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Le Soir Mardi 30 juillet 2013
2 L’ACTU UN PLAN À LONG TERME CONTRE LES GAZ À EFFET DE SERRE
Q u’arrive-t-il à 18 ans, aux
personnes handicapées
lourdement dépen-
dantes ? C’est l’une des indi-
gnités de notre société. Cette
population disparaît du radar
sociétal car notre vie a évolué
d’une manière qui ne mixe
plus, n’intègre plus ou très
difficilement les personnes
polyhandicapées, souffrant
d’autisme, dans nos univers.
Cachez ces handicapés
adultes que nous ne saurions
voir ? Cette phrase est terri-
blement choquante. Mais
nous devons reconnaître
qu’elle correspond pour beau-
coup à la réalité. Et pourtant,
ces adultes-là ont plus que
jamais besoin de soins, d’acti-
vités, de lieux d’hébergement,
d’affection. Par ailleurs, leur
durée de vie, comme la nôtre,
s’allonge. Qui se soucie de
leur sort et de celui de leurs
familles ?
Car la prise en charge de
cette population repose sou-
vent sur leur entourage. Toute
personne qui connaît ces
familles le sait : la perspective
du passage à l’âge adulte de
leur enfant ou parent les
affole. L’ex-ado leur est ren-
voyé, à charge pour eux de
trouver la solution qui, sou-
vent, n’existe pas ou est in-
suffisante. Démarre alors un
véritable chemin de croix.
Garder le membre lourdement
handicapé de grande dépen-
dance à la maison est très
problématique, voire impos-
sible. Les parents vieillissent
et sont très vite incapables
d’assumer physiquement,
moralement et souvent finan-
cièrement cet accompagne-
ment. L’angoisse de leur mort
va croissant, non tant par
rapport à eux-mêmes, que par
rapport à leur enfant et à son
devenir. Cette vie « après »
serait d’autant plus envisa-
geable pour eux, que l’adulte
de grande dépendance aurait
déjà appris à vivre « auto-
nome », sans ses proches, via
une institution.
C’est tout cela que reconnaît
le Comité européen des droits
sociaux en condamnant la
Belgique sans appel pour le
manque de places d’héberge-
ment et de solutions adaptées
pour ces adultes handicapés
lourdement dépendants.
Donnant aussi la possibilité
aux familles d’obtenir par la
voie judiciaire ce que la prise
de décision politique ne leur
octroie pas. Cette condamna-
tion est vertueuse. La crise,
même si elle est réelle et pèse
sur les budgets, ne peut être
évoquée comme excuse à
l’imperfection des solutions
apportées à un problème qui
existe depuis de nombreuses
années. L’Europe force le
politique à accélérer les
choses. La société dans son
ensemble doit entendre le
message, elle aussi, assumant
sa part solidaire de ce qui
n’arrive pas qu’aux autres.
L'ÉDITO
Béatrice Delvaux
Editorialiste en chef
NON, CELA
N’ARRIVE PAS
QU’AUX AUTRES
LE KROLL
C
’est une tendance lourde :
devant l’obligation de ré-
duire considérablement les
émissions de gaz à effet de serre,
tous les gouvernements cherchent
dès aujourd’hui à établir des tra-
jectoires, des programmes de tra-
vail. Il s’agit d’anticiper une révo-
lution : transformer nos sociétés
très dépendantes des énergies fos-
siles et grosses productrices de
CO2, en sociétés plus sobres, « dé-
carbonées ».
Fixé au niveau européen, le pre-
mier horizon est celui de 2020. Si
elle reste sur la trajectoire actuelle,
la Belgique ne devrait pas avoir
trop de peine à rester dans les
clous, même si des mesures com-
plémentaires sont nécessaires
pour atteindre l’objectif fixé :
-15 % de gaz à effet de serre par
rapport à 1990. Mais le second
rendez-vous est bien plus exi-
geant. Celui-là impliquera des
changements radicaux dans notre
pays : de 80 à 95 % de gaz à effet
de serre en moins. Un bascule-
ment. Qui sera d’autant moins dif-
ficile qu’on se sera préparé long-
temps à l’avance.
La Wallonie s’y met. Fin juillet,
le gouvernement a vu atterrir sur
sa table un volumineux « plan air-
climat-énergie » ainsi qu’un décret
balisant la politique climatique
pour les années à venir. Le prin-
cipe : la Région veut réduire ses
émissions de gaz à effet de serre de
30 % d’ici 2020. Elle devra les di-
minuer de 80 à 95 % d’ici 2050.
Mais à la différence de la
Flandre qui a borné son propre
plan à 2020, la Wallonie veut déjà
regarder au-delà. Le décret climat
coule ainsi les objectifs (2020 et
2050) en texte légal. Il prévoit en-
suite une méthode de travail. Le
gouvernement wallon fixera, tous
les cinq ans, des « budgets » car-
bone pour les principaux secteurs
de la société (énergie, industrie,
résidentiel, transport, agriculture,
déchets.). Il élaborera par ailleurs
des « plans air-climat-énergie » à
cinq ans chiffrant les budgets et
précisant les mesures à prendre
pour les respecter. Chaque année,
le gouvernement devra rendre
compte des progrès au parlement
wallon. On instaurera par ailleurs
un suivi sous la responsabilité de
l’administration. Rien de neuf ici :
l’exemple vient de Grande-Bre-
tagne où le Climate Change Act de
2008 a introduit le principe des
budgets carbone correspondant à
une quantité de gaz à effet de serre
qui peut être émis pendant la pé-
riode donnée.
