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L’ESSENTIELDU DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA RSE
A LA UNE en 2012Rio+20 : vers une économie verte et une meilleure gouvernanceRIO+20 : une occasion que                    ...
A LA UNE en 2012RIO+20 : la France soutient la création d’une Organisationmondiale de l’EnvironnementChangement climatique...
LES FONDAMENTAUXLE DÉVELOPPEMENT DURABLE : DE QUOI PARLE-T-ON ?Le développement durable est devenu       « Un développemen...
LES FONDAMENTAUXpas produire dans n’importe quellesconditions sous prétexte de faire des        Un peu d’histoire …..bénéf...
LES FONDAMENTAUXLA DIMENSION SOCIALE ET SOCIÉTALELe respect des droits de l’homme, en          Le dirigeant possède une fo...
LES FONDAMENTAUXLA DIMENSION ENVIRONNEMENTALELe monde a changé. Nous prenons len-         autant le penser extérieur à ell...
LES FONDAMENTAUXLA DIMENSION ÉCONOMIQUELe mode de croissance qui a prévalu         Dans une étude de la Banque mondiale   ...
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LES PREMIERS PASQUEL RÔLE POUR L’ENTREPRISE ?Le Développement Durable concerne toutes les entreprises, privéescomme publiq...
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  1. 1. EditorialVOUS AVEZ DIT TRANSITION ?Pendant des millénaires, l’homme a vécu en harmonie avecla nature….La révolution industrielle d’abord, puis la démographiegalopante et la course au profit sont venues mettre en périlcet équilibre fondamental.Aujourd’hui, les crises conjuguées - économiques, climati-ques, sociales, financières, énergétiques - nous prouvent que lesystème est arrivé à son paroxysme et qu’il est urgent d’agir…Voir plus loin, voir plus largeRemettre l’humain au cœur des enjeux environnementaux, économiques et sociaux,réconcilier l’homme avec son milieu naturel, placer la sécurité, la responsabilité et l’éthi-que, à tous les niveaux, chez tous les acteurs et dans tous les métiers, semble être laseule voie de salut.Cette nouvelle approche a un nom : le développement durable. Son objectif : répondre auxbesoins des générations présentes sans menacer la qualité de vie, voire la survie des suivan-tes. Limiter les impacts de l’homme sur la nature. Assurer la paix sociale, la prospérité géné-rale par un partage plus équitable des bénéfices du progrès. Voir plus loin, voir plus large.La transition verte et vertueuseIl est donc grand temps de tirer les conséquences des insuffisances du système actuelet d’engager la formidable révolution de « l’économie verte et de l’éradication de lapauvreté  », celle que se fixe notamment le sommet de RIO et que les dysfonctionne-ments exigent : changement climatique, déclin de la biodiversité, érosion des sols etdésertification, aggravation de la pollution, mais aussi financiarisation outrancière, etaggravation de la pauvreté et des inégalités au niveau mondial.Les Entreprises sont au cœur du système de production/consommation. Elles ont doncun rôle primordial à jouer dans la mise en œuvre de cette inéluctable transformation.Mais par quoi commencer ? Dans quels domaines agir ? Sur quels instruments se baser ?Comment mesurer ses progrès ? Comment les communiquer ? Comment et avec qui ?Suivez le guideRiche en informations, en références, en adresses, ce guide pratique doit être une boîte àoutils, un vivier de pistes et de conseils pratiques, destiné à aider les sociétés, petites ougrandes, à se profiler comme des entreprises novatrices et dynamiques, qui auront su trou-ver le juste équilibre entre les impératifs économiques, sociaux et environnementaux.Nous espérons qu’il saura, comme PRODURABLE, les 28 & 29 mars 2012, remplir samission : ouvrir la voie à un engagement des entreprises vers un développement…vertet vertueux.Cécile Colonna d’IstriaDirectrice de la publicationTODDAY En partenariat avec : www.produrable.com NewDDeal 2012 1
  2. 2. L’autre regard sur l’économie et la société CHAQUE MOIS, ALTERNATIVES ECONOMIQUES C’EST : > Le suivi complet de l’actualité économique et sociale en France, en Europe et au niveau international > Des enquêtes et des entretiens pour vous informer de tout ce qui bouge, sans oublier pour autant ce qui ne change pas, ou pas assez vite > Des synthèses rédigées par les meilleurs spécialistes,, afin de faire le tour des questions qui font débat > Un éclairage unique sur toutes les alternatives qui contribuent à rendre le monde plus juste ALTERNATIVES ECONOMIQUES C’EST AUSSI 4 hors-série par an qui font le point sur des questions d’actualité ou qui proposent des synthèses indispensables : L’Europe, L’état de l’économie, Les chiffres de l’économie,ABONNEZ-VOUS EZ-VOUS L’économie durable, Les marchés financiersPOUR 4,08 ¤ PAR MOIS La société française… f bsur www.alternatives-economiques.fr/aboBulletin d’abonnementOui, je m’abonne à Alternatives Economiques pour un an (11 numéros + 4 hors-série) Je m’abonne au tarif particulier de 49 € seulement au lieu de 68,40 € (prix au numéro), soit plus de 28 % de réduction. Je m’abonne au tarif étudiant de 42,50 € seulement au lieu de 68,40 € (prix au numéro), soit plus de 37 % de réduction.Avec mon abonnement, j’accède gratuitement aux ressources en ligne sur www.alternatives-economiques.fr * Merci de joindre un justificatif. Ci-joint mon règlement par chèque bancaire ou CCP à l’ordre d’Alternatives Economiques Nom A retourner avec ce bon de commande à : Prénom Alternatives Economiques Abonnements, Courriel 12 rue du Cap Vert 21800 Quétigny Adresse Abonnez-vous directement Adresse PRODURABLE par téléphone au 03 80 48 10 40 (carte bancaire uniquement) Code postal Ville ou en ligne sur www. alternatives-economiques.fr Offre valable jusqu’au 31/12/2012 et réservée aux abonnés de la France métropolitaine. (paiement sécurisé) Conformément à la réglementation de la CNIL, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant.
