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Comment bien ou mieux nourrir nos chats ? Voilà la question que nous
nous posons tous ! Parce qu’une bonne alimentation est essentielle
pour avoir un beau chat, en bonne santé, avec un pelage de bonne
qualité, et même un meilleur équilibre psychique.
Voici la genèse de ma démarche … Jusqu’à l’année dernière, je nour-
rissais mes chats exclusivement aux croquettes, avec même plusieurs
marques haut de gamme en libre service. L’alimentation au cru, j’en
avais certes entendu parler il y a quelques années, mais je n’en voyais
alors pas l’intérêt. Cela m’apparaissait bien compliqué et comme mes
chats semblaient bien se porter avec leur alimentation, pourquoi fina-
lement me compliquer la vie ?
Au fil du temps, j’ai eu jusqu’à 9 chats, 3 Sacrés de Birmanie et 6 Norvé-
giens. Puis mes chats ont vieilli, deux m’ont quitté à 8 ans seulement;
un d’insuffisance rénale et un d’un problème hépato-biliaire. Un autre
présente depuis des années des problèmes de gingivite. Cas bien clas-
sique, il maigrit quand il a trop mal, injection de cortisone, il reprend
du poids pour quelques semaines ou mois, et rechute à nouveau.
	 Et puis j’ai eu une chienne, un berger des Shetland dont
je devais surveiller le poids car je l’ai faite stériliser. Sa ration de cro-
quettes ne pesant vraiment pas lourd, je me suis alors interrogée sur le
cru, en me disant qu’au moins, même si elle devait surveiller sa ligne,
sa gamelle serait plus festive et c’est alors que j’ai commencé à en dis-
cuter autour de moi.
	 Ce qui revenait régulièrement de la part de ceux qui avaient
une expérience de l’alimentation naturelle, c’est qu’autant nourrir un
chat au cru était problématique, autant un chien, ça allait tout seul,
moyennant juste tout de même un peu d’organisation ! C’est donc par
le chien que j’ai commencé. Pour les chats, on verrait bien pour tester
dans un deuxième temps si cela était gérable au niveau organisation-
nel !...
	 Et effectivement, je confirme qu’avec un chien, ça va tout
seul ! Il suffit de poser la gamelle par terre, en trente secondes tout est
aspiré, et si en plus ça pouire un peu, c’est encore mieux !! N’oublions
pas que les chiens sont des charognards ! Les chats, c’est bien connu
par contre sont plus délicats, cela tient à leurs origines désertiques.
Donc quelques semaines plus tard, comme tout se passait à merveille
pour ma chienne, qu’elle avait un poil du tonnerre, semblait plus épa-
nouie et que je gérais relativement bien l’organisation, je me suis de-
mandée si finalement, je ne pourrais pas maintenant tester pour les
chats ? Un essai n’engageait à rien après tout !
	 J’ai conformément aux recommandations en vigueur pour
l’introduction des viandes, commencé mon essai un soir avec des es-
calopes de volaille … Cela fera bientôt un an, et je continue toujours à
donner du cru à mes chats ! Bon, en fait, malheureusement pas exclu-
sivement et pas à tous.
Avant de vous raconter mon expérience, je vais déjà vous expliquer en
quoi cela consiste de nourrir son chat naturellement, et surtout com-
ment bien le faire, car c’est sans doute à cause ceux qui le font mal qu’il
se dit que l’alimentation crue est mal tolérée ou à l’origine de carences.
En préambule tout de même, je tiens à préciser que cet article est un
témoignage, et il n’a pour objectif que d’être informatif sur les bases
de l’alimentation naturelle, donc crue pour les chats. Pour cela, j’ai ras-
semblé les informations que j’ai pu glaner ici et là au fil du temps et
essayé de vous faire un retour de manière vivante sur mon expérience
de quelques mois. Je tiens au passage à remercier Aline Schmitt qui
m’a aidé à relire et corriger ce texte.
Cet article n’est pas un article anti-croquettes ! Il y a des livres et de
nombreux articles sur internet traitant le sujet (cf Pour aller plus loin).
Je me suis limitée plutôt à vous expliquer pourquoi une alimentation
naturelle est bénéfique pour les chats. Mais vous vous en doutez bien
j’en suis certaine, car les chats sont des carnivores stricts, et pas des
croquettivores comme essayent de nous en persuader les industriels
de petfood depuis une cinquantaine d’années !! Après, vous en tirerez
les conclusions qui s’imposeront naturellement à vous...
Cet article ne prétend pas non plus être un article de nutrition fé-
line et avoir de valeur scientifique ! Pour de plus amples informations,
vous pourrez vous reporter à des articles écrits par des vétérinaires
holistiques, en majorité Anglo-saxons, qui sont des précurseurs en ma-
tière d’alimentation naturelle, et bien sûr, prendre l’avis de votre vé-
térinaire par rapport à l’état de santé de votre chat. Par contre, savoir
qu’ils sont encore peu nombreux à être favorables au cru, par manque
d’information sur cette alimentation et sur la manière de la mettre en
œuvre, notamment en cas de maladies. Si vous souhaitez aller plus
loin, je vous ai mis également quelques liens d’informations en bas de
cet article que j’ai trouvés clairs et pertinents car au début surtout, on
se perd un peu et trop d’information tue l’information !
Nourrir son chat
Naturellement au cru ...
En quoi cela consiste, et surtout, comment ça se passe
vraiment quand on a plusieurs chats ?
par Valérie Quentin alias Mavidouchat.
Le concept de nourriture naturelle au cru: Quelle que soit l’espèce, que
ce soit un chat, un chien ou un furet, l’idée est de donner différents
ingrédients de manière à ce que la composition finale de la gamelle
se rapproche le plus possible de ce que serait une proie. Après, il y a
différentes formules. La plus connue, le BARF (Biological Appropriate
Raw Food) n’est en fait adaptée que pour les chiens car cela consiste à
nourrir son chien avec de la viande crue, des os et abats bien sûr, et d’y
ajouter un mix de fruits et légumes crus réduits en purée. Il y a aussi
ce que l’on appelle le raw qui est la même chose mais sans le mix de
fruits et légumes. Les chats étant carnivores exclusifs, le BARF n’est pas
adapté pour eux car ils ne doivent pas manger de mix fruits et légumes.
Pour être complets, il y a également le whole prey feeding, qui consiste
à nourrir avec des proies telles que l’on pourrait les trouver dans la
nature. Certains font même des élevages pour être sûrs de donner des
produits de qualité contrôlée mais cela reste extrêmement marginal
et surtout pratiqué par les propriétaires de chiens. Pour les chats, les
souris ou poussins donnés entiers décongelés en sont un peu l’équiva-
lent. On en trouve à commander sur internet, par contre généralement
en gros conditionnement et il faut être prêts psychologiquement à les
distribuer. Une fois ce cap franchi, il parait que moyennant un temps
d’adaptation les chats adorent ça par ce qu’ils retrouvent leur instinct
de chasseur, ce qui est très bon pour leur équilibre psychologique, no-
tamment pour les chats d’appartement ! Je n’ai personnellement pas
testé, d’une part car j’aurais du mal, et d’autre part, parce que s’ils
trainaient leur pseudo trophée de chasse dans toute la maison comme
ils aiment à le faire avant de le consommer, avec mes deux chiennes au
aguets, il y aurait du rififi !
Après, quelle différence y a-t-il finalement entre le cru et une ration
ménagère ? Une ration ménagère, est composée de viandes cuites
avec des légume cuits et généralement des céréales, le plus souvent
du riz. Alors pourquoi préférer du cru à une ration ménagère ? Parce
que c’est ce qui se rapproche le plus de l’alimentation naturelle du car-
nivore quel qu’il soit, qui normalement vous en conviendrez, ne se fait
pas rôtir ses proies avant de les déguster ! De plus, la cuisson dégra-
dant les enzymes digestives, les antioxydants et bon nombre de vita-
mines et minéraux, il est logique de privilégier des apports de viandes
crues . Quant aux céréales, riz , tapioca, pommes de terres et autres
patates qui font partie généralement des rations ménagères et sont
indispensables à la bonne tenue des croquettes (une des deux raisons
avec le faible coût de la matière première qui justifie leur présence
!) ils ne sont tout simplement pas adaptés aux carnivores stricts que
sont les chats et ne devraient pas faire partie de leur ration car ils ne
savent pas les digérer. Le métabolisme du chat n’est pas prévu pour
tirer profit des glucides, seul un apport d’environ 5% est toléré et cor-
respond à ce que pourrait contenir l’estomac d’une proie naturelle . Le
chat tire son énergie des protéines de qualité, c’est-à-dire les protéines
animales et des lipides. Les glucides il ne sait pas quoi en faire , ils ra-
lentissent son processus de digestion, en faisant travailler inutilement
son pancréas sont à l’origine de nombreux dérèglements et maladies
(ballonnements, problèmes digestifs et intestinaux, mauvaise haleine,
obésité, allergies, maladies du foie, du pancréas, de la peau, maladies
chroniques, maladies auto-immunes, cancers, diabète,…) qui vont ap-
paraître principalement vers l’âge de 7/8 ans.
Alors pourquoi nourrir son chat naturellement ? Cela peut être pour
différentes raisons … Pour suivre un effet de mode, pour nourrir son
chat plus sainement, plus naturellement avec des ingrédients choisis et
contrôlés, ou pour résoudre des problèmes de santés tels des allergies,
des troubles digestifs, voir des cas d’insuffisance rénale, de diabète ou
de sur-poids pour ne citer que ces exemples … Oui d’insuffisance ré-
nale, car contrairement aux idées reçues, le cru adapté à la pathologie
et avec un suivi vétérinaire, est bénéfique au chat en cas d’insuffisance
rénale ! Il y a des témoignages et des articles écrits par des vétérinaires
à ce sujet, c’est une réalité !.
Après avoir trouvé la motivation, nous avons tous eu les mêmes inter-
rogations: Oui, le cru est certainement très bénéfique au chat, mais
de là à se farcir des séances de découpage de viandes sanguinolentes
(pour peu qu’on soit végétarien !) beurk beurk beurk ! Et puis, le cru
doit aussi être cher et compliqué.
Pour ce qui est de la découpe de viande, il est vrai qu’au départ c’est
un peu hardcore. Alors deux options s’offrent à vous: soit vous pre-
nez-sur vous, sachant qu’avec le temps on s’habitue, soit vous essayez
de sous-traiter auprès de votre conjoint ! Moi, je me suis habituée !!
Je plaisante bien sûr !... Et je vous l’assure, bon nombre de végétariens
parviennent à nourrir leurs carnivores au cru !...
Pour ce qui est du prix, classiquement le cru ne revient pas plus cher
que des croquettes haut de gamme, et cela peut même revenir moins
cher quand on a des «bons plans » comme on dit entre nous. Mais cela
prend du temps à trouver et c’est aussi plus facile quand on achète en
grandes quantités. Après, c’est aussi un peu de la combine; on enlève
le bandeau « pas de pubs » de notre boite aux lettres pour éplucher les
prospectus, on guette les DLC des grandes surfaces et surtout, on es-
saye de faire du charme à son boucher pour qu’il nous garde de beaux
déchets ! On peut également s’inscrire sur des groupes de partage de
bons plans sur Facebook qui permettent de s’entraider voir d’organi-
ser des commandes groupées par palettes pour bénéficier de tarifs de
port attractifs voir gratuits.
Une fois ces problèmes existentiels résolus, avant de se lancer, il est
essentiel de bien se documenter. Car c’est en faisant mal qu’on risque
des échecs, des troubles digestifs, des régimes mal équilibrés et c’est
ainsi qu’après certains disent que le cru est mal toléré à l’origine de
carences.
