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Art de Vie & Professions Libérales
Mars-Mai
2024
N° 7
Interview exclusive du nouveau
Bâtonnier de Paris
Les nouvelles matières du futur
Point sur les automobiles
électriques chinoises
Règlementations sur l’IA
Les tendances du marché de l’art
&Renouveau
Tendances
Spécial
ÉDITO
L’heure du renouveau a sonné !
LIBERALIS
Édité par LEGI TEAM
198, avenue de Verdun
92130 Issy-les-Moulineaux
Tél. 01 70 71 53 80
RCS B 403 601 750
Cofondateur et directeur de la publication :
Pierre Markhoff
Cofondateur et responsable du digital :
Christophe Albert
Responsable du magazine et de la publicité :
Jean-Louis Roux-Fouillet
(Tél. 01 84 19 02 42 - jl.roux-fouillet@legiteam.pro)
Retrouvez LIBERALIS en digital sur www.village-justice.com (avec 1 400 000 de visiteurs uniques par mois ACPM)
Rédactrice en chef : Kyra Brenzinger
(kyra.brenzinger@gmail.com)
Journalistes-pigistes :
Robin Massonaud (art)
Fuchsia Bonvicini
Directrice artistique : Cyriane Viciana
Diffusion : 35000 exemplaires
(APCM 2022)
Impression : JF IMPRESSION
Garo Sud - 296 rue Patrice Lumumba
CS97874 - 4075 Montpellier Cedex 3
N°ISSN : 2827-5101
Retrouvez LIBERALIS en digital sur www.village-justice.com
avec 1 400 000 de visiteurs uniques par mois (ACPM)
Les opinions émises dans ce magazine n’engagent
que leurs auteurs. Toute reproduction même partielle doit
donner lieu à un accord préalable et écrit des auteurs et de
la rédaction.
Le magazine Liberalis sort le jour du printemps et
c’est l’occasion d’écrire une nouvelle page blanche
pour avoir de beaux projets et de nouveaux rêves !
En exclusivité pour le magazine, nous avons interviewé
le nouveau bâtonnier de Paris, Maître Pierre Hoffman
qui nous confie les sujets qui lui tiennent à cœur pour son
mandat.
Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert,
nous évoque aussi les nombreux projets, tournés vers la
jeunesse et le rayonnement international de cette noble
institution.
Jacques Letertre, homme d’affaires et collectionneur,
nous dévoile son amour pour les livres et les manuscrits
qui a donné naissance à sa chaîne des Hôtels
Littéraires.
Avec émotion, découvrons la nouvelle fondation
« Les Princes et Princesses arc-en-ciel » du couple
Sophie et Alexandre Bianchi qui se mobilise contre les
maladies orphelines neurodégéneratives qui touchent
leur fille.
Côtéjoaillerieethorlogerie,découvronslesmatièresdufutur
etlesnouvellestechnologies.Avecdesexperts,faisonsaussi
lepointsurl'IntelligenceArtificielle(IA)ousurlestendances
du marché de l’art.
Rencontrons Poiray et agnès b. qui remportent un beau
succès à l’international en tant que marques typiquement
françaises.
Partons à l’aventure aux antipodes avec Deep Climate ou
à la découverte de la création d’une épée d’académicien.
Prenons le temps pour mieux connaître les vins naturels ou
les bonnes adresses où séjourner avec sérénité.
Voyageons en Italie à la découverte des perles de la Vénétie
ou partons à la recherche des œufs en chocolat des grands
pâtissiers, car la France reste le grand maître dans l’art de
la gastronomie.
Liberalisez-vous pour trouver de nouvelles passions !
Kyra Brenzinger & Jean-Louis Roux-Fouillet
SOMMAIRE
2 Édito : L’heure du renouveau a sonné !
6 What’s New ?
8 Échanger : Règlement sur l'IA
10 Échanger : Interview de Maître Pierre Hoffman, le nouveau Bâtonnier de Paris
12 S’émerveiller : Les nouvelles matières du futur
16 S’émerveiller : Poiray, la FrenchTouch!
18 S’étonner : Le Comité Colbert célèbre ses 70 ans
20 Olwen Forest : Falling in love with leaves
22 S’émerveiller : Histoire d’une épée d’académicien
24 Cap vers le Sud avec agnès b. !
27 Shopping : L’heure du renouveau
29 Se cultiver : Jurid'Art présente LesMagistratssurleDivan
30 Se cultiver : Les tendances du marché de l’art en 2024
33 S’enflammer : Jacques Letertre, homme d’affaires et collectionneur !
34 Se passionner : Nouvelles tendances, matières et technologies de l’horlogerie
36 Découvrir : Opération DeepClimate !
38 Échanger : Michel Bernardaud, l’art de vivre et les arts de la table au sommet !
40 Savourer : Œufs de Pâques et gastronomie
42 Savourer : Sélection de nouveaux jeunes chefs
44 Déguster : Le vin naturel ne sent pas le soufre !
46 Découvrir : CastleBreak dans un lieu d'exception : le château de Couches
48 Découvrir : Verone et Vicence, les perles de la Vénétie
51 Découvrir : Escapade au Pays d’Issoudun
52 Se cultiver : News, expositions et événements à ne pas manquer
54 Découvrir : Les hôtels confidentiels
56 Se cultiver : Les tribulations judiciaires du dernier opéra de Rameau
60 S’engager : Une nouvelle fondation pour les maladies orphelines neurodégéneratives
62 Soirées Liberalis : agnès b. et Copin joaillier – Agenda des prochaines soirées
64 Questionnaire de Proust : Maître Pierre Hoffman, le nouveau Bâtonnier de Paris
Art de Vie & Professions Libérales
Mars-Mai
2024
N° 7
Interview exclusive du nouveau
Bâtonnier de Paris
Les nouvelles matières du futur
Point sur les automobiles
électriques chinoises
Règlementations sur l’IA
Les tendances du marché de l’art
&Renouveau
Tendances
Spécial
LIBERALIS
Mars-Mai 2024
© Qannati, détail du bracelet Alpha
évoquant le Big Bang avec au centre une
opale d’Ethiopie sur poudre de météorite
et tranches de diamants bruts.
Qannati Objets d'art, design Frédéric
Mané et fabrication Jothi-Sèroj.
Épée réalisée par Thierry
Vendome © Olivier Foulon
Arbre de Jessé
© JLRF
© Aurélie Ibanez/Bourgogne
Live Prod
Service Aux Oiseaux 2
© Lily Rose
La Vierge à l'Enfant à la grappe
de raisin - © Artcurial
Collection Ma Préférence,
Poiray
Cindy Chao pièce Haute
Couture, broche Plume
découvrir
N
e
w
s
6
Par Kyra Brenzinger
What's News?
Bäumer, 30 ans de créations
Lamaisondejoaillerieindépendante,installéesurlamythiqueplaceVendômeàParis,célèbre
ses 30 ans de création à travers un ouvrage donnant la parole à différentes personnalités.
« Trente amis se sont prêtés au jeu de mes questions à partir d’un bijou que j’ai choisi pour eux.
Par leurs réponses, ils ont dessiné le portrait d’une maison vivante et toujours en évolution »,
explique le fondateur Lorenz Bäumer. Ainsi, la princesse Charlène de Monaco dévoile sa
tiare "Écume de diamants" ou Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert
(que l’on retrouve aussi interviewée dans ce numéro), présente les boucles d’oreilles
"Titane Ocean Crush". C’est aussi l’occasion de découvrir les nombreuses collaborations
du créateur avec la prestigieuse maison Chanel ou pour la réalisation de collections de
maquillage pour Guerlain. Passionné par l’art et les minéraux, Lorenz Bäumer invite sa
clientèle à découvrir ses créations joaillières dans sa boutique-écrin ressemblant à un cabinet
de curiosité intimiste.
Bäumer – 19, place Vendôme – Paris 1er
- www.baumer-vendome.com
Editions de La Martinière – photographie de Philippe
Garcia
Iris van Herpen, Sculpting the Senses au MAD
La nouvelle exposition de la styliste néerlandaise Iris van Herpen prouve avec virtuosité
que la relève de Thierry Mugler et Alexander McQueen est assurée. Entre univers Art
nouveau et futuriste, ses robes-armures métamorphosent les femmes en déesses toutes
puissantes. Pionnière dans l’usage des nouvelles technologies dans sa discipline, Iris
van Herpen transgresse les normes conventionnelles du vêtement, alliant savoir-faire
traditionnel et techniques d’impression 3D. Une sélection de plus de 100 pièces de haute
couture dialogue avec des œuvres d’art contemporain. Ses constructions d’accessoires
sont librement inspirées des sciences naturelles comme des coraux ou des fossiles créant
une résonance unique avec des pièces historiques de la marque, créée en 2007. Dans une
véritable immersion « sculptant les sens », la scénographie s'ouvre par le thème de l’eau et
les origines du vivant, suivi par un cabinet de curiosité et l’atelier de la créatrice dévoilant
les recherches et expérimentations de la styliste au talent infini.
Jusqu’au 28 avril 2024 – Musée des Arts décoratifs – 107, rue de Rivoli – Paris 1er
-
https://madparis.fr
© MAD- photographie © Solve Sundsbo – Graphisme
© Agnès Dahan Studio
Affiche © CC0 Paris Musées/Musée Cognacq-Jay
Luxe de poche au Musée Cognacq-Jay
L’exposition, intitulée « Luxe de poche, petits objets précieux au siècle des lumières », présente
une collection exceptionnelle de petits objets précieux et sophistiqués (or, pierres dures ou
pierres précieuses, nacre, émaux). Les usages de ces objets varient, mais ils ressortent tous
des us et coutumes d’un quotidien raffiné, signe de richesse ou souvenirs intimes. Au siècle
des Lumières comme aux suivants, ils suscitent un véritable engouement en France d’abord,
puis dans toute l’Europe. Cette approche plurielle convoque à la fois l’histoire de l’art et celle
de la mode. Des accessoires de mode et des vêtements viennent compléter la scénographie,
ainsi que du mobilier où ils sont rangés. Tableaux, dessins et gravures viennent également
illustrer le propos. Ce dialogue permet d’envisager ces objets dans le contexte plus large du
luxe et de la mode au XVIIIe
et au début du XIXe
siècle.
Du 29 mars au 29 septembre 2024 – 8, rue Elzévir - Paris 3ème
www.museecognacqjay.paris.fr
Paolo Roversi © Palais Galliera, Paris Musées, 2024
Paolo Roversi au Musée Galliera
Si un photographe a créé un style identifiable dans la mode, c’est bien Paolo Roversi !
Sa signature est reconnaissable entre toutes : flouté artistique, tonalités douces et sépia
du noir et blanc à la lumière du jour ou densité et profondeur des couleurs à la lumière
de la lampe torche. Ce photographe d’origine italienne est venu s’installer à Paris dès
1973, et a su redéfinir la photographie de mode. Les magazines prestigieux comme Vogue
ou Egoïste font appel à lui et sa carrière est marquée par sa collaboration avec les plus
grands créateurs de mode, tels Yohji Yamamoto ou Romeo Gigli. Cette exposition réunit
140 œuvres dont des images inédites, des tirages Polaroid, des archives (magazines,
catalogues…) dévoilant le parcours d’un photographe qui a su avec art métamorphoser le
regard sur la mode. La scénographie de l’exposition entraine le visiteur de l’ombre vers la
lumière et de son studio d'artiste vers un espace imaginaire.
Jusqu’au14juillet2024-PalaisGalliera- 10,avenuePierre1er
deSerbie-Paris 16ème
-
www.palaisgalliera.paris.fr
7
Paris et ses environs, de 1780 à 1950 à la Galerie Christian
Le Serbon
Spécialisée dans les tableaux et dessins anciens et du 19ème
, la Galerie Christian Le Serbon
expose actuellement plus de quarante vues de Paris et ses environs (Saint-Cloud, Bagatelle,
Ermenonville, Versailles...). Ces aquarelles, peintures à l'huile, dessins au crayon ou à la
plume, choisis pour leurs qualités esthétiques et leur intérêt historique, sont tous richement
décrits dans un catalogue numérique disponible sur demande (présentant avec précision
leur contexte de création, provenance, etc.). Plusieurs œuvres sont de niveau muséal et les
prix offrent une large palette allant de 900 € à 40 000 €. Une merveilleuse occasion pour
retrouver les lieux d'un Paris, parfois aujourd'hui disparu, et les explorer à travers la sensibilité
des artistes de l'époque. Christian Le Serbon désire faire partager la passion qui l’anime
depuis plus de 25 ans, aussi bien auprès des amateurs souhaitant s’initier, notamment la
jeune génération, qu’aux collectionneurs avertis ou aux institutions patrimoniales.
Jusqu'au 9 avril 2024 - Galerie Christian Le Serbon, 45 rue de Penthièvre, Paris 8ème
-
www.galerie-leserbon.fr - christian@galerie-leserbon.fr
Tableau L'Arc de Triomphe de l'Etoile vers 1860 -
Philippe Benoist (1813-1896)
Van Cleef & Arpels et le Japon : une rencontre artistique
Au sein de la Galerie du Patrimoine de la boutique Van Cleef & Arpels place Vendôme,
l’exposition met en scène les inspirations japonaises ayant influencé le joaillier, des années
1920 à nos jours. Issues de la collection patrimoniale, ces 30 pièces ont été réalisées entre
1923 et 2012 et de précieux documents d’archives sont également présentés. En 1853,
isolé depuis plus de 200 ans, le Japon s’ouvre au monde, au commerce et aux échanges
culturels. En Europe, cette seconde moitié du 19ème
siècle sera profondément marquée
par un courant artistique que le critique français Philippe Burty nommera « Japonisme ».
L’imaginaire des jardins avec leur conception, leur ésotérisme, et leur dimension spirituelle,
représente naturellement une forte inspiration pour Van Cleef & Arpels allant des célèbres
Chrysanthèmes en rubis et diamants au collier Omikuji. Ce riche ensemble illustre un
pont entre les cultures et une fascination pour l’Empire du Soleil Levant qui ne s’est jamais
démentie.
Jusqu’au15juin2024-BoutiqueVanCleef&Arpels-GalerieduPatrimoine -20,place
Vendôme - Paris 1er
- www.vancleefarpels.com
Collier Omikuji 2008 , or blanc, saphirs roses,
grenats tsavorites, diamants - Collection Van Cleef
& Arpels
Les 60 ans de la Fondation Maeght :
Amitiés, Bonnard-Matisse
Première fondation d’art moderne et contemporain en France, la Fondation Maeght
fêtera ses 60 ans cet été. Créée en 1964, par le couple de marchands d’art, éditeurs et
lithographes Marguerite et Aimé Maeght, elle fut inaugurée par André Malraux. Cet
anniversaire sera marqué par une grande exposition estivale « Amitiés, Bonnard-Matisse »
qui mettra l’accent sur la relation amicale et respectueuse entre Pierre Bonnard et Henri
Matisse, en retraçant leurs liens avec la famille Maeght pour qui les deux artistes-amis
incarnaient deux génies du 20ème
siècle. Différentes thématiques cernent le propos avec
de nombreuses œuvres et documents rares. L’exposition aborde aussi par effet miroir
l’approche des deux maîtres sur les mêmes sujets : les autoportraits, la rue, la lumière du
Midi, le peintre et son modèle. Une belle occasion pour découvrir au printemps ce musée,
niché au coeur d'un parc arboré avec vue sur le célèbre village de Saint-Paul-de-Vence.
Du 29 juin au 6 octobre - 623, Chemin des Gardettes - 06570 Saint-Paul-de-Vence -
www.fondation-maeght.com
Fondation Maeght - Photo Olivier Amsellem -
Archives Fondation Maeght
René Lalique - Ornement de corsage Jasmin,
v. 1899-1901 © Coll.privée
René Lalique, l’inventeur du bijou moderne à Wingen-sur-Moder
Au travers de plus de 100 bijoux exceptionnels, l’exposition dévoile comment René Lalique
a renouvelé l’art de la bijouterie à la fin du 19ème
siècle. Ce parcours, présenté dans le musée
ultra-contemporain conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte au cœur de l’Alsace,
s’attache à montrer les apports de René Lalique à l’art de la bijouterie soulignant que ses
bijoux sont des œuvres d’art grâce à leur dimension architecturale et à leur innovation.
L’exposition s’intéresse aux processus de création et de fabrication, à travers l’imaginaire du
créateur et les matériaux employés, présentant également l’importance du dessin dans son
travail. À une époque où la joaillerie est encore à l’honneur, il est soucieux de beauté et non
de snobisme en utilisant des matières non nobles comme le bois, la corne ou le verre. L’émail
occupeégalementuneplacedechoixdanslescréationsdeRenéLaliquequienexploretoutes
lespossibilitéstechniques,del’émailchamplevéàl’émailcloisonné.Sonuniversoniriquedela
faune et de la flore associant des femmes-nymphes définissent l’extraordinaire période « Art
nouveau » dont le maître incontesté reste René Lalique.
Du 1er
mai au 3 novembre 2024 - Musée Lalique - Rue du Hochberg - 67290 Wingen-
sur-Moder
8
échanger
Économie
&
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u
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e
s
s
Règlement sur l'IA :
l’Europe se tire-t-elle une balle
dans le pied pour les IA génératives ?
Après plus de deux années de gestation,
un temps presque long à l’ère du
numérique, l’Union européenne
s’est dotée de normes pour réguler
les usages de l’intelligence artificielle.
Il s’agit du règlement sur l’IA, dont
l’accord politique a été annoncé en
décembre 2023. Le texte a été approuvé
ce 2 février 2024. Il s’agit là d’une
première mondiale, puisque le décret
du Président américain Joe Biden,
pris le 30 octobre dernier, se limite
à des règles de bonne conduite
pour les géants de la technologie
américaine.
Résultat d’un compromis laborieusement
trouvé par les négociateurs du Parlement
et du Conseil européens, le débat sur la
réglementation de l’IA a mis en lumière
les intérêts divergents, entre liberté et
innovation d’un côté et régulation et
Par Constantin Pavléas, avocat en droit du numérique, dirigeant-fondateur de Pavléas-
Avocats et professeur et coordinateur du programme Droit du numérique et Propriété
intellectuelle à l’École HEAD (Hautes Études Appliquées du Droit)
sécurité de l’autre. Le texte adopté se
base sur les risques induits par chacun
des systèmes d’intelligence artificielle.
À la veille des Jeux Olympiques de Paris
et face à la menace terroriste, faut-il
proscrire tout système de reconnaissance
faciale, basé sur l’intelligence artificielle
capable d’identifier des sujets à risque
dans le domaine public ? Et comment
répondre aux nombreux enjeux
juridiques, éthiques, sociologiques, voire
civilisationnels, suscités par l’émergence
de ChatGPT et autres IA génératives,
capables d’élaborer, selon les requêtes
formulées par les utilisateurs, des textes en
langage naturel, mais aussi des images,
des vidéos, des chansons ?
Pour les nouveaux services, basés sur les
IA génératives, à quel niveau imposer des
obligations de transparence, notamment
de « rendre public un résumé suffisamment
détaillé » des données utilisées pour
entraîner leurs algorithmes ? À qui les
imposer : aux créateurs des modèles
de fondation, ces grands logiciels
capables de créer du texte ou de
l’image ou à ceux qui les utilisent
dans un second temps pour créer des
services à usage général ou adaptés
à des besoins spécifiques, comme
ChatGPT ?
Pour les détenteurs de droits sur les
contenus (droits d’auteur notamment),
ces obligations doivent s’appliquer à tous
les maillons de la chaîne, y compris aux
concepteurs des modèles de fondation, de
sorte à pouvoir réclamer une rémunération
pour l’usage de leur contenu.
Pour les jeunes pousses européennes de
l’IA générative, comme pour les grands
pays de l’UE, ces règles seraient une
entrave à leur développement, alors
qu’elles cherchent à rattraper leurs
concurrents américains ou chinois.
Quelques semaines avant la décision sur
le règlement, les ministres concernés de
France, d’Italie et d’Allemagne se sont
ainsi rencontrés pour en discuter, et ils
ont insisté sur la nécessité d’instaurer
une législation « sans bureaucratie
inutile ».
Le règlement sur l’IA a tranché en
faveur d’obligations de transparence,
y compris pour les concepteurs de
modèles de fondation. C’est certes
une règle vertueuse et de bon sens.
Mais face à l’avance prise par les
entreprises américaines ou chinoises,
avons-nous manqué de pragmatisme ?
L’histoire de l’IA s’écrit vite et on le saura
bientôt.
�
↑ © Alain Guizard
Luxe, art et
création
10
Particulièrementsollicitédèsledébutdesonmandat,maître
Pierre Hoffman nous a néanmoins accordé une interview
exclusive et en hommage à Robert Badinter et à Bernard
Pivot, il s’est prêté également au jeu du Questionnaire de
Proust (à retrouver en page 64).
Quel a été l’effet de votre élection ?
Pierre Hoffman : De la joie d'abord, celle
d’avoir réussi à convaincre mes consœurs
et confrères de mon engagement et de
partager ces deux ans avec mon alliée et
amie Vanessa Bousardo. De l’émoi, ensuite,
lorsque j’ai pensé à mon père et à la fierté
qu’il aurait pu ressentir s’il avait été présent
ce jour-là. De la détermination, enfin, celle
nécessaire face à l’immense tâche qui allait
bientôt nous incomber.
Quels sont les thèmes qui vous tiennent
à cœur ?
Pierre Hoffman : Deux sujets sont
d’actualité : l’intelligence artificielle et les
rencontres économiques. Le sujet des IA
concerne les 34 000 avocats de Paris que
nous représentons. C’est un défi immense et
aussi une chance, mais il faut savoir prendre
les devants. Actuellement, nous réalisons
une cartographie des principaux acteurs
qui proposent des solutions en matière
d’intelligence artificielle et cherchons
àidentifiercellequenouspourrionsproposer
aux membres de notre Barreau, que ce
soit en mutualisant plusieurs logiciels déjà
existants ou en développant une application
spécifique. De même, nous souhaitons créer
et renforcer les synergies professionnelles
entre les avocates et avocats, notamment
pour les plus jeunes. Ce sera l’objet
des rencontres économiques que nous
organiserons.
Vos actions sont surtout dirigées vers les
jeunes avocats ?
Pierre Hoffman : C’est une période difficile
pour les jeunes avocats qui, pour certains
d’entre eux et contrairement à nos aînés,
Par Kyra Brenzinger
Interview de maître Pierre Hoffman,
le nouveau bâtonnier de Paris
quittent assez rapidement la profession
pour entrer dans le monde de l’entreprise.
Cette nouvelle génération ne « rentre plus
dans les ordres » : les jeunes avocats sont
beaucoup plus mobiles en cherchant parfois
à créer leur propre entreprise et partent plus
facilement vers d’autres voies.
Aussi, avec Vanessa Bousardo, il nous
apparaît crucial de répondre à ces attentes
nouvelles. Cela passera par des réformes
en faveur de l’équilibre vie professionnelle
– vie personnelle (facilitation du quotidien
des jeunes parents), par des mesures
visant à protéger les collaboratrices et
collaborateurs (lutte contre le harcèlement
etlesdiscriminations)ouencoreenfaisantle
pari de la transmission intergénérationnelle
(développement du programme de mentorat
d’exercice Avo’mentor).
Est-ce que le métier d’avocat a beaucoup
changé ?
Pierre Hoffman : En effet, notre pratique a
bien changé ! À titre d’exemple, il y a dix ans,
nous devions réaliser jusqu’à 100 saisies par
an. Aujourd’hui, avec ma sœur Emmanuelle
Hoffman, nous en réalisons seulement deux
à trois sur une année. Et actuellement, notre
activité se répartit équitablement avec
environ 50 % d’activité de conseil et 50 %
de contentieux, tandis que le contentieux
prédominait auparavant.
Les avocats ont également dû apprendre
à se saisir des différents moyens de
communication et ont dû s’exercer aux
rouages du marketing, là où il y a dix ans,
échanger
Économie
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s
→ Le Bâtonnier de Paris, Pierre Hoffman
et la Vice-Bâtonnière, Vanessa Bousardo -
© Ordre des avocats du barreau de Paris, 2024
← Photo de l’hommage du barreau de Paris
à Robert Badinter devant la Cour d’appel de
Paris-©OrdredesavocatsdubarreaudeParis,
2024
ils n’avaient pas encore le droit de publicité
personnelle. Rajoutez à cela, enfin, les
nouvelles technologies au service de l’avocat
qui bousculent notre exercice quotidien
et une concurrence de plus en plus rude :
ilyavait24000avocatsàParis,ilya10ans,
il y en a quasiment 35 000, aujourd’hui !
Celaobligelescabinetsàplusd’expertise?
