Le doudou se lave
classe de MS/GS L. Di Stasio – Ecole
Mauboussin, Le Mans
Ce travail a donné naissance, en partie, au
module « Au bain ! » publié dans : « Les
langues du monde au quotidien, cycle 1 »,
coord. Martine Kervran, Sceren, 2013
photos : L. Di Stasio, F. Leclaire, ppt : I. Audras, L. Di Stasio, F. Leclaire
Au départ…
• Il suffit de visionner le DVD sur le langage à l’école
maternelle fourni par le ministère de l’Education
Nationale pour s’apercevoir que le bain du bébé est
une formidable occasion de langage en situation.
• C’est le lexique du corps, des accessoires pour la
toilette, éventuellement, en prolongement, des
vêtements que l’on souhaite par là-même enrichir.
Sur ce DVD, on se doute que plusieurs enfants du
groupe sont de familles allophones…
• Rendons donc cette activité plus ambitieuse en
l’envisageant sous l’angle de l’éveil aux langues
BO n°13 du 29 mars 2012
Sensibiliser les élèves à la diversité des langues vivantes dès l’école maternelle
L’enjeu de cette sensibilisation est de familiariser l’enfant
à une grande variété de sonorités, de développer chez lui
une meilleure qualité d’écoute et de l’habituer à manipuler
sans appréhension des sons et des mots inconnus. Ce
travail peut être mené dans l’ensemble des langues
étrangères. Dans cette perspective, des activités sont
menées avec des locuteurs natifs lorsque cela est possible
(parents, élèves, associations, etc.) ou des supports audio
en langues authentiques. Les enfants sont sollicités pour
jouer avec les mots et les sonorités des langues
concernées : répétition de mots, de syllabes, etc. Ils sont
aussi invités à lier l’écoute de ces langues à des activités
artistiques (chants, rondes, jeux dansés) et à développer
leur imaginaire autour de sonorités inconnues.
Quelques objectifs du module
• Travailler en parallèle l’ouverture aux langues et à la diversité et le français
langue d’école. Intégrer les langues des enfants : faire du lien entre la
langue de l’école et la langue de la maison ;
• Distinguer les sons de la parole ;
• Ecouter, prononcer, articuler en travaillant à partir de comptines, de mots ;
• Rythmer des comptines connues, scander les syllabes de mots moins
connus.
Et domaines concernés :
• S’approprier le langage : nommer les parties du corps et les objets de la
toilette (les actes du quotidien), distinguer les sons de la parole, dire et
mémoriser des comptines, manipuler des sons et des syllabes, échanger et
s’exprimer.
• Découvrir l’écrit : se familiariser avec l’écrit, produire un énoncé oral dans
une forme adaptée pour qu’il puisse être écrit par un adulte, repérer des
similitudes entre des sons dans des énoncés en langues différentes ou
parentes associés à la même signification.
• Découvrir le monde : pays, langues.
• Percevoir, sentir, imaginer, créer : développer la discrimination des sons et
la mémoire auditive par des écoutes structurées de sons.
• Différentes ressources (comptines…) autour du corps qui
dessinent un module pour l’ouvrage ‘Langues du monde au
quotidien, cycle 1’ dont le fil conducteur est : « La mascotte de la
classe, retrouvée sale, ne veut se laver que si on lui chante une
comptine dans une langue étrangère... mais laquelle ? ... »
• Enseignant et élèves proposent à la mascotte différentes
comptines sur le corps, en anglais, en espagnol…
• On écrit aux parents pour qu’ils viennent chanter en classe ou
s’enregistrent chantant une comptine sur le corps dans la langue
qu’ils connaissent…
– Ces comptines sont chantées / dites en classe devant le doudou : on
repère les noms des parties du corps dans les différentes langues etc.
