Sciences cognitives de l’apprentissage
Les fonctions exécutives
Doctorante en psychologie cognitive
Spécialiste en sciences cognitives de l’apprentissage
Responsable du Pôle formation de l’association Apprendre et
Former avec les sciences cognitives
Formatrice de formateurs en sciences cognitives de l’apprentissage
Création diaporama : Jean-Luc Berthier
Egypte
5 mars 2024
Introduction
L’objectif de l’apprentissage scolaire est de
développer le maximum de fonctions cognitives
de l’élève (pour apprendre, penser, agir)
Quelles sont-elles ?
M-----e
A-------n
M-----e de T-----l
F---------é m-----e
I--------n
Les fonctions cognitives de base pour apprendre
Exécutives
P-----------n
R----------t
R--------n de P------e
Cognitives transversales
Mémoire
Attention
Mémoire de travail
Flexibilité mentale
Inhibition
Les fonctions cognitives de base pour apprendre
Exécutives
Planification
Raisonnement
Résolution de problème
Cognitives transversales
Mémoire de travail
Flexibilité mentale
Inhibition
Les fonctions cognitives de base pour apprendre
Exécutives
La mémoire de travail
Test de positionnement
Questions Vos propositions
Quel sont les deux rôles majeurs de la mémoire de travail ?
Quelle est la valeur de votre empan mnésique ?
Pour quelle raison ne place-t-on plus la Mémoire
De Travail dans les systèmes de mémoire ?
Les atouts du test de positionnement
. L’implication et l’attention
. La projection sur ce qui va se passer dans la séance de cours
. L’objectivation des connaissances que chacun possède sur le contenu du cours
La mémoire de travail
Est-ce une mémoire au sens classique du terme ?
Où la situe-t-on dans le cerveau ?
?
?
Chasser l’intrus relatif à la mémoire de travail
 Décider
 Comprendre
 L’attention
 Percevoir les informations non pertinentes
 Relier avec les systèmes de mémoire
Percevoir les informations non pertinentes
Première fonction majeure de la MdT :
TRAITER LES INFORMATIONS
Comprendre
Relier avec les systèmes de mémoire
Décider
Les deux limites de fonctionnement de la mémoire de travail
qui ont un impact sur la manière d’enseigner
Limite
temporelle
Limite
quantitative
Limite temporelle
. Quelques dizaines de secondes à quelques minutes, au-delà desquelles
les informations sont perdues
. Sauf si elles sont partiellement traitées
Exemples :
 Un texte un peu long
 L’écoute d’une explication trop longue
 Un exercice à faire distant des consignes
 Une liste de courses 1/2h ou 1h avant d’être dans le magasin
 Un numéro de téléphone qu’on nous donne, à utiliser plus tard
Limite temporelle
Quelles étaient les 4 questions du test de positionnement ?
1)
2)
3)
4)
Limite temporelle
Quelles étaient les 4 questions du test de positionnement ?
1)
2)
3)
4)
On fait le lien avec :
 Le niveau d’intensité de l’attention au moment où l’on perçoit les
informations
 La précision de la consigne
Limite temporelle
Conseils pédagogiques
1) Limiter le nombre des informations transmises en une fois
. Limiter la longueur du texte à lire pour étude
. Limiter la longueur d’une explication
. Prudence sur le rythme des informations à rythme imposé
2) Opérer des traitements des informations le plus tôt possible
3) Faire monter le niveau d’attention si les informations
transmises sont importantes
Limite temporelle
Conseils pédagogiques
4) Faire des synthèses brèves mais fréquentes
. Quelles sont les deux limites de la mémoire de travail ?