Budgets carbone
La première « période budgé-
taire » couvrira 2013-2017. Brique
de 300 pages qui évoque aussi l’in-
dispensable adaptation de la Wal-
lonie au changement climatique et
l’amélioration de la qualité de l’air,
le premier plan étend la perspec-
tive jusqu’en 2022. A ce stade, rien
de trop révolutionnaire. Les émis-
sions wallonnes ont déjà chuté de
21,4 % entre 1990 et 2010. L’ob-
jectif de -30 % pour 2020 est
presque atteint. Mais la Région a
profité de circonstances exté-
rieures « favorables » : quelques
hivers doux, la crise qui a ralenti la
consommation et l’activité écono-
mique et surtout l’effondrement
d’outils industriels très polluants
dans le secteur sidérurgique. Cela
ne se reproduira plus.
Si pas de bouleversement à
court terme, à plus long terme, dit
le document, « les réductions
d’émissions à réaliser sont consi-
dérables. Elles vont nous amener à
reconsidérer tous nos comporte-
ments : la manière de nous chauf-
fer, de nous déplacer, de fabriquer
les objets et les équipements dont
nous avons besoin, de produire et
consommer de l’électricité, etc.
Pour la Wallonie, les implications
de tels bouleversements en matière
socio-économique, d’aménagement
du territoire et de cadre de vie sont
très importantes ». Alors que la ré-
gion a réduit ses émissions de
0,7 % en moyenne tous les ans de-
puis 1990, elle devrait les dimi-
nuer de 4,5 % par an, amplifier les
efforts d’un facteur 6. Et ce dès
maintenant. D’ici 2020, la popula-
tion wallonne devrait croître de
7 % et les logements de 13,2 %.
Certaines mesures prises par les
autorités wallonnes n’ont pas en-
core produit tous leurs effets. Par
ailleurs, l’industrie continue à ré-
duire ses émissions en améliorant
ses modes de production. Mais il
faudra faire plus. La Wallonie n’est
pas au bout du chemin. Un plan ne
sera pas de trop. ■
MICHEL DE MUELENAERE
Wallonie : la feuille de route climatiquePremière tentative de
baliser la voie de la Wallo-
nie vers une région pauvre
en carbone.
Un plan climatique
2013-2022.
Et une perspective
jusqu’en 2050.
LE SOIR - 30.07.13
Source : Awac
Evolution des émissions de gaz à effet de serre en Wallonie
100
90
80
70
60
50
40
110
120
1990 2010
+ 0,4 %
+ 0,9 %
- 1,5 %
- 2,6 %
+ 1,2 %
- 3,8 %
- 0,9 %
- 3,0 %
- 7,6 % - 11,5 %
- 4,9 %
+ 1,6 %
+ 1,0 %
- 3,9 %
- 3,8 %
- 1,6 %
- 9,9 %
- 15,3 %
- 26,8 %
- 21,4 %
INDICE100=NIVEAUDESÉMISSIONSEN1990
1992 - 1993
Arrêt d’une centrale
électrique,
crise économique
(diminution de la
production dans les
industries chimiques
et sidérurgiques)
A partir de 2001
Développement de la combustion
de biomasse en cimenterie et
de la récupération du méthane
dans les décharges
2010
Redressement
de la plupart
des secteurs
industriels mais
la sidérurgie à
chaud connaît
toujours un niveau
de production
très faible
2009
Crise économique : le fort ralentisse-
ment de l’activité industrielle fait
plonger les émissions industrielles
à un niveau exceptionnellement bas
(arrêt quasi complet de la sidérurgie
à chaud)
2006 et 2007
Hivers très doux
(diminution importante
de la consommation dans
le logement et les bureaux)
1997
Fermetures d’une
cokerie, de hauts-
fourneaux et d’autres
outils sidérurgiques
1995
Augmentation de la
production industrielle
- 1,4 %
2002
Arrêt d’un haut-four-
neau et d’une cokerie
1996
Année froide
(chauffage élevé),
mais fermeture
d’un haut-fourneau
GROUPE
Pour toute question,
nous avons une solution
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Fax: 02-225.59.01
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Le Soir Mardi 30 juillet 2013
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Le logement
Le constat Grosse influence
de la météo. Le chauffage
représente les 4/5e
de la
consommation énergétique,
l’eau chaude 15 %. Emissions
en baisse de 5 % depuis
1990, mais le secteur pèse
toujours 15 % du total.
