SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  74
Télécharger pour lire hors ligne
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
vi
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Année : 2019 – 2020 N◦ d’ordre : _________
MÉMOIRE
Pour l’obtention du diplôme
de Master ès Sciences et Techniques
Mention : Biologiques
Parcours : Sciences Biologiques
Spécialité : Biologie Cellulaire et Moléculaire
Option : Biochimie et Microbiologie Appliquée
Présenté et soutenu publiquement
Par
DEMBOUX LYELET Jordy Exaucé
Titulaire de la licence de Biologie Cellulaire et Moléculaire
Le 18 décembre 2020
DIRECTEUR DE MEMOIRE
MOUKASSA Donatien, Professeur Titulaire – CAMES / FSSA
CO-DIRECTRICE
NGOYI ONTSIRA Esther Nina, Maitre de Conférences Agrégée – CAMES / FSSA
JURY
UNIVERSITE MARIEN NGOUABI
FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ
LES FEMMES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO
ONDIMBA (HGELBO) - OYO
THEME
PRESIDENT : ITOUA Clautaire, Professeur Titulaire – CAMES /FSSA
VICE-PRESIDENT : NGUIMBI Etienne, Maitre de Conférences – CAMES/ FST
MEMBRE : NGOYI ONTSIRA Esther Nina, Maitre de Conférences Agrégée – CAMES / FSSA
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
vi
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Dédicaces
Je dédie ce travail
A mon feu père MBOU Jean Claude
Tu nous as quitté trop tôt, et l’un des souvenirs que j’ai gardés de toi, c’est ta détermination et ta rigueur
dans le travail J’aurais aimé que tu sois là pour être fière de ton petit et savourer l’accomplissement de
ce travail mais le destin en a décidé autrement. Si tu pouvais m’entendre, saches que tu vivras toujours
dans mon cœur. Tu me manques Papa. Que ton âme repose en paix
A ma mère NZOUMBA Suzanne
Ma force, mon appui, la récompense de mon dur labeur c’est de voir ton sourire. Tes conseils, ton
soutien ont fait de moi l’homme que je deviens. Pour ton amour inconditionnel, ton affection et ton
soutien immense tout au long de ma vie, mon diplôme t’appartient. Je nourris l’espoir d’avoir été à la
hauteur de ta confiance. Je t’aime maman.
A mon oncle, le professeur Donatien MOUKASSA
Toutes ces années, tu t’ai impliqués personnellement à faire de moi un enfant meilleur, un meilleur
homme dans la société. Tu as été celui qui a su défendre mes intérêts en cas de difficultés. Plein de
sagesse, et de rigueur, tu m’as appris à donner le meilleur de moi –même. Cher père et maître tu es un
modèle pour moi.
A mes frères et sœurs, la famille MBOU : Brive, Dunech, Prude, Alphaby, Christ-vie
L’amour fraternel que j’éprouve pour vous est sans égal. Vous m’avez soutenu moralement et
financièrement. Vos efforts pour ma réussite n’ont pas été vains. Ce document en est la preuve. Trouvez
ici l’expression de tout mon affection. Puisse Dieu nous bénir et fortifier le lien du sang qui nous uni. Je
vous aime.
A mes enfants, nièces et neveux
A mes côtés, vous avez constitué une source de motivation. Que ce travail vous serve d’exemple. J’espère
vous suivrez nos pas
A mon oncle, Mr. Guillaume FOUTOUKA
Etre appelé ton fils est un vrai privilège.
A mes grands-parents : Pascale, MOUTANGO Philippine, NGOUNOU Odile, et MPATA Marie
i
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
ii
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Remerciements
A Monsieur le Président du Jury le Professeur Clautaire ITOUA
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider le jugement de ce travail. Veuillez accepter,
Monsieur le Président, mes chaleureux remerciements et croire en ma profonde reconnaissance.
Aux membres du Jury les Docteurs
Etienne NGUIMBI, Esther Nina NGOYI ONTSIRA
Pour votre disponibilité et vos remarques qui contribueront à améliorer la qualité de ce travail. Tout le
plaisir est nôtre de vous compter parmi les membres du Jury. Veuillez croire, Docteurs, à nos hommages
respectueux.
A mes frères et sœurs Dalvin, Naomie, Donisca, Melissa, Dadel, Stella, et Coreneilla
Pour vos encouragements et soutien multiformes.
A mes amis du cercle
Torrel (le braveur), Second (makaya), Bertal (Tchid,), Rich (M3), Chaldam (michel), Mack-zola,
christ, wolfgon et Cliff.
Le pèlerinage a été long, depuis la 1ère année jusqu’à maintenant, le chemin était pénible et pourvu de
multiples obstacles, mais nous les avons tous franchis pour en arriver là. Ce travail est aussi le vôtre.
A mes encadrants du Laboratoire de l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba (HGELBO)
notamment
Dominique VOUMBO, modeste ATAKA, Merveil NIANGA, Destin MBEMBA, Liliane ABIZERA,
Modeste AMONA, et Lesli MBOUSSA
Malgré vos multiples occupations, vous avez disposé du temps pour m’encadrer du début à la fin de mon
stage d’initiation à la recherche. Pour cela, je vous adresse mes sincères remerciements.
Mes remerciements les plus sincères à toutes les personnes dont les noms n’ont pu être cités ici et qui
ont contribué de près ou de loin à l'élaboration de ce travail.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
iii
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
vi
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL DU STAGE
1. Organigramme administratif HGELBO
Secrétariat de direction
Service marketing hospitalier
Service informatique
Service de l’audit interne
Service de la qualité et
de la gestion des risques
MINISTERE DE LA SANTE ET DE LA POPULATION
DAM DSI DGM DARH DEF DLP
COMITE DE DIRECTION
Direction Générale
HGELBO
DAM : Direction des Affaires Médicales
DSI : Direction des Soins Infirmiers
DGM : Direction des Gestion des Malades
DARH : Direction de l’Administration et des Ressources Humaines
DEF : Direction Economique et Financière
DLP : Direction de la logistique et du Patrimoine
Service de la
solde
Pôle des urgences
hospitalière
Pôle clinique et des
blocs techniques
Pôle
médicotechnique
Pôle des
consultations
externes et de la
médecine de travail
Pôle médico-
administratif
Service de
l’organisation des
soins
Service de la
formation
Service de
l’évaluation
Service de la
sécurité, la
salubrité et de
l’assainissement
Service de
l’hygiène
hospitalière
Service
économique
Service du
budget
Service de la
comptabilité
Service du
mouvement
des malades
et des espaces
humanisés
Service de la
statistique,
des études et
de la
planification
Service de la
facturation
Service du
personnel
Service de la
formation et
de
l’évaluation
des
performance
s
Service
Administrati
f et juridique
Service de
l’hôtellerie
Service de la
logistique,
d’approvisionnement
et de transport
Service de la
maintenance et des
travaux
Service
social
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
v
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
2. Organigramme du service des laboratoires
CHEF DE SERVICE
UREP UF 1 UF 2 UF 3 UF 4 UF 5 UF 6
Secrétaire du chef de service
Chefs des travaux, responsables des Unités Fonctionnelles
Immuno -
Sérologie
Hémato biologie Biochimie Mycologie et
Parasitologie
Bactériologie et
Virologie
Unité de
Réception,
Enregistrement
et Prélèvement
Coordonnateur des Unités Fonctionnelles
Biopathologie
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
vi
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
LISTE DES ABREVIATIONS, ACRONYMES, SIGLES, ET SYMBOLES
C. trachomatis : Chlamydia trachomatis
ARPS : Âge du Premier Rapport Sexuel
CE : Corps Élémentaire
CMP : Cervicite Mucopurulente
CR : Corps Réticulé
CREPIT : Centre de Recherche et d’Études des Pathologies Infectueuses et Tropicales
DNA : Acide Désoxyribonucléique
DNS : Différence Non-Significative
DS : Différence Significative
HGELBO : Hôpital Général Edith Lucie BONGO ONDIMBA
HSPG / PGHS : Protéoglycanes de l'Héparane Sulfate / Heparan Sulfate of Proteoglycans
IFN- ϒ : Interferon Gamma
IST : Infection Sexuellement Transmissible
IVG : Interruption Volontaire de Grossesse
KDa : Kilodalton
LPS : Lipopolysaccharide
MIP : Maladie Inflammatoire Pelvienne
MOMP : Major Outer Membrane Protein
MTOC : Centre d’Organisaton des Microtube /centrosome
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
T2SS, T3SS, T5SS : Type II, III, and V Secretion System
UF : Unité Fonctionnelle
UPG : Urétrites Post- Gonococciques
PMME : Protéine majeure de la membrane externe
LGV : Lymphogranulomatose vénérienne
MACPF : Complexe d'attaque membranaire / protéine perforine
EGFR :
Epidermal growth factor receptor / Récepteur du facteur de croissance
épidermique
IC : Intervalle de Confiance
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
vii
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
LISTE DES FIGURES
Pages
Figure n⁰01 : Arbre phylogénétique actuel de l’ordre Chlamydiales, basé sur la séquence 16S …..….04
Figure n⁰02 : Photo en microscopie électronique d’une inclusion à chlamydiae dans une cellule
infectée, Dr Mortemousque, ………………………………………………….……......…05
Figure n°03: Cycle de multiplication de Chlamydia trachomatis …………………………………......11
Figure n⁰04 : Foyer de localisation de l’infection à C. trachomatis ……………….…….………….....13
Figure n°05: Prélèvement endocervicale des sécrétion vaginales ……………………………..……....18
Figure n°06: Principe du test Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Tes.…...…19
Figure n°07: Préparation des échantillons……………..………..……………………….………….….20
Figure n°08: kit one step Chlamydia Swab / Urine Test………..……………………….………….….20
Figure n°09: Interprétation des résultats du test…………………………………………………….….21
Figure n°10: fréquence relative de l’infection à C. trachomatis chez les femmes à HGELBO ….....…24
Figure n°11: Répartition de la population d’étude en fonction du niveau d’instruction….……….…...29
Figure n°12 : Répartition de la population d’étude en fonction des antécédents d’IST…………......…31
Figure n°13 : Répartition de la population d’étude en fonction de la parité……...……………………32
Figure n°14 : Répartition de la population d’étude en fonction de la gestité……..……………………33
Figure n°15 : Répartition de la population d’étude en fonction de l’APRS …………………………...36
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
viii
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
LISTE DES TABLEAUX
Pages
Tableau I : Profil épidémiologique représenté en effectif et pourcentage….…………….…...……...25
Tableau II : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la tranche
l’âge……………………………………………...………………………………………27
Tableau III : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut socio-
professionnel …...………………………..……………………………………….…...…28
Tableau IV : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut
matrimonial………………...…………………………………………………………….30
Tableau V : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du nombre de
partenaires sexuels …………..………………………………………………….……….34
Tableau VI : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’utilisation ou
non du préservatif ………………………………………………………….…………….35
Tableau VII : Variable de l’équation (régression logistique)....……………..…………………………37
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
ix
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
TABLE DE MATIÈRE
Pages
Dédicaces……………………………………………………………………………………………….i
Remerciements………………………………………………………………………………………….ii
Présentation de la structure d’accueil………………………………………………………………….iv
Liste des abréviations, acronymes, sigles et symboles………………………………………………...vi
Liste des figures……………………………………………………………………………………….vii
Liste des tableaux…………………………………………………………………………………….viii
INTRODUCTION.................................................................................................................................................1
I. REVUE DE LA LITTERATURE................................................................................................................3
1. Historique ................................................................................................................................................3
2. Caractéristiques bactériologiques de C. trachomatis...............................................................................3
2.1. Taxonomie...........................................................................................................................................3
2.2. Structure ..............................................................................................................................................4
2.3. Caractéristiques antigéniques et réponse immunitaire.........................................................................6
2.4. Caractéristiques génomiques ...............................................................................................................9
2.5. Multiplication ......................................................................................................................................9
2.6. Caractère cultiraux.............................................................................................................................12
3. Chlamydia trachomatis et infection sexuellement transmissible..................................................13
II. PATIENTES, MATERIEL ET METHODES ......................................................................................16
1. Type et période d’étude...........................................................................................................................16
2. Cadre d’étude...........................................................................................................................................16
3. Population d’étude...................................................................................................................................16
3.1. Critère d’inclusion.............................................................................................................................16
3.2. Critères d’exclusion...........................................................................................................................16
3.3. Echantillon d’étude............................................................................................................................16
4. Méthodes d’étude.....................................................................................................................................17
4.1. Collecte des données .........................................................................................................................17
4.1.1. Enquête épidémiologique ..............................................................................................................17
4.1.2. Enquête biologique........................................................................................................................17
5. Variables d’étude.....................................................................................................................................21
5.1. Variables épidemiologiques (Indépendantes)....................................................................................21
5.2. Variable biologique (Dépendante).....................................................................................................22
6. Analyses statistiques................................................................................................................................22
7. Considérations éthiques ..........................................................................................................................22
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
x
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
III. RÉSULTATS ...........................................................................................................................................24
1. Fréquence relative .....................................................................................................................................24
2. Profil épidémiologique de la population d’étude.......................................................................................25
3. Analyse du profil épidémiologique associé à l’infection à C. trachomatis...............................................26
IV. DISCUSSION...........................................................................................................................................39
CONCLUSION....................................................................................................................................................44
SUGGESTIONS ..................................................................................................................................................45
V. PERSPECTIVES.........................................................................................................................................46
VI. RÉFERENCES ........................................................................................................................................47
VII. ANNEXE ..................................................................................................................................................55
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
vi
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
INTRODUCTION
La chlamydiose est l'une des infections bactériennes sexuellement transmissibles (IST) les plus
courantes dans le monde (E. Torrone 2014). Les estimations les plus récentes de l'OMS indiquent une
incidence d’environ 92 millions par an (WHO, 2005) ; aux États-Unis, environ 1,4 million de cas ont été
enregistrés en 2013 (S. Menon, 2015). Elle touche dans les trois-quarts des cas, les adolescents et les
adultes sexuellement actifs âgés de 15 à 30 ans (J. Siemer, 2008).
Cette infection est causée principalement par Chlamydia trachomatis, qui est une bactérie à
coloration de Gram négative, en forme de cocci, intracellulaire obligatoire des cellules eucaryotes,
appartenant à la famille des Chlamydiaceae (C. Elwell 2016). C. trachomatis est un pathogène très
évolué dont le génome est réduit et son chromosome se compose d'environ un million de paires de bases
et code jusqu'à 600 protéines (R. Stephens 1998). L'analyse des gènes de cette bactérie révèle que celle-
ci dépend fortement de la cellule hôte pour sa nutrition et sa réplication, ce qui indique une évolution
complexe pour son adaptation à un mode de vie intracellulaire obligatoire (A. Luján, 2016).
Chez la femme, une infection à C. trachomatis (serovars D-K) peut entraîner une cervicite, une
maladie pelvienne inflammatoire (MIP) et plus tardivement une salpingite pouvant causer l’infertilité
tubaire. Ces infections peuvent également provoquer des grossesses ectopiques, des accouchements
prématurés, des fausses couches ou encore des pneumonies néonatales. Chez l’homme, l'urètre est le site
d'infection le plus répandu, on parle de l’urétrite qui est la manifestation clinique la plus fréquente (D.
Baud, 2015).
La plupart des infections à C. trachomatis ne sont pas détectées et traitées parce que la plupart des
personnes infectées sont asymptomatiques et ne consultent pas un médecin, ce qui favorise le retard du
diagnostic, le passage à la chronicité et ainsi de suite aux complications. En l'absence de traitement, peut
induire des fibroses et des lésions cicatricielles sévères des trompes de Fallope, augmentant ainsi le
risque de maladie inflammatoire pelvienne (MIP) avec le risque de complications graves de la
reproduction, comme grossesse extra-utérine et d’infertilité tubaire (D. Baud, 2015). Ces complications
sont liées à la capacité de la bactérie de remonter les voies génitales et à provoquer des infections en haut
du tractus génital de la femme.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
2
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Dans les pays en développement, les données sur la prévalence des infections génitales à
Chlamydia trachomatis et leurs séquelles, sont rares. Au Nigeria, une étude à rapporter un taux de
prévalence de l’infection à C. trachomatis de 9,6% (E. Nwankwo, 2014). Par contre un taux de 22,5% a
été rapporté au Cameroun en 2017 (M. Chantal, 2017). Ce qui se rapprochait de 20,8<% rapporté à
Madagascar en 2017 (R. Rakotomalala Toky, 2017). Un peu plus à l’Ouest de l’Afrique, notamment au
Ghana, une étude sur la séroprévalence des Anticorps IgG spécifique dirigé contre C. trachomatis avait
rapporté un taux de 39% (J. Siemer, 2008).
En République du Congo, peu d’études ont été réalisé sur cette thématique, notamment des études
menées dans le département de Brazzaville par E. Gambio en 1995, sur « la séroprévalence de l’infection
à C. trachomatis chez les femmes en âge procréer à Brazzaville » qui avait noté un taux de 58,6% et la
thèse de médecine soutenue par A. Mpembe en 2001, sur « évolution de la prévalence de l’infection à
C. trachomatis à Brazzaville » qui avait noté un taux de 52,3 % chez les femmes.
Dans le département de la Cuvette, précisément dans la ville d’Oyo, de plus en plus des femmes venaient
consultées pour infertilité. Sachant l’implication de C. trachomatis dans la survenue de l’infertilité nous
a motivé de mener cette étude dans ce département, d’autant plus qu’aucune étude sur la fréquence de
l’infection Chlamydia trachomatis n’a été rapportée à ce jours. La présente étude visait à étudier le profil
épidémiologique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les femmes à l’Hôpital Général Edith
Lucie Bongo Ondimba (HGELBO) dans le district sanitaire Oyo allima.
Au regard des fréquences relatives obtenues dans des études antérieures, menées dans la ville de
Brazzaville, nous avons émis les hypothèses de recherche suivantes :
• La fréquence de l’infection à Chlamydia trachomatis chez des femmes à l’Hôpital Général
Edith Lucie Bongo Ondimba serait élevée ;
• Et qu’il existerait des facteurs de risque associés à cette infection.
Pour vérifier ces hypothèses, nous avons mené cette étude dont l’objectif général était de déterminer le
profil épidémiologique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les femmes à HGELBO, et de
manière précisément de :
• Décrire les caractéristiques socio-démographiques de la population d’étude ;
• Déterminer la fréquence relative de l’infection à C. trachomatis ;
• Identifier les facteurs de risque associés à l’infection.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
3
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
I. REVUE DE LA LITTERATURE
1. Historique
En 1966, Page introduit le genre Chlamydia dans la famille des Chlamydiaceae et dans l’ordre des
Chlamydiales. De plus, il affirme que le terme « virus » est incorrect et que les Chlamydiae sont des
bactéries (Page LA. 1966). Le genre Chlamydia est logiquement séparé en deux espèces : Chlamydia
trachomatis et Chlamydia psitacci. La séparation est basée sur les caractères morphologiques et
biochimiques. Elles sont les seules espèces connues jusque dans les années 1980 (Page LA. 1968).
Cependant, cette division en deux genres est à l’heure actuelle controversée. The subcommittee on the
taxonomy of the Chlamydiae propose en 2009 de revenir à un seul genre (Greub G. 2010). En 2010, ce
comité décide de créer un groupe de travail afin d’examiner toutes les séquences du génome des souches
disponibles des Chlamydiaceae afin de parvenir à une décision finale sur la réunification des genres
(Greub G. 2010). Quant à elle, la dernière édition du manuel de bactériologie systématique de Bergey
est déjà retournée à l’unique genre Chlamydia (Kuo CC, Stephens RS, Bavoil PM et al. 2011). De plus,
deux nouvelles espèces ont été découvertes, il s’agit de C. avium qui infecte les pigeons et C. gallinacea
qui infecte les volailles (K. Sachse, et al. 2014).
2. Caractéristiques bactériologiques de C. trachomatis
2.1. Taxonomie
Grâce au séquençage de l’acide ribonucléique ribosomal ARNr, il est permis de rattacher les Chlamydiae
aux eubactéries. C. trachomatis appartient à l’ordre des Chlamydiales qui comprenant 4 familles : les
Chlamydiaceae, les Parachlamydiaceae, les Simkaniaceae et les Waddiaceae. La famille des
Chlamydiaceae comprend 2 genres et 9 espèces : le genre Chlamydia et le genre Chlamydophila.
Chaque genre comprend différentes espèces parmi lesquelles certaines sont retrouvées chez l’Homme :
• Trois espèces chez le genre Chlamydia :
- Chlamydia trachomatis : espèce humaine
- Chlamydia muridarum : espèce murine, responsable de pneumonies
- Chlamydia suis : espèce porcine, responsable de conjonctivites, entérites et pneumonies
• Six espèces chez le genre Chlamydophila :
- Chlamydophila pneumoniae : espèce humaine, responsable de pneumonies sévères et
atypiques
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
4
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
- Chlamydophila psittaci : espèce retrouvée chez l’oiseau, responsable de la psittacose et
de l’ornithose et retrouvée occasionnellement chez l’Homme
- Chlamydophila abortus
- Chlamydophila felis : espèce spécifique aux chats
- Chlamydophila caviae : espèce spécifique aux cochons d’Inde
- Chlamydophila pecorum : espèce isolée de plusieurs mammifères
2.2. Structure
2.2.1. Morphologie
C. trachomatis est un pathogène bactérien intracellulaire obligatoire à Gram-négatif ayant un cycle de
développement biphasique unique : Corps élémentaire (CE) et Corps Réticulé (CR). Les corps
élémentaires, la forme infectieuse de C. trachomatis, se présentent sous forme de particules rondes, de
Figure n°01: Arbre phylogénétique actuel de l’ordre Chlamydiales, basé sur la séquence 16S
(Taylor-Brown and Polkinghorne, 2017)
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
5
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
petite taille (environ 0,3 μm de diamètre) et apparaissant denses aux électrons. Les CE possède deux
particularités morphologiques, outre leur taille, qui les distinguent des corps réticulés. Comme expliqué
auparavant, leur nucléoide est particulièrement condensé.
De plus, leur membrane externe présente une composition et une structure particulière. Contrairement
aux autres bactéries Gram-négatives, les corps élémentaires de C. trachomatis n’utilisent pas de
peptidoglycanes, présents en quantité quasiment indétectable dans la membrane, pour obtenir de la
rigidité (Hackstadt et al., 1985; Liechti et al., 2013; Hatch, 1996). La rigidité est conférée par un
complexe protéique spécifique, présent dans la membrane externe et constitué d’un ensemble de
protéines riches en cystéines, liées de façon covalente par des ponts disulfures intra- et inter-chaînes. Le
réseau dense ainsi formé confère aux bactéries une résistance aux stress osmotiques et mécaniques,
notamment dans l’environnement extracellulaire (Caldwell et al., ; S. Menon, 2015).
Chlamydia trachomatis évolue sous trois formes antigéniquement distinctes :
• Le corps élémentaire, forme extracellulaire responsable de la transmission de l’infection,
limitée par une membrane cytoplasmique et une paroi proche de celle des bactéries à Gram
négatif. La membrane externe de la paroi contient le lipopolysaccharide (LPS), spécifique du
genre et responsable des réactions sérologiques croisées non seulement entre les espèces du
genre mais avec des espèces d’autres genres, ainsi que des protéines de structure comme
MOMP (major outer membrane protein) ou Omp 1, spécifiques d’espèce et de sérovars
fortement immunogènes.
• Le corps réticulé, forme intracellulaire de multiplication et non infectieux, dans laquelle le
chromosome est sous forme relâchée par absence des protéines Omp 2 et Omp3 ;
• Le corps aberrant, forme de persistance responsable d’infection chronique,
morphologiquement anormale, viable mais non cultivable. Cette forme possède une structure
antigénique particulière, riche en protéines de stress Chsp 60 (heat shock protein spécifique
des chlamydiae) et dépourvue de MOMP (18).
Figure n°02: Photo en microscopie électronique d’une inclusion à chlamydiae dans une cellule infectée, ,
Dr Mortemousque et al- , Laboratoire de Microscopie électronique, Université de Bordeaux I
CE : Corps élémentaire
CR : Corps réticulé
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
6
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
2.2.2. La paroi
Les Chlamydiae sont limitées par une membrane cytoplasmique et par une paroi, proche de celle des
bactéries à Gram négatif. Ils sont caractérisés par leur enveloppe cellulaire, qui sont composées d’une
fine paroi cellulaire peptidoglycane prise en sandwich entre une membrane cellulaire cytoplasmique
interne et une membrane externe contenant du lipopolysaccharide (LPS) (C. Elwell 2016).
2.3. Caractéristiques antigéniques et réponse immunitaire
2.3.1. Caractéristiques antigénique
Au sein de chaque espèce, nous retrouvons des biovars. Les biovars sont des souches qui diffèrent de
par leurs caractéristiques biologiques. Chacun peut être par la suite différencié par des sérovars, souches
variant par les épitopes portés par la protéine majeure de leur membrane externe (PMME) ou major
outer membrane protein (MOMP).
L’analyse des communautés antigéniques de la PMME a permis de distinguer 19 sérovars des souches
du Chlamydia trachomatis et les regrouper en 3 complexes répartis sur les 2 biovars :
• Biovar trachoma : infecte les muqueuses
- Sérovars A, B, Ba et C : responsables de lésions oculaires (trachomes)
- Sérovars D, Da, E, F, G,Ga, H, I, Ia, J et K: responsables de lésions génitales,
conjonctivites et pneumonies néonatales
• Biovar LGV : infecte les ganglions lymphatiques
- Sérovars L1, L2, L2a et L3 : responsables de la lymphogranulomatose vénérienne
2.3.2. Protéines de la membrane externe
La membrane externe de C. trachomatis comprend plusieurs protéines riches en résidus cystéine : la
MOMP ou protéine omp 1 de poids moléculaire (PM) proche de 40 kDa, OmcB ou protéines omp2 de
60 kDa et PmpD ou protéine omp3 de 15 kDa. Ces protéines assurent la rigidité de la membrane par la
présence de ponts disulfures intra- et intermoléculaires, et sont responsables de la remarquable résistance
du CE au stress mécanique et osmotique. La richesse en cystéine de ces protéines de surface, est
importante, respectivement de 8, 37 et 14 résidus. Le CR est comparativement plus fragile car déficient
en protéines omp2 et omp3 (Karim, 2013).
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
7
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
La MOMP représente 60 % du poids sec de la membrane externe. Glycosylée, elle se présente sous
forme multimérique transmembranaire dans le CE et sous forme monomérique dans le CR. Cette
protéine, présente durant tout le cycle de développement de la bactérie, est constituée de quatre domaines
variables (DV) hydrophiles encadrés par cinq domaines constants (DC) hydrophobes. Les DV sont
exposés à la surface de la bactérie alors que les DC sont enchâssés dans la membrane (C. Elwell 2016).
La MOMP de C. trachomatis est un puissant immunogène. Elle porte des épitopes ayant des spécificités
de genre, d'espèce, et de sérovars. La détermination des sérovars a été réalisée grâce à des anticorps
monoclonaux reconnaissant les épitopes portés par les DV, en particulier par le DV4.
