Polyphonie, métareprésentations et hiérarchisation de contenus Louis de Saussure Université de Neuchâtel Colloque  Polyphonie , Metz-Luxembourg, 8-10 septembre 2008
Plan Polyphonie et métareprésentations: observations générales sur quelques cas classiques Discours rapporté, opacité vériconditionnelle et implicatures Métareprésentations explicites et implicites: effets attitudinaux
Polyphonie : observations générales Risques polyphoniques: Trop grande généralité    contraintes    ne recourir à la notion de polyphonie que lorsque c’est nécessaire Notion trop métaphorique    à exprimer en termes plus techniques Notion trop radicale Le problème de l’unicité du sujet parlant
Métareprésentations: observations générales Solution commune en sémantique pour de nombreux cas souvent traités en termes de polyphonie Cherche à traiter de la hiérarchie des contenus Mais doit pouvoir également traiter de la nature diverse de ces contenus Une « polyphonie métareprésentationnelle » Permettrait d’articuler la polyphonie avec la tradition sémantique, vériconditionnelle, et avec la pragmatique (théorie de l’inférence naturelle).
Cas classiques Polyphonie IRONIE, NEGATION (polémique) mise en scène d’énonciateurs et distanciation / assimilation Centrée sur la notion d’énonciateurs (personnages) Ne peuvent s’enchâsser au sens logique Métareprésentation IRONIE L:  [x:P] & ridicule (P) NEGATION: non- [P] Opérateur enchâssant (portant) sur tout ou partie du contenu Conditions sémantico-aspectuelles et pragmatiques (contextuelles) sur la possibilité d’enchaînement sur P Une caractérisation du locuteur représenté est possible par implicature
Une forme de subordination informationnelle Dans une métareprésentation, il y a  représentation d’une représentation : enchâssement / hiérarchie Max a volé dans la caisse Marie dit que Q Jules: Q = La préface « Marie dit que » peut être vide. La métareprésentation est alors implicite:  Qu’allait-il faire maintenant?
Remontée des contenus (problème de la « prise en charge ») Jules: P: [Marie dit que Q: [Max vole dans la caisse]] Sémantiquement: CV de P mais pas de Q Pragmatiquement: remontée possible, contextuelle, de l’engagement du L sur le contenu enchâssé Pertinence de P ou de Q décidable uniquement en contexte Hypothèses Compétence du locuteur original Fidélité de la proposition enchâssée Capacité à produire des implicatures pertinentes Pertinence de l’attribution de contenus à la source et/ou au locuteur / registres etc. « ce grand homme » Le voyou a déclaré qu’il allait buter l’autre connard.
Des implications intéressantes ancrées sur les  verbes de préface locutionnaire Jules:  Marie  a dit  que P Jules dit  explicitement  que Marie a communiqué  explicitement  P L s’engage sur la vérité de [Marie s’engage sur la vérité de P]]. Implicature contextuelle: P est vrai (dépend de divers facteurs) Jules:  Le directeur  prétend  qu’il faut augmenter les taxes. Le directeur croit P (explicite) Le directeur a dit P (explicite) Jules pense que P est faux (implicite)
Le cas standard Les verbes introducteurs de DI, en général, ne permettent pas de statuer sur l’origine explicite ou implicite du discours qu’on rapporte.  prétendre, admettre, estimer, considérer, promettre… dire  implicite fortement que la communication originale a été explicite, mais ce n’est qu’une implicature Il l’a dit, mais pas explicitement.
