N°253 - du 1er au 7 mars 2011 
2012 : 
une nouvelle 
génération ? 
(2/2)
2012 : 
une nouvelle 
génération ? 
Et si la politique se faisait 
ailleurs qu’en politique ? 
Si la politique se faisait 
aussi en refusant de voter 
mais surtout en portant 
des causes très précises 
en dehors des partis poli-tiques 
traditionnels ? 
C’est cette tendance 
qu’incarne Augustin Le-grand. 
Pour l’opinion pu-blique 
Française, Augustin 
Legrand est un physique, 
un cri, un caractère. 
Un physique, parce que 
cet acteur passé par le 
cours Florent se démar-que. 
Il se démarque par 
les tenues vestimentaires 
qui vivent le terrain. Il se 
démarque par la façon de 
se comporter et surtout 
par la capacité à pousser 
des cris devant ce qu’il 
juge l’intolérable. 
Avec l’association «les en-fants 
de Don Quichotte», 
il a vécu l’indignation 
avant qu’elle ne devienne 
une théorie à la mode. Il 
a mobilisé toute son éner-gie 
pour défendre une 
cause : «impossible d’être 
soi sans toit». 
Augustin Legrand sait re-marquablement 
gérer l’é-vènementiel. 
Il est le marqueur des 
frontières intolérables de 
la crise. L’hiver 2011 peut 
être «son» hiver comme 
cet hiver 2006 où la 
proximité de la présiden-tielle 
donnait un relief 
particulier à chaque injus-tice 
alors dénoncée. 
Augustin Legrand, c’est la 
France des causes de la 
solidarité sur le terrain. 
Hugues Renson ou la 
génération fraîcheur 
Il est jeune (32 ans), dy-namique, 
séduisant, fin 
connaisseur des dossiers 
et il représente le Mouve-ment 
de Dominique de 
Villepin sur Paris : autant 
de caractéristiques qui ne 
peuvent qu'attirer l'atten-tion. 
Son nom comptera 
lors des prochains scru-tins 
2 
: Hugues Renson 
(photo en couverture). 
Un nom qui bénéficie déjà 
d'une forte et très positi-ve 
notoriété sur Paris car 
sa maman, Cécile, gaul-liste 
de longue date, a été 
longtemps élue témoi-gnant 
son attachement 
aux valeurs de solidarité 
et d'humanisme qu'elle 
déploie déjà au quotidien 
dans son activité profes-sionnelle. 
Hugues Renson est une 
synthèse de l'engagement 
aux côtés de Dominique 
de Villepin. A lui seul, il 
donne une traçabilité au 
profil d'une nouvelle gé-nération. 
Tout d'abord, il défend 
l'actif des bilans du Prési-dent 
Jacques Chirac, cette 
connaissance de la 
"France profonde" qu'il 
faut respecter pour la fai-re 
évoluer sans la brus-quer. 
Ensuite, seconde étape 
complémentaire, s'il y a
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 3 
Isabelle Baert ou le 
choc des offres 
A Lille, deux femmes incarnent 
désormais deux offres radica-lement 
différentes. La sortan-te, 
Martine Aubry, incarne le 
socialisme dogmatique, tech-nocratique. 
La challenger, Isa-belle 
Baert, symbolise le prag-matisme, 
les nuances du ré-alisme 
de terrain. Aubry fait 
de la politique nationale. Baert 
s’occupe des quartiers lillois. 
Aubry parle solidarités. Baert 
prend au mot et demande du 
concret. C’est le choc des of-fres. 
Le choix s’annonce au 
moins clair dans cette capitale.
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 4 
respect pour ce proche 
passé, Hugues Renson est 
néanmoins plongé dans la 
vie moderne qu'il observe 
avec impertinence, esprit 
critique et une forte dose 
d'humour. 
Enfin, il sait que la lutte 
sur Paris ne sera pas 
"comme toutes les au-tres". 