. Pour la mémoire de travail, c’est essentiellement :
Traiter les informations, pour
Comprendre
Relier avec les systèmes de mémoire
Décider
. En interrogeant les élèves
Les principales parties de la mémoire de travail
Boucle
phonologique
(garder en mémoire les
infos verbales entendues
ou lues)
Buffer
épisodique
(associer des infos de
sources différentes en une
représentation cohérente)
Calepin visuo-
spatial
(maintenir les images
visuelles, spatiales et
mentales)
Informations
verbales
Langage / Sons
Espace tampon
Retient les
informations
Visuel, images,
espace
ADMINISTRATEUR CENTRAL
Coordonne l’ensemble des informations
Lever un biais (visuel, auditif, kinesthésique, …)
Les profils d’apprentissage ne sont pas confirmés
par la science, ce ne sont que des préférences, mais
pas de données probantes issues des études.
Limite quantitative
On ne peut retenir qu’un nombre limité d’informations en un temps
limité en une seule fois, que l’on est capable de citer juste après.
C’est ce qu’on appelle l’empan mnésique
Exemples :
- Le nombre de consignes pour exécuter une tâche
- Le nombre de chiffres pour effectuer une opération
- Le nombre des informations sur une liste de courses
- Le nombre des mots de vocabulaire nouveaux pour
comprendre un texte
Limite quantitative
Attention, ce nombre dépend de plusieurs paramètres
• Interférences proactives (ce que l’on a fait avant)
• D’où l’effet de primauté (démarrer une activité)
• Nature des signaux (les images sont mieux stockées
immédiatement)
• Regroupement des informations (si les organisations
sont regroupées)
• Impact de l’attention
Limite quantitative
Lire la liste des chiffres et essayer de la retenir
Activité
0 8
2 7 3
4
9 6
Combien en avez-vous retenu ?
Il est toujours plus facile de faire des chunks
(regroupements)
63 87 54 39
Activité
0 8
2 7 3
4
9 6
Combien en avez-vous retenus ?
Conclusion : on a toujours avantage à regrouper les
informations et à très bien les organiser
Applications pédagogiques
1) Limiter le rythme de la voix
2) Décomposer la complexité
3) Organiser le plus clairement possible les documents
4) Ne pas trop charger le tableau et les documents
Au-delà, il y a « surcharge cognitive »
Blablablibobloublabli
Blabla bliboblou blabli
Impact variable de la complexité par les élèves
traitement traitement traitement
Test de bouclage
Questions Vos propositions
Quel sont les deux rôles majeurs de la mémoire de travail ?
Quelle est la valeur de votre empan mnésique ?
Pour quelle raison ne place-t-on plus la Mémoire
De Travail dans les systèmes de mémoire
L’inhibition
Attribuer une raison de l’inhibition à une situation
1. Difficulté à attendre son tour pour
s’exprimer.
A. Vous êtes au travail depuis quelques minutes,
et vous ne résistez pas à aller chercher une
friandise dans le placard.
2. Poids de l’automatisme. B. Margot lit sur son portable qu’une star
célèbre vient de disparaître. Elle s’empresse de
communiquer l’information à ses amis.
3. Difficulté de résister à un plaisir C. On pose à l’enfant la question bien connue :
quelle est la couleur du lait ? Que boivent les
vaches ?
4. Raisonnement insuffisant D. Votre nouveau téléphone est un peu
différent, vous vous trompez de manipulation
5. Insuffisance de vérification avant la
décision.
E. Dans une conversation, l’un des interlocuteurs
coupe sans cesse la parole aux autres.
Attribuer une raison de l’inhibition à une situation
1. Difficulté à attendre son tour pour
s’exprimer.
E. Dans une conversation, l’un des interlocuteurs
coupe sans cesse la parole aux autres.
2. Poids de l’automatisme. D. Votre nouveau téléphone est un peu
différent, vous vous trompez de manipulation
3. Difficulté de résister à un plaisir A. Vous êtes au travail depuis quelques minutes,
et vous ne résistez pas à aller chercher une
friandise dans le placard.
4. Raisonnement insuffisant C. On pose à l’enfant la question bien connue :
quelle est la couleur du lait ? Que boivent les
vaches ?
5. Insuffisance de vérification avant la
décision.