Des cas particuliers Verbes de communication implicite: Le ministre a sous-entendu que P. Le directeur nous a fait comprendre que P. La présidente a insinué que P Caractéristiques: Le locuteur, même s’il ne souhaite pas, communique  explicitement  que  son interprétation est conjecturale à un certain degré L’énonciateur source a choisi de communiquer implicitement Et il communique  implicitement  (donc: éventuellement): que l’énonciateur source avait telle ou telle raison de s’exprimer implicitement (peur, retenue, etc.) Le locuteur peut donc se servir de ce procédé pour communiquer son  attitude  vis-à-vis non seulement du contenu, mais de l’énonciateur source
Métareprésentations explicites et implicites Métareprésentation explicite: Avec un marqueur de métareprésentation DD, DI, Modalité et autres opérateurs à portée phrastique… Métareprésentation implicite Qui se déclare  implicitement  telle Ironie, SIL, marqueurs allocentriques optionnels…
Métareprésentations implicites Déclenchent un « effet attitudinal » (c’est d’ailleurs leur motivation première). Présenter une attitude positive, laudative, ou désapprobative, se moquer… (ironie à divers degrés) Sans expliciter la présence d’une métareprésentation La laissant  inférer  et donc laissant inférer une attitude qui  remplace une préface locutionnaire ou psychologique Une attitude plus fine ou subtile que ne le permettrait un verbe
Impossibilité de littéraliser La part « attitudinale » est non-littéralisable sans perte de sens: Beau temps pour un pique-nique! > Tu as dit qu’il ferait beau or il pleut et tu es rétrospectivement ridicule. (cf. aussi Perrin). La préface locutionnaire ou psychologique inférée est complexe car elle fait donc intervenir quelque chose qui échappe à la littéralisation: Il s’agit d’une partie du sens qui est  non littéralisable  mais  attitudinale . Il s’agit d’une forme non-propositionnelle d’implicature (car cette partie de sens est défaisable) Aucune forme littérale ne ferait obtenir l’ensemble des effets obtenus par la métareprésentation implicite Idem au SIL.
Pourquoi faire des métareprésentations implicites? Plusieurs hypothèses Style Explication pauvre Identification avec le sujet de conscience  Explication erronée ou insuffisante Le sens ajouté d’une métareprésentation implicite est une implicature fine (non littéralisable), de nature attitudinale. Phénomène comparable à la métaphore:  Pierre est un lion  est imparaphrasable sans déperdition de sens.
La complexité des contenus métareprésentés L’ironie:  L: Beau temps pour un pique-nique! L: [x: P] & P = y  x a dit / pensé… P & P est y (y est l’attitude, non-propositionnelle, non littéralisable) y est de l’ordre de ces aspects de la pensée non propositionnelle qui ne ressemblent suffisamment à rien d’explicitable, d’où la ressource de l’énoncé ironique. Implicature y’(x) x est y’ (correspondant de l’attitude)
Le Style indirect libre Le SIL: L: Qu’all ait -il faire maintenant? L: [x: P] z   x dit / pense… au temps/monde z P  ce que x fait (dit, pense, s’exclame, s’interroge…) ne correspond de manière satisfaisante à aucune préface locutionnaire la métareprésentation est implicite puisqu’aucune forme littérale ou explicite ne rendrait compte de ce que vit x Implicatures L adopte une attitude vis-à-vis de la pensée/parole de x x a des propriétés de caractère a, b, c L adopte une attitude au sujet de x
Un usage métareprésentationnel de l’imparfait: SIL (2) Mon père en m’embrassant fut saisi d’un tressaillement que je crois sentir et partager encore: Jean-Jacques, me  disait-il , aime ton pays. (Rousseau, Confessions) L: [enfant ‘perçoit’ [père dit [aime ton pays]]]  Point de vue allocentrique de l’enfant Jean-Jacques entendant son père dire P. vs. Jean-Jacques, me dit-il, aime ton pays narration sans point de vue (sans focalisation interne) Le point de vue peut être conçu comme un enchâssant.
Imparfaits d’atténuation Je voulais vous demander un service L: [SC: [vouloir vous demander un service]]  passé Implicature: je veux vous demander un service « Atténué » / « indirect » car implicité Pas de verbe propositionnel mais, peut-être, expression d’un point de vue au passé.
Contrefactuels Mon paquet ! eh, dis donc, les bonnes femmes elles dansaient à poil ce soir, elles n'avaient pas de maillot ! (Damourette & Pichon 1911-36, §1740)  L: [SC observe [danser à poil]] Dans le monde possible à S+x Une minute de plus et le train déraillait. L: [SC observe [train déraille]] Dans le monde possible à R+x
Imparfaits narratifs À 18h42, Soper regagnait son stand. La voiture était poussée à l’intérieur de son box et toute l’équipe s’empressait d’enlever les éléments arrière de la carrosserie ( Auto-Hebdo , 18.6.1997).  L: [SC observe [regagner le stand]] SC: narrateur / L allocentrique Le train quitta Genève. Une heure plus tard, il entrait  déjà  en gare de Lyon Une heure plus tard, il ?entra déjà en gare de Lyon L: [SC observe [train entre en gare]] L: [train entre en gare] à E.
