socioéconomie 
du numérique 
Julien PIERRE 
Enseignant-chercheur en Sciences de 
l’information et de la communication 
Laboratoire du GRESEC, Université de 
Grenoble - Alpes 
@artxtra www.identites-numeriques.net
socio-économie 
du numérique ? 
 Master Transmédia 
 Analyse économique insuffisante : les aléas 
de commercialisation des biens culturels 
 Modèle économique des médias > 
pratiques socio-culturelles 
 Articulation des pratiques, des dispositifs et 
des stratégies des acteurs du numérique
plan du cours 
 5 séances 
 chapitre 1, l’industrialisation de la culture 
 chapitre 2, l’invention du quotidien 
 chapitre 3, la convergence
#1, L’INDUSTRIALISATION
industrie 
 ≠ artisanat 
 reproductibilité d’un bien 
bien culturel industrialisé : CD, DVD, jeu vidéo, 
programme télé, logiciel, etc. 
bien culturel non industrialisé : opéra, tableau, 
pièce de théâtre, etc. 
 Théorie critique, école de Francfort, 
industries culturelles, ICIC, GRESEC
modèle socio-économique 
des médias 
financement 
publics 
usages et 
pratiques 
techn. de 
diffusion & 
réception 
contenus 
organisations
modèle socio-économique 
des médias 
techn. de 
diffusion & 
réception
dispositifs techniques 
 diffusion / réception 
analogique 
• imprimerie 
• phonographie 
• radio 
• télévision 
numérique 
• internet 
 Innovation technique 
➝ standard du marché ? 
Si appropriation !
modèle socio-économique 
des médias 
publics 
usages et 
pratiques
pratiques sociales et usages 
différenciés 
 les pratiques sociales 
logiques inscrites dans un temps long 
ex. : pratique de réception de contenus audiovisuels 
 des usages différenciés 
selon le dispositif technique de réception (télé, 
smartphone, etc.) 
participe de la définition sociale du sujet (Bourdieu) 
 les publics 
≃ stabilisés, en fonction des usages et pratiques 
ex. : la lecture de la presse quotidienne, l’écoute de 
musique enregistrée 
Attention aux déterminismes, prescription technique ou 
assimilation sociale !
modèle socio-économique 
des médias 
organisations
les industries culturelles 
 société capitaliste 
valorisation économique des capitaux investis 
étude de marché : exploitation des pratiques et 
des usages 
modèles d’affaire viables 
structure : oligopole et fourmilière 
 médias comme activité 
historique ou stratégique (Le Monde / Lagardère) 
principale ou secondaire (Disney / Dassault) 
unique ou plurimédia (sté de production / Canal+) 
± internationalisée (TF1 / News Corp°)
rapports de force entre organisation 
 Partenariats entreprises 
 Partenariats public - privé 
université 
privatisation de processus publics 
 Régulation transnationale 
standardisation 
législation
modèle socio-économique 
des médias 
contenus
les contenus 
 « Il s’agit aussi bien de contenus informatifs (grand 
public ou professionnels spécialisés), culturels, ludiques-distractifs, 
éducatifs que documentaires. Ils sont 
accessibles à la fois sur des supports (où les contenus 
sont « matérialisés »), en ligne (via des médias ou 
directement sur des plateformes) ou via des outils 
dédiés. Ils sont produits selon des logiques de 
production des industries culturelles et médiatiques, ou 
de la production indépendante, mais également plus 
récemment par des usagers-producteurs prenant 
appui sur les Tic (ex. blogs littéraires) » 
(MIEGE, 2007, p. 232) 
 Industrialisation des biens symboliques 
 Modes d’exploitation et diffusion très différents
modèle socio-économique 
des médias 
financement
modes de paiement 
 direct, par l’usager 
livre, logiciel 
achat à la pièce ou abonnement 
 indirect, par l’usager 
redevance 
 indirect, par un tiers 
programme audiovisuel (radio, télé) 
gratuit pour l’usager, contre de la publicité 
 marché à double face : lectorat/annonceur 
 financiarisation
modèle socio-économique 
des médias 
financement 
publics 
usages et 
pratiques 
techn. de 
diffusion & 
réception 
contenus 
organisations
deux modèles 
 modèle éditorial (presse écrite, livre, disque, 
logiciel) 
Type de biens : oeuvres ponctuelles 
(im/matérielles) 
Fonction centrale : éditeur/producteur 
Recettes : directes, proportionnelles à l’audience 
Marché : segmenté, les supports sont individualisés 
 modèle de flot (radio/télé) 
Type de biens : flot continu de programmes 
Fonction centrale : programmateur 
Recettes : indirectes, majoritairement publicitaires 
Marché : de « masse », indifférencié
déclinaisons 
 club 
abonnement à des bouquets/portails 
Canal+, Numéricable, etc. 
