Isabelle Eberhardt« C’était l’heure élue, l’heure merveilleuse au pays d’Afrique,quand le grand soleil de feu va disparaît...
Elle fréquenta ensuite lécole secondaire. La Villa Neuve était unlieu de rencontre cosmopolite. On y entendait parler le r...
désert, Dans la dune, entre autres. Mais tous sont à lireimpérativementÀ la mort de sa mère, Nathalie de Moerder, en novem...
longue, elle avait fait halte à létape du " village " de Bou-Ayechpour reposer et reprendre force. Là, les sous-officiers ...
En juin 1899, Isabelle et son frère Augustin gagnent Tunis.Isabelle poursuit seule la route vers lAlgérie. Déguisée enhomm...
mariage avec Slimane fut refusé par larmée française. En mai1901, les autorités françaises lenjoignent de quitter lAlgérie...
Le 21 octobre 1904, Slimane, en permission, la rejoignit à AïnSefra. Ce jour fut le dernier dIsabelle Eberhardt. La ville ...
Les éditions Joëlle Losfeld entament la publication des écritsdIsabelle Eberhardt dans une «édition du centenaire 1904-200...
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Isabelle eberhardt

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Isabelle eberhardt

  1. 1. Isabelle Eberhardt« C’était l’heure élue, l’heure merveilleuse au pays d’Afrique,quand le grand soleil de feu va disparaître enfin, laissant reposerla terre dans l’ombre bleue de la nuit. »Étrange destinée que celle de la jeune Isabelle Eberhardt, qui péritemporté par la boue dans la rivière d’Ain Sefra au Sud Ouest deTlemcen, à l’entrée du désert, à l’âge de 27 ans. Broyée et noyéepar les folies de cet Oued qui emporte chaque année et jusquà nosjours, son lot de jeunes algériens. Mais cette fois, dans ses flots,une grande exploratrice et ses écrits ! Il faut dire qu’Isabellen’était pas née sous n’importe quelle étoile. Inscrite dès sanaissance (1877) dans l’innombrable famille des apatrides,d’origine russe par son père.En rupture de ban avec l’Occident, elle en refuse les valeurs, avecune violence dont seule la présence maternelle retarde encore lesembrasements. La légende lui attribue parfois le poète ArthurRimbaud comme père. Désireux de préserver leurs enfants et dene pas susciter la désapprobation sur leur liaison, à lépoque peuconformiste, Natalia et Vava décident de rester en Suisse après lanaissance dIsabelle.La famille sinstalle à Meyrin, à la Villa Neuve. Isabelle y passe sonenfance en compagnie de quatre des enfants de Natalia: Nicole,Augustin, Natalie et Volodia. Cette famille recomposée,cosmopolite et si peu conformiste, attirait lattention. IsabelleEberhardt fut dabord instruite par son père Vava.
  2. 2. Elle fréquenta ensuite lécole secondaire. La Villa Neuve était unlieu de rencontre cosmopolite. On y entendait parler le russe, lefrançais, lallemand, litalien et larabe, parfois aussi le grec et lelatin. Isabelle Eberhardt a ainsi grandi dans un environnementmulticulturel et intellectuel puisque sa maisonnette regorgeait delivres dans différentes langues. Cette effervescence culturelle etcosmopolite développa chez elle une intarissable soif dedécouverte.En 1883, laîné des enfants, Nicola, quitta le domicile familial poursengager dans la Légion étrangère. Isabelle entendit parler pourla première fois de lAlgérie. Histoires simples de la viequotidienne, et de ses bonheurs. Mais parfois aussi de sesmalheurs, de sa rudesse. Histoire d’hommes et de femmes d’uneautre culture, d’une autre époque. On oserait presque dire d’unautre monde. Mais non : ces gens vivaient, se battaient, s’aimaient(d’un amour aussi torride que leur région, pour faire unecomparaison un peu facile) dans un « Sahara âpre et silencieux,avec sa mélancolie éternelle, ses épouvantes, ses enchantements.» Là où tout est de sable et pierres, et où « rien ne reverditjamais. ».Si ces textes nous donnent des descriptions précises dela vie d’une société, de nombreuses phrases renseignentégalement sur leur auteur. « Comme toujours en route, dans ledésert, je sens un grand calme descendre en mon âme. Je neregrette rien, je ne désire rien, je suis heureuse. » Comment nepas l’être, pour cette femme à la fois humble et exceptionnelle,dans « un pays ensorcelant, unique, où le silence est Roi, et où lapaix à travers les siècles superbement monotones. Pays de rêve etde mirage. ».On reconnaît Isabelle à son écriture, son sens dudétail, tous les détails, qui finit par construire une vue d’ensemblequi comble le lecteur, malgré la brièveté des textes. Les textes deces recueils relatent des faits, des aventures, de la période de savie à El Oued, en 1900, mais n’ont été rédigés que plusieurs moisaprès. On y trouvera : Au pays des sables, Fantasia, Printemps au
