COUV GUIDE PRATIQUE 70e 7/04/14 10:32 Page 1
COUV GUIDE PRATIQUE 70e 7/04/14 10:32 Page 2
■ Edito 1
D
es plages du Calvados au bocage de
Montormel dans l’Orne en passant
par l’incontournable Sainte-Mère-
Eglise dans la Manche jusqu’à Cherbourg,
ce guide pratique vous propose de découvrir la
majeure partie des sites du débarquement et de la
bataille de Normandie.
Une bataille qui dura cent jours et qui fit 37 000 victimes
chez les Alliés, 20 000 chez les civils et 57 000 côté alle-
mand.
Musées, cimetières, vestiges, monuments…nous rap-
pellent à jamais ce que furent ces cent jours et plus
particulièrement ce 6 juin 44 .
« Lorsque nous approchâmes des plages, le ciel était
illuminé par les tirs et le feu des canons antiaériens. On
aurait dit l’enfer sur terre » témoignait à 2h du matin
un opérateur radio à bord du destroyer USS Rich.
Tous, militaires ou civils, vécurent en effet l’enfer pour
nous offrir un avenir libre.
Cet avenir libre, il se conjugue aujourd’hui au présent.
C’est pourquoi à côté des sites que nous vous invitons à
découvrir, ou tout simplement à redécouvrir, si vous
habitez la région, ce guide vous propose
d’autres idées de visites, liées aux sites
mêmes, ou pas d’ailleurs.
Ce 70e
anniversaire du Débarquement, qui
verra affluer chez nous des milliers de touristes,
est en effet l’occasion de rappeler que la
Normandie fait partie des plus belles régions de France
et que chacun de ses départements est riche d’une
diversité de paysages et de curiosités qui méritent
qu’on s’y arrête, qu’on prenne le temps de les parcourir
et d’y revenir. Quelques jours n’y suffiront pas !
Cette mixité de sites à découvrir, mémoriels ou non, fait
la particularité et l’intérêt de ce guide de 84 pages réa-
lisé par les hebdomadaires et bi-hebdomadaires bas-
normands du groupe Publihebdos.
Nous avons eu plaisir à le réaliser et nous avons plaisir
à vous l’offrir. Qu’il contribue à vous aider dans votre
découverte ou redécouverte de la région en gardant à
jamais en mémoire le sacrifice de ceux qui ont libéré la
Normandie et la France, et le martyre qu’ont vécu des
milliers de civils.
Ne les oublions jamais !
PUBLIHEBDOS - RCS RENNES 87280 018 - HEBDOS COMMUNICATION - RCS RENNES 437 737 901 - Directeur de la publication : Francis Gaunand
Directeur délégué Zone Nord : Philippe Rifflet - Editeurs : Françoise Therin Dajon-Lamare, Dominique Lecoq, Laurent Rebours, Christian Bouzols
Publicité : Hebdos Communication : 02 31 48 54 62 - Imprimerie Publitrégor et Impram
Remerciements au Mémorial de Caen et à son directeur Stéphane Grimaldi et à Normandie Mémoire 44 - Crédit photos DR
ouistreham
O
ccupée par les troupes allemandes lors de la Seconde
guerre mondiale, la ville de Ouistreham , située près
de Caen, vit débarquer le 6 juin 1944 les 177 Français
du 1er
bataillon de Fusillers marins commandos.
A 14km au nord de Caen, Ouistreham fut occupée
par les Allemands dès 1942. Quelque 123 villas en bor-
dure de mer avaient été rasées pour faire place aux
défenses du Mur de l’Atlantique. Mais le 6 juin, les 177
Français du bataillon des fusillers marins du
Commandant Kieffer débarquaient…
Des villas occupées, 80 ouvrages bétonnés dont un
poste d’observation d’artillerie, baptisé « le grand
bunker », Ouistreham était très bien défendue par l’oc-
cupant.
La prise de ce lieu stratégique permit d’assurer le
point de débarquement sur la zone de Sword Beach,
entre Langrune-sur-mer et Ouistreham.
Les Commandos Kieffer
Ce sont les Britanniques de la 8e
brigade et les
Commandos dont le Commando N°4 du batail-
lon des 177 fusillers marins français du
Commandant Kieffer , les Bérets Vets, qui débar-
quèrent sur Sword Beach. Face à eux les hom-
mes de la 716e
division d’infanterie allemande
composée de 29 compagnies et armée de 500
mitraillettes, 50 mortiers et 90 canons.
C’est à 9h30 le 6 juin que les Britanniques
pénétrèrent dans Hermanville avant que les
Français du Commandant Kieffer aient obtenu le
privilège de fouler les premiers le sol de
Normandie et ne rejoignent Ouistreham. La
bataille fut rude, les Allemands ayant fortifié les
habitations reliées entre elles par des souter-
rains.
Sur la plage, les Commandos laissent une
quarantaine de tués et de blessés dont le
Commandant Kieffer qui continua, malgré tout,
avec ses hommes, recevant l’appui d’un blindé
de la 27e
Brigade Blindée .
Ouistreham fut libérée, en partie, vers midi
tandis que les rescapés atteignaient Bénouville
et Ranville pour faire la jonction avec les para-
chutistes de la 6e
DAP. Des poches de résistance
subsistèrent malgré tout dans la ville. Le 9 juin, le lieu-
tenant Orell reçut l’ordre d’investir le Grand Bunker
qui, de ses 17m de haut, surplombait la plage. Il lui fal-
lut 4 heures avec ses trois
hommes pour en venir à bout
et libérer complètement la
ville de Ouistreham.
2
Un lieu
stratégique
sur
Sword Beach
DR
Musée du mur de
l’Atlantique
Ce musée est installé dans un bunker alle-
mand de 17 m de haut, ancien poste de tir
du Mur de l’Atlantique.Vous découvrirez sur
cinq niveaux les salles intérieures reconsti-
tuées dans les moindres détails : salle des
machines, salle des filtres, casemate de flanquement, chambrée, pharmacie,
infirmerie, dépôt de munitions, salle de transmissions radio, standard téléphoni-
que , poste d’observation, etc.
Boulevard du 6 Juin 14150 Ouistreham tel 02 31 97 28 69
Du 1er
avril au 30 septembre de 9 à 19H
Tarif : 7, 50 euros (adulte) 5,50 euros (tarif réduit)
Musée N°4 Commando
Face au casino , ce musée retrace l’action des commandos franco-britannique qui
débarquèrent à Sword Beach le 6 juin 1944 . On y trouve des armes, des uniformes,
etc. Une maquette détaillée
propose également de revi-
vre la prise du fortin par les
Français.
Place Alfred Thomas
Ouistreham
Tél. 02 31 96 63 10
Monument Kieffer
Ce monument situé sur la dune de
Ouistreham, là où se trouvait un
ancien blockaus surmonté d’une
tourelle blindée, symbolise le
sacrifice des Français libres.
Plusieurs stèles sont dédiées à
des commandos français morts au
combat et un petit monument est
consacré au commandant Kieffer.
Inauguré en 1984 par François
Mitterrand, une flamme salue
l’héroisme des bérets verts fran-
çais.
Cimetière britannique Hermanville-sur-mer
Tout proche d’hermanville sur mer, 1005 soldats reposent dans ce cimetière dont
988 Britanniques, 13 Canadiens, 3 Australiens, et 3 Français.
La ville d’Hermanville
compte également
des monuments, stè-
les et de nombreuses
plaques commémora-
tives en l’honneur des
troupes qui ont
débarqué en juin 44.
■ A ne pas manquer à Ouistreham et dans les environs 3
histoire du débarquement
D
e 0h20 à 23h… Le Jour J fut le jour… le plus long. Heure par heure
ou presque, retrouvez les temps forts de cette journée Historique
du 6 juin 1944.
00 hh 2200 (23 h 20 à l'heure allemande) :
les paras britanniques du Général Gale
et du Major Howard atterrissent près du
canal de Caen à la mer et prennent les
ponts de Ranville et Bénouville.
11 hh 0000 :: les parachutistes américains des
82e et 101e Airborne sont largués au-des-
sus de la région de Sainte-Mère-Eglise.
44 hh 4455 :: les parachutistes britanniques
s'emparent de la batterie de Merville.
66 hh 3300 :: c'est l'heure H sur les trois pla-
ges de Colleville-sur-Mer, Saint-Laurent-
sur-Mer et Vierville-sur-Mer.
Les 1re
et 29e
divisions US sont clouées
sur Omaha sous un feu d'enfer. Les pertes sont très
lourdes.
77 hh 1100 :: les 225 Rangers du colonel Rudder escala-
dent la Pointe du Hoc.
77 hh 3300 :: c'est au tour des troupes d'assaut anglo-
canadiennes, sans oublier les 177 Français du com-
mando Kieffer, de débarquer sur les plages de Gold,
Juno et Sword.
99 hh 3300 :: à Sword, les Anglais tiennent Hermanville ;
à Juno, les Canadiens occupent Meuvaines.
1100 hh 0000 :: deux brèches sont enfin ouvertes à Omaha,
une à l'ouest, l'autre sur Saint-Laurent-sur-Mer.
1122 hh 0000 :: les Canadiens et les Anglais pénètrent dans
plusieurs villes du front de mer. C'est notamment le
cas à Saint-Aubin-sur-Mer et Langrune-sur-Mer.
1133 hh 0000 :: c'est encore le chaos sur la plage d'Omaha.
La marée haute a réduit la bande de sable, avec pour
conséquence un entassement des hommes et du
matériel sous le feu de l'ennemi.
1144 hh 0000 :: à Omaha, le Génie parvient à ouvrir une
brèche pour les blindés et les véhicules.
1166 hh 3300 :: à Gold, les Britanniques prennent la plage
du Hamel.
2200 hh 0000 :: la sortie de la plage de Vierville-sur-Mer
est aménagée à Omaha Beach. Les Américains ont
libéré Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville-sur-Mer,
mais les Allemands ne sont pas loin dans l'intérieur
des terres.
Les parachutistes anglais de la 6e
division aéropor-
tée ont atteint tous leurs objectifs. Mais les pertes sont
très lourdes : sur 6.000 hommes, 1.200 manquent à
l'appel.
Partis de Sword, les Anglais ont avancé jusqu'à
Périers, Bréville et Biéville-Beuville, mais ils doivent
faire face à une très violente contre-attaque alle-
mande.
Les Canadiens arrivent à Villons-les-Buissons.
Des patrouilles de la 56e
division d'infanterie britan-
nique pénètrent dans les faubourgs au nord-est de
Bayeux.
La 151e
division d'infanterie anglaise atteint la route
Bayeux-Caen.
2211 hh 0000 :: le 1er
Hampshire tient Arromanches.
2233 hh 3300 :: à la Pointe du Hoc, les Rangers ne sont pas
au bout de leur peine. Ils doivent faire face à une vio-
lente contre-attaque de l'armée allemande. Ils devront
tenir leur position jusqu'à l'arrivée des renforts. Au
pris de très lourdes pertes.
Le Jour J
heure par
heure
4
@UsArmy-mémorialdeCaen
caen.fr
©Archivesmunicipales
HKGJ%
3q
EXPOSITIONS - PROJECTIONS - BAL  SPECTACLES
CONCERTS - DÉBATS - RENCONTRES - CÉLÉBRATIONS
Deux soldats canadiens dans les rues de Caen, le 9 juillet 1944, entre 16 h et 17 h.
ouistreham
C
’est le site de Ouistreham, qui a été retenu, pour accueillir la
cérémonie internationale du 70e
anniversaire du Débarquement
et de la bataille de Normandie.
Le Président de la République, François Hollande, a
invité pas moins de seize chefs d’Etat et de gouverne-
ment dont le président américain, Barack Obama.
« Je souhaite, Barack, que vous soyez là le 6 juin
2014 », avait déclaré François Hollande dans son dis-
cours lors de sa venue à la Maison Blanche en février
dernier.
Barack Obama, qui a accepté l’invitation, sera donc
le premier président américain à participer à deux
cérémonies pendant ses mandats. Il était déjà là en
effet en 2009 pour le 65e
anniversaire du débarque-
ment.
La Reine d’Angleterre, Elisabeth II, qui n’était pas
venue pour le 65e
anniversaire, devrait être présente
d’autant que la cérémonie se déroulera sur l’une des
cinq plages où ont débarqué les troupes de sa Majesté
en 44.
Des centaines de vétérans et leurs accompagna-
teurs assisteront à la cérémonie. Environ 6000 person-
nes sont attendues.
C’est la première fois que ce site de Sword Beach
accueille une grande cérémonie internationale
commémorative du Débarquement et de la Bataille de
Normandie.
La chancelière allemande devrait également se join-
dre à cette commémoration. Son prédécesseur ,
Gerhard Schroder, s’était rendu au Mémorial de Caen
en 2004.
Il en est restée une image emblématique, celle de
l’étreinte entre le chancelier allemand et le président
français, Jacques Chirac.
Deux cérémonies bi-nationales d’envergure auront
lieu également à Omaha Beach et Juno Beach. Enfin,
d’autres commémorations se dérouleront dans les
trois départements normands à l’occasion de ce 70e
anniversaire jusqu’au 15 août 2014 où François
Hollande célèbrera alors le débarquement en
Provence avec là encore de nombreux chefs d’Etat et
de gouvernement du Maghreb et d’Afrique subsaha-
rienne.
6
Cérémonie
internationale
à Ouistreham
Le phare de Ouistreham
Mesurant 38 m de haut, ce phare cylindri-
que fut mis en service en 1905. Il compte
171 marches de granite. A l'occasion du
centenaire, en 2005, un jeu de lumière y a
été installé sur le phare. Il éclaire la base
de l'édifice, et permet aux Ouistrehamais,
en fonction de la couleur, de savoir si la mer
est montante ou descendante : il est bleu
lors de la marée montante, blanc le reste du
temps.
L’église Saint Samson
Témoin de l’art roman, cette église veille depuis des siècles sur le bourg et ses
habitants . A l’époque de son édification, Ouistreham était une baronnie apparte-
nant à l’Abbaye de la Sainte Trinité de Caen (Abbaye aux Dames). A l’intérieur deux
vitraux commé-
morent la libéra-
tion de la ville en
1944.
A proximité se
trouve la grange
aux dîmes très
bien restaurée
aujourd’hui et
dont il est fait
mention pour la
première fois en
1257.
Port de pêche et porte de l’Angleterre
Ouistreham a toujours eu une vocation maritime. Le produit de la pêche des
marins est en vente tous les jours sur les étals de la halle aux poissons construite
en 1992 et qui évoque
une vague.
Ouistreham est aussi
une porte vers
l’Angleterre puisque
des ferries assurent
la liaison avec l’An-
gleterre et plus parti-
culièrement Port-
smouth.
Le mini–golf
Pour petits et grands, le mini golf de Ouistreham, situé sur l’esplanade Lofi à l’en-
trée de la plage, a été conçu sur le thème de la mer. Pas de béton , que du bois et
des pistes en gazon synthétique pour ce parcours de 18 trous qui fait face à l’of-
fice de tourisme de Ouistreham, totalement relooké cette année.
■ A ne pas manquer à Ouistreham et dans les environs 7
bernières-sur-mer
C
ette maison de Bernières sur Mer, à 16 km au
nord de Caen, est probablement la première
maison libérée en France, à l’aube du 6 juin
1944 par les troupes canadiennes du Queen’s Own
Rifles Régiment, et du célèbre Régiment de La
Chaudière. Un drapeau à la feuille d’Erable, une
plaque commémorative, sont là pour rappeler
qu’ici, l’histoire s’est écrite avec un H majuscule.
Sur le mur de clôture de la maison, communément
appelée Maison des Canadiens, côté parking, quel-
ques photos racontent cette journée du 6 juin, et
l’avancée des troupes. La gare, aujourd’hui Office du
Tourisme, a permis de réunir des colonnes de prison-
niers allemands en partance vers l’Angleterre.
L’assaut est lancé à 7h30. Il est précisément 8h05
lorsque les Canadiens débarquent sur la plage de
Juno, sur le secteur baptisé « Nan ». Les tirs d’artille-
rie destinés à neutraliser les batteries allemandes,
canons et mitrailleuses, du point fortifié de la Cassine,
ont manqué leur cible. Les chars amphibies de soutien
sont en retard. Les vagues d’assaut des libérateurs
sont fauchées sur la plage.
Plus d’une centaine de soldats seront tués ou bles-
sés juste devant la maison.
C’est l’arrivée d’un vaisseau de la Royal Navy qui
sera salvateur. Il pilonnera les blockhaus du Mur
de l’Atlantique, pour permettre d’ouvrir une brè-
che. Des combats rapprochés finiront de les neu-
traliser.
A 8h30, les renforts Régiment de La Chaudière et les
chars du Fort Garry Horse touchent enfin la plage.
Bernières sur Mer est libérée.
Les troupes canadiennes installeront une base
arrière dans le village. C’est à Bernières que sera ainsi
ouvert le QG Presse et Cinéma, quartier général des
journalistes, photographe, cinéastes Canadiens et
Britanniques pendant le Débarquement. Encore visible
aujourd’hui au N°288, au début de la rue du Régiment
de La Chaudière
Aujourd’hui, Bernières propose une balade en pho-
tos dans le village, retraçant le chemin suivi par les
troupes de libération. Avec à chaque fois une explica-
tion historique précise permettant au promeneur de
revivre les événements.
8
Première
maison
française
libérée
@UsArmy-mémorialdeCaen
Eglise de la Nativité de Notre Dame
et vitrail remarquable
L’église de la Nativité a été classée monument historique en 1840. Outre son
Grand retable, maître-autel, tableau de la crucifixion, ex-voto des marins, l’édi-
fice, bel exemple d’architecture médiévale religieuse dont elle illustre l’évolution,
s’apparentant aux plus prestigieuses constructions qui lui sont contemporaines
telles l’abbatiale de la Trinité de Caen et la cathédrale Notre-Dame de Bayeux
l’édifice renferme un remarquable vitrail.
Celui-ci a été offert par le fils d'Ernest W. Parker, du Royal Army Corps Signal, qui
a débarqué à Bernières-sur-Mer le 6 juin 1944 avec le Queens Own's Rifles of
Canada Regiment de la 5th Brigade (3rd Canadian Infantry Division).
La réserve naturelle du Cap Romain
et la mare du Platon
La commune abrite deux espaces naturels remarquables situés en bord de mer :
la falaise de Cap Romain, classé en réserve naturelle depuis 1984 pour son patri-
moine géologique. Il abrite également une faune et une flore littorale variée ainsi
que des témoins de l’histoire de l’homme.
A l’autre extrémité de la commune, la zone humide dite du Platon offre un espace
naturel exceptionnel. Là aussi, derrière la dune maritime, en plus d’être un lieu
idéal pour se promener, autour d’une mare, le site vous permettra peut-être de
croiser le crapaud Calamite, une espèce rare qui fait la joie des naturalisites.
■ A ne pas manquer à Bernières-sur-Mer et dans les environs 9
courseulles-sur-mer
J
uno Beach est le nom de code d’une des principales plages du
débarquement allié en Normandie ,le 6 juin 1944. Située entre
Sword Beach et Gold Beach, elle s’étend depuis Saint Aubin sur
mer à l’est jusqu’à Ver-sur-mer.
Ce secteur était l’un des mieux fortifiés après
Omaha Beach. Dès la première heure de l’assaut,
les forces canadiennes subirent environ la moitié
de pertes, comparable à celles des Américains à
Omaha Beach.
Le retard des chars et les bombardements qui
avaient laissé intactes la majeure partie des posi-
tions allemandes entrainèrent en effet des pertes
élevées dans les premières vagues d’assaut devant
Courseulles et Graye.
Les Royal Winnipeg Rifles surnommés les «
Petits Diables noirs » combattirent corps à corps
pour réduire les nids de mitrailleuses allemands.
Vers midi, la division avait complètement débar-
qué et en début de soirée contrôlait Saint-Aubin-
sur-mer.
Le lendemain soir, les forces canadiennes , soit
21500 survivants faisaient leur jonction avec les
forces britanniques qui avaient pris Sword Beach.
Les pertes canadiennes s’élevèrent au total à un
millier de soldats environ. Les Canadiens morts
lors du débarquement sont enterrés au cimetière
militaire canadien de Bény-sur-mer/Reviers.
Des monuments leur sont dédiés à Graye-sur-
mer, Courseulles-sur-mer, Bernières-sur-mer,
Saint-Aubin-sur-mer, et Langrune-sur-mer.
Le 6 juin 2003, le Centre Juno Beach , unique
musée canadien, sur les plages du débarquement,
leur rend hommage.
Tout près de Courseulles, Graye-sur- mer vit éga-
lement débarquer le 12 juin Churchill, le 14 juin De
Gaulle et le 16 le roi Georges VI.
L’assaut
des forces
canadiennes
10
Cimetièrecanadien-2049soldatsreposentdanscecimetière
Centre Juno Beach
Construit face à la mer, à Courseulles, le Centre Juno Beach retrace l’histoire du
Canada et l’implication de son peuple lors des conflits de la Seconde Guerre mon-
diale. Un parcours jeune public avec guides virtuels, manipulations et quiz sont
également proposés.
Centre Juno Beach Voie des Français Libres 14470 Courseulles-sur-mer
Tel 02 31 37 32 17 www.junobeach.org
Ouvert du 1er
avril au 30 septembre de 9H30 à 19H Plein tarif : 7 euros. Tarif réduit
5,50 euros.
Musée de Courseulles
Arts et traditions populaires. Histoire locale. Maquettes de vieux gréements .
Dentelles réalisées à la manufacture de Courseulles,etc
Du 15 juin au 15 septembre (fermé le mardi). Gratuit
17 rue de l’Amiral Robert 14470 Courseulles-sur-mer
Croix de Lorraine
Elle célèbre le retour du général de Gaulle
sur le sol français , le 14 juin . Erigée à la
limite des deux communes de Courseulles
et Graye, le 16 juin 1990, cette croix de 18
m de haut est visible de très loin et est
devenue un des principaux amers des
navigateurs de la baie de Seine.
Char Churchill
Ce char , le « One Charlie» » s’est enlisé le 6 juin 1944 et a été utilisé comme sup-
port pour la construction d’un pont qui a joué un rôle décisif dans le déroulement
des opérations de
débarquement.
Restauré en 1977,
après avoir été
immergé pendant 32
ans, il est, fait unique,
exposé sur le lieu
même de son immobili-
sation à la brèche prin-
cipale de Graye-sur-
mer.
■ A ne pas manquer à Courseulles-sur-Mer et dans les environs 11
arromanches-les-bains
E
rodés par les tempêtes de nombreux hivers, les pontons survi-
vants témoignent de la plus grande prouesse technique
d’Overlord. Dès l’idée du Débarquement, le ravitaillement est le
point crucial.
Le raid de Dieppe, août 1942, montrait la difficulté
de la prise d’un port important le 1er jour. L’amiral
Hallet lança : « si un port ne peut être pris il faut en
amener un ». Les opérations combinées de Lord
Mountbatten y travaillent déjà. « Trouvez la solution…
ne soyez pas l’avocat des difficultés, elles se défen-
dront elles-mêmes », écrit Churchill en mai 1942. Les
essais ont lieu en janvier 1943, décision en juillet, mise
en chantier en septembre.
Le port artificiel dans la bataille
Deux ports sont prévus, à Omaha et à Arromanches.
Chacun comprend des digues artificielles pour abriter
le plan d’eau, des quais de déchargement et des voies
flottantes vers la côte. Le 6 juin au soir, des navires
sont coulés en première protection, 56 devant
Arromanches dont le cuirassé Courbet. Des bombar-
dons, croix métalliques de 60 m, les renforcent. Les
caissons Phœnix arrivent dès le 8 juin.
Ces caissons en béton, 70 m de long et 20 de haut,
sont l’armature principale. Il en reste une vingtaine
sur les 115 d’origine. Les quais relient des plate-for-
mes de 70 X 20 m coulissant sur des chandelles
d’acier pour suivre la marée. 15 kilomètres de voies
flottantes sont posés.
Elles s’achèvent quand la tempête frappe le 19 juin,
détruisant le port d’Omaha.
Arromanches débarque 6 000 tonnes le 8 juillet et
culmine à 11 000 le 29. Le port artificiel est actif jus-
que fin novembre.
Les historiens relativisent son importance dans la
bataille de Normandie. Contre ses 6 000 tonnes/jour
les Américains débarquent 23 000t/j à Omaha et Utah.
Son rôle reste essentiel. Sans lui, le risque
d’Overlord n’aurait pas été pris.
Le port
artificiel
d’Arromanches
12
DR
Voyage au cœur du jour J
Unique en France, le cinéma circulaire
Arromanches 360 vous plonge au cœur de la
Bataille de Normandie. « Les 100 jours de
Normandie » projetés sur 9 écrans, raconte l’his-
toire intégrale de la Bataille de Normandie, de la
préparation du Débarquement à la libération de
Paris. Ce film est un hommage aux combattants de
toutes les nations et aux 20 000 civils tués pen-
dant cette bataille de la libération de l’Europe
occidentale qui a suscité tant d’espérances.
Tarifs : adulte : 5 euros. Etudiant/Enfant/Senior :
4,50 euros. -10 ans : gratuit. Chemin du calvaire à
Arromanches. Tel. 02 31 06 06 45.
Le musée du Débarquement
Il s’agit du premier musée construit pour commémorer le 6 juin 1944 et la bataille
de Normandie. Découvrez les différentes nationalités qui ont participé au
Débarquement. Les visites guidées vous racontent l’histoire du port artificiel
d’Arromanches autour d’une
série de maquettes et avec une
vue directe sur les vestiges du
port. Ces visites sont adaptées
à tous, adultes ou enfants.
Tarif : adultes 7,90 euros ;
Enfants, étudiants 5,80 euros
Place du 6 Juin à
Arromanches.
Tel : 02 31 22 34 31.
Les sablés d’Asnelles
La recette du sablé n’a pas
changé, du beurre d’Isigny, de la
farine, du sucre et des œufs.
L’été, la biscuiterie fabrique tous
les jours des sablés à la confi-
ture, au chocolat, aux amandes,
aux pruneaux, aux pommes et rai-
sins, des tartes aux fruits rouges,
des friands, des rochers, des coo-
kies qui embaument la boutique.
Du lundi au vendredi de 9 h -12 h 30 et de 14 h -17 h. En juillet et août du lundi
au samedi de 9 h -12 h 30 et de 14 h - 19 h. Dimanche : 9 h-12 h 30 et 16 h-
19 h. 17, rue de Southampton à Asnelles. Tel : 02 31 22 32 09
Studio de la BBC
Construit entre les XIe
et le XVIIe
siècles, le château de Creully a connu de multi-
ples transformations. La BBC y a installé son 1er studio d’émission, le 6 juin 1944,
dans la tour carrée du château afin d’y diffuser les informations sur le
Débarquement. Aujourd’hui, elle
abrite le musée de la radio dédié
à cette partie de l’histoire.
Visite du 1er
juillet au 31 août ainsi
qu’aux journées du patrimoine du
mardi au vendredi de 10 h à 12 h
30 et 14 h 30 à 17 h 30.
Château de Creully, 30 Place
Edmond Paillaud à Creully.
Tel : 02 31 80 18 65.
■ A ne pas manquer à Arromanches-les-Bains et dans les environs 13
longues-sur-mer
E
lément préservé du Mur de l’Atlantique, la batterie allemande fut
construite à partir de septembre 1943. Ses casemates abritaient
sous 2 mètres de béton 4 canons de 152 mm, portée de 20 km.
Le poste de conduite de tir, en bord de falaise, est
relié par une transmission électrique très moderne. La
batterie relève de la Kriegsmarine, détail important
entraînant une erreur de conception.
Elle est conçue pour affronter des navires et non
frapper les plages, où elle aurait fait des dégâts consi-
dérables. Un seul canon, le plus à l’Est, peut tirer sur
les plages du secteur anglais, et un seul, le plus à
l’Ouest, sur Omaha Beach.
Les bombardements aériens précédant le
Débarquement n’endommagent pas les casemates
mais détruisent ses liaisons électriques, donc son effi-
cacité. Durant toute la bataille du 6 juin, la batterie
tirera 150 obus à une cadence ralentie, sans grand
résultat.
La bataille
La batterie ouvre le feu le 6 juin à 5 h 37 sur le
destroyer Emmons et le cuirassé Arkansas situés
devant Omaha, attirant la riposte de ses pièces de
350 mm et de celles du cuirassé français Georges
Leygues. Elle reporte alors son tir vers les navires du
secteur britannique.
Le croiseur Ajax s’approche alors et la pilonne
de plus de 150 coups de ses pièces de 150 mm. A
6 h 20, Longues cesse le feu et semble neutrali-
sée. Elle reprend son tir sur Omaha, puis sur Gold
où ses tirs, les seuls efficaces, provoquent des
pertes anglaises. A 8 h 45 l’Ajax et le destroyer
réalisent de nouveaux tirs, très efficaces cette fois,
en détruisant 2 canons par coups directs dans les
embrasures.
La batterie reprend un tir irrégulier avec une seule
pièce dans le milieu de l’après-midi, pour finir d’être
détruite à 19 h par les tirs des cuirassés Montcalm et
Georges Leygues.
Les 120 servants survivants se rendent sans com-
battre le lendemain.
La batterie
allemande
de Longues-
sur-Mer
14
@UsArmy-mémorialdeCaen
Musée des épaves sous-marines
Ce musée original présente le résultat de plus de vingt-cinq ans d’exploration
sous-marine des côtes, où le Débarquement s’est déroulé. Elles ont permis de
remonter à la surface des centaines d’épaves. Du char d’assaut au tube de denti-
frice. Des vestiges impressionnants et des objets personnels trouvés dans les
grands navires de guerre coulés aux
environs du 6 juin 1944.
Du 1 juin au 30 septembre de 10 h à 13
h et de 14 h à 19 h. Ouvert le week-
end et les jours fériés en mai. Tarif :
adulte : 6,50 euros - Enfant (7-16
ans) : 3,50 euros.
Route de Bayeux à Port-en-Bessin-
Huppain. Tel. 02 31 21 17 06.
La batterie de Longues
Ouvrage majeur du Mur de l’Atlantique, la batterie de défense de Longues-sur-Mer
comprend un poste de commandement de tir et quatre casemates abritant cha-
cune une pièce d’artillerie de 150 mm. Située au sommet d’une falaise dominant
la Manche, elle a joué un rôle stratégique lors du Débarquement.
Visites Guidées : tous les jours du
2 juin au 31 août.
Uniquement le week-end en avril,
mai, septembre et octobre. A 10 h
15, 11 h 45, 14 h 15 et 15 h 45.
Tarif : adulte : 4 euros ;
Enfants : 3 euros ; Gratuité :
enfants (-11ans).
Tel : 02 31 21 46 87.
Premier port pétrolier
Le port de pêche de Port-en-Bessin a joué un rôle majeur dans le ravitaillement
des troupes alliées. A cet endroit fut installé le premier pipe-line qui alimenta en
carburant les milliers de véhicules des divisions britanniques et américaines. Un
double terminal pétrolier était installé sur les quais intérieurs des digues.
Aujourd’hui, la pêche artisanale fait vivre l’activité locale.
Vous pourrez égale-
ment marcher les pas
d’artistes comme Paul
Signac et Georges
Seurat, et admirer la
tour Vauban. Centre
culturel Léopold
Sédar Senghor.
Tel : 02 31 21 92 33.
La forêt de Cerisy
Au cœur d’un massif de 2 130 h, le Maison de la Forêt propose une exposition sur
les métiers de la forêt et du bois. Vous pourrez découvrir le parcours extérieur,
l’histoire de la forêt de Cerisy, la faune et la flore. L’équipe organise aussi des ran-
données, ateliers enfants, sorties nature…
Avril à septembre : du lundi au ven-
dredi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18
h. Samedi, dimanche et jours fériés
de 14 h à 18 h. Espace muséogra-
phique : gratuit. Animations : (visi-
tes guidées, sorties nature, ateliers
enfants) : payantes.
Tel : 02 31 51 96 56.
■ A ne pas manquer à Longues-sur-Mer et dans les environs 15
omaha
O
maha Beach s’étend devant Vierville-sur-Mer, Saint-Laurent-sur-
Mer, Colleville-sur-Mer et Sainte-Honorine-des-Pertes. Cette
bande de plage d’environ 8 km de long est encadrée de falaises
rocheuses à chaque extrémité.
En mars 1944, la plage a reçu le nom de code
d’Omaha (une ville de l’Etat du Nebraska). Sa prise
était de la responsabilité du commandement améri-
cain, placé sous les ordres du général Omar Bradley.
Le 6 juin à 6 h 35, la 1re
division américaine « la Big
Red One », une unité expérimentée, renforcée par un
régiment de la 29e
division, qui n’avait jamais com-
battu, arrive sur cette plage. Mais le débarquement ne
se déroule pas comme prévu. Les bombardements
aérien et naval ont manqué leurs cibles et n’ont pas
neutralisé les ennemis. Les défenses allemandes,
pratiquement intactes, sèment la mort. Les chars
amphibies ont presque tous sombré avant d’atteindre
la côte, privant ainsi les fantassins d’un appui d’artille-
rie. Toute percée semble alors impossible.
La plage, de plus en plus réduite du fait de la marée
montante, s’encombre de cadavres, de centaines de
blessés et d’engins détruits par les obus.
A force de courage
Après plusieurs heures de combat, la situation évo-
lue enfin en faveur des Gi’s. A force d’énergie et de
courage, ils parviennent en fin de matinée à s’infiltrer
par petits groupes sur le plateau pour prendre à revers
l’ennemi.
Au soir du Jour-J, l’opération s’achève finalement
par un succès. Mais les pertes s’élèvent à plus de
3 000 hommes. 1 000 Américains sont tués et 2 000
blessés. Omaha deviendra « Bloody Omaha » Omaha,
la sanglante que des films comme Le jour le plus long
ou Il faut sauver le soldat Ryan ont mis en scène.
16
@UsArmy-mémorialdeCaen
Omaha la
sanglante
Le cimetière allemand de La Cambe
Le cimetière de La Cambe est le plus grand cimetière militaire allemand de
Normandie. Plus de 21 000 soldats allemands y sont enterrés. Au centre, un ter-
tre de six mètres de haut, surmonté d’une croix de granit, est le tombeau commun
de 296 combattants qui n’ont pu être iden-
tifiés. 1 220 érables ont été plantés comme
symboles vivants de la paix entre les
nations.
Un centre d’accueil présente une exposition
permanente évoquant la souffrance
humaine engendrée par la guerre.
Du 1er
avril au 15 octobre 2014 de 8 h à 19 h.
Samedi et dimanche : ouvert à 9 h. Du 16 octobre au 31 décembre 2014 de 8 h à
17 h. Samedi et dimanche : ouvert à 9 h. Tél. 02 31 22 70 76.
Le musée des Rangers
Le musée retrace la prise de la Pointe du
Hoc le matin du 6 juin 1944 par les soldats
américains du colonel Rudder. Vous
découvrirez facilement et avec beaucoup
de précisions les actions des Rangers. Une
exposition de documents, d’objets et
effets ayant appartenu à ces combattants
complète la visite qui se termine par une projection vidéo.
Du 15 février au 30 avril 2014 de 13 h à 18 h. Fermé le lundi. Du 1er
mai au 31 octo-
bre 2014 de 10 h à 13 h et 14 h 30 à 18 h 30. Fermé le lundi et mardi matin.
Tarif : 4,40 euros, étudiant et plus de 12 ans : 3,30 euros ; enfant : 2,20 euros.
Gratuité pour les vétérans 39-45, militaires en tenue.
Quai Crampon à Grandcamp-Maisy. Tél. 02 31 92 33 51.
La Batterie de Maisy
Oubliée durant ces 60 années, la bat-
terie allemande a été récemment
redécouverte. Elle était puissamment
armée de six canons de 155 mm sur
des plate-formes bétonnées. Visitez
2,5 km de tranchées, tunnels, abris,
soutes, blockhaus… et l’emplace-
ment de 6 plates-formes d’artillerie.
Du 1er
avril au 31 mai et du 1er
au 30 septembre 2014 de 10 h à 16 h et du 1er
juin
au 31 août 2014 de 10 h à 18 h. Tarifs : adulte : 6 euros, étudiant : 5 euros,
enfant/retraité : 4 euros, vétérans la Seconde Guerre mondiale : gratuit.
Route des Perruques à Grandcamp-Maisy. Tel. 06 71 46 37 45.
Les caramels d’Isigny
Il peut être dur, mou, fondant, au beurre salé ou au chocolat, le caramel d’Isigny,
mondialement connu est fabriqué dans notre région. Des visites vous permettent
de découvrir les différentes étapes de confection de cette petite douceur. Vous
pourrez humer les bonnes odeurs de beurre et de sucre. Vous aurez la possibilité
de déguster des caramels aux par-
fums variés tout au long de la
visite.
Visite guidée gratuite et sans ren-
dez-vous du 1er
avril au 30 septem-
bre à 10 h du lundi au vendredi.
Magasin ouvert toute l’année du
lundi au samedi.
Rue du 19 mars 1962, ZA Isypole à
Isigny-sur-Mer. Tel. 02 31 66 50.
■ A ne pas manquer à Omaha et dans les environs 17
colleville - st-laurent - vierville
S
urplombant les plages
d’Omaha, le cimetière
américain de
Colleville-sur-Mer, inau-
guré en 1956, est un des
sites incontournables des
lieux de mémoire dans
notre région.
Celui ou celle qui franchit ses grilles ne peut ignorer
le prix de la liberté en apercevant les 9 387 croix
impeccablement alignées.
Ce cimetière, d’une superficie de 70 h, est l’une des
24 nécropoles américaines de la Seconde Guerre
mondiale construites en terre étrangère. La libre dis-
position de ce terrain a été concédée à perpétuité par
le gouvernement français à l’état américain. Un
mémorial avec une statue en bronze de 7 m de haut ;
une chapelle ; ainsi qu’un jardin des disparus (1 557
noms sont gravés sur un mur) rappellent le sacrifice
de milliers d’hommes ayant franchi l’Océan Atlantique
puis la Manche pour nous redonner la liberté
en 1944.
Et à l’entrée du cimetière une capsule
dédiée au général Eisenhower a été sellée le
6 juin 1969, elle contient des compte rendus
des combats du jour J.
“Medal of honor”
Les dix carrés de tombes, cinq de chaque
côté de l’allée centrale, contiennent les
dépouilles de 9 387 soldats. 307 d’entre eux,
dont les restes n’ont pu être identifiés, sont
inconnus.
Trois sont décorés de la “Medal of honor”,
Médaille d’Honneur du Congrès Américain. Il
s’agit de Théodore Roosevelt JR (de la famille
d’un président des Etats Unis), Franck
Peregory, et Jimmie W. Monteith JR. Une
étoile de David indique la tombe de ceux de
confession juive, tandis qu’une croix latine,
également de marbre blanc, surmonte la
sépulture de tous les autres.
Tout le monde a encore en mémoire le film
de Steven Spielberg Il faut sauver le soldat
Ryan, dont les premières et les dernières
scènes sont tournées dans le cimetière. Le
film raconte l’histoire d’une petite unité par-
tie à la recherche d’un Gi’ dont les trois frè-
res sont morts au combat. Il convient de pré-
ciser à ce sujet que le cimetière américain
regroupe 33 frères enterrés côte à côte. Un
père et son fils sont également enterrés l’un
à côté de l’autre.
9 387 soldats
américains
reposent à
Colleville-sur-Mer
18
@UsArmy-mémorialdeCaen
L’Overlord museum Omaha Beach
L’Overlord Museum retrace la période du Débarquement allié jusqu’à la libération
de Paris, à l’aide d’une collection inédite retrouvée en grande partie sur le sol nor-
mand et constituée pendant plus de 40 ans. Des effets de soldats, jusqu’aux plus
gros blindés de l’époque, les 6 armées en présence en Normandie y sont présen-
tées au travers de scènes reconstituées mettant en œuvre plus de 35 véhicules,
chars et canons. Plus de 10 000 pièces font vivre l’histoire.
Du 1er
mars au 31 mai et du 1er
octobre au 31
octobre de 10 h à 18 h. Du 1er
juin au 31
août : 9 h 30 à 19 h. Du 1er
septembre au
30 septembre : 9 h 30 à 18 h. Du 1er
novembre au 31décembre : 10 h à 17 h.
Tarif plein : 7,10 euros - Tarif réduit : 5,10
euros. Gratuit moins de 10 ans. Colleville-
sur-Mer. Tel. 02 31 22 00 55.
Le château de Colombières
Noin loin des plages du Débarquement, le château de Cobombières est le témoin
de mille ans d’histoire, de Guillaume Le Conquérant au Débarquement. Classé
monument historique, ce joyau n’a pas été détruit pendant la Seconde Guerre
mondiale. Au lendemain de la libération de Colombières, le 9 juin 1944, l’armée
américaine en a fait un centre de transmissions et centre de guerre psychologi-
que.. Une visite sous la conduite d’un guide vous fera découvrir le tour extérieur
des douves, la cour intérieure et les
pièces principales.
En juillet et août du lundi au jeudi et
en septembre le week-end de 14 h à
19 h. Tarif : 6 euros, gratuit moins de
12 ans. Tel. 02 31 22 51 65.
Musée du quotidien de nos grands-parents
Envie de faire un voyage
dans le temps ? Direction
Saint-Laurent-sur-Mer. De
l’artisanat à la vie au quoti-
dien en passant par l’école,
les poussettes, la douche,
les galoches… et les 700
ustensiles en aluminium,
cette collection chinée par
Magali et Christophe Angué vous rappellera quelques souvenirs.
Du 1er
avril au 31 octobre tous les jours de 14 h à 18 h, du 1er
novembre au 31 mai
de 14 h à 18 h (fermé le mercredi et le 2e
et 4e
dimanche de chaque mois). Tarifs
: adulte : 3,50 euros - Enfant (8-16 ans) : 2 euros - Moins de 8 ans : gratuit.
8, Rue Durant à Saint-Laurent-sur-Mer. Tél. 02 31 10 05 42.
Dégustation à la ferme
Michel et Philippe Legallois vous
accueille tous les jours pour vous faire
découvrir leurs spécialités cidre, pom-
meau, calvados… Possibilité de visite
guidée avec la présentation des ver-
gers, du pressoir, de la salle des cuves
de fermentation et la salle de prise de
mousse…
Du 1er
avril au 15 novembre du lundi au
samedi à 10 h 45 et 15 h 30. Sur ren-
dez-vous le reste de l’année. Tarifs : 2,50 euros par personne (moins de 16 ans
gratuit). Ferme de la Sapinière à Saint-Laurent-sur-Mer. Tel : 02 31 22 40 51.
■ A ne pas manquer à Colleville-St-Laurent-Vierville et dans les environs 19
pointe du hoc
A
égale distance entre Omaha Beach et Utah Beach, la Pointe
du Hoc et ses hautes falaises surplombent la plage de
galets.
20
@UsArmy-mémorialdeCaen
70 ans ont passé depuis l’héroïque escalade de ces
parois par le colonel Rudder et ses 225 Rangers, à
l’assaut de l’énorme batterie allemande, au petit matin
du 6 juin 1944. Une mission qualifiée « la plus dange-
reuse du D-Day » par le général Omar Bradley.
L’objectif : s’emparer des bunkers qui protègent les
pièces d’artillerie allemandes et détruire ces derniè-
res.
