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Jodie Foster reçoit la palme d’honneur
Le jury
 Le président du jury sera le réalisateur américain Spike Lee.
 Il sera accompagné dans sa tâche par
 Mylène Farmer,
 Maggie Gyllenhaal,
 Tahar Rahim,
 Mélanie Laurent,
 Mati Diop,
 Jessica Hausner,
 Kleber Mendonça
 Song Kang-ho
Film d’ouverture:
ANNETTE
Los Angeles, de nos jours. Henry est
un comédien de stand-up à l’humour
féroce. Ann, une cantatrice de
renommée internationale. Ensemble,
sous le feu des projecteurs, ils
forment un couple épanoui et
glamour.
La naissance de leur premier enfant,
Annette, une fillette mystérieuse au
destin exceptionnel, va bouleverser
leur vie.
« Film incroyablement inspiré, qui nous
expose sans rémission au mal qui
empoisonne le cœur de l’homme jusque
dans l’amour censé le rédimer »
« Annette », l’hymne à la nuit de Leos
Carax
Projetée en ouverture du Festival de
Cannes, mardi, la comédie musicale,
interprétée par Marion Cotillard et
Adam Driver, sur une musique des
Sparks
Annette se colle au mystère, depuis
une Amérique réduite à peu. Sur une
idée et une composition du
groupe Sparks – phœnix musical
californien qui, depuis le glam-rock de
ses débuts, perdure et se renouvelle
depuis un demi-siècle –, le film chante,
mais sidère plutôt qu’il n’enchante.
C’est largement le plus noir, le plus
malaisant, le plus hérissé de son
auteur. Le plus stupéfiant et inventif,
aussi, avec le précédent Holy
Motors (2012), dont il s’éloigne
pourtant.
« Un film visuellement époustouflant sur
un agresseur qui ne peut tuer sa femme
parce qu'il l'aime trop.
Pourquoi tant de talent pour un macho de
ce niveau ?
C'est un fantastique opéra musical avec la
musique de Sparks.
Spike Lee va l’adorer. S'il s'agissait de
Noirs, il ne l'accepterait pas, mais comme
il s'agit des filles, il s'en fiche.
Un grand film. Un autre grand film
macho »
La script. María Guerra
«Tout s’est bien passé»
François Ozon
 A 85 ans, le père
d'Emmanuèle est
hospitalisé après un
accident vasculaire
cérébral. Quand il se
réveille, diminué et
dépendant, cet homme
curieux de tout, aimant
passionnément la vie,
demande à sa fille de
l'aider à mourir.
 Le cinéaste adapte le livre d’Emanuèle
Berheim, avec Sophie Marceau dans le rôle
de l’écrivaine accompagnant son père
jusqu’à la mort.
 Dans un début de Festival dont
l’omniprésente et riante question, de film en
film, apparaît celle du face-à-face avec la
mort, on fera du nouveau François Ozon un
archétype, une réplique climatisée d’Amour
promise aux palmes du cœur et autres
médailles du râle, ou, surtout, un film aux
prises avec les grands thèmes du désir d’en
finir, l’euthanasie, les temporalités multiples
et secrètes du deuil – de soi, de son
existence, des autres, y compris avant même
que ceux-ci soient formellement «partis».
 On n’aura pas tort, et pourtant c’est aussi,
comme souvent chez le prolifique cinéaste,
souterrainement un film sur le récit et
l’écriture où l’on ne voit jamais personne
écrire, et un film de fantômes, écrit par le
fantôme même dont le deuil hante tous les
plans – c’est là leur part la plus émouvant.e.
Le monde
 Dans «le Genou d’Ahed», charge convulsive contre les errances nationalistes
et les institutions de son pays, le cinéaste israélien invente des formes
furieuses, y compris contre lui-même.
 Après l’enfant prodige de l’Institutrice et le corps-projectile du vingtenaire
de Synonymes, Nadav Lapid poursuit et conclut, annonce-t-il, la trilogie de
ses alter ego. Et il la termine par une crise, vécue et piquée dans le désert
israélien par le film autant que son personnage, Y (de sa kafkaïenne initiale,
où on entend le Yoav des deux volets précédents), homme d’âge mur et
cinéaste au désespoir. Tout partira dans tous les sens.
 L’intersection du corporel et du national, ce conflit élémentaire qui saturait
les films précédents, leurs thèmes, leurs formes, leurs uniformes – car
l’armée n’est jamais très loin – s’accumule au point d’exploser.
«Le genou d’Ahed» Nadav Lapic
LINGUI, LES LIENS SACRÉS
MAHAMAT-SALEH HAROUN
 Dans les faubourgs de
N’djaména au Tchad, Amina
vit seule avec Maria, sa fille
unique de quinze ans. Son
monde déjà fragile s’écroule
le jour où elle découvre que
sa fille est enceinte.
 Cette grossesse,
l'adolescente n’en veut pas.
 Dans un pays où
l'avortement est non
seulement condamné par la
religion, mais aussi par la loi,
Amina se retrouve face à un
combat qui semble perdu
d’avance…
JULIE (EN 12 CHAPITRES)
JOACHIM TRIER
Julie, bientôt 30 ans,
n’arrive pas à se fixer dans
la vie. Alors qu’elle pense
avoir trouvé une certaine
stabilité auprès d’Aksel, 45
ans, auteur à succès, elle
rencontre le jeune et
séduisant Eivind.
Julie parle des relations amoureuses à l’ère #Metoo, se confronte à la responsabilité de l’art face à la
société, s’interroge sur la vertu de la fidélité à soi-même ou de l’engagement écologique...
Ca pourrait être ennuyeux, voire lénifiant et répétitif. C’est au contraire merveilleux, drôle, subtil et
touchant. Pour deux raisons majeures : d’abord l’intelligence stupéfiante de ce type et son sens
absolu de la mise en scène. Il y a une scène de fantasme à la poésie sidérante où le cinéaste arrête le
temps pour suivre la rencontre de deux solitudes. Il y a des séquences au réalisme blafard qui
voisinent avec des scènes à l’énergie pop irrésistibles et on passe de la romcom lumineuse au drame
suédois dépressif avec une même facilité. Mais tout cela ne serait rien s’il n’y avait pas quelqu’un
pour l’incarner. Renate Reinsve, inconnue jusqu’ici, est une Julie phénoménale, qui apporte ce qu’il
faut d’aspérité, de spontanéité et de puissance à ce personnage. Elle confère surtout au film son
arme absolue : l’extraordinaire authenticité et justesse de cette héroïne en quête.
«La fracture» de Catherine Corsini
 Raf et Julie, un couple
au bord de la rupture, se
retrouvent dans un
service d’Urgences
proche de l'asphyxie le
soir d'une manifestation
parisienne des Gilets
Jaunes. Leur rencontre
avec Yann, un
manifestant blessé et en
colère, va faire voler en
éclats les certitudes et
les préjugés de chacun.
À l'extérieur, la tension
monte. L’hôpital, sous
pression, doit fermer
ses portes. Le personnel
est débordé. La nuit va
être longue…
 En faisant se rencontrer un gilet jaune blessé lors
d’une manif et une artiste égoïste dans un service
d’urgences sous tension, Catherine Corsini
s’embourbe dans les vieux travers de la fiction de
gauche.
 En mai 2019, le préfet des Alpes-Maritimes interdit
les manifestations des gilets jaunes dans le centre-
ville de Cannes, aux abords du Palais des festivals
et sur la Croisette. En juillet 2021, le mouvement de
protestation social amorcé en octobre 2018 et qui
avait expiré avec le premier confinement
réapparaît en compétition cannoise dans la
Fracture de Catherine Corsini, fiction cocotte-
minute où se bousculent les polytraumatismes
français contemporains dans le temps court d’une
nuit aux urgences au crescendo de crise de nerfs.
 On ne pouvait qu’être intrigué par ce projet qui
entendait revenir sur un phénomène aux contours
inédits, qui a exposé pendant plusieurs mois aux
yeux de médias souvent dépassés ou perplexes et
à une violence policière plus que jamais aveugle,
des citoyens galvanisés par l’agrégat de
frustrations et de colères dont ils mesuraient
chaque samedi le pouvoir de perturbation.
«Benedetta» de Paul Verhoeven
Dans une explosion de plaisir et de
blasphèmes, au milieu d’une atmosphère de
contagion très à propos, le miraculeux profane
Paul Verhoeven fait de Virginie Efira une nonne
hérétique et jouisseuse.
«Toute nouveauté est dangereuse et toute
singularité est suspecte» : ce parfait slogan,
cité dans Immodest Acts, le livre de
l’historienne américaine Judith C. Brown qui a
inspiré le nouveau film de Paul Verhoeven,
ouvre le rapport d’enquête des envoyés du
nonce de Florence au couvent des théatines de
Pescia, en Toscane, quelque part aux alentours
de l’année 1623.
Là, sœur Benedetta Carlini donnerait du fil à
retordre à ses inquisiteurs, cracherait du
sublime et du grotesque à la face de ses
tortionnaires.
 Paul Verhoeven s’amuse et
nous aussi. De l’histoire de
Benedetta Carlini, une nonne
italienne du XVIIe siècle en
proie à des stigmates qui lui
auraient valu la sanctification si
ses amours lesbiennes ne
l’avaient mise au ban, le
facétieux réalisateur de « Basic
Instinct » pointe les échos
contemporains (à défaut du
Covid et de Trump, la peste et
le nonce menacent).
 Paul Verhoeven trousse une
délectable satire du pouvoir,
doublée d’un portrait de femme
comme il les aime : possédée et
manipulatrice, l’ambiguë Benedetta
triomphe du patriarcat délétère en
se montrant encore plus perverse.
Qu’elle découvre l’orgasme dans les
bras de l’espiègle Bartolomea
(Daphné Patakia, une révélation) ou
rivalise de crapulerie avec ses
ennemis, Virginie Efira ondoie,
souveraine, dans le rôle-titre.
Compartiment nº 6
 Kuosmanen adapte le
roman de Rosa Liksom du
même nom, publié en
2011. À travers son film, il
nous emmène en voyage
avec Ljoha, une jeune
femme qui partage son
compartiment de train
avec un inconnu auquel
tout semble l'opposer.
Flag Day de Sean Penn
 Sean Pennnous offre un
nouveau long-métrage
dans lequel il interprète
tantôt un faussaire,
tantôt un braqueur, aux
côtés de sa fille Dylan
Penn qui joue... sa fille.
Une nouvelle étape pour
l'acteur et réalisateur de
60 ans, qui avait vu son
film The Last Face éreinté
par la critique lors du
Festival de Cannes 2016.
Bergman Island de Mia Hansen-Løve
 Un couple de cinéastes, Chris et Tony (Tim Roth, dans un
registre dépouillé où il excelle) qui s’installe pour écrire sur l’île
de Fårö, où vécut Bergman… Avec son film le plus
autobiographique, Mia Hansen-Løve n’a pas eu peur des
obstacles : traiter d’un sujet possiblement excluant ou se
confronter au maestro suédois.
 Bergman Island fascine à l’inverse par l’incroyable limpidité de
son récit mêlant la réalité de ce couple et la fiction du scénario
écrit par Chris qui prend forme à l’écran.
 D’abord, parce qu’elle sait désacraliser – sans l’abîmer – la
figure imposante de Bergman à travers la description des
parcours touristiques cinéphiles organisés sur cette île. Mais
surtout parce qu’elle ne signe pas plus un film sur lui que sur le
cinéma. Bergman Island est d’abord l’histoire d’une double
émancipation.
 Celle d’une cinéaste, qui se vit comme totalement dépendante
du père de son enfant. Et celle de son héroïne, hantée par un
premier amour qu’elle n’a jamais pu oublier. Il règne sur ce
double récit la mélancolie de ces histoires terminées qui
continuent pourtant à briller comme des étoiles mortes.
 Ce film a la grâce, celle de sa comédienne principale,
l’éblouissante Vicky Krieps. On y retrouve aussi des fragments
de tous les précédents Mia Hansen-Løve (du Père de mes
enfants à Un amour de jeunesse). Comme s’il concluait un cycle
et en ouvrait un autre. À la manière de ce que vivent ses
héroïnes. Autobiographique jusqu’au bout.
Tre piani de Nanni Moretti
 Pour la première fois, Nanni Moretti a mis en
scène l’histoire d’un autre, en l’occurrence le
roman Trois Etages de l’écrivain israélien
Eshkol Nevo.
 Avec Federica Pontremoli et Valia Santella, il
l’a transposé à Rome où trois cellules
familiales fermentent dans un immeuble
cossu. Au rez-de-chaussée, il y a Lucio
(Riccardo Scamarcio) et Sara (Elena Lietti)
avec leur petite fille Francesca.
 Une nuit, la vitre dépolie qui les sépare de la
rue est fracassée par la voiture d’Andrea
(Alessandro Sperduti), le fils de Vittorio
(Nanni Moretti) l’inflexible magistrat qu’aime
pourtant Dora l’avocate. Ivre, Andrea a
renversé et tué une passante, sous les yeux de
Monica (Alba Rohrwacher) qui partait seule à
la maternité accoucher d’un premier enfant,
une fille, née d’un père toujours absent.