Composants attitudinaux et subjectivité non polyphonique Une heure plus tard, le train entrait  déjà  en gare SC est surpris*, L peut aussi être surpris* Adverbes subjectifs Il arriva enfin. soulagement du personnage mais pas de contenu propositionnel assorti à ce soulagement Perception « de l’intérieur », « point d’appréhension interne », ou  proprioception Déictiques Maintenant : point d’appréhension proprioceptif: permet de communiquer le présent cognitif, vécu, du SC concerné (egocentrique ou allocentrique)
Contraintes sur la métareprésentation Contraintes sémantiques formes particulières déclenchent des enchâssements Contraintes pragmatiques en l’absence de déclencheur: pertinence de l’attribution du contenu à L? Effets pragmatiques implicatures sophistiquées, y compris attitudinales
Conclusions Les phénomènes métareprésentationnels maintiennent l’unicité du sujet parlant tout en rendant compte de la multiplicité (non infinie) des propos et des attitudes. Elle est un outil qui pourrait spécifier la notion de polyphonie. Elle correspond à un phénomène posé par les psychologues et philosophes à propos de la  théorie de l’esprit psychologie intuitive, connaissance intuitive du fonctionnement de l’esprit, qui nous permet de nous représenter ce qu’un sujet de conscience allocentrique peut penser faculté développée qui permet la compréhension des enchâssements de représentations, mais aussi d’autres formes d’enchâssements syntaxiques La polyphonie, sous cet angle, concerne directement cette faculté pragmatique et est donc, en effet, centrale au langage.  La subjectivité, mais sans référence psychanalytique ou psychosociale Exprimée en termes de points de vue représentables
Merci de votre attention.

Polyphonie, métareprésentations et hiérarchisation de contenus

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    Polyphonie, métareprésentations ethiérarchisation de contenus Louis de Saussure Université de Neuchâtel Colloque Polyphonie , Metz-Luxembourg, 8-10 septembre 2008
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    Plan Polyphonie etmétareprésentations: observations générales sur quelques cas classiques Discours rapporté, opacité vériconditionnelle et implicatures Métareprésentations explicites et implicites: effets attitudinaux
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    Polyphonie : observationsgénérales Risques polyphoniques: Trop grande généralité  contraintes  ne recourir à la notion de polyphonie que lorsque c’est nécessaire Notion trop métaphorique  à exprimer en termes plus techniques Notion trop radicale Le problème de l’unicité du sujet parlant
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    Métareprésentations: observations généralesSolution commune en sémantique pour de nombreux cas souvent traités en termes de polyphonie Cherche à traiter de la hiérarchie des contenus Mais doit pouvoir également traiter de la nature diverse de ces contenus Une « polyphonie métareprésentationnelle » Permettrait d’articuler la polyphonie avec la tradition sémantique, vériconditionnelle, et avec la pragmatique (théorie de l’inférence naturelle).
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    Cas classiques PolyphonieIRONIE, NEGATION (polémique) mise en scène d’énonciateurs et distanciation / assimilation Centrée sur la notion d’énonciateurs (personnages) Ne peuvent s’enchâsser au sens logique Métareprésentation IRONIE L: [x:P] & ridicule (P) NEGATION: non- [P] Opérateur enchâssant (portant) sur tout ou partie du contenu Conditions sémantico-aspectuelles et pragmatiques (contextuelles) sur la possibilité d’enchaînement sur P Une caractérisation du locuteur représenté est possible par implicature
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    Une forme desubordination informationnelle Dans une métareprésentation, il y a représentation d’une représentation : enchâssement / hiérarchie Max a volé dans la caisse Marie dit que Q Jules: Q = La préface « Marie dit que » peut être vide. La métareprésentation est alors implicite: Qu’allait-il faire maintenant?
