NEWSLETTER - 25 SEPTEMBRE 2015
1 - © Agnes Menso
J'ai commencé cette
chronique en août
dernier dans le TGV.
J'ai jeté des mots en
vrac sans avoir d'idée
précise sur ce que
j'allais écrire. Je
savais en revanche
que j'avais besoin de
mettre sur papier ce
que je ressentais.
Une fois de plus, je
vous livre quelque
chose de très
personnel, ancré au
plus profond de mon
cœur, au plus profond
de mon être.
Cette chronique aurait
pu s’appeler « Carpe
diem1
». Je l’ai
volontairement intitulée
Propos sur le bonheur,
mais elle ne prétend en
aucun cas faire
concurrence à l'ouvrage
du même nom publié
par le philosophe Alain
en 1923.
Être heureux…


C'est avant tout être en
phase avec ce qu'on est
au plus profond de soi.
Ou ce qu'on n'est pas.
Et l’accepter. 

C'est se sentir empli par
une forme de plénitude,
de sérénité et de bien-
être qui envahit la tête,
le cœur et le corps tout
entier.
C’est partager un
moelleux au chocolat ou
trinquer avec un verre
de vin2
(ou une bière
chinoise2
…)

C’est être ému par la
beauté de la nature, par
une rose qui éclôt ou un
champ de lavande dans
le Luberon…
C’est marcher pieds-nus
et sentir la brise dans
son cou. Comme un
baiser…
C’est savoir écouter les
cloches d'une église qui
sonnent avec tellement
de force qu'elles
donnent l'impression
qu'elles vont se
décrocher…
C’est accueillir un
regard, un geste,
auquel on est tellement
habitué et qu’on ne voit
même plus, tellement il
nous paraît banal et
anodin. 

Comme si tout était
acquis.
Propos sur le bonheur
2 - © Agnes Menso
C’est ressentir les
choses au plus profond
de son être, de sa chair,
de ses entrailles.

C’est frissonner et
accepter d'être
bouleversé aux larmes,
par une sensation
enfouie au plus profond
de soi, qu'on avait
oubliée ou qu'on croyait
morte.
Et si c'était ça être
heureux ? Et si c'était
juste se réjouir des
petites perles de la vie ? 



Le bonheur est en
chacun de vous qui lisez
cette lettre. 

Alors que certains sont
dans une quête
permanente, d’autres
en revanche savent
identifier ces instants
de bonheur et les vivent
comme un cadeau que
leur offre la vie.
Nous sommes loin d’un
registre de
contemplation naïve ou
candide, proche de la
béatitude ou de la
niaiserie. Nous sommes
tout simplement dans le
présent.
Être là. Ici et
maintenant. 

Le passé appartient au
passé et le futur n'est
qu'hypothétique. Autant
vivre le présent et
savourer chaque instant
pleinement.
Être vraiment là permet
une connexion corps et
âme. A soi. A l'autre. Et
à quelque chose de plus
grand qui nous
transcende.
Qui ouvre la porte sur
quelque chose de plus
profond, de plus intense
et absolu.
Ce sont les propos que
me tenait un ami cher à
mon cœur, il y a plus de
dix ans. 

Avec ce discours, il
avait cette capacité à
m'énerver en moins de
cinq minutes. Je ne me
gênais alors pas pour le
lui faire remarquer,
avec toute la
véhémence et
l'insolence de mon
jeune âge…

Je ne me cachais ni
pour soupirer ni lever
les yeux au ciel.
Aujourd’hui, maturité
aidant (…), j’ai compris
intellectuellement et
émotionnellement la
finesse et la subtilité de
ses propos. Je l’écoute
avec attention, et j’ai
l’impression qu’on s’est
rejoint à un autre
niveau, qui nous unit et
nous dépasse.
Le bonheur existe au
travers de la relation
qu’on a de soi à soi,
mais également au
travers de la relation
qu’on a avec l’autre.

C’est savoir rester à sa
place, écouter et
soutenir le mieux
possible ceux qu’on
aime et qui en ont
besoin. 

