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Les perspectives de la curation de contenu dans le Web 2.0
 

Les perspectives de la curation de contenu dans le Web 2.0

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Le monde compte aujourd’hui 2,27 milliards d’internautes. Le chiffre a doublé en seulement cinq ans. Cette accélération n’est pas sans conséquences. ...

Le monde compte aujourd’hui 2,27 milliards d’internautes. Le chiffre a doublé en seulement cinq ans. Cette accélération n’est pas sans conséquences.
Le Web 2.0 a considérablement changé notre paysage médiatique. Dans son sillage des changements se font ressentir sur un plan sociologique et cognitif. Nos cerveaux sont confrontés à un flux d’informations sans précédents. Ces conséquences ouvrent le chemin d’une nouvelle ère du Web 2.0 : La curation de contenu.

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Toute copie est interdite. Sauf si demandé à l'adresse: dhmwise (le truc arrondi) hotmail (le point) com . Merci

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    Les perspectives de la curation de contenu dans le Web 2.0 Les perspectives de la curation de contenu dans le Web 2.0 Document Transcript

    • ECOLE DE MANAGEMENT LEONARD DE VINCI LA FORMATION PAR LA RECHERCHE Le mémoire 5ème année (DIR 4)Sujet du mémoire 5ème année: « Quelles sont les perspectives de la curationde contenu dans le Web 2.0 ?Auteur : David WiseResponsable du mémoire 5ème année : Erwan LequentrecAnnée de réalisation : 2013       21 Janvier 2013    
    • Introduction………………………………………………………………………..………….4Partie 1 : La revue de littérature : 1. Internet : Une Révolution médiatique et sociologique………………………….7 1.1 Internet : Définition, histoire et évolution……………………………………...7 1.2 Médias sociaux : Définition, histoire et évolution……………………………..9 1.3 Une révolution sociologique………………………………………………….13 2. Médias sociaux : Utilisations et tendances de fond……………………………15 2.1 Monde………………………………………………………………………...16 2.2 France………………………………………………………………………....21 3. Ecrans : Une révolution cognitive………………………………………………26 3.1 L’addiction……………………………………………………………………27 3.2 L’infobesité…………………………………………………………………...29 3.3 La déconnexion……………………………………………………………… 32 4. La curation de contenu………………………………………………………….34 4.1 Définition……………………………………………………………………..34 4.2 A quels besoins répond-elle ? ..........................................................................35 4.3 Les acteurs du marché.......................................................................................38 5. Questions de recherche/ hypothèses……………………………………………42Partie 2 : Démarche empirique 1. Méthodologie choisie……………………………………………………………..45 2. Tri à plat…………………………………………………………………………. 46 3. Tri croisé………………………………………………………………………….58 4. Synthèse, limites et difficultés rencontrées……………………………………….60Partie 3 : Analyse 1. Recommandations………………………………….……………………………....61 2. Conclusion………………………………………………………………………….64RéférencesBibliographie………………………………….…………………………………………........66Webographie………………………….…………………………………………………........67Annexes………………………………………………………………………………………70   2  
    • RemerciementsAvant de commencer je tenais à remercier toutes les personnes qui ont participé de prés ou deloin à la réussite de ce Mémoire. Ce travail de recherche a été une formidable occasiond’approfondir de façon scolaire, un grand nombre de thématiques qui occupaient dans unpremier temps, la sphère de mes centres d’intérêts personnels.J’aimerais tout d’abord remercier Erwan Lequentrec pour son accompagnement durant ces 1an et demi de recherche. Merci pour ses orientations et sa patience, notamment dansl’élaboration de l’angle de recherche et sa problématique. Merci également au corpsprofessoral de l’EMLV, qui lors de mes années 4 et 5, ont su répondre, par certainsprofesseurs, à mes questions et assouvir ma curiosité dans ce vaste domaine qu’est l’Internet.Merci à tous mes camarades de l’école avec qui j’ai pu débattre de nombreux sujets liés àmon mémoire. Merci à toutes les personnes qui ont pris la peine de répondre à monquestionnaire.Enfin, merci à mes parents pour leur confiance. Merci pour la liberté qu’ils m’ont accordé enm’offrant une éducation supérieure. Merci à eux de m’avoir toujours laissé m’orienter versdes sujets qui m’épanouissaient. Merci pour les séances de psychothérapie épargnées à l’âgede 40 ans pour vocation loupée.   3  
    • IntroductionInternetInternet est né dans les années 1970 sous le concept d’ARPANET. Mais c’est dans les années1990 qu’il va se démocratiser grâce à la création du « World Wide Web », mis au point parTim Berners-Lee et Robert Cailliau en 1991. Passant d’un statut militaire, initialement réservéau programme de Défense Américain, à un statut grand public et accessible par tous. Ce quiva venir chambouler notre quotidien.En France, le taux de pénétration d’internet a rapidement atteint la majeure partie de lapopulation. L’observatoire des usages d’internet, Médiamétrie, révèle que en 1999, soit moinsde 10 ans après l’avènement du WWW, se sont prés de 3 millions de Français qui ont accès àinternet. En 2009, ce chiffre a été multiplié par 10 pour atteindre un peu plus de 29 millionsde Français.France Info, dans une infographie dédiée à l’usage d’Internet en France, nous montre que lenombre d’internautes atteint en 2011, 38 Millions de Français. Soit 2% des internautes dans lemonde. Dans cette même étude on remarque que se sont les 15-29 ans qui se connectent leplus tout les jours (83%). Les 30-44 ans sont tout proches : 82%. Ensuite les chiffres baissentavec l’âge, pour atteindre 41% pour les plus de 75 ans.Les français sont très connectés. Ils passent en moyenne sur Internet 3 heures et 57 minutespar jour. Cette hyper-connectivité amène des modifications au niveau de notre activitécérébrale.Une révolution cognitive.Puisque Internet est avant tout un accès presque illimité au savoir, il a considérablementchangé le rapport que nous avons, nous humains, à l’information.Avant de se pencher sur les conséquences de la surcharge cognitive qu’a apporté internet, ilsera intéressant de se pencher sur l’itinéraire d’une information dans le cerveau.Ce schéma défini, il sera plus simple de comprendre les éventuels mécanismes positifs ounégatifs que peuvent entrainer l’utilisation actuelle des NTIC et notamment d’internet.Car internet a changé profondément notre rapport à l’information. Notre surexposition àl’information fait de nous des êtres surinformés. Sont alors apparues des notions pour illustrerce phénomène comme « l’infobesité ». Il est clair que nous sommes goinfrés d’informations àparfois nous en faire exploser la panse. Du moins notre système nerveux, qui ne sait pastoujours comment gérer ces flux d’informations incessants et toujours plus importants.Avec la multicanalité des réseaux de communication que nous avons connu durant le Siècledernier, et particulièrement durant les 20 dernières années, avec l’émergence des premiers   4  
    • téléphones portables et la naissance du Web, nous sommes rentrés dans une nouvelle ère del’information.Evidement sur un plan Anthropologique ces changements sont brusques à l’échelle del’évolution humaine. Ils ont par conséquent des impacts importants sur notre activitécérébrale.Notamment on remarque l’essor du « multitasking ». Un article dans le magazine CLES1confirme son lien étroit avec la surcharge informationnelle. Quels sont ses avantages ? Sesinconvenants ? Autant des questions capitales pour comprendre un phénomène désormaisimplanté, notamment marqué chez ceux qu’on appelé les « Digital Natives ». Car si d’un cotéil apporte une certaine souplesse intellectuelle il est également à l’origine de nombreuxtroubles de l’attention et de la concentration.La consommation intensive d’internet et des NTIC fait également apparaître unetransformation au niveau de notre mémoire. Nous développons des compétences d’adaptationpour contrer ou contourner le trop plein d’informations. Il est par exemple intéressant deremarquer que nous allons vers une forme « d’externalisation » de la mémoire, pour reprendreles propos de Michel Serres2.On remarque également que l’une des conséquences de notre navigation intensive surinternet, est de se souvenir de moins en moins du contenu en lui même, mais, pour prendrel’exemple des réseaux sociaux, de se souvenir de la personne qui l’a émise. Ainsi on peut leretrouver et le consulter à nouveau.Ces révolutions cognitives entrainées par nos usages des NTIC fait que nous allonsprogressivement vers une mutation de notre navigation sur internet.La curation de contenu.Il n’existe pas de définition officielle cependant la « curation de contenu » consiste àsélectionner, éditer et partager les contenus web qu’on aura estimé pertinents.Aux origines il apparaît comme une réponse à l’infobesité générée par le Web 2.0. Puisque,rappelons-le, la particularité du Web 2.0 est d’être participatif. C’est à dire que tout le mondeest à la fois émetteur et récepteur d’informations. Créant un certain boucan.D’où la nécessité d’avoir un tri et une organisation de ces informations. C’est là qu’intervientla curation. Mot venant de l’Anglais « curator » signifiant littéralement le métierde conservateur de musée. Comme un conservateur, l’internaute va pouvoir sélectionner,organiser et partager les contenus qu’il a aimé ou trouvé intéressants sur le web.                                                                                                                1 Dossier « Notre cerveau se démuscle ». Magazine CLES n° 692 Extrait de la Conférence Interstices à Lille en 2007. http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive?portal=j_97&printView=true   5  
    • Ce concept semble véritablement répondre aux changements qu’on apporté notre relation àl’information à travers les NTIC et internet. C’est une façon de la maitriser tout d’abord. Carnous devenons, chacun, rédacteurs en chef de nos contenus. Et contrairement à un blog, où ily a un effort rédactionnel à faire, il n’y a dans la curation de contenu, aucun effort à fournirpuisque ce n’est que du relais d’informations. Ce qui est particulièrement pertinent lorsqu’onsait que une grande partie des blog ne font que relayer des contenus.Quelques acteurs se sont d’ores et déjà développés pour répondre à ce besoin de curation decontenu : Pearltrees ; Scoop.it ; Paper.li ; Storify ; Montage ; Pinterest.Nous allons nous intéresser aux plus importants d’entre eux, définir leur concept etcomprendre leur positionnement, ainsi que le profil de leurs utilisateurs.Enfin nous tenterons de voir si il y a de la place pour un nouvel entrant et comment il pourraits’imposer sur ce marché naissant.Projet professionnel.Ce mémoire s’inscrit directement dans un long projet professionnel puisque je suis en phasede création d’entreprise dans le domaine de la curation de contenu sur le web.Ainsi ce mémoire constitue une véritable étude de marché en accompagnement de ce projetentrepreneurial. Je peux y étudier les mutations qu’a entrainé Internet dans le secteur desmédias et les transformations sur les comportements Humains, afin de préparer au mieux lelancement de mon produit.Structure du mémoire.Dans ce mémoire nous allons commencer par une revue de littérature sur le longcheminement qui a amené l’Internet 2.0 à s’orienter vers la curation de contenu. C’est uneévolution médiatique, sociologique et cognitive que nous allons décrire.Dans un deuxième temps nous allons poser les hypothèses que nous a apporté la revue delittérature.Dans une troisième partie nous expliquerons la méthodologie du questionnaire quantitatif quiva nous permettre de confirmer ou infirmer les hypothèses émises précédemment.Enfin dans une quatrième et dernière partie, nous analyserons les données récupérées dans lesquestionnaires administrés grâce à des tris à plats et croisés. Nous y inclurons desrecommandations et une conclusion afin de rendre actionnable ces informations dans laperspective d’une création d’entreprise dans ce domaine d’activité.   6  
    • Partie 1 : La revue de littérature : Internet, Médias Sociaux, Ecrans : Cheminement versla curation de contenu. 1. Internet : Révolution Médiatique et sociologique. 1.1 Internet : définition, histoire et évolution. Dans un contexte de guerre froide, la création d’un réseau Internet, avait des arrièrespensées militaires. Craignant des attaques ciblées, les Américains ont réfléchit à un systèmepermettant de protéger leurs données. L’idée était de créer un réseau multicanal, afin demultiplier les circuits de communication. Ainsi, si une attaque était proférée sur un circuit dediffusion, un autre circuit pouvait prendre le relais.Image 1 : Système classique du transfert d’informations comparé à un réseau en toile.Dans les années 1960 le concept s’est développé au sein des Universités Américaines pouraboutir, en 1969, au réseau d’ARPANET ; Considéré comme l’ancêtre d’Internet. LesUniversités de Columbia, de Stanford, de l’Utah et de Californie commencerent à se servir dece réseau pour échanger des données.1972 fut une année capitale : Le premier émail est envoyé, un système de messagerie née, etenfin la première démonstration publique de l’Arpanet a lieu à Washington, le mondedécouvre pour la première fois ces avancées informatiques.En 1983 Arpanet perd officiellement sont statut militaire et prend le nom de Arpa-Internet,laissant le champ d’action complet aux Universitaires pour son développement.C’est en 1989 qu’Internet comme nous le connaissons aujourd’hui va éclore. Tim Berners-Lee lance l’idée d’un « World Wide Web » : Une toile d’araignée géante ou les internautespourraient naviguer d’un lien à un autre, avec des voies multiples, à l’aide d’un navigateur.Après trois années de travail avec les équipes du CERN, il présente en 1993 à l’Université del’Illinois, son réseau en toile, proche de celui qu’on connaît aujourd’hui sur un plan théorique.C’est ainsi que grâce à la naissance du Web, au début des années 1990, Internet va sedémocratiser et arriver dans nos foyers.   7  
    • 1.1.1 Le Web 1.0 La première génération de sites Web était avant tout une mise à disposition deconnaissances. Mais il ne s’agit que d’un Web de consultation. C’est assez institutionnelcomme approche, seuls les personnes ayant des compétences assez poussées en informatiquepouvait intervenir en ligne, car elles seules pouvaient publier des contenus. On peut lecomparer le Web 1.0 à une grande bibliothèque dont les moteurs de recherche comme Yahooet Google permettaient de trier toutes ces données. On situe sa durée de vie entre 1995 et2004. 1.1.2 Le Web 2.0 C’est le Web tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il vient compléter le Web 1.0 en yrajoutant un point essentiel : L’interaction avec l’internaute. On passe à un lieu de stockage àun lieu d’échanges. D’abord car il s’est énormément simplifié, mais surtout car on a lapossibilité de poster des commentaires, créer des blogs facilement, interagir avec sacommunauté sur des réseau sociaux. . Ce sont les internautes qui créent les contenus. On lequalifie de « web participatif ». C’est une sorte de grande conversation où chacun peutintervenir. On peut comparer le Web 2.0 à un grand salon. Dont les plus illustres exemplessont Youtube ou Facebook. Image 2 : Web 1.0 et Web 2.0, Dion Hinchcliffe. (2006)   8  
