N°252 - du 22 au 28 février 2011 
2012 : 
une nouvelle 
génération ? 
(1/2)
2012 : 
une nouvelle 
génération ? 
L’opinion publique fran-çaise 
connaît deux pou-voirs 
: le Président et le 
Maire. 
En ces deux occasions, 
l’opinion publique s’é-chappe 
des logiques de 
défoulements qui peuvent 
exister lors d’autres scru-tins. 
Dans une quinzaine de 
mois, la présidentielle 
2012 connaîtra ses der-niers 
jours décisifs ou-vrant 
la période des légi-slatives 
dans l’immédiate 
foulée. 
Cette période peut-elle 
être de nature à changer 
significativement l’actuel-le 
donne politique ? 
De façon préalable, il im-porte 
de rappeler com-bien 
la présidentielle 
2012 reste à ce jour une 
inconnue. Les évène-ments 
actuels majeurs 
dans le monde arabe 
ajoutent aux interroga-tions 
traditionnelles. Ils 
peuvent significativement 
impacter l’économie mon-diale 
et ouvrir une pério-de 
de crises profondes. 
Ce contexte éventuel 
changerait bon nombre 
des actuelles prévisions. 
A supposer que de telles 
perspectives ne se véri-fient 
pas et donc en res-tant 
à l’écart d’un scena-rio 
du chaos, il est pour-tant 
possible d’identifier 
des changements majeurs 
probables. 
La présidentialisation 
des élections législati-ves 
semble s’inscrire 
dans la durée. 
Si un doute demeurait sur 
la présidentialisation du 
régime politique Français, 
la dernière décennie a le-vé 
les dernières interro-gations 
en ce domaine. 
La France est entrée tota-lement 
dans la logique 
permanente de démocra-tie 
d’opinion. Dans cette 
démocratie, c’est le Prési-dent 
2 
de la République qui 
est au centre des appré-ciations. 
Lors des élections législa-tives 
de juin 2012, l’opi-nion 
va se comporter 
comme elle le fait désor-mais 
dans ce calendrier 
très particulier : elle don-ne 
une majorité au Prési-dent 
pour qu’il ait les 
moyens politiques pour 
appliquer son contrat 
conclu lors de la présiden-tielle. 
Par conséquent, selon les 
géographies et selon les 
résultats de cette prési-dentielle, 
il y a là une 
tendance qui va considé-rablement 
influencer les 
nouveaux rapports de for-ces. 
Le calendrier entre le ré-sultat 
présidentiel et les 
élections législatives est 
tellement restreint que la 
campagne législative est 
entièrement étouffée. 
Il faut alors identifier une 
vague et tenter de surfer
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (1/2) 3 
Vincent Peillon ou le 
retour des intellectuels 
Vincent Peillon est le mar-queur 
de la place des intellec-tuels 
dans le débat politique 
français. 
Longtemps caractérisée par 
une surreprésentation des in-tellectuels, 
la vie politique 
française a été plutôt désertée 
par eux ces dernières années 
à quelques exceptions près. 
Vincent Peillon est l’une de ces 
exceptions. 
Quelle place prendra-t-il dans 
le débat 2012 ?
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (1/2) 4 
avec elle. Cette logique 
installe davantage un en-jeu 
de style, d’image que 
de contenu. 
Dans cette bataille du 
style, des mots clefs com-mencent 
à émerger mani-festement 
: 
- changement : ce chan-gement 
n’est pas tant une 
question d’âge d’état civil 
qu’une capacité à incar-ner 
une certaine fraî-cheur, 
un renouvelle-ment, 
- gagneur : là aussi, c’est 
le leader qui marque sa 
capacité à faire, à agir, à 
réaliser, 
- proximité : derrière la 
connotation habituelle de 
ce mot est surtout appa-rue 
une attente de sym-pathie. 
C’est la proximité 
affective qui modère le 
poids pénalisant de l’en-gagement 
partisan. 
Les prochaines élections 
seront d’abord une batail-le 
d’images sur des critè-res 
émotionnels. C’est la 
proximité humaine de ter-rain 
qui va communiquer 
en créant des évène-ments 
visuels accélérant 
l’implication et l’adhésion 
des citoyens. 
