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E. 1. E. R.
COURS DE
MICRO-IRRIGATION
Mars 2003
M. L. COMPAORE
E. 1. E. R.
Il II
COURS DE
MICRO-IRRIGATION
11
TABLE DES MATIERES
AVANT PROPOS
1 Définitions et concepts
1 1 -Définitions
1 2 - Concepts
1 2 1 - Méthodes d'application de l'eau
1 2 2 - Processus d'humidification du sol
2 Historique et développement de la micro-irrigation
2 1 - Historique
2 2 - Développement
3 Caract2ristiques de la méthode de micro-irrigation
4 Avantages et inconvénients de la micro-irrigation
5 Choix de la méthode de micro-irrigation
CHAPITRE 1 GENERALITES SUR LA MICRO-IRRIGATION
CHAPITRE 2 : APPLICATION DES TECHNIQUES DE MICRO-
IRRIGATION
1. Principales techniques de micro-irrigation
1.1, Système d'arrosage par ligne dit système Bas-Rhône
1.2.Système d'irrigation par mini-diffuseurs
1.3.Système goutte à goutte
1.4.Système à rampes poreuses
2. Conditions d'emploi des techniques de micro-irrigation
2.1.Conditions climatiques
2.2. Caractéristiques du sol
2.3. Topographie
2.4. Le débit d'eau
2.5. La qualité de l'eau
2.5.1.Effets de la qualité de l'eau sur le fonctionnement du réseau : risques
2.5.2.Nature et qualité des ressources en eau
2.5.3.La température de l'eau
2.5.4.Risques de salinisation du sol
2.6. La configuration de la parcelle
2.7. La culture
2.8. Conclusion
d'obstruction
CHAPlTRE 3 ' CONSTlTUTlON D'UN RESEAU DE MICRO-
RRIGATION
1 Structure générale d'un réseau de micro-irrigation
2, Matériels d'un réseau de micro-irrigation
2.1. L'unité de tête
2.2. Le dispositif de fertilisation en micro-irrigation
2.2.1.La fertigation localisée
2.2.2.Le matériel d'injection
2.2.3.La solution nutritive
Pages
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18
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20
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21
23
23
24
24
24
35
...
111
2 3 Le dispositif de filtration
2.3.1.Le poste de filtration
2.3.2.Les types de filtres
2.4 - Les canalisations
2.4.1 - Le réseau de conduites principales
2 4.2 - Le réseau de porte - rampes
2 4 3 - Les rampes
2.5 - Les distributeurs ou émetteurs d'eau
2.5.1 - Généralités
2.5.2- Les goutteurs
CHAPITRE 4 . CARACTERISTIQUES DES DISTRIBUTEURS
1 - Généralités
2 - régime d'écoulement et débit
2.1 - Nombre de REYNOLDS
2.2 - Pertes de charge et débits
2.2.1- Goutteurs de type "orifice" à sortie unique
2.2.2- Goutteurs à sorties multiples
2.2.3- Goutteurs à sortie unique à long cheminement
2.2.4- Goutteurs auto-régulants à membrane
2.2.5- Goutteurs à Vortex
2.3 - Loi débit - pression des distributeurs
2.3.1- Cas général
2.3.2-Cas des capillaires ou micro-tubes
2.3.3- Cas des gaines perforées doubles
2.4 - Influence de la température sur les débits
3 - Caractéristiques technologiques
3.1 - Diamètre des orifices
3.2 - Coefficient de variation technologique ou de fabrication
4 - Uniformité de la distribution
CHAPITRE 5 AUTOMATISATION
1 - Les types d'automatismes
1 1 - La micro-irrigation semi-automatique
1 2 - La micro-irrigation automatisée
1 3 - L'irrigation totalement asservie
2 - Matériels de base de l'automatisme
2 1 - Les vannes hydrauliques
2 2 - Les vannes volumétriques (BERMAD, DALIA)
2 3 - Les vannes électriques
3 - Les types de commutations
3 1 - La commutation séquentielle
3 i 1 - Systeine a commande hydraulique
3 1 2 - Système à commande électrique
3 2 - La commutation non séquentielle
4 - Les programmateurs
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36
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85
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89
IV
CHAPITRE 6 : DONNEES DE BASE ET CALCUL D'UNPROJET DE
1 - Données de base générales
2 - géométrie et topographie de la parcelle
3 - Besoins en eau des cultures
3.1 - Calcul de I'évapotranspiration
3.2 - Influence du taux de couverture du sol
3.3 - Besoins en eau journaliers moyens de la culture en micro-irrigation '
4 - Besoins en eau d'irrigation
4.1 - Définitions
4.2 - Rendement hydraulique global à la parcelle en micro-irrigation : Rp
4.3 - Relation entre les besoins en eau d'irrigation et les besoins en eau des
4.4 - Besoins en eau d'irrigation de pointe et besoins en eau d'irrigation réels
4.4.1 - Besoins d'irrigation de pointe
4.4.2 - Besoins d'irrigation réels
5 - Distribution de l'eau aux plantes
5.1 - Dose et fréquence d'arrosage
5.1.1 - Dose d'arrosage maximale nette
5.1.2- Fréquence des arrosages : fNj
5.1.3- Dose réelle : Dr
5.1.4- Dose brute d'arrosage , Dbmte
5.2 - Débit par distributeur ou par groupe de distributeurs (9) et durée de
5.3 - Débit de l'installation : Q
5.4 - Avantages et inconvénients de subdivision en postes
5.4.1- Avantages
5.4.2- Inconvénients
5.5 - Volume d'eau annuel
MICRO-IRRIGATION
ETMIOC
cultures
fonctionnement (t) des distributeurs
CHAPITRE 7 CALCULS HYDRAULIQUES
1- But et contenu de l'étude hydraulique
I 1- But de l'étude hydraulique
1 2 - Contenu de l'étude hydraulique
2 - Structure hydraulique générale d'un réseau de micro-irrigation
3 - Variation du débit d'un distributeur
4 - Dimensionnement des conduites principales et des portes-rampes
4 1- Formule de DARCY-WEISBACH
4 2- Formule de WILLIAMS - HAZEN
4 3 - Formule de GUYON-PERNES
4 4 - Remarques
5 5 - Calcul hydraulique d'une rampe en micro-irrigation
5 1 - Position du problème
5 2 - Méthode de calcul classique
5 3 - Méthode du débit uniformément réparti
5 3 1- Détermination de la perte de charge à partir de l'aval
92
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126
V
5.3.2- Détermination de la perte de charge à partir de l’amont
5.4 - Répartition des pressions le long d’une rampe uniforme
5.4 - En terrain plat
5.4.2.En terrain à pente uniforme ou variée
5.5. Détermination de la distance x où la pression effective est minimale
5.6. Rampes télescopiques
5.6.1 Détermination de la perte de charge totale
5.6.2 Détermination de la distance x nécessaire au changement de diamètre
6. Disposition et calcul des porte-rampes
6.1 Disposition des porte-rampes
6.2. Calcul hydraulique du porte-rampes
pour conserver une perte de charge AH
CHAPITRE 8 MAINTENANCE DU RESEAU
1 Pathologies des réseaux de micro-irrigation
2 Entretien des réseaux de micro-irrigation
2 1 - Entretien des filtres
2 2 - Entretien des émetteurs d’eau
2 3 - Entretien des rampes et des porte-rampes
2 4 - Réparation des dégâts divers
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132
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133
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133
134
134
BIBLIOGRAPHIE 135
vi
AVANT PROPOS
La micro-irrigation ou l'irrigation localisée est une méthode d'irrigation
révolutionnaire e t est considérée aujourd'hui comme la pointe du progrès en
irrigation.
Révolutionnaire, elle l'est en effet compte tenu du mode d'apport de l'eau qui ne
mouille pas toute la surface du champ, de la nature e t de la précision du matériel
d'arrosage utilisé, des hautes performances potentielles suscitées (économie
d'eau, augmentation des rendements, etc.).
Elle constitue une avancée en irrigation du fait de la perfection technologique e t
scientifique des moyens e t des méthodes employés.
Son développement est relativement récent.
Elle exige de bonnes connaissances techniques pour son installation e t pour son
expIoit a tion.
Le présent cours s'attache à décrire les principes, les applications, le matériel,
les outils de calcul e t la maintenance des installations de micro-irrigation ou
d'irrigation localisée. I I permet au lecteur de faire son initiation à
l'environnement des systèmes de micro-irrigation ou d'irrigation localisée,
d'appréhender l'étude technique des projets.
Toutes les suggestions d'amélioration de son contenu sont bien venues.
M. L. COMPAORE
1
CHAPITRE 1
1 GENERALITES SUR LA MICRO-IRRIGATION 1
1. DEFINITIONS ET CONCEPTS
1.1 - Définitions
Il existe plusieurs termes :
- irrigation localisée (retenu par la FAO) qui traduit plus le mode d'apport de l'eau au
voisinage des racines ou directement au pied des plantes ;
- irrigation goutte à goutte ou "trickle irrigation" (retenu par les ingénieurs de
I'herican Society of Agricultural Engineers [ASAE]) qui est en fait représentatif d'une technique
d'arrosage particulière ;
- micro-irrigation (retenu par la Commission Internationale des Irrigations et du Drainage
[CID] ) qui prend en compte le fait que les débits apportés sont faibles et les
fréquences élevées.
Dans cet ouvrage nous prévilégierons l'usage du terme micro-irrigation retenu par la
CIID qui met plus l'accent sur lafaiblesse des doses et des débits que sur la manière
dont ils sont apportés.
1.2 - Concepts
La micro-irrigation regroupe un certain nombre de techniques d'arrosage relativement
récentes.
1.2.1 - Méthodes d'aDplication de l'eau
La micro-irrigation consiste à apporter l'eau au voisinage ou au pied des plantes.
directement à la surface du sol ou à l'intérieur du sol, avec de faibles débits (quelques litres à
quelques dizaines de litredheure : 2 à 150 l/h) et à intervalles rapprochés (morcellement de la
dose). Les doses appliquées sont très réduites, ce qui conduit à des fréquences élevées
(espacement entre les arrosages de l'ordre de 1 à 2 jours).
Dans certains cas, l'arrosage peut être quasi continu et en ce moment, le sol se
comporteplus comme un conducteur d'eau vers les racines qu'un réservoir.
L'eau est conduite à la plante grâce à un réseau dense de canalisations. Cette eau est
filtrée et éventuellement enrichie en fertilisants.
2
Seule une fraction de la surface est arrosée (zone explorée par les racines des plantes).
L'apport se fait sous forme de gouttes, de minces filets d'eau ou de mini-jets au travers des
dispositifs de distribution variés.
Les techniques de micro-irrigation combinent tout à fait harmonieusement l'efficience et
la qualité ;ce qui les hisse à l'heure actuelle à la pointe du progrès en irrigation.
1.2.2 - Processus d'humidification du sol
Sous la zone d'apport, généralement saturée, le transfert d'eau dans le sol se fait
essentiellement sous forme d'écoulement non saturé. L'eau dimise verticalement et latéralement
dans le sol sous l'effet conjugué des forces de gravité et de succion. Il en résulte un bulbe
d'humidification (fig. 1) de forme elliptique dont les dimensions dépendent fortement des
caractéristiques du sol, du débit d'apport et de la fréquence des arrosages. L'extension latérale
du bulbe est d'autant plus marquée que la texture est fine. Les faibles doses apportées
fréquemment maintiennent la zone humectée à une humidité élevée, proche de la capacité de
rétention. L'eau est donc facilement disponible pour les plantes, ce qui constitue un facteur
important d'accroissement des rendements. En outre, une partie de la surface reste sèche ce qui
favorise la poursuite des soins aux cultures.
t ECARTEMEHT EHTRE RAMPES
GOUT1EUR
LlGHE DE COURAljT
COU?BE D'EGALE HUMIDITE
I l PERCOLaTiOt-1 PROFOHDE=
L-LARGEUR H U M I D I F I E E4
i I
Fig. 1 : Schéma du bulbe d'humidification dans un sol grossier (a) et
dans sol fin (b) (Pénadille Y.)
2
Seule une fraction de la surface est arrosée (zone explorée par les racines des plantes).
L'apport se fait sous forme de gouttes, de minces filets d'eau ou de mini-jets au travers des
dispositifs de distribution variés.
Les techniques de micro-irrigation combinent tout à fait harmonieusement l'efficience et
la qualité ;ce qui les hisse à l'heure actuelle à la pointe du progrès en irrigation.
1.2.2- Processus d'humidification du sol
Sous la zone d'apport, généralement saturée, le transfert d'eau dans le sol se fait
essentiellement sous forme d'écoulement non saturé. L'eau dimise verticalement et latéralement
dans le sol sous l'effet conjugué des forces de gravité et de succion II en résulte un bulbe
d'humidification (fig. 1) de forme elliptique dont les dimensions dépendent fortement des
caractéristiques du sol, du débit d'apport et de la fréquence des arrosages. L'extension latérale
du bulbe est d'autant plus marquée que la texture est fine. Les faibles doses apportées
fréquemment maintiennent la zone humectée à une humidité élevée, proche de la capacité de
rétention. L'eau est donc tàcilement disponible pour les plantes, ce qui constitue un facteur
important d'accroissement des rendements. En outre, une partie de la surtàce reste sèche ce qui
favorise la poursuite des soins aux cultures.
E C A R T E M E U T E H T R E R A M P E S -
Fig L Schkma du bulbe d'humidification dans un sol qrossier (a) et
dans sol fin (b) (Penadille Y )
3
2. HISTORIQUE ET DEVELOPPEMENT DE LA MICRO-IRRIGATION
2.1 - Historique
La méthode de micro-irrigation tire vraisemblablement son origine des pratiques de
techniques d'irrigation souterraine où l'irrigation se fait par contrôle du niveau de la nappe
phréatique au profit du système radiculaire des cultures.
Bien que de conception simple, la méthode de micro-irrigation ne pu se pratiquer à
grande échelle par manque de matériaux convenables et économiques (BUCKS, D.A. et
DAVIS, S., 1986). Un premier essai fut entrepris en Allemagne en 1860 combinant irrigation
et drainage avec un réseau comportant des drains en terre cuite non jointifs, en lignes espacées
de 5 m, posés à une profondeur de 0.80 in environ, recouverts d'un filtre de 0.30 à 0.50 in
d'épaisseur. Les réseaux de ce genre fonctionnèrent plus de 20 ans après leur mise en place.
Puis survint l'ère des tuyaux PVC perforés.
Après 1935, les essais se concentrèrent sur des tuyaux perforés réalisés en divers
matériaux, avec comme objectif de voir si le débit était déterminé par la pression de l'eau dans
le tuyau ou par la tension d'humidité dans le sol environnant (KELLER, J. et KARMELI, D.,
1975).
Des essais similaires eurent lieu en U.R.S.S. (1923) et en France, dans le but de trouver
une meilleure méthode du fonctionnement. Ils firent naître l'idée d'utiliser pour l'irrigation les
variations du plan d'eau de la nappe phréatique. C'est la "sub-irrigation" qui est pratiquée à
grande échelle aux U.S.A., en Hollande et en Angleterre. On relève le plan d'eau dans un
système serré de canaux à partir desquels l'infiltration provoque un relèvement du niveau de la
nappe phréatique jusqu'à la partie inférieure de la zone radiculaire.
C'est le développement de l'utilisation des tuyaux en matière plastique qui détermina
l'évolution vers le goutte à goutte actuel bon marché, flexibles, faciles à perforer et à
raccorder, de tels tuyaux présentant de sérieux atouts. Deux inconvénients cependant : d'abord,
la petitesse des trous (env. O, 1 mm) entraînant leur obstruction, malgré une filtration poussée,
ensuite le manque d'uniformité des trous et leur changement dans le temps provoquaient des
différences de débit inacceptables, même sans bouchage. Malgré ces deux inconvénients, les
rendements accrus encouragèrent les recherches en vue de I'ainélioration de ce système. Au
lieu d'un simple trou percé dans la paroi du tuyau, divers appareils ou goutteurs furent placés
sur le tuyau.
Le goutte à goutte, tel qu'on le pratique aujourd'hui, apparut en Angleterre au début des
années 1940. On le mit au point dans les serres, pour pratiquer l'irrigation et la fertilisation
avec le même réseau. Les premiers goutteurs étaient des capillaires entourés autour de
cylindres. Leur longueur était assez importante pour augmenter le parcours de l'eau, tout en
demeurant peu encombrants. leur section de passage également, pour réduire les risques
d'obstruction.
Puis une étape importante fit enregistrée en Israël à la fin des années 1950 à la suite de
la mise au point des goutteurs à long cheminement. A partir des années 1960, le goutte à
goutte devint un nouveau mode d'irrigation, utilisé dans les champs et vergers aussi bien que
dans les serres (Australie, Europe, Israël, Japon, Mexique, Afrique du Sud, U.S.A.).
2.2 - Développement
Japon
lnde
France
Thaïlande
Le tableau ci-après donne d’après une enquête de la Commission Internationale des
Irrigation et du Drainage(CI1D) les surfaces irriguées sous micro-irrigation dans le inonde en
1991.
57 098
55 O00
50 953
41 150
verger, vigne, cultures sous serre, légumes
Tableau I : ,i’ziperficie.s irrigihs par micro-irrigation dam le motide ((XII,
1991)
Autres pays
TOTAL
Pays
100 737
1 768 987
verger, vigne, cultures sous serre, légumes
Superficies (ha) Principales cultures
Maroc 9 766 verger
1 1
Malgré les progrès enregistrés, les superficies irriguées sous micro-irrigation dans le
inonde restent relativement peu importantes. Elles atteignent actuellement environ 2 500 O00
ha, ce qui ne représente que 1 % des surfaces irriguées.
3. CARACTERISTlOUES DE LA METHODE DE MICRO-IRRIGATION
Les caractéristiques principales de la méthode de micro-irrigation peuvent se résumer
comme ci-dessous.
La micro-irrigation :
a/. n'arrose qu'une fraction du sol (application de l'eau près de ou dans la zone radiculaire);
b/. n'apporte que de faibles quantités d'eau (utilisation de faibles débits avec de faibles
pressions) pendant des temps très longs ;
ci. apporte l'eau à des fréquences rapprochées ;
d/. met en oeuvre des équipements fixes, légers et relativement fragiles ;
e/. ne mouille pas le feuillage ;
f/. convient bien à l'irrigation fertilisante ;
g/.est totalement indépendante vis à vis des autres interventions sur la culture ;
h/.impose dans la plupart des cas l'automatisation (car nécessite des apports fréquents et
fractionnés).
4. AVANTAGES ET INCONVENLENTS DE LA MICRO-IRRIGATION
En comparaison à l'aspersion et à l'irrigation de surface, la micro-irrigation autorise une
utilisation plus rationnelle de l'eau et offre de nombreux avantages. Malgré ces grands
avantages, la micro-irrigation connaît aussi quelques inconvénients spécifiques.
Avantages
Les techniques de micro-irrigation
- économisent fortement l'eau,
- s'adapent bien à tous types de sols et de reliefs,
- permettent d'utiliser des eaux salées,
- permettent un raccourcissement du cycle végétatif de la culture,
- réduisent les adventices,
- sont insensibles aux vents,
- se prêtent facilement à l'automatisation,
- mettent à la disposition des utilisateurs des conditions d'arrosage très souples,
- autorisent une facilité dejaugeage de l'eau,
- gênent rarement les habitudes culturelles et sont constituées de structures souples, mobiles,
adaptables à tous les cas particuliers,
- présentent des rendements excellents,
- permettent d'arroser avec des débits très faibles avec contrôle précis de la dose,
- économisent la main d'œuvre,
- réduisent les coûts d'entretien,
- sont d'utilisation assez simple,
6
1nconvénients
Les techniques de micro-irrigation :
- présentent un coût de première installation élevé,
- connaissent une sensibilité des goutteurs à l'obstruction
- nécessitent la filtration de l'eau d'irrigation,
- nécessitent une maintenance rigoureuse,
- exigent un haut niveau de compétence au moins pour les études,
- conviennent mieux à des cultures à forte valeur ajoutée,
- ne conviennent pas à toutes les cultures (kiwi par exemple)
- fonctionnent avec du matériel délicat à durée de vie relativement faible.
On remarquera que, soinine toute, les avantages du système sont nettement dominants
comparativement aux inconvénients.
5. CHOIX DE LA METHODE DE MICRO-IRRIGATION
On peut résumer les conditions d'utilisation de la micro-irrigation ainsi qu'il suit
(VERMEIREN, L., 1983) :
- prix de l'eau élevé ou ressources en eau rares,
- terrain en forte pente ou accidenté,
- rareté et cherté de la inain d'œuvre,
- inauvaise qualité de l'eau (salinité)
Outre ces aspects, on peut aussi évoquer les stratégies ou les motivations propre à l'irrigant
Par exemple si celui-ci opte d'investir dans la production de cultures spécialisées à haut
rendement et à forte valeur ajoutée, il pourrait en toute connaissance de cause installer un
système de micro-irrigation si la faisabilité technique est prouvée.
7
CHAPITRE 2
1APPLICATION DES TECHNIQUES DE MICRO-IRRIGATION 1
1. PRINCIPALES TECHNIQUES DE MICRO-IRRIGATION
Les techniques de micro-irrigation se définissent essentiellement suivant le mode
d'apport de l'eau à la culture.
On distingue la micro-irrigation linéaire (système Bas-Rhônes), la micro-irrigation par
aspersion (mini-diffuseurs), la micro-irrigation ponctuelle (goutte à goutte), la micro-
irrigation souterraine (gaines poreuses).
1.1. Système d'arrosage par liene dit système Bas-Rhône
La distribution de l'eau se fait au travers d'ajutages calibrés disponibles selon IO
diamètres différents échelonnés tous les 1/10 de min de 1.2 à 2.1 min. Ces ajutages sont
placés en dérivation sur une rampe en polyéthylène (PE) noir d'environ 25 min de diamètre.
Du fait de l'importance des débits délivrés, les rampes sont installées dans des rigoles
cloisonnées constituant une série de petits bassins (2.5 à 6.5 m de longueur) parallèles aux
rangées de plantation. Chaque rampe est immobilisée au fond de la rigole par les petits
barrages en terre utilisés pour le cloisonnement. Il y a autant de petits bassins que la rampe
comporte d'ajutages. Les orifices fonctionnent sous une pression de l'ordre de 1 bar et
délivrent des débits variant entre 30 et 100 1.h-1,selon leur diamètre. Le petit jet qui résulte de
la transformation de la pression de l'eau en vitesse lors de son passage à travers I'ajutage est
écrasé par une bague brise-jet.
L'eau ne s'infiltre pas ponctuellement, mais se répartit dans les petits bassins. En
combinant judicieusement les diamètre des ajutages, on peut obtenir un débit relativement
uniforme tout au long de la rampe qui peut mesurer 200 m.
8
d L
0.40 m - 0,50 m
Fig. 2 : Système Bas-Rhône (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
1.2. Système d'irrigation par mini-diffuseurs
La distribution d'eau se fait au moyen de petits asperseurs statiques dont le jet est de
faible portée (pulvérisation de l'eau sous forme de tache). Cette technique d'irrigation est
utilisée principalement en arboriculture sur des sols grossiers dans lesquels la diffusion
latérale de l'eau est très réduite et l'infiltration essentiellement verticale, ainsi que dans
certains sols argileux gonflants présentant des fentes de retrait importantes dans lesquels l'eau
a tendance à percoler en profondeur avec une faible diffiision latérale (MERMOUD,
A.,1995).
La portée des mini-diffuseurs couramment utilisés est de 1 à 2.5 in sous une pression de
1 à 2 bars avec des débits compris entre 20 et 60 l.h.-'. Certains mini-diffuseurs auto-régulants
peuvent délivrer des débits atteignant 120 l.h.-l avec des exigences de pression de 1 à 6 bars.
Dans touts les cas, la pluviométrie doit être inférieure à la capacité d'infiltration du sol
considéré.
Les inini-diffuseurs sont des pièces comportant une base munie d’un orifice calibré et
coiffée d’une tête brise-jet qui écrase l’eau à la sortie et l’oblige à s’échapper latéralement.
Selon le type de mini-diffuseur utilisé, on peut obtenir diverses formes et dimensions des
surfaces arrosées (fig. 4)
Les rampes alimentant les mini-diffuseurs peuvent être
- enterrées (20 à 40 cm) ou posées sur le sol. Dans ce cas, le mini-diffuseur est fixé sur
un support à 20 ou 30 cm au-dessus du sol et relié à la rampe par un tube prolongateur en PE
ou en PVC
- suspendues à environ 50 cm au-dessus du sol à un fil tendu entre des poteaux ou sur le
palissage des arbres. Dans ce cas, le mini-diffuseur est fixé directement à la rampe, tête en bas
le plus souvent, au moyen d’un filetage ou d’unetête de vipère.
