SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  27
Télécharger pour lire hors ligne
Les Eco matériaux
 Nous assistons depuis quelques dizaines d’années à
une prise de conscience de la part des pouvoirs
publics, des acteurs économiques et de la société
civile, des conséquences défavorables des activités
humaines sur l’environnement et de la nécessité de
réduire, de manière urgente, ces impacts. C’est
pourquoi, aujourd’hui, à l’échelle internationale, dans
les domaines de l’industrie, de l’énergie, des
transports, de la construction etc. les incitations et les
contraintes sont de plus en plus fortes pour intégrer
les projets à une démarche de développement
durable.
Problématique environnementale
 La définition la plus répandue du
développement durable est celle édictée
en 1987 dans le rapport Brundtland
[BRU87] selon laquelle « le
développement durable est un mode de
développement qui répond aux besoins
des générations du présent sans
compromettre la capacité des générations
futures à répondre aux leurs ».
 Or, aujourd’hui, la capacité des générations
futures à subvenir à leurs besoins est menacée.
Nous nous trouvons dans une situation critique
à plusieurs titres, les plus parlants étant peut
être : la menace d’un réchauffement
climatique, identifié aujourd’hui, par la majorité
des scientifiques, comme une conséquence du
rejet en quantité importante de gaz à effet de
serre (CO2, CH4 etc.) par les activités
humaines ;la raréfaction des ressources
naturelles, dont certaines apparaissent pourtant
à l’heure actuelle indispensables au
fonctionnement de nos sociétés (pétrole, gaz
Eco-conception et éco matériaux
Les principes de l’éco conception
Dans le contexte défini dans les paragraphes
précédents, le secteur du bâtiment se trouve
aujourd’hui face à une nécessité de rénover ses
pratiques et méthodes de conception afin de prendre
en compte les facteurs environnementaux devenus
cruciaux.
Cette nouvelle manière de concevoir et de
dimensionner les bâtiments, encore aujourd’hui
marginale, peut être désignée par le terme d’éco
conception. Au sens le plus large, cette pratique se
fonde sur :
 des critères économiques : ils s’expriment par la prise en
compte du coût global, c'est à- dire la somme des coûts
d’investissement, de fonctionnement et de maintenance
 ainsi que de démantèlement. Il dépend, notamment, de la
durabilité de l’ouvrage,
 - des critères environnementaux : ils concernent la
consommation de matières premières renouvelables ou non,
locales ou acheminées sur de plus ou moins longues distances,
 l’énergie grise des matériaux ou des techniques mis en oeuvre,
l’émission de polluants et/ou de gaz à effet de serre, les
natures et quantité des futurs déchets,
 - des critères liés aux conforts : thermique, hygroscopique,
acoustique et visuel, des critères sanitaires : durant les phases
de construction et d’exploitation, la conception du bâtiment doit
garantir un environnement sain et sans danger pour ses
 usagers. L’éco conception repose sur des choix pertinents en
fonction des critères suscités concernant
 les matériaux de construction, les équipements
(conditionnement d’air, ventilation, éclairage etc.), la
structure du bâtiment mais aussi les moyens de
gestion des ressources (énergie, eau etc.) et des
déchets pendant la période d’exploitation.
Des d’outils existent à l’heure actuelle pour évaluer
certains des impacts d’un projet de construction.
L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) permet par exemple
d’estimer les impacts environnementaux d’un produit
ou d’un bâtiment depuis l’extraction des matières
premières jusqu’à l’élimination des déchets. Des outils
de simulation thermique, acoustique etc. ont été
 développés afin de permettre l’optimisation du projet
par rapport aux problématiques de confort. En
revanche, à notre connaissance, peu de méthode
 existent pour la gestion des problématiques
sanitaires.
 De plus, un projet de construction implique de
nombreux acteurs issus de domaines très
 différents et la concertation n’est pas
nécessairement aisée. Enfin, il n’existe pas de
solution unique : l’éco conception doit permettre
de comparer différentes options mais le
compromis restera toujours dépendant du poids
relatif accordé à chaque critère.
 Qu’est ce qu’un éco matériau ?
 L’écomatériau doit permettre de répondre aux critères
de l’éco-conception, c'est-à-dire :
 - limiter les impacts environnementaux durant tout son
cycle de vie,
 - procurer des conditions de confort aux occupants du
bâtiment pendant son exploitation,
