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LEQUOTIDIENDEL'ÉCONOMIE// MARDI 4NOVEMBRE2014 // LESECHOS.FR 
DR 
Deux-roues 
Les japonais 
à l’offensive 
en Europe // P. 18 
ENTREPRISES 
&MARCHÉS 
ALLÉGEMENT DE TAXES 
EN VUE POUR AIR FRANCE 
Les allégements de taxes propo-sés 
dans un rapport représentent 
plus de 100 millions d’euros d’éco-nomies 
pour Air France. // P. 19 
TOKYO VEUT FAIRE 
LE MÉNAGE DANS LE SOLAIRE 
L’exécutifvaremettreàplatsapoli-tique 
de soutien au photovoltaï-que. 
Les projets japonais sont les 
plus rentables du monde. // P. 20 
Budget :taxe 
surprisesur 
lesrésidences 
secondaires 
l L’exécutif veut relever de 20 % la taxe d’habitation 
pour les résidences secondaires en « zones tendues ». 
l La mesure doit inciter à libérer des logements 
et renflouer les collectivités locales mises à la diète. 
Un air de déjà-vu…L’exécutif devrait propo-ser, 
rectificative pour 2014, de mettre en place 
unesurtaxe d’habitationpourles résidences secon-daires 
situées dans les « zones tendues » (soit dans 
une trentaine de grandes agglomérations en 
France).Unemesure que le gouvernementAyrault 
avait déjà proposée fin2012, avant de fairemachine 
arrière face à l’opposition des parlementaires. Con-crètement, 
équivalente à 20 % de la taxe d’habitation les rési-dences 
Partenariat NEW FOR_Mise en page 1 14/12/12 14:03 Page1 
SUR 
ISSN0153.4831 106e ANNÉE 
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Antilles-Réunion 2,70 €. Guyane 3,50 €. 
Belgique 2,40 €. Espagne 3 €. Grande- 
Bretagne 2£30. Grèce 2,60 €. Italie 3 € 
Luxembourg 2,50 €. Maroc 22 DH. Niger 2.300 
CFA Roumanie 2,60 €. Suisse 4,20 FS. Tunisie 
3.000 TNM. Zone CFA 2.000 CFA. 
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DOMINIQUE SEUX 
DANS « L’ÉDITO ÉCO » 
À 7H20 
DU LUNDI AU JEUDI 
danslecadreduprojetdeloidefinances 
l’exécutif entend permettre aux com-munesquilesouhaitentdesoumettreàunesurtaxe 
Publiciss’offreunepépite 
américainedunumérique 
PUBLICITÉ Le groupe 
rachète l’agence Sapient pour 
3,7 milliards de dollars 
Les investisseurs en étaient restés aux résultats 
financiers décevants de Publicis pour le troisième 
trimestre. Maurice Lévy, président du directoire, a 
repris la main hier en annonçant l’acquisition de la 
pépiteaméricaineSapient,l’unedesdernièresagen-ces 
numériques indépendantes. Avec ce rachat 
prestigieuxmaiscoûteux,accueillidefaçonmitigée 
par le marché, Publicis réalisera dès 2015, avec trois 
ans d’avance, 50 % de ses revenus dans le numéri-que. 
Il poursuit ainsi la mutation de sonmodèle. 
// PAGE 25 ET « CRIBLE » PAGE 38 
Pourune 
Europe 
fiscale 
renforcée 
Point de vue par 
Michel Sapin 
Vendredi, lesministres des Finances 
européens débattront à Bruxelles 
du projet de taxe sur les transactions 
financières. Il faut cesser de tergiver-ser, 
écrit Michel Sapin, et bâtir un 
dispositif efficace qui ne fasse pas 
fuir l’activité financière. La France 
avancera des propositions équili-brées 
qui seront l’occasion de mettre 
en oeuvre la première coopération 
renforcée en matière fiscale en 
Europe. // PAGE 13 ET 
NOSINFORMATIONSPAGE30 
Cartes :lesinnovations 
pourcontrerlafraude 
Les initiatives se multiplient pour 
tenter de sécuriser le paiement mobile. 
PAIEMENT Alors que les attaques virales se multiplient sur les 
smartphones, la sécurisation des paiements mobiles sera au coeur 
duSalonCarteSecureConnexionsquis’ouvreaujourd’hui.Pourcon-trer 
les fraudes, les spécialistes rivalisent d’imagination, en misant 
notamment sur la biométrie ou la géolocalisation. // PAGE 29 
secondaires dans ces zones. Tous les biens 
hors résidence principale sont potentiellement 
concernés, de la maison de vacances à l’apparte-ment 
d’appoint non loué en centre-ville, en passant 
parlesbiensdétenuspardesétrangers.Lesrésiden-ces 
secondaires détenues pour des raisons profes-sionnellesoupardespersonnesmodestesvivanten 
maisonde retraite, par exemple,bénéficieront d’un 
dégrèvement. La mesure doit rapporter 150 mil-lions 
et sera présentée la semaine prochaine. 
// PAGE 2 ET L’ÉDITORIAL 
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 11 
Obamasurlepointde 
perdrelamajoritéauSénat 
Haraz N. Ghanbari/AP/Sipa 
DÉCONFITURE Lesélectionsdemi-mandatquisetiennentaujourd’hui 
risquent d’infliger un sérieux revers aux démocrates. Les républicains 
onteneffettoutesleschancesderenforcerleurmajoritéàlaChambreet 
de gagner les six sièges qui leur donneront la majorité au Sénat. Les 
Américainsontàcoeurd’exprimerleurfrustrationfaceaupeuderéfor-mesaccompliesetàunredémarrageéconomiquedontlesfruitsnesont 
distribués qu’à une petite élite. Cela n’empêche pas Hillary Clinton de 
creuser son sillon pour 2016. // PAGES 8-9 ET L’ENQUÊTE PAGE 15 
L’ESSENTIEL 
RÉFORME DES NOTAIRES : 
UN COMPROMIS À L’ÉTUDE 
Le rapport du député PS Richard 
Ferrand a été remis, hier, au gou-vernement. 
Il reprend la plupart 
des pistes évoquées par Bercy en 
les adoucissant. // P. 4 
EUROPE : LA MISE EN GARDE 
DE MERKEL À CAMERON 
La chancelière allemande a 
menacéDavid Cameron de cesser 
de le soutenir s’il persiste à vou-loir 
remettre en cause la libre cir-culation 
des Européens. // P. 10 
ET L’ÉDITORIAL DE JACQUES 
HUBERT-RODIER P. 11 
LA GESTION D’ACTIFS DÉFIÉE 
PAR LES GÉANTS DU NET 
Les professionnels de l’« asset 
management » sont menacés par 
la vague numérique. Le chinois 
Alibaba a déjà lancé son propre 
fonds. // PROSPECTIVE P. 14 
OCTOBRE NOIR POUR LE 
MARCHÉ AUTO FRANÇAIS 
Avec 166.495 voitures vendues le 
mois dernier, le marché français 
a connu sa pire performance en 
octobre depuis 1993. // P. 23 
Défense Vers un 
contrat de 3 milliards 
au Liban // P. 23 
Renault Trucks Defense 
Shutterstock
02// Mardi 4 novembre 2014 Les Echos 
FRANCE 
Les politiques peuvent-ils 
penser positif ? 
Au PS et à l’UMP le diagnostic est posé, le « french 
bashing » alimente la dépression collective du pays. 
Mais du diagnostic aux remèdes, il y a un fossé. 
LE FAIT 
DUJOUR 
POLITIQUE 
Cécile 
Cornudet 
Il a fait sonentréedans 
le vocabulairepolitique en 
devenant aussitôt 
le responsable de tous les 
maux.Le « french bashing », 
cette tendance bien française à 
s’autodénigrer, entretient 
le pays dans sa dépression 
collective, diagnostiquent d’un 
seulchoeurla gauche et la 
droite. Il faut en sortir. 
Po-si-ti-ver !LaFrance vient de 
décrocher deux prixNobel, 
les magazines qui parlent des 
trains à l’heuredopent depuis 
peuleurs ventes, le petit 
mondedes start-uppousse les 
politiques àquitter leurs 
lunettes grises…C’est le 
moment.ManuelValls ne s’y 
est pastrompé. Il a visité hier le 
siège deL’Oréal en inventant le 
concept de « french 
celebrating » :« Il fautparler 
positivement de ce qui va dans le 
bon sens ».Etaufond, à 
l’exception de Marine LePen 
qui choisit d’être leporte-voix 
« delaFrancequisouffre », 
l’intention est largement 
partagée.François Hollande 
court àmi-mandataprès cette 
« confiance »qu’il voudrait 
redonnerauxFrançais, 
Nicolas Sarkozy rêve de faire à 
nouveau aimer lapolitique en 
dépassant le clivage gauche-droite, 
Cécile Duflot juge 
qu’« onestàlafind’un 
modèle »…L’intentionest là, 
maiscommentse traduit-elle ? 
Prenons le risque de 
concourir au « french 
bashing » : les politiques 
posent le diagnosticmais ne 
s’administrent aucun remède. 
La gauche au pouvoir 
demande aux Français de se 
serrer la ceinture ; l’UMP 
promet de faire davantage 
encore ; la gauche frondeuse 
promet l’inverse mais n’est 
pas crue.« Lamoindre 
annonce se fracasse sur 
l’incrédulité de l’opinion qui 
sait très bien que les caisses 
sont vides », analyse le 
sondeur Jérôme Fourquet 
(Ifop). Chacun conserve ses 
grilles d’analyse. Promettre la 
croissance paraît irréaliste, 
annoncer une purge est 
anxiogène.« Il faudraitparler 
une nouvelle langue qui ne soit 
pas la langue de la dépense 
publique », poursuit le 
sondeur. Le couple Hollande- 
Valls n’y parvient pas ;Nicolas 
Sarkozy revient sans avoir 
donné corps à ses intuitions ; 
les écologistes renouent avec 
le gauchisme au lieu de 
repenser « lemodèle ». Seule 
SégolèneRoyal s’y essaie, 
dessine autre chose avec sa loi 
de transition énergétique. 
Voilà qui explique sa bonne 
popularité actuelle.Et les 
pincettes qu’elle prend dans le 
dossier Sivens. La « positive 
attitude » est chose fragile. 
ccornudet@lesechos.fr 
en bref 
Inégalités hommes-femmes : Bercy 
lance une enquête de relevés des prix 
CONSOMMATION —Le cabinet du ministre de l’Economie a 
annoncé avoir lancé hier une enquête pour faire « une évalua-tion 
de relevés de prix » sur des produits visés par un collectif, 
établissant que pour un même produit ou service, comme des 
rasoirs ou le pressing, lesfemmespayent plus cher que leshom-mes. 
« On s’est rendu compte que sur des produits de la consom-mation 
quotidienne, les femmes étaient systématiquement 
taxées », dénonce Gaëlle Couraud, du collectif féministe Geor-gette 
Sand. Les résultats de cette enquête pourraient être con-nus 
« dans les semaines à venir », selon Bercy. 
Prestations familiales : des indus versés 
à 2,6millions d’allocataires en2013 
ALLOCATIONS —En 2013, sur 13,4 millions de foyers bénéfi-ciaires 
de prestations familiales, 5 millions ont été concernés 
par un rappel (sommes dues aux allocataires), et 2,6 millions 
par un indu (trop-perçus). Le RSA et les allocations logement 
sont particulièrement visés (près de 80 % des indus bruts), en 
raison d’un grand nombre de bénéficiaires, 2,3 millions et 
6,3 millions respectivement. Les allocations familiales versées à 
4,8 millions de foyers ne font que 5 % des indus en l’absence de 
condition de ressources. 
Unenouvelletaxeenvue 
surlesrésidencessecondaires 
Elsa Conesa 
econesa@lesechos.fr 
A l’époque, elle avait étébaptisée la 
« taxeweek-end ».Deux ans après 
avoir renoncé à instaurer une sur-taxe 
d’habitation sur les résidences 
secondaires, le gouvernement 
revient à la charge. Une mesure 
créant un surcroît de taxe d’habita-tion 
pour les résidences secondai-res 
situées dans les « zones ten-dues 
» devrait figurer dans le 
collectif budgétaire présenté la 
semaine prochaine. En clair, tous 
les biens hors résidence principale 
sontpotentiellement concernés,de 
la maison de campagne à l’apparte-ment 
complémentaire non loué en 
centre ville,enpassantparles biens 
détenus par des étrangers. 
Pour l’exécutif, l’objectif est dou-ble 
:libérerdeslogementslàoùc’est 
nécessaire en incitant les proprié-tairesàlouerleursbiens, 
maisaussi 
dégagerdesressourcespourlescol-lectivités 
locales. Cette surtaxe rap-porterait 
en effet 150 millions 
d’euros aux communes, qui pour-raientchoisirounondelamettreen 
application.Lasurtaxedevraits’éle-ver 
à 20 % de la taxe d’habitation 
payée sur le bien, avec un dégrève-ment 
pour les résidences détenues 
pour desmotifs professionnels et 
pourlespersonnesmodestesvivant 
en maison de retraite ou en établis-sement 
de soins de longue durée. 
Elle concernera les résidences en 
« zone tendue », c’est-à-dire dans 
une trentaine de grandes agglomé-rations 
enFrance (en Ile-de-France, 
sur la côte Atlantique et méditerra-néenne, 
ainsiquedanscertainesvil-les 
des Alpes et du Sud-Ouest...). 
Le dispositif ressemble à s’y 
méprendre à celui que le gouverne-ment 
Ayrault avait proposé en 
décembre 2012, et qui instaurait 
une surtaxe d’habitation sur les 
logements sous-occupés, fixée à 
5 % de la valeur locative du loge-ment 
– ce qui équivaut à environ 
20 %dela taxe d'habitation.Al’épo-que, 
la mesure, qui devait financer 
le logement social, avait suscitéune 
levée de boucliers, y compris au 
sein de la majorité. L’exécutif avait 
dû faire marche arrière et préféré 
durcirlafiscalitésurlesplus-values 
de cessions immobilières des rési-dences 
secondaires. C’est d’ailleurs 
le dispositif proposé par l’actuel 
secrétaire d’Etat au budget, Chris-tian 
Eckert, alors rapporteur du 
budget à l’Assemblée et hostile à ce 
qu’il avait alors appelé la « taxe 
week-end », qui avait été adopté. 
150 millions 
pour les communes 
La nouvelle version recueillera-t- 
elle cette fois davantage de sou-tiens 
au Parlement ? L’exécutif a en 
tout cas travaillé son dispositif : 
contrairement à la précédente 
mouture, le produit de la surtaxe 
sera fléché vers les collectivités, au 
moment où celles-ci se plaignent 
des effets délétères sur l’investisse-ment 
de la baisse des dotations de 
l’Etat dans le budget 2015. La sur-taxe 
seraenoutre à leurmain : elles 
pourront choisir de ne pas l’appli-quer. 
Reste que la mesure risque 
d’ajouter de la complexité à un sec-teur 
qui subit desmodifications fis-cales 
quasiment chaque année. Le 
budget 2015 comporte une série de 
mesuresduplan logement, censées 
doper l’investissement dans 
l’immobilier : dispositif Pinel 
étendu,abattementsurlesdroitsde 
donation, plus-values de cessions 
allégéessurlesterrainsàbâtir...Des 
mesures dont le coût total avoisi-nera 
1,5 milliard d’euros à terme. 
( Lire l’éditorial 
d’Etienne Lefebvre 
Page 11 
FISCALITÉ 
L’exécutif devrait 
proposer une surtaxe 
d’habitation sur les 
résidences secondaires 
en « zone tendue ». 
Une mesure similaire 
avait déjà été présen-tée 
fin 2012. 
Apprentissage :coupdepouceauxPME 
Derek Perrotte 
dperrotte@lesechos.fr 
Promesse tenue. L’Assemblée 
nationale devait, sauf improbable 
surprise,adopterhierdanslasoirée 
un amendement gouvernemental 
au projet de budget pour 2015 met-tant 
en oeuvre une nouvelle aide à 
l’apprentissage annoncée le 19 sep-tembre 
dernier par François Hol-lande. 
L’amendement étend aux 
entreprises de moins de 250 sala-r 
i é s l a prime a n n u e l l e de 
1.000eurosàl’accueild’unapprenti, 
quiavaitétéannoncéeenjuilletlors 
de la conférence sociale, mais alors 
pour les seules entreprises de 
moinsde50salariés.L’extensiondu 
champs’accompagneenoutre d’un 
assouplissement des conditions 
pourenbénéficier :elleneseraplus 
réservée, comme prévu en juillet, 
aux seules entreprises accueillant 
un premier apprenti, mais concer-nera 
aussi celles embauchant des 
apprentis supplémentaires. 
Cette aide financière, versée par 
les régions, sera accordée rétroacti-vement 
pour les contrats d’appren-tissage 
éligibles signés depuis le 
1erjuillet.DanslesTPE,ellesecumu-lera 
avec l’aide, de 1.000 euros aussi 
et déjà en place depuis l’été 2013, à 
l’embauche d’un apprenti. Le coût 
de la mesure est estimé à 60 mil-lions 
d’euros. 
« Stopper la chute » 
Pour les années suivantes, le verse-ment 
de la prime sera réservé aux 
entreprises dont la branche aura 
signé, d’ici à juin 2015, un accord 
fixant les contreparties, en matière 
notamment d’accueil d’apprentis, 
au pacte de responsabilité. L’exécu-tif 
espère ainsi accélérer des discus-sions 
qui patinent encore dans 
beaucoup de branches (lire aussi 
page 4). 
A son annoncemi-septembre, le 
geste avait été bien accueilli par le 
patronat. Dans un contexte budgé-taire 
très tendu, il reste toutefois 
limité et ne fait que compenser en 
partielescoupessurd’autresaidesà 
l’apprentissage effectuées mi-2013. 
Lerisqueestaussique,après15mois 
de refontes successives et comple-xesdesaides, 
lesemployeurss’yper-dent. 
Là aussi comme promis mi-septembre, 
le gouvernement 
s’attache en outre à lever les freins 
non financiers à l’apprentissage, via 
des simplifications administratives 
et réglementaires. 
Tous les acteurs du dossier n’en 
concèdent pas moins que, faute 
d’une forte croissance, l’objectif pré-sidentiel 
d’atteindre 500.000 jeunes 
en alternance en 2017, contre 
426.000 aujourd’hui, est quasi uto-pique. 
Les huit premiers mois de 
2014témoignentd’unnouveaurecul 
inquiétant des entrées en apprentis-sage 
et « stopper la chute serait déjà 
bien », confient des syndicalistes. 
D’autantque,letempsquelesmesu-res 
soient mises en oeuvre, « c’est 
troptardpourcetteannée,c’estlaren-trée 
2015 qu’on prépare en réalité », 
expliquaient des conseillers gouver-nementauxenseptembre 
dernier. n 
EMPLOI 
Un amendement au 
budget élargit la prime 
apprentissage aux PME 
jusqu’à 250 salariés. 
Ce geste avait été 
promis mi-septembre 
par François Hollande. 
La surtaxe devrait s’élever à 20 % de la taxe d’habitation payée sur le bien. Elle concernerait 
les résidences d’une trentaine de grandes agglomérations en France. Photo Shutterstock 
1.000 EUROS 
Le montant de la prime annuelle 
à l’accueil d’un apprenti dans les 
PME de moins de 250 salariés. 
AParis, unappartement sur six 
est une résidence secondaire 
AParis, lasurtaxesurlesrésidencessecondairesvisera 
avant tout à libérerdes logementspeuoupasoccupés. 
Lacapitalecompteeneffetquelque174.000 résidences 
secondaires. Surtout, la partduparcconstituée 
derésidences secondairesnecessedecroître, passantde13% 
deslogementsilyacinq ans,à16%aujourd’hui. 
Danscertainsarrondissements(6e,7e et8e arrondissements), 
elle atteint même35à40%.Lamairie plaideducoupdepuis 
desannéespourdesmesurescorrectrices.Lasurtaxe fixée 
à20%delataxed’habitationincitera-t-ellelespropriétaires 
àlouerleursbiensetdégagerainsideslogementsinoccupés 
dansla capitale ? Cela n'estpascertain.Lataxe d’habitation 
moyennes’élevantà464eurosàParis, le surcoûtavoisinerait 
les90euros...Adéfaut, cela constituerauncomplément 
deressourcespourlaVille.
Les héritiers 
ont bien changé. 
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04//FRANCE Mardi 4 novembre 2014 Les Echos 
Professionsréglementées : 
uncompromissedessine 
Pactederesponsabilité :sixbranches 
n’ontencoreentaméaucunenégociation 
Annoncé par le Premier ministre 
lors de la Grande Conférence 
socialeenjuillet,leComitéd’évalua-tion 
des aides publiques se réunira 
cet après-midi pour la première 
fois. C’est la concrétisation de 
l’Observatoire des contreparties, 
dont le président de la République 
parlait déjà en janvier dernier lors 
du lancement du pacte de respon-sabilité. 
Son objet principal est de 
fairelepointsurlesnégociationsde 
branches sur l’emploi, censées être 
la contrepartie aux versements 
combinésducréditd’impôtcompé-titivité 
emploi (les premiers chè-ques 
ont été touchés en mai par les 
entreprises) et des baisses de char-ges 
sur les bas salaires qui seront 
effectives à partir de janvier. 
«L’efficacitédesaidesnesemesure 
pas en nombre d’euros versés, d’un 
côté, et en nombre d’emplois créés, de 
l’autre,prévient-ondansl’entourage 
du Premier ministre. D’une branche 
àl’autre,d’uneentrepriseàl’autre,les 
engagements peuvent être très diffé-rents. 
»Mais aussi différents soient-ils 
(formation, apprentissage, créa-tion 
d’emplois...) ces engagements 
doivent être formalisés dans des 
accords de branche. C’est du moins 
l’engagement qui a été pris par les 
trois organisations patronales 
représentatives et trois organisa-tions 
syndicales le 5 mars dernier. 
Une réunion a déjà eu lieu le 10 sep-tembre, 
sous l’égide du ministre du 
Travail, pour faire le point sur les 
négociations. A cette date, sur les 
50principales branches profession-nelles 
(soit 60 % des salariés), 
17 n’avaient encore entamé aucune 
discussion sur le pacte de responsa-bilité. 
D’après le décompte du gou-vernement, 
partagéparlespartenai-res 
sociaux, ce chiffre esttombé à 6. 
Deux accords signés 
Parmi les branches récalcitrantes 
figurent des professions actuelle-mentsurlasellette, 
commelaphar-macie 
d’officine ou les cabinets 
médicaux. On trouve aussi la res-tauration 
collective, les établisse-ments 
d’enseignement privé, les 
gardiens d’immeuble ou encore les 
experts-comptables. Au total, ces 
6 branches représentent moins de 
500.000 salariés, à comparer aux 
15 millions de salariés concernés 
par le pacte. Par ailleurs, 19 bran-chesn’ontpasencoreentamédedis-cussions 
mais ont manifesté la 
volonté de le faire, 10 ont tenu une 
première séance de travail, mais 
sans calendrier formel. Et seules 15 
ont engagé des négociations sérieu-ses, 
dont 2 ont signé un accord (la 
chimie et la métallurgie). Quel que 
soit leur niveau d’engagement, tou-tes 
ces branches sont éligibles au 
Cice si elles le demandent, et toutes 
bénéficieront de la première tran-che 
des allégements de charges au 
1er janvier. 
