.
 Après 5 bonnes minutes, vos cubes de poisson sont cuits.
 Sortez-les et mettez-les à égoutter sur du papier absorbant.
 Juste avant de servir : prenez une cuillère à soupe de sauce fruit
de la passion, délayez avec 2 cuillères à soupe d'eau dans une
poêle à feu doux et faites chauffer quelques instants.
 Présentez votre poisson frit (4 à 5 morceaux selon leur taille)
dans une assiette, nappez-le de la sauce fruit de la passion puis
rajoutez quelques graines de sésame pour donner du croquant.

Préparation
 Faites cuire votre riz puis laissez-le refroidir
à l'air libre pour qu'il soit froid et un peu
dur, avant de commencer la recette.
 Épluchez, écrasez et hachez très finement
toutes les gousses.
 Battez l'œuf dans un petit bol.
 Faites chauffer un wok ou une poêle avec
très peu d'huile, mettez l'œuf et remuez
sans arrêt. Rajoutez le riz et l'ail, continuez
à remuer. Rajoutez 1/2 cuillère à café de
sucre et de sel. Remuez.
 Rajoutez une cuillère à soupe de nước
mắm pour équilibrer les saveurs.
 Lorsque le riz est prêt, mettez-le dans
un bol individuel, parsemez d'ail frit (pour
le croquant) et de ciboulette (pour la
fraîcheur).

Ingrédients
2 bols de riz 
une dizaine de gousses d'ail 
1 œuf 
1/2 cuillère à café de sucre et de sel 
1 cuillère à soupe de nước mắm 
sel & poivre 
ciboulette 
ail frit 

A servir chaud.

Le riz aø l'ail est une recette traditionnelle vietnamienne
qui peut saccompagner de tout, meâme de rien !
'
Mon verdict : super simple et rapide. Verdict

de ma petite famille, cobayes patients mais
exigeants : réussi et super bon !
Maintenant, c’est à vous de jouer !

Vous pouvez
prendre un
reste de riz.

Le May, une tradition familiale

Durant toute l'année, le Restaurant May vous invite
à goûter ses quelques 95 recettes directement
sorties du carnet de cuisine de la famille de Tú
Thơ. Une promenade gourmande pour goûter
des recettes vietnamiennes authentiques, simples
et raffinées. Ses recettes ne sont pas revisitées,
elles sont restées telle que les faisait son père.
Ainsi Tú Thơ nous a-t-elle proposé de faire cette
recette, car elle garde le souvenir ému de son
père, qui en préparait de grands pots, et qui
les ressortait à chaque occasion. Merci, Tú
Thơ, pour ce joli moment passé en votre
compagnie !

39
REÁCIT D'ENTRE

PRENEUR

C’est en bougeant que
l’on devient boulanger
Texte et photos de Gilles Gripari

Chavigny et
{ Rencontre avec Muriel Populo ded’Une Journée àFabrice }
Subra, entrepreneurs fondateurs
Paris

C’

était en 2008. Fabrice était responsable d’une
agence de carrelage et produits sanitaires à La
Réunion ; son poste était menacé à brève échéance.
Muriel, ayant des ascendants vietnamiens, décide
alors de partir en repérage au Vietnam. Venant de l’univers des
cosmétiques, elle se rend vite compte que cette activité est très
réglementée, et quasiment inaccessible aux étrangers. Un soir, à
Saigon, elle cherche un lieu agréable pour se poser et déguster une
pâtisserie, mais elle n’en trouve pas. Aussitôt, elle propose à Fabrice
de se lancer dans la boulangerie-pâtisserie, façon salon de thé. Petit
problème : ils n’ont aucune expérience en ce domaine. Qu’à cela ne tienne : de retour à La
Réunion, Muriel trouve, au hasard d’une petite annonce, un professionnel enthousiaste
qui accepte de prendre Fabrice en formation. Pendant plusieurs mois, de jour et de nuit,
Fabrice va pétrir, cuire et apprendre le métier de manière intensive. Merci à Claude Rouby,
de la boulangerie Douceur des Îles à La Possession !
Pendant ce temps, Muriel va préparer le dossier administratif, contacter les Français
résidant au Vietnam, tous les organismes susceptibles d’aider leur projet, comptables,
avocats, mais aussi les fournisseurs de machines et consommables. Une recherche
considérable et systématique va être menée, aussi bien sur Internet que sur le terrain. La
somme de 150.000 dollars, le strict minimum pour rendre ce projet crédible, est rassemblée
sur leurs économies afin de monter une société 100% étrangère.
La formation de Fabrice finie, toutes les affaires sont expédiées par container à Saigon.
Mais Muriel et Fabrice rejoignent Paris et enchaînent en duo une nouvelle formation chez
un autre artisan boulanger de leurs amis, à Versailles, pendant trois mois. Avoir bénéficié
de deux types de formation sera un bon complément et un sérieux atout par la suite. On
enfourne, on lame, on livre, on vend, on nettoie…
Puis c’est le départ pour Saigon. Une première pour Fabrice, qui en sera quitte pour un choc
culturel violent, qui le mettra très mal à l’aise pendant deux mois. « Quelques personnes

40
et organismes nous apportent leur
concours, leur parrainage, leur aide ;
qu’ils en soient ici remerciés. La mission
économique du Consulat de France, par
le biais d’un stagiaire, nous donne de
précieux conseils et nous met en contact
avec l’agent immobilier qui nous propose
la boutique. Quelques autres personnes
se révèlent des atouts décisifs. Une
Vietnamienne francophone, rencontrée
par hasard dans la rue, fournit une aide
considérable à l’ouverture du magasin
en assurant des traductions et en
solutionnant de nombreuses petites
tracasseries ». Il en sera de même pour
l'avocat ainsi que pour le fournisseur
de farine avec lesquels ils travaillent
toujours.
Leur sincère reconnaissance va aussi
à Jean Claude Lacote (Restaurant La
Niçoise), et aux frères Richard et Philippe
Nguyen (Restaurant Ty Coz) qui vont les
soutenir, et les mettre au fait des réalités
du Vietnam.
Pour résumer, ce projet s’est construit
pièce à pièce, chaque problème trouvant
sa solution à point nommé. Le magasin
est finalement trouvé, quasiment
délabré. Lourds travaux. « Quinze jours
avant l’ouverture, on fabrique du pain
et de nombreux autres produits que l’on
donne autour de nous, pour familiariser
le personnel avec le produit, lui
permettre de le goûter et de l’expliquer
à la clientèle. Car à Une Journée à Paris,
nous avons fait le choix ferme d’une
cuisine traditionnelle 100% française. »
Le 16 juin 2009, le magasin est
inauguré. « Les débuts sont calmes, et
le produit n’est pas toujours compris
des Vietnamiens : la farine qui reste sur
le dessus des baguettes à l’ancienne
est confondue avec du sucre, et
souvent assimilée à de la saleté, par
exemple! Et la tarte au citron a un
vrai goût de citron ! »

Alors, ils attendent les clients les trois
premiers mois. Il fallait refaire du pain
tous les matins, malgré les invendus de la
veille. Lors d'un café de rentrée organisé
par l’AFV au Sofitel, Muriel présente
son entreprise, des rencontres amicales
se créent et la clientèle particulière se
développe alors. Leurs parrains vont
prendre du pain, d’abord en quantités
modestes, pour leur restaurant. Les
professionnels viendront se fournir
chez eux, grâce au bouche-à-oreille
exclusivement.
Puis la clientèle internationale arrive, et
au bout de 6 mois d’existence la société
atteint son point d’équilibre. Puis elle
gagne de l’argent à la fin de la première
année. Pour répondre à ce qu’ils pensent
être une demande des expatriés sur
Thảo Điền, un second magasin ouvrira
brièvement de juin 2010 à février 2011. Peu
de clients francophones au final, et un
suivi assez difficile à réaliser. L’expérience
tourne court.
A ce jour, Muriel et Fabrice ne veulent pas
rester sur leurs acquis ; ils cherchent en
permanence à améliorer la qualité et la
diversité des produits, afin de séduire une
clientèle particulière et professionnelle
toujours plus nombreuse.
Vous trouverez les coordonnées d’Une journée à
Paris dans notre section Boutiques Partenaires.
l'EÁCho des

affaires

40

FRANCE
VIETNAM

L'ouverture de l’hôtel

Metropole Hanoi

Propos recueillis par Cendrine Nazos,
Responsable événements et adhésions de la CCIFV

série "Grands succès
français au Vietnam"
Edouard George arrive au Metropole de Hanoi en 1991, en tant que chef de
réception dans l'équipe de pré-ouverture de l'hôtel, jadis implanté sous
l’enseigne Pullman. Rapidement, il prend les fonctions de Directeur Adjoint
auprès de Ricardo Perran, le Directeur Général de l’époque. Aujourd’hui président
de Phoenix Voyages, Edouard George revient pour nous sur son expérience.
CCIFV – Vous avez eu la lourde responsabilité et l’honneur d’ouvrir l’hôtel
Sofitel Legend Metropole de Hanoi.
Pouvez-vous nous raconter comment
ce projet est né, et quelles en ont été
les étapes les plus marquantes ?
Edouard George – Le projet de reprendre l'ancien Métropole est né de la
passion d'une personne qui travaillait
chez Pullman et qui a cru à l’ouverture
du Vietnam à la fin des années 80. Le
projet est tombé dans l'escarcelle
d'Accor via le rachat de Carlson Wagon
lits par Accor au début 1990. L'hôtel a
été le premier projet au Vietnam d’une
joint-venture entre une société d'État
(il n’y avait que cela à l'époque) et un
pool d’investisseurs. Il a fallu former
des centaines de Vietnamiens au service et à l'hôtellerie de luxe. C’était une
grande aventure car personne n'avait
la notion du luxe au Vietnam dans les
années 90. Il n'y avait pas grand chose
à Hanoi à cette époque.
Le Metropole aujourd’hui
L’hôtel Metropole
Hanoi est un prestigieux
hôtel de style colonial,
situé à quelques pas de
l'opéra dans le quartier
français de Hanoi. Il est
le premier Sofitel Legend
au monde, doté de 364
chambres, 4 salles de
conférence, jardins, spa,
salle de fitness, piscine,
3 restaurants offrant
des produits gourmets
et 3 bars au style
unique. Retrouvez plus
d’informations sur
www.sofitel-legend.com

42

Quelles ont été les principales difficultés, ou vos plus belles réussites, au
cours de ce projet ?
La principale difficulté a été de faire
passer des concepts dont le personnel n'avait plus aucune idée. Il a fallu
que nous réfléchissions et que nous
décortiquions jusqu'à la base nos méthodes de formation. Bien sûr, toute
l'équipe que nous avons recrutée (400
personnes) venait de divers horizons
(armée, ministères, etc.), et je me rappelle le cas unique d'un interprète vietnamien-russe qui était à l’état-major et
qui, se retrouvant sans travail, tentait
sa chance à l'hôtel. Il ne parlait alors ni
anglais ni français, mais il réussit à devenir après quelques années directeur
commercial de l'hôtel.

Quel a été l’accueil réservé par les Vietnamiens à ce fleuron de l'hôtellerie à
la française ?
Un accueil fantastique et une certaine anxiété car personne n'avait
plus vu un tel luxe depuis longtemps.
Il y avait même des gens qui venaient
faire des « tours d'ascenseur » le dimanche. Mais on avait quand même
l'impression de vivre dans une bulle
en travaillant quinze heures par jour
et en accueillant une myriade de chefs
d'État, ministres, PDG, etc. Mes six années au Metropole sont passées à une
vitesse incroyable. Quelle aventure !
www.bouleetbilles.net

BINH THANH
Adresse
183A Av. Dien Bien Phu, quartier 15, arr.
Binh Thanh, HCM ville
Téléphone
(08) 3 514 70 41

PHU MY HUNG
Adresse
8-10 Rue N°20, My Gia 1, Phu My Hung,
quartier Tan Phu, arr. 7, HCM ville
Téléphone
+84 8 5417 1016
BONS PLANS

BONS PLANS

Miammm… Le frigo est vide et la mousson vous coince à la

maison. Commander à manger, se faire livrer ? Vous
ne voulez plus y songer, car les quiproquos et les imbroglios sont les
seuls spécialités italiennes que vous ayez jamais réussi à déguster, faute
d’interlocuteur qualifié au bout du fil. Mais le temps du jeun forcé est
terminé ! Surfer sur Vietnammm.com, c’est arpenter (presque) tout Saigon, consulter plus
de 300 enseignes culinaires,
parcourir
des kilomètres de
menus
en
quelques clics : vietnamien, français, italien, thaï,
mexicain,
japonais, coréen,
indien, turc
et d’autres encore,
les
gastronomies du
monde entier viennent frapper
à votre porte
en une demi-heure,
ou selon le
créneau
horaire
que
vous
avez sélectionné.
Toutes les
options sont judicieusement
pensées : épaisseur de la pizza, garniture du burrito, saveurs des boules
de glace, sauces et accompagnements, etc. Paiement en ligne ou à la
livraison, rien de plus facile. Ergonomique et parfaitement intuitif, Vietnammm.com est LA solution de facilité pour vos déjeuners, dîners ou
simples encas.
EF

Un nouvel
ostéopathe
à Saigon
Si un matin
vous
vous
réveillez avec
le foie qu'est pas
droit, le ventre qui
se rentre, l'abdomen qui
se démène ou le thorax qui
se désaxe, sachez qu'un nouvel
ostéopathe français s'est installé
à Ho Chi Minh en septembre,
pour soulager vos troubles. Pierre
Dupont est arrivé à SOS International où il consulte
sur rendez-vous ou en urgence toute la semaine.
Il est à la fois kinésithérapeute et ostéopathe. Sa
carrière l'a déjà amené plusieurs fois en Asie du SudEst. Aujourd'hui encore, il est le coordinateur d'un
programme pédiatrique au Cambodge.
International SOS Ho Chi Minh clinic
167 A Nam Kỳ Khởi Nghiã, Q3.
Tel: 08 38 29 85 20
www.internationalsos.com
CM

44

Deux nouveaux
ateliers proposés
par l’AFV
Échecs
Rendez-vous aux amateurs chaque dimanche
vers 16h. Chacun est
libre d’amener son jeu
ainsi que son horloge
de départ. Possibilité
d’organiser un tournoi
blitz (5 minutes), le 1er dimanche de chaque
mois.

Let’s speak English!
A tous ceux qui souhaitent améliorer
leur anglais à l’oral, retrouvons-nous
pour discuter tous azimuts en compagnie de notre intervenante
américaine.
Tous les jeudis matins
de 11h à 12h. Groupe
de 6 participants. Prix :
220.000VND par séance.