En plus de son rôle structural, cette protéine aurait une fonction de porine (Zabak K., 1999) et jouerait
un rôle dans l'adhésion, particulièrement les DV2 et DV4 (C. Elwell 2016). Trois protéines d'enveloppe,
décrites chez les différentes espèces de Chlamydia, montrent de grandes homologies avec les protéines
de la famille heat shock protein (hsp), une protéine hsp-70, une protéine hsp-12 et une protéine hsp-60.
La protéine hsp-70 jouerait un rôle dans l'attachement du CE à la cellule hôte. Des anticorps dirigés
contre cette protéine inhibent l'infectivité in vitro. La protéine hsp-60 serait associée à la réponse
d'hypersensibilité de type retardé dans les infections chroniques et la production d'anticorps anti-hsp-60
a été trouvée fortement corrélée à des pathologies sévères comme les salpingites ou leurs conséquences
comme les grossesses extra-utérines (Karim, 2013).
2.3.3. Réponse immunitaire innées et adaptatives à l'infection à Chlamydia chez la femme
Normalement, l’appareil reproducteur féminin n’a pas de tissu lymphoïde organisé associé, mais il existe
des cellules dendritiques, des macrophages et quelques lymphocytes résidents dispersés dans les quatre
zones épithéliales principales, le vagin, le col de l’utérus, les trompes de Fallope (Givan et al ., 2007).
L'infection au C. trachomatis se produit généralement dans le tractus génital inférieur. Lors de
l’infection, les cellules immunitaires (CPA) telles que les lymphocytes, les macrophages et les cellules
dendritiques sont séquestrées sur le site de l'infection et s’infiltre dans l'épithélium où elles commencent
à libérer des cytokines pro-inflammatoires telles que l'IFNγ et l'IL-12. Les chimiokines activent à leur
tour les cellules NK (Natural Killer) et induisent la maturation des cellules T en cellules T CD8 + ou
CD4 +.
Au site d'infection, il existe une forte réaction inflammatoire médiée principalement par les
lymphocytes T CD4 + présentant un phénotype Th1 qui interagissent avec les cellules B via le récepteur
des cellules T (TCR) et le complexe majeur d'histocompatibilité (MHC) pour produire des anticorps
contre l'infection à Chlamydia. (Loomis et Starnbach, 2002, figure 2). La production de l'interféron-γ
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
8
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
(IFN-γ), est connu pour inhiber la reproduction des Chlamydes (Perry et al., 1997). Cependant, il existe
des preuves que la concentration d'IFN-γ est essentielle au résultat de l’infection ; des niveaux élevés
d'IFN-γ sont associés à la suppression de l'infection, alors que de faibles niveaux peuvent permettre à la
bactérie de persister sans se répliquer. L’infection à Ct peut persister plusieurs années et la réinfection
est courante. Il a été démontré que la réinfection peut entraîner une forte réponse immunitaire secondaire
et l'inflammation accrue peut causer d'autres dommages à l'appareil reproducteur. Cela a été suggéré
comme étant le cas dans la maladie inflammatoire pelvienne chronique (Hillis et al ., 1997). Si l’infection
se propage plus haut dans le tractus jusqu’à l’utérus et aux trompes de Fallope, le risque de grossesse
extra-utérine et de stérilité due à des lésions des trompes est élevé. On ne sait toujours pas combien de
dégâts sont causés par le Ct ni par la réponse immunitaire de l'hôte (Shaw et al ., 2011).
2.3.4. Echappement au système immunitaire
La vacuole contenant la bactérie phagocytée échappe à la fusion avec le lysosome. Deux
mécanismes pourraient expliquer ce phénomène : une phase de fusion plus tardive avec le lysosome due
à des propriétés intrinsèques du CE, et une modification active des capacités de liaison de la vacuole
(Scidmore et al., 2003). La vacuole de phagocytose peut cependant fusionner avec les vacuoles
d’exocytose contenant des lipides nécessaires à son développement (Elwell et al, 2012).
Les Chlamydia peuvent aussi persister de façon chronique à l’intérieur de la cellule. Le système
immunitaire ne peut alors pas les atteindre et donc les éliminer. Différents mécanismes semblent
déclencher cette persistance : action de l’IFN-ϒ par la diminution de tryptophane dans le milieu (Pantoja
et al., 2001; Wyrick and Richmond, 1989), carence en fer (Raulston et al, 1997), infection par les phages
(Hsia et al., 2000), co-infection avec les virus (Borel et al., 2010) ou un modèle d’infection persistante
(Kutlin et al., 2001), dont les conséquences pourraient être une carence en glucose et en acides aminés
dans le milieu, ce qui provoque aussi la formation de corps aberrant (Harper et al., 2000). L’exposition
à certains antibiotiques provoque aussi la formation de corps aberrant : c’est le cas lors de l’exposition
de C. trachomatis à l’orofloxacine et la ciprofloxacine, pouvant expliquer les échecs de traitements
observés in vivo (Dreses-Werringloer et al., 2000). Une exposition in vitro de cellules infectées avec C.
psittaci à de la pénicilline inhibe la formation de CE infectant à partir de CR, et résulte en la formation
de CR persistants. Le cycle de développement de la bactérie reprend quelques heures après le retrait de
la pénicilline du milieu de culture, indiquant la viabilité des particules observées (Matsumoto et al,
1970).
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
9
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
2.4.Caractéristiques génomiques
Les Chlamydiae ont un génome considérablement réduit (1,09 Mb codant pour 895 cadres de lecture
ouverts pour C. trachomatis ) dépourvu de nombreuses enzymes métaboliques, ce qui fait que ces
bactéries dépendent de l’hôte pour la plupart de leurs besoins métaboliques (C. Elwell 2016). La capacité
codante est d'environ 600 protéines. L'étude du génome de C. trachomatis a montré que les parties
codantes étaient réparties uniformément sur le chromosome, sans duplication de grandes parties du
génome, souvent rencontrées chez les bactéries. Une région à forte diversité génomique, appelée « zone
de plasticité », code un ensemble de facteurs de virulence, notamment la cytotoxine, le complexe
d'attaque membranaire / protéine perforine (MACPF) et la phospholipase D, pouvant jouer un rôle dans
le tropisme de l'hôte et la niche spécificité. Les Chlamydiae codent pour un grand nombre d'effecteurs
de virulence, qui comprennent ~ 10% de leur génome (B.Hampikian HJ, 2010).
Ces effecteurs sont délivrés par des systèmes spécialisés de sécrétion à la surface bactérienne (par un
système de sécrétion de type V (T5SS)), par la lumière d’inclusion (par un système de sécrétion de type
II (T2SS)) ou dans le cytosol ou la membrane d’inclusion de la cellule hôte (par un système de sécrétion
de type III (T3SS)) (C. Elwell 2016). Le gène le plus étudié est le gène omp1 codant pour la MOMP. Ce
gène, présent en copie unique dans le génome, est composé de quatre domaines variables encadrés par
cinq domaines constants. L'expression de omp1 permettant de produire la MOMP tout au long du cycle
de développement de C. trachomatis, serait régulée au niveau transcriptionnel, par des promoteurs en
tandem. Le cycle unique de réplication de Chlamydia trachomatis exige une coordination par des gènes
de contrôle. Ces gènes de contrôle sont probablement organisés en opérons. Quelques opérons ont été
décrits chez Chlamydia (C. Elwell 2016).
2.5. Multiplication
2.5.1. Liaison et adhésion de C. trachomatis à la cellule hôte
La reconnaissance de l'infection à Chlamydia par les récepteurs de reconnaissance de formes conduit à
une immunité cellulaire autonome et à la production de cytokines pro-inflammatoires. Les antigènes de
Chlamydia peuvent être reconnus par des capteurs pathogènes de surface cellulaire, endosomaux ou
cytosoliques. Au contact des cellules hôtes, des effecteurs liés à l'invasion sont injectés via le T3SS pour
induire des réarrangements cytosquelettiques et la signalisation de l'hôte. Le récepteur Toll-like 4
(TLR4) reconnaît le lipopolysaccharide (LPS) ou la protéine de choc thermique de 60 kDa (HSP60),
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
10
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
tandis que le TLR2 reconnaît le peptidoglycane, la protéine inhibitrice des macrophages (MIP) et / ou
les ligands régulés par un plasmide (C. Elwell 2016).
L'adhésion de C. trachomatis, est un processus en deux étapes qui est médiatisé par une interaction de
faible affinité avec les protéoglycanes sulfate d'héparane (HSPG), suivie d'une liaison de haute affinité
aux récepteurs (TLR4 et TLR2) de la cellule hôte. OmcB (également connu sous le nom de CT443) de
C. trachomatis assure la médiation de la fixation aux HSPG. Le niveau et la position de la sulfatation
dans les HSPG jouent un rôle important dans la liaison de C. trachomatis et peuvent contribuer au
tropisme tissulaire (C. Elwell 2016). Au contact des cellules hôtes, des effecteurs liés à l'invasion sont
injectés via le T3SS pour induire des réarrangements cytosquelettiques et la signalisation de l'hôte. Dans
Chlamydia trachomatis, la phosphoprotéine recrutant de l’actine transloquée (TarP), CT166 et CT694
sont d’abord sécrétées, suivies du TepP. TarP et TepP sont des tyrosines phosphorylées par des kinases
hôtes (C. Elwell 2016).
L'adhérence est également liée à la famille des protéines membranaires polymorphes (Pmp) chez
C. trachomatis. Pmp21 (également connu sous le nom de Cpn0963) se lie au récepteur du facteur de
croissance épidermique (EGFR) et agit à la fois comme une adhésine et une invasine (C. Elwell 2016).
2.5.2. Cycle de multiplication de Chlamydia trachomatis
Le cycle de développement comprend plusieurs étapes : dans un premier temps, le corps élémentaire
(CE) se fixe et entre dans la cellule hôte puis il se différencie en corps réticulé (CR). Sous cette dernière
forme il est capable de se multiplier puis se différencie en corps élémentaire, qui seront libérés par
exocytose (C. Elwell 2016) (Fig.3).
Le corps aberrant de persistance survient lors de circonstances particulières qui altèrent le
développement du cycle, notamment en présence de cytokines tel que l’interféron. La bactérie ne peut
plus se multiplier mais sa persistance contribuerait à l'installation d'une infection chronique responsable
de séquelles caractéristiques, de diagnostic et de traitement difficile. La liaison des corps élémentaires
aux cellules hôtes est initiée par la formation d'un pont trimoléculaire entre les adhésines bactériennes,
les récepteurs de l'hôte et les protéoglycanes de l'héparane sulfate (HSPG) de l'hôte. Ensuite, des
effecteurs pré-synthétisés de type III (T3SS) sont injectés dans la cellule hôte, certains d'entre eux initiant
des réarrangements cytosquelettiques pour faciliter l'internalisation et / ou initier une signalisation
mitogène pour établir un état anti-apoptotique. Le corps élémentaire est endocytosé dans un
compartiment lié à la membrane, appelé inclusion, qui se dissocie rapidement de la voie endolysosomale
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
11
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
canonique. La synthèse protéique bactérienne commence, les corps élémentaires se convertissent en
corps réticulés et les protéines membranaires d'inclusion (Incs) nouvellement sécrétées favorisent
l'acquisition des nutriments en redirigeant les vésicules exocytaires en transit de l'appareil de Golgi vers
la membrane plasmique. L'inclusion naissante est transportée, probablement par un Inc, le long de
microtubules vers le centre d'organisation des microtubules (MTOC) ou le centrosome. Au milieu du
cycle, les corps réticulés se répliquent de manière exponentielle et sécrètent des effecteurs
supplémentaires modulant les processus dans la cellule hôte. Dans des conditions de stress, les corps
réticulés entrent dans un état persistant et se transforment en corps aberrants élargis. Les bactéries
peuvent être réactivées lors de l'élimination du stress. Aux derniers stades de l'infection, Les corps
réticulés sécrètent des effecteurs en fin de cycle et synthétisent des effecteurs spécifiques à un corps
élémentaire avant de se différencier en corps élémentaires. Les corps élémentaires quittent l'hôte par lyse
ou extrusion.
Figure n°03: Cycle de multiplication de Chlamydia trachomatis, D’après (C. Elwell 2016)
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
12
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
2.6. Caractère cultiraux
C. trachomatis est une bactérie parasitant obligatoirement l’Homme. De par son caractère strictement
intracellulaire, cette bactérie se développe in vitro uniquement en cultures cellulaires. Pour C.
trachomatis, deux lignées sont habituellement utilisées : les cellules McCoy et les cellules HeLa 229 (Eb
F. 2002), cultivés à 37°C pendant 48 à 72h (B Hajikhani,et al. 2013) avec 5% de CO₂ et un taux élevé
de glucose (AbdelRahman YM, Rose LA, Belland RJ. 2010). La bactérie ne peut être cultivée
directement dans des bouillons nutritifs ou sur gélose, même au sang (Hajikhani B, Motallebi T, Norouzi
J et al. 2013). La mise en culture est possible à partir de tout type de prélèvement. Seuls les spermes
peuvent être toxiques pour les cellules (Corsaro D, Le Faou A. 2002).
De façon pratique, en biologie médicale, quel que soit le type de technique de détection utilisée, il est
indispensable de déposer le prélèvement supposé renfermer C. trachomatis dans un milieu de transport.
Les milieux et conditions de transport du prélèvement sont adaptés à la technique de détection utilisée.
Seule la culture cellulaire exige des conditions strictes de transport, délai et température. Pour la
recherche de la bactérie par mise en culture, le milieu le plus utilisé est le milieu saccharose-phosphate
2SP constitué de phosphate de potassium (0,02 M) et de saccharose (0,2 M) additionné ou non de 5% de
sérum de veau foetal (De Barbeyrac B, Bébéar C. 1997). Dans le cas d’une culture, si le délai est inférieur
à 24 h, le prélèvement doit être conservé à +4°C. Si le délai est supérieur à 24 h, le prélèvement doit être
conservé à -70°C. Par contre, si une amplification par PCR est pratiquée, une conservation à température
ambiante est possible pendant 24 à 48 h ou une semaine à +4°C (Eb F. 2002). Dans une étude
d’autoprélèvement vaginal, les prélèvements sont stockés à +4°C au laboratoire, et si les prélèvements
ne peuvent être étudié dans les 24 h, ils sont alors stockés à -20°C (De Barbeyrac B, Raherison S, Clerc
M et al. 2007). Pour finir, des antibiotiques et des antifongiques sont additionnés au milieu de transport.
La vancomycine et la gentamicine ainsi que la nystatine et l’amphotéricine B sont le plus souvent
utilisées (C. Barnes 1989).
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
13
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Lésion
s
Trompe
3. Chlamydia trachomatis et infection sexuellement transmissible
Les infections à C. trachomatis évoluent selon deux modes, aigu et chronique, ce qui soulève la question
de la persistance de la bactérie malgré la réponse immune de l’hôte et une antibiothérapie active. La
complexité de la physiopathologie de ces infections rend le diagnostic biologique difficile et constitue
clairement un fardeau majeur pour la santé publique. La prévalence des infections à C. trachomatis est
très importante puisqu’elles touchent des millions d’individus. Elles devancent les infections
gonococciques dans les pays industrialisés. Elles représentent environ 30 – 50% des infections génitales
non gonococciques et 70 – 80% des UPG (Urétrites post- gonococciques) (Cheikh, 2002). La figure 1,
nous montre les foyers de localisations de l’infection à C. trachomatis.
Figure n°04: Foyer de localisation de l’infection à C. trachomatis (www.dreamstime.com/
Chlamydia-trachomatis)
Vaginite
Cervicite
Endométrite
Salpingite
Ovule
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
14
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3.1. Epidémiologie
3.1.1. Facteurs de favorisants
Les facteurs de risques de cette IST, induite par les sérovars D à K de C. trachomatis, sont nombreux et
bien connus. Le facteur le plus important pour de nombreux auteurs est l’âge jeune, c’est-à-dire moins
de 20 ou 25 ans.
Ensuite, l’utilisation de pilule contraceptive et la non-utilisation de préservatifs sont des facteurs
défavorisant.
Pour finir, les comportements sexuels à risque permettent la diffusion de l’infection, notamment, la
multiplicité des partenaires sexuels avec un risque élevé pour plus d’un partenaire par an, mais aussi la
précocité des rapports sexuels, ainsi que de nouveaux partenaires ou le célibat (D. Corsaro, et al. 2002 ;
B. Barbeyrac, al. 2007).
L’étude en france de 2006 a permis d’approfondir l’identification des facteurs de risques associés,
indépendamment pour les femmes et pour les hommes de 18 à 29 ans. Pour les femmes, ces facteurs sont
l’absence de diplôme, le fait d’avoir eu, dans les 12 derniers mois au moins, trois partenaires sexuels ou
des partenaires du même sexe, ou d’avoir eu un partenaire occasionnel comme dernier partenaire sexuel.
Pour les hommes, deux facteurs se démarquent, à savoir le fait d’avoir eu un partenaire occasionnel ou
nouveau comme dernier partenaire sexuel et le fait d’habiter en Ile-de-France (V. Goulet et al. 2011).
Précisons maintenant quels sont les modes de transmission de l’IST à C. trachomatis.
3.1.2. Les modes de Transmissions
L’infection causée par les sérovars D à K de C. trachomatis est une IST, c’est-à-dire que la transmission
se fait lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne infectée. La probabilité que les deux
partenaires soient contaminés lorsqu’un des deux affiche une positivité pour C. trachomatis est de 40 à
60% (Norman J. 2002).
Un deuxième mode de transmission existe, la transmission materno-foetale lors de l’accouchement. Au
cours de la grossesse, environ 5% des femmes présentent l’infection à C. trachomatis. L’infection
cervicale est le plus souvent inapparente (Jacquemard F. 2004). La transmission materno-foetale se fait
lors du passage de la filière génitale infectée (Bellulo S, Bosdure E, David M et al. 2012). Dans le cas
d’une parturiente infectée, elle est effective dans 50 à 70% des cas d’accouchements par voie basse
(Sarlangue J, Castella C. 2005).
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
15
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
En ce qui concerne l’infection oculaire, C. trachomatis est actuellement la cause la plus fréquente des
conjonctivites néonatales, impliquée dans 50 à 75% des cas (Sarlangue J, Castella C. 2005). La
conjonctivite se déclare dans les 8 jours après l’accouchement.
3.2. Physiopathologie
Il est important de notifier que l’infection transmise lors d’un rapport sexuel non protégé est diffusée par
propagation du sperme contenant C. trachomatis dans les trompes de Fallope. Cependant, la femme est
aussi un réservoir de ce micro-organisme et une menace non seulement pour ses partenaires mais aussi
pour sa progéniture (I. Choroszi-krol,et al. 2012).
3.3. Diagnostic biologique
Les tests de détection de C. trachomatis peuvent être classés en deux groupes :
• Ceux permettant un diagnostic direct (biologie moléculaire, recherche d’antigènes, culture
cellulaire) ;
• Ceux permettant un diagnostic indirect (recherche d’anticorps).
La prescription des examens biologiques doit être accompagnée de renseignements cliniques suffisants
permettant de justifier la nature et la qualité des prélèvements réalisés et le choix des méthodes de
diagnostic à mettre en œuvre
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
16
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
II. PATIENTES, MATERIEL ET METHODES
1. Type et période d’étude
Il s’est agi d’une étude transversale et analytique qui s’est déroulée du 17 juin au 28 décembre 2019 ,
soit une période de sept (7) mois
2. Cadre d’étude
Notre étude a été menée à l’hôpital général Edith Lucie Bongo Ondimba d’Oyo, dont les
services concernés étaient :
• Le laboratoire d’analyse médicale et morphologique : Dans ce service nous avons prélevé nos
échantillons
• Le Centre de Recherche et d’Etude des Pathologies Infectieuses et Tropicales (CREPIT) :
Dans ce centre, nous avons analysé nos échantillons dans l’unité d’immuno-sérologie
et effectué différent test statistique.
3. Population d’étude
La population cible d’où a été tiré notre échantillon d’études était constituée des tout venant et des
femmes vues en conultation externe (médecine et gynécologie) et pendant la periode d’étude. Toutes
averties et renseignées sur l’étude.
3.1.Critère d’inclusion
Nous avons inclus toutes les femmes en âge de procréer, sexuellement actives, et ayant données leur
consentement éclairé.
3.2.Critères d’exclusion
Les femmes en menstruation et celles ayant un traitement d'antibiothérapie aux cycline (doxycycline et
tétracyclines) ou azithromycine (Zithromax), en cours ou datant d’environ un (1) mois ont été
excluses.
3.3. Echantillon d’étude
Le mode d’échantillonnage a été tirage aléatoire simple parmi les patientes qui ont répondu aux critères
de sélection. Ainsi, un échantillon de 72 patientes a été constitué.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
17
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
4. Méthodes d’étude
4.1.Collecte des données
Les patientes retenus ont fait l’objet d’une double enquête : épidémiologique, et biologique.
4.1.1. Enquête épidémiologique
Avant chaque prélèvement, les patientes incluses ont été informés sur le déroulement de l’étude et de
ses objectifs à partir d’une fiche d’information (annexe I) conçue uniquement à cet effet. Après avoir
obtenu leur consentement éclairé et écrit (annexe III) à l’étude, les patients ont répondu à un
questionnaire standardisé (annexe II) afin de collecter des informations permettant d’identifier
l’existence ou non des comportements à risque ou potentiellement à risque de transmission de l’infection
à C. trachomatis. Ces informations se rapportaient aux données sociodémographiques et à l’ensemble
des variables relatives aux facteurs de risque de transmission.
Nous avons mené des entretiens en français (langue officielle), et en lingala (langues nationales) et/ou
en dialecte local si nécessaire avec l’aide d’un interprète. Le choix de la langue a été fonction des
connaissances du patient. Un code et un numéro d’identification étaient attribués à chaque femmes afin
de garantir la confidentialité des données et leur anonymat.
4.1.2. Enquête biologique
Les patientes ayant répondu aux critères de sélection ont bénéficié des prélèvements gynécologique pour
la réalisation d’études biologiques.
4.1.2.1. Mode opératoire
(i) Etape Pré-Analytique
Ayant obtenu le consentement éclairé et recueilli les reponses aux questionnaires, nous invitions la
patiente à retirer le bas de ses vêtements et à s’installer sur le lit en position gynecologique. A l’aide du
spéculum jetable, à usage unique, nous avons prélevé les sécrétions au niveau de l’endocol avec un
écouvillon, en frottant le canal endocervical par un mouvement de rotation. Nous avons utiliser deux (2)
écouvillon par patiente: un écouvillon pour l’examen biologique et l’autre écouvillon pour la
conservation de l’échantillon et les perspectives de l’étude.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
18
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Figure n°05: Prélèvement endocervicale des sécrétion vaginales (www.google.com/prelevement-
endocervicale)
Les échantillons bien identifiés sont conduits dans l’unité d’immuno-serologie pour l’analyse
biologique.
(ii) Etape analytique
L’étude analytique s’est basée principalement sur la détéction de l’antigène MOMP en utilisant le test
d’Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Test du fournisseur WONDFO. Il
s’agit un test de troisième génétation dont la sensibilité est estimée à 93.58% et la spécificité à 99.08%
(https://en.wondfo.com.cn/product/one-step-chlamydia-test/brochure.pdf)
Spéculum à usage unique
Ecouvillons
Sécrétion endocervicale
Col de l’utérus
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
19
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
- Principe du test
Le test d’Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Test est un test de dépistage
rapide de Chlamydia trachomatis basé sur le principe d’immunochromatographie sur membrane de
nitrocellulose.
Si l'antigène recherché est présent, il se lie avec un anticorps marqué le plus souvent à l'or colloïdal.
Sous l'effet d'un tampon lyse-migration, les complexes antigènes-anticorps migrent par capillarité et sont
arrêtés par des anticorps de capture fixés sur la membrane. Un résultat positif se traduit par l'apparition
d'une ligne colorée. L'excès de complexe conjugué continue à migrer et est immobilisé par un anticorps
(anti-lapin ou anti-souris), l'accumulation des complexes colorés entraîne l'apparition d'une ligne
colorée, cette seconde ligne ou ligne de contrôle valide le bon fonctionnement de la réaction. En cas de
réaction négative, seule la ligne contrôle est colorée. L'apparition des bandes est rapide en 15 à 20 mn.
- Pratique du t
Figure n°06: Principe du test Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Test
(http://www.cytodiagnostics.com/store/pc/Lateral-Flow-Immunoassays-d6.htm)
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
20
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
- Procédure de réalisation du test
L’ensemble du matériel et des échantillons ont été placés à température ambiante avant la réalisation des
tests. Après l’ouverture du sachet, la cassette a été déposée sur une surface plane, propre et sèche,
préalablement désinfectée à l’hypochlorite de sodium (eau de javel).
Sortant de la salle de prélèvement, l’écouvillon de l’échantillon est placé dans un cryotube fourni dans
le kit. Ce cryotube est étiqueté à l’aide d’un code de manière approprier, ensuite en y ajoute 8 gouttes
(environ 300µl) du tampon A dans le cryotube contenant l’écouvillon de l’échantillon. On agite
l’écouvillon légèrement pendant environ 30 secondes pour mélanger la solution, puis incuber à
température ambiante pendant 5 minutes.
Après 5 minutes d’incubation, on y ajoute 8 gouttes (environ 300µl) du tampon B dans le cryotybe,
contenant le tampon A et l’écouvillon de l’échantillon. On agite l’écouvillon légèrement pendant environ
30 secondes pour mélanger la solution, puis incuber à température ambiante pendant 5 minutes. La
lecture et l’interprétation des résultats ont été faites au bout de 15 minutes pour tous les tests utilisés
(figure n°08).
Constitution du kit
1. 25 sachets contenant chacun
- Une cassette du test
- Une mini pipette
2. 25 cryotubes
3. 25 écouvillons stériles
4. Un flacon de réactif A (en rouge : 7.5 mL)
5. Un flacon de réactif B (en jaune : 7.5 mL)
6. Une notice d’instruction à l’utilisation
Figure n°08: kit one step Chlamydia Swab / Urine Test
Figure n°07: Préparation des échantillons
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
21
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
(iii) Etape Post-analytique
Figure n°09 : Interprétation des résultats du test
(http://portuguese.alibaba.com/product-gs/one-step-Chlamydia-rapid-test-whole-1952448654.html)
Un test positif (+) s’est révélé par l’apparution de 2 bandes (test et le control), et un test négatif (-) par
l’apparution d’une seul bande (contrôle). L’apparution d’une bande uniquement sur la zone test (T), et
l’absence totale de bande sur la cassettes ont été considéré comme test invalide (figure 8).
5. Variables d’étude
5.1. Variables épidemiologiques (Indépendantes)
• Âge ;
• Profession ;
• Niveau d’instruction ;
• Statut matrimonial.
• Parité,
• Gestité,
Test - Test +
• Antécedents aux IST,
• Multiplicité de partenaires sexuels,
• Non usage du préservatif,
• Âge du premier rapport sexuel.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
22
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
5.2. Variable biologique (Dépendante)
La seule variable biologique étudiée était le résultat du test immuno-chromatographique à C.
trachomatis, en détéctant l’antigène MOMP : test CT+ / CT-
6. Analyses statistiques
Les analyses statistiques comprennent trois (3) élements essentiels : La confection de la base de
donnée, les tests statistiques et l’interprétation des résultats. Nous avons utilisé le logiciel Microsoft
office (Excel) version 2019, pour la confection de la base de données et l’élaboration des graffes. Les
analyses statistiques ont été réalisées à partir du logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS)
version 19.0 (IBM Corp., Armonk, NY, USA), en éffectuant deux (2) test :
• Chi2 de Pearson ou le test Fisher exact : pour mésurer la significativité statistique de
l’association ou la dépendance des variables étudiées avec une p value fixé à 0,05;
• Regression logistique / Odd ratio (OR) : pour mésurer l’intensié de cette association avec le
risque relatif à l’infection à C. trachomatis (facteurs de risques) pour chaque variable
indépendante avec une intervalle de confiance à 95% (IC 95%)
7. Considérations éthiques
Notre étude s’est inscrite dans le cadre d’une recherche scientifique sur des humains. De ce fait, la
confidentialité des données et l’anonymat des patientes ont été respectés. N’avait accès à la base de
données que le peronnel de l’étude habilité avec un système de mot de passe. Aucune patiente n’a été
incluse sans son accord préalable et son consentement éclairé lu et signé. La gratuité des analyses
immuno-chromatographique a été assurée et garantie pour toutes les patientes.
Dans le cadre d’un partenariat de recherche établi entre l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba
d’Oyo et l’Université Marien N’GOUABI, une autorisation de mise en stage nous a été accordé pour la
réalisation de ce mémoire.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
23
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
24
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
36,00%
64%
Positif (+)
Négatif (-)
36%
64%
III.RÉSULTATS
1. Fréquence relative
A l’issue de cette étude, nous avons obtenu 72 échantillons, dont 26 positifs et 46 négatifs. La fréquence
relative de l’infection à C. trachomatis a été déterminée à 36% des femmes atteintes sur 64% des femmes
non atteintes par l’infection (figure 09).
Figure n°10 : fréquence relative de l’infection à C. trachomatis chez les femmes à HGELBO
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
25
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
2. Profil épidémiologique de la population d’étude
Tableau I : Profil épidémiologique représenté en effectif et pourcentage
Caractéristiques Effectif Pourcentage (%)
Âge (ans)
14 à 25
26 à 35
36 à 45
29
23
20
40%
32%
28%
Statut socio-professionnel
Commerçante
Fonctionnaire
Elève / Etudiante
Hôtesse
29
14
25
4
40%
19%
35%
6%
Niveau d’instruction
Primaire
Secondaire
Supérieur
5
18
22
32
25%
31%
44%
Statut matrimonial
Célibataire
Concubinage
Mariée
30
32
10
42%
44%
14%
Parité
Pas d’enfant
1 à 2
3 à 4
≥ 5
24
36
8
4
33%
50%
11%
6%
Gestité
Pas de grossesse
1 à 2
3 à 4
≥ 5
10
26
16
