SOCIALISME ET
MOUVEMENT OUVRIER
Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875.
Une approche de la période
1919-1939 par la vie et l’œuvre
de Georges Grosz.
Les Objectifs :
Etudier une idéologie dans son rapport au monde ouvrier et à ceux (partis et
syndicats) qui s’en réclament.
 Etudier la réflexion menée par les socialistes entre l’action révolutionnaire
affirmée et la participation aux différents pouvoirs
 S’interroger sur les évolutions du socialisme et du mouvement ouvrier dans le
cadre des grandes crises du XX e siècle
2
Le cadre de l’étude : l’Allemagne depuis 1875
comme pays emblématique de la question telle
qu’elle se pose en Europe.
6 H
Les pré-requis
Quelques grands événements :
1871 : l’Unité allemande : deuxième Reich
1889 : l’Internationale ouvrière
1914-1918 : Première Guerre mondiale
1917 : Révolution communiste en Russie
1919 : Traité de Versailles
1919 : l’Internationale communiste (Kominterm)
1919-1933 : République de Weimar
1933 : Hitler Chancelier
1936 : Victoire du Front populaire en France.
1939-1945 : Deuxième Guerre mondiale
1945.1989 : RFA/RDA
dans le cadre de la Guerre froide.
1989 : Chute du mur de Berlin
1990 : réunification de l’Allemagne
Quelques notions :
( définitions simples à enrichir)
Socialisme
Communisme
Syndicalisme /syndicats :
Classe ouvrière / Monde ouvrier
Capitalisme
Nazisme
Quelques figures historiques:
Marx/ Engels
Bismarck
Lénine/ Staline
Hitler
Comment les réactiver ?
La séquence : 6 H- 3 séances de 2 H-
Séance 1 :
Affirmation du socialisme et
du mouvement ouvrier
1875-1914
Séance 2 :
Divisions des socialistes
face aux défis de l’entre-
deux guerres
Séance 3 :
Après 1945, de la rupture à
une nouvelle identité.
Séance 2 :
Divisions des socialistes
face aux défis de l’entre deux-guerres
Les questionnements :
Pourquoi les socialistes se divisent-ils à la fin de la Première Guerre mondiale ?
Pourquoi cette division a-t-elle des conséquences
particulièrement graves en Allemagne?
L’entrée :
Un peintre engagé dans le mouvement ouvrier et son œuvre : Georges Grosz
La démarche
Cadrage
chronologique
A partir du parcours
de Georges Grosz
Phase orale collective
Introduction des
questionnements
par le professeur
Découverte et
analyse critique
des œuvres
Observation.
Description
( phase de réflexion
individuelle élèves)
Apports des éléments
d’analyse critique
( phase magistrale ou
semi-dialoguée)
Synthèse des
informations
( sous forme d’une
chronologie
commentée- Phase
orale collective ou
travail individuel)
Ouverture sur
l’Europe
( Phase magistrale)
Introduction de la
séance suivante
à partir d’une
œuvre de Georges
Grosz
( Phase magistrale
ou
Exercice élève/
recherche à la
maison)
Georges Grosz : «  un petit oui pour un grand non »
Georges Grosz est né à Berlin en 1893. Supportant difficilement
l’éducation prussienne, il est renvoyé de plusieurs établissements
scolaires mais parvient à suivre des études artistiques à l’Académie
royale de Dresde puis à Berlin.
Volontaire en 1914, il combat pendant deux ans avant d’être réformé
en 1917 pour raisons de santé.
Il défend la Révolution soviétique et adhère au parti communiste
allemand ( KPD) en 1918. Il participe à la révolution allemande dans
les rangs des Spartakistes et est arrêté en 1919.
Pendant la République de Weimar, il s’ engage pour la cause ouvrière
et critique avec violence la société et le pouvoir en Allemagne.
En 1922, il passe six mois en Russie et ce voyage où il est témoin de la
misère et de la bureaucratie, le conduit à quitter le parti communiste
en 1923. Il poursuit cependant sa critique sociale et politique dans son
œuvre artistique.