Ces deux ateliers se tiennent
au restaurant Frangipani (26
Lê Văn Miến, Q2). Renseignements et inscriptions :
ateliers@afvsaigon.org
(n’oubliez pas d’indiquer
votre numéro d’adhérent).
Ch

'en
eø qu

b lan c

Le dernier né
de Paris Baguette
Café
vient d'ouvrir dans le District 7.
Apres celui de Cao Thắng dans le Q3 et celui
de Hai Bà Trưng dans le Q1, voici celui de Sky
Garden dans le Q7. Baguette fraîche à partir
de 10 heures, sandwichs, salades et viennoiseries, à emporter ou à déguster sur place.
Des prix raisonnables. A essayer !
Paris Baguette – Sky Garden 2, Nguyễn
Văn Linh, Q7
SG

Avis aux gloutons
Je conçois difficilement de prendre un
café sans l’accompagner de petits gâteaux secs
ou copieusement beurrés, un péché mignon qu’il
n’est pas si évident de satisfaire au Vietnam.
Bien sûr, les grandes marques françaises
ou anglo-saxonnes se retrouvent dans les
étagères des épiceries gourmet – mais le Petit
Lu grevé des frais de transport a une saveur
décidément bien salée… Quelle ne fut donc
pas ma surprise de découvrir récemment, proposée dans un emballage ingénieux de grands
godets transparents, une gamme de sablés,
cookies, tuiles, fondants et autres crackers,
produits localement par un entrepreneur francovietnamien, à la tête d’un atelier d’une demi-douzaine d’employés. Ces douceurs estampillées « Belle
et Dorée » se déclinent en une pléthore de saveurs qui
se rallonge de semaine en semaine : chocolat, citron,
amande, cannelle, fraise, ananas, coco, etc. – et cacahuète
pour les champions de la gloutonnerie. Succombez, sans vous ruiner !
Comptez 25.000 VND pour une boîte de 100 grammes.
Les produits « Belle et Dorée » sont disponible en tête de caisse de
nombreux supermarchés : Citimart, Central Mart (Saigon Pearl),
An Phu Market, etc., et dans certains restaurants (La
Niçoise, La Hostaria). Le réseau s’étend rapidement.
EF

Eh bien
dansez
maintenant !

Un souffle nouveau pour la danse au Vietnam, avec pour
objectif principal de rendre accessible une danse de qualité
a un plus grand nombre (enfants, ados, adultes
tous niveaux). Cours de danse : classique,
contemporaine, jazz, afro, hip-hop, break
dance, claquettes, salsa, belly dance, danse
traditionnelle vietnamienne et percussions
cubaines. Une panoplie de programmes
et de dispositifs en faveur de toute la
communauté. Les professeurs de danse
diplômés sont hautement qualifiés.
Dancespace Vietnam – Fideco Riverview,
rez-de-chaussée , 14 Thảo Điền, Q2
tel : 08 37 44 65 19. www.dancespacevn.com
GG

Un nouveau cheø (dessert vietnamien)
fait fureur aupreøs de la jeunesse
saigonnaise. C'est Hanoi, encore
une fois, qui a donneù le ton: apreøs
la mode du traø chanh (theù au
citron) descendue du Nord l'an
dernier, celle du khuùc baïch
(morceaux blancs – toute une
eùnigme…) simpose en 2013, et
les eùchoppes ont envahi les
environs du canal Thò Ngheø
qui deùlimite le Q1 de Phuù
Nhuaän. Il s'agit d'une poigneùe
de litchis deùcortiqueùs, baignant
dans un jus douceaâtre, agreùmenteù
de deùs de fromage et d'amandes grilleùes,
dans sa version classique du moins. Les
novateurs n'ont pas tardeù aø y ajouter longanes,
geùlatine, lambeaux de coco, etc. voire des fraises pour les
plus audacieux. Cet entremet reùsolument sucreù est une
bonne alternative pour ceux que les cheø aux haricots,
plus traditionnels, rebutent. A deùguster en comptant les
mobylettes qui deùfilent.
Les eùchoppes se concentrent surtout entre Traàn Quang
Khaûi (Q1) et Phan Xích Long (Phuù Nhuaän), notamment le
long du canal Thò Ngheø, avec un eùpicentre aø l'extreùmiteù
du pont Hoaøng Hoa Thaùm. Mais les grands temples
du cheø ne sont pas en reste (Cheø Myõ sur Nguyeãn
Thaùi Hoïc, Q1, ou plusieurs adresses sur Nguyeãn
Trò Phöông, Q10).
EF

Q U Á N

B Ụ I

C a c h é
dans
une
ruelle,
ce
restaurant
n o u s
emporte
sur
les
routes du
Vietnam avec des plats simples et délicieux.
Une deuxième adresse avec une décoration
soignée « asiatico & art déco ». Pour une
soirée sympa à des prix raisonnables (80.000
VND pour un plat).
Quán Bụi - 8 Nguyễn Văn Nguyễn, Q1
SG

45
L'Echo des Rizières  octobre 2013
L'Echo des Rizières  octobre 2013
L'Echo des Rizières  octobre 2013
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L'Echo des Rizières octobre 2013

