La maternelle 
en Europe 
● La meilleure maternelle du monde ? 
● Une conviction partagée 
● Les différents modèles 
● Les différentes conceptions 
● Les critères de qualité 
● Les effets du préscolaire 
● Comment se situe la France ? 
● Comparaison avec les pays 
nordiques 
● L'exemple du Danemark 
● L'exemple de l'Italie 
● Des pistes pour progresser ?
“En France nous avons la 
meilleure école maternelle 
du monde !” 
Fantasme ou réalité ?
Conviction partagée dans tous les pays de 
l’OCDE : nécessité d’accueillir et d’éduquer 
les très jeunes enfants 
● pour favoriser la natalité 
● pour permettre aux femmes de concilier vie familiale et 
professionnelle 
● pour agir contre les désavantages éducatifs qui touchent les enfants 
des familles pauvres 
● pour l’acquisition de bases solides qui contribuent à une meilleure 
scolarité, 
● pour réduire la charge portée par la société (investir dans la qualité 
de l’éducation et de l’accueil dans la petite enfance est rentable)
Deux grands modèles 
● L’accueil de la petite enfance organisé de 
manière intégrée 
● L’accueil de la petite enfance organisé de 
manière juxtaposée
● Modèle intégré uniquement : Lettonie, 
Slovénie, Finlande, Suède, Islande et Norvège 
● Tendance pour le modèle intégré : 
Royaume-uni 
● Choix entre les 2 modèles : Danemark, 
Grèce, Chypre et Lituanie 
● Modèle juxtaposé : tous les autres pays 
d'Europe 
Seules la Belgique (communauté française) et la 
France ouvrent la possibilité d’une fréquentation 
du système scolaire avant 3 ans.
Deux conceptions concernant 
l’éducation 
● Une approche holistique inscrite dans 
la tradition de la pédagogie sociale qui vise 
au développement global de l’enfant 
● Une approche scolaire où la question 
est traitée du point de vue de l’école : 
l’éducation préscolaire doit servir les 
objectifs de l’enseignement
●Approche holistique : 
dans les pays nordiques et 
d’Europe centrale 
●Approche scolaire : en 
France, au Royaume-Uni et 
en Irlande
Quels sont les critères de qualité 
de l'accueil préscolaire ? 
L’OCDE (2010) en distingue plusieurs : 
● La qualité des procédés 
d’apprentissage 
● La qualité au niveau structurel 
● La qualité des ef fets sur l’enfant
Quels sont les effets des années de 
préscolarisation sur la réussite scolaire ? 
● Les élèves issus de classe avec un ratio faible ont 
plus de chances d’aller à l’université 
● Les élèves qui ont bénéficié d’un enseignant 
expérimenté lors des années préscolaires ont de 
plus hauts revenus 
● Les élèves qui ont bénéficié de programme de 
qualité ont des revenus plus élevés et une plus 
forte probabilité d’aller à l’université
Comment se situe la France ? 
Tout le monde reconnaît que la France : 
● a une politique généreuse pour la petite enfance 
● qu'elle a une offre extensive de places d'accueil avec un 
accès universel, généralisé et gratuit à partir de 3 ans 
dans le système éducatif ; elle a une offre diversifiée et 
relativement généreuse pour les moins de 3 ans (en 
particulier grâce à la scolarisation des enfants de 2 ans) 
● elle donne une formation et un statut élevés aux 
enseignants de l'école maternelle (pas de problème de 
recrutement)
mais nos collègues européens remarquent que : 
● le taux A/E (accueil/éducation) à l'école maternelle est élevé 
● l'enfant tend à s'y effacer devant l'écolier 
● la place des parents y est relativement modeste (dans le 
fonctionnement quotidien, dans la gestion) 
● un regard insuffisant est porté sur les children with spécial 
needs que ce soit les enfants porteurs de handicaps ou les 
enfants défavorisés socialement 
● ils soulignent les clivages qui traversent notre système : entre 
accueil des 0 - 3 ans et 2 - 6 ans entre le ministère des Affaires 
sociales et le ministère de l'Éducation nationale) ; Commune, 
département et État ; entre l'éducation formelle et l'éducation 
plus informelle
Comparaison avec les pays 
nordiques (Dan, Sue, Nor, Fin) 
● Système intégré très décentralisé 
● Entre 5 et 6-7 ans, les enfants sont reçus dans une classe pré-scolaire 
qui prépare au primaire 
● Droit à une place le système mais l'accueil est payant 
● Double socialisation famille/lieu d'accueil, revendiquée comme une 
expérience positive 
● Concept d"educare", qui unit l'éducation et les soins 
● Le bien-être de l'enfant est recherché dans le ici et maintenant, car 
c'est la condition préalable à l'acquisition de connaissances 
● La centration est sur l'enfant, l'éducateur laisse l'enfant développer 
ses activités propres 
● Le jeu, le jeu libre, le jeu symbolique, est central 
● Des relations fortes, de coéducation, avec les parents
Les dérives possibles sont soulevées par les 
nordiques eux-mêmes : 
● Le laisser faire, l'aspect garderie et le hiatus avec 
l'école primaire 
● Les scores peu élevés obtenus par exemple par les 
enfants danois en lecture 
Cela induit un grand débat sur ce qu'est apprendre...