L’objectif 2020 -30 %
Les mesures « Large » po-
tentiel de réduction. Rénova-
tion et sensibilisation
avancent. Plus loin ? Impo-
ser une norme de consom-
mation quasi-nulle à partir
2020 pour les logements
publics. Pousser les entre-
prises de construction dans
la même voie : 2020 norme
« quasi-zéro énergie ». Encou-
rager la « démolition-recons-
truction » éventuellement
avec une TVA à 6 % ; assou-
plir les règles d’urbanisme
qui font obstacles à certains
progrès (renouvelables,
vitrages…) ; accélérer le
remplacement des vieilles
chaudières ; densifier l’habi-
tat ; octroyer une prime
supplémentaire aux proprié-
taires s’ils n’accroissent pas
l’enveloppe « loyer+charge ».
LA TRAJECTOIRE ET LES MESURES DANS CINQ SECTEURS CLÉS
©FRANÇOISDESTOC.
L’industrie
Le constat Souvent à son
corps défendant, c’est le
secteur qui a le plus contri-
bué aux réductions d’émis-
sions depuis 1990 : -44 %. Il
pèse cependant encore un
tiers des émissions totales.
Outre les fermetures d’ou-
tils, les procédés industriels
se sont fortement améliorés
(fours électriques en sidé-
rurgie, voie sèche en cimen-
teries, utilisation de com-
bustibles de substitution…).
L’objectif 2020 -45 % par
rapport 1990.
Les mesures Il existe un
potentiel de réduction « per-
manent » dans les grandes
comme dans les petites
entreprises. L’efficacité
énergétique s’améliore
constamment grâce au re-
cours à l’électricité, au chan-
gement dans l’utilisation des
combustibles et à l’améliora-
tion des procédés. L’avenir ?
Poursuivre les engagements
volontaires des entreprises,
introduire des engagements
dans les renouvelables,
l’amélioration du cycle de vie
des produits.
©D.R.
Les transports
Le constat Emissions en
croissance de 43 % depuis
1990 ; 60 % liées au trans-
port de personnes par route.
Le parc automobile aug-
mente : +2,1 %. Le trafic, en
revanche, est « stable » :
+0,2 % par rapport à 2009.
L’objectif 2020 -4 %
Les mesures Pas facile : on
touche aux habitudes indivi-
duelles, à des symboles
voire à la conception de la
vie. Dans le transport de
marchandises, le fonctionne-
ment de l’économie (le « just
in time ») freine les change-
ments. Que faire ? Aucune
mesure miracle, mais un
bouquet d’actions, dont
beaucoup de sensibilisation,
qui devraient « grignoter » la
montagne. Encourager et
investir dans le télétravail,
les transports en commun, le
vélo, les parkings, le trans-
port fluvial et par train,
former à l’éco-conduite,
soutenir les achats de véhi-
cules moins polluants, faire
respecter les limites de
vitesse, « verdir » la fiscalité
sur les véhicules
©D.R.
L’énergie
Le constat Les émissions de
la production d’électricité
ont diminué de 45 % depuis
1990. En l’espace de 20 ans,
en revanche, la facture
moyenne d’un ménage a
augmenté de 31 % alors que
la consommation baissait de
10 %. Les prix de l’énergie ne
devraient pas cesser de
croître. L’énergie : une ques-
tion de plus en plus sociale.
L’objectif 2020 Il sera fixé
lorsque seront apaisées les
dissensions au gouverne-
ment wallon sur l’objectif en
matière de renouvelables.
Les mesures La première,
concerne tous les secteurs
de la société : réduire la
consommation, améliorer
l’efficacité énergétique. Les
combustibles les plus « car-
bonés » céderont la place à
ceux qui le sont moins. Au-
delà ? Le paquet sur les
renouvelables. Primes à
l’investissement, incitation
au passage au gaz, intensi-
fier la biomasse. Et adapter
les réseaux électriques à un
recours accru aux énergies
vertes.
©D.R.
Bruxelles : un code
en attendant un plan
La Région bruxelloise a aussi un début de
plan climatique. Sa feuille de route s’ap-
pelle Cobrace, pour code de l’air, du
climat et de la maîtrise de l’énergie.
Objectif : réduire les émissions de gaz à
effet de serre de 30 % en 2025 par rap-
port à 1990. Deux secteurs pèsent lourd
dans le bulletin bruxellois en matière de
gaz à effet de serre : le bâtiment et les
transports. Le premier représente 73 %
de la consommation énergétique régio-
nale (40 % pour le résidentiel, 33 % pour
les immeubles de bureaux publics et
privés). Les seconds 23 %. Le premier est
particulièrement sensible au facteur
doit être suivi d’un plan « air-énergie-
climat » qui fera l’état des lieux régional
et fixera des objectifs à court, moyen et
long terme en matière d’énergie, d’effica-
cité énergétique, de gaz à effet de serre,
de production d’énergies renouvelables
et de diminution des polluants. Comme
ailleurs, Bruxelles a du pain sur la
planche. Mais entrevoit quelques signaux
positifs. Ainsi, si la population a augmen-
té de 11 % depuis 1990, la consommation
d’énergie n’a crû « que » de 7 %. Par
ailleurs, la production d’énergie d’origine
renouvelable ne cesse de croître : un peu
moins de 2 % de l’électricité consommée
est verte. Objectif pour 2025 : 12 %. ■
M.D.M.