20
14%
36%
22%
28%
Antécédent IST
NON
OUI
66
6
92%
8%
Nombre de partenaire sexuel
≤ 5
6 à 10
11 à 15
16 à 20
>20
51
11
3
4
3
71%
15%
4%
6%
4%
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
26
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3. Analyse du profil épidémiologique associé à l’infection à C. trachomatis
Nous avons recherché l’existence d’un risque relatif et de dépendance entre l’infection à C. trachomatis
et les facteurs de risque de contamination par des tests statistiques de Pearson et de Fisher exact (Chi-
squart = Chi2
), une P-value fixé à < 0,05 et l’odd ratio avec une intervalle de confiance IC à 95%.
Âge du Premier Rapport Sexuel (ans)
10 à 19
20 à 29
≥30
61
10
1
85%
14%
1%
Utilisation du préservatif
NON
OUI
55
17
76%
24%
Total 72 100%
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
27
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3.1. Âge
En fonction des différentes tranches d’âge, nous avons analysé la répartition des résultats de l’infection
à C. trachomatis, et la moyenne d’âge de la population infectée était de 29,9 ± 7,8 ans avec les extrêmes
allant de 15 et 45 ans (tableau II).
Les femmes âgées dans la tranche de 15 à 25 ans, étaient les plus représentées dans notre échantillon et
étaient les plus atteintes par l’infection avec un taux de 54%. Suivent celles dont l’âge était compris dans
la tranche de 36 à 45 ans avec un taux de 27% et 19% de notre échantillon était représenté par les femmes
infectées dont l’âge était compris de 26 à 35 ans. Dans l’ensemble, il n’y avait pas de différence
statistiquement significative entre l’âge et la contamination de l’infection à C. trachomatis (0,86 :
p>0,05) (IC 95%).
Tableau II : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la tranche âge
Tranche
d'âge
N
CT + CT - OR
(IC
95%)
P value Obs
n %a
%b
n %a
%b
[15 - 25 [ 29 14 54% 19% 15 33% 21% 2,41 0,08 DNS
[26 - 35 [ 23 5 19% 7% 18 39% 25% 0,11 0,11 DNS
[36 - 45 [ 20 7 27% 10% 13 28% 18% 0,93 1 DNS
Total 72 26 100% 36% 46 100% 64%
N : effectif total de chaque tranche
n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -)
%a : pourcentage en rapport avec la population spécifique (CT+ et/ou CT-)
%b : Pourcentage en rapporté par la population générale
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
28
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3.2. Statut socio-professionnel
Le tableau III nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de
la profession. Selon notre la répartition socio-professionnelle, les commerçantes ont été les plus atteintes
par cette infection avec un taux de 62%. Viennent ensuite les élèves et étudiantes qui ont présenté un
taux d’infection de 31% et les fonctionnaires ont été les moins atteintes par cette infection à C.
trachomatis avec un taux de 8%. Aucune infection n’a été diagnostiquée chez les hôtesses avec 100%
de négativité à l’infection.
Il n’y a pas eu de différence statistiquement significative (0,47 : p>0,05) (IC 95%).
Tableau III : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut socio-
professionnel
Profession N
CT + CT -
OR
(IC 95%)
P
value Obs
n %a
%b
n %a
%b
Commerçante 29 16 62% 22% 13 28% 18% 4,06 0,16 DNS
Fonctionnaire 14 2 8% 3% 12 26% 17% 0,23 0,58 DNS
Elève/
Etudiante
25 8 31% 11% 17 37% 24% 0,75 0,59 DNS
Hôtesse 4 0 0% 0% 4 9% 6% 0,61 0,12 DNS
Total 72 26 100% 36% 46 100% 64%
N : effectif total de chaque tranche
n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -)
%a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT-
%b : Pourcentage en rapporté par la population générale
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
29
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
26% 22%
52%
23%
46%
31%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
Primaire Secondaire Superieur
CT- CT+
3.3. Niveau d’instruction
La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du niveau d’instruction est
représentée par la figure 11. Il en ressort de cette figure que, les femmes ayant un niveau d’instruction
secondaire étaient les plus atteintes avec 46% de taux d’infection. Nous avons obtenu 31% des femmes
infectée ayant un niveau d’instruction supérieur, et le plus faible taux d’infection a été observé chez
celles ayant un niveau d’instruction primaire avec 23%.
La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0,08 : p>0,05) (IC 95%).
Figure n°11 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du niveau
d’instruction
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
30
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3.4. Statut matrimonial
La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut matrimonial est
représentée par le tableau IV. Il en ressort de ce tableau que, les femmes en situation de concubinage
étaient les plus atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 46%. S’en suit les femmes
célibataires qui ont présentées un taux d’infection de 42%. Les femmes mariées étaient les moins
représentées dans l’effectif total et ont présentées un taux d’infection de 12%.
Nous avons recherché l’existence d’un lien associatif entre l’infection à C. trachomatis et le statut
matrimonial des patients infectés (tableau IV). Aucune différence statistiquement significative par
rapport n’a été observé (0,93 : p>0,05) (IC 95%).
Tableau IV : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut
matrimonial
Statut
Matrimonial
N
CT + CT -
OR
(IC 95%)
P value Obs
n %a
%b
n %a
%b
Célibataire 30 11 42% 15% 19 41% 26% 1,04 0,93 DNS
Concubinage 32 12 46% 17% 20 43% 28% 1,11 0,82 DNS
Mariée 10 3 12% 4% 7 15% 10% 0,72 0,66 DNS
Total 72 26 100% 36% 46 100% 64%
N : effectif total de chaque tranche
n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -)
%a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT-
%b : Pourcentage en rapporté par la population générale
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
31
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
96%
4%
85%
15%
0%
20%
40%
60%
80%
100%
120%
NON OUI
CT- CT+
3.5. Antécédent d’IST
La figure 12 nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction aux
antécédents d’IST. Il en ressort que, 85% des femmes infectée n’avaient pas d’antécédents d’IST sur
15% des femmes qui ont présentés des antécédents d’IST dans notre échantillon.
Les femmes n’ayant pas d’antécédents d’IST veut dire qu’elles n’ont jamais été diagnostiqué à une
IST auparavant (syphilis, hépatite B, SIDA etc…)
La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0,28 : p>0,05) (IC 95%).
Figure n°12 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction des antécédents
aux IST
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
32
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
39%
50%
11%
23%
50%
12%
15%
0%
20%
40%
60%
80%
100%
120%
Pas d'enfant 1 à 2 3 à 4 ≥ 5
CT- CT+
3.6. Parité
La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la parité (c’est-à-dire le
nombre de fois qu’une femme a mis au monde) est représentée par la figure 13. Il en ressort de cette
figure que, les femmes ayant eu 1 à 2 enfants, étaient les plus atteintes par cette infection avec un taux
de 50%. 12% du taux d’infection a été observé chez les femmes ayant eu 3 à 4 enfants, et 23% du taux
d’infection chez celles n’ayant pas du tout d’enfant. Par ailleurs, nous avons noté 100% du taux
d’infection chez les femmes ayant eu ≥ 5 enfants.
Aucune différence statistiquement significative n’a été relevée (0,09 : p>0,05) (IC 95%).
Figure n°13 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la parité
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
33
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
13%
41%
20%
26%
15%
27%
27%
31%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
Pas de grossesse 1 à 2 3 à 4 ≥ 5
CT- CT+
3.7. Gestité
La figure 14 nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de
la gestité, c’est-à-dire le nombre de fois qu’une femme est tombée enceinte. Il en ressort de cette figure
que, les femmes ayant eu ≥ 5 gestations étaient celles présentant un taux d’infection le plus élevé de
31%. Le taux d’infection dans la tranche des femmes ayant eu une gestation moins importante, c’est-à-
dire 1 à 2 et 3 à 4 grossesses, était de 27% chacune. 15% du taux d’infection a été observé chez les
femmes n’ayant eu aucune gestation.
La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0,82 : p>0,05) (IC 95%).
Figure n°14 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la gestité
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
34
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3.8. Nombre de partenaires sexuels
La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du nombre de partenaires est
présentée dans le tableau V. Il en ressort de ce tableau que, les femmes ayant eu ≤ 5 partenaires sexuels
étaient les plus atteintes avec un taux d’infection de 65%. S’en suivent, les tranches des femmes ayant
connu 6 à 10 et 16 à 20 partenaires avec un taux d’infections respectivement de 19% et de 15%. Aucune
infection n’a été observé dans la tranche des femmes ayant connu 11 à 15 et > 20 partenaires sexuels.
La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0.96 : p>0,05) (IC 95%).
Tableau V : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du nombre de
partenaires sexuels
Nombre de
partenaire
N
CT + CT -
OR
(IC 95%)
P value Obs
n %a
%b
n %a
%b
≤ 5 51 17 65% 24% 34 74% 47% 0,66 0,44 DNS
6 à 10 11 5 19% 7% 6 13% 8% 1,58 0,48 DNS
11 à 15 3 0 0% 0% 3 7% 4% 0,62 0,18 DNS
16 à 20 4 4 15% 6% 0 0% 0% 0,32 0,006 DS
>20 3 0 0% 0% 3 7% 4% 0,62 0.18 DNS
Total 72 26 100% 36% 46 100% 64%
N : effectif total de chaque tranche
n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -)
%a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT-
%b : Pourcentage en rapporté par la population générale
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
35
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
3.9. Usage du préservatif
La tableau VI nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de
l’utilisation du préservatif. Il en ressort de ce tableau que, les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif
étaient les plus atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 77%. Cependant, l’analyse
biologique de l’échantillon des femmes qui utilisaient de préservatif s’étaient aussi révélée positif à
l’infection avec un taux de 23%.
La différence observée était statistiquement significative (0,003 : p<0,05) (IC 95%).
Tableau VI : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’utilisation
ou non du préservatif
Usage du
préservatif
N
CT + CT -
OR
(IC 95%)
n %a
%b n %a
%b
NON 55 20 77% 28% 35 76% 49% 1,04
OUI 17 6 23% 8% 11 24% 15% 0,95
Total 72 26 100% 36% 46 100% 64%
N : effectif total de chaque tranche
n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -)
%a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT-
%b : Pourcentage en rapporté par la population générale
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
36
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
85%
13%
2%
85%
15%
0%
20%
40%
60%
80%
100%
120%
140%
160%
180%
10 à 19 ans 20 à 29 ans ≥ 30 ans
CT - CT +
3.10. Age du Premier Rapport Sexuel (APRS)
La figure 14 nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de
l’APRS. Il en ressort de cette figure que, les femmes qui ont eu les rapports sexuels précoces (à
l’adolescence) dans la tranche d’âge de 10 et 19 ans, étaient les plus représentées dans notre échantillon
et étaient les plus atteintes par l’infection avec un taux de 85%. Les femmes infectées ayant eu leur
premier rapport sexuel dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans, n’étaient pas nombreuses dans notre
échantillon et représentaient 15%. Par ailleurs, aucune infection n’a été observé chez les plus de 30 ans.
Aucune différence statistiquement significative n’a été relevée (0,82 : p>0,05) (IC 95%).
Figure n°15 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’APRS
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
37
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Pour les variables dont la P value était significative, nous avons effectué une régression logistique sous
le logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 19.0 (IBM Corp., Armonk, NY,
USA),
Tableau VII : Variable de l’équation (régression logistique)
Pour le nombre de partenaire sexuel, la P value était nettement supérieure à 5%, la variable NP n’est
donc pas significative dans ce modèle. Elle n’affecte pas statistiquement l’infection à C. trachomatis.
Son odd ratio à 0,96 veut dire que, avoir plusieurs partenaires sexuels est 0,96 fois plus a risque d’avoir
une infection à C. trachomatis. Au vu de ce risque qui est pratiquement 1, l’intervalle de confiance
signifie que ce risque pourrait, dans notre population d’étude varié de [0,44 à 2,08]. Nous voyons que
cette intervalle contient la valeur 1. Or 1 signifie qu’il n’y’a pas de différence entre avoir plusieurs
partenaires et en avoir qu’un seul par rapport à l’infection à C. trachomatis. Et vu que cette valeur 1 est
comprise dans l’intervalle de confiance (IC 95%), on ne peut pas conclure que le nombre de partenaire
sexuel est un facteur de risque, et c’est exactement ce que nous dit la P value (0,91) puisqu’elle est
supérieure à 5%.
B S.E. Wald df Sig. Exp(B)
95% C. I for EXP(B)
Inférieur Supérieur
Step 1a
Nombre de Partenire
Usage du Préservatif
-.041
1.249
.397
.357
.011
12.249
1
1
.918
.003
.960
3.488
.441
1.733
2.089
7.023
B : Coefficient
S.E : Erreur standard
df : Dégrée de liberté
sig : P value
Exp (B) : Odd ratio
95 % C.I : Intervalle de confiance 95 %
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
38
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
Pour l’usage du préservatif, on a un coefficient de 1,249, la P value à 0,03, donc l’usage du préservatif
affecte significativement l’infection à C. trachomatis. L’odd ratio vaut 3,48 ≈ 3,5 qui a été calculé en
faisant exponentiel de B (exp B). Nous voyons que ce rapport à 3,5 est relativement grand par rapport à
1, on remarque par conséquent que l’usage du préservatif est une variable significative, exactement ce
que nous dit le tableau (P value 0,03).
L’odd ratio qui vaut 3,5, signifie que, le non usage du préservatif est 3,5 fois plus a risque d’exposer les
deux partenaires à l’infection à C. trachomatis. Autrement dit, dans notre population d’étude, les femmes
qui n’utilisaient pas de préservatif étaient au moins 1,73 fois plus à risque que celles qui l’utilisaient par
rapport à l’infection à C. trachomatis et au plus 7, 02 fois plus à risque.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
39
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
IV.DISCUSSION
Les infections sexuellement transmissibles sont toujours d’actualité dans le monde et plus
particulièrement en Afrique. En effet, l’infection à Chlamydia trachomatis (serovars D-K ) constitue un
important problème de santé publique et socio-économiques dans la plupart des pays en voie de
développement (W. Eggert-Kruse, 2003). La République du Congo n’en est pas épargnée. Bien qu’il
existe plusieurs modes de contamination de cette infection, la transmission par voie sexuelle est la
principale, surtout dans les pays de forte endémicité (M. Chantal, 2017). Dans notre étude la fréquence
de l’infection à C. trachomatis était de 36% chez les femmes venues se faire consulter spontanément ou
vues à l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba d’Oyo. Ce taux moyennement élevé peut
s’expliquer du fait que la chlamydiose est une maladie moins connue du grand public, la population de
cette localisé n’a pas connaissance sur les facteurs de risque de contamination et les méthodes de
prévention.
Notre résultat se rapproche de ceux de Siemer et al en 2008 au Ghana et de Chantal et al au Cameroun
en 2017 qui ont rapporté une prévalence de 39% (J. Siemer, 2008) et de 23% (M. Chantal, 2017)
respectivement. Ils sont inférieurs à ceux de Mpembe qui en 2001, avait obtenu de 52,3% et de Gambio
qui avait obtenu 58,6% dans le département de Brazzaville.
Par ailleurs ils sont plus élevés que ceux rapportés par Nwankwo et al en 2014 en Nigeria (E. Nwankwo,
2014), Karim en 2013 au Maroc (Karim, 2013) et Berhonde en 2015 (Berhonde, 2015) en France, avec
des prévalences respectives de 9,6%, de 5,3% et de 11%. Notre prévalence élevée pourrait aussi
s’expliquer par le caractère tardif des manifestations cliniques de cette infection, la vulnérabilité de la
population dans ce département, la diffusion des informations erronées sur cette pathologie, et enfin la
connaissance insuffisante sur les infections sexuellement transmissibles et leurs conséquences. Car en
effet, l’OMS rapporte qu’un nombre élevé de nouveaux cas d’infection à Chlamydia trachomatis
survient dans des zones économiquement défavorisées (WHO, 2001).
- Âge
L’âge moyen de la population infectée était de 29,9 ± 7,8 ans, avec les extrêmes allant de 15 à 45 ans.
La tranche d’âge la plus atteinte était celle de 15 à 25 ans, avec un taux de 54%. Ceci peut s’expliquer
du fait que, à cette tranche d’âge l’on est sexuellement très actif, ce qui peut conduire à la négligence
des mesures de prévention et occasionner le risque de contamination. D’autre part, 27% de notre
échantillon était représenté par les femmes infectées de plus de 40 ans. Ce taux peut s’expliquer du fait
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
40
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
que, à cette tranche d’âge l’on a en général l’activité sexuelle modérée, réduisant ainsi le risque de
contamination ou de d’infection à C. trachomatis
Nos résultats corroborent à ceux de Karim (Karim, 2013) qui avait aussi trouvé que cette tranche d’âge
est la plus exposée avec un taux de 52%. Toutefois la corrélation entre l’âge et l’infection à Chlamydia
trachomatis n’est pas statistiquement significative ; (p > 0,05). Chantal et al ont trouvé le même résultat
(M. Chantal, 2017) dont l’âge moyen était 33,7 ± 4 ans.
- Statut socio-professionnel
Selon notre répartition socio-professionnelle, les commerçantes ont été les plus atteintes par cette
infection avec un taux de 62%. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, les commerçantes étaient
majoritairement représentées dans la taille notre échantillon. Notre résultat est largement supérieur à
celui de Wivine et al en République Démocratique du Congo qui avait rapporté une prévalence de 13%
chez les commerçantes (M. Wivine, 2015).
- Niveau d’instruction
En fonction du niveau d’instruction, les plus atteintes avec 46% du taux d’infection étaient les femmes
ayant un niveau d’instruction secondaire. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, au secondaire l’on entre
dans la phase pubère (âge de la puberté) et pratique pour la grande majorité les rapports sexuels non
protégés. S’en suit avec 31% du taux d’infection, les femmes ayant un niveau d’instruction supérieur.
Malgré le niveau d’instruction élevé, ce résultat nous montre que les mesures de prévention semblent
être négligées. Et enfin, chez les moins instruites (niveau primaire) un taux d’infection 23% a aussi été
observé. Contrairement à ce dont on s’attendait, que le niveau d’instruction le plus bas serait le plus
infecté, car moins on est instruit, moins on a les opportunités d’être informer sur les maladies en général
(mode de contamination, méthodes de prévention, etc…).
Notre résultat est loin de ceux rapportés par Chantal et al au Cameroun (M. Chantal, 2017), un taux de
23% et qui avaient obtenus une différence statistiquement significative (p< 0,05)
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
41
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
- Statut matrimonial
La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut matrimonial a révélé
que les femmes célibataires ainsi que celles en situation de concubinage étaient les plus atteintes avec
un taux respectivement de 42% et 46%. Ceux-ci pourraient s’expliquer du fait de l’instabilité
relationnelle des femmes vis-à-vis de leur partenaire sexuel, et aussi du fait que les deux catégories des
femmes étaient majoritairement représentées dans la taille de notre échantillon. Par ailleurs, 12% des
femmes infectées avaient un statut marié. Elles étaient les moins représentées dans l’échantillon.
Nwankwo et al, (E. Nwankwo, 2014) ont trouvé que les femmes mariées étaient plus exposées à cette
infection, tandis que Chantal et al au Cameroun (M. Chantal, 2017), ainsi que Stergachis et al aux USA
(A. Stergachis, 1993), ont aussi trouvé que le célibat et le concubinage exposaient plus les femmes à
l’infection que le mariage
- Antécédent aux IST
En fonction d’antécédent d’IST, nous avons trouvé 85% des femmes infectées qui n’avaient pas
d’antécédent d’IST sur 15% des femmes infectées qui en avaient. Les femmes n’ayant pas d’antécédent,
étant donné qu’elles n’ont jamais été diagnostiquées à une IST auparavant, prennent moins des mesures
de prévention contre les IST. Alors que, celles ayant déjà été diagnostiquées à une IST, sont informées
par les professionnels de santé des risques encourus et prennent plus de précaution. Voici ce qui pourrait
expliquer notre résultat.
Ce résultat est largement supérieur à celui de Berhonde en France (Berhonde, 2015) avait trouvé un taux
de 20% des femmes infectées par C. trachomatis qui n’avaient pas d’antécédent d’IST.
- Parité
Notre étude a montré que, les femmes ayant eu 1 à 2 enfants, étaient les plus atteintes par cette infection
avec un taux de 50%. 12% du taux d’infection a été observé chez les femmes ayant 3 à 4 enfants, et 23%
du taux d’infection chez celles n’ayant pas du tout d’enfant. Par ailleurs, nous avons noté 100% du taux
d’infection chez les femmes ayant ≥ 5 enfants. Ceux-ci pourraient s’expliquer du fait que, avoir plus
d’enfant implique se livrer de façon générale à des rapports sexuels non protégés, ce qui augmentent le
risque de contamination.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
42
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
- Gestité
Les femmes ayant eu ≥ 5 gestations étaient celles présentant un taux d’infection le plus élevé de 31%.
Le taux d’infection dans la catégorie des femmes ayant eues une gestation moins importante, c’est-à-
dire 1 à 2 et 3 à 4 grossesses, était de 27% chacune. 15% du taux d’infection a été observé chez les
femmes n’ayant eues aucune gestation. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, certes, être multigeste
(c’est-à-dire une femme qui a eu plus d’une grossesse) n’a pas de lien direct avec la survenue de
l’infection, mais nous renseigne que ça implique se livrer de façon générale à des rapports sexuels non
protégés, ce qui augmente le risque de contamination.
- Nombre de partenaires sexuels
En fonction du nombre de partenaires sexuels, notre étude a montré que les femmes ayant eu ≤ 5
partenaires sexuels étaient les plus atteintes avec un taux d’infection de 65%. S’en suivaient, les tranches
des femmes ayant connu 6 à 10 et 16 à 20 partenaires avec un taux d’infections respectivement de 19%
et de 15%. Aucune infection n’a été observé dans la tranche des femmes ayant connu 11 à 15 et > 20
partenaires sexuels. Nous pensons que, ces sont des professionnelles de sexe, et il se peut qu’elles exigent
dans la plupart des cas l’usage du préservatif, ce qui pourrait expliquer ce taux nul malgré le nombre de
partenaires sexuels assez élevés.
Ce résultat se rapproche à ceux de Berggren et al au U.S.A (E. Berggren 2011) qui ont rapporté un taux
de 46% d’infection chez les femmes ayant eu ≤ 5 partenaires. L’influence du nombre de partenaires
sexuel à la contraction de l’infection n’était pas statistiquement significative (p>0,05).
- Usage du préservatif
Dans notre étude, l’utilisation du préservatif s’est révélée être le facteur de risque dominant dans la
transmission de l’infection à C. trachomatis. En effet, les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif
étaient les plus atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 77%. Cependant, l’analyse
biologique de l’échantillon des femmes qui utilisaient de préservatif s’étaient aussi révélée positif à
l’infection avec un taux de 23%. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, le préservatif a été mal utiliser
(déchiré pendant l’acte, mal porté, etc…) ou encore, nous avons eu les données erronées pendant
l’enquête épidémiologique. Wivine et al en République Démocratique du Congo en 2015, ont également
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
43
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
montré que la non utilisation du préservatif serait le principale facteur de risque dans la transmission de
l’infection à Chlamydia trachomatis, avec une prévalence de 71% (M. Wivine, 2015).
La différence observée était statistiquement significative (0,003 : p<0,05).
- Âge du premier rapport sexuel (APRS)
Les femmes qui ont eues les rapports sexuels précoces (à l’adolescence) dans la tranche d’âge de 10 et
19 ans, étaient les plus représentées et étaient les plus atteintes par l’infection avec un taux de 85%. Les
femmes infectées ayant eu leur premier rapport sexuel dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans, n’étaient
pas nombreuses et représentaient 15%. Par ailleurs, aucune infection n’a été observée chez les plus de
30 ans. Ceci laisse supposer que, le jeune âge constitue un facteur de risque pour cette infection. En effet,
à cet âge nous observons des rapports sexuels non protégés et la multiplicité des partenaires sexuels.
Toutefois dans notre étude la relation entre l’APRS et l’infection à C. trachomatis n’est pas
statistiquement significative ; (0,82 : p>0,05).
Notre résultat corrobore avec celui de Chantal et al au Cameroun (M. Chantal, 2017) qui ont aussi trouvé
que cette tranche était la plus exposée avec un taux de 22%.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
44
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
CONCLUSION
Les résultats de notre étude ont montrés une prévalence moyennement élevée de 36% de l’infection à
Chlamydia trachomatis dans le district d’Oyo; précisément à Hôpital Général Edith Lucie Bongo
Ondimba (HGELBO), à partir des données d’une série hospitalière colligée, dont les fréquences ont été
les suivantes : 54% avaient l’âge entre 15 et 25 ans ; 62% étaient commerçantes ; 46% avaient un niveau
d’instruction secondaire ; 46% vivaient en concubinage ; 85% n’avaient pas d’antécédent d’IST ; 50%
avaient une parité de 1 à 2 enfants ; 31% étaient multigeste de ≥ 5 grossesses ; 65% avaient eu ≤ 5
partenaires sexuels ; 77% n’utilisaient pas de préservatifs et 85% avaient eu leur premier rapport sexuel
précocement entre 10 à 19 ans, avec une intervalle de confiance à 95% (IC 95%).
L’usage du préservatif, la multiplicité de partenaires sexuels, et l’APRS étaient les facteurs de risque les
plus observés dans notre étude. L’analyse multivariée des facteurs de risque de contamination et le
portage de l’infection à C. trachomatis effectuée par le logiciel le logiciel Statistical Package for Social
Sciences (SPSS) version 19.0, n’à révéler aucune différence significative pour toutes les variables, à
l’exception de l’usage du préservatif (p=0,003) IC 95%. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait
que, le contact sexuel demeure la principale voie de transmission des IST et ne pas utiliser de préservatif
exposerait les deux partenaires à la contraction de l’infection.
Dans notre étude, la P value (0,003) nous a indiqué que l’infection à C. trachomatis est associée l’usage
ou non du préservatif ce qui a été confirmé par la régression logistique avec l’odd ratio en mesurant le
risque relatif de cette association avec une intervalle de confiance à 95% (IC 95%). Cette analyse nous
a montré que les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif était 3,5 fois plus à risque de contracter
l’infection à C. trachomatis. Nous n’avons pas pu déterminer la force de cette relation, car l’indice V de
cramer était trop faible (0,026).
Nous retenons de cette étude que la transmission de l’infection à C. trachomatis ne dépend pas forcement
des facteurs de risques décrits, quoique la non utilisation du préservatif apparait comme un facteur de
risque dominant.
L'infection à C. trachomatis, si elle n'est pas maîtrisée, continuera de représenter une menace pour la vie
reproductive, surtout des adolescents et des adultes, étant donné que les cas asymptomatiques sont
fréquents dans la population.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
45
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
SUGGESTIONS
Pour la communauté, un dépistage régulier devrait être encouragé pour chaque personne sexuellement
active, surtout chez les adolescents et les adultes pour savoir leur état sérologique. Tous les futurs couples
devraient subir un test de dépistage avant de pouvoir commencer une vie conjugale. A défaut de
l’abstinence, nous exhortons à la population d’avoir des relations sexuelles protégées. Toutes celles qui
se sont révélées positifs doivent être traités et revenir pour un contrôle.
Pour le CREPIT (à HGELBO) nous suggérons, la mise en place d’un comité de contrôle pour une
meilleure gestion des réactifs et consommables qui pourraient perturber le temps d’exécution d’un projet
scientifique et causer un retard dans le rendu des résultats.
Pour les autorités compétentes du district sanitaire de la Cuvette en générale et d’Oyo en particulier,
nous suggérons la mise en place d’un programme de dépistage sur une base régulière pour vérifier la
présence constante de l'infection à C. trachomatis dans la population, surtout chez des adolescents et des
adultes. Nous suggérons également la mise en place d’une structure sanitaire spécialisée aux IST pour
faciliter le dépistage et la prise en charge des patient(e)s.
Nous préconisons une campagne de sensibilisation par l'éducation de masse de la population sur les
infections à Chlamydia en particulier, les modes de transmission et/ou de contamination, les
complications y compris la prévention et le contrôle. Cela pourrait se faire au moyen des médias (visuels
et écrites) et des séminaires réguliers à l'attention de la population alphabétisée et analphabète de la
société.
HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020
46
Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
V. PERSPECTIVES
Ce travail peut être considéré comme une étude préliminaire qui sera poursuivie au cours de notre
formation doctorale en envisageant de :
Etendre le cadre d’étude en déterminant la fréquence de l’infection à C. trachomatis sur toute
l’étendue de la République du Congo ;
Caractériser moléculairement cette souche à C. trachomatis ;
Corréler les sérotypes et les génotypes de C. trachomatis et la survenue de l’infertilité ;
Déterminer son profil de sensibilité aux antibiotiques ;
Etudier le polymorphisme des gènes omp 1 et omp 2, codant principalement les protéines
membranaires ;
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO
INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO