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    Remontée des contenus(problème de la « prise en charge ») Jules: P: [Marie dit que Q: [Max vole dans la caisse]] Sémantiquement: CV de P mais pas de Q Pragmatiquement: remontée possible, contextuelle, de l’engagement du L sur le contenu enchâssé Pertinence de P ou de Q décidable uniquement en contexte Hypothèses Compétence du locuteur original Fidélité de la proposition enchâssée Capacité à produire des implicatures pertinentes Pertinence de l’attribution de contenus à la source et/ou au locuteur / registres etc. « ce grand homme » Le voyou a déclaré qu’il allait buter l’autre connard.
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    Des implications intéressantesancrées sur les verbes de préface locutionnaire Jules: Marie a dit que P Jules dit explicitement que Marie a communiqué explicitement P L s’engage sur la vérité de [Marie s’engage sur la vérité de P]]. Implicature contextuelle: P est vrai (dépend de divers facteurs) Jules: Le directeur prétend qu’il faut augmenter les taxes. Le directeur croit P (explicite) Le directeur a dit P (explicite) Jules pense que P est faux (implicite)
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    Le cas standardLes verbes introducteurs de DI, en général, ne permettent pas de statuer sur l’origine explicite ou implicite du discours qu’on rapporte. prétendre, admettre, estimer, considérer, promettre… dire implicite fortement que la communication originale a été explicite, mais ce n’est qu’une implicature Il l’a dit, mais pas explicitement.
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    Des cas particuliersVerbes de communication implicite: Le ministre a sous-entendu que P. Le directeur nous a fait comprendre que P. La présidente a insinué que P Caractéristiques: Le locuteur, même s’il ne souhaite pas, communique explicitement que son interprétation est conjecturale à un certain degré L’énonciateur source a choisi de communiquer implicitement Et il communique implicitement (donc: éventuellement): que l’énonciateur source avait telle ou telle raison de s’exprimer implicitement (peur, retenue, etc.) Le locuteur peut donc se servir de ce procédé pour communiquer son attitude vis-à-vis non seulement du contenu, mais de l’énonciateur source
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    Métareprésentations explicites etimplicites Métareprésentation explicite: Avec un marqueur de métareprésentation DD, DI, Modalité et autres opérateurs à portée phrastique… Métareprésentation implicite Qui se déclare implicitement telle Ironie, SIL, marqueurs allocentriques optionnels…
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    Métareprésentations implicites Déclenchentun « effet attitudinal » (c’est d’ailleurs leur motivation première). Présenter une attitude positive, laudative, ou désapprobative, se moquer… (ironie à divers degrés) Sans expliciter la présence d’une métareprésentation La laissant inférer et donc laissant inférer une attitude qui remplace une préface locutionnaire ou psychologique Une attitude plus fine ou subtile que ne le permettrait un verbe
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    Impossibilité de littéraliserLa part « attitudinale » est non-littéralisable sans perte de sens: Beau temps pour un pique-nique! > Tu as dit qu’il ferait beau or il pleut et tu es rétrospectivement ridicule. (cf. aussi Perrin). La préface locutionnaire ou psychologique inférée est complexe car elle fait donc intervenir quelque chose qui échappe à la littéralisation: Il s’agit d’une partie du sens qui est non littéralisable mais attitudinale . Il s’agit d’une forme non-propositionnelle d’implicature (car cette partie de sens est défaisable) Aucune forme littérale ne ferait obtenir l’ensemble des effets obtenus par la métareprésentation implicite Idem au SIL.
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    Pourquoi faire desmétareprésentations implicites? Plusieurs hypothèses Style Explication pauvre Identification avec le sujet de conscience Explication erronée ou insuffisante Le sens ajouté d’une métareprésentation implicite est une implicature fine (non littéralisable), de nature attitudinale. Phénomène comparable à la métaphore: Pierre est un lion est imparaphrasable sans déperdition de sens.
