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INTRODUCTION
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• Indicateurs de l'Accès aux services de Santé Sexuelle et Reproductive ;
• Ratification des instruments juridiques sur le...
• La mortalité maternelle continue à être élevée, ce qui affecte les droits fondamentaux des
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population LGTB de ses droits.
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Vous pouvez dire à votre gouvernement que :
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dans de nombreux pays
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adolescents exige l'attention des décideurs
politiques et des activistes en Afrique,...
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Des taux élevés de fertilité, ainsi que le désir
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signalent un problème d'accè...
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La prévalence du VIH/SIDA reste élevée en Afrique. De plus, en Afrique, le VIH/SIDA affecte
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De plus, dans de nombreux pays africains, ces violations sont autorisées et, dans certains, la
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Les pays africains se sont dotés de plusieurs mécanismes internationaux et régionaux de
défense des droits sexuels et repr...
Il est plus facile de ratifier un traité et de ne pas le respecter, que de ne pas le ratifier. Cette
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BIBLIOGRAPHIE
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Clés Pour le Plaidoyer Politique en Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique. Ana Lydia Fernández-Layos et Maria Elena Ruiz Abril

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  1. 1. 1| MAP OF SEXUAL AND REPRODUCTIVE HEALTH AND RIGHTS IN AFRICA AND SPAIN CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE Réseau de Femmes Africaines et Espagnoles por un Monde Meilleur Décembre 2011 Ana Lydia Fernandez Layos & Maria Elena Ruiz Abril
  2. 2. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUEi INTRODUCTION Ce document a pour but de fournir un exemple sur la façon d’utiliser les données dans la lutte pour les droits sexuels et reproductifs des femmes. L'information c'est du pouvoir et les données, utilisées de façon adéquate, peuvent constituer un outil stratégique pour avancer dans l’agenda relatif aux Droits Sexuels et Reproductifs des Femmes. Les données sur lesquelles se base cette publication proviennent de la base de données de la Carte de Santé et des Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique et en Espagne élaborée par le Réseau de Femmes Africaines et Espagnoles pour un Monde Meilleur. Les informations de ce document, et les indicateurs de la base de données en général, ne sont probablement pas nouveaux. Ce qui est nouveau, c'est la façon dont ont été combinées ces fiches pour créer des messages d'impact qui invitent à l'action politique. En général, la valeur ajoutée de la base de données et de cette publication n'est pas de fournir l'indicateur le plus récent sur la mortalité maternelle ou sur la violence de genre dans 11 pays africains. En effet, cela est disponible dans d'autres rapports. La valeur ajoutée réside dans le fait qu'en plus des informations sur la mortalité maternelle, le lecteur/utilisateur de la base de données peut trouver des informations sur les dépenses publiques en santé dans ce pays ; ou sur la légalité ou pas de l'avortement en question, de sorte que chaque activiste peut faire des combinaisons d'indicateurs et utiliser l'information pour créer des messages politiques qui servent à faire avancer les droits des femmes. CONTENU ET MÉTHODOLOGIE La Base de Données. La base de données de la Carte sur la Santé Sexuelle et Reproductive en Afrique et en Espagne peut être consultée sur le site web : www.map-srhr.org, Elle rassemble des informations sur les sujets clés en lien avec les Droits Sexuels et Reproductifs dans 11 pays d'Afrique. L'information a été recueillie à partir de sources statistiques diverses, complétée avec des entrevues dans des organisations de la société civile qui travaillent pour le plaidoyer politique en Santé et Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique. Les 11 pays inclus dans la base de données sont : le Cap Vert, Le Niger, le Sénégal, le Mali et la Gambie (Afrique de l'Ouest) ; la Namibie, l'Angola et le Mozambique en Afrique Australe ; l'Éthiopie et le Kenya à la Corne de l'Afrique, et la République Démocratique du Congo en Afrique Centrale. L'annexe I de cette publication présente la liste détaillée des indicateurs de la base de données, divisés en fonction des sections suivantes: • Indicateurs de Développement Humain; • Indicateurs de genre; • Indicateurs de Maternité sans risques; • Autres indicateurs de Santé Sexuelle et Reproductive; • Indicateurs de Santé Sexuelle et Reproductive chez les Jeunes; • Indicateurs de la Violence fondée sur le Genre; 2| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE
  3. 3. • Indicateurs de l'Accès aux services de Santé Sexuelle et Reproductive ; • Ratification des instruments juridiques sur les Droits Humains aux niveaux international, régional et national; • Dépense publique en Santé; • Stratégies nationales de Genre et de Droits Sexuels et Reproductifs; • Acteurs Étatiques et de la Société Civile qui travaillent en Santé et en Droits Sexuels et Reproductifs. Les fiches thématiques. Dans ce qui suit, sont présentées 8 fiches qui illustrent le type d'analyse qui peut être fait à partir des données recueillies dans la base de données de la Carte de Santé Sexuelle et Reproductive en Afrique et en Espagne. Les critères du choix des thèmes ont été leur pertinence dans le cadre de l'analyse des Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique, ainsi que leur capacité à susciter et à inviter aux actions d'impact politique. Chaque fiche présente de façon didactique et facile à visualiser une analyse de ce qui se passe dans la zone concernée dans les 11 pays, montre ce que font les gouvernements et ce qui peut être fait par la société civile à travers son travail de plaidoyer dans ce domaine. Lorsque des informations provenaient d'autres sources, externes à la base de données, pour situer et appuyer différents éléments de l'analyse, elles ont été adéquatement référencées. Évidemment, la base de données permet de sélectionner d'autres thèmes ou des indicateurs différents à analyser dans chaque thème. Les thèmes sélectionnés dans cette publication sont: Fiche 1 : Avortement Fiche 2 : Mortalité Maternelle Fiche 3 : Maternité Précoce Fiche 4 : Planification Familiale Fiche 5 : Violence Fondée sur le Genre Fiche 6 : VIH/SIDA Fiche 7 : Discrimination Sexuelle Fiche 8 : Instruments Politiques et Juridiques en Santé et DSR Les profils pays. Les informations de la Base de données peuvent être utilisées autrement, à travers des panoramiques par pays. Pour cela, une publication différente a été élaborée, qui recueille les profils pays pour chacun des pays, une description narrative des indicateurs inclus dans la base de données, suivie d'un tableau qui résume toute l'information en un simple coup d'œil. Les profils pays sont disponibles dans la version en ligne de la Carte, accessible sur : www.map-srhr.org CONCLUSIONS Les fiches sélectionnées offrent une vision panoramique de la situation des Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique à travers l'analyse de 11 pays. La situation des Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique, à partir de ce qu'indiquent les fiches sélectionnées, peut être résumée comme suit: CLAVES PARA LA INCIDENCIA POLÍTICA EN DERECHOS SEXUALES Y REPRODUCTIVOS EN ÁFRICA | 3
