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C D A N S L’ A I R


LE QUART MONDE EN FRANCE
Réalisateurs : Nicolas Charbonneau et Hélène Frade
© France 5, Maximal Productions, 2003
Durée : 04 min 19 s

« Le quart monde en France », reportage extrait du magazine C dans
l’air diffusé le 30 janvier 2004, se propose de montrer la vie quotidienne
d’un jeune homme sans emploi ni ressource. Sont ainsi mises en
évidence les difficultés financières, sociales et psychologiques résultant
d’une telle situation. Le reportage permet également de témoigner de
la nécessité de faire appel aux associations caritatives pour survivre.
DISCIPLINES, CLASSES ET PROGRAMMES
– Sciences économiques et sociales, 2de : Les ressources : revenus et
crédits . Consommation et mode de vie.
– Sciences économiques et sociales, 1re ES : Les fondements de
l’intervention des pouvoirs publics.
– Sciences économiques et sociales, Tle ES : La cohésion sociale et les
instances d’intégration. Protection sociale et solidarités collectives.

OBJECTIFS DU FILM
– Mettre en évidence les inégalités de revenus. Distinguer les différents
types de revenus et comprendre que, chez certaines personnes, les
revenus de transfert constituent la majeure partie du revenu disponible.
– Différencier niveau de vie et mode de vie, et comprendre le lien
pouvant exister entre ces deux notions. Définir la notion de pauvreté
et expliquer la persistance de la pauvreté dans les pays riches.
– Mettre en évidence le rôle de l’État en matière de redistribution.
Comprendre que l’intervention de l’État est essentielle pour certaines
personnes victimes de la précarité. Analyser les effets d’une telle
intervention de l’État. Distinguer la logique d’assurance et la logique
d’assistance. Mettre en évidence le rôle de l’État-providence dans la
lutte contre la pauvreté. Étudier une prestation sociale, le RMI, et
s’interroger sur l’assertion selon laquelle le RMI n’inciterait pas au
travail.
– Identifier les diverses causes pouvant mener à l’exclusion sociale et
prendre conscience que l’exclusion est un processus lié à la fragilisation
des liens sociaux. Comprendre que la précarité n’engendre pas que
des difficultés financières.

VOCABULAIRE REQUIS
2de
– Les ressources, revenus et crédits : ressources, revenus de transfert.
– Consommation et mode de vie : consommation, pouvoir d’achat,
niveau de vie, mode de vie.
1re ES
Les fondements de l’intervention des pouvoirs publics : redistribution,
protection sociale, assistance.
Tle ES
– La cohésion sociale et les instances d’intégration: pauvreté, exclusion.
– Protection sociale et solidarités collectives: État-providence, assistance,
redistribution.

                                                                            2
DÉCOUPAGE DU FILM

00 min 00 s : Présentation d’un jeune homme, Georges, et du contexte
dans lequel il vit : sans emploi quoique titulaire d’un diplôme
d’enseignement supérieur, sans ressources et sans famille, il est logé
gratuitement par la municipalité.
00 min 36 s : Témoignage de Georges sur les difficultés à assurer le
minimum d’hygiène lorsque l’on n’a pas de ressources.
01min06s: Georges présente les démarches qu’il effectue pour trouver
un emploi et décrit les problèmes de santé, physique et psychologique
découlant de sa situation précaire.
02 min 02 s : Présentation de la façon dont on fait ses courses lorsque
l’on n’a pas ou peu de ressources, avec l’exemple de l’épicerie sociale.
Les dépenses doivent être limitées au strict nécessaire. La participation
financière qui est demandée est proportionnée aux revenus.
04 min 08 s : Conclusion sur l’avenir proche de Georges, qui va enfin
bénéficier du RMI.




3
SUGGESTIONS D’EXPLOITATION
PÉDAGOGIQUE
Inégalités de revenus et rôle de l’État
À utiliser en classe de 2de
On travaillera sur :
– la disparité des revenus : on fera calculer aux élèves la part de la
population française ayant un revenu aussi faible que Georges ;
– la notion de revenus de transfert, en mettant l’accent sur la diversité
des prestations sociales incluses dans ces revenus : celles relevant
d’une logique d’assurance et celles relevant d’une logique d’assistance,
comme le RMI dont va bénéficier Georges ;
– la façon dont l’État intervient pour limiter l’exclusion; on fera imaginer
ce que pourrait être la vie de Georges s’il ne bénéficiait pas de l’aide
de l’État ;
– la loi d’Engel, en montrant qu’elle permet de faire le lien entre le
niveau de vie et le mode de vie ;
– des statistiques concernant les coefficients budgétaires afin de
confirmer la loi d’Engel, en montrant que de faibles ressources influent
sur la façon de consommer.
Recherche documentaire
En partant du cas de Georges qui a dû s’endetter pour financer ses
études, la recherche documentaire (au CDI ou sur Internet) s’étendra
au problème du surendettement des personnes les plus défavorisées,
pour illustrer les conséquences néfastes du crédit sur certaines catégories
de personnes.