climatique : hiver doux ou rigoureux font
plonger ou exploser les émissions de CO2
(dans le secteur des bâtiments, c’est le
chauffage qui consomme la grande majo-
rité de l’énergie). Les seconds évoluent
très lentement et sont dépendants de
facteurs extérieurs comme le comporte-
ment des navetteurs, lui-même dépen-
dant de la disponibilité d’alternatives
fiables à l’utilisation de la voiture. Le
Cobrace prévoit une série de mesures
concrètes dans ces deux secteurs. Elles
doivent être concrétisées par des arrêtés
d’application dans le courant 2013. A
part la question du stationnement il est
muet sur la politique de mobilité dans la
Région. Elaboré pour cinq ans, le Code
REPÈRE
ENTRETIEN
L e cheminement du plan wallon
« air climat énergie » com-
mence. « On consultera les com-
munes et on réalisera ensuite une
évaluation socio-économique », pré-
cise le ministre en charge, Philippe
Henry (Ecolo). Au final, il est pos-
sible que certaines mesures propo-
sées ne seront pas retenues.
Quelle est la marge de souplesse du
plan en cas de dérapage ?
Ce qui s’impose, c’est l’objectif fixé
dans le décret. Le plan est une feuille
de route. Ce qui importe, c’est de res-
pecter la tendance pour que les objec-
tifs soient atteints. Pour chaque me-
sure, on peut évidemment ajuster.
En cas de non-respect de l’objectif, il
y aura un mécanisme de report
d’une période budgétaire à l’autre.
Le climat, est-ce vraiment la priorité
du moment ?
Si la crise climatique est moins pré-
sente, elle n’a rien perdu de sa gravi-
té. C’est plus difficile de porter ce dis-
cours parce que l’urgence semble
avoir disparu. Mais le dossier va
immanquablement revenir sur le de-
vant de la scène.
Hivers doux, fermetures d’outils
industriels ces dernières années, la
Wallonie semble avoir déjà rempli
son objectif pour 2020. Le plus facile
a été fait ?
La crise a eu un impact direct sur la
consommation, sur l’activité écono-
mique. Dans certains secteurs
comme les bâtiments publics, on a
aussi commencé par le plus facile : la
diminution de la consommation
d’énergie, le chauffage. Des choses
ont avancé dans le logement. D’ici
2020, il ne faut pas une révolution
mais une politique plus suivie, plus
structurée. Mais pour arriver à at-
teindre nos objectifs à l’horizon
2050, il faut une meilleure sensibili-
sation, des changements de compor-
tements plus significatifs, des évolu-
tions radicales ; dans la consomma-
tion, dans la mobilité. Par ailleurs,
je crois beaucoup dans la réalisation
de multiples sauts technologiques
qui permettront d’engranger des
gains dans les renouvelables, dans
l’efficacité énergétique. On y arrive-
ra si on a de la volonté. Des études
ont prouvé que plusieurs pistes sont
possibles.
On critique le soutien aux renouve-
lables. Votre plan ne risque-t-il pas
d’être jugé trop cher ?
Les questions sont légitimes ; elles
ne me font pas peur. Mais il faut te-
nir compte du fait que ces investisse-
ments sont favorables à l’économie
et à l’emploi. Il faut considérer le
coût de l’inaction. Ne nous leurrons
pas, on ne va pas préserver l’emploi
et l’économie en continuant comme
aujourd’hui. ■
Propos recueillis par
M.d.M.
Henry : « Pour atteindre l’objectif
2050, il faut des évolutions radicales »
Philippe Henry, ministre de l’Envi-
ronnement. © RENÉ BRENY.
Le tertiaire
Le constat Bureaux (publics
et privés) et commerces
représentent une faible part
des émissions totales (5 %),
mais elle est en forte crois-
sance : +46 % depuis 1990.
L’emploi augmente (80 % de
l’emploi salarié en 2010) et
la consommation électrique
progresse fortement, au
rythme des besoins en
chauffage et en conditionne-
ment d’air.
L’objectif 2020 -7 %
Les mesures Le potentiel de
réduction est « largement
inexploité ». Les mesures
sont en phase avec le sec-
teur résidentiel : agir forte-
ment sur le chauffage (ré-
duction de la température
de 1o
) et la production d’eau
chaude, combattre le gas-
pillage lié à l’utilisation de
l’éclairage et des équipe-
ments électriques. Une
attention particulière sur les
besoins en froid (efficacité,
réglage et entretien des
appareils). Encourager la
production d’énergie renou-
velable, durcir les normes de
construction des bâtiments.
©D.R.

