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Coopérer, verbe infini? 
Patrícia dos Santos Pinheiro et Sérgio Botton Barcellos [1] 
“Bien sûr, nous encourageons toute aide qui nous aide à éliminer l'aide. Mais de manière 
générale, les politiques d'aide ont plutôt fini par nous désorganiser, par saper notre sens de 
responsabilité à l'égard de nous propres affaires sur les plains économique, politique et culturel. 
Nous avons pris le risque d'emprunter des voies nouvelles afin de réaliser un mieux-être. 
(Sankara, s/d, apud Dembele, 2014, p.92 [2])”. 
Actuelement, il est signalé au niveau international que l'autonomie du Haïti, pays affecté en 2010 par un 
violent séisme où plus de 220 000 personnes sont mortes et plus d'un million et demi étaient sans abri, a été 
souvent negligée. La reconstruction du pays qui comprend des projets d'infrastructures, de logement et de 
réorganisation productive, semble loin d'être terminée en 2014, sujet traité en détails dans le documentaire 
Assistance Mortalle. Mais avant même cette catastrophe, l'action de la MINUSTAH (Mission des Nations 
Unies pour la Stabilisation en Haïti), organisation de composition civile et militaire crée en 2004 par l'ONU 
comme une mission de stabilisation, est symbolique de la perte de la souveraineté d'un pays considéré 
comme “sous-développé”. 
De toute façon, le tremblement de terre qui a dévasté ce pays a consolidé une necessité de l'aide 
internationale, qui a partir de cela, s'y est installée ad infinitum. Géré par un conseil de la coopération 
internationale, dirigée et planifiée par les Etats-Unis, la France et le Canada avec un fort soutien militaire du 
Brésil [3], cette aide est souvent dénoncée comme portant atteinte à l'autonomie du pays, qui vit toujours à de 
graves problèmes posés par la catastrophe. Les informations officielles sont contradictoires, car bien que les 
organisations internationales signalent le progrès de cette coopération, la population locale indique que les 
problèmes se multiplient: les épidémies de choléra sont signalés comme étant venues avec la MINUSTAH; la 
zone spécifique où le séisme s'est produit n'a pas été reconstruit; pas tous les déplacés ont été réinstallés et de 
nombreuses entreprises étrangères se sont installées dans le pays dans des conditions douteuses, ce qui a 
causé le rejet de la population. En outre, la presse alternative montre que le cadre politique d'Haïti est 
instable, qui comprend des élections frauduleuses et un combat solide à toute opposition aux politiques 
d'interventions internationales actuelles. 
Mais ce n'est pas à dire que le chemin est d'ignorer la récurrence des conditions d'inégalité sociale ou 
d'encadrer toute action sociale internationale en tant que néocolonialiste. La question est la dissolution d'une 
image illusoire que ces réseaux de coopération peuvent résoudre tous les problèmes des pays du Sud. Il faut 
mettre l'accent sur le fait que ces pays sont affectés non seulement par les guerres et les catastrophes 
naturelles, mais aussi par l'exploitation et la tutelle de ceux qui disent les aider. Dans de nombreux cas, ces 
organismes internationaux font des études et des mappages à des fins économiques majoritairement, malgré 
la justification sociale. Cet utilitarisme dans la cooperation humanitaire ne doit pas être ignoré, soutenu non 
seulement par des agents externes, mais aussi par les élites locales qui n'ont aucun intérêt à perdre leurs 
privilèges conquis depuis la période coloniale et maintenus jusqu'à ce jour. 
Dans le même temps, en Afrique, au cours de l'histoire la présence de l'intervention étrangère n'est pas 
différente, en alternant des actions militaires et humanitaires. La coopération humanitaire se présente comme 
la facette bienveillante d'une relation de dépendance, en tant que un outil important dans la légitimation de la 
présence des pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Nord et, plus récemment, des «émergents», comme le
Brésil et la Chine, dans les pays appelés "sous-développés". Au delà des moyens explicites pour renforcer la 
nécessité de l'ingérence extérieure, la coopération humanitaire est partie essentielle du jeu géopolitique 
mondial, où les pays passent leurs pièces d'une manière qui semble très charitable aux yeux du monde. Ainsi, 
l'intervention étrangère se matérialise à travers une série de réseaux qui incluent des gouvernements et des 
organisations de la société civile, avec une présence importante des organismes des Nations Unies et des 
ONG internationales, soutenues par les autorités locales. 