 - ne pas présenter de danger pour la santé tant
pendant la phase de mise en oeuvre que
d’utilisation du bâtiment.
Les propriétés du matériau, caractéristiques de ces
différents critères, sont détaillées dans le tableau ci
dessous
 Il n’existe cependant pas, à l’heure actuelle, de
label ou de norme permettant de qualifier
 suivant des critères objectifs un matériau d’ «
éco matériau ». Seules les Fiches de Déclaration
Environnementale et Sanitaire (FDES) proposent
une synthèse des propriétés environnementales
des matériaux de la construction mais la
constitution et la diffusion de cesfiches reposent
uniquement sur le volontariat. Dans nos travaux,
nous désignerons donc comme tel, un matériau
dont la formulation et/ou les propriétés permettent
d’atteindre plusieurs des objectifs de
l’écoconception.
 Il n'y a pas encore de définition officielle de
l'écomatériau, mais on admet généralement
qu'il doit répondre aux critères et principes du
développement durable et donc :
 provenir pour ses matières premières de
ressources durablement renouvelables et
réellement renouvelées, sans que cela se
fasse au détriment d'autres milieux naturels
ou espèces ;
 présenter des qualités techniques et
performances durables dans le temps ;
 être sain, c'est-à-dire ne pas générer d'impacts
négatifs sur la santé, tant lors de sa production
que de sa « Mise en œuvre » et tout au cours
de sa vie, y compris durant sa phase
d'élimination ;
 favoriser le confort de l’habitant et de celui qui
le met en œuvre (artisan, ouvrier, habitant) ;
 être aussi sûr qu'un matériau « classique »
 avoir un impact (coût) environnemental et
énergétique faible ou neutre. En particulier le
matériau de base ne devrait pas être rare, et il
doit induire une consommation d'énergie la plus
possible sur l'ensemble de son cycle de vie,
 cette consommation devant être en quelque sorte
largement compensée par le fait que son usage
permette d'importantes économies d’énergie durant
toute la durée de vie du bâtiment grâce à ses
performances d’isolant. Souvent ces matériaux sont
totalement biodégradables et ne consomment donc
pas d'énergie en fin de vie ;
 présenter à long terme, des coûts d’investissement
(conception-fabrication) et différés (entretien,
remplacement, recyclage), évités (pollution,
déconstruction, transports) connus, et les plus bas
possibles. L’écomatériau mobilise des ressources et
filières locales (boucles courtes) et créé de l’emploi
dans le cadre d'activités redistributives
 il est accessible à tous (tant en termes de coût
que d'informations fournies et garanties par
l'autorité publique ; son écobilan doit en
particulier, comme celui des autres matériaux
prendre en compte l'« énergie grise » dépensée
pour l'extraction, le transport et la
transformation des matières premières, la
fabrication, le stockage et la distribution et la fin
de vie du matériau).
Enjeux
 Plusieurs enjeux sont souvent cités à leur
égard :
 Diminution de l'empreinte écologique
 Les matériaux durables sont donc un enjeu
à la fois pour le logement mais également
pour la pollution »2, en diminuant dans
certains cas l'empreinte eau et l'empreinte
carbone.
Diminution des risques toxicologiques et
éco toxicologiques
 Un écomatériau doit présenter le moins de
risque possible pour la santé et celle des
écosystèmes lors de sa production, sa mise
en œuvre et sa fin de vie ou recyclage.
Devant être recyclable ou biodégradable
sans émanations toxiques ou écotoxiques
(pour l'homme, la faune, la flore et
l'environnement…), il s'intègre dans la
perspective d'une économie circulaire.
Diminution de l'empreinte énergétiques
 L’empreinte énergétique d'un écomatériau, c'est-à-
dire l'énergie nécessaire à sa fabrication et mise en
œuvre (ou « contenu énergétique ») doit être la plus
faible possible (en tenant aussi compte de l'« énergie
grise »).
 Soutenabilité
 Certains écosociolabels tels que le FSC insistent sur
le fait qu'un matériau (bois ou dérivé du bois en
l'occurrence) ne doit pas avoir globalement généré
d'impacts négatifs en terme social (emploi, santé,
culture des populations indigènes ou des personnels
utilisés sur les chantiers de coupe et dans les filière de
transformation, construction, élimination..),
d'Environnement et dans le champ de l'Économie.
 Ils doivent au contraire contribuer à moins faire
appel aux produits polluants et émetteurs de
gaz à effet de serre, et contribuer à économiser
les ressources naturelles polluantes, ou pas,
peu, difficilement ou couteusement
renouvelables.
Exemples d'éco matériaux