B. Margot lit sur son portable qu’une star
célèbre vient de disparaître. Elle s’empresse de
communiquer l’information à ses amis.
Il s’agit chaque fois d’une situation d’inhibition
Mais qu’est-ce que l’inhibition ?
C’est apprendre à résister :
o A un automatisme non pertinent
o A un raisonnement trop rapide, aux croyances trompeuses
o A une décision trop rapide
o A des émotions mal contenues
Un enfant peut-il apprendre à développer son inhibition ?
Situation d’un enfant qui joue et explique l’inhibition à un
adulte
Dès 5 ans, un enfant est capable de comprendre ce qu’est
l’inhibition et peut apprendre à se contrôler
Test du marshmallow :
https://www.youtube.com/watch?v=p-czSjRclkc
Comment entraîne-t-on son inhibition ?
. Chez les plus jeunes par le jeu
- Ni oui ni non, Jacques a dit…
- Chaque fois que l’on énonce un animal l’élève répond 1, et un objet il répond 2, le
plus vite possible. Ensuite on inverse.
- Le nom ou la couleur (Stroop)
- Le jeu UNO
- Etc.
. Chez tous les élèves
- Expliquer que l’inhibition repose sur des neurones que l’on entraîne
- Attirer la vigilance à ne pas répondre trop vite, à contenir ses réactions
- Apprendre à s’écouter avant de parler, et pouvoir redire ce que le camarade a
dit
- Saisir toute situation opportune pour réguler
Ce que l’inhibition permet Exemple scolaire
Eviter des erreurs Tous les cas où l’élève répond trop vite ou ne
réfléchit pas assez
Contrôler des excès émotionnels Réactions vives avec des camarades
Conduire un raisonnement avec logique Réflexion insuffisante dans la conduite d’une
démonstration ou de l’enchaînement d’idées
Prendre une bonne décision Insuffisance d’arguments pour conduire au meilleur
choix
Lutter contre les propensions et tendances faciles Se donner des objectifs même à court terme et s’y
tenir, comme tenir un planning, faire ses devoirs
Être vigilant quant aux pièges des idées toute
faites, fake news et croyances erronées
L’école est un lieu de formation des élèves à leur
regard sur le monde et la construction de leur
positionnement (esprit critique)
Pourquoi l’entraînement à l’inhibition est important à l’école ?
Le faire avant l’âge adulte est fondamental
Et vous, avez-vous une bonne capacité d’inhibition ?
Il Imaginez-vous dans la situation suivante :
Vous vous trouvez dans un échange avec une personne qui ne pense pas du tout
comme vous. Une tension s’installe entre vous et votre interlocuteur. Vous avez
plusieurs manières de réagir : Vous êtes plutôt « réaction 1 » ou « réaction 2 » ?
Réaction 1 : Vous cherchez spontanément à argumenter votre position.
Réaction 2 : Vous inhibez votre réaction 1 spontanée, vous adoptez une posture
d’ouverture neutre, pour entendre et considérer le point de vue d’autrui. En tentant
de vous placer dans sa situation.
Comment entraîne-t-on son inhibition ?
Donner le plus vite possible le nom de la couleur
dans laquelle le nom est écrit
exemple : ROUGE
Tâche de Stroop
Comment entraîne-t-on son inhibition ?
Tâche de Stroop
Nommez la couleur des points, de gauche à droite, le
plus rapidement possible et sans vous tromper.
Ne lisez pas les mots, mais nommez la couleur de
l’encre dans laquelle ils sont écrits, de gauche à droite,
le plus rapidement possible et sans vous tromper.
Ne lisez pas les mots, mais nommez la couleur de
l’encre dans laquelle ils sont écrits, de gauche à droite,
le plus rapidement possible et sans vous tromper.
Les trois systèmes de la pensée
La flexibilité cognitive
Où retrouve-t-on la flexibilité mentale dans notre vie ?
o Passer d’une stratégie à une autre
Pour conduire une tâche
Pour sortir d’une situation bloquée pour laquelle on ne voit pas de sortie
Pour faire cette démonstration mathématique
Pour apprendre à mémoriser
Etc.