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  • 1. 2 Le Soir Mardi 30 juillet 2013 2 L’ACTU UN PLAN À LONG TERME CONTRE LES GAZ À EFFET DE SERRE Q u’arrive-t-il à 18 ans, aux personnes handicapées lourdement dépen- dantes ? C’est l’une des indi- gnités de notre société. Cette population disparaît du radar sociétal car notre vie a évolué d’une manière qui ne mixe plus, n’intègre plus ou très difficilement les personnes polyhandicapées, souffrant d’autisme, dans nos univers. Cachez ces handicapés adultes que nous ne saurions voir ? Cette phrase est terri- blement choquante. Mais nous devons reconnaître qu’elle correspond pour beau- coup à la réalité. Et pourtant, ces adultes-là ont plus que jamais besoin de soins, d’acti- vités, de lieux d’hébergement, d’affection. Par ailleurs, leur durée de vie, comme la nôtre, s’allonge. Qui se soucie de leur sort et de celui de leurs familles ? Car la prise en charge de cette population repose sou- vent sur leur entourage. Toute personne qui connaît ces familles le sait : la perspective du passage à l’âge adulte de leur enfant ou parent les affole. L’ex-ado leur est ren- voyé, à charge pour eux de trouver la solution qui, sou- vent, n’existe pas ou est in- suffisante. Démarre alors un véritable chemin de croix. Garder le membre lourdement handicapé de grande dépen- dance à la maison est très problématique, voire impos- sible. Les parents vieillissent et sont très vite incapables d’assumer physiquement, moralement et souvent finan- cièrement cet accompagne- ment. L’angoisse de leur mort va croissant, non tant par rapport à eux-mêmes, que par rapport à leur enfant et à son devenir. Cette vie « après » serait d’autant plus envisa- geable pour eux, que l’adulte de grande dépendance aurait déjà appris à vivre « auto- nome », sans ses proches, via une institution. C’est tout cela que reconnaît le Comité européen des droits sociaux en condamnant la Belgique sans appel pour le manque de places d’héberge- ment et de solutions adaptées pour ces adultes handicapés lourdement dépendants. Donnant aussi la possibilité aux familles d’obtenir par la voie judiciaire ce que la prise de décision politique ne leur octroie pas. Cette condamna- tion est vertueuse. La crise, même si elle est réelle et pèse sur les budgets, ne peut être évoquée comme excuse à l’imperfection des solutions apportées à un problème qui existe depuis de nombreuses années. L’Europe force le politique à accélérer les choses. La société dans son ensemble doit entendre le message, elle aussi, assumant sa part solidaire de ce qui n’arrive pas qu’aux autres. L'ÉDITO Béatrice Delvaux Editorialiste en chef NON, CELA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES LE KROLL C ’est une tendance lourde : devant l’obligation de ré- duire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, tous les gouvernements cherchent dès aujourd’hui à établir des tra- jectoires, des programmes de tra- vail. Il s’agit d’anticiper une révo- lution : transformer nos sociétés très dépendantes des énergies fos- siles et grosses productrices de CO2, en sociétés plus sobres, « dé- carbonées ». Fixé au niveau européen, le pre- mier horizon est celui de 2020. Si elle reste sur la trajectoire actuelle, la Belgique ne devrait pas avoir trop de peine à rester dans les clous, même si des mesures com- plémentaires sont nécessaires pour atteindre l’objectif fixé : -15 % de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Mais le second rendez-vous est bien plus exi- geant. Celui-là impliquera des changements radicaux dans notre pays : de 80 à 95 % de gaz à effet de serre en moins. Un bascule- ment. Qui sera d’autant moins dif- ficile qu’on se sera préparé long- temps à l’avance. La Wallonie s’y met. Fin juillet, le gouvernement a vu atterrir sur sa table un volumineux « plan air- climat-énergie » ainsi qu’un décret balisant la politique climatique pour les années à venir. Le prin- cipe : la Région veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2020. Elle devra les di- minuer de 80 à 95 % d’ici 2050. Mais à la différence de la Flandre qui a borné son propre plan à 2020, la Wallonie veut déjà regarder au-delà. Le décret climat coule ainsi les objectifs (2020 et 2050) en texte légal. Il prévoit en- suite une méthode de travail. Le gouvernement wallon fixera, tous les cinq ans, des « budgets » car- bone pour les principaux secteurs de la société (énergie, industrie, résidentiel, transport, agriculture, déchets.). Il élaborera par ailleurs des « plans air-climat-énergie » à cinq ans chiffrant les budgets et précisant les mesures à prendre pour les respecter. Chaque année, le gouvernement devra rendre compte des progrès au parlement wallon. On instaurera par ailleurs un suivi sous la responsabilité de l’administration. Rien de neuf ici : l’exemple vient de Grande-Bre- tagne où le Climate Change Act de 2008 a introduit