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amour du métier, leur passion, et faire partager
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VINS MASIA SERRA DE L’EMPORDA
Au Restaurant Can Pau : Huile et vins de Cantallops
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Massana juin 2014

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Massana juin 2014

  1. 1. Reportage Andreu Capeille. © Photos Andreu Capeille et © Achives masia serra A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   9 A Cantallops : De l’Histoire,… du Vin pillé et, …Incendie Le Cantallops, village de l’Albera, côté sud, est cité pour la première fois en 944 avec le nom de Cantalupis. Du- rant les XIIième , XIIIième et XIVième siècles le vil- lage de Cantallops était connu sous le nom de « Cantalupus », Cantalops, pour terminer en Cantallops. On distingue à l’approche du bourg, une tour d’observation de l’ancienne chapelle du châ- teau, devenue ensuite le clocher de l’église romane de Sant Esteve. Le vin de la guerre : Lors de la guerre France Espagne et ce, le 26 frimaire An II (16 dé- cembre 1793), « …les fantassins français affa- més pillent la nourriture et les tonneaux de vin dans les fermes de Cantallops. Leur posi- tion est éloignée du lieu de rassemblement, le brigadier Bertrand Clauzel décide de se rendre au bourg d’Espolla. Les hommes rassa- siés descendent les berges du ruisseau d’Anyet en direction de Vilartollí lorsqu’ils sont attaqués par les fantas- sins de Lluís Miquel Vivès et y arrivent peu nombreux. Le lendemain matin, les renforts des troupes espagnoles de Lluis Miquel Vivès prennent l’offensive sur les troupes françaises qui regagnent la France par le col de Banyuls ». Cantallops est situé sur un petit plateau de ce versant sud-ouest du pic Neulós, où la rivière de Torrelles prend sa source. La presque totalité de l’agglo- mération est entourée de chênes lièges, et dans un espace réduit, il y a les vignes de Cantallops. Le chêne liège à la fin du XIXième siècle a été une source de revenus grâce à l’usine de bouchons. Bouchons et vin vont bien ensemble. En 2012, le village a subi un incendie terrible qui a brûlé de nombreux hectares de forêts. Les traces, sont toujours visibles encore aujourd’hui, tout le long de la route. L’Arrivée au cellier Masia Serra La route qui va du Perthus (El Portús) à La Jonquera vous amène sur la N-II, dès après la frontière. Puis au 6ième rond-point, tourner à gauche sur la GI-601 en direction de Cantal- lops, situé à 5km. Sur l’autoroute AP-7, prenez la sortie n°1 qui débouche sur la N-II au 1er rond-point, et faites comme indiqué ci-dessus. Traversez totalement le village, et sur votre A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   8 ●●●VINSDEL’ALBERA En ce lieu de l’Albera, si tu bois trop de vin, tu entendras chanter les loups ! En aquest lloc de l’Albera, si hi beus massa vi, oïràs cantar els llops ! MASIA SERRA CANTALLOPS ALT EMPORDÁ « Masia Serra », au pied de l’Albera, à Cantallops, Sílvia et Jaume Serra attendent votre visite au cellier. Armes de Cantallops à l’entrée du village. L’accès a Masia Serra. DES VINS, DES AROMES…AUX ACCENTS D’EMPORIUMVisite pour les groupes possible sur demande (à partir de 10 personnes). « L’Albera, terre de légendes » Le promeneur qui découvre le massif de l’Albera est souvent étonné par les multiples vestiges laissés par nos ancêtres dans cette zone montagneuse et boisée. Dolmens, menhirs, tours, châteaux, chapelles et ermitages sont autant de preuves d’une riche histoire plusieurs fois millénaire. Mais l’Albera, c’est également un pays de contes, de légendes, de superstitions, de rumeurs, d’histoires transmises oralement de générations en générations. En parcourant les rues du village, venez découvrir les traces, réelles ou imaginaires, laissées dans notre mémoire collective par Roland, les sorcières, les géants, les miracles, les trésors cachés,... et bien d’autres secrets ! Durée : environ 1 heure et demie. Visite pour les groupes possible sur demande (à partir de 10 personnes). « Paroles de femmes » Cette visite guidée un peu particulière met à l’honneur les Argelésiennes qui ont vécu au cours du XIXe siècle. Nombreuses photos à l’appui, le guide évoquera le rôle des femmes dans la société roussillonnaise d’alors, les différents métiers et les multiples tâches qu’elles accomplissaient tout au long de leur vie. Durée : environ 1 heure et demie. Visite pour les groupes possible sur demande (à partir de 10 personnes). Encadré pratique Renseignements et inscriptions : Casa de l’Albera / Maison du Patrimoine 4, place des Castellans – 66700 Argelès-sur-Mer Infos. 