  3. 3. SOMMAIRE Répertoire des annonceurs par ordre alphabétique 5 Avant-propos 7 L’essentiel du développement durable de la RSE 9 A la une en 2012 : RIO + 20 10 Les fondamentaux 12 Le développement durable de quoi parle-t-on ? 12 La dimension sociale et sociétale 14 La dimension environnementale 15 La dimension économique 16 L’éthique et la gouvernance 18 Les premiers pas 20 Quel rôle pour l’entreprise ? 20 Faire rimer efficacité et responsabilité sociale 21 Pourquoi se lancer dans un programme de développement durable 23 Conseils pratiques pour démarrer votre programme 24 La méthode 25 Aller plus loin 26 Comment piloter une démarche RSE de manière crédible 26 ISO 26000 : La norme hors norme 28 Les bonnes pratiques 31 Environnement 32 RSE / Gouvernance 34 Social 37 Les acteurs clés du changement 39 Institutionnels et Associations professionnelles 39 Conseil / Stratégie / Organisation 47 Finance / Gouvernance – Audit / Certification 65 Communication / Média – Marketing / Innovation 73 Formation / Emploi – Social RH 89 Green IT / Management environnemental 99 Clés de recherche rapide : index et panorama 105 Index par personne 106 Index par activité 109 Panorama détaillé des prestataires 112 NewDDeal 2012 3
  4. 4. AEDD_AnnonceA4_Produrable_Vecto.indd 1 06/02/12 17:45
  5. 5. REPERTOIRE DES ANNONCEURSA WAY TO WAKE UP PRODUCTIONS 78A2 CONSULTING 48AAVANA 101ABILIS ERGONOMIE 49AEDD 4AFNOR GROUPE 69ALTERNATIVES ECONOMIQUES 2BIOVIVA DÉVELOPPEMENT DURABLE 50BNP PARIBAS 67 et 2eme de couv.BSR - BUSINESS FOR SOCIAL RESPONSIBILITY 44BUREAU VERITAS CERTIFICATION 72BUSINESS WIRE 79CHARTE COLIN MAILLARD 95CIWF FRANCE 45CREAWA STUDIO D’ÉCO DESIGN GRAPHIQUE PRINT ET WEB 80CSR EUROPE 41DECISIONS DURABLES 30DNV BUSINESS ASSURANCE 71ECO-LOGISM 51ECOETHIC 52ECOLE DE MANAGEMENT STRASBOURG 92EMCO2 SOLUTION 102ERNST YOUNG - ENVIRONNEMENT ET DÉVELOPPEMENT DURABLE 53ESCP EUROPE 91ETHICITY 54FMF TALENTS 93FRESH CORNER 96GINGKO 21 88GONDWANA BIODIVERSITY DEVELOPMENT 103GREENOVIA 55GRIMALDI FORUM MONACO 75INSTITUT DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET DES RELATIONS INTERNATIONALES (IDDRI) 56INSTITUT RSE MANAGEMENT 57INTERTEK RDC 58ISEADD 94LA CABANE BLEUE 81LABORATOIRES EXPANSCIENCE 4eme de couv.LB QUALITATIVE RESEARCH 82LE RESEAU DE L’IMAGE 83LES JARDINS DE GALLY 87MHJ CONSEIL - NOUVELLE RH 97NEOPLANETE 6NOVETERRA 59PARTA DIALOGUE 98PLUMES DE PUB 84 et 3eme de couvRED ON LINE 104RÉSEAU CHEDD 43RUMEUR PUBLIQUE 77SIDIESE 85SUSTAINWAY 60THE GREEN COMMUNICATION 61THE NATURAL STEP FRANCE 62UTOPIES 63WHAOU EFFECT 46YOUPHIL 8 NewDDeal 2012 5
  6. 6. 239:)%9 %46Ç7 4%6-7 0% ;) 6%(-3 7´-278%00) ª 0=32 0I QEK PI UYSXMHMIR IR PMKRI PE ;IF VEHMS WYV [[[RISTPERIXIJV3XE :(%5$,2/21LQGG
  7. 7. AVANT-PROPOSLa responsabilité sociétale de l’entreprisedevient une véritable exigenceAujourd’hui, près de 75 % des entreprises parlent de déve-loppement durable. Elles ont compris l’intérêt de l’appro-che et se la sont appropriées en construisant des démar-ches de progrès. La crise que nous traversons, tellementglobale, tellement systémique, tellement mondiale, ne feraque renforcer ces actions car elle remet en cause profondé-ment un système qui a vu la finance prendre le dessus sur Crédit photo : Photothèque Groupe La Postel’économie. Cette crise réinterroge la responsabilité de tousles acteurs et notamment des entreprises.Ma conviction est qu’avec cette crise, la responsabilitésociétale de l’entreprise, est non seulement un choix, maisdevient une véritable exigence.Cette responsabilité nous pousse à avoir une attitudetotalement ouverte et respectueuse vis-à-vis de toutes lesparties prenantes. C’est traiter le client avec respect et considération. C’est avoir une attituded’employeur responsable vis-à-vis de nos collaborateurs et collaboratrices. C’est inciter nosfournisseurs à nous accompagner dans notre démarche de développement durable. C’estenfin avoir une politique forte en faveur de l’environnement.A notre niveau, nous prenons des engagements ambitieux. Le Groupe La Poste possède lapremière flotte de France et le plus grand parc immobilier de France. Quand on sait que letransport et le bâtiment sont les deux principales sources de pollution d’émissions de CO2,nous ne pouvons que nous sentir responsables.Nos actions de réductions, mises en place depuis plusieurs années, avec notamment notreengagement en faveur du véhicule électrique, la formation de 60 000 facteurs et factrices àl’éco-conduite, ou encore plus récemment avec le lancement de la Lettre Verte, trouvent leurcomplément aujourd’hui dans une démarche de compensation carbone globale qui permet-tra au Groupe La Poste de viser une neutralité carbone totale.Les nouveaux services, que nous proposons dorénavant autour de la mobilité durable avecnos filiales Greenovia ou Mobigreen, ou encore notre activité en faveur de la collecte et durecyclage du papier usagé via notre offre Valora, sont également des exemples de l’engage-ment de notre Groupe en faveur d’un développement durable.Tous ces engagements nourrissent la confiance dans le Groupe La Poste. La pérennité deLa Poste, et au-delà, de toute entreprise, n’est assurée que si elle crée de la valeur ajoutée écono-mique, sociale et environnementale à long terme en la co-construisant et en la partageant avecl’ensemble de ses parties prenantes. Quoi de plus naturel donc pour Le Groupe La Poste qued’être partenaire de cette 5ème édition de Produrable qui offrira, j’en suis sûr, de nombreusesidées pour œuvrer à « une transition vers une économie verte et vertueuse ».Jean-Paul Bailly,Président Directeur Général du Groupe La Poste NewDDeal 2012 7
  8. 8. 38%B1(:6/(77(5B$B35,17LQGG
  9. 9. L’ESSENTIELDU DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA RSE
  10. 10. A LA UNE en 2012Rio+20 : vers une économie verte et une meilleure gouvernanceRIO+20 : une occasion que Rendre la transition possible qui précède est essentiel pour toutes lesle monde ne peut pas laisser économies, mais vaut tout particulière-passer Vingt ans après le Sommet de Rio, le ment pour les pays en développement, monde est toujours confronté à deux qui ont la possibilité de renforcer leurEn juin 2012, le monde entier aura le grands défis liés entre eux : satisfaire les économie grâce à la gestion durable deregard tourné vers Rio de Janeiro, où, aspirations à une vie meilleure d’une po- leur capital naturel.vingt ans après le premier «Sommet de pulation mondiale qui devrait augmen-la Terre», les chefs d’État et de gouver- ter de plus d’un tiers d’ici 2050 et alléger La transition vers l’économie verte sup-nement assisteront à la Conférence des les pressions sur l’environnement, qui, pose également le recours à des solu-Nations unies sur le développement du- si rien n’est fait, compromettront la ca- tions à faible intensité de carbone etrable1 (CNUDD ou «Rio+20»). pacité du monde à répondre à ces aspi- efficaces sur le plan de l’utilisation des rations. ressources, ainsi que l’intensificationLa conférence Rio+20 constitue une oc- des efforts pour promouvoir des modescasion unique pour le monde interdé- Pour relever ces défis, il ne s’agit pas tant de consommation et de production du-pendant qui est le nôtre de voir réaffirmé de ralentir la croissance que de promou- rables. Tous ces impératifs requièrent lal’engagement politique en faveur du dé- voir le bon type de croissance. Certaines mise en place de cadres réglementairesveloppement durable. Lors de la confé- raisons impérieuses commandent de re- idoines, l’adoption de mesures d’incita-rence, les participants évalueront les penser fondamentalement le modèle tra- tion fortes en faveur des marchés et deprogrès accomplis et chercheront des ditionnel du progrès économique : revoir l’innovation, la mobilisation des ressour-solutions aux lacunes dans la mise en à la marge un système économique qui ces financières ainsi que la promotion deoeuvre et aux nouveaux défis. Les tra- encourage l’utilisation inefficace du ca- l’esprit d’entreprise et de la participationvaux tourneront autour de deux thèmes pital naturel et des ressources ne suffira du secteur privé. Ils supposent égale-liés entre eux, à savoir «l’économie verte pas à induire le changement nécessaire. ment une valorisation correcte du capitaldans le cadre du développement durable Nous avons besoin d’une économie qui naturel et, plus généralement, une révi-et de l’élimination de la pauvreté» et «le puisse assurer croissance et développe- sion de la manière dont nous mesuronscadre institutionnel du développement ment, tout en permettant d’améliorer le la croissance et le progrès.durable». bien-être humain, d’offrir des emplois dé- cents, de réduire les inégalités, de lutter Source : Commission EuropéenneLa conférence Rio+20 peut marquer le contre la pauvreté et de préserver le capi-début, au niveau mondial, d’une transi- tal naturel dont nous dépendons tous.tion accélérée et approfondie vers uneéconomie verte, c’est-à-dire une écono- Ce type d’économie, une économie verte,mie qui génère de la croissance, crée des constitue un moyen efficace de promou-emplois et permet d’éradiquer la pauvre- voir le développement durable, d’éradi-té par des investissements dans le capi- quer la pauvreté ainsi que de répondretal naturel dont dépend la survie à long aux nouveaux défis et de remédier auxterme de notre planète et la préservation lacunes existant dans la mise en oeuvre.de celui-ci. Elle peut aussi constituer la Pour passer à une économie verte, il estpremière étape de la nécessaire réforme nécessaire de préserver les actifs quede la gouvernance internationale en ma- constituent les ressources naturellestière de développement durable. clés et d’investir dans ce domaine. Ce NewDDeal 2012 10