Cette démocratie émo-tionnelle 
de l’instant qui 
manie les symboles, les 
images bien au-delà de 
leur rationalité est le so-cle 
des victoires 
. 
Cette logique de l’émotion 
visuelle immédiatement 
consommable va d'ail-leurs 
considérablement 
marginaliser le débat poli-tique 
traditionnel. 
Comme cette place des 
émotions grandit dans un 
contexte de moindre an-crage 
idéologique, la vo-latilité 
de l’électorat aug-mente. 
L’installation de cam-pagnes 
des fiertés lo-cales. 
La fierté locale n’est pas 
une idéologie. C’est un 
état d’esprit qui repose 
sur l’exaltation de critères 
d’identité (géographique, 
culturelle …) pour présen-ter 
une alternative aux 
idéologies habituelles et 
ouvrir des partenariats 
nouveaux. 
Ces dernières années, La 
p o u s s é e d e s 
«patriotismes locaux» a 
été considérable. Les 
campagnes des fiertés lo-cales 
ont été innombra-bles 
: depuis le «temps 
d’avance» à Paris jusqu’à 
Lyon «la ville que le mon-de 
entier va nous envier» 
... 
Que traduit ce phénomè-ne 
? 
Tout d’abord, dans des 
circonstances où les idéo-logies 
traditionnelles ont 
fait preuve de leurs fai-blesses 
et s’avèrent inca-pables 
de mettre en oeu-vre 
des solutions dura-
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (1/2) 5 
bles, l’opinion éprouve 
alors le besoin de se réfu-gier 
dans une autre voie. 
Ensuite, l’émergence du 
patriotisme local accom-pagne 
les périodes où les 
valeurs universelles sont 
perçues comme un luxe. 
L’opinion publique ne 
conteste pas fondamenta-lement 
telle ou telle va-leur 
d’accueil, de libéralis-me, 
de tolérance mais el-le 
considère que la pres-sion 
des évènements du 
moment renvoie ces va-leurs 
à des défis d’une 
autre époque ou à des as-pects 
de «vitrine» qui 
n’ont plus de raison d’ê-tre. 
Enfin, dernière étape, fa-ce 
à des sociétés de plus 
en plus précaires, ce pa-triotisme 
local est perçu 
comme un moyen de 
«protection» au moment 
où la période actuelle est 
marquée par l’échec sur 
trois fronts d’aspirations 
vitales pour le progrès de 
l’espèce humaine : être, 
se réaliser, fraterniser. 
La présidentielle 2012 se 
jouera sur ces trois thè-mes. 
Dans l’actuelle ambiance 
d’insatisfaction et de dis-crédit, 
il paraît probable 
que cette campagne ou-vre 
un espace à une nou-velle 
génération. 
Une «nouvelle généra-tion 
» d’élus va appa-raître. 
C’est une tendance forte 
des actuelles enquêtes 
d’opinion. L’actuelle offre 
politique ne correspond 
plus à la demande qui est 
à la recherche de coeur et 
de proximité. 
Si l’opinion publique fran-çaise 
entretient un rap-port 
très original avec son 
passé, son rapport au fu-tur 
n’échappe pas à des 
considérations complexes. 
L’une des tendances fon-damentales 
consiste à at-tendre 
des points de re-pères 
permanents. 
Le discours politique fran-çais 
est celui qui veille le 
plus à dissiper l’inconnu, 
à éliminer la surprise. 
Les citoyens français aspi-rent 
à la programmation 
qui leur donne la visibilité 
dont ils ont besoin. L’ab-sence 
de visibilité les in-quiète. 
Pire, ils assimilent 
souvent la spontanéité ul-térieure 
d’évènements à 
un défaut de programma-tion 
comme si tout pou-vait 
être prévisible… 
Pour les Français, le pré-sent 
n’est qu’un point 
transitoire entre le passé 
et le futur. 
