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"L'appropriation des TIC par les diasporas : analyse des répercussions potentielles dans les pays d'origine - L'exemple d'un cybercafé du quartier "Hackney" à Londres", NETCOM vol. 22 - NETSUDS vol3., 2008

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"L'appropriation des TIC par les diasporas : analyse des répercussions potentielles dans les pays d'origine - L'exemple d'un cybercafé du quartier "Hackney" à Londres", NETCOM vol. 22 - NETSUDS vol3., 2008

  1. 1. Networks and Communication Studies,NETCOM, vol. 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)pp. 127-144 L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIASPORAS : ANALYSE DES REPERCUSSIONS POTENTIELLES DANS LES PAYS D’ORIGINE L’EXEMPLE D’UN CYBERCAFE DU QUARTIER « HACKNEY » A LONDRES. JONATHAN STEBIG 1 et YVELINE DEVERIN 2 Abstract – Information and communication technologies (ICT) seem to modify the organisation ofthe Diasporas.This re-organisation of the migrant’s networks transforms the contact with families living in the homeland.Thus, the telecentre becomes an information and communication crossroad, resulting in inter-connection betweenthe homeland and the different location of the Diaspora. New generations, which have a better knowledge ofthese tools, are the first intermediary within their countries. Therefore, that “mediator” roll for new generationsimply further responsibilities in terms of politic, economy, and information, responsible of potentials changes inhomeland traditional organisation. Key words – ICT (Information and Communication Technologies), Homeland, Mediator, Newgenerations, Telecentre, Hierarchy Résumé – Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) semblent êtreà l’origine de modifications dans l’organisation des diasporas.Cette réorganisation des réseaux de migrants modifie sensiblement le contact avec les familles restées au pays. Lecybercafé devient ainsi un véritable carrefour de l’information et de la communication, permettant uneinterconnexion entre le pays d’origine et les différentes sphères de la diaspora. Les nouvelles générations, plusaptes à s’approprier ces outils, deviennent les intermédiaires privilégiées dans leur pays. Ce rôle de « médiateur »de la part des jeunes implique de nouvelles responsabilités aux niveaux politiques, économiques etinformationnels, qui sont responsables de potentiels bouleversements dans les organisations traditionnelles despays d’origines. Mots clefs – TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), Pays d’origine,Médiateur, Nouvelles générations, Cybercafé, Hiérarchies1 Master2 Recherche Géographie, IPEALT/ Université Toulouse II le-Mirail, 5 allées AntonioMachado, 31058 Toulouse cedex 09. Courriel : j.stebig@hotmail.fr2 Maître de conférences, Université de Toulouse II le-Mirail / Laboratoire SEDET-Paris 7. Courriel : deverin@univ-tlse2.fr
  2. 2. 128 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008) Grâce aux outils d’information et de communication, le migrant a aujourd’hui lacapacité de s’approprier le réseau dans lequel il s’inscrit, et d’en tirer avantage pour sonintégration dans le pays d’accueil. Ils permettent aussi des liens réguliers avec le pays d’origine.Dans cette ère de l’information et de la communication, les nouvelles technologies semblentêtre à l’origine de nouvelles opportunités et ont un impact dans l’organisation des diasporas. L’espace d’appartenance n’est plus exclusivement le territoire; le migrant établi desrelations de proximité qui sont moins d’ordre physique, mais plus de l’ordre du virtuel. End’autres termes, l’identité du migrant se construit autour d’une articulation entre cetteconnectivité transnationale, son territoire d’accueil, et sa terre natale. Reprenons une citation de Abdelayek Sayad 3 : « le paradoxe de la science des migrations,c’est qu’elle est une science de l’absence et des absents » (Diminescu, 2006). Cette vision desphénomènes migratoires définie par une série de ruptures entre l’homme et son milieu sembleaujourd’hui remise en cause, puisque fondée sur des critères matériels. L’ère de l’information etde la communication permet au migrant de s’identifier à un espace élargi, qui dépasse lesfrontières physiques. Il est aujourd’hui dans un contexte d’hyper mobilité, qui est à la foismatériel, imaginé, et virtuel. Par l’intermédiaire des TIC, nous assistons au développement d’une « communautéen ligne ». Les sites d’informations sur la situation au pays d’origine ainsi que les informationsconcernant les événements à venir dans les différents pays de résidence de la communauté, lesjournaux publiés en ligne, les forums de discussion et les e-mails sont à l’origine d’une prise deconscience de l’appartenance à un groupe diasporique. Le développement d’une « communauté en ligne » est un pilier pour la pérennité de ladiaspora. Les migrants de deuxième génération, nés sur sol étranger, a priori moins liés à leurculture d’origine, et à leurs racines en général, se retrouvent submergés par ce vaste réseaud’information et de communication qu’ils articulent autour de leur propre identité. Ainsi, bienqu’intégrés à la société d’accueil, ils restent, par l’intermédiaire de cet outil, continuellementimprégnés par cette culture qui est la leur. L’usage avéré des e-mails par les migrants est d’ailleurs très significatif de ce lien réel.L’utilisation de ce service représente 85 % de l’usage que font les migrants d’Internet(Georgiou, 2002 [a]). Moyen de communication privilégié entre personnes géographiquementéloignées, il est très facile à utiliser comme très facile d’accès (cybercafé). Utilisé autant pourdonner des nouvelles aux membres de la famille restés au pays que pour entretenir des contactsavec les autres places de la diaspora, cet outil se démocratise à un rythme effréné dans lescommunautés de migrants. C’est ainsi qu’aujourd’hui on retrouve, grâce aux e-mails, mais aussiMessenger, Skype, ou le téléphone portable, de plus en plus de migrants qui font une utilisationbanale de ce moyen de communication, en ce sens qu’ils parlent de leur vie de tous les jours,de leurs expériences et anecdotes, comme dans des relations de proximité. Par l’intermédiairedes TIC, s’installe une sorte de ciment relationnel avec des personnes physiquement absentes,mais affectivement très proches.3Chercheur au CNRS depuis 1977, il est nommé Directeur de recherche en sociologie. Il anotamment récemment publié : « The suffering of the immigrants » [la souffrance desimmigrés], Polity press, 2004, 360 p.