  4. 4. • La mortalité maternelle continue à être élevée, ce qui affecte les droits fondamentaux des femmes. De bonnes nouvelles viennent d'un grand nombre de pays africains qui ont pris des mesures pour la réduire, en commençant par le lancement de CARMMA. Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Bien qu'il soit responsable de la moitié des décès maternels de la région, l'avortement est illégal dans la majorité des pays de l'Afrique. • Les activistes et les gouvernements doivent porter plus d'attention à la santé sexuelle et reproductive des Jeunes. Certains problèmes comme la grossesse des adolescentes ont des proportions alarmantes dans de nombreux pays, ce qui affecte sérieusement les possibilités de développement des générations futures et limite la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement des pays. Le mariage précoce, intimement lié aux grossesses des adolescentes, requiert une réponse ferme de la part des institutions et des communautés de la région. • L'accès à la planification familiale continue à être un défi en Afrique. L'Afrique est la région où l'utilisation de contraceptifs est la plus basse du monde, avec moins de 3 femmes sur 10 qui utilisent des méthodes contraceptives modernes. Il est clair que cette difficulté d'accès à de sérieuses répercussions sur la vie des femmes, sur leur capacité à exercer pleinement leurs droits, ainsi que sur d'autres indicateurs de développement. • La violence fondée sur le genre, probablement le problème le plus grave des femmes en Afrique, atteint des dimensions dramatiques. Par exemple, 85% des femmes au Mali ont souffert de Mutilation Génitale Féminine ; en Afrique du Sud, une femme meurt toutes les six heures sous les coups de son compagnon ; et en RDC, 1 100 cas de viols se produisent tous les mois. Malgré les progrès législatifs pour lutter contre cela, il reste encore beaucoup à faire sur le terrain, pour la mise en œuvre de mesures concrètes. • Le VIH/SIDA, l'un des problèmes les plus sérieux que connaît le continent, affecte plus les femmes africaines que les hommes. Les inégalités et la discrimination renforcent la nécessité du plaidoyer contre le fléau SIDA pour les femmes dans le continent. Un investissement majeur dans l'information et la sensibilisation, ainsi que dans l'éducation affective-sexuelle des hommes et des femmes, est indispensable pour freiner cette pandémie en Afrique. • Hélas, la population LGTB souffre encore de violations graves de leurs droits dans de nombreuses régions en Afrique et ce qui est encore plus préoccupant, c'est que, dans certains pays, cette discrimination est légitimée dans les institutions. • Les pays africains possèdent des instruments suffisants au niveau régional et international pour défendre les droits sexuels et reproductifs. Le rythme des ratifications est bon, mais la mise en œuvre reste encore très lente. Au niveau du plaidoyer politique, voici quelques-unes des conclusions pouvant être extraites: • La société civile et le mouvement de femmes en Afrique et d'ailleurs, à travers des alliances interrégionales et internationales doivent jouer un rôle afin que les gouvernements lancent des actions dans tous les secteurs analysés dans ce document  : depuis la ratification des traités, ou le lancement de CARMMA, jusqu'à l'application de la législation en vigueur sur la violence fondée sur le genre ou la 4| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE
  5. 5. promotion d'une nouvelle législation pour dépénaliser l'avortement ou doter la population LGTB de ses droits. • Dans les actions d'impact, disposer de données et savoir les utiliser de façon adéquate est fondamental. Il y a un premier effort important pour faire pression sur les gouvernements afin qu'ils intègrent la perspective de genre dans les systèmes nationaux d'information et de statistiques. Dans ce cas, le rôle du mouvement de femmes peut être de diffuser les bonnes pratiques appliquées dans d'autres régions. • Il y a également un second travail important qui consiste en l'utilisation de ces données de façon stratégique pour la défense des droits des femmes. Les fiches ont donné quelques exemples, surtout basés sur la stratégie consistant à nommer et blâmer ou à montrer du doigt, mais le potentiel des statistiques dans le travail de plaidoyer est bien plus grand. Pour cela, il est nécessaire d'investir dans le renforcement des capacités des activistes femmes et hommes en Afrique, sur la façon d'utiliser et d'exploiter les données dans le travail de plaidoyer. • Il existe une série d'instruments qui peuvent être utilisés dans le travail de plaidoyer. Il ne s'agit pas de réinventer la roue, mais d'accéder aux ressources, aux traités et aux bases de données qui existent afin de mener à bien le travail de plaidoyer. Les fiches nous ont orientés vers quelques-unes de ces ressources dans les différents domaines abordés. Ce qui compte vraiment, finalement, c'est comment ces ressources vont être employées par vous ! Le plus important est ce que les données vous disent, à vous, lecteur et lectrice, activiste, chercheur et chercheuse, etc. Ce chapitre vous invite à confectionner vos propres fiches, messages, instruments d'impact et à concevoir votre stratégie d'action politique en faveur des droits sexuels et reproductifs des femmes. CLAVES PARA LA INCIDENCIA POLÍTICA EN DERECHOS SEXUALES Y REPRODUCTIVOS EN ÁFRICA | 5
  6. 6. Bien qu'il soit responsable de la moitié des décès maternels en Afrique, l'avortement est illégal dans la majorité des pays africains. L'OMS (2004) a calculé que sur huit femmes décédées des suites de la grossesse au niveau mondial, une l'était des conséquences d'un avortement à risques. De plus, ces données indiquent qu'en Afrique Subsaharienne, 50 pour cent des décès maternels sont dus à des avortements à risques. Parmi les 11 pays analysés, l'Angola, le Mozambique, l'Éthiopie, le Kenya et la RDC possèdent les taux d'avortement à risques les plus élevés, avec plus de 36 femmes sur 1 000 âgées de 16 à 44 ans, tandis qu'en Namibie, ce taux est le plus faible, avec 9 femmes sur 1 000 âgées de 16 à 44 ans. Parmi les pays analysés, il n'y a qu'au Cap Vert où l'avortement est légal pendant les 12 premières semaines de la grossesse. Dans tous les autres pays, l'avortement est illégal. Dans ces pays, l'avortement peut être pratiqué, bien que dans des situations exceptionnelles que stipule la loi, et qui varient d'un pays à l'autre. 6| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE BIEN QU'IL SOIT RESPONSABLE DE LA MOITIÉ DES EST ILLÉGAL DANS LA MAJORITÉ DES PAYS DE LA 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 NAM IBIE C AP VERT NIG ER SÉNÉG AL M ALI G AM BIE ANG O LA RD C O NG O ÉTHIO PIE KENYA M O ZAM BIQ UE Graphique 1. L'avortement est illégal, même s´il contribue grandement à la mortalité maternelle Nombre de décès maternels dus à des avortements, pour 100,000 naissances vivantes Avortement ilégal Avortement légal Source: données estimées pour 2008 sur l'avortement à risques, OMS, 2011 ; données sur la législation : Base de données de la Carte sur la SDSR en Afrique et en Espagne, 2011
  7. 7. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement que : - Choisir combien d'enfants ont veut et quand les avoir est un des Droits que le gouvernement s'est engagé à promouvoir (CEDAW, Plan d'Action du Caire). - L'avortement est responsable de la moitié des décès maternels en Afrique. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - D'être courageux et d'entamer un processus de dialogue social pour dépénaliser l'avortement. - D'augmenter le pourcentage de dépenses publiques consacrées à la Santé Sexuelle et Reproductive pour garantir l'accès à des méthodes efficaces de planification familiale. Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis- à-vis des décideurs politiques. Par conséquent, vérifiez si votre pays possède des données sur les avortements pratiqués, le nombre de décès liés aux avortements, etc. - Si votre pays n'en possède pas, faites pression pour que ce soit le cas. - S'il en possède, comparez-les avec d'autres pays de votre région pour voir si votre pays doit être "montré" du doigt. Les journalistes sont friands d'exemples illustratifs: diffusez vos données avec une explication des conséquences des avortements à risques sur les femmes et les filles et sur la société en général. MAP OF SEXUAL AND REPRODUCTIVE HEALTH AND RIGHTS IN AFRICA AND SPAIN | 7 DÉCÈS MATERNELS EN AFRIQUE, L'AVORTEMENT RÉGION.