Fig. 3 : Système d’irrigationpar mini-diffuseurs (MERMOUD, A., 1995)
cerclecomplet 112cercle
pinceau
-Pe
Fig. 4 : Formes des surfaces arrosées avec les tnini-diffuseurs (CEMAGREF et RNED-
HA, 1990)
1O
1.3. Système goutte a goutte
L'eau est transportée dans un réseau de canalisations généralement enterrées qui
alimentent des rampes .soup/e.sde faible diamètre placées le long des rangées de cultures et
sur lesquelles on installe les organes de distribution. L'eau est délivrée au sol, goutte à goutte
ou sous forme de minces filets, par des goutteurs, qui peuvent être soit de simples
perforations pratiquées sur les rampes, soit des dispositifs plus élaborés dont les plus
sophistiqués (goutteurs compensés) permettent une régulation automatique de la pression et
du débit (MERMOUD, A., 1995). Les goutteurs fonctionnent à faible pression et à faible
dédit. Ils délivrent ponctuellement des débits ne dépassant généralement pas 12 1.h-1 sous une
pression de l'ordre de 1 bar
Le système goutte à goutte constitue le procédé le plus représentatif des techniques de
micro-irrigation. C'est donc essentiellement ce système qui sera étudié par la suite.
...
...................................
Fig. 5 : Système d'irrigation par goutte à goutte (MERMOLJD, A., 1995)
1.4. Système a rampes poreuses
Ce système utilise des tuyaux à petit diamètre (entre 20 et 40 inin) dont la paroi à
structure poreuse laisse suinter l'eau tout le long du tuyau (CEMAGREF et RNED-HA, 1990).
Ces tuyaux sont généralement enfouis à faible profondeur (entre 20 et 50 cin) dans le
sol.
Les inconvénients du système sont liés à l'irrégularité des débits délivrés (variabilité),
aux problèmes d'obstruction et au fait qu'en début de cycle végétatif, les racines ne sont pas
assez profondes pour être alimentées par la rampe. Ces différents aspects continuent de faire
l'objet de recherches.
11
2. CONDITIONS D'EMPLOI DES TECHNIQUES DE MICRO-IRRIGATION
Il est nécessaire que le système soit adapté aux conditions d'emploi. Pendant les études
de faisabilité ; les possibilités d'application des techniques de micro-irrigation doivent être
évaluées en considérant les paramètres tels que :
- les conditions cliinatiques ;
-
- la topographie du terrain;
-
- les cultures concernées ;
-
- les impacts sur l'environnement.
les caractéristiques pédologique du sol ;
la qualité et la quantité des ressources en eau disponibles ;
les conditions financières de l'exploitation ;
2.1. Conditions climatiques
La micro-irrigation peut se pratiquer sous tous les types de climat, de même que sur les
cultures sous serre. Cependant, en zones aride et setni-aride, du fait de l'insuffisance
accentuée des précipitations naturelles, le développement radiculaire est concentré presque
exclusiveinent au sein des bulbes d'humidification. Aussi, pour une meilleure exploration du
sol par les racines il est indispensable de fixer judicieusement la position et le nombre de
distributeurs. En effet, ces paramètres déterminent le volume de sol exploré par les racines
qui, s'il est insuffisant, peut causer des dégâts sévères en cas de pannes d'irrigation et à des
déracinements en cas de vent fort.
2.2. Caractéristiques du sol
Le sol doit transmettre l'eau aux racines des plantes : son rôle est d'autant plus
prépondérant que le mode d'apport est plus localisé (goutteurs).
En sols grossiers profonds ou en argiles gonflantes présentant des fentes de retrait, les
apports par mini-diffuseurs sont préférés aux apports par goutteurs.
La plupart des sols conviennent à l'emploi des techniques de micro-irrigation sous
réserve toutefois de bien tenir compte de l'influence de leurs propriétés hydrauliques dans la
conception du système (écartement des rampes, types de distributeurs, espacement des
distributeurs, débit des distributeurs, fréquence des apports,...). Il s'avère que la forme des
bulbes d'humidification est fortement tributaire des caractéristiques du sol, notamment de la
texture et de la structure. En sols grossiers, l'infiltration est influencée principalement par les
forces de gravité et le bulbe est étroit et allongé. En sols fins, la conjugaison des forces de
gravité et de succion se traduit par un bulbe d'humidification a beaucoup plus grande
extension latérale.
12
Fig. 6 : Forme du bulbe d'humidification dans un sol grossier (a) et dans un sol fin (b)
(BALOGH, J. et GERGELY, l., 1980)
Les caractéristiques du sol qui interviennent le plus dans le transfert de l'eau sous le
distributeur sont :
+les propriétés conductrices et de rétention, en particulier la conductivité
hydraulique à saturation K,.
La relation liant la conductivité hydraulique K à la charge de pression h, peut
s'exprimer par une relation exponentielle du type :
K(h) = Ks euh (2.1)
où
K(h)
KS
h
a
: conductivité hydraulique en tn.h-'
: conductivité hydraulique à la saturation en m.h-'
: charge de pression en in
1 constante caractéristique de sol. u est plus élevé dans les sols grossiers
que dans les sols fins en m-'
La relation (2.1) ci-dessus ne tient pas en compte d'éventuels processus d'hystérèse.
ii)-la capacité d'infiltration. Elle varie avec l'humidité du sol et se réduit au fur et à
mesure de l'irrigation. Lorsque le débit du distributeur dépasse la capacité
d'infiltration ponctuelle du sol, il se crée une zone saturée sous le distributeur dont la
13
surface augmente progressivement. Au bout d'un certain temps, on évolue vers un
régime permanent et les dimensions de la tache saturée, ainsi que celles du bulbe
d'humidification sous-jacent, ne varient plus guère. Ceci se vérifie d'autant plus que
le temps d'irrigation est important par rapport aux intervalles entre les arrosages.
11 est possible de calculer la valeur du rayon p (en cin) de la tache saturée sous le
distributeur, dans l'hypothèse où l'infiltration se fait verticalement, en égalant le
débit d'apport au débit infiltré :
n.pL.i (1
ou encore : p = 1000.T
i n.1
(I=-
1O00
cl
1
P
débit du distributeur, en 1.h-i
capacité d'infiltration, en cm.h-1
rayon de la tâche, en cm
Généralement, la capacité d'infiltration décroît pendant l'irrigation, ce qui conduit à
une augmentation du rayon de la surface saturée. La diminution de i est due
principalement à deux raisons :
la diminution du gradient de succion. L'infiltration résulte de l'influence
combinée des gradients de succion et de gravité. Au fur et à mesure que le front
d'humidification pénètre plus profondément, le gradient moyen de succion diminue
puisque la différence de succion entre la surface du sol et la zone sèche se répartit sur
une distance croissante. A la longue, le gradient de succion devient négligeable dans
la partie supérieure du profil et le gradient gravitationnel est l'unique force motrice
les modifications des propriétés du sol (dégradation de la structure et
formation d'une croûte de surface, migration de particules, foisonnement de l'argile,
etc.).Ceci contribue à réduire la valeur de la conductivité hydraulique à saturation et
donc à accroître la dimension de la zone saturée au cours de l'irrigation.
Lorsque le régime permanent est atteint, la capacité d'infiltration tend vers la valeur
de la conductivité hydraulique à saturation K, et l'équation (2.2) s'écrit :
Si l'on tient compte
succion, le rayon de
non seulement de l'effet de gravité, inais également de l'effet de
la surface saturée s'obtient par la relation (WOODING, 1968) :
14
a : paramètre de la relation K(h), en cm-1
q : débit du distributeur, en 1.h-l
K, : conductivité hydraulique saturée, en cm.h-1
On constate que le rayon est d'autant plus faible que les valeurs de a et de K, sont
élevées (sols grossiers). Par ailleurs, il augmente avec le débit du distributeur.
Connaissant les propriétés hydrauliques du sol (K, et a),on peut donc obtenir la
surface de la zone saturée souhaitée en choisissant un distributeur de débit approprié.
En sols grossiers, l'extension latérale du bulbe d'humidification (frange d'humidité
capillaire) est très faible et ne dépasse guère celle de la zone saturée en surface
(MERMOüD, A., 1995). On notera toutefois que les conditions qui prévalent dans la
zone saturée de surface sont similaires à celles observées en irrigation gravitaire,
avec les risques de ruissellement, de percolation et de pertes par évaporation que cela
comporte, On a donc intérêt à maintenir la zone saturée à une valeur restreinte et
donc à utiliser des distributeurs de débit aussi faible que possible. La teneur en eau
du sol diminue graduellement au fur et à mesure que l'on s'éloigne du distributeur,
pour atteindre une très faible valeur à l'extérieur du bulbe. En règle générale, les
racines ne se développent ni dans la zone saturée, ni dans la zone sèche. inais
exclusivement là où l'eau et l'air sont en proportion harmonieuse.
2.3. Topographie
La micro-irrigation peut se pratiquer en terrain à topographie irrégulière (accidentée).
Cependant, si le débit des distributeurs est trop élevé, il y a des risques de ruissellement en
sols pentus à éviter à tout prix. Ces ruissellements peuvent induire une forte déformation du
bulbe d'humidification. En outre, les différences de pression dans le réseau peuvent
occasionner une forte hétérogénéité des débits délivrés. Dans ce cas, le réseau doit être
rigoureusement étudié sur la base de plans à grande échelle (1/1000, voire 1/500), à courbes
de niveau très denses, au moins 0,s in, inais de préférence 0. I à 0.2 in. Lorsque la topographie
est peu accidentée ou lorsque les rampes sont de faibles longueurs (< à 100 m), on préférera
des distributeurs non compensés, moins chers et moins sensibles au colmatage. Dans le cas
contraire (pente prononcée, grandes parcelles,...), on adoptera des distributeurs auto-régulants
ou des capillaires dont la longueur sera calculée avec soin.
2.4. Le débit d'eau
Le débit d'eau utilisé en micro-irrigation dépend de la technique appliquée
(CEMAGREF et RNED-HA, 1990), elle inêine fonction du type de sol et de la qualité de
l'eau.
l I
petit
asperseur
en plein
l l
diffuseur ajutage micro asperseur
DISTRIBUTEUR gQ"zr(jet fixe) i (orifice calibre) 1 (Jet tournant)
APPORT par point en tache en ligne en grande tache
60 2150DEBIT (llh) l à 6 20 à 60 35 a 100
I
type goutie A goutte
type aspersion
0(1à piusieursapports par jouri
rn(1 B piusieursapports par semaine1
BOUCHAGE
sensible au bouchage
peu sensible au bouchage
CONDUITE
Fig. 7 : Débit d'eau en fonction de la technique appliquée (CEMAGREF et RNED-HA,
1990)
2 . 5 La qualité de l'eau
La qualité physico-chimique de l'eau détermine l'importance des risques de bouchage du
matériel d'arrosage et constitue un critère de choix de la technique. C'est un élément essentiel
de la réussite de la micro-irrigation.
Une analyse préalable de l'eau est indispensable pour apprécier les risques et définir les
moyens de prévention à mettre en œuvre pour éviter le colinatage.
2.51. Effets de la qualité de l'eau sur le fonctionnement du réseau : risques
d'obstruction
Les causes d'obstruction des distributeurs sont d'ordre physique, chimique ou
biologique.
- c(cuses d'ordre ahvsicrue : particules de sable, de limon ,d'argile ou de débris végétaux
en suspension dans l'eau ;les particules les plus grosses provoquent un bouchage quasi
instantané des distributeurs (sable) tandis que les particules les plus fines modifient
peu à peu le débit des distributeurs par un dépôt lent à l'intérieur de ceux-ci.
- causes d'ordre chimique : précipitations de sels dissous contenus dans l'eau
d'irrigation. L'analyse de l'eau permet de déterminer sa teneur en calcaire et d'évaluer
les risques d'obstruction.
Si l'eau est de type incrustante (teneur importante en calcaire), on peut soit utiliser le
système Bas-Rhône, soit utiliser des brise-jets anti-calcaires (cas des capillaires), soit
utiliser de l'acide nitrique diluée à 5/1000 que l'on fait séjourner dans les tuyauteries
pendant une nuit. On enlève ensuite les bouchons d'extrémité de rampe et on rince à
l'eau claire.
Les éléments chimiques à prendre également en compte sont le fer (développement de
bactéries ferrugineuses), l'hydrogène sulfuré et le manganèse.
11 faut remarquer que dans le cas d'une irrigation fertilisante, du fait que l'on modifie
les propriétés chiiniques et physiques de l'eau, on peut avoir également des risques de
précipitation.
- cnuses d'ordrebiologique : sans doute les plus difficiles à maîtriser. L'eau de surface
(rivière, canal ou bassins) contient en effet, outre de la matière organique inorte plus
ou moins décomposée, toute sorte de micro-organismes vivants : algues, bactéries,
protozoaires, spores, champignons. Les éléments de dimension supérieure à 50 ou 100
p tels que les algues pluricellulaires et une grande partie de la matière organique
morte, sont arrêtés au niveau de l'installation de tête, par un filtre à sable. Par contre,
les organismes monocellulaires passent facilement à travers les filtres, ainsi que les
argiles et les limons fins.
Dans les tuyaux P.E. noir, les algues ne se développent pas puisqu'elles sont privées de
luinière mais les champignons et les bactéries peuvent former des colonies, souvent
gélatineuses, qui fixant les particules physiques augmentent la vitesse de colmatage.
Le fer ou l'hydrogène sulfuré (H2S) provoquent également des proliférations de
diverses bactéries, d'où des obstructions rapides, parfois en quelques jours.
Pour lutter contre les risques d'obstruction d'ordre biologique, on peut utiliser l'eau de
javel ou hypochlorite de sodium qui est un oxydant et un désinfectant puissant et qui
détruit les matières organiques et les micro-organismes.
Le tableau 3 ci-après donne les risques d'obstruction potentiels des distributeurs en
fonction des principaux éléments physiques chiiniques et biologiques contenus dans l'eau
d'irrigation.
Facteur
Physique
- Solides en suspension
Chimique
- PH
- Sels dissous totaux
- Calcium
- Carbonates
- Manganèse
- Fer
- H2S
Biologique
- Population bactériennes
Unité
inax-pprn (a)
max-ppm (a)
max-pptn (a)
inax-ppin (a)
inax-pprn (a)
rnax-ppin (a)
inax-ppin (a)
Nombre
inax. (b) par in1
Ri!
Faible
c 50
< 7
< 500
<' 10
100
< 0.1
0.1
< o s
< 10000
lue d'obstruction. Moyen
50-1O0
7 - 8
5000 - 2000
10 - 50
100 - 200
0.1 - 1.5
o.1 - 0.5
0.5 - 2.0
10 - 50000
Fort
:> 100
2 8
2 2000
50
200
1.5
> 0.5
2.0
50000
17
(a) = concentration maxiinale inesurée selon une méthode norinalisée sur un nombre
représentatif d'échantillons. (b) = nombre inaxitnal de bactéries par millilitre obtenu sur
échantillons prélevés au champ et analysés en laboratoire.
Afin de débarrasser l'eau d'irrigation de ces différentes impuretés, on peut utiliser divers
types de filtre qui retiennent les particules solides inais qui n'effectuent pas de filtration
chimique.
2.5.2. Nature et qualité des ressources en eau
L'alimentation du réseau en eau peut se faire à partir de cours d'eau (rivière, canal,
ruisseau,...), d'eau morte (lac, étang, bassin d'accumulation, réservoir,...) ou d'eau souterraine
(puits, forage, source,...).
2.5.2.1. Les cours d'eau
II contiennent toujours des éléments en suspension (sable, limon, argile, inatière
organique) et, en quantité limitée, des substances en solution. Les particules minérales sont
retenues facilement par contraste de densité ou par filtration (filtre à sable et filtre à tamis), à
l'exception des colloïdes d'argile dispersée qui s'éliminent difficilement à la filtration.
2.52. 2. Les pians d'eau
Il favorisent la sédimentation des particules denses mais offrent fréquemment des
conditions favorables à la prolifération de micro-organismes (MERMOUD, A., 1995). Ces
derniers, vivants ou morts, présentent un risque important d'obstruction des réseaux. On peut
difficilement les éliminer, étant donné leur petite taille qui rend la filtration inopérante. Cette
dernière, réalisée d'un filtre à sable et d'un filtre à tamis, doit souvent être accompagnée d'un
traitement chimique.
2.52. 3. L'eau souterraine
Lorsque le captage est bien réalisé, l'eau produite ne contiendra que peu d'éléments
minéraux et organiques en suspension. Dans ce cas, un filtre à tamis est en général suffisant.
Cependant, certaines substances en solution peuvent être source de problèmes, notaininent le
calcium et le fer qui sont en équilibre dans la nappe. Cet équilibre peut être rompu par
oxygénation ou par une variation de température et se traduire par des précipitations.
Le carbonate ou le bicarbonate de Calcium, au contact de l'air, peuvent précipiter et
colmater le réseau au niveau des orifices des émetteurs ou par dépôts dans les canalisations et
dans les circuits des distributeurs; leur élimination nécessite des injections d'acide (acide
nitrique ou chlorhydrique, à raison de 2 à 5 1 par in3d'eau) (MERMOUD, A., 1995). Le fer se
trouve dans l'eau sous forme réduite (ions ferreux Fe++) ; à la sortie des distributeurs, au
contact de l'air, les ions ferreux sont oxydés en ions ferriques Fe+++et précipitent pour former
des gels d'hydroxydes ferriques ou des dépôts de rouille très difficiles à éliminer. Les risques
de dépôt dépendent fortement du potentiel redox et du pH de l'eau. En général les
précipitations se produisent pour des concentrations en fer supérieures à 1.5 ppin ; toutefois
certaines bactéries (Galionella) retirent leur énergie de l'oxydation de sels ferreux et peuvent
provoquer des précipitations du fer, même à très faible concentration.
2.5.3. La température de l'eau
La température de l'eau peut avoir des effets importants sur les débits délivrés. Les
variations de température affectent la viscosité de l'eau, le diamètre et la longueur des
canalisations, ainsi que les caractéristiques des distributeurs.
2.5.4. Risques de salinisation du sol (A.MERMOUD)
La teneur en sel des eaux d'irrigation joue un rôle important vis à vis des effets directs
sur les végétaux et des risques de salinisation du sol. Les critères d'appréciation de la qualité
de l'eau en liaison avec les risques de salinisation, sont la conductivité électrique (CE) et le
S A R .
Distribution des sels dans le sol
L'irrigation goutte à goutte pratiquée à fréquence élevée maintient la zone radiculaire à
une très faible succion, ce qui réduit les risques d'accumulation de sel et d'accroissement de la
pression osmotique. Aussi peut-on utiliser des eaux à plus forte concentration qu'avec les
techniques méthodes d'irrigation classiques (aspersion et gravité).
En micro-irrigation, les sels ont tendance à s'accumuler dans la couche supérieure de sol
(dans les quelques premiers cm) et à la périphérie du bulbe d'humidification. Par contre, à
l'intérieur du bulbe la concentration est réduite.
Le mouvement de sel est étroitement lié à celui de l'eau d'irrigation qui génère un bulbe
dont la forme dépend des caractéristiques du sol, du débit des distributeurs, de la durée et de
la fréquence des arrosages. La teneur en eau décroît au fur et à mesure que l'on s'éloigne du
distributeur, ce qui occasionne une réduction de la conductivité hydraulique et des flux
liquides, étant donné également les prélèvements opérés par les végétaux et l'accroissement
du volume de sol intéressé par l'écoulement. La concentration augmente progressivement et
les sels s'accumulent à la périphérie du bulbe. La profondeur d'accumulation dépend de la
quantité d'eau appliquée et des propriétés du sol ; elle augmente lorsque les apports dépassent
I'évapotranspiration. Ceci s'applique également à l'accumulation latérale, mais la
superposition des bulbes adjacents et l'excédent d'humidité qui en résulte peut favoriser un
lessivage de ces zones. En surface, l'évaporation au voisinage de la zone saturée entourant le
distributeur, provoque un dépôt de sel qui n'est pas lessivé.
On peut chercher à influencer la position des zones d'accumulation et la forme du profil
de salinité, en agissant sur le débit des distributeurs, la quantité d'eau appliquée et la
fréquence des arrosages.
Un accroissement du débit se traduit généralement par une augmentation du diamètre de
la tache saturée de surface et de l'humidité au voisinage du distributeur. Plus la durée de
l'irrigation est longue, plus l'effet sur la dimension du bulbe sera prononcé. Si l'on réduit
l'intervalle entre les irrigations, sans changer les quantités totales d'eau apportées, le bulbe
sera inoins profond, mais la teneur en eau supérieure.
Lorsque la dimension du bulbe est suffisante, la présence de sites d'accumulation de sels
à sa périphérie peut n'avoir aucune influence néfaste sur les végétaux, au cours d'une
campagne d'irrigation tout au moins, dans la mesure où le développement de la zone
radiculaire reste concentré à l'intérieur du bulbe. Pour une espèce donnée, le développement
des racines est fortement influencé par le pourcentage relatif d'eau et d'air dans le sol. Lorsque
l'humidité est constainment suffisante, mais sans excès, les racines se concentrent dans les
horizons supérieurs de sol (30 à 40 premiers cin pour les cultures annuelles, 80 à 100 cin pour
les cultures pérennes). Par ailleurs, plusieurs chercheurs sont arrivés à la conclusion qu'en
irriguant par goutte à goutte seulement les 50 % de la zone radiculaire habituelle, on obtient
des rendements normaux en maintenant régulièrement la teneur en eau à une valeur proche de
la capacité de rétention.
20-
O
Les effets différenciés de la présence de sel. dans le cas d'une irrigation par goutte à
goutte et d'une irrigation par aspersion, sont indiqués à la figure 7 publiée par VERMEIREN
et al (1980).
CE (ms an" )
1 I I 1 I
rendement (%)
Fig. 8 : Effets de la salinité de l'eau d'irrigation sur le rendement en irrigation goutte à
goutte et par aspersion (VERMEIREN et al, 1980)
20
2.6. La configuration de la parcelle
Le matériel d'arrosage mis en place doit tenir compte de la configuration de la parcelle
afin de réaliser non seulement une installation intéressante du point de vue coût, mais aussi
performante.
2.7. La culture
La micro-irrigation est un système actuellement peu pratiqué sur grande culture, compte
tenu du coût d'installation élevé.
Type de culture
Arboriculture
Maraîchage
Plein champ
Serre
Grandes cultures
Nombre de distributeurdha
1 500 à 2 O00 goutteurs
400 à 1 000 diffuseurs
10 000 à 20 O00 goutteurs
jusqu'à 50 O00 goutteurs
10 O00 à 20 000 goutteurs
Débit du distributeur
(l/h)
4
20
2
2
2
Apport horaire
(mm/h)
0.6 à 0.8
0.8 à 2
2 à 4
jusqu'à
2 à 4
O
2.8. Conclusion
Pour faire face aux différentes conditions d'emploi, on dispose en micro-irrigation d'une
gamme de matériels étendue, qui a des performances variables, et qui permet un choix
raisonné.
Une installation de miro-irrigation est coûteuse et, une fois réalisée, elle est
difficilement modifiable. le projet doit donc être étudié soigneusement, tant au point de vue
technique qu'économique, afin qu'il soit parfaitement adapté aux conditions spécifiques du
périmètre à irriguer et qu'il donne satisfaction aux usagers. la conduite des irrigations doit être
également très rigoureuse. l'arrosage doit commencer suffisamment tôt pour maintenir
l'humidité du sol à une valeur élevée, proche de la capacité de rétention et les apports doivent
êtrejudicieusement espacés pour éviter les percolations. Un suivi régulier de l'humidité du sol
permettra une gestion optimale des arrosages.
21
CHAPITRE 3
1CONSTITUTION D'UN RESEAU DE MICRO-IRRIGATION
1. STRUCTURE GENERALE D'UN RESEAU DE MICRO-IRRIGATION
Un réseau type de micro-irrigation se compose de 1
a). un point de fourniture de l'eau sous pression (pompage, borne de réseau collectif,
château d'eau, etc.),
b). l'unité de tête reliée au point de fourniture d'eau (sortie de pompe, borne individuelle ou
collective). Elle permet de réguler la pression et le débit, de filtrer l'eau et d'y introduire
des éléments fertilisants,
c). une canalisation principale de tête morte, généralement enterrée (PVC rigide, acier
galvanisé).
d). une série d'antennes également enterrées.
e). porte-rampes en PE moyenne densité ou en PVC rigide. Ils peuvent être soit enterrés,
soit placés à la surface du sol.
0.rampes en PE basse densité ou en PVC rigide de petit diamètre sur lesquelles sont
branchés les distributeurs, soit directement, soit en dérivation. TI existe d'autres types de
rampes telles que les rampes (ou gaines) poreuses ou les gaines perforées (à simple ou
double section) qui assurent à la fois le transport et la distribution de l'eau.
g). distributeurs qui constituent les organes d'arrosage à débit faible et régulier. 11 existe de
nombreux types de distributeurs. On distingue les goutteurs A circuit long (capillaires,
goutteurs à circuit hélicoïdal, goutteurs à turbulence, goutteurs à circuit long auto-
régulants, etc.), les goutteurs A circuit court (ajutages, goutteurs à simple orifice,
goutteurs à double orifice et effet de turbulence ou goutteurs cyclones ou vortex,
goutteurs à circuit court autorégulants), les mini-dimiseurs.
Sous l'aspect technique de la fixation sur la rampe, on distingue les distributeurs latéraux
et les distributeurs en ligne.
22
Fig. 9 : Parties essentielles d'un réseau de micro-irrigation (VERMEIREN et al 1983)
23
2. MATERIELS D'UN RESEAU DE MICRO-IRRIGATION
2.1. L'unité de tête
Reliée au point de fourniture de l'eau, elle est généralement constituée des éléments
- une vanne contrôlant l'entrée de l'eau dans l'installation (vanne de prise ou vanne
d'arrêt) , (1)
- une vanne volumétrique (2) : la quantité d'eau qui doit passer par cette vanne pendant
un arrosage donné doit être afichée inanuelleinent, et dès que le volume affiché a été
délivré, la vanne se ferine autoinatiquernent ,
suivants (fig. 10) .