Parpaing contre toute attente, le classique
parpaing (ou bloc de béton) s'avère être un
étonnant écomatériau : constitué de 87 % de
granulats (graviers, pierres et sable), de 6 %
d'eau, il ne nécessite que 6 % de ciment
chauffé. Étant moulé à froid et sans transport
(production locale et non délocalisable), il est
aujourd'hui le matériau demandant le moins
d'énergie grise. Recyclable à 100 %, ce
matériau, une fois durçi est aussi sans danger
pour la santé : 100 % minéral,
 Bois (à condition de choisir des essences
naturellement résistantes aux insectes,
champignons, UV, etc) et non imbibées de
pesticides non dégradables ou produisant
des dioxines ou furanes si le bois est brûlé
en fin de vie. le bois massif présente un
grand intérêt en termes de puits de carbone,
mais une utilisation généralisée serait
source de déforestation. L'agrosylviculture
pourrait être une source complémentaire de
bois et fibre..
 Terre (construction en terre crue ou cuite
avec la brique Monomur collée par exemple)
 huile de lin (qui peut protéger le bois,
imperméabiliser un mur, produire le
linoleum, etc)
 crin, laines (ex : laine de mouton) et poils ou
fibres végétales (consolidant et
assouplissant les torchis ou certains
enduits)
 Il existe aussi des peintures sans solvants ni
dérivés de pétrole dites "naturelles". Celles-ci
sont fabriqués dans une démarche éthique et
de respect de la fabrication à la mise en place
de la peinture, de l'environnement (maison,
travail..) au retraitement des résidus de
peinture et matériels.
 Matériaux d'isolation :
 chanvre,
 roche volcanique
 liège
 laine de mouton
 laine de mouton
 paille (dans un mur terre-paille, ou en botte
à plat ou sur champs posées et protégées
par des techniques adaptées.
 lin
 ouate de cellulose
Par rapport aux isolants conventionnels, ces
matériaux, parfois dits « naturels » ou « alternatifs », à
faible conductivité thermique, permettent une Isolation
thermique aussi efficace (mais parfois avec une
épaisseur nécessaire plus importante) qu'avec la laine
de roche (20kg/m3, 0,050 W/m.K, mais 123 kWh/m3
d'énergie incorporée, laine de verre (18kg/m3 (pour +/-
20 cm d'épaisseur), 0,044 W/m.K, 242 kWh/m3
d'énergie incorporée, Polystyrène extrudé en plaque
expansées aux HCFC (0,035 W/m.K, 795 kWh/m3
d'énergie incorporée, Mousse de polyuréthanne
(30kg/m3; 0,029 W/m.K; 974 kWh/m3 d'énergie
incorporée), verre cellulaire (160kg/m3 en plaques;
0,057, W/m.K et 1200 kWh/m3 d'énergie incorporée) 3,
et sans les inconvénients de ces derniers sur la santé
et l'environnement.
 Prospective et perspectives
 La filière écomatériaux offre de nouveaux
débouchés artisanaux et à l'agriculture
(chanvre pour l'isolation, paille pour la
construction terre-paille, lin pour les fibres
de lin, lait pour la caséine des peintures
écologiques, etc.).
 Il existe cependant peu d’études scientifiques réalisées sur ce
type de matériaux permettant de garantir leurs propriétés. Les
initiatives d’écoconstruction restent trop souvent des
démarches individuelles mises en pratiques par
autoconstruction, en utilisant des techniques ne faisant l’objet
d’aucune certification ou normalisation, ce qui pose notamment
des problèmes du point de vue des assurances, et en
particulier des garanties décennales des travaux. Leur plus
large diffusion passe nécessairement par des étapes de
caractérisation en laboratoire
 et de normalisation. Elles permettront de définir le cadre
d’utilisation de ces matériaux, les
 précautions de mise en oeuvre et de maintenance à prendre et
un dimensionnement plus précis
 des éléments. Certains écomatériaux, dont le béton de
chanvre, ont déjà entamé ce processus.