  8. 8. Comme le reconnaissent de nombreux instruments et accords internationaux, la mortalité maternelle est un indicateur clair d'inégalité, de pauvreté, de manque d'attention médicale adéquate et elle constitue une violation grave des droits fondamentaux des femmes. Pour toutes ces raisons, l'amélioration de la santé maternelle est l'un des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement, adoptés par la communauté internationale en 2000, comme prioritaires dans l'action politique. L'OMD 5 consiste à réduire entre 1990 et 2015 le taux de mortalité maternelle de trois quarts. La mortalité maternelle porte atteinte au droit à la vie et au droit à la santé des femmes, droits reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits Humains et dans le Pacte International des Droits Économiques, Sociaux et Culturels. En Afrique Subsaharienne, la mortalité maternelle continue à être élevée, ce qui a pour conséquence de porter atteinte aux droits fondamentaux des femmes dans la région. Selon la Commission de la Condition de la Femme des Nations Unies (2011), malgré les progrès réalisés depuis la déclaration des OMD, en Afrique Subsaharienne une femme court le risque, dans 1 cas sur 31, de mourir de complications évitables ou traitables pendant la grossesse et à l'accouchement, contre 1 sur 4  300 dans les régions développées. En Afrique de l'Est et de l'Ouest, les chiffres de la mortalité maternelle se situent parmi les plus élevés du monde, de l'ordre de 500 à 1 000 morts maternelles pour 100 000 naissances vivantes en 2005 (OMS, UNICEF, FNUAP et Banque Mondiale, 2007). Parmi les 11 pays analysés, l'Éthiopie est le pays ayant le taux de mortalité maternelle le plus élevé, avec 673 morts pour 100 000 naissances vivantes, suivie du Niger, de l'Angola et de la République Démocratique du Congo. Les autres pays montrent des taux similaires, situés entre 400 et 500 morts pour 100 000 naissances vivantes, très proches du taux moyen en Afrique, à l'exception du Cap Vert qui possède un taux très bas, de 94 morts pour 100 000 naissances vivantes, plus proche des pays industrialisés (taux moyen : 20) que des pays de son entourage géographique. 8| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE LA MORTALITÉ MATERNELLE CONTINUE À ÊTRE DROITS FONDAMENTAUX DES FEMMES. LES NOMBRE DE PAYS AFRICAINS ONT PRIS DES Source : pour CV, AN et GB, OMS et al. (2007), les autres pays : Enquêtes Démographiques et de Santé : NB and KN 2008, RDC 2007, NI et ML, 2006, SN et ET, 2005, MZ 2003 0 100 200 300 400 500 600 700 C AP VERT G AM BIE SÉNÉG AL M O ZAM BIQ UE NAM IBIE M ALI KENYA RD C O NG O ANG O LA NIG ER ÉTHIO PIE 673648 610 549 488464449 408401400 94 Graphique 2. La mortalité maternelle reste élevée en Afrique décès pour 100,000 naissances vivantes
  9. 9. La lutte contre la mortalité maternelle est une priorité dans de nombreux pays africains qui ont déjà pris des mesures dans ce sens. De nombreux pays africains (voir Carte), dont la plupart des 11 pays analysés dans ce document, ont lancé par exemple la Campagne pour l'Accélération de la Lutte contre la Mortalité Maternelle en Afrique (voir tableau 1.) Source : FNUAP, 2010. Tableau 1. CARMMA La Campagne pour la Réduction Accélérée de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA) a été lancée en mai 2009 par les Ministres de la Santé de l'Union Africaine, en collaboration avec le FNUAP et d'autres organisations internationales. L'objectif principal est de sauver la vie des mères et des nouveau-nés qui meurent des conséquences de l'accouchement en Afrique. En lançant CARMMA, les pays s'engagent à : • Renforcer le système de santé avec des services intégrés de santé maternelle et infantile, et la cohérence des politiques sanitaires et de développement ; • Atteindre l'engagement pris à Abuja (15% du budget national en Santé) ; • Faire pression sur le Fonds Mondial de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose, pour qu'il inclut le financement de la lutte contre la mortalité maternelle et infantile ; • Établir des mécanismes de suivi et d'évaluation (par exemple à travers l'élaboration d'un rapport annuel de progrès coordonné par l'Union Africaine ) ; • Institutionnaliser une semaine annuelle d'événements autour de CARMMA pendant 4 ans. Le mouvement de femmes a eu un rôle important dans la promotion de CARMMA. En 2010, par exemple, des organisations de femmes de toute l'Afrique ont organisé une caravane pour la Santé Maternelle qui a traversé l'Afrique de l'Est, afin de sensibiliser sur la problématique et d'impliquer les acteurs principaux dans la mise en marche de solutions pour la réduction de la Mortalité Maternelle. Source : élaboration propre. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 9 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement que : - La mortalité maternelle porte atteinte aux droits humains des femmes : le droit à la vie et le droit à la santé (Déclaration Universelle des Droits Humains). - La lutte contre la mortalité maternelle est l'un des Objectifs du Millénaire pour le Développement que votre gouvernement s'est engagé à atteindre. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - De commencer par lancer CARMMA, s'il ne l'a pas encore fait (Par exemple : le Niger et le Mali) - d'augmenter le pourcentage de dépenses publiques consacrées à la santé, et à la santé sexuelle et reproductive, selon les engagements d'Abuja. - d'augmenter le nombre de sages-femmes et de personnel médical dans le système de santé Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis- à-vis des décideurs politiques. Donc, vérifiez si votre pays les possède et, - sinon, faites pression pour qu'il les ait. - S'il en possède, comparez-les avec d'autres pays de votre région pour voir si votre pays doit être "montré" du doigt. Les journalistes apprécient les exemples illustratifs. Diffusez vos données avec une explication des conséquences de la mortalité maternelle pour les femmes et pour la société en général. - D'autres indicateurs utiles dans votre travail de plaidoyer pourraient être : Le % de naissances assistées par du personnel sanitaire qualifié, le % de jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans ayant déjà été enceintes, etc. ÉLEVÉE EN AFRIQUE ET PORTE ATTEINTE AUX BONNES NOUVELLES SONT QU'UN GRAND MESURES POUR LA RÉDUIRE.
  10. 10. La santé sexuelle et reproductive des adolescents exige l'attention des décideurs politiques et des activistes en Afrique, car plus de la moitié des grossesses des adolescentes dans le monde se produisent dans cette région. Selon l'OMS (2008), trois des sept pays ayant le plus haut taux de grossesses des adolescentes dans le monde se trouvent en Afrique (le Nigéria, l'Éthiopie et la RDC). Par ailleurs, plus de la moitié des femmes de 15 à 19 ans qui accouchent tous les ans dans le monde se trouvent en Afrique Subsaharienne. La proportion de femmes qui sont tombées enceintes avant l'âge de 15 ans varie énormément entre les pays, avec par exemple au Rwanda un taux de moins de 1 pour 100, et au Mozambique, de plus de 12% (OMS, 2008). Sur les 11 pays analysés, le Mozambique, le Mali et le Niger présentent les taux les plus élevés de grossesse des adolescentes, se situant autour de 40%. La grossesse des adolescentes exige une attention urgente des décideurs politiques et des activistes en Afrique, non seulement en raison des taux de prévalence, mais également en raison des conséquences dramatiques que cela a sur les filles et la société en général (voir tableau 2). Le mariage précoce, une des causes principales de la grossesse des adolescentes en Afrique, est très fréquent dans de nombreux pays africains. Cependant, les gouvernements prennent des mesures pour lutter contre cette situation, principalement à travers la législation. Comme le montre la graphique 4, beaucoup plus de filles que de garçons sont mariées précocement dans les pays analysés. En général, les mariages avant l'âge de 18 ans persistent encore, spécialement pour les filles. Le Niger, le Mozambique et l'Éthiopie présentent des pourcentages extrêmement élevés de filles mariées avant l'âge de 18 ans (74,5%; 56% et 49% respectivement). La proportion la plus basse de mariages précoces se trouve au Mali et au Sénégal. À l'exception du Mali et de la Gambie, et Tableau 2. Conséquences de la Grossesse Précoce Les grossesses précoces ont des conséquences sérieuses sur les filles, leurs familles et les sociétés en général. Cela inclut par exemple : - un risque accru de mortalité maternelle et infantile ; - une vulnérabilité accrue au VIH et à d'autres ISTs ; - u n n i v e a u d ' i n s t r u c t i o n l i m i t é c o m m e conséquence du décrochage scolaire ; - un manque de qualifications professionnelles pour saisir les opportunités économiques dans le futur. Source : Élaboration propre 10| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE DES AFRIQUE. LA MOITIÉ DES GROSSESSES DES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE. Sources : Enquêtes Démographiques et de Santé : NB et KN 2008, RDC 2007, NI et ML, 2006, SN et ET, 2005, MZ 2003 0 10 20 30 40 50 MOZAMBIQUE NIGER MALI DR CONGO SÉNÉGAL KENYA ÉTHIPIE NAMIBIE Figure 3. Les grossesses adolescentes restent élevées % de jeunes filles de 15 à 19 ans ayant déjà été enceintes