- un clapet anti-retour ( 3 ) ;
- un fertiliseur (4) dans lequel on mélange avec l'eau la quantité d'engrais désirée ;
- une ventouse ( 5 ) ;
- un inanoinètre de contrôle (6) ;
- un régulateur de pression (7) ;
- un filtre à gravier (8) ;
- un filtre à tamis (1 1) ;
- un dispositif de mesure des voluines d'eau (compteur) qui permet de connaître le débit
moyen délivré et la hauteur d'eau apportée à chaque arrosage et la quantité d'eau totale
fournie pendant toute la campagne d'irrigation.
1
2
3
4
5
6
7
8
9.
10
11
VANNE DE PRISE SUR LE RESEAU COLLECTIF
VANNE VDLUMETRIOUE 0 50 m m
CLAPET A N I 1 - RETOUR
F E R T I L ISEUR
VENTOUSE
MANOMETRE SUR ROBINET 3 VOIES
VANNE REDUCTRICE DE PRESSION
FILTRE A GRAVIER
ENTREE POUR LAVAGE A CONTRE - COURANT
SORTIE POUR LAVAGE A CONTRE-COURANT
FILTRE A TAMIS
Fig. 10 : Unité de tête type (VERMEIWN et al 1983)
24
2.2. Le dispositif de fertilisation en micro-irrigation
2.2.1. La fertigation localisée
Lorsque l'on utilise le système Bas-Rhône ou des Inini-difiseurs, il est possible
d'apporter l'engrais de façon localisée soit dans la rigole, soit sur la surface du sol. Les
éléments fertilisants peuvent être entraînés dans le sol au voisinage des racines par l'eau
d'irrigation.
Lorsque l'on utilise des goutteurs, la surface mouillée est trop faible pour permettre la
solubilisation de l'engrais et son entraînement. Dans ce cas, l'injection d'engrais dans l'eau
d'irrigation est donc la seule solution possible, surtout sous serre où le sol n'est pas soumis a
l'influence de la pluie naturelle, ainsi que dans les régions où le déficit pluviométrique est
important pendant la période de végétation de la culture et où les besoins en éléments
fertilisants sont importants.
L'apport d'engrais bénéficie alors des avantages de la micro-irrigation :
correction des carences :
- intervention possible à tout moment, ce qui permet le fractionnement des apports et la
- localisation des apports à proximité des racines ;
- meilleur contrôle des quantités apportées, ce qui évite les pertes par lessivage et accroît
- automatisation possible.
l'efficacité ;
Mais il faut respecter certaines conditions
sur la parcelle ;
- le réseau d'irrigation doit être bien conçu pour assurer une répartition homogène de l'eau
- l'injection d'engrais dans le réseau doit toujours être faite à l'amont du filtre a tamis ;
- le matériel d'injection doit être fiable, bien choisi, bien utilisé ;
- les produits injectés ne doivent ni précipiter, ni provoquer la corrosion du matériel ;
- la canalisation principale doit comporter un clapet anti-retour pour éviter tout risque de
pollution de la ressource en eau par les engrais.
2.2.2. Le matériel d'iniection
Il existe de nombreux moyens techniques pour l'introduction d'engrais ou de produits de
traitement dans un réseau d'irrigation, chacun d'eux ayant ses avantages et ses inconvénients.
Cependant, il y a deux systèmes principalement utilisés :
- le système par différence de pression, qui utilise des fertiliseurs,
- les pompes d'injection ou pompes doseuses (hydrauliques ou électriques)
25
2.2.2.1. Les iniecteurs a pression différentielle ( fig.11 & 12
1. Fonctionnement
Ce sont des appareils constitués d'une cuve étanche, de 10 à quelques centaines de litres
de capacité dans laquelle on introduit l'engrais soit sous forme solide, mais soluble (cas des
dilueurs), soit sous forme de solution mère (cas des doseurs). La cuve est montée en
dérivation sur la conduite principale d'irrigation, à l'amont du filtre à tamis.
Le raccordement à la conduite d'irrigation se fait par deux branchements de part et
d'autre d'un dispositif permettant de créer une perte de charge (diaphragme, vanne, réduction
de diamètre, etc.) dans la conduite principale, qui entraîne la dérivation d'une partie de l'eau à
travers la cuve.
On distingue deux catégories d'injecteurs : les doseurs (régime d'écoulement tranquille)
et les dilueurs (régime d'écoulement turbulent).
2. Les doseurs (fig I l )
L'eau sous pression est admise sans turbulence ii la partie supérieure de la cuve et
refoule par l'orifice d'évacuation situé à la base de la cuve la solutio-mère vers la canalisation
maîtresse.
L'absence de turbulence et la différence de densité entre l'eau et la soliitiori-inère font que
ces deux liquides ne se mélangent pas.
orifice étanched'introduction
de la solution fertilisante
TZTpure
canalisation . +d'arrosage - 
7 r
Lorgane de création
de perte de charge
Fig.11 : Doseur (MERMOUD, A.,1995)
3. Les dilueurs (fig. 12 )
L'admission de l'eau sous pression est faite de façon à créer à la base de la cuve, un
régime turbulent qui provoque la dilution de l'engrais solide ou liquide et le refoulement vers la
a
27
6. Critère de choix cles injecteurs à pression clifférentielle
Ces appareils autonomes peuvent être utilisés en plein champ. Ils présentent l'avantage
d'être simples, robustes, entièrement statiques et de pouvoir s'installer sur n'importe quelle
conduite sous pression, qu'il s'agisse d'une alimentation en réseau collectif ou particulier. Ils
sont facilement transportables et pratiquement sans entretien. La variation du débit injectée est
très facilement opérée par la simple manoeuvre de robinet-vanne destiné à créer la pression
diRérentielle.
2.2.2.2. Les pompes doseuses ( fig. 13 & 14 )
Ces pompes injectent directement sous pression dans l'eau d'irrigation une solution
fertilisante concentrée. Cette injection peut, soit utiliser une énergie extérieure (électricité), soit
utiliser l'énergie même du réseau d'irrigation. Dans ce dernier cas, on prélève en sénéral une
petite partie du débit qui sert à actionner la pompe d'injection et qui est ensuite rejetée (débit
de fuite).
Les matériaux utilisés pour la fabrication des pompes doivent être hautement résistants
aux risques de corrosion causés par les engrais chimiques ou par l'acide nitrique : PVC, acier
inoxydable, plexisglas, élastomètres fluorés, etc...
En fonction de leur mode de fonctionnement, on distingue les pompes doseuses
électriques, les pompes doseuses hydrauliques et les pompes doseuses hydrauliques à
commande électrique.
1. Pompes doseuses électriques (.fig.13 )
Les pompes doseuses électriques sont constituées d'un moteur électrique qui entraîne
soit une pompe alternative à membrane ou à piston ( fig.13 ), soit une pompe rotative, ou
encore un mécanisme qui écrase périodiquement un tuyau souple. La liaison entre le moteur et
la pompe à injection est généralement mécanique. Elle peut être magnétique.
Il existe également des pompes électro-magnétiques constituées d'un électro-aimant
commandé électroniquement, qui actionne une membrane.
Elles peuvent soit injecter directement la solution fertilisante dans la canalisation
principale, soit servir à préparer dans un bac une solution diluée qui est ensuite reprise par
pompage.
Le volume de solution fertilisante injecté peut être soit indépendant du débit principal,
soit asservi à ce débit par l'intermédiaire d'un volucoinpteur émetteur d'impulsions.
Dans le premier cas, la pompe est réglée pour injecter un volume v à une cadence
déterminée (x coups/ininute). L'inconvénient de ce système est que, lorsque le débit dans la
canalisation principale diminue, le volume de solution fertilisante injecté restant constant, la
concentration de la solution finale augmente et ceci peut entraîner des risques importants
d'accident pour les cultures.
28
Dans le second cas par contre, la pompe doseuse étant dépendante du débit principal par
l'intermédiaire du volucompteur, la concentration de la solution finale sera constante quelque
soit ce débit principal.
L'asservissement des pompes doseuses électriques peut également se faire par la mesure
d'une caractéristique physique de la solution finale ( mesure de conductivité ou du pH ).
1.1. Principe de fonctionnement
Le moteur électrique (1) accouplé à un réducteur de vitesse (2) à roue et à vis, lubrifié
par un bain d'huile, transmet un mouvement alternatif au piston (4) par l'intermédiaire d'un
excentrique (3) à came et galet. Un ressort de rappel ( 5 ) ramène le piston vers l'arrière.
Le mouvement du piston déplace une membrane (6) simple ou double. C'est en limitant
la course du piston par une butée (7) que l'on règle le débit de la pompe.
SORTIE
DE LA
SOLUTION MERE
_--B0IJTCI.J DE
ZEGLASE
I 1 I
Fig.13 : Pompe doseuse électrique à membrane simple (CEMAGREF et KNED-HA,
1990)
1.2. AvantuEes
- Précision et fiabilité assurées,
- Gamme de débits et de réglage très étendue,
- Possibilité d'injecter plusieurs solutions simultanément grâce à un montage en parallèle
de plusieurs pompes. (11 existe également pour cela des doseurs à plusieurs corps
d'injection),
- Possibilité d'injecter à grande distance,
- Possibilité d'automatisation.
1.3. Inconvénients
- Nécessité de disposer d'une alimentation électrique, donc pas d'autonomie,
- Risques d'accidents dus à la présence de courant électrique.
29
l
Engrais 1 Tube de
- dengrais
1 refoulementliquide Tube d aspiration -
1Filtre d'engrais
-
2. Pompes doseuse hvdruu1ique.v (jig.15)
- -
Echappementde
ïeau motrice
c r 
Ces pompes utilisent l'énergie hydraulique du réseau et sont donc entièrement
autonomes. Elles se composent d'un distributeur, d'une partie motrice et d'une partie injectrice.
Elles peuvent injecter une ou deux solutions fertilisantes. Certains modèles ont un débit
constant préréglé, alors que d'autres sont utilisés en doseurs-volumétriques par l'adjonction
d'un volucompteur placé sur la canalisation principale. Le débit de la pompe varie avec le débit
du réseau et maintient une concentration constante en fertilisant (pompe doseuse TMB). Ceci
permet de passer d'un poste à un autre poste dont le débit d'irrigation est différent mais pour
lequel la concentration finale est la même.
Il en existe 2 types selon le mode de montage
- les pompes montées en dérivation de la conduite d'irrigation,
- les pompes montées en séries sur la conduite d'irrigation,
Le montage de 2 pompes hydrauliques en parallèle est à proscrire.
Les pompes montées en dérivation de la conduite d'irrigation sont mues par un volume
d'eau prélevé dans cette conduite et rejeté après coup ( fig. 14 ).
Clapet Clapet de
d'aspiration refoulement
4
motrice 1f~ Filtre
Vanne ' b
=Pompe T.M.B.
Engrais
principale
Ligne d'wrlgabon -Eau
d'irrigation
Fig.14 : Pompe doseuse hvdraulique à membrane montée en dérivation
[CEMAGREF et RNED-HA, 19901
30
Le nombre de va et vient par minute détermine le débit de solution injectée et peut être
réglé par une vanne. Le débit injecté est réglable entre quelques litres et 300 litres par heure.
Ce réglage est cependant lié à la pression de l'eau dans la conduite d'irrigation.
Le démarrage et l'arrêt de la pompe peuvent être commandés par une vanne
volumétrique ou par une électro-vanne placée sur l'arrivée d'eau motrice.
2.1.1. Avantages cies pompes closeuses hvclrauliques nzontées dérivation
- Autonomie : pas besoin d'énergie autre que l'énergie hydraulique,
- Pas de risques de surpression,
- Moindre risque de surdosage accidentel car s'il y a un arrêt du courant d'eau principal,
la pompe s'arrête.
2.1.2. Inconvénients cies ponzpes closeuses hvcirau1ique.s nzontées ciérivation
- Volume d'eau motrice rejetée et perdue égale au double du volume de solution injectée,
- fonctionnement du dispositif nécessitant une pression miniinale de 2 bars,
- Gamine de débits moins importante.
2.2. Ponzms doseuses hvclrauliciuesniontées en série (Bg.1.5)
Les pompes montées en série sur la conduite d'irrigation sont mues par le passage de
toute l'eau de la conduite d'irrigation dans le corps de pompe. Ainsi, le débit d'injection est lié
au débit de la conduite d'irrigation.
Le dosage au taux d'injection, c'est-à-dire la quantité de solution fertilisante injectée par
m3 d'eau d'irrigation, peut être réglée de 2 à 20 litres de solution fertilisante par in3 d'eau.
2.2.1. Avantages des pompes closeuses hvdrdiciues montées série
- Autonomie de fonctionnement
2.2.2. Inconvénients cles pomiies c1oseu~se.slzvdrciuiiques montées série
- Nécessité de les protéger contre les coups de bélier éventuels dans le réseau
- Limitation du débit admissible sur certains modèles (dimension limitée du corps de
d'irrigation,
P O"Pe)
31
- 15 a
--- Piston moteur
E TIE
,
- -Piston de dosage
t---- Solution à injecter
: Montée du piston
- 15 b : Descente du piston
Fig.15 : Pompe hydraulique a piston - montage en série (CEMAGREF et KNED-HA,
1990)
:awassea~ialuamadsasnasopsaduiodsa7
ZE
33
__t
Bder de
contrdle
Solytlon
mere
Pompe
doseuse
I-
Fiiire
Canalisation principale ----t

-__Volucompteur
Fig.17 : Asservissement d'une pompe doseuse au débit de la conduite principale
(CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
Boiîer de
Pompe doseuse contrôle
-.t-
+- -
Eiectrovanne
l
1
I
- ~
Solytion
mere
Arrivée d eau Retour de contrôle
1
1 Sonde
(1 Filtre
Bac de
meiançe
-__..
/
-Pompe de reprise
l
Fig.18 : Asservissement d'une pompe doseuse au pH et à la conductivité de la
solution
34
5. Remarque
Afin d'éviter des risques d'entraînement de particules de produits non dissoutes dans le
réseau de distribution, il est recoininandé d'installer un filtre sur la canalisation principale,
immédiatement à l'aval de l'injecteur,
De même, afin de pallier tout retour de solution fertilisante vers l'amont des installations,
il est impératif de prévoir la pose d'un clapet anti-retour à l'amont immédiat de l'injecteur
Tubleam5 :Kksiirnc! des crit2re.c.de choix dii mntkriel u"ir!jectiorr
- Gamme des
concentration
- Conditions
d'installation
- Utilisation sur
réseau collectif
- Autoinatistion
- Autonomie
- Nécessité de pré-
parer une solution-
inère
DOSEUR
Large gamine
de prix
Iinportante
Assez bonne
Autonomes
Oui
Non
Limitée
oui
DILUEURS
Large gamine
de prix
Importante
Mauvaise
Autonoines
Oui
Non
Limitée
Non
POMPES DOSEUSES
Large gamine de prix
Importante
Bonne
- Autonoines - (pompes
hydrauliques)
- Nécessité de disposer
de courant électrique
(pompes électriques et
pompes à asservisse-
ment électriquej.
Oui
Oui
Importante
oui
6. Rénlane (Lesuompes do.seu.se.~
Soient 1
T
Q
V
C
le taux de concentration de la solution finale (g/l)
le débit dans le réseau principal (I/h)
le volume délivré par la pompe pour une impulsion (1 j
la concentration de la solution-mère (SA)
Quantité d'engrais délivrée pour une impulsion : v.c
Le volume que la pompe doseuse doit débiter : V . (l/h) en n coups/h
V( 1/11 ) = v , n
35
Quantité d'engrais apportée en 1 h
PE = V.c = v.n.c
PE v.n.c
Q Q
Tz-1-
A partir de cette équation on peut déterminer :
- soit n
- soit v
- soit c
. .2.2.3. J,a solution nutritive
2.2.3.1. Définitions
.La solution mère est la solution fertilisante, ou solution nutritive préparée par- dilution
d'engrais soluble pour être injectée dans la conduite d'irrigation.
.La solution fille est l'eau d'irrigation qui a reçu l'injection de la solution mère.
Poids d'engrais dissout en g
Volume d'eau de solution mère en 1
. Concentration solution inère : c (g/i) =
3 débit pompe doseuse (I/h)
3
taux d'injection : 8. .(Vin )=
'"J débit conduite d'irrigation (m /h)
3
8. .en (Vin ) ou %O
'"J
Salinité : Sa1 (g/l) = concentration solution mère x taux d'injection ( l/m3 ou %O )
Sa1 (SA) = C(kg/l) x &j (1 /in')
Il faut toujours imposer Sa1 < 4g/l
2.2.3.2. Choix des engrais
Les engrais utilisés doivent être solubles, soit solides (cristallisés), soit liquides
On peut employer des engrais sous formule simple ou composée
36
2.3. Le dispositif de filtration
En micro-irrigation, la filtration de l'eau est rendue obligatoire par la petitesse des
circuits hydrauliques des distributeurs. Si les ajutages calibrés tolèrent une filtration de moins
de 500 microns, les goutteurs et les capillaires nécessitent une filtration plus fine atteignant 1O0
microns.
Il est très rare de pouvoir disposer d'eaux d'irrigation parfaitement claires et non chargées
( cf.$ 1.5 du chapitre 2 ), d'où l'obligation de recourir à une filtration préalable.
Il est nécessaire d'utiliser une eau débarrassée de ses impuretés pour limiter les risques
d'obstruction du matériel.
2.3.1. Le poste de filtration
Le poste de filtration doit être conçu avec le plus grand soin, afin de fournir une eau la
plus propre possible, compte tenu de l'origine de l'eau et du type de distributeur.
Origine de
l'eau
Eau de surface
Eau
souterraine
Origine de l'eau
Rivières, canaux,
lacs collinaires
Puits ou forages
ou sources
Nature des impuretés
Argiles, limons, algues,
bactéries, particules
grossières
Limons, sables, fer
Filtration
Filtre à sable
Filtre à
tamis
+
Filtre à tamis
seul (si peu
de limon)
Filtre à sable
Filtre à
tamis
+
Option
Filtre flottant
Séparateur
(si particules denses)
Déferrisation
(coût élevé)
Pour une capacité de filtration donnée, on a intérêt à prévoir plusieurs petits filtres en
parallèle plutôt qu'un gros filtre, car :
- le lavage est d'autant plus difficile et long que le filtre est gros ;
- mieux vaut laver avec de l'eau propre, provenant des autres filtres.
2.3.2. Les types de filtres
Il existe plusieurs types de filtres :
- les filtres grossiers de crépine,
- les filtres séparateurs cyclones ou vortex ou hydrocyclones
- les filtres à sables
- les filtres à tamis.
- les filtres à disques
2.3.2. 1. Filtres Prossiers de crépines
Ils sont utilisés en préfiltration quand l'eau est pompée dans les réserves ou les cours
d'eau où abondent des plantes aquatiques et/ou des algues.
Il s'agit de filtres à grosse mailles (200 à 400 p) placés à l'aspiration des pompes
(crépines) et souvent derrière des dégrilleurs (grilles retenant les branches, feuilles, petits
animaux) et des dessableurs qui permettent après tranquillisation de l'eau de retenir les
éléments les plus grossiers.
Ces filtres de crépines sont en tissu métallique
38
Ils sont fixes ou flottant et quelque fois même autonettoyants par projection depuis
l'intérieur du filtre d'un jet d'eau sous pression.
POMPE
SECONDAIRE
TUYAU FLEXIBLE
POUR NETTOYAGE
Fig. 19 : Filtre - crépine autonettoyant (VERMEIREN et al, 1983)
2.3.2. 2. SéDarateurs cvclones
1. Princiw
L'arrivée tangentielle de l'eau entraîne une mise en rotation de celle-ci, ce qui permet
sous l'action de la force centrifuge ainsi créée, de séparer des particules plus denses que l'eau et
leur accumulation à la partie inférieure de l'appareil. Une purge régulière permet d'évacuer les
particules solides ainsi déposées.
Un second vortex se forme dans l'axe du cyclone et remonte vers le haut, entraînant ainsi
l'eau débarrassée des particules solides.
Il s'agit d'un appareil simple mais dont la qualité de filtration est relative.
2. Utilisation
Ce type d'appareil placé à l'entrée de la station de tête permet l'élimination des particules
d'assez grosses dimensions, sable en particulier. Pour que la séparation eau/particules solides se
fasse, la densité des particules doit être supérieure à celle de l'eau.
Il s'agit d'une préfiltration et à la suite des séparateurs vortex on installe très souvent des
filtres à sables et des filtres à tamis.
39
Sortie de l'eau
Entrée de
l'eau chargée
Dépôt de particules
solides denses
Fig. 20 . Séparateur cyclone (CEMAGREF et RNED - HA, 1990)
2.3.2. 2. Filtres A sable
1. Principe
Le filtre a sable est une cuve à pression remplie d'une épaisse couche de sable calibré, qui
arrête les éléments solides en suspension dans l'eau qui la traverse.
Le sable peut être roulé ou concassé. Le sable roulé d'une seule granulométrie, permet
une filtration plus homogène. L'emploi de couches de sable de granulométries différentes
entraîne une variation de la porosité à la suite des lavages du filtre.
Les granulométries les plus couraininent utilisées correspondent à un sable de 0.7 à 1.4
mm de diamètre.
Pour une bonne efficacité du filtre, on doit considérer :
- une granulométrie du sable telle que la taille effective ( T.E ) ou la dimension des
particules de sable soit d'environ 10fois la dimension (d) des particules à retenir.
TE = 10d
- un coefficient d'uniformité (CU) du sable tel que :
40
d60
CU = ~ 2 1 . 3
d10
- une vitesse de filtration : V < 100 m h ou 2.8 ctds
- pour un même volume de sable, il est préférable d'avoir un filtre de grande section
(grand diamètre).
2. Utilisation
Il est indispensable pour arrêter les éléments organiques ( fig. 21 ). Un tiltre à sable est
toujours suivi d'un filtre à tamis ou d'un filtre à disques.
W
, . . . . .
F
a. en fonctionnement normal - b. en phase de nettoyage
Fig. 21 : Filtre à sable (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
I II, < I
Fig 22 Courbe granulométrique du sable (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
41
3. Entretien
Le nettoyage du filtre se fait par contre-lavage. Il intervient lorsque la difference de
pression entre l'entrée et la sortie est cornprise entre 0.4 et 0.7 bar.
Le nettoyage du filtre se fait en inversant le sens de circulation de l'eau à travers le filtre.
Pour éviter l'entraînement du sable, la vitesse de passage de l'eau en contre-lavage doit être
comprise entre 50 i d h (1.4 c d s ) pour une granuloinétrie de TE = 0.6 inin et 80 idh (2.2
c d s ) pour TE = 1.1 inin. Le courant de contre-lavage doit être bien réparti à la base de la
inasse filtrante.
Il est conseillé de changer le sable tous les deux ans et plus fréqueinment pour des eaux
chargées.
4
1 FILTRE EN LIGNE
FILTRATION:
-Vannes 1-2ouvertes
- Vannes 3-4 fermees
-Vannes 3-4 ouvertes
- Vannes 1-2 fermees
+ CONTRE-LAVAGE.
1 FLLTRE EN DERIVATION
FILTRATION:
- Vannes 1-2 ouvertes
-Vannes 3-4 fermees
-Vannes 3-4 ouvertes
-Vannes 1-2 fermees
CONTRE-LAVAGE :
+ sens de l'écoulement de l'eau de filtration normale
2 FILTRES EN BATTERIE
FILTRATION'
- Vannes 1-2-3 ouvertes
- Vannes 4-5 fermees
- 1"'temps Vannes 2-4 ouvertes
Vannes 1-3-5fermees
- 2' temps Vannes 1-5 ouvertes
Vannes 2-3-4fermees
CONTRE-LAVAGEEN DEUX TEMPS
3 FILTRES EN BATTERIE
FILTRATION'
-Vannes 1-2 ouvertes
-Vannes 3-4 fermees
CONTRE-LAVAGE:
-Vannes 3-4 ouvertes
-Vannes 1-2 fermées
Fig. 23 :Principe de montage des filtres à sable (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
42
2.3.2. 3. Filtres a tamis
1. Principe
C'est une cuve à pression contenant une paroi filtrante ou tamis, en plastique ou en acier
inox, dont les mailles varient de 80 a 150 microns. Les particules de dimensions supérieures à
cette maille sont arrêtées par le tamis ( fig.24).
On obtient une bonne filtration pour une vitesse de passage de l'eau à travers le tamis de
l'ordre de 3 cids au plus
Fig. 24 : Filtre a tamis (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
Cet appareil est, en dernier ressort, l'élément de sécurité du système car il termine et
fignole la filtration.
La filtration jusqu'à quelques p (micron) est possible. L'inconvénient des toiles très fines
est leur fragilité (déchirure et abrasion par les particules de sable et de limon). Elles ne
conviennent pas pour la matière organique ou l'argile.
Un filtre à tamis est défini :
- d'une part par sa finesse, exprimée soit en nombre de mesh', soit en vide de maille
qui est l'intervalle existant entre 2 fils contigus du tamis.
En micro-irrigation, les filtres utilisés ont une finesse de filtration de 80 a 120 p.