  3. 3. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 129 Cet article reprend les observations et conclusions dun mémoire de maîtrise réalisé àLondres dans le quartier "Hackney" où ont été observées et suivies durant une annéeuniversitaire les pratiques dInternet dans les cyber cafés fréquentés par la diaspora africaine quiy réside. Nous allons focaliser nos analyses sur les répercutions potentielles sur le paysd’origine de l’appropriation d’Internet par les diasporas. Dans un premier temps, nous expliquerons en quoi le cybercafé joue un rôle centraldans l’interconnexion des sphères de la diaspora avec le pays d’origine. En effet, c’est ici que seréalisent l’essentiel des prises de contact avec le territoire d’origine, ainsi qu’avec les différentesplaces de la diaspora. Nous sommes donc face à un lieu d’articulation entre les échelles locales(solidarité entre migrants), nationales (contact régulier avec le pays d’origine) et transnationales(connexion entre différentes places de la diaspora). L’usage massif de ce moyen d’accès àInternet devenant en un sens, la colonne vertébrale organisationnelle de la diaspora.Cependant, on peut se demander si l’implantation limitée du réseau Internet en Afrique nerisque pas de perturber le système d’échange et de relation sur lequel s’organisent les diasporas. Dans un deuxième temps, nous analyserons en quoi les jeunes des pays d’origine sontles individus les mieux placés pour établir un lien régulier avec les communautés diasporiques.Le contact entre les membres de la diaspora et le pays d’origine passe par un « médiateur » quijoue le rôle d’intermédiaire. Les nouvelles générations dans le pays d’origine ont souvent suivides études, parlent et lisent un minimum l’anglais, se retrouvant ainsi mieux placées pour jouerce rôle d’intermédiaire. Enfin, l’arrivée de ces nouvelles générations et les rôles politiques, informationnels etéconomiques qu’elles sont amenées à jouer dans l’articulation entre les communautésdiasporiques et le pays d’origine risquent d’entraîner de profonds bouleversements dans lesorganisations traditionnelles. L’implication de ces nouvelles générations dans l’usage d’Internet,ainsi que l’ouverture vers le monde extérieur qu’il propose provoque un décalage importantavec les anciennes générations qui, elles, n’ont pas grandit avec cet outil. L’accès àl’information ainsi que les connexions avec l’extérieur sont à l’origine d’une opposition aupouvoir des anciens dont le savoir est remis en cause par les jeunes. Le bouleversement ne touche pas seulement les rapports de générations. La place dela femme est aussi bouleversée. En effet, elle se trouve souvent impliquée dans l’organisationéconomique, et est en liaison avec les membres de la diaspora. L’accès à Internet leur permetenfin d’avoir une vue sur la situation extérieure, ainsi que sur la place de la femme dans lesautres sociétés. Pour clore cette introduction, il serait bon de rappeler qu’une infime partie de lapopulation mondiale utilise Internet. Qui plus est, une part importante de ceux qui utilisent leNet ne le fait pas à des fins pratiques, mais plutôt de loisir. Il convient donc de relativiser : leprofit dans l’immédiat n’est donc qu’encore très peu évident pour les communautés demigrants. De plus, il faut rester aussi sensible aux risques d’exclusion et de ségrégation qu’auxpossibilités de pérennisations de l’identité et de démocratisations de l’usage du Net dans lesdiasporas. Bien que ce soit moins le cas que dans les médias classiques, la pauvreté, l’exclusionsociale et la faiblesse du capital culturel constituent encore d’importantes barrières. Les TIC représentent un support d’intégration et d’organisation qui s’avère essentielpour les diasporas, encore faut-il qu’elles parviennent à se l’approprier, de façon à en faire unusage juste, équitable et bénéfique pour tous : le cybercafé en est le lieu privilégié.
  4. 4. 130 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)I. LE CYBERCAFE : UN MOYEN DE CONTACT PRIVILEGIE AVEC LE PAYSD’ORIGINE POUR LE DIASPORAS Dans cette première partie, nous nous intéresserons aux moyens de connexionsprivilégiés pour rester en contact avec les membres de la famille toujours au pays. Pourterminer, nous donnerons un aperçu de la place qu’occupe le cybercafé dans le pays d’origine,afin de nuancer les atouts de ce support pour l’organisation des diasporas.1. Dans l’espace d’accueil : le moyen de contact privilégié. Le cybercafé correspond au moyen de communication le plus utilisé par les migrantspour entretenir des relations avec le pays d’origine. Le courrier, le téléphone semblent doncmoins utilisés, à l’exception du téléphone portable, qui pour la plupart des enquêtés, représenteun moyen supplémentaire de communiquer. Le portable apparaît comme le moyen de donnerune date et une heure de rendez-vous dans un cybercafé, afin d’entretenir des discussions pluslongues : « I only contact my relatives home by phone to fix a date, in the telecentre, to discuss longer »(Salomon) 4 . Sur les vingt-trois enquêtés, tous utilisaient les emails, et plus de la moitié, treizeexactement, utilisaient Skype 5 . Ce moyen de communication semble en effet plus appropriépour les analphabètes, la communication orale étant appropriée pour tous. L’usage de Skypepermet donc d’associer les avantages du téléphone (communication orale), et celles ducybercafé (communications plus économiques). Cependant, en aucun cas l’usage de Skype nese substitue à l’envoi d’emails, qui reste par-dessus tout le moyen de communication privilégié,dû essentiellement au fait que les deux interlocuteurs ne peuvent pas toujours se retrouverconnectés en même temps. La communication orale est donc utilisée de préférence de manièreplus ponctuelle, notamment pour joindre son compagnon resté au pays : « I just use Skype when Iam feeling sad, and when I miss my husband » (Yomi) 6 . « I prefer to send emails, but sometimes, when I needsome comfort, I call my wife, and tell how much I am in love with her» (Laolu) 7 . A travers ces différents usages d’Internet, le migrant se sent toujours très lié à safamille au pays, lui permettant d’entretenir des relations régulières avec ses proches. Laconsultation des nouvelles sur les sites consacrés au pays d’origine, les lectures des journaux enligne ainsi que l’écoute des radios, permettent au migrant de rester sensibilisé par ce qu’il sepasse chez lui. Ainsi, à des distances géographiquement très éloignées, le migrant peutentretenir des relations de proximité quasi-quotidiennes, ce qui renforce son identité(Diminescu, 2006).4 Traduction : « J’appels mes parents au pays par téléphone seulement pour fixer un rendez-vous au cybercafé pour discuter plus longtemps (via Skype) ».5 Logiciel permettant la communication audio gratuite entre ordinateurs, et à coût réduit versun téléphone.6 Traduction : « J’utilise Skype quand je me sens triste, et que mon mari me manque ».7 Traduction : « Je préfère envoyer des emails, mais quand j’ai besoin de réconfort, j’appelle mafemme, et lui dit combien je l’aime ».