  11. 11. du Niger sur lequel aucune donnée n'est disponible, tous les pays analysés ont adopté des lois pour protéger les femmes contre les mariages précoces. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 11 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement que : - les garçons et les filles ont le droit de vivre leur jeunesse, et que par exemple les mariages précoces sont une violation des droits humains fondamentaux. - investir pour les jeunes femmes c'est investir pour le futur  : la réduction des grossesses des adolescentes, contribuera à constituer une force de travail saine et apte, et réduira notamment la propagation du VIH/SIDA. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - d'inclure dans la constitution ou la législation nationale la protection des femmes contre le mariage précoce si cela n'est pas déjà fait. - de concevoir, de budgétiser et de mettre en œuvre une stratégie ou un plan pour la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescentes. - d'investir dans des activités extra-scolaires pour aider les jeunes et leurs parents à comprendre le désavantage de la parenté précoce et l'importance du développement des capacités vitales avant celles de la parenté. - d'inclure l'éducation sexuelle au programme scolaire. - d'adopter des lois pour punir le harcèlement sexuel dans les écoles et de mener le suivi de leur mise en application. Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis-à-vis des décideurs politiques. - Vérifiez s'il existe des données sur l'incidence des grossesses précoces et des mariages précoces dans votre pays, et utilisez-les pour faire des comparaisons avec les pays de votre région ou du monde. Voyez comment votre pays transmet et divulgue les informations au public et aux médias. - S'il n'y a pas de données disponibles, dites à votre gouvernement de commencer à les recueillir. - D'autres indicateurs qui peuvent vous aider dans votre travail de plaidoyer sont : l'âge du premier rapport sexuel, l'accès aux informations et aux services en lien avec à la santé et les droits sexuels et reproductifs, notamment les moyens de contraception et l'avortement, les taux de violence sexuelle chez les adolescentEs, etc. JEUNES EXIGE UNE ATTENTION URGENTE EN ADOLESCENTES DANS LE MONDE SE PRODUISENT 0 10 20 30 40 50 60 70 80 NIGER SÉNÉGAL MALI NAMIBIE MOZAMBIQUE ÉTHIOPIE KENYA Graphique 4. Davantage de filles que de garçons se marient jeunes % de femmes qui se marient avant 18 ans % de femmes qui se marient avant 18 ans Sources : Enquêtes Démographiques et de Santé : NB et KN 2008, RDC 2007, NI et ML, 2006, SN et ET, 2005
  12. 12. Des taux élevés de fertilité, ainsi que le désir explicite des femmes d'avoir moins d'enfants signalent un problème d'accès aux services de planification familiale en Afrique. Parmi les pays analysés, le Niger, avec 7,1 enfants/femme en moyenne, et le Mali, avec 6,6 enfants/femme, présentent les taux de fertilité les plus élevés, suivis de la RDC, avec 6,3 enfants/femme en moyenne. De plus, ces taux élevés cachent des différences entre les zones rurales et urbaines, et augmentent significativement chez les femmes des zones rurales. Le pays ayant le plus faible nombre d'enfants par femme est le Cap Vert, soit 3,1 enfants. De tous les pays analysés, à l'exception du Niger et du Sénégal, les femmes voulaient un nombre d'enfants inférieur. L'utilisation des contraceptifs est faible, et le type de méthode utilisée signale une implication faible des hommes dans la planification familiale. Bien que leur utilisation ait augmenté lors des deux dernières décennies de 17% à 28%, l'utilisation des contraceptifs en Afrique est limitée à moins de 30% de la population, en comparaison à 70% en Amérique Latine ou en Asie (OMS, 2011). Parmi les pays analysés, la pilule est la méthode contraceptive moderne la plus utilisée, suivie de l'injection. Le préservatif masculin est la méthode moderne la plus utilisée dans un seul des 11 pays analysés, soit la République Démocratique du Congo. En marge des problèmes d'accès, ces données indiquent un rôle passif des hommes dans la planification familiale dans la plupart des pays. Il y existe par conséquent un large secteur d'action des politiques publiques pour l'amélioration de l'accès et de l'implication des hommes dans la planification familiale dans de nombreux pays en Afrique. 12| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE L'AFRIQUE EST LA RÉGION OÙ L'UTILISATION DE LA 3 FEMMES SUR 10 EN UTILISENT. UN PLUS GRAND ACCÈS VIE DES FEMMES ET DE NOMBREUX AUTRES INDICATEURS DE CAP VERT NAMIBIE KENYA ÉTHIOPIE MOZAMBIQUE RD CONGO SÉNÉGAL MALI NIGER 0 2 4 6 8 10 12 Graphique 5. Faible accès à la planification familiale en Afrique Nombre idéal d'enfants selon les hommes Nombre idéal d'enfants selon les femmes Nombre d'enfants par femme Sources : Enquêtes Démographiques et de Santé : NB et KN 2008, RDC 2007, NI et ML, 2006, CV, SN et ET, 2005, MZ 2003 Tableau 3. Fertilité et Développement En plus de limiter les droits des femmes (droit à la santé sexuelle et reproductive, et donc à des options reproductives libres et responsables, et dans certain cas, droit à la vie), les taux élevés de fertilité peuvent empêcher la réalisation d'autres objectifs de développement d'un pays. Les pays les plus pauvres présentent les taux de fertilité les plus élevés. La fertilité précoce limite l'accumulation de capital humain (éducation) et la capacité future de générer des revenus chez les femmes. Cela affecte également la propagation du VIH/SIDA et la mortalité maternelle, ce qui a un impact négatif sur la capacité d'un pays à atteindre les OMD. Source : élaboration propre.
  13. 13. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 13 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement que : - Choisir combien d'enfants on veut et quand les avoir est l'un des droits qu’il s'est engagé à promouvoir (CEDAW, Plan d'Action du Caire). - Les méthodes de planification familiale efficaces réduisent la mortalité maternelle, la mortalité infantile, le VIH/SIDA, le nombre d'avortements et d'avortements à risques, et augmentent les opportunités sociales et économiques des femmes, des filles et de toute la société. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - d'augmenter le pourcentage de dépenses publiques consacrées à la Santé Sexuelle et Reproductive pour garantir l'accès à des méthodes efficaces de planification familiale, et de respecter l'engagement d'Abuja de consacrer 15% des dépenses publiques à la Santé. - de rendre accessibles les méthodes contraceptives dans les centres sanitaires et hospitaliers publics, gratuitement ou à des prix subventionnés, spécialement dans les zones rurales. - d'inclure des éléments pour la Santé Sexuelle et Reproductive dans les campagnes de santé communautaires. - ou, à votre Président, s'il s'agit d'un homme, ou à des leaders masculins, comme des sportifs ou des artistes, de mener une campagne de sensibilisation dirigée spécialement vers les hommes, sur l'importance de l'utilisation des contraceptifs. Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis-à-vis des décideurs politiques. Donc, vérifiez si votre pays les possède et, - sinon, faites pression pour qu'il les ait. - S'il en possède, comparez-les avec d'autres pays de votre région pour voir si votre pays doit être "montré" du doigt. Les journalistes sont friands d'exemples illustratifs: diffusez vos données avec une explication des conséquences du manque de moyens de planification familiale efficaces pour le bien-être et la santé des femmes et des filles et pour la société en général. - D'autres indicateurs utiles dans votre travail d'impact pourraient être : la relation entre l'utilisation de méthodes efficaces de planification familiale et la réduction de la mortalité maternelle, infantile, du VIH/SIDA, des avortements à risques, etc. Source : Utilisation Mondiale des Contraceptifs 2010, OMS, 2011 0 5 10 15 20 25 CAP VERT GAMBIE SÉNÉGAL NIGER MALI ANGOLA NAMIBIE KENYA ÉTHIOPIA MOZAMBIQUE RD CONGO 3 4,9 9,9 21,621,8 2,22,93,03,6 6,5 21,4 Graphique 6. La planification est une affaire de femmes % des femmes qui utilisent la pilule (méthode anticonceptive la plus utilisée) % des femmes qui utilisent l'injection (méthode anticonceptive la plus utilisée) % d'hommes qui utilisent le préservatif (méthode anticonceptive la plus utilisée) CONTRACEPTION EST LA PLUS BASSE DU MONDE. MOINS DE AUX CONTRACEPTIFS AIDERAIT À AMÉLIORER LA QUALITÉ DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE.