Le passé est riche de ré-férences 
qui permettent 
de classer chaque évène-ment 
dans une catégorie 
déjà ouverte. Le futur doit 
Le précédent des légi-slatives 
de 2007 
En 2007, le 1er tour des lé-gislatives 
a été l’heure de 
gloire de l’UMP dépassant la 
barre des 40 % là où le PS 
peinait à franchir celle des 
30 %. Le MoDem n’est pas 
parvenu à franchir le seuil 
des 10 %. Toutes les autres 
formations descendaient 
alors en dessous de la barre 
emblématique des 5 %. 
2) La faiblesse du MoDem 
naissait. La parenthèse de la 
«vitalité Bayrou » se refer-mait. 
3) Des défaites spectaculai-res 
de vedettes du PS 
étaient annoncées au soir 
du 1er tour : Montebourg, 
Dray, Queyranne, Bianco … 
Il faudra beaucoup d’énergie 
pour corriger le tir pour le 
second tour. 
4) La participation chutait 
par rapport à la présiden-tielle. 
Chaque camp avait 
adopté une grille de lecture 
qui démobilisait. La droite 
parce qu'elle est devenue 
certaine de gagner. La gau-che 
parce qu'elle traversait 
les explications orageuses 
de la défaite présidentielle. 
5) Des géographies s'apprê-taient 
à connaître des 
"redistributions" de pouvoir 
à l'approche du lancement 
des élections locales. Le cas 
le plus emblématique est 
indiscutablement la situation 
de Lyon où la défaite d’An-ne- 
Marie Comparini et des 
ex-UDF ouvrait une nouvelle 
donne considérable tournant 
des pages historiques.
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (1/2) 6 
être une prolongation du 
passé sous ses aspects 
les plus positifs. 
Dans certains pays, dont 
les Etats-Unis, le passé 
est rapidement marginali-sé 
car c’est du «temps 
mort» puisque «derrière». 
L’avenir ne prolonge pas 
le passé. Il est le présent 
de demain et l’objectif est 
de conserver le maximum 
possible d’options ouver-tes. 
L’actuel décrochage entre 
l’opinion et sa représenta-tion 
politique peut ouvrir 
une étape nouvelle de ra-dicale 
modification à l’op-posé 
des usages d’évolu-tions 
douces. 
Dans cette optique, 11 
personnalités nous pa-raissent 
mériter une at-tention 
particulière car el-les 
correspondent à des 
ancrages prometteurs en-tre 
leurs profils, leurs 
géographies et les atten-tes 
de l’opinion : 
·  Isabelle Baert, 
Conseillère Municipa-le 
de Lille, responsa-ble 
de la fédération 
du Nord du mouve-ment 
de Dominique 
de Villepin, 
·  Steeve Briois, 
membre de l ‘équipe 
nationale du FN, pro-che 
de Marine le Pen, 
élu du Pas de Calais, 
·  Denis Broliquier, 
Maire DvD du 2ème 
arrondissement de 
Lyon, Conseiller Gé-néral 
du Rhône (photo 
page 8), 
·  France Jamet , 
Conseillère Régionale 
FN de Languedoc 
Roussillon (photo page 
4), 
·  Patrick Labaune, 
Député UMP de la 
Drôme (photo couvertu-re), 
·  Augustin Legrand, 
Conseiller Régional 
Ile de France (Verts) 
(photo page 9), 
·  Jean Vincent Placé, 
Conseiller Régional 
Ile de France (Verts), 
·  Patrick Mennucci, 
Maire du 1er arron-dissement 
de Mar-
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (1/2) 7 
-seille, Conseiller Ré 
gional PACA (PS), 
·  Vincent Peillon, 
Député Européen 
(PS) (photo page 3), 
·  Hugues Renson, 
responsable de la fé-dération 
Paris de Ré-publique 
Solidaire, 
·  Arnaud Tauzin, 
Conseiller Régional 
UMP d’Aquitaine, 
Conseiller Municipal 
de St Sever et Prési-dent 
de la fédération 
UMP des Landes. 
Ces onze personnalités 
sont au carrefour de ten-dances 
lourdes qui, selon 
les résultats de 2012, de-viendront 
des marqueurs 
de tendances avec des 
effets accélérateurs. 