On ne passe pas brutalement d’une alimentation à une autre, une
transition en douceur est souvent nécessaire, surtout chez les chats
adultes.
Pour se documenter, il y a bien sûr des livres, mais on en trouve plus
sur le BARF (donc pour les chiens) que sur le RAW (adapté aux chats).
Et il y a surtout internet, avec des sites, des forums et maintenant des
groupes Facebook qui permettent de se documenter mais aussi de po-
ser des questions précises. Les «Barfeurs» ont la (mauvaise) réputation
d’être sectaires ... Il est vrai que les échanges sont parfois vifs sur ces
groupes, mais c’est sans doute parce que les débats sont alimentés par
des passionnés qui voudraient convaincre le plus de monde possible
du bien fondé de leurs convictions ! Et puis, il est bien normal que
les conseils donnés qui sont destinés aux néophytes soient cohérents
avec les principes de base de l’alimentation naturelle et gages de sa
réussite.
Pour les chats, comme il y a peu de sites spécifiques, je vous recom-
manderai le groupe Facebook «la tanière d’illico» qui est très convivial
et surtout exclusivement dédié aux chats. Vous serez très bien accueil-
lis et pourrez y poser vos questions car au début, il est bien normal
d’avoir peur de mal faire. Il y a aussi de nombreux fichiers hébergés
avec des articles rédigés par des membres et des articles scientifiques
rédigés par des vétérinaires. Ces fichiers sont accessibles depuis un
ordinateur et pour ceux qui consultent Facebook depuis leur smart-
phone, mais ils ne sont pas accessibles via l’application Facebook de
base et une petite astuce pour y parvenir est de télécharger l’applica-
tion Facebook groups disponible sur ITunes et le Playstore. Cela vous
évitera de poser aux admins cette questions récurrente: «Pourquoi je
ne trouve pas vos fichiers ???» !
Oui mais le stockage et la conservation ? Et bien il n’y a qu’une solu-
tion, le congélateur !
Pour ce qui est de la taille du congélateur à prévoir, on estime pou-
voir stocker en kilos la moitié du volume du congélateur, soit 50 kilos
dans un congélateur de 100 litres, 100 kilos dans un 200 litres etc. …
Après, se pose le problème du choix entre un congélateur coffre ou à
tiroir ? Un congélateur coffre sera plus contenant, mais il faudra savoir
bien l’organiser, sans quoi cela pourra vite devenir galère pour accéder
à ce qui sera au fond. Un congélateur à tiroir est pratique pour trier
les viandes et y accéder, mais il y aura plus de place perdue. Compter
qu’un tiroir de congélateur permet de stocker suffisamment de viande
pour un gros chat pour un mois.
Moi il se trouve qu’avec chiens et chats, j’ai deux congélateurs; un petit
à tiroir, et un coffre de 100 litres chacun. Une astuce pour bien orga-
niser un congélateur coffre, est d’acheter des bacs plastiques transpa-
rents type Curver qui s’empilent et permettent ainsi de bien trier et
identifier les différentes viandes. Moi, avant de congeler, je recondi-
tionne mes viandes en petits sachets et chaque boite contient un type
de viande. Ainsi, ce sera moins galère pour accéder à ces fichus foies
de volailles qui seront, selon le principe de l’emm...t maximum forcé-
ment au fond !!
La congélation permet de détruire les parasites (vers), d’éviter la proli-
fération des bactéries et surtout, de profiter des promos pour stocker
et ainsi d’avoir toujours à disposition différentes sources de viandes et
abats fraîchement décongelés à proposer à nos délicats moustachus !
Les viandes seront ensuite décongelées au réfrigérateur (compter 24
heures) ou à température ambiante en fonction de la saison et du délai
restant avant le repas suivant. Le tout étant aussi de ne pas oublier !
Oui mais ça doit prendre du temps me direz-vous aussi ! C’est un peu
vrai. Autant mettre des croquettes dans un bol ou un distributeur en
libre service est à la porté de tous, autant il est certain que la gestion
au quotidien du cru nécessite plus d’investissement, de présence et
d’organisation, surtout au début . Donc cela nécessitera de se rendre
disponible au moins quelques minutes matin et soir pour composer
les gamelles. Avec l’habitude, vous vous rendrez rapidement compte
que ce n’est finalement pas si compliqué qu’il y paraissait au début.
Pour le problème des absences, des week end, ce sera peut être plus
compliqué mais il y a toujours des solutions: préparer des rations jour-
nalières congelées pour celui qui garde votre chat, donner une alimen-
tation humide pour les jours d’absence ...
Comment composer son menu ? Qu’est-ce que l’on donne ? Quelles
quantités prévoir ? On peut trouver cela de manière très détaillée sur
internet avec des tableaux et même des calculateurs de rations. Cela
rassure au début mais c’est en fait assez simple. Les rations sont calcu-
lées en pourcentage par rapport au poids et à l’âge du chat. On compte
entre 2 et 4 % du poids du chats selon son activité. Après, il faut sim-
plement surveiller le poids du chat et adapter les rations au besoin.
Pour les chatons, on donne soit à volonté, soit on compte entre 6 et
10 % de son poids, avec trois ou quatre repas répartis sur la journée.
Combien de repas faut-il prévoir par jour ? Voilà un autre point qui
pose généralement question alors que les chats aiment faire une mul-
titude de petits repas répartis sur 24 heures, Et bien au cru, il est tout
à fait possible de ne leur servir que deux repas par jour. C’est étonnant
mais ils s’adaptent en fait assez vite, et ne pinaillent finalement pas
tant que ça. Oui, il ne faut pas rêver, ils n’aspirent pas leurs gamelles
en 30 secondes chronos comme le font les chiens, il y a tout de même
un protocole de reniflement, Quel est le menu du jour ? Est-ce vrai-
ment bon ? Est-ce vraiment frais ? Je goûte … Oui ça ira pour cette
fois ! Selon le chat, il mangera sa gamelle en une fois ou en 3 ou 4
fois sur une matinée, surtout au début. Ce qui ne sera pas consommé
suffisamment rapidement sera remis au frais pour le repas suivant. La
difficulté étant de leur réapprendre la sensation naturelle de faim, sans
pour autant les faire jeûner trop longtemps ce qui serait préjudiciable à
leur santé. L’appétit revenant, croyez-moi, ils comprennent assez vite !
Quels ingrédients composent leur menu ? Et bien comme expliqué
plus haut, c’est ce qui compose une proie, à savoir de la viande-mus-
cle, des os, des abats. Au niveau des proportions, en théorie c’est 75 %
de viande-muscle, 15% d’os et 10% d’abats. 15% d’os me direz-vous, ce
n’est pas facile à calculer d’autant que ces os pour ne pas être dange-
reux, doivent être charnus, c’est à dire recouverts de viande et il n’est
pas facile de savoir quel est vraiment le poids en os d’un os charnu !
Pour simplifier, il est admis que les rations seront composées et 10 %
d’abats et le reste pour moitié de viande muscle et pour moitié d’os
bien charnu. Pas de prise de tête, juste surveiller le transit du chat, et
selon la couleur et de la consistance des selles, les os ayant tendance
à être plutôt constipant, on ajustera alors les proportions d’os charnus
en grosse moitié ou petite moitié.
Sinon, pour ceux dont les chats refuseraient les os charnus, il existe du
broyé de volaille congelé que l’on peut trouver notamment chez Picard
à trois euros le kilo sous la forme de 10 petits steaks hachés de 100g.
Ce broyé est constitué de 97% de carcasse de volailles broyées, il fau-
dra donc le compléter avec de la viande muscle. Une autre alternative
est de donner de la poudre d’os ou des coquilles d’œufs qu’on peut
acheter tous prêts sur internet.
Quelles viandes donner ? Classiquement, le RAW doit être composé
d’au moins 3 viandes différentes afin d’assurer l’équilibre en vitamines
et acides aminés. Cela peut être de la volaille, du bœuf, du porc, du la-
pin, des cailles, de l’agneau etc. … Toutes les viandes peuvent être don-
nées sauf le porc de plein air (ou équivalent avec les porcs sauvages
que sont les sangliers) à cause d’un parasite à l’origine de la maladie
d’aujeszky. Les limites seront finalement surtout budgétaires et bien
sûr, en cas d’intolérance ou allergie à certaines viandes. C’est d’ailleurs
la raison pour la quelle il est conseillé d’introduire les viandes une par
une, en commençant généralement par la volaille, afin d’être en capa-
cité d’identifier immédiatement une intolérance.
Les os seront donnés charnus, crus bien évidemment, et adaptés en
taille à la mâchoire d’un chat (cous, ailes, pilons de poulet,…) Sont in-
terdis les os porteurs de grands mammifères qui sont trop durs. Pour
les chats, de toute manière, le bon sens fait qu’on ne leur prévoit gé-
néralement pas de fémur de bœuf !
Les 10 % d’abats seront composés pour moitié maximum de foie et le
reste en abats variés. On distingue les abats filtres comme le foie et
les reins, des autres abats comme le cœur, la rate, la panse. Le mou
n’est contrairement au idées reçues pas très bon pour les chats car
peu nutritif.
Le cœur de bœuf est particulièrement riche en taurine, mais il n’y a pas
à s’inquiéter un régime carné suffit habituellement à couvrir les ap-
ports nécessaires au chat. Savoir juste que la viande hachée sera moins
riche en taurine car elle est dégradée au contact de l’air par oxydation.
Au besoin, il est toujours possible de supplémenter.
Le poisson est également un aliment très apprécié des chats. Il consti-
tue un excellent apport en oméga 6, notamment pour les chats ayant
des problèmes de santé chroniques inflammatoires. Il peut être donné
entier, non vidé et sera alors considéré comme une proie complète
(viande-muscle, os et abats si non vidé). Par contre il est impératif de
congeler le poisson pendant 3 semaines avant de le servir pour dé-
truire les éventuels parasites. Tous les poissons peuvent être donnés,
particulièrement les poissons gras comme les sardines et les maque-
reaux riches en oméga 3, mais il faut éviter les poissons du pacifique.
Pour s’en souvenir, voici un petit moyen mnémotechnique: pas de
«PAS-cifique» !
Parfois pour certains chats, le poisson peut être lourd à digérer et c’est
pourquoi il est donc recommandé de ne pas don- ner de repas
uniquement constitués de poissons. Un tiers de la ration
est généralement bien toléré.
Les œufs peuvent être donnés entiers voir avec
leur coquille à raison d’une fois par semaine..
Bon, vous me direz, la coquille pour les chats, c’est
pas gagné ! Mais en théorie c’est possible !
Le jaune d’œuf est une excellente source de protéines
et contient 19 acides aminés différents. Le blanc d’œuf
pauvre en phosphore est conseillé comme source de pro-
téines en remplacement d’une partie des viandes en cas d’insuffi-
sance rénale sévère. La choline et la lécithine contenue dans le jaune
d’œuf favorise la motilité la digestion des boules de poils…..
Tout le reste étant facultatif ! Normalement, une alimentation crue
équilibrée se suffit à elle même, mais il est possible de donner en com-
plément:
Des huiles peuvent être ajoutées en quantité modérée, à raison d’envi-
ron une cuillère à café par dix kilos de poids vif, soit une demie cuillère
à café par jour pour un chat de taille moyenne. Il est préférable d’évi-
ter les huiles végétales qui risquent d’accélérer le transit et présentent
peu d’intérêt nutritionnel chez le chat. Les viandes d’élevage ayant un
taux élevé d’oméga 6, on cherchera plutôt des huiles riches en oméga
3 sous forme d’huile de saumon sauvage. Il existe sinon dans le com-
merce une huile un peu chère mais d’excellent qualité, bien équilibrée
en oméga 3, 6 et 9 chez DHN.