CettepremièreséanceduComité 
sera reconduite à intervalles régu-liers, 
selon le gouvernement, mais 
la périodicité n’est pas encore fixée. 
Le Premier ministre, qui présidera 
le Comité demain, ne manquera 
pas de rappeler aux entreprises 
leurs promesses en matière 
d’emplois. « Les engagements des 
unset de autres vont ensemble, insis-te- 
t-on à Matignon.Celui du gouver-nement, 
celui du Parlement, qui a 
votélepactederesponsabilité,etcelui 
des entreprises. »Undiscours censé 
rassurer la CFDT, devant laquelle 
Manuel Valls s’exprimera égale-ment 
jeudi, à l’occasion des cin-quante 
ans de la centrale.— M. B. 
EMPLOI 
Le Comité d’évaluation 
des aides publiques 
se réunit aujourd’hui 
pour la première fois. 
Le Premier ministre 
va rappeler au patro-nat 
ses engagements 
en matière d’emplois. 
Pierre Gattaz et Manuel Valls. Le Premier ministre ne manquera 
pas de rappeler demain aux entreprises leurs promesses 
en matière d’emplois. Photo Fred Dufour / AFP 
Marie Bellan 
mbellan@lesechos.fr 
Après le rapport choc de l’Inspec-tion 
générale des finances, c’est la 
version« soft »deRichardFerrand 
qui est sortie hier. Le député PS du 
Finistère a remis aux ministres 
Emmanuel Macron et Christiane 
Taubira une liste de 28 proposi-tions 
visant à réformer les profes-sions 
juridiques réglementées et 
une partie des professionnels de 
santé (pharmaciens notamment). 
Ce travail a été rapidement mené 
puisque le député a été chargé 
d’une mission par le Premier 
ministre il y a à peine un mois. 
Son contenu se veut consensuel, 
car, s’il reprend l’ensemble des pro-positions 
formulées directement 
ouindirectementparBercycesder-nières 
semaines, il reste souventun 
cran en dessous des pistes les plus 
radicales,demanièreàménagerles 
professionnels concernés. Par 
exemple, sur la libre installation de 
certaines professions juridiques. 
Sans aller jusqu’à une libéralisation 
totale, le rapport préconise « la 
création d’un nombre significatif de 
postes et d’offices pour les notaires, 
lescommissaires-priseursetleshuis-siers 
de justice ». Les notaires ont 
eux-mêmes formulé une proposi-tion 
similaire il y a dix jours en sug-gérant 
l’ouverture de 300 offices 
supplémentairesdanslesdeuxpro-chaines 
années (contre une ving-taine 
par an actuellement). 
Pour s’assurer que ces créations 
sont bien effectives, le rapport 
Ferrand entend confier à une ins-tanceindépendantelesoindefixerà 
l’avenirlenombred’officesetdepos-tes 
à créer (aujourd’hui supervisé 
parlaseulechancellerie).Pourassu-reruneégalitédeschancesàtousles 
candidats à l’installation, le rapport 
propose également de soumettre la 
nomination aux offices à un con-cours. 
Actuellement, seule l’attribu-tion 
d’une charge dans un office 
nouvellement créé doit se faire par 
voie de concours. Pour les cessions 
d’office, les nominations sont réali-sées 
par la chancellerie sur présen-tation 
du successeur par le notaire 
sortant. Ce qui tend à favoriser les 
cessions intrafamiliales au détri-ment 
de la méritocratie. Ce droit de 
présentation serait ainsi supprimé. 
« Legalprivilege »pour 
les juristes d’entreprise 
Le rapport se penche aussi sur la 
situation des clercs de notaire, en 
proposant de rendre obligatoire la 
réception des actes notariés (lectu-res 
des actes et recueil de la signa-ture 
des parties) par les seuls notai-res. 
Cette tâche est parfois effectuée 
par le clerc de notaire en lieu et 
place du notaire lui-même. Le 
rapport estime que les clercs 
« devraient pouvoir bénéficier d’une 
démarche de valorisation des acquis 
de l’expérience […] pour faciliter leur 
promotion au statut de salarié ou de 
notaire associé ». 
Quant aux avocats, les recom-mandationssontlàaussiprudentes. 
Pourledéputé,iln’estpasnécessaire 
de créer un statut d’avocat en entre-prise, 
comme Bercy le souhaiterait. 
Il suffirait de faire bénéficier le 
juriste d’entreprise du « legal privi-lege 
»pourassurerlaconfidentialité 
deseséchangesavecsonemployeur, 
ce qui le mettrait sur un pied d’éga-lité 
avec ses homologues anglo-saxons. 
Enfin, le rapport préconise 
non pas de supprimer la territoria-lité 
de la postulation (qui oblige le 
justiciable à s’adresser à un avocat 
rattaché au ressort d’unTGI en par-ticulier), 
mais de l’élargir au niveau 
du ressort de la cour d’appel. n 
CONCURRENCE 
Le rapport du député 
Richard Ferrand (PS) 
a été remis hier 
au gouvernement. 
Il s’inscrit dans le 
droit-fil des proposi-tions 
de Bercy tout en 
ménageant les profes-sionnels 
concernés. 
Faciliter la 
vente en ligne 
de médicaments 
Laventeenlignedemédica-mentsn’estaujourd’hui 
autoriséequ’àpartird’une 
officinephysique.Lerapport 
dudéputéRichardFerrand 
veutsupprimercetadosse-mentafinquedenouveaux 
acteurscapitalistiquespuis-sentinvestirlesecteur, 
com-meauRoyaume- 
Uni.Mais 
lespharmaciensjugentau 
contrairequeceseraitune 
aubainepourlesdeuxprin-cipauxgrossistes- 
réparti-teurs, 
OCPetAlliance,déte-nuspardescapitauxaméri-cains. 
Parailleurs,iln’est 
plusquestiondanscerap-portd’ouvrirlecapitaldes 
pharmacies.Onsecontente-raitdefaciliterlesregroupe-mentsavecrelocalisation 
dansuneautrecommune, 
prèsd’unemaisondesanté 
pluridisciplinaire. 
Le rapport préconise la « création d’un nombre significatif 
d’offices », rejoignant une proposition similaire des notaires. 
Photo Fred Dufour / AFP 
Deséconomies 
surlespôles 
decompétitivité 
l’internationalisation des PME 
ou le lancement des plates-for-mes 
d’achats qui exigent une 
animation plus forte des pôles. 
Les présidents des régions, 
plus forts contributeurs publics 
avec l’Etat, sont également 
tombés des nues. La région 
Rhône-Alpes a, par exemple, 
chiffré hier le manque à gagner 
pour sa dizaine de pôles à 
660.000 euros. Ce signal passe 
d’autantplusmalquelesrégions 
et l’Etat s’apprêtent à négocier le 
transfertd’unepartdelagouver-nance 
des pôles aux conseils 
régionaux, dans le cadre de la 
réforme territoriale. L’Associa-tiondesrégionsdeFranceplaide 
notamment pour la reprise des 
moyens de l’Etat en région con-sacrésauxpôles, 
soit25millions 
d’euros. Un expert interprète la 
coupe comme une volonté de 
Bercy de favoriser les pôles les 
plus importants et de laisser les 
régionsfinancerlesautres.Pour 
Jean-Louis Gagnaire, « si la sor-tie 
de l’Etat est programmée, il 
faut qu’elle soit moins brutale 
pourpermettreauxpôlesdecom-pétitivité 
de se repositionner ». 
Le ministre de l’Economie, 
Emmanuel Macron, a promis 
jeudi dernier aux députés un 
débat sur le sujet à l’occasion 
des discussions sur la réforme 
territoriale.— M. Q. et F. S. 
BUDGET 
Bercy ampute 
de 30 % ses aides 
au fonctionnement 
des pôles en 2015. 
Les pôles de compétitivité n’en 
reviennent toujours pas. C’est 
via un courrier électronique de 
Bercy reçu il y a quelques jours 
qu’ils ont appris que leurs cré-dits 
de fonctionnement allaient 
baisserl’anprochain.Concrète-ment, 
leurs crédits dits d’« ani-mationetdegouvernance 
»dis-tribués 
par le ministère de 
l’Economievontbaisserdeprès 
de 30 %, à 11,5 millions d’euros, 
comme l’ont révélé nos confrè-res 
de l’AEF. « Cette baisse ne 
représente que 10 % des moyens 
de fonctionnement des pôles de 
compétitivité », temporise-t-on 
àBercy,préférant insistersur le 
maintien de la dotation de 
100 millions d’euros du fonds 
unique interministériel, qui 
financenotammentlespôlesde 
compétitivité. 
Sans paraître énormes, les 
économies en jeu suffisent à 
inquiéter. Bercy prévoit de 
ménager les pôles ayant le plus 
de projets de recherche et ceux 
qui ont réussi à attirer le plus de 
financements privés. Les autres 
subiront des coupes jusqu’à 
50 %. « Le financement public 
permet un fort effet de levier 
auprèsdesinvestisseursprivés.La 
réduction et l’extinction progres-sive 
de l’aide à la gouvernance des 
pôles de compétitivité risquent 
d’affecter leur croissance et leur 
dynamisme »,craintledéputéPS 
Jean-LouisGagnaire, vice-prési-dent 
de la région Rhône-Alpes, 
qui a déposé hier un amende-mentpour 
rétablir les crédits. 
Macron promet un débat 
Le président de l’Association 
française des pôles de compéti-tivité, 
Jean-Luc Beylat, vient 
d’interpeller le Premier minis-tre 
sur le sujet. Pour lui, cette 
coupe contredit l’appel de l’Etat 
à amplifier le développement 
économique des pôles via
Les Echos Mardi 4 novembre 2014 FRANCE//05 
CGT :affaibli, 
Lepaondoit 
sejustifier 
Leïla de Comarmond 
lcomarmond@lesechos.fr 
Rendez-vous à haut risque pour le 
secrétaire général de la CGT, 
aujourd’hui, au siège de la confédé-ration, 
à Montreuil. Il va en effet 
retrouverpourdeuxjours les secré-taires 
généraux des 33 fédérations 
et des 96 unions départementales 
dusyndicat,réunisencomitéconfé-déral 
national (CCN). Cette réunion, 
dontlesdatesontétéfixéesilyaplu-sieurs 
semaines, devait être seule-ment 
pimentée par l’avenir de la 
«NVO»,lebimensueldelaCGT,qui 
avait déjà provoqué de vifs débats. 
Mais la divulgation, la semaine der-nière, 
des 130.000 euros de travaux 
réalisés dans l’appartement de 
120m2louéparlaCGTpourThierry 
Lepaon a changé la donne. 
Le scandale n’a pas porté sur le 
principe d’unlogement de fonction, 
mais sur le montant de sa rénova-tion 
et sa localisation dans« le carré 
magique »deVincennes.Pourripos-ter, 
c’est le trésorier de la CGT, Eric 
Lafont, qui a encore une fois été 
envoyé au feu. Et a de fait attisé les 
flammes,affirmant :«Onn’apasosé 
le loger à Clichy ou à Aubervilliers », 
banlieues populaires limitrophes 
de Paris, à rebours de toute la cul-ture 
de laCGT.Acroire que Thierry 
Lepaon n’a pas embauché, il y a 
quelques mois, une directrice de la 
communication… Annonce a aussi 
été faite d’une enquête interne pour 
démasquerle« corbeau »,etlathéo-rieducomplotmédiatiqueaétésur-jouée 
dans une « note interne » du 
bureau confédéral, dont le principe 
n’a été votémercredimatin que par 
6voix,dontcelledeThierryLepaon, 
contre 4, celles d’EricAubin,Sophie 
Binet,ValérieLesageetMohammed 
Oussedik, qui ont boycotté la réu-nion, 
le soir, pour finaliser le texte. 
La colère est montée d’en bas, 
nombrededirigeants cégétistes fai-sant 
état de vives réactions de mili-tants 
et d’adhérents. Aussi beau-coup 
d’organisations ont pris soin 
de réunir leurs instances de direc-tion 
avant le CCN et sont porteuses 
d’une demande ferme d’explica-tions 
précises de la part du secré-taire 
général en personne. Reste à 
savoir, face àThierryLepaonet son 
entourage, qui manient à l’envi la 
théorie du complot, qui osera se 
lancer le premier. 
Secondmandat compromis 
Pour tenter de déminer, le leader de 
laCGTestalléchercherl’appuidela 
commission financière de contrôle, 
étonnammentmuettejusque-là.Ila 
même été un temps prévu qu’elle 
visite l’appartement hier. Ce qui est 
sûr, c’est que, s’il veut limiter la 
casse, Thierry Lepaon, qui a pris 
soin de demeurer totalement muet, 
ne pourra pas le rester devant le 
CCN. Il n’a pas le choix, le cercle des 
mécontents s’est fortement élargi 
avec cette affaire. Si la tension est 
trop forte, le leader cégétiste a dans 
sa manche une carte qui ne résou-dra 
pas tout, mais qui pourrait au 
moins temporairement calmer le 
jeu : utiliser son trésorier, Eric 
Lafont, comme fusible. On parle 
déjà, pour le remplacer, de Philippe 
Lattaud, membre du bureau qui a 
pour caractéristique première 
d’être non seulement un fidèle de 
Thierry Lepaon, mais aussi un pro-che 
d’entre les proches du précé-dent 
trésorier, Michel Doneddu, 
réputé pour son autoritarisme et sa 
gestion très particulière de la mai-son, 
qui a fait un retour discret il y a 
quelques mois. Pour l’heure, rares 
sont ceux qui osent imaginer un 
départ prématuré du secrétaire 
général de laCGTde la direction de 
la centrale, très légitimiste. Mais 
l’hypothèse d’unsecondmandatest 
clairement compromise. n 
l Le comité confédéral national de la 
CGT se réunit aujourd’hui et demain. 
l Son numéro un va devoir s’expliquer 
sur son logement de fonction. 
Lacentraleappelleàla 
grèveensoloaujourd’hui 
danslestransports 
Cinq fédérations des 
transports de la CGT 
appellent ensemble à une 
mobilisation, qui s’annonce 
très limitée. 
Tandisqueleparlementconfédéral 
de la CGT se réunit aujourd’hui, sa 
branche transports organise une 
journée d’action. De nombreux 
préavis de grève ont été déposés, 
mais les perturbations s’annoncent 
très limitées. « 97% des trains vont 
rouler », a annoncé dimanche la 
SNCF en pronostiquant un trafic 
« normal ou quasi normal » sur ses 
grandes lignes et en Ile-de-France. 
Même pronostic de la RATP. 
Ailleurs, et en particulier dans les 
transports urbains de voyageurs, il 
pourra ponctuellement y avoir des 
pics de mobilisation. Mais cela ne 
fera pas masse. Dans les transports 
routiers, quelques actions coups de 
poing devaient être organisées hier 
soir. Elles permettront de prendre 
le pouls du secteur à la veille, mer-credi, 
d’une réunion de toutes les 
organisations syndicales. Le gou-vernement 
surveille les transports 
routierscommele lait sur le feu. Le 
secrétaire d’Etat aux Transports, 
Alain Vidalies, recevra une déléga-tioncégétisteàl’issuedelamanifes-tation 
inter-fédérale prévue à Paris. 
Un point n’aura très certaine-ment 
pas échappé à ce fin connais-sance 
du social. Si elle n’est pas 
intersyndicale, l ’ i n i t i a t i ve 
d’aujourd’hui est malgré tout plu-riellecar, 
làoùlaCFDTparexemple 
n’a qu’une seule organisation, la 
CGTn’encomptepasmoinsdecinq. 
Les fédérations des cheminots, des 
transports (aérien, routier…), de 
l’équipement-environnement, des 
syndicats maritimes et des officiers 
de la marine marchande ont lancé 
un appel commun. C’est là que se 
situe l’événement en réalité. De 
mémoire de cégétiste, en effet, il n’y 
ajamaiseuunetelledémarcheuni-taire 
dans les transports. Le senti-ment 
de supériorité des cheminots 
auseindelaCGT,quiseconsidèrent 
comme l’aristocratie de l’organisa-tion, 
mais aussi des affrontements 
de ligne avec une fédération des 
transports sur un positionnement 
moins « lutte des classes » n’y ont 
pas été pour rien. 
La journée de mobilisation 
d’aujourd’hui estdoncaussi etpeut-être 
surtout à visée interne. « Au 
niveau des fédérations, le dialogue 
fonctionne, maintenant il faut que 
l’habitude se prenne dans les territoi-res 
», commente un responsable 
fédéral, qui insiste sur l’intérêt pour 
cela de la trentaine de rassemble-ments 
en province devant des pré-fectures, 
point d’orgue de la mobili-sation. 
Et d’ajouter : « On nous tape 
dessus si on appelle à la grève, et si on 
tente d’autres modes d’action, on 
nousditquenotremobilisationestun 
échec. » Le souvenir de la grève de 
juin des cheminots très peu suivie 
n’est en tout cas pas loin.—L. deC. 
SYNDICATS 
De mémoire de 
cégétiste, il n’y a 
jamais eu une telle 
démarche unitaire 
dans les transports. 
Thierry Lepaon, qui a pris soin de rester muet jusqu’ici, ne va pas 
pouvoir conserver cette attitude devant le CCN. Photo Denis Allard / RÉA
[ ] Spécial santé et sécurité au travail 
Priorité à la santé des salariés 
Processus [ Fabriquer des 
camions en toute sécurité 
Dans quelques semaines, les 
priorités du Plan santé au 
travail 3 vont être précisées. 
Comme le confirme François 
Rebsamen, ministre du Travail, de 
l’Emploi et du Dialogue social, 
le Comité d’orientation sur les condi-tions 
de travail (Coct) en annoncera les 
grands axes en décembre. Ces derniè-res 
années, l’évolution, qui porte sur 
18,3 millions de salariés, est signifi-cative. 
En 2005, 697 960 accidents du 
travail nécessitant un arrêt de travail 
étaient comptabilisés. En 2010, ce total 
se réduisait à 657 407. Les statistiques 
de 2013 s’établissent à 618 263. 
La tendance baissière se maintient. 
De 2011 à 2012, elle était à -4,3%d’ac-cidents, 
et de 2012 à 2013 à -3,5 %. 
Pour autant, le nombre de décès acci-dentels 
ne suit pas lamême tendance. 
476 morts par accident du travail en 
Quelle est la démarche de 
Renault Trucks en matière 
de santé et sécurité ? 
Le groupe Volvo, dont Renault Trucks 
fait partie depuis 2001, a toujours pri-vilégié 
la santé, la sécurité et les bon-nes 
conditions de travail, tant sur les 
produits finis que sur les processus de 
fabrication de ses camions. Dans nos 
usines françaises, à Lyon, à Blainville-sur- 
Orne ou à Bourg-en-Bresse, nous 
avons développé depuis longtemps 
un mode de plus en plus proactif dans 
ces domaines. Cette démarche est très 
novatrice parce que non seulement elle 
permet d’éviter des accidents, mais elle 
prend en compte les conditions de tra-vail 
de nos employés, et notamment 
tout ce qui touche à l’ergonomie, et ce, 
dès la conception même. Ce fut le cas, 
ces dernières années, avec le développe-ment 
de notre nouveau camion Euro 6, 
le Renault Trucks T. Nous avons beau-coup 
travaillé en amont, avec le bureau 
d’études pour que sa conception et son 
mode de production prennent en comp-te 
ces thématiques. 
Europe [ Les nouveaux 
défis communautaires 
«Depuis l’entrée en vigueur de 
l’Acte unique européen, en 
1986, la sécurité et la san-té 
au travail en Europe ont fortement 
progressé. Les principes généraux de 
prévention décrits dans 
les directives (dont la 
directive-cadre 89/391 
CEE, adoptée en 1989) et 
dans les normes auxquel-les 
celles-ci font référence 
y ont considérablement 
contribué. Aussi le nom-bre 
d’accidents du travail 
a-t-il chuté, tandis que 
la culture de prévention 
s’est intensifiée en Euro-pe. 
Depuis 2008, la crise 
économique et financière 
a fortement impacté le 
marché et l’organisation 
du travail. Les risquesprofessionnels ont 
évolué, d’autres ont émergé (stress et 
TMS, notamment). 
2014 marque une étape importante. Les 
institutions européennes – Commission 
et Parlement – ont été renouvelées, et 
un nouveau cadre stratégique de l’Union 
européenneenmatièredesanté-sécurité 
au travail 2014-2020 a été adopté. Dans 
ce texte, la Commission identifie trois 
principaux défis : mieux appliquer les 
règles existantes, notamment dans les 
TPE/PME; améliorer la prévention des 
maladies professionnelles ; tenir compte 
du vieillissement de la main d’oeuvre 
européenne. Comment 
relever ces défis ? 
La question sera posée 
notamment aux repré-sentants 
des institutions 
européennes, aux parte-naires 
sociaux européens 
– très investis dans le 
domaine de la santé-sécurité 
au travail – et 
aux institutionnels fran-çais 
(Direction générale 
du Travail, Direction des 
risques professionnels 
à la Cnamts) lors des 
Débats d’Eurogip qui se 
tiendront le 19 mars 2015 à Paris. En 
organisant des conférences européennes 
depuis plus de dix ans sur des thèmes 
d’actualité, Eurogip a pour mission de 
stimuler le partage d’informations sur 
les risques professionnels en Europe. » 
Propos recueillis par Arnauld Denville ] 
EN SAVOIR PLUS sur Les débats d’Eurogip 
du 19 mars 2015 : www.eurogip.fr 
Pour le groupe Volvo, la sécurité et le bien-être 
au travail doivent se vivre par l’exemple. 
Le constructeur de véhicules industriels a 
donc mis à profit le renouvellement de l’ensemble 
de la gamme Renault Trucks pour repenser 
entièrement les processus de fabrication. 
Trois questions à David Brard,manager santé-sécurité 
au travail pour les fabrications en Europe. 
Pouvez-vous nous donner 
des exemples concrets ? 
Sur notre ancienne gamme, le garnis-sage 
des cabines se faisait en passant 
par l’intérieur. Pour l’opérateur, cela 
voulait dire travailler en hauteur, bras 
levés pour placer l’habillage du plafond, 
installer les lumières, etc. 
Nous avons donc réfléchi avec notre 
bureau d’études pour concevoir un pro-cessus 
novateur lors de la conception du 
nouveau Renault Trucks T. L’idée rete-nue 
a été de couper la partie supérieure 
du toit, puis de la retourner pour que les 
opérateurs puissent la garnir à l’envers, 
avec les bras à hauteur d’homme. Ensui-te, 
un robot la recolle sur la cabine. Une 
fois réalisé, cela paraît simple. Mais l’idée 
n’allait pas de soi, à l’époque, et encore 
aujourd’hui nous sommes les seuls à 
procéder de cette manière pour assurer 
un tel confort de travail à cette étape 
de la production. Autre exemple : dans 
le châssis d’un camion, il y a beaucoup 
de câbles électriques et de faisceaux de 
toutes sortes. Pour les rassembler, nous 
utilisons ce qu’on appelle des colliers 
Colsons. Ce sont des liens en plastique 
qu’il fallait serrer en pompant plusieurs 
fois à la main avec une pince. Cela pou- 
COMMUNIQUÉ 
En près de trente ans d’acquis communautaires, 
directives et normes ont porté leurs fruits: moins 
d’accidents du travail et davantage de prévention. 
