Bruit articulaire.  La fin d’un mythe Pierre Trudelle
Plan de présentation Différents types de bruits Cavitation Description du bruit Risques Effet sur le réflexe de relaxation Conclusions Trudelle P. Beaucoup de bruits autour du bruit articulaire. Kinésithér cah 2004,29-30:76-80
Les différents types de bruits:  clac, plop, gling, schtoung, etc Bruit répétitif: frottements tendineux, articulaires, méniscals Craquement lors d’entorse, rupture tissulaire Bruits non-répétitifs
La cavitation « La cavitation est la « formation de cavités remplies de vapeur ou de gaz au sein d’un liquide en mouvement lorsque la pression en un point du liquide devient inférieure à la tension de vapeur de celui-ci » (Larousse)
Le gaz de la cavitation Liquide synovial= plasma sanguin + (acide hyaluronique, lubricine) comprend du gaz dissout (15%) Gaz dissout= dioxyde de carbone (80%), azote, oxygène (variations interindividuels) Complexité du liquide synovial modifie « l’équilibre des phases » ce qui implique que certains craquent facilement…
1947: articulation MP étudiée (Roston) Toutes les petites diarthroses peuvent être sonores
Relation entre traction et tension dans la création du bruit
Relation entre traction et tension dans la création du bruit
Avant traction Après traction
Deux bruits ! Choc de paroi Tension de paroi
Description du bruit MP III (Watson, Brodeur, Meal) Après bruit: écartement inter-articulaire de 1,5 à 2,7 mm) Traction nécessaire pour déclencher: 3 à 23 kg (chute de traction de 0,5 à 2 kg, « effet soupape ») Durée du craquement: 0,025 à 0,075 seconde Période réfractaire 17 à 22 minutes Gaz à nouveau dissout en 30 minutes  Energie libérée évaluée à: 0,07 mJ/mm3 Apparition des bulles d’air en moins de 8,3 ms Vibrations: fréquence de la plus grande amplitude
Techniques de mobilisation/manipulation provoquant des bruits Si la température augmente, il faut moins de tension pour déclencher le bruit (Watson 1989) mobilisation Basse vitesse/haute force et haute vitesse/faible force (Watson 1989) Augmentation de l’amplitude articulaire après le bruit (Miereau 1998) lié à la possibilité de comprimer le gaz?
Convergence/Divergence Divergence = traction (OK)   Convergence  = pression augmente donc pas de bruit !? Lombal (Rucco): n=23 sujets sains, le bruit provenait 19 fois du côté contro-latéral (4 fois des 2 côtés)  Cervical (Reggars): n=50 sujets, le bruit provenait 47 fois du côté de la rotation (2 fois des 2 côtés, 1 fois contro-lat)
Risques sur le cartilage (Watson) Puissance 1 bruit: 0,07 mJ/mm2 US: 3,75W/mm2 (1 minute): 225mJ/mm2 sur le cartilage Soit à peu près 3000 fois plus  (1 craquement toutes les 30 secondes/24 h)
Risques sur les éléments péri-articulaires Habitués des craquements évalués en maison de retraite (Swezay, Castellanos): pas de différence (arthrose, arthrite) Castellanos: 75% ont une diminution de la force de serrage, plus grande incidence oedème D’après Brodeur
Conclusions sur risques Rien sur cartilage Semble un peu « irritant » pour les éléments péri-articulaires vitesse et force d’application de celui qui applique le geste
Effet sur le réflexe de relaxation (Wyke) Stimulation des mécano-récepteurs (sensible à étirement rapide) d’où inhibition réflexe (illusion de détente) Activité musculaire avant et après manipulation: non étudié?