    • Ce schéma réalisée par Dion Hinchcliffe, consultant Américain en médias sociaux, résumebien la différence entre le Web 1.0 et le Web 2.0 : Le premier où les contenus sont avant toutpubliés par les sites, le second où ce sont les internautes qui viennent équilibrer ce flux enparticipant à cette grande « Conversation » qu’est le Web aujourd’hui.Internet a bouleversé notre société. Sur le marché du travail c’est édifiant : Les étudiantsd’aujourd’hui se préparent à des métiers qu’ils ne connaissent probablement pas. En 2007,L’US Department of Labor estimait entre dix et quatorze, le nombre de métiers que lesécoliers d’aujourd’hui auront exercé à l’âge de 38 ans. Les dix métiers demandant le plus demain d’œuvre en 2010, n’existaient pas en 2004. La plupart étant dans le secteur des NTIC.Nous sommes dans une vraie révolution. Au delà des transformations sur le marché du travail,Internet a de réels impacts sur un plan sociologique, notamment à travers les médias sociaux,véritable catalyseur du web 2.0. Comment en sommes nous arrivés là ? C’est la question quenous nous poserons dans la partie suivante. 1.2 Les Médias Sociaux : Définition, histoire et évolution. Un média social est un point de rencontre permettant à des personnes physiquesd’échanger des contenus. Ils peuvent être de différentes nature : Ecrits, visuels, sonores. « Lemédia » joue le rôle d’accueil et d’organisation des contenus. Il donne une structure aux fluxde contenus.Ensuite l’aspect « social » naît des interactions entre les internautes. Ils interagissent avec lescontenus mis en ligne. Des outils d’interactions sont mis à leur disposition à cet effet. Maisl’expérience des médias sociaux va plus loin : Les internautes peuvent être à la fois relais etcréateurs de contenus. Caractéristique principale du Web 2.0.Ainsi les médias sociaux vont plus loin que les médias traditionnels : Le premiers permettentà leur audience de simplement être réceptrice d’informations, alors que les seconds offrent àleur audience la possibilité d’être à la fois spectatrice et actrice de ses contenus. C’est à direque l‘l’internaute va pouvoir être à la fois récepteur et émetteur d’informations.Nous allons retracer l’histoire de ces médias sociaux ; Remonter dans le temps afin d’observeret comprendre, l’évolution de ces mastodontes qui ont, chacun à leur façon, marqué unegénération d’internautes. En voici les principaux protagonistes :L’IRC (1988)Internet Relay Chat fut la première forme de messagerie apparue dés 1988. Elle permettait departager des liens et de rester en contact avec ses amis. On le considère comme le père de lamessagerie instantanée d’aujourd’hui. D’ailleurs on lui doit l’adoption des avatars ainsi qued’abréviations (LOL) ou émoticônes qui sont restés.Six Degrees (1997)   9  
    • C’est ce qu’on considère comme le premier réseau social. Il permettait à ses utilisateurs decréer un profil et de devenir « amis » avec d’autres utilisateurs.Le site n’est actuellement plus fonctionnel. Mais à son apogée il a connu le niveau des unmillion de membres. En 2001 il fut arrêté, après avoir été acheté 125 Millions de dollars.LiveJournal (1999)C’était un réseau social construit autour des mises à jour de blogs. Le site encourageait sesutilisateurs à se « suivre » en fonction de leurs passions communes, afin de créer des groupespour d’interagir entre eux. Ce fut un précurseur concernant les mises à jours en direct que l’onconnaît aujourd’hui sur les réseaux sociaux.Blogger (1999)C’est un logiciel en ligne qui permet la construction d’un blog gratuit sans connaissancesHTML. L’interface s’occupe automatiquement des contraintes techniques. Il a été racheté en2003 par Google et fait toujours partie des principales plates formes de blogging.Friendster (2002)On le considère comme le premier réseau social moderne. Il permet à ses utilisateurs d’entreren contact avec leurs amis, ainsi qu’avec les amis de leurs amis, afin d’agrandir leur réseau.Ils peuvent partager des contenus entre eux. Le site est toujours actif, il a plus de 90 millionsd’inscrits (State of Internet, 2011). Le trafic vient à 90% d’Asie.De nombreux autres sites similaires ont vu le jour comme Hi5 (2003), peu connu en Europe, ilrevendique 60 Millions d’utilisateurs actifs à travers le monde. Très implanté en Amérique duSud, Afrique centrale et Asie. Orkut (2004) est un réseau social mis au point par Google, peupopulaire en Occident lui aussi, il surtout populaire au Brésil et en Inde. Il compte 65 millionsd’utilisateurs. Renren est l’équivalent Chinois. Il comptait 160 Millions de membres en 2011(magazine L’Expansion, 2011) et est entré en bourse en Mai de la même année.Myspace (2003)Le site avait comme particularité d’offrir à ses utilisateurs de personnaliser complètement lesdétails esthétiques de leurs profils. Chaque profil est une sorte de blog où les utilisateurspouvaient partager leurs contenus. Malgré un pic en 2006 où il était considéré comme lepremier réseau social au monde, Myspace est devenu un repère pour artistes musicaux enmanque de popularité.Délicious (2003)   10  
    • C’est un site de « Social Bookmarking ». C’est à dire qu’il permet à ses utilisateurs de annoterdes pages web qu’ils trouvent intéressantes. Ranger les contenus par catégories et ensuite lespartager avec les autres utilisateurs. Achetée en 2005, puis finalement abandonnée par Yahooen 2010, ce seront les deux créateurs de Youtube qui répondront l’entreprise début 2011.LinkedIn (2003)Le site a été bâti comme un réseau professionnel. Les internautes décrivent sur leur profilleurs compétences et expériences. Mais surtout ils restent en contact avec leurs anciens ouactuels collègues, favorisant la cooptation et la mise en relation pour des perspectivesd’emplois. Le site compte 150 millions d’inscrits selon les sources internes.Digg (2004)Les utilisateurs partagent n’importe quel contenu que les utilisateurs peuvent conforter ourejeter à l’aide d’un bouton consacré. On peut également commenter. Les contenus les pluspopulaires sont hissés en première page, ils sont alors les plus visibles. Le site est fréquentépar 4.5 millions de visiteurs uniques chaque mois (Online MBA 2012).Reddit (2005)Similaire à Digg, il permet de voter pour des contenus de façon favorable ou défavorable. Lescontenus sont ensuite rangés pas catégories : Populaires ; Nouveautés ; Controversés.Toujours d’après Online MBA, le site compte 5.5 millions de visiteurs uniques par mois.Facebook (2004)D’abord construit pour être un réseau Universitaire, il va vite grandir et conquérir le mondeentier. Il est aujourd’hui le premier réseau social mondial avec 900 millions d’inscrits (Sourceinterne). Les fonctionnalités ont évoluées, mais le site permettait à l’origine de construire unprofil, où l’on partageait avec ses « amis » des informations d’ordre social. Aujourd’hui onpeut partager tout types de contenus (images, photos, vidéos, articles). Les fonctionnalitéssont très riches. Facebook se veut comme un HUB de nos activités au quotidien, c’est ainsique sa plateforme intègre presque tous les types d’applications existantes, allant de lagéolocalisation (Foursquare) au streaming musical (Spotify, Deezer).Youtube (2005)C’est une immense base de données vidéo. Il permet à tous de mettre en ligne des vidéos etd’avoir un espace d’archivage en ligne dédié à cela. Les vidéos peuvent être notées,commentées et partagées sur les autres réseaux sociaux. Il est aujourd’hui le second moteur derecherche au monde, derrière Google, par lequel il a été acheté fin 2006. En 2012, le siteaffirme avoir plus de 800 millions de visiteurs uniques par mois et prés de 4 milliards devidéos vues chaque jour.   11  
    • Twitter (2006)Avec une possibilité d’expression de 140 caractères par publication, Twitter est considéréecomme un site de « microblogging ». Devenu très populaires dés 2007, le service compteaujourd’hui selon ses dires 452 millions d’inscrits, pour 130 millions de comptes actifs.Chaque utilisateur a un profil récapitulant ses interactions sur le réseau. De plus chacun peutse « suivre » selon ses passions et centre d’intérêts.Tumblr (2007)Plateforme de blogging, ce site se veut comme la façon esthétique et simple d’entretenir unblog. Ainsi les blogs sont organisés par formats : Videos, Images, Citations, Liens URL, etarticles. Des modèles de blogs sont déjà prêt à l’usage, certains gratuits, d’autres payants.Tumblr connaît un forte croissance ces dernières années : + 218% entre 2010 et 2011. Laplate forme compte plus de 33 millions de blogs (Mashable France, Novembre 2011).Pinterest (2010)Premier site à populariser le concept de « curation de contenu » à grande échelle. En effet sesont plus de 13 Millions d’internautes qui se sont inscrits sur le site (AFP, Mars 2012).Pinterest permet littéralement d’« épingler ses intérêts ». C’est à dire de sélectionner, puisorganiser par catégories, et enfin, partager avec son réseau, les images ou vidéos que l’on aglané sur le web.Google plus (2011)La dernière arrivé marquée dans le monde des médias sociaux. La firme Californienne affirmeavoir plus de 100 millions d’inscrits. Mais les internautes passent en moyenne que 3 minutessur le site, donc des chiffres à relativiser (site The Wall Steet Journal, 2012). Google a lancéce réseau social dans le but de concurrencer Facebook, en reprenant une grande partie de sescodes, excepté quelques particularités, comme la gestion des ses contacts par des « cercles ». On constate dans cette histoire des médias sociaux qu’il n’y a jamais eu de révolution à unmoment précis de leur Histoire. Chaque nouveauté est une évolution, une amélioration, unprolongement de ce qui existait déjà.   12  
    • 1.3 Une révolution sociologique. L’émergence des technologies digitales, qui ont accompagnées l’évolution des médiassociaux, a vu grandir deux nouvelles générations d’individus. On leur a donné les noms de« Generation Y » et « Digital Natives ». Qui se cache derrière ses deux appellations ? 1.3.1 La Génération Y Elle représente les enfants nés entre les années 1980 et le milieu des années 1990,confirme Julien Pouget, spécialiste du sujet sur son site consacré au sujet. En France, selonles données de l’INSEE sur cette période, ils représenteraient 13 millions de personnes, soitprés de 21% de la population Française.Myriam Levain et Julia Tissier ont écrit un livre sur cette Génération qui suscite tantd’interrogations. Ils introduisent : « Ce sont les enfants qui n’ont pas connu la guerre maissont nés avec le Sida ». Enfants de la TV, enfants de la publicité, enfants de l’Internet, enfantsde la surinformation, ils ont développé des caractéristiques inédites.Ils veulent beaucoup mais pas n’importe comment. Ce sont des consommateurs informés etcritiques. Ils ont une notion au temps diffèrent : Ils sont dans l’instantanéité, vivement mall’attente. Ils sont adaptables, ils ont grandi dans un environnement qui a vu des mutationstechnologiques rapides, auxquelles ils se sont vites adaptés. Sont interdépendant, très liés auxautres, les interactions sur la toile les ont poussé à avoir une vision horizontale de la société.Enfants de la globalisation, à travers les réseaux sociaux ils peuvent savoir ce qu’il se passeaux Etats-Unis ou en Australie en quelques clics. Ils ont subi une compression de l’espace-temps qu’ils semblent avoir intégré dans leur fonctionnement.Mais c’est aussi la génération du visuel, l’image ayant pris la place de l’écrit.Si ils aiment, ils consomment. De plus ils aiment le faire savoir, ils le partagent sur les médiassociaux par la suite. 1.3.2 Les Digital NativesInventeur du terme en 2001, Marck Prensky la définit comme « La génération qui a grandiavec les technologies digitales : Ordinateurs, Internet, téléphones mobiles ou encore mp3 ».Les avis divergent sur les dates exactes, mais Philippe Matin dans un article dédié au sujet(Owni, 2011) les définit comme les successeurs de la Génération Y :« Ils ont vécu le passage de la casette audio au CD, la casette vidéo au DVD, des premierstéléphones portables ». Les digitales natives ne sont pas nées entourés de toutes ces« quincailleries » mais elles étaient déjà là à leur naissance, après les années 1997.   13  
    • On pourrait les qualifier d’ « Homo Numericus » tellement ils sont préparés dés leurnaissance à naviguer au milieu des technologies. Ils ont développé une certaine intuitivité visà vis de ces outils. C’est une génération capable d’apprendre des astuces aux générationsprécédentes.Ils sont très proches de la Génération Y en terme de consommation. Pour eux la musique estgratuite, difficile d’avoir une approche différente puisque ils sont habitués à un accès gratuitet illimité à la radio ou à Youtube. Ils sont à l’aise pour trouver des informations sur lesmoteurs de recherche. A l’aise avec l’idée d’acheter en ligne, ils n’ont pas les mêmes freinsliés à la sécurité que peuvent éprouver leurs aînés. Ils apprécient le cinéma et trouvent normalde payer pour le spectacle que procure la grandeur de l’écran, et les éventuels effets spéciauxqu’ils l’accompagnent. Ils ne considèrent pas la télévision comme le principal écran, maiscomme un écran parmi d’autres.Ils sont multitâches sur le web, ils conçoivent difficilement de n’avoir qu’une page ouvertesur leur navigateur. Le téléphone portable leur est essentiel, ils sont agiles et communiquentbeaucoup par sms. Friands de jeux-vidéos pour la plupart, ils sont dans une surenchèrepermanente du spectacle. Ils apprécient particulièrement l’aspect social dans les jeux-vidéos,(« social gaming ») et sont de moins en moins sensibles à la violence, à laquelle ils ont étéexposé sur de nombreux supports : Télévision, Internet, jeux…Mais surtout, comme le dit Marc Prensky, cette génération entre dans un nouveau paradigme:Quand les générations précédentes étaient dans le contrôle de l’information car celareprésentait le pouvoir, eux sont au contraire, dans une course permanente à la diffusion del’information. Tout un changement. La prise en considération des « Geration Y » et « Digitales natives » est capitale. Eneffet comme nous le rappelle la vidéo : « Social Media Revolution 2011 », 50% de lapopulation mondiale a moins de 30 ans.   14  
    • 2. Réseaux sociaux et blogs : Utilisations et tendances de fond. Concernant la segmentation des comportements, une étude de Microsoft Advertising(2011) classe la navigation des internautes en deux catégories : Préméditée et Spontanée.L’étude, réalisée sur 7000 internautes du monde entier, nous apprend qu’avec un pourcentagede 81%, les internautes préméditent deux principales activités :Leur recherche d’informations (actualité) et leurs communications (email, réseaux sociaux).Ensuite deux sphères d’intimité croisent ces catégories :- La navigation privée : les réseaux sociaux, les blogs, les mails.- La navigation publique : les informations sur des sites généralistes, la recherched’informations, les achats en ligne et le divertissementDans les prochaines lignes de ce mémoire nous allons nous intéresser tout particulièrement àce que Microsoft définit comme la « Sphère Privée ». Nous étudierons les réseaux sociaux etles blogs.Dans un premier temps nous analyserons les données sur un plan mondial, afin d’avoir unevue d’ensemble, puis nous réduiront le champ sur la France, et enfin nous finirons sur l’essordu support Mobile. 2.1 Monde. Le monde compte plus de 2,27 milliards d’internautes. Ce qui représente un tiers de lapopulation mondiale. Ce chiffre a presque doublé en cinq ans, il y avait 1,15 Milliardsd’internautes en 2007 (Source: Internet Worlds Stats, 2011). Graphique 1 : La répartition du nombre d’internautes par continents, Internet world Stats. (2011)   15  
