LE

BLOC-NOTES

Les ministres
Washington lorgne sur Bruxelles,
de Frédéric Simottel

11 L’entreprise qui favorise

AVRIL

l’esprit d’entreprise

N

eurones n’est pas une SSII comme les autres.
Créée en 1985 par son actuel PDG, Luc de Chammard, introduite en Bourse en 2000, elle compte environ 4 000 salariés pour un chiffre d’affaires 2012
de 315,4 millions d’euros. Au-delà de son métier de
conseil, d’intégration et d’infogérance,
la particularité de Neurones est de
servir d’incubateur pour ses collaborateurs animés par l’esprit d’entreprise. Luc de Chammard étudie ainsi
chaque année des projets élaborés
par des salariés. Et si des business models semblent viables avec des créations d’emplois à la clé, les dirigeants
de Neurones n’hésitent pas à accompagner les primo-entrepreneurs en
leur donnant les clés de nouvelles entités. Un exemple avec Finaxys, dédié à
la finance de marché. L’idée a été préLuc de
sentée en 2009 par deux jeunes ingénieurs.Aujourd’hui,
Chammard,
cette division emploie 120 personnes avec, déjà, une
PDG de
Neurones. implantation à Londres.

12 L’État veut mettre

AVRIL

C

ses ministres au cloud

omme les entreprises, l’Etat cherche à consolider
ses datacenters. Une démarche évidente dans un
contexte budgétaire serré, mais beaucoup moins d’un
point de vue organisationnel, managérial et surtout culturel. D’où ce coup de projecteur sur l’expérimentation
menée par la DSI de l’Etat (Disic), qui supervise actuellement la mise en place d’un cloud interministériel. Pour
ce projet pilote, elle a retenu les salles serveurs de la Direction de l’information légale et administrative (Dila).
Ce test, dont les résultats devraient être connus en septembre, vise à montrer aux DSI des ministères l’intérêt
d’exploiter la puissance de calcul fournie par les centres
de données des autres administrations centrales. D’ici à
dix ans, la Disic espère que 80 % de la puissance informatique de l’Etat s’appuiera sur une seule infrastructure,
comportant des espaces virtuels et privatisés par ministère. L’Etat entend ainsi réduire le nombre de ses datacenters – une centaine – en mutualisant notamment ses

ressources matérielles autour de trois grands ministères :
Bercy, la Défense et l’Intérieur. On peut ensuite imaginer une mutualisation élargie à plusieurs des 1 200 opérateurs de l’Etat (Insee, CEA, CNRS...).

15 Crainte du conflit d’intérêts

AVRIL

S

ou manque de confiance ?

tupeur pour les entrepreneurs qui découvrent les
déclarations de patrimoine de nos politiques. Immobilier, contrats d’assurance-vie, véhicules – d’occasion –, vélos, mais pratiquement pas un seul centime
investi dans les entreprises. On pourra, certes, évoquer
la nécessaire indépendance de nos élus et le risque de
conflit d’intérêts, mais les plans d’action proposés par les
banques procurent pour cela un certain anonymat par
rapport aux placements choisis. En outre, à l’heure où
les entreprises françaises, parmi lesquelles figurent de
nombreuses représentantes du numérique, sont en perpétuelle recherche de fonds, un peu d’exemplarité dans
la prise de risque en termes d’investissements financiers
n’aurait pas fait de mal.

16 American Airlines

AVRIL

G

est une entreprise digitale

ros trou d’air pour la compagnie aérienne American Airlines. Tous ses avions sont restés cloués au
sol suite à une panne informatique survenue sur son système de réservation. Pas moins de 670 vols ont ainsi été
annulés pour la seule journée du 16 avril.Toutes les hypothèses ont été émises pour expliquer ce bug, y compris
Avions d’American Airlines
victimes d’un bug
informatique.

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A
RETROUVEZ 01 BUSINESS
EN RADIO ET TÉLÉVISION TOUS
LES SAMEDIS À 20 HEURES ET
TOUS LES DIMANCHES À 17 HEURES

français sont dans leur nuage,
American Airlines carbure au numérique
des liens éventuels avec les attentats de Boston.Au final,
c’est bien la faute du système informatique vieillissant
de la compagnie. Cet événement illustre une nouvelle
fois le profond enracinement de l’informatique dans les
entreprises. On pourrait presque considérer American
Airlines comme une IT compagnie.

17 PIP : les assureurs ont anticipé

L

grâce aux technologies

’un des tout premiers assureurs français a pris
connaissance des risques juridiques liés aux prothèses mammaires PIP presque huit mois avant que le
scandale n’éclate au printemps 2010. Une confidence
faite par un éditeur de logiciels de text mining. Cette
technologie extrait d’Internet (sites, réseaux sociaux,
messageries) tout un ensemble de contenus. Aidée
de systèmes d’intelligence artificielle et d’algorithmes
complexes de recherche, elle analyse ces informations
pour en déduire ensuite une tendance. Dans le cas présent, l’utilisation du text mining a permis à certains
assureurs d’anticiper le calcul d’éventuelles indemnités
bien avant les conclusions du procès (qui a lieu ces joursci). Et même de réviser certaines clauses des contrats
de ses futures assurées.