  11. 11. A LA UNE en 2012RIO+20 : la France soutient la création d’une Organisationmondiale de l’EnvironnementChangement climatique, déclin de la biodi- 1. Il est nécessaire de créer le pilier Etats membres de l’Union européenneversité, érosion des sols et désertification, environnemental qui manque à la gou- (27), les Etats membres de l’Unionaggravation de la pollution… La communau- vernance mondiale du développement africaine (54), une quinzaine de paysté internationale doit se donner les moyens durable. Le développement durable de la région « Europe » des Nationsde répondre à ces défis en renforçant la repose sur trois piliers, économique, unies (de l’Islande à l’Asie centrale),gouvernance mondiale de l’environnement, social et environnemental, or le pilier ainsi que des pays asiatiques (Népal,aujourd’hui trop fragmentée et inefficace. environnemental est aujourd’hui éclaté Thaïlande, Malaisie) ou latino-améri-Le Sommet qui se tiendra à Rio du 20 au 22 en plus de 500 accords multilatéraux, cains (Chili et Uruguay). Jamais le sou-juin, 20 ans après le Sommet de la Terre de fragmentaires et cloisonnés. tien n’a été aussi fort, sur les différents1992, sera une occasion unique pour y par- continents et dans des pays aux ni-venir. Pour sa part, la France souhaite qu’une 2. Le changement climatique, la perte de veaux de développement différents. Ceorganisation mondiale de l’environnement biodiversité, l’érosion des sols et la déser- soutien démontre non seulement qu’ilsoit décidée à « Rio + 20 ». Le système onu- tification, les pollutions diverses s’accélè- y a consensus sur la fragmentation dusien actuel ne prenant pas suffisamment en rent. Or en l’absence d’instance multilatérale système, mais aussi que de nombreuxcompte le rôle de la société civile, acteur clé forte, les tensions sur les ressources risquent pays sont prêts à décider d’une réfor-du développement durable. de se résoudre d’Etat à Etat, et ce au détri- me ambitieuse. ment des plus faibles.Pour une réforme ambitieuse 3. Sur certains sujets, comme les forêts En quoi ce projet renforce-t-ilde la gouvernance internatio- ou les océans, les questions environ- la gouvernance du développe-nale de l’environnement nementales nécessitent une approche ment durable? plus cohérente. Une OME doit marquer lePour le Ministère de l’Ecologie, du Déve- début d’une prise en compte intégrée de ces Il n’y a pas d’opposition entre les di-loppement durable, des Transports et du questions, en liaison avec les autres organi- mensions sociale, économique et envi-Logement, « Rio+20 est une occasion uni- sations concernées. ronnementale du développement dura-que d’aboutir à une réforme simple, efficace, ble. Ce débat a été tranché il y a 20 anspragmatique, et en même temps ambitieuse, 4. Il est devenu nécessaire, tant d’un avec la déclaration de Rio, qui énoncede la gouvernance internationale de l’envi- point de vue de démocratie globale que que « la protection de l’environnementronnement. Il est temps en 2012 de tirer les d’efficacité, d’associer l’ensemble des doit faire partie intégrante du proces-conséquences des insuffisances du système Etats à la gouvernance internationale de sus de développement » (principe 4).actuel, en ayant une voix mondiale forte sur l’environnement. Le Programme des Na-l’environnement, garante d’une expertise tions unies pour l’environnement (PNUE) Le programme des Nations unies pour lereconnue au sein des Nations Unies ». a été créé il y a 40 ans, alors que l’envi- développement (PNUD), dans son Rap- ronnement était un sujet international port sur le développement humain deLe prochain sommet des Nations Unies sur nouveau et que l’on pouvait confier à un 2011, souligne le lien indissociable exis-le développement durable aura lieu à Rio groupe limité de pays le soin d’en trai- tant entre la durabilité environnemen-de Janeiro en Juin 2012. Ce grand rendez- ter. Le Conseil d’administration du PNUE tale et l’équité sociale. Il relève ainsi quevous mondial sur le développement dura- compte 58 Etats seulement. Cela n’est les cas de malnutrition dans le mondeble sera l’occasion de recréer l’élan civique plus justifiable aujourd’hui. Depuis 40 sont dus pour moitié à des facteurs en-et l’engagement politique suscité par le ans, de nombreuses tentatives d’amélio- vironnementaux. Il indique égalementSommet de la Terre en 1992. La conférence ration marginale du système ont échoué. que dans les années à venir, les facteurssera structurée autour de deux thèmes : Or jamais les coûts de l’inaction n’ont été environnementaux devraient accroître• ’économie verte dans le cadre du dé- l aussi importants. Il est donc temps de les prix des denrées alimentaires de 30 veloppement durable et de l’éradica- construire une réponse multilatérale cré- à 50%. Il souligne enfin qu’au niveau tion de la pauvreté dible. Pour être pragmatique, la réforme mondial, les arrangements relatifs à la• e cadre institutionnel du développe- l proposée bâtit sur l’existant, c’est-à-dire gouvernance affaiblissent fréquemment ment durable. le PNUE, qui a son siège à Nairobi. la voix des pays en développement et excluent les groupes marginalisés.Pourquoi une organisation Une OME est-elle possible à Si Rio+20 n’aboutit pas à la créationmondiale de l’environnement Rio+20 ? d’une OME, ce sommet aura manquéserait-elle la solution (OME) ? une occasion de renforcer le dévelop- Plus de 100 pays se sont déjà pronon- pement durable.Rio+20 doit déboucher sur une décision fa- cés officiellement en faveur d’une orga-vorable à une OME pour quatre raisons : nisation de type OME, notamment les Source : Commission Européenne NewDDeal 2012 11
  12. 12. LES FONDAMENTAUXLE DÉVELOPPEMENT DURABLE : DE QUOI PARLE-T-ON ?Le développement durable est devenu « Un développement qui réponde aux sations (RSO), dont les principaux ob-un concept « fourre-tout » que chacun, besoins du présent sans compromet- jectifs restent : équité sociale, préser-entreprise, salarié, syndicat, consom- tre la capacité des générations futures vation de l’environnement et efficacitémateur, client, fournisseur, État, en à répondre aux leurs ». économique.résumé les parties prenantes, s’appro- Sur le plan macroéconomique, deuxprie en fonction de ses intérêts, voire concepts sont inhérents à cette no-en l’instrumentalisant. tion : La Responsabilité SocialeL’erreur la plus courante et en même • Le concept de « besoins », et plus des Entreprises (RSE)temps la plus équivoque consiste à particulièrement des besoins essen-assimiler le développement durable à tiels qu’ont les plus démunis, à qui il Tous les siècles précédents ontl’écologie. convient d’accorder la priorité. connu, sous des formes différentes,La confusion la plus grande règne • Les limites que l’état de nos techni- la corruption, l’exploitation des in-donc autour de la définition du déve- ques et de notre organisation sociale dividus (esclavage, servage), les «loppement durable et de ses termes impose à la capacité de l’environne- Affaires » (faillite de Law, scandaledérivés. ment à répondre aux besoins actuels de Panama, pour rappeler les plusIl ne s’agit pas d’un concept nou- et à venir. connues). L’histoire nous apprendveau, ni d’un effet de mode, il repose que, de l’antiquité à nos jours, lessur des bases solides tant historiques Les 3 objectifs associés du développe- rapports commerciaux ont connuque conceptuelles (cf. J. Ballet et F. ment durable sont : bien des vicissitudes.de Bry, L’entreprise et l’éthique, Le • L’égalité sociale (People). Seuil, 2001). • La préservation de l’environnement La RSE, dont le moteur principal estLes latins font appel à leurs ancêtres (Planet). l’éthique, se définit selon le « Livrephilosophes et à leurs économistes • L’efficacité économique (Profit). Vert  » de la Commission européennedu 18ème et 19ème siècle, les anglo- comme : « Être socialement responsa-saxons à l’utilitarisme, mais ils se Ces objectifs sont également identifiés ble signifie non seulement satisfairerejoignent sur un point : aujourd’hui, dans un triptyque célèbre, les 3 P : Peo- pleinement aux obligations juridiquesquel que soit le niveau, micro ou ple, Planet, Profit. Le