                                                                           4
Logique d’assurance et logique d’assistance
À utiliser en classe de 1re ES
On travaillera sur :
– l’impact de l’intervention de l’État dans la redistribution ; les deux
items ne sont-ils pas similaires ?
– la logique d’assurance, en la définissant et en explicitant son mode
de financement ;
– les limites d’un système de protection sociale fondé uniquement sur
la logique d’assurance ;
– la logique d’assistance, en la définissant et en explicitant son mode
de financement ;
– la présentation du système de protection sociale français ;
– les limites de l’intervention de l’État, en prenant l’exemple de la
redistribution.
Recherche documentaire
La recherche (au CDI ou sur Internet) portera sur des prestations sociales
autres que le RMI, afin d’illustrer la nécessité de l’intervention de l’État dans
la redistribution des revenus, notamment dans une logique d’assistance
(par exemple, l’allocation de solidarité aux personnes âgées).

Précarité et exclusion
À utiliser en classe de Tle ES
On travaillera sur :
– la distinction entre pauvreté absolue et pauvreté relative ;
– la remise en cause de certaines instances d’intégration ;
– le processus cumulatif menant à l’exclusion sociale ;
– la nécessité de l’évolution de la protection sociale, en montrant que,
la logique d’assurance n’étant plus suffisante, la protection sociale a dû
la compléter par une logique d’assistance ;
– la trappe à inactivité.
Recherche documentaire
La recherche (au CDI ou sur Internet) concernera l’évolution du nombre
de pauvres et celle du nombre de bénéficiaires du RMI, pour illustrer
la place de plus en plus importante de la redistribution verticale.
Elle pourra également porter sur d’autres prestations sociales, relevant
de la même logique, telles que l’allocation de solidarité aux personnes
âgées, prestation qui remplace, depuis le 1er janvier 2007, le «minimum
vieillesse ».

5
FICHE ÉLÈVE 2 DE

1. À partir du film, expliciter quelles sont les ressources (actuelles et
à venir) de Georges. De quel type de revenus s’agit-il ?
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
2. Après avoir défini les notions de niveau de vie et de mode de vie,
expliquer de quelle façon le niveau de vie de Georges influe sur
son mode de vie.
........................................................................................................
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
3. Après avoir rappelé ce qu’est la loi d’Engel, préciser si cette loi
est confirmée par le reportage, en justifiant la réponse.
........................................................................................................
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
4. Quelles sont les conséquences de ce faible niveau de vie et de ce
mode de vie sur la santé de Georges ?
........................................................................................................
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………


                                                                                                           6
CORRIGÉ

    1. Au moment du reportage, Georges ne dispose d’aucune ressource;
    à la fin du reportage, le commentateur précise cependant que
    Georges va bénéficier dans quelques semaines du revenu minimum
    d’insertion (RMI). Le RMI est une prestation sociale, relevant de la
    logique d’assistance. Le RMI fait partie des revenus de transfert. En
    conséquence, Georges ne dispose d’aucun revenu primaire, et la
    majeure partie de son revenu disponible sera prochainement
    composée de revenus de transfert.
    2. Le niveau de vie représente la quantité de biens et de services dont
    peut disposer un individu en fonction de ses ressources. Le niveau de
    vie est donc une notion quantitative. Le mode de vie représente les
    façons de vivre, de se nourrir, de se vêtir, d’utiliser ses loisirs, etc. Le
    mode de vie est donc une notion qualitative. Bien qu’un même niveau
    de vie entre deux individus puisse se traduire par des modes de vie très
    différents, il n’en demeure pas moins que le faible niveau de vie influe
    sur le mode de vie de Georges: il ne peut pas faire ses courses dans
    des magasins traditionnels (cf. l’épicerie sociale), il ne peut pas non
    plus acheter de la viande ou du poisson tous les jours ; on peut
    également imaginer qu’il ne va pas dépenser beaucoup d’argent
    pour se vêtir et qu’il n’a probablement aucun loisir.
    3. La loi d’Engel stipule que la part des dépenses de nourriture
    diminue quand le revenu augmente, et donc que plus une famille est
    pauvre, plus grande est la part des dépenses totales qu’elle est
    amenée à utiliser pour se procurer de la nourriture.
    Le reportage semble effectivement confirmer la loi d’Engel : même si
    Georges se rend dans une épicerie sociale afin de limiter ses
    dépenses de nourriture, il n’en demeure pas moins que celles-ci
    représentent la majeure partie du total de ses dépenses (on ne peut
    pas parler de ses revenus, car il ne bénéficie pas encore du RMI).
    4. Le faible niveau de vie de Georges et le mode de vie qui l’accompagne
    ont eu pour conséquence d’aggraver son état de santé. En effet, n’ayant
    que très peu de ressources, Georges n’a pas les moyens de se soigner. À
    cela s’ajoute le fait qu’il est fragilisé psychologiquement de par sa précarité.
    Il faut tout de même noter que cette situation va pouvoir s’améliorer
    lorsque Georges touchera le RMI, puisqu’il bénéficiera alors
    automatiquement de la couverture maladie universelle (CMU).


