JEAN PORUS, MAIRE DE BÉNODET
Pourquoi s'intéresser spécialement
à Jean PORUS, qui ne fut maire de
Bénodet que pendant moin...
C'est Jean PORUS qui a en quelque
sorte créé la fête du Letty : le jour de la
fête nationale, il mettait une barrique de
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Rappelons que la guerre de Crimée
(1854-1855), sous le Second Empire, se
résuma dans le siège de Sébastopol, qui
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Les personnages du Pays de Fouesnant - phpw7 swfi

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  1. 1. JEAN PORUS, MAIRE DE BÉNODET Pourquoi s'intéresser spécialement à Jean PORUS, qui ne fut maire de Bénodet que pendant moins d'un an, à la fin du XIX e siècle ? C'est que l'on ignorait son origine, bien qu'il fût propriétaire du manoir du Letty où il a longtemps vécu, qu'il fût élu conseiller municipal, adjoint au maire, puis maire de la commune. L'état-civil de notre homme était inconnu; on savait seulement qu'il n'avait pas connu ses parents, qu'il était marié à Catherine TANGUY, puis qu'il est mort à Bénodet le 13 septembre 1891 à l'âge de 76 ans. Dans le court moment où il a été aux affaires municipales, Jean PORUS a affiché une position politique bien déterminée, et la volonté de lutter contre les pratiques abusives des familles dominantes. Une proposition faite en conseil municipal de faire une avance d'argent à la commune pour faire face à une échéance montre aussi qu'il était dans une situation financière aisée. A partir de ces données, nous avons trouvé que la veuve de Jean PORUS, Luce Corentine Catherine TANGUY, est décédée à Bénodet le 10 février et qu'elle était née à Pont-Croix le 18 décembre 1820; mais le registre des naissances de cette ville ne comporte aucune mention marginale de mariage, et le couple n'a pas de descendance connue. La famille FENNEC étant réputée avoir bénéficié des libéralités du couple PORUS, nous avons pensé demander à Mr et Mme Raymond PENNEC, au LettyIzella, ce qu'ils savaient de la vie de Jean PORUS. Mme PENNEC, actuellement âgée de 87 ans, a évoqué ses souvenirs : "J'ai beaucoup entendu parler de Jean PORUS par LOUCH Parc- Bras (Louis NÉDÉLEC), qui avait été à son service comme jardinier et cocher, et par Marie PALUD (Mme Le ROY) qui faisait pour le ménage des travaux de couture à domicile. Et aussi dans la famille PENNEC, qui a hérité de toute sa fortune au décès de Mme PORUS. Jean PORUS avait fait la guerre de Crimée. Il en était revenu, à pied, en compagnie de mon grand-père, Michel NÉDÉLEC, de Kerc'hen. Ils disaient avoir beaucoup souffert, avoir été réduits à manger des rats pour ne pas mourir de faim. On a toujours dit que Jean Porus n'avait pas connu ses parents, qu'il avait été confié à l'Assistance Publique et qu'il fut gagé très tôt dans des fermes. Il s'engagea dès qu'il en eut l'âge et quitta Quimper en promettant à Saint Corentin de ne revenir au pays que lorsqu'il aurait de quoi mettre du pain sur la table. Je ne sais pas à quel moment, ni dans quelles circonstances PORUS et sa femme sont venus à Benodet. On sait seulement qu'ils ont fait construire le manoir du Letty - actuellement propriété de Marie PENNEC, veuve PERROT- qu'ils avaient de nombreux biens dans la commune: à Kerlidou (avenue de l'Odet), rue de l'Église, rue Kerguélen (l'emplacement de l'actuel Hôtel des Bains de mer), la ferme du Letty ... Madame PORUS avait fait de ma belle-mère, Mme Jean PENNEC, née Jeanne-Marie RIOU, en 1865, à Plogoff, sa légataire universelle: j'ai vu le document. C'est ainsi qu'ensuite mon mari et les autres enfants Pennec se sont partagé cet héritage. 1/3