PierreHoffman:Évidemment,lesexigences
sont de plus en plus grandes ! Les évolutions
de notre profession demandent davantage
detechnicité,decapacitéd’adaptationetde
compétences extra-juridiques. Nos cabinets
se professionnalisent et l’artisanat d’hier
n’a plus grand-chose à voir avec la gestion
entrepreneuriale, aujourd’hui nécessaire
au développement d’un cabinet. Les « soft
skills » deviennent, par ailleurs, des critères
de différenciation majeurs au moment du
recrutement.
Comment fonctionne le binôme que vous
formez avec la vice-bâtonnière Vanessa
Bousardo ?
PierreHoffman:Ilfautdirequ’après18mois
de campagne et des années à partager nos
bureaux, nous nous connaissons très bien !
Nous formons un binôme complémentaire
et rien n’a vraiment changé, depuis que
nous avons pris nos fonctions : nous nous
répartissons les sujets en fonction de nos
appétences et compétences respectives et
nous savons que nous pouvons compter sur
un entourage compétent et bienveillant.
Suivant cette logique, Vanessa Bousardo,
présidente de l’École de Formation
professionnelle des Barreaux, s’occupe
plus particulièrement des thématiques
liées à la lutte contre le harcèlement et les
discriminations.C’estdanslacontinuitémême
de son engagement puisqu’elle se trouvait
à la tête de la COMHADIS (commission
harcèlement et discrimination), lorsqu’elle
était membre du Conseil de l’Ordre. Pour
ma part, je suis plutôt affairé sur le volet
économique, les affaires publiques ou encore
les Jeux Olympiques qui nécessiteront une
mobilisation toute particulière de la part de
notre Ordre.
Est-ce que les sujets de parité vous
tiennent à cœur ?
Pierre Hoffman : Effectivement, c’est l’un
des sujets qui nous tient le plus à cœur
et nous savons combien il importe à nos
consœurs et confrères. Et nous sommes
également convaincus que des mesures qui
favorisent l’équilibre entre vie professionnelle
et vie privée rejailliront sur l’attractivité
et le développement de notre profession.
D’un côté, nous travaillons à préserver cet
équilibre, qui, au sein de notre profession et
dufaitdenotrestatutlibéral,n’estpasencore
au niveau de ce que peuvent proposer les
entreprises, aujourd’hui. Nous cherchons
plusparticulièrementàprotégerlesavocates
et avocats devenus parents, alors que la
parentalité reste trop souvent compliquée
et même critique pour nombre d’entre eux.
Nous comptons ainsi faire sortir de terre des
micro-crèches et une garderie d’urgence.
Parallèlement, un pôle « Zen parentalité »
sera bientôt créé. Il permettra d’assurer
les renvois des consœurs et confrères qui
seraient empêchés du fait de difficultés
ponctuelles, liées à leur vie personnelle. Il
n’est plus entendable, aujourd’hui, que les
avocates et avocats quittent la profession
pour des raisons extérieures à leurs seules
ambitions. De même, et c’est le second
sujet sur lequel nous nous penchons, nous
ne pouvons plus transiger sur les questions
de discriminations, de harcèlement ou sur
les cas de violences sexistes ou sexuelles qui
peuvent avoir cours au sein de certains de
nos cabinets. En ce sens, et afin de libérer la
parole des victimes, une nouvelle plateforme
d’alerte et de recueil des signalements sera
bientôt proposée. Ce dispositif, qui sera
confié à un tiers de confiance reconnu
dans le domaine, garantira l’anonymat de
chacune et chacun. C’est essentiel pour que
toutes les victimes puissent dénoncer les
situations auxquelles elles sont confrontées
et que les auteurs soient effectivement
sanctionnés.
Pouvez-vous nous parler de l’hommage
rendu à Robert Badinter ?
Pierre Hoffman : Je pense que l’émotion
suscitée par son décès au sein de notre
profession montre combien Robert Badinter
représentait l’Avocat dans ce qu'il a de
plus beau : juste, droit, fermement attaché
aux droits de la défense et aux libertés
fondamentales. Nous savons combien de
carrières il a inspirées, combien de vocations
ilasuscitées.Aussi,noussouhaitionsdonner
à chacune et chacun la possibilité de lui
témoigner son respect et son admiration, là
où l’hommage national qui lui a été rendu
par le chef de l’État place Vendôme ne le
permettaitpas.Cemomentderecueillement
et de mobilisation extraordinaire des
avocats, mais également des magistrats,
a réuni des centaines de robes sur les
marches de la Cour d’appel de Paris. Il
restera personnellement gravé dans ma
mémoire pour longtemps. �
↑ → Photo de l’hommage du barreau de Paris
à Robert Badinter devant la Cour d’appel de
Paris-©OrdredesavocatsdubarreaudeParis,
2024
11
s'émerveiller
12
J
o
a
i
l
l
e
r
i
e Les nouvelles matières
du futur
Contrairement à l’image traditionnelle qu’elle donne, la joaillerie n’est pas une discipline
figée. Grâce à de nombreux créateurs, elle sait se réinventer en explorant de nouveaux
métaux ou de nouvelles techniques permettant des créations aux designs futuristes.
Par Kyra Brenzinger
Les météorites et ses
structures mystérieuses
Quoi de plus futuriste qu’une météorite
venant du fin fond de l’univers ?
D’ailleurs pour la couverture de Liberalis,
nous avons choisi de dévoiler la pièce
extraordinaire « Alpha », incrustée
de poudre de météorite. Réalisée
avec talent par le designer Frédéric
Mané pour la marque Qannati, ce
bracelet évoque le Big Bang avec
une vraie révolution technologique
combinant poudre de météorite,
tranches de diamants bruts et diamants
noirs, carbone et sans oublier l’opale
d’Ethiopie au centre irradiant de tous
ses feux.
Encore plus loin, Alexandre Bianchi
nous transporte dans l’exploration de
l’univers avec sa collection de météorites
« Extra-terrestres ». Fasciné par la force
de cette matière, il a créé un pendentif,
orné d’une météorite Muonionalusta,
tombée sur terre en 1906 au nord de la
Scandinavie. « Donnant un aspect futuriste,
la tranche de météorite fait apparaître un
réseau octaédrique qui se retrouve dans
aucun autre minéral sur terre », explique le
joaillier.
La céramique et le cristal
de roche revisité
La marque Chanel a révolutionné le
monde de l’horlogerie en 2000, lorsque
Jacques Helleu, directeur artistique
de l’horlogerie à l’époque, lance la
célèbre montre « J12 » en céramique.
Créée dans les ateliers G&F
Châtelain de La Chaux-de-Fonds
en Suisse, la céramique est réalisée dans
des fours à plus de 1 000°c à partir de
dioxyde de zirconium et d’yttrium lui
conférant dureté et luminosité. Cette
céramique high-tech a été également
déclinée en collection « Ultra » de
joaillerie fine de Chanel sous forme de
bagues, bracelets et pendentifs jouant
le contraste de la céramique blanche
et noire.
↑ Qannati, bracelet « Alpha », poudre de météorite, tranches de
diamants bruts et diamants noirs, carbone, opale d’Ethiopie sur
bracelet alligator
← Maison Bianchi, collier « Extra-terrestre » - Météorite
Muonionalusta de 43.81 carats sur or jaune, or rose, or blanc
↓ Chanel, bague « Ultra », céramique
noire sur or blanc
13
Chez Boucheron, c’est la talentueuse
Claire Choisne, directrice de création, qui
a su nous éblouir avec sa collection de
Haute Joaillerie, intitulée « Holographique ».
En collaboration avec Saint-Gobain, ils
ont trouvé un procédé de vaporisation
de microparticules de métaux précieux
sur la céramique et le cristal de roche.
L’effet irisé évoque la magie de l’arc-
en-ciel ou des bulles de savon de notre
enfance avec une touche futuriste et
un porté mixte. Le joaillier hongkongais Wallace
Chan continue ses explorations
techniques notamment avec sa bague
« A new generation ». Dans un design
particulièrement futuriste et organique,
il combine le titane à de la porcelaine.
Inventée en Chine, la porcelaine
a été rapportée par Marco Polo au
13ème
siècle, mais Wallace Chan nous
propose plutôt de nous plonger dans la
galaxie à la recherche de supernovas
alliant porcelaine, titane et saphirs.
Le titane aux couleurs
infinies
Particulièrementlégeretrésistant,letitane
a fait son entrée dans la haute joaillerie
avec notamment la maison Chopard qui
↑ Boucheron, modèles « Faisceaux » de la
collection haute Joaillerie Holographique,
cristal de roche et diamants sur or
→ Chopard, bracelet « Red Carpet Art »,
saphirs, grenats mandarins, diamants et
boucles d’oreilles sur titane
← Wallace Chan, bague « A new generation »,
saphirs, aigues-marines, diamants, saphirs et
porcelaine sur titane
l’utilise régulièrement pour ses collections
Haute Couture « Red Carpet ». Ses
majestueuses parures en forme de feuilles
et manchettes permettent grâce au titane
de devenir des pièces particulièrement
légères et facilement portables.
La joaillière taïwanaise Cindy Chao
a créé un véritable univers autour du titane
jouant sur des volumes extraordinaires
et travaillés tout en finesse. Lors de sa
dernière exposition à Shanghai, elle
a dévoilé ses nouvelles pièces Haute
Couture comme sa nouvelle broche
Plume en version diamants blancs et
jaunes et rubis sur titane. Des marques de
joaillerie française déclinent leurs pièces
iconiques comme la maison Fred qui
a présenté une nouvelle collection
« Force 10 » avec une manille utilisant le
titane noir mat, combiné aux diamants
noirs avec des codes d’une masculinité
contemporaine.
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l’agent exclusif de la distribution du
tantale en France, appliqué à la joaillerie.
En 2022, il a lancé une première collection
d’alliances et nous explique les avantages
de ce métal : « Les choix s'est fait sur des
alliances de la collection "Pure" pour
être portées tous les jours et prévues pour
durer. Sa densité est supérieure à l’or et
donc résistant à la corrosion et insensible
aux acides ». La couleur naturelle du
tantale est grise argentée et peut
avoir des nuances selon le traitement
de surface (brossé, sablé, effet cristal
ou déstructuré). Cette couleur est
particulièrement adaptée à des bijoux
Le tantale : utilisé dans
l’électronique et le
domaine spatial
Considéré comme métal rare, le tantale
se trouve dans le minerai de la tantalite
surtout présent au Brésil, Canada,
Australie et en Afrique. Il possède des
propriétés électro-optiques, acoustiques
et piézoélectriques uniques, utilisées
dans l’électronique mobile (téléphones
sans fil, téléviseurs, enregistreurs
vidéo...). Il fond à 3 017°c ce qui lui
permet d’avoir une haute résistance
pour l’utilsation dans l’aéronautique,
le spatial, mais aussi pour les implants
chirurgicaux.
Frédéric Manin, fondateur de l’Atelier
de Tantale, a découvert ce métal dans
un atelier en Allemagne et il est devenu
↓ Fred, « Force 10 » avec
manille en titane noir mat et
diamants noirs
← L’Atelier de Tantale, alliance de la collection
« Pure » et deux roches brutes de tantalite
← Cindy Chao pièce
Haute Couture, broche
Plume, diamants
blancs et jaune, rubis
sur titane
15
mixtes et Frédéric Manin vient de lancer
une nouvelle collection Surface proposant
des bracelets ou chevalières au design
contemporain.
L’osmium, le métal
précieux le plus rare au
monde
Découvert en 1803 par un chercheur
anglais qui étudiait la solubilité du
platine, l’osmium est un résidu du platine
encore plus résistant. Il s’agit du métal
qui a la plus haute densité et la plus
haute résistance à l’abrasion et à la
plus haute compression. Sa quantité est
extrêmement limitée sur terre, estimée
à seulement 1 m3
et l’osmium est exploité
principalement au Canada, en Afrique
du Sud et en Russie. Du fait de sa rareté,
l’osmium est utilisé sous forme d’alliage
de haute résistance dans les industries
de la microélectronique, du médical
et de la chimie.
L’Institut Osmium France, créé en
2021 par Virginie Grondin, est chargé
d'introduire sur le marché français ce
métal le plus rare au monde (1 800€ le
gramme). « L’osmium est à 97 % un
produit d’investissement financier, mais
depuis quelques années, le secteur de la
bijouterie-horlogerie s’y intéresse comme
les marques Hublot, Ulysse Nardin ou la
marque de bijouterie Une ». De couleur
gris-bleu et brillant, il apporte un effet
futuriste à des créations comme les
bijoux de la marque Oslery, créés par la
vice-présidente de l’Institut Osmium en
Allemagne. De nouvelles applications
dans le secteur du luxe sont en cours
comme la création du violon le plus cher
au monde ou la création de nouvelles
cartes de crédit.
Le Niellium by Atelier
Allure
Thomas Hauser est un joaillier-
alchimiste qui aime inventer de nouvelles
matières appliquées à la joaillerie.
Après ses collaborations à Paris et
à New-York, il s’est réinstallé à Vienne, sa
villenatalepourcréerdesbijouxaudesign
audacieux. D’ailleurs, ses créations ont
reçu de nombreux prix comme le Red
Dot Awards, iF-Award, ou Good Design
Award. Pour sa dernière collection
« Massive Champagne », il a développé
un alliage qu’il a baptisé Niellium,
une fusion du platine, de palladium
et d'argent. « Cet alliage précieux
extraordinaire est d'un noir mystique, qui
ne s'altère pas lorsqu'il est exposé à l'air et
qui n'est ni recouvert ni traité en surface.
À l'instar de Tanizaki Jun'ichiro qui admire
la beauté intrinsèque des ombres, j’ai choisi
de développer la magie de la profondeur
du noir ». Cinq bagues composent la
série « Massive Champagne », serties
de diamants noirs rencontrant le métal
noir. Disposés de façon asymétrique,
les diamants noirs évoquent des gouttes
de rosée au clair de lune, mais aussi de
minuscules bulles flottant à la surface
du Champagne. Un hymne au glamour
et à la vie tout simplement. �
→ Oslery, collier serti d’Osmium,
le métal le plus cher au monde,
incrusté dans de l’or jaune
↑ Atelier Allure, bague « Massive Champagne » en Niellium et diamants noirs
16
Poiray,
la French Touch !
a célébré ses 30 ans en 2023. Ce bijou,
par son design original, revisite le motif du
cœur, symbole universel de l’amour sous
toutes ses formes. « Aujourd’hui encore,
le "Cœur Entrelacé" plait pour ses lignes
épurées et graphiques, ses courbes singulières
et généreuses qui célèbrent tous les amours.
Habillé d’or jaune, d’or blanc, d’or rose ou de
diamants, il garde sa place de favori dans les
Fondée en 1975, Poiray est l’une des maisons les plus jeunes de la Place Vendôme qui a su
allier inventivité, modernité et gaieté des couleurs. Un condensé de l’élégance à la française.
Par Kyra Brenzinger
Lorsque, Jean-Paul Bize, président du
groupe familial français AMS, a racheté la
marque Poiray en 2014, il a eu la volonté de
dynamiser la maison tout en respectant le
charme et les atouts de ses créations.
Une véritable signature
identifiable
Côté design, la marque a une vraie identité
comme l’explique Sabine Moinet, DG de
Poiray:«LaMaisonPoiraysedistinguepourau
moins quatre raisons : son audace car elle fut la
première maison de la place Vendôme à utiliser
des pierres fines en complément des pierres
précieuses.Elletientàsonindépendanceetreste
unemaisonfamiliale,àtaillehumaineetproche
de ses clientes. Son côté personnalisable rend
le bijou plus appropriable et plus accessible. Et
enfin, son vaste nuancier de couleurs offre une
certaine impertinence et de la fantaisie dans les
créationscolorées ».
Une joaillerie féminine avec
des best sellers historiques
Dès les années 70, la marque a eu un
succès fulgurant redéfinissant les codes
de la joaillerie pour des femmes qui ont
commencé à s’acheter et s’offrir des
bijoux pour elles-mêmes et pour toutes
occasions. « Poiray s’est fait l’écho des désirs
d’émancipation de cette nouvelle femme,
affranchie des normes de l’élégance d’antan.
Aujourd’hui encore, la joaillerie Poiray est
joyeuse, ludique et accessible, et sa séduction
tient autant à l’éclat du bijou qu’à la façon libre
et inventive de le porter », confirme Sabine
Moinet.
Le plus grand best seller historique de la
maison reste le « Cœur Entrelacé » qui
↓ Collection « Ma Préférence », constituée de
bagues, ornées de pierres interchangeables
àl’infini
↑ Collection « Cœur Entrelacé » en or jaune et
montre « Ma Première »
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créations ». Au fils du temps, de nouvelles
versions ont été créées avec différentes
formes de cœur ou le « Cœur Entrelacé
Émail » avec des couleurs délicates de corail,
ivoire ou bleu céladon, réalisées en émail.
Comme l’amour se partage à deux, la
maison a également lancé le Duo de Poiray
sous forme de bracelet mixte avec un design
de cœur légèrement allongé en argent
sur un simple cordon à choisir parmi de
nombreuses couleurs.
Les pierres fines et
l’interchangeabilité
« Dès sa création, la Maison Poiray a misé sur
lacouleur.C’étaitunparirisquécaràl’époque,
les joaillers de la Place Vendôme utilisaient
majoritairement les 4 pierres précieuses
(diamants, rubis, saphirs et émeraudes).
En utilisant dans ses créations pour la
première fois des pierres fines de couleurs,
telles que les améthystes, topazes, citrines,
la maison y a apporté de la modernité »,
explique Sabine Moinet.
Particulièrement inventive, la collection
« Ma Préférence » est une collection de
bagues interchangeables à l’infini. Le client
peut créer sa bague et en changer selon son
souhait grâce à un système ingénieux de
3piècesfacilementdétachables,composées
d’unanneauretenantunepierreetmaintenue
par une couronne qui se clipse sous les
griffes. Poiray propose une variété infinie de
pierres fines représentant la diversité de ces
gemmes : quartz rose, topazes, améthystes,
citrines, péridots, tourmalines… Et comme
tous les goûts sont dans la nature, il est aussi
possible de varier les couleurs de l’or (blanc,
jaune, rose) et d’avoir une couronne sertie
ou non de diamants. Bien sûr, ce système est
breveté et répond à une vraie tendance de
l’interchangeabilité et de la versatilité.
De nouvelles collections comme
« Filles Antik » utilisent les couleurs infinies
des pierres fines et permettent de séduire
une clientèle intergénérationelle.
Une succes story dans
l’horlogerie
En parallèle de sa joaillerie, la marque
a su se développer dans l’horlogerie avec
des modèles tout aussi iconiques. Sous
l’impulsion de Nathalie Hocq, directrice
artistique dans les années 80, la montre
« Ma Première » a vu le jour. « Avec ses
célèbres godrons et son cadran rectangulaire,
devenus le symbole horloger de la marque,
"Ma Première" se caractérise par son design
épuré, inspiré de l’Art déco. Grâce à un
système ingénieux de petits cliquets, le client
a la possibilité de personnaliser son bracelet
interchangeable ».
Sa collection de montres a été élargie
avec le modèle « Rive Droite », doté d’un
cadran rond, proposant également un large
colorama de bracelets et de matières : du
grain de riz métallisé aux peaux exotiques
du satin perlé au veau fluo. Cette étendue
chromatique est devenue la marque de
fabrique de la maison, alliée à un savoir-
faire artisanal d'exception.
Véritable marque ambassadrice de la
France sur les salons internationaux comme
Inhorgenta à Munich ou à Vicenzaoro
en Italie, Poiray a souhaité créer un clin
d’œil à l’esprit très patriote qui règnera
pendant l’année 2024, en imaginant une
déclinaison inédite tricolore de sa montre
« Ma Première ». « Cette version sera
à découvrir dans nos 5 boutiques parisiennes
(Passy,FaubourgSaint-Honoré,ruedelaPaix,
Saint-Germain-des-Prés et le Bon Marché),
mais aussi à Toulouse, à Bordeaux, à Lyon
ou dans une centaine de points de vente
partenaires en France et à l’étranger », conclut
avec enthousiasme la directrice générale,
Sabine Moinet. �
Pour plus de renseignements :
https://poiray.com
←← Montre « MaPremière », godrons sur cadran
rectangulaire, cadran en nacre et doté d’un
bracelet interchangeable
← L’amour se partage à deux avec le bracelet
mixte « Duo » de Poiray en argent sur cordon
→ « Ma Première » une déclinaison inédite
tricolore spéciale 2024
→→ Stand Poiray sur la pavillon Francéclat au
dernier salon Inhorgenta à Munich – DR
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Le Comité Colbert
célèbre ses 70 ans
Pouvez-vous nous parler de l’événement
« Les De(ux)mains du Luxe » ?
Bénédicte Epinay : Pour cette 2ème
édition,
30 maisons de luxe étaient présentes
permettant au public de s’émerveiller
tout en s’exerçant concrètement avec des
ateliers.L’idée n’étaitpasdefaireunénième
salon d’orientation, mais de proposer une
véritable expérimentation. L’objectif de
ces ateliers autour du luxe était surtout
d’éveiller la jeunesse aux différents métiers
qu’elle ne connait pas. C’est aussi pour
eux un moyen de repérer quelques talents
à recruter.
À l’occasion de l’édition « Les De(ux)mains du Luxe » en décembre dernier, nous avons
rencontré Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert, qui nous rappelle les
objectifs de cette noble institution. Par Kyra Brenzinger
Les maisons de luxe rencontrent-elles
des problèmes de recrutement ?
Bénédicte Epinay : Toutes les maisons
sont confrontées à ce problème car il faut
renouveler les générations, nées dans
les années 60. Nous souffrons d’une
dévalorisation ancienne en France du
travailmanuel,alorsquecesontdesmétiers
qui ont du sens. De la même manière,
l’univers du luxe semble un monde fermé,
alors que beaucoup de maisons à l’exemple
d’Hermès recrute sans diplôme à la clé
pour ses ateliers, aux termes d’un simple
test d'aptitude manuelle. Le secteur du
luxe a besoin de recruter 20 000 artisans
par an, donc il existe un réel potentiel pour
la jeunesse ou les adultes en reconversion
professionnelle.
Ces métiers sont aussi demandés au
niveau national ?
Bénédicte Epinay : Nos maisons
recrutent en effet à Paris, mais aussi
dans toute la France. Il faut rappeler
le contexte historique : c’est le résultat
← Bénédicte Epinay, Déléguée générale du
Comité Colbert © photo : David Atlan
↓ Gabriel Attal, Premier ministre et ancien
ministre de l’Éducation Nationale et de la
jeunesse, accompagné de Bénédicte Épinay,
pour l’inauguration Les De(ux)mains du luxe
© photo : David Atlan
Le Comité Colbert vient d’éditer une
nouvelle carte de France listant 188 territoires,
spécialisés dans différents domaines du luxe
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de la volonté de Jean-Baptiste Colbert,
ministre de Louis XIV, qui a créé à partir
de 1661, les différentes manufactures
royales dans plusieurs régions et selon
leurs spécialités. Citons les plus connues
avec le cristal dans l’est ou la porcelaine
àLimoges.D’ailleurs,leComitéColbertvient
d’éditer une nouvelle carte de France listant
188 territoires, spécialisés dans différents
savoir-faire comme le cuir, le flaconnage,
le textile… un réseau d’excellence et
d’emplois !
Pouvez-vous nous rappeler les
critères pour être membre du Comité
Colbert ?
BénédicteEpinay:Ilfautêtreunemarque
française de luxe, née en France avec
une création toujours réalisée en France
(ndlr : pas forcément la fabrication ni
l’actionnariat). La marque doit être
également reconnue internationalement
avec un chiffre d’affaires important,
réalisé à l’export. Nous regroupons
14 secteurs d’activité différents.
Allez-vous intégrer de nouveaux
secteurs ?
Bénédicte Epinay : Depuis 1984, les
institutions culturelles nous ont rejoint
à l’image du Château de Versailles,
du Louvre ou de l’Opéra de Paris. Tout
récemment, nous avons intégré la Tour
Eiffel, une merveilleuse façon de célébrer
nos 70 ans ! Depuis la fondation du Comité
Colbert en 1954, grâce à l’initiative de
Jean-Jacques Guerlain, nous comptons
dorénavant 93 maisons de luxe et
18 institutions culturelles.
Mais vous regroupez des entreprises
étrangères également…
Bénédicte Epinay : En effet, nous avons
6 membres européens, des entreprises
historiques de pays étrangers comme
Delvaux et Dr Irena Eris de Belgique,
Herend de Hongrie, Moser et Riedel
d'Autriche et Zolotas de Grèce. Il s’agit
davantage en quelque sorte « d’asile
politique », car il n’existe pas dans les
pays cités d’associations à l’image du
Comité Colbert. Nous leur assurons ainsi
d’être représentées à Bruxelles dans nos
discussions. Notre mission en général est
de protéger la propriété intellectuelle,
mais aussi nos savoir-faire et procédés
de fabrication, comme dernièrement avec
la remise en question de l’utilisation du
plomb dans le cristal.