04 68 81 42 74 casadelalbera@ville-argelessurmer.fr 4 euros par personne (gratuit pour les moins de 13 ans accompagnés de leurs parents). 3 euros par personne pour les groupes (à partir de 10 per- sonnes). Ces visites sont assurées l’été mais également toute l’année sur réservation. « L’ALBERA ANTIQUE » jusqu’au 31 décembre à la Casa de l’Albera L’Albera Antique couvre approximativement la période courant entre le VIIe siècle avant notre ère et le Ve siècle après Jésus- Christ. L’actuelle exposition de la Casa de L’Albera (jusqu’au 31 décembre) est consacrée à cette riche période, tant sur le plan historique (les plus grandes civilisations, tels les Grecs et les Romains, ont laissé leur empreinte sur un territoire déjà occupé de longue date avant leur arrivée par une population autoch- tone très active) que commercial (les échanges dans ce domaine étaient très denses). L’exposition réunit des panneaux explicatifs, des visuels et du matériel archéologique essentiellement prêté par la ville voisine de Port-Vendres. Du matériel trouvé dans le massif des Albères, issu de la collection de la Casa de l’Albera, est également pré- senté au public : amphores, sigillées (vaisselle fine romaine), etc. Informations pratiques Ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 18 h non-stop ; Samedi, dimanche et jours fériés de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h (horaires appliqués jusqu’à la fin septembre). Tarif : 3 euros par personne (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés d’un adulte). Infos. 04 68 81 42 74 casadelalbera@ville-argelessurmer.fr Jean-Marc commente l'histoire devant la Tour Miquel rue des remparts à Argelès. Amphores : Dépot archéologique de Port-Vendres. Animation-culture
  2. 2. avoir un caractère particulier, car je me sentais capable de les amener à un niveau renommé. A partir de là, Sílvia et moi, et avec l’accord de nos parents, notre aventure a pu commencer. » SílviaVilà et Jaume Serra, un seul but : devenir ensemble vignerons ! Jaume, né en 1972, petit-fils d’un négociant- producteur et fils d’œnologue-producteur, était depuis sa tendre enfance baigné dans cet environnement consacré au vin et à l’œnologie. Sílvia, amie d’enfance, toujours inséparable de Jaume depuis leur enfance, avait poursuivi des études de « Gestion et Direction Technique d’entreprises Agricoles- Viticoles », elle était vraiment parfaite pour le seconder dans la mise en route de leur propre cave et, d’en assumer une gestion administra- tive et financière. Tous deux ont su former une équipe très soudée pour réaliser leur rêve : devenir ensemble vignerons ! Aussi bien l’un que l’autre savaient décrire leurs investissements dans un projet devenu réalité et auquel ils donnaient toute leur énergie. Lorsqu’on innove il y a des impératifs finan- ciers et matériels. Le domaine devait s’agran- dir. Planter quelques hectares supplémen- taires devenait une nécessité. Du petit vignoble planté de Grenache en 1961, par le grand-père, puis celles de Simó Serra en 1990, ont suivies les plantations effectuées par Sílvia et Jaume en l’an 2000. D’autres variétés françaises, comme le Cabernet Sau- vignon, le Marselan et le Merlot, font partie aujourd’hui des 12 hectares que constituent l’ensemble du domaine. Qui dit plus de récolte doit prévoir son stoc- kage impérativement, avec des moyens mo- dernes, efficaces et performants. D’où la construction de la nouvelle cave, fonction- nelle et tout à fait étonnante, face au stand de réception. gauche l’entrée de la propriété familiale est devant vous. Sur le pilier de droite est indi- qué pour le moment Can Serra en fer forgé, qui va se transformer sous peu en Masia Serra. A l’intérieur on remarque l’ancienne bâtisse devenu en 1996, cave provisoire pour élever les premiers vins du domaine. Peut-être que dans un futur proche, cette construction pourrait abriter un hôtel rural ? La cave ac- tuelle est située 30 mètres plus loin. Le bâti- ment est composé de deux structures sépa- rées d’une dizaine de mètres, l’une réservée à la réception, l’autre est aménagée pour la vinification. C’est, Sílvia Vilà et Jaume Serra qui m’ont reçu à l’intérieur de la