 « C'est dans son absence de drame que réside
la grandeur de ce film qui pourrait remporter
un prix reconnaissant la subtilité et la
profondeur du regard de Nanni Moretti, qui
rend une réflexion pleine d'arêtes et
d'ambiguïtés. » La Script María Guerra
Drive my car de Ryusuke Hamaguchi
 Découvert en France en 2018 grâce à
la sortie remarquée de son film fleuve
Senses, Ryusuke Hamaguchi est de
retour en compétition à Cannes avec
Drive My Car, pas moins de trois
heures – mais pour le Japonais
habitué des durées maousses, c’est
relativement court. Drive My Car
débute, comme son titre l’indique,
dans une voiture. Mais s’il reste fidèle
à son programme locomotif (une
grande partie du film se passe
effectivement à converser tout en
roulant), le film de Hamaguchi
réserve plus d’une surprise, brusques
tournants, soudaines sorties de route
et multiples déviations.
 Adaptation d’une nouvelle de Haruki
Murakami.
« Et d’un art scénique dont Hamaguchi
filme les mots comme les silences, dans le
sillage d’Ingmar Bergman. Espérons que le
jury se révèle un tant soit peu cinéphile et
audacieux pour que « Drive My Car » figure
le plus haut possible au palmarès. »
L’Obs
«La fièvre de Petrov» de Kirill
Serebrennikov
 Affaibli par une forte
fièvre, Petrov est entraîné
par son ami Igor dans une
longue déambulation
alcoolisée, à la lisière
entre le rêve et la réalité.
Progressivement, les
souvenirs d'enfance de
Petrov ressurgissent et se
confondent avec le
présent.
«The French Dispatch» de Wes Anderson
 The French Dispatch met en
scène un recueil d’histoires
tirées du dernier numéro d’un
magazine américain publié
dans une ville française fictive
du 20e siècle.
 Le dernier Wes Anderson
tourné à Angoulême, fascine
puis fatigue par son giga
manège d’époques, citations
et tableaux grand style mais
figés.
«Titane» de Julia Ducournau
 Après « Grave », la jeune virtuose du cinéma
horrifique va secouer le Festival de Cannes avec
« Titane » et un Vincent Lindon transfiguré.
 C’est le film qui va diviser la Croisette. Cinq ans
après « Grave », Julia Ducournau brigue pour la
première fois la palme d’or.
 Proposition dingue où le transgenre flirte avec le
transhumanisme, « Titane » orchestre la
rencontre de deux âmes mortes : Alexia (Agathe
Rousselle), belle plante mutique, une plaque de
titane greffée à la tempe à la suite d’un accident
de la route, qui, lorsqu’elle ne lap-dance pas,
trucide ses congénères.
 Et Vincent (Vincent Lindon), un pompier
vieillissant et gavé de stéroïdes, ravagé par la
disparition de son fils dix ans plus tôt.
Ducournau prend l’idée de « Crash » de
Cronenberg (sur la fusion sexuelle entre
l’humain et l’automobile) à la lettre, filme Lindon
comme un héros de Shyamalan et, d’un salon du
tuning à une caserne de pompiers, balaie les
tabous et nos repères avec un aplomb
ahurissant.
«Un héros» d'Asghar Farhadi
Rahim est en prison à cause
d'une dette qu'il n'a pas pu
rembourser. Lors d'une
permission de deux jours, il
tente de convaincre son
créancier de retirer sa plainte
contre le versement d'une
partie de la somme. Mais les
choses ne se passent pas
comme prévu…
Le cinéaste iranien tisse l’histoire d’une
rédemption impossible, chargeant son
scénario au détriment de l’émotion.
Les Olympiades deJacques Audiard
 Palme d'or en 2015 pour Dheepan,
Jacques Audiard est de retour au
Festival de Cannes cette année avec
Les Olympiades, son nouveau film
porté par un quatuor de jeunes
acteurs en pleine exploration de leur
sexualité : Lucie Zhang, Makita
Samba, Noémie Merlant et Jehnny
Beth.
 "Paris 13e, quartier des Olympiades.
Émilie rencontre Camille qui est
attiré par Nora qui elle-même croise
le chemin de Amber. Trois filles et un
garçon. Ils sont amis, parfois
amants, souvent les deux.«
 Co-écrit avec Céline Sciamma et Léa
Mysius, sur une musique de Rone.
« Avec Les Olympiades, Audiard prend le
taureau de la modernité par les cornes. Il
construit une fresque urbaine, une réflexion
anguleuse et tranchante sur la liquidité
sentimentale de Bauman qui se déroule dans
le 13e arrondissement de Paris, un lieu peu
touristique et à forte densité d'Asiatiques.
Là, dans des appartements fermés et entre
des écrans éclairés, se croisent les histoires
de deux femmes et d'un jeune homme,
incapables de s'installer, même
fugitivement, dans une relation un peu
stable. Le récit s'envole, esquivant les
grilles, et ce vol frénétique sert de
métaphore et de chemin.
Oscar Wilde disait qu'il faut toujours être un
peu improbable, et c'est précisément
l'improbabilité de l'histoire et sa résistance
à la fermeture qui maintient Les Olympiades
sur pied avec une profonde fraîcheur. Aimer
à nouveau, pleurer, s'évanouir en sentant
une présence, tel est le délicieux espoir
qu'Audiard propose, même si la fin met
quelque peu à mal la cohérence du récit ».
La script. María Guerra
Les Olympiades (1969-1977) sont
l'opération immobilière la plus
emblématique des théories urbanistiques
appliquées à la rénovation urbaine du
secteur Italie 13e arrondissement à Paris
«Red Rocket» de Sean Baker
Mikey Saber revient dans sa
ville natale du Texas après
des années de carrière de
pornstar à Los Angeles. Il n'y
est pas vraiment le
bienvenu... Sans argent, sans
emploi, il doit retourner vivre
chez son ex-femme et sa
belle-mère… Pour payer son
loyer, il reprend ses petites
combines mais une rencontre
va lui donner l’espoir d’un
nouveau départ.
«L’Histoire de ma femme» d'Ildiko Enyedi
 En adaptant l’histoire d’un marin qui
pour un jeu épouse la première
femme qui passe, Ildikó Enyedi nous
plonge dans trois heures de crises
conjugales enrobées d’académisme
inerte.
 Drôle de pedigree cannois que celui
d’Ildikó Enyedi. Signature parmi les
moins identifiées à concourir cette
année pour la palme, elle débarque
pourtant en compète auréolée d’une
antériorité de revenante que nul
n’attendait plus : son tout premier
film, Mon XXe siècle, avait ravi la
caméra d’or en 1989. Depuis, la
carrière de la cinéaste hongroise, 65
ans, a connu d’énormes éclipses,
n’accouchant que d’une poignée de
longs métrages, et même aucun
entre 1999 et 2017, quand elle
resurgit et remporte l’ours d’or de la
Berlinale avec l’insipide Corps et âme.
 Une femme se réveille en sursaut, tirée de son sommeil par un bruit étrange, sorte
de percussion à la fois claquante et sourde. Elle se lève brusquement et arpente son
appartement, ombre fuyante et spectrale, cherchant à savoir ce qu’il se passe. En
vain.
 Une séquence traversée par une belle étrangeté, dont le nouveau film du cinéaste
thaïlandais ne se déparera jamais. S’il fallait en faire le résumé, ce serait l’histoire
d’une femme hantée par un bruit qu’à part elle, personne ne perçoit. Début d’une
(en) quête à la fois rationnelle et abstraite qui mènera l’héroïne, une botaniste
spécialiste des orchidées (Tilda Swinton, au sommet du sublime évanescent), à
traverser la Colombie, quitter la ville et ses repères pour se perdre dans les régions
montagneuses, leurs ancestrales coutumes culturelles et cultuelles afin de tenter
de résoudre ce mystère sonore.
«Memoria» d'Apichatpong Weerasethakul
«France» de Bruno Dumont
 France est un film belgo-italo-germano-
français réalisé par Bruno Dumont dont
la sortie est prévue en 20211. Il s'agit
d'une adaptation de l'œuvre de Charles
Péguy.
 Le film met en scène la vie d'une
journaliste vedette de la télévision,
prise dans une spirale d'événements
qui entraîneront sa chute. Entre drame
et comédie, France cherche à mettre
en parallèle la crise intime et publique
d'une jeune femme avec un tableau de
la France contemporaine.
 France de Meurs est une journaliste
vedette de la télévision française. Sa
célébrité et un enchaînement
d'événements vont entraîner sa chute.
«Haut et Fort» de Nabil Ayouch
 Le film est une fiction dont l’action se
déroule à Sidi Moumen, à Casablanca.
 Il raconte l’histoire d’Anas, ancien
rappeur engagé dans un centre culturel
du quartier. Encouragés par leur nouveau
professeur, les jeunes vont tenter de se
libérer du poids de certaines traditions
pour vivre leur passion et s’exprimer à
travers la culture hip-hop.
 Réalisé par Nabil Ayouch, et écrit par ce
dernier en collaboration avec Maryam
Touzani, le film est un hommage à la
jeunesse marocaine.
 Il est interprété principalement par Anas
Basbousi, ainsi qu’Ismail Adouab, Meriam
Nakkach, Nouhaila Arif, Abdou Basbousi,
Zineb Boujemaa, Soufiane Bellali, Mehdi
Razzouk, Amina Kannan, Samah Barigou,
Maha Menan, Marwa Kniniche, Marouane
Bennani et Abderahaman Errahmani.
«Nitram» de Justin Kurzel
 En Australie dans le milieu
des années 90, Nitram vit
chez ses parents, où le
temps s’écoule entre
solitude et frustration. Alors
qu'il propose ses services
comme jardinier, il
rencontre Helen, une
héritière marginale qui vit
seule avec ses animaux.
 Ensemble, ils se
construisent une vie à part.
Quand Helen disparaît
tragiquement, la colère et la
solitude de Nitram
ressurgissent.
 Commence alors une longue
descente qui va le mener au
pire.
«Les Intranquilles» de Joachim Lafosse
Leila et Damien s’aiment profondément. Malgré
sa bipolarité, il tente de poursuivre sa vie avec
elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui
offrir ce qu’elle désire.
Les Intranquilles", c’est le portrait d’un couple,
incarné par Leila Bekti et Damien Bonnard, un
couple avec un petit garçon, un couple qui
s’aime passionnément…
Seulement voilà : le mari, artiste peintre, est
bipolaire, refuse de prendre ses médicaments
qui briment sa créativité, et sa femme,
désemparée, est en permanence sur le qui-vive,
redoutant une nouvelle crise.
Joachim Lafosse avoue volontiers avoir puisé
dans ses propres souvenirs d’enfance pour
élaborer le scénario de ce film…
Revolution of our Times de Kiwi Chow
 Dernière minute ! Dans un geste typiquement
cannois, le festival a ajouté "at the very last
minute" un documentaire à sa Sélection
officielle . Armé d'images tournées sur place en
2019 et 2020 et de vidéos shootées au
smartphone par les manifestants, le réalisateur
Kiwi Chow y raconte la lutte des habitants de
Hong Kong pour leur liberté face au régime
chinois.
 Ca doit faire la soupe à la grimace à Pékin : au-
delà de sa forme assez classique et de sa
narration chronologique ponctuée de
témoignages face caméra, le docu est
quasiment un acte de résistance en soi. On
plonge dans les coulisses d'une révolution
spontanée de citoyens, du chaos très organisé
 où chacun à un rôle – même minime – à jouer.
C'est sûrement le point fort du film, qui ne se
limite pas à montrer des violences policières ou
des sièges de bâtiments officiel : Kiwi Chow
dresse aussi en creux le portrait de ces millions
d'habitants anonymes, qui n'ont rien d'autre en
commun que de refuser de lâcher leur mode de
vie durement acquis. Entre deux plans au drone
à peine croyables où l'on voit les manifestants
se disperser « like water » dans les rues de Hong
Kong, un témoin lâche : « On n'est personne. Et
personne c'est tout le monde. »
Ouistreham
La Quinzaine s’ouvrira sur le très
attendu Ouistreham, qui marque le
retour à la réalisation de l’écrivain
Emmanuel Carrière, qui n’avait plus
tourné depuis La Moustache (2005).
Ce projet, on le connait bien dans
l’agglomération de Caen, puisqu’il
s’agit de l’adaptation du Quai de
Ouistreham, le récit
autobiographique de Florence
Aubenas paru en 2010.
2) La quinzaine des
réalisateurs/trices:
En vedette, on retrouve l’excellente Juliette Binoche, qui incarne Marianne Winckler, l’alter
ego de Florence Aubenas. Loin de se prendre pour une star malgré son Oscar reçu en 1997
pour sa performance dans Le Patient Anglais, l’actrice française est particulièrement friande
de ce type de film à caractère social.
« Un film ordinaire, dirigé d’une manière très simple par Emmanuel Carrère. Juliette
Binoche, qui est une excellente actrice, est ici en dessous de son potentiel »
La Script, Maria Guerra
«Clara Sola»
Nathalie Alvarez Mesén
Film de magicienne et de naturaliste, de
guérisseuse et de sainte profane, Clara Sola
de Nathalie Alvarez Mesén est aussi un film
de combattante, qui préfère la pénombre à
la lumière crue, l’orée des sous-bois aux
fronts de libération déclarés. Femme
différente des autres gens, son héroïne,
dont le titre révèle à la fois le prénom et, on
l’apprend, le «nom secret», vit avec sa mère
et sa nièce, qui s’occupent d’elle au
quotidien, dans une maison des bois située à
l’écart d’un petit village du Costa Rica.