Mais il faut souligner que les hiérarchies du développement, qui peuvent varier de pays «développés», 
«émergents», «sous-développés» ou des euphémismes ont des fonctions très spécifiques dans le jeu 
géopolitique actuel: ils montrent au monde des modèles à suivre. Et pour identifier les pays dans la 
hiérarchie mondiale du développement, il existe des paramètres spécifiques, avec des indicateurs 
économiques, politiques et sociaux établis (PIB, IDH, Gini, etc) pour ceux qui sont “au-dessus” de celui-ci. 
Cette classification régit également la configuration de la coopération humanitaire, destinée en particulier 
aux pays dits sous-développés, qui “auraient besoin” d'aide pour essayer de se rapprocher du modèle de 
développement occidental. 
L'ironie est que les pays qui figurent sur le liste des sous-développés ont généralement de nombreuses 
ressources naturelles telles que l'or, l'uranium, le fer, le bois, des réservoirs d'eau et de le précieus pétrole. 
Mais malgré la richesse des ressources naturelles, leurs populations souffrent souvent d'un manque 
d'éléments de base pour vivre, comme la nourriture. D'un point de vue politique, disent les néocolonisateurs 
en service, ces pays n'auraient pas les institutions et la stabilité politique pour gérer leurs ressources de 
manière souveraine. Cette croyance et la rhétorique qu'ils n'ont pas les éléments à gérer leurs ressources 
conduit à des pressions pour que telles absences (de stabilité des institutions, de qualité de vie, des 
technologies et d'autres) soient la principale justification de la présence de la coopération étrangère. 
Un autre cas récent met en évidence les préoccupations internationales au Nigeria. L'action de Boko Haram, 
en particulier dans ce pays, mais aussi dans les pays voisins, a justifié une intervention militaire, par 
l'instabilité politique générée par ce groupe extrémiste, après une grande émotion internationale en ce qui 
concerne l'enlèvement de dizaines de filles et de femmes par Boko Haram. Néanmoins, il n'est pas fait 
mention de la source de financement de cette organisation dans les grands médias internationaux, ni de la 
répartition des intérêts internationaux en cause dans cette affaire. Mais la séquence des événements mérite 
attention: l'enlèvement des filles est venu quelques mois après les élections qui ont montré la crise du pays, 
ensuite ce pays est devenu l'un des centres de l'intervention militaire de pays comme les Etats-Unis et le 
Royaume-Uni, avec également un harcèlement croissant de la Chine. Il est également important de 
considérer que le Nigeria est le pays le plus peuplé du continent, le huitième producteur de pétrole dans le 
monde et ses exportations représentent 11% des importations vers des États-Unis. 
Il est possible aussi mentionner la présence de groupes internes financés par les grandes puissances pour les 
déstabiliser et ensuite justifier le déploiement de “politiques de stabilisation" par les agences de coopération 
internationale. Un cas emblématique de la résistance à la subordination externe qui a été conduit par Thomas 
Sankara, dirigeant révolutionnaire et président du Burkina Faso entre les années 1984 à 1987, quand il a été 
assassiné par de compagnons proches – jusqu'à aujourd'hui sa mort n'a pas été complètement élucidé e . Sous 
son gouvernement, il y a eu un changement considérable dans leur pays à travers les plans de developpement 
populaires, en mettant l'accent sur des réponses locales aux problèmes africains, avec les ressources internes, 
même si ce ne représente pas la voie la plus facile (DEMBELE, 2014). 
Mais sa mort montre aussi les contradictions qui sont vécues en Afrique. Ainsi que les actions de ce leader 
charismatique ont marqué profondément des personnes déçues par les interventions occidentaux sur le
continent africain et appelant à l'émancipation, il y a aussi des conflits avec les élites locales, prêtes à tout 
faire pour le gain financier et la maintenance de hiérarchies de pouvoir. Par conséquent, aborder les foyers de 
résistance au néocolonialisme est un sujet que bien être débattue actualement. 