  • 1. Nº95 - OCTOBRE 2013 | Bimestriel Le magazine de l’Association des Francophones du Vietnam PA R T E N A IR E S PA R T ICU L IE R S
  • 2.
  • 3. S O M M A I R E DOSSIER France-Vietnam : partenaires particuliers ÉDITO 12 20 ENVIRONNEMENT Petit Ours Brun se fait de la bile 24 PORTFOLIO La torpeur du dragon 32 VOYAGE Hà Giang, le carrefour indigo 38 PETITE LE�ON DE CUISINE Cá chẻm sốt chanh dây AGENDA D'octobre à décembre sur Saigon 6 Nº95 - OCTOBRE 2013 | Bimestriel 4 AFV Cocktail de rentrée Actualités Escapade Commission Sociale 30 TALENTS D'ICI Une garde-robe dans la valise 40 REÁCIT D'ENTREPRENEUR C'est en bougeant que l'on devient boulanger 42 L'ECHO DES AFFAIRES L'ouverture du Metropole Hanoi 44 QUOI DE NEUF 9 bons plans à découvrir sur Saigon 46 LE COIN CULTURE 4 livres à devorer 49 BOUTIQUES PARTENAIRES Retrouvez toutes nos adresses fidélité Après avoir repris la présidence de l’AFV en juin dernier, j’aborde cette nouvelle année 2013-2014 avec toujours autant d’enthousiasme. Au nom de tous nos membres, je remercie Françoise Orsini, à qui je succède, pour avoir fortement contribué à faire rayonner l’AFV au sein de notre communauté. Une nouvelle année, donc, avec une nouvelle mouture. L’AFV en effet change de nom, troquant « Amicale » pour « Association ». Elle adopte également un nouveau logo, qui fait la part à plus de modernité, tout en conservant l’essentiel : le chapeau conique (nón bài thơ) qui est le symbole du Vietnam traditionnel. Changer pour quoi faire, me direz-vous ? Depuis 2008, le monde bouge et le Vietnam aussi. Les attentes de notre communauté évoluent et nous devons nous efforcer d’y répondre concrètement. C’est un défi quotidien, qui ne peut être relevé que grâce à l’engagement de nous tous, et à notre ancrage dans le tissu économique et social d’Ho Chi Minh Ville. Je me réjouis donc à l’idée d’intégrer de nouveaux bénévoles qui souhaitent s’impliquer pour contribuer à l’essor de notre association en apportant un regard neuf, sans perdre de vue les valeurs qui font notre succès aujourd’hui : l’accueil, le partage et la convivialité. En cette période de rentrée, je souhaite la bienvenue à tousnosmembresetàtousceuxquiviennentd’arriver au Vietnam en particulier. Je les invite à parcourir notre tour d’horizon des principaux acteurs de la présence française à Saigon, que nous vous présentons dans ce numéro, à l’occasion de l’Année France-Vietnam. Enfin, je m’associe à la rédaction de l’Echo pour vous présenter notre tout nouveau format. Nous espérons que vous le trouverez toujours aussi convivial ! Corinne Vernizeau preùsidente de l'AFV 3
  • 4. da en Ag depuis le 22 Septembre – mise en lumière de la Poste Centrale à l'occasion de la célébration du 40ème anniversaire des relations franco-vietnamiennes 19 octobre – « Les femmes du 6ème étage », film de Philippe Le Guay (2011), à l'Idécaf 22 octobre – conférence sur l’urbanisme à Saigon, au Bizu Café, 16 Thủ Khoa Huân, Q1 AFV 25 et 26 octobre – « Balade en France », rencontres gastronomiques de 18h à 23h à l’Hôtel Equatorial, 242 Trần Bình Trọng, Q5 (voir Dossier) 26 octobre – « Les petits ruisseaux », film de Pascal Rabate (2010), à l'Idécaf 30 octobre – concert de l’Orchestre de Paris, sous la direction de Paavo Järvi: Haydn, Grieg, Roussel, Fauré, Mozart, à l’Opéra 31 octobre – afterwork au Vasco’s, 74/7D Hai Bà Trưng, Q1 AFV 31 octobre – « From the New World », concert de l’Orchestre Philharmonique de Malaisie, sous la direction de Claus Peter Flor : Prokofiev & Dvorak, à l’Opéra 01 novembre – concert du Quatuor Artiès, programme classique, à la Maison de la Jeunesse, 4 Phạm Ngọc Thạch, Q1 06 novembre – escapade à l’Ecomusée du Bambou, province de Bình Dương AFV 09 & 10 novembre – « La Flûte Enchantée», opéra de W. A. Mozart, solistes, chœurs et orchestre du HCBO sous la direction de Magnus Loddgard , à 20h, à l’Opéra du 15 au 18 novembre – « Fer de rêve », exposition Hélène Kling, au 92 Lê Thánh Tôn, Q1 ; vernissage le 14 novembre à 18h30 (voir encadré) 23 novembre – Focus Jazz, concert du Erik Truffaz Quartet, au Sofitel 26 novembre – Focus Jazz, concert « Gặp Lại Bạn / Retrouvailles » par le Mezcal Jazz Unit, au Sofitel 28 novembre – afterwork au Rendez-vous de Saigon, 9A Ngô Văn Năm, Q1 AFV 30 novembre – bazar du Deck, Nguyễn Ư Dĩ, Thảo Điền, Q 2 © photos Sophie Goyault-Gounouf “ Fer de Rêve (du 15 au 18 novembre) : Hélène Kling expose ses dernières œuvres, fruit de deux années de travail. Une approche tridimensionnelle qui allie matériaux de récupération et matériaux riches. « Ma recherche Artistique passe par une réflexion sur l'image et la situation de la femme dans les différentes sociétés. Le résultat de ce travail est en harmonie parfaite avec l’idée que j’ai de la femme et de l'Art». "
  • 5.  30 novembre – gala du CMI  29 & 30 novembre – « Casse-noisette », ballet de P. I. Tchaikovsky, orchestre du HCBO, sous la direction de Trần Vương Thạch, à 20h, à l’Opéra 06 et 07 décembre – « Christmas Carol Concert » par The International Choir and Orchestra, à 19h30, le 6 à la chapelle St Paul, le 7 à la cathédrale Notre-Dame 07 décembre – déjeuner moules-frites AFV  08 décembre – concert du Ho Chi Minh City Ballet and Symphony Orchestra dirigé par Nicolas Chalvin, directeur musical de l’Orchestre des Pays de Savoie, à 20h, à l’Opéra du 12 au 15 décembre – clôture de la saison française au Vietnam, au Palais de la Réunification (voir encadré) du 02 au 15 décembre – « Serpenter dans la ville », exposition Urbanisme à Saigon, sur Lê Lợi face à l'Opéra du 09 au 15 décembre – exposition Alexandre Yersin par l’Institut Pasteur : célébration du 120ème anniversaire de la fondation de Dalat, exposition photographique « Dalat hier et aujourd’hui », festival de films français, spectacle musical « Vietnam Vision », événement autour du roman « Peste et choléra » de Patrick Deville (prix Fémina 2012), à Dalat 14 et 15 décembre – « Le Bon Marché », produits du terroir, pique-nique géant et de nombreuses animations, au parc du 23/09 près du marché de Bến Thành, entrée libre (voir Dossier)  courant décembre – exposition « Les 54 ethnies », plus de 200 photos de Sébastien Laval et Lê Vương, au Musée des Beaux-Arts, 97AD Phó Đức Chính, Q1 15 décembre – « le riz de A à Z », sortie thématique dans les rizières pour découvrir la chaîne de production du riz AFV 19 décembre – afterwork au XU, 71-75 Hai Bà Trưng, Q1 AFV “ Clôture de l'année France-Vietnam (du 12 au 15 décembre) : plusieurs événements se tiendront dans l’enceinte du Palais de la Réunification : inauguration du nouveau parcours muséologique, projection d’images et animations 3D sur la façade par la société bretonne « Allumeurs d’Images », Fête des Terroirs et de l’Agriculture. " Pour tous les événements AFV consultez les dernières infos sur le site www.afvsaigon.org
  • 6. AFV - Cocktail de rentrée Bonne rentreùe aø tous ! N otre Cocktail de rentrée a remporté un vif succès cette année encore avec près de 400 participants. Une très belle soirée que l’AFV co-organise comme chaque fois en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam (CCIFV) et avec le soutien de nombreux sponsors, notamment Air France, AGS Fourwinds, le FV Hospital et Finewines. La soirée a débuté par les discours d’ouverture : d’abord Pierre-Jean Malgouyres, Président de la CCIFV, aussitôt suivi par Corinne Vernizeau, Présidente de l’AFV. Puis nous avons pu profiter d’un magnifique buffet préparé par les équipes du Sofitel. Traditionnellement, cette première soirée de la rentrée est pour nous l’occasion de rencontrer et d’accueillir les nouveaux arrivants sur Saigon. Mais c’est aussi un grand moment de convivialité au sein de la communauté francophone, qui nous permet de nous retrouver tous, après de bonnes vacances passées en France ou ailleurs. Nous avions tant de choses à nous dire et à partager qu’il était parfois difficile de se faire entendre, mais cela ne nous a pas empêchés d’apprécier la musique d’ambiance jazzy et la tombola qui ont agrémenté la soirée. Celle-ci s’est déroulée dans une atmosphère joyeuse, et les heureux gagnants ont décroché de somptueux lots: un coffret cadeau offert par Senses Club, un séjour au Resort An Lam Saigon River offert par City Pass, et enfin un billet A/R pour Paris offert par Air France. Nous avons également eu l’honneur d’accueillir sur scène Fabrice Mauries, Consul Général de France, ainsi que Pierre Desouche, représentant le Comité de solidarité venant en aide aux ressortissants français en difficulté. Nous remercions tous nos sponsors pour les produits de dégustation qui nous ont été offerts tout au long de la soirée. C’était comme d’habitude délicieux ! Nous prenons dès maintenant rendez-vous pour l’année prochaine ! D’ici là, nous espérons vous revoir lors des prochains événements que les équipes de l’AFV, dynamisées et renforcées par de nouvelles recrues depuis la rentrée, vont organiser tout au long de cette nouvelle année 2013-2014. Le Bureau de l’AFV 6
  • 7.
  • 8. AFV - Actualités Café de l'Été Pour la troisième année consécutive, une vingtaine de personnes se sont réunies chez Gilles Gripari, dans une ambiance conviviale. Merci à tous les participants, dont de nombreux nouveaux arrivants. NOUVEAU PERMANENCE JURIDIQUE GRATUITE Dans le cadre de l’ouverture de notre nouveau département Droit de la famille, le cabinet Fidal Asiattorneys, avec le soutien de l’Association des Francophones du Vietnam, assurera pour les familles françaises les plus démunies, une permanence juridique gratuite tous les mois. Telle est aussi notre conception d’un rôle social de l’avocat français opérant à l étranger; il s’agit pour nous d’un devoir moral et déontologique. Lieu et horaires de la permanence : Le 1er Mercredi de chaque mois de 8h30 à 12h30 Chez Fanny 29-31 Ton That Thiep, Quan 1, HCMV Si vous remplissez les conditions ci-dessus et êtes membre de l’AFV, vous pouvez envoyer un mail à : longin@asiattorneys.com pour prendre un RDV. 8 WELCOME Bienvenue à tous ceux qui ont rejoint l'AFV : Lan Tran Thi Tuyet, Stephanie Arnaud, Marine Guizien, Daniel Diziain & Thao Nguyen Nguyen, Veronique Triquigneaux & Philippe Triquigneaux, Mai Nguyen Le Hoang, Phuong Vu Ngoc Linh, René-Georges Pietri, Marion Puravet & Mathieu Degas, Carole & Bertrand Chane Sam, Christian Tang & Ngoc Pham, Nathalie Jeanson & Jean Luis Vuong, Catherine Ly, Marie Angelo, Dominique Yon, Audrey Saint André, Alexandre Kogut & Chloe Glemot, Agnes Fazakas & Lionel Delaite, Lisa & Sébastien Auligny, André & Marie-Andrée Springer, Magali & Xavier De Oliveira Artus, Mai & Regis Martin, Baptiste Cauet, Nhat Tau Dat Luu, Thi Hai Ly Nguyen & Eric Benedetti, Michelle & Thomas Moarbes Grasberger, Virginie Ciceron, Radka & Denis Labric, Pierre Dupont & Catherine Mellier, Soazig & Bruno Nabec, Patricia Gerber, Jean Luc Le Bar & Trang Luong Huynh Khanh
  • 9. Visite du centre historique de Saigon Une escapade proposée par l’AFV, conduite par Isabelle Aragon Isabelle raconte. Découvrir l’histoire de cette ville ne peut que nous aider à mieux l’apprécier. Même le bâtiment du Saigon Tax Center, si austère et froid, acquiert un certain prix à nos yeux lorsqu’on le voit comme un vestige de l’art moderne du XIXѐme siècle. Etonnamment, à côté des quelques belles bâtisses coloniales, les sentinelles témoins de l’histoire de cette ville sont ses grands hôtels. Il y a le Majestic, construit en 1925 par un riche homme d’affaire chinois sur l’emplacement d’une fameuse boîte-de-nuit de l’époque appelée La taverne alsacienne ; le Continental, construit en 1880 et tenu pendant plus de 40 ans par Matthieu Franchini puis son fils, figures emblématiques de l’épopée corse en Indochine ; le si célèbre Rex, ayant longtemps appartenu à des membres de la famille du dernier empereur Bảo Đại ; le Caravelle, d’où les journalistes américains, durant la guerre du Vietnam, prétendaient pouvoir couvrir l'action sans quitter leur tabouret de bar... Ces lieux ont hébergé des officiers sud-vietnamiens, japonais, français ou américains, des ambassades, des nuées de journalistes, des personnalités célèbres, sulfureuses ou controversées, comme André Malraux ou Graham Greene. C’est la permanence de ces hôtels à travers l’histoire agitée de ce dernier siècle et demi qui retient un peu l’âme tant houspillée de Saigon. On enjambe les siècles. Des Cham aux Trần, des Lê aux Nguyễn, un vrai voyage entre poésie et tyrannie. Si vous ne connaissez pas la personnalité fascinante et exaltée de Monseigneur Pigneau de Béhaine, la détermination farouche de Gia Long et la douceur du prince Cảnh, alors appelez Isabelle et venez. Venez faire sortir de terre la fascinante forteresse à la Vauban, bâtie en 1790 par 30.000 hommes sous les instructions du mandarin français Olivier de Puymanel, et si vite rasée, en 1859, par les bombardements de la marine française. Fermez les yeux et contemplez la grandiose procession de 40.000 hommes accompagnés de 120 éléphants lors des funérailles de Monseigneur de Béhaine. Alors, tout en déambulant, vous remarquerez les briques rouges de la cathédrale Notre-Dame, acheminées depuis Toulouse, vous imaginerez ses anciens vitraux de Chartres hélas en grande partie détruits, vous apprécierez l’illumination de l’Hôtel de Ville réalisée par les services d’éclairage de la ville de Lyon. Même les Marseillais se sentiront chez eux sous le mât de la Pointe des blagueurs, ancien emplacement d'un café populaire situé en face des Messageries maritimes, actuel musée Hồ Chí Minh. Et si, à la fin de la visite, vous trouvez que la langue vietnamienne ressemble « au gazouillis des oiseaux », comme le disait si joliment le polyglotte Alexandre de Rhodes – si vous retenez que, contre toute attente, Saigon signifie forêt de kapokiers – et si vous devinez, en vous promenant, un peu de l’Opéra Garnier et du Petit Palais en découvrant l’Opéra de Saigon, ou un peu de Notre-Dame de Paris en contemplant la cathédrale – alors Isabelle aura gagné. 9 Texte de Laure Farnault I l est 9h30. Le groupe se forme autour d’Isabelle sur les berges de la rivière Saigon, et c’est lentement que l’on s’immerge dans l’histoire de celle qui fut surnommée en son temps « la Perle de l'Extrême Orient». Le centreville, superposition de bâtiments disparates et d’enseignes variées, a un charme réservé aux initiés.
  • 10. AFV - Commission Sociale C N N N Rentrée sociale La rentrée, voici une bonne occasion de faire le point sur la Commission Sociale. La CS (petit raccourci...) est la branche caritative de l’Association des Francophones au Vietnam (AFV). Elle a pour vocation d’aider les petits Vietnamiens dans le besoin. Thuy Lieu Vongphasouk, Dominique Monssigny, Caroline Rose et Aude Beernaert constituent, cette année, l’équipe de la CS. D’année en année, nous suivons les projets que nous souhaitons maintenir dans le temps, et recherchons en permanence des fonds pour les financer. Pour cela, nous organisons des évènements au profit de la CS en nous appuyant sur tous les adhérents de l’AFV qui apportent d’une façon ou d’une autre leur aide. Rappelons que la moitié de la cotisation AFV revient à la CS. Nous faisons aussi appel au sponsoring en sollicitant les sociétés, recevons des dons financiers ou en 10 nature, de sociétés ou d’associations, de France ou du Vietnam. Nous lançons enfin régulièrement des appels lorsqu’un besoin particulier émerge. Les projets concernent le financement de scolarités (frais administratifs, fournitures, etc.), l’apport de riz et de lait, le suivi de malentendants (achat de matériel auditif). Ponctuellement, d’autres actions sont menées, tel le financement d’opérations cardiaques ou l’achat de matériel orthopédique. Nous avons besoin de vous, de votre temps et de vos idées, pour nous aider à organiser des évènements, à rechercher les sponsors. Alors, n’hésitez pas à nous contacter lors des permanences de l’AFV, ou via notre mail. Toute aide, même ponctuelle, nous est précieuse. Merci et à bientôt ! L’équipe de la CS commission@afvsaigon.org N Vivre la cécité, vaincre l’adversité Un vendredi de septembre, je me suis présentée à l’un des centres d'accueil pour jeunes non-voyants que la Commission Sociale soutient régulièrement. Ma mission: leur remettre des fonds pour le financement du premier trimestre scolaire des 25 pensionnaires de l'établissement. Située au fond d'une ruelle, dans une zone densément urbanisée, cette toute petite structure est dirigée d'une main de maître par la responsable, laquelle m'a reçue chaleureusement et m’a gentiment fait visiter les lieux. J'ai pu ainsi assister aux différentes activités des élèves : étude du braille et de l'informatique, confection de bijoux fantaisie, travaux de couture dans le cadre de l’Atelier des Créations. Une atmosphère bercée
