République Tunisienne
       Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
                              Scientifique
                         Université de Sousse
                                    ***
                 Faculté de Médecine "Ibn El Jazzar"
                             Sousse Tunisie
                                    ***
                       Année universitaire: 2011/2012
                                     ***
                           N° …………………….




            Pour le diplôme de Mastère Professionnel
                         De Médecine Familiale
   •   Présenté et soutenu publiquement le ……………………………………..
   •   Par: Dr Foued BOUZAOUACHE
   •   Né le 22 mai 1966 à Sousse

    Le Développement Professionnel Continu du Médecin :
                 revue documentaire et perspectives

 Mots-clés Médecine de la famille – Développement Professionnel Continu
 Médecin – Revue de la littérature
 ……………………………………………………………………………..



                  Jury :                           Directeur du Mémoire :
Président : Pr Bechir BEN HADJ ALI
Membres : Pr Ali MTIRAOUI                            Pr Ali MTIRAOUI
           Pr Mohamed Kouni CHAHED
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 1




      Le Développement Professionnel
           Continu du Médecin :
     Revue documentaire et perspectives




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Remerciements :

A notre maître!et!Directeur!de!thèse,!Professeur!Ali!Mtiraoui,!
!
Je!tairai!par!crainte!d’être!en!deçà!de!la!réalité!les!éloges!que!je!m’étais!promis!de!faire.!
Vous!m’avez!fait!découvrir!ma!vraie!vocation!en!me!poussant!à!toujours!aller!chercher!
au! fond! de! moi?même! l’énergie! nécessaire! à! mon! développement! personnel! plus! que!
professionnel.!!Il!ne!me!souvient!pas!avoir!connu,!après!mes!parents,!quelqu’un!qui!ait!
cru!en!moi!autant!que!vous.!Vous!avez!ravivé!en!moi!une!flamme!que!je!croyais!éteinte!à!
jamais!en!offrant!au!médecin!libéral!que!je!suis!des!opportunités!que!rares!auraient!eu!
le! courage! ou! seulement! l’idée! d’imaginer.! Soyez?en! remercié! et! soyez! assuré! que! je!
saurais!être!digne!de!la!confiance!que!vous!avez!placée!en!moi.!
!
!
A!notre!maître!et!Juge,!Professeur!Nejib!Ben!Haj!Ali,!
"
Il! est! singulier! que! les! circonstances! aient! fait! que! j’apprenne! à! connaître! l’homme! de!
grande!culture!et!l’enseignant!grand!pédagogue!plus!que!le!médecin.!Discuter!avec!vous!
est! non! seulement! un! vrai! plaisir! mais! aussi! l’occasion! de! s’instruire! et! de! profiter! de!
votre!expérience!et!de!votre!sens!aigu!du!dialogue!et!de!la!démocratie.!Mais!non!content!
de!seulement!prodiguer!vos!conseils,!vous!n’hésitez!pas!à!vous!impliquer!de!toutes!vos!
forces!pour!venir!en!aide!à!ceux!qui!en!ont!besoin.!Souffrez!que!je!vous!en!remercie!et!
croyez!que!je!serai!votre!éternel!obligé.!!!!
"
"
A!notre!maître!et!juge,!Professeur!Mohamed!Kouni!Chahed,!!
!
Vingt?deux! ans! après! notre! première! rencontre! qui! n’a! duré! que! quelques! jours,! vous!
voici! juge! de! mon! mémoire! de! Mastère.! ! La! vie! est! pleine! d’ironie! mais! aussi! de! belles!
histoires!qui!nous!font!sourire!quand!on!y!pense,!même!si!ça!fait!parfois!mal.!Il!est!de!ces!
personnes! qu’on! ne! peut! oublier.! Vous! en! êtes.! Vous! faisiez! partie! de! mes! plus! beaux!
souvenirs! de! l’époque! où! je! débutais! mon! résidanat! à! Tunis!;! vous! faites! désormais!
partie!du!présent!de!la!belle!histoire!d’une!Tunisie!qui!revit!et!se!reconstruit.!Je!ne!vous!
remercierai!jamais!assez!pour!tout!et!ma!reconnaissance!infinie!vous!est!due.!
!
!
A! vous,! mes! trois! membres! du! Jury,! que! Dieu! vous! assiste! dans! les! tâches! ingrates! que!
vous!avez!courageusement!et!dans!un!esprit!patriote!et!citoyen!acceptées.!
!
!                                  !




                                                                                                    2"
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                                                 Dédicace :


                                                 Je dédie ce travail à la mémoire de mon oncle, Dr
                                                 Abdellatif Bouzaouache ainsi qu’à :
                                                 - Mes parents ;
                                                 - Ma petite famille ;
                                                 - Toute la famille élargie ;
                                                 - Tout le personnel du service de Médecine
                                                     Communautaire et Familiale de la Faculté de
                                                     Médecine de Sousse ;
                                                 - Tout le personnel du Conseil Régional de
                                                     l’Ordre des Médecins du Centre ;
                                                 - Tous mes confrères du CROM et du STML ;
                                                 - Tous mes amis et confrères ;




                                                                                                3"
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Plan :

INTRODUCTION):)                                                                                7!

PROBLÉMATIQUE)                                                                                10!

OBJECTIFS)                                                                                    10!

MATÉRIEL)ET)MÉTHODES):)                                                                       11!

RÉSULTATS)                                                                                    12!
EUROPE)                                                                                       13)
ALLEMAGNE!                                                                                    14!
AUTRICHE!                                                                                     15!
BELGIQUE!                                                                                     16!
ESPAGNE!                                                                                      18!
FRANCE!                                                                                       19!
GRÈCE!                                                                                        21!
HONGRIE!                                                                                      22!
IRLANDE!                                                                                      23!
ITALIE!                                                                                       24!
NORVEGE!                                                                                      25!
PAYS@BAS!                                                                                     26!
POLOGNE!                                                                                      27!
ROYAUME!UNI!                                                                                  28!
RUSSIE!                                                                                       29!
SUEDE!                                                                                        30!
SUISSE!                                                                                       31!
TURQUIE!                                                                                      32!
EACCME!                                                                                       33!
)
OCEANIE)                                                                                      34)
AUSTRALIE!                                                                                    35!
NOUVELLE!ZÉLANDE!                                                                             37!
)
AMERIQUE)DU)NORD)                                                                             39)
CANADA!                                                                                       40!
ÉTATS@UNIS!                                                                                   43!
)
AFRIQUE)                                                                                      44)
AFRIQUE!DU!SUD!                                                                               45!
KENYA!                                                                                        46!
NIGERIA!                                                                                      47!
)
ASIE)                                                                                         48)
HONG!KONG!                                                                                    49!
INDE!                                                                                         51!
INDONESIE!                                                                                    52!
JAPON!                                                                                        54!
MALAISIE!                                                                                     55!
SINGAPOUR!                                                                                    56!



                                                                                               4"
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)
MOYEN)ORIENT)                                                                                 57)
ÉMIRATS!ARABES!UNIS!:!ABU!DHABI!                                                              58!
IRAN!                                                                                         60!
ISRAËL!                                                                                       61!
KUWAIT!                                                                                       62!

DISCUSSION):)                                                                                 64!

MISE)EN)PLACE)D’UN)SYSTÈME)DE)DPC)POUR)LES)MÉDECINS)EN)TUNISIE)                               68!

CONCLUSION):)                                                                                 82!

BIBLIOGRAPHIE)                                                                                83!
"
"                               "




                                                                                               5"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -       Page 6




Abréviations
ACCME : Accreditation Council for Continuing         HSPCA : Health Professions Council of South
Medical Education                                    Africa
AMA : Association Médicale Américaine                IDPMS : Institut Pour le Développement
AMHK : Association Médicale de Hong Kong             Professionnel des Médecins Suédois
AMLFC : Association des Médecins de Langue           IHC-C : Institute for Healthcare Communication
Française du Canada                                  IMA : Association Médicale Indonésienne
AMN : Association Médicale Norvégienne               INAMI : Institut National d’Assurance Maladie
AMPH : Association Médicale Panhellénique            IsMA : Association Médicale Israélienne
AMT : Association Médicale Turque                    JBMS : Conseil Japonais des Spécialités Médicales
CAEMC : Comité d'agrément pour l'éducation           JMA : L'Association Médicale Japonaise
médicale continue                                    KIMS : Institut du Koweït pour les Spécialités
CEMCQ : Conseil québécois de développement           Médicales
professionnel continu                                KNMG : Association Royale des Médecins de
CHU : Centre Hospitalo-universitaire                 Hollande
CMFC : Collège des médecins de famille du            MAINPRO : Maintien de la compétence
Canada                                               Professionnelle
CMQ : Collège des médecins du Québec                 MCI : Medical Council of India
CNAM : Caisse Nationale d'Assurance Maladie          MCNZ : Conseil de l’Ordre de Nouvelle-Zélande
CQMF : Collège québécois des médecins de famille     MDCN : Conseil de l’Ordre Médical et Dentaire du
CRMCC : Collège Royal des Médecins et                Nigeria
Chirurgiens du Canada                                MMA : Conseil Malaisien de l’Ordre des Médecins
CROM : Conseil Régional de l'Ordre des Médecins      MOTESZ : Association des Sociétés Médicales
DPC : Développement Professionnel Continue           Hongroises
DRS : Directions Régionales de la Santé              MPC : Maintenance of Professional Competence
EACCME : European Accreditation Council for          NRI : Non-Resident Indian)
CME                                                  OCSS : l’Organisme de Certification des Services
EPP : Évaluation des Pratiques Professionnelles      de Santé
FMC : Formation Médicale Continue                    OGDPC : L'Organisme Gestionnaire du
FMF : Forum en médecine familiale                    Développement Professionnel Continu
FMH : Fédération des Médecins Helvètes               RCPS : Royal College of Physicians and Surgeons
FMOQ : Fédération des médecins omnipraticiens        SCOPME : Standing Committee On Postgraduate
du Québec                                            Medical and Dental Education
FMSQ : Fédération des Médecins Spécialistes du       SKP : Unité Crédit (en Indonésie)
Québec                                               SMC : Ordre des Médecins de Singapour
GIP : Groupement d'intérêt public                    UEMS : Union Européenne des Médecins
GLEM : Groupement Local d’Évaluation Médicale        Spécialistes
HAAD : Health Authority of Abu Dhabi                 UFC : Unités de Formation Continue
HAS : Haute autorité de santé                        WFME : World Federation for Medical Education
HMO : Organisme de gestion de la Santé
(Israélien)


""                                "




                                                                                                    6"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 7




INTRODUCTION :

Concept et historique

L’utilisation de plus en plus fréquente de par le monde du terme DPC à la place
de FMC (Formation Médicale Continue) fait partie d’un mouvement mondial
global et a des retombées énormes sur tout ce qui a trait à la formation des
médecins. Toutefois, sa véritable signification demeure parfois obscure chez
certains. Ainsi, la notion de Formation Médicale Continue, d’une entité
indépendante, devient de plus en plus une composante d’une notion plus large :
le Développement personnel Continu. Le terme DPC englobe le large domaine des
compétences exigées pour pratiquer une médecine de haute qualité, incluant les
compétences personnelles, dans les domaines médical, social, de management, de
l’éthique ; il incorpore le concept de FMC qui est compris en général comme
faisant référence uniquement à l’expansion du savoir et des compétences de base
requises [68].

L’apparition du concept de Développement Professionnel Continu remonte à 1993
suite aux conclusions d’un comité chargé par le gouvernement du Royaume Uni
de rédiger un rapport sur la formation médicale post-graduée (SCOPME pour
Standing Committee On Postgraduate Medical and Dental Education) ; en effet, il
était apparu clairement que la FMC classique ne couvrait plus les besoins de
formation, de développement, de carrière du système de santé moderne. D’autres
compétences étaient dorénavant exigées (communication, management, santé
communautaire, évaluation des pratiques, audits etc.) et nécessitaient un
apprentissage nouveau [61].

Le Rapport du SCOPME avait proposé que soient intégrés au DPC trois notions
essentielles :

    1. Des stratégies pour le développement professionnel personnel, de carrière
       et pour l’adaptation de rôle
    2. Formation à l’habilité de management
    3. Formation à l’apprentissage et au travail multidisciplinaire et multi-
       professionnel.
L’Europe a rapidement suivi, notamment par la création du European
Accreditation Council for CME (EACCME) en 1999 puis la déclaration de Bâle en
2001 [56, 61].

Aux États-Unis, dès 1959, l’Association Médicale Américaine recommandait de
remplacer le terme Formation Post-graduée par celui de FMC ; quarante ans plus
tard, et se basant sur le rapport SCOPME, elle adopte le concept de DPC mais en y
apportant un petit ajout : dans un souci d’insister que c’était le médecin qui était


                                                                                               7"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 8



au centre de l’intérêt du DPC, le terme « Médecin » a été accolé à celui de DPC
pour devenir Développement Professionnel Continu du Médecin. Le tournant
définitif a peut-être été la publication en 2003 du livre “The Continuing
Professional Development of Physicians : From Research to Practice” de David A.
Davis, Barbara E. Barnes et Robert D. Fox. En élargissant la définition de la
Formation Médicale Continue, les auteurs ancraient définitivement la notion du
Développement Professionnel Continu : « La Formation Médicale Continue est une
activité distincte et définie qui supporte le développement professionnel des médecins et
dont le but est d’améliorer la santé des patients. Elle comprend toutes les expériences
d’apprentissage dans lesquelles le médecin s’engage avec l’intention consciente d’améliorer
régulièrement et continuellement leurs performances dans leurs devoirs professionnels et
leurs responsabilités » [61].

En 2003, la World Federation for Medical Education [68] établissait ses standards
pour le DPC dont les principaux points sont :

    *   Le DPC est une obligation morale pour chaque médecin qui endosse lui-
        même la responsabilité de sa formation et de son apprentissage ;
    *   Le DPC implique un apprentissage actif basé sur la pratique et doit être bâti
        selon les besoins du médecin ; la détermination de ces besoin s doit être à la
        base de tout plan de DPC ;
    *   Le DPC vise à maintenir et à développer les habilités et compétences du
        médecin afin de pouvoir gérer les besoins sans cesse changeants des
        patients et du système de soins et d’être constamment au courant des
        développements importants en médecine ;
    *   Le DPC doit avoir pour objectif d’améliorer le développement
        professionnel et personnel du médecin ;
    *   Le DPC doit être reconnu comme partie intégrante de la pratique médicale
        ce qui doit se répercuter dans l’allocation des budgets et de la planification.
    *   Les Facultés (Écoles) de Médecine doivent avoir un rôle de leadership dans
        l’amélioration de la qualité du DPC.

Ainsi, le terme conventionnel de Formation Médicale Continue, qui faisait partie
du trépied de formation classique avec la Formation Médicale de Base et la
Formation post-graduée (postuniversitaire) est de plus en plus délaissé en faveur
du DPC.
Comme le souligne Kentz [61], les mots sont importants et le terme
Développement Professionnel Continu lance un signal très clair et intelligible à
tous ceux qui sont impliqués dans l’apprentissage des praticiens en exercice. Et
bien que le DPC semble désigner la période qui commence après la fin de la
formation universitaire, il a bien d’autres ramifications. En effet, les activités de
DPC se basent sur un processus de formation tout au long de la vie, dès


                                                                                               8"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 9



l’admission à la Faculté de Médecine et se poursuivant tant que le médecin est en
exercice (figure 1). La seule différence est que dans les deux premières phases de
formation, ce sont des curricula et des critères qui les définissent alors que le DPC
implique une autoformation et des activités d’apprentissages basées sur la
pratique.
Enfin, il est important de souligner que les activités de DPC dépendent de la seule
bonne volonté du médecin. Ni les textes de loi ni les différentes réglementations
ne peuvent réguler le DPC et, comme nous le verrons, même dans les pays qui
imposent la recertification (ou la réinscription à l’Ordre), les règles sont très
souples.
La déclaration de consensus sur le DPC faite par le Comité Permanent des
Médecins Européens (en annexe dans cet ouvrage) définit clairement le DPC et
son applicabilité [56].


Figure 1 : processus de DPC du Médecin selon le cycle PDSA (selon Deming) [19]


    Cycle&PDSA&                                          Actions&
Plan"                   Identifier"le"champ"à"améliorer"*"Évaluer"les"pratiques"actuelles"
Do"                     Implémenter"des"interventions"en"vue"d’améliorer"
Study"                  Réévaluer"les"données""pour"l’amélioration"des"pratiques"
Act"                    Changer"la"pratique"en"l’améliorant"


                                           Plan!




                         Act!          PDSA!                 Do!




                                         Study!




"                               "


                                                                                               9"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 10




Problématique

En Tunisie, il n’a été question durant les trois dernières décennies que de FMC et
la notion même de Développement Professionnel Continue n’a commencé à être
discutée qu’à la faveur d’une réflexion nationale postrévolutionnaire fin 2011.
La littérature tunisienne en matière de Formation Médicale Continue est assez
profuse et presque tous les auteurs s’accordent sur certains points qui reviennent
tout le temps : la Formation Médicale Continue est, pour le médecin, une
obligation à trois niveaux : légale, morale et déontologique [9] et diverses
propositions sont régulièrement avancées en vue d’une FMC de qualité.
Toutefois, malgré un diagnostic maintes fois fait de l’état de la FMC des médecins
tunisiens, malgré plusieurs initiatives de divers horizons, la décision politique de
légiférer n’a pas suivi et un grand vide juridique persiste en matière de formation
médicale post-graduée, malgré l’existence d’une Commission Nationale de la
FMC depuis… 1981 !
Les avis se font nombreux : qui est pour une FMC obligatoire, accréditable, qui ne
veut pas entendre parler d’une imposition venant d’en haut, qui est allergique aux
mots « accréditation », « certification » ou « recertification » etc.
Notre situation n’est pas unique dans le monde et il nous a paru intéressant de
voir comment ça se passe ailleurs dans des systèmes plus ou moins différents. Les
expériences d’autres pays pourront certainement nous inspirer afin d’asseoir un
système qui nous est propre.

Objectifs

Les objectifs de ce travail sont de :

    1. Décrire à travers une revue de la littérature les cadres du Développement
       Professionnel Continu du Médecin dans les principaux pays qui ont une
       expérience dans le domaine de la Formation Médicale Continue
    2. Proposer en se basant sur les expériences des pays ayant adopté un système
       de DPC et en prenant en compte les spécificités Tunisiennes un cadre
       réglementaire et institutionnel compatible avec la réalité de la pratique
       médicale Tunisienne.

"




                                                                                               10"
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Matériel et méthodes :

Cette étude de l’expérience internationale en DPC a été réalisée grâce à une revue
de la littérature avec une recherche sur Internet sur MEDLINE (PubMed), Google
Scholar et Google Books, en utilisant les mots-clés suivant: CPD, Accreditation,
CME, Certification, Continuing Professional Development, Continuing Medical
Education, Post-graduate learning, associés au nom du pays recherché.
La méthode de recherche type "boule de neige", un ouvrage ou un article permet
d'en rechercher un autre, a également été utilisée.
Ce travail bibliographique a aussi utilisé les terminologies propres à chaque pays
pour désigner un même concept dans son propre système.
L’étude a intéressé de nombreux pays de par le monde ; certains pays
« importants » comme la Chine [24] ou le Pakistan [71] n’ont pas été inclus dans ce
travail vu la complexité de l’exercice de la médecine chez eux et l’absence d’un
système clair de FMC/DPC. L’existence d’un système clair et actuel de FMC et/ou
de DPC a été le critère principal d’inclusion dans cette étude, même si la réussite
de sa mise en place est parfois relative comme nous le verrons.
Afin de permettre d’avoir une vision uniforme sur les différents systèmes
existants, la même structure a été adoptée pour leur description, sauf rares
exceptions. Ainsi, dans ce travail, nous nous sommes proposés de répondre, pour
chaque pays étudié, aux questions suivantes :

    *   Qui sont les régulateurs des systèmes de FMC/DPC? Quelles sont leurs
        prérogatives ? Accréditent-ils (ou sont-ils garants de leur qualité) les
        activités de DPC ? Y a-t-il une autre instance qui a ce pouvoir ?
    *   Comment peuvent-ils s’assurer que leurs médecins sont en train de suivre
        leur DPC ? Comment évaluent-ils l’activité de chaque médecin ?
    *   Y a-t-il des standards bien établis ou des critères pour l’utilisation du DPC
        comme moyen pour que ses médecins soient à jour ?
    *   Y a-t-il obligation pour les médecins de suivre ces recommandations et
        quelles sont les retombées s’ils ne le font pas ?
    *   Y a-t-il un processus de revalidation/recertification ? Quelles en sont les
        exigences/modalités ?
Nous avons gardé la dénomination utilisée dans le pays en question ; en effet, si
dans certains pays FMC et DPC étaient clairement individualisés, dans certains
autres, l’ambiguïté est entretenue par l’utilisation de FMC/DPC.
Après avoir passé en revue ces expériences, nous essaierons de nous en inspirer et
de proposer les grandes lignes d’un processus de Développement Professionnel
Continu adapté à la réalité tunisienne postrévolutionnaire et qui soit partie
intégrante de toute réforme du Système de Santé.


                                                                                               11"
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Résultats

Ce travail a étudié les systèmes de Formation Médicale Continue
et/ou de Développement Professionnel Continu dans 34 pays répartis
comme suit :
   • Europe":"17"pays"
   • Océanie":"2"pays"
   • Amérique"du"Nord":"2"pays"
   • Afrique":"3"pays"
   • Asie":"6"pays"
   • Moyen*Orient":"4"pays"
"
Les"résultats"ont"été"classés"par"continent"comme"suit"dans"les"pages"suivantes."
"                             "




                                                                                               12"
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"




"
"
"
"



"
"
"
"
"
"
"




                                     EUROPE




                                                                                               13"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -      Page 14




ALLEMAGNE
En Allemagne, il y avait en 2008 plus de 300.000 médecins en exercice, la moitié en
ambulatoire et l’autre moitié dans le secteur hospitalier. Tous sont obligés
légalement à suivre des activités de FMC/DPC [3]

Il existe 17 chambres ordinales médicales qui sont responsables et de la
certification des activités de DPC et de la délivrance des certificats de crédits de
DPC pour les médecins. Une harmonisation entre ces chambres est en cours
depuis quelques années (reconnaissance mutuelle des accréditations et des crédits
de FMC/DPC) [20]

Tout médecin se voit remettre une carte unique avec un code à barres et qu’il doit
présenter à chaque activité de DPC. En fait, cette mesure est contestée par les
médecins qui y voient une trop grande main mise de l’administration et de la
bureaucratie [3].

Chaque médecin est tenu de collecter 50 crédits par an et d’apporter la preuve de
250 crédits tous les cinq ans [20].

Les crédits se font sur une base de 1 crédit par 45 minutes d’activité, selon le
tableau suivant [40] :

        Catégorie A      Conférences + discussions                   1 pt pour 45 mn
                                                                     max. 8 pts par jour
        Catégorie B      Congrès                                     1 pt pour 45 mn
                                                                     max 6 pts par jours
        Catégorie C      Participation active (Ateliers)             1 pt pour 45 mn
                                                                     max 8 pts par jour
        Catégorie D      Formation interactive (support papier       1 pt par unité
                         ou électronique)                            1 à 2 pts si Post-test accompli
        Catégorie E      Autoformation par lecture d’articles        1 pt par article
                         scientifiques                               Max 10 pts par an
        Catégorie F      Auteur/Personne ressource                   1 pt par article/présentation
        Catégorie G      Stage pratique/hospitalier                  8 pts par jour

Le contrôle des médecins hospitaliers est fait par l’institution hospitalière [20].
Pour les médecins installés dans leurs cabinets, c’est la chambre ordinale qui
assure le contrôle. Des sanctions sont prévues en cas de manquement (absence ou
nombre insuffisant) [3] :
    •   Si pas de « remise à niveau » un an après contrôle, le médecin est privé de
        10% de ses honoraires.
    •   A la deuxième année, c’est 25% qui lui sont retirés.
    •   Au"delà,"sa"licence"d’exercice"peut"lui"être"retirée."




                                                                                                  14"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -     Page 15




AUTRICHE
Depuis 2001, il est demandé aux médecins exerçant en Autriche de s’inscrire dans
une activité de DPC, mais sans que ça ait un caractère contraignant [28, 40].

La Chambre Médicale Autrichienne (équivalent du Conseil de l’Ordre) supervise
tout : la mise au point d’un programme officiel de DPC, l’organisation des
activités de DPC à travers son bras formateur, l’Académie Autrichienne de
Médecine et la délivrance de diplômes officiels aux médecins qui suivent ses
activités de DPC. Cette académie est formée de plusieurs organisations dont
l’Association Médicale Nationale, les Associations Régionales de Médecins. Elle
détient son propre comité de FMC qui élabore les guidelines ; toutefois, ces
derniers sont publiés par la Chambre Médicale et non pas par l’Académie [13].

Il est demandé aux médecins 150 points à collecter en trois ans, ce qui leur permet
d’obtenir un diplôme qui est ainsi revalidé tous les 3 ans. Au moins 120 points
doivent avoir Professional Development formations cliniques certifiéesIUR
        Continuing été gagnés par des                                   (c’est-à-dire
orientées vers le patient et la pratique clinique) [62]
        Doctors can choose the types of CPD activities they undertake, and the AMC certifies
La Chambre range of activities. Points can be gainedégalement les pourvoyeurs de DPC
      a wide Médicale Autrichienne accrédite by attending certified lectures,
selon courses, workshops or seminars. Doctors can also take part in ‘quality circles’ or dans la
      des critères qu’elle définit. Leurs activités peuvent entrer
comptabilisation des points donnant droit specific medical
      working in structured groups to consider aau diplôme. problem with the
       purpose to improve patient care. Supervisions are creditable as non-clinical CPD.
Le tableau suivant décrit les différentes activités accréditables [40]also accepted
       Publishing articles, professional (directed) reading and e-learning are :
       as CPD credit towards a DFP diploma.

            CPD ACTIVITY                                          DFP CME CREDITS
            CPD activity of 45 minutes:                           1 (maximum 10 per day)
            Supervision
            Lecture
            Traineeship
            Quality Circle
            Author of clinical article in peer-reviewed journal   5   for main contributor
                                                                  2   for co-author
            Contributor to non-peer reviewed book/article         3   for main contributor
                                                                  1   for co-author
            E-Learning/Professional Reading                       1   –2



        In response to the Green Paper On the European Workforce for Health, the Austrian
        Medical Chamber issued the following response:

             The Austrian Medical Chamber welcomes that focus should be put on
             continuous professional development of health professionals. However,
             it must be ensured that for one there is sufficient time for CME/CPD of
             physicians and for the other that sufficient funds are provided for the
             financing of CME/CPD by the health care system, especially when it
             comes to those CME/CPD requirements which are implemented by
             legislative acts. 54                                                                15"
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BELGIQUE

Le DPC en Belgique n’est pas obligatoire ; les médecins belges sont libres de
maintenir leurs compétences selon le schéma qui leur convient [57, 40].

Il existe en fait un système volontaire de DPC qui se fait selon un cycle de trois ans
nécessitant 60 crédits durant cette période. Cependant, ils doivent consacrer 3
heures au moins à des activités concernant l’éthique et l’économie de santé. Par
ailleurs, pour gagner (et maintenir) son accréditation, le médecin doit réaliser un
certain nombre de consultations par an (1250 pour un généraliste), garder une
bonne moralité et participer à au moins deux rencontres annuelles d’évaluation
par les pairs [40].

Le fait de participer à des activités de DPC est financièrement bénéfique [28]
puisque le médecin peut gagner plus de 4000 Euros par an en y participant. En
effet, le médecin qui suit une activité de DPC peut réclamer des honoraires plus
élevés à chaque consultation (le salaire moyen du médecin est ainsi boosté de 4%
environ) Par ailleurs, l’INAMI paie environ 1700 Euros tous les 3 ans aux
médecins ayant réalisé le nombre de crédits demandé. Enfin, il y a la possibilité
d’avantages fiscaux (remboursement des frais occasionnés par le DPC [57, 40].

L’Institut National d’Assurance Maladie Invalidité est l’organisme régulateur du
DPC depuis 1994 [28]. Plusieurs comités assurent la qualité de la FMC/DPC :

    •   Le Conseil National de la Promotion de la Qualité qui régit tout le système
        de l’accréditation ;
    •   Le Groupe de Direction de l’Accréditation dont les membres sont nommés
        par décret royal ; il détermine quelles activités sont accréditables ; en effet,
        l’INAMI n’est pas pourvoyeur d’une activité de DPC propre et le GDA
        accrédite les pourvoyeurs externes.
    •   Les Comités paritaires qui représentent 26 spécialités, dont la Médecine
        Générale, formés de médecins et d’experts scientifiques ; ils évaluent les
        programmes de leurs propres spécialités et décident du nombre de crédits
        attribuables aux activités de DPC accréditées.

Onze types d’activités de DPC sont reconnues par le GDA : ateliers, séminaires,
congrès, présentations scientifiques etc. Toutefois, depuis octobre 2012, les staffs
hospitaliers ne sont plus reconnus comme activités de DPC accréditables.

Depuis 2005, les modules de formation électroniques par Internet peuvent se faire
accréditer.




                                                                                               16"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 17



Les GLEMs [40] :

Un GLEM (Groupement Local d’Évaluation Médicale) est un groupement de
plusieurs médecins de même spécialité, d’une même localité et qui doit se réunir
au moins quatre fois par an pour l’évaluation clinique, économique et d’adhésion
aux guidelines dans leur pratique. Ses activités sont rapportées à l’INAMI. Le
médecin est crédité de 1 point pour chaque réunion de 2 heures avec un
maximum de 8 crédits par an. L’activité au sein des GLEM n’est pas auditée par
l’INAMI mais plus de 70% des médecins en sont satisfaits et estiment que les
GLEMs ont amélioré leurs rapports avec les pairs ainsi que leur pratique clinique.

L’industrie pharmaceutique n’est pas autorisée à organiser des activités de DPC
mais peut les sponsoriser, exception faite des GLEMs.

Afin d’obtenir son accréditation, le médecin remplit deux formulaires qu’il envoie,
tous les trois ans, au GDA : l’un pour le nombre de consultations, la continuité de
soins etc. et le deuxième pour ses activités de DPC ; le pourvoyeur de DPC
accrédité doit valider le formulaire en y apposant son tampon [40].




                                                                                               17"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 18




ESPAGNE

L’organisme en charge de la FMC est la Commission Nationale de Formation
Médicale Continue [28]. Il s’agit d’une sous-commission du Conseil inter-
territorial du Ministère de la Santé. Elle accrédite les activités de FMC nationaux
[45].

Il y a également 17 commissions régionales de FMC qui sont liés aux 17
gouvernements régionaux. Ces Commissions Régionales accréditent également les
activités de FMC régionales. Elles doivent cependant en référer à la Commission
Nationale [63].

L’Association Médicale Espagnole a développé un système d’accréditation
spécifique après accord du Ministère de la Santé et en 2003 a été crée le Conseil
Espagnol d’Accréditation de la FMC, en partenariat avec l’Assemblée Espagnole
des Doyens des Écoles de Médecine et le Conseil Espagnol des Spécialités
Médicales [20].

Le DPC n’est pas obligatoire en Espagne. Toutefois, les médecins peuvent faire des
bénéfices en participant à des activités de FMC.

Les crédits de FMC sont utiles pour les médecins dans leur promotion
professionnelle dans le secteur public dans lequel la plupart des médecins
exercent. Il semble que le système se dirige vers la recertification dans les années
qui viennent [40, 63].




                                                                                               18"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 19




FRANCE

Durant ces quinze dernières années, il y a eu de nombreux changements en France
en matière de FMC. Des textes légiférant le DPC ont été récemment publiés
(janvier 2012) et l’instauration d’un système de FMC/DPC obligatoire est en train
d’être mis en place [44].
Les récents scandales (affaire du Mediator) ont remis en cause les relations entre
l’industrie pharmaceutique et les professionnels de la santé. Comme le
financement du développement professionnel continu posait problème, puisque
les industriels en étaient partie prenante. Comment garantir une indépendance
des organismes de formation s'ils sont financés par les labos ? Comment faire en
sorte que les conflits d'intérêts soient désamorcés ? C’est ce à quoi se sont attaqués
les textes en question.
L’organisation qui est en train d’être mise en place en 2012 est comme suit [16] :
Organisme gestionnaire du DPC :
L'Organisme Gestionnaire du Développement Professionnel Continu est composé
des instances suivantes qui siègent à part égale :
   • Les professionnels de santé,
   • l'État,
   • L'assurance maladie
Groupement d'intérêt public (GIP), l'OGDPC devait entrer en vigueur avant le 30
avril 2012.
L'OGDPC est composée de deux principales instances :
    •   le conseil de gestion et
    •   le conseil de surveillance.