L'exemple du Danemark 
● Pas de programme car l'éducation préscolaire est 
décentralisée 
● Les plans d'activité s'élaborent au niveau des communes avec 
les parents et aussi les enfants dès que possible 
● Importance accordée à l'autonomie, à l'estime de soi et à la 
personne dans son individualité 
● En second lieu vient le développement des compétences 
sociales 
● La combinaison explicite des deux apparaît dans les projets 
nombreux incluant les objectifs d'autogestion et de démocratie 
● On trouve le jeu, les activités artistiques, une grande sensibilité 
à l'environnement, à l'écologie et aux activités de plein air.
L'exemple du Danemark 
● Pas de programme car l'éducation préscolaire est 
décentralisée 
● Les plans d'activité s'élaborent au niveau des communes avec 
les parents et aussi les enfants dès que possible 
● Importance accordée à l'autonomie, à l'estime de soi et à la 
personne dans son individualité 
● En second lieu vient le développement des compétences 
sociales 
● La combinaison explicite des deux apparaît dans les projets 
nombreux incluant les objectifs d'autogestion et de démocratie 
● On trouve le jeu, les activités artistiques, une grande sensibilité 
à l'environnement, à l'écologie et aux activités de plein air.
L'exemple de l'Italie 
● Politique d'ensemble dans un cadre souple qui a permis 
l'élaboration de pratiques innovantes 
● Des chercheurs en psychologie et éducation se sont impliqués 
et ont accompagné ces réalisations dans la durée 
● Mise en avant de l'activité d'expérimentation, d'invention et de 
créativité des enfants 
● Pas de programmations préétablies mais une confiance de 
l'adulte dans les ressources des enfants 
● Une forme organisationnelle dégageant du temps pour les 
adultes qui fonctionnent en général à deux pour une classe 
● Une partie de ce temps est investie dans la "documentation", 
qui est une "mémoire organisée, alimentée, valorisée"
● La documentation est à la fois un contenu (tous les observables de 
l'activité des enfants) et un processus (utilisation de ce matériel pour 
réfléchir sur le travail pédagogique et servir de jalon à l'histoire de la 
classe). 
● La documentation contribue à renforcer l'identité de chaque enfant et 
sa place dans sa classe, son école. 
● La documentation est support de la communication avec les parents 
mais aussi avec les collègues et toutes les autres instances 
(coordinateurs, personnes ressources…). 
● Ce temps de documentation est un temps d'auto-évaluation collective 
des pratiques par rapport aux objectifs fixés, de réflexion, de 
recherche, on peut le caractériser comme un volet de la formation 
continue (auto-formation collective continue). 
● C'est donc une évaluation des pratiques plus que des personnes ou 
des enfants qui repose sur la confrontation des idées. 
● Ces communes ont créé des personnels de coordination, qui ont une 
fonction d'accompagnement et de soutien des établissements plutôt 
que d'inspection.
Des pistes pour progresser ? 
● Connaitre et re-connaitre ce qui se fait chez les 
autres, pour dépasser le stade de la rivalité 
● Il y a encore beaucoup à faire sur le plan de la 
reconnaissance mutuelle des partenaires de la 
petite enfance 
● On peut observer parfois une tendance à l'oubli 
de l'enfant derrière l'écolier en devenir 
● Créer avec les parents un espace commun, une 
culture partagée qui est intégrative
Références 
● Le Monde – L'éducation déchiffrée - 
Les 5 statistiques positives de l'école française - le 22/07/2013 
● Dossier de veille de l'IFÉ n°92 - 
Petite enfance de l'éducation à la scolarisation - Avril 2014 
● Accueil et éducation des jeunes enfants en Europe - 2002 
par Olga Baudelot, Cresas/INRP sur EDUSCOL 
● Rapport IGEN “La maternelle” - octobre 2011 
● Crédit photo : European Commission

Maternelle en europe

  • 1.