Patrick Labaune ou la 
génération reconquête 
par le terrain 
En mars 2008, Patrick La-baune 
est Maire sortant 
de Valence. A la tête de 
cette Capitale de la Drô-me, 
il a effectué un tra-vail 
considérable depuis 
deux mandats déjà. Le 
climat politique national 
est difficile pour sa ten-dance 
politique (UMP) 
mais tous les observa-teurs 
considèrent que cet-te 
contrainte le conduira à 
une victoire plus serrée 
que d’ordinaire. 
Le soir du second tour, 
c’est la surprise : Patrick 
Labaune est battu. 
Patrick Labaune devient 
l’un des symboles des 
élus locaux emportés par 
une vague nationale vi-sant 
à sanctionner le pou-voir 
présidentiel. Une va-gue 
considérable, histori-que 
(voir tableaux pages 
6 et 7) qui allait modifier 
de très nombreux rap-ports 
de forces locaux. 
Loin de s’éloigner de cette 
belle ville, Patrick Labau-
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (1/2) 8 
connaissent chaque quar-tier 
d’une ville, qui ont 
partagé les bons et mau-vais 
moments de très 
nombreuses familles. Par 
sa résistance dans une 
épreuve aussi injuste, Pa-trick 
Labaune a acquis 
une dimension humaine 
nouvelle aux yeux des ci-toyens 
qu’il représente. Il 
incarne la loyauté dans la 
durée et non pas l’artifice 
dans l’ambition. Il est de-venu 
mode en cette pé-riode 
de retour des va-leurs 
d’authenticité. 
ne et sa dynamique sup-pléante, 
Marlène Mourier, 
n’abandonnent en rien 
leurs habitudes de très 
forte présence sur le ter-rain. 
Au début, les contacts 
sont plus difficiles. Des 
électeurs témoignent une 
certaine gêne devant ce 
score si ingrat. Les an-ciens 
élus municipaux ex-priment 
parfois une cer-taine 
amertume devant 
une telle sanction politi-que 
si déconnectée des 
réalités concrètes d’un bi-lan. 
Le temps passe. Les 
successeurs font «leurs 
preuves». Progressive-ment, 
la réconciliation 
avec les citoyens tournent 
à la nouvelle romance. 
Fin janvier 2011, plus de 
2 200 valentinois se pres-saient 
aux voeux de Pa-trick 
Labaune battant des 
records de présence dans 
un climat chaleureux di-gne 
des plus beaux temps 
forts d’une campagne 
électorale pourtant … pas 
encore ouverte. 
Patrick Labaune est le 
symbole de la génération 
terrain décidée à re-conquérir 
«la preuve loca-le 
» qu’un scrutin national 
leur a enlevée. Face aux 
technocrates, aux politi-ciens 
abstraits, il incarne 
la génération des réalités. 
Des élus locaux qui 
Editeur : 
Newday 
www.exprimeo.fr
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 9 
En novembre 2008, le Parti 
Républicain américain a donné 
naissance à une toute nouvelle 
génération politique. Cette di-versité 
est largement apparue 
lors de la récente édition de la 
CPAC la semaine dernière. 
La vie politique française dis-pose- 
t-elle d’un tel vivier tou-tes 
formations politiques 
confondues ? 
Et si oui, quels sont les profils 
à suivre qui pourraient incar-ner 
la génération de juin 
2012 ? 
Parution le : 1er mars 2011.

Lettre 252

  • 1.
    N°252 - du22 au 28 février 2011 2012 : une nouvelle génération ? (1/2)
  • 2.
