Conférence FEANTSA – Cardiff 14-11-08
                    Atelier :
  L’importance d’un droit au logement opposable


         Argumentation contre l’affirmation :
« Il n’est pas possible de rendre le droit au logement
                opposable pour tous. »

Bernard LACHARME
Secrétaire général
Haut comité pour le logement des personnes défavorisées
(France)
Ce qui n’est pas possible, c’est d’en rester à
       un droit proclamé mais non effectif.

 Le droit au logement est régulièrement réaffirmé dans des
  textes nationaux et internationaux.
 Malgré cela, et malgré l’énergie considérable déployée par
  les acteurs sociaux, les situations les plus critiques de mal-
  logement se sont développées.
 Au-delà des mal-logés, cet échec est source d’inquiétude
  dans l’ensemble de la population.
 L’échec d’un droit proclamé met en cause la crédibilité des
  institutions.
Ce qui n’est pas possible, c’est de mettre en
       œuvre le droit au logement sans le rendre
                       opposable
 Les dispositifs ciblés sur les personnes défavorisées ne
  suffisent pas : le droit au logement doit être pris en compte
  toutes les politiques (l’urbanisme, l’action foncière, la production de
   logements sociaux, les politiques sociales et de santé, etc.).
 Ces politiques relèvent de tous les niveaux de la puissance
  publique ; la cohérence n’est pas spontanément assurée.
 Non opposable, le droit au logement est un objectif qui se
  heurte à la concurrence d’autres objectifs de l’action
  publique (réduction des dépenses publiques, accession à la propriété et vente
   des logements Hlm, politiques urbaines malthusiennes, protectionnisme
   communal…)
 Opposable, le droit au logement oblige la puissance
  publique à adapter les moyens financiers et politiques aux
  besoins.
Le droit au logement opposable doit être
       possible, puisque aucun parlementaire n’a
             voté contre la loi « DALO »…
 Elle affirme la responsabilité de l’Etat.
 1er janvier 2008, recours amiable auprès de commissions de
  médiation pour :
      1- les demandeurs de logement social ayant dépassé un délai
       « anormalement long »
      2- les demandeurs, de bonne foi, non logés ou très mal logés
      3- les demandeurs d’hébergement.
 1er décembre 2008, les catégories 2 et 3 peuvent faire recours
  devant le juge si la décision favorable de la commission
  n’est pas mise en œuvre.
 1er janvier 2012, la catégorie 1 peut faire recours devant le
  juge dans les mêmes conditions.
L’accès des ménages défavorisés à la
       procédure de recours est possible, mais
         suppose la mobilisation associative.

 L’accès au recours suppose information et assistance.
 La loi DALO les prévoit, mais elle n’accorde pas de moyens
  spécifiques.
 Le DALO conduit à réorienter une partie de l’énergie
  militante associative vers une aide à l’accès au droit.
 Le combat se mène aussi au sein des instances du recours
  amiable (commissions de médiation) : il faut concilier
  recherche du consensus et défense des défavorisés.
 Le comité national de suivi exerce une vigilance
  indispensable.
Le manque de logements abordables rend difficile
      l’application du droit au logement opposable,
          mais prouve aussi qu’on en a besoin.

 Dans les ¾ des départements français, l’offre est suffisante.
  Les difficultés sont concentrées en Ile de France et dans
  quelques départements très urbanisés.
 Le logement locatif social n’est pas la seule réponse
  possible: il faut prévenir les expulsions, traiter l’habitat
  indigne, conventionner des logements privés…
 C’est faute de caractère contraignant du droit au logement
  que les décisions relatives à la production de logements
  abordables n’ont pas été prises.
Il est évidemment possible d’organiser la
            responsabilité entre l’Etat et les
               collectivités territoriales.
 L’Etat ne peut pas tout : toute collectivité qui détient des
  compétences qui ont un impact sur la capacité de répondre
  aux besoins de logements devrait avoir des obligations.
 Premier effet de la loi DALO, un projet de loi renforce les
  documents de programmation intercommunaux (PLH) et
  permet à l’Etat d’intervenir.
 Ce projet de loi n’est pas adapté à l’Ile de France ; les
  décisions restent à prendre mais les solutions existent : elles
  ont été proposées par le comité de suivi et par des Etats
  généraux du logement.
Il est évidemment possible de trouver les
            moyens financiers nécessaires.