Sur fond de crise économique,un nouveau cadre 
stratégique 2014-2020 a été adopté. 
Raphaël Haeflinger, 
directeur d’Eurogip. 
vait engendrer des troubles musculo-squelettiques 
chez nos opérateurs. Du 
coup, avec le passage aux nouvelles 
gammes, nous avons conçu l’assem-blage 
de façon à limiter le nombre de 
Colsons, et surtout nous avons mis 
au point une pince électrique qui ne 
nécessite quasiment aucun effort. 
Cet outil a pu être développé avec une 
entreprise de la région, mis en oeuvre 
à Bourg-en-Bresse et démultiplié sur 
plusieurs sites en Europe. 
Quels sont les coûts et les résultats 
de votre démarche ? 
Développer une démarche proactive 
dès la conception nécessite du temps, 
mais le coût de l’investissement est 
modéré. Il est dans tous les cas nette-ment 
plus lourd et plus traumatisant 
lorsqu’une démarche curative s’im-pose. 
Signalons que dans les ateliers 
produisant la gamme Renault Trucks, 
le taux d’accidents du travail est 5 à 
6 fois inférieur à la moyenne nationale, 
notamment grâce à l’engagement fort 
des managers. Nous prévoyons même 
que des sites entiers pourront parvenir, 
à moyen terme, au « zéro accident ». 
Arnauld Denville ] 
COMMUNIQUÉ/NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT / 4 novembre 2014/ P1 
©RENAULT TRUCKS /DR 
2005, 569 en 2008, 535 en 2010, ou 
encore 541 en 2013. Dans 55%des cas, 
il s’agit d’accidents de la route 30 % 
des autres cas mortels étant le fait de 
chutes. Ils justifient la campagne lan-cée 
au printemps dernier : « Travaux en 
hauteur, pas droit à l’erreur », lancée 
par plusieurs établissements parmi 
lesquels l’Organisme de prévention du 
bâtiment et des travaux publics, parti-culièrement 
concerné. 
Les maladies professionnelles, qu’elles 
soient la cause d’incapacités temporai-res 
(-5,1 % entre 2012 et 2013) ou per-manentes 
(-6,2 %), sont moins nom-breuses 
depuis une époque récente. 
Mais entre 2000 et 2010, le nombre de 
cas pris en compte par la médecine du 
travail est passé de 20000 à plus de 
50000. Le cumul des accidents et des 
maladies professionnels est à l’origine 
de la perte annuelle de 45 millions de 
©SCHILIERNER - FOTOLIA.COM/DR 
©EUROGIP /DR 
journées de travail. C’est ainsi que, 
depuis 2005, les Plans de sécurité au 
travail se succèdent. Selon la feuille 
de route rédigée lors de la grande 
conférence sociale de juin 2013, le 
prochain plan 2015-2019 pourrait se 
concentrer sur plusieurs thèmes. 
Le risque de désinsertion profession-nelle 
liée à l’usure du travail et à sa 
pénibilité est particulièrement cité ; 
mais aussi la prise en compte plus lar-ge 
des risques psycho-sociaux, ou des 
risques environnementaux, ou encore 
des risques émergents liés, par exem-ple, 
aux nanomatériaux, aux biotech-nologies, 
à l’exposition aux champs 
magnétiques, etc. Une attention par-ticulière 
serait également portée aux 
petites entreprises, souvent moins in-formées 
sur les modes de prévention et 
exerçant parfois leur activité en sous-traitance. 
Si la volonté politique semble évidente, 
quelques partenaires sociaux craignent 
une baisse des moyens mis par l’État 
dans les agences comme l’Agence 
nationale de sécurité sanitaire de l’ali-mentation, 
de l’environnement et du 
travail (Anses) et l’Agence nationale 
pour l’amélioration des conditions de 
travail (Anact). 
Des gains importants d’efficacité sont 
cependant attendus dans la coordina-tion 
de tous les acteurs et la gouver-nance 
de la santé au travail. 
Arnauld Denville ] 
Le Plan santé au travail 3,dont les axes seront déterminés 
en décembre prochain,devrait renforcer la surveillance 
de la santé des salariés,et notamment mieux prendre en 
compte la pénibilité.Bilan et perspectives.
[Expert]ises 
Santé et sécurité au travail 
Entretien[« Renforcer l’information de tous sur la qualité de vie au travail » 
Les travaux d’élaboration du 3e Plan santé au travail ont été lancés en juin dernier.Le ministre François Rebsamen en décrit les principales 
thématiques qui seront proposées à tous : acteurs, partenaires sociaux et salariés,afin d’allier intelligence collective et bien-être individuel. 
Le deuxième Plan santé 2010-2014 
©MINISTÈRE - DR 
François Rebsamen] 
Ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. 
Expertise [ Le meilleur de la protection à portée de main 
Les équipements de protection individuelle (EPI) constituent un élément clé de la sécurité au travail. 
Ansell, leader mondial en solutions de protection, propose avec la méthode Ansell Guardian®,un ensemble unique 
d’outils d’analyse et de conseil permettant aux industriels d’améliorer la sécurité de leurs travailleurs, d’identifier 
et de mettre en oeuvre des solutions renforçant la productivité et d’optimiser le coût total d’utilisation. 
Ce groupe a vu le jour en Australie 
voilà près de cent dix ans. Au dé-part 
spécialisé dans la transfor-mation 
du latex, il s’est forgé une forte 
réputation pour la haute qualité de ses 
produits. Aujourd’hui, son expertise 
concerne les solutions de protection, 
secteur dans lequel il est leader mondial. 
Jérôme Feuvrier, vice-président d’Ansell 
Guardian, montre que l’élaboration de 
gants toujours plus performants peut 
désormais s’accompagner d’une vérita-ble 
mission de conseil dans des secteurs 
aussi différents que l’industrie automo-bile, 
l’aérospatiale, la chimie ou les labo-ratoires 
pharmaceutiques. 
En quoi consiste votre méthode 
Guardian ? 
Ansell est passémaître dans l’intégration 
des nouvelles technologies au sein de ses 
solutions permettant le renforcement de 
la sécurité et l’amélioration de la produc-tivité 
de ses clients. Aussi comprenons-nous 
mieux que toute autre entreprise 
combienperformanceset rentabilité vont 
de pair. L’approche Ansell Guardian est 
un véritable partenariat avec les clients 
et fait partie intégrante de la culture de 
l’entreprise Ansell. 
En se concentrant sur les aspects clés de 
la production les plus pertinents, Ansell 
Guardian fournit des recommandations 
qui ont un impact substantiel sur les ré-sultats 
de l’entreprise. La solution Ansell 
Guardian peut être déployée dans un seul 
année plus de 337 millions d’accidents du 
travail et 2,34 millions de décès à la suite 
d’accidents du travail ou de maladies 
professionnelles. 
Ce qui est nouveau et qui est l’un de nos 
points forts, c’est qu’avec notre appro-che 
globale, nous pouvons réaliser des 
études sur une usine qui peuvent ensui-te 
être répliquées dans d’autres usines 
très éloignée de la première. L’industrie 
pharmaceutique, par exemple, apprécie 
beaucoup cette démarche qui permet 
de réduire les variabilités d’une usine à 
l’autre. Elle emploie beaucoup de main 
d’oeuvre travaillant dans des zones 
confinées tout en exigeant un strict ali-gnement 
nous sommes les seuls à pouvoir pro-poser 
de tels standards de protection. 
Dans quels domaines cela permet-il 
une réelle optimisation des coûts ? 
Le renforcement de la sécurité et de la 
productivité des travailleurs est un fac-teur 
clé de l’amélioration des performan-ces 
cheznos clients. En outre, il ressortde 
notre expérience avec des milliers d’in-dustriels 
visent à réduire leurs coûts de 3 à5%en 
moyenne chaque année. Les clients ayant 
adopté Ansell Guardian réalisent quant à 
eux, aprèsmise en place, jusqu’à 30%de 
réduction des coûts d’utilisation. 
Une fois émises vos préconisations, 
comment assurez-vous la mise en place 
COMMUNIQUÉ/NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT / 4 novembre 2014 /P2 
au travail s’achève. Est-il prévu 
de présenter un troisième plan, 
et quelles sont aujourd’hui, selon vous, 
les priorités d’action pour améliorer la 
santé au travail ? 
Les Plans santé au travail (PST) ont 
permis de donner une visibilité politi-que 
aux objectifs de développement de 
la santé et de la sécurité au travail et 
d’amélioration des conditions de travail, 
qui constituent un enjeu majeur pour 
notrepolitiquesociale mais aussi pour la 
compétitivité des entreprises. Ces PST, 
pluriannuels et déclinés au niveau de 
chaque région, ont permis d’afficher des 
priorités claires, de renforcer les moyens 
d’intervention de l’administration du 
travail en partenariat avec tous les ac-teurs 
de la prévention, et de progresser 
dans la connaissance et l’évaluation des 
risques professionnels. 
Le bilan intermédiaire du Plan 2010- 
2014 a permis de constater que des 
progrès indéniables ont été réalisés en 
matière de santé et de sécurité au cours 
des dernières années. Néanmoins, il 
reste encore à faire. C’est pourquoi, lors 
de la réunion du comité permanent du 
Conseil d’orientation sur les conditions 
de travail (Coct) du 30 juin 2014, j’ai pro-cédé 
au lancement officiel des travaux 
d’élaboration du troisième Plan santé 
au travail (PST 3). 
La démarche d’élaboration de ce PST 3 
est largement participative puisqu’elle 
associe, lors de toutes ses phases, non 
seulement les administrations concer-nées 
et les organismes de Sécurité so-ciale, 
mais également les organismes 
de prévention, des experts et l’ensemble 
des partenaires sociaux réunis au sein 
du Coct. Les acteurs régionaux seront 
également mobilisés dans un second 
temps par les Directions régionales des 
entreprises, de la concurrence, de la 
consommation, du travail et de l’emploi 
(Direccte). Sur le fond, les thématiques 
à inscrire dans le prochain PST sont en 
cours de discussion au sein du groupe 
permanent du Coct et seront présen-tées 
en décembre. L’un des objectifs du 
PST 3 serait de réussir à limiter le nom-bre 
des priorités affichées en ciblant sur 
certains risques ou certains types d’en-treprises 
tout en explorant de nouvelles 
thématiques. Ainsi, j’ai demandé que 
soient mises au débat la question de la 
prévention de l’usure et de la désinser-tion 
professionnelles, et celle du main-tien 
dans l’emploi, un thèmepour lequel 
des expérimentations sont en cours et 
qui devrait devenir une problématique 
structurante dans le cadre du plan 
senior, mais aussi la question du lien à 
renforcer entre santé au travail et santé 
publique. J’ai demandé également de 
travailler sur les moyens de diffusion 
de la démarche de Qualité de vie au tra-vail 
(QVT) dans les entreprises, comme 
nous y invitent les partenaires sociaux 
dans l’accord national interprofession-nel 
(ANI) signé le 19 juin 2013. 
Une enquête récente montre qu’un 
salarié sur deux s’estime pas ou peu 
informé sur les dispositifs de suivi de 
la santé au travail. Comment mieux 
les informer ? 
De nombreux acteurs sont mobilisés 
pour mieux informer les salariés sur 
les dispositifs de suivi de la santé au 
travail. Outre l’information de l’em-ployeur 
dans le cadre de son obligation 
de formation à la sécurité et celle des 
partenaires sociaux, via notamment 
le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécu-rité 
et des conditions de travail), des 
acteurs proches de l’entreprise partici-pent 
à cette information : les médecins 
du travail, les agents de prévention de 
la Caisse d’assurance retraite et de la 
santé au travail (Carsat) et aussi, de-main, 
les complémentaires santé qui 
vont devenir obligatoires dans toutes 
les entreprises et qui pourront contri-buer 
à la diffusion de l’information. 
Pour apporter sa contribution à la lisi-bilité 
de l’information sur ces sujets, le 
ministère du Travail a ouvert un site 
Internet : www.travailler-mieux.gouv.fr 
Ce site regroupe les principales thé-matiques 
pour aider les salariés et les 
employeurs à mieux connaître et donc à 
mieux comprendre et mieux appliquer la 
réglementation sur la santé et la sécu-rité 
au travail. 
Les risques psychosociaux sont-ils 
aujourd’hui bien appréhendés par les 
entreprises, et les plans de prévention 
vous paraissent-ils de nature à 
améliorer le bien-être au travail ? 
Le thème des risques psychosociaux 
constitue une bonne illustration de 
ce que l’on peut trouver sur le site : 
www.travailler-mieux.gouv.fr pour aider 
les employeurs, les salariés et les re-présentants 
du personnel à appréhen-der 
cette question, à l’intégrer dans 
leur document unique d’évaluation des 
risques et à construire un plan de pré-vention 
adapté. 
Aujourd’hui, la prise de conscience de 
ce risque psychosocial est désormais 
acquise, me semble-t-il, mais les solu-tions 
sont désormais à rechercher dans 
une démarche plus large qui implique 
de revisiter les relations individuelles et 
collectives de travail. 
C’est pourquoi je porte et valorise l’ANI 
du 19 juin 2013 et demande aux en-treprises 
d’expérimenter la démarche 
Qualité de vie au travail. Elle donne des 
résultats très intéressants en termes 
de dynamique positive qui rassemble 
direction et salariés autour de projets 
communs, et qui allie intelligence col-lective 
et bien-être individuel. 
Propos recueillis par Arnauld Denville ] 
« Aujourd’hui, 
la prise de 
conscience 
est désormais 
acquise, me 
semble-t-il, 
mais les 
solutions sont 
désormais à 
rechercher dans 
une démarche 
plus large 
qui implique 
de revisiter 
les relations 
individuelles 
et collectives 
de travail. » 
département, tout un site de produc-tion, 
à travers un réseau international 
d’usines. La méthode Guardian com-mence 
par une écoute de chaque client 
afin de comprendre sa problématique 
le plus clairement possible. Et ce, en se 
situant à trois niveaux. Tout d’abord, 
on étudie les améliorations nécessaires 
pour assurer l’intégrité des travailleurs. 
Vient ensuite la question des coûts 
parce qu’avec une sécurité 
maximale, il faut encore 
que l’entreprise reste con-currentielle. 
Le troisième 
aspect concerne la pro-ductivité. 
En effet, il existe 
aujourd’hui des gants 
assurant une protection 
optimale tout en offrant 
une flexibilité ou une adhé-rence 
permettant de travailler mieux 
qu’à mains nues. 
Une fois définis les critères de sélection 
du client, nous paramétrons notre lo-giciel 
et effectuons une évaluation de 
chaque poste de travail en lui attribuant 
une note sur différents critères tels que 
la nécessité de protection contre la cou-pure, 
l’impact, les produits chimiques, 
les liquides, ou encore le besoin d’une 
bonne adhérence, etc. Cette évaluation 
repose sur dix années d’analyses dans 
des industries que nous connaissons 
bien. L’essentiel des critères de protec-tion 
et leurs évolutions liées aux chan-gements 
des méthodes de production 
ou à l’utilisation de nouveaux matériaux 
ont été intégrés dans la base de don-nées 
d’Ansell. Ainsi, notre outil d’éva-luation 
est unique au monde. Notre 
logiciel va tenir compte des critères 
définis avec le client et des contraintes 
liées à sa production pour établir une re-commandation 
optimale combinant les 
trois impératifs de sécurité, de produc-tivité 
et de coût. Elle peut d’ail-leurs 
comporter des points 
complémentaires comme 
une réduction du nombre 
de gants utilisés ou des 
procédures d’utilisation 
ou de placement dans 
l’espace de travail, etc. 
Depuis 2010, Ansell Guar-dian 
a dépassé les 5000 ap-plications. 
La recherche d’amélioration des 
processus industriels n’est pas récente, 
en quoi la méthode Guardian est-elle 
une nouveauté ? 
Pour de nombreux industriels, les ini-tiatives 
portant sur la sécurité, la pro-ductivité 
et la réduction des coûts ne 
sont pas dénuées de risques. Ces risques 
surviennent lorsque les employeurs 
n’établissent pas de recommandations 
en matière d’équipements de protection 
individuelle (EPI) ou que le personnel 
commence à modifier la façon d’utiliser 
les EPI. Selon l’Organisation mondiale 
de la santé (OMS), on enregistre chaque 
Jérôme Feuvrier, 
vice-président d’Ansell Guardian. 
©ANSELL GUARDIAN /DR 
et le suivi ? 
En France, sur le marché des équipe-ments 
de protection individuelle, nous 
travaillons à travers un réseau de distri-buteurs. 
Ceux-ci offrent aux clients fi-naux 
toutes les solutions d’approvision-nement 
et de conseil correspondant aux 
besoins spécifiques de leur industrie.Nos 
distributeurs apportent en complément 
une gamme complète d’équipements à 
des clients qui recherchent l’ensemble 
des protections pour leurs opérateurs : 
la tête, les yeux, des masques de respi-ration, 
etc. La conduite d’une approche 
d’optimisation de la protection de la 
main jusqu’à sa mise en place demande 
une réelle expertise, aussi interve-nons- 
nous directement auprès des uti-lisateurs 
finaux, à leur demande ou sur 
recommandation de nos partenaires qui 
en ont détecté le besoin. Le choix des 
solutions optimales et autres actions vi-sant 
à améliorer la productivité et réduire 
les coûts étant validé, nos partenaires 
distributeurs et clients finalisent alors 
ensemble la mise en place spécifique du 
contrat. 
Arnauld Denville ] 
des processus. Aujourd’hui, 
que les entreprises en général 
Daté du 4 novembre 2014, [Expert]ises est édité par CommEdition agence de communication éditoriale • Directeur général Éric Lista • infos@commedition.com • Rédaction Arnauld Denville • Création/maquette Aline Joly 
• Secrétaire de rédaction Anne-Marie Busnel • La rédaction du quotidien Les Échos n’a pas participé à la rédaction de ce communiqué.
08// Mardi 4 novembre 2014 Les Echos 
MONDE 
ZONE EURO : LE SECTEUR 
MANUFACTURIER STAGNE 
LePMImanufacturier de la 
zone euro, publié par le cabinet 
Markit, s’est établi à 50,6 points, 
contre 50,3 en septembre. 
«Lacroissancedusecteur 
manufacturier reste quasi nulle 
en octobre, la faiblesse de la 
demande continuant de freiner 
l’expansion de la production 
et de l’emploi dans la zone 
de la monnaie unique », 
indique Markit. 
LÉGÈRE ACCÉLÉRATION DE 
LA PRODUCTION CHINOISE 
La croissance de la production 
manufacturière chinoise 
aatteint enoctobresonplus 
haut en trois mois, selon 
l’indice PMI des directeurs 
d’achats deHSBC. Il s’est établi 
à50,4pointscontre50,2 
en septembre.«L’économie 
montre toujours des signes 
de faiblesse de la demande », 
acommentéQuHongbin, 
économiste chezHSBC. 
500 
MILLIONS DE DOLLARS 
Le milliardaire et philanth-rope 
américain Bill Gates 
se prépare à donner plus de 
500 millions de dollars pour 
la lutte contre diverses épidé-mies 
dans les pays en déve-loppement, 
au premier rang 
desquelles la malaria, selon 
un communiqué publié hier. 
en 
chiffres 
BarackObamamenacédeperdre 
lamajoritédémocrateauSénat 
l Les républicains n’ont besoin que de six sièges pour contrôler la Chambre haute après les élections d’aujourd’hui. 
l Les milieux économiques regardent le scrutin avec flegme et espèrent un résultat clair et rapide. 
Karl De Meyer 
kmeyer@lesechos.fr 
—Bureau de New York 
C’est une sorte de fatalité à laquelle 
bien peu de présidents américains 
ont échappé. Comme GeorgeW. 
Bush en 2006, Bill Clinton en 1994, 
et Ronald Reagan en 1986, Barack 
Obama risque fort de perdre sa 
majoritéauSénat, à l’issue des élec-tions 
de mi-mandat qui se tiennent 
aujourd’hui.LesAméricainsseren-dent 
aux urnes pour renouveler les 
435siègesdelaChambredesrepré-sentants 
(qui restera à majorité 
républicaine) et un tiers du Sénat. 
Le hic, pour les démocrates : beau-coup 
des sièges de sénateur remis 
en jeu cette année ont été conquis, 
en 2008, sur des circonscriptions 
traditionnellement républicaines, 
qui ont alors succombé au charme 
d’Obama. 
Cote de popularité en baisse 
Six ans plus tard, l’ambiance n’est 
plus la même. Le président, qui doit 
composeravecunCongrèstrèshos-tile, 
avusacotedepopularitéchuter. 
Lasituationéconomiques’estcertes 
améliorée, avec une croissance en 
haussede3,5%autroisièmetrimes-tre, 
en rythme annualisé, après une 
vigoureuse progression de 4,6%au 
deuxième. Le chômage est tombé 
en dessous de la barre des 6 %. Mais 
le sentiment général reste celui 
d’une reprise qui profite essentielle-ment 
aux Américains les plus aisés. 
LapolitiqueétrangèredelaMaison- 
Blancheestmalperçue.« Iln’yapas 
beaucoupdesujetsdontlesgenspuis-sentsediresatisfaits 
»,résumeDavid 
Yepsen, politologue de la Southern 
IllinoisUniversity.JoeBiden,levice-président, 
acertesconfiéhieràCNN 
sa confiance : « Je ne suis pas 
d’accord avec les prévisions qui sont 
faites.Moi, je prédis que nous allons 
conserver le Sénat. » 
Mais le GOP a seulement besoin 
de six sièges pour s’assurer la majo-rité 
à laChambrehaute, ce qui sem-ble 
à sa portée. Les républicains ne 
pourront toutefois pas occuper les 
soixante sièges qui leur assure-raient 
lasuper-majorité et leur don-neraient 
les coudées franches. En 
termes purement législatifs, la con-quête 
du Sénat ne changerait donc 
pas radicalement la donne. « Il y 
aurait toutefois un impact majeur, 
prévient Jeanne Zaino, politologue 
de NYU, si jamais un juge de la Cour 
suprême venait à démissionner ou à 
décéder. Le Sénat aurait alors son 
motàdirepourdésignerleoularem-plaçante. 
» Il n’en reste pas moins 
que les républicains ont bien cons-cience 
de risquer une victoire à la 
Pyrrhus. S’ils gagnent le Sénat mais 
nepeuvent afficherunbilan législa-tifconvaincantdansdeuxans, 
leris-que 
est grand que les démocrates 
puissent les taxer, en 2016, d’immo-bilisme, 
rester à la Maison-Blanche 
et faire un retour en force au… Con-grès. 
