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n° 29 - mars 2005




     ERUS 2005,
      un succès
    pour Genève




                                              !%,23-)%'44%5,6"7+/+,8'%55%9:5/-;3'),<-$%5=,2>%& 6*,?@./5+%A%-+ 6%,4"/2+'3-,)32'/4%,%+ 6%,4/
                                              )/-+@,(?#BB1,%)+ /22*%'44',./5,C D,8>'4'..%,E/))%$5/'-,%+ 4%,?5 E>/54%)9F%-5G,H32>/+D

mot du directeur


PRINTEMPS MÉDIATIQUE
Partenaire de l’organisation du Symposium euro-
péen d’urologie robotisée (ERUS 2005), les 24 et
25 février 2005, la Clinique Générale-Beaulieu a
bénéficié d’un joli coup de projecteur des médias,
en particulier du quotidien !"#$%&' et des télévi-
sions locales régionales, tant genevoise que fran-
çaise. Le titre de !"#$%&' (édition du 28 février
2005, page 14) est intéressant: «La Clinique                                                   SOMMAIRE N°29
Beaulieu opère certains patients à distance».

Ce titre nous inspire deux réflexions. La première,                                Mot du directeur                            1-2
évidente, c’est qu’en ce début du XXIe siècle les                                  Dossier: ERUS 2005                          3-6
progrès de la médecine et des technologies inhé-
rentes aux soins chirurgicaux constituent encore et                                Politique de la santé: rencontre
toujours l’un des centres d’intérêt qui fascinent                                  avec M. Jean-Marc Guinchard                 7-8
journalistes et grand public.                                                      Conseil d’administration:
                                   ()*'+%,%-,./$%,01                               interview de M. Claude Hauser             9 - 10
2   mot du directeur




                                !"#$%&'(&')* +*,&'-.

La médecine, tout comme l’infiniment grand ou
l’infiniment petit en physique, n’a pas épuisé son
lot de surprises et son potentiel de progrès.
Ce Symposium ERUS 2005, qui comprenait plu-
sieurs démonstrations de techniques opératoires à
l’aide du robot Da Vinci®, en direct de notre cli-
nique, l’a démontré de manière spectaculaire, en
présence d’un public de médecins et spécialistes
venus du monde entier.

Nous sommes particulièrement reconnaissant aux
médecins Charles-Henry Rochat, Jean Sauvain et
Georges-Antoine de Boccard, tous médecins uro-
logues agréés à la Clinique Générale-Beaulieu et
responsables du programme scientifique de ce
symposium, de l’énergie et du travail déployés.
Nos remerciements s’adressent aussi à toute
l’équipe d’organisation et, bien entendu à nos par-
tenaires, la Société Médicale de Beaulieu, la
Fondation genevoise pour la formation et la
recherche médicales ainsi que l’entreprise Intuitive
Surgical, tout comme aux sponsors et aux autori-
tés genevoises, représentées par le conseiller
d’Etat et chef du Département de l’action sociale
et de la santé, Monsieur Pierre-François Unger.
Un grand merci à tous.

La seconde réflexion, à la veille du démarrage de
notre campagne de publicité qui égaiera la ville de
Genève, mais aussi le tram 12 des TPG au cours
de ces prochains mois, tient à ce nom repris par
/01,&2$3 «Clinique Beaulieu». Certes, le nom com-
plet de «Clinique Générale-Beaulieu» est un peu
long pour un titre de journal. Mais ce raccourci est
aussi un clin d’œil, en ce printemps 2005: il nous
rappelle que la notoriété ne se construit pas en un
jour. Elle nécessite une attention de tous les ins-
tants qui se traduit, en priorité, par nos pro-
grammes rigoureux de qualité, d’accueil et de soin
à la clientèle, tout comme par le développement
de notre offre médicale. Le robot Da Vinci® est l’un
des éléments de cette offre aux côtés, entre
autres, de notre Institut de Médecine Nucléaire et,
bientôt, de notre tout nouveau Centre de procréa-
tion médicalement assistée.
«Beaulieu», «Générale-Beaulieu», «CGB»: ce prin-
temps 2005 est, définitivement, riche puisqu’il
souligne le dynamisme d’une entreprise et de ses
collaborateurs.

                     PHILIPPE CASSEGRAIN,   DIRECTEUR
3                 le dossier                   ERUS 2005 - !"#$%!&'#                          (')%$*(+
                                               ,-')%.%/&( )%0%1&!*(
                                               .(! 23 (1 24 5*6)&() 2774




Révolution chirurgicale en direct



LA   CLINIQUE GÉNÉRALE-BEAULIEU   (CGB),   EN PARTENARIAT AVEC LA SOCIÉTÉ
MÉDICALE DE BEAULIEU (SMB) ET THE GENEVA FOUNDATION FOR MEDICAL EDU-
CATION AND RESEARCH    (GFMER),   AVEC LA COLLABORATION DE LA SOCIÉTÉ
INTUITIVE SURGICAL, A ORGANISÉ LES 24 ET 25 FÉVRIER À GENÈVE, UN SYM-
POSIUM EUROPÉEN D'UROLOGIE ROBOTISÉE (ERUS 2005) AVEC DES RETRANS-
MISSIONS D'INTERVENTIONS EFFECTUÉES À LA GÉNÉRALE-BEAULIEU ET DIFFU-
SÉES À L'AUDITOIRE LOUIS-JEANTET. DEUX JOURNÉES INTENSES, DE HAUT
NIVEAU, SOUS LE PILOTAGE SCIENTIFIQUE DES DRS CHARLES-HENRY ROCHAT,
JEAN SAUVAIN ET GEORGES-ANTOINE DE BOCCARD, TOUS TROIS CHIRURGIENS-
UROLOGUES ET SPÉCIALISTES DE LA LAPAROSCOPIE ROBOTISÉE AU CENTRE PLU-
RIDISCIPLINAIRE DE LA CLINIQUE GÉNÉRALE-BEAULIEU. LE COMITÉ D’ORGANISA-
TION ÉTAIT COMPLÉTÉ DU DIRECTEUR DE LA CLINIQUE, PHILIPPE CASSEGRAIN, DE
NIGEL RIGG (POUR INTUITIVE SURGICAL) ET DU PROFESSEUR ALDO CAMPANA,
PRÉSIDENT DE LA GFMER.




                       Les autorités genevoises ont saisi la portée de      sée, avec l’appui de la GFMER (en français:
                       l’événement: le chef du Département de l’ac-         Fondation Genevoise pour la Formation et la
                       tion sociale et de la santé, le conseiller d’Etat    Recherche Médicales), et en ont livré les prin-
                       Pierre-François Unger, avait fait le déplacement     cipes généraux dans un document figurant en
                       pour saluer ces hôtes de Genève et de la             bonne place dans l’imposante documentation
                       Clinique Générale-Beaulieu, en provenance du         remise aux participants. Ce document affirme,
                       monde entier (voir extraits du discours de M.        en substance (texte original anglais):
                       Unger en page 4).
                                                                            N la volonté de réunir dans ce groupe les
                                                                            centres urologiques disposant en Europe de la
                       Si le robot Da Vinci , développé par la société
                                              ®

                                                                            technologie opératoire robotisée (du type
                       américaine Intuitive Surgical, a bien entendu
                                                                            Système Da Vinci) afin de comparer leurs expé-
                       été au cœur de l’intérêt des médecins et spé-
                                                                            riences et de réunir le matériel existant pour
                       cialistes réunis durant deux jours à l’auditoire
                                                                            une étude de cas généralisée;
                       Louis-Jeantet, ne serait-ce qu’en raison des
                       séances d’opération réalisées «en direct» de la
                       Clinique Générale-Beaulieu et retransmises sur
                       un grand écran, la volonté d’échanges et l’ob-
                       jectif déclaré des organisateurs de constituer
                       un groupe de travail européen pour assurer le
                       suivi d’ERUS 2005 ont aussi été salués.