• Mais le doudou ne veut pas se laver…
• … jusqu’à ce qu’il précise qu’il souhaite une comptine en malgache
: « en malgache ? Mais qu’est-ce que c’est le malgache ? »
– Ce qui donne lieu à la découverte d’une langue, d’un pays
Fil conducteur …
« Choela [étudiante venue intervenir en classe] vient de
Madagascar. Elle nous a parlé de son île. Certains en ont
entendu parler mais surtout cela rappelle aux enfants un
dessin animé dans lesquels ils ont vu des pingouins… Y a-
t-il des pingouins à Madagascar ? En fait, Choela nous
apprend qu’il arrive que des pingouins aillent s’échouer à
Madagascar et que les hommes essaient de les
renvoyer… »
Extrait du journal de la classe,
au moment de la découverte de Madagascar :
Séance 2
Zaza manasa tànana , tànana, tànana
(L’enfant se lave les mains, les mains, les mains)
Zaza manasa tànana, Madio ny tànanay
(l’enfant se lave les mains, nos mains sont propres)
Zaza manasa kiho
(l’enfant se lave le coude)
Zaza manasa vozona
(l’enfant se lave le cou)
Zaza manasa tratra
(l’enfant se lave la poitrine)
Zaza manasa kibo
(l’enfant se lave le ventre)
Zaza manasa fe
(l’enfant se lave la cuisse)
Zaza manasa lohalika
(l’enfant se lave le genou)
Zaza manasa tongotra
(l’enfant se lave le pied)
On écoute, on réécoute,
on fait des hypothèses sur
le sens des mots entendus,
on essaie d’en mémoriser
certains…
Les enfants jouent au jeu du guilli-toc sur les noms des parties du corps
en malgache : les élèves apparient dessin et nom d’une partie du corps
en malgache et en français…
Le guilli-toc peut se faire avec les noms des parties du corps découvertes dans
d’autres langues à travers les comptines :
Exemple, en anglais :
Head and shoulders, knees and toes, knees and toes.
Head and shoulders, knees and toes, knees and toes.
And eyes, and ears, and mouth, and nose,
Head and shoulders, knees and toes, knees and toes.
et en espagnol :
Mi cabeza
(ma tête)
Mi cabeza dice si
Mi cabeza dice no
Mi cabeza dice si
No, no, no, no, no, no, no
Et ensuite….
L’enseignante sollicite les familles...
• …à partir d’un schéma
corporel présenté aux
élèves avec une petite
maison pour
symboliser ainsi qu'il
s'agissait de leur(s)
langue(s) maternelle(s).
• L’enseignante témoigne :
« Cela a permis aux
enfants de prendre
conscience des diverses
langues parlées à la
maison, de la diversité des
écritures, de leur possible
lecture ou non (alors que
je ne sais pas parler turc,
[enfant turcophone] s'était
étonné de m'entendre dire
en turc les parties du
corps). J'avais également
présenté le même schéma
en français avec le dessin
d'une classe à la place de
la photo d’un enfant pour
symboliser le français,
langue de l’école. »
Quelques réactions de parents
• P1 : « c’est un très bon
projet parce que ça
donne les enfants
beaucoup de choses,
beaucoup […] »
• P2 : « c’est très bien
projet […] ils sont un
peu parler dans mon
langue, c’est important,
c’est important. C’est
très bien, je trouve que
c’est très bien »

Le doudou se lave

  • 1.
    Le doudou selave classe de MS/GS L. Di Stasio – Ecole Mauboussin, Le Mans Ce travail a donné naissance, en partie, au module « Au bain ! » publié dans : « Les langues du monde au quotidien, cycle 1 », coord. Martine Kervran, Sceren, 2013 photos : L. Di Stasio, F. Leclaire, ppt : I. Audras, L. Di Stasio, F. Leclaire
  • 2.
    Au départ… • Ilsuffit de visionner le DVD sur le langage à l’école maternelle fourni par le ministère de l’Education Nationale pour s’apercevoir que le bain du bébé est une formidable occasion de langage en situation. • C’est le lexique du corps, des accessoires pour la toilette, éventuellement, en prolongement, des vêtements que l’on souhaite par là-même enrichir. Sur ce DVD, on se doute que plusieurs enfants du groupe sont de familles allophones… • Rendons donc cette activité plus ambitieuse en l’envisageant sous l’angle de l’éveil aux langues
  • 3.
    BO n°13 du29 mars 2012 Sensibiliser les élèves à la diversité des langues vivantes dès l’école maternelle L’enjeu de cette sensibilisation est de familiariser l’enfant à une grande variété de sonorités, de développer chez lui une meilleure qualité d’écoute et de l’habituer à manipuler sans appréhension des sons et des mots inconnus. Ce travail peut être mené dans l’ensemble des langues étrangères. Dans cette perspective, des activités sont menées avec des locuteurs natifs lorsque cela est possible (parents, élèves, associations, etc.) ou des supports audio en langues authentiques. Les enfants sont sollicités pour jouer avec les mots et les sonorités des langues concernées : répétition de mots, de syllabes, etc. Ils sont aussi invités à lier l’écoute de ces langues à des activités artistiques (chants, rondes, jeux dansés) et à développer leur imaginaire autour de sonorités inconnues.
  • 4.