Mais il est nécessaire mettre en contexte cette présence coloniale. Dans le cas de l'Afrique, colonisé par les 
puissances européennes, notamment la France et le Royaume-Uni, mais aussi par la Belgique, l'Allemagne, 
l'Espagne, le Portugal et l'Italie, les années 1950 et 60 ont été marquées par l'indépendance de la plupart de 
ces pays. Malgré cela, une nouvelle forme de dépendance rapidement a émergé: la coopération. Dans le cas 
français, présenté en détail dans le rapport de l'ONG Survie, déjà en 1961 le Ministère de la Coopération a 
été créé, a fin de remplacer les actions de l'ancien Ministère des Colonies [4]. Ainsi, la France est devenue le 
principal «partenaire» de ses anciennes colonies (qui comprend le Tunisie, le Maroc, les pays de l'UEMOA - 
Union Économique et Monétaire Ouest-africaine -, certains pays de l'Afrique Central; le Madagascar et le 
Comores), avec les accords de coopération économique, militaire, judiciaire, technique, culturel, financier, 
de fonctionner à partir d'un système complexe de conseillers et techniques français, envoyés pour créer des 
institutions, établir des programmes de développement économique et de formation des chefs locaux. Les 
gouvernements locaux ont été formées essentiellement avec les élites locales, qui ont donnée une soutien 
essentiel pour renforcer le système néocolonial parce que la souveraineté est invoqué comme étant 
envisagée, même si loin de la réalité de la grande majorité des africains. 
Si pendant la période coloniale les puissances européennes avaient imposé leur langue, leur monnaie, leur 
système administratif et juridique, la coopération a maintenu son influence privilégié sur l'Afrique. Et plus 
que cela, il y avais une imposition d'un mode de pensée étranger (malgré les différences sociales, culturelles 
et cosmologiques). Des structures d'État ont été mises en oeuvre, mais elles sont déjà nées corrompus, 
bureaucratiques et en stimulant des modèles de développement que les pays occidentaux croient être le plus 
approprié pour les pays sous-développés: fournisseurs de matières premières et dépendante des importations 
de divers produits. Pour cela, ils s'ont soutenu dans un mòdele de intervention basé sur des actions telles que 
de mécanisation décontextualisée et des oeuvres inefficaces, comme indiqué par René Dumond dans son 
livre, "L'Afrique noire est mal partie” - daté de 1962, mais très actuelle en ce qui concerne les difficultés de 
l'agriculture et de l'industrialisation sur le continent. 
En France, le système Françafrique (ou "la France à fric") a été annoncé par le président François Hollande 
comme terminé. Mais on ne pouvez pas dire que les liens néocoloniales sont près de se briser, parce que les 
réseaux de coopération sont vivants et circulent par les pays africains dans leurs belles voitures 4 × 4, sur les 
thèmes classiques de l'aide humanitaire, comme la lutte contre la faim, les activités de santé, de l'agriculture 
bio et l'accès aux technologies. Avec cela, il y a des organisations de la société civile qui finissent par avoir 
un rôle essentiel dans la défense des intérêts occidentaux, en dépit de leur côté d'avant-garde dans la défense 
des droits humains et la protection de l'environnement, en utilisant également des personnes bien 
intentionnés et soucieux d'agir sur une réalité locaux. D'autre part, quand il y a une initiative plus 
remarquable de développement endogène dans ces pays (sans la participation externe), souvent ils sont 
interrogés au niveau international. 
Donc, la question qui se pose est de savoir comment il est possible construire une relation de partenariat et de 
respect entre des peuples et des pays différents. Mais il faut se demander à quelles fins les organisations 
externes veulent décider de l'avenir d'autres pays? La responsabilité de construire leur propre chemin, se 
développer et pas d'être devéloppé, avec ses propres erreurs et ses réussites, sans une quête sauvage pour 
atteindre les paramètres fixés comme étant les meilleures, c'est un défi de las relations géopolitiques dans la 
phase actuelle du capitalisme et cela ne peut pas être ignorée ou réduite au silence.
- 
Notes 
[1] Nous remercions le Professeur Babacar Diop Buuba pour des corrections au texte. L'article en portugais 
est disponible sur le site Racismo Ambiental. 
[2] Dembelé, D. M. Thomas Sankara: une conception endogène du développment. In: Dembele, D. M.; 
Sylla, N. S.; Faye, H. (org.). Deconstruire le discours neoliberal. Senegal: Fondation Rosa Luxemburg/ 
Arcade, 2014. p. 86-99. 
[3] Avec cet exemple, il est clair que pour le Brésil (qui occupe actuellement le poste de pays émergent) il est 
possible d'exercer un impérialisme régional, opéré en Amérique et aussi en Afrique (à l'image de certains 
pays européens et des États-Unis). 