salle d’accueil, devant un décor de bouteilles. Ce lieu paisible nous a permis d’entamer la conversation autour d’un verre de vin doux ! Tout en écoutant nos deux vignerons, je parcourais des yeux les casiers d’exposition garnis de cartons impri- més volontairement en « Noir et Blanc », des bouteilles étiquetées de la même couleur que les cartons et, surprise, quelques bouteilles de vins vides et diverses, dont une, mondia- lement connue « Château Pétrus ». Ma réac- tion a été : pourquoi et que vient faire ici cette célèbre bouteille bordelaise ? De Château Pétrus à Masia Serra. Tout de suite, Jaume en souriant, va répondre à ma question et surtout satisfaire ma curio- sité ! « J’ai suivi la filière viticole, suivie d’abord par mon grand-père puis par mon père Simó Serra. Inscrit à l’Université Rovira i Virgili de Tarragona, j’ai obtenu mon diplôme d’œnologie et pour parfaire ma formation il fallait trouver un domaine viticole qui serait susceptible de me donner une excellente formation les - mains dans le moût - si l’on peut dire ainsi. Mon père, lui-même œnologue, depuis long- temps réputé dans notre région, a toujours travaillé au cellier du « Castell Perelada », qui est la plus importante cave de l’Empordà. Il avait suivi ses cours professionnels dans une Université bordelaise et avait comme copain de promotion, Jean-Claude Berrouet devenu plus tard le célèbre œnologue de Château Petrus (Pomerol-Cru hors classe) à qui, son fils Olivier a succédé aujourd’hui. Grâce à cette relation amicale de mon père, j’ai pu faire mon apprentissage dans ce lieu mythique des vins mondiaux. J’y suis resté un an, de 1995 à 1996 ». « Par la suite j’ai eu envie de monter ma propre cave et élever des vins qui pourraient A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 1A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 0 L’ancienne cave. Le grand-père (l’avi) Jaume, son fils Simó et son petit-fils, Jaume, actuel propriétaire de la Masia Serra avec son épouse Sílvia. La cave au milieu d’un site calme et reposant. Les vignes bien abritées sous l’Albera.
  3. 3. nom d’étiquetage. Jugez vous-même : Gneis, Io, Aroa, Ctònia, et Ino. Il est vrai qu’à la vue des noms inscrits sur les étiquettes, le dégus- tateur s’interroge sur leurs origines. Sílvia nous a révélé le choix de ces noms, sauf le premier, tirés de la mythologie grecque. Le Gneis - Gneiss : est un sol granitique dé- composé, mélangé au mica, au quartz et au feldspath, il donne du caractère et des arômes puissants aux vins de garde. Ce terroir nourrit nos vignes, et donne à ce vin son caractère très minéral. Io : Io, était le cri de joie qu’utilisaient les bacchantes, prêtresses du culte de Bacchus (connu aussi sous le nom de Dionysos). Cette exclamation était aussi utilisée par tous pour célébrer de grandes fêtes et divers triomphes. Aroa : Aroa est une femme qui sort de l’ordi- naire, son itinéraire sera susceptible de la conduire vers de hauts sommets. Ce sera donc un vin profond inspiré de la personna- lité et du caractère de notre fille Aroa. Ctònia : Nom épithète de Déméter, déesse de la fertilité, qui préconise de vénérer un vignoble dont les racines sont incorporées profondé- ment dans le sol. C’est le cas de notre grenache planté en 1961, qui caractérise ce vin. Ino : Déesse marine, Ino servit de mère au Dieu du vin Dionysos. Ce vin, incorpore dans chaque millésime 5% de notre fameuse « barrique mère ». Tous ses vins ont l’appellation d’origine contrôlée : Empordà. Après cette description, Jaume rappela que la typographie et l’impression en « Noir et Blanc » avait été choisie pour rappeler les origines de l’imprimerie faite il y a quelques siècles avec des presses en bois, à une époque où l’impression en couleur n’existait pas. L’histoire de l’Antiquité les passionne ; aucun doute : notre couple nous transmettra à la fois : la mémoire du legs des Grecs qui, il y a 2000 ans nous ont inculqué l’art de la vigne, le savoir-faire de l’homme, ses connaissances du terroir environnemental et une joie de vivre dans la liberté. De l’aviJaume, d’enSimó, fins… al netJaume ! (Depuis le grand-père Jaume… jusqu’au petit-fils Jaume) « Il faut que je vous dise en premier lieu que mon avi (grand-père), s’appelait Jaume comme moi, il est à l’origine de mon investis- sement dans le métier de vigneron. » Voilà pourquoi aujourd’hui c’est son petit-fils Jaume qui me fit découvrir les différentes