L’huile de coco présente également des vertus intéressantes et aiderait
même à faire perdre du poids !
Des produits laitiers peuvent également être donnés en quantités
limitées sous la forme de forme de yaourts natures sans sucre bien
évidemment, ou mieux de kéfir de lait. Pour information pour ceux
qui ne sauraient pas ce qu’est le kéfir de lait, c’est du lait fermenté
fait maison et un excellent probiotique. On en trouve parfois tout prêt
dans certains magasins bio, mais le mieux est de chercher sur internet
un donneur du ferment les «graines de kéfir» qu’il vous enverra gra-
tuitement (enfin juste contre les frais de port) sous enveloppe pour
démarrer vos cultures. C’est ainsi que j’ai reçu mes précieuses graines
! Pour en savoir plus sur les bienfaits du kéfir, je vous invite à consulter
l’article de l’excellent site Vis medicatrix naturae. Le kéfir de lait si on
en apprécie le goût un peu acide est également excellent pour nous !
Oui, mais peut-on donner aussi des croquettes avec du cru ? Voilà
LA question qui fait débat ! Et je ne me risquerais pas d’affirmer quoi
que ce soit sous peine de me faire lyncher par les puristes ! Pour faire
simple, le temps de digestion des deux types d’alimentation ne serait
pas le même et l’estomac d’un animal nourri au cru est aussi bien plus
acide que celui d’un animal nourri aux croquettes. Ceci facilite la di-
gestion des protéines, l’élimination des bactéries et la transformation
des enzymes. Ainsi, si l’on mélange une alimentation crue et indus-
trielle, l’estomac serait moins acide, le bol alimentaire stagnerait, ce
qui risquerait d’être à l’origine de flatulences et divers autres troubles
digestifs. C’est pourquoi il est habituellement recommandé sur de
nombreux sites d’information de ne donner qu’une alimentation crue.
Après, certains donnent tout de même une alimentation mixte pour
des raisons pratiques, en général en alternant les types de repas et ne
disent ne déplorer aucun problème de santé pour autant.
Oui, mais comment faire quand on a plusieurs chats ? Et bien c’est
là le problème ! Comment être sûr que chacun ait bien une ration
complète et équilibrée ? Ce n’est pas simple ! Il y a la solution d’isoler
ses chats en kennel, mais ce n’est pas forcément très décoratif et moi
avec mes 7 chats ce n’était pas
envisageable. Certains
servent en gamelles
séparées mais
il y a toujours
le petit malin
qui préfèrera
ci ou ça et
qui essayera
d’aller le pi-
quer dans la
gamelle du
voisin !
Cela nécessite donc de faire la police et on sait combien les chats sont discipli-
nés! Après, il parait que pour éviter les tensions, une solution est de prévoir une
gamelle par chat plus une. J’ai essayé ce système qui est pas mal, mais une amie
m’a donné une autre idée que j’ai trouvé très ingénieuse: Le plateau repas unique
! Depuis, je pose mon plateau sur la table avec ses proportions bien équilibrées et
ainsi, je suis sûre que chacun pourra manger équilibré et à son rythme. Par contre,
cela ne permet malheureusement pas de contrôler les quantités prises par chaque
chat ...
Et si le chat à des problèmes de santé ? Si le chat à des problèmes de santé,
il est bien sûr recommandé de prendre l’avis de votre vétérinaire. Pour autant,
comme dit plus haut, savoir que certaines maladies ne contre indiquent pas le cru
et peuvent même être améliorées par ce régime. Par exemple, contrairement aux
idées reçues, l’insuffisance rénale et le diabète ne sont absolument pas des contre
indications à l’alimentation crue. Bien au contraire, car ce régime permettra un
meilleur état d’hydratation et les protéines animales apportées seront de qualités
contrairement à celles d’une alimentation industrielle même adaptée qui contient
majoritairement des protéines végétales. Savoir également que la viande, contrai-
rement aux idées reçues, n’est pas constituée uniquement de « protéines qui vont
fatiguer les reins », mais également de lipides et de bien d’autres choses. La viande
contient entre 20 et 30 % de protéines, donc finalement pas plus et même généra-
lement moins de protéines que des croquettes sans céréales.
Quels outils faut-il prévoir ? Finalement, pas tant que ça ! Au minimum ...
- Des gants ! Des bons gants de vaisselle bien solides pour les séances de découpes!
- Un bon couteau de cuisine aussi, cela va de soit !
- Des ciseaux de cuisine de qualité, c’est pratique pour portionner viandes et pois-
sons.
- Un bon sécateur, pour portionner les petites volailles ou certains os charnus. Un
sécateur de jardin faisant très bien l’affaire !
- Une feuille de boucher. Bon, j’en ai acheté une, mais j’avoue ne pas trop savoir la
manier. J’ai toujours peur de me trancher un doigt, ça gicle partout etc. !… Bref, ce
n’est pas au point chez moi. Pour vous dire, un gentil boucher à qui j’avais deman-
dé conseil m’avait même proposé une formation !!
- Une planche à découper qui passe au lave vaisselle, c’est mieux pour des raisons
d’hygiène.
- Eventuellement un broyeur pour ceux qui craignent
de donner des os charnus et souhaiteraient ré-
aliser leur mélange broyé
maison. Le Reber N°22 est
cher, mais c’est la référence
que l’on voit le plus recom-
mandée dans le milieu.
- Un gros stock de sacs
congèlation. Ce n’est pas très
écologique, mais il n’y a pas
trop le choix. Sinon, il y a bien
la solution des tuperwares,
mais cela prend beaucoup
de place au congélateur.
Des gobelets à café en
plastique jetables ou des
bacs à glaçons en silicone
peuvent aussi être pra-
tiques pour portion-
ner ce qui doit être
donné en petites
quantités comme
les abats.
Où acheter sa
viande ?
Idéalement, il faudrait
acheter des viandes ne
provenant pas d’éle-
vages intensifs, mais
cela aura un coût trop
élevé pour beaucoup. Sinon, pour trouver ses fournisseurs, c’est de
la combine: boucherie traditionnelle, guetter les promotions des
grandes surfaces, les DLC ou les invendus, surtout avec la régle-
mentation qui doit changer prochainement.
On peut aussi acheter ses produits par internet sur des sites spécia-
lisés. Ils vendent de la viande sous forme généralement congelée
qui est ensuite expédiée par transporteurs. Malheureusement, la
plupart des fournisseurs sont situés dans le nord de la France, en
Belgique ou en Allemagne et les frais de port sont prohibitifs pour
de petites quantités. Ils peuvent être intéressants pour se fournir
en poussins, souris ou en mélanges broyés bien pratiques notam-
ment pour les périodes de vacances.
Petite astuces pratique: Toujours penser avant de servir un repas
au prochain repas ! Croyez moi, c’est du vécu ! Après, on risque
d’être occupé à autre chose et d’oublier de décongeler la portion
du repas suivant. Tous les gens qui nourrissent au cru se sont une
fois réveillés en pleine nuit en sursautant « Mince, j’ai oublié de
sortir la viande des chats ! ». En solution de rattrapage, il est tou-
jours possible de tremper les sachets dans de l’eau chaude mais
cela prend tout de même du temps et pendant ce temps les fauves
s’impatientent ! Sinon, il m’arrive aussi d’accélérer les choses au
micro ondes en position décongélation.
Comment commencer ? La première semaine ...
	 La première semaine, semaine dite de transition ali-
mentaire, il est recommandé de ne donner que des escalopes de
volaille. Cela permet à l’organisme de se détoxifier doucement et
limiter les troubles digestifs secondaires au changement d’alimen-
tation. On ne fait pas jeûner les chats. On donne le dernier repas un
soir et hop, le lendemain, on supprime le bol de croquettes et on se
lance dans la grande aventure !
Ne vous attendez pas par contre à ce que vos greffiers se jettent sur
la nourriture ! Je vous préviens tout de suite ! Ils vont venir, renifler,
vous regarder interrogatifs genre « ça se mange ça ? ». Puis vont
lécher. Vous regarder à nouveau. « Comment on fait ? ». Lécher …
S’en aller … Revenir … Lécher … Goûter … Recracher ... Reprendre
en gueule, essayer de mastiquer … Éventuellement même vomir
dix minutes après ! Je vous le dis, un vrai bonheur ce parcours ini-
tiatique !!
Pour limiter les dégâts, je vous conseillerai de découper finement
au ciseau les escalopes de volaille et de ne pas en donner une trop
grosse quantité d’emblée. Si par chance vous aviez un glouton au
tempérament aventurier, attendez donc un petit quart d’heure voir
si cela à bien glissé avant d’en proposer à nouveau.
Sur mes sept chats, seuls mes quatre Norvégiens ont tenté l’aven-
ture. Mes Sacrés de Birmanie eux n’ont même pas pris la peine
d’essayer de goûter.
Ensuite, surveiller le transit. Il est possible d’observer des accéléra-
tions du transit intestinal les premiers jours. Cela n’a rien d’inquié-
tant si votre chat ne semble par ailleurs pas abattu, et qu’il conti-
nu à bien s’alimenter. Il est possible pour aider à passer ce cap de
donner des probiotiques sous forme de Fortiflora (que vous pouvez
acheter chez votre vétérinaire ou sur internet) et à titre sympto-
matique un peu de Smecta dilué. Savoir qu’au cru, la production
d’excréments est nettement moindre, sans odeurs et qu’on peut
ajuster ensuite les apports d’os charnus en fonction du transit. Per-
sonnellement, je n’ai rencontré aucun soucis digestif ni de transit,
que cela soit dans un sens ou dans un autre, par en haut ou par en
bas non plus d’ailleurs ! Mais mon Smecta-Fortiflora n’était pas loin
au cas où !
	 La deuxième semaine, les premiers os charnus sont intro-
duits. Comme il est recommandé de donner des os de volailles, j’ai
tenté les pilons de poulets ... Flop complet ! Assouplis au marteau
...Pas mieux ! Ils n’y ont pas touché. J’ai donc du me rabattre sur
le Dogador de chez Picard, mais comme c’est constitué à 97% de
carcasses de volailles, je l’ai rallongé avec de la viande muscle.
	 Les semaines suivantes, on introduit une nouvelle
viande chaque semaine, porc, lapin, cailles, veau, poisson
etc. … Puis les abats, et enfin, en tout dernier le bœuf car ce
serait la viande la plus allergisante.
Chez moi, lors de cette période de diversification des
viandes, mes chats m’ont clairement exprimé leur préfé-
rence pour les escalopes de volaille ! Forcément, c’est ce
qu’il y a de plus cher !!
L’intérêt de procéder ainsi est de pouvoir identifier im-
médiatement une viande mal tolérée. Savoir qu’un chat
peut être allergique à une viande entrant dans la compo-
sition de ses croquettes et ne présentera pas forcément
de manifestation allergique avec cette même viande donnée
crue.
Pour les chatons, c’est le même principe au niveau des intro-
ductions. Il faut juste veiller à leur donner en quantités plus
importantes, généralement à volonté, le chaton se régulant
tout seul.
Les points positifs
- Le pelage est plus beau, plus fourni. Ce n’est guère
surprenant puisque les nutriments étant mieux
absorbés et assimilés ! Mais avec les Norvégiens
et leur sous poil plus fourni, il y a intérêt aussi à
ne pas se laisser déborder et bien surveiller !
Sinon, gare à la formation de bourre !