Contenu connexe

Tendances

Rapport PFE MeetASAP
Rapport PFE MeetASAP Rapport PFE MeetASAP
Rapport PFE MeetASAP Aroua Jouini
 
Modèles de lettre de motivation
Modèles de lettre de motivationModèles de lettre de motivation
Modèles de lettre de motivationkawtarino
 
[PFE] Master - Génie logiciel
[PFE] Master - Génie logiciel  [PFE] Master - Génie logiciel
[PFE] Master - Génie logiciel Louati Aicha
 
Chaoui projet d'etalissemement au poste du directeur de l’ecole nationale d...
Chaoui projet d'etalissemement   au poste du directeur de l’ecole nationale d...Chaoui projet d'etalissemement   au poste du directeur de l’ecole nationale d...
Chaoui projet d'etalissemement au poste du directeur de l’ecole nationale d...Mohamed Chaoui
 
Rapport Stage Capgemini Otmane DOUIEB
Rapport Stage Capgemini Otmane DOUIEBRapport Stage Capgemini Otmane DOUIEB
Rapport Stage Capgemini Otmane DOUIEBOtmaneDouieb
 
Étude et mise en place d'un serveur FTP au sufop
Étude et mise en place d'un serveur FTP au sufopÉtude et mise en place d'un serveur FTP au sufop
Étude et mise en place d'un serveur FTP au sufopiferis
 
Lettre de-motivation-demande-de-stage
Lettre de-motivation-demande-de-stageLettre de-motivation-demande-de-stage
Lettre de-motivation-demande-de-stageAbdelkrim Zerdi
 
Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de prestations HTML dotée d...
Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de  prestations HTML dotée d...Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de  prestations HTML dotée d...
Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de prestations HTML dotée d...kadzaki
 
Rapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARA
Rapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARARapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARA
Rapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARAAchraf SAADAOUI
 

Tendances (14)

Rapport PFE MeetASAP
Rapport PFE MeetASAP Rapport PFE MeetASAP
Rapport PFE MeetASAP
 
Génie Logiciel : Conception
Génie Logiciel : ConceptionGénie Logiciel : Conception
Génie Logiciel : Conception
 
Modèles de lettre de motivation
Modèles de lettre de motivationModèles de lettre de motivation
Modèles de lettre de motivation
 
[PFE] Master - Génie logiciel
[PFE] Master - Génie logiciel  [PFE] Master - Génie logiciel
[PFE] Master - Génie logiciel
 
Projet de Fin d'études
Projet de Fin d'études Projet de Fin d'études
Projet de Fin d'études
 
Chaoui projet d'etalissemement au poste du directeur de l’ecole nationale d...
Chaoui projet d'etalissemement   au poste du directeur de l’ecole nationale d...Chaoui projet d'etalissemement   au poste du directeur de l’ecole nationale d...
Chaoui projet d'etalissemement au poste du directeur de l’ecole nationale d...
 