    • L’Asie représente à elle toute seule 44,8% du trafic mondial. L’Europe arrive secondeposition avec 22,1%. L’Amérique du Nord est troisième avec un taux de 12%. Vient ensuitel’Amérique du sud (10,4%), l’Afrique (6,2%), le Moyen Orient (3,4%) et l’Océanie (1,1%). 2.1.1 Les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux représentent à eux seuls une part importante de la navigationinternet mondiale. Il n’est pas possible de l’estimer précisément, mais quelques chiffresdonnent une ampleur du phénomène : Pour atteindre les 50 millions d’utilisateurs la Radio aattendu 38 ans, la télévision 13 ans, Internet 4 ans. Facebook lui est capable de dépasser les200 millions d’utilisateurs en moins d’un an. Ce sont prés de 700 000 personnes quis’inscrivent par jour sur le site.On atteint la somme de 1, 65 Milliards de profils virtuels, si on cumule le nombre d’inscritsdes cinq principaux médias sociaux du moment: Facebook (900 millions), Twitter (452millions), Google plus (100 millions), LindkedIn (150 millions) et Pinterest (13 millions).Ces chiffres sont relatifs car il faut séparer le nombre d’inscrits et le nombre d’utilisateursactifs. Dont les entreprises se gardent bien souvent de publier les chiffres.Facebook dans un rapport publié avant son introduction en bourse (Mai 2012) avoue avoir512 millions d’utilisateurs qui se sont connecté au moins une fois dans le mois. Twitter de soncoté, à travers son blog officiel (Septembre 2011), publiait avoir 100 millions d’utilisateursactifs. Ne précisant pas la nature du critère pour définir cette activité.L’infographie suivante, (réalisée par le site Go-Gulf, Mai 2012) permet de rendre compte duprofilage des utilisateurs des cinq principaux réseaux sociaux cités précédemment :On apprend que Facebook, LindkedIn et Google + sont des médias majoritairementfréquentés par des hommes. A contrario Twitter et Pinterest sont privilégiés par le publicféminin. Image 2 : Ratio Hommes-Femmes, Go-Gulf. (2012)   16  
    • L’âge des internautes varie également selon le média fréquenté. Facebook est le média des18-25 ans avec 29% de présence. Il existe une forte concurrence pour s’emparer des tranches26-34 ans, mais c’est Google plus qui l’emporte avec 35%. Pinterest réalise un bon score chezles 45-54 ans avec un taux de 25%. Image 3: Répartition par âge, Go-Gulf. (2012)Concernant le temps passé en ligne, Facebook reste devant ses concurrents avec 405 minutesen moyenne par mois et par internaute. Pinterest et Tumbrl réalisent le même score : 89minutes. Twitter encore loin derrière avec 21 minutes, mais ce chiffre est à relativiser car unTwitter a de nombreux autres canaux pour se connecter à son site, comptabilisés dansl’enquête.17 minutes sur LinkedIn par mois. Enfin malgré leur centaine de millionsd’utilisateurs inscrits, Myspace et Google plus n’ont respectivement que 8 et 3 minutes. Image 4 : Temps passé en moyenne par mois, Go-Gulf, Mai 2012   17  
    • 2.1.2 Blogs. Les blogs quant à eux sont recensés à 164 millions dans le monde selon la dernièreparution Technoraiti en 2011. Graphique 2: Evolution de Blogosphère mondiale, Technoraiti et Blogpusle. (2011)Le marché se partage entre quatre principaux hébergeurs. Le leader est Blogger, propriété deGoogle. Pourtant aucune statistique n’est publiée sur sa fréquentation, seule une source del’AFP en 2008 indique ce statut de leader.Worpress, est second avec (selon ses propres sources, Mai 2012) plus de 36 millions de blogs.Derrière, Tumblr croit fortement et atteint aujourd’hui les 33 millions de blogs.   18  
    • Posterus, revendique 12,5 millions de blogs (2011). Le site est depuis Mars 2012 la propriétéde Twitter. Image 5 : Les 4 principaux hébergeurs de blog au mondeBlogger, Worpress, Tumblr et Posterus hébergent à eux seuls presque 100 millions des 162millions de blogs existants (2011).Ces chiffres restent également relatifs car il faut bien séparer le nombre de blogs actifs à cetotal. Il n’est pas possible de connaître précisément son taux, ou d’obtenir un chiffre carencore une fois les hébergeurs évitent de donner ce genre d’informations. De plus le critère« d’actif » est subjectif et dépend des critères de chacun.Cependant en 2006, dans un de ses articles, Le Journal du Net indiquait que sur 150 millionsde blogs existants, 40 millions seraient actifs. Cela représenterait donc 25% des blogs dans lemonde. Autrement dit, 3 blog sur 4 ne sont pas actifs.Dans le monde ce sont les résidents Américains qui sont les plus actifs. Comme le montre legraphique ci-dessous, ils sont propriétaires de prés de 50% des blogs existant. L’étude nousapprend que c’est en Californie qu’ils sont le plus présents, avec un taux de 15%. Suit New-York avec 7%. Graphique 3 : Répartition des blogueurs dans le monde, Technorati. (2011)   19  
    • L’activité de blogueur est majoritairement masculine comme le montre le graphique ci-dessous. Plus de 50% des blogueurs dans le monde sont des hommes. Graphique 4 : Répartition homme-femme des blogueurs dans le monde, Technorati. (2011)Les tranches d’âge les plus représentées sont les 25-43 ans et les 35-44 ans. 55% desblogueurs ont entre 25 et 44 ans. On constate que c’est une activité qui demande une certainematurité. Les 18-24 ans sont finalement peu représentés.On remarque que entre 25 et 44 ans les personnes exercent une activité de blogging semi-professionnelle. C’est à dire qu’ils ont des revenus en dehors de leur blog. Entre 45 et 64 ansils tiennent un blog car ils sont avant tout entrepreneurs. Enfin entre 18 et 24 ans ont tient unblog avant tout car c’est un hobby. Graphique 5 : Répartition par âge des blogueurs dans le monde, Technorati. (2011)   20  
    • L’étude a mis en relief le temps passé à s’occuper de son blog par semaine. 30% d’entre euxconsacrent entre 1 et 3 heures par semaine à son blog. C’est le pourcentage le plus haut. 25%y consacrent entre 15 minutes et une heure par semaine. Enfin on remarque que les seulsvéritablement prêts à y passer plus de 20 heures par semaine sont les professionnels (45%) ;Les autres profiles de blogueurs représentent moins de 5% sur cette durée hebdomadaire. Graphique 6 : Temps passé par semaine sur son blog, Technorati, (2011) 2.2 France Une étude ComScore de septembre 2011 évalue le nombre d’internautes français à 42millions. Les données IFOP (2011) indiquent que 74% de la société Française accès àinternet.Selon une étude France-Info (octobre 2011) ils étaient environ 10 millions en 2001. Soit unemultiplication par quatre du nombre d’internautes en seulement 10 ans. Ainsi les Françaisreprésentent prés de 2% des internautes dans le monde.Dans cette même étude on remarque que se sont les 15-29 ans qui se connectent le plus toutles jours (83%). Les 30-44 ans sont tout proches : 82%. Ensuite les chiffres baissent avecl’âge, pour atteindre 41% pour les plus de 75 ans.On apprend que les Français passent en moyenne 3h57 sur internet par jour. Ce chiffrecomprend le temps passé sur internet au travail et à domicile.   21  
    • Les internautes français visionnent, en moyenne, 2807 pages web par mois. Ils sont un peu audessus de la moyenne européenne qui est de 2115 pages par mois. (ComScore, 2011)Tous les Français n’ont pas accès à Internet de la même façon. Selon les chiffres deL’ARCEP, ils étaient 22,77 millions à avoir une connexion Internet haut débit. Ce quireprésente tout de même une augmentation de 6,5 millions comparés à l’année précédente. 2.2.1 Les réseaux sociaux.Comme au niveau mondial, il est difficile de connaître le nombre exact d’internautes Françaisinscrits sur les médias sociaux. Cependant l’étude IFOP de l’observatoire des réseaux sociaux,parue en Octobre 2011, nous apprend que 77% des Français sont inscrits sur au moins unréseau social. Si on transpose ce score au nombre d’internautes en France on atteint un chiffrede 32 millions de Français inscrits sur au moins un réseau social en France.Toujours selon cette étude IFOP, réalisée sur un échantillon de 2080 internautes français deplus de 18 ans, un internaute français est en moyenne sur 2,8 réseaux sociaux. Graphique 7 : Evolution de l’appartenance aux réseaux sociaux en France, IFOP. (2011)La soudaine augmentation d’inscrits sur les réseaux sociaux en France entre 2008 et 2009, està mettre au crédit de la forte croissance de Facebook dans l’hexagone.En France les principaux réseaux sociaux sont : Facebook (25 millions d’inscrits), Twitter(5,2 millions), Google plus (4 millions), LinkedIn (3,5 millions), et Viadeo (4,5 millions).Source : Blog InFLUX, Février 2012.La notion de comptes « actifs » est également difficile à mesurer de part la subjectivité duterme. Seul Twitter donne le chiffre de 1,25 millions de comptes actifs Français sur les 5,2millions existants. Ce qui représente un taux de 24%.En terme de notoriété Facebook et Twitter sont les deux principaux médias sociaux.   22  
    • On constate que ce sont les 18-24 ans qui transforment le mieux la notoriété du réseau eninscription. Ils sont les plus à l’aise avec ces outils.Il est intéressant de remarquer que malgré une très forte notoriété (plus de 80% chez les 18-24 ans et les 25-34 ans), Twitter ne suscite pas le même taux de transformation que sonconcurrent Facebook. A croire que son interface ou son concept soit encore trop intimidantpour les internautes Français. Image 6 : Notoriété de Facebook en France, IFOP. (2011) Image 7 : Notoriété de Twitter en France, IFOP. (2011)Il n’existe aucune autre étude sur les profils des utilisateurs Français inscrits sur ces réseauxsociaux. Internet étant un réseau mondial, les études sur les internautes le sont aussi. Il existequelques chiffres, mais leur parution ne permet de mettre en relief un quelconqueenseignement supplémentaire. 2.2.2 Les Blogs. En France les blogs bénéficient quand à eux d’une meilleure expertise. En effet uneétude a été menée en 2010 par le site NowhereElse sur 1384 blogueurs.On remarque que - comme au niveau mondial – le blogging est une activité majoritairementmasculine : 67% des blogueurs français sont des hommes.Concernant leurs motivations on apprend que le partage est le premier moteur des blogueursfrançais. 87% tiennent un blog pour partager une passion, un savoir, des découvertes. Laseconde motivation invoquée est la simple envie de se distraire (43%).En troisième position vient la volonté de faire de nouvelles rencontres ; Se construire unréseau. La quatrième motivation (31%) est ce qu’on appelle le « personal branding » c’est à   23  
    • dire faire sa propre promotion. Très peu tiennent un blog par obligation professionnelle (8%)ou pour augmenter leur pouvoir d’achat (9%). Image 7 : Motivation d’un blogueur Français, NowhereElse. (2011)La moitié des blogueurs Français ont entre 20 et 30 ans (50%). La tranche d’âge regroupant leplus fort pourcentage est celle des 20-25 ans avec 26%. Les 30-35 ans représentent quand àeux 18% des blogueurs français. Dans l’ensemble on remarque que les blogueurs français sontplus jeunes que leurs compères internationaux qui ont une moyenne d’âge plus élevée. (Image 8 : Age d’un blogueur Français, NowhereElse. (2011)Enfin on apprend que près de 39% des bloggeurs se trouvent en Ile de France. Elle est de loinla région où l’on blogue le plus. 15% se trouvent dans le Sud-Est de la France. 10% dans leGrand Ouest. Autre enseignement : 8% des bloggeurs Français vivent à l’étranger. Image 9 : Répartition géographique française des blogueurs, NowhereElse. (2011)   24  
    • Au cours de cette partie il était essentiel de se concentrer sur les réseaux sociaux et lesblogs. C’est la synthèse de ces deux modes de communication qui a donné naissance auconcept de curation de contenu. Il était important de mesurer leur impact afin d’établir aumieux les perspectives de la curation de contenu.   25  
    • 3. Ecrans : Une révolution cognitive. Pour commencer une initiation aux sciences neurologiques est nécessaire, afin decomprendre l’itinéraire d’une information, de sa prise de connaissance, jusqu’à son traitementpar le cerveau.Nos cinq sens nous connectent au monde. Ce sont eux : Ouïe, odorat, vue, goût et toucher quienvoient des informations à notre cerveau, qu’il traite par la suite, afin d’analyser ce qui sepasse dans notre champ de ressenti.Ce sont les neurones dits « sensitifs » qui prennent le relais une fois un élément perçu par unou plusieurs de nos sens. Ils transportent l’information jusqu’au cerveau. Les neuronestravaillent en équipe, ils sont plus de 100 milliards et sont organisés en réseau tels des câblesqui longent tout le système nerveux de notre corps. Ces neurones communiquent entre eux enproduisant de l’électricité. Entre chaque neurone se trouve ce qu’on appelle des « synapses ».C’est un espace de jonction entre deux neurones où se libèrent les signaux électriquesproduisant un produit chimique, le « neurotransmetteurs », porteur de l’information jusqu’auprochain neurone.Parmi ces « neurotransmetteurs » il en existe qui sont plus intéressants que d’autres dans lecadre de ce mémoire. La « dopamine » est le plus connu d’entre eux, il régule le plaisir et ilest notamment lié aux phénomènes d’addiction et alimente le circuit de la récompense. Les« endorphines » sont libérées en cas de plaisir particulièrement intense. L’ « acétylcholine »est impliquée dans le processus de la mémorisation et de l’apprentissage.La vue est le sens le plus sollicité. Christian Marendaz, professeur de psychologie cognitive,nous le confirme : « Voir monopolise un tiers de notre cerveau ». (Magazine SciencesHumaines, HS Novembre-Décembre 2011, p.21)D’abord parce que la vue est un mécanisme complexe qui est mis en place par notre cerveau,mais aussi, et surtout, parce que les supports de communication demandant une attentionvisuelle se sont démultipliés ces dernières années : Télévision, téléphones portables,ordinateurs, tablettes. Sans oublier les nombreuses affiches ou publicités dans notreenvironnement urbain. Les yeux sont plus sollicités que jamais.On l’a vu dans la partie précédente, un internaute française passe en moyenne 3h57 surInternet par jour, travail et domicile compris. A cela on peut ajouter les 3 heures et 16minutes passées devant un écran de télévision en moyenne par français sur l’année 2011(Europe 1, Novembre 2011). Un chiffre en augmentation chaque année.Ce qui fait un total de 7h13 devant un écran par jour. Sans compter la consultation desSmartphones ou autres tablettes.   26  