 compteur 
paiement à l’unité, consommation sans possession 
VOD 
 courtage 
infomédiation entre fournisseurs et consommateurs 
Google News
#2, L’INVENTION DU QUOTIDIEN
sociologie des usages 
 multiplication des contacts avec les TICs 
 2 discours 
 En France 
DGT ➝ FranceTélécom ➝ Orange ➝ SENSE 
Diversité des approches et des méthodes 
École française de sociologie des usages : M. 
de Certeau, J. Perriault, J. Jouët, P. Flichy
Modèle diffusionniste 
 pénétration binaire de l’innovation dans le 
corps social 
concepteur, early adopters, 1ère et 2ème 
majorité, retardataires 
modèle linéaire ➝ réseaux 
 attributs de l’innovation 
complexe, à valeur ajoutée, comparable, visible, 
compatible avec les valeurs du groupe 
d’adoption 
 Méthodes 
statistiques (taux d’équipement) 
variables sociodémographiques ➝ fracture 
numérique
Modèle de la traduction 
 Michel Callon et Bruno Latour : théorie de 
l’acteur-réseau 
 Dispositifs techniques = construit social 
compétition entre les projets innovants 
traduction/négociation entre acteurs ➝ cadre 
de fonctionnement 
Flichy : cadre d’usage et imaginaire 
sociotechnique 
De Certeau : stratégie versus tactique ➝ « les 
lieux propres »
Modèle de l’appropriation 
 Innovation < mise en usage 
formation à l’appropriation sociale des 
technologies 
 Ancrage temporel 
Rôle(s) des pratiques antérieures, des filières 
d’usages et générationnelles 
Socialisation de la technique : histoire individuelle 
et familiale, compétences développées 
 Usager 
Rôle crucial des représentations dans la formation 
des usages 
Échapper aux prescriptions du cadre de 
fonctionnement
conclusion 
 Les consommations de nouveaux produits 
ne se substituent pas aux consommations « 
en place », mais s’y ajoutent, s’y agrègent 
 Vers une évolution des pratiques de plus 
en plus connectées 
 Tendance très marquée au multi-équipement
#3, LA CONVERGENCE
Les industries de contenu 
 Un catalogue bien segmenté 
The long tail 
 Industries culturelles et créatives 
Villes créatives/Pôles
Les industries de la communication 
 Les tuyaux 
 Production de biens de consommation 
Réseau / Terminal 
 Monopoles 
AT&T ➝ libéralisation 
Philips versus Sony ➝ succès des innovations
Convergence numérique 
 Culture + Communication 
Multiplication des terminaux, des contenus, des 
capacités de stockage, calcul et transfert 
 Nouveaux entrants 
Microsoft, Apple / Google, Facebook 
Concentration économique (Bouquillion, OMIC) 
 Agrégation des fonctions dans un même 
terminal 
PC ➝ Smartphone ➝ Objets connectés 
De la documentarisation au néo-document 
(Pédauque, Salaün) 
L’habitèle (Boullier)
Économie de l’attention 
 Abondance informationnelle 
 Diffuseur : cf. modèles d’édition/de flot 
• Économie de la diffusion : comment fidéliser ? 
 Usager actif 
• Économie de l’accès (bibliothèques/données 
personnelles) : comment préserver ? 
 Convergence : AppStore, Google (CPM)
la boussole attentionnelle 
 Dominique Boullier
convergence/divergence 
 Sur le récit 
Convergence des contenus 
• Appropriation avec les logiques d’engagement des fans 
• Pratiques de transmedia storytelling déjà anciennes 
(l’amateur) 
Divergence 
• Enclosure versus biens communs 
 Dans l’appareil 
Préférence pour les terminaux dédiés 
• complexité du dispositif et coût cognitif 
• Modèle de la divergence 
Mais modèle de la synchronisation 
• Stratégie : contrôle du média center (appareils et appstore) 
➝ monétisable
Ex. : le mobile 
 Rappel : néo-document, habitèle 
 Stratégies : 
Androïd/Chrome 
Windows 8/Phone 
FirefoxOS ➝ SocialAPI 
 Déclinaisons : SocialTV, pratique du 
« second écran »
Ex. : Google 
 Gratuité de l’accès versus publicité 
mesure de la réputation : PageRank ➝ Search 
mesure de l’attention : le CPM ➝ AdWords 
Convergence : AdSense ➝ Analytics 
 Historique financier 
Capital-risque ➝ introduction en bourse 
Adoption ➝ acquisitions (DoubleClick) 
 Suite … et fin ? 