le principe des budgets carbone correspondant à une quantité de gaz à effet de serre qui peut être émis pendant la pé- riode donnée. Budgets carbone La première « période budgé- taire » couvrira 2013-2017. Brique de 300 pages qui évoque aussi l’in- dispensable adaptation de la Wal- lonie au changement climatique et l’amélioration de la qualité de l’air, le premier plan étend la perspec- tive jusqu’en 2022. A ce stade, rien de trop révolutionnaire. Les émis- sions wallonnes ont déjà chuté de 21,4 % entre 1990 et 2010. L’ob- jectif de -30 % pour 2020 est presque atteint. Mais la Région a profité de circonstances exté- rieures « favorables » : quelques hivers doux, la crise qui a ralenti la consommation et l’activité écono- mique et surtout l’effondrement d’outils industriels très polluants dans le secteur sidérurgique. Cela ne se reproduira plus. Si pas de bouleversement à court terme, à plus long terme, dit le document, « les réductions d’émissions à réaliser sont consi- dérables. Elles vont nous amener à reconsidérer tous nos comporte- ments : la manière de nous chauf- fer, de nous déplacer, de fabriquer les objets et les équipements dont nous avons besoin, de produire et consommer de l’électricité, etc. Pour la Wallonie, les implications de tels bouleversements en matière socio-économique, d’aménagement du territoire et de cadre de vie sont très importantes ». Alors que la ré- gion a réduit ses émissions de 0,7 % en moyenne tous les ans de- puis 1990, elle devrait les dimi- nuer de 4,5 % par an, amplifier les efforts d’un facteur 6. Et ce dès maintenant. D’ici 2020, la popula- tion wallonne devrait croître de 7 % et les logements de 13,2 %. Certaines mesures prises par les autorités wallonnes n’ont pas en- core produit tous leurs effets. Par ailleurs, l’industrie continue à ré- duire ses émissions en améliorant ses modes de production. Mais il faudra faire plus. La Wallonie n’est pas au bout du chemin. Un plan ne sera pas de trop. ■ MICHEL DE MUELENAERE Wallonie : la feuille de route climatiquePremière tentative de baliser la voie de la Wallo- nie vers une région pauvre en carbone. Un plan climatique 2013-2022. Et une perspective jusqu’en 2050. LE SOIR - 30.07.13 Source : Awac Evolution des émissions de gaz à effet de serre en Wallonie 100 90 80 70 60 50 40 110 120 1990 2010 + 0,4 % + 0,9 % - 1,5 % - 2,6 % + 1,2 % - 3,8 % - 0,9 % - 3,0 % - 7,6 % - 11,5 % - 4,9 % + 1,6 % + 1,0 % - 3,9 % - 3,8 % - 1,6 % - 9,9 % - 15,3 % - 26,8 % - 21,4 % INDICE100=NIVEAUDESÉMISSIONSEN1990 1992 - 1993 Arrêt d’une centrale électrique, crise économique (diminution de la production dans les industries chimiques et sidérurgiques) A partir de 2001 Développement de la combustion de biomasse en cimenterie et de la récupération du méthane dans les décharges 2010 Redressement de la plupart des secteurs industriels mais la sidérurgie à chaud connaît toujours un niveau de production très faible 2009 Crise économique : le fort ralentisse- ment de l’activité industrielle fait plonger les émissions industrielles à un niveau exceptionnellement bas (arrêt quasi complet de la sidérurgie à chaud) 2006 et 2007 Hivers très doux (diminution importante de la consommation dans le logement et les bureaux) 1997 Fermetures d’une cokerie, de hauts- fourneaux et d’autres outils sidérurgiques 1995 Augmentation de la production industrielle - 1,4 % 2002 Arrêt d’un haut-four- neau et d’une cokerie 1996 Année froide (chauffage élevé), mais fermeture d’un haut-fourneau GROUPE Pour toute question, nous avons une solution Service clientèle Tél.: 078-05.05.10 Fax: 02-225.59.01 Site: www.clubdusoir.be Service libraires Tél.: 070-22.10.10 Fax: 02-225.52.14 e-mail: rosselventes@rossel.be SA ROSSEL ET Cie Rue Royale, 100 1000 Bruxelles Président et éditeur responsable Patrick Hurbain Administration générale Rue Royale, 100 1000 Bruxelles Tél. : 02-225.55.55 Directeur général et directeur de la rédaction Didier Hamann Rédacteur en chef Christophe Berti Rédacteurs en chef adjoints François Mathieu Hubert Vanslembrouck Rédaction centrale Tél. : 02-225.54.32 Fax : 02-225.59.14 ou 02-225.59.10 Courrier des lecteurs Fax : 02-225.59.14 ou 02-225.59.10 forum@lesoir.be lesoir.be (internet) http://www.lesoir.be Tél. : 02-225.54.32 internet@lesoir.be PUBLICITÉ Rossel Advertising Annonces téléphonées Tél. : 02-225.55.00 Fax : 02-225.59.06 annonces.tel@lesoir.be Annonces Tél. : 02-225.55.55 Fax : 02-225.59.08 ou 02-225.59.00 Publicité nationale Tél. : 02-542.10.10 Fax : 02-542.10.11 Ce journal est protégé par le droit d’auteur, tous droits réservés. © Rossel & Cie S.A. – Le Soir, Bruxelles, 2011. 