[4] Parallèlement aux accords de coopération officiels, Jacques Foccart, le "Seigneur Afrique", l'éxecuteur de 
la politique du général De Gaulle, est chargé de coordonner les actions les plus discutables tels que 
l'incitation à la guerre, la manipulation des élections locales et même la destitution de dirigeants.

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Coopérer, verbe infini?

  • 1. Coopérer, verbe infini? Patrícia dos Santos Pinheiro et Sérgio Botton Barcellos [1] “Bien sûr, nous encourageons toute aide qui nous aide à éliminer l'aide. Mais de manière générale, les politiques d'aide ont plutôt fini par nous désorganiser, par saper notre sens de responsabilité à l'égard de nous propres affaires sur les plains économique, politique et culturel. Nous avons pris le risque d'emprunter des voies nouvelles afin de réaliser un mieux-être. (Sankara, s/d, apud Dembele, 2014, p.92 [2])”. Actuelement, il est signalé au niveau international que l'autonomie du Haïti, pays affecté en 2010 par un violent séisme où plus de 220 000 personnes sont mortes et plus d'un million et demi étaient sans abri, a été souvent negligée. La reconstruction du pays qui comprend des projets d'infrastructures, de logement et de réorganisation productive, semble loin d'être terminée en 2014, sujet traité en détails dans le documentaire Assistance Mortalle. Mais avant même cette catastrophe, l'action de la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti), organisation de composition civile et militaire crée en 2004 par l'ONU comme une mission de stabilisation, est symbolique de la perte de la souveraineté d'un pays considéré comme “sous-développé”. De toute façon, le tremblement de terre qui a dévasté ce pays a consolidé une necessité de l'aide internationale, qui a partir de cela, s'y est installée ad infinitum. Géré par un conseil de la coopération internationale, dirigée et planifiée par les Etats-Unis, la France et le Canada avec un fort soutien militaire du Brésil [3], cette aide est souvent dénoncée comme portant atteinte à l'autonomie du pays, qui vit toujours à de graves problèmes posés par la catastrophe. Les informations officielles sont contradictoires, car bien que les organisations internationales signalent le progrès de cette coopération, la population locale indique que les problèmes se multiplient: les épidémies de choléra sont signalés comme étant venues avec la MINUSTAH; la zone spécifique où le séisme s'est produit n'a pas été reconstruit; pas tous les déplacés ont été réinstallés et de nombreuses entreprises étrangères se sont installées dans le pays dans des conditions douteuses, ce qui a causé le rejet de la population. En outre, la presse alternative montre que le cadre politique d'Haïti est instable, qui comprend des élections frauduleuses et un combat solide à toute opposition aux politiques d'interventions internationales actuelles. Mais ce n'est pas à dire que le chemin est d'ignorer la récurrence des conditions d'inégalité sociale ou d'encadrer toute action sociale internationale en tant que néocolonialiste. La question est la dissolution d'une image illusoire que ces réseaux de coopération peuvent résoudre tous les problèmes des pays du Sud. Il faut mettre l'accent sur le fait que ces pays sont affectés non seulement par les guerres et les catastrophes naturelles, mais aussi par l'exploitation et la tutelle de ceux qui disent les aider. Dans de nombreux cas, ces organismes internationaux font des études et des mappages à des fins économiques majoritairement, malgré la justification sociale. Cet utilitarisme dans la cooperation humanitaire ne doit pas être ignoré, soutenu non seulement par des agents externes, mais aussi par les élites locales qui n'ont aucun intérêt à perdre leurs privilèges conquis depuis la période coloniale et maintenus jusqu'à ce jour. Dans le même temps, en Afrique, au cours de l'histoire la présence de l'intervention étrangère n'est pas différente, en alternant des actions militaires et humanitaires. La coopération humanitaire se présente comme la facette bienveillante d'une relation de dépendance, en tant que un outil important dans la légitimation de la présence des pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Nord et, plus récemment, des «émergents», comme le