    • Cette tendance ce confirme lorsque une étude de l’INSEE (Novembre 2011) montre que lesFrançais passent la moitié de leur temps libre devant un écran. Par temps libre on exclut lestaches physiologiques, domestiques, ou liées au travail et aux transports. Ce temps libre est de4h57 par jour et par Français. C’est 7 minutes de plus qu’en 1999.Cette exposition permanente aux écrans n’est pas sans conséquences. C’est ce que nous allonsaborder dans la partie qui suit. 3.1 L’addiction. L’accoutumance est présente dans la consommation des médias sociaux. L’addictionaux interactions sociales, nait des liens qui se créent sur la toile , virtuels mais dont le ressentipeut être très réel. Cyrille de Lasteyrie, célébré blogueur français, commence son témoignagesur les réseaux sociaux de la sorte : (Nouvelles Clés, Avril-Mai 2012)« Après huit ans à bourlinguer au cœur de l’Internet et des réseaux sociaux, je peux l’affirmeraujourd’hui : Le temps passé sur le Net est un gigantesque gâchis existentiel. Une fuite, uneillusion, une drogue comme le sont l’héroïne ou l’alcool. »De nombreuses études ont montré l’addiction que procurent les réseaux sociaux, l’informationet plus généralement l’Internet.Le magazine en ligne Américain Mashable, dans un article : « Why people are addicted tointernet ? » (Février 2012) décrit une étude menée par Sodahead sur un échantillon de 602personnes, où 62% d’entre elles se considèrent comme « accros à Internet ». L’étude montreaussi que parmi ces 62%, 65% n’ont pas d’addiction au tabac et 64%, se considérémentcomme n’ayant pas l’habitude de boire de l’alcool. En d’autres termes les personnes n’ayantpas d’addiction antérieure, sont plus susceptibles de tomber « accros au web ». De plus lesfemmes se déclarent plus dépendantes que les hommes : 64% d’entre elles se sententconcernés par l’addiction, 55% pour les hommes.Une étude menée par des chercheurs de l’Université Booth de Chicago (The Guardian,Février 2012) va également dans ce sens. Ils affirment que pour l’échantillon de jeunes de 18à 35 ans qui a été étudié, il est plus difficile de se passer des réseaux sociaux ou de regarderses mails, que de se passer d’une cigarette. Les chercheurs développent et expliquent que lavie moderne est faite de plaisirs variés, qui agitent des conflits et des résistances intérieurs, lessimulations fréquentes produisent « des tensions omniprésentes ».Dans son témoignage Cyrille De Lasteyrie fait bien la différence entre « l’Internet pratique »qui permet de s’informer ou d’acheter un billet de train en ligne, et « l’Internet social », celuiqui est chronophage, qu’il qualifie de « terrain vague de l’ennui ». Pourtant il reconnaît avoirune vie bien remplie : Des activités, une famille, des projets professionnels, mais il n’y a rienà faire, il passe plus de six heures par jours sur Internet. Soit deux heures de plus que la   27  
    • moyenne nationale. (3h57). Mais comme il le fait remarquer, ce ne sont pas six heuresd’affilée, ou bien équilibrés en deux fois 3 heures. Mais Internet, étant accessible de partout,ce sont six heures qui s’immiscent dans le quotidien, à n’importe quel moment de la journée,venant créer des interruptions. Smartphones, ordinateurs, tablettes, autant de moyens detoujours être connectés, et de participer à cette grande conversation qu’est le Web 2.0.Apparaissent alors des symptômes comme celui des « vibrations fantômes » mis en évidencepar les chercheurs de l’Université de Worcester (The Telegraph, 2012). Phénomène où unindividu croit ressentir une vibration de son téléphone en poche, lui signalant la réceptiond’un nouveau message. La déception est forte lorsque la personne se rend compte que cen’était qu’une illusion. Ceci est révélateur d’une addiction à l’information.De façon plus intense encore : La cyberdépendance. Dans son livre « La cyberdépendance en60 questions », Charles Nayebi estime le nombre de cyberdépendants à 8% en France (2008).En Corée du Sud, où le problème est devenu une vraie préoccupation nationale, l’Etat a misen place des centres de désintoxication. 80 000 Sud Coréens en ont déjà bénéficiés depuis leurmise en place nous apprend The Guardian (2012).Cette addiction est symptomatique d’une fuite du réel, une fuite d’un vide. Est-ce le signe quela société ne plus nous proposer de vraies occupations ? C’est vrai mais de nombreusespersonnes « addict » au web et aux médias sociaux, ont pourtant des vies bien remplies. Alorsquelle est l’explication de cet acharnement à rester connecté ?« Quelle est cette magie noire qui me fait oublier l’autre au profit d’un inconnu lointain quime ‘Like’ ? » Se demande de façon rhétorique Cyrille de Lasteyrie. Il connaît la réponse :« Une portion de reconnaissance, celle qu’on cherche tous. Besoin d’exister aux yeux du plusgrand nombre, de se sentir aimé et considéré, quoi de plus naturel ? »En effet la communication est régie par un concept fondamental, instauré par Shannon etWeaver dés 1949 : Il doit y avoir un « émetteur » et un « récepteur ». Mais pour que lacommunication soit aboutie, il faut également un « accusé de réception » du récepteur. Sansaccusé de réception, la communication s’éteint petit à petit, car elle ne va que dans un sens,l’émetteur finit par s’épuiser.Les médias sociaux jouent sur cette corde sensible de notre système affectif : laReconnaissance. Les réseaux sociaux l’ont bien compris et on bâtit une série d’outilspermettant ces « accusés de réceptions ». Véritables créateurs de reconnaissance, les « like »de Facebook, ou autres « Retweet » de Twitter, ou les systèmes de « commentaires »présents sur tous les médias sociaux, sont autant de messages (émis de façon officielle) del’intérêt que l’on porte au contenu partagé par l’émetteur. Cette reconnaissance, quantifiablequi plus est, va être considérée comme autant de signaux positifs alimentant l’ego de lapersonne.   28  
    • « Le circuit de la récompense » se met alors en marche : les neurotransmetteurs transmettentcette sensation de bien-être au cerveau. Comme tout plaisir, le corps en redemande. Lesmédias sociaux sont l’opportunité de recevoir un « shot » de reconnaissance à tout moment.Alors on tente sa chance, on se connecte régulièrement pour savoir si on « existe »virtuellement. De là se crée la dépendance. Car le ressenti est bien réel. Il affecte notresystème nerveux, comme toute émotion positive.Et si ce n’était pas une fuite des autres mais plutôt une fuite de soi ? C’est la thèse qu’appuieJean-Louis Servan-Schreiber, dans son édito du magazine Nouvelles Clés « La fuite devant lapensée » (Février-Mars 2012). Il s’interroge sur les raisons qui nous poussent à jouer de plusen plus sur nos écrans, ou autres supports, durant les temps d’attente, comme les transports.Ainsi grâce à un écran on garde toujours l’esprit occupé. On a peur de l’ennui, surtout, on nele tolère plus. Alors on crée un bruit incessant. Cela cache une vraie peur de se retrouver faceà soi. On a peur de se retrouver confronter face à ses pensées. Car il faudrait alors lesaffronter. Il est tellement plus simple de les éviter dans la fuite en avant perpétuelle quel’hypnose d’un écran nous procure. Nous restons éloigné de la réalité, beaucoup plus pénibleà accepter. Alors nous nous plongeons dans le virtuel, une forme de procrastination.L’addiction aux médias sociaux est un double cri d’alarme : Celui de la considération del’égo, et paradoxalement, d’une fuite de soi. 3.2 L’Infobesité. La multiplication des écrans a crée un flux d’informations inédit pour le cerveauhumain. La quantité d’information que nous absorbons chaque jour est impressionnante. Noussommes des êtres en surpoids informationnel. Nous atteignons le stade d’ « infobesité ».Contraction venant de l’anglais pour définir l’« information overload ».Bernard Stiegler dans son livre « La Télécratie contre la démocratie », explique que le tempsmédiatique a pris le dessus sur les autres temps : Politique, judiciaire, scientifique ou autre.Tous, aujourd’hui, vivent au rythme imposé par le « temps médiatique ». Ce sont les médiasqui organisent et donnent le pouls de la société, la télévision en tête. Les citoyens deviennentdes spectateurs d’une société orchestrée par les médias. Où « les consommateurs de latélécratie » souffrent d’être seuls derrière leurs écrans, tout en ayant le sentiment d’appartenir« à une foule artificielle d’où surgissent des processus d’indentification régressive ».Dans son livre TV Lobotomie (2011), Michel Desmurget, s’alarme du lien entre l’expositionaux images télévisuelles et la dégradation des compétences cognitives et sociales. Il dénoncele rôle de la TV dans l’environnement de l’enfant, selon lui elle « formate le développementdu cerveau, entrave la progression linguistique, génère des troubles de l’attention, subordonnela façon de penser, contraint l’imagination… »   29  
    • Les dénonciations du temps passé sur Internet sont menés par des auteurs comme NicholasCarr (« Internet rend il bête ? », 2011) Il dénonce de façon générale « la main invisible » quipousse les internautes à aller toujours plus vite sur des sites Internet, dont l’architecture estconstruite en ce sens. L’auteur accuse les moteurs de recherche, comme Google, de profiterde la déambulation des internautes :« Les profits de Google sont directement liés à la rapidité à laquelle les gens absorbent del’information… Chacun de nos clics crée une rupture de notre concentration, uneperturbation ascendante de notre attention…. Google est vraiment au sens propre dans lebusiness de la distraction »Les médias sociaux comme Facebook ou Twitter, pour ne citer que les plus connus, sontaccusés du même chef d’inculpation : Nos cerveaux survolent une quantité d’information tropimportante qu’ils ne peuvent gérer, et par des contraintes d’urgences, sont distrait de touteréflexion en profondeur, impossible à effectuer dans ces conditions.Le passage d’une société de l’écrit à une société de l’image a des impacts, confirme NicholasCarr. Il souligne à juste titre que nous sommes passé d’une société de l’écrit, dont la lectureest propice à la réflexion, à une société des écrans et des hyperliens qui fusent, dont il estdifficile d’en tirer quelque réflexion approfondie que ce soit, « à la lecture en diagonale, lapensée hâtive et distraite, et l’apprentissage superficiel» en rajoute l’auteur.Comme l’imprimerie a chamboulé les habitudes d’une époque, l’émergence du nouveausupport, qu’est l’écran, transforme durablement depuis de nombreuses années noscomportements. Monique Dagnaud, Sociologue et directrice de la recherche au CNRS, dansun article pour le journal Slate (Décembre 2011), disait la chose suivante pour parler de lanavigation sur internet :« C’est donc bien de s’alarmer de la dépendance possible à l’égard de la glisse sur écrans.L’ivresse qu’y trouve l’usager est bien supérieure à celle procurée par le feuilletage de livreset par beaucoup d’autres activités récréatives. S’y mêlent en effet le plaisir de l’explorationcurieuse, et le sentiment de puissance que procure le fait d’être le commandant de bord duvoyage. »Elle emploie les termes « ivresse » et « sentiment de puissance », un vocabulaire propre auxeffets des drogues sur notre cerveau. Comme toute drogue, le cerveau en redemande, etpuisqu’elle est à disposition en permanence, l’internaute absorbe la dose que son corps luidemande. Comme toute drogue, il y a un système d’accoutumance. Alors l’internaute absorbetoujours plus d’informations, pour assouvir sa soif.On rencontre ce que appelle, le psychanalyste Michael Stora : « La web-errance » qui renvois« chacun à son histoire personnelle ». (« Concentrez vous ! », Le Monde, Novembre 2011)   30  
    • Or la surconsommation médiatique produit ce que Marshall McLuhan, théoricien de lacommunication appelait « l’engourdissement » de la mémoire, de la concentration et d’autresfacultés comme la raison et la perception. Ce que confirme Caroline Datchary, sociologue auLaboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires du CNRS en qualifiant ce mal« d’invisible ». Le « multitasking », initialement considéré comme un élément positif, glissevers ce qu’on pourrait qualifier le « Le syndrome de déconcentration » causé par notreenvironnement quotidien, il s’est accéléré dernièrement avec la multiplication des canaux decommunication.Sur le marché du travail les chiffres de lObservatoire sur la responsabilité sociétale desentreprises (ORSE) sont parlants : Près de six salariés sur dix consacrent deux heures par jourà gérer leurs boîtes mail ; Quatre sur dix reçoivent plus de 100 messages par jour ; Enfin, septmanagers sur dix déclarent souffrir de surcharge informationnelle. Quand on sait qu’il faut, 67secondes pour se concentrer à nouveau après l’interruption d’un message (ORSE), oncomprend alors les impacts de l’infobesité sur la productivité des entreprises.Mais surtout Internet transforme le fonctionnement de notre mémoire. Trois chercheursaméricains ont publié dans la revue Science (Aout 2011) une expérience édifiante à ce sujet. Ilétait demandé aux participants écrire retenir un certain nombre de petite phrases, 40 au total.A la moitié des participants on annonçait que les phrases seraient ensuite détruites, à l’autremoitié qu’elles seraient conservées dans un fichier d’ordinateur auquel ils pourraient avoiraccès. Les personnes qui savaient qu’elles pourraient revoir les phrases n’ont pas fait l’effortde les retenir. A l’inverse celles qui savaient que les informations seraient détruites étaientplus en mesure de les restituer. Signe que le cerveau ne retient pas de la même façon lorsqu’ilsait qu’un autre élément va jouer ce rôle, « d’externalisation de la mémoire » pour reprendreles termes de Michel Serres, philosophe et historien des sciences.Toujours dans cette étude, les chercheurs ont mis en évidence au autre concept fondamental :On utilise la mémoire différemment. Les chercheurs ont soumis le même type de phrases auxparticipants, en indiquant cette fois ci l’endroit où le fichier avait été stocké dans l’ordinateur.Les participants étaient plus à même de trouver l’endroit où se trouvait le fichier que demémoriser le contenu. Autrement dit « Plutôt que de retenir tous les numéros de téléphonespar cœur, les gens préfèrent se rappeler où est rangé lannuaire » résume Emanuel Sander,professeur à l’Université Paris VIII. En effet le savoir ne se résume pas à une simpleaccumulation des données, il faut être capable de les trier et de les analyser. Emanuel Sanderva plus loin : « Si vous avez acquis de grandes capacités d’analyse, Internet peut vousapporter énormément. Sinon, vous êtes simplement submergé de données ». C’est cette pluiede donnés qui crée l’infobesité.Même sur un plan social il est difficile de gérer toutes les informations que nos neuronestransmettent au cerveau. En effet nous avons des « neurones-miroirs » c’est grâce à eux quenous ressentons la souffrance des autres, en venant à leur secours, nous pouvons noussoulager nous-même. Le problème aujourd’hui c’est que ce mécanisme d’altruisme s’estbloqué de part le bombardement d’informations que nous subissons. « Il nous faudrait être des   31  
    • Superman pour répondre à toutes les invitations à la compassion » explique Patrice VanEersel (« Votre Cerveau n’a pas fini de vous étonner », 2012). Le résultat est que on devientinsensible à la violence de plus en plus jeunes, que nos contacts physiques régressent etsurtout que l’indifférence nous guette face à la souffrance d’autrui. Sommes nous condamnésà disparaître par régression, de ce que l’auteur appelle : le « cerveau social » ?L’infobesité n’y aide pas. Et pourrait avoir des conséquences plus anthropologiques que l’oncroit. 3.3 La déconnexion. Pour faire face à l’addiction que peuvent procurer les médias sociaux et la sur-information que procure notre surexposition aux écrans, certaines personnes ont opté pour ladéconnexion.C’est une façon de retrouver des repères, de ne plus vivre en fonction de l’outil, mais quel’outil serve à vivre,de ne plus être esclave de la technique, de ne plus vivre pourcommuniquer, mais communiquer pour vivre.Les médias sociaux sont utilisés comme des fins, alors qu’ils ont été bâtis comme desmoyens. C’est le piège dans lequel est tombé Thierry Crouzet, blogueur français reconnu, trèsactif sur les réseaux sociaux, auteurs de plusieurs livres. Il a consacré un livre à sadéconnexion numérique : « J’ai débranché. Comment vivre sans internent après uneoverdose ? » (Editions Fayard, 2011).En Février 2011 il « explose en vol » dit il et se retrouve sur un lit d’hôpital pour une gravecrise d’angoisse. Accros aux réseaux sociaux, il subissait les reproches de sa femme, levoyant tout le temps au bureau, de ses enfants, l’accusant de ne jamais lâcher son téléphone.Thierry Crouzet décide alors de tout lâcher, pour sauver son couple et sa famille, pour lui-même.« Vous croyez connaître la mer parce que vous la traversez avec un bateau, mais la mer n’estpas une surface, elle est abîme. Pour connaître la mer, faites naufrage. »L’auteur explique qu’il s’est fait sienne cette citation de Maître Eckhart. En effet comme leveut l’expression, on « surf » sur le net,on reste à la surface, on glisse, on n’est pas conscientdes dangers que contiennent les abysses d’Internet. Ce passage est révélateur de l’inversiondes moyens en fin, qu’exercent sur nous les médias sociaux : « Je repense à ma randonnée enKayak, à en faire le récit sur les réseaux sociaux, plutôt que de la vivre ».Puis il développe : « Le net exerce sur moi une pression grandissante, qui frisel’insupportable. Cette technologie imaginée pour mieux nous aider à communiquer a fini par   32  