AuthorRank, Microdata, Wallet, NEST, NSTIC 
Anti-Trust
Ex. : experience store 
 Flagship 
Apple Store, Samsung, Abercrombie&Fitch, 
maison Google, Lego, etc. 
 Living lab 
 Espaces connectés

Socioéconomie du numérique

  • 1.
    socioéconomie du numérique Julien PIERRE Enseignant-chercheur en Sciences de l’information et de la communication Laboratoire du GRESEC, Université de Grenoble - Alpes @artxtra www.identites-numeriques.net
  • 2.
    socio-économie du numérique?  Master Transmédia  Analyse économique insuffisante : les aléas de commercialisation des biens culturels  Modèle économique des médias > pratiques socio-culturelles  Articulation des pratiques, des dispositifs et des stratégies des acteurs du numérique
  • 3.
    plan du cours  5 séances  chapitre 1, l’industrialisation de la culture  chapitre 2, l’invention du quotidien  chapitre 3, la convergence
  • 4.
  • 5.
    industrie  ≠artisanat  reproductibilité d’un bien bien culturel industrialisé : CD, DVD, jeu vidéo, programme télé, logiciel, etc. bien culturel non industrialisé : opéra, tableau, pièce de théâtre, etc.  Théorie critique, école de Francfort, industries culturelles, ICIC, GRESEC
  • 6.
    modèle socio-économique desmédias financement publics usages et pratiques techn. de diffusion & réception contenus organisations
  • 7.
    modèle socio-économique desmédias techn. de diffusion & réception
  • 8.
    dispositifs techniques diffusion / réception analogique • imprimerie • phonographie • radio • télévision numérique • internet  Innovation technique ➝ standard du marché ? Si appropriation !
  • 9.
    modèle socio-économique desmédias publics usages et pratiques
  • 10.
    pratiques sociales etusages différenciés  les pratiques sociales logiques inscrites dans un temps long ex. : pratique de réception de contenus audiovisuels  des usages différenciés selon le dispositif technique de réception (télé, smartphone, etc.) participe de la définition sociale du sujet (Bourdieu)  les publics ≃ stabilisés, en fonction des usages et pratiques ex. : la lecture de la presse quotidienne, l’écoute de musique enregistrée Attention aux déterminismes, prescription technique ou assimilation sociale !
  • 11.
    modèle socio-économique desmédias organisations
  • 12.
    les industries culturelles  société capitaliste valorisation économique des capitaux investis étude de marché : exploitation des pratiques et des usages modèles d’affaire viables structure : oligopole et fourmilière  médias comme activité historique ou stratégique (Le Monde / Lagardère) principale ou secondaire (Disney / Dassault) unique ou plurimédia (sté de production / Canal+) ± internationalisée (TF1 / News Corp°)
  • 13.
    rapports de forceentre organisation  Partenariats entreprises  Partenariats public - privé université privatisation de processus publics  Régulation transnationale standardisation législation
  • 14.
  • 15.
    les contenus « Il s’agit aussi bien de contenus informatifs (grand public ou professionnels spécialisés), culturels, ludiques-distractifs, éducatifs que documentaires. Ils sont accessibles à la fois sur des supports (où les contenus sont « matérialisés »), en ligne (via des médias ou directement sur des plateformes) ou via des outils dédiés. Ils sont produits selon des logiques de production des industries culturelles et médiatiques, ou de la production indépendante, mais également plus récemment par des usagers-producteurs prenant appui sur les Tic (ex. blogs littéraires) » (MIEGE, 2007, p. 232)  Industrialisation des biens symboliques  Modes d’exploitation et diffusion très différents
  • 16.
    modèle socio-économique desmédias financement
  • 17.
    modes de paiement  direct, par l’usager livre, logiciel achat à la pièce ou abonnement  indirect, par l’usager redevance  indirect, par un tiers programme audiovisuel (radio, télé) gratuit pour l’usager, contre de la publicité  marché à double face : lectorat/annonceur  financiarisation
  • 18.
    modèle socio-économique desmédias financement publics usages et pratiques techn. de diffusion & réception contenus organisations
  • 19.
    deux modèles modèle éditorial (presse écrite, livre, disque, logiciel) Type de biens : oeuvres ponctuelles (im/matérielles) Fonction centrale : éditeur/producteur Recettes : directes, proportionnelles à l’audience Marché : segmenté, les supports sont individualisés  modèle de flot (radio/télé) Type de biens : flot continu de programmes Fonction centrale : programmateur Recettes : indirectes, majoritairement publicitaires Marché : de « masse », indifférencié
  • 20.
    déclinaisons  club abonnement à des bouquets/portails Canal+, Numéricable, etc.  compteur paiement à l’unité, consommation sans possession VOD  courtage infomédiation entre fournisseurs et consommateurs Google News
  • 21.