Où retrouve-t-on la flexibilité mentale dans notre vie ?
o Modifier son point de vue
Son opinion sur n’importe quel sujet
Apprendre à prendre en compte le point de vue des autres
Où retrouve-t-on la flexibilité mentale dans notre vie ?
o S’adapter à une situation inattendue
Sans s’énerver
Se dire que même si on se trompe, l’erreur est positive et permet d’apprendre
Être capable de mettre en place une stratégie, si besoin d’en changer
On résume le concept de flexibilité mentale
La flexibilité cognitive est la fonction exécutive permettant :
- de s’adapter à une situation nouvelle,
- de s’ouvrir à un point de vue différent du sien,
- de modifier sa stratégie d’action, certaines de ses
convictions.
Elle permet d’améliorer la pensée et l’action, en particulier
dans les situations complexes.
Elle est souvent associée à un coût cognitif
Situation modifiée Flexibilité cognitive
Un enseignant est malade, il est
remplacé par un autre enseignant
BON : L’élève accepte quelques
modifications d’habitudes, de règles, de
façons de s’exprimer.
En séance de travaux pratiques, l’élève
change de binôme, à la demande du
professeur
PAS BON : Il n’a pas envie d’être avec son
nouveau camarade.
Pour venir au collège, des travaux ont
contraint de fermer la rue habituelle
sans avoir prévenu
BON : Ce n’est pas grave, il arrivera bien
à arriver à l’heure
Suite à une panne, le conducteur doit
laisser son véhicule au garage. On lui
confie un véhicule de courtoisie.
PAS BON : Le conducteur peine à
s’adapter aux nouvelles commandes, il
râle
Le meilleur camarade de Tom est très
perturbé ce matin et affiche une réelle
mauvaise humeur
BON : Tom comprend que son camarade
peut être perturbé par une situation
familiale récente, il patiente et sait que
le naturel va revenir.
La flexibilité : en classe ou à la maison ?
 S’habituer à comprendre les idées des autres
 Accepter les comportements des camarades
 Accueillir toute situation nouvelle
Prendre conscience des biais cognitifs
Biais
de
confirmation
Ne prendre en compte que les
informations qui confirment ce que l’on
pensait déjà
Biais de
diminution
de
complexité
Penser que les choses sont plus simples
qu’en réalité
Biais de
maîtrise
Croire que l’on connait ou que l’on
maîtrise un sujet
Pour les curieux du cerveau
Comment se développe et évolue le cerveau au fil de la vie
La plasticité cérébrale
Concept de base sur lequel se pense l’apprentissage
Tout au long de la vie mais surtout enfance et adolescence
Réalité neurobiologique (neurones, réseaux, élagage)
Des millions de modifications synaptiques à chaque instant
Une autre représentation du potentiel de développement du jeune
Le cerveau est conçu pour apprendre
Structure à la naissance
. Au développement linéaire en escalier se substitue le
développement par enchevêtrement non linéaire
. Exemples d’acquis à la naissance :
Intuition numération, pré-configuration linguistique, relation aux
autres, cerveau statistique et questionnement, repérage spatial,
permanence, symbolisation, logique, mécanismes attentionnels, etc.
L’esprit scientifique
. Conditions de validation des conclusions (panels, paramètres
contrôles, études randomisées, réplications)
. Pas de conclusions absolues, mais adossement aux connaissances
validées actuelles
. Les pièges du non-filtrage de l’information, des biais de
confirmation, de la non-flexibilité mentale, de l’absence de
vérification
Site
sciences-cognitives.fr
Contact
cogniclasses@sciences-cognitives.fr
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Apprendre et Former avec les sciences cognitives
4 questions obligatoires d’entrée
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ALLER PLUS LOIN

FC2 3 Fonctions exécutives 5 mars 24.pptx

  • 1.