développement applicables, mais aussi aller au-delà etmacroéconomique, aucune organisa- durable de l’humanité doit passer par investir « davantage » dans le capitaltion ne peut le négliger sans prendre le meilleur équilibre possible entre les humain, l’environnement et les rela-des risques majeurs, tant sur le plan « 3P ». tions avec les parties prenantes ».social qu’environnemental et écono- Le développement durable, concept La RSE signifie donc que l’entreprisemique. Des exemples récents (Enron, planétaire, devient au niveau micro- doit non seulement se soucier de saErika, Worldcom, Nike, Société géné- économique le développement des rentabilité financière et de sa crois-rale …), nous montrent que cette né- entreprises socialement responsables sance, mais aussi de ses impacts envi-gligence a un coût pour l’entreprise, (RSE), et plus globalement des organi- ronnementaux et sociaux. Elle ne doitnon seulement en termes financiers(baisse des cours de bourse, des pro-fits, …) mais également en termesde réputation vis-à-vis de ses parties 3 piliers Préservationprenantes. Responsabilité environnementaleLe développementdurable contemporain :de la macroéconomie à la Viable Vivablemicroéconomie Durable Responsabilité ResponsabilitéMême si le concept a une histoire, économique Equitable socialeune définition, celle du rapport Brunt-land (du nom de la Présidente dela commission, la NorvégienneGro Harlem Brundtland), semble ad- Efficacité Equitémise aujourd’hui par la communautéinternationale : NewDDeal 2012 12
  13. 13. LES FONDAMENTAUXpas produire dans n’importe quellesconditions sous prétexte de faire des Un peu d’histoire …..bénéfices. Elle doit rester éthique. L’activité économique a longtemps été considérée comme immorale ou amorale. Le Code d’Hammourabi (2000 av. J.C.) témoigne du souci de son rédacteurL’éthique, hypothétique et relative, de moraliser les affaires en réglementant strictement les échanges tant sur lenous dit ce qui est bon et mauvais plan commercial que financier. Aristote critique l’économie de richesse (chré-en fonction de notre jugement, elle matistique) dans son aspect téléologique. La richesse n’est pas une fin soi,répond à la question « Comment vi- elle doit être un moyen au service de l’Homme.vre ? » alors que la morale, impérative Juristes, mais aussi moralistes, les romains critiquent violemment le luxe etet absolue, répond à la question « Que l’attrait de l’argent.dois-je faire ? ». Aujourd’hui, la morale Ce mépris pour la richesse se porte sur le travail qui la produit. Seuls les es-s’efface devant l’éthique non pour des claves ou les étrangers peuvent travailler à sa production.raisons philosophiques ou conceptuel- Au cours du Moyen-âge, les nobles et les corporations jouèrent un rôle déter-les, mais pour des raisons médiatiques. minant dans les rapports entre la morale et l’économie : les premiers en n’exer-La morale est qualifiée de ringarde, de çant aucune activité économique (dérogeance), les seconds en faisant peserconformiste ; sa connotation en fait un une forte contrainte sociale sur les relations économiques grâce à une sévèreterme au « cachet victorien, suranné réglementation (limitation de la concurrence, forte hiérarchie, loyauté et solida-et répressif ». Existe-t-il une éthique rité entre ses membres, …). Avec la survenance du protestantisme, la réussiteuniverselle ou plusieurs éthiques (une économique devient un signe de la grâce divine, à condition qu’elle s’appuiepour les affaires, une pour les salariés, sur la ténacité et l’esprit d’ascèse (Max Weber). L’appartenance à cette religionune pour le consommateur, …). apparaît, en affaires, comme un « certificat de qualification éthique ».L’ambiguïté se lève si on distingue A la fin du 18ème siècle, l’économie libérale, placée sous le signe d’une mo-l’éthique universelle de l’éthique appli- rale utilitariste (J. Bentham), se substitue à l’économie de l’Ancien régime.quée, considérée comme s’appuyant L’homme recherche alors son bonheur à travers la maximisation de ses plai-sur les principes de la première tout sirs et la minimisation de ses peines.en les adaptant à des contextes parti- Devant les conséquences sociales du libéralisme sauvage et de son cortègeculiers. Le mot anglo-saxon « ethics », de misères ouvrières (logements insalubres, malnutrition, salaires insuffi-ne faisant aucune distinction entre la sants, journées de travail longues et pénibles, absence d’assurances socia-morale et l’éthique, s’est imposé sur le les …), l’éthique renoue avec l’économie à travers le catholicisme social, leplan international. socialisme et le communisme. Elle se traduit notamment par l’exercice d’un paternalisme entrepreneurial qui subsistera sous des vocables divers jusqu’à nos jours. La Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1945 marqueLe cercle vertueux une étape importante dans cette réhabilitation de la morale à travers notam-du développement durable ment le respect de la dignité humaine. Ainsi, plus qu’un effet de mode, la « RSE » dans l’entreprise demeure un phé-En considérant que le Développement nomène récurrent sous des vocables divers : l’éthique de cette fin de siècle,durable, décliné sous le vocable RSE, c’est le paternalisme qui débute dans les années 1850 ; c’est l’Etat-providenceconstitue des objectifs sur le plan mon- à partir de 1936, renforcé depuis 1945 ; c’est l’entreprise citoyenne des annéesdial, national et organisationnel, il ne 80, l’entreprise éthique, voire l’entreprise durable.peut être atteint que s’il s’appuie surune bonne gouvernance, elle-mêmerésultat d’une éthique de la responsa-bilité, qui est la condition nécessaire Dans l’optique du développement dura- éthiques et de la garantie du dialogueau bon fonctionnement de ce cercle ble et de la RSE, la bonne gouvernance avec les parties prenantes.vertueux. résulte notamment du respect des nor- Le concept de parties prenantes peut mes et de certains principes (principes être compris de manière plus ou moinsLa gouvernance se définit comme « le de précaution, de prévention, de coo- large : réduit aux relations entre l’orga-système par lequel les entreprises sont pération, de transparence  …), de l’en- nisation et ses actionnaires (sharehol-dirigées et contrôlées » (Rapport Ca- gagement et de l’exemplarité de ses ders) ou élargi aux relations entre l’or-dbury, 1992). dirigeants, de l’élaboration de codes ganisation et ses stakeholders. NewDDeal 2012 13
  14. 14. LES FONDAMENTAUXLA DIMENSION SOCIALE ET SOCIÉTALELe respect des droits de l’homme, en Le dirigeant possède une fonction mo- Dans un souci de cohérence logique ettout premier lieu le respect de la dignité rale dans l’entreprise, qui joue un rôle d’harmonie affective, l’individu tentehumaine, constitue le fondement même fondamental en créant la confiance de réduire, voire de faire disparaîtredes relations sociales dans l’entreprise. indispensable à sa survie. La perfor- cette dissonance. mance de l’organisation à long terme L’équité sociale tente ainsi d’établir unLa gestion des personnes est sans dépendra de sa valeur personnelle, no- équilibre entre les attentes du salarié,aucun doute le domaine du manage- tamment de ses principes éthiques et ses performances, et la rentabilité dement dans l’entreprise où la RSE ap- de sa faculté à donner l’exemple. l’entreprise. De nombreux exemplesparaît comme incontournable. Concer- apparaissent ainsi dans le cycle de vienant tant les rapports entre l’entreprise Si l’entreprise affirme son rôle éthique, du salarié.et ses salariés que les rapports entre les chefs doivent certes montrer l’exem-les salariés entre eux et les salariés et ple, mais il ne leur appartient pas deleur environnement, elle est au centre s’ériger en directeurs de conscience, La RSE et le cycle de vie dudes contradictions entre les logiques détenteurs des valeurs universelles, salariééconomiques et les logiques sociales, mettant ainsi l’exemplarité au servicemais elle est en même temps la che- de la manipulation. L’équité sociale ne concerne pas unique-ville de la politique de motivation et ment les rapports entre le salarié et sond’implication du personnel. Les diri- Quels sont les critères d’un compor- entreprise, il concerne également lesgeants eux-mêmes ont des pratiques tement exemplaire ? L’honnêteté, la autres parties prenantes, notammentcontradictoires, considérant les sala- franchise, le sens de l’intérêt général, le les rapports avec les sous-traitants,riés tantôt comme une variable d’ajus- charisme, la cohérence personnelle … Il avec les fournisseurs, avec les clients.tement, tantôt comme un avantage peut se définir de manière positive, « Je Du recrutement au départ du salarié,compétitif, ou encore comme un enjeu fais ce que je dis, je dis ce que je fais » la RSE concerne tous les aspects deidéologique. ou de manière négative : « Faites ce que son cycle de vie dans l’entreprise, no- je dis, ne faites pas ce que je