Connue dans la région pour faire des
miracles, guérir les maladies et savoir parler
aux animaux, Clara ne s’exprime pas comme
tout le monde, et son corps affiche un
certain âge, mais elle semble vivre dans
l’enfance ou dans un temps immémorial.
La Colline où rugissent les lionnes
de Luàna Bajrami
Sous forte influence de Sofia Coppola, le premier
long métrage de Luàna Bajrami met en scène une
bande de copines qui sortent des clous pour
prendre leur destin en main.
Quelque part au Kosovo, dans un village isolé, trois
jeunes femmes voient étouffer leurs rêves et leurs
ambitions. Dans leur quête d'indépendance, rien
ne pourra les arrêter : le temps est venu de laisser
rugir les lionnes.
 Il suffisait de voir Antoneta Alamat Kusijanovic monter sur scène, extrêmement
enceinte et d’un pas très conquérant, pour deviner le genre de caractère qui l’a
conduite à emmener une quinzaine de personnes tourner sous l’eau, par
plusieurs mètres de fond, les plus belles séquences de Murina. Ou encore à
inviter les bonnes fées Martin Scorsese ou Hélène Louvart (directrice photo de
films d’Agnès Varda à se pencher sur le berceau du premier long métrage de la
cinéaste croate, dont celle-ci dit : «Nous y avons mis tout notre cœur, nos larmes,
notre joie et même notre sang.»
 Le film se révèle aussi fait de comédiens sublimes, de paysages qui ne le sont pas
moins et de beaucoup de phrases, adages et paraboles, à commencer par la
métaphore que charrie la murène du titre.
Murina Antoneta Alamat Kusijanovic
Retour à Reims de Jean-Gabriel Périot
 Dans cette œuvre-phare de la
pensée déterministe de Didier
Eribon, le philosophe et sociologue
retraçait son parcours de « transfuge
de classe » en dressant le portrait de
son milieu d’origine (parents et
grands-parents) et, à travers lui, de
la classe ouvrière au XXe siècle.
 Lui épargnant les artifices d’une
fiction ripolinée et d’une incarnation
forcément réductrice, Périot retient
du texte quelques passages
marquants, surtout dévolus aux
femmes de sa famille (sa grand-mère
et sa mère) lus par Adèle Haenel et
montés sur des extraits de films,
archives ou émissions télévisées des
années 1930 jusqu’à aujourd’hui.
 Images qui ne se contentent pas
d’illustrer le propos, mais lui
donnent matière à infuser, à travers
des corps, des visages, des lieux, des
représentations d’époque qui le
prolongent.
« Journal de Tûoa » Miguel Gomes
 Voici un des premiers films exploités
qui se veuille un témoignage direct
sur le confinement. Il est signé du
radical et facétieux réalisateur
portugais Miguel Gomes ), associé
en la circonstance à la réalisatrice
Maureen Fazendeiro.
 Il prend la forme, tombant sous le
sens, d’un journal du confinement
général portugais instauré en août
2020, en même temps que de la
chronique de son tournage – rien de
tel qu’une petite mise en abyme
alors qu’on se tient au bord du
gouffre.
 Pour l’argument, voici donc
quelques amis bloqués dans une
maison de campagne lorsque la
catastrophe survient. Il apparaît bien
vite à la troupe qu’un film doit être
fait sur cette expérience collective
hors du commun.
« Hit the Road » de Panah Panahi
 Panah Panahi est bien le fils de son
père, le remarquable cinéaste
iranien Jafar Panahi. Trois visages, le
Ballon blanc, le Miroir, le Cercle,
Sang et Or et Taxi Téhéran.
 Que des grands films, tous primés
dans les festivals internationaux de
Cannes, Berlin, Venise et Locarno.
 Un héritage pesant dont le fils
semble s’accommoder sans
problème. Son premier long
métrage, Hit the Road, a ébloui la
Quinzaine des réalisateurs, en
détournant des ingrédients chers au
cinéma iranien, l’enfance, la voiture
et les grands espaces, pour les
cuisiner à sa sauce au délicieux
humour aigre-doux.
Face à la mer Ely Dagher
 Tourné au moment des explosions du port
de Beyrouth du 4 août 2020, Face à la mer
raconte l’histoire de Jalna (Manal Issa), une
jeune fille qui a quitté ses parents pour
suivre des études à Paris et qui retourne
soudainement à la capitale libanaise deux
ans après.
 Ely Dagher réalise un film au montage
subtil, déstructuré (où la fin ressemble au
début, comme si les scènes avaient été
interverties). Il filme patiemment les
quartiers modernes de Beyrouth, vides et
fantomatiques, où les habitant·e·s survivent
et semblent errer comme des spectres à la
recherche d’un avenir introuvable. Pendant
ce temps-là, la mer les regarde.
 Un beau film, travaillé, scandé, qui trouve
légitimement sa place dans la sélection de
la Quinzaine des réalisateurs.
 Espagne, l'été. Libertad fait
irruption dans la vie de
Nora, 15 ans et bouscule le
calme habituel de ses
vacances en famille. Ces
deux jeunes filles que tout
oppose nouent alors une
amitié profonde qui
marquera leur entrée dans
l'adolescence.
Critique
« Merveilleux film sur le passage à
l'adolescence d'une fille de la
bourgeoisie catalane lors d'un été où
apparaît chez eux une jeune
Colombienne, fille de la femme de
ménage.
La protagoniste prend conscience de
ses privilèges sociaux.
Un film très intéressant. »
La script. María Guerra
Une jeune fille qui va
bien
Sandrine Kiberlain
Dans « Une jeune fille qui va bien », premier
film réalisé avec grâce, fantaisie et un certain
culot par Sandrine Kiberlain, Rebecca Marder
incarne Irène. Une apprentie comédienne qui
rêve d’entrer au Conservatoire, répète
Marivaux, vit dans une famille aimante.
Mais Irène est juive et nous sommes en 1942.
Une époque dont Sandrine Kiberlain
s’applique à gommer les signes : l’horreur qui
va s’abattre passe d’abord par les dialogues.
Irène ne songe qu’à l’amour, Irène ne songe
qu’au théâtre, mais Irène somatise tout de
même.
Cette merveilleuse Irène happée par la
marche de l’histoire, Rebecca Marder,
26 ans, l’interprète avec une finesse
d’écorchée vive.
Petite Nature» de Samuel
Theis.
Voilà l’histoire de Johnny, jeune garçon aux boucles
blondes et à la féminité frêle qui regarde le monde
des adultes dans sa cité HLM de Forbach.
Sa mère se débat dans une vie sentimentale triste
quand son nouveau prof va l’ouvrir à un autre monde.
Forcément passionnant, enivrant. Dangereux aussi.
Pas forcément pour celui que l’on croit.
Ecrit d’une plume emplie d’intelligence et de finesse,
«Petite nature» brasse des thèmes forts. Mais surtout
il ose se détacher du politiquement correct, très en
vogue en ce moment sur cette thématique dans le
cinéma français, pour questionner, déranger.
Tout cela filmé avec tendresse. D’où la force tranquille
d’un film tenu de bout en bout et porté par la
découverte majeure qu’est Allocha Reinert, jeune
garçon absolument prodigieux, émouvant, rebelle.
Une performance ahurissante qui vient porter une
oeuvre aussi simple que percutante.
Petite nature mais grand film.
Les amours d'Anaïs de Charline Bourgeois-Tacquet
 Anaïs a trente ans et pas assez d’argent.
Elle a un amoureux qu’elle n’est plus sûre
d’aimer. Elle rencontre Daniel, à qui tout
de suite elle plaît. Mais Daniel vit avec
Émilie… qui plaît aussi à Anaïs. C’est
l’histoire d’une jeune femme qui s'agite.
Et c’est aussi l’histoire d’un grand désir.
 C’est joyeux et libéré, sexy et
empouvoirant. Une réflexion sur les
émois du coeur comme projection d’un
soi fantasmé et illusoire, servie par deux
comédiennes incandescentes au sommet
de leur sensualité, « C’est bien, tu vas
pouvoir rencontrer des gens intéressants
» lance la mère d’Anaïs à sa fille en
apprenant qu’elle évolue dans le milieu
de l’édition. Et celle-ci de répondre avec
rage : « Je ne veux pas rencontrer des
gens intéressants, je veux moi-même être
quelqu’un d’intéressant ! »
 Un film pétillant et solaire qui fait fi des
étiquettes et des cases. Et affirme qu’il
suffit de d’embrasser son désir pour
forcer le destin.
« Feathers » reçoit le
Grand Prix de la
Semaine de la critique
Le film de l’Egyptien Omar El Zohairy
s’est révélé le plus déroutant,
sidérant et brillant de la sélection
mettant en compétition des premiers
et deuxièmes longs-métrages.
Un monde de Laura Wandel
 Dans son premier long présenté à
Un Certain Regard, la réalisatrice
belge raconte le harcèlement
scolaire en filmant à hauteur
d'enfant. Un film impressionnant et
étouffant.
 Elle a eu l'envie de placer sa
caméra dans une cour de
récréation. Car elle a eu le
sentiment que c'est le premier lieu
où, dans sa vie, on se retrouve en
contact avec le monde extérieur et
où on fait ses armes pour la suite.
 C'est l'apprentissage de
l'intégration à une communauté. Et
les graines qui poussent là, bonnes
ou mauvaises, restent en nous et
influencent nos vies d'adulte.
Bonne Mère de Hafsia Herzi
 Bonne Mère est le deuxième long de Hafsia Herzi et
l’expérience emmagasinée a d’évidence nourri ce projet. Car la
réalisatrice monte d’un cran à partir d’un scénario plus carré
que Tu mérites un amour, mais toujours traversé par ce qui fait
sa force : sa capacité à laisser la vie envahir l’écran comme si sa
caméra n’existait pas pour ses comédiens.
 De bruit, de fureur, de fous rires et de douceur : voilà comment
décrire le cinéma de Hafsia Herzi, qui s’impose comme une
auteure à part entière en seulement deux films.
 « Tant que je suis debout, je resterai solide », dit son héroïne.
Un mot qui prend tout son sens pour définir cette mère de
famille nombreuse des quartiers nord de Marseille, femme de
ménage qui veille telle une louve sur une tribu riche en
personnalités tranchantes et amputée momentanément d’un
fils en prison.
 Bonne Mère est le portrait de cette résistante qui plie mais ne
rompt pas. Le regard que Hafsia Herzi pose sur elle est
bouleversant d’humanité mais dépourvu d’angélisme. Idem
pour ses autres personnages à qui elle ne passe rien, sans les
juger, et en racontant par un prisme majoritairement féminin
ces quartiers que le cinéma a surtout montrés via des figures
masculines. Son film bouillonne mais se s’agite jamais en vain.
« Et il y eut un matin » Eran Kolirin
 Il y eut un matin du talentueux cinéaste israélien Eran
Kolirin (La visite de la fanfare), montré dans la section « Un
certain regard » et inspiré par une nouvelle de l’écrivain et
journaliste israélien arabe Sayed Kashua.
 Dans son nouveau film, Kolirin met en scène Sami, qui vit à
Jérusalem avec sa compagne et leur fils. Revenu dans son
village natal arabe le temps d’une soirée pour célébrer le
mariage de son frère, Sami se retrouve bloqué sur place le
lendemain matin car l’armée israélienne, pour des raisons
sécuritaires, encercle la bourgade et interdit à ses habitants
le moindre déplacement. Livrés à eux-mêmes, ces derniers
sont pris au piège d’une situation absurde qui révèle les
tempéraments des uns et des autres et, surtout, les
crispations politiques et humaines d’un territoire.
 Un caïd local qui profite du désordre ambiant pour
exploiter son prochain, un jeune militaire israélien qui, à la
frontière, joue de la guitare et… de la mitraillette, un
chauffeur de taxi condamné à arpenter quelques rues de
façon dérisoire. Avec ses personnages aux abois et surtout
avec Sami, son héros mélancolique aux prises avec de
sévères conflits intérieurs, Eran Kolirin concocte une tragi-
comédie pertinente qui, sur un ton joyeusement désespéré
et sans didactisme, dresse le portrait d’une communauté
mal-en-point.
 Une fiction tout en esbroufe qui manque terriblement de
subtilité, à l’inverse du précieux « Il y eut un matin ».
Moneyboys de Yilin Chen Bo
 Dans une Chine en voie de modernisation,
le premier beau long métrage de Yilin
Chen Bo narre le quotidien d’un jeune qui
se prostitue pour aider sa famille.
 «Mais qui ne se vend pas ?» demande,
bravache, ce jeune et joli garçon, revenu
des harassantes journées sans fin ni soleil
à l’usine, et tenté par les fruits
supposément faciles de la baise tarifée à
laquelle se livrent les autres protagonistes
de Moneyboys : une nouvelle vue en coupe
de la Chine en voie de modernisation
accélérée et violente, dont les mirages et
embardées entraînent les aspirants
travailleurs des campagnes sur la pente de
l’exode rural et ses débouchés de
promotion sociale très incertains.