Mais c’est surtout savoir
au plus profond de soi
ce qu'on doit faire. Et ce
qu’on doit taire. Par
respect de l’autre, de
soi. Et surtout par
amour.
(1) « Cueille le jour sans te
soucier du lendemain » -
Horace, Odes
(2) L’abus d’alcool est
dangereux pour la santé.
Consommer avec modération

Propos sur le bonheur

  • 1.
    NEWSLETTER - 25SEPTEMBRE 2015 1 - © Agnes Menso J'ai commencé cette chronique en août dernier dans le TGV. J'ai jeté des mots en vrac sans avoir d'idée précise sur ce que j'allais écrire. Je savais en revanche que j'avais besoin de mettre sur papier ce que je ressentais. Une fois de plus, je vous livre quelque chose de très personnel, ancré au plus profond de mon cœur, au plus profond de mon être. Cette chronique aurait pu s’appeler « Carpe diem1 ». Je l’ai volontairement intitulée Propos sur le bonheur, mais elle ne prétend en aucun cas faire concurrence à l'ouvrage du même nom publié par le philosophe Alain en 1923. Être heureux… 
 C'est avant tout être en phase avec ce qu'on est au plus profond de soi. Ou ce qu'on n'est pas. Et l’accepter. 
 C'est se sentir empli par une forme de plénitude, de sérénité et de bien- être qui envahit la tête, le cœur et le corps tout entier. C’est partager un moelleux au chocolat ou trinquer avec un verre de vin2 (ou une bière chinoise2 …)
 C’est être ému par la beauté de la nature, par une rose qui éclôt ou un champ de lavande dans le Luberon… C’est marcher pieds-nus et sentir la brise dans son cou. Comme un baiser… C’est savoir écouter les cloches d'une église qui sonnent avec tellement de force qu'elles donnent l'impression qu'elles vont se décrocher… C’est accueillir un regard, un geste, auquel on est tellement habitué et qu’on ne voit même plus, tellement il nous paraît banal et anodin. 
 Comme si tout était acquis. Propos sur le bonheur
  • 2.
    2 - ©Agnes Menso C’est ressentir les choses au plus profond de son être, de sa chair, de ses entrailles.
 C’est frissonner et accepter d'être bouleversé aux larmes, par une sensation enfouie au plus profond de soi, qu'on avait oubliée ou qu'on croyait morte. Et si c'était ça être heureux ? Et si c'était juste se réjouir des petites perles de la vie ? 
 
 Le bonheur est en chacun de vous qui lisez cette lettre. 
 Alors que certains sont dans une quête permanente, d’autres en revanche savent identifier ces instants de bonheur et les vivent comme un cadeau que leur offre la vie. Nous sommes loin d’un registre de contemplation naïve ou candide, proche de la béatitude ou de la niaiserie. Nous sommes tout simplement dans le présent. Être là. Ici et maintenant. 
 Le passé appartient au passé et le futur n'est qu'hypothétique. Autant vivre le présent et savourer chaque instant pleinement. Être vraiment là permet une connexion corps et âme. A soi. A l'autre. Et à quelque chose de plus grand qui nous transcende. Qui ouvre la porte sur quelque chose de plus profond, de plus intense et absolu. Ce sont les propos que me tenait un ami cher à mon cœur, il y a plus de dix ans. 
 Avec ce discours, il avait cette capacité à m'énerver en moins de cinq minutes. Je ne me gênais alors pas pour le lui faire remarquer, avec toute la véhémence et l'insolence de mon jeune âge…
 Je ne me cachais ni pour soupirer ni lever les yeux au ciel. Aujourd’hui, maturité aidant (…), j’ai compris intellectuellement et émotionnellement la finesse et la subtilité de ses propos. Je l’écoute avec attention, et j’ai l’impression qu’on s’est rejoint à un autre niveau, qui nous unit et nous dépasse. Le bonheur existe au travers de la relation qu’on a de soi à soi, mais également au travers de la relation qu’on a avec l’autre.
 C’est savoir rester à sa place, écouter et soutenir le mieux possible ceux qu’on aime et qui en ont besoin. 
 Mais c’est surtout savoir au plus profond de soi ce qu'on doit faire. Et ce qu’on doit taire. Par respect de l’autre, de soi. Et surtout par amour. (1) « Cueille le jour sans te soucier du lendemain » - Horace, Odes (2) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Consommer avec modération