    • me transformer en toxicomane. Je ne contrôle plus rien. Consumé par ce qui m’a nourri. ».Les écrans, Internet et les médias sociaux sont des « armes de distraction massive » pourreprendre le titre du livre de Matthew Fraser (2005). Cette distraction est composée de deuxbases : L’addiction aux interactions sociale et la consommation frénétique d’informations.Ces fléaux ouvrant la voie d’une cure.   33  
    • 4. La curation de contenu.« L’accélération contemporaine est plus souvent ressentie comme l’emballement d’un manègefou. Mais faute de pouvoir sauter en marche, à chacun de trouver des parades au quotidienpour ne pas tomber dans cette folie collective ». Jean-Louis Servan-Schreiber.3 4.1 Définition. La curation de contenu vient de l’anglais « curator ». Littéralement « conservateur demusée ». Ce dernier, a traditionnellement le rôle de sélectionner parmi les innombrablesœuvres présentes dans le grenier du musée, celles qui doivent être exposées. Il agit comme unfiltre humain. Si l’exposition est sur l’Art Contemporain, il va éviter d’exposer des œuvresbaroques. Ainsi il contextualise et donne du sens à ce qu’il sélectionne. Ceux qui enbénéficient sont les visiteurs. Ils n’ont pas choisi leur Musée au hasard. S’intéressant à l’ArtContemporain, ils ont décidé de consulter celui, dont les œuvres accrochées au mur traitent dece sujet. Les « curator » sont les intermédiaires entre les créateurs de contenus, les artistesdans le cadre de la peinture, et ceux qui les consultent, le public. Ils font un travail de tri.Sur Internet c’est la même chose. Le « content curator », celui qui effectue la curation decontenu, sélectionne sur le Web les contenus qu’il trouve pertinents pour ensuite les partageravec un réseau. Il n’y a pas de définition officielle, cependant un des pionniers dans le sujet,Rohit Bhargava, donne une définition : « Un content curator est quelqu’un qui,continuellement, trouve, regroupe, organise et partage le contenu en ligne, le meilleur et leplus pertinent sur un sujet spécifique. » (Manifesto For The Content Curator, 2009).On peut résumer la curation en trois étapes: La sélection, l’édition, et le partage.Rohit Bhargava, dans un article « How curation could save the Internet » (CommunicationWord, Janvier 2012) décrit l’intérêt de la curation : « Dans un Web surchargé, les personnesqui créent du contenu deviennent moins précieuses que les ‘curators’, qui elles, l’organisenten un espace digeste, puissant et même profond ».Avec la curation on ne voit plus Internet comme un grand champ désordonné, mais commeplein d’espaces organisés. A travers ce travail de curation, les internautes organisent ce chaosinfini de contenus, qu’est le Web aujourd’hui.La curation se différentie de la « veille », même si ces deux concepts peuvent paraîtreproches. La différence majeure réside dans le fait qu’un « curator » n’est pas à la recherche dequelque chose en particulier dans sa navigation, contrairement au veilleur. Il est dans unesimple exploration du Web, guidée par ses centres d’intérêts. Si un contenu le touche, il va, àl’aide d’un bouton, l’archiver, l’éditer et finir par partager avec son réseau.                                                                                                                3 (Magazine Nouvelles Clés, Aout-Septembre 2011)   34  
    • La curation se différentie aussi de « l’agrégation ». Processus qui consiste à installer desfiltres automatiques afin de recevoir toutes les informations qui nous intéressent dans un seullieu. La curation a comme seul filtre l’humain. Ce que confirme Margot Bloomstein dans uneconférence sur le sujet (SXSW, 2011) : « La curation est une activité par laquelle denouveaux savoirs sont crées grâce à la combinaison de contenus, dont la valeur même estenrichie par le biais de nouvelles perspectives. Seuls les humains sont en mesure d’alimenterces perspectives ; sans elles, il ne s’agit que d’agrégation. »D’autres spécialistes sont moins élogieux aux regards de la curation. Fred Cavazza, spécialistefrançais des médias sociaux, qualifie la curation de « vol » dans une interview accordée ausite Darkplanneur (Mai 2011) : « La curation c’est voler le contenu des autres, le filtrer et lelivrer à la place du détenteur premier. Pour moi il n’y a pas de valeur ajoutée ». Image 10 : Le schéma de la curation de contenu. (Source : http ://pro.01net.com/editorial/529624/le-guide-de-la-curation-(1)-les-concepts/) 4.2 A quels besoins répond-elle ? La curation de contenu répond à un premier besoin fondamental de l’Homme qui estde partager.Aboutissement de la curation ; le partage de ce qu’on a aimé et sélectionné, est moteur chezde nombreuses personnes, dans un cadre social. Nous l’avons vu dans la partie consacrée àl’addiction des médias sociaux (3.1), les internautes déclenchent lors la communication deleurs intérêts des « neurotransmetteurs » qui alimentent le « circuit de la récompense »,comme des « shots » de drogue, venant envahir le système nerveux d’une sensation de bienêtre.   35  
    • L’individu est donc à la fois à la recherche de considération, que lui offre Internet et lesréseaux sociaux, ainsi qu’habité par une crainte de ne pas recevoir cette dose dereconnaissance que lui procure le partage. Ainsi le partage devient un vrai moteur pour« exister » de façon numérique. Mais comme nous avons vu que le temps passé sur les écransest croissant et empiète sur celui passé dans la « réalité », nous avons du mal à faire ladifférence. De cette façon, en cherchant à exister numériquement, nous cherchons aussi àexister « réellement ». Le partage de ses intérêts à travers le canal Internet, n’est pas prêt des’arrêter.De plus, dans un monde qui va de plus en plus vite, la curation de contenu trouve sapertinence dans un « partage » rapide et efficace. Contrairement à un blog, où un effortrédactionnel est demandé, la curation ne demande que quelques secondes : le temps desélectionner son contenu en un click, avant de le relayer à son réseau. Graphique 8 : L’évolution de la création de contenus sur Internet. Source : Blog Eladgil, Décembre 2011.Au cours de l’histoire des médias sociaux on remarque que le temps consacré à rédiger uncontenu se compresse fortement. Nous sommes passés de services proposant de tenir un blog(exemple : Blogger) au début des années 2000, à des solutions permettant d’éditer un contenuen seulement un click en 2011 (exemple : Pinterest). Ce cheminement est révélateur d’uneévolution, au cours des dernières années, dans la façon de partage des contenus. Nous tendonsvers des solutions toujours plus simples et rapides.Le deuxième besoin fondamental auquel répond la curation de contenu est celui des’informer.Il existe chez l’être humain une véritable « soif » de l’information. Elle a été mise en évidencepar Jean Philippe Lachaux sur des expériences menées sur les besoins compulsifs d’utiliserson Smartphone. Ce besoin est alimenté directement par le « circuit de la récompense »,jouant un rôle clé dans les phénomènes d’addiction : « Comme nous avons besoin de   36  
    • nourriture lorsque nous avons faim, il se trouve que nous avons ‘soif’ d’informations. » (Lecerveau attentif : contrôle, maîtrise et leadership, 2011, p.12). Au point que nous activons cecircuit de la récompense dés lors qu’on obtient une information considérée commeimportante, allant par conséquent créer des mécanismes d’addiction.A ce besoin de s’informer s’ajoute celui de découvrir l’autre. Stephane Hugan auteur del’ouvrage « Circumnavigations » (CNRS, 2010) explique un retour à l’altérité : « Après deuxsiècles, l’imaginaire de l’individu se suffisant à lui-même s’est saturé. Les structures quidevaient accueillir nos utopies, l’Eglise, le politique, le travail, la famille, ces grands piliersde la société occidentale et de la construction de soi, ont fini par perdre de leur force.Désormais l’idée contemporaine c’est que je suis un sujet inachevé, un embryon de moi mêmequi ne sera complet, équilibré, que par l’incorporation de l’autre. L’altérité était vécuecomme une aliénation. Aujourd’hui, elle est ressentie comme nécessaire pour devenir soimême ».La curation de contenu s’inscrit précisément dans cette logique d’enrichissement mutuel poursa construction personnelle.Derrière le besoin de s’informer cache aussi le besoin de la « distraction ». Moteur de laprocrastination afin d’éviter une certaine réalité. On n’a jamais autant cherché à se« distraire » qu’aujourd’hui. Etant à porté de main par les Smartphones, la distraction estaccessible en permanence. Si on en est le public, la curation de contenu constitue unedistraction de luxe, un monde infini recommandations soigneusement sélectionnées par despersonnes que nous avons choisies. Que de distractions, pour les assoiffés d’informations quenous sommes.Le dernier besoin auquel répond la curation de contenu est celui de la gestion de la surcharged’informationnelle.La multiplication des canaux de communication a fait de nous des êtres sur-informés,incapables de digérer les centaines d’informations que notre cerveau doit traiter, noustombons dans « l’infobesité ». La sur-information n’est pas venue avec un manueld’instruction. Ce phénomène engendre des bouleversements au niveau de notre mémoire dontnous commençons à mesurer les conséquences. De façon globale, comme nous l’avons abordédans la partie précédente consacrée au sujet (3.2), nous rencontrons des difficultés à retenirdes informations.Puisque le savoir ne se résume pas à une simple accumulation des données, il faut êtrecapable de les trier et de les analyser. C’est là qu’intervient la curation de contenu, outilpermettant de filtrer, archiver et stocker des contenus que notre cerveau n’est plus capable defaire. C’est une forme « d’externalisation de la mémoire » (Michel Serres, ConférenceInterstices, 2007). Le support hébergeant notre curation de contenu joue ce rôle de « disquedur externe », qui plus est, accessible de partout de son Smartphone, à sa tablette, en passantpar son ordinateur.   37  
    • « Si vous avez acquis de grandes capacités d’analyse, Internet peut vous apporterénormément. Sinon, vous êtes simplement submergé de données » disait Emanuel Sander(partie 3.2). Sauf si nous avons des outils nous permettant de ne plus subir l’information, maisde la contrôler, de la digérer et de l’actionner quand nous en avons besoin. C’est tout le sensdu concept de curation de contenu.Les trois besoins qu’on cités précédemment, ne sont rien d’autres que les 3 étapes de lacuration de contenu :Sélectionner (besoin de s’informer), éditer (besoin de filtrer), partager (besoin de partager).Enfin la pertinence de la curation de contenu est plus que jamais d’actualité avec l’émergenced’une nouvelles génération d’internautes : La Génération Y et les Digital Natives, produitsdes médias sociaux, et de l’essor d’Internet, ils déambulent depuis l’enfance sur le Web. Ilsont plus que jamais besoin d’outils pour toutes les images, vidéos, articles qu’ils consultentpar jour. Ce sont ces générations qui passent le plus de temps sur le Web.Patrice Lamonthe, PDG du site Pearltrees, définit le concept de curation comme la « 3emefrontière du web. ». (OWNI, Mars 2010) En effet le premier principe du Web (1.0) était depermettre à chacun d’accéder à tout type de contenu, c’est un web pyramidal. Le haut de lapyramide fournit les informations, que le bas de la pyramide peut lire. (Sites, portails, moteursde recherche) Dans un deuxième temps le Web 2.0 a permis à chacun de diffuser sescontenus, c’est ce qu’on appelle le web participatif. (Blogger, Myspace, Wikipedia….)La troisième étape, devrait être celle qui permet à chacun d’organiser l’ensemble des contenusqu’il consulte. C’est ce que Patrice Lamonthe qualifie de « 3eme frontière ».Après avoir été spectateur, puis créateur, nous serons probablement organisateur du Web. 4.3 Les acteurs du marché.La pratique de la curation a toujours existé, le journalistes font depuis toujours ces étapes desélection, édition et partage de l’information. A la différence que le « curator » ne fait querelayer un contenu, alors que le journaliste y apporte une valeur ajoutée en traiterl’information, il y alors un effort rédactionnel qui n’existe pas dans la curation de contenu.Cette différence est saine, car être un journaliste est un métier, il est donc normal que savaleur ajoutée soit plus importante qu’un simple relais. Mais pour les « curators », citoyenssurchargés d’informations, être un simple relais, avec un effort éditorial qui se limite à unephrase, leur convient parfaitement. Leur valeur ajoutée ne réside pas dans la rédaction et letraitement du contenu, mais dans un travail de tri parmi tous les contenus consultés.Ainsi les curators ne sont pas des journalistes, mais des rédacteurs en chef.   38  
    • Le rédacteur en chef choisit parmi tous les articles rédigés par sa rédaction, ceux qui doiventêtre publiés, ainsi que la mise en page que demande cette publication. On retrouve alors lanotion de curation de contenu.Sur le marché de « l’organisation » du Web quelques concurrents se bousculent. C’est unmarché récent, le concept de curation de contenu, comme nous l’avons définit précédemment,n’a que quelques années d’existence. En 2005 apparaissent les premiers articles académiquessur le thème de la curation : « An introduction to the digital curation center » où deschercheurs Ecossais tentent de définir ce concept naissant et adapté à l’époque. Mais c’est lemagazine Américain Wired qui est l’un des premiers à parler du concept au grand public, dansun article titrant : « Overwheelmed ? Welcome the Age of Curation » (Mai 2010). Autrementdit : « Bienvenu dans l’ère de la curation ».La curation de contenu est une évolution de ce qu’on appelle le « social bookmarking »,pratique consistant à archiver ses favoris tout en les mettant en réseau avec sa communauté.Elle se démarque de la curation car le « social bookmarking » est un tri d’informationsd’abord orienté vers soi, alors que la curation est un travail orienté vers les autres. Il permetde se sentir utile et de faire un travail de filtrage et de recommandations pertinentes, enfonction de nos passions. Plusieurs acteurs sont présents sur le marché du bookmarking, lesplus connus étant : Delicious, Digg, Yoolink, Quooa, Diigo ou encore Read It later.Le marché de la curation de contenu est quant à lui plus restreint. On l’a dit, il est récent, maisque certains n’hésitaient pas à de qualifier d’opportunité à « un milliard de dollar ». C’étaitl’avis de Robert Scobe, spécialiste Américain du web et influent, qui dans un article posté surson blog, titrant : « The new billion dollar opportunity : Real-time-web-curation. »(Septembre 2009)Les principaux acteurs sur ce petit marché de la curation de contenu sont :Pinterest : Image 11 : Aperçu de Pinterest (Source : Captures d’écran du site Pinterest)Crée début 2010, il apparaît aujourd’hui comme le principal site de curation existant. Fort deses 13 millions d’utilisateurs (partie 1.3), Pinterest.com fait la course en tête sur le marché dela curation de contenu.   39  