L’assaut
Rudder doit lancer une fusée éclairante à 7 h pour
confirmer la prise de la batterie et recevoir un renfort
de 500 hommes. Mais la houle coule une barge, tous
les soldats sauf un, se noient entraînés par leur équi-
pement. Une faute de navigation a entraîné du retard
et les soldats vont finalement aboutir au flanc Est de la
pointe qu’ils escaladeront sous les tirs nourris des
Allemands, à l’aide de cordes, de grappins et d’échel-
les. Une mauvaise surprise attend les soldats : pas de
traces des canons ! A la place, des poteaux pour leur-
rer les bombardiers alliés. Plus tard, les Rangers Len
Lomell et Jack Kuhn découvriront cinq canons 155
mm camouflés et en position de tir dans un champ de
pommiers. Ils en détruiront les mécanismes.
Il faudra deux jours de combats acharnés et l’arrivée
du 116e
régiment pour venir à bout de la résistance
ennemie. Sur 225 Rangers engagés à la Pointe du Hoc,
il n’en restait que 90 en état de se battre.
Un site incontournable
Aujourd’hui, spectaculaire est la vision aérienne
de sa surface constellée de trous de bombes. Plus
d’un million de visiteurs s’y promènent, s’impré-
gnant de la beauté des falaises environnantes et de
l’émotion que dégage ce cimetière parsemé de bun-
kers en ruine.
La Pointe du
Hoc, symbole
de courage
caen
A
vec le débarquement des troupes alliées sur les plages
normandes, le 6 juin, rien n’était pour autant gagné …et
Caen devint le pivot d’une rude bataille.
Le soir, les chars de la 21e
Panzer rejoints par ceux
de la 12e
SS Hitlerjugend dressaient en effet devant la
capitale régionale un barrage de feu et d’acier.
L’espoir d’une rapide délivrance s’envolait pour les
milliers de civils qui étaient restés là , après les bom-
bardements. Montgomery renonça alors à un assaut
frontal et décida de prendre la ville à revers.
Mais ses troupes se retrouvèrent bloquées le 9 juin,
à Tilly-sur-Seulles, qui réduit ,en ruines, finit par tom-
ber une dizaine de jours plus tard , avant qu’une nou-
velle résistance allemande ne se forme au sud. La
bataille de Caen s’enlisait…
Finalement début juillet, Montgomery opta pour une
attaque directe sur Caen.
La ville bombardée
Elle débuta par un ter-
rible bombardement
aérien sur le nord de la
ville le 7 juillet dans
la soirée. Le 8, les
Canadiens délo-
geaient les SS
de Buron et
Authie .
De leurs côtés, les Britanniques levaient les derniè-
res résistances allemandes devant Lébisey.
Le lendemain, les Canadiens enlevaient Carpiquet,
Saint Germain la Blanche Herbe, Venoix, la
Maladrerie, et entraient enfin dans Caen tandis que les
Anglais avançaient lentement dans les rues de la ville
transformées en ruines .
La rive gauche était libérée mais la rive droite était
encore aux mains des Allemands qui s’étaient retran-
chées de l’autre côté de l’Orne. Ce n’est que dix jours
plus tard que les Canadiens prenaient les quartiers de
la rive droite.
La ville de Caen était alors totalement libérée .
Libérée en
deux temps
22
DR
Le château ducal
C’est l’une des plus vastes
enceintes médiévales d’Europe.
Edifié vers 1060, en pierre de
Caen, cette forteresse royale au
Moyen-Age, bastion anglais
pendant la guerre de Cent ans,
devint une caserne au XIXe
siè-
cle. Il accueille aujourd’hui le
musée des beaux arts et le
musée de Normandie.
L’abbaye aux dames
Fondée par Mathilde de Flandre,
épouse de Guillaume le
Conquérant, cette abbaye béné-
dictine abrita jusqu’à la révolu-
tion des jeunes filles issues de
l’aristocratie normande. Au XIX,
elle se transforma en hôtel-dieu
puis hospice.
En 1983, les bâtiments furent
rachetés par la Région de
Basse-Normandie qui y installa
le conseil régional.
Visites guidées tous les jours à
14H30 et 16H sauf le 1/01, le
1/05 et le 25/12.
L’abbaye aux hommes
C’est pour se faire pardonner
l’union avec Mathilde de Flandres,
sa lointaine cousine, que
Guillaume, duc de Normandie et
futur roi d’Angleterre, fonda en
1063 l’abbaye aux hommes. Au
XVIII, la révolution chassa les moi-
nes installés dans le monastère.
Début XIX, les bâtiments conventuels furent transformés en lycée de garçons.
L’été 1944, le lycée et l’église servirent de refuge aux Caennais. Depuis 1965, l’an-
cienne abbaye accueille l’hôtel de ville de Caen, l’un des plus beaux de France.
Visites guidées tous les jours du 1er
avril au 30 septembre. Horaires :
www.caen.fr/abbayeauxhommes.
Mémorial de Caen
Des origines de la Seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin , le
Mémorial est un formidable outil pour comprendre le XXe
siècle. Le musée
accueille cette saison
deux grandes exposi-
tions. L’une présente 100
photos de Tony Vaccaro :
de la Normandie à Berlin
et l’autre 100 objets des
100 jours de la bataille de
Normandie.
Tous les jours de 9 à 19H.
Tarif : 19 euros plein tarif,
16, 50 euros tarif réduit.
■ A ne pas manquer à Caen et dans les environs 23
douvres-la-délivrande
L
a commune de Douvres-la-Délivrande / Tailleville fut libérée le 6
juin par les Canadiens. Les Allemands y avaient installé deux sta-
tions radar où travaillaient 230 personnes.
Au Nord et au Sud
Ouest de la commune,
ces deux stations étaient
opérationnelles à l’au-
tomne 1943. Détecteur et
calculateur de tir d’artil-
lerie, elles combinaient
les deux technologies
dans le but de localiser
l’adversaire tout en dirigeant simultanément les tirs
contre lui. Elles étaient ceinturées de barbelés.
Entre Juno Beach et Sword Beach, la base de
Douvres la Délivrande repoussait tous les assauts des
Canadiens. A l’aube du jour J, l’armada alliée effectua
un tir sur Douvres-la-Délivrande qui détruisit partiel-
lement les deux stations radars. La résistance fut vive.
Jusqu’au 17 juin
Il faudra toutefois attendre le 7 juin pour que la com-
mune soit sous contrôle. Les commandos anglais, qui
avaient pour mission de s’emparer de ce site, rencon-
trèrent en effet des difficultés dans Lion-sur-mer, ce
qui retarda leur progression. Quant aux stations, bien
qu’endommagées, elles restaient inaccessibles.
L’attaque finale fut reportée au 17 juin. Une attaque
massive… Le 41st Royal Marine Comando appuyé par
des chars spéciaux en vint à bout. Près de 200
Allemands furent faits prisonniers.
Pendant la bataille de Normandie et dans les mois
qui suivirent, un centre d’accueil fut installé sur
Douvres hébergeant les sans-abris et les réfugiés des
zones de combat.
Un cimetière britannique à l’entrée de la ville abrite
les tombes de 927 Anglais, 180 Allemands, 11
Canadiens, 3 Australiens, 1 Polonais et un soldat
inconnu. Une plaque retrace les opérations de débar-
quement et la progression des forces alliées dans le
nord ouest de l’Europe.
Libérée
par les
Canadiens
24
DR
Le musée du radar
Implanté sur le site d’une
des deux anciennes bases
radars allemandes fortifiées
de Douvres-la-Délivrande,
ce musée explique l’évolu-
tion et le rôle des radars à
l’aide d’une scénographie. A
l’extérieur, l’on peut voir un
rare modèle de radar allemand « Wurzburg ».
Ouvert de juin à septembre de 10 à 18H tous les jours sauf le lundi. Tél 02 31 37
74 43. Route de Basly Direction Courseulles sur mer en venant de Caen
La Basilique
Elle est située sur la commune de
Douvres-la-Délivrande sur le lieu
d’un pèlerinage dédié à la Vierge. L’
édifice fut construit entre 1854 et
1878 dans le style néo-gothique
normand.
En 1872, le pape Pie IX accorda à la
Vierge Noire le privilège du couron-
nement puis Léon XIII l’érigea en
basilique mineure en 1895 date à
laquelle elle fut consacrée.
Les bombardements épargnèrent la
basilique. Seuls les vitraux ont du
être reconstitués.
La pharmacie Lesage
Inscrite à l’inventaire supplé-
mentaire des Monuments
Historiques, elle fut construite
en 1901 par Georges Lesage, sur
les plans d’un architecte caen-
nais Rouvrais, émule d’Hector
Guimard. Maison baroque de 3
étages, son portail d’entrée
constitue l’élément le plus pitto-
resque avec sa grille florale. Tous les vitraux ont disparu et ont été remplacés par
des vitres. A voir dans le centre du village , près de la basilique.
La baronnie
Située au cœur de Douvres près de l’église Saint Rémi, la baronnie de Douvres est
une des sept baronnies des évêques de Bayeux . Louée à des métayers, au XVI et
XVIIe
, elle devint exclusivement exploitation agricole avant d’être vendue à la
Révolution. Achetée par la ville en 1975, elle devint propriété communale à la
mort de l’usufruitière .
■ A ne pas manquer à Douvres-la-Délivrande et dans les environs 25
bayeux
E
lle fut la première ville libre de la France métropolitaine. Le 7 juin,
au lendemain du Débarquement des alliés, Bayeux est libérée par
les troupes britanniques.
Au cœur des combats, Bayeux est l’une des seules
villes de Normandie avec Honfleur à avoir été épar-
gnée par les destructions.
Quelques jours après le Débarquement, le général
de Gaulle souhaite rencontrer les Français. Le 14 juin
1944, il arrive de Londres et se rend à Bayeux où il est
accueilli par une foule en liesse. Le chef de la France
libre est porté par la foule, salué, acclamé.
Guillaume Mercader, chef du réseau OCM pour la
Résistance dans le Bessin, a organisé la venue du
général de Gaulle à Bayeux.
Une foule en liesse
Il descend toujours accompagné de la foule la rue
principale jusqu’à la place du château, qui porte
aujourd’hui son nom, où il prononce son discours :
« Nous sommes tous émus en nous retrouvant
ensemble, dans l’une des premières villes libérées de
la France métropolitaine, mais ce n’est pas le moment
de parler d’émotion. Ce que le pays attend de vous, à
l’arrière du front, c’est que vous continuiez le combat
aujourd’hui, comme vous ne l’avez jamais cessé
depuis le début de cette guerre et depuis juin 1940.
Notre cri maintenant, comme toujours, est un cri de
combat, parce que le chemin du combat est aussi le
chemin de la liberté et le chemin de l’honneur (…) »
Le général de Gaulle s’installe dans l’Hôtel de la sous-
préfecture. Bayeux devient ainsi, jusqu’à la libération de
Paris le 25 août, la capitale administrative de la France.
Une stèle installée sur la place commémore l’allo-
cution de général. Son inauguration, le 16 juin 1946,
est l’occasion de prononcer un second discours histo-
rique pour les institutions françaises. Il y dévoile les
bases de la constitution de la Ve République qui n’est
adoptée qu’en 1958.
Première ville
libre de la
France
métropolitaine
26
@UsArmy-mémorialdeCaen
La Tapisserie de Bayeux
La Tapisserie de Bayeux, document uni-
que au monde, est une broderie de laine
sur une toile de lin réalisée au 11e
siècle.
Sur près de 70 m de long et 50 cm de
haut, elle relate la conquête de
l’Angleterre le 14 octobre 1066 par
Guillaume le Conquérant, duc de
Normandie. L’œuvre est classée au regis-
tre « Mémoire du Monde » de l’UNESCO.
Plein tarif 9 euros ; Tarif réduit 7,50 euros ; Tarif jeune 4 euros ; Gratuit pour
les - de 10 ans.
13 bis rue de Nesmond à Bayeux. Tel : 02 31 51 25 50.
Le MABH
5 000 pièces de collections pour revivre 5 000 ans d’histoire à découvrir au musée
d'art et d'histoire Baron-Gérard, répertorié Musée de France.
600 œuvres d’art dont 250 peintures et estampes avec des œuvres signées
Gustave Caillebotte, Eugène Boudin... 1 000 pièces de porcelaine et de dentelle
de Bayeux, 800 pièces
archéologiques et ethnogra-
phiques... Une très belle
scénographie pour revivre
l'histoire de Bayeux.
Plein tarif : 7 euros, Tarif
réduit : 5,50 euros, Tarif
jeune : 4 euros
37 rue du Bienvenu à
Bayeux. Tel : 02 31 92 14 21.
Visite du vieux Bayeux
Bayeux, cité médiévale, est l'une
des rares villes de Normandie à
n'avoir subi aucun dommage au
cours des combats de la Libération.
Son coeur est resté intact. Le circuit
du Vieux Bayeux permet de visiter
librement le secteur correspondant
à la ville médiévale et d'en découvrir
les secrets grâce à 23 bornes qui jalonnent un parcours constitué d'une boucle de
2,5 km. Des plans permettant de suivre ce circuit sont disponibles à l'Office de
tourisme, ainsi que dans les divers musées de la ville.
Office de tourisme, rue Saint-Jean. Tel : 02 31 51 28 28.
Glace à la ferme
Chocolat, caramel beurre salé mais aussi teurgoule, camembert, foie gras ou bien
calvados, tout autant de parfums classiques et originaux sont réalisés sur place,
à la ferme de la Haizerie. Onctueuses et savoureuses, sans colorant ni conserva-
teur, les glaces sauront réjouir les plus fins palais. En plus du magasin de vente,
vous avez la possibilité de découvrir la traite des vaches.
Du 1er
janvier au 30 avril du mardi au
vendredi de 14 h à 19 h, le mercredi
et dimanche de 13 h 30 à 19 h 30.
Du 1er
mai au 31 décembre tous les
jours de 14 h à 19 h. Départ des
visites guidées à 17 h. Tarifs : 3
euros avec dégustation de glace.
La Fosse à Vaux-sur-Aure.
Tel. 02 31 92 46 44.
■ A ne pas manquer à Bayeux et dans les environs 27
tilly-sur-seulles
T
illy-sur- Seulles, près de Caen, fut le théâtre de violents combats
qui firent de nombreuses victimes civiles et militaires et détruisit la
ville à 96 % !
Les combats pour la prise de Tilly débutèrent le 9
juin. Le Général Horrocks lance l’opération Perch le 10
juin alors que le secteur est solidement dfendu par la
Panzer Lehr Division. Le 11 juin, le 6th Battalion
Durham Light Infantery occupe Tilly tandis que les
Blindés de la 22e
Brigade étaient bloqués par les
Panther allemands.
62 habitants tués
Le 11 juin, les Britanniques perdent le bourg, ce qui
conduit le Général Montgomery à tenter une manœu-
vre de contournement du front par Livry, avec Villers-
Bocage pour objectif. C’est un échec .
Le 15 juin, dans la soirée, le général Bayerlein ras-
semble tous ses blindés disponibles pour repousser
une puissante attaque des 49e
et 50e
division d’infante-
rie britannique.
Trois jours après , la 50e
division repart à l’assaut.
Les combats sont rudes mais le 2nd Battalion Essex
Regiment de la 56e
Brigade d’infanterie reprend pied
dans Tilly sur Seulles.
De leur côté le 6th Battalion Durham Light Infantery
et les chars du 24th Lancers percent à l’ouest du
bourg. En fin de soireée, les Britanniques ont conforté
leurs positions.
Le 19 juin, ils arrachent définitivement Tilly-sur-
Seulles à la Panzer–Lehr-Division. Mais le village n’est
plus qu’un champ de ruines. Soixante deux habitants
de Tilly périrent. C’est presque 10% de la population
d’alors.
Situé en bordure de route nationale, un cimetière
britannique abrite 1222 tombes de combattants dont
896 Britanniques, 2 Néo-Zélandais, 1 Canadien, 1
Australien et 232 Allemands. En saison, des rosiers
fleurissent au pied des stèles.
28
Des combats
très violents
DR
falaise
L
e 11 avril 1945, à 16 ans, ce
gamin de Falaise, surnommé
« Mascotte », enrôlé dans l’ar-
mée française, tombait au champ
d’honneur, atteint par un éclat
d’obus en pleine tête. Cinq jours plus
tôt, il était décoré par le général de
Lattre-de-Tassigny.
Serge Gras arrive à Falaise avec ses parents dans
les années trente. Son adolescence se déroule sous
l’occupation. Malgré son jeune âge, Serge, qui apprend
le métier de menuisier, propose ses services à la
Résistance comme agent de liaison. Après le débar-
quement et la libération de Falaise, en août 1944, il
suit une unité de parachutistes canadiens. Après
l’avance des troupes sur le front de Normandie, et
après mille péripéties, Serge Gras rejoint la capitale.
Comme d’autres jeunes gens, il participe activement à
la libération de Paris à la fin août 1944.
Après le succès de l’insurrection parisienne, il veut
continuer la lutte pour libérer la France et l’Europe du
joug nazi. Il n’a pas seize ans quand il signe son pre-
mier engagement au « Bataillon de Jeunesse ».
Usant de son bagout, il convainc les officiers de
cette formation de rejoindre Montmédy et le régiment
du colonel Fabien. Il est de tous les combats jusqu’à la
Forêt Noire et Dobel, où le 11 avril 1945, il est tué par
un éclat d’obus en pleine tête. Cinq jours plus tôt, le
général de Lattre-de-Tassigny lui
remettait la Croix de Guerre avec étoile
d’argent.
La cérémonie
s’était déroulée
en présence de
Joseph Kessel,
alors correspon-
dant de guerre.
« L’enfant au grand casque »
Joseph Kessel, l’auteur du « Lion » (également
auteur avec Maurice Druon) du Champ des partisans),
était correspondant de guerre en avril 1945. Envoyé
spécial de France-Soir, il a couvert la cérémonie au
cours de laquelle Serge Gras a été décoré par le géné-
ral de Lattre-de-Tassigny.
Voici un extrait du journal daté du dimanche 22 et
lundi 23 avril 1945 et du premier article du journaliste
écrivain dans la presse libre depuis juin 1940.
« Et il y avait cet enfant. Il a seize ans et demi, assure-
t-il. Peut-être, mais par la taille et le visage il n’en porte
pas plus de quatorze. Il se trouvait dans la rangée des
soldats qu’on décorait. Son casque lui couvrait les
oreilles. Il avait un fusil petit et léger comme un jouet. Il
avait combattu sans peur sur les barricades de Paris,
dans les Vosges, en Alsace, sur le Rhin. Maintenant il
tremblait. Il trembla tout le temps que
dura la prise d’armes. Au garde-à-vous le
plus strict, les yeux droits devant lui, son
casque sur les oreilles et le petit fusil tenu
à bout de bras, sérieux comme seuls les
bébés peuvent l’être. Il trembla. Et le
général qui porte sur la joue une balafre
qu’il reçut en septembre 1914 lorsque,
lieutenant des dragons, il se battit à la
lance contre les Uhlans, dut se pencher
beaucoup pour mettre la croix de guerre
sur la mince poitrine de l’enfant au grand
casque et au petit fusil ».
N.D.L.R. Au moment où est paru cet
article, Serge Gras était mort depuis une
douzaine de jours.
Le tragique destin
de « Mascotte »,
Falaisien
de 16 ans
30
Le château Guillaume
le Conquérant
C’est l’emblème de la ville. Implanté
en bordure des premiers contreforts
du massif armoricain, occupé par
l’homme depuis au moins le mésoli-
thique (vers 7 000 av. J.-C), Guillaume
le Conquérant n’a pas été le premier occupant des lieux. Différents types d’ha-
bitats se succèdent au cours des siècles, et il semble qu’à l’époque carolin-
gienne, il existe déjà une fortification sur le rocher. Tirant profit de cette pro-
tection, la ville se développe sur l’éperon rocheux formé par les deux vallées
de l’Ante et du Marescot. Suit, au début du Xe
siècle, la victoire obtenue par
Rollon le viking sur le roi de France ; en acceptant de devenir chrétien, il négo-
cie un large territoire au nord de la Seine au cœur duquel se trouve Falaise qui
devient l’une des premières cités de Normandie. Dans ce nouveau paysage poli-
tique, la ville et le château vont sensiblement se développer et se transformer.
Automates Avenue
Le lieu est autant destiné aux enfants qu’à
leurs parents ou grands-parents. Chacun ne
pourra sortir qu’émerveillé par le musée
André-Lemaître. De 1920 à 1950, décembre
est le mois où devant les grands magasins
parisiens il devient impossible de circuler,
des foules d'enfants et de parents, le nez
collé à la vitrine, regardent dans toutes les directions. Les scènes animées de
plusieurs dizaines d'automates fascinent le public. Automates Avenue offre
aux passants un voyage dans le temps et dans l'espace pour rêver avec ces
fabuleux acteurs de vitrine et revivre la féerie d'une autre époque. Dans les
rues de Paris reconstituées, les 300 automates retrouvent leurs gestes et
mimiques d'autrefois, au cours d'une mise en scène extraordinaire.
Le tombeau de Marie Joly
Le tombeau de Marie Joly et la Brèche au
diable de Soumont-Saint-Quentin et
Potigny est un des lieux incontournables
du pays de Falaise. Dans cet écrin de ver-
dure niché au cœur de la plaine de Caen-
Falaise, se côtoient légende et l’Histoire.
Légende avec celle du lac Poussandre et
de la colère de Satan qui aurait, d’un immense coup de queue créé une brèche où
s’engouffrent les eaux « dans un chaos furieux ».
Histoire avec la présence, en haut du promontoire, du tombeau de Marie Joly
(1761-1799), célèbre actrice du Théâtre Français puis sociétaire de la Comédie
Française. Lorsqu’elle décède à l’âge de 38 ans d’une tuberculose, son mari, châ-
telain et maire de Saint-Quentin, exécute ses dernières volontés et fait ériger un
monument funéraire romantique au point le plus haut du plateau.
Pont-d’Ouilly
Petite commune installée sur les bords
de l’Orne, Pont-d’Ouilly est certaine-
ment une des plus charmantes sur ce
fleuve. A cheval sur le cours d’eau, elle
a su développer son attrait touristique
au fil des ans. Tout au long de l’année,
mais plus particulièrement à la belle
saison, elle propose de nombreuses activités pour tous les goûts. Il y en a pour
tout le monde : des sportifs avec la canoë, le parapente, les randonnées… aux
oisifs avec ses coins au bord de l’eau, sa guinguette, ses spectacles. Le tout, agré-
menté de plusieurs restaurants et de commerces répondant à tous les besoins. Un
bel endroit où s’attarder.
■ A ne pas manquer à Falaise et dans les environs 31
falaise
A
gé de 20 ans en 1944, Emile
Chapron a emmené le doc-
teur Buffard sur le tansad de
sa moto. Pendant plus d'un mois,
ils ont parcouru la campagne falai-
sienne pour porter secours aux
réfugiés qui avaient quitté la cité de
Guillaume ravagée par les bombes.
« Le 6 juin, en fin de nuit, nous avons entendu de violen-
tes explosions en direction de Falaise, puis beaucoup plus
près en fin de matinée. Neuf bombes de gros calibre sont
tombées à environ 200 mètres de la ferme de Madame
Durieux, mère de ma future épouse ». Emile Chapron, un
habitant de Falaise, était réfugié là, car il était recherché
par la police allemande. Au moment où les alliés débar-
quent sur les plages, il voit arriver des réfugiés par dizai-
nes. « Ils nous ont appris que la ville de Falaise était en
partie détruite, n'étant plus qu'un amas de pierres ».
Le 6 juin, vers 12 heures, le docteur Georges Buffard
passe chez les parents d'Emile Chapron. Il donne rendez-
vous au fils deux heures plus tard. Il a besoin de lui et de
sa moto pour le véhiculer de ferme en ferme.
« Les blessés et les réfugiés affluaient, auxquels il faut
ajouter ceux du deuxième bombardement de Falaise qui
toucha l'hôpital. Le lendemain, dans la journée, je ne vis
que deux religieuses, sœur Saint-Coeur de Marie et une
autre dont je ne me souviens plus du nom. Elles étaient
d'un dévouement sans égal, se partageant la pénible
tâche avec le docteur Buffard qui répétait sans cesse : «
que sont devenus mes collègues ? » Il fallait pourtant par-
tir vers d'autres lieux où se trouvaient d'autres victimes,
notamment à Saint-Pierre-du-Bû et à Falaise, sans
oublier les “cas isolés chez des particulier.
Il fallait prévoir un itinéraire passant par les petites rou-
tes ombragées, afin d'éviter d'attirer l'attention des avions
de chasse. Même si un drapeau de la Croix Rouge flotte à
l'avant de la Motobécane.
Plus d'essence
Le médecin et son pilote rencontrent aussi une autre
difficulté : le manque de carburant. « Grâce à la généro-
sité de certains, nous arrivions à mettre quelques gouttes
dans le réservoir. » Une autre fois, c'est un soldat de la
Wehrmacht qui leur donne un litre... Début juillet, le doc-
teur Buffard, sachant qu'il reste de l'essence dans une
station de la ville, confie une lettre à Emile
Chapron, afin qu'il la remette au maire de Falaise. En
arrivant dans la mairie déplacée à l'Ormeau, il tend la
missive à deux conseillers municipaux.
« En attendant, j'entendis une bruyante discussion
dans le bureau ». Emile Chapron repart avec la lettre
cachetée, à Martigny-sur-l'Ante. « Je remis la lettre au
docteur qui me dit, puisqu'il n'y a pas d'essence pour moi
qui suis le seul à porter secours à tous ces malheureux,
toi tu rentres chez toi et moi je vais essayer de rejoindre
ma propriété en Touraine, avec mon épouse qui attend un
enfant ». A propos d'enfant, Emile Chapron se souvient de
deux accouchements au cours de l'été 1944 : « Un à
Martigny, avec une cousine qui était réfugiée chez mes
parents ; le second à Falaise, dans une grotte située dans
les rochers qui surplombent la fromagerie ».
Pour secourir les
réfugiés à la campagne
Emile Chapron
pilote du médecin
32
Le fusil sur le ventre
« Nous sommes partis au Détroit à la fin du mois de juillet », se rappelle
MauriceHueunhabitantduVal,prèsdeSaint-Omer,danslasplendide cam-
pagne de la Suisse normande. « Nous n'étions pas obligés de quitter la mai-
son, mais par prudence on a quand même pris la route pour Saint-Aubert,
prèsdeRabodanges.Enarrivant,unechenilletteallemandeétaitenflammes.
» Il n'est pas prêt d'oublier le jour où un dépôt de munitions a sauté non loin
d'eux. « Mon frère a été couché par le souffle de l'explosion. Le lendemain,
lesAllemandsremontaientengroupe.Ilsvoulaientdel'eau.L'und'euxamis
le canon de son fusil sur le ventre de la voisine... Tous les deux jours, mon
père allait de Saint-Aubert à Saint-Omer en vélo pour surveiller la maison et
rendrevisiteaugrand-pèrequiétaitresté.Maisquandnoussommesrentrés,
nous n'avions plus de chevaux. Ils avaient été volés... »
EmileChapronagardéprécieusement
unephotodelaMotobécane350
qu’ilavaitpendantlaguerre.
st-martin-des-besaces
L
e 30 juillet 1944, l'opération Bluecoat est déclenchée. Cette attaque
de la 2e
armée britannique vise à percer les défenses allemandes
qui se sont particulièrement bien implantées dans le Bocage nor-
mand, en enfouissant, notamment, des centaines de mines pour inter-
dire l'accès des points clés du terrain.
Les Allemands tiennent Vire, un des nœuds routiers
importants du Calvados, ainsi que les hauteurs du
Mont Pinçon, très favorables à l'observation. Le 30e
corps de la 2e
armée britannique doit s'emparer du
Mont Pinçon. Il appartient au 8e corps d'atteindre la
cote 309 au nord-est de Saint-Martin-des-Besaces.
Un point stratégique.
Ce jour-là, le brigadier Walter Bartellot commande
le 4e
Tank Bataillon de la Coldstream Guards. Sa mis-
sion ? Prendre position sur cette fameuse cote 309. Il
faut à tout prix pénétrer dans le Bocage virois, afin
d'empêcher les divisions blindées allemandes de s'at-
taquer au flanc Est de l'armée américaine qui pro-
gresse vers Saint-Lô et Avranches.
Le matin même, le 4e
Tank Bataillon, équipé de
chars Churchill, quitte Caumont-l'Eventé dans l'espoir
de prendre rapidement cette colline qui embrasse tout
un panorama. Cinquante chars s'élancent vers le
sommet ! Un parcourt difficile à travers une succes-
sion de chemins, de
champs bordés de
talus, extrêmement
défavorables aux
chars. Il faut pourtant
persévérer. Mais, le
support d'infanterie
perd du terrain : il est
harcelé par les tirs de
mortiers des Alle-
mands. Que faire ?
Les attendre ou pren-
dre le risque de s'em-
parer du sommet
avec les chars uni-
quement ?
C'est vite tranché, mais le pari est audacieux : l'at-
taque se fera sans infanterie ! Les troupes de têtes
atteignent le sommet, tout en étant une cible parfaite.
Vers minuit, après de nombreux accrochages, l'infan-
terie arrive enfin sur les lieux. La cote 309 est
conquise.
En reconnaissance de services méritoires rendus en
temps de guerre, Walter Bartellot sera décoré de la
Distinguished Service Order. Mais le 16 août, il perd la
vie en sautant sur une mine.
Une stèle se dresse en sa mémoire, à 2 km de Saint-
Martin-des-Besaces, en direction de Caen. Cinquante
ans après, en 1994, son fils, le colonel Sir Bran
Bartelot a levé le voile sur la stèle élevée à la mémoire
de son père.
A la conquête
de la cote
309 !
34
Visitez l'entreprise
Guy Degrenne
La visite guidée est consacrée aux
ateliers de fabrication de couverts
orfèvres, métier originel de Guy
Degrenne. Le public découvrira des
savoir-faire de l’entreprise, l’évolu-
tion des techniques de fabrication
des couverts Guy Degrenne : de la
bobine d’acier… aux produits finis. Il pourra aussi aller dans les magasins de vente
en fin de visite. Tout a commencé il y a plus de 50 ans dans une petite vallée de la
Manche : Guy Degrenne, fils de forgeron, crée l’entreprise qui porte son nom. Il
développe sa marque et son outil industriel en relevant un défi : devenir leader
dans la fabrication de couverts et d’articles de table en démocratisant l’acier inoxy-
dable. Aujourd’hui, le groupe Guy Degrenne est leader européen des couverts.
Visites tout public les mardi et jeudi. (1 h 15). Deux départs sont prévus à 10 h et
à 14 h 30. Fermeture les 3 premières semaines d’août. Exposition permanente
située au sein de l’Espace Guy Degrenne, route de Bischwiller (Vire). Entrée libre.
Renseignements au 02 31 66 44 44. Tarifs : 3.50 €/ adulte ; 1.20 €/enfant (-18
ans). Réservation obligatoire.
Zoo de Jurques : au plus près des animaux
Avec ses 17 hectares de terrain boisé et ses quelque 650 animaux, dont le rare lion
blanc, le zoo de Jurques propose de nombreuses animations gratuites chaque jour,
de la mi-avril à la fin du mois d'août : repas des loups et des pandas roux, goûter
des singes et pour les moins peureux, contact avec les serpents. Nouveauté 2014,
les visiteurs pourront admirer les couleurs chatoyantes des perroquets de plus
près et aussi avoir le privilège d'admirer deux petits guépards. On peut aussi
demander le ''pass soigneur'' et ainsi partager, l'espace de quelques heures, le
quotidien des soigneurs en nourrissant
les animaux.
Pratique : La Butte, 14260 Jurques, tél.
02.31.77.80.58. Ouvert tous les jours
jusqu'au 30 juin : 10 h - 17 h. Du 1er
juillet
au 31 août : 10 h - 18 h. Tarifs : 15,50 €
adulte, 9,50 € enfant plus de 3 ans.
Billetterie en ligne : 15 € et 9 €. ''Pass
soigneur'' enfant ou adulte uniquement
sur Internet. Pass adulte : 85 €. Pass enfant : 55 €. Possibilité de restauration
sur place (snack et cafétéria). Tables de pique-nique.
Percée du Bocage : un épisode méconnu
Le Musée de la Percée du Bocage retrace l’histoire de l’« opération bluecoat » qui
se déroula du 30 juillet au 5 août 1944. Épisode méconnu de la bataille de
Normandie, cette attaque des troupes britanniques fut décisive dans la percée de
l’armée américaine à l’ouest du Calvados. Situé dans la petite commune de Saint-
Martin-des-Besaces, ce musée propose une visite guidée son et lumière et invite le
visiteur à revivre cette bataille au plus près des combattants. De nombreuses pho-
tographies, fresques, témoignages et un diorama (reconstitution de scène) permet-
tent ainsi de remonter le temps.
MuséedelaPercéeduBocage,5rue
du19Mars1962,14350SaintMartin
des Besaces. Tel/Fax : 02 31 67 52
78. Ouvert d’avril à mi-septembre.
Pour les groupes de 20 personnes
minimum, le musée est ouvert tout
l’année sur réservation. Tous les
jours sauf le mardi. Adulte : 5 €.
Enfant : 3 €.
■ A ne pas manquer à St-Martin-des-Besaces et dans les environs 35
ranville - bénouville
P
egasus Bridge… Le pont Pegase… c’est le nom donné au pont de
Bénouville après le 6 juin 1944 en l’honneur des parachutistes bri-
tanniques pour qui le cheval ailé, Pegase, était l’emblème.
Situé entre Caen et Ouistreham, sur le canal qui
mène à la mer, à Bénouville, ce pont basculant a été
contrôlé par les commandos britanniques arrivés de
nuit par planeurs le 6 juin 1944, sous les ordres du
major John Howard. Trois premiers planeurs Horsa
contenant 30 hommes étaient parvenus à se poser à
200m du pont, sans se faire remarquer par les
Allemands. Trois autres planeurs avaient suivi pour
prendre le deuxième pont sur l’Orne. C’est durant
cette opération que périt le premier soldat allié le jour
J. Il s’appelait Herbert Denham Brotheridge. Quatorze
autres soldats furent blessés ans cette opération
considérée comme l’un des faits marquants du
Débarquement.
L’ancien pont basculant, qui datait de 1935, a été
remplacé par un pont similaire bien qu’un peu plus
long en 1994, et ce afin d’accroître la largeur pratica-
ble du canal. Il fut inauguré lors du 50e
anniversaire du
Débarquement.
Toujours là !
Le pont « historique » est aujourd’hui une… pièce
de musée. Il est en effet visible au musée de
Pegasus Bridge situé à quelques mètres de son
successeur, sur la commune de Ranville.
Dans le film « Le jour le plus long », on voit le
piper Bill Millin, qui faisait partie des renforts
débarqués à Sxord Beach, participer à la prise du
pont armé de sa seule cornemuse écossaise tandis
que les soldats alliés franchissaient le pont au son
de son instrument et sous les feux des combat-
tants.
En fait c’est le deuxième pont qui chevauchait
l’Orne qui aurait été ainsi franchi.
L’ensemble du site Pegasus Bridge, inscrit en
1972, a rejoint la liste des sites naturels classés
depuis 2010.
36
Pegasus
Bridge
Un pont
historique !
DR
Le café Gondrée
Ce café est lui aussi une pièce
de musée mais un musée vivant
car l’on peut toujours s’y restau-
rer et y prendre un rafraîchisse-
ment tout en regardant les sou-
venirs entassés là depuis 1944.
Pris d’assaut dès la saison esti-
vale par des Britanniques en
pèlerinage mais aussi par de
nombreux touristes, ce café est situé à 20 m du Pegasus Bridge. Considéré
comme la première maison de France continentale à avoir été libérée, le Café
Gondrée est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1987.
Café Gondrée, 12, avenue Kieffer 14970 Bénouville.
Le Mémorial Pegasus
Inauguré le 4 juin 2000 par le Prince Charles d’Angleterre, ce musée est dédié à
l’action héroique de la 6e
Division Aéroportée Britannique.
Son parc abrite une répli-
que grandeur nature d’un
planeur Horsa et le
fameux Pegasus Bridge
ainsi rebaptisé en 1944.
Memorial Pegasus, ave-
nue du Major Howard
14860 Ranville.
Tarif 7 euros (adulte)
4,50 euros (tarif réduit)
Le château de Bénouville
Construit au XVIIIe
par l’architecte Claude Nicolas Ledoux , ce château est un
modèle de néoclassicisme. Racheté par le Conseil général du Calvados en 1927, il
a été transformé en maison maternelle départementale avant d’être entièrement
réhabilité et ouvert au public .
Château de Bénouville, 1, avenue de Caen 14970 Bénouville. Entrée gratuite
Le chemin de halage
A proximité du site de Pegasus Bridge, le chemin de halage est aujourd’hui une
« voie verte » qui relie Caen à Ouistreham et longe le canal qui mène à la mer .
Vous pouvez l’emprunter à pied, à vélo ou à rollers sur toute la longueur du par-
cours soit 12km ou simplement sur une portion.
Si vous passez de l’autre côté de la rive, vous rejoindrez la baie de l’Orne et sa
réserve ornithologique.
■ A ne pas manquer à Ranville - Bénouville et dans les environs 37
©EmmanuelFossey
merville - franceville
O
uvrage majeur du mur de l’Atlantique, la batterie de
Merville, située sur la commune de Merville Franceville
près de Caen, fut neutralisée par le 9e
bataillon de para-
chutistes britanniques le 7 juin 1944.
C’était un objectif vital du D Day. La batterie de
Merville était une batterie côtière de tir longue portée
disposée le long du littoral. Elle était constituée de
quatre casemates prévues pour abriter des canons de
150 mm. La batterie menaçait le débarquement de
Sword Beach. Restée opérationnelle malgré un bom-
bardement aérien intensif , la neutralisation de la bat-
terie fut doublée d’une opération aéroportée. Une opé-
ration minutieusement préparée… Les hommes du
lieutenant Colonel Otway s’étaient entrainés pendant
des mois pour s’emparer de la batterie de Merville. Ils
connaissaient les moindres détails du site.
Pour autant les pertes furent lourdes, très lourdes.
L’opération ne se déroula pas comme prévu en effet.
De nombreux parachutistes se noyèrent dans les
marais. Les hommes furent dispersés sur plusieurs
kilomètres en raison du vent et une grande partie du
matériel fut perdue.
Rien n’arrêta pourtant les Diables rouges qui occu-
pèrent les blockaus les uns après les autres. Quelques
heures plus tard, tout était plié.
Aujourd’hui, l’Association de la Batterie de Merville
propose sur un site préservé de plusieurs hectares, un
parcours pédagogique, avec la visite de quatre bun-
kers aménagés en musée, et celle d’un avion mythique
ayant participé au débarquement.
Plusieurs fois dans la journée, vous pouvez vivre une
expérience unique en immersion globale dans une
casemate. Sons, lumières, fumées, odeurs, vous plon-
gent pour quelques minutes dans l’enfer que furent le
bombardement et la neutralisation de la Batterie de
Merville.
Un objectif
vital
du D.Day
38
@UsArmy-mémorialdeCaen
D-Day Academy
Ressentir l’Histoire pour mieux la
comprendre, tel est le pari auda-
cieux et réussi dans lequel excellent
Jean-Pierre Benamou et ses amis de
la D-Day Academy.
Association Française, D-Day
Academy préserve et fait revivre
l’histoire du Jour-J de manière forte
et originale, à travers le souvenir de ceux qui, en 1944, ont permis au monde de
rester libre. C’est un musée mobile qui nous transporte physiquement dans le
passé grâce au subtil appel à nos cinq sens. Complément intelligent à la visite
classique des sites et musées du Débarquement de Normandie, cette initiative,
émotionnellement forte et décoiffante à la fois, est parrainée par la Normandy
Veterans Association, encouragée par les amicales régimentaires de l’époque et
par la commune de Rots ou elle a son siège depuis 2004.
www.ddaca.com
Musée de la batterie
de Merville
Sur un site historique totalement
préservé, la Batterie de Merville
vous propose un parcours péda-
gogique cheminant entre les dif-
férents blockhaus de découvrir
l’histoire de cette fortification
allemande.
En prime trois fois par heure, vous êtes invité à vivre une expérience unique en
immersion globale. Sons, lumières, fumées et odeurs vous plongent pour quel-
ques minutes dans l’enfer que furent le bombardement et la neutralisation de la
Batterie de Merville.
Ouvert du 15 mars au 30 septembre de 9H30 à 18H30
Place du 9è
Bataillon 14810 Merville Franceville - Tel 02 31 91 47 53
Site : www.batterie-merville.com
Tarif : 6 euros (adulte) 3 ,50 euros (enfant)
L’estuaire de l’Orne et la Maison de la nature
Propriété du Département du Calvados, gérée par le CPIE Vallée de l’Orne, la
Maison de la nature et de l’estuaire propose au travers de son exposition perma-
nente de découvrir l’estuaire de l’Orne, son histoire , la faune et la flore qui l’en-
toure. Vous pouvez aussi partir de ce site pour découvrir par vous-même cet
endroit préservé.
Boulevard maritime 14121 Sallenelles
Ouvert en juillet et août de 10 à 18H30 Tarif : 2 euros (adulte) 1euro enfant de –
de 15 ans. Gratuit – de 6 ans
Renseignements : 02 31 78 71 06
■ A ne pas manquer à merville - Franceville et dans les environs 39
40
41
mont canisy
F
ace au port du Havre et à la Baie de Seine, le site du Mont
Canisy , dominant la côte fleurie et le Pays d’Auge, se
trouvait être le point d’artillerie le plus important du Mur
de l’Atlantique, entre Cherbourg et le port haut-normand.
Ce site situé sur la commune de Bénerville-sur-
mer s’était transformé en forteresse de béton. De
cette époque , subsistent des casemates, bunkers,
tobrouks de protection, postes de direction de tir,
etc. Mais l’élément le plus attractif des visites gui-
dées qui ont lieu aujourd’hui, c’est l’ouvrage sou-
terrain avec ses 250m de tunnels, six escaliers per-
mettant l’accès en surface, 25 soutes à munitions à
15 m sous terre…
Les Belges sur le terrain
Partie de Sallenelles, le 17 aout 1944, la brigade
belge du colonel Piron entra dans Deauville le 22
août au matin, puis dans Villers-sur- mer. Elle
pénétra ensuite dans Trouville désertée par les
Allemands le 24 août à l’aube vers Honfleur où elle
arriva le 25. C’est cette brigade là qui libéra
Bruxelles en septembre avant de poursuivre l’en-
nemi jusqu’en Hollande .
C’est en hommage à cette brigade belge que fut
inaugurée une plaque le 22 août 2004, le « Pont des
Belges » scellée à côté de celle qui vit le sacrifice
de deux soldats de la brigade belge Piron, Simon
Rouche et Marcel Fournier.
Ce pont de l’Union, à l’entrée du pont de
Trouville-Deauville, a pris en effet le nom de Pont
des Belges en souvenir des libérateurs des deux
cités .
A proximité de ce site, vous pouvez vous recueil-
lir devant la stèle des soldats britanniques de
Villers-sur-mer, celle de la brigade Piron à
Blonville-sur-mer. Des plaques ont été apposées à
Trouville-Deauville. Outre celle du pont des Belges,
une autre commémore la mémoire de trois soldats
de la 6e
division aéroportée.