                       CRÉATION D’UN GROUPE EUROPÉEN
                       D’UROLOGIE ROBOTISÉE
                       Les Drs Charles-Henry Rochat (Genève), Xavier
                       Cathelineau (Paris) et Thierry Piéchaud
                       (Bordeaux), ont cosigné un appel à la constitu-
                       tion d’un Groupe européen d’urologie roboti-
le dossier                           4




                                                     CONFÉRENCIERS ET MODÉRATEURS

                                                     Dr James Peabody, Henry Ford Hospital,
                                                     Detroit, Etats-Unis.
                                                     Prof. Arnaud Villers, Centre Hospitalier
                                                     Universitaire, Lille, France.
                                                     Dr Xavier Cathelineau, Institut Mutualiste
                                                     Montsouris, Paris, France.
                                                     Dr Alexandre Mottrie, Hospital Onze Lieve
                                                     Vrouw Aalst, Belgique.
                                                     Dr Thierry Piéchaud, Clinique Saint
                                                     Augustin, Bordeaux, France.
                                                     Dr Pierre Dubernard, Centre Lyonnais
                                                     d’Urologie Bellecour, Lyon, France.
N de formaliser la création de ce groupe à l’oc-
                                                     Prof. Jacques Hubert, Centre Hospitalier
casion du Symposium d’urologie robotisée à           Universitaire, Nancy, France.
Genève (24-25 février 2005);                         M. Ryan Rhodes, Intuitive Surgical,
N de créer un bureau spécifique à cette              Sunnyvale, Etats-Unis.
recherche et analyse de cas à la suite de la créa-   Dr Timothy Wilson, City of Hope National
tion du groupe;                                      Medical Center, Duarte, Etats-Unis.
N de localiser ce bureau et ses activités à          Prof. Peter Wiklund, Karolinska Hospital,
Genève, à l’intérieur de la GFMER;                   Stockholm, Suède.
N de proposer un protocole destiné à formaliser      Dr Hubert John, Zurich University Hospital,
l’étude clinique des opérations destinées à trai-    Suisse.
ter le cancer de la prostate au moyen de la pros-    Dr Aldo Campana, GFMER,
tatectomie laparoscopique robotisée;                 Genève, Suisse.
N de présenter, lors d’ERUS 2005, une série de       Dr Charles-Henry Rochat, Clinique
critères appropriés à la sélection des patients      Générale-Beaulieu, Genève, Suisse.
en vue de cette étude de cas;                        Dr Jean Sauvain, Clinique
N de suivre la réalisation de cette étude, en col-   Générale-Beaulieu, Genève, Suisse.
laboration avec la GFMER, en temps réel grâce        Dr Dominique Weintraub, Clinique
à l’utilisation d’une base de données accessible     Générale-Beaulieu, Genève, Suisse.
sur l’internet;                                      M. Philippe Cassegrain, Clinique
N d’organiser les meetings nécessaires;              Générale-Beaulieu, Genève, Suisse.
N de faire bénéficier le Groupe européen d’uro-
logie robotisée des infrastructures et presta-
tions de la GFMER.
5   le dossier

                                                            EXTRAITS DU DISCOURS
                                                            DU CONSEILLER D’ETAT
                                                            PIERRE-FRANÇOIS UNGER

                                                            «Si Dieu ne s’est jamais pris pour un chirurgien,
                                                            l’inverse n’a pas toujours été vrai. La robotique
                                                            me semble être un exercice d’humilité étant
                                                            donné que les gestes effectués à l’intérieur du
                                                            patient se font par l’intermédiaire d’un micro-
                                                            manipulateur qui est plus adroit, plus précis que
                                                            le plus talentueux des opérateurs. J’ai compris
                                                            que depuis sa console de commande, le chirur-
                                                            gien devenait instantanément ambidextre et
                                                            travaillait dans le confort le plus total assis dans
                                                            un fauteuil. […] Lors de ce symposium, cinq
                                                            équipes européennes vont présenter leurs tra-
                                                            vaux, et l’on devrait assister à la naissance
                                                            d’une base européenne, voir internationale, de
                                                            recueil de données. Il est rare, en médecine, de
                                                            parler le même langage, en analysant les
                                                            mêmes éléments et en évaluant les résultats
                                                            auprès des patients de la même façon. C’est
                                                            une belle occasion qui vous est donnée de
                                                            prouver que des médecins et différents centres
                                                            peuvent s’entendre entre eux en collaborant à
                                                            une base de données et en exposant la qualité
                                                            de leur travail.»




      OPÉRATIONS «LIVE»:
      PROUESSE TECHNIQUE
      Les deux journées ont été ponctuées d’inter-
      ventions reflétant l’état de la pratique de la chi-
      rurgie laparoscopique robotisée et de démons-
      trations, conduites notamment par les Drs
      Charles-Henry Rochat et Jean Sauvain. Quatre
      opérations ont été présentées «live», commen-
      tées en direct par des médecins-modérateurs
      et permettant à l’assistance de poser ses ques-
      tions tant au chirurgien en train d’opérer qu’au
      modérateur. La prouesse technique a d’ailleurs
      été unanimement saluée.

      Les exposés, très documentés et provoquant
      de nombreuses questions, étaient disponibles
      dans la documentation fournie aux participants
      et regroupée dans un classeur au titre évoca-
      teur: «ERUS 2005: Surgical Protocol. Launching
      the European Data Base.» Parmi les présenta-
      tions effectuées, relevons celle présentant le
      «Projet Da Vinci à la Clinique Générale-
      Beaulieu» et effectuée par Philippe Cassegrain,
      directeur de la clinique (voir encadré).
      Parmi les animations proposées par les spon-
      sors et présentes au sein de l’auditoire Louis-
      Jeantet, la présence d’un robot Da Vinci® - que
      l’on pouvait essayer… en faisant un exercice de
le dossier                          6
                                                      «ABOUT US»

                                                      Philippe Cassegrain, directeur de la Clinique
                                                      Générale-Beaulieu, a exposé la portée et l’im-
                                                      portance du Centre pluridisciplinaire de chirur-
                                                      gie laparoscopique robotisée, depuis la décision
                                                      fin 2003 d’acquérir le robot Da Vinci®. Plus
                                                      d’une centaine d’opérations ont été réalisées
                                                      en une année dans les diverses spécialités (cf.
                                                      +:$-3 ;6)%-/% n° 28, décembre 2004). Il a égale-
                                                      ment présenté la clinique, en anglais, en
                                                      quelques termes concis, qu’il est intéressant de
                                                      rappeler ici.
couture - a suscité tant l’intérêt des participants
que celui des représentants des médias pré-           N The Clinique Générale-Beaulieu was founded
sents, dont les télévisions régionales !"#$%          in August 1899.
&'()*+"'",-.-/% et +01*2 /%34&'$%5 ainsi que le       N We are a multi-discipline acute care clinic with
quotidien économique !678(9- (compte-rendu
                                                      130 beds spread over 6 care units.
paru dans l’édition du lundi 28 février 2005). Un
                                                      N The technique facilities consist of an opera-
exercice de couture qui par ailleurs contrastait
                                                      ting block with 8 operating theatres and a reco-
agréablement avec les images, saisissantes, de
                                                      very room.
l’activité du robot en cours d’opération sur un
                                                      N The maternity unit includes 3 delivery rooms.
patient bien réel.
                                                      N The Clinique has an Institute of Radiology

REMERCIEMENTS                                         complete with magnetic resonance, scanner,
Succès scientifique et technique, mais aussi          ultrasound, mammography, conventional X-ray
organisationnel, le Symposium ERUS 2005 doit          tables and interventional radiology room.
                                                      N In April 2004 we opened an Institute of
également son succès au comité d’organisa-
tion, aux sponsors de la manifestation, mais          Nuclear Medicine, equipped to carry out scinti-
aussi au personnel de la Clinique Générale-           graphic examinations, PET tomographic exami-
Beaulieu ainsi qu’aux collaborateurs et collabo-      nations with the aid of PET-CT, bone densito-
ratrices des partenaires et médecins mobili-          metry examinations and isotopic treatments.
sé(e)s pour l’occasion. Malgré les courants d’air     N We work with two independent laboratories
et le froid, les sourires de tout le personnel        which are based in a building immediately adja-
d’accueil ont réchauffé l’atmosphère et fait hon-     cent to the Clinique: Unilabs for all medical ana-
neur à Genève, ville hôte de cette manifestation      lyses and Laboratoire Weintraub for pathology,
d’envergure internationale. Qu’ils et qu’elles en     histology and cytology.
soient ici remercié(e)s.                              N There is also a centre for physiotherapy and
                                                      rehabilitation within the Clinique’s premises.
Outre les moments de détente à la cafétéria et        N The Clinique’s full range of medical facilities
au déjeuner, la soirée «jazz» aux Halles de l’Ile     allows the practice of a lot of different surgery
a été très appréciée. Les participants qui            disciplines, medicines and obstetrics. We also
s’étaient inscrits au week-end de découverte          have a Sports Medicine Unit.
de la haute montagne organisé à leur attention        N 45 medical consultancies covering all specia-
ont achevé leur séjour genevois par une décou-        lisations are situated within the Clinique’s medi-
verte du Mont-Blanc. C’est dire si ERUS 2005          cal complex.
restera, à plus d’un titre, dans les mémoires de      N 387 employees work at the Clinique; this cor-
tous les acteurs de ce symposium.                     responds to the equivalent of 349 full-time
                                                      staff.
                                                      N In 2004, we received almost 6,000 in-
                                                      patients. (365 clinic patients and 822 out-
                                                      patients for a total of 7,109 patients).
                                                      N The in-patients generated more or less
                                                      31,600 patient-days,
                                                      N Which represents an average stay of 5.34
                                                      days.
                                                      N 565 babies were born at the Clinique
                                                      Générale-Beaulieu in 2004.
7       politique santé                        FUTURE LOI SANITAIRE DU CANTON DE GENÈVE