    • Le site permet littéralement de « épingler ses intérêts », de faire de la curation depuis le webgrâce à un widget qu’on installe lors de l’inscription, ou directement sur la plate forme grâceaux « likes » ou « repins » que le site propose en dessous de chaque contenu.Pinterest est très orienté vers un public féminin, très esthétique et épuré, le site propose avanttout de faire la curation autour des images et des vidéos. Ce que son format d’affichage en« mosaïque » valorise le mieux. Puisqu’on épingle ce qu’on aime, Pinterest propose de rangerles contenus par « board » afin de les catégoriser. Un membre du réseau peut par la suitesuivre un « board » ou simplement un autre membre. Le site a comme slogan « Orgenise andshare things you love ».La start up californienne viens de lever plus de 100 millions de dollars (Bloomberg, Mai2012) grâce au Japonais Rakuten. De quoi laisser le temps à Pinterest de se développer et deréfléchir à un modèle économique, qu’il n’a pas encore. Jusqu’à ce jour, seul l’affiliation, viteretirée, avait été testée comme forme de revenus. Suite à cette levée de fonds le site estdésormais évalué à 1.5 milliards de dollars.Scoop it : Image 12 : Aperçu de Scoop it (Source : Captures d’écran Scoop it)« Easily publish gorgeous magazines » peut on lire sur la page d’accueil du site. Lancé pardes français sur le sol américain, scoop.it se revendique comme la façon la plus simple decréer son propre magazine en l’alimentant par les contenus qu’on a aimé sur le web. Lacuration peut se faire aussi directement sur la plate forme, grâce aux personnes que l’on« suit » ou par l’intermédiaires de recommandations de contenus, construites en fonction denos centres d’intérêts. Le site permet également d’avoir des statistiques sur les contenus qu’ona relayés.Crée par des français partis aux Etats-Unis, le site a été lancé fin 2010 par Goojet, une start-upde la région Toulousaine. Le modèle économique n’est pas encore précisé. Cependant dansune interview accordée au Journal du Net (Janvier 2012) le co-fondateur, Marc Rougier,confessa qu’un système d’abonnement serait mis en place, avec une tarification progressivepour les professionnels, allant de l’entreprise à 79 dollars par mois, à l’enseignant quidébourserait 7 dollars : « On s’est rendu compte qu’ils s’en servent de plus en plus aux Etats-Unis pour illustrer leurs cours » précise t-il.   40  
    • Scoop it indiquait sur son site, dans un communiqué, avoir prés de 2 millions d’utilisateurspar mois, avec une augmentation de 35% chaque mois (Novembre 2011).Pearltrees : Image 12 : Aperçu de Pearltrees (Source : Captures d’écran Pearltrees)« Cultivez vos intérêts » c’est le slogan de Pearltrees, site de curation de contenu Français,lancé en Décembre 2009. Le site utilise le concept de « mind mapping » pour organiser lescontenus sur sa plate forme. Chaque utilisateur a un, ou plusieurs, « arbres », dont il faitgrandir les branches en y ajoutant des contenus (perles) liés au thème de l’arbre. On peutvisiter les arbres de ses amis. Mais surtout le site offre la possibilité d’effectuer un travailcollaboratif sur un seul arbre. C’est à dire que la curation peut se faire en équipe.Pearltrees vient de lever des fonds pour la quatrième fois consécutive (total : 3,5 millionsd’euros). Cette fois ci ce sont 5 millions d’euros qui ont été récoltés (TechCrunch France,Février 2011). Le site se tourne maintenant vers une offre « freemium » afin de trouver uneforme de monétisation.Toujours d’après Tech Crunch le site compte aujourd’hui environ 350 000 contributeurs et 1millions de visiteurs pour 30 millions de pages vues mensuellement. Une croissance de traficde 15% chaque mois.Dans une moindre mesure d’autres acteurs de la curation existent : Bag the web, newser, snipit, curated by et kweeper.Le but de ce type de plates formes de curation est de réunir en un seul endroit toutes lesfonctionnalités que sont : Le réseau, l’agrégation, le bookmarking et le partage.Encore une fois la curation injecte de la subjectivité et de l’humain dans le web. Comme ledisait un journaliste : « Andy Warhol avait tort, on ne sera pas tous célèbres pour 15minutes ; mais on sera tous célèbres pour 15 personnes. » (« Content is no longer king :Curation is king », Business Insider, 2010).   41  
    • Partie 2 : Questions de recherche/ Problématiques. 1. Questions de recherche/ Hypothèses.Ce travail de recherche doit nous permettre de répondre à la problématique suivante :Quelles sont les perspectives de la curation de contenu dans le Web 2.0 ? Grace à la revue de littérature, nous avons pu analyser l’évolution globale d’Internet.D’un Web 1.0 « pyramidal » à un Web 2.0 « participatif », nous avons décrit et analysé larévolution qu’a constituée l’avènement des médias sociaux, tant sur un plan médiatique quesociologique. Nous avons étudié leur utilisation à travers les frontières, jusqu’à se focalisersur la France. Nous avons mesuré leurs impacts sur un plan cognitif, afin de mettre en exerguela nouvelle donne, que constitue l’exposition toujours plus importante des écrans sur notrecerveau. Enfin, après avoir définit ce qu’était la curation de contenu, nous avons analysé sapertinence, et décrit les principaux acteurs qui se placent sur ce nouveau marché.Nous sommes maintenant en mesure d’émettre plusieurs hypothèses concernant les questionsqui vont suivre. Elles permettront d’orienter les questions de méthodologie à venir. Le passage d’un Web 1.0 à un Web 2.0 a-t-il changé quelque chose pour l’internaute ? Cette mutation d’internet, qu’on peut situer au début des années 2000, aconsidérablement changé la donne pour l’internaute. Le Web 2.0 est un Web participatif,l’internaute n’est plus seulement spectateur d’un contenu qu’il ne peut toucher, mais deviens,grâce à l’émergence des médias sociaux, acteur de leur publication. L’histoire des médiassociaux nous a montré qu’une série d’outils, allant du blog, aux réseaux sociaux, ont permis àl’internaute d’interagir avec les contenus mis en ligne. L’internaute n’est plus seulementrécepteur d’informations, mais également émetteur. Un nouveau paradigme que nouschercherons à vérifier dans notre questionnaire.L’émergence des médias sociaux a-t-il crée de nouvelles générations d’individus ? C’est plus globalement l’essor d’Internet et de sa diffusion au grand public, qui aformé une nouvelle génération qu’on a appelé : « Génération Y ». Génération qui a grandidans les années 1980-1990, Elle représenterait 13 millions de personnes en France, soit présde 21% de la population. Génération ayant subi une compression de l’espace-temps, ilssemblent l’avoir intégré dans leur fonctionnement, que ce soit en ligne, sur les médias sociauxou dans la vie réelle. Ce sont des consommateurs critiques, mais communicatifs. Lagénération suivante est celle qu’on a appelée les « Digital Natives », c’est à dire les enfantsqui sont nés dans un environnement numérique, dés la deuxième moitié des années 1990.Proche de la Génération Y sur leurs modes de consommation, ils sont en revanche beaucoupplus imprégnés des technologies de communication, qu’ils ont tendance à abuser. Impatients,   42  
    • ils ont toujours connu l’instantanéité. Ces deux génération ont en commun une vision très« horizontale » du monde, de part leurs utilisation intensive de la toile. Nous vérifierons cescaractéristiques.Qui sont les utilisateurs des médias sociaux ? Le monde compte 2,27 milliards d’internautes, la France 42 Millions. Si il n’est paspossible de savoir avec précisions, combien d’entre eux utilisent les médias sociaux. il estencore moins facile d’établir avec précision le profil d’un utilisateur de médias sociaux. Lesprofils d’utilisateurs divergent trop selon le type de média. Le questionnaire permettrad’établir un profil précis : Catégorie socio-professionnelle, âge, sexe. En ce qui concerne lesblogs, le profil des utilisateurs est beaucoup plus clair. Nous savons que ce sontmajoritairement des hommes (67% en France). Que leur moyenne d’âge est plus basse dansl’hexagone, (20-30 ans) que dans le monde (25-44 ans). Au niveau de la répartitiongéographique, un blogueur a 50% de chance d’être Américain, en France il a 39% de chancesd’habiter l’Ile de France. Nous vérifierons ces informations.Pourquoi partage-t-on sur le Web ? La question du partage est essentielle à déterminer dans le cadre du Web-participatifqui se nourrit directement de cette notion ; Sans partage il n’y a plus de Web 2.0. Dans larevue de littérature nous avons vu qu’Internet exerce un véritable pouvoir d’attraction surl’être humain. Il en est souvent dépendant. Aspiré par ce que les médias sociaux proposent deplus attrayant : Le sentiment d’exister à travers un réseau. Les médias sociaux mettent alorsen place des outils afin de renforcer ce sentiment, pour ne pas que « l’émetteur » s’épuise. Cesont les boutons d’interactions envoyant des « accusés de réceptions » réconfortant. Outre unerecherche de considération, il y a aussi une forme de fuite dans l’addiction aux médiassociaux, fuite d’une réalité trop pénible à affronter qu’on évite en procrastinant sur le net. Unefuite de la pensée. Ou encore une façon de se nourrir du vécu des autres, une redécouverte del’altérité. Autant d’hypothèses que nous testerons.Pourquoi recherche-t-on de l’information ? La recherche d’information est encore intiment liée à l’addiction. A notre insu nousavons vu que l’être humain pouvait avoir « soif » d’informations comme il aurait besoin denourriture lorsqu’il a faim. L’information ingurgitée, lorsqu’elle est considérée commeimportante, alimente le « circuit de la récompense » dans notre système nerveux, déclenchantune sensation de bien être. Si nous en sommes privés, nous développons des signaux demanque nous poussant à se connecter afin de s’informer. Cette question reposant sur unbesoin souvent inconscient, car renvoyant chacun à ses propres insécurités, fera l’objet d’unapprofondissement particulier dans le questionnaire.Les médias sociaux créent-ils une dépendance ?   43  
    • La revue de littérature a spécialement mis ce point en relief. Des études et destémoignages vont dans ce sens. Les médias sociaux agiraient comme une drogue sur lesystème nerveux. Nous tenterons de quantifier ce phénomène, qui semble inéluctable pourune grande partie des internautes.La multiplication des écrans crée-t-elle un sentiment d’infobesité ? Nous avons vu que le temps passé devant un écran a considérablement augmenté cesdernières années. Cette exposition génère un flux d’informations inédit pour le cerveau. Dansla revue de littérature nous avons mis en évidence les difficultés que cela engendre pourl’analyse et le traitement d’informations. Dans le questionnaire nous vérifierons ce sentimentd’infobesité.   44  
    • Partie 3 : Démarche empirique 1. Méthodologie du questionnaire.L’approche qui conviendra le mieux à ce questionnaire de recherche est l’analysequantitative. En effet nous sommes dans une démarche déductiviste où nous recherchons unevalidation empirique.Dans ce questionnaire nous allons tester de façon globale la pertinence du concept de curationde contenu. Nous allons tenter de mesurer quantitativement cette nouvelle approche qu’offrele Web 2.0. Cela grâce aux hypothèses que nous avons émis précédemment.Concernant le passage d’un Web 1.0 à un Web 2.0, nous demanderons dans notrequestionnaire si les personnes interrogées connaissent et utilisent un certain nombre de sites2.0. Ainsi nous évaluerons le taux de pénétration des médias sociaux dans l’échantillon choisi.Les données sur leur âge, sexe et catégorie-socioprofessionnelle permettront d’approfondir leprofil type d’un utilisateur du web 2.0.Afin d’approfondir ce profil, nous leur demanderons de signaler le temps qu’ils passent surInternet et celui passé sur les plateformes sociales. Ainsi nous pourrons confirmer ou infirmerles hypothèses de la revue de littérature à cet égard. Nous allons tenter de quantifier le nombrede contenu qu’ils rencontrent comme « intéressants » dans leur navigation internet, ceci nousdonnera une première idée de la pertinence d’un service de curation.Nous allons nous servir de la plus connue d’entre elles : Facebook, comme principalréférentiel pour quelques questions. Notamment sur le rapport au « partage » de l’échantilloninterrogé. Nous établirons une moyenne du nombre de contenu qu’ils partagent sur cetteplateforme, ainsi que nous tenteront d’éclaircir si ils rencontrent des freins dans le partaged’informations.Concernant « l’infobesité » nous tenterons de relever un des points importants évoqués dansla revue de littérature : Les changements cognitifs entrainés par cette sur-expositon sur lamémoire. Nous leur demanderons si ils ont déjà voulu retourner sur un contenu consulté surInternet sans pouvoir le retrouver. Enfin nous leur demanderons simplement si ils ressententce sentiment de surcharge informationnelle.Nous interrogerons l’échantillon sur les outils utilisés lorsqu’ils font face à un contenu pourlequel ils portent de l’intérêt. De plus nous leur demanderons par quel canal ilsprivilégieraient si ils étaient amenés à le partager.Enfin nous testerons le concept de curation de contenu. Nous leur soumettrons le concept etnous mesurerons leur degré de réceptivité à cette nouvelle façon d’organiser le Web 2.0.   45  
    • Notre cible d’échantillonnage est une population jeune dont l’âge est compris entre 18 et 30ans. Dans ce mémoire nous nous sommes intéressés à ce que la revue de littérature a appelé la« Génération Y », ainsi nous pourrons observer et analyser leur rapport à Internet et auxmédias sociaux par une série de questions précises.La taille de l’échantillon est de 96 personnes. Il était important que l’échantillon s’approchedes 100 personnes pour une question de crédibilité statistique. Les questionnaires ont étéadministrés par Internet grâce à un lien URL. Ils ont été hébergés par un service en lignenommé « Google Docs ». Les interrogés ont directement rempli en ligne le questionnaire enindiquant bien leur âge, sexe et CSP. 2. Tri à platNous allons débuter les analyses des résultats obtenus en tri à plat. Avant toute chose il estimportant de préciser que la répartition de l’échantillon a été équilibré concernant le sexe desindividus interrogés : 49% sont des femmes et 51% des hommes.Puisque nous visions une population jeune, 8% des interrogés ont moins de 20 ans. Les plusreprésenté sont les 20-25 ans avec 66%, ce qui est conforme à notre cible étudiante. 14% ontentre 25 et 30 ans et seulement 4% ont plus de 30 ans. L’âge moyen de notre échantillon estde 23 ans.    Question  1  :  À  quelle  CSP  appartenez-­‐vous  ?            Comme voulu, notre cible est à très grande majorité étudiante avec prés de 79% dereprésentativité. Suivent les cadres et professions intellectuelles supérieures avec un score de13%. De façon plus infime : 6% sont des employés et 1% n’ont pas d’activité professionnelle.         46  
