Archives sonores par V. GINOUVES

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La source orale en sciences humaines et sociales  et son archivage. Questions d’éthique et de droit, par Véronique Ginouvès, MMSH Aix-en-Provence http://phonotheque.hypotheses.org

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Archives sonores par V. GINOUVES

  1. 1. La source orale en sciences humaines et sociales et son archivage Questions d’éthique et de droit Véronique Ginouvès MMSH Aix-en-Provence http://phonotheque.hypotheses.org CC-BY-SA
  2. 2. Questions juridiques et éthiques La source orale et son archivage 1. Pourquoi déposer dans une phonothèque de recherche ? 2. De la collecte à la diffusion d’un fonds sonore : quelles questions juridiques et éthique se poser ? 3. Pour une charte de qualité de la production des documents sonores sur le terrain.
  3. 3. Pourquoi déposer ses archives de terrain dans une institution? La phonothèque de la MMSH a été créée en 1979 par des chercheurs en SHS, pour conserver la source qui documentait leur recherche : l’enquête de terrain enregistrée. L’objectif est resté le même avec trois axes principaux : - La reconnaissance par les pairs de la valeur du travail scientifique qui en est issu ; - Le recoupement avec d’autres archives ou des observations ultérieures ; - La gestion de l'héritage culturel de ces archives en lien avec la ratification de la France de la convention du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
  4. 4. Effet incitatif des dépôts La phonothèque de la MMSH a mis en place une politique d’accueil des archives associée à une réflexion méthodologique proposant un dispositif complet pour leur traitement …de la collecte à la valorisation.
  5. 5. Régler les questions juridiques pour pouvoir réutiliser les archives Sources : archives de la LSE (London school of economics), étudiante conduisant un Entretien (East End), 1946, sous la direction du professeur Tibor Barna. A qui appartiennent les enregistrements de terrain ?
  6. 6. Notion de source scientifique, questions de droit et d’éthique A qui appartiennent les documents du terrain ? - A ceux qui en ont financé la production ? - Aux chercheurs, dont on suit le cheminement intellectuel à travers leurs enquêtes ? - Aux techniciens qui ont réalisé la prise de son ou d’image ? - Aux informateurs ? - Aux sociétés au sein desquelles ont été créé les documents ? - A l'institution où l'archive a été déposée, numérisée et traitée ?
  7. 7. Définir les acteurs - Ceux qui sont détenteurs de drois voisins (l’enquêteur ou son institution, le “producteur”) - L'informateur (témoin, enquêté, interviewé, artiste interprète…) et ses ayants-droit - Les personnes présentes (accompagnateur, photographe…) - Le preneur de son - Le compositeur, l'arrangeur, le parolier d'une œuvre interprétée dans l'enregistrement - Les personnes citées dans l'enregistrement - L'institution qui a programmé la recherche (auteur personne morale) et/ ou celle qui a financé la recherche (commanditaire) - L'institution où est déposé le document et/ou le créateur de la notice documentaire - Le dépositaire - Les communautés dans le cadre duquel l’enregistrement a été réalisé…
  8. 8. ANR COLOSTRUM 7 pays, 13 institutions, 164 enquêtes déposées : Mayor de San Simon U. (Bolivie), National center of scientific research and technology of Burkina-Faso, Calmette Hospital of Phnom Penh (Cambodge), Center for Taste and Feeding Behaviour, EA Tolérance immunitaire team, Nice Sophia Antipolis U., Paris- Descartes U., phonothèque MMSH (France), Augsburg U., Francfort U (Allemagne), Pelotas U. (Brésil), Sidi Mohamed Ben Abdellah U., Hassan II Hospital of Fès (Maroc).
  9. 9. « Observation plurielle » et informations croisées Informations croisées recueillies à l’occasion de funérailles dogon par les membres de la mission Dakar-Djibouti (1931) : fiche musicale d’André Schaeffner, fiche descriptive de MIchel Leiris, plan de Marcel Griaule et film d’Eric Lutten (diapositive : E. Joly)
  10. 10. La mosaïque juridique semble illimitée : droit d’auteur, droit des témoins, droit des interprètes, droits voisins, droit des sociétés où ont été produits les documents, droit à l’image, droit des bases de données, droit des données publiques, droit des données personnelles, droit des éditeurs et des marques, droit des dessins et modèles Etc. Les questions éthiques paraissent très contraignantes car les matériaux recueillis peuvent être porteurs d’informations potentiellement préjudiciables à des individus ou à une partie de la société où ont-ils ont été produits, ou à celui qui a réalisé la collecte…