  • 2. Brésil et la Chine, dans les pays appelés "sous-développés". Au delà des moyens explicites pour renforcer la nécessité de l'ingérence extérieure, la coopération humanitaire est partie essentielle du jeu géopolitique mondial, où les pays passent leurs pièces d'une manière qui semble très charitable aux yeux du monde. Ainsi, l'intervention étrangère se matérialise à travers une série de réseaux qui incluent des gouvernements et des organisations de la société civile, avec une présence importante des organismes des Nations Unies et des ONG internationales, soutenues par les autorités locales. Mais il faut souligner que les hiérarchies du développement, qui peuvent varier de pays «développés», «émergents», «sous-développés» ou des euphémismes ont des fonctions très spécifiques dans le jeu géopolitique actuel: ils montrent au monde des modèles à suivre. Et pour identifier les pays dans la hiérarchie mondiale du développement, il existe des paramètres spécifiques, avec des indicateurs économiques, politiques et sociaux établis (PIB, IDH, Gini, etc) pour ceux qui sont “au-dessus” de celui-ci. Cette classification régit également la configuration de la coopération humanitaire, destinée en particulier aux pays dits sous-développés, qui “auraient besoin” d'aide pour essayer de se rapprocher du modèle de développement occidental. L'ironie est que les pays qui figurent sur le liste des sous-développés ont généralement de nombreuses ressources naturelles telles que l'or, l'uranium, le fer, le bois, des réservoirs d'eau et de le précieus pétrole. Mais malgré la richesse des ressources naturelles, leurs populations souffrent souvent d'un manque d'éléments de base pour vivre, comme la nourriture. D'un point de vue politique, disent les néocolonisateurs en service, ces pays n'auraient pas les institutions et la stabilité politique pour gérer leurs ressources de manière souveraine. Cette croyance et la rhétorique qu'ils n'ont pas les éléments à gérer leurs ressources conduit à des pressions pour que telles absences (de stabilité des institutions, de qualité de vie, des technologies et d'autres) soient la principale justification de la présence de la coopération étrangère. Un autre cas récent met en évidence les préoccupations internationales au Nigeria. L'action de Boko Haram, en particulier dans ce pays, mais aussi dans les pays voisins, a justifié une intervention militaire, par l'instabilité politique générée par ce groupe extrémiste, après une grande émotion internationale en ce qui concerne l'enlèvement de dizaines de filles et de femmes par Boko Haram. Néanmoins, il n'est pas fait mention de la source de financement de cette organisation dans les grands médias internationaux, ni de la répartition des intérêts internationaux en cause dans cette affaire. Mais la séquence des événements mérite attention: l'enlèvement des filles est venu quelques mois après les élections qui ont montré la crise du pays, ensuite ce pays est devenu l'un des centres de l'intervention militaire de pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, avec également un harcèlement croissant de la Chine. Il est également important de considérer que le Nigeria est le pays le plus peuplé du continent, le huitième producteur de pétrole dans le monde et ses exportations représentent 11% des importations vers des États-Unis. Il est possible aussi mentionner la présence de groupes internes financés par les grandes puissances pour les déstabiliser et ensuite justifier le déploiement de “politiques de stabilisation" par les agences de coopération internationale. Un cas emblématique de la résistance à la subordination externe qui a été conduit par Thomas Sankara, dirigeant révolutionnaire et président du Burkina Faso entre les années 1984 à 1987, quand il a été assassiné par de compagnons proches – jusqu'à aujourd'hui sa mort n'a pas été complètement élucidé e . Sous son gouvernement, il y a eu un changement considérable dans leur pays à travers les plans de developpement populaires, en mettant l'accent sur des réponses locales aux problèmes africains, avec les ressources internes, même si ce ne représente pas la voie la plus facile (DEMBELE, 2014). Mais sa mort montre aussi les contradictions qui sont vécues en Afrique. Ainsi que les actions de ce leader charismatique ont marqué profondément des personnes déçues par les interventions occidentaux sur le
  • 3. continent africain et appelant à l'émancipation, il y a aussi des conflits avec les élites locales, prêtes à tout faire pour le gain financier et la maintenance de hiérarchies de pouvoir. Par conséquent, aborder les foyers de résistance au néocolonialisme est un sujet que bien être débattue actualement. Mais il est nécessaire mettre en contexte cette présence coloniale. Dans le cas de l'Afrique, colonisé par les puissances européennes, notamment la France et le Royaume-Uni, mais aussi par la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal et l'Italie, les années 1950 et 60 ont été marquées par l'indépendance de la plupart de ces pays. Malgré cela, une nouvelle forme de dépendance rapidement