Il comprend également d'autres organes, comme l'assemblée générale des
membres, et des organes de gestion spécifiques aux libéraux qui exercent dans les
centres de santé.
Le conseil de gestion, qui est l'exécutif de l'OGDPC, publie, entre autres choses, la
liste des programmes de Développement Professionnel Continu, la liste des
organismes de DPC, les comptes annuels de l'OGDPC.
Le conseil de surveillance se réunit deux fois par an. Il est composé de deux
groupes, l'un comprenant les professionnels de santé répartis en cinq collèges
(médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens et paramédicaux),
l'autre des représentants des employeurs. Ses principales missions sont
l'établissement d'un bilan de la mise en œuvre du DPC ainsi que sa promotion et
le contrôle du budget du DPC. A ce titre, l'OGDPC est financé par la majoration
du taux de contribution du chiffre d'affaires de l'industrie du médicament


                                                                                               19"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 20



(décidée cette année et porté à 1,6% contre 1% l'an dernier, soit 150 millions
d'euros) et « par des contributions volontaires d'organismes publics et privés »
autres que les établissements de santé. Si le DPC des professionnels de santé
libéraux est financé par l'OGDPC, la formation continue des hospitaliers est prise
en charge par les établissements de santé, à hauteur de 0,5% de la masse salariale
annuelle pour les CHU et 0,75% pour les autres établissements de santé.
Organismes régulièrement évalués
Les organismes de Formation Médicale Continue sont régulièrement évalués pour
être accrédités, par une commission scientifique indépendante, qui dépend de
l'OGDPC. Cette évaluation porte notamment sur l'indépendance financière de
l'organisme, vis-à-vis, entre autres, de l'industrie pharmaceutique. Mais aussi sur
«sa capacité pédagogique et méthodologique» et la qualité de ses intervenants.
Professionnels de santé
L’OGDPC prévoit des spécificités du DPC pour cinq professions de santé :
médecins, paramédicaux, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes.
Pour toutes les professions de santé, la formation continue devient une obligation :
ils « doivent participer annuellement à un programme de développement
professionnel continu ».
Ce programme de DPC doit être conforme aux orientations « nationale et
régionale » et comporter une des méthodes et des modalités validées par la Haute
autorité de santé (HAS). Pour les médecins, cependant, ces méthodes certifiées par
la HAS doivent recevoir un avis de la commission scientifique indépendante des
médecins, qui dépend de l'OGDPC. Par ailleurs, elles sont élaborées, pour les
médecins, avec le concours des sociétés savantes des spécialités, et des organismes
professionnels.
Rôles du conseil de l’Ordre et de la HAS :
Les Conseils de l’ordre correspondant à chaque profession s’assurent au moins
une fois tous les cinq ans, sur la base des attestations transmises par les
organismes de DPC (ou du diplôme universitaire obtenu), que les professionnels
ont satisfait à leur obligation annuelle de DPC. En cas de non respect de
l’obligation de DPC, le Conseil peut demander au professionnel de mettre en place
un plan annuel personnalisé de DPC. L’absence de mise en œuvre de ce plan par
le professionnel est susceptible de constituer un cas d’insuffisance professionnelle
sanctionnée par le Conseil de l’ordre. Quant à la HAS, son rôle est de fixer les
méthodes et les modalités de DPC pour ce qui concerne les médecins.




                                                                                               20"
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GRÈCE
La Formation Médicale Continue est théoriquement obligatoire en Grèce depuis
1983 [28].

L’association Médicale Panhellénique supervise les activités de FMC/DPC et en
accrédite les pourvoyeurs [40].

Les principaux pourvoyeurs de FMC sont les sociétés savantes, les écoles de
Médecine, les hôpitaux et les associations médicales privées. Tout pourvoyeur de
FMC/DPC doit, toutefois, être « soutenu » par une Société savante ou une École
de Médecine. Les demandes d’accréditation sont en général adressées par courrier
à l’AMPH au moins 6 semaines avant la tenue de l’activité. L’utilisation d’Internet
a largement facilité le processus [40].

Les activités qui répondent aux critères de l’EACCME-UEMS sont accréditées
respectivement de 1 crédit par heure, 3 pour une demi-journée et 6 pour une
journée [40].

Le médecin n’a droit à son attestation qu’après avoir rempli un questionnaire
d’évaluation de l’activité [40].

Selon la législation, le médecin devrait cumuler 100 heures de FMC/DPC tous les
cinq ans. Le Ministre de la Santé a, théoriquement, le droit de révoquer
l’autorisation d’exercer la médecine du médecin qui n’apporte pas la preuve de
ces 100 heures [40].

Depuis peu, les présences des médecins sont contrôlées de façon électronique
(cartes à puces) ce qui accélère la délivrance des attestations de crédits selon la
présence aux manifestations. En fait, malgré l’existence de textes la légiférant,
l’activité de FMC/DPC demeure volontaire, sans règles précises et sans aucune
évaluation ! La seule exception semble la nécessité d’un an de stage ordonné par le
Ministère de la Santé en cas d’interruption d’exercice de 5 ans ou plus [20].




                                                                                               21"
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HONGRIE

Le DPC est obligatoire en Hongrie depuis 1999 [28].

L’Association des Sociétés Médicales Hongroises (MOTESZ) supervise la FMC et
accrédite les activités de FMC. Il est à noter que la MOTESZ regroupe les sociétés
professionnelles des médecins, dentistes et autres sociétés de sciences exactes ou
sociales en relation avec elles (environ 127 Sociétés !) [28, 40].

250 points sont demandés à chaque médecin sur une période de 5 ans, un point
équivalant à 1 heure d’activité [28, 40].

En cas de manquement, le médecin encourt le risque de perdre son titre de
spécialiste et devra repasser un examen de spécialité (recertification) [40].




                                                                                               22"
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IRLANDE
Le DPC était basé sur le volontariat [28] mais est devenu obligatoire en 2007 et
c’est à partir de mai 2011 que le Conseil de l’Ordre des Médecins d’Irlande a
commencé à réguler ce système [40].

Le renouvellement de la licence d’exercer imposé aux médecins est annuel et se
fait sur une déclaration confirmant qu’ils se sont inscrits dans un plan de DPC et
qu’ils s’y sont conformés [40].

Le Conseil de l’Ordre Irlandais a établi des guides très précis sur le système de
DPC et a reconnu 13 organismes comme pouvant proposer des plans de DPC
spécifiques à chaque spécialité. La plupart de ces organismes sont les Facultés de
Médecine du Collège Royal des Médecins d’Irlande. Le processus d’accréditation
est assez long et ces organismes sont tenus de faire des rapports d’activité annuels
au conseil de l’Ordre. Ces 13 organismes accréditent eux-mêmes les activités de
DPC et déterminent également lesquelles sont accréditables. Leurs principaux
rôles sont de [40]:

    •   Fournir aux médecins les outils et les guides pour maintenir et améliorer
        leurs compétences professionnelles
    •   Permettre aux médecins de s’inscrire aux activités de DPC et les informer
        des crédits attribués à chaque activité
    •   Donner aux médecins un état annuel de leur progrès dans leurs
        compétences professionnelles
    •   Veiller à la disponibilité des activités de DPC et accréditer celles proposées
        par d’autres organisations.
    •   Vérifier les crédits réclamés par les médecins, par exemple après audit

Le médecin détermine lui-même son plan de DPC mais le Conseil de l’Ordre exige
que ce plan obéisse à ses besoins en terme de spécialité, besoins des patients et
besoins du système de santé en général. Il doit s’engager dans au moins 50 heures
par an d’activité de DPC (réparties entre différents modes bien déterminés
d’activités) ainsi que dans au moins un audit clinique (12 heures), toujours par an.
Le Conseil de l’Ordre peut, à partir de 2012, auditer un certain pourcentage de
médecins en leur demandant de fournir les preuves de leurs participations aux
activités de DPC et autres documents [40].

En cas de manquement, le Conseil de l’Ordre peut lui-même porter plainte contre
le médecin défaillant et le passer devant une commission d’aptitude à la pratique
ou même un conseil de discipline [40].




                                                                                               23"
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ITALIE

Le système italien de FMC est actuellement en cours de révision [63]. Il concerne
15 professions de la santé : plus de 300.000 médecins, plus de 65.000 pharmaciens,
etc. sont concernés [41].

La FMC est obligatoire en Italie depuis 1999. Une commission Nationale (et ses
antennes régionales) de FMC, dépendant du Ministère de la Santé, régit la FMC.

Le médecin doit totaliser 150 crédits en trois ans (50 par an), un point équivalant à
une heure d’activité En 2008, il y avait environ 12.000 pourvoyeurs/organisateurs
de FMC [41, 21].

Les activités de FMC accréditables sont diverses, y compris l’auto-formation, la
lecture d’articles médicaux, les publications, les formations interactives à distance
etc. Les manifestations des industries pharmaceutiques ne sont pas accréditées
[41].

De 2001 à 2007, il y a eu environ 400.000 demandes d’accréditation d’évènements
de FMC ! [41] La tendance actuelle est d’accréditer des Sociétés ou des
Associations plutôt que des activités. Cette accréditation se fera par la
Commission Nationale de FMC selon un cahier de charges. Un premier audit leur
sera fait à la fin de l’année suivant leur accréditation puis tous les cinq ans. Ces
Sociétés auront le pouvoir d’accréditer et d’organiser les activités de FMC/DPC
[41].

Aucune mesure incitative ni aucune mesure coercitive n’est mise en place pour le
moment.

Cas particulier : La région de la Lombardie a entrepris depuis 2006 la mise en
place d’un système d’accréditation des pourvoyeurs de FMC privés et publics ; un
ratio de 50% a été attribué aux formations par Internet, et, fait intéressant, un
accord de réciprocité a été conclu avec des régions européennes [41].




                                                                                               24"
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NORVEGE

Depuis 2001, la FMC est obligatoire seulement pour les spécialistes en Médecine
Générale [28]. En fait, si la spécialisation en médecine générale est reconnue, elle
n’est pas nécessaire pour l’exercer en Norvège ; toutefois, le médecin spécialiste en
médecine générale a le droit de réclamer des honoraires plus élevés [21].

La FMC en Norvège est gérée par l’Association Médicale Norvégienne (équivalent
du Conseil de l’Ordre) [21, 33]

Tous les cinq ans, les médecins spécialistes sont soumis à une recertification et
leurs activités de FMC entre en compte dans ce processus [21].

Les médecins généralistes, par exemple, doivent justifier de 40 points de FMC par
an et peuvent ainsi réclamer des honoraires jusqu’à 20% plus élevés. L’absence de
justification de ce nombre de points conduit automatiquement au retrait du titre
de spécialiste et la perte de cette faveur. Ceci fait qu’en 2006, 90% des Médecins
Généralistes Norvégiens s’y sont pliés [21].

Pour les autres spécialités, le DPC est volontaire mais l’AMN a mis à la disposition
de tous les médecins un système en ligne qui les aide pour leur DPC (système
LIEF) [21]

Les activités de DPC sont essentiellement organisées par les Facultés de Médecine
mais aussi par des associations médicales. Les Sociétés privées n’ont pas le droit
de fournir des activités de DPC, ni d’ailleurs les compagnies pharmaceutiques :
tout lien commercial avec le DPC est interdit [33].




                                                                                               25"
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PAYS-BAS

Le DPC est obligatoire en Hollande pour les spécialistes (y compris en Médecine
Générale) et est directement lié à un système de recertification (ou revalidation)
[28, 40]

La haute autorité en matière de DPC est l’Association Royale des Médecins de
Hollande (KNMG) créée en 2002 par environ une trentaine de Sociétés Médicales
Professionnelles de toute spécialité afin de développer un système harmonisé
d’accréditation et de FMC [40].

Chaque société accrédite séparément les activités de DPC et il n’y a pas de projet,
selon la KNMG, de créer un Centre National de DPC. Toutefois, une
harmonisation et une standardisation du processus d’accréditation entre ces
sociétés a été entrepris dès 2004 [40].

Depuis 1996, tout médecin exerçant aux Pays-Bas doit se réinscrire tous les 5 ans
[28]. Pour ce-faire, le médecin généraliste non spécialiste, par exemple, doit
justifier de 16 heures de travail par semaine sur une année et durant les 5
dernières années + 40 heures d’activité de FMC accréditée par an + 1 participation
à une « revue par les pairs » (« visitatie ») supervisée par un médecin consultant
spécialiste en Médecine Générale proposé par le Collège des Médecins Spécialistes
en Médecine Générale [40].

Pour les autres spécialités, la revalidation est tributaire de :

    •   Fournir la preuve d’une activité de 16 heures par semaine dans sa
        spécialité, pour la gériatrie, la psychiatrie et la médecine générale
    •   200 heures d’activité de DPC accréditée dans les 5 ans pour les autres
        spécialités.

Remarque à propos du « visitatie » : Les Sociétés Médicales Professionnelles ont
établi ce système de « visitatie » en 1990 afin d’assurer la qualité des services
médicaux et de garder la confiance des bailleurs de fonds, du gouvernement et des
régulateurs de la professions. Ce système se rapproche du GLEM Belge (voir plus
haut) [40]

En cas de défaillance, le médecin peut avoir sa licence revalidée pour une courte
période (un an, par exemple) au cours de laquelle il doit accomplir le reliquat qui
lui manque en activité de DPC. Il pourra, à la fin de cette période, redemander sa
revalidation. Toutefois, ceci demeure exceptionnel puisque le système est pensé
d’une «façon « éducative » et non sanctionnelle et tout échec serait perçu comme
un échec du système [57]




                                                                                               26"
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POLOGNE

En Pologne, la Chambre Nationale des Médecins et Médecins Dentistes
(équivalent du Conseil de l’Ordre) ainsi que 23 chambres régionales et une
chambre des médecins et médecins dentistes militaires sont responsables de par la
loi du DPC des médecins [20, 49].

Le rôle des chambres ordinales est très important :

    •   Enregistrement des pourvoyeurs de DPC
    •   Accréditation des activités de DPC
    •   Supervision des activités de DPC (possibilité de retrait de l’accréditation)
    •   Confirmation et enregistrement des crédits collectés par les médecins
    •   Vérification de l’accomplissement du DPC par les médecins.

Ces chambres ordinales ont également la possibilité d’organiser des activités de
DPC. La Chambre Nationale a même crée une chaîne de télévision codée qui offre
de multiples activités de DPC, en plus de son site Internet très fourni [49].

Les médecins ont l’obligation de suivre un programme de DPC et doivent collecter
200 points-crédits tous les quatre ans. En général, une heure d’activité accréditée
équivaut à un point et chaque réponse correcte dans une formation à distance
suivie d’une évaluation est créditée de 0,2 points. En effet, les points de crédits lors
de formation à distance ne peuvent être obtenus qu’après avoir répondu au test
d’évaluation inclus.

La recertification des médecins est obligatoire ; Il n’y a toutefois pas de sanctions
prévues en cas de non conformation [20] mais comme la Chambre Ordinale donne
son avis lors du recrutement de médecins, l’absence ou le manque de suivi d’un
programme de DPC joue largement en défaveur du médecin : l’Ordre peut ainsi
donner un avis défavorable même si le candidat obéit à d’autres critères [20]. Les
suspensions d’activité ou les retraits de licence sont exceptionnelles mais existent
[49].




                                                                                               27"
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ROYAUME UNI
Dans le Royaume Uni, le terme DPC a supplanté celui de FMC. Le DPC y est
obligatoire mais la participation n’est pas universelle [28].

Le Conseil Général de l’Ordre des Médecin a délégué l’administration des
activités de FMC/DPC aux Collèges Royaux qui sont réunis dans l’Académie des
Collèges Royaux comme directeurs des Commissions de DPC [62].

Chaque Collège est responsable de la maintenance et du monitorage des activités
de ses membres mais une coopération de fait existe entre les différents Collèges à
travers l’Académie [28, 62].

Il est demandé au médecin, de la part de tous ces Collèges, 250 crédits sur une
période de 5 ans. Par ailleurs, le Conseil de l’Ordre entend introduire un système
de revalidation annuelle pour tous les praticiens et où l’activité de DPC intervient
de façon très importante [1, 55, 70] Les tendances actuelles de la législation vont
dans le sens d’un système de revalidation tous les 5 ans ; ceci sera imposé de façon
progressive dans des régions pilotes avec évaluation concomitante.

Au sein des hôpitaux, une nouvelle procédure appelée « Gouvernance Clinique »
a été introduite sous la responsabilité des Directions des hôpitaux et dévolue à la
qualité des soins prodigués au patients. En substance, chaque spécialiste doit se
soumettre à une évaluation annuelle basée sur son profil, dont son activité en DPC
[1, 70].




                                                                                               28"
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RUSSIE
La FMC et le DPC des médecins russes sont systématiques. La formation post-
académique des médecins est bien ancrée dans la tradition russe depuis la création
il y a plus d’un siècle d’un Institut de la Formation Postgraduée à Saint
Petersbourg [58].

C’est le Ministère de la Santé qui supervise le DPC des médecins à travers ses
départements régionaux de Formation Médicale. La plupart des activités sont
organisées par des institutions publiques dont 48 Facultés et 8 Instituts spécialisés
dans le DPC des médecins [10, 58].

A un niveau national, 35 mille spécialistes qualifiés suivent des cours chaque
année au sein de l’Académie russe des « Études Médicales Avancées » selon des
objectifs spécifiés par le Ministère de la Santé et basé sur les besoins du système de
santé [58].

Au niveau régional, une plus grande proportion de médecins est régulièrement
impliquée dans la formation au sein d’hôpitaux régionaux ou autres institutions
sanitaires ainsi que dans leurs lieux d’activité [58].

Au total, plus de 150 mille médecins suivent une formation chaque année au sein
de ces Facultés et Instituts de DPC [58].

Trois modes de Formation sont proposés [10] :

    •   Auto-formation et auto-apprentissage à domicile
    •   Apprentissage périodique et expérientiel au lieu de travail
    •   Cours et autres formations dans les Instituts et Facultés de DPC.

Un deuxième niveau de formation post-graduée est représenté par ce qui est
dénommé « l’ordinatura » [58] et qui est un programme de formation de deux ans
dans divers domaines cliniques ou administratifs. Ces formations sont sous la
responsabilité d’académiciens et d’universitaires.

L’accent est de plus en plus mis sur l’apprentissage dans l’action, la résolution de
problèmes et la prise de décision basés sur les expériences personnelles, sans
toutefois abandonner la FMC classique [10].

Le DPC en Russie demeure avant volontaire, tout en sachant que toute promotion
professionnelle est étroitement liée au suivi d’un programme de DPC [10, 58].




                                                                                               29"
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SUEDE

La FMC n’est pas obligatoire en Suède ; l’Institut Pour le Développement
Professionnel des Médecins Suédois (IDPMS) régit toutefois un programme
volontaire de DPC encourageant les médecins à accomplir 10 jours d’activités de
DPC par an [28, 56].

L’IDPMS est sous la houlette de l’Association Médicale Suédoise, la Société
Suédoise de Médecine et la Fédération Suédoise des Conseils de Comtés [21].

Le principal problème auquel font face les médecins suédois est le problème de
financement [56]. En effet, plus de 90% des médecins exercent sous la tutelle de
l’Etat et doivent négocier leurs participations aux activités de DPC avec leur
employeur.

La recertification n’est pas d’actualité [28, 33]

L’Association Médicale Suédoise et la Société Suédoise de Médecine insiste sur la
nécessité du DPC du médecin mais aussi sur la lourdeur de le rendre obligatoire
[56].




                                                                                               30"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 31




SUISSE

La FMC est obligatoire en Suisse [31].

Le médecin appartenant à la Fédération des Médecins Helvètes est libre de choisir
la nature et la méthode de FMC qui lui convient selon ses besoins, notamment en
matière de « Perfectionnement » (terme utilisé par les helvètes, préféré à
Développement) [31]

L’unité de mesure de la FMC est lé crédit qui correspond à une heure ; le nombre
maximal pouvant être obtenu au cours d’une journée est de 8 (4 pour une demi-
journée) [31]

La FMC est catégorisée en Formation essentielle (par les sociétés de sa propre
discipline médicale), élargie (par une autre société de discipline médicale
différente ou par la FMH) et les études personnelles [31].

50 crédits de FMC vérifiable et structurée sont considérés comme suffisants par an,
dont au maximum 25 d’une FMC élargie auxquelles s’ajoutent 30 heures d’études
personnelles [31].

Tout médecin est tenu de consigner son activité de Perfectionnement Médical
Continu par écrit dans un PV à présenter sur demande de la FMH. La FMH
délivre aux médecins qui ont accompli les exigences du programme de FMC un
diplôme ou une attestation de FMC. La liste des médecins détenteurs de ces
attestations/diplômes est publiée sur le site doctorfmh.ch [31].




                                                                                               31"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 32




TURQUIE


La FMC/DPC n’est pas obligatoire en Turquie [28].

Les activités sont proposées par les Facultés de Médecine, les corps professionnels,
le Ministère de la Santé ; l’industrie pharmaceutique n’a pas le droit de demander
l’accréditation de ses activités [28, 69].

Le Conseil d’Accréditation de la FMC dépendant de l’Association Médicale
Turque (équivalent du Conseil de l’Ordre) accrédite les activités de FMC (congrès,
conférences, ateliers etc.) depuis 1993. Il est composé de 9 membres : 3
représentent l’AMT, 2 représentent les Facultés de Médecine, 2 le Ministère de la
Santé et 2 représentent les Sociétés savantes. Il se réunit tous les 3 mois pour
approuver ou rejeter les demandes d’accréditation [69].

Chaque organisateur doit payer une certaine somme pour sa demande
d’accréditation ; les médecins qui y participent payent également pour leur
activité mais le sponsoring par l’industrie pharmaceutique est toléré [28].

L’activité accréditée est évaluée à environ 10.000 heures par an. Le Conseil essaie
d’introduire des standards et cherche à encourager les pourvoyeurs et les
médecins à organiser et à participer à ces activités [69].

Des règles éthiques ont également été établies pour les acteurs dans le domaine du
DPC par l’AMT [69].

Un crédit équivaut à une heure ; par ailleurs, certaines revues médicales turques
sont accréditées et peuvent faire l’objet de crédit pour les médecins qui les
consultent [28, 69].




                                                                                               32"
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EACCME
L’EACCME (European Accreditation Center for Continuing Medical Education) a
été crée en 1999 afin de harmoniser les processus d’accréditation des activités de
FMC en Europe selon le processus décrit dans la figure 2 [61].

L’EACCME a signé un accord avec l’American Medical Association pour une
reconnaissance mutuelle des activités de FMC/DPC. Il est à noter que ni la France
ni la Hollande ni l’Allemagne ne font partie de l’EACCME mais la France va très
prochainement l’intégrer [61].

En 2003, la structure de l’EACCME a été bien définie [61] :

    •   Chaque organisme régulateur de chaque pays a en charge les activités de
        FMC/DPC qui lui sont propres
    •   La décision d’accréditer chaque activité revient à l’organisme régulateur de
        chaque pays où a lieu l’actvité
    •   L’administration doit être la plus légère possible ;
    •   L’assurance qualité et la détermination du nombre de crédits est
        décentralisée : l’EACCME se base sur l’expertise des professionnels de
        chaque spécialité et/ou des Ordres concernés.
    •   Pas d’accréditation des activités à connotation commerciale ou sur Internet.
        Toutefois, à partir de 2009, l’EACCME accrédite la FMC sur Internet.
    •   Chaque activité est accréditée à part : pas d’accréditation pour un
        programme s’étalant sur des années.
    •   Les charges administratives de l’EACCME sont supportées par les
        pourvoyeurs d’activité qui demandent l’accréditation Européenne.

Figure 2 : processus d’accréditation de l’EACCME [61]




              Organisateur!       Certificat&de&
                                  reconnaissance&



         Demande
         e&                     EACCME!
                                                Evaluation&


                                               Agences!
                                              NaXonales!
                                            d'AccréditaXon!




                                                                                               33"
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                                    OCEANIE




                                                                                               34"
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AUSTRALIE


Le système d’accréditation Australien est l’un des plus évolués au monde [40, 66].

Le Conseil de l’Ordre des Médecins Australiens régit un système très strict et très
actif d’accréditation des pourvoyeurs programmes de DPC ; en effet, les membres
du Conseil les confrontent sur place avec les standards déterminés par ce même
Ordre [6, 7]. Il est aussi responsable de l’accréditation des Collèges qui proposent
des plans de DPC. Il en a accrédité actuellement 27. Il a ainsi résumé les activités
de DPC demandées : « Le DPC doit inclure une variété d'activités pour répondre aux
besoins d'apprentissage individuels, tels que l'audit clinique, l’évaluation par les pairs ou
l'évaluation des performances, ainsi que la participation à des activités visant à améliorer
les connaissances comme les cours, les conférences et l'apprentissage en ligne. Les
programmes de DPC des facultés de Médecine accréditées par le Conseil Australien de
l’Ordre des Médecins répondent à ces exigences » [8] L’Ordre des Médecins veille à :

    •   Respecter l'autonomie de chaque fournisseur de FMC dans la définition de
        ses politiques et processus éducatifs ;
    •   Prendre les décisions, de recueillir et d'analyser les informations et les idées
        provenant de multiples sources et différents points de vue ;
    •   Suivre des procédures documentées et mettre en œuvre un processus
        d'accréditation ouvert et objectif ;
    •   Adopter des mécanismes lui permettant de s'assurer que les membres des
        équipes d'évaluation, les comités et le personnel appliquent les normes et
        les procédures d'une manière cohérente et appropriée;
    •   Revoir régulièrement les processus et les normes d'accréditation ;
    •   Recueillir les commentaires et évaluer ses performances;
    •   Travailler en collaboration avec les autorités d'accréditation afin d'éviter les
        conflits et minimiser la duplication des efforts.

Les organisations souhaitant l’accréditation payent directement le coût de
l'évaluation qui sont généralement liés aux travaux de l'équipe d'évaluation et, le
cas échéant, ceux d’un éventuel groupe consultatif.

Les standards demandés pour les types de formation continue, outre la nécessité
qu’ils soient basés sur les techniques d’apprentissage des adultes, comportent [8] :

    *   La formation axée sur la pratique impliquant la participation personnelle
        dans les aspects pertinents des services de santé et, pour les spécialités
        cliniques, les soins directs aux patients.




                                                                                               35"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 36



    *   Le programme de formation comprend une intégration des apprentissages
        théorique et pratique.
    *   Le processus de formation assure un degré croissant d’indépendance et de
        responsabilité avec le développement des compétences, des connaissances
        et de l'expérience.

Par ailleurs, des procédures d’évaluation de l’apprentissage, de la performance et
de la qualité des formations sont prévues [42, 46]. Des standards ont également été
définis pour le DPC [6] :

    *   Les programmes des prestataires de DPC sont basés sur l'apprentissage
        autodirigé. Les programmes aident les participants à maintenir et
        développer les connaissances, les habiletés et les attitudes essentielles pour
        répondre aux besoins changeants des patients et du système de soins de
        santé, et pour répondre aux développements scientifiques en médecine
        ainsi que l'évolution des attentes de la société.
    *   Le fournisseur de DPC détermine la structure du programme de DPC en
        consultation avec les parties prenantes, en tenant compte des exigences des
        autorités compétentes telles que le Conseil de l’Ordre d’Australie et le
        Conseil Médical de la Nouvelle-Zélande.
    *   Le processus et les critères pour évaluer et reconnaître les fournisseurs de
        DPC et/ou des activités individuelles de DPC sont basées sur la qualité de
        l'éducation, l'utilisation de méthodes pédagogiques et des ressources
        appropriées et la prise en considération des commentaires des participants.
    *   Le fournisseur de DPC documente les activités de DPC accréditées des
        participants et la participation des animateurs d'une manière systématique
        et transparente.
    *   Le fournisseur de DPC dispose de mécanismes pour permettre aux
        médecins qui ne dépendent pas de sa structure d'accéder au DPC et à
        d'autres possibilités de formation.
    *   Le fournisseur de DPC dispose de processus d’assistance aux confrères qui
        ne participent pas à des programmes de DPC.

Les médecins australiens ont à se réinscrire à l’Ordre une fois par an en affirmant
avoir participé à un programme de DPC et doivent en fournir la preuve s’ils sont
audités et ce dès juillet 2010 (obligation légale) [6]. Le Collège Royal des Médecins
Généralistes organise par exemple le DPC des médecins de première ligne. Son
programme appelé « Assurance Qualité et DPC » exige 130 crédits tous les trois
ans mais la réinscription est annuelle. Le Collège Royal de Gynéco-obstétrique
impose, quant à lui, une recertification tous les trois ans, basée sur le DPC et
l’assurance qualité des activités [42]




                                                                                               36"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 37




NOUVELLE ZÉLANDE

Il existe une étroite collaboration entre la Nouvelle Zélande et l’Australie en
matière de DPC [40, 67]. De nombreuses particularités existent toutefois dans le
système Néozélandais [42].

Tout médecin souhaitant pratiquer la médecine en Nouvelle-Zélande doit être
enregistré auprès du Conseil de l’Ordre de Nouvelle-Zélande (MCNZ), un
organisme indépendant qui répond de ses activités devant le parlement [67].

Tous les médecins doivent également détenir une licence d'exercice délivrée par le
MCNZ et qui doit être renouvelé chaque année. Cette exigence du renouvellement
de la licence d'exercice a été introduite afin d'assurer que les médecins
maintiennent leur compétence et leur aptitude à exercer. La délivrance de cette
licence est entièrement dépendante de la déclaration du médecin attestant qu'il a
pris part à un programme de DPC et il doit en fournir la preuve en cas d’audit
[40].

Le MCNZ a publié des recommandations de DPC parmi les plus détaillés et qui
exigent des non-spécialistes de former des relations collégiales, de prendre part à
la FMC, à un audit clinique et l’évaluation par les pairs. Le Conseil prévoit
également exactement le nombre d'heures qui doit être consacré à chacune de ces
activités [67].

En Nouvelle-Zélande, les spécialistes doivent s'inscrire et participer à des activités
de DPC organisées par leurs associations spécialisées. Pour les non-spécialistes,
tous les documents doivent être contresignées par un collègue [40].

Afin de s'assurer que les médecins participent au DPC, les audits du MCNZ
concernent 10% de toutes les demandes de recertification. Les Collèges spécialisés
peuvent également auditer un certain pourcentage de participants à leurs
programmes de DPC.

Le MCNZ ne stipule pas que la FMC doive être accrédité par un organisme ou une
organisation. Il accepte les activités de DPC suivantes [40] :

    *   La participation à des conférences, cours et ateliers
    *   Auto apprentissage
    *   Les évaluations destinées à déterminer les besoins d'apprentissage dans des
        domaines tels que les compétences procédurales, de diagnostic ou de
        connaissances ainsi que dans la lecture des revues médicales
    *   Supervision de confrères, enseignement, activités de supervision ou de
        mentorat, publication dans des revues médicales, recherche etc.


                                                                                               37"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 38



    *   Réunions de Comités à contenu éducatif (développement de guidelines, le
        fait de donner des conseils d'expert sur des questions cliniques, des
        présentations à des réunions scientifiques, activités d’évaluation pour le
        Conseil etc.)

Le MCNZ dispose de deux systèmes principaux de recertification du DPC pour les
médecins, en fonction de leur statut d'inscription [40, 67 ] :

    1- Le premier est la «recertification de champ professionnel», pour les
       spécialistes, y compris les Médecins généralistes. Les programmes de
       recertification pour les spécialistes sont menés par leurs collèges spécialistes
       ou des sociétés dont ils font partie.
    2- Le second fournit une «recertification générale», pour les médecins non-
       spécialistes. Le régime « général» est également applicable aux nouveaux
       inscrits, comme les médecins étrangers, indépendamment de l'ancienneté,
       lesquels doivent travailler sous supervision au moins les 12 premiers mois
       de leur installation en Nouvelle-Zélande afin de se familiariser avec la
       culture.

Le MCNZ a des exigences précises pour le DPC ; il stipule que le DPC doit couvrir
cinq domaines principaux de la pratique [40] :

    1- Soins médicaux : soins cliniques adéquats, tenue de registres, compétence
       culturelle
    2- Communication : établir et maintenir la confiance, confidentialité.
    3- Collaboration et gestion : travailler avec des collègues.
    4- Érudition : enseignement, recherche, améliorer la performance.
    5- Professionnalisme : préoccupations au sujet de la sécurité des patients,
       conflits d'intérêts.

En règle générale, le MCNZ exige que les médecins participent à 50 heures de
DPC chaque année, y compris la FMC, l'audit clinique et l’évaluation par les pairs
[40, 42].

Si un médecin ne satisfait aux exigences de recertification, le MCNZ a le droit de
modifier le champ d’activité du médecin, de modifier les compétences qui lui sont
reconnues et qu’il est autorisé à effectuer, ou conditionner son activité selon ce que
le MCNZ estime approprié, y compris le droit de suspendre son inscription et sa
licence d’exercer [67].