    Sciences cognitives del’apprentissage Les fonctions exécutives Doctorante en psychologie cognitive Spécialiste en sciences cognitives de l’apprentissage Responsable du Pôle formation de l’association Apprendre et Former avec les sciences cognitives Formatrice de formateurs en sciences cognitives de l’apprentissage Création diaporama : Jean-Luc Berthier Egypte 5 mars 2024
  • 2.
    Introduction L’objectif de l’apprentissagescolaire est de développer le maximum de fonctions cognitives de l’élève (pour apprendre, penser, agir) Quelles sont-elles ?
  • 3.
    M-----e A-------n M-----e de T-----l F---------ém-----e I--------n Les fonctions cognitives de base pour apprendre Exécutives P-----------n R----------t R--------n de P------e Cognitives transversales
  • 4.
    Mémoire Attention Mémoire de travail Flexibilitémentale Inhibition Les fonctions cognitives de base pour apprendre Exécutives Planification Raisonnement Résolution de problème Cognitives transversales
  • 5.
    Mémoire de travail Flexibilitémentale Inhibition Les fonctions cognitives de base pour apprendre Exécutives
  • 6.
  • 7.
    Test de positionnement QuestionsVos propositions Quel sont les deux rôles majeurs de la mémoire de travail ? Quelle est la valeur de votre empan mnésique ? Pour quelle raison ne place-t-on plus la Mémoire De Travail dans les systèmes de mémoire ? Les atouts du test de positionnement . L’implication et l’attention . La projection sur ce qui va se passer dans la séance de cours . L’objectivation des connaissances que chacun possède sur le contenu du cours
  • 8.
    La mémoire detravail Est-ce une mémoire au sens classique du terme ? Où la situe-t-on dans le cerveau ? ? ?
  • 9.
    Chasser l’intrus relatifà la mémoire de travail  Décider  Comprendre  L’attention  Percevoir les informations non pertinentes  Relier avec les systèmes de mémoire
  • 10.
    Percevoir les informationsnon pertinentes Première fonction majeure de la MdT : TRAITER LES INFORMATIONS Comprendre Relier avec les systèmes de mémoire Décider
  • 11.
    Les deux limitesde fonctionnement de la mémoire de travail qui ont un impact sur la manière d’enseigner Limite temporelle Limite quantitative
  • 12.
    Limite temporelle . Quelquesdizaines de secondes à quelques minutes, au-delà desquelles les informations sont perdues . Sauf si elles sont partiellement traitées Exemples :  Un texte un peu long  L’écoute d’une explication trop longue  Un exercice à faire distant des consignes  Une liste de courses 1/2h ou 1h avant d’être dans le magasin  Un numéro de téléphone qu’on nous donne, à utiliser plus tard
  • 13.
    Limite temporelle Quelles étaientles 4 questions du test de positionnement ? 1) 2) 3) 4)
  • 14.
    Limite temporelle Quelles étaientles 4 questions du test de positionnement ? 1) 2) 3) 4) On fait le lien avec :  Le niveau d’intensité de l’attention au moment où l’on perçoit les informations  La précision de la consigne
  • 15.
    Limite temporelle Conseils pédagogiques 1)Limiter le nombre des informations transmises en une fois . Limiter la longueur du texte à lire pour étude . Limiter la longueur d’une explication . Prudence sur le rythme des informations à rythme imposé 2) Opérer des traitements des informations le plus tôt possible 3) Faire monter le niveau d’attention si les informations transmises sont importantes
  • 16.
    Limite temporelle Conseils pédagogiques 4)Faire des synthèses brèves mais fréquentes . Quelles sont les deux limites de la mémoire de travail ? . Pour la mémoire de travail, c’est essentiellement : Traiter les informations, pour Comprendre Relier avec les systèmes de mémoire Décider . En interrogeant les élèves
  • 17.