La règle est que le vide de maille ne doit pas dépasser le tiers de la plus petite
dimension de la plus petite section de passage du goutteur.
iioiiibre de inailles par pouce valaiit 2 3 4 ciii1
43
- d'autre part par sa surface nette de passage de l'eau qui est de 50% environ de la
surface brute du tamis et qui est d'autant plus faible que la toile est plus fine.
Quelque soit la nature du filtre, il faut qu'il soit largement dimensionné (grande
surface nette de passage) pour avoir une faible vitesse de passage V < 3 cmh, ce qui
améliore la qualité de la filtration et permet d'espacer les nettoyages.
Lorsque les eaux sont très chargées, le filtre sera surdimensionné par rapport au débit
de l'installation.
2. Montuge cles filtres ci tamis
On monte soit un seul filtre, soit 2 filtres à tamis en parallèle, ce qui permet lors du
nettoyage de procéder de la même façon qu'avec les filtres à sable.
La présence d'un filtre à tamis à l'aval des autres dispositifs de filtration est indispensable
pour arrêter les particules qui échappent au dessableur cyclone ou qui sont entraînées lors du
nettoyage du filtre à sable.
Toute installation de filtration comprend au moins un filtre à tamis à titre de sécurité
même si l'eau paraît parfaitement propre.
Le colmatage d'un système filtrant se repère par une augmentation importante de la perte
de charge entre l'entrée et la sortie du filtre. Cette perte de charge se mesure par un
inanomètre. 11 convient d'effectuer un nettoyage aussi fréquent que nécessaire, pour éviter
qu'un colmatage complet ne diminue pas trop le débit car, à ce moment là, le régulateur de
pression du réseau ne fonctionne plus et la pression statique du réseau collectif se transmet
intégralement jusqu'au filtre qui peut être soit déchiré, soit écrasé, avec toutes les
conséquences que cet accident entraîne au niveau des goutteurs.
Le décolmatage peut être :
- manuel : démontage. brossage de la toile et remontage du filtre ;
- semi-automatique : certains modèles possèdent une brosse qui peut être inanoeuvrée
de l'extérieur (modèles Eurofiltre - types 1O 1O, 2500, 5000, Berinad) ;
- autonzatirlue : il est soit hydraulique, soit électrique.
Dans le cas d'un décolmatage autoinatique hydraulique, c'est la différence de pression
entre l'entrée et la sortie du filtre qui entraîne le déclenchement du processus de
nettoyage.
Dans le cas d'un décolmatage autoinatique électrique, cette même différence de
pression provoque, par l'intermédiaire d'un pressostat la mise en route d'un moteur
électrique entraînant une brosse placée à l'intérieur, du filtre et l'ouverture d'une
électrovanne de purge.
44
Lorsque la différence de pression entre l'entrée et la sortie du filtre atteint une valeur
prédéterminée, la coininande automatique envoie un signal qui déclenche le mécanisme d'auto-
nettoyage.
Le clapet hydraulique s'ouvre pendant une période brève et les valves de succion,
tournant autour de l'axe, enlèvent le dépôt amassé sur l'élément filtrant. L'eau sale entre dans
les fentes aspirantes des valves. d'où elle passe au clapet hydraulique avant de s'écouler par
l'ouverture de vidange.
-*
des impur-
Fig. 25 : Filtre à tainis Bermad à décolmatage automatique sans électricité (DITAM)
2.3.2.4. Maintenance des filtres
Malgré les nettoyages des filtres, des dépôts finissent par altérer leur perméabilité au
bout d'un certain temps.
a. Maintenance des filtres A sable
Il est conseillé de changer le sable tous les 2 ans et plus fréquemment pour des eaux
On doit veiller à la qualité sable (calibré et roulé) et le laver avant utilisation.
chargées.
45
b. Maintenance des filtres ii tamis
Il faut vérifier périodiquement l'état du tamis et le changer si les mailles sont obturées ou
détériorées.
2.4 - Les canalisations
2.4.1 - Le réseau de conduites principales
Le réseau de conduites principales, en général enterrées est destiné à amener l'eau à la
parcelle pour la répartir entre différents porte-rampes.
Les conduites peuvent être en PVC (chlorure de polyvinyle) ou en PE (polyéthylène), en
acier galvanisé, etc. 11 faut éviter le métal qui peut s'oxyder et libérer des impuretés qui
pourraient obstruer les appareils d'arrosage (distributeurs). Pour la même raison, dans le cas
d'irrigations fertilisantes, il faut recourir à des raccords en plastique et non à des raccords en
métal (bronze par exemple) qui risquent de se corroder.
Actuellement, l'essentiel des réseaux jusqu'au diamètre 300 min est effectué en PVC
moyenne pression. Le PVC présente l'avantage de pouvoir être collé ou emboîté. Quant au
polyéthylène, du fait qu'il peut être enroulé facilite son transport en grande longueur, mais il ne
peut être collé et doit être soit soudé, soit inanchonné à force.
Pour les tuyaux PVC de 50 inm de diamètre et plus, il est conseillé d'utiliser les joints de
caoutchouc, car dans la pratique on a des déboires avec lesjoints collés en grands diamètres.
Les critères de pose, et les normes sont similaires à ceux employés en adduction d'eau à
la différence que l'on y admet généralement des vitesses supérieures (1.3 à 1.7d s ) .
2.4.2 - Le réseau de porte - rampes
Le réseau de porte - rampes ou conduites secondaires alimentant les rampes sur un ou
deux côtés. En PE ou en PVC, ils peuvent être soit enterrés, soit placés à la surface du sol. Ils
peuvent être équipés de dispositifs de régulation de la pression ou du débit, de vannes, de
filtres additionnels, etc.
2.4.3 - Les rampes
Les rampes portant les distributeurs. Elles sont reliées au porte - rampe par des colliers
de prise. Elles sont le plus souvent en PE basse et moyenne densité.
Leur diamètre est compris entre IO et 30 min et elles possèdent une épaisseur de 0.8 à
1.5 min.
les diamètres les plus couramment employés sont le 13/16, le 14.5/17, le 17/20 et le
22/25.
On incorpore généralement au PE du noir de carbone pour protéger le tuyau de l'action
des rayons ultraviolets et prévenir la prolifération d'algues à l'intérieur des rampes.
46
11faut noter que le PE perd une partie de ses qualités hydrauliques à la chaleur ambiante
et il faut en tenir compte lors des calculs.
Tableau 8 : Coefficient réduction de résistance du Polvéthylène (PE) selon la
température.
Température (OC)
20
25
30
35
40
Coefficient réducteur de résistance
1
o.8
0.6
0.6
0.4
En ce qui concerne la position des rampes sur la parcelle, toute les solutions existent :
-
-
simplement posées sur le sol (cas général),
enterrées avec le distributeur au dessus du sol dans le cas par exemple de récoltes
mécaniques d'arbres,
accrochés au premier fil de palissage ou à un fil tendu spécialement (micro-jets) dans
le cas de haies fmitières ou de vignes palissées,
posées d'arbre en arbre sur les charpentières, toujours de façon à dégager le sol,
posées au fond d'une rigole triangulaire de faible profondeur et immobilisée par des
diguettes en terre qui délimitent les biefs (système Bas-Rhône).
-
-
-
Les conduites se terminent par des dispositifs permettant de les purger et d'effectuer des
chasses périodiques.
Remar(iues :
- Les réseaux sont généralement fixes. Les rampes munies de distributeurs ne
sont pas déplacées entre les irrigations, si bien que la couverture du périmètre
doit être totale.
-
Dans les rampes la pression de l'eau n'excède généralement pas 2 bars, sauf
lorsque les distributeurs sont auto-régulants ;et dans ce cas elle peut atteindre
4 bars. 11faudra s'assurer que les tuyaux peuvent supporter cette pression.
47
2.5 - Les distributeurs ou émetteurs d'eau
2.5.1 - Généralités
Les distributeurs constituent les organes les plus délicats dans un réseau de micro-
irrigation. Ils sont réalisés en général en matières plastiques (polyéthylène (PE) et
polypropylène (PP) en particulier soit selon des procédés d'extrusion à travers une filière
comme les capillaires, soit surtout par injection dans un moule. Cependant, certains sont usinés
en laiton comme les ajutages Bas-Rhôme.
Les distributeurs doivent répondre à 3 exigences fondamentales :
-
- section de passage suffisante pour réduire les risques d'obstruction physique
- prix faible.
débit faible, uniforme et relativement constant,
(matières en suspension dans l'eau) ou d'obstruction chimique (dépôts de sels),
Sur le plan hydraulique, les distributeurs sont caractérisés par leur pression de service, la
plage de variation de celle-ci et leur débit nominal.
Parmi les distributeurs on peut distinguer 4 grandes familles :
- les goutteurs
- les ajutages calibrés
- les gaines poreuses
- les mini-dimiseurs.
Quelque soit le type choisi par le projeteur, il est essentiel pour le calcul du projet de
connaître les caractéristiques de fonctionnement du distributeur ( q = f(H), CVfi effet de la
température, etc...). Ces données doivent être fournies par le fabricant et si possible certifiées
par un organisme habilité.
2.5.2 - Les goutteurs
252.1 - Généralités
Leur débit est inférieur à 12 1.h-1 sous une charge de pression de 1 bar ; ce qui permet
théoriquement un écoulement "goutte à goutte'' et une infiltration immédiate, donc ponctuelle,
de l'eau dans le sol.
2.5.2.2 - Classification des goutteurs
Il est possible de classer les poutteurs selon les trois critères principaux suivants :
- le mode de fixation sur les rampes,
- le nombre de sorties,
- le mode de dissipation de la pression.
48
a. Mode de fixation sur la raml)e
11existe 3 modes de fixation des goutteurs sur la rampe :
-les goutteurs en dérivation,
-les goutteurs en ligne,
-les goutteurs intégrés.
(1.1. Les goutteurs nzontés en clériiwtion
Les goutteurs montés en dérivation (goutteur latéraux) sont fixés sur la rampe par
l'intermédiaire d'un embout appelé "tête de vipère'' et sont traversés uniquement par le débit de
distribution.
Le montage en dérivation des goutteurs sur la rampe s'effectue soit sur le terrain (ce qui
donne l'avantage de les placer exactement aux endroits souhaités), soit en usine. Uri
inconvénient de ce type de montage réside cependant dans le fait que les goutteurs faisant
saillir peuvent gêner l'enroulement des rampes ou éventuellement s'en détacher lors des
manipulations et des déplacements. Ils sont donc surtout envisagés dans l'irrigation de cultures
pérennes où les rampes ne sont pas déplacées. Dans certains cas, notamment quand la rampe
est enterrée, on peut placer les goutteurs à l'extrémité d'un prolongateur vertical. Ce type de
fixation est très coûteux et n'est utilisé que lorsque les goutteurs sont suffisamment espacés ou
pour des exigences de facilité culturale.
Tête de vipère
Y-
Fig. 26 : Montage en dérivation d'un goutteur (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
49
(1.2.Les goutteurs montés en lime
Constitués de 2 éléments assemblés en usine, ils s'insèrent dans la rampe par
l'intermédiaire de 2 embouts cannelés. Ce montage est effectué, après tronçonnage de la
rampe, à des intervalles différents selon les cultures auxquelles sont destinées les installations :
écartement 0.30 in à 2.5 m (CEMAGREF et RNED-HA, 1990).
Ils sont traversés par la totalité du débit aval de la rampe, ce qui peut occasionner des
pertes de charge singulière non négligeables.
Les rampes munies de goûteurs en ligne sont faciles à enrouler et à déplacer, ce qui est
un avantage précieux pour les cultures annuelles. Toutefois, l'écartement des goutteurs étant
imposé à la fabrication, il y a peu de souplesse d'utilisation.
Embouts cannelés
-
Rampe 1
Fig. 27 : Montage- d'un goutteur en liane (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
a3. Les goutteurs intézrés
Ils sont incorporés dans les rampes lors de la fabrication (extrusion) de celles-ci. La
rampe (tuyau) n'est pas tronçonnée et différents écartements entre les goutteurs sont proposés
par les fabricants. Il est à remarquer que la plupart des goutteurs intégrés sont de fait des
goutteurs en ligne.
Fig. 28 : Goutteur intégré (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
50
b. Nombre de sorties
Les goutteurs peuvent comporter une ou plusieurs sorties. Les goutteurs à sorties
multiples alimentent plusieurs points de distribution au moyen de petits tubes de prolongation
(0.2 à 2 in de long) qui conduisent l'eau à l'endroit désiré. Ils sont surtout utilisés pour les
cultures pérennes (arbres fmitiers, notamment) qui présentent une grande extension du système
radiculaire et dont les besoins en eau sont importants. L'emploi des goutteurs à sortie multiple
permet de réduire le nombre total de goutteurs et la densité de rampes, ce qui diminue le coût
des réseaux. Ces goutteurs présentent des débits totaux relativement importants (20 à 50 1 h-l)
et possèdent des diamètres de l'orifice principal compris entre 1.5 et 2.5 min, ce qui limite les
risques de colmatage.
Fig. 29 : Goutteur à sorties multiples (OLLIER CH. ; POIREE M., 1991)
c. Mode de dissipation de la pression
La pression de l'eau dans la rampe est consommée par le passage de l'eau à travers le
goutteur.
11 existe 3 catégories de goutteurs d'après le fonctionnement hydraulique (VERMEIREN
et al, 1983) :
-
ceux qui sont basés sur une perte de charge le long d'un chetninement de petit
diamètre ;ils sont dits goutteurs ii circuit long ;
- ceux qui sont constitués essentiellement par un petit orifice de section réduite à
travers lequel la pression à l'amont est transformé en vitesse aux pertes de charges
près. Ils sont dits goutteurs ii circuit court (type orifice) ;
-
ceux qui dissipent la pression par l'action d'un vortex mais qui en fait sont aussi des
goutteurs i circuit court.
c.1. Goutteurs ci circuit long
Dans ce type de distributeurs, l'eau suit un cheminement grande longueur (0.1 à 1 in) et
de section réduite (0.5 à 1.5 mm). qui provoque la dissipation de la pression sous forme de
perte de charge. 11 existe des goutteurs a circuit long uniforme et ceux à circuit long non
uniforme.
c.1.1. G'outteursii circuit long uniforme
La section de passage de l'eau est constante tout le long du cheminement ; les pertes de
charges sont dues aux frottements de l'eau le long des parois du goutteur.
i. ïnpillnires ou microtubes
La perte de charge est provoquée par le Cheminement de l'eau dans un capillaire de 0.5 à
1 min de diamètre intérieur et de longueur variable selon la pression que l'on veut dissiper. On
peut ajuster cette longueur de sorte à obtenir des débits constants tout au long de la rampe.
L'une des extrémités du capillaire est taillé en biseau et est enfoncée de quelques cin dans
la rampe. L'autre extrémité n'étant pas munie d'un brise-jet, l'eau s'échappe généralement sous
forme de mini-jet.
tuyau capillaireJ
Fig. 30 : Goutteur à tube capillaire (MERMOUD. A., 1995)
ii. Goutteurs ci circuit long incorpore
Lorsque par exemple la longueur des capillaires est trop importante, les microtubes
deviennent encombrantes et l'on peut y remédier en recourant à ce que l'on appelle goutteurs à
circuit incorporé. Certains sont en ligne, d'autres sont latéraux. Ils peuvent comporter un
Cheminement en hélice ou en spirale, qui permet de dissiper la pression. Leur régime
d'écoulement est presque toujours sub-laminaire.
Les goutteurs à géométrie fixe sont incapables de délivrer un débit constant quand la
pression fluctue notablement. En outre ils sont incapables de s'auto-nettoyer.
Pour remédier à la tendance qu'ont les petits orifices à se boucher, les fabricants ont mis
au point des goutteurs auto-nettoyants. Ce sont des goutteurs à géométrie variable dans
lesquels chaque arrosage coininence et finit par une phase de purge. A basse pression,
l'eau coule librement, ce qui nettoie l'orifice, et, lorsque la pression augmente à un niveau
donné, un dispositif (un disque. une bille ou un ressort) vient fermer l'orifice.
Certains goutteurs auto-purgeur délivrent un débit constant sur une gamme étendue de
pressions. Ce sont des goutteurs Ci compensation de pression ou goutteurs compensk,s
ou goutteurs nuto-réguimts. Dans le modèle de la figure 37, quand la pièce en plastique
dans laquelle est gravé le circuit à cheminement en spirale est appliquée contre le disque
flexible de régulation, l'eau est obligée de couler dans la spirale et il en résulte une
certaine perte de charge. Au fùr et à mesure que la pression augmente, le circuit en
spirale est pressé contre le disque flexible qui en se déformant, pénètre dans la rainure, ce
qui réduit la section de passage de l'eau et accroît les pertes de charge qui viennent
équilibrer l'auginentation de la pression. Aux basses pressions, quand l'arrosage
commence ou s'arrête, le circuit en spirale et disque flexible sont écartés l'un de l'autre, ce
qui permet à une partie de l'eau de passer à côté du cheminement provoquant ainsi une
action de purge.
Un problème fréquemment rencontré avec ce genre de goutteurs est la déformation du
disque flexible par vieillissement, ce qui peut entraîner des modifications du débit délivré.
r -réglage débit
Fig. 32 . Goutteur à pipette réglable (OLLIER, CH. , POIREE, M., 1983)
54
Fig. 33 : Goutteur en ligne à chetninetnent en hélice (VERMEIREN et al, 1983)
f-r J - r
4
Fig. 34 : Goutteur en dérivation à cheminement en hélice (VERMEIREN et al, 1983)
t
Fig. 35 : Goutteur en dérivation à cheminement en spirale (VERMEIREN et al, 1983)
Fiç. 36 : Goutteur en dérivation à cheminement en pas de vis (VERMEIREN et al, 1983)
BOUTON POUSSOIR PERMETTANT DE DECOLLER
LE CHEMINEMENT SPIRALE DU DISQUE FLEXIBLE POUR PURGER
CHAPEAU
DISQUE FLEXIBLE
4 CHEMI NEMENT SPIRALE
CORPS
OREILLES D'ACCROCHAGE SUR LA RAMPE
EMBOUT CANNELE DE FIXATION A LA RAMPE
Fiç. 37 : Goutteur à circuit long à compensation de pression (VERMEIREN et al, 1983)
56
c.1.2. Goutteurs ci circuit long non uniforme ou goutteurs ci circuit long et effet de
turbulence
Dans ce type de goutteurs (dits à chicanes ou à labyrinthe), l'eau est soumise à des
changements brusques de direction qui provoquent des effets de turbulence venant s'ajouter
aux frottements contre les parois pour dissiper la charge.
Fig. 38 : Goutteurs à chicanes en dérivation et en ligne (CEMAGREF et RNED -HA,
1990)
Fig. 39 : Goutteur labyrinthe en liane (VERMEIREN et al, 1983)
c.2. Goutteurs ci circuit court (type orifice)
Ils sont dits également goutteurs ci orifice.Dans cette catégorie de goutteurs, l'eau passe
par un orifice calibré de section réduite. Ainsi, la pression existant dans la rainpe est
transformée en vitesse et l'eau sort sous forme d'unjet très fin qui doit être brisé.
Les goutteurs de cette catégorie sont très sensibles à l'obstruction en raison du diamètre
réduit des orifices.
57
i. Gainesperforées simples
Les gaines perforées sont constituées de tuyaux en plastique qui assurent à la fois le
transport et la distribution de l'eau. La distribution de l'eau est réalisée grâce à de nombreux
petits trous pratiqués le long du tuyau.
L'inconvénient de ce système réside dans la mauvaise uniformité de la distribution de
l'eau du fait, d'une part, de la dificulté à réaliser exactement tous les trous avec le même
diamètre et, d'autre part, de la variation de la pression dans la gaine due à la perte de charge.
Compte tenu de cet inconvénient, on limite l'utilisation des gaines à des longueurs 5 60 m. Une
solution de supprimer cet inconvénient a été de proposer la gnineperfurée cfuuhle(cf. 5 c3.ii )
Q
Fig. 38 : Gaine perforée simple (OLLIER, CH. ;POIREE, M., 1983)
ii. Ajutages calibrés
Parmi les autres dispositifs imaginés pour résoudre les dificultés d'uniformité de
distribution rencontrées avec les gaines perforées, se trouvent les distributeurs constitués d'un
ajutage calibré, à géométrie fixe, inséré dans la rampe (VERMEIREN, L., et al, 1983). L'eau
sort d'abord sous forme d'un jet qui, ensuite, est brisé par un déflecteur pour obtenir des
gouttes.
39 a (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
58
-
39 b (VERMEIREN et al, 1993)
Fig. 39 : Coupes d'ajutages;
iii. Goutteurs ci circuit court auto-régulants
Leur principe de fonctionnement est identique à celui des goutteurs à circuit long auto-
régulant à la différence de circuit près.
Fig. 40 : Goutteur à orifice autoprugeur à compensation de pression (VERMEIREN et
al, 1983)
59
iiii. Goutteurs vortex
C'est un goutteur à double orifice.
C'est en fait un type particulier L,C goutteur à circuit court dans lequel l'eau pénètre
tangentiellement dans une cylindre.
Le mouvement rapide de rotation qui en résulte (tourbillon ou vortex) provoque une
forte perte de charge, si bien que le diamètre de l'orifice d'entrée peut être sensiblement plus
élevé que dans le cas d'un simple goutteur à orifice. L'eau est ensuite obligée de sortir à grande
vitesse par un second orifice situé dans l'axe de la chambre, avant d'être interceptée par un
brise jet.
SORTI E
ENTREE
TANGENTIELLE
A - A
ENTREE
TANGENT IE L L E
SORTIE ~
AXIALE
Fig. 41 : Goutteur vortex (VERMEIREN et al, 1983)
c.3. Autres twes de ditributeurs
i. Orifice de grand diamètre avec brisejet
Le système Bas-Rhône mis au point par la CNABL (compagnie nationale
d'ainénagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc) est constitué de larges ajutages
(1.2 à 2.1 min de diamètre) fixés en dérivation sur la rampe à intervalles réguliers (2.5 à 6.5 in)
et recouverts d'un manchon brise-jet.
Le régime d'écoulement dans ce type de ditributeurs est pratiqueinent toujours turbulent.
Leur débit est de l'ordre de 35 à 100 l.h-1 sous une charge de pression de 1 bar
60
-
-
'
3,5m m
l
I
Grâce à leur brise-jet, l'eau s'écoule sans pression sur le sol inais ne peut s'infiltrer
ponctuellement. Elle s'écoule et s'infiltre sur une certaine surface, aménagée en général sous
forme de dépression où elle peut être stockée temporairement.
Dans le procédé Bas-Rhône, cette dépression est constituée par un bief ainénagé dans
une rigole de section triangulaire et de faible profondeur au fond de laquelle est maintenue la
rampe.
ORIFICE CALIBRE
4 MANCHON BRISE - JET
l l
PETIT BARRAGE RAMPE O R I F I C E ET BRISE- JET
VUE EN PLAN
VUE DE PROFIL
Fig. 42 : Procédé Bas-Rhône (VERMEIREN et al, 1983)
61
ii. Gainesperforées doubles
C'est dans le but d'améliorer les performances des gaines perforées simples que les
fabricants ont mis au point des gaines perforées doubles.
Elles ont permis de :
- de réduire les problèmes d'obstruction,
- d'améliorer l'uniformité de la distribution de l'eau.
Les gaines perforées doubles sont constituées de 2 tuyaux accolés et l'une dite gaine
d'entrée de section plus importante sert au transport de l'eau et alimente par des orifices
internes (orifices d'entrée) une gaine secondaire qui laisse s'écouler l'eau par des orifices
externes (orifice de sortie) de petit diamètre.
La gaine secondaire ou gaine de répartition ou distribution est munie d'orifices de sortie
de diamètre 0.5 à 0.75 mm. Le passage de l'eau de la gaine de transport vers la gaine de
répartition est assurée par des orifices d'entrée. Le rapport du nombre d'orifices de sortie au
nombre d'orifice d'entrée est de 4 à 10, et l'espacement des orifices d'entrée de 0.5 à 3.6 in,
suivant les caractéristiques du sol, étant entendu qu'une densité plus grande est recommandée
en sol de faible diffusivité latérale si l'on désire humidifier une bande continue.
La pression dans la gaine d'entrée peut varier de 0.5 à 2 bars, alors que la pression dans
la gaine de répartition est réduite à environ 0.05 bar.
Le débit d'un orifice d'entrée étant réparti entre 4 à 10 orifices de sortie, le débit de ces
derniers est notablement réduit.
Ce type de distributeur n'est pas adapté aux terrains accidentés car du fait de faiblesse
des pressions on ne pourra pas assurer l'uniformité des débits.
GAINE DE REPARTITION

GAINE DE TRANSPORT
Fig. 43 : Principe de la gaine double (VERMEIREN et al, 1983)
62
iii. Les gaines ou rampes poreuses ou tubesporeux
Ces gaines étant en général enterrées, elles font partie des systèmes d'irrigation
souterraine.
iiii. Les mini-diffuseurs
On y retrouve les types "inicro-jet" d'Afrique du Sud ou MAMTAZ 7700 israélien et les
"spitters" ou "cracheurs" des U.S.A.
Ils fonctionnent comme de petits asperseurs statiques ne couvrant qu'une partie de la
surface, ou voisinage des arbres (il s'agit en effet de technique d'irrigation particulières aux
vergers, du moins aux cultures arbustives). Placés à environ 0.30 à 0.50 m au-dessus du sol, ils
pulvérisent l'eau sous forme de tache.