                                                                                               38"
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                  AMERIQUE DU NORD




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CANADA


Au Canada, il existe quatre systèmes d’accréditation de la FMC/DPC (figure 3)
[38, 59] :

1. Le Collège des Médecins de Famille du Canada et ses sections provinciales
accréditent les activités des médecins de famille. Plusieurs services leur sont
offerts [17] :
    * Les crédits MAINPRO® (Maintien de la compétence Professionnelle) : Un
        programme qui permet aux médecins de famille de tenir compte de leurs
        activités de DPC.
    * Auto apprentissage MD : Programme de FMC qui permet aux médecins
        d’évaluer leurs connaissances des sujets d’actualité dans la littérature
        médicale; publié six fois par an; version électronique et papier; donne droit
        à des crédits Mainpro.
    * Relier l’apprentissage à la pratique, PerlesMD et Cyber-Perles : Exercices
        de réflexion autogérés, fondés sur les données probantes qui favorisent
        l’application des nouvelles connaissances dans la pratique; donnent droit à
        des crédits Mainpro.
    * Cours avancé de réanimation obstétricale (ALSO®) : Programme
        multidisciplinaire interactif, fondé sur les données probantes sur la prise
        en charge efficace des situations d’urgence obstétricale; donne droit à des
        crédits Mainpro.
    * The Institute for Healthcare Communication (IHC-C) : Ateliers et activités
        de formation professorale conçus pour optimiser la prestation et la qualité
        des soins grâce à une communication efficace; donne droit à des crédits
        Mainpro.
    * Forum en médecine familiale (FMF) : Forum annuel du CMFC qui offre
        diverses activités de DPC; donne droit à des crédits Mainpro.
    * Programmes/activités donnant droit à des crédits Mainpro : Évalués par
        les pairs pour assurer que le contenu est éducatif et scientifiquement solide;
        développés et offerts selon les normes d’éthique établies.

La participation est obligatoire pour la plupart des catégories d’adhésion et dans
certaines provinces du Canada [4, 27] :
    * Au moins la moitié sont des crédits Mainpro-M1 et/ou Mainpro-C
       (Conférences agréées, programme de soins avancés en réanimation, études
       postdoctorales, fellowship/stage de perfectionnement clinique, travail au
       sein d’un comité, recherche/publications, etc.)
    * Les crédits restants peuvent provenir des autres catégories (M1/M2/MC :
       Lecture de revues, FMC non agréée, enseignement, etc.)


                                                                                               40"
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Des changements sont actuellement en cours dans ce programme pour 2013 :
   * 250 crédits sont nécessaires pour un cycle de 5 ans ;
   * Toutefois, 25 crédits au moins doivent être déclarés annuellement
   * La déclaration se fera en ligne par Internet

Par ailleurs, le CMFC donne également l’agrément MAINPRO aux fournisseurs de
programmes de DPC selon des critères très stricts [17]

2. Le Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada accrédite les
Sociétés nationales de spécialistes, les Facultés de médecine et les Programmes de
simulation [51]!

Le CRMCC offre un programme de Maintien du certificat aux médecins et
chirurgiens spécialistes (exception faite de la spécialité de la médecine familiale)
[34]. Les sociétés nationales canadiennes de spécialistes sont agréées par le
CRMCC pour offrir des activités de FMC pour lesquelles les membres du CRMCC
peuvent demander des unités de formation [17].

3. Le Comité d’Agrément de l’Éducation Médicale Continue accrédite les unités
universitaires canadiennes d’éducation médicale Continue (Départements et
Bureaux de DPC) Ces Bureaux de DPC peuvent attribuer des crédits Mainpro à
des activités et des programmes s’ils ont contribué de manière significative à leur
planification, à leur organisation et à leur présentation (pourvu que l’activité ou le
programme réponde aux critères de l’agrément Mainpro) [4, 51]

4. Au Québec, le Collège des Médecins du Québec accrédite les fournisseurs de
FMC et la Fédération des omnipraticiens du Québec approuve les activités des
médecins de famille. Une fois l’an, le Collège demandera à environ 3 % de ses
membres de lui fournir des preuves d’adhésion à un programme de DPC. Si un
médecin ne peut fournir ces pièces ou que celles-ci ne sont pas satisfaisantes, le
Collège proposera à ce dernier un mentorat auprès d’un collègue qui pourra
l’aider à élaborer son plan de DPC. [18, 40]

Depuis le 1er juillet 2007, les médecins Canadiens doivent opter pour l’un des
programmes de développement professionnel continu (DPC) Ils doivent informer
le Collège de leur choix de plan de DPC lors du renouvellement de leur cotisation
annuelle [18, 40].

Il n’y a pas d’organisme qui chapeaute toutes ces structures et le Ministère de la
Santé n’intervient quasi pas. Il est à noter toutefois qu’annuellement a lieu une
Conférence Nationale sur l'Agrément du Développement Professionnel Continu.
Cette conférence annuelle sur invitation seulement est présentée conjointement
par le Collège des médecins de famille du Canada et le Collège royal des médecins


                                                                                               41"
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et chirurgiens du Canada. Seules les personnes identifiées aux services de
FMC/DPC peuvent y participer. Ses objectifs sont de [51] :

        *   Favoriser la collaboration des diverses organisations et des personnes
            qui participent à l'agrément du DPC.
        *   Améliorer les normes et les processus d'agrément des programmes et
            des fournisseurs de DPC.
        *   Promouvoir l'innovation et l'excellence dans le domaine du DPC.

Le non-respect des exigences Mainpro n’entraîne pas la perte du permis
d’exercice, mais la participation augmente les chances de révision par les pairs.
Par ailleurs, les organismes régulateurs de DPC peuvent communiquer, sur
demande, avec les organismes de délivrance des permis d’exercice relativement au
respect/non-respect des exigences Mainpro ou autre programme de DPC [18].


Figure 3 : Système d’agrément au Canada (d’après Monette C. [38]):




                                          17                                            17
    AMLFC
                                      universités                                   universités

     CMQ                                                     CAEMC                  CRMCC
                    FMOQ               CMFC
    CEMCQ                                                    ACCME

                                     10 sections                             37 associations de
                     FMSQ
                                     provinçales                                spécialistes

                  4 universités


                     CQMF                                17 universités




                                                                                                  42"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 43




ÉTATS-UNIS

Tout médecin qui souhaite pratiquer la médecine dans un des États Unis
d’Amérique doit demander une licence d’exercice auprès du Conseil de l’Ordre
des Médecins de l’État correspondant. La FMC est une exigence obligatoire pour
renouveler cette licence dans 62 des 68 Conseils aux Etats-Unis [55].

Toutes les activités obligatoires de FMC/DPC doivent être accréditées par une
organisation légale. Deux principales organisations accréditent la FMC aux États-
Unis : le Conseil d'Accréditation de la Formation Médicale Continue (ACCME) et
l’Association Médicale Américaine (AMA) Ces deux organismes d'accréditation
ont établi des processus stricts d'assurance qualité pour l'accréditation des
fournisseurs de FMC (L’ACCME n’accrédite pas les activités de DPC)
L’accréditation par l’AMA est le « gold standard » pour le système de crédit [43].

Le Conseil Américain des Spécialités régit un système de recertification basé sur le
DPC (maintien de la certification) depuis plus de dix ans. Bien qu’il s'agisse d'un
régime volontaire, la plupart des médecins l’ont adopté [11].

La plupart des Conseils des Ordres des Médecins exigent que les médecins
participent à 20 - 50 heures de FMC par an (pour la plupart des activités, un crédit
CME équivaut à une heure de FMC) Toutefois, le système de crédit de l'AMA est
en train d’évoluer vers l’attribution de crédits en fonction de l’atteinte des
objectifs, donc de la performance [40].

Les cycles de renouvellement des licences sont en moyenne deux ans, mais peut
être compris entre un à quatre ans en fonction du conseil. Certains exigent
également des sujets spécifiques devant être couverts par les programmes de DPC.
Par exemple, sur une période de quatre ans, les médecins Californiens qui ont
fréquemment à soigner les patients âgés doivent participer à au moins vingt
heures de FMC en médecine gériatrique. Dans l'Ohio, les médecins doivent
procéder à un minimum de deux heures de FMC tous les dix ans dans le
VIH/SIDA des cours approuvés par le Cabinet pour les Services de Santé et de la
Famille [11].

Les Conseils de l’Ordre peuvent vérifier les activités de FMC/DPC. En cas de non-
conformité, le médecin fautif peut être publiquement réprimandé ou bien obligé à
payer une «amende» [40].

Le retrait des licences des médecins qui ne respectent pas un programme de
DPC/FMC est exceptionnel [43].




                                                                                               43"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 44




                                    AFRIQUE




                                                                                               44"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 45




AFRIQUE DU SUD

Le HSPCA (Health Professions Council of South Africa ) est un organisme central
qui régit toutes les professions de santé de la république d’ Afrique du Sud et
supervise 12 Ordres professionnels. Depuis 1er Janvier 2007, tous les médecins,
comme tous les autres professionnels de la santé en exercice en Afrique du Sud,
ont l’obligation de prendre part au DPC. La structure générale du DPC de tous les
professionnels de santé est sensiblement la même et chaque Ordre régit le DPC de
ses propres adhérents [40, 65].

L’Ordre des Médecins et Médecins dentistes qui enregistre tous les médecins
supervise le système de DPC obligatoire et sa politique. Il publie également des
lignes directrices sur l'accréditation des activités de FMC, mais délègue la tâche de
fournir des prestations de DPC à environ 16 universités et sociétés médicales
spécialisées. Ces Sociétés et universités peuvent à leur tour accréditer d’autres
fournisseurs d’activités de DPC. Les Firmes commerciales n’ont pas droit à
accréditation de leurs activités mais peuvent proposer des activités de DPC pour
autant qu’elles n’en profitent pas pour faire de la promotion pour leurs produits
[20].

Tous les pourvoyeurs de DPC doivent rendre annuellement compte au HSPCA de
leurs activités et des éventuels problèmes rencontrés. Ils peuvent être audités à
chaque instant par le HSPCA. Ce dernier encourage les praticiens à collecter 60
Unités de Formation Continue sur deux ans, dont 10 sur l'éthique, les droits de
l’homme et le droit médical. Chaque crédit (UFC) est valable 2 ans à partir de la
date de la tenue de l’activité [40].

Le HSPCA audite tous les 2 mois des médecins (10% sur un an) pour vérifier leur
conformité aux exigences de DPC. En cas de non conformité, les médecins
défaillants ou qui ne présentent pas leurs preuves de participation aux activités de
DPC se voient octroyés automatiquement une période de six mois
supplémentaires pour se conformer aux exigences de DPC. Ils seront inclus dans
une autre vérification au bout de six mois. Si non conformes après la deuxième
vérification, leurs cas seront soumis à l’Ordre qui décidera alors de l'action à
mener. Un programme de rattrapage peut alors leur être proposé ; une autre
option est de leur faire passer un examen de recertification. Dans les cas graves,
l’Ordre peut suspendre un médecin pendant une période donnée ou même le
radier ! [40]

Si un médecin est radié, il ne peut demander sa réinscription que sur preuve du
nombre requis d'UFC [40, 65].




                                                                                               45"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 46




KENYA

Comme pour l’Afrique du Sud, depuis Janvier 2007, tous les médecins et médecins
dentistes du Kenya doivent participer à des activités de DPC organisées ou
accréditées par l’Ordre [40].

Le Conseil de l’Ordre délivre aux médecins un journal de DPC qui doit être
conservé par le médecin et chaque activité d'apprentissage suivie est consignée
[40].

Annuellement, chaque médecin doit se réinscrire pour renouveler leur licence
d’exercer. Ils doivent alors présenter leur journal de DPC ainsi que les certificats
de présence pour les événements de DPC et les copies des diplômes de formation
continue qui ont été obtenus au cours de l'année précédente [32, 40].

Chaque médecin doit collecter au moins 5 Unités de Formation Continue par an. Il
y a trois niveaux d'activités les UFC qu’un médecin peut obtenir doivent être de
niveaux différents. La liste des activités accréditables est bien définie ainsi que
celles qui ne le sont pas (par exemple les staffs hospitaliers, les résumés des
congrès, les lectures de lettres pour éditeur dans les revues médicales, les réunions
organisées par les firmes pharmaceutiques) [32, 40]

En cas de non-conformité, un médecin doit s’expliquer par écrit à l’Ordre et
donner les raisons de la non-conformité. Le Conseil de l’Ordre examinera ensuite
le cas et statuera. On ne sait pas quelles sont les sanctions ne peut être donnée en
cas de non-conformité [32].

Il peut être accordé un report de suivre un DPC dans certains cas (retraite,
maladie) mais l’accord en fin de période de répit d’une licence d’exercice n’est pas
automatique et est soumis à des conditions de la part de l’Ordre [32].




                                                                                               46"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 47




NIGERIA
Le principal organe de régulation de l’exercice médical au Nigeria est le Conseil
de l’Ordre Médical et Dentaire du Nigeria (MDCN) [20].

Selon les règlements du MDCN, tous les médecins exerçant au Nigeria doivent
mettre à jour leurs connaissances et leurs compétences afin d’améliorer la qualité
des services rendus à leurs patients [20].

La participation à des programmes de DPC est une condition sine qua non pour le
renouvellement annuel de la licence d’exercice de la médecine au Nigéria. Le
MDCN accrédite les institutions et organismes fournisseurs d’activités de DPC
médical et dentaire : établissements de formation, hôpitaux universitaires, collèges
de spécialistes, organismes bénévoles, écoles de médecine de troisième cycle,
autres fondations et sociétés professionnelles ainsi que certaines sociétés
étrangères et institutions professionnelles [20].

Le MDCN a également créé un comité permanent d’accréditation des programmes
de DPC autorisé à en revoir le contenu, la durée et la portée en vue de l'attribution
des unités de crédit appropriées [20].

Il est à remarquer que le MDCN est également impliqué dans les programmes
d'accréditation et de surveillance de toutes les écoles de médecine au Nigeria. Le
Conseil fixe les lignes directrices des normes et des procédures d'évaluation de la
conformité aux lignes directrices établies dans le fonctionnement des écoles de
médecine [20].

Le programme de formation médicale continue couvre les sciences médicales de
base et cliniques et des programmes accrédités comprenant les ateliers, les
séminaires, les conférences scientifiques, les conférences de mise à jour et
l'apprentissage sur site [20].

Une heure d’activité compte pour une unité de crédit. La réglementation actuelle
exige qu’un médecin obtienne un minimum de 36 unités de crédit tous les deux
ans pour être admissible à une licence permanente. Un minimum de 12 unités et
un maximum de 24 unités doivent être obtenues par an [20].

Le non respect d’un programme de DPC peut entraîner un non renouvellement de
la licence d’exercer [20].




                                                                                               47"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 48




                                          ASIE




                                                                                               48"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 49




HONG KONG

L’Association Médicale de Hong Kong régit la FMC des médecins qui y sont
inscrits. L’inscription à l’AMHK se fait annuellement. La FMC n’est pas obligatoire
mais elle est fortement recommandée [29].
L'accréditation des médecins se fait sous forme de points de crédit accordés pour
la participation à diverses activités de formation continue. A la fin de chaque
année académique, le score total sera consignée dans le dossier du membre [29].
Les points de crédit seront accordés aux participants qui assistent aux activités de
FMC organisées par l'Association ou celles organisées par d'autres organisations
accréditées par le sous-comité d’accréditation de la FMC conformément aux lignes
directrices énoncées par le Conseil Médical de Hong Kong [29].
Tous les participants doivent fournir les preuves pertinentes de leur participation
aux activités de FMC (attestations de présence qui leur sont délivrées, sur
demande, par les institutions organisatrices, photocopies d’articles publiés,
transcriptions des cours suivis… ) [29]
Le programme de certification est basé sur un "système de points-crédits"accordés
pour la participation aux activités de FMC reconnus par le Comité d’Accréditation
du Conseil des Médecin de Hong Kong. Le système d’attribution des points-
crédits est comme suit [29] :
    *   2 points par heure pour participation active et 1 heure pour la participation
        passive
    *   Un maximum de 3 points pour un programme d’une demi-journée.
    *   Un maximum de 5 points pour un programme de toute une journée.
    *   Un maximum de 10 points pour un programme d'une durée de deux jours
        ou plus.
Les médecins inscrits sont tenus de compléter une période d’un cycle de 3 ans
d’activités de FMC. Le cycle commence le 1er Octobre, 1e Janvier et le 1e Juillet de
chaque année.
Un minimum de 90 points-crédit doit être collecté sur une période de 3 ans et un
minimum de 30 points de crédit par an est nécessaire.
Le Comité d’Accréditation et de FMC du Conseil des Médecins a établi des critères
détaillés de reconnaissance (ou de l'approbation) des activités de FMC, dont, fait
assez rare, la détermination d’un nombre minimum de participants (un groupe
régulier de 5 médecins au minimum est nécessaire pour pouvoir demander
l’accréditation de ses activités) Les participants ne peuvent pas gagner plus de 20
points de programme d'autoformation par an [25, 29].




                                                                                               49"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 50



Les personnes inscrites qui ont réuni les points nécessaires de crédit minimal sont
admissibles à la délivrance d'un certificat attestant qu'ils ont atteint un niveau
satisfaisant d'activité de FMC sur la période définie. Un tel certificat peut être
affiché dans le bureau du médecin. Au terme des trois ans, en cumulant les 90
points-crédits, le médecin aura le droit d’utiliser le titre "CME certified" sur ses
cartes de visite [25, 29].




                                                                                               50"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 51




INDE

La régulation de l’exercice médical est complexe en Inde [20]. Il existe un Conseil
de l’Ordre national (MCI) qui définit les standards de formation, inscrit les
médecins et accrédite les collèges de médecins [20, 47]. Chaque état par ailleurs
dispose d’un Conseil propre qui inscrit également les médecins et promeut le DPC
[20].

Dans certains états, le Conseil exige une réinscription tous les 5 ans mais ce n’est
qu’une obligation administrative [13].

Trois Etats (Maharashtra, Punjab, et le Kerala) ont un système obligatoire de FMC
qui demandent aux médecins de compléter 30 heures de FMC tous les cinq ans
[13].

En 1985, une cellule de Formation Médicale Continue a été mis en place pour
l'amélioration de l'éducation médicale continue et des soins aux patients en Inde
[13, 47].

Le MCI coordonne le régime de la FMC ; une subvention annuelle lui est attribuée
par le gouvernement central et le Ministère de la Santé et de la famille [20].

Les programmes s’appuyaient initialement sur l'expertise des médecins indiens
qui pratiquent aux États-Unis. En 1993, avec l'augmentation de la popularité et
l'importance des programmes, le régime a été étendu pour inclure les NRI (Non-
Resident Indian), soit les médecins du Royaume-Uni et du Canada [20].




                                                                                               51"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 52




INDONESIE

L’IMA (Association Médicale Indonésienne) ainsi que les organismes qui en
dépendent (l’Association des Médecins Spécialistes et l’Association des Médecins
de Première Ligne) supervisent depuis avril 2007 un système très bien organisé de
DPC obligatoire [30]. Tous les médecins en exercice sont soumis au DPC.
Les programmes doivent répondre aux besoins de chaque praticien ; ces besoins
doivent être régulièrement réévalués afin qu’ils s’adaptent aux changements. Les
programmes doivent toucher aussi bien les sujets cliniques que l’activité non
clinique (enseignement, recherche, management) Cinq champs d’activité sont
identifiés et inclus dans le DPC [30] :
    *   Activités d’apprentissage
    *   Activités professionnelles
    *   Activités Communautaires
    *   Publications scientifiques
    *   Activités de recherche et de développement scientifique et pédagogique
Les pourvoyeurs d’activités de DPC doivent en demander l’accréditation auprès
de l’IMA en fournissant notamment des informations sur le programme ainsi que
sur les personnes ressources.
La preuve de participation à une activité de DPC est l’Unité Crédit (SKP) qui
correspond à 1 heure d’activité accréditée par l’IMA. Le nombre de crédits
attribués à chaque activité est proposé par l’institution dont dépend le médecin
(Spécialistes, première ligne) et prend en compte trois critères :
    *   l’importance du sujet pour la pratique médicale correspondante
    *   l’étendue de la compétence requise pour l’activité
    *   l’accessibilité de l’activité pour chaque membre de la société
Mais c’est l’IMA qui fixe définitivement les points crédits attribués à chaque
activité [30].
L’IMA exige 250 SKP en 5 ans dont 10% d’activités non cliniques. Le médecin
établit lui-même son programme de DPC, avec l’assistance de la Société dont il
dépend. Son cycle commence à la date de son inscription à l’IMA. Il lui est
fortement recommandé de garder un agenda où il peut suivre l’avancement de ses
points SKP. A la fin de son cycle, il doit pouvoir prouver [30] :
*       Sa participation à des activités de DPC
*       Ses publications scientifiques
*       Son portfolio d’activités d’enseignement ou d’auto-formation




                                                                                               52"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 53



Il est à noter que lors de l’application de ce système, il a été confié à des Bureaux
de CPD régionaux la gestion provisoire du DPC des médecins de famille.
Le suivi d’un programme de DPC donne droit à un certificat de compétence
délivré par l’institution correspondante et qui est une condition absolument
nécessaire pour avoir un permis d’exercer délivré par le Bureau de DPC de l’IMA
[30].




                                                                                               53"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 54




JAPON

Il n'y a pas de système de recertification ou de DPC obligatoire au Japon [35, 66].
L'Association Médicale Japonaise (JMA) mène son propre programme de FMC et
de certification pour ceux qui se plient à ses exigences tous les trois ans. Environ
70% de ses membres sont certifiés [40, 47].
Le Conseil Japonais des Spécialités Médicales (JBMS) établit les normes de
contrôle de qualité et de certification, assez comparable à l’ACCME aux Etats-
Unis. En 2002, le Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales, qui régit
la médecine au Japon, a créé son propre système médical d'accréditation de
spécialités, distinct de celui du JBMS [24]. Les deux organisations travaillent
ensemble à affiner l'accréditation et les systèmes de certification.
Les médecins qui réunissent dix unités de crédit ou plus par an peuvent demander
un certificat de FMC à la JMA. Si un médecin accumule dix crédits ou plus par an
en trois années successives, il reçoit un certificat de reconnaissance pour
l'achèvement de la FMC [35].
La JMA a développé divers programmes de FMC pour les médecins. Il s'agit
notamment de 106 cours de soins de santé de base, non spécialisés, couvrant des
domaines spécifiques comme l'éthique médicale ou la sécurité sociale. Il y a aussi
un programme d'études sur des sujets médicaux et qui comporte deux sections,
l'une sur les procédures de la pratique médicale et l'autre sur les maladies
importantes. Les médecins peuvent étudier ces programmes au sein d’ateliers
organisés par les associations médicales régionales ou le faire en privé. Le Journal
édité par la JMA est également considéré comme l'un des principaux outils
d'apprentissage [35].
Chaque événement donne droit à 1 unité de crédit. Si un médecin assiste à une
conférence de FMC, il reçoit un certificat et peut ensuite réclamer trois ou cinq
unités de crédit. Prendre part à une activité clinique hospitalière ou à un examen
par les pairs donne droit à 5 unités de crédit. Publier un article dans une revue
scientifique peut fournir jusqu'à 10 unités de crédit [35, 40].
L'acquisition d'unités de crédit est fondée sur le principe de l'auto-déclaration [66].
Les médecins reçoivent un formulaire de rapport chaque année, qui se présente
comme un supplément à la Revue du JMA [35]. Les médecins remplissent le
formulaire et y joignent les certificats de tous les cours ou séminaires auxquels ils
ont assisté. Ces formulaires sont ensuite envoyés à leur association médicale locale
qui les transmet à la JMA. Les formulaires sont ensuite ajoutés à une base de
données et les certificats sont envoyés aux médecins [35].




                                                                                               54"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 55




MALAISIE

Le Conseil Malaisien de l’Ordre des Médecins (MMA) st la structure en charge du
DPC des médecins. Il est actuellement en train de préparer un système obligatoire
de DPC liée à la recertification pour tous les médecins [40, 47, 65].
Pour le moment, le système est basé sur le volontariat et il est en intégralité
sponsorisé par le MMA.
Il y a environ 300 prestataires d’activités de DPC et plus de 5000 activités sont
enregistrées chaque année [47].
Les demandes d’accréditation des activités de CPD doivent se faire au nom de la
Commission de DPC du MMA au moins deux semaines avant la date prévue de
l’événement selon un modèle et des critères bien définis. L’accréditation est
payante [47].
Le prestataire de DPC doit transmettre la liste des présents (signées par les
participants) au MMA [37].
Les participants aux activités de DPC auront droit à un certificat du MMA et ceux
qui rassemblent 50 points se voient attribuer un « Certificat de Mérite »
Le cycle de DPC commence le 1e juillet de chaque année et finit le 30 juin [37].
Les activités accréditables sont divisées en 5 catégories (avec de nombreuses sous-
catégories) et le nombre de crédits attribués à chacune varie selon le type et la
durée [36].
Il est à noter que le MMA a souscrit un abonnement au BMJ learning qu’il met
gracieusement à la disposition de ses adhérents [37].




                                                                                               55"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 56




SINGAPOUR


Le système de FMC/DPC de Singapour est régi par l’Ordre des Médecins de
Singapour (SMC) qui dépend du Ministère de la Santé [65].

La FMC est obligatoire depuis 2003 et le médecin doit renouveler son certificat
d’exercice (PC) tous les 2 ans auprès de l’Ordre des Médecins [53, 65].

Il est exigé du médecin un minimum de 25 points-crédits de FMC par an, dont
20% ou 5 points (core points) qui sont spécifiques à sa spécialité. Certaines
spécialités et modes de pratique sont exemptés de l’obligation des « core points »
[53].

Les médecins Singapouriens peuvent depuis 2005 demander leurs crédits auprès
du SMC en ligne [53]. Sinon, ils peuvent passer par 3 structures qui feront
parvenir leurs dossiers au SMC :

    *   L’Académie de Médecine (uniquement pour ses membres)
    *   Le Collège des Médecins de Famille de Singapour (également pour ses
        membres et seulement pour la lecture des articles des publications du
        collège)
    *   L’Association Médicale de Singapour (soumission de tout type de crédit)

Trois grandes catégories de FMC sont accréditables par le SMC avec plusieurs
sous-catégories et un système de points crédits tel que, en général, 1 point CME est
équivalent à 1 heure d'activité de FMC.

Les prestataires de FMC/DPC doivent soumettre leurs dossiers au moins 1 mois
en avance [52] ; un système de demande d’accréditation en ligne a été mis en
place depuis 2005. La liste de présence avec les numéros d’inscription à l’Ordre
des Médecins est obligatoirement envoyée au SMC après la tenue de l’activité.

En cas de non conformation, le certificat d’exercice n’est pas renouvelé jusqu’à
accomplissement du nombre de points crédits demandés [53, 65].




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                          MOYEN ORIENT




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ÉMIRATS ARABES UNIS : ABU DHABI

L’Autorité de Santé de Abu Dhabi (HAAD) régit le DPC dans cet émirat. La
section de FMC/DPC a été créée en 2002 [64]. Depuis, un système d'accréditation
strict qui répond aux normes internationales a été élaboré et des milliers de
programmes éducatifs et d’activités ont eu lieu chaque année à Abu Dhabi ainsi
que de nombreux programmes de formation continue pour les médecins, les
dentistes, les infirmières (CNE), les pharmaciens (CPE), les diététiciens et autres
fournisseurs de soins paramédicaux [26].

Un système d’accréditation des structures formatrices a été mis en place en
parallèle avec la formation de formateurs en DPC avec l’aide de compétences
reconnues, notamment le Collège royal des Médecins et Chirurgiens du Royaume
Uni [64]. La HAAD établit également les critères pour accréditer les hôpitaux à
caractère formatif et responsables de la formation des stagiaires en médecins [26].

La section de FMC/DPC de la HAAD organise et accrédite des activités
éducatives dans de nombreux pays et a signé un accord avec la ACCME pour
certifier les programmes organisés localement dans la catégorie 1 de l’AMA [26].

Les demandes d ‘accréditation des activités de FMC/DPC doivent être déposées
auprès de la HAAD 6 semaines avant le tenue prévue de l’activité. Les critères
auxquels le prestataire de FMC/DPC doit répondre sont stricts [26] :

    1- Durée : pas moins d’une heure
    2- Besoins : l’activité doit répondre à un besoin bien identifié des participants
    3- Planification : es activités doivent être planifiées de façon à maximiser les
       échanges entre experts et apprenants
    4- Accès : nécessité d’une information préalable à large échelle auprès des
       médecins des dates des activités
    5- Objectifs : les objectifs d’apprentissage doivent être bien définis et les
       médecins doivent en être informés
    6- Participation de l’apprenant : 25% du temps imparti doit être réservé à
       l’interactivité
    7- Évaluation et amélioration continue : l’activité doit comprendre une
       évaluation dont les résultats serviront à l’améliorer
    8- Documents de présence : la présence des participants doit pouvoir être
       documentée et fournie aux participants.
    9- Sponsoring : les activités sponsorisées doivent être gérées par un comité
       réunissant des représentants des professionnels du domaine de la discipline
       concernée et des participants. La publicité des produits du promoteur n’est
       pas autorisée.


                                                                                               58"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 59



Par réciprocité, les activités accréditées par les organismes avec lesquels il y a
accord de réciprocité (ACCME, RCPS-UK etc) sont automatiquement reconnues
par la HAAD [26, 64].

La vérification de la participation des médecins désireux d’obtenir ou de
renouveler une licence d’exercice et les écarts entre les exigences et leur pratique
se fait par les transcriptions des séances de FMC, les feuilles de présence ainsi que
les déclarations et formulaires rédigés par le postulant. Une cérémonie annuelle se
tient pour récompenser les médecins méritants [26].

Avec effet à partir de Juin 2008, le renouvellement de la licence pour les médecins
et les dentistes qui travaillent à Abu Dhabi est lié à la Formation permanente (CE)
[64]. A partir de février 2009, les pharmaciens et les infirmières sont également
soumis à ces exigences lors de la présentation de leur demande de renouvellement
de licence. Tous les autres professionnels de santé seront bientôt concernés par des
exigences similaires pour le renouvellement de licence [26].

Les activités de formation continue sont classées 2 catégories [26] :

    1- Les activités relevant de la catégorie 1 comprennent les d'apprentissage
       formels accrédités par la HAAD (établissements de formation, organismes
       professionnels)
    2- La catégorie 2 couvre surtout les activités d’auto-apprentissage.

Le système d’attribution des points-crédits est basé sur l’équivalence 1h = 1pt ;
l’attribution des points aux différentes activités est très précis et englobe
pratiquement tous les types d’activités de FMC/DPC.

    *   50 heures par an sont exigées du Médecin dont 25 de catégorie 1.
    *   Un minimum de 10 sur les 25 crédits de la Catégorie 1 doit concerner sa
        spécialité
    *   Un Maximum de 30 heures peut être obtenu par l’apprentissage en
        ligne sur des programmes accrédités comme catégorie 1 ; toutefois, seuls 5
        points seront comptabilisés dans la Catégorie 1, les 25 autres seront
        comptabilisés comme catégorie 2.

La non validation des crédits exigés entraîne le non renouvellement de la licence
d’exercer la médecine [26, 64].




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Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 60




IRAN

La formation médicale est régie par le ministère de la Santé depuis 1986 et le
Conseil de l’Ordre des Médecins et ce dans la visée d’une coordination plus
efficace entre l'éducation médicale et les besoins des services de santé [65]. Le
Ministère de la Santé et de la Formation Médicale définit aussi la politique
nationale de la santé [65]. Il y a au moins une université publique médicale dans
chacune des 30 provinces (41 facultés de médecine au total). Les présidents des
universités de Médecine sont les plus hauts responsables de la santé dans chaque
province. Ils sont en charge à la fois des services de soins de santé publique et de
l'enseignement médical [23]. Les Universités de Sciences Médicales sont également
responsables de la Formation Médicale Continue en Iran [65].
L’institutionnalisation de la FMC a été mise en œuvre en 1991 et la FMC est
devenue obligatoire en 1995 [65]. La FMC forme actuellement une partie très
importante du Développement Professionnel du médecin iranien [23].
La participation à des programmes de FMC est obligatoire après l'obtention du
diplôme, non seulement pour les médecins, mais aussi pour les autres
professionnels de la santé [23].
Afin de poursuivre leur carrière professionnelle, le médecin doit obtenir 125
points de crédit sur un cycle de cinq ans. Les universités et certaines associations
scientifiques sont chargées d'organiser les activités de FMC.
Il existe cinq types de programmes de FMC en Iran [23] :
    1-   Les séminaires, congrès, ateliers, conférences
    2-   Programmes professionnels sur une courte durée
    3-   Services éducatifs et activités de recherche,
    4-   Programmes d'apprentissage autodirigés
    5-   Programmes prédéfinis fixes : au moins 40% des 125 points doivent être
         gagnés à travers cette rubrique qui se compose de ce que les Facultés de
         Médecine définit comme « must-know ».
Différentes méthodes d'enseignement doivent être utilisés dans l'enseignement de
ces programmes et le nombre de participants ne doit pas dépasser les 50 à chaque
séance ! Depuis 2005, l’Iran a adopté les standards de l’ACCME pour la FMC [65].
A partir de 2007, la formation sur Internet a été reconnue comme moyen de FMC.
La principale faiblesse des programmes actuels de FMC est que la certification ou
les crédits sont remis aux participants, sans aucune évaluation des résultats
obtenus en termes de connaissances, compétences et performances.
En cas de non conformation à la fin du cycle de 5 ans, le médecin peut perdre sa
licence d’exercer [65] !