par- celles et cépages, qu’il avait plantés juste à côté de cellier. Cette première vigne plantée par l’avi, avait la forme d’un L. «Mon père Simó prit la suite et agrandit le domaine en superficie, et d’une seule pièce. C’est nous qui avons dernièrement amélioré et augmen- té le vignoble. Il y a plusieurs types d’aména- gement. La taille en bol, le palissage d’autres variétés et enfin, un arrosage goutte à goutte suivant les températures estivales. Nous prati- quons une viticulture raisonnée. » Argumente Jaume pour parfaire ces explications. Au moment de notre passage fin janvier, la taille de la vigne battait son plein, deux hommes s’affairaient autour des ceps. Il faut du temps pour tailler 12 hectares. L’implanta- tion des vignes de la Masia Serra, forme un quadrilatère d’un seul tenant, qui se trouve aux abords immédiats des bâtiments viti- coles. Elles sont exclusivement situées aux limites du village de Cantallops. Ce tour du propriétaire s’est déroulé en compagnie de « Most » (moût), jeune et docile chien labra- dor de la famille Serra, qui suit constamment ses maîtres. Jaume précisa : « Maintenant, nous avons réussi un parcours satisfaisant, aussi, si à nos débuts Sílvia comme moi, arpentions le terri- toire pour conseiller et surveiller les produc- tions de nos confrères vignerons, aujourd’hui, nous nous limitons dans ces entreprises pour enfin profiter de nos deux enfants, car notre fils Adrià né en 2002 a 11 ans et notre fille Aroa née en 2006 vient de faire 7 ans. Le temps passe très vite, maintenant nous désirons consacrer plus de notre dynamisme à l’Œnotourisme que nous envisageons de développer sur notre Masia ». Œnotourisme ou Eco-tourisme à Cantallops où s’apprécie la « Poésie du silence ». Voilà déjà peu d’années que l’Eco-tourisme est une pratique que l’on retrouve dans beaucoup de sites agricoles ou viticoles. Sílvia et Jaume Le cellier de vinification et la « Bóta mare ». La situation même du lieu de construction a facilité la forme à donner au bâtiment. Ados- sé à la pente d’un terrain, il se trouve tout d’abord de plain-pied au niveau le plus élevé où la mise en bouteilles de la récolte s’effec- tue. En effet, grâce à un camion spécialement aménagé, qui vient chez eux, les vignerons peuvent ainsi, sans trop d’efforts, boucher des milliers de cols en quelques heures. C’est ainsi que se voit sur les étiquettes du celler l’inscription «Elaborat i embotellat per Masia Serra (Elevé et mis en bouteilles à la Masia Serra) ». Le remplissage terminé, les cartons des divers crus sont stockés sur place dans ce magasin climatisé. Au deuxième niveau, la cave de vinification est appuyée contre la roche granitique qui lui donne déjà une fraîcheur incontestable. Elle est constituée de plusieurs cuves en inox, avec des fermetures supérieures permettant de surveiller la pression de fermentation des moûts, et, que l’on peut surveiller de l’étage au-dessus, grâce à une fenêtre coulissante, seule à donner de la lumière au lieu. Au troisième niveau, pratiquement souter- rain, les vins évoluent doucement dans une ambiance constante d’humidité et de tempé- rature. Plusieurs centaines de barriques en chêne français (Allier) sont superposées et contiennent les vins de cépages variés avant leurs mises en bouteille. Dans ce sous-sol, se trouve la fameuse « Bóta mare » (barrique mère) de 1860, qui, par incorporation en solera(1) dans les autres barriques de vin doux, d’environ 5% de celui qu’il contient, améliore considérablement les arômes des autres. Là aussi se décide le coupage à faire, quel sera l’assemblage précis et idéal pour obtenir à coup sûr, la continuité du caractère du vin éle- vé, afin que les personnes habituées à ses arômes, retrouvent constamment les repères de leur mémoire gustative appréciés auparavant. Mythologie Grecque dans le nom des vins élevés à la Masia Serra. « Nous élevons des Rouge, des Blanc et le Vi Dolç (vin doux) qui seul est mis plus tard en demi-bouteilles. Peut-être est-ce anecdo- tique, mais nous produisons également de l’huile d’olive de la variété typiquement cata- lane : l’argudell ». L’originalité des vins a un rapport avec leur A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 3A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 2 L’accueil du cellier. Les différents niveaux de la cave. Les vins Masia Serra : Rouge – Gneis, Aroa, Io. Blanc : Ctònia. Vin Doux : Ino. La “Bóta mare”.