Vous avez des représentants
à l’international ?
Bénédicte Epinay : Depuis sa création
en 1954, le rayonnement international
collectif de cette industrie figure au premier
rang de nos missions. Notre fondateur
Jean-Jacques Guerlain avait coutume
de dire « qu’il n’existe pas d’économie
forte sans culture forte ». Aujourd’hui,
nous avons un réseau d’ambassadeurs
aux États-Unis, en Chine, au Moyen-
Orient et au Japon. Pour 2024,
nous prévoyons d’être présents à Shanghai
dans le cadre des 60 ans des relations
diplomatiques entre la France et la
Chine. L’événement mettra en parallèle
les différents savoir-faire de chaque
pays comme une conversation de talents
complémentaires.
Quelle est votre définition personnelle
du luxe ?
Bénédicte Epinay : Ma définition préférée
est celle de Jean-Louis Dumas, ancien
président de la maison Hermès qui disait :
« Le luxe, c’est le désir qui l’emporte sur la
raison» ! Le facteur émotionnel et irrationnel
est particulièrement important dans
le luxe…
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↑ À la Station F, le public est venu découvrir les conférences et les ateliers de plus de 30 maisons de
luxe © photo : David Atlan
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Olwen
Forest
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Frédéric
Poletti
1 Broche Camélia en pâte
de verre, signée Chanel, circa
1960
2 Boucles d’oreilles en pâte
de verre, signées Chanel (circa
1960) et sautoir de Miriam
Haskell (circa 1940)
Avec son nom prédestiné évoquant la
magie des forêts et inspirée par la chanson
Les Feuilles mortes de Jacques Prévert,
Olwen Forest nous dévoile les créations
uniques qu’elle présente dans sa
célèbre boutique du Marché Serpette
à Saint-Ouen.
Pourquoi avoir choisi ce thème si
romantique des feuilles ?
Olwen Forest : Dans un certain moment
de notre vie, peut-être avons-nous
tous été surpris avec enchantement
par le mouvement majestueux des
arbres et de la danse des feuilles
dans le vent ?
Falling in love
with leaves
Olwen Forest
Interview de Kyra Brenzinger
Est-ce un thème récurrent dans les
bijoux ?
Olwen Forest : Partout dans
le monde, les grands artistes et
designers de bijoux étaient fascinés
par la beauté et la forme des feuilles.
En France, l’artiste surréaliste Elsa
Schiaparelli a lancé une collection
de broches et de colliers d’une force
extraordinaire. Au sein de sa Haute
Coutureetdesesaccessoires,CocoChanel
a très souvent choisi ce thème, réalisé en
pâte de verre (en collaboration avec la
maison Gripoix), représentant des fleurs
somptueuses de Camélia, entourées de
feuilles au vert lumineux.
1
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Pour en savoir plus :
OLWEN FOREST
Marché Serpette (allée 3 – Stands 5,6 et 7)
110 rue des Rosiers - 93400 Saint-Ouen
0033 (0)1 40119638 - www.olwenforest.com
Et de l’autre côté de l’Atlantique ?
Olwen Forest : Au début des années
1930 et 1940, l’avant-gardiste américaine
Miriam Haskell, célèbre pour ses montages
délicats en perles baroques sur des fils
extrêmement fins, a favorisé les feuilles
dans ses choix thématiques de bijoux
floraux.
Vous avez une collection unique de
bijoux de Joseff of Hollywood. Est-ce
qu’il a également évoqué ce thème ?
Olwen Forest : En effet, Eugene Joseff,
« jeweller of the stars », qui a créé 90 %
des bijoux des films hollywoodiens des
années 1930 à 1940, a réalisé plusieurs
bijoux sur ce thème comme pour l’actrice
américaine Jane Russel. Pour ses créations,
il choisissait une teinte légèrement bronze
dorée pour rehausser la luminosité des
visages des stars. Joseff of Hollywood était
très apprécié des actrices et acteurs, car
il avait une personnalité très amicale et
parfois, il offrait une de ses créations aux
stars pour leur garde-robe personnelle.
Un dernier mot sur ce thème ?
Olwen Forest : Gardons l’anglais pour
ses jeux de mot et sa poésie : Leaves of love,
falling in love ? Why not ! �
4
3 Collier attribué à Elsa Schiaparelli, circa
1950
4 Broche créée par Joseff of Hollywood et
portée par l’actrice américaine Jane Russel
(appartenant à sa garde-robe personnelle,
circa 1940)
5 Parure de deux broches, signées Elsa
Schiaparelli, circa 1940.
3
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22
En décembre dernier, au cœur de la Maison de la Chimie
à Paris, le physico-chimiste Philippe Walter a reçu
son épée d’académicien, réalisée par l’artiste-joaillier
Thierry Vendome. Ils nous dévoilent cette œuvre commune,
fusion de multiples symboles.
Par Kyra Brenzinger
Histoire d’une épée d’académicien
→ Thierry Vendome et Philippe Walter
présentant l’épée d’académicien,
lors de la réception au sein de la
Maison de la Chimie de Paris – DR
Comment s’est faite la rencontre et
l’échangeauniveaudeschoixartistiques?
Philippe Walter : Notre rencontre a été
facilitée par une amie commune, Sophie
Lefèvre, avec laquelle j’ai travaillé au
Centre de Recherche et de Restauration
des Musées de France, situé au Louvre.
Elle a été la commissaire de l’exposition
Jean Vendome, artiste joaillier, organisée
à l’École des Arts Joailliers en 2020. S’en
est suivie une discussion sur les symboles
et les matières que je souhaitais voir sur
l’épée. Ensuite, carte blanche a été donnée
à Thierry pour commencer sa création
et réaliser une œuvre d’art que je trouve
merveilleuse.
Thierry Vendome : Lors de cette première
rencontre, Philippe est venu avec les
images d’une rapière datant du 16ème
siècle.
Il connaissait déjà mon travail et souhaitait
que j’apporte ma sensibilité contemporaine
à cette épée, forgée au siècle de Léonard de
Vinci et incarnant la Renaissance. Le défi
consistait donc à partir de cette épée pour
amener les autres symboles de manière
fluide et artistique.
Pouvez-vous nous parler des 7 symboles
que vous vouliez évoquer sur cette épée ?
Philippe Walter : L’épée elle-même est un
symbole. Je la voulais du XVIe
siècle, forgée
durant le siècle où ont vécus Léonard de
Vinci, Raphaël et Titien, trois des grands
Maîtres de la peinture, dont je cherche dans
mon travail à comprendre les pratiques
artistiques. D’autres correspondent à des
matières qui ont beaucoup comptées
dans ma vie comme l’ivoire de mammouth
rappelant mes travaux sur la préhistoire, les
peinturesdesgrottesornéesoulessculptures
féminines, comme la Dame à la Capuche,
découverteàBrassempouy.Lalaurioniteest
un composé de plomb, dont j’ai découvert
l’invention par les anciens égyptiens pour
leurs fards noirs et pour soigner leurs yeux.
Sa forme en fleur microscopique a été
interprétée en cristal de roche sur l’épée. La
peinture noire du fourreau a été recouverte
d’une peinture noire innovante, tellement
noire qu’elle fait disparaitre les formes et
qui représente mes travaux sur l’invention
des pigments de synthèses, au cours des
temps. La décoration du fourreau porte
une inscription gravée dans une plaque en
vermeil avec quelques mots de Léonard
de Vinci : materia, colori, « ombra e lume »
faisant écho à mes réflexions sur le rôle de
la matière dans la création d’un tableau.
Le pommeau se termine par une bague
amovible avec une morganite rose orangée
faisant référence à ma fille Morgane et à ma
famille. Le septième symbole correspond
à mon métier : les compositions chimiques
des éléments en or, alliés avec de l’argent
et du cuivre, et les cristaux symbolisent mes
approchesscientifiques.J’aimemeprésenter
comme chimiste, spécialiste d’analyse et de
matériaux et comme cristallographe.
Quel a été le plus grand défi technique ?
Thierry Vendome : Il y en a plusieurs et je
commenceraisparlaprésenceomniprésente
du minéral allant du quartz au lapis-lazuli
en passant par un arc-en-ciel de pierres.
Mais j’ai envie d’évoquer également ce style
propre à nous deux que je qualifierais de
contemporain. Si vous regardez cette épée,
vous retrouverez des mouvements, des
rythmes typiques qui caractérisent aussi les
créations joaillières de la famille Vendome.
← L’épée réalisée par Thierry Vendome
respectant les 7 symboles choisis par
l’académicien Philippe Walter – crédit photo :
Olivier Foulon
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23
L’épée d’académicien est une œuvre
vraiment à part et qui n’existe qu’en France
pour une institution d’élite. Pour cela, nous
avons mis toute notre passion et notre
fougue créatrice pour qu’elle puisse être
un objet d’exception incarnant les valeurs
de l’académicien qui la portera sans renier
notre identité stylistique.
Il s’agit de votre 3ème
réalisation d’épée
académique et la 12ème
de la famille
Vendome ?
Thierry Vendome : C’est bien ça, j’ai eu la
chance d’en réaliser trois (en 1996, pour le
démographe Jacques Dupaquier, en 2022,
l’historien Pascal Ory et en 2023, pour
Philippe Walter). Mon père, Jean Vendome,
en réalisa neuf. La première fut celle pour
Roger Caillois en 1970 (exposée au Musée
des Confluences à Lyon) et la dernière, en
2021, fut celle pour René de Obaldia. Entre
ces deux épée, nous avons réalisé des pièces
uniques à de nombreux académiciens tels
que:JulienGreen,MauriceSchumann,Henry
Amouroux, Guillaume Guindey, Robert
Marjolin, Lucien Israël et Michel Folliasson.
Grâce à l’invention d’un petit appareil
portatif de spectrométrie, vous avez pu
analyser des fresques et des tableaux
qui ont changé le cours de l’histoire ?
Philippe Walter : En effet, il est aujourd’hui
possible d’analyser les œuvres d’art là où
elles se trouvent, sans aucun prélèvement.
J’ai ainsi pu analyser de nombreux chefs-
d’œuvre, comme des tableaux de Léonard
de Vinci pour démontrer la complexité du
travail de l’artiste, sa manière de choisir
des pigments pour réaliser les effets
chromatiques qu’il souhaitait et son travail
pour réaliser des ombres en superposant
de nombreuses fines couches semi-
transparentes. Ces découvertes permettent
de mieux comprendre pourquoi la Joconde
et ses autres tableaux sont si particuliers.
Sur d’autres thèmes, nos analyses ont
permis de mieux comprendre les colorants
employés pour teindre les fibres de laine
de la tapisserie de Bayeux et l’altération de
ses couleurs. En analysant les peintures de
tombes en Égypte, nous venons aussi de
découvrir l’existence de « repentirs », c’est-
à-dire de changements de composition au
cours de l’exécution des peintures murales.
Cela atteste de l’esprit créatif de l’artiste,
peignant selon ses propres goûts et envies,
à moins qu’il n’ait dû s’adapter aux désirs du
propriétaire du monument. Nous croyions
pourtant jusqu’à présent que la peinture
égyptienne était extrêmement formelle
dans son expression avant tout religieuse.
Vous avez fait mention de collaborations
dans certaines affaires juridiques. Pouvez-
vousnousciteruncasintéressant?
Philippe Walter : Depuis une quinzaine
d’année, je développe des actions et je
participeàdesformationspourfaireensorte
que nos analyses scientifiques des œuvres
puissent plus facilement aider les magistrats
et les policiers, spécialisés dans le domaine
de l’art, notamment ceux de l'office central
de lutte contre le trafic de biens culturels
(OCBC). Les travaux de recherche que j’ai
menés aident ainsi aussi les experts.
En 2012, vous avez créé le Laboratoire
d’archéologie moléculaire et structurale
(LAMS) au sein de Sorbonne Université.
Quels sont les principaux axes de
recherche ?
Philippe Walter : Ce laboratoire vise
àmieuxcomprendrelespratiquesartistiques
grâce au développement de nouvelles
méthodes d’analyse chimique, mais aussi
à expliquer des savoir-faire anciens en les
reconstituant et en analysant les propriétés
physico-chimiques des matières fabriquées
dans des ateliers. Nous en dégageons
des notions qui permettent de proposer
à l’industrie de nouveaux pigments inspirés
par le passé, ce que nous appelons des
pigments archéo-mimétiques. L’industrie
cosmétique, par exemple, pourrait proposer
dans l’avenir des fards, inspirés par les
pigments Maya ou égyptiens.
Élu à l’Académie des Sciences et
vice-président de la Fondation de la
Maison de la Chimie, quel sera votre
grand projet à venir ?
Philippe Walter : Par ces fonctions, je
vais notamment essayer de promouvoir
les sciences auprès du grand public et tout
particulièrement pour les jeunes. Nous
développons à la Maison de la Chimie
un formidable site, appelé Médiachimie
(https://www.mediachimie.org), qui offre de
nombreuses ressources aux enseignants et
aux élèves. J’ai aussi récemment participé
à la création de la start-up Lumetis
(www.lumetis.fr) dans le but de développer
de nouveaux outils d’imagerie scientifique
grâce à des technologies innovantes dans
le domaine de la lumière et du traitement
des images. Une part importante de nos
activités concerne plusieurs projets menés
avec le Centre National d’Études Spatiales
(CNES) pouvant s’appliquer dans la Station
spatiale internationale et sur la Lune. Dans
ledomainedel’art,nousproposonsd’utiliser
ces techniques pour assurer la traçabilité
des œuvres en construisant un passeport
numérique protégé par une blockchain.
Cette approche devient indispensable
pour garantir les transactions dans le
marché de l’art et il me parait étonnant que
cela n’existe pas déjà systématiquement.
Au-delà de la traçabilité, nos images
obtenues avec des ultraviolets et de
l’infrarouge sont précieuses pour l’étude des
œuvres et la recherche de leur authenticité.
Nous voulons que tous les collectionneurs
puissent avoir accès à des informations sur
leursœuvresqueseulslesplusgrandsmusées
du monde possèdent actuellement.
�
→ La Maison de la Chimie à Paris où le physico-
chimiste Philippe Walter a reçu son épée
d’académicien - DR
↑ Le pommeau de l’épée se termine par une
bague amovible, ornée d'une morganite rose
orangée – crédit photo : Olivier Foulon
24
Passionnée d’art et de nature, agnès b. est tout naturellement attirée par
lesvillesévoquantlesoleil entreMarseilleet Nice.Elleest fascinéeparles
refletschatoyantsdelaMéditerranéeetlescouleursvivesdelaflorequ’elle
photographieetqu’elleévoqueparfoisàtraversdesimagesimpriméessur
des vêtements ou des accessoires de ses collections. La Rédaction vous
dévoilesesendroitsfavorisdanslarégion.Par Kyra Brenzinger
↑ Photo réalisée par agnès b. à Antibes ↑ Mucem © Cyrille Wiener
↑ Portraitd’agnèsb.par
ChristianMoser
↓ Boutiqueagnèsb.àNice
↑ Boutique agnès b. à Marseille
agnès b. soutient également SOS
Méditerranée, une association de
sauvetage en mer qui a été créée en 2015,
face à la catastrophe humanitaire des
naufrages en Méditerranée.
https://sosmediterranee.fr/en-video/agnes-b/
La styliste soutient de nombreuses causes
humanitaires aussi via des produits en vente
sur son site : www.agnesb.eu
Les boutiques agnès b.
à découvrir :
À Marseille, la boutique est située dans
le 1er
arrondissement, dans un ancien hangar
à bateaux, au cœur du quartier des anciens
Arsenaux des Galères. Le cours d'Estienne
d'Orvesconstitueuneagréableplacepiétonne,
constellée de restaurants, bars, librairies
et galeries d’art. Vous pourrez y découvrir
les collections enfant, femme, homme et
accessoires,ainsiqu’unespaced’exposition.
Une soirée Liberalis a lieu le 11 avril 2024.
S’inscrire avant le 2 avril :
ariane@village-justice.com
31 - 33 cours d'Estienne d'Orves
13001 Marseille
Tél : + 33 (0)7 64 37 42 65
Les lieux qu’agnès b.
affectionne tout
particulièrement :
� Le Mucem à Marseille
� Le Sofitel à Marseille
� Le Château de Montfrin
�Le marché couvert à Antibes (où agnès b.
a une maison)
� Le Festival de Cannes (la marque a été
partenairedelaQuinzainedesréalisateurs)
� Le marché aux fleurs de Nice
� Le Musée Picasso à Antibes
� La plage de la Garoupe à Antibes
� Le village de Biot où elle aime aller manger
des petits farcis
Ses engagements
pour les hommes et
la planète :
agnès b. et son fils Etienne Bourgois ont créé
en 2003, la Fondation Tara Océan, un
laboratoire scientifique flottant au service
de la protection de l’environnement marin.
L’objectif : observer, étudier et comprendre
l’impact du changement climatique et des
crises écologiques sur l’océan, afin de mieux
le protéger.
https://www.agnesb.eu/chez-nous-/
fondation-tara-ocean/
À Nice
Située au cœur du Vieux Nice, à deux pas de
son célèbre marché aux fleurs, la boutique
Femme a été installée dans un ancien garage
automobile, doté d’une lumineuse verrière.
À quelques minutes de distance, la boutique
Homme propose une ambiance chaleureuse
dans une rue piétonne, fréquentée par une
clientèle cosmopolite à la recherche d’une
mode intemporelle.
Boutique Femme : 17, rue des Ponchettes -
06300 Nice
Tél : +33 (0)4 93 62 32 39
Boutique Homme : 7, rue Jules Gilly -
06300 Nice
Tél : +33 (0)4 97 08 13 68
Cap vers le Sud avec
agnès b. !
25
agnès b.
Collection été Femme
Veste sans col boutons b. dorés en lin naturel et
pantalon Améline droit en lin naturel – Broche
coquillage unique « Objets Trouvés jolis » - Sac Vanity
Tunique manches longues en viscose numérique
« Marrakech », photo d’agnès b. - Caleçon en cuir
d’agneau plongé doublé coton lycra noir, fabriqué en
France – Sandales Yeli
shopping
Sac Asya en cuir marron - 215€
Chapeau en rafia à ruban - 145€
Robe numérique L’oranger, photo d’agnès,
fabriquée en France - 525€
Pochette Carmen en cuir noir - 225€
Cardigan pression col V
en denim léger - 230€
Sac épaule en cuir noir - 285€
Robe longue en viscose numérique
©Ikon - 395€
agnès b.
Collection été Homme
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Veste en denim de coton bleu - 395€
Pochette ordinateur en cuir noir -
265€
Pantalon en denim de coton bleu - 245€
Veste en coton à rayures peinturées - 495€
Casquette en coton vert céladon - 85€
agnès b. x K-Way, Le Claude à pois,
(mixte et existe pour enfants) 195€
Bermuda en coton à rayures
peinturées - 295€
Veste Camisa non doublée à col transformable et
pantalon Jean’s Chris en coton et lin bleu pâle – Panama
Quito et espadrilles Noeh
Ensemble veste de costume deux boutons non doublée
et pantalon slim en coton mélangé rouge - Tee-shirt
d’artiste blanc, sérigraphie ©Anisio Couto
L’heure du renouveau
au masculin
On Aura Tout Vu, ensemble pour Homme et pour Femme de la
collection Illusions 2024
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Akillis, bracelets porté mixte de la collection Capture Me
en or ou titane DLC noir
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Bobencoton,47,50€
EdenPark,chemisetteMussola
impriméeplage,145€
EdenPark,sweatzippécolorblock
bimatière,215€
SamsoeSamsoeauxGaleriesLafayette,
Chemise,230€
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Lafayette,chemise,200€
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BuchererExclusiveL'Epée1839TimeFastForwardenfibredecarboneforgéeet
mouvementdotéd’uneréservedemarchede8jours.Piècelimitéeetprixsurdemande
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Balmain,modèleJardinderosedelacollectionPrintemps-été
2024,ornéedefleursenplastiquerecycléparWilliamAmor
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Staud aux Galeries Lafayette,
Sac Palm en cuir, 350 €
Korloff Paris, bague Korlove, diamants
noirs sur or rose, 3 960 €
Natan, top en satin stretch imprimé dégradé,
585€
Galeries Lafayette, Jupe Turin Pas,
79 € et top 69 €
La Coque Française aux Galeries
Lafayette, Chaîne téléphone Polly, 65 €
Natan, robe en coton imprimé tâches
d’encre, 645 €
Roger Vivier Escarpins Slingback
Viv canard en cuir verni parme, 890€
L’heure du renouveau
au féminin
29
L’association à but non lucratif Jurid'Art est composée
de 22 membres actifs et a été créée par Lucie Tissier
et Loma Lamothe, deux étudiantes en 3ème
année de
Licence de droit à l'Université Catholique de Lille campus
Issy-les-Moulineaux, en région parisienne.
Pourmapart,j’aitrouvécelivrenonseulement
fascinant,maisj’aisurtoutaiméenapprendre
d’avantage sur une profession dont je
savais peu de choses. L’auteur, Dominique
Verdeilhan réussit à équilibrer habilement
la rigueur journalistique avec l'humanité
nécessaire pour raconter des histoires
puissantes et importantes. Il arrive a nous
donner l’impression que nous sommes dans
la même pièce qu’eux et que ces magistrats
se confient à nous, rendant les lignes de ces
témoignages d’avantages touchantes. On
se rend mieux compte des difficultés de cette
profession : défendre la justice de notre pays
chaquejourn’estpassansconséquence.Cela
m’a remotivée et m’a permis d’ouvrir les yeux
sur la réalité d’une profession passionnante.
Undespointsfortségalementdecetouvrage
est que l'auteur parvient à rendre accessible
des sujets juridiques complexes pour le grand
public. Juristes ou simples curieux, peuvent
se plonger dans ce monde de la justice en se
sentant concernés.
Je le recommande vivement, c’est une lecture
captivante pour ceux qui s’intéressent au
sujet. » �
Le but de Jurid'Art est de proposer des
expositions, films, pièces de théâtre, sorties
littéraires tout en abordant l'actualité
culturelle sous forme d'articles, d'interviews,
conférences, reportages, expositions ou
encore mini-vidéos. L'objectif de l’association
estdepermettreàtoutétudiantdedévelopper
son esprit critique et sa culture générale,
qualités nécessaires à tout juriste en devenir.
Liberalisleuraproposédeprésentercemois-ci,
unlivrechoisiparlesmembresdel’association:
Les Magistrats sur le Divan de Dominique
Verdeilhan, journaliste, chroniqueur judiciaire
sur France 2 et Franceinfo.
«Ilarrive,lorsqu’onfaitdesétudesdedroit,de
se demander si on a la force de continuer, si
nous sommes bien là où nous voulons être et
si arrêter ne serait pas plus facile. C’est ce qui
m’est arrivé après quelques mois en L1, puis
ça m’est arrivé également en fin de L2, d’être
tout simplement perdue dans mon parcours
scolaire.
J’aialorsdécidéd’approfondirmesrecherches
sur le monde juridique et de m’y intéresser
de plus près, dans l’espoir de me remotiver
et d’avoir la force d’aller jusqu’au bout. Je
suis alors tombée sur ce livre Les Magistrats
sur le Divan (aux Éditions du Rocher), écrit
par Dominique Verdeilhan, journaliste et
chroniqueur judiciaire français, qui nous offre
un regard fascinant sur les hommes et les
femmesquirendentlajusticedansnotrepays.
LesMagistratssurleDivanestunlivrequiréunit
les témoignages de plus de 80 magistrats,
juges d’instruction, procureurs, présidents de
courd’assisesouencorejugesdesenfants,qui
sesontconfiéssurleurviequotidiennecomme
MarcTrévidic,LaurenceVichnievsky,François
Molins, Renaud Van Ruymbeke, Jean-Claude
Marin, Philippe Courroye, Éliane Houlette et
bien d'autres....
Ces magistrats révèlent ce qu'ils n'ont jamais
osé évoquer : leurs angoisses, leurs souvenirs
souvent traumatisants, leur détresse. Ils sont
marqués, parfois de manière indélébile, par
des affaires plus ou moins retentissantes :
les attentats de Paris, le crash de la
Germanwings, les crimes de Michel Fourniret
ou de Pierre Chanal, la mort d'Ilan Halimi ou
dupetitGrégory,maisaussiparlesdossierElf
ou Chirac.
Du parquet anti-terrorisme aux juges
des enfants, du ressenti des plus grands
procureurs de notre République aux ressentis
des plus jeunes magistrats, face à leur
première scène de crime ou autopsie en école
de Magistrature… Ce livre est extrêmement
complet ! Il offre une plongée fascinante au
cœur de la Justice en explorant le monde
complexeetsouventméconnudesmagistrats
français.Mais,iloffreégalementdesportraits
humains de ces hommes et de ces femmes
mettant en lumière leurs espoirs, leurs doutes
et les défis qu'ils rencontrent au quotidien.