La Capitale a tou-jours 
échappé à la routi-ne. 
Elle a souvent réservé 
bien des surprises à 
l'exemple même de cette 
conquête commando en 
1977 contre le "candidat 
du Président" de l'époque. 
Il y a un volet qui devrait 
beaucoup compter. L'opi-nion 
attend du neuf et 
l'équipe du Président sor-tant 
peine à trouver sa 
propre relève. A l'opposé, 
avec des personnalités 
neuves, fraîches et moti-vées 
comme Hugues Ren-son, 
Dominique de Ville-pin 
va bénéficier de tem-péraments 
de grande 
qualité qui réunissent 
tous les critères pour sé-duire 
et motiver l'électo-rat 
sur des bases nouvel-les. 
Le score du premier tour 
sur Paris en avril 2012 
pourrait témoigner une 
fois de plus d'un esprit re-belle 
qui est la marque de 
la Capitale de France tout 
particulièrement … 
Si un divorce existe ac-tuellement 
entre l’opinion 
et bon nombre des mem-bres 
de la classe politi-que, 
c’est qu’ils donnent 
le sentiment de porter 
des dates périmées. Les 
propositions subissent le 
«déjà vu, déjà entendu». 
Les méthodes semblent 
obsolètes ou plutôt tou-jours 
les mêmes, celles 
d’hier. 
A l’opposé, cette généra-tion 
des trentenaires peut 
avoir la chance de l’auda-ce. 
Si l’opinion veut le 
«grand saut dans le 
neuf», c’est cette généra-tion 
qui peut casser les 
codes, donner de l’air 
frais et peut-être réconci-lier 
l’opinion et la vie pu-blique. 
Dans un tel climat, Hu-gues 
Renson réunit toutes 
les qualités pour être à 
l’avant-garde. En 2012, il 
sera l’un des marqueurs 
emblématiques du besoin 
de fraîcheur témoigné 
alors par l’opinion. 
France Jamet et Steeve 
Briois ou la génération 
«bleu Marine» 
Depuis février 2011, le 
Front national a encore 
changé de «catégorie». 
En réalité, son parcours 
politique a connu quatre 
étapes. 
La première jusqu’au dé-but 
des années 80 était 
celle d’une certaine mar-ginalisation. 
Au début des 
années 70, le FN réalise 
des scores de 2 % dans le 
meilleur des cas. En 
1974, JM Le Pen se pré-
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 5 
sente à la présidentielle 
et fait 0, 74 % des suffra-ges. 
En 1981, JM Le Pen 
n’est pas candidat à la 
présidentielle car il n’a 
pas pu obtenir les parrai-nages 
nécessaires. Son 
absence ne cause aucun 
«scandale». 
Lors des législatives qui 
suivent la victoire de F. 
Mitterrand, il est en posi-tion 
de présenter seule-ment 
77 candidats. 
Cette marginalisation 
prend fin en 1984 lors des 
élections européennes. 
Cette date est le début de 
la seconde étape : la 
croissance permanente. 
De 1984 à 2002, JM Le 
Pen réalise désormais 
d’excellents scores électo-raux 
mais il est diabolisé. 
L’opinion le considère 
comme «dangereux». 
La troisième étape est 
celle du 21 avril 2002 
avec l’accession au se-cond 
tour de la présiden-tielle. 
C’est l’étape de 
l’acceptabilité. Cette éta-pe 
recouvre deux mouve-ments 
difficilement quan-tifiables 
individuellement 
tant ces sujets sont sub-jectifs. 
Faut-il parler d’u-ne 
droitisation de l’opi-nion 
ou d’une modération 
de Le Pen ? 
Il est certain que l’opinion 
s’est durcie dans certains 
domaines. Ce faisant elle 
est allée dans le sens des 
idées du FN. Cette évolu-tion 
a d’ailleurs des raci-nes 
étonnantes. Par 
exemple, les enquêtes ré-alisées 
après les émeutes 
urbaines de cette époque 
ont attesté d’une poussée 
du FN dans les zones ru-rales 
qui n’avaient pas été 
exposées aux émeutes en 
question... 