7
FICHE ÉLÈVE 1 RE ES

1. À partir du reportage, expliquer l’origine des difficultés de
Georges et montrer les conséquences de ces difficultés.
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
2. Déduire du reportage la nécessité de l’intervention de l’État dans
la redistribution des revenus.
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
3. Après avoir distingué la logique d’assurance et la logique
d’assistance, préciser de quelle logique relève l’aide dont va
bénéficier Georges, tout en justifiant votre réponse.
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
4. Dans quelle mesure peut-on dire que le versement du RMI va
modifier la vie de Georges ?
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………


                                                                        8
CORRIGÉ

    1. Les difficultés de Georges ont pour origine le fait qu’il ne trouve
    pas d’emploi (origine que l’on peut attribuer à une défaillance du
    marché du travail). Ne bénéficiant pas encore du RMI, Georges
    est sans ressources. Il est obligé de vivre dans un tout petit studio prêté
    par la mairie, il doit faire ses courses dans une épicerie sociale et
    limiter ses achats au strict minimum. À cela s’ajoutent des problèmes
    de santé physique liés au fait qu’il ne peut pas payer ses soins
    médicaux, et des problèmes de santé d’ordre psychologique résultant
    de la précarité de sa situation.
    2. Lorsqu’une personne telle que Georges est dépourvue
    d’emploi, elle n’a aucune ressource. En conséquence,
    l’intervention de l’État est nécessaire afin qu’elle puisse subvenir
    à ses besoins primaires, et qu’elle puisse donc tout simplement
    survivre. Ainsi, l’État se doit de prélever des impôts et des
    cotisations sociales, afin de couvrir les divers risques sociaux
    auxquels peuvent être confrontés les individus.
    3. Selon la logique d’assurance, on cotise (cotisations sociales) pour
    se protéger contre certains risques sociaux et lorsque le risque
    devient effectif, on reçoit une allocation ou une pension. Cette
    logique relève d’une redistribution horizontale. Avec la logique
    d’assistance, on insiste sur la solidarité (entre les générations par
    exemple, ou entre les plus riches et les moins riches). Le financement
    en est assuré par l’État ou les collectivités territoriales (par exemple
    lorsqu’il s’agit du RMI) qui lèvent des impôts. Cette logique relève
    d’une redistribution verticale. Georges va bénéficier du RMI (et
    de la CMU qui lui est associée). Cette prestation sociale relève
    de la logique d’assistance. En effet, pour obtenir une telle prestation,
    il n’est pas nécessaire d’avoir cotisé préalablement, et elle est
    financée en partie par l’ISF (redistribution verticale des plus riches
    vers les plus démunis).
    4. Le RMI va permettre à Georges d’avoir un minimum de ressources.
    Il pourra dorénavant payer ses courses et assurer un minimum
    d’hygiène. Cela lui permettra également de subvenir à ses besoins
    primaires, et d’éviter la marginalisation. Comme tout allocataire du RMI,
    il pourra par ailleurs bénéficier de la CMU et résoudre en partie ses
    problèmes de santé. Cependant, le niveau peu élevé du RMI ne lui


9
permettra sans doute pas d’avoir un appartement plus grand ; il ne
pourra pas non plus dépenser sans compter (il continuera probablement
d’aller à l’épicerie sociale) ; ses ressources ne seront toujours pas
suffisantes pour lui permettre d’avoir des loisirs.




