12 janvier 2011

    L’actualité
& les innovations
       de la
 communication
      par les
    juniors de
Point de vue :
 Les barbares
L’actu mise à nu
Quel consommateur en 2020 ?

• Une étude de Deloitte pointe les
  changements qui pourraient advenir chez
  les consommateurs à l’horizon 2020.
• Enseignement clé : l’inversement des
  rôles entre pays industrialisés et pays
  émergents.
• Suite au ralentissement des emprunts et
  des dépenses de consommation interne
  dans les pays du Nord (les invitant à
  redéployer leur force exportatrice, cf.
  l’Allemagne), les pays émergents
  pourraient se recentrer sur leur marché
  domestique et le développement de leur
  classe moyenne.
• Pour les marques, cela signifie l’adoption
  de stratégies de gain de part de marché
  (fidélisation et conquête) vs. l’implantation
  tous azimuts des dernières années.
2011 : la télévision se déchaîne !

• La nouvelle étude Nota détaille les
  grandes tendances télévisuelles à
  paraître sur nos petites lucarnes.
• Au programme du millésime 2011 :
  émotion, émotion, émotion.
• Des « documentaires scénarisés » (The
  taking of Prince Harry), de la télé-réalité
  politique (Sarah Palin’s Alaska, qui vient
  juste d’être déprogrammée), du
  sensationnalisme (What’s eating you? et
  Bridalplasty, émissions sur les troubles
  alimentaires et la chirurgie plastique
  prénuptiale) et les incontournables séries
  jouant la carte de « l’adrénaline, du
  suspense, du banditisme et de la
  paranoïa ».
• La télévision est-elle le reflet du monde ou
  le monde s’inspire-t-il de la télévision ?
Le fixe n’a pas dit son dernier mot

• Selon les derniers chiffres publiés par
  l’Arcep, on apprend que, malgré
  l’appétit de mobilité des Français
  (augmentation de la pénétration du
  portable à 62,6 M, 134 SMS/mois,
  augmentation de l’échange de données
  et 21M d’usagers de la 3G), nos
  concitoyens utilisent toujours plus leur
  téléphone fixe (presque 4h/ mois pour
  une facture moyenne d’environ 35 €)
  que leur ligne mobile (2H13/mois pour
  environ 27 €).
• Sans connaître le poids des offres triple
  play – ou quadruple-play – dans cette
  étude (comment calculer les dépenses
  du téléphone fixe au sein d’une offre
  globale ?), on constate que le téléphone
  mobile n’a pas remplacé mais boosté le
  marché global des télécommunications
  (+20% par an depuis 3 ans).
L’œil de Né Kid sur la TV 2011

• Au moment où l’affaire de la tuerie en Arizona
  suscite des questions de fond sur la
  responsabilité des médias – avec peut-être
  comme conséquence la déprogrammation de
  l’émission sur Sarah Palin –, la question de
  l’œuf ou de la poule mérite d’être soulevée.
• D’un côté, des comportements individuels
  extrêmes sont visiblement nourris par
  certains contenus télévisuels.
• De l’autre, les nouvelles technologies
  permettent à la télévision d’imiter par ex. le
  type d’informations qu’on trouve sur Youtube,
  créant ainsi une distorsion formelle dans la
  façon de relater les faits.
• Ce phénomène doit faire réfléchir les
  marques qui disposent désormais de plus de
  liberté pour s’exprimer dans ces contextes,
  mais qui s’exposent aussi plus directement au
  jugement de gens…
L’image de la semaine
Capture d’écran du dernier épisode de la série How I met your mother
POINT DE VUE :
 Les barbares
Les barbares ! Mais quelle idée ?


• Pourquoi a-t-on décidé de vous parler des
  barbares cette semaine ?
• Parce que l’idée nous taraudait depuis un petit
  bout de temps.
• Il a suffit d’ouvrir une case barbare dans nos
  cerveaux pour remarquer une foule de
  manifestations de ce sujet de plus profond qu’il
  n’y paraît…




                  Pas mal la photo, non?
Un sujet d’inspiration intarissable


• La barbare n’est pas qu’un individu.
• Il incarne une notion, celle de la barbarie,
  allègrement traitée dans la littérature, au
  cinéma, dans la poésie, au théâtre, en
  politique… et même dans la publicité.
• La barbarie, c’est avant tout un concept.
D’où est-ce que ça sort ?