 L’Etat et les collectivités prennent des mesures qui
  augmentent le coût du logement (normes, exigences
  environnementales, urbaines, architecturales, etc..) ; ils ont
  le devoir de compenser leur incidence pour les plus pauvres.
 Le logement rapporte à l’Etat plus qu’il ne lui coûte.
 Les aides au logement peuvent être réorientées en faveur du
  DALO. Exemple : dans le budget 2009 de la France, 10
  milliards € d’aide fiscale sans contrepartie sociale pour 3
  milliards avec contrepartie sociale.
La crise financière et économique est une
       opportunité pour faire avancer le DALO.

 Il n’est plus possible aux Gouvernements de nier les marges
  de manœuvre dont ils disposent.
 Le logement social est un élément majeur de l’économie :
  activité du bâtiment, pouvoir d’achat, lutte contre les dérives
  des marchés de l’immobilier et leurs conséquences.
 Un combat idéologique est à mener :
      La solidarité et la cohésion sociale constituent non seulement des
       obligations morales, mais aussi des investissements économiques et
       politiques.
      Comme les dépenses d’éducation ou de soins, les dépenses sociales
       de logement ne doivent pas être réduites en temps de crise. Elles
       sont un amortisseur de la crise et peuvent contribuer à en sortir.
Conclusion : « Yes, we can ! »

 Une loi ne résout pas tout, le droit au logement opposable
  nécessite une mobilisation permanente des militants du droit
  au logement.
 Mais le « DALO » est un levier qui conduira l’Etat à rendre
  les arbitrages nécessaires :
    S’il est condamné, l’Etat sera contraint par le juge

      d’affecter des moyens supplémentaires au logement
      social.
    La condamnation juridique entraîne une responsabilité

      politique : celle du Gouvernement.