fais ». Il tamment : recrutement, rémunération,La violation des droits de l’homme, sous tend à légitimer l’autorité du chef, corol- formation, climat social, harcèlement,des formes diverses (harcèlement moral laire du pouvoir qui lui est donné par sa discrimination, stress, alerte éthique,et sexuel, non-respect de la vie privée des place dans la hiérarchie de l’entreprise. organisation du travail, licenciement,individus, …), est à l’origine des princi- Théorie du processus, l’équité est l’une démission ou départ à la retraite.paux conflits éthiques. des explications de la satisfaction, de la motivation et de l’implication du sa- Si la liberté de l’entreprise doit s’exer-« Tous DRH », tel est le titre d’un ouvra- larié. Elle repose sur l’idée que les sa- cer dans un cadre, la France oscillege collectif, sous la direction du Pro- lariés attendent que leurs apports dans entre la soft law, avec la mise en placefesseur JM. Peretti, qui nous démontre le travail (compétence, expérience, spontanée de chartes éthiques et le res-que la gestion des ressources humai- temps, obéissance …) soient récom- pect volontaire de normes facultativesnes n’est pas l’apanage de la fonction pensés équitablement. (SA8000, ISO9000, ISO 14000, GRI, …)correspondante dans l’entreprise, et la hard law caractérisée par des obli-mais qu’elle concerne tous les niveaux Symétriquement, l’employeur attend gations légales (cf. Code du travail) tel-et toutes les fonctions. Si l’équité so- qu’en échange l’employé fournisse un les que : le bilan social, rendu obliga-ciale est l’un des objectifs de la RSE, effort qui lui paraisse équitable. Le sa- toire par la loi de 1977, puis le Rapportelle ne peut se construire qu’à partir de larié effectue des comparaisons avec sur l’égalité professionnelle, instaurél’exemplarité et de la justice. d’autres employés dans l’entreprise, par la loi Roudy en1983 et complété ré- qui exécutent soit le même travail, soit cemment par la loi Génisson en 2001 ; un travail hiérarchiquement inférieur enfin la loi sur les Nouvelles Régula-Exemplarité et justice ou supérieur, et également avec des tions Économiques en 2002 qui impo- salariés d’autres entreprises. se notamment aux entreprises cotées« Le poisson pourrit par la tête » dit le d’établir annuellement un rapport so-proverbe chinois. Cette citation exprime Ces comparaisons le conduisent à dé- cial et environnemental.la nécessité pour le dirigeant, mais aus- terminer son comportement au travail.si pour tous les responsables à quelque Qualifiée de « dissonance cognitive »niveau que ce soit, d’être exemplaires. au sens de Festinger (1957), cette si-Cette exemplarité doit être au cœur de tuation différenciée se définit commel’équité sociale, elle constitue le fonde- « un état de malaise psychique dû aument de la confiance des salariés dans fait que l’on est partagé entre deux ouleurs supérieurs hiérarchiques. plusieurs idées contradictoires ». NewDDeal 2012 14
  15. 15. LES FONDAMENTAUXLA DIMENSION ENVIRONNEMENTALELe monde a changé. Nous prenons len- autant le penser extérieur à elle, car nité, mais seulement certains aspectstement conscience des défis environ- considérer l’homme comme autonome de celle-ci relatifs à la technicité, lesnementaux que l’Homme doit relever reviendrait à nier la nature. La nature rapports de pouvoirs n’étant pas remisdans les années à venir. que nous connaissons est le reflet de en cause. l’état actuel de la science. A l’opposé, les écologistes orien-Les richesses ne sont réparties ni tent leurs analyses d’un point de vueéquitablement ni harmonieusement L’écologie promeut l’idée d’une wilder- scientifique dans le but de promouvoirentre les peuples, les ressources sont ness absolue qui doit évoluer sans la une société plus juste, c’est-à-dire endéséquilibrées entre les pays produc- trace indélébile de l’homme. La wilder- meilleure relation avec la nature. Ilsteurs du Sud et les consommateurs ness établit indirectement que l’hom- sont en rupture avec la technocratie.du Nord, la biodiversité disparaît, la me est mauvais pour la nature. Face àpollution et le gaspillage augmen- cette vision de la nature sauvage, la re- Ces distinctions établies, il n’en de-tent, les biens et les denrées sont cherche de l’écologie scientifique tente meure pas moins que la question entremal distribués, il y a de plus en plus de remédier aux perturbations naturel- l’homme et la nature reste entière.de pauvres et de chômeurs, beau- les par l’action humaine. Le glissement C’est seulement à l’aube des tempscoup d’enfants n’ont pas accès à la sémantique entre nature, environne- modernes qu’apparaît l’idée carté-connaissance et sont exploités, les ment et écologie peut de ce fait se per- sienne de l’homme comme « maître etintérêts publics sont confrontés aux cevoir par l’acceptation progressive de possesseur de la nature », pliant la na-intérêts privés, et bien sûr la fracture l’homme en leur sein. ture à sa propre rationalité. La scienceNord-Sud s’accentue, parmi beau- Le mot écologie inventé par Haeckel moderne s’entend d’abord comme uncoup d’autres déséquilibres … en 1866, prend une dimension scien- processus de domination du monde. Il tifique, puis à l’avènement du 21ème s’agit alors pour elle d’améliorer la na- siècle devient un enjeu global. ture ; c’est dans cette orientation queNature, environnement, prend place l’écologie. Longtemps, elleécologie « Environnement » est un mot relation- n’avait été qu’un décor, un fond. A pré- nel signifiant ce qui environne, il dési- sent, une des figures par excellence dePeut-on parler indifféremment de la gne toujours le milieu comme référent, la nature est le paysage, c’est-à-dire lanature, de l’environnement et de l’éco- mais cette fois, son champ d’applica- nature qui mérite d’être regardée.logie ? Les relations entre ces trois no- tion relève de la biologie et renvoie au La maîtrise de la nature débouchetions ne sont pas simples. La nature est système. Mais il ne faut pas se tromper sur une contradiction de fond : si l’onnotre environnement, mais tout envi- sur l’enjeu véritable de ce terme. En ef- est « maître et protecteur », on peutronnement n’est pas naturel. De même, fet, c’est la sphère du politique qui s’en aussi bien se déclarer « maître et sac-si l’écologie est la science des rapports accapare. cageur ». En réponse à la question deentre les êtres vivants et leur milieu, Dès lors, l’environnement devient la la crise écologique, nous pouvons direl’écologie n’est-elle pas la science de protection de la nature et la gestion des qu’elle ne concerne pas tant la naturel’environnement ? risques. que la question des changements dansL’écologie est une science de la nature On peut par conséquent affirmer que nos façons de gérer le vivant. Ceci im-et en faire la science de l’environnement l’environnement renvoie à la respon- plique qu’il y a crise de notre représen-serait donner le pouvoir aux sciences sabilité générale définie comme celle tation de la nature.de la nature sur ces questions. Or, le dé- de l’Etat. Ce n’est que dans les années Autrement dit, la crise environnemen-bat traitant de cet aspect a été de mettre quatre vingt que ce terme s’impose tale est une crise de paradigme, doncen cause la domination naturaliste sur unanimement dans le domaine scien- une crise du sens. Une réorientationles questions d’environnement et d’af- tifique. de nos valeurs est donc indispensablefirmer que l’environnement était une pour repenser la nature. Repenser la na-question sociale. Bien sûr, cette analyse En substance, on peut affirmer que si ture ne veut pas pour autant signifier seest rapide et donc schématique. la rationalité scientifique fait de l’envi- la réapproprier. Or, le réductionnisme ronnement la conception hiérarchique cartésien, auquel notre système de pen-Le terme le plus disputé est sans du monde, c’est le politique qui en fait sée est attaché, nous impose un dua-conteste celui de nature. Effectivement, le référent incontournable. lisme environnemental du type « maîtreil ne se réfère pas seulement à la des- En contre point au pouvoir politique, et possesseur » ou « maître et protec-cription, mais reste chargé de valeur, les environnementalistes et les écolo- teur  ». Il s’avère donc que cette stérilede telle sorte que les scientifiques s’en gistes se sont structurés au devant de opposition ne débouche pas sur uneméfient en préférant évoquer le terme la scène sociale (greenpeace, wwf, …). troisième voie reflétant la complexitéd’environnement. Penser l’homme En effet, les environnementalistes ne de notre rapport au monde. C’est ainsi,différent de la nature n’est pas pour discutent pas sur le fond de la moder- et en ce sens, qu’il y a crise. NewDDeal 2012 15