«Nous devrons prouver qu’un 
Congrès républicain peut gouver-ner 
», a déjà prévenuRichard Burr, 
sénateur de Caroline du Nord. En 
termes concrets, un Sénat à majo-rité 
républicaine s’efforcerait sans 
doute de faire approuver, après des 
années de tergiversations, la cons-truction 
de l’oléoduc Keystone. 
Barack Obama a tout fait jusqu’ici 
pour différer le projet, très critiqué 
par l’aile la plus verte de son parti. 
Les républicains ne devraient pas 
s’attaquerde front à la loid’assuran-ce- 
santé Obamacare, mais peut-être 
à certaines de ses dispositions, 
comme la taxe sur les équipements 
médicaux. 
Les milieux économiques regar-dent 
le scrutin avec flegme, mais 
redoutent l’incertitude. « Si nous 
avons une situation vraiment incer-tainedanslaquelleleSénatestdiviséet 
oùlescandidatsmenacentderecomp-terlesbulletinsdevote, 
ceneseravrai-ment 
pas bon », avertit Robbert van 
Batenburg, responsable de la straté-giedemarketingchezNewedgeUSA 
LLC àNew York. Or, en Louisiane et 
en Géorgie, un second tour sera 
peut-être nécessaire, ce quimenace 
de retarder de plusieurs semaines 
l’annonce de la majorité au Sénat. n 
LES ÉLECTIONSDEMI-MANDATAUXÉTATS-UNIS 
36 postes de 
gouverneur 
en jeu 
Les Américains vont aussi 
élire, dans 36 Etats, leur 
gouverneur. Les républi-cains 
défendent 22 postes. 
Certains gouverneurs du 
GOPélus en 2010 avec le 
soutien du Tea Party sont 
cette année à la peine, puis-que 
le mouvement populis-te 
est sérieusement essouf-flé. 
C’est le cas de Scott 
Walker dans leWisconsin. 
Une réélection de ce der-nier 
conforterait sa place 
dans le vivier des candi-dats 
possibles aux primai-res 
républicaines de 2016. 
Les républicains espèrent 
de bons résultats enNou-velle- 
Angleterre, terre tra-ditionnellement 
« libéra-le 
». Les démocrates comp-tent 
bien défendre les 
14 postes de gouverneur 
détenus par les leurs 
et remis en jeu. Ils espè-rent 
aussi pouvoir repren-dre 
des Etatscomme 
la Floride ou le Michigan. 
«LesAméricainscomptentsanctionnerlesélusenplace » 
Propos recueillis par 
Lucie Robequain 
lrobequain@lesechos.fr 
—Bureau de New York 
Dans quel état d’esprit 
les Américains se rendent-ils 
aux urnes aujourd’hui ? 
Les Américains expriment une 
haineprofondeàl’égardduCongrès. 
Ils ne sont que 12 % à approuver 
son action. Le sentiment prévalent 
est que rien ne se décide plus à 
Washington aujourd’hui. On 
observe une certaine forme de 
désespoir. Cette haine n’est pas nou-velle, 
mais elle était assez désincar-née 
jusqu’alors : « J’appréciemonélu 
local, mais je n’aime pas le Congrès », 
semblaientdirelesélecteurs.Cen’est 
pasle cas cette fois-ci : lespersonnes 
que nous sondons comptent sanc-tionnersévèrementlesélusenplace. 
Les parlementaires 
vont donc être plus nombreux 
à céder leur siège ? 
Exactement. Les parlementaires 
ont toujours été une immense 
majorité (96 % ou 97 %) à conser-ver 
leur siège au cours des derniè-res 
élections. Le taux de renouvel-lement 
devrait être plus bas cette 
fois-ci, de l’ordre de 85 % à 90 %. 
Vouspensezpeut-êtrequelabaisse 
est modeste. Il s’agit en fait d’une 
petite révolution. On risque 
d’observer des changements iné-dits 
dans certains Etats. Le Kansas, 
qui a toujours voté massivement 
républicain, pourrait ainsi bascu-ler 
dans le camp démocrate. On 
observe un scénario identique 
dans le Kentucky : le républicain 
Mitch McConnell, qui incarne à lui 
seul la paralysie des républicains 
au Congrès, pourrait bien devoir 
céder son siège à la démocrate Ali-son 
Grimes. C’est l’une des compé-titions 
les plus serrées du pays, et 
l’une de celles qui ont occasionné 
les plus grosses campagnes publi-citaires. 
Les démocrates, à 
l’inverse, pourraient perdre l’Iowa 
et le Colorado. Ce sont deux Etats 
qui ne leurposent pas problème en 
temps normal. Ils ont également 
toutes les chances de perdre la 
Louisiane et l’Arkansas. 
Le rejet de Barack Obama 
n’influence-t-il pas 
cette élection davantage 
que la haine du Congrès ? 
Lapopularitéduprésidentestsupé-rieure 
à celle du Congrès, ce qui ne 
l’empêche pas d’être extrêmement 
faible,elleaussi :ellenedépassepas 
42 % aujourd’hui. Aucun président 
américain, ou presque, n’a jamais 
subi une telle défiance. Cela expli-que 
pourquoi les candidats démo-crates 
ont tant de difficultés sur le 
terrainaujourd’hui.C’estassezfrus-trant 
pour Barack Obama car 
l’économie va beaucoup mieux que 
lorsqu’il a pris le pouvoir, en 2009. 
Maisc’estunerèglequenousobser-vons 
souvent : l’opinion publique 
évolue avec quelques mois de 
retard sur la réalité. 
Le Tea Party joue-t-il un rôle 
dans ces élections ? 
Les membres du Tea Party ont 
connuleur heure de gloirependant 
les élections de 2010. Leur image a 
beaucouppâlil’andernierlorsqu’ils 
ontsoutenuleblocagedubudgetau 
Congrès, paralysant le pays pen-dant 
deux semaines consécutives. 
2014 n’est pas une bonne année 
pour les démocrates,mais elle est 
encore pire pour les membres du 
Tea Party. Cela étant dit, ils conser-ventunegrandeinfluencedanscer-tains 
Etats du Sud. n 
DR 
INTERVIEW 
JEFREY POLLOCK 
Sondeur et fondateur du 
cabinet Global Strategy Group 
«Onrisqued’observer 
des changements 
inédits dans certains 
Etats,commele Kansas 
et leKentucky. » 
« Il n’y a pas 
beaucoup de sujets 
dont les gens 
puissent se dire 
satisfaits. » 
DAVID YEPSEN 
Politologue de la Southern 
Illinois University
Les Echos Mardi 4 novembre 2014 MONDE//09 
Impossible d’allumer sa télévision 
sans tomber sur une publicité qui 
n’attaque lemauvaisbiland’unpar-lementaire 
ou le laxisme d’un juge. 
Les candidats dépensent des fortu-nespour 
discréditer leurs adversai-res 
et espérer remporter ainsi le 
maximum de sièges de parlemen-taires, 
gouverneurs et procureurs 
remis en jeu aujourd’hui. Les deux 
partisyont consacré l’équivalentde 
4milliards de dollars, soit le plus 
gros montant jamais versé pour ce 
type d’élections aux Etats-Unis. Les 
trois quarts des publicités sont 
financées par les républicains. 
« Des records sont franchis aux qua-tre 
coins du pays », commente Bert 
Brandenburg, qui traque lesdépen-sesélectoralesauseindel’ONGJus-tice 
at Stake. Les montants ont 
explosé au cours de la dernière 
décennie : la campagne de 2004 
avait coûté deux foismoins. 
L’argent coule davantage 
Cette inflation n’aurait jamais été 
possible sans la décision de la Cour 
suprême de déplafonner, à deux 
reprises, les contributions financiè-res 
aux campagnes électorales. 
Depuis 2010, les entreprises peu-vent 
ainsi financer – sans limite 
aucune – des comités d’action poli-tique 
(Super Pacs) qui soutiennent 
un candidat de leur choix.Au prin-temps 
dernier, la Cour a également 
déplafonné les donations des parti-culiers. 
Ces deux arrêts, rendus au 
nom de la liberté d’expression, ont 
ouvertlavoieàundéferlementsans 
précédent d’argent, versé de façon 
souvent anonyme et obscure. 
L’argentabeaucoulerdavantage, 
il provient paradoxalement 
d’un cercle plus réduit de dona-teurs. 
Ils étaient plus de 800.000 en 
2010, et seraient moins de 700.000 
aujourd’hui, indique le Centrepour 
des politiques responsables – une 
autre ONG qui suit le financement 
des campagnes. « Le débat électoral 
estdominéparunnombre de plus en 
plus réduit de personnes. C’est 
l’inverse de ce que l’on attend d’une 
démocratie »,regretteBobBiersack, 
qui travaille pour cette ONG. 
Les démocrates, qui ont souvent 
dénoncé le système, en profitent 
quasiment autant que les républi-cains. 
Lesdeuxplus gros donateurs 
du pays leur sont ainsi acquis : il 
s’agit de l’écologiste Tom Steyer et 
de l’ancien maire de New York 
MichaelBloomberg. Surles20plus 
gros donateurs,unequinzainepen-chent 
toutefois pour les républi-cains.— 
L. R. 
Lesélectionsparlementaires 
lespluschèresdel’histoire 
Les donateurs sont moins 
nombreux, mais ils donnent 
davantage. Les grandes 
fortunes dominent de plus 
en plus le débat politique. 
Le 20 octobre, le président 
Barack Obama a voté à Chicago 
pour les élections demi-mandat. 
Photo Brendan Smialowski/AFP 
Aregarder lepassé, 
l’impopularité d’Obama 
n’est toutefois 
pas surprenante. 
Lesdémocratesdoivent 
mobiliserl’électoratnoir 
pourgarderleSénat 
Les démocrates 
multiplient les actions 
de terrain pour motiver 
des Afro-Américains déçus. 
Nombre record de 
candidats noirs au Congrès. 
C’est unmémo qui a sérieusement 
fait réfléchir à la Maison-Blanche. 
Un mémo rédigé par un expert des 
sondages, début octobre, qui a fuité 
dans la presse américaine. La con-clusion 
: sans mobilisation forte de 
l’électorat noir au cours de ces élec-tions 
de mi-mandat, les démocrates 
perdront le contrôle du Sénat. Au 
moment où le document a été 
rédigé, ses auteurs estimaient que 
« lamoitié des électeurs noirs ne 
saventpasexactementquandcesélec-tions 
auront lieu ». Or les Afro-Amé-ricainsontassuré, 
en2008et2012,la 
victoire de BarackObamaet garanti 
quelques précieux sièges à laCham-bre 
et au Sénat. 
La mobilisation est moins forte 
cette année, c’est traditionnel pour 
des « midterms ». Ce qui ajoute à la 
démotivation, c’est le relatif échec 
de Barack Obama (voir ci-contre), 
qui n’a pas pu répondre aux 
immenses espoirs que sa campa-gne 
de 2008 avait soulevés. 
Essayant de renouer avec les 
méthodes qui ont fait leur succès 
pour les présidentielles de 2008 
et 2012, lesdémocrates se déploient 
sur le terrain. En Caroline duNord, 
par exemple, ils ont recruté des 
relais importants dans les commu-nautés 
noires, des coiffeurs, des 
gérants de petits magasins, pour 
engager les Afro-Américains à 
s’enregistrer et à aller voter. Bill 
Clinton, très populaire parmi les 
populationsnoires,s’estrendudans 
desEtatscritiques.BarackObamaa 
donné des interviews radio à des 
émissions très écoutées des Noirs. 
« J’ai besoin que tout lemonde aille 
voterle4novembre »,a-t-ilexpliqué. 
Mais il s’est fait lui-même très dis-cret, 
de nombreux candidats sou-haitantenfaitéviterdesemontrerà 
ses côtés, tant sa popularité s’est 
dégradée au cours des derniers 
mois.L’anciennestardelapolitique 
américaine est presque devenueun 
boulet. La démocrate Mary Lan-drieu, 
en Louisiane, a par exemple 
diffusé des spots télévisés dans les-quels 
elle explique que le président 
« a tort au sujet de la production de 
gaz et de pétrole ». Ses électeurs 
n’apprécient guère le discours du 
président en faveur des énergies 
non fossiles. 
Un record 
Cequipourraitmotiverlesélecteurs 
noirs,c’estlenombrerecorddecan-didats 
de couleur.Aumoins 83 can-didats 
noirs tentent de remporter 
un siège à la Chambre. Mia Love, 
dans l’Utah, tente de devenir la pre-mière 
représentante républicaine 
noire. Quatrefemmesnoiresdémo-crates 
se présentent pour la pre-mièrefoisàlaChambreetsiaucune 
sortante noire n’échoue à se faire 
réélire, cette assemblée compterait 
vingt femmes noires, du jamais-vu. 
Il y a environ 25 autres personnes 
noires qui convoitent d’autres man-dats, 
de sénateur ou de gouverneur, 
c’est également un record.— K. M. 
4MILLIARDS DE DOLLARS 
Le budget consacré à la 
campagne des « midterms », 
deux fois plus qu’il y a dix ans. 
Prospéritéetpaix: 
lesdeuxéchecsd’Obama 
ANALYSE 
Lucie Robequain 
Le s é l e c t e u r s o n t une 
fâcheuse tendance à brûler 
leurs idoles. Adoré en 2008, 
réélu en 2012, Barack Obama est 
considéré aujourd’hui comme le 
grand responsable de la défaite 
électorale qui s’annonce pour les 
démocrates au Congrès. Ceux-ci en 
semblent aussi convaincus que les 
républicains. Ils ont fait campagne 
sans lui, voire parfois contre lui.Un 
choix totalement inexplicable pour 
la Maison-Blanche. « Le président 
ne comprend pas que les candidats 
démocrateslefuient.Ilapourtantun 
message très fort à défendre sur 
l’amélioration de l’économie », con-fiait 
récemment un conseiller de la 
Maison-Blanche. 
Les sondages semblent plutôt 
prouver le contraire. Ils sont 
d’ailleurs cruels pour le président. 
Lesdeuxsujetsquil’ontfaitélire–la 
paix et la prospérité – sont ceux qui 
lepénalisentleplusaujourd’hui.En 
2008, les Américains le jugeaient 
beaucoup plus apte que son adver-saire 
John McCain à traiter les 
grands dossiers économiques 
(écart de 18 points). Les républi-cains 
affichent un avantage de 
10 points aujourd’hui. Un comble, 
quand on se souvient qu’ils ont 
paralysé le pays pendant deux 
semaines l’an dernier, en refusant 
de voter le budget ! Mais les Améri-cains 
en veulent surtout au prési-dent, 
pour toutes les promesses 
qu’il n’a pas tenues : il avait juré 
d’enrichir les classes moyennes, de 
lutter contre le changement clima-tiqueetdematerles 
« voyous »dela 
finance. Il n’a finalement pu impo-ser 
aucune des mesures promises 
lors de sa réélection. Malgré une 
croissance solide, les salaires res-tent 
inférieurs à ceux d’avant-crise 
(–8%pour la médiane). La Maison- 
Blanche avait fait miroiter une aug-mentation 
de 25 % du salaire mini-mum. 
Cause perdue. 
Il y a six ans, Barack Obama était 
également le mieux perçu pour 
commander la diplomatie améri-caine. 
Il affichait un avantage de 
9pointsparrapportàJohnMcCain. 
Il traîne désormais 19 points der-rière 
les républicains. Le président, 
quiareçuleprixNobeldelapaixen 
2009, a déçu son propre camp en 
défendant les écoutes de la NSA et 
en maintenant ouverte la prison de 
Guantanamo. Il avait promis d’en 
finir avec dix ans de guerre (Irak et 
Afghanistan) et se retrouve empê-tré 
aujourd’hui dans un conflit 
larvé contre les djihadistes, qui 
devrait durer plusieurs années 
selon les experts. Les républicains 
n’hésitent pas à évoquer les san-glantes 
décapitations de l’été pour 
dénoncer le manque de leadership 
de Barack Obama et le climat 
d’insécurité dans lequel il a plongé 
lepays.Sonrefus d’attaquer laSyrie 
l’an dernier a été interprétécomme 
une lâcheté – y compris par la 
France qui était prête à frapper. 
A regarder le passé, l’impopu-larité 
d’Obama n’est toutefois pas 
surprenante : les élections de mi-mandat 
n’ont jamais été favorables 
auprésidentenplace,quelqu’ilsoit. 
Elles le sont d’autant moins quand 
celui-ci exerce un second mandat : 
l’opposition ravit en moyenne 
29 sièges à la majorité. C’est ce que 
les Américains appellent la malé-diction 
des six ans. Bill Clinton fait 
figure d’exception : en pleine affaire 
Lewinsky, il est paradoxalement le 
seul à avoir vu son camp conquérir 
des sièges au Congrès. Mais cela 
n’a pas suffi à lui faire regagner la 
Chambre des représentants. n 
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S P E C I A L R E S E R V E 
*Quoi d’autre ? 
*
10//MONDE Mardi 4 novembre 2014 Les Echos 
L’avertissementdeMerkelàCameron 
l La chancelière allemande déclare que la liberté de circulation des personnes en Europe n’est « pas négociable ». 
l Selon la presse allemande, elle est prête à accepter une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. 
Réformes: Berlin plaide ànouveaupourunepression accrue sur les Etatsmembres 
Italie : les baisses d’impôt aurontuneffet très limité 
suivante à 12,4% (et 12,1% en 2016). 
Seul signalpositif significatif : après 
trois années consécutives de baisse, 
la consommation des ménages 
devrait augmenter de 0,3%en 2014 
(et + 0,5 %en 2015), du fait du ralen-tissement 
de la propension à l’épar-gne 
des ménages. 
Les nouvelles prévisions de l’Istat 
interviennent au lendemain du « cri 
d’alarme » lancé par l’industriel 
Carlo De Benedetti (groupe 
Espresso) sur la menace persistante 
de déflation en Europe et en Italie. 
Tout enregrettant queMatteoRenzi 
n’aitpasprissurluidenepasrespec-ter 
la règle «préhistorique » des 3% 
de déficit, l’ex-patron d’Olivetti 
estimequelesbaissesd’impôtsadop-tées 
dans le budget 2015 ne suffiront 
pas à faire sortir l’Italie de la « spirale 
récession-déflation », a estimé Carlo 
De Benedetti dans une lettre publiée 
par le quotidien « Il Foglio » du 
27 octobre. Les prévisions de l’Istat 
semblentconfirmersonpronostic. n 
gnesurlaprévisiond’unecroissance 
de 1%du PIB pour 2016. 
Le taux de chômage devrait 
rester élevé 
« Une quatrième année de récession 
doit être évitée par tous les moyens, 
carilseraitextrêmementproblémati-que 
de ne pas sortir le pays d’un tel 
environnementéconomique »,aécrit 
leministredel’Economie,PierCarlo 
Padoan,danssaréponsedu27octo-bre 
au commissaire européen aux 
Affaires économiques et monétai-res, 
Jyrki Katainen, en vue de justi-fier 
les mesures mixtes annoncées 
danslebudget2015.Insuffisant,tou-tefois, 
selon l’Istat, qui prévoit un 
« impact net positif marginal » des 
mesures budgétaires sur 2014, mais 
un « effet cumulatif net nul » sur les 
deux ans successifs. Selon les nou-vellesprévisionsde 
l’institut, le taux 
de chômage devrait rester élevé, à 
12,5 %, en 2014, avant de commen-cer 
à reculer « légèrement » l’année 
du gouvernement Renzi, avec la 
publicationdesesprévisionsécono-miques 
sur deux ans. Selon l’Insee 
italien,malgréunlégersignalpositif 
sur le front de la consommation des 
ménages, les mesures de relance et 
les baisses d’impôts de 18 milliards 
d’eurosannoncéesparMatteoRenzi 
auront un « effet cumulatif net nul » 
sur2015-2016,dufaitdelahaussede 
laTVAprévue par la « clause de sau-vegarde 
». En revanche, l’Istat s’ali- 
Pierre de Gasquet 
pdegasquet@lesechos.fr 
—Correspondant à Rome 
Après trois années de récession, il 
n’yaurapasdereprisesignificativeà 
court terme pour la troisième éco-nomie 
de la zone euro.Tout en révi-santàlabaissesaprévisiondecrois-sance 
à – 0,3 % pour 2014 (contre 
+0,6%enmai), l’Istatadouchéhier 
lesespoirsderelancedelademande 
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EUROPE 
Thibaut Madelin 
tmadelin@lesechos.fr 
—Correspondant à Berlin 
Cette fois-ci, ça suffit. Angela Mer-kel 
a signalé à David Cameron que 
sa patience avait des limites, hier, 
laissant son porte-parole déclarer 
que la liberté de circulation dans 
l’Union européenne (UE) n’était 
« pas négociable ». Confronté, à 
quelques mois des élections, à la 
concurrence croissante du parti 
europhobe Ukip, le Premier minis-tre 
britannique veut limiter dans 
son pays l’immigration en prove-nance 
d’autres pays de l’Union. 
Si David Cameron insiste, « c’est 
un point de non-retour », indique-t- 
on à Berlin, selon l’hebdomadaire 
«DerSpiegel ».Autrementdit,dans 
ce cas, la chancelière serait prête à 
laisser la Grande-Bretagne quitter 
l’Unioneuropéenne.Unrisqueréel. 
Avantdetenirunréférendumsurle 
maintien du Royaume-Uni au sein 
del’Europe,lePremierministrebri-tannique 
veut obtenir des conces-sions 
de ses partenaires européens. 
« Angela Merkel n’a pas ménagé ses 
efforts jusqu’ici pour garder laGran-de- 
Bretagne au sein de l’Union mais 
son message est clair, estime Julian 
Rappold, expert de l’Union euro-péenneàl’Institutallemanddepoli-tique 
étrangère (DGAP) : Vous êtes 
sur une ligne dangereuse, essayez de 
changer de cours dans les temps. 
Sinon ne comptez pas sur l’Allema-gne 
pour vous soutenir. » 
Le tourisme social : 
un sujet en débat 
De fait, la chancelière allemande a 
tout fait pour que Londres ait une 
place importante au sein de la nou-velle 
Commission européenne en 
échangedesonsoutienauprésident 
Jean-Claude Juncker. Elle a égale-ment 
signalé sa volonté de trouver 
un arrangement au sujet des 2 mil-liards 
d’euros que Londres est tenu 
de rembourser au budget européen 
à lasuitedenouveauxcalculs. 
Mais pour Angela Merkel et son 
gouvernement,lalibertédecircula-tion 
est fondamentale. « La liberté 
de circulation des personnes et des 
marchandises est un principe fonda-teurdel’Unioneuropéenneetnepeut 
pasêtrelimitée,déclaraitleministre 
des FinancesWolfgang Schäuble 
aux « Echos » en octobre. Ce ne 
serait d’ailleurs pas conforme aux 
traités européens… Il serait impensa-ble 
d’ériger de nouveau des barrières 
en Europe. » Cela ne veut pas dire 
qu’il n’y a pas de sujet. En Allema-gne 
aussi, le « tourisme social » fait 
l’objet d’un débat politique. La CSU, 
l’alliéebavaroisedelaCDUd’Angela 
Merkel, a ainsi fait campagne sur le 
slogan « Celui qui triche fout le 
camp ». » Berlin attend ce mois-ci 
avec intérêtunjugement de laCour 
de justice européenne sur le sujet. 