  • 11. Un chèque qui donne des ailes L’AFV a été conviée au cocktail dînatoire organisé par Air France jeudi 20 juin, au Restaurant Shri, pour la remise officielle des dons collectés lors du Gala de Charité qui avait eu lieu le 23 mars dernier. Les cinq associations présentes, dont l’AFV, se sont vu remettre chacune un énorme chèque de 270 millions de VND, aussi imposant par la taille que par la valeur, qui a dépassé toutes nos attentes ! Cette somme servira comme convenu à financer notre projet d’accompagnement des jeunes adultes malentendants que nous suivons dans les centres de Thủ Đức et Củ Chi. Elle nous permettra notamment d’acheter les machines à coudre promises, mais également de couvrir l’intégralité du programme de formation professionnelle de ces jeunes, ce qui n’était pas prévu initialement. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des actions que nous allons mener, et nous tenons à remercier Air France et tous les sponsors pour avoir organisé un tel événement, ainsi que tous les donateurs, sociétés ou particuliers, qui étaient présents à la soirée et ont apporté leur soutien en participant aux ventes. Au nom de tous nos jeunes, merci pour cette grande générosité ; c’est un tremplin formidable pour leur avenir professionnel et leur vie d’adulte. Un grand pas pour un futur plus autonome. Corinne Vernizeau C par le plaisir d’écouter la radio, ou même des émissions télévisuelles. Les sœurs font leur possible pour que leurs protégés ne manquent de rien, ou presque... Mais, en dépit de leurs soins irréprochables, la vétusté et l’inconfort des locaux sont patents. A chaque orage de mousson, les inondations boueuses envahissent le rez-de-chaussée. Malgré cela, les jeunes semblent bien dans leur peau, la tête pleine de projets d'avenir, comme tout un chacun – comme nous autres qui voyons. Aujourd'hui, le centre a besoin en première nécessité : - de mobilier (meubles informatique, tables) pour remplacer celui existant, passablement détérioré ; - d’un téléviseur, neuf ou d'occasion ; - de papier cartonné, vierge ou imprimé, pour graver du braille. C'est une structure qui se maintient difficilement. Pour pérenniser son existence, nous devons poursuivre inlassablement notre action, sans relâcher notre attention. Caroline Rose N LifeStyleShop The ultimate designer shopping experience for lifestyle and fashion Le lai corner, Nguyen Van Trang , District 1, HCMC Tel +84 39251495 info@gayavietnam.com, www.gayavietnam.com
  • 12. France-Vietnam Partenaires Particuliers L ’histoire a tissé des liens forts entre la France et le Vietnam. 2013 marque le quarantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays. Pour aller au-delà de la simple célébration d’un anniversaire, les gouvernements français et vietnamien ont souhaité organiser l’« Année FranceVietnam ». Cet événement est divisé en deux temps : d’abord l’année de la France au Vietnam, qui a débuté officiellement au mois d’avril et s’achèvera à la mi-décembre de cette année, puis au premier semestre 2014 se déroulera l’année du Vietnam en France. L’occasion pour l’Echo des Rizières de faire le point sur le rôle des principales institutions françaises basées à Saigon. Diplomatie CONSULAT Trois questions à Fabrice Mauries, Consul Général de France à Ho Chi Minh Ville Action culturelle IFV Entretien avec Nicolas Bergeret, directeur de l'Institut Français du Vietnam Francophonie IDÉCAF Un forum linguistique incontournable à HCMV Affaires CCIFV Perspectives entrepreneuriales, avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam 12
  • 13. Diplomatie Trois questions à Fabrice Mauries, Consul Général de France à Ho Chi Minh Ville Fabrice Mauries (© Yann Lerval) L’année de la France au Vietnam se termine en décembre ici. Elle deviendra l’année du Vietnam en France à partir de janvier 2014. Quels en sont les objectifs ? Il s’agit de renforcer notre rayonnement et notre influence au Vietnam, en montrant à nos partenaires vietnamiens ce qu’est l’excellence française dans tous les domaines. C’est pourquoi elle s’est déclinée sur tous les plans : politique, avec de nombreuses visites politiques bilatérales, comme la venue de la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq en avril 2013, ou celle de Laurent Fabius en août dernier pour préparer la visite en France du Premier ministre vietnamien Nguyễn Tấn Dũng du 24 au 26 septembre – mais aussi économique, culturel, scientifique et technique. Dans ce type « d’années croisées », la composante la plus visible est la culture. Ici, on oublie parfois qu’il y a une forte pénétration de la culture française et de la langue française. Les pouvoirs publics français ont eu le souci d’assurer une forte visibilité à cet événement et, de fait, je crois que nous sommes parvenus à être les plus actifs sur la période la plus longue. Depuis le mois d’avril, les événements se sont Lors de notre rencontre à votre arrivée en mai 2011, nous avions évoqué trois enjeux qui vous tenaient à cœur : la présence des entreprises françaises au Vietnam, les enjeux culturels et l’aide apportée à la communauté française par le Consulat. Où en eston aujourd’hui ? Consulat a beaucoup augmenté ces dernières années ; ce n’est pas le cas, croyez-le bien, du nombre d’agents qui sont chargés d’accueillir le public et d’instruire les dossiers. J’ai déjà évoqué les enjeux culturels. Quant aux enjeux universitaires et scientifiques, ils restent fondamentaux et ils mériteraient une interview spécifique. Permettez-moi de signaler seulement l’inauguration le 12 août d’un Centre international de congrès à Quy Nhơn, initié par un couple de scientifiques franco-vietnamiens, Kim et Jean Trần Thanh Vân. Lors de votre venue au Café de rencontre de la rentrée de l’AFV, vous aviez signalé les difficultés rencontrées par une partie de la communauté française aujourd’hui. Pourquoi et quelles sont-elles ? Ces enjeux sont toujours pertinents. La priorité, le gouvernement l’a affirmé avec force, est le soutien à nos La communauté française à Ho Chi entreprises et à leurs exportations. Minh Ville reste très dynamique, Celles qui sont présentes au Vietnam et sa taille continue de croître. savent qu’elles sont toujours les J’observe cependant que les taux de bienvenues au Consulat et que nous progression déclinent depuis deux essayons de leur apporter le meilleur années. service possible, dans le cadre de nos Aujourd’hui, environ 5.000 Français compétences et de nos moyens. Je sont inscrits au registre du Consulat, prends deux exemples. La nouvelle dont la plupart résident à Ho Chi législation du travail au Vietnam Minh Ville1. Entre 2012 et 2013, la demande aux entreprises de faire progression de cette communauté est authentifier des pièces administratives de 3 %, alors qu’elle était de 8 % entre (diplômes, etc.) nécessaires Le Sacre du Printemps à la constitution d’un dossier pour l’obtention d’un permis de travail. Le Consulat s’est réorganisé pour apporter ce service aussi promptement que possible. Nos entreprises ont également besoin de nous solliciter pour des visas pour leurs partenaires, leurs collaborateurs ou leurs employés 2008 et 2009 et de 12,4% entre 2010 et vietnamiens. Là encore nous essayons 2011. Pourquoi ? Il y a sans doute de d’apporter le meilleur service, dans nombreuses raisons mais j’observe le respect de la réglementation mais que cette décélération coïncide aussi compte tenu de nos contraintes. avec les difficultés économiques que Le nombre de demandes de visas au traverse le Vietnam depuis deux ans. 1 La circonscription du Consulat s’étend sur 22 provinces au total, jusqu’à Huế. 13 Propos recueillis par Sabrina Rouillé succédé à Hanoi et à Ho Chi Minh Ville, avec des moments inoubliables, comme par exemple la représentation du « Sacre du Printemps » dans les deux villes, fin juin. Bientôt vont suivre à HCMV l’Orchestre de Paris le 30 octobre et les illuminations du Palais de la Réunification les 13 et 14 décembre, qui seront l’occasion d’en dévoiler le nouveau parcours muséographique, conçu et réalisé par des experts français.
  • 14. La croissance au Vietnam est aujourd’hui de 5 % alors qu’elle était de 7 ou 8 % il y a quelques années. Cette croissance est tirée notamment par le secteur exportateur, qui constitue une réserve de croissance du pays. Le secteur domestique, lui, semble marquer un peu le pas. La ville traverse enfin une crise immobilière en raison d’une inadéquation entre l’offre et la demande. Certains chantiers ont ralenti, d’autres ont été stoppés. Nous sommes là pour apporter notre aide dans la mesure de nos moyens et de nos compétences. La situation est aujourd’hui délicate mais il est aussi évident que le pays repartira un jour, car le potentiel est immense. L’inflation, qui est toujours un impôt sur les plus démunis, diminue. Le gouvernement a mis en place une politique de rigueur et d’assainissement qui, à terme, portera ses fruits. L’Orchestre de Paris Le Vietnam reste un pays où il fait bon vivre et où les opportunités demeurent importantes. Mais la situation économique n’est plus aussi porteuse qu’auparavant. Tout le monde en pâtit et avant tout, bien sûr, les Vietnamiens. Mais la communauté française en ressent aussi les effets, notamment ceux qui dépendent du secteur domestique. Je veux parler ici de l’hôtellerie, de la restauration, du commerce de détail, du BTP, de l’agroalimentaire, etc. Au Consulat, nous faisons le constat que la communauté française fait face à davantage de difficultés aujourd’hui qu’hier. La commission des bourses pour le Lycée Marguerite Duras a de plus en plus de travail. Les allocataires sociaux restent en nombre relativement important. Ceux qui souffrent le plus sont, comme en France, les familles monoparentales ou les personnes âgées sans ressources. Certains sont dans une situation de détresse totale. Enfin, il y a le cas de tous ceux qui ne sont pas inscrits au Consulat et que, par définition, nous ne connaissons pas, mais qui sollicitent notre concours ou notre aide, pour les sortir parfois de situations difficiles. Je souhaite que les associations de Français présentes à HCMV, et notamment l’Association des Francophones au Vietnam, jouent un rôle plus actif dans ce domaine, en liaison bien évidemment avec le Consulat et le Comité de solidarité. 14 Consulat Général de France à Ho Chi Minh Ville 27 Nguyễn Thị Minh Khai, Q1 Tel : 08 35 20 68 00 Web : www.consulfrance-hcm.org
  • 15. Action culturelle Quatuor Erik Truffaz Entretien avec Nicolas Bergeret, directeur de l’IFV, Institut Français du Vietnam Quels ont été les grands projets entrepris et les points forts à venir ? Nous avons labellisé plus de 100 projets dans tout le pays pour cette année. Il est difficile de tous les citer ! Le Forum d’Affaires France-Vietnam, en présence de la Ministre du Commerce Extérieur, Nicole Bricq, a marqué le lancement des festivités. Le Festival International des Textiles Extraordinaires, à Huế, fin avril, ainsi que la représentation du Quels sont les critères déterminant le choix des projets labellisés ? Par qui la labellisation est-elle accordée et de quels avantages bénéficient les projets choisis ? Nicolas Bergeret L’IFV est l’opérateur du Ministère des Affaires Étrangères en matière d’action culturelle. C’est lui qui est en charge de l’organisation de l’Année France-Vietnam dans sa composante culturelle. L’Institut Français du Vietnam, basé à Hanoi, et ses antennes à Ho Chi Minh Ville et Huế sont étroitement associés au choix des projets et sont en lien constant avec les autorités vietnamiennes pour la bonne organisation des événements. L’IFV bénéficie du soutien d’un comité de mécènes présidé par Bertrand Méheut, Président du directoire du groupe Canal + et constitué de : Accor, Alstom, Canal +, EADS, EDF, Sanofi et Vivendi. Nous avons également un partenariat presse avec VN Express. « Sacre du Printemps » à Ho Chi Minh Ville et à Hanoi, pour ne citer qu’eux, ont été de très grands succès. Tous les événements et toutes les célébrations organisées dans ce cadre ont pour vocation de couvrir tous les domaines de notre relation : échanges politiques, manifestations dans le domaine économique, événements culturels variés et de très haut niveau. Tout en s’attachant à présenter des éléments remarquables de l’histoire, du patrimoine et des traditions de la France et du Vietnam, cette Année a pour ambition de faire découvrir à chacun des deux pays les aspects les plus contemporains et les plus créatifs de l’autre, loin des clichés, et ainsi de se donner de nouvelles opportunités de travailler ensemble. Beaucoup de pays organisent des festivités cette année pour célébrer l’établissement de leurs relations diplomatiques avec le Vietnam, mais l’Année FranceVietnam est à part pour deux raisons: d’abord, parce que c’est une année « double », puisque l’an prochain c’est le Vietnam qui sera à l’honneur en France ; ensuite, par l’ampleur du calendrier : plus d’une centaine d’événements ont été et seront organisés, que ce soit à Ho Chi Minh Ville, Hanoi, Hué et bien d’autres villes. Propos recueillis par Edith Giraudo Quel rôle joue l’Institut Français du Vietnam dans les Années croisées France-Vietnam ? L’Institut Français est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 2011. Il est présidé par Xavier Darcos. Il y a plus de 150 antennes de l’Institut Français dans le monde. L'Institut Français est en charge de la promotion de l’action culturelle extérieure de la France en matière d’échanges artistiques (spectacles vivants, arts visuels, architecture), de diffusion dans le monde du livre, du cinéma, de la langue française, des savoirs et des idées. L’Institut Français a également pour mission la promotion en France des cultures étrangères, à travers l’organisation de « saisons » ou festivals – ainsi le « Fonds Sud cinéma », dispositif de soutien au cinéma des pays émergeants, en partenariat avec le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée. Il développe un programme de résidences internationales en France comme à l’étranger. A Ho Chi Minh Ville, l’antenne de l’Institut Français du Vietnam met en œuvre la programmation culturelle établie par la maison mère à Hanoi. Elle organise également des manifestations dans tous les domaines mettant à l’honneur les artistes et intellectuels français et vietnamiens installés dans le sud du pays. Ces manifestations sont majoritairement, mais pas exclusivement, accueillies par l’Idécaf. Les critères sont l’excellence et la variété. Et par-dessus tout, le souhait 15