Rapport Stage Capgemini Otmane DOUIEB
Rapport Stage Capgemini Otmane DOUIEBRapport Stage Capgemini Otmane DOUIEB
Rapport Stage Capgemini Otmane DOUIEB
 
Candidature spontanée
Candidature spontanéeCandidature spontanée
Candidature spontanée
 
Étude et mise en place d'un serveur FTP au sufop
Étude et mise en place d'un serveur FTP au sufopÉtude et mise en place d'un serveur FTP au sufop
Étude et mise en place d'un serveur FTP au sufop
 
Lettre de-motivation-demande-de-stage
Lettre de-motivation-demande-de-stageLettre de-motivation-demande-de-stage
Lettre de-motivation-demande-de-stage
 
Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de prestations HTML dotée d...
Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de  prestations HTML dotée d...Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de  prestations HTML dotée d...
Réalisation d’une plateforme e-commerce de vente de prestations HTML dotée d...
 
Rapport de stage PFE
Rapport de stage PFERapport de stage PFE
Rapport de stage PFE
 
Mini Projet
Mini Projet Mini Projet
Mini Projet
 
Rapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARA
Rapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARARapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARA
Rapport de stage d'initiation GE ASMENT TEMARA
 

Similaire à INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO

MEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdf
MEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdfMEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdf
MEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdfAichétou Djimé Gallédou
 
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdfTHESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdfPedro801693
 
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdfTHESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdfPedro801693
 
Hypertension artérielle
Hypertension artérielle Hypertension artérielle
Hypertension artérielle Egn Njeba
 
Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf
Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf
Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf Nora Mahfouf
 
Memoire biotoxicolgie baglo-erika
Memoire biotoxicolgie baglo-erikaMemoire biotoxicolgie baglo-erika
Memoire biotoxicolgie baglo-erikaDédé Erika Baglo
 
25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu
25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu
25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObuHani sami joga
 
Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...
Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...
Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...MISSILOUBOUKAKARabbi
 
Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011
Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011
Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011abdel aziz Baby
 
Mémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et Applications
Mémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et ApplicationsMémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et Applications
Mémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et ApplicationsSani Akorede
 
La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19
La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19
La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19RimMecheri
 
These 2010 bagayoko_cheik-dumar
These 2010 bagayoko_cheik-dumarThese 2010 bagayoko_cheik-dumar
These 2010 bagayoko_cheik-dumarAbdelaziz Ali
 
Dentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdf
Dentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdfDentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdf
Dentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdfssuser25b144
 
Thèse coopération mu oi
Thèse coopération mu oiThèse coopération mu oi
Thèse coopération mu oinicolas ribet
 
Thèse pierre schoch
Thèse pierre schochThèse pierre schoch
Thèse pierre schochDental Life
 
Mémoire de fin d’études
Mémoire  de fin d’études Mémoire  de fin d’études
Mémoire de fin d’études RimMecheri
 
Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...
Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...
Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...Hoel Charbonnel
 

Similaire à INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO (20)

MEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdf
MEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdfMEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdf
MEMOIRE-INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-CANCER-DU-SEIN.pdf
 
Scdpha t 2009_marchal_melanie
Scdpha t 2009_marchal_melanieScdpha t 2009_marchal_melanie
Scdpha t 2009_marchal_melanie
 
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdfTHESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
 
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdfTHESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
THESE_FERNAND_BANDENDISSA.pdf
 
scvo2 compil pdfs
 scvo2 compil pdfs scvo2 compil pdfs
scvo2 compil pdfs
 
Hypertension artérielle
Hypertension artérielle Hypertension artérielle
Hypertension artérielle
 
Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf
Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf
Thèse de Doctorat / Nora Mahfouf
 
Memoire biotoxicolgie baglo-erika
Memoire biotoxicolgie baglo-erikaMemoire biotoxicolgie baglo-erika
Memoire biotoxicolgie baglo-erika
 
25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu
25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu
25 exemples de remerciement de mémoire - télécharger ici https://bit.ly/344aObu
 
Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...
Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...
Préférence alimentaire par intégration d’informations socio-environnementales...
 
Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011
Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011
Etude pansement versus absence de pansement dr a baby oct 2011
 
Mémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et Applications
Mémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et ApplicationsMémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et Applications
Mémoire pour l’obtention du Diplôme de Master en Physiologie et Applications
 
MEMOIRE SR BOKONDUMBA COMPLET OK.docx
MEMOIRE SR BOKONDUMBA  COMPLET OK.docxMEMOIRE SR BOKONDUMBA  COMPLET OK.docx
MEMOIRE SR BOKONDUMBA COMPLET OK.docx
 
La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19
La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19
La médecine traditionnelle algérienne contre la COVID 19
 
These 2010 bagayoko_cheik-dumar
These 2010 bagayoko_cheik-dumarThese 2010 bagayoko_cheik-dumar
These 2010 bagayoko_cheik-dumar
 
Dentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdf
Dentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdfDentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdf
Dentaire_Durin_Touati_Sandler_Anne_DUMAS.docx.pdf
 
Thèse coopération mu oi
Thèse coopération mu oiThèse coopération mu oi
Thèse coopération mu oi
 
Thèse pierre schoch
Thèse pierre schochThèse pierre schoch
Thèse pierre schoch
 
Mémoire de fin d’études
Mémoire  de fin d’études Mémoire  de fin d’études
Mémoire de fin d’études
 
Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...
Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...
Place d'internet auprès des femmes dans la recherche d'information sur leur g...
 

INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES REÇUES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO, REPUBLIQUE DU CONGO