Il émigre aux Etats-Unis quelques jours avant l’arrivée d’Hitler au
pouvoir en 1933. Le régime nazi lui retire sa nationalité allemande. En
1937, ses œuvres occupent une place de choix dans l’exposition sur «
l’Art dégénéré ». Il devient citoyen américain en 1938. Il ne revient en
Allemagne qu’après la seconde guerre mondiale. Il meurt à Berlin en
1959.
A partir d’un récit
bref et neutre de la
vie de G. Grosz,
On situe et éclaire
les principaux
régimes et
événements :
Empire Allemand
Ière GM
Révolution
bolchevique
Révolution
Allemande
République de
Weimar
Allemagne Nazie
2 GM
1917-1919 : « Allemagne, Conte d’hiver »
G. Grosz analyse la société allemande
L’aristocratie et la bourgeoisie allemandes
se cramponnent à leurs biens et valeurs
communs.
Tandis que le monde vacille : crise
économique, montée des nationalismes,
guerre
Les piliers du régime impérial
toujours présents :
L’église, l’armée, l’Ecole.
et que deux menaces pèsent sur cette classe
dirigeante : la décadence ou la Révolution.
Une œuvre réalisée alors que Grosz a déjà connu
le front, dans le contexte de son adhésion au KPD
en 1918 et de la proclamation de la République
allemande le 9 novembre 1918.
Eléments d’analyse critique :
 G. Grosz représente un courant minoritaire du socialisme allemand ( les
Spartakistes) qui se retrouve dans le KPD fondé en janvier 1917.
 Un courant qui :
Dénonce l’aveuglement de la classe dirigeante allemande et lui impute une
responsabilité dans la guerre.
Rejette la politique d’union sacrée et toutes les expressions du nationalisme
allemand.
Soutient la révolution bolchevique de 1917 et appelle à l’action révolutionnaire
sur ce modèle.
Cette position est opposée à celle du SPD, qui est devenu un parti réformiste
( révisionnisme de Bernstein) et qui soutient la politique d’union sacrée puis la
recherche d’une « paix honorable » après la défaite. Cette orientation est
massivement adoptée par les syndicats allemands qui constituent dès la fin du
XIXe siècle une forme d’organisation majeure du mouvement ouvrier.
Cette division entre socialistes révolutionnaires et réformistes est une division
doctrinale bien antérieure à la guerre ( 1871 : Congrès d’Erfurt- séance 1). Elle est
consacrée par la guerre et l’évolution interne de la révolution en Russie entre 1917 et
1919.
1919 1923
1919 : « Noske buvant à la mort de 
la jeune Révolution. »
G. Grosz dénonce la répression de
l’insurrection spartakiste.
A la tienne, Noske. Le prolétariat est désarmé.
Le social démocrate Noske, vêtu en
militaire fête l’écrasement de
l’insurrection spartakiste.
Les morts de la « semaine
sanglante » ( 6-13 janvier 1919)
jonchent le sol autour de lui.
Dessin paru dans « La Faillite », journal
Révolutionnaire au lendemain de
l’écrasement de l’insurrection spartakiste
pour laquelle G. Grosz a combattu.
1923 : « On réglera nos comptes »
G. Grosz, voix des socialistes radicaux
Un ouvrier en colère lève
un poing révolutionnaire
Il se tient dans un cimetière qui
évoque les sacrifices de la guerre.
Deux figurations de l’avenir à l’horizon :
celle dont il veut s’éloigner,
celle que doit apporter la révolution.
Dessin issu d’un recueil paru pendant la période
où G. Grosz est fortement engagé au sein du KPD
Eléments d’analyse critique :
 G. Grosz témoigne :
- de la violence de la répression de l’insurrection spartakiste :
1200 morts, assassinats de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg
- de la déchirure qu’elle provoque au sein du mouvement ouvrier et socialiste
Les dessins de Grosz montrent une radicalisation des oppositions
-ressentiment des anciens combattants
- montée de la violence
-influence de plus en plus grande du Kominterm sur la pensée des communistes
allemands
 Cette opposition se renforce jusqu’à la seconde guerre mondiale :
- du fait de la participation du SPD au gouvernement de la République de Weimar
aux côtés des catholiques (Zentrum) et des libéraux.
- de la bolchevisation du KPD qui est de plus en plus sous l’influence du Kominterm et
de l’URSS.