  4. 4. veulent transmettre à ceux qui les visitent leur amour du métier, leur passion, et faire partager à tous, le calme et la sérénité de l’environne- ment immédiat du village de Cantallops. Au cours de la promenade enrichissante dans les cépages du domaine, Jaume me fit visiter une petite construction, qui était aménagée auparavant pour recevoir environ une quin- zaine de personnes. Là, après la visite du vi- gnoble et des installations, les gens parta- geaient autour de la table un repas fait de grillades, ou bien un petit Pica-pica de char- cuterie catalane, favorisant ainsi la décou- verte des divers vins élevés au mas. Enfin, quoi de plus agréable d’effectuer une petite promenade au milieu d’oliviers plu- sieurs fois centenaires formant part, eux aus- si, du paysage de la Masia Serra. Là, une pis- cine creusée dans le sol en pente offre un moyen de se rafraîchir pendant les fortes cha- leurs estivales. Le sol en pente, les bords rele- vés qui le suivent, donnent à ce bassin un effet d’optique amusant : l’eau semble couler vers la partie la plus haute ! Il est bien entendu que ces découvertes vigne- ronnes permettent de goûter et d’apprécier les vins, surtout lorsqu’ils sont commentés par ceux qui les produisent. Plusieurs possibilités sont donc proposées aux visiteurs : La dégus- tation, « tast » en catalan est suivie par un nombre plus ou moins significatif de bou- teilles vendues. C’est le but recherché ! Maintenant ces tasts, se font dans l’accueil de la salle de dégustation « El Recès ». « Nous avons créé ce nouvel espace pour faire parta- ger la magie du vin à nos visiteurs, dans ce cadre fait pour se déconnecter des turbu- lences de la vie moderne ». Il est agrémenté en façade du côté droit de la porte par deux sculptures réalistes de geckos(2) . Cette salle peut re- cevoir jusqu’à 36 personnes dans un espace clair, où nos vignerons vous dé- voilerons tout ce qui les réunit. On y découvre une sculpture de deux mains jointes symbolisant Jaume et Sílvia. Ils unissent leurs mains dans un geste d’amour et d’effort, afin d’atteindre aujourd’hui ce rêve dédié à la vigne et le partager avec leurs enfants : Adrià et Aroa. Tradition et moder- nité émergent en symbiose. Masia Serra sera, n’en doutons pas, un endroit parfait pour passer une journée en famille, pour y faire des ateliers gastronomiques, des cours de dégustation, petits déjeuners, repas, ou encore des réunions d’affaires, conven- tions, etc. Peut-être verrez-vous la fameuse bouteille Château Petrus ? Un « Monde des vins » très prenant, où il faut apprendre à bouger pour montrer son savoir-faire ! Il est important pour un producteur de parti- ciper à des événements gastronomiques pour présenter et faire déguster les vins qu’ils élè- vent. Que cela soit chez eux ou bien dans diverses manifestations : « Nous laissons à la portée des visiteurs l’inté- ressant monde du vin comme l’un des cadeaux de la nature, me dit Sílvia en Français » « Ces diverses interventions auprès d’une large palette de « dégustateurs » font connaitre grâce au bouche à oreille, l’ensemble de notre production qui se négocie pratique- ment sur place », me précisèrent Sílvia et Jaume, « mais nous sommes aussi représentés dans trois continents : Europe – Danemark, Allemagne, Suisse, Belgique, Andorra et Russie. Amérique : Etats-Unis – Chine : Hong-Kong ! » « Le 27 mars à Barcelona, dans le cadre du Salon de l’Alimentation (Alimentària), nous avons présenté nos vins à Terra de Garna- txes, groupés avec d’autres caves ». « On est à l’initiative de « Ruta de Tapes » qui s’est déroulé de fin décembre 2013 jusqu’à fin mars 2014, dans six restaurants de Figueres. Cette action gastronomique avait pour but de faire connaître et déguster les diverses et excellentes « Tapes » servies sur les tables notre région, arrosées par nos vins. A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 5 Ma visite était sur le point de s’achever, quand est arrivé leur ami Nisu Castelló qui venait chercher quelques bouteilles pour