A cette époque, le Front 
National est d’abord la 
France des peurs. Mais 
dès cette époque, des 
chiffres permettent d’ap-précier 
le potentiel : 
·  en 1997, le niveau 
d’adhésion des Fran-çais 
aux 4 dossiers 
c l e f s d u F N 
(immigration, sécuri-té, 
défense des va-leurs 
traditionnelles 
et critique de la clas-se 
politique) oscillait 
entre 12 et 31 %. A 
fin décembre 2005, 
le score le plus faible 
d’adhésion était de 
22 % (et non plus 12 
%). Le score le plus 
élevé était passé à 
33 %, 
·  si on devait dissocier 
ces thèmes de la 
question sur l’appro-bation 
du Front Na-tional, 
la progression 
serait encore plus 
considérable pour at-teindre 
parfois 73 % 
de l’opinion par 
exemple sur le thè-me 
de la défense des 
valeurs traditionnel-les. 
Depuis février 2011, Mari- 
Denis Broliquier ou la 
g é n é r a t i o n d e s 
«grandes métropoles» 
Aux Etats-Unis, il y a «le 
club des Gouverneurs». 
L’ importance de leur 
«fonction locale» est telle 
qu’ils sont associés aux 
grands choix fédéraux mê-me 
sous le régime du man-dat 
unique. 
Avec la réforme des collecti-vités 
territoriales locales et 
la naissance des métropoles 
régionales, la vie publique 
française s’engage manifes-tement 
dans cette direction. 
Il y aura demain une dizaine 
de métropoles qui seront 
des points de passages ma-jeurs 
et incontournables. 
Avec la confusion des fonc-tions 
départementales et 
régionales, le Département 
va disparaître de facto. 
Deux pouvoirs directs à très 
fort ancrage démocratique 
vont être confortés : le Pré-sident 
et le Maire. 
Le premier a la force incom-parable 
de l’élection quand 
la France est une circons-cription 
unique. Le second a 
la force de la proximité. Les 
Maires des métropoles au-ront 
en plus la force de la 
puissance démographique et 
financière. C’est un parcours 
à part entière. Denis Broli-quier, 
Maire du 2ème arron-dissement 
de Lyon et leader 
de l’opposition dans cette 
ville incarne ce nouveau 
parcours (cf photo page 8). 
Une page territoriale est en 
train de se tourner. 
Il en est de même dans le 
choix des mandats.
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 6 
ne le Pen opère une mu-tation 
: le Front National 
devient le symbole de 
«l’autre politique», celle 
qui refuse le système éta-bli 
depuis le politiquement 
correct jusqu’aux métho-des 
traditionnelles. C’est 
le vote des révoltes face à 
la crise (tableaux pages 6 
et 7). C’est la révolution 
conservatrice. Les sonda-ges 
sont au rendez-vous 
et donnent désormais de 
nouveaux seuils. Il est 
techniquement possible 
de voir Marine le Pen au 
seuil des 25 % courant le 
printemps 2011 … 
France Jamet et Steeve 
Briois sont à l’avant-garde 
de cette nouvelle 
génération. 
Ils ne se posent plus la 
question de l’acceptabilité 
mais celle de leur impact 
sur le pouvoir. 
C’est une nouvelle donne 
culturelle mais aussi une 
nouvelle donne politique. 
Leurs géographies vont 
ouvrir le FN à des scores 
historiques dans ce 
contexte national. Ils se-ront 
des personnalités qui 
vont structurer les votes 
locaux non plus pour té-moigner 
mais pour déci-der. 
C’est une réelle mutation 
dans la vie politique fran-çaise. 