Par Fuchsia Bonvicini de l’association Jurid’Art
Jurid'Art présente Les Magistrats
sur le Divan de Dominique Verdeilhan
Dominique
Verdeilhan, auteur.
Couverturedulivre
LesMagistratssur
leDivan
→ Fuchsia Bonvicini
↑ Loma Lamothe et Lucie Tissier
29
se cultiver
Art &
c
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La peinture ancienne et les artistes abstraits séduisent à nouveau. En revanche, après
un vif engouement, les NFT sont délaissés. Pour les passionnés de voitures de collection,
la tendance est au beau fixe. Par Robin Massonnaud
↑ Attribué au Maître au perroquet actif à Anvers
dans la première partie du XVIe
siècle
LaViergeàl'Enfantàlagrappederaisin
Vendu 7 872 € - © Artcurial
→ Jean-Honoré Fragonard
(1732 – 1806)
Unsacrificeantique,dit LesacrificeauMinotaure
Vendu 5 714 800 €
© Artcurial
← Pietro Lorenzetti
(1280-1348)
SaintSilvestreet
SainteHélène
Vendu 4 692 400 €
© Artcento /Tajan
Turquin comme « un artiste majeur de l’école
siennoise ». Ces deux œuvres estimées
2,6 millions d’euros ont trouvé preneur pour
près de 4,7 millions d’euros. En novembre,
un tableau de Jean-Honoré Fragonard
représentant LesacrificeauMinotaure s’est vite
venduchezArtcurialpour5,7millionsd’euros.
Ces deux ventes reflètent le regain d’intérêt
pour la peinture ancienne du XIVème
au XVIIIème
siècle, à sujets religieux ou
mythologiques, qui attire des amateurs
d’art contemporain, séduits par la beauté
picturale des œuvres. Les grandes
galeries d’art ancien comme Canesso,
Leegenhoek, Moretti ou Sarti et les experts
des maisons de ventes le constatent
régulièrement. C’est ce qui explique les prix
élevés atteints par les œuvres anciennes de
grands artistes, tant la concurrence entre
les collectionneurs s’exacerbe. Mais il est
Les tendances
du marché de l’art
en 2024
Après l’euphorie post-covid et l’explosion
des ventes et des prix pharamineux, l’année
2023 est restée calme. L’année 2024
devrait confirmer le retour à plus de sagesse
attestant ainsi de la bonne santé de l’art
qui reste avant tout une valeur refuge. C’est
pourquoi, certains secteurs retrouvent des
couleurs et attirent de nouveaux amateurs.
C’est le cas de la peinture ancienne
à sujets mythologiques et religieux ou des
artistes abstraits du XXème
siècle français et
européens. D’autres domaines comme les
voituresdecollectionconfortentleurposition.
En revanche, les NFT, trop spéculatifs,
connaissent une descente aux enfers.
L’attrait pour la peinture
ancienne
Peu avant Noël, la maison Tajan vendait
deux tableaux de Pietro Lorenzetti, un
peintre du XIVème
siècle décrit par l’expert Eric
toujours possible d’acheter à prix abordable
des tableaux d’école, réalisés par les ateliers
des grands maîtres ou par des peintres s’en
inspirant. La gamme de prix est très large.
Un acheteur a ainsi payé 7 872 euros pour
une Vierge à L’enfant à la grappe de raisin,
attribuée au Maître du Perroquet, artiste du
XVIème
siècle, mais c’est dans une gamme
de prix de 40 000 à 100 000 euros qu’on
peut acquérir des chefs-d’œuvre dignes des
grands musées. N’hésitez-pas car les beaux
tableauxanciensnesontpassinombreuxsur
le marché et ne pourront que prendre de la
valeur.
se cultiver
Art &
c
u
l
t
u
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e
↑ Jean Dewasne (1921-1999)
Tisville, 1950
Adjugé 22 100 €
© Adagp Paris 2023 /Digard Auction
Gérard Schneider (1896-1980)
sans titre, 1947
Adjugé 39 360 € - © Artcurial
Jean Degottex (1918-1988)
Impa-vide(II), 1959
Vendu 209950 € - © Adagp Paris 2023 /
succession Jean Degottex
Le retour des artistes
abstraits
Il y a 10 ou 15 ans, les œuvres des artistes
français et européens des années 50-70,
liées à l’abstraction et à l’École de Paris,
étaient démodées et on les trouvait à prix
modiques. Ce n’est plus le cas aujourd’hui,
grâce à un travail de réhabilitation entrepris
par des professionnels reconnus comme
FranckPrazanquiaremissurlesdevantsdela
scène des artistes comme Georges Matthieu,
Maurice Estève, Alfred Manessier ou Jean-
MichelAtlan.Laprésentationdeleursœuvres
dans les grands salons d’art a contribué
à faire sortir des remises de nombreux
tableaux qui sont aujourd’hui très disputés
en salles de ventes et en galeries. Les prix
ne cessent donc d’augmenter. Cette hausse
se poursuivra dans les années à venir, car
ces artistes français et européens sont
beaucoup moins chers que leurs homologues
américains. Il est donc recommandé d’en
acheter d’autant que certains d’entre eux
comme Roger Bissière, Olivier Debré, Maria
Helena Vieira da Silva, Gérard Schneider,
JeanDewasneouJeanMiottesontloind’avoir
atteint la cote correspondant à l’importance
de leur contribution à l’art du XXème
siècle.
Le charme des voitures de
collection
Selonl’expertAdolfoOrsi,quipubliechaque
année une analyse du marché des voitures
de collection dans son Classic Car Auction
Yearbook, l’année 2023 a été bonne. Sur
les 11 000 véhicules passés en vente on ne
compte en effet pas moins de 340 voitures,
dont le prix a dépassé le million de dollars.
Il y a donc bien un engouement persistant
pour la voiture ancienne. Adolfo Orsi
l’explique par le fait que les amateurs, déçus
par les performances standardisées des
véhicules électriques, souhaitent retrouver
les sensations de la conduite à l’ancienne.
Le marché est double : les véhicules d’avant
la Seconde Guerre mondiale sont moins
recherchés qu’avant et ceux des années
50-80 ont la cote de même que les
youngtimers, les voitures récentes âgées de
20 à 30 ans. La gamme des prix est large et
va de 15 000 euros à plusieurs millions pour
des voitures mythiques. Sachez enfin que
si la restauration et l’entretien ont un coût,
un véhicule de collection se valorise avec
le temps. Il s’agit même selon Adolfo Orsi
« d’undesplacementslesplusrentables».
Le flop retentissant des NFT
En 2021, les NFT (non fungible tokens ou
jetons non-fongibles) s’arrachaient à des
prix astronomiques. L’œuvre Everydays :
the First 5000 Days de l’artiste américain
Beeple s’était ainsi vendue 69,3 millions
de dollars. Le premier tweet de l’histoire
des réseaux sociaux (just setting up my twttr
signés Jack Dorsey) avait trouvé preneur
pour 2,9 millions de dollars. En avril 2022,
son propriétaire le remettait en vente et
en attendait 48 millions de dollars. Les
enchères firent un flop retentissant, la plus
hauteétantde...3000dollars.Depuis,avec
le recul des cryptomonnaies utilisées pour le
paiement des NFT, le marché s’est effondré.
En ce début d’année, selon DappGambl, un
site spécialisé dans les cryptomonnaies et
la blockchain, 95 % des collections de NFT
n’ont quasiment plus aucune valeur.
Les grandes maisons de ventes, qui s’étaient
lancées sur ce marché, s’en sont rapidement
retirées et certaines d’entre elles font l’objet
de poursuites pour avoir favorisé cette
bulle spéculative. Du coup, le marché est
totalement étale. Les collectionneurs qui ont
amassé des NFT doivent faire une croix sur
leursavoirsetpourceuxquiseraienttoujours
tentés d’y investir, DappGambl rappelle que
« Pour résister aux baisses du marché et avoir
une valeur durable, les NFT doivent avant tout
avoir une pertinence historique (comme les
cartes Pokémon de la première édition) et être
devéritablesœuvresd'art ». �
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↓ Citroën 2CV Charleston, 1990
Vendue 30 992 €, © Artcurial
↓↓ Austin Mini 1000 Tickford, 1984
Vendue 30 992 €, © Artcurial
32
News
Les manifestations artistiques à suivre
Par Robin Massonnaud
MIART
Milan Art Fair Allianz MiCo, Pavilion 3, du 12-14 avril
AprèsArtParis,lesamateursd’artcontemporaintraversentlesAlpespourserendreàMIART
Milan. L’édition 2024 de ce salon est baptisée No Time No Space. Elle présente toujours les
sections Established pour les galeries et artistes reconnus et Emergent pour les professionnels
présentant de jeunes créateurs. Cette année une nouvelle section accueille 10 galeries qui
présenteront des œuvres sous un prisme original. Au total 181 professionnels venant de
28 pays seront présents, les galeries italiennes étant majoritaires. Et c’est justement l’intérêt
de cette manifestation qui permet de découvrir des artistes de la Péninsule peu présents sur
le marché français.
Miart.it
Les meilleures galeries italiennes comme Lia
RummasontprésentesàMiart-©Miart
Antica Brussels accueille de nombreuses galeries
belges et internationales d’art moderne et du
XIXème
siècle-©AnticaBrussels
Antica Brussels,
Tour &Taxis, avenue du port 88, Bruxelles, du 19 au 21 avril 2024
Moins connu que la Brafa (Brussels Art fair), car très récent, la première édition ayant eu
lieu l’année passée, Antica Brussels est un salon d’esprit assez classique qui mérite la visite.
Il accueille 70 professionnels venant pour la plupart de Belgique et des pays limitrophes,
certains d’entre eux participant également à la Brafa. On y trouve du beau mobilier des
XVIIIème
et XIXème
siècle, de la peinture flamande du XVIIème
siècle, beaucoup de sculptures
anciennesetcontemporaines,denombreuxobjetsdevitrinedebellequalité,delacéramique
et de nombreuses créations des différents mouvements artistiques du XIXème
siècle et de la
première moitié du XXème
siècle. Les prix sont dans l’ensemble raisonnables.
Antica.be
Frieze New York
Du 1-5 mai
Frieze New York est un événement culturel pour l’art contemporain, mais également mondain
car il attire chaque année un public chic et doté de moyens financiers conséquents. Pour
séduire ce public, les galeries exposantes, en grande majorité américaines, proposent ce
qu’elles ont de meilleur. C’est le cas de professionnels réputés comme Gagosian, Pace
Gallery , Hauser & Wirth, Perrotin, Thadeus Roppac, White Cube ou David Zwirner. Il s’agit
le plus souvent d’artistes déjà connus et dont la cote est bien installée auprès d’un public
d’aficionados. Les prix y sont donc élevés même si une marge de négociation est toujours
possible.
Frieze.com
Toutes les grandes galeries américaines comme
celle de David Zwirner sont présentes à la Frieze
NewYork-©Frieze
Art Paris, Grand Palais Ephémère
Place Joffre, Paris 7ème
, du 4 au 7 avril 2024
Cette manifestation est le pendant printanier de Paris + par Art Basel qui a lieu à l’automne.
Sonoriginalitétientàuneplusgrandeprésencedesartistesfrançaiseteuropéens,maisaussi
à une gamme de prix plus larges, alors que les œuvres présentées sont toujours d’une grande
qualité et les modes d’expression présentés d’une grande diversité. Pour sa 26ème
édition,
ce salon internationalement réputé, accueille 136 galeries venues de 25 pays. Cette année
un focus sur le thème de l’utopie sera consacré à la scène artistique hexagonale. De même,
un parcours sera consacré à l’interprétation contemporaine du mouvement Arts & Crafts,
né à la fin du XIXème
siècle au Royaume-Uni.
Artparis.com
Art Paris expose les artistes contemporains venus
du monde entier aux modes d’expression les plus
divers-©ArtParis
se cultiver
Art
&
c
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Amoureux des livres et de la littérature, proustien,
propriétaire de la chaîne des Hôtels Littéraires, conçue
pour recréer l’univers d’écrivains célèbres, Jacques Letertre
nous partage sa passion et sa vie de collectionneur et de
bibliophile invétéré.
parmi les plus grands bonheurs de
l’existence. C’est cette passion du livre que
j’ai voulu faire partager à mes visiteurs
en particulier étrangers, ceux pour qui
la France est un pays d’écrivains et
de littérature.
Combienavez-vouscrééd’hôtelsàcejour
et quelles sont leurs particularités ?
Il y en a six et bientôt sept Hôtels Littéraires,
répartis à égalité entre Paris et la Province.
Dès le départ, nous avons multiplié
les événements littéraires, organisé de
nombreuses présentations de livres, des
réunions universitaires, des expositions,
des concerts, voire des pièces de théâtre.
Chez nous se réunissent plus d’une dizaine
d’associations d’amis d’écrivains. Notre
action s’étend aux métiers du livre, comme
les relieurs, les graveurs, les spécialistes de
la typographie. Nous avons également noué
des partenariats avec de nombreux musées :
le musée des Beaux-Arts de Rouen, le Jeu de
Paume… Nous utilisons nos collections pour
des prêts à de grandes expositions, comme
celledelaBNF,duVilladuTempsretrouvéou
du Musée Carnavalet.
Votre fils Alban, est directeur général de
votre entreprise familiale, lui avez-vous
transmis votre goût pour la littérature ?
Alban a toujours vécu au milieu des livres !
Même s’il arrive que nos goûts littéraires
soient différents, il partage avec moi
la volonté de promouvoir la littérature
française et de mener à bien cette grande
entreprise, que constitue notre chaîne des
Hôtels Littéraires. �
D’où provient votre passion pour la
littérature et les écrivains ?
J’ai toujours été un lecteur passionné, et
comme beaucoup d’enfants solitaires, les
livres ont été très vite un refuge, une grande
source de rêveries et de bonheurs. Le livre est
pour moi un symbole de civilisation. Brûler
des livres, empêcher l’accès des petites filles
àlalecture,m’atoujoursparucommelesigne
évident des pires dictatures.
Vous êtes un proustien. Qu’est-ce qui
vous fascine dans son œuvre et dans son
univers ?
J’ai découvert Proust à l’adolescence.
Dès le départ, j’ai été submergé par un
« univers-monde » qui m’impressionnait par
la diversité de ses points de vue, sa peinture
sociale, la formidable intelligence des
sentiments. À chaque lecture, à chaque âge,
j’ai eu l’impression de faire des découvertes.
J’aimebeaucouplaphrase de Barthes suivant
laquelle « lorsqu’on relit Proust, on ne saute pas
toujours les mêmes passages ». J’ai prénommé
ma fille Oriane en hommage à son œuvre Àla
recherchedutempsperduetmonpremierHôtel
littéraire,jel’aiconsacréàProustetlecœurde
ma bibliothèque est centré sur cet immense
écrivain.
Quels sont les autres auteurs que vous
collectionnez ?
Ilssontnombreuxetonttouslacaractéristique
d’être des auteurs de langue française plutôt
duXIXe
ouXXe
siècle etjeleuraiconsacrédes
hôtels comme Flaubert, Rimbaud, Vialatte
ou Marcel Aymé. Il y a aussi ceux auxquels, je
souhaite rendre hommage à l’avenir, tels que
Stendhal ou George Sand. Mais dans mon
Panthéonlittéraire,ilyaaussibienApollinaire
qu’Aragon, Larbaud ou Toulet, Yourcenar ou
Colette.
Pour quelles raisons vous vous intéressez
plus spécifiquement aux manuscrits et
aux éditions originales ?
L’édition originale, lorsqu’elle est manuscrite,
ainsi que les brouillons préparatoires ou les
correspondances dévoilent beaucoup de
l’intimitéetdelaréalitédutravaildesécrivains.
Lire le premier jet, voir les repentirs, découvrir
les différentes étapes de la construction
d’un livre : je ne connais rien de plus
enthousiasmant en matière de littérature !
C’est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit
d’inédits tant en matière de correspondance
que de brouillon de travail. Être le premier
à lire des poèmes manuscrits, totalement
inédits de Robert Desnos et très vite devant
l’émotion de la découverte, vouloir le faire
partager en les éditant chez Seghers a été
une joie immense. Il en va de même pour les
lettres inédites de Proust à Finaly ou le journal
de voyage de jeunesse de Flaubert.
Connaissez-vous le nombre de livres et
d’archives que vous possédez ?
Une bibliothèque dont on connaît le nombre
de livres ou de manuscrits est une bien triste
bibliothèque. Le seul chiffre que je puisse
vous donner est celui des 500 livres, mis
àladispositiondupublicdanschacundemes
Hôtels Littéraires.
Proust, Rimbaud, Flaubert, Jules Verne…
desnomsquel’onvoitplussurdesfrontons
de lycées que sur ceux d’hôtels. Comment
ce concept d’hôtels littéraires est-il né ?
À la base, conjuguer ses passions avec son
activité professionnelle est certainement
Par Jean-Louis Roux-Fouillet
Jacques Letertre,
homme d’affaires et collectionneur !
s'enflammer
Colle
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News
Nouvelles tendances, matières et
technologies
se passionner
H
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L’univers de l’horlogerie est souvent un mélange subtil d’ingénierie
de pointe et d’art. Dans le même esprit que son quantième perpétuel
primé, la manufacture suisse H. Moser & Cie unit le soleil et la
lune dans son modèle Endeavour Chinese Calendar Limited Edition.
Les éléments du calendrier luni-solaire chinois et du calendrier solaire
grégorien, calculés séparément, sont combinés et synchronisés dans un
garde-temps qui ne requiert aucune correction durant 12 ans. Tout en
affichant les 12 signes du zodiaque chinois et les phases de lune, il s’agit d’une
véritable prouesse de technicité et de créativité. Limité à 100 exemplaires.
Prix : 78 200 €.
Avec son sublime cadran vert fumé, la PAM01364 rejoint la collection
Radiomir Annual Calendar. Cette nouvelle référence à la complication haut
de gamme rend hommage à l’ouverture de la Casa Panerai de Paris, sur les
Champs-Élysées. Cette pièce d’exception, proposée en exclusivité boutique,
est dotée d’un boitier de 45 mm en platine, d’un calibre automatique. Le mois
est indiqué par une flèche fixe située à 3 heures et orientée vers un disque
mobile externe. À chaque changement de mois, une came du mouvement
permet de faire tourner le disque d’un coup et d’ajuster ainsi l’information
instantanément. Ce mécanisme fait la différence entre les mois de 30 jours et
ceux de 31 jours. Prix : 59 000 €
La manufacture suisse de Haute Horlogerie Audemars Piguet propose une
nouvelleéditionlimitéedelaRoyalOakConceptTourbillonVolant,imaginée
encollaborationaveclacréatriceaustraliennedeHauteCouture,TamaraRalph.
Inspirée par l’esthétique de la designer qui marie affirmation féminine, créativité
audacieuse et élégance intemporelle, cette édition limitée, conçue en or rose
18 carats, arbore une étincelante finition, combinée à une palette de couleurs
allant du marron au doré en passant par le bronze. Cette collaboration, révélée
à la Fashion Week de Paris en janvier 2024, célèbre les synergies naturelles entre
Haute Horlogerie et Haute Couture, tout en renforçant les liens tissés au fil des
ans par Audemars Piguet avec différents univers créatifs. Prix sur demande.
Inspirée par la richesse de la mythologie chinoise et par l’année qui lui est
consacrée, la Bubble 47 Dragon Eye de Corum, trouve sa singularité dans
la représentation minutieuse de l’œil du dragon sur son cadran. Ce détail
n'est pas simplement usiné, mais fabriqué à la main selon la technique du
moulage du métal. Cette approche artisanale permet de créer un relief
impressionnant, impossible à réaliser par des moyens conventionnels.
La glace saphir bombée caractéristique de la collection Bubble,
offre un effet loupe qui permet d'apprécier pleinement la finesse et
la précision de cette œuvre d'art horloger. Limitée à 88 exemplaires.
Prix : 7 000 CHF
Les fabricants de montres multiplient les innovations dans les matériaux pour séduire les nouvelles
générations de fans d’esthétisme et de technologie. Sélection avant les nouveautés du salon Watches &
Wonders de Genève, en avril prochain. Par Jean-Louis Roux-Fouillet
Style affirmé et mécanique apparente, la nouvelle montre suisse
Mido Multifort Skeleton Vertigo blue est une véritable prouesse
esthétique et technologique. Mido met en scène le cœur de son mouvement
automatique en révélant sa platine finement squelettée. Code architectural
fort, caractéristique de cette collection sportive, inspirée par le Harbourg
Bridge du Port de Sydney, des « Côtes de Genève » verticales décorent
son visage unique. Sous une robuste enveloppe d’acier, l’ultra-endurant
Calibre 80, doté d’un spiral Nivachron, affiche fièrement ses rouages.
Son autonomie exceptionnelle va jusqu’à 80 heures, comme un gage de
précision ultime pour partir à la conquête de la ville, sans jamais s’arrêter.
Prix : 1 200 €
Cinquante ans après la mission Apollo 8, la première satellisation autour
de la lune, Omega lance une nouvelle venue dans la collection Dark Side
of the Moon. Entièrement façonnée en céramique noire à base d’oxyde de
zirconium, ses composants sont mis en valeur, le cadran en aluminium de la
montre étant entièrement squeletté. À l’intérieur, des ablations au laser ont
permis de décorer avec précision les ponts et le platine du mouvement est
noirci pour reproduire de façon réaliste la surface de la lune. Comme notre
satellite, la montre possède deux faces uniques : côté cadran, on observe la
surface éclairée de la lune vue depuis la Terre, tandis que côté fond, on admire
le côté obscur. L’un des détails les plus marquants est l’innovante aiguille des
secondes qui prend la forme de la fusée Saturn V. Prix : 11 800 €
Pour obtenir un mouvement squeletté, tout l’art consiste à ôter suffisamment
de matière pour sublimer son esthétique et révéler l’intégralité de ses
mécanismes internes. Ici c’est réussi ! Envoûté par les rotations et les
oscillations d’un balancier ou d’un tourbillon, on contemple la minutie
des engrenages, les lignes sensuelles des ponts, les finitions des platines
et tous ces détails éblouissants de la Virtuoso XI de Bovet 1822. Finitions
et gravures à la main, un mouvement à tourbillon volant qui anime ce
garde-temps exceptionnel avec plus de dix jours de réserve de marche.
De plus, le spiral et l’organe régulateur sont entièrement fabriqués en
interne, une expertise rare dans une manufacture horlogère d’aujourd’hui.
Prix sur demande.
Son nom révèle la principale évolution du modèle : la création d’un marquage sur
le cadran, inédit chez Apose, des heures cardinales 3, 6, 9 et 12 h. Pour le designer
Didier Finck l’ajout des 4 chiffres nécessitait l’évolution d’autres éléments pour que
lamontrebénéficiedelagrâceetdelalégèretédesmodèlesprécédents:lesindex,
en surplomb du cadran, adoptent une forme trapézoïdale plus effilée, le dessin
originaldes4chiffresestinspirédelatypographiedulogodelamaison,lesaiguilles
reçoivent un pourtour diamanté et un traitement Super-LumiNova, facilitant la
lecture dans l'obscurité. L’Apose n°3-douz reçoit un mouvement français, conçu
et fabriqué en France. Elle est équipée d’un bracelet, taillé dans les cuirs de la
maison Longchamp, qui consolide ainsi le partenariat des deux marques, fondées
sur l’exigence. Limitée à 50 exemplaires numérotés. Prix : 2 950 €.
35
36
↑ L’expédition Deep Climate en forêt équatoriale
enGuyane
→ Marie-Caroline Lagache dans le désert du
NéfoudenArabieSaoudite
↓ DeepClimateenLaponieseptentrionale
→ BagueDissymétrie
AuroredeTiber
Joaillerie
C’estuneaventurepascommelesautres,testerlesclimatsextrêmespourmieuxcomprendre
l’adaptabilité de l’humain face aux changements climatiques. Marie-Caroline Lagache,
créatrice-joaillière à la ville, a fait partie de cette expédition unique, organisée par
l’explorateur et chercheur, Christian Clot. Par Kyra Brenzinger
Opération
Deep Climate !
de 50°C à l’ombre. Non seulement c’était une
chaleur extrême, mais nous devions également
tirer des chariots pour boire nos 8 litres d’eau
par jour et il était particulièrement difficile de
progresserdanslesable ».