  3. 3. désert, Dans la dune, entre autres. Mais tous sont à lireimpérativementÀ la mort de sa mère, Nathalie de Moerder, en novembre 1897,Isabelle est enfin libre et plutôt que de sombrer dans lestentations de l’anarchie, elle s’embarque pour l’Algérie, un jour demai 1897. Camouflée sous un accoutrement masculin, sous le nomde Mahmoud Saadi, elle est bien décidée à céder à sa fascinationpour le désert. Aguerrie par ses aventures antérieures, Isabellechoisit de s’implanter dans ces régions du globe qui, depuistoujours, exercent sur elle une attraction irrépressible. Mais, pourcela, il lui faut se fondre avec la population. Vivre selon ses règleset les us. Et renoncer à tout ce qui la rattache à l’Occident. Ce àquoi Isabelle sacrifie volontiers. Passionnée par l’écriture, IsabelleEberhardt note au jour le jour ses impressions, ses découvertes,ses rencontres, ses émotions. Ses écrits rendent compte avecprécision de ce qui est devenu sa raison de vivre. L’Algérie, ledésert et les gens du désert.L’ensemble de ces écrits constitue une chronique qui couvre unepériode de cinq années. De 1899 jusqu’à 1904. Mais si l’exotismefacile est banni de l’écriture d’Isabelle Eberhardt, il n’en reste pasmoins que son écriture est imprégné d’une véritable sensibilité,qui est aussi celle d’un écrivain. Plus tard tous ses écrits serontexploités par l’armée Française…" Après un séjour de deux mois au ksar de Béni-Ounif, des coursestrès fréquentes et sans apparat à Figuig ", Isabelle était toutdabord retournée à Béchar. Accompagnée comme à son habitudedun serviteur " avenant et dégourdi ", elle prenait plaisir à fairetrotter la jument sur les chemins de la hamada ou bien à se faire "bercer sur sa selle arabe, commode comme un fauteuil ", au pascalmé et régulier de lanimal. Comme la journée avait été très
  4. 4. longue, elle avait fait halte à létape du " village " de Bou-Ayechpour reposer et reprendre force. Là, les sous-officiers du 1erétranger, qui lavaient vue lan passé en excursion à Hadjerath-Mguil, lavaient " reconnue et fêtée ", sans pour autant dévoilerson incognito. Il y avait comme cela, dans son souvenir, " desfamilles, des foyers et des feux de bivouac " quelle retrouvait "aux heures disolement et de rêvasserie dans la fumée dunecigarette, et ce lui était encore plus tonique que le souvenir desgrands enthousiasmes, qui laissait après eux des trous, et que lesgrandes espérances, fondées sur la valeur des êtres, quifinissaient toujours, en désillusions et en faillites ".Sur cette réflexion, elle avait poursuivi son chemin jusque dans lesjardins de Béchar où elle avait retrouvé lineffable silence du Sud," des sensations éprouvées jadis dans le lit de loued delinoubliable Bou-Saâda, la perle du Sud ", avec ses palmiers-dattiers, ses bancs de sable.En 1895, Isabelle Eberhardt est âgée de dix-huit ans. Sespremières nouvelles sont publiées dans divers journaux. On citera" Infernalia " parue dans La Nouvelle Revue parisienne puis "Vision du Maghreb ". Isabelle Eberhardt y décrit lAlgérie quellena pourtant pas encore visitée.Lorsqu’en mai 1897 elle effectue son premier voyage, IsabelleEberhardt, est accompagnée de sa mère qui souhaite serapprocher de son fils Augustin, Isabelle prend le pseudonymemasculin arabe de Mahmoud. La mère dIsabelle, Natalia deMoerder, décéda peu après, en novembre 1897, à lâge de 59 ans.En 1898, lorgane de presse LAthénée publie les nouvellesdIsabelle. Suite à une dispute avec le directeur, sur fonddantisémitisme et daffaire Dreyfus, Isabelle Eberhardt ne fut pluspubliée et se retrouva sans ressources.Elle débute à cette époque la rédaction de Rakhil, roman damourentre un étudiant musulman et une jeune fille juive, quilaccompagnera partout mais quelle nachèvera pas. En 1899,Isabelle perdit son frère Volodia qui mit fin à ses jours.