Il est possible de rendre le droit au logement opposable pour tous

  • 1.
    Conférence FEANTSA –Cardiff 14-11-08 Atelier : L’importance d’un droit au logement opposable Argumentation contre l’affirmation : « Il n’est pas possible de rendre le droit au logement opposable pour tous. » Bernard LACHARME Secrétaire général Haut comité pour le logement des personnes défavorisées (France)
  • 2.
    Ce qui n’estpas possible, c’est d’en rester à un droit proclamé mais non effectif.  Le droit au logement est régulièrement réaffirmé dans des textes nationaux et internationaux.  Malgré cela, et malgré l’énergie considérable déployée par les acteurs sociaux, les situations les plus critiques de mal- logement se sont développées.  Au-delà des mal-logés, cet échec est source d’inquiétude dans l’ensemble de la population.  L’échec d’un droit proclamé met en cause la crédibilité des institutions.
  • 3.
    Ce qui n’estpas possible, c’est de mettre en œuvre le droit au logement sans le rendre opposable  Les dispositifs ciblés sur les personnes défavorisées ne suffisent pas : le droit au logement doit être pris en compte toutes les politiques (l’urbanisme, l’action foncière, la production de logements sociaux, les politiques sociales et de santé, etc.).  Ces politiques relèvent de tous les niveaux de la puissance publique ; la cohérence n’est pas spontanément assurée.  Non opposable, le droit au logement est un objectif qui se heurte à la concurrence d’autres objectifs de l’action publique (réduction des dépenses publiques, accession à la propriété et vente des logements Hlm, politiques urbaines malthusiennes, protectionnisme communal…)  Opposable, le droit au logement oblige la puissance publique à adapter les moyens financiers et politiques aux besoins.
  • 4.
    Le droit aulogement opposable doit être possible, puisque aucun parlementaire n’a voté contre la loi « DALO »…  Elle affirme la responsabilité de l’Etat.  1er janvier 2008, recours amiable auprès de commissions de médiation pour :  1- les demandeurs de logement social ayant dépassé un délai « anormalement long »  2- les demandeurs, de bonne foi, non logés ou très mal logés  3- les demandeurs d’hébergement.  1er décembre 2008, les catégories 2 et 3 peuvent faire recours devant le juge si la décision favorable de la commission n’est pas mise en œuvre.  1er janvier 2012, la catégorie 1 peut faire recours devant le juge dans les mêmes conditions.
  • 5.
    L’accès des ménagesdéfavorisés à la procédure de recours est possible, mais suppose la mobilisation associative.  L’accès au recours suppose information et assistance.  La loi DALO les prévoit, mais elle n’accorde pas de moyens spécifiques.  Le DALO conduit à réorienter une partie de l’énergie militante associative vers une aide à l’accès au droit.  Le combat se mène aussi au sein des instances du recours amiable (commissions de médiation) : il faut concilier recherche du consensus et défense des défavorisés.  Le comité national de suivi exerce une vigilance indispensable.
  • 6.
    Le manque delogements abordables rend difficile l’application du droit au logement opposable, mais prouve aussi qu’on en a besoin.  Dans les ¾ des départements français, l’offre est suffisante. Les difficultés sont concentrées en Ile de France et dans quelques départements très urbanisés.  Le logement locatif social n’est pas la seule réponse possible: il faut prévenir les expulsions, traiter l’habitat indigne, conventionner des logements privés…  C’est faute de caractère contraignant du droit au logement que les décisions relatives à la production de logements abordables n’ont pas été prises.
  • 7.
    Il est évidemmentpossible d’organiser la responsabilité entre l’Etat et les collectivités territoriales.  L’Etat ne peut pas tout : toute collectivité qui détient des compétences qui ont un impact sur la capacité de répondre aux besoins de logements devrait avoir des obligations.  Premier effet de la loi DALO, un projet de loi renforce les documents de programmation intercommunaux (PLH) et permet à l’Etat d’intervenir.  Ce projet de loi n’est pas adapté à l’Ile de France ; les décisions restent à prendre mais les solutions existent : elles ont été proposées par le comité de suivi et par des Etats généraux du logement.
  • 8.
    Il est évidemmentpossible de trouver les moyens financiers nécessaires.  L’Etat et les collectivités prennent des mesures qui augmentent le coût du logement (normes, exigences environnementales, urbaines, architecturales, etc..) ; ils ont le devoir de compenser leur incidence pour les plus pauvres.  Le logement rapporte à l’Etat plus qu’il ne lui coûte.  Les aides au logement peuvent être réorientées en faveur du DALO. Exemple : dans le budget 2009 de la France, 10 milliards € d’aide fiscale sans contrepartie sociale pour 3 milliards avec contrepartie sociale.
  • 9.
    La crise financièreet économique est une opportunité pour faire avancer le DALO.  Il n’est plus possible aux Gouvernements de nier les marges de manœuvre dont ils disposent.  Le logement social est un élément majeur de l’économie : activité du bâtiment, pouvoir d’achat, lutte contre les dérives des marchés de l’immobilier et leurs conséquences.  Un combat idéologique est à mener :  La solidarité et la cohésion sociale constituent non seulement des obligations morales, mais aussi des investissements économiques et politiques.  Comme les dépenses d’éducation ou de soins, les dépenses sociales de logement ne doivent pas être réduites en temps de crise. Elles sont un amortisseur de la crise et peuvent contribuer à en sortir.
  • 10.
    Conclusion : «Yes, we can ! »  Une loi ne résout pas tout, le droit au logement opposable nécessite une mobilisation permanente des militants du droit au logement.  Mais le « DALO » est un levier qui conduira l’Etat à rendre les arbitrages nécessaires :  S’il est condamné, l’Etat sera contraint par le juge d’affecter des moyens supplémentaires au logement social.  La condamnation juridique entraîne une responsabilité politique : celle du Gouvernement.