son établissement « Can Pau » de Cantallops. (Ce restaurant, est très apprécié et connu, par beaucoup de roussillonnais et de languedo- ciens). Il me dit « Chez nous, nous exposons et vendons les vins des producteurs de notre village que ce soit Masia Serra ou le Celler Vinyes dels Aspres ». (1)- Solera : Procédé de mélange et de vieillissement des vins. Les millésimes sont logés dans une succession de fûts par rangées superposées, dont les contenus sont transvasés et mélangés du plus jeune au plus ancien, au fur et à mesure des prélèvements pour la mise en bou- teilles. (2)- Petit reptile saurien, vivant dans nos régions, à la tête massive et aux doigts garnis de lamelles adhésives. Sur nos façades il guette sa nourriture principale que sont les petits insectes. devant l’ancienne réception de l’Œnotourisme, Jaume et son chien most. Sculptures des geckos. Un lieu agréable pour les dégustations. La passion est là pour Sílvia et Jaume, ils sauront vous la faire partager. VINS MASIA SERRA DE L’EMPORDA Dans cette rubrique de présentation des vins, nous conseillons dans notre « Bon cop de porró » les vins que nous avons plus particulièrement appréciés. En aucune manière, il ne s’agit de notes Aroa 2008 : Appellation Empordà D.O. Cépage : Grenache noir 80% et Marselan 20%. Vendanges manuelles et sé- lection des grappes avant le pressurage. L’élevage se fait pendant 12 mois en barriques de chêne français Vins « Negre ».Vins « Rouge » lGneis 2003 : Appellation Empordà D.O. Cépages : Merlot 43%, Grenache Noir 26%, Cabernet Sauvi- gnon 31%. Caractère original et très méditerra- néenne. Elégant, sa structure est fortement solide, grâce à un vieillissement de 16 mois en fûts de chêne et de plusieurs années en bouteille. Robe d’un rouge soutenu, que les ans n’ont pas dénaturé. En bouche, il est ample et velouté, Ses tanins fondus et ses arômes puissant favorisent une longueur en bouche persistant. 6218 bouteilles de 75 cl et 315 magnums de 150 cl pour ce Gneis de 2003. Un mariage de charcuterie catalane, viande grillée au feu de bois, civet de gros gibier tel sanglier ou chevreuil, fromages de chèvre secs, roquefort, for- meront une union parfaite à la dégustation de ce vin racé. 14,5% vol. Servir de 16 à 18°. Ce blanc Mosst 2013, possède 6 étiquettes différentes à collectionner ! A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 4
  5. 5. VINS MASIA SERRA DE L’EMPORDA Au Restaurant Can Pau : Huile et vins de Cantallops Mosst 2013 : Appellation Empordà D.O. Cépages : grenache blanc 80%, grenache noir 10% et muscat 10%. Mosst est un vin de caractère délicat, tout juste mis en bouteille en avril 2014, pour se déguster dès à présent et profiter des moments de détente estival. Suave au palais et au nez, des arômes persistants de fleurs printanières. Mosst donne une image de fraî- cheur, jeune et amusante, autour de la figure de leur jeune et turbulent chien labrador, appelé Most. Vi Dolç.Vin Doux Ino : Appellation Empordà D.O.Vin doux à la robe « Am- bré ». Ce vin de dessert est vieilli en solera. Il est élevé avec 5% du « baril mère » de 1860. Ce qui lui donne des arômes de miel ou de confiture de fruits de nos régions comme la pêche, l’abricot ou prune blanche. Peut vieillir en cave. Température de service 10/12°. Un vin qui ne se boit pas mais se déguste à petites gorgées. Crèmes catalanes, tartes aux fruits de saison trouve- ront grâce à lui des saveurs en bouche tout à fait extraordinaires. Ce nectar est proposé uniquement en demi-bouteille. 1280 bouteilles de 50cl. N’oubliez surtout pas que le vin contient de l’alcool, son abus est préjudiciable à la santé ! Allier. Robe d’un rouge noir soutenu avec des reflets violacés. Au nez, féminité et douceur de fruits rouges murs. En bouche les notes balsamiques se ressentent et nous offrent une explosion de saveurs granitiques du sol, accompagnées d’arômes de mures. 