Pour vous rendre à la batterie du Mont Canisy, il
convient de suivre les panneaux à partir de
Blonville-sur-mer ou Deauville. Il faut se garer en
bas du site et marcher pour y accéder.
Tous renseignements :
www .mont-canisy.org.
Il existe également un
cimetière britannique à
Tourgeville. Créé lors de la
première guerre mondiale, le
cimetière abrite 295 tombes
dont 105 de soldats ayant
participé à la bataille de
Normandie (13 Britanniques,
90 Allemands et 2 civils).
Une
forteresse
de béton
42
cherbourg
L
es Allemands se sont emparés de la cité portuaire dès 1940.
L'arsenal militaire, les installations pétrolières, les forts de la rade
leur sont alors tombés aux mains.
Fin 1942, Hitler décide de faire de Cherbourg une
« Stalingrad », la ville devient une forteresse imprena-
ble par les Alliés. Elle est sur le tracé du Mur de
l’Atlantique. En tout, 4000 km de côtes ont été forti-
fiées. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les troupes
amphibies des Alliés débarquent sur les plages du
Cotentin. Elles sont soutenues par les troupes aéro-
portées.
Les soldats atteignent petit à petit Cherbourg via la
côte et libérèrent la ville le 26 juin 1944.
Dès le lendemain, les Américains s’attaquent à la
Reconstruction, car la ville doit devenir la base arrière
de la logistique américaine : le port transit deux mil-
lions de tonnes de marchandises entre juillet 1944 et
février 1945.
La
Stalingrad
d'Hitler
44
Des croisières
commentées
Du 5 avril au 30 septembre, il
est possible d’embarquer à bord
d’Adèle pour un tour complet
des fortifications, du port et de
la plus grande rade artificielle
du monde (1 500 hectares).
Durée : une heure environ.
Tarif : 14,40 euros pour les adultes, 9,80 euros pour les 4-11 ans, 0,50 euros
pour les moins de 4 ans. Réservations au 06 61 14 03 32. Plus d’infos sur
www.hagueapart.com.
Une visite avec smartphone ou tablette
Grâce à l’application Le château fort
de Cherbourg, le visiteur fait un bond
dans le passé de plus de 300 ans
puisqu’il pénètre, sur son smart-
phone ou sa tablette, dans l’ancienne
cité médiévale dont il ne reste plus
guère de traces aujourd’hui.
Plus d'infos sur
www.cherbourgtourisme.com.
Les paquebots en Escale
Le terminal transatlantique accueille chaque année des paquebots en escale,
comme le Titanic en 1912. Cette année, une trentaine de paquebots ont choisi
Cherbourg comme port d’escale. La première, celle d’une compagnie japonaise
dont le paquebot accueille près de 1 000 passagers, est prévue le mercredi 30
avril. Il y en aura jusqu’en novembre, dont le Queen Mary 2 le 7 octobre.
Consultez la liste complète des escales sur www.cherbourgcruise.com.
La Cité de la Mer
C’est l’endroit incontournable de Cherbourg, à visiter en famille. Un espace dédié
à la découverte des océans avec des aquariums, la visite du sous-marin Le
Redoutable, sans
oublier l’exposition
permanente « Titanic,
retour à Cherbourg »
pour embarquer dans
le célèbre paquebot.
Accès à partir de 5 ans.
Plus d’infos sur
www.citedelamer.com.
■ A ne pas manquer à Cherbourg et dans les environs
©ConseilgénéraldelaManche,archivesdépartementales,collectiondesarchivesaméricaines
(photo © Hagueàpart)
(photo © Almodovar)
sainte-mère-église46
L
e 5 juin 1944 à 23 h, un incendie se déclare dans un bâtiment en
face de la place de l'église. Les pompiers et la population tentent de
maîtriser l'incendie en se passant des seaux de mains en mains,
surveillés par une cinquantaine de soldats allemands armés de fusils.
Des milliers
de parachutes
pleuvent sur
la ville
Opération Overlord
Tout-à-coup, les mitrailleuses du bourg se déchaî-
nent. Le ciel nocturne est rempli d'avions desquels
sautent immédiatement des parachutistes. Ce sont
des forces alliées américaines parachutées au-dessus
de Sainte-Mère-Église lors de l'opération Overlord.
15 000 hommes sont largués sur le village et ses envi-
rons. Ils sont issus de la 82e
division aéroportée US
(82nd Airborne), ainsi que de la 101e
division aéropor-
tée, du fait d'erreurs de largage.
John Steele
Les Allemands tirent sur les parachutistes qui
s'abattent sur le sol. L'un d'entre eux, John Steele, est
emporté par son parachute sur le clocher de l'église
où il reste accroché deux heures, pendant que les
combats font rage en dessous de lui.
De nombreux morts
À minuit trente, le parachutiste Cliff tombe dans le
jardin d'une maison où loge un officier allemand et qui
donne sur la place de l'église. L'officier allemand vise
le parachutiste mais celui-ci est sauvé in extrémis par
le propriétaire de la maison qui demande à l'Allemand
de le faire prisonnier. L'officier se rendra plus tard au
parachutiste. Les parachutistes qui tombent dans les
tilleuls bordant la place ou qui y restent accrochés
seront tous tués.
La prise de contrôle de la ville, à 4 h 30, est dévolue
à la 82e
division aéroportée. Sainte-Mère-Église est la
première ville de France libérée par les airs.
Bientôt des renforts venus d'Utah Beach convergent
vers Sainte-Mère-Église. La ville sera pilonnée par
l'artillerie allemande les 6 et 7 juin occasionnant de
nombreuses pertes civiles et militaires. Mais elle ne
sera jamais reprise.
Le 1er
août 1944, la 2 DB du général Leclerc débar-
que à Utah Beach, traverse la ville, chaleureusement
accueillie par la population, puis se dirige sur
Avranches pour soutenir la percée.
En 1962, la première pierre du musée des troupes
aéroportées est posée.
Le musée Airborne
Le 1er
mai 2014, 50 ans après son inauguration, le Musée Airborne s’agrandit et
propose, dans un nouveau bâtiment en forme d’aile d’avion, un parcours de visite
novateur, exceptionnel et riche en émotions, baptisé Opération Neptune. Ce
parcours chronologique évoque en différentes séquences ce que vécurent les
parachutistes des 82e
et 101e
divisions depuis leur embarquement en Angleterre
dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 jusqu’à la Bataille des haies et même les opéra-
tions auxquelles ils participèrent jusqu’à Berlin. Ce parcours alterne des sas
ayant vocation à donner les clefs de la compréhension des événements et des
salles immersives qui plongent le visiteur au coeur de l’action.
Tout au long de ce parcours, le visiteur accompagne John, un parachutiste radio
de la 82e
. Les enfants ont leur propre parcours avec une mascotte qui les guide et
des textes adaptés. A voir également, un planeur Waco et un avion C 47.
En 50 ans d’existence, le Musée Airborne est devenu le plus grand musée d’Europe
consacré aux parachutistes américains des 82e
et 101e
divisions aéroportées enga-
gés en Normandie dans le cadre de l’Opération Overlord de juin 1944.
Le clocher de l'église
Vous verrez le parachute de John Steele sur le clo-
cher de la commune. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944,
lors du parachutage des troupes sur la zone de
Sainte-Mère-Eglise, John Steele fut atteint à la
jambe par un éclat d'obus, ce qui le fit atterrir sur le
clocher de l'église vers 4 h du matin, tandis que la
bataille faisait rage. Il essaya de se décrocher à
l'aide de son couteau mais fit tomber son arme. Il prit
alors la décision de faire le mort afin d'éviter de ser-
vir de cible à l'ennemi. Après plus de deux heures, un
soldat allemand vint le décrocher. John fut soigné et
fait prisonnier. Il s'évada trois jours après, rejoignit
les lignes alliées et fut transféré vers un hôpital en
Angleterre. John Steele est souvent revenu à Sainte-
Mère-Eglise. Il est décédé en 1969.
La Borne 0
Cette borne est le point de départ de la voie de la Liberté qui se termine à
Bastogne en Belgique. Sa couronne de 48 étoiles repré-
sente les 48 états des Etats-Unis en 1944.
Les 4 rectangles de couleur rouge représentent les 4 tron-
çons de la Voie de la Liberté : Sainte-Mère-
Eglise/Cherbourg ; Sainte-Mère-Eglise/Avranches ;
Avranches/Metz ; Metz/Luxembourg/Bastogne.
En son centre, le flambeau de la liberté sortant de la mer,
prend pour modèle celui de la statue de la Liberté à New-
York. La Voie de La Liberté, aussi appelée Voie Patton,
compte 1200 bornes de ce genre.
■ A ne pas manquer à Saint-Mère-Eglise et dans les environs 47
utah-beach
C
’est la Force « U », stationnée au large des côtes, qui a
pour mission d’attaquer l’ennemi à Utah Beach (plage
de la Madeleine)
et de protéger les fan-
tassins qui débarquent
sur la plage.
Repérée aux premières lueurs du jour par les senti-
nelles allemandes postées sur la plage, la puissante
flotte alliée entame le bombardement des côtes à 5 h
36. Jusqu’à 6h09, cuirassés, les croiseurs et destroyers
pilonnent sans relâche les différents points d’appuis
côtiers et les batteries d'Azeville et de Crisbecq.
L'aviation en renfort
Pour renforcer le rôle des forces navales, une esca-
dre aérienne entre en action. De 6 h 10 à 6 h 25 du
matin, des bombardiers B26 de la 9ème USAAF pilon-
nent les lignes ennemies sur 4 kilomètres de côtes, à
basse altitude. Ils facilitent ainsi le débarquement des
fantassins prévu à 6h30.
Le Débarquement
Après une nuit en mer, secoués par la tempête et
des heures d’attente interminables, entassés dans des
barges, près de 600 hommes de la 4e
DI débarquent
sur la plage de Utah Beach à 6 h 30. Ils sont suivis par
les hommes de la 90e
DI.La traversée de cette plage
semble sans fin. Après 200 mètres dans l’eau, affai-
blis par 25 kilos d’équipement sur le dos, les sol-
dats doivent parcourir 500 mètres sous le feu de
l’artillerie allemande.
Heureusement, l’action des forces navales et
aériennes a considérablement fragilisé les lignes
ennemies. En à peine une demi-heure, les soldats
atteignent la protection du mur anti char.
Quelques minutes après l’heure H, 28 Shermans
amphibies du 70e
Bataillon de chars atteignent la
plage. Le débarquement à Utah Beach est un suc-
cès.
2 km trop loin
Dans la confusion des premières heures du
débarquement, les GI’s ont débarqué à deux kilo-
mètres plus au sud de l’endroit initialement
prévu. C’est le brigadier Général Théodore
Roosevelt qui prend l’importante décision de tout
de même engager ses hommes pour progresser
dans les terres. Au soir du 6 juin 1944, 23 000 hom-
mes ont foulé le sable de la plage de Utah Beach.
La plage
de la Victoire
48
Musée de la Libération
Situé face à l'église, ce musée abrite une
collection d'uniformes, d'armements, de
matériels et de véhicules américains et
allemands. Des trophées capturés et des
objets de fouille issus du champ de
bataille où les parachutistes de la 101
division aéroportée et les unités améri-
caines débarquant des plages affrontè-
rent les troupes allemandes.
Musée de l'occupation
Situé dans l'ancien bureau de garnison allemande (il abrita la
Kommandantur avant de devenir le PC des troupes américaines), ce musée a
de quoi surprendre, notamment par ses peintures murales créées par les sol-
dats allemands eux-mêmes. Il abrite une collection relative à la vie sous
l'occupation (transports, ravitaillement, résistance, collaboration, déporta-
tion).
Pratique. Ces deux musées sont situés dans la commune de Sainte-Marie-du-
Mont.
■ A ne pas manquer à Utah-Beach et dans les environs
Le musée du Débarquement
Construit à l’endroit même où les troupes américaines ont débarqué le 6 juin
1944, le Musée du Débarquement raconte en dix séquences les évènements
du jour J, depuis sa préparation jusqu’à son aboutissement et son succès.
Grace à ce parcours chronologique complet, plongez dans l’Histoire du
Débarquement et venez découvrir une collection riche en objets, véhicules,
matériels et témoignages. Admirez un authentique bombardier B26, avion
d’exception dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde, et revi-
vez l’épopée des soldats américains au travers du film « La plage de la vic-
toire » récompensé par le Cine Goden Award du documentaire 2012 et par le
prix spécial du Jury 2013.
Pratique. Musée : 02 33 71 53 35. www.utah-beach.com
La batterie d'Azeville
Située à 10 km d'Utah Beach, elle fait partie intégrante du Mur de
l'Atlantique. Elle abritait 170 soldats allemands dans ses 350 mètres de sou-
terrains. Sa particularité est l'art du camouflage. Ses peintures en trompe-
l'œil ont été restaurées en 2013 via des photographies d'archives de 1944.
Elles représentent des fermes en ruine, des arbres ou des murs en pierre.
Elles étaient destinées à faire illusion lors de repérages. Ses quatre puissan-
tes casemates, équipées de canon de 105 mm, entrent en action dès le matin
du 6 juin 1944 contre le Débarquement américain d'Utah Beach. Un parcours
audioguide accompagne le visiteur.
Pratique. Batterie d'Azeville. Ouverture du 2 mai au 31 mai et en septembre, de
11 h à 18 h. Fermée le 1er
Mai. Du 1er
juin au 31 août, ouverture de 10 h à 19 h.
Contact : 02 33 40 63 05.
■ A ne pas manquer
à Utah-Beach et dans les environs 49
saint-lô
L
e 17 juin 1940 les premiers éléments de l’armée allemande font
leur entrée à Saint-Lô. Dès le lendemain matin, les établissements
publics sont occupés. En 1942, les statues de Havin et de la Laitière
Normande sont livrées à la récupération et fournissent 779 kg de métal,
soit une somme de 23 370 francs pour la ville. En mars 1943, les
Allemands commencent les travaux de creusement, sous le rocher, de
galeries et de salles destinées à abriter un hôpital souterrain.
La nuit du feu
En 1944, à la suite d’un attentat commis rue des
Noyers, contre un soldat allemand, les autorités alle-
mandes décident l’arrestation d’un certain nombre de
personnes, le dépôt à la mairie de tous les postes de
T.S.F., la fermeture des cinémas, théâtres, cafés, bars
et locaux de divertissements, l’avancement du couvre-
feu à 20 heures. A l’aube du 6 juin, les Alliés débar-
quent. Vers 20 heures, la ville est bombar-
dée. La nuit du 6 au 7 juin sera « la nuit du
feu ».
A 4h30, le 17 juillet, le Major Howie, et
son 3e
bataillon franchissent les lignes
allemandes à Martinville et vers 6 heures
atteignent la position du 2e
bataillon du
116e régiment du Major S. Bingham, isolé
au carrefour de la Madeleine. Vers 7h45 le
Major Howie est blessé mortellement par
un éclat d'obus de mortier. Le 18 juillet, à
18 heures, la Task Force C de la 29e
divi-
sion U.S. entre dans Saint-Lô. On dépose
la dépouille du Major Howie sur les restes
du clocher de Sainte-Croix pour rendre
hommage à son courage, lui qui s'était
promis d'être le premier soldat à entrer
dans la ville. La ville restera sous le feu de
l’artillerie ennemie jusqu’au 24, laissant
près de 500 victimes et une cité détruite à
95 %.
Le 24 novembre 1944, le ministre de la
Reconstitution nomme M. André Hilt
architecte en chef chargé de la recons-
truction de la ville de Saint-Lô, détruite à
95%.
L'association du Don Suisse débloque
des crédits pour construire des baraques
provisoires en bois. La dernière baraque
de la cité Falourdel est détruite en 1994.
La Croix-Rouge irlandaise participe à la
construction d'un hôpital constitué de 25 bâtiments
(situé au niveau du collège Pasteur). L’hôpital est inau-
guré le dimanche 7 avril 1946 et l'équipe médicale
irlandaise quitte Saint-Lô au début de janvier 1947.
La première pierre de la reconstruction de Saint-Lô
est posée en 1948, rue Saint-Thomas, par Vincent
Auriol, Président de la République, qui, en outre,
remet à la ville la Légion d’Honneur et la Croix de
guerre, le 6 juin.
Une ville
détruite à
plus de 95 %
50
Photod'archives: RuesdesNoyersetdelaPoterne,1944–
©NationalArchivesU.S.A.
La vallée de la Vire
A pied, à vélo, à cheval, en canoë, la val-
lée de la Vire se contemple sous plu-
sieurs points de vues. Voies vertes et
chemins de halage permettent de suivre
son cheminement de Pont-Farcy jusqu'à
Pont-Hébert.
Plus d'infos sur www.tourisme-pays-
saintlo.com.
Le parc du château
de Canisy
Le Château de Canisy, situé à
Canisy (7 km de Saint-Lô), est
une propriété privée classée
Monument Historique. Son vaste
parc animalier de 300 hectares se
visite librement.
Le musée des beaux-arts
Située dans le pôle culturel Place du Champ-de-Mars, le musée des beaux-arts
abrite une part importante de tableaux allant du 17e
au 20e
siècle, mais aussi des
tapisseries et d'autres objets d'arts : du marbre de Torigni, des vitraux, émaux, de
la lithographie ou encore des sculptures. On retrouve aussi quelques fragments
d'architecture du Saint-Lô médiéval. Une partie du musée est consacrée à l'his-
toire de la ville de Saint-Lô, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours en passant par les
bombardements et la Reconstruction. Une nouvelle scénographie de cet espace
est à découvrir à partir du 7 juin.
Le village du Hutrel
Un lieu chargé de souvenirs, un
des rares endroits restés
intacts après la guerre et qui
conserve la mémoire de l'exode
des Saint-Lois lors des bombar-
dements de juin 1944. Beaucoup
d'entre eux y ont passé quel-
ques jours et se souviennent de
la solidarité et du réconfort que leur apportait les habitants du Hutrel. Tous les
ans lors du jeudi de l'Ascension, une messe y est célébrée devant la statue de
la vierge. Pour voir le village du Hutrel, prendre la route de Tessy, c'est le dernier
hameau à droite avant la rocade.
Le haras national
Le prestigieux haras national (fin du XIXe
siècle) est établit autour d’une cour
d’honneur. Il se visite tous les jours d'avril à septembre et abrite des expositions.
A voir aussi en été, la présentation d'attelages, du saut d’obstacle, du dressage et
de la présentation en main, avec des Cob normands.
Plus d'infos auprès de l'Office de tourisme de Saint-Lô agglo au 02 14 29 00 00.
■ A ne pas manquer à Saint-Lô et dans les environs 51
(photo©AnniePerrot)
(photo©servicecommunication-VilledeSaint-Lô)
saint-james
L
e 4 août 1944, le Général Patton aurait séjourné au château de la
Paluelle. C’est dans cette propriété des hauteurs de la ville que
l’état-major de la IIIe Armée avait établi ses quartiers. « C’est là
qu’il aurait imaginé le plan pour encercler et anéantir l’armée alle-
mande, tout en préparant la riposte à la contre-attaque allemande
sur Mortain », témoigne René Hamel. Pendant cette période, un
aérodrome a été créé et témoin de cette histoire, il reste aujourd’hui
le cimetière américain.
A la suite du général Patton, la division Leclerc avait
débarqué le 1er
août à Saint-Martin-de-Varreville, fait
mouvement via Coutances, Avranches, arrive à Juilley,
Saint-Aubin-de-Terregatte, Saint-Senier-de-Beuvron,
Saint-Benoît et Saint-James.
Le groupe tactique Langlade s’installe avec camuins
et chars au château de la Paluelle. Le Général Leclerc
séjourne à la Rencontre et la Bêchetière à Saint-Aubin-
de-Terregatte, changeant de place chaque jour.
Durant ce cantonnement, près de Saint-James a eu
lieu dans la nuit du 7 au 8 août un bombardement alle-
mand par torpilles parachutées, remplies de grenades,
qui fit plusieurs morts parmis les soldats. Ceux-ci
furent enterrés à Saint-Aubin-de-Terregatte, Montjoie-
Saint-Martin et Saint-James. Ce bombardement a été
guidé par des espionnes, qui ont dû être démasquées
près d’Argentan. A cause de la contre-attaque de
Mortain, la division devait se tenir prête à intervenir.
Un terrain d’aviation est construit
Après le débarquement du 6 juin 1944, et suivant
l’avancée des troupes, les Américains ont jugé néces-
saire de construire des terrains d’aviation qui leur per-
mettaient d’aller bombarder des cibles stratégiques
pour favoriser leur progression sur le territoire fran-
çais. Le 2 août 1944, le lendemain de la libération d la
ville, un avion américain atterrit dans un champ de la
ferme de la Métairie. A son bord, deux militaires venus
reconnaître l’emplacement envisgé pour l’aménage-
ment d’un terrain d’aviation. Les jours suivant arrivent
plusieurs gros engins de chantier. Ils vont s’atteler à
préparer une piste d’envol et d’atterrissage. La piste
s’étend sur plusieurs centaines de mètres des actuels
bâtiments de l’entreprise Saint James, route
d’Argouges, jusqu’au hameau de la Huretterie, route de
Fougères. Le secteur va être complètement modifié.
Les Américains abattent arbres et talus, suppriment la
Haie de Terre, rasent les bâtiments agricoles de la
ferme attenante et la maison Lenoble à la Sablonnière.
La piste est nivelée et recouverte d’une toile gou-
dronnée. En dix jours, ce terrain est opérationnel. Les
bombardiers décollent non sans quelques accidents
tant au décollage qu’à l’atterrissage. Deux mois plus
tard, les opérations militaires se sont déplacées, le ter-
rain d’aviation n’ayant plus de raison d’être, est aban-
donné. Il n’en reste plus de traces aujourd’hui.
Un territoire américain à perpétuité
En revanche, le cimetière a été établi sur une super-
ficie de 12 hectares. Il a été construit sur le site d'un
cimetière provisoire établi peu de temps après la libé-
ration de la région, par la 8e
Division d'Infanterie US, le
2 août 1944. Après la guerre, les dépouilles mortelles
des soldats américains morts au combat et dont les
familles avaient demandé l'inhumation à l'étranger,
furent transférées des cimetières provisoires vers qua-
torze cimetières permanents. L'usage des terrains fut
concédé à perpétuité au gouvernement américain par
le gouvernement français en reconnaissance des
sacrifices consentis. La plupart des soldats inhumés ici
trouvèrent la mort pendant la libération de la Bretagne,
la Percée d'Avranches et les violents combats autour
de Saint-Lô et de Mortain. 4 410 soldats y reposent.
Saint-James
a accueilli le
Général Leclerc
et… Patton ?
52
Z.A. de Beaufour
SAINT-JAMES - Tél. 02 33 60 80 93
vous accueille
du lundi au samedi 9 h-12 h15 / 14 h-18 h30
VÊTEMENTS
ANIMAUX
JARDIN
CHAUSSURES
TERROIR
vous propose
5, place St-Martin
www.gourmetsbiosolidaires.fr
votre magasin
Route de Pontorson
Saint-James
Tél. 02 33 89 28 30
Retrouvez
NOS VINS
au magasin
GOURMETS
BIOSOLIDAIRES
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Tél. 02 33 48 66 47
Producteur
récoltant
VINS DE LOIRE
Producteur
récoltant
VINS DE LOIRE
Du lundi
au vendredi
(le midi uniquement)
Le soir et
le week-end
sur réservation
Réservation tél. 02 33 89 82 94
Cuisine inventive
et authentique
www.etp-saint-james.fr
Ouvert du mardi au samedi
10h - 12h30 / 13h30 - 19 h
Fermé le lundi
L'atelier Maraîchage
vous propose la vente
de paniers de légumes
sous 2 formules :
Le panier garni par nos
soins en fonction
des légumes disponibles
modèle panier DUO 11
et panier FAMILLE 17
Le panier à la carte :
vous composez vous-même
votre panier avec les légumes
de votre choix pour un
minimum de 10
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Le cimetière américain
Le cimetière, inauguré en 1956, se situe
sur la commune de Montjoie-Saint-
Martin, à la sortie de Saint-James. Les
Etats-Unis ont choisi cette commune
pour sa vue sur le Mont Saint-Michel et
son positionnement dans la contre-atta-
que allemande, suite à la Percée
d’Avranches du 31 juillet 1944.
Les dépouilles mortelles de 4410 soldats qui ont trouvé la mort dans la région
Nord-Ouest de la France. Ils représentent 43% des inhumations effectuées à l'ori-
gine dans la région. Les 4408 tombes sont réparties en 16 carrés, disposés en ran-
gées concentriques par rapport à la pelouse centrale. Elles sont régulièrement
fleuries par les membres de l’association Les Fleurs de la mémoire. Ces morts, qui
ont donné leur vie pour leur patrie, viennent de tous les Etats de l'Union, du
District de Columbia, d'Hawaii, d'Alaska mais aussi du Canada.
Quatre-vingt-quinze stèles portent l'inscription Soldat Inconnu, et contiennent
les dépouilles mortelles de soldats qui n'ont pu être formellement identifiés.
Deux de ces tombes contiennent les dépouilles mortelles de deux soldats qui
n'ont pu être identifiés séparément. Deux frères, par deux, reposent côte à côte
dans vingt sépultures. Sa chapelle, en granit de Bretagne, se compose d'un vesti-
bule, d'une tour, d'une salle mémorial et d'une chapelle. Un extrait de la prière
que le Président Franklin D. Roosevelt récita le jour du débarquement est gravé
dans le mur Sud de la salle mémorial. Le Mur des disparus, légèrement incurvé,
soutient la terrasse et porte les nom, grade, unité et état d'origine de 498 soldats
inconnus. Le Memorial Day, le 26 mai (journée du souvenir aux Etats-Unis, y est
commémoré chaque année.
Du 4 juillet au 29 août, tous les mercredis de l'été, visites commentées à partir de
14h, à l'entrée du cimetière (gratuites, ouvertes à tous). Entrée libre et gratuite de
9h à 17h tous les jours. Tél. 02 33 89 24 90.
Un circuit de randonnée
Sur les pas de la Liberté est un itinéraire de randonnée qui part de la place du
Calvaire à Saint-James pour rejoindre le cimetière américain. Il propose de décou-
vrir les faits marquants de la Bataille de Normandie à l’échelle de la région, avec
des anecdotes locales au gré de 14 panneaux d’information, répartis sur une bou-
cle de près de 8 km.
L’Office de tourisme est ouvert de septembre à juin : lundi de 14h à 18h ; du mardi
au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h ; le samedi de 10h à 12h30. En juillet
et août, du lundi au samedi du 10h à 12h30 et de 14h à 18h ; le dimanche de 10h
à 12h30. Ouvert les jours fériés.
39, rue de la Libération, à Saint-James. Tél. 02 33 89 62 38.
Le Carré militaire
marocain
Le Carré militaire maro-
cain se situe dans le
cimetière de l'église
Saint-Martin, dans le
bourg de Montjoie-Saint-
Martin.
Il s’agit de huit stèles
musulmanes personnali-
sées à la mémoire de huit
volontaires, engagés dans l’unité d’élites du Général Leclerc de Hauteclocque.
Leurs sacrifices pour la France, en août et octobre 1944, ont été reconnus officiel-
lement en 1999, par l’édification d’un monument.
Sur ce site, découvrez également une table d'orientation avec un panorama sur la
Baie du Mont Saint-Michel.
■ A ne pas manquer à Saint-James et dans les environs 53
la baie du mont St-michel
P
ar sa position géographique, la ville d'Avranches, située aux mar-
ches de la Bretagne et de la Normandie, a tenu le premier rôle
dans les batailles de la libération. L'armée américaine, comprenant
parfaitement tout l'intérêt tactique que comportait la prise de la ville,
abandonnée par les Allemands, sut exploiter magnifiquement son suc-
cès. Voulant mettre à profit pleinement cette victoire, l'état-major améri-
cain fit de la prise d'Avranches, son tremplin pour la marche accélérée
qui devait le conduire de victoire en victoire, à la libération de la France.
Le général George Patton connaissait bien
Avranches. Son voyage de noces l'avait conduit au
Mont Saint-Michel, auparavant. Pour Patton,
Avranches représentait la porte de la Bretagne
ouverte à toutes les aventures et toutes les auda-
ces. En cet été 1944, Patton va y lancer une offen-
sive dans quatre directions à la fois, avec ses 250
000 hommes derrière lui ! C'est la percée
d'Avranches.
Le 25 juillet, le verrou de la défense allemande
saute à La Chapelle-en-Juger, dans le centre du
département de la Manche. La porte du Sud
Manche s'ouvre. Quatre divisions américaines des-
cendent vers Avranches.
Le 31 juillet, les armées américaines déferlent
sur Avranches et la baie du Mont Saint-Michel. La
ville est libérée.
Une victoire décisive pour les Américains, qui
vont en faire un tremplin pour une marche accélé-
rée à la libération de notre pays.
Patton avait prévenu : « Un de ses jours, je me
déchaînerai en Europe ! ». C'est à Pontaubault, tout
près d’Avranches, que commence la folle chevau-
chée de Patton, unique dans l'histoire, qui ne
s'achèvera que dans les faubourgs de Prague !
Le 1er
août à Pontaubault, il y a un embouteillage
gigantesque : 50 kilomètres de bouchons ! 1 500
véhicules vont franchir le pont enjambant la
Sélune, pendant trois jours, sous les bombarde-
ments permanents des avions allemands. La IIIe
armée poussée par Patton pénètre en Bretagne.
Par un trou de souris, Patton a glissé une armée
de 100 000 hommes, vers la Bretagne et le centre
de la France. Une autre partie de l'armée améri-
caine se dirige vers Alençon, à l'Est, pour rejoindre
les Anglais qui descendent du Calvados et ferme la
poche à Chambois, où une grande partie de l'armée
allemande est prisonnière. Et c'est la fin de la
bataille de Normandie avec l'arrivée des alliés sur
la Seine.
L'armée allemande ne se relèvera pas de la
Percée d'Avranches, qui sera décisive dans la libé-
ration de notre territoire.
La percée
d'Avranches
54
2, Mortrie
DUCEY
Tél. 06 87 33 15 68
02 33 48 45 99
www.viande-selune.fr
BŒUF
et PORC
sur commande
chez le producteur
NOUVEAU
à DUCEY
Le pont de Pontaubault
« Pont Aubaud », ce pont date du XVe
siècle et a été construit près de la voie
romaine. À deux reprises, le pont de Pontaubault a été le témoin de violents com-
bats : entre Chouans et Bleus
en 1790, et le 31 juillet 1944
entre Allemands et Américains.
Ici en 72 heures, sept divisions
de l'armée Patton ont franchi
ce pont pour la libération de la
France. Un pont qui a résisté à
tous les bombardements ! Le
sort de la guerre tenait à ce
passage stratégique.
La Place Patton
Du 31 juillet au 1er
août 1944, réalisant la Percée d'Avranches, dans le vacarme de
ses blindés en marche vers la victoire et la libération de la France, la glorieuse
armée du général Patton a
franchi ce carrefour. Ce monu-
ment commémore le passage
des blindés, et un char
Sherman avec son canon
pointé sur la Bretagne, indique
la direction des troupes améri-
caines.
Une place qui fut le tremplin
pour la marche accélérée de
l'état-major américain, de vic-
toire en victoire…
Huisnes-sur-Mer : le cimetière allemand
Le Mont d’Huisnes-sur-Mer fait partie des 22
cimetières militaires allemands de la Seconde
Guerre mondiale qui ont été aménagés à partir
des années 1960. D’un diamètre de 47 m de
long, il est composé de deux étages avec gale-
rie ouverte. Chaque niveau comporte 34 cryptes
renfermant chacune les restes de 180 morts. Au
centre de la pelouse du mausolée se dresse une grande croix. Inauguré le 14 sep-
tembre 1963, le mausolée du Mont d’Huisnes, rassemble 11 956 soldats allemands
tombés au cours de la percée décisive des Alliés en juillet 1944, sur le front du
Débarquement en Normandie et dans l’Ouest de la France. Dans cet ossuaire, uni-
que mausolée allemand en France, sont inhumés les morts de guerre transférés
par le service des exhumations du Volksbund en 1961 des départements du
Morbihan, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Sarthe, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Vienne et
Indre et des îles anglo-normandes Guernesey, Jersey, Alderney et Sark, excepté les
morts du cimetière de Fort-George à St-Peter Port sur l’île de Guernesey.
Le Mont Saint-Michel
La Merveille de l'occident a fort
heureusement été épargnée par la
guerre et continue de rayonner sur
la baie. Mais que de changements
en perspective avec le grand projet
de rétablir le caractère maritime du
Mont, qui va redevenir une île à
marée haute. On y accède désor-
mais depuis un parking situé en
retrait du site, grâce à des navettes.
■ A ne pas manquer à la Baie du Mont St-Michel et dans les environs 55
mortain
A
lors que Patton progresse en Bretagne après la «Percée
d’Avranches» (fin juillet 1944), Hitler ordonne (contre l’avis de son
état-major) une contre-offensive sur un axe Mortain-Avranches qui
permettrait de couper le front allié en deux et d'isoler les troupes de
Patton. Le Général von Kluge est chargé de mettre en place cette opéra-
tion nommée opération  Lüttich (opération Liège).
L'offensive est lancée le 7 août à 1 heure du matin...
Si la ville de Mortain est prise rapidement, des grou-
pes de GI's continuent le combat dans et à l'extérieur
de la ville.
C'est le cas sur la côte 314 où est positionné le 2°
bataillon du 120e
IR, totalement encerclé... Or les
Allemands réalisent l’importance de contrôler cette
colline d’où ils pourraient surveiller tous les mouve-
ments des Américains.
Ce 7 août, vers 14 h, les Allemands tentent de s’en
emparer. S’ils infligent de lourdes pertes aux
Américains, leur tentative échoue malgré tout Pour les
soldats US, la situation est compliquée : peu de muni-
tions, peu de nourriture, impossibilité d’évacuer morts
et blessés...
Les Allemands harcèlent le secteur sans disconti-
nuer - nuit et jour - mais les Américains tiennent leurs
positions.
Le 9 août, les Allemands font une proposition de
reddition aux Américains. Réponse du Lieutenant US
Elmer C.Rohmiller : « Allez au diable, et maintenant
fichez le camp de cette colline si vous ne voulez pas
qu’on vous descende... ».
Les Américains ont jusqu’à 20 h pour se rendre... Et
à 20 h 15, les Allemands passent à l’offensive avec l’in-
fanterie appuyée par des blindés. Les Allemands pro-
gressent et envahissent les positions US. C’est alors
qu’un officier US ordonne à l’artillerie de frapper leur
propre secteur. L’attaque est stoppée, les Allemands
se replient...
Le 10 août, des avions US larguent de la nourriture,
des munitions et des batteries radio.
Le lendemain, c’est l’artillerie qui vient au secours
du bataillon en lui envoyant des médicaments et du
matériel médical planqués dans des... obus. Mais le 11
août c’est surtout le début du retrait des troupes alle-
mandes qui ont échoué dans leur offensive sur
Avranches...
Et le 12 août, en fin de matinée, le 2e
bataillon du
120e
IR est relevé.
Le bataillon a rempli sa mission. Mais à quel prix ?
Du 7 au 12 août, sur 950 hommes, le bataillon, désor-
mais appelé le Bataillon perdu (The Lost Battalion), a
perdu au total 277 hommes (tués, prisonniers et dis-
parus), et seulement 376 hommes étaient encore en
état de combattre.
Le “bataillon
perdu”
56
Les cascades de Mortain
Véritable chute d'eau unique dans
l'Ouest de la France, la Grande Cascade
est formée par une barre de grès armo-
ricain de laquelle se jette la Cance,
affluent de la Sélune. Plus d'une ving-
taine de mètres de dénivelé donne toute
sa puissance à la Cascade, dont la cou-
leur et le débit ne cessent de varier
selon les saisons. La floraison des rhododendrons fin mai - début juin ajoute
encore au charme de l'endroit. L'escalier qui la longe permet d'accéder à une pas-
serelle en bois qui enjambe la rivière, et ainsi de jouir pleinement de ce perpétuel
spectacle.
LLaa PPeettiittee CCaassccaaddee -- Souvent la préférée des promeneurs, sa découverte est l'oc-
casion pour les plus jeunes de s'imaginer explorateur d'un jour. La succesion de
passerelles en bois et les escaliers taillés à même le roc laissent soudain place à
un débordement de cascatelles bouillonnantes.
Circuits fléchés. Parking à proximité.
Une stèle du souvenir
Ce monument est dédié aux soldats de
la 30th US Infantry Division, qui combat-
tirent dans le secteur de Mortain en août
1944. La division était commandée par
le Major General Leland S. Hobbs. Ce
monument est situé tout près de la cha-
pelle Saint-Michel. La stèle a été érigée
en 1984 en présence des vétérans de la
30e
DA.
La petite chapelle
Située à proximité de la cote
314, la Petite Chapelle fut le
théâtre de violents affronte-
ments du 6 au 12 août 1944, au
cours de la contre-attaque alle-
mande. D’abord occupée par les
Allemands de 1942 à 1944, la
position stratégique fut prise et
défendue par le 2e
bataillon du
120e
régiment d’infanterie de la 30e
Division Américaine “Old Hickory”. Le blason
du Général Eisenhower dans l’oculus au-dessus du portail etle vitril de Saint-
Georges, cher aux soldats américains, rappellent cet épisode de la vie mortai-
naise.
■ A ne pas manquer à Mortain et dans les environs 57
Samedi 9 et dimanche 10 août 2014
JJournéesournées Médiévalesédiévalesrepas, troupe,
tir à l'arc
et marché
avec produits
du terroir
NOUVEAUTÉ :
concours
du plus beau
habit médiéval
Abbaye de Savigny-le-Vieux - 50 Savigny-le-Vieux
Renseignements : 06 67 16 10 11
www.lesfondationsdesavigny.com
Journées Médiévales
saint-hilaire-du-harcouët
E
pisode central des années de guerre, les bombardements de Saint-
Hilaire sont aussi, pour cette ville, un des événements majeurs du
siècle tant ils ont conditionné ensuite, par la reconstruction, le
développement de la ville. Il n’y eut pas un, mais des bombardements
qui se sont échelonnés entre le 6 juin et le 6 août même si, bien sûr, la
mémoire gardera la date funeste
du 14 juin pour les plus
importants et les plus
meurtriers.
Première alerte le 6 juin
Les Saint-Hilairiens avaient eu la chance de rester, jusqu’à
la fin du Printemps 1944, en dehors de la guerre proprement
dite. Il y avait juste eu, le soir du 19 août 1942, un couvre-feu
anticipé à cause du débarquement de Dieppe, et la vision
ensuite, en rang serré des « forteresses volantes » (1) qui
partaient bombarder diverses villes, dont même les gronde-
ments sourds des premières destructions sur Rennes. Le
premier contact avec les réalités de la guerre, encore qu’ils
ne soient alors qu’indirects, eurent lieu un soir de fin mai 44.
Le car qui assurait le service de Coutances à Saint-Hilaire et
qui se garait le soir sur la place du marché aux veaux, devant
la mairie, fut mitraillé sur la route, par les Alliés, probable-
ment par erreur, les aviateurs l’ayant sans doute confondu
avec un transport allemand.
Le 5 juin, les premières bombes, deux ou trois, tombèrent
sur la ferme Delaporte près du carrefour des Cinq Tournées,
sans faire de victimes. Le lendemain, c’était le fatidique 6 juin
et dès le matin la gare fut mitraillée. Le soir, vers 17 h, un pre-
mier bombardement toucha la gare et le pont de la Paveille.
A 21 h, les avions étaient de retour sur les mêmes objec-
tifs, et dans la nuit, ce fut le château du Jardin (pris, à tort
pour l’abri d’un état-major allemand ?) qui eut toutes ses
vitres soufflées. Le mercredi 7, la nouvelle du Débarquement
étant confirmée, les autorités allemandes supprimèrent le
marché, mais déjà la ville était en partie abandonnée par la
population alarmée. Les villages voisins virent alors arriver
les premiers “réfugiés” de Saint-Hilaire, on en comptait ainsi
plus de 70 à la Bénardais en Lapenty.
Une ville détruite
Arrivaensuitelefatidique14juin.C’étaitunmercredi,jourde
marché, toujours interdit, mais où quelques uns s’étaient
enhardis. Un petit avion US patrouilla longtemps dans les airs
dans la journée avant de voir arriver, à 20 h 15, 6 groupes de 6
gros bombardiers qui prirent en enfilade l’axe rue Waldeck-
Rousseau-rue de Mortain, puis un quart d’heure plus tard celui
de la rue de la République et de la rue de Paris. En moins de
deux heures, cette petite ville historique, fondée par une charte
ducale de 1083 fut détruite aux 4/5e
avec 35 tués civils, 50 bles-
sés graves, 300 maisons irrémédiablement détruites et 350
très endommagées.
Cet épisode tragique eut une “réplique” dans la nuit du 6
au 7 août lors de la bataille de Mortain, cette fois, du fait des
Allemands. Il ne fit “que” deux morts en ville et trois en cam-
pagne, mais frappa de nouveau durablement les esprits.
Deux heures
pour détruire
la ville
58
Le parc de l'Ange Michel
Ce parc d'attraction unique dans le Sud Manche propose plus de 35 attractions pour tous
les âges, dans un espace en pleine nature. Amateurs de sensations, vous serez servis
avec le grand 8, qui propose un frisson garanti sur une piste de 420 m, la ferme foldin-
gue, ou encore le tacot en folie ! A partir du 1er
juin, le parc ouvre son toboggan géant qui
plonge dans la piscine. Pour les amateurs de nature, direction la ferme, où les animaux
se laissent caresser, ou bien les balades en poney. Bref, il y en a ici pour tous les goûts.
Pratique : l'Ange Michel, à Saint-Martin de Landelles. Tel : 02 33 49 04 74.
Le marché de Saint-Hilaire
Situé au carrefour de 3 provinces, Saint-Hilaire du Harcouët a une longue histoire com-
merçante et s'est construit au fil des décennies un des marchés les plus connus de la
région.Touslesmercredis,ilattiredescentainesdevisiteurs,quiviennentparfoisdeloin
pour flâner dans ses allées, qui regroupe quelque 250 exposants. Saint-Hilaire, c'est
aussi, et encore, un des rares marchés de la région où des éleveurs locaux viennent ven-
dre,aupieddeleursvoitures,poules,poulets,lapins,etautresanimauxdelaferme.Pour
les visiteurs urbains, dépaysement garanti ! Et si vous avez un petit creux, sachez-le :
c'est ici qu'on déguste les meilleures galettes-saucisses de la région…
L'abbaye de Savigny-le-Vieux
CetteabbayecrééeauXIIe
siècleavaitl'abbatialelaplusvastedel’Ouest,avecunédifice
principal long de 83 mètres. Visitée par le roi d'Angleterre et Saint-Louis, elle sera
détruite et pillée lors de la guerre de Cent ans, puis à la Révolution. Vendue comme bien
national en1793, elle sera transformée par ses nouveaux propriétaires en… carrière de
pierre.Etpuis,ilyaplusdedixans,lacommunautédecommunesarachetéleterrainet
lesruinesquivontavec,danslebutderéhabilitercehautlieudel’histoirelocale.Unlong
travailquin'estpasencoreterminé.Maisdésormais,lesruinesontretrouvéleurssplen-
deurs. Une visite à ne pas rater, à 10 km de Saint-Hilaire du Harcouët.