17 Quand Washington puise

AVRIL

S

ses idées à Bruxelles

ans grande intervention étatique, l’entrepreneuriat
libéral américain est en train de vivre une discrète
révolution. Ardents défenseurs du marché libre, les politiques américains ne restent en effet pas insensibles à
la réorganisation de l’activité mondiale. Conscient des
importantes subventions accordées par les pays émergents – BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du
Sud) notamment – à leurs industries innovantes, de la
concurrence exacerbée et d’une balance des paiements
défavorable, le Congrès américain souhaite planifier
davantage sa stratégie dans le domaine. L’esprit d’entreprise et la libre concurrence ne sont certes pas remis
en cause. Mais plusieurs rapports publiés récemment
(Committee on Comparative Innovation Policy, National
Research Council ou Committee on Competing in the
21st Century), ainsi que des lois votées, tendent à prouver une volonté d’interventionnisme grandissante et ce
besoin de mettre en œuvre une politique globale d’inno-

Le Capitole,

vation. Les rôles seraient clairement répartis : l’Etat fédé- siège du
ral pour la recherche et les grands programmes ; les Etats Congrès, à
pour la formation et les clusters ; les grandes entreprises Washington.
pour l’innovation incrémentale ; les PME et start up pour
l’innovation libre. Cette planification industrielle à long
terme pourrait s’accompagner d’un réajustement monétaire important. Cela nous rappelle quelque chose...
Washington puiserait-elle ses idées à Bruxelles ? L’innovation américaine reste promise à un bel avenir.

18 Télécom ParisTech

AVRIL

J

décerne ses prix 2013

ean-Charles et Jean-François Decaux, le professeur
Jacques Marescaux et Jean-Louis Schmilin sont les
lauréats 2013 du Prix des technologies numériques. Décernés pour la quatorzième année par l’école Télécom
ParisTech et son association de diplômés, ces trophées
récompensent des personnalités pour leur action dans le
numérique. Les frères Decaux reçoivent le Prix du manager d’entreprise. Un accent plus particulier ayant été
mis cette année sur l’e-santé, le prix de l’innovateur et
celui de la personnalité numérique sont revenus respectivement à Jean-Louis Schmitlin, PDG de Parsys Télémédecine, et au professeur Jacques Marescaux, chirurgien, fondateur de l’Ircade (Institut de recherche contre
les cancers de l’appareil digestif).