  14. 14. La violence fondée sur le genre, dans ses différentes formes, constitue encore l'un des problèmes les plus graves des femmes en Afrique, en raison de son taux de prévalence et des conséquences sur la vie et les droits fondamentaux des femmes. Malgré les difficultés pour en mesurer la prévalence, étant donnée la rareté des données, particulièrement difficiles à obtenir, différentes études signalent une prévalence élevée de violence physique, sexuelle et psychologique contre les femmes et les filles, associées à des pratiques telles que la violence domestique, les agressions sexuelles, la traite à des fins d'exploitation sexuelle, le harcèlement, le mariage précoce et/ou forcé, les crimes d'honneur et les mutilations génitales féminines notamment. En Afrique du Sud, toutes les six heures, une femme meurt sous les coups de son compagnon (Mathews et. al., 2004) ; et en RDC, il y a environ 1 100 cas de viols tous les mois selon les Statistiques des Nations Unies de 2010. Les données sur les Mutilations Génitales Féminines sont dramatiques dans certains pays africains. 85% des femmes au Mali, et 74% en Éthiopie ont été victimes de Mutilation Génitale Féminine. Dans d'autres pays, comme le Kenya et le Sénégal, cette pratique existe aussi, mais en moindre mesure, et, selon les données disponibles au Niger, le pourcentage est nettement inférieur. Des facteurs socioculturels complexes se trouvent derrière l'existence et le fort taux de prévalence de MGF en Afrique, tandis que l'accès progressif des femmes et des filles à des niveaux supérieurs d'éducation s'est avéré être un moyen efficace pour réduire ce grave problème. La plupart des pays analysés possèdent des législations qui protègent les femmes contre la violence fondée sur le genre, mais moins de la moitié a mis en pratique des plans spécifiques pour la combattre. Dans tous les pays analysés, à l'exception de l'Angola et de la Gambie (et le Niger sur lequel il n'existe pas de données), la Constitution protège les femmes contre la violence fondée sur le genre. Dans 8 pays sur les 11 analysés (nous ne disposons pas de données sur le Niger, la Gambie et l'Angola), la Constitution ou la Législation Nationale punit spécifiquement la violence sexuelle à travers l'établissement de peines contre le viol. De plus, 5 pays possèdent une loi spécifique sur la violence fondée sur le genre (le Cap Vert, la Namibie, l'Angola, le Mozambique et le Kenya, mais nous ne possédons pas de données sur la RDC), et 5 pays des 11 analysés ont interdit par la loi la MGF. Par ailleurs, certains pays ont même approuvé une législation sur des questions telles que la traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle. C'est le cas du Cap Tableau 4. La Violence à l'égard des Femmes "[...] les termes "violence à l'égard des femmes" désignent tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée". L'Article 1 de la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, 1993. 14| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE LA VIOLENCE FONDÉE SUR LE GENRE EST L’UN EN AFRIQUE. MALGRÉ LES PROGRÈS LÉGISLATIFS BEAUCOUP À FAIRE SUR LE TERRAIN. 0 20 40 60 80 100 MALI ÉTHIOPIE SÉNÉGAL KENYA NIGER Graphique 7. La Mutilation Génitale Féminine est une pratique encore généralisée dans certains pays % des femmes âgées de 15 à 49 ans ayant été victimes de MGF Source : Enquêtes Démographiques et de Santé : NI et ML, 2006, SN et ET, 2005, KN 2008
  15. 15. Vert, de la Gambie, du Mozambique, de l'Éthiopie, du Kenya et de la RDC. L'application de la législation contre la violence de genre, à travers des plans spécifiques ou des stratégies, a eu néanmoins un impact plus limité. Seulement quatre des pays analysés (le Cap Vert, la Namibie, l'Angola et le Mozambique) possèdent ce type d'instruments, ce qui indique un problème de divergence entre les mesures législatives et leur application. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 15 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement que : - Plusieurs des traités internationaux qui ont été signés (Plateforme de Beijing pour l'Action, entre autres) établissent que la violence fondée sur le genre porte atteinte de diverses façons aux droits humains des femmes et des filles. - en plus de porter atteinte aux droits humains et de représenter un coût économique élevé. Selon la Banque Interaméricaine de Développement, le coût total de la violence domestique oscille entre 1,6% et 2% du PIB d'un pays. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - de signer les accords internationaux qu'il n'a pas encore signés (ex. le Niger et l'Éthiopie : Protocole de Maputo). - d'augmenter le financement pour la prévention et la prise en charge des survivantes de la violence. - d'imiter les bonnes pratiques qui existent déjà dans d'autres pays dans le travail avec le système judiciaire, la police et la communauté pour lutter contre la violence fondé sur le genre. Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis-à-vis des décideurs politiques. Obtenir des données pour mesurer la violence fondée sur le genre est particulièrement difficile. Donc, vérifiez si votre pays les possède et, - sinon, faites pression pour qu'il les recueille, en lui donnant l'exemple d'autres pays qui ont incorporé la violence fondée sur le genre à leurs systèmes statistiques (par exemple : l'Afrique du Sud, le Kenya, le Cameroun, le Malawi, le Rwanda, le Liberia, la Côte d'Ivoire, le Zimbabwe, l'Ouganda, le Mali, la RDC ou la Zambie). - S'il en possède, comparez-les avec d'autres pays de votre région pour voir si votre pays doit être "montré" du doigt. Les journalistes sont friands d'exemples illustratifs: diffusez vos données avec une explication des conséquences de la violence fondée sur le genre pour le bien-être et la santé des femmes et des filles et pour la société en général. - D'autres indicateurs utiles dans votre travail d'impact pourraient être : le coût de la violence domestique en % du PIB de votre pays, ou dans les pays voisins, si le vôtre ne possède pas encore ces données. Il existe une législation contre la Violence fondée sur le Genre Il existe une loi sur la violence fondée sur le genre La loi protège spécifiquement contre la MGF Il existe un plan national ou une stratégie contre la violence fondée sur le genre CAP VERT NIGER SÉNÉGAL MALI GAMBIE NAMIBIE ANGOLA MOZAMBIQUE ÉTHIOPIE KENYA RD CONGO Graphique 8. La plupart des pays possèdent des instruments pour combattre la VFG Source : Base de données de la Carte sur la SDSR en Afrique et en Espagne, 2011 DES PROBLÈMES LES PLUS GRAVES DES FEMMES POUR LUTTER CONTRE CELA, IL RESTE ENCORE
  16. 16. La prévalence du VIH/SIDA reste élevée en Afrique. De plus, en Afrique, le VIH/SIDA affecte davantage les femmes, jeunes et moins jeunes. Selon ONUSIDA, il y a en Afrique Subsaharienne 22 millions de personnes qui vivent avec le VIH, ce qui représente deux tiers du total mondial (ONUSIDA, 2008a). Ce virus est la cause principale de mort dans la région, et décime la population, les familles et les communautés (ONUSIDA, 2008b). Selon les données d'ONUSIDA pour 2011, l'Afrique de l'Est et le Sud de l'Afrique continuent à être les zones les plus affectées par l'épidémie de VIH. Selon le FNUAP, environ 60% des personnes qui vivent avec le VIH en Afrique sont des femmes. Parmi les 11 pays analysés, partout, sauf au Cap Vert et au Niger, la prévalence est plus élevée chez les femmes que chez les hommes. La plus grande brèche de genre peut être constatée au Mozambique, ou 13,1% des femmes sont infectées, contre 9,2% des hommes, et en République Démocratique du Congo, 1,6% des femmes, contre 0,9% des hommes. Cette tendance est retrouvé dans la population jeune où, dans la majorité des pays, il y a chez les jeunes femmes un taux de prévalence plus élevé que chez les hommes (graphique 9). Les cas de la Namibie et du Mozambique sont particulièrement alarmants, avec une jeune femme infectée sur 10. Les inégalités et la discrimination à l'égard des femmes sont en partie responsables d'un taux plus élevé de prévalence du VIH/SIDA chez les femmes. Le manque d'information sur les méthodes de prévention, la situation de subordination face aux hommes dans la prise de décision sur la sexualité, les agressions sexuelles et le manque de liberté sexuelle sont des facteurs clés dans la propagation de l'infection chez les femmes en Afrique. Par exemple, l'utilisation restreinte de contraceptifs masculins, la seule méthode contraceptive qui prévient 16| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE LE VIH/SIDA EST UN PROBLÈME SÉRIEUX EN PARTIE EN R A I S O N DE LA SITUATION DE 0 7,5 15,0 22,5 30,0 CAP VERT NIGER SÉNÉGAL MALI RD CONGO ÉTHIOPIE KENYA MOZAMBIQUE NAMIBIE Graphique 9. Le VIH/SIDA affecte davantage les femmes Prévalence du VIH/SIDA chez les femmes Prévalence du VIH/SIDA chez les hommes Prévalence du VIH/SIDA chez les jeunes femmes Prévalence du VIH/SIDA chez les jeunes hommes Sources : Enquêtes Démographiques et de Santé : NB et KN 2008, RDC 2007, NI et ML, 2006, CV, SN et ET, 2005, MZ 2003