  11. 11. Un carnet sur les questions juridiques et éthique pour la diffusion des données en SHS : https://ethiquedroit.hypotheses.org
  12. 12. La contractualisation du dépôt de patrimoine oral : un contrat envisagé comme l’engagement des collecteurs à protéger la personne ressource et ses proches Sa signature devrait être une condition première à l’exploitation des données patrimoniales.
  13. 13. Droit de divulgation d'une enquête orale Lorsqu'un témoin accepte d'être enregistré il sait que son témoignage sera utilisé dans le cadre d'une recherche mais il ne peut pas envisager tous les cas de diffusion => le contrat doit l'éclairer sur les différents modes de diffusion et énumérer toutes les utilisations, concrètes ou virtuelles envisagées.
  14. 14. La contractualisation du dépôt de patrimoine oral Un contrat envisagé comme l’engagement des collecteurs à protéger la personne ressource et ses proches Sa signature devrait être une condition première à l’exploitation des données patrimoniales. Apports  Reconnaissance et valorisation du rôle central du témoin comme source de savoir ;  Reconnaissance de sa capacité et son autonomie à générer du patrimoine dans un «consentement éclairé » ;  Lui permettre de s’investir dans une vraie démarche de dépôt ;  Transparence de la relation ;  Compréhension de la démarche de collectage et de son objectif ;  Suivi de la restitution des travaux ;  Eviter la recherche coûteuse des ayants droits dans le futur. Modalités  Parler du contrat dès la prise de contact avec le terrain ;  Co-construire le dépôt de patrimoine avec le témoin (dépasser les difficultés de  communication) ;  Restituer le patrimoine (pas seulement l’entretien) aux personnes interviewées.
  15. 15. Lors de chaque entretien le chercheur demande la permission d’enregistrer et fait signer un contrat ou demande oralement l’autorisation, - Est-ce que le témoin accepte que ses données personnelles soient diffusées ? - Est-ce que le témoin accepte que l’entretien soit diffusé en ligne - Le témoin est informé que l’enregistrement et les photographies seront archivés.
  16. 16. Quelle charte de qualité et de déontologie pour réaliser un corpus enregistré sur le terrain ?
  17. 17. Charte de qualité d’un enregistrement de terrain enregistréLe signalement : • L’enquête : lieu et date de l’enquête, contexte, langue utilisée, contexte, document accompagnant l’enregistrement ; • L’informateur : nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance, profession, langue maternelle, relation avec l’informateur. L’enregistrement audio : format (WAVE minimum 44.1 khz/16bits) microphone et format utilisé, transferts et sauvegarde des fichiers numériques. Les questions juridiques et éthiques : contrat d’autorisation, vigilance sur les informations confidentielles.
  18. 18. Le magnétophoneLe magnétophone Prise de son au format WA 44.1Hzt, 16 bits (minimum) Sur un support comptatibl avec votre matériel. Micro (externe ou intégré)
  19. 19. Notion de collection : questions d'éthique L'éthique archivistique demande le respect des collections : ●L'enquête de terrain ne sera pas isolée mais toujours située dans la hiérarchie du fonds ; ●L'ordre du chercheur, créé au fil de sa recherche, sera conservé ou documenté ; ●Ces archives ne peuvent se substituer aux archives des sociétés dans lesquelles elles été créées sans qu’il ait eut un travail de collaboration et de contextualisation.
  20. 20. 20 Merci de votre écoute ! Contact : Véronique Ginouvès https://phonotheque.hypotheses.org
  21. 21. Crédits photographiques D1 - Les archives de Marceau Gast, photographie de Laure Principaud, 2012 (CC- BY). D4 – La phonothèque de la MMSH, photographie Marine Soubrié 2015 (CC-BY). D5 - Archives de la LSE (London school of economics), étudiante conduisant un entretien (East End), 1946, sous la direction du professeur Tibor Barna. Pas de restrictions de droits connues. D 8 - Allaitement à Ougadougou, 2014, Centre national de la recherche et de la technologie du Burkina-Faso. Entretien ANR COLOSTRUM (en ligne CC-BY-NC) D 9, 10, 11 – Diapositives diffusées avec l’aimable autorisation d’Eric Joly, photographies extraites du fonds Griaule MAE, LESC. D 13 – Lisette Kalhsoven, Kennisland, CC-BY et CC BY-NC-SA Thomas Guignard D 18 - Bill Smith of KOAC with portable tape recorder, 1955, Archives de l’Etat de l’Orégon. Pas de restrictions de droits connues. D 20 - Zoom H4, Hens Zimmerman, Wikimedia, 2009. D23 - Eve Bureau, 2014, ANR COLOSTRUM, Cambodge (CC-BY-NC).

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