14,5% vol. Vin de garde. Production du vignoble : 27,50 hl/ha. Production en bouteilles : Production limité à 4.022 bouteilles de 75 cl, et 250 magnums de 150 cl. Une curiosité : Jaume a reproduit sur l’étiquette le tatouage stylisé du prénom de sa fille Aroa ! Tout comme le Gneis il satisfera vos papilles sur vos plats de charcuterie ou de plus élaborés en sauces. Io 2011 : Appellation Empordà D.O. Cépages : Mer- lot 70%, Grenache Noir 15%, Cabernet Franc 10%, Cabernet Sauvignon 5%. Robe : Cerise aux reflets violacés. Nez: Intense où émanent des arômes de fruits rouges de fruits des bois et des notes grillées et minérales. Bouche : Puissant, savoureux, charnu, bonne concentration avec une acidité équilibrée et des tanins fondus bien intégrés.Très persistant dès sa mise en bouche. Ce vin de caractère s’adapte à de très nombreux plats typiquement catalans. Mise en bouteille : 13460 bouteilles de 75 cl, et 350 mag- nums de 150 cl, suivant la production. 14,5% vol. Servir de 16 à 18°. Vi Blanc.Vin Blanc Ctònia 2012 : Appellation Empordà D.O. Planté en 1961, cette vigne produit 23 hl/ha, et 6222 bouteilles. Robe de couleur jaune légèrement teintée de vert. Un niveau élevé de complexité et de saveur très intenses. Il combine des arômes de fruits blancs, de chloro- phylle et de chêne neuf grillé. La bouche a une entrée volumineuse en raison d’un vieillissement de 3 mois en fûts de chêne. Persistance remarquable, apportée par sa pointe d’acidité. Un vin a de la personnalité et est bien structuré. 13% vol. Les poissons grillés sur la braise ou au four, les fruits de mer, trouveront avec ce blanc un accompagne- ment de choix. Servir à 9/10°. Les vins de la Masia Serra ont l’appellation d’Origine : Empordà D.O. Pour visiter ou prendre rendez-vous : Carrer dels Solés 20 – 17708 Cantallops. Les coordonnées GPS : 42º 25’ 26.70» N - 2º 55’ 45.74» E. Tel : 0034 689 703 687 - 0034 689 604 905. Web : www.masiaserra.com e-mail : masiaserra@masiaserra.com Les vins de la Masia Serra, sont en vente au Restaurant « Can Pau » de Cantallops. Mail : info@restaurantcanpau.com. Web : http://www.restaurantcanpau.com A N N A L E S - A N N A L S N °   4 5 - P A G E   1 7 El Passallis de la Roureda, bref historique d’une passerelle chère aux Sorédiens Christian Baillet Longtemps nous l’avons souhaitée, puis attendue, pour qu’enfin elle nous soit rendue, fière de son histoire antérieure comme du réaménagement de ses espaces. La nouvelle passerelle de la Roureda a un an, déjà. Plusieurs fois détruite, puis reconstruite dans le passé, son maintien fit l’objet aussi de controverses et de malentendus entre riverains et municipalité. Récemment, cette question est réapparue sur le devant de la scène avant de prendre la décision de la remplacer. Explorant le lit de la rivière et réunissant les deux principaux quartiers du village en une seule unité, la voilà solidement ancrée et rassurée d’avoir retrouvé sa fréquentation !… Un siècle d’usage confirme l’intérêt que ce passage suscite encore de nos jours. Revenons sur quelques-uns des temps forts d’une année riche en événements mais aussi sur son histoire tumultueuse. Franchissement du Tassio, d’un siècle à l’autre Cet article aurait pu aussi s’intituler « les mésaventures du fran- chissement du Tassio, d’un siècle à l’autre », tant l’usage de cette passerelle est lié depuis fort longtemps à la vie quotidienne de ses riverains. Interrogeons-nous tout d’abord sur la terminologie employée pour la dénommer. Doit-on l’appeler « la passerelle de la Font Sabather » comme cela est consigné dans un registre datant de 1900, en référence à une source naturelle aujourd’hui disparue ? Faut-il dire « la passerelle reliant le Baynat(1) au village », rappe- lant le quartier du Veïnat qu’elle sortait de son éloignement et de son isolement en 1933 ? Ou bien doit-on la désigner suivant le vocable d’aujourd’hui : « la passerelle de la Roureda », dont l’étymologie en Catalan fait allusion à la rouvraie ? Une appella- tion attestée par quelques spécimens de chênes rouvres encore présents de nos jours. Question difficile, dont la réponse ne modifiera certainement pas le cours de son