Jean-Marc Guinchard:
«un travail remarquable»



DIRECTEUR DE LA DGS (DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SANTÉ, RATTACHÉE AU
DÉPARTEMENT DE L’ACTION SOCIALE ET DE LA SANTÉ, DASS), JEAN-MARC              POUR UN «ETAT-GARANT»
GUINCHARD NOUS COMMENTE LA PORTÉE DE LA NOUVELLE LOI-CADRE SUR
LA SANTÉ QUI EST ACTUELLEMENT À L’EXAMEN AU SEIN DE LA COMMISSION             Jean-Marc Guinchard, en sa qualité d’ancien
DE LA SANTÉ DU GRAND CONSEIL. LE      «PL 9328» COMPTE 146   ARTICLES. LA     secrétaire général de l’Association des
LOI RÉSULTE D’UN LONG TRAVAIL DE CONSULTATION QUI A RÉUNI TOUS LES            médecins de Genève, est un fin connaisseur
ACTEURS IMPLIQUÉS. ELLE DÉPOUSSIÈRE L’ACTUEL INSTRUMENT LÉGISLATIF,           des relations entre le secteur privé et le sec-
MAIS AUSSI, ELLE PLACE   «L’ÊTRE   HUMAIN» AU CŒUR DU DISPOSITIF DE LA        teur public. Il livre, pour !"#$% '()*$+*,
SANTÉ, TANT PRIVÉ QUE PUBLIC, ET DOTE NOTRE CANTON D’UN TEXTE                 quelques réflexions à ce sujet:
NOVATEUR POUR L’ENSEMBLE DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ.
                                                                              «La Direction générale de la santé que je
                                                                              dirige ne chapeaute pas les hôpitaux publics,
                                                                              qui relèvent de la responsabilité de la
                                                                              Présidence du DASS. Outre les EMS, nous
                                                                              nous occupons de planification médico-
                         , +*-$.)"& /)$*01#"'2& 3+)4.56*+)-& *+)-& 3"70$6     sociale ainsi que de l’ensemble des profes-
                         -."&8.-&0+*%+)"-&3"$*0$3#)9&'.&8# :)%)".&;+$&-#*$6   sionnels de la santé, y compris les profes-
                         %#$".&')&<#*%+*&'.&/.*=4.>                           sions paramédicales. Genève conserve des
                                                                              spécificités et des traditions que l’on ne
                         JEAN-MARC GUINCHARD: «Cette loi-cadre résulte        retrouve pas dans les autres cantons. Mon
                         d’une réflexion et d’un travail approfondis sur      rôle est aussi d’assurer la surveillance d’ex-
                         quatre projets de loi: la Loi sur la santé, la Loi   ploitation des établissements.
                         sur la commission de surveillance, la Loi sur la
                         privation de liberté à des fins d’assistance et
                                                                              En ce sens, après 23 ans d’activité profes-
                         enfin la Loi sur les HUG. Cette réforme du droit
                                                                              sionnelle dans le secteur privé, je ne me
                         sanitaire cantonal a pour objectif principal d’of-
                                                                              considère pas comme “étatiste“ mais plutôt
                         frir une ligne politique claire, en convergence
                                                                              comme “légaliste“. J’aime faire la différen-
                         avec les droits cantonaux existants, et de sépa-
                                                                              ce entre un “Etat-garant“ et un “Etat-
                         rer les notions de santé et de soins. L’aspect
                                                                              gérant“. En outre, on ne peut pas tout dis-
                         novateur de la nouvelle loi est notamment de
                         placer l’être humain au cœur du dispositif et        tinguer en fonction de l’étiquette privée ou
                         d’aborder la planification sanitaire selon sa tra-   publique. Ce dont nous avons besoin, c’est
                         jectoire de vie.»                                    d’un débat sur la collaboration inter-cantona-
                                                                              le en ce qui concerne la médecine. Il faut
                         <+??.*% )*.& 8+$& '()*.& %.88.& $?3+"%#*0.& -.       tenir compte du bassin de population.
                         0+*@+$%6.88.>
                                                                              On est extrêmement gâté si l’on prend ce
                         JEAN-MARC GUINCHARD: «Elle a fait l’objet d’un       critère comme moyen de comparaison, et
                         travail méticuleux au sein d’une commission          cela sans compter le secteur privé. Il est cer-
                         extra-parlementaire réunissant une vingtaine de      tain que les hôpitaux publics doivent aussi
                         personnes, dont des représentants des partis         pouvoir suivre des cas intéressants et donc
                         politiques et de l’Etat, des médecins et des         être associés à l’ensemble des progrès de la
                         patients. Des lignes fortes et originales ont été    médecine. Il ne faut pas concevoir les rela-
                         inspirées des objectifs de législature du            tions entre les deux secteurs de manière
                         conseiller d’Etat Pierre-François Unger, chef du     manichéenne.»
politique santé                       8



Département de l’action sociale et de la santé
                                                       PORTRAIT-EXPRESS
(DASS). Cette commission doit beaucoup au
Professeur Olivier Guillod qui en assumait l’ac-       DE JEAN-MARC GUINCHARD
compagnement juridique, et qui est considéré
comme un “pape“ du droit de la santé en                Né en 1954, Jean-Marc Guinchard est titu-
Suisse. La commission s’est réunie à raison            laire d’une licence de droit. Après avoir exer-
d’une fois par mois pendant dix-huit mois et a         cé divers postes à responsabilité à la
été présidée par Pierre-Antoine Grobet, direc-         Fédération des syndi-
teur de cabinet auprès du DASS. Elle a fait
                                                       cats patronaux à
œuvre de législateur dans le sens où les quatre
projets de loi cités ont fait l’objet d’une procé-     Genève, il a occupé
dure de consultation, décidée par le Conseil           durant         plusieurs
d’Etat en décembre 2003. Cette procédure a             années le poste de
commencé en janvier 2004 et s’est achevée en           secrétaire général de
mars 2004. Plus de 70 institutions et organisa-        l’Association        des
tions, cantonales et fédérales, ont été consul-        médecins de Genève.
tées. Un questionnaire a été adressé à tous les
milieux intéressés et 58 réponses ont été ren-
dues dont deux émanaient de personnes pri-             En janvier 2004, il a été nommé par le
vées, car le texte était accessible via internet.      Conseil d’Etat comme responsable de pro-
L’ensemble du projet a été remis au Conseil            jets auprès de la Présidence et au
d’Etat en juin 2004 puis soumis au Grand               Secrétariat général de l’action sociale et de
Conseil qui l’a renvoyé en commission au mois          la santé. Il dirige la Direction générale de la
de septembre, à l’exception de la Loi sur les
                                                       santé depuis août 2004.
HUG qui n’a pas fait l’objet d’une présentation
au Conseil d’Etat et au Grand Conseil. La pro-
cédure, dans son ensemble, a été un exemple
de transparence et un gros travail de synthèse.       tionnement du système de santé, doit trouver
Ce sont donc les trois premières lois qui consti-     une réponse équitable et quasi immédiate. Il
tuent aujourd’hui le projet de nouvelle Loi sani-     s’agissait d’éliminer les doutes et les incerti-
taire. La procédure de consultation n’a pas sou-      tudes. A l’avenir, la qualité de partie sera don-
levé de contestations majeures.»                      née au patient qui pourra ainsi connaître l’évo-
                                                      lution de sa plainte. Autre nouveauté égale-
!"#$%&'$"#() *"#() +,-(%*.%,) /0 *"#$%//%) /"1) 2%    ment: le droit des patients est clairement défi-
30*14,%)(#551*5.%6                                    ni, avec une mise en égalité des patients soma-
                                                      tiques et des patients psychiatriques. On a tenu
JEAN-MARC GUINCHARD: «La Loi sur la santé est         compte des expériences des autres cantons.
originale à plus d’un titre. Elle place l’être        Enfin, le fait de disposer d’un seul texte ou loi-
humain au centre et considère que la problé-          cadre en facilitera la lecture et donnera un
matique de la santé doit graviter autour de lui.      accès plus clair à l’ensemble des acteurs, pro-
Elle démarre donc dès la période pré-natale           fessionnels de la santé mais aussi patients. On
pour s’étendre jusqu’au décès, à travers notam-       parle de “santé“ et non de “soins“ dans la nou-
ment les soins palliatifs. Certaines dispositions     velle loi qui contient aussi des éléments nova-
en matière de don d’organe devront encore être        teurs en matière de prévention et de promotion
modifiées pour tenir compte du droit fédéral.         de la santé.»
Parmi les nouveautés: de trois commissions de
surveillance, la nouvelle Loi sanitaire n’en pré-     7%..%)/"1)801(01. %*5",%)2-80#. 9 :%*4$%6
voit plus qu’une. On enlève ainsi le “soupçon“
d’une différence de traitement entre le secteur       JEAN-MARC GUINCHARD: «Chronologiquement,
privé et le secteur public. La nouvelle loi voit la   Genève était le dernier canton romand à réfor-
création d’un médiateur, fonction que le              mer sa Loi sanitaire. Mais, avec le projet tel que
Président Pierre-François Unger a voulue. Ce          conçu et défini aujourd’hui, notre canton va
rôle s’inspire du constat que quelqu’un qui a         reprendre un rôle novateur du fait de son origi-
souffert, en raison par exemple d’un dysfonc-         nalité et de ses ambitions.»
9                  interview                MONSIEUR CLAUDE HAUSER, PRÉSIDENT
                                            DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA CGB