  5. 5. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 1312. Dans le pays d’origine : un usage collectif et une distributiongéographiquement inégale. La situation est sensiblement différente dans le pays d’origine, et ce à deux niveaux :2.1.1 L’e-mail correspond le plus souvent à une adresse collective. Dans les cybercafés enAfrique de l’ouest, l’usage de la boîte mail est essentiellement collectif. L’usage d’Internetnécessite une connaissance de l’anglais écrit (diaspora de Londres), ainsi qu’une appropriationminimum de l’outil. Très souvent, un seul individu gère la boite mail d’un groupe depersonnes. A Lomé par exemple, une adresse e-mail est souvent partagée par cinq à dixpersonnes. Cet usage collectif pose cependant des problèmes de confidentialité ; la personnequi gère la boîte mail ayant accès à toutes les informations échangées avec l’extérieur (InstitutPanos, 1999). La distribution du réseau Internet très limitée, ainsi que sa qualité de réceptionmédiocre représente une sérieuse entrave à une utilisation de masse d’Internet. En effet, lescoûts de connexion (facturés en fonction de la durée de connexion) représentent des sommesimportantes par rapport au niveau de vie très faible dans la plupart des pays d’Afrique.Lorsqu’un individu se connecte, il arrive parfois qu’il attende plusieurs dizaines de minutesavant l’ouverture complète d’une page. La vitesse de connexion très lente, associée à des coûtshoraires très élevés pousse les Africains à ouvrir des boîtes mails collectives, afin d’ouvrir unseul poste, et de minimiser les coûts.2.1.2 Des cybercafés très inégalement repartis sur le territoire - Dans la plupart des paysd’Afrique de l’ouest, les capitales et villes principales sont généralement assez bien desservies,ce qui contraste avec la très faible implantation des cybercafés dans les villes plus petites, et laquasi inexistence dans les région rurales (Chéneau-Loquay 2004). Ces disparités territoriales,qui s’expliquent par la faible extension du réseau Internet en Afrique, montrent que lecybercafé, véritable point d’attache du migrant dans les territoires d’accueils, ne permet pas àtous d’entretenir des contacts avec sa famille restée au pays. C’est le cas de Wilson, qui vientd’une région rurale au Kenya, et qui n’utilise Internet que pour consulter les sites, et participerà certains forums. « In my homeland, there is no Internet connection, I am here totally disconnected from mybackground, the only way to have news is to call by phone or to send letters, but it’s long, expensive, and notregular at all » 8 . Les disparités au niveau de la distribution d’Internet en Afrique peuvent donc avoirdes répercussions sur l’entretien de relations avec les membres de la diaspora, dans les paysd’accueil. Le schéma n°1 permet de voir de façon synthétique le rôle du cybercafé dansl’établissement de connexions régulières entre les communautés de migrant et le pays d’origine. Concernant la connexion avec le pays d’origine, nous remarquons que le cybercafé estle support le plus utilisé par les migrants pour entretenir des contact avec les proches restés aupays, malgré une distribution inégale sur le territoire africain. Le cybercafé permet d’entretenir un contact « extraterritorial », avec les membres de ladiaspora disséminés autour du globe et de garder une sensibilité vis-à-vis de la culture d’origineet du pays natal, tout en organisant son intégration et son adaptation « intraterritoriale », par les8 Traduction : « Dans mon pays, il n’y a pas de connexion Internet, je suis ici complètementisolé de mes racines, le seul moyen d’avoir des nouvelles est de passer un coup de fil, oud’envoyer une lettre ; mais c’est long, cher, et pas du tout régulier ».
  6. 6. 132 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)rencontres, la solidarité et l’ouverture d’esprit qui règne dans cette enceinte particulière qu’estle « cyber ». Moyen de communication privilégié entre le pays d’origine et la diaspora -accès élargi à l’information -mise en relation avec les places de la diaspora Accès relativement difficile et inégalement réparti Disparité territoriale de Usage collectif l’accès à Internet d’Internet Cybercafé du pays d’origineSchéma n°1 : Le cybercafé : un moyen de contact privilégié entre la diaspora et le paysd’origine (Stebig Jonathan)
  7. 7. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 133II. LES JEUNES : UN ROLE DE MEDIATEUR ENTRE LA COMMUNAUTEDIASPORIQUE ET LE PAYS D’ORIGINE. Par le biais d’Internet, les jeunes prennent peu à peu une nouvelle place au sein de lasociété. Dans un premier temps, leur connaissance de l’outil les positionne comme lesintermédiaires les plus crédibles avec la communauté diasporique. Il convient ensuite de voirdans quelle mesure le rôle des jeunes a changé afin de mieux comprendre en quoi consiste leurfonction de médiateur dans le pays d’origine.1. Une meilleure appropriation de l’outil Internet et de son implantation enAfrique. L’introduction d’Internet en Afrique s’est faite dans les années 1990, avecl’implantation du réseau « Health Net » (le plus répandu sur le continent), et le développementde son usage de façon plus généralisée ne remonte qu’aux six dernières années, avec en 2001,un taux de croissance de deux fois supérieur à la moyenne mondiale (Ntambue, 2001). Dans cecontexte, nous remarquons que les dix dernières années sont marquées par une accélération del’utilisation d’Internet, les nouvelles générations se retrouvent donc en plein dans le « boom »de la popularisation d’Internet en Afrique.1.1 Les nouvelles générations : une population mieux alphabétisée avec une meilleureconnaissance des TIC- Les jeunes sont dans une situation privilégiée pour se mettre en contact avec lescommunautés diasporiques à l’étranger. Leurs connaissances en informatique leur permettentde jouer un rôle de « médiateur » pour le pays d’origine. La plupart de ces jeunes ont suivis un cursus scolaire minimum, c’est pourquoi ils ontune connaissance de l’anglais (orale et écrite) relativement bonne, ou du moins suffisante pourlire des mails, en envoyer, ou recueillir des informations sur le Web : « My brother who is still there,he speaks English quite well, and read as well (…). He is very important, I trust him, and he is studying andvery clever » (Samuel) 9 . Ce décalage entre les anciennes générations, quelque peu dépassées par l’avancéetechnologique que représente Internet, et les nouvelles générations, en quelque sorte obligéesde tenir cette place d’intermédiaire, risque de renforcer ces disparités. L’intégration de l’Afriquedans la société de l’information et de la communication mondialisée, via Internet se fera parl’intermédiaire des jeunes, ce qui n’est pas sans conséquences, comme nous le verrons : « That’swhy, my sister and my bro (brother) are indispensable in this trade, they are the only one able to deal with me,and the rest of my family would be overwhelmed, so they have of course a greater position » (Faure) 10 .1.2 Une vision sceptique des anciens concernant les bienfaits d’Internet - Cette placeprivilégiée de la nouvelle génération peut s’expliquer aussi par les suspicions qu’émettent lesanciennes générations quand à l’apport que peut représenter cet outil pour les sociétésafricaines.9 Traduction : « Mon frère qui est encore au pays parle et lit assez bien l’anglais (…). Il est trèsimportant, je lui fais confiance, il est étudiant et très lucide ».10 Traduction : « C’est pourquoi mes frères et sœurs sont indispensables dans ces échanges, ilssont les seuls capables de traiter avec moi, le reste de ma famille serait dépassé, alors ils ont uneposition centrale ».