Isabelle Baert et la 
preuve locale 
Fille de militaire, son père 
fut l’un des premiers ins-tructeurs 
en France sur 
hélicoptère, Isabelle Baert 
est mère de deux grands 
enfants. Sa fille, 24 ans, 
est dans le monde juridi-que, 
après avoir obtenu 
un master deuxième an-née 
en Droit Public tandis 
que son fils, 21 ans, est 
en troisième année d’éco-le 
de chirurgie dentaire de 
Lille. 
«Entrée en politique » en 
1989, aux côtés d'Alex 
TURK, élue au conseil 
municipal de LILLE, de-puis 
quinze ans, Isabelle 
Baert incarne la preuve 
locale. 
Elle a continué le combat 
municipal aux côtés des 
successifs leaders lillois.
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 7 
Enseignante depuis 34 
ans, directrice d’école de-puis 
24 ans, Isabelle 
Baert incarne l’assiduité 
dans la proposition 
concrète positive. La vie 
quotidienne dans sa Com-mune 
de Lille est l’objet 
de toutes ses attentions. 
Face à Martine Aubry, 
Isabelle Baert a pris le 
leadership d’une opposi-tion 
constructive, qui 
n’hésite pas à effectuer 
des propositions de natu-re 
à améliorer la qualité 
de vie, le dialogue ou les 
solidarités. Isabelle Baert 
est le visage emblémati-que 
de l’opposition sé-rieuse, 
tolérante mais exi-geante 
au niveau des ré-alités 
locales. 
Arnaud Tauzin ou le 
chevalier sans peur 
Ce jeune chef d’entreprise 
landais (cf photo page 4) re-présente 
l’opposition à 
Henri Emmanuelli. Il sym-bolise 
le courage car il en 
faut pour s’opposer à ce-lui 
qui incarne le féodalis-me 
landais dans toute son 
autorité comptant non 
seulement sur le Conseil 
Général mais aussi sur un 
tissu d’organismes satelli-tes 
qui quadrillent chaque 
territoire ou activité du 
département. Dans ce tis-su, 
quatre facteurs sont 
annonciateurs de remises 
en question profondes et 
inédites. Tout d’abord, le 
Modem est ici du côté de 
l’opposition locale notam-ment 
avec la conquête de 
Mont de Marsan en mars 
2008. Ensuite, les écolo-gistes 
supportent de plus 
en plus difficilement l’au-torité 
omniprésente du 
co-leader du courant 
«Nouveau Monde» qui dé-cide 
de tout, surveille 
tout, contrôle tout. Puis, il 
y a l’effet des tournants 
de l’état civil. La 
«génération Emmanuelli» 
au pouvoir depuis plus de 
30 ans est usée. Elle n’a 
pas voulu ou su faire naî-tre 
une relève prometteu-
Législatives 2012 : une nouvelle génération ? (2/2) 8 
droite qui, âge aidant, 
connait une certaine éro-sion. 
Dans les deux cas, ces 
grandes capitales régio-nales 
sont endormies. 
Broliquier et Mennucci 
sont les symboles des pa-triotismes 
locaux. «Lyon 
d ’ a b o r d » c o m m e 
«Marseille d’abord» pour-raient 
être leurs devises. 
2012 sera aussi le départ 
pour 2014 avec de nom-breuses 
villes en défis de 
successions. 
se. Enfin, il y a l’actualité 
et l’affaire de la Mission 
des Landes qui a suscité 
des mises en examen sur 
janvier 2011 et le goût 
amer d’un système qui 
pourrait avoir connu tout 
le pouvoir mais peut-être 
même surtout trop de 
pouvoirs. 
Tous ces facteurs peuvent 
conduire à une brutale in-version 
des tendances ha-bituelles. 
Dans ce cas, Ar-naud 
Tauzin, responsable 
de la fédération UMP des 
Landes, Conseiller Régio-nal 
Aquitaine, pourrait in-carner 
l’alternative face à 
un système manifeste-ment 
à bout de souffle. 