DR - REUTERS - FOTOLIA

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    LE BLOC-NOTES Les ministres Washington lorgnesur Bruxelles, de Frédéric Simottel 11 L’entreprise qui favorise AVRIL l’esprit d’entreprise N eurones n’est pas une SSII comme les autres. Créée en 1985 par son actuel PDG, Luc de Chammard, introduite en Bourse en 2000, elle compte environ 4 000 salariés pour un chiffre d’affaires 2012 de 315,4 millions d’euros. Au-delà de son métier de conseil, d’intégration et d’infogérance, la particularité de Neurones est de servir d’incubateur pour ses collaborateurs animés par l’esprit d’entreprise. Luc de Chammard étudie ainsi chaque année des projets élaborés par des salariés. Et si des business models semblent viables avec des créations d’emplois à la clé, les dirigeants de Neurones n’hésitent pas à accompagner les primo-entrepreneurs en leur donnant les clés de nouvelles entités. Un exemple avec Finaxys, dédié à la finance de marché. L’idée a été préLuc de sentée en 2009 par deux jeunes ingénieurs.Aujourd’hui, Chammard, cette division emploie 120 personnes avec, déjà, une PDG de Neurones. implantation à Londres. 12 L’État veut mettre AVRIL C ses ministres au cloud omme les entreprises, l’Etat cherche à consolider ses datacenters. Une démarche évidente dans un contexte budgétaire serré, mais beaucoup moins d’un point de vue organisationnel, managérial et surtout culturel. D’où ce coup de projecteur sur l’expérimentation menée par la DSI de l’Etat (Disic), qui supervise actuellement la mise en place d’un cloud interministériel. Pour ce projet pilote, elle a retenu les salles serveurs de la Direction de l’information légale et administrative (Dila). Ce test, dont les résultats devraient être connus en septembre, vise à montrer aux DSI des ministères l’intérêt d’exploiter la puissance de calcul fournie par les centres de données des autres administrations centrales. D’ici à dix ans, la Disic espère que 80 % de la puissance informatique de l’Etat s’appuiera sur une seule infrastructure, comportant des espaces virtuels et privatisés par ministère. L’Etat entend ainsi réduire le nombre de ses datacenters – une centaine – en mutualisant notamment ses ressources matérielles autour de trois grands ministères : Bercy, la Défense et l’Intérieur. On peut ensuite imaginer une mutualisation élargie à plusieurs des 1 200 opérateurs de l’Etat (Insee, CEA, CNRS...). 15 Crainte du conflit d’intérêts AVRIL S ou manque de confiance ? tupeur pour les entrepreneurs qui découvrent les déclarations de patrimoine de nos politiques. Immobilier, contrats d’assurance-vie, véhicules – d’occasion –, vélos, mais pratiquement pas un seul centime investi dans les entreprises. On pourra, certes, évoquer la nécessaire indépendance de nos élus et le risque de conflit d’intérêts, mais les plans d’action proposés par les banques procurent pour cela un certain anonymat par rapport aux placements choisis. En outre, à l’heure où les entreprises françaises, parmi lesquelles figurent de nombreuses représentantes du numérique, sont en perpétuelle recherche de fonds, un peu d’exemplarité dans la prise de risque en termes d’investissements financiers n’aurait pas fait de mal. 16 American Airlines AVRIL G est une entreprise digitale ros trou d’air pour la compagnie aérienne American Airlines. Tous ses avions sont restés cloués au sol suite à une panne informatique survenue sur son système de réservation. Pas moins de 670 vols ont ainsi été annulés pour la seule journée du 16 avril.Toutes les hypothèses ont été émises pour expliquer ce bug, y compris Avions d’American Airlines victimes d’un bug informatique. 12. 01 BUSINESS 01B_2166_012_013_Bloc-note.indd 12 18/04/13 11:51 f A
  • 2.
    RETROUVEZ 01 BUSINESS ENRADIO ET TÉLÉVISION TOUS LES SAMEDIS À 20 HEURES ET TOUS LES DIMANCHES À 17 HEURES français sont dans leur nuage, American Airlines carbure au numérique des liens éventuels avec les attentats de Boston.Au final, c’est bien la faute du système informatique vieillissant de la compagnie. Cet événement illustre une nouvelle fois le profond enracinement de l’informatique dans les entreprises. On pourrait presque considérer American Airlines comme une IT compagnie. 17 PIP : les assureurs ont anticipé L grâce aux technologies ’un des tout premiers assureurs français a pris connaissance des risques juridiques liés aux prothèses mammaires PIP presque huit mois avant que le scandale n’éclate au printemps 2010. Une confidence faite par un éditeur de logiciels de text mining. Cette technologie extrait d’Internet (sites, réseaux sociaux, messageries) tout un ensemble de contenus. Aidée de systèmes d’intelligence artificielle et d’algorithmes complexes de recherche, elle analyse ces informations pour en déduire ensuite une tendance. Dans le cas présent, l’utilisation du text mining a permis à certains assureurs d’anticiper le calcul d’éventuelles indemnités bien avant les conclusions du procès (qui a lieu ces joursci). Et même de réviser certaines clauses des contrats de ses futures assurées. 17 Quand Washington puise AVRIL S ses idées à Bruxelles ans grande intervention étatique, l’entrepreneuriat libéral américain est en train de vivre une discrète révolution. Ardents défenseurs du marché libre, les politiques américains ne restent en effet pas insensibles à la réorganisation de l’activité mondiale. Conscient des importantes subventions accordées par les pays émergents – BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) notamment – à leurs industries innovantes, de la concurrence exacerbée et d’une balance des paiements défavorable, le Congrès américain souhaite planifier davantage sa stratégie dans le domaine. L’esprit d’entreprise et la libre concurrence ne sont certes pas remis en cause. Mais plusieurs rapports publiés récemment (Committee on Comparative Innovation Policy, National Research Council ou Committee on Competing in the 21st Century), ainsi que des lois votées, tendent à prouver une volonté d’interventionnisme grandissante et ce besoin de mettre en œuvre une politique globale d’inno- Le Capitole, vation. Les rôles seraient clairement répartis : l’Etat fédé- siège du ral pour la recherche et les grands programmes ; les Etats Congrès, à pour la formation et les clusters ; les grandes entreprises Washington. pour l’innovation incrémentale ; les PME et start up pour l’innovation libre. Cette planification industrielle à long terme pourrait s’accompagner d’un réajustement monétaire important. Cela nous rappelle quelque chose... Washington puiserait-elle ses idées à Bruxelles ? L’innovation américaine reste promise à un bel avenir. 18 Télécom ParisTech AVRIL J décerne ses prix 2013 ean-Charles et Jean-François Decaux, le professeur Jacques Marescaux et Jean-Louis Schmilin sont les lauréats 2013 du Prix des technologies numériques. Décernés pour la quatorzième année par l’école Télécom ParisTech et son association de diplômés, ces trophées récompensent des personnalités pour leur action dans le numérique. Les frères Decaux reçoivent le Prix du manager d’entreprise. Un accent plus particulier ayant été mis cette année sur l’e-santé, le prix de l’innovateur et celui de la personnalité numérique sont revenus respectivement à Jean-Louis Schmitlin, PDG de Parsys Télémédecine, et au professeur Jacques Marescaux, chirurgien, fondateur de l’Ircade (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif). DR - REUTERS - FOTOLIA AVRIL WWW.01 BUSINESS.COM .13 01B_2166_012_013_Bloc-note.indd 13 18/04/13 11:51