histoire mais qui, à défaut de nous éclairer sur sa dénomination, nous renseigne sur l’environnement dans lequel elle est implantée. En l’absence d’appellation officielle contentons-nous donc de la baptiser « la passerelle » sans autres précisions, à la mode des Sorédiens qui ont pour coutume de la nommer familièrement ainsi. Cette première question évacuée, penchons-nous sur les moyens rudimentaires dont disposaient nos aïeux autrefois pour traverser la rivière. Afin de franchir, ce qui serait plus judicieux d’appeler : le torrent, et en l’absence de technologie suffisante, nos anciens utilisaient des passallis, des ponts molls et des guals (passages à gué ou des ponts en bois). Souvent pour faciliter le passage, ils déposaient dans le fond de la rivière des matériaux de fortune, tels que des galets, ou des branches d’arbres. De simples planches de bois pouvaient également suffire pour constituer une ébauche de passage mais celle-ci était souvent fragile, et elle ne résistait pas aux brusques montées des eaux. Il fallait régulière- ment la reconstruire et requérir à de la main d’œuvre locale, faute de moyens et de ressources suffisants. Durant l’hiver, ou à la suite de violents orages, le passage à gué devenait inutilisable, obli- geant les riverains désireux de rejoindre le village à effectuer un grand détour par le pont. Un inconvénient majeur rencontré à d’autres endroits et dans d’autres cours d’eau, que souligne cette demande formulée en 1902 par des habitants de Lavall. Elle est adressée au Maire en ces termes : «… au moment des crues nous ne pouvons pas rejoindre le bord opposé de la Massana pour accéder au seul puits d’eau potable du hameau… ». 1900 : la belle époque des équipements collectifs …. Afin de remédier à ces difficultés, la décision de construire une passerelle, tout au moins celle d’un ouvrage digne de ce nom, est donc prise le 10 juillet 1900. L’initiative en revient à son nouveau Maire MR A. Vassal, qui dans une délibération du conseil munici- pal nous fait part : « que le conseil municipal s’est réuni en session extraordinaire sous la présidence de A. Vassal maire et des conseillers municipaux présents... Vu le projet dressé par M. le Maire à l’effet de construire une passerelle sur la rivière de Sorède en continuité du chemin vicinal ordinaire n°6(2) … afin de permettre aux habitants des deux rives de communiquer entre eux, considérant que l’exécution de ce projet réclamé depuis longtemps par toute la population est de toute utilité… » Cette édification est d’autant plus justifiée qu’elle correspond à une période d’extension urbaine sur la rive droite du Tassio. En effet en quatre ans, la population s’est accrue de plus d’une cen- taine d’individus(3) , et ce passage est de plus en plus fréquenté. Un document sur le démembrement, effectué en 1901, comptabi- lise 109 maisons pour 110 ménages et 443 individus, ceux-ci pour les seuls quartiers du Campet et du Veïnat concernés par cette édification. Mais ce qui frappe le plus à la lecture des comptes rendus de conseils municipaux de cette époque, c’est la multitude de projets en cours. On y trouve pêle-mêle des chantiers, comme la réfection du sol de la place publique, la construction de nou- veaux puits, ou l’installation de réverbères(4) et de pompes à eau, etc... L’élection récente du nouveau conseil municipal a semble-t-il donné un coup d’élan à la rénovation du village et se manifeste à travers plusieurs arrêtés faits à la population : « Interdiction est faite d’aller laisser s’abreuver les bestiaux à la pompe de la place publique. Les habitants sont tenus d’arroser tous les matins leur devant de maison avant 9h, de ne pas jeter d’immondices dans les rues, et de ne pas faire d’attelages stationnant sur la place publique…. Interdiction de tout déversement des eaux d’évier….obligation de réaliser des puits secs en pierre… » Mais revenons à notre passerelle. Le choix s’est porté sur un Histoire-Viequotidienne

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