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Sp ws1 nouria benghabrit remaoun

  1. 1. IAU Sao Paulo Conference, July 25-29, 2004 12th General Conference: The Wealth of Diversity Parallel Workshops – Session IDe la logique de l’assistanat à la logique de partenariat : la mobilité comme mode defonctionnement de l’UniversitéNouria BENGHABRIT-REMAOUN, Directrice du CRASC *Place de la coopération dans le processus de construction des systèmes nationaux d’enseignementsupérieurLes options engagées aux lendemains des indépendances ont amené les différents gouvernantsdes pays nouvellement indépendants à déployer une politique active de coopération en vue deconstituer « une masse critique d’individus qualifiés et éduqués… , en vue d’un développementendogène » 1 .C’est grâce à une coopération / assistanat construite essentiellement sur la base de la mobilitédes enseignants du nord vers le sud, puis du sud vers le nord des jeunes enseignants en vued’obtention des diplômes que cette évolution a pu être possible.Deux temps peuvent être distingués dans l’évolution de l’ensemble du système :1. La coopération comme instrument de développement de l’université2. La coopération comme moyen d’assurer la formation de l’encadrement et de son ancragenational.Si ces deux phases ont abouti à leurs objectifs, ceux du développement de l’université et de« nationalisation » du personnel enseignant, nous sommes aujourd’hui dans la transition vers unetroisième phase. Celle-ci suppose un changement de paradigmes d’approche prenant en ligne decompte les réalisation dans le secteur et son état de développement. La coopération doit être désormaisappréhendée comme indicateur de performance de l’université dans ses modalités de fonctionnement.Or, l’évolution du réseau universitaire s’est accompagné d’une multiplication voire d’unecomplexification des problèmes à résoudre et a abouti par la force des choses, à rendre accessoire laquestion de la coopération en la rejetant à la marge du fonctionnement quotidien de l’université.La perte progressive d’une approche stratégique renouvelée ne permet plus aujourd’hui uneoptimisation des investissements car l’effort institutionnel consenti sous la forme financière etorganisationnelle est phagocyté par des résultats émiettés et dispersés quand ils existent.Parmi les boursiers algériens à l’étranger, les effectifs en formation au niveau de la graduationreprésentaient à la fin des années 1980 78%. Ils représentent en 1995-1996. Ceci démontre l’effort dedéveloppement du système national de formation supérieur avec l’inversion du rapport des boursiersgradués et post-gradués.La diversification dans les modalités de déroulement de la post-graduation (résidentielle ou àdistance) ainsi que dans les objectifs (diplômante ou de qualification) marque une évolution dans lesbesoins et une adaptation aux contraintes budgétaires. Les retours dans le cadre de la post-graduation àdistance et de la spécialisation sont nettement supérieurs à ceux qui l’ont été dans le cadre de la post-graduation résidentielle.C’est vers les disciplines des sciences exactes et des sciences appliquées et technologiques que plus de65% des boursiers post gradués sont orientés. Cette orientation scientifique répondait aux objectifs dela réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique de 1971, pour qui l’optionscientifique et technique et l’opérationnalité devaient répondre aux besoins du développement local.La structure de qualification du corps enseignant atteste des résultats de cette politique consacrant larupture avec l’université coloniale. « L’action de formation à l’étranger qui est un processus continu avec un début (décision de former etchoix de la formation) et une finalité (répondre à un besoin bien identifié) se métamorphose en une* Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle – Oran - Algérie1 L’enseignement supérieur au XXIe siècle. Vision et actions. UNESCO –9 oct 1998