  8. 8. 134 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008) Les personnes plus âgées ne comprennent souvent pas les bénéfices de ce nouvelinstrument d’ouverture vers le monde occidental, souvent appréhendé avec beaucoup decraintes et de distance. Les différentes perspectives d’avenir, qu’offre cette fenêtre vers lemonde ne sont pas toujours vécues comme des opportunités par les anciens, mais plutôtcomme une trahison à l’encontre de la famille et comme un moyen de s’affranchir desobligations et des devoirs de chacun dans la société : « Apparently, Fayel (la plus grande soeur), lookswhat yenda is doing very badly. I mean, studies, her time spent in Internet coffee, and all what she talks aboutat dinner time, her desires, plans for future » (Faure) 11 . La raison ressortie le plus souvent des entretiens réside dans la crainte des anciennesgénérations de voir en Internet, un nouvel outil de domination mis en place par « l’occident »dans le but de garder une mainmise sur ce continent et son évolution. La période decolonisation reste vécue par les Africains comme une trahison, l’ensemble des programmes misen place durant cette période étant considérés comme des moyens de tirer profit du savoir, desressources et des populations en général : « my brother told me last time that he had a long discussionwith our grand-father about the Internet (…). He asks him about what he was always doing in the internetcoffee (…). My brother told me that he had a really suspicious eye about this technology, it will make him ill,that it is a colonisation tool, a domination tool use by industrialized countries to keep us under control »(Samuel) 12 . La crainte d’un retour de l’impérialisme occidental à travers l’implantation d’Internetsemble marquer beaucoup d’esprits. C’est une caractéristique qui risque d’encore accroître lefossé entre l’ancienne et la nouvelle génération. L’usage « démocratique » d’Internet nécessiteen effet une réelle implication des individus, afin d’éviter qu’il devienne un levier dedomination supplémentaire entre les mains de « l’occident » : « it’s just to make you understand howlost old people are in my country, they are still marked by the former imperial system, and will never believe thatthe Internet can be a good thing » (Samuel) 13 . Du fait de cette meilleure appropriation de l’outil par les nouvelles générations, et dela réticence des anciennes concernant les bienfaits d’Internet, les jeunes se retrouvent dans lerôle d’interface entre la diaspora et le pays d’origine. Ils deviennent le maillon principal qui liel’échelle transnationale (le réseau diasporique et l’information via Internet) et l’échelle locale (lafamille « élargie » dans le pays d’origine). Dans cette situation de médiation, le jeune va voir sonrôle changer dans la famille au niveau économique et informationnel.2. Une diversification du rôle des jeunes et de leurs activités.2.1 L’intermédiaire idéal pour la gestion des transferts d’argent depuis la diaspora -C’est vraisemblablement par rapport aux transferts d’argent que l’implication du jeune vas’accroître de manière brutale. A partir des enquêtes de terrain, nous avons remarqué11 Traduction : « Apparemment, Fayel voit ce que fait Yenda d’un mauvais œil. Je veux dire,les études, son temps passé dans le cybercafé, et tout ce qu’elle raconte à table, ses désirs, sesplans d’avenir ».12 Traduction : « mon frère m’a parlé d’une discussion qu’il a eu avec notre grand-père àpropos d’Internet (…). Il lui demandait ce qu’il faisait dans les cybercafés (…). Mon père m’adit qu’il avait une vision très suspicieuse de cet outil de colonisation et de domination utilisépar les pays industrialisés pour nous garder sous contrôle ».13 Traduction : « C’est juste pour te faire comprendre à quel point les vieux sont perdus chezmoi, il sont encore marqués par le système impérialiste, et ne croiront jamais en les bénéficesd’Internet ».
  9. 9. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 135qu’Internet représentait un moyen pour le migrant de transférer son argent de manière sûre etfiable. Il existe un organisme, géré par Internet, appelé « money express » qui permet le transfertd’argent vers le pays d’origine. Les offices sont nombreux, à la fois en Angleterre, mais aussidans la plupart des pays d’Afrique. Bien que le système de transfert ne se fasse pas directementpar le biais du Net (l’argent étant envoyé par les bureaux en Angleterre), le site permet un suivirégulier de l’évolution des transferts, mais donne aussi des possibilités de modification oud’annulation. C’est essentiellement par rapport à l’usage de cet argent que le « médiateur » va avoirun rôle important. En effet, par l’intermédiaire des emails et autres moyens de communicationssur Internet, le migrant va exposer ses exigences et discuter avec « le médiateur » des meilleursusages possibles de cet argent entre les mains de la famille. Ainsi, la répartition de l’argent entreles membres de la famille, le placement de l’argent, l’achat de matériaux, de terres, laconstruction d’une maison ou encore le développement d’un commerce, sont au centre desdiscussions entre ces deux interlocuteurs : « First, he uses that to ensure the every day life of theextended family, but he don’t give the money directly; he organizes expenditures, according to the needs of eachone. Then, with the spare money, he saves that, the principal goal being to invest in a land around the city. In away, he is the bank officer of my extended family » (Samuel) 14 . « Then, with the spare money, he saves that, theprincipal goal being to invest in a land around the city » (Samuel) 15 . A travers ces différents témoignages, nous remarquons que « le médiateur » devientun maillon essentiel dans l’organisation économique dans le pays d’origine. De plus, cetterelation que le jeune entretient avec les membres de la diaspora est fondée sur la confiance, lemigrant n’ayant aucun moyen de contrôler le fonctionnement de ce système depuis le paysd’accueil : « No my brother is responsible, he knows what to do, so I let him share the money fairly »(Faure) 16 . L’importance des sommes transférées donne au « médiateur » un pouvoiréconomique important dans la famille, représentant parfois des montant supérieurs à ce qu’unagriculteur peut tirer de sa production annuelle. Cependant, l’opportunité économique quepourraient représenter les TIC pour les pays d’origines semble encore très limitée. Le manquede coopération des trois acteurs, à savoir le pays d’accueil, le pays d’origine, et les membresexpatriés, empêche pour le moment de tirer parti du capital intellectuel et matériel de ladiaspora (Meyer, 2003). D’une manière générale, les avantages économiques que représentel’usage du Net dans l’espace transnational ne touchent pour le moment que la sphère de « lafamille élargie », les initiatives restant généralement privées et personnelles, plus que publiqueset institutionnelles.2.2 Un rôle accru dans la diffusion de l’information - Les jeunes, en contact avec lacommunauté diasporique, qui se retrouvent dans les cybercafés régulièrement, ont accès à unemasse d’information énorme, et peuvent discuter avec les migrants sur des sujets divers,participer à des forums, et donc élargir leurs connaissances…etc. C’est en ce sens qu’ils vontacquérir des savoirs qui sont très peu disponibles avec les médias classiques (souvent contrôlés14 Traduction : « Tout d’abord il utilise l’argent pour assurer la vie de la famille élargie, mais ilne le distribue pas directement. Il organise les dépenses en fonction des besoins de chacun.Ensuite, il met de côté le reste, le but étant d’investir dans des terres autour de la ville, pourcultiver et éventuellement construire une maison ».15 Traduction : « Ensuite, avec l’argent qu’il reste, il le met de côté, le principal but étantd’investir dans un terrain autour de Lomé ».16 Traduction : « Non, mon frère est responsable, il sait quoi faire, alors je le laisse partagerl’argent ».