    La maternelle enEurope ● La meilleure maternelle du monde ? ● Une conviction partagée ● Les différents modèles ● Les différentes conceptions ● Les critères de qualité ● Les effets du préscolaire ● Comment se situe la France ? ● Comparaison avec les pays nordiques ● L'exemple du Danemark ● L'exemple de l'Italie ● Des pistes pour progresser ?
  • 2.
    “En France nousavons la meilleure école maternelle du monde !” Fantasme ou réalité ?
  • 3.
    Conviction partagée danstous les pays de l’OCDE : nécessité d’accueillir et d’éduquer les très jeunes enfants ● pour favoriser la natalité ● pour permettre aux femmes de concilier vie familiale et professionnelle ● pour agir contre les désavantages éducatifs qui touchent les enfants des familles pauvres ● pour l’acquisition de bases solides qui contribuent à une meilleure scolarité, ● pour réduire la charge portée par la société (investir dans la qualité de l’éducation et de l’accueil dans la petite enfance est rentable)
  • 4.
    Deux grands modèles ● L’accueil de la petite enfance organisé de manière intégrée ● L’accueil de la petite enfance organisé de manière juxtaposée
  • 5.
    ● Modèle intégréuniquement : Lettonie, Slovénie, Finlande, Suède, Islande et Norvège ● Tendance pour le modèle intégré : Royaume-uni ● Choix entre les 2 modèles : Danemark, Grèce, Chypre et Lituanie ● Modèle juxtaposé : tous les autres pays d'Europe Seules la Belgique (communauté française) et la France ouvrent la possibilité d’une fréquentation du système scolaire avant 3 ans.
  • 7.
    Deux conceptions concernant l’éducation ● Une approche holistique inscrite dans la tradition de la pédagogie sociale qui vise au développement global de l’enfant ● Une approche scolaire où la question est traitée du point de vue de l’école : l’éducation préscolaire doit servir les objectifs de l’enseignement
  • 8.
    ●Approche holistique : dans les pays nordiques et d’Europe centrale ●Approche scolaire : en France, au Royaume-Uni et en Irlande
  • 9.
    Quels sont lescritères de qualité de l'accueil préscolaire ? L’OCDE (2010) en distingue plusieurs : ● La qualité des procédés d’apprentissage ● La qualité au niveau structurel ● La qualité des ef fets sur l’enfant
  • 10.
    Quels sont leseffets des années de préscolarisation sur la réussite scolaire ? ● Les élèves issus de classe avec un ratio faible ont plus de chances d’aller à l’université ● Les élèves qui ont bénéficié d’un enseignant expérimenté lors des années préscolaires ont de plus hauts revenus ● Les élèves qui ont bénéficié de programme de qualité ont des revenus plus élevés et une plus forte probabilité d’aller à l’université
  • 11.
    Comment se situela France ? Tout le monde reconnaît que la France : ● a une politique généreuse pour la petite enfance ● qu'elle a une offre extensive de places d'accueil avec un accès universel, généralisé et gratuit à partir de 3 ans dans le système éducatif ; elle a une offre diversifiée et relativement généreuse pour les moins de 3 ans (en particulier grâce à la scolarisation des enfants de 2 ans) ● elle donne une formation et un statut élevés aux enseignants de l'école maternelle (pas de problème de recrutement)
  • 12.
    mais nos collègueseuropéens remarquent que : ● le taux A/E (accueil/éducation) à l'école maternelle est élevé ● l'enfant tend à s'y effacer devant l'écolier ● la place des parents y est relativement modeste (dans le fonctionnement quotidien, dans la gestion) ● un regard insuffisant est porté sur les children with spécial needs que ce soit les enfants porteurs de handicaps ou les enfants défavorisés socialement ● ils soulignent les clivages qui traversent notre système : entre accueil des 0 - 3 ans et 2 - 6 ans entre le ministère des Affaires sociales et le ministère de l'Éducation nationale) ; Commune, département et État ; entre l'éducation formelle et l'éducation plus informelle
  • 13.