                                                                        10
FICHE ÉLÈVE T LE ES

     1. Après avoir défini la pauvreté absolue et la pauvreté relative,
     préciser si Georges peut être qualifié de pauvre, et si oui, préciser
     s’il s’agit d’une pauvreté absolue ou relative.
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     2. Après avoir regardé attentivement le film, relever les différentes
     explications possibles de la situation précaire de Georges.
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     3. Quelles sont les différentes conséquences résultant de la précarité
     de Georges ?
     ........................................................................................................
     ....………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     4. Définir la logique d’assurance et la logique d’assistance en
     explicitant leur mode de financement, puis préciser de quelle logique
     relève l’aide dont va bénéficier Georges.
     ........................................................................................................
     ....………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     5. À l’aide du reportage, peut-on confirmer ou infirmer le fait que le
     RMI constitue une trappe à inactivité ?
     ........................................................................................................
     ....………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ……………………………………………………………………………
     ........................................................................................................
     ....………………………………………………………………………


11
CORRIGÉ

1. La pauvreté absolue concerne les gens qui ne disposent pas de
la quantité minimale de biens et services qui permettent une vie
normale. L’ONU va par exemple définir la pauvreté absolue
comme la situation dans laquelle un individu n’a pas les moyens
de se procurer le panier de biens jugés indispensable à sa survie
(estimé à environ 10 euros par jour en 2002 en France). La
pauvreté relative définit la pauvreté par comparaison avec le
niveau de vie moyen du pays considéré. Elle est en général définie
par une proportion du revenu médian (celui qui partage la
population en deux parties égales). En France, un ménage est
considéré comme pauvre par l’INSEE quand il dispose de moins
de 50 % du revenu médian français par unité de consommation.
En France, en 2003, le revenu médian s’élevait à 1 290 euros
pour une personne seule.
Au moment du reportage, Georges n’avait aucune ressource. En
conséquence, sa pauvreté était à la fois absolue et relative.
Cependant, peu après le reportage, Georges va bénéficier du
RMI (411 euros par mois). En conséquence, Georges ne sera plus
pauvre d’un point de vue absolu (puisqu’il aura plus de 10 euros
par jour), mais il restera pauvre d’un point de vue relatif (puisque
son revenu sera inférieur à 50 % de 1 290 euros).
2. Les origines des difficultés de Georges sont diverses et
complexes. Sans être exhaustif, on peut considérer que la principale
cause de sa situation précaire réside dans le fait qu’il n’arrive
pas à trouver d’emploi (remise en cause du travail comme instance
d’intégration).
Il est par ailleurs précisé dans le reportage que Georges n’a pas
de famille. On peut donc en déduire que la famille n’a pas pu
jouer totalement son rôle d’instance d’intégration, notamment
parce que Georges n’a pas pu bénéficier de la solidarité familiale.
De plus, Georges possède un DEUG de lettres. Malgré ses
diplômes, il n’arrive pas à trouver d’emploi. On peut déceler dans
ce constat non seulement un décalage entre la qualification
individuelle et la qualification de l’emploi (d’où un problème de
débouchés concernant certaines filières), mais aussi une
dévalorisation des diplômes (limite de l’école comme instance
d’intégration).

                                                                       12
3. La situation précaire de Georges entraîne diverses difficultés. Ces
 dernières sont tout d’abord d’ordre financier : ne disposant
 d’aucune ressource ou de ressources très faibles, Georges a
 beaucoup de difficultés à subvenir à ses besoins primaires : il vit
 dans un appartement prêté par la mairie. Il doit faire très attention
 à la moindre de ses dépenses, en faisant notamment ses courses
 dans une épicerie sociale. Il ne peut financer ses soins médicaux,
 ce qui nuit à son état de santé. Mais les difficultés de Georges
 sont également d’ordre psychologique : sa situation le préoccupant,
 son état de santé s’aggrave (notamment avec l’insomnie et la
 dépression).
 4. Selon la logique d’assurance, on cotise (cotisations sociales) pour
 se protéger contre certains risques sociaux, et lorsque le risque
 se produit, on reçoit une allocation ou une pension. Cette logique
 relève d’une redistribution horizontale. Avec la logique d’assistance,
 on insiste sur la solidarité (entre les générations par exemple, ou
 entre les plus riches et les moins riches). Le financement en est
 assuré par l’État ou des collectivités territoriales (par exemple
 lorsqu’il s’agit du RMI) qui lèvent des impôts. Cette logique relève
 d’une redistribution verticale. Georges va bénéficier du RMI (et
 de la CMU qui lui est associée). Cette prestation sociale relève
 de la logique d’assistance. En effet, pour obtenir une telle prestation,
 il n’est pas nécessaire d’avoir cotisé préalablement, et elle est
 financée en partie par l’ISF (redistribution verticale des plus riches
 vers les plus démunis).
 5. Dans la mesure où Georges ne bénéficie pas encore du RMI,
 il est difficile de statuer sur cette affirmation. Cependant, on peut
 imaginer que Georges ne va pas modifier totalement son
 comportement. En effet, il est fort probable que Georges continue
 malgré tout de rechercher un emploi, puisque le RMI ne lui
 permettra toujours pas de vivre dans le confort. Par ailleurs, un
 emploi, ce n’est pas qu’une source de revenus, c’est également un
 statut social. Dans la mesure où la précarité de sa situation semble
 affecter moralement Georges, on peut en déduire qu’il ne va pas
 cesser toute recherche d’emploi. À partir de l’exemple de Georges,
 on peut donc être enclin à infirmer l’existence de trappe à inactivité.