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Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 61




ISRAËL

En Israël, l’Association Médicale Israélienne (IsMA) régit la FMC à travers la
Commission de Formation de son Conseil Scientifique. La FMC y est encore
volontaire et l’obtention de crédits ne donne pas droit à un quelconque avantage
[5].

L’IsMA définit les critères d’accréditation des activités de FMC. Les activités de
FMC des industries pharmaceutiques, bien que fréquentes, ne sont pas
accréditables [64].

Un minimum de 500 points est exigé tous les 5 ans pour obtenir le certificat de
FMC. Le système d’assurance maladie israélien permet, par le pouvoir de
l’Organisme de gestion de la Santé (HMO) au médecin de disposer de 28 à 52
demi-journées par an pour la FMC, selon son ancienneté. La HMO organise
parfois ses propres activités de FMC pour promouvoir certaines politiques de
santé [64].

La HMO peut également couvrir 2/3 des dépenses du médecin en activités de
FMC effectuées hors de ses horaires de travail [5].

Il n’y a pas de législation pour la recertification ou le renouvellement de licence.
Toutefois, le médecin qui ne participe pas aux activités de FMC durant 5 ans verra
son nom publié et devra passer un examen avant de pouvoir accéder à une
promotion académique ou professionnelle [5].




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Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 62




KUWAIT


L'Institut du Koweït pour les Spécialités Médicales (KIMS) a crée en 1999 son
centre de Formation Médicale Continue en Juillet 2000, suite à l’adoption du
Développement Professionnel Continu et de l'apprentissage à vie comme une
politique nationale de santé [48].

Lors de son lancement, le programme de FMC a été proposé aux Médecins et
Médecins dentistes exerçant au Koweit sur une base volontaire, même si certaines
mesures d'incitation ont été construites pour encourager la participation [2, 15].

Au fil du temps, le programme a été élargi pour inclure les pharmaciens et autres
praticiens ; il leur a été depuis demandé de fournir des preuves de la participation
à des activités formelles de FMC / DPC aux autorités administratives, notamment
pour l'avancement dans la carrière ou le maintien de la licence d’exercer. Le
régime a également été rebaptisé MPC : Maintenance of Professional Competence
[15].

Avant le lancement de ce projet, les activités de FMC étaient organisées presque
exclusivement par les firmes pharmaceutiques. Depuis, en harmonie avec le
programme MPC, le KIMS a décidé d’accréditer les pourvoyeurs d’activités de
FMC/DPC [15] :

            1. Les Facultés et les comités scientifiques du KIMS ;
            2. Les Facultés des Sciences la santé de l'Université du Koweït;
            3. Les divisions nationales spécialisées au niveau du Ministère de la
               Santé, et
            4. Les Associations Professionnelles et leurs Sociétés Spécialisées

Le programme MPC a été reconnu par le Collège Royal des Médecins et
Chirurgiens du Canada, le Collège Royal des Pathologistes du Royaume Uni en
attendant d’autres reconnaissances en cours [15].

Les catégories de FMC/DPC sont au nombre de deux et ressemblent beaucoup à
ceux de la HAAD (Abu Dhabi) tout comme le système d’attribution de points-
crédits [15].

Le nombre de crédits exigé est de 250 sur 5 ans, dont au maximum 40% de la
catégorie 2.




                                                                                               62"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 63



Le KIMS délivre, à travers son centre de FMC/DPC, deux types de certificats [15] :

    *   Certificat MPC: qui certifie l’accomplissementu cycle de 5 ans de FMC /
        DPC
    *   Attestation de statut de FMC/DPC qui décrit le statut actuel du praticien,
        lorsqu’il est requis par les autorités administratives pour les décisions
        relatives aux nominations ou aux promotions, ou à la fin du service du
        praticien au Koweït.

Il est à noter qu’une réflexion sérieuse est en train d’asseoir un système de DPC
pour les professions médicales dans les pays du Golfe [2, 50].


"                               "




                                                                                               63"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 64




Discussion :

Quels que soient les systèmes adoptés par les pays que nous avons passé en revue,
l’esprit est le même :
    * Nécessité d’un processus de FMC/DPC afin de garantir des services de
        santé de qualité ;
    * Une structure coordinatrice et régulatrice le gère ;
    * Les activités de FMC/DPC doivent être accréditées comme garantie de
        qualité ;
    * Les médecins doivent pouvoir prouver leur participation à un programme
        de FMC/DPC ;

Le tableau 1 récapitule les différents systèmes de DPC étudiés dans ce travail.

    1- La structure régulatrice :


Dans la plupart des pays étudiés, c’est l’Ordre des Médecins ou la structure
équivalente qui régule le DPC des médecins. En effet, l’Ordre accrédite les
pourvoyeurs d’activités de DPC mais aussi fournit aux médecins les attestations
de crédits et, éventuellement, le renouvellement de leurs licences.

Toutefois, dans certains pays où le DPC intéresse plusieurs professions de santé,
c’est une Haute structure qui s’en charge, l’Ordre (ou son équivalent) ayant
seulement pour rôle alors la délivrance des crédits et des autorisations d’exercer
(Afrique du Sud, Abu Dhabi, France)

La place du Ministère de la Santé y est très variable : de primordiale (Iran) à très
peu impliqué (Canada)

    2- Prestataires d’activités de DPC :


A part l’industrie pharmaceutique, unanimement mise à l’écart de tous processus
d’accréditation de ses activités de FMC, tous les acteurs peuvent prétendre à
l’accréditation, avec des variations selon les pays. Le rôle des Facultés de
Médecine y est grandissant si ce n’est proéminent (Russie, Grèce, Irlande...)

    3- Processus d’accréditation des activités de DPC :


Les processus d’accréditation des activités de DPC sont très similaires. Dans
pratiquement tous les cas, l’organisme régulateur émet des critères auxquels doit
répondre le pourvoyeur de DPC. Ce dernier dépose sa demande appuyée des


                                                                                               64"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 65



justificatifs auprès de l’organisme régulateur et attend son accréditation avant de
mener son activité. La plupart des systèmes prévoient des acteurs/activités
accréditées automatiquement (activités menées par le régulateur, par les Écoles de
Médecine.

    4- Attribution des points-crédits aux activités :


La cotation des activités par des points-crédits où 1 point équivaut à une heure (ou
45 minutes) est presque unanimement adoptée. Toutefois, elle est hétérogène
puisque certaines activités sont mieux cotées que d’autres (selon la technique
pédagogique, le contenu, les objectifs, la conformation ou non aux attentes etc)

    5- Nombre et types de crédits exigés :


Ce nombre est très variable : de 5 Heures-Crédits par an pour le Kenya à 50
points-crédits horaires annuels pour la majorité des pays étudiés voire 100 (Israël).
Toutefois, la répartition des crédits varie selon les besoins de chaque pays :
certains exigent un pourcentage des crédits dans des sujets d’éthique (Belgique,
Japon) d’enseignement ou de management (Indonésie)

    6- Conséquences en cas de non compliance :


        A!Mesures!dissuasives!:!!

Les conséquences de non suivi d’activités de DPC ne dépendent pas uniquement
du caractère obligatoire ou non du DPC mais aussi de la politique générale du
pays ! Il n’est en effet pas rare de ne voir aucune sanction appliquée à un médecin
défaillant qui exerce dans un pays où le DPC est obligatoire (Grèce, Italie,
Pologne) et de voir des médecins indirectement sanctionnés dans des pays où le
DPC est volontaire (Belgique) Les législations les plus sévères comportent
l’interdiction d’exercer, le retrait ou le non renouvellement de la licence (Afrique
du Sud, Iran, Hongrie, Nigeria, Nouvelle Zélande)

Certains pays accordent un répit aux médecins défaillants : délai pour se
conformer, aide à poursuivre son DPC… (Kenya, Canada, Pays-Bas)

        A!Les!mesures!incitatrices!:!

Les mesures incitatrices, essentiellement là où le DPC n’est pas obligatoire, sont
très variables. Parfois simplement « de prestige » comme la mention sur les cartes
de visite de la certification de FMC (Hong Kong) mais aussi des avantages
pécuniaires comme le droit au dépassement d’honoraires (Belgique)


                                                                                               65"
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    7- Place de l’industrie pharmaceutique :


Tous les systèmes s’accordent pour ne pas accréditer les activités organisées par
les firmes pharmaceutiques. Toutefois, le sponsoring est parfois toléré (Turquie,
Isrël). La déclaration de conflits d’intérêts obligatoire et l’établissement d’une
charte d’éthique liant prestataires de DPC et industrie pharmaceutique
contribuera certainement à minimiser la dépendance de la FMC vis-à-vis des
laboratoires.




                                                                                               66"
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         Tableau 1 – Récapitulation de l’état de la FMC/DPC dans les pays étudiés

          Pays         Nature de la    Crédits    Programmes délivré         Accréditation par…               Sanctions
                        FMC (DPC)      par an               par…
EUROPE
Allemagne              Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Chambr. Ord. Reg.          Retrait de la licence.
Autriche               Volontaire     50         Chambr. Medic.             Chambr. Medic.             Aucune
Belgique               Volontaire     20         Prestat. accrédités        INAMI                      Aucune
Espagne                Volontaire     ND         Prestat. accrédités        Cons. Esp. Accr            Aucune
France                 Obligatoire    ND         Prestat. accrédités        OGDPC                      ND
Grèce                  Obligatoire    20         Prestat. accrédités        Association Médicale       Aucune
Hongrie                Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Sociétés Médicales         Recertification
Irlande                Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Cons. Ordre                Cons. discipline
Italie                 Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Comm. Région. DPC          Aucune
Norvège                Obligatoire    40         Fac de Médecine –          Assoc. Médicale            Retrait de titre de
                                                 Sociétés savantes.         Norvégienne                spécialiste
Pays-bas               Obligatoire    40         Soc. Savantes, autres      Association Royale des     Réinscription annuelle
                                                                            Médecins
Pologne                Obligatoire    40         Chambre régionale          Chambre Nationale          Avis défavorable
Royaume Uni            Volontaire     50         Collèges                   Académ. Collèges R.        Aucune
Russie                 Volontaire     ND         Facultés-Instituts         Ministère Santé            Aucune
Suède                  Volontaire     50         Prestat. accrédités        Ass. Profess.              Aucune
Suisse                 Obligatoire    50         Sociétés Médic.            Fed. Med. Helv.            ND
Turquie                Volontaire     ND         Prestat. accrédités        Ass. Med. Turque           Aucune
OCEANIE
Australie              Obligatoire    40         Prestat. accrédités        Conseil Ord.               Suspension
Nouvelle-Zélande       Obligatoire    50         Ordres de spécialités      Conseil Ord.               Suspension
AMERIQUE DU NORD
Canada                 Obligatoire    50         Collèges de spécialistes   Collèges de spécialistes   Retrait de la licence
USA                    Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Comités/Association        Pécuniaire, morale
                                                                            Médicale
AFRIQUE
Afrique du Sud         Obligatoire    30         Prestat. accrédités        Haute Autorité de          Radiation du tableau
                                                                            Santé - Ordre
Kenya                  Obligatoire    5          Prestat. accrédités        Ordre des Méd.             ND
Nigeria                Obligatoire    18         Fac de Méd. Soc. Sav.      Ordre Méd.                 Retrait de licence
ASIE
Hong Kong              Volontaire     30         Prestat. accrédités        Ass. Med. HK               Aucune
Inde (variable)        Obligatoire    6          Prestat. accrédités        Ordre des Méd.             Aucune
Indonésie              Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Ass. Med. Indon.           Retrait du permis
Japon                  Volontaire     10         Ass. Médicale Jap.         Ass. Médicale Jap.         Aucune
Malaisie               Volontaire     50         Prestat. accrédités        Conseil Ordre              Aucune
Singapour              Obligatoire    25         Prestat. accrédités        Ordre Médecins             Retrait de la licence
MOYEN ORIENT
Abu Dhabi              Obligatoire    50         Prestat. accrédités        Haute Autorité Santé       Retrait de licence
Iran                   Obligatoire    25         Université – Soc. Sav.     Ministère Santé            Retrait de licence
Israël                 Volontaire     100        Prestat. Accrédités        Ass. Medic. – Org          Aucune
                                                 Autres                     Gestion Santé
Kuwait                 Obligatoire    50         Facultés – Ass. Prof.      Institut Sp. Medic         Retrait de licence




                                                                                                                    67"
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Propositions pour la mise en place d’un système de DPC pour les
médecins en Tunisie

Implémenter un processus de DPC en pratique médicale dot obéir à plusieurs
impératifs. Il doit répondre à de nombreux critères :

    *   être centré sur le médecin ;
    *   être réalisable dans le contexte tunisien
    *   être facile à comprendre
    *   être facile à gérer
    *   ne pas alourdir la charge et le processus administratifs
    *   ne pas alourdir la charge de travail du médecin
    *   clarté des interactions avec d’autres organismes (CNAM, Organismes
        accréditeurs, Ordre, etc.)

    1- Institutionnalisation du DPC :


Dans le cas où le processus de DPC devient obligatoire, comme c’est en train
d’être le cas dans de nombreux pays, il conviendra de :

    •   Définir nos propres standards :
          o nombre de crédits demandés par an ;
          o pourcentage d’activité entrant dans le cadre de la politique de santé
             du pays ;
          o pourcentage d’activité entrant dans le cadre de l’EPP (audit interne
             ou externe) ;
          o pourcentage d’activité entrant dans le cadre de la spécialité du
             médecin ;
    •   Définir des mesures incitatives :

Les mesures incitatives seules sont utilisées dans certains pays où le DPC n’est pas
obligatoire et ça marche parfois. Parmi ces mesures, on peut citer :

            o La permission de faire des dépassements des honoraires
              conventionnels avec la CNAM (qui les prendra en charge)
            o Les avantages fiscaux (TFP, déductions…)
            o Le remboursement par la CNAM des heures passées en DPC selon
              un barème bien défini
            o Un parallèle pourrait être fait avec la cotisation des médecins à
              l’Ordre des médecins ; en effet, n’étaient certaines prestations dont
              ils ont besoin, de nombreux médecins ne la paieraient pas. Il est



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                possible d’imaginer qu’un médecin ne pourrait obtenir des
                documents de la part d’un CROM que si son parcours DPC est à
                jour.

    •   Définir des mesures dissuasives :

Ces mesures doivent êtres raisonnables et applicables. En effet, de nombreux pays
ont légiféré lourdement dans ce sens mais les textes ne sont pas mis en œuvre
dans la plupart des cas. Il est proposé d’agir de façon progressive :

            o Dans un premier temps, étudier le cas afin de relever les raisons de
              ce retard et aider, le cas échéant, le médecin défaillant (pairs,
              associations, syndicats etc.)
            o Ensuite, donner au médecin qui n’a pas accompli le nombre de
              crédits demandé un délai raisonnable pour le faire ;
            o Enfin, transfert du cas à l’autorité ordinale qui prendra les
              dispositions nécessaires (en dernier ressort, retrait de l’autorisation
              d’exercer jusqu’à preuve d’accomplissement de ce qui lui est
              demandé)
    •   Définir un processus de contrôle et d’évaluation :

« Le monitorage et la compliance des activités de DPC sont les aspects les plus
difficiles lors de l’implémentation d’une politique de DPC» [19] Le processus de
contrôle des activités de DPC et qui revient dans tous les schémas de DPC de par
le monde est l’audit. Il est ainsi proposé :

            o Qu’il soit demandé à l’Organisme de Certification des Services de
              Santé (OCSS) par l’organisme régulateur (si ce dernier n’en dépend
              pas) ;
            o Qu’un nombre bien défini de médecins soit audité chaque année au
              hasard ou selon des critères à définir ;
            o L’audit concernera les documents prouvant la participation à des
              activités de DPC (à opposer, le cas échéant, aux données des
              prestataires d’activité de DPC)
            o Cet audit ne sera pas sanctionnant pour le médecin.

Il est par ailleurs important d’auditer le système lui-même ; ce rôle sera confié à
l’OCSS qui en fixera les différents aspects. En effet, il ne faut pat oublier l’objectif
ultime d’un tel système : un impact positif sur la santé ! Comme le souligne Zedini
[72], l’évaluation qualitative des résultats de la FMC en termes économiques ou
scientifiques (qui est actuellement une grande lacune dans l’ensemble des



                                                                                               69"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 70



systèmes de FMC existants) doit faire partie intégrante du processus
d’organisation de la FMC."

    •   Quelles sont les activités de DPC accréditables ?

Les mêmes activités reviennent toujours dans les expériences internationales : les
congrès, conférences, ateliers interactifs, auto-formation, étude de la littérature,
stages pratiques, mais aussi publications, animation de séances de FMC,
enseignement etc. sans oublier la formation par Internet et les NTIC.

L’Organisme régulateur se chargera de fixer les crédits attribués à chaque type
d’activité à travers les représentants des institutions intéressées (Facultés de
Médecine, Sociétés savantes) en son sein.

    •   Qui accrédite les activités de DPC ?

Il est proposé que l’Organisme Régulateur du DPC accrédite les sociétés médicales
professionnelles et autres pourvoyeurs d’activités de DPC selon un cahier de
charges et des standards définis en se faisant aider par les Facultés de Médecine.
Les activités de DPC proposées par ces sociétés, associations et autres syndicats
seront considérées comme accréditées.

L’Organisme régulateur du DPC fera régulièrement auditer ces activités par des
auditeurs de l’OCSS formés à cette fin.

    •   La recertification ?

Elle pourra être :

            o soit instituée comme corollaire d’une sanction de retrait
              d’autorisation d’exercer par l’Ordre et préalable à la reprise de
              l’activité ;
            o soit être discutée pour certaines spécialités même hors défaillance au
              DPC (chirurgicales, notamment)
            o ou alors être proposée à tous les médecins selon un cycle déterminé
              (tous les 5 ans, par exemple) sur la base de preuves de suivi d’un
              programme de DPC.
            o Imposée à tout médecin qui cesse toute activité médicale durant une
              période de 3 ans, par exemple.




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Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 71




    2- Organisation du DPC :


            a. Organisme régulateur :


Dans l’état actuel des choses, il convient de penser à ne pas alourdir
l’administration par la création d’organismes nouveaux qui coûteront beaucoup à
la communauté alors qu’il est plus efficient d’optimiser ce dont nous disposons.
Toutefois, en cas de projet holistique et systémique, il est tout à fait plausible
d’envisager que le DPC soit régi par un organisme de certification des soins de
santé en général comme ce sera discuté ci-après.

Son rôle en matière de DPC sera :

    *   de faire préparer un cahier de charges régulièrement mis à jour, en
        association avec les Facultés de Médecine, le Ministère de la Santé,
        l’Organisme de Certification des Soins de Santé et les Sociétés Savantes ;
    *   de définir avec les instances concernées (Ministère de la Santé, Facultés de
        Médecine, CNAM, Sociétés savantes) les crédits allouables à chaque type de
        formation accréditable ;
    *   de mettre régulièrement à jour en accord avec le Ministère de la Santé la
        liste des domaines ou sujets de formation prioritaires (problèmes de santé
        communautaire, éventuels programmes nationaux etc)
    *   d’accréditer les associations, sociétés et autres pourvoyeurs de DPC ;
    *   délivrer les attestations de crédits aux médecins qui en font la demande ;
    *   ordonner des audits auprès de l’OCSS pour les médecins (vérifier qu’ils
        suivent un programme de DPC) et pour les pourvoyeurs d’activités de DPC
        (vérifier leur conformité au cahier de charges) ;
    *   étudier les cas des médecins défaillants afin de leur proposer la meilleure
        aide ;
    *   décider des suites éventuelles à donner au non suivi des activités de DPC ;

La question qui se pose est qui va se charger de cette charge ? Plusieurs options
sont possibles et l’expérience internationale prouve que chaque pays a fait son
choix propre selon ses réalités, les différentes tâches pouvant être réparties sur
deux organismes et non pas un seul, par exemple.

              i.    L’Ordre des Médecins ?

Il est indéniable que ce sera à l’Ordre des Médecins d’avoir le dernier mot quand à
l’autorisation d’exercer d’un médecin. Dans beaucoup de pays qui se sont engagés
dans un processus de DPC, l’organisme régulateur est l’Ordre des Médecins ou
bien l’institution qui joue son rôle là où il n’existe pas.


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Plusieurs éléments plaident en la faveur de l’Ordre des Médecins :

    *   C’est la seule institution qui regroupe tous les médecins, qui a l’autorité
        suprême en matière d’exercice médical, qui jouit du plus grand respect au
        sein de tous les médecins et qui dispose d’un cadre législatif avec des
        prérogatives assez larges, c’est le Conseil de l’Ordre.
    *   C’est une institution qui existe : il ne sera pas besoin d’en créer une autre ;
    *   L’Ordre dispose de la base de données la plus complète, moyennant une
        mise à jour régulière, des médecins exerçant en Tunisie ;
    *   L’Ordre dispose de fonds conséquents, régulièrement alimentés par les
        cotisations annuelles des médecins inscrits. Une petite partie seulement est
        utilisée pour son activité : il n’y aura probablement pas beaucoup de
        dépenses supplémentaires générées par une activité régulatrice de DPC ;
    *   L’Ordre est déjà organisé en Conseil National et Conseils régionaux :
        l’institution d’une structure nationale et de structures régionales suivra
        naturellement celles de l’Ordre puisqu’elles en émaneront ;
    *   Il existe une large marge d’optimisation du travail au sein des conseils
        régionaux : il n’y aura probablement pas interférence avec les autres
        activités de l’Ordre ;
    *   L’hébergement de cette Organisme de DPC au sein de l’Ordre est une
        assurance de pérennité ; en effet, quelles que soient les transformations
        ultérieures dans le système de santé ou dans l’exercice de la médecine, il est
        peu probable que l’Ordre perde ses prérogatives actuelles. Au contraire, la
        création de nouveaux Conseils Régionaux, par exemple, permettra
        automatiquement la création d’Organismes Régionaux de DPC, tout
        comme l’élargissement probable de leurs prérogatives leur donnera plus de
        champ.

Toutefois, certaines critiques peuvent être soulevées :

    *   Le Conseil de l’Ordre dans l’état actuel de la législation ne pourra
        nullement s’acquitter de cette tâche. Une réforme profonde devra être
        entreprise en parallèle, avec, notamment, la multiplication de Conseils
        Régionaux et la professionnalisation de ceux qui y seront : les exigences
        actuelles ne supportent plus l’amateurisme et le volontariat. Un travail à
        plein temps est indispensable.
    *   Dans le cas d’une création éventuelle, d’un organisme de certification des
        services de santé, il y aura probablement interférence avec ce dernier en
        matière de DPC.




                                                                                               72"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 73



              ii.   La Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ?

Exemple : la Belgique. A travers l’INAMI, le système Belge s’accommode très bien
de son système basé sur le volontariat et les mesures incitatives financières. La
CNAM Tunisienne aura certainement un rôle à jouer dans le DPC des
professionnels de santé en Tunisie. Mais il est très peu probable de la voir
chapeauter tout un système de DPC des médecins car il existe une grande
méfiance et un manque de confiance qui ne fait que se chroniciser de la part des
prestataires de soins envers cet organisme.

             iii.   Une structure indépendante ?

Il n’est pas judicieux de penser à une structure indépendante d’accréditation si
elle s’astreint uniquement au DPC des médecins : ça ne ferait qu’alourdir
l’administration et empiéter sur les champs d’action de l’Ordre. Toutefois, s’il
s’agit d’une méga-structure indépendante d’accréditation des services de santé, y
compris celle du DPC de tous les professionnels de santé, y compris les médecins,
la coordination avec l’Ordre des Médecins n’en serait que bénéfique : cet
Organisme d’Accréditation accréditerait les prestataires de DPC et l’Ordre
délivrerait les attestations de crédits et, éventuellement, les autorisations
d’exercice ou les décisions de recertification, le cas échéant.

            b. Pourvoyeurs de DPC :


Il est raisonnable de garder ce qui est existant : syndicats, sociétés savantes,
facultés de médecine, hôpitaux, associations de FMC etc. et d’encourager les
regroupements d’organismes similaires pour une meilleure organisation. Il est
important de laisser au médecin la latitude de choisir les structures avec lesquelles
il veut suivre un programme de DPC. Toutefois, il leur sera demandé de faire
accréditer leurs activités après conformation à un cahier de charges à retirer
auprès de l’instance ordinale.

Il incombera aux pourvoyeurs de définir leurs plans de DPC (détermination des
besoins, choix des sujets, organisation etc.)

            c. Médecins intéressés :

Tous les médecins exerçant en Tunisie, quel que soit leur mode ou lieu d’exercice,
quelle que soit leur spécialité, sont tenus de suivre un programme de DPC. Il sera
néanmoins tenu compte des particularités de chaque mode, type d’exercice ainsi
que de chaque spécialité.




                                                                                               73"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 74




            d. Financement des activités de DPC :

    *   Il conviendra de laisser la porte ouverte aux sponsors (firmes
        pharmaceutiques) de DPC tant que le cahier de charges est respecté
        (notamment en matière de liberté de choix des sujets, des techniques
        pédagogiques utilisées, de l’indépendance des personnes ressources etc.) La
        figure 4 propose un Modèle de convergence d’intérêts pour la participation
        de l’industrie pharmaceutique dans le DPC en médecine.
    *   La CNAM aura peut-être intérêt à s’impliquer dans l’incitation au DPC
        plutôt que par une participation directe au financement.
    *   Le Ministère de la Santé devra s’impliquer surtout en matière de DPC en
        rapport avec la politique de santé (mesures préventives, programmes
        éventuels selon la situation etc.)
    *   Les structures hospitalières devront réserver une partie de leur budget au
        DPC de leur cadre médical (et para-médical)
    *   Les administrations employant des médecins devront leur financer leur
        DPC.
    *   Enfin, le médecin lui-même devra accepter l’idée de payer pour se former,
        tout en ayant le droit de se faire rembourser les frais occasionnés par le
        DPC.

            e. Évaluation des Pratiques Professionnelles :

Le médecin, quel qu’il soit, devra s’inscrire dans une démarche Qualité qui sera
une partie intégrante de son DPC. Dans tout processus de DPC orienté vers la
qualité, l’EPP est un élément incontournable :

    * Elle se traduit par la mise en relation des pratiques médicales avec les
       recommandations de bonnes pratiques ;
    * Elle implique l'analyse des données cliniques et permet la confrontation et le
       suivi des résultats ;
    * Elle entraîne une actualisation des modalités de prise en charge et une
       amélioration continue de la qualité des soins.

Il devra être bien clair que cette EPP sera formative et non pas sanctionnelle et ne
devra pas alourdir les activités du médecin. Dans la validation de son DPC, le
médecin doit prouver sa participation à une EPP.
L’audit des activités est l’action la plus largement utilisée de par le monde. Ainsi,
l’un des rôles du futur OCSS sera de former les médecins à l’EPP en les initiant à
ses différentes modalités (groupes d’analyse de pratiques entre pairs, les réunions
de concertation pluridisciplinaires, les réseaux de soins, les staffs EPP, les revues




                                                                                               74"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 75



de morbi-mortalité utilisant différentes méthodes tels l’audit clinique, les chemins
cliniques, les revues de pertinence, le suivi d’indicateurs…)

La validation d’une EPP procurera au médecin un nombre de crédits à définir et
qui devra représenter un pourcentage conséquent de l’ensemble des points requis.

Un élément important concernant l’EPP est la nécessité de disposer de données
exploitables. Il sera conseillé d’encourager les médecins et les institutions
publiques ou privées à recourir au Dossier Médical Informatisé. La législation
concernant l’utilisation des données informatiques personnelles existe depuis 2004
(Loi organique n° 2004-63 du 27 juillet 2004 portant sur la protection des données
à caractère personnel)

    3- En pratique :

    *   Le médecin :
Le médecin, qui est au centre du processus de DPC, aura la liberté de faire son
programme et de choisir parmi les nombreuses activités de DPC proposées. Il
devra tenir compte des exigences de la structure nationale de DPC (Conseil,
Collège, Bureau…) en matière de priorités, de la pertinence de ses choix avec les
compétences exigées par sa spécialité et son domaine d’activité etc.
A chaque activité, il lui sera remis une attestation de participation par
l’organisateur de l’activité (voire même une attestation de crédits) Il pourra la faire
valider par la structure régionale de DPC (sous forme d’une attestation
créditante) ; une autre option serait d’informer au fur et à mesure l’organisme qui
gère le DPC de ses activités. Au terme d’un cycle de 5 ans, il devra pouvoir
prouver sa participation à un programme de DPC. Une attestation quinquennale
lui sera alors délivrée par l’autorité Ordinale et un nouveau cycle sera entamé.
Sinon, un délai pourra lui être accordé pour se conformer ou un plan de rattrapage
proposé avant d’en référer à l’Ordre des Médecins pour décision.
    *   Les pourvoyeurs de DPC :
Les associations, syndicats ou autres structures organisatrices d’activité de DPC
retireront auprès de la structure accréditante un cahier de charges auquel elles
devront se conformer pour obtenir l’accréditation de leurs activités. Chaque
activité fera l’objet d’une demande adressée à la structure régionale selon un
modèle bien défini.

Une fois l’accréditation obtenue, l’activité qui aura lieu donnera droit au médecin
qui la suit à ses points de crédit correspondants.




                                                                                               75"
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Il peut être envisagé que certains organismes accréditent eux-mêmes leurs
activités après avis de la structure nationale de DPC.

    * Les Structures de DPC (Conseils, Bureaux, Collèges… )

Dans le cas d’un Organisme de Certification National, toutes les demandes
d’accréditation d’activités de DPC devront lui être soumises (ou à des
représentations régionales) ; chaque corps professionnel aura à statuer sur
l’aptitude de ses membres à exercer selon le suivi ou non d’un processus de DPC.
Sinon, dans l’attente d’une telle structure, l’Ordre des Médecins pourra jouer ce
rôle et sous sa Présidence ; les textes qui les régiront devront être inclus dans la
prochaine loi sur l’exercice de la médecine et permettre leur évolutivité en n’en
traçant que les grandes lignes.

        a. La structure Nationale :
Elle aura pour rôle
           o de tracer la politique nationale de DPC ;
           o préparer les cahiers de charge de DPC ;
           o ordonner des audits (sur sa propre structure, sur les pourvoyeurs de
             DPC, sur le fonctionnement du processus…)
           o permettre à certains pourvoyeurs de DPC d’accréditer leurs
             activités ;
Elle pourra être composée de représentants
          o de l’Ordre des Médecins
          o des Facultés de Médecine ;
          o du Ministère de la Santé ;
          o de la CNAM
          o des Sociétés Savantes

        b. Les structures Régionales :
Elles auront pour rôle :
          o La délivrance d’attestations de crédits aux médecins qui ont
              participé à des activités de DPC ;
          o Demander des audits (notamment sur les activités de DPC et sur
              leur propre fonctionnement)
          o Le recueil d’information sur les activités de DPC ;
          o Examiner les demandes d’accréditation des activités de DPC et les
              accréditer en cas de conformité au cahier de charge préparé par la
              structure nationale ;




                                                                                               76"
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Elles seront composées de médecins représentants :
           o des Conseils Régionaux de l’Ordre des Médecins
           o des Facultés de Médecine ;
           o des directions régionales de la santé ;
           o de la CNAM ;

La figure 5 schématise le circuit proposé pour le DPC du médecin, entre
Organisme de Certification et Ordre des Médecins.
La figure 6 décrit le parcours du médecin dans son processus de DPC
La figure 7 propose un schéma d’interrelation entre les différents acteurs du
processus de DPC ainsi que leurs rôles respectifs.

    * DPC et NTIC :

Toute la démarche de DPC entreprise par les pourvoyeurs de DPC (retrait de
cahier de charge, demande d’accréditation des activités de DPC, programme,
information de la structure de DPC etc.) et les médecins (programme d’activité de
DPC, attestation de crédit, dépôt de rapport d’EPP etc.) pourra être réalisée à
distance à travers le site de le structure de DPC (Nationale et/ou Régionale) selon
les mêmes modalités.

Par ailleurs, les médecins auront également la possibilité de demander auprès de
la structure de DPC, qui les examinera au cas par cas, l’équivalence de leurs
crédits obtenus sur des sites de DPC étrangers.