  17. 17. l'infection, met en évidence cette situation. Dans les 11 pays analysés, lorsque des méthodes contraceptives modernes sont utilisées, ce sont surtout des méthodes féminines : la pilule au Cap Vert, au Niger, au Sénégal, en Gambie, en Angola et au Mozambique, et l'injection en Namibie, en Éthiopie et au Kenya. En RDC, le pays où le préservatif masculin est le plus utilisé, seulement 3% de la population l'utilise. Ces données signalent le besoin d'agir pour un plus grand accès à l'information et de travailler pour améliorer le pouvoir de prise de décision des femmes sur les décisions en lien avec leur sexualité. L'éducation affective-sexuelle des femmes et des hommes est une autre des recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé. Les bonnes nouvelles sont qu'un grand nombre de pays africains agissent pour changer les choses et la lutte contre le VIH/SIDA trouve progressivement sa place dans les programmes et politiques publics africains. Malgré les épisodes de négation institutionnelle de l'épidémie qui ont fait tant de mal à la lutte contre l'épidémie dans des pays comme l'Afrique du Sud, il y a de plus en plus de pays qui possèdent des politiques publiques et des plans de santé spécifiques pour enrayer le VIH/SIDA. Sept des 11 pays analysés, le Cap Vert, le Niger, le Sénégal, l'Éthiopie, le Kenya et la RDC ont des sections spécifiques sur le VIH/SIDA dans leurs plans de santé. La Gambie n'en a pas, et pour le reste des pays, il n'y a pas de données disponibles. En général, il a été démontré que les pays qui ont reconnu ou fait des efforts pour faire face à l'épidémie à travers leurs politiques publiques depuis le début ont été les plus efficaces dans la réduction de cette infection. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 17 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement que : - Le VIH/SIDA met en danger l'avenir de votre pays. En plus de supposer une violation des Droits Humains, le VIH/SIDA entrave la croissance et le développement futurs en diminuant la capacité productive des hommes et des femmes infectés, en réduisant la rentabilité de l'investissement en éducation, et en augmentant les dépenses publiques de santé. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - de respecter la Déclaration d'Abuja (2001) sur le VIH/SIDA, la tuberculose et les autres maladies infectieuses associées (en consacrant 15% du budget total du pays à la Santé). - d'augmenter le financement pour la lutte contre le VIH/SIDA: par la prévention (éducation affective- sexuelle), la sensibilisation pour la réduction de la discrimination et le traitement des personnes infectées en tenant compte de la perspective de genre. - d'adopter une législation contre la discrimination à l'égard des personnes ayant le VIH/SIDA en milieu professionnel. Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis-à-vis des décideurs politiques. Donc, vérifiez si votre pays les possède et, - sinon, faites pression pour qu'il les ait. - S'il en possède, comparez-les avec d'autres pays de votre région pour voir si votre pays doit être "montré" du doigt. Les journalistes sont friands d'exemples illustratifs : diffusez vos données avec une explication des conséquences du VIH/SIDA sur le bien-être et la santé des femmes et des filles, et pour la société en général. - D'autres indicateurs utiles dans votre travail d'impact pourraient être : l'impact du VIH/SIDA dans le temps sur les indicateurs socioéconomiques ventilés par sexe ; une comparaison entre les chiffres de la violence fondée sur le genre, l'utilisation de méthodes contraceptives et la prévalence du VIH/SIDA. AFRIQUE QUI AFFECTE PLUS LES FEMMES, EN DISCRIMINATION ET D'INÉGALITÉ QU'ELLES VIVENT.
  18. 18. L a c r i m i n a l i s a t i o n d e l'homosexualité se maintient avec force dans de nombreux pays d ' A f r i q u e e t l e s p e r s o n n e s homosexuelles font face à des persécutions et à la violence de la police, des fonctionnaires, des hôpitaux et des organisations communautaires. Bien que la Charte Africaines des Droits de l'Homme et des Personnes (1981) ait été ratifiée par 50 pays dans le cadre de l'Union Africaine, condamnant de ce fait la discrimination et apportant certains droits aux LGTB, la situation en Afrique reste précaire pour les droits de la population LGTB. La discrimination contre les LGTB se présente sous de nombreuses formes et dans de nombreux pays (voir tableau 5). 18| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE LA POPULATION LGTB SOUFFRE ENCORE DE NOMBREUSES RÉGIONS DE L'AFRIQUE. CE QUI CERTAINS PAYS, CETTE DISCRIMINATION EST NIGER SÉNÉGAL MALI GAMBIE NAMIBIE ANGOLA MOZAMBIQUE ÉTHIOPIE KENYA RDC Graphique 10. Être homosexuel est illégal dans de nombreux pays en Afrique Les relations entre hommes sont légales Les relations entre hommes sont illégales Les relations entre femmes sont légales Les relations entre femmes sont illégales Source : Base de données de la Carte sur la SDSR en Afrique et en Espagne, 2011 Tableau 5. Exemples de violations des droits de la population LGBT en Afrique - Au Cameroun, au Kenya, au Nigéria et en Ouganda, les administrateurs(trices) des écoles, les professeures et autres étudiantes ont participé à l'expulsion de gays et de lesbiennes aussi bien au niveau de l'enseignement secondaire que supérieur. - Au Botswana et au Sierra Leone, les personnes LGTB se sont vues refuser le droit de s'enregistrer dans des ONG. - En Ouganda, le gouvernement a imposé des amendes et la censure à des journalistes, des organismes médiatiques et des groupes de théâtre qui ont osé présenter une perspective neutre ou positive de l'homosexualité. - Dans presque tous les pays africains, des cas d'extorsion et de chantage aux LGTB ont été rapportés, souvent avec la participation des forces de l'ordre. - Au Sénégal, des homosexuels présumés ont été attaqués entre 2008 et 2010. De plus, dix hommes et une femme ont été arrêtés après que leurs photographies dans un mariage privé gay aient été publiées dans une revue. - Le Soudan, le Nigéria et la Mauritanie maintiennent la peine de mort en cas d'actes homosexuels consentis. Source : Voix Pana-africaines pour la Liberté et la Justice, www.pambazuka.org