- Les dents sont plus saines car il y a moins de
tartre qui se forme et donc moins de gingi-
vites, surtout si le chat accepte de manger des
os charnus. Si vous avez en plus la possibilité de
donner du kéfir de lait qui a des propriétés anti-
tartre, votre chat gardera des dents d’une blancheur
éclatante !
- L’haleine est plus fraiche, pas d’haleine de chacal !
- Les selles, alors là vous n’allez pas le croire, mais c’est le
bonheur ! les quantité d’excréments sont divisées par trois
ou quatre, et il n’y pratiquement plus d’odeurs ! Fini les litières
fumantes et parfumées au ChatNel N°5 de chez Matoux !!
- dans le même ordre d’idées, un chat au raw ne vomit pratiquement
pas car il n’a pas de troubles de la motilité intestinale. Vous ne ramas-
serez plus de régurgitations de boules de poils, ce qui est particulière-
ment intéressant pour les chats à poils longs, surtout si le chat mange
un jaune d’œuf par semaine.
- Les reins sont préservés, d’une part parce que l’alimentation ap-
porte plus d’eau, et d’autre part car les protéines apportées sont
de meilleure qualité.
- Le cru est bénéfique aux chats diabétiques aussi car il permet
de supprimer totalement l’apport des glucides. Rappelons
que le chat tire son leur énergie des lipides et qu’il ne sait
pas digérer les glucides. Si le diabète n’est pas déjà à un
stade trop avancé, la suppression totale des glucides per-
mettra un meilleur équilibre de son diabète sans avoir
recours à l’insuline.
- Les animaux nourris au cru sont aussi plus denses, plus
musclés.
- L’appétit est meilleur, pour des chats maigrelets, cela
peut être un avantage. Bon, malheureusement le contrôle du
poids chez moi, ça n’a pas été un point fort ! Comme j’ai du laisser les
croquettes à côté en libre service, ceux qui piochent à tous les râte-
liers ont plutôt grossi ! Comme je l’ai déjà dit, idéalement, il faudrait
que chaque animal soit nourri de manière personnalisée avec des
rations contrôlées et exclusivement au cru. Mais chez moi, avec mon
effectif, c’était malheureusement trop compliqué à mettre en œuvre.
Les difficultés
- Les vieux chats peuvent avoir du mal après des années de cro-
quettes à passer à ce type d’alimentation. Mes Sacrés de Birmanie
même après plusieurs mois, ne s’y sont pas du tout intéressés. Les Bir-
mans seraient-ils snobs comme le prétendent certains ? OK, je sors …
Les jeunes chatons par contre, habitués dès le sevrage, ne poseront
pas de problèmes.
- Les chats sont plus difficiles que les chiens, les viandes
doivent être de première fraicheur. Aussi, après des
années d’alimentation industrielle blindée d’arômes
artificiels, ils peuvent trouver que le cru manque d’ap-
pétence. Pour les inciter à goûter, on peut saupoudrer
la viande de parmesan, de gruyère râpé, de vache qui rit,
ou de Fortifiora indépendamment de ses vertus probio-
tiques car ils en raffolent ! On peut aussi passer la viande à la
poêle, la saupoudrer de croquettes réduites en poudre, de jus
de thon, de soupe préparée avec sa pâté préférée mixée avec de
l’eau. Pour les motiver en agissant sur un plan plus comportemental,
on peut leur donner les morceaux un à un à la main, ou leur donner
l’illusion d’être de grands prédateurs chassant leur pitance en la laissant
subtilement en évidence dans un endroit différent du point officiel de ravi-
taillement. Chassé ou volé, ça en aura forcément plus de valeur et n’en sera
que meilleur !
- Les chats sont des feignants, nous le savons bien, mais c’est aussi vrai quand
il s’agit de fournir un effort pour manger ! Certains ne voulant pas se fatiguer à
mastiquer exigeront surtout au début que les viandes soient finement ciselées
et refuseront les os charnus. A leur décharge, il leur faut aussi un peu de
temps pour se muscler les mâchoires. Patience et longueur de temps ...
On peut aussi investir dans une broyeuse.
- Quand on a plusieurs chats, tous ne mangent pas forcément
à la même vitesse. Il y a les lambins et les grands prédateurs!
La solution pourrait être de les nourrir séparément en ken-
nel. C’est ce que je fais pour mes deux chiens pour qu’ils
puissent manger tranquilles, mais pas pour mes chats. Ils
sont trop nombreux et déjà que je dois mettre leurs cro-
quettes en hauteur à cause des chiens, ce serait trop lourd.
- Quand on part en week end ou en vacances, c’est cer-
tainement plus compliqué que de laisser un bol de cro-
quettes en libre service. Il faut prévoir les portions, des
mélanges tous prêts ou de l’humide de bonne qualité
et surtout quelqu’un de bien intentionné pour venir
faire le service à domicile deux fois par jour. Pour
ceux qui laissent leurs chats en pensions, certaines
acceptent ce type d’alimentation mais restent rares.
En conclusion, certains diront que le BARF, le RAW, en-
fin le cru globalement, ce n’est qu’un effet de mode car ce
(contre) - courant qui nous vient des États unis - et qui se dé-
veloppe de plus en plus - est relativement récent. Mais il ne fau-
drait pas pour autant oublier que l’origine du courant remonte en fait
à plusieurs milliers d’années, alors que l’alimentation industrielle sèche,
qu’on nous martèle comme étant la meilleure qui soit pour nos animaux,
même si elle est pratique c’est indéniable, n’existe elle que depuis une cin-
quantaine d’années !
Contre le régime au cru, on entend régulièrement: «oui, mais les chiens ne
sont pas des loups, ils sont carnivores opportunistes, ils ont évolués
au contact de l’homme etc. … » Reste que leur dentition n’est pas
celle des omnivores, que leur tube digestif est court et donc, qu’ils ne
sont pas anatomiquement équipés pour digérer les céréales ou autres
amidons nécessaires à la constitution des croquettes. C’est un fait,
quoi qu’on nous avance pour des raisons purement marketing. Et puis
comment justifier alors chez le chat, qui est, tous s’accordent sur le
sujet, un carnivore strict, de tels apports en glucides ? Car c’est curieux
mais si vous regardez de près la composition des croquettes, vous ne
trouverez pas directement le taux de glucides, étonnant non? Il vous
faudra le calculer avec une formule «savante» ! Non non, je ne la don-
nerai pas ici !! Et je ne parlerai pas de la vraie teneur en vraie viande
de ces aliments destinés je le rappelle à des carnivores stricts! Sachant
que seules les protéines d’origine animales sont adaptées au chat, je
vous invite donc aussi à calculer la teneur en protéines animales et
végétales des croquettes ! Allez, j’arrête là, car j’avais précisé en pré-
ambule que cet article ne serait pas un article anti-croquettes, mais
il m’apparaît indispensable au minimum de mettre ces éléments en
lumière pour justifier l’intérêt d’une alimentation qui est simplement
en fin de compte, plus naturelle.
Et chez moi, donc dans la vraie vie, mon bilan des courses ? L’alimenta-
tion crue ... Révélation ? Fastoche ou fausse bonne idée ? Après mon
expérience de quelques mois pour mes chiens avec qui j’ai commencé,
gros succès et très fastoche ! Des chiens plus épanouis, avec un poil
extra et des dents nickelles. Des gamelles aspirées en plus en trente
secondes ! Mais ce n’est pas l’objet de cet article.
Pour mes chats en revanche, je dois avouer que pour l’instant mon
bilan est encore mitigé. Mitigé pourquoi ?
Parce que les plus vieux ont 12 ans de croquettes derrière eux et n’ont
pas encore voulu ne serait-ce que s’intéresser à ce type d’alimentation.
Parce que de fait, pour que les réfractaires puisse continuer à se nour-
rir, j’ai du malheureusement continuer à faire un mixte croquettes/cru,
et que ce n’est pas idéal. Bon après, je me dis que c’est toujours ça de
pris et de meilleur pour ceux qui acceptent la viande.
Parce qu’aussi, comme j’ai beaucoup de chats, il m’est difficile de leur
donner des rations personnalisées et que certains ont grossi.
Parce qu’enfin, j’ai aussi deux chiens nourris au cru et que toutes ces
différentes petites préparations puis ensuite leur service me prennent
du temps. Cela me fait tout de même 25 kilos de poids vif de chats et
15 kilos de chiens à nourrir ! Je n’ai certes plus d’enfants à la maison,
mes animaux sont un peu mes enfants, mais cela prend tout de même
du temps. L’organisation serait certainement moins lourde si je n’avais
qu’un ou deux chats à gérer.
Pour autant, même si chez moi le bilan est encore mitigé, je persévère
encore car je suis convaincue que ce mode d’alimentation est ce qu’il y
a de mieux pour les chats.
Je n’ai finalement encore que quelques mois de recul et je sais bien
que cela peut être long avec les chats pour qu’ils s’adaptent. Il est bien
connu qu’avec eux, il faut savoir être patients, que cela peut prendre
plusieurs mois simplement pour leur faire accepter un changement
même minime dans leur alimentation. Il faut aussi qu’ils se musclent
les mâchoires, réapprennent ce qui devrait être instinctif, à croquer, à
broyer, à ressentir la faim et à manger en discontinu.
Sans doute aussi qu’avec le temps, mon organisation évoluera, que je
trouverai encore d’autres astuces pour l’optimiser.
Je regrette juste beaucoup de ne pas avoir commencé cette aven-
ture plus tôt, alors qu’ils étaient encore jeunes et où ils se seraient
beaucoup plus facilement adaptés. Ils seraient sans doute aussi au-
jourd’hui en meilleure santé et je ne galérerais pas maintenant à me
battre contre une gingivite chronique, je n’aurais peut être pas non
plus perdu un chat d’insuffisance rénale, et un autre d’angiocholite à
seulement 8 ans ?
Si j’avais donc un conseil à donner, ce serait de commencer à nour-
rir son chat au cru dès le plus jeune âge et si possible exclusivement
au cru. C’est un peu de contrainte au niveau de l’organisation, c’est
peut être aussi un peu plus cher aussi sur le moment, mais sur le long
terme, si le chat est ensuite en meilleure santé, ces dépenses seront
certainement largement amorties.
Enfin et comme j’aime à le dire, si vraiment on souhaitait se simplifier
la vie et faire des économies, le meilleur moyen serait peut être de ne
pas avoir de chat du tout non ? Mais comme ce serait triste !!!
Valérie Quentin.
valerie.quentin@gmail.com
Pour aller plus loin:
—> Sur le net
- Sites d’infos
http://barf-asso.fr/ Une référence.
http://www.tribu-carnivore.com/bar-
fnew/ Une autre référence.
lhttp://le-barf-pour-mes-chiens.e-
monsite.com/. Un site clair et bien fait.
http://www.dur-a-avaler.com/
http://www.vismedicatrixnaturae.fr/ Pas
spécifique RAW, mais excellent site sur les
soins et l’alimentation naturelle
- Sites d’entraide: Si vous vous y inscrivez, ce
serait sympa de préciser que c’est suite à la
lecture de cet article !
Groupe Facebook fermé La tanière d’Il-
lico. Uniquement pour les chat. Je le recom-
mande !!
Groupe Facebook publique Tribu carni-
vore - BARF & raw feeding. Gros groupe de
8500 membres pour chats chiens furets. For-
cément, plus axé sur les chiens.
Groupe Facebook fermé Vis medicatrix
naturae. Ce groupe n’a que quelques mois et
compte déjà 5200 membres !