  • 1. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 vi Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Année : 2019 – 2020 N◦ d’ordre : _________ MÉMOIRE Pour l’obtention du diplôme de Master ès Sciences et Techniques Mention : Biologiques Parcours : Sciences Biologiques Spécialité : Biologie Cellulaire et Moléculaire Option : Biochimie et Microbiologie Appliquée Présenté et soutenu publiquement Par DEMBOUX LYELET Jordy Exaucé Titulaire de la licence de Biologie Cellulaire et Moléculaire Le 18 décembre 2020 DIRECTEUR DE MEMOIRE MOUKASSA Donatien, Professeur Titulaire – CAMES / FSSA CO-DIRECTRICE NGOYI ONTSIRA Esther Nina, Maitre de Conférences Agrégée – CAMES / FSSA JURY UNIVERSITE MARIEN NGOUABI FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES INFECTION À Chlamydia trachomatis : PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE CHEZ LES FEMMES À L’HÔPITAL GÉNÉRAL EDITH LUCIE BONGO ONDIMBA (HGELBO) - OYO THEME PRESIDENT : ITOUA Clautaire, Professeur Titulaire – CAMES /FSSA VICE-PRESIDENT : NGUIMBI Etienne, Maitre de Conférences – CAMES/ FST MEMBRE : NGOYI ONTSIRA Esther Nina, Maitre de Conférences Agrégée – CAMES / FSSA
  • 2. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 vi Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Dédicaces Je dédie ce travail A mon feu père MBOU Jean Claude Tu nous as quitté trop tôt, et l’un des souvenirs que j’ai gardés de toi, c’est ta détermination et ta rigueur dans le travail J’aurais aimé que tu sois là pour être fière de ton petit et savourer l’accomplissement de ce travail mais le destin en a décidé autrement. Si tu pouvais m’entendre, saches que tu vivras toujours dans mon cœur. Tu me manques Papa. Que ton âme repose en paix A ma mère NZOUMBA Suzanne Ma force, mon appui, la récompense de mon dur labeur c’est de voir ton sourire. Tes conseils, ton soutien ont fait de moi l’homme que je deviens. Pour ton amour inconditionnel, ton affection et ton soutien immense tout au long de ma vie, mon diplôme t’appartient. Je nourris l’espoir d’avoir été à la hauteur de ta confiance. Je t’aime maman. A mon oncle, le professeur Donatien MOUKASSA Toutes ces années, tu t’ai impliqués personnellement à faire de moi un enfant meilleur, un meilleur homme dans la société. Tu as été celui qui a su défendre mes intérêts en cas de difficultés. Plein de sagesse, et de rigueur, tu m’as appris à donner le meilleur de moi –même. Cher père et maître tu es un modèle pour moi. A mes frères et sœurs, la famille MBOU : Brive, Dunech, Prude, Alphaby, Christ-vie L’amour fraternel que j’éprouve pour vous est sans égal. Vous m’avez soutenu moralement et financièrement. Vos efforts pour ma réussite n’ont pas été vains. Ce document en est la preuve. Trouvez ici l’expression de tout mon affection. Puisse Dieu nous bénir et fortifier le lien du sang qui nous uni. Je vous aime. A mes enfants, nièces et neveux A mes côtés, vous avez constitué une source de motivation. Que ce travail vous serve d’exemple. J’espère vous suivrez nos pas A mon oncle, Mr. Guillaume FOUTOUKA Etre appelé ton fils est un vrai privilège. A mes grands-parents : Pascale, MOUTANGO Philippine, NGOUNOU Odile, et MPATA Marie i
  • 3. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 ii Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Remerciements A Monsieur le Président du Jury le Professeur Clautaire ITOUA Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider le jugement de ce travail. Veuillez accepter, Monsieur le Président, mes chaleureux remerciements et croire en ma profonde reconnaissance. Aux membres du Jury les Docteurs Etienne NGUIMBI, Esther Nina NGOYI ONTSIRA Pour votre disponibilité et vos remarques qui contribueront à améliorer la qualité de ce travail. Tout le plaisir est nôtre de vous compter parmi les membres du Jury. Veuillez croire, Docteurs, à nos hommages respectueux. A mes frères et sœurs Dalvin, Naomie, Donisca, Melissa, Dadel, Stella, et Coreneilla Pour vos encouragements et soutien multiformes. A mes amis du cercle Torrel (le braveur), Second (makaya), Bertal (Tchid,), Rich (M3), Chaldam (michel), Mack-zola, christ, wolfgon et Cliff. Le pèlerinage a été long, depuis la 1ère année jusqu’à maintenant, le chemin était pénible et pourvu de multiples obstacles, mais nous les avons tous franchis pour en arriver là. Ce travail est aussi le vôtre. A mes encadrants du Laboratoire de l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba (HGELBO) notamment Dominique VOUMBO, modeste ATAKA, Merveil NIANGA, Destin MBEMBA, Liliane ABIZERA, Modeste AMONA, et Lesli MBOUSSA Malgré vos multiples occupations, vous avez disposé du temps pour m’encadrer du début à la fin de mon stage d’initiation à la recherche. Pour cela, je vous adresse mes sincères remerciements. Mes remerciements les plus sincères à toutes les personnes dont les noms n’ont pu être cités ici et qui ont contribué de près ou de loin à l'élaboration de ce travail.
  • 4. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 iii Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
  • 5. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 vi Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL DU STAGE 1. Organigramme administratif HGELBO Secrétariat de direction Service marketing hospitalier Service informatique Service de l’audit interne Service de la qualité et de la gestion des risques MINISTERE DE LA SANTE ET DE LA POPULATION DAM DSI DGM DARH DEF DLP COMITE DE DIRECTION Direction Générale HGELBO DAM : Direction des Affaires Médicales DSI : Direction des Soins Infirmiers DGM : Direction des Gestion des Malades DARH : Direction de l’Administration et des Ressources Humaines DEF : Direction Economique et Financière DLP : Direction de la logistique et du Patrimoine Service de la solde Pôle des urgences hospitalière Pôle clinique et des blocs techniques Pôle médicotechnique Pôle des consultations externes et de la médecine de travail Pôle médico- administratif Service de l’organisation des soins Service de la formation Service de l’évaluation Service de la sécurité, la salubrité et de l’assainissement Service de l’hygiène hospitalière Service économique Service du budget Service de la comptabilité Service du mouvement des malades et des espaces humanisés Service de la statistique, des études et de la planification Service de la facturation Service du personnel Service de la formation et de l’évaluation des performance s Service Administrati f et juridique Service de l’hôtellerie Service de la logistique, d’approvisionnement et de transport Service de la maintenance et des travaux Service social
  • 6. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 v Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 2. Organigramme du service des laboratoires CHEF DE SERVICE UREP UF 1 UF 2 UF 3 UF 4 UF 5 UF 6 Secrétaire du chef de service Chefs des travaux, responsables des Unités Fonctionnelles Immuno - Sérologie Hémato biologie Biochimie Mycologie et Parasitologie Bactériologie et Virologie Unité de Réception, Enregistrement et Prélèvement Coordonnateur des Unités Fonctionnelles Biopathologie
  • 7. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 vi Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée LISTE DES ABREVIATIONS, ACRONYMES, SIGLES, ET SYMBOLES C. trachomatis : Chlamydia trachomatis ARPS : Âge du Premier Rapport Sexuel CE : Corps Élémentaire CMP : Cervicite Mucopurulente CR : Corps Réticulé CREPIT : Centre de Recherche et d’Études des Pathologies Infectueuses et Tropicales DNA : Acide Désoxyribonucléique DNS : Différence Non-Significative DS : Différence Significative HGELBO : Hôpital Général Edith Lucie BONGO ONDIMBA HSPG / PGHS : Protéoglycanes de l'Héparane Sulfate / Heparan Sulfate of Proteoglycans IFN- ϒ : Interferon Gamma IST : Infection Sexuellement Transmissible IVG : Interruption Volontaire de Grossesse KDa : Kilodalton LPS : Lipopolysaccharide MIP : Maladie Inflammatoire Pelvienne MOMP : Major Outer Membrane Protein MTOC : Centre d’Organisaton des Microtube /centrosome OMS : Organisation Mondiale de la Santé T2SS, T3SS, T5SS : Type II, III, and V Secretion System UF : Unité Fonctionnelle UPG : Urétrites Post- Gonococciques PMME : Protéine majeure de la membrane externe LGV : Lymphogranulomatose vénérienne MACPF : Complexe d'attaque membranaire / protéine perforine EGFR : Epidermal growth factor receptor / Récepteur du facteur de croissance épidermique IC : Intervalle de Confiance
  • 8. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 vii Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée LISTE DES FIGURES Pages Figure n⁰01 : Arbre phylogénétique actuel de l’ordre Chlamydiales, basé sur la séquence 16S …..….04 Figure n⁰02 : Photo en microscopie électronique d’une inclusion à chlamydiae dans une cellule infectée, Dr Mortemousque, ………………………………………………….……......…05 Figure n°03: Cycle de multiplication de Chlamydia trachomatis …………………………………......11 Figure n⁰04 : Foyer de localisation de l’infection à C. trachomatis ……………….…….………….....13 Figure n°05: Prélèvement endocervicale des sécrétion vaginales ……………………………..……....18 Figure n°06: Principe du test Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Tes.…...…19 Figure n°07: Préparation des échantillons……………..………..……………………….………….….20 Figure n°08: kit one step Chlamydia Swab / Urine Test………..……………………….………….….20 Figure n°09: Interprétation des résultats du test…………………………………………………….….21 Figure n°10: fréquence relative de l’infection à C. trachomatis chez les femmes à HGELBO ….....…24 Figure n°11: Répartition de la population d’étude en fonction du niveau d’instruction….……….…...29 Figure n°12 : Répartition de la population d’étude en fonction des antécédents d’IST…………......…31 Figure n°13 : Répartition de la population d’étude en fonction de la parité……...……………………32 Figure n°14 : Répartition de la population d’étude en fonction de la gestité……..……………………33 Figure n°15 : Répartition de la population d’étude en fonction de l’APRS …………………………...36
  • 9. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 viii Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée LISTE DES TABLEAUX Pages Tableau I : Profil épidémiologique représenté en effectif et pourcentage….…………….…...……...25 Tableau II : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la tranche l’âge……………………………………………...………………………………………27 Tableau III : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut socio- professionnel …...………………………..……………………………………….…...…28 Tableau IV : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut matrimonial………………...…………………………………………………………….30 Tableau V : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du nombre de partenaires sexuels …………..………………………………………………….……….34 Tableau VI : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’utilisation ou non du préservatif ………………………………………………………….…………….35 Tableau VII : Variable de l’équation (régression logistique)....……………..…………………………37
  • 10. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 ix Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée TABLE DE MATIÈRE Pages Dédicaces……………………………………………………………………………………………….i Remerciements………………………………………………………………………………………….ii Présentation de la structure d’accueil………………………………………………………………….iv Liste des abréviations, acronymes, sigles et symboles………………………………………………...vi Liste des figures……………………………………………………………………………………….vii Liste des tableaux…………………………………………………………………………………….viii INTRODUCTION.................................................................................................................................................1 I. REVUE DE LA LITTERATURE................................................................................................................3 1. Historique ................................................................................................................................................3 2. Caractéristiques bactériologiques de C. trachomatis...............................................................................3 2.1. Taxonomie...........................................................................................................................................3 2.2. Structure ..............................................................................................................................................4 2.3. Caractéristiques antigéniques et réponse immunitaire.........................................................................6 2.4. Caractéristiques génomiques ...............................................................................................................9 2.5. Multiplication ......................................................................................................................................9 2.6. Caractère cultiraux.............................................................................................................................12 3. Chlamydia trachomatis et infection sexuellement transmissible..................................................13 II. PATIENTES, MATERIEL ET METHODES ......................................................................................16 1. Type et période d’étude...........................................................................................................................16 2. Cadre d’étude...........................................................................................................................................16 3. Population d’étude...................................................................................................................................16 3.1. Critère d’inclusion.............................................................................................................................16 3.2. Critères d’exclusion...........................................................................................................................16 3.3. Echantillon d’étude............................................................................................................................16 4. Méthodes d’étude.....................................................................................................................................17 4.1. Collecte des données .........................................................................................................................17 4.1.1. Enquête épidémiologique ..............................................................................................................17 4.1.2. Enquête biologique........................................................................................................................17 5. Variables d’étude.....................................................................................................................................21 5.1. Variables épidemiologiques (Indépendantes)....................................................................................21 5.2. Variable biologique (Dépendante).....................................................................................................22 6. Analyses statistiques................................................................................................................................22 7. Considérations éthiques ..........................................................................................................................22
  • 11. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 x Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée III. RÉSULTATS ...........................................................................................................................................24 1. Fréquence relative .....................................................................................................................................24 2. Profil épidémiologique de la population d’étude.......................................................................................25 3. Analyse du profil épidémiologique associé à l’infection à C. trachomatis...............................................26 IV. DISCUSSION...........................................................................................................................................39 CONCLUSION....................................................................................................................................................44 SUGGESTIONS ..................................................................................................................................................45 V. PERSPECTIVES.........................................................................................................................................46 VI. RÉFERENCES ........................................................................................................................................47 VII. ANNEXE ..................................................................................................................................................55
  • 12. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 vi Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée INTRODUCTION La chlamydiose est l'une des infections bactériennes sexuellement transmissibles (IST) les plus courantes dans le monde (E. Torrone 2014). Les estimations les plus récentes de l'OMS indiquent une incidence d’environ 92 millions par an (WHO, 2005) ; aux États-Unis, environ 1,4 million de cas ont été enregistrés en 2013 (S. Menon, 2015). Elle touche dans les trois-quarts des cas, les adolescents et les adultes sexuellement actifs âgés de 15 à 30 ans (J. Siemer, 2008). Cette infection est causée principalement par Chlamydia trachomatis, qui est une bactérie à coloration de Gram négative, en forme de cocci, intracellulaire obligatoire des cellules eucaryotes, appartenant à la famille des Chlamydiaceae (C. Elwell 2016). C. trachomatis est un pathogène très évolué dont le génome est réduit et son chromosome se compose d'environ un million de paires de bases et code jusqu'à 600 protéines (R. Stephens 1998). L'analyse des gènes de cette bactérie révèle que celle- ci dépend fortement de la cellule hôte pour sa nutrition et sa réplication, ce qui indique une évolution complexe pour son adaptation à un mode de vie intracellulaire obligatoire (A. Luján, 2016). Chez la femme, une infection à C. trachomatis (serovars D-K) peut entraîner une cervicite, une maladie pelvienne inflammatoire (MIP) et plus tardivement une salpingite pouvant causer l’infertilité tubaire. Ces infections peuvent également provoquer des grossesses ectopiques, des accouchements prématurés, des fausses couches ou encore des pneumonies néonatales. Chez l’homme, l'urètre est le site d'infection le plus répandu, on parle de l’urétrite qui est la manifestation clinique la plus fréquente (D. Baud, 2015). La plupart des infections à C. trachomatis ne sont pas détectées et traitées parce que la plupart des personnes infectées sont asymptomatiques et ne consultent pas un médecin, ce qui favorise le retard du diagnostic, le passage à la chronicité et ainsi de suite aux complications. En l'absence de traitement, peut induire des fibroses et des lésions cicatricielles sévères des trompes de Fallope, augmentant ainsi le risque de maladie inflammatoire pelvienne (MIP) avec le risque de complications graves de la reproduction, comme grossesse extra-utérine et d’infertilité tubaire (D. Baud, 2015). Ces complications sont liées à la capacité de la bactérie de remonter les voies génitales et à provoquer des infections en haut du tractus génital de la femme.
  • 13. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 2 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Dans les pays en développement, les données sur la prévalence des infections génitales à Chlamydia trachomatis et leurs séquelles, sont rares. Au Nigeria, une étude à rapporter un taux de prévalence de l’infection à C. trachomatis de 9,6% (E. Nwankwo, 2014). Par contre un taux de 22,5% a été rapporté au Cameroun en 2017 (M. Chantal, 2017). Ce qui se rapprochait de 20,8<% rapporté à Madagascar en 2017 (R. Rakotomalala Toky, 2017). Un peu plus à l’Ouest de l’Afrique, notamment au Ghana, une étude sur la séroprévalence des Anticorps IgG spécifique dirigé contre C. trachomatis avait rapporté un taux de 39% (J. Siemer, 2008). En République du Congo, peu d’études ont été réalisé sur cette thématique, notamment des études menées dans le département de Brazzaville par E. Gambio en 1995, sur « la séroprévalence de l’infection à C. trachomatis chez les femmes en âge procréer à Brazzaville » qui avait noté un taux de 58,6% et la thèse de médecine soutenue par A. Mpembe en 2001, sur « évolution de la prévalence de l’infection à C. trachomatis à Brazzaville » qui avait noté un taux de 52,3 % chez les femmes. Dans le département de la Cuvette, précisément dans la ville d’Oyo, de plus en plus des femmes venaient consultées pour infertilité. Sachant l’implication de C. trachomatis dans la survenue de l’infertilité nous a motivé de mener cette étude dans ce département, d’autant plus qu’aucune étude sur la fréquence de l’infection Chlamydia trachomatis n’a été rapportée à ce jours. La présente étude visait à étudier le profil épidémiologique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les femmes à l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba (HGELBO) dans le district sanitaire Oyo allima. Au regard des fréquences relatives obtenues dans des études antérieures, menées dans la ville de Brazzaville, nous avons émis les hypothèses de recherche suivantes : • La fréquence de l’infection à Chlamydia trachomatis chez des femmes à l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba serait élevée ; • Et qu’il existerait des facteurs de risque associés à cette infection. Pour vérifier ces hypothèses, nous avons mené cette étude dont l’objectif général était de déterminer le profil épidémiologique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les femmes à HGELBO, et de manière précisément de : • Décrire les caractéristiques socio-démographiques de la population d’étude ; • Déterminer la fréquence relative de l’infection à C. trachomatis ; • Identifier les facteurs de risque associés à l’infection.
  • 14. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 3 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée I. REVUE DE LA LITTERATURE 1. Historique En 1966, Page introduit le genre Chlamydia dans la famille des Chlamydiaceae et dans l’ordre des Chlamydiales. De plus, il affirme que le terme « virus » est incorrect et que les Chlamydiae sont des bactéries (Page LA. 1966). Le genre Chlamydia est logiquement séparé en deux espèces : Chlamydia trachomatis et Chlamydia psitacci. La séparation est basée sur les caractères morphologiques et biochimiques. Elles sont les seules espèces connues jusque dans les années 1980 (Page LA. 1968). Cependant, cette division en deux genres est à l’heure actuelle controversée. The subcommittee on the taxonomy of the Chlamydiae propose en 2009 de revenir à un seul genre (Greub G. 2010). En 2010, ce comité décide de créer un groupe de travail afin d’examiner toutes les séquences du génome des souches disponibles des Chlamydiaceae afin de parvenir à une décision finale sur la réunification des genres (Greub G. 2010). Quant à elle, la dernière édition du manuel de bactériologie systématique de Bergey est déjà retournée à l’unique genre Chlamydia (Kuo CC, Stephens RS, Bavoil PM et al. 2011). De plus, deux nouvelles espèces ont été découvertes, il s’agit de C. avium qui infecte les pigeons et C. gallinacea qui infecte les volailles (K. Sachse, et al. 2014). 2. Caractéristiques bactériologiques de C. trachomatis 2.1. Taxonomie Grâce au séquençage de l’acide ribonucléique ribosomal ARNr, il est permis de rattacher les Chlamydiae aux eubactéries. C. trachomatis appartient à l’ordre des Chlamydiales qui comprenant 4 familles : les Chlamydiaceae, les Parachlamydiaceae, les Simkaniaceae et les Waddiaceae. La famille des Chlamydiaceae comprend 2 genres et 9 espèces : le genre Chlamydia et le genre Chlamydophila. Chaque genre comprend différentes espèces parmi lesquelles certaines sont retrouvées chez l’Homme : • Trois espèces chez le genre Chlamydia : - Chlamydia trachomatis : espèce humaine - Chlamydia muridarum : espèce murine, responsable de pneumonies - Chlamydia suis : espèce porcine, responsable de conjonctivites, entérites et pneumonies • Six espèces chez le genre Chlamydophila : - Chlamydophila pneumoniae : espèce humaine, responsable de pneumonies sévères et atypiques
  • 15. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 4 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée - Chlamydophila psittaci : espèce retrouvée chez l’oiseau, responsable de la psittacose et de l’ornithose et retrouvée occasionnellement chez l’Homme - Chlamydophila abortus - Chlamydophila felis : espèce spécifique aux chats - Chlamydophila caviae : espèce spécifique aux cochons d’Inde - Chlamydophila pecorum : espèce isolée de plusieurs mammifères 2.2. Structure 2.2.1. Morphologie C. trachomatis est un pathogène bactérien intracellulaire obligatoire à Gram-négatif ayant un cycle de développement biphasique unique : Corps élémentaire (CE) et Corps Réticulé (CR). Les corps élémentaires, la forme infectieuse de C. trachomatis, se présentent sous forme de particules rondes, de Figure n°01: Arbre phylogénétique actuel de l’ordre Chlamydiales, basé sur la séquence 16S (Taylor-Brown and Polkinghorne, 2017)
  • 16. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 5 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée petite taille (environ 0,3 μm de diamètre) et apparaissant denses aux électrons. Les CE possède deux particularités morphologiques, outre leur taille, qui les distinguent des corps réticulés. Comme expliqué auparavant, leur nucléoide est particulièrement condensé. De plus, leur membrane externe présente une composition et une structure particulière. Contrairement aux autres bactéries Gram-négatives, les corps élémentaires de C. trachomatis n’utilisent pas de peptidoglycanes, présents en quantité quasiment indétectable dans la membrane, pour obtenir de la rigidité (Hackstadt et al., 1985; Liechti et al., 2013; Hatch, 1996). La rigidité est conférée par un complexe protéique spécifique, présent dans la membrane externe et constitué d’un ensemble de protéines riches en cystéines, liées de façon covalente par des ponts disulfures intra- et inter-chaînes. Le réseau dense ainsi formé confère aux bactéries une résistance aux stress osmotiques et mécaniques, notamment dans l’environnement extracellulaire (Caldwell et al., ; S. Menon, 2015). Chlamydia trachomatis évolue sous trois formes antigéniquement distinctes : • Le corps élémentaire, forme extracellulaire responsable de la transmission de l’infection, limitée par une membrane cytoplasmique et une paroi proche de celle des bactéries à Gram négatif. La membrane externe de la paroi contient le lipopolysaccharide (LPS), spécifique du genre et responsable des réactions sérologiques croisées non seulement entre les espèces du genre mais avec des espèces d’autres genres, ainsi que des protéines de structure comme MOMP (major outer membrane protein) ou Omp 1, spécifiques d’espèce et de sérovars fortement immunogènes. • Le corps réticulé, forme intracellulaire de multiplication et non infectieux, dans laquelle le chromosome est sous forme relâchée par absence des protéines Omp 2 et Omp3 ; • Le corps aberrant, forme de persistance responsable d’infection chronique, morphologiquement anormale, viable mais non cultivable. Cette forme possède une structure antigénique particulière, riche en protéines de stress Chsp 60 (heat shock protein spécifique des chlamydiae) et dépourvue de MOMP (18). Figure n°02: Photo en microscopie électronique d’une inclusion à chlamydiae dans une cellule infectée, , Dr Mortemousque et al- , Laboratoire de Microscopie électronique, Université de Bordeaux I CE : Corps élémentaire CR : Corps réticulé
  • 17. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 6 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 2.2.2. La paroi Les Chlamydiae sont limitées par une membrane cytoplasmique et par une paroi, proche de celle des bactéries à Gram négatif. Ils sont caractérisés par leur enveloppe cellulaire, qui sont composées d’une fine paroi cellulaire peptidoglycane prise en sandwich entre une membrane cellulaire cytoplasmique interne et une membrane externe contenant du lipopolysaccharide (LPS) (C. Elwell 2016). 2.3. Caractéristiques antigéniques et réponse immunitaire 2.3.1. Caractéristiques antigénique Au sein de chaque espèce, nous retrouvons des biovars. Les biovars sont des souches qui diffèrent de par leurs caractéristiques biologiques. Chacun peut être par la suite différencié par des sérovars, souches variant par les épitopes portés par la protéine majeure de leur membrane externe (PMME) ou major outer membrane protein (MOMP). L’analyse des communautés antigéniques de la PMME a permis de distinguer 19 sérovars des souches du Chlamydia trachomatis et les regrouper en 3 complexes répartis sur les 2 biovars : • Biovar trachoma : infecte les muqueuses - Sérovars A, B, Ba et C : responsables de lésions oculaires (trachomes) - Sérovars D, Da, E, F, G,Ga, H, I, Ia, J et K: responsables de lésions génitales, conjonctivites et pneumonies néonatales • Biovar LGV : infecte les ganglions lymphatiques - Sérovars L1, L2, L2a et L3 : responsables de la lymphogranulomatose vénérienne 2.3.2. Protéines de la membrane externe La membrane externe de C. trachomatis comprend plusieurs protéines riches en résidus cystéine : la MOMP ou protéine omp 1 de poids moléculaire (PM) proche de 40 kDa, OmcB ou protéines omp2 de 60 kDa et PmpD ou protéine omp3 de 15 kDa. Ces protéines assurent la rigidité de la membrane par la présence de ponts disulfures intra- et intermoléculaires, et sont responsables de la remarquable résistance du CE au stress mécanique et osmotique. La richesse en cystéine de ces protéines de surface, est importante, respectivement de 8, 37 et 14 résidus. Le CR est comparativement plus fragile car déficient en protéines omp2 et omp3 (Karim, 2013).