LIVRET RÉDIGÉ PAR ODILE ALTAY
© S C É R É N - C N D P, 2 0 0 7

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Fichier le quart monde

  • 1. C D A N S L’ A I R LE QUART MONDE EN FRANCE Réalisateurs : Nicolas Charbonneau et Hélène Frade © France 5, Maximal Productions, 2003 Durée : 04 min 19 s « Le quart monde en France », reportage extrait du magazine C dans l’air diffusé le 30 janvier 2004, se propose de montrer la vie quotidienne d’un jeune homme sans emploi ni ressource. Sont ainsi mises en évidence les difficultés financières, sociales et psychologiques résultant d’une telle situation. Le reportage permet également de témoigner de la nécessité de faire appel aux associations caritatives pour survivre.
  • 2. DISCIPLINES, CLASSES ET PROGRAMMES – Sciences économiques et sociales, 2de : Les ressources : revenus et crédits . Consommation et mode de vie. – Sciences économiques et sociales, 1re ES : Les fondements de l’intervention des pouvoirs publics. – Sciences économiques et sociales, Tle ES : La cohésion sociale et les instances d’intégration. Protection sociale et solidarités collectives. OBJECTIFS DU FILM – Mettre en évidence les inégalités de revenus. Distinguer les différents types de revenus et comprendre que, chez certaines personnes, les revenus de transfert constituent la majeure partie du revenu disponible. – Différencier niveau de vie et mode de vie, et comprendre le lien pouvant exister entre ces deux notions. Définir la notion de pauvreté et expliquer la persistance de la pauvreté dans les pays riches. – Mettre en évidence le rôle de l’État en matière de redistribution. Comprendre que l’intervention de l’État est essentielle pour certaines personnes victimes de la précarité. Analyser les effets d’une telle intervention de l’État. Distinguer la logique d’assurance et la logique d’assistance. Mettre en évidence le rôle de l’État-providence dans la lutte contre la pauvreté. Étudier une prestation sociale, le RMI, et s’interroger sur l’assertion selon laquelle le RMI n’inciterait pas au travail. – Identifier les diverses causes pouvant mener à l’exclusion sociale et prendre conscience que l’exclusion est un processus lié à la fragilisation des liens sociaux. Comprendre que la précarité n’engendre pas que des difficultés financières. VOCABULAIRE REQUIS 2de – Les ressources, revenus et crédits : ressources, revenus de transfert. – Consommation et mode de vie : consommation, pouvoir d’achat, niveau de vie, mode de vie. 1re ES Les fondements de l’intervention des pouvoirs publics : redistribution, protection sociale, assistance. Tle ES – La cohésion sociale et les instances d’intégration: pauvreté, exclusion. – Protection sociale et solidarités collectives: État-providence, assistance, redistribution. 2
  • 3. DÉCOUPAGE DU FILM 00 min 00 s : Présentation d’un jeune homme, Georges, et du contexte dans lequel il vit : sans emploi quoique titulaire d’un diplôme d’enseignement supérieur, sans ressources et sans famille, il est logé gratuitement par la municipalité. 00 min 36 s : Témoignage de Georges sur les difficultés à assurer le minimum d’hygiène lorsque l’on n’a pas de ressources. 01min06s: Georges présente les démarches qu’il effectue pour trouver un emploi et décrit les problèmes de santé, physique et psychologique découlant de sa situation précaire. 02 min 02 s : Présentation de la façon dont on fait ses courses lorsque l’on n’a pas ou peu de ressources, avec l’exemple de l’épicerie sociale. Les dépenses doivent être limitées au strict nécessaire. La participation financière qui est demandée est proportionnée aux revenus. 04 min 08 s : Conclusion sur l’avenir proche de Georges, qui va enfin bénéficier du RMI. 3
  • 4. SUGGESTIONS D’EXPLOITATION PÉDAGOGIQUE Inégalités de revenus et rôle de l’État À utiliser en classe de 2de On travaillera sur : – la disparité des revenus : on fera calculer aux élèves la part de la population française ayant un revenu aussi faible que Georges ; – la notion de revenus de transfert, en mettant l’accent sur la diversité des prestations sociales incluses dans ces revenus : celles relevant d’une logique d’assurance et celles relevant d’une logique d’assistance, comme le RMI dont va bénéficier Georges ; – la façon dont l’État intervient pour limiter l’exclusion; on fera imaginer ce que pourrait être la vie de Georges s’il ne bénéficiait pas de l’aide de l’État ; – la loi d’Engel, en montrant qu’elle permet de faire le lien entre le niveau de vie et le mode de vie ; – des statistiques concernant les coefficients budgétaires afin de confirmer la loi d’Engel, en montrant que de faibles ressources influent sur la façon de consommer. Recherche documentaire En partant du cas de Georges qui a dû s’endetter pour financer ses études, la recherche documentaire (au CDI ou sur Internet) s’étendra au problème du surendettement des personnes les plus défavorisées, pour illustrer les conséquences néfastes du crédit sur certaines catégories de personnes. 4