  5. 5. En juin 1899, Isabelle et son frère Augustin gagnent Tunis.Isabelle poursuit seule la route vers lAlgérie. Déguisée enhomme, elle est vêtue dun burnous blanc et coiffée dun turban.La confusion autour de son identité (une femme vêtue comme unhomme qui se fait appeler Mahmoud Saadi mais possède unpasseport russe au nom dIsabelle de Moerder) sème le troubleparmi les autorités. Difficile en effet dimaginer une femmevoyageant seule par plaisir dans ces contrées arides ! Elle puttoutefois résoudre ces difficultés administratives et poursuivre sonpériple. Elle côtoie les caravanes et les convois militaires et écritpour un journal qui lui a commandé ses impressions de voyage.Isabelle Eberhardt rencontra lamour de sa vie en la personne deSlimène Henni, un soldat des corps de cavalerie indigène delarmée française en Afrique du Nord à Oued Souf. En janvier 1901,elle fut victime dune tentative dassassinat à Béhina.Il est évident que le mode de vie dIsabelle Eberhardt, sa liaisonavec un autochtone, suscitaient la désapprobation des colons. Son
  6. 6. mariage avec Slimane fut refusé par larmée française. En mai1901, les autorités françaises lenjoignent de quitter lAlgérie. Ellegagna Marseille, sous un faux nom et vêtue dun bleu de chauffepour voyager en 4ème classe, non autorisée aux femmes.Isabelle Eberhardt fut convoquée à Constantine en qualité devictime et témoin dans le procès qui devait souvrir le 18 juin1901, suite à la tentative dassassinat dont elle avait été victime.Elle rédigea une lettre dans un quotidien dAlger qui donnait saversion des faits. Le coupable fut finalement condamné et Isabellebannie dAlgérie. On estimait que son mode de vie et sesdéguisements étaient des facteurs de troubles.Elle finit par obtenir lautorisation dépouser civilement Slimane le17 octobre 1901 à Marseille. Le couple rejoint lAlgérie le14janvier 1902. Isabelle Eberhardt reprend ses voyages dans ledésert. Elle semble sintéresser particulièrement à lhydrologie dudésert : oueds, sources, torrents. De retour à la capitale, VictorBarrucand lui offre un poste denvoyée spéciale pour le journal " ElAkhbar ". Elle collabore aussi avec Luce Denaben, directrice delécole-ouvroir des filles musulmanes dAlger. Pour la premièrefois de sa vie, Isabelle Eberhardt peut véritablement vivre dejournalisme.La soif des grands espaces la reprend. Elle repart, de plus en pluslongtemps, à travers les immensités du Sahara. Ses périples sontpubliés régulièrement dans " EL Akhbar " où elle tient unecolonne. Dans ses nouvelles, si riches en couleurs et atmosphères,Isabelle Eberhardt nhésite pas à défendre les fellahs et à sélevercontre la colonisation. En 1903, elle se rend à Aïn Sefra où unconflit de frontière fait rage entre le Maroc et lAlgérie. Elleofficiera comme " reporter de guerre ", sans doute une premièrepour une femme. Ses articles et analyses politiques étaient priséspar de nombreux journaux dont le " Mercure de France ". Elle selia damitié avec le colonel Lyautey, futur Maréchal de France.
  7. 7. Le 21 octobre 1904, Slimane, en permission, la rejoignit à AïnSefra. Ce jour fut le dernier dIsabelle Eberhardt. La ville dAïnSefra fut en effet le théâtre dune catastrophe naturelle. Loued setransforma en torrent furieux et la ville fut emportée. Slimane futretrouvé vivant, mais Isabelle, affaiblie par le paludisme, navaitpas pu fuir. On la retrouva dans les ruines de sa maison, vêtue deson habit de cavalier arabe. Isabelle fut enterrée au cimetièremusulman. On retrouva ensuite le manuscrit de " Sud Oranais "que Barrucand fit publier un an plus tard.De la mort, elle a écrit :" Tout le grand charme poignant de la vie vient peut-être de lacertitude absolue de la mort. Si les choses devaient durer, ellesnous sembleraient indignes dattachement. " (A lombre chaude delIslam)
  8. 8. Les éditions Joëlle Losfeld entament la publication des écritsdIsabelle Eberhardt dans une «édition du centenaire 1904-2004».«Je ne suis quune originale, une rêveuse qui veut vivre loin dumonde, vivre de la vie libre et nomade, pour essayer ensuite dedire ce quelle a vu et peut-être de communiquer à quelques uns lefrisson mélancolique et charmé quelle ressent en face dessplendeurs tristes du Sahara.»Cest dans le dépouillement du désert quIsabelle Eberhardt écrit,inlassablement, le cœur battant de mille sensations que luiprocure le moindre détail. Loin de larchétype de lécrivainvoyageur en mal de sensations exotiques, et qui senivre de sespropres rêves, Isabelle Eberhardt est lexpression dune fusionavec cette terre daccueil. Dans son approche du Maghreb, ellerompt complètement avec lorientalisme et le pittoresque et décritles algériens dans leur situation de peuple colonisé. Elle devientun étonnant témoin de la réalité algérienne.Fayçal maarfiaLes données ci-dessus sont tirées des romans d’Isabelle. E.L’histoire d’Isabelle du livre de Fayçal Maarfia et Les photosd’internet.

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