 Et, par-delà le tableau macro brossé en
toile de fond, le beau premier long
métrage de Yilin Chen Bo se présente
comme une peinture au couteau du
complexe réseau d’affects, d’intérêts et
de désirs qui ramifie les relations de Fei, la
vingtaine, prostitué.
Freda de Gessica Généus
 Grâce à ce film, le Bénin se retrouve
sur la Croisette.
 Freda est une coproduction Bénin-
Haïti-France. L'aventure a commencé
en 2018. Le film est d’actualité dans
la mesure où la violence dont il est
question dans cette fiction, palpable
dans la société haïtienne ces
dernières années, a conduit à
l’assassinat du président Jovenel
Moïse. Un événement tragique qui
coïncide avec la sortie du film.
 Freda habite avec sa famille dans un
quartier populaire de Port-au-Prince.
Ils survivent grâce à leur petite
boutique de rue. Face à la précarité
et la montée de la violence en Haïti,
chacun se demande s’il faut partir ou
rester. Freda veut croire en l’avenir
de son pays.
Jane par Charlotte
Charlotte Gainsbourg a commencé à
filmer sa mère, Jane Birkin, pour la
regarder comme elle ne l'avait jamais
fait. La pudeur de l'une face à l'autre
n'avait jamais permis un tel
rapprochement. Mais par l'entremise
de la caméra, la glace se brise pour
faire émerger un échange inédit, sur
plusieurs années, qui efface peu à peu
les deux artistes et les met à nu dans
une conversation intime inédite et
universelle pour laisser apparaître une
mère face à une fille.
“Cahiers noirs”
Shlomit Elkabetz
Dans un taxi parisien, un homme apprend,
par un voyant marocain, que sa sœur est sur
le point de mourir. Pour tenter de déjouer la
prédiction, le frère entreprend alors un
voyage fictif entre le Maroc, Israël et Paris.
À partir d'archives familiales, intimes et
d'extraits de la trilogie écrite et réalisée par
Ronit et Shlomi Elkabetz, Cahiers Noirs :
Viviane et Cahiers Noirs : Ronit nous
immergent dans une histoire imaginaire où
le frère et la sœur revisitent le passé et le
présent pour défier un avenir implacable.
Mais la prophétie plane toujours, dans la vie
comme au cinéma.
Il faut pas moins de deux films à Shlomi
Elkabetz pour déplier la fresque écourtée
de son compagnonnage fusionnel avec sa
sœur Ronit Elkabetz, actrice et cinéaste
emportée par un cancer à 51 ans en avril
2016.
A l’entrée et à l’issue des trois heures et
demie de ce récit familial et biographique,
on déambule hagard dans un appartement
parisien démeublé où ils ont vécu plusieurs
années ensemble entre deux allers-retours
en Israël et les tournées internationales
pour présenter leurs films, port d’attache
et d’élection commun, idéalisé dans un
Paris respirant l’air d’une liberté qu’ils ont
conquise par une haute lutte synchrone,
laissant un jour le survivant comme
orphelin, dépossédé.
 Cette musique ne joue pour
personne est une comédie
franco-belge réalisée par Samuel
Benchetrit.
 Dans une ville portuaire du nord
de la France, des habitants isolés
s'habituent peu à peu à la
violence.
 Leur quotidien va cependant
être soudainement bouleversée
par l'art et l'amour. Jésus et
Poussin doivent organiser une
fête pour la fille adolescente de
leur patron, qui traine dans des
affaires pas très claires.
 De son côté, Jacky, un autre
homme de main, va découvrir le
théâtre auprès d'une femme
dont il tombe amoureux.
Neptune, lui, se met à déclamer
de la poésie
Tralala des frères Larrieu
 Voilà deux jours que Mathieu Amalric campait un
commissaire amateur de gastronomie d’Ennui-sur-
Blasé pour Wes Anderson. Et ce n’était qu’un tour de
chauffe ! Car, dans la foulée, on le retrouvait
“banjolélé” (mix de banjo et de yukulélé) en
bandoulière dans Tralala des frères Larrieu qu’il
accompagne depuis des années.
 En clochard céleste qui part pour Lourdes en quête
d’une jeune femme croisée dans Paris et y trouve une
mère qui croit voir en lui son fils disparu vingt ans
plus tôt, sa fantaisie naturelle et son regard malicieux
donnent le ton de cette comédie musicale dont on
ressort emballé.
 Et hier soir, c’est avec la casquette de réalisateur qu’il
présentait Serre moi fort où à partir d’un point de
départ simplissime - une femme part un matin et
laisse derrière elle mari et enfants - il élaborait un
récit d’une puissance scénaristique et visuelle
renversantes. Avec en filigrane cette croyance dans
le pouvoir de la fiction capable de guérir les douleurs
les plus insoutenables.
Serre moi fort de Mathieu Amalric
 Le film de Mathieu Amalric, agencé
autour du mystère d’un personnage en
fuite, peine à faire poindre l’émotion
malgré un traitement original.
 Ça commence plutôt très bien : dans la
campagne française endormie, une
femme (Vicky Krieps, désormais
incontournable) arpente
nerveusement les étages de sa maison
en faisant attention de ne réveiller
personne – charmant mari, mignons
enfants.
 Il y a une atmosphère de drame qui
frémit comme le lait sur le feu, une
lumière brumeuse et ouatée, comme
une fin de rêve, le parquet craque dans
le silence, elle griffonne un mot et s’en
va. C’est, hélas, à peu près la seule
scène qui (se) tient dans Serre-moi
fort, c’est-à-dire qui prend le temps
d’agencer ses plans, de construire de la
continuité temporelle et spatiale, de
faire le choix d’un minimum de durée
pour faire exister cette femme sur le
départ.
"Belle" de Mamoru Hosodar
«L'animation japonaise a un
problème avec les femmes»,
selon Mamoru Hosoda
L'histoire a pour décor une petite ville rurale
du Japon d'aujourd'hui. Une adolescente
timide et brisée par la mort accidentelle de
sa mère quand elle était petite, Suzu,
s'invente une double vie sur internet où elle
retrouve le goût de chanter et se surprend à
devenir l'égérie musicale de millions de
jeunes gens.
La métamorphose est complète. Suzu
devient Belle et l'uniforme de la petite
collégienne triste laisse place à un look
flamboyant de diva à la voix magnétique
dans ce monde numérique virtuel supporté
par une application ironiquement baptisée
«U», qui signifie «Toi» en anglais alors que le
site propose justement de transformer son
identité.
I comete de Pascal Tagnati
 Inclassable, le très beau premier film de Pascal
Tagnati nous propose de passer un été en Corse,
dans un village dont les habitants se révèlent les
incroyables acteurs de leur propre vie.
 Déposé dans la marge du Festival de Cannes par la
très défricheuse sélection de l’Acid, le premier
film du Corse Pascal Tagnati arbore un titre
international – A Corsican Summer – qui fleure
bon l’apéro au Cap Corse et les plages de rêve.
 Mais si le paysage (sublime, tout le film est situé
dans le village de Tolla, lacustre et verdoyant) est
un vrai enjeu, exit le sable chaud, les paillotes et
les touristes.
 A la place, on rencontre des enfants mal élevés,
une camgirl à la rivière, une vieille dame
révolutionnaire, un ex-taulard en manque de sexe,
pour ne citer qu’eux.
 Et si l’été s’impose comme fil conducteur de la
tension qui monte de la décontraction un brin
neurasthénique de début juillet à la fête de la
Vierge le 15 août, et ses orages, le film a beaucoup
d’ampleur.
 La cinéaste de 38 ans présente «Soy Libre», documentaire
sur son cadet, un jeune homme à la dérive et assoiffé de
liberté à travers lequel elle se raconte elle-même.
 Virtuellement, c’est un double portrait. Laure Portier, 38
ans, autrice du beau documentaire Soy Libre sur son frère,
Arnaud, s’excuse de s’exprimer à sa place, lui qui n’a pas
fait le voyage jusqu’à Cannes. «Pour qu’il accepte d’être
autant filmé, je me suis dit qu’il avait besoin de se raconter.
Peut-être même précisément à ces gens du milieu de la
culture qui, selon moi, lui fait peur. Je pense qu’il craint un
manque de bienveillance.»
 Elle vient de sauter du train quelques heures auparavant,
encore groggy, «en état d’observation et aux
aguets» depuis le perchoir du Café des cinéastes de
l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion
(Acid).
 Elle a amené avec elle un film de fratrie et de filiation.
Quinze ans d’images, entre 2005 et 2021, mettent en
évidence le lien têtu entre l’aînée cinéaste, qui a un jour
quitté les Deux-Sèvres pour étudier les images à Bruxelles,
et son cadet, décrocheur ayant glissé dans la délinquance.
Soy libre de Laure Portier
Marcher sur l'eau d'Aissa
Maïga
 Marcher sur l'eau a été tourné dans le nord du
Niger entre 2018 et 2020 et raconte l'histoire du
village de Tatiste, victime du réchauffement
climatique, qui se bat pour avoir accès à l’eau
par la construction d'un forage. Chaque jour,
Houlaye quatorze ans, comme d’autres jeunes
filles, marche des kilomètres pour aller puiser
l'eau, essentielle à la vie du village. Cette tâche
quotidienne les empêche, entre autres, d'être
assidues à l'école.
 L'absence d'eau pousse également les adultes à
quitter leur famille chaque année pour aller
chercher au-delà des frontières les ressources
nécessaires à leur survie.
 Pourtant, cette région recouvre dans son sous-
sol un lac aquifère de plusieurs milliers de
kilomètres carrés. Sous l’impulsion des
habitants et par l’action de l’ONG Amman
Imman un forage apporterait l’eau tant
convoitée au centre du village et offrirait à tous
une vie meilleure.
Bigger than us de Flore Vasseur
 Flore Vasseur (qui est avant
tout écrivaine et journaliste) est
la réalisatrice de Bigger than us,
le documentaire de la section
éphémère "Le cinéma pour le
climat".
 Cette histoire suit Melati, jeune
indonésienne de 18 ans qui se
bat contre la pollution plastique
de son pays, qui décide d'aller à
la rencontre de d'autres jeunes
qui partagent son combat, à
travers le monde.
 Un film qui pourrait ouvrir les
yeux.
 Louis Garrel est toujours là où l’on ne l’attend
pas ! Avec La Croisade fait partie de la
section éphémère « Le cinéma pour le climat
» du Festival de Cannes, il s’aventure, avec
bonheur, dans le conte écologique, insolent
et juvénile.
 Abel (Garrel lui-même) et Marianne (Laetitia
Casta) découvrent que, comme d’autres
enfants à travers le monde qui se sont
donnés pour mission de sauver la planète,
leur fils Joseph (Joseph Engel, déjà à l’affiche
de L’Homme fidèle) a vendu en douce leurs
objets les plus précieux.
 Abel et Marianne sont des parents
modernes, compréhensifs, qui veulent bien
faire le tri entre poubelle bleue et verte,
certes, mais tout de même : « Quoi ??? Tu as
vendu toutes mes montres de collection ! »,
hurle papa. « Tu n’as tout de même pas
vendu ma petite robe Dior ??? », se désespère
maman…
La croisade Louis Garrel
Aline de Valérie Lemercier
 Sous les paillettes, la femme. A
travers ce faux biopic inspiré
de la vraie Céline Dion, Valérie
Lemercier célèbre la chanteuse
ordinaire à la voix spectaculaire
autant qu’elle se raconte, elle,
en fille de la campagne
aimantée par les feux de la
rampe. A cette différence près
que Céline, elle, trouva
l’homme de sa vie et de sa
réussite en René (rebaptisé
Guy-Claude), de 26 ans son
aîné. Dans ce couple hors
norme qu’elle filme
amoureusement (et ce hiatus
entre Céline et elle), Lemercier
trouve le supplément d’âme
d’un drôle de film, où elle joue
Aline dès l’enfance !
De son vivant
Emmanuelle Bercot
 Un homme condamné trop jeune par
la maladie. La souffrance d’une mère
face à l’inacceptable. Le dévouement
d’un médecin (le docteur SARA dans
son propre rôle) et d’une infirmière
pour les accompagner sur
l’impossible chemin. Une année,
quatre saisons, pour « danser » avec
la maladie, l’apprivoiser, et
comprendre ce que ça signifie :
mourir de son vivant.
Queer Palm 20121
 Sélection longs-métrages
 Les Amours d'Anaïs de Charline Bourgeois-Tacquet France
 Benedetta de Paul Verhoeven France
 Bruno Reidal de Vincent Le Port France
 La Colline où rugissent les lionne (Luaneshat e kodrës) de Luàna Bajrami
France Kosovo
 Compartiment n° 6 (Hytti Nro 6) de Juho Kuosmanen Finlande
 La Fracture de Catherine Corsini France
 Ghost Song de Nicolas Peduzzi France
 Great Freedom (Große Freiheit) de Sebastian Meise Autriche
 Money Boys de C.B. Yi Autriche
 Neptune Frost de Saul Williams et Anisia Uzeyman États-Unis
 Les Olympiades de Jacques Audiard France
 Petite nature de Samuel Theis France
 Retour à Reims (Fragments) de Jean-Gabriel Périot France
 Titane de Julia Ducournau France
 Tout s'est bien passé de François Ozon France
 Vénus sur la rive (Venus by River) de Lin Wang Chine
 Women Do Cry (Zhenite plachat) de Mina Mileva et Vesela Kazavoka Bulgarie
"La Fracture" de Catherine Corsini reçoit la Queer Palm 2021
 "Ce qui me tenait à cœur est de raconter un
couple de femmes d'une cinquantaine
d'années qui a vécu le fait de s'assumer. Dans
le film, l'homosexualité est un sujet et en
même temps n'en est pas un car il est intégré,
en déjouant les préjugés. C'est merveilleux
d'être récompensée pour cela", a confié
Catherine Corsini en recevant son prix.
