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BATIMAG_1412_Bombardier[1]

  1. 1. 6  batimag N° 12, jeudi 18 décembre 2014 N° 12, jeudi 18 décembre 2014 batimag  7   Le site du constructeur Bombardier à Villeneuve va bientôt livrer aux CFF les futurs Intercity à deux étages. Au total une soixantaine de rames, composées de 436 wagons de nouvelle génération, seront assemblés… notamment dans le Chablais vaudois, au bout du lac Léman. Pour tester ces monstres de technologie, Bombardier vient d’y créer un réseau ferroviaire de 2,6 km et achèvera d’ici la fin de l’année la construction d’une halle longue de 222 m. Une halle géante pour assembler les Intercity de demain Site de Bombardier Transport à Villeneuve réaménagé Pour être en mesure de répondre à la «commande du siècle» des CFF et répondre à ce défi technologique, Bombardier a dû agrandir et remodeler son site industriel au bout du lac Léman. Ces travaux spécifiques, lancés en 2013, doivent s’achever fin décembre. Le tout a dû être réalisé alors même que le site industriel n’a jamais cessé ses activités. Photos:Jean-A.Luque Par Jean-A. Luque Le compte à rebours est lancé. Les CFF veulent mettre en service leurs nouveaux Intercity TWINDEXX Swiss Express dès fin 2016. Ce ne sont pas moins de 59 rames, composées de 436 voitures entiè- rement climatisées qui comptent plus de 36 000 sièges, que les CFF ont commandé au fabriquant Bombardier Transport. La valeur totale de cette opération, considé- rée par beaucoup comme le contrat du siècle, s’élève à 1,8 milliards de francs. Un contrat qui comprend également des options pour plus de 100 trains addition- nels. Et c’est notamment à Villeneuve (VD) que Bombardier va assembler et tes- ter ces trains à deux étages TWINDEXX. Des trains qui feront jusqu’à 400 m de long ! Ces trains nouvelle génération, plus économes en énergie de 10 %, seront ca- pables d’atteindre 230 km/h. Mais sur- Le site de Villeneuve du constructeur Bombardier. En jaune, l’implantation de la nouvelle halle de 222 m pour l’assem- blage des compositions TWINDEXX. En rouge, le nouveau réseau ferroviaire de 2,6 km. Mise en service: début 2015. Point fort
  2. 2. 8  batimag N° 12, jeudi 18 décembre 2014 N° 12, jeudi 18 décembre 2014 batimag  9   Le sous-sol de la région de Villeneuve présente la particularité d’être composé d’alluvions, le terrain y est particulièrement meuble. Aussi, les fondations ont été un des aspects critiques du travail des intervenants. Des sondages ont révélé que sous une partie de la halle, il y a des risques de liquéfaction potentielle. également créé un réseau de 2,6 km de voies ferrées extérieures avec notamment une voie d’essai électrifiée de 400 m et deux voies de stockage de 450 m chacune. Le tout a dû être réalisé alors même que le site industriel n’a jamais cessé ses ac- tivités.» La région de Villeneuve, dans le Chablais, présente la particularité d’être à l’embou- chure de la vallée du Rhône. Le terrain composé d’alluvions y est particulière- ment meuble. «Les fondations, confirme Danilo Marra, ont été un des aspects cri- tiques de notre travail. Il y a bien sûr la nature du terrain dont nous avons dû te- nir compte, mais aussi le fait que dans M. Danilo Marra, ingénieur civil chez ESM-Hagin, chef de projet en charge de la direction des travaux. «  Dans cette zone la nappe phréatique est très proche de la surface. Il a donc fallu imaginer et mettre en place une gestion des eaux particulièrement efficace. » cette zone la nappe phréatique est très proche de la surface. Des sondages ont montré que sous une partie de la halle, il y a des risques de liquéfaction poten- tielle.» Vases communicants Sur ce terrain plat, il a donc fallu imagi- ner et mettre en place une gestion des eaux particulièrement efficace. Pour cela, il a été nécessaire de creuser 3 bassins de rétention reliés entre eux de manière à créer un système de vases communicants, ainsi que tout un système de tranchées drainantes et d’infiltration. L’idée est de stocker le plus possible grâce aux bassins. En cas de trop plein, le surplus peut se déverser dans les cours d’eau du Pissot au nord et de l’Eau froide au sud. «Pour faire face à ce problème de nappe phréatique proche de la surface, nous avons également décidé de surélever le plus possible la halle d’assemblage, ajoute Danilo Marra. Compte tenu de la pente maximale pour faire circuler les rames et rejoindre le raccordement des voies fer- rées extérieures, nous avons pu gagner 40 cm de hauteur. Au printemps dernier, nous avons dû faire face à de fortes pluies. Cela a permis de tester notre système et de constater qu’il fonctionne très bien.» ESM-Hagin ingénieurs SA, avec ESM-Sar- tout, grâce à un ingénieux système de compensation du roulis, ils pourront né- gocier les courbes 15 % plus