Denis Broliquier et Pa-trick 
Mennucci ou les 
grandes métropoles ré-gionales 
Ils ont deux engagements 
politiques très différents. 
L’un est «divers droite» 
(Denis Broliquier). L’autre 
est PS ou plutôt «divers 
gauche» tant sa doctrine 
socialiste est douce. 
Mais, au-delà d’engage-ments 
différents, ils col-lent 
à leurs villes : Lyon 
et Marseille. La première 
a un Maire socialiste qui, 
cassant les usages, s’oc-cupe 
beaucoup (trop ?) 
de politique nationale. La 
seconde a un Maire de 
Editeur : 
Newday 
www.exprimeo.fr
Barack Obama ou le retour accéléré en forme 9 
Le 2 novembre 2010, Obama 
subissait une sévère défaite 
lors des élections intermédiai-res. 
A fin février, la presse titre sur 
le fait qu’il soit «sans rival» 
pour 2012. Les sondages tom-bent 
et il fait de bons scores 
au point de commencer à dis-suader 
des concurrents répu-blicains 
potentiels qui préfè-rent 
attendre … 2016. 
Comment expliquer ce retour 
accéléré en forme. C’est le su-jet 
de notre lettre 254. 
Parution le : 8 mars 2011.

Lettre Exprimeo 253

  • 1.
    N°253 - du1er au 7 mars 2011 2012 : une nouvelle génération ? (2/2)
  • 2.
    2012 : unenouvelle génération ? Et si la politique se faisait ailleurs qu’en politique ? Si la politique se faisait aussi en refusant de voter mais surtout en portant des causes très précises en dehors des partis poli-tiques traditionnels ? C’est cette tendance qu’incarne Augustin Le-grand. Pour l’opinion pu-blique Française, Augustin Legrand est un physique, un cri, un caractère. Un physique, parce que cet acteur passé par le cours Florent se démar-que. Il se démarque par les tenues vestimentaires qui vivent le terrain. Il se démarque par la façon de se comporter et surtout par la capacité à pousser des cris devant ce qu’il juge l’intolérable. Avec l’association «les en-fants de Don Quichotte», il a vécu l’indignation avant qu’elle ne devienne une théorie à la mode. Il a mobilisé toute son éner-gie pour défendre une cause : «impossible d’être soi sans toit». Augustin Legrand sait re-marquablement gérer l’é-vènementiel. Il est le marqueur des frontières intolérables de la crise. L’hiver 2011 peut être «son» hiver comme cet hiver 2006 où la proximité de la présiden-tielle donnait un relief particulier à chaque injus-tice alors dénoncée. Augustin Legrand, c’est la France des causes de la solidarité sur le terrain. Hugues Renson ou la génération fraîcheur Il est jeune (32 ans), dy-namique, séduisant, fin connaisseur des dossiers et il représente le Mouve-ment de Dominique de Villepin sur Paris : autant de caractéristiques qui ne peuvent qu'attirer l'atten-tion. Son nom comptera lors des prochains scru-tins 2 : Hugues Renson (photo en couverture). Un nom qui bénéficie déjà d'une forte et très positi-ve notoriété sur Paris car sa maman, Cécile, gaul-liste de longue date, a été longtemps élue témoi-gnant son attachement aux valeurs de solidarité et d'humanisme qu'elle déploie déjà au quotidien dans son activité profes-sionnelle. Hugues Renson est une synthèse de l'engagement aux côtés de Dominique de Villepin. A lui seul, il donne une traçabilité au profil d'une nouvelle gé-nération. Tout d'abord, il défend l'actif des bilans du Prési-dent Jacques Chirac, cette connaissance de la "France profonde" qu'il faut respecter pour la fai-re évoluer sans la brus-quer. Ensuite, seconde étape complémentaire, s'il y a
  • 3.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 3 Isabelle Baert ou le choc des offres A Lille, deux femmes incarnent désormais deux offres radica-lement différentes. La sortan-te, Martine Aubry, incarne le socialisme dogmatique, tech-nocratique. La challenger, Isa-belle Baert, symbolise le prag-matisme, les nuances du ré-alisme de terrain. Aubry fait de la politique nationale. Baert s’occupe des quartiers lillois. Aubry parle solidarités. Baert prend au mot et demande du concret. C’est le choc des of-fres. Le choix s’annonce au moins clair dans cette capitale.