■ A ne pas manquer à Saint-Hilaire du Harcoët et dans les environs
flers
16
août 1944. Les troupes allemandes, qui se retiraient
vers l’est dans l’espoir d’échapper à l’encerclement,
devaient laisser derrière elles des arrière-gardes
destinées à ralentir la progression des forces alliées lancées
à leur poursuite.
Vers 3 heures du matin, les paras allemands attei-
gnent le pont de Vère et Aubusson. Dès le lever du
jour, des quantités de mines sont posées au lavoir du
pont de Vère, dans les champs, fossés. Les parachu-
tistes commencent à creuser des trous individuels et
installent des positions de mitrailleuses et de mortiers
dans les petits chemins et dans le bourg d’Aubusson.
Un poste d’observation est établi dans le presbytère,
relié à l’état-major principal situé dans le cimetière.
Vers 17 h, la compagnie A des Shropshires
(Britanniques), emmenée par le capitaine Walford,
reçoit l’ordre de s’emparer du pont sur la Vère. Face à
l’opposition allemande, il faut le renfort de l’escadron
B du Royal Tank pour prendre possession du pont,
après deux heures de combat.
L’artillerie anglaise, depuis Saint-Pierre-d’Entremont
et le village des Perlyers à Caligny, déclenche un violent
tir de barrage derrière lequel est censée progresser
l’infanterie des Shropshires, appuyée, sur la route
d’Aubusson, par les chars
du 3e
Royal Tank. La pro-
gression de l’infanterie est
stoppée net par les
mitrailleuses allemandes.
Les parachutistes alle-
mands tentent même une
contre-attaque pour re-
prendre le contrôle de la
route Aubusson - le pont
de Vère. Au moment où le
capitaine Walford (com-
mandant de la compagnie
A des Shropshires), le
capitaine Garrett (du
Ayrshire Yeomary, officier
d’observation en première
ligne avec les Shropshires)
et le major Thornburn
(commandant de la com-
pagnie D des Shropshires)
se réunissent pour faire le
point sur le plan d’offensive, une salve d’obus tue les
deux valeureux capitaines.
Le major s’en sort indemne. « Cette catastrophe
compromit gravement l’efficacité de l’attaque de la
compagnie D, témoigne ce dernier. Du terrain fut
gagné mais Aubusson ne fut pas atteint avant les
ténèbres, vers 22 h. Les Allemands retirèrent leur
arrière-garde de ses positions à 23 h, comme, ils en
avaient eu vraisemblablement l’intention dès le
début. » Relativement peu de corps de soldats ont été
retrouvés sur le terrain.
La plupart des dépouilles de soldats tués avaient été
emportées par les leurs ou enterrés à la hâte. Tous les
corps inhumés seront retirés dans les mois qui sui-
vent. Du côté britannique, les corps ont très tôt été
regroupés à Tilly-sur-Seulles et à Bayeux.
Sources : « La Charge du Taureau » de Jean Brisset,
éd. Charles-Corlet.
Les Britanniques face
aux paras allemands
dans la bataille
d’Aubusson
60
J
e n’avais pas l’impression de
prendre des risques. La pre-
mière action de résistance
de Michel Morel date de l’arrivée
des Allemands à Flers, en
juin 1940.
« Dès leur arrivée à Flers en juin 40, les
Allemands ont demandé à la population
en possession d’armes d’aller les remet-
tre à la mairie », se souvient Michel
Morel. J’ai dit à mon père : « nous n’al-
lons pas donner les armes aux Allemands.
J’ai décidé de les enterrer dans le jardin de la grande
maison que nous avions, rue Nationale, et ni vu ni connu.
Un peu plus tard, j’ai pris un sécateur dans le garage et
j’ai entrepris de couper les fils du téléphone en me pro-
menant à vélo dans la campagne. Ça m’amusait beau-
coup, d’autant plus qu’à cette époque les fils de télé-
phone n’étaient pas très hauts, ils étaient faciles à cou-
per. Certains soirs, après avoir pris du sucre que ma
grand-mère utilisait pour faire la confiture, je me pro-
menais du côté du cinéma “Le Palace” (transformé
depuis en discothèque) et j’en mettais dans les réser-
voirs des voitures des officiers allemands en stationne-
ment. Quand je n’avais pas de sucre, c’est de l’eau que
je versais. Tout ça en faisant attention aux sentinelles
bien sûr, mais pour moi je n’avais pas l’impression de
prendre de risques, c’était un jeu… ». Un autre jour,
l’adolescent profite de l’inattention d’un soldat allemand
qui a laissé son vélo sans surveillance en rentrant dans
un commerce pour lui “voler” son guidon qui se démon-
tait facilement à l’époque.
Condamné à mort à 17 ans
L’horreur, Michel Morel l’a connue le lendemain de
son dix-septième anniversaire, le 4 juin 1944 après le
premier mitraillage aérien sur la gare par la Royal Air
Force. « C’est la première fois que je voyais des morts.
J’ai ainsi participé au dégagement des corps de la
famille Fouchard, marchands de meubles rue de la
Fontaine ». Après les bombardements de la ville,
beaucoup de Flériens se réfugient dans la campagne.
La famille Morel suit le mouvement. « Fin juin, je suis
revenu sur Flers pour continuer mes actions de sabo-
tage. Rue de Paris, j’ai entrepris de retirer les pan-
neaux indicateurs et c’est là que j’ai été capturé par
les Allemands. Emmené à l’état-major, au Filtroquet,
j’ai été transféré le lendemain à la feldgendarmerie à
Ecouché où j’ai été tabassé… ». A ce moment là, le sort
du jeune Flérien est scellé.
Conduit avec d’autres prisonniers dans une forêt
près de L’Aigle pour y être fusillé, il doit sa vie à un
cheminot caennais, ancien Poilu de 14-18, qui lui a dit :
« Petit, tu es trop jeune pour mourir, je vais t’expliquer
comment te sauver d’ici… ».
C’est ainsi que Michel Morel échappe une première
fois à la mort. Il est recueilli par la famille Glais, à
Briouze, où il est soigné de ses blessures.
Après la Seconde Guerre mondiale, Michel Morel
revient travailler aux côtés de son père, tailleur de
vêtements à Flers. Mais ne pouvant pas vivre correcte-
ment de cette profession, il s’engage de nouveau dans
l’armée. Cette fois il part combattre en Indochine. Il
participe à la tristement célèbre bataille de Diên Bien
Phu en 1954. Puis il combat en Algérie avant de quit-
ter l’armée en 1966.
Flers, 1940-1944,
Michel Morel, résistant
à 13 ans, condamné
à mort à 17 !
flers62
Avec la 1re
armée française
Quand les Anglais libèrent Briouze, les 17-18 août, ils lui donnent des
vêtements. C’est ainsi que Michel Morel part combattre avec eux. “J’ai
participé à la libération de Rouen, Amiens et ensuite je me suis retrouvé
en Belgique. Je crois que je suis le seul Normand dans ce cas, ce qui m’a
valu de recevoir l’étendard de la 11e
DBB (Division Blindée Britannique)
des mains du Général Roberts en 1974. Ensuite, je me suis engagé dans
la Première armée française avec de Lattre de Tassigny ».
Michel Morel tient dans sa main droite le fameux sécateur avec lequel il a coupé les fils de
téléphone dans la campagne aux alentours de Flers en 1940 alors qu’il n’avait que 13 ans.
UN HÔTEL
DE CHARMECHARME
AU CŒURCŒUR
DU PERCHEERCHE...
61400 MORTAGNE-AU-PERCHE
33 (0)2 33 25 04 77
www.hotel-tribunal.fr - hotel.du.tribunal@wanadoo.frwww.hotel-tribunal.fr - hotel.du.tribunal@wanadoo.fr
* * *
Dans cette authentique demeure des XVIe
et XVIIIe
siècles,
un moment de détente sous le signe du bien-être et du raffinement
où l'Histoire se mélange à une discrète modernité.
Le mont de Cerisy
Site remarquable du Bocage flérien, situé sur
lacommunedeCerisy-Belle-Etoile,lemontde
Cerisy culmine à 264 mètres. Au sommet, se
trouve la ruine d’un château construit par un
avocat anglais, Lord Burkingyoung et détruit
par les bombardements Britanniques en 1944.
Le site est remarquable par sa forêt de rhododendrons. L’ancien propriétaire du châ-
teau, Isidore Corbière, avait en effet importé 4000 pieds de rhodos de l’île de Jersey.
Outre un bar-brasserie ouvert pendant la belle saison, le public peut profiter d’un ter-
rain de pétanque, d’un minigolf, de deux courts de tennis, d’une aire de jeux pour les
enfants ou encore d’un circuit VTT.
Forges et mines de fer du bocage
Les minières, (mines à ciel ouvert des XIVe
- XIXe
siècles) à La Ferrière-aux-Etangs, les
forges de Varenne (XVIe
- XIXe
siècles entre Champsecret et Saint-Bômer-les-Forges),
les fours de calcination de la Butte-Rouge, à Dompierre (1910 - 1938), le chevalement,
à Saint-Clair-de-Halouze (1905 - 1978), sont autant de sites touristiques témoins du
passéminieretsidérurgiquedelarégion,àvisitergratuitement.Ilssontcomplétéspar
la Maison du fer, à Dompierre, un musée à visiter gratuitement, qui explique comment
a été exploité et transformé le minerai de fer dans la région, depuis le Moyen Âge, jus-
que dans les années 70. Un film documentaire d'une dizaine de minutes regroupe des
témoignages d'anciens mineurs qui ont travaillé
sur les sites de Saint-Clair-de-Halouze et de La
Ferrière-aux-Etangs. Des visites guidées sont
organisées toute l'année sur réservation pour
les groupes. Contact:laMaisondufer,leBourg
61700 Dompierre. Tél. : 02.33.38.03.25 ; site
internet : www.lesavoiretlefer.fr.
Promenade à La Roche d'Oëtre
Au cœur de la Suisse normande, partez à la découvert d'un site naturel exception-
nel, La Roche d'Oëtre, à Saint-Philbert-sur-Orne. Les amateurs y trouveront diffé-
rents circuits de randonnées. La Roche d'Oëtre est aussi un des principaux belvé-
dères naturels normands, offrant un point de vue sur la nature sauvage et mysté-
rieuse de la Suisse normande. Sur place, l'office de tourisme propose tout un
calendrier d'expositions, et un
espace-boutique où les visiteurs
retrouvent des produits locaux. Enfin,
pour les enfants, le parc Orne
Aventure est une idée sortie attractive
pour les amateurs d'Accrobranche.
Renseignements au 02 31 59 13 13 ou
sur www.roche-doetre.fr
Musée Charles-Léandre de Condé-sur-Noireau
Au 9/11 rue Saint-Marin, à Condé-sur-Noireau, découvrez le musée Charles-
Léandre. Sur quatre niveaux, le musée présentation une riche collection d'œuvres
peintre et caricaturiste Charles Léandre, mais aussi des œuvres Eduardo Leon
Garrido, mais aussi d'artistes normands. Un espace est également dédié aux
expositions temporaires. Enfin, le musée
honore la mémoire locale, en revenant sur
le passé de Condé et de sa vallée, son
industrialisation... Au 4e
étage, sous les
combles, une maquette réalisée par une
association condéenne reproduit la ville
de Condé-sur-Noireau, avant-guerre.
Renseignements au 02 31 69 41 16 ou sur
www.musee-charles-leandre.fr
■ A ne pas manquer à Flers et dans les environs 63
bocages ornais et mayennais
N
ée à Neuilly-le-Vendin le 24
janvier 1900, dans cette
Mayenne qui « chatouille »
les frontières ornaises, Marie
Mellangé s’est éteinte à 104 ans, à
la Maison de retraite de La Ferté-
Macé. Distinguée de la médaille de
la Résistance, son nom figure éga-
lement dans le Livre des Justes.
Au milieu des années 30, de par son activité profes-
sionnelle de restauratrice-hôtelière, Marie Mellangé
était en relation avec des familles israélites de Paris
qui venaient régulièrement en vacances dans son
auberge de Neuilly-le-Vendin. Ainsi, de 1939 à 1941,
elle est amenée à recueillir Raymond et Marcel, deux
frères âgés de 14 et 12 ans, dont le père est mobilisé
et la mère en cure en sanatorium. Les parents qui ont
pu se cacher pendant l’Occupation, reprendront leurs
enfants. En 1939, dès le début de la guerre, Marie
Mellangé recueille deux autres enfants, Solange, âgée
de 10 ans et le petit Michel, 4 ans.
La conspiration du silence a bien fonctionné
En juillet 1942, un autre enfant israélite trouve refuge
à l’auberge de Neuilly-le-Vendin. Léa, soeur de Marie
Mellangé, est commerçante à Paris et compte dans sa
clientèle une personne qui lui confie son fils Henri,
alors âgé de 10 ans. Dans la nuit qui précède la rafle du
Vel’d’Hiv’, Henri échappe ainsi aux arrestations. Léa
téléphone à sa sœur pour mettre le garçon en lieu sûr.
Marie Mellangé vient le chercher à Paris, découd
l’étoile de David de ses vêtements et le garde chez elle
avec Solange et Michel. « Les trois enfants vont à
l’école du village sous leur propre nom », témoigne
Claire Duval, nièce de Marie Mellangé. « Les institu-
teurs n’ont jamais signalé la présence d’élèves juifs à
l’inspection académique en réponse aux enquêtes du
Commissariat Général aux
Questions juives. La conspiration
du silence a bien fonctionné ».
Après la guerre, Michel
retrouve ses parents, tandis que
Solange, dont les parents sont
morts en déportation, rejoint son
grand-père. Désignée comme
tutrice, Marie Mellangé adopte
Henri, dont les parents et le
jeune frère ont disparu dans les
camps nazis.
Un petit bouquet de mimosa
Durant ces années, Marie Mellangé a également
sauvé de l’arrestation un couple israélite d’origine
russe, descendu dans son hôtel. Mis au courant de
leur présence à Neuilly-le-Vendin, les Allemands les
avaient convoqués à la mairie pour le lendemain
matin. Avec sa voiture à cheval, Mme Mellangé pro-
pose alors au couple désemparé de le conduire dans la
soirée à la gare de Bagnoles-de-l’Orne.
Mais à cette heure tardive, il n’y a plus de train.
L’homme et la femme recherchés sont alors hébergés
chez une amie. Le matin, lorsque les Allemands arri-
vent à l’hôtel, Mme Mellangé leur affirme que ses
clients sont partis très tôt et ne sait rien de plus. Les
livres de comptes sont en règle, elle n’est pas inquié-
tée. Marie Mellangé apprendra que le couple est arrivé
à bon port dans le Midi en recevant un petit bouquet de
mimosa par la Poste.
La reconnaissance des Justes parmi les Nations
Le 19 octobre 1990, lors d’une cérémonie organisée
à la mairie de Neuilly-le-Vendin, en présence de Mme
Rioux, maire et de M. Leroy, vice-président du Conseil
général de la Sarthe, Marie Mellangé reçut la médaille
et le diplôme de reconnaissance des Justes parmi les
Nations des mains du représentant de l’ambassadeur
d’Israël en France.
A Jérusalem, un arbre planté
dans le Jardin des Justes porte
son nom. Dans cette même ville,
le nom de Marie Mellangé est
inscrit sur le Mémorial, tout
comme sur celui de Washington,
à la mémoire de tous les juifs
exterminés.
Marie
Mellangé, une
Juste parmi
les Nations
64
C’est avec sa voiture à cheval que Marie Mellangé a transporté à
Bagnoles-de-l’Orne le couple juif recherché par les nazis.
Marie Mellangé, entourée de Marcel,
Raymond, Solange et Henri, quatre des
enfants qu’elle a sauvés.
Bagnoles de l'Orne
Station d’équilibre, Le Grand Domaine
Bagnoles de l’Orne en Normandie abrite la
seule source thermale du grand Nord Ouest
de la France. Un véritable cocon de bien-être
à découvrir à moins de 3 heures de Paris !
L’établissement thermal conjugue les vertus
de son eau, un accueil chaleureux et personnalisé, avec des programmes de soins
denses et très actuels par des équipes aux petits soins et à la compétence éprou-
vée.Unebelleoccasiondevenirprofiterd’unséjourspaouremiseenformeàlacarte,
le temps d’un week-end ou davantage… Le 19e
siècle vit l'émergence en France d'un
nouveau besoin de lieux de loisirs et de détente qui soient aussi le théâtre de la
représentation d'un nouvel art de vivre alliant la nature, la convivialité, le bien-être
et la distraction. Dans un endroit choisi pour sa quiétude et son environnement natu-
rel, Bagnoles de l'Orne vous restitue, aujourd'hui, toute l'authenticité Belle Époque
danscecadreuniquedutourismedequalité,érigéenartdevivreaudébutdu20e
siè-
cle. Place aujourd’hui aux week-ends nature, détente et thermalisme, sans oublier
le casino et ses 145 machines. Infos sur www.bagnolesdelorne.com
Carrouges – La vie de château
D'abord place forte assiégée par les Plantagenêt, le Château de Carrouges a été
reconstruit pendant la guerre de Cent Ans (donjon), augmenté au 15e
siècle (aile
Blosset), orné à l'époque de la Renaissance
(pavillon du cardinal Le Veneur), de nouveau
fortifiéautempsdesguerresdeReligion(bas-
tion ouest), il devint au cours du Grand Siècle
une résidence somptueuse (suite des grands
appartements), réaménagée au Siècle des
Lumières(salondemusique).L'anciennecha-
noinerie,fondéeparLouisXI,abritelesiègeduParcnaturelrégionalNormandie-Maine.
Construite du 14e
au 17e
siècle, en brique et en granit, cette magnifique demeure allie
avec bonheur une architecture défensive du Moyen Age à l'élégance de la Renaissance
etàlasobriétédel'époqueclassique.Lesjardins,encoursderestauration,sontl'écrin
de très beaux ouvrages de ferronnerie en place depuis plus de 350 ans.
Le Château de Carrouges est propriété de l'État. Il est géré par le Centre des
Monuments Nationaux. Château de Carrouges : Tél. 02 33 27 20 32
Domfront – Médiévale et savoureuse
« Quel océan de verdure ! L’air y est âpre et froid, le soleil brille. C’est exquis et fort.
Voilà un pays ! » écrivait Gustave Flaubert le 28 septembre 1877 dans son carnet de
voyage. Au beau milieu du bocage traditionnel ornais, à 75 km sur la route du Mont
St Michel, Domfront, place forte de la Normandie ducale culmine à 70 mètres au-
dessus de la cluse de la Varenne. Du parc du château, riche d’histoire, un bel et
vaste panorama s’offre au visiteur, encore plus exceptionnel fin avril lors de la flo-
raison des poiriers centenaires. Propriété, depuis le XIe
siècle, des rois anglo-nor-
mands ; séjour privilégié des souverains Plantagenêt : Henri II, Aliénor d’Aquitaine,
Richard Cœur de Lion, Domfront reste aujourd’hui, avec ses dix tours d’enceinte, ses
remparts, ses rues étroites, ses cours intérieures et ses maisons à colombages ser-
réeslesunescontrelesautres,unexempleuniqued’architectureurbaineduMoyen-
âge. Nombreux sont les monuments et sites classés : le Parc du Château, les
Ruines du Donjon, les vestiges de la
Chapelle Saint-Symphorien, l’église
Notre-Dame sur l’Eau, le centre ancien,
l’église Saint-Julien... Domfront est
aussi le point de départ de la route du
Poiré sur laquelle on s'engage pour
découvrir les saveurs merveilleuses de
ce breuvage unique en France. Infos sur
www.ville-de-domfront-61.jimdo.com/
■ A ne pas manquer à Bocages ornais et mayennais et dans les environs 65
alençon
L
orsque le 1er
août 1944, après avoir débarqué à Utah Beach, le
général Leclerc foula à nouveau le sol de France, il devait penser au
serment lancé à Koufra, en Afrique du nord : Jurez de ne déposer
les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur
la cathédrale de Strasbourg.
Le périple passait par Alençon. Au sud de la ville, la
progression des troupes de la 2e
DB ne se fit pas sans
lourdes pertes, face à un ennemi embusqué derrière
les haies bocagères.
Au soir du vendredi 11 août, journée meurtrière,
Leclerc fait étape à Champfleur, à quelques kilomè-
tres de la préfecture de l’Orne dont le bombardement
est programmé pour le lendemain vers 10 heures.
C’est à ce moment qu’un jeune Résistant, Raymond
Ciroux, quitte la ville pour délivrer une information : les
troupes ennemies ont quitté Alençon pour se replier
en forêt d’Ecouves. Elles doivent être remplacées par
d’autres troupes, venues du sud-est.
Avec audace, Leclerc décide aussitôt d’envahir la
ville. Ce qui sera fait dans la nuit, sans quasiment
la moindre effusion de sang.
Le jour se lève en ce samedi 12 août lorsque la
population, qui attendait des soldats américains,
découvre des troupes de la 2e
DB. Alençon est la
première ville française libérée par des troupes
françaises.
Les habitants sont en liesse mais il y a une urgence :
déployer des drapeaux pour signaler aux troupes
alliées qu’Alençon n’est plus occupée par les nazis.
Ainsi, le riche patrimoine bâti de la cité ne sera pas
détruit.
La libération
d’Alençon
66
Samedi 12 août, la 2e
DB traverse
Alençon (ici Grande Rue).
Le maire Charles Chesneaux,
au balcon, salue les libérateurs
Notre
préoccupation
au quotidien :
Les meilleurs produits
de leur provenance
d'origine
à votre assiette
Découverte
gustative
LA FRAÎCHEUR PAR NATURE !AAAAFFRAFFRRAARARRRRAAA FAAAALALLAALA F AAAL ÎCHEURÎCHEURÎÎÎCÎCÎCÎCHHEEUURRAAAAÎ EEUÎÎÎÎ !!E !RRUTUTTATAAPAR NPAR NAPPAAPARR NNATURE !ATATATATUURREE !!EE !EPPP ET
70, bd St-Eloi
61400 MORTAGNE-AU-PERCHE61400 MORTAGNE-AU-PERCHE
Tél. 02 33 25 52 75
76-78, Grande Rue
61000 ALENÇON61000 ALENÇON
Tél. 02 33 32 07 40
Place St-Pol
28400 NOGENT-LE-ROTROU28400 NOGENT-LE-ROTROU
Tél. 02 37 52 90 92
En cave :
une gamme de 75 références
de vins de valeur sûre avec
un bon rapport qualité/prix.
Corbeilles de Fruits
Rayon Bio
Fromages
Epicerie Fine
Vins  Spiritueux
Produits du Terroir
à votre assiette
Idées
cadeaux
Maison natale de Sainte-Thérèse
Né à Bordeaux en 1823, Louis Martin arrive avec sa famille à Alençon. Il
devient horloger même s’il aspirait à devenir prêtre. Il ouvre un magasin en
1850, rue du Pont-Neuf.
Il rencontre Zélie et ils se marient le 12 juillet 1858 et de leur mariage naît
Thérèse qui deviendra la célèbre Sainte-Thérèse de Lisieux.
La famille compte neuf enfants, les cinq filles sont religieuses. Thérèse
découvrira sa vocation lors de sa seconde communion, elle se découvre une
volonté de venir en aide aux autres, de sauver les âmes en perdition. Elle entre
au Carmel de Lisieux le 3 avril 1888. Elle prononce ses vœux le 24 septembre
1890 et devient Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.
Pratique : Maison natale de Sainte-Thérèse, 50, rue Saint-Blaise, en face de la
préfecture.
Pour tout renseignement : 02 33 80 66 33 ou alencon.tourisme@wanadoo.fr
Musée des beaux-arts et de la dentelle
Le musée occupe une partie de l’ancien collège des Jésuites, on y trouve de bel-
les collections qui se sont constituées à partir du XIXe
siècle grâce à de nombreux
donateurs. Le musée voit le jour en 1857 sous l’impulsion d’un sénateur et érudit,
Léon de la Sicotière.
On y découvre l’une des plus belles collections de dentelles de l’Ouest, de très
nombreux tableaux des écoles
flamandes, hollandaises, des
peintres ornais et, plus origi-
nal, au second étage, une salle
dédiée à une collection ethno-
graphique cambodgienne de
l’œuvre khmère.
Pratique : Musée des beaux-
arts d’Alençon.
Pour tout renseignement :
02 33 32 40 07 ou
alencon.tourisme@wanadoo.fr
■ A ne pas manquer à Alençon et dans les environs 67
2e
DB
A
près avoir salué le maire Charles Chesneaux et aperçu sa tante,
habitante de la ville, Leclerc quitte rapidement Alençon et se dirige
vers Sées, où arrivent également des troupes américaines venues
du Mêle. Dans la cité épiscopale, c’est l’embouteillage dans la joie.
Nouveau coup d’audace : Leclerc décide une
manœuvre à front renversé en forêt d’Ecouves. Il
envoie le lieutenant-colonel Putz qui lance une attaque
en forêt par le nord. Les combats aux abords de la
Croix de Médavy font rage. La soirée du samedi 12
août est aussi chaude que rougeoyante.
Ce n’est que le lendemain, dimanche 13 août, que
la jonction entre les troupes de Putz et celles de
Roumiantzoff, venues du sud, se feront. Là aussi, les
pertes seront lourdes.
Durant ce temps, les troupes du colonel Warabiot
sont lancées vers Mortrée et Ecouché. L’ennemi com-
prend que cela va mal se terminer. Il s’énerve : le 13
août, c’est la tragédie de Tourouvre : 18 habitants sont
massacrés et 58 maisons incendiées.
Le commandant Rouvillois progresse à l’ouest. À
Carrouges, la résistance ennemie est vive. Les com-
bats de Ménil-Scelleur ont des allures de carnage.
Le mardi 15 août, la 2e
DB tient bien le secteur
d’Ecouché. Leclerc assiste à une messe à Fleuré.
« Comme tous les chrétiens authentiques et profonds,
il n’étalait pas sa foi » dira de lui Maurice Schumann.
C’est à Fleuré que Leclerc a installé son PC. Pendant
que s’achève la bataille de Normandie, il attend l’auto-
risation alliée de foncer vers Paris.
L’ordre arrivera le 22 août en soirée.
Depuis le début du mois d’août, la 2e
DB a perdu 133
hommes, dont une centaine dans la Sarthe, compte
648 blessés, 85 disparus, 76 engins blindés et 27 half-
tracks détruits.
Mais au fil des communes libérées, des jeunes s’en-
gagent.
68
La 2e
DB dans les rues de Sées,
le samedi 12 août. Une fillette est
juchée sur le char Marengo.
Au premier plan,
le soldat Louis Tilly.
La marche
de la 2e
DB
argentan
A
vant la libération d’Argentan le 20
août, la 2e
DB avait réussi à faire flot-
ter le drapeau français au fronton de
la mairie dès le 13…
Le 13 août 1944, la 2e
Division Blindée arrive sur
Argentan par le Sud. Les Américains sont stoppés au
Sud-Ouest, route d'Ecouché, par des chars allemands.
Au cours de l'après-midi, le Lieutenant Carrages,
avec une cinquantaine d'hommes, « tous des Lions
» précisait, en 2004, le fils du Maréchal Leclerc,
entre dans Argentan. Ils investissent le coeur de la
ville et hissent le drapeau français sur le fronton de
la mairie.
A part quelques accrochages, ici-et-là, les défenses
allemandes semblent être à la portée des soldats
français qui progressent par petits groupes.
Le Lieutenant Carrages envoie d'ailleurs un mes-
sage : « Nous avançons, envoyez-nous des renforts ».
Les renforts ne viendront pas. Les Américains déci-
dent qu'Argentan n'est finalement pas l'affaire de la 2e
DB française. « Ordre est donné à Carrages de rentrer
avec ses hommes. Ils réintégreront d'ailleurs tous la
division ».
Les Allemands reviendront dans la ville qui ne sera
prise que huit jours plus tard, au prix de lourdes per-
tes.
Colère noire de Leclerc
« Ce qui a fait entrer mon père dans une colère
noire ». A partir du 17 août, la division Leclerc se met
en mouvement afin de participer à l'encerclement de
la poche de Falaise-Chambois. « Mon père y partici-
pera très peu, il était plus préoccupé par Paris ».
Charles Leclerc-de- Hautecloque, contrairement à
certains qui considèrent la poche de Falaise-
Chambois comme une victoire alliée, estime quant à
lui que « le refus des Anglais de laisser avancer les
Américains et les Français pendant huit jours sur
Falaise a abouti à la non-fermeture de la poche. »
C'est la raison pour laquelle, de nombreux Allemands
ont réussi à fuir. « Mon père en a capturé un certain
nombre un mois et demi plus tard en Lorraine, ils
étaient déjà sur des chars neufs... »
Concernant la capitale française, Charles Leclerc-
de-Hautecloque souligne que son père n'a pas
attendu d'avoir l'autorisation pour foncer et libérer
Paris le 25 août. « Il avait deux patrons, le Général de
Gaulle et les Américains. La prise d'Alençon est un
symbole. Eviter les pertes civiles et militaires et
prendre les villes intactes expliquent sa popula-
rité ».
Une popularité qui entre définitivement dans la
légende le 23 novembre 1944 avec la libération de
Strasbourg. Le serment de Koufra pris trois ans et
demi plus tôt en Libye, a été tenu ! L’Alsace-Lorraine
devient enfin libre !
Fausse joie,
le 13 août 1944,
Le drapeau français
flotte sur Argentan
70
8 et 9 juin
10-19h / 10-18h 2014
PARKING 1 €
village classé
2 h de Paris
au cœur du
Parc du Perche
Le Versailles du cheval
Installé au cœur d’un magnifique cadre
de bois et de pâtures, le Haras national
du Pin s’étend sur plus de 1 000 hecta-
res.Lavisitedulieupermetdedécouvrir
le milieu de cheval à travers un patri-
moine des plus exceptionnels. Le tout
en baigné dans des paysages sublimes,
des chevaux de races différentes, des hommes et leurs métiers. En visitant les écu-
ries et à travers le parcours découverte, le visiteur vit une véritable page de l’histoire
le temps d’une journée, d’un week-end ou d’une semaine… A chacun son rythme.
Le camp de Bierre
Situé dans la plaine de Trun, le camp de
Bierre est l’un des sites archéologiques les
plus spectaculaires de l’ouest de la France.
Tout démarre il y a 5 000 ans, alors que les
premiers occupants du site abandonnent
danslesoldesoutilsensilexetdesbracelets
de schiste. C'est à cette période (néolithique)
que sont érigés la plupart des mégalithes qui
se dressent dans les environs. Entre le IXe
et le Ve
siècle avant J-C, le site connaît deux
occupations humaines comme l'atteste la présence de céramiques, datant de la phase
finale de l'âge de Bronze et de la fin du 1er
âge du Fer. La première fortification monu-
mentale en bloc de grès est élevée au cours de la seconde phase (fin du 1er
âge du Fer,
6e
au 5e
siècle av. J-C). Par la suite, au cours du second âge du Fer (4e
au 2e
siècle av.
J-C), on construit un second mur de terre pour gagner du terrain.
■ A ne pas manquer
à Argentan et dans les environs 71
sées
S
ées, ville hôpital durant la bataille de Normandie ayant été
épargnée par les bombardements alliés, s'est réveillée libre
le 12 août 1944 grâce à la rencontre des Américains (issus de
la 5e
Division blindée et de la 79e
Division d'Infanterie) et des
Français (2e
Division blindée du Général Leclerc, chef des FFI de
l'Orne et du maire de Sées) en ce lieu.
72
©PhotosNormandie
Un embouteillage monstre !
Le CCA (Combat Command A) du Général Régnier
entre dans Sées vers 10 heures, avant les Allemands
qui arriveront trop tard pour occuper la ville.
Une heure après la libération de Sées, sous les
ordres du général Leclerc, les soldats passent à tra-
vers la ville alors que ce trajet était initialement
réservé à la 5th Armored Division, provoquant alors un
embouteillage inimaginable et la colère des
Américains.
Cet incident, bien qu'ayant retardé la suite des
opérations de six heures, aura permis d'éloigner les
combats de Sées en prenant de vitesse les
Allemands essayant d'interdire toute progression
vers le nord.
Ce jour-là le Général Leclerc a renversé pleinement
l'ennemi et emporté une partie dans la Bataille de
Normandie.
Sources :
http://www.normandie44lamemoire.com/fichesvil-
les/sees.htm
http://www.dday-overlord.com/
sees_orne_bataille_normandie.htm
http://enmemoiredelaresistance.unblog.fr/2009/09/
08/12-aout-1944-de-la-liberation-dalencon-a-la-
bataille-de-la-croix-de-medavy/
La libération
de Sées :
un incident
franco-américain
Musée
départemental
des arts religieux
Le musée départemental
d'art religieux de Sées,
situé à proximité de l'hôtel
de ville et de la cathédrale,
a été établit dans un bâti-
ment classé monument his-
torique du XIVe
siècle.
Du Moyen-Age à nos jours
les collections de peinture,
sculpture, orfèvrerie, ébé-
nisterie et ornements litur-
giques sont principalement
originaires d'églises rura-
les du département de
l'Orne.
La cathédrale, symbole de Sées
Cet édifice possède une histoire animée entre les destructions résultants de guer-
res et d'incendies et des phases de restauration.
En dépit de ces outrages, la cathédrale de Sées représente une merveille architec-
turale de style gothique
fascinant de nombreux
visiteurs.
Lors des Musilumières,
l'association Art et
Cathédrale propose une
mise en scène mêlant
architecture et histoire
de Notre-Dame de
Sées.
Luc Besson s’en est
servi de décor pour son
Jeanne d’Arc.
■ A ne pas manquer à Sées et dans les environs 73
©VilledeSées
©GuillaumeCattiaux
l’aigle
N
ous sommes fin août 1944, la terrible bataille de la poche de
Falaise se termine et, aux abois, les dernières forces alleman-
des battent en retraite vers la Seine.
Le 20 août Eisenhower établit un plan de bataille
pour faire face à ce déploiement soudain et imprévu
vers le Nord qui génère un flottement dans les
offensives du côté de Gacé chez les alliés. D’autant
que le 21 août les divisions Panzers contre-atta-
quent à Vimoutiers afin de préserver une porte de
sortie.
Dans la région de L’Aigle, rien n’est encore décidé,
les habitants croisent aussi bien des avant-gardes
américaines ou anglaises qu’allemandes. Le 22 août
la situation est débloquée, les blindés du régiment
britannique de l’Inns of Court, unité de reconnais-
sance, libèrent la cité du Pays d’Ouche avant de libé-
rer Crulai.
Les voix de Pétain, Churchill, Roosevelt…
Le musée Juin 44 de L’Aigle fut le premier musée
« parlant » de France. Installé dans des bâtiments,
anciennes dépendances du château de L’Aigle, à
proximité de l’hôtel de ville, il se remarque avec la
présence d’un half-track américain installé à proxi-
mité.
La muséographie part de l’appel du Général de
Gaulle du 18 juin 1940 jusqu’à la défaite des Allemands
dans la poche de Falaise-Chambois située à quelques
dizaines de kilomètres de là. On y retrouve les événe-
ments marquants qui ont jalonné la Seconde Guerre
mondiale et plus spécifiquement la fin de la Bataille de
Normandie.
Moins connu que les sites qui sont regroupés le long
du littoral de la Manche, ce musée mérite toutefois le
détour avec ses treize scénographies créées à partir
de personnages de cire et qui ont été sonorisées avec
les voix authentiques des principaux acteurs de cette
période.
Clé de voûte de cette visite : une carte stratégique de
36 m2 qui explique dans le détail la Bataille de
Normandie.
Le musée a été inauguré en 1953 par la Maréchale
Leclerc de Hauteclocque.
Pratique : Visite libre ou audio-guidée (sans supplé-
ment) d’une durée de 30 minutes en français, anglais,
néerlandais. Adultes : 3,60 euros (2,70 euros avec
Normandie Pass). Etudiants, enfants, militaires,
demandeurs d’emploi : 1,80 euros. Groupes :
2,70 euros. Fermeture de janvier à mars et d’octobre à
décembre.
Pour en savoir plus :
www.normandie44lamemoire.com
Cap sur la Seine
et le premier
musée parlant
74
La Grosse forge d’Aube
La Grosse forge s’installe dans la vallée de la Risle, à Aube, au début du XVIème
siècle. Elle a traversé les siècles sans trop de dommages ce qui fait de ce patri-
moine industriel l’un des mieux conservés d’Europe.
Le site (classé Monument historique en 1982) est en effet quasiment « resté dans
son jus » depuis quatre siècles et témoigne du riche passé métallurgique de cette
partie de Normandie, à une époque où les immenses forêts des marches du Perche
étaient susceptibles d’alimenter l’incroyable consommation en bois pour faire
fonctionner ces forges. L’environnement du site mérite à lui seul le détour. Bordé
de grands arbres, caressé par la rivière, il offre au flaneur un paysage préservé.
La Grosse forge a été reconvertie dans le cuivre en 1850.
Pratique : Ouvert du 17 juin au 24 septembre, tous les jours sauf le mardi de 14h
à 18h. Groupes et classes patrimoine, toute l’année sur rendez-vous.
Adultes : 4 euros. Enfants : 1,50 euros. Possibilité de billets jumelés avec le
musée de la Comtesse de Ségur.
Les ruines de l’abbaye de Saint-Evroult
Ce qui reste aujourd’hui de l’ancienne abbaye bénédictine construite sur le terri-
toire de la commune de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois témoigne encore de la
majesté des lieux. L’édifice en imposait et offrait au regard une vision bucolique
avec ce vaste lac à ses pieds.
Les ruines ont été classés Monument historique en 1967. L’édifice remonterait au
VIIIème siècle et portait alors le nom d’abbaye d’Ouche, mentionné par un diplôme
de Charles le Simple en 900. Au XIe
siècle elle sera soutenue par l’abbaye de
Jumièges et celle du Bec-Hellouin.
On a compté dans ses rangs une célébrité qui a marqué son époque : Orderic Vital
auteur d’une histoire du monde ecclésiastique illustrant le monde normand.
■ A ne pas manquer à l’Aigle et dans les environs 75
Musée  Ateliers de production made in France
Museum  Production workshops made in France
Le bourg (GPS : Mairie) - 61300 Saint-Sulpice-sur-Risle - France
(+ 33) 02 33 24 89 38 / www.lamanufacturebohin.fr
Tarifs individuels et groupes - Rates for individuals and groups
chambois - montormel
S
oixante ans après, le visiteur qui emprunte la route
Trun-Chambois, le long de laquelle serpente la
Dives, a du mal à penser qu’en ce lieu les combats
ont mis en présence 100.000 soldats allemands, encer-
clés par plus de 150.000 combattants alliés.
« Ce que nous avons découvert à la fin des combats
était dantesque, inimaginable. Il était impossible de
circuler. C’est demeuré gravé dans nos mémoires ».
La poche de Chambois se referme, tel un étau, sur
les troupes allemandes fuyant l’avancée alliée.
Comme Pierre Lesergent, de Tournai-sur-Dives, 12
ans en août 1944, tous pressentent l’arrivée prochaine
des affrontements dans leur région, « de jour en jour,
après le Débarquement, nous avons entendu le son
des canons se rapprocher » témoignait-il en 2004.
Mais ils sont loin de penser que les combats attein-
draient une telle ampleur.
Le 14 juillet, son père et son oncle construisent une
tranchée au fond du jardin. « Bien nous en a pris. A
partir du 15 août, nous nous sommes retrouvés à 18
dans cette tranchée. Episodiquement, quand des sal-
ves d’obus tombaient sur la commune. En perma-
nence, à partir du 17 août ».
18 000 obus en deux jours
Les tirs d’artillerie sont tels sur les zones des
combats qu’il est difficile d’en chiffrer la quantité
exacte. « On parle de près de 18.000 obus en deux
jours, dès le 19 août », témoigne Pierre
Lesergent. Un déluge de feu s’est abattu sur
Tournai. D’autant plus dramatique pour la
famille Lesergent que dans la nuit du vendredi
18 au samedi 19, « les SS allemands, revol-
ver au poing, sont venus nous déloger
de notre tranchée pour prendre
notre place. Nous nous sommes
repliés dans l’ancien poulailler de
la maison ».
Du 19 au 22 août, les combats
vont atteindre une extrême vio-
lence. Les Allemands se doi-
vent, par tous les moyens, de
faire sauter le verrou Nord-
Est, pour gagner les rives de la
Seine. « Je me souviens, alors
que nous étions cloîtrés dans notre
poulailler, des véhicules allemands
qui passaient à proximité, traver-
saient les champs, perforaient les
haies pour échapper à l’encercle-
ment. 60 ans après, j’ai encore dans
les oreilles les cris des blessés ».
Tournai-sur-Dives n’était pour eux
qu’une étape. Il leur restait à traver-
ser la Dives à Saint-Lambert, ou à
Moissy avant de pénétrer dans le
« couloir de la mort ».
Tournai-sur-Dives,
août 1944
« Ce que nous avons
découvert était dantesque »
76
@UsArmy-mémorialdeCaen
montormel
E
nfermé pendant trois jours avec ses paroissiens dans
une cave de Tournai-sur-Dives, l’abbé Launay était en
plein cœur de la bataille, dans ce que les Allemands ont
appelé le « Chaudron de l’enfer ». L’ecclésiastique est entré
dans l’histoire en emmenant plusieurs centaines de soldats
allemands se rendre aux Canadiens. La reddition en a d’ail-
leurs entraîné d’autres dans les dernières heures de la poche
de Falaise.
L’abbé Marcel Launay est le curé de Tournai-sur-
Dives. Lundi 21 août. L’armée allemande est en
déroute. Plus la retraite s’accentue, plus la pression
des alliés s’intensifie. Depuis six jours, le bourg de
Tournay-sur-Dives est pris dans une chaudière infer-
nale. Les Allemands livrent leurs derniers combats
contre les alliés qui sont en train de les enfermer pro-
gressivement dans la poche de Chambois. « Cela fait
trois jours que nous sommes enfermés avec des
paroissiens dans la cave d’une ferme voisine du pres-
bytère. Entassés sur quelques mètres carrés nous
suons sang et eau. Nous ne bougeons pas. Il n’est pas
question de mettre le nez dehors tellement c’est dan-
gereux. Depuis dimanche, quelqu’un a fourni un seau
pour satisfaire aux besoins d’extrême nécessité.
Compte-tenu du peu de place dont nous disposons,
nous ne savons pas où le caser… La chaleur est telle-
ment présente et nous transpirons tellement que per-
sonne n’éprouve le besoin d’éliminer pendant ces 57
heures de captivité. Dehors ça flambe, ça crépite par-
tout. Notre hantise est que la ferme prenne feu. La
nuit de dimanche au lundi et la matinée ressemblent
à l’enfer. Des combats de char ont lieu à proximité.