( Lire l’éditorial de 
Jacques Hubert-Rodier 
Page 11 
Surtout, n’allez pas faire le lien avec 
laFrance !Lesministèresallemands 
des Finances et de l’Economie ont 
insistépourdissipertouteconfusion 
possible à la suite de la publication 
hier d’une lettre adressée le 20 octo-bre 
au commissaire européen sor-tant 
chargé des Affaires économi-ques 
et monétaires, Jyrki Katainen. 
Dans celle-ci,Wolfgang Schäuble et 
Sigmar Gabriel se plaignent du 
manque de pression sur les Etats 
membreset souhaitent une mise en 
oeuvre plus efficace des recomman-dations 
de la Commission. 
Certes, le cas français illustre 
« untoutpetitpeu »lesfaillesdusys-tème, 
admet-on à Berlin : certaines 
recommandations, notamment 
sur lemarchédutravail, restent let-tre 
morte et ne font pas l’objet d’un 
débatnationalquiseraitnécessaire. 
Mais la lettre publiée dans le maga-zine 
« Der Spiegel » n’a aucun lien 
avec la discussion en cours sur le 
budgetdelaFrance,insiste-t-onàla 
fois au ministère des Finances et à 
celui de l’Economie. 
En l’espèce, le courrier répond à 
l’invitation, en juin, du Conseil des 
ministres des Finances d’ouvrir un 
débat sur le nouvel exercice du 
semestre européen, censé intro-duire 
plus de coordination en 
matière de politique économique. 
Le constat allemand est cinglant : 
« L’évaluation initiale de la mise en 
oeuvre des recommandationsspécifi-ques 
par pays est inquiétante. Les 
Etats membres mènent à peine un 
débat politique sur les recommanda-tions. 
Il n’y a pas assez d’appropria-tion 
parmi les Etats membres et cer-tainesréformesurgentesnesonttout 
simplement pas conduites. » 
Discuter des défis prioritaires 
Face à cela, lesministres proposent 
que les recommandations se con-centrent 
sur des défis prioritaires et 
soient discutées dans les capitales, 
avec les ministres en charge. Ils 
observent que seuls les pays sous 
programme, comme la Grèce ou 
l’Irlande,ontdémontréleurvolonté 
de se réformer. Il faut donc une 
pression extérieure forte. 
Si cette position de Wolfgang 
Schäublede ne diffère pas de celle 
défendue par Angela Merkel, elle 
peut surprendre venant du vice-chancelier, 
Sigmar Gabriel. Le pré-sident 
du Parti social-démocrate 
(SPD) est parfois perçu comme un 
allié du gouvernement socialiste 
français dans le débat européen. 
Ses récentes positions, en faveur de 
l’équilibre budgétaire allemand et 
contre un vaste programme 
d’investissement public signalent 
cependant une ligne plus nuancée. 
« Lapolitiqueeuropéennedugouver-nementfédéral 
en faveur de la conso-lidation 
budgétaire n’a pas changé 
avec l’arrivée du SPD, même si 
celui-cimetplusl’accentsurlesinves-tissements 
», juge un expert alle-mand.— 
T. M. 
Wolfgang Schäuble et 
Sigmar Gabriel ont envoyé 
une lettre à Bruxelles 
pour améliorer 
le « semestre européen ». 
ITALIE 
L’Istat révise à la baisse 
sa prévision de crois-sance 
à – 0,3%pour 2014 
et + 0,5%pour 2015. 
L'institut estime que 
les mesures de relance 
auront peu d’impact. 
Le Premier ministre britannique, David Cameron, veut limiter dans son pays l’immigration 
en provenance d’autres pays de l’Union. La chancelière allemande, Angela Merkel, a prévenu 
que sa patience avait des limites. Photo Yves Herman/AFP 
« Il serait 
impensable d’ériger 
de nouveau 
des barrières 
en Europe. » 
WOLFGANG SCHÄUBLE 
Ministre des Finances allemand 
en bref 
François Hollande 
devant le Parlement 
canadien 
CANADA —LeprésidentFran-çois 
Hollande a salué hier 
devant le Parlement canadien 
audeuxièmejourdesonvoyage 
officiel, la manière dont « la 
France et le Canada agissent 
ensemblepourprendreleursres-ponsabilités 
»faceauxdjihadis-tesenIrak. 
Ildevaitaussiparler 
environnement, après avoir 
appelé le chef du gouverne-ment 
canadien, Stephen Har-per, 
à oeuvrer pour la réussite 
de la conférence internationale 
sur le climat de fin 2015 à Paris, 
tout en signalant la disponibi-lité 
des entreprises françaises 
pour l’exploitation des hydro-carbures 
dans le nord-ouest 
canadien. 
FMI: le chefdela 
troïkaenGrècede 
retouràWashington 
CRISE DE L’EURO — 
L’ancien chef de mission du 
FMI en Grèce, le Danois Poul 
Thomsen,aéténomméhieràla 
tête du département Europe de 
l’institution où il supervisera le 
plan d’aide à l’Ukraine, a 
annoncé le Fonds. Thomsen a 
jouéun« rôleclefdansquelques-uns 
des programmes les plus 
compliqués » de l’institution en 
Europe, a déclarédansuncom-muniqué 
la directrice générale 
du FMI, Christine Lagarde.
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Les Echos 04 novembre 2014

  • 1. LEQUOTIDIENDEL'ÉCONOMIE// MARDI 4NOVEMBRE2014 // LESECHOS.FR DR Deux-roues Les japonais à l’offensive en Europe // P. 18 ENTREPRISES &MARCHÉS ALLÉGEMENT DE TAXES EN VUE POUR AIR FRANCE Les allégements de taxes propo-sés dans un rapport représentent plus de 100 millions d’euros d’éco-nomies pour Air France. // P. 19 TOKYO VEUT FAIRE LE MÉNAGE DANS LE SOLAIRE L’exécutifvaremettreàplatsapoli-tique de soutien au photovoltaï-que. Les projets japonais sont les plus rentables du monde. // P. 20 Budget :taxe surprisesur lesrésidences secondaires l L’exécutif veut relever de 20 % la taxe d’habitation pour les résidences secondaires en « zones tendues ». l La mesure doit inciter à libérer des logements et renflouer les collectivités locales mises à la diète. Un air de déjà-vu…L’exécutif devrait propo-ser, rectificative pour 2014, de mettre en place unesurtaxe d’habitationpourles résidences secon-daires situées dans les « zones tendues » (soit dans une trentaine de grandes agglomérations en France).Unemesure que le gouvernementAyrault avait déjà proposée fin2012, avant de fairemachine arrière face à l’opposition des parlementaires. Con-crètement, équivalente à 20 % de la taxe d’habitation les rési-dences Partenariat NEW FOR_Mise en page 1 14/12/12 14:03 Page1 SUR ISSN0153.4831 106e ANNÉE NUMÉRO 21807 38 PAGES Antilles-Réunion 2,70 €. Guyane 3,50 €. Belgique 2,40 €. Espagne 3 €. Grande- Bretagne 2£30. Grèce 2,60 €. Italie 3 € Luxembourg 2,50 €. Maroc 22 DH. Niger 2.300 CFA Roumanie 2,60 €. Suisse 4,20 FS. Tunisie 3.000 TNM. Zone CFA 2.000 CFA. Expert en gestion financière www.fidelity.fr DOMINIQUE SEUX DANS « L’ÉDITO ÉCO » À 7H20 DU LUNDI AU JEUDI danslecadreduprojetdeloidefinances l’exécutif entend permettre aux com-munesquilesouhaitentdesoumettreàunesurtaxe Publiciss’offreunepépite américainedunumérique PUBLICITÉ Le groupe rachète l’agence Sapient pour 3,7 milliards de dollars Les investisseurs en étaient restés aux résultats financiers décevants de Publicis pour le troisième trimestre. Maurice Lévy, président du directoire, a repris la main hier en annonçant l’acquisition de la pépiteaméricaineSapient,l’unedesdernièresagen-ces numériques indépendantes. Avec ce rachat prestigieuxmaiscoûteux,accueillidefaçonmitigée par le marché, Publicis réalisera dès 2015, avec trois ans d’avance, 50 % de ses revenus dans le numéri-que. Il poursuit ainsi la mutation de sonmodèle. // PAGE 25 ET « CRIBLE » PAGE 38 Pourune Europe fiscale renforcée Point de vue par Michel Sapin Vendredi, lesministres des Finances européens débattront à Bruxelles du projet de taxe sur les transactions financières. Il faut cesser de tergiver-ser, écrit Michel Sapin, et bâtir un dispositif efficace qui ne fasse pas fuir l’activité financière. La France avancera des propositions équili-brées qui seront l’occasion de mettre en oeuvre la première coopération renforcée en matière fiscale en Europe. // PAGE 13 ET NOSINFORMATIONSPAGE30 Cartes :lesinnovations pourcontrerlafraude Les initiatives se multiplient pour tenter de sécuriser le paiement mobile. PAIEMENT Alors que les attaques virales se multiplient sur les smartphones, la sécurisation des paiements mobiles sera au coeur duSalonCarteSecureConnexionsquis’ouvreaujourd’hui.Pourcon-trer les fraudes, les spécialistes rivalisent d’imagination, en misant notamment sur la biométrie ou la géolocalisation. // PAGE 29 secondaires dans ces zones. Tous les biens hors résidence principale sont potentiellement concernés, de la maison de vacances à l’apparte-ment d’appoint non loué en centre-ville, en passant parlesbiensdétenuspardesétrangers.Lesrésiden-ces secondaires détenues pour des raisons profes-sionnellesoupardespersonnesmodestesvivanten maisonde retraite, par exemple,bénéficieront d’un dégrèvement. La mesure doit rapporter 150 mil-lions et sera présentée la semaine prochaine. // PAGE 2 ET L’ÉDITORIAL D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 11 Obamasurlepointde perdrelamajoritéauSénat Haraz N. Ghanbari/AP/Sipa DÉCONFITURE Lesélectionsdemi-mandatquisetiennentaujourd’hui risquent d’infliger un sérieux revers aux démocrates. Les républicains onteneffettoutesleschancesderenforcerleurmajoritéàlaChambreet de gagner les six sièges qui leur donneront la majorité au Sénat. Les Américainsontàcoeurd’exprimerleurfrustrationfaceaupeuderéfor-mesaccompliesetàunredémarrageéconomiquedontlesfruitsnesont distribués qu’à une petite élite. Cela n’empêche pas Hillary Clinton de creuser son sillon pour 2016. // PAGES 8-9 ET L’ENQUÊTE PAGE 15 L’ESSENTIEL RÉFORME DES NOTAIRES : UN COMPROMIS À L’ÉTUDE Le rapport du député PS Richard Ferrand a été remis, hier, au gou-vernement. Il reprend la plupart des pistes évoquées par Bercy en les adoucissant. // P. 4 EUROPE : LA MISE EN GARDE DE MERKEL À CAMERON La chancelière allemande a menacéDavid Cameron de cesser de le soutenir s’il persiste à vou-loir remettre en cause la libre cir-culation des Européens. // P. 10 ET L’ÉDITORIAL DE JACQUES HUBERT-RODIER P. 11 LA GESTION D’ACTIFS DÉFIÉE PAR LES GÉANTS DU NET Les professionnels de l’« asset management » sont menacés par la vague numérique. Le chinois Alibaba a déjà lancé son propre fonds. // PROSPECTIVE P. 14 OCTOBRE NOIR POUR LE MARCHÉ AUTO FRANÇAIS Avec 166.495 voitures vendues le mois dernier, le marché français a connu sa pire performance en octobre depuis 1993. // P. 23 Défense Vers un contrat de 3 milliards au Liban // P. 23 Renault Trucks Defense Shutterstock
  • 2. 02// Mardi 4 novembre 2014 Les Echos FRANCE Les politiques peuvent-ils penser positif ? Au PS et à l’UMP le diagnostic est posé, le « french bashing » alimente la dépression collective du pays. Mais du diagnostic aux remèdes, il y a un fossé. LE FAIT DUJOUR POLITIQUE Cécile Cornudet Il a fait sonentréedans le vocabulairepolitique en devenant aussitôt le responsable de tous les maux.Le « french bashing », cette tendance bien française à s’autodénigrer, entretient le pays dans sa dépression collective, diagnostiquent d’un seulchoeurla gauche et la droite. Il faut en sortir. Po-si-ti-ver !LaFrance vient de décrocher deux prixNobel, les magazines qui parlent des trains à l’heuredopent depuis peuleurs ventes, le petit mondedes start-uppousse les politiques àquitter leurs lunettes grises…C’est le moment.ManuelValls ne s’y est pastrompé. Il a visité hier le siège deL’Oréal en inventant le concept de « french celebrating » :« Il fautparler positivement de ce qui va dans le bon sens ».Etaufond, à l’exception de Marine LePen qui choisit d’être leporte-voix « delaFrancequisouffre », l’intention est largement partagée.François Hollande court àmi-mandataprès cette « confiance »qu’il voudrait redonnerauxFrançais, Nicolas Sarkozy rêve de faire à nouveau aimer lapolitique en dépassant le clivage gauche-droite, Cécile Duflot juge qu’« onestàlafind’un modèle »…L’intentionest là, maiscommentse traduit-elle ? Prenons le risque de concourir au « french bashing » : les politiques posent le diagnosticmais ne s’administrent aucun remède. La gauche au pouvoir demande aux Français de se serrer la ceinture ; l’UMP promet de faire davantage encore ; la gauche frondeuse promet l’inverse mais n’est pas crue.« Lamoindre annonce se fracasse sur l’incrédulité de l’opinion qui sait très bien que les caisses sont vides », analyse le sondeur Jérôme Fourquet (Ifop). Chacun conserve ses grilles d’analyse. Promettre la croissance paraît irréaliste, annoncer une purge est anxiogène.« Il faudraitparler une nouvelle langue qui ne soit pas la langue de la dépense publique », poursuit le sondeur. Le couple Hollande- Valls n’y parvient pas ;Nicolas Sarkozy revient sans avoir donné corps à ses intuitions ; les écologistes renouent avec le gauchisme au lieu de repenser « lemodèle ». Seule SégolèneRoyal s’y essaie, dessine autre chose avec sa loi de transition énergétique. Voilà qui explique sa bonne popularité actuelle.Et les pincettes qu’elle prend dans le dossier Sivens. La « positive attitude » est chose fragile. ccornudet@lesechos.fr en bref Inégalités hommes-femmes : Bercy lance une enquête de relevés des prix CONSOMMATION —Le cabinet du ministre de l’Economie a annoncé avoir lancé hier une enquête pour faire « une évalua-tion de relevés de prix » sur des produits visés par un collectif, établissant que pour un même produit ou service, comme des rasoirs ou le pressing, lesfemmespayent plus cher que leshom-mes. « On s’est rendu compte que sur des produits de la consom-mation quotidienne, les femmes étaient systématiquement taxées », dénonce Gaëlle Couraud, du collectif féministe Geor-gette Sand. Les résultats de cette enquête pourraient être con-nus « dans les semaines à venir », selon Bercy. Prestations familiales : des indus versés à 2,6millions d’allocataires en2013 ALLOCATIONS —En 2013, sur 13,4 millions de foyers bénéfi-ciaires de prestations familiales, 5 millions ont été concernés par un rappel (sommes dues aux allocataires), et 2,6 millions par un indu (trop-perçus). Le RSA et les allocations logement sont particulièrement visés (près de 80 % des indus bruts), en raison d’un grand nombre de bénéficiaires, 2,3 millions et 6,3 millions respectivement. Les allocations familiales versées à 4,8 millions de foyers ne font que 5 % des indus en l’absence de condition de ressources. Unenouvelletaxeenvue surlesrésidencessecondaires Elsa Conesa econesa@lesechos.fr A l’époque, elle avait étébaptisée la « taxeweek-end ».Deux ans après avoir renoncé à instaurer une sur-taxe d’habitation sur les résidences secondaires, le gouvernement revient à la charge. Une mesure créant un surcroît de taxe d’habita-tion pour les résidences secondai-res situées dans les « zones ten-dues » devrait figurer dans le collectif budgétaire présenté la semaine prochaine. En clair, tous les biens hors résidence principale sontpotentiellement concernés,de la maison de campagne à l’apparte-ment complémentaire non loué en centre ville,enpassantparles biens détenus par des étrangers. Pour l’exécutif, l’objectif est dou-ble :libérerdeslogementslàoùc’est nécessaire en incitant les proprié-tairesàlouerleursbiens, maisaussi dégagerdesressourcespourlescol-lectivités locales. Cette surtaxe rap-porterait en effet 150 millions d’euros aux communes, qui pour-raientchoisirounondelamettreen application.Lasurtaxedevraits’éle-ver à 20 % de la taxe d’habitation payée sur le bien, avec un dégrève-ment pour les résidences détenues pour desmotifs professionnels et pourlespersonnesmodestesvivant en maison de retraite ou en établis-sement de soins de longue durée. Elle concernera les résidences en « zone tendue », c’est-à-dire dans une trentaine de grandes agglomé-rations enFrance (en Ile-de-France, sur la côte Atlantique et méditerra-néenne, ainsiquedanscertainesvil-les des Alpes et du Sud-Ouest...). Le dispositif ressemble à s’y méprendre à celui que le gouverne-ment Ayrault avait proposé en décembre 2012, et qui instaurait une surtaxe d’habitation sur les logements sous-occupés, fixée à 5 % de la valeur locative du loge-ment – ce qui équivaut à environ 20 %dela taxe d'habitation.Al’épo-que, la mesure, qui devait financer le logement social, avait suscitéune levée de boucliers, y compris au sein de la majorité. L’exécutif avait dû faire marche arrière et préféré durcirlafiscalitésurlesplus-values de cessions immobilières des rési-dences secondaires. C’est d’ailleurs le dispositif proposé par l’actuel secrétaire d’Etat au budget, Chris-tian Eckert, alors rapporteur du budget à l’Assemblée et hostile à ce qu’il avait alors appelé la « taxe week-end », qui avait été adopté. 150 millions pour les communes La nouvelle version recueillera-t- elle cette fois davantage de sou-tiens au Parlement ? L’exécutif a en tout cas travaillé son dispositif : contrairement à la précédente mouture, le produit de la surtaxe sera fléché vers les collectivités, au moment où celles-ci se plaignent des effets délétères sur l’investisse-ment de la baisse des dotations de l’Etat dans le budget 2015. La sur-taxe seraenoutre à leurmain : elles pourront choisir de ne pas l’appli-quer. Reste que la mesure risque d’ajouter de la complexité à un sec-teur qui subit desmodifications fis-cales quasiment chaque année. Le budget 2015 comporte une série de mesuresduplan logement, censées doper l’investissement dans l’immobilier : dispositif Pinel étendu,abattementsurlesdroitsde donation, plus-values de cessions allégéessurlesterrainsàbâtir...Des mesures dont le coût total avoisi-nera 1,5 milliard d’euros à terme. ( Lire l’éditorial d’Etienne Lefebvre Page 11 FISCALITÉ L’exécutif devrait proposer une surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires en « zone tendue ». Une mesure similaire avait déjà été présen-tée fin 2012. Apprentissage :coupdepouceauxPME Derek Perrotte dperrotte@lesechos.fr Promesse tenue. L’Assemblée nationale devait, sauf improbable surprise,adopterhierdanslasoirée un amendement gouvernemental au projet de budget pour 2015 met-tant en oeuvre une nouvelle aide à l’apprentissage annoncée le 19 sep-tembre dernier par François Hol-lande. L’amendement étend aux entreprises de moins de 250 sala-r i é s l a prime a n n u e l l e de 1.000eurosàl’accueild’unapprenti, quiavaitétéannoncéeenjuilletlors de la conférence sociale, mais alors pour les seules entreprises de moinsde50salariés.L’extensiondu champs’accompagneenoutre d’un assouplissement des conditions pourenbénéficier :elleneseraplus réservée, comme prévu en juillet, aux seules entreprises accueillant un premier apprenti, mais concer-nera aussi celles embauchant des apprentis supplémentaires. Cette aide financière, versée par les régions, sera accordée rétroacti-vement pour les contrats d’appren-tissage éligibles signés depuis le 1erjuillet.DanslesTPE,ellesecumu-lera avec l’aide, de 1.000 euros aussi et déjà en place depuis l’été 2013, à l’embauche d’un apprenti. Le coût de la mesure est estimé à 60 mil-lions d’euros. « Stopper la chute » Pour les années suivantes, le verse-ment de la prime sera réservé aux entreprises dont la branche aura signé, d’ici à juin 2015, un accord fixant les contreparties, en matière notamment d’accueil d’apprentis, au pacte de responsabilité. L’exécu-tif espère ainsi accélérer des discus-sions qui patinent encore dans beaucoup de branches (lire aussi page 4). A son annoncemi-septembre, le geste avait été bien accueilli par le patronat. Dans un contexte budgé-taire très tendu, il reste toutefois limité et ne fait que compenser en partielescoupessurd’autresaidesà l’apprentissage effectuées mi-2013. Lerisqueestaussique,après15mois de refontes successives et comple-xesdesaides, lesemployeurss’yper-dent. Là aussi comme promis mi-septembre, le gouvernement s’attache en outre à lever les freins non financiers à l’apprentissage, via des simplifications administratives et réglementaires. Tous les acteurs du dossier n’en concèdent pas moins que, faute d’une forte croissance, l’objectif pré-sidentiel d’atteindre 500.000 jeunes en alternance en 2017, contre 426.000 aujourd’hui, est quasi uto-pique. Les huit premiers mois de 2014témoignentd’unnouveaurecul inquiétant des entrées en apprentis-sage et « stopper la chute serait déjà bien », confient des syndicalistes. D’autantque,letempsquelesmesu-res soient mises en oeuvre, « c’est troptardpourcetteannée,c’estlaren-trée 2015 qu’on prépare en réalité », expliquaient des conseillers gouver-nementauxenseptembre dernier. n EMPLOI Un amendement au budget élargit la prime apprentissage aux PME jusqu’à 250 salariés. Ce geste avait été promis mi-septembre par François Hollande. La surtaxe devrait s’élever à 20 % de la taxe d’habitation payée sur le bien. Elle concernerait les résidences d’une trentaine de grandes agglomérations en France. Photo Shutterstock 1.000 EUROS Le montant de la prime annuelle à l’accueil d’un apprenti dans les PME de moins de 250 salariés. AParis, unappartement sur six est une résidence secondaire AParis, lasurtaxesurlesrésidencessecondairesvisera avant tout à libérerdes logementspeuoupasoccupés. Lacapitalecompteeneffetquelque174.000 résidences secondaires. Surtout, la partduparcconstituée derésidences secondairesnecessedecroître, passantde13% deslogementsilyacinq ans,à16%aujourd’hui. Danscertainsarrondissements(6e,7e et8e arrondissements), elle atteint même35à40%.Lamairie plaideducoupdepuis desannéespourdesmesurescorrectrices.Lasurtaxe fixée à20%delataxed’habitationincitera-t-ellelespropriétaires àlouerleursbiensetdégagerainsideslogementsinoccupés dansla capitale ? Cela n'estpascertain.Lataxe d’habitation moyennes’élevantà464eurosàParis, le surcoûtavoisinerait les90euros...Adéfaut, cela constituerauncomplément deressourcespourlaVille.