  • 5. Logique d’assurance et logique d’assistance À utiliser en classe de 1re ES On travaillera sur : – l’impact de l’intervention de l’État dans la redistribution ; les deux items ne sont-ils pas similaires ? – la logique d’assurance, en la définissant et en explicitant son mode de financement ; – les limites d’un système de protection sociale fondé uniquement sur la logique d’assurance ; – la logique d’assistance, en la définissant et en explicitant son mode de financement ; – la présentation du système de protection sociale français ; – les limites de l’intervention de l’État, en prenant l’exemple de la redistribution. Recherche documentaire La recherche (au CDI ou sur Internet) portera sur des prestations sociales autres que le RMI, afin d’illustrer la nécessité de l’intervention de l’État dans la redistribution des revenus, notamment dans une logique d’assistance (par exemple, l’allocation de solidarité aux personnes âgées). Précarité et exclusion À utiliser en classe de Tle ES On travaillera sur : – la distinction entre pauvreté absolue et pauvreté relative ; – la remise en cause de certaines instances d’intégration ; – le processus cumulatif menant à l’exclusion sociale ; – la nécessité de l’évolution de la protection sociale, en montrant que, la logique d’assurance n’étant plus suffisante, la protection sociale a dû la compléter par une logique d’assistance ; – la trappe à inactivité. Recherche documentaire La recherche (au CDI ou sur Internet) concernera l’évolution du nombre de pauvres et celle du nombre de bénéficiaires du RMI, pour illustrer la place de plus en plus importante de la redistribution verticale. Elle pourra également porter sur d’autres prestations sociales, relevant de la même logique, telles que l’allocation de solidarité aux personnes âgées, prestation qui remplace, depuis le 1er janvier 2007, le «minimum vieillesse ». 5
  • 6. FICHE ÉLÈVE 2 DE 1. À partir du film, expliciter quelles sont les ressources (actuelles et à venir) de Georges. De quel type de revenus s’agit-il ? ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… 2. Après avoir défini les notions de niveau de vie et de mode de vie, expliquer de quelle façon le niveau de vie de Georges influe sur son mode de vie. ........................................................................................................ ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… 3. Après avoir rappelé ce qu’est la loi d’Engel, préciser si cette loi est confirmée par le reportage, en justifiant la réponse. ........................................................................................................ ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… 4. Quelles sont les conséquences de ce faible niveau de vie et de ce mode de vie sur la santé de Georges ? ........................................................................................................ ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… ………………………………………………………………………… 6
  • 7. CORRIGÉ 1. Au moment du reportage, Georges ne dispose d’aucune ressource; à la fin du reportage, le commentateur précise cependant que Georges va bénéficier dans quelques semaines du revenu minimum d’insertion (RMI). Le RMI est une prestation sociale, relevant de la logique d’assistance. Le RMI fait partie des revenus de transfert. En conséquence, Georges ne dispose d’aucun revenu primaire, et la majeure partie de son revenu disponible sera prochainement composée de revenus de transfert. 2. Le niveau de vie représente la quantité de biens et de services dont peut disposer un individu en fonction de ses ressources. Le niveau de vie est donc une notion quantitative. Le mode de vie représente les façons de vivre, de se nourrir, de se vêtir, d’utiliser ses loisirs, etc. Le mode de vie est donc une notion qualitative. Bien qu’un même niveau de vie entre deux individus puisse se traduire par des modes de vie très différents, il n’en demeure pas moins que le faible niveau de vie influe sur le mode de vie de Georges: il ne peut pas faire ses courses dans des magasins traditionnels (cf. l’épicerie sociale), il ne peut pas non plus acheter de la viande ou du poisson tous les jours ; on peut également imaginer qu’il ne va pas dépenser beaucoup d’argent pour se vêtir et qu’il n’a probablement aucun loisir. 3. La loi d’Engel stipule que la part des dépenses de nourriture diminue quand le revenu augmente, et donc que plus une famille est pauvre, plus grande est la part des dépenses totales qu’elle est amenée à utiliser pour se procurer de la nourriture. Le reportage semble effectivement confirmer la loi d’Engel : même si Georges se rend dans une épicerie sociale afin de limiter ses dépenses de nourriture, il n’en demeure pas moins que celles-ci représentent la majeure partie du total de ses dépenses (on ne peut pas parler de ses revenus, car il ne bénéficie pas encore du RMI). 4. Le faible niveau de vie de Georges et le mode de vie qui l’accompagne ont eu pour conséquence d’aggraver son état de santé. En effet, n’ayant que très peu de ressources, Georges n’a pas les moyens de se soigner. À cela s’ajoute le fait qu’il est fragilisé psychologiquement de par sa précarité. Il faut tout de même noter que cette situation va pouvoir s’améliorer lorsque Georges touchera le RMI, puisqu’il bénéficiera alors automatiquement de la couverture maladie universelle (CMU). 7