  19. 19. De plus, dans de nombreux pays africains, ces violations sont autorisées et, dans certains, la discrimination est institutionnalisée. Parmi les 11 pays analysés, il n'y a qu'au Niger, au Mali et en RDC que les relations entre les hommes sont légales, et seulement au Niger, au Mali, en Namibie, au Kenya et en RDC pour les relations entre femmes. De plus, dans aucun des 11 pays comparés, la législation interdit la discrimination basée sur l'orientation ou l'identité sexuelle. En marge des 11 pays analysés, un exemple à souligner est celui de la législation approuvée au Burundi en 2009, qui criminalise les relations entre personnes du même sexe pour la première fois dans l'histoire de ce pays. Dans d'autres endroits, néanmoins, des progrès positifs sont constatés, et en Afrique du Sud, la loi a été modifiée pour améliorer les droits des personnes gays et lesbiennes. MAP OF SEXUAL AND REPRODUCTIVE HEALTH AND RIGHTS IN AFRICA AND SPAIN | 19 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE Vous pouvez dire à votre gouvernement : - qu'il a signé plusieurs traités internationaux (CEDAW, Plateforme de Beijing pour l'Action, notamment) qui protègent les droits humains de la population LGTB. - qu'en n'assumant pas qu'il existe des relations homosexuelles dans le pays, les messages et campagnes sur la prévention du VIH/SIDA seront moins efficaces en ne se concentrant que sur les personnes hétérosexuelles. Vous pouvez demander à votre gouvernement : - d'inclure une législation qui condamne la discrimination contre la population LGTB. - d'éliminer toute législation discriminatoire contre la population LGTB et de légaliser les unions entre personnes du même sexe en garantissant leurs Droits Humains. - de proposer d'inclure une mention spécifique dans la Charte Africaine pour les Droits Humains des LGTB et des Personnes défendant les droits des LGTB. Pour le travail de plaidoyer, les données sont fondamentales. Sans données, nous ne pouvons pas identifier les défis ni mesurer les progrès ou formuler nos revendications et nos messages vis-à-vis des décideurs politiques. Donc vérifiez si votre pays possède des données sur les différents aspects de la discrimination contre la population LGTB et, - sinon, faites pression pour qu'il les ait. - S'il en possède, comparez-les avec d'autres pays de votre région pour voir si votre pays doit être "montré" du doigt. Les journalistes sont friands d'exemples illustratifs : diffusez vos données avec une explication des causes et des conséquences de la discrimination en raison de l'orientation sexuelle, en offrant des propositions clés pour y mettre fin. - D'autres indicateurs utiles dans votre travail de plaidoyer pourraient être : la comparaison entre les accords internationaux et régionaux signés et la cohérence avec la législation nationale en matière de droits de la population LGTB. GRAVES VIOLATIONS DE SES DROITS DANS DE EST LE PLUS PRÉOCCUPANT, C'EST QUE DANS ENCORE LÉGITIMÉE DANS LES INSTITUTIONS.
  20. 20. Les pays africains se sont dotés de plusieurs mécanismes internationaux et régionaux de défense des droits sexuels et reproductifs. Le niveau de ratification des traités, bien qu'il varie entre les différents pays, reste en général assez élevé. Les 11 pays analysés ont signé ou ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), La Convention sur l'Élimination de toutes les Formes de Discrimination à l'encontre des Femmes (CEDAW) et la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE). Tous les pays, excepté le Mozambique, ont signé ou ratifié le Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (PIDESC). Les deux pays qui ont présenté des réserves à propos des traités internationaux en relation à la santé et aux droits sexuels et reproductifs ont été le Kenya (en lien avec le PIDESC, Article 10.2 relatif à la protection des femmes pendant ou après l'accouchement) et le Niger (à plusieurs sections de la CEDAW qui limitent l'engagement du gouvernement avec la Convention). Au niveau régional, l'Union Africaine possède deux instruments principaux pour la défense des droits des femmes : le Protocole de Maputo et la Déclaration Solennelle pour l'Égalité de Genre en Afrique, ratifiées par la majorité des pays. Parmi les 11 pays analysés, tous ont adopté la Déclaration solennelle sur l'Égalité de Genre en Afrique. Tous les pays ont ratifié la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples et tous, à l'exception de l'Éthiopie qui l'a seulement signé, ont ratifié le protocole à la Charte sur l'Égalité de Genre, connu comme le Protocole de Maputo. Le Kenya a exprimé néanmoins des réserves à l'article 10.3 associé aux dépenses militaires et à la promotion des dépenses en développement social et en promotion des femmes et l'article 14.2c associé à l'autorisation d’avorter dans certaines circonstances. 20| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE LES PAYS AFRICAINS POSSÈDENT DES INSTRUMENTS INTERNATIONAL POUR DÉFENDRE LES DROITS RATIFICATIONS EST BON, MAIS LA MISE EN Source : Base de données de la Carte sur la SDSR en Afrique et en Espagne, 2011 0 20 40 60 80 CAP VERT NIGER SÉNÉGAL MALI GAMBIE NAMIBIE ANGOLA MOZAMBIQUE ÉTHIOPIE KENYA RD CONGO Graphique 11. Il existe des mécanismes institutionnels nationaux pour le travail en SDSR Stratégie ou Plan National en SSR Observatoire sur le genre Mécanismes pour la participation de la société civile
  21. 21. Il est plus facile de ratifier un traité et de ne pas le respecter, que de ne pas le ratifier. Cette phrase résume assez bien la situation actuelle en ce qui concerne le respect des traités sur les droits sexuels et reproductifs et les droits des femmes en Afrique. Bien que la plupart des pays aient ratifié les traités, les étapes intermédiaires postérieures à leur mise en œuvre, consistant en la ratification du protocole et l'adaptation de la législation nationale, n'ont pas été menées de façon systématique. Par exemple, le Mozambique, l'Éthiopie et le Kenya n'ont pas ratifié le Protocole Optionnel au PIDCP; l'Éthiopie et le Kenya n'ont pas signé le Protocole Optionnel au CIDE ; la Gambie, l'Éthiopie, le Kenya et la RDC n'ont pas ratifié le Protocole Optionnel à la CEDAW. Aucun pays n'a signé le Protocole Optionnel du PIDESC. Au niveau national, il existe également des instruments et des mécanismes institutionnels pour la défense des droits sexuels et reproductifs, bien qu'il n'y ait pas encore de capacités pour l'amélioration de la mise en œuvre de ceux-ci à travers des structures adéquates. Les 11 pays analysés possèdent une loi, une politique ou une stratégie spécifique pour la santé sexuelle et reproductive, néanmoins, parmi les pays analysés, seulement le Niger, le Sénégal, et le Kenya possèdent des Observatoires pour l'Égalité de Genre, et dans aucun pays il n'y a d'Observatoire des Droits Sexuels et Reproductifs spécifiquement. Le Niger, le Sénégal, la Namibie, le Mozambique, l'Éthiopie et le Kenya comptent avec des mécanismes institutionnels comme le Comité National de Violence de Genre (Namibie), le Conseil National pour le Progrès de la Femme (Mozambique), la Commission Nationale pour l'Égalité et les Droits Humains (Kenya), le Comité National de Pratiques Traditionnelles (Éthiopie) ou les Observatoires Nationaux de la Femme (au Niger et au Sénégal) qui permettent la participation de la société civile dans la discussion de divers aspects des politiques publiques sur l'égalité, certaines d'entre elles liées au DSR. KEY ISSUES FOR POLITICAL ADVOCACY IN SEXUAL AND REPRODUCTIVE RIGHTS IN AFRICA | 21 CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE - Pour promouvoir la Santé et les Droits Sexuels et Reproductifs vous pouvez : - demander à votre gouvernement de signer et/ou de ratifier les traités internationaux et régionaux pertinents pour garantir les Droits Humains, la Santé et les DSR, s'il ne l'a pas encore fait. - composez votre propre Carte avec les informations sur les pays qui ont ratifié les différents traités et utilisez-la pour faire pression sur votre gouvernement afin qu'il ratifie ceux qui peuvent être utiles aux femmes de votre pays. Dites que les pays voisins l'ont déjà fait, et que, si votre gouvernement ne le fait pas, il deviendra un paria sur la scène internationale africaine. - élaborez et diffusez une comparaison des engagements signés et des indicateurs des Droits à la Santé et Sexuels sur le terrain, dans votre pays. Rendez visibles les failles et demandez ce qui a été fait en matière de législation, de mise en œuvre de mécanismes et d'affectation de ressources pour respecter les traités et les accords signés. S U F F I S A N T S A U N I V E A U R É G I O N A L E T SEXUELS ET REPRODUCTIFS. LE RYTHME DES ŒUVRE RESTE ENCORE TRÈS LENTE.