Nous entendons le bruit des tuiles et des gravats
qui retombent. La poussière et une odeur de
souffre envahissent la cave. Certains, voyant
leur dernière heure arriver, se disent adieu ! »
« Les Allemands ont peur de tomber
dans les mains des Polonais »
« Vers midi arrive une voiture blindée
de la Wehrmacht. Un officier allemand
m’ordonne de le suivre en claquant les
talons. Sur le coup, je me demande
bien ce qu’il me veut. J’ai peur de me
retrouver devant un pommier, piqué
par douze balles. En fait, il me dit
« C’est pour demander la paix. » Je lui
ai répondu, alors « si pour cela, je suis
pleinement d’accord. Avec l’officier et quatre soldats
nous montons dans le véhicule muni d’un drapeau
blanc. Nous devons aller à Trun, mais les Allemands
ont peur de tomber dans les mains des Polonais. Nous
roulons vers Chambois avant de finalement rebrous-
ser chemin vers le village. Notre dangereux périple
dure quarante minutes, passant parfois à deux pas
de la bataille. A un moment, nous sommes à
deux cents mètres de la Dives, aux premières
loges des combats entre les Allemands et les
alliés. Les combats s’arrêtent net. A notre retour,
près de 800 soldats allemands sont alignés dans
une cour de ferme. L’autochenille n’a même
pas franchi l’entrée que les fusils tombent
avec les casques et les ceinturons. Des
armes sont jetées au sol dans un bruit
de ferraille impressionnant. Cela fait un
drôle d’effet de les voir si pitoyables,
eux qui ont été les maîtres de l’Europe
pendant plusieurs années. Les voir
acculés dans un petit patelin comme
Tournai est presque surréaliste. On voit
bien qu’ils en ont marre. »
L’abbé Marcel
Delaunay : « Dehors,
ça flambe, ça crépite
partout »
78
L’abbé Launay, photographié ici en 1994,
dans la maison de retraite de Thury-Harcourt,
est décédé le 18 février 2007.
Le religieux a été le témoin direct d’une capitulation allemande près du couloir de la mort.
vimoutiers
M
ercredi 14 juin 1944, durant la libération de la Normandie,
alors que Vimoutiers s'éveille sous un temps splendide,
une rafale d'une soixantaine de bombes américaines
s'écrase sur le centre de la ville.
Alors qu'une quarantaine d'en-
fants, les orphelins d'Epron, vien-
nent se réfugier dans la Halle
après avoir passé six jours et nuits
à se cacher dans les tranchées
entre Caen et Vimoutiers, trente-
six bombardiers survolent la ville.
S'éloignant puis se rapprochant,
ils bombarderont cinq points qui
plongeront Vimoutiers dans un air
obscurcit et dans un affolement
général. Le drame dure vingt
minutes, vingt longues minutes ...
Vingt minutes et Vimoutiers est
détruit ; deux cents Français sont
morts, raconte Gérard Roger dans
son récit du bombardement de
Vimoutiers.
Quelques minutes à peine auront suffi à raser cette
ville historique, tué des Vimonastériens, faire de nom-
breux blessés, décapiter la statue de Marie Harel...
Seule l'Église tiendra encore debout. L'hôpital entière-
ment détruit, les blessés seront dirigés au château de
Vimer.
Vimoutiers, comptant alors 1 886 habitants, aura
ainsi subit les plus grandes pertes du département
lors de cette catastrophe.
Pourquoi avoir bombardé Vimoutiers ?
Cette question suscitera bien des interrogations...
Un bombardement
« ordonné
par erreur »
80
La foire de la pomme
La foire de la pomme est pour la ville de
Vimoutiers l'occasion de célébrer ce fruit
de qualité le dernier week-end d'octobre.
Dégustations de produits du terroir nor-
mands, concours de tartes aux pommes et
de cidre AOC, exposition pomologique, ani-
mations... cet évènement est l'opportunité
d'apprécier les saveurs des produits
locaux.
Le musée du Camenbert
Créé en 1986, le musée du Camembert de Vimoutiers
retrace l'histoire et la fabrication de ce fromage
mondialement connu dont l'invention revient à Marie
Harel, fermière du village de Camembert. Fabriqué
depuis plus de deux siècles aux environs de
Vimoutiers, cette exposition d'objets et de docu-
ments fait revivre les étapes de la fabrication du
Camembert dans une ambiance passionnée.
Ouvert du 1er
avril au 31 octobre du jeudi au lundi
après-midi de 14h00 à 17h30.
■ A ne pas manquer à Vimoutiers et dans les environs
COUV GUIDE PRATIQUE 70e 7/04/14 10:32 Page 3
COUV GUIDE PRATIQUE 70e 7/04/14 10:32 Page 4

Guide 70e

  • 1.
    COUV GUIDE PRATIQUE70e 7/04/14 10:32 Page 1
  • 2.
    COUV GUIDE PRATIQUE70e 7/04/14 10:32 Page 2
  • 3.
    ■ Edito 1 D esplages du Calvados au bocage de Montormel dans l’Orne en passant par l’incontournable Sainte-Mère- Eglise dans la Manche jusqu’à Cherbourg, ce guide pratique vous propose de découvrir la majeure partie des sites du débarquement et de la bataille de Normandie. Une bataille qui dura cent jours et qui fit 37 000 victimes chez les Alliés, 20 000 chez les civils et 57 000 côté alle- mand. Musées, cimetières, vestiges, monuments…nous rap- pellent à jamais ce que furent ces cent jours et plus particulièrement ce 6 juin 44 . « Lorsque nous approchâmes des plages, le ciel était illuminé par les tirs et le feu des canons antiaériens. On aurait dit l’enfer sur terre » témoignait à 2h du matin un opérateur radio à bord du destroyer USS Rich. Tous, militaires ou civils, vécurent en effet l’enfer pour nous offrir un avenir libre. Cet avenir libre, il se conjugue aujourd’hui au présent. C’est pourquoi à côté des sites que nous vous invitons à découvrir, ou tout simplement à redécouvrir, si vous habitez la région, ce guide vous propose d’autres idées de visites, liées aux sites mêmes, ou pas d’ailleurs. Ce 70e anniversaire du Débarquement, qui verra affluer chez nous des milliers de touristes, est en effet l’occasion de rappeler que la Normandie fait partie des plus belles régions de France et que chacun de ses départements est riche d’une diversité de paysages et de curiosités qui méritent qu’on s’y arrête, qu’on prenne le temps de les parcourir et d’y revenir. Quelques jours n’y suffiront pas ! Cette mixité de sites à découvrir, mémoriels ou non, fait la particularité et l’intérêt de ce guide de 84 pages réa- lisé par les hebdomadaires et bi-hebdomadaires bas- normands du groupe Publihebdos. Nous avons eu plaisir à le réaliser et nous avons plaisir à vous l’offrir. Qu’il contribue à vous aider dans votre découverte ou redécouverte de la région en gardant à jamais en mémoire le sacrifice de ceux qui ont libéré la Normandie et la France, et le martyre qu’ont vécu des milliers de civils. Ne les oublions jamais ! PUBLIHEBDOS - RCS RENNES 87280 018 - HEBDOS COMMUNICATION - RCS RENNES 437 737 901 - Directeur de la publication : Francis Gaunand Directeur délégué Zone Nord : Philippe Rifflet - Editeurs : Françoise Therin Dajon-Lamare, Dominique Lecoq, Laurent Rebours, Christian Bouzols Publicité : Hebdos Communication : 02 31 48 54 62 - Imprimerie Publitrégor et Impram Remerciements au Mémorial de Caen et à son directeur Stéphane Grimaldi et à Normandie Mémoire 44 - Crédit photos DR
  • 4.
    ouistreham O ccupée par lestroupes allemandes lors de la Seconde guerre mondiale, la ville de Ouistreham , située près de Caen, vit débarquer le 6 juin 1944 les 177 Français du 1er bataillon de Fusillers marins commandos. A 14km au nord de Caen, Ouistreham fut occupée par les Allemands dès 1942. Quelque 123 villas en bor- dure de mer avaient été rasées pour faire place aux défenses du Mur de l’Atlantique. Mais le 6 juin, les 177 Français du bataillon des fusillers marins du Commandant Kieffer débarquaient… Des villas occupées, 80 ouvrages bétonnés dont un poste d’observation d’artillerie, baptisé « le grand bunker », Ouistreham était très bien défendue par l’oc- cupant. La prise de ce lieu stratégique permit d’assurer le point de débarquement sur la zone de Sword Beach, entre Langrune-sur-mer et Ouistreham. Les Commandos Kieffer Ce sont les Britanniques de la 8e brigade et les Commandos dont le Commando N°4 du batail- lon des 177 fusillers marins français du Commandant Kieffer , les Bérets Vets, qui débar- quèrent sur Sword Beach. Face à eux les hom- mes de la 716e division d’infanterie allemande composée de 29 compagnies et armée de 500 mitraillettes, 50 mortiers et 90 canons. C’est à 9h30 le 6 juin que les Britanniques pénétrèrent dans Hermanville avant que les Français du Commandant Kieffer aient obtenu le privilège de fouler les premiers le sol de Normandie et ne rejoignent Ouistreham. La bataille fut rude, les Allemands ayant fortifié les habitations reliées entre elles par des souter- rains. Sur la plage, les Commandos laissent une quarantaine de tués et de blessés dont le Commandant Kieffer qui continua, malgré tout, avec ses hommes, recevant l’appui d’un blindé de la 27e Brigade Blindée . Ouistreham fut libérée, en partie, vers midi tandis que les rescapés atteignaient Bénouville et Ranville pour faire la jonction avec les para- chutistes de la 6e DAP. Des poches de résistance subsistèrent malgré tout dans la ville. Le 9 juin, le lieu- tenant Orell reçut l’ordre d’investir le Grand Bunker qui, de ses 17m de haut, surplombait la plage. Il lui fal- lut 4 heures avec ses trois hommes pour en venir à bout et libérer complètement la ville de Ouistreham. 2 Un lieu stratégique sur Sword Beach DR
  • 5.
    Musée du murde l’Atlantique Ce musée est installé dans un bunker alle- mand de 17 m de haut, ancien poste de tir du Mur de l’Atlantique.Vous découvrirez sur cinq niveaux les salles intérieures reconsti- tuées dans les moindres détails : salle des machines, salle des filtres, casemate de flanquement, chambrée, pharmacie, infirmerie, dépôt de munitions, salle de transmissions radio, standard téléphoni- que , poste d’observation, etc. Boulevard du 6 Juin 14150 Ouistreham tel 02 31 97 28 69 Du 1er avril au 30 septembre de 9 à 19H Tarif : 7, 50 euros (adulte) 5,50 euros (tarif réduit) Musée N°4 Commando Face au casino , ce musée retrace l’action des commandos franco-britannique qui débarquèrent à Sword Beach le 6 juin 1944 . On y trouve des armes, des uniformes, etc. Une maquette détaillée propose également de revi- vre la prise du fortin par les Français. Place Alfred Thomas Ouistreham Tél. 02 31 96 63 10 Monument Kieffer Ce monument situé sur la dune de Ouistreham, là où se trouvait un ancien blockaus surmonté d’une tourelle blindée, symbolise le sacrifice des Français libres. Plusieurs stèles sont dédiées à des commandos français morts au combat et un petit monument est consacré au commandant Kieffer. Inauguré en 1984 par François Mitterrand, une flamme salue l’héroisme des bérets verts fran- çais. Cimetière britannique Hermanville-sur-mer Tout proche d’hermanville sur mer, 1005 soldats reposent dans ce cimetière dont 988 Britanniques, 13 Canadiens, 3 Australiens, et 3 Français. La ville d’Hermanville compte également des monuments, stè- les et de nombreuses plaques commémora- tives en l’honneur des troupes qui ont débarqué en juin 44. ■ A ne pas manquer à Ouistreham et dans les environs 3
  • 6.
    histoire du débarquement D e0h20 à 23h… Le Jour J fut le jour… le plus long. Heure par heure ou presque, retrouvez les temps forts de cette journée Historique du 6 juin 1944. 00 hh 2200 (23 h 20 à l'heure allemande) : les paras britanniques du Général Gale et du Major Howard atterrissent près du canal de Caen à la mer et prennent les ponts de Ranville et Bénouville. 11 hh 0000 :: les parachutistes américains des 82e et 101e Airborne sont largués au-des- sus de la région de Sainte-Mère-Eglise. 44 hh 4455 :: les parachutistes britanniques s'emparent de la batterie de Merville. 66 hh 3300 :: c'est l'heure H sur les trois pla- ges de Colleville-sur-Mer, Saint-Laurent- sur-Mer et Vierville-sur-Mer. Les 1re et 29e divisions US sont clouées sur Omaha sous un feu d'enfer. Les pertes sont très lourdes. 77 hh 1100 :: les 225 Rangers du colonel Rudder escala- dent la Pointe du Hoc. 77 hh 3300 :: c'est au tour des troupes d'assaut anglo- canadiennes, sans oublier les 177 Français du com- mando Kieffer, de débarquer sur les plages de Gold, Juno et Sword. 99 hh 3300 :: à Sword, les Anglais tiennent Hermanville ; à Juno, les Canadiens occupent Meuvaines. 1100 hh 0000 :: deux brèches sont enfin ouvertes à Omaha, une à l'ouest, l'autre sur Saint-Laurent-sur-Mer. 1122 hh 0000 :: les Canadiens et les Anglais pénètrent dans plusieurs villes du front de mer. C'est notamment le cas à Saint-Aubin-sur-Mer et Langrune-sur-Mer. 1133 hh 0000 :: c'est encore le chaos sur la plage d'Omaha. La marée haute a réduit la bande de sable, avec pour conséquence un entassement des hommes et du matériel sous le feu de l'ennemi. 1144 hh 0000 :: à Omaha, le Génie parvient à ouvrir une brèche pour les blindés et les véhicules. 1166 hh 3300 :: à Gold, les Britanniques prennent la plage du Hamel. 2200 hh 0000 :: la sortie de la plage de Vierville-sur-Mer est aménagée à Omaha Beach. Les Américains ont libéré Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville-sur-Mer, mais les Allemands ne sont pas loin dans l'intérieur des terres. Les parachutistes anglais de la 6e division aéropor- tée ont atteint tous leurs objectifs. Mais les pertes sont très lourdes : sur 6.000 hommes, 1.200 manquent à l'appel. Partis de Sword, les Anglais ont avancé jusqu'à Périers, Bréville et Biéville-Beuville, mais ils doivent faire face à une très violente contre-attaque alle- mande. Les Canadiens arrivent à Villons-les-Buissons. Des patrouilles de la 56e division d'infanterie britan- nique pénètrent dans les faubourgs au nord-est de Bayeux. La 151e division d'infanterie anglaise atteint la route Bayeux-Caen. 2211 hh 0000 :: le 1er Hampshire tient Arromanches. 2233 hh 3300 :: à la Pointe du Hoc, les Rangers ne sont pas au bout de leur peine. Ils doivent faire face à une vio- lente contre-attaque de l'armée allemande. Ils devront tenir leur position jusqu'à l'arrivée des renforts. Au pris de très lourdes pertes. Le Jour J heure par heure 4 @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 7.
    caen.fr ©Archivesmunicipales HKGJ% 3q EXPOSITIONS - PROJECTIONS- BAL SPECTACLES CONCERTS - DÉBATS - RENCONTRES - CÉLÉBRATIONS Deux soldats canadiens dans les rues de Caen, le 9 juillet 1944, entre 16 h et 17 h.
  • 8.
    ouistreham C ’est le sitede Ouistreham, qui a été retenu, pour accueillir la cérémonie internationale du 70e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie. Le Président de la République, François Hollande, a invité pas moins de seize chefs d’Etat et de gouverne- ment dont le président américain, Barack Obama. « Je souhaite, Barack, que vous soyez là le 6 juin 2014 », avait déclaré François Hollande dans son dis- cours lors de sa venue à la Maison Blanche en février dernier. Barack Obama, qui a accepté l’invitation, sera donc le premier président américain à participer à deux cérémonies pendant ses mandats. Il était déjà là en effet en 2009 pour le 65e anniversaire du débarque- ment. La Reine d’Angleterre, Elisabeth II, qui n’était pas venue pour le 65e anniversaire, devrait être présente d’autant que la cérémonie se déroulera sur l’une des cinq plages où ont débarqué les troupes de sa Majesté en 44. Des centaines de vétérans et leurs accompagna- teurs assisteront à la cérémonie. Environ 6000 person- nes sont attendues. C’est la première fois que ce site de Sword Beach accueille une grande cérémonie internationale commémorative du Débarquement et de la Bataille de Normandie. La chancelière allemande devrait également se join- dre à cette commémoration. Son prédécesseur , Gerhard Schroder, s’était rendu au Mémorial de Caen en 2004. Il en est restée une image emblématique, celle de l’étreinte entre le chancelier allemand et le président français, Jacques Chirac. Deux cérémonies bi-nationales d’envergure auront lieu également à Omaha Beach et Juno Beach. Enfin, d’autres commémorations se dérouleront dans les trois départements normands à l’occasion de ce 70e anniversaire jusqu’au 15 août 2014 où François Hollande célèbrera alors le débarquement en Provence avec là encore de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement du Maghreb et d’Afrique subsaha- rienne. 6 Cérémonie internationale à Ouistreham
  • 9.
    Le phare deOuistreham Mesurant 38 m de haut, ce phare cylindri- que fut mis en service en 1905. Il compte 171 marches de granite. A l'occasion du centenaire, en 2005, un jeu de lumière y a été installé sur le phare. Il éclaire la base de l'édifice, et permet aux Ouistrehamais, en fonction de la couleur, de savoir si la mer est montante ou descendante : il est bleu lors de la marée montante, blanc le reste du temps. L’église Saint Samson Témoin de l’art roman, cette église veille depuis des siècles sur le bourg et ses habitants . A l’époque de son édification, Ouistreham était une baronnie apparte- nant à l’Abbaye de la Sainte Trinité de Caen (Abbaye aux Dames). A l’intérieur deux vitraux commé- morent la libéra- tion de la ville en 1944. A proximité se trouve la grange aux dîmes très bien restaurée aujourd’hui et dont il est fait mention pour la première fois en 1257. Port de pêche et porte de l’Angleterre Ouistreham a toujours eu une vocation maritime. Le produit de la pêche des marins est en vente tous les jours sur les étals de la halle aux poissons construite en 1992 et qui évoque une vague. Ouistreham est aussi une porte vers l’Angleterre puisque des ferries assurent la liaison avec l’An- gleterre et plus parti- culièrement Port- smouth. Le mini–golf Pour petits et grands, le mini golf de Ouistreham, situé sur l’esplanade Lofi à l’en- trée de la plage, a été conçu sur le thème de la mer. Pas de béton , que du bois et des pistes en gazon synthétique pour ce parcours de 18 trous qui fait face à l’of- fice de tourisme de Ouistreham, totalement relooké cette année. ■ A ne pas manquer à Ouistreham et dans les environs 7
  • 10.
    bernières-sur-mer C ette maison deBernières sur Mer, à 16 km au nord de Caen, est probablement la première maison libérée en France, à l’aube du 6 juin 1944 par les troupes canadiennes du Queen’s Own Rifles Régiment, et du célèbre Régiment de La Chaudière. Un drapeau à la feuille d’Erable, une plaque commémorative, sont là pour rappeler qu’ici, l’histoire s’est écrite avec un H majuscule. Sur le mur de clôture de la maison, communément appelée Maison des Canadiens, côté parking, quel- ques photos racontent cette journée du 6 juin, et l’avancée des troupes. La gare, aujourd’hui Office du Tourisme, a permis de réunir des colonnes de prison- niers allemands en partance vers l’Angleterre. L’assaut est lancé à 7h30. Il est précisément 8h05 lorsque les Canadiens débarquent sur la plage de Juno, sur le secteur baptisé « Nan ». Les tirs d’artille- rie destinés à neutraliser les batteries allemandes, canons et mitrailleuses, du point fortifié de la Cassine, ont manqué leur cible. Les chars amphibies de soutien sont en retard. Les vagues d’assaut des libérateurs sont fauchées sur la plage. Plus d’une centaine de soldats seront tués ou bles- sés juste devant la maison. C’est l’arrivée d’un vaisseau de la Royal Navy qui sera salvateur. Il pilonnera les blockhaus du Mur de l’Atlantique, pour permettre d’ouvrir une brè- che. Des combats rapprochés finiront de les neu- traliser. A 8h30, les renforts Régiment de La Chaudière et les chars du Fort Garry Horse touchent enfin la plage. Bernières sur Mer est libérée. Les troupes canadiennes installeront une base arrière dans le village. C’est à Bernières que sera ainsi ouvert le QG Presse et Cinéma, quartier général des journalistes, photographe, cinéastes Canadiens et Britanniques pendant le Débarquement. Encore visible aujourd’hui au N°288, au début de la rue du Régiment de La Chaudière Aujourd’hui, Bernières propose une balade en pho- tos dans le village, retraçant le chemin suivi par les troupes de libération. Avec à chaque fois une explica- tion historique précise permettant au promeneur de revivre les événements. 8 Première maison française libérée @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 11.
    Eglise de laNativité de Notre Dame et vitrail remarquable L’église de la Nativité a été classée monument historique en 1840. Outre son Grand retable, maître-autel, tableau de la crucifixion, ex-voto des marins, l’édi- fice, bel exemple d’architecture médiévale religieuse dont elle illustre l’évolution, s’apparentant aux plus prestigieuses constructions qui lui sont contemporaines telles l’abbatiale de la Trinité de Caen et la cathédrale Notre-Dame de Bayeux l’édifice renferme un remarquable vitrail. Celui-ci a été offert par le fils d'Ernest W. Parker, du Royal Army Corps Signal, qui a débarqué à Bernières-sur-Mer le 6 juin 1944 avec le Queens Own's Rifles of Canada Regiment de la 5th Brigade (3rd Canadian Infantry Division). La réserve naturelle du Cap Romain et la mare du Platon La commune abrite deux espaces naturels remarquables situés en bord de mer : la falaise de Cap Romain, classé en réserve naturelle depuis 1984 pour son patri- moine géologique. Il abrite également une faune et une flore littorale variée ainsi que des témoins de l’histoire de l’homme. A l’autre extrémité de la commune, la zone humide dite du Platon offre un espace naturel exceptionnel. Là aussi, derrière la dune maritime, en plus d’être un lieu idéal pour se promener, autour d’une mare, le site vous permettra peut-être de croiser le crapaud Calamite, une espèce rare qui fait la joie des naturalisites. ■ A ne pas manquer à Bernières-sur-Mer et dans les environs 9
  • 12.
    courseulles-sur-mer J uno Beach estle nom de code d’une des principales plages du débarquement allié en Normandie ,le 6 juin 1944. Située entre Sword Beach et Gold Beach, elle s’étend depuis Saint Aubin sur mer à l’est jusqu’à Ver-sur-mer. Ce secteur était l’un des mieux fortifiés après Omaha Beach. Dès la première heure de l’assaut, les forces canadiennes subirent environ la moitié de pertes, comparable à celles des Américains à Omaha Beach. Le retard des chars et les bombardements qui avaient laissé intactes la majeure partie des posi- tions allemandes entrainèrent en effet des pertes élevées dans les premières vagues d’assaut devant Courseulles et Graye. Les Royal Winnipeg Rifles surnommés les « Petits Diables noirs » combattirent corps à corps pour réduire les nids de mitrailleuses allemands. Vers midi, la division avait complètement débar- qué et en début de soirée contrôlait Saint-Aubin- sur-mer. Le lendemain soir, les forces canadiennes , soit 21500 survivants faisaient leur jonction avec les forces britanniques qui avaient pris Sword Beach. Les pertes canadiennes s’élevèrent au total à un millier de soldats environ. Les Canadiens morts lors du débarquement sont enterrés au cimetière militaire canadien de Bény-sur-mer/Reviers. Des monuments leur sont dédiés à Graye-sur- mer, Courseulles-sur-mer, Bernières-sur-mer, Saint-Aubin-sur-mer, et Langrune-sur-mer. Le 6 juin 2003, le Centre Juno Beach , unique musée canadien, sur les plages du débarquement, leur rend hommage. Tout près de Courseulles, Graye-sur- mer vit éga- lement débarquer le 12 juin Churchill, le 14 juin De Gaulle et le 16 le roi Georges VI. L’assaut des forces canadiennes 10 Cimetièrecanadien-2049soldatsreposentdanscecimetière
  • 13.
    Centre Juno Beach Construitface à la mer, à Courseulles, le Centre Juno Beach retrace l’histoire du Canada et l’implication de son peuple lors des conflits de la Seconde Guerre mon- diale. Un parcours jeune public avec guides virtuels, manipulations et quiz sont également proposés. Centre Juno Beach Voie des Français Libres 14470 Courseulles-sur-mer Tel 02 31 37 32 17 www.junobeach.org Ouvert du 1er avril au 30 septembre de 9H30 à 19H Plein tarif : 7 euros. Tarif réduit 5,50 euros. Musée de Courseulles Arts et traditions populaires. Histoire locale. Maquettes de vieux gréements . Dentelles réalisées à la manufacture de Courseulles,etc Du 15 juin au 15 septembre (fermé le mardi). Gratuit 17 rue de l’Amiral Robert 14470 Courseulles-sur-mer Croix de Lorraine Elle célèbre le retour du général de Gaulle sur le sol français , le 14 juin . Erigée à la limite des deux communes de Courseulles et Graye, le 16 juin 1990, cette croix de 18 m de haut est visible de très loin et est devenue un des principaux amers des navigateurs de la baie de Seine. Char Churchill Ce char , le « One Charlie» » s’est enlisé le 6 juin 1944 et a été utilisé comme sup- port pour la construction d’un pont qui a joué un rôle décisif dans le déroulement des opérations de débarquement. Restauré en 1977, après avoir été immergé pendant 32 ans, il est, fait unique, exposé sur le lieu même de son immobili- sation à la brèche prin- cipale de Graye-sur- mer. ■ A ne pas manquer à Courseulles-sur-Mer et dans les environs 11
  • 14.
    arromanches-les-bains E rodés par lestempêtes de nombreux hivers, les pontons survi- vants témoignent de la plus grande prouesse technique d’Overlord. Dès l’idée du Débarquement, le ravitaillement est le point crucial. Le raid de Dieppe, août 1942, montrait la difficulté de la prise d’un port important le 1er jour. L’amiral Hallet lança : « si un port ne peut être pris il faut en amener un ». Les opérations combinées de Lord Mountbatten y travaillent déjà. « Trouvez la solution… ne soyez pas l’avocat des difficultés, elles se défen- dront elles-mêmes », écrit Churchill en mai 1942. Les essais ont lieu en janvier 1943, décision en juillet, mise en chantier en septembre. Le port artificiel dans la bataille Deux ports sont prévus, à Omaha et à Arromanches. Chacun comprend des digues artificielles pour abriter le plan d’eau, des quais de déchargement et des voies flottantes vers la côte. Le 6 juin au soir, des navires sont coulés en première protection, 56 devant Arromanches dont le cuirassé Courbet. Des bombar- dons, croix métalliques de 60 m, les renforcent. Les caissons Phœnix arrivent dès le 8 juin. Ces caissons en béton, 70 m de long et 20 de haut, sont l’armature principale. Il en reste une vingtaine sur les 115 d’origine. Les quais relient des plate-for- mes de 70 X 20 m coulissant sur des chandelles d’acier pour suivre la marée. 15 kilomètres de voies flottantes sont posés. Elles s’achèvent quand la tempête frappe le 19 juin, détruisant le port d’Omaha. Arromanches débarque 6 000 tonnes le 8 juillet et culmine à 11 000 le 29. Le port artificiel est actif jus- que fin novembre. Les historiens relativisent son importance dans la bataille de Normandie. Contre ses 6 000 tonnes/jour les Américains débarquent 23 000t/j à Omaha et Utah. Son rôle reste essentiel. Sans lui, le risque d’Overlord n’aurait pas été pris. Le port artificiel d’Arromanches 12 DR
  • 15.
    Voyage au cœurdu jour J Unique en France, le cinéma circulaire Arromanches 360 vous plonge au cœur de la Bataille de Normandie. « Les 100 jours de Normandie » projetés sur 9 écrans, raconte l’his- toire intégrale de la Bataille de Normandie, de la préparation du Débarquement à la libération de Paris. Ce film est un hommage aux combattants de toutes les nations et aux 20 000 civils tués pen- dant cette bataille de la libération de l’Europe occidentale qui a suscité tant d’espérances. Tarifs : adulte : 5 euros. Etudiant/Enfant/Senior : 4,50 euros. -10 ans : gratuit. Chemin du calvaire à Arromanches. Tel. 02 31 06 06 45. Le musée du Débarquement Il s’agit du premier musée construit pour commémorer le 6 juin 1944 et la bataille de Normandie. Découvrez les différentes nationalités qui ont participé au Débarquement. Les visites guidées vous racontent l’histoire du port artificiel d’Arromanches autour d’une série de maquettes et avec une vue directe sur les vestiges du port. Ces visites sont adaptées à tous, adultes ou enfants. Tarif : adultes 7,90 euros ; Enfants, étudiants 5,80 euros Place du 6 Juin à Arromanches. Tel : 02 31 22 34 31. Les sablés d’Asnelles La recette du sablé n’a pas changé, du beurre d’Isigny, de la farine, du sucre et des œufs. L’été, la biscuiterie fabrique tous les jours des sablés à la confi- ture, au chocolat, aux amandes, aux pruneaux, aux pommes et rai- sins, des tartes aux fruits rouges, des friands, des rochers, des coo- kies qui embaument la boutique. Du lundi au vendredi de 9 h -12 h 30 et de 14 h -17 h. En juillet et août du lundi au samedi de 9 h -12 h 30 et de 14 h - 19 h. Dimanche : 9 h-12 h 30 et 16 h- 19 h. 17, rue de Southampton à Asnelles. Tel : 02 31 22 32 09 Studio de la BBC Construit entre les XIe et le XVIIe siècles, le château de Creully a connu de multi- ples transformations. La BBC y a installé son 1er studio d’émission, le 6 juin 1944, dans la tour carrée du château afin d’y diffuser les informations sur le Débarquement. Aujourd’hui, elle abrite le musée de la radio dédié à cette partie de l’histoire. Visite du 1er juillet au 31 août ainsi qu’aux journées du patrimoine du mardi au vendredi de 10 h à 12 h 30 et 14 h 30 à 17 h 30. Château de Creully, 30 Place Edmond Paillaud à Creully. Tel : 02 31 80 18 65. ■ A ne pas manquer à Arromanches-les-Bains et dans les environs 13
  • 16.
    longues-sur-mer E lément préservé duMur de l’Atlantique, la batterie allemande fut construite à partir de septembre 1943. Ses casemates abritaient sous 2 mètres de béton 4 canons de 152 mm, portée de 20 km. Le poste de conduite de tir, en bord de falaise, est relié par une transmission électrique très moderne. La batterie relève de la Kriegsmarine, détail important entraînant une erreur de conception. Elle est conçue pour affronter des navires et non frapper les plages, où elle aurait fait des dégâts consi- dérables. Un seul canon, le plus à l’Est, peut tirer sur les plages du secteur anglais, et un seul, le plus à l’Ouest, sur Omaha Beach. Les bombardements aériens précédant le Débarquement n’endommagent pas les casemates mais détruisent ses liaisons électriques, donc son effi- cacité. Durant toute la bataille du 6 juin, la batterie tirera 150 obus à une cadence ralentie, sans grand résultat. La bataille La batterie ouvre le feu le 6 juin à 5 h 37 sur le destroyer Emmons et le cuirassé Arkansas situés devant Omaha, attirant la riposte de ses pièces de 350 mm et de celles du cuirassé français Georges Leygues. Elle reporte alors son tir vers les navires du secteur britannique. Le croiseur Ajax s’approche alors et la pilonne de plus de 150 coups de ses pièces de 150 mm. A 6 h 20, Longues cesse le feu et semble neutrali- sée. Elle reprend son tir sur Omaha, puis sur Gold où ses tirs, les seuls efficaces, provoquent des pertes anglaises. A 8 h 45 l’Ajax et le destroyer réalisent de nouveaux tirs, très efficaces cette fois, en détruisant 2 canons par coups directs dans les embrasures. La batterie reprend un tir irrégulier avec une seule pièce dans le milieu de l’après-midi, pour finir d’être détruite à 19 h par les tirs des cuirassés Montcalm et Georges Leygues. Les 120 servants survivants se rendent sans com- battre le lendemain. La batterie allemande de Longues- sur-Mer 14 @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 17.
    Musée des épavessous-marines Ce musée original présente le résultat de plus de vingt-cinq ans d’exploration sous-marine des côtes, où le Débarquement s’est déroulé. Elles ont permis de remonter à la surface des centaines d’épaves. Du char d’assaut au tube de denti- frice. Des vestiges impressionnants et des objets personnels trouvés dans les grands navires de guerre coulés aux environs du 6 juin 1944. Du 1 juin au 30 septembre de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h. Ouvert le week- end et les jours fériés en mai. Tarif : adulte : 6,50 euros - Enfant (7-16 ans) : 3,50 euros. Route de Bayeux à Port-en-Bessin- Huppain. Tel. 02 31 21 17 06. La batterie de Longues Ouvrage majeur du Mur de l’Atlantique, la batterie de défense de Longues-sur-Mer comprend un poste de commandement de tir et quatre casemates abritant cha- cune une pièce d’artillerie de 150 mm. Située au sommet d’une falaise dominant la Manche, elle a joué un rôle stratégique lors du Débarquement. Visites Guidées : tous les jours du 2 juin au 31 août. Uniquement le week-end en avril, mai, septembre et octobre. A 10 h 15, 11 h 45, 14 h 15 et 15 h 45. Tarif : adulte : 4 euros ; Enfants : 3 euros ; Gratuité : enfants (-11ans). Tel : 02 31 21 46 87. Premier port pétrolier Le port de pêche de Port-en-Bessin a joué un rôle majeur dans le ravitaillement des troupes alliées. A cet endroit fut installé le premier pipe-line qui alimenta en carburant les milliers de véhicules des divisions britanniques et américaines. Un double terminal pétrolier était installé sur les quais intérieurs des digues. Aujourd’hui, la pêche artisanale fait vivre l’activité locale. Vous pourrez égale- ment marcher les pas d’artistes comme Paul Signac et Georges Seurat, et admirer la tour Vauban. Centre culturel Léopold Sédar Senghor. Tel : 02 31 21 92 33. La forêt de Cerisy Au cœur d’un massif de 2 130 h, le Maison de la Forêt propose une exposition sur les métiers de la forêt et du bois. Vous pourrez découvrir le parcours extérieur, l’histoire de la forêt de Cerisy, la faune et la flore. L’équipe organise aussi des ran- données, ateliers enfants, sorties nature… Avril à septembre : du lundi au ven- dredi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Samedi, dimanche et jours fériés de 14 h à 18 h. Espace muséogra- phique : gratuit. Animations : (visi- tes guidées, sorties nature, ateliers enfants) : payantes. Tel : 02 31 51 96 56. ■ A ne pas manquer à Longues-sur-Mer et dans les environs 15
  • 18.
    omaha O maha Beach s’étenddevant Vierville-sur-Mer, Saint-Laurent-sur- Mer, Colleville-sur-Mer et Sainte-Honorine-des-Pertes. Cette bande de plage d’environ 8 km de long est encadrée de falaises rocheuses à chaque extrémité. En mars 1944, la plage a reçu le nom de code d’Omaha (une ville de l’Etat du Nebraska). Sa prise était de la responsabilité du commandement améri- cain, placé sous les ordres du général Omar Bradley. Le 6 juin à 6 h 35, la 1re division américaine « la Big Red One », une unité expérimentée, renforcée par un régiment de la 29e division, qui n’avait jamais com- battu, arrive sur cette plage. Mais le débarquement ne se déroule pas comme prévu. Les bombardements aérien et naval ont manqué leurs cibles et n’ont pas neutralisé les ennemis. Les défenses allemandes, pratiquement intactes, sèment la mort. Les chars amphibies ont presque tous sombré avant d’atteindre la côte, privant ainsi les fantassins d’un appui d’artille- rie. Toute percée semble alors impossible. La plage, de plus en plus réduite du fait de la marée montante, s’encombre de cadavres, de centaines de blessés et d’engins détruits par les obus. A force de courage Après plusieurs heures de combat, la situation évo- lue enfin en faveur des Gi’s. A force d’énergie et de courage, ils parviennent en fin de matinée à s’infiltrer par petits groupes sur le plateau pour prendre à revers l’ennemi. Au soir du Jour-J, l’opération s’achève finalement par un succès. Mais les pertes s’élèvent à plus de 3 000 hommes. 1 000 Américains sont tués et 2 000 blessés. Omaha deviendra « Bloody Omaha » Omaha, la sanglante que des films comme Le jour le plus long ou Il faut sauver le soldat Ryan ont mis en scène. 16 @UsArmy-mémorialdeCaen Omaha la sanglante
  • 19.
    Le cimetière allemandde La Cambe Le cimetière de La Cambe est le plus grand cimetière militaire allemand de Normandie. Plus de 21 000 soldats allemands y sont enterrés. Au centre, un ter- tre de six mètres de haut, surmonté d’une croix de granit, est le tombeau commun de 296 combattants qui n’ont pu être iden- tifiés. 1 220 érables ont été plantés comme symboles vivants de la paix entre les nations. Un centre d’accueil présente une exposition permanente évoquant la souffrance humaine engendrée par la guerre. Du 1er avril au 15 octobre 2014 de 8 h à 19 h. Samedi et dimanche : ouvert à 9 h. Du 16 octobre au 31 décembre 2014 de 8 h à 17 h. Samedi et dimanche : ouvert à 9 h. Tél. 02 31 22 70 76. Le musée des Rangers Le musée retrace la prise de la Pointe du Hoc le matin du 6 juin 1944 par les soldats américains du colonel Rudder. Vous découvrirez facilement et avec beaucoup de précisions les actions des Rangers. Une exposition de documents, d’objets et effets ayant appartenu à ces combattants complète la visite qui se termine par une projection vidéo. Du 15 février au 30 avril 2014 de 13 h à 18 h. Fermé le lundi. Du 1er mai au 31 octo- bre 2014 de 10 h à 13 h et 14 h 30 à 18 h 30. Fermé le lundi et mardi matin. Tarif : 4,40 euros, étudiant et plus de 12 ans : 3,30 euros ; enfant : 2,20 euros. Gratuité pour les vétérans 39-45, militaires en tenue. Quai Crampon à Grandcamp-Maisy. Tél. 02 31 92 33 51. La Batterie de Maisy Oubliée durant ces 60 années, la bat- terie allemande a été récemment redécouverte. Elle était puissamment armée de six canons de 155 mm sur des plate-formes bétonnées. Visitez 2,5 km de tranchées, tunnels, abris, soutes, blockhaus… et l’emplace- ment de 6 plates-formes d’artillerie. Du 1er avril au 31 mai et du 1er au 30 septembre 2014 de 10 h à 16 h et du 1er juin au 31 août 2014 de 10 h à 18 h. Tarifs : adulte : 6 euros, étudiant : 5 euros, enfant/retraité : 4 euros, vétérans la Seconde Guerre mondiale : gratuit. Route des Perruques à Grandcamp-Maisy. Tel. 06 71 46 37 45. Les caramels d’Isigny Il peut être dur, mou, fondant, au beurre salé ou au chocolat, le caramel d’Isigny, mondialement connu est fabriqué dans notre région. Des visites vous permettent de découvrir les différentes étapes de confection de cette petite douceur. Vous pourrez humer les bonnes odeurs de beurre et de sucre. Vous aurez la possibilité de déguster des caramels aux par- fums variés tout au long de la visite. Visite guidée gratuite et sans ren- dez-vous du 1er avril au 30 septem- bre à 10 h du lundi au vendredi. Magasin ouvert toute l’année du lundi au samedi. Rue du 19 mars 1962, ZA Isypole à Isigny-sur-Mer. Tel. 02 31 66 50. ■ A ne pas manquer à Omaha et dans les environs 17
  • 20.
    colleville - st-laurent- vierville S urplombant les plages d’Omaha, le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, inau- guré en 1956, est un des sites incontournables des lieux de mémoire dans notre région. Celui ou celle qui franchit ses grilles ne peut ignorer le prix de la liberté en apercevant les 9 387 croix impeccablement alignées. Ce cimetière, d’une superficie de 70 h, est l’une des 24 nécropoles américaines de la Seconde Guerre mondiale construites en terre étrangère. La libre dis- position de ce terrain a été concédée à perpétuité par le gouvernement français à l’état américain. Un mémorial avec une statue en bronze de 7 m de haut ; une chapelle ; ainsi qu’un jardin des disparus (1 557 noms sont gravés sur un mur) rappellent le sacrifice de milliers d’hommes ayant franchi l’Océan Atlantique puis la Manche pour nous redonner la liberté en 1944. Et à l’entrée du cimetière une capsule dédiée au général Eisenhower a été sellée le 6 juin 1969, elle contient des compte rendus des combats du jour J. “Medal of honor” Les dix carrés de tombes, cinq de chaque côté de l’allée centrale, contiennent les dépouilles de 9 387 soldats. 307 d’entre eux, dont les restes n’ont pu être identifiés, sont inconnus. Trois sont décorés de la “Medal of honor”, Médaille d’Honneur du Congrès Américain. Il s’agit de Théodore Roosevelt JR (de la famille d’un président des Etats Unis), Franck Peregory, et Jimmie W. Monteith JR. Une étoile de David indique la tombe de ceux de confession juive, tandis qu’une croix latine, également de marbre blanc, surmonte la sépulture de tous les autres. Tout le monde a encore en mémoire le film de Steven Spielberg Il faut sauver le soldat Ryan, dont les premières et les dernières scènes sont tournées dans le cimetière. Le film raconte l’histoire d’une petite unité par- tie à la recherche d’un Gi’ dont les trois frè- res sont morts au combat. Il convient de pré- ciser à ce sujet que le cimetière américain regroupe 33 frères enterrés côte à côte. Un père et son fils sont également enterrés l’un à côté de l’autre. 9 387 soldats américains reposent à Colleville-sur-Mer 18 @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 21.