  • 16. Quand et comment se clôturera cette saison française au Vietnam ? C'est à Ho Chi Minh Ville les 13, 14 et 15 décembre que se déroulera l’événement de clôture de l’Année de la France au Vietnam. Il s’agira d’une mise en lumière spectaculaire du Palais de la Réunification par les Allumeurs d’Images, une société bretonne d’excellence dans ce domaine. Nous attendons un très grand nombre de spectateurs pour cet événement qui fera date. Web : www.anneefrancevietnam.com Institut Français du Vietnam, antenne de Ho Chi Minh Ville Les bureaux se trouvent dans l’enceinte du Consulat Général de France à Ho Chi Minh Ville 27 Nguyễn Thị Minh Khai, Q1 Tel : 08 35 20 68 61 Fax : 08 35 20 68 29 Email : culturel@consulfrance-hcm.org Web : www.institutfrancais.com 16 La médiathèque de l’Idécaf d’aller au-delà des clichés. L’IFV et les mécènes ont apporté leur soutien financier à un maximum de projets labellisés. La labellisation permet également d’assurer la publicité de l’événement sur le site Internet de l’Année France-Vietnam et via nos partenaires presse vietnamiens. L’Institut d’Échanges Culturels avec la France (Idécaf) de Ho Chi Minh Ville est l’un des plus importants centres de langue française au Vietnam. Situé au cœur de Saigon, cet établissement, fondé en 1982, est un espace idéal et reconnu, ouvert à tous les amoureux de la langue française et de la culture francophone. Elle s’appelle Hải et son mari est français, elle suit des cours de français pour pouvoir l’utiliser couramment et se faire des amis dans la communauté francophone. Il s’appelle Mạnh, il maîtrise parfaitement l’anglais mais a besoin de toute urgence d’apprendre le français car il va partir prochainement en mission économique en Europe. Elle s’appelle Thảo, et avec son mari ils ont choisi le Lycée international Marguerite Duras pour la scolarité de leurs enfants, aussi a-t-elle besoin du français pour suivre attentivement les devoirs et les leçons des petits. Ils s’appellent Nam, Long, Tuyên, Tuấn ou Sơn, ils ont besoin de perfectionner leur français car ils sont ingénieur, médecin, chercheur ou avocat et bientôt ils travailleront uniquement en français. Elles s’appellent Colette, Shoko, Dorothée, Nama, Janett, elles sont japonaises, américaines ou péruviennes et elles viennent aussi à l’Idécaf pour découvrir une nouvelle langue et s’enrichir spirituellement. Bref, vous l’aurez compris, les personnes qui fréquentent l’Idécaf chaque jour se comptent par milliers car l’enseignement du français est une des activités majeures de l’Institut. Le corps professoral se compose d’une soixantaine d’enseignants français, suisses, belges et vietnamiens expérimentés. Trois bâtiments accueillent les différentes classes proposées par l’Idécaf ainsi qu’une salle multimédia ouverte matins
  • 17. Francophonie Un forum linguistique incontournable à HCMV : l’Idécaf Chaque année, l’Idécaf ouvre cinq sessions de formation au français (des grands débutants jusqu’au DELF C2) de huit semaines chacune. Chaque session accueille environ 2.300 à 2.500 apprenants avec un pic pour la session d’été de juillet et août. Pour permettre à toutes et tous de pratiquer le français et de l’utiliser concrètement en dehors des classes, l’Idécaf possède un lieu unique et riche. Il s’agit de la Médiathèque. Aménagée dans un espace lumineux de 780 m², elle compte aujourd’hui parmi les plus importants centres de ressources francophones d’Asie du Sud-Est. À la fois centre de documentation sur la France contemporaine, bibliothèque de loisirs, centre de ressources éducatives et pédagogiques, la médiathèque s’adresse à tous : grand public, étudiants, professionnels, adolescents et très jeunes enfants. Elle propose une collection renouvelée de plus de 20.000 documents multi-supports dont 600 CD-audio, 100 cédéroms et 300 DVD, à consulter sur place ou à emprunter. Fonctionnelle et conviviale, dotée d’un système de gestion informatisé, la médiathèque est toute l’année le théâtre de programmes d’animations (ateliers de création), de rencontres (lectures, conférences, cafés-littéraires). Elle accueille aussi de grands rendez-vous du livre, comme « Le printemps des poètes », « Lire en fête » et différentes conférences – ainsi la dernière en date sur Franz Kafka. Mais les autres arts ne sont pas en reste à l’Idécaf. La musique et le cinéma y ont une place de choix. En effet, en complément de l’enseignement du français, l’établissement organise régulièrement des activités extrascolaires comme des expositions, des projections de films, des concerts, des débats, des concours de français et un club francophone mensuel. Tout ceci contribue à développer des liens interculturels lors de l‘apprentissage du français et à susciter la passion chez les apprenants. L'Idécaf héberge Campus France, un service officiel de l’Institut Français qui a pour mission d'accompagner les étudiants vietnamiens dans leur projet et dans leurs démarches administratives pour des études supérieures en France. Il a ainsi pour but de promouvoir les formations supérieures françaises dans le monde et de donner aux étudiants étrangers les clés pour partir suivre des études supérieures en France, du pays de départ au pays d’accueil, des premières informations jusqu’au séjour en France et au retour dans le pays d’origine. Campus France disposait, en février 2012, de 135 espaces et 39 antennes implantés dans 107 pays. Campus France organise régulièrement des journées d’information sur les études en France afin de communiquer aux élèves, étudiants, ainsi qu’à leurs parents, sur les conditions d’accès aux études en France. Enfin, comment ne pas parler de l’excellent restaurant « Le Jardin » qui lui aussi est dans l’enceinte de l’Idécaf. Véritable lieu de rendez-vous des gastronomes, ce restaurant propose une cuisine française de qualité, variée et à des prix très abordables. Venir au restaurant « Le Jardin » à midi ou en soirée, c’est l’assurance de passer un excellent moment et de faire de nouvelles connaissances francophones. Ainsi, avec ses innombrables atouts, son professionnalisme dans le domaine du Français Langue Étrangère et ses manifestations culturelles, l’Idécaf est une adresse sûre pour les francophones de Ho Chi Minh Ville et des provinces limitrophes. Institut d’Échanges Culturels avec la France (Idécaf) 31 Thái Văn Lung, Q1 Tel : 08 38 29 54 51 Fax : 08 38 29 14 24 Email : bde@idecaf.gov.vn et mediatheque@idecaf.gov.vn Web : www.idecaf.gov.vn et www.facebook.com/idecafhcm 17 Texte d’Hervé Fayet et après-midis. Les outils pédagogiques sont modernes et bien adaptés pour un public motivé et stable depuis de nombreuses années.
  • 18. Affaires Perspectives entrepreneuriales, avec la CCIFV, Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam La CCIFV est un relais nécessaire au Vietnam pour faciliter l'approche et les relations avec les entreprises et les autorités vietnamiennes. Grâce à Promosalon, l’activité de la CCIFV s’illustre également en sens inverse via l’accompagnement des entreprises vietnamiennes sur les grands salons internationaux pour découvrir de nouveaux marchés. Elle a pour principale mission d’animer la communauté d’affaires française au Vietnam en favorisant l’échange d’informations et d’expériences entre ses membres grâce à son réseau. La CCIFV apporte son soutien aux sociétés françaises à chaque étape de leur projet de développement au Vietnam en leur proposant un appui concret et des solutions opérationnelles. Tour d’horizon de ses différents services. Texte de Cendrine Nazos Créée en 1989, la CCIFV a été officialisée par les autorités vietnamiennes en 1998. Aujourd’hui, la CCIFV compte plus de 280 membres. Association privée à but non lucratif animée par des administrateurs élus et bénévoles, elle appartient au réseau mondial des Chambres de Commerce et d’Industrie Françaises à l’Étranger (UCCIFE), qui réunit 111 chambres dans 81 pays. Domiciliation La CCIFV met à disposition son service de domiciliation sur Ho Chi Minh Ville et Hanoi. Implantés dans le centre-ville, des bureaux permettent à toute société de travailler dans les meilleures conditions au Vietnam. Des salles de réunion entièrement équipées sont également disponibles à la location (vidéoprojecteur, système de vidéoconférence Hanoi-HCMV, accès internet, fax, photocopieur, etc.). En 2013, 15 entreprises ont bénéficié des services de domiciliation de la Chambre. Aide à la prospection et à l’implantation Les missions de prospection commerciale de la CCIFV offrent un appui complet aux entreprises qui ne sont pas encore présentes au Vietnam. Deux approches avec organisation d’un programme de rendez-vous sur place sont proposées : une approche export (comment exporter ses produits et son savoir-faire au Vietnam) et une approche sourcing (identification, rencontre et évaluation des fournisseurs au Vietnam). Nos équipes sont à la disposition des entreprises et proposent différentes études dans le cadre d’une installation au Vietnam. Les études de marché offrent des analyses de la demande ou de la concurrence, des détails sur le système de distribution, la taille du marché, etc. Les études d’implantation sont plus tournées vers les aspects juridiques et réglementaires, la fiscalité, la disponibilité et la qualification de la main d’œuvre, la sélection de zones industrielles, etc. La CCIFV accueille des missions d'entreprises individuelles ou en partenariat avec le réseau des CCI de France, des missions institutionnelles de régions et villes françaises dans le cadre des coopérations décentralisées. 18 Services RH Avec une base de données constamment actualisée de plus de 3.000 candidats vietnamiens et français, francophones et/ou anglophones, la CCIFV appuie les entreprises pour définir le profil recherché, identifier et sélectionner les meilleurs candidats. Afin de fidéliser le personnel des entreprises et d’améliorer la performance des équipes, la CCIFV organise régulièrement des formations inter-entreprises, en français ou en anglais, à destination de toute personne cherchant à renforcer son expertise et ses compétences. Parmi les thèmes régulièrement abordés : l’interculturalité, le management d’équipe et le leadership, le management de projet, la communication ou encore la recherche d’emploi au Vietnam. La CCIFV organise également des formations intra-entreprise sur mesure, à la demande de ses membres.
  • 19. Événements La CCIFV anime et enrichit la vie des professionnels au Vietnam en organisant entre 70 et 80 événements par an : petits-déjeuners et déjeunersdébats, à l’écoute de nos membres, pour des rencontres informelles ou des conférences thématiques sur des sujets spécifiques ou d’actualité ; networkings et team buildings, moments d’échanges et de rencontres conviviaux ; forums d’affaires et délégations d’affaires offrant de nouvelles opportunités de développement au Vietnam et dans la région ; événements grand public, pour partager des moments d’exception, tels que Balade en France, le Gala ou encore le Cocktail de rentrée ; commissions sectorielles, gratuites et réservées aux membres, ayant pour objectif le partage d’expériences et d’expertises dans des secteurs d’activités ciblés : agro-alimentaire, BTP, nouveaux entrepreneurs, PME Corner, ressources humaines, Restaurants et Commerces Individuels et Sourcing-Achats. 2013 : l’année France-Vietnam Elle est marquée par un large éventail d’événements, dans tous les domaines (culture, éducation, coopération en matière d’enseignement supérieur et de recherche, tourisme, sport, etc.), avec pour objectif de dynamiser les échanges économiques entre la France et le Vietnam et de renforcer la visibilité des entreprises françaises installées localement. Ainsi, la CCIFV s’est impliquée très en amont dans la préparation de cette année pour être à l’initiative de trois événements principaux : Gala de lancement de l’année FranceVietnam à HCMV : le 8 avril dernier, en parallèle au Forum d’Affaires FranceVietnam qu’elle co-organisait avec Ubifrance (près de 100 entreprises venues de France), la CCIFV a organisé le Gala de lancement de l’Année France-Vietnam en présence de Nicole Bricq, Ministre du commerce extérieur. Ce gala de prestige a été l’occasion de célébrer la première cérémonie des Trophées Français de l’Entreprise qui récompensait les plus performantes des entreprises françaises installées au Vietnam. Balade en France (à venir) : la CCIFV, en partenariat avec Sopexa et l’hôtel Equatorial, invite les participants à redécouvrir ou à faire découvrir au public vietnamien les bons plats de France tout en savourant les vins des plus célèbres de nos régions. Dans une ambiance conviviale, les visiteurs apprécieront un riche programme d’animations pour passer une soirée à la française, entre amis, en famille ou avec son équipe. A l’hôtel Equatorial, les 25 et 26 octobre. Le Bon Marché (à venir) : c’est le plus gros événement de rue de la saison de la France au Vietnam. Pour célébrer l’amour partagé de la bonne gastronomie et de la fête, les visiteurs pourront, pendant deux jours, goûter et acheter des produits de qualité issus des terroirs français et vietnamien, et participer à un pique-nique géant pour profiter de nombreuses animations. Au programme : concours de boulangerie, ateliers cuisine, jeux, spectacles culturels et deux concerts en plein air avec de nombreuses têtes d’affiches, issues notamment de la jeune scène vietnamienne. Le Bon Marché se tiendra les 14 et 15 décembre, dans le Parc du 23 Septembre, près du marché Bến Thành (entrée libre). Pourquoi rejoindre la CCIFV ? Pour développer votre réseau en rejoignant les rangs de nos 280 membres. Pour être au cœur des événements variés qui animent la communauté d’affaires tout au long de l’année. Pour accroitre votre visibilité via nos supports de communication. Pour développer votre activité au Vietnam grâce à nos services de conseils et d’appui. Pour faciliter votre quotidien en bénéficiant de nos services (carte privilège, location de salle, etc.). Pour recruter et former votre personnel. Pour rester connecté à l’actualité économique et commerciale locale via nos publications. Pour bénéficier automatiquement en rejoignant la CCIFV d’une double adhésion en devenant membre de la chambre européenne Eurocham. Les publications de la CCIFV Restez informés grâce à notre newsletter hebdomadaire qui compile l’agenda des événements, l’actualité de la Chambre, des membres et des partenaires, et les principales informations économiques. Trouvez les profils qui vous intéressent, boostez votre recherche d’emploi et découvrez les dernières actualités du marché du travail local grâce à la newsletter mensuelle Talents. Découvrez le marché vietnamien à travers FranceVietnam Express, publication bimensuelle qui propose des notes sectorielles et des dossiers thématiques approfondis tout en laissant place à l’actualité des membres de la CCIFV, au calendrier des déplacements de la Chambre en France et aux principaux événements. CCIFV Ho Chi Minh Ville Eurocentre, 3ème étage, 49 Mạc Đĩnh Chi, Q1 Tel : 08 3825 8625 Fax : 08 3825 8915 Email : ccifv.hcm@ccifv.org Web : www.ccifv.org 19
  • 20. ENVIRONNEMENT ENVIRONNEMENT Petit Ours Brun se fait de la bile Texte d’Etienne Fréneaux Photos de Nicolas Bonnaud Le Centre de Réhabilitation des { un long combat vers le respect deOurs de Tam Đảo, } la dignité animale Un jeune pensionnaire du Centre de Réhabilitation de Tam Đảo 20 P our des raisons historiques évidentes, jusqu’à une époque récente, l’enfance vietnamienne n’a guère connu pour se bercer ces tendres historiettes télévisées qui ont façonné la conscience écologiste du public occidental – une théorie qui mériterait sûrement d’être étayée, mais qui explique peut-être pourquoi, sur les marchés locaux, les comparses de Kermit, trépanées et écorchées, agonisent de longues heures durant au fond de bassines bondées, tandis que des moitiés de Némo, les tripes à l’air, s’asphyxient dans des pochettes plastiques ; et que dire des congénères de Saturnin, pendus par les pattes au guidon d’une bécane pétaradante, s’évanouissant dans les vapeurs de gaz carbonique ? Pour satisfaire de crédules cacochymes, Tigrou est réduit en poudre de perlimpinpin et Babar buté pour son ivoire. Petit Ours Brun non plus n’échappe pas à la sinistre traque.