  • 3. Les héritiers ont bien changé. Aujourd’hui, on ne choisit plus une banque privée simplement pour valoriser et transmettre son patrimoine. On la choisit aussi pour aider et protéger ses enfants quand ils en ont le plus besoin. Crédit Agricole Banque Privée vous accompagne pour préparer chacune de ces étapes : études, 1er logement, projet professionnel, etc… Pour rencontrer nos experts patrimoniaux, renseignez-vous auprès de votre agence Crédit Agricole. Offre soumise à conditions. credit-agricole.fr/banque-privee 10/2014 – Édité par Crédit Agricole S.A., agréé en tant qu’établissement de crédit – Siège social : 12, place des États-Unis, 92127 Montrouge Cedex – Capital social : 7504769991€ – 784 608 416 RCS Nanterre.
  • 4. 04//FRANCE Mardi 4 novembre 2014 Les Echos Professionsréglementées : uncompromissedessine Pactederesponsabilité :sixbranches n’ontencoreentaméaucunenégociation Annoncé par le Premier ministre lors de la Grande Conférence socialeenjuillet,leComitéd’évalua-tion des aides publiques se réunira cet après-midi pour la première fois. C’est la concrétisation de l’Observatoire des contreparties, dont le président de la République parlait déjà en janvier dernier lors du lancement du pacte de respon-sabilité. Son objet principal est de fairelepointsurlesnégociationsde branches sur l’emploi, censées être la contrepartie aux versements combinésducréditd’impôtcompé-titivité emploi (les premiers chè-ques ont été touchés en mai par les entreprises) et des baisses de char-ges sur les bas salaires qui seront effectives à partir de janvier. «L’efficacitédesaidesnesemesure pas en nombre d’euros versés, d’un côté, et en nombre d’emplois créés, de l’autre,prévient-ondansl’entourage du Premier ministre. D’une branche àl’autre,d’uneentrepriseàl’autre,les engagements peuvent être très diffé-rents. »Mais aussi différents soient-ils (formation, apprentissage, créa-tion d’emplois...) ces engagements doivent être formalisés dans des accords de branche. C’est du moins l’engagement qui a été pris par les trois organisations patronales représentatives et trois organisa-tions syndicales le 5 mars dernier. Une réunion a déjà eu lieu le 10 sep-tembre, sous l’égide du ministre du Travail, pour faire le point sur les négociations. A cette date, sur les 50principales branches profession-nelles (soit 60 % des salariés), 17 n’avaient encore entamé aucune discussion sur le pacte de responsa-bilité. D’après le décompte du gou-vernement, partagéparlespartenai-res sociaux, ce chiffre esttombé à 6. Deux accords signés Parmi les branches récalcitrantes figurent des professions actuelle-mentsurlasellette, commelaphar-macie d’officine ou les cabinets médicaux. On trouve aussi la res-tauration collective, les établisse-ments d’enseignement privé, les gardiens d’immeuble ou encore les experts-comptables. Au total, ces 6 branches représentent moins de 500.000 salariés, à comparer aux 15 millions de salariés concernés par le pacte. Par ailleurs, 19 bran-chesn’ontpasencoreentamédedis-cussions mais ont manifesté la volonté de le faire, 10 ont tenu une première séance de travail, mais sans calendrier formel. Et seules 15 ont engagé des négociations sérieu-ses, dont 2 ont signé un accord (la chimie et la métallurgie). Quel que soit leur niveau d’engagement, tou-tes ces branches sont éligibles au Cice si elles le demandent, et toutes bénéficieront de la première tran-che des allégements de charges au 1er janvier. CettepremièreséanceduComité sera reconduite à intervalles régu-liers, selon le gouvernement, mais la périodicité n’est pas encore fixée. Le Premier ministre, qui présidera le Comité demain, ne manquera pas de rappeler aux entreprises leurs promesses en matière d’emplois. « Les engagements des unset de autres vont ensemble, insis-te- t-on à Matignon.Celui du gouver-nement, celui du Parlement, qui a votélepactederesponsabilité,etcelui des entreprises. »Undiscours censé rassurer la CFDT, devant laquelle Manuel Valls s’exprimera égale-ment jeudi, à l’occasion des cin-quante ans de la centrale.— M. B. EMPLOI Le Comité d’évaluation des aides publiques se réunit aujourd’hui pour la première fois. Le Premier ministre va rappeler au patro-nat ses engagements en matière d’emplois. Pierre Gattaz et Manuel Valls. Le Premier ministre ne manquera pas de rappeler demain aux entreprises leurs promesses en matière d’emplois. Photo Fred Dufour / AFP Marie Bellan mbellan@lesechos.fr Après le rapport choc de l’Inspec-tion générale des finances, c’est la version« soft »deRichardFerrand qui est sortie hier. Le député PS du Finistère a remis aux ministres Emmanuel Macron et Christiane Taubira une liste de 28 proposi-tions visant à réformer les profes-sions juridiques réglementées et une partie des professionnels de santé (pharmaciens notamment). Ce travail a été rapidement mené puisque le député a été chargé d’une mission par le Premier ministre il y a à peine un mois. Son contenu se veut consensuel, car, s’il reprend l’ensemble des pro-positions formulées directement ouindirectementparBercycesder-nières semaines, il reste souventun cran en dessous des pistes les plus radicales,demanièreàménagerles professionnels concernés. Par exemple, sur la libre installation de certaines professions juridiques. Sans aller jusqu’à une libéralisation totale, le rapport préconise « la création d’un nombre significatif de postes et d’offices pour les notaires, lescommissaires-priseursetleshuis-siers de justice ». Les notaires ont eux-mêmes formulé une proposi-tion similaire il y a dix jours en sug-gérant l’ouverture de 300 offices supplémentairesdanslesdeuxpro-chaines années (contre une ving-taine par an actuellement). Pour s’assurer que ces créations sont bien effectives, le rapport Ferrand entend confier à une ins-tanceindépendantelesoindefixerà l’avenirlenombred’officesetdepos-tes à créer (aujourd’hui supervisé parlaseulechancellerie).Pourassu-reruneégalitédeschancesàtousles candidats à l’installation, le rapport propose également de soumettre la nomination aux offices à un con-cours. Actuellement, seule l’attribu-tion d’une charge dans un office nouvellement créé doit se faire par voie de concours. Pour les cessions d’office, les nominations sont réali-sées par la chancellerie sur présen-tation du successeur par le notaire sortant. Ce qui tend à favoriser les cessions intrafamiliales au détri-ment de la méritocratie. Ce droit de présentation serait ainsi supprimé. « Legalprivilege »pour les juristes d’entreprise Le rapport se penche aussi sur la situation des clercs de notaire, en proposant de rendre obligatoire la réception des actes notariés (lectu-res des actes et recueil de la signa-ture des parties) par les seuls notai-res. Cette tâche est parfois effectuée par le clerc de notaire en lieu et place du notaire lui-même. Le rapport estime que les clercs « devraient pouvoir bénéficier d’une démarche de valorisation des acquis de l’expérience […] pour faciliter leur promotion au statut de salarié ou de notaire associé ». Quant aux avocats, les recom-mandationssontlàaussiprudentes. Pourledéputé,iln’estpasnécessaire de créer un statut d’avocat en entre-prise, comme Bercy le souhaiterait. Il suffirait de faire bénéficier le juriste d’entreprise du « legal privi-lege »pourassurerlaconfidentialité deseséchangesavecsonemployeur, ce qui le mettrait sur un pied d’éga-lité avec ses homologues anglo-saxons. Enfin, le rapport préconise non pas de supprimer la territoria-lité de la postulation (qui oblige le justiciable à s’adresser à un avocat rattaché au ressort d’unTGI en par-ticulier), mais de l’élargir au niveau du ressort de la cour d’appel. n CONCURRENCE Le rapport du député Richard Ferrand (PS) a été remis hier au gouvernement. Il s’inscrit dans le droit-fil des proposi-tions de Bercy tout en ménageant les profes-sionnels concernés. Faciliter la vente en ligne de médicaments Laventeenlignedemédica-mentsn’estaujourd’hui autoriséequ’àpartird’une officinephysique.Lerapport dudéputéRichardFerrand veutsupprimercetadosse-mentafinquedenouveaux acteurscapitalistiquespuis-sentinvestirlesecteur, com-meauRoyaume- Uni.Mais lespharmaciensjugentau contrairequeceseraitune aubainepourlesdeuxprin-cipauxgrossistes- réparti-teurs, OCPetAlliance,déte-nuspardescapitauxaméri-cains. Parailleurs,iln’est plusquestiondanscerap-portd’ouvrirlecapitaldes pharmacies.Onsecontente-raitdefaciliterlesregroupe-mentsavecrelocalisation dansuneautrecommune, prèsd’unemaisondesanté pluridisciplinaire. Le rapport préconise la « création d’un nombre significatif d’offices », rejoignant une proposition similaire des notaires. Photo Fred Dufour / AFP Deséconomies surlespôles decompétitivité l’internationalisation des PME ou le lancement des plates-for-mes d’achats qui exigent une animation plus forte des pôles. Les présidents des régions, plus forts contributeurs publics avec l’Etat, sont également tombés des nues. La région Rhône-Alpes a, par exemple, chiffré hier le manque à gagner pour sa dizaine de pôles à 660.000 euros. Ce signal passe d’autantplusmalquelesrégions et l’Etat s’apprêtent à négocier le transfertd’unepartdelagouver-nance des pôles aux conseils régionaux, dans le cadre de la réforme territoriale. L’Associa-tiondesrégionsdeFranceplaide notamment pour la reprise des moyens de l’Etat en région con-sacrésauxpôles, soit25millions d’euros. Un expert interprète la coupe comme une volonté de Bercy de favoriser les pôles les plus importants et de laisser les régionsfinancerlesautres.Pour Jean-Louis Gagnaire, « si la sor-tie de l’Etat est programmée, il faut qu’elle soit moins brutale pourpermettreauxpôlesdecom-pétitivité de se repositionner ». Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a promis jeudi dernier aux députés un débat sur le sujet à l’occasion des discussions sur la réforme territoriale.— M. Q. et F. S. BUDGET Bercy ampute de 30 % ses aides au fonctionnement des pôles en 2015. Les pôles de compétitivité n’en reviennent toujours pas. C’est via un courrier électronique de Bercy reçu il y a quelques jours qu’ils ont appris que leurs cré-dits de fonctionnement allaient baisserl’anprochain.Concrète-ment, leurs crédits dits d’« ani-mationetdegouvernance »dis-tribués par le ministère de l’Economievontbaisserdeprès de 30 %, à 11,5 millions d’euros, comme l’ont révélé nos confrè-res de l’AEF. « Cette baisse ne représente que 10 % des moyens de fonctionnement des pôles de compétitivité », temporise-t-on àBercy,préférant insistersur le maintien de la dotation de 100 millions d’euros du fonds unique interministériel, qui financenotammentlespôlesde compétitivité. Sans paraître énormes, les économies en jeu suffisent à inquiéter. Bercy prévoit de ménager les pôles ayant le plus de projets de recherche et ceux qui ont réussi à attirer le plus de financements privés. Les autres subiront des coupes jusqu’à 50 %. « Le financement public permet un fort effet de levier auprèsdesinvestisseursprivés.La réduction et l’extinction progres-sive de l’aide à la gouvernance des pôles de compétitivité risquent d’affecter leur croissance et leur dynamisme »,craintledéputéPS Jean-LouisGagnaire, vice-prési-dent de la région Rhône-Alpes, qui a déposé hier un amende-mentpour rétablir les crédits. Macron promet un débat Le président de l’Association française des pôles de compéti-tivité, Jean-Luc Beylat, vient d’interpeller le Premier minis-tre sur le sujet. Pour lui, cette coupe contredit l’appel de l’Etat à amplifier le développement économique des pôles via
  • 5. Les Echos Mardi 4 novembre 2014 FRANCE//05 CGT :affaibli, Lepaondoit sejustifier Leïla de Comarmond lcomarmond@lesechos.fr Rendez-vous à haut risque pour le secrétaire général de la CGT, aujourd’hui, au siège de la confédé-ration, à Montreuil. Il va en effet retrouverpourdeuxjours les secré-taires généraux des 33 fédérations et des 96 unions départementales dusyndicat,réunisencomitéconfé-déral national (CCN). Cette réunion, dontlesdatesontétéfixéesilyaplu-sieurs semaines, devait être seule-ment pimentée par l’avenir de la «NVO»,lebimensueldelaCGT,qui avait déjà provoqué de vifs débats. Mais la divulgation, la semaine der-nière, des 130.000 euros de travaux réalisés dans l’appartement de 120m2louéparlaCGTpourThierry Lepaon a changé la donne. Le scandale n’a pas porté sur le principe d’unlogement de fonction, mais sur le montant de sa rénova-tion et sa localisation dans« le carré magique »deVincennes.Pourripos-ter, c’est le trésorier de la CGT, Eric Lafont, qui a encore une fois été envoyé au feu. Et a de fait attisé les flammes,affirmant :«Onn’apasosé le loger à Clichy ou à Aubervilliers », banlieues populaires limitrophes de Paris, à rebours de toute la cul-ture de laCGT.Acroire que Thierry Lepaon n’a pas embauché, il y a quelques mois, une directrice de la communication… Annonce a aussi été faite d’une enquête interne pour démasquerle« corbeau »,etlathéo-rieducomplotmédiatiqueaétésur-jouée dans une « note interne » du bureau confédéral, dont le principe n’a été votémercredimatin que par 6voix,dontcelledeThierryLepaon, contre 4, celles d’EricAubin,Sophie Binet,ValérieLesageetMohammed Oussedik, qui ont boycotté la réu-nion, le soir, pour finaliser le texte. La colère est montée d’en bas, nombrededirigeants cégétistes fai-sant état de vives réactions de mili-tants et d’adhérents. Aussi beau-coup d’organisations ont pris soin de réunir leurs instances de direc-tion avant le CCN et sont porteuses d’une demande ferme d’explica-tions précises de la part du secré-taire général en personne. Reste à savoir, face àThierryLepaonet son entourage, qui manient à l’envi la théorie du complot, qui osera se lancer le premier. Secondmandat compromis Pour tenter de déminer, le leader de laCGTestalléchercherl’appuidela commission financière de contrôle, étonnammentmuettejusque-là.Ila même été un temps prévu qu’elle visite l’appartement hier. Ce qui est sûr, c’est que, s’il veut limiter la casse, Thierry Lepaon, qui a pris soin de demeurer totalement muet, ne pourra pas le rester devant le CCN. Il n’a pas le choix, le cercle des mécontents s’est fortement élargi avec cette affaire. Si la tension est trop forte, le leader cégétiste a dans sa manche une carte qui ne résou-dra pas tout, mais qui pourrait au moins temporairement calmer le jeu : utiliser son trésorier, Eric Lafont, comme fusible. On parle déjà, pour le remplacer, de Philippe Lattaud, membre du bureau qui a pour caractéristique première d’être non seulement un fidèle de Thierry Lepaon, mais aussi un pro-che d’entre les proches du précé-dent trésorier, Michel Doneddu, réputé pour son autoritarisme et sa gestion très particulière de la mai-son, qui a fait un retour discret il y a quelques mois. Pour l’heure, rares sont ceux qui osent imaginer un départ prématuré du secrétaire général de laCGTde la direction de la centrale, très légitimiste. Mais l’hypothèse d’unsecondmandatest clairement compromise. n l Le comité confédéral national de la CGT se réunit aujourd’hui et demain. l Son numéro un va devoir s’expliquer sur son logement de fonction. Lacentraleappelleàla grèveensoloaujourd’hui danslestransports Cinq fédérations des transports de la CGT appellent ensemble à une mobilisation, qui s’annonce très limitée. Tandisqueleparlementconfédéral de la CGT se réunit aujourd’hui, sa branche transports organise une journée d’action. De nombreux préavis de grève ont été déposés, mais les perturbations s’annoncent très limitées. « 97% des trains vont rouler », a annoncé dimanche la SNCF en pronostiquant un trafic « normal ou quasi normal » sur ses grandes lignes et en Ile-de-France. Même pronostic de la RATP. Ailleurs, et en particulier dans les transports urbains de voyageurs, il pourra ponctuellement y avoir des pics de mobilisation. Mais cela ne fera pas masse. Dans les transports routiers, quelques actions coups de poing devaient être organisées hier soir. Elles permettront de prendre le pouls du secteur à la veille, mer-credi, d’une réunion de toutes les organisations syndicales. Le gou-vernement surveille les transports routierscommele lait sur le feu. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, recevra une déléga-tioncégétisteàl’issuedelamanifes-tation inter-fédérale prévue à Paris. Un point n’aura très certaine-ment pas échappé à ce fin connais-sance du social. Si elle n’est pas intersyndicale, l ’ i n i t i a t i ve d’aujourd’hui est malgré tout plu-riellecar, làoùlaCFDTparexemple n’a qu’une seule organisation, la CGTn’encomptepasmoinsdecinq. Les fédérations des cheminots, des transports (aérien, routier…), de l’équipement-environnement, des syndicats maritimes et des officiers de la marine marchande ont lancé un appel commun. C’est là que se situe l’événement en réalité. De mémoire de cégétiste, en effet, il n’y ajamaiseuunetelledémarcheuni-taire dans les transports. Le senti-ment de supériorité des cheminots auseindelaCGT,quiseconsidèrent comme l’aristocratie de l’organisa-tion, mais aussi des affrontements de ligne avec une fédération des transports sur un positionnement moins « lutte des classes » n’y ont pas été pour rien. La journée de mobilisation d’aujourd’hui estdoncaussi etpeut-être surtout à visée interne. « Au niveau des fédérations, le dialogue fonctionne, maintenant il faut que l’habitude se prenne dans les territoi-res », commente un responsable fédéral, qui insiste sur l’intérêt pour cela de la trentaine de rassemble-ments en province devant des pré-fectures, point d’orgue de la mobili-sation. Et d’ajouter : « On nous tape dessus si on appelle à la grève, et si on tente d’autres modes d’action, on nousditquenotremobilisationestun échec. » Le souvenir de la grève de juin des cheminots très peu suivie n’est en tout cas pas loin.—L. deC. SYNDICATS De mémoire de cégétiste, il n’y a jamais eu une telle démarche unitaire dans les transports. Thierry Lepaon, qui a pris soin de rester muet jusqu’ici, ne va pas pouvoir conserver cette attitude devant le CCN. Photo Denis Allard / RÉA
  • 6. [ ] Spécial santé et sécurité au travail Priorité à la santé des salariés Processus [ Fabriquer des camions en toute sécurité Dans quelques semaines, les priorités du Plan santé au travail 3 vont être précisées. Comme le confirme François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social, le Comité d’orientation sur les condi-tions de travail (Coct) en annoncera les grands axes en décembre. Ces derniè-res années, l’évolution, qui porte sur 18,3 millions de salariés, est signifi-cative. En 2005, 697 960 accidents du travail nécessitant un arrêt de travail étaient comptabilisés. En 2010, ce total se réduisait à 657 407. Les statistiques de 2013 s’établissent à 618 263. La tendance baissière se maintient. De 2011 à 2012, elle était à -4,3%d’ac-cidents, et de 2012 à 2013 à -3,5 %. Pour autant, le nombre de décès acci-dentels ne suit pas lamême tendance. 476 morts par accident du travail en Quelle est la démarche de Renault Trucks en matière de santé et sécurité ? Le groupe Volvo, dont Renault Trucks fait partie depuis 2001, a toujours pri-vilégié la santé, la sécurité et les bon-nes conditions de travail, tant sur les produits finis que sur les processus de fabrication de ses camions. Dans nos usines françaises, à Lyon, à Blainville-sur- Orne ou à Bourg-en-Bresse, nous avons développé depuis longtemps un mode de plus en plus proactif dans ces domaines. Cette démarche est très novatrice parce que non seulement elle permet d’éviter des accidents, mais elle prend en compte les conditions de tra-vail de nos employés, et notamment tout ce qui touche à l’ergonomie, et ce, dès la conception même. Ce fut le cas, ces dernières années, avec le développe-ment de notre nouveau camion Euro 6, le Renault Trucks T. Nous avons beau-coup travaillé en amont, avec le bureau d’études pour que sa conception et son mode de production prennent en comp-te ces thématiques. Europe [ Les nouveaux défis communautaires «Depuis l’entrée en vigueur de l’Acte unique européen, en 1986, la sécurité et la san-té au travail en Europe ont fortement progressé. Les principes généraux de prévention décrits dans les directives (dont la directive-cadre 89/391 CEE, adoptée en 1989) et dans les normes auxquel-les celles-ci font référence y ont considérablement contribué. Aussi le nom-bre d’accidents du travail a-t-il chuté, tandis que la culture de prévention s’est intensifiée en Euro-pe. Depuis 2008, la crise économique et financière a fortement impacté le marché et l’organisation du travail. Les risquesprofessionnels ont évolué, d’autres ont émergé (stress et TMS, notamment). 2014 marque une étape importante. Les institutions européennes – Commission et Parlement – ont été renouvelées, et un nouveau cadre stratégique de l’Union européenneenmatièredesanté-sécurité au travail 2014-2020 a été adopté. Dans ce texte, la Commission identifie trois principaux défis : mieux appliquer les règles existantes, notamment dans les TPE/PME; améliorer la prévention des maladies professionnelles ; tenir compte du vieillissement de la main d’oeuvre européenne. Comment relever ces défis ? La question sera posée notamment aux repré-sentants des institutions européennes, aux parte-naires sociaux européens – très investis dans le domaine de la santé-sécurité au travail – et aux institutionnels fran-çais (Direction générale du Travail, Direction des risques professionnels à la Cnamts) lors des Débats d’Eurogip qui se tiendront le 19 mars 2015 à Paris. En organisant des conférences européennes depuis plus de dix ans sur des thèmes d’actualité, Eurogip a pour mission de stimuler le partage d’informations sur les risques professionnels en Europe. » Propos recueillis par Arnauld Denville ] EN SAVOIR PLUS sur Les débats d’Eurogip du 19 mars 2015 : www.eurogip.fr Pour le groupe Volvo, la sécurité et le bien-être au travail doivent se vivre par l’exemple. Le constructeur de véhicules industriels a donc mis à profit le renouvellement de l’ensemble de la gamme Renault Trucks pour repenser entièrement les processus de fabrication. Trois questions à David Brard,manager santé-sécurité au travail pour les fabrications en Europe. Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ? Sur notre ancienne gamme, le garnis-sage des cabines se faisait en passant par l’intérieur. Pour l’opérateur, cela voulait dire travailler en hauteur, bras levés pour placer l’habillage du plafond, installer les lumières, etc. Nous avons donc réfléchi avec notre bureau d’études pour concevoir un pro-cessus novateur lors de la conception du nouveau Renault Trucks T. L’idée rete-nue a été de couper la partie supérieure du toit, puis de la retourner pour que les opérateurs puissent la garnir à l’envers, avec les bras à hauteur d’homme. Ensui-te, un robot la recolle sur la cabine. Une fois réalisé, cela paraît simple. Mais l’idée n’allait pas de soi, à l’époque, et encore aujourd’hui nous sommes les seuls à procéder de cette manière pour assurer un tel confort de travail à cette étape de la production. Autre exemple : dans le châssis d’un camion, il y a beaucoup de câbles électriques et de faisceaux de toutes sortes. Pour les rassembler, nous utilisons ce qu’on appelle des colliers Colsons. Ce sont des liens en plastique qu’il fallait serrer en pompant plusieurs fois à la main avec une pince. Cela pou- COMMUNIQUÉ En près de trente ans d’acquis communautaires, directives et normes ont porté leurs fruits: moins d’accidents du travail et davantage de prévention. Sur fond de crise économique,un nouveau cadre stratégique 2014-2020 a été adopté. Raphaël Haeflinger, directeur d’Eurogip. vait engendrer des troubles musculo-squelettiques chez nos opérateurs. Du coup, avec le passage aux nouvelles gammes, nous avons conçu l’assem-blage de façon à limiter le nombre de Colsons, et surtout nous avons mis au point une pince électrique qui ne nécessite quasiment aucun effort. Cet outil a pu être développé avec une entreprise de la région, mis en oeuvre à Bourg-en-Bresse et démultiplié sur plusieurs sites en Europe. Quels sont les coûts et les résultats de votre démarche ? Développer une démarche proactive dès la conception nécessite du temps, mais le coût de l’investissement est modéré. Il est dans tous les cas nette-ment plus lourd et plus traumatisant lorsqu’une démarche curative s’im-pose. Signalons que dans les ateliers produisant la gamme Renault Trucks, le taux d’accidents du travail est 5 à 6 fois inférieur à la moyenne nationale, notamment grâce à l’engagement fort des managers. Nous prévoyons même que des sites entiers pourront parvenir, à moyen terme, au « zéro accident ». Arnauld Denville ] COMMUNIQUÉ/NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT / 4 novembre 2014/ P1 ©RENAULT TRUCKS /DR 2005, 569 en 2008, 535 en 2010, ou encore 541 en 2013. Dans 55%des cas, il s’agit d’accidents de la route 30 % des autres cas mortels étant le fait de chutes. Ils justifient la campagne lan-cée au printemps dernier : « Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur », lancée par plusieurs établissements parmi lesquels l’Organisme de prévention du bâtiment et des travaux publics, parti-culièrement concerné. Les maladies professionnelles, qu’elles soient la cause d’incapacités temporai-res (-5,1 % entre 2012 et 2013) ou per-manentes (-6,2 %), sont moins nom-breuses depuis une époque récente. Mais entre 2000 et 2010, le nombre de cas pris en compte par la médecine du travail est passé de 20000 à plus de 50000. Le cumul des accidents et des maladies professionnels est à l’origine de la perte annuelle de 45 millions de ©SCHILIERNER - FOTOLIA.COM/DR ©EUROGIP /DR journées de travail. C’est ainsi que, depuis 2005, les Plans de sécurité au travail se succèdent. Selon la feuille de route rédigée lors de la grande conférence sociale de juin 2013, le prochain plan 2015-2019 pourrait se concentrer sur plusieurs thèmes. Le risque de désinsertion profession-nelle liée à l’usure du travail et à sa pénibilité est particulièrement cité ; mais aussi la prise en compte plus lar-ge des risques psycho-sociaux, ou des risques environnementaux, ou encore des risques émergents liés, par exem-ple, aux nanomatériaux, aux biotech-nologies, à l’exposition aux champs magnétiques, etc. Une attention par-ticulière serait également portée aux petites entreprises, souvent moins in-formées sur les modes de prévention et exerçant parfois leur activité en sous-traitance. Si la volonté politique semble évidente, quelques partenaires sociaux craignent une baisse des moyens mis par l’État dans les agences comme l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’ali-mentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Des gains importants d’efficacité sont cependant attendus dans la coordina-tion de tous les acteurs et la gouver-nance de la santé au travail. Arnauld Denville ] Le Plan santé au travail 3,dont les axes seront déterminés en décembre prochain,devrait renforcer la surveillance de la santé des salariés,et notamment mieux prendre en compte la pénibilité.Bilan et perspectives.