    2012 : unenouvelle génération ? L’opinion publique fran-çaise connaît deux pou-voirs : le Président et le Maire. En ces deux occasions, l’opinion publique s’é-chappe des logiques de défoulements qui peuvent exister lors d’autres scru-tins. Dans une quinzaine de mois, la présidentielle 2012 connaîtra ses der-niers jours décisifs ou-vrant la période des légi-slatives dans l’immédiate foulée. Cette période peut-elle être de nature à changer significativement l’actuel-le donne politique ? De façon préalable, il im-porte de rappeler com-bien la présidentielle 2012 reste à ce jour une inconnue. Les évène-ments actuels majeurs dans le monde arabe ajoutent aux interroga-tions traditionnelles. Ils peuvent significativement impacter l’économie mon-diale et ouvrir une pério-de de crises profondes. Ce contexte éventuel changerait bon nombre des actuelles prévisions. A supposer que de telles perspectives ne se véri-fient pas et donc en res-tant à l’écart d’un scena-rio du chaos, il est pour-tant possible d’identifier des changements majeurs probables. La présidentialisation des élections législati-ves semble s’inscrire dans la durée. Si un doute demeurait sur la présidentialisation du régime politique Français, la dernière décennie a le-vé les dernières interro-gations en ce domaine. La France est entrée tota-lement dans la logique permanente de démocra-tie d’opinion. Dans cette démocratie, c’est le Prési-dent 2 de la République qui est au centre des appré-ciations. Lors des élections législa-tives de juin 2012, l’opi-nion va se comporter comme elle le fait désor-mais dans ce calendrier très particulier : elle don-ne une majorité au Prési-dent pour qu’il ait les moyens politiques pour appliquer son contrat conclu lors de la présiden-tielle. Par conséquent, selon les géographies et selon les résultats de cette prési-dentielle, il y a là une tendance qui va considé-rablement influencer les nouveaux rapports de for-ces. Le calendrier entre le ré-sultat présidentiel et les élections législatives est tellement restreint que la campagne législative est entièrement étouffée. Il faut alors identifier une vague et tenter de surfer
  • 3.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (1/2) 3 Vincent Peillon ou le retour des intellectuels Vincent Peillon est le mar-queur de la place des intellec-tuels dans le débat politique français. Longtemps caractérisée par une surreprésentation des in-tellectuels, la vie politique française a été plutôt désertée par eux ces dernières années à quelques exceptions près. Vincent Peillon est l’une de ces exceptions. Quelle place prendra-t-il dans le débat 2012 ?
  • 4.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (1/2) 4 avec elle. Cette logique installe davantage un en-jeu de style, d’image que de contenu. Dans cette bataille du style, des mots clefs com-mencent à émerger mani-festement : - changement : ce chan-gement n’est pas tant une question d’âge d’état civil qu’une capacité à incar-ner une certaine fraî-cheur, un renouvelle-ment, - gagneur : là aussi, c’est le leader qui marque sa capacité à faire, à agir, à réaliser, - proximité : derrière la connotation habituelle de ce mot est surtout appa-rue une attente de sym-pathie. C’est la proximité affective qui modère le poids pénalisant de l’en-gagement partisan. Les prochaines élections seront d’abord une batail-le d’images sur des critè-res émotionnels. C’est la proximité humaine de ter-rain qui va communiquer en créant des évène-ments visuels accélérant l’implication et l’adhésion des citoyens. Cette démocratie émo-tionnelle de l’instant qui manie les symboles, les images bien au-delà de leur rationalité est le so-cle des victoires . Cette logique de l’émotion visuelle immédiatement consommable va d'ail-leurs considérablement marginaliser le débat poli-tique traditionnel. Comme cette place des émotions grandit dans un contexte de moindre an-crage idéologique, la vo-latilité de l’électorat aug-mente. L’installation de cam-pagnes des fiertés lo-cales. La fierté locale