Leur débit varie plus couramment de 20 à 60 1.h-1 sous une pression de 1 bar
[CEMAGREF et RNED - HA, 19901. Toutefois, certains mini-diffuseurs auto régulants
délivrent des débits pouvant atteindre 120 1.h-l sous des charges de pression situées entre 1 et
6 bars.
Les mini-diffuseurs sont constitués d'une base comportant un orifice calibré, au travers
duquel l'eau passe sous forme de jet, et d'une tête formant déflecteur, sur laquelle le jet vient
se briser.
Les portées desjets sont limitées à 1 ou 2 in. La forme des surfaces varie selon le type de
tête utilisée ( fig. 44 )
uOrifice de passage
de l'eau 9
Fig. 44 : Schéma éclaté d'un inini-dimiseur. (CEMAGREF et RENED-HA, 1990)
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Cours de micro_irrigation_2003

  • 1. E. 1. E. R. COURS DE MICRO-IRRIGATION Mars 2003 M. L. COMPAORE
  • 2. E. 1. E. R. Il II COURS DE MICRO-IRRIGATION
  • 3.
  • 4.
  • 5.
  • 6. 11 TABLE DES MATIERES AVANT PROPOS 1 Définitions et concepts 1 1 -Définitions 1 2 - Concepts 1 2 1 - Méthodes d'application de l'eau 1 2 2 - Processus d'humidification du sol 2 Historique et développement de la micro-irrigation 2 1 - Historique 2 2 - Développement 3 Caract2ristiques de la méthode de micro-irrigation 4 Avantages et inconvénients de la micro-irrigation 5 Choix de la méthode de micro-irrigation CHAPITRE 1 GENERALITES SUR LA MICRO-IRRIGATION CHAPITRE 2 : APPLICATION DES TECHNIQUES DE MICRO- IRRIGATION 1. Principales techniques de micro-irrigation 1.1, Système d'arrosage par ligne dit système Bas-Rhône 1.2.Système d'irrigation par mini-diffuseurs 1.3.Système goutte à goutte 1.4.Système à rampes poreuses 2. Conditions d'emploi des techniques de micro-irrigation 2.1.Conditions climatiques 2.2. Caractéristiques du sol 2.3. Topographie 2.4. Le débit d'eau 2.5. La qualité de l'eau 2.5.1.Effets de la qualité de l'eau sur le fonctionnement du réseau : risques 2.5.2.Nature et qualité des ressources en eau 2.5.3.La température de l'eau 2.5.4.Risques de salinisation du sol 2.6. La configuration de la parcelle 2.7. La culture 2.8. Conclusion d'obstruction CHAPlTRE 3 ' CONSTlTUTlON D'UN RESEAU DE MICRO- RRIGATION 1 Structure générale d'un réseau de micro-irrigation 2, Matériels d'un réseau de micro-irrigation 2.1. L'unité de tête 2.2. Le dispositif de fertilisation en micro-irrigation 2.2.1.La fertigation localisée 2.2.2.Le matériel d'injection 2.2.3.La solution nutritive Pages vi 1 1 1 1 1 2 3 3 4 5 5 6 7 7 7 8 10 10 11 11 11 14 14 15 15 17 18 18 20 20 20 21 21 23 23 24 24 24 35
  • 7. ... 111 2 3 Le dispositif de filtration 2.3.1.Le poste de filtration 2.3.2.Les types de filtres 2.4 - Les canalisations 2.4.1 - Le réseau de conduites principales 2 4.2 - Le réseau de porte - rampes 2 4 3 - Les rampes 2.5 - Les distributeurs ou émetteurs d'eau 2.5.1 - Généralités 2.5.2- Les goutteurs CHAPITRE 4 . CARACTERISTIQUES DES DISTRIBUTEURS 1 - Généralités 2 - régime d'écoulement et débit 2.1 - Nombre de REYNOLDS 2.2 - Pertes de charge et débits 2.2.1- Goutteurs de type "orifice" à sortie unique 2.2.2- Goutteurs à sorties multiples 2.2.3- Goutteurs à sortie unique à long cheminement 2.2.4- Goutteurs auto-régulants à membrane 2.2.5- Goutteurs à Vortex 2.3 - Loi débit - pression des distributeurs 2.3.1- Cas général 2.3.2-Cas des capillaires ou micro-tubes 2.3.3- Cas des gaines perforées doubles 2.4 - Influence de la température sur les débits 3 - Caractéristiques technologiques 3.1 - Diamètre des orifices 3.2 - Coefficient de variation technologique ou de fabrication 4 - Uniformité de la distribution CHAPITRE 5 AUTOMATISATION 1 - Les types d'automatismes 1 1 - La micro-irrigation semi-automatique 1 2 - La micro-irrigation automatisée 1 3 - L'irrigation totalement asservie 2 - Matériels de base de l'automatisme 2 1 - Les vannes hydrauliques 2 2 - Les vannes volumétriques (BERMAD, DALIA) 2 3 - Les vannes électriques 3 - Les types de commutations 3 1 - La commutation séquentielle 3 i 1 - Systeine a commande hydraulique 3 1 2 - Système à commande électrique 3 2 - La commutation non séquentielle 4 - Les programmateurs 36 36 37 45 45 45 45 47 47 47 63 63 63 63 65 65 66 68 69 69 70 70 72 74 75 76 76 76 77 80 80 80 81 81 83 83 85 85 85 85 85 87 89 89
  • 8. IV CHAPITRE 6 : DONNEES DE BASE ET CALCUL D'UNPROJET DE 1 - Données de base générales 2 - géométrie et topographie de la parcelle 3 - Besoins en eau des cultures 3.1 - Calcul de I'évapotranspiration 3.2 - Influence du taux de couverture du sol 3.3 - Besoins en eau journaliers moyens de la culture en micro-irrigation ' 4 - Besoins en eau d'irrigation 4.1 - Définitions 4.2 - Rendement hydraulique global à la parcelle en micro-irrigation : Rp 4.3 - Relation entre les besoins en eau d'irrigation et les besoins en eau des 4.4 - Besoins en eau d'irrigation de pointe et besoins en eau d'irrigation réels 4.4.1 - Besoins d'irrigation de pointe 4.4.2 - Besoins d'irrigation réels 5 - Distribution de l'eau aux plantes 5.1 - Dose et fréquence d'arrosage 5.1.1 - Dose d'arrosage maximale nette 5.1.2- Fréquence des arrosages : fNj 5.1.3- Dose réelle : Dr 5.1.4- Dose brute d'arrosage , Dbmte 5.2 - Débit par distributeur ou par groupe de distributeurs (9) et durée de 5.3 - Débit de l'installation : Q 5.4 - Avantages et inconvénients de subdivision en postes 5.4.1- Avantages 5.4.2- Inconvénients 5.5 - Volume d'eau annuel MICRO-IRRIGATION ETMIOC cultures fonctionnement (t) des distributeurs CHAPITRE 7 CALCULS HYDRAULIQUES 1- But et contenu de l'étude hydraulique I 1- But de l'étude hydraulique 1 2 - Contenu de l'étude hydraulique 2 - Structure hydraulique générale d'un réseau de micro-irrigation 3 - Variation du débit d'un distributeur 4 - Dimensionnement des conduites principales et des portes-rampes 4 1- Formule de DARCY-WEISBACH 4 2- Formule de WILLIAMS - HAZEN 4 3 - Formule de GUYON-PERNES 4 4 - Remarques 5 5 - Calcul hydraulique d'une rampe en micro-irrigation 5 1 - Position du problème 5 2 - Méthode de calcul classique 5 3 - Méthode du débit uniformément réparti 5 3 1- Détermination de la perte de charge à partir de l'aval 92 92 92 92 92 94 95 96 96 97 98 98 98 99 1O0 1O0 1O0 109 109 109 110 111 112 112 112 113 114 114 114 114 114 115 117 117 120 120 121 121 121 122 125 126
  • 9. V 5.3.2- Détermination de la perte de charge à partir de l’amont 5.4 - Répartition des pressions le long d’une rampe uniforme 5.4 - En terrain plat 5.4.2.En terrain à pente uniforme ou variée 5.5. Détermination de la distance x où la pression effective est minimale 5.6. Rampes télescopiques 5.6.1 Détermination de la perte de charge totale 5.6.2 Détermination de la distance x nécessaire au changement de diamètre 6. Disposition et calcul des porte-rampes 6.1 Disposition des porte-rampes 6.2. Calcul hydraulique du porte-rampes pour conserver une perte de charge AH CHAPITRE 8 MAINTENANCE DU RESEAU 1 Pathologies des réseaux de micro-irrigation 2 Entretien des réseaux de micro-irrigation 2 1 - Entretien des filtres 2 2 - Entretien des émetteurs d’eau 2 3 - Entretien des rampes et des porte-rampes 2 4 - Réparation des dégâts divers 127 128 128 129 130 131 131 131 132 132 132 133 133 133 133 133 134 134 BIBLIOGRAPHIE 135
  • 10. vi AVANT PROPOS La micro-irrigation ou l'irrigation localisée est une méthode d'irrigation révolutionnaire e t est considérée aujourd'hui comme la pointe du progrès en irrigation. Révolutionnaire, elle l'est en effet compte tenu du mode d'apport de l'eau qui ne mouille pas toute la surface du champ, de la nature e t de la précision du matériel d'arrosage utilisé, des hautes performances potentielles suscitées (économie d'eau, augmentation des rendements, etc.). Elle constitue une avancée en irrigation du fait de la perfection technologique e t scientifique des moyens e t des méthodes employés. Son développement est relativement récent. Elle exige de bonnes connaissances techniques pour son installation e t pour son expIoit a tion. Le présent cours s'attache à décrire les principes, les applications, le matériel, les outils de calcul e t la maintenance des installations de micro-irrigation ou d'irrigation localisée. I I permet au lecteur de faire son initiation à l'environnement des systèmes de micro-irrigation ou d'irrigation localisée, d'appréhender l'étude technique des projets. Toutes les suggestions d'amélioration de son contenu sont bien venues. M. L. COMPAORE
  • 11.
  • 12. 1 CHAPITRE 1 1 GENERALITES SUR LA MICRO-IRRIGATION 1 1. DEFINITIONS ET CONCEPTS 1.1 - Définitions Il existe plusieurs termes : - irrigation localisée (retenu par la FAO) qui traduit plus le mode d'apport de l'eau au voisinage des racines ou directement au pied des plantes ; - irrigation goutte à goutte ou "trickle irrigation" (retenu par les ingénieurs de I'herican Society of Agricultural Engineers [ASAE]) qui est en fait représentatif d'une technique d'arrosage particulière ; - micro-irrigation (retenu par la Commission Internationale des Irrigations et du Drainage [CID] ) qui prend en compte le fait que les débits apportés sont faibles et les fréquences élevées. Dans cet ouvrage nous prévilégierons l'usage du terme micro-irrigation retenu par la CIID qui met plus l'accent sur lafaiblesse des doses et des débits que sur la manière dont ils sont apportés. 1.2 - Concepts La micro-irrigation regroupe un certain nombre de techniques d'arrosage relativement récentes. 1.2.1 - Méthodes d'aDplication de l'eau La micro-irrigation consiste à apporter l'eau au voisinage ou au pied des plantes. directement à la surface du sol ou à l'intérieur du sol, avec de faibles débits (quelques litres à quelques dizaines de litredheure : 2 à 150 l/h) et à intervalles rapprochés (morcellement de la dose). Les doses appliquées sont très réduites, ce qui conduit à des fréquences élevées (espacement entre les arrosages de l'ordre de 1 à 2 jours). Dans certains cas, l'arrosage peut être quasi continu et en ce moment, le sol se comporteplus comme un conducteur d'eau vers les racines qu'un réservoir. L'eau est conduite à la plante grâce à un réseau dense de canalisations. Cette eau est filtrée et éventuellement enrichie en fertilisants.
  • 13. 2 Seule une fraction de la surface est arrosée (zone explorée par les racines des plantes). L'apport se fait sous forme de gouttes, de minces filets d'eau ou de mini-jets au travers des dispositifs de distribution variés. Les techniques de micro-irrigation combinent tout à fait harmonieusement l'efficience et la qualité ;ce qui les hisse à l'heure actuelle à la pointe du progrès en irrigation. 1.2.2 - Processus d'humidification du sol Sous la zone d'apport, généralement saturée, le transfert d'eau dans le sol se fait essentiellement sous forme d'écoulement non saturé. L'eau dimise verticalement et latéralement dans le sol sous l'effet conjugué des forces de gravité et de succion. Il en résulte un bulbe d'humidification (fig. 1) de forme elliptique dont les dimensions dépendent fortement des caractéristiques du sol, du débit d'apport et de la fréquence des arrosages. L'extension latérale du bulbe est d'autant plus marquée que la texture est fine. Les faibles doses apportées fréquemment maintiennent la zone humectée à une humidité élevée, proche de la capacité de rétention. L'eau est donc facilement disponible pour les plantes, ce qui constitue un facteur important d'accroissement des rendements. En outre, une partie de la surface reste sèche ce qui favorise la poursuite des soins aux cultures. t ECARTEMEHT EHTRE RAMPES GOUT1EUR LlGHE DE COURAljT COU?BE D'EGALE HUMIDITE I l PERCOLaTiOt-1 PROFOHDE= L-LARGEUR H U M I D I F I E E4 i I Fig. 1 : Schéma du bulbe d'humidification dans un sol grossier (a) et dans sol fin (b) (Pénadille Y.)
  • 14. 2 Seule une fraction de la surface est arrosée (zone explorée par les racines des plantes). L'apport se fait sous forme de gouttes, de minces filets d'eau ou de mini-jets au travers des dispositifs de distribution variés. Les techniques de micro-irrigation combinent tout à fait harmonieusement l'efficience et la qualité ;ce qui les hisse à l'heure actuelle à la pointe du progrès en irrigation. 1.2.2- Processus d'humidification du sol Sous la zone d'apport, généralement saturée, le transfert d'eau dans le sol se fait essentiellement sous forme d'écoulement non saturé. L'eau dimise verticalement et latéralement dans le sol sous l'effet conjugué des forces de gravité et de succion II en résulte un bulbe d'humidification (fig. 1) de forme elliptique dont les dimensions dépendent fortement des caractéristiques du sol, du débit d'apport et de la fréquence des arrosages. L'extension latérale du bulbe est d'autant plus marquée que la texture est fine. Les faibles doses apportées fréquemment maintiennent la zone humectée à une humidité élevée, proche de la capacité de rétention. L'eau est donc tàcilement disponible pour les plantes, ce qui constitue un facteur important d'accroissement des rendements. En outre, une partie de la surtàce reste sèche ce qui favorise la poursuite des soins aux cultures. E C A R T E M E U T E H T R E R A M P E S - Fig L Schkma du bulbe d'humidification dans un sol qrossier (a) et dans sol fin (b) (Penadille Y )
  • 15. 3 2. HISTORIQUE ET DEVELOPPEMENT DE LA MICRO-IRRIGATION 2.1 - Historique La méthode de micro-irrigation tire vraisemblablement son origine des pratiques de techniques d'irrigation souterraine où l'irrigation se fait par contrôle du niveau de la nappe phréatique au profit du système radiculaire des cultures. Bien que de conception simple, la méthode de micro-irrigation ne pu se pratiquer à grande échelle par manque de matériaux convenables et économiques (BUCKS, D.A. et DAVIS, S., 1986). Un premier essai fut entrepris en Allemagne en 1860 combinant irrigation et drainage avec un réseau comportant des drains en terre cuite non jointifs, en lignes espacées de 5 m, posés à une profondeur de 0.80 in environ, recouverts d'un filtre de 0.30 à 0.50 in d'épaisseur. Les réseaux de ce genre fonctionnèrent plus de 20 ans après leur mise en place. Puis survint l'ère des tuyaux PVC perforés. Après 1935, les essais se concentrèrent sur des tuyaux perforés réalisés en divers matériaux, avec comme objectif de voir si le débit était déterminé par la pression de l'eau dans le tuyau ou par la tension d'humidité dans le sol environnant (KELLER, J. et KARMELI, D., 1975). Des essais similaires eurent lieu en U.R.S.S. (1923) et en France, dans le but de trouver une meilleure méthode du fonctionnement. Ils firent naître l'idée d'utiliser pour l'irrigation les variations du plan d'eau de la nappe phréatique. C'est la "sub-irrigation" qui est pratiquée à grande échelle aux U.S.A., en Hollande et en Angleterre. On relève le plan d'eau dans un système serré de canaux à partir desquels l'infiltration provoque un relèvement du niveau de la nappe phréatique jusqu'à la partie inférieure de la zone radiculaire. C'est le développement de l'utilisation des tuyaux en matière plastique qui détermina l'évolution vers le goutte à goutte actuel bon marché, flexibles, faciles à perforer et à raccorder, de tels tuyaux présentant de sérieux atouts. Deux inconvénients cependant : d'abord, la petitesse des trous (env. O, 1 mm) entraînant leur obstruction, malgré une filtration poussée, ensuite le manque d'uniformité des trous et leur changement dans le temps provoquaient des différences de débit inacceptables, même sans bouchage. Malgré ces deux inconvénients, les rendements accrus encouragèrent les recherches en vue de I'ainélioration de ce système. Au lieu d'un simple trou percé dans la paroi du tuyau, divers appareils ou goutteurs furent placés sur le tuyau. Le goutte à goutte, tel qu'on le pratique aujourd'hui, apparut en Angleterre au début des années 1940. On le mit au point dans les serres, pour pratiquer l'irrigation et la fertilisation avec le même réseau. Les premiers goutteurs étaient des capillaires entourés autour de cylindres. Leur longueur était assez importante pour augmenter le parcours de l'eau, tout en demeurant peu encombrants. leur section de passage également, pour réduire les risques d'obstruction. Puis une étape importante fit enregistrée en Israël à la fin des années 1950 à la suite de la mise au point des goutteurs à long cheminement. A partir des années 1960, le goutte à goutte devint un nouveau mode d'irrigation, utilisé dans les champs et vergers aussi bien que dans les serres (Australie, Europe, Israël, Japon, Mexique, Afrique du Sud, U.S.A.).
  • 16. 2.2 - Développement Japon lnde France Thaïlande Le tableau ci-après donne d’après une enquête de la Commission Internationale des Irrigation et du Drainage(CI1D) les surfaces irriguées sous micro-irrigation dans le inonde en 1991. 57 098 55 O00 50 953 41 150 verger, vigne, cultures sous serre, légumes Tableau I : ,i’ziperficie.s irrigihs par micro-irrigation dam le motide ((XII, 1991) Autres pays TOTAL Pays 100 737 1 768 987 verger, vigne, cultures sous serre, légumes Superficies (ha) Principales cultures Maroc 9 766 verger 1 1 Malgré les progrès enregistrés, les superficies irriguées sous micro-irrigation dans le inonde restent relativement peu importantes. Elles atteignent actuellement environ 2 500 O00 ha, ce qui ne représente que 1 % des surfaces irriguées.
  • 17. 3. CARACTERISTlOUES DE LA METHODE DE MICRO-IRRIGATION Les caractéristiques principales de la méthode de micro-irrigation peuvent se résumer comme ci-dessous. La micro-irrigation : a/. n'arrose qu'une fraction du sol (application de l'eau près de ou dans la zone radiculaire); b/. n'apporte que de faibles quantités d'eau (utilisation de faibles débits avec de faibles pressions) pendant des temps très longs ; ci. apporte l'eau à des fréquences rapprochées ; d/. met en oeuvre des équipements fixes, légers et relativement fragiles ; e/. ne mouille pas le feuillage ; f/. convient bien à l'irrigation fertilisante ; g/.est totalement indépendante vis à vis des autres interventions sur la culture ; h/.impose dans la plupart des cas l'automatisation (car nécessite des apports fréquents et fractionnés). 4. AVANTAGES ET INCONVENLENTS DE LA MICRO-IRRIGATION En comparaison à l'aspersion et à l'irrigation de surface, la micro-irrigation autorise une utilisation plus rationnelle de l'eau et offre de nombreux avantages. Malgré ces grands avantages, la micro-irrigation connaît aussi quelques inconvénients spécifiques. Avantages Les techniques de micro-irrigation - économisent fortement l'eau, - s'adapent bien à tous types de sols et de reliefs, - permettent d'utiliser des eaux salées, - permettent un raccourcissement du cycle végétatif de la culture, - réduisent les adventices, - sont insensibles aux vents, - se prêtent facilement à l'automatisation, - mettent à la disposition des utilisateurs des conditions d'arrosage très souples, - autorisent une facilité dejaugeage de l'eau, - gênent rarement les habitudes culturelles et sont constituées de structures souples, mobiles, adaptables à tous les cas particuliers, - présentent des rendements excellents, - permettent d'arroser avec des débits très faibles avec contrôle précis de la dose, - économisent la main d'œuvre, - réduisent les coûts d'entretien, - sont d'utilisation assez simple,
  • 18. 6 1nconvénients Les techniques de micro-irrigation : - présentent un coût de première installation élevé, - connaissent une sensibilité des goutteurs à l'obstruction - nécessitent la filtration de l'eau d'irrigation, - nécessitent une maintenance rigoureuse, - exigent un haut niveau de compétence au moins pour les études, - conviennent mieux à des cultures à forte valeur ajoutée, - ne conviennent pas à toutes les cultures (kiwi par exemple) - fonctionnent avec du matériel délicat à durée de vie relativement faible. On remarquera que, soinine toute, les avantages du système sont nettement dominants comparativement aux inconvénients. 5. CHOIX DE LA METHODE DE MICRO-IRRIGATION On peut résumer les conditions d'utilisation de la micro-irrigation ainsi qu'il suit (VERMEIREN, L., 1983) : - prix de l'eau élevé ou ressources en eau rares, - terrain en forte pente ou accidenté, - rareté et cherté de la inain d'œuvre, - inauvaise qualité de l'eau (salinité) Outre ces aspects, on peut aussi évoquer les stratégies ou les motivations propre à l'irrigant Par exemple si celui-ci opte d'investir dans la production de cultures spécialisées à haut rendement et à forte valeur ajoutée, il pourrait en toute connaissance de cause installer un système de micro-irrigation si la faisabilité technique est prouvée.
  • 19. 7 CHAPITRE 2 1APPLICATION DES TECHNIQUES DE MICRO-IRRIGATION 1 1. PRINCIPALES TECHNIQUES DE MICRO-IRRIGATION Les techniques de micro-irrigation se définissent essentiellement suivant le mode d'apport de l'eau à la culture. On distingue la micro-irrigation linéaire (système Bas-Rhônes), la micro-irrigation par aspersion (mini-diffuseurs), la micro-irrigation ponctuelle (goutte à goutte), la micro- irrigation souterraine (gaines poreuses). 1.1. Système d'arrosage par liene dit système Bas-Rhône La distribution de l'eau se fait au travers d'ajutages calibrés disponibles selon IO diamètres différents échelonnés tous les 1/10 de min de 1.2 à 2.1 min. Ces ajutages sont placés en dérivation sur une rampe en polyéthylène (PE) noir d'environ 25 min de diamètre. Du fait de l'importance des débits délivrés, les rampes sont installées dans des rigoles cloisonnées constituant une série de petits bassins (2.5 à 6.5 m de longueur) parallèles aux rangées de plantation. Chaque rampe est immobilisée au fond de la rigole par les petits barrages en terre utilisés pour le cloisonnement. Il y a autant de petits bassins que la rampe comporte d'ajutages. Les orifices fonctionnent sous une pression de l'ordre de 1 bar et délivrent des débits variant entre 30 et 100 1.h-1,selon leur diamètre. Le petit jet qui résulte de la transformation de la pression de l'eau en vitesse lors de son passage à travers I'ajutage est écrasé par une bague brise-jet. L'eau ne s'infiltre pas ponctuellement, mais se répartit dans les petits bassins. En combinant judicieusement les diamètre des ajutages, on peut obtenir un débit relativement uniforme tout au long de la rampe qui peut mesurer 200 m.
  • 20. 8 d L 0.40 m - 0,50 m Fig. 2 : Système Bas-Rhône (CEMAGREF et RNED-HA, 1990) 1.2. Système d'irrigation par mini-diffuseurs La distribution d'eau se fait au moyen de petits asperseurs statiques dont le jet est de faible portée (pulvérisation de l'eau sous forme de tache). Cette technique d'irrigation est utilisée principalement en arboriculture sur des sols grossiers dans lesquels la diffusion latérale de l'eau est très réduite et l'infiltration essentiellement verticale, ainsi que dans certains sols argileux gonflants présentant des fentes de retrait importantes dans lesquels l'eau a tendance à percoler en profondeur avec une faible diffiision latérale (MERMOUD, A.,1995). La portée des mini-diffuseurs couramment utilisés est de 1 à 2.5 in sous une pression de 1 à 2 bars avec des débits compris entre 20 et 60 l.h.-'. Certains mini-diffuseurs auto-régulants peuvent délivrer des débits atteignant 120 l.h.-l avec des exigences de pression de 1 à 6 bars. Dans touts les cas, la pluviométrie doit être inférieure à la capacité d'infiltration du sol considéré.