  22. 22. BIBLIOGRAPHIE • Commission de la Condition Juridique et Sociale de la Femme, 2011. 55e session, du 22 février au 4 mars 2011. http://www.un.org/womenwatch/daw/csw/csw55/panels/Panel5- Spanish.pdf • FNUAP, 2010, CARMMA : Soins en Afrique : Aucune femme ne devrait mourir en donnant la vie. FNUAP Bureau Régional pour l'Afrique Johannesburg. http://countryoffice.unfpa.org/ uganda/drive/CARMMABooklet.pdf • FNUAP, 2009, Rapport sur l’application des décisions et recommandations du Conseil de coordination du programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement et du Fonds des Nations Unies pour la population. • www.unfpa.org/webdav/site/global/.../2009/.../pcb_unaids_sp.doc • Mathews S., N. Abrahams, L. J. Martin, L. Vetten, L. van der Merwe et R. Jewkes 2004. “Every Six Hours a Woman is Killed by her Intimate Partner: A National Study of Female Homicide in South Africa”. Groupe de Recherche sur le Genre et la Santé, Conseil de Recherche Médicale. • http://www.saynotoviolence.org/sites/default/files/SP_Say%20NO%20VAW%20Factsheet %20Final.pdf • OMS, 2004, Avortement à Risques. Estimations Mondiales et Régionales de l'incidence de l'avortement à risques et de la mortalité subséquente en 2000. www.who.int/ reproductivehealth • OMS, 2008, Making Pregnancy Safer, Notes, Volume 1, N° 1, Adolescent Pregnancy. http:// www.who.int/making_pregnancy_safer/documents/mpsnnotes_2_lr.pdf • OMS, 2011, Planification familiale, Note descriptive n° 351, avril 2011. • http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs351/es/index.html • OMS, UNICEF, FNUAP et Banque Mondiale, 2007. Mortalité Maternelle en 2005. http:// www.who.int/making_pregnancy_safer/topics/mdg/es/index.html • ONU, 2010. • http://www.un.org/es/women/endviolence/situation.shtml • ONUSIDA, 2008a, Rapport de l'Épidémie Mondiale de VIH. • http://www.dvvimss.org.mx/pdf/informesida.pdf • ONUSIDA, 2008b.http://www.unaids.org/es/resources/presscentre/featurestories/2008/ december/20081203icasada1story • ONUSIDA, 2011. http://www.unaids.org/es/regionscountries/regions/ easternandsouthernafrica/ 22| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE
  23. 23. ANNEXE 1. LISTE DES INDICATEURS DE LA BASE DE DONNÉES DE LA CARTE SUR LA SANTÉ ET LES DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE ET EN ESPAGNE INDICATEURINDICATEUR SOURCE S-1 Indices de Développement Humain PNUD, Rapport sur le Développement Humain, 2010 S-1 Population en-dessous du seuil national de pauvreté UNSTATS, Indicateurs de suivi des OMD, 2008 S-2 Indice d'inégalité de Genre - Valeur -2008 PNUD, Rapport de Développement Humain, 2010 S-2 Indice de parité de Genre UNSTATS, Indicateurs de suivi des OMD, 2011 S-3 Indice de Risques relatifs à la santé génésique Population Action International Report Card, 2007 S-3 Taux de Mortalité Maternelle (TMM) L'Enquête Démographique et de Santé (EDS) pour tous les pays exceptés le Cap Vert, la Gambie et l'Angola. Pour ces pays : OMS, FNUAP, UNICEF et la Banque Mondiale (2010), tendances de la mortalité maternelle. S-3 Causes principales de la mortalité maternelle Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-3 Utilisation des services de santé maternelle Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-4 Taux de Fertilité Totale Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-4 Nombre idéal d'enfants Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-4 Espacement moyen entre les naissances Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-4 Taux de prévalence de la contraception EDS et OMS, Utilisation de la Contraception dans le monde 2010 S-4 Méthode la plus utilisée OMS - Utilisation de la Contraception dans le Monde 2011 S-4 Besoin non satisfait de planification familiale OMS - Utilisation de la Contraception dans le Monde 2011 S-4 Avortement à risques OMS - Taux estimés au niveau régional de l'avortement à risques 2008 S-4 Infertilité primaire EDS - Voir la fin du document pour les détails sur chaque pays S-4 Prévalence du VIH/SIDA Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-5 Jeunes ayant eu une relation sexuelle avant l'âge de 18 ans Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-5 Jeunes mariés à 18 ans Enquête Démographique et de Santé (EDS) CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 23
  24. 24. INDICATEURINDICATEUR SOURCE S-5 Jeunes de 15 à 19 ans ayant déjà été enceintes Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-5 Jeunes séropositifs(ves) (âgé(e)s de 15 à 24 ans Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-6 Cas de Violence Fondée sur le Genre Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-6 Attitudes envers la Violence Fondée sur le Genre Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-6 Prévalence des Mutilations Génitales Féminines Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-6 Attitudes envers les MGF Enquête Démographique et de Santé (EDS) S-6 Traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle Rapport Mondial sur la Traite des Personnes, 2009, Bureau des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC) S-7 Disponibilité de médecins, infirmier(ère)s et sages-femmes Observatoire Africain du Personnel Sanitaire, 2011 S-7 Problèmes dans l'accès aux services de santé Enquête Démographique et de Santé (EDS) I - 1 Statut des traités internationaux Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (2011) I - 1 Traités Internationaux sur les Droits Humains Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (2011) I - 2 Traités Régionaux sur les Droits Humains Union Africaine, 2011 I - 3 Législation Nationale Constitutions Nationales, Codes Pénaux, Codes de la Famille, Lois I - 4 Budget de la santé OMS Statistiques Sanitaires Mondiales 2010 I - 5 Politiques et plans nationaux Documents politiques, rapports I - 6 Politiques et plans nationaux Documents politiques, rapports A-1 Acteurs Étatiques Rapports, entrevues A-2 Acteurs de la Société Civile Rapports, entrevues i Cette publication a été élaborée par Ana Lydia Fernández Layos, et Maria Elena Ruiz Abril. Les auteurs voudraient remercier Khanysa Eunice Mabyeka ses commentaires a une autre version de cet article. Les informations contenues dans cette publication proviennent de la base de données de la Carte de Santé et des Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique et en Espagne élaborée par Adriana Zumaran et Winfred Lichuma dans le cadre du développement de la Carte sur la Santé et les Droits Sexuels et Reproductifs du Réseau de Femmes Africaines et Espagnoles pour un Monde Meilleur. La Carte complète offre une vision panoramique sur la santé et les droits sexuels et reproductifs ainsi que sur les instruments politiques et légaux, les acteurs et les mécanismes de dialogue dans ce domaine en Afrique et en Espagne. Les informations sur la Carte sont divisées en quatre chapitres : la situation en Espagne ; la coopération espagnole en Afrique ; les études de cas de 11 pays africains et une analyse régionale de l'Afrique. Le document Clés pour le Plaidoyer en Droits Sexuels et Reproductifs en Afrique, présente une analyse comparative des 11 études de cas des pays africains. La Carte au complet est accessible dans sa version en ligne à : www.map-srhr.org 24| CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE
  25. 25. CLÉS POUR LE PLAIDOYER POLITIQUE EN DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS EN AFRIQUE | 25Fotos: Javier Martínez de la Varga Design: Marta del Castillo-Olivares

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