rapidement tout en maximisant le confort des passa- gers. Pour être en mesure de répondre à ce défi technologique de pointe et à ces dimensions hors normes, la société a dû agrandir et remodeler son site industriel au bout du lac Léman. Ces travaux spéci- fiques, lancés en 2013, doivent s’achever fin décembre. «L’élément le plus visible du chantier en cours est la nouvelle halle d’assemblage, explique Danilo Marra, in- génieur civil chez ESM-Hagin, chef de projet en charge de la direction des tra- vaux. Cette halle de 222 m de long sur 27 de large et haute de 13 m sera mise en ser- vice dès janvier 2015. Mais cette nouvelle halle s’inscrit dans un réaménagement plus global du site. En effet, nous avons rasin ingénieurs SA et ESM-ingénieurs as- sociés SA, forme ESM-Group qui compte une quarantaine de collaborateurs au to- tal. ESM-Hagin a pu faire valoir cette ex- pertise hydraulique et environnementale de manière plus large. En effet, la société s’est vue mandaté entre temps par les au- torités de Villeneuve pour élaborer un concept général de gestion des eaux de la zone industrielle de la commune. Un concept qui à n’en pas douter va s’inspi- rer du chantier Bombardier. Forêt de pieux à refoulement Une fois le problème de gestion des eaux réglé, il a fallu s’attaquer aux fondations Point fort
  3. 3. 10  batimag N° 12, jeudi 18 décembre 2014 N° 12, jeudi 18 décembre 2014 batimag  11   même de la halle. Pas moins de 343 pieux à refoulement ont été plantés. D’un dia- mètre de 53 cm, la majorité des pieux fait 20 m de profondeur. 140 d’entre eux sont même nettement plus longs: 26 m. Au to- tal, cette forêt de pieux de 7300 m a né- cessité 100 t d’armatures. Pour le radier et les fosses de la halle, 280 t d’acier ont été nécessaires et 2800 m3 de béton ont été coulés. Deux ponts roulants La halle métallique en elle-même est as- sez dépouillée à l’intérieur. Elle se com- pose de trois voies ferrées. Une toute simple pour le stockage. Les deux autres ont une fosse de 1,6 m de profondeur et longue de 210 m pour l’inspection des trains. L’une permettra de faire du testing en statique. L’autre sera électrifiée à 15 kV pour permettre le contrôle des CFF à la réception du train. Un grillage de protec- tion et un système de sécurité sera égale- ment installé entre ces deux voies. Deux ponts roulants seront intégrés dans la structure métallique. Un seul niveau de locaux techniques est prévu pour l’ins- tant. Mais, tout est d’ores et déjà prévu pour une extension possible de deux étages supplémentaires. Pour le radier et les fosses de la halle, 280 t d’acier ont été nécessaires et 2800 m3 de béton ont été coulés. Pas moins de 343 pieux à refoulement ont été plantés. La majorité des pieux fait 20 m de profondeur. Point fort
  4. 4. 12  batimag N° 12, jeudi 18 décembre 2014 N° 12, jeudi 18 décembre 2014 batimag  13   Bombardier est une multinationale avec des représentations dans de nombreux pays. Le projet TWINDEXX est la réunion de nombreux savoirs faire éparpillés en Suisse et en Europe. La gestion propre du projet est prise en charge par le site de Bombardier de Zurich. L’usine de Ville- neuve - seul site de production ferroviaire dans l’ouest de la Suisse – est elle respon- sable de la production des véhicules, en collaboration avec le site de Görlitz, qui se chargera en outre du processus d’ingé- nierie. Le site de Winterthur, quant à lui, se chargera de la conception des bogies, tandis que leur production aura lieu à Sie- gen, en Allemagne. Le site de Västerås, en Suède, est lui chargé de produire le sys- tème de traction axé sur les très efficaces moteurs à aimant permanent. Gestion sismique pragmatique Au stade du chantier, il a été envisagé un temps qu’un bureau français gère la construction de la halle. Une démarche intéressante qui a toutefois mis en avant une philosophie de travail différente entre les systèmes français et helvétique. «Cela a notamment été le cas dans la gestion du risque sismique, explique Arnaud Wies- mann du bureau AW Ingénieurs-Conseils SA qui a travaillé en appui au maître de l’ouvrage. En France, historiquement, no- tamment parce qu’ils ont construit énor- mément de centrales nucléaires, ils partent du principe qu’une construction industrielle doit résister à un tremblement de terre et être capable de rester en ser- vice sans discontinuer. En Suisse, nous sommes beaucoup plus pragmatiques. On accepte qu’une halle industrielle se dé- forme et soit hors service pendant un temps. La seule priorité, c’est de sauver les personnes qui s’y trouvent, donc qu’elle ne s’effondre pas. Et cela fait tota- lement sens. Il ne s’agit pas d’un hôpital qui doit pouvoir rester fonctionnel.» On s’en doute ces deux approches diver- gentes entre la France et la Suisse se tra- duisent également par des calculs de fon- dations totalement différents. Des coûts aussi… Question coût justement, les tra- vaux entrepris par Bombardier sur ce site de Villeneuve sont estimés à 16 millions. Dix pour la halle et la charpente. Six pour les extérieurs qui comprennent les voies ferrées et aiguillages, la gestion des eaux claires, et l’agrandissement des parkings. L’usine de Villeneuve est le seul site de production ferroviaire dans l’ouest de la Suisse. Le site dispose de l’expertise néces- saire pour amener la technologie ferroviaire suisse à son plus haut niveau. Point fort