  • 7. [Expert]ises Santé et sécurité au travail Entretien[« Renforcer l’information de tous sur la qualité de vie au travail » Les travaux d’élaboration du 3e Plan santé au travail ont été lancés en juin dernier.Le ministre François Rebsamen en décrit les principales thématiques qui seront proposées à tous : acteurs, partenaires sociaux et salariés,afin d’allier intelligence collective et bien-être individuel. Le deuxième Plan santé 2010-2014 ©MINISTÈRE - DR François Rebsamen] Ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. Expertise [ Le meilleur de la protection à portée de main Les équipements de protection individuelle (EPI) constituent un élément clé de la sécurité au travail. Ansell, leader mondial en solutions de protection, propose avec la méthode Ansell Guardian®,un ensemble unique d’outils d’analyse et de conseil permettant aux industriels d’améliorer la sécurité de leurs travailleurs, d’identifier et de mettre en oeuvre des solutions renforçant la productivité et d’optimiser le coût total d’utilisation. Ce groupe a vu le jour en Australie voilà près de cent dix ans. Au dé-part spécialisé dans la transfor-mation du latex, il s’est forgé une forte réputation pour la haute qualité de ses produits. Aujourd’hui, son expertise concerne les solutions de protection, secteur dans lequel il est leader mondial. Jérôme Feuvrier, vice-président d’Ansell Guardian, montre que l’élaboration de gants toujours plus performants peut désormais s’accompagner d’une vérita-ble mission de conseil dans des secteurs aussi différents que l’industrie automo-bile, l’aérospatiale, la chimie ou les labo-ratoires pharmaceutiques. En quoi consiste votre méthode Guardian ? Ansell est passémaître dans l’intégration des nouvelles technologies au sein de ses solutions permettant le renforcement de la sécurité et l’amélioration de la produc-tivité de ses clients. Aussi comprenons-nous mieux que toute autre entreprise combienperformanceset rentabilité vont de pair. L’approche Ansell Guardian est un véritable partenariat avec les clients et fait partie intégrante de la culture de l’entreprise Ansell. En se concentrant sur les aspects clés de la production les plus pertinents, Ansell Guardian fournit des recommandations qui ont un impact substantiel sur les ré-sultats de l’entreprise. La solution Ansell Guardian peut être déployée dans un seul année plus de 337 millions d’accidents du travail et 2,34 millions de décès à la suite d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Ce qui est nouveau et qui est l’un de nos points forts, c’est qu’avec notre appro-che globale, nous pouvons réaliser des études sur une usine qui peuvent ensui-te être répliquées dans d’autres usines très éloignée de la première. L’industrie pharmaceutique, par exemple, apprécie beaucoup cette démarche qui permet de réduire les variabilités d’une usine à l’autre. Elle emploie beaucoup de main d’oeuvre travaillant dans des zones confinées tout en exigeant un strict ali-gnement nous sommes les seuls à pouvoir pro-poser de tels standards de protection. Dans quels domaines cela permet-il une réelle optimisation des coûts ? Le renforcement de la sécurité et de la productivité des travailleurs est un fac-teur clé de l’amélioration des performan-ces cheznos clients. En outre, il ressortde notre expérience avec des milliers d’in-dustriels visent à réduire leurs coûts de 3 à5%en moyenne chaque année. Les clients ayant adopté Ansell Guardian réalisent quant à eux, aprèsmise en place, jusqu’à 30%de réduction des coûts d’utilisation. Une fois émises vos préconisations, comment assurez-vous la mise en place COMMUNIQUÉ/NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT / 4 novembre 2014 /P2 au travail s’achève. Est-il prévu de présenter un troisième plan, et quelles sont aujourd’hui, selon vous, les priorités d’action pour améliorer la santé au travail ? Les Plans santé au travail (PST) ont permis de donner une visibilité politi-que aux objectifs de développement de la santé et de la sécurité au travail et d’amélioration des conditions de travail, qui constituent un enjeu majeur pour notrepolitiquesociale mais aussi pour la compétitivité des entreprises. Ces PST, pluriannuels et déclinés au niveau de chaque région, ont permis d’afficher des priorités claires, de renforcer les moyens d’intervention de l’administration du travail en partenariat avec tous les ac-teurs de la prévention, et de progresser dans la connaissance et l’évaluation des risques professionnels. Le bilan intermédiaire du Plan 2010- 2014 a permis de constater que des progrès indéniables ont été réalisés en matière de santé et de sécurité au cours des dernières années. Néanmoins, il reste encore à faire. C’est pourquoi, lors de la réunion du comité permanent du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (Coct) du 30 juin 2014, j’ai pro-cédé au lancement officiel des travaux d’élaboration du troisième Plan santé au travail (PST 3). La démarche d’élaboration de ce PST 3 est largement participative puisqu’elle associe, lors de toutes ses phases, non seulement les administrations concer-nées et les organismes de Sécurité so-ciale, mais également les organismes de prévention, des experts et l’ensemble des partenaires sociaux réunis au sein du Coct. Les acteurs régionaux seront également mobilisés dans un second temps par les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). Sur le fond, les thématiques à inscrire dans le prochain PST sont en cours de discussion au sein du groupe permanent du Coct et seront présen-tées en décembre. L’un des objectifs du PST 3 serait de réussir à limiter le nom-bre des priorités affichées en ciblant sur certains risques ou certains types d’en-treprises tout en explorant de nouvelles thématiques. Ainsi, j’ai demandé que soient mises au débat la question de la prévention de l’usure et de la désinser-tion professionnelles, et celle du main-tien dans l’emploi, un thèmepour lequel des expérimentations sont en cours et qui devrait devenir une problématique structurante dans le cadre du plan senior, mais aussi la question du lien à renforcer entre santé au travail et santé publique. J’ai demandé également de travailler sur les moyens de diffusion de la démarche de Qualité de vie au tra-vail (QVT) dans les entreprises, comme nous y invitent les partenaires sociaux dans l’accord national interprofession-nel (ANI) signé le 19 juin 2013. Une enquête récente montre qu’un salarié sur deux s’estime pas ou peu informé sur les dispositifs de suivi de la santé au travail. Comment mieux les informer ? De nombreux acteurs sont mobilisés pour mieux informer les salariés sur les dispositifs de suivi de la santé au travail. Outre l’information de l’em-ployeur dans le cadre de son obligation de formation à la sécurité et celle des partenaires sociaux, via notamment le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécu-rité et des conditions de travail), des acteurs proches de l’entreprise partici-pent à cette information : les médecins du travail, les agents de prévention de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et aussi, de-main, les complémentaires santé qui vont devenir obligatoires dans toutes les entreprises et qui pourront contri-buer à la diffusion de l’information. Pour apporter sa contribution à la lisi-bilité de l’information sur ces sujets, le ministère du Travail a ouvert un site Internet : www.travailler-mieux.gouv.fr Ce site regroupe les principales thé-matiques pour aider les salariés et les employeurs à mieux connaître et donc à mieux comprendre et mieux appliquer la réglementation sur la santé et la sécu-rité au travail. Les risques psychosociaux sont-ils aujourd’hui bien appréhendés par les entreprises, et les plans de prévention vous paraissent-ils de nature à améliorer le bien-être au travail ? Le thème des risques psychosociaux constitue une bonne illustration de ce que l’on peut trouver sur le site : www.travailler-mieux.gouv.fr pour aider les employeurs, les salariés et les re-présentants du personnel à appréhen-der cette question, à l’intégrer dans leur document unique d’évaluation des risques et à construire un plan de pré-vention adapté. Aujourd’hui, la prise de conscience de ce risque psychosocial est désormais acquise, me semble-t-il, mais les solu-tions sont désormais à rechercher dans une démarche plus large qui implique de revisiter les relations individuelles et collectives de travail. C’est pourquoi je porte et valorise l’ANI du 19 juin 2013 et demande aux en-treprises d’expérimenter la démarche Qualité de vie au travail. Elle donne des résultats très intéressants en termes de dynamique positive qui rassemble direction et salariés autour de projets communs, et qui allie intelligence col-lective et bien-être individuel. Propos recueillis par Arnauld Denville ] « Aujourd’hui, la prise de conscience est désormais acquise, me semble-t-il, mais les solutions sont désormais à rechercher dans une démarche plus large qui implique de revisiter les relations individuelles et collectives de travail. » département, tout un site de produc-tion, à travers un réseau international d’usines. La méthode Guardian com-mence par une écoute de chaque client afin de comprendre sa problématique le plus clairement possible. Et ce, en se situant à trois niveaux. Tout d’abord, on étudie les améliorations nécessaires pour assurer l’intégrité des travailleurs. Vient ensuite la question des coûts parce qu’avec une sécurité maximale, il faut encore que l’entreprise reste con-currentielle. Le troisième aspect concerne la pro-ductivité. En effet, il existe aujourd’hui des gants assurant une protection optimale tout en offrant une flexibilité ou une adhé-rence permettant de travailler mieux qu’à mains nues. Une fois définis les critères de sélection du client, nous paramétrons notre lo-giciel et effectuons une évaluation de chaque poste de travail en lui attribuant une note sur différents critères tels que la nécessité de protection contre la cou-pure, l’impact, les produits chimiques, les liquides, ou encore le besoin d’une bonne adhérence, etc. Cette évaluation repose sur dix années d’analyses dans des industries que nous connaissons bien. L’essentiel des critères de protec-tion et leurs évolutions liées aux chan-gements des méthodes de production ou à l’utilisation de nouveaux matériaux ont été intégrés dans la base de don-nées d’Ansell. Ainsi, notre outil d’éva-luation est unique au monde. Notre logiciel va tenir compte des critères définis avec le client et des contraintes liées à sa production pour établir une re-commandation optimale combinant les trois impératifs de sécurité, de produc-tivité et de coût. Elle peut d’ail-leurs comporter des points complémentaires comme une réduction du nombre de gants utilisés ou des procédures d’utilisation ou de placement dans l’espace de travail, etc. Depuis 2010, Ansell Guar-dian a dépassé les 5000 ap-plications. La recherche d’amélioration des processus industriels n’est pas récente, en quoi la méthode Guardian est-elle une nouveauté ? Pour de nombreux industriels, les ini-tiatives portant sur la sécurité, la pro-ductivité et la réduction des coûts ne sont pas dénuées de risques. Ces risques surviennent lorsque les employeurs n’établissent pas de recommandations en matière d’équipements de protection individuelle (EPI) ou que le personnel commence à modifier la façon d’utiliser les EPI. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on enregistre chaque Jérôme Feuvrier, vice-président d’Ansell Guardian. ©ANSELL GUARDIAN /DR et le suivi ? En France, sur le marché des équipe-ments de protection individuelle, nous travaillons à travers un réseau de distri-buteurs. Ceux-ci offrent aux clients fi-naux toutes les solutions d’approvision-nement et de conseil correspondant aux besoins spécifiques de leur industrie.Nos distributeurs apportent en complément une gamme complète d’équipements à des clients qui recherchent l’ensemble des protections pour leurs opérateurs : la tête, les yeux, des masques de respi-ration, etc. La conduite d’une approche d’optimisation de la protection de la main jusqu’à sa mise en place demande une réelle expertise, aussi interve-nons- nous directement auprès des uti-lisateurs finaux, à leur demande ou sur recommandation de nos partenaires qui en ont détecté le besoin. Le choix des solutions optimales et autres actions vi-sant à améliorer la productivité et réduire les coûts étant validé, nos partenaires distributeurs et clients finalisent alors ensemble la mise en place spécifique du contrat. Arnauld Denville ] des processus. Aujourd’hui, que les entreprises en général Daté du 4 novembre 2014, [Expert]ises est édité par CommEdition agence de communication éditoriale • Directeur général Éric Lista • infos@commedition.com • Rédaction Arnauld Denville • Création/maquette Aline Joly • Secrétaire de rédaction Anne-Marie Busnel • La rédaction du quotidien Les Échos n’a pas participé à la rédaction de ce communiqué.
  • 8. 08// Mardi 4 novembre 2014 Les Echos MONDE ZONE EURO : LE SECTEUR MANUFACTURIER STAGNE LePMImanufacturier de la zone euro, publié par le cabinet Markit, s’est établi à 50,6 points, contre 50,3 en septembre. «Lacroissancedusecteur manufacturier reste quasi nulle en octobre, la faiblesse de la demande continuant de freiner l’expansion de la production et de l’emploi dans la zone de la monnaie unique », indique Markit. LÉGÈRE ACCÉLÉRATION DE LA PRODUCTION CHINOISE La croissance de la production manufacturière chinoise aatteint enoctobresonplus haut en trois mois, selon l’indice PMI des directeurs d’achats deHSBC. Il s’est établi à50,4pointscontre50,2 en septembre.«L’économie montre toujours des signes de faiblesse de la demande », acommentéQuHongbin, économiste chezHSBC. 500 MILLIONS DE DOLLARS Le milliardaire et philanth-rope américain Bill Gates se prépare à donner plus de 500 millions de dollars pour la lutte contre diverses épidé-mies dans les pays en déve-loppement, au premier rang desquelles la malaria, selon un communiqué publié hier. en chiffres BarackObamamenacédeperdre lamajoritédémocrateauSénat l Les républicains n’ont besoin que de six sièges pour contrôler la Chambre haute après les élections d’aujourd’hui. l Les milieux économiques regardent le scrutin avec flegme et espèrent un résultat clair et rapide. Karl De Meyer kmeyer@lesechos.fr —Bureau de New York C’est une sorte de fatalité à laquelle bien peu de présidents américains ont échappé. Comme GeorgeW. Bush en 2006, Bill Clinton en 1994, et Ronald Reagan en 1986, Barack Obama risque fort de perdre sa majoritéauSénat, à l’issue des élec-tions de mi-mandat qui se tiennent aujourd’hui.LesAméricainsseren-dent aux urnes pour renouveler les 435siègesdelaChambredesrepré-sentants (qui restera à majorité républicaine) et un tiers du Sénat. Le hic, pour les démocrates : beau-coup des sièges de sénateur remis en jeu cette année ont été conquis, en 2008, sur des circonscriptions traditionnellement républicaines, qui ont alors succombé au charme d’Obama. Cote de popularité en baisse Six ans plus tard, l’ambiance n’est plus la même. Le président, qui doit composeravecunCongrèstrèshos-tile, avusacotedepopularitéchuter. Lasituationéconomiques’estcertes améliorée, avec une croissance en haussede3,5%autroisièmetrimes-tre, en rythme annualisé, après une vigoureuse progression de 4,6%au deuxième. Le chômage est tombé en dessous de la barre des 6 %. Mais le sentiment général reste celui d’une reprise qui profite essentielle-ment aux Américains les plus aisés. LapolitiqueétrangèredelaMaison- Blancheestmalperçue.« Iln’yapas beaucoupdesujetsdontlesgenspuis-sentsediresatisfaits »,résumeDavid Yepsen, politologue de la Southern IllinoisUniversity.JoeBiden,levice-président, acertesconfiéhieràCNN sa confiance : « Je ne suis pas d’accord avec les prévisions qui sont faites.Moi, je prédis que nous allons conserver le Sénat. » Mais le GOP a seulement besoin de six sièges pour s’assurer la majo-rité à laChambrehaute, ce qui sem-ble à sa portée. Les républicains ne pourront toutefois pas occuper les soixante sièges qui leur assure-raient lasuper-majorité et leur don-neraient les coudées franches. En termes purement législatifs, la con-quête du Sénat ne changerait donc pas radicalement la donne. « Il y aurait toutefois un impact majeur, prévient Jeanne Zaino, politologue de NYU, si jamais un juge de la Cour suprême venait à démissionner ou à décéder. Le Sénat aurait alors son motàdirepourdésignerleoularem-plaçante. » Il n’en reste pas moins que les républicains ont bien cons-cience de risquer une victoire à la Pyrrhus. S’ils gagnent le Sénat mais nepeuvent afficherunbilan législa-tifconvaincantdansdeuxans, leris-que est grand que les démocrates puissent les taxer, en 2016, d’immo-bilisme, rester à la Maison-Blanche et faire un retour en force au… Con-grès. «Nous devrons prouver qu’un Congrès républicain peut gouver-ner », a déjà prévenuRichard Burr, sénateur de Caroline du Nord. En termes concrets, un Sénat à majo-rité républicaine s’efforcerait sans doute de faire approuver, après des années de tergiversations, la cons-truction de l’oléoduc Keystone. Barack Obama a tout fait jusqu’ici pour différer le projet, très critiqué par l’aile la plus verte de son parti. Les républicains ne devraient pas s’attaquerde front à la loid’assuran-ce- santé Obamacare, mais peut-être à certaines de ses dispositions, comme la taxe sur les équipements médicaux. Les milieux économiques regar-dent le scrutin avec flegme, mais redoutent l’incertitude. « Si nous avons une situation vraiment incer-tainedanslaquelleleSénatestdiviséet oùlescandidatsmenacentderecomp-terlesbulletinsdevote, ceneseravrai-ment pas bon », avertit Robbert van Batenburg, responsable de la straté-giedemarketingchezNewedgeUSA LLC àNew York. Or, en Louisiane et en Géorgie, un second tour sera peut-être nécessaire, ce quimenace de retarder de plusieurs semaines l’annonce de la majorité au Sénat. n LES ÉLECTIONSDEMI-MANDATAUXÉTATS-UNIS 36 postes de gouverneur en jeu Les Américains vont aussi élire, dans 36 Etats, leur gouverneur. Les républi-cains défendent 22 postes. Certains gouverneurs du GOPélus en 2010 avec le soutien du Tea Party sont cette année à la peine, puis-que le mouvement populis-te est sérieusement essouf-flé. C’est le cas de Scott Walker dans leWisconsin. Une réélection de ce der-nier conforterait sa place dans le vivier des candi-dats possibles aux primai-res républicaines de 2016. Les républicains espèrent de bons résultats enNou-velle- Angleterre, terre tra-ditionnellement « libéra-le ». Les démocrates comp-tent bien défendre les 14 postes de gouverneur détenus par les leurs et remis en jeu. Ils espè-rent aussi pouvoir repren-dre des Etatscomme la Floride ou le Michigan. «LesAméricainscomptentsanctionnerlesélusenplace » Propos recueillis par Lucie Robequain lrobequain@lesechos.fr —Bureau de New York Dans quel état d’esprit les Américains se rendent-ils aux urnes aujourd’hui ? Les Américains expriment une haineprofondeàl’égardduCongrès. Ils ne sont que 12 % à approuver son action. Le sentiment prévalent est que rien ne se décide plus à Washington aujourd’hui. On observe une certaine forme de désespoir. Cette haine n’est pas nou-velle, mais elle était assez désincar-née jusqu’alors : « J’appréciemonélu local, mais je n’aime pas le Congrès », semblaientdirelesélecteurs.Cen’est pasle cas cette fois-ci : lespersonnes que nous sondons comptent sanc-tionnersévèrementlesélusenplace. Les parlementaires vont donc être plus nombreux à céder leur siège ? Exactement. Les parlementaires ont toujours été une immense majorité (96 % ou 97 %) à conser-ver leur siège au cours des derniè-res élections. Le taux de renouvel-lement devrait être plus bas cette fois-ci, de l’ordre de 85 % à 90 %. Vouspensezpeut-êtrequelabaisse est modeste. Il s’agit en fait d’une petite révolution. On risque d’observer des changements iné-dits dans certains Etats. Le Kansas, qui a toujours voté massivement républicain, pourrait ainsi bascu-ler dans le camp démocrate. On observe un scénario identique dans le Kentucky : le républicain Mitch McConnell, qui incarne à lui seul la paralysie des républicains au Congrès, pourrait bien devoir céder son siège à la démocrate Ali-son Grimes. C’est l’une des compé-titions les plus serrées du pays, et l’une de celles qui ont occasionné les plus grosses campagnes publi-citaires. Les démocrates, à l’inverse, pourraient perdre l’Iowa et le Colorado. Ce sont deux Etats qui ne leurposent pas problème en temps normal. Ils ont également toutes les chances de perdre la Louisiane et l’Arkansas. Le rejet de Barack Obama n’influence-t-il pas cette élection davantage que la haine du Congrès ? Lapopularitéduprésidentestsupé-rieure à celle du Congrès, ce qui ne l’empêche pas d’être extrêmement faible,elleaussi :ellenedépassepas 42 % aujourd’hui. Aucun président américain, ou presque, n’a jamais subi une telle défiance. Cela expli-que pourquoi les candidats démo-crates ont tant de difficultés sur le terrainaujourd’hui.C’estassezfrus-trant pour Barack Obama car l’économie va beaucoup mieux que lorsqu’il a pris le pouvoir, en 2009. Maisc’estunerèglequenousobser-vons souvent : l’opinion publique évolue avec quelques mois de retard sur la réalité. Le Tea Party joue-t-il un rôle dans ces élections ? Les membres du Tea Party ont connuleur heure de gloirependant les élections de 2010. Leur image a beaucouppâlil’andernierlorsqu’ils ontsoutenuleblocagedubudgetau Congrès, paralysant le pays pen-dant deux semaines consécutives. 2014 n’est pas une bonne année pour les démocrates,mais elle est encore pire pour les membres du Tea Party. Cela étant dit, ils conser-ventunegrandeinfluencedanscer-tains Etats du Sud. n DR INTERVIEW JEFREY POLLOCK Sondeur et fondateur du cabinet Global Strategy Group «Onrisqued’observer des changements inédits dans certains Etats,commele Kansas et leKentucky. » « Il n’y a pas beaucoup de sujets dont les gens puissent se dire satisfaits. » DAVID YEPSEN Politologue de la Southern Illinois University