  • 21. Petit Ours Brun voyage à mobylette Ours malais, ou sun bear Espèces en danger Les ours traqués pour leur bile sont Ursus thibetanus (Ours Noir d’Asie, ou Ours à Collier – Moon Bear en anglais, en raison du croissant de poils clairs sur son poitrail) et Helarctos malayanus (Ours Malais – Sun Bear en anglais, pour ses tâches orangées). La bile des ours est réputée très efficace pour éliminer les calculs vésiculaires chez l’homme. Si cette propriété est démontrée, les désagréments d’une telle pratique sont tout aussi avérés : les risques d’infection dus à de mauvaises conditions d’extraction sont courants, et parfois mortels. Par ailleurs, des substituts synthétiques ou végétaux existent, plus sûrs et plus efficaces. Animal Asia édite un fascicule pour promouvoir cette pharmacopée éthique. L’un des trois containers arraisonnés à Bình Dương, où étaient séquestrés 19 ours. Quand Petit Ours Brun est né, il ne mesurait pas plus de quinze centimètres. Cet heureux événement s’est déroulé quelque part dans les contreforts boisés de l’Himalaya. Petit Ours Brun grandit entre le Vietnam, le Laos et la Chine. La nature ne connaît pas de frontière. Les braconniers non plus. Un beau jour, pas si beau, Petit Ours Brun échappe à la vigilance de sa mère pour faire son quatreheures d’une termitière isolée. Mais alors qu’il piétine un tapis de feuilles mortes, une étrange plante referme ses pétales d’acier sur sa papatte. Broyée. Le voici coincé, et Petit Ours Brun n’a plus que ses yeux pour pleurer. Accourt une poignée d’êtres fluets aux cris agressifs, qui s’emparent de lui et le fourrent dans un sac. Commence alors une longue équipée à mobylette. Petit Ours Brun est ligoté si étroitement que ses liens lui entaillent la chair, et il fait bien noir sous la toile épaisse. Pauvre Petit Ours Brun. La gloutonnerie est un défaut chèrement payé. Petit Ours Brun a mal au bide Lorsque Petit Ours Brun reprend conscience, c’est pour constater qu’il est coincé dans une cage à peine plus grande que lui. Le sol est constitué de barreaux qui blessent ses coussinets. Et qu’il fait noir ! Il entend des semblables qui gémissent – l’un a la patte tranchée, du fait d’un piège ; l’autre, plus âgé, semble sous l’emprise d’une terrible douleur abdominale. « Que lui estil arrivé ? », se demande Petit Ours brun. Il l’apprendra bientôt à ses dépens. Soudain, une lumière crue éclate – impensable pour qui n’a jamais quitté le couvert de la jungle. Une clique d’hominidés ouvre sa cage, l’empoigne ; armés d’une grande seringue, ils le piquent au ventre. Quelle douleur ! Ils tâtonnent et triturent. Un coup dans l’intestin, pour rien ; un coup dans le foie, encore raté. Mais quelle douleur ! Enfin ils parviennent à leurs fins : ils percent sa vésicule et en pompent la bile. Lubie d’apothicaire. Petit Ours Brun gronde et beugle, en vain. Puis ses tortionnaires s’en vont, l'abandonnant à sa souffrance. Ils reviendront demain. Pauvre Petit Ours Brun. L’horreur est humaine. STOP ! Le lecteur scandalisé trouve-t-il la farce de mauvais goût ? Certes – mais comment zapper ? Si les ours étaient moins ours, ils auraient un prophète et s’inventeraient un paradis. Or ours oncques ne prient. Alors, dans sa prodigieuse omnipotence, l’humanité cruelle mais miséricordieuse leur procure les deux. Le salut, d’abord, leur vient de Jill Robinson, vétérinaire britannique expatriée à Hong-Kong, qui depuis 1993 mène une campagne active contre l’exploitation des ours, en Chine initialement puis ailleurs en Asie rapidement. En 1998, elle fonde Animal Asia, une ONG aux ramifications bientôt planétaires. Deux ans plus tard, le gouvernement chinois autorise l’ouverture d’un centre de réhabilitation pour ours dans la province du Sichuan – voilà pour l’éden. Au Vietnam, le combat ne date pas d’hier. Dès 1992, une loi interdit la capture d’ours. Toutefois, les fermes à bile ne sont pas menacées, car séquestrer n’est pas capturer : pour peu que les contrevenants trompent la vigilance des garde-parcs, une fois l’ours emprisonné la loi est impuissante. Mais Animal Asia s’en mêle et, à force de lobbying, finit par obtenir une nouvelle avancée : en 2005, les fermes à biles sont décrétées illégales. Victoire? Pas tout à fait. D’une part, la réclusion des ours n’est pas interdite, donc les propriétaires de ferme maquillent leurs agissements ; que les ours soient visiblement maltraités et aient la panse percée de part en part ne constitue pas une « preuve » – de braves bêtes de foire un peu usées, voilà tout. D’autre part, l’hypocrisie n’est parfois même pas nécessaire – la force suffit. Ce fut le cas à Quỳnh Lưu (province du Nghệ An) ; une ferme à bile avérée a résisté à la trentaine de policiers et rangers venus exiger la libération de quatre ours et se saisir du patron, lequel encourait amende et prison. Les villageois alentour sont venus prêter main forte aux trafiquants, conscients des intérêts économiques en jeu. La loi a dû s’incliner. Et l’activité a été relocalisée en douce. Heureusement, ce cas reste isolé, et les actions conjointes d’Animal Asia et des autorités parviennent à récupérer nombre de malheureux. La plupart des rescapés sont recueillis dans des centres autochtones aux moyens limités ; les plus chanceux atterrissent dans celui qu’Animal Asia a obtenu l’autorisation de construire en 2008, consécration d’une décennie de tractations. Visite guidée d’un sanctuaire hors-norme. 21
  • 22. Une page de félicité Nous sommes à la lisière du Parc National de Tam Đảo, à 70 kilomètres au nord de Hanoi. Au pied du massif montagneux, dans un étroit vallon ceinturé de forêt tropicale, Animal Asia a obtenu une concession de 20 ans pour y établir son centre : douze hectares de terres arables qui ont dû être rachetés à des cultivateurs locaux. Les imposantes installations ont été entièrement financées par l’association. Passé la clôture de haute sécurité, le nouvel arrivant, qu’il soit hominidé ou ursidé, se soumet aux contrôles de rigueur : un simple pédiluve désinfectant pour le premier genre, une quarantaine en bonne et due forme pour le second, assortie d’une hospitalisation plus ou moins intensive suivant son état de maltraitance. La clinique, dirigée par un seul vétérinaire et ses deux assistants, dispose du matériel sophistiqué idoine pour traiter les pathologies récurrentes, de l’infection cutanée au cancer aggravé, en passant par les traumatismes articulatoires. Pour les rescapés les plus jeunes, une nursery a été spécialement aménagée. Les adultes une fois rétablis peuvent rejoindre les autres pensionnaires, à l’heure actuelle plus d’une centaine ! Pour loger tout ce monde, il a fallu voir les choses en très grand, forcément : deux « maisons des ours » ont été achevées, sur un total de cinq projetées; chacune de ces maisons comprend douze boxes en béton, équipés de hamacs aux lanières douillettes, qui tous donnent sur un vaste enclos agrémenté de piscines, jeux de bois, balançoires, grattedos dernier-cri. Les locataires peuvent y batifoler à loisir, s’assoupir sur une poutre en bambou, jouer à la grosse baballe, se bastonner pour une peccadille. Depuis l’étage supérieur des maisons, une soixantaine de surveillants se relaient pour veiller au grain, en tâchant d’intervenir le moins possible. En cas de débordement, bien compréhensible pour ces âmes solitaires contraintes à vivre en collectivité, un vigoureux jet d’eau calmera les plus hargneux. L’heure du repas ou la nuit qui tombe ramènent instinctivement les villégiateurs à leurs appartements. Le régime est végétarien, fruits et légumes du marché local ; les convalescents ont droit à un traitement de faveur : milk-shake banane, miel et marshmallow. Au final, il s'agit moins d'un sanatorium que d'une maison de retraite. Les ours demeurent trop fragilisés psychologiquement et physiquement après leur expérience en ferme à bile ; la plupart nécessitent un suivi médical permanent. Il est donc hors de question de les relâcher un jour dans la nature. Une pointe de désillusion ? Après tout, le paradis ne remplacera jamais l’âge d’or de l’innocence. Des ours à collier (ou moon bear) s’ébattent dans le Centre de Réhabilitation de Tam Đảo Un combat de longue haleine… 1973 : la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées (CITES – ou Convention de Washington) est ratifiée par 80 pays. En 2013, ils sont 178. Voir www.cites.org 1992 : le Vietnam interdit la capture d’ours. 1994 : le Vietnam adhère à la CITES. 1998 : fondation d’Animal Asia par Jill Robinson, à Hong Kong. 2005 : le Vietnam proscrit l’existence des fermes à bile, qui demeurent légales en Chine. 2008 : Animal Asia ouvre le Centre de Réhabilitation des Ours de Tam Đảo. 2010 : une ferme constituée de trois containers transformés en cages est démantelée à Bình Dương ; 19 ours sont libérés, une prise record. …qui n’est pas encore gagné. 2.400 ours toujours en captivité au Vietnam. 17% des médecins traditionnels vietnamiens prescrivent toujours de la bile d’ours. Financement Les coûts de gestion du centre de Tam Đảo représentent 800 dollars par ours et par mois. Ces fonds proviennent exclusivement des dons et subventions qu’Animal Asia parvient à lever. Les plus généreux pourront sponsoriser un ours (et le baptiser) pour la somme de 12.000 dollars. Visite Le centre de Tam Đảo est ouvert au public, sur réservation préalable. Consulter le site internet : www.animalsasia.org Intervention chirurgicale à la clinique du Centre de Réhabilitation de Tam Đảo 22
  • 23.
  • 24. Photos de Florian Chavanon, texte d’Etienne Fréneaux Bến Tre portfolio portfolio
  • 25. L Koh Dach, Cambodge es Vietnamiens l’ont baptisé le fleuve des Neuf Dragons (Cửu Long), et il est vrai que le Mékong possède la fougue imprévisible du mythique animal, enclin à des crues dévastatrices. Pourtant, c’est à un voyage très paisible que nous invite Florian Chavanon, entre Cambodge et Vietnam. Les personnages qu’il croise tout au long de son périple affichent un calme serein – résignation ou détachement bouddhique, le regard est souvent vague, la pause nonchalante. Soudain, à l’heure où le crépuscule tombe sur les berges bleutées, une troupe de gamins s’élance dans l’onde rafraîchissante, éclaboussant le calme vespéral de leurs rires frénétiques. Gare, le dragon veille… 25 Kandal, Cambodge Vĩnh Long
  • 29. Vĩnh Long Ces photos sont extraites du livre «Histoire)s( du Mékong », paru aux éditions Verlhac. C’est un ouvrage réalisé à l’initiative de Rivages du Monde, en collaboration avec David Dibilio, auteur des textes. Trà Vinh 29
  • 30. talents d'ici Une garde-robe dans la valise { Collection Lucie Brochard } D Texte d'Odyl Devaux-Zeller epuis sa plus tendre enfance, Lucie Brochard est passionnée par tout ce qui touche à la création et à la mode. « J’ai fait mon premier stage chez Chloé à 16 ans. Puis, deux ans plus tard, j’ai suivi une journaliste de défilé en défilé ». C’est donc tout naturellement qu’elle intègre l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. Durant ses études, elle remporte le concours de Kobe qui lui permet ainsi de passer dix jours au Japon. C’est la découverte de l’Asie. Elle y apprend le styling, le déstructuré réfléchi, joue avec le raffinement des couleurs et des superpositions. Sur le chemin du retour, elle s’arrête un mois en Chine. Son stage lui permettra de 30 connaître le fonctionnement d’un pays de production. Sitôt son école terminée, elle effectue un stage chez Paule Ka, puis Christian Lacroix, ce qui lui offre l’opportunité de pénétrer l’univers de la mode Homme. Sélectionnée par son école, elle s’envole vers les États-Unis et se tourne vers la mode masculine. Elle plonge dans le marketing et la photo, éveillant ainsi son côté artistique. Retour en France où Lucie travaille deux années chez Freeman T. Porter en tant que bras droit du directeur artistique. Elle suit toute une collection, du design à la production, puis la commercialisation, le marketing et la communication.
  • 31. Lucie fait une pause. D’origine coréenne, de père français et de mère vietnamienne, elle décide d’aller faire un tour au Vietnam en février 2012. Le pays l’inspire, son côté créatif prend très vite le dessus, elle prospecte pour sa propre garde-robe. « Je voulais créer des vêtements afin de m’identifier tant au Vietnam qu’à la France, mais en même temps ces vêtements devaient être portables facilement. Je voulais allier le côté moderne de la femme avec une certaine sensualité et originalité ». Elle s’amuse. Sa chambre d’hôtel devient son studio de création. « Je dessinais les modèles le soir dans ma chambre. Le lendemain je fouinais sur les marchés à la recherche des tissus, le couturier du coin exécutait mes modèles ». En avril, elle rentre en France avec dans l’idée de repartir très vite. En juillet 2012, Lucie revient au Vietnam pour s’y installer. Elle démarre sa propre collection, exécute les prototypes en toile, crée le patronage, fait beaucoup de sourcing afin de trouver le bon tissu ; une partie vient de Paris, mais la soie est vietnamienne. Lucie mélange les différents styles : le prêt-à-porter fifth street de New York, le chic parisien et l’exotisme vietnamien. Elle ne néglige pas le côté confortable et pratique du vêtement, comme les nombreuses poches de certaines pièces. « Il faut que le vêtement soit fluide, qu’il glisse sur le corps, qu’il soit bien structuré afin de donner un certain charisme à la silhouette. Un habit doit être facile, agréable. » Son leitmotiv : « toujours prête ». L’ensemble de sa collection doit tenir dans une valise. « La valise renferme les habits d’une femme pour une semaine, les habits pour le travail mais aussi pour les soirées, le week-end. Je joue avec ce que je ressens en voyageant, je le transmets dans cette collection. » Lucie joue avec les couleurs et la matière. Ainsi la robe de cocktail en néoprène. Elle n’hésite pas à ajouter de l’asymétrie dans sa collection, sans sacrifier la rigueur de la construction et de la coupe. La création de chaque vêtement a une histoire : le manteau est celui qu’elle avait dessiné pour sa sœur en mars, la veste a été créée pour son premier entretien, la robe conçue pour un mariage au Vietnam. Une année est nécessaire à Lucie pour créer et distribuer sa première collection. La recherche des ateliers de confection s’avère une tâche difficile. « Trouver une bonne qualité de confection, se faire comprendre. J’ai un bon coup de crayon, de bonnes bases dans la construction, c’est ce qui m’a permis de créer ici. » « Ma collection s’adresse à des femmes averties qui recherchent une certaine créativité, qui aiment le vêtement confortable et fonctionnel, tout en privilégiant l’élégance spontanée en toute occasion. La sobriété dans l’originalité. » Rendez-vous au premier semestre 2014 pour découvrir les trésors de la deuxième valise. De belles surprises en perspective ! La distribution de la collection Lucie Brochard se fait de bouche à oreille, sur Internet et lors de ventes privées. Pour plus d’information, consulter le site web www.luciebrochard.com 31