    Les principales partiesde la mémoire de travail Boucle phonologique (garder en mémoire les infos verbales entendues ou lues) Buffer épisodique (associer des infos de sources différentes en une représentation cohérente) Calepin visuo- spatial (maintenir les images visuelles, spatiales et mentales) Informations verbales Langage / Sons Espace tampon Retient les informations Visuel, images, espace ADMINISTRATEUR CENTRAL Coordonne l’ensemble des informations
  • 18.
    Lever un biais(visuel, auditif, kinesthésique, …) Les profils d’apprentissage ne sont pas confirmés par la science, ce ne sont que des préférences, mais pas de données probantes issues des études.
  • 19.
    Limite quantitative On nepeut retenir qu’un nombre limité d’informations en un temps limité en une seule fois, que l’on est capable de citer juste après. C’est ce qu’on appelle l’empan mnésique Exemples : - Le nombre de consignes pour exécuter une tâche - Le nombre de chiffres pour effectuer une opération - Le nombre des informations sur une liste de courses - Le nombre des mots de vocabulaire nouveaux pour comprendre un texte
  • 20.
    Limite quantitative Attention, cenombre dépend de plusieurs paramètres • Interférences proactives (ce que l’on a fait avant) • D’où l’effet de primauté (démarrer une activité) • Nature des signaux (les images sont mieux stockées immédiatement) • Regroupement des informations (si les organisations sont regroupées) • Impact de l’attention
  • 21.
    Limite quantitative Lire laliste des chiffres et essayer de la retenir
  • 22.
  • 23.
  • 24.
    Il est toujoursplus facile de faire des chunks (regroupements) 63 87 54 39
  • 25.
  • 26.
    Combien en avez-vousretenus ? Conclusion : on a toujours avantage à regrouper les informations et à très bien les organiser
  • 27.
    Applications pédagogiques 1) Limiterle rythme de la voix 2) Décomposer la complexité 3) Organiser le plus clairement possible les documents 4) Ne pas trop charger le tableau et les documents Au-delà, il y a « surcharge cognitive »
  • 28.
    Blablablibobloublabli Blabla bliboblou blabli Impactvariable de la complexité par les élèves traitement traitement traitement
  • 29.
    Test de bouclage QuestionsVos propositions Quel sont les deux rôles majeurs de la mémoire de travail ? Quelle est la valeur de votre empan mnésique ? Pour quelle raison ne place-t-on plus la Mémoire De Travail dans les systèmes de mémoire
  • 30.
  • 31.
    Attribuer une raisonde l’inhibition à une situation 1. Difficulté à attendre son tour pour s’exprimer. A. Vous êtes au travail depuis quelques minutes, et vous ne résistez pas à aller chercher une friandise dans le placard. 2. Poids de l’automatisme. B. Margot lit sur son portable qu’une star célèbre vient de disparaître. Elle s’empresse de communiquer l’information à ses amis. 3. Difficulté de résister à un plaisir C. On pose à l’enfant la question bien connue : quelle est la couleur du lait ? Que boivent les vaches ? 4. Raisonnement insuffisant D. Votre nouveau téléphone est un peu différent, vous vous trompez de manipulation 5. Insuffisance de vérification avant la décision. E. Dans une conversation, l’un des interlocuteurs coupe sans cesse la parole aux autres.
  • 32.
    Attribuer une raisonde l’inhibition à une situation 1. Difficulté à attendre son tour pour s’exprimer. E. Dans une conversation, l’un des interlocuteurs coupe sans cesse la parole aux autres. 2. Poids de l’automatisme. D. Votre nouveau téléphone est un peu différent, vous vous trompez de manipulation 3. Difficulté de résister à un plaisir A. Vous êtes au travail depuis quelques minutes, et vous ne résistez pas à aller chercher une friandise dans le placard. 4. Raisonnement insuffisant C. On pose à l’enfant la question bien connue : quelle est la couleur du lait ? Que boivent les vaches ? 5. Insuffisance de vérification avant la décision. B. Margot lit sur son portable qu’une star célèbre vient de disparaître. Elle s’empresse de communiquer l’information à ses amis.