• Le mot barbare vient du grec bàrbaros =
  étranger.
• Les citoyens hellènes emploient cette
  appellation pour désigner « ceux qui ne parlent
  pas leur langue ».
• L’étymologie du mot vient d’une onomatopée
  « bar-bar », illustrant les sabirs abscons des
  étrangers.
• NB : encore à notre époque, un barbarisme
  indique une faute de langage…
Barbare ≠ Barbarie

• Par extension, la barbarie nomme tout ce qui
  étranger.
• Dans la Grèce Antique, celui qui ne parle pas la
  langue de la polis n’est pas digne d’être
  citoyen.
• Le barbare, c’est le non-citoyen, c’est-à-dire un
  individu insensible à la civilisation, rustre et
  brutal.
• La barbarie cristallise donc ceux-qui-ne-sont-
  pas-comme-nous.
La preuve par l’histoire

• Le mépris envers les autres trouve une illustration
  idéale dans la période des « invasions barbares ».
• Avant d’être un film québécois projetant la
  métaphore barbare sur le cancer, les invasions
  barbares qualifient une plage historique courant du
  3e au 7e siècle de notre ère, durant laquelle se
  succédèrent Goths, Vandales, Huns, Wisigoths,
  Ostrogoths, Avars, Lombards, Francs et Suèves sur
  le territoire de l’ancien Empire Romain.
• Parce qu’ils venaient des terres saxonnes, l’histoire
  (et l’Eglise) en retint une masse indissociée de
  sanguinaires non-civilisés. Voilà d’où vient l’image
  d’Epinal (ou de Californie) du barbare.
Barbarie et colonisation


• L’absence de civilité (du latin civis, le citoyen,
  c’est-à-dire l’homme digne de participer à la
  démocratie) des barbares justifie, quelques
  siècles plus tard, les politiques coloniales.
• Peuples d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique sont
  enjoints à embrasser la civilisation occidentale
  pour des raisons culturelles (et économiques…).
• Parce que l’anthropophagie est « contraire à la
  loi naturelle », les Indiens d’Amérique sont
  massacrés.
Aujourd’hui, la barbarie


• Aujourd’hui, certaines politiques extérieures
  menées à l’encontre des flux migratoires
  s’inscrivent indirectement dans cette vision de
  « mission civilisatrice ».
• Sans parler de faits divers sordides convoquant
  les pires représentations liées à la notion de
  barbarie.
• Pourtant, le concept de barbarie a
  progressivement gagné en épaisseur
  significative.
Une définition ambiguë de la barbarie

• Quand on parle d’actes barbares, on ne retient
  que les représentations liées à un
  comportement.
• Pourquoi existe-t-il alors des gens qui se
  revendiquent barbares et se réclament d’un
  comportement pour certains abjects?
• Parce que la barbarie est un concept, sinon
  arbitraire, du moins vaste.
• Il recouvre une vision de la marge et de
  l’altérité devenue polysémique avec le temps.
Barbare oui, mais pour qui ?


• Dans ses Essais, Montaigne montre bien que le
  concept de barbarie dépend du point de vue
  son juge : « chacun appelle barbarie ce qui
  n’est pas de son usage ».
• L’auteur russe Gorki ira plus loin en démontrant
  dans son texte Les Barbares que l’attribution
  du rôle du barbare à un individu ou une entité
  est loin d’être évidente.
• On se rend petit à petit compte qu’« on est
  toujours le barbare de quelqu’un d’autre ».
Un autre point de vue sur la barbarie

• Au sens propre, être barbare, c’est être jugé
  différent d’un groupe de référence.

• Au sens figuré, être barbare, c’est clamer sa
  singularité et sa marginalité : adopter des codes de
  conduites originaux et cultiver sa différence.