    L’Overlord museum OmahaBeach L’Overlord Museum retrace la période du Débarquement allié jusqu’à la libération de Paris, à l’aide d’une collection inédite retrouvée en grande partie sur le sol nor- mand et constituée pendant plus de 40 ans. Des effets de soldats, jusqu’aux plus gros blindés de l’époque, les 6 armées en présence en Normandie y sont présen- tées au travers de scènes reconstituées mettant en œuvre plus de 35 véhicules, chars et canons. Plus de 10 000 pièces font vivre l’histoire. Du 1er mars au 31 mai et du 1er octobre au 31 octobre de 10 h à 18 h. Du 1er juin au 31 août : 9 h 30 à 19 h. Du 1er septembre au 30 septembre : 9 h 30 à 18 h. Du 1er novembre au 31décembre : 10 h à 17 h. Tarif plein : 7,10 euros - Tarif réduit : 5,10 euros. Gratuit moins de 10 ans. Colleville- sur-Mer. Tel. 02 31 22 00 55. Le château de Colombières Noin loin des plages du Débarquement, le château de Cobombières est le témoin de mille ans d’histoire, de Guillaume Le Conquérant au Débarquement. Classé monument historique, ce joyau n’a pas été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain de la libération de Colombières, le 9 juin 1944, l’armée américaine en a fait un centre de transmissions et centre de guerre psychologi- que.. Une visite sous la conduite d’un guide vous fera découvrir le tour extérieur des douves, la cour intérieure et les pièces principales. En juillet et août du lundi au jeudi et en septembre le week-end de 14 h à 19 h. Tarif : 6 euros, gratuit moins de 12 ans. Tel. 02 31 22 51 65. Musée du quotidien de nos grands-parents Envie de faire un voyage dans le temps ? Direction Saint-Laurent-sur-Mer. De l’artisanat à la vie au quoti- dien en passant par l’école, les poussettes, la douche, les galoches… et les 700 ustensiles en aluminium, cette collection chinée par Magali et Christophe Angué vous rappellera quelques souvenirs. Du 1er avril au 31 octobre tous les jours de 14 h à 18 h, du 1er novembre au 31 mai de 14 h à 18 h (fermé le mercredi et le 2e et 4e dimanche de chaque mois). Tarifs : adulte : 3,50 euros - Enfant (8-16 ans) : 2 euros - Moins de 8 ans : gratuit. 8, Rue Durant à Saint-Laurent-sur-Mer. Tél. 02 31 10 05 42. Dégustation à la ferme Michel et Philippe Legallois vous accueille tous les jours pour vous faire découvrir leurs spécialités cidre, pom- meau, calvados… Possibilité de visite guidée avec la présentation des ver- gers, du pressoir, de la salle des cuves de fermentation et la salle de prise de mousse… Du 1er avril au 15 novembre du lundi au samedi à 10 h 45 et 15 h 30. Sur ren- dez-vous le reste de l’année. Tarifs : 2,50 euros par personne (moins de 16 ans gratuit). Ferme de la Sapinière à Saint-Laurent-sur-Mer. Tel : 02 31 22 40 51. ■ A ne pas manquer à Colleville-St-Laurent-Vierville et dans les environs 19
  • 22.
    pointe du hoc A égaledistance entre Omaha Beach et Utah Beach, la Pointe du Hoc et ses hautes falaises surplombent la plage de galets. 20 @UsArmy-mémorialdeCaen 70 ans ont passé depuis l’héroïque escalade de ces parois par le colonel Rudder et ses 225 Rangers, à l’assaut de l’énorme batterie allemande, au petit matin du 6 juin 1944. Une mission qualifiée « la plus dange- reuse du D-Day » par le général Omar Bradley. L’objectif : s’emparer des bunkers qui protègent les pièces d’artillerie allemandes et détruire ces derniè- res. L’assaut Rudder doit lancer une fusée éclairante à 7 h pour confirmer la prise de la batterie et recevoir un renfort de 500 hommes. Mais la houle coule une barge, tous les soldats sauf un, se noient entraînés par leur équi- pement. Une faute de navigation a entraîné du retard et les soldats vont finalement aboutir au flanc Est de la pointe qu’ils escaladeront sous les tirs nourris des Allemands, à l’aide de cordes, de grappins et d’échel- les. Une mauvaise surprise attend les soldats : pas de traces des canons ! A la place, des poteaux pour leur- rer les bombardiers alliés. Plus tard, les Rangers Len Lomell et Jack Kuhn découvriront cinq canons 155 mm camouflés et en position de tir dans un champ de pommiers. Ils en détruiront les mécanismes. Il faudra deux jours de combats acharnés et l’arrivée du 116e régiment pour venir à bout de la résistance ennemie. Sur 225 Rangers engagés à la Pointe du Hoc, il n’en restait que 90 en état de se battre. Un site incontournable Aujourd’hui, spectaculaire est la vision aérienne de sa surface constellée de trous de bombes. Plus d’un million de visiteurs s’y promènent, s’impré- gnant de la beauté des falaises environnantes et de l’émotion que dégage ce cimetière parsemé de bun- kers en ruine. La Pointe du Hoc, symbole de courage
  • 24.
    caen A vec le débarquementdes troupes alliées sur les plages normandes, le 6 juin, rien n’était pour autant gagné …et Caen devint le pivot d’une rude bataille. Le soir, les chars de la 21e Panzer rejoints par ceux de la 12e SS Hitlerjugend dressaient en effet devant la capitale régionale un barrage de feu et d’acier. L’espoir d’une rapide délivrance s’envolait pour les milliers de civils qui étaient restés là , après les bom- bardements. Montgomery renonça alors à un assaut frontal et décida de prendre la ville à revers. Mais ses troupes se retrouvèrent bloquées le 9 juin, à Tilly-sur-Seulles, qui réduit ,en ruines, finit par tom- ber une dizaine de jours plus tard , avant qu’une nou- velle résistance allemande ne se forme au sud. La bataille de Caen s’enlisait… Finalement début juillet, Montgomery opta pour une attaque directe sur Caen. La ville bombardée Elle débuta par un ter- rible bombardement aérien sur le nord de la ville le 7 juillet dans la soirée. Le 8, les Canadiens délo- geaient les SS de Buron et Authie . De leurs côtés, les Britanniques levaient les derniè- res résistances allemandes devant Lébisey. Le lendemain, les Canadiens enlevaient Carpiquet, Saint Germain la Blanche Herbe, Venoix, la Maladrerie, et entraient enfin dans Caen tandis que les Anglais avançaient lentement dans les rues de la ville transformées en ruines . La rive gauche était libérée mais la rive droite était encore aux mains des Allemands qui s’étaient retran- chées de l’autre côté de l’Orne. Ce n’est que dix jours plus tard que les Canadiens prenaient les quartiers de la rive droite. La ville de Caen était alors totalement libérée . Libérée en deux temps 22 DR
  • 25.
    Le château ducal C’estl’une des plus vastes enceintes médiévales d’Europe. Edifié vers 1060, en pierre de Caen, cette forteresse royale au Moyen-Age, bastion anglais pendant la guerre de Cent ans, devint une caserne au XIXe siè- cle. Il accueille aujourd’hui le musée des beaux arts et le musée de Normandie. L’abbaye aux dames Fondée par Mathilde de Flandre, épouse de Guillaume le Conquérant, cette abbaye béné- dictine abrita jusqu’à la révolu- tion des jeunes filles issues de l’aristocratie normande. Au XIX, elle se transforma en hôtel-dieu puis hospice. En 1983, les bâtiments furent rachetés par la Région de Basse-Normandie qui y installa le conseil régional. Visites guidées tous les jours à 14H30 et 16H sauf le 1/01, le 1/05 et le 25/12. L’abbaye aux hommes C’est pour se faire pardonner l’union avec Mathilde de Flandres, sa lointaine cousine, que Guillaume, duc de Normandie et futur roi d’Angleterre, fonda en 1063 l’abbaye aux hommes. Au XVIII, la révolution chassa les moi- nes installés dans le monastère. Début XIX, les bâtiments conventuels furent transformés en lycée de garçons. L’été 1944, le lycée et l’église servirent de refuge aux Caennais. Depuis 1965, l’an- cienne abbaye accueille l’hôtel de ville de Caen, l’un des plus beaux de France. Visites guidées tous les jours du 1er avril au 30 septembre. Horaires : www.caen.fr/abbayeauxhommes. Mémorial de Caen Des origines de la Seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin , le Mémorial est un formidable outil pour comprendre le XXe siècle. Le musée accueille cette saison deux grandes exposi- tions. L’une présente 100 photos de Tony Vaccaro : de la Normandie à Berlin et l’autre 100 objets des 100 jours de la bataille de Normandie. Tous les jours de 9 à 19H. Tarif : 19 euros plein tarif, 16, 50 euros tarif réduit. ■ A ne pas manquer à Caen et dans les environs 23
  • 26.
    douvres-la-délivrande L a commune deDouvres-la-Délivrande / Tailleville fut libérée le 6 juin par les Canadiens. Les Allemands y avaient installé deux sta- tions radar où travaillaient 230 personnes. Au Nord et au Sud Ouest de la commune, ces deux stations étaient opérationnelles à l’au- tomne 1943. Détecteur et calculateur de tir d’artil- lerie, elles combinaient les deux technologies dans le but de localiser l’adversaire tout en dirigeant simultanément les tirs contre lui. Elles étaient ceinturées de barbelés. Entre Juno Beach et Sword Beach, la base de Douvres la Délivrande repoussait tous les assauts des Canadiens. A l’aube du jour J, l’armada alliée effectua un tir sur Douvres-la-Délivrande qui détruisit partiel- lement les deux stations radars. La résistance fut vive. Jusqu’au 17 juin Il faudra toutefois attendre le 7 juin pour que la com- mune soit sous contrôle. Les commandos anglais, qui avaient pour mission de s’emparer de ce site, rencon- trèrent en effet des difficultés dans Lion-sur-mer, ce qui retarda leur progression. Quant aux stations, bien qu’endommagées, elles restaient inaccessibles. L’attaque finale fut reportée au 17 juin. Une attaque massive… Le 41st Royal Marine Comando appuyé par des chars spéciaux en vint à bout. Près de 200 Allemands furent faits prisonniers. Pendant la bataille de Normandie et dans les mois qui suivirent, un centre d’accueil fut installé sur Douvres hébergeant les sans-abris et les réfugiés des zones de combat. Un cimetière britannique à l’entrée de la ville abrite les tombes de 927 Anglais, 180 Allemands, 11 Canadiens, 3 Australiens, 1 Polonais et un soldat inconnu. Une plaque retrace les opérations de débar- quement et la progression des forces alliées dans le nord ouest de l’Europe. Libérée par les Canadiens 24 DR
  • 27.
    Le musée duradar Implanté sur le site d’une des deux anciennes bases radars allemandes fortifiées de Douvres-la-Délivrande, ce musée explique l’évolu- tion et le rôle des radars à l’aide d’une scénographie. A l’extérieur, l’on peut voir un rare modèle de radar allemand « Wurzburg ». Ouvert de juin à septembre de 10 à 18H tous les jours sauf le lundi. Tél 02 31 37 74 43. Route de Basly Direction Courseulles sur mer en venant de Caen La Basilique Elle est située sur la commune de Douvres-la-Délivrande sur le lieu d’un pèlerinage dédié à la Vierge. L’ édifice fut construit entre 1854 et 1878 dans le style néo-gothique normand. En 1872, le pape Pie IX accorda à la Vierge Noire le privilège du couron- nement puis Léon XIII l’érigea en basilique mineure en 1895 date à laquelle elle fut consacrée. Les bombardements épargnèrent la basilique. Seuls les vitraux ont du être reconstitués. La pharmacie Lesage Inscrite à l’inventaire supplé- mentaire des Monuments Historiques, elle fut construite en 1901 par Georges Lesage, sur les plans d’un architecte caen- nais Rouvrais, émule d’Hector Guimard. Maison baroque de 3 étages, son portail d’entrée constitue l’élément le plus pitto- resque avec sa grille florale. Tous les vitraux ont disparu et ont été remplacés par des vitres. A voir dans le centre du village , près de la basilique. La baronnie Située au cœur de Douvres près de l’église Saint Rémi, la baronnie de Douvres est une des sept baronnies des évêques de Bayeux . Louée à des métayers, au XVI et XVIIe , elle devint exclusivement exploitation agricole avant d’être vendue à la Révolution. Achetée par la ville en 1975, elle devint propriété communale à la mort de l’usufruitière . ■ A ne pas manquer à Douvres-la-Délivrande et dans les environs 25
  • 28.
    bayeux E lle fut lapremière ville libre de la France métropolitaine. Le 7 juin, au lendemain du Débarquement des alliés, Bayeux est libérée par les troupes britanniques. Au cœur des combats, Bayeux est l’une des seules villes de Normandie avec Honfleur à avoir été épar- gnée par les destructions. Quelques jours après le Débarquement, le général de Gaulle souhaite rencontrer les Français. Le 14 juin 1944, il arrive de Londres et se rend à Bayeux où il est accueilli par une foule en liesse. Le chef de la France libre est porté par la foule, salué, acclamé. Guillaume Mercader, chef du réseau OCM pour la Résistance dans le Bessin, a organisé la venue du général de Gaulle à Bayeux. Une foule en liesse Il descend toujours accompagné de la foule la rue principale jusqu’à la place du château, qui porte aujourd’hui son nom, où il prononce son discours : « Nous sommes tous émus en nous retrouvant ensemble, dans l’une des premières villes libérées de la France métropolitaine, mais ce n’est pas le moment de parler d’émotion. Ce que le pays attend de vous, à l’arrière du front, c’est que vous continuiez le combat aujourd’hui, comme vous ne l’avez jamais cessé depuis le début de cette guerre et depuis juin 1940. Notre cri maintenant, comme toujours, est un cri de combat, parce que le chemin du combat est aussi le chemin de la liberté et le chemin de l’honneur (…) » Le général de Gaulle s’installe dans l’Hôtel de la sous- préfecture. Bayeux devient ainsi, jusqu’à la libération de Paris le 25 août, la capitale administrative de la France. Une stèle installée sur la place commémore l’allo- cution de général. Son inauguration, le 16 juin 1946, est l’occasion de prononcer un second discours histo- rique pour les institutions françaises. Il y dévoile les bases de la constitution de la Ve République qui n’est adoptée qu’en 1958. Première ville libre de la France métropolitaine 26 @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 29.
    La Tapisserie deBayeux La Tapisserie de Bayeux, document uni- que au monde, est une broderie de laine sur une toile de lin réalisée au 11e siècle. Sur près de 70 m de long et 50 cm de haut, elle relate la conquête de l’Angleterre le 14 octobre 1066 par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. L’œuvre est classée au regis- tre « Mémoire du Monde » de l’UNESCO. Plein tarif 9 euros ; Tarif réduit 7,50 euros ; Tarif jeune 4 euros ; Gratuit pour les - de 10 ans. 13 bis rue de Nesmond à Bayeux. Tel : 02 31 51 25 50. Le MABH 5 000 pièces de collections pour revivre 5 000 ans d’histoire à découvrir au musée d'art et d'histoire Baron-Gérard, répertorié Musée de France. 600 œuvres d’art dont 250 peintures et estampes avec des œuvres signées Gustave Caillebotte, Eugène Boudin... 1 000 pièces de porcelaine et de dentelle de Bayeux, 800 pièces archéologiques et ethnogra- phiques... Une très belle scénographie pour revivre l'histoire de Bayeux. Plein tarif : 7 euros, Tarif réduit : 5,50 euros, Tarif jeune : 4 euros 37 rue du Bienvenu à Bayeux. Tel : 02 31 92 14 21. Visite du vieux Bayeux Bayeux, cité médiévale, est l'une des rares villes de Normandie à n'avoir subi aucun dommage au cours des combats de la Libération. Son coeur est resté intact. Le circuit du Vieux Bayeux permet de visiter librement le secteur correspondant à la ville médiévale et d'en découvrir les secrets grâce à 23 bornes qui jalonnent un parcours constitué d'une boucle de 2,5 km. Des plans permettant de suivre ce circuit sont disponibles à l'Office de tourisme, ainsi que dans les divers musées de la ville. Office de tourisme, rue Saint-Jean. Tel : 02 31 51 28 28. Glace à la ferme Chocolat, caramel beurre salé mais aussi teurgoule, camembert, foie gras ou bien calvados, tout autant de parfums classiques et originaux sont réalisés sur place, à la ferme de la Haizerie. Onctueuses et savoureuses, sans colorant ni conserva- teur, les glaces sauront réjouir les plus fins palais. En plus du magasin de vente, vous avez la possibilité de découvrir la traite des vaches. Du 1er janvier au 30 avril du mardi au vendredi de 14 h à 19 h, le mercredi et dimanche de 13 h 30 à 19 h 30. Du 1er mai au 31 décembre tous les jours de 14 h à 19 h. Départ des visites guidées à 17 h. Tarifs : 3 euros avec dégustation de glace. La Fosse à Vaux-sur-Aure. Tel. 02 31 92 46 44. ■ A ne pas manquer à Bayeux et dans les environs 27
  • 30.
    tilly-sur-seulles T illy-sur- Seulles, prèsde Caen, fut le théâtre de violents combats qui firent de nombreuses victimes civiles et militaires et détruisit la ville à 96 % ! Les combats pour la prise de Tilly débutèrent le 9 juin. Le Général Horrocks lance l’opération Perch le 10 juin alors que le secteur est solidement dfendu par la Panzer Lehr Division. Le 11 juin, le 6th Battalion Durham Light Infantery occupe Tilly tandis que les Blindés de la 22e Brigade étaient bloqués par les Panther allemands. 62 habitants tués Le 11 juin, les Britanniques perdent le bourg, ce qui conduit le Général Montgomery à tenter une manœu- vre de contournement du front par Livry, avec Villers- Bocage pour objectif. C’est un échec . Le 15 juin, dans la soirée, le général Bayerlein ras- semble tous ses blindés disponibles pour repousser une puissante attaque des 49e et 50e division d’infante- rie britannique. Trois jours après , la 50e division repart à l’assaut. Les combats sont rudes mais le 2nd Battalion Essex Regiment de la 56e Brigade d’infanterie reprend pied dans Tilly sur Seulles. De leur côté le 6th Battalion Durham Light Infantery et les chars du 24th Lancers percent à l’ouest du bourg. En fin de soireée, les Britanniques ont conforté leurs positions. Le 19 juin, ils arrachent définitivement Tilly-sur- Seulles à la Panzer–Lehr-Division. Mais le village n’est plus qu’un champ de ruines. Soixante deux habitants de Tilly périrent. C’est presque 10% de la population d’alors. Situé en bordure de route nationale, un cimetière britannique abrite 1222 tombes de combattants dont 896 Britanniques, 2 Néo-Zélandais, 1 Canadien, 1 Australien et 232 Allemands. En saison, des rosiers fleurissent au pied des stèles. 28 Des combats très violents DR
  • 32.
    falaise L e 11 avril1945, à 16 ans, ce gamin de Falaise, surnommé « Mascotte », enrôlé dans l’ar- mée française, tombait au champ d’honneur, atteint par un éclat d’obus en pleine tête. Cinq jours plus tôt, il était décoré par le général de Lattre-de-Tassigny. Serge Gras arrive à Falaise avec ses parents dans les années trente. Son adolescence se déroule sous l’occupation. Malgré son jeune âge, Serge, qui apprend le métier de menuisier, propose ses services à la Résistance comme agent de liaison. Après le débar- quement et la libération de Falaise, en août 1944, il suit une unité de parachutistes canadiens. Après l’avance des troupes sur le front de Normandie, et après mille péripéties, Serge Gras rejoint la capitale. Comme d’autres jeunes gens, il participe activement à la libération de Paris à la fin août 1944. Après le succès de l’insurrection parisienne, il veut continuer la lutte pour libérer la France et l’Europe du joug nazi. Il n’a pas seize ans quand il signe son pre- mier engagement au « Bataillon de Jeunesse ». Usant de son bagout, il convainc les officiers de cette formation de rejoindre Montmédy et le régiment du colonel Fabien. Il est de tous les combats jusqu’à la Forêt Noire et Dobel, où le 11 avril 1945, il est tué par un éclat d’obus en pleine tête. Cinq jours plus tôt, le général de Lattre-de-Tassigny lui remettait la Croix de Guerre avec étoile d’argent. La cérémonie s’était déroulée en présence de Joseph Kessel, alors correspon- dant de guerre. « L’enfant au grand casque » Joseph Kessel, l’auteur du « Lion » (également auteur avec Maurice Druon) du Champ des partisans), était correspondant de guerre en avril 1945. Envoyé spécial de France-Soir, il a couvert la cérémonie au cours de laquelle Serge Gras a été décoré par le géné- ral de Lattre-de-Tassigny. Voici un extrait du journal daté du dimanche 22 et lundi 23 avril 1945 et du premier article du journaliste écrivain dans la presse libre depuis juin 1940. « Et il y avait cet enfant. Il a seize ans et demi, assure- t-il. Peut-être, mais par la taille et le visage il n’en porte pas plus de quatorze. Il se trouvait dans la rangée des soldats qu’on décorait. Son casque lui couvrait les oreilles. Il avait un fusil petit et léger comme un jouet. Il avait combattu sans peur sur les barricades de Paris, dans les Vosges, en Alsace, sur le Rhin. Maintenant il tremblait. Il trembla tout le temps que dura la prise d’armes. Au garde-à-vous le plus strict, les yeux droits devant lui, son casque sur les oreilles et le petit fusil tenu à bout de bras, sérieux comme seuls les bébés peuvent l’être. Il trembla. Et le général qui porte sur la joue une balafre qu’il reçut en septembre 1914 lorsque, lieutenant des dragons, il se battit à la lance contre les Uhlans, dut se pencher beaucoup pour mettre la croix de guerre sur la mince poitrine de l’enfant au grand casque et au petit fusil ». N.D.L.R. Au moment où est paru cet article, Serge Gras était mort depuis une douzaine de jours. Le tragique destin de « Mascotte », Falaisien de 16 ans 30
  • 33.
    Le château Guillaume leConquérant C’est l’emblème de la ville. Implanté en bordure des premiers contreforts du massif armoricain, occupé par l’homme depuis au moins le mésoli- thique (vers 7 000 av. J.-C), Guillaume le Conquérant n’a pas été le premier occupant des lieux. Différents types d’ha- bitats se succèdent au cours des siècles, et il semble qu’à l’époque carolin- gienne, il existe déjà une fortification sur le rocher. Tirant profit de cette pro- tection, la ville se développe sur l’éperon rocheux formé par les deux vallées de l’Ante et du Marescot. Suit, au début du Xe siècle, la victoire obtenue par Rollon le viking sur le roi de France ; en acceptant de devenir chrétien, il négo- cie un large territoire au nord de la Seine au cœur duquel se trouve Falaise qui devient l’une des premières cités de Normandie. Dans ce nouveau paysage poli- tique, la ville et le château vont sensiblement se développer et se transformer. Automates Avenue Le lieu est autant destiné aux enfants qu’à leurs parents ou grands-parents. Chacun ne pourra sortir qu’émerveillé par le musée André-Lemaître. De 1920 à 1950, décembre est le mois où devant les grands magasins parisiens il devient impossible de circuler, des foules d'enfants et de parents, le nez collé à la vitrine, regardent dans toutes les directions. Les scènes animées de plusieurs dizaines d'automates fascinent le public. Automates Avenue offre aux passants un voyage dans le temps et dans l'espace pour rêver avec ces fabuleux acteurs de vitrine et revivre la féerie d'une autre époque. Dans les rues de Paris reconstituées, les 300 automates retrouvent leurs gestes et mimiques d'autrefois, au cours d'une mise en scène extraordinaire. Le tombeau de Marie Joly Le tombeau de Marie Joly et la Brèche au diable de Soumont-Saint-Quentin et Potigny est un des lieux incontournables du pays de Falaise. Dans cet écrin de ver- dure niché au cœur de la plaine de Caen- Falaise, se côtoient légende et l’Histoire. Légende avec celle du lac Poussandre et de la colère de Satan qui aurait, d’un immense coup de queue créé une brèche où s’engouffrent les eaux « dans un chaos furieux ». Histoire avec la présence, en haut du promontoire, du tombeau de Marie Joly (1761-1799), célèbre actrice du Théâtre Français puis sociétaire de la Comédie Française. Lorsqu’elle décède à l’âge de 38 ans d’une tuberculose, son mari, châ- telain et maire de Saint-Quentin, exécute ses dernières volontés et fait ériger un monument funéraire romantique au point le plus haut du plateau. Pont-d’Ouilly Petite commune installée sur les bords de l’Orne, Pont-d’Ouilly est certaine- ment une des plus charmantes sur ce fleuve. A cheval sur le cours d’eau, elle a su développer son attrait touristique au fil des ans. Tout au long de l’année, mais plus particulièrement à la belle saison, elle propose de nombreuses activités pour tous les goûts. Il y en a pour tout le monde : des sportifs avec la canoë, le parapente, les randonnées… aux oisifs avec ses coins au bord de l’eau, sa guinguette, ses spectacles. Le tout, agré- menté de plusieurs restaurants et de commerces répondant à tous les besoins. Un bel endroit où s’attarder. ■ A ne pas manquer à Falaise et dans les environs 31
  • 34.
    falaise A gé de 20ans en 1944, Emile Chapron a emmené le doc- teur Buffard sur le tansad de sa moto. Pendant plus d'un mois, ils ont parcouru la campagne falai- sienne pour porter secours aux réfugiés qui avaient quitté la cité de Guillaume ravagée par les bombes. « Le 6 juin, en fin de nuit, nous avons entendu de violen- tes explosions en direction de Falaise, puis beaucoup plus près en fin de matinée. Neuf bombes de gros calibre sont tombées à environ 200 mètres de la ferme de Madame Durieux, mère de ma future épouse ». Emile Chapron, un habitant de Falaise, était réfugié là, car il était recherché par la police allemande. Au moment où les alliés débar- quent sur les plages, il voit arriver des réfugiés par dizai- nes. « Ils nous ont appris que la ville de Falaise était en partie détruite, n'étant plus qu'un amas de pierres ». Le 6 juin, vers 12 heures, le docteur Georges Buffard passe chez les parents d'Emile Chapron. Il donne rendez- vous au fils deux heures plus tard. Il a besoin de lui et de sa moto pour le véhiculer de ferme en ferme. « Les blessés et les réfugiés affluaient, auxquels il faut ajouter ceux du deuxième bombardement de Falaise qui toucha l'hôpital. Le lendemain, dans la journée, je ne vis que deux religieuses, sœur Saint-Coeur de Marie et une autre dont je ne me souviens plus du nom. Elles étaient d'un dévouement sans égal, se partageant la pénible tâche avec le docteur Buffard qui répétait sans cesse : « que sont devenus mes collègues ? » Il fallait pourtant par- tir vers d'autres lieux où se trouvaient d'autres victimes, notamment à Saint-Pierre-du-Bû et à Falaise, sans oublier les “cas isolés chez des particulier. Il fallait prévoir un itinéraire passant par les petites rou- tes ombragées, afin d'éviter d'attirer l'attention des avions de chasse. Même si un drapeau de la Croix Rouge flotte à l'avant de la Motobécane. Plus d'essence Le médecin et son pilote rencontrent aussi une autre difficulté : le manque de carburant. « Grâce à la généro- sité de certains, nous arrivions à mettre quelques gouttes dans le réservoir. » Une autre fois, c'est un soldat de la Wehrmacht qui leur donne un litre... Début juillet, le doc- teur Buffard, sachant qu'il reste de l'essence dans une station de la ville, confie une lettre à Emile Chapron, afin qu'il la remette au maire de Falaise. En arrivant dans la mairie déplacée à l'Ormeau, il tend la missive à deux conseillers municipaux. « En attendant, j'entendis une bruyante discussion dans le bureau ». Emile Chapron repart avec la lettre cachetée, à Martigny-sur-l'Ante. « Je remis la lettre au docteur qui me dit, puisqu'il n'y a pas d'essence pour moi qui suis le seul à porter secours à tous ces malheureux, toi tu rentres chez toi et moi je vais essayer de rejoindre ma propriété en Touraine, avec mon épouse qui attend un enfant ». A propos d'enfant, Emile Chapron se souvient de deux accouchements au cours de l'été 1944 : « Un à Martigny, avec une cousine qui était réfugiée chez mes parents ; le second à Falaise, dans une grotte située dans les rochers qui surplombent la fromagerie ». Pour secourir les réfugiés à la campagne Emile Chapron pilote du médecin 32 Le fusil sur le ventre « Nous sommes partis au Détroit à la fin du mois de juillet », se rappelle MauriceHueunhabitantduVal,prèsdeSaint-Omer,danslasplendide cam- pagne de la Suisse normande. « Nous n'étions pas obligés de quitter la mai- son, mais par prudence on a quand même pris la route pour Saint-Aubert, prèsdeRabodanges.Enarrivant,unechenilletteallemandeétaitenflammes. » Il n'est pas prêt d'oublier le jour où un dépôt de munitions a sauté non loin d'eux. « Mon frère a été couché par le souffle de l'explosion. Le lendemain, lesAllemandsremontaientengroupe.Ilsvoulaientdel'eau.L'und'euxamis le canon de son fusil sur le ventre de la voisine... Tous les deux jours, mon père allait de Saint-Aubert à Saint-Omer en vélo pour surveiller la maison et rendrevisiteaugrand-pèrequiétaitresté.Maisquandnoussommesrentrés, nous n'avions plus de chevaux. Ils avaient été volés... » EmileChapronagardéprécieusement unephotodelaMotobécane350 qu’ilavaitpendantlaguerre.
  • 36.
    st-martin-des-besaces L e 30 juillet1944, l'opération Bluecoat est déclenchée. Cette attaque de la 2e armée britannique vise à percer les défenses allemandes qui se sont particulièrement bien implantées dans le Bocage nor- mand, en enfouissant, notamment, des centaines de mines pour inter- dire l'accès des points clés du terrain. Les Allemands tiennent Vire, un des nœuds routiers importants du Calvados, ainsi que les hauteurs du Mont Pinçon, très favorables à l'observation. Le 30e corps de la 2e armée britannique doit s'emparer du Mont Pinçon. Il appartient au 8e corps d'atteindre la cote 309 au nord-est de Saint-Martin-des-Besaces. Un point stratégique. Ce jour-là, le brigadier Walter Bartellot commande le 4e Tank Bataillon de la Coldstream Guards. Sa mis- sion ? Prendre position sur cette fameuse cote 309. Il faut à tout prix pénétrer dans le Bocage virois, afin d'empêcher les divisions blindées allemandes de s'at- taquer au flanc Est de l'armée américaine qui pro- gresse vers Saint-Lô et Avranches. Le matin même, le 4e Tank Bataillon, équipé de chars Churchill, quitte Caumont-l'Eventé dans l'espoir de prendre rapidement cette colline qui embrasse tout un panorama. Cinquante chars s'élancent vers le sommet ! Un parcourt difficile à travers une succes- sion de chemins, de champs bordés de talus, extrêmement défavorables aux chars. Il faut pourtant persévérer. Mais, le support d'infanterie perd du terrain : il est harcelé par les tirs de mortiers des Alle- mands. Que faire ? Les attendre ou pren- dre le risque de s'em- parer du sommet avec les chars uni- quement ? C'est vite tranché, mais le pari est audacieux : l'at- taque se fera sans infanterie ! Les troupes de têtes atteignent le sommet, tout en étant une cible parfaite. Vers minuit, après de nombreux accrochages, l'infan- terie arrive enfin sur les lieux. La cote 309 est conquise. En reconnaissance de services méritoires rendus en temps de guerre, Walter Bartellot sera décoré de la Distinguished Service Order. Mais le 16 août, il perd la vie en sautant sur une mine. Une stèle se dresse en sa mémoire, à 2 km de Saint- Martin-des-Besaces, en direction de Caen. Cinquante ans après, en 1994, son fils, le colonel Sir Bran Bartelot a levé le voile sur la stèle élevée à la mémoire de son père. A la conquête de la cote 309 ! 34
  • 37.
    Visitez l'entreprise Guy Degrenne Lavisite guidée est consacrée aux ateliers de fabrication de couverts orfèvres, métier originel de Guy Degrenne. Le public découvrira des savoir-faire de l’entreprise, l’évolu- tion des techniques de fabrication des couverts Guy Degrenne : de la bobine d’acier… aux produits finis. Il pourra aussi aller dans les magasins de vente en fin de visite. Tout a commencé il y a plus de 50 ans dans une petite vallée de la Manche : Guy Degrenne, fils de forgeron, crée l’entreprise qui porte son nom. Il développe sa marque et son outil industriel en relevant un défi : devenir leader dans la fabrication de couverts et d’articles de table en démocratisant l’acier inoxy- dable. Aujourd’hui, le groupe Guy Degrenne est leader européen des couverts. Visites tout public les mardi et jeudi. (1 h 15). Deux départs sont prévus à 10 h et à 14 h 30. Fermeture les 3 premières semaines d’août. Exposition permanente située au sein de l’Espace Guy Degrenne, route de Bischwiller (Vire). Entrée libre. Renseignements au 02 31 66 44 44. Tarifs : 3.50 €/ adulte ; 1.20 €/enfant (-18 ans). Réservation obligatoire. Zoo de Jurques : au plus près des animaux Avec ses 17 hectares de terrain boisé et ses quelque 650 animaux, dont le rare lion blanc, le zoo de Jurques propose de nombreuses animations gratuites chaque jour, de la mi-avril à la fin du mois d'août : repas des loups et des pandas roux, goûter des singes et pour les moins peureux, contact avec les serpents. Nouveauté 2014, les visiteurs pourront admirer les couleurs chatoyantes des perroquets de plus près et aussi avoir le privilège d'admirer deux petits guépards. On peut aussi demander le ''pass soigneur'' et ainsi partager, l'espace de quelques heures, le quotidien des soigneurs en nourrissant les animaux. Pratique : La Butte, 14260 Jurques, tél. 02.31.77.80.58. Ouvert tous les jours jusqu'au 30 juin : 10 h - 17 h. Du 1er juillet au 31 août : 10 h - 18 h. Tarifs : 15,50 € adulte, 9,50 € enfant plus de 3 ans. Billetterie en ligne : 15 € et 9 €. ''Pass soigneur'' enfant ou adulte uniquement sur Internet. Pass adulte : 85 €. Pass enfant : 55 €. Possibilité de restauration sur place (snack et cafétéria). Tables de pique-nique. Percée du Bocage : un épisode méconnu Le Musée de la Percée du Bocage retrace l’histoire de l’« opération bluecoat » qui se déroula du 30 juillet au 5 août 1944. Épisode méconnu de la bataille de Normandie, cette attaque des troupes britanniques fut décisive dans la percée de l’armée américaine à l’ouest du Calvados. Situé dans la petite commune de Saint- Martin-des-Besaces, ce musée propose une visite guidée son et lumière et invite le visiteur à revivre cette bataille au plus près des combattants. De nombreuses pho- tographies, fresques, témoignages et un diorama (reconstitution de scène) permet- tent ainsi de remonter le temps. MuséedelaPercéeduBocage,5rue du19Mars1962,14350SaintMartin des Besaces. Tel/Fax : 02 31 67 52 78. Ouvert d’avril à mi-septembre. Pour les groupes de 20 personnes minimum, le musée est ouvert tout l’année sur réservation. Tous les jours sauf le mardi. Adulte : 5 €. Enfant : 3 €. ■ A ne pas manquer à St-Martin-des-Besaces et dans les environs 35
  • 38.
    ranville - bénouville P egasusBridge… Le pont Pegase… c’est le nom donné au pont de Bénouville après le 6 juin 1944 en l’honneur des parachutistes bri- tanniques pour qui le cheval ailé, Pegase, était l’emblème. Situé entre Caen et Ouistreham, sur le canal qui mène à la mer, à Bénouville, ce pont basculant a été contrôlé par les commandos britanniques arrivés de nuit par planeurs le 6 juin 1944, sous les ordres du major John Howard. Trois premiers planeurs Horsa contenant 30 hommes étaient parvenus à se poser à 200m du pont, sans se faire remarquer par les Allemands. Trois autres planeurs avaient suivi pour prendre le deuxième pont sur l’Orne. C’est durant cette opération que périt le premier soldat allié le jour J. Il s’appelait Herbert Denham Brotheridge. Quatorze autres soldats furent blessés ans cette opération considérée comme l’un des faits marquants du Débarquement. L’ancien pont basculant, qui datait de 1935, a été remplacé par un pont similaire bien qu’un peu plus long en 1994, et ce afin d’accroître la largeur pratica- ble du canal. Il fut inauguré lors du 50e anniversaire du Débarquement. Toujours là ! Le pont « historique » est aujourd’hui une… pièce de musée. Il est en effet visible au musée de Pegasus Bridge situé à quelques mètres de son successeur, sur la commune de Ranville. Dans le film « Le jour le plus long », on voit le piper Bill Millin, qui faisait partie des renforts débarqués à Sxord Beach, participer à la prise du pont armé de sa seule cornemuse écossaise tandis que les soldats alliés franchissaient le pont au son de son instrument et sous les feux des combat- tants. En fait c’est le deuxième pont qui chevauchait l’Orne qui aurait été ainsi franchi. L’ensemble du site Pegasus Bridge, inscrit en 1972, a rejoint la liste des sites naturels classés depuis 2010. 36 Pegasus Bridge Un pont historique ! DR
  • 39.
    Le café Gondrée Cecafé est lui aussi une pièce de musée mais un musée vivant car l’on peut toujours s’y restau- rer et y prendre un rafraîchisse- ment tout en regardant les sou- venirs entassés là depuis 1944. Pris d’assaut dès la saison esti- vale par des Britanniques en pèlerinage mais aussi par de nombreux touristes, ce café est situé à 20 m du Pegasus Bridge. Considéré comme la première maison de France continentale à avoir été libérée, le Café Gondrée est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1987. Café Gondrée, 12, avenue Kieffer 14970 Bénouville. Le Mémorial Pegasus Inauguré le 4 juin 2000 par le Prince Charles d’Angleterre, ce musée est dédié à l’action héroique de la 6e Division Aéroportée Britannique. Son parc abrite une répli- que grandeur nature d’un planeur Horsa et le fameux Pegasus Bridge ainsi rebaptisé en 1944. Memorial Pegasus, ave- nue du Major Howard 14860 Ranville. Tarif 7 euros (adulte) 4,50 euros (tarif réduit) Le château de Bénouville Construit au XVIIIe par l’architecte Claude Nicolas Ledoux , ce château est un modèle de néoclassicisme. Racheté par le Conseil général du Calvados en 1927, il a été transformé en maison maternelle départementale avant d’être entièrement réhabilité et ouvert au public . Château de Bénouville, 1, avenue de Caen 14970 Bénouville. Entrée gratuite Le chemin de halage A proximité du site de Pegasus Bridge, le chemin de halage est aujourd’hui une « voie verte » qui relie Caen à Ouistreham et longe le canal qui mène à la mer . Vous pouvez l’emprunter à pied, à vélo ou à rollers sur toute la longueur du par- cours soit 12km ou simplement sur une portion. Si vous passez de l’autre côté de la rive, vous rejoindrez la baie de l’Orne et sa réserve ornithologique. ■ A ne pas manquer à Ranville - Bénouville et dans les environs 37 ©EmmanuelFossey
  • 40.
    merville - franceville O uvragemajeur du mur de l’Atlantique, la batterie de Merville, située sur la commune de Merville Franceville près de Caen, fut neutralisée par le 9e bataillon de para- chutistes britanniques le 7 juin 1944. C’était un objectif vital du D Day. La batterie de Merville était une batterie côtière de tir longue portée disposée le long du littoral. Elle était constituée de quatre casemates prévues pour abriter des canons de 150 mm. La batterie menaçait le débarquement de Sword Beach. Restée opérationnelle malgré un bom- bardement aérien intensif , la neutralisation de la bat- terie fut doublée d’une opération aéroportée. Une opé- ration minutieusement préparée… Les hommes du lieutenant Colonel Otway s’étaient entrainés pendant des mois pour s’emparer de la batterie de Merville. Ils connaissaient les moindres détails du site. Pour autant les pertes furent lourdes, très lourdes. L’opération ne se déroula pas comme prévu en effet. De nombreux parachutistes se noyèrent dans les marais. Les hommes furent dispersés sur plusieurs kilomètres en raison du vent et une grande partie du matériel fut perdue. Rien n’arrêta pourtant les Diables rouges qui occu- pèrent les blockaus les uns après les autres. Quelques heures plus tard, tout était plié. Aujourd’hui, l’Association de la Batterie de Merville propose sur un site préservé de plusieurs hectares, un parcours pédagogique, avec la visite de quatre bun- kers aménagés en musée, et celle d’un avion mythique ayant participé au débarquement. Plusieurs fois dans la journée, vous pouvez vivre une expérience unique en immersion globale dans une casemate. Sons, lumières, fumées, odeurs, vous plon- gent pour quelques minutes dans l’enfer que furent le bombardement et la neutralisation de la Batterie de Merville. Un objectif vital du D.Day 38 @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 41.
    D-Day Academy Ressentir l’Histoirepour mieux la comprendre, tel est le pari auda- cieux et réussi dans lequel excellent Jean-Pierre Benamou et ses amis de la D-Day Academy. Association Française, D-Day Academy préserve et fait revivre l’histoire du Jour-J de manière forte et originale, à travers le souvenir de ceux qui, en 1944, ont permis au monde de rester libre. C’est un musée mobile qui nous transporte physiquement dans le passé grâce au subtil appel à nos cinq sens. Complément intelligent à la visite classique des sites et musées du Débarquement de Normandie, cette initiative, émotionnellement forte et décoiffante à la fois, est parrainée par la Normandy Veterans Association, encouragée par les amicales régimentaires de l’époque et par la commune de Rots ou elle a son siège depuis 2004. www.ddaca.com Musée de la batterie de Merville Sur un site historique totalement préservé, la Batterie de Merville vous propose un parcours péda- gogique cheminant entre les dif- férents blockhaus de découvrir l’histoire de cette fortification allemande. En prime trois fois par heure, vous êtes invité à vivre une expérience unique en immersion globale. Sons, lumières, fumées et odeurs vous plongent pour quel- ques minutes dans l’enfer que furent le bombardement et la neutralisation de la Batterie de Merville. Ouvert du 15 mars au 30 septembre de 9H30 à 18H30 Place du 9è Bataillon 14810 Merville Franceville - Tel 02 31 91 47 53 Site : www.batterie-merville.com Tarif : 6 euros (adulte) 3 ,50 euros (enfant) L’estuaire de l’Orne et la Maison de la nature Propriété du Département du Calvados, gérée par le CPIE Vallée de l’Orne, la Maison de la nature et de l’estuaire propose au travers de son exposition perma- nente de découvrir l’estuaire de l’Orne, son histoire , la faune et la flore qui l’en- toure. Vous pouvez aussi partir de ce site pour découvrir par vous-même cet endroit préservé. Boulevard maritime 14121 Sallenelles Ouvert en juillet et août de 10 à 18H30 Tarif : 2 euros (adulte) 1euro enfant de – de 15 ans. Gratuit – de 6 ans Renseignements : 02 31 78 71 06 ■ A ne pas manquer à merville - Franceville et dans les environs 39
  • 42.
  • 43.