  • 21. Les inini-diffuseurs sont des pièces comportant une base munie d’un orifice calibré et coiffée d’une tête brise-jet qui écrase l’eau à la sortie et l’oblige à s’échapper latéralement. Selon le type de mini-diffuseur utilisé, on peut obtenir diverses formes et dimensions des surfaces arrosées (fig. 4) Les rampes alimentant les mini-diffuseurs peuvent être - enterrées (20 à 40 cm) ou posées sur le sol. Dans ce cas, le mini-diffuseur est fixé sur un support à 20 ou 30 cm au-dessus du sol et relié à la rampe par un tube prolongateur en PE ou en PVC - suspendues à environ 50 cm au-dessus du sol à un fil tendu entre des poteaux ou sur le palissage des arbres. Dans ce cas, le mini-diffuseur est fixé directement à la rampe, tête en bas le plus souvent, au moyen d’un filetage ou d’unetête de vipère. Fig. 3 : Système d’irrigationpar mini-diffuseurs (MERMOUD, A., 1995) cerclecomplet 112cercle pinceau -Pe Fig. 4 : Formes des surfaces arrosées avec les tnini-diffuseurs (CEMAGREF et RNED- HA, 1990)
  • 22. 1O 1.3. Système goutte a goutte L'eau est transportée dans un réseau de canalisations généralement enterrées qui alimentent des rampes .soup/e.sde faible diamètre placées le long des rangées de cultures et sur lesquelles on installe les organes de distribution. L'eau est délivrée au sol, goutte à goutte ou sous forme de minces filets, par des goutteurs, qui peuvent être soit de simples perforations pratiquées sur les rampes, soit des dispositifs plus élaborés dont les plus sophistiqués (goutteurs compensés) permettent une régulation automatique de la pression et du débit (MERMOUD, A., 1995). Les goutteurs fonctionnent à faible pression et à faible dédit. Ils délivrent ponctuellement des débits ne dépassant généralement pas 12 1.h-1 sous une pression de l'ordre de 1 bar Le système goutte à goutte constitue le procédé le plus représentatif des techniques de micro-irrigation. C'est donc essentiellement ce système qui sera étudié par la suite. ... ................................... Fig. 5 : Système d'irrigation par goutte à goutte (MERMOLJD, A., 1995) 1.4. Système a rampes poreuses Ce système utilise des tuyaux à petit diamètre (entre 20 et 40 inin) dont la paroi à structure poreuse laisse suinter l'eau tout le long du tuyau (CEMAGREF et RNED-HA, 1990). Ces tuyaux sont généralement enfouis à faible profondeur (entre 20 et 50 cin) dans le sol. Les inconvénients du système sont liés à l'irrégularité des débits délivrés (variabilité), aux problèmes d'obstruction et au fait qu'en début de cycle végétatif, les racines ne sont pas assez profondes pour être alimentées par la rampe. Ces différents aspects continuent de faire l'objet de recherches.
  • 23. 11 2. CONDITIONS D'EMPLOI DES TECHNIQUES DE MICRO-IRRIGATION Il est nécessaire que le système soit adapté aux conditions d'emploi. Pendant les études de faisabilité ; les possibilités d'application des techniques de micro-irrigation doivent être évaluées en considérant les paramètres tels que : - les conditions cliinatiques ; - - la topographie du terrain; - - les cultures concernées ; - - les impacts sur l'environnement. les caractéristiques pédologique du sol ; la qualité et la quantité des ressources en eau disponibles ; les conditions financières de l'exploitation ; 2.1. Conditions climatiques La micro-irrigation peut se pratiquer sous tous les types de climat, de même que sur les cultures sous serre. Cependant, en zones aride et setni-aride, du fait de l'insuffisance accentuée des précipitations naturelles, le développement radiculaire est concentré presque exclusiveinent au sein des bulbes d'humidification. Aussi, pour une meilleure exploration du sol par les racines il est indispensable de fixer judicieusement la position et le nombre de distributeurs. En effet, ces paramètres déterminent le volume de sol exploré par les racines qui, s'il est insuffisant, peut causer des dégâts sévères en cas de pannes d'irrigation et à des déracinements en cas de vent fort. 2.2. Caractéristiques du sol Le sol doit transmettre l'eau aux racines des plantes : son rôle est d'autant plus prépondérant que le mode d'apport est plus localisé (goutteurs). En sols grossiers profonds ou en argiles gonflantes présentant des fentes de retrait, les apports par mini-diffuseurs sont préférés aux apports par goutteurs. La plupart des sols conviennent à l'emploi des techniques de micro-irrigation sous réserve toutefois de bien tenir compte de l'influence de leurs propriétés hydrauliques dans la conception du système (écartement des rampes, types de distributeurs, espacement des distributeurs, débit des distributeurs, fréquence des apports,...). Il s'avère que la forme des bulbes d'humidification est fortement tributaire des caractéristiques du sol, notamment de la texture et de la structure. En sols grossiers, l'infiltration est influencée principalement par les forces de gravité et le bulbe est étroit et allongé. En sols fins, la conjugaison des forces de gravité et de succion se traduit par un bulbe d'humidification a beaucoup plus grande extension latérale.
  • 24. 12 Fig. 6 : Forme du bulbe d'humidification dans un sol grossier (a) et dans un sol fin (b) (BALOGH, J. et GERGELY, l., 1980) Les caractéristiques du sol qui interviennent le plus dans le transfert de l'eau sous le distributeur sont : +les propriétés conductrices et de rétention, en particulier la conductivité hydraulique à saturation K,. La relation liant la conductivité hydraulique K à la charge de pression h, peut s'exprimer par une relation exponentielle du type : K(h) = Ks euh (2.1) où K(h) KS h a : conductivité hydraulique en tn.h-' : conductivité hydraulique à la saturation en m.h-' : charge de pression en in 1 constante caractéristique de sol. u est plus élevé dans les sols grossiers que dans les sols fins en m-' La relation (2.1) ci-dessus ne tient pas en compte d'éventuels processus d'hystérèse. ii)-la capacité d'infiltration. Elle varie avec l'humidité du sol et se réduit au fur et à mesure de l'irrigation. Lorsque le débit du distributeur dépasse la capacité d'infiltration ponctuelle du sol, il se crée une zone saturée sous le distributeur dont la
  • 25. 13 surface augmente progressivement. Au bout d'un certain temps, on évolue vers un régime permanent et les dimensions de la tache saturée, ainsi que celles du bulbe d'humidification sous-jacent, ne varient plus guère. Ceci se vérifie d'autant plus que le temps d'irrigation est important par rapport aux intervalles entre les arrosages. 11 est possible de calculer la valeur du rayon p (en cin) de la tache saturée sous le distributeur, dans l'hypothèse où l'infiltration se fait verticalement, en égalant le débit d'apport au débit infiltré : n.pL.i (1 ou encore : p = 1000.T i n.1 (I=- 1O00 cl 1 P débit du distributeur, en 1.h-i capacité d'infiltration, en cm.h-1 rayon de la tâche, en cm Généralement, la capacité d'infiltration décroît pendant l'irrigation, ce qui conduit à une augmentation du rayon de la surface saturée. La diminution de i est due principalement à deux raisons : la diminution du gradient de succion. L'infiltration résulte de l'influence combinée des gradients de succion et de gravité. Au fur et à mesure que le front d'humidification pénètre plus profondément, le gradient moyen de succion diminue puisque la différence de succion entre la surface du sol et la zone sèche se répartit sur une distance croissante. A la longue, le gradient de succion devient négligeable dans la partie supérieure du profil et le gradient gravitationnel est l'unique force motrice les modifications des propriétés du sol (dégradation de la structure et formation d'une croûte de surface, migration de particules, foisonnement de l'argile, etc.).Ceci contribue à réduire la valeur de la conductivité hydraulique à saturation et donc à accroître la dimension de la zone saturée au cours de l'irrigation. Lorsque le régime permanent est atteint, la capacité d'infiltration tend vers la valeur de la conductivité hydraulique à saturation K, et l'équation (2.2) s'écrit : Si l'on tient compte succion, le rayon de non seulement de l'effet de gravité, inais également de l'effet de la surface saturée s'obtient par la relation (WOODING, 1968) :
  • 26. 14 a : paramètre de la relation K(h), en cm-1 q : débit du distributeur, en 1.h-l K, : conductivité hydraulique saturée, en cm.h-1 On constate que le rayon est d'autant plus faible que les valeurs de a et de K, sont élevées (sols grossiers). Par ailleurs, il augmente avec le débit du distributeur. Connaissant les propriétés hydrauliques du sol (K, et a),on peut donc obtenir la surface de la zone saturée souhaitée en choisissant un distributeur de débit approprié. En sols grossiers, l'extension latérale du bulbe d'humidification (frange d'humidité capillaire) est très faible et ne dépasse guère celle de la zone saturée en surface (MERMOüD, A., 1995). On notera toutefois que les conditions qui prévalent dans la zone saturée de surface sont similaires à celles observées en irrigation gravitaire, avec les risques de ruissellement, de percolation et de pertes par évaporation que cela comporte, On a donc intérêt à maintenir la zone saturée à une valeur restreinte et donc à utiliser des distributeurs de débit aussi faible que possible. La teneur en eau du sol diminue graduellement au fur et à mesure que l'on s'éloigne du distributeur, pour atteindre une très faible valeur à l'extérieur du bulbe. En règle générale, les racines ne se développent ni dans la zone saturée, ni dans la zone sèche. inais exclusivement là où l'eau et l'air sont en proportion harmonieuse. 2.3. Topographie La micro-irrigation peut se pratiquer en terrain à topographie irrégulière (accidentée). Cependant, si le débit des distributeurs est trop élevé, il y a des risques de ruissellement en sols pentus à éviter à tout prix. Ces ruissellements peuvent induire une forte déformation du bulbe d'humidification. En outre, les différences de pression dans le réseau peuvent occasionner une forte hétérogénéité des débits délivrés. Dans ce cas, le réseau doit être rigoureusement étudié sur la base de plans à grande échelle (1/1000, voire 1/500), à courbes de niveau très denses, au moins 0,s in, inais de préférence 0. I à 0.2 in. Lorsque la topographie est peu accidentée ou lorsque les rampes sont de faibles longueurs (< à 100 m), on préférera des distributeurs non compensés, moins chers et moins sensibles au colmatage. Dans le cas contraire (pente prononcée, grandes parcelles,...), on adoptera des distributeurs auto-régulants ou des capillaires dont la longueur sera calculée avec soin. 2.4. Le débit d'eau Le débit d'eau utilisé en micro-irrigation dépend de la technique appliquée (CEMAGREF et RNED-HA, 1990), elle inêine fonction du type de sol et de la qualité de l'eau.
  • 27. l I petit asperseur en plein l l diffuseur ajutage micro asperseur DISTRIBUTEUR gQ"zr(jet fixe) i (orifice calibre) 1 (Jet tournant) APPORT par point en tache en ligne en grande tache 60 2150DEBIT (llh) l à 6 20 à 60 35 a 100 I type goutie A goutte type aspersion 0(1à piusieursapports par jouri rn(1 B piusieursapports par semaine1 BOUCHAGE sensible au bouchage peu sensible au bouchage CONDUITE Fig. 7 : Débit d'eau en fonction de la technique appliquée (CEMAGREF et RNED-HA, 1990) 2 . 5 La qualité de l'eau La qualité physico-chimique de l'eau détermine l'importance des risques de bouchage du matériel d'arrosage et constitue un critère de choix de la technique. C'est un élément essentiel de la réussite de la micro-irrigation. Une analyse préalable de l'eau est indispensable pour apprécier les risques et définir les moyens de prévention à mettre en œuvre pour éviter le colinatage. 2.51. Effets de la qualité de l'eau sur le fonctionnement du réseau : risques d'obstruction Les causes d'obstruction des distributeurs sont d'ordre physique, chimique ou biologique. - c(cuses d'ordre ahvsicrue : particules de sable, de limon ,d'argile ou de débris végétaux en suspension dans l'eau ;les particules les plus grosses provoquent un bouchage quasi instantané des distributeurs (sable) tandis que les particules les plus fines modifient peu à peu le débit des distributeurs par un dépôt lent à l'intérieur de ceux-ci. - causes d'ordre chimique : précipitations de sels dissous contenus dans l'eau d'irrigation. L'analyse de l'eau permet de déterminer sa teneur en calcaire et d'évaluer les risques d'obstruction. Si l'eau est de type incrustante (teneur importante en calcaire), on peut soit utiliser le système Bas-Rhône, soit utiliser des brise-jets anti-calcaires (cas des capillaires), soit utiliser de l'acide nitrique diluée à 5/1000 que l'on fait séjourner dans les tuyauteries pendant une nuit. On enlève ensuite les bouchons d'extrémité de rampe et on rince à l'eau claire. Les éléments chimiques à prendre également en compte sont le fer (développement de bactéries ferrugineuses), l'hydrogène sulfuré et le manganèse.
  • 28. 11 faut remarquer que dans le cas d'une irrigation fertilisante, du fait que l'on modifie les propriétés chiiniques et physiques de l'eau, on peut avoir également des risques de précipitation. - cnuses d'ordrebiologique : sans doute les plus difficiles à maîtriser. L'eau de surface (rivière, canal ou bassins) contient en effet, outre de la matière organique inorte plus ou moins décomposée, toute sorte de micro-organismes vivants : algues, bactéries, protozoaires, spores, champignons. Les éléments de dimension supérieure à 50 ou 100 p tels que les algues pluricellulaires et une grande partie de la matière organique morte, sont arrêtés au niveau de l'installation de tête, par un filtre à sable. Par contre, les organismes monocellulaires passent facilement à travers les filtres, ainsi que les argiles et les limons fins. Dans les tuyaux P.E. noir, les algues ne se développent pas puisqu'elles sont privées de luinière mais les champignons et les bactéries peuvent former des colonies, souvent gélatineuses, qui fixant les particules physiques augmentent la vitesse de colmatage. Le fer ou l'hydrogène sulfuré (H2S) provoquent également des proliférations de diverses bactéries, d'où des obstructions rapides, parfois en quelques jours. Pour lutter contre les risques d'obstruction d'ordre biologique, on peut utiliser l'eau de javel ou hypochlorite de sodium qui est un oxydant et un désinfectant puissant et qui détruit les matières organiques et les micro-organismes. Le tableau 3 ci-après donne les risques d'obstruction potentiels des distributeurs en fonction des principaux éléments physiques chiiniques et biologiques contenus dans l'eau d'irrigation. Facteur Physique - Solides en suspension Chimique - PH - Sels dissous totaux - Calcium - Carbonates - Manganèse - Fer - H2S Biologique - Population bactériennes Unité inax-pprn (a) max-ppm (a) max-pptn (a) inax-ppin (a) inax-pprn (a) rnax-ppin (a) inax-ppin (a) Nombre inax. (b) par in1 Ri! Faible c 50 < 7 < 500 <' 10 100 < 0.1 0.1 < o s < 10000 lue d'obstruction. Moyen 50-1O0 7 - 8 5000 - 2000 10 - 50 100 - 200 0.1 - 1.5 o.1 - 0.5 0.5 - 2.0 10 - 50000 Fort :> 100 2 8 2 2000 50 200 1.5 > 0.5 2.0 50000
  • 29. 17 (a) = concentration maxiinale inesurée selon une méthode norinalisée sur un nombre représentatif d'échantillons. (b) = nombre inaxitnal de bactéries par millilitre obtenu sur échantillons prélevés au champ et analysés en laboratoire. Afin de débarrasser l'eau d'irrigation de ces différentes impuretés, on peut utiliser divers types de filtre qui retiennent les particules solides inais qui n'effectuent pas de filtration chimique. 2.5.2. Nature et qualité des ressources en eau L'alimentation du réseau en eau peut se faire à partir de cours d'eau (rivière, canal, ruisseau,...), d'eau morte (lac, étang, bassin d'accumulation, réservoir,...) ou d'eau souterraine (puits, forage, source,...). 2.5.2.1. Les cours d'eau II contiennent toujours des éléments en suspension (sable, limon, argile, inatière organique) et, en quantité limitée, des substances en solution. Les particules minérales sont retenues facilement par contraste de densité ou par filtration (filtre à sable et filtre à tamis), à l'exception des colloïdes d'argile dispersée qui s'éliminent difficilement à la filtration. 2.52. 2. Les pians d'eau Il favorisent la sédimentation des particules denses mais offrent fréquemment des conditions favorables à la prolifération de micro-organismes (MERMOUD, A., 1995). Ces derniers, vivants ou morts, présentent un risque important d'obstruction des réseaux. On peut difficilement les éliminer, étant donné leur petite taille qui rend la filtration inopérante. Cette dernière, réalisée d'un filtre à sable et d'un filtre à tamis, doit souvent être accompagnée d'un traitement chimique. 2.52. 3. L'eau souterraine Lorsque le captage est bien réalisé, l'eau produite ne contiendra que peu d'éléments minéraux et organiques en suspension. Dans ce cas, un filtre à tamis est en général suffisant. Cependant, certaines substances en solution peuvent être source de problèmes, notaininent le calcium et le fer qui sont en équilibre dans la nappe. Cet équilibre peut être rompu par oxygénation ou par une variation de température et se traduire par des précipitations. Le carbonate ou le bicarbonate de Calcium, au contact de l'air, peuvent précipiter et colmater le réseau au niveau des orifices des émetteurs ou par dépôts dans les canalisations et dans les circuits des distributeurs; leur élimination nécessite des injections d'acide (acide nitrique ou chlorhydrique, à raison de 2 à 5 1 par in3d'eau) (MERMOUD, A., 1995). Le fer se trouve dans l'eau sous forme réduite (ions ferreux Fe++) ; à la sortie des distributeurs, au contact de l'air, les ions ferreux sont oxydés en ions ferriques Fe+++et précipitent pour former des gels d'hydroxydes ferriques ou des dépôts de rouille très difficiles à éliminer. Les risques de dépôt dépendent fortement du potentiel redox et du pH de l'eau. En général les précipitations se produisent pour des concentrations en fer supérieures à 1.5 ppin ; toutefois certaines bactéries (Galionella) retirent leur énergie de l'oxydation de sels ferreux et peuvent provoquer des précipitations du fer, même à très faible concentration.
  • 30. 2.5.3. La température de l'eau La température de l'eau peut avoir des effets importants sur les débits délivrés. Les variations de température affectent la viscosité de l'eau, le diamètre et la longueur des canalisations, ainsi que les caractéristiques des distributeurs. 2.5.4. Risques de salinisation du sol (A.MERMOUD) La teneur en sel des eaux d'irrigation joue un rôle important vis à vis des effets directs sur les végétaux et des risques de salinisation du sol. Les critères d'appréciation de la qualité de l'eau en liaison avec les risques de salinisation, sont la conductivité électrique (CE) et le S A R . Distribution des sels dans le sol L'irrigation goutte à goutte pratiquée à fréquence élevée maintient la zone radiculaire à une très faible succion, ce qui réduit les risques d'accumulation de sel et d'accroissement de la pression osmotique. Aussi peut-on utiliser des eaux à plus forte concentration qu'avec les techniques méthodes d'irrigation classiques (aspersion et gravité). En micro-irrigation, les sels ont tendance à s'accumuler dans la couche supérieure de sol (dans les quelques premiers cm) et à la périphérie du bulbe d'humidification. Par contre, à l'intérieur du bulbe la concentration est réduite. Le mouvement de sel est étroitement lié à celui de l'eau d'irrigation qui génère un bulbe dont la forme dépend des caractéristiques du sol, du débit des distributeurs, de la durée et de la fréquence des arrosages. La teneur en eau décroît au fur et à mesure que l'on s'éloigne du distributeur, ce qui occasionne une réduction de la conductivité hydraulique et des flux liquides, étant donné également les prélèvements opérés par les végétaux et l'accroissement du volume de sol intéressé par l'écoulement. La concentration augmente progressivement et les sels s'accumulent à la périphérie du bulbe. La profondeur d'accumulation dépend de la quantité d'eau appliquée et des propriétés du sol ; elle augmente lorsque les apports dépassent I'évapotranspiration. Ceci s'applique également à l'accumulation latérale, mais la superposition des bulbes adjacents et l'excédent d'humidité qui en résulte peut favoriser un lessivage de ces zones. En surface, l'évaporation au voisinage de la zone saturée entourant le distributeur, provoque un dépôt de sel qui n'est pas lessivé. On peut chercher à influencer la position des zones d'accumulation et la forme du profil de salinité, en agissant sur le débit des distributeurs, la quantité d'eau appliquée et la fréquence des arrosages. Un accroissement du débit se traduit généralement par une augmentation du diamètre de la tache saturée de surface et de l'humidité au voisinage du distributeur. Plus la durée de l'irrigation est longue, plus l'effet sur la dimension du bulbe sera prononcé. Si l'on réduit l'intervalle entre les irrigations, sans changer les quantités totales d'eau apportées, le bulbe sera inoins profond, mais la teneur en eau supérieure. Lorsque la dimension du bulbe est suffisante, la présence de sites d'accumulation de sels à sa périphérie peut n'avoir aucune influence néfaste sur les végétaux, au cours d'une campagne d'irrigation tout au moins, dans la mesure où le développement de la zone
  • 31. radiculaire reste concentré à l'intérieur du bulbe. Pour une espèce donnée, le développement des racines est fortement influencé par le pourcentage relatif d'eau et d'air dans le sol. Lorsque l'humidité est constainment suffisante, mais sans excès, les racines se concentrent dans les horizons supérieurs de sol (30 à 40 premiers cin pour les cultures annuelles, 80 à 100 cin pour les cultures pérennes). Par ailleurs, plusieurs chercheurs sont arrivés à la conclusion qu'en irriguant par goutte à goutte seulement les 50 % de la zone radiculaire habituelle, on obtient des rendements normaux en maintenant régulièrement la teneur en eau à une valeur proche de la capacité de rétention. 20- O Les effets différenciés de la présence de sel. dans le cas d'une irrigation par goutte à goutte et d'une irrigation par aspersion, sont indiqués à la figure 7 publiée par VERMEIREN et al (1980). CE (ms an" ) 1 I I 1 I rendement (%) Fig. 8 : Effets de la salinité de l'eau d'irrigation sur le rendement en irrigation goutte à goutte et par aspersion (VERMEIREN et al, 1980)
  • 32. 20 2.6. La configuration de la parcelle Le matériel d'arrosage mis en place doit tenir compte de la configuration de la parcelle afin de réaliser non seulement une installation intéressante du point de vue coût, mais aussi performante. 2.7. La culture La micro-irrigation est un système actuellement peu pratiqué sur grande culture, compte tenu du coût d'installation élevé. Type de culture Arboriculture Maraîchage Plein champ Serre Grandes cultures Nombre de distributeurdha 1 500 à 2 O00 goutteurs 400 à 1 000 diffuseurs 10 000 à 20 O00 goutteurs jusqu'à 50 O00 goutteurs 10 O00 à 20 000 goutteurs Débit du distributeur (l/h) 4 20 2 2 2 Apport horaire (mm/h) 0.6 à 0.8 0.8 à 2 2 à 4 jusqu'à 2 à 4 O 2.8. Conclusion Pour faire face aux différentes conditions d'emploi, on dispose en micro-irrigation d'une gamme de matériels étendue, qui a des performances variables, et qui permet un choix raisonné. Une installation de miro-irrigation est coûteuse et, une fois réalisée, elle est difficilement modifiable. le projet doit donc être étudié soigneusement, tant au point de vue technique qu'économique, afin qu'il soit parfaitement adapté aux conditions spécifiques du périmètre à irriguer et qu'il donne satisfaction aux usagers. la conduite des irrigations doit être également très rigoureuse. l'arrosage doit commencer suffisamment tôt pour maintenir l'humidité du sol à une valeur élevée, proche de la capacité de rétention et les apports doivent êtrejudicieusement espacés pour éviter les percolations. Un suivi régulier de l'humidité du sol permettra une gestion optimale des arrosages.
  • 33. 21 CHAPITRE 3 1CONSTITUTION D'UN RESEAU DE MICRO-IRRIGATION 1. STRUCTURE GENERALE D'UN RESEAU DE MICRO-IRRIGATION Un réseau type de micro-irrigation se compose de 1 a). un point de fourniture de l'eau sous pression (pompage, borne de réseau collectif, château d'eau, etc.), b). l'unité de tête reliée au point de fourniture d'eau (sortie de pompe, borne individuelle ou collective). Elle permet de réguler la pression et le débit, de filtrer l'eau et d'y introduire des éléments fertilisants, c). une canalisation principale de tête morte, généralement enterrée (PVC rigide, acier galvanisé). d). une série d'antennes également enterrées. e). porte-rampes en PE moyenne densité ou en PVC rigide. Ils peuvent être soit enterrés, soit placés à la surface du sol. 0.rampes en PE basse densité ou en PVC rigide de petit diamètre sur lesquelles sont branchés les distributeurs, soit directement, soit en dérivation. TI existe d'autres types de rampes telles que les rampes (ou gaines) poreuses ou les gaines perforées (à simple ou double section) qui assurent à la fois le transport et la distribution de l'eau. g). distributeurs qui constituent les organes d'arrosage à débit faible et régulier. 11 existe de nombreux types de distributeurs. On distingue les goutteurs A circuit long (capillaires, goutteurs à circuit hélicoïdal, goutteurs à turbulence, goutteurs à circuit long auto- régulants, etc.), les goutteurs A circuit court (ajutages, goutteurs à simple orifice, goutteurs à double orifice et effet de turbulence ou goutteurs cyclones ou vortex, goutteurs à circuit court autorégulants), les mini-dimiseurs. Sous l'aspect technique de la fixation sur la rampe, on distingue les distributeurs latéraux et les distributeurs en ligne.