• Une approche parfaitement illustrée par une
  célèbre campagne de publicité de Levi’s dans les
  années 80 : when the world zigs, zag (la filiale
  innovation de l’agence londonienne à l’origine de
  cette campagne – BBH – s’appelle BBH Zag).
Le barbare est quelqu’un pas comme les autres

• De fait, le terme barbare est largement utilisé
  pour véhiculer une promesse d’atypie.
• Agences de communication (Barbarian Group),
  studios de création ([bar]barian), collectifs
  identitaires (La Barbare), équipes sportives
  (Barbarian Rugby Club) ou jeux vidéos
  (Barbarian the ultimate warrior ou
  protagonistes de Warcraft et autres jeux
  d’heroic fantasy) revendiquent haut et fort leurs
  accointances avec les valeurs « non-alignées »
  de la barbarie.
Tout a changé rien n’a changé

• Chacune de ces communautés ou tribus
  (professionnelles, identitaires, virtuelles ou
  sportives) vivent pour et par leur différence.

• Ce formidable glissement sémantique opéré depuis
  des connotations négatives à des imaginaires
  positifs est symptomatique de notre époque.

• La société traditionnelle valorisait l’ordre et
  l’appartenance à un groupe social instituée par
  l’état, la religion ou l’école.

• Notre époque se déleste de ses repères ancestraux.
La barbarie est une mécanique tribale

• La déliquescence des dogmes traditionnels
  favorise les nouvelles formes de
  rassemblement – théorisées par le sociologue
  Michel Maffesoli puis récupérées à la sauce
  digitale par Seth Godin – produisant des
  groupes unis par affinités.
• Certains de ses groupes revendiquent leur
  appartenance par des codes socioculturels
  (jargons, tenue vestimentaire, goûts
  musicaux…) selon des aspirations de
  singularité identiques à celle des barbares cités
  plus-haut.
La barbarie comme leitmotiv générationnel

• Si les groupes sociaux de la génération
  présente « recherchent de barbarie » (c-à-d. de
  différence), il y a fort à parier que le concept
  connote des valeurs de plus en plus positives.
• Tout comme Rimbaud produisant du chaos
  dans son texte Barbare (extrait des
  Illuminations) pour revendiquer une nouvelle
  approche de la poésie, les tribus barbares
  actuelles pourraient bien réaliser la prophétie
  du Coming Barbarism du journaliste Canadien
  Douglas Haddow, à savoir un nouveau clash
  générationnel façon mai 68.
Idées, tendances &
    innovations
La puissance sans fil




                 Cliquer sur l’image pour voir les vidéos


• Même si l’UE vient d’adopter le projet de standardisation
  des recharges de téléphone mobile, les fils ont du soucis à
  se faire face à l’énergie sans fil d’eCoupled, capable
  d’alimenter un téléphone (vidéo de gauche) ou une boite de
  soupe (à droite)…
Saut virtuel




                Cliquer sur l’image pour voir la vidéo


• Avec quelques copains et un peu d’imagination, sauter
  en parachute devient facilement beaucoup plus
  accessible…
Piano Banque




                Cliquer sur l’image pour voir le site

• La mélodie du bonheur ? En crescendo certainement, un
  peu moins en decrescendo… Voici la mélodie produite
  par le cours des marchés par le Dow Piano.
Adresses web

• Slide #5 : étude Deloitte >
  http://www.deloitte.com/assets/Dcom-
  Global/Local%20Assets/Documents/Consumer%20Business/
  8664A_Consumer2020_sg8.pdf
• Slide #21 : le jargon > http://nekid.fr/2010/12/16/la-veille-de-
  ne-kid-le-jargon-la-geolocalisation-et-la-remanence-
  retinienne/
• Slide #25 :
   –   Ecoupled > http://ecoupled.com/
   –   Soup warming > http://gizmodo.com/5726168/this-soup-is-cookingin-its-
       packaging
   –   Wireless recharge > http://www.youtube.com/watch?v=xV6UQasPMQQ
• Slide #26 : Google Parachute >
  http://www.youtube.com/watch?v=gHo2eEVSqao
• Slide #27 : Dow Piano >
  http://money.cnn.com/markets/storysupplement/dow_piano/
Au sommaire                                         Clin d’œil…
la semaine prochaine                                 Chose promise, chose due :
                                                    La rédaction de la veille de Né
                                                    Kid est fière de vous annoncer
                                                     que les 205 € de la cagnotte
                                                   orthographique ont été versés à
                                                   l’ANLCI : l’agence nationale de
                                                       lutte contre l’illétrisme.
                                                       Il ne tient qu’à vous
                                                   d’améliorer le don de l‘année
                                                   2011 ! La chasse aux fotes est
                                                              ouverte !