  2. 2. multitude d’actions cloisonnées et indépendantes les unes des autres » 2 . La multitude d’acteurs et desituations impliquée dans le processus et le cheminement des actions relatives à la formation desboursiers, rend l’opération de suivi extrêmement complexe. C’est ainsi que dans un rapport deconjoncture du conseil national économique et social, il est affirmé que 400.000 à 420.000intellectuels (cadres, scientifiques, artistes …) ont quitté le pays entre 1992 et 1996. Sachant quel’université produit en moyenne 35.000 diplômés par an et qu’il faut en moyenne entre 15 et 20 anspour remplacer un enseignant universitaire, on se rend compte de l’ampleur de la crise. La formation àl’étranger fonctionne sans lien avec la formation post-graduée et la recherche qui s’effectuent dans lesuniversités. Il n’y a pas de suivi pédagogique par l’université, de ses étudiants en formation àl’étranger. La formation à l’étranger est perçue comme « l’exploration » du terrain pour uneéventuelle installation. C’est en fait une « aide à l’émigration économique ». Le chômage,l’incertitude, un marché du travail opaque pour les étudiants potentiellement demandeurs d’emploi etune baisse considérable du pouvoir d’achat des enseignants, expliquent en très grande partiel’hémorragie. L’amélioration des conditions de vie passant par l’amélioration du statut des enseignantset de leurs conditions de travail, pourra à l’avenir influer sur les retours ! Le choix d’une universitéd’accueil relève plus de la débrouille du candidat que de conventions inter-universitaires. L’exemplede la Grande Bretagne indique qu’en 1991-1992, 13% des étudiants avaient opté pour des universitésclassées entre la 30ème et la 50ème place et 34% pour des universités classées dans le champ académiqueentre la 20ème et la 30ème place.L’investissement financier consenti n’est donc pas à la mesure des résultats atteints lorsque cesdiplômes sont obtenus dans des établissements sans prestige scientifique reconnu. Dans le cadre dela formation à l’étranger, il existe une autre catégorie, répondant à une démarche personnelle souventinscrite dans des stratégies familiales d’investissement dans la formation. Le souci, de doter les enfantsd’un « capital culturel » compétitif sur le marché, impose aux familles souvent issues de couchesmoyennes des sacrifices financiers importants.La relative facilité d’obtention d’inscriptions dans les universités françaises dont l’information sur lescursus est obtenue via l’internet, encourage de nombreux étudiants à candidater pour une formation de3ème cycle.Si le recours à la coopération par le biais de l’accueil d’enseignants étrangers, a permis la formationd’étudiants dans les diverses spécialités existantes à l’université, la démarche ayant consisté às’appuyer sur les formations dispensées dans les universités étrangères par l’envoi de boursiers, a euun impact quasi insignifiant. Pour exemple, depuis 1987-88, 1.452 étudiants 3 ont bénéficié d’unebourse de formation à l’étranger, 65 parmi eux sont retournés soit un taux de 4,5% de réintégration.L’enclavement a été le résultat le plus visible des processus d’appropriation national engagés dansl’enseignement supérieur.De l’option retour à l’option diaspora comme réponse à un enseignement supérieur en difficultéDurant la période 1987-1998, la massification continue de l’enseignement supérieur s’accompagned’une diminution relative des crédits alloués à ce ministère (par rapport au budget global de l’Etat) 4 .La coopération fonctionne essentiellement à l’offre, qui par ailleurs a beaucoup diminué, et la présenced’enseignants étrangers dont le nombre passera de 9,5% du nombre total d’enseignants, à seulement4,5%.L’expatriation a été la forme dominante prise par la mobilité dans la décennie 1980. Aujourd’hui, desillusions continuent à fonctionner chez certains gouvernants et dans le monde de la presse, sur le projetde faire revenir au pays les scientifiques et les cadres. L’attraction qu’exerce les pays du Nord,amplifiée aujourd’hui avec l’accessibilité à l’information ne pourrait à l’avenir que croître. Aussi, est-il illusoire de construire une réponse unique à une question aussi complexe que celle de l’émigration2 Convention CREAD-MEN, op. cit, p. 21.3 MESRS : « L’encadrement universitaire. Bilan et perspectives » Mars 2004 Alger.4 Selon les données statistiques, entre l’année universitaire 1990-1991 et 1991-1992, 974 enseignants auraientquitté l’université parmi lesquels 400 en technologie et 330 en sciences médicales. In Document « Essaid’analyse du système d’enseignement supérieur », recueils d’articles publiés dans la presse par AbderrahmaneRabah.
