Traites négrières
Nadine Baggioni-Lopez
Collège Mignet
Aix-en-Provence
Jusqu’au XVIIIe siècle c’est
l’esclavage qui est une
situation normale.
Reliquaire de l’ordre des Trinitaires,
spécialisés dans le rachat des
esclaves chrétiens aux barbaresques
(Marseille XVIIe siècle).
Esclave… blanc.
Le mot esclave est apparu au haut
Moyen-Age pour désigner les captifs
venus des pays slaves.
Auparavant ils étaient désignés par
les mots latins servus ou ancilla, ou
le mot grec doulos.
Voir la couleur ? Dans l’Antiquité, personne ne
caractérisait les humains par leur
couleur : il y avait par exemple des
sénateurs noirs venus d’Egypte au
Sénat romain.
Hieronymus Bosch,
L’adoration des Mages,
XVe siècle (détail).
Portrait funéraire
égyptien, IIIe s. ap. JC
Au Moyen-Age les
hommes noirs ne sont
pas dévalorisés.
Buste égyptien
Couleur et esclavage
Jusqu’aux traites négrières (XVe-XIXe siècles) l’esclavage n’est pas lié à la couleur : c’est pour justifier la mise en
esclavage de captifs venus massivement d’Afrique que les Européens inventent le lien entre couleur et servilité.
Gravure
européenne du
XIXe siècle
Bestialité des
esclaves africains
Brutalité des
maîtres africains
Trois sortes de traites en Afrique
• Traites orientales et arabes (18 millions de captifs).
• Traites internes à l’Afrique(? millions de captifs).
• Traites atlantiques (11 millions de captifs).
— Moyen-Age les traites arabes ont déclenché les trafics à vaste échelle.
— XVe siècle les Portugais détournent les trafics sahariens vers l’Atlantique.
— XVIIe siècle les autres puissances européennes s’engagent dans la traite, avec l’appui des
états et des compagnies coloniales.
— 1750-1807 apogée de la traite atlantique : plus de 50 % des captifs font le passage du milieu.
Guerres, razzia,
captures, décisions
de justice, ventes…
Une marchandise
produite sur tout le
continent.
Les circuits africains de la traite
Yoruba (Nigéria) XVIe siècle
Le mise en esclavage et le trafic
transafricain sont assurés par
de puissants royaumes qui
tirent des fortunes
considérables de ce trafic.
Les Fon, les Yoruba et les Congo
nous ont laissé des œuvres
d’arts évoquant la puissance de
ces rois.
Edo (Bénin) XVI-XVIIe siècles.
Marchands portugais.
Fon (Bénin),
fin XVIIIe
siècle.
Le roi d’Abomey, ici sous un
parasol
entouré de ses servantes,
contrôlait le trafic vers le port de
Ouidah, grand port négrier de la
côte du Dahomey.
La file des esclaves entravés est
dans le registre inférieur.
Luango port portugais pour l’exportation
des esclaves (gravure de 1725).
La vente en Afrique
La traite atlantique : le passage du milieu
Le Brooke, navire négrier
de Bristol
Gravure abolitionniste fin
XVIIIe siècle
Un voyage de traite : la Marie-
Séraphique, navire négrier de Nantes
Voyage de traite de 1769-1770
312 captifs vont sur le bateau
dès leur achat, sur
l’entrepont (16 m de long, 7
m de large, 1,6 m de hauteur
soir 1,44 m2 par captif).
Traversée entre le 18 décembre 1769 et le 16 février 1770
Les acheteurs
européens prennent
une collation sur le
pont supérieur en
payant leurs achats
Les esclaves sont exposés
pour la vente et les
acheteurs viennent
examiner la marchandise.
Au milieu la barrière anti-
émeutes pour la
traversée .
Arrivée au Cap Français,
Saint-Domingue,
(Amérique) : 16 février
1770
Les esclaves sont
employés dans les
plantations et les usines
des plantations.
Le travail éreintant vise à la
production maximale pour un profit
maximal : il faut rentabiliser les
investissements, et en premier lieu…
les esclaves qui sont le plus gros du
capital.
Habitation Fleuriau à la Croix des
Bouquets : 311 esclaves en 1789.
Habitation Gallifet dans la Plaine du
Nord : 808 esclaves en 1791.
Habitation Breda des Manquets : plus
de 400 esclaves en 1775.
Importations
massives d’esclaves
864 000 esclaves arrivent à Saint-
Domingue au XVIIIe siècle.
8 000 par an en 1720
40 000 par an en 1787
Il est moins cher pour les planteurs
de renouveler leur stock d’esclaves
que des nourrir correctement et de
les laisser se reproduire : les
importations sont constantes et
croissantes.
Joseph Vernet Le port de Bordeaux 1759
Trafic intense dans
l’estuaire de la Gironde
Ville enrichie par le commerce
: bâtiments de prestige,
jardins à la française
La ville de Bordeaux passe de 45000 à 110000 habitants au XVIIIe s. Elle devient la troisième
ville du royaume. Son plan est remanié, des places et bâtiments de prestige sont construits.