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E-mail: cheneaudiere@relaischateaux.com *(Pour toute réservation effectuée jusqu’au 4 août. Offre hors petits-déjeuners. Les nuits gratuites ne peuvent pas être un samedi soir, Offre non-cumulable avec d’autres promotions en cours) www.cheneaudiere.com Offre spéciale «2 = 3»pour un séjour jusqu’au 30 septembre 2013* Offrez-vous 2 nuits à La Cheneaudière, nous vous offrons la 3e ! ON AURA TOUJOURS RAISON DE L’OUVRIR Vous partez en vacances? Le Soir vous suit partout! Le journal Le Soir est accessible 24 h sur 24 sur les différents supports mobiles bit.ly/abosoir Vous avez un abonnement papier 6 jours? Vous accédez automatiquement et gratuitement à la version numérique de votre journal Le Soir sur votre ordinateur, tablette et smartphone. Rendez-vous sur bit.ly/clubsoir Le logement Le constat Grosse influence de la météo. Le chauffage représente les 4/5e de la consommation énergétique, l’eau chaude 15 %. Emissions en baisse de 5 % depuis 1990, mais le secteur pèse toujours 15 % du total. L’objectif 2020 -30 % Les mesures « Large » po- tentiel de réduction. Rénova- tion et sensibilisation avancent. Plus loin ? Impo- ser une norme de consom- mation quasi-nulle à partir 2020 pour les logements publics. Pousser les entre- prises de construction dans la même voie : 2020 norme « quasi-zéro énergie ». Encou- rager la « démolition-recons- truction » éventuellement avec une TVA à 6 % ; assou- plir les règles d’urbanisme qui font obstacles à certains progrès (renouvelables, vitrages…) ; accélérer le remplacement des vieilles chaudières ; densifier l’habi- tat ; octroyer une prime supplémentaire aux proprié- taires s’ils n’accroissent pas l’enveloppe « loyer+charge ». LA TRAJECTOIRE ET LES MESURES DANS CINQ SECTEURS CLÉS ©FRANÇOISDESTOC. L’industrie Le constat Souvent à son corps défendant, c’est le secteur qui a le plus contri- bué aux réductions d’émis- sions depuis 1990 : -44 %. Il pèse cependant encore un tiers des émissions totales. Outre les fermetures d’ou- tils, les procédés industriels se sont fortement améliorés (fours électriques en sidé- rurgie, voie sèche en cimen- teries, utilisation de com- bustibles de substitution…). L’objectif 2020 -45 % par rapport 1990. Les mesures Il existe un potentiel de réduction « per- manent » dans les grandes comme dans les petites entreprises. L’efficacité énergétique s’améliore constamment grâce au re- cours à l’électricité, au chan- gement dans l’utilisation des combustibles et à l’améliora- tion des procédés. L’avenir ? Poursuivre les engagements volontaires des entreprises, introduire des engagements dans les renouvelables, l’amélioration du cycle de vie des produits. ©D.R. Les transports Le constat Emissions en croissance de 43 % depuis 1990 ; 60 % liées au trans- port de personnes par route. Le parc automobile aug- mente : +2,1 %. Le trafic, en revanche, est « stable » : +0,2 % par rapport à 2009. L’objectif 2020 -4 % Les mesures Pas facile : on touche aux habitudes indivi- duelles, à des symboles voire à la conception de la vie. Dans le transport de marchandises, le fonctionne- ment de l’économie (le « just in time ») freine les change- ments. Que faire ? Aucune mesure miracle, mais un bouquet d’actions, dont beaucoup de sensibilisation, qui devraient « grignoter » la montagne. Encourager et investir dans le télétravail, les transports en commun, le vélo, les parkings, le trans- port fluvial et par train, former à l’éco-conduite, soutenir les achats de véhi- cules moins polluants, faire respecter les limites de vitesse, « verdir » la fiscalité sur les véhicules ©D.R. L’énergie Le constat Les émissions de la production d’électricité ont diminué de 45 % depuis 1990. En l’espace de 20 ans, en revanche, la facture moyenne d’un ménage a augmenté de 31 % alors que la consommation baissait de 10 %. Les prix de l’énergie ne devraient pas cesser de croître. L’énergie : une ques- tion de plus en plus sociale. L’objectif 2020 Il sera fixé lorsque seront apaisées les dissensions au gouverne- ment wallon sur l’objectif en matière de renouvelables. Les mesures La première, concerne tous les secteurs de la société : réduire la consommation, améliorer l’efficacité énergétique. Les combustibles les plus « car- bonés » céderont la place à ceux qui le sont moins. Au- delà ? Le paquet sur les renouvelables. Primes à l’investissement, incitation au passage au gaz, intensi- fier la biomasse. Et adapter les réseaux électriques à un recours accru aux énergies vertes. ©D.R. Bruxelles : un code en attendant un plan La Région bruxelloise a aussi un début de plan climatique. Sa feuille de route s’ap- pelle Cobrace, pour code de l’air, du climat et de la maîtrise de l’énergie. Objectif : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % en 2025 par rap- port à 1990. Deux secteurs pèsent lourd dans le bulletin bruxellois en matière de gaz à effet de serre : le bâtiment et les transports. Le premier représente 73 % de la consommation énergétique régio- nale (40 % pour le résidentiel, 33 % pour les immeubles de bureaux publics et privés). Les seconds 23 %. Le premier est particulièrement