  16. 16. LES FONDAMENTAUXLA DIMENSION ÉCONOMIQUELe mode de croissance qui a prévalu Dans une étude de la Banque mondiale Le concept de «capabilité»jusqu’alors, fondé sur le profit à court intitulée « La croissance est bonne pour En fait, l’approche par les capabilitésterme au bénéfice d’une minorité nous les pauvres », l’accent est mis sur l’ac- tire son origine de l’observation desconduit vers une impasse. Pour répon- célération de la croissance en faisant conséquences des famines surve-dre à cet échec, le développement du- confiance aux processus de redistri- nues en Inde, au Bengale, en 1943.rable prône un développement capable bution par capillarité et en négligeant La famine n’est due ni au manquede répondre aux besoins de tous les toute mesure de redistribution. de nourriture, ni à une quelconquehommes, et de préserver les équilibres catastrophe naturelle. Les greniersécologiques, sociaux, économiques, y Bien sûr, de nombreux économistes ont sont pleins alors que les gens meu-compris dans le long terme. En bref, de contesté cette conception, se refusant rent de faim. La famine est surtoutconstruire une communauté viable. à considérer que toute augmentation la conséquence d’une déchirure du du revenu accroît automatiquement lien social et d’un manque d’accès et de manière proportionnelle le bien- à la nourriture disponible. C’est leApproche économique être des populations. Ils ont proposé défaut de « droits d’accès » (« en-standard du développement d’autres visions du développement titlements ») qui importe, plus que comme le « développement basé sur la la production, la disponibilité ou lePour les économistes libéraux, crois- satisfaction des besoins essentiels », le prix des biens. Cette vision permetsance économique et développement « développement endogène basé sur de ne plus aborder le problème desont intimement liés. C’est la croissan- l’amélioration du capital humain », ou la famine sous l’angle exclusif dece économique des pays du Nord qui a le « développement participatif ». l’économique, mais de considérerpermis leur industrialisation, considérée aussi les dimensions politiques etcomme la finalité du développement. Toutes ces approches visent à redon- sociales qui jouent un rôle dans laLe modèle de croissance repose essen- ner de l’importance aux dimensions capacité à se procurer de la nourri-tiellement sur l’accumulation du capital humaines et sociales du développe- ture.et la réalisation d’investissements pro- ment. Parmi celles-ci, Amartya Sen Sur la base de cette expérience,ductifs. Cette vision s’est traduite par propose un cadre d’analyse nouveau, Amartya Sen élargit son raisonne-la mise en œuvre de programmes de préconisant le renforcement des capa- ment à l’ensemble des possibilitésplanification du développement stan- bilités des personnes comme moyen et d’utiliser des ressources que ren-dardisés, souvent similaires de par leur finalité du développement. Cette vision contre une personne pour mettre enprincipe d’accumulation du capital et de a inspiré la mise en œuvre à partir de valeur ses propres capacités et ainsireprésentation linéaire des étapes de la 1990, de politiques de « développe- mener la vie qu’elle souhaite vivre.croissance économique. ment humain » par le Programme des L’ensemble de ces capacités définitSelon une telle vision, toutes les socié- Nations Unies pour le Développement le concept de capabilité, qui retracetés doivent passer par un processus de (PNUD). ce qu’elle est ou serait capable dedéveloppement en cinq étapes : l’éco- faire, d’être et de devenir.nomie traditionnelle, les conditionspréalables au démarrage, le décollage, Un nouveau regard :la maturité et la consommation de Le dévéloppement humain tisfaction retirée de la consommationmasse. de ces biens. Il est mis sur la capabilité Pour Amartya Sen, la finalité du déve- des personnes, c’est-à-dire sur la façonce cadre, la pauvreté est due à l’accès loppement ne se situe pas dans l’ac- dont elles fonctionnent pour améliorerinsuffisant aux biens de consomma- cumulation de biens, notamment de leur bien-être, et, plus généralement,tion à cause d’un niveau de revenu capital. Il faut plutôt améliorer les ca- la qualité de leur vie. Il y a, de fait, unefaible. La croissance économique, en pabilités des personnes, ce qui a pour équation fondamentale, ou fonction deaugmentant le revenu par habitant, effet d’étendre leurs libertés réelles conversion, qui permet de convertir lapermet alors de réduire la pauvreté. d’agir et de devenir ce qu’elles souhai- dotation en ressources d’une personneLes institutions financières internatio- tent être (« beings and doings »). On donnée, en un certain nombre de fonc-nales, Fond monétaire international peut toutefois se demander comment tionnements qui retracent sa capabilité.(FMI) et Banque mondiale, appuient une telle approche peut permettre de Les ressources disponibles sont desleurs interventions sur cette vision du repenser le modèle économique du dé- biens de consommation, des biens du-développement. Elles mettent l’accent veloppement. rables, des biens publics, des biens pre-sur la croissance économique qui, en miers, mais aussi des droits politiques,se propageant naturellement par ca- L’accent n’est plus uniquement mis sur économiques ou sociaux qui permettentpillarité (« trickle down effect ») tou- la production de biens et sur les reve- l’accès à ces biens et font que, sur cetteche toutes les couches de la société. nus qui en découlent, ni sur la seule sa- base, les personnes peuvent accroître NewDDeal 2012 16
  17. 17. LES FONDAMENTAUXleurs potentialités (capital humain, capi- Cependant, cette approche présente Cependant l’approche par les capabili-tal social, réseaux, …). Tout cela consti- aussi des limites. tés permet d’aborder le problème de latue la dotation des personnes. Tout d’abord, son opérationnalisation soutenabilité du développement sousEnsuite, en fonction de ses caractéris- demeure difficile, car si les fonction- un jour nouveau, en considérant qu’untiques personnelles (le fait d’être un nements effectivement réalisés sont développement ne peut être durablehomme ou une femme, handicapé ou facilement observables et mesurables, que s’il promeut les capabilités de lapas, d’un âge donné, etc.) et des op- l’observation de la capabilité poten- génération présente sans compromet-portunités sociales, économiques ou tielle d’une personne est compliquée tre les capabilités des générations àenvironnementales, chaque personne à imputer. Ensuite, l’accent mis sur les venir. Ceci pose la question de la distri-peut convertir sa dotation en fonction- capabilités individuelles des agents ne bution équitable au sein d’une mêmenements. rend pas bien compte des interactions génération et entre les générations etDes fonctionnements qui sont effecti- et des relations sociales qui permettent ouvre la voie à la recherche des condi-vement réalisés, ou potentiellement l’action collective. Une action collective tions qui font qu’un développementréalisables et qui ont tous pour finalité qui engendre des capabilités collecti- soit socialement durable.de réaliser ce qu’une personne aspire à ves dont on perçoit mal le lien avec lesêtre ou à faire. capabilités individuelles. On attend d’un tel développement qu’il accroisse les potentialités et les capa-A travers la combinaison de ses fonc- Enfin, si l’amélioration de la capabilité cités d’une génération donnée, touttionnements, l’individu devient capa- permet d’accroître la liberté des person- en facilitant leur transfert de manièreble d’un certain nombre de choses. La nes, elle implique aussi un accroisse- équitable à la génération suivante.capabilité d’une personne représente ment de la responsabilité personnelle Ceci afin de garantir à toutes les géné-alors l’ensemble des fonctionnements pour respecter les obligations sociales rations, présentes comme futures, uneeffectifs ou potentiels qu’elle est capa- auxquelles les personnes font réguliè- amélioration équitable de leurs capabi-ble, ou serait capable, d’accomplir sur rement face … une dimension qui est lités de bien-être.la base de ses caractéristiques propres peu prise en compte dans l’analyse.et des opportunités ou contraintes éco-nomiques, sociales et environnemen-tales qu’elle rencontre. Cette capabilitérésulte de son aptitude à transformer Rapport Stiglitz : mesurer la croissance autrementdes ressources de toutes sortes enfonctionnements. La Commission Stiglitz, du nom de son président Joseph Stiglitz, est née d’une proposition de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008. Elle est officiellementLe fait, pour une personne, de devenir intitulée « Commission sur la mesure des performances économiques et duplus « capable » la rend aussi plus li- progrès social ». Le but de cette commission est de développer une « réflexionbre dans ses choix effectifs face aux sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative, trop comptablecontraintes de la vie ou de la société. de la mesure de nos performances collectives » et d’élaborer de nouveauxLa capabilité devient alors assimilable indicateurs de richesse renseignant sur le progrès social