Une équipe scientifique d’une quarantaine
de personnes a analysé ces expériences
de l’extrême pour réaliser des études
pluridisciplinaires physiologiques et
cognitives sur les impacts de ces différents
climats sur les humains et leur capacité
d’adaptation. « Nous étions aussi équipés
de sociomètres, des appareils développés
pour cette expédition pour détecter et étudier
les évolutions de nos relations sociales. Bien
entendu, lors des 3 expéditions, sur les 20
équipiers nous avions un médecin et une
infirmière,carilyavaitcertainsdangers,comme
les scorpions jaunes mortels dans le désert ou
serpents ou mygales en Guyane, sans compter
lesrisquesd’accidentsoudemalaises».
Est-ce que cette aventure a appris quelque
chose sur les personnes ? « À notre retour,
nous avons fait les mêmes tests que les
astronautesàl’Institutducerveauàl’Hôpitalde
Déjà en 2021, en pleine période de
confinement, une équipe de 15 volontaires
avait fait l’expérience « Deep Time » en
restant enfermée 40 jours sous terre dans la
grotte de Lombrives. «Ils’agissaitd’apprendre
les liens entre nos cerveaux et le temps tout en
évaluant la synchronisation fonctionnelle au
sein d’un groupe. De nombreux protocoles
scientifiques portaient sur la chronobiologie
c’est-à-direl’étudedenosrythmesbiologiqueset
la régulation des horloges internes », explique
Marie-Caroline Lagache.
Pour l’expédition Deep Climate en 2023,
tout s’est fait à l’extérieur, mais dans
3 pays au climat extrême : 40 jours en forêt
équatoriale en Guyane, 40 jours en Laponie
septentrionale et 40 jours dans le désert
d’ArabieSaoudite.Le groupeétaitconstitué
de 20 personnes paritaires entre 25 et 52
ans. « J’étais la plus âgée du groupe et le plus
difficile pour moi a été le désert du Néfoud en
Arabie Saoudite, connu pour atteindre plus
Découvrir
To
u
r
i
s
m
e
la Pitié Salpêtrière en partenariat avec l’Human
Adaptation Institute, fondé par Christian Clot.
Nous n’avons pas encore les résultats, mais
àtitrepersonnel,j’aidécouvertquej’aimaisfaire
des choses extraordinaires que j’ai finalement
accomplies. Mais maintenant, ma priorité est
de profiter de mes proches, des petites choses
du quotidien, avant de repartir peut-être… ».
Une belle conclusion de cette créatrice-
aventurière qui sait aussi capter la beauté
des paysages de ses expéditions à travers
ses créations Iceberg, Lumière ou Aurore
(https://tiber-joaillerie.com). �
Pour plus d’informations sur les
expéditions : https://deepclimate.eu
LIBERALIS n° 7- art de vivre, digital et print, daté mars à mai 2024 -Jean-Louis Roux-Fouillet
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  • 4. ÉDITO L’heure du renouveau a sonné ! LIBERALIS Édité par LEGI TEAM 198, avenue de Verdun 92130 Issy-les-Moulineaux Tél. 01 70 71 53 80 RCS B 403 601 750 Cofondateur et directeur de la publication : Pierre Markhoff Cofondateur et responsable du digital : Christophe Albert Responsable du magazine et de la publicité : Jean-Louis Roux-Fouillet (Tél. 01 84 19 02 42 - jl.roux-fouillet@legiteam.pro) Retrouvez LIBERALIS en digital sur www.village-justice.com (avec 1 400 000 de visiteurs uniques par mois ACPM) Rédactrice en chef : Kyra Brenzinger (kyra.brenzinger@gmail.com) Journalistes-pigistes : Robin Massonaud (art) Fuchsia Bonvicini Directrice artistique : Cyriane Viciana Diffusion : 35000 exemplaires (APCM 2022) Impression : JF IMPRESSION Garo Sud - 296 rue Patrice Lumumba CS97874 - 4075 Montpellier Cedex 3 N°ISSN : 2827-5101 Retrouvez LIBERALIS en digital sur www.village-justice.com avec 1 400 000 de visiteurs uniques par mois (ACPM) Les opinions émises dans ce magazine n’engagent que leurs auteurs. Toute reproduction même partielle doit donner lieu à un accord préalable et écrit des auteurs et de la rédaction. Le magazine Liberalis sort le jour du printemps et c’est l’occasion d’écrire une nouvelle page blanche pour avoir de beaux projets et de nouveaux rêves ! En exclusivité pour le magazine, nous avons interviewé le nouveau bâtonnier de Paris, Maître Pierre Hoffman qui nous confie les sujets qui lui tiennent à cœur pour son mandat. Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert, nous évoque aussi les nombreux projets, tournés vers la jeunesse et le rayonnement international de cette noble institution. Jacques Letertre, homme d’affaires et collectionneur, nous dévoile son amour pour les livres et les manuscrits qui a donné naissance à sa chaîne des Hôtels Littéraires. Avec émotion, découvrons la nouvelle fondation « Les Princes et Princesses arc-en-ciel » du couple Sophie et Alexandre Bianchi qui se mobilise contre les maladies orphelines neurodégéneratives qui touchent leur fille. Côtéjoaillerieethorlogerie,découvronslesmatièresdufutur etlesnouvellestechnologies.Avecdesexperts,faisonsaussi lepointsurl'IntelligenceArtificielle(IA)ousurlestendances du marché de l’art. Rencontrons Poiray et agnès b. qui remportent un beau succès à l’international en tant que marques typiquement françaises. Partons à l’aventure aux antipodes avec Deep Climate ou à la découverte de la création d’une épée d’académicien. Prenons le temps pour mieux connaître les vins naturels ou les bonnes adresses où séjourner avec sérénité. Voyageons en Italie à la découverte des perles de la Vénétie ou partons à la recherche des œufs en chocolat des grands pâtissiers, car la France reste le grand maître dans l’art de la gastronomie. Liberalisez-vous pour trouver de nouvelles passions ! Kyra Brenzinger & Jean-Louis Roux-Fouillet
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  • 6. SOMMAIRE 2 Édito : L’heure du renouveau a sonné ! 6 What’s New ? 8 Échanger : Règlement sur l'IA 10 Échanger : Interview de Maître Pierre Hoffman, le nouveau Bâtonnier de Paris 12 S’émerveiller : Les nouvelles matières du futur 16 S’émerveiller : Poiray, la FrenchTouch! 18 S’étonner : Le Comité Colbert célèbre ses 70 ans 20 Olwen Forest : Falling in love with leaves 22 S’émerveiller : Histoire d’une épée d’académicien 24 Cap vers le Sud avec agnès b. ! 27 Shopping : L’heure du renouveau 29 Se cultiver : Jurid'Art présente LesMagistratssurleDivan 30 Se cultiver : Les tendances du marché de l’art en 2024 33 S’enflammer : Jacques Letertre, homme d’affaires et collectionneur ! 34 Se passionner : Nouvelles tendances, matières et technologies de l’horlogerie 36 Découvrir : Opération DeepClimate ! 38 Échanger : Michel Bernardaud, l’art de vivre et les arts de la table au sommet ! 40 Savourer : Œufs de Pâques et gastronomie 42 Savourer : Sélection de nouveaux jeunes chefs 44 Déguster : Le vin naturel ne sent pas le soufre ! 46 Découvrir : CastleBreak dans un lieu d'exception : le château de Couches 48 Découvrir : Verone et Vicence, les perles de la Vénétie 51 Découvrir : Escapade au Pays d’Issoudun 52 Se cultiver : News, expositions et événements à ne pas manquer 54 Découvrir : Les hôtels confidentiels 56 Se cultiver : Les tribulations judiciaires du dernier opéra de Rameau 60 S’engager : Une nouvelle fondation pour les maladies orphelines neurodégéneratives 62 Soirées Liberalis : agnès b. et Copin joaillier – Agenda des prochaines soirées 64 Questionnaire de Proust : Maître Pierre Hoffman, le nouveau Bâtonnier de Paris Art de Vie & Professions Libérales Mars-Mai 2024 N° 7 Interview exclusive du nouveau Bâtonnier de Paris Les nouvelles matières du futur Point sur les automobiles électriques chinoises Règlementations sur l’IA Les tendances du marché de l’art &Renouveau Tendances Spécial LIBERALIS Mars-Mai 2024 © Qannati, détail du bracelet Alpha évoquant le Big Bang avec au centre une opale d’Ethiopie sur poudre de météorite et tranches de diamants bruts. Qannati Objets d'art, design Frédéric Mané et fabrication Jothi-Sèroj. Épée réalisée par Thierry Vendome © Olivier Foulon Arbre de Jessé © JLRF © Aurélie Ibanez/Bourgogne Live Prod Service Aux Oiseaux 2 © Lily Rose La Vierge à l'Enfant à la grappe de raisin - © Artcurial Collection Ma Préférence, Poiray Cindy Chao pièce Haute Couture, broche Plume
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  • 8. découvrir N e w s 6 Par Kyra Brenzinger What's News? Bäumer, 30 ans de créations Lamaisondejoaillerieindépendante,installéesurlamythiqueplaceVendômeàParis,célèbre ses 30 ans de création à travers un ouvrage donnant la parole à différentes personnalités. « Trente amis se sont prêtés au jeu de mes questions à partir d’un bijou que j’ai choisi pour eux. Par leurs réponses, ils ont dessiné le portrait d’une maison vivante et toujours en évolution », explique le fondateur Lorenz Bäumer. Ainsi, la princesse Charlène de Monaco dévoile sa tiare "Écume de diamants" ou Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert (que l’on retrouve aussi interviewée dans ce numéro), présente les boucles d’oreilles "Titane Ocean Crush". C’est aussi l’occasion de découvrir les nombreuses collaborations du créateur avec la prestigieuse maison Chanel ou pour la réalisation de collections de maquillage pour Guerlain. Passionné par l’art et les minéraux, Lorenz Bäumer invite sa clientèle à découvrir ses créations joaillières dans sa boutique-écrin ressemblant à un cabinet de curiosité intimiste. Bäumer – 19, place Vendôme – Paris 1er - www.baumer-vendome.com Editions de La Martinière – photographie de Philippe Garcia Iris van Herpen, Sculpting the Senses au MAD La nouvelle exposition de la styliste néerlandaise Iris van Herpen prouve avec virtuosité que la relève de Thierry Mugler et Alexander McQueen est assurée. Entre univers Art nouveau et futuriste, ses robes-armures métamorphosent les femmes en déesses toutes puissantes. Pionnière dans l’usage des nouvelles technologies dans sa discipline, Iris van Herpen transgresse les normes conventionnelles du vêtement, alliant savoir-faire traditionnel et techniques d’impression 3D. Une sélection de plus de 100 pièces de haute couture dialogue avec des œuvres d’art contemporain. Ses constructions d’accessoires sont librement inspirées des sciences naturelles comme des coraux ou des fossiles créant une résonance unique avec des pièces historiques de la marque, créée en 2007. Dans une véritable immersion « sculptant les sens », la scénographie s'ouvre par le thème de l’eau et les origines du vivant, suivi par un cabinet de curiosité et l’atelier de la créatrice dévoilant les recherches et expérimentations de la styliste au talent infini. Jusqu’au 28 avril 2024 – Musée des Arts décoratifs – 107, rue de Rivoli – Paris 1er - https://madparis.fr © MAD- photographie © Solve Sundsbo – Graphisme © Agnès Dahan Studio Affiche © CC0 Paris Musées/Musée Cognacq-Jay Luxe de poche au Musée Cognacq-Jay L’exposition, intitulée « Luxe de poche, petits objets précieux au siècle des lumières », présente une collection exceptionnelle de petits objets précieux et sophistiqués (or, pierres dures ou pierres précieuses, nacre, émaux). Les usages de ces objets varient, mais ils ressortent tous des us et coutumes d’un quotidien raffiné, signe de richesse ou souvenirs intimes. Au siècle des Lumières comme aux suivants, ils suscitent un véritable engouement en France d’abord, puis dans toute l’Europe. Cette approche plurielle convoque à la fois l’histoire de l’art et celle de la mode. Des accessoires de mode et des vêtements viennent compléter la scénographie, ainsi que du mobilier où ils sont rangés. Tableaux, dessins et gravures viennent également illustrer le propos. Ce dialogue permet d’envisager ces objets dans le contexte plus large du luxe et de la mode au XVIIIe et au début du XIXe siècle. Du 29 mars au 29 septembre 2024 – 8, rue Elzévir - Paris 3ème www.museecognacqjay.paris.fr Paolo Roversi © Palais Galliera, Paris Musées, 2024 Paolo Roversi au Musée Galliera Si un photographe a créé un style identifiable dans la mode, c’est bien Paolo Roversi ! Sa signature est reconnaissable entre toutes : flouté artistique, tonalités douces et sépia du noir et blanc à la lumière du jour ou densité et profondeur des couleurs à la lumière de la lampe torche. Ce photographe d’origine italienne est venu s’installer à Paris dès 1973, et a su redéfinir la photographie de mode. Les magazines prestigieux comme Vogue ou Egoïste font appel à lui et sa carrière est marquée par sa collaboration avec les plus grands créateurs de mode, tels Yohji Yamamoto ou Romeo Gigli. Cette exposition réunit 140 œuvres dont des images inédites, des tirages Polaroid, des archives (magazines, catalogues…) dévoilant le parcours d’un photographe qui a su avec art métamorphoser le regard sur la mode. La scénographie de l’exposition entraine le visiteur de l’ombre vers la lumière et de son studio d'artiste vers un espace imaginaire. Jusqu’au14juillet2024-PalaisGalliera- 10,avenuePierre1er deSerbie-Paris 16ème - www.palaisgalliera.paris.fr
  • 9. 7 Paris et ses environs, de 1780 à 1950 à la Galerie Christian Le Serbon Spécialisée dans les tableaux et dessins anciens et du 19ème , la Galerie Christian Le Serbon expose actuellement plus de quarante vues de Paris et ses environs (Saint-Cloud, Bagatelle, Ermenonville, Versailles...). Ces aquarelles, peintures à l'huile, dessins au crayon ou à la plume, choisis pour leurs qualités esthétiques et leur intérêt historique, sont tous richement décrits dans un catalogue numérique disponible sur demande (présentant avec précision leur contexte de création, provenance, etc.). Plusieurs œuvres sont de niveau muséal et les prix offrent une large palette allant de 900 € à 40 000 €. Une merveilleuse occasion pour retrouver les lieux d'un Paris, parfois aujourd'hui disparu, et les explorer à travers la sensibilité des artistes de l'époque. Christian Le Serbon désire faire partager la passion qui l’anime depuis plus de 25 ans, aussi bien auprès des amateurs souhaitant s’initier, notamment la jeune génération, qu’aux collectionneurs avertis ou aux institutions patrimoniales. Jusqu'au 9 avril 2024 - Galerie Christian Le Serbon, 45 rue de Penthièvre, Paris 8ème - www.galerie-leserbon.fr - christian@galerie-leserbon.fr Tableau L'Arc de Triomphe de l'Etoile vers 1860 - Philippe Benoist (1813-1896) Van Cleef & Arpels et le Japon : une rencontre artistique Au sein de la Galerie du Patrimoine de la boutique Van Cleef & Arpels place Vendôme, l’exposition met en scène les inspirations japonaises ayant influencé le joaillier, des années 1920 à nos jours. Issues de la collection patrimoniale, ces 30 pièces ont été réalisées entre 1923 et 2012 et de précieux documents d’archives sont également présentés. En 1853, isolé depuis plus de 200 ans, le Japon s’ouvre au monde, au commerce et aux échanges culturels. En Europe, cette seconde moitié du 19ème siècle sera profondément marquée par un courant artistique que le critique français Philippe Burty nommera « Japonisme ». L’imaginaire des jardins avec leur conception, leur ésotérisme, et leur dimension spirituelle, représente naturellement une forte inspiration pour Van Cleef & Arpels allant des célèbres Chrysanthèmes en rubis et diamants au collier Omikuji. Ce riche ensemble illustre un pont entre les cultures et une fascination pour l’Empire du Soleil Levant qui ne s’est jamais démentie. Jusqu’au15juin2024-BoutiqueVanCleef&Arpels-GalerieduPatrimoine -20,place Vendôme - Paris 1er - www.vancleefarpels.com Collier Omikuji 2008 , or blanc, saphirs roses, grenats tsavorites, diamants - Collection Van Cleef & Arpels Les 60 ans de la Fondation Maeght : Amitiés, Bonnard-Matisse Première fondation d’art moderne et contemporain en France, la Fondation Maeght fêtera ses 60 ans cet été. Créée en 1964, par le couple de marchands d’art, éditeurs et lithographes Marguerite et Aimé Maeght, elle fut inaugurée par André Malraux. Cet anniversaire sera marqué par une grande exposition estivale « Amitiés, Bonnard-Matisse » qui mettra l’accent sur la relation amicale et respectueuse entre Pierre Bonnard et Henri Matisse, en retraçant leurs liens avec la famille Maeght pour qui les deux artistes-amis incarnaient deux génies du 20ème siècle. Différentes thématiques cernent le propos avec de nombreuses œuvres et documents rares. L’exposition aborde aussi par effet miroir l’approche des deux maîtres sur les mêmes sujets : les autoportraits, la rue, la lumière du Midi, le peintre et son modèle. Une belle occasion pour découvrir au printemps ce musée, niché au coeur d'un parc arboré avec vue sur le célèbre village de Saint-Paul-de-Vence. Du 29 juin au 6 octobre - 623, Chemin des Gardettes - 06570 Saint-Paul-de-Vence - www.fondation-maeght.com Fondation Maeght - Photo Olivier Amsellem - Archives Fondation Maeght René Lalique - Ornement de corsage Jasmin, v. 1899-1901 © Coll.privée René Lalique, l’inventeur du bijou moderne à Wingen-sur-Moder Au travers de plus de 100 bijoux exceptionnels, l’exposition dévoile comment René Lalique a renouvelé l’art de la bijouterie à la fin du 19ème siècle. Ce parcours, présenté dans le musée ultra-contemporain conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte au cœur de l’Alsace, s’attache à montrer les apports de René Lalique à l’art de la bijouterie soulignant que ses bijoux sont des œuvres d’art grâce à leur dimension architecturale et à leur innovation. L’exposition s’intéresse aux processus de création et de fabrication, à travers l’imaginaire du créateur et les matériaux employés, présentant également l’importance du dessin dans son travail. À une époque où la joaillerie est encore à l’honneur, il est soucieux de beauté et non de snobisme en utilisant des matières non nobles comme le bois, la corne ou le verre. L’émail occupeégalementuneplacedechoixdanslescréationsdeRenéLaliquequienexploretoutes lespossibilitéstechniques,del’émailchamplevéàl’émailcloisonné.Sonuniversoniriquedela faune et de la flore associant des femmes-nymphes définissent l’extraordinaire période « Art nouveau » dont le maître incontesté reste René Lalique. Du 1er mai au 3 novembre 2024 - Musée Lalique - Rue du Hochberg - 67290 Wingen- sur-Moder
  • 10. 8 échanger Économie & b u s i n e s s Règlement sur l'IA : l’Europe se tire-t-elle une balle dans le pied pour les IA génératives ? Après plus de deux années de gestation, un temps presque long à l’ère du numérique, l’Union européenne s’est dotée de normes pour réguler les usages de l’intelligence artificielle. Il s’agit du règlement sur l’IA, dont l’accord politique a été annoncé en décembre 2023. Le texte a été approuvé ce 2 février 2024. Il s’agit là d’une première mondiale, puisque le décret du Président américain Joe Biden, pris le 30 octobre dernier, se limite à des règles de bonne conduite pour les géants de la technologie américaine. Résultat d’un compromis laborieusement trouvé par les négociateurs du Parlement et du Conseil européens, le débat sur la réglementation de l’IA a mis en lumière les intérêts divergents, entre liberté et innovation d’un côté et régulation et Par Constantin Pavléas, avocat en droit du numérique, dirigeant-fondateur de Pavléas- Avocats et professeur et coordinateur du programme Droit du numérique et Propriété intellectuelle à l’École HEAD (Hautes Études Appliquées du Droit) sécurité de l’autre. Le texte adopté se base sur les risques induits par chacun des systèmes d’intelligence artificielle. À la veille des Jeux Olympiques de Paris et face à la menace terroriste, faut-il proscrire tout système de reconnaissance faciale, basé sur l’intelligence artificielle capable d’identifier des sujets à risque dans le domaine public ? Et comment répondre aux nombreux enjeux juridiques, éthiques, sociologiques, voire civilisationnels, suscités par l’émergence de ChatGPT et autres IA génératives, capables d’élaborer, selon les requêtes formulées par les utilisateurs, des textes en langage naturel, mais aussi des images, des vidéos, des chansons ? Pour les nouveaux services, basés sur les IA génératives, à quel niveau imposer des obligations de transparence, notamment de « rendre public un résumé suffisamment détaillé » des données utilisées pour entraîner leurs algorithmes ? À qui les imposer : aux créateurs des modèles de fondation, ces grands logiciels capables de créer du texte ou de l’image ou à ceux qui les utilisent dans un second temps pour créer des services à usage général ou adaptés à des besoins spécifiques, comme ChatGPT ? Pour les détenteurs de droits sur les contenus (droits d’auteur notamment), ces obligations doivent s’appliquer à tous les maillons de la chaîne, y compris aux concepteurs des modèles de fondation, de sorte à pouvoir réclamer une rémunération pour l’usage de leur contenu. Pour les jeunes pousses européennes de l’IA générative, comme pour les grands pays de l’UE, ces règles seraient une entrave à leur développement, alors qu’elles cherchent à rattraper leurs concurrents américains ou chinois. Quelques semaines avant la décision sur le règlement, les ministres concernés de France, d’Italie et d’Allemagne se sont ainsi rencontrés pour en discuter, et ils ont insisté sur la nécessité d’instaurer une législation « sans bureaucratie inutile ». Le règlement sur l’IA a tranché en faveur d’obligations de transparence, y compris pour les concepteurs de modèles de fondation. C’est certes une règle vertueuse et de bon sens. Mais face à l’avance prise par les entreprises américaines ou chinoises, avons-nous manqué de pragmatisme ? L’histoire de l’IA s’écrit vite et on le saura bientôt. � ↑ © Alain Guizard
  • 12. 10 Particulièrementsollicitédèsledébutdesonmandat,maître Pierre Hoffman nous a néanmoins accordé une interview exclusive et en hommage à Robert Badinter et à Bernard Pivot, il s’est prêté également au jeu du Questionnaire de Proust (à retrouver en page 64). Quel a été l’effet de votre élection ? Pierre Hoffman : De la joie d'abord, celle d’avoir réussi à convaincre mes consœurs et confrères de mon engagement et de partager ces deux ans avec mon alliée et amie Vanessa Bousardo. De l’émoi, ensuite, lorsque j’ai pensé à mon père et à la fierté qu’il aurait pu ressentir s’il avait été présent ce jour-là. De la détermination, enfin, celle nécessaire face à l’immense tâche qui allait bientôt nous incomber. Quels sont les thèmes qui vous tiennent à cœur ? Pierre Hoffman : Deux sujets sont d’actualité : l’intelligence artificielle et les rencontres économiques. Le sujet des IA concerne les 34 000 avocats de Paris que nous représentons. C’est un défi immense et aussi une chance, mais il faut savoir prendre les devants. Actuellement, nous réalisons une cartographie des principaux acteurs qui proposent des solutions en matière d’intelligence artificielle et cherchons àidentifiercellequenouspourrionsproposer aux membres de notre Barreau, que ce soit en mutualisant plusieurs logiciels déjà existants ou en développant une application spécifique. De même, nous souhaitons créer et renforcer les synergies professionnelles entre les avocates et avocats, notamment pour les plus jeunes. Ce sera l’objet des rencontres économiques que nous organiserons. Vos actions sont surtout dirigées vers les jeunes avocats ? Pierre Hoffman : C’est une période difficile pour les jeunes avocats qui, pour certains d’entre eux et contrairement à nos aînés, Par Kyra Brenzinger Interview de maître Pierre Hoffman, le nouveau bâtonnier de Paris quittent assez rapidement la profession pour entrer dans le monde de l’entreprise. Cette nouvelle génération ne « rentre plus dans les ordres » : les jeunes avocats sont beaucoup plus mobiles en cherchant parfois à créer leur propre entreprise et partent plus facilement vers d’autres voies. Aussi, avec Vanessa Bousardo, il nous apparaît crucial de répondre à ces attentes nouvelles. Cela passera par des réformes en faveur de l’équilibre vie professionnelle – vie personnelle (facilitation du quotidien des jeunes parents), par des mesures visant à protéger les collaboratrices et collaborateurs (lutte contre le harcèlement etlesdiscriminations)ouencoreenfaisantle pari de la transmission intergénérationnelle (développement du programme de mentorat d’exercice Avo’mentor). Est-ce que le métier d’avocat a beaucoup changé ? Pierre Hoffman : En effet, notre pratique a bien changé ! À titre d’exemple, il y a dix ans, nous devions réaliser jusqu’à 100 saisies par an. Aujourd’hui, avec ma sœur Emmanuelle Hoffman, nous en réalisons seulement deux à trois sur une année. Et actuellement, notre activité se répartit équitablement avec environ 50 % d’activité de conseil et 50 % de contentieux, tandis que le contentieux prédominait auparavant. Les avocats ont également dû apprendre à se saisir des différents moyens de communication et ont dû s’exercer aux rouages du marketing, là où il y a dix ans, échanger Économie & b u s i n e s s → Le Bâtonnier de Paris, Pierre Hoffman et la Vice-Bâtonnière, Vanessa Bousardo - © Ordre des avocats du barreau de Paris, 2024 ← Photo de l’hommage du barreau de Paris à Robert Badinter devant la Cour d’appel de Paris-©OrdredesavocatsdubarreaudeParis, 2024