  • 8. FICHE ÉLÈVE 1 RE ES 1. À partir du reportage, expliquer l’origine des difficultés de Georges et montrer les conséquences de ces difficultés. …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 2. Déduire du reportage la nécessité de l’intervention de l’État dans la redistribution des revenus. …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 3. Après avoir distingué la logique d’assurance et la logique d’assistance, préciser de quelle logique relève l’aide dont va bénéficier Georges, tout en justifiant votre réponse. …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 4. Dans quelle mesure peut-on dire que le versement du RMI va modifier la vie de Georges ? …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 8
  • 9. CORRIGÉ 1. Les difficultés de Georges ont pour origine le fait qu’il ne trouve pas d’emploi (origine que l’on peut attribuer à une défaillance du marché du travail). Ne bénéficiant pas encore du RMI, Georges est sans ressources. Il est obligé de vivre dans un tout petit studio prêté par la mairie, il doit faire ses courses dans une épicerie sociale et limiter ses achats au strict minimum. À cela s’ajoutent des problèmes de santé physique liés au fait qu’il ne peut pas payer ses soins médicaux, et des problèmes de santé d’ordre psychologique résultant de la précarité de sa situation. 2. Lorsqu’une personne telle que Georges est dépourvue d’emploi, elle n’a aucune ressource. En conséquence, l’intervention de l’État est nécessaire afin qu’elle puisse subvenir à ses besoins primaires, et qu’elle puisse donc tout simplement survivre. Ainsi, l’État se doit de prélever des impôts et des cotisations sociales, afin de couvrir les divers risques sociaux auxquels peuvent être confrontés les individus. 3. Selon la logique d’assurance, on cotise (cotisations sociales) pour se protéger contre certains risques sociaux et lorsque le risque devient effectif, on reçoit une allocation ou une pension. Cette logique relève d’une redistribution horizontale. Avec la logique d’assistance, on insiste sur la solidarité (entre les générations par exemple, ou entre les plus riches et les moins riches). Le financement en est assuré par l’État ou les collectivités territoriales (par exemple lorsqu’il s’agit du RMI) qui lèvent des impôts. Cette logique relève d’une redistribution verticale. Georges va bénéficier du RMI (et de la CMU qui lui est associée). Cette prestation sociale relève de la logique d’assistance. En effet, pour obtenir une telle prestation, il n’est pas nécessaire d’avoir cotisé préalablement, et elle est financée en partie par l’ISF (redistribution verticale des plus riches vers les plus démunis). 4. Le RMI va permettre à Georges d’avoir un minimum de ressources. Il pourra dorénavant payer ses courses et assurer un minimum d’hygiène. Cela lui permettra également de subvenir à ses besoins primaires, et d’éviter la marginalisation. Comme tout allocataire du RMI, il pourra par ailleurs bénéficier de la CMU et résoudre en partie ses problèmes de santé. Cependant, le niveau peu élevé du RMI ne lui 9
  • 10. permettra sans doute pas d’avoir un appartement plus grand ; il ne pourra pas non plus dépenser sans compter (il continuera probablement d’aller à l’épicerie sociale) ; ses ressources ne seront toujours pas suffisantes pour lui permettre d’avoir des loisirs. 10
  • 11. FICHE ÉLÈVE T LE ES 1. Après avoir défini la pauvreté absolue et la pauvreté relative, préciser si Georges peut être qualifié de pauvre, et si oui, préciser s’il s’agit d’une pauvreté absolue ou relative. …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 2. Après avoir regardé attentivement le film, relever les différentes explications possibles de la situation précaire de Georges. …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 3. Quelles sont les différentes conséquences résultant de la précarité de Georges ? ........................................................................................................ ....……………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 4. Définir la logique d’assurance et la logique d’assistance en explicitant leur mode de financement, puis préciser de quelle logique relève l’aide dont va bénéficier Georges. ........................................................................................................ ....……………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… 5. À l’aide du reportage, peut-on confirmer ou infirmer le fait que le RMI constitue une trappe à inactivité ? ........................................................................................................ ....……………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… …………………………………………………………………………… ........................................................................................................ ....……………………………………………………………………… 11