  10. 10. 136 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)par les gouvernements) et échanger des points de vus avec les membres de la diaspora. Nousnous en tiendrons ici à l’expérience des « médiateurs » qui entretiennent des contacts réguliersavec les migrants, n’ayant pas eu la possibilité, dans le cadre de cette enquête, d’avoir desinformations concernant les jeunes en général dans le pays d’origine. Le constat est frappant,du simple fait que « ceux-ci » sont présents régulièrement dans les cybercafés, ils vont être enpossession d’une masse d’information qu’ils vont transmettre à leurs proches, leur donnantune plus grande crédibilité dans les discussions : « he uses that for information, knowledge, and furtheropening toward the world » (Salomon) 17 . « I know that my brother is really awake about what is happening inthe world, and he is regularly going on forums, asking me questions, and giving me his idea about how theCongolese society should be » (Samuel) 18 . « My brother is often telling me that he is debating with my parentsabout the governments programs in Togo, and the knowledge he got through the Internet allows him to argumenthis ideas, and spread his knowledge around him » (Faure) 19 . L’ouverture que représente Internet enmatière d’informations, ainsi que l’implication des « médiateurs » dans les réseaux diasporiques,leur donnent un rôle accru dans la diffusion des informations. Ils sont en effet en mesure dediffuser leurs connaissances dans la famille, ce qui leur accorde une position plus crédible. « Le médiateur » se retrouve ainsi à la fois responsable de la diffusion desinformations internationales dans le pays d’origine, mais aussi le médiateur des situationspolitiques locales, et de l’évolution des situations internes vers les différentes places de ladiaspora. L’articulation de certains groupes de militants membres de la diaspora, comme lestogolais de Hackney, avec les médiateurs des pays d’origines permet aux partis d’être mieuxreprésentés dans la sphère internationale. Nous pouvons en déduire que cette placed’intermédiaire a un impact sur la politisation de la diaspora : « My actions are perhaps unproductive,but I share ideas, I’m politically engaged and I try to keep a contact with the political member of UFC in Togo» (Faure) 20 . Le rôle des médiateurs en contact avec la diaspora réside essentiellement dans ladiffusion des informations qui pourraient rendre compte des différentes démarches etprocédés anticonstitutionnels utilisés par les gouvernements dans le pays d’origine. Lacoordination entre les membres actifs sur le terrain et les ressortissants à l’étranger peutpermettre d’étendre l’impact des revendications et des causes défendues : « Actually in a sense yes,people abroad are thinking, discussing and debating, but we are not on the field. But, I think it’s important tofind the balance between both, a part of the movement really active in the country, and another part who is tryingto develop, and enlarge the popularity of the cause defended » (Faure) 21 .17 Traduction : « il utilise Internet pour les informations, la connaissance, et une ouverture versle monde extérieur ».18 Traduction : « Je sais que mon frère est très concerné par ce qu’il se passe dans le monde, etil participe régulièrement à des forums en ligne, me pause des questions, et me donne son idéede la société congolaise ».19 Traduction : « Mon frère me dit souvent qu’il débat avec mes parents des programmesgouvernementaux au Togo, et les connaissances qu’il développe grâce à Internet lui permettentd’argumenter ses idées, et d’étaler son savoir autour de lui ».20 Traduction : « Mes actions ne sont peut-être pas efficaces, mais je partage mes idées, je suispolitiquement engagé et j’essaye d’entretenir un contact avec les partisans politiques de l’UFCau Togo ».21 Traduction : « En fait, en un sens oui, les gens à l’étranger pensent, discutent, débattent,mais nous ne sommes pas sur le terrain. Cependant, je pense qu’il est important pour nous detrouver la balance entre les gens très actifs sur le terrain, et ceux qui essayent d’élargir et depopulariser la cause défendue ».
  11. 11. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 137 Cependant comme le rappel Pascal Egré (2002), le « militantisme virtuel » ne doit pasêtre une substitution, l’échange d’informations via Internet n’ayant en aucune mesure le mêmeimpact qu’une manifestation populaire, ou une révolution. Cette nouvelle place que les jeunes ont dans l’organisation des familles en Afriquen’est pas sans conséquences non seulement dans les hiérarchies intrafamiliales, mais aussi dansles rapports de genre. Le fait est que les anciennes générations ne sont en aucun cas en mesurede jouer ce rôle d’intermédiaire, les bouleversements que risquent d’entraîner ces changementssemblent donc irréversibles : « I cannot deny that his role has increased. But, I think it’s happening in alot of household in Togo, and perhaps broadly in Africa. The Internet, and basically communicationstechnologies concern a great deal more younger people, so much that their role have changed, and they now have alouder voice. Especially relative to these kinds of economic trades, such as money transfer, well, everything relatedto the Internet » (Faure) 22 .III. INTERNET : UN NOUVEAU MEDIA QUI RISQUE DE REMETTRE ENQUESTION LES HIERARCHIES TRADITIONNELLES. Cette place d’intermédiaire qu’occupent les jeunes en ce qui concerne l’organisationdes relations diaspora / pays d’origine risque de devenir le détonateur d’un bouleversementremarquable des organisations traditionnelles dans les familles en Afrique. L’accès à Internetest vécu comme une ouverture sur le monde ; les jeunes, hommes comme femmes, s’étantrelativement familiarisés avec cet outil se retrouvent ainsi réellement impliqués dans la sociétéde l’information et de la communication. Ils développent des perspectives nouvelles, qui vontsouvent à l’encontre des coutumes et habitudes de vie dans leurs sociétés d’origines. Nousverrons dans un premier temps en quoi la prise de pouvoir par les jeunes, et leur accèsgénéralisé à l’information risquent de remettre en cause la position des « anciens », souventconsidérés comme les détenteurs du savoir. Dans un deuxième temps, nous montrerons enquoi la connexion des femmes avec les réseaux transnationaux leurs donnent de nouvellesambitions, et perturbent les rapports de genre.1. Internet ou l’accroissement du décalage entre les générations. Le nouveau rôle des jeunes, à la fois « médiateur » de l’information, mais aussigestionnaire de l’argent transféré depuis les communautés de migrants, leur accorde de plusimportantes responsabilités vis-à-vis de leurs familles : « he has more responsibilities than before, hedecides many things for the family. (Il s’arrête un moment, avant de reprendre). He’ve got power » (Samuel) 23 . Cependant, les plus anciens qui voient souvent d’un mauvais œil l’introduction etl’usage d’Internet en Afrique, perdent de leur crédibilité, leur savoir étant parfois remis encause. En fait, nous sommes face à une opposition de pensée entre les jeunes, dont les22 Traduction : « Je ne peux pas renier que son rôle s’est accru. Mais je pense que c’est unphénomène remarquable dans beaucoup de foyers au Togo, et peut-être plus largement enAfrique. Internet, et plus simplement les technologies de la communication, concerne bienplus les jeunes, tellement que leurs rôles ont évolués, et leurs voix sont entendues.Spécialement dans les échanges économiques, les transferts, en gros, tout ce qui est lié àInternet ».23 Traduction : « Il a plus de responsabilités qu’avant, il décide d’énormément de choses dans lafamille. Il a du pouvoir ».