  • 44.
    mont canisy F ace auport du Havre et à la Baie de Seine, le site du Mont Canisy , dominant la côte fleurie et le Pays d’Auge, se trouvait être le point d’artillerie le plus important du Mur de l’Atlantique, entre Cherbourg et le port haut-normand. Ce site situé sur la commune de Bénerville-sur- mer s’était transformé en forteresse de béton. De cette époque , subsistent des casemates, bunkers, tobrouks de protection, postes de direction de tir, etc. Mais l’élément le plus attractif des visites gui- dées qui ont lieu aujourd’hui, c’est l’ouvrage sou- terrain avec ses 250m de tunnels, six escaliers per- mettant l’accès en surface, 25 soutes à munitions à 15 m sous terre… Les Belges sur le terrain Partie de Sallenelles, le 17 aout 1944, la brigade belge du colonel Piron entra dans Deauville le 22 août au matin, puis dans Villers-sur- mer. Elle pénétra ensuite dans Trouville désertée par les Allemands le 24 août à l’aube vers Honfleur où elle arriva le 25. C’est cette brigade là qui libéra Bruxelles en septembre avant de poursuivre l’en- nemi jusqu’en Hollande . C’est en hommage à cette brigade belge que fut inaugurée une plaque le 22 août 2004, le « Pont des Belges » scellée à côté de celle qui vit le sacrifice de deux soldats de la brigade belge Piron, Simon Rouche et Marcel Fournier. Ce pont de l’Union, à l’entrée du pont de Trouville-Deauville, a pris en effet le nom de Pont des Belges en souvenir des libérateurs des deux cités . A proximité de ce site, vous pouvez vous recueil- lir devant la stèle des soldats britanniques de Villers-sur-mer, celle de la brigade Piron à Blonville-sur-mer. Des plaques ont été apposées à Trouville-Deauville. Outre celle du pont des Belges, une autre commémore la mémoire de trois soldats de la 6e division aéroportée. Pour vous rendre à la batterie du Mont Canisy, il convient de suivre les panneaux à partir de Blonville-sur-mer ou Deauville. Il faut se garer en bas du site et marcher pour y accéder. Tous renseignements : www .mont-canisy.org. Il existe également un cimetière britannique à Tourgeville. Créé lors de la première guerre mondiale, le cimetière abrite 295 tombes dont 105 de soldats ayant participé à la bataille de Normandie (13 Britanniques, 90 Allemands et 2 civils). Une forteresse de béton 42
  • 46.
    cherbourg L es Allemands sesont emparés de la cité portuaire dès 1940. L'arsenal militaire, les installations pétrolières, les forts de la rade leur sont alors tombés aux mains. Fin 1942, Hitler décide de faire de Cherbourg une « Stalingrad », la ville devient une forteresse imprena- ble par les Alliés. Elle est sur le tracé du Mur de l’Atlantique. En tout, 4000 km de côtes ont été forti- fiées. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les troupes amphibies des Alliés débarquent sur les plages du Cotentin. Elles sont soutenues par les troupes aéro- portées. Les soldats atteignent petit à petit Cherbourg via la côte et libérèrent la ville le 26 juin 1944. Dès le lendemain, les Américains s’attaquent à la Reconstruction, car la ville doit devenir la base arrière de la logistique américaine : le port transit deux mil- lions de tonnes de marchandises entre juillet 1944 et février 1945. La Stalingrad d'Hitler 44 Des croisières commentées Du 5 avril au 30 septembre, il est possible d’embarquer à bord d’Adèle pour un tour complet des fortifications, du port et de la plus grande rade artificielle du monde (1 500 hectares). Durée : une heure environ. Tarif : 14,40 euros pour les adultes, 9,80 euros pour les 4-11 ans, 0,50 euros pour les moins de 4 ans. Réservations au 06 61 14 03 32. Plus d’infos sur www.hagueapart.com. Une visite avec smartphone ou tablette Grâce à l’application Le château fort de Cherbourg, le visiteur fait un bond dans le passé de plus de 300 ans puisqu’il pénètre, sur son smart- phone ou sa tablette, dans l’ancienne cité médiévale dont il ne reste plus guère de traces aujourd’hui. Plus d'infos sur www.cherbourgtourisme.com. Les paquebots en Escale Le terminal transatlantique accueille chaque année des paquebots en escale, comme le Titanic en 1912. Cette année, une trentaine de paquebots ont choisi Cherbourg comme port d’escale. La première, celle d’une compagnie japonaise dont le paquebot accueille près de 1 000 passagers, est prévue le mercredi 30 avril. Il y en aura jusqu’en novembre, dont le Queen Mary 2 le 7 octobre. Consultez la liste complète des escales sur www.cherbourgcruise.com. La Cité de la Mer C’est l’endroit incontournable de Cherbourg, à visiter en famille. Un espace dédié à la découverte des océans avec des aquariums, la visite du sous-marin Le Redoutable, sans oublier l’exposition permanente « Titanic, retour à Cherbourg » pour embarquer dans le célèbre paquebot. Accès à partir de 5 ans. Plus d’infos sur www.citedelamer.com. ■ A ne pas manquer à Cherbourg et dans les environs ©ConseilgénéraldelaManche,archivesdépartementales,collectiondesarchivesaméricaines (photo © Hagueàpart) (photo © Almodovar)
  • 48.
    sainte-mère-église46 L e 5 juin1944 à 23 h, un incendie se déclare dans un bâtiment en face de la place de l'église. Les pompiers et la population tentent de maîtriser l'incendie en se passant des seaux de mains en mains, surveillés par une cinquantaine de soldats allemands armés de fusils. Des milliers de parachutes pleuvent sur la ville Opération Overlord Tout-à-coup, les mitrailleuses du bourg se déchaî- nent. Le ciel nocturne est rempli d'avions desquels sautent immédiatement des parachutistes. Ce sont des forces alliées américaines parachutées au-dessus de Sainte-Mère-Église lors de l'opération Overlord. 15 000 hommes sont largués sur le village et ses envi- rons. Ils sont issus de la 82e division aéroportée US (82nd Airborne), ainsi que de la 101e division aéropor- tée, du fait d'erreurs de largage. John Steele Les Allemands tirent sur les parachutistes qui s'abattent sur le sol. L'un d'entre eux, John Steele, est emporté par son parachute sur le clocher de l'église où il reste accroché deux heures, pendant que les combats font rage en dessous de lui. De nombreux morts À minuit trente, le parachutiste Cliff tombe dans le jardin d'une maison où loge un officier allemand et qui donne sur la place de l'église. L'officier allemand vise le parachutiste mais celui-ci est sauvé in extrémis par le propriétaire de la maison qui demande à l'Allemand de le faire prisonnier. L'officier se rendra plus tard au parachutiste. Les parachutistes qui tombent dans les tilleuls bordant la place ou qui y restent accrochés seront tous tués. La prise de contrôle de la ville, à 4 h 30, est dévolue à la 82e division aéroportée. Sainte-Mère-Église est la première ville de France libérée par les airs. Bientôt des renforts venus d'Utah Beach convergent vers Sainte-Mère-Église. La ville sera pilonnée par l'artillerie allemande les 6 et 7 juin occasionnant de nombreuses pertes civiles et militaires. Mais elle ne sera jamais reprise. Le 1er août 1944, la 2 DB du général Leclerc débar- que à Utah Beach, traverse la ville, chaleureusement accueillie par la population, puis se dirige sur Avranches pour soutenir la percée. En 1962, la première pierre du musée des troupes aéroportées est posée.
  • 49.
    Le musée Airborne Le1er mai 2014, 50 ans après son inauguration, le Musée Airborne s’agrandit et propose, dans un nouveau bâtiment en forme d’aile d’avion, un parcours de visite novateur, exceptionnel et riche en émotions, baptisé Opération Neptune. Ce parcours chronologique évoque en différentes séquences ce que vécurent les parachutistes des 82e et 101e divisions depuis leur embarquement en Angleterre dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 jusqu’à la Bataille des haies et même les opéra- tions auxquelles ils participèrent jusqu’à Berlin. Ce parcours alterne des sas ayant vocation à donner les clefs de la compréhension des événements et des salles immersives qui plongent le visiteur au coeur de l’action. Tout au long de ce parcours, le visiteur accompagne John, un parachutiste radio de la 82e . Les enfants ont leur propre parcours avec une mascotte qui les guide et des textes adaptés. A voir également, un planeur Waco et un avion C 47. En 50 ans d’existence, le Musée Airborne est devenu le plus grand musée d’Europe consacré aux parachutistes américains des 82e et 101e divisions aéroportées enga- gés en Normandie dans le cadre de l’Opération Overlord de juin 1944. Le clocher de l'église Vous verrez le parachute de John Steele sur le clo- cher de la commune. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, lors du parachutage des troupes sur la zone de Sainte-Mère-Eglise, John Steele fut atteint à la jambe par un éclat d'obus, ce qui le fit atterrir sur le clocher de l'église vers 4 h du matin, tandis que la bataille faisait rage. Il essaya de se décrocher à l'aide de son couteau mais fit tomber son arme. Il prit alors la décision de faire le mort afin d'éviter de ser- vir de cible à l'ennemi. Après plus de deux heures, un soldat allemand vint le décrocher. John fut soigné et fait prisonnier. Il s'évada trois jours après, rejoignit les lignes alliées et fut transféré vers un hôpital en Angleterre. John Steele est souvent revenu à Sainte- Mère-Eglise. Il est décédé en 1969. La Borne 0 Cette borne est le point de départ de la voie de la Liberté qui se termine à Bastogne en Belgique. Sa couronne de 48 étoiles repré- sente les 48 états des Etats-Unis en 1944. Les 4 rectangles de couleur rouge représentent les 4 tron- çons de la Voie de la Liberté : Sainte-Mère- Eglise/Cherbourg ; Sainte-Mère-Eglise/Avranches ; Avranches/Metz ; Metz/Luxembourg/Bastogne. En son centre, le flambeau de la liberté sortant de la mer, prend pour modèle celui de la statue de la Liberté à New- York. La Voie de La Liberté, aussi appelée Voie Patton, compte 1200 bornes de ce genre. ■ A ne pas manquer à Saint-Mère-Eglise et dans les environs 47
  • 50.
    utah-beach C ’est la Force« U », stationnée au large des côtes, qui a pour mission d’attaquer l’ennemi à Utah Beach (plage de la Madeleine) et de protéger les fan- tassins qui débarquent sur la plage. Repérée aux premières lueurs du jour par les senti- nelles allemandes postées sur la plage, la puissante flotte alliée entame le bombardement des côtes à 5 h 36. Jusqu’à 6h09, cuirassés, les croiseurs et destroyers pilonnent sans relâche les différents points d’appuis côtiers et les batteries d'Azeville et de Crisbecq. L'aviation en renfort Pour renforcer le rôle des forces navales, une esca- dre aérienne entre en action. De 6 h 10 à 6 h 25 du matin, des bombardiers B26 de la 9ème USAAF pilon- nent les lignes ennemies sur 4 kilomètres de côtes, à basse altitude. Ils facilitent ainsi le débarquement des fantassins prévu à 6h30. Le Débarquement Après une nuit en mer, secoués par la tempête et des heures d’attente interminables, entassés dans des barges, près de 600 hommes de la 4e DI débarquent sur la plage de Utah Beach à 6 h 30. Ils sont suivis par les hommes de la 90e DI.La traversée de cette plage semble sans fin. Après 200 mètres dans l’eau, affai- blis par 25 kilos d’équipement sur le dos, les sol- dats doivent parcourir 500 mètres sous le feu de l’artillerie allemande. Heureusement, l’action des forces navales et aériennes a considérablement fragilisé les lignes ennemies. En à peine une demi-heure, les soldats atteignent la protection du mur anti char. Quelques minutes après l’heure H, 28 Shermans amphibies du 70e Bataillon de chars atteignent la plage. Le débarquement à Utah Beach est un suc- cès. 2 km trop loin Dans la confusion des premières heures du débarquement, les GI’s ont débarqué à deux kilo- mètres plus au sud de l’endroit initialement prévu. C’est le brigadier Général Théodore Roosevelt qui prend l’importante décision de tout de même engager ses hommes pour progresser dans les terres. Au soir du 6 juin 1944, 23 000 hom- mes ont foulé le sable de la plage de Utah Beach. La plage de la Victoire 48 Musée de la Libération Situé face à l'église, ce musée abrite une collection d'uniformes, d'armements, de matériels et de véhicules américains et allemands. Des trophées capturés et des objets de fouille issus du champ de bataille où les parachutistes de la 101 division aéroportée et les unités améri- caines débarquant des plages affrontè- rent les troupes allemandes. Musée de l'occupation Situé dans l'ancien bureau de garnison allemande (il abrita la Kommandantur avant de devenir le PC des troupes américaines), ce musée a de quoi surprendre, notamment par ses peintures murales créées par les sol- dats allemands eux-mêmes. Il abrite une collection relative à la vie sous l'occupation (transports, ravitaillement, résistance, collaboration, déporta- tion). Pratique. Ces deux musées sont situés dans la commune de Sainte-Marie-du- Mont. ■ A ne pas manquer à Utah-Beach et dans les environs
  • 51.
    Le musée duDébarquement Construit à l’endroit même où les troupes américaines ont débarqué le 6 juin 1944, le Musée du Débarquement raconte en dix séquences les évènements du jour J, depuis sa préparation jusqu’à son aboutissement et son succès. Grace à ce parcours chronologique complet, plongez dans l’Histoire du Débarquement et venez découvrir une collection riche en objets, véhicules, matériels et témoignages. Admirez un authentique bombardier B26, avion d’exception dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde, et revi- vez l’épopée des soldats américains au travers du film « La plage de la vic- toire » récompensé par le Cine Goden Award du documentaire 2012 et par le prix spécial du Jury 2013. Pratique. Musée : 02 33 71 53 35. www.utah-beach.com La batterie d'Azeville Située à 10 km d'Utah Beach, elle fait partie intégrante du Mur de l'Atlantique. Elle abritait 170 soldats allemands dans ses 350 mètres de sou- terrains. Sa particularité est l'art du camouflage. Ses peintures en trompe- l'œil ont été restaurées en 2013 via des photographies d'archives de 1944. Elles représentent des fermes en ruine, des arbres ou des murs en pierre. Elles étaient destinées à faire illusion lors de repérages. Ses quatre puissan- tes casemates, équipées de canon de 105 mm, entrent en action dès le matin du 6 juin 1944 contre le Débarquement américain d'Utah Beach. Un parcours audioguide accompagne le visiteur. Pratique. Batterie d'Azeville. Ouverture du 2 mai au 31 mai et en septembre, de 11 h à 18 h. Fermée le 1er Mai. Du 1er juin au 31 août, ouverture de 10 h à 19 h. Contact : 02 33 40 63 05. ■ A ne pas manquer à Utah-Beach et dans les environs 49
  • 52.
    saint-lô L e 17 juin1940 les premiers éléments de l’armée allemande font leur entrée à Saint-Lô. Dès le lendemain matin, les établissements publics sont occupés. En 1942, les statues de Havin et de la Laitière Normande sont livrées à la récupération et fournissent 779 kg de métal, soit une somme de 23 370 francs pour la ville. En mars 1943, les Allemands commencent les travaux de creusement, sous le rocher, de galeries et de salles destinées à abriter un hôpital souterrain. La nuit du feu En 1944, à la suite d’un attentat commis rue des Noyers, contre un soldat allemand, les autorités alle- mandes décident l’arrestation d’un certain nombre de personnes, le dépôt à la mairie de tous les postes de T.S.F., la fermeture des cinémas, théâtres, cafés, bars et locaux de divertissements, l’avancement du couvre- feu à 20 heures. A l’aube du 6 juin, les Alliés débar- quent. Vers 20 heures, la ville est bombar- dée. La nuit du 6 au 7 juin sera « la nuit du feu ». A 4h30, le 17 juillet, le Major Howie, et son 3e bataillon franchissent les lignes allemandes à Martinville et vers 6 heures atteignent la position du 2e bataillon du 116e régiment du Major S. Bingham, isolé au carrefour de la Madeleine. Vers 7h45 le Major Howie est blessé mortellement par un éclat d'obus de mortier. Le 18 juillet, à 18 heures, la Task Force C de la 29e divi- sion U.S. entre dans Saint-Lô. On dépose la dépouille du Major Howie sur les restes du clocher de Sainte-Croix pour rendre hommage à son courage, lui qui s'était promis d'être le premier soldat à entrer dans la ville. La ville restera sous le feu de l’artillerie ennemie jusqu’au 24, laissant près de 500 victimes et une cité détruite à 95 %. Le 24 novembre 1944, le ministre de la Reconstitution nomme M. André Hilt architecte en chef chargé de la recons- truction de la ville de Saint-Lô, détruite à 95%. L'association du Don Suisse débloque des crédits pour construire des baraques provisoires en bois. La dernière baraque de la cité Falourdel est détruite en 1994. La Croix-Rouge irlandaise participe à la construction d'un hôpital constitué de 25 bâtiments (situé au niveau du collège Pasteur). L’hôpital est inau- guré le dimanche 7 avril 1946 et l'équipe médicale irlandaise quitte Saint-Lô au début de janvier 1947. La première pierre de la reconstruction de Saint-Lô est posée en 1948, rue Saint-Thomas, par Vincent Auriol, Président de la République, qui, en outre, remet à la ville la Légion d’Honneur et la Croix de guerre, le 6 juin. Une ville détruite à plus de 95 % 50 Photod'archives: RuesdesNoyersetdelaPoterne,1944– ©NationalArchivesU.S.A.
  • 53.
    La vallée dela Vire A pied, à vélo, à cheval, en canoë, la val- lée de la Vire se contemple sous plu- sieurs points de vues. Voies vertes et chemins de halage permettent de suivre son cheminement de Pont-Farcy jusqu'à Pont-Hébert. Plus d'infos sur www.tourisme-pays- saintlo.com. Le parc du château de Canisy Le Château de Canisy, situé à Canisy (7 km de Saint-Lô), est une propriété privée classée Monument Historique. Son vaste parc animalier de 300 hectares se visite librement. Le musée des beaux-arts Située dans le pôle culturel Place du Champ-de-Mars, le musée des beaux-arts abrite une part importante de tableaux allant du 17e au 20e siècle, mais aussi des tapisseries et d'autres objets d'arts : du marbre de Torigni, des vitraux, émaux, de la lithographie ou encore des sculptures. On retrouve aussi quelques fragments d'architecture du Saint-Lô médiéval. Une partie du musée est consacrée à l'his- toire de la ville de Saint-Lô, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours en passant par les bombardements et la Reconstruction. Une nouvelle scénographie de cet espace est à découvrir à partir du 7 juin. Le village du Hutrel Un lieu chargé de souvenirs, un des rares endroits restés intacts après la guerre et qui conserve la mémoire de l'exode des Saint-Lois lors des bombar- dements de juin 1944. Beaucoup d'entre eux y ont passé quel- ques jours et se souviennent de la solidarité et du réconfort que leur apportait les habitants du Hutrel. Tous les ans lors du jeudi de l'Ascension, une messe y est célébrée devant la statue de la vierge. Pour voir le village du Hutrel, prendre la route de Tessy, c'est le dernier hameau à droite avant la rocade. Le haras national Le prestigieux haras national (fin du XIXe siècle) est établit autour d’une cour d’honneur. Il se visite tous les jours d'avril à septembre et abrite des expositions. A voir aussi en été, la présentation d'attelages, du saut d’obstacle, du dressage et de la présentation en main, avec des Cob normands. Plus d'infos auprès de l'Office de tourisme de Saint-Lô agglo au 02 14 29 00 00. ■ A ne pas manquer à Saint-Lô et dans les environs 51 (photo©AnniePerrot) (photo©servicecommunication-VilledeSaint-Lô)
  • 54.
    saint-james L e 4 août1944, le Général Patton aurait séjourné au château de la Paluelle. C’est dans cette propriété des hauteurs de la ville que l’état-major de la IIIe Armée avait établi ses quartiers. « C’est là qu’il aurait imaginé le plan pour encercler et anéantir l’armée alle- mande, tout en préparant la riposte à la contre-attaque allemande sur Mortain », témoigne René Hamel. Pendant cette période, un aérodrome a été créé et témoin de cette histoire, il reste aujourd’hui le cimetière américain. A la suite du général Patton, la division Leclerc avait débarqué le 1er août à Saint-Martin-de-Varreville, fait mouvement via Coutances, Avranches, arrive à Juilley, Saint-Aubin-de-Terregatte, Saint-Senier-de-Beuvron, Saint-Benoît et Saint-James. Le groupe tactique Langlade s’installe avec camuins et chars au château de la Paluelle. Le Général Leclerc séjourne à la Rencontre et la Bêchetière à Saint-Aubin- de-Terregatte, changeant de place chaque jour. Durant ce cantonnement, près de Saint-James a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 août un bombardement alle- mand par torpilles parachutées, remplies de grenades, qui fit plusieurs morts parmis les soldats. Ceux-ci furent enterrés à Saint-Aubin-de-Terregatte, Montjoie- Saint-Martin et Saint-James. Ce bombardement a été guidé par des espionnes, qui ont dû être démasquées près d’Argentan. A cause de la contre-attaque de Mortain, la division devait se tenir prête à intervenir. Un terrain d’aviation est construit Après le débarquement du 6 juin 1944, et suivant l’avancée des troupes, les Américains ont jugé néces- saire de construire des terrains d’aviation qui leur per- mettaient d’aller bombarder des cibles stratégiques pour favoriser leur progression sur le territoire fran- çais. Le 2 août 1944, le lendemain de la libération d la ville, un avion américain atterrit dans un champ de la ferme de la Métairie. A son bord, deux militaires venus reconnaître l’emplacement envisgé pour l’aménage- ment d’un terrain d’aviation. Les jours suivant arrivent plusieurs gros engins de chantier. Ils vont s’atteler à préparer une piste d’envol et d’atterrissage. La piste s’étend sur plusieurs centaines de mètres des actuels bâtiments de l’entreprise Saint James, route d’Argouges, jusqu’au hameau de la Huretterie, route de Fougères. Le secteur va être complètement modifié. Les Américains abattent arbres et talus, suppriment la Haie de Terre, rasent les bâtiments agricoles de la ferme attenante et la maison Lenoble à la Sablonnière. La piste est nivelée et recouverte d’une toile gou- dronnée. En dix jours, ce terrain est opérationnel. Les bombardiers décollent non sans quelques accidents tant au décollage qu’à l’atterrissage. Deux mois plus tard, les opérations militaires se sont déplacées, le ter- rain d’aviation n’ayant plus de raison d’être, est aban- donné. Il n’en reste plus de traces aujourd’hui. Un territoire américain à perpétuité En revanche, le cimetière a été établi sur une super- ficie de 12 hectares. Il a été construit sur le site d'un cimetière provisoire établi peu de temps après la libé- ration de la région, par la 8e Division d'Infanterie US, le 2 août 1944. Après la guerre, les dépouilles mortelles des soldats américains morts au combat et dont les familles avaient demandé l'inhumation à l'étranger, furent transférées des cimetières provisoires vers qua- torze cimetières permanents. L'usage des terrains fut concédé à perpétuité au gouvernement américain par le gouvernement français en reconnaissance des sacrifices consentis. La plupart des soldats inhumés ici trouvèrent la mort pendant la libération de la Bretagne, la Percée d'Avranches et les violents combats autour de Saint-Lô et de Mortain. 4 410 soldats y reposent. Saint-James a accueilli le Général Leclerc et… Patton ? 52
  • 55.
    Z.A. de Beaufour SAINT-JAMES- Tél. 02 33 60 80 93 vous accueille du lundi au samedi 9 h-12 h15 / 14 h-18 h30 VÊTEMENTS ANIMAUX JARDIN CHAUSSURES TERROIR vous propose 5, place St-Martin www.gourmetsbiosolidaires.fr votre magasin Route de Pontorson Saint-James Tél. 02 33 89 28 30 Retrouvez NOS VINS au magasin GOURMETS BIOSOLIDAIRES L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Tél. 02 33 48 66 47 Producteur récoltant VINS DE LOIRE Producteur récoltant VINS DE LOIRE Du lundi au vendredi (le midi uniquement) Le soir et le week-end sur réservation Réservation tél. 02 33 89 82 94 Cuisine inventive et authentique www.etp-saint-james.fr Ouvert du mardi au samedi 10h - 12h30 / 13h30 - 19 h Fermé le lundi L'atelier Maraîchage vous propose la vente de paniers de légumes sous 2 formules : Le panier garni par nos soins en fonction des légumes disponibles modèle panier DUO 11 et panier FAMILLE 17 Le panier à la carte : vous composez vous-même votre panier avec les légumes de votre choix pour un minimum de 10 L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Le cimetière américain Le cimetière, inauguré en 1956, se situe sur la commune de Montjoie-Saint- Martin, à la sortie de Saint-James. Les Etats-Unis ont choisi cette commune pour sa vue sur le Mont Saint-Michel et son positionnement dans la contre-atta- que allemande, suite à la Percée d’Avranches du 31 juillet 1944. Les dépouilles mortelles de 4410 soldats qui ont trouvé la mort dans la région Nord-Ouest de la France. Ils représentent 43% des inhumations effectuées à l'ori- gine dans la région. Les 4408 tombes sont réparties en 16 carrés, disposés en ran- gées concentriques par rapport à la pelouse centrale. Elles sont régulièrement fleuries par les membres de l’association Les Fleurs de la mémoire. Ces morts, qui ont donné leur vie pour leur patrie, viennent de tous les Etats de l'Union, du District de Columbia, d'Hawaii, d'Alaska mais aussi du Canada. Quatre-vingt-quinze stèles portent l'inscription Soldat Inconnu, et contiennent les dépouilles mortelles de soldats qui n'ont pu être formellement identifiés. Deux de ces tombes contiennent les dépouilles mortelles de deux soldats qui n'ont pu être identifiés séparément. Deux frères, par deux, reposent côte à côte dans vingt sépultures. Sa chapelle, en granit de Bretagne, se compose d'un vesti- bule, d'une tour, d'une salle mémorial et d'une chapelle. Un extrait de la prière que le Président Franklin D. Roosevelt récita le jour du débarquement est gravé dans le mur Sud de la salle mémorial. Le Mur des disparus, légèrement incurvé, soutient la terrasse et porte les nom, grade, unité et état d'origine de 498 soldats inconnus. Le Memorial Day, le 26 mai (journée du souvenir aux Etats-Unis, y est commémoré chaque année. Du 4 juillet au 29 août, tous les mercredis de l'été, visites commentées à partir de 14h, à l'entrée du cimetière (gratuites, ouvertes à tous). Entrée libre et gratuite de 9h à 17h tous les jours. Tél. 02 33 89 24 90. Un circuit de randonnée Sur les pas de la Liberté est un itinéraire de randonnée qui part de la place du Calvaire à Saint-James pour rejoindre le cimetière américain. Il propose de décou- vrir les faits marquants de la Bataille de Normandie à l’échelle de la région, avec des anecdotes locales au gré de 14 panneaux d’information, répartis sur une bou- cle de près de 8 km. L’Office de tourisme est ouvert de septembre à juin : lundi de 14h à 18h ; du mardi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h ; le samedi de 10h à 12h30. En juillet et août, du lundi au samedi du 10h à 12h30 et de 14h à 18h ; le dimanche de 10h à 12h30. Ouvert les jours fériés. 39, rue de la Libération, à Saint-James. Tél. 02 33 89 62 38. Le Carré militaire marocain Le Carré militaire maro- cain se situe dans le cimetière de l'église Saint-Martin, dans le bourg de Montjoie-Saint- Martin. Il s’agit de huit stèles musulmanes personnali- sées à la mémoire de huit volontaires, engagés dans l’unité d’élites du Général Leclerc de Hauteclocque. Leurs sacrifices pour la France, en août et octobre 1944, ont été reconnus officiel- lement en 1999, par l’édification d’un monument. Sur ce site, découvrez également une table d'orientation avec un panorama sur la Baie du Mont Saint-Michel. ■ A ne pas manquer à Saint-James et dans les environs 53
  • 56.
    la baie dumont St-michel P ar sa position géographique, la ville d'Avranches, située aux mar- ches de la Bretagne et de la Normandie, a tenu le premier rôle dans les batailles de la libération. L'armée américaine, comprenant parfaitement tout l'intérêt tactique que comportait la prise de la ville, abandonnée par les Allemands, sut exploiter magnifiquement son suc- cès. Voulant mettre à profit pleinement cette victoire, l'état-major améri- cain fit de la prise d'Avranches, son tremplin pour la marche accélérée qui devait le conduire de victoire en victoire, à la libération de la France. Le général George Patton connaissait bien Avranches. Son voyage de noces l'avait conduit au Mont Saint-Michel, auparavant. Pour Patton, Avranches représentait la porte de la Bretagne ouverte à toutes les aventures et toutes les auda- ces. En cet été 1944, Patton va y lancer une offen- sive dans quatre directions à la fois, avec ses 250 000 hommes derrière lui ! C'est la percée d'Avranches. Le 25 juillet, le verrou de la défense allemande saute à La Chapelle-en-Juger, dans le centre du département de la Manche. La porte du Sud Manche s'ouvre. Quatre divisions américaines des- cendent vers Avranches. Le 31 juillet, les armées américaines déferlent sur Avranches et la baie du Mont Saint-Michel. La ville est libérée. Une victoire décisive pour les Américains, qui vont en faire un tremplin pour une marche accélé- rée à la libération de notre pays. Patton avait prévenu : « Un de ses jours, je me déchaînerai en Europe ! ». C'est à Pontaubault, tout près d’Avranches, que commence la folle chevau- chée de Patton, unique dans l'histoire, qui ne s'achèvera que dans les faubourgs de Prague ! Le 1er août à Pontaubault, il y a un embouteillage gigantesque : 50 kilomètres de bouchons ! 1 500 véhicules vont franchir le pont enjambant la Sélune, pendant trois jours, sous les bombarde- ments permanents des avions allemands. La IIIe armée poussée par Patton pénètre en Bretagne. Par un trou de souris, Patton a glissé une armée de 100 000 hommes, vers la Bretagne et le centre de la France. Une autre partie de l'armée améri- caine se dirige vers Alençon, à l'Est, pour rejoindre les Anglais qui descendent du Calvados et ferme la poche à Chambois, où une grande partie de l'armée allemande est prisonnière. Et c'est la fin de la bataille de Normandie avec l'arrivée des alliés sur la Seine. L'armée allemande ne se relèvera pas de la Percée d'Avranches, qui sera décisive dans la libé- ration de notre territoire. La percée d'Avranches 54
  • 57.
    2, Mortrie DUCEY Tél. 0687 33 15 68 02 33 48 45 99 www.viande-selune.fr BŒUF et PORC sur commande chez le producteur NOUVEAU à DUCEY Le pont de Pontaubault « Pont Aubaud », ce pont date du XVe siècle et a été construit près de la voie romaine. À deux reprises, le pont de Pontaubault a été le témoin de violents com- bats : entre Chouans et Bleus en 1790, et le 31 juillet 1944 entre Allemands et Américains. Ici en 72 heures, sept divisions de l'armée Patton ont franchi ce pont pour la libération de la France. Un pont qui a résisté à tous les bombardements ! Le sort de la guerre tenait à ce passage stratégique. La Place Patton Du 31 juillet au 1er août 1944, réalisant la Percée d'Avranches, dans le vacarme de ses blindés en marche vers la victoire et la libération de la France, la glorieuse armée du général Patton a franchi ce carrefour. Ce monu- ment commémore le passage des blindés, et un char Sherman avec son canon pointé sur la Bretagne, indique la direction des troupes améri- caines. Une place qui fut le tremplin pour la marche accélérée de l'état-major américain, de vic- toire en victoire… Huisnes-sur-Mer : le cimetière allemand Le Mont d’Huisnes-sur-Mer fait partie des 22 cimetières militaires allemands de la Seconde Guerre mondiale qui ont été aménagés à partir des années 1960. D’un diamètre de 47 m de long, il est composé de deux étages avec gale- rie ouverte. Chaque niveau comporte 34 cryptes renfermant chacune les restes de 180 morts. Au centre de la pelouse du mausolée se dresse une grande croix. Inauguré le 14 sep- tembre 1963, le mausolée du Mont d’Huisnes, rassemble 11 956 soldats allemands tombés au cours de la percée décisive des Alliés en juillet 1944, sur le front du Débarquement en Normandie et dans l’Ouest de la France. Dans cet ossuaire, uni- que mausolée allemand en France, sont inhumés les morts de guerre transférés par le service des exhumations du Volksbund en 1961 des départements du Morbihan, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Sarthe, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Vienne et Indre et des îles anglo-normandes Guernesey, Jersey, Alderney et Sark, excepté les morts du cimetière de Fort-George à St-Peter Port sur l’île de Guernesey. Le Mont Saint-Michel La Merveille de l'occident a fort heureusement été épargnée par la guerre et continue de rayonner sur la baie. Mais que de changements en perspective avec le grand projet de rétablir le caractère maritime du Mont, qui va redevenir une île à marée haute. On y accède désor- mais depuis un parking situé en retrait du site, grâce à des navettes. ■ A ne pas manquer à la Baie du Mont St-Michel et dans les environs 55
  • 58.
    mortain A lors que Pattonprogresse en Bretagne après la «Percée d’Avranches» (fin juillet 1944), Hitler ordonne (contre l’avis de son état-major) une contre-offensive sur un axe Mortain-Avranches qui permettrait de couper le front allié en deux et d'isoler les troupes de Patton. Le Général von Kluge est chargé de mettre en place cette opéra- tion nommée opération Lüttich (opération Liège). L'offensive est lancée le 7 août à 1 heure du matin... Si la ville de Mortain est prise rapidement, des grou- pes de GI's continuent le combat dans et à l'extérieur de la ville. C'est le cas sur la côte 314 où est positionné le 2° bataillon du 120e IR, totalement encerclé... Or les Allemands réalisent l’importance de contrôler cette colline d’où ils pourraient surveiller tous les mouve- ments des Américains. Ce 7 août, vers 14 h, les Allemands tentent de s’en emparer. S’ils infligent de lourdes pertes aux Américains, leur tentative échoue malgré tout Pour les soldats US, la situation est compliquée : peu de muni- tions, peu de nourriture, impossibilité d’évacuer morts et blessés... Les Allemands harcèlent le secteur sans disconti- nuer - nuit et jour - mais les Américains tiennent leurs positions. Le 9 août, les Allemands font une proposition de reddition aux Américains. Réponse du Lieutenant US Elmer C.Rohmiller : « Allez au diable, et maintenant fichez le camp de cette colline si vous ne voulez pas qu’on vous descende... ». Les Américains ont jusqu’à 20 h pour se rendre... Et à 20 h 15, les Allemands passent à l’offensive avec l’in- fanterie appuyée par des blindés. Les Allemands pro- gressent et envahissent les positions US. C’est alors qu’un officier US ordonne à l’artillerie de frapper leur propre secteur. L’attaque est stoppée, les Allemands se replient... Le 10 août, des avions US larguent de la nourriture, des munitions et des batteries radio. Le lendemain, c’est l’artillerie qui vient au secours du bataillon en lui envoyant des médicaments et du matériel médical planqués dans des... obus. Mais le 11 août c’est surtout le début du retrait des troupes alle- mandes qui ont échoué dans leur offensive sur Avranches... Et le 12 août, en fin de matinée, le 2e bataillon du 120e IR est relevé. Le bataillon a rempli sa mission. Mais à quel prix ? Du 7 au 12 août, sur 950 hommes, le bataillon, désor- mais appelé le Bataillon perdu (The Lost Battalion), a perdu au total 277 hommes (tués, prisonniers et dis- parus), et seulement 376 hommes étaient encore en état de combattre. Le “bataillon perdu” 56
  • 59.
    Les cascades deMortain Véritable chute d'eau unique dans l'Ouest de la France, la Grande Cascade est formée par une barre de grès armo- ricain de laquelle se jette la Cance, affluent de la Sélune. Plus d'une ving- taine de mètres de dénivelé donne toute sa puissance à la Cascade, dont la cou- leur et le débit ne cessent de varier selon les saisons. La floraison des rhododendrons fin mai - début juin ajoute encore au charme de l'endroit. L'escalier qui la longe permet d'accéder à une pas- serelle en bois qui enjambe la rivière, et ainsi de jouir pleinement de ce perpétuel spectacle. LLaa PPeettiittee CCaassccaaddee -- Souvent la préférée des promeneurs, sa découverte est l'oc- casion pour les plus jeunes de s'imaginer explorateur d'un jour. La succesion de passerelles en bois et les escaliers taillés à même le roc laissent soudain place à un débordement de cascatelles bouillonnantes. Circuits fléchés. Parking à proximité. Une stèle du souvenir Ce monument est dédié aux soldats de la 30th US Infantry Division, qui combat- tirent dans le secteur de Mortain en août 1944. La division était commandée par le Major General Leland S. Hobbs. Ce monument est situé tout près de la cha- pelle Saint-Michel. La stèle a été érigée en 1984 en présence des vétérans de la 30e DA. La petite chapelle Située à proximité de la cote 314, la Petite Chapelle fut le théâtre de violents affronte- ments du 6 au 12 août 1944, au cours de la contre-attaque alle- mande. D’abord occupée par les Allemands de 1942 à 1944, la position stratégique fut prise et défendue par le 2e bataillon du 120e régiment d’infanterie de la 30e Division Américaine “Old Hickory”. Le blason du Général Eisenhower dans l’oculus au-dessus du portail etle vitril de Saint- Georges, cher aux soldats américains, rappellent cet épisode de la vie mortai- naise. ■ A ne pas manquer à Mortain et dans les environs 57 Samedi 9 et dimanche 10 août 2014 JJournéesournées Médiévalesédiévalesrepas, troupe, tir à l'arc et marché avec produits du terroir NOUVEAUTÉ : concours du plus beau habit médiéval Abbaye de Savigny-le-Vieux - 50 Savigny-le-Vieux Renseignements : 06 67 16 10 11 www.lesfondationsdesavigny.com Journées Médiévales
  • 60.
    saint-hilaire-du-harcouët E pisode central desannées de guerre, les bombardements de Saint- Hilaire sont aussi, pour cette ville, un des événements majeurs du siècle tant ils ont conditionné ensuite, par la reconstruction, le développement de la ville. Il n’y eut pas un, mais des bombardements qui se sont échelonnés entre le 6 juin et le 6 août même si, bien sûr, la mémoire gardera la date funeste du 14 juin pour les plus importants et les plus meurtriers. Première alerte le 6 juin Les Saint-Hilairiens avaient eu la chance de rester, jusqu’à la fin du Printemps 1944, en dehors de la guerre proprement dite. Il y avait juste eu, le soir du 19 août 1942, un couvre-feu anticipé à cause du débarquement de Dieppe, et la vision ensuite, en rang serré des « forteresses volantes » (1) qui partaient bombarder diverses villes, dont même les gronde- ments sourds des premières destructions sur Rennes. Le premier contact avec les réalités de la guerre, encore qu’ils ne soient alors qu’indirects, eurent lieu un soir de fin mai 44. Le car qui assurait le service de Coutances à Saint-Hilaire et qui se garait le soir sur la place du marché aux veaux, devant la mairie, fut mitraillé sur la route, par les Alliés, probable- ment par erreur, les aviateurs l’ayant sans doute confondu avec un transport allemand. Le 5 juin, les premières bombes, deux ou trois, tombèrent sur la ferme Delaporte près du carrefour des Cinq Tournées, sans faire de victimes. Le lendemain, c’était le fatidique 6 juin et dès le matin la gare fut mitraillée. Le soir, vers 17 h, un pre- mier bombardement toucha la gare et le pont de la Paveille. A 21 h, les avions étaient de retour sur les mêmes objec- tifs, et dans la nuit, ce fut le château du Jardin (pris, à tort pour l’abri d’un état-major allemand ?) qui eut toutes ses vitres soufflées. Le mercredi 7, la nouvelle du Débarquement étant confirmée, les autorités allemandes supprimèrent le marché, mais déjà la ville était en partie abandonnée par la population alarmée. Les villages voisins virent alors arriver les premiers “réfugiés” de Saint-Hilaire, on en comptait ainsi plus de 70 à la Bénardais en Lapenty. Une ville détruite Arrivaensuitelefatidique14juin.C’étaitunmercredi,jourde marché, toujours interdit, mais où quelques uns s’étaient enhardis. Un petit avion US patrouilla longtemps dans les airs dans la journée avant de voir arriver, à 20 h 15, 6 groupes de 6 gros bombardiers qui prirent en enfilade l’axe rue Waldeck- Rousseau-rue de Mortain, puis un quart d’heure plus tard celui de la rue de la République et de la rue de Paris. En moins de deux heures, cette petite ville historique, fondée par une charte ducale de 1083 fut détruite aux 4/5e avec 35 tués civils, 50 bles- sés graves, 300 maisons irrémédiablement détruites et 350 très endommagées. Cet épisode tragique eut une “réplique” dans la nuit du 6 au 7 août lors de la bataille de Mortain, cette fois, du fait des Allemands. Il ne fit “que” deux morts en ville et trois en cam- pagne, mais frappa de nouveau durablement les esprits. Deux heures pour détruire la ville 58 Le parc de l'Ange Michel Ce parc d'attraction unique dans le Sud Manche propose plus de 35 attractions pour tous les âges, dans un espace en pleine nature. Amateurs de sensations, vous serez servis avec le grand 8, qui propose un frisson garanti sur une piste de 420 m, la ferme foldin- gue, ou encore le tacot en folie ! A partir du 1er juin, le parc ouvre son toboggan géant qui plonge dans la piscine. Pour les amateurs de nature, direction la ferme, où les animaux se laissent caresser, ou bien les balades en poney. Bref, il y en a ici pour tous les goûts. Pratique : l'Ange Michel, à Saint-Martin de Landelles. Tel : 02 33 49 04 74. Le marché de Saint-Hilaire Situé au carrefour de 3 provinces, Saint-Hilaire du Harcouët a une longue histoire com- merçante et s'est construit au fil des décennies un des marchés les plus connus de la région.Touslesmercredis,ilattiredescentainesdevisiteurs,quiviennentparfoisdeloin pour flâner dans ses allées, qui regroupe quelque 250 exposants. Saint-Hilaire, c'est aussi, et encore, un des rares marchés de la région où des éleveurs locaux viennent ven- dre,aupieddeleursvoitures,poules,poulets,lapins,etautresanimauxdelaferme.Pour les visiteurs urbains, dépaysement garanti ! Et si vous avez un petit creux, sachez-le : c'est ici qu'on déguste les meilleures galettes-saucisses de la région… L'abbaye de Savigny-le-Vieux CetteabbayecrééeauXIIe siècleavaitl'abbatialelaplusvastedel’Ouest,avecunédifice principal long de 83 mètres. Visitée par le roi d'Angleterre et Saint-Louis, elle sera détruite et pillée lors de la guerre de Cent ans, puis à la Révolution. Vendue comme bien national en1793, elle sera transformée par ses nouveaux propriétaires en… carrière de pierre.Etpuis,ilyaplusdedixans,lacommunautédecommunesarachetéleterrainet lesruinesquivontavec,danslebutderéhabilitercehautlieudel’histoirelocale.Unlong travailquin'estpasencoreterminé.Maisdésormais,lesruinesontretrouvéleurssplen- deurs. Une visite à ne pas rater, à 10 km de Saint-Hilaire du Harcouët. ■ A ne pas manquer à Saint-Hilaire du Harcoët et dans les environs
  • 62.
    flers 16 août 1944. Lestroupes allemandes, qui se retiraient vers l’est dans l’espoir d’échapper à l’encerclement, devaient laisser derrière elles des arrière-gardes destinées à ralentir la progression des forces alliées lancées à leur poursuite. Vers 3 heures du matin, les paras allemands attei- gnent le pont de Vère et Aubusson. Dès le lever du jour, des quantités de mines sont posées au lavoir du pont de Vère, dans les champs, fossés. Les parachu- tistes commencent à creuser des trous individuels et installent des positions de mitrailleuses et de mortiers dans les petits chemins et dans le bourg d’Aubusson. Un poste d’observation est établi dans le presbytère, relié à l’état-major principal situé dans le cimetière. Vers 17 h, la compagnie A des Shropshires (Britanniques), emmenée par le capitaine Walford, reçoit l’ordre de s’emparer du pont sur la Vère. Face à l’opposition allemande, il faut le renfort de l’escadron B du Royal Tank pour prendre possession du pont, après deux heures de combat. L’artillerie anglaise, depuis Saint-Pierre-d’Entremont et le village des Perlyers à Caligny, déclenche un violent tir de barrage derrière lequel est censée progresser l’infanterie des Shropshires, appuyée, sur la route d’Aubusson, par les chars du 3e Royal Tank. La pro- gression de l’infanterie est stoppée net par les mitrailleuses allemandes. Les parachutistes alle- mands tentent même une contre-attaque pour re- prendre le contrôle de la route Aubusson - le pont de Vère. Au moment où le capitaine Walford (com- mandant de la compagnie A des Shropshires), le capitaine Garrett (du Ayrshire Yeomary, officier d’observation en première ligne avec les Shropshires) et le major Thornburn (commandant de la com- pagnie D des Shropshires) se réunissent pour faire le point sur le plan d’offensive, une salve d’obus tue les deux valeureux capitaines. Le major s’en sort indemne. « Cette catastrophe compromit gravement l’efficacité de l’attaque de la compagnie D, témoigne ce dernier. Du terrain fut gagné mais Aubusson ne fut pas atteint avant les ténèbres, vers 22 h. Les Allemands retirèrent leur arrière-garde de ses positions à 23 h, comme, ils en avaient eu vraisemblablement l’intention dès le début. » Relativement peu de corps de soldats ont été retrouvés sur le terrain. La plupart des dépouilles de soldats tués avaient été emportées par les leurs ou enterrés à la hâte. Tous les corps inhumés seront retirés dans les mois qui sui- vent. Du côté britannique, les corps ont très tôt été regroupés à Tilly-sur-Seulles et à Bayeux. Sources : « La Charge du Taureau » de Jean Brisset, éd. Charles-Corlet. Les Britanniques face aux paras allemands dans la bataille d’Aubusson 60
  • 64.