  • 32. Texte d’Etienne Fréneaux Photos de Nicolas Bonnaud L'invitation au voyage dans { Virée chromatiqueGiang } la province de Hà D En haut : le col de Mã Pí Lèng. Autour : instants volés aux marchés de Quản Bạ, Mèo Vạc et Đồng Văn. 32 e lourds rideaux de brume grisâtre flottent dans l’embrasure de la gorge, ballottés par un blizzard poissé qui vous glace les os. A la faveur d’une bourrasque, des pans de falaise ruisselants crèvent le voile fragile, crocs karstiques émoussés, cariés par la végétation tropicale. Dans cette gueule médusée, le voyageur est happé par une fine langue de bitume grumeleux, qui serpente comme à l’aveuglette, lèche les corniches rocailleuses, s’immisce au travers d’un torrent, fait la nique au vide. Glissière rouillée, intermittente. Précipice impitoyable, constant. L’humidité dilue les contours et les tons en un halo pleurnichard, quasi achromatique. Émergeant de cette fantasmagorie, deux feux-follets fuchsias fluo louvoient doucement. On distingue bientôt leur silhouette humaine, coiffée d’un foulard à la couleur éclatante : une mère et sa fille, armées de serpes, une hotte vide en partage, marchent en direction du col de Mã Pí Lèng – « le Nez du Cheval », dont le sommet adjacent offre un profil évocateur. A 1000 mètres d’altitude, ce passage est l’un des plus spectaculaires du pays, et son franchissement requérait naguère une bonne dose d’héroïsme, avant que l’État n’intervienne pour désenclaver ces confins septentrionaux, désormais raccordés par l’aimable Route du Bonheur (Đường Hành Phúc – QL4C). Mais chacun sait que le bonheur est moins fleuve tranquille que torrent capricieux : lacets rancuniers et
  • 33. dénivelés mesquins rendent la vie dure aux conducteurs, tandis qu’en contrebas la rivière Nho Quế aguiche les imprudents avec ses parfums capiteux de raisin (nho) et de cannelle (quế) – puis elle est engloutie par le canyon de Tu Sản, dont les pans calcaires dressent un portique dantesque de 800 mètres de haut. Un vent d’outre-tombe y déferle sans relâche. Les deux femmes n’ont cure de ce tableau lugubre. Le brouillard les a happées derechef, et toute couleur s’en est allée avec elles. Fragment fugitif d’arc-en-ciel, dont on traque la clef… Mille-feuille La vallée de Đồng Văn, auquel le col livre accès, recèle plus d’un trésor. A commencer par ses archives paléontologiques, enfouies dans cet écrin de pains karstiques, truffées de précieux fossiles ayant réchappé de plusieurs extinctions majeures. Le séjour des vivants n’est pas moins riche en diversité, et en raretés menacées : rhinopithèque du Tonkin (Rhinopithecus avunculus), singe au nez tronqué et à la bouille renfrognée ; ours noir à collier, ou ours-lune (Ursus thibetanus), dans le collimateur des fermes à bile ; saro de Sumatra (Capricornis sumatraensis), cousin du chamois – les débusquer est peine perdue. La beauté scénique est tout aussi prégnante. Autant de raisons qui ont conduit l’UNESCO à inscrire cette région de 2350 km² (soit près d’un tiers de la province de Hà Giang) au Réseau Mondial des Géoparcs (GGN en anglais), sous la dénomination de « Parc Géologique du Plateau Calcaire de Đồng Văn », en 2010. Un critère supplémentaire fait la renommée du géoparc : son rôle de conservatoire culturel. Dix-sept minorités ethniques dûment recensées (soit environ 250.000 individus) s’y sont établies au fil des siècles, la plupart en provenance du bassin du Yangzi, en Chine méridionale, à l’instar des Việt eux-mêmes. Si ces derniers ont occupé la région deltaïque, dès le IIIème siècle avant J.C., les autres ont migré plus tardivement, occupant les espaces accidentés vacants, un vaste arc montagneux encerclant la plaine du Fleuve Rouge. Leur sédentarisation s’est effectuée à force d’ingéniosité, pour réussir à s’adapter à un relief exécrable. Si les environs de Sa Pa se 33
  • 34. sont prêtés à la culture en terrasses, il en va autrement du côté de Đồng Văn, royaume de la caillasse : impossible de venir à bout des champs de pierres qui tapissent les pentes aiguës ; il faut donc composer : la riziculture est délaissée au profit du maïs, le chanvre est préféré au coton pour confectionner les textiles – au registre des plantes psychotropes, le pavot est très répandu ; les champs sont souvent délimités par une haie de larme-de-Job (Coix lacrymajobi), ingrédient indispensable des pharmacopées autochtones. On laboure et on herse, généralement sans bête de somme, en zigzaguant parmi les monolithes ; leurs anfractuosités hébergent astucieusement des semis. Et puis, quand la terre avaricieuse n’a plus rien à donner : tabula rasa – le brûlis demeure très répandu, et le nomadisme, même circonscrit à de modestes périmètres, perdure. Polychromie Dans ces sociétés mouvantes, dont les strates ethniques épousent la zonation altitudinale, il est un repère immuable et syncrétique, foyer d’échanges autant que d’intégration : le marché. C’est ici que l’arc-en-ciel prend son essor. Et explose en rasemottes, éclaboussant tout alentour. Turbans écarlates greffés de colifichets métalliques, jupons jaunes et vestes violettes, plastrons marron et festons 34 potiron, tabliers bardés de broderies bigarrées, revers chamarrés, ourlets bariolés, passementeries irisées, ceintures de feu et cols enneigés ; vendeuse de saumure à rayures, productrice de poireaux à carreaux, pois et fleurs ornent tréteaux ou bandeaux – et quelle palette (de veau) ! La foire aux bestiaux adjacente illustre les tonalités fauves, charbonnées ou poivre-et-sel, robes bovines et poils canins, en partance pour leur destin… Dans la brumaille graillonneuse, smog gastronomique nourri des alambics et des pipes à eau, qui mêle la fumée des marmites de thắng cố à celle des braseros où dorent les moelleux mèn mén et mitonne le succulent cơm lam – dans cette ambiance enivrante qui attiédit les frimas hivernaux, affole les pupilles autant qu’elle affriole les papilles, le carrousel des costumes traditionnels s’est mué en un carnaval où la mode est au jacquard criard, au brocart gueulard, polyamides épinglés de paillettes psychédéliques, falbalas made in China. Au milieu de ce déluge synthétique et kaléidoscopique, un pigment apaisant s’impose en toile de fond des us et costumes, teinture végétale endémique que l’on cultive depuis des lustres : l’indigo. L’omniprésence de cette couleur à la fois austère et intense, bleu abyssal troublé par les reflets sensuels du violet, est due principalement à la gente masculine, qui affectionne le complet paysan uni, veston rustique à boutons chinois et pantalon évasé, tout d’indigo teint, sans oublier le béret d’inspiration résolument basque, qui remplace des coiffes traditionnelles tombées en désuétude. Une mode lancée vraisemblablement par les ethnies Hmong, majoritaires en fond de vallée. Nuance hmong Les Hmong n’auraient pénétré que tardivement au Tonkin, à la fin du XVIIIème siècle, chassés de Chine par la répression mandchoue (dynastie Qing). Loin de constituer une nation homogène, on distingue Hmong Noirs, Hmong Rouges, Hmong Verts, Hmong Blancs, Hmong Fleuris et Ná Mỉeo, qui tous possèdent leur dialecte et leurs atours propres. Ils ont cependant une conscience aiguë de leur spécificité ethnolinguistique commune, et renâclent à jouer le jeu des peuples dominants, qu’il s’agisse des Chinois, des Việt, des Lao ou des Français, qui ne sauraient tolérer l’existence d’un embryon d’État hmong sur leurs marges communes. Le XXème siècle sera une succession d’allégeances éphémères et de rébellions infructueuses, qui se solderont par le repli, la soumission ou l’exil. En témoigne l’histoire d’une bâtisse insolite, qui domine le village de Sà Phìn :
  • 35. thắng cố : ragoût de viande, os, viscères, queue, etc. mèn mén : galettes de maïs cơm lam : riz gluant cuit en bambou Portraits hmong (en haut, à l’école de Lũng Cú ; en bas, aux marchés de Quản Bạ et Mèo Vạc). le Château du Roi hmong (Nhà vua Mèo). L’appellation est abusive, car ses locataires n’ont jamais régné que sur l’une des multiples tribus hmong, et d’autres roitelets contrôlaient d’autres vallées, depuis d’autres châteaux – ainsi celui de Bắc Hà, dans la province de Lào Cai, dans un style « français » des plus kitch. A Sà Phìn, le palais évoque plutôt les yamen, résidences officielles des mandarins dans l’Empire du Milieu. Derrière sa façade monumentale en pierres de taille s’ouvre une succession de trois cours intérieures ceinturées de galeries en bois, qui desservent pas moins de 64 pièces où cohabitaient une centaine de personnes : la famille du chef, avec ses multiples femmes et rejetons, et l’abondante domesticité. Devant le palais se dresse la tombe de Vương Chính Đức, le dernier des monarques locaux, ami de Hồ Chí Minh, rallié à la Révolution d’Août en 1945. Sa descendance, cependant, vit aujourd’hui en France ou au Québec… Et le palais, vidé de ses illustres occupants, demeure un vestige encombrant. Du reste, les circuits touristiques vietnamiens privilégient généralement une halte patriotique au Mât de Lũng Cú (Cột cờ Lũng Cú). Les amateurs d’escalier apprécieront l’exercice, avec ses quelque 700 marches à flanc de colline puis dans la tour, au sommet de laquelle est déployé un immense drapeau vietnamien. L’emplacement n’est pas anodin : il s’agit du point le plus septentrional du pays, comme un coin enfoncé dans le flanc de la Chine. D’en-haut, le panorama est grandiose, mais on serait bien en mal de discerner la démarcation. Tout alentour semble si homogène : les mêmes villages hmong, les mêmes hameaux thái, dao ou lô lô… Autant de peuples indifférents aux frontières, riverains vagabonds du grand carrefour indigo. 35
  • 36. Localisez marchés et circuit sur le site de l’AFV : www.amicaledesfrancophonesauvietnam.org/informations/voyages Y aller Le fil conducteur de ce périple est la route nationale QL4C, la fameuse « route du bonheur », qui part de la capitale éponyme de la province de Hà Giang (à 300km au nord de Hanoi) pour décrire un arc de cercle vers la frontière chinoise. Elle dessert les villages de Quản Bạ, Yên Minh, Sà Phìn, Đồng Văn, Mèo Vạc, qui sont autant de marchés animés et colorés. Celui de Quản Bạ est dominé par la fameuse « paire de seins », binôme de collines évocateur. Celui de Mèo Vạc est réputé pour ses bestiaux, celui de Sà Phìn jouxte le Château du Roi hmong. Jours de marché : le samedi à Quản Bạ, le dimanche à Đồng Văn et Mèo Vạc, tous les 6 jours à Sà Phìn. A visiter tôt le matin, entre 6 et 9 heures. Entre Sà Phìn et Đồng Văn, un embranchement bifurque au nord vers Lũng Cú et son Mât. Entre Đồng Văn et Mèo Vạc, la route emprunte le col panoramique de Mã Pí Lèng. A Mèo Vạc, la route TL217 conduit au fameux marché annuel de l’amour de Khâu Vai, où les autochtones viennent y chercher l’âme sœur, pour un temps ou pour longtemps, selon des rituels plus élaborés qu’un simple speed-dating – nous ne saurions que trop recommander de les laisser vaquer en toute intimité, sans voyeurisme. Le Parc Géologique du Plateau Calcaire de Đồng Văn possède un site Internet : www.dongvangeopark.com Le printemps et l’automne sont les meilleures saisons pour visiter la région – l’hiver peut-être très rude, l’été trop pluvieux. La boucle au départ de Hà Giang s’effectue sur trois jours minimum. La route est tortueuse mais ne présente aucune difficulté ; accessible en auto ou à moto. De haut en bas : panorama frontalier depuis le Mât de Lũng Cú ; façade puis cour du Château du Roi hmong, à Sà Phìn ; en partance pour la cuisine. A droite : le Mât de Lũng Cú. 36
  • 38. petite le�ON DE CUISINE Thaéng Tuù Thô Sophie { Filet de poisson, sauce fruit de la passion. } Servi avec du riz à l'ail. Aujourd’hui, je rends visite à Tú Thơ, fondatrice du restaurant May. Ensemble, nous allons vous concocter un délicieux cá chẻm sốt chanh dây, autrement dit : du poisson, légèrement frit, accompagné d’une savoureuse sauce au fruit de la passion, une spécialité familiale dont Tú Thơ accepte de nous révéler le secret. Texte Sophie Goyault Gounouf Photos d Etienne Freneaux Pour commencer, j’investis leur cuisine – pour cuisiner ; que les choses soient claires : mon objectif n'est pas de visiter, mais véritablement de participer, pour ensuite vous donner des recettes vietnamiennes que nous pourrons toutes refaire à la maison, seules devant nos fourneaux, avec des produits faciles à trouver. Tout d'abord, direction le marché local et l'épicerie. J'y trouve tout, sauf pour le poisson, pour lequel je mettrai un petit bémol : trouver des filets de bar aussi épais que ceux du May n'est pas chose aisée, mais ce n'est pas grave, pour cette recette tous les poissons blancs sont bons et l'épaisseur des filets fera juste varier la cuisson. On s'adapte, on a l'habitude ! Dans le registre « c'est moi qui l'ai fait », j'ai simplement suivi les instructions du chef Thắng ; je n'ai pas le même équipement, mais cela n'a rien à voir avec la réussite de la recette, c'est une question d'envie ! C’est parti… Ma liste de courses - Fruits de la passion - Filets de poisson blanc - Riz - Œuf - Ail frais et frit - Ciboulette - Nuoc mam - Sel & Poivre - Sucre - Custard en poudre - Farine - Huile Préparation  Prélevez la pulpe d'environ 1 kg de fruits de la passion, mixez finement et faites un jus à l'aide d'un bol mixeur.  Mettez le jus dans une poêle et laissez chauffer à feu doux le temps que le sucre du fruit caramélise légèrement pour faire ressortir le goût.  Rajoutez le sucre, le custard en poudre, et laissez sur feu doux afin que la sauce prenne un peu de consistance et résiste à votre cuillère.  Faites refroidir la sauce avant de la mettre telle quelle dans un pot à confiture. Délicieux avec du poisson, la sauce peut également accompagner des viandes blanches ou se tartiner sur une crêpe. Vous pourrez conserver cette sauce 3, 4 ou 6 mois en la stérilisant (comme une confiture) ou jusqu'à un mois au frigidaire. 38 Ingrédients 300g de pulpe de fruit de la passion  50g de sucre  30g de sel  10g de custard en poudre  environ 100 ml d'eau  Avec ma soeur, nous la meùlangions meâme avec du riz ou des paâtes. Vous pouvez préparer la sauce la veille pour la diluer et la mettre sur le poisson à la dernière minute.
  • 39. Ingrédients  300g de filets de bar  sel & poivre  1 cuillère à soupe d'eau  2 cuillères à soupe de farine  de l'huile pour la friture Variez les recettes en utilisant d'autres poissons blancs.  Coupez les filets en cubes de même taille, cela facilitera la cuisson et la mise en place dans l'assiette. Salez et poivrez les morceaux.  Mettez les cubes dans un bol, rajoutez 2 cuillères à soupe d'eau, 1 cuillère à soupe de farine et roulez (légèrement) les cubes dans la farine.  Mettez à chauffer un wok ou une poêle avec de l'huile. Attendez la bonne température de l'huile afin de saisir les morceaux (faites un essai avec un petit morceau de pain, il faut que cela crépite).  Plongez les morceaux et laissez-les dorer. Attendez qu'ils prennent une couleur brune et piquez-les pour connaître la bonne cuisson.  Après 5 bonnes minutes, vos cubes de poisson sont cuits.  Sortez-les et mettez-les à égoutter sur du papier absorbant.  Juste avant de servir : prenez une cuillère à soupe de sauce fruit de la passion, délayez avec 2 cuillères à soupe d'eau dans une poêle à feu doux et faites chauffer quelques instants.  Présentez votre poisson frit (4 à 5 morceaux selon leur taille) dans une assiette, nappez-le de la sauce fruit de la passion puis rajoutez quelques graines de sésame pour donner du croquant. Préparation  Faites cuire votre riz puis laissez-le refroidir à l'air libre pour qu'il soit froid et un peu dur, avant de commencer la recette.  Épluchez, écrasez et hachez très finement toutes les gousses.  Battez l'œuf dans un petit bol.  Faites chauffer un wok ou une poêle avec très peu d'huile, mettez l'œuf et remuez sans arrêt. Rajoutez le riz et l'ail, continuez à remuer. Rajoutez 1/2 cuillère à café de sucre et de sel. Remuez.  Rajoutez une cuillère à soupe de nước mắm pour équilibrer les saveurs.  Lorsque le riz est prêt, mettez-le dans un bol individuel, parsemez d'ail frit (pour le croquant) et de ciboulette (pour la fraîcheur). Ingrédients 2 bols de riz  une dizaine de gousses d'ail  1 œuf  1/2 cuillère à café de sucre et de sel  1 cuillère à soupe de nước mắm  sel & poivre  ciboulette  ail frit  A servir chaud. Le riz aø l'ail est une recette traditionnelle vietnamienne qui peut saccompagner de tout, meâme de rien ! ' Mon verdict : super simple et rapide. Verdict de ma petite famille, cobayes patients mais exigeants : réussi et super bon ! Maintenant, c’est à vous de jouer ! Vous pouvez prendre un reste de riz. Le May, une tradition familiale Durant toute l'année, le Restaurant May vous invite à goûter ses quelques 95 recettes directement sorties du carnet de cuisine de la famille de Tú Thơ. Une promenade gourmande pour goûter des recettes vietnamiennes authentiques, simples et raffinées. Ses recettes ne sont pas revisitées, elles sont restées telle que les faisait son père. Ainsi Tú Thơ nous a-t-elle proposé de faire cette recette, car elle garde le souvenir ému de son père, qui en préparait de grands pots, et qui les ressortait à chaque occasion. Merci, Tú Thơ, pour ce joli moment passé en votre compagnie ! 39