  • 18. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 7 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée La MOMP représente 60 % du poids sec de la membrane externe. Glycosylée, elle se présente sous forme multimérique transmembranaire dans le CE et sous forme monomérique dans le CR. Cette protéine, présente durant tout le cycle de développement de la bactérie, est constituée de quatre domaines variables (DV) hydrophiles encadrés par cinq domaines constants (DC) hydrophobes. Les DV sont exposés à la surface de la bactérie alors que les DC sont enchâssés dans la membrane (C. Elwell 2016). La MOMP de C. trachomatis est un puissant immunogène. Elle porte des épitopes ayant des spécificités de genre, d'espèce, et de sérovars. La détermination des sérovars a été réalisée grâce à des anticorps monoclonaux reconnaissant les épitopes portés par les DV, en particulier par le DV4. En plus de son rôle structural, cette protéine aurait une fonction de porine (Zabak K., 1999) et jouerait un rôle dans l'adhésion, particulièrement les DV2 et DV4 (C. Elwell 2016). Trois protéines d'enveloppe, décrites chez les différentes espèces de Chlamydia, montrent de grandes homologies avec les protéines de la famille heat shock protein (hsp), une protéine hsp-70, une protéine hsp-12 et une protéine hsp-60. La protéine hsp-70 jouerait un rôle dans l'attachement du CE à la cellule hôte. Des anticorps dirigés contre cette protéine inhibent l'infectivité in vitro. La protéine hsp-60 serait associée à la réponse d'hypersensibilité de type retardé dans les infections chroniques et la production d'anticorps anti-hsp-60 a été trouvée fortement corrélée à des pathologies sévères comme les salpingites ou leurs conséquences comme les grossesses extra-utérines (Karim, 2013). 2.3.3. Réponse immunitaire innées et adaptatives à l'infection à Chlamydia chez la femme Normalement, l’appareil reproducteur féminin n’a pas de tissu lymphoïde organisé associé, mais il existe des cellules dendritiques, des macrophages et quelques lymphocytes résidents dispersés dans les quatre zones épithéliales principales, le vagin, le col de l’utérus, les trompes de Fallope (Givan et al ., 2007). L'infection au C. trachomatis se produit généralement dans le tractus génital inférieur. Lors de l’infection, les cellules immunitaires (CPA) telles que les lymphocytes, les macrophages et les cellules dendritiques sont séquestrées sur le site de l'infection et s’infiltre dans l'épithélium où elles commencent à libérer des cytokines pro-inflammatoires telles que l'IFNγ et l'IL-12. Les chimiokines activent à leur tour les cellules NK (Natural Killer) et induisent la maturation des cellules T en cellules T CD8 + ou CD4 +. Au site d'infection, il existe une forte réaction inflammatoire médiée principalement par les lymphocytes T CD4 + présentant un phénotype Th1 qui interagissent avec les cellules B via le récepteur des cellules T (TCR) et le complexe majeur d'histocompatibilité (MHC) pour produire des anticorps contre l'infection à Chlamydia. (Loomis et Starnbach, 2002, figure 2). La production de l'interféron-γ
  • 19. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 8 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée (IFN-γ), est connu pour inhiber la reproduction des Chlamydes (Perry et al., 1997). Cependant, il existe des preuves que la concentration d'IFN-γ est essentielle au résultat de l’infection ; des niveaux élevés d'IFN-γ sont associés à la suppression de l'infection, alors que de faibles niveaux peuvent permettre à la bactérie de persister sans se répliquer. L’infection à Ct peut persister plusieurs années et la réinfection est courante. Il a été démontré que la réinfection peut entraîner une forte réponse immunitaire secondaire et l'inflammation accrue peut causer d'autres dommages à l'appareil reproducteur. Cela a été suggéré comme étant le cas dans la maladie inflammatoire pelvienne chronique (Hillis et al ., 1997). Si l’infection se propage plus haut dans le tractus jusqu’à l’utérus et aux trompes de Fallope, le risque de grossesse extra-utérine et de stérilité due à des lésions des trompes est élevé. On ne sait toujours pas combien de dégâts sont causés par le Ct ni par la réponse immunitaire de l'hôte (Shaw et al ., 2011). 2.3.4. Echappement au système immunitaire La vacuole contenant la bactérie phagocytée échappe à la fusion avec le lysosome. Deux mécanismes pourraient expliquer ce phénomène : une phase de fusion plus tardive avec le lysosome due à des propriétés intrinsèques du CE, et une modification active des capacités de liaison de la vacuole (Scidmore et al., 2003). La vacuole de phagocytose peut cependant fusionner avec les vacuoles d’exocytose contenant des lipides nécessaires à son développement (Elwell et al, 2012). Les Chlamydia peuvent aussi persister de façon chronique à l’intérieur de la cellule. Le système immunitaire ne peut alors pas les atteindre et donc les éliminer. Différents mécanismes semblent déclencher cette persistance : action de l’IFN-ϒ par la diminution de tryptophane dans le milieu (Pantoja et al., 2001; Wyrick and Richmond, 1989), carence en fer (Raulston et al, 1997), infection par les phages (Hsia et al., 2000), co-infection avec les virus (Borel et al., 2010) ou un modèle d’infection persistante (Kutlin et al., 2001), dont les conséquences pourraient être une carence en glucose et en acides aminés dans le milieu, ce qui provoque aussi la formation de corps aberrant (Harper et al., 2000). L’exposition à certains antibiotiques provoque aussi la formation de corps aberrant : c’est le cas lors de l’exposition de C. trachomatis à l’orofloxacine et la ciprofloxacine, pouvant expliquer les échecs de traitements observés in vivo (Dreses-Werringloer et al., 2000). Une exposition in vitro de cellules infectées avec C. psittaci à de la pénicilline inhibe la formation de CE infectant à partir de CR, et résulte en la formation de CR persistants. Le cycle de développement de la bactérie reprend quelques heures après le retrait de la pénicilline du milieu de culture, indiquant la viabilité des particules observées (Matsumoto et al, 1970).
  • 20. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 9 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 2.4.Caractéristiques génomiques Les Chlamydiae ont un génome considérablement réduit (1,09 Mb codant pour 895 cadres de lecture ouverts pour C. trachomatis ) dépourvu de nombreuses enzymes métaboliques, ce qui fait que ces bactéries dépendent de l’hôte pour la plupart de leurs besoins métaboliques (C. Elwell 2016). La capacité codante est d'environ 600 protéines. L'étude du génome de C. trachomatis a montré que les parties codantes étaient réparties uniformément sur le chromosome, sans duplication de grandes parties du génome, souvent rencontrées chez les bactéries. Une région à forte diversité génomique, appelée « zone de plasticité », code un ensemble de facteurs de virulence, notamment la cytotoxine, le complexe d'attaque membranaire / protéine perforine (MACPF) et la phospholipase D, pouvant jouer un rôle dans le tropisme de l'hôte et la niche spécificité. Les Chlamydiae codent pour un grand nombre d'effecteurs de virulence, qui comprennent ~ 10% de leur génome (B.Hampikian HJ, 2010). Ces effecteurs sont délivrés par des systèmes spécialisés de sécrétion à la surface bactérienne (par un système de sécrétion de type V (T5SS)), par la lumière d’inclusion (par un système de sécrétion de type II (T2SS)) ou dans le cytosol ou la membrane d’inclusion de la cellule hôte (par un système de sécrétion de type III (T3SS)) (C. Elwell 2016). Le gène le plus étudié est le gène omp1 codant pour la MOMP. Ce gène, présent en copie unique dans le génome, est composé de quatre domaines variables encadrés par cinq domaines constants. L'expression de omp1 permettant de produire la MOMP tout au long du cycle de développement de C. trachomatis, serait régulée au niveau transcriptionnel, par des promoteurs en tandem. Le cycle unique de réplication de Chlamydia trachomatis exige une coordination par des gènes de contrôle. Ces gènes de contrôle sont probablement organisés en opérons. Quelques opérons ont été décrits chez Chlamydia (C. Elwell 2016). 2.5. Multiplication 2.5.1. Liaison et adhésion de C. trachomatis à la cellule hôte La reconnaissance de l'infection à Chlamydia par les récepteurs de reconnaissance de formes conduit à une immunité cellulaire autonome et à la production de cytokines pro-inflammatoires. Les antigènes de Chlamydia peuvent être reconnus par des capteurs pathogènes de surface cellulaire, endosomaux ou cytosoliques. Au contact des cellules hôtes, des effecteurs liés à l'invasion sont injectés via le T3SS pour induire des réarrangements cytosquelettiques et la signalisation de l'hôte. Le récepteur Toll-like 4 (TLR4) reconnaît le lipopolysaccharide (LPS) ou la protéine de choc thermique de 60 kDa (HSP60),
  • 21. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 10 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée tandis que le TLR2 reconnaît le peptidoglycane, la protéine inhibitrice des macrophages (MIP) et / ou les ligands régulés par un plasmide (C. Elwell 2016). L'adhésion de C. trachomatis, est un processus en deux étapes qui est médiatisé par une interaction de faible affinité avec les protéoglycanes sulfate d'héparane (HSPG), suivie d'une liaison de haute affinité aux récepteurs (TLR4 et TLR2) de la cellule hôte. OmcB (également connu sous le nom de CT443) de C. trachomatis assure la médiation de la fixation aux HSPG. Le niveau et la position de la sulfatation dans les HSPG jouent un rôle important dans la liaison de C. trachomatis et peuvent contribuer au tropisme tissulaire (C. Elwell 2016). Au contact des cellules hôtes, des effecteurs liés à l'invasion sont injectés via le T3SS pour induire des réarrangements cytosquelettiques et la signalisation de l'hôte. Dans Chlamydia trachomatis, la phosphoprotéine recrutant de l’actine transloquée (TarP), CT166 et CT694 sont d’abord sécrétées, suivies du TepP. TarP et TepP sont des tyrosines phosphorylées par des kinases hôtes (C. Elwell 2016). L'adhérence est également liée à la famille des protéines membranaires polymorphes (Pmp) chez C. trachomatis. Pmp21 (également connu sous le nom de Cpn0963) se lie au récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR) et agit à la fois comme une adhésine et une invasine (C. Elwell 2016). 2.5.2. Cycle de multiplication de Chlamydia trachomatis Le cycle de développement comprend plusieurs étapes : dans un premier temps, le corps élémentaire (CE) se fixe et entre dans la cellule hôte puis il se différencie en corps réticulé (CR). Sous cette dernière forme il est capable de se multiplier puis se différencie en corps élémentaire, qui seront libérés par exocytose (C. Elwell 2016) (Fig.3). Le corps aberrant de persistance survient lors de circonstances particulières qui altèrent le développement du cycle, notamment en présence de cytokines tel que l’interféron. La bactérie ne peut plus se multiplier mais sa persistance contribuerait à l'installation d'une infection chronique responsable de séquelles caractéristiques, de diagnostic et de traitement difficile. La liaison des corps élémentaires aux cellules hôtes est initiée par la formation d'un pont trimoléculaire entre les adhésines bactériennes, les récepteurs de l'hôte et les protéoglycanes de l'héparane sulfate (HSPG) de l'hôte. Ensuite, des effecteurs pré-synthétisés de type III (T3SS) sont injectés dans la cellule hôte, certains d'entre eux initiant des réarrangements cytosquelettiques pour faciliter l'internalisation et / ou initier une signalisation mitogène pour établir un état anti-apoptotique. Le corps élémentaire est endocytosé dans un compartiment lié à la membrane, appelé inclusion, qui se dissocie rapidement de la voie endolysosomale
  • 22. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 11 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée canonique. La synthèse protéique bactérienne commence, les corps élémentaires se convertissent en corps réticulés et les protéines membranaires d'inclusion (Incs) nouvellement sécrétées favorisent l'acquisition des nutriments en redirigeant les vésicules exocytaires en transit de l'appareil de Golgi vers la membrane plasmique. L'inclusion naissante est transportée, probablement par un Inc, le long de microtubules vers le centre d'organisation des microtubules (MTOC) ou le centrosome. Au milieu du cycle, les corps réticulés se répliquent de manière exponentielle et sécrètent des effecteurs supplémentaires modulant les processus dans la cellule hôte. Dans des conditions de stress, les corps réticulés entrent dans un état persistant et se transforment en corps aberrants élargis. Les bactéries peuvent être réactivées lors de l'élimination du stress. Aux derniers stades de l'infection, Les corps réticulés sécrètent des effecteurs en fin de cycle et synthétisent des effecteurs spécifiques à un corps élémentaire avant de se différencier en corps élémentaires. Les corps élémentaires quittent l'hôte par lyse ou extrusion. Figure n°03: Cycle de multiplication de Chlamydia trachomatis, D’après (C. Elwell 2016)
  • 23. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 12 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 2.6. Caractère cultiraux C. trachomatis est une bactérie parasitant obligatoirement l’Homme. De par son caractère strictement intracellulaire, cette bactérie se développe in vitro uniquement en cultures cellulaires. Pour C. trachomatis, deux lignées sont habituellement utilisées : les cellules McCoy et les cellules HeLa 229 (Eb F. 2002), cultivés à 37°C pendant 48 à 72h (B Hajikhani,et al. 2013) avec 5% de CO₂ et un taux élevé de glucose (AbdelRahman YM, Rose LA, Belland RJ. 2010). La bactérie ne peut être cultivée directement dans des bouillons nutritifs ou sur gélose, même au sang (Hajikhani B, Motallebi T, Norouzi J et al. 2013). La mise en culture est possible à partir de tout type de prélèvement. Seuls les spermes peuvent être toxiques pour les cellules (Corsaro D, Le Faou A. 2002). De façon pratique, en biologie médicale, quel que soit le type de technique de détection utilisée, il est indispensable de déposer le prélèvement supposé renfermer C. trachomatis dans un milieu de transport. Les milieux et conditions de transport du prélèvement sont adaptés à la technique de détection utilisée. Seule la culture cellulaire exige des conditions strictes de transport, délai et température. Pour la recherche de la bactérie par mise en culture, le milieu le plus utilisé est le milieu saccharose-phosphate 2SP constitué de phosphate de potassium (0,02 M) et de saccharose (0,2 M) additionné ou non de 5% de sérum de veau foetal (De Barbeyrac B, Bébéar C. 1997). Dans le cas d’une culture, si le délai est inférieur à 24 h, le prélèvement doit être conservé à +4°C. Si le délai est supérieur à 24 h, le prélèvement doit être conservé à -70°C. Par contre, si une amplification par PCR est pratiquée, une conservation à température ambiante est possible pendant 24 à 48 h ou une semaine à +4°C (Eb F. 2002). Dans une étude d’autoprélèvement vaginal, les prélèvements sont stockés à +4°C au laboratoire, et si les prélèvements ne peuvent être étudié dans les 24 h, ils sont alors stockés à -20°C (De Barbeyrac B, Raherison S, Clerc M et al. 2007). Pour finir, des antibiotiques et des antifongiques sont additionnés au milieu de transport. La vancomycine et la gentamicine ainsi que la nystatine et l’amphotéricine B sont le plus souvent utilisées (C. Barnes 1989).
  • 24. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 13 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Lésion s Trompe 3. Chlamydia trachomatis et infection sexuellement transmissible Les infections à C. trachomatis évoluent selon deux modes, aigu et chronique, ce qui soulève la question de la persistance de la bactérie malgré la réponse immune de l’hôte et une antibiothérapie active. La complexité de la physiopathologie de ces infections rend le diagnostic biologique difficile et constitue clairement un fardeau majeur pour la santé publique. La prévalence des infections à C. trachomatis est très importante puisqu’elles touchent des millions d’individus. Elles devancent les infections gonococciques dans les pays industrialisés. Elles représentent environ 30 – 50% des infections génitales non gonococciques et 70 – 80% des UPG (Urétrites post- gonococciques) (Cheikh, 2002). La figure 1, nous montre les foyers de localisations de l’infection à C. trachomatis. Figure n°04: Foyer de localisation de l’infection à C. trachomatis (www.dreamstime.com/ Chlamydia-trachomatis) Vaginite Cervicite Endométrite Salpingite Ovule
  • 25. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 14 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3.1. Epidémiologie 3.1.1. Facteurs de favorisants Les facteurs de risques de cette IST, induite par les sérovars D à K de C. trachomatis, sont nombreux et bien connus. Le facteur le plus important pour de nombreux auteurs est l’âge jeune, c’est-à-dire moins de 20 ou 25 ans. Ensuite, l’utilisation de pilule contraceptive et la non-utilisation de préservatifs sont des facteurs défavorisant. Pour finir, les comportements sexuels à risque permettent la diffusion de l’infection, notamment, la multiplicité des partenaires sexuels avec un risque élevé pour plus d’un partenaire par an, mais aussi la précocité des rapports sexuels, ainsi que de nouveaux partenaires ou le célibat (D. Corsaro, et al. 2002 ; B. Barbeyrac, al. 2007). L’étude en france de 2006 a permis d’approfondir l’identification des facteurs de risques associés, indépendamment pour les femmes et pour les hommes de 18 à 29 ans. Pour les femmes, ces facteurs sont l’absence de diplôme, le fait d’avoir eu, dans les 12 derniers mois au moins, trois partenaires sexuels ou des partenaires du même sexe, ou d’avoir eu un partenaire occasionnel comme dernier partenaire sexuel. Pour les hommes, deux facteurs se démarquent, à savoir le fait d’avoir eu un partenaire occasionnel ou nouveau comme dernier partenaire sexuel et le fait d’habiter en Ile-de-France (V. Goulet et al. 2011). Précisons maintenant quels sont les modes de transmission de l’IST à C. trachomatis. 3.1.2. Les modes de Transmissions L’infection causée par les sérovars D à K de C. trachomatis est une IST, c’est-à-dire que la transmission se fait lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne infectée. La probabilité que les deux partenaires soient contaminés lorsqu’un des deux affiche une positivité pour C. trachomatis est de 40 à 60% (Norman J. 2002). Un deuxième mode de transmission existe, la transmission materno-foetale lors de l’accouchement. Au cours de la grossesse, environ 5% des femmes présentent l’infection à C. trachomatis. L’infection cervicale est le plus souvent inapparente (Jacquemard F. 2004). La transmission materno-foetale se fait lors du passage de la filière génitale infectée (Bellulo S, Bosdure E, David M et al. 2012). Dans le cas d’une parturiente infectée, elle est effective dans 50 à 70% des cas d’accouchements par voie basse (Sarlangue J, Castella C. 2005).
  • 26. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 15 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée En ce qui concerne l’infection oculaire, C. trachomatis est actuellement la cause la plus fréquente des conjonctivites néonatales, impliquée dans 50 à 75% des cas (Sarlangue J, Castella C. 2005). La conjonctivite se déclare dans les 8 jours après l’accouchement. 3.2. Physiopathologie Il est important de notifier que l’infection transmise lors d’un rapport sexuel non protégé est diffusée par propagation du sperme contenant C. trachomatis dans les trompes de Fallope. Cependant, la femme est aussi un réservoir de ce micro-organisme et une menace non seulement pour ses partenaires mais aussi pour sa progéniture (I. Choroszi-krol,et al. 2012). 3.3. Diagnostic biologique Les tests de détection de C. trachomatis peuvent être classés en deux groupes : • Ceux permettant un diagnostic direct (biologie moléculaire, recherche d’antigènes, culture cellulaire) ; • Ceux permettant un diagnostic indirect (recherche d’anticorps). La prescription des examens biologiques doit être accompagnée de renseignements cliniques suffisants permettant de justifier la nature et la qualité des prélèvements réalisés et le choix des méthodes de diagnostic à mettre en œuvre
  • 27. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 16 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée II. PATIENTES, MATERIEL ET METHODES 1. Type et période d’étude Il s’est agi d’une étude transversale et analytique qui s’est déroulée du 17 juin au 28 décembre 2019 , soit une période de sept (7) mois 2. Cadre d’étude Notre étude a été menée à l’hôpital général Edith Lucie Bongo Ondimba d’Oyo, dont les services concernés étaient : • Le laboratoire d’analyse médicale et morphologique : Dans ce service nous avons prélevé nos échantillons • Le Centre de Recherche et d’Etude des Pathologies Infectieuses et Tropicales (CREPIT) : Dans ce centre, nous avons analysé nos échantillons dans l’unité d’immuno-sérologie et effectué différent test statistique. 3. Population d’étude La population cible d’où a été tiré notre échantillon d’études était constituée des tout venant et des femmes vues en conultation externe (médecine et gynécologie) et pendant la periode d’étude. Toutes averties et renseignées sur l’étude. 3.1.Critère d’inclusion Nous avons inclus toutes les femmes en âge de procréer, sexuellement actives, et ayant données leur consentement éclairé. 3.2.Critères d’exclusion Les femmes en menstruation et celles ayant un traitement d'antibiothérapie aux cycline (doxycycline et tétracyclines) ou azithromycine (Zithromax), en cours ou datant d’environ un (1) mois ont été excluses. 3.3. Echantillon d’étude Le mode d’échantillonnage a été tirage aléatoire simple parmi les patientes qui ont répondu aux critères de sélection. Ainsi, un échantillon de 72 patientes a été constitué.
  • 28. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 17 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 4. Méthodes d’étude 4.1.Collecte des données Les patientes retenus ont fait l’objet d’une double enquête : épidémiologique, et biologique. 4.1.1. Enquête épidémiologique Avant chaque prélèvement, les patientes incluses ont été informés sur le déroulement de l’étude et de ses objectifs à partir d’une fiche d’information (annexe I) conçue uniquement à cet effet. Après avoir obtenu leur consentement éclairé et écrit (annexe III) à l’étude, les patients ont répondu à un questionnaire standardisé (annexe II) afin de collecter des informations permettant d’identifier l’existence ou non des comportements à risque ou potentiellement à risque de transmission de l’infection à C. trachomatis. Ces informations se rapportaient aux données sociodémographiques et à l’ensemble des variables relatives aux facteurs de risque de transmission. Nous avons mené des entretiens en français (langue officielle), et en lingala (langues nationales) et/ou en dialecte local si nécessaire avec l’aide d’un interprète. Le choix de la langue a été fonction des connaissances du patient. Un code et un numéro d’identification étaient attribués à chaque femmes afin de garantir la confidentialité des données et leur anonymat. 4.1.2. Enquête biologique Les patientes ayant répondu aux critères de sélection ont bénéficié des prélèvements gynécologique pour la réalisation d’études biologiques. 4.1.2.1. Mode opératoire (i) Etape Pré-Analytique Ayant obtenu le consentement éclairé et recueilli les reponses aux questionnaires, nous invitions la patiente à retirer le bas de ses vêtements et à s’installer sur le lit en position gynecologique. A l’aide du spéculum jetable, à usage unique, nous avons prélevé les sécrétions au niveau de l’endocol avec un écouvillon, en frottant le canal endocervical par un mouvement de rotation. Nous avons utiliser deux (2) écouvillon par patiente: un écouvillon pour l’examen biologique et l’autre écouvillon pour la conservation de l’échantillon et les perspectives de l’étude.
  • 29. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 18 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Figure n°05: Prélèvement endocervicale des sécrétion vaginales (www.google.com/prelevement- endocervicale) Les échantillons bien identifiés sont conduits dans l’unité d’immuno-serologie pour l’analyse biologique. (ii) Etape analytique L’étude analytique s’est basée principalement sur la détéction de l’antigène MOMP en utilisant le test d’Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Test du fournisseur WONDFO. Il s’agit un test de troisième génétation dont la sensibilité est estimée à 93.58% et la spécificité à 99.08% (https://en.wondfo.com.cn/product/one-step-chlamydia-test/brochure.pdf) Spéculum à usage unique Ecouvillons Sécrétion endocervicale Col de l’utérus
  • 30. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 19 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée - Principe du test Le test d’Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Test est un test de dépistage rapide de Chlamydia trachomatis basé sur le principe d’immunochromatographie sur membrane de nitrocellulose. Si l'antigène recherché est présent, il se lie avec un anticorps marqué le plus souvent à l'or colloïdal. Sous l'effet d'un tampon lyse-migration, les complexes antigènes-anticorps migrent par capillarité et sont arrêtés par des anticorps de capture fixés sur la membrane. Un résultat positif se traduit par l'apparition d'une ligne colorée. L'excès de complexe conjugué continue à migrer et est immobilisé par un anticorps (anti-lapin ou anti-souris), l'accumulation des complexes colorés entraîne l'apparition d'une ligne colorée, cette seconde ligne ou ligne de contrôle valide le bon fonctionnement de la réaction. En cas de réaction négative, seule la ligne contrôle est colorée. L'apparition des bandes est rapide en 15 à 20 mn. - Pratique du t Figure n°06: Principe du test Immuno-Chromatographie one step Chamydia swab / urine Test (http://www.cytodiagnostics.com/store/pc/Lateral-Flow-Immunoassays-d6.htm)
  • 31. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 20 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée - Procédure de réalisation du test L’ensemble du matériel et des échantillons ont été placés à température ambiante avant la réalisation des tests. Après l’ouverture du sachet, la cassette a été déposée sur une surface plane, propre et sèche, préalablement désinfectée à l’hypochlorite de sodium (eau de javel). Sortant de la salle de prélèvement, l’écouvillon de l’échantillon est placé dans un cryotube fourni dans le kit. Ce cryotube est étiqueté à l’aide d’un code de manière approprier, ensuite en y ajoute 8 gouttes (environ 300µl) du tampon A dans le cryotube contenant l’écouvillon de l’échantillon. On agite l’écouvillon légèrement pendant environ 30 secondes pour mélanger la solution, puis incuber à température ambiante pendant 5 minutes. Après 5 minutes d’incubation, on y ajoute 8 gouttes (environ 300µl) du tampon B dans le cryotybe, contenant le tampon A et l’écouvillon de l’échantillon. On agite l’écouvillon légèrement pendant environ 30 secondes pour mélanger la solution, puis incuber à température ambiante pendant 5 minutes. La lecture et l’interprétation des résultats ont été faites au bout de 15 minutes pour tous les tests utilisés (figure n°08). Constitution du kit 1. 25 sachets contenant chacun - Une cassette du test - Une mini pipette 2. 25 cryotubes 3. 25 écouvillons stériles 4. Un flacon de réactif A (en rouge : 7.5 mL) 5. Un flacon de réactif B (en jaune : 7.5 mL) 6. Une notice d’instruction à l’utilisation Figure n°08: kit one step Chlamydia Swab / Urine Test Figure n°07: Préparation des échantillons
  • 32. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 21 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée (iii) Etape Post-analytique Figure n°09 : Interprétation des résultats du test (http://portuguese.alibaba.com/product-gs/one-step-Chlamydia-rapid-test-whole-1952448654.html) Un test positif (+) s’est révélé par l’apparution de 2 bandes (test et le control), et un test négatif (-) par l’apparution d’une seul bande (contrôle). L’apparution d’une bande uniquement sur la zone test (T), et l’absence totale de bande sur la cassettes ont été considéré comme test invalide (figure 8). 5. Variables d’étude 5.1. Variables épidemiologiques (Indépendantes) • Âge ; • Profession ; • Niveau d’instruction ; • Statut matrimonial. • Parité, • Gestité, Test - Test + • Antécedents aux IST, • Multiplicité de partenaires sexuels, • Non usage du préservatif, • Âge du premier rapport sexuel.
  • 33. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 22 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 5.2. Variable biologique (Dépendante) La seule variable biologique étudiée était le résultat du test immuno-chromatographique à C. trachomatis, en détéctant l’antigène MOMP : test CT+ / CT- 6. Analyses statistiques Les analyses statistiques comprennent trois (3) élements essentiels : La confection de la base de donnée, les tests statistiques et l’interprétation des résultats. Nous avons utilisé le logiciel Microsoft office (Excel) version 2019, pour la confection de la base de données et l’élaboration des graffes. Les analyses statistiques ont été réalisées à partir du logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 19.0 (IBM Corp., Armonk, NY, USA), en éffectuant deux (2) test : • Chi2 de Pearson ou le test Fisher exact : pour mésurer la significativité statistique de l’association ou la dépendance des variables étudiées avec une p value fixé à 0,05; • Regression logistique / Odd ratio (OR) : pour mésurer l’intensié de cette association avec le risque relatif à l’infection à C. trachomatis (facteurs de risques) pour chaque variable indépendante avec une intervalle de confiance à 95% (IC 95%) 7. Considérations éthiques Notre étude s’est inscrite dans le cadre d’une recherche scientifique sur des humains. De ce fait, la confidentialité des données et l’anonymat des patientes ont été respectés. N’avait accès à la base de données que le peronnel de l’étude habilité avec un système de mot de passe. Aucune patiente n’a été incluse sans son accord préalable et son consentement éclairé lu et signé. La gratuité des analyses immuno-chromatographique a été assurée et garantie pour toutes les patientes. Dans le cadre d’un partenariat de recherche établi entre l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba d’Oyo et l’Université Marien N’GOUABI, une autorisation de mise en stage nous a été accordé pour la réalisation de ce mémoire.
  • 34. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 23 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée
  • 35. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 24 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 36,00% 64% Positif (+) Négatif (-) 36% 64% III.RÉSULTATS 1. Fréquence relative A l’issue de cette étude, nous avons obtenu 72 échantillons, dont 26 positifs et 46 négatifs. La fréquence relative de l’infection à C. trachomatis a été déterminée à 36% des femmes atteintes sur 64% des femmes non atteintes par l’infection (figure 09). Figure n°10 : fréquence relative de l’infection à C. trachomatis chez les femmes à HGELBO
  • 36. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 25 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 2. Profil épidémiologique de la population d’étude Tableau I : Profil épidémiologique représenté en effectif et pourcentage Caractéristiques Effectif Pourcentage (%) Âge (ans) 14 à 25 26 à 35 36 à 45 29 23 20 40% 32% 28% Statut socio-professionnel Commerçante Fonctionnaire Elève / Etudiante Hôtesse 29 14 25 4 40% 19% 35% 6% Niveau d’instruction Primaire Secondaire Supérieur 5 18 22 32 25% 31% 44% Statut matrimonial Célibataire Concubinage Mariée 30 32 10 42% 44% 14% Parité Pas d’enfant 1 à 2 3 à 4 ≥ 5 24 36 8 4 33% 50% 11% 6% Gestité Pas de grossesse 1 à 2 3 à 4 ≥ 5 10 26 16 20 14% 36% 22% 28% Antécédent IST NON OUI 66 6 92% 8% Nombre de partenaire sexuel ≤ 5 6 à 10 11 à 15 16 à 20 >20 51 11 3 4 3 71% 15% 4% 6% 4%