  • 13. ils n’avaient pas encore le droit de publicité personnelle. Rajoutez à cela, enfin, les nouvelles technologies au service de l’avocat qui bousculent notre exercice quotidien et une concurrence de plus en plus rude : ilyavait24000avocatsàParis,ilya10ans, il y en a quasiment 35 000, aujourd’hui ! Celaobligelescabinetsàplusd’expertise? PierreHoffman:Évidemment,lesexigences sont de plus en plus grandes ! Les évolutions de notre profession demandent davantage detechnicité,decapacitéd’adaptationetde compétences extra-juridiques. Nos cabinets se professionnalisent et l’artisanat d’hier n’a plus grand-chose à voir avec la gestion entrepreneuriale, aujourd’hui nécessaire au développement d’un cabinet. Les « soft skills » deviennent, par ailleurs, des critères de différenciation majeurs au moment du recrutement. Comment fonctionne le binôme que vous formez avec la vice-bâtonnière Vanessa Bousardo ? PierreHoffman:Ilfautdirequ’après18mois de campagne et des années à partager nos bureaux, nous nous connaissons très bien ! Nous formons un binôme complémentaire et rien n’a vraiment changé, depuis que nous avons pris nos fonctions : nous nous répartissons les sujets en fonction de nos appétences et compétences respectives et nous savons que nous pouvons compter sur un entourage compétent et bienveillant. Suivant cette logique, Vanessa Bousardo, présidente de l’École de Formation professionnelle des Barreaux, s’occupe plus particulièrement des thématiques liées à la lutte contre le harcèlement et les discriminations.C’estdanslacontinuitémême de son engagement puisqu’elle se trouvait à la tête de la COMHADIS (commission harcèlement et discrimination), lorsqu’elle était membre du Conseil de l’Ordre. Pour ma part, je suis plutôt affairé sur le volet économique, les affaires publiques ou encore les Jeux Olympiques qui nécessiteront une mobilisation toute particulière de la part de notre Ordre. Est-ce que les sujets de parité vous tiennent à cœur ? Pierre Hoffman : Effectivement, c’est l’un des sujets qui nous tient le plus à cœur et nous savons combien il importe à nos consœurs et confrères. Et nous sommes également convaincus que des mesures qui favorisent l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée rejailliront sur l’attractivité et le développement de notre profession. D’un côté, nous travaillons à préserver cet équilibre, qui, au sein de notre profession et dufaitdenotrestatutlibéral,n’estpasencore au niveau de ce que peuvent proposer les entreprises, aujourd’hui. Nous cherchons plusparticulièrementàprotégerlesavocates et avocats devenus parents, alors que la parentalité reste trop souvent compliquée et même critique pour nombre d’entre eux. Nous comptons ainsi faire sortir de terre des micro-crèches et une garderie d’urgence. Parallèlement, un pôle « Zen parentalité » sera bientôt créé. Il permettra d’assurer les renvois des consœurs et confrères qui seraient empêchés du fait de difficultés ponctuelles, liées à leur vie personnelle. Il n’est plus entendable, aujourd’hui, que les avocates et avocats quittent la profession pour des raisons extérieures à leurs seules ambitions. De même, et c’est le second sujet sur lequel nous nous penchons, nous ne pouvons plus transiger sur les questions de discriminations, de harcèlement ou sur les cas de violences sexistes ou sexuelles qui peuvent avoir cours au sein de certains de nos cabinets. En ce sens, et afin de libérer la parole des victimes, une nouvelle plateforme d’alerte et de recueil des signalements sera bientôt proposée. Ce dispositif, qui sera confié à un tiers de confiance reconnu dans le domaine, garantira l’anonymat de chacune et chacun. C’est essentiel pour que toutes les victimes puissent dénoncer les situations auxquelles elles sont confrontées et que les auteurs soient effectivement sanctionnés. Pouvez-vous nous parler de l’hommage rendu à Robert Badinter ? Pierre Hoffman : Je pense que l’émotion suscitée par son décès au sein de notre profession montre combien Robert Badinter représentait l’Avocat dans ce qu'il a de plus beau : juste, droit, fermement attaché aux droits de la défense et aux libertés fondamentales. Nous savons combien de carrières il a inspirées, combien de vocations ilasuscitées.Aussi,noussouhaitionsdonner à chacune et chacun la possibilité de lui témoigner son respect et son admiration, là où l’hommage national qui lui a été rendu par le chef de l’État place Vendôme ne le permettaitpas.Cemomentderecueillement et de mobilisation extraordinaire des avocats, mais également des magistrats, a réuni des centaines de robes sur les marches de la Cour d’appel de Paris. Il restera personnellement gravé dans ma mémoire pour longtemps. � ↑ → Photo de l’hommage du barreau de Paris à Robert Badinter devant la Cour d’appel de Paris-©OrdredesavocatsdubarreaudeParis, 2024 11
  • 14. s'émerveiller 12 J o a i l l e r i e Les nouvelles matières du futur Contrairement à l’image traditionnelle qu’elle donne, la joaillerie n’est pas une discipline figée. Grâce à de nombreux créateurs, elle sait se réinventer en explorant de nouveaux métaux ou de nouvelles techniques permettant des créations aux designs futuristes. Par Kyra Brenzinger Les météorites et ses structures mystérieuses Quoi de plus futuriste qu’une météorite venant du fin fond de l’univers ? D’ailleurs pour la couverture de Liberalis, nous avons choisi de dévoiler la pièce extraordinaire « Alpha », incrustée de poudre de météorite. Réalisée avec talent par le designer Frédéric Mané pour la marque Qannati, ce bracelet évoque le Big Bang avec une vraie révolution technologique combinant poudre de météorite, tranches de diamants bruts et diamants noirs, carbone et sans oublier l’opale d’Ethiopie au centre irradiant de tous ses feux. Encore plus loin, Alexandre Bianchi nous transporte dans l’exploration de l’univers avec sa collection de météorites « Extra-terrestres ». Fasciné par la force de cette matière, il a créé un pendentif, orné d’une météorite Muonionalusta, tombée sur terre en 1906 au nord de la Scandinavie. « Donnant un aspect futuriste, la tranche de météorite fait apparaître un réseau octaédrique qui se retrouve dans aucun autre minéral sur terre », explique le joaillier. La céramique et le cristal de roche revisité La marque Chanel a révolutionné le monde de l’horlogerie en 2000, lorsque Jacques Helleu, directeur artistique de l’horlogerie à l’époque, lance la célèbre montre « J12 » en céramique. Créée dans les ateliers G&F Châtelain de La Chaux-de-Fonds en Suisse, la céramique est réalisée dans des fours à plus de 1 000°c à partir de dioxyde de zirconium et d’yttrium lui conférant dureté et luminosité. Cette céramique high-tech a été également déclinée en collection « Ultra » de joaillerie fine de Chanel sous forme de bagues, bracelets et pendentifs jouant le contraste de la céramique blanche et noire. ↑ Qannati, bracelet « Alpha », poudre de météorite, tranches de diamants bruts et diamants noirs, carbone, opale d’Ethiopie sur bracelet alligator ← Maison Bianchi, collier « Extra-terrestre » - Météorite Muonionalusta de 43.81 carats sur or jaune, or rose, or blanc ↓ Chanel, bague « Ultra », céramique noire sur or blanc
  • 15. 13 Chez Boucheron, c’est la talentueuse Claire Choisne, directrice de création, qui a su nous éblouir avec sa collection de Haute Joaillerie, intitulée « Holographique ». En collaboration avec Saint-Gobain, ils ont trouvé un procédé de vaporisation de microparticules de métaux précieux sur la céramique et le cristal de roche. L’effet irisé évoque la magie de l’arc- en-ciel ou des bulles de savon de notre enfance avec une touche futuriste et un porté mixte. Le joaillier hongkongais Wallace Chan continue ses explorations techniques notamment avec sa bague « A new generation ». Dans un design particulièrement futuriste et organique, il combine le titane à de la porcelaine. Inventée en Chine, la porcelaine a été rapportée par Marco Polo au 13ème siècle, mais Wallace Chan nous propose plutôt de nous plonger dans la galaxie à la recherche de supernovas alliant porcelaine, titane et saphirs. Le titane aux couleurs infinies Particulièrementlégeretrésistant,letitane a fait son entrée dans la haute joaillerie avec notamment la maison Chopard qui ↑ Boucheron, modèles « Faisceaux » de la collection haute Joaillerie Holographique, cristal de roche et diamants sur or → Chopard, bracelet « Red Carpet Art », saphirs, grenats mandarins, diamants et boucles d’oreilles sur titane ← Wallace Chan, bague « A new generation », saphirs, aigues-marines, diamants, saphirs et porcelaine sur titane l’utilise régulièrement pour ses collections Haute Couture « Red Carpet ». Ses majestueuses parures en forme de feuilles et manchettes permettent grâce au titane de devenir des pièces particulièrement légères et facilement portables. La joaillière taïwanaise Cindy Chao a créé un véritable univers autour du titane jouant sur des volumes extraordinaires et travaillés tout en finesse. Lors de sa dernière exposition à Shanghai, elle a dévoilé ses nouvelles pièces Haute Couture comme sa nouvelle broche Plume en version diamants blancs et jaunes et rubis sur titane. Des marques de joaillerie française déclinent leurs pièces iconiques comme la maison Fred qui a présenté une nouvelle collection « Force 10 » avec une manille utilisant le titane noir mat, combiné aux diamants noirs avec des codes d’une masculinité contemporaine.
  • 16. s'émerveiller 14 J o a i l l e r i e l’agent exclusif de la distribution du tantale en France, appliqué à la joaillerie. En 2022, il a lancé une première collection d’alliances et nous explique les avantages de ce métal : « Les choix s'est fait sur des alliances de la collection "Pure" pour être portées tous les jours et prévues pour durer. Sa densité est supérieure à l’or et donc résistant à la corrosion et insensible aux acides ». La couleur naturelle du tantale est grise argentée et peut avoir des nuances selon le traitement de surface (brossé, sablé, effet cristal ou déstructuré). Cette couleur est particulièrement adaptée à des bijoux Le tantale : utilisé dans l’électronique et le domaine spatial Considéré comme métal rare, le tantale se trouve dans le minerai de la tantalite surtout présent au Brésil, Canada, Australie et en Afrique. Il possède des propriétés électro-optiques, acoustiques et piézoélectriques uniques, utilisées dans l’électronique mobile (téléphones sans fil, téléviseurs, enregistreurs vidéo...). Il fond à 3 017°c ce qui lui permet d’avoir une haute résistance pour l’utilsation dans l’aéronautique, le spatial, mais aussi pour les implants chirurgicaux. Frédéric Manin, fondateur de l’Atelier de Tantale, a découvert ce métal dans un atelier en Allemagne et il est devenu ↓ Fred, « Force 10 » avec manille en titane noir mat et diamants noirs ← L’Atelier de Tantale, alliance de la collection « Pure » et deux roches brutes de tantalite ← Cindy Chao pièce Haute Couture, broche Plume, diamants blancs et jaune, rubis sur titane
  • 17. 15 mixtes et Frédéric Manin vient de lancer une nouvelle collection Surface proposant des bracelets ou chevalières au design contemporain. L’osmium, le métal précieux le plus rare au monde Découvert en 1803 par un chercheur anglais qui étudiait la solubilité du platine, l’osmium est un résidu du platine encore plus résistant. Il s’agit du métal qui a la plus haute densité et la plus haute résistance à l’abrasion et à la plus haute compression. Sa quantité est extrêmement limitée sur terre, estimée à seulement 1 m3 et l’osmium est exploité principalement au Canada, en Afrique du Sud et en Russie. Du fait de sa rareté, l’osmium est utilisé sous forme d’alliage de haute résistance dans les industries de la microélectronique, du médical et de la chimie. L’Institut Osmium France, créé en 2021 par Virginie Grondin, est chargé d'introduire sur le marché français ce métal le plus rare au monde (1 800€ le gramme). « L’osmium est à 97 % un produit d’investissement financier, mais depuis quelques années, le secteur de la bijouterie-horlogerie s’y intéresse comme les marques Hublot, Ulysse Nardin ou la marque de bijouterie Une ». De couleur gris-bleu et brillant, il apporte un effet futuriste à des créations comme les bijoux de la marque Oslery, créés par la vice-présidente de l’Institut Osmium en Allemagne. De nouvelles applications dans le secteur du luxe sont en cours comme la création du violon le plus cher au monde ou la création de nouvelles cartes de crédit. Le Niellium by Atelier Allure Thomas Hauser est un joaillier- alchimiste qui aime inventer de nouvelles matières appliquées à la joaillerie. Après ses collaborations à Paris et à New-York, il s’est réinstallé à Vienne, sa villenatalepourcréerdesbijouxaudesign audacieux. D’ailleurs, ses créations ont reçu de nombreux prix comme le Red Dot Awards, iF-Award, ou Good Design Award. Pour sa dernière collection « Massive Champagne », il a développé un alliage qu’il a baptisé Niellium, une fusion du platine, de palladium et d'argent. « Cet alliage précieux extraordinaire est d'un noir mystique, qui ne s'altère pas lorsqu'il est exposé à l'air et qui n'est ni recouvert ni traité en surface. À l'instar de Tanizaki Jun'ichiro qui admire la beauté intrinsèque des ombres, j’ai choisi de développer la magie de la profondeur du noir ». Cinq bagues composent la série « Massive Champagne », serties de diamants noirs rencontrant le métal noir. Disposés de façon asymétrique, les diamants noirs évoquent des gouttes de rosée au clair de lune, mais aussi de minuscules bulles flottant à la surface du Champagne. Un hymne au glamour et à la vie tout simplement. � → Oslery, collier serti d’Osmium, le métal le plus cher au monde, incrusté dans de l’or jaune ↑ Atelier Allure, bague « Massive Champagne » en Niellium et diamants noirs
  • 18. 16 Poiray, la French Touch ! a célébré ses 30 ans en 2023. Ce bijou, par son design original, revisite le motif du cœur, symbole universel de l’amour sous toutes ses formes. « Aujourd’hui encore, le "Cœur Entrelacé" plait pour ses lignes épurées et graphiques, ses courbes singulières et généreuses qui célèbrent tous les amours. Habillé d’or jaune, d’or blanc, d’or rose ou de diamants, il garde sa place de favori dans les Fondée en 1975, Poiray est l’une des maisons les plus jeunes de la Place Vendôme qui a su allier inventivité, modernité et gaieté des couleurs. Un condensé de l’élégance à la française. Par Kyra Brenzinger Lorsque, Jean-Paul Bize, président du groupe familial français AMS, a racheté la marque Poiray en 2014, il a eu la volonté de dynamiser la maison tout en respectant le charme et les atouts de ses créations. Une véritable signature identifiable Côté design, la marque a une vraie identité comme l’explique Sabine Moinet, DG de Poiray:«LaMaisonPoiraysedistinguepourau moins quatre raisons : son audace car elle fut la première maison de la place Vendôme à utiliser des pierres fines en complément des pierres précieuses.Elletientàsonindépendanceetreste unemaisonfamiliale,àtaillehumaineetproche de ses clientes. Son côté personnalisable rend le bijou plus appropriable et plus accessible. Et enfin, son vaste nuancier de couleurs offre une certaine impertinence et de la fantaisie dans les créationscolorées ». Une joaillerie féminine avec des best sellers historiques Dès les années 70, la marque a eu un succès fulgurant redéfinissant les codes de la joaillerie pour des femmes qui ont commencé à s’acheter et s’offrir des bijoux pour elles-mêmes et pour toutes occasions. « Poiray s’est fait l’écho des désirs d’émancipation de cette nouvelle femme, affranchie des normes de l’élégance d’antan. Aujourd’hui encore, la joaillerie Poiray est joyeuse, ludique et accessible, et sa séduction tient autant à l’éclat du bijou qu’à la façon libre et inventive de le porter », confirme Sabine Moinet. Le plus grand best seller historique de la maison reste le « Cœur Entrelacé » qui ↓ Collection « Ma Préférence », constituée de bagues, ornées de pierres interchangeables àl’infini ↑ Collection « Cœur Entrelacé » en or jaune et montre « Ma Première » s'émerveiller J o a i l l e r i e
  • 19. 17 créations ». Au fils du temps, de nouvelles versions ont été créées avec différentes formes de cœur ou le « Cœur Entrelacé Émail » avec des couleurs délicates de corail, ivoire ou bleu céladon, réalisées en émail. Comme l’amour se partage à deux, la maison a également lancé le Duo de Poiray sous forme de bracelet mixte avec un design de cœur légèrement allongé en argent sur un simple cordon à choisir parmi de nombreuses couleurs. Les pierres fines et l’interchangeabilité « Dès sa création, la Maison Poiray a misé sur lacouleur.C’étaitunparirisquécaràl’époque, les joaillers de la Place Vendôme utilisaient majoritairement les 4 pierres précieuses (diamants, rubis, saphirs et émeraudes). En utilisant dans ses créations pour la première fois des pierres fines de couleurs, telles que les améthystes, topazes, citrines, la maison y a apporté de la modernité », explique Sabine Moinet. Particulièrement inventive, la collection « Ma Préférence » est une collection de bagues interchangeables à l’infini. Le client peut créer sa bague et en changer selon son souhait grâce à un système ingénieux de 3piècesfacilementdétachables,composées d’unanneauretenantunepierreetmaintenue par une couronne qui se clipse sous les griffes. Poiray propose une variété infinie de pierres fines représentant la diversité de ces gemmes : quartz rose, topazes, améthystes, citrines, péridots, tourmalines… Et comme tous les goûts sont dans la nature, il est aussi possible de varier les couleurs de l’or (blanc, jaune, rose) et d’avoir une couronne sertie ou non de diamants. Bien sûr, ce système est breveté et répond à une vraie tendance de l’interchangeabilité et de la versatilité. De nouvelles collections comme « Filles Antik » utilisent les couleurs infinies des pierres fines et permettent de séduire une clientèle intergénérationelle. Une succes story dans l’horlogerie En parallèle de sa joaillerie, la marque a su se développer dans l’horlogerie avec des modèles tout aussi iconiques. Sous l’impulsion de Nathalie Hocq, directrice artistique dans les années 80, la montre « Ma Première » a vu le jour. « Avec ses célèbres godrons et son cadran rectangulaire, devenus le symbole horloger de la marque, "Ma Première" se caractérise par son design épuré, inspiré de l’Art déco. Grâce à un système ingénieux de petits cliquets, le client a la possibilité de personnaliser son bracelet interchangeable ». Sa collection de montres a été élargie avec le modèle « Rive Droite », doté d’un cadran rond, proposant également un large colorama de bracelets et de matières : du grain de riz métallisé aux peaux exotiques du satin perlé au veau fluo. Cette étendue chromatique est devenue la marque de fabrique de la maison, alliée à un savoir- faire artisanal d'exception. Véritable marque ambassadrice de la France sur les salons internationaux comme Inhorgenta à Munich ou à Vicenzaoro en Italie, Poiray a souhaité créer un clin d’œil à l’esprit très patriote qui règnera pendant l’année 2024, en imaginant une déclinaison inédite tricolore de sa montre « Ma Première ». « Cette version sera à découvrir dans nos 5 boutiques parisiennes (Passy,FaubourgSaint-Honoré,ruedelaPaix, Saint-Germain-des-Prés et le Bon Marché), mais aussi à Toulouse, à Bordeaux, à Lyon ou dans une centaine de points de vente partenaires en France et à l’étranger », conclut avec enthousiasme la directrice générale, Sabine Moinet. � Pour plus de renseignements : https://poiray.com ←← Montre « MaPremière », godrons sur cadran rectangulaire, cadran en nacre et doté d’un bracelet interchangeable ← L’amour se partage à deux avec le bracelet mixte « Duo » de Poiray en argent sur cordon → « Ma Première » une déclinaison inédite tricolore spéciale 2024 →→ Stand Poiray sur la pavillon Francéclat au dernier salon Inhorgenta à Munich – DR
  • 20. 18 18 s'étonner S a v o i r - f a i r e Le Comité Colbert célèbre ses 70 ans Pouvez-vous nous parler de l’événement « Les De(ux)mains du Luxe » ? Bénédicte Epinay : Pour cette 2ème édition, 30 maisons de luxe étaient présentes permettant au public de s’émerveiller tout en s’exerçant concrètement avec des ateliers.L’idée n’étaitpasdefaireunénième salon d’orientation, mais de proposer une véritable expérimentation. L’objectif de ces ateliers autour du luxe était surtout d’éveiller la jeunesse aux différents métiers qu’elle ne connait pas. C’est aussi pour eux un moyen de repérer quelques talents à recruter. À l’occasion de l’édition « Les De(ux)mains du Luxe » en décembre dernier, nous avons rencontré Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert, qui nous rappelle les objectifs de cette noble institution. Par Kyra Brenzinger Les maisons de luxe rencontrent-elles des problèmes de recrutement ? Bénédicte Epinay : Toutes les maisons sont confrontées à ce problème car il faut renouveler les générations, nées dans les années 60. Nous souffrons d’une dévalorisation ancienne en France du travailmanuel,alorsquecesontdesmétiers qui ont du sens. De la même manière, l’univers du luxe semble un monde fermé, alors que beaucoup de maisons à l’exemple d’Hermès recrute sans diplôme à la clé pour ses ateliers, aux termes d’un simple test d'aptitude manuelle. Le secteur du luxe a besoin de recruter 20 000 artisans par an, donc il existe un réel potentiel pour la jeunesse ou les adultes en reconversion professionnelle. Ces métiers sont aussi demandés au niveau national ? Bénédicte Epinay : Nos maisons recrutent en effet à Paris, mais aussi dans toute la France. Il faut rappeler le contexte historique : c’est le résultat ← Bénédicte Epinay, Déléguée générale du Comité Colbert © photo : David Atlan ↓ Gabriel Attal, Premier ministre et ancien ministre de l’Éducation Nationale et de la jeunesse, accompagné de Bénédicte Épinay, pour l’inauguration Les De(ux)mains du luxe © photo : David Atlan Le Comité Colbert vient d’éditer une nouvelle carte de France listant 188 territoires, spécialisés dans différents domaines du luxe