  • 34. 22 Fig. 9 : Parties essentielles d'un réseau de micro-irrigation (VERMEIREN et al 1983)
  • 35. 23 2. MATERIELS D'UN RESEAU DE MICRO-IRRIGATION 2.1. L'unité de tête Reliée au point de fourniture de l'eau, elle est généralement constituée des éléments - une vanne contrôlant l'entrée de l'eau dans l'installation (vanne de prise ou vanne d'arrêt) , (1) - une vanne volumétrique (2) : la quantité d'eau qui doit passer par cette vanne pendant un arrosage donné doit être afichée inanuelleinent, et dès que le volume affiché a été délivré, la vanne se ferine autoinatiquernent , suivants (fig. 10) . - un clapet anti-retour ( 3 ) ; - un fertiliseur (4) dans lequel on mélange avec l'eau la quantité d'engrais désirée ; - une ventouse ( 5 ) ; - un inanoinètre de contrôle (6) ; - un régulateur de pression (7) ; - un filtre à gravier (8) ; - un filtre à tamis (1 1) ; - un dispositif de mesure des voluines d'eau (compteur) qui permet de connaître le débit moyen délivré et la hauteur d'eau apportée à chaque arrosage et la quantité d'eau totale fournie pendant toute la campagne d'irrigation. 1 2 3 4 5 6 7 8 9. 10 11 VANNE DE PRISE SUR LE RESEAU COLLECTIF VANNE VDLUMETRIOUE 0 50 m m CLAPET A N I 1 - RETOUR F E R T I L ISEUR VENTOUSE MANOMETRE SUR ROBINET 3 VOIES VANNE REDUCTRICE DE PRESSION FILTRE A GRAVIER ENTREE POUR LAVAGE A CONTRE - COURANT SORTIE POUR LAVAGE A CONTRE-COURANT FILTRE A TAMIS Fig. 10 : Unité de tête type (VERMEIWN et al 1983)
  • 36. 24 2.2. Le dispositif de fertilisation en micro-irrigation 2.2.1. La fertigation localisée Lorsque l'on utilise le système Bas-Rhône ou des Inini-difiseurs, il est possible d'apporter l'engrais de façon localisée soit dans la rigole, soit sur la surface du sol. Les éléments fertilisants peuvent être entraînés dans le sol au voisinage des racines par l'eau d'irrigation. Lorsque l'on utilise des goutteurs, la surface mouillée est trop faible pour permettre la solubilisation de l'engrais et son entraînement. Dans ce cas, l'injection d'engrais dans l'eau d'irrigation est donc la seule solution possible, surtout sous serre où le sol n'est pas soumis a l'influence de la pluie naturelle, ainsi que dans les régions où le déficit pluviométrique est important pendant la période de végétation de la culture et où les besoins en éléments fertilisants sont importants. L'apport d'engrais bénéficie alors des avantages de la micro-irrigation : correction des carences : - intervention possible à tout moment, ce qui permet le fractionnement des apports et la - localisation des apports à proximité des racines ; - meilleur contrôle des quantités apportées, ce qui évite les pertes par lessivage et accroît - automatisation possible. l'efficacité ; Mais il faut respecter certaines conditions sur la parcelle ; - le réseau d'irrigation doit être bien conçu pour assurer une répartition homogène de l'eau - l'injection d'engrais dans le réseau doit toujours être faite à l'amont du filtre a tamis ; - le matériel d'injection doit être fiable, bien choisi, bien utilisé ; - les produits injectés ne doivent ni précipiter, ni provoquer la corrosion du matériel ; - la canalisation principale doit comporter un clapet anti-retour pour éviter tout risque de pollution de la ressource en eau par les engrais. 2.2.2. Le matériel d'iniection Il existe de nombreux moyens techniques pour l'introduction d'engrais ou de produits de traitement dans un réseau d'irrigation, chacun d'eux ayant ses avantages et ses inconvénients. Cependant, il y a deux systèmes principalement utilisés : - le système par différence de pression, qui utilise des fertiliseurs, - les pompes d'injection ou pompes doseuses (hydrauliques ou électriques)
  • 37. 25 2.2.2.1. Les iniecteurs a pression différentielle ( fig.11 & 12 1. Fonctionnement Ce sont des appareils constitués d'une cuve étanche, de 10 à quelques centaines de litres de capacité dans laquelle on introduit l'engrais soit sous forme solide, mais soluble (cas des dilueurs), soit sous forme de solution mère (cas des doseurs). La cuve est montée en dérivation sur la conduite principale d'irrigation, à l'amont du filtre à tamis. Le raccordement à la conduite d'irrigation se fait par deux branchements de part et d'autre d'un dispositif permettant de créer une perte de charge (diaphragme, vanne, réduction de diamètre, etc.) dans la conduite principale, qui entraîne la dérivation d'une partie de l'eau à travers la cuve. On distingue deux catégories d'injecteurs : les doseurs (régime d'écoulement tranquille) et les dilueurs (régime d'écoulement turbulent). 2. Les doseurs (fig I l ) L'eau sous pression est admise sans turbulence ii la partie supérieure de la cuve et refoule par l'orifice d'évacuation situé à la base de la cuve la solutio-mère vers la canalisation maîtresse. L'absence de turbulence et la différence de densité entre l'eau et la soliitiori-inère font que ces deux liquides ne se mélangent pas. orifice étanched'introduction de la solution fertilisante TZTpure canalisation . +d'arrosage - 7 r Lorgane de création de perte de charge Fig.11 : Doseur (MERMOUD, A.,1995) 3. Les dilueurs (fig. 12 ) L'admission de l'eau sous pression est faite de façon à créer à la base de la cuve, un régime turbulent qui provoque la dilution de l'engrais solide ou liquide et le refoulement vers la
  • 38. a
  • 39. 27 6. Critère de choix cles injecteurs à pression clifférentielle Ces appareils autonomes peuvent être utilisés en plein champ. Ils présentent l'avantage d'être simples, robustes, entièrement statiques et de pouvoir s'installer sur n'importe quelle conduite sous pression, qu'il s'agisse d'une alimentation en réseau collectif ou particulier. Ils sont facilement transportables et pratiquement sans entretien. La variation du débit injectée est très facilement opérée par la simple manoeuvre de robinet-vanne destiné à créer la pression diRérentielle. 2.2.2.2. Les pompes doseuses ( fig. 13 & 14 ) Ces pompes injectent directement sous pression dans l'eau d'irrigation une solution fertilisante concentrée. Cette injection peut, soit utiliser une énergie extérieure (électricité), soit utiliser l'énergie même du réseau d'irrigation. Dans ce dernier cas, on prélève en sénéral une petite partie du débit qui sert à actionner la pompe d'injection et qui est ensuite rejetée (débit de fuite). Les matériaux utilisés pour la fabrication des pompes doivent être hautement résistants aux risques de corrosion causés par les engrais chimiques ou par l'acide nitrique : PVC, acier inoxydable, plexisglas, élastomètres fluorés, etc... En fonction de leur mode de fonctionnement, on distingue les pompes doseuses électriques, les pompes doseuses hydrauliques et les pompes doseuses hydrauliques à commande électrique. 1. Pompes doseuses électriques (.fig.13 ) Les pompes doseuses électriques sont constituées d'un moteur électrique qui entraîne soit une pompe alternative à membrane ou à piston ( fig.13 ), soit une pompe rotative, ou encore un mécanisme qui écrase périodiquement un tuyau souple. La liaison entre le moteur et la pompe à injection est généralement mécanique. Elle peut être magnétique. Il existe également des pompes électro-magnétiques constituées d'un électro-aimant commandé électroniquement, qui actionne une membrane. Elles peuvent soit injecter directement la solution fertilisante dans la canalisation principale, soit servir à préparer dans un bac une solution diluée qui est ensuite reprise par pompage. Le volume de solution fertilisante injecté peut être soit indépendant du débit principal, soit asservi à ce débit par l'intermédiaire d'un volucoinpteur émetteur d'impulsions. Dans le premier cas, la pompe est réglée pour injecter un volume v à une cadence déterminée (x coups/ininute). L'inconvénient de ce système est que, lorsque le débit dans la canalisation principale diminue, le volume de solution fertilisante injecté restant constant, la concentration de la solution finale augmente et ceci peut entraîner des risques importants d'accident pour les cultures.
  • 40. 28 Dans le second cas par contre, la pompe doseuse étant dépendante du débit principal par l'intermédiaire du volucompteur, la concentration de la solution finale sera constante quelque soit ce débit principal. L'asservissement des pompes doseuses électriques peut également se faire par la mesure d'une caractéristique physique de la solution finale ( mesure de conductivité ou du pH ). 1.1. Principe de fonctionnement Le moteur électrique (1) accouplé à un réducteur de vitesse (2) à roue et à vis, lubrifié par un bain d'huile, transmet un mouvement alternatif au piston (4) par l'intermédiaire d'un excentrique (3) à came et galet. Un ressort de rappel ( 5 ) ramène le piston vers l'arrière. Le mouvement du piston déplace une membrane (6) simple ou double. C'est en limitant la course du piston par une butée (7) que l'on règle le débit de la pompe. SORTIE DE LA SOLUTION MERE _--B0IJTCI.J DE ZEGLASE I 1 I Fig.13 : Pompe doseuse électrique à membrane simple (CEMAGREF et KNED-HA, 1990) 1.2. AvantuEes - Précision et fiabilité assurées, - Gamme de débits et de réglage très étendue, - Possibilité d'injecter plusieurs solutions simultanément grâce à un montage en parallèle de plusieurs pompes. (11 existe également pour cela des doseurs à plusieurs corps d'injection), - Possibilité d'injecter à grande distance, - Possibilité d'automatisation. 1.3. Inconvénients - Nécessité de disposer d'une alimentation électrique, donc pas d'autonomie, - Risques d'accidents dus à la présence de courant électrique.
  • 41. 29 l Engrais 1 Tube de - dengrais 1 refoulementliquide Tube d aspiration - 1Filtre d'engrais - 2. Pompes doseuse hvdruu1ique.v (jig.15) - - Echappementde ïeau motrice c r Ces pompes utilisent l'énergie hydraulique du réseau et sont donc entièrement autonomes. Elles se composent d'un distributeur, d'une partie motrice et d'une partie injectrice. Elles peuvent injecter une ou deux solutions fertilisantes. Certains modèles ont un débit constant préréglé, alors que d'autres sont utilisés en doseurs-volumétriques par l'adjonction d'un volucompteur placé sur la canalisation principale. Le débit de la pompe varie avec le débit du réseau et maintient une concentration constante en fertilisant (pompe doseuse TMB). Ceci permet de passer d'un poste à un autre poste dont le débit d'irrigation est différent mais pour lequel la concentration finale est la même. Il en existe 2 types selon le mode de montage - les pompes montées en dérivation de la conduite d'irrigation, - les pompes montées en séries sur la conduite d'irrigation, Le montage de 2 pompes hydrauliques en parallèle est à proscrire. Les pompes montées en dérivation de la conduite d'irrigation sont mues par un volume d'eau prélevé dans cette conduite et rejeté après coup ( fig. 14 ). Clapet Clapet de d'aspiration refoulement 4 motrice 1f~ Filtre Vanne ' b =Pompe T.M.B. Engrais principale Ligne d'wrlgabon -Eau d'irrigation Fig.14 : Pompe doseuse hvdraulique à membrane montée en dérivation [CEMAGREF et RNED-HA, 19901
  • 42. 30 Le nombre de va et vient par minute détermine le débit de solution injectée et peut être réglé par une vanne. Le débit injecté est réglable entre quelques litres et 300 litres par heure. Ce réglage est cependant lié à la pression de l'eau dans la conduite d'irrigation. Le démarrage et l'arrêt de la pompe peuvent être commandés par une vanne volumétrique ou par une électro-vanne placée sur l'arrivée d'eau motrice. 2.1.1. Avantages cies pompes closeuses hvclrauliques nzontées dérivation - Autonomie : pas besoin d'énergie autre que l'énergie hydraulique, - Pas de risques de surpression, - Moindre risque de surdosage accidentel car s'il y a un arrêt du courant d'eau principal, la pompe s'arrête. 2.1.2. Inconvénients cies ponzpes closeuses hvcirau1ique.s nzontées ciérivation - Volume d'eau motrice rejetée et perdue égale au double du volume de solution injectée, - fonctionnement du dispositif nécessitant une pression miniinale de 2 bars, - Gamine de débits moins importante. 2.2. Ponzms doseuses hvclrauliciuesniontées en série (Bg.1.5) Les pompes montées en série sur la conduite d'irrigation sont mues par le passage de toute l'eau de la conduite d'irrigation dans le corps de pompe. Ainsi, le débit d'injection est lié au débit de la conduite d'irrigation. Le dosage au taux d'injection, c'est-à-dire la quantité de solution fertilisante injectée par m3 d'eau d'irrigation, peut être réglée de 2 à 20 litres de solution fertilisante par in3 d'eau. 2.2.1. Avantages des pompes closeuses hvdrdiciues montées série - Autonomie de fonctionnement 2.2.2. Inconvénients cles pomiies c1oseu~se.slzvdrciuiiques montées série - Nécessité de les protéger contre les coups de bélier éventuels dans le réseau - Limitation du débit admissible sur certains modèles (dimension limitée du corps de d'irrigation, P O"Pe)
  • 43. 31 - 15 a --- Piston moteur E TIE , - -Piston de dosage t---- Solution à injecter : Montée du piston - 15 b : Descente du piston Fig.15 : Pompe hydraulique a piston - montage en série (CEMAGREF et KNED-HA, 1990)
  • 45. 33 __t Bder de contrdle Solytlon mere Pompe doseuse I- Fiiire Canalisation principale ----t -__Volucompteur Fig.17 : Asservissement d'une pompe doseuse au débit de la conduite principale (CEMAGREF et RNED-HA, 1990) Boiîer de Pompe doseuse contrôle -.t- +- - Eiectrovanne l 1 I - ~ Solytion mere Arrivée d eau Retour de contrôle 1 1 Sonde (1 Filtre Bac de meiançe -__.. / -Pompe de reprise l Fig.18 : Asservissement d'une pompe doseuse au pH et à la conductivité de la solution
  • 46. 34 5. Remarque Afin d'éviter des risques d'entraînement de particules de produits non dissoutes dans le réseau de distribution, il est recoininandé d'installer un filtre sur la canalisation principale, immédiatement à l'aval de l'injecteur, De même, afin de pallier tout retour de solution fertilisante vers l'amont des installations, il est impératif de prévoir la pose d'un clapet anti-retour à l'amont immédiat de l'injecteur Tubleam5 :Kksiirnc! des crit2re.c.de choix dii mntkriel u"ir!jectiorr - Gamme des concentration - Conditions d'installation - Utilisation sur réseau collectif - Autoinatistion - Autonomie - Nécessité de pré- parer une solution- inère DOSEUR Large gamine de prix Iinportante Assez bonne Autonomes Oui Non Limitée oui DILUEURS Large gamine de prix Importante Mauvaise Autonoines Oui Non Limitée Non POMPES DOSEUSES Large gamine de prix Importante Bonne - Autonoines - (pompes hydrauliques) - Nécessité de disposer de courant électrique (pompes électriques et pompes à asservisse- ment électriquej. Oui Oui Importante oui 6. Rénlane (Lesuompes do.seu.se.~ Soient 1 T Q V C le taux de concentration de la solution finale (g/l) le débit dans le réseau principal (I/h) le volume délivré par la pompe pour une impulsion (1 j la concentration de la solution-mère (SA) Quantité d'engrais délivrée pour une impulsion : v.c Le volume que la pompe doseuse doit débiter : V . (l/h) en n coups/h V( 1/11 ) = v , n
  • 47. 35 Quantité d'engrais apportée en 1 h PE = V.c = v.n.c PE v.n.c Q Q Tz-1- A partir de cette équation on peut déterminer : - soit n - soit v - soit c . .2.2.3. J,a solution nutritive 2.2.3.1. Définitions .La solution mère est la solution fertilisante, ou solution nutritive préparée par- dilution d'engrais soluble pour être injectée dans la conduite d'irrigation. .La solution fille est l'eau d'irrigation qui a reçu l'injection de la solution mère. Poids d'engrais dissout en g Volume d'eau de solution mère en 1 . Concentration solution inère : c (g/i) = 3 débit pompe doseuse (I/h) 3 taux d'injection : 8. .(Vin )= '"J débit conduite d'irrigation (m /h) 3 8. .en (Vin ) ou %O '"J Salinité : Sa1 (g/l) = concentration solution mère x taux d'injection ( l/m3 ou %O ) Sa1 (SA) = C(kg/l) x &j (1 /in') Il faut toujours imposer Sa1 < 4g/l 2.2.3.2. Choix des engrais Les engrais utilisés doivent être solubles, soit solides (cristallisés), soit liquides On peut employer des engrais sous formule simple ou composée
  • 48. 36 2.3. Le dispositif de filtration En micro-irrigation, la filtration de l'eau est rendue obligatoire par la petitesse des circuits hydrauliques des distributeurs. Si les ajutages calibrés tolèrent une filtration de moins de 500 microns, les goutteurs et les capillaires nécessitent une filtration plus fine atteignant 1O0 microns. Il est très rare de pouvoir disposer d'eaux d'irrigation parfaitement claires et non chargées ( cf.$ 1.5 du chapitre 2 ), d'où l'obligation de recourir à une filtration préalable. Il est nécessaire d'utiliser une eau débarrassée de ses impuretés pour limiter les risques d'obstruction du matériel. 2.3.1. Le poste de filtration Le poste de filtration doit être conçu avec le plus grand soin, afin de fournir une eau la plus propre possible, compte tenu de l'origine de l'eau et du type de distributeur.
  • 49. Origine de l'eau Eau de surface Eau souterraine Origine de l'eau Rivières, canaux, lacs collinaires Puits ou forages ou sources Nature des impuretés Argiles, limons, algues, bactéries, particules grossières Limons, sables, fer Filtration Filtre à sable Filtre à tamis + Filtre à tamis seul (si peu de limon) Filtre à sable Filtre à tamis + Option Filtre flottant Séparateur (si particules denses) Déferrisation (coût élevé) Pour une capacité de filtration donnée, on a intérêt à prévoir plusieurs petits filtres en parallèle plutôt qu'un gros filtre, car : - le lavage est d'autant plus difficile et long que le filtre est gros ; - mieux vaut laver avec de l'eau propre, provenant des autres filtres. 2.3.2. Les types de filtres Il existe plusieurs types de filtres : - les filtres grossiers de crépine, - les filtres séparateurs cyclones ou vortex ou hydrocyclones - les filtres à sables - les filtres à tamis. - les filtres à disques 2.3.2. 1. Filtres Prossiers de crépines Ils sont utilisés en préfiltration quand l'eau est pompée dans les réserves ou les cours d'eau où abondent des plantes aquatiques et/ou des algues. Il s'agit de filtres à grosse mailles (200 à 400 p) placés à l'aspiration des pompes (crépines) et souvent derrière des dégrilleurs (grilles retenant les branches, feuilles, petits animaux) et des dessableurs qui permettent après tranquillisation de l'eau de retenir les éléments les plus grossiers. Ces filtres de crépines sont en tissu métallique
  • 50. 38 Ils sont fixes ou flottant et quelque fois même autonettoyants par projection depuis l'intérieur du filtre d'un jet d'eau sous pression. POMPE SECONDAIRE TUYAU FLEXIBLE POUR NETTOYAGE Fig. 19 : Filtre - crépine autonettoyant (VERMEIREN et al, 1983) 2.3.2. 2. SéDarateurs cvclones 1. Princiw L'arrivée tangentielle de l'eau entraîne une mise en rotation de celle-ci, ce qui permet sous l'action de la force centrifuge ainsi créée, de séparer des particules plus denses que l'eau et leur accumulation à la partie inférieure de l'appareil. Une purge régulière permet d'évacuer les particules solides ainsi déposées. Un second vortex se forme dans l'axe du cyclone et remonte vers le haut, entraînant ainsi l'eau débarrassée des particules solides. Il s'agit d'un appareil simple mais dont la qualité de filtration est relative. 2. Utilisation Ce type d'appareil placé à l'entrée de la station de tête permet l'élimination des particules d'assez grosses dimensions, sable en particulier. Pour que la séparation eau/particules solides se fasse, la densité des particules doit être supérieure à celle de l'eau. Il s'agit d'une préfiltration et à la suite des séparateurs vortex on installe très souvent des filtres à sables et des filtres à tamis.
  • 51. 39 Sortie de l'eau Entrée de l'eau chargée Dépôt de particules solides denses Fig. 20 . Séparateur cyclone (CEMAGREF et RNED - HA, 1990) 2.3.2. 2. Filtres A sable 1. Principe Le filtre a sable est une cuve à pression remplie d'une épaisse couche de sable calibré, qui arrête les éléments solides en suspension dans l'eau qui la traverse. Le sable peut être roulé ou concassé. Le sable roulé d'une seule granulométrie, permet une filtration plus homogène. L'emploi de couches de sable de granulométries différentes entraîne une variation de la porosité à la suite des lavages du filtre. Les granulométries les plus couraininent utilisées correspondent à un sable de 0.7 à 1.4 mm de diamètre. Pour une bonne efficacité du filtre, on doit considérer : - une granulométrie du sable telle que la taille effective ( T.E ) ou la dimension des particules de sable soit d'environ 10fois la dimension (d) des particules à retenir. TE = 10d - un coefficient d'uniformité (CU) du sable tel que :
  • 52. 40 d60 CU = ~ 2 1 . 3 d10 - une vitesse de filtration : V < 100 m h ou 2.8 ctds - pour un même volume de sable, il est préférable d'avoir un filtre de grande section (grand diamètre). 2. Utilisation Il est indispensable pour arrêter les éléments organiques ( fig. 21 ). Un tiltre à sable est toujours suivi d'un filtre à tamis ou d'un filtre à disques. W , . . . . . F a. en fonctionnement normal - b. en phase de nettoyage Fig. 21 : Filtre à sable (CEMAGREF et RNED-HA, 1990) I II, < I Fig 22 Courbe granulométrique du sable (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
  • 53. 41 3. Entretien Le nettoyage du filtre se fait par contre-lavage. Il intervient lorsque la difference de pression entre l'entrée et la sortie est cornprise entre 0.4 et 0.7 bar. Le nettoyage du filtre se fait en inversant le sens de circulation de l'eau à travers le filtre. Pour éviter l'entraînement du sable, la vitesse de passage de l'eau en contre-lavage doit être comprise entre 50 i d h (1.4 c d s ) pour une granuloinétrie de TE = 0.6 inin et 80 idh (2.2 c d s ) pour TE = 1.1 inin. Le courant de contre-lavage doit être bien réparti à la base de la inasse filtrante. Il est conseillé de changer le sable tous les deux ans et plus fréqueinment pour des eaux chargées. 4 1 FILTRE EN LIGNE FILTRATION: -Vannes 1-2ouvertes - Vannes 3-4 fermees -Vannes 3-4 ouvertes - Vannes 1-2 fermees + CONTRE-LAVAGE. 1 FLLTRE EN DERIVATION FILTRATION: - Vannes 1-2 ouvertes -Vannes 3-4 fermees -Vannes 3-4 ouvertes -Vannes 1-2 fermees CONTRE-LAVAGE : + sens de l'écoulement de l'eau de filtration normale 2 FILTRES EN BATTERIE FILTRATION' - Vannes 1-2-3 ouvertes - Vannes 4-5 fermees - 1"'temps Vannes 2-4 ouvertes Vannes 1-3-5fermees - 2' temps Vannes 1-5 ouvertes Vannes 2-3-4fermees CONTRE-LAVAGEEN DEUX TEMPS 3 FILTRES EN BATTERIE FILTRATION' -Vannes 1-2 ouvertes -Vannes 3-4 fermees CONTRE-LAVAGE: -Vannes 3-4 ouvertes -Vannes 1-2 fermées Fig. 23 :Principe de montage des filtres à sable (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
  • 54. 42 2.3.2. 3. Filtres a tamis 1. Principe C'est une cuve à pression contenant une paroi filtrante ou tamis, en plastique ou en acier inox, dont les mailles varient de 80 a 150 microns. Les particules de dimensions supérieures à cette maille sont arrêtées par le tamis ( fig.24). On obtient une bonne filtration pour une vitesse de passage de l'eau à travers le tamis de l'ordre de 3 cids au plus Fig. 24 : Filtre a tamis (CEMAGREF et RNED-HA, 1990) Cet appareil est, en dernier ressort, l'élément de sécurité du système car il termine et fignole la filtration. La filtration jusqu'à quelques p (micron) est possible. L'inconvénient des toiles très fines est leur fragilité (déchirure et abrasion par les particules de sable et de limon). Elles ne conviennent pas pour la matière organique ou l'argile. Un filtre à tamis est défini : - d'une part par sa finesse, exprimée soit en nombre de mesh', soit en vide de maille qui est l'intervalle existant entre 2 fils contigus du tamis. En micro-irrigation, les filtres utilisés ont une finesse de filtration de 80 a 120 p. La règle est que le vide de maille ne doit pas dépasser le tiers de la plus petite dimension de la plus petite section de passage du goutteur. iioiiibre de inailles par pouce valaiit 2 3 4 ciii1
  • 55. 43 - d'autre part par sa surface nette de passage de l'eau qui est de 50% environ de la surface brute du tamis et qui est d'autant plus faible que la toile est plus fine. Quelque soit la nature du filtre, il faut qu'il soit largement dimensionné (grande surface nette de passage) pour avoir une faible vitesse de passage V < 3 cmh, ce qui améliore la qualité de la filtration et permet d'espacer les nettoyages. Lorsque les eaux sont très chargées, le filtre sera surdimensionné par rapport au débit de l'installation. 2. Montuge cles filtres ci tamis On monte soit un seul filtre, soit 2 filtres à tamis en parallèle, ce qui permet lors du nettoyage de procéder de la même façon qu'avec les filtres à sable. La présence d'un filtre à tamis à l'aval des autres dispositifs de filtration est indispensable pour arrêter les particules qui échappent au dessableur cyclone ou qui sont entraînées lors du nettoyage du filtre à sable. Toute installation de filtration comprend au moins un filtre à tamis à titre de sécurité même si l'eau paraît parfaitement propre. Le colmatage d'un système filtrant se repère par une augmentation importante de la perte de charge entre l'entrée et la sortie du filtre. Cette perte de charge se mesure par un inanomètre. 11 convient d'effectuer un nettoyage aussi fréquent que nécessaire, pour éviter qu'un colmatage complet ne diminue pas trop le débit car, à ce moment là, le régulateur de pression du réseau ne fonctionne plus et la pression statique du réseau collectif se transmet intégralement jusqu'au filtre qui peut être soit déchiré, soit écrasé, avec toutes les conséquences que cet accident entraîne au niveau des goutteurs. Le décolmatage peut être : - manuel : démontage. brossage de la toile et remontage du filtre ; - semi-automatique : certains modèles possèdent une brosse qui peut être inanoeuvrée de l'extérieur (modèles Eurofiltre - types 1O 1O, 2500, 5000, Berinad) ; - autonzatirlue : il est soit hydraulique, soit électrique. Dans le cas d'un décolmatage autoinatique hydraulique, c'est la différence de pression entre l'entrée et la sortie du filtre qui entraîne le déclenchement du processus de nettoyage. Dans le cas d'un décolmatage autoinatique électrique, cette même différence de pression provoque, par l'intermédiaire d'un pressostat la mise en route d'un moteur électrique entraînant une brosse placée à l'intérieur, du filtre et l'ouverture d'une électrovanne de purge.