                La veille n°161 a été écrite par
                Anne Rivoallan et Jean Allary




                      0€
                    dans la
                   cagnotte
                   ilétrisme
Merci et à la
semaine prochaine


www.nekid.fr
+33 1 43 38 15 48

La veille de Né Kid du 12.01.11 : les barbares

  • 1.
    12 janvier 2011 L’actualité & les innovations de la communication par les juniors de
  • 2.
    Point de vue: Les barbares
  • 3.
  • 4.
    Quel consommateur en2020 ? • Une étude de Deloitte pointe les changements qui pourraient advenir chez les consommateurs à l’horizon 2020. • Enseignement clé : l’inversement des rôles entre pays industrialisés et pays émergents. • Suite au ralentissement des emprunts et des dépenses de consommation interne dans les pays du Nord (les invitant à redéployer leur force exportatrice, cf. l’Allemagne), les pays émergents pourraient se recentrer sur leur marché domestique et le développement de leur classe moyenne. • Pour les marques, cela signifie l’adoption de stratégies de gain de part de marché (fidélisation et conquête) vs. l’implantation tous azimuts des dernières années.
  • 5.
    2011 : latélévision se déchaîne ! • La nouvelle étude Nota détaille les grandes tendances télévisuelles à paraître sur nos petites lucarnes. • Au programme du millésime 2011 : émotion, émotion, émotion. • Des « documentaires scénarisés » (The taking of Prince Harry), de la télé-réalité politique (Sarah Palin’s Alaska, qui vient juste d’être déprogrammée), du sensationnalisme (What’s eating you? et Bridalplasty, émissions sur les troubles alimentaires et la chirurgie plastique prénuptiale) et les incontournables séries jouant la carte de « l’adrénaline, du suspense, du banditisme et de la paranoïa ». • La télévision est-elle le reflet du monde ou le monde s’inspire-t-il de la télévision ?
  • 6.
    Le fixe n’apas dit son dernier mot • Selon les derniers chiffres publiés par l’Arcep, on apprend que, malgré l’appétit de mobilité des Français (augmentation de la pénétration du portable à 62,6 M, 134 SMS/mois, augmentation de l’échange de données et 21M d’usagers de la 3G), nos concitoyens utilisent toujours plus leur téléphone fixe (presque 4h/ mois pour une facture moyenne d’environ 35 €) que leur ligne mobile (2H13/mois pour environ 27 €). • Sans connaître le poids des offres triple play – ou quadruple-play – dans cette étude (comment calculer les dépenses du téléphone fixe au sein d’une offre globale ?), on constate que le téléphone mobile n’a pas remplacé mais boosté le marché global des télécommunications (+20% par an depuis 3 ans).
  • 7.
    L’œil de NéKid sur la TV 2011 • Au moment où l’affaire de la tuerie en Arizona suscite des questions de fond sur la responsabilité des médias – avec peut-être comme conséquence la déprogrammation de l’émission sur Sarah Palin –, la question de l’œuf ou de la poule mérite d’être soulevée. • D’un côté, des comportements individuels extrêmes sont visiblement nourris par certains contenus télévisuels. • De l’autre, les nouvelles technologies permettent à la télévision d’imiter par ex. le type d’informations qu’on trouve sur Youtube, créant ainsi une distorsion formelle dans la façon de relater les faits. • Ce phénomène doit faire réfléchir les marques qui disposent désormais de plus de liberté pour s’exprimer dans ces contextes, mais qui s’exposent aussi plus directement au jugement de gens…
  • 8.
    L’image de lasemaine Capture d’écran du dernier épisode de la série How I met your mother
  • 9.
    POINT DE VUE: Les barbares
  • 10.
    Les barbares !Mais quelle idée ? • Pourquoi a-t-on décidé de vous parler des barbares cette semaine ? • Parce que l’idée nous taraudait depuis un petit bout de temps. • Il a suffit d’ouvrir une case barbare dans nos cerveaux pour remarquer une foule de manifestations de ce sujet de plus profond qu’il n’y paraît… Pas mal la photo, non?
  • 11.