- Sites de ventes:
http://www.easy-barf.com/ Nouveau site
de vente Français.
http://www.st-laurent.fr/fr/Essentielle-
ment de la volaille.
http://www.dogsfresh.be/ Beaucoup
de broyés.
http://barf-webshop.be/ Grand choix
de produits.
http://www.fée-retsshop.fr/ Site Fran-
çais.Egalement beaucoup de choix. Possibili-
té de commandes groupées
https://www.das-tierhotel.de/ Site Al-
lemand mais avec des frais de port modérés.
- Sites en Anglais
http://www.catinfo.org/
http://healthypets.mercola.com/
http://catcentric.org/
http://feline-nutrition.org/
—> En librairie:
Je nourris mon chien naturellement
de Swanie Simon. Livre sur l’alimentation
naturelle des chiens, mais les bases sont les
même.
Toxic croquettes du Dr Jutta Ziegleren.
Livre sur l’alimentation dite moderne, mais
aussi les soins et les vaccins.

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Article raw aids

  • 1. Comment bien ou mieux nourrir nos chats ? Voilà la question que nous nous posons tous ! Parce qu’une bonne alimentation est essentielle pour avoir un beau chat, en bonne santé, avec un pelage de bonne qualité, et même un meilleur équilibre psychique. Voici la genèse de ma démarche … Jusqu’à l’année dernière, je nour- rissais mes chats exclusivement aux croquettes, avec même plusieurs marques haut de gamme en libre service. L’alimentation au cru, j’en avais certes entendu parler il y a quelques années, mais je n’en voyais alors pas l’intérêt. Cela m’apparaissait bien compliqué et comme mes chats semblaient bien se porter avec leur alimentation, pourquoi fina- lement me compliquer la vie ? Au fil du temps, j’ai eu jusqu’à 9 chats, 3 Sacrés de Birmanie et 6 Norvé- giens. Puis mes chats ont vieilli, deux m’ont quitté à 8 ans seulement; un d’insuffisance rénale et un d’un problème hépato-biliaire. Un autre présente depuis des années des problèmes de gingivite. Cas bien clas- sique, il maigrit quand il a trop mal, injection de cortisone, il reprend du poids pour quelques semaines ou mois, et rechute à nouveau. Et puis j’ai eu une chienne, un berger des Shetland dont je devais surveiller le poids car je l’ai faite stériliser. Sa ration de cro- quettes ne pesant vraiment pas lourd, je me suis alors interrogée sur le cru, en me disant qu’au moins, même si elle devait surveiller sa ligne, sa gamelle serait plus festive et c’est alors que j’ai commencé à en dis- cuter autour de moi. Ce qui revenait régulièrement de la part de ceux qui avaient une expérience de l’alimentation naturelle, c’est qu’autant nourrir un chat au cru était problématique, autant un chien, ça allait tout seul, moyennant juste tout de même un peu d’organisation ! C’est donc par le chien que j’ai commencé. Pour les chats, on verrait bien pour tester dans un deuxième temps si cela était gérable au niveau organisation- nel !... Et effectivement, je confirme qu’avec un chien, ça va tout seul ! Il suffit de poser la gamelle par terre, en trente secondes tout est aspiré, et si en plus ça pouire un peu, c’est encore mieux !! N’oublions pas que les chiens sont des charognards ! Les chats, c’est bien connu par contre sont plus délicats, cela tient à leurs origines désertiques. Donc quelques semaines plus tard, comme tout se passait à merveille pour ma chienne, qu’elle avait un poil du tonnerre, semblait plus épa- nouie et que je gérais relativement bien l’organisation, je me suis de- mandée si finalement, je ne pourrais pas maintenant tester pour les chats ? Un essai n’engageait à rien après tout ! J’ai conformément aux recommandations en vigueur pour l’introduction des viandes, commencé mon essai un soir avec des es- calopes de volaille … Cela fera bientôt un an, et je continue toujours à donner du cru à mes chats ! Bon, en fait, malheureusement pas exclu- sivement et pas à tous. Avant de vous raconter mon expérience, je vais déjà vous expliquer en quoi cela consiste de nourrir son chat naturellement, et surtout com- ment bien le faire, car c’est sans doute à cause ceux qui le font mal qu’il se dit que l’alimentation crue est mal tolérée ou à l’origine de carences. En préambule tout de même, je tiens à préciser que cet article est un témoignage, et il n’a pour objectif que d’être informatif sur les bases de l’alimentation naturelle, donc crue pour les chats. Pour cela, j’ai ras- semblé les informations que j’ai pu glaner ici et là au fil du temps et essayé de vous faire un retour de manière vivante sur mon expérience de quelques mois. Je tiens au passage à remercier Aline Schmitt qui m’a aidé à relire et corriger ce texte. Cet article n’est pas un article anti-croquettes ! Il y a des livres et de nombreux articles sur internet traitant le sujet (cf Pour aller plus loin). Je me suis limitée plutôt à vous expliquer pourquoi une alimentation naturelle est bénéfique pour les chats. Mais vous vous en doutez bien j’en suis certaine, car les chats sont des carnivores stricts, et pas des croquettivores comme essayent de nous en persuader les industriels de petfood depuis une cinquantaine d’années !! Après, vous en tirerez les conclusions qui s’imposeront naturellement à vous... Cet article ne prétend pas non plus être un article de nutrition fé- line et avoir de valeur scientifique ! Pour de plus amples informations, vous pourrez vous reporter à des articles écrits par des vétérinaires holistiques, en majorité Anglo-saxons, qui sont des précurseurs en ma- tière d’alimentation naturelle, et bien sûr, prendre l’avis de votre vé- térinaire par rapport à l’état de santé de votre chat. Par contre, savoir qu’ils sont encore peu nombreux à être favorables au cru, par manque d’information sur cette alimentation et sur la manière de la mettre en œuvre, notamment en cas de maladies. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous ai mis également quelques liens d’informations en bas de cet article que j’ai trouvés clairs et pertinents car au début surtout, on se perd un peu et trop d’information tue l’information ! Nourrir son chat Naturellement au cru ... En quoi cela consiste, et surtout, comment ça se passe vraiment quand on a plusieurs chats ? par Valérie Quentin alias Mavidouchat.
  • 2. Le concept de nourriture naturelle au cru: Quelle que soit l’espèce, que ce soit un chat, un chien ou un furet, l’idée est de donner différents ingrédients de manière à ce que la composition finale de la gamelle se rapproche le plus possible de ce que serait une proie. Après, il y a différentes formules. La plus connue, le BARF (Biological Appropriate Raw Food) n’est en fait adaptée que pour les chiens car cela consiste à nourrir son chien avec de la viande crue, des os et abats bien sûr, et d’y ajouter un mix de fruits et légumes crus réduits en purée. Il y a aussi ce que l’on appelle le raw qui est la même chose mais sans le mix de fruits et légumes. Les chats étant carnivores exclusifs, le BARF n’est pas adapté pour eux car ils ne doivent pas manger de mix fruits et légumes. Pour être complets, il y a également le whole prey feeding, qui consiste à nourrir avec des proies telles que l’on pourrait les trouver dans la nature. Certains font même des élevages pour être sûrs de donner des produits de qualité contrôlée mais cela reste extrêmement marginal et surtout pratiqué par les propriétaires de chiens. Pour les chats, les souris ou poussins donnés entiers décongelés en sont un peu l’équiva- lent. On en trouve à commander sur internet, par contre généralement en gros conditionnement et il faut être prêts psychologiquement à les distribuer. Une fois ce cap franchi, il parait que moyennant un temps d’adaptation les chats adorent ça par ce qu’ils retrouvent leur instinct de chasseur, ce qui est très bon pour leur équilibre psychologique, no- tamment pour les chats d’appartement ! Je n’ai personnellement pas testé, d’une part car j’aurais du mal, et d’autre part, parce que s’ils trainaient leur pseudo trophée de chasse dans toute la maison comme ils aiment à le faire avant de le consommer, avec mes deux chiennes au aguets, il y aurait du rififi ! Après, quelle différence y a-t-il finalement entre le cru et une ration ménagère ? Une ration ménagère, est composée de viandes cuites avec des légume cuits et généralement des céréales, le plus souvent du riz. Alors pourquoi préférer du cru à une ration ménagère ? Parce que c’est ce qui se rapproche le plus de l’alimentation naturelle du car- nivore quel qu’il soit, qui normalement vous en conviendrez, ne se fait pas rôtir ses proies avant de les déguster ! De plus, la cuisson dégra- dant les enzymes digestives, les antioxydants et bon nombre de vita- mines et minéraux, il est logique de privilégier des apports de viandes crues . Quant aux céréales, riz , tapioca, pommes de terres et autres patates qui font partie généralement des rations ménagères et sont indispensables à la bonne tenue des croquettes (une des deux raisons avec le faible coût de la matière première qui justifie leur présence !) ils ne sont tout simplement pas adaptés aux carnivores stricts que sont les chats et ne devraient pas faire partie de leur ration car ils ne savent pas les digérer. Le métabolisme du chat n’est pas prévu pour tirer profit des glucides, seul un apport d’environ 5% est toléré et cor- respond à ce que pourrait contenir l’estomac d’une proie naturelle . Le chat tire son énergie des protéines de qualité, c’est-à-dire les protéines animales et des lipides. Les glucides il ne sait pas quoi en faire , ils ra- lentissent son processus de digestion, en faisant travailler inutilement son pancréas sont à l’origine de nombreux dérèglements et maladies (ballonnements, problèmes digestifs et intestinaux, mauvaise haleine, obésité, allergies, maladies du foie, du pancréas, de la peau, maladies chroniques, maladies auto-immunes, cancers, diabète,…) qui vont ap- paraître principalement vers l’âge de 7/8 ans. Alors pourquoi nourrir son chat naturellement ? Cela peut être pour différentes raisons … Pour suivre un effet de mode, pour nourrir son chat plus sainement, plus naturellement avec des ingrédients choisis et contrôlés, ou pour résoudre des problèmes de santés tels des allergies, des troubles digestifs, voir des cas d’insuffisance rénale, de diabète ou de sur-poids pour ne citer que ces exemples … Oui d’insuffisance ré- nale, car contrairement aux idées reçues, le cru adapté à la pathologie et avec un suivi vétérinaire, est bénéfique au chat en cas d’insuffisance rénale ! Il y a des témoignages et des articles écrits par des vétérinaires à ce sujet, c’est une réalité !. Après avoir trouvé la motivation, nous avons tous eu les mêmes inter- rogations: Oui, le cru est certainement très bénéfique au chat, mais de là à se farcir des séances de découpage de viandes sanguinolentes (pour peu qu’on soit végétarien !) beurk beurk beurk ! Et puis, le cru doit aussi être cher et compliqué. Pour ce qui est de la découpe de viande, il est vrai qu’au départ c’est un peu hardcore. Alors deux options s’offrent à vous: soit vous pre- nez-sur vous, sachant qu’avec le temps on s’habitue, soit vous essayez de sous-traiter auprès de votre conjoint ! Moi, je me suis habituée !! Je plaisante bien sûr !... Et je vous l’assure, bon nombre de végétariens parviennent à nourrir leurs carnivores au cru !... Pour ce qui est du prix, classiquement le cru ne revient pas plus cher que des croquettes haut de gamme, et cela peut même revenir moins cher quand on a des «bons plans » comme on dit entre nous. Mais cela prend du temps à trouver et c’est aussi plus facile quand on achète en grandes quantités. Après, c’est aussi un peu de la combine; on enlève le bandeau « pas de pubs » de notre boite aux lettres pour éplucher les prospectus, on guette les DLC des grandes surfaces et surtout, on es- saye de faire du charme à son boucher pour qu’il nous garde de beaux déchets ! On peut également s’inscrire sur des groupes de partage de bons plans sur Facebook qui permettent de s’entraider voir d’organi- ser des commandes groupées par palettes pour bénéficier de tarifs de port attractifs voir gratuits. Une fois ces problèmes existentiels résolus, avant de se lancer, il est essentiel de bien se documenter. Car c’est en faisant mal qu’on risque des échecs, des troubles digestifs, des régimes mal équilibrés et c’est ainsi qu’après certains disent que le cru est mal toléré à l’origine de carences. On ne passe pas brutalement d’une alimentation à une autre, une transition en douceur est souvent nécessaire, surtout chez les chats adultes. Pour se documenter, il y a bien sûr des livres, mais on en trouve plus sur le BARF (donc pour les chiens) que sur le RAW (adapté aux chats). Et il y a surtout internet, avec des sites, des forums et maintenant des groupes Facebook qui permettent de se documenter mais aussi de po- ser des questions précises. Les «Barfeurs» ont la (mauvaise) réputation d’être sectaires ... Il est vrai que les échanges sont parfois vifs sur ces groupes, mais c’est sans doute parce que les débats sont alimentés par