Contenu connexe

Similaire à eco_materiaux_ppt.ppt

Déchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdf
Déchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdfDéchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdf
Déchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdfabdoul ahad mbaye
 
Traitement et Recyclage des Déchets
Traitement et Recyclage des DéchetsTraitement et Recyclage des Déchets
Traitement et Recyclage des DéchetsAdelFilali
 
Article de presse-Groupe73
Article de presse-Groupe73Article de presse-Groupe73
Article de presse-Groupe73Manon Baudry
 
Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...
Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...
Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...Novabuild
 
E cparatage
E cparatageE cparatage
E cparatagegingko21
 
SECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdf
SECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdfSECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdf
SECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdfJeanMarieLeGuen
 
La valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVAL
La valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVALLa valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVAL
La valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVALMonimmeuble.com
 
« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)
« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)
« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)Utopies
 
Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...
Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...
Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...Ecima
 
Systematic Innovation and Sustainable Development
Systematic Innovation and Sustainable DevelopmentSystematic Innovation and Sustainable Development
Systematic Innovation and Sustainable Developmentprevost
 
RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)
RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)
RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)RAINBOW by ECS-3.COM
 
Eco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaire
Eco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaireEco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaire
Eco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulairePerrine Collin
 
Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie
Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie
Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie Ministère du Tourisme - Maroc
 
Etude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdf
Etude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdfEtude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdf
Etude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdfAissamBoughedda1
 
Isolation écologique présentation
Isolation écologique présentationIsolation écologique présentation
Isolation écologique présentationÉlodie Corbel
 
Soyons acteur de la biodiversité biodiversité
Soyons acteur de la biodiversité  biodiversitéSoyons acteur de la biodiversité  biodiversité
Soyons acteur de la biodiversité biodiversitéEsperluette & Associés
 
Revue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
Revue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUXRevue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
Revue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUXANFOPEILRseaudesENIL
 
méthode d'évaluation de performance d'un logement
méthode d'évaluation de performance d'un logementméthode d'évaluation de performance d'un logement
méthode d'évaluation de performance d'un logementSoumia Rahmani
 

Similaire à eco_materiaux_ppt.ppt (20)

Déchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdf
Déchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdfDéchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdf
Déchets et économie circulaire (Marie-Amélie MARCOUX).pdf
 
Glossaire eco
Glossaire ecoGlossaire eco
Glossaire eco
 
Traitement et Recyclage des Déchets
Traitement et Recyclage des DéchetsTraitement et Recyclage des Déchets
Traitement et Recyclage des Déchets
 
Article de presse-Groupe73
Article de presse-Groupe73Article de presse-Groupe73
Article de presse-Groupe73
 
Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...
Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...
Introduction à l’analyse de cycle de vie par Anne Ventura, Chaire génie civil...
 
E cparatage
E cparatageE cparatage
E cparatage
 
SECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdf
SECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdfSECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdf
SECIMAVI_Economie Circulaire Cahier 1.pdf
 
La valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVAL
La valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVALLa valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVAL
La valeur verte des logements d’après les bases Notariales BIEN et PERVAL
 
« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)
« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)
« CONSTRUCTION DURABLE : PANORAMA DES SOLUTIONS TECHNIQUES » (2009)
 
Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...
Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...
Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avanc...
 
Systematic Innovation and Sustainable Development
Systematic Innovation and Sustainable DevelopmentSystematic Innovation and Sustainable Development
Systematic Innovation and Sustainable Development
 
RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)
RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)
RAINBOW by ECS-3.COM: Savoir faire (version française)
 
Eco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaire
Eco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaireEco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaire
Eco-conception? Outil idéal pour initier un projet en économie circulaire
 
Book AIA Environnement
Book AIA EnvironnementBook AIA Environnement
Book AIA Environnement
 
Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie
Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie
Le guide de bonne gestion environnementale en hôtellerie
 
Etude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdf
Etude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdfEtude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdf
Etude_sur_les_toitures_vegetalisees_1.pdf
 
Isolation écologique présentation
Isolation écologique présentationIsolation écologique présentation
Isolation écologique présentation
 