  • 33.
    Il s’agit chaquefois d’une situation d’inhibition Mais qu’est-ce que l’inhibition ? C’est apprendre à résister : o A un automatisme non pertinent o A un raisonnement trop rapide, aux croyances trompeuses o A une décision trop rapide o A des émotions mal contenues
  • 34.
    Un enfant peut-ilapprendre à développer son inhibition ? Situation d’un enfant qui joue et explique l’inhibition à un adulte Dès 5 ans, un enfant est capable de comprendre ce qu’est l’inhibition et peut apprendre à se contrôler Test du marshmallow : https://www.youtube.com/watch?v=p-czSjRclkc
  • 35.
    Comment entraîne-t-on soninhibition ? . Chez les plus jeunes par le jeu - Ni oui ni non, Jacques a dit… - Chaque fois que l’on énonce un animal l’élève répond 1, et un objet il répond 2, le plus vite possible. Ensuite on inverse. - Le nom ou la couleur (Stroop) - Le jeu UNO - Etc. . Chez tous les élèves - Expliquer que l’inhibition repose sur des neurones que l’on entraîne - Attirer la vigilance à ne pas répondre trop vite, à contenir ses réactions - Apprendre à s’écouter avant de parler, et pouvoir redire ce que le camarade a dit - Saisir toute situation opportune pour réguler
  • 36.
    Ce que l’inhibitionpermet Exemple scolaire Eviter des erreurs Tous les cas où l’élève répond trop vite ou ne réfléchit pas assez Contrôler des excès émotionnels Réactions vives avec des camarades Conduire un raisonnement avec logique Réflexion insuffisante dans la conduite d’une démonstration ou de l’enchaînement d’idées Prendre une bonne décision Insuffisance d’arguments pour conduire au meilleur choix Lutter contre les propensions et tendances faciles Se donner des objectifs même à court terme et s’y tenir, comme tenir un planning, faire ses devoirs Être vigilant quant aux pièges des idées toute faites, fake news et croyances erronées L’école est un lieu de formation des élèves à leur regard sur le monde et la construction de leur positionnement (esprit critique) Pourquoi l’entraînement à l’inhibition est important à l’école ? Le faire avant l’âge adulte est fondamental
  • 37.
    Et vous, avez-vousune bonne capacité d’inhibition ? Il Imaginez-vous dans la situation suivante : Vous vous trouvez dans un échange avec une personne qui ne pense pas du tout comme vous. Une tension s’installe entre vous et votre interlocuteur. Vous avez plusieurs manières de réagir : Vous êtes plutôt « réaction 1 » ou « réaction 2 » ? Réaction 1 : Vous cherchez spontanément à argumenter votre position. Réaction 2 : Vous inhibez votre réaction 1 spontanée, vous adoptez une posture d’ouverture neutre, pour entendre et considérer le point de vue d’autrui. En tentant de vous placer dans sa situation.
  • 38.
    Comment entraîne-t-on soninhibition ? Donner le plus vite possible le nom de la couleur dans laquelle le nom est écrit exemple : ROUGE Tâche de Stroop
  • 39.
    Comment entraîne-t-on soninhibition ? Tâche de Stroop
  • 40.
    Nommez la couleurdes points, de gauche à droite, le plus rapidement possible et sans vous tromper.
  • 41.
    Ne lisez pasles mots, mais nommez la couleur de l’encre dans laquelle ils sont écrits, de gauche à droite, le plus rapidement possible et sans vous tromper.
  • 42.
    Ne lisez pasles mots, mais nommez la couleur de l’encre dans laquelle ils sont écrits, de gauche à droite, le plus rapidement possible et sans vous tromper.
  • 43.
    Les trois systèmesde la pensée
  • 44.
  • 45.