Messages du lundi Craquement articulaire par cavitation est un mythe sur ses effets Jugement de l’efficacité du traitement à partir du bruit est peu pertinent Gain de mobilité temporaire (mais pouvant aider à  « reprogrammer » le mouvement) Les risques plus importants sont liés à l’addiction du patient aux manipulations et aux praticiens les appliquant

Bruit Trudelle

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    Bruit articulaire. La fin d’un mythe Pierre Trudelle
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    Plan de présentationDifférents types de bruits Cavitation Description du bruit Risques Effet sur le réflexe de relaxation Conclusions Trudelle P. Beaucoup de bruits autour du bruit articulaire. Kinésithér cah 2004,29-30:76-80
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    Les différents typesde bruits: clac, plop, gling, schtoung, etc Bruit répétitif: frottements tendineux, articulaires, méniscals Craquement lors d’entorse, rupture tissulaire Bruits non-répétitifs
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    La cavitation « Lacavitation est la « formation de cavités remplies de vapeur ou de gaz au sein d’un liquide en mouvement lorsque la pression en un point du liquide devient inférieure à la tension de vapeur de celui-ci » (Larousse)
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    Le gaz dela cavitation Liquide synovial= plasma sanguin + (acide hyaluronique, lubricine) comprend du gaz dissout (15%) Gaz dissout= dioxyde de carbone (80%), azote, oxygène (variations interindividuels) Complexité du liquide synovial modifie « l’équilibre des phases » ce qui implique que certains craquent facilement…
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    1947: articulation MPétudiée (Roston) Toutes les petites diarthroses peuvent être sonores
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    Relation entre tractionet tension dans la création du bruit
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    Relation entre tractionet tension dans la création du bruit
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    Deux bruits !Choc de paroi Tension de paroi
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    Description du bruitMP III (Watson, Brodeur, Meal) Après bruit: écartement inter-articulaire de 1,5 à 2,7 mm) Traction nécessaire pour déclencher: 3 à 23 kg (chute de traction de 0,5 à 2 kg, « effet soupape ») Durée du craquement: 0,025 à 0,075 seconde Période réfractaire 17 à 22 minutes Gaz à nouveau dissout en 30 minutes Energie libérée évaluée à: 0,07 mJ/mm3 Apparition des bulles d’air en moins de 8,3 ms Vibrations: fréquence de la plus grande amplitude
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    Techniques de mobilisation/manipulationprovoquant des bruits Si la température augmente, il faut moins de tension pour déclencher le bruit (Watson 1989) mobilisation Basse vitesse/haute force et haute vitesse/faible force (Watson 1989) Augmentation de l’amplitude articulaire après le bruit (Miereau 1998) lié à la possibilité de comprimer le gaz?
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    Convergence/Divergence Divergence =traction (OK) Convergence = pression augmente donc pas de bruit !? Lombal (Rucco): n=23 sujets sains, le bruit provenait 19 fois du côté contro-latéral (4 fois des 2 côtés) Cervical (Reggars): n=50 sujets, le bruit provenait 47 fois du côté de la rotation (2 fois des 2 côtés, 1 fois contro-lat)
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    Risques sur lecartilage (Watson) Puissance 1 bruit: 0,07 mJ/mm2 US: 3,75W/mm2 (1 minute): 225mJ/mm2 sur le cartilage Soit à peu près 3000 fois plus (1 craquement toutes les 30 secondes/24 h)
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    Risques sur leséléments péri-articulaires Habitués des craquements évalués en maison de retraite (Swezay, Castellanos): pas de différence (arthrose, arthrite) Castellanos: 75% ont une diminution de la force de serrage, plus grande incidence oedème D’après Brodeur
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    Conclusions sur risquesRien sur cartilage Semble un peu « irritant » pour les éléments péri-articulaires vitesse et force d’application de celui qui applique le geste
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    Effet sur leréflexe de relaxation (Wyke) Stimulation des mécano-récepteurs (sensible à étirement rapide) d’où inhibition réflexe (illusion de détente) Activité musculaire avant et après manipulation: non étudié?
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    Messages du lundiCraquement articulaire par cavitation est un mythe sur ses effets Jugement de l’efficacité du traitement à partir du bruit est peu pertinent Gain de mobilité temporaire (mais pouvant aider à « reprogrammer » le mouvement) Les risques plus importants sont liés à l’addiction du patient aux manipulations et aux praticiens les appliquant