  • 40. REÁCIT D'ENTRE PRENEUR C’est en bougeant que l’on devient boulanger Texte et photos de Gilles Gripari Chavigny et { Rencontre avec Muriel Populo ded’Une Journée àFabrice } Subra, entrepreneurs fondateurs Paris C’ était en 2008. Fabrice était responsable d’une agence de carrelage et produits sanitaires à La Réunion ; son poste était menacé à brève échéance. Muriel, ayant des ascendants vietnamiens, décide alors de partir en repérage au Vietnam. Venant de l’univers des cosmétiques, elle se rend vite compte que cette activité est très réglementée, et quasiment inaccessible aux étrangers. Un soir, à Saigon, elle cherche un lieu agréable pour se poser et déguster une pâtisserie, mais elle n’en trouve pas. Aussitôt, elle propose à Fabrice de se lancer dans la boulangerie-pâtisserie, façon salon de thé. Petit problème : ils n’ont aucune expérience en ce domaine. Qu’à cela ne tienne : de retour à La Réunion, Muriel trouve, au hasard d’une petite annonce, un professionnel enthousiaste qui accepte de prendre Fabrice en formation. Pendant plusieurs mois, de jour et de nuit, Fabrice va pétrir, cuire et apprendre le métier de manière intensive. Merci à Claude Rouby, de la boulangerie Douceur des Îles à La Possession ! Pendant ce temps, Muriel va préparer le dossier administratif, contacter les Français résidant au Vietnam, tous les organismes susceptibles d’aider leur projet, comptables, avocats, mais aussi les fournisseurs de machines et consommables. Une recherche considérable et systématique va être menée, aussi bien sur Internet que sur le terrain. La somme de 150.000 dollars, le strict minimum pour rendre ce projet crédible, est rassemblée sur leurs économies afin de monter une société 100% étrangère. La formation de Fabrice finie, toutes les affaires sont expédiées par container à Saigon. Mais Muriel et Fabrice rejoignent Paris et enchaînent en duo une nouvelle formation chez un autre artisan boulanger de leurs amis, à Versailles, pendant trois mois. Avoir bénéficié de deux types de formation sera un bon complément et un sérieux atout par la suite. On enfourne, on lame, on livre, on vend, on nettoie… Puis c’est le départ pour Saigon. Une première pour Fabrice, qui en sera quitte pour un choc culturel violent, qui le mettra très mal à l’aise pendant deux mois. « Quelques personnes 40
  • 41. et organismes nous apportent leur concours, leur parrainage, leur aide ; qu’ils en soient ici remerciés. La mission économique du Consulat de France, par le biais d’un stagiaire, nous donne de précieux conseils et nous met en contact avec l’agent immobilier qui nous propose la boutique. Quelques autres personnes se révèlent des atouts décisifs. Une Vietnamienne francophone, rencontrée par hasard dans la rue, fournit une aide considérable à l’ouverture du magasin en assurant des traductions et en solutionnant de nombreuses petites tracasseries ». Il en sera de même pour l'avocat ainsi que pour le fournisseur de farine avec lesquels ils travaillent toujours. Leur sincère reconnaissance va aussi à Jean Claude Lacote (Restaurant La Niçoise), et aux frères Richard et Philippe Nguyen (Restaurant Ty Coz) qui vont les soutenir, et les mettre au fait des réalités du Vietnam. Pour résumer, ce projet s’est construit pièce à pièce, chaque problème trouvant sa solution à point nommé. Le magasin est finalement trouvé, quasiment délabré. Lourds travaux. « Quinze jours avant l’ouverture, on fabrique du pain et de nombreux autres produits que l’on donne autour de nous, pour familiariser le personnel avec le produit, lui permettre de le goûter et de l’expliquer à la clientèle. Car à Une Journée à Paris, nous avons fait le choix ferme d’une cuisine traditionnelle 100% française. » Le 16 juin 2009, le magasin est inauguré. « Les débuts sont calmes, et le produit n’est pas toujours compris des Vietnamiens : la farine qui reste sur le dessus des baguettes à l’ancienne est confondue avec du sucre, et souvent assimilée à de la saleté, par exemple! Et la tarte au citron a un vrai goût de citron ! » Alors, ils attendent les clients les trois premiers mois. Il fallait refaire du pain tous les matins, malgré les invendus de la veille. Lors d'un café de rentrée organisé par l’AFV au Sofitel, Muriel présente son entreprise, des rencontres amicales se créent et la clientèle particulière se développe alors. Leurs parrains vont prendre du pain, d’abord en quantités modestes, pour leur restaurant. Les professionnels viendront se fournir chez eux, grâce au bouche-à-oreille exclusivement. Puis la clientèle internationale arrive, et au bout de 6 mois d’existence la société atteint son point d’équilibre. Puis elle gagne de l’argent à la fin de la première année. Pour répondre à ce qu’ils pensent être une demande des expatriés sur Thảo Điền, un second magasin ouvrira brièvement de juin 2010 à février 2011. Peu de clients francophones au final, et un suivi assez difficile à réaliser. L’expérience tourne court. A ce jour, Muriel et Fabrice ne veulent pas rester sur leurs acquis ; ils cherchent en permanence à améliorer la qualité et la diversité des produits, afin de séduire une clientèle particulière et professionnelle toujours plus nombreuse. Vous trouverez les coordonnées d’Une journée à Paris dans notre section Boutiques Partenaires.
  • 42. l'EÁCho des affaires 40 FRANCE VIETNAM L'ouverture de l’hôtel Metropole Hanoi Propos recueillis par Cendrine Nazos, Responsable événements et adhésions de la CCIFV série "Grands succès français au Vietnam" Edouard George arrive au Metropole de Hanoi en 1991, en tant que chef de réception dans l'équipe de pré-ouverture de l'hôtel, jadis implanté sous l’enseigne Pullman. Rapidement, il prend les fonctions de Directeur Adjoint auprès de Ricardo Perran, le Directeur Général de l’époque. Aujourd’hui président de Phoenix Voyages, Edouard George revient pour nous sur son expérience. CCIFV – Vous avez eu la lourde responsabilité et l’honneur d’ouvrir l’hôtel Sofitel Legend Metropole de Hanoi. Pouvez-vous nous raconter comment ce projet est né, et quelles en ont été les étapes les plus marquantes ? Edouard George – Le projet de reprendre l'ancien Métropole est né de la passion d'une personne qui travaillait chez Pullman et qui a cru à l’ouverture du Vietnam à la fin des années 80. Le projet est tombé dans l'escarcelle d'Accor via le rachat de Carlson Wagon lits par Accor au début 1990. L'hôtel a été le premier projet au Vietnam d’une joint-venture entre une société d'État (il n’y avait que cela à l'époque) et un pool d’investisseurs. Il a fallu former des centaines de Vietnamiens au service et à l'hôtellerie de luxe. C’était une grande aventure car personne n'avait la notion du luxe au Vietnam dans les années 90. Il n'y avait pas grand chose à Hanoi à cette époque. Le Metropole aujourd’hui L’hôtel Metropole Hanoi est un prestigieux hôtel de style colonial, situé à quelques pas de l'opéra dans le quartier français de Hanoi. Il est le premier Sofitel Legend au monde, doté de 364 chambres, 4 salles de conférence, jardins, spa, salle de fitness, piscine, 3 restaurants offrant des produits gourmets et 3 bars au style unique. Retrouvez plus d’informations sur www.sofitel-legend.com 42 Quelles ont été les principales difficultés, ou vos plus belles réussites, au cours de ce projet ? La principale difficulté a été de faire passer des concepts dont le personnel n'avait plus aucune idée. Il a fallu que nous réfléchissions et que nous décortiquions jusqu'à la base nos méthodes de formation. Bien sûr, toute l'équipe que nous avons recrutée (400 personnes) venait de divers horizons (armée, ministères, etc.), et je me rappelle le cas unique d'un interprète vietnamien-russe qui était à l’état-major et qui, se retrouvant sans travail, tentait sa chance à l'hôtel. Il ne parlait alors ni anglais ni français, mais il réussit à devenir après quelques années directeur commercial de l'hôtel. Quel a été l’accueil réservé par les Vietnamiens à ce fleuron de l'hôtellerie à la française ? Un accueil fantastique et une certaine anxiété car personne n'avait plus vu un tel luxe depuis longtemps. Il y avait même des gens qui venaient faire des « tours d'ascenseur » le dimanche. Mais on avait quand même l'impression de vivre dans une bulle en travaillant quinze heures par jour et en accueillant une myriade de chefs d'État, ministres, PDG, etc. Mes six années au Metropole sont passées à une vitesse incroyable. Quelle aventure !
  • 43. www.bouleetbilles.net BINH THANH Adresse 183A Av. Dien Bien Phu, quartier 15, arr. Binh Thanh, HCM ville Téléphone (08) 3 514 70 41 PHU MY HUNG Adresse 8-10 Rue N°20, My Gia 1, Phu My Hung, quartier Tan Phu, arr. 7, HCM ville Téléphone +84 8 5417 1016
  • 44. BONS PLANS BONS PLANS Miammm… Le frigo est vide et la mousson vous coince à la maison. Commander à manger, se faire livrer ? Vous ne voulez plus y songer, car les quiproquos et les imbroglios sont les seuls spécialités italiennes que vous ayez jamais réussi à déguster, faute d’interlocuteur qualifié au bout du fil. Mais le temps du jeun forcé est terminé ! Surfer sur Vietnammm.com, c’est arpenter (presque) tout Saigon, consulter plus de 300 enseignes culinaires, parcourir des kilomètres de menus en quelques clics : vietnamien, français, italien, thaï, mexicain, japonais, coréen, indien, turc et d’autres encore, les gastronomies du monde entier viennent frapper à votre porte en une demi-heure, ou selon le créneau horaire que vous avez sélectionné. Toutes les options sont judicieusement pensées : épaisseur de la pizza, garniture du burrito, saveurs des boules de glace, sauces et accompagnements, etc. Paiement en ligne ou à la livraison, rien de plus facile. Ergonomique et parfaitement intuitif, Vietnammm.com est LA solution de facilité pour vos déjeuners, dîners ou simples encas. EF Un nouvel ostéopathe à Saigon Si un matin vous vous réveillez avec le foie qu'est pas droit, le ventre qui se rentre, l'abdomen qui se démène ou le thorax qui se désaxe, sachez qu'un nouvel ostéopathe français s'est installé à Ho Chi Minh en septembre, pour soulager vos troubles. Pierre Dupont est arrivé à SOS International où il consulte sur rendez-vous ou en urgence toute la semaine. Il est à la fois kinésithérapeute et ostéopathe. Sa carrière l'a déjà amené plusieurs fois en Asie du SudEst. Aujourd'hui encore, il est le coordinateur d'un programme pédiatrique au Cambodge. International SOS Ho Chi Minh clinic 167 A Nam Kỳ Khởi Nghiã, Q3. Tel: 08 38 29 85 20 www.internationalsos.com CM 44 Deux nouveaux ateliers proposés par l’AFV Échecs Rendez-vous aux amateurs chaque dimanche vers 16h. Chacun est libre d’amener son jeu ainsi que son horloge de départ. Possibilité d’organiser un tournoi blitz (5 minutes), le 1er dimanche de chaque mois. Let’s speak English! A tous ceux qui souhaitent améliorer leur anglais à l’oral, retrouvons-nous pour discuter tous azimuts en compagnie de notre intervenante américaine. Tous les jeudis matins de 11h à 12h. Groupe de 6 participants. Prix : 220.000VND par séance. Ces deux ateliers se tiennent au restaurant Frangipani (26 Lê Văn Miến, Q2). Renseignements et inscriptions : ateliers@afvsaigon.org (n’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’adhérent).
  • 45. Ch 'en eø qu b lan c Le dernier né de Paris Baguette Café vient d'ouvrir dans le District 7. Apres celui de Cao Thắng dans le Q3 et celui de Hai Bà Trưng dans le Q1, voici celui de Sky Garden dans le Q7. Baguette fraîche à partir de 10 heures, sandwichs, salades et viennoiseries, à emporter ou à déguster sur place. Des prix raisonnables. A essayer ! Paris Baguette – Sky Garden 2, Nguyễn Văn Linh, Q7 SG Avis aux gloutons Je conçois difficilement de prendre un café sans l’accompagner de petits gâteaux secs ou copieusement beurrés, un péché mignon qu’il n’est pas si évident de satisfaire au Vietnam. Bien sûr, les grandes marques françaises ou anglo-saxonnes se retrouvent dans les étagères des épiceries gourmet – mais le Petit Lu grevé des frais de transport a une saveur décidément bien salée… Quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir récemment, proposée dans un emballage ingénieux de grands godets transparents, une gamme de sablés, cookies, tuiles, fondants et autres crackers, produits localement par un entrepreneur francovietnamien, à la tête d’un atelier d’une demi-douzaine d’employés. Ces douceurs estampillées « Belle et Dorée » se déclinent en une pléthore de saveurs qui se rallonge de semaine en semaine : chocolat, citron, amande, cannelle, fraise, ananas, coco, etc. – et cacahuète pour les champions de la gloutonnerie. Succombez, sans vous ruiner ! Comptez 25.000 VND pour une boîte de 100 grammes. Les produits « Belle et Dorée » sont disponible en tête de caisse de nombreux supermarchés : Citimart, Central Mart (Saigon Pearl), An Phu Market, etc., et dans certains restaurants (La Niçoise, La Hostaria). Le réseau s’étend rapidement. EF Eh bien dansez maintenant ! Un souffle nouveau pour la danse au Vietnam, avec pour objectif principal de rendre accessible une danse de qualité a un plus grand nombre (enfants, ados, adultes tous niveaux). Cours de danse : classique, contemporaine, jazz, afro, hip-hop, break dance, claquettes, salsa, belly dance, danse traditionnelle vietnamienne et percussions cubaines. Une panoplie de programmes et de dispositifs en faveur de toute la communauté. Les professeurs de danse diplômés sont hautement qualifiés. Dancespace Vietnam – Fideco Riverview, rez-de-chaussée , 14 Thảo Điền, Q2 tel : 08 37 44 65 19. www.dancespacevn.com GG Un nouveau cheø (dessert vietnamien) fait fureur aupreøs de la jeunesse saigonnaise. C'est Hanoi, encore une fois, qui a donneù le ton: apreøs la mode du traø chanh (theù au citron) descendue du Nord l'an dernier, celle du khuùc baïch (morceaux blancs – toute une eùnigme…) simpose en 2013, et les eùchoppes ont envahi les environs du canal Thò Ngheø qui deùlimite le Q1 de Phuù Nhuaän. Il s'agit d'une poigneùe de litchis deùcortiqueùs, baignant dans un jus douceaâtre, agreùmenteù de deùs de fromage et d'amandes grilleùes, dans sa version classique du moins. Les novateurs n'ont pas tardeù aø y ajouter longanes, geùlatine, lambeaux de coco, etc. voire des fraises pour les plus audacieux. Cet entremet reùsolument sucreù est une bonne alternative pour ceux que les cheø aux haricots, plus traditionnels, rebutent. A deùguster en comptant les mobylettes qui deùfilent. Les eùchoppes se concentrent surtout entre Traàn Quang Khaûi (Q1) et Phan Xích Long (Phuù Nhuaän), notamment le long du canal Thò Ngheø, avec un eùpicentre aø l'extreùmiteù du pont Hoaøng Hoa Thaùm. Mais les grands temples du cheø ne sont pas en reste (Cheø Myõ sur Nguyeãn Thaùi Hoïc, Q1, ou plusieurs adresses sur Nguyeãn Trò Phöông, Q10). EF Q U Á N B Ụ I C a c h é dans une ruelle, ce restaurant n o u s emporte sur les routes du Vietnam avec des plats simples et délicieux. Une deuxième adresse avec une décoration soignée « asiatico & art déco ». Pour une soirée sympa à des prix raisonnables (80.000 VND pour un plat). Quán Bụi - 8 Nguyễn Văn Nguyễn, Q1 SG 45