Traites negrieres

  • 1.
  • 2.
    Jusqu’au XVIIIe sièclec’est l’esclavage qui est une situation normale. Reliquaire de l’ordre des Trinitaires, spécialisés dans le rachat des esclaves chrétiens aux barbaresques (Marseille XVIIe siècle). Esclave… blanc. Le mot esclave est apparu au haut Moyen-Age pour désigner les captifs venus des pays slaves. Auparavant ils étaient désignés par les mots latins servus ou ancilla, ou le mot grec doulos.
  • 3.
    Voir la couleur? Dans l’Antiquité, personne ne caractérisait les humains par leur couleur : il y avait par exemple des sénateurs noirs venus d’Egypte au Sénat romain. Hieronymus Bosch, L’adoration des Mages, XVe siècle (détail). Portrait funéraire égyptien, IIIe s. ap. JC Au Moyen-Age les hommes noirs ne sont pas dévalorisés. Buste égyptien
  • 4.
    Couleur et esclavage Jusqu’auxtraites négrières (XVe-XIXe siècles) l’esclavage n’est pas lié à la couleur : c’est pour justifier la mise en esclavage de captifs venus massivement d’Afrique que les Européens inventent le lien entre couleur et servilité. Gravure européenne du XIXe siècle Bestialité des esclaves africains Brutalité des maîtres africains
  • 5.
    Trois sortes detraites en Afrique • Traites orientales et arabes (18 millions de captifs). • Traites internes à l’Afrique(? millions de captifs). • Traites atlantiques (11 millions de captifs). — Moyen-Age les traites arabes ont déclenché les trafics à vaste échelle. — XVe siècle les Portugais détournent les trafics sahariens vers l’Atlantique. — XVIIe siècle les autres puissances européennes s’engagent dans la traite, avec l’appui des états et des compagnies coloniales. — 1750-1807 apogée de la traite atlantique : plus de 50 % des captifs font le passage du milieu.
  • 6.
    Guerres, razzia, captures, décisions dejustice, ventes… Une marchandise produite sur tout le continent. Les circuits africains de la traite
  • 7.
    Yoruba (Nigéria) XVIesiècle Le mise en esclavage et le trafic transafricain sont assurés par de puissants royaumes qui tirent des fortunes considérables de ce trafic. Les Fon, les Yoruba et les Congo nous ont laissé des œuvres d’arts évoquant la puissance de ces rois.
  • 8.
    Edo (Bénin) XVI-XVIIesiècles. Marchands portugais.
  • 9.
    Fon (Bénin), fin XVIIIe siècle. Leroi d’Abomey, ici sous un parasol entouré de ses servantes, contrôlait le trafic vers le port de Ouidah, grand port négrier de la côte du Dahomey. La file des esclaves entravés est dans le registre inférieur.
  • 10.
    Luango port portugaispour l’exportation des esclaves (gravure de 1725). La vente en Afrique
  • 11.
    La traite atlantique: le passage du milieu Le Brooke, navire négrier de Bristol Gravure abolitionniste fin XVIIIe siècle
  • 12.
    Un voyage detraite : la Marie- Séraphique, navire négrier de Nantes Voyage de traite de 1769-1770 312 captifs vont sur le bateau dès leur achat, sur l’entrepont (16 m de long, 7 m de large, 1,6 m de hauteur soir 1,44 m2 par captif).
  • 13.
    Traversée entre le18 décembre 1769 et le 16 février 1770
  • 14.
    Les acheteurs européens prennent unecollation sur le pont supérieur en payant leurs achats Les esclaves sont exposés pour la vente et les acheteurs viennent examiner la marchandise. Au milieu la barrière anti- émeutes pour la traversée . Arrivée au Cap Français, Saint-Domingue, (Amérique) : 16 février 1770
  • 15.
    Les esclaves sont employésdans les plantations et les usines des plantations. Le travail éreintant vise à la production maximale pour un profit maximal : il faut rentabiliser les investissements, et en premier lieu… les esclaves qui sont le plus gros du capital.
  • 16.
    Habitation Fleuriau àla Croix des Bouquets : 311 esclaves en 1789. Habitation Gallifet dans la Plaine du Nord : 808 esclaves en 1791. Habitation Breda des Manquets : plus de 400 esclaves en 1775. Importations massives d’esclaves 864 000 esclaves arrivent à Saint- Domingue au XVIIIe siècle. 8 000 par an en 1720 40 000 par an en 1787 Il est moins cher pour les planteurs de renouveler leur stock d’esclaves que des nourrir correctement et de les laisser se reproduire : les importations sont constantes et croissantes.
  • 17.
    Joseph Vernet Leport de Bordeaux 1759 Trafic intense dans l’estuaire de la Gironde Ville enrichie par le commerce : bâtiments de prestige, jardins à la française La ville de Bordeaux passe de 45000 à 110000 habitants au XVIIIe s. Elle devient la troisième ville du royaume. Son plan est remanié, des places et bâtiments de prestige sont construits.