  3. 3. des élites. Réalité mondiale, elle participe à l’approfondissement des fossés existants entre les paysaux niveaux de développement éparts.Le statut non attractif de l’enseignant-chercheur à l’échelle locale constitue un facteur aggravant de latendance départ vers le Nord.Une focalisation excessive et unique sur l’exode des cerveaux nationaux occulte ou fait écran aux plusnombreux restants et à la nécessité de la confrontation directe à la diversité culturelle des intervenantset aux trajectoires scientifiques plurielles.Passant du militant du développement dans les années 1970 à l’émigré potentiel des années 1990, latendance serait à l’émergence d’acteurs potentiels de la politique de libéralisation et d’intégration dansles espaces régionaux dans les années 2000. A la relation traditionnelle d’une coopération plusmarquée par l’assistance, se substitue un système d’échanges multiples où l’enseignement supérieur etla recherche scientifique constituent les lieux privilégiés de fabrication de la médiation culturelle.Les programmes internationaux et la mobilité au cœur du paradigme des réformes de l’enseignementsupérieur et de la rechercheAu niveau politique nationale, le lancement du programme triennal de stimulation de la relanceéconomique dans un contexte national plus stable devrait contribuer à insuffler un nouveau rythme à lacoopération universitaire. C’est ce que semble exprimer le premier responsable de l’Etat en déclarantque « les grands chantiers que nous avons ouverts sur le plan interne sont indissociables de notredémarche visant à engager un véritable partenariat avec le monde extérieur. L’accord d’associationque nous venons de conclure avec l’union européenne, notre processus d’adhésion à l’organisationmondiale du commerce, notre engagement africain consacré par l’initiative du nouveau partenariatpour le développement de l’Afrique, ..,et notre détermination à ne ménager aucun effort pourconstruire le Grand Maghreb sur des bases solides et durables représentent autant d’enjeux et de défisqui nous placent plus que jamais face à l’exigence de franchir des étapes nouvelles en matièred’organisation et de performance de nos institutions et de notre économie. » 5 . Aujourd’hui, la volontépolitique clairement affirmée donne en effet, à la coopération une place stratégique dans le processusengagé de transformation globale de la société. Cette double reconnaissance qui est peut être celle dela confirmation de la fin du mythe du développement national auto-centré d’une part et del’impossibilité d’un redéploiement sans stratégie nationale à même de créer des effets multiplicateursd’autre part. Même si, par rapport aux années 1970, on ne détecte pas de changements de fond dans lesdéclarations politiques en période de construction de l’Etat-nation, le contexte nouveau marqué par leprocessus historique de globalisation pose des défis sans précédent à la connaissance de nos espacesgéographiques propres. A quelles conditions cette connaissance est-elle possible ? Dans quels buts ?Avec quelles modalités institutionnelles et réglementaires ? et avec quels financements ?. L’émergenced’un sujet autonome partant d’une Afrique et d’un Monde arabe pluriel aux identités non fermées,mais en devenir, passe par l’objectif de formation des citoyens d’une nation.Malheureusement au niveau national, à la décennie correspondant à l’explosion des savoirs et del’information, dans les pays développés, correspond la décennie des crises de croissance desuniversités 6 du Sud et de la crise économique qui réduit dramatiquement leurs capacités à êtrecompétitives. De plus, la situation socio-politique globale de ces dix dernières années, n’a faitqu’amplifier les difficultés déjà inscrites dans le fonctionnement du système. Cependant,l’investissement dans le secteur universitaire, a permis malgré tout d’aboutir à la constitution d’unemasse critique dans la formation du potentiel humain.La complexité des variables que le système de formation doit prendre en compte pour la formulationde propositions pertinentes, limite la validité de solutions élaborées de l’extérieur du système, oucelles élaborées en vases clos et construites souvent sur une analyse erronée de la réalité. Il s’agira de5 Déclaration du chef de l’Etat à l’ouverture des travaux du séminaire national sur l’initiative du NouveauPartenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) tenu à club des pins les 21-22 janvier 2002 in ElMoudjahed 22-01-20026 Amphis surpeuplés, manque de matériel et d’infrastructure, cessation des acquisitions d’ouvrages pourles bibliothèques, baise du pouvoir d’achat des enseignants universitaires aboutissant à un appauvrissement ducorps universitaire, expatriation continue.