    • Question  2  :  Lesquels  de  ces  médias  sociaux  connaissez-­‐vous  ?            En termes de notoriété on voit clairement que Facebook et Twitter font la course en tête avecrespectivement un taux de 100% et 96%. Myspace, malgré sa récente chute bénéficie d’uneforte notoriété (94%). Le réseau professionnel Linkedin suit juste derrière avec 91%.Copains d’avant et Google plus réalisent ensuite de bons scores avec 74% et 78%. Laplateforme de microblogging Tumblr bénéficie d’une forte notoriété : prés de 69% de notreéchantillon a affirmé la connaître. Enfin Pinterest, la plateforme de curation la plussusceptible d’être connue, atteint un taux plus qu’honorable avec 56%.De façon plus anonyme, des réseaux sociaux concentrés sur le partage de contenus, plusconnus outre-Atlantique, ont un score de notoriété faible sur une cible française :Stumbleupon (17%) ; Reddit (14%) et Digg (8%).   47  
    • Question 3 : Sur lesquels êtes-vous inscrits ?En termes d’inscription - c’est à dire le taux de conversion de la notoriété - on observe que lestrois principales plateformes : Facebook (97%) ; Twitter (63%) et Linkedin (60%) font lacourse en tête. Suivent Google Plus (45%) et Viadeo, l’autre réseau professionnel, avec untaux de 41%.Timidement la plateforme de blogging Worpress et le réseau de curation Pinterest atteignentrespectivement 19% et 18% d’inscriptions dans l’échantillon interrogé. Tumblr atteint les15%. Tous les autres sites sont sous la barre des 10%.   48  
    • Question 4 : Lesquels utilisez-vous le plus ?Sur l’utilisation régulière des médias sociaux cités précédemment, on voit que Facebook estloin devant tous les autres avec un pourcentage d’utilisation de 97%. Le réseau de MarkZuckeberg ne se contente pas d’avoir une forte notoriété ou un fort taux d’inscription, maisdraine bien les internautes vers son service de façon massive. Bien derrière arrive endeuxième position le réseau professionnel Linkedin avec un taux d’utilisation de 40%. Suit leservice de micro-blogging Twitter avec un taux de 34%.Ensuite, excepté Viadeo (16%), il n’y a pas un site qui remporte plus de 10% de tauxd’utilisation fréquente parmi les personnes interrogées. Seul Google plus est à 7%, tous lesautres sont en dessous de 5% : Wordpress (4%) ; Pinterest ; Stumbleupon (3%) ; Tumblr(3%) ; Myspace (3%). Reddit et le réseau d’entreprise Yammer, atteignent péniblement les1%.   49  
    • Question 5 : Combien de temps passez-vous sur Internet par jour ?On remarque ici une très forte tendance qui se détache des autres : 43% des personnesinterrogées passent entre 3 et 5 heures par jour sur Internet. Vient ensuite la tranche de 1à 3h heures par jour avec un taux de 33%. Enfin il important de noter que seulement 1% desinterrogés passent moins de 1 heure par jour sur Internet. À l’opposer ce sont prés de 23% quidépassent les 5 heures par jour.Question 6 : Combien de temps passez-vous sur les médias sociaux par jour ?De la même façon on remarque qu’une tendance se dégage fortement : 75% des interrogésdéclarent passer entre 1 et 3 heures par jour sur les médias sociaux. Suivent ensuite les11% qui passent entre 3 et 5 heures par jour. Enfin on observe que seulement 5% déclarentrester connecté plus de 5 heures sur ces plateformes. Il est également intéressant de remarquerque aucun des individus interrogés ne passe moins d’une heure sur les médias sociauxquotidiennement.   50  
    • Voici une série de questions où nous avons pris Facebook, principal média social en Franceet dans le Monde, afin d’évaluer le rapport de l’échantillon avec le partage sur ce réseau.Question 7 : A quel rythme partagez-vous du contenu sur Facebook ? (Article, video,image, statut) ?On découvre que presque la moitié de notre échantillon (47%) partage que rarement sur leréseau social Facebook (1 à 3 fois par mois). 31% affirment partager occasionnellement(entre 1 et 3 fois par semaine) et 10% partagent quotidiennement plus d’un contenu. Enfin11% se dit ne jamais partager le moindre contenu.Question 8 : Est-ce que parfois vous avez des freins dans votre partage sur Facebook ?Il apparaît très clairement que les internautes interrogés rencontrent « parfois » des freins dansleur partage sur la plateforme Facebook. À 85% ils affirment connaître cette réaction.Dans la question suivante nous allons découvrir à quoi sont du ces freins.   51  
    • Question 9 : Si Oui, pourquoi ?On remarque ici que pour les personnes ayant exprimé ressentir des « freins » dans leurpartage sur Facebook cela serait dû pour 70% d’entre eux à une question de « pudeur » etde « respect de la vie privée ». La deuxième raison invoquée par notre échantillon est quel’endroit ne serait pas « approprié » pour le partage de contenu. 4% déclare que c’est pour unequestion de manque temps. Enfin, 9% invoque d’autres raisons, sans préciser lesquelles.Question 10 : Où trouvez-vous le plus d’informations sur Internet ?Concernant les sources d’information sur Internet, on découvre que notre échantillonprivilégie à 33% les sites de presse généraliste (Ex : Le Monde, Le Figaro, Le Parisien).Suivent les sites spécialisés (L’Equipe, Turbo, Mashable) avec un taux de 27%. En troisièmeposition sont plébiscités les réseaux sociaux à 21%. Les sources officielles type dépêche AFPou Reuters n’obtienne que 5%. Enfin ont été cités spontanément : Google news (4%) et lesBlogs (4%).   52  
    • Question 11 : Vous êtes-il déjà arrivé de vouloir retourner sur un contenu consulté surInternet sans pouvoir le retrouver ?Une grande majorité de personnes : 86% contre 14% ont déjà connu ce moment où on nepeut retrouver un contenu que l’on a antérieurement consulté.Question 12 : Dans votre navigation, avez-vous parfois le sentiment d’entre victime« d’infobesité » (d’une trop grosse charge d’informations) ?72% des personnes interrogées admettent avoir le sentiment d’être victime d’unesurcharge informationnelle durant leur navigation Internet. Seuls 28% ne déclarent pasressentir un sentiment « l’infobesité » sur le web.Question 13 : Lorsque quelque chose vous intéresse, comment faites vous pour le mettrede coté ?On découvre que prés de 75% des internautes utilisent la solution de « mise en favoris »lorsqu’ils souhaitent sauvegarder un contenu qui les « intéresse ». La deuxième solution laplus privilégié est le « copier-coller » dans un document de leur ordinateur (21%). 17%   53  
    • d’entre eux choisissent « d’enregistrer-sous » la page web et seulement 5% utilisent unservice que leur offre le marché du type « Evernote ».Question 14 : Par quel canal le partagez-vous ?Facebook est, encore une fois, le média le plus plébiscité avec 69% de réponses. La deuxièmealternative la plus citée est celle du partage par Mail (40%). Twitter est le troisième canalprivilégié par notre échantillon (17%). Le blogging ou la plateforme Pinterest ont seulementreçu 2% chacun.Question 15 : Combien de fois par jour cela vous arrive-t-il de trouver quelque chosed’intéressant sur le web ?Lorsqu’on interroge notre échantillon sur le nombre de contenus intéressants qu’ils trouventpar jour sur Internet, on remarque que prés de 52% d’entre eux en rencontre plus de « 3 » parjour. Le nombre le plus cité a été de « 2 » par jour, avec 30% des suffrages. Tandis queseulement 17% des sondés affirment en trouver qu’un contenu intéressant par jour.   54  
    • Voici une série de questions sur les « Blogs ». Nous allons tenter d’approfondir certainséléments trouvés dans la revue de littérature quant à la relation de notre cible avec cetteméthode de partage de l’information.Question 16 : Est-ce que vous avez déjà crée un blog ? (Si non, passer à la question 20)On observe que sur notre échantillon une majorité de personnes a déjà crée un blog : 56%.Question 17 : Dans quelle optique ?Lorsqu’on les interrogés sur le but de ce blog, 67% des personnes ayant crée un blogrépondent que c’était avant tout pour « crée du contenu » ; contre 32% pour «partager ducontenu trouvé ailleurs ».Question 18 : Est-il toujours actif ?   55  
    • 78% des blogs ouvert sont aujourd’hui inactifs actifs, seulement 22% de blogs toujoursactifs.Question 19 : Si non, quelles en sont les raisons ?Pour les 78% des personnes ayant renoncé à leur activité de blogging, nous nous intéressonsaux principales causes de leur abandon. Le plus gros score est à mettre au parti du « manquede temps », c’est le cas de 43% de notre échantillon. Ensuite viennent à égalité (25%)« l’effort rédactionnel » et « la perte de la passion ». Enfin avec seulement 2% c’est l’efforttechnique qui est invoqué.Question 20 : Si il existait un réseau social exclusivement réservé au partage de contenus(articles images, vidéo), est-ce que cela vous intéresserait-il ?Lorsque nous avons interrogé notre échantillon sur le concept d’un réseau socialexclusivement centré autour du partage de contenu, nous leur avons demandé de mettre unenote entre 1 et 5 pour manifester leur intérêt pour la chose, 1 étant la note la plus basse et 5 aplus haute.   56  
    • La note ayant reçu le plus de suffrages est celle de 4/5, montrant un fort intérêt pour cetype de plateforme. Si on cumule les notes au dessus de 3 nous atteignons un pourcentaged’adhésion à 42%. Enfin 25% se disent peu ou pas intéressés par le concept en donnant unenote de entre 1 et 2/5.Question 21 : Est-ce que vous connaissez les sites suivants ?Ce qui apparaît comme flagrant est que 69% des personnes interrogées ne connaissentaucun des sites de curation cités ci-dessus. Celui qui arrive en tête au niveau de la notoriétéest le service français Scoop-it avec un taux de 18%. Suit en deuxième position Clipboard à11% de notoriété suggérée. Les deux seuls autres services que connaît notre échantillon sontPeartrees (un autre français) et Gimmebar, un service Américain, avec respectivement 3% et1%.   57  
    • 3. Tris croisésDans cette série de tris à plat nous allons tenter de mettre en perspectives quelques aspectsintéressants de ce questionnaire en croisant plusieurs données.1. Rapport entre le temps passé sur les médias sociaux et la « peur » du partage (surFacebook). 90   83   80   70   61   60   50   Non   40   Oui   30   20   14   11   10   7   5   10   1   1   1   0   Entre  1  et  3   Entre  3  et  5   Moins  dune   Plus  de  5   Total   heures   heures   heure   heures  Sur ce croisement il est intéressant de remarquer que ce ne sont pas forcément les personnespassant le moins de temps sur les médias sociaux qui ressentent une réticence au moment departager du contenu. En effet c’est la population qui passe entre 3 et 5 heures qui sera la plusfrileuse à partager sur Facebook.   58  
    • 2. Rapport entre l’âge et le sentiment « d’infobesité ». Total   68   28   Plus  de  30  ans   3   1   Moins  de  20  ans   1   7   Oui   Moins  de  18  ans   3   Non   5   Entre  25  et  30  ans   9   4   Entre  20  et  25  ans   52   11   0   10   20   30   40   50   60   70   80  Dans ce parallèle on remarque que proportionnellement ce sont bien les plus jeunes qui sonttouchés par le sentiment d’infobesité dans leur navigation sur Internet. Les moins de 20 anssont les plus touchés, suivent les 20-25 ans.3. Rapport entre le sexe et l’intérêt pour la curation. 25   20   20   15   Femme   10   10   8   Homme   7   5   5   0   1   2   3   4   5   (vide)  On remarque dans ce tir croisé que l’intérêt pour un service de curation est à dominancemasculine. Dans la note la plus haute (5/5) le score est à égalité, mais pour la deuxièmetranche de 4/5, les hommes remportent largement le suffrage.   59  
    • 4. Synthèse, limites et difficultés rencontrées.La synthèse.Grace à ce questionnaire et ses observations il est possible de dresser le portait précis del’internaute que nous avons interrogé. Lors de l’administration des questions nous avonsdemandé avec exactitude certaines données, ce qui nous permet d’avoir des statistiques trèsprécises sur l’âge moyen, le nombre d’heures passées sur Internet, et les médias sociaux, ainsique sur le nombre de contenus qualifiés « d’intéressants » consultés chaque jour.Notre internaute type est unisexe. Il est étudiant, âgé de 23,2 ans, il passe en moyenne chaquejour 4,42 heures par jour sur internet et la moitié sur les médias sociaux : 2,28 heures. Ce quiest légèrement au dessus de la moyenne nationale. (3h57 par jour sur Internet)Il inscrit en majorité sur Facebook, Twitter et Linkedin, services qu’il utilise également leplus au quotidien. Il ne partage que rarement sur Facebook : Entre 1 et 3 fois par mois. Il luiarrive d’avoir des freins sur cette plateforme sur laquelle il a des doutes concernant sa vieprivée et sur sa légitimité pour partager ses contenus qu’il a trouvé sur le web.Pour s’informer il consulte majoritairement les sites de presse généralistes. Il lui est déjàarrivé de vouloir retrouver sur un contenu qui lui a plu sans pouvoir pour autant le retrouverdans les abysses d’internet. Il avoue avoir parfois un sentiment d’infobesité dans sa navigationInternet. Lorsque un contenu l’intéresse et qu’il aimerait le mettre de coté, il utilise les favorisde son navigateur. Il privilégie Facebook ou ses mails pour repartager un contenu.Il trouve en moyenne 3,38 contenus intéressants par jour. Il a déjà crée un blog,principalement pour créer du contenu. Mais il ne l’entretient plus, par manque de temps. Si ilexistait un réseau social exclusivement réservé au partage de contenu il serait plutôt intéressé.Il ne connaît pas les services de curation existants, excepté peut-être Scoop-it et Pinterest.Les limites.Comme tout questionnaire il existe des limites. La plus apparente du quantitatif est la taille del’échantillon, plus il est grand, plus on a de chances d’avoir une représentativité exacte. Lenotre réunissait 97 personnes. L’autre limite est l’administration par Internet, même si lesinterrogés n’y ont aucun intérêt, ils peuvent mentir sur leur identité.Difficultés rencontrées.Peu de difficultés particulières durant l’administration de ce questionnaire. La distribution desquestions s’est faite dans un premier temps en Décembre 2012, puis dans un deuxième tempsdébut Janvier 2013, afin de se rapprocher du seuil des 100 personnes.   60  