a émergé: la coopération. Dans le cas français, présenté en détail dans le rapport de l'ONG Survie, déjà en 1961 le Ministère de la Coopération a été créé, a fin de remplacer les actions de l'ancien Ministère des Colonies [4]. Ainsi, la France est devenue le principal «partenaire» de ses anciennes colonies (qui comprend le Tunisie, le Maroc, les pays de l'UEMOA - Union Économique et Monétaire Ouest-africaine -, certains pays de l'Afrique Central; le Madagascar et le Comores), avec les accords de coopération économique, militaire, judiciaire, technique, culturel, financier, de fonctionner à partir d'un système complexe de conseillers et techniques français, envoyés pour créer des institutions, établir des programmes de développement économique et de formation des chefs locaux. Les gouvernements locaux ont été formées essentiellement avec les élites locales, qui ont donnée une soutien essentiel pour renforcer le système néocolonial parce que la souveraineté est invoqué comme étant envisagée, même si loin de la réalité de la grande majorité des africains. Si pendant la période coloniale les puissances européennes avaient imposé leur langue, leur monnaie, leur système administratif et juridique, la coopération a maintenu son influence privilégié sur l'Afrique. Et plus que cela, il y avais une imposition d'un mode de pensée étranger (malgré les différences sociales, culturelles et cosmologiques). Des structures d'État ont été mises en oeuvre, mais elles sont déjà nées corrompus, bureaucratiques et en stimulant des modèles de développement que les pays occidentaux croient être le plus approprié pour les pays sous-développés: fournisseurs de matières premières et dépendante des importations de divers produits. Pour cela, ils s'ont soutenu dans un mòdele de intervention basé sur des actions telles que de mécanisation décontextualisée et des oeuvres inefficaces, comme indiqué par René Dumond dans son livre, "L'Afrique noire est mal partie” - daté de 1962, mais très actuelle en ce qui concerne les difficultés de l'agriculture et de l'industrialisation sur le continent. En France, le système Françafrique (ou "la France à fric") a été annoncé par le président François Hollande comme terminé. Mais on ne pouvez pas dire que les liens néocoloniales sont près de se briser, parce que les réseaux de coopération sont vivants et circulent par les pays africains dans leurs belles voitures 4 × 4, sur les thèmes classiques de l'aide humanitaire, comme la lutte contre la faim, les activités de santé, de l'agriculture bio et l'accès aux technologies. Avec cela, il y a des organisations de la société civile qui finissent par avoir un rôle essentiel dans la défense des intérêts occidentaux, en dépit de leur côté d'avant-garde dans la défense des droits humains et la protection de l'environnement, en utilisant également des personnes bien intentionnés et soucieux d'agir sur une réalité locaux. D'autre part, quand il y a une initiative plus remarquable de développement endogène dans ces pays (sans la participation externe), souvent ils sont interrogés au niveau international. Donc, la question qui se pose est de savoir comment il est possible construire une relation de partenariat et de respect entre des peuples et des pays différents. Mais il faut se demander à quelles fins les organisations externes veulent décider de l'avenir d'autres pays? La responsabilité de construire leur propre chemin, se développer et pas d'être devéloppé, avec ses propres erreurs et ses réussites, sans une quête sauvage pour atteindre les paramètres fixés comme étant les meilleures, c'est un défi de las relations géopolitiques dans la phase actuelle du capitalisme et cela ne peut pas être ignorée ou réduite au silence.
  • 4. - Notes [1] Nous remercions le Professeur Babacar Diop Buuba pour des corrections au texte. L'article en portugais est disponible sur le site Racismo Ambiental. [2] Dembelé, D. M. Thomas Sankara: une conception endogène du développment. In: Dembele, D. M.; Sylla, N. S.; Faye, H. (org.). Deconstruire le discours neoliberal. Senegal: Fondation Rosa Luxemburg/ Arcade, 2014. p. 86-99. [3] Avec cet exemple, il est clair que pour le Brésil (qui occupe actuellement le poste de pays émergent) il est possible d'exercer un impérialisme régional, opéré en Amérique et aussi en Afrique (à l'image de certains pays européens et des États-Unis). [4] Parallèlement aux accords de coopération officiels, Jacques Foccart, le "Seigneur Afrique", l'éxecuteur de la politique du général De Gaulle, est chargé de coordonner les actions les plus discutables tels que l'incitation à la guerre, la manipulation des élections locales et même la destitution de dirigeants.