 Le jury de la "Queer Palm" a également
récompensé deux courts métrages dans la
sélection de la Cinéfondation, la pépinière du
Festival de Cannes qui accompagne chaque
année des étudiants d'écoles de cinéma du
monde entier: "La Caida Del Vencejo" de
l'Espagnol Gonzalo Quincoces, qui met en
scène un jeune issu des classes populaires dans
un cadre familial oppressant.
 Le second court métrage primé est "Frida" de
l'Allemande Aleksandra Odic qui évoque le
rencontre entre une jeune infirmière et sa
patiente du même âge.
Palme d’or
« Titane » de Julia Ducournau
Grand Prix
Prix du scénario : Drive My Car
Prix d’interprétation féminine : Renate Reinsve, pour Julie
(en 12 chapitres)
Prix d’interprétation masculine : Caleb Landry Jones,
pour Nitram
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Festival de Cannes 2021

  • 1.
  • 2. Jodie Foster reçoit la palme d’honneur
  • 3. Le jury  Le président du jury sera le réalisateur américain Spike Lee.  Il sera accompagné dans sa tâche par  Mylène Farmer,  Maggie Gyllenhaal,  Tahar Rahim,  Mélanie Laurent,  Mati Diop,  Jessica Hausner,  Kleber Mendonça  Song Kang-ho
  • 4.
  • 5. Film d’ouverture: ANNETTE Los Angeles, de nos jours. Henry est un comédien de stand-up à l’humour féroce. Ann, une cantatrice de renommée internationale. Ensemble, sous le feu des projecteurs, ils forment un couple épanoui et glamour. La naissance de leur premier enfant, Annette, une fillette mystérieuse au destin exceptionnel, va bouleverser leur vie. « Film incroyablement inspiré, qui nous expose sans rémission au mal qui empoisonne le cœur de l’homme jusque dans l’amour censé le rédimer »
  • 6. « Annette », l’hymne à la nuit de Leos Carax Projetée en ouverture du Festival de Cannes, mardi, la comédie musicale, interprétée par Marion Cotillard et Adam Driver, sur une musique des Sparks Annette se colle au mystère, depuis une Amérique réduite à peu. Sur une idée et une composition du groupe Sparks – phœnix musical californien qui, depuis le glam-rock de ses débuts, perdure et se renouvelle depuis un demi-siècle –, le film chante, mais sidère plutôt qu’il n’enchante. C’est largement le plus noir, le plus malaisant, le plus hérissé de son auteur. Le plus stupéfiant et inventif, aussi, avec le précédent Holy Motors (2012), dont il s’éloigne pourtant.
  • 7. « Un film visuellement époustouflant sur un agresseur qui ne peut tuer sa femme parce qu'il l'aime trop. Pourquoi tant de talent pour un macho de ce niveau ? C'est un fantastique opéra musical avec la musique de Sparks. Spike Lee va l’adorer. S'il s'agissait de Noirs, il ne l'accepterait pas, mais comme il s'agit des filles, il s'en fiche. Un grand film. Un autre grand film macho » La script. María Guerra
  • 8. «Tout s’est bien passé» François Ozon  A 85 ans, le père d'Emmanuèle est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout, aimant passionnément la vie, demande à sa fille de l'aider à mourir.
  • 9.  Le cinéaste adapte le livre d’Emanuèle Berheim, avec Sophie Marceau dans le rôle de l’écrivaine accompagnant son père jusqu’à la mort.  Dans un début de Festival dont l’omniprésente et riante question, de film en film, apparaît celle du face-à-face avec la mort, on fera du nouveau François Ozon un archétype, une réplique climatisée d’Amour promise aux palmes du cœur et autres médailles du râle, ou, surtout, un film aux prises avec les grands thèmes du désir d’en finir, l’euthanasie, les temporalités multiples et secrètes du deuil – de soi, de son existence, des autres, y compris avant même que ceux-ci soient formellement «partis».  On n’aura pas tort, et pourtant c’est aussi, comme souvent chez le prolifique cinéaste, souterrainement un film sur le récit et l’écriture où l’on ne voit jamais personne écrire, et un film de fantômes, écrit par le fantôme même dont le deuil hante tous les plans – c’est là leur part la plus émouvant.e. Le monde
  • 10.  Dans «le Genou d’Ahed», charge convulsive contre les errances nationalistes et les institutions de son pays, le cinéaste israélien invente des formes furieuses, y compris contre lui-même.  Après l’enfant prodige de l’Institutrice et le corps-projectile du vingtenaire de Synonymes, Nadav Lapid poursuit et conclut, annonce-t-il, la trilogie de ses alter ego. Et il la termine par une crise, vécue et piquée dans le désert israélien par le film autant que son personnage, Y (de sa kafkaïenne initiale, où on entend le Yoav des deux volets précédents), homme d’âge mur et cinéaste au désespoir. Tout partira dans tous les sens.  L’intersection du corporel et du national, ce conflit élémentaire qui saturait les films précédents, leurs thèmes, leurs formes, leurs uniformes – car l’armée n’est jamais très loin – s’accumule au point d’exploser. «Le genou d’Ahed» Nadav Lapic
  • 11. LINGUI, LES LIENS SACRÉS MAHAMAT-SALEH HAROUN  Dans les faubourgs de N’djaména au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de quinze ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte.  Cette grossesse, l'adolescente n’en veut pas.  Dans un pays où l'avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance…
  • 12. JULIE (EN 12 CHAPITRES) JOACHIM TRIER Julie, bientôt 30 ans, n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité auprès d’Aksel, 45 ans, auteur à succès, elle rencontre le jeune et séduisant Eivind.
  • 13. Julie parle des relations amoureuses à l’ère #Metoo, se confronte à la responsabilité de l’art face à la société, s’interroge sur la vertu de la fidélité à soi-même ou de l’engagement écologique... Ca pourrait être ennuyeux, voire lénifiant et répétitif. C’est au contraire merveilleux, drôle, subtil et touchant. Pour deux raisons majeures : d’abord l’intelligence stupéfiante de ce type et son sens absolu de la mise en scène. Il y a une scène de fantasme à la poésie sidérante où le cinéaste arrête le temps pour suivre la rencontre de deux solitudes. Il y a des séquences au réalisme blafard qui voisinent avec des scènes à l’énergie pop irrésistibles et on passe de la romcom lumineuse au drame suédois dépressif avec une même facilité. Mais tout cela ne serait rien s’il n’y avait pas quelqu’un pour l’incarner. Renate Reinsve, inconnue jusqu’ici, est une Julie phénoménale, qui apporte ce qu’il faut d’aspérité, de spontanéité et de puissance à ce personnage. Elle confère surtout au film son arme absolue : l’extraordinaire authenticité et justesse de cette héroïne en quête.
  • 14. «La fracture» de Catherine Corsini  Raf et Julie, un couple au bord de la rupture, se retrouvent dans un service d’Urgences proche de l'asphyxie le soir d'une manifestation parisienne des Gilets Jaunes. Leur rencontre avec Yann, un manifestant blessé et en colère, va faire voler en éclats les certitudes et les préjugés de chacun. À l'extérieur, la tension monte. L’hôpital, sous pression, doit fermer ses portes. Le personnel est débordé. La nuit va être longue…
  • 15.  En faisant se rencontrer un gilet jaune blessé lors d’une manif et une artiste égoïste dans un service d’urgences sous tension, Catherine Corsini s’embourbe dans les vieux travers de la fiction de gauche.  En mai 2019, le préfet des Alpes-Maritimes interdit les manifestations des gilets jaunes dans le centre- ville de Cannes, aux abords du Palais des festivals et sur la Croisette. En juillet 2021, le mouvement de protestation social amorcé en octobre 2018 et qui avait expiré avec le premier confinement réapparaît en compétition cannoise dans la Fracture de Catherine Corsini, fiction cocotte- minute où se bousculent les polytraumatismes français contemporains dans le temps court d’une nuit aux urgences au crescendo de crise de nerfs.  On ne pouvait qu’être intrigué par ce projet qui entendait revenir sur un phénomène aux contours inédits, qui a exposé pendant plusieurs mois aux yeux de médias souvent dépassés ou perplexes et à une violence policière plus que jamais aveugle, des citoyens galvanisés par l’agrégat de frustrations et de colères dont ils mesuraient chaque samedi le pouvoir de perturbation.
  • 16. «Benedetta» de Paul Verhoeven Dans une explosion de plaisir et de blasphèmes, au milieu d’une atmosphère de contagion très à propos, le miraculeux profane Paul Verhoeven fait de Virginie Efira une nonne hérétique et jouisseuse. «Toute nouveauté est dangereuse et toute singularité est suspecte» : ce parfait slogan, cité dans Immodest Acts, le livre de l’historienne américaine Judith C. Brown qui a inspiré le nouveau film de Paul Verhoeven, ouvre le rapport d’enquête des envoyés du nonce de Florence au couvent des théatines de Pescia, en Toscane, quelque part aux alentours de l’année 1623. Là, sœur Benedetta Carlini donnerait du fil à retordre à ses inquisiteurs, cracherait du sublime et du grotesque à la face de ses tortionnaires.
  • 17.  Paul Verhoeven s’amuse et nous aussi. De l’histoire de Benedetta Carlini, une nonne italienne du XVIIe siècle en proie à des stigmates qui lui auraient valu la sanctification si ses amours lesbiennes ne l’avaient mise au ban, le facétieux réalisateur de « Basic Instinct » pointe les échos contemporains (à défaut du Covid et de Trump, la peste et le nonce menacent).  Paul Verhoeven trousse une délectable satire du pouvoir, doublée d’un portrait de femme comme il les aime : possédée et manipulatrice, l’ambiguë Benedetta triomphe du patriarcat délétère en se montrant encore plus perverse. Qu’elle découvre l’orgasme dans les bras de l’espiègle Bartolomea (Daphné Patakia, une révélation) ou rivalise de crapulerie avec ses ennemis, Virginie Efira ondoie, souveraine, dans le rôle-titre.
  • 18. Compartiment nº 6  Kuosmanen adapte le roman de Rosa Liksom du même nom, publié en 2011. À travers son film, il nous emmène en voyage avec Ljoha, une jeune femme qui partage son compartiment de train avec un inconnu auquel tout semble l'opposer.
  • 19. Flag Day de Sean Penn  Sean Pennnous offre un nouveau long-métrage dans lequel il interprète tantôt un faussaire, tantôt un braqueur, aux côtés de sa fille Dylan Penn qui joue... sa fille. Une nouvelle étape pour l'acteur et réalisateur de 60 ans, qui avait vu son film The Last Face éreinté par la critique lors du Festival de Cannes 2016.
  • 20. Bergman Island de Mia Hansen-Løve  Un couple de cinéastes, Chris et Tony (Tim Roth, dans un registre dépouillé où il excelle) qui s’installe pour écrire sur l’île de Fårö, où vécut Bergman… Avec son film le plus autobiographique, Mia Hansen-Løve n’a pas eu peur des obstacles : traiter d’un sujet possiblement excluant ou se confronter au maestro suédois.  Bergman Island fascine à l’inverse par l’incroyable limpidité de son récit mêlant la réalité de ce couple et la fiction du scénario écrit par Chris qui prend forme à l’écran.  D’abord, parce qu’elle sait désacraliser – sans l’abîmer – la figure imposante de Bergman à travers la description des parcours touristiques cinéphiles organisés sur cette île. Mais surtout parce qu’elle ne signe pas plus un film sur lui que sur le cinéma. Bergman Island est d’abord l’histoire d’une double émancipation.  Celle d’une cinéaste, qui se vit comme totalement dépendante du père de son enfant. Et celle de son héroïne, hantée par un premier amour qu’elle n’a jamais pu oublier. Il règne sur ce double récit la mélancolie de ces histoires terminées qui continuent pourtant à briller comme des étoiles mortes.  Ce film a la grâce, celle de sa comédienne principale, l’éblouissante Vicky Krieps. On y retrouve aussi des fragments de tous les précédents Mia Hansen-Løve (du Père de mes enfants à Un amour de jeunesse). Comme s’il concluait un cycle et en ouvrait un autre. À la manière de ce que vivent ses héroïnes. Autobiographique jusqu’au bout.