Soyons acteur de la biodiversité biodiversité
Soyons acteur de la biodiversité  biodiversitéSoyons acteur de la biodiversité  biodiversité
Soyons acteur de la biodiversité biodiversité
 
Revue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
Revue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUXRevue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
Revue des ENIL - ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
 
méthode d'évaluation de performance d'un logement
méthode d'évaluation de performance d'un logementméthode d'évaluation de performance d'un logement
méthode d'évaluation de performance d'un logement
 

eco_materiaux_ppt.ppt

  • 2.  Nous assistons depuis quelques dizaines d’années à une prise de conscience de la part des pouvoirs publics, des acteurs économiques et de la société civile, des conséquences défavorables des activités humaines sur l’environnement et de la nécessité de réduire, de manière urgente, ces impacts. C’est pourquoi, aujourd’hui, à l’échelle internationale, dans les domaines de l’industrie, de l’énergie, des transports, de la construction etc. les incitations et les contraintes sont de plus en plus fortes pour intégrer les projets à une démarche de développement durable. Problématique environnementale
  • 3.  La définition la plus répandue du développement durable est celle édictée en 1987 dans le rapport Brundtland [BRU87] selon laquelle « le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
  • 4.  Or, aujourd’hui, la capacité des générations futures à subvenir à leurs besoins est menacée. Nous nous trouvons dans une situation critique à plusieurs titres, les plus parlants étant peut être : la menace d’un réchauffement climatique, identifié aujourd’hui, par la majorité des scientifiques, comme une conséquence du rejet en quantité importante de gaz à effet de serre (CO2, CH4 etc.) par les activités humaines ;la raréfaction des ressources naturelles, dont certaines apparaissent pourtant à l’heure actuelle indispensables au fonctionnement de nos sociétés (pétrole, gaz
  • 5. Eco-conception et éco matériaux Les principes de l’éco conception Dans le contexte défini dans les paragraphes précédents, le secteur du bâtiment se trouve aujourd’hui face à une nécessité de rénover ses pratiques et méthodes de conception afin de prendre en compte les facteurs environnementaux devenus cruciaux. Cette nouvelle manière de concevoir et de dimensionner les bâtiments, encore aujourd’hui marginale, peut être désignée par le terme d’éco conception. Au sens le plus large, cette pratique se fonde sur :
  • 6.  des critères économiques : ils s’expriment par la prise en compte du coût global, c'est à- dire la somme des coûts d’investissement, de fonctionnement et de maintenance  ainsi que de démantèlement. Il dépend, notamment, de la durabilité de l’ouvrage,  - des critères environnementaux : ils concernent la consommation de matières premières renouvelables ou non, locales ou acheminées sur de plus ou moins longues distances,  l’énergie grise des matériaux ou des techniques mis en oeuvre, l’émission de polluants et/ou de gaz à effet de serre, les natures et quantité des futurs déchets,  - des critères liés aux conforts : thermique, hygroscopique, acoustique et visuel, des critères sanitaires : durant les phases de construction et d’exploitation, la conception du bâtiment doit garantir un environnement sain et sans danger pour ses  usagers. L’éco conception repose sur des choix pertinents en fonction des critères suscités concernant
  • 7.  les matériaux de construction, les équipements (conditionnement d’air, ventilation, éclairage etc.), la structure du bâtiment mais aussi les moyens de gestion des ressources (énergie, eau etc.) et des déchets pendant la période d’exploitation. Des d’outils existent à l’heure actuelle pour évaluer certains des impacts d’un projet de construction. L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) permet par exemple d’estimer les impacts environnementaux d’un produit ou d’un bâtiment depuis l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination des déchets. Des outils de simulation thermique, acoustique etc. ont été  développés afin de permettre l’optimisation du projet par rapport aux problématiques de confort. En revanche, à notre connaissance, peu de méthode