«Nous devons anticiper l’évolution
du système de santé en Suisse»



LE   CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA GÉNÉRALE-BEAULIEU HOLDING SA,
QUI CONTRÔLE LA SOCIÉTÉ D’EXPLOITATION DE LA CLINIQUE AINSI QUE LA
SOCIÉTÉ IMMOBILIÈRE GÉNÉRALE-BEAULIEU SA, PRÉSENTE LA PARTICULARI-
TÉ QUE MÉDECINS ET NON-MÉDECINS Y COHABITENT AVEC SUCCÈS. LE CAPI-
TAL-ACTIONS DE LA CLINIQUE EST DÉTENU POUR PRÈS DE 50% PAR DES
REPRÉSENTANTS DU CORPS MÉDICAL. CETTE FORTE IDENTIFICATION, SELON
CLAUDE HAUSER, PRÉSIDENT DU CONSEIL, EXPLIQUE LE DYNAMISME ET L’ES-
PRIT NOVATEUR DE L’ÉTABLISSEMENT.




                       Personnalité genevoise bien connue, Claude           précis, le contrôle budgétaire. Le conseil d’ad-
                       Hauser, ex-directeur de Migros Genève à qui          ministration qui compte en son sein des com-
                       l’on doit, notamment, les expansions en terri-       missions permanentes chargées d’analyser les
                       toire français, a été réélu en 2004, pour un man-    dossiers confie, par délégation, les tâches opé-
                       dat de quatre ans, à la présidence de                rationnelles à la direction. Avec Philippe
                       l’Administration du numéro un helvétique du          Cassegrain, le management de la Clinique
                       commerce de détail. Ce golfeur émérite, âgé de       Générale-Beaulieu est entre de très bonnes
                       62 ans, livre à !"#$% '()*$+* sa perception du       mains.»
                       fonctionnement de la Clinique Générale-
                       Beaulieu.                                            :).22.&./% 6+%".&5."0.5%$+*&'.&2# /$%)#%$+*&'.&2#
                                                                            /#*%1& .*& ;)$//.& .% < 7.*=6.& .*& 5#"%$0)2$."
                       ,+--.*% /.& 0#"#0%1"$/.& 2.& 0+*/.$2& '(#'-$*$/3     '.5)$/&2($*%"+')0%$+*&'.&!#"> .'9
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                       71*1"#2.38.#)2$.)9                                   CLAUDE HAUSER: «La politique de la santé en
                                                                            Suisse nous interpelle tous. Elle nous laisse
                       CLAUDE HAUSER: «Avant toute chose, je relèverai      entrevoir un avenir plus difficile et nous devons
                       la sagesse des fondateurs de la Clinique             nous préparer aux changements qui s’annon-
                       Générale-Beaulieu qui ont composé le conseil         cent. Vu la spirale de hausse des cotisations de
                       d’administration pour moitié par des médecins        l’assurance maladie, le nombre de ménages
                       et pour moitié par des non-médecins. Cette par-      bénéficiant d’assurances complémentaires
                       ticularité permet notamment de conserver une         diminue régulièrement. TarMed exerce une
                       certaine objectivité et participe à la saine ges-    pression énorme sur les cliniques privées et
                       tion de l’entreprise. En tant que président non-     rend presque impossible la prise en charge des
                       médecin de ce conseil, je m’assure en priorité       cas ambulatoires par le privé. N’oublions pas
                       que l’entreprise soit gérée de manière rigoureu-     que le secteur hospitalier public, subventionné
                       se et professionnelle. Le conseil d’administra-      aux deux tiers, constitue un concurrent contre
                       tion gère l’entreprise dans l’intérêt des action-    lequel il n’est pas impossible de lutter à armes
                       naires et dispose, pour cela, des instruments        égales. Dans le débat politique actuel, l’évolu-
                       appropriés. Je citerai la comptabilité analytique,   tion des coûts de la santé laisse entrevoir une
                       les états financiers extrêmement complets et         modification du contenu de l’assurance de base
interview                         10



  MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

  Dr ARROYO Jesus-F.                                 Dr SAUVAIN Jean - Vice-Président
  Me BOLSTERLI François                              M. STAHLER Luc Alain
  Mme BROLLIET Sophie                                M. STEPCZYNSKI Marian
  M. BRUNSCHWIG Nicolas
  Dr FRIEDRICH Rolf
  Dr GUMENER Raphaël                                 Participent aux séances:
  M. HAUSER Claude - Président                       Dr DELLA SANTA René - Membre d’honneur
  Prof. MONTANDON Denys                              Dr SCHWIEGER Ian - Médecin répondant
  Dr RACLOZ Yves - Secrétaire                        M. CASSEGRAIN Philippe - Directeur




ce qui devrait entraîner une diversification des        par une hausse progressive des cotisations
assurances complémentaires et permettre,                pour les assurés. Une médecine de base de
ainsi, de mieux valoriser les choix individuels.        qualité restera accessible à des conditions
De toutes les cliniques genevoises, la Clinique         avantageuses pour chacun, c’est incontestable.
Générale-Beaulieu est celle qui anticipe le             Par contre, libre choix du médecin, accès à cer-
mieux cette évolution et qui dispose, aujour-           taines thérapies, confort hôtelier, etc. consti-
d’hui, d’une marge de manœuvre suffisante               tuent des options offertes par la médecine pri-
pour réussir.»                                          vée que doivent couvrir partiellement ou en
                                                        totalité les assurances complémentaires. Cela
!"#$%& %'()*& +,-./%-0#()*& $#%& 1)'")%& +,-%#()%       implique évidemment cohabitation d’une
2#&$1 3$/(/4"#&5-(-,1$#67#1"$/#"&#) 4"#$&,#81,2         médecine publique et privée, c’est-à-dire une
+',)#96:'"%&%",&%#%&;#%'/(%&<")",%=                     médecine à plusieurs vitesses. Dans une socié-
                                                        té libérale comme la nôtre, il est légitime que
CLAUDE HAUSER: «La Clinique Générale-Beaulieu           l’individu puisse rester libre de ses choix de
est un complexe magnifique qui offre non seu-           consommation. Effectivement, les ménages
lement le meilleur confort aux patients mais            décident déjà de la part du revenu qu’ils affec-
encore un outil de travail hautement perfection-        tent au logement, à la nourriture, aux vête-
né pour les médecins exerçant dans le secteur           ments, à la voiture, aux loisirs, etc. Dès lors,
privé. Les chirurgiens y trouvent un “plateau           pourquoi restreindre leur liberté en matière de
technique“ qui est à la pointe de la technologie        santé?»
médicale. Grâce à des investissements consé-
quents, au bon moment, la clinique a fait preu-         C'",& .'(.$",#*& 4"#$& %'">1/) #B+,/0#,/#96:'"%
ve de vision: il suffit d’évoquer l’Institut de         4"1() A $?1:#(/,& 2#& $1 3$/(/4"#& 5-(-,1$#6
Médecine Nucléaire, le robot Da Vinci® ou enco-         7#1"$/#"=
re, prochainement, la nouvelle Maternité et le
Centre de procréation médicalement assistée             CLAUDE HAUSER: «Le succès d’une entreprise
pour s’en convaincre.»                                  repose essentiellement sur les femmes et les
                                                        hommes qui l’animent. Mon souhait est que la
3'00#() ,-18/%%#96:'"%*& %1.>1() $?1))#()/'(            Clinique Générale-Beaulieu puisse poursuivre
4"#&:'"%&+',)#9*&.'00#&+1),'(&2#&$1 @ /8,'%*&A          sa trajectoire actuelle avec un personnel qui a
$1 +,';$-01)/4"#& 2#%& +,/B*& A $1 .,1/()#& 2#& :'/,    du plaisir à y travailler, des médecins entière-
.'>1;/)#,&"(#&0-2#./(#&A 2#"B&'"&A +$"%/#",%            ment satisfaits des prestations qui y sont
:/)#%%#%=                                               offertes et des patients qui se sentent privilé-
                                                        giés d’y être hospitalisés. Ainsi, avec une poli-
CLAUDE HAUSER: «Depuis quelques années, les             tique d’investissements judicieuse, la Clinique
coûts de la santé explosent en Suisse. En fait, il      Générale-Beaulieu s’imposera au cours des pro-
s’agit davantage d’un problème social, à savoir         chaines années comme la référence à Genève
la surconsommation en soins médicaux. De                et dans la région.»
plus, une diminution des subventions se traduit