Les sites des structures de DPC devront contenir toutes les informations utiles aux
médecins et aux pourvoyeurs de DPC.

    4- Obstacles et solutions proposées

Plusieurs obstacles peuvent freiner l’implantation d’un système de DPC en
Tunisie. Des solutions peuvent être proposées comme dans le tableau 2

Tableau 2 - Obstacles et solutions à l’implantation d’un système de FMC/DPC [12]

     Obstacles                                           Solutions
Démotivation               Changer les mentalités, Reconnaissance, Incitations, Sanctions si
                           nécessaire
Manque de temps            Meilleure organisation, répartition du temps de travail…
Problèmes financiers       Dépenser avec parcimonie, viser la formation plus que la convivialité…
Difficultés d’accès        Information, publicité pour les activités de FMC/DPC…
Manque de savoir-faire     Auto-apprentissage, travail en atelier, formation de formateurs…
Acceptabilité              Changer les mentalités, axer sur les besoins, éviter la routine




                                                                                                   77"
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Figure 4. Modèle de convergence d’intérêts pour la participation de l’industrie pharmaceutique
dans le DPC en médecine (Inspiré de Dennis Wentz [60])




                                                                   Aire&idéale&pour&
                                                                   le&partenariat&
                                                                   «&commercial&»&
                                      Besoins&du&patient&                    "




                  Intérêts&commerciaux&                      Défauts&de&qualité&
                                                             du&système&de&santé&




                                  Défauts&dans&la&performance&
                                  du&pourvoyeur&de&soins&




                                                                                                 78"
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Figure 5 – Schéma du circuit proposé de DPC du Médecin :




                     Activités
                     de DPC




              Constitution du dossier
             Adresser au Bureau de
             DPC les justificatifs sur 5
                  ans (par ex.)



                                          Non transmission
    Transmission du dossier                  du dossier

                   Bureau de
                     DPC              Oui
                                                       Délai pour se
                    Vérification
                                                        conformer
                    du suivi de
                       DPC


            < xx crédits           ≥ xx crédits                        Non




Adhésion             Plan de                               Information du
                    rattrapage
                                           Refus          Conseil de l'Ordre




                                                   Sanctions                   Attestation




                                                                                               79"
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Figure 6. Processus suivi par le médecin, quel que soit son mode d’exercice et sa spécialité dans son
parcours de DPC.




                                               Pourvoyeur!
                                                 de!DPC!




                                               AcXvité!DPC!



   Médecin!
                            Choix!du!                                                    Pourvoyeur!
     (ou!                  pourvoyeur!                             AestaXon!
                                                                   de!présence!            de!DPC!
  employeur)!                de!DPC!




         Médecin!                                                                     Structure!
           (ou!                   Programme!                                         Régionale!de!
                                    de!DPC!                   Crédit!
        employeur)!                                                                      DPC!




                                                                                                  80"
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Figure 7 : Intervenants du processus de DPC




                                                  Facultés de
                                                   Médecine


                                         RBP, programme de DPC, EPP,
                                         Cahier de charge, formation…

              Sociétés                                                              Ministère de la
              savantes                                                               Santé - DRS

                      RBP, programme de DPC,
                      EPP, avis...                                    Programmes, priorités, DPC pour les MSP,
                                                                      avis, formation…


                      Programme, priorités                              Cahier de charge,
                      Information, incitations,     OCSS                Liste de présence        Prestataires
         CNAM                                     Bureau de
                                                                                                   de DPC
                      FMC conventionnelle…          DPC                 Programme, accréditation…




                      Attestations, EPP,                                 FMC, programme,
                      Accompagnement…                                    aide aux défaillants…



                                                                                     Syndicats de
             Médecins
                                                                                      Médecins
                                            Attestations, sanctions
                                            avis, autorisations…




                                                  Ordre des
                                                  Médecins




     OCSS : Organisme de Certification des Services de Santé
     CNAM : Caisse Nationale d'Assurance Maladie
     DRS : Directions Régionales de la Santé
     DPC : Développement Professionnel Continu
"




                                                                                                                     81"
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Conclusion :

La nécessité que chaque médecin s’inscrive dans un processus de Développement
Professionnel Continue n’est plus à démontrer. Le nombre sans cesse croissant de
pays qui ont implémenté rapidement un système qui le régit démontre le ressenti
de ce besoin et, chose importante, la relative facilité de l’asseoir.

En effet, il n’est pas difficile de créer une structure de DPC ; ce travail a permis de
démontrer que l’ossature est partout la même : une structure centrale (certains
systèmes fonctionnent même avec une poignée de volontaires !) qui est garante de
la qualité des formations proposées par des prestataires de services de formation
de médecins lesquels s’inscrivent dans ce processus selon leurs besoins. Cette
même structure ou une autre qui régit l’exercice médical, garante de la qualité des
soins que ses adhérents fournissent, certifie les médecins qui suivent ce processus
de formation couplé à l’évaluation de leurs pratiques professionnelles.

Sauf que rien n’est jamais parfait et des difficultés existent partout, chaque pays
s’efforçant d’y trouver des solutions selon sa réalité. Encore faudrait-il que ce
système existe pour en découvrir les problèmes et en surmonter les obstacles.

En Tunisie, nous nous targuons d’avoir une médecine de qualité, ce qui est
probablement vrai, mais qui n’a jamais été mis à l’épreuve. Le monde médical a,
des années durant, évolué sans nous en matière de Développement Professionnel
Continu mais il n’est certainement pas trop tard pour prendre le train en marche.
La volonté des professionnels de la santé se fait de plus en plus entendre pour
créer un système, quelle que soit la forme qu’il puisse prendre, qui leur permette
de viser la qualité car au bout du compte, nous ne devons jamais oublier que nous
sommes, en tant que médecins, au service de notre prochain et que nous lui
devons des services de qualité, chose qui ne pourra se réaliser qu’à condition que
nous mettions constamment en question nos compétences, face aux données sans
cesse renouvelées de la science et face aux exigences toujours plus grandes de nos
frères, les humains.




                                                                                               82"
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 Professional Development (CPD) : A summary of the state of knowledge about physician
 training - 2012 · 35 p. (http://www.sls.se/Global/cpd/cpd2012.eng.pdf )



                                                                                               86"
Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives -   Page 87



 57- Colloque UNAFORMEC : Recertification des médecins en exercice - Paris, 21, 22
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 (http://www.globecpd.org/pdfs/educationinrussia.pdf )

 59- W Dale Dauphinee - Revalidation of doctors in Canada - BMJ 1999, 319, p.1188–90

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 61- ibid - p.281

 62- ibid - p.337

 63- ibid - p.339

 64- ibid- p.349

 65- ibid- p.351

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 2003
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 71- ZARRIN S. - CPD in Pakistan: ready to take off- Isra Medical Journal, 2009,1, 3, p.64 – 67
 http://uwa.academia.edu/ZarrinSiddiqui/Papers/143302/CPD_in_Pakistan_ready_to_take_of
 consulté en juillet 2012.

 72- ZEDINI Ch. - La Formation permanente des médecins généralistes et sa planification -
 Mémoire de Mastère en Médecine de Famille - Faculté de Médecine de Sousse - 2011




                                                                                               87"
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       Annexe 1 : Déclaration de Consensus du CPME en matière de DPC – 2006 [56]
                                                                                    C O N T I N U I N G P R O F E S S I O N A L D E V E LO P M E N T




                                       Luxembourg, 14 December 2006
                                    Continuing Professional Development
                              Improvning healthcare quality, ensuring patient safety

                                        Consensus Statement

Within our lifetimes major advances in medicine have             2.   It is an ethical and professional responsibility of
been, and continue to be made. The implementation of                  every practising doctor to ensure that the medical
these is dependent on doctors learning how new techni-                care they provide for patients is safe and based on va-
ques, therapies and clinical concepts can improve the                 lid scientific evidence. In order to achieve this, every
quality and safety of care they provide for patients. Since           doctor must engage actively in CPD appropriate to
its establishment the medical profession has recognised the           their medical practice.
importance of education, noting this as a core feature of its
professionalism and a fundamental ethical principle.             3.   Ultimately it is patients who benefit from the
In this new century – characterised by an accelerating pace           involvement of their doctor(s) in CPD – through
of change, increasing complexity, an unprecedented growth             the improved quality and safety of medical care.
in information, and ever-increasing societal expectations             Patients also benefit from the greater availability of
– it is essential that doctors are supported in their continu-        medical educational material, by being more able to
ing education, from medical school to retirement. Suppor-             learn about their own health, illness and treatment.
ted in this way, and entrusted with this responsibility,              This knowledge would be even further improved by
doctors will be more able to apply the beneficial effects of          enhancing the role of doctors in information for and
education, thus developing and improving their clinical               communication with their patients.
performance.
  In addition to contributing to improvements in the care        4.   Irrespective of the nature of the healthcare system –
of individual patients, CPD also plays an important part in           whether employer-based, directpaying, or insurance-
improving the quality of healthcare systems. This is through          remunerated – resources must be allocated to ensure
increasing doctors’ awareness of the need for, and how to             that doctors are able to take part in CPD. Resources
achieve improved healthcare. By virtue of their clinical              to support CPD include: educational activities; access
and managerial responsibilities, doctors are well-placed to           to information technology; time for doctors to engage
implement beneficial changes to the quality, efficiency and           in education; peer support for a “learning culture”,
effectiveness of healthcare.                                          and; financial resources and an educational structure
  While primarily directed at CPD for doctors, the prin-              to support these.
ciples of this statement are applicable in the context of
the multi-disciplinary and multi-professional nature of          5.   Doctors are very familiar with learning, but learn in
modern healthcare and can also apply to other health                  individual ways; recognition must be given to this.
professions.                                                          Doctors should be supported in being able to use
                                                                      the learning methods that they prefer, based on an
1.   Continuing Professional Development (CPD) can be                 assessment of their learning needs, and educational
     defined as the educational means by which doctors                opportunities must be sufficiently varied to provide
     ensure that they maintain and improve their medical              for this. However, doctors should also be encouraged
     competence and clinical performance. As such CPD                 to develop new ways of learning, and to learn how
     incorporates and goes beyond Continuing MedicalE-                to make the most of new technologies that can assist
     ducation (CME).                                                  with medical education.

                                                                                                                                       88"
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C O N T I N U I N G P R O F E S S I O N A L D E V E LO P M E N T


6.     Every practising doctor must maintain those compo-               10. Doctors should reflect on what they have learned and
       nents of CPD that apply for all doctors, such as good                on how this can be applied in their clinical practice.
       communication, team-working, learning from audit                     Every doctor, preferably in a peer dialogue, should
       and research. Similarly, each doctor must engage in                  regularly review the outcomes of their CPD, and con-
       “specialised” aspects of CPD, which are specific for                 sider what areas need to be addressed before the next
       each speciality, or sub-speciality, and are relevant to              review. To assist with this, doctors should keep a re-
       their individual area of medical practice.                           cord of their CPD activities, ideally emphasising what
                                                                            they have learned. In addition to being supportive of
7.     Specific attention must be given to the doctor’s work                good education, a system such as this – based on peer
       environment, to ensure that this is supportive of                    review of CPD goals set and achieved – also provides
       learning “on the job”. This will encourage doctors to                the basis for accountable self-regulation.
       reflect on, and learn from issues directly applicable
       to their clinical practice. As important members of-             11. In order to ensure that doctors can know that they
       healthcare teams, doctors should also be encouraged                  are taking part in formal CPD activities that fulfil
       to support multi-disciplinary, and multi-professional                appropriately high quality standards, a quality as-
       team learning where that is relevant to the care of                  surance system, based on accreditation of CPD events
       patients.                                                            and validation of providers, must be enforced. While
                                                                            usually these are national systems, in the case of the
8.     Doctors also should take part in medical educational                 European Accreditation Council for CME (EACCME)
       activities outside the workplace, such as learning                   accreditation can also be confirmed for international
       through reading, e-learning activities, small group                  meetings.
       learning, and clinical conferences. These support the
       development of learning with reference to externally-            12. There must be appropriate regulation of formal CPD
       set educational standards.                                           activities. All providers of formal CPD activities must
                                                                            adhere to policies – usually national - that ensure such
9.     It is important to ensure that learning also oc-                     CPD will be free of any form of bias. There must be
       curs when there may have been problems related to                    a clear declaration by organisers and lecturers of any
       medical care. Accordingly, learning should be linked                 potential or actual conflict of interest, and transparen-
       to clinical audit, patient and colleague feedback, and               cy regarding the funding of educational activities.
       clinical/critical incident reporting systems, thus en-
       suring that these contribute to a culture of improving
       quality and safety.




                                                                                                                             89"
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Faculté de Médecine Ibn El Jazzar
                               Sousse Tunisie
                        Année universitaire 2011/2012
       Mémoire pour le diplôme de mastère professionnel
                          Médecine de Famille


                            N° ………………………

Nom et Prénom: BOUZAOUACHE Foued

Titre du Travail: Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue

documentaire et perspectives

……………………………………………………………..............................................
                                    Résumé

Avec la progression incessante des connaissances en médecine et
l'élargissement des champs de compétences et des habilités exigées de la
part du médecin, quel que soit son exercice, le maintien des
connaissances, pour essentiel qu'il soit, n'en est pas moins insuffisant
pour garantir une médecine de qualité.

C'est ainsi que nous assistons depuis près de deux décennies à une
activité fébrile de par le monde vers ce qui est désormais appelé le
Développement Professionnel Continu du Médecin (DPC).

Ce travail a colligé plus d'une trentaine d'expériences internationales de
DPC en s'intéressant à leur structure, leur organisation et leurs
interactions avec les différents acteurs dans le champ de la Formation
Médicale.

Cette revue a servi ensuite à dessiner les grandes lignes d'un système de
DPC applicable à la Tunisie, tenant compte de ses particularités et qui
pourrait être rapidement mis en place.


            Médecine de la famille – Développement Professionnel Continu
Mots-clés
            Médecin – Revue de la littérature