  • 56. 44 Lorsque la différence de pression entre l'entrée et la sortie du filtre atteint une valeur prédéterminée, la coininande automatique envoie un signal qui déclenche le mécanisme d'auto- nettoyage. Le clapet hydraulique s'ouvre pendant une période brève et les valves de succion, tournant autour de l'axe, enlèvent le dépôt amassé sur l'élément filtrant. L'eau sale entre dans les fentes aspirantes des valves. d'où elle passe au clapet hydraulique avant de s'écouler par l'ouverture de vidange. -* des impur- Fig. 25 : Filtre à tainis Bermad à décolmatage automatique sans électricité (DITAM) 2.3.2.4. Maintenance des filtres Malgré les nettoyages des filtres, des dépôts finissent par altérer leur perméabilité au bout d'un certain temps. a. Maintenance des filtres A sable Il est conseillé de changer le sable tous les 2 ans et plus fréquemment pour des eaux On doit veiller à la qualité sable (calibré et roulé) et le laver avant utilisation. chargées.
  • 57. 45 b. Maintenance des filtres ii tamis Il faut vérifier périodiquement l'état du tamis et le changer si les mailles sont obturées ou détériorées. 2.4 - Les canalisations 2.4.1 - Le réseau de conduites principales Le réseau de conduites principales, en général enterrées est destiné à amener l'eau à la parcelle pour la répartir entre différents porte-rampes. Les conduites peuvent être en PVC (chlorure de polyvinyle) ou en PE (polyéthylène), en acier galvanisé, etc. 11 faut éviter le métal qui peut s'oxyder et libérer des impuretés qui pourraient obstruer les appareils d'arrosage (distributeurs). Pour la même raison, dans le cas d'irrigations fertilisantes, il faut recourir à des raccords en plastique et non à des raccords en métal (bronze par exemple) qui risquent de se corroder. Actuellement, l'essentiel des réseaux jusqu'au diamètre 300 min est effectué en PVC moyenne pression. Le PVC présente l'avantage de pouvoir être collé ou emboîté. Quant au polyéthylène, du fait qu'il peut être enroulé facilite son transport en grande longueur, mais il ne peut être collé et doit être soit soudé, soit inanchonné à force. Pour les tuyaux PVC de 50 inm de diamètre et plus, il est conseillé d'utiliser les joints de caoutchouc, car dans la pratique on a des déboires avec lesjoints collés en grands diamètres. Les critères de pose, et les normes sont similaires à ceux employés en adduction d'eau à la différence que l'on y admet généralement des vitesses supérieures (1.3 à 1.7d s ) . 2.4.2 - Le réseau de porte - rampes Le réseau de porte - rampes ou conduites secondaires alimentant les rampes sur un ou deux côtés. En PE ou en PVC, ils peuvent être soit enterrés, soit placés à la surface du sol. Ils peuvent être équipés de dispositifs de régulation de la pression ou du débit, de vannes, de filtres additionnels, etc. 2.4.3 - Les rampes Les rampes portant les distributeurs. Elles sont reliées au porte - rampe par des colliers de prise. Elles sont le plus souvent en PE basse et moyenne densité. Leur diamètre est compris entre IO et 30 min et elles possèdent une épaisseur de 0.8 à 1.5 min. les diamètres les plus couramment employés sont le 13/16, le 14.5/17, le 17/20 et le 22/25. On incorpore généralement au PE du noir de carbone pour protéger le tuyau de l'action des rayons ultraviolets et prévenir la prolifération d'algues à l'intérieur des rampes.
  • 58. 46 11faut noter que le PE perd une partie de ses qualités hydrauliques à la chaleur ambiante et il faut en tenir compte lors des calculs. Tableau 8 : Coefficient réduction de résistance du Polvéthylène (PE) selon la température. Température (OC) 20 25 30 35 40 Coefficient réducteur de résistance 1 o.8 0.6 0.6 0.4 En ce qui concerne la position des rampes sur la parcelle, toute les solutions existent : - - simplement posées sur le sol (cas général), enterrées avec le distributeur au dessus du sol dans le cas par exemple de récoltes mécaniques d'arbres, accrochés au premier fil de palissage ou à un fil tendu spécialement (micro-jets) dans le cas de haies fmitières ou de vignes palissées, posées d'arbre en arbre sur les charpentières, toujours de façon à dégager le sol, posées au fond d'une rigole triangulaire de faible profondeur et immobilisée par des diguettes en terre qui délimitent les biefs (système Bas-Rhône). - - - Les conduites se terminent par des dispositifs permettant de les purger et d'effectuer des chasses périodiques. Remar(iues : - Les réseaux sont généralement fixes. Les rampes munies de distributeurs ne sont pas déplacées entre les irrigations, si bien que la couverture du périmètre doit être totale. - Dans les rampes la pression de l'eau n'excède généralement pas 2 bars, sauf lorsque les distributeurs sont auto-régulants ;et dans ce cas elle peut atteindre 4 bars. 11faudra s'assurer que les tuyaux peuvent supporter cette pression.
  • 59. 47 2.5 - Les distributeurs ou émetteurs d'eau 2.5.1 - Généralités Les distributeurs constituent les organes les plus délicats dans un réseau de micro- irrigation. Ils sont réalisés en général en matières plastiques (polyéthylène (PE) et polypropylène (PP) en particulier soit selon des procédés d'extrusion à travers une filière comme les capillaires, soit surtout par injection dans un moule. Cependant, certains sont usinés en laiton comme les ajutages Bas-Rhôme. Les distributeurs doivent répondre à 3 exigences fondamentales : - - section de passage suffisante pour réduire les risques d'obstruction physique - prix faible. débit faible, uniforme et relativement constant, (matières en suspension dans l'eau) ou d'obstruction chimique (dépôts de sels), Sur le plan hydraulique, les distributeurs sont caractérisés par leur pression de service, la plage de variation de celle-ci et leur débit nominal. Parmi les distributeurs on peut distinguer 4 grandes familles : - les goutteurs - les ajutages calibrés - les gaines poreuses - les mini-dimiseurs. Quelque soit le type choisi par le projeteur, il est essentiel pour le calcul du projet de connaître les caractéristiques de fonctionnement du distributeur ( q = f(H), CVfi effet de la température, etc...). Ces données doivent être fournies par le fabricant et si possible certifiées par un organisme habilité. 2.5.2 - Les goutteurs 252.1 - Généralités Leur débit est inférieur à 12 1.h-1 sous une charge de pression de 1 bar ; ce qui permet théoriquement un écoulement "goutte à goutte'' et une infiltration immédiate, donc ponctuelle, de l'eau dans le sol. 2.5.2.2 - Classification des goutteurs Il est possible de classer les poutteurs selon les trois critères principaux suivants : - le mode de fixation sur les rampes, - le nombre de sorties, - le mode de dissipation de la pression.
  • 60. 48 a. Mode de fixation sur la raml)e 11existe 3 modes de fixation des goutteurs sur la rampe : -les goutteurs en dérivation, -les goutteurs en ligne, -les goutteurs intégrés. (1.1. Les goutteurs nzontés en clériiwtion Les goutteurs montés en dérivation (goutteur latéraux) sont fixés sur la rampe par l'intermédiaire d'un embout appelé "tête de vipère'' et sont traversés uniquement par le débit de distribution. Le montage en dérivation des goutteurs sur la rampe s'effectue soit sur le terrain (ce qui donne l'avantage de les placer exactement aux endroits souhaités), soit en usine. Uri inconvénient de ce type de montage réside cependant dans le fait que les goutteurs faisant saillir peuvent gêner l'enroulement des rampes ou éventuellement s'en détacher lors des manipulations et des déplacements. Ils sont donc surtout envisagés dans l'irrigation de cultures pérennes où les rampes ne sont pas déplacées. Dans certains cas, notamment quand la rampe est enterrée, on peut placer les goutteurs à l'extrémité d'un prolongateur vertical. Ce type de fixation est très coûteux et n'est utilisé que lorsque les goutteurs sont suffisamment espacés ou pour des exigences de facilité culturale. Tête de vipère Y- Fig. 26 : Montage en dérivation d'un goutteur (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
  • 61. 49 (1.2.Les goutteurs montés en lime Constitués de 2 éléments assemblés en usine, ils s'insèrent dans la rampe par l'intermédiaire de 2 embouts cannelés. Ce montage est effectué, après tronçonnage de la rampe, à des intervalles différents selon les cultures auxquelles sont destinées les installations : écartement 0.30 in à 2.5 m (CEMAGREF et RNED-HA, 1990). Ils sont traversés par la totalité du débit aval de la rampe, ce qui peut occasionner des pertes de charge singulière non négligeables. Les rampes munies de goûteurs en ligne sont faciles à enrouler et à déplacer, ce qui est un avantage précieux pour les cultures annuelles. Toutefois, l'écartement des goutteurs étant imposé à la fabrication, il y a peu de souplesse d'utilisation. Embouts cannelés - Rampe 1 Fig. 27 : Montage- d'un goutteur en liane (CEMAGREF et RNED-HA, 1990) a3. Les goutteurs intézrés Ils sont incorporés dans les rampes lors de la fabrication (extrusion) de celles-ci. La rampe (tuyau) n'est pas tronçonnée et différents écartements entre les goutteurs sont proposés par les fabricants. Il est à remarquer que la plupart des goutteurs intégrés sont de fait des goutteurs en ligne. Fig. 28 : Goutteur intégré (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
  • 62. 50 b. Nombre de sorties Les goutteurs peuvent comporter une ou plusieurs sorties. Les goutteurs à sorties multiples alimentent plusieurs points de distribution au moyen de petits tubes de prolongation (0.2 à 2 in de long) qui conduisent l'eau à l'endroit désiré. Ils sont surtout utilisés pour les cultures pérennes (arbres fmitiers, notamment) qui présentent une grande extension du système radiculaire et dont les besoins en eau sont importants. L'emploi des goutteurs à sortie multiple permet de réduire le nombre total de goutteurs et la densité de rampes, ce qui diminue le coût des réseaux. Ces goutteurs présentent des débits totaux relativement importants (20 à 50 1 h-l) et possèdent des diamètres de l'orifice principal compris entre 1.5 et 2.5 min, ce qui limite les risques de colmatage. Fig. 29 : Goutteur à sorties multiples (OLLIER CH. ; POIREE M., 1991) c. Mode de dissipation de la pression La pression de l'eau dans la rampe est consommée par le passage de l'eau à travers le goutteur. 11 existe 3 catégories de goutteurs d'après le fonctionnement hydraulique (VERMEIREN et al, 1983) : - ceux qui sont basés sur une perte de charge le long d'un chetninement de petit diamètre ;ils sont dits goutteurs ii circuit long ; - ceux qui sont constitués essentiellement par un petit orifice de section réduite à travers lequel la pression à l'amont est transformé en vitesse aux pertes de charges près. Ils sont dits goutteurs ii circuit court (type orifice) ; - ceux qui dissipent la pression par l'action d'un vortex mais qui en fait sont aussi des goutteurs i circuit court.
  • 63. c.1. Goutteurs ci circuit long Dans ce type de distributeurs, l'eau suit un cheminement grande longueur (0.1 à 1 in) et de section réduite (0.5 à 1.5 mm). qui provoque la dissipation de la pression sous forme de perte de charge. 11 existe des goutteurs a circuit long uniforme et ceux à circuit long non uniforme. c.1.1. G'outteursii circuit long uniforme La section de passage de l'eau est constante tout le long du cheminement ; les pertes de charges sont dues aux frottements de l'eau le long des parois du goutteur. i. ïnpillnires ou microtubes La perte de charge est provoquée par le Cheminement de l'eau dans un capillaire de 0.5 à 1 min de diamètre intérieur et de longueur variable selon la pression que l'on veut dissiper. On peut ajuster cette longueur de sorte à obtenir des débits constants tout au long de la rampe. L'une des extrémités du capillaire est taillé en biseau et est enfoncée de quelques cin dans la rampe. L'autre extrémité n'étant pas munie d'un brise-jet, l'eau s'échappe généralement sous forme de mini-jet. tuyau capillaireJ Fig. 30 : Goutteur à tube capillaire (MERMOUD. A., 1995) ii. Goutteurs ci circuit long incorpore Lorsque par exemple la longueur des capillaires est trop importante, les microtubes deviennent encombrantes et l'on peut y remédier en recourant à ce que l'on appelle goutteurs à circuit incorporé. Certains sont en ligne, d'autres sont latéraux. Ils peuvent comporter un Cheminement en hélice ou en spirale, qui permet de dissiper la pression. Leur régime d'écoulement est presque toujours sub-laminaire.
  • 64.
  • 65. Les goutteurs à géométrie fixe sont incapables de délivrer un débit constant quand la pression fluctue notablement. En outre ils sont incapables de s'auto-nettoyer. Pour remédier à la tendance qu'ont les petits orifices à se boucher, les fabricants ont mis au point des goutteurs auto-nettoyants. Ce sont des goutteurs à géométrie variable dans lesquels chaque arrosage coininence et finit par une phase de purge. A basse pression, l'eau coule librement, ce qui nettoie l'orifice, et, lorsque la pression augmente à un niveau donné, un dispositif (un disque. une bille ou un ressort) vient fermer l'orifice. Certains goutteurs auto-purgeur délivrent un débit constant sur une gamme étendue de pressions. Ce sont des goutteurs Ci compensation de pression ou goutteurs compensk,s ou goutteurs nuto-réguimts. Dans le modèle de la figure 37, quand la pièce en plastique dans laquelle est gravé le circuit à cheminement en spirale est appliquée contre le disque flexible de régulation, l'eau est obligée de couler dans la spirale et il en résulte une certaine perte de charge. Au fùr et à mesure que la pression augmente, le circuit en spirale est pressé contre le disque flexible qui en se déformant, pénètre dans la rainure, ce qui réduit la section de passage de l'eau et accroît les pertes de charge qui viennent équilibrer l'auginentation de la pression. Aux basses pressions, quand l'arrosage commence ou s'arrête, le circuit en spirale et disque flexible sont écartés l'un de l'autre, ce qui permet à une partie de l'eau de passer à côté du cheminement provoquant ainsi une action de purge. Un problème fréquemment rencontré avec ce genre de goutteurs est la déformation du disque flexible par vieillissement, ce qui peut entraîner des modifications du débit délivré. r -réglage débit Fig. 32 . Goutteur à pipette réglable (OLLIER, CH. , POIREE, M., 1983)
  • 66. 54 Fig. 33 : Goutteur en ligne à chetninetnent en hélice (VERMEIREN et al, 1983) f-r J - r 4 Fig. 34 : Goutteur en dérivation à cheminement en hélice (VERMEIREN et al, 1983) t Fig. 35 : Goutteur en dérivation à cheminement en spirale (VERMEIREN et al, 1983)
  • 67. Fiç. 36 : Goutteur en dérivation à cheminement en pas de vis (VERMEIREN et al, 1983) BOUTON POUSSOIR PERMETTANT DE DECOLLER LE CHEMINEMENT SPIRALE DU DISQUE FLEXIBLE POUR PURGER CHAPEAU DISQUE FLEXIBLE 4 CHEMI NEMENT SPIRALE CORPS OREILLES D'ACCROCHAGE SUR LA RAMPE EMBOUT CANNELE DE FIXATION A LA RAMPE Fiç. 37 : Goutteur à circuit long à compensation de pression (VERMEIREN et al, 1983)
  • 68. 56 c.1.2. Goutteurs ci circuit long non uniforme ou goutteurs ci circuit long et effet de turbulence Dans ce type de goutteurs (dits à chicanes ou à labyrinthe), l'eau est soumise à des changements brusques de direction qui provoquent des effets de turbulence venant s'ajouter aux frottements contre les parois pour dissiper la charge. Fig. 38 : Goutteurs à chicanes en dérivation et en ligne (CEMAGREF et RNED -HA, 1990) Fig. 39 : Goutteur labyrinthe en liane (VERMEIREN et al, 1983) c.2. Goutteurs ci circuit court (type orifice) Ils sont dits également goutteurs ci orifice.Dans cette catégorie de goutteurs, l'eau passe par un orifice calibré de section réduite. Ainsi, la pression existant dans la rainpe est transformée en vitesse et l'eau sort sous forme d'unjet très fin qui doit être brisé. Les goutteurs de cette catégorie sont très sensibles à l'obstruction en raison du diamètre réduit des orifices.
  • 69. 57 i. Gainesperforées simples Les gaines perforées sont constituées de tuyaux en plastique qui assurent à la fois le transport et la distribution de l'eau. La distribution de l'eau est réalisée grâce à de nombreux petits trous pratiqués le long du tuyau. L'inconvénient de ce système réside dans la mauvaise uniformité de la distribution de l'eau du fait, d'une part, de la dificulté à réaliser exactement tous les trous avec le même diamètre et, d'autre part, de la variation de la pression dans la gaine due à la perte de charge. Compte tenu de cet inconvénient, on limite l'utilisation des gaines à des longueurs 5 60 m. Une solution de supprimer cet inconvénient a été de proposer la gnineperfurée cfuuhle(cf. 5 c3.ii ) Q Fig. 38 : Gaine perforée simple (OLLIER, CH. ;POIREE, M., 1983) ii. Ajutages calibrés Parmi les autres dispositifs imaginés pour résoudre les dificultés d'uniformité de distribution rencontrées avec les gaines perforées, se trouvent les distributeurs constitués d'un ajutage calibré, à géométrie fixe, inséré dans la rampe (VERMEIREN, L., et al, 1983). L'eau sort d'abord sous forme d'un jet qui, ensuite, est brisé par un déflecteur pour obtenir des gouttes. 39 a (CEMAGREF et RNED-HA, 1990)
  • 70. 58 - 39 b (VERMEIREN et al, 1993) Fig. 39 : Coupes d'ajutages; iii. Goutteurs ci circuit court auto-régulants Leur principe de fonctionnement est identique à celui des goutteurs à circuit long auto- régulant à la différence de circuit près. Fig. 40 : Goutteur à orifice autoprugeur à compensation de pression (VERMEIREN et al, 1983)
  • 71. 59 iiii. Goutteurs vortex C'est un goutteur à double orifice. C'est en fait un type particulier L,C goutteur à circuit court dans lequel l'eau pénètre tangentiellement dans une cylindre. Le mouvement rapide de rotation qui en résulte (tourbillon ou vortex) provoque une forte perte de charge, si bien que le diamètre de l'orifice d'entrée peut être sensiblement plus élevé que dans le cas d'un simple goutteur à orifice. L'eau est ensuite obligée de sortir à grande vitesse par un second orifice situé dans l'axe de la chambre, avant d'être interceptée par un brise jet. SORTI E ENTREE TANGENTIELLE A - A ENTREE TANGENT IE L L E SORTIE ~ AXIALE Fig. 41 : Goutteur vortex (VERMEIREN et al, 1983) c.3. Autres twes de ditributeurs i. Orifice de grand diamètre avec brisejet Le système Bas-Rhône mis au point par la CNABL (compagnie nationale d'ainénagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc) est constitué de larges ajutages (1.2 à 2.1 min de diamètre) fixés en dérivation sur la rampe à intervalles réguliers (2.5 à 6.5 in) et recouverts d'un manchon brise-jet. Le régime d'écoulement dans ce type de ditributeurs est pratiqueinent toujours turbulent. Leur débit est de l'ordre de 35 à 100 l.h-1 sous une charge de pression de 1 bar
  • 72. 60 - - ' 3,5m m l I Grâce à leur brise-jet, l'eau s'écoule sans pression sur le sol inais ne peut s'infiltrer ponctuellement. Elle s'écoule et s'infiltre sur une certaine surface, aménagée en général sous forme de dépression où elle peut être stockée temporairement. Dans le procédé Bas-Rhône, cette dépression est constituée par un bief ainénagé dans une rigole de section triangulaire et de faible profondeur au fond de laquelle est maintenue la rampe. ORIFICE CALIBRE 4 MANCHON BRISE - JET l l PETIT BARRAGE RAMPE O R I F I C E ET BRISE- JET VUE EN PLAN VUE DE PROFIL Fig. 42 : Procédé Bas-Rhône (VERMEIREN et al, 1983)
  • 73. 61 ii. Gainesperforées doubles C'est dans le but d'améliorer les performances des gaines perforées simples que les fabricants ont mis au point des gaines perforées doubles. Elles ont permis de : - de réduire les problèmes d'obstruction, - d'améliorer l'uniformité de la distribution de l'eau. Les gaines perforées doubles sont constituées de 2 tuyaux accolés et l'une dite gaine d'entrée de section plus importante sert au transport de l'eau et alimente par des orifices internes (orifices d'entrée) une gaine secondaire qui laisse s'écouler l'eau par des orifices externes (orifice de sortie) de petit diamètre. La gaine secondaire ou gaine de répartition ou distribution est munie d'orifices de sortie de diamètre 0.5 à 0.75 mm. Le passage de l'eau de la gaine de transport vers la gaine de répartition est assurée par des orifices d'entrée. Le rapport du nombre d'orifices de sortie au nombre d'orifice d'entrée est de 4 à 10, et l'espacement des orifices d'entrée de 0.5 à 3.6 in, suivant les caractéristiques du sol, étant entendu qu'une densité plus grande est recommandée en sol de faible diffusivité latérale si l'on désire humidifier une bande continue. La pression dans la gaine d'entrée peut varier de 0.5 à 2 bars, alors que la pression dans la gaine de répartition est réduite à environ 0.05 bar. Le débit d'un orifice d'entrée étant réparti entre 4 à 10 orifices de sortie, le débit de ces derniers est notablement réduit. Ce type de distributeur n'est pas adapté aux terrains accidentés car du fait de faiblesse des pressions on ne pourra pas assurer l'uniformité des débits. GAINE DE REPARTITION GAINE DE TRANSPORT Fig. 43 : Principe de la gaine double (VERMEIREN et al, 1983)
  • 74. 62 iii. Les gaines ou rampes poreuses ou tubesporeux Ces gaines étant en général enterrées, elles font partie des systèmes d'irrigation souterraine. iiii. Les mini-diffuseurs On y retrouve les types "inicro-jet" d'Afrique du Sud ou MAMTAZ 7700 israélien et les "spitters" ou "cracheurs" des U.S.A. Ils fonctionnent comme de petits asperseurs statiques ne couvrant qu'une partie de la surface, ou voisinage des arbres (il s'agit en effet de technique d'irrigation particulières aux vergers, du moins aux cultures arbustives). Placés à environ 0.30 à 0.50 m au-dessus du sol, ils pulvérisent l'eau sous forme de tache. Leur débit varie plus couramment de 20 à 60 1.h-1 sous une pression de 1 bar [CEMAGREF et RNED - HA, 19901. Toutefois, certains mini-diffuseurs auto régulants délivrent des débits pouvant atteindre 120 1.h-l sous des charges de pression situées entre 1 et 6 bars. Les mini-diffuseurs sont constitués d'une base comportant un orifice calibré, au travers duquel l'eau passe sous forme de jet, et d'une tête formant déflecteur, sur laquelle le jet vient se briser. Les portées desjets sont limitées à 1 ou 2 in. La forme des surfaces varie selon le type de tête utilisée ( fig. 44 ) uOrifice de passage de l'eau 9 Fig. 44 : Schéma éclaté d'un inini-dimiseur. (CEMAGREF et RENED-HA, 1990)