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ERUS 2005, symposium européen d'urologie robotisée

  • 1. n° 29 - mars 2005 ERUS 2005, un succès pour Genève !%,23-)%'44%5,6"7+/+,8'%55%9:5/-;3'),<-$%5=,2>%& 6*,?@./5+%A%-+ 6%,4"/2+'3-,)32'/4%,%+ 6%,4/ )/-+@,(?#BB1,%)+ /22*%'44',./5,C D,8>'4'..%,E/))%$5/'-,%+ 4%,?5 E>/54%)9F%-5G,H32>/+D mot du directeur PRINTEMPS MÉDIATIQUE Partenaire de l’organisation du Symposium euro- péen d’urologie robotisée (ERUS 2005), les 24 et 25 février 2005, la Clinique Générale-Beaulieu a bénéficié d’un joli coup de projecteur des médias, en particulier du quotidien !"#$%&' et des télévi- sions locales régionales, tant genevoise que fran- çaise. Le titre de !"#$%&' (édition du 28 février 2005, page 14) est intéressant: «La Clinique SOMMAIRE N°29 Beaulieu opère certains patients à distance». Ce titre nous inspire deux réflexions. La première, Mot du directeur 1-2 évidente, c’est qu’en ce début du XXIe siècle les Dossier: ERUS 2005 3-6 progrès de la médecine et des technologies inhé- rentes aux soins chirurgicaux constituent encore et Politique de la santé: rencontre toujours l’un des centres d’intérêt qui fascinent avec M. Jean-Marc Guinchard 7-8 journalistes et grand public. Conseil d’administration: ()*'+%,%-,./$%,01 interview de M. Claude Hauser 9 - 10
  • 2. 2 mot du directeur !"#$%&'(&')* +*,&'-. La médecine, tout comme l’infiniment grand ou l’infiniment petit en physique, n’a pas épuisé son lot de surprises et son potentiel de progrès. Ce Symposium ERUS 2005, qui comprenait plu- sieurs démonstrations de techniques opératoires à l’aide du robot Da Vinci®, en direct de notre cli- nique, l’a démontré de manière spectaculaire, en présence d’un public de médecins et spécialistes venus du monde entier. Nous sommes particulièrement reconnaissant aux médecins Charles-Henry Rochat, Jean Sauvain et Georges-Antoine de Boccard, tous médecins uro- logues agréés à la Clinique Générale-Beaulieu et responsables du programme scientifique de ce symposium, de l’énergie et du travail déployés. Nos remerciements s’adressent aussi à toute l’équipe d’organisation et, bien entendu à nos par- tenaires, la Société Médicale de Beaulieu, la Fondation genevoise pour la formation et la recherche médicales ainsi que l’entreprise Intuitive Surgical, tout comme aux sponsors et aux autori- tés genevoises, représentées par le conseiller d’Etat et chef du Département de l’action sociale et de la santé, Monsieur Pierre-François Unger. Un grand merci à tous. La seconde réflexion, à la veille du démarrage de notre campagne de publicité qui égaiera la ville de Genève, mais aussi le tram 12 des TPG au cours de ces prochains mois, tient à ce nom repris par /01,&2$3 «Clinique Beaulieu». Certes, le nom com- plet de «Clinique Générale-Beaulieu» est un peu long pour un titre de journal. Mais ce raccourci est aussi un clin d’œil, en ce printemps 2005: il nous rappelle que la notoriété ne se construit pas en un jour. Elle nécessite une attention de tous les ins- tants qui se traduit, en priorité, par nos pro- grammes rigoureux de qualité, d’accueil et de soin à la clientèle, tout comme par le développement de notre offre médicale. Le robot Da Vinci® est l’un des éléments de cette offre aux côtés, entre autres, de notre Institut de Médecine Nucléaire et, bientôt, de notre tout nouveau Centre de procréa- tion médicalement assistée. «Beaulieu», «Générale-Beaulieu», «CGB»: ce prin- temps 2005 est, définitivement, riche puisqu’il souligne le dynamisme d’une entreprise et de ses collaborateurs. PHILIPPE CASSEGRAIN, DIRECTEUR
  • 3. 3 le dossier ERUS 2005 - !"#$%!&'# (')%$*(+ ,-')%.%/&( )%0%1&!*( .(! 23 (1 24 5*6)&() 2774 Révolution chirurgicale en direct LA CLINIQUE GÉNÉRALE-BEAULIEU (CGB), EN PARTENARIAT AVEC LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE BEAULIEU (SMB) ET THE GENEVA FOUNDATION FOR MEDICAL EDU- CATION AND RESEARCH (GFMER), AVEC LA COLLABORATION DE LA SOCIÉTÉ INTUITIVE SURGICAL, A ORGANISÉ LES 24 ET 25 FÉVRIER À GENÈVE, UN SYM- POSIUM EUROPÉEN D'UROLOGIE ROBOTISÉE (ERUS 2005) AVEC DES RETRANS- MISSIONS D'INTERVENTIONS EFFECTUÉES À LA GÉNÉRALE-BEAULIEU ET DIFFU- SÉES À L'AUDITOIRE LOUIS-JEANTET. DEUX JOURNÉES INTENSES, DE HAUT NIVEAU, SOUS LE PILOTAGE SCIENTIFIQUE DES DRS CHARLES-HENRY ROCHAT, JEAN SAUVAIN ET GEORGES-ANTOINE DE BOCCARD, TOUS TROIS CHIRURGIENS- UROLOGUES ET SPÉCIALISTES DE LA LAPAROSCOPIE ROBOTISÉE AU CENTRE PLU- RIDISCIPLINAIRE DE LA CLINIQUE GÉNÉRALE-BEAULIEU. LE COMITÉ D’ORGANISA- TION ÉTAIT COMPLÉTÉ DU DIRECTEUR DE LA CLINIQUE, PHILIPPE CASSEGRAIN, DE NIGEL RIGG (POUR INTUITIVE SURGICAL) ET DU PROFESSEUR ALDO CAMPANA, PRÉSIDENT DE LA GFMER. Les autorités genevoises ont saisi la portée de sée, avec l’appui de la GFMER (en français: l’événement: le chef du Département de l’ac- Fondation Genevoise pour la Formation et la tion sociale et de la santé, le conseiller d’Etat Recherche Médicales), et en ont livré les prin- Pierre-François Unger, avait fait le déplacement cipes généraux dans un document figurant en pour saluer ces hôtes de Genève et de la bonne place dans l’imposante documentation Clinique Générale-Beaulieu, en provenance du remise aux participants. Ce document affirme, monde entier (voir extraits du discours de M. en substance (texte original anglais): Unger en page 4). N la volonté de réunir dans ce groupe les centres urologiques disposant en Europe de la Si le robot Da Vinci , développé par la société ® technologie opératoire robotisée (du type américaine Intuitive Surgical, a bien entendu Système Da Vinci) afin de comparer leurs expé- été au cœur de l’intérêt des médecins et spé- riences et de réunir le matériel existant pour cialistes réunis durant deux jours à l’auditoire une étude de cas généralisée; Louis-Jeantet, ne serait-ce qu’en raison des séances d’opération réalisées «en direct» de la Clinique Générale-Beaulieu et retransmises sur un grand écran, la volonté d’échanges et l’ob- jectif déclaré des organisateurs de constituer un groupe de travail européen pour assurer le suivi d’ERUS 2005 ont aussi été salués. CRÉATION D’UN GROUPE EUROPÉEN D’UROLOGIE ROBOTISÉE Les Drs Charles-Henry Rochat (Genève), Xavier Cathelineau (Paris) et Thierry Piéchaud (Bordeaux), ont cosigné un appel à la constitu- tion d’un Groupe européen d’urologie roboti-