    • Partie 4 : Analyse. 1. RecommandationsAprès avoir émis un certain nombre d’hypothèses à la suite de la revue de littérature, nousavons pu les quantifier grâce à un questionnaire quantitatif. Nous sommes maintenant enmesure d’émettre un certain nombre de recommandations pour une entreprise qui souhaiteraitse lancer dans le domaine de la curation de contenu.Voici une série de recommandations que devra prendre en compte un site souhaitant proposerun service de curation.La plateforme.Le respect de la vie privée est probablement l’un des aspects les plus frappants et les plusmarquants de ce questionnaire quantitatif. En effet ce sont prêt de 82% des interrogés qui ontaffirmé ressentir des freins dans leur partage de contenu sur la plateforme la plus connue :Facebook. La principale raison invoquée (à 70%) est la « pudeur et le respect de la vieprivée », signe que cette problématique n’a jamais été abandonnée par l’internaute. On auraitpu croire que la mise en place d’un « monde plus ouvert et plus connecté » - comme l’indiquela mission que s’est attribué Facebook sur Terre – irait dans le sens d’un Internet avec demoins en moins de freins, mais c’est bien l’inverse qui se produit. Certes le partage s’estdécomplexé, mais les internautes semblent plus frileux que jamais à partager avec le mondeentier des contenus, comme l’indique le succès du partage via Mail dans notre échantillon,deuxième canal privilégié avec un taux de 40%.Ce que Facebook semble avoir sous-évalué est que lorsqu’on communique, lorsqu’on estémetteur d’information, on ne s’adresse jamais au monde entier, on ne parle pas avec tous sesamis ou sa communauté de la même façon. Le partage doit toujours être segmenté, ce que nepermet pas Facebook. C’est pour cela que la deuxième raison invoquée concernant les freinsde partage sur cette plateforme est le fait que l’endroit n’est pas « approprié » pour partagerdu contenu. De plus on a souvent reproché à Facebook d’utiliser les données personnelles despersonnes inscrites afin de les revendre à des gouvernements ou à des entreprises. Le non-consentement de la part de l’internaute, fait qu’il va se sentir trahi par ces opérations aveclesquelles il est très peu familier.Ainsi, la prochaine plateforme de curation devra bien prendre en compte ce paramètre sur lesentiment d’insécurité que ressent l’internaute sur Internet ou sur une plateforme commeFacebook. Malgré le temps qu’il y passe, il ne se sent pas en confiance, ce qui estcontreproductif car cela va inhiber l’internaute dans son partage, et de fait, la plateforme vaperdre en activité. Il est recommandé pour un site de curation qui voudrait voir le jour,d’insister sur les paramètres de confidentialité. Insister sur le fait que ses données d’ordreprivé ne seront jamais communiquée à quelque organisation que ce soit. Il serait mêmeconseillé d’écrire un « manifeste » où l’entreprise explique en toute transparence son modèle   61  
    • économique. L’internaute sait que si un service est gratuit, ou très peu cher, il lui faut d’autressources de revenus. Mais il faut lui en faire part et faire de la pédagogie sur ce point, afind’obtenir son consentement dés l’inscription. Il n’y a rien de pire que des règles qui changenten cours de jeu pour l’internaute, il se sent trahi ou piégé. C’est ce qui s’est passé avecFacebook ces deux dernières années, qui a intensifié massivement ses publicités et son moded’affichage.La deuxième recommandation concernant la future plateforme est d’utiliser les favoriscomme « espace de curation ». On a vu dans notre questionnaire que les internautesprivilégient à 75% cette méthode de sauvegarde, malgré qu’elle soit assez archaïque etconnaisse vite ses limites une fois un trop grand nombre de contenus mis de côté.Les internautes seront déjà habitué à situer leur souris dans cette zone de favoris dés qu’uncontenu aura retenu leur attention. Ainsi ils n’auront aucun mal à s’accommoder d’un boutonde curation dans cet espace. Le cheminement mental est déjà tout tracé. Ainsi nousrecommandons vivement de proposer un widget à « glisser » dans la barre de favoris lorsquel’utilisateur s’inscrira sur la plateforme.Le troisième et dernier enseignement que l’on peut retirer de ce questionnaire concernant laplateforme, est de privilégier avant tout trois adjectifs : Simplicité, légèreté et esthétisme. Cefutur site doit être simple d’utilisation. L’internaute est un consommateur de bande passantehyper-sollicité, il ne se laissera que rarement séduire une deuxième fois. La premièreimpression doit être la bonne. Or on a vu dans notre questionnaire que 72% notre échantillon,se considère en surcharge informationnelle. Ils sont victime du principal maux de notresociété d’information : L’infobesité. Quel site proposant une solution à cette surcharged’information, serait assez maladroit pour proposer une plateforme complexe, lourde etdifficilement compréhensible ? Et bien c’est le cas de certains sites concurrents comme:Pearltrees ou encore Scoop-it. Il faudra bien se différencier de ces sites en proposant uneinterface simple et légère. Un soin tout particulier devra être donné à l’esthétisme etl’ergonomie de la plateforme afin que l’internaute soit vite à l’aise et puisse très vite ressentirl’enivrement que procure une navigation simple et puissante. La beauté peut sembler futilepour un outil de curation mais c’est justement elle qui crée de l’engagement.La cible.Dans sa communication il est important de s’adresser à la bonne cible. Nous avons pu voirdans notre questionnaire quantitatif que la cible de ce type de service sera avant toutétudiante. Une population âgée entre 18 et 25 ans réalisant des études supérieures. Nous avonsvu dans notre questionnaire qu’ils passent en moyenne 4,42 heures par jour sur internet et2,28 heures sur les médias sociaux. Ils consomment ainsi un nombre important d’informationsau quotidien.Leur consommation d’écrans grandit sur chaque support : Ordinateur, mobile ou tablette. Acela s’ajoute une certaine addiction que nous avons pu mettre en relief dans notre revue delittérature. Pour résumer, cette cible n’est pas prête de voir sa consommation à la baisse.   62  
    • Ainsi, pour ses travaux de groupes, ses mémoires, thèses, centres d’intérêts personnels unoutil de curation est un partenaire idéal pour pouvoir s’y retrouver dans la jungle qu’estInternet. Nous l’avons vu dans le questionnaire quantitatif : 86% de l’échantillon a déjà étéconfronté à l’impossibilité de retrouver un contenu consulté antérieurement. Source defrustration, cette statistique devra être l’un des piliers de la communication auprès de la cibleétudiante, afin qu’ils puissent se reconnaître dans l’usage du service.Nous pourrons également nous adresser à tous les « déçus du blogging ». En effet lequestionnaire quantitatif a confirmé le chiffre de la revue de littérature : Prés de 75% desblogs ouverts sont inactifs. C’est un chiffre énorme, surtout quand on sait le nombre de blogsque cela représente : Dans le monde il existerait plus de 160 Millions de blogs. Si 75% d’entreeux sont inactifs, cela représente 110 millions de blogs. C’est une taille de marchéconséquente. Dans notre échantillon, 56% des personnes interrogés ont déclaré avoir déjàouvert un blog. 78% d’entre eux déclarent qu’il est aujourd’hui inactif. Les principales raisonsévoquées sont le manque de temps et l’effort rédactionnel que demande son entretien. Avecun outil de curation on peut partager ses passions en un clic, les problèmes de temps et derédaction sont écartés.La communication.Il faudra bien faire attention à communiquer sur « l’outil » plus que sur « l‘endroit ». En effeton a vu que les internautes passent déjà beaucoup de temps sur des médias sociaux, ilsconnaissent un grand nombre de sites, mais en utilisent très peu au final. Facebook, Twitter etLinkedIn canalisant en quasi oligopole leur temps passé sur ce type de plateformes. Malgré undéclaratif assez positif pour ce genre de service dans la dernière question du questionnaire(42% des personnes ont donnée une note de 4/5 ou 5/5 concernant leur intérêt), il semble queles internautes soient assez froid à l’idée de connaître un nouvel « endroit ». Par endroit, onentend un réseau social. Facebook s’apparente à un endroit : Google à un outil par exemple. Ilest bien plus facile de faire connaitre un service si on vend l’aspect « outil » car cela ne sous-entend aucune idée d’engagement pour l’internaute, il se sert de l’outil et peut continuer àpasser du temps sur ses plateformes habituelles. Ainsi dans un premier temps l’entreprisedevra vendre sa plateforme comme un « outil de curation » et non pas comme un nouveauréseau social. Dans un premier temps la vraie valeur ajoutée du service est bien dans le trid’informations. Il vaut mieux concentrer son énergie en communiquant sous cet angle.   63  
    • 2. ConclusionQuelles sont les perspectives de la curation de contenu dans le Web 2.0 ? Telle est la questionà laquelle nous pouvons enfin répondre grâce aux éléments issus de la revue de littérature etde l’analyse empirique.Les moins de 30 ans sont entrés dans un nouveau paradigme : Ils passent plus de 4 heures parjour sur Internet en moyenne. Ainsi ils consomment énormément d’informations dans leurquotidien. Ils sont exposés à un nombre vertigineux de contenus qu’ils consultent enprofondeur ou survolent. Mais cans les deux cas ils sont confrontés à une problématiquenouvelle : Celle d’une densification qu’a apportée Internet dans leur rapport à l’information.Alors qu’il y a 20 ou 30 ans notre mémoire pouvait suffire à retenir les quelques fragmentsd’informations auxquelles nous étions exposés dans notre quotidien par les canaux classiquestels que la T.V, la radio ou les journaux, notre cerveau ne peut aujourd’hui retenir l’intensitéinformationnelle auquel il fait face. Ils ont ainsi le besoin d’avoir recours un service« d’externalisation de la mémoire ».C’est de la sorte que sont apparus des logiciels de « mémo » ou « bloc notes » dans tous lesordinateurs ou smartphones. Avant cela de nombreux navigateurs proposaient un service de« mise en favoris » dans la même optique de conserver du contenu. Au début des années2002, des services de « social bookmarking » comme Delicious sont apparus, connaissantdans un premier temps un vif succès, mais n’ayant pas réussi à développer l’aspect social, sesont éteint petit à petit. De nombreux exemples existent dans ce domaine. Quelques annéesplus tard sont apparues des services « d’agrégation de contenus » comme Netvibes, un acteurfrançais. Ces plateformes proposent à ‘internaute de mettre en place un certain nombre defiltres permettant de centraliser tout ses flux d’information dans un même lieu, un logiciel sechargeant du travail.Puis au début des années 2009 est apparue la notion de « curation de contenu », venant del’anglais ‘curator’, signifiant littéralement ‘conservateur de musée’. Ainsi ce métier a ététransposé au Web : Le ‘curator’ étant l’internaute, chargé d’organiser le chaos d’informationqu’est Internet, en y injectant du sens et de la contextualisation en suivant trois étapes : Lasélection, l’édition et le partage de contenu.Ont suivi un certain nombre de plateformes proposant ce service, on en compte aujourd’huientre 10 et 15 maximum. La plupart étant Américaine, mais quelques-unes des plusimportantes sont bien Françaises, comme Pearltrees et Scoop-it. La plateforme ayant le plusde succès est incontestablement Pinterest, forte de ses dizaines de millions d’utilisateur, ellebénéficie d’une forte notoriété suggérée (56% sur notre échantillon la connait, contre 46%pour un service comme Worpress par exemple), mais elle a un positionnement bien tropféminin. En effet, comme nous l’avons vu dans le revue de littérature, le site est consulté à70% par un public féminin et sa communauté Facebook est encore plus significative : 90%des « fan » sont des femmes.   64  
    • Ainsi on remarque très clairement que au cours de ces dernières années, un marché est entrain de naître dans le domaine de la curation. Des acteurs se bousculent afin d’imposer leurservice et tenter de conquérir des internautes, qui passent de plus en plus de temps, à surfersur leurs écrans.L’essor d’un tel service semble inévitable tant nous semblons accentuer la présence del’information et des écrans dans notre quotidien. La question est maintenant de savoir si cemarché restera fragmenté entre plusieurs acteurs qui se partageront le tri d’informations desinternautes, où si une plateforme réussira à imposer son modèle, et drainer tout les internautessur un même site.Mais ceci ne sont que des considérations économiques. Sur un plan sociologique, il estaujourd’hui évident d’affirmer, au vu de tout ce que nous avons traité dans ce mémoire, que lacuration, du moins dans son esprit: Sélection, édition et partage d’un contenu dans un mêmeprocessus, court et fermé, semble s’imposer comme le modèle de demain dans l’Internetparticipatif. La curation semble être la dernière frontière du web 2.0, en tout cas sonaboutissement le plus élaboré. Cela avant l’avènement d’un Web 3.0 dont on ne connaît pasencore la forme, mais qui semble prendre la direction d’un pont permanant entre le virtuel etle réel à l’aide d’écrans qui serviront d’interface pour communiquer entre les deux mondes.Avant d’en arriver là, le Web 2.0 a le temps de se développer et aller vers ce qui semble êtreson apogée : La curation de contenu. C’est dire donner à chacun la possibilité de devenir unmédia, grâce à un simple clic.Si l’invention de l’imprimerie a permis à l’Humanité de lire, Internet lui a permis d’écrire, lacuration va lui permettre de devenir une Bible.   65  
    • RéférencesBibliographie. David Fayon. (2010) Web 2.0 et au-delà : Nouveau internautes, du surfeur à l’acteur.(2eme éd. mise à jour) Paris : Economica. Yannick Lejeune. (2010) TIC 2025 : Les grandes mutations. Comment internet et lestechnologies de l’information et de la communication vont dessiner les prochaines années.Paris : FYP Editions. Jean-Louis Servan-Schreiber. (2011, Août- Septembre) La vitesse est morte, l’accélérationcontinue. CLES, n°72, pages 76-77. La Rédaction. (2011, Novembre- Décembre) Comment l’information circule dans lecerveau. Sciences Humaines, HS n°14, page 21. La Rédaction. (2011, Février - Mars) Dossier : Notre cerveau se démuscle. CLES, n°69,pages 68-75. Christophe André. (2011, Septembre - Octobre) Dossier : L’attention volée. Cerveau etPsycho, n°47, page 43. Myriam Levain et Julia Tissier (2011) La Génération Y par elle même. Quand les 18-30ans réinventent la vie. Uzés : Francois Bourin Editeur. Bernard Stiegler (2008) La télécratie contre la démocratie, lettre ouverte aux représentantspolitiques. Paris : Flammarion. Jaques Lendrevie et Arnaud de Baynast (2004). Publicitor. (6 eme édition) Paris : DunodEditeur. Nicholas Carr (2011). Internet rend il bête ? Paris : Editions Robert Laffont. Stéphane Hugon (2010) Circumnavigations, l’imaginaire du voyage dans l’expérienced’internet. Paris : CNRS.Oeuvres Professionnelles/ Académiques. Jean Philippe Lachaux (2011). Le cerveau attentif : contrôle, maitrise et leadership. Paris :Odile Jacob. Besty Sparrow, Jenny Liu, Daniel m. Wegner, ( Aout 2011) Google effects on memory :Cognitive consequences of having informationsat our fingertips. Science Mag, Vol. 333 Etude ComScore (2011, Juin) Newspaper sites across Europe Demonstrate growth in thepast year.http://www.comscore.com/Press_Events/Press_Releases/2011/8/Newspaper_Sites_across_Europe_Demonstrate_Growth_in_the_Past_Year   66  
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    • Annexes.Annexes 1 : Panorama des médias sociaux. Fred Cavazza (2012)Annexes 2 : 60 secondes sur Internet. Shanghai Web Designers (2011)   70  
    • Annexe 3 : Le questionnaire quantitatif :   71  
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    • EMLVMémoire de recherche 5me annéeSujet du mémoire 4ème année : Quelles perspectives pour la curation de contenudans le Web 2 .0 ?Auteur : David WiseResponsable du mémoire : Erwan LequentrecAnnée de réalisation : 2013Résumé : Le monde compte aujourd’hui 2,27 milliards d’internautes. Le chiffre adoublé en seulement cinq ans. Cette accélération n’est pas sans conséquences.Le Web 2.0 a considérablement changé notre paysage médiatique. Dans son sillagedes changements se font ressentir sur un plan sociologique et cognitif. Noscerveaux sont confrontés à un flux d’informations sans précédents. Cesconséquences ouvrent le chemin d’une nouvelle ère du Web 2.0 : La curation decontenu.Mots clés : Curation, Web 2.0, contenu, réseaux sociaux, médias sociaux, blogs,addiction, infobesité, écrans.Je soussigné ______________ autorise l’EMLV à conserver une copie de cemémoire accessible en salle de documentation.Signature : Date :   75