  • 21. 19 de la volonté de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, qui a créé à partir de 1661, les différentes manufactures royales dans plusieurs régions et selon leurs spécialités. Citons les plus connues avec le cristal dans l’est ou la porcelaine àLimoges.D’ailleurs,leComitéColbertvient d’éditer une nouvelle carte de France listant 188 territoires, spécialisés dans différents savoir-faire comme le cuir, le flaconnage, le textile… un réseau d’excellence et d’emplois ! Pouvez-vous nous rappeler les critères pour être membre du Comité Colbert ? BénédicteEpinay:Ilfautêtreunemarque française de luxe, née en France avec une création toujours réalisée en France (ndlr : pas forcément la fabrication ni l’actionnariat). La marque doit être également reconnue internationalement avec un chiffre d’affaires important, réalisé à l’export. Nous regroupons 14 secteurs d’activité différents. Allez-vous intégrer de nouveaux secteurs ? Bénédicte Epinay : Depuis 1984, les institutions culturelles nous ont rejoint à l’image du Château de Versailles, du Louvre ou de l’Opéra de Paris. Tout récemment, nous avons intégré la Tour Eiffel, une merveilleuse façon de célébrer nos 70 ans ! Depuis la fondation du Comité Colbert en 1954, grâce à l’initiative de Jean-Jacques Guerlain, nous comptons dorénavant 93 maisons de luxe et 18 institutions culturelles. Mais vous regroupez des entreprises étrangères également… Bénédicte Epinay : En effet, nous avons 6 membres européens, des entreprises historiques de pays étrangers comme Delvaux et Dr Irena Eris de Belgique, Herend de Hongrie, Moser et Riedel d'Autriche et Zolotas de Grèce. Il s’agit davantage en quelque sorte « d’asile politique », car il n’existe pas dans les pays cités d’associations à l’image du Comité Colbert. Nous leur assurons ainsi d’être représentées à Bruxelles dans nos discussions. Notre mission en général est de protéger la propriété intellectuelle, mais aussi nos savoir-faire et procédés de fabrication, comme dernièrement avec la remise en question de l’utilisation du plomb dans le cristal. Vous avez des représentants à l’international ? Bénédicte Epinay : Depuis sa création en 1954, le rayonnement international collectif de cette industrie figure au premier rang de nos missions. Notre fondateur Jean-Jacques Guerlain avait coutume de dire « qu’il n’existe pas d’économie forte sans culture forte ». Aujourd’hui, nous avons un réseau d’ambassadeurs aux États-Unis, en Chine, au Moyen- Orient et au Japon. Pour 2024, nous prévoyons d’être présents à Shanghai dans le cadre des 60 ans des relations diplomatiques entre la France et la Chine. L’événement mettra en parallèle les différents savoir-faire de chaque pays comme une conversation de talents complémentaires. Quelle est votre définition personnelle du luxe ? Bénédicte Epinay : Ma définition préférée est celle de Jean-Louis Dumas, ancien président de la maison Hermès qui disait : « Le luxe, c’est le désir qui l’emporte sur la raison» ! Le facteur émotionnel et irrationnel est particulièrement important dans le luxe… � ↑ À la Station F, le public est venu découvrir les conférences et les ateliers de plus de 30 maisons de luxe © photo : David Atlan
  • 22. s'émerveiller 20 J o a i l l e r i e Olwen Forest @ Frédéric Poletti 1 Broche Camélia en pâte de verre, signée Chanel, circa 1960 2 Boucles d’oreilles en pâte de verre, signées Chanel (circa 1960) et sautoir de Miriam Haskell (circa 1940) Avec son nom prédestiné évoquant la magie des forêts et inspirée par la chanson Les Feuilles mortes de Jacques Prévert, Olwen Forest nous dévoile les créations uniques qu’elle présente dans sa célèbre boutique du Marché Serpette à Saint-Ouen. Pourquoi avoir choisi ce thème si romantique des feuilles ? Olwen Forest : Dans un certain moment de notre vie, peut-être avons-nous tous été surpris avec enchantement par le mouvement majestueux des arbres et de la danse des feuilles dans le vent ? Falling in love with leaves Olwen Forest Interview de Kyra Brenzinger Est-ce un thème récurrent dans les bijoux ? Olwen Forest : Partout dans le monde, les grands artistes et designers de bijoux étaient fascinés par la beauté et la forme des feuilles. En France, l’artiste surréaliste Elsa Schiaparelli a lancé une collection de broches et de colliers d’une force extraordinaire. Au sein de sa Haute Coutureetdesesaccessoires,CocoChanel a très souvent choisi ce thème, réalisé en pâte de verre (en collaboration avec la maison Gripoix), représentant des fleurs somptueuses de Camélia, entourées de feuilles au vert lumineux. 1 2
  • 23. 21 Pour en savoir plus : OLWEN FOREST Marché Serpette (allée 3 – Stands 5,6 et 7) 110 rue des Rosiers - 93400 Saint-Ouen 0033 (0)1 40119638 - www.olwenforest.com Et de l’autre côté de l’Atlantique ? Olwen Forest : Au début des années 1930 et 1940, l’avant-gardiste américaine Miriam Haskell, célèbre pour ses montages délicats en perles baroques sur des fils extrêmement fins, a favorisé les feuilles dans ses choix thématiques de bijoux floraux. Vous avez une collection unique de bijoux de Joseff of Hollywood. Est-ce qu’il a également évoqué ce thème ? Olwen Forest : En effet, Eugene Joseff, « jeweller of the stars », qui a créé 90 % des bijoux des films hollywoodiens des années 1930 à 1940, a réalisé plusieurs bijoux sur ce thème comme pour l’actrice américaine Jane Russel. Pour ses créations, il choisissait une teinte légèrement bronze dorée pour rehausser la luminosité des visages des stars. Joseff of Hollywood était très apprécié des actrices et acteurs, car il avait une personnalité très amicale et parfois, il offrait une de ses créations aux stars pour leur garde-robe personnelle. Un dernier mot sur ce thème ? Olwen Forest : Gardons l’anglais pour ses jeux de mot et sa poésie : Leaves of love, falling in love ? Why not ! � 4 3 Collier attribué à Elsa Schiaparelli, circa 1950 4 Broche créée par Joseff of Hollywood et portée par l’actrice américaine Jane Russel (appartenant à sa garde-robe personnelle, circa 1940) 5 Parure de deux broches, signées Elsa Schiaparelli, circa 1940. 3 5
  • 24. 22 En décembre dernier, au cœur de la Maison de la Chimie à Paris, le physico-chimiste Philippe Walter a reçu son épée d’académicien, réalisée par l’artiste-joaillier Thierry Vendome. Ils nous dévoilent cette œuvre commune, fusion de multiples symboles. Par Kyra Brenzinger Histoire d’une épée d’académicien → Thierry Vendome et Philippe Walter présentant l’épée d’académicien, lors de la réception au sein de la Maison de la Chimie de Paris – DR Comment s’est faite la rencontre et l’échangeauniveaudeschoixartistiques? Philippe Walter : Notre rencontre a été facilitée par une amie commune, Sophie Lefèvre, avec laquelle j’ai travaillé au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, situé au Louvre. Elle a été la commissaire de l’exposition Jean Vendome, artiste joaillier, organisée à l’École des Arts Joailliers en 2020. S’en est suivie une discussion sur les symboles et les matières que je souhaitais voir sur l’épée. Ensuite, carte blanche a été donnée à Thierry pour commencer sa création et réaliser une œuvre d’art que je trouve merveilleuse. Thierry Vendome : Lors de cette première rencontre, Philippe est venu avec les images d’une rapière datant du 16ème siècle. Il connaissait déjà mon travail et souhaitait que j’apporte ma sensibilité contemporaine à cette épée, forgée au siècle de Léonard de Vinci et incarnant la Renaissance. Le défi consistait donc à partir de cette épée pour amener les autres symboles de manière fluide et artistique. Pouvez-vous nous parler des 7 symboles que vous vouliez évoquer sur cette épée ? Philippe Walter : L’épée elle-même est un symbole. Je la voulais du XVIe siècle, forgée durant le siècle où ont vécus Léonard de Vinci, Raphaël et Titien, trois des grands Maîtres de la peinture, dont je cherche dans mon travail à comprendre les pratiques artistiques. D’autres correspondent à des matières qui ont beaucoup comptées dans ma vie comme l’ivoire de mammouth rappelant mes travaux sur la préhistoire, les peinturesdesgrottesornéesoulessculptures féminines, comme la Dame à la Capuche, découverteàBrassempouy.Lalaurioniteest un composé de plomb, dont j’ai découvert l’invention par les anciens égyptiens pour leurs fards noirs et pour soigner leurs yeux. Sa forme en fleur microscopique a été interprétée en cristal de roche sur l’épée. La peinture noire du fourreau a été recouverte d’une peinture noire innovante, tellement noire qu’elle fait disparaitre les formes et qui représente mes travaux sur l’invention des pigments de synthèses, au cours des temps. La décoration du fourreau porte une inscription gravée dans une plaque en vermeil avec quelques mots de Léonard de Vinci : materia, colori, « ombra e lume » faisant écho à mes réflexions sur le rôle de la matière dans la création d’un tableau. Le pommeau se termine par une bague amovible avec une morganite rose orangée faisant référence à ma fille Morgane et à ma famille. Le septième symbole correspond à mon métier : les compositions chimiques des éléments en or, alliés avec de l’argent et du cuivre, et les cristaux symbolisent mes approchesscientifiques.J’aimemeprésenter comme chimiste, spécialiste d’analyse et de matériaux et comme cristallographe. Quel a été le plus grand défi technique ? Thierry Vendome : Il y en a plusieurs et je commenceraisparlaprésenceomniprésente du minéral allant du quartz au lapis-lazuli en passant par un arc-en-ciel de pierres. Mais j’ai envie d’évoquer également ce style propre à nous deux que je qualifierais de contemporain. Si vous regardez cette épée, vous retrouverez des mouvements, des rythmes typiques qui caractérisent aussi les créations joaillières de la famille Vendome. ← L’épée réalisée par Thierry Vendome respectant les 7 symboles choisis par l’académicien Philippe Walter – crédit photo : Olivier Foulon s'émerveiller J o a i l l e r i e
  • 25. 23 L’épée d’académicien est une œuvre vraiment à part et qui n’existe qu’en France pour une institution d’élite. Pour cela, nous avons mis toute notre passion et notre fougue créatrice pour qu’elle puisse être un objet d’exception incarnant les valeurs de l’académicien qui la portera sans renier notre identité stylistique. Il s’agit de votre 3ème réalisation d’épée académique et la 12ème de la famille Vendome ? Thierry Vendome : C’est bien ça, j’ai eu la chance d’en réaliser trois (en 1996, pour le démographe Jacques Dupaquier, en 2022, l’historien Pascal Ory et en 2023, pour Philippe Walter). Mon père, Jean Vendome, en réalisa neuf. La première fut celle pour Roger Caillois en 1970 (exposée au Musée des Confluences à Lyon) et la dernière, en 2021, fut celle pour René de Obaldia. Entre ces deux épée, nous avons réalisé des pièces uniques à de nombreux académiciens tels que:JulienGreen,MauriceSchumann,Henry Amouroux, Guillaume Guindey, Robert Marjolin, Lucien Israël et Michel Folliasson. Grâce à l’invention d’un petit appareil portatif de spectrométrie, vous avez pu analyser des fresques et des tableaux qui ont changé le cours de l’histoire ? Philippe Walter : En effet, il est aujourd’hui possible d’analyser les œuvres d’art là où elles se trouvent, sans aucun prélèvement. J’ai ainsi pu analyser de nombreux chefs- d’œuvre, comme des tableaux de Léonard de Vinci pour démontrer la complexité du travail de l’artiste, sa manière de choisir des pigments pour réaliser les effets chromatiques qu’il souhaitait et son travail pour réaliser des ombres en superposant de nombreuses fines couches semi- transparentes. Ces découvertes permettent de mieux comprendre pourquoi la Joconde et ses autres tableaux sont si particuliers. Sur d’autres thèmes, nos analyses ont permis de mieux comprendre les colorants employés pour teindre les fibres de laine de la tapisserie de Bayeux et l’altération de ses couleurs. En analysant les peintures de tombes en Égypte, nous venons aussi de découvrir l’existence de « repentirs », c’est- à-dire de changements de composition au cours de l’exécution des peintures murales. Cela atteste de l’esprit créatif de l’artiste, peignant selon ses propres goûts et envies, à moins qu’il n’ait dû s’adapter aux désirs du propriétaire du monument. Nous croyions pourtant jusqu’à présent que la peinture égyptienne était extrêmement formelle dans son expression avant tout religieuse. Vous avez fait mention de collaborations dans certaines affaires juridiques. Pouvez- vousnousciteruncasintéressant? Philippe Walter : Depuis une quinzaine d’année, je développe des actions et je participeàdesformationspourfaireensorte que nos analyses scientifiques des œuvres puissent plus facilement aider les magistrats et les policiers, spécialisés dans le domaine de l’art, notamment ceux de l'office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC). Les travaux de recherche que j’ai menés aident ainsi aussi les experts. En 2012, vous avez créé le Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS) au sein de Sorbonne Université. Quels sont les principaux axes de recherche ? Philippe Walter : Ce laboratoire vise àmieuxcomprendrelespratiquesartistiques grâce au développement de nouvelles méthodes d’analyse chimique, mais aussi à expliquer des savoir-faire anciens en les reconstituant et en analysant les propriétés physico-chimiques des matières fabriquées dans des ateliers. Nous en dégageons des notions qui permettent de proposer à l’industrie de nouveaux pigments inspirés par le passé, ce que nous appelons des pigments archéo-mimétiques. L’industrie cosmétique, par exemple, pourrait proposer dans l’avenir des fards, inspirés par les pigments Maya ou égyptiens. Élu à l’Académie des Sciences et vice-président de la Fondation de la Maison de la Chimie, quel sera votre grand projet à venir ? Philippe Walter : Par ces fonctions, je vais notamment essayer de promouvoir les sciences auprès du grand public et tout particulièrement pour les jeunes. Nous développons à la Maison de la Chimie un formidable site, appelé Médiachimie (https://www.mediachimie.org), qui offre de nombreuses ressources aux enseignants et aux élèves. J’ai aussi récemment participé à la création de la start-up Lumetis (www.lumetis.fr) dans le but de développer de nouveaux outils d’imagerie scientifique grâce à des technologies innovantes dans le domaine de la lumière et du traitement des images. Une part importante de nos activités concerne plusieurs projets menés avec le Centre National d’Études Spatiales (CNES) pouvant s’appliquer dans la Station spatiale internationale et sur la Lune. Dans ledomainedel’art,nousproposonsd’utiliser ces techniques pour assurer la traçabilité des œuvres en construisant un passeport numérique protégé par une blockchain. Cette approche devient indispensable pour garantir les transactions dans le marché de l’art et il me parait étonnant que cela n’existe pas déjà systématiquement. Au-delà de la traçabilité, nos images obtenues avec des ultraviolets et de l’infrarouge sont précieuses pour l’étude des œuvres et la recherche de leur authenticité. Nous voulons que tous les collectionneurs puissent avoir accès à des informations sur leursœuvresqueseulslesplusgrandsmusées du monde possèdent actuellement. � → La Maison de la Chimie à Paris où le physico- chimiste Philippe Walter a reçu son épée d’académicien - DR ↑ Le pommeau de l’épée se termine par une bague amovible, ornée d'une morganite rose orangée – crédit photo : Olivier Foulon
  • 26. 24 Passionnée d’art et de nature, agnès b. est tout naturellement attirée par lesvillesévoquantlesoleil entreMarseilleet Nice.Elleest fascinéeparles refletschatoyantsdelaMéditerranéeetlescouleursvivesdelaflorequ’elle photographieetqu’elleévoqueparfoisàtraversdesimagesimpriméessur des vêtements ou des accessoires de ses collections. La Rédaction vous dévoilesesendroitsfavorisdanslarégion.Par Kyra Brenzinger ↑ Photo réalisée par agnès b. à Antibes ↑ Mucem © Cyrille Wiener ↑ Portraitd’agnèsb.par ChristianMoser ↓ Boutiqueagnèsb.àNice ↑ Boutique agnès b. à Marseille agnès b. soutient également SOS Méditerranée, une association de sauvetage en mer qui a été créée en 2015, face à la catastrophe humanitaire des naufrages en Méditerranée. https://sosmediterranee.fr/en-video/agnes-b/ La styliste soutient de nombreuses causes humanitaires aussi via des produits en vente sur son site : www.agnesb.eu Les boutiques agnès b. à découvrir : À Marseille, la boutique est située dans le 1er arrondissement, dans un ancien hangar à bateaux, au cœur du quartier des anciens Arsenaux des Galères. Le cours d'Estienne d'Orvesconstitueuneagréableplacepiétonne, constellée de restaurants, bars, librairies et galeries d’art. Vous pourrez y découvrir les collections enfant, femme, homme et accessoires,ainsiqu’unespaced’exposition. Une soirée Liberalis a lieu le 11 avril 2024. S’inscrire avant le 2 avril : ariane@village-justice.com 31 - 33 cours d'Estienne d'Orves 13001 Marseille Tél : + 33 (0)7 64 37 42 65 Les lieux qu’agnès b. affectionne tout particulièrement : � Le Mucem à Marseille � Le Sofitel à Marseille � Le Château de Montfrin �Le marché couvert à Antibes (où agnès b. a une maison) � Le Festival de Cannes (la marque a été partenairedelaQuinzainedesréalisateurs) � Le marché aux fleurs de Nice � Le Musée Picasso à Antibes � La plage de la Garoupe à Antibes � Le village de Biot où elle aime aller manger des petits farcis Ses engagements pour les hommes et la planète : agnès b. et son fils Etienne Bourgois ont créé en 2003, la Fondation Tara Océan, un laboratoire scientifique flottant au service de la protection de l’environnement marin. L’objectif : observer, étudier et comprendre l’impact du changement climatique et des crises écologiques sur l’océan, afin de mieux le protéger. https://www.agnesb.eu/chez-nous-/ fondation-tara-ocean/ À Nice Située au cœur du Vieux Nice, à deux pas de son célèbre marché aux fleurs, la boutique Femme a été installée dans un ancien garage automobile, doté d’une lumineuse verrière. À quelques minutes de distance, la boutique Homme propose une ambiance chaleureuse dans une rue piétonne, fréquentée par une clientèle cosmopolite à la recherche d’une mode intemporelle. Boutique Femme : 17, rue des Ponchettes - 06300 Nice Tél : +33 (0)4 93 62 32 39 Boutique Homme : 7, rue Jules Gilly - 06300 Nice Tél : +33 (0)4 97 08 13 68 Cap vers le Sud avec agnès b. !
  • 27. 25 agnès b. Collection été Femme Veste sans col boutons b. dorés en lin naturel et pantalon Améline droit en lin naturel – Broche coquillage unique « Objets Trouvés jolis » - Sac Vanity Tunique manches longues en viscose numérique « Marrakech », photo d’agnès b. - Caleçon en cuir d’agneau plongé doublé coton lycra noir, fabriqué en France – Sandales Yeli shopping Sac Asya en cuir marron - 215€ Chapeau en rafia à ruban - 145€ Robe numérique L’oranger, photo d’agnès, fabriquée en France - 525€ Pochette Carmen en cuir noir - 225€ Cardigan pression col V en denim léger - 230€ Sac épaule en cuir noir - 285€ Robe longue en viscose numérique ©Ikon - 395€
  • 28. agnès b. Collection été Homme shopping 26 Veste en denim de coton bleu - 395€ Pochette ordinateur en cuir noir - 265€ Pantalon en denim de coton bleu - 245€ Veste en coton à rayures peinturées - 495€ Casquette en coton vert céladon - 85€ agnès b. x K-Way, Le Claude à pois, (mixte et existe pour enfants) 195€ Bermuda en coton à rayures peinturées - 295€ Veste Camisa non doublée à col transformable et pantalon Jean’s Chris en coton et lin bleu pâle – Panama Quito et espadrilles Noeh Ensemble veste de costume deux boutons non doublée et pantalon slim en coton mélangé rouge - Tee-shirt d’artiste blanc, sérigraphie ©Anisio Couto
  • 29. L’heure du renouveau au masculin On Aura Tout Vu, ensemble pour Homme et pour Femme de la collection Illusions 2024 27 Akillis, bracelets porté mixte de la collection Capture Me en or ou titane DLC noir BarbourauxGaleriesLafayette, Bobencoton,47,50€ EdenPark,chemisetteMussola impriméeplage,145€ EdenPark,sweatzippécolorblock bimatière,215€ SamsoeSamsoeauxGaleriesLafayette, Chemise,230€ CarneBollenteauxGaleries Lafayette,chemise,200€ ComptoirGLauxGaleriesLafayette, BesaceBagoodbleumarine BuchererExclusiveL'Epée1839TimeFastForwardenfibredecarboneforgéeet mouvementdotéd’uneréservedemarchede8jours.Piècelimitéeetprixsurdemande
  • 30. 28 Balmain,modèleJardinderosedelacollectionPrintemps-été 2024,ornéedefleursenplastiquerecycléparWilliamAmor shopping Staud aux Galeries Lafayette, Sac Palm en cuir, 350 € Korloff Paris, bague Korlove, diamants noirs sur or rose, 3 960 € Natan, top en satin stretch imprimé dégradé, 585€ Galeries Lafayette, Jupe Turin Pas, 79 € et top 69 € La Coque Française aux Galeries Lafayette, Chaîne téléphone Polly, 65 € Natan, robe en coton imprimé tâches d’encre, 645 € Roger Vivier Escarpins Slingback Viv canard en cuir verni parme, 890€ L’heure du renouveau au féminin
  • 31. 29 L’association à but non lucratif Jurid'Art est composée de 22 membres actifs et a été créée par Lucie Tissier et Loma Lamothe, deux étudiantes en 3ème année de Licence de droit à l'Université Catholique de Lille campus Issy-les-Moulineaux, en région parisienne. Pourmapart,j’aitrouvécelivrenonseulement fascinant,maisj’aisurtoutaiméenapprendre d’avantage sur une profession dont je savais peu de choses. L’auteur, Dominique Verdeilhan réussit à équilibrer habilement la rigueur journalistique avec l'humanité nécessaire pour raconter des histoires puissantes et importantes. Il arrive a nous donner l’impression que nous sommes dans la même pièce qu’eux et que ces magistrats se confient à nous, rendant les lignes de ces témoignages d’avantages touchantes. On se rend mieux compte des difficultés de cette profession : défendre la justice de notre pays chaquejourn’estpassansconséquence.Cela m’a remotivée et m’a permis d’ouvrir les yeux sur la réalité d’une profession passionnante. Undespointsfortségalementdecetouvrage est que l'auteur parvient à rendre accessible des sujets juridiques complexes pour le grand public. Juristes ou simples curieux, peuvent se plonger dans ce monde de la justice en se sentant concernés. Je le recommande vivement, c’est une lecture captivante pour ceux qui s’intéressent au sujet. » � Le but de Jurid'Art est de proposer des expositions, films, pièces de théâtre, sorties littéraires tout en abordant l'actualité culturelle sous forme d'articles, d'interviews, conférences, reportages, expositions ou encore mini-vidéos. L'objectif de l’association estdepermettreàtoutétudiantdedévelopper son esprit critique et sa culture générale, qualités nécessaires à tout juriste en devenir. Liberalisleuraproposédeprésentercemois-ci, unlivrechoisiparlesmembresdel’association: Les Magistrats sur le Divan de Dominique Verdeilhan, journaliste, chroniqueur judiciaire sur France 2 et Franceinfo. «Ilarrive,lorsqu’onfaitdesétudesdedroit,de se demander si on a la force de continuer, si nous sommes bien là où nous voulons être et si arrêter ne serait pas plus facile. C’est ce qui m’est arrivé après quelques mois en L1, puis ça m’est arrivé également en fin de L2, d’être tout simplement perdue dans mon parcours scolaire. J’aialorsdécidéd’approfondirmesrecherches sur le monde juridique et de m’y intéresser de plus près, dans l’espoir de me remotiver et d’avoir la force d’aller jusqu’au bout. Je suis alors tombée sur ce livre Les Magistrats sur le Divan (aux Éditions du Rocher), écrit par Dominique Verdeilhan, journaliste et chroniqueur judiciaire français, qui nous offre un regard fascinant sur les hommes et les femmesquirendentlajusticedansnotrepays. LesMagistratssurleDivanestunlivrequiréunit les témoignages de plus de 80 magistrats, juges d’instruction, procureurs, présidents de courd’assisesouencorejugesdesenfants,qui sesontconfiéssurleurviequotidiennecomme MarcTrévidic,LaurenceVichnievsky,François Molins, Renaud Van Ruymbeke, Jean-Claude Marin, Philippe Courroye, Éliane Houlette et bien d'autres.... Ces magistrats révèlent ce qu'ils n'ont jamais osé évoquer : leurs angoisses, leurs souvenirs souvent traumatisants, leur détresse. Ils sont marqués, parfois de manière indélébile, par des affaires plus ou moins retentissantes : les attentats de Paris, le crash de la Germanwings, les crimes de Michel Fourniret ou de Pierre Chanal, la mort d'Ilan Halimi ou dupetitGrégory,maisaussiparlesdossierElf ou Chirac. Du parquet anti-terrorisme aux juges des enfants, du ressenti des plus grands procureurs de notre République aux ressentis des plus jeunes magistrats, face à leur première scène de crime ou autopsie en école de Magistrature… Ce livre est extrêmement complet ! Il offre une plongée fascinante au cœur de la Justice en explorant le monde complexeetsouventméconnudesmagistrats français.Mais,iloffreégalementdesportraits humains de ces hommes et de ces femmes mettant en lumière leurs espoirs, leurs doutes et les défis qu'ils rencontrent au quotidien. Par Fuchsia Bonvicini de l’association Jurid’Art Jurid'Art présente Les Magistrats sur le Divan de Dominique Verdeilhan Dominique Verdeilhan, auteur. Couverturedulivre LesMagistratssur leDivan → Fuchsia Bonvicini ↑ Loma Lamothe et Lucie Tissier 29 se cultiver Art & c u l t u r e