  • 12. CORRIGÉ 1. La pauvreté absolue concerne les gens qui ne disposent pas de la quantité minimale de biens et services qui permettent une vie normale. L’ONU va par exemple définir la pauvreté absolue comme la situation dans laquelle un individu n’a pas les moyens de se procurer le panier de biens jugés indispensable à sa survie (estimé à environ 10 euros par jour en 2002 en France). La pauvreté relative définit la pauvreté par comparaison avec le niveau de vie moyen du pays considéré. Elle est en général définie par une proportion du revenu médian (celui qui partage la population en deux parties égales). En France, un ménage est considéré comme pauvre par l’INSEE quand il dispose de moins de 50 % du revenu médian français par unité de consommation. En France, en 2003, le revenu médian s’élevait à 1 290 euros pour une personne seule. Au moment du reportage, Georges n’avait aucune ressource. En conséquence, sa pauvreté était à la fois absolue et relative. Cependant, peu après le reportage, Georges va bénéficier du RMI (411 euros par mois). En conséquence, Georges ne sera plus pauvre d’un point de vue absolu (puisqu’il aura plus de 10 euros par jour), mais il restera pauvre d’un point de vue relatif (puisque son revenu sera inférieur à 50 % de 1 290 euros). 2. Les origines des difficultés de Georges sont diverses et complexes. Sans être exhaustif, on peut considérer que la principale cause de sa situation précaire réside dans le fait qu’il n’arrive pas à trouver d’emploi (remise en cause du travail comme instance d’intégration). Il est par ailleurs précisé dans le reportage que Georges n’a pas de famille. On peut donc en déduire que la famille n’a pas pu jouer totalement son rôle d’instance d’intégration, notamment parce que Georges n’a pas pu bénéficier de la solidarité familiale. De plus, Georges possède un DEUG de lettres. Malgré ses diplômes, il n’arrive pas à trouver d’emploi. On peut déceler dans ce constat non seulement un décalage entre la qualification individuelle et la qualification de l’emploi (d’où un problème de débouchés concernant certaines filières), mais aussi une dévalorisation des diplômes (limite de l’école comme instance d’intégration). 12
  • 13. 3. La situation précaire de Georges entraîne diverses difficultés. Ces dernières sont tout d’abord d’ordre financier : ne disposant d’aucune ressource ou de ressources très faibles, Georges a beaucoup de difficultés à subvenir à ses besoins primaires : il vit dans un appartement prêté par la mairie. Il doit faire très attention à la moindre de ses dépenses, en faisant notamment ses courses dans une épicerie sociale. Il ne peut financer ses soins médicaux, ce qui nuit à son état de santé. Mais les difficultés de Georges sont également d’ordre psychologique : sa situation le préoccupant, son état de santé s’aggrave (notamment avec l’insomnie et la dépression). 4. Selon la logique d’assurance, on cotise (cotisations sociales) pour se protéger contre certains risques sociaux, et lorsque le risque se produit, on reçoit une allocation ou une pension. Cette logique relève d’une redistribution horizontale. Avec la logique d’assistance, on insiste sur la solidarité (entre les générations par exemple, ou entre les plus riches et les moins riches). Le financement en est assuré par l’État ou des collectivités territoriales (par exemple lorsqu’il s’agit du RMI) qui lèvent des impôts. Cette logique relève d’une redistribution verticale. Georges va bénéficier du RMI (et de la CMU qui lui est associée). Cette prestation sociale relève de la logique d’assistance. En effet, pour obtenir une telle prestation, il n’est pas nécessaire d’avoir cotisé préalablement, et elle est financée en partie par l’ISF (redistribution verticale des plus riches vers les plus démunis). 5. Dans la mesure où Georges ne bénéficie pas encore du RMI, il est difficile de statuer sur cette affirmation. Cependant, on peut imaginer que Georges ne va pas modifier totalement son comportement. En effet, il est fort probable que Georges continue malgré tout de rechercher un emploi, puisque le RMI ne lui permettra toujours pas de vivre dans le confort. Par ailleurs, un emploi, ce n’est pas qu’une source de revenus, c’est également un statut social. Dans la mesure où la précarité de sa situation semble affecter moralement Georges, on peut en déduire qu’il ne va pas cesser toute recherche d’emploi. À partir de l’exemple de Georges, on peut donc être enclin à infirmer l’existence de trappe à inactivité. LIVRET RÉDIGÉ PAR ODILE ALTAY © S C É R É N - C N D P, 2 0 0 7