La politique sociale du SPD ( journée de 8h, conventions collectives,
assurance chômage..) ne suffit pas à endiguer la crise économique et politique.
La République de Weimar doit faire faire à de nouvelles oppositions.
14
1928 : L’agitateur
G. Grosz dénonce l’influence d’Hitler et
la montée du nazisme
Un personnage agité utilise tous les
moyens pour attirer les foules : Il promet
aux gens de satisfaire leurs besoins
matériels. Mais sa manière d’y parvenir
c’est la violence figurée ici par la
matraque en caoutchouc, la botte
militaire, et l’arme
Des représentants de toute la société
allemande l’écoute fascinés.
Le peintre dénonce clairement les nazis :
Le personnage est une caricature d’Hitler
Eléments d’analyse critique
 G. Grosz a dénoncé très tôt les dangers de la montée du nazisme et a
poursuivi ce combat jusqu’à la veille de l’arrivée d’Hitler au pouvoir.
Mais il ne mène plus ce combat auprès de ces anciens camarades du KPD
qu’il a quitté en 1923. Il intervient davantage sur un plan artistique dans le
cadre du mouvement Dada et s’éloigne du marxisme après son voyage en
Russie pour une pensée plus pessimiste, désespérée, une forme de
nihilisme qui ne croit plus à une amélioration possible de l’avenir immédiat. Sa
contestation de l’ordre établi demeure mais prend davantage la forme de
provocations artistiques : en 1930, il dessine un boucher caressant un
animal écorché dont les viscères sont posées au premier plan comme les
couleurs du peintre sur la palette.
 Comme le parti nazi, le KPD progresse à chaque élection, surtout après
1927. Il s’oriente sous l’influence du Kominterm vers une politique «
classe contre classe » qui fait du SPD le principal ennemi. ( 1928)
L’hostilité grandissante entre les socialistes du SPD et les communistes du
KPD rend impossible la constitution d’une union des gauches contre le
fascisme ( à de ce qui se fera après 1934 en France ou en 'Espagne).
L’antagonisme entre communistes et nazis existe bien mais il s’exprime
dans la violence de rue.
L’arrivée d’Hitler au pouvoir le 30 janvier 1933, suivie du vote de pleins
pouvoirs au nouveau chancelier et de l’interdiction des partis et des
syndicats a été facilitée par cette division.
1917-1919
G. Grosz dénonce la
guerre et la société ,
admire la Révolution
russe , et adhère au KPD
1919-1923
G. Grosz participe à
l’insurrection spartakiste
dont l’écrasement
radicalise son combat
contre la République de
Weimar et le SPD.
1923-1933
Déçu par l’évolution de
l’URSS, G. Grosz quitte le
KPD et mène un combat
artistique contre l’ordre
établi et dénonce la
montée du nazisme
Janvier
1933
G. Grosz
émigre aux
Etats-Unis.
La guerre remet en
question l’unité et la
puissance du mouvement
ouvrier.
L’opposition entre SPD et
KPD est consacrée par les
prises de positions sur
l’Union sacrée et de la
Révolution Russe
L’abdication de Guillaume II
provoque la proclamation de
la République. L’insurrection
spartakiste est écrasée sur
ordre du gouvernement ( SPD
et alliés) avec le soutien des
syndicats. La rupture entre
socialistes e t communistes
est consommée
Le KPD , sous l’influence
de l’URSS, refuse toute
union des gauches
contre les nazis.
Les réformes sociales du
SPD ne parviennent pas
à endiguer la crise.
février 1933
Partis et
syndicats
interdits.
Encadrement
du mouvement
ouvrier
République de Weimar
Le SPD au pouvoirSemaine
sanglante
Janvier
1919
11
novembre
1918
Armistice
Janvier
1933
Hitler
Chancelier
De L’ Allemagne à l’Europe…..
 En Europe, c’est la Révolution Russe qui divise les socialistes.
La question de l’adhésion à la troisième internationale (Kominterm) provoque
la scission . Exemple : En France, 1920 Congrès de Tour. ( SFIO/PCF. )
Mais la déchirure est moins violente dans les pays qui n’ont pas connu de risques
révolutionnaires importants à la fin de la guerre.