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    La complexité descontenus métareprésentés L’ironie: L: Beau temps pour un pique-nique! L: [x: P] & P = y x a dit / pensé… P & P est y (y est l’attitude, non-propositionnelle, non littéralisable) y est de l’ordre de ces aspects de la pensée non propositionnelle qui ne ressemblent suffisamment à rien d’explicitable, d’où la ressource de l’énoncé ironique. Implicature y’(x) x est y’ (correspondant de l’attitude)
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    Le Style indirectlibre Le SIL: L: Qu’all ait -il faire maintenant? L: [x: P] z x dit / pense… au temps/monde z P ce que x fait (dit, pense, s’exclame, s’interroge…) ne correspond de manière satisfaisante à aucune préface locutionnaire la métareprésentation est implicite puisqu’aucune forme littérale ou explicite ne rendrait compte de ce que vit x Implicatures L adopte une attitude vis-à-vis de la pensée/parole de x x a des propriétés de caractère a, b, c L adopte une attitude au sujet de x
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    Un usage métareprésentationnelde l’imparfait: SIL (2) Mon père en m’embrassant fut saisi d’un tressaillement que je crois sentir et partager encore: Jean-Jacques, me disait-il , aime ton pays. (Rousseau, Confessions) L: [enfant ‘perçoit’ [père dit [aime ton pays]]] Point de vue allocentrique de l’enfant Jean-Jacques entendant son père dire P. vs. Jean-Jacques, me dit-il, aime ton pays narration sans point de vue (sans focalisation interne) Le point de vue peut être conçu comme un enchâssant.
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    Imparfaits d’atténuation Jevoulais vous demander un service L: [SC: [vouloir vous demander un service]] passé Implicature: je veux vous demander un service « Atténué » / « indirect » car implicité Pas de verbe propositionnel mais, peut-être, expression d’un point de vue au passé.
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    Contrefactuels Mon paquet! eh, dis donc, les bonnes femmes elles dansaient à poil ce soir, elles n'avaient pas de maillot ! (Damourette & Pichon 1911-36, §1740) L: [SC observe [danser à poil]] Dans le monde possible à S+x Une minute de plus et le train déraillait. L: [SC observe [train déraille]] Dans le monde possible à R+x
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    Imparfaits narratifs À18h42, Soper regagnait son stand. La voiture était poussée à l’intérieur de son box et toute l’équipe s’empressait d’enlever les éléments arrière de la carrosserie ( Auto-Hebdo , 18.6.1997). L: [SC observe [regagner le stand]] SC: narrateur / L allocentrique Le train quitta Genève. Une heure plus tard, il entrait déjà en gare de Lyon Une heure plus tard, il ?entra déjà en gare de Lyon L: [SC observe [train entre en gare]] L: [train entre en gare] à E.
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    Composants attitudinaux etsubjectivité non polyphonique Une heure plus tard, le train entrait déjà en gare SC est surpris*, L peut aussi être surpris* Adverbes subjectifs Il arriva enfin. soulagement du personnage mais pas de contenu propositionnel assorti à ce soulagement Perception « de l’intérieur », « point d’appréhension interne », ou proprioception Déictiques Maintenant : point d’appréhension proprioceptif: permet de communiquer le présent cognitif, vécu, du SC concerné (egocentrique ou allocentrique)
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    Contraintes sur lamétareprésentation Contraintes sémantiques formes particulières déclenchent des enchâssements Contraintes pragmatiques en l’absence de déclencheur: pertinence de l’attribution du contenu à L? Effets pragmatiques implicatures sophistiquées, y compris attitudinales
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    Conclusions Les phénomènesmétareprésentationnels maintiennent l’unicité du sujet parlant tout en rendant compte de la multiplicité (non infinie) des propos et des attitudes. Elle est un outil qui pourrait spécifier la notion de polyphonie. Elle correspond à un phénomène posé par les psychologues et philosophes à propos de la théorie de l’esprit psychologie intuitive, connaissance intuitive du fonctionnement de l’esprit, qui nous permet de nous représenter ce qu’un sujet de conscience allocentrique peut penser faculté développée qui permet la compréhension des enchâssements de représentations, mais aussi d’autres formes d’enchâssements syntaxiques La polyphonie, sous cet angle, concerne directement cette faculté pragmatique et est donc, en effet, centrale au langage. La subjectivité, mais sans référence psychanalytique ou psychosociale Exprimée en termes de points de vue représentables
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