sensible au facteur doit être suivi d’un plan « air-énergie- climat » qui fera l’état des lieux régional et fixera des objectifs à court, moyen et long terme en matière d’énergie, d’effica- cité énergétique, de gaz à effet de serre, de production d’énergies renouvelables et de diminution des polluants. Comme ailleurs, Bruxelles a du pain sur la planche. Mais entrevoit quelques signaux positifs. Ainsi, si la population a augmen- té de 11 % depuis 1990, la consommation d’énergie n’a crû « que » de 7 %. Par ailleurs, la production d’énergie d’origine renouvelable ne cesse de croître : un peu moins de 2 % de l’électricité consommée est verte. Objectif pour 2025 : 12 %. ■ M.D.M. climatique : hiver doux ou rigoureux font plonger ou exploser les émissions de CO2 (dans le secteur des bâtiments, c’est le chauffage qui consomme la grande majo- rité de l’énergie). Les seconds évoluent très lentement et sont dépendants de facteurs extérieurs comme le comporte- ment des navetteurs, lui-même dépen- dant de la disponibilité d’alternatives fiables à l’utilisation de la voiture. Le Cobrace prévoit une série de mesures concrètes dans ces deux secteurs. Elles doivent être concrétisées par des arrêtés d’application dans le courant 2013. A part la question du stationnement il est muet sur la politique de mobilité dans la Région. Elaboré pour cinq ans, le Code REPÈRE ENTRETIEN L e cheminement du plan wallon « air climat énergie » com- mence. « On consultera les com- munes et on réalisera ensuite une évaluation socio-économique », pré- cise le ministre en charge, Philippe Henry (Ecolo). Au final, il est pos- sible que certaines mesures propo- sées ne seront pas retenues. Quelle est la marge de souplesse du plan en cas de dérapage ? Ce qui s’impose, c’est l’objectif fixé dans le décret. Le plan est une feuille de route. Ce qui importe, c’est de res- pecter la tendance pour que les objec- tifs soient atteints. Pour chaque me- sure, on peut évidemment ajuster. En cas de non-respect de l’objectif, il y aura un mécanisme de report d’une période budgétaire à l’autre. Le climat, est-ce vraiment la priorité du moment ? Si la crise climatique est moins pré- sente, elle n’a rien perdu de sa gravi- té. C’est plus difficile de porter ce dis- cours parce que l’urgence semble avoir disparu. Mais le dossier va immanquablement revenir sur le de- vant de la scène. Hivers doux, fermetures d’outils industriels ces dernières années, la Wallonie semble avoir déjà rempli son objectif pour 2020. Le plus facile a été fait ? La crise a eu un impact direct sur la consommation, sur l’activité écono- mique. Dans certains secteurs comme les bâtiments publics, on a aussi commencé par le plus facile : la diminution de la consommation d’énergie, le chauffage. Des choses ont avancé dans le logement. D’ici 2020, il ne faut pas une révolution mais une politique plus suivie, plus structurée. Mais pour arriver à at- teindre nos objectifs à l’horizon 2050, il faut une meilleure sensibili- sation, des changements de compor- tements plus significatifs, des évolu- tions radicales ; dans la consomma- tion, dans la mobilité. Par ailleurs, je crois beaucoup dans la réalisation de multiples sauts technologiques qui permettront d’engranger des gains dans les renouvelables, dans l’efficacité énergétique. On y arrive- ra si on a de la volonté. Des études ont prouvé que plusieurs pistes sont possibles. On critique le soutien aux renouve- lables. Votre plan ne risque-t-il pas d’être jugé trop cher ? Les questions sont légitimes ; elles ne me font pas peur. Mais il faut te- nir compte du fait que ces investisse- ments sont favorables à l’économie et à l’emploi. Il faut considérer le coût de l’inaction. Ne nous leurrons pas, on ne va pas préserver l’emploi et l’économie en continuant comme aujourd’hui. ■ Propos recueillis par M.d.M. Henry : « Pour atteindre l’objectif 2050, il faut des évolutions radicales » Philippe Henry, ministre de l’Envi- ronnement. © RENÉ BRENY. Le tertiaire Le constat Bureaux (publics et privés) et commerces représentent une faible part des émissions totales (5 %), mais elle est en forte crois- sance : +46 % depuis 1990. L’emploi augmente (80 % de l’emploi salarié en 2010) et la consommation électrique progresse fortement, au rythme des besoins en chauffage et en conditionne- ment d’air. L’objectif 2020 -7 % Les mesures Le potentiel de réduction est « largement inexploité ». Les mesures sont en phase avec le sec- teur résidentiel : agir forte- ment sur le chauffage (ré- duction de la température de 1o ) et la production d’eau chaude, combattre le gas- pillage lié à l’utilisation de l’éclairage et des équipe- ments électriques. Une attention particulière sur les besoins en froid (efficacité, réglage et entretien des appareils). Encourager la production d’énergie renou- velable, durcir les normes de construction des bâtiments. ©D.R.