La stratégie « classe contre classe » encouragée par l’URSS stalinienne
jusqu’en 1934 est suivie par tous les partis communistes européens.
 Mais à la différence de l’Allemagne, face au danger fasciste, les partis de gauche
s’unissent après 1934 notamment dans des Fronts populaires.
1936: Victoire du Front populaire en France.
18
1944 : Caïn ou Hitler en enfer.
G. Grosz témoin de la ruine de
l’Allemagne.
Pour introduire le cours suivant
Le rouge très présent dans la
palette de Grosz n’est plus
celui de la Révolution mais
celui des incendies de la
guerre.
Le peintre n’a plus recours à
la caricature : Hitler est
représenté comme un soldat
allemand accablé.
Un tableau désespéré qui pose
la question de la responsabilité
du peuple allemand.
Eléments d’analyse critique :
 En 1944, G.Grosz est aux Etats-Unis : il a perdu sa nationalité allemande dès 1933
et est devenu citoyen américain. Il peint pendant cette période une série de tableaux
apocalyptiques qui témoignent de son horreur et de son désespoir face au sort de
l’Allemagne et de l’Europe.
Ayant dénoncé le nazisme dès les années 1920, il retrouve sa véhémence
pour mettre en cause la responsabilité de l’élite politique et intellectuelle allemande
Sa biographie parue en 1946 en est l’illustration.
 Ce tableau témoigne aussi de l’abandon définitif chez Grosz de ses espoirs
révolutionnaires.
En cause, le déchirement entre communistes et socialistes allemands mais aussi :
-La décapitation du mouvement ouvrier par les nazis par une violente répression et
l’encadrement des ouvriers. ( janvier 1934 : Grève interdite- Front allemand du travail)
- La prise de conscience de la ruine de l’Allemagne ( Berlin année 0)
Références des illustrations.
 Photographie de Georges Grosz : wikipédia
 Œuvres picturales reproduites dans :
Ivo Kranzfeller ,Georges Grosz 1893-1959, Tachen Basic Art, 2003
Ralph Jentsh, Enrico Crispelti ,Philippe Dagen, Georges Grosz, Berlin-New-york, 2008
 Œuvres graphiques reproduites dans :
Alexandre Dückers, Georges Grosz, The Graphic works, 1996.

Allemagne hdcffd

  • 1.
    SOCIALISME ET MOUVEMENT OUVRIER Socialisme,communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875. Une approche de la période 1919-1939 par la vie et l’œuvre de Georges Grosz.
  • 2.
    Les Objectifs : Etudierune idéologie dans son rapport au monde ouvrier et à ceux (partis et syndicats) qui s’en réclament.  Etudier la réflexion menée par les socialistes entre l’action révolutionnaire affirmée et la participation aux différents pouvoirs  S’interroger sur les évolutions du socialisme et du mouvement ouvrier dans le cadre des grandes crises du XX e siècle 2 Le cadre de l’étude : l’Allemagne depuis 1875 comme pays emblématique de la question telle qu’elle se pose en Europe. 6 H
  • 3.
    Les pré-requis Quelques grandsévénements : 1871 : l’Unité allemande : deuxième Reich 1889 : l’Internationale ouvrière 1914-1918 : Première Guerre mondiale 1917 : Révolution communiste en Russie 1919 : Traité de Versailles 1919 : l’Internationale communiste (Kominterm) 1919-1933 : République de Weimar 1933 : Hitler Chancelier 1936 : Victoire du Front populaire en France. 1939-1945 : Deuxième Guerre mondiale 1945.1989 : RFA/RDA dans le cadre de la Guerre froide. 1989 : Chute du mur de Berlin 1990 : réunification de l’Allemagne Quelques notions : ( définitions simples à enrichir) Socialisme Communisme Syndicalisme /syndicats : Classe ouvrière / Monde ouvrier Capitalisme Nazisme Quelques figures historiques: Marx/ Engels Bismarck Lénine/ Staline Hitler Comment les réactiver ?
  • 4.