  2. 2. C'est Jean PORUS qui a en quelque sorte créé la fête du Letty : le jour de la fête nationale, il mettait une barrique de cidre en perce, et invitait ses amis, nombreux pour la circonstance, plus d'une centaine paraît-il, à venir partager sa liesse. Louch et Marie m'ont souvent dit que Jean PORUS était un homme charitable, qu'il aidait beaucoup les pauvres. Avant de se marier, Mme Porus était commerçante à Quimper. Je crois qu'elle tenait un commerce de mercerie près des halles, peut-être dans la rue Astor." Cette dernière précision m’a conduit à faire des recherches à Quimper, où j'ai découvert les documents attestant la naissance de Jean PORUS et son mariage avec Luce Corentine Catherine TANGUY ; ils ne sont pas banals : "Jean Jacques Marie PORUS, né de père et de mère inronnus, a été exposé à l'âge de trois jours, le 7 février 1815 à minuit, à l'hospice civil de Quimper, avec un petit trousseau comprenant une vieille chemise, un vieux gilet, deux vieux drapeaux, une coiffe, deux bonnets, et un vieux maillot. " - N-B: le "drapeau" désigne un morceau de drap ou de linge. Le mariage de Jean PORUS et de Luce TANGUY a été célébré en la mairie de Quimper le 13 septembre 1858 à 8 heures du soir. Le marié est sous-officier pensionné, décoré de la médaille militaire et de l'ordre impérial du Medjidié; la mariée est marchande de mercerie, habitant Quimper avec sa mère, veuve de JeanMarie TANGUY, préposé des Douanes. Les témoins sont nombreux, commerçants et amis voisins de la mariée: un marchand de parapluies, un marchand de sel, un boucher, un commis ... La douzaine de signatures au bas de l'acte attestent un milieu commerçant relativement instruit. On comprend mieux ainsi l'aisance du couple PORUS : lui, ancien militaire pensionné; elle, vendant son fonds de commerce pour acheter et s'installer à Bénodet. Cette aisance, à un moment où l'argent était rare, excitait les imaginations dans la population. On prétendait qu'une dame inconnue, sans aucun doute la mère de Jean PORUS, déposait régulièrement de l'argent au compte de son protégé, chez le notaire. Après tout, pourquoi pas ? Après la mort de Mme PORUS, les documents du ménage ont été dispersés dans la famille PENNEC. Pour sa part, Raymond détient l'écharpe de maire, une épée, et un fort joli médaillon contenant les décorations de Jean PORUS, quatre médailles, celle de Crimée en bonne place et correspondant exactement à la description officielle: "La médaille de Crimée a été offerte en 1856 par la Reine d'Angleterre Victoria aux militaires de tous grades qui prirent part à la guerre de Crimée. D'un fort module, elle est en argent et porte d'un côté l'effigie de la fondatrice; de l'autre un guerrier couronné par la Victoire. Ruban bleu liséré de jaune. Chaque bataille à laquelle le titulaire a assisté est rappelée par une agrafe en argent passée sur le ruban ". La médaille de Jean PORUS porte les noms ALMA et SÉBASTOPOL. Quant au retour de Crimée, à pied, nos grands-pères le chantaient encore en disant: "Nous étions bien fatigués Il , et en contant leurs bonnes et mauvaises fortunes. 2/3
  3. 3. Rappelons que la guerre de Crimée (1854-1855), sous le Second Empire, se résuma dans le siège de Sébastopol, qui dura un an, et fut extrêmement meurtrier tant en raison des combats que des mauvaises conditions climatiques et de l'insuffisance des approvisionnements : La moitié du corps expéditionnaire français périt de scorbut ou de choléra. Pourquoi les époux PORUS ont-ils choisi Bénodet comme lieu de résidence ? A l’approche de cette fin du XIX e siècle, Bénodet était déjà prisé pour les "bains de mer», et les familles quimpéroises aisées y venaient l'été ou commençaient à s'y installer définitivement. Sans doute les PORUS étaient de ceux-Ià. On peut penser que l'ancien camarade de Crimée, Michel NÉDÉLEC, n'a pas été étranger au choix de ce coin si agréable du Letty, à deux pas de la Mer Blanche. Ce nouvel éclairage sur la vie de Jean PORUS ne prétend pas faire toute la lumière sur son destin peu ordinaire. C'était certainement un homme de caractère, pour avoir accédé à une situation enviable, à une époque où les "enfants trouvés" étaient particulièrement mal lotis au départ de l'existence. Quant au nom de "PORUS", il restera une énigme. Lui-même pensait (il l'aurait dit à Mme Le ROY, plus connue sous le nom de Maï PALUD) que son nom correspondait à la phonétique du breton "paotr ruz", pour "enfant de la rue", ou plutôt "garçon rouge (roux)". René BLEUZEN 3/3

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