  • 8.  existent pour la gestion des problématiques sanitaires.  De plus, un projet de construction implique de nombreux acteurs issus de domaines très  différents et la concertation n’est pas nécessairement aisée. Enfin, il n’existe pas de solution unique : l’éco conception doit permettre de comparer différentes options mais le compromis restera toujours dépendant du poids relatif accordé à chaque critère.
  • 9.  Qu’est ce qu’un éco matériau ?  L’écomatériau doit permettre de répondre aux critères de l’éco-conception, c'est-à-dire :  - limiter les impacts environnementaux durant tout son cycle de vie,  - procurer des conditions de confort aux occupants du bâtiment pendant son exploitation,  - ne pas présenter de danger pour la santé tant pendant la phase de mise en oeuvre que d’utilisation du bâtiment. Les propriétés du matériau, caractéristiques de ces différents critères, sont détaillées dans le tableau ci dessous
  • 10.
  • 11.  Il n’existe cependant pas, à l’heure actuelle, de label ou de norme permettant de qualifier  suivant des critères objectifs un matériau d’ « éco matériau ». Seules les Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) proposent une synthèse des propriétés environnementales des matériaux de la construction mais la constitution et la diffusion de cesfiches reposent uniquement sur le volontariat. Dans nos travaux, nous désignerons donc comme tel, un matériau dont la formulation et/ou les propriétés permettent d’atteindre plusieurs des objectifs de l’écoconception.
  • 12.  Il n'y a pas encore de définition officielle de l'écomatériau, mais on admet généralement qu'il doit répondre aux critères et principes du développement durable et donc :  provenir pour ses matières premières de ressources durablement renouvelables et réellement renouvelées, sans que cela se fasse au détriment d'autres milieux naturels ou espèces ;  présenter des qualités techniques et performances durables dans le temps ;
  • 13.  être sain, c'est-à-dire ne pas générer d'impacts négatifs sur la santé, tant lors de sa production que de sa « Mise en œuvre » et tout au cours de sa vie, y compris durant sa phase d'élimination ;  favoriser le confort de l’habitant et de celui qui le met en œuvre (artisan, ouvrier, habitant) ;  être aussi sûr qu'un matériau « classique »  avoir un impact (coût) environnemental et énergétique faible ou neutre. En particulier le matériau de base ne devrait pas être rare, et il doit induire une consommation d'énergie la plus possible sur l'ensemble de son cycle de vie,
  • 14.  cette consommation devant être en quelque sorte largement compensée par le fait que son usage permette d'importantes économies d’énergie durant toute la durée de vie du bâtiment grâce à ses performances d’isolant. Souvent ces matériaux sont totalement biodégradables et ne consomment donc pas d'énergie en fin de vie ;  présenter à long terme, des coûts d’investissement (conception-fabrication) et différés (entretien, remplacement, recyclage), évités (pollution, déconstruction, transports) connus, et les plus bas possibles. L’écomatériau mobilise des ressources et filières locales (boucles courtes) et créé de l’emploi dans le cadre d'activités redistributives
  • 15.  il est accessible à tous (tant en termes de coût que d'informations fournies et garanties par l'autorité publique ; son écobilan doit en particulier, comme celui des autres matériaux prendre en compte l'« énergie grise » dépensée pour l'extraction, le transport et la transformation des matières premières, la fabrication, le stockage et la distribution et la fin de vie du matériau).
  • 16. Enjeux  Plusieurs enjeux sont souvent cités à leur égard :  Diminution de l'empreinte écologique  Les matériaux durables sont donc un enjeu à la fois pour le logement mais également pour la pollution »2, en diminuant dans certains cas l'empreinte eau et l'empreinte carbone.
  • 17. Diminution des risques toxicologiques et éco toxicologiques  Un écomatériau doit présenter le moins de risque possible pour la santé et celle des écosystèmes lors de sa production, sa mise en œuvre et sa fin de vie ou recyclage. Devant être recyclable ou biodégradable sans émanations toxiques ou écotoxiques (pour l'homme, la faune, la flore et l'environnement…), il s'intègre dans la perspective d'une économie circulaire.