n’est pas une idéologie. C’est un état d’esprit qui repose sur l’exaltation de critères d’identité (géographique, culturelle …) pour présen-ter une alternative aux idéologies habituelles et ouvrir des partenariats nouveaux. Ces dernières années, La p o u s s é e d e s «patriotismes locaux» a été considérable. Les campagnes des fiertés lo-cales ont été innombra-bles : depuis le «temps d’avance» à Paris jusqu’à Lyon «la ville que le mon-de entier va nous envier» ... Que traduit ce phénomè-ne ? Tout d’abord, dans des circonstances où les idéo-logies traditionnelles ont fait preuve de leurs fai-blesses et s’avèrent inca-pables de mettre en oeu-vre des solutions dura-
  • 5.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (1/2) 5 bles, l’opinion éprouve alors le besoin de se réfu-gier dans une autre voie. Ensuite, l’émergence du patriotisme local accom-pagne les périodes où les valeurs universelles sont perçues comme un luxe. L’opinion publique ne conteste pas fondamenta-lement telle ou telle va-leur d’accueil, de libéralis-me, de tolérance mais el-le considère que la pres-sion des évènements du moment renvoie ces va-leurs à des défis d’une autre époque ou à des as-pects de «vitrine» qui n’ont plus de raison d’ê-tre. Enfin, dernière étape, fa-ce à des sociétés de plus en plus précaires, ce pa-triotisme local est perçu comme un moyen de «protection» au moment où la période actuelle est marquée par l’échec sur trois fronts d’aspirations vitales pour le progrès de l’espèce humaine : être, se réaliser, fraterniser. La présidentielle 2012 se jouera sur ces trois thè-mes. Dans l’actuelle ambiance d’insatisfaction et de dis-crédit, il paraît probable que cette campagne ou-vre un espace à une nou-velle génération. Une «nouvelle généra-tion » d’élus va appa-raître. C’est une tendance forte des actuelles enquêtes d’opinion. L’actuelle offre politique ne correspond plus à la demande qui est à la recherche de coeur et de proximité. Si l’opinion publique fran-çaise entretient un rap-port très original avec son passé, son rapport au fu-tur n’échappe pas à des considérations complexes. L’une des tendances fon-damentales consiste à at-tendre des points de re-pères permanents. Le discours politique fran-çais est celui qui veille le plus à dissiper l’inconnu, à éliminer la surprise. Les citoyens français aspi-rent à la programmation qui leur donne la visibilité dont ils ont besoin. L’ab-sence de visibilité les in-quiète. Pire, ils assimilent souvent la spontanéité ul-térieure d’évènements à un défaut de programma-tion comme si tout pou-vait être prévisible… Pour les Français, le pré-sent n’est qu’un point transitoire entre le passé et le futur. Le passé est riche de ré-férences qui permettent de classer chaque évène-ment dans une catégorie déjà ouverte. Le futur doit Le précédent des légi-slatives de 2007 En 2007, le 1er tour des lé-gislatives a été l’heure de gloire de l’UMP dépassant la barre des 40 % là où le PS peinait à franchir celle des 30 %. Le MoDem n’est pas parvenu à franchir le seuil des 10 %. Toutes les autres formations descendaient alors en dessous de la barre emblématique des 5 %. 2) La faiblesse du MoDem naissait. La parenthèse de la «vitalité Bayrou » se refer-mait. 3) Des défaites spectaculai-res de vedettes du PS étaient annoncées au soir du 1er tour : Montebourg, Dray, Queyranne, Bianco … Il faudra beaucoup d’énergie pour corriger le tir pour le second tour. 4) La participation chutait par rapport à la présiden-tielle. Chaque camp avait adopté une grille de lecture qui démobilisait. La droite parce qu'elle est devenue certaine de gagner. La gau-che parce qu'elle traversait les explications orageuses de la défaite présidentielle. 5) Des géographies s'apprê-taient à connaître des "redistributions" de pouvoir à l'approche du lancement des élections locales. Le cas le plus emblématique est indiscutablement la situation de Lyon où la défaite d’An-ne- Marie Comparini et des ex-UDF ouvrait une nouvelle donne considérable tournant des pages historiques.