  • 4.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 4 respect pour ce proche passé, Hugues Renson est néanmoins plongé dans la vie moderne qu'il observe avec impertinence, esprit critique et une forte dose d'humour. Enfin, il sait que la lutte sur Paris ne sera pas "comme toutes les au-tres". La Capitale a tou-jours échappé à la routi-ne. Elle a souvent réservé bien des surprises à l'exemple même de cette conquête commando en 1977 contre le "candidat du Président" de l'époque. Il y a un volet qui devrait beaucoup compter. L'opi-nion attend du neuf et l'équipe du Président sor-tant peine à trouver sa propre relève. A l'opposé, avec des personnalités neuves, fraîches et moti-vées comme Hugues Ren-son, Dominique de Ville-pin va bénéficier de tem-péraments de grande qualité qui réunissent tous les critères pour sé-duire et motiver l'électo-rat sur des bases nouvel-les. Le score du premier tour sur Paris en avril 2012 pourrait témoigner une fois de plus d'un esprit re-belle qui est la marque de la Capitale de France tout particulièrement … Si un divorce existe ac-tuellement entre l’opinion et bon nombre des mem-bres de la classe politi-que, c’est qu’ils donnent le sentiment de porter des dates périmées. Les propositions subissent le «déjà vu, déjà entendu». Les méthodes semblent obsolètes ou plutôt tou-jours les mêmes, celles d’hier. A l’opposé, cette généra-tion des trentenaires peut avoir la chance de l’auda-ce. Si l’opinion veut le «grand saut dans le neuf», c’est cette généra-tion qui peut casser les codes, donner de l’air frais et peut-être réconci-lier l’opinion et la vie pu-blique. Dans un tel climat, Hu-gues Renson réunit toutes les qualités pour être à l’avant-garde. En 2012, il sera l’un des marqueurs emblématiques du besoin de fraîcheur témoigné alors par l’opinion. France Jamet et Steeve Briois ou la génération «bleu Marine» Depuis février 2011, le Front national a encore changé de «catégorie». En réalité, son parcours politique a connu quatre étapes. La première jusqu’au dé-but des années 80 était celle d’une certaine mar-ginalisation. Au début des années 70, le FN réalise des scores de 2 % dans le meilleur des cas. En 1974, JM Le Pen se pré-
  • 5.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 5 sente à la présidentielle et fait 0, 74 % des suffra-ges. En 1981, JM Le Pen n’est pas candidat à la présidentielle car il n’a pas pu obtenir les parrai-nages nécessaires. Son absence ne cause aucun «scandale». Lors des législatives qui suivent la victoire de F. Mitterrand, il est en posi-tion de présenter seule-ment 77 candidats. Cette marginalisation prend fin en 1984 lors des élections européennes. Cette date est le début de la seconde étape : la croissance permanente. De 1984 à 2002, JM Le Pen réalise désormais d’excellents scores électo-raux mais il est diabolisé. L’opinion le considère comme «dangereux». La troisième étape est celle du 21 avril 2002 avec l’accession au se-cond tour de la présiden-tielle. C’est l’étape de l’acceptabilité. Cette éta-pe recouvre deux mouve-ments difficilement quan-tifiables individuellement tant ces sujets sont sub-jectifs. Faut-il parler d’u-ne droitisation de l’opi-nion ou d’une modération de Le Pen ? Il est certain que l’opinion s’est durcie dans certains domaines. Ce faisant elle est allée dans le sens des idées du FN. Cette évolu-tion a d’ailleurs des raci-nes étonnantes. Par exemple, les enquêtes ré-alisées après les émeutes urbaines de cette époque ont attesté d’une poussée du FN dans les zones ru-rales qui n’avaient pas été exposées aux émeutes en question... A cette époque, le Front National est