  5. 5. 14  batimag N° 12, jeudi 18 décembre 2014 N° 12, jeudi 18 décembre 2014 batimag  15   lES INTERVENANTS n Direction de projet AW Ingénieurs-Conseils SA, 1610 Oron-la-Ville n Architecte UNI Architectes Sàrl, 1025 Saint-Sulpice n Ingénieur civil ESM-Hagin Ingénieurs SA, 1802 Corseaux n Ingénieur 15 kV et électricité ferroviaire Furrer + Frey SA, 1820 Monteux n Pieux de fondation Implenia Suisse SA, 1000 Lausanne n Génie civil, béton armé Gasser construction génie civil SA, 1095 Lutry n Maçonnerie Raymond Durgniat Sàrl, 1844 Villeneuve n Génie ferroviaire Laurent Membrez SA, 1123 Aclens n Charpente métallique Sottas SA, 1630 Bulle Berisha SA, 1852 Roche HBF constructions métalliques SA, 1012 Lausanne n Electricité basse tension MZ Mauerhofer + Zuber SA, 1020 Renens n Portes industrielles Portes Brodard SA, 1070 Puidoux n Mécanique, montage DP électro-mécanique, 1847 Rennaz n Bureaux provisoires Miauton SA, 1844 Villeneuve Point fort
  6. 6. N° 11, jeudi 27 novembre 2014 batimag  17  16  batimag N° 11, jeudi 27 novembre 2014 Les 59 nouveaux TWINDEXX Swiss Express commandés par les CFF montrent la voie menant vers un transport régional rapide et confortable d’un nouveau niveau. Le système FLEXX Tronic WAKO est l’un des points forts techniques du train TWINDEXX. Il compense le mou- vement de roulis naturel des caisses pendant la conduite, ce qui améliore le confort des passagers tout en permettant au train de prendre les virages extrêmement rapidement. TWINDEXX Swiss Express un nouveau niveau de vitesse et de confort Bombardier: une expertise en matière de grande vitesse Les 59 rames commandées par les CFF sont une nouvelle génération de trains à grande vitesse, à deux niveaux, pourvus d’une technolo- gie évoluée et qui roulent plus vite sur une infrastructure existante. Le contrat passé entre les CFF et Bombardier vise la fourniture de 436 voitures à deux niveaux des- tinées au service interurbain. La transaction comprend des options pour plus de 100 trains addition- nels. Formation maxi de 16 voitures Une composition peut atteindre des pointes de vitesse à 230 km/h. Avec une «paire» de deux voitures formant chaque unité de traction, la configuration est aisément dis- ponible en formations extensibles de quatre à huit voitures, avec une formation maximale de 16 voi- tures. Le système FLEXX Tronic WAKO est l’un des points forts techniques du train TWINDEXX. Il compense le mouvement de roulis naturel des caisses pendant la conduite, ce qui permet au train de prendre les virages plus rapidement. Comparé aux autres systèmes, le train oscillera seulement à un de- gré très limité, ce qui permet aux voyageurs de ne pas souffrir du mal des transports ressenti dans les trains à oscillement «normal». La technologie mécatronique, qui rassemble des composants tech- niques éprouvés dans un même système innovant, permet aux trains interurbains à deux niveaux d’augmenter leur vitesse jusqu’à 15% dans les virages, réduisant ainsi considérablement les durées des trajets. Expertise reconnue dans le monde entier Pendant plus de deux décennies, Bombardier a joué un rôle clé dans la conception et la livraison de presque tous les principaux trains à grande vitesse européens ainsi que d’autres projets significatifs concernant la grande vitesse, avec un portefeuille comprenant plus de 20 produits dans le monde en- tier. Bombardier a participé au dé- veloppement des trains VHS les plus prestigieux d’Europe, dont la gamme ICE en Allemagne, l’ETR 500 en Italie ainsi que la nouvelle génération de l’ETR 1000 et quatre séries différentes du TGV en France. Les commandes (avec un partenaire de consortium), comme les trains à grande vitesse AVE S-102 pour les Chemins de fer na- tionaux espagnols (RENFE), montrent aussi l’évidence de la compétence en matière de grande vitesse de l’entreprise. Au-delà de l’Europe, Bombardier a aussi été impliqué dans le développement du train pendulaire Acela Express, fonctionnant entre Washington D.C. et Boston aux États-Unis à une vitesse atteignant les 240 km/h, ainsi que dans celui du Xinshisu (X2000) et du CRH1 en Chine. Sourcedesillustrations:médiathèqueBombardier Point fort

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