    Où retrouve-t-on laflexibilité mentale dans notre vie ? o Passer d’une stratégie à une autre Pour conduire une tâche Pour sortir d’une situation bloquée pour laquelle on ne voit pas de sortie Pour faire cette démonstration mathématique Pour apprendre à mémoriser Etc.
  • 46.
    Où retrouve-t-on laflexibilité mentale dans notre vie ? o Modifier son point de vue Son opinion sur n’importe quel sujet Apprendre à prendre en compte le point de vue des autres
  • 47.
    Où retrouve-t-on laflexibilité mentale dans notre vie ? o S’adapter à une situation inattendue Sans s’énerver Se dire que même si on se trompe, l’erreur est positive et permet d’apprendre Être capable de mettre en place une stratégie, si besoin d’en changer
  • 48.
    On résume leconcept de flexibilité mentale La flexibilité cognitive est la fonction exécutive permettant : - de s’adapter à une situation nouvelle, - de s’ouvrir à un point de vue différent du sien, - de modifier sa stratégie d’action, certaines de ses convictions. Elle permet d’améliorer la pensée et l’action, en particulier dans les situations complexes. Elle est souvent associée à un coût cognitif
  • 49.
    Situation modifiée Flexibilitécognitive Un enseignant est malade, il est remplacé par un autre enseignant BON : L’élève accepte quelques modifications d’habitudes, de règles, de façons de s’exprimer. En séance de travaux pratiques, l’élève change de binôme, à la demande du professeur PAS BON : Il n’a pas envie d’être avec son nouveau camarade. Pour venir au collège, des travaux ont contraint de fermer la rue habituelle sans avoir prévenu BON : Ce n’est pas grave, il arrivera bien à arriver à l’heure Suite à une panne, le conducteur doit laisser son véhicule au garage. On lui confie un véhicule de courtoisie. PAS BON : Le conducteur peine à s’adapter aux nouvelles commandes, il râle Le meilleur camarade de Tom est très perturbé ce matin et affiche une réelle mauvaise humeur BON : Tom comprend que son camarade peut être perturbé par une situation familiale récente, il patiente et sait que le naturel va revenir.
  • 50.
    La flexibilité :en classe ou à la maison ?  S’habituer à comprendre les idées des autres  Accepter les comportements des camarades  Accueillir toute situation nouvelle
  • 51.
    Prendre conscience desbiais cognitifs Biais de confirmation Ne prendre en compte que les informations qui confirment ce que l’on pensait déjà Biais de diminution de complexité Penser que les choses sont plus simples qu’en réalité Biais de maîtrise Croire que l’on connait ou que l’on maîtrise un sujet
  • 52.
    Pour les curieuxdu cerveau
  • 54.
    Comment se développeet évolue le cerveau au fil de la vie La plasticité cérébrale Concept de base sur lequel se pense l’apprentissage Tout au long de la vie mais surtout enfance et adolescence Réalité neurobiologique (neurones, réseaux, élagage) Des millions de modifications synaptiques à chaque instant Une autre représentation du potentiel de développement du jeune
  • 55.
    Le cerveau estconçu pour apprendre Structure à la naissance . Au développement linéaire en escalier se substitue le développement par enchevêtrement non linéaire . Exemples d’acquis à la naissance : Intuition numération, pré-configuration linguistique, relation aux autres, cerveau statistique et questionnement, repérage spatial, permanence, symbolisation, logique, mécanismes attentionnels, etc.
  • 56.
    L’esprit scientifique . Conditionsde validation des conclusions (panels, paramètres contrôles, études randomisées, réplications) . Pas de conclusions absolues, mais adossement aux connaissances validées actuelles . Les pièges du non-filtrage de l’information, des biais de confirmation, de la non-flexibilité mentale, de l’absence de vérification
  • 57.
    Site sciences-cognitives.fr Contact cogniclasses@sciences-cognitives.fr Facebook Apprendre et Formeravec les sciences cognitives 4 questions obligatoires d’entrée Twitter @BerthierBonfig2 ALLER PLUS LOIN