  • 18. Diminution de l'empreinte énergétiques  L’empreinte énergétique d'un écomatériau, c'est-à- dire l'énergie nécessaire à sa fabrication et mise en œuvre (ou « contenu énergétique ») doit être la plus faible possible (en tenant aussi compte de l'« énergie grise »).  Soutenabilité  Certains écosociolabels tels que le FSC insistent sur le fait qu'un matériau (bois ou dérivé du bois en l'occurrence) ne doit pas avoir globalement généré d'impacts négatifs en terme social (emploi, santé, culture des populations indigènes ou des personnels utilisés sur les chantiers de coupe et dans les filière de transformation, construction, élimination..), d'Environnement et dans le champ de l'Économie.
  • 19.  Ils doivent au contraire contribuer à moins faire appel aux produits polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, et contribuer à économiser les ressources naturelles polluantes, ou pas, peu, difficilement ou couteusement renouvelables.
  • 20. Exemples d'éco matériaux  Parpaing contre toute attente, le classique parpaing (ou bloc de béton) s'avère être un étonnant écomatériau : constitué de 87 % de granulats (graviers, pierres et sable), de 6 % d'eau, il ne nécessite que 6 % de ciment chauffé. Étant moulé à froid et sans transport (production locale et non délocalisable), il est aujourd'hui le matériau demandant le moins d'énergie grise. Recyclable à 100 %, ce matériau, une fois durçi est aussi sans danger pour la santé : 100 % minéral,
  • 21.  Bois (à condition de choisir des essences naturellement résistantes aux insectes, champignons, UV, etc) et non imbibées de pesticides non dégradables ou produisant des dioxines ou furanes si le bois est brûlé en fin de vie. le bois massif présente un grand intérêt en termes de puits de carbone, mais une utilisation généralisée serait source de déforestation. L'agrosylviculture pourrait être une source complémentaire de bois et fibre..
  • 22.  Terre (construction en terre crue ou cuite avec la brique Monomur collée par exemple)  huile de lin (qui peut protéger le bois, imperméabiliser un mur, produire le linoleum, etc)  crin, laines (ex : laine de mouton) et poils ou fibres végétales (consolidant et assouplissant les torchis ou certains enduits)
  • 23.  Il existe aussi des peintures sans solvants ni dérivés de pétrole dites "naturelles". Celles-ci sont fabriqués dans une démarche éthique et de respect de la fabrication à la mise en place de la peinture, de l'environnement (maison, travail..) au retraitement des résidus de peinture et matériels.  Matériaux d'isolation :  chanvre,  roche volcanique  liège  laine de mouton
  • 24.  laine de mouton  paille (dans un mur terre-paille, ou en botte à plat ou sur champs posées et protégées par des techniques adaptées.  lin  ouate de cellulose
  • 25. Par rapport aux isolants conventionnels, ces matériaux, parfois dits « naturels » ou « alternatifs », à faible conductivité thermique, permettent une Isolation thermique aussi efficace (mais parfois avec une épaisseur nécessaire plus importante) qu'avec la laine de roche (20kg/m3, 0,050 W/m.K, mais 123 kWh/m3 d'énergie incorporée, laine de verre (18kg/m3 (pour +/- 20 cm d'épaisseur), 0,044 W/m.K, 242 kWh/m3 d'énergie incorporée, Polystyrène extrudé en plaque expansées aux HCFC (0,035 W/m.K, 795 kWh/m3 d'énergie incorporée, Mousse de polyuréthanne (30kg/m3; 0,029 W/m.K; 974 kWh/m3 d'énergie incorporée), verre cellulaire (160kg/m3 en plaques; 0,057, W/m.K et 1200 kWh/m3 d'énergie incorporée) 3, et sans les inconvénients de ces derniers sur la santé et l'environnement.
  • 26.  Prospective et perspectives  La filière écomatériaux offre de nouveaux débouchés artisanaux et à l'agriculture (chanvre pour l'isolation, paille pour la construction terre-paille, lin pour les fibres de lin, lait pour la caséine des peintures écologiques, etc.).
  • 27.  Il existe cependant peu d’études scientifiques réalisées sur ce type de matériaux permettant de garantir leurs propriétés. Les initiatives d’écoconstruction restent trop souvent des démarches individuelles mises en pratiques par autoconstruction, en utilisant des techniques ne faisant l’objet d’aucune certification ou normalisation, ce qui pose notamment des problèmes du point de vue des assurances, et en particulier des garanties décennales des travaux. Leur plus large diffusion passe nécessairement par des étapes de caractérisation en laboratoire  et de normalisation. Elles permettront de définir le cadre d’utilisation de ces matériaux, les  précautions de mise en oeuvre et de maintenance à prendre et un dimensionnement plus précis  des éléments. Certains écomatériaux, dont le béton de chanvre, ont déjà entamé ce processus.