    J e n’avais pasl’impression de prendre des risques. La pre- mière action de résistance de Michel Morel date de l’arrivée des Allemands à Flers, en juin 1940. « Dès leur arrivée à Flers en juin 40, les Allemands ont demandé à la population en possession d’armes d’aller les remet- tre à la mairie », se souvient Michel Morel. J’ai dit à mon père : « nous n’al- lons pas donner les armes aux Allemands. J’ai décidé de les enterrer dans le jardin de la grande maison que nous avions, rue Nationale, et ni vu ni connu. Un peu plus tard, j’ai pris un sécateur dans le garage et j’ai entrepris de couper les fils du téléphone en me pro- menant à vélo dans la campagne. Ça m’amusait beau- coup, d’autant plus qu’à cette époque les fils de télé- phone n’étaient pas très hauts, ils étaient faciles à cou- per. Certains soirs, après avoir pris du sucre que ma grand-mère utilisait pour faire la confiture, je me pro- menais du côté du cinéma “Le Palace” (transformé depuis en discothèque) et j’en mettais dans les réser- voirs des voitures des officiers allemands en stationne- ment. Quand je n’avais pas de sucre, c’est de l’eau que je versais. Tout ça en faisant attention aux sentinelles bien sûr, mais pour moi je n’avais pas l’impression de prendre de risques, c’était un jeu… ». Un autre jour, l’adolescent profite de l’inattention d’un soldat allemand qui a laissé son vélo sans surveillance en rentrant dans un commerce pour lui “voler” son guidon qui se démon- tait facilement à l’époque. Condamné à mort à 17 ans L’horreur, Michel Morel l’a connue le lendemain de son dix-septième anniversaire, le 4 juin 1944 après le premier mitraillage aérien sur la gare par la Royal Air Force. « C’est la première fois que je voyais des morts. J’ai ainsi participé au dégagement des corps de la famille Fouchard, marchands de meubles rue de la Fontaine ». Après les bombardements de la ville, beaucoup de Flériens se réfugient dans la campagne. La famille Morel suit le mouvement. « Fin juin, je suis revenu sur Flers pour continuer mes actions de sabo- tage. Rue de Paris, j’ai entrepris de retirer les pan- neaux indicateurs et c’est là que j’ai été capturé par les Allemands. Emmené à l’état-major, au Filtroquet, j’ai été transféré le lendemain à la feldgendarmerie à Ecouché où j’ai été tabassé… ». A ce moment là, le sort du jeune Flérien est scellé. Conduit avec d’autres prisonniers dans une forêt près de L’Aigle pour y être fusillé, il doit sa vie à un cheminot caennais, ancien Poilu de 14-18, qui lui a dit : « Petit, tu es trop jeune pour mourir, je vais t’expliquer comment te sauver d’ici… ». C’est ainsi que Michel Morel échappe une première fois à la mort. Il est recueilli par la famille Glais, à Briouze, où il est soigné de ses blessures. Après la Seconde Guerre mondiale, Michel Morel revient travailler aux côtés de son père, tailleur de vêtements à Flers. Mais ne pouvant pas vivre correcte- ment de cette profession, il s’engage de nouveau dans l’armée. Cette fois il part combattre en Indochine. Il participe à la tristement célèbre bataille de Diên Bien Phu en 1954. Puis il combat en Algérie avant de quit- ter l’armée en 1966. Flers, 1940-1944, Michel Morel, résistant à 13 ans, condamné à mort à 17 ! flers62 Avec la 1re armée française Quand les Anglais libèrent Briouze, les 17-18 août, ils lui donnent des vêtements. C’est ainsi que Michel Morel part combattre avec eux. “J’ai participé à la libération de Rouen, Amiens et ensuite je me suis retrouvé en Belgique. Je crois que je suis le seul Normand dans ce cas, ce qui m’a valu de recevoir l’étendard de la 11e DBB (Division Blindée Britannique) des mains du Général Roberts en 1974. Ensuite, je me suis engagé dans la Première armée française avec de Lattre de Tassigny ». Michel Morel tient dans sa main droite le fameux sécateur avec lequel il a coupé les fils de téléphone dans la campagne aux alentours de Flers en 1940 alors qu’il n’avait que 13 ans.
  • 65.
    UN HÔTEL DE CHARMECHARME AUCŒURCŒUR DU PERCHEERCHE... 61400 MORTAGNE-AU-PERCHE 33 (0)2 33 25 04 77 www.hotel-tribunal.fr - hotel.du.tribunal@wanadoo.frwww.hotel-tribunal.fr - hotel.du.tribunal@wanadoo.fr * * * Dans cette authentique demeure des XVIe et XVIIIe siècles, un moment de détente sous le signe du bien-être et du raffinement où l'Histoire se mélange à une discrète modernité. Le mont de Cerisy Site remarquable du Bocage flérien, situé sur lacommunedeCerisy-Belle-Etoile,lemontde Cerisy culmine à 264 mètres. Au sommet, se trouve la ruine d’un château construit par un avocat anglais, Lord Burkingyoung et détruit par les bombardements Britanniques en 1944. Le site est remarquable par sa forêt de rhododendrons. L’ancien propriétaire du châ- teau, Isidore Corbière, avait en effet importé 4000 pieds de rhodos de l’île de Jersey. Outre un bar-brasserie ouvert pendant la belle saison, le public peut profiter d’un ter- rain de pétanque, d’un minigolf, de deux courts de tennis, d’une aire de jeux pour les enfants ou encore d’un circuit VTT. Forges et mines de fer du bocage Les minières, (mines à ciel ouvert des XIVe - XIXe siècles) à La Ferrière-aux-Etangs, les forges de Varenne (XVIe - XIXe siècles entre Champsecret et Saint-Bômer-les-Forges), les fours de calcination de la Butte-Rouge, à Dompierre (1910 - 1938), le chevalement, à Saint-Clair-de-Halouze (1905 - 1978), sont autant de sites touristiques témoins du passéminieretsidérurgiquedelarégion,àvisitergratuitement.Ilssontcomplétéspar la Maison du fer, à Dompierre, un musée à visiter gratuitement, qui explique comment a été exploité et transformé le minerai de fer dans la région, depuis le Moyen Âge, jus- que dans les années 70. Un film documentaire d'une dizaine de minutes regroupe des témoignages d'anciens mineurs qui ont travaillé sur les sites de Saint-Clair-de-Halouze et de La Ferrière-aux-Etangs. Des visites guidées sont organisées toute l'année sur réservation pour les groupes. Contact:laMaisondufer,leBourg 61700 Dompierre. Tél. : 02.33.38.03.25 ; site internet : www.lesavoiretlefer.fr. Promenade à La Roche d'Oëtre Au cœur de la Suisse normande, partez à la découvert d'un site naturel exception- nel, La Roche d'Oëtre, à Saint-Philbert-sur-Orne. Les amateurs y trouveront diffé- rents circuits de randonnées. La Roche d'Oëtre est aussi un des principaux belvé- dères naturels normands, offrant un point de vue sur la nature sauvage et mysté- rieuse de la Suisse normande. Sur place, l'office de tourisme propose tout un calendrier d'expositions, et un espace-boutique où les visiteurs retrouvent des produits locaux. Enfin, pour les enfants, le parc Orne Aventure est une idée sortie attractive pour les amateurs d'Accrobranche. Renseignements au 02 31 59 13 13 ou sur www.roche-doetre.fr Musée Charles-Léandre de Condé-sur-Noireau Au 9/11 rue Saint-Marin, à Condé-sur-Noireau, découvrez le musée Charles- Léandre. Sur quatre niveaux, le musée présentation une riche collection d'œuvres peintre et caricaturiste Charles Léandre, mais aussi des œuvres Eduardo Leon Garrido, mais aussi d'artistes normands. Un espace est également dédié aux expositions temporaires. Enfin, le musée honore la mémoire locale, en revenant sur le passé de Condé et de sa vallée, son industrialisation... Au 4e étage, sous les combles, une maquette réalisée par une association condéenne reproduit la ville de Condé-sur-Noireau, avant-guerre. Renseignements au 02 31 69 41 16 ou sur www.musee-charles-leandre.fr ■ A ne pas manquer à Flers et dans les environs 63
  • 66.
    bocages ornais etmayennais N ée à Neuilly-le-Vendin le 24 janvier 1900, dans cette Mayenne qui « chatouille » les frontières ornaises, Marie Mellangé s’est éteinte à 104 ans, à la Maison de retraite de La Ferté- Macé. Distinguée de la médaille de la Résistance, son nom figure éga- lement dans le Livre des Justes. Au milieu des années 30, de par son activité profes- sionnelle de restauratrice-hôtelière, Marie Mellangé était en relation avec des familles israélites de Paris qui venaient régulièrement en vacances dans son auberge de Neuilly-le-Vendin. Ainsi, de 1939 à 1941, elle est amenée à recueillir Raymond et Marcel, deux frères âgés de 14 et 12 ans, dont le père est mobilisé et la mère en cure en sanatorium. Les parents qui ont pu se cacher pendant l’Occupation, reprendront leurs enfants. En 1939, dès le début de la guerre, Marie Mellangé recueille deux autres enfants, Solange, âgée de 10 ans et le petit Michel, 4 ans. La conspiration du silence a bien fonctionné En juillet 1942, un autre enfant israélite trouve refuge à l’auberge de Neuilly-le-Vendin. Léa, soeur de Marie Mellangé, est commerçante à Paris et compte dans sa clientèle une personne qui lui confie son fils Henri, alors âgé de 10 ans. Dans la nuit qui précède la rafle du Vel’d’Hiv’, Henri échappe ainsi aux arrestations. Léa téléphone à sa sœur pour mettre le garçon en lieu sûr. Marie Mellangé vient le chercher à Paris, découd l’étoile de David de ses vêtements et le garde chez elle avec Solange et Michel. « Les trois enfants vont à l’école du village sous leur propre nom », témoigne Claire Duval, nièce de Marie Mellangé. « Les institu- teurs n’ont jamais signalé la présence d’élèves juifs à l’inspection académique en réponse aux enquêtes du Commissariat Général aux Questions juives. La conspiration du silence a bien fonctionné ». Après la guerre, Michel retrouve ses parents, tandis que Solange, dont les parents sont morts en déportation, rejoint son grand-père. Désignée comme tutrice, Marie Mellangé adopte Henri, dont les parents et le jeune frère ont disparu dans les camps nazis. Un petit bouquet de mimosa Durant ces années, Marie Mellangé a également sauvé de l’arrestation un couple israélite d’origine russe, descendu dans son hôtel. Mis au courant de leur présence à Neuilly-le-Vendin, les Allemands les avaient convoqués à la mairie pour le lendemain matin. Avec sa voiture à cheval, Mme Mellangé pro- pose alors au couple désemparé de le conduire dans la soirée à la gare de Bagnoles-de-l’Orne. Mais à cette heure tardive, il n’y a plus de train. L’homme et la femme recherchés sont alors hébergés chez une amie. Le matin, lorsque les Allemands arri- vent à l’hôtel, Mme Mellangé leur affirme que ses clients sont partis très tôt et ne sait rien de plus. Les livres de comptes sont en règle, elle n’est pas inquié- tée. Marie Mellangé apprendra que le couple est arrivé à bon port dans le Midi en recevant un petit bouquet de mimosa par la Poste. La reconnaissance des Justes parmi les Nations Le 19 octobre 1990, lors d’une cérémonie organisée à la mairie de Neuilly-le-Vendin, en présence de Mme Rioux, maire et de M. Leroy, vice-président du Conseil général de la Sarthe, Marie Mellangé reçut la médaille et le diplôme de reconnaissance des Justes parmi les Nations des mains du représentant de l’ambassadeur d’Israël en France. A Jérusalem, un arbre planté dans le Jardin des Justes porte son nom. Dans cette même ville, le nom de Marie Mellangé est inscrit sur le Mémorial, tout comme sur celui de Washington, à la mémoire de tous les juifs exterminés. Marie Mellangé, une Juste parmi les Nations 64 C’est avec sa voiture à cheval que Marie Mellangé a transporté à Bagnoles-de-l’Orne le couple juif recherché par les nazis. Marie Mellangé, entourée de Marcel, Raymond, Solange et Henri, quatre des enfants qu’elle a sauvés.
  • 67.
    Bagnoles de l'Orne Stationd’équilibre, Le Grand Domaine Bagnoles de l’Orne en Normandie abrite la seule source thermale du grand Nord Ouest de la France. Un véritable cocon de bien-être à découvrir à moins de 3 heures de Paris ! L’établissement thermal conjugue les vertus de son eau, un accueil chaleureux et personnalisé, avec des programmes de soins denses et très actuels par des équipes aux petits soins et à la compétence éprou- vée.Unebelleoccasiondevenirprofiterd’unséjourspaouremiseenformeàlacarte, le temps d’un week-end ou davantage… Le 19e siècle vit l'émergence en France d'un nouveau besoin de lieux de loisirs et de détente qui soient aussi le théâtre de la représentation d'un nouvel art de vivre alliant la nature, la convivialité, le bien-être et la distraction. Dans un endroit choisi pour sa quiétude et son environnement natu- rel, Bagnoles de l'Orne vous restitue, aujourd'hui, toute l'authenticité Belle Époque danscecadreuniquedutourismedequalité,érigéenartdevivreaudébutdu20e siè- cle. Place aujourd’hui aux week-ends nature, détente et thermalisme, sans oublier le casino et ses 145 machines. Infos sur www.bagnolesdelorne.com Carrouges – La vie de château D'abord place forte assiégée par les Plantagenêt, le Château de Carrouges a été reconstruit pendant la guerre de Cent Ans (donjon), augmenté au 15e siècle (aile Blosset), orné à l'époque de la Renaissance (pavillon du cardinal Le Veneur), de nouveau fortifiéautempsdesguerresdeReligion(bas- tion ouest), il devint au cours du Grand Siècle une résidence somptueuse (suite des grands appartements), réaménagée au Siècle des Lumières(salondemusique).L'anciennecha- noinerie,fondéeparLouisXI,abritelesiègeduParcnaturelrégionalNormandie-Maine. Construite du 14e au 17e siècle, en brique et en granit, cette magnifique demeure allie avec bonheur une architecture défensive du Moyen Age à l'élégance de la Renaissance etàlasobriétédel'époqueclassique.Lesjardins,encoursderestauration,sontl'écrin de très beaux ouvrages de ferronnerie en place depuis plus de 350 ans. Le Château de Carrouges est propriété de l'État. Il est géré par le Centre des Monuments Nationaux. Château de Carrouges : Tél. 02 33 27 20 32 Domfront – Médiévale et savoureuse « Quel océan de verdure ! L’air y est âpre et froid, le soleil brille. C’est exquis et fort. Voilà un pays ! » écrivait Gustave Flaubert le 28 septembre 1877 dans son carnet de voyage. Au beau milieu du bocage traditionnel ornais, à 75 km sur la route du Mont St Michel, Domfront, place forte de la Normandie ducale culmine à 70 mètres au- dessus de la cluse de la Varenne. Du parc du château, riche d’histoire, un bel et vaste panorama s’offre au visiteur, encore plus exceptionnel fin avril lors de la flo- raison des poiriers centenaires. Propriété, depuis le XIe siècle, des rois anglo-nor- mands ; séjour privilégié des souverains Plantagenêt : Henri II, Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, Domfront reste aujourd’hui, avec ses dix tours d’enceinte, ses remparts, ses rues étroites, ses cours intérieures et ses maisons à colombages ser- réeslesunescontrelesautres,unexempleuniqued’architectureurbaineduMoyen- âge. Nombreux sont les monuments et sites classés : le Parc du Château, les Ruines du Donjon, les vestiges de la Chapelle Saint-Symphorien, l’église Notre-Dame sur l’Eau, le centre ancien, l’église Saint-Julien... Domfront est aussi le point de départ de la route du Poiré sur laquelle on s'engage pour découvrir les saveurs merveilleuses de ce breuvage unique en France. Infos sur www.ville-de-domfront-61.jimdo.com/ ■ A ne pas manquer à Bocages ornais et mayennais et dans les environs 65
  • 68.
    alençon L orsque le 1er août1944, après avoir débarqué à Utah Beach, le général Leclerc foula à nouveau le sol de France, il devait penser au serment lancé à Koufra, en Afrique du nord : Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. Le périple passait par Alençon. Au sud de la ville, la progression des troupes de la 2e DB ne se fit pas sans lourdes pertes, face à un ennemi embusqué derrière les haies bocagères. Au soir du vendredi 11 août, journée meurtrière, Leclerc fait étape à Champfleur, à quelques kilomè- tres de la préfecture de l’Orne dont le bombardement est programmé pour le lendemain vers 10 heures. C’est à ce moment qu’un jeune Résistant, Raymond Ciroux, quitte la ville pour délivrer une information : les troupes ennemies ont quitté Alençon pour se replier en forêt d’Ecouves. Elles doivent être remplacées par d’autres troupes, venues du sud-est. Avec audace, Leclerc décide aussitôt d’envahir la ville. Ce qui sera fait dans la nuit, sans quasiment la moindre effusion de sang. Le jour se lève en ce samedi 12 août lorsque la population, qui attendait des soldats américains, découvre des troupes de la 2e DB. Alençon est la première ville française libérée par des troupes françaises. Les habitants sont en liesse mais il y a une urgence : déployer des drapeaux pour signaler aux troupes alliées qu’Alençon n’est plus occupée par les nazis. Ainsi, le riche patrimoine bâti de la cité ne sera pas détruit. La libération d’Alençon 66 Samedi 12 août, la 2e DB traverse Alençon (ici Grande Rue). Le maire Charles Chesneaux, au balcon, salue les libérateurs
  • 69.
    Notre préoccupation au quotidien : Lesmeilleurs produits de leur provenance d'origine à votre assiette Découverte gustative LA FRAÎCHEUR PAR NATURE !AAAAFFRAFFRRAARARRRRAAA FAAAALALLAALA F AAAL ÎCHEURÎCHEURÎÎÎCÎCÎCÎCHHEEUURRAAAAÎ EEUÎÎÎÎ !!E !RRUTUTTATAAPAR NPAR NAPPAAPARR NNATURE !ATATATATUURREE !!EE !EPPP ET 70, bd St-Eloi 61400 MORTAGNE-AU-PERCHE61400 MORTAGNE-AU-PERCHE Tél. 02 33 25 52 75 76-78, Grande Rue 61000 ALENÇON61000 ALENÇON Tél. 02 33 32 07 40 Place St-Pol 28400 NOGENT-LE-ROTROU28400 NOGENT-LE-ROTROU Tél. 02 37 52 90 92 En cave : une gamme de 75 références de vins de valeur sûre avec un bon rapport qualité/prix. Corbeilles de Fruits Rayon Bio Fromages Epicerie Fine Vins Spiritueux Produits du Terroir à votre assiette Idées cadeaux Maison natale de Sainte-Thérèse Né à Bordeaux en 1823, Louis Martin arrive avec sa famille à Alençon. Il devient horloger même s’il aspirait à devenir prêtre. Il ouvre un magasin en 1850, rue du Pont-Neuf. Il rencontre Zélie et ils se marient le 12 juillet 1858 et de leur mariage naît Thérèse qui deviendra la célèbre Sainte-Thérèse de Lisieux. La famille compte neuf enfants, les cinq filles sont religieuses. Thérèse découvrira sa vocation lors de sa seconde communion, elle se découvre une volonté de venir en aide aux autres, de sauver les âmes en perdition. Elle entre au Carmel de Lisieux le 3 avril 1888. Elle prononce ses vœux le 24 septembre 1890 et devient Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Pratique : Maison natale de Sainte-Thérèse, 50, rue Saint-Blaise, en face de la préfecture. Pour tout renseignement : 02 33 80 66 33 ou alencon.tourisme@wanadoo.fr Musée des beaux-arts et de la dentelle Le musée occupe une partie de l’ancien collège des Jésuites, on y trouve de bel- les collections qui se sont constituées à partir du XIXe siècle grâce à de nombreux donateurs. Le musée voit le jour en 1857 sous l’impulsion d’un sénateur et érudit, Léon de la Sicotière. On y découvre l’une des plus belles collections de dentelles de l’Ouest, de très nombreux tableaux des écoles flamandes, hollandaises, des peintres ornais et, plus origi- nal, au second étage, une salle dédiée à une collection ethno- graphique cambodgienne de l’œuvre khmère. Pratique : Musée des beaux- arts d’Alençon. Pour tout renseignement : 02 33 32 40 07 ou alencon.tourisme@wanadoo.fr ■ A ne pas manquer à Alençon et dans les environs 67
  • 70.
    2e DB A près avoir saluéle maire Charles Chesneaux et aperçu sa tante, habitante de la ville, Leclerc quitte rapidement Alençon et se dirige vers Sées, où arrivent également des troupes américaines venues du Mêle. Dans la cité épiscopale, c’est l’embouteillage dans la joie. Nouveau coup d’audace : Leclerc décide une manœuvre à front renversé en forêt d’Ecouves. Il envoie le lieutenant-colonel Putz qui lance une attaque en forêt par le nord. Les combats aux abords de la Croix de Médavy font rage. La soirée du samedi 12 août est aussi chaude que rougeoyante. Ce n’est que le lendemain, dimanche 13 août, que la jonction entre les troupes de Putz et celles de Roumiantzoff, venues du sud, se feront. Là aussi, les pertes seront lourdes. Durant ce temps, les troupes du colonel Warabiot sont lancées vers Mortrée et Ecouché. L’ennemi com- prend que cela va mal se terminer. Il s’énerve : le 13 août, c’est la tragédie de Tourouvre : 18 habitants sont massacrés et 58 maisons incendiées. Le commandant Rouvillois progresse à l’ouest. À Carrouges, la résistance ennemie est vive. Les com- bats de Ménil-Scelleur ont des allures de carnage. Le mardi 15 août, la 2e DB tient bien le secteur d’Ecouché. Leclerc assiste à une messe à Fleuré. « Comme tous les chrétiens authentiques et profonds, il n’étalait pas sa foi » dira de lui Maurice Schumann. C’est à Fleuré que Leclerc a installé son PC. Pendant que s’achève la bataille de Normandie, il attend l’auto- risation alliée de foncer vers Paris. L’ordre arrivera le 22 août en soirée. Depuis le début du mois d’août, la 2e DB a perdu 133 hommes, dont une centaine dans la Sarthe, compte 648 blessés, 85 disparus, 76 engins blindés et 27 half- tracks détruits. Mais au fil des communes libérées, des jeunes s’en- gagent. 68 La 2e DB dans les rues de Sées, le samedi 12 août. Une fillette est juchée sur le char Marengo. Au premier plan, le soldat Louis Tilly. La marche de la 2e DB
  • 72.
    argentan A vant la libérationd’Argentan le 20 août, la 2e DB avait réussi à faire flot- ter le drapeau français au fronton de la mairie dès le 13… Le 13 août 1944, la 2e Division Blindée arrive sur Argentan par le Sud. Les Américains sont stoppés au Sud-Ouest, route d'Ecouché, par des chars allemands. Au cours de l'après-midi, le Lieutenant Carrages, avec une cinquantaine d'hommes, « tous des Lions » précisait, en 2004, le fils du Maréchal Leclerc, entre dans Argentan. Ils investissent le coeur de la ville et hissent le drapeau français sur le fronton de la mairie. A part quelques accrochages, ici-et-là, les défenses allemandes semblent être à la portée des soldats français qui progressent par petits groupes. Le Lieutenant Carrages envoie d'ailleurs un mes- sage : « Nous avançons, envoyez-nous des renforts ». Les renforts ne viendront pas. Les Américains déci- dent qu'Argentan n'est finalement pas l'affaire de la 2e DB française. « Ordre est donné à Carrages de rentrer avec ses hommes. Ils réintégreront d'ailleurs tous la division ». Les Allemands reviendront dans la ville qui ne sera prise que huit jours plus tard, au prix de lourdes per- tes. Colère noire de Leclerc « Ce qui a fait entrer mon père dans une colère noire ». A partir du 17 août, la division Leclerc se met en mouvement afin de participer à l'encerclement de la poche de Falaise-Chambois. « Mon père y partici- pera très peu, il était plus préoccupé par Paris ». Charles Leclerc-de- Hautecloque, contrairement à certains qui considèrent la poche de Falaise- Chambois comme une victoire alliée, estime quant à lui que « le refus des Anglais de laisser avancer les Américains et les Français pendant huit jours sur Falaise a abouti à la non-fermeture de la poche. » C'est la raison pour laquelle, de nombreux Allemands ont réussi à fuir. « Mon père en a capturé un certain nombre un mois et demi plus tard en Lorraine, ils étaient déjà sur des chars neufs... » Concernant la capitale française, Charles Leclerc- de-Hautecloque souligne que son père n'a pas attendu d'avoir l'autorisation pour foncer et libérer Paris le 25 août. « Il avait deux patrons, le Général de Gaulle et les Américains. La prise d'Alençon est un symbole. Eviter les pertes civiles et militaires et prendre les villes intactes expliquent sa popula- rité ». Une popularité qui entre définitivement dans la légende le 23 novembre 1944 avec la libération de Strasbourg. Le serment de Koufra pris trois ans et demi plus tôt en Libye, a été tenu ! L’Alsace-Lorraine devient enfin libre ! Fausse joie, le 13 août 1944, Le drapeau français flotte sur Argentan 70
  • 73.
    8 et 9juin 10-19h / 10-18h 2014 PARKING 1 € village classé 2 h de Paris au cœur du Parc du Perche Le Versailles du cheval Installé au cœur d’un magnifique cadre de bois et de pâtures, le Haras national du Pin s’étend sur plus de 1 000 hecta- res.Lavisitedulieupermetdedécouvrir le milieu de cheval à travers un patri- moine des plus exceptionnels. Le tout en baigné dans des paysages sublimes, des chevaux de races différentes, des hommes et leurs métiers. En visitant les écu- ries et à travers le parcours découverte, le visiteur vit une véritable page de l’histoire le temps d’une journée, d’un week-end ou d’une semaine… A chacun son rythme. Le camp de Bierre Situé dans la plaine de Trun, le camp de Bierre est l’un des sites archéologiques les plus spectaculaires de l’ouest de la France. Tout démarre il y a 5 000 ans, alors que les premiers occupants du site abandonnent danslesoldesoutilsensilexetdesbracelets de schiste. C'est à cette période (néolithique) que sont érigés la plupart des mégalithes qui se dressent dans les environs. Entre le IXe et le Ve siècle avant J-C, le site connaît deux occupations humaines comme l'atteste la présence de céramiques, datant de la phase finale de l'âge de Bronze et de la fin du 1er âge du Fer. La première fortification monu- mentale en bloc de grès est élevée au cours de la seconde phase (fin du 1er âge du Fer, 6e au 5e siècle av. J-C). Par la suite, au cours du second âge du Fer (4e au 2e siècle av. J-C), on construit un second mur de terre pour gagner du terrain. ■ A ne pas manquer à Argentan et dans les environs 71
  • 74.
    sées S ées, ville hôpitaldurant la bataille de Normandie ayant été épargnée par les bombardements alliés, s'est réveillée libre le 12 août 1944 grâce à la rencontre des Américains (issus de la 5e Division blindée et de la 79e Division d'Infanterie) et des Français (2e Division blindée du Général Leclerc, chef des FFI de l'Orne et du maire de Sées) en ce lieu. 72 ©PhotosNormandie Un embouteillage monstre ! Le CCA (Combat Command A) du Général Régnier entre dans Sées vers 10 heures, avant les Allemands qui arriveront trop tard pour occuper la ville. Une heure après la libération de Sées, sous les ordres du général Leclerc, les soldats passent à tra- vers la ville alors que ce trajet était initialement réservé à la 5th Armored Division, provoquant alors un embouteillage inimaginable et la colère des Américains. Cet incident, bien qu'ayant retardé la suite des opérations de six heures, aura permis d'éloigner les combats de Sées en prenant de vitesse les Allemands essayant d'interdire toute progression vers le nord. Ce jour-là le Général Leclerc a renversé pleinement l'ennemi et emporté une partie dans la Bataille de Normandie. Sources : http://www.normandie44lamemoire.com/fichesvil- les/sees.htm http://www.dday-overlord.com/ sees_orne_bataille_normandie.htm http://enmemoiredelaresistance.unblog.fr/2009/09/ 08/12-aout-1944-de-la-liberation-dalencon-a-la- bataille-de-la-croix-de-medavy/ La libération de Sées : un incident franco-américain
  • 75.
    Musée départemental des arts religieux Lemusée départemental d'art religieux de Sées, situé à proximité de l'hôtel de ville et de la cathédrale, a été établit dans un bâti- ment classé monument his- torique du XIVe siècle. Du Moyen-Age à nos jours les collections de peinture, sculpture, orfèvrerie, ébé- nisterie et ornements litur- giques sont principalement originaires d'églises rura- les du département de l'Orne. La cathédrale, symbole de Sées Cet édifice possède une histoire animée entre les destructions résultants de guer- res et d'incendies et des phases de restauration. En dépit de ces outrages, la cathédrale de Sées représente une merveille architec- turale de style gothique fascinant de nombreux visiteurs. Lors des Musilumières, l'association Art et Cathédrale propose une mise en scène mêlant architecture et histoire de Notre-Dame de Sées. Luc Besson s’en est servi de décor pour son Jeanne d’Arc. ■ A ne pas manquer à Sées et dans les environs 73 ©VilledeSées ©GuillaumeCattiaux
  • 76.
    l’aigle N ous sommes finaoût 1944, la terrible bataille de la poche de Falaise se termine et, aux abois, les dernières forces alleman- des battent en retraite vers la Seine. Le 20 août Eisenhower établit un plan de bataille pour faire face à ce déploiement soudain et imprévu vers le Nord qui génère un flottement dans les offensives du côté de Gacé chez les alliés. D’autant que le 21 août les divisions Panzers contre-atta- quent à Vimoutiers afin de préserver une porte de sortie. Dans la région de L’Aigle, rien n’est encore décidé, les habitants croisent aussi bien des avant-gardes américaines ou anglaises qu’allemandes. Le 22 août la situation est débloquée, les blindés du régiment britannique de l’Inns of Court, unité de reconnais- sance, libèrent la cité du Pays d’Ouche avant de libé- rer Crulai. Les voix de Pétain, Churchill, Roosevelt… Le musée Juin 44 de L’Aigle fut le premier musée « parlant » de France. Installé dans des bâtiments, anciennes dépendances du château de L’Aigle, à proximité de l’hôtel de ville, il se remarque avec la présence d’un half-track américain installé à proxi- mité. La muséographie part de l’appel du Général de Gaulle du 18 juin 1940 jusqu’à la défaite des Allemands dans la poche de Falaise-Chambois située à quelques dizaines de kilomètres de là. On y retrouve les événe- ments marquants qui ont jalonné la Seconde Guerre mondiale et plus spécifiquement la fin de la Bataille de Normandie. Moins connu que les sites qui sont regroupés le long du littoral de la Manche, ce musée mérite toutefois le détour avec ses treize scénographies créées à partir de personnages de cire et qui ont été sonorisées avec les voix authentiques des principaux acteurs de cette période. Clé de voûte de cette visite : une carte stratégique de 36 m2 qui explique dans le détail la Bataille de Normandie. Le musée a été inauguré en 1953 par la Maréchale Leclerc de Hauteclocque. Pratique : Visite libre ou audio-guidée (sans supplé- ment) d’une durée de 30 minutes en français, anglais, néerlandais. Adultes : 3,60 euros (2,70 euros avec Normandie Pass). Etudiants, enfants, militaires, demandeurs d’emploi : 1,80 euros. Groupes : 2,70 euros. Fermeture de janvier à mars et d’octobre à décembre. Pour en savoir plus : www.normandie44lamemoire.com Cap sur la Seine et le premier musée parlant 74
  • 77.
    La Grosse forged’Aube La Grosse forge s’installe dans la vallée de la Risle, à Aube, au début du XVIème siècle. Elle a traversé les siècles sans trop de dommages ce qui fait de ce patri- moine industriel l’un des mieux conservés d’Europe. Le site (classé Monument historique en 1982) est en effet quasiment « resté dans son jus » depuis quatre siècles et témoigne du riche passé métallurgique de cette partie de Normandie, à une époque où les immenses forêts des marches du Perche étaient susceptibles d’alimenter l’incroyable consommation en bois pour faire fonctionner ces forges. L’environnement du site mérite à lui seul le détour. Bordé de grands arbres, caressé par la rivière, il offre au flaneur un paysage préservé. La Grosse forge a été reconvertie dans le cuivre en 1850. Pratique : Ouvert du 17 juin au 24 septembre, tous les jours sauf le mardi de 14h à 18h. Groupes et classes patrimoine, toute l’année sur rendez-vous. Adultes : 4 euros. Enfants : 1,50 euros. Possibilité de billets jumelés avec le musée de la Comtesse de Ségur. Les ruines de l’abbaye de Saint-Evroult Ce qui reste aujourd’hui de l’ancienne abbaye bénédictine construite sur le terri- toire de la commune de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois témoigne encore de la majesté des lieux. L’édifice en imposait et offrait au regard une vision bucolique avec ce vaste lac à ses pieds. Les ruines ont été classés Monument historique en 1967. L’édifice remonterait au VIIIème siècle et portait alors le nom d’abbaye d’Ouche, mentionné par un diplôme de Charles le Simple en 900. Au XIe siècle elle sera soutenue par l’abbaye de Jumièges et celle du Bec-Hellouin. On a compté dans ses rangs une célébrité qui a marqué son époque : Orderic Vital auteur d’une histoire du monde ecclésiastique illustrant le monde normand. ■ A ne pas manquer à l’Aigle et dans les environs 75 Musée Ateliers de production made in France Museum Production workshops made in France Le bourg (GPS : Mairie) - 61300 Saint-Sulpice-sur-Risle - France (+ 33) 02 33 24 89 38 / www.lamanufacturebohin.fr Tarifs individuels et groupes - Rates for individuals and groups
  • 78.
    chambois - montormel S oixanteans après, le visiteur qui emprunte la route Trun-Chambois, le long de laquelle serpente la Dives, a du mal à penser qu’en ce lieu les combats ont mis en présence 100.000 soldats allemands, encer- clés par plus de 150.000 combattants alliés. « Ce que nous avons découvert à la fin des combats était dantesque, inimaginable. Il était impossible de circuler. C’est demeuré gravé dans nos mémoires ». La poche de Chambois se referme, tel un étau, sur les troupes allemandes fuyant l’avancée alliée. Comme Pierre Lesergent, de Tournai-sur-Dives, 12 ans en août 1944, tous pressentent l’arrivée prochaine des affrontements dans leur région, « de jour en jour, après le Débarquement, nous avons entendu le son des canons se rapprocher » témoignait-il en 2004. Mais ils sont loin de penser que les combats attein- draient une telle ampleur. Le 14 juillet, son père et son oncle construisent une tranchée au fond du jardin. « Bien nous en a pris. A partir du 15 août, nous nous sommes retrouvés à 18 dans cette tranchée. Episodiquement, quand des sal- ves d’obus tombaient sur la commune. En perma- nence, à partir du 17 août ». 18 000 obus en deux jours Les tirs d’artillerie sont tels sur les zones des combats qu’il est difficile d’en chiffrer la quantité exacte. « On parle de près de 18.000 obus en deux jours, dès le 19 août », témoigne Pierre Lesergent. Un déluge de feu s’est abattu sur Tournai. D’autant plus dramatique pour la famille Lesergent que dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19, « les SS allemands, revol- ver au poing, sont venus nous déloger de notre tranchée pour prendre notre place. Nous nous sommes repliés dans l’ancien poulailler de la maison ». Du 19 au 22 août, les combats vont atteindre une extrême vio- lence. Les Allemands se doi- vent, par tous les moyens, de faire sauter le verrou Nord- Est, pour gagner les rives de la Seine. « Je me souviens, alors que nous étions cloîtrés dans notre poulailler, des véhicules allemands qui passaient à proximité, traver- saient les champs, perforaient les haies pour échapper à l’encercle- ment. 60 ans après, j’ai encore dans les oreilles les cris des blessés ». Tournai-sur-Dives n’était pour eux qu’une étape. Il leur restait à traver- ser la Dives à Saint-Lambert, ou à Moissy avant de pénétrer dans le « couloir de la mort ». Tournai-sur-Dives, août 1944 « Ce que nous avons découvert était dantesque » 76 @UsArmy-mémorialdeCaen
  • 80.
    montormel E nfermé pendant troisjours avec ses paroissiens dans une cave de Tournai-sur-Dives, l’abbé Launay était en plein cœur de la bataille, dans ce que les Allemands ont appelé le « Chaudron de l’enfer ». L’ecclésiastique est entré dans l’histoire en emmenant plusieurs centaines de soldats allemands se rendre aux Canadiens. La reddition en a d’ail- leurs entraîné d’autres dans les dernières heures de la poche de Falaise. L’abbé Marcel Launay est le curé de Tournai-sur- Dives. Lundi 21 août. L’armée allemande est en déroute. Plus la retraite s’accentue, plus la pression des alliés s’intensifie. Depuis six jours, le bourg de Tournay-sur-Dives est pris dans une chaudière infer- nale. Les Allemands livrent leurs derniers combats contre les alliés qui sont en train de les enfermer pro- gressivement dans la poche de Chambois. « Cela fait trois jours que nous sommes enfermés avec des paroissiens dans la cave d’une ferme voisine du pres- bytère. Entassés sur quelques mètres carrés nous suons sang et eau. Nous ne bougeons pas. Il n’est pas question de mettre le nez dehors tellement c’est dan- gereux. Depuis dimanche, quelqu’un a fourni un seau pour satisfaire aux besoins d’extrême nécessité. Compte-tenu du peu de place dont nous disposons, nous ne savons pas où le caser… La chaleur est telle- ment présente et nous transpirons tellement que per- sonne n’éprouve le besoin d’éliminer pendant ces 57 heures de captivité. Dehors ça flambe, ça crépite par- tout. Notre hantise est que la ferme prenne feu. La nuit de dimanche au lundi et la matinée ressemblent à l’enfer. Des combats de char ont lieu à proximité. Nous entendons le bruit des tuiles et des gravats qui retombent. La poussière et une odeur de souffre envahissent la cave. Certains, voyant leur dernière heure arriver, se disent adieu ! » « Les Allemands ont peur de tomber dans les mains des Polonais » « Vers midi arrive une voiture blindée de la Wehrmacht. Un officier allemand m’ordonne de le suivre en claquant les talons. Sur le coup, je me demande bien ce qu’il me veut. J’ai peur de me retrouver devant un pommier, piqué par douze balles. En fait, il me dit « C’est pour demander la paix. » Je lui ai répondu, alors « si pour cela, je suis pleinement d’accord. Avec l’officier et quatre soldats nous montons dans le véhicule muni d’un drapeau blanc. Nous devons aller à Trun, mais les Allemands ont peur de tomber dans les mains des Polonais. Nous roulons vers Chambois avant de finalement rebrous- ser chemin vers le village. Notre dangereux périple dure quarante minutes, passant parfois à deux pas de la bataille. A un moment, nous sommes à deux cents mètres de la Dives, aux premières loges des combats entre les Allemands et les alliés. Les combats s’arrêtent net. A notre retour, près de 800 soldats allemands sont alignés dans une cour de ferme. L’autochenille n’a même pas franchi l’entrée que les fusils tombent avec les casques et les ceinturons. Des armes sont jetées au sol dans un bruit de ferraille impressionnant. Cela fait un drôle d’effet de les voir si pitoyables, eux qui ont été les maîtres de l’Europe pendant plusieurs années. Les voir acculés dans un petit patelin comme Tournai est presque surréaliste. On voit bien qu’ils en ont marre. » L’abbé Marcel Delaunay : « Dehors, ça flambe, ça crépite partout » 78 L’abbé Launay, photographié ici en 1994, dans la maison de retraite de Thury-Harcourt, est décédé le 18 février 2007. Le religieux a été le témoin direct d’une capitulation allemande près du couloir de la mort.
  • 82.
    vimoutiers M ercredi 14 juin1944, durant la libération de la Normandie, alors que Vimoutiers s'éveille sous un temps splendide, une rafale d'une soixantaine de bombes américaines s'écrase sur le centre de la ville. Alors qu'une quarantaine d'en- fants, les orphelins d'Epron, vien- nent se réfugier dans la Halle après avoir passé six jours et nuits à se cacher dans les tranchées entre Caen et Vimoutiers, trente- six bombardiers survolent la ville. S'éloignant puis se rapprochant, ils bombarderont cinq points qui plongeront Vimoutiers dans un air obscurcit et dans un affolement général. Le drame dure vingt minutes, vingt longues minutes ... Vingt minutes et Vimoutiers est détruit ; deux cents Français sont morts, raconte Gérard Roger dans son récit du bombardement de Vimoutiers. Quelques minutes à peine auront suffi à raser cette ville historique, tué des Vimonastériens, faire de nom- breux blessés, décapiter la statue de Marie Harel... Seule l'Église tiendra encore debout. L'hôpital entière- ment détruit, les blessés seront dirigés au château de Vimer. Vimoutiers, comptant alors 1 886 habitants, aura ainsi subit les plus grandes pertes du département lors de cette catastrophe. Pourquoi avoir bombardé Vimoutiers ? Cette question suscitera bien des interrogations... Un bombardement « ordonné par erreur » 80 La foire de la pomme La foire de la pomme est pour la ville de Vimoutiers l'occasion de célébrer ce fruit de qualité le dernier week-end d'octobre. Dégustations de produits du terroir nor- mands, concours de tartes aux pommes et de cidre AOC, exposition pomologique, ani- mations... cet évènement est l'opportunité d'apprécier les saveurs des produits locaux. Le musée du Camenbert Créé en 1986, le musée du Camembert de Vimoutiers retrace l'histoire et la fabrication de ce fromage mondialement connu dont l'invention revient à Marie Harel, fermière du village de Camembert. Fabriqué depuis plus de deux siècles aux environs de Vimoutiers, cette exposition d'objets et de docu- ments fait revivre les étapes de la fabrication du Camembert dans une ambiance passionnée. Ouvert du 1er avril au 31 octobre du jeudi au lundi après-midi de 14h00 à 17h30. ■ A ne pas manquer à Vimoutiers et dans les environs
  • 83.
    COUV GUIDE PRATIQUE70e 7/04/14 10:32 Page 3
  • 84.
    COUV GUIDE PRATIQUE70e 7/04/14 10:32 Page 4