d’abord la France des peurs. Mais dès cette époque, des chiffres permettent d’ap-précier le potentiel : · en 1997, le niveau d’adhésion des Fran-çais aux 4 dossiers c l e f s d u F N (immigration, sécuri-té, défense des va-leurs traditionnelles et critique de la clas-se politique) oscillait entre 12 et 31 %. A fin décembre 2005, le score le plus faible d’adhésion était de 22 % (et non plus 12 %). Le score le plus élevé était passé à 33 %, · si on devait dissocier ces thèmes de la question sur l’appro-bation du Front Na-tional, la progression serait encore plus considérable pour at-teindre parfois 73 % de l’opinion par exemple sur le thè-me de la défense des valeurs traditionnel-les. Depuis février 2011, Mari- Denis Broliquier ou la g é n é r a t i o n d e s «grandes métropoles» Aux Etats-Unis, il y a «le club des Gouverneurs». L’ importance de leur «fonction locale» est telle qu’ils sont associés aux grands choix fédéraux mê-me sous le régime du man-dat unique. Avec la réforme des collecti-vités territoriales locales et la naissance des métropoles régionales, la vie publique française s’engage manifes-tement dans cette direction. Il y aura demain une dizaine de métropoles qui seront des points de passages ma-jeurs et incontournables. Avec la confusion des fonc-tions départementales et régionales, le Département va disparaître de facto. Deux pouvoirs directs à très fort ancrage démocratique vont être confortés : le Pré-sident et le Maire. Le premier a la force incom-parable de l’élection quand la France est une circons-cription unique. Le second a la force de la proximité. Les Maires des métropoles au-ront en plus la force de la puissance démographique et financière. C’est un parcours à part entière. Denis Broli-quier, Maire du 2ème arron-dissement de Lyon et leader de l’opposition dans cette ville incarne ce nouveau parcours (cf photo page 8). Une page territoriale est en train de se tourner. Il en est de même dans le choix des mandats.
  • 6.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 6 ne le Pen opère une mu-tation : le Front National devient le symbole de «l’autre politique», celle qui refuse le système éta-bli depuis le politiquement correct jusqu’aux métho-des traditionnelles. C’est le vote des révoltes face à la crise (tableaux pages 6 et 7). C’est la révolution conservatrice. Les sonda-ges sont au rendez-vous et donnent désormais de nouveaux seuils. Il est techniquement possible de voir Marine le Pen au seuil des 25 % courant le printemps 2011 … France Jamet et Steeve Briois sont à l’avant-garde de cette nouvelle génération. Ils ne se posent plus la question de l’acceptabilité mais celle de leur impact sur le pouvoir. C’est une nouvelle donne culturelle mais aussi une nouvelle donne politique. Leurs géographies vont ouvrir le FN à des scores historiques dans ce contexte national. Ils se-ront des personnalités qui vont structurer les votes locaux non plus pour té-moigner mais pour déci-der. C’est une réelle mutation dans la vie politique fran-çaise. Isabelle Baert et la preuve locale Fille de militaire, son père fut l’un des premiers ins-tructeurs en France sur hélicoptère, Isabelle Baert est mère de deux grands enfants. Sa fille, 24 ans, est dans le monde juridi-que, après avoir obtenu un master deuxième an-née en Droit Public tandis que son fils, 21 ans, est en troisième année d’éco-le de chirurgie dentaire de Lille. «Entrée en politique » en 1989, aux côtés d'Alex TURK, élue au conseil municipal de LILLE, de-puis quinze ans, Isabelle Baert incarne la preuve locale. Elle a continué le combat municipal aux côtés des successifs leaders lillois.