    La séquence :6 H- 3 séances de 2 H- Séance 1 : Affirmation du socialisme et du mouvement ouvrier 1875-1914 Séance 2 : Divisions des socialistes face aux défis de l’entre- deux guerres Séance 3 : Après 1945, de la rupture à une nouvelle identité.
  • 5.
    Séance 2 : Divisionsdes socialistes face aux défis de l’entre deux-guerres Les questionnements : Pourquoi les socialistes se divisent-ils à la fin de la Première Guerre mondiale ? Pourquoi cette division a-t-elle des conséquences particulièrement graves en Allemagne? L’entrée : Un peintre engagé dans le mouvement ouvrier et son œuvre : Georges Grosz
  • 6.
    La démarche Cadrage chronologique A partirdu parcours de Georges Grosz Phase orale collective Introduction des questionnements par le professeur Découverte et analyse critique des œuvres Observation. Description ( phase de réflexion individuelle élèves) Apports des éléments d’analyse critique ( phase magistrale ou semi-dialoguée) Synthèse des informations ( sous forme d’une chronologie commentée- Phase orale collective ou travail individuel) Ouverture sur l’Europe ( Phase magistrale) Introduction de la séance suivante à partir d’une œuvre de Georges Grosz ( Phase magistrale ou Exercice élève/ recherche à la maison)
  • 7.
    Georges Grosz :«  un petit oui pour un grand non » Georges Grosz est né à Berlin en 1893. Supportant difficilement l’éducation prussienne, il est renvoyé de plusieurs établissements scolaires mais parvient à suivre des études artistiques à l’Académie royale de Dresde puis à Berlin. Volontaire en 1914, il combat pendant deux ans avant d’être réformé en 1917 pour raisons de santé. Il défend la Révolution soviétique et adhère au parti communiste allemand ( KPD) en 1918. Il participe à la révolution allemande dans les rangs des Spartakistes et est arrêté en 1919. Pendant la République de Weimar, il s’ engage pour la cause ouvrière et critique avec violence la société et le pouvoir en Allemagne. En 1922, il passe six mois en Russie et ce voyage où il est témoin de la misère et de la bureaucratie, le conduit à quitter le parti communiste en 1923. Il poursuit cependant sa critique sociale et politique dans son œuvre artistique. Il émigre aux Etats-Unis quelques jours avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933. Le régime nazi lui retire sa nationalité allemande. En 1937, ses œuvres occupent une place de choix dans l’exposition sur « l’Art dégénéré ». Il devient citoyen américain en 1938. Il ne revient en Allemagne qu’après la seconde guerre mondiale. Il meurt à Berlin en 1959. A partir d’un récit bref et neutre de la vie de G. Grosz, On situe et éclaire les principaux régimes et événements : Empire Allemand Ière GM Révolution bolchevique Révolution Allemande République de Weimar Allemagne Nazie 2 GM
  • 8.
    1917-1919 : «Allemagne, Conte d’hiver » G. Grosz analyse la société allemande L’aristocratie et la bourgeoisie allemandes se cramponnent à leurs biens et valeurs communs. Tandis que le monde vacille : crise économique, montée des nationalismes, guerre Les piliers du régime impérial toujours présents : L’église, l’armée, l’Ecole. et que deux menaces pèsent sur cette classe dirigeante : la décadence ou la Révolution. Une œuvre réalisée alors que Grosz a déjà connu le front, dans le contexte de son adhésion au KPD en 1918 et de la proclamation de la République allemande le 9 novembre 1918.
  • 9.
    Eléments d’analyse critique:  G. Grosz représente un courant minoritaire du socialisme allemand ( les Spartakistes) qui se retrouve dans le KPD fondé en janvier 1917.  Un courant qui : Dénonce l’aveuglement de la classe dirigeante allemande et lui impute une responsabilité dans la guerre. Rejette la politique d’union sacrée et toutes les expressions du nationalisme allemand. Soutient la révolution bolchevique de 1917 et appelle à l’action révolutionnaire sur ce modèle. Cette position est opposée à celle du SPD, qui est devenu un parti réformiste ( révisionnisme de Bernstein) et qui soutient la politique d’union sacrée puis la recherche d’une « paix honorable » après la défaite. Cette orientation est massivement adoptée par les syndicats allemands qui constituent dès la fin du XIXe siècle une forme d’organisation majeure du mouvement ouvrier. Cette division entre socialistes révolutionnaires et réformistes est une division doctrinale bien antérieure à la guerre ( 1871 : Congrès d’Erfurt- séance 1). Elle est consacrée par la guerre et l’évolution interne de la révolution en Russie entre 1917 et 1919.