et le bien-être desà la liberté d’agir et d’être, à une épo- individus.que donnée, dans une société donnée.Elle constitue ainsi autant un moyen Le rapport formule 12 recommandations. Trois principes sont retenus : laqu’une fin du développement. Dans prise en compte des ménages dans l’analyse économique, la mesure de lace cadre, la croissance peut se faire qualité de vie et le développement durable.plus par l’amélioration des fonction- Le PIB est la mesure de la production nationale, il donne une moyenne sur lanements et, plus généralement, des situation française et masque ainsi les disparités individuelles. Le rapport pro-capabilités ou libertés des personnes, pose d’analyser les revenus et la consommation en fonction des catégoriesque par l’augmentation de la quantité d’individus et non plus d’une moyenne nationale.de biens disponibles. Pour l’analyse de la situation des ménages, il préconise de prendre en compte le patrimoine et les activités non marchandes, par exemple l’activité domes-C’est en ce sens que l’approche de tique et les loisirs alors que le PIB mesure essentiellement la production mar-Amartya Sen est fortement innovante : chande.elle met l’accent sur les fonctionne- Le rapport établit également une distinction entre évaluation du bien-être pré-ments, effectifs et potentiels, des per- sent et l’évaluation de la soutenabilité, c’est-à-dire de sa capacité à se main-sonnes et sur leur capacité d’acteur. tenir dans le temps (capital naturel, physique, humain, social transmis auxElle considère plus les potentialités des générations à venir).personnes que leur revenu ou richesse La commission estime qu’outre ces indicateurs objectifs, il conviendrait deaccumulée, ce qui apporte un nouveau procéder à des mesures subjectives de la qualité de vie (perception du bien-regard au développement économique être, du bonheur, inquiétude…).et rend le modèle de développement Enfin, le rapport prône la création d’indicateurs monétaires de développe-orthodoxe inadapté aux contraintes du ment durable permettant de mesurer les ressources naturelles.monde actuel. 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  18. 18. LES FONDAMENTAUXL’ÉTHIQUE ET LA GOUVERNANCELe développement durable, la respon- sont dirigées et contrôlées » (rapport l’entreprise en termes non seulementsabilité sociale de l’entreprise, ne peu- Cadbury, 1992). Dans l’optique du Dé- économiques, mais sociaux et affectifsvent être atteints que s’ils s’appuient veloppement Durable ou de la RSE, (fidélité, loyauté, confiance). Il résultesur une bonne gouvernance, elle-mê- une bonne gouvernance résulte no- seulement de promesses perçues in-me résultat d’une éthique de la res- tamment du respect des normes et de dividuellement comme telles par lesponsabilité qui constitue la condition certains principes (principe de précau- deux parties.nécessaire au bon fonctionnement de tion, de prévention, de concertation, dece cercle vertueux (Ethique-Gouver- transparence …), de l’engagement etnance-Développement Durable). de l’exemplarité de ses dirigeants, de Morale, éthique et déontologie l’élaboration de codes éthiques et deUne bonne gouvernance ne peut se la garantie du dialogue avec les parties Faut-il parler de morale, d’éthique ouconcevoir que dans un système intégré prenantes … encore de déontologie ? Adossée surde management qui implique la conver- un code social qui s’impose à tous, lagence de tous les systèmes. Ce mécanisme du cercle vertueux dans morale est impérative et absolue, elleLes préoccupations en matière de gou- l’entreprise peut être compris de ma- nous dit ce qui doit être en distinguantvernance d’entreprise ont véritablement nière plus ou moins large : réduit aux le bien et le mal en fonction de ce quiémergé au cours des années 1990. relations entre l’entreprise et ses ac- est conforme. Elle répond à la ques- tionnaires (shareholders) ou élargi aux tion « Que dois-je faire ? ». FondéeLes raisons ne manquent pas pour ex- relations entre l’entreprise et ses par- sur la liberté de jugement et d’action,pliquer le besoin croissant de prendre ties prenantes (stakeholders). résultat de l’expérience, l’éthique esten compte la dimension éthique dans hypothétique et relative, elle nous ditla gouvernance des grandes entrepri- Les définitions des parties prenantes ce qui est bon et mauvais en fonctionses : (ou parties intéressées) de l’entreprise de notre jugement, elle répond à la• l’accroissement (et surtout la média- sont nombreuses, nous les définirons question : « Comment vivre ? ». Quant tisation) de scandales impliquant les comme des individus ou des groupes à la déontologie, elle se définit comme dirigeants ; d’individus qui peuvent affecter ou être « l’ensemble des règles et des devoirs• l’accélération des fusions et restruc- affectés par la gestion de l’entreprise qui régissent une profession ». turations ; (salariés, actionnaires, fournisseurs,• l’existence de rémunérations exces- clients, État, groupes de pression …). Aujourd’hui, la morale s’efface devant sives, en complète déconnexion avec La relation est bilatérale avec l’entre- l’éthique, non pour des raisons philo- l’évolution financière des entrepri- prise, chacune des Parties Prenantes sophiques ou conceptuelles, mais pour ses ; étant animée par son propre intérêt. des raisons médiatiques. La morale est• le manque de transparence de l’infor- Il faut cependant noter les limites de qualifiée de ringarde, de conformis- mation délivrée aux actionnaires ; cette notion de Partie Prenante : diffi- te  ; sa connotation dogmatique, reli-• le manque de clarté dans le fonction- culté d’identifier les Parties Prenantes, gieuse, impérative, en fait un terme au nement des conseils d’administra- de déterminer leur légitimité et de hié- «  cachet victorien, suranné et répres- tion ; rarchiser leurs attentes. sif » (A. Minc).• les soupçons portant sur l’intégrité des audits comptables et financiers. Les relations entre les Parties Prenan- Existe-t-il une éthique universelle ? tes et l’entreprise sont définies par des Existe-t-il plusieurs éthiques : une pour« La justice commence par le refus contrats juridiques plus ou moins com- les affaires, une pour les salariés, unede la démesure » disait le poète grec plets ou par des liens d’intérêt sans pour les média, une autre pour la mé-Hésiode (milieu du VIII ème siècle av. contrat écrit. Elles doivent être basées decine … ?JC). sur la confiance mutuelle, valeur-cléL’élégance morale nécessite la justesse de l’éthique. Devant l’incomplétude L’ambiguïté se lève si l’on distinguedes proportions, l’éthique doit placer ou l’absence de contrat juridique, le l’éthique universelle de « l’éthiquel’Homme au centre de l’entreprise. contrat psychologique établit une autre appliquée » considérée comme s’ap-Toute éthique doit être pensée avec forme de lien entre la firme et chaque puyant sur les principes de la premièresensibilité, sérénité sans “effet pathéti- partie prenante. Il peut ainsi être consi- tout en les faisant redescendre dansque” ni indulgence. La notion de « mo- déré comme une amélioration quali- les différentes sphères (affaires, méde-rale » n’a de sens que rattachée au bien tative du contrat juridique ou, en l’ab- cine, média …).ou au mal. Aussi faut-il soutenir la vé- sence de celui-ci, comme un contrat Quant à l’éthique des affaires, elle nerité du bien ! virtuel, défini comme un contrat synal- peut exister que dans des institutionsLa gouvernance se définit comme « le lagmatique qui détermine les attentes justes et être circonscrite par cinqsystème par lequel les entreprises réciproques d’une Partie Prenante avec mots-clés, considérés comme repré- NewDDeal 2012 18