  • 4. le dossier 4 CONFÉRENCIERS ET MODÉRATEURS Dr James Peabody, Henry Ford Hospital, Detroit, Etats-Unis. Prof. Arnaud Villers, Centre Hospitalier Universitaire, Lille, France. Dr Xavier Cathelineau, Institut Mutualiste Montsouris, Paris, France. Dr Alexandre Mottrie, Hospital Onze Lieve Vrouw Aalst, Belgique. Dr Thierry Piéchaud, Clinique Saint Augustin, Bordeaux, France. Dr Pierre Dubernard, Centre Lyonnais d’Urologie Bellecour, Lyon, France. N de formaliser la création de ce groupe à l’oc- Prof. Jacques Hubert, Centre Hospitalier casion du Symposium d’urologie robotisée à Universitaire, Nancy, France. Genève (24-25 février 2005); M. Ryan Rhodes, Intuitive Surgical, N de créer un bureau spécifique à cette Sunnyvale, Etats-Unis. recherche et analyse de cas à la suite de la créa- Dr Timothy Wilson, City of Hope National tion du groupe; Medical Center, Duarte, Etats-Unis. N de localiser ce bureau et ses activités à Prof. Peter Wiklund, Karolinska Hospital, Genève, à l’intérieur de la GFMER; Stockholm, Suède. N de proposer un protocole destiné à formaliser Dr Hubert John, Zurich University Hospital, l’étude clinique des opérations destinées à trai- Suisse. ter le cancer de la prostate au moyen de la pros- Dr Aldo Campana, GFMER, tatectomie laparoscopique robotisée; Genève, Suisse. N de présenter, lors d’ERUS 2005, une série de Dr Charles-Henry Rochat, Clinique critères appropriés à la sélection des patients Générale-Beaulieu, Genève, Suisse. en vue de cette étude de cas; Dr Jean Sauvain, Clinique N de suivre la réalisation de cette étude, en col- Générale-Beaulieu, Genève, Suisse. laboration avec la GFMER, en temps réel grâce Dr Dominique Weintraub, Clinique à l’utilisation d’une base de données accessible Générale-Beaulieu, Genève, Suisse. sur l’internet; M. Philippe Cassegrain, Clinique N d’organiser les meetings nécessaires; Générale-Beaulieu, Genève, Suisse. N de faire bénéficier le Groupe européen d’uro- logie robotisée des infrastructures et presta- tions de la GFMER.
  • 5. 5 le dossier EXTRAITS DU DISCOURS DU CONSEILLER D’ETAT PIERRE-FRANÇOIS UNGER «Si Dieu ne s’est jamais pris pour un chirurgien, l’inverse n’a pas toujours été vrai. La robotique me semble être un exercice d’humilité étant donné que les gestes effectués à l’intérieur du patient se font par l’intermédiaire d’un micro- manipulateur qui est plus adroit, plus précis que le plus talentueux des opérateurs. J’ai compris que depuis sa console de commande, le chirur- gien devenait instantanément ambidextre et travaillait dans le confort le plus total assis dans un fauteuil. […] Lors de ce symposium, cinq équipes européennes vont présenter leurs tra- vaux, et l’on devrait assister à la naissance d’une base européenne, voir internationale, de recueil de données. Il est rare, en médecine, de parler le même langage, en analysant les mêmes éléments et en évaluant les résultats auprès des patients de la même façon. C’est une belle occasion qui vous est donnée de prouver que des médecins et différents centres peuvent s’entendre entre eux en collaborant à une base de données et en exposant la qualité de leur travail.» OPÉRATIONS «LIVE»: PROUESSE TECHNIQUE Les deux journées ont été ponctuées d’inter- ventions reflétant l’état de la pratique de la chi- rurgie laparoscopique robotisée et de démons- trations, conduites notamment par les Drs Charles-Henry Rochat et Jean Sauvain. Quatre opérations ont été présentées «live», commen- tées en direct par des médecins-modérateurs et permettant à l’assistance de poser ses ques- tions tant au chirurgien en train d’opérer qu’au modérateur. La prouesse technique a d’ailleurs été unanimement saluée. Les exposés, très documentés et provoquant de nombreuses questions, étaient disponibles dans la documentation fournie aux participants et regroupée dans un classeur au titre évoca- teur: «ERUS 2005: Surgical Protocol. Launching the European Data Base.» Parmi les présenta- tions effectuées, relevons celle présentant le «Projet Da Vinci à la Clinique Générale- Beaulieu» et effectuée par Philippe Cassegrain, directeur de la clinique (voir encadré). Parmi les animations proposées par les spon- sors et présentes au sein de l’auditoire Louis- Jeantet, la présence d’un robot Da Vinci® - que l’on pouvait essayer… en faisant un exercice de
  • 6. le dossier 6 «ABOUT US» Philippe Cassegrain, directeur de la Clinique Générale-Beaulieu, a exposé la portée et l’im- portance du Centre pluridisciplinaire de chirur- gie laparoscopique robotisée, depuis la décision fin 2003 d’acquérir le robot Da Vinci®. Plus d’une centaine d’opérations ont été réalisées en une année dans les diverses spécialités (cf. +:$-3 ;6)%-/% n° 28, décembre 2004). Il a égale- ment présenté la clinique, en anglais, en quelques termes concis, qu’il est intéressant de rappeler ici. couture - a suscité tant l’intérêt des participants que celui des représentants des médias pré- N The Clinique Générale-Beaulieu was founded sents, dont les télévisions régionales !"#$% in August 1899. &'()*+"'",-.-/% et +01*2 /%34&'$%5 ainsi que le N We are a multi-discipline acute care clinic with quotidien économique !678(9- (compte-rendu 130 beds spread over 6 care units. paru dans l’édition du lundi 28 février 2005). Un N The technique facilities consist of an opera- exercice de couture qui par ailleurs contrastait ting block with 8 operating theatres and a reco- agréablement avec les images, saisissantes, de very room. l’activité du robot en cours d’opération sur un N The maternity unit includes 3 delivery rooms. patient bien réel. N The Clinique has an Institute of Radiology REMERCIEMENTS complete with magnetic resonance, scanner, Succès scientifique et technique, mais aussi ultrasound, mammography, conventional X-ray organisationnel, le Symposium ERUS 2005 doit tables and interventional radiology room. N In April 2004 we opened an Institute of également son succès au comité d’organisa- tion, aux sponsors de la manifestation, mais Nuclear Medicine, equipped to carry out scinti- aussi au personnel de la Clinique Générale- graphic examinations, PET tomographic exami- Beaulieu ainsi qu’aux collaborateurs et collabo- nations with the aid of PET-CT, bone densito- ratrices des partenaires et médecins mobili- metry examinations and isotopic treatments. sé(e)s pour l’occasion. Malgré les courants d’air N We work with two independent laboratories et le froid, les sourires de tout le personnel which are based in a building immediately adja- d’accueil ont réchauffé l’atmosphère et fait hon- cent to the Clinique: Unilabs for all medical ana- neur à Genève, ville hôte de cette manifestation lyses and Laboratoire Weintraub for pathology, d’envergure internationale. Qu’ils et qu’elles en histology and cytology. soient ici remercié(e)s. N There is also a centre for physiotherapy and rehabilitation within the Clinique’s premises. Outre les moments de détente à la cafétéria et N The Clinique’s full range of medical facilities au déjeuner, la soirée «jazz» aux Halles de l’Ile allows the practice of a lot of different surgery a été très appréciée. Les participants qui disciplines, medicines and obstetrics. We also s’étaient inscrits au week-end de découverte have a Sports Medicine Unit. de la haute montagne organisé à leur attention N 45 medical consultancies covering all specia- ont achevé leur séjour genevois par une décou- lisations are situated within the Clinique’s medi- verte du Mont-Blanc. C’est dire si ERUS 2005 cal complex. restera, à plus d’un titre, dans les mémoires de N 387 employees work at the Clinique; this cor- tous les acteurs de ce symposium. responds to the equivalent of 349 full-time staff. N In 2004, we received almost 6,000 in- patients. (365 clinic patients and 822 out- patients for a total of 7,109 patients). N The in-patients generated more or less 31,600 patient-days, N Which represents an average stay of 5.34 days. N 565 babies were born at the Clinique Générale-Beaulieu in 2004.