  • 10.
  • 11.
    1919 : « Noske buvant à la mort de  la jeune Révolution. » G.Grosz dénonce la répression de l’insurrection spartakiste. A la tienne, Noske. Le prolétariat est désarmé. Le social démocrate Noske, vêtu en militaire fête l’écrasement de l’insurrection spartakiste. Les morts de la « semaine sanglante » ( 6-13 janvier 1919) jonchent le sol autour de lui. Dessin paru dans « La Faillite », journal Révolutionnaire au lendemain de l’écrasement de l’insurrection spartakiste pour laquelle G. Grosz a combattu.
  • 12.
    1923 : «On réglera nos comptes » G. Grosz, voix des socialistes radicaux Un ouvrier en colère lève un poing révolutionnaire Il se tient dans un cimetière qui évoque les sacrifices de la guerre. Deux figurations de l’avenir à l’horizon : celle dont il veut s’éloigner, celle que doit apporter la révolution. Dessin issu d’un recueil paru pendant la période où G. Grosz est fortement engagé au sein du KPD
  • 13.
    Eléments d’analyse critique:  G. Grosz témoigne : - de la violence de la répression de l’insurrection spartakiste : 1200 morts, assassinats de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg - de la déchirure qu’elle provoque au sein du mouvement ouvrier et socialiste Les dessins de Grosz montrent une radicalisation des oppositions -ressentiment des anciens combattants - montée de la violence -influence de plus en plus grande du Kominterm sur la pensée des communistes allemands  Cette opposition se renforce jusqu’à la seconde guerre mondiale : - du fait de la participation du SPD au gouvernement de la République de Weimar aux côtés des catholiques (Zentrum) et des libéraux. - de la bolchevisation du KPD qui est de plus en plus sous l’influence du Kominterm et de l’URSS. La politique sociale du SPD ( journée de 8h, conventions collectives, assurance chômage..) ne suffit pas à endiguer la crise économique et politique. La République de Weimar doit faire faire à de nouvelles oppositions.
  • 14.
    14 1928 : L’agitateur G.Grosz dénonce l’influence d’Hitler et la montée du nazisme Un personnage agité utilise tous les moyens pour attirer les foules : Il promet aux gens de satisfaire leurs besoins matériels. Mais sa manière d’y parvenir c’est la violence figurée ici par la matraque en caoutchouc, la botte militaire, et l’arme Des représentants de toute la société allemande l’écoute fascinés. Le peintre dénonce clairement les nazis : Le personnage est une caricature d’Hitler
  • 15.
    Eléments d’analyse critique G. Grosz a dénoncé très tôt les dangers de la montée du nazisme et a poursuivi ce combat jusqu’à la veille de l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Mais il ne mène plus ce combat auprès de ces anciens camarades du KPD qu’il a quitté en 1923. Il intervient davantage sur un plan artistique dans le cadre du mouvement Dada et s’éloigne du marxisme après son voyage en Russie pour une pensée plus pessimiste, désespérée, une forme de nihilisme qui ne croit plus à une amélioration possible de l’avenir immédiat. Sa contestation de l’ordre établi demeure mais prend davantage la forme de provocations artistiques : en 1930, il dessine un boucher caressant un animal écorché dont les viscères sont posées au premier plan comme les couleurs du peintre sur la palette.  Comme le parti nazi, le KPD progresse à chaque élection, surtout après 1927. Il s’oriente sous l’influence du Kominterm vers une politique « classe contre classe » qui fait du SPD le principal ennemi. ( 1928) L’hostilité grandissante entre les socialistes du SPD et les communistes du KPD rend impossible la constitution d’une union des gauches contre le fascisme ( à de ce qui se fera après 1934 en France ou en 'Espagne). L’antagonisme entre communistes et nazis existe bien mais il s’exprime dans la violence de rue. L’arrivée d’Hitler au pouvoir le 30 janvier 1933, suivie du vote de pleins pouvoirs au nouveau chancelier et de l’interdiction des partis et des syndicats a été facilitée par cette division.