  12. 12. 138 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)motivations, les idées et les projets d’avenir sont essentiellement tournés vers l’extérieur, alorsque les plus anciens ont une vision plus « traditionnelle » de la société africaine. L’expérience de Faure et de ses frères et sœurs est ici très représentative. Dans leurfamille au Togo, nous assistons à une évolution des relations entre les générations, illustrée pardes visions de l’avenir diamétralement opposées. Le grand père de Faure considère que ledépart de déjà trois membres de la famille à l’étranger est suffisant, d’autant plus que deuxd’entre eux ont pratiquement coupé tout contact avec le pays. Les nouvelles perspectives(nourries par Internet essentiellement) de ses deux frères et sœurs sont principalementmarquées par un désir de migration, le but étant de partir étudier à l’étranger. Nousremarquons facilement à travers cet exemple le décalage que représentent ces nouvellesorientations par rapport aux visions plus enclavées des anciennes générations. La présencerégulière dans les cybercafés, la connexion avec les membres de la diaspora, et l’accès à unemasse d’information considérable sur le monde d’aujourd’hui, offrent un tableau du mondeextérieur vécu comme un paradis. D’autant plus que les migrants ne manquent pas de vanterleur nouvelle situation, et de donner une image très positive du monde dans lequel ils se sontinstallés : « My brother is always telling me that the time he spends in the Internet coffee is a way to escape thedaily life, to dream about better places, and to open his mind to the world. Basically, he wants to move away, toevolve and to change every thing, I think he is pissed off with the older generation way of thought, and Iunderstand that well » (Samuel) 24 . L’implication des jeunes dans les réseaux Internet est à l’origine d’un réel choc entreles générations, remettant en cause le pouvoir et le savoir des anciens. Bien qu’à l’intérieur dupays ils soient toujours considérés comme tels, leur influence sur les jeunes devient de plus enplus limitée, et leur scepticisme face à l’utilité d’Internet ne fait que renforcer ce décalage :« Things are changing, and very quickly, I told you the incomprehension between my sister and her elder abouther use of the Internet. And this gap is similar for the whole older generation. Migration is still important inAfrica, but what has changed is that even people who are still home is hugely connected to the foreign world »(Faure) 25 . Cette incompréhension qui affecte les relations entre les jeunes et les anciens risquede s’accroître au fil du temps. L’indispensable implication des sociétés africaines sur le terrainvirtuel que représente Internet ne touche encore qu’une part trop faible de la population, et lessuspicions émises par les anciens concernant cet outil risquent d’amplifier ce phénomène demigration de masse. A la place d’une introduction massive d’Internet en Afrique, et unereprésentation plus conséquente du continent sur « la toile », on risque d’aller vers une fuite deplus en plus massive des nouvelles générations. Le bouleversement des rapports entre les générations risque d’être d’autant plusamplifié si l’on se pose la question du partage du savoir. En Afrique noire, les connaissances nesont que très rarement échangées, marquant une sorte de monopole du savoir par les« anciens ». Internet (espace fondamentalement basé sur la circulation des informations) donnel’opportunité aux nouvelles générations d’acquérir un savoir qui s’oppose au monopole des24 Traduction : « Mon frère me raconte sans cesse que le temps qu’il passe dans le cybercafé estun moyen d’oublier la vie de tous les jours, de rêver d’endroits meilleurs, et de s’ouvrir aumonde. Simplement, il veut partir, pour évoluer et tout changer, je pense qu’il ne supporte plusles modes de penser de l’ancienne génération, et je le comprend ».25 Traduction : « Les choses changent, et très rapidement, je t’ai parlé de l’incompréhensionentre ma sœur et son aîné concernant l’utilisation d’Internet. Ce décalage est semblable àl’ensemble de l’ancienne génération, la migration a toujours été importante en Afrique, mais cequi a évolué, c’est que même les gens au pays sont connectés vers le monde extérieur ».