  • 3. des passionnés qui voudraient convaincre le plus de monde possible du bien fondé de leurs convictions ! Et puis, il est bien normal que les conseils donnés qui sont destinés aux néophytes soient cohérents avec les principes de base de l’alimentation naturelle et gages de sa réussite. Pour les chats, comme il y a peu de sites spécifiques, je vous recom- manderai le groupe Facebook «la tanière d’illico» qui est très convivial et surtout exclusivement dédié aux chats. Vous serez très bien accueil- lis et pourrez y poser vos questions car au début, il est bien normal d’avoir peur de mal faire. Il y a aussi de nombreux fichiers hébergés avec des articles rédigés par des membres et des articles scientifiques rédigés par des vétérinaires. Ces fichiers sont accessibles depuis un ordinateur et pour ceux qui consultent Facebook depuis leur smart- phone, mais ils ne sont pas accessibles via l’application Facebook de base et une petite astuce pour y parvenir est de télécharger l’applica- tion Facebook groups disponible sur ITunes et le Playstore. Cela vous évitera de poser aux admins cette questions récurrente: «Pourquoi je ne trouve pas vos fichiers ???» ! Oui mais le stockage et la conservation ? Et bien il n’y a qu’une solu- tion, le congélateur ! Pour ce qui est de la taille du congélateur à prévoir, on estime pou- voir stocker en kilos la moitié du volume du congélateur, soit 50 kilos dans un congélateur de 100 litres, 100 kilos dans un 200 litres etc. … Après, se pose le problème du choix entre un congélateur coffre ou à tiroir ? Un congélateur coffre sera plus contenant, mais il faudra savoir bien l’organiser, sans quoi cela pourra vite devenir galère pour accéder à ce qui sera au fond. Un congélateur à tiroir est pratique pour trier les viandes et y accéder, mais il y aura plus de place perdue. Compter qu’un tiroir de congélateur permet de stocker suffisamment de viande pour un gros chat pour un mois. Moi il se trouve qu’avec chiens et chats, j’ai deux congélateurs; un petit à tiroir, et un coffre de 100 litres chacun. Une astuce pour bien orga- niser un congélateur coffre, est d’acheter des bacs plastiques transpa- rents type Curver qui s’empilent et permettent ainsi de bien trier et identifier les différentes viandes. Moi, avant de congeler, je recondi- tionne mes viandes en petits sachets et chaque boite contient un type de viande. Ainsi, ce sera moins galère pour accéder à ces fichus foies de volailles qui seront, selon le principe de l’emm...t maximum forcé- ment au fond !! La congélation permet de détruire les parasites (vers), d’éviter la proli- fération des bactéries et surtout, de profiter des promos pour stocker et ainsi d’avoir toujours à disposition différentes sources de viandes et abats fraîchement décongelés à proposer à nos délicats moustachus ! Les viandes seront ensuite décongelées au réfrigérateur (compter 24 heures) ou à température ambiante en fonction de la saison et du délai restant avant le repas suivant. Le tout étant aussi de ne pas oublier ! Oui mais ça doit prendre du temps me direz-vous aussi ! C’est un peu vrai. Autant mettre des croquettes dans un bol ou un distributeur en libre service est à la porté de tous, autant il est certain que la gestion au quotidien du cru nécessite plus d’investissement, de présence et d’organisation, surtout au début . Donc cela nécessitera de se rendre disponible au moins quelques minutes matin et soir pour composer les gamelles. Avec l’habitude, vous vous rendrez rapidement compte que ce n’est finalement pas si compliqué qu’il y paraissait au début. Pour le problème des absences, des week end, ce sera peut être plus compliqué mais il y a toujours des solutions: préparer des rations jour- nalières congelées pour celui qui garde votre chat, donner une alimen- tation humide pour les jours d’absence ... Comment composer son menu ? Qu’est-ce que l’on donne ? Quelles quantités prévoir ? On peut trouver cela de manière très détaillée sur internet avec des tableaux et même des calculateurs de rations. Cela rassure au début mais c’est en fait assez simple. Les rations sont calcu- lées en pourcentage par rapport au poids et à l’âge du chat. On compte entre 2 et 4 % du poids du chats selon son activité. Après, il faut sim- plement surveiller le poids du chat et adapter les rations au besoin. Pour les chatons, on donne soit à volonté, soit on compte entre 6 et 10 % de son poids, avec trois ou quatre repas répartis sur la journée. Combien de repas faut-il prévoir par jour ? Voilà un autre point qui pose généralement question alors que les chats aiment faire une mul- titude de petits repas répartis sur 24 heures, Et bien au cru, il est tout à fait possible de ne leur servir que deux repas par jour. C’est étonnant mais ils s’adaptent en fait assez vite, et ne pinaillent finalement pas tant que ça. Oui, il ne faut pas rêver, ils n’aspirent pas leurs gamelles en 30 secondes chronos comme le font les chiens, il y a tout de même un protocole de reniflement, Quel est le menu du jour ? Est-ce vrai- ment bon ? Est-ce vraiment frais ? Je goûte … Oui ça ira pour cette fois ! Selon le chat, il mangera sa gamelle en une fois ou en 3 ou 4 fois sur une matinée, surtout au début. Ce qui ne sera pas consommé suffisamment rapidement sera remis au frais pour le repas suivant. La difficulté étant de leur réapprendre la sensation naturelle de faim, sans pour autant les faire jeûner trop longtemps ce qui serait préjudiciable à leur santé. L’appétit revenant, croyez-moi, ils comprennent assez vite ! Quels ingrédients composent leur menu ? Et bien comme expliqué plus haut, c’est ce qui compose une proie, à savoir de la viande-mus- cle, des os, des abats. Au niveau des proportions, en théorie c’est 75 % de viande-muscle, 15% d’os et 10% d’abats. 15% d’os me direz-vous, ce n’est pas facile à calculer d’autant que ces os pour ne pas être dange- reux, doivent être charnus, c’est à dire recouverts de viande et il n’est pas facile de savoir quel est vraiment le poids en os d’un os charnu ! Pour simplifier, il est admis que les rations seront composées et 10 % d’abats et le reste pour moitié de viande muscle et pour moitié d’os bien charnu. Pas de prise de tête, juste surveiller le transit du chat, et selon la couleur et de la consistance des selles, les os ayant tendance à être plutôt constipant, on ajustera alors les proportions d’os charnus en grosse moitié ou petite moitié. Sinon, pour ceux dont les chats refuseraient les os charnus, il existe du broyé de volaille congelé que l’on peut trouver notamment chez Picard à trois euros le kilo sous la forme de 10 petits steaks hachés de 100g.
  • 4. Ce broyé est constitué de 97% de carcasse de volailles broyées, il fau- dra donc le compléter avec de la viande muscle. Une autre alternative est de donner de la poudre d’os ou des coquilles d’œufs qu’on peut acheter tous prêts sur internet. Quelles viandes donner ? Classiquement, le RAW doit être composé d’au moins 3 viandes différentes afin d’assurer l’équilibre en vitamines et acides aminés. Cela peut être de la volaille, du bœuf, du porc, du la- pin, des cailles, de l’agneau etc. … Toutes les viandes peuvent être don- nées sauf le porc de plein air (ou équivalent avec les porcs sauvages que sont les sangliers) à cause d’un parasite à l’origine de la maladie d’aujeszky. Les limites seront finalement surtout budgétaires et bien sûr, en cas d’intolérance ou allergie à certaines viandes. C’est d’ailleurs la raison pour la quelle il est conseillé d’introduire les viandes une par une, en commençant généralement par la volaille, afin d’être en capa- cité d’identifier immédiatement une intolérance. Les os seront donnés charnus, crus bien évidemment, et adaptés en taille à la mâchoire d’un chat (cous, ailes, pilons de poulet,…) Sont in- terdis les os porteurs de grands mammifères qui sont trop durs. Pour les chats, de toute manière, le bon sens fait qu’on ne leur prévoit gé- néralement pas de fémur de bœuf ! Les 10 % d’abats seront composés pour moitié maximum de foie et le reste en abats variés. On distingue les abats filtres comme le foie et les reins, des autres abats comme le cœur, la rate, la panse. Le mou n’est contrairement au idées reçues pas très bon pour les chats car peu nutritif. Le cœur de bœuf est particulièrement riche en taurine, mais il n’y a pas à s’inquiéter un régime carné suffit habituellement à couvrir les ap- ports nécessaires au chat. Savoir juste que la viande hachée sera moins riche en taurine car elle est dégradée au contact de l’air par oxydation. Au besoin, il est toujours possible de supplémenter. Le poisson est également un aliment très apprécié des chats. Il consti- tue un excellent apport en oméga 6, notamment pour les chats ayant des problèmes de santé chroniques inflammatoires. Il peut être donné entier, non vidé et sera alors considéré comme une proie complète (viande-muscle, os et abats si non vidé). Par contre il est impératif de congeler le poisson pendant 3 semaines avant de le servir pour dé- truire les éventuels parasites. Tous les poissons peuvent être donnés, particulièrement les poissons gras comme les sardines et les maque- reaux riches en oméga 3, mais il faut éviter les poissons du pacifique. Pour s’en souvenir, voici un petit moyen mnémotechnique: pas de «PAS-cifique» ! Parfois pour certains chats, le poisson peut être lourd à digérer et c’est pourquoi il est donc recommandé de ne pas don- ner de repas uniquement constitués de poissons. Un tiers de la ration est généralement bien toléré. Les œufs peuvent être donnés entiers voir avec leur coquille à raison d’une fois par semaine.. Bon, vous me direz, la coquille pour les chats, c’est pas gagné ! Mais en théorie c’est possible ! Le jaune d’œuf est une excellente source de protéines et contient 19 acides aminés différents. Le blanc d’œuf pauvre en phosphore est conseillé comme source de pro- téines en remplacement d’une partie des viandes en cas d’insuffi- sance rénale sévère. La choline et la lécithine contenue dans le jaune d’œuf favorise la motilité la digestion des boules de poils….. Tout le reste étant facultatif ! Normalement, une alimentation crue équilibrée se suffit à elle même, mais il est possible de donner en com- plément: Des huiles peuvent être ajoutées en quantité modérée, à raison d’envi- ron une cuillère à café par dix kilos de poids vif, soit une demie cuillère à café par jour pour un chat de taille moyenne. Il est préférable d’évi- ter les huiles végétales qui risquent d’accélérer le transit et présentent peu d’intérêt nutritionnel chez le chat. Les viandes d’élevage ayant un taux élevé d’oméga 6, on cherchera plutôt des huiles riches en oméga 3 sous forme d’huile de saumon sauvage. Il existe sinon dans le com- merce une huile un peu chère mais d’excellent qualité, bien équilibrée en oméga 3, 6 et 9 chez DHN. L’huile de coco présente également des vertus intéressantes et aiderait même à faire perdre du poids ! Des produits laitiers peuvent également être donnés en quantités limitées sous la forme de forme de yaourts natures sans sucre bien évidemment, ou mieux de kéfir de lait. Pour information pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est le kéfir de lait, c’est du lait fermenté fait maison et un excellent probiotique. On en trouve parfois tout prêt dans certains magasins bio, mais le mieux est de chercher sur internet un donneur du ferment les «graines de kéfir» qu’il vous enverra gra- tuitement (enfin juste contre les frais de port) sous enveloppe pour démarrer vos cultures. C’est ainsi que j’ai reçu mes précieuses graines ! Pour en savoir plus sur les bienfaits du kéfir, je vous invite à consulter l’article de l’excellent site Vis medicatrix naturae. Le kéfir de lait si on en apprécie le goût un peu acide est également excellent pour nous ! Oui, mais peut-on donner aussi des croquettes avec du cru ? Voilà LA question qui fait débat ! Et je ne me risquerais pas d’affirmer quoi que ce soit sous peine de me faire lyncher par les puristes ! Pour faire simple, le temps de digestion des deux types d’alimentation ne serait pas le même et l’estomac d’un animal nourri au cru est aussi bien plus acide que celui d’un animal nourri aux croquettes. Ceci facilite la di- gestion des protéines, l’élimination des bactéries et la transformation des enzymes. Ainsi, si l’on mélange une alimentation crue et indus- trielle, l’estomac serait moins acide, le bol alimentaire stagnerait, ce qui risquerait d’être à l’origine de flatulences et divers autres troubles digestifs. C’est pourquoi il est habituellement recommandé sur de nombreux sites d’information de ne donner qu’une alimentation crue. Après, certains donnent tout de même une alimentation mixte pour des raisons pratiques, en général en alternant les types de repas et ne disent ne déplorer aucun problème de santé pour autant. Oui, mais comment faire quand on a plusieurs chats ? Et bien c’est là le problème ! Comment être sûr que chacun ait bien une ration complète et équilibrée ? Ce n’est pas simple ! Il y a la solution d’isoler ses chats en kennel, mais ce n’est pas forcément très décoratif et moi avec mes 7 chats ce n’était pas envisageable. Certains servent en gamelles séparées mais il y a toujours le petit malin qui préfèrera ci ou ça et qui essayera d’aller le pi- quer dans la gamelle du voisin !