  • 37. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 26 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3. Analyse du profil épidémiologique associé à l’infection à C. trachomatis Nous avons recherché l’existence d’un risque relatif et de dépendance entre l’infection à C. trachomatis et les facteurs de risque de contamination par des tests statistiques de Pearson et de Fisher exact (Chi- squart = Chi2 ), une P-value fixé à < 0,05 et l’odd ratio avec une intervalle de confiance IC à 95%. Âge du Premier Rapport Sexuel (ans) 10 à 19 20 à 29 ≥30 61 10 1 85% 14% 1% Utilisation du préservatif NON OUI 55 17 76% 24% Total 72 100%
  • 38. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 27 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3.1. Âge En fonction des différentes tranches d’âge, nous avons analysé la répartition des résultats de l’infection à C. trachomatis, et la moyenne d’âge de la population infectée était de 29,9 ± 7,8 ans avec les extrêmes allant de 15 et 45 ans (tableau II). Les femmes âgées dans la tranche de 15 à 25 ans, étaient les plus représentées dans notre échantillon et étaient les plus atteintes par l’infection avec un taux de 54%. Suivent celles dont l’âge était compris dans la tranche de 36 à 45 ans avec un taux de 27% et 19% de notre échantillon était représenté par les femmes infectées dont l’âge était compris de 26 à 35 ans. Dans l’ensemble, il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre l’âge et la contamination de l’infection à C. trachomatis (0,86 : p>0,05) (IC 95%). Tableau II : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la tranche âge Tranche d'âge N CT + CT - OR (IC 95%) P value Obs n %a %b n %a %b [15 - 25 [ 29 14 54% 19% 15 33% 21% 2,41 0,08 DNS [26 - 35 [ 23 5 19% 7% 18 39% 25% 0,11 0,11 DNS [36 - 45 [ 20 7 27% 10% 13 28% 18% 0,93 1 DNS Total 72 26 100% 36% 46 100% 64% N : effectif total de chaque tranche n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -) %a : pourcentage en rapport avec la population spécifique (CT+ et/ou CT-) %b : Pourcentage en rapporté par la population générale
  • 39. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 28 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3.2. Statut socio-professionnel Le tableau III nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la profession. Selon notre la répartition socio-professionnelle, les commerçantes ont été les plus atteintes par cette infection avec un taux de 62%. Viennent ensuite les élèves et étudiantes qui ont présenté un taux d’infection de 31% et les fonctionnaires ont été les moins atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 8%. Aucune infection n’a été diagnostiquée chez les hôtesses avec 100% de négativité à l’infection. Il n’y a pas eu de différence statistiquement significative (0,47 : p>0,05) (IC 95%). Tableau III : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut socio- professionnel Profession N CT + CT - OR (IC 95%) P value Obs n %a %b n %a %b Commerçante 29 16 62% 22% 13 28% 18% 4,06 0,16 DNS Fonctionnaire 14 2 8% 3% 12 26% 17% 0,23 0,58 DNS Elève/ Etudiante 25 8 31% 11% 17 37% 24% 0,75 0,59 DNS Hôtesse 4 0 0% 0% 4 9% 6% 0,61 0,12 DNS Total 72 26 100% 36% 46 100% 64% N : effectif total de chaque tranche n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -) %a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT- %b : Pourcentage en rapporté par la population générale
  • 40. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 29 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 26% 22% 52% 23% 46% 31% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% Primaire Secondaire Superieur CT- CT+ 3.3. Niveau d’instruction La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du niveau d’instruction est représentée par la figure 11. Il en ressort de cette figure que, les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire étaient les plus atteintes avec 46% de taux d’infection. Nous avons obtenu 31% des femmes infectée ayant un niveau d’instruction supérieur, et le plus faible taux d’infection a été observé chez celles ayant un niveau d’instruction primaire avec 23%. La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0,08 : p>0,05) (IC 95%). Figure n°11 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du niveau d’instruction
  • 41. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 30 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3.4. Statut matrimonial La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut matrimonial est représentée par le tableau IV. Il en ressort de ce tableau que, les femmes en situation de concubinage étaient les plus atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 46%. S’en suit les femmes célibataires qui ont présentées un taux d’infection de 42%. Les femmes mariées étaient les moins représentées dans l’effectif total et ont présentées un taux d’infection de 12%. Nous avons recherché l’existence d’un lien associatif entre l’infection à C. trachomatis et le statut matrimonial des patients infectés (tableau IV). Aucune différence statistiquement significative par rapport n’a été observé (0,93 : p>0,05) (IC 95%). Tableau IV : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut matrimonial Statut Matrimonial N CT + CT - OR (IC 95%) P value Obs n %a %b n %a %b Célibataire 30 11 42% 15% 19 41% 26% 1,04 0,93 DNS Concubinage 32 12 46% 17% 20 43% 28% 1,11 0,82 DNS Mariée 10 3 12% 4% 7 15% 10% 0,72 0,66 DNS Total 72 26 100% 36% 46 100% 64% N : effectif total de chaque tranche n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -) %a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT- %b : Pourcentage en rapporté par la population générale
  • 42. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 31 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 96% 4% 85% 15% 0% 20% 40% 60% 80% 100% 120% NON OUI CT- CT+ 3.5. Antécédent d’IST La figure 12 nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction aux antécédents d’IST. Il en ressort que, 85% des femmes infectée n’avaient pas d’antécédents d’IST sur 15% des femmes qui ont présentés des antécédents d’IST dans notre échantillon. Les femmes n’ayant pas d’antécédents d’IST veut dire qu’elles n’ont jamais été diagnostiqué à une IST auparavant (syphilis, hépatite B, SIDA etc…) La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0,28 : p>0,05) (IC 95%). Figure n°12 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction des antécédents aux IST
  • 43. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 32 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 39% 50% 11% 23% 50% 12% 15% 0% 20% 40% 60% 80% 100% 120% Pas d'enfant 1 à 2 3 à 4 ≥ 5 CT- CT+ 3.6. Parité La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la parité (c’est-à-dire le nombre de fois qu’une femme a mis au monde) est représentée par la figure 13. Il en ressort de cette figure que, les femmes ayant eu 1 à 2 enfants, étaient les plus atteintes par cette infection avec un taux de 50%. 12% du taux d’infection a été observé chez les femmes ayant eu 3 à 4 enfants, et 23% du taux d’infection chez celles n’ayant pas du tout d’enfant. Par ailleurs, nous avons noté 100% du taux d’infection chez les femmes ayant eu ≥ 5 enfants. Aucune différence statistiquement significative n’a été relevée (0,09 : p>0,05) (IC 95%). Figure n°13 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la parité
  • 44. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 33 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 13% 41% 20% 26% 15% 27% 27% 31% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% Pas de grossesse 1 à 2 3 à 4 ≥ 5 CT- CT+ 3.7. Gestité La figure 14 nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la gestité, c’est-à-dire le nombre de fois qu’une femme est tombée enceinte. Il en ressort de cette figure que, les femmes ayant eu ≥ 5 gestations étaient celles présentant un taux d’infection le plus élevé de 31%. Le taux d’infection dans la tranche des femmes ayant eu une gestation moins importante, c’est-à- dire 1 à 2 et 3 à 4 grossesses, était de 27% chacune. 15% du taux d’infection a été observé chez les femmes n’ayant eu aucune gestation. La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0,82 : p>0,05) (IC 95%). Figure n°14 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de la gestité
  • 45. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 34 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3.8. Nombre de partenaires sexuels La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du nombre de partenaires est présentée dans le tableau V. Il en ressort de ce tableau que, les femmes ayant eu ≤ 5 partenaires sexuels étaient les plus atteintes avec un taux d’infection de 65%. S’en suivent, les tranches des femmes ayant connu 6 à 10 et 16 à 20 partenaires avec un taux d’infections respectivement de 19% et de 15%. Aucune infection n’a été observé dans la tranche des femmes ayant connu 11 à 15 et > 20 partenaires sexuels. La différence observée n’a pas été statistiquement significative (0.96 : p>0,05) (IC 95%). Tableau V : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du nombre de partenaires sexuels Nombre de partenaire N CT + CT - OR (IC 95%) P value Obs n %a %b n %a %b ≤ 5 51 17 65% 24% 34 74% 47% 0,66 0,44 DNS 6 à 10 11 5 19% 7% 6 13% 8% 1,58 0,48 DNS 11 à 15 3 0 0% 0% 3 7% 4% 0,62 0,18 DNS 16 à 20 4 4 15% 6% 0 0% 0% 0,32 0,006 DS >20 3 0 0% 0% 3 7% 4% 0,62 0.18 DNS Total 72 26 100% 36% 46 100% 64% N : effectif total de chaque tranche n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -) %a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT- %b : Pourcentage en rapporté par la population générale
  • 46. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 35 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 3.9. Usage du préservatif La tableau VI nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’utilisation du préservatif. Il en ressort de ce tableau que, les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif étaient les plus atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 77%. Cependant, l’analyse biologique de l’échantillon des femmes qui utilisaient de préservatif s’étaient aussi révélée positif à l’infection avec un taux de 23%. La différence observée était statistiquement significative (0,003 : p<0,05) (IC 95%). Tableau VI : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’utilisation ou non du préservatif Usage du préservatif N CT + CT - OR (IC 95%) n %a %b n %a %b NON 55 20 77% 28% 35 76% 49% 1,04 OUI 17 6 23% 8% 11 24% 15% 0,95 Total 72 26 100% 36% 46 100% 64% N : effectif total de chaque tranche n : effectif de chaque résultats (CT+ ou CT -) %a : pourcentage en rapport avec la population CT+ et/ou CT- %b : Pourcentage en rapporté par la population générale
  • 47. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 36 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée 85% 13% 2% 85% 15% 0% 20% 40% 60% 80% 100% 120% 140% 160% 180% 10 à 19 ans 20 à 29 ans ≥ 30 ans CT - CT + 3.10. Age du Premier Rapport Sexuel (APRS) La figure 14 nous montre la répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’APRS. Il en ressort de cette figure que, les femmes qui ont eu les rapports sexuels précoces (à l’adolescence) dans la tranche d’âge de 10 et 19 ans, étaient les plus représentées dans notre échantillon et étaient les plus atteintes par l’infection avec un taux de 85%. Les femmes infectées ayant eu leur premier rapport sexuel dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans, n’étaient pas nombreuses dans notre échantillon et représentaient 15%. Par ailleurs, aucune infection n’a été observé chez les plus de 30 ans. Aucune différence statistiquement significative n’a été relevée (0,82 : p>0,05) (IC 95%). Figure n°15 : Répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction de l’APRS
  • 48. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 37 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Pour les variables dont la P value était significative, nous avons effectué une régression logistique sous le logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 19.0 (IBM Corp., Armonk, NY, USA), Tableau VII : Variable de l’équation (régression logistique) Pour le nombre de partenaire sexuel, la P value était nettement supérieure à 5%, la variable NP n’est donc pas significative dans ce modèle. Elle n’affecte pas statistiquement l’infection à C. trachomatis. Son odd ratio à 0,96 veut dire que, avoir plusieurs partenaires sexuels est 0,96 fois plus a risque d’avoir une infection à C. trachomatis. Au vu de ce risque qui est pratiquement 1, l’intervalle de confiance signifie que ce risque pourrait, dans notre population d’étude varié de [0,44 à 2,08]. Nous voyons que cette intervalle contient la valeur 1. Or 1 signifie qu’il n’y’a pas de différence entre avoir plusieurs partenaires et en avoir qu’un seul par rapport à l’infection à C. trachomatis. Et vu que cette valeur 1 est comprise dans l’intervalle de confiance (IC 95%), on ne peut pas conclure que le nombre de partenaire sexuel est un facteur de risque, et c’est exactement ce que nous dit la P value (0,91) puisqu’elle est supérieure à 5%. B S.E. Wald df Sig. Exp(B) 95% C. I for EXP(B) Inférieur Supérieur Step 1a Nombre de Partenire Usage du Préservatif -.041 1.249 .397 .357 .011 12.249 1 1 .918 .003 .960 3.488 .441 1.733 2.089 7.023 B : Coefficient S.E : Erreur standard df : Dégrée de liberté sig : P value Exp (B) : Odd ratio 95 % C.I : Intervalle de confiance 95 %
  • 49. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 38 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée Pour l’usage du préservatif, on a un coefficient de 1,249, la P value à 0,03, donc l’usage du préservatif affecte significativement l’infection à C. trachomatis. L’odd ratio vaut 3,48 ≈ 3,5 qui a été calculé en faisant exponentiel de B (exp B). Nous voyons que ce rapport à 3,5 est relativement grand par rapport à 1, on remarque par conséquent que l’usage du préservatif est une variable significative, exactement ce que nous dit le tableau (P value 0,03). L’odd ratio qui vaut 3,5, signifie que, le non usage du préservatif est 3,5 fois plus a risque d’exposer les deux partenaires à l’infection à C. trachomatis. Autrement dit, dans notre population d’étude, les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif étaient au moins 1,73 fois plus à risque que celles qui l’utilisaient par rapport à l’infection à C. trachomatis et au plus 7, 02 fois plus à risque.
  • 50. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 39 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée IV.DISCUSSION Les infections sexuellement transmissibles sont toujours d’actualité dans le monde et plus particulièrement en Afrique. En effet, l’infection à Chlamydia trachomatis (serovars D-K ) constitue un important problème de santé publique et socio-économiques dans la plupart des pays en voie de développement (W. Eggert-Kruse, 2003). La République du Congo n’en est pas épargnée. Bien qu’il existe plusieurs modes de contamination de cette infection, la transmission par voie sexuelle est la principale, surtout dans les pays de forte endémicité (M. Chantal, 2017). Dans notre étude la fréquence de l’infection à C. trachomatis était de 36% chez les femmes venues se faire consulter spontanément ou vues à l’Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba d’Oyo. Ce taux moyennement élevé peut s’expliquer du fait que la chlamydiose est une maladie moins connue du grand public, la population de cette localisé n’a pas connaissance sur les facteurs de risque de contamination et les méthodes de prévention. Notre résultat se rapproche de ceux de Siemer et al en 2008 au Ghana et de Chantal et al au Cameroun en 2017 qui ont rapporté une prévalence de 39% (J. Siemer, 2008) et de 23% (M. Chantal, 2017) respectivement. Ils sont inférieurs à ceux de Mpembe qui en 2001, avait obtenu de 52,3% et de Gambio qui avait obtenu 58,6% dans le département de Brazzaville. Par ailleurs ils sont plus élevés que ceux rapportés par Nwankwo et al en 2014 en Nigeria (E. Nwankwo, 2014), Karim en 2013 au Maroc (Karim, 2013) et Berhonde en 2015 (Berhonde, 2015) en France, avec des prévalences respectives de 9,6%, de 5,3% et de 11%. Notre prévalence élevée pourrait aussi s’expliquer par le caractère tardif des manifestations cliniques de cette infection, la vulnérabilité de la population dans ce département, la diffusion des informations erronées sur cette pathologie, et enfin la connaissance insuffisante sur les infections sexuellement transmissibles et leurs conséquences. Car en effet, l’OMS rapporte qu’un nombre élevé de nouveaux cas d’infection à Chlamydia trachomatis survient dans des zones économiquement défavorisées (WHO, 2001). - Âge L’âge moyen de la population infectée était de 29,9 ± 7,8 ans, avec les extrêmes allant de 15 à 45 ans. La tranche d’âge la plus atteinte était celle de 15 à 25 ans, avec un taux de 54%. Ceci peut s’expliquer du fait que, à cette tranche d’âge l’on est sexuellement très actif, ce qui peut conduire à la négligence des mesures de prévention et occasionner le risque de contamination. D’autre part, 27% de notre échantillon était représenté par les femmes infectées de plus de 40 ans. Ce taux peut s’expliquer du fait
  • 51. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 40 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée que, à cette tranche d’âge l’on a en général l’activité sexuelle modérée, réduisant ainsi le risque de contamination ou de d’infection à C. trachomatis Nos résultats corroborent à ceux de Karim (Karim, 2013) qui avait aussi trouvé que cette tranche d’âge est la plus exposée avec un taux de 52%. Toutefois la corrélation entre l’âge et l’infection à Chlamydia trachomatis n’est pas statistiquement significative ; (p > 0,05). Chantal et al ont trouvé le même résultat (M. Chantal, 2017) dont l’âge moyen était 33,7 ± 4 ans. - Statut socio-professionnel Selon notre répartition socio-professionnelle, les commerçantes ont été les plus atteintes par cette infection avec un taux de 62%. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, les commerçantes étaient majoritairement représentées dans la taille notre échantillon. Notre résultat est largement supérieur à celui de Wivine et al en République Démocratique du Congo qui avait rapporté une prévalence de 13% chez les commerçantes (M. Wivine, 2015). - Niveau d’instruction En fonction du niveau d’instruction, les plus atteintes avec 46% du taux d’infection étaient les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, au secondaire l’on entre dans la phase pubère (âge de la puberté) et pratique pour la grande majorité les rapports sexuels non protégés. S’en suit avec 31% du taux d’infection, les femmes ayant un niveau d’instruction supérieur. Malgré le niveau d’instruction élevé, ce résultat nous montre que les mesures de prévention semblent être négligées. Et enfin, chez les moins instruites (niveau primaire) un taux d’infection 23% a aussi été observé. Contrairement à ce dont on s’attendait, que le niveau d’instruction le plus bas serait le plus infecté, car moins on est instruit, moins on a les opportunités d’être informer sur les maladies en général (mode de contamination, méthodes de prévention, etc…). Notre résultat est loin de ceux rapportés par Chantal et al au Cameroun (M. Chantal, 2017), un taux de 23% et qui avaient obtenus une différence statistiquement significative (p< 0,05)
  • 52. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 41 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée - Statut matrimonial La répartition de la prévalence de l’infection à C. trachomatis en fonction du statut matrimonial a révélé que les femmes célibataires ainsi que celles en situation de concubinage étaient les plus atteintes avec un taux respectivement de 42% et 46%. Ceux-ci pourraient s’expliquer du fait de l’instabilité relationnelle des femmes vis-à-vis de leur partenaire sexuel, et aussi du fait que les deux catégories des femmes étaient majoritairement représentées dans la taille de notre échantillon. Par ailleurs, 12% des femmes infectées avaient un statut marié. Elles étaient les moins représentées dans l’échantillon. Nwankwo et al, (E. Nwankwo, 2014) ont trouvé que les femmes mariées étaient plus exposées à cette infection, tandis que Chantal et al au Cameroun (M. Chantal, 2017), ainsi que Stergachis et al aux USA (A. Stergachis, 1993), ont aussi trouvé que le célibat et le concubinage exposaient plus les femmes à l’infection que le mariage - Antécédent aux IST En fonction d’antécédent d’IST, nous avons trouvé 85% des femmes infectées qui n’avaient pas d’antécédent d’IST sur 15% des femmes infectées qui en avaient. Les femmes n’ayant pas d’antécédent, étant donné qu’elles n’ont jamais été diagnostiquées à une IST auparavant, prennent moins des mesures de prévention contre les IST. Alors que, celles ayant déjà été diagnostiquées à une IST, sont informées par les professionnels de santé des risques encourus et prennent plus de précaution. Voici ce qui pourrait expliquer notre résultat. Ce résultat est largement supérieur à celui de Berhonde en France (Berhonde, 2015) avait trouvé un taux de 20% des femmes infectées par C. trachomatis qui n’avaient pas d’antécédent d’IST. - Parité Notre étude a montré que, les femmes ayant eu 1 à 2 enfants, étaient les plus atteintes par cette infection avec un taux de 50%. 12% du taux d’infection a été observé chez les femmes ayant 3 à 4 enfants, et 23% du taux d’infection chez celles n’ayant pas du tout d’enfant. Par ailleurs, nous avons noté 100% du taux d’infection chez les femmes ayant ≥ 5 enfants. Ceux-ci pourraient s’expliquer du fait que, avoir plus d’enfant implique se livrer de façon générale à des rapports sexuels non protégés, ce qui augmentent le risque de contamination.
  • 53. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 42 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée - Gestité Les femmes ayant eu ≥ 5 gestations étaient celles présentant un taux d’infection le plus élevé de 31%. Le taux d’infection dans la catégorie des femmes ayant eues une gestation moins importante, c’est-à- dire 1 à 2 et 3 à 4 grossesses, était de 27% chacune. 15% du taux d’infection a été observé chez les femmes n’ayant eues aucune gestation. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, certes, être multigeste (c’est-à-dire une femme qui a eu plus d’une grossesse) n’a pas de lien direct avec la survenue de l’infection, mais nous renseigne que ça implique se livrer de façon générale à des rapports sexuels non protégés, ce qui augmente le risque de contamination. - Nombre de partenaires sexuels En fonction du nombre de partenaires sexuels, notre étude a montré que les femmes ayant eu ≤ 5 partenaires sexuels étaient les plus atteintes avec un taux d’infection de 65%. S’en suivaient, les tranches des femmes ayant connu 6 à 10 et 16 à 20 partenaires avec un taux d’infections respectivement de 19% et de 15%. Aucune infection n’a été observé dans la tranche des femmes ayant connu 11 à 15 et > 20 partenaires sexuels. Nous pensons que, ces sont des professionnelles de sexe, et il se peut qu’elles exigent dans la plupart des cas l’usage du préservatif, ce qui pourrait expliquer ce taux nul malgré le nombre de partenaires sexuels assez élevés. Ce résultat se rapproche à ceux de Berggren et al au U.S.A (E. Berggren 2011) qui ont rapporté un taux de 46% d’infection chez les femmes ayant eu ≤ 5 partenaires. L’influence du nombre de partenaires sexuel à la contraction de l’infection n’était pas statistiquement significative (p>0,05). - Usage du préservatif Dans notre étude, l’utilisation du préservatif s’est révélée être le facteur de risque dominant dans la transmission de l’infection à C. trachomatis. En effet, les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif étaient les plus atteintes par cette infection à C. trachomatis avec un taux de 77%. Cependant, l’analyse biologique de l’échantillon des femmes qui utilisaient de préservatif s’étaient aussi révélée positif à l’infection avec un taux de 23%. Ceci pourrait s’expliquer du fait que, le préservatif a été mal utiliser (déchiré pendant l’acte, mal porté, etc…) ou encore, nous avons eu les données erronées pendant l’enquête épidémiologique. Wivine et al en République Démocratique du Congo en 2015, ont également
  • 54. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 43 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée montré que la non utilisation du préservatif serait le principale facteur de risque dans la transmission de l’infection à Chlamydia trachomatis, avec une prévalence de 71% (M. Wivine, 2015). La différence observée était statistiquement significative (0,003 : p<0,05). - Âge du premier rapport sexuel (APRS) Les femmes qui ont eues les rapports sexuels précoces (à l’adolescence) dans la tranche d’âge de 10 et 19 ans, étaient les plus représentées et étaient les plus atteintes par l’infection avec un taux de 85%. Les femmes infectées ayant eu leur premier rapport sexuel dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans, n’étaient pas nombreuses et représentaient 15%. Par ailleurs, aucune infection n’a été observée chez les plus de 30 ans. Ceci laisse supposer que, le jeune âge constitue un facteur de risque pour cette infection. En effet, à cet âge nous observons des rapports sexuels non protégés et la multiplicité des partenaires sexuels. Toutefois dans notre étude la relation entre l’APRS et l’infection à C. trachomatis n’est pas statistiquement significative ; (0,82 : p>0,05). Notre résultat corrobore avec celui de Chantal et al au Cameroun (M. Chantal, 2017) qui ont aussi trouvé que cette tranche était la plus exposée avec un taux de 22%.
  • 55. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 44 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée CONCLUSION Les résultats de notre étude ont montrés une prévalence moyennement élevée de 36% de l’infection à Chlamydia trachomatis dans le district d’Oyo; précisément à Hôpital Général Edith Lucie Bongo Ondimba (HGELBO), à partir des données d’une série hospitalière colligée, dont les fréquences ont été les suivantes : 54% avaient l’âge entre 15 et 25 ans ; 62% étaient commerçantes ; 46% avaient un niveau d’instruction secondaire ; 46% vivaient en concubinage ; 85% n’avaient pas d’antécédent d’IST ; 50% avaient une parité de 1 à 2 enfants ; 31% étaient multigeste de ≥ 5 grossesses ; 65% avaient eu ≤ 5 partenaires sexuels ; 77% n’utilisaient pas de préservatifs et 85% avaient eu leur premier rapport sexuel précocement entre 10 à 19 ans, avec une intervalle de confiance à 95% (IC 95%). L’usage du préservatif, la multiplicité de partenaires sexuels, et l’APRS étaient les facteurs de risque les plus observés dans notre étude. L’analyse multivariée des facteurs de risque de contamination et le portage de l’infection à C. trachomatis effectuée par le logiciel le logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 19.0, n’à révéler aucune différence significative pour toutes les variables, à l’exception de l’usage du préservatif (p=0,003) IC 95%. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que, le contact sexuel demeure la principale voie de transmission des IST et ne pas utiliser de préservatif exposerait les deux partenaires à la contraction de l’infection. Dans notre étude, la P value (0,003) nous a indiqué que l’infection à C. trachomatis est associée l’usage ou non du préservatif ce qui a été confirmé par la régression logistique avec l’odd ratio en mesurant le risque relatif de cette association avec une intervalle de confiance à 95% (IC 95%). Cette analyse nous a montré que les femmes qui n’utilisaient pas de préservatif était 3,5 fois plus à risque de contracter l’infection à C. trachomatis. Nous n’avons pas pu déterminer la force de cette relation, car l’indice V de cramer était trop faible (0,026). Nous retenons de cette étude que la transmission de l’infection à C. trachomatis ne dépend pas forcement des facteurs de risques décrits, quoique la non utilisation du préservatif apparait comme un facteur de risque dominant. L'infection à C. trachomatis, si elle n'est pas maîtrisée, continuera de représenter une menace pour la vie reproductive, surtout des adolescents et des adultes, étant donné que les cas asymptomatiques sont fréquents dans la population.
  • 56. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 45 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée SUGGESTIONS Pour la communauté, un dépistage régulier devrait être encouragé pour chaque personne sexuellement active, surtout chez les adolescents et les adultes pour savoir leur état sérologique. Tous les futurs couples devraient subir un test de dépistage avant de pouvoir commencer une vie conjugale. A défaut de l’abstinence, nous exhortons à la population d’avoir des relations sexuelles protégées. Toutes celles qui se sont révélées positifs doivent être traités et revenir pour un contrôle. Pour le CREPIT (à HGELBO) nous suggérons, la mise en place d’un comité de contrôle pour une meilleure gestion des réactifs et consommables qui pourraient perturber le temps d’exécution d’un projet scientifique et causer un retard dans le rendu des résultats. Pour les autorités compétentes du district sanitaire de la Cuvette en générale et d’Oyo en particulier, nous suggérons la mise en place d’un programme de dépistage sur une base régulière pour vérifier la présence constante de l'infection à C. trachomatis dans la population, surtout chez des adolescents et des adultes. Nous suggérons également la mise en place d’une structure sanitaire spécialisée aux IST pour faciliter le dépistage et la prise en charge des patient(e)s. Nous préconisons une campagne de sensibilisation par l'éducation de masse de la population sur les infections à Chlamydia en particulier, les modes de transmission et/ou de contamination, les complications y compris la prévention et le contrôle. Cela pourrait se faire au moyen des médias (visuels et écrites) et des séminaires réguliers à l'attention de la population alphabétisée et analphabète de la société.
  • 57. HGELBO - Oyo Master ès sciences biologiques 2020 46 Mémoire de master | Biochimie et Microbiologie Appliquée V. PERSPECTIVES Ce travail peut être considéré comme une étude préliminaire qui sera poursuivie au cours de notre formation doctorale en envisageant de : Etendre le cadre d’étude en déterminant la fréquence de l’infection à C. trachomatis sur toute l’étendue de la République du Congo ; Caractériser moléculairement cette souche à C. trachomatis ; Corréler les sérotypes et les génotypes de C. trachomatis et la survenue de l’infertilité ; Déterminer son profil de sensibilité aux antibiotiques ; Etudier le polymorphisme des gènes omp 1 et omp 2, codant principalement les protéines membranaires ;