    Quelques objectifs dumodule • Travailler en parallèle l’ouverture aux langues et à la diversité et le français langue d’école. Intégrer les langues des enfants : faire du lien entre la langue de l’école et la langue de la maison ; • Distinguer les sons de la parole ; • Ecouter, prononcer, articuler en travaillant à partir de comptines, de mots ; • Rythmer des comptines connues, scander les syllabes de mots moins connus. Et domaines concernés : • S’approprier le langage : nommer les parties du corps et les objets de la toilette (les actes du quotidien), distinguer les sons de la parole, dire et mémoriser des comptines, manipuler des sons et des syllabes, échanger et s’exprimer. • Découvrir l’écrit : se familiariser avec l’écrit, produire un énoncé oral dans une forme adaptée pour qu’il puisse être écrit par un adulte, repérer des similitudes entre des sons dans des énoncés en langues différentes ou parentes associés à la même signification. • Découvrir le monde : pays, langues. • Percevoir, sentir, imaginer, créer : développer la discrimination des sons et la mémoire auditive par des écoutes structurées de sons.
  • 5.
    • Différentes ressources(comptines…) autour du corps qui dessinent un module pour l’ouvrage ‘Langues du monde au quotidien, cycle 1’ dont le fil conducteur est : « La mascotte de la classe, retrouvée sale, ne veut se laver que si on lui chante une comptine dans une langue étrangère... mais laquelle ? ... » • Enseignant et élèves proposent à la mascotte différentes comptines sur le corps, en anglais, en espagnol… • On écrit aux parents pour qu’ils viennent chanter en classe ou s’enregistrent chantant une comptine sur le corps dans la langue qu’ils connaissent… – Ces comptines sont chantées / dites en classe devant le doudou : on repère les noms des parties du corps dans les différentes langues etc. • Mais le doudou ne veut pas se laver… • … jusqu’à ce qu’il précise qu’il souhaite une comptine en malgache : « en malgache ? Mais qu’est-ce que c’est le malgache ? » – Ce qui donne lieu à la découverte d’une langue, d’un pays Fil conducteur …
  • 6.
    « Choela [étudiantevenue intervenir en classe] vient de Madagascar. Elle nous a parlé de son île. Certains en ont entendu parler mais surtout cela rappelle aux enfants un dessin animé dans lesquels ils ont vu des pingouins… Y a- t-il des pingouins à Madagascar ? En fait, Choela nous apprend qu’il arrive que des pingouins aillent s’échouer à Madagascar et que les hommes essaient de les renvoyer… » Extrait du journal de la classe, au moment de la découverte de Madagascar :
  • 7.
    Séance 2 Zaza manasatànana , tànana, tànana (L’enfant se lave les mains, les mains, les mains) Zaza manasa tànana, Madio ny tànanay (l’enfant se lave les mains, nos mains sont propres) Zaza manasa kiho (l’enfant se lave le coude) Zaza manasa vozona (l’enfant se lave le cou) Zaza manasa tratra (l’enfant se lave la poitrine) Zaza manasa kibo (l’enfant se lave le ventre) Zaza manasa fe (l’enfant se lave la cuisse) Zaza manasa lohalika (l’enfant se lave le genou) Zaza manasa tongotra (l’enfant se lave le pied) On écoute, on réécoute, on fait des hypothèses sur le sens des mots entendus, on essaie d’en mémoriser certains…
  • 8.
    Les enfants jouentau jeu du guilli-toc sur les noms des parties du corps en malgache : les élèves apparient dessin et nom d’une partie du corps en malgache et en français… Le guilli-toc peut se faire avec les noms des parties du corps découvertes dans d’autres langues à travers les comptines : Exemple, en anglais : Head and shoulders, knees and toes, knees and toes. Head and shoulders, knees and toes, knees and toes. And eyes, and ears, and mouth, and nose, Head and shoulders, knees and toes, knees and toes. et en espagnol : Mi cabeza (ma tête) Mi cabeza dice si Mi cabeza dice no Mi cabeza dice si No, no, no, no, no, no, no Et ensuite….
  • 9.
    L’enseignante sollicite lesfamilles... • …à partir d’un schéma corporel présenté aux élèves avec une petite maison pour symboliser ainsi qu'il s'agissait de leur(s) langue(s) maternelle(s).
  • 10.
    • L’enseignante témoigne: « Cela a permis aux enfants de prendre conscience des diverses langues parlées à la maison, de la diversité des écritures, de leur possible lecture ou non (alors que je ne sais pas parler turc, [enfant turcophone] s'était étonné de m'entendre dire en turc les parties du corps). J'avais également présenté le même schéma en français avec le dessin d'une classe à la place de la photo d’un enfant pour symboliser le français, langue de l’école. »
  • 11.
    Quelques réactions deparents • P1 : « c’est un très bon projet parce que ça donne les enfants beaucoup de choses, beaucoup […] » • P2 : « c’est très bien projet […] ils sont un peu parler dans mon langue, c’est important, c’est important. C’est très bien, je trouve que c’est très bien »