  • 6.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (1/2) 6 être une prolongation du passé sous ses aspects les plus positifs. Dans certains pays, dont les Etats-Unis, le passé est rapidement marginali-sé car c’est du «temps mort» puisque «derrière». L’avenir ne prolonge pas le passé. Il est le présent de demain et l’objectif est de conserver le maximum possible d’options ouver-tes. L’actuel décrochage entre l’opinion et sa représenta-tion politique peut ouvrir une étape nouvelle de ra-dicale modification à l’op-posé des usages d’évolu-tions douces. Dans cette optique, 11 personnalités nous pa-raissent mériter une at-tention particulière car el-les correspondent à des ancrages prometteurs en-tre leurs profils, leurs géographies et les atten-tes de l’opinion : · Isabelle Baert, Conseillère Municipa-le de Lille, responsa-ble de la fédération du Nord du mouve-ment de Dominique de Villepin, · Steeve Briois, membre de l ‘équipe nationale du FN, pro-che de Marine le Pen, élu du Pas de Calais, · Denis Broliquier, Maire DvD du 2ème arrondissement de Lyon, Conseiller Gé-néral du Rhône (photo page 8), · France Jamet , Conseillère Régionale FN de Languedoc Roussillon (photo page 4), · Patrick Labaune, Député UMP de la Drôme (photo couvertu-re), · Augustin Legrand, Conseiller Régional Ile de France (Verts) (photo page 9), · Jean Vincent Placé, Conseiller Régional Ile de France (Verts), · Patrick Mennucci, Maire du 1er arron-dissement de Mar-
  • 7.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (1/2) 7 -seille, Conseiller Ré gional PACA (PS), · Vincent Peillon, Député Européen (PS) (photo page 3), · Hugues Renson, responsable de la fé-dération Paris de Ré-publique Solidaire, · Arnaud Tauzin, Conseiller Régional UMP d’Aquitaine, Conseiller Municipal de St Sever et Prési-dent de la fédération UMP des Landes. Ces onze personnalités sont au carrefour de ten-dances lourdes qui, selon les résultats de 2012, de-viendront des marqueurs de tendances avec des effets accélérateurs. Patrick Labaune ou la génération reconquête par le terrain En mars 2008, Patrick La-baune est Maire sortant de Valence. A la tête de cette Capitale de la Drô-me, il a effectué un tra-vail considérable depuis deux mandats déjà. Le climat politique national est difficile pour sa ten-dance politique (UMP) mais tous les observa-teurs considèrent que cet-te contrainte le conduira à une victoire plus serrée que d’ordinaire. Le soir du second tour, c’est la surprise : Patrick Labaune est battu. Patrick Labaune devient l’un des symboles des élus locaux emportés par une vague nationale vi-sant à sanctionner le pou-voir présidentiel. Une va-gue considérable, histori-que (voir tableaux pages 6 et 7) qui allait modifier de très nombreux rap-ports de forces locaux. Loin de s’éloigner de cette belle ville, Patrick Labau-
  • 8.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (1/2) 8 connaissent chaque quar-tier d’une ville, qui ont partagé les bons et mau-vais moments de très nombreuses familles. Par sa résistance dans une épreuve aussi injuste, Pa-trick Labaune a acquis une dimension humaine nouvelle aux yeux des ci-toyens qu’il représente. Il incarne la loyauté dans la durée et non pas l’artifice dans l’ambition. Il est de-venu mode en cette pé-riode de retour des va-leurs d’authenticité. ne et sa dynamique sup-pléante, Marlène Mourier, n’abandonnent en rien leurs habitudes de très forte présence sur le ter-rain. Au début, les contacts sont plus difficiles. Des électeurs témoignent une certaine gêne devant ce score si ingrat. Les an-ciens élus municipaux ex-priment parfois une cer-taine amertume devant une telle sanction politi-que si déconnectée des réalités concrètes d’un bi-lan. Le temps passe. Les successeurs font «leurs preuves». Progressive-ment, la réconciliation avec les citoyens tournent à la nouvelle romance. Fin janvier 2011, plus de 2 200 valentinois se pres-saient aux voeux de Pa-trick Labaune battant des records de présence dans un climat chaleureux di-gne des plus beaux temps forts d’une campagne électorale pourtant … pas encore ouverte. Patrick Labaune est le symbole de la génération terrain décidée à re-conquérir «la preuve loca-le » qu’un scrutin national leur a enlevée. Face aux technocrates, aux politi-ciens abstraits, il incarne la génération des réalités. Des élus locaux qui Editeur : Newday www.exprimeo.fr
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    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 9 En novembre 2008, le Parti Républicain américain a donné naissance à une toute nouvelle génération politique. Cette di-versité est largement apparue lors de la récente édition de la CPAC la semaine dernière. La vie politique française dis-pose- t-elle d’un tel vivier tou-tes formations politiques confondues ? Et si oui, quels sont les profils à suivre qui pourraient incar-ner la génération de juin 2012 ? Parution le : 1er mars 2011.