  • 21. Tre piani de Nanni Moretti  Pour la première fois, Nanni Moretti a mis en scène l’histoire d’un autre, en l’occurrence le roman Trois Etages de l’écrivain israélien Eshkol Nevo.  Avec Federica Pontremoli et Valia Santella, il l’a transposé à Rome où trois cellules familiales fermentent dans un immeuble cossu. Au rez-de-chaussée, il y a Lucio (Riccardo Scamarcio) et Sara (Elena Lietti) avec leur petite fille Francesca.  Une nuit, la vitre dépolie qui les sépare de la rue est fracassée par la voiture d’Andrea (Alessandro Sperduti), le fils de Vittorio (Nanni Moretti) l’inflexible magistrat qu’aime pourtant Dora l’avocate. Ivre, Andrea a renversé et tué une passante, sous les yeux de Monica (Alba Rohrwacher) qui partait seule à la maternité accoucher d’un premier enfant, une fille, née d’un père toujours absent.  « C'est dans son absence de drame que réside la grandeur de ce film qui pourrait remporter un prix reconnaissant la subtilité et la profondeur du regard de Nanni Moretti, qui rend une réflexion pleine d'arêtes et d'ambiguïtés. » La Script María Guerra
  • 22. Drive my car de Ryusuke Hamaguchi  Découvert en France en 2018 grâce à la sortie remarquée de son film fleuve Senses, Ryusuke Hamaguchi est de retour en compétition à Cannes avec Drive My Car, pas moins de trois heures – mais pour le Japonais habitué des durées maousses, c’est relativement court. Drive My Car débute, comme son titre l’indique, dans une voiture. Mais s’il reste fidèle à son programme locomotif (une grande partie du film se passe effectivement à converser tout en roulant), le film de Hamaguchi réserve plus d’une surprise, brusques tournants, soudaines sorties de route et multiples déviations.  Adaptation d’une nouvelle de Haruki Murakami. « Et d’un art scénique dont Hamaguchi filme les mots comme les silences, dans le sillage d’Ingmar Bergman. Espérons que le jury se révèle un tant soit peu cinéphile et audacieux pour que « Drive My Car » figure le plus haut possible au palmarès. » L’Obs
  • 23. «La fièvre de Petrov» de Kirill Serebrennikov  Affaibli par une forte fièvre, Petrov est entraîné par son ami Igor dans une longue déambulation alcoolisée, à la lisière entre le rêve et la réalité. Progressivement, les souvenirs d'enfance de Petrov ressurgissent et se confondent avec le présent.
  • 24. «The French Dispatch» de Wes Anderson  The French Dispatch met en scène un recueil d’histoires tirées du dernier numéro d’un magazine américain publié dans une ville française fictive du 20e siècle.  Le dernier Wes Anderson tourné à Angoulême, fascine puis fatigue par son giga manège d’époques, citations et tableaux grand style mais figés.
  • 25. «Titane» de Julia Ducournau  Après « Grave », la jeune virtuose du cinéma horrifique va secouer le Festival de Cannes avec « Titane » et un Vincent Lindon transfiguré.  C’est le film qui va diviser la Croisette. Cinq ans après « Grave », Julia Ducournau brigue pour la première fois la palme d’or.  Proposition dingue où le transgenre flirte avec le transhumanisme, « Titane » orchestre la rencontre de deux âmes mortes : Alexia (Agathe Rousselle), belle plante mutique, une plaque de titane greffée à la tempe à la suite d’un accident de la route, qui, lorsqu’elle ne lap-dance pas, trucide ses congénères.  Et Vincent (Vincent Lindon), un pompier vieillissant et gavé de stéroïdes, ravagé par la disparition de son fils dix ans plus tôt. Ducournau prend l’idée de « Crash » de Cronenberg (sur la fusion sexuelle entre l’humain et l’automobile) à la lettre, filme Lindon comme un héros de Shyamalan et, d’un salon du tuning à une caserne de pompiers, balaie les tabous et nos repères avec un aplomb ahurissant.
  • 26. «Un héros» d'Asghar Farhadi Rahim est en prison à cause d'une dette qu'il n'a pas pu rembourser. Lors d'une permission de deux jours, il tente de convaincre son créancier de retirer sa plainte contre le versement d'une partie de la somme. Mais les choses ne se passent pas comme prévu… Le cinéaste iranien tisse l’histoire d’une rédemption impossible, chargeant son scénario au détriment de l’émotion.
  • 27. Les Olympiades deJacques Audiard  Palme d'or en 2015 pour Dheepan, Jacques Audiard est de retour au Festival de Cannes cette année avec Les Olympiades, son nouveau film porté par un quatuor de jeunes acteurs en pleine exploration de leur sexualité : Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Merlant et Jehnny Beth.  "Paris 13e, quartier des Olympiades. Émilie rencontre Camille qui est attiré par Nora qui elle-même croise le chemin de Amber. Trois filles et un garçon. Ils sont amis, parfois amants, souvent les deux.«  Co-écrit avec Céline Sciamma et Léa Mysius, sur une musique de Rone.
  • 28. « Avec Les Olympiades, Audiard prend le taureau de la modernité par les cornes. Il construit une fresque urbaine, une réflexion anguleuse et tranchante sur la liquidité sentimentale de Bauman qui se déroule dans le 13e arrondissement de Paris, un lieu peu touristique et à forte densité d'Asiatiques. Là, dans des appartements fermés et entre des écrans éclairés, se croisent les histoires de deux femmes et d'un jeune homme, incapables de s'installer, même fugitivement, dans une relation un peu stable. Le récit s'envole, esquivant les grilles, et ce vol frénétique sert de métaphore et de chemin. Oscar Wilde disait qu'il faut toujours être un peu improbable, et c'est précisément l'improbabilité de l'histoire et sa résistance à la fermeture qui maintient Les Olympiades sur pied avec une profonde fraîcheur. Aimer à nouveau, pleurer, s'évanouir en sentant une présence, tel est le délicieux espoir qu'Audiard propose, même si la fin met quelque peu à mal la cohérence du récit ». La script. María Guerra Les Olympiades (1969-1977) sont l'opération immobilière la plus emblématique des théories urbanistiques appliquées à la rénovation urbaine du secteur Italie 13e arrondissement à Paris
  • 29. «Red Rocket» de Sean Baker Mikey Saber revient dans sa ville natale du Texas après des années de carrière de pornstar à Los Angeles. Il n'y est pas vraiment le bienvenu... Sans argent, sans emploi, il doit retourner vivre chez son ex-femme et sa belle-mère… Pour payer son loyer, il reprend ses petites combines mais une rencontre va lui donner l’espoir d’un nouveau départ.
  • 30. «L’Histoire de ma femme» d'Ildiko Enyedi  En adaptant l’histoire d’un marin qui pour un jeu épouse la première femme qui passe, Ildikó Enyedi nous plonge dans trois heures de crises conjugales enrobées d’académisme inerte.  Drôle de pedigree cannois que celui d’Ildikó Enyedi. Signature parmi les moins identifiées à concourir cette année pour la palme, elle débarque pourtant en compète auréolée d’une antériorité de revenante que nul n’attendait plus : son tout premier film, Mon XXe siècle, avait ravi la caméra d’or en 1989. Depuis, la carrière de la cinéaste hongroise, 65 ans, a connu d’énormes éclipses, n’accouchant que d’une poignée de longs métrages, et même aucun entre 1999 et 2017, quand elle resurgit et remporte l’ours d’or de la Berlinale avec l’insipide Corps et âme.
  • 31.  Une femme se réveille en sursaut, tirée de son sommeil par un bruit étrange, sorte de percussion à la fois claquante et sourde. Elle se lève brusquement et arpente son appartement, ombre fuyante et spectrale, cherchant à savoir ce qu’il se passe. En vain.  Une séquence traversée par une belle étrangeté, dont le nouveau film du cinéaste thaïlandais ne se déparera jamais. S’il fallait en faire le résumé, ce serait l’histoire d’une femme hantée par un bruit qu’à part elle, personne ne perçoit. Début d’une (en) quête à la fois rationnelle et abstraite qui mènera l’héroïne, une botaniste spécialiste des orchidées (Tilda Swinton, au sommet du sublime évanescent), à traverser la Colombie, quitter la ville et ses repères pour se perdre dans les régions montagneuses, leurs ancestrales coutumes culturelles et cultuelles afin de tenter de résoudre ce mystère sonore. «Memoria» d'Apichatpong Weerasethakul
  • 32. «France» de Bruno Dumont  France est un film belgo-italo-germano- français réalisé par Bruno Dumont dont la sortie est prévue en 20211. Il s'agit d'une adaptation de l'œuvre de Charles Péguy.  Le film met en scène la vie d'une journaliste vedette de la télévision, prise dans une spirale d'événements qui entraîneront sa chute. Entre drame et comédie, France cherche à mettre en parallèle la crise intime et publique d'une jeune femme avec un tableau de la France contemporaine.  France de Meurs est une journaliste vedette de la télévision française. Sa célébrité et un enchaînement d'événements vont entraîner sa chute.
  • 33. «Haut et Fort» de Nabil Ayouch  Le film est une fiction dont l’action se déroule à Sidi Moumen, à Casablanca.  Il raconte l’histoire d’Anas, ancien rappeur engagé dans un centre culturel du quartier. Encouragés par leur nouveau professeur, les jeunes vont tenter de se libérer du poids de certaines traditions pour vivre leur passion et s’exprimer à travers la culture hip-hop.  Réalisé par Nabil Ayouch, et écrit par ce dernier en collaboration avec Maryam Touzani, le film est un hommage à la jeunesse marocaine.  Il est interprété principalement par Anas Basbousi, ainsi qu’Ismail Adouab, Meriam Nakkach, Nouhaila Arif, Abdou Basbousi, Zineb Boujemaa, Soufiane Bellali, Mehdi Razzouk, Amina Kannan, Samah Barigou, Maha Menan, Marwa Kniniche, Marouane Bennani et Abderahaman Errahmani.
  • 34. «Nitram» de Justin Kurzel  En Australie dans le milieu des années 90, Nitram vit chez ses parents, où le temps s’écoule entre solitude et frustration. Alors qu'il propose ses services comme jardinier, il rencontre Helen, une héritière marginale qui vit seule avec ses animaux.  Ensemble, ils se construisent une vie à part. Quand Helen disparaît tragiquement, la colère et la solitude de Nitram ressurgissent.  Commence alors une longue descente qui va le mener au pire.
  • 35. «Les Intranquilles» de Joachim Lafosse Leila et Damien s’aiment profondément. Malgré sa bipolarité, il tente de poursuivre sa vie avec elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire. Les Intranquilles", c’est le portrait d’un couple, incarné par Leila Bekti et Damien Bonnard, un couple avec un petit garçon, un couple qui s’aime passionnément… Seulement voilà : le mari, artiste peintre, est bipolaire, refuse de prendre ses médicaments qui briment sa créativité, et sa femme, désemparée, est en permanence sur le qui-vive, redoutant une nouvelle crise. Joachim Lafosse avoue volontiers avoir puisé dans ses propres souvenirs d’enfance pour élaborer le scénario de ce film…
  • 36. Revolution of our Times de Kiwi Chow  Dernière minute ! Dans un geste typiquement cannois, le festival a ajouté "at the very last minute" un documentaire à sa Sélection officielle . Armé d'images tournées sur place en 2019 et 2020 et de vidéos shootées au smartphone par les manifestants, le réalisateur Kiwi Chow y raconte la lutte des habitants de Hong Kong pour leur liberté face au régime chinois.  Ca doit faire la soupe à la grimace à Pékin : au- delà de sa forme assez classique et de sa narration chronologique ponctuée de témoignages face caméra, le docu est quasiment un acte de résistance en soi. On plonge dans les coulisses d'une révolution spontanée de citoyens, du chaos très organisé  où chacun à un rôle – même minime – à jouer. C'est sûrement le point fort du film, qui ne se limite pas à montrer des violences policières ou des sièges de bâtiments officiel : Kiwi Chow dresse aussi en creux le portrait de ces millions d'habitants anonymes, qui n'ont rien d'autre en commun que de refuser de lâcher leur mode de vie durement acquis. Entre deux plans au drone à peine croyables où l'on voit les manifestants se disperser « like water » dans les rues de Hong Kong, un témoin lâche : « On n'est personne. Et personne c'est tout le monde. »
  • 37. Ouistreham La Quinzaine s’ouvrira sur le très attendu Ouistreham, qui marque le retour à la réalisation de l’écrivain Emmanuel Carrière, qui n’avait plus tourné depuis La Moustache (2005). Ce projet, on le connait bien dans l’agglomération de Caen, puisqu’il s’agit de l’adaptation du Quai de Ouistreham, le récit autobiographique de Florence Aubenas paru en 2010. 2) La quinzaine des réalisateurs/trices:
  • 38. En vedette, on retrouve l’excellente Juliette Binoche, qui incarne Marianne Winckler, l’alter ego de Florence Aubenas. Loin de se prendre pour une star malgré son Oscar reçu en 1997 pour sa performance dans Le Patient Anglais, l’actrice française est particulièrement friande de ce type de film à caractère social. « Un film ordinaire, dirigé d’une manière très simple par Emmanuel Carrère. Juliette Binoche, qui est une excellente actrice, est ici en dessous de son potentiel » La Script, Maria Guerra
  • 39. «Clara Sola» Nathalie Alvarez Mesén Film de magicienne et de naturaliste, de guérisseuse et de sainte profane, Clara Sola de Nathalie Alvarez Mesén est aussi un film de combattante, qui préfère la pénombre à la lumière crue, l’orée des sous-bois aux fronts de libération déclarés. Femme différente des autres gens, son héroïne, dont le titre révèle à la fois le prénom et, on l’apprend, le «nom secret», vit avec sa mère et sa nièce, qui s’occupent d’elle au quotidien, dans une maison des bois située à l’écart d’un petit village du Costa Rica. Connue dans la région pour faire des miracles, guérir les maladies et savoir parler aux animaux, Clara ne s’exprime pas comme tout le monde, et son corps affiche un certain âge, mais elle semble vivre dans l’enfance ou dans un temps immémorial.