  19. 19. LES FONDAMENTAUXsentant les valeurs fondamentales qui Dans la pratique, elle se traduit notam-pilotent le comportement éthique dans ment par la mise en place de codes Les principales raisons invoquéesl’entreprise : justice, responsabilité so- d’éthiques, de responsables d’éthi- par l’entreprise pour promouvoirciale, exemplarité, confiance mutuelle ques, de développement durable, de une fonction éthique sont les sui-et respect des autres. différents comités : comité de rémuné- vantes : ration, de nomination, des comptes de • n interne, affirmer l’identité de eÀ ce concept d’éthique des affaires, conformité (compliance) …, d’institu- l’entreprise et sa différence, recher-s’ajoute celui de responsabilité sociale tions organisant les relations avec les cher une cohérence éthique autourde l’entreprise (RSE). Être responsable, actionnaires, d’indicateurs, de normes, de principes communs, fédérer etc’est répondre de ses actes, en accep- la mise en place d’administrateurs in- mobiliser le personnel, développerter les conséquences. dépendants, des contrôles externes la culture de responsabilité des ma- tant sur le plan financier qu’extra-fi- nagers ; nancier, du respect des conventions et • n externe, concrétiser la respon- eLa gouvernance des normes internationales. sabilité sociale de l’entreprise et se donner un avantage concurrentiel ;Si la gouvernance d’entreprise est un Une bonne gouvernance d’entrepri- • n interne comme en externe, pro- eproduit «made in USA», elle a rapide- se ne peut se concevoir que dans un téger l’entreprise contre les agis-ment été adoptée par d’autres zones système intégré de management qui sements d’agents susceptibles degéographiques, notamment l’Europe, implique la convergence de tous les nuire à ses intérêts.mais avec des approches spécifiques à systèmes de la firme (ressources hu-chaque culture. maines, finances, qualité, achat, santé, hygiène …).Les mécanismes de gouvernance ne se Les missions du déontologue varient,manipulent pas de la même manière notamment avec le secteur d’activité etselon les entreprises, leurs secteurs Le déontologue la taille de l’entreprise.d’activité, leur implantation géogra- Celles qui sont le plus souvent repéréesphique, le contexte économique, so- L’émergence du développement dura- dans l’organisation sont les suivantes :cial, politique … Cependant, quel que ble, de la RSE et de l’éthique crée un aider l’entreprise à expliciter sa politi-soit l’environnement, ils jouent un rôle nouveau métier dans les organisations que en matière d’éthique, mettre encomplémentaire et une firme n’est ja- aux dénominations variées : déontolo- œuvre la politique éthique, organiser etmais soumise à un seul mécanisme. Ce gue, éthicien, compliance officer. déployer la fonction éthique, sensibili-sont des mécanismes contingentiels et ser et former le personnel à l’éthique,contextuels. A la croisée des fonctions dans l’or- mettre l’entreprise à l’abri de toute mal- ganisation, le déontologue, pour sau- versation et la protéger contre les ris-Des lois récentes, Sarbanes-Oxley aux vegarder son indépendance, dépend ques éthiques, promouvoir la politiqueUSA ou les lois françaises sur les «Nou- généralement directement de la direc- éthique dans l’entreprise, assurer le re-velles Régulations Économiques» et de tion, qu’il s’agisse d’un poste à temps porting global et mettre en évidence les« Sécurité financière » sont contingen- plein ou bien faisant partie de la DRH, réalisations de l’entreprise en matièretes, notamment à des évènements fi- de la direction juridique, voire du ser- de RSE.nanciers récents et à des rapports en vice financier.Europe (Viénot, Bouton en France, Ca- La fonction de déontologue dans l’en- Le principal défi est de créer une effi-dbury en Angleterre). treprise remonte aux années 1970 aux cacité économique au service de l’Hu- USA et elle connaît un essor remarqua- main et de sa planète. L’objectif est deUne « bonne gouvernance » repose sur ble en France dans la décennie 1990. répondre aux besoins par une produc-le respect d’un certain nombre de prin- À partir de 1997, une réglementation tion écologique et responsable.cipes et de valeurs : principe de précau- a imposé aux entreprises du secteurtion, souci de la prévention, recherche financier de mettre en place une fonc- Jean-Luc Laffargue,d’une gestion sobre et économe, prin- tion déontologique. Directeur de Qualitique,cipe de responsabilité, participation, Magazine de la culture managériale duesprit de solidarité … XXIe siècle. Business Ethics. www.qualitique.com NewDDeal 2012 19
  20. 20. LES PREMIERS PASQUEL RÔLE POUR L’ENTREPRISE ?Le Développement Durable concerne toutes les entreprises, privéescomme publiques, quelque soit leur secteur d’activité, de l’industrieaux services en passant par le commerce et l’artisanat. Les préoccupations liées à la pollu- fit de la libéralisation des marchés et entreprises ont compris l’importancetion, à la dégradation des ressources de l’intégration des échanges en s’ap- d’un dialogue avec toutes leurs «partiesénergétiques, à la réduction de la biodi- provisionnant auprès de filiales et de prenantes» – clientèle, fournisseurs, in-versité et à la nécessité d’introduire une fournisseurs dans les pays en voie de vestisseurs, collectivités locales et ONG.éthique dans l’économie conduisent à développement.considérer désormais la performancede l’entreprise non plus seulement sous Les entreprises sont au coeur du sys- Une vision intégréel’angle économique et financier, mais tème de production / consommation.également en fonction du respect des Elles ont donc un rôle primordial à Pour une entreprise, le développementintérêts de la communauté et de l’envi- jouer dans la mise en oeuvre du dé- durable repose sur une démarche ser-ronnement dans lesquels elle opère. veloppement durable. vant à la fois le développement écono-La communauté peut être conçue, dans mique, le développement social et lale sens géographique du terme, comme préservation de l’environnement.le voisinage immédiat, ou dans un sens Développement durable Une entreprise soucieuse d’appliquer lesplus large, comme une entité incluant et secteur privé principes du développement durable ettoutes les «parties prenantes» (stakehol- de jouer un rôle constructif dans la so-ders) – personnel, actionnaires, clientèle, Par les biens et services qu’il produit, par ciété investira dans des techniques «éco-fournisseurs et autres groupes concer- ses modes de production, par sa politi- efficaces» respectant les ressources na-nés par les activités de l’entreprise. que sociale, etc., le secteur privé est en turelles et l’environnement, et dans le mesure de contribuer à l’amélioration capital humain afin de créer des produits de la qualité de vie et à la préservation et des services nouveaux.Un mouvement de fond de l’environnement pour les générations De même, l’intégration de la dimension futures. Jusqu’ici toutefois, certains obs- sociale fera de votre entreprise une entre-Sous la pression conjuguée des investis- tacles ont freiné l’adoption de pratiques prise citoyenne qui se préoccupe de la ma-seurs, des consommateurs, des groupes «durables» par ce secteur. Au cours nière dont ses activités affectent son capi-d’opinion et parfois des gouvernements, des années qui ont suivi la Conférence tal humain, les consommateurs ainsi queles entreprises doivent faire face à des de Rio, les gouvernements ont tardé à les communautés locales, régionales ouexigences accrues en matière de respon- émettre des signaux clairs vers le sec- internationales dans lesquelles elle opère.sabilité et de durabilité. Ces impératifs se teur privé ; les investissements consentisfondent encore à l’heure actuelle sur des ont été insuffisants, les consommateurscritères non standardisés, et ils concernent et les actionnaires – que ce soit par man- Spécificité des PMEsurtout les multinationales et les grandes que d’intérêt ou d’information – n’ont pasentreprises. Il n’en demeure pas moins exercé une pression suffisante ; à l’échel- Une enquête réalisée en 2001 par leque cette tendance commence à influen- le internationale, les marchés instables Réseau européen de recherche sur lescer le marché de manière globale. Les et imprévisibles ont souvent empêché PME (ENSR) révèle que de nombreu-PME (souvent fournisseuses de produits et un développement industriel durable ses PME ont déjà adopté des pratiquesde services pour les grandes entreprises) dans des secteurs prioritaires. sociales et environnementales dura-sont confrontées de manière croissante à Mais depuis quelques années, un chan- bles, souvent définies et comprises parla nécessité de répondre à certaines ques- gement se fait sentir. Le public est tou- les PME comme des pratiques respon-tions, sinon à prouver qu’elles opèrent se- jours plus sensible aux questions de sables de gestion d’entreprise. Leurlon certains critères de responsabilité. «durabilité». Le milieu financier – notam- engagement dans le domaine socialL’économie évoluant vers une écono- ment les fonds de pension – exerce une ou au sein de leur communauté est gé-mie de services, on s’attend à ce que pression croissante en faveur des inves- néralement de portée locale, de natureles PME et surtout les TPE – très petites tissements socialement responsables. occasionnelle et détaché de la stratégieentreprises - gagnent encore en impor- Face à ces mouvements d’opinion, les commerciale. Il semble que la principaletance. La tendance croissante à la créa- entreprises européennes, puis américai- motivation soit la conception éthique dution de nouvelles entreprises participe nes ont pris conscience de la nécessité responsable d’entreprise. L’obstacle ma-à cette évolution. d’adopter un comportement éthique- jeur à un engagement social, surtout chezPar ailleurs, un nombre croissant de ment, écologiquement et socialement les plus petites PME, paraît être le manquePME développent leurs activités au responsable dans la conduite de leurs de sensibilisation, suivi par la limitationniveau international ; elles tirent pro- affaires. Parallèlement, de nombreuses des ressources. NewDDeal 2012 20

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