  • 32. 30 La peinture ancienne et les artistes abstraits séduisent à nouveau. En revanche, après un vif engouement, les NFT sont délaissés. Pour les passionnés de voitures de collection, la tendance est au beau fixe. Par Robin Massonnaud ↑ Attribué au Maître au perroquet actif à Anvers dans la première partie du XVIe siècle LaViergeàl'Enfantàlagrappederaisin Vendu 7 872 € - © Artcurial → Jean-Honoré Fragonard (1732 – 1806) Unsacrificeantique,dit LesacrificeauMinotaure Vendu 5 714 800 € © Artcurial ← Pietro Lorenzetti (1280-1348) SaintSilvestreet SainteHélène Vendu 4 692 400 € © Artcento /Tajan Turquin comme « un artiste majeur de l’école siennoise ». Ces deux œuvres estimées 2,6 millions d’euros ont trouvé preneur pour près de 4,7 millions d’euros. En novembre, un tableau de Jean-Honoré Fragonard représentant LesacrificeauMinotaure s’est vite venduchezArtcurialpour5,7millionsd’euros. Ces deux ventes reflètent le regain d’intérêt pour la peinture ancienne du XIVème au XVIIIème siècle, à sujets religieux ou mythologiques, qui attire des amateurs d’art contemporain, séduits par la beauté picturale des œuvres. Les grandes galeries d’art ancien comme Canesso, Leegenhoek, Moretti ou Sarti et les experts des maisons de ventes le constatent régulièrement. C’est ce qui explique les prix élevés atteints par les œuvres anciennes de grands artistes, tant la concurrence entre les collectionneurs s’exacerbe. Mais il est Les tendances du marché de l’art en 2024 Après l’euphorie post-covid et l’explosion des ventes et des prix pharamineux, l’année 2023 est restée calme. L’année 2024 devrait confirmer le retour à plus de sagesse attestant ainsi de la bonne santé de l’art qui reste avant tout une valeur refuge. C’est pourquoi, certains secteurs retrouvent des couleurs et attirent de nouveaux amateurs. C’est le cas de la peinture ancienne à sujets mythologiques et religieux ou des artistes abstraits du XXème siècle français et européens. D’autres domaines comme les voituresdecollectionconfortentleurposition. En revanche, les NFT, trop spéculatifs, connaissent une descente aux enfers. L’attrait pour la peinture ancienne Peu avant Noël, la maison Tajan vendait deux tableaux de Pietro Lorenzetti, un peintre du XIVème siècle décrit par l’expert Eric toujours possible d’acheter à prix abordable des tableaux d’école, réalisés par les ateliers des grands maîtres ou par des peintres s’en inspirant. La gamme de prix est très large. Un acheteur a ainsi payé 7 872 euros pour une Vierge à L’enfant à la grappe de raisin, attribuée au Maître du Perroquet, artiste du XVIème siècle, mais c’est dans une gamme de prix de 40 000 à 100 000 euros qu’on peut acquérir des chefs-d’œuvre dignes des grands musées. N’hésitez-pas car les beaux tableauxanciensnesontpassinombreuxsur le marché et ne pourront que prendre de la valeur. se cultiver Art & c u l t u r e
  • 33. ↑ Jean Dewasne (1921-1999) Tisville, 1950 Adjugé 22 100 € © Adagp Paris 2023 /Digard Auction Gérard Schneider (1896-1980) sans titre, 1947 Adjugé 39 360 € - © Artcurial Jean Degottex (1918-1988) Impa-vide(II), 1959 Vendu 209950 € - © Adagp Paris 2023 / succession Jean Degottex Le retour des artistes abstraits Il y a 10 ou 15 ans, les œuvres des artistes français et européens des années 50-70, liées à l’abstraction et à l’École de Paris, étaient démodées et on les trouvait à prix modiques. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, grâce à un travail de réhabilitation entrepris par des professionnels reconnus comme FranckPrazanquiaremissurlesdevantsdela scène des artistes comme Georges Matthieu, Maurice Estève, Alfred Manessier ou Jean- MichelAtlan.Laprésentationdeleursœuvres dans les grands salons d’art a contribué à faire sortir des remises de nombreux tableaux qui sont aujourd’hui très disputés en salles de ventes et en galeries. Les prix ne cessent donc d’augmenter. Cette hausse se poursuivra dans les années à venir, car ces artistes français et européens sont beaucoup moins chers que leurs homologues américains. Il est donc recommandé d’en acheter d’autant que certains d’entre eux comme Roger Bissière, Olivier Debré, Maria Helena Vieira da Silva, Gérard Schneider, JeanDewasneouJeanMiottesontloind’avoir atteint la cote correspondant à l’importance de leur contribution à l’art du XXème siècle. Le charme des voitures de collection Selonl’expertAdolfoOrsi,quipubliechaque année une analyse du marché des voitures de collection dans son Classic Car Auction Yearbook, l’année 2023 a été bonne. Sur les 11 000 véhicules passés en vente on ne compte en effet pas moins de 340 voitures, dont le prix a dépassé le million de dollars. Il y a donc bien un engouement persistant pour la voiture ancienne. Adolfo Orsi l’explique par le fait que les amateurs, déçus par les performances standardisées des véhicules électriques, souhaitent retrouver les sensations de la conduite à l’ancienne. Le marché est double : les véhicules d’avant la Seconde Guerre mondiale sont moins recherchés qu’avant et ceux des années 50-80 ont la cote de même que les youngtimers, les voitures récentes âgées de 20 à 30 ans. La gamme des prix est large et va de 15 000 euros à plusieurs millions pour des voitures mythiques. Sachez enfin que si la restauration et l’entretien ont un coût, un véhicule de collection se valorise avec le temps. Il s’agit même selon Adolfo Orsi « d’undesplacementslesplusrentables». Le flop retentissant des NFT En 2021, les NFT (non fungible tokens ou jetons non-fongibles) s’arrachaient à des prix astronomiques. L’œuvre Everydays : the First 5000 Days de l’artiste américain Beeple s’était ainsi vendue 69,3 millions de dollars. Le premier tweet de l’histoire des réseaux sociaux (just setting up my twttr signés Jack Dorsey) avait trouvé preneur pour 2,9 millions de dollars. En avril 2022, son propriétaire le remettait en vente et en attendait 48 millions de dollars. Les enchères firent un flop retentissant, la plus hauteétantde...3000dollars.Depuis,avec le recul des cryptomonnaies utilisées pour le paiement des NFT, le marché s’est effondré. En ce début d’année, selon DappGambl, un site spécialisé dans les cryptomonnaies et la blockchain, 95 % des collections de NFT n’ont quasiment plus aucune valeur. Les grandes maisons de ventes, qui s’étaient lancées sur ce marché, s’en sont rapidement retirées et certaines d’entre elles font l’objet de poursuites pour avoir favorisé cette bulle spéculative. Du coup, le marché est totalement étale. Les collectionneurs qui ont amassé des NFT doivent faire une croix sur leursavoirsetpourceuxquiseraienttoujours tentés d’y investir, DappGambl rappelle que « Pour résister aux baisses du marché et avoir une valeur durable, les NFT doivent avant tout avoir une pertinence historique (comme les cartes Pokémon de la première édition) et être devéritablesœuvresd'art ». � 31 ↓ Citroën 2CV Charleston, 1990 Vendue 30 992 €, © Artcurial ↓↓ Austin Mini 1000 Tickford, 1984 Vendue 30 992 €, © Artcurial
  • 34. 32 News Les manifestations artistiques à suivre Par Robin Massonnaud MIART Milan Art Fair Allianz MiCo, Pavilion 3, du 12-14 avril AprèsArtParis,lesamateursd’artcontemporaintraversentlesAlpespourserendreàMIART Milan. L’édition 2024 de ce salon est baptisée No Time No Space. Elle présente toujours les sections Established pour les galeries et artistes reconnus et Emergent pour les professionnels présentant de jeunes créateurs. Cette année une nouvelle section accueille 10 galeries qui présenteront des œuvres sous un prisme original. Au total 181 professionnels venant de 28 pays seront présents, les galeries italiennes étant majoritaires. Et c’est justement l’intérêt de cette manifestation qui permet de découvrir des artistes de la Péninsule peu présents sur le marché français. Miart.it Les meilleures galeries italiennes comme Lia RummasontprésentesàMiart-©Miart Antica Brussels accueille de nombreuses galeries belges et internationales d’art moderne et du XIXème siècle-©AnticaBrussels Antica Brussels, Tour &Taxis, avenue du port 88, Bruxelles, du 19 au 21 avril 2024 Moins connu que la Brafa (Brussels Art fair), car très récent, la première édition ayant eu lieu l’année passée, Antica Brussels est un salon d’esprit assez classique qui mérite la visite. Il accueille 70 professionnels venant pour la plupart de Belgique et des pays limitrophes, certains d’entre eux participant également à la Brafa. On y trouve du beau mobilier des XVIIIème et XIXème siècle, de la peinture flamande du XVIIème siècle, beaucoup de sculptures anciennesetcontemporaines,denombreuxobjetsdevitrinedebellequalité,delacéramique et de nombreuses créations des différents mouvements artistiques du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle. Les prix sont dans l’ensemble raisonnables. Antica.be Frieze New York Du 1-5 mai Frieze New York est un événement culturel pour l’art contemporain, mais également mondain car il attire chaque année un public chic et doté de moyens financiers conséquents. Pour séduire ce public, les galeries exposantes, en grande majorité américaines, proposent ce qu’elles ont de meilleur. C’est le cas de professionnels réputés comme Gagosian, Pace Gallery , Hauser & Wirth, Perrotin, Thadeus Roppac, White Cube ou David Zwirner. Il s’agit le plus souvent d’artistes déjà connus et dont la cote est bien installée auprès d’un public d’aficionados. Les prix y sont donc élevés même si une marge de négociation est toujours possible. Frieze.com Toutes les grandes galeries américaines comme celle de David Zwirner sont présentes à la Frieze NewYork-©Frieze Art Paris, Grand Palais Ephémère Place Joffre, Paris 7ème , du 4 au 7 avril 2024 Cette manifestation est le pendant printanier de Paris + par Art Basel qui a lieu à l’automne. Sonoriginalitétientàuneplusgrandeprésencedesartistesfrançaiseteuropéens,maisaussi à une gamme de prix plus larges, alors que les œuvres présentées sont toujours d’une grande qualité et les modes d’expression présentés d’une grande diversité. Pour sa 26ème édition, ce salon internationalement réputé, accueille 136 galeries venues de 25 pays. Cette année un focus sur le thème de l’utopie sera consacré à la scène artistique hexagonale. De même, un parcours sera consacré à l’interprétation contemporaine du mouvement Arts & Crafts, né à la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni. Artparis.com Art Paris expose les artistes contemporains venus du monde entier aux modes d’expression les plus divers-©ArtParis se cultiver Art & c u l t u r e 32
  • 35. Amoureux des livres et de la littérature, proustien, propriétaire de la chaîne des Hôtels Littéraires, conçue pour recréer l’univers d’écrivains célèbres, Jacques Letertre nous partage sa passion et sa vie de collectionneur et de bibliophile invétéré. parmi les plus grands bonheurs de l’existence. C’est cette passion du livre que j’ai voulu faire partager à mes visiteurs en particulier étrangers, ceux pour qui la France est un pays d’écrivains et de littérature. Combienavez-vouscrééd’hôtelsàcejour et quelles sont leurs particularités ? Il y en a six et bientôt sept Hôtels Littéraires, répartis à égalité entre Paris et la Province. Dès le départ, nous avons multiplié les événements littéraires, organisé de nombreuses présentations de livres, des réunions universitaires, des expositions, des concerts, voire des pièces de théâtre. Chez nous se réunissent plus d’une dizaine d’associations d’amis d’écrivains. Notre action s’étend aux métiers du livre, comme les relieurs, les graveurs, les spécialistes de la typographie. Nous avons également noué des partenariats avec de nombreux musées : le musée des Beaux-Arts de Rouen, le Jeu de Paume… Nous utilisons nos collections pour des prêts à de grandes expositions, comme celledelaBNF,duVilladuTempsretrouvéou du Musée Carnavalet. Votre fils Alban, est directeur général de votre entreprise familiale, lui avez-vous transmis votre goût pour la littérature ? Alban a toujours vécu au milieu des livres ! Même s’il arrive que nos goûts littéraires soient différents, il partage avec moi la volonté de promouvoir la littérature française et de mener à bien cette grande entreprise, que constitue notre chaîne des Hôtels Littéraires. � D’où provient votre passion pour la littérature et les écrivains ? J’ai toujours été un lecteur passionné, et comme beaucoup d’enfants solitaires, les livres ont été très vite un refuge, une grande source de rêveries et de bonheurs. Le livre est pour moi un symbole de civilisation. Brûler des livres, empêcher l’accès des petites filles àlalecture,m’atoujoursparucommelesigne évident des pires dictatures. Vous êtes un proustien. Qu’est-ce qui vous fascine dans son œuvre et dans son univers ? J’ai découvert Proust à l’adolescence. Dès le départ, j’ai été submergé par un « univers-monde » qui m’impressionnait par la diversité de ses points de vue, sa peinture sociale, la formidable intelligence des sentiments. À chaque lecture, à chaque âge, j’ai eu l’impression de faire des découvertes. J’aimebeaucouplaphrase de Barthes suivant laquelle « lorsqu’on relit Proust, on ne saute pas toujours les mêmes passages ». J’ai prénommé ma fille Oriane en hommage à son œuvre Àla recherchedutempsperduetmonpremierHôtel littéraire,jel’aiconsacréàProustetlecœurde ma bibliothèque est centré sur cet immense écrivain. Quels sont les autres auteurs que vous collectionnez ? Ilssontnombreuxetonttouslacaractéristique d’être des auteurs de langue française plutôt duXIXe ouXXe siècle etjeleuraiconsacrédes hôtels comme Flaubert, Rimbaud, Vialatte ou Marcel Aymé. Il y a aussi ceux auxquels, je souhaite rendre hommage à l’avenir, tels que Stendhal ou George Sand. Mais dans mon Panthéonlittéraire,ilyaaussibienApollinaire qu’Aragon, Larbaud ou Toulet, Yourcenar ou Colette. Pour quelles raisons vous vous intéressez plus spécifiquement aux manuscrits et aux éditions originales ? L’édition originale, lorsqu’elle est manuscrite, ainsi que les brouillons préparatoires ou les correspondances dévoilent beaucoup de l’intimitéetdelaréalitédutravaildesécrivains. Lire le premier jet, voir les repentirs, découvrir les différentes étapes de la construction d’un livre : je ne connais rien de plus enthousiasmant en matière de littérature ! C’est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit d’inédits tant en matière de correspondance que de brouillon de travail. Être le premier à lire des poèmes manuscrits, totalement inédits de Robert Desnos et très vite devant l’émotion de la découverte, vouloir le faire partager en les éditant chez Seghers a été une joie immense. Il en va de même pour les lettres inédites de Proust à Finaly ou le journal de voyage de jeunesse de Flaubert. Connaissez-vous le nombre de livres et d’archives que vous possédez ? Une bibliothèque dont on connaît le nombre de livres ou de manuscrits est une bien triste bibliothèque. Le seul chiffre que je puisse vous donner est celui des 500 livres, mis àladispositiondupublicdanschacundemes Hôtels Littéraires. Proust, Rimbaud, Flaubert, Jules Verne… desnomsquel’onvoitplussurdesfrontons de lycées que sur ceux d’hôtels. Comment ce concept d’hôtels littéraires est-il né ? À la base, conjuguer ses passions avec son activité professionnelle est certainement Par Jean-Louis Roux-Fouillet Jacques Letertre, homme d’affaires et collectionneur ! s'enflammer Colle c t i o n n e u r 33
  • 36. s'émerveiller 34 J o a i l l e r i e News Nouvelles tendances, matières et technologies se passionner H o r l o g e r i e L’univers de l’horlogerie est souvent un mélange subtil d’ingénierie de pointe et d’art. Dans le même esprit que son quantième perpétuel primé, la manufacture suisse H. Moser & Cie unit le soleil et la lune dans son modèle Endeavour Chinese Calendar Limited Edition. Les éléments du calendrier luni-solaire chinois et du calendrier solaire grégorien, calculés séparément, sont combinés et synchronisés dans un garde-temps qui ne requiert aucune correction durant 12 ans. Tout en affichant les 12 signes du zodiaque chinois et les phases de lune, il s’agit d’une véritable prouesse de technicité et de créativité. Limité à 100 exemplaires. Prix : 78 200 €. Avec son sublime cadran vert fumé, la PAM01364 rejoint la collection Radiomir Annual Calendar. Cette nouvelle référence à la complication haut de gamme rend hommage à l’ouverture de la Casa Panerai de Paris, sur les Champs-Élysées. Cette pièce d’exception, proposée en exclusivité boutique, est dotée d’un boitier de 45 mm en platine, d’un calibre automatique. Le mois est indiqué par une flèche fixe située à 3 heures et orientée vers un disque mobile externe. À chaque changement de mois, une came du mouvement permet de faire tourner le disque d’un coup et d’ajuster ainsi l’information instantanément. Ce mécanisme fait la différence entre les mois de 30 jours et ceux de 31 jours. Prix : 59 000 € La manufacture suisse de Haute Horlogerie Audemars Piguet propose une nouvelleéditionlimitéedelaRoyalOakConceptTourbillonVolant,imaginée encollaborationaveclacréatriceaustraliennedeHauteCouture,TamaraRalph. Inspirée par l’esthétique de la designer qui marie affirmation féminine, créativité audacieuse et élégance intemporelle, cette édition limitée, conçue en or rose 18 carats, arbore une étincelante finition, combinée à une palette de couleurs allant du marron au doré en passant par le bronze. Cette collaboration, révélée à la Fashion Week de Paris en janvier 2024, célèbre les synergies naturelles entre Haute Horlogerie et Haute Couture, tout en renforçant les liens tissés au fil des ans par Audemars Piguet avec différents univers créatifs. Prix sur demande. Inspirée par la richesse de la mythologie chinoise et par l’année qui lui est consacrée, la Bubble 47 Dragon Eye de Corum, trouve sa singularité dans la représentation minutieuse de l’œil du dragon sur son cadran. Ce détail n'est pas simplement usiné, mais fabriqué à la main selon la technique du moulage du métal. Cette approche artisanale permet de créer un relief impressionnant, impossible à réaliser par des moyens conventionnels. La glace saphir bombée caractéristique de la collection Bubble, offre un effet loupe qui permet d'apprécier pleinement la finesse et la précision de cette œuvre d'art horloger. Limitée à 88 exemplaires. Prix : 7 000 CHF Les fabricants de montres multiplient les innovations dans les matériaux pour séduire les nouvelles générations de fans d’esthétisme et de technologie. Sélection avant les nouveautés du salon Watches & Wonders de Genève, en avril prochain. Par Jean-Louis Roux-Fouillet
  • 37. Style affirmé et mécanique apparente, la nouvelle montre suisse Mido Multifort Skeleton Vertigo blue est une véritable prouesse esthétique et technologique. Mido met en scène le cœur de son mouvement automatique en révélant sa platine finement squelettée. Code architectural fort, caractéristique de cette collection sportive, inspirée par le Harbourg Bridge du Port de Sydney, des « Côtes de Genève » verticales décorent son visage unique. Sous une robuste enveloppe d’acier, l’ultra-endurant Calibre 80, doté d’un spiral Nivachron, affiche fièrement ses rouages. Son autonomie exceptionnelle va jusqu’à 80 heures, comme un gage de précision ultime pour partir à la conquête de la ville, sans jamais s’arrêter. Prix : 1 200 € Cinquante ans après la mission Apollo 8, la première satellisation autour de la lune, Omega lance une nouvelle venue dans la collection Dark Side of the Moon. Entièrement façonnée en céramique noire à base d’oxyde de zirconium, ses composants sont mis en valeur, le cadran en aluminium de la montre étant entièrement squeletté. À l’intérieur, des ablations au laser ont permis de décorer avec précision les ponts et le platine du mouvement est noirci pour reproduire de façon réaliste la surface de la lune. Comme notre satellite, la montre possède deux faces uniques : côté cadran, on observe la surface éclairée de la lune vue depuis la Terre, tandis que côté fond, on admire le côté obscur. L’un des détails les plus marquants est l’innovante aiguille des secondes qui prend la forme de la fusée Saturn V. Prix : 11 800 € Pour obtenir un mouvement squeletté, tout l’art consiste à ôter suffisamment de matière pour sublimer son esthétique et révéler l’intégralité de ses mécanismes internes. Ici c’est réussi ! Envoûté par les rotations et les oscillations d’un balancier ou d’un tourbillon, on contemple la minutie des engrenages, les lignes sensuelles des ponts, les finitions des platines et tous ces détails éblouissants de la Virtuoso XI de Bovet 1822. Finitions et gravures à la main, un mouvement à tourbillon volant qui anime ce garde-temps exceptionnel avec plus de dix jours de réserve de marche. De plus, le spiral et l’organe régulateur sont entièrement fabriqués en interne, une expertise rare dans une manufacture horlogère d’aujourd’hui. Prix sur demande. Son nom révèle la principale évolution du modèle : la création d’un marquage sur le cadran, inédit chez Apose, des heures cardinales 3, 6, 9 et 12 h. Pour le designer Didier Finck l’ajout des 4 chiffres nécessitait l’évolution d’autres éléments pour que lamontrebénéficiedelagrâceetdelalégèretédesmodèlesprécédents:lesindex, en surplomb du cadran, adoptent une forme trapézoïdale plus effilée, le dessin originaldes4chiffresestinspirédelatypographiedulogodelamaison,lesaiguilles reçoivent un pourtour diamanté et un traitement Super-LumiNova, facilitant la lecture dans l'obscurité. L’Apose n°3-douz reçoit un mouvement français, conçu et fabriqué en France. Elle est équipée d’un bracelet, taillé dans les cuirs de la maison Longchamp, qui consolide ainsi le partenariat des deux marques, fondées sur l’exigence. Limitée à 50 exemplaires numérotés. Prix : 2 950 €. 35
  • 38. 36 ↑ L’expédition Deep Climate en forêt équatoriale enGuyane → Marie-Caroline Lagache dans le désert du NéfoudenArabieSaoudite ↓ DeepClimateenLaponieseptentrionale → BagueDissymétrie AuroredeTiber Joaillerie C’estuneaventurepascommelesautres,testerlesclimatsextrêmespourmieuxcomprendre l’adaptabilité de l’humain face aux changements climatiques. Marie-Caroline Lagache, créatrice-joaillière à la ville, a fait partie de cette expédition unique, organisée par l’explorateur et chercheur, Christian Clot. Par Kyra Brenzinger Opération Deep Climate ! de 50°C à l’ombre. Non seulement c’était une chaleur extrême, mais nous devions également tirer des chariots pour boire nos 8 litres d’eau par jour et il était particulièrement difficile de progresserdanslesable ». Une équipe scientifique d’une quarantaine de personnes a analysé ces expériences de l’extrême pour réaliser des études pluridisciplinaires physiologiques et cognitives sur les impacts de ces différents climats sur les humains et leur capacité d’adaptation. « Nous étions aussi équipés de sociomètres, des appareils développés pour cette expédition pour détecter et étudier les évolutions de nos relations sociales. Bien entendu, lors des 3 expéditions, sur les 20 équipiers nous avions un médecin et une infirmière,carilyavaitcertainsdangers,comme les scorpions jaunes mortels dans le désert ou serpents ou mygales en Guyane, sans compter lesrisquesd’accidentsoudemalaises». Est-ce que cette aventure a appris quelque chose sur les personnes ? « À notre retour, nous avons fait les mêmes tests que les astronautesàl’Institutducerveauàl’Hôpitalde Déjà en 2021, en pleine période de confinement, une équipe de 15 volontaires avait fait l’expérience « Deep Time » en restant enfermée 40 jours sous terre dans la grotte de Lombrives. «Ils’agissaitd’apprendre les liens entre nos cerveaux et le temps tout en évaluant la synchronisation fonctionnelle au sein d’un groupe. De nombreux protocoles scientifiques portaient sur la chronobiologie c’est-à-direl’étudedenosrythmesbiologiqueset la régulation des horloges internes », explique Marie-Caroline Lagache. Pour l’expédition Deep Climate en 2023, tout s’est fait à l’extérieur, mais dans 3 pays au climat extrême : 40 jours en forêt équatoriale en Guyane, 40 jours en Laponie septentrionale et 40 jours dans le désert d’ArabieSaoudite.Le groupeétaitconstitué de 20 personnes paritaires entre 25 et 52 ans. « J’étais la plus âgée du groupe et le plus difficile pour moi a été le désert du Néfoud en Arabie Saoudite, connu pour atteindre plus Découvrir To u r i s m e la Pitié Salpêtrière en partenariat avec l’Human Adaptation Institute, fondé par Christian Clot. Nous n’avons pas encore les résultats, mais àtitrepersonnel,j’aidécouvertquej’aimaisfaire des choses extraordinaires que j’ai finalement accomplies. Mais maintenant, ma priorité est de profiter de mes proches, des petites choses du quotidien, avant de repartir peut-être… ». Une belle conclusion de cette créatrice- aventurière qui sait aussi capter la beauté des paysages de ses expéditions à travers ses créations Iceberg, Lumière ou Aurore (https://tiber-joaillerie.com). � Pour plus d’informations sur les expéditions : https://deepclimate.eu