  4. 4. répondre à la question : comment la coopération inter-universitaire pourra passer d’une activitémarginale à son intégration dans les activités universitaires régulières ? Concevoir la coopérationcomme un des éléments de la stratégie de développement de l’université servira de paradigmed’approche pour l’élaboration des programmes d’action futures permettant le désenclavement del’université. La destruction des anciens réseaux d’échanges est en partie liée à la crise de ces dixdernières années qui ont vu le départ massif voire l’hémorragie des élites. S’il est illusoire de penserau retour de ces compétences, il est tout à fait réaliste de miser sur leur mobilisation dans des modesde coopération clairement déterminés. Il faut noter que la coopération institutionnelle ne peut avoir devie réelle que par le biais de réseaux d’inter-connaissance entre chercheurs L’enseignement supérieur,en se dotant de principes et de mécanismes propices à renforcer et diversifier l’implicationinternationale nécessaire à la réalisation des missions d’enseignement et de recherche, inscrit lacommunauté universitaire dans un champ de compétitivité.La création des cours, des programmes, des centres de recherche spécifique s’intéressant à certainesrégions du monde (Afrique – Asie – Amérique Latine – Europe – Moyen-Orient) permettral’implication dans la construction de nouveaux champs de savoir. Si dans certains pays développés lapertinence de la division du champ scientifique par aires géographiques est remise en cause, elles’impose de manière urgente dans nos pays. En un mot, pour trouver des réponses aux défis actuels dedéveloppement global, une démarche s’impose : la promotion de centres de productions scientifiquesainsi que de centre d’accumulation de l’information.Les concepts de référenceLes concepts les plus récurrents dans la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie, sont : objectif,décloisonnement et réseau dans une pratique où prendre, recevoir et donner interagissent pourrépondre aux finalités.Avec la mondialisation s’impose la nécessité de préparer les étudiants à vivre dans un monde enrelation étroite physiquement et virtuellement. L’enseignement transnational, l’ancrage régional dansl’approche stratégique de la mobilité suppose la réalisation de trois conditions :un accord pour la reconnaissance des études et des diplômes,la promotion d’une large ouverture du système permettant à des étrangers de poursuivre leurs étudeségalement de nos paysla nécessité de réformer pour une meilleure articulation avec le secteur productif et une plus grandeproduction de savoirs et pas seulement pour répondre à la pression d’une demande sociale de plus enplus forte d’enseignement supérieur.Une des conditions majeures de réalisation des objectifs de mobilité est la libre circulation despersonnes. Si cette circulation Nord Sud ne pose aucun problème, les difficultés d’obtention des visaspour les chercheurs du Sud constituent un handicap majeur à la mobilité.La diversification des relations universitaires est essentielle dans la mesure où elle est perçue commeun garde fou vis à vis d’une reproduction probable de relations inégales avec les anciennes puissancescoloniales. Les échanges peuvent repositionner l’université comme lieux de confrontation des idées etdes réflexions menées à partir de cadres institutionnels et associatifs.C’est une des conditions pour que l’université reconquière sa place à l’intérieur de la société commeinstitution majeure de la société civile.Définir des objectifs à la coopération inter-universitaire combinant le national et l’international,réalisable par des réseaux institutionnels ou informels, donnera un nouveau contenu à la coopération.La réorganisation de la recherche et particulièrement la mise sur pied de laboratoires de recherche, deleur autonomie de gestion, permettra un plus grand développement d’initiatives inscrites dans desobjectifs d’acquisition de performance et offrant un espace d’échange réciproque. Il s’agira de faireconfiance aux chercheurs, d’aller vers une plus grande visibilité de leurs travaux par l’application desrésultats tout en ayant une vision prospective. C’est peut être une des conditions essentielles pour quel’université reconquière sa place à l’intérieur de la société comme institution majeure de la sociétécivile.

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