Le DPC du Médecin : revue documentaire et perspectives

  • 1.
    République Tunisienne Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique Université de Sousse *** Faculté de Médecine "Ibn El Jazzar" Sousse Tunisie *** Année universitaire: 2011/2012 *** N° ……………………. Pour le diplôme de Mastère Professionnel De Médecine Familiale • Présenté et soutenu publiquement le …………………………………….. • Par: Dr Foued BOUZAOUACHE • Né le 22 mai 1966 à Sousse Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives Mots-clés Médecine de la famille – Développement Professionnel Continu Médecin – Revue de la littérature …………………………………………………………………………….. Jury : Directeur du Mémoire : Président : Pr Bechir BEN HADJ ALI Membres : Pr Ali MTIRAOUI Pr Ali MTIRAOUI Pr Mohamed Kouni CHAHED
  • 2.
    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 1 Le Développement Professionnel Continu du Médecin : Revue documentaire et perspectives 1"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 2 Remerciements : A notre maître!et!Directeur!de!thèse,!Professeur!Ali!Mtiraoui,! ! Je!tairai!par!crainte!d’être!en!deçà!de!la!réalité!les!éloges!que!je!m’étais!promis!de!faire.! Vous!m’avez!fait!découvrir!ma!vraie!vocation!en!me!poussant!à!toujours!aller!chercher! au! fond! de! moi?même! l’énergie! nécessaire! à! mon! développement! personnel! plus! que! professionnel.!!Il!ne!me!souvient!pas!avoir!connu,!après!mes!parents,!quelqu’un!qui!ait! cru!en!moi!autant!que!vous.!Vous!avez!ravivé!en!moi!une!flamme!que!je!croyais!éteinte!à! jamais!en!offrant!au!médecin!libéral!que!je!suis!des!opportunités!que!rares!auraient!eu! le! courage! ou! seulement! l’idée! d’imaginer.! Soyez?en! remercié! et! soyez! assuré! que! je! saurais!être!digne!de!la!confiance!que!vous!avez!placée!en!moi.! ! ! A!notre!maître!et!Juge,!Professeur!Nejib!Ben!Haj!Ali,! " Il! est! singulier! que! les! circonstances! aient! fait! que! j’apprenne! à! connaître! l’homme! de! grande!culture!et!l’enseignant!grand!pédagogue!plus!que!le!médecin.!Discuter!avec!vous! est! non! seulement! un! vrai! plaisir! mais! aussi! l’occasion! de! s’instruire! et! de! profiter! de! votre!expérience!et!de!votre!sens!aigu!du!dialogue!et!de!la!démocratie.!Mais!non!content! de!seulement!prodiguer!vos!conseils,!vous!n’hésitez!pas!à!vous!impliquer!de!toutes!vos! forces!pour!venir!en!aide!à!ceux!qui!en!ont!besoin.!Souffrez!que!je!vous!en!remercie!et! croyez!que!je!serai!votre!éternel!obligé.!!!! " " A!notre!maître!et!juge,!Professeur!Mohamed!Kouni!Chahed,!! ! Vingt?deux! ans! après! notre! première! rencontre! qui! n’a! duré! que! quelques! jours,! vous! voici! juge! de! mon! mémoire! de! Mastère.! ! La! vie! est! pleine! d’ironie! mais! aussi! de! belles! histoires!qui!nous!font!sourire!quand!on!y!pense,!même!si!ça!fait!parfois!mal.!Il!est!de!ces! personnes! qu’on! ne! peut! oublier.! Vous! en! êtes.! Vous! faisiez! partie! de! mes! plus! beaux! souvenirs! de! l’époque! où! je! débutais! mon! résidanat! à! Tunis!;! vous! faites! désormais! partie!du!présent!de!la!belle!histoire!d’une!Tunisie!qui!revit!et!se!reconstruit.!Je!ne!vous! remercierai!jamais!assez!pour!tout!et!ma!reconnaissance!infinie!vous!est!due.! ! ! A! vous,! mes! trois! membres! du! Jury,! que! Dieu! vous! assiste! dans! les! tâches! ingrates! que! vous!avez!courageusement!et!dans!un!esprit!patriote!et!citoyen!acceptées.! ! ! ! 2"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 3 Dédicace : Je dédie ce travail à la mémoire de mon oncle, Dr Abdellatif Bouzaouache ainsi qu’à : - Mes parents ; - Ma petite famille ; - Toute la famille élargie ; - Tout le personnel du service de Médecine Communautaire et Familiale de la Faculté de Médecine de Sousse ; - Tout le personnel du Conseil Régional de l’Ordre des Médecins du Centre ; - Tous mes confrères du CROM et du STML ; - Tous mes amis et confrères ; 3"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 4 Plan : INTRODUCTION):) 7! PROBLÉMATIQUE) 10! OBJECTIFS) 10! MATÉRIEL)ET)MÉTHODES):) 11! RÉSULTATS) 12! EUROPE) 13) ALLEMAGNE! 14! AUTRICHE! 15! BELGIQUE! 16! ESPAGNE! 18! FRANCE! 19! GRÈCE! 21! HONGRIE! 22! IRLANDE! 23! ITALIE! 24! NORVEGE! 25! PAYS@BAS! 26! POLOGNE! 27! ROYAUME!UNI! 28! RUSSIE! 29! SUEDE! 30! SUISSE! 31! TURQUIE! 32! EACCME! 33! ) OCEANIE) 34) AUSTRALIE! 35! NOUVELLE!ZÉLANDE! 37! ) AMERIQUE)DU)NORD) 39) CANADA! 40! ÉTATS@UNIS! 43! ) AFRIQUE) 44) AFRIQUE!DU!SUD! 45! KENYA! 46! NIGERIA! 47! ) ASIE) 48) HONG!KONG! 49! INDE! 51! INDONESIE! 52! JAPON! 54! MALAISIE! 55! SINGAPOUR! 56! 4"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 5 ) MOYEN)ORIENT) 57) ÉMIRATS!ARABES!UNIS!:!ABU!DHABI! 58! IRAN! 60! ISRAËL! 61! KUWAIT! 62! DISCUSSION):) 64! MISE)EN)PLACE)D’UN)SYSTÈME)DE)DPC)POUR)LES)MÉDECINS)EN)TUNISIE) 68! CONCLUSION):) 82! BIBLIOGRAPHIE) 83! " " " 5"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 6 Abréviations ACCME : Accreditation Council for Continuing HSPCA : Health Professions Council of South Medical Education Africa AMA : Association Médicale Américaine IDPMS : Institut Pour le Développement AMHK : Association Médicale de Hong Kong Professionnel des Médecins Suédois AMLFC : Association des Médecins de Langue IHC-C : Institute for Healthcare Communication Française du Canada IMA : Association Médicale Indonésienne AMN : Association Médicale Norvégienne INAMI : Institut National d’Assurance Maladie AMPH : Association Médicale Panhellénique IsMA : Association Médicale Israélienne AMT : Association Médicale Turque JBMS : Conseil Japonais des Spécialités Médicales CAEMC : Comité d'agrément pour l'éducation JMA : L'Association Médicale Japonaise médicale continue KIMS : Institut du Koweït pour les Spécialités CEMCQ : Conseil québécois de développement Médicales professionnel continu KNMG : Association Royale des Médecins de CHU : Centre Hospitalo-universitaire Hollande CMFC : Collège des médecins de famille du MAINPRO : Maintien de la compétence Canada Professionnelle CMQ : Collège des médecins du Québec MCI : Medical Council of India CNAM : Caisse Nationale d'Assurance Maladie MCNZ : Conseil de l’Ordre de Nouvelle-Zélande CQMF : Collège québécois des médecins de famille MDCN : Conseil de l’Ordre Médical et Dentaire du CRMCC : Collège Royal des Médecins et Nigeria Chirurgiens du Canada MMA : Conseil Malaisien de l’Ordre des Médecins CROM : Conseil Régional de l'Ordre des Médecins MOTESZ : Association des Sociétés Médicales DPC : Développement Professionnel Continue Hongroises DRS : Directions Régionales de la Santé MPC : Maintenance of Professional Competence EACCME : European Accreditation Council for NRI : Non-Resident Indian) CME OCSS : l’Organisme de Certification des Services EPP : Évaluation des Pratiques Professionnelles de Santé FMC : Formation Médicale Continue OGDPC : L'Organisme Gestionnaire du FMF : Forum en médecine familiale Développement Professionnel Continu FMH : Fédération des Médecins Helvètes RCPS : Royal College of Physicians and Surgeons FMOQ : Fédération des médecins omnipraticiens SCOPME : Standing Committee On Postgraduate du Québec Medical and Dental Education FMSQ : Fédération des Médecins Spécialistes du SKP : Unité Crédit (en Indonésie) Québec SMC : Ordre des Médecins de Singapour GIP : Groupement d'intérêt public UEMS : Union Européenne des Médecins GLEM : Groupement Local d’Évaluation Médicale Spécialistes HAAD : Health Authority of Abu Dhabi UFC : Unités de Formation Continue HAS : Haute autorité de santé WFME : World Federation for Medical Education HMO : Organisme de gestion de la Santé (Israélien) "" " 6"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 7 INTRODUCTION : Concept et historique L’utilisation de plus en plus fréquente de par le monde du terme DPC à la place de FMC (Formation Médicale Continue) fait partie d’un mouvement mondial global et a des retombées énormes sur tout ce qui a trait à la formation des médecins. Toutefois, sa véritable signification demeure parfois obscure chez certains. Ainsi, la notion de Formation Médicale Continue, d’une entité indépendante, devient de plus en plus une composante d’une notion plus large : le Développement personnel Continu. Le terme DPC englobe le large domaine des compétences exigées pour pratiquer une médecine de haute qualité, incluant les compétences personnelles, dans les domaines médical, social, de management, de l’éthique ; il incorpore le concept de FMC qui est compris en général comme faisant référence uniquement à l’expansion du savoir et des compétences de base requises [68]. L’apparition du concept de Développement Professionnel Continu remonte à 1993 suite aux conclusions d’un comité chargé par le gouvernement du Royaume Uni de rédiger un rapport sur la formation médicale post-graduée (SCOPME pour Standing Committee On Postgraduate Medical and Dental Education) ; en effet, il était apparu clairement que la FMC classique ne couvrait plus les besoins de formation, de développement, de carrière du système de santé moderne. D’autres compétences étaient dorénavant exigées (communication, management, santé communautaire, évaluation des pratiques, audits etc.) et nécessitaient un apprentissage nouveau [61]. Le Rapport du SCOPME avait proposé que soient intégrés au DPC trois notions essentielles : 1. Des stratégies pour le développement professionnel personnel, de carrière et pour l’adaptation de rôle 2. Formation à l’habilité de management 3. Formation à l’apprentissage et au travail multidisciplinaire et multi- professionnel. L’Europe a rapidement suivi, notamment par la création du European Accreditation Council for CME (EACCME) en 1999 puis la déclaration de Bâle en 2001 [56, 61]. Aux États-Unis, dès 1959, l’Association Médicale Américaine recommandait de remplacer le terme Formation Post-graduée par celui de FMC ; quarante ans plus tard, et se basant sur le rapport SCOPME, elle adopte le concept de DPC mais en y apportant un petit ajout : dans un souci d’insister que c’était le médecin qui était 7"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 8 au centre de l’intérêt du DPC, le terme « Médecin » a été accolé à celui de DPC pour devenir Développement Professionnel Continu du Médecin. Le tournant définitif a peut-être été la publication en 2003 du livre “The Continuing Professional Development of Physicians : From Research to Practice” de David A. Davis, Barbara E. Barnes et Robert D. Fox. En élargissant la définition de la Formation Médicale Continue, les auteurs ancraient définitivement la notion du Développement Professionnel Continu : « La Formation Médicale Continue est une activité distincte et définie qui supporte le développement professionnel des médecins et dont le but est d’améliorer la santé des patients. Elle comprend toutes les expériences d’apprentissage dans lesquelles le médecin s’engage avec l’intention consciente d’améliorer régulièrement et continuellement leurs performances dans leurs devoirs professionnels et leurs responsabilités » [61]. En 2003, la World Federation for Medical Education [68] établissait ses standards pour le DPC dont les principaux points sont : * Le DPC est une obligation morale pour chaque médecin qui endosse lui- même la responsabilité de sa formation et de son apprentissage ; * Le DPC implique un apprentissage actif basé sur la pratique et doit être bâti selon les besoins du médecin ; la détermination de ces besoin s doit être à la base de tout plan de DPC ; * Le DPC vise à maintenir et à développer les habilités et compétences du médecin afin de pouvoir gérer les besoins sans cesse changeants des patients et du système de soins et d’être constamment au courant des développements importants en médecine ; * Le DPC doit avoir pour objectif d’améliorer le développement professionnel et personnel du médecin ; * Le DPC doit être reconnu comme partie intégrante de la pratique médicale ce qui doit se répercuter dans l’allocation des budgets et de la planification. * Les Facultés (Écoles) de Médecine doivent avoir un rôle de leadership dans l’amélioration de la qualité du DPC. Ainsi, le terme conventionnel de Formation Médicale Continue, qui faisait partie du trépied de formation classique avec la Formation Médicale de Base et la Formation post-graduée (postuniversitaire) est de plus en plus délaissé en faveur du DPC. Comme le souligne Kentz [61], les mots sont importants et le terme Développement Professionnel Continu lance un signal très clair et intelligible à tous ceux qui sont impliqués dans l’apprentissage des praticiens en exercice. Et bien que le DPC semble désigner la période qui commence après la fin de la formation universitaire, il a bien d’autres ramifications. En effet, les activités de DPC se basent sur un processus de formation tout au long de la vie, dès 8"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 9 l’admission à la Faculté de Médecine et se poursuivant tant que le médecin est en exercice (figure 1). La seule différence est que dans les deux premières phases de formation, ce sont des curricula et des critères qui les définissent alors que le DPC implique une autoformation et des activités d’apprentissages basées sur la pratique. Enfin, il est important de souligner que les activités de DPC dépendent de la seule bonne volonté du médecin. Ni les textes de loi ni les différentes réglementations ne peuvent réguler le DPC et, comme nous le verrons, même dans les pays qui imposent la recertification (ou la réinscription à l’Ordre), les règles sont très souples. La déclaration de consensus sur le DPC faite par le Comité Permanent des Médecins Européens (en annexe dans cet ouvrage) définit clairement le DPC et son applicabilité [56]. Figure 1 : processus de DPC du Médecin selon le cycle PDSA (selon Deming) [19] Cycle&PDSA& Actions& Plan" Identifier"le"champ"à"améliorer"*"Évaluer"les"pratiques"actuelles" Do" Implémenter"des"interventions"en"vue"d’améliorer" Study" Réévaluer"les"données""pour"l’amélioration"des"pratiques" Act" Changer"la"pratique"en"l’améliorant" Plan! Act! PDSA! Do! Study! " " 9"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 10 Problématique En Tunisie, il n’a été question durant les trois dernières décennies que de FMC et la notion même de Développement Professionnel Continue n’a commencé à être discutée qu’à la faveur d’une réflexion nationale postrévolutionnaire fin 2011. La littérature tunisienne en matière de Formation Médicale Continue est assez profuse et presque tous les auteurs s’accordent sur certains points qui reviennent tout le temps : la Formation Médicale Continue est, pour le médecin, une obligation à trois niveaux : légale, morale et déontologique [9] et diverses propositions sont régulièrement avancées en vue d’une FMC de qualité. Toutefois, malgré un diagnostic maintes fois fait de l’état de la FMC des médecins tunisiens, malgré plusieurs initiatives de divers horizons, la décision politique de légiférer n’a pas suivi et un grand vide juridique persiste en matière de formation médicale post-graduée, malgré l’existence d’une Commission Nationale de la FMC depuis… 1981 ! Les avis se font nombreux : qui est pour une FMC obligatoire, accréditable, qui ne veut pas entendre parler d’une imposition venant d’en haut, qui est allergique aux mots « accréditation », « certification » ou « recertification » etc. Notre situation n’est pas unique dans le monde et il nous a paru intéressant de voir comment ça se passe ailleurs dans des systèmes plus ou moins différents. Les expériences d’autres pays pourront certainement nous inspirer afin d’asseoir un système qui nous est propre. Objectifs Les objectifs de ce travail sont de : 1. Décrire à travers une revue de la littérature les cadres du Développement Professionnel Continu du Médecin dans les principaux pays qui ont une expérience dans le domaine de la Formation Médicale Continue 2. Proposer en se basant sur les expériences des pays ayant adopté un système de DPC et en prenant en compte les spécificités Tunisiennes un cadre réglementaire et institutionnel compatible avec la réalité de la pratique médicale Tunisienne. " 10"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 11 Matériel et méthodes : Cette étude de l’expérience internationale en DPC a été réalisée grâce à une revue de la littérature avec une recherche sur Internet sur MEDLINE (PubMed), Google Scholar et Google Books, en utilisant les mots-clés suivant: CPD, Accreditation, CME, Certification, Continuing Professional Development, Continuing Medical Education, Post-graduate learning, associés au nom du pays recherché. La méthode de recherche type "boule de neige", un ouvrage ou un article permet d'en rechercher un autre, a également été utilisée. Ce travail bibliographique a aussi utilisé les terminologies propres à chaque pays pour désigner un même concept dans son propre système. L’étude a intéressé de nombreux pays de par le monde ; certains pays « importants » comme la Chine [24] ou le Pakistan [71] n’ont pas été inclus dans ce travail vu la complexité de l’exercice de la médecine chez eux et l’absence d’un système clair de FMC/DPC. L’existence d’un système clair et actuel de FMC et/ou de DPC a été le critère principal d’inclusion dans cette étude, même si la réussite de sa mise en place est parfois relative comme nous le verrons. Afin de permettre d’avoir une vision uniforme sur les différents systèmes existants, la même structure a été adoptée pour leur description, sauf rares exceptions. Ainsi, dans ce travail, nous nous sommes proposés de répondre, pour chaque pays étudié, aux questions suivantes : * Qui sont les régulateurs des systèmes de FMC/DPC? Quelles sont leurs prérogatives ? Accréditent-ils (ou sont-ils garants de leur qualité) les activités de DPC ? Y a-t-il une autre instance qui a ce pouvoir ? * Comment peuvent-ils s’assurer que leurs médecins sont en train de suivre leur DPC ? Comment évaluent-ils l’activité de chaque médecin ? * Y a-t-il des standards bien établis ou des critères pour l’utilisation du DPC comme moyen pour que ses médecins soient à jour ? * Y a-t-il obligation pour les médecins de suivre ces recommandations et quelles sont les retombées s’ils ne le font pas ? * Y a-t-il un processus de revalidation/recertification ? Quelles en sont les exigences/modalités ? Nous avons gardé la dénomination utilisée dans le pays en question ; en effet, si dans certains pays FMC et DPC étaient clairement individualisés, dans certains autres, l’ambiguïté est entretenue par l’utilisation de FMC/DPC. Après avoir passé en revue ces expériences, nous essaierons de nous en inspirer et de proposer les grandes lignes d’un processus de Développement Professionnel Continu adapté à la réalité tunisienne postrévolutionnaire et qui soit partie intégrante de toute réforme du Système de Santé. 11"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 12 Résultats Ce travail a étudié les systèmes de Formation Médicale Continue et/ou de Développement Professionnel Continu dans 34 pays répartis comme suit : • Europe":"17"pays" • Océanie":"2"pays" • Amérique"du"Nord":"2"pays" • Afrique":"3"pays" • Asie":"6"pays" • Moyen*Orient":"4"pays" " Les"résultats"ont"été"classés"par"continent"comme"suit"dans"les"pages"suivantes." " " 12"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 13 " " " " " " " " " " " " EUROPE 13"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 14 ALLEMAGNE En Allemagne, il y avait en 2008 plus de 300.000 médecins en exercice, la moitié en ambulatoire et l’autre moitié dans le secteur hospitalier. Tous sont obligés légalement à suivre des activités de FMC/DPC [3] Il existe 17 chambres ordinales médicales qui sont responsables et de la certification des activités de DPC et de la délivrance des certificats de crédits de DPC pour les médecins. Une harmonisation entre ces chambres est en cours depuis quelques années (reconnaissance mutuelle des accréditations et des crédits de FMC/DPC) [20] Tout médecin se voit remettre une carte unique avec un code à barres et qu’il doit présenter à chaque activité de DPC. En fait, cette mesure est contestée par les médecins qui y voient une trop grande main mise de l’administration et de la bureaucratie [3]. Chaque médecin est tenu de collecter 50 crédits par an et d’apporter la preuve de 250 crédits tous les cinq ans [20]. Les crédits se font sur une base de 1 crédit par 45 minutes d’activité, selon le tableau suivant [40] : Catégorie A Conférences + discussions 1 pt pour 45 mn max. 8 pts par jour Catégorie B Congrès 1 pt pour 45 mn max 6 pts par jours Catégorie C Participation active (Ateliers) 1 pt pour 45 mn max 8 pts par jour Catégorie D Formation interactive (support papier 1 pt par unité ou électronique) 1 à 2 pts si Post-test accompli Catégorie E Autoformation par lecture d’articles 1 pt par article scientifiques Max 10 pts par an Catégorie F Auteur/Personne ressource 1 pt par article/présentation Catégorie G Stage pratique/hospitalier 8 pts par jour Le contrôle des médecins hospitaliers est fait par l’institution hospitalière [20]. Pour les médecins installés dans leurs cabinets, c’est la chambre ordinale qui assure le contrôle. Des sanctions sont prévues en cas de manquement (absence ou nombre insuffisant) [3] : • Si pas de « remise à niveau » un an après contrôle, le médecin est privé de 10% de ses honoraires. • A la deuxième année, c’est 25% qui lui sont retirés. • Au"delà,"sa"licence"d’exercice"peut"lui"être"retirée." 14"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 15 AUTRICHE Depuis 2001, il est demandé aux médecins exerçant en Autriche de s’inscrire dans une activité de DPC, mais sans que ça ait un caractère contraignant [28, 40]. La Chambre Médicale Autrichienne (équivalent du Conseil de l’Ordre) supervise tout : la mise au point d’un programme officiel de DPC, l’organisation des activités de DPC à travers son bras formateur, l’Académie Autrichienne de Médecine et la délivrance de diplômes officiels aux médecins qui suivent ses activités de DPC. Cette académie est formée de plusieurs organisations dont l’Association Médicale Nationale, les Associations Régionales de Médecins. Elle détient son propre comité de FMC qui élabore les guidelines ; toutefois, ces derniers sont publiés par la Chambre Médicale et non pas par l’Académie [13]. Il est demandé aux médecins 150 points à collecter en trois ans, ce qui leur permet d’obtenir un diplôme qui est ainsi revalidé tous les 3 ans. Au moins 120 points doivent avoir Professional Development formations cliniques certifiéesIUR Continuing été gagnés par des (c’est-à-dire orientées vers le patient et la pratique clinique) [62] Doctors can choose the types of CPD activities they undertake, and the AMC certifies La Chambre range of activities. Points can be gainedégalement les pourvoyeurs de DPC a wide Médicale Autrichienne accrédite by attending certified lectures, selon courses, workshops or seminars. Doctors can also take part in ‘quality circles’ or dans la des critères qu’elle définit. Leurs activités peuvent entrer comptabilisation des points donnant droit specific medical working in structured groups to consider aau diplôme. problem with the purpose to improve patient care. Supervisions are creditable as non-clinical CPD. Le tableau suivant décrit les différentes activités accréditables [40]also accepted Publishing articles, professional (directed) reading and e-learning are : as CPD credit towards a DFP diploma. CPD ACTIVITY DFP CME CREDITS CPD activity of 45 minutes: 1 (maximum 10 per day) Supervision Lecture Traineeship Quality Circle Author of clinical article in peer-reviewed journal 5 for main contributor 2 for co-author Contributor to non-peer reviewed book/article 3 for main contributor 1 for co-author E-Learning/Professional Reading 1 –2 In response to the Green Paper On the European Workforce for Health, the Austrian Medical Chamber issued the following response: The Austrian Medical Chamber welcomes that focus should be put on continuous professional development of health professionals. However, it must be ensured that for one there is sufficient time for CME/CPD of physicians and for the other that sufficient funds are provided for the financing of CME/CPD by the health care system, especially when it comes to those CME/CPD requirements which are implemented by legislative acts. 54 15"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 16 BELGIQUE Le DPC en Belgique n’est pas obligatoire ; les médecins belges sont libres de maintenir leurs compétences selon le schéma qui leur convient [57, 40]. Il existe en fait un système volontaire de DPC qui se fait selon un cycle de trois ans nécessitant 60 crédits durant cette période. Cependant, ils doivent consacrer 3 heures au moins à des activités concernant l’éthique et l’économie de santé. Par ailleurs, pour gagner (et maintenir) son accréditation, le médecin doit réaliser un certain nombre de consultations par an (1250 pour un généraliste), garder une bonne moralité et participer à au moins deux rencontres annuelles d’évaluation par les pairs [40]. Le fait de participer à des activités de DPC est financièrement bénéfique [28] puisque le médecin peut gagner plus de 4000 Euros par an en y participant. En effet, le médecin qui suit une activité de DPC peut réclamer des honoraires plus élevés à chaque consultation (le salaire moyen du médecin est ainsi boosté de 4% environ) Par ailleurs, l’INAMI paie environ 1700 Euros tous les 3 ans aux médecins ayant réalisé le nombre de crédits demandé. Enfin, il y a la possibilité d’avantages fiscaux (remboursement des frais occasionnés par le DPC [57, 40]. L’Institut National d’Assurance Maladie Invalidité est l’organisme régulateur du DPC depuis 1994 [28]. Plusieurs comités assurent la qualité de la FMC/DPC : • Le Conseil National de la Promotion de la Qualité qui régit tout le système de l’accréditation ; • Le Groupe de Direction de l’Accréditation dont les membres sont nommés par décret royal ; il détermine quelles activités sont accréditables ; en effet, l’INAMI n’est pas pourvoyeur d’une activité de DPC propre et le GDA accrédite les pourvoyeurs externes. • Les Comités paritaires qui représentent 26 spécialités, dont la Médecine Générale, formés de médecins et d’experts scientifiques ; ils évaluent les programmes de leurs propres spécialités et décident du nombre de crédits attribuables aux activités de DPC accréditées. Onze types d’activités de DPC sont reconnues par le GDA : ateliers, séminaires, congrès, présentations scientifiques etc. Toutefois, depuis octobre 2012, les staffs hospitaliers ne sont plus reconnus comme activités de DPC accréditables. Depuis 2005, les modules de formation électroniques par Internet peuvent se faire accréditer. 16"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 17 Les GLEMs [40] : Un GLEM (Groupement Local d’Évaluation Médicale) est un groupement de plusieurs médecins de même spécialité, d’une même localité et qui doit se réunir au moins quatre fois par an pour l’évaluation clinique, économique et d’adhésion aux guidelines dans leur pratique. Ses activités sont rapportées à l’INAMI. Le médecin est crédité de 1 point pour chaque réunion de 2 heures avec un maximum de 8 crédits par an. L’activité au sein des GLEM n’est pas auditée par l’INAMI mais plus de 70% des médecins en sont satisfaits et estiment que les GLEMs ont amélioré leurs rapports avec les pairs ainsi que leur pratique clinique. L’industrie pharmaceutique n’est pas autorisée à organiser des activités de DPC mais peut les sponsoriser, exception faite des GLEMs. Afin d’obtenir son accréditation, le médecin remplit deux formulaires qu’il envoie, tous les trois ans, au GDA : l’un pour le nombre de consultations, la continuité de soins etc. et le deuxième pour ses activités de DPC ; le pourvoyeur de DPC accrédité doit valider le formulaire en y apposant son tampon [40]. 17"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 18 ESPAGNE L’organisme en charge de la FMC est la Commission Nationale de Formation Médicale Continue [28]. Il s’agit d’une sous-commission du Conseil inter- territorial du Ministère de la Santé. Elle accrédite les activités de FMC nationaux [45]. Il y a également 17 commissions régionales de FMC qui sont liés aux 17 gouvernements régionaux. Ces Commissions Régionales accréditent également les activités de FMC régionales. Elles doivent cependant en référer à la Commission Nationale [63]. L’Association Médicale Espagnole a développé un système d’accréditation spécifique après accord du Ministère de la Santé et en 2003 a été crée le Conseil Espagnol d’Accréditation de la FMC, en partenariat avec l’Assemblée Espagnole des Doyens des Écoles de Médecine et le Conseil Espagnol des Spécialités Médicales [20]. Le DPC n’est pas obligatoire en Espagne. Toutefois, les médecins peuvent faire des bénéfices en participant à des activités de FMC. Les crédits de FMC sont utiles pour les médecins dans leur promotion professionnelle dans le secteur public dans lequel la plupart des médecins exercent. Il semble que le système se dirige vers la recertification dans les années qui viennent [40, 63]. 18"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 19 FRANCE Durant ces quinze dernières années, il y a eu de nombreux changements en France en matière de FMC. Des textes légiférant le DPC ont été récemment publiés (janvier 2012) et l’instauration d’un système de FMC/DPC obligatoire est en train d’être mis en place [44]. Les récents scandales (affaire du Mediator) ont remis en cause les relations entre l’industrie pharmaceutique et les professionnels de la santé. Comme le financement du développement professionnel continu posait problème, puisque les industriels en étaient partie prenante. Comment garantir une indépendance des organismes de formation s'ils sont financés par les labos ? Comment faire en sorte que les conflits d'intérêts soient désamorcés ? C’est ce à quoi se sont attaqués les textes en question. L’organisation qui est en train d’être mise en place en 2012 est comme suit [16] : Organisme gestionnaire du DPC : L'Organisme Gestionnaire du Développement Professionnel Continu est composé des instances suivantes qui siègent à part égale : • Les professionnels de santé, • l'État, • L'assurance maladie Groupement d'intérêt public (GIP), l'OGDPC devait entrer en vigueur avant le 30 avril 2012. L'OGDPC est composée de deux principales instances : • le conseil de gestion et • le conseil de surveillance. Il comprend également d'autres organes, comme l'assemblée générale des membres, et des organes de gestion spécifiques aux libéraux qui exercent dans les centres de santé. Le conseil de gestion, qui est l'exécutif de l'OGDPC, publie, entre autres choses, la liste des programmes de Développement Professionnel Continu, la liste des organismes de DPC, les comptes annuels de l'OGDPC. Le conseil de surveillance se réunit deux fois par an. Il est composé de deux groupes, l'un comprenant les professionnels de santé répartis en cinq collèges (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens et paramédicaux), l'autre des représentants des employeurs. Ses principales missions sont l'établissement d'un bilan de la mise en œuvre du DPC ainsi que sa promotion et le contrôle du budget du DPC. A ce titre, l'OGDPC est financé par la majoration du taux de contribution du chiffre d'affaires de l'industrie du médicament 19"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 20 (décidée cette année et porté à 1,6% contre 1% l'an dernier, soit 150 millions d'euros) et « par des contributions volontaires d'organismes publics et privés » autres que les établissements de santé. Si le DPC des professionnels de santé libéraux est financé par l'OGDPC, la formation continue des hospitaliers est prise en charge par les établissements de santé, à hauteur de 0,5% de la masse salariale annuelle pour les CHU et 0,75% pour les autres établissements de santé. Organismes régulièrement évalués Les organismes de Formation Médicale Continue sont régulièrement évalués pour être accrédités, par une commission scientifique indépendante, qui dépend de l'OGDPC. Cette évaluation porte notamment sur l'indépendance financière de l'organisme, vis-à-vis, entre autres, de l'industrie pharmaceutique. Mais aussi sur «sa capacité pédagogique et méthodologique» et la qualité de ses intervenants. Professionnels de santé L’OGDPC prévoit des spécificités du DPC pour cinq professions de santé : médecins, paramédicaux, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes. Pour toutes les professions de santé, la formation continue devient une obligation : ils « doivent participer annuellement à un programme de développement professionnel continu ». Ce programme de DPC doit être conforme aux orientations « nationale et régionale » et comporter une des méthodes et des modalités validées par la Haute autorité de santé (HAS). Pour les médecins, cependant, ces méthodes certifiées par la HAS doivent recevoir un avis de la commission scientifique indépendante des médecins, qui dépend de l'OGDPC. Par ailleurs, elles sont élaborées, pour les médecins, avec le concours des sociétés savantes des spécialités, et des organismes professionnels. Rôles du conseil de l’Ordre et de la HAS : Les Conseils de l’ordre correspondant à chaque profession s’assurent au moins une fois tous les cinq ans, sur la base des attestations transmises par les organismes de DPC (ou du diplôme universitaire obtenu), que les professionnels ont satisfait à leur obligation annuelle de DPC. En cas de non respect de l’obligation de DPC, le Conseil peut demander au professionnel de mettre en place un plan annuel personnalisé de DPC. L’absence de mise en œuvre de ce plan par le professionnel est susceptible de constituer un cas d’insuffisance professionnelle sanctionnée par le Conseil de l’ordre. Quant à la HAS, son rôle est de fixer les méthodes et les modalités de DPC pour ce qui concerne les médecins. 20"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 21 GRÈCE La Formation Médicale Continue est théoriquement obligatoire en Grèce depuis 1983 [28]. L’association Médicale Panhellénique supervise les activités de FMC/DPC et en accrédite les pourvoyeurs [40]. Les principaux pourvoyeurs de FMC sont les sociétés savantes, les écoles de Médecine, les hôpitaux et les associations médicales privées. Tout pourvoyeur de FMC/DPC doit, toutefois, être « soutenu » par une Société savante ou une École de Médecine. Les demandes d’accréditation sont en général adressées par courrier à l’AMPH au moins 6 semaines avant la tenue de l’activité. L’utilisation d’Internet a largement facilité le processus [40]. Les activités qui répondent aux critères de l’EACCME-UEMS sont accréditées respectivement de 1 crédit par heure, 3 pour une demi-journée et 6 pour une journée [40]. Le médecin n’a droit à son attestation qu’après avoir rempli un questionnaire d’évaluation de l’activité [40]. Selon la législation, le médecin devrait cumuler 100 heures de FMC/DPC tous les cinq ans. Le Ministre de la Santé a, théoriquement, le droit de révoquer l’autorisation d’exercer la médecine du médecin qui n’apporte pas la preuve de ces 100 heures [40]. Depuis peu, les présences des médecins sont contrôlées de façon électronique (cartes à puces) ce qui accélère la délivrance des attestations de crédits selon la présence aux manifestations. En fait, malgré l’existence de textes la légiférant, l’activité de FMC/DPC demeure volontaire, sans règles précises et sans aucune évaluation ! La seule exception semble la nécessité d’un an de stage ordonné par le Ministère de la Santé en cas d’interruption d’exercice de 5 ans ou plus [20]. 21"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 22 HONGRIE Le DPC est obligatoire en Hongrie depuis 1999 [28]. L’Association des Sociétés Médicales Hongroises (MOTESZ) supervise la FMC et accrédite les activités de FMC. Il est à noter que la MOTESZ regroupe les sociétés professionnelles des médecins, dentistes et autres sociétés de sciences exactes ou sociales en relation avec elles (environ 127 Sociétés !) [28, 40]. 250 points sont demandés à chaque médecin sur une période de 5 ans, un point équivalant à 1 heure d’activité [28, 40]. En cas de manquement, le médecin encourt le risque de perdre son titre de spécialiste et devra repasser un examen de spécialité (recertification) [40]. 22"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 23 IRLANDE Le DPC était basé sur le volontariat [28] mais est devenu obligatoire en 2007 et c’est à partir de mai 2011 que le Conseil de l’Ordre des Médecins d’Irlande a commencé à réguler ce système [40]. Le renouvellement de la licence d’exercer imposé aux médecins est annuel et se fait sur une déclaration confirmant qu’ils se sont inscrits dans un plan de DPC et qu’ils s’y sont conformés [40]. Le Conseil de l’Ordre Irlandais a établi des guides très précis sur le système de DPC et a reconnu 13 organismes comme pouvant proposer des plans de DPC spécifiques à chaque spécialité. La plupart de ces organismes sont les Facultés de Médecine du Collège Royal des Médecins d’Irlande. Le processus d’accréditation est assez long et ces organismes sont tenus de faire des rapports d’activité annuels au conseil de l’Ordre. Ces 13 organismes accréditent eux-mêmes les activités de DPC et déterminent également lesquelles sont accréditables. Leurs principaux rôles sont de [40]: • Fournir aux médecins les outils et les guides pour maintenir et améliorer leurs compétences professionnelles • Permettre aux médecins de s’inscrire aux activités de DPC et les informer des crédits attribués à chaque activité • Donner aux médecins un état annuel de leur progrès dans leurs compétences professionnelles • Veiller à la disponibilité des activités de DPC et accréditer celles proposées par d’autres organisations. • Vérifier les crédits réclamés par les médecins, par exemple après audit Le médecin détermine lui-même son plan de DPC mais le Conseil de l’Ordre exige que ce plan obéisse à ses besoins en terme de spécialité, besoins des patients et besoins du système de santé en général. Il doit s’engager dans au moins 50 heures par an d’activité de DPC (réparties entre différents modes bien déterminés d’activités) ainsi que dans au moins un audit clinique (12 heures), toujours par an. Le Conseil de l’Ordre peut, à partir de 2012, auditer un certain pourcentage de médecins en leur demandant de fournir les preuves de leurs participations aux activités de DPC et autres documents [40]. En cas de manquement, le Conseil de l’Ordre peut lui-même porter plainte contre le médecin défaillant et le passer devant une commission d’aptitude à la pratique ou même un conseil de discipline [40]. 23"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 24 ITALIE Le système italien de FMC est actuellement en cours de révision [63]. Il concerne 15 professions de la santé : plus de 300.000 médecins, plus de 65.000 pharmaciens, etc. sont concernés [41]. La FMC est obligatoire en Italie depuis 1999. Une commission Nationale (et ses antennes régionales) de FMC, dépendant du Ministère de la Santé, régit la FMC. Le médecin doit totaliser 150 crédits en trois ans (50 par an), un point équivalant à une heure d’activité En 2008, il y avait environ 12.000 pourvoyeurs/organisateurs de FMC [41, 21]. Les activités de FMC accréditables sont diverses, y compris l’auto-formation, la lecture d’articles médicaux, les publications, les formations interactives à distance etc. Les manifestations des industries pharmaceutiques ne sont pas accréditées [41]. De 2001 à 2007, il y a eu environ 400.000 demandes d’accréditation d’évènements de FMC ! [41] La tendance actuelle est d’accréditer des Sociétés ou des Associations plutôt que des activités. Cette accréditation se fera par la Commission Nationale de FMC selon un cahier de charges. Un premier audit leur sera fait à la fin de l’année suivant leur accréditation puis tous les cinq ans. Ces Sociétés auront le pouvoir d’accréditer et d’organiser les activités de FMC/DPC [41]. Aucune mesure incitative ni aucune mesure coercitive n’est mise en place pour le moment. Cas particulier : La région de la Lombardie a entrepris depuis 2006 la mise en place d’un système d’accréditation des pourvoyeurs de FMC privés et publics ; un ratio de 50% a été attribué aux formations par Internet, et, fait intéressant, un accord de réciprocité a été conclu avec des régions européennes [41]. 24"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 25 NORVEGE Depuis 2001, la FMC est obligatoire seulement pour les spécialistes en Médecine Générale [28]. En fait, si la spécialisation en médecine générale est reconnue, elle n’est pas nécessaire pour l’exercer en Norvège ; toutefois, le médecin spécialiste en médecine générale a le droit de réclamer des honoraires plus élevés [21]. La FMC en Norvège est gérée par l’Association Médicale Norvégienne (équivalent du Conseil de l’Ordre) [21, 33] Tous les cinq ans, les médecins spécialistes sont soumis à une recertification et leurs activités de FMC entre en compte dans ce processus [21]. Les médecins généralistes, par exemple, doivent justifier de 40 points de FMC par an et peuvent ainsi réclamer des honoraires jusqu’à 20% plus élevés. L’absence de justification de ce nombre de points conduit automatiquement au retrait du titre de spécialiste et la perte de cette faveur. Ceci fait qu’en 2006, 90% des Médecins Généralistes Norvégiens s’y sont pliés [21]. Pour les autres spécialités, le DPC est volontaire mais l’AMN a mis à la disposition de tous les médecins un système en ligne qui les aide pour leur DPC (système LIEF) [21] Les activités de DPC sont essentiellement organisées par les Facultés de Médecine mais aussi par des associations médicales. Les Sociétés privées n’ont pas le droit de fournir des activités de DPC, ni d’ailleurs les compagnies pharmaceutiques : tout lien commercial avec le DPC est interdit [33]. 