  • 7. 7 politique santé FUTURE LOI SANITAIRE DU CANTON DE GENÈVE Jean-Marc Guinchard: «un travail remarquable» DIRECTEUR DE LA DGS (DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SANTÉ, RATTACHÉE AU DÉPARTEMENT DE L’ACTION SOCIALE ET DE LA SANTÉ, DASS), JEAN-MARC POUR UN «ETAT-GARANT» GUINCHARD NOUS COMMENTE LA PORTÉE DE LA NOUVELLE LOI-CADRE SUR LA SANTÉ QUI EST ACTUELLEMENT À L’EXAMEN AU SEIN DE LA COMMISSION Jean-Marc Guinchard, en sa qualité d’ancien DE LA SANTÉ DU GRAND CONSEIL. LE «PL 9328» COMPTE 146 ARTICLES. LA secrétaire général de l’Association des LOI RÉSULTE D’UN LONG TRAVAIL DE CONSULTATION QUI A RÉUNI TOUS LES médecins de Genève, est un fin connaisseur ACTEURS IMPLIQUÉS. ELLE DÉPOUSSIÈRE L’ACTUEL INSTRUMENT LÉGISLATIF, des relations entre le secteur privé et le sec- MAIS AUSSI, ELLE PLACE «L’ÊTRE HUMAIN» AU CŒUR DU DISPOSITIF DE LA teur public. Il livre, pour !"#$% '()*$+*, SANTÉ, TANT PRIVÉ QUE PUBLIC, ET DOTE NOTRE CANTON D’UN TEXTE quelques réflexions à ce sujet: NOVATEUR POUR L’ENSEMBLE DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ. «La Direction générale de la santé que je dirige ne chapeaute pas les hôpitaux publics, qui relèvent de la responsabilité de la Présidence du DASS. Outre les EMS, nous nous occupons de planification médico- , +*-$.)"& /)$*01#"'2& 3+)4.56*+)-& *+)-& 3"70$6 sociale ainsi que de l’ensemble des profes- -."&8.-&0+*%+)"-&3"$*0$3#)9&'.&8# :)%)".&;+$&-#*$6 sionnels de la santé, y compris les profes- %#$".&')&<#*%+*&'.&/.*=4.> sions paramédicales. Genève conserve des spécificités et des traditions que l’on ne JEAN-MARC GUINCHARD: «Cette loi-cadre résulte retrouve pas dans les autres cantons. Mon d’une réflexion et d’un travail approfondis sur rôle est aussi d’assurer la surveillance d’ex- quatre projets de loi: la Loi sur la santé, la Loi ploitation des établissements. sur la commission de surveillance, la Loi sur la privation de liberté à des fins d’assistance et En ce sens, après 23 ans d’activité profes- enfin la Loi sur les HUG. Cette réforme du droit sionnelle dans le secteur privé, je ne me sanitaire cantonal a pour objectif principal d’of- considère pas comme “étatiste“ mais plutôt frir une ligne politique claire, en convergence comme “légaliste“. J’aime faire la différen- avec les droits cantonaux existants, et de sépa- ce entre un “Etat-garant“ et un “Etat- rer les notions de santé et de soins. L’aspect gérant“. En outre, on ne peut pas tout dis- novateur de la nouvelle loi est notamment de placer l’être humain au cœur du dispositif et tinguer en fonction de l’étiquette privée ou d’aborder la planification sanitaire selon sa tra- publique. Ce dont nous avons besoin, c’est jectoire de vie.» d’un débat sur la collaboration inter-cantona- le en ce qui concerne la médecine. Il faut <+??.*% )*.& 8+$& '()*.& %.88.& $?3+"%#*0.& -. tenir compte du bassin de population. 0+*@+$%6.88.> On est extrêmement gâté si l’on prend ce JEAN-MARC GUINCHARD: «Elle a fait l’objet d’un critère comme moyen de comparaison, et travail méticuleux au sein d’une commission cela sans compter le secteur privé. Il est cer- extra-parlementaire réunissant une vingtaine de tain que les hôpitaux publics doivent aussi personnes, dont des représentants des partis pouvoir suivre des cas intéressants et donc politiques et de l’Etat, des médecins et des être associés à l’ensemble des progrès de la patients. Des lignes fortes et originales ont été médecine. Il ne faut pas concevoir les rela- inspirées des objectifs de législature du tions entre les deux secteurs de manière conseiller d’Etat Pierre-François Unger, chef du manichéenne.»
  • 8. politique santé 8 Département de l’action sociale et de la santé PORTRAIT-EXPRESS (DASS). Cette commission doit beaucoup au Professeur Olivier Guillod qui en assumait l’ac- DE JEAN-MARC GUINCHARD compagnement juridique, et qui est considéré comme un “pape“ du droit de la santé en Né en 1954, Jean-Marc Guinchard est titu- Suisse. La commission s’est réunie à raison laire d’une licence de droit. Après avoir exer- d’une fois par mois pendant dix-huit mois et a cé divers postes à responsabilité à la été présidée par Pierre-Antoine Grobet, direc- Fédération des syndi- teur de cabinet auprès du DASS. Elle a fait cats patronaux à œuvre de législateur dans le sens où les quatre projets de loi cités ont fait l’objet d’une procé- Genève, il a occupé dure de consultation, décidée par le Conseil durant plusieurs d’Etat en décembre 2003. Cette procédure a années le poste de commencé en janvier 2004 et s’est achevée en secrétaire général de mars 2004. Plus de 70 institutions et organisa- l’Association des tions, cantonales et fédérales, ont été consul- médecins de Genève. tées. Un questionnaire a été adressé à tous les milieux intéressés et 58 réponses ont été ren- dues dont deux émanaient de personnes pri- En janvier 2004, il a été nommé par le vées, car le texte était accessible via internet. Conseil d’Etat comme responsable de pro- L’ensemble du projet a été remis au Conseil jets auprès de la Présidence et au d’Etat en juin 2004 puis soumis au Grand Secrétariat général de l’action sociale et de Conseil qui l’a renvoyé en commission au mois la santé. Il dirige la Direction générale de la de septembre, à l’exception de la Loi sur les santé depuis août 2004. HUG qui n’a pas fait l’objet d’une présentation au Conseil d’Etat et au Grand Conseil. La pro- cédure, dans son ensemble, a été un exemple de transparence et un gros travail de synthèse. tionnement du système de santé, doit trouver Ce sont donc les trois premières lois qui consti- une réponse équitable et quasi immédiate. Il tuent aujourd’hui le projet de nouvelle Loi sani- s’agissait d’éliminer les doutes et les incerti- taire. La procédure de consultation n’a pas sou- tudes. A l’avenir, la qualité de partie sera don- levé de contestations majeures.» née au patient qui pourra ainsi connaître l’évo- lution de sa plainte. Autre nouveauté égale- !"#$%&'$"#() *"#() +,-(%*.%,) /0 *"#$%//%) /"1) 2% ment: le droit des patients est clairement défi- 30*14,%)(#551*5.%6 ni, avec une mise en égalité des patients soma- tiques et des patients psychiatriques. On a tenu JEAN-MARC GUINCHARD: «La Loi sur la santé est compte des expériences des autres cantons. originale à plus d’un titre. Elle place l’être Enfin, le fait de disposer d’un seul texte ou loi- humain au centre et considère que la problé- cadre en facilitera la lecture et donnera un matique de la santé doit graviter autour de lui. accès plus clair à l’ensemble des acteurs, pro- Elle démarre donc dès la période pré-natale fessionnels de la santé mais aussi patients. On pour s’étendre jusqu’au décès, à travers notam- parle de “santé“ et non de “soins“ dans la nou- ment les soins palliatifs. Certaines dispositions velle loi qui contient aussi des éléments nova- en matière de don d’organe devront encore être teurs en matière de prévention et de promotion modifiées pour tenir compte du droit fédéral. de la santé.» Parmi les nouveautés: de trois commissions de surveillance, la nouvelle Loi sanitaire n’en pré- 7%..%)/"1)801(01. %*5",%)2-80#. 9 :%*4$%6 voit plus qu’une. On enlève ainsi le “soupçon“ d’une différence de traitement entre le secteur JEAN-MARC GUINCHARD: «Chronologiquement, privé et le secteur public. La nouvelle loi voit la Genève était le dernier canton romand à réfor- création d’un médiateur, fonction que le mer sa Loi sanitaire. Mais, avec le projet tel que Président Pierre-François Unger a voulue. Ce conçu et défini aujourd’hui, notre canton va rôle s’inspire du constat que quelqu’un qui a reprendre un rôle novateur du fait de son origi- souffert, en raison par exemple d’un dysfonc- nalité et de ses ambitions.»