  • 5. Cela nécessite donc de faire la police et on sait combien les chats sont discipli- nés! Après, il parait que pour éviter les tensions, une solution est de prévoir une gamelle par chat plus une. J’ai essayé ce système qui est pas mal, mais une amie m’a donné une autre idée que j’ai trouvé très ingénieuse: Le plateau repas unique ! Depuis, je pose mon plateau sur la table avec ses proportions bien équilibrées et ainsi, je suis sûre que chacun pourra manger équilibré et à son rythme. Par contre, cela ne permet malheureusement pas de contrôler les quantités prises par chaque chat ... Et si le chat à des problèmes de santé ? Si le chat à des problèmes de santé, il est bien sûr recommandé de prendre l’avis de votre vétérinaire. Pour autant, comme dit plus haut, savoir que certaines maladies ne contre indiquent pas le cru et peuvent même être améliorées par ce régime. Par exemple, contrairement aux idées reçues, l’insuffisance rénale et le diabète ne sont absolument pas des contre indications à l’alimentation crue. Bien au contraire, car ce régime permettra un meilleur état d’hydratation et les protéines animales apportées seront de qualités contrairement à celles d’une alimentation industrielle même adaptée qui contient majoritairement des protéines végétales. Savoir également que la viande, contrai- rement aux idées reçues, n’est pas constituée uniquement de « protéines qui vont fatiguer les reins », mais également de lipides et de bien d’autres choses. La viande contient entre 20 et 30 % de protéines, donc finalement pas plus et même généra- lement moins de protéines que des croquettes sans céréales. Quels outils faut-il prévoir ? Finalement, pas tant que ça ! Au minimum ... - Des gants ! Des bons gants de vaisselle bien solides pour les séances de découpes! - Un bon couteau de cuisine aussi, cela va de soit ! - Des ciseaux de cuisine de qualité, c’est pratique pour portionner viandes et pois- sons. - Un bon sécateur, pour portionner les petites volailles ou certains os charnus. Un sécateur de jardin faisant très bien l’affaire ! - Une feuille de boucher. Bon, j’en ai acheté une, mais j’avoue ne pas trop savoir la manier. J’ai toujours peur de me trancher un doigt, ça gicle partout etc. !… Bref, ce n’est pas au point chez moi. Pour vous dire, un gentil boucher à qui j’avais deman- dé conseil m’avait même proposé une formation !! - Une planche à découper qui passe au lave vaisselle, c’est mieux pour des raisons d’hygiène. - Eventuellement un broyeur pour ceux qui craignent de donner des os charnus et souhaiteraient ré- aliser leur mélange broyé maison. Le Reber N°22 est cher, mais c’est la référence que l’on voit le plus recom- mandée dans le milieu. - Un gros stock de sacs congèlation. Ce n’est pas très écologique, mais il n’y a pas trop le choix. Sinon, il y a bien la solution des tuperwares, mais cela prend beaucoup de place au congélateur. Des gobelets à café en plastique jetables ou des bacs à glaçons en silicone peuvent aussi être pra- tiques pour portion- ner ce qui doit être donné en petites quantités comme les abats. Où acheter sa viande ? Idéalement, il faudrait acheter des viandes ne provenant pas d’éle- vages intensifs, mais cela aura un coût trop élevé pour beaucoup. Sinon, pour trouver ses fournisseurs, c’est de la combine: boucherie traditionnelle, guetter les promotions des grandes surfaces, les DLC ou les invendus, surtout avec la régle- mentation qui doit changer prochainement. On peut aussi acheter ses produits par internet sur des sites spécia- lisés. Ils vendent de la viande sous forme généralement congelée qui est ensuite expédiée par transporteurs. Malheureusement, la plupart des fournisseurs sont situés dans le nord de la France, en Belgique ou en Allemagne et les frais de port sont prohibitifs pour de petites quantités. Ils peuvent être intéressants pour se fournir en poussins, souris ou en mélanges broyés bien pratiques notam- ment pour les périodes de vacances. Petite astuces pratique: Toujours penser avant de servir un repas au prochain repas ! Croyez moi, c’est du vécu ! Après, on risque d’être occupé à autre chose et d’oublier de décongeler la portion du repas suivant. Tous les gens qui nourrissent au cru se sont une fois réveillés en pleine nuit en sursautant « Mince, j’ai oublié de sortir la viande des chats ! ». En solution de rattrapage, il est tou- jours possible de tremper les sachets dans de l’eau chaude mais cela prend tout de même du temps et pendant ce temps les fauves s’impatientent ! Sinon, il m’arrive aussi d’accélérer les choses au micro ondes en position décongélation. Comment commencer ? La première semaine ... La première semaine, semaine dite de transition ali- mentaire, il est recommandé de ne donner que des escalopes de volaille. Cela permet à l’organisme de se détoxifier doucement et limiter les troubles digestifs secondaires au changement d’alimen- tation. On ne fait pas jeûner les chats. On donne le dernier repas un soir et hop, le lendemain, on supprime le bol de croquettes et on se lance dans la grande aventure ! Ne vous attendez pas par contre à ce que vos greffiers se jettent sur la nourriture ! Je vous préviens tout de suite ! Ils vont venir, renifler, vous regarder interrogatifs genre « ça se mange ça ? ». Puis vont lécher. Vous regarder à nouveau. « Comment on fait ? ». Lécher … S’en aller … Revenir … Lécher … Goûter … Recracher ... Reprendre en gueule, essayer de mastiquer … Éventuellement même vomir dix minutes après ! Je vous le dis, un vrai bonheur ce parcours ini- tiatique !! Pour limiter les dégâts, je vous conseillerai de découper finement au ciseau les escalopes de volaille et de ne pas en donner une trop grosse quantité d’emblée. Si par chance vous aviez un glouton au tempérament aventurier, attendez donc un petit quart d’heure voir si cela à bien glissé avant d’en proposer à nouveau. Sur mes sept chats, seuls mes quatre Norvégiens ont tenté l’aven- ture. Mes Sacrés de Birmanie eux n’ont même pas pris la peine d’essayer de goûter. Ensuite, surveiller le transit. Il est possible d’observer des accéléra- tions du transit intestinal les premiers jours. Cela n’a rien d’inquié- tant si votre chat ne semble par ailleurs pas abattu, et qu’il conti- nu à bien s’alimenter. Il est possible pour aider à passer ce cap de donner des probiotiques sous forme de Fortiflora (que vous pouvez acheter chez votre vétérinaire ou sur internet) et à titre sympto- matique un peu de Smecta dilué. Savoir qu’au cru, la production d’excréments est nettement moindre, sans odeurs et qu’on peut ajuster ensuite les apports d’os charnus en fonction du transit. Per- sonnellement, je n’ai rencontré aucun soucis digestif ni de transit, que cela soit dans un sens ou dans un autre, par en haut ou par en bas non plus d’ailleurs ! Mais mon Smecta-Fortiflora n’était pas loin au cas où ! La deuxième semaine, les premiers os charnus sont intro- duits. Comme il est recommandé de donner des os de volailles, j’ai tenté les pilons de poulets ... Flop complet ! Assouplis au marteau ...Pas mieux ! Ils n’y ont pas touché. J’ai donc du me rabattre sur le Dogador de chez Picard, mais comme c’est constitué à 97% de
  • 6. carcasses de volailles, je l’ai rallongé avec de la viande muscle. Les semaines suivantes, on introduit une nouvelle viande chaque semaine, porc, lapin, cailles, veau, poisson etc. … Puis les abats, et enfin, en tout dernier le bœuf car ce serait la viande la plus allergisante. Chez moi, lors de cette période de diversification des viandes, mes chats m’ont clairement exprimé leur préfé- rence pour les escalopes de volaille ! Forcément, c’est ce qu’il y a de plus cher !! L’intérêt de procéder ainsi est de pouvoir identifier im- médiatement une viande mal tolérée. Savoir qu’un chat peut être allergique à une viande entrant dans la compo- sition de ses croquettes et ne présentera pas forcément de manifestation allergique avec cette même viande donnée crue. Pour les chatons, c’est le même principe au niveau des intro- ductions. Il faut juste veiller à leur donner en quantités plus importantes, généralement à volonté, le chaton se régulant tout seul. Les points positifs - Le pelage est plus beau, plus fourni. Ce n’est guère surprenant puisque les nutriments étant mieux absorbés et assimilés ! Mais avec les Norvégiens et leur sous poil plus fourni, il y a intérêt aussi à ne pas se laisser déborder et bien surveiller ! Sinon, gare à la formation de bourre ! - Les dents sont plus saines car il y a moins de tartre qui se forme et donc moins de gingi- vites, surtout si le chat accepte de manger des os charnus. Si vous avez en plus la possibilité de donner du kéfir de lait qui a des propriétés anti- tartre, votre chat gardera des dents d’une blancheur éclatante ! - L’haleine est plus fraiche, pas d’haleine de chacal ! - Les selles, alors là vous n’allez pas le croire, mais c’est le bonheur ! les quantité d’excréments sont divisées par trois ou quatre, et il n’y pratiquement plus d’odeurs ! Fini les litières fumantes et parfumées au ChatNel N°5 de chez Matoux !! - dans le même ordre d’idées, un chat au raw ne vomit pratiquement pas car il n’a pas de troubles de la motilité intestinale. Vous ne ramas- serez plus de régurgitations de boules de poils, ce qui est particulière- ment intéressant pour les chats à poils longs, surtout si le chat mange un jaune d’œuf par semaine. - Les reins sont préservés, d’une part parce que l’alimentation ap- porte plus d’eau, et d’autre part car les protéines apportées sont de meilleure qualité. - Le cru est bénéfique aux chats diabétiques aussi car il permet de supprimer totalement l’apport des glucides. Rappelons que le chat tire son leur énergie des lipides et qu’il ne sait pas digérer les glucides. Si le diabète n’est pas déjà à un stade trop avancé, la suppression totale des glucides per- mettra un meilleur équilibre de son diabète sans avoir recours à l’insuline. - Les animaux nourris au cru sont aussi plus denses, plus musclés. - L’appétit est meilleur, pour des chats maigrelets, cela peut être un avantage. Bon, malheureusement le