    Un sujet d’inspirationintarissable • La barbare n’est pas qu’un individu. • Il incarne une notion, celle de la barbarie, allègrement traitée dans la littérature, au cinéma, dans la poésie, au théâtre, en politique… et même dans la publicité. • La barbarie, c’est avant tout un concept.
  • 12.
    D’où est-ce queça sort ? • Le mot barbare vient du grec bàrbaros = étranger. • Les citoyens hellènes emploient cette appellation pour désigner « ceux qui ne parlent pas leur langue ». • L’étymologie du mot vient d’une onomatopée « bar-bar », illustrant les sabirs abscons des étrangers. • NB : encore à notre époque, un barbarisme indique une faute de langage…
  • 13.
    Barbare ≠ Barbarie •Par extension, la barbarie nomme tout ce qui étranger. • Dans la Grèce Antique, celui qui ne parle pas la langue de la polis n’est pas digne d’être citoyen. • Le barbare, c’est le non-citoyen, c’est-à-dire un individu insensible à la civilisation, rustre et brutal. • La barbarie cristallise donc ceux-qui-ne-sont- pas-comme-nous.
  • 14.
    La preuve parl’histoire • Le mépris envers les autres trouve une illustration idéale dans la période des « invasions barbares ». • Avant d’être un film québécois projetant la métaphore barbare sur le cancer, les invasions barbares qualifient une plage historique courant du 3e au 7e siècle de notre ère, durant laquelle se succédèrent Goths, Vandales, Huns, Wisigoths, Ostrogoths, Avars, Lombards, Francs et Suèves sur le territoire de l’ancien Empire Romain. • Parce qu’ils venaient des terres saxonnes, l’histoire (et l’Eglise) en retint une masse indissociée de sanguinaires non-civilisés. Voilà d’où vient l’image d’Epinal (ou de Californie) du barbare.
  • 15.
    Barbarie et colonisation •L’absence de civilité (du latin civis, le citoyen, c’est-à-dire l’homme digne de participer à la démocratie) des barbares justifie, quelques siècles plus tard, les politiques coloniales. • Peuples d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique sont enjoints à embrasser la civilisation occidentale pour des raisons culturelles (et économiques…). • Parce que l’anthropophagie est « contraire à la loi naturelle », les Indiens d’Amérique sont massacrés.
  • 16.
    Aujourd’hui, la barbarie •Aujourd’hui, certaines politiques extérieures menées à l’encontre des flux migratoires s’inscrivent indirectement dans cette vision de « mission civilisatrice ». • Sans parler de faits divers sordides convoquant les pires représentations liées à la notion de barbarie. • Pourtant, le concept de barbarie a progressivement gagné en épaisseur significative.
  • 17.
    Une définition ambiguëde la barbarie • Quand on parle d’actes barbares, on ne retient que les représentations liées à un comportement. • Pourquoi existe-t-il alors des gens qui se revendiquent barbares et se réclament d’un comportement pour certains abjects? • Parce que la barbarie est un concept, sinon arbitraire, du moins vaste. • Il recouvre une vision de la marge et de l’altérité devenue polysémique avec le temps.
  • 18.
    Barbare oui, maispour qui ? • Dans ses Essais, Montaigne montre bien que le concept de barbarie dépend du point de vue son juge : « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». • L’auteur russe Gorki ira plus loin en démontrant dans son texte Les Barbares que l’attribution du rôle du barbare à un individu ou une entité est loin d’être évidente. • On se rend petit à petit compte qu’« on est toujours le barbare de quelqu’un d’autre ».
  • 19.
    Un autre pointde vue sur la barbarie • Au sens propre, être barbare, c’est être jugé différent d’un groupe de référence. • Au sens figuré, être barbare, c’est clamer sa singularité et sa marginalité : adopter des codes de conduites originaux et cultiver sa différence. • Une approche parfaitement illustrée par une célèbre campagne de publicité de Levi’s dans les années 80 : when the world zigs, zag (la filiale innovation de l’agence londonienne à l’origine de cette campagne – BBH – s’appelle BBH Zag).
  • 20.