25"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 26 PAYS-BAS Le DPC est obligatoire en Hollande pour les spécialistes (y compris en Médecine Générale) et est directement lié à un système de recertification (ou revalidation) [28, 40] La haute autorité en matière de DPC est l’Association Royale des Médecins de Hollande (KNMG) créée en 2002 par environ une trentaine de Sociétés Médicales Professionnelles de toute spécialité afin de développer un système harmonisé d’accréditation et de FMC [40]. Chaque société accrédite séparément les activités de DPC et il n’y a pas de projet, selon la KNMG, de créer un Centre National de DPC. Toutefois, une harmonisation et une standardisation du processus d’accréditation entre ces sociétés a été entrepris dès 2004 [40]. Depuis 1996, tout médecin exerçant aux Pays-Bas doit se réinscrire tous les 5 ans [28]. Pour ce-faire, le médecin généraliste non spécialiste, par exemple, doit justifier de 16 heures de travail par semaine sur une année et durant les 5 dernières années + 40 heures d’activité de FMC accréditée par an + 1 participation à une « revue par les pairs » (« visitatie ») supervisée par un médecin consultant spécialiste en Médecine Générale proposé par le Collège des Médecins Spécialistes en Médecine Générale [40]. Pour les autres spécialités, la revalidation est tributaire de : • Fournir la preuve d’une activité de 16 heures par semaine dans sa spécialité, pour la gériatrie, la psychiatrie et la médecine générale • 200 heures d’activité de DPC accréditée dans les 5 ans pour les autres spécialités. Remarque à propos du « visitatie » : Les Sociétés Médicales Professionnelles ont établi ce système de « visitatie » en 1990 afin d’assurer la qualité des services médicaux et de garder la confiance des bailleurs de fonds, du gouvernement et des régulateurs de la professions. Ce système se rapproche du GLEM Belge (voir plus haut) [40] En cas de défaillance, le médecin peut avoir sa licence revalidée pour une courte période (un an, par exemple) au cours de laquelle il doit accomplir le reliquat qui lui manque en activité de DPC. Il pourra, à la fin de cette période, redemander sa revalidation. Toutefois, ceci demeure exceptionnel puisque le système est pensé d’une «façon « éducative » et non sanctionnelle et tout échec serait perçu comme un échec du système [57] 26"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 27 POLOGNE En Pologne, la Chambre Nationale des Médecins et Médecins Dentistes (équivalent du Conseil de l’Ordre) ainsi que 23 chambres régionales et une chambre des médecins et médecins dentistes militaires sont responsables de par la loi du DPC des médecins [20, 49]. Le rôle des chambres ordinales est très important : • Enregistrement des pourvoyeurs de DPC • Accréditation des activités de DPC • Supervision des activités de DPC (possibilité de retrait de l’accréditation) • Confirmation et enregistrement des crédits collectés par les médecins • Vérification de l’accomplissement du DPC par les médecins. Ces chambres ordinales ont également la possibilité d’organiser des activités de DPC. La Chambre Nationale a même crée une chaîne de télévision codée qui offre de multiples activités de DPC, en plus de son site Internet très fourni [49]. Les médecins ont l’obligation de suivre un programme de DPC et doivent collecter 200 points-crédits tous les quatre ans. En général, une heure d’activité accréditée équivaut à un point et chaque réponse correcte dans une formation à distance suivie d’une évaluation est créditée de 0,2 points. En effet, les points de crédits lors de formation à distance ne peuvent être obtenus qu’après avoir répondu au test d’évaluation inclus. La recertification des médecins est obligatoire ; Il n’y a toutefois pas de sanctions prévues en cas de non conformation [20] mais comme la Chambre Ordinale donne son avis lors du recrutement de médecins, l’absence ou le manque de suivi d’un programme de DPC joue largement en défaveur du médecin : l’Ordre peut ainsi donner un avis défavorable même si le candidat obéit à d’autres critères [20]. Les suspensions d’activité ou les retraits de licence sont exceptionnelles mais existent [49]. 27"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 28 ROYAUME UNI Dans le Royaume Uni, le terme DPC a supplanté celui de FMC. Le DPC y est obligatoire mais la participation n’est pas universelle [28]. Le Conseil Général de l’Ordre des Médecin a délégué l’administration des activités de FMC/DPC aux Collèges Royaux qui sont réunis dans l’Académie des Collèges Royaux comme directeurs des Commissions de DPC [62]. Chaque Collège est responsable de la maintenance et du monitorage des activités de ses membres mais une coopération de fait existe entre les différents Collèges à travers l’Académie [28, 62]. Il est demandé au médecin, de la part de tous ces Collèges, 250 crédits sur une période de 5 ans. Par ailleurs, le Conseil de l’Ordre entend introduire un système de revalidation annuelle pour tous les praticiens et où l’activité de DPC intervient de façon très importante [1, 55, 70] Les tendances actuelles de la législation vont dans le sens d’un système de revalidation tous les 5 ans ; ceci sera imposé de façon progressive dans des régions pilotes avec évaluation concomitante. Au sein des hôpitaux, une nouvelle procédure appelée « Gouvernance Clinique » a été introduite sous la responsabilité des Directions des hôpitaux et dévolue à la qualité des soins prodigués au patients. En substance, chaque spécialiste doit se soumettre à une évaluation annuelle basée sur son profil, dont son activité en DPC [1, 70]. 28"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 29 RUSSIE La FMC et le DPC des médecins russes sont systématiques. La formation post- académique des médecins est bien ancrée dans la tradition russe depuis la création il y a plus d’un siècle d’un Institut de la Formation Postgraduée à Saint Petersbourg [58]. C’est le Ministère de la Santé qui supervise le DPC des médecins à travers ses départements régionaux de Formation Médicale. La plupart des activités sont organisées par des institutions publiques dont 48 Facultés et 8 Instituts spécialisés dans le DPC des médecins [10, 58]. A un niveau national, 35 mille spécialistes qualifiés suivent des cours chaque année au sein de l’Académie russe des « Études Médicales Avancées » selon des objectifs spécifiés par le Ministère de la Santé et basé sur les besoins du système de santé [58]. Au niveau régional, une plus grande proportion de médecins est régulièrement impliquée dans la formation au sein d’hôpitaux régionaux ou autres institutions sanitaires ainsi que dans leurs lieux d’activité [58]. Au total, plus de 150 mille médecins suivent une formation chaque année au sein de ces Facultés et Instituts de DPC [58]. Trois modes de Formation sont proposés [10] : • Auto-formation et auto-apprentissage à domicile • Apprentissage périodique et expérientiel au lieu de travail • Cours et autres formations dans les Instituts et Facultés de DPC. Un deuxième niveau de formation post-graduée est représenté par ce qui est dénommé « l’ordinatura » [58] et qui est un programme de formation de deux ans dans divers domaines cliniques ou administratifs. Ces formations sont sous la responsabilité d’académiciens et d’universitaires. L’accent est de plus en plus mis sur l’apprentissage dans l’action, la résolution de problèmes et la prise de décision basés sur les expériences personnelles, sans toutefois abandonner la FMC classique [10]. Le DPC en Russie demeure avant volontaire, tout en sachant que toute promotion professionnelle est étroitement liée au suivi d’un programme de DPC [10, 58]. 29"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 30 SUEDE La FMC n’est pas obligatoire en Suède ; l’Institut Pour le Développement Professionnel des Médecins Suédois (IDPMS) régit toutefois un programme volontaire de DPC encourageant les médecins à accomplir 10 jours d’activités de DPC par an [28, 56]. L’IDPMS est sous la houlette de l’Association Médicale Suédoise, la Société Suédoise de Médecine et la Fédération Suédoise des Conseils de Comtés [21]. Le principal problème auquel font face les médecins suédois est le problème de financement [56]. En effet, plus de 90% des médecins exercent sous la tutelle de l’Etat et doivent négocier leurs participations aux activités de DPC avec leur employeur. La recertification n’est pas d’actualité [28, 33] L’Association Médicale Suédoise et la Société Suédoise de Médecine insiste sur la nécessité du DPC du médecin mais aussi sur la lourdeur de le rendre obligatoire [56]. 30"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 31 SUISSE La FMC est obligatoire en Suisse [31]. Le médecin appartenant à la Fédération des Médecins Helvètes est libre de choisir la nature et la méthode de FMC qui lui convient selon ses besoins, notamment en matière de « Perfectionnement » (terme utilisé par les helvètes, préféré à Développement) [31] L’unité de mesure de la FMC est lé crédit qui correspond à une heure ; le nombre maximal pouvant être obtenu au cours d’une journée est de 8 (4 pour une demi- journée) [31] La FMC est catégorisée en Formation essentielle (par les sociétés de sa propre discipline médicale), élargie (par une autre société de discipline médicale différente ou par la FMH) et les études personnelles [31]. 50 crédits de FMC vérifiable et structurée sont considérés comme suffisants par an, dont au maximum 25 d’une FMC élargie auxquelles s’ajoutent 30 heures d’études personnelles [31]. Tout médecin est tenu de consigner son activité de Perfectionnement Médical Continu par écrit dans un PV à présenter sur demande de la FMH. La FMH délivre aux médecins qui ont accompli les exigences du programme de FMC un diplôme ou une attestation de FMC. La liste des médecins détenteurs de ces attestations/diplômes est publiée sur le site doctorfmh.ch [31]. 31"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 32 TURQUIE La FMC/DPC n’est pas obligatoire en Turquie [28]. Les activités sont proposées par les Facultés de Médecine, les corps professionnels, le Ministère de la Santé ; l’industrie pharmaceutique n’a pas le droit de demander l’accréditation de ses activités [28, 69]. Le Conseil d’Accréditation de la FMC dépendant de l’Association Médicale Turque (équivalent du Conseil de l’Ordre) accrédite les activités de FMC (congrès, conférences, ateliers etc.) depuis 1993. Il est composé de 9 membres : 3 représentent l’AMT, 2 représentent les Facultés de Médecine, 2 le Ministère de la Santé et 2 représentent les Sociétés savantes. Il se réunit tous les 3 mois pour approuver ou rejeter les demandes d’accréditation [69]. Chaque organisateur doit payer une certaine somme pour sa demande d’accréditation ; les médecins qui y participent payent également pour leur activité mais le sponsoring par l’industrie pharmaceutique est toléré [28]. L’activité accréditée est évaluée à environ 10.000 heures par an. Le Conseil essaie d’introduire des standards et cherche à encourager les pourvoyeurs et les médecins à organiser et à participer à ces activités [69]. Des règles éthiques ont également été établies pour les acteurs dans le domaine du DPC par l’AMT [69]. Un crédit équivaut à une heure ; par ailleurs, certaines revues médicales turques sont accréditées et peuvent faire l’objet de crédit pour les médecins qui les consultent [28, 69]. 32"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 33 EACCME L’EACCME (European Accreditation Center for Continuing Medical Education) a été crée en 1999 afin de harmoniser les processus d’accréditation des activités de FMC en Europe selon le processus décrit dans la figure 2 [61]. L’EACCME a signé un accord avec l’American Medical Association pour une reconnaissance mutuelle des activités de FMC/DPC. Il est à noter que ni la France ni la Hollande ni l’Allemagne ne font partie de l’EACCME mais la France va très prochainement l’intégrer [61]. En 2003, la structure de l’EACCME a été bien définie [61] : • Chaque organisme régulateur de chaque pays a en charge les activités de FMC/DPC qui lui sont propres • La décision d’accréditer chaque activité revient à l’organisme régulateur de chaque pays où a lieu l’actvité • L’administration doit être la plus légère possible ; • L’assurance qualité et la détermination du nombre de crédits est décentralisée : l’EACCME se base sur l’expertise des professionnels de chaque spécialité et/ou des Ordres concernés. • Pas d’accréditation des activités à connotation commerciale ou sur Internet. Toutefois, à partir de 2009, l’EACCME accrédite la FMC sur Internet. • Chaque activité est accréditée à part : pas d’accréditation pour un programme s’étalant sur des années. • Les charges administratives de l’EACCME sont supportées par les pourvoyeurs d’activité qui demandent l’accréditation Européenne. Figure 2 : processus d’accréditation de l’EACCME [61] Organisateur! Certificat&de& reconnaissance& Demande e& EACCME! Evaluation& Agences! NaXonales! d'AccréditaXon! 33"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 34 OCEANIE 34"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 35 AUSTRALIE Le système d’accréditation Australien est l’un des plus évolués au monde [40, 66]. Le Conseil de l’Ordre des Médecins Australiens régit un système très strict et très actif d’accréditation des pourvoyeurs programmes de DPC ; en effet, les membres du Conseil les confrontent sur place avec les standards déterminés par ce même Ordre [6, 7]. Il est aussi responsable de l’accréditation des Collèges qui proposent des plans de DPC. Il en a accrédité actuellement 27. Il a ainsi résumé les activités de DPC demandées : « Le DPC doit inclure une variété d'activités pour répondre aux besoins d'apprentissage individuels, tels que l'audit clinique, l’évaluation par les pairs ou l'évaluation des performances, ainsi que la participation à des activités visant à améliorer les connaissances comme les cours, les conférences et l'apprentissage en ligne. Les programmes de DPC des facultés de Médecine accréditées par le Conseil Australien de l’Ordre des Médecins répondent à ces exigences » [8] L’Ordre des Médecins veille à : • Respecter l'autonomie de chaque fournisseur de FMC dans la définition de ses politiques et processus éducatifs ; • Prendre les décisions, de recueillir et d'analyser les informations et les idées provenant de multiples sources et différents points de vue ; • Suivre des procédures documentées et mettre en œuvre un processus d'accréditation ouvert et objectif ; • Adopter des mécanismes lui permettant de s'assurer que les membres des équipes d'évaluation, les comités et le personnel appliquent les normes et les procédures d'une manière cohérente et appropriée; • Revoir régulièrement les processus et les normes d'accréditation ; • Recueillir les commentaires et évaluer ses performances; • Travailler en collaboration avec les autorités d'accréditation afin d'éviter les conflits et minimiser la duplication des efforts. Les organisations souhaitant l’accréditation payent directement le coût de l'évaluation qui sont généralement liés aux travaux de l'équipe d'évaluation et, le cas échéant, ceux d’un éventuel groupe consultatif. Les standards demandés pour les types de formation continue, outre la nécessité qu’ils soient basés sur les techniques d’apprentissage des adultes, comportent [8] : * La formation axée sur la pratique impliquant la participation personnelle dans les aspects pertinents des services de santé et, pour les spécialités cliniques, les soins directs aux patients. 35"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 36 * Le programme de formation comprend une intégration des apprentissages théorique et pratique. * Le processus de formation assure un degré croissant d’indépendance et de responsabilité avec le développement des compétences, des connaissances et de l'expérience. Par ailleurs, des procédures d’évaluation de l’apprentissage, de la performance et de la qualité des formations sont prévues [42, 46]. Des standards ont également été définis pour le DPC [6] : * Les programmes des prestataires de DPC sont basés sur l'apprentissage autodirigé. Les programmes aident les participants à maintenir et développer les connaissances, les habiletés et les attitudes essentielles pour répondre aux besoins changeants des patients et du système de soins de santé, et pour répondre aux développements scientifiques en médecine ainsi que l'évolution des attentes de la société. * Le fournisseur de DPC détermine la structure du programme de DPC en consultation avec les parties prenantes, en tenant compte des exigences des autorités compétentes telles que le Conseil de l’Ordre d’Australie et le Conseil Médical de la Nouvelle-Zélande. * Le processus et les critères pour évaluer et reconnaître les fournisseurs de DPC et/ou des activités individuelles de DPC sont basées sur la qualité de l'éducation, l'utilisation de méthodes pédagogiques et des ressources appropriées et la prise en considération des commentaires des participants. * Le fournisseur de DPC documente les activités de DPC accréditées des participants et la participation des animateurs d'une manière systématique et transparente. * Le fournisseur de DPC dispose de mécanismes pour permettre aux médecins qui ne dépendent pas de sa structure d'accéder au DPC et à d'autres possibilités de formation. * Le fournisseur de DPC dispose de processus d’assistance aux confrères qui ne participent pas à des programmes de DPC. Les médecins australiens ont à se réinscrire à l’Ordre une fois par an en affirmant avoir participé à un programme de DPC et doivent en fournir la preuve s’ils sont audités et ce dès juillet 2010 (obligation légale) [6]. Le Collège Royal des Médecins Généralistes organise par exemple le DPC des médecins de première ligne. Son programme appelé « Assurance Qualité et DPC » exige 130 crédits tous les trois ans mais la réinscription est annuelle. Le Collège Royal de Gynéco-obstétrique impose, quant à lui, une recertification tous les trois ans, basée sur le DPC et l’assurance qualité des activités [42] 36"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 37 NOUVELLE ZÉLANDE Il existe une étroite collaboration entre la Nouvelle Zélande et l’Australie en matière de DPC [40, 67]. De nombreuses particularités existent toutefois dans le système Néozélandais [42]. Tout médecin souhaitant pratiquer la médecine en Nouvelle-Zélande doit être enregistré auprès du Conseil de l’Ordre de Nouvelle-Zélande (MCNZ), un organisme indépendant qui répond de ses activités devant le parlement [67]. Tous les médecins doivent également détenir une licence d'exercice délivrée par le MCNZ et qui doit être renouvelé chaque année. Cette exigence du renouvellement de la licence d'exercice a été introduite afin d'assurer que les médecins maintiennent leur compétence et leur aptitude à exercer. La délivrance de cette licence est entièrement dépendante de la déclaration du médecin attestant qu'il a pris part à un programme de DPC et il doit en fournir la preuve en cas d’audit [40]. Le MCNZ a publié des recommandations de DPC parmi les plus détaillés et qui exigent des non-spécialistes de former des relations collégiales, de prendre part à la FMC, à un audit clinique et l’évaluation par les pairs. Le Conseil prévoit également exactement le nombre d'heures qui doit être consacré à chacune de ces activités [67]. En Nouvelle-Zélande, les spécialistes doivent s'inscrire et participer à des activités de DPC organisées par leurs associations spécialisées. Pour les non-spécialistes, tous les documents doivent être contresignées par un collègue [40]. Afin de s'assurer que les médecins participent au DPC, les audits du MCNZ concernent 10% de toutes les demandes de recertification. Les Collèges spécialisés peuvent également auditer un certain pourcentage de participants à leurs programmes de DPC. Le MCNZ ne stipule pas que la FMC doive être accrédité par un organisme ou une organisation. Il accepte les activités de DPC suivantes [40] : * La participation à des conférences, cours et ateliers * Auto apprentissage * Les évaluations destinées à déterminer les besoins d'apprentissage dans des domaines tels que les compétences procédurales, de diagnostic ou de connaissances ainsi que dans la lecture des revues médicales * Supervision de confrères, enseignement, activités de supervision ou de mentorat, publication dans des revues médicales, recherche etc. 37"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 38 * Réunions de Comités à contenu éducatif (développement de guidelines, le fait de donner des conseils d'expert sur des questions cliniques, des présentations à des réunions scientifiques, activités d’évaluation pour le Conseil etc.) Le MCNZ dispose de deux systèmes principaux de recertification du DPC pour les médecins, en fonction de leur statut d'inscription [40, 67 ] : 1- Le premier est la «recertification de champ professionnel», pour les spécialistes, y compris les Médecins généralistes. Les programmes de recertification pour les spécialistes sont menés par leurs collèges spécialistes ou des sociétés dont ils font partie. 2- Le second fournit une «recertification générale», pour les médecins non- spécialistes. Le régime « général» est également applicable aux nouveaux inscrits, comme les médecins étrangers, indépendamment de l'ancienneté, lesquels doivent travailler sous supervision au moins les 12 premiers mois de leur installation en Nouvelle-Zélande afin de se familiariser avec la culture. Le MCNZ a des exigences précises pour le DPC ; il stipule que le DPC doit couvrir cinq domaines principaux de la pratique [40] : 1- Soins médicaux : soins cliniques adéquats, tenue de registres, compétence culturelle 2- Communication : établir et maintenir la confiance, confidentialité. 3- Collaboration et gestion : travailler avec des collègues. 4- Érudition : enseignement, recherche, améliorer la performance. 5- Professionnalisme : préoccupations au sujet de la sécurité des patients, conflits d'intérêts. En règle générale, le MCNZ exige que les médecins participent à 50 heures de DPC chaque année, y compris la FMC, l'audit clinique et l’évaluation par les pairs [40, 42]. Si un médecin ne satisfait aux exigences de recertification, le MCNZ a le droit de modifier le champ d’activité du médecin, de modifier les compétences qui lui sont reconnues et qu’il est autorisé à effectuer, ou conditionner son activité selon ce que le MCNZ estime approprié, y compris le droit de suspendre son inscription et sa licence d’exercer [67]. 38"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 39 AMERIQUE DU NORD 39"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 40 CANADA Au Canada, il existe quatre systèmes d’accréditation de la FMC/DPC (figure 3) [38, 59] : 1. Le Collège des Médecins de Famille du Canada et ses sections provinciales accréditent les activités des médecins de famille. Plusieurs services leur sont offerts [17] : * Les crédits MAINPRO® (Maintien de la compétence Professionnelle) : Un programme qui permet aux médecins de famille de tenir compte de leurs activités de DPC. * Auto apprentissage MD : Programme de FMC qui permet aux médecins d’évaluer leurs connaissances des sujets d’actualité dans la littérature médicale; publié six fois par an; version électronique et papier; donne droit à des crédits Mainpro. * Relier l’apprentissage à la pratique, PerlesMD et Cyber-Perles : Exercices de réflexion autogérés, fondés sur les données probantes qui favorisent l’application des nouvelles connaissances dans la pratique; donnent droit à des crédits Mainpro. * Cours avancé de réanimation obstétricale (ALSO®) : Programme multidisciplinaire interactif, fondé sur les données probantes sur la prise en charge efficace des situations d’urgence obstétricale; donne droit à des crédits Mainpro. * The Institute for Healthcare Communication (IHC-C) : Ateliers et activités de formation professorale conçus pour optimiser la prestation et la qualité des soins grâce à une communication efficace; donne droit à des crédits Mainpro. * Forum en médecine familiale (FMF) : Forum annuel du CMFC qui offre diverses activités de DPC; donne droit à des crédits Mainpro. * Programmes/activités donnant droit à des crédits Mainpro : Évalués par les pairs pour assurer que le contenu est éducatif et scientifiquement solide; développés et offerts selon les normes d’éthique établies. La participation est obligatoire pour la plupart des catégories d’adhésion et dans certaines provinces du Canada [4, 27] : * Au moins la moitié sont des crédits Mainpro-M1 et/ou Mainpro-C (Conférences agréées, programme de soins avancés en réanimation, études postdoctorales, fellowship/stage de perfectionnement clinique, travail au sein d’un comité, recherche/publications, etc.) * Les crédits restants peuvent provenir des autres catégories (M1/M2/MC : Lecture de revues, FMC non agréée, enseignement, etc.) 40"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 41 Des changements sont actuellement en cours dans ce programme pour 2013 : * 250 crédits sont nécessaires pour un cycle de 5 ans ; * Toutefois, 25 crédits au moins doivent être déclarés annuellement * La déclaration se fera en ligne par Internet Par ailleurs, le CMFC donne également l’agrément MAINPRO aux fournisseurs de programmes de DPC selon des critères très stricts [17] 2. Le Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada accrédite les Sociétés nationales de spécialistes, les Facultés de médecine et les Programmes de simulation [51]! Le CRMCC offre un programme de Maintien du certificat aux médecins et chirurgiens spécialistes (exception faite de la spécialité de la médecine familiale) [34]. Les sociétés nationales canadiennes de spécialistes sont agréées par le CRMCC pour offrir des activités de FMC pour lesquelles les membres du CRMCC peuvent demander des unités de formation [17]. 3. Le Comité d’Agrément de l’Éducation Médicale Continue accrédite les unités universitaires canadiennes d’éducation médicale Continue (Départements et Bureaux de DPC) Ces Bureaux de DPC peuvent attribuer des crédits Mainpro à des activités et des programmes s’ils ont contribué de manière significative à leur planification, à leur organisation et à leur présentation (pourvu que l’activité ou le programme réponde aux critères de l’agrément Mainpro) [4, 51] 4. Au Québec, le Collège des Médecins du Québec accrédite les fournisseurs de FMC et la Fédération des omnipraticiens du Québec approuve les activités des médecins de famille. Une fois l’an, le Collège demandera à environ 3 % de ses membres de lui fournir des preuves d’adhésion à un programme de DPC. Si un médecin ne peut fournir ces pièces ou que celles-ci ne sont pas satisfaisantes, le Collège proposera à ce dernier un mentorat auprès d’un collègue qui pourra l’aider à élaborer son plan de DPC. [18, 40] Depuis le 1er juillet 2007, les médecins Canadiens doivent opter pour l’un des programmes de développement professionnel continu (DPC) Ils doivent informer le Collège de leur choix de plan de DPC lors du renouvellement de leur cotisation annuelle [18, 40]. Il n’y a pas d’organisme qui chapeaute toutes ces structures et le Ministère de la Santé n’intervient quasi pas. Il est à noter toutefois qu’annuellement a lieu une Conférence Nationale sur l'Agrément du Développement Professionnel Continu. Cette conférence annuelle sur invitation seulement est présentée conjointement par le Collège des médecins de famille du Canada et le Collège royal des médecins 41"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 42 et chirurgiens du Canada. Seules les personnes identifiées aux services de FMC/DPC peuvent y participer. Ses objectifs sont de [51] : * Favoriser la collaboration des diverses organisations et des personnes qui participent à l'agrément du DPC. * Améliorer les normes et les processus d'agrément des programmes et des fournisseurs de DPC. * Promouvoir l'innovation et l'excellence dans le domaine du DPC. Le non-respect des exigences Mainpro n’entraîne pas la perte du permis d’exercice, mais la participation augmente les chances de révision par les pairs. Par ailleurs, les organismes régulateurs de DPC peuvent communiquer, sur demande, avec les organismes de délivrance des permis d’exercice relativement au respect/non-respect des exigences Mainpro ou autre programme de DPC [18]. Figure 3 : Système d’agrément au Canada (d’après Monette C. [38]): 17 17 AMLFC universités universités CMQ CAEMC CRMCC FMOQ CMFC CEMCQ ACCME 10 sections 37 associations de FMSQ provinçales spécialistes 4 universités CQMF 17 universités 42"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 43 ÉTATS-UNIS Tout médecin qui souhaite pratiquer la médecine dans un des États Unis d’Amérique doit demander une licence d’exercice auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins de l’État correspondant. La FMC est une exigence obligatoire pour renouveler cette licence dans 62 des 68 Conseils aux Etats-Unis [55]. Toutes les activités obligatoires de FMC/DPC doivent être accréditées par une organisation légale. Deux principales organisations accréditent la FMC aux États- Unis : le Conseil d'Accréditation de la Formation Médicale Continue (ACCME) et l’Association Médicale Américaine (AMA) Ces deux organismes d'accréditation ont établi des processus stricts d'assurance qualité pour l'accréditation des fournisseurs de FMC (L’ACCME n’accrédite pas les activités de DPC) L’accréditation par l’AMA est le « gold standard » pour le système de crédit [43]. Le Conseil Américain des Spécialités régit un système de recertification basé sur le DPC (maintien de la certification) depuis plus de dix ans. Bien qu’il s'agisse d'un régime volontaire, la plupart des médecins l’ont adopté [11]. La plupart des Conseils des Ordres des Médecins exigent que les médecins participent à 20 - 50 heures de FMC par an (pour la plupart des activités, un crédit CME équivaut à une heure de FMC) Toutefois, le système de crédit de l'AMA est en train d’évoluer vers l’attribution de crédits en fonction de l’atteinte des objectifs, donc de la performance [40]. Les cycles de renouvellement des licences sont en moyenne deux ans, mais peut être compris entre un à quatre ans en fonction du conseil. Certains exigent également des sujets spécifiques devant être couverts par les programmes de DPC. Par exemple, sur une période de quatre ans, les médecins Californiens qui ont fréquemment à soigner les patients âgés doivent participer à au moins vingt heures de FMC en médecine gériatrique. Dans l'Ohio, les médecins doivent procéder à un minimum de deux heures de FMC tous les dix ans dans le VIH/SIDA des cours approuvés par le Cabinet pour les Services de Santé et de la Famille [11]. Les Conseils de l’Ordre peuvent vérifier les activités de FMC/DPC. En cas de non- conformité, le médecin fautif peut être publiquement réprimandé ou bien obligé à payer une «amende» [40]. Le retrait des licences des médecins qui ne respectent pas un programme de DPC/FMC est exceptionnel [43]. 43"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 44 AFRIQUE 44"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 45 AFRIQUE DU SUD Le HSPCA (Health Professions Council of South Africa ) est un organisme central qui régit toutes les professions de santé de la république d’ Afrique du Sud et supervise 12 Ordres professionnels. Depuis 1er Janvier 2007, tous les médecins, comme tous les autres professionnels de la santé en exercice en Afrique du Sud, ont l’obligation de prendre part au DPC. La structure générale du DPC de tous les professionnels de santé est sensiblement la même et chaque Ordre régit le DPC de ses propres adhérents [40, 65]. L’Ordre des Médecins et Médecins dentistes qui enregistre tous les médecins supervise le système de DPC obligatoire et sa politique. Il publie également des lignes directrices sur l'accréditation des activités de FMC, mais délègue la tâche de fournir des prestations de DPC à environ 16 universités et sociétés médicales spécialisées. Ces Sociétés et universités peuvent à leur tour accréditer d’autres fournisseurs d’activités de DPC. Les Firmes commerciales n’ont pas droit à accréditation de leurs activités mais peuvent proposer des activités de DPC pour autant qu’elles n’en profitent pas pour faire de la promotion pour leurs produits [20]. Tous les pourvoyeurs de DPC doivent rendre annuellement compte au HSPCA de leurs activités et des éventuels problèmes rencontrés. Ils peuvent être audités à chaque instant par le HSPCA. Ce dernier encourage les praticiens à collecter 60 Unités de Formation Continue sur deux ans, dont 10 sur l'éthique, les droits de l’homme et le droit médical. Chaque crédit (UFC) est valable 2 ans à partir de la date de la tenue de l’activité [40]. Le HSPCA audite tous les 2 mois des médecins (10% sur un an) pour vérifier leur conformité aux exigences de DPC. En cas de non conformité, les médecins défaillants ou qui ne présentent pas leurs preuves de participation aux activités de DPC se voient octroyés automatiquement une période de six mois supplémentaires pour se conformer aux exigences de DPC. Ils seront inclus dans une autre vérification au bout de six mois. Si non conformes après la deuxième vérification, leurs cas seront soumis à l’Ordre qui décidera alors de l'action à mener. Un programme de rattrapage peut alors leur être proposé ; une autre option est de leur faire passer un examen de recertification. Dans les cas graves, l’Ordre peut suspendre un médecin pendant une période donnée ou même le radier ! [40] Si un médecin est radié, il ne peut demander sa réinscription que sur preuve du nombre requis d'UFC [40, 65]. 45"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 46 KENYA Comme pour l’Afrique du Sud, depuis Janvier 2007, tous les médecins et médecins dentistes du Kenya doivent participer à des activités de DPC organisées ou accréditées par l’Ordre [40]. Le Conseil de l’Ordre délivre aux médecins un journal de DPC qui doit être conservé par le médecin et chaque activité d'apprentissage suivie est consignée [40]. Annuellement, chaque médecin doit se réinscrire pour renouveler leur licence d’exercer. Ils doivent alors présenter leur journal de DPC ainsi que les certificats de présence pour les événements de DPC et les copies des diplômes de formation continue qui ont été obtenus au cours de l'année précédente [32, 40]. Chaque médecin doit collecter au moins 5 Unités de Formation Continue par an. Il y a trois niveaux d'activités les UFC qu’un médecin peut obtenir doivent être de niveaux différents. La liste des activités accréditables est bien définie ainsi que celles qui ne le sont pas (par exemple les staffs hospitaliers, les résumés des congrès, les lectures de lettres pour éditeur dans les revues médicales, les réunions organisées par les firmes pharmaceutiques) [32, 40] En cas de non-conformité, un médecin doit s’expliquer par écrit à l’Ordre et donner les raisons de la non-conformité. Le Conseil de l’Ordre examinera ensuite le cas et statuera. On ne sait pas quelles sont les sanctions ne peut être donnée en cas de non-conformité [32]. Il peut être accordé un report de suivre un DPC dans certains cas (retraite, maladie) mais l’accord en fin de période de répit d’une licence d’exercice n’est pas automatique et est soumis à des conditions de la part de l’Ordre [32]. 46"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 47 NIGERIA Le principal organe de régulation de l’exercice médical au Nigeria est le Conseil de l’Ordre Médical et Dentaire du Nigeria (MDCN) [20]. Selon les règlements du MDCN, tous les médecins exerçant au Nigeria doivent mettre à jour leurs connaissances et leurs compétences afin d’améliorer la qualité des services rendus à leurs patients [20]. La participation à des programmes de DPC est une condition sine qua non pour le renouvellement annuel de la licence d’exercice de la médecine au Nigéria. Le MDCN accrédite les institutions et organismes fournisseurs d’activités de DPC médical et dentaire : établissements de formation, hôpitaux universitaires, collèges de spécialistes, organismes bénévoles, écoles de médecine de troisième cycle, autres fondations et sociétés professionnelles ainsi que certaines sociétés étrangères et institutions professionnelles [20]. Le MDCN a également créé un comité permanent d’accréditation des programmes de DPC autorisé à en revoir le contenu, la durée et la portée en vue de l'attribution des unités de crédit appropriées [20]. Il est à remarquer que le MDCN est également impliqué dans les programmes d'accréditation et de surveillance de toutes les écoles de médecine au Nigeria. Le Conseil fixe les lignes directrices des normes et des procédures d'évaluation de la conformité aux lignes directrices établies dans le fonctionnement des écoles de médecine [20]. Le programme de formation médicale continue couvre les sciences médicales de base et cliniques et des programmes accrédités comprenant les ateliers, les séminaires, les conférences scientifiques, les conférences de mise à jour et l'apprentissage sur site [20]. Une heure d’activité compte pour une unité de crédit. La réglementation actuelle exige qu’un médecin obtienne un minimum de 36 unités de crédit tous les deux ans pour être admissible à une licence permanente. Un minimum de 12 unités et un maximum de 24 unités doivent être obtenues par an [20]. Le non respect d’un programme de DPC peut entraîner un non renouvellement de la licence d’exercer [20]. 47"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 48 ASIE 48"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 49 HONG KONG L’Association Médicale de Hong Kong régit la FMC des médecins qui y sont inscrits. L’inscription à l’AMHK se fait annuellement. La FMC n’est pas obligatoire mais elle est fortement recommandée [29]. L'accréditation des médecins se fait sous forme de points de crédit accordés pour la participation à diverses activités de formation continue. A la fin de chaque année académique, le score total sera consignée dans le dossier du membre [29]. Les points de crédit seront accordés aux participants qui assistent aux activités de FMC organisées par l'Association ou celles organisées par d'autres organisations accréditées par le sous-comité d’accréditation de la FMC conformément aux lignes directrices énoncées par le Conseil Médical de Hong Kong [29]. Tous les participants doivent fournir les preuves pertinentes de leur participation aux activités de FMC (attestations de présence qui leur sont délivrées, sur demande, par les institutions organisatrices, photocopies d’articles publiés, transcriptions des cours suivis… ) [29] Le programme de certification est basé sur un "système de points-crédits"accordés pour la participation aux activités de FMC reconnus par le Comité d’Accréditation du Conseil des Médecin de Hong Kong. Le système d’attribution des points- crédits est comme suit [29] : * 2 points par heure pour participation active et 1 heure pour la participation passive * Un maximum de 3 points pour un programme d’une demi-journée. * Un maximum de 5 points pour un programme de toute une journée. * Un maximum de 10 points pour un programme d'une durée de deux jours ou plus. Les médecins inscrits sont tenus de compléter une période d’un cycle de 3 ans d’activités de FMC. Le cycle commence le 1er Octobre, 1e Janvier et le 1e Juillet de chaque année. Un minimum de 90 points-crédit doit être collecté sur une période de 3 ans et un minimum de 30 points de crédit par an est nécessaire. Le Comité d’Accréditation et de FMC du Conseil des Médecins a établi des critères détaillés de reconnaissance (ou de l'approbation) des activités de FMC, dont, fait assez rare, la détermination d’un nombre minimum de participants (un groupe régulier de 5 médecins au minimum est nécessaire pour pouvoir demander l’accréditation de ses activités) Les participants ne peuvent pas gagner plus de 20 points de programme d'autoformation par an [25, 29]. 49"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 50 Les personnes inscrites qui ont réuni les points nécessaires de crédit minimal sont admissibles à la délivrance d'un certificat attestant qu'ils ont atteint un niveau satisfaisant d'activité de FMC sur la période définie. Un tel certificat peut être affiché dans le bureau du médecin. Au terme des trois ans, en cumulant les 90 points-crédits, le médecin aura le droit d’utiliser le titre "CME certified" sur ses cartes de visite [25, 29]. 50"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 51 INDE La régulation de l’exercice médical est complexe en Inde [20]. Il existe un Conseil de l’Ordre national (MCI) qui définit les standards de formation, inscrit les médecins et accrédite les collèges de médecins [20, 47]. Chaque état par ailleurs dispose d’un Conseil propre qui inscrit également les médecins et promeut le DPC [20]. Dans certains états, le Conseil exige une réinscription tous les 5 ans mais ce n’est qu’une obligation administrative [13]. Trois Etats (Maharashtra, Punjab, et le Kerala) ont un système obligatoire de FMC qui demandent aux médecins de compléter 30 heures de FMC tous les cinq ans [13]. En 1985, une cellule de Formation Médicale Continue a été mis en place pour l'amélioration de l'éducation médicale continue et des soins aux patients en Inde [13, 47]. Le MCI coordonne le régime de la FMC ; une subvention annuelle lui est attribuée par le gouvernement central et le Ministère de la Santé et de la famille [20]. Les programmes s’appuyaient initialement sur l'expertise des médecins indiens qui pratiquent aux États-Unis. En 1993, avec l'augmentation de la popularité et l'importance des programmes, le régime a été étendu pour inclure les NRI (Non- Resident Indian), soit les médecins du Royaume-Uni et du Canada [20]. 