  • 9. Les Echos Mardi 4 novembre 2014 MONDE//09 Impossible d’allumer sa télévision sans tomber sur une publicité qui n’attaque lemauvaisbiland’unpar-lementaire ou le laxisme d’un juge. Les candidats dépensent des fortu-nespour discréditer leurs adversai-res et espérer remporter ainsi le maximum de sièges de parlemen-taires, gouverneurs et procureurs remis en jeu aujourd’hui. Les deux partisyont consacré l’équivalentde 4milliards de dollars, soit le plus gros montant jamais versé pour ce type d’élections aux Etats-Unis. Les trois quarts des publicités sont financées par les républicains. « Des records sont franchis aux qua-tre coins du pays », commente Bert Brandenburg, qui traque lesdépen-sesélectoralesauseindel’ONGJus-tice at Stake. Les montants ont explosé au cours de la dernière décennie : la campagne de 2004 avait coûté deux foismoins. L’argent coule davantage Cette inflation n’aurait jamais été possible sans la décision de la Cour suprême de déplafonner, à deux reprises, les contributions financiè-res aux campagnes électorales. Depuis 2010, les entreprises peu-vent ainsi financer – sans limite aucune – des comités d’action poli-tique (Super Pacs) qui soutiennent un candidat de leur choix.Au prin-temps dernier, la Cour a également déplafonné les donations des parti-culiers. Ces deux arrêts, rendus au nom de la liberté d’expression, ont ouvertlavoieàundéferlementsans précédent d’argent, versé de façon souvent anonyme et obscure. L’argentabeaucoulerdavantage, il provient paradoxalement d’un cercle plus réduit de dona-teurs. Ils étaient plus de 800.000 en 2010, et seraient moins de 700.000 aujourd’hui, indique le Centrepour des politiques responsables – une autre ONG qui suit le financement des campagnes. « Le débat électoral estdominéparunnombre de plus en plus réduit de personnes. C’est l’inverse de ce que l’on attend d’une démocratie »,regretteBobBiersack, qui travaille pour cette ONG. Les démocrates, qui ont souvent dénoncé le système, en profitent quasiment autant que les républi-cains. Lesdeuxplus gros donateurs du pays leur sont ainsi acquis : il s’agit de l’écologiste Tom Steyer et de l’ancien maire de New York MichaelBloomberg. Surles20plus gros donateurs,unequinzainepen-chent toutefois pour les républi-cains.— L. R. Lesélectionsparlementaires lespluschèresdel’histoire Les donateurs sont moins nombreux, mais ils donnent davantage. Les grandes fortunes dominent de plus en plus le débat politique. Le 20 octobre, le président Barack Obama a voté à Chicago pour les élections demi-mandat. Photo Brendan Smialowski/AFP Aregarder lepassé, l’impopularité d’Obama n’est toutefois pas surprenante. Lesdémocratesdoivent mobiliserl’électoratnoir pourgarderleSénat Les démocrates multiplient les actions de terrain pour motiver des Afro-Américains déçus. Nombre record de candidats noirs au Congrès. C’est unmémo qui a sérieusement fait réfléchir à la Maison-Blanche. Un mémo rédigé par un expert des sondages, début octobre, qui a fuité dans la presse américaine. La con-clusion : sans mobilisation forte de l’électorat noir au cours de ces élec-tions de mi-mandat, les démocrates perdront le contrôle du Sénat. Au moment où le document a été rédigé, ses auteurs estimaient que « lamoitié des électeurs noirs ne saventpasexactementquandcesélec-tions auront lieu ». Or les Afro-Amé-ricainsontassuré, en2008et2012,la victoire de BarackObamaet garanti quelques précieux sièges à laCham-bre et au Sénat. La mobilisation est moins forte cette année, c’est traditionnel pour des « midterms ». Ce qui ajoute à la démotivation, c’est le relatif échec de Barack Obama (voir ci-contre), qui n’a pas pu répondre aux immenses espoirs que sa campa-gne de 2008 avait soulevés. Essayant de renouer avec les méthodes qui ont fait leur succès pour les présidentielles de 2008 et 2012, lesdémocrates se déploient sur le terrain. En Caroline duNord, par exemple, ils ont recruté des relais importants dans les commu-nautés noires, des coiffeurs, des gérants de petits magasins, pour engager les Afro-Américains à s’enregistrer et à aller voter. Bill Clinton, très populaire parmi les populationsnoires,s’estrendudans desEtatscritiques.BarackObamaa donné des interviews radio à des émissions très écoutées des Noirs. « J’ai besoin que tout lemonde aille voterle4novembre »,a-t-ilexpliqué. Mais il s’est fait lui-même très dis-cret, de nombreux candidats sou-haitantenfaitéviterdesemontrerà ses côtés, tant sa popularité s’est dégradée au cours des derniers mois.L’anciennestardelapolitique américaine est presque devenueun boulet. La démocrate Mary Lan-drieu, en Louisiane, a par exemple diffusé des spots télévisés dans les-quels elle explique que le président « a tort au sujet de la production de gaz et de pétrole ». Ses électeurs n’apprécient guère le discours du président en faveur des énergies non fossiles. Un record Cequipourraitmotiverlesélecteurs noirs,c’estlenombrerecorddecan-didats de couleur.Aumoins 83 can-didats noirs tentent de remporter un siège à la Chambre. Mia Love, dans l’Utah, tente de devenir la pre-mière représentante républicaine noire. Quatrefemmesnoiresdémo-crates se présentent pour la pre-mièrefoisàlaChambreetsiaucune sortante noire n’échoue à se faire réélire, cette assemblée compterait vingt femmes noires, du jamais-vu. Il y a environ 25 autres personnes noires qui convoitent d’autres man-dats, de sénateur ou de gouverneur, c’est également un record.— K. M. 4MILLIARDS DE DOLLARS Le budget consacré à la campagne des « midterms », deux fois plus qu’il y a dix ans. Prospéritéetpaix: lesdeuxéchecsd’Obama ANALYSE Lucie Robequain Le s é l e c t e u r s o n t une fâcheuse tendance à brûler leurs idoles. Adoré en 2008, réélu en 2012, Barack Obama est considéré aujourd’hui comme le grand responsable de la défaite électorale qui s’annonce pour les démocrates au Congrès. Ceux-ci en semblent aussi convaincus que les républicains. Ils ont fait campagne sans lui, voire parfois contre lui.Un choix totalement inexplicable pour la Maison-Blanche. « Le président ne comprend pas que les candidats démocrateslefuient.Ilapourtantun message très fort à défendre sur l’amélioration de l’économie », con-fiait récemment un conseiller de la Maison-Blanche. Les sondages semblent plutôt prouver le contraire. Ils sont d’ailleurs cruels pour le président. Lesdeuxsujetsquil’ontfaitélire–la paix et la prospérité – sont ceux qui lepénalisentleplusaujourd’hui.En 2008, les Américains le jugeaient beaucoup plus apte que son adver-saire John McCain à traiter les grands dossiers économiques (écart de 18 points). Les républi-cains affichent un avantage de 10 points aujourd’hui. Un comble, quand on se souvient qu’ils ont paralysé le pays pendant deux semaines l’an dernier, en refusant de voter le budget ! Mais les Améri-cains en veulent surtout au prési-dent, pour toutes les promesses qu’il n’a pas tenues : il avait juré d’enrichir les classes moyennes, de lutter contre le changement clima-tiqueetdematerles « voyous »dela finance. Il n’a finalement pu impo-ser aucune des mesures promises lors de sa réélection. Malgré une croissance solide, les salaires res-tent inférieurs à ceux d’avant-crise (–8%pour la médiane). La Maison- Blanche avait fait miroiter une aug-mentation de 25 % du salaire mini-mum. Cause perdue. Il y a six ans, Barack Obama était également le mieux perçu pour commander la diplomatie améri-caine. Il affichait un avantage de 9pointsparrapportàJohnMcCain. Il traîne désormais 19 points der-rière les républicains. Le président, quiareçuleprixNobeldelapaixen 2009, a déçu son propre camp en défendant les écoutes de la NSA et en maintenant ouverte la prison de Guantanamo. Il avait promis d’en finir avec dix ans de guerre (Irak et Afghanistan) et se retrouve empê-tré aujourd’hui dans un conflit larvé contre les djihadistes, qui devrait durer plusieurs années selon les experts. Les républicains n’hésitent pas à évoquer les san-glantes décapitations de l’été pour dénoncer le manque de leadership de Barack Obama et le climat d’insécurité dans lequel il a plongé lepays.Sonrefus d’attaquer laSyrie l’an dernier a été interprétécomme une lâcheté – y compris par la France qui était prête à frapper. A regarder le passé, l’impopu-larité d’Obama n’est toutefois pas surprenante : les élections de mi-mandat n’ont jamais été favorables auprésidentenplace,quelqu’ilsoit. Elles le sont d’autant moins quand celui-ci exerce un second mandat : l’opposition ravit en moyenne 29 sièges à la majorité. C’est ce que les Américains appellent la malé-diction des six ans. Bill Clinton fait figure d’exception : en pleine affaire Lewinsky, il est paradoxalement le seul à avoir vu son camp conquérir des sièges au Congrès. Mais cela n’a pas suffi à lui faire regagner la Chambre des représentants. n En 1870, non loin de la ville de Maragogype, au Brésil, les variétés d’Arabica ont subi une évolution naturelle qui a donné naissance à un grain géant. Ce grain présente une délicatesse et un raffinement qui le distinguent de tout autre grain de café cultivé dans le même environnement. Les Experts Café Nespresso ont sélectionné pour vous les meilleurs grains Maragogype d’Amérique centrale et du Sud pour créer l’Édition Limitée Special Reserve Maragogype. Ils ont également créé, en collaboration avec les maîtres verrier de Riedel, www.nespresso.com/maragogype I M M E N S É M E N T P R É C I E U X un duo de verres de la collection Reveal, révélant toute la finesse aromatique de ce Grand Cru. S P E C I A L R E S E R V E *Quoi d’autre ? *
  • 10. 10//MONDE Mardi 4 novembre 2014 Les Echos L’avertissementdeMerkelàCameron l La chancelière allemande déclare que la liberté de circulation des personnes en Europe n’est « pas négociable ». l Selon la presse allemande, elle est prête à accepter une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Réformes: Berlin plaide ànouveaupourunepression accrue sur les Etatsmembres Italie : les baisses d’impôt aurontuneffet très limité suivante à 12,4% (et 12,1% en 2016). Seul signalpositif significatif : après trois années consécutives de baisse, la consommation des ménages devrait augmenter de 0,3%en 2014 (et + 0,5 %en 2015), du fait du ralen-tissement de la propension à l’épar-gne des ménages. Les nouvelles prévisions de l’Istat interviennent au lendemain du « cri d’alarme » lancé par l’industriel Carlo De Benedetti (groupe Espresso) sur la menace persistante de déflation en Europe et en Italie. Tout enregrettant queMatteoRenzi n’aitpasprissurluidenepasrespec-ter la règle «préhistorique » des 3% de déficit, l’ex-patron d’Olivetti estimequelesbaissesd’impôtsadop-tées dans le budget 2015 ne suffiront pas à faire sortir l’Italie de la « spirale récession-déflation », a estimé Carlo De Benedetti dans une lettre publiée par le quotidien « Il Foglio » du 27 octobre. Les prévisions de l’Istat semblentconfirmersonpronostic. n gnesurlaprévisiond’unecroissance de 1%du PIB pour 2016. Le taux de chômage devrait rester élevé « Une quatrième année de récession doit être évitée par tous les moyens, carilseraitextrêmementproblémati-que de ne pas sortir le pays d’un tel environnementéconomique »,aécrit leministredel’Economie,PierCarlo Padoan,danssaréponsedu27octo-bre au commissaire européen aux Affaires économiques et monétai-res, Jyrki Katainen, en vue de justi-fier les mesures mixtes annoncées danslebudget2015.Insuffisant,tou-tefois, selon l’Istat, qui prévoit un « impact net positif marginal » des mesures budgétaires sur 2014, mais un « effet cumulatif net nul » sur les deux ans successifs. Selon les nou-vellesprévisionsde l’institut, le taux de chômage devrait rester élevé, à 12,5 %, en 2014, avant de commen-cer à reculer « légèrement » l’année du gouvernement Renzi, avec la publicationdesesprévisionsécono-miques sur deux ans. Selon l’Insee italien,malgréunlégersignalpositif sur le front de la consommation des ménages, les mesures de relance et les baisses d’impôts de 18 milliards d’eurosannoncéesparMatteoRenzi auront un « effet cumulatif net nul » sur2015-2016,dufaitdelahaussede laTVAprévue par la « clause de sau-vegarde ». En revanche, l’Istat s’ali- Pierre de Gasquet pdegasquet@lesechos.fr —Correspondant à Rome Après trois années de récession, il n’yaurapasdereprisesignificativeà court terme pour la troisième éco-nomie de la zone euro.Tout en révi-santàlabaissesaprévisiondecrois-sance à – 0,3 % pour 2014 (contre +0,6%enmai), l’Istatadouchéhier lesespoirsderelancedelademande !"#$"% &'()*"% 2,'%*$&"5 26,*&)'% !"#$%&''%( )*+%$,%( !"#$%&''%( -../01/2 4 3 @ABCA DEF@GA ;< /=>11 $< /?>11 +,-+./!,0 -./-,1 2,1 .33+,1 1/+ 33345'%*'()65''7,'8'9-"84:) !"##$%&' ($) *+,+(-"%' . / 01/ 2/2 /12 &'(4 566"7 78957 :2;#<(=!"#<'"<( > ?@=AB@CD EUROPE Thibaut Madelin tmadelin@lesechos.fr —Correspondant à Berlin Cette fois-ci, ça suffit. Angela Mer-kel a signalé à David Cameron que sa patience avait des limites, hier, laissant son porte-parole déclarer que la liberté de circulation dans l’Union européenne (UE) n’était « pas négociable ». Confronté, à quelques mois des élections, à la concurrence croissante du parti europhobe Ukip, le Premier minis-tre britannique veut limiter dans son pays l’immigration en prove-nance d’autres pays de l’Union. Si David Cameron insiste, « c’est un point de non-retour », indique-t- on à Berlin, selon l’hebdomadaire «DerSpiegel ».Autrementdit,dans ce cas, la chancelière serait prête à laisser la Grande-Bretagne quitter l’Unioneuropéenne.Unrisqueréel. Avantdetenirunréférendumsurle maintien du Royaume-Uni au sein del’Europe,lePremierministrebri-tannique veut obtenir des conces-sions de ses partenaires européens. « Angela Merkel n’a pas ménagé ses efforts jusqu’ici pour garder laGran-de- Bretagne au sein de l’Union mais son message est clair, estime Julian Rappold, expert de l’Union euro-péenneàl’Institutallemanddepoli-tique étrangère (DGAP) : Vous êtes sur une ligne dangereuse, essayez de changer de cours dans les temps. Sinon ne comptez pas sur l’Allema-gne pour vous soutenir. » Le tourisme social : un sujet en débat De fait, la chancelière allemande a tout fait pour que Londres ait une place importante au sein de la nou-velle Commission européenne en échangedesonsoutienauprésident Jean-Claude Juncker. Elle a égale-ment signalé sa volonté de trouver un arrangement au sujet des 2 mil-liards d’euros que Londres est tenu de rembourser au budget européen à lasuitedenouveauxcalculs. Mais pour Angela Merkel et son gouvernement,lalibertédecircula-tion est fondamentale. « La liberté de circulation des personnes et des marchandises est un principe fonda-teurdel’Unioneuropéenneetnepeut pasêtrelimitée,déclaraitleministre des FinancesWolfgang Schäuble aux « Echos » en octobre. Ce ne serait d’ailleurs pas conforme aux traités européens… Il serait impensa-ble d’ériger de nouveau des barrières en Europe. » Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sujet. En Allema-gne aussi, le « tourisme social » fait l’objet d’un débat politique. La CSU, l’alliéebavaroisedelaCDUd’Angela Merkel, a ainsi fait campagne sur le slogan « Celui qui triche fout le camp ». » Berlin attend ce mois-ci avec intérêtunjugement de laCour de justice européenne sur le sujet. ( Lire l’éditorial de Jacques Hubert-Rodier Page 11 Surtout, n’allez pas faire le lien avec laFrance !Lesministèresallemands des Finances et de l’Economie ont insistépourdissipertouteconfusion possible à la suite de la publication hier d’une lettre adressée le 20 octo-bre au commissaire européen sor-tant chargé des Affaires économi-ques et monétaires, Jyrki Katainen. Dans celle-ci,Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel se plaignent du manque de pression sur les Etats membreset souhaitent une mise en oeuvre plus efficace des recomman-dations de la Commission. Certes, le cas français illustre « untoutpetitpeu »lesfaillesdusys-tème, admet-on à Berlin : certaines recommandations, notamment sur lemarchédutravail, restent let-tre morte et ne font pas l’objet d’un débatnationalquiseraitnécessaire. Mais la lettre publiée dans le maga-zine « Der Spiegel » n’a aucun lien avec la discussion en cours sur le budgetdelaFrance,insiste-t-onàla fois au ministère des Finances et à celui de l’Economie. En l’espèce, le courrier répond à l’invitation, en juin, du Conseil des ministres des Finances d’ouvrir un débat sur le nouvel exercice du semestre européen, censé intro-duire plus de coordination en matière de politique économique. Le constat allemand est cinglant : « L’évaluation initiale de la mise en oeuvre des recommandationsspécifi-ques par pays est inquiétante. Les Etats membres mènent à peine un débat politique sur les recommanda-tions. Il n’y a pas assez d’appropria-tion parmi les Etats membres et cer-tainesréformesurgentesnesonttout simplement pas conduites. » Discuter des défis prioritaires Face à cela, lesministres proposent que les recommandations se con-centrent sur des défis prioritaires et soient discutées dans les capitales, avec les ministres en charge. Ils observent que seuls les pays sous programme, comme la Grèce ou l’Irlande,ontdémontréleurvolonté de se réformer. Il faut donc une pression extérieure forte. Si cette position de Wolfgang Schäublede ne diffère pas de celle défendue par Angela Merkel, elle peut surprendre venant du vice-chancelier, Sigmar Gabriel. Le pré-sident du Parti social-démocrate (SPD) est parfois perçu comme un allié du gouvernement socialiste français dans le débat européen. Ses récentes positions, en faveur de l’équilibre budgétaire allemand et contre un vaste programme d’investissement public signalent cependant une ligne plus nuancée. « Lapolitiqueeuropéennedugouver-nementfédéral en faveur de la conso-lidation budgétaire n’a pas changé avec l’arrivée du SPD, même si celui-cimetplusl’accentsurlesinves-tissements », juge un expert alle-mand.— T. M. Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel ont envoyé une lettre à Bruxelles pour améliorer le « semestre européen ». ITALIE L’Istat révise à la baisse sa prévision de crois-sance à – 0,3%pour 2014 et + 0,5%pour 2015. L'institut estime que les mesures de relance auront peu d’impact. Le Premier ministre britannique, David Cameron, veut limiter dans son pays l’immigration en provenance d’autres pays de l’Union. La chancelière allemande, Angela Merkel, a prévenu que sa patience avait des limites. Photo Yves Herman/AFP « Il serait impensable d’ériger de nouveau des barrières en Europe. » WOLFGANG SCHÄUBLE Ministre des Finances allemand en bref François Hollande devant le Parlement canadien CANADA —LeprésidentFran-çois Hollande a salué hier devant le Parlement canadien audeuxièmejourdesonvoyage officiel, la manière dont « la France et le Canada agissent ensemblepourprendreleursres-ponsabilités »faceauxdjihadis-tesenIrak. Ildevaitaussiparler environnement, après avoir appelé le chef du gouverne-ment canadien, Stephen Har-per, à oeuvrer pour la réussite de la conférence internationale sur le climat de fin 2015 à Paris, tout en signalant la disponibi-lité des entreprises françaises pour l’exploitation des hydro-carbures dans le nord-ouest canadien. FMI: le chefdela troïkaenGrècede retouràWashington CRISE DE L’EURO — L’ancien chef de mission du FMI en Grèce, le Danois Poul Thomsen,aéténomméhieràla tête du département Europe de l’institution où il supervisera le plan d’aide à l’Ukraine, a annoncé le Fonds. Thomsen a jouéun« rôleclefdansquelques-uns des programmes les plus compliqués » de l’institution en Europe, a déclarédansuncom-muniqué la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.