    Le barbare estquelqu’un pas comme les autres • De fait, le terme barbare est largement utilisé pour véhiculer une promesse d’atypie. • Agences de communication (Barbarian Group), studios de création ([bar]barian), collectifs identitaires (La Barbare), équipes sportives (Barbarian Rugby Club) ou jeux vidéos (Barbarian the ultimate warrior ou protagonistes de Warcraft et autres jeux d’heroic fantasy) revendiquent haut et fort leurs accointances avec les valeurs « non-alignées » de la barbarie.
  • 21.
    Tout a changérien n’a changé • Chacune de ces communautés ou tribus (professionnelles, identitaires, virtuelles ou sportives) vivent pour et par leur différence. • Ce formidable glissement sémantique opéré depuis des connotations négatives à des imaginaires positifs est symptomatique de notre époque. • La société traditionnelle valorisait l’ordre et l’appartenance à un groupe social instituée par l’état, la religion ou l’école. • Notre époque se déleste de ses repères ancestraux.
  • 22.
    La barbarie estune mécanique tribale • La déliquescence des dogmes traditionnels favorise les nouvelles formes de rassemblement – théorisées par le sociologue Michel Maffesoli puis récupérées à la sauce digitale par Seth Godin – produisant des groupes unis par affinités. • Certains de ses groupes revendiquent leur appartenance par des codes socioculturels (jargons, tenue vestimentaire, goûts musicaux…) selon des aspirations de singularité identiques à celle des barbares cités plus-haut.
  • 23.
    La barbarie commeleitmotiv générationnel • Si les groupes sociaux de la génération présente « recherchent de barbarie » (c-à-d. de différence), il y a fort à parier que le concept connote des valeurs de plus en plus positives. • Tout comme Rimbaud produisant du chaos dans son texte Barbare (extrait des Illuminations) pour revendiquer une nouvelle approche de la poésie, les tribus barbares actuelles pourraient bien réaliser la prophétie du Coming Barbarism du journaliste Canadien Douglas Haddow, à savoir un nouveau clash générationnel façon mai 68.
  • 24.
  • 25.
    La puissance sansfil Cliquer sur l’image pour voir les vidéos • Même si l’UE vient d’adopter le projet de standardisation des recharges de téléphone mobile, les fils ont du soucis à se faire face à l’énergie sans fil d’eCoupled, capable d’alimenter un téléphone (vidéo de gauche) ou une boite de soupe (à droite)…
  • 26.
    Saut virtuel Cliquer sur l’image pour voir la vidéo • Avec quelques copains et un peu d’imagination, sauter en parachute devient facilement beaucoup plus accessible…
  • 27.
    Piano Banque Cliquer sur l’image pour voir le site • La mélodie du bonheur ? En crescendo certainement, un peu moins en decrescendo… Voici la mélodie produite par le cours des marchés par le Dow Piano.
  • 28.
    Adresses web • Slide#5 : étude Deloitte > http://www.deloitte.com/assets/Dcom- Global/Local%20Assets/Documents/Consumer%20Business/ 8664A_Consumer2020_sg8.pdf • Slide #21 : le jargon > http://nekid.fr/2010/12/16/la-veille-de- ne-kid-le-jargon-la-geolocalisation-et-la-remanence- retinienne/ • Slide #25 : – Ecoupled > http://ecoupled.com/ – Soup warming > http://gizmodo.com/5726168/this-soup-is-cookingin-its- packaging – Wireless recharge > http://www.youtube.com/watch?v=xV6UQasPMQQ • Slide #26 : Google Parachute > http://www.youtube.com/watch?v=gHo2eEVSqao • Slide #27 : Dow Piano > http://money.cnn.com/markets/storysupplement/dow_piano/
  • 29.
    Au sommaire Clin d’œil… la semaine prochaine Chose promise, chose due : La rédaction de la veille de Né Kid est fière de vous annoncer que les 205 € de la cagnotte orthographique ont été versés à l’ANLCI : l’agence nationale de lutte contre l’illétrisme. Il ne tient qu’à vous d’améliorer le don de l‘année 2011 ! La chasse aux fotes est ouverte ! La veille n°161 a été écrite par Anne Rivoallan et Jean Allary 0€ dans la cagnotte ilétrisme
  • 30.
    Merci et àla semaine prochaine www.nekid.fr +33 1 43 38 15 48