  13. 13. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 139« anciens ». Il donne la possibilité de s’ouvrir à la fois à des savoirs et au monde extérieur, aurisque de profondes transformations des rapports entre les générations.2. Le bouleversement des rapports de genre : vers une émancipation desfemmes Ce phénomène d’ouverture vers l’extérieur et ce décalage grandissant entre lesgénérations touche aussi les femmes. A travers les entretiens nous avons constaté à quel pointles jeunes femmes encore au pays se retrouvent emprises d’un désir d’émancipation etd’épanouissement par rapport à leur mode de vie traditionnel. En effet, la place de la femme se résumait très souvent à un rôle d’éducation desenfants et d’entretien des jardins aux alentours des maisons. Depuis la crise des matièrespremières, et des grandes monocultures qui faisaient tourner l’économie de beaucoup de paysen Afrique, les femmes ont acquis une place plus importante dans l’organisation économique ;notamment en matière de commerce et de production. Leurs petites parcelles deviennent dessources de revenus non négligeables pour les ménages (ventes des productions agricoles sur lesmarchés urbains). Cette émancipation féminine dans le commerce intérieur leur a donné deplus grandes responsabilités, et a quelque peu perturbé la hiérarchie entre les hommes et lesfemmes, ces dernières ayant souvent entre les mains la gestion des ressources financièresprincipales des ménages. L’introduction des TIC en Afrique, associée à l’accès à Internet relativement facile, apoussé les femmes à utiliser cet outil pour se mettre en relation avec les membres de ladiaspora (pour beaucoup avec leur mari qui est déjà parti à l’étranger) et élargir leur commerceau delà des frontières nationales. Du fait de cette fréquentation régulière des cybercafés, ellesont eu accès à une information plus massive, ont pu débattre de leur situation sur « la toile »,nourrissant de nouvelles perspectives en matière d’avenir : « I know that my wife is in a dire need tomove abroad, she wants to leave the country, so I tell her how things are happening here, how are the lectures, theeveryday life. In a sense, the Internet permits her to escape from the everyday life there, and to open her mindtoward new perspectives. She can access to some forums, visit web sites, and speak with me, abroad » (Laolu) 26 . Nous assistons donc encore ici à un probable bouleversement de l’organisation de lasociété au niveau interne. Les femmes, conscientes de leur rôle accru dans la gestionéconomique des ménages, ont de nouvelles ambitions et entretiennent de plus en plus souventle désir de quitter le pays. Elles veulent intégrer des modes de vies dans lesquels la femmebénéficie de plus de considération : « she can have some news about me and our cousins in France, whichgives her the desire to follow us, to leave the country, to study in a foreign university, she is really keen onstarting a new life. She doesn’t want to stay there, to married a man, grown up children, and follow this routine(…). She is always accounting me about debates she had, always questioning herself about the relation with hercourses, she is studying international relationship. I think that through the Internet, she has extremely increasedher willing to leave » (Faure) 27 .26 Traduction : « Je sais que ma femme a vraiment besoin de partir, elle veut quitter le paysalors je lui dis comment les choses se passent ici, comment sont les cours, la vie de tous lesjours. En un sens, Internet permet de fuir le quotidien, et de s’ouvrir à de nouvellesperspectives. Elle peut participer aux forums, visiter des sites, et parler avec moi ».27 Traduction : « elle peut avoir des nouvelles de moi et mes cousins en France, ce qui la pousseà partir, pour étudier à l’étranger, elle a vraiment envie de changer de vie. Elle ne veut plusrester, se marier, élever les enfants, et suivre cette routine (…). Elle me parle toujours desdébats, elle met tout en relation avec ses cours, elle étudie les relations internationales. Je pensequ’Internet a extrêmement accru sa volonté de partir ».
  14. 14. 140 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008) Il s’agit donc là d’une réelle mutation dans les rapports de genre. Elle s’est amorcéeavec la chute du prix des matières premières, plaçant la femme dans une position privilégiée enmatière de gestion commerciale ; puis dans un second temps, par l’introduction d’Internet, quilui a donné une plus grande ouverture sur le monde. L’influence de la radio et de la télévision,les responsabilités en matière de ressources financières que les femmes ont acquises au sein dela famille les ont placées comme prioritaires pour jouer le rôle d’intermédiaire avec lescommunautés de migrants. De plus, nous remarquons que ces nouvelles perspectives émanent d’un réel désir defaire changer les choses, et d’une grande motivation de leur part : « she had hard time for that, afterprimary school, she had her husband already. But she didn’t want to married at all. That was a year ago, andshe was already discussing with me, going on forums. I think that was step by step that thing have changed »(Faure) 28 . Cette recrudescence de la fréquentation des cybercafés par les femmes a aussientraîné un effet boule de neige. Les premières (maillon intermédiaire de l’organisationrelationnelle de la diaspora avec le pays d’origine) ont vite diffusé les avantages de cet outil etencouragé leurs proches à utiliser Internet afin d’élargir leurs visions des rapports de genre(débats sur des forums, échanges d’idées, aperçus sur l’organisation des sociétés« occidentales » : « approximately once a week, she is going in the website Planetafrique.com, where she canshare a lot of debates, about situation in Africa, and many other topics » (Faure) 29 . « She is always spreadingthe advantages of this new communication and information tool to her fellows, and she told me that a lot ofwomen are coming with her to learn and use the computers » (Laolu) 30 . D’une manière générale nous pouvons donc considérer que la nouvelle génération estplus impliquée dans la société de l’information via Internet, et donc plus intégrée dans lesréseaux relationnels mondialisés. Ce phénomène touchant les jeunes hommes comme lesjeunes femmes est à l’origine d’un décalage grandissant entre les anciennes et les nouvellesgénérations, qui risque d’entraîner de profonds bouleversements des hiérarchies et desorganisations familiales en Afrique. Cependant, ces perspectives d’avenir tournées vers« l’occident », qui touchent la jeunesse en général, ne sous-entendent pas que les migrantspartent pour tirer un trait sur leur passé, et se détacher définitivement de leur identité d’origine.A l’inverse, les ambitions de départ sont essentiellement poussées par l’idée qu’ils seront plusefficaces à l’étranger pour aider la famille financièrement, et qu’en même temps, de manièrepersonnelle, ils pourront s’ouvrir à de nouvelles cultures et modes de vie : « while we are awayfrom home, not able to help parents for everyday work, harvests, we are still belonging to the homeland. I willnever leave my family definitely, I’m here to study, but I want later to use my skills and knowledge to help them» (Faure) 31 .28 Traduction : « ça a été difficile, elle a eu des moments difficiles après l’école. Elle avait unmari, mais ne voulais pas rester dans cette situation. C’était il y a un an, elle discutait déjà avecmoi, allait sur les forums ; c’est petit à petit que les choses ont changés ».29 Traduction : « A peu près une fois par semaine, elle visite le site Africaforum, où elle partageses idées à propos de la situation en Afrique et d’autres sujets ».30 Traduction : « Elle diffuse régulièrement les avantages que représentent les nouvellestechnologies d’information et de communication à ses amies, et elle m’a dit que beaucoup defemmes l’accompagnent au cybercafé pour apprendre à se servir des ordinateurs ».31 Traduction : « Bien que l’on soit loin de chez nous, incapable d’aider nos parents pour lestravaux quotidiens, les récoltes, nous considérons toujours appartenir à ce pays. Je ne quitteraijamais ma famille, je suis ici pour étudier, mais je veux utiliser le savoir que j’aurais acquis icipour les aider ».