  • 22.
    sociologie des usages  multiplication des contacts avec les TICs  2 discours  En France DGT ➝ FranceTélécom ➝ Orange ➝ SENSE Diversité des approches et des méthodes École française de sociologie des usages : M. de Certeau, J. Perriault, J. Jouët, P. Flichy
  • 23.
    Modèle diffusionniste pénétration binaire de l’innovation dans le corps social concepteur, early adopters, 1ère et 2ème majorité, retardataires modèle linéaire ➝ réseaux  attributs de l’innovation complexe, à valeur ajoutée, comparable, visible, compatible avec les valeurs du groupe d’adoption  Méthodes statistiques (taux d’équipement) variables sociodémographiques ➝ fracture numérique
  • 24.
    Modèle de latraduction  Michel Callon et Bruno Latour : théorie de l’acteur-réseau  Dispositifs techniques = construit social compétition entre les projets innovants traduction/négociation entre acteurs ➝ cadre de fonctionnement Flichy : cadre d’usage et imaginaire sociotechnique De Certeau : stratégie versus tactique ➝ « les lieux propres »
  • 25.
    Modèle de l’appropriation  Innovation < mise en usage formation à l’appropriation sociale des technologies  Ancrage temporel Rôle(s) des pratiques antérieures, des filières d’usages et générationnelles Socialisation de la technique : histoire individuelle et familiale, compétences développées  Usager Rôle crucial des représentations dans la formation des usages Échapper aux prescriptions du cadre de fonctionnement
  • 26.
    conclusion  Lesconsommations de nouveaux produits ne se substituent pas aux consommations « en place », mais s’y ajoutent, s’y agrègent  Vers une évolution des pratiques de plus en plus connectées  Tendance très marquée au multi-équipement
  • 27.
  • 28.
    Les industries decontenu  Un catalogue bien segmenté The long tail  Industries culturelles et créatives Villes créatives/Pôles
  • 29.
    Les industries dela communication  Les tuyaux  Production de biens de consommation Réseau / Terminal  Monopoles AT&T ➝ libéralisation Philips versus Sony ➝ succès des innovations
  • 30.
    Convergence numérique Culture + Communication Multiplication des terminaux, des contenus, des capacités de stockage, calcul et transfert  Nouveaux entrants Microsoft, Apple / Google, Facebook Concentration économique (Bouquillion, OMIC)  Agrégation des fonctions dans un même terminal PC ➝ Smartphone ➝ Objets connectés De la documentarisation au néo-document (Pédauque, Salaün) L’habitèle (Boullier)
  • 31.
    Économie de l’attention  Abondance informationnelle  Diffuseur : cf. modèles d’édition/de flot • Économie de la diffusion : comment fidéliser ?  Usager actif • Économie de l’accès (bibliothèques/données personnelles) : comment préserver ?  Convergence : AppStore, Google (CPM)
  • 32.
    la boussole attentionnelle  Dominique Boullier
  • 33.
    convergence/divergence  Surle récit Convergence des contenus • Appropriation avec les logiques d’engagement des fans • Pratiques de transmedia storytelling déjà anciennes (l’amateur) Divergence • Enclosure versus biens communs  Dans l’appareil Préférence pour les terminaux dédiés • complexité du dispositif et coût cognitif • Modèle de la divergence Mais modèle de la synchronisation • Stratégie : contrôle du média center (appareils et appstore) ➝ monétisable
  • 34.
    Ex. : lemobile  Rappel : néo-document, habitèle  Stratégies : Androïd/Chrome Windows 8/Phone FirefoxOS ➝ SocialAPI  Déclinaisons : SocialTV, pratique du « second écran »
  • 35.
    Ex. : Google  Gratuité de l’accès versus publicité mesure de la réputation : PageRank ➝ Search mesure de l’attention : le CPM ➝ AdWords Convergence : AdSense ➝ Analytics  Historique financier Capital-risque ➝ introduction en bourse Adoption ➝ acquisitions (DoubleClick)  Suite … et fin ? AuthorRank, Microdata, Wallet, NEST, NSTIC Anti-Trust
  • 36.
    Ex. : experiencestore  Flagship Apple Store, Samsung, Abercrombie&Fitch, maison Google, Lego, etc.  Living lab  Espaces connectés

Notes de l'éditeur

  • #2 À rajouter :
  • #6 L’aura et la sérialité