  • 7.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 7 Enseignante depuis 34 ans, directrice d’école de-puis 24 ans, Isabelle Baert incarne l’assiduité dans la proposition concrète positive. La vie quotidienne dans sa Com-mune de Lille est l’objet de toutes ses attentions. Face à Martine Aubry, Isabelle Baert a pris le leadership d’une opposi-tion constructive, qui n’hésite pas à effectuer des propositions de natu-re à améliorer la qualité de vie, le dialogue ou les solidarités. Isabelle Baert est le visage emblémati-que de l’opposition sé-rieuse, tolérante mais exi-geante au niveau des ré-alités locales. Arnaud Tauzin ou le chevalier sans peur Ce jeune chef d’entreprise landais (cf photo page 4) re-présente l’opposition à Henri Emmanuelli. Il sym-bolise le courage car il en faut pour s’opposer à ce-lui qui incarne le féodalis-me landais dans toute son autorité comptant non seulement sur le Conseil Général mais aussi sur un tissu d’organismes satelli-tes qui quadrillent chaque territoire ou activité du département. Dans ce tis-su, quatre facteurs sont annonciateurs de remises en question profondes et inédites. Tout d’abord, le Modem est ici du côté de l’opposition locale notam-ment avec la conquête de Mont de Marsan en mars 2008. Ensuite, les écolo-gistes supportent de plus en plus difficilement l’au-torité omniprésente du co-leader du courant «Nouveau Monde» qui dé-cide de tout, surveille tout, contrôle tout. Puis, il y a l’effet des tournants de l’état civil. La «génération Emmanuelli» au pouvoir depuis plus de 30 ans est usée. Elle n’a pas voulu ou su faire naî-tre une relève prometteu-
  • 8.
    Législatives 2012 :une nouvelle génération ? (2/2) 8 droite qui, âge aidant, connait une certaine éro-sion. Dans les deux cas, ces grandes capitales régio-nales sont endormies. Broliquier et Mennucci sont les symboles des pa-triotismes locaux. «Lyon d ’ a b o r d » c o m m e «Marseille d’abord» pour-raient être leurs devises. 2012 sera aussi le départ pour 2014 avec de nom-breuses villes en défis de successions. se. Enfin, il y a l’actualité et l’affaire de la Mission des Landes qui a suscité des mises en examen sur janvier 2011 et le goût amer d’un système qui pourrait avoir connu tout le pouvoir mais peut-être même surtout trop de pouvoirs. Tous ces facteurs peuvent conduire à une brutale in-version des tendances ha-bituelles. Dans ce cas, Ar-naud Tauzin, responsable de la fédération UMP des Landes, Conseiller Régio-nal Aquitaine, pourrait in-carner l’alternative face à un système manifeste-ment à bout de souffle. Denis Broliquier et Pa-trick Mennucci ou les grandes métropoles ré-gionales Ils ont deux engagements politiques très différents. L’un est «divers droite» (Denis Broliquier). L’autre est PS ou plutôt «divers gauche» tant sa doctrine socialiste est douce. Mais, au-delà d’engage-ments différents, ils col-lent à leurs villes : Lyon et Marseille. La première a un Maire socialiste qui, cassant les usages, s’oc-cupe beaucoup (trop ?) de politique nationale. La seconde a un Maire de Editeur : Newday www.exprimeo.fr
  • 9.
    Barack Obama oule retour accéléré en forme 9 Le 2 novembre 2010, Obama subissait une sévère défaite lors des élections intermédiai-res. A fin février, la presse titre sur le fait qu’il soit «sans rival» pour 2012. Les sondages tom-bent et il fait de bons scores au point de commencer à dis-suader des concurrents répu-blicains potentiels qui préfè-rent attendre … 2016. Comment expliquer ce retour accéléré en forme. C’est le su-jet de notre lettre 254. Parution le : 8 mars 2011.