contrôle du poids chez moi, ça n’a pas été un point fort ! Comme j’ai du laisser les croquettes à côté en libre service, ceux qui piochent à tous les râte- liers ont plutôt grossi ! Comme je l’ai déjà dit, idéalement, il faudrait que chaque animal soit nourri de manière personnalisée avec des rations contrôlées et exclusivement au cru. Mais chez moi, avec mon effectif, c’était malheureusement trop compliqué à mettre en œuvre. Les difficultés - Les vieux chats peuvent avoir du mal après des années de cro- quettes à passer à ce type d’alimentation. Mes Sacrés de Birmanie même après plusieurs mois, ne s’y sont pas du tout intéressés. Les Bir- mans seraient-ils snobs comme le prétendent certains ? OK, je sors … Les jeunes chatons par contre, habitués dès le sevrage, ne poseront pas de problèmes. - Les chats sont plus difficiles que les chiens, les viandes doivent être de première fraicheur. Aussi, après des années d’alimentation industrielle blindée d’arômes artificiels, ils peuvent trouver que le cru manque d’ap- pétence. Pour les inciter à goûter, on peut saupoudrer la viande de parmesan, de gruyère râpé, de vache qui rit, ou de Fortifiora indépendamment de ses vertus probio- tiques car ils en raffolent ! On peut aussi passer la viande à la poêle, la saupoudrer de croquettes réduites en poudre, de jus de thon, de soupe préparée avec sa pâté préférée mixée avec de l’eau. Pour les motiver en agissant sur un plan plus comportemental, on peut leur donner les morceaux un à un à la main, ou leur donner l’illusion d’être de grands prédateurs chassant leur pitance en la laissant subtilement en évidence dans un endroit différent du point officiel de ravi- taillement. Chassé ou volé, ça en aura forcément plus de valeur et n’en sera que meilleur ! - Les chats sont des feignants, nous le savons bien, mais c’est aussi vrai quand il s’agit de fournir un effort pour manger ! Certains ne voulant pas se fatiguer à mastiquer exigeront surtout au début que les viandes soient finement ciselées et refuseront les os charnus. A leur décharge, il leur faut aussi un peu de temps pour se muscler les mâchoires. Patience et longueur de temps ... On peut aussi investir dans une broyeuse. - Quand on a plusieurs chats, tous ne mangent pas forcément à la même vitesse. Il y a les lambins et les grands prédateurs! La solution pourrait être de les nourrir séparément en ken- nel. C’est ce que je fais pour mes deux chiens pour qu’ils puissent manger tranquilles, mais pas pour mes chats. Ils sont trop nombreux et déjà que je dois mettre leurs cro- quettes en hauteur à cause des chiens, ce serait trop lourd. - Quand on part en week end ou en vacances, c’est cer- tainement plus compliqué que de laisser un bol de cro- quettes en libre service. Il faut prévoir les portions, des mélanges tous prêts ou de l’humide de bonne qualité et surtout quelqu’un de bien intentionné pour venir faire le service à domicile deux fois par jour. Pour ceux qui laissent leurs chats en pensions, certaines acceptent ce type d’alimentation mais restent rares. En conclusion, certains diront que le BARF, le RAW, en- fin le cru globalement, ce n’est qu’un effet de mode car ce (contre) - courant qui nous vient des États unis - et qui se dé- veloppe de plus en plus - est relativement récent. Mais il ne fau- drait pas pour autant oublier que l’origine du courant remonte en fait à plusieurs milliers d’années, alors que l’alimentation industrielle sèche, qu’on nous martèle comme étant la meilleure qui soit pour nos animaux, même si elle est pratique c’est indéniable, n’existe elle que depuis une cin- quantaine d’années ! Contre le régime au cru, on entend régulièrement: «oui, mais les chiens ne
  • 7. sont pas des loups, ils sont carnivores opportunistes, ils ont évolués au contact de l’homme etc. … » Reste que leur dentition n’est pas celle des omnivores, que leur tube digestif est court et donc, qu’ils ne sont pas anatomiquement équipés pour digérer les céréales ou autres amidons nécessaires à la constitution des croquettes. C’est un fait, quoi qu’on nous avance pour des raisons purement marketing. Et puis comment justifier alors chez le chat, qui est, tous s’accordent sur le sujet, un carnivore strict, de tels apports en glucides ? Car c’est curieux mais si vous regardez de près la composition des croquettes, vous ne trouverez pas directement le taux de glucides, étonnant non? Il vous faudra le calculer avec une formule «savante» ! Non non, je ne la don- nerai pas ici !! Et je ne parlerai pas de la vraie teneur en vraie viande de ces aliments destinés je le rappelle à des carnivores stricts! Sachant que seules les protéines d’origine animales sont adaptées au chat, je vous invite donc aussi à calculer la teneur en protéines animales et végétales des croquettes ! Allez, j’arrête là, car j’avais précisé en pré- ambule que cet article ne serait pas un article anti-croquettes, mais il m’apparaît indispensable au minimum de mettre ces éléments en lumière pour justifier l’intérêt d’une alimentation qui est simplement en fin de compte, plus naturelle. Et chez moi, donc dans la vraie vie, mon bilan des courses ? L’alimenta- tion crue ... Révélation ? Fastoche ou fausse bonne idée ? Après mon expérience de quelques mois pour mes chiens avec qui j’ai commencé, gros succès et très fastoche ! Des chiens plus épanouis, avec un poil extra et des dents nickelles. Des gamelles aspirées en plus en trente secondes ! Mais ce n’est pas l’objet de cet article. Pour mes chats en revanche, je dois avouer que pour l’instant mon bilan est encore mitigé. Mitigé pourquoi ? Parce que les plus vieux ont 12 ans de croquettes derrière eux et n’ont pas encore voulu ne serait-ce que s’intéresser à ce type d’alimentation. Parce que de fait, pour que les réfractaires puisse continuer à se nour- rir, j’ai du malheureusement continuer à faire un mixte croquettes/cru, et que ce n’est pas idéal. Bon après, je me dis que c’est toujours ça de pris et de meilleur pour ceux qui acceptent la viande. Parce qu’aussi, comme j’ai beaucoup de chats, il m’est difficile de leur donner des rations personnalisées et que certains ont grossi. Parce qu’enfin, j’ai aussi deux chiens nourris au cru et que toutes ces différentes petites préparations puis ensuite leur service me prennent du temps. Cela me fait tout de même 25 kilos de poids vif de chats et 15 kilos de chiens à nourrir ! Je n’ai certes plus d’enfants à la maison, mes animaux sont un peu mes enfants, mais cela prend tout de même du temps. L’organisation serait certainement moins lourde si je n’avais qu’un ou deux chats à gérer. Pour autant, même si chez moi le bilan est encore mitigé, je persévère encore car je suis convaincue que ce mode d’alimentation est ce qu’il y a de mieux pour les chats. Je n’ai finalement encore que quelques mois de recul et je sais bien que cela peut être long avec les chats pour qu’ils s’adaptent. Il est bien connu qu’avec eux, il faut savoir être patients, que cela peut prendre plusieurs mois simplement pour leur faire accepter un changement même minime dans leur alimentation. Il faut aussi qu’ils se musclent les mâchoires, réapprennent ce qui devrait être instinctif, à croquer, à broyer, à ressentir la faim et à manger en discontinu. Sans doute aussi qu’avec le temps, mon organisation évoluera, que je trouverai encore d’autres astuces pour l’optimiser. Je regrette juste beaucoup de ne pas avoir commencé cette aven- ture plus tôt, alors qu’ils étaient encore jeunes et où ils se seraient beaucoup plus facilement adaptés. Ils seraient sans doute aussi au- jourd’hui en meilleure santé et je ne galérerais pas maintenant à me battre contre une gingivite chronique, je n’aurais peut être pas non plus perdu un chat d’insuffisance rénale, et un autre d’angiocholite à seulement 8 ans ? Si j’avais donc un conseil à donner, ce serait de commencer à nour- rir son chat au cru dès le plus jeune âge et si possible exclusivement au cru. C’est un peu de contrainte au niveau de l’organisation, c’est peut être aussi un peu plus cher aussi sur le moment, mais sur le long terme, si le chat est ensuite en meilleure santé, ces dépenses seront certainement largement amorties. Enfin et comme j’aime à le dire, si vraiment on souhaitait se simplifier la vie et faire des économies, le meilleur moyen serait peut être de ne pas avoir de chat du tout non ? Mais comme ce serait triste !!! Valérie Quentin. valerie.quentin@gmail.com Pour aller plus loin: —> Sur le net - Sites d’infos http://barf-asso.fr/ Une référence. http://www.tribu-carnivore.com/bar- fnew/ Une autre référence. lhttp://le-barf-pour-mes-chiens.e- monsite.com/. Un site clair et bien fait. http://www.dur-a-avaler.com/ http://www.vismedicatrixnaturae.fr/ Pas spécifique RAW, mais excellent site sur les soins et l’alimentation naturelle - Sites d’entraide: Si vous vous y inscrivez, ce serait sympa de préciser que c’est suite à la lecture de cet article ! Groupe Facebook fermé La tanière d’Il- lico. Uniquement pour les chat. Je le recom- mande !! Groupe Facebook publique Tribu carni- vore - BARF & raw feeding. Gros groupe de 8500 membres pour chats chiens furets. For- cément, plus axé sur les chiens. Groupe Facebook fermé Vis medicatrix naturae. Ce groupe n’a que quelques mois et compte déjà 5200 membres ! - Sites de ventes: http://www.easy-barf.com/ Nouveau site de vente Français. http://www.st-laurent.fr/fr/Essentielle- ment de la volaille. http://www.dogsfresh.be/ Beaucoup de broyés. http://barf-webshop.be/ Grand choix de produits. http://www.fée-retsshop.fr/ Site Fran- çais.Egalement beaucoup de choix. Possibili- té de commandes groupées https://www.das-tierhotel.de/ Site Al- lemand mais avec des frais de port modérés. - Sites en Anglais http://www.catinfo.org/ http://healthypets.mercola.com/ http://catcentric.org/ http://feline-nutrition.org/ —> En librairie: Je nourris mon chien naturellement de Swanie Simon. Livre sur l’alimentation naturelle des chiens, mais les bases sont les même. Toxic croquettes du Dr Jutta Ziegleren. Livre sur l’alimentation dite moderne, mais aussi les soins et les vaccins.