  • 40. La Colline où rugissent les lionnes de Luàna Bajrami Sous forte influence de Sofia Coppola, le premier long métrage de Luàna Bajrami met en scène une bande de copines qui sortent des clous pour prendre leur destin en main. Quelque part au Kosovo, dans un village isolé, trois jeunes femmes voient étouffer leurs rêves et leurs ambitions. Dans leur quête d'indépendance, rien ne pourra les arrêter : le temps est venu de laisser rugir les lionnes.
  • 41.  Il suffisait de voir Antoneta Alamat Kusijanovic monter sur scène, extrêmement enceinte et d’un pas très conquérant, pour deviner le genre de caractère qui l’a conduite à emmener une quinzaine de personnes tourner sous l’eau, par plusieurs mètres de fond, les plus belles séquences de Murina. Ou encore à inviter les bonnes fées Martin Scorsese ou Hélène Louvart (directrice photo de films d’Agnès Varda à se pencher sur le berceau du premier long métrage de la cinéaste croate, dont celle-ci dit : «Nous y avons mis tout notre cœur, nos larmes, notre joie et même notre sang.»  Le film se révèle aussi fait de comédiens sublimes, de paysages qui ne le sont pas moins et de beaucoup de phrases, adages et paraboles, à commencer par la métaphore que charrie la murène du titre. Murina Antoneta Alamat Kusijanovic
  • 42. Retour à Reims de Jean-Gabriel Périot  Dans cette œuvre-phare de la pensée déterministe de Didier Eribon, le philosophe et sociologue retraçait son parcours de « transfuge de classe » en dressant le portrait de son milieu d’origine (parents et grands-parents) et, à travers lui, de la classe ouvrière au XXe siècle.  Lui épargnant les artifices d’une fiction ripolinée et d’une incarnation forcément réductrice, Périot retient du texte quelques passages marquants, surtout dévolus aux femmes de sa famille (sa grand-mère et sa mère) lus par Adèle Haenel et montés sur des extraits de films, archives ou émissions télévisées des années 1930 jusqu’à aujourd’hui.  Images qui ne se contentent pas d’illustrer le propos, mais lui donnent matière à infuser, à travers des corps, des visages, des lieux, des représentations d’époque qui le prolongent.
  • 43. « Journal de Tûoa » Miguel Gomes  Voici un des premiers films exploités qui se veuille un témoignage direct sur le confinement. Il est signé du radical et facétieux réalisateur portugais Miguel Gomes ), associé en la circonstance à la réalisatrice Maureen Fazendeiro.  Il prend la forme, tombant sous le sens, d’un journal du confinement général portugais instauré en août 2020, en même temps que de la chronique de son tournage – rien de tel qu’une petite mise en abyme alors qu’on se tient au bord du gouffre.  Pour l’argument, voici donc quelques amis bloqués dans une maison de campagne lorsque la catastrophe survient. Il apparaît bien vite à la troupe qu’un film doit être fait sur cette expérience collective hors du commun.
  • 44. « Hit the Road » de Panah Panahi  Panah Panahi est bien le fils de son père, le remarquable cinéaste iranien Jafar Panahi. Trois visages, le Ballon blanc, le Miroir, le Cercle, Sang et Or et Taxi Téhéran.  Que des grands films, tous primés dans les festivals internationaux de Cannes, Berlin, Venise et Locarno.  Un héritage pesant dont le fils semble s’accommoder sans problème. Son premier long métrage, Hit the Road, a ébloui la Quinzaine des réalisateurs, en détournant des ingrédients chers au cinéma iranien, l’enfance, la voiture et les grands espaces, pour les cuisiner à sa sauce au délicieux humour aigre-doux.
  • 45. Face à la mer Ely Dagher  Tourné au moment des explosions du port de Beyrouth du 4 août 2020, Face à la mer raconte l’histoire de Jalna (Manal Issa), une jeune fille qui a quitté ses parents pour suivre des études à Paris et qui retourne soudainement à la capitale libanaise deux ans après.  Ely Dagher réalise un film au montage subtil, déstructuré (où la fin ressemble au début, comme si les scènes avaient été interverties). Il filme patiemment les quartiers modernes de Beyrouth, vides et fantomatiques, où les habitant·e·s survivent et semblent errer comme des spectres à la recherche d’un avenir introuvable. Pendant ce temps-là, la mer les regarde.  Un beau film, travaillé, scandé, qui trouve légitimement sa place dans la sélection de la Quinzaine des réalisateurs.
  • 46.  Espagne, l'été. Libertad fait irruption dans la vie de Nora, 15 ans et bouscule le calme habituel de ses vacances en famille. Ces deux jeunes filles que tout oppose nouent alors une amitié profonde qui marquera leur entrée dans l'adolescence.
  • 47. Critique « Merveilleux film sur le passage à l'adolescence d'une fille de la bourgeoisie catalane lors d'un été où apparaît chez eux une jeune Colombienne, fille de la femme de ménage. La protagoniste prend conscience de ses privilèges sociaux. Un film très intéressant. » La script. María Guerra
  • 48. Une jeune fille qui va bien Sandrine Kiberlain Dans « Une jeune fille qui va bien », premier film réalisé avec grâce, fantaisie et un certain culot par Sandrine Kiberlain, Rebecca Marder incarne Irène. Une apprentie comédienne qui rêve d’entrer au Conservatoire, répète Marivaux, vit dans une famille aimante. Mais Irène est juive et nous sommes en 1942. Une époque dont Sandrine Kiberlain s’applique à gommer les signes : l’horreur qui va s’abattre passe d’abord par les dialogues. Irène ne songe qu’à l’amour, Irène ne songe qu’au théâtre, mais Irène somatise tout de même. Cette merveilleuse Irène happée par la marche de l’histoire, Rebecca Marder, 26 ans, l’interprète avec une finesse d’écorchée vive.
  • 49. Petite Nature» de Samuel Theis. Voilà l’histoire de Johnny, jeune garçon aux boucles blondes et à la féminité frêle qui regarde le monde des adultes dans sa cité HLM de Forbach. Sa mère se débat dans une vie sentimentale triste quand son nouveau prof va l’ouvrir à un autre monde. Forcément passionnant, enivrant. Dangereux aussi. Pas forcément pour celui que l’on croit. Ecrit d’une plume emplie d’intelligence et de finesse, «Petite nature» brasse des thèmes forts. Mais surtout il ose se détacher du politiquement correct, très en vogue en ce moment sur cette thématique dans le cinéma français, pour questionner, déranger. Tout cela filmé avec tendresse. D’où la force tranquille d’un film tenu de bout en bout et porté par la découverte majeure qu’est Allocha Reinert, jeune garçon absolument prodigieux, émouvant, rebelle. Une performance ahurissante qui vient porter une oeuvre aussi simple que percutante. Petite nature mais grand film.
  • 50. Les amours d'Anaïs de Charline Bourgeois-Tacquet  Anaïs a trente ans et pas assez d’argent. Elle a un amoureux qu’elle n’est plus sûre d’aimer. Elle rencontre Daniel, à qui tout de suite elle plaît. Mais Daniel vit avec Émilie… qui plaît aussi à Anaïs. C’est l’histoire d’une jeune femme qui s'agite. Et c’est aussi l’histoire d’un grand désir.  C’est joyeux et libéré, sexy et empouvoirant. Une réflexion sur les émois du coeur comme projection d’un soi fantasmé et illusoire, servie par deux comédiennes incandescentes au sommet de leur sensualité, « C’est bien, tu vas pouvoir rencontrer des gens intéressants » lance la mère d’Anaïs à sa fille en apprenant qu’elle évolue dans le milieu de l’édition. Et celle-ci de répondre avec rage : « Je ne veux pas rencontrer des gens intéressants, je veux moi-même être quelqu’un d’intéressant ! »  Un film pétillant et solaire qui fait fi des étiquettes et des cases. Et affirme qu’il suffit de d’embrasser son désir pour forcer le destin.
  • 51. « Feathers » reçoit le Grand Prix de la Semaine de la critique Le film de l’Egyptien Omar El Zohairy s’est révélé le plus déroutant, sidérant et brillant de la sélection mettant en compétition des premiers et deuxièmes longs-métrages.
  • 52. Un monde de Laura Wandel  Dans son premier long présenté à Un Certain Regard, la réalisatrice belge raconte le harcèlement scolaire en filmant à hauteur d'enfant. Un film impressionnant et étouffant.  Elle a eu l'envie de placer sa caméra dans une cour de récréation. Car elle a eu le sentiment que c'est le premier lieu où, dans sa vie, on se retrouve en contact avec le monde extérieur et où on fait ses armes pour la suite.  C'est l'apprentissage de l'intégration à une communauté. Et les graines qui poussent là, bonnes ou mauvaises, restent en nous et influencent nos vies d'adulte.
  • 53. Bonne Mère de Hafsia Herzi  Bonne Mère est le deuxième long de Hafsia Herzi et l’expérience emmagasinée a d’évidence nourri ce projet. Car la réalisatrice monte d’un cran à partir d’un scénario plus carré que Tu mérites un amour, mais toujours traversé par ce qui fait sa force : sa capacité à laisser la vie envahir l’écran comme si sa caméra n’existait pas pour ses comédiens.  De bruit, de fureur, de fous rires et de douceur : voilà comment décrire le cinéma de Hafsia Herzi, qui s’impose comme une auteure à part entière en seulement deux films.  « Tant que je suis debout, je resterai solide », dit son héroïne. Un mot qui prend tout son sens pour définir cette mère de famille nombreuse des quartiers nord de Marseille, femme de ménage qui veille telle une louve sur une tribu riche en personnalités tranchantes et amputée momentanément d’un fils en prison.  Bonne Mère est le portrait de cette résistante qui plie mais ne rompt pas. Le regard que Hafsia Herzi pose sur elle est bouleversant d’humanité mais dépourvu d’angélisme. Idem pour ses autres personnages à qui elle ne passe rien, sans les juger, et en racontant par un prisme majoritairement féminin ces quartiers que le cinéma a surtout montrés via des figures masculines. Son film bouillonne mais se s’agite jamais en vain.
  • 54. « Et il y eut un matin » Eran Kolirin  Il y eut un matin du talentueux cinéaste israélien Eran Kolirin (La visite de la fanfare), montré dans la section « Un certain regard » et inspiré par une nouvelle de l’écrivain et journaliste israélien arabe Sayed Kashua.  Dans son nouveau film, Kolirin met en scène Sami, qui vit à Jérusalem avec sa compagne et leur fils. Revenu dans son village natal arabe le temps d’une soirée pour célébrer le mariage de son frère, Sami se retrouve bloqué sur place le lendemain matin car l’armée israélienne, pour des raisons sécuritaires, encercle la bourgade et interdit à ses habitants le moindre déplacement. Livrés à eux-mêmes, ces derniers sont pris au piège d’une situation absurde qui révèle les tempéraments des uns et des autres et, surtout, les crispations politiques et humaines d’un territoire.  Un caïd local qui profite du désordre ambiant pour exploiter son prochain, un jeune militaire israélien qui, à la frontière, joue de la guitare et… de la mitraillette, un chauffeur de taxi condamné à arpenter quelques rues de façon dérisoire. Avec ses personnages aux abois et surtout avec Sami, son héros mélancolique aux prises avec de sévères conflits intérieurs, Eran Kolirin concocte une tragi- comédie pertinente qui, sur un ton joyeusement désespéré et sans didactisme, dresse le portrait d’une communauté mal-en-point.  Une fiction tout en esbroufe qui manque terriblement de subtilité, à l’inverse du précieux « Il y eut un matin ».
  • 55. Moneyboys de Yilin Chen Bo  Dans une Chine en voie de modernisation, le premier beau long métrage de Yilin Chen Bo narre le quotidien d’un jeune qui se prostitue pour aider sa famille.  «Mais qui ne se vend pas ?» demande, bravache, ce jeune et joli garçon, revenu des harassantes journées sans fin ni soleil à l’usine, et tenté par les fruits supposément faciles de la baise tarifée à laquelle se livrent les autres protagonistes de Moneyboys : une nouvelle vue en coupe de la Chine en voie de modernisation accélérée et violente, dont les mirages et embardées entraînent les aspirants travailleurs des campagnes sur la pente de l’exode rural et ses débouchés de promotion sociale très incertains.  Et, par-delà le tableau macro brossé en toile de fond, le beau premier long métrage de Yilin Chen Bo se présente comme une peinture au couteau du complexe réseau d’affects, d’intérêts et de désirs qui ramifie les relations de Fei, la vingtaine, prostitué.
  • 56. Freda de Gessica Généus  Grâce à ce film, le Bénin se retrouve sur la Croisette.  Freda est une coproduction Bénin- Haïti-France. L'aventure a commencé en 2018. Le film est d’actualité dans la mesure où la violence dont il est question dans cette fiction, palpable dans la société haïtienne ces dernières années, a conduit à l’assassinat du président Jovenel Moïse. Un événement tragique qui coïncide avec la sortie du film.  Freda habite avec sa famille dans un quartier populaire de Port-au-Prince. Ils survivent grâce à leur petite boutique de rue. Face à la précarité et la montée de la violence en Haïti, chacun se demande s’il faut partir ou rester. Freda veut croire en l’avenir de son pays.