    Comparaison avec lespays nordiques (Dan, Sue, Nor, Fin) ● Système intégré très décentralisé ● Entre 5 et 6-7 ans, les enfants sont reçus dans une classe pré-scolaire qui prépare au primaire ● Droit à une place le système mais l'accueil est payant ● Double socialisation famille/lieu d'accueil, revendiquée comme une expérience positive ● Concept d"educare", qui unit l'éducation et les soins ● Le bien-être de l'enfant est recherché dans le ici et maintenant, car c'est la condition préalable à l'acquisition de connaissances ● La centration est sur l'enfant, l'éducateur laisse l'enfant développer ses activités propres ● Le jeu, le jeu libre, le jeu symbolique, est central ● Des relations fortes, de coéducation, avec les parents
  • 14.
    Les dérives possiblessont soulevées par les nordiques eux-mêmes : ● Le laisser faire, l'aspect garderie et le hiatus avec l'école primaire ● Les scores peu élevés obtenus par exemple par les enfants danois en lecture Cela induit un grand débat sur ce qu'est apprendre...
  • 15.
    L'exemple du Danemark ● Pas de programme car l'éducation préscolaire est décentralisée ● Les plans d'activité s'élaborent au niveau des communes avec les parents et aussi les enfants dès que possible ● Importance accordée à l'autonomie, à l'estime de soi et à la personne dans son individualité ● En second lieu vient le développement des compétences sociales ● La combinaison explicite des deux apparaît dans les projets nombreux incluant les objectifs d'autogestion et de démocratie ● On trouve le jeu, les activités artistiques, une grande sensibilité à l'environnement, à l'écologie et aux activités de plein air.
  • 16.
    L'exemple du Danemark ● Pas de programme car l'éducation préscolaire est décentralisée ● Les plans d'activité s'élaborent au niveau des communes avec les parents et aussi les enfants dès que possible ● Importance accordée à l'autonomie, à l'estime de soi et à la personne dans son individualité ● En second lieu vient le développement des compétences sociales ● La combinaison explicite des deux apparaît dans les projets nombreux incluant les objectifs d'autogestion et de démocratie ● On trouve le jeu, les activités artistiques, une grande sensibilité à l'environnement, à l'écologie et aux activités de plein air.
  • 17.
    L'exemple de l'Italie ● Politique d'ensemble dans un cadre souple qui a permis l'élaboration de pratiques innovantes ● Des chercheurs en psychologie et éducation se sont impliqués et ont accompagné ces réalisations dans la durée ● Mise en avant de l'activité d'expérimentation, d'invention et de créativité des enfants ● Pas de programmations préétablies mais une confiance de l'adulte dans les ressources des enfants ● Une forme organisationnelle dégageant du temps pour les adultes qui fonctionnent en général à deux pour une classe ● Une partie de ce temps est investie dans la "documentation", qui est une "mémoire organisée, alimentée, valorisée"
  • 18.
    ● La documentationest à la fois un contenu (tous les observables de l'activité des enfants) et un processus (utilisation de ce matériel pour réfléchir sur le travail pédagogique et servir de jalon à l'histoire de la classe). ● La documentation contribue à renforcer l'identité de chaque enfant et sa place dans sa classe, son école. ● La documentation est support de la communication avec les parents mais aussi avec les collègues et toutes les autres instances (coordinateurs, personnes ressources…). ● Ce temps de documentation est un temps d'auto-évaluation collective des pratiques par rapport aux objectifs fixés, de réflexion, de recherche, on peut le caractériser comme un volet de la formation continue (auto-formation collective continue). ● C'est donc une évaluation des pratiques plus que des personnes ou des enfants qui repose sur la confrontation des idées. ● Ces communes ont créé des personnels de coordination, qui ont une fonction d'accompagnement et de soutien des établissements plutôt que d'inspection.
  • 19.
    Des pistes pourprogresser ? ● Connaitre et re-connaitre ce qui se fait chez les autres, pour dépasser le stade de la rivalité ● Il y a encore beaucoup à faire sur le plan de la reconnaissance mutuelle des partenaires de la petite enfance ● On peut observer parfois une tendance à l'oubli de l'enfant derrière l'écolier en devenir ● Créer avec les parents un espace commun, une culture partagée qui est intégrative
  • 20.
    Références ● LeMonde – L'éducation déchiffrée - Les 5 statistiques positives de l'école française - le 22/07/2013 ● Dossier de veille de l'IFÉ n°92 - Petite enfance de l'éducation à la scolarisation - Avril 2014 ● Accueil et éducation des jeunes enfants en Europe - 2002 par Olga Baudelot, Cresas/INRP sur EDUSCOL ● Rapport IGEN “La maternelle” - octobre 2011 ● Crédit photo : European Commission

Notes de l'éditeur