  15. 15. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 141 On peut schématiser cette évolution en soulignant la place des nouvelles générationsdans la connexion avec le monde extérieur et les potentiels bouleversements que cela pourraitentraîner (voir schéma n°2). Bouleversement des rapports : -entre les générations -de genre Schéma n°2 : Le rôle central des « médiateurs » : à l’origine de probables perturbations de Remise en cause du Rôle économique savoir des anciens central l’organisation sociétale en Afrique. (Stebig Jonathan). Pays d’origine Répartition de l’argent dans la famille Réalisation des investissements Diffusion des informations du « web » Meilleur appropriation d’Internet Nouvelles générations : Connaissances de l’anglais (écrire, lire) Hommes et Médiateur femmes jeunes Moins de suspicions que les anciens Ouverture sur le monde Discussions sur les actualités Transferts d’argent Pays d’accueil Légende du schéma n° 2 : Désir de migration Causes personnelles accru Conséquences personnelles Conséquences pratiques et matérielles Probables effets politiques et sociaux
  16. 16. 142 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)CONCLUSION Il convient de souligner le caractère ponctuel de l’observation. Bien que ce nouveaurôle des jeunes générations en position de « médiateur » de la diaspora revienne dans la plupartdes entretiens, l’analyse n’est fondée sur aucune étude statistique, l’échantillon de personnesrencontrées restant assez limité (aux alentours de trente). Notamment le rôle des femmes, n’aété pris en compte qu’au travers de témoignages indirects. L’établissement de ces hypothèsesest construit uniquement à partir de récits de migrants qui parlent de la situation des femmesdans leur pays d’origine. Les analyses doivent être considérées comme des pistes de recherche, et non pascomme des conclusions qui seraient peu fondées. Les phénomènes étudiés semblent être enpleine phase de mutation, ce qui oblige à limiter ces idées à des suppositions appuyées sur levécu et les récits des migrants. Cette articulation entre le réseau transnational de la diaspora et le pays d’origine parl’intermédiaire « d’un médiateur » va avoir des répercussions énormes sur le pouvoir que vontdétenir ces intermédiaires, en matière d’information, de connaissance et de savoir-faire(maîtrise des technologies de la communication et de l’information du monde moderne). Cetteappropriation d’Internet, qui submergera l’Afrique tôt ou tard, va ouvrir à ces personnes desperspectives d’avenir déterminantes. Du côté de la diaspora, le cybercafé représente le lieu où le migrant va entretenir desrelations avec les membres de sa famille restés au pays, et garder une sensibilité envers sonpassé et sa terre d’origine, « la mère patrie » ou « homeland » en anglais ; c’est un sentimentd’appartenance qui se transforme en véritable mythe pour les migrants de deuxièmesgénérations, nés dans l’espace d’accueil, qui ont une vision mythique de cette terre d’origine. Ainsi, l’articulation entre les trois échelles d’appartenance du migrant (locale,transnationale, et « nationale »), essentielle à l’entretien de son identité, émane de ce lieu quidevient un véritable centre pour le maintien du dynamisme identitaire de la diaspora. Pour clore cet article sur une note plus optimiste, soulignons que les TIC semblentêtre un outil très efficace pour les diasporas. Bien que la mise en place de programmesd’orientations du capital humain et matériel que représente la diaspora vers les pays d’originesoit encore inexistante ; les TIC jouent un rôle central dans le dynamisme de ces communautésde migrants. Support d’une identité qui se construit sur une articulation des échellesd’appartenance, le réseau virtuel donne l’opportunité aux diasporas de coordonner leursactions, au niveau local, transnational, et vers le pays d’origine. En abordant la question du côté du pays d’origine, la nouvelle place qu’occupent lesjeunes semble entraîner d’importants bouleversements, d’autant plus que la situation ne semblepas pouvoir s’améliorer. En effet, la position des nouvelles générations (qui jouent le rôle de« médiateur ») dans la coordination avec le réseau international d’information et decommunication ne fait qu’accentuer leurs désirs d’ouvertures vers l’extérieur. Nous sommesdonc face au développement d’un réel cercle vicieux ; l’incompréhension entre les générationsvis-à-vis des opportunités que représentent Internet risque d’accentuer ce décalage, et pousserles jeunes à envisager leur avenir dans des perspectives de migrations. La fuite de cespopulations, les mieux placées pour orienter les pays d’origine vers une réelle appropriation desréseaux Internet, risque de limiter l’implication des pays africains dans les réseauxd’information et de communication transnationaux, un espace virtuel de plus en plus centraldans l’ère de la mondialisation.
  17. 17. L’APPROPRIATION DES TIC PAR LES DIAPORAS 143REFERENCESCHENEAU-LOQUAY Annie (dir.) (2004), Mondialisation et technologie de la communication en Afrique, Karthala / MSHA, 328 p.CHÉNEAU-LOQUAY Annie (2004), « Formes et dynamiques des accès publics à Internet en Afrique de l’Ouest : vers une mondialisation paradoxale ? », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, pp. 171- 207.COHEN R. (1997), Global Diasporas: An Introduction. London: UCL Press.DAUM C. (1998), « Immigrations, politiques de coopération et développement des pays dorigine », in CNRS – URMIS : Rapport annuel de lObservatoire permanent de la coopération française. s.l. : Karthala, pp101 à 152.DIMINESCU Dana (2006), Le migrant connecté. La conférence de lUniversité de tous les savoirs du lundi 9 janvier 2006. (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3328,36- 725370@51-721464,0.html).DIMINESCU Dana (2002 [b]), « Migrants à l’âge des nouvelles technologies ». Hommes et migrations : Migrants.com (1240), nov.-dec. 2002, pp 6-10.EGRE P. (2002), « Internet, nouveau territoire de lutte pour les opposants en exil », Hommes et migrations : Migrants.com (1240), nov.-dec. 2002, pp 53-61.GEORGIOU M. (2002 [a]), « Les diasporas en ligne, une expérience concrète de transnationalisme », Hommes et migrations : Migrants.com (1240), nov.-dec. 2002, pp10-19.GUEYE C. (2003), « Appropriation des NTIC par le réseau des caisses dépargnes et crédits pour les femmes au Sénégal », Communication présentée à l’université d’Hourtin, Gironde, 25-28 Août, in Colloque international : Les fractures numériques Nord/Sud en question : Quels enjeux ? Quels partenariats ? (www.africa’nti.org).INSTITUT PANOS (1999), Internet à lusage des journalistes africains, Paris, Karthala. 95p.MEYER J. (2003), « La mise en place des réseaux de compétences expatriés » (Résumé d’un colloque visioconférence, Diaspora et mobilisation des compétences, www.jbmeyer.net).NTAMBUE-TSHIMBULU R. (2001), LInternet, son web et son e-mail en Afrique, Paris. LHarmattan. 353p.TUDESQ A., J. (2000), « Linfluence des radios et des télévisions étrangères sur la vie politique en Afrique subsaharienne », (Art. 18). in Chéneau-Loquay A. (ed.). Enjeux des technologies de la communication en Afrique : du téléphone à l’Internet. s.l. : Karthala. 420 p., pp. 355 à 374. (www.africa’nti.org).
  18. 18. 144 NETCOM, vol 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008)

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