  • 57. Jane par Charlotte Charlotte Gainsbourg a commencé à filmer sa mère, Jane Birkin, pour la regarder comme elle ne l'avait jamais fait. La pudeur de l'une face à l'autre n'avait jamais permis un tel rapprochement. Mais par l'entremise de la caméra, la glace se brise pour faire émerger un échange inédit, sur plusieurs années, qui efface peu à peu les deux artistes et les met à nu dans une conversation intime inédite et universelle pour laisser apparaître une mère face à une fille.
  • 58. “Cahiers noirs” Shlomit Elkabetz Dans un taxi parisien, un homme apprend, par un voyant marocain, que sa sœur est sur le point de mourir. Pour tenter de déjouer la prédiction, le frère entreprend alors un voyage fictif entre le Maroc, Israël et Paris. À partir d'archives familiales, intimes et d'extraits de la trilogie écrite et réalisée par Ronit et Shlomi Elkabetz, Cahiers Noirs : Viviane et Cahiers Noirs : Ronit nous immergent dans une histoire imaginaire où le frère et la sœur revisitent le passé et le présent pour défier un avenir implacable. Mais la prophétie plane toujours, dans la vie comme au cinéma.
  • 59. Il faut pas moins de deux films à Shlomi Elkabetz pour déplier la fresque écourtée de son compagnonnage fusionnel avec sa sœur Ronit Elkabetz, actrice et cinéaste emportée par un cancer à 51 ans en avril 2016. A l’entrée et à l’issue des trois heures et demie de ce récit familial et biographique, on déambule hagard dans un appartement parisien démeublé où ils ont vécu plusieurs années ensemble entre deux allers-retours en Israël et les tournées internationales pour présenter leurs films, port d’attache et d’élection commun, idéalisé dans un Paris respirant l’air d’une liberté qu’ils ont conquise par une haute lutte synchrone, laissant un jour le survivant comme orphelin, dépossédé.
  • 60.  Cette musique ne joue pour personne est une comédie franco-belge réalisée par Samuel Benchetrit.  Dans une ville portuaire du nord de la France, des habitants isolés s'habituent peu à peu à la violence.  Leur quotidien va cependant être soudainement bouleversée par l'art et l'amour. Jésus et Poussin doivent organiser une fête pour la fille adolescente de leur patron, qui traine dans des affaires pas très claires.  De son côté, Jacky, un autre homme de main, va découvrir le théâtre auprès d'une femme dont il tombe amoureux. Neptune, lui, se met à déclamer de la poésie
  • 61. Tralala des frères Larrieu  Voilà deux jours que Mathieu Amalric campait un commissaire amateur de gastronomie d’Ennui-sur- Blasé pour Wes Anderson. Et ce n’était qu’un tour de chauffe ! Car, dans la foulée, on le retrouvait “banjolélé” (mix de banjo et de yukulélé) en bandoulière dans Tralala des frères Larrieu qu’il accompagne depuis des années.  En clochard céleste qui part pour Lourdes en quête d’une jeune femme croisée dans Paris et y trouve une mère qui croit voir en lui son fils disparu vingt ans plus tôt, sa fantaisie naturelle et son regard malicieux donnent le ton de cette comédie musicale dont on ressort emballé.  Et hier soir, c’est avec la casquette de réalisateur qu’il présentait Serre moi fort où à partir d’un point de départ simplissime - une femme part un matin et laisse derrière elle mari et enfants - il élaborait un récit d’une puissance scénaristique et visuelle renversantes. Avec en filigrane cette croyance dans le pouvoir de la fiction capable de guérir les douleurs les plus insoutenables.
  • 62. Serre moi fort de Mathieu Amalric  Le film de Mathieu Amalric, agencé autour du mystère d’un personnage en fuite, peine à faire poindre l’émotion malgré un traitement original.  Ça commence plutôt très bien : dans la campagne française endormie, une femme (Vicky Krieps, désormais incontournable) arpente nerveusement les étages de sa maison en faisant attention de ne réveiller personne – charmant mari, mignons enfants.  Il y a une atmosphère de drame qui frémit comme le lait sur le feu, une lumière brumeuse et ouatée, comme une fin de rêve, le parquet craque dans le silence, elle griffonne un mot et s’en va. C’est, hélas, à peu près la seule scène qui (se) tient dans Serre-moi fort, c’est-à-dire qui prend le temps d’agencer ses plans, de construire de la continuité temporelle et spatiale, de faire le choix d’un minimum de durée pour faire exister cette femme sur le départ.
  • 63. "Belle" de Mamoru Hosodar «L'animation japonaise a un problème avec les femmes», selon Mamoru Hosoda L'histoire a pour décor une petite ville rurale du Japon d'aujourd'hui. Une adolescente timide et brisée par la mort accidentelle de sa mère quand elle était petite, Suzu, s'invente une double vie sur internet où elle retrouve le goût de chanter et se surprend à devenir l'égérie musicale de millions de jeunes gens. La métamorphose est complète. Suzu devient Belle et l'uniforme de la petite collégienne triste laisse place à un look flamboyant de diva à la voix magnétique dans ce monde numérique virtuel supporté par une application ironiquement baptisée «U», qui signifie «Toi» en anglais alors que le site propose justement de transformer son identité.
  • 64.
  • 65. I comete de Pascal Tagnati  Inclassable, le très beau premier film de Pascal Tagnati nous propose de passer un été en Corse, dans un village dont les habitants se révèlent les incroyables acteurs de leur propre vie.  Déposé dans la marge du Festival de Cannes par la très défricheuse sélection de l’Acid, le premier film du Corse Pascal Tagnati arbore un titre international – A Corsican Summer – qui fleure bon l’apéro au Cap Corse et les plages de rêve.  Mais si le paysage (sublime, tout le film est situé dans le village de Tolla, lacustre et verdoyant) est un vrai enjeu, exit le sable chaud, les paillotes et les touristes.  A la place, on rencontre des enfants mal élevés, une camgirl à la rivière, une vieille dame révolutionnaire, un ex-taulard en manque de sexe, pour ne citer qu’eux.  Et si l’été s’impose comme fil conducteur de la tension qui monte de la décontraction un brin neurasthénique de début juillet à la fête de la Vierge le 15 août, et ses orages, le film a beaucoup d’ampleur.
  • 66.  La cinéaste de 38 ans présente «Soy Libre», documentaire sur son cadet, un jeune homme à la dérive et assoiffé de liberté à travers lequel elle se raconte elle-même.  Virtuellement, c’est un double portrait. Laure Portier, 38 ans, autrice du beau documentaire Soy Libre sur son frère, Arnaud, s’excuse de s’exprimer à sa place, lui qui n’a pas fait le voyage jusqu’à Cannes. «Pour qu’il accepte d’être autant filmé, je me suis dit qu’il avait besoin de se raconter. Peut-être même précisément à ces gens du milieu de la culture qui, selon moi, lui fait peur. Je pense qu’il craint un manque de bienveillance.»  Elle vient de sauter du train quelques heures auparavant, encore groggy, «en état d’observation et aux aguets» depuis le perchoir du Café des cinéastes de l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid).  Elle a amené avec elle un film de fratrie et de filiation. Quinze ans d’images, entre 2005 et 2021, mettent en évidence le lien têtu entre l’aînée cinéaste, qui a un jour quitté les Deux-Sèvres pour étudier les images à Bruxelles, et son cadet, décrocheur ayant glissé dans la délinquance. Soy libre de Laure Portier
  • 67. Marcher sur l'eau d'Aissa Maïga  Marcher sur l'eau a été tourné dans le nord du Niger entre 2018 et 2020 et raconte l'histoire du village de Tatiste, victime du réchauffement climatique, qui se bat pour avoir accès à l’eau par la construction d'un forage. Chaque jour, Houlaye quatorze ans, comme d’autres jeunes filles, marche des kilomètres pour aller puiser l'eau, essentielle à la vie du village. Cette tâche quotidienne les empêche, entre autres, d'être assidues à l'école.  L'absence d'eau pousse également les adultes à quitter leur famille chaque année pour aller chercher au-delà des frontières les ressources nécessaires à leur survie.  Pourtant, cette région recouvre dans son sous- sol un lac aquifère de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Sous l’impulsion des habitants et par l’action de l’ONG Amman Imman un forage apporterait l’eau tant convoitée au centre du village et offrirait à tous une vie meilleure.
  • 68. Bigger than us de Flore Vasseur  Flore Vasseur (qui est avant tout écrivaine et journaliste) est la réalisatrice de Bigger than us, le documentaire de la section éphémère "Le cinéma pour le climat".  Cette histoire suit Melati, jeune indonésienne de 18 ans qui se bat contre la pollution plastique de son pays, qui décide d'aller à la rencontre de d'autres jeunes qui partagent son combat, à travers le monde.  Un film qui pourrait ouvrir les yeux.
  • 69.  Louis Garrel est toujours là où l’on ne l’attend pas ! Avec La Croisade fait partie de la section éphémère « Le cinéma pour le climat » du Festival de Cannes, il s’aventure, avec bonheur, dans le conte écologique, insolent et juvénile.  Abel (Garrel lui-même) et Marianne (Laetitia Casta) découvrent que, comme d’autres enfants à travers le monde qui se sont donnés pour mission de sauver la planète, leur fils Joseph (Joseph Engel, déjà à l’affiche de L’Homme fidèle) a vendu en douce leurs objets les plus précieux.  Abel et Marianne sont des parents modernes, compréhensifs, qui veulent bien faire le tri entre poubelle bleue et verte, certes, mais tout de même : « Quoi ??? Tu as vendu toutes mes montres de collection ! », hurle papa. « Tu n’as tout de même pas vendu ma petite robe Dior ??? », se désespère maman… La croisade Louis Garrel
  • 70. Aline de Valérie Lemercier  Sous les paillettes, la femme. A travers ce faux biopic inspiré de la vraie Céline Dion, Valérie Lemercier célèbre la chanteuse ordinaire à la voix spectaculaire autant qu’elle se raconte, elle, en fille de la campagne aimantée par les feux de la rampe. A cette différence près que Céline, elle, trouva l’homme de sa vie et de sa réussite en René (rebaptisé Guy-Claude), de 26 ans son aîné. Dans ce couple hors norme qu’elle filme amoureusement (et ce hiatus entre Céline et elle), Lemercier trouve le supplément d’âme d’un drôle de film, où elle joue Aline dès l’enfance !
  • 71. De son vivant Emmanuelle Bercot  Un homme condamné trop jeune par la maladie. La souffrance d’une mère face à l’inacceptable. Le dévouement d’un médecin (le docteur SARA dans son propre rôle) et d’une infirmière pour les accompagner sur l’impossible chemin. Une année, quatre saisons, pour « danser » avec la maladie, l’apprivoiser, et comprendre ce que ça signifie : mourir de son vivant.
  • 72.
  • 73. Queer Palm 20121  Sélection longs-métrages  Les Amours d'Anaïs de Charline Bourgeois-Tacquet France  Benedetta de Paul Verhoeven France  Bruno Reidal de Vincent Le Port France  La Colline où rugissent les lionne (Luaneshat e kodrës) de Luàna Bajrami France Kosovo  Compartiment n° 6 (Hytti Nro 6) de Juho Kuosmanen Finlande  La Fracture de Catherine Corsini France  Ghost Song de Nicolas Peduzzi France  Great Freedom (Große Freiheit) de Sebastian Meise Autriche  Money Boys de C.B. Yi Autriche  Neptune Frost de Saul Williams et Anisia Uzeyman États-Unis  Les Olympiades de Jacques Audiard France  Petite nature de Samuel Theis France  Retour à Reims (Fragments) de Jean-Gabriel Périot France  Titane de Julia Ducournau France  Tout s'est bien passé de François Ozon France  Vénus sur la rive (Venus by River) de Lin Wang Chine  Women Do Cry (Zhenite plachat) de Mina Mileva et Vesela Kazavoka Bulgarie
  • 74. "La Fracture" de Catherine Corsini reçoit la Queer Palm 2021  "Ce qui me tenait à cœur est de raconter un couple de femmes d'une cinquantaine d'années qui a vécu le fait de s'assumer. Dans le film, l'homosexualité est un sujet et en même temps n'en est pas un car il est intégré, en déjouant les préjugés. C'est merveilleux d'être récompensée pour cela", a confié Catherine Corsini en recevant son prix.  Le jury de la "Queer Palm" a également récompensé deux courts métrages dans la sélection de la Cinéfondation, la pépinière du Festival de Cannes qui accompagne chaque année des étudiants d'écoles de cinéma du monde entier: "La Caida Del Vencejo" de l'Espagnol Gonzalo Quincoces, qui met en scène un jeune issu des classes populaires dans un cadre familial oppressant.  Le second court métrage primé est "Frida" de l'Allemande Aleksandra Odic qui évoque le rencontre entre une jeune infirmière et sa patiente du même âge.
  • 75. Palme d’or « Titane » de Julia Ducournau
  • 77. Prix du scénario : Drive My Car
  • 78. Prix d’interprétation féminine : Renate Reinsve, pour Julie (en 12 chapitres)
  • 79. Prix d’interprétation masculine : Caleb Landry Jones, pour Nitram