  • 16.
    1917-1919 G. Grosz dénoncela guerre et la société , admire la Révolution russe , et adhère au KPD 1919-1923 G. Grosz participe à l’insurrection spartakiste dont l’écrasement radicalise son combat contre la République de Weimar et le SPD. 1923-1933 Déçu par l’évolution de l’URSS, G. Grosz quitte le KPD et mène un combat artistique contre l’ordre établi et dénonce la montée du nazisme Janvier 1933 G. Grosz émigre aux Etats-Unis. La guerre remet en question l’unité et la puissance du mouvement ouvrier. L’opposition entre SPD et KPD est consacrée par les prises de positions sur l’Union sacrée et de la Révolution Russe L’abdication de Guillaume II provoque la proclamation de la République. L’insurrection spartakiste est écrasée sur ordre du gouvernement ( SPD et alliés) avec le soutien des syndicats. La rupture entre socialistes e t communistes est consommée Le KPD , sous l’influence de l’URSS, refuse toute union des gauches contre les nazis. Les réformes sociales du SPD ne parviennent pas à endiguer la crise. février 1933 Partis et syndicats interdits. Encadrement du mouvement ouvrier République de Weimar Le SPD au pouvoirSemaine sanglante Janvier 1919 11 novembre 1918 Armistice Janvier 1933 Hitler Chancelier
  • 17.
    De L’ Allemagneà l’Europe…..  En Europe, c’est la Révolution Russe qui divise les socialistes. La question de l’adhésion à la troisième internationale (Kominterm) provoque la scission . Exemple : En France, 1920 Congrès de Tour. ( SFIO/PCF. ) Mais la déchirure est moins violente dans les pays qui n’ont pas connu de risques révolutionnaires importants à la fin de la guerre. La stratégie « classe contre classe » encouragée par l’URSS stalinienne jusqu’en 1934 est suivie par tous les partis communistes européens.  Mais à la différence de l’Allemagne, face au danger fasciste, les partis de gauche s’unissent après 1934 notamment dans des Fronts populaires. 1936: Victoire du Front populaire en France.
  • 18.
    18 1944 : Caïnou Hitler en enfer. G. Grosz témoin de la ruine de l’Allemagne. Pour introduire le cours suivant Le rouge très présent dans la palette de Grosz n’est plus celui de la Révolution mais celui des incendies de la guerre. Le peintre n’a plus recours à la caricature : Hitler est représenté comme un soldat allemand accablé. Un tableau désespéré qui pose la question de la responsabilité du peuple allemand.
  • 19.
    Eléments d’analyse critique:  En 1944, G.Grosz est aux Etats-Unis : il a perdu sa nationalité allemande dès 1933 et est devenu citoyen américain. Il peint pendant cette période une série de tableaux apocalyptiques qui témoignent de son horreur et de son désespoir face au sort de l’Allemagne et de l’Europe. Ayant dénoncé le nazisme dès les années 1920, il retrouve sa véhémence pour mettre en cause la responsabilité de l’élite politique et intellectuelle allemande Sa biographie parue en 1946 en est l’illustration.  Ce tableau témoigne aussi de l’abandon définitif chez Grosz de ses espoirs révolutionnaires. En cause, le déchirement entre communistes et socialistes allemands mais aussi : -La décapitation du mouvement ouvrier par les nazis par une violente répression et l’encadrement des ouvriers. ( janvier 1934 : Grève interdite- Front allemand du travail) - La prise de conscience de la ruine de l’Allemagne ( Berlin année 0)
  • 20.
    Références des illustrations. Photographie de Georges Grosz : wikipédia  Œuvres picturales reproduites dans : Ivo Kranzfeller ,Georges Grosz 1893-1959, Tachen Basic Art, 2003 Ralph Jentsh, Enrico Crispelti ,Philippe Dagen, Georges Grosz, Berlin-New-york, 2008  Œuvres graphiques reproduites dans : Alexandre Dückers, Georges Grosz, The Graphic works, 1996.