  • 9. 9 interview MONSIEUR CLAUDE HAUSER, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA CGB «Nous devons anticiper l’évolution du système de santé en Suisse» LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA GÉNÉRALE-BEAULIEU HOLDING SA, QUI CONTRÔLE LA SOCIÉTÉ D’EXPLOITATION DE LA CLINIQUE AINSI QUE LA SOCIÉTÉ IMMOBILIÈRE GÉNÉRALE-BEAULIEU SA, PRÉSENTE LA PARTICULARI- TÉ QUE MÉDECINS ET NON-MÉDECINS Y COHABITENT AVEC SUCCÈS. LE CAPI- TAL-ACTIONS DE LA CLINIQUE EST DÉTENU POUR PRÈS DE 50% PAR DES REPRÉSENTANTS DU CORPS MÉDICAL. CETTE FORTE IDENTIFICATION, SELON CLAUDE HAUSER, PRÉSIDENT DU CONSEIL, EXPLIQUE LE DYNAMISME ET L’ES- PRIT NOVATEUR DE L’ÉTABLISSEMENT. Personnalité genevoise bien connue, Claude précis, le contrôle budgétaire. Le conseil d’ad- Hauser, ex-directeur de Migros Genève à qui ministration qui compte en son sein des com- l’on doit, notamment, les expansions en terri- missions permanentes chargées d’analyser les toire français, a été réélu en 2004, pour un man- dossiers confie, par délégation, les tâches opé- dat de quatre ans, à la présidence de rationnelles à la direction. Avec Philippe l’Administration du numéro un helvétique du Cassegrain, le management de la Clinique commerce de détail. Ce golfeur émérite, âgé de Générale-Beaulieu est entre de très bonnes 62 ans, livre à !"#$% '()*$+* sa perception du mains.» fonctionnement de la Clinique Générale- Beaulieu. :).22.&./% 6+%".&5."0.5%$+*&'.&2# /$%)#%$+*&'.&2# /#*%1& .*& ;)$//.& .% < 7.*=6.& .*& 5#"%$0)2$." ,+--.*% /.& 0#"#0%1"$/.& 2.& 0+*/.$2& '(#'-$*$/3 '.5)$/&2($*%"+')0%$+*&'.&!#"> .'9 %"#%$+*& '()*.& 02$*$4).& 5"$61.& 0+--.& 2# 71*1"#2.38.#)2$.)9 CLAUDE HAUSER: «La politique de la santé en Suisse nous interpelle tous. Elle nous laisse CLAUDE HAUSER: «Avant toute chose, je relèverai entrevoir un avenir plus difficile et nous devons la sagesse des fondateurs de la Clinique nous préparer aux changements qui s’annon- Générale-Beaulieu qui ont composé le conseil cent. Vu la spirale de hausse des cotisations de d’administration pour moitié par des médecins l’assurance maladie, le nombre de ménages et pour moitié par des non-médecins. Cette par- bénéficiant d’assurances complémentaires ticularité permet notamment de conserver une diminue régulièrement. TarMed exerce une certaine objectivité et participe à la saine ges- pression énorme sur les cliniques privées et tion de l’entreprise. En tant que président non- rend presque impossible la prise en charge des médecin de ce conseil, je m’assure en priorité cas ambulatoires par le privé. N’oublions pas que l’entreprise soit gérée de manière rigoureu- que le secteur hospitalier public, subventionné se et professionnelle. Le conseil d’administra- aux deux tiers, constitue un concurrent contre tion gère l’entreprise dans l’intérêt des action- lequel il n’est pas impossible de lutter à armes naires et dispose, pour cela, des instruments égales. Dans le débat politique actuel, l’évolu- appropriés. Je citerai la comptabilité analytique, tion des coûts de la santé laisse entrevoir une les états financiers extrêmement complets et modification du contenu de l’assurance de base
  • 10. interview 10 MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION Dr ARROYO Jesus-F. Dr SAUVAIN Jean - Vice-Président Me BOLSTERLI François M. STAHLER Luc Alain Mme BROLLIET Sophie M. STEPCZYNSKI Marian M. BRUNSCHWIG Nicolas Dr FRIEDRICH Rolf Dr GUMENER Raphaël Participent aux séances: M. HAUSER Claude - Président Dr DELLA SANTA René - Membre d’honneur Prof. MONTANDON Denys Dr SCHWIEGER Ian - Médecin répondant Dr RACLOZ Yves - Secrétaire M. CASSEGRAIN Philippe - Directeur ce qui devrait entraîner une diversification des par une hausse progressive des cotisations assurances complémentaires et permettre, pour les assurés. Une médecine de base de ainsi, de mieux valoriser les choix individuels. qualité restera accessible à des conditions De toutes les cliniques genevoises, la Clinique avantageuses pour chacun, c’est incontestable. Générale-Beaulieu est celle qui anticipe le Par contre, libre choix du médecin, accès à cer- mieux cette évolution et qui dispose, aujour- taines thérapies, confort hôtelier, etc. consti- d’hui, d’une marge de manœuvre suffisante tuent des options offertes par la médecine pri- pour réussir.» vée que doivent couvrir partiellement ou en totalité les assurances complémentaires. Cela !"#$%& %'()*& +,-./%-0#()*& $#%& 1)'")%& +,-%#()% implique évidemment cohabitation d’une 2#&$1 3$/(/4"#&5-(-,1$#67#1"$/#"&#) 4"#$&,#81,2 médecine publique et privée, c’est-à-dire une +',)#96:'"%&%",&%#%&;#%'/(%&<")",%= médecine à plusieurs vitesses. Dans une socié- té libérale comme la nôtre, il est légitime que CLAUDE HAUSER: «La Clinique Générale-Beaulieu l’individu puisse rester libre de ses choix de est un complexe magnifique qui offre non seu- consommation. Effectivement, les ménages lement le meilleur confort aux patients mais décident déjà de la part du revenu qu’ils affec- encore un outil de travail hautement perfection- tent au logement, à la nourriture, aux vête- né pour les médecins exerçant dans le secteur ments, à la voiture, aux loisirs, etc. Dès lors, privé. Les chirurgiens y trouvent un “plateau pourquoi restreindre leur liberté en matière de technique“ qui est à la pointe de la technologie santé?» médicale. Grâce à des investissements consé- quents, au bon moment, la clinique a fait preu- C'",& .'(.$",#*& 4"#$& %'">1/) #B+,/0#,/#96:'"% ve de vision: il suffit d’évoquer l’Institut de 4"1() A $?1:#(/,& 2#& $1 3$/(/4"#& 5-(-,1$#6 Médecine Nucléaire, le robot Da Vinci® ou enco- 7#1"$/#"= re, prochainement, la nouvelle Maternité et le Centre de procréation médicalement assistée CLAUDE HAUSER: «Le succès d’une entreprise pour s’en convaincre.» repose essentiellement sur les femmes et les hommes qui l’animent. Mon souhait est que la 3'00#() ,-18/%%#96:'"%*& %1.>1() $?1))#()/'( Clinique Générale-Beaulieu puisse poursuivre 4"#&:'"%&+',)#9*&.'00#&+1),'(&2#&$1 @ /8,'%*&A sa trajectoire actuelle avec un personnel qui a $1 +,';$-01)/4"#& 2#%& +,/B*& A $1 .,1/()#& 2#& :'/, du plaisir à y travailler, des médecins entière- .'>1;/)#,&"(#&0-2#./(#&A 2#"B&'"&A +$"%/#",% ment satisfaits des prestations qui y sont :/)#%%#%= offertes et des patients qui se sentent privilé- giés d’y être hospitalisés. Ainsi, avec une poli- CLAUDE HAUSER: «Depuis quelques années, les tique d’investissements judicieuse, la Clinique coûts de la santé explosent en Suisse. En fait, il Générale-Beaulieu s’imposera au cours des pro- s’agit davantage d’un problème social, à savoir chaines années comme la référence à Genève la surconsommation en soins médicaux. De et dans la région.» plus, une diminution des subventions se traduit