51"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 52 INDONESIE L’IMA (Association Médicale Indonésienne) ainsi que les organismes qui en dépendent (l’Association des Médecins Spécialistes et l’Association des Médecins de Première Ligne) supervisent depuis avril 2007 un système très bien organisé de DPC obligatoire [30]. Tous les médecins en exercice sont soumis au DPC. Les programmes doivent répondre aux besoins de chaque praticien ; ces besoins doivent être régulièrement réévalués afin qu’ils s’adaptent aux changements. Les programmes doivent toucher aussi bien les sujets cliniques que l’activité non clinique (enseignement, recherche, management) Cinq champs d’activité sont identifiés et inclus dans le DPC [30] : * Activités d’apprentissage * Activités professionnelles * Activités Communautaires * Publications scientifiques * Activités de recherche et de développement scientifique et pédagogique Les pourvoyeurs d’activités de DPC doivent en demander l’accréditation auprès de l’IMA en fournissant notamment des informations sur le programme ainsi que sur les personnes ressources. La preuve de participation à une activité de DPC est l’Unité Crédit (SKP) qui correspond à 1 heure d’activité accréditée par l’IMA. Le nombre de crédits attribués à chaque activité est proposé par l’institution dont dépend le médecin (Spécialistes, première ligne) et prend en compte trois critères : * l’importance du sujet pour la pratique médicale correspondante * l’étendue de la compétence requise pour l’activité * l’accessibilité de l’activité pour chaque membre de la société Mais c’est l’IMA qui fixe définitivement les points crédits attribués à chaque activité [30]. L’IMA exige 250 SKP en 5 ans dont 10% d’activités non cliniques. Le médecin établit lui-même son programme de DPC, avec l’assistance de la Société dont il dépend. Son cycle commence à la date de son inscription à l’IMA. Il lui est fortement recommandé de garder un agenda où il peut suivre l’avancement de ses points SKP. A la fin de son cycle, il doit pouvoir prouver [30] : * Sa participation à des activités de DPC * Ses publications scientifiques * Son portfolio d’activités d’enseignement ou d’auto-formation 52"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 53 Il est à noter que lors de l’application de ce système, il a été confié à des Bureaux de CPD régionaux la gestion provisoire du DPC des médecins de famille. Le suivi d’un programme de DPC donne droit à un certificat de compétence délivré par l’institution correspondante et qui est une condition absolument nécessaire pour avoir un permis d’exercer délivré par le Bureau de DPC de l’IMA [30]. 53"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 54 JAPON Il n'y a pas de système de recertification ou de DPC obligatoire au Japon [35, 66]. L'Association Médicale Japonaise (JMA) mène son propre programme de FMC et de certification pour ceux qui se plient à ses exigences tous les trois ans. Environ 70% de ses membres sont certifiés [40, 47]. Le Conseil Japonais des Spécialités Médicales (JBMS) établit les normes de contrôle de qualité et de certification, assez comparable à l’ACCME aux Etats- Unis. En 2002, le Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales, qui régit la médecine au Japon, a créé son propre système médical d'accréditation de spécialités, distinct de celui du JBMS [24]. Les deux organisations travaillent ensemble à affiner l'accréditation et les systèmes de certification. Les médecins qui réunissent dix unités de crédit ou plus par an peuvent demander un certificat de FMC à la JMA. Si un médecin accumule dix crédits ou plus par an en trois années successives, il reçoit un certificat de reconnaissance pour l'achèvement de la FMC [35]. La JMA a développé divers programmes de FMC pour les médecins. Il s'agit notamment de 106 cours de soins de santé de base, non spécialisés, couvrant des domaines spécifiques comme l'éthique médicale ou la sécurité sociale. Il y a aussi un programme d'études sur des sujets médicaux et qui comporte deux sections, l'une sur les procédures de la pratique médicale et l'autre sur les maladies importantes. Les médecins peuvent étudier ces programmes au sein d’ateliers organisés par les associations médicales régionales ou le faire en privé. Le Journal édité par la JMA est également considéré comme l'un des principaux outils d'apprentissage [35]. Chaque événement donne droit à 1 unité de crédit. Si un médecin assiste à une conférence de FMC, il reçoit un certificat et peut ensuite réclamer trois ou cinq unités de crédit. Prendre part à une activité clinique hospitalière ou à un examen par les pairs donne droit à 5 unités de crédit. Publier un article dans une revue scientifique peut fournir jusqu'à 10 unités de crédit [35, 40]. L'acquisition d'unités de crédit est fondée sur le principe de l'auto-déclaration [66]. Les médecins reçoivent un formulaire de rapport chaque année, qui se présente comme un supplément à la Revue du JMA [35]. Les médecins remplissent le formulaire et y joignent les certificats de tous les cours ou séminaires auxquels ils ont assisté. Ces formulaires sont ensuite envoyés à leur association médicale locale qui les transmet à la JMA. Les formulaires sont ensuite ajoutés à une base de données et les certificats sont envoyés aux médecins [35]. 54"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 55 MALAISIE Le Conseil Malaisien de l’Ordre des Médecins (MMA) st la structure en charge du DPC des médecins. Il est actuellement en train de préparer un système obligatoire de DPC liée à la recertification pour tous les médecins [40, 47, 65]. Pour le moment, le système est basé sur le volontariat et il est en intégralité sponsorisé par le MMA. Il y a environ 300 prestataires d’activités de DPC et plus de 5000 activités sont enregistrées chaque année [47]. Les demandes d’accréditation des activités de CPD doivent se faire au nom de la Commission de DPC du MMA au moins deux semaines avant la date prévue de l’événement selon un modèle et des critères bien définis. L’accréditation est payante [47]. Le prestataire de DPC doit transmettre la liste des présents (signées par les participants) au MMA [37]. Les participants aux activités de DPC auront droit à un certificat du MMA et ceux qui rassemblent 50 points se voient attribuer un « Certificat de Mérite » Le cycle de DPC commence le 1e juillet de chaque année et finit le 30 juin [37]. Les activités accréditables sont divisées en 5 catégories (avec de nombreuses sous- catégories) et le nombre de crédits attribués à chacune varie selon le type et la durée [36]. Il est à noter que le MMA a souscrit un abonnement au BMJ learning qu’il met gracieusement à la disposition de ses adhérents [37]. 55"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 56 SINGAPOUR Le système de FMC/DPC de Singapour est régi par l’Ordre des Médecins de Singapour (SMC) qui dépend du Ministère de la Santé [65]. La FMC est obligatoire depuis 2003 et le médecin doit renouveler son certificat d’exercice (PC) tous les 2 ans auprès de l’Ordre des Médecins [53, 65]. Il est exigé du médecin un minimum de 25 points-crédits de FMC par an, dont 20% ou 5 points (core points) qui sont spécifiques à sa spécialité. Certaines spécialités et modes de pratique sont exemptés de l’obligation des « core points » [53]. Les médecins Singapouriens peuvent depuis 2005 demander leurs crédits auprès du SMC en ligne [53]. Sinon, ils peuvent passer par 3 structures qui feront parvenir leurs dossiers au SMC : * L’Académie de Médecine (uniquement pour ses membres) * Le Collège des Médecins de Famille de Singapour (également pour ses membres et seulement pour la lecture des articles des publications du collège) * L’Association Médicale de Singapour (soumission de tout type de crédit) Trois grandes catégories de FMC sont accréditables par le SMC avec plusieurs sous-catégories et un système de points crédits tel que, en général, 1 point CME est équivalent à 1 heure d'activité de FMC. Les prestataires de FMC/DPC doivent soumettre leurs dossiers au moins 1 mois en avance [52] ; un système de demande d’accréditation en ligne a été mis en place depuis 2005. La liste de présence avec les numéros d’inscription à l’Ordre des Médecins est obligatoirement envoyée au SMC après la tenue de l’activité. En cas de non conformation, le certificat d’exercice n’est pas renouvelé jusqu’à accomplissement du nombre de points crédits demandés [53, 65]. 56"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 57 MOYEN ORIENT 57"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 58 ÉMIRATS ARABES UNIS : ABU DHABI L’Autorité de Santé de Abu Dhabi (HAAD) régit le DPC dans cet émirat. La section de FMC/DPC a été créée en 2002 [64]. Depuis, un système d'accréditation strict qui répond aux normes internationales a été élaboré et des milliers de programmes éducatifs et d’activités ont eu lieu chaque année à Abu Dhabi ainsi que de nombreux programmes de formation continue pour les médecins, les dentistes, les infirmières (CNE), les pharmaciens (CPE), les diététiciens et autres fournisseurs de soins paramédicaux [26]. Un système d’accréditation des structures formatrices a été mis en place en parallèle avec la formation de formateurs en DPC avec l’aide de compétences reconnues, notamment le Collège royal des Médecins et Chirurgiens du Royaume Uni [64]. La HAAD établit également les critères pour accréditer les hôpitaux à caractère formatif et responsables de la formation des stagiaires en médecins [26]. La section de FMC/DPC de la HAAD organise et accrédite des activités éducatives dans de nombreux pays et a signé un accord avec la ACCME pour certifier les programmes organisés localement dans la catégorie 1 de l’AMA [26]. Les demandes d ‘accréditation des activités de FMC/DPC doivent être déposées auprès de la HAAD 6 semaines avant le tenue prévue de l’activité. Les critères auxquels le prestataire de FMC/DPC doit répondre sont stricts [26] : 1- Durée : pas moins d’une heure 2- Besoins : l’activité doit répondre à un besoin bien identifié des participants 3- Planification : es activités doivent être planifiées de façon à maximiser les échanges entre experts et apprenants 4- Accès : nécessité d’une information préalable à large échelle auprès des médecins des dates des activités 5- Objectifs : les objectifs d’apprentissage doivent être bien définis et les médecins doivent en être informés 6- Participation de l’apprenant : 25% du temps imparti doit être réservé à l’interactivité 7- Évaluation et amélioration continue : l’activité doit comprendre une évaluation dont les résultats serviront à l’améliorer 8- Documents de présence : la présence des participants doit pouvoir être documentée et fournie aux participants. 9- Sponsoring : les activités sponsorisées doivent être gérées par un comité réunissant des représentants des professionnels du domaine de la discipline concernée et des participants. La publicité des produits du promoteur n’est pas autorisée. 58"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 59 Par réciprocité, les activités accréditées par les organismes avec lesquels il y a accord de réciprocité (ACCME, RCPS-UK etc) sont automatiquement reconnues par la HAAD [26, 64]. La vérification de la participation des médecins désireux d’obtenir ou de renouveler une licence d’exercice et les écarts entre les exigences et leur pratique se fait par les transcriptions des séances de FMC, les feuilles de présence ainsi que les déclarations et formulaires rédigés par le postulant. Une cérémonie annuelle se tient pour récompenser les médecins méritants [26]. Avec effet à partir de Juin 2008, le renouvellement de la licence pour les médecins et les dentistes qui travaillent à Abu Dhabi est lié à la Formation permanente (CE) [64]. A partir de février 2009, les pharmaciens et les infirmières sont également soumis à ces exigences lors de la présentation de leur demande de renouvellement de licence. Tous les autres professionnels de santé seront bientôt concernés par des exigences similaires pour le renouvellement de licence [26]. Les activités de formation continue sont classées 2 catégories [26] : 1- Les activités relevant de la catégorie 1 comprennent les d'apprentissage formels accrédités par la HAAD (établissements de formation, organismes professionnels) 2- La catégorie 2 couvre surtout les activités d’auto-apprentissage. Le système d’attribution des points-crédits est basé sur l’équivalence 1h = 1pt ; l’attribution des points aux différentes activités est très précis et englobe pratiquement tous les types d’activités de FMC/DPC. * 50 heures par an sont exigées du Médecin dont 25 de catégorie 1. * Un minimum de 10 sur les 25 crédits de la Catégorie 1 doit concerner sa spécialité * Un Maximum de 30 heures peut être obtenu par l’apprentissage en ligne sur des programmes accrédités comme catégorie 1 ; toutefois, seuls 5 points seront comptabilisés dans la Catégorie 1, les 25 autres seront comptabilisés comme catégorie 2. La non validation des crédits exigés entraîne le non renouvellement de la licence d’exercer la médecine [26, 64]. 59"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 60 IRAN La formation médicale est régie par le ministère de la Santé depuis 1986 et le Conseil de l’Ordre des Médecins et ce dans la visée d’une coordination plus efficace entre l'éducation médicale et les besoins des services de santé [65]. Le Ministère de la Santé et de la Formation Médicale définit aussi la politique nationale de la santé [65]. Il y a au moins une université publique médicale dans chacune des 30 provinces (41 facultés de médecine au total). Les présidents des universités de Médecine sont les plus hauts responsables de la santé dans chaque province. Ils sont en charge à la fois des services de soins de santé publique et de l'enseignement médical [23]. Les Universités de Sciences Médicales sont également responsables de la Formation Médicale Continue en Iran [65]. L’institutionnalisation de la FMC a été mise en œuvre en 1991 et la FMC est devenue obligatoire en 1995 [65]. La FMC forme actuellement une partie très importante du Développement Professionnel du médecin iranien [23]. La participation à des programmes de FMC est obligatoire après l'obtention du diplôme, non seulement pour les médecins, mais aussi pour les autres professionnels de la santé [23]. Afin de poursuivre leur carrière professionnelle, le médecin doit obtenir 125 points de crédit sur un cycle de cinq ans. Les universités et certaines associations scientifiques sont chargées d'organiser les activités de FMC. Il existe cinq types de programmes de FMC en Iran [23] : 1- Les séminaires, congrès, ateliers, conférences 2- Programmes professionnels sur une courte durée 3- Services éducatifs et activités de recherche, 4- Programmes d'apprentissage autodirigés 5- Programmes prédéfinis fixes : au moins 40% des 125 points doivent être gagnés à travers cette rubrique qui se compose de ce que les Facultés de Médecine définit comme « must-know ». Différentes méthodes d'enseignement doivent être utilisés dans l'enseignement de ces programmes et le nombre de participants ne doit pas dépasser les 50 à chaque séance ! Depuis 2005, l’Iran a adopté les standards de l’ACCME pour la FMC [65]. A partir de 2007, la formation sur Internet a été reconnue comme moyen de FMC. La principale faiblesse des programmes actuels de FMC est que la certification ou les crédits sont remis aux participants, sans aucune évaluation des résultats obtenus en termes de connaissances, compétences et performances. En cas de non conformation à la fin du cycle de 5 ans, le médecin peut perdre sa licence d’exercer [65] ! 60"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 61 ISRAËL En Israël, l’Association Médicale Israélienne (IsMA) régit la FMC à travers la Commission de Formation de son Conseil Scientifique. La FMC y est encore volontaire et l’obtention de crédits ne donne pas droit à un quelconque avantage [5]. L’IsMA définit les critères d’accréditation des activités de FMC. Les activités de FMC des industries pharmaceutiques, bien que fréquentes, ne sont pas accréditables [64]. Un minimum de 500 points est exigé tous les 5 ans pour obtenir le certificat de FMC. Le système d’assurance maladie israélien permet, par le pouvoir de l’Organisme de gestion de la Santé (HMO) au médecin de disposer de 28 à 52 demi-journées par an pour la FMC, selon son ancienneté. La HMO organise parfois ses propres activités de FMC pour promouvoir certaines politiques de santé [64]. La HMO peut également couvrir 2/3 des dépenses du médecin en activités de FMC effectuées hors de ses horaires de travail [5]. Il n’y a pas de législation pour la recertification ou le renouvellement de licence. Toutefois, le médecin qui ne participe pas aux activités de FMC durant 5 ans verra son nom publié et devra passer un examen avant de pouvoir accéder à une promotion académique ou professionnelle [5]. 61"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 62 KUWAIT L'Institut du Koweït pour les Spécialités Médicales (KIMS) a crée en 1999 son centre de Formation Médicale Continue en Juillet 2000, suite à l’adoption du Développement Professionnel Continu et de l'apprentissage à vie comme une politique nationale de santé [48]. Lors de son lancement, le programme de FMC a été proposé aux Médecins et Médecins dentistes exerçant au Koweit sur une base volontaire, même si certaines mesures d'incitation ont été construites pour encourager la participation [2, 15]. Au fil du temps, le programme a été élargi pour inclure les pharmaciens et autres praticiens ; il leur a été depuis demandé de fournir des preuves de la participation à des activités formelles de FMC / DPC aux autorités administratives, notamment pour l'avancement dans la carrière ou le maintien de la licence d’exercer. Le régime a également été rebaptisé MPC : Maintenance of Professional Competence [15]. Avant le lancement de ce projet, les activités de FMC étaient organisées presque exclusivement par les firmes pharmaceutiques. Depuis, en harmonie avec le programme MPC, le KIMS a décidé d’accréditer les pourvoyeurs d’activités de FMC/DPC [15] : 1. Les Facultés et les comités scientifiques du KIMS ; 2. Les Facultés des Sciences la santé de l'Université du Koweït; 3. Les divisions nationales spécialisées au niveau du Ministère de la Santé, et 4. Les Associations Professionnelles et leurs Sociétés Spécialisées Le programme MPC a été reconnu par le Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada, le Collège Royal des Pathologistes du Royaume Uni en attendant d’autres reconnaissances en cours [15]. Les catégories de FMC/DPC sont au nombre de deux et ressemblent beaucoup à ceux de la HAAD (Abu Dhabi) tout comme le système d’attribution de points- crédits [15]. Le nombre de crédits exigé est de 250 sur 5 ans, dont au maximum 40% de la catégorie 2. 62"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 63 Le KIMS délivre, à travers son centre de FMC/DPC, deux types de certificats [15] : * Certificat MPC: qui certifie l’accomplissementu cycle de 5 ans de FMC / DPC * Attestation de statut de FMC/DPC qui décrit le statut actuel du praticien, lorsqu’il est requis par les autorités administratives pour les décisions relatives aux nominations ou aux promotions, ou à la fin du service du praticien au Koweït. Il est à noter qu’une réflexion sérieuse est en train d’asseoir un système de DPC pour les professions médicales dans les pays du Golfe [2, 50]. " " 63"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 64 Discussion : Quels que soient les systèmes adoptés par les pays que nous avons passé en revue, l’esprit est le même : * Nécessité d’un processus de FMC/DPC afin de garantir des services de santé de qualité ; * Une structure coordinatrice et régulatrice le gère ; * Les activités de FMC/DPC doivent être accréditées comme garantie de qualité ; * Les médecins doivent pouvoir prouver leur participation à un programme de FMC/DPC ; Le tableau 1 récapitule les différents systèmes de DPC étudiés dans ce travail. 1- La structure régulatrice : Dans la plupart des pays étudiés, c’est l’Ordre des Médecins ou la structure équivalente qui régule le DPC des médecins. En effet, l’Ordre accrédite les pourvoyeurs d’activités de DPC mais aussi fournit aux médecins les attestations de crédits et, éventuellement, le renouvellement de leurs licences. Toutefois, dans certains pays où le DPC intéresse plusieurs professions de santé, c’est une Haute structure qui s’en charge, l’Ordre (ou son équivalent) ayant seulement pour rôle alors la délivrance des crédits et des autorisations d’exercer (Afrique du Sud, Abu Dhabi, France) La place du Ministère de la Santé y est très variable : de primordiale (Iran) à très peu impliqué (Canada) 2- Prestataires d’activités de DPC : A part l’industrie pharmaceutique, unanimement mise à l’écart de tous processus d’accréditation de ses activités de FMC, tous les acteurs peuvent prétendre à l’accréditation, avec des variations selon les pays. Le rôle des Facultés de Médecine y est grandissant si ce n’est proéminent (Russie, Grèce, Irlande...) 3- Processus d’accréditation des activités de DPC : Les processus d’accréditation des activités de DPC sont très similaires. Dans pratiquement tous les cas, l’organisme régulateur émet des critères auxquels doit répondre le pourvoyeur de DPC. Ce dernier dépose sa demande appuyée des 64"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 65 justificatifs auprès de l’organisme régulateur et attend son accréditation avant de mener son activité. La plupart des systèmes prévoient des acteurs/activités accréditées automatiquement (activités menées par le régulateur, par les Écoles de Médecine. 4- Attribution des points-crédits aux activités : La cotation des activités par des points-crédits où 1 point équivaut à une heure (ou 45 minutes) est presque unanimement adoptée. Toutefois, elle est hétérogène puisque certaines activités sont mieux cotées que d’autres (selon la technique pédagogique, le contenu, les objectifs, la conformation ou non aux attentes etc) 5- Nombre et types de crédits exigés : Ce nombre est très variable : de 5 Heures-Crédits par an pour le Kenya à 50 points-crédits horaires annuels pour la majorité des pays étudiés voire 100 (Israël). Toutefois, la répartition des crédits varie selon les besoins de chaque pays : certains exigent un pourcentage des crédits dans des sujets d’éthique (Belgique, Japon) d’enseignement ou de management (Indonésie) 6- Conséquences en cas de non compliance : A!Mesures!dissuasives!:!! Les conséquences de non suivi d’activités de DPC ne dépendent pas uniquement du caractère obligatoire ou non du DPC mais aussi de la politique générale du pays ! Il n’est en effet pas rare de ne voir aucune sanction appliquée à un médecin défaillant qui exerce dans un pays où le DPC est obligatoire (Grèce, Italie, Pologne) et de voir des médecins indirectement sanctionnés dans des pays où le DPC est volontaire (Belgique) Les législations les plus sévères comportent l’interdiction d’exercer, le retrait ou le non renouvellement de la licence (Afrique du Sud, Iran, Hongrie, Nigeria, Nouvelle Zélande) Certains pays accordent un répit aux médecins défaillants : délai pour se conformer, aide à poursuivre son DPC… (Kenya, Canada, Pays-Bas) A!Les!mesures!incitatrices!:! Les mesures incitatrices, essentiellement là où le DPC n’est pas obligatoire, sont très variables. Parfois simplement « de prestige » comme la mention sur les cartes de visite de la certification de FMC (Hong Kong) mais aussi des avantages pécuniaires comme le droit au dépassement d’honoraires (Belgique) 65"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 66 7- Place de l’industrie pharmaceutique : Tous les systèmes s’accordent pour ne pas accréditer les activités organisées par les firmes pharmaceutiques. Toutefois, le sponsoring est parfois toléré (Turquie, Isrël). La déclaration de conflits d’intérêts obligatoire et l’établissement d’une charte d’éthique liant prestataires de DPC et industrie pharmaceutique contribuera certainement à minimiser la dépendance de la FMC vis-à-vis des laboratoires. 66"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 67 Tableau 1 – Récapitulation de l’état de la FMC/DPC dans les pays étudiés Pays Nature de la Crédits Programmes délivré Accréditation par… Sanctions FMC (DPC) par an par… EUROPE Allemagne Obligatoire 50 Prestat. accrédités Chambr. Ord. Reg. Retrait de la licence. Autriche Volontaire 50 Chambr. Medic. Chambr. Medic. Aucune Belgique Volontaire 20 Prestat. accrédités INAMI Aucune Espagne Volontaire ND Prestat. accrédités Cons. Esp. Accr Aucune France Obligatoire ND Prestat. accrédités OGDPC ND Grèce Obligatoire 20 Prestat. accrédités Association Médicale Aucune Hongrie Obligatoire 50 Prestat. accrédités Sociétés Médicales Recertification Irlande Obligatoire 50 Prestat. accrédités Cons. Ordre Cons. discipline Italie Obligatoire 50 Prestat. accrédités Comm. Région. DPC Aucune Norvège Obligatoire 40 Fac de Médecine – Assoc. Médicale Retrait de titre de Sociétés savantes. Norvégienne spécialiste Pays-bas Obligatoire 40 Soc. Savantes, autres Association Royale des Réinscription annuelle Médecins Pologne Obligatoire 40 Chambre régionale Chambre Nationale Avis défavorable Royaume Uni Volontaire 50 Collèges Académ. Collèges R. Aucune Russie Volontaire ND Facultés-Instituts Ministère Santé Aucune Suède Volontaire 50 Prestat. accrédités Ass. Profess. Aucune Suisse Obligatoire 50 Sociétés Médic. Fed. Med. Helv. ND Turquie Volontaire ND Prestat. accrédités Ass. Med. Turque Aucune OCEANIE Australie Obligatoire 40 Prestat. accrédités Conseil Ord. Suspension Nouvelle-Zélande Obligatoire 50 Ordres de spécialités Conseil Ord. Suspension AMERIQUE DU NORD Canada Obligatoire 50 Collèges de spécialistes Collèges de spécialistes Retrait de la licence USA Obligatoire 50 Prestat. accrédités Comités/Association Pécuniaire, morale Médicale AFRIQUE Afrique du Sud Obligatoire 30 Prestat. accrédités Haute Autorité de Radiation du tableau Santé - Ordre Kenya Obligatoire 5 Prestat. accrédités Ordre des Méd. ND Nigeria Obligatoire 18 Fac de Méd. Soc. Sav. Ordre Méd. Retrait de licence ASIE Hong Kong Volontaire 30 Prestat. accrédités Ass. Med. HK Aucune Inde (variable) Obligatoire 6 Prestat. accrédités Ordre des Méd. Aucune Indonésie Obligatoire 50 Prestat. accrédités Ass. Med. Indon. Retrait du permis Japon Volontaire 10 Ass. Médicale Jap. Ass. Médicale Jap. Aucune Malaisie Volontaire 50 Prestat. accrédités Conseil Ordre Aucune Singapour Obligatoire 25 Prestat. accrédités Ordre Médecins Retrait de la licence MOYEN ORIENT Abu Dhabi Obligatoire 50 Prestat. accrédités Haute Autorité Santé Retrait de licence Iran Obligatoire 25 Université – Soc. Sav. Ministère Santé Retrait de licence Israël Volontaire 100 Prestat. Accrédités Ass. Medic. – Org Aucune Autres Gestion Santé Kuwait Obligatoire 50 Facultés – Ass. Prof. Institut Sp. Medic Retrait de licence 67"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 68 Propositions pour la mise en place d’un système de DPC pour les médecins en Tunisie Implémenter un processus de DPC en pratique médicale dot obéir à plusieurs impératifs. Il doit répondre à de nombreux critères : * être centré sur le médecin ; * être réalisable dans le contexte tunisien * être facile à comprendre * être facile à gérer * ne pas alourdir la charge et le processus administratifs * ne pas alourdir la charge de travail du médecin * clarté des interactions avec d’autres organismes (CNAM, Organismes accréditeurs, Ordre, etc.) 1- Institutionnalisation du DPC : Dans le cas où le processus de DPC devient obligatoire, comme c’est en train d’être le cas dans de nombreux pays, il conviendra de : • Définir nos propres standards : o nombre de crédits demandés par an ; o pourcentage d’activité entrant dans le cadre de la politique de santé du pays ; o pourcentage d’activité entrant dans le cadre de l’EPP (audit interne ou externe) ; o pourcentage d’activité entrant dans le cadre de la spécialité du médecin ; • Définir des mesures incitatives : Les mesures incitatives seules sont utilisées dans certains pays où le DPC n’est pas obligatoire et ça marche parfois. Parmi ces mesures, on peut citer : o La permission de faire des dépassements des honoraires conventionnels avec la CNAM (qui les prendra en charge) o Les avantages fiscaux (TFP, déductions…) o Le remboursement par la CNAM des heures passées en DPC selon un barème bien défini o Un parallèle pourrait être fait avec la cotisation des médecins à l’Ordre des médecins ; en effet, n’étaient certaines prestations dont ils ont besoin, de nombreux médecins ne la paieraient pas. Il est 68"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 69 possible d’imaginer qu’un médecin ne pourrait obtenir des documents de la part d’un CROM que si son parcours DPC est à jour. • Définir des mesures dissuasives : Ces mesures doivent êtres raisonnables et applicables. En effet, de nombreux pays ont légiféré lourdement dans ce sens mais les textes ne sont pas mis en œuvre dans la plupart des cas. Il est proposé d’agir de façon progressive : o Dans un premier temps, étudier le cas afin de relever les raisons de ce retard et aider, le cas échéant, le médecin défaillant (pairs, associations, syndicats etc.) o Ensuite, donner au médecin qui n’a pas accompli le nombre de crédits demandé un délai raisonnable pour le faire ; o Enfin, transfert du cas à l’autorité ordinale qui prendra les dispositions nécessaires (en dernier ressort, retrait de l’autorisation d’exercer jusqu’à preuve d’accomplissement de ce qui lui est demandé) • Définir un processus de contrôle et d’évaluation : « Le monitorage et la compliance des activités de DPC sont les aspects les plus difficiles lors de l’implémentation d’une politique de DPC» [19] Le processus de contrôle des activités de DPC et qui revient dans tous les schémas de DPC de par le monde est l’audit. Il est ainsi proposé : o Qu’il soit demandé à l’Organisme de Certification des Services de Santé (OCSS) par l’organisme régulateur (si ce dernier n’en dépend pas) ; o Qu’un nombre bien défini de médecins soit audité chaque année au hasard ou selon des critères à définir ; o L’audit concernera les documents prouvant la participation à des activités de DPC (à opposer, le cas échéant, aux données des prestataires d’activité de DPC) o Cet audit ne sera pas sanctionnant pour le médecin. Il est par ailleurs important d’auditer le système lui-même ; ce rôle sera confié à l’OCSS qui en fixera les différents aspects. En effet, il ne faut pat oublier l’objectif ultime d’un tel système : un impact positif sur la santé ! Comme le souligne Zedini [72], l’évaluation qualitative des résultats de la FMC en termes économiques ou scientifiques (qui est actuellement une grande lacune dans l’ensemble des 69"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 70 systèmes de FMC existants) doit faire partie intégrante du processus d’organisation de la FMC." • Quelles sont les activités de DPC accréditables ? Les mêmes activités reviennent toujours dans les expériences internationales : les congrès, conférences, ateliers interactifs, auto-formation, étude de la littérature, stages pratiques, mais aussi publications, animation de séances de FMC, enseignement etc. sans oublier la formation par Internet et les NTIC. L’Organisme régulateur se chargera de fixer les crédits attribués à chaque type d’activité à travers les représentants des institutions intéressées (Facultés de Médecine, Sociétés savantes) en son sein. • Qui accrédite les activités de DPC ? Il est proposé que l’Organisme Régulateur du DPC accrédite les sociétés médicales professionnelles et autres pourvoyeurs d’activités de DPC selon un cahier de charges et des standards définis en se faisant aider par les Facultés de Médecine. Les activités de DPC proposées par ces sociétés, associations et autres syndicats seront considérées comme accréditées. L’Organisme régulateur du DPC fera régulièrement auditer ces activités par des auditeurs de l’OCSS formés à cette fin. • La recertification ? Elle pourra être : o soit instituée comme corollaire d’une sanction de retrait d’autorisation d’exercer par l’Ordre et préalable à la reprise de l’activité ; o soit être discutée pour certaines spécialités même hors défaillance au DPC (chirurgicales, notamment) o ou alors être proposée à tous les médecins selon un cycle déterminé (tous les 5 ans, par exemple) sur la base de preuves de suivi d’un programme de DPC. o Imposée à tout médecin qui cesse toute activité médicale durant une période de 3 ans, par exemple. 70"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 71 2- Organisation du DPC : a. Organisme régulateur : Dans l’état actuel des choses, il convient de penser à ne pas alourdir l’administration par la création d’organismes nouveaux qui coûteront beaucoup à la communauté alors qu’il est plus efficient d’optimiser ce dont nous disposons. Toutefois, en cas de projet holistique et systémique, il est tout à fait plausible d’envisager que le DPC soit régi par un organisme de certification des soins de santé en général comme ce sera discuté ci-après. Son rôle en matière de DPC sera : * de faire préparer un cahier de charges régulièrement mis à jour, en association avec les Facultés de Médecine, le Ministère de la Santé, l’Organisme de Certification des Soins de Santé et les Sociétés Savantes ; * de définir avec les instances concernées (Ministère de la Santé, Facultés de Médecine, CNAM, Sociétés savantes) les crédits allouables à chaque type de formation accréditable ; * de mettre régulièrement à jour en accord avec le Ministère de la Santé la liste des domaines ou sujets de formation prioritaires (problèmes de santé communautaire, éventuels programmes nationaux etc) * d’accréditer les associations, sociétés et autres pourvoyeurs de DPC ; * délivrer les attestations de crédits aux médecins qui en font la demande ; * ordonner des audits auprès de l’OCSS pour les médecins (vérifier qu’ils suivent un programme de DPC) et pour les pourvoyeurs d’activités de DPC (vérifier leur conformité au cahier de charges) ; * étudier les cas des médecins défaillants afin de leur proposer la meilleure aide ; * décider des suites éventuelles à donner au non suivi des activités de DPC ; La question qui se pose est qui va se charger de cette charge ? Plusieurs options sont possibles et l’expérience internationale prouve que chaque pays a fait son choix propre selon ses réalités, les différentes tâches pouvant être réparties sur deux organismes et non pas un seul, par exemple. i. L’Ordre des Médecins ? Il est indéniable que ce sera à l’Ordre des Médecins d’avoir le dernier mot quand à l’autorisation d’exercer d’un médecin. Dans beaucoup de pays qui se sont engagés dans un processus de DPC, l’organisme régulateur est l’Ordre des Médecins ou bien l’institution qui joue son rôle là où il n’existe pas. 71"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 72 Plusieurs éléments plaident en la faveur de l’Ordre des Médecins : * C’est la seule institution qui regroupe tous les médecins, qui a l’autorité suprême en matière d’exercice médical, qui jouit du plus grand respect au sein de tous les médecins et qui dispose d’un cadre législatif avec des prérogatives assez larges, c’est le Conseil de l’Ordre. * C’est une institution qui existe : il ne sera pas besoin d’en créer une autre ; * L’Ordre dispose de la base de données la plus complète, moyennant une mise à jour régulière, des médecins exerçant en Tunisie ; * L’Ordre dispose de fonds conséquents, régulièrement alimentés par les cotisations annuelles des médecins inscrits. Une petite partie seulement est utilisée pour son activité : il n’y aura probablement pas beaucoup de dépenses supplémentaires générées par une activité régulatrice de DPC ; * L’Ordre est déjà organisé en Conseil National et Conseils régionaux : l’institution d’une structure nationale et de structures régionales suivra naturellement celles de l’Ordre puisqu’elles en émaneront ; * Il existe une large marge d’optimisation du travail au sein des conseils régionaux : il n’y aura probablement pas interférence avec les autres activités de l’Ordre ; * L’hébergement de cette Organisme de DPC au sein de l’Ordre est une assurance de pérennité ; en effet, quelles que soient les transformations ultérieures dans le système de santé ou dans l’exercice de la médecine, il est peu probable que l’Ordre perde ses prérogatives actuelles. Au contraire, la création de nouveaux Conseils Régionaux, par exemple, permettra automatiquement la création d’Organismes Régionaux de DPC, tout comme l’élargissement probable de leurs prérogatives leur donnera plus de champ. Toutefois, certaines critiques peuvent être soulevées : * Le Conseil de l’Ordre dans l’état actuel de la législation ne pourra nullement s’acquitter de cette tâche. Une réforme profonde devra être entreprise en parallèle, avec, notamment, la multiplication de Conseils Régionaux et la professionnalisation de ceux qui y seront : les exigences actuelles ne supportent plus l’amateurisme et le volontariat. Un travail à plein temps est indispensable. * Dans le cas d’une création éventuelle, d’un organisme de certification des services de santé, il y aura probablement interférence avec ce dernier en matière de DPC. 72"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 73 ii. La Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ? Exemple : la Belgique. A travers l’INAMI, le système Belge s’accommode très bien de son système basé sur le volontariat et les mesures incitatives financières. La CNAM Tunisienne aura certainement un rôle à jouer dans le DPC des professionnels de santé en Tunisie. Mais il est très peu probable de la voir chapeauter tout un système de DPC des médecins car il existe une grande méfiance et un manque de confiance qui ne fait que se chroniciser de la part des prestataires de soins envers cet organisme. iii. Une structure indépendante ? Il n’est pas judicieux de penser à une structure indépendante d’accréditation si elle s’astreint uniquement au DPC des médecins : ça ne ferait qu’alourdir l’administration et empiéter sur les champs d’action de l’Ordre. Toutefois, s’il s’agit d’une méga-structure indépendante d’accréditation des services de santé, y compris celle du DPC de tous les professionnels de santé, y compris les médecins, la coordination avec l’Ordre des Médecins n’en serait que bénéfique : cet Organisme d’Accréditation accréditerait les prestataires de DPC et l’Ordre délivrerait les attestations de crédits et, éventuellement, les autorisations d’exercice ou les décisions de recertification, le cas échéant. b. Pourvoyeurs de DPC : Il est raisonnable de garder ce qui est existant : syndicats, sociétés savantes, facultés de médecine, hôpitaux, associations de FMC etc. et d’encourager les regroupements d’organismes similaires pour une meilleure organisation. Il est important de laisser au médecin la latitude de choisir les structures avec lesquelles il veut suivre un programme de DPC. Toutefois, il leur sera demandé de faire accréditer leurs activités après conformation à un cahier de charges à retirer auprès de l’instance ordinale. Il incombera aux pourvoyeurs de définir leurs plans de DPC (détermination des besoins, choix des sujets, organisation etc.) c. Médecins intéressés : Tous les médecins exerçant en Tunisie, quel que soit leur mode ou lieu d’exercice, quelle que soit leur spécialité, sont tenus de suivre un programme de DPC. Il sera néanmoins tenu compte des particularités de chaque mode, type d’exercice ainsi que de chaque spécialité. 73"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 74 d. Financement des activités de DPC : * Il conviendra de laisser la porte ouverte aux sponsors (firmes pharmaceutiques) de DPC tant que le cahier de charges est respecté (notamment en matière de liberté de choix des sujets, des techniques pédagogiques utilisées, de l’indépendance des personnes ressources etc.) La figure 4 propose un Modèle de convergence d’intérêts pour la participation de l’industrie pharmaceutique dans le DPC en médecine. * La CNAM aura peut-être intérêt à s’impliquer dans l’incitation au DPC plutôt que par une participation directe au financement. * Le Ministère de la Santé devra s’impliquer surtout en matière de DPC en rapport avec la politique de santé (mesures préventives, programmes éventuels selon la situation etc.) * Les structures hospitalières devront réserver une partie de leur budget au DPC de leur cadre médical (et para-médical) * Les administrations employant des médecins devront leur financer leur DPC. * Enfin, le médecin lui-même devra accepter l’idée de payer pour se former, tout en ayant le droit de se faire rembourser les frais occasionnés par le DPC. e. Évaluation des Pratiques Professionnelles : Le médecin, quel qu’il soit, devra s’inscrire dans une démarche Qualité qui sera une partie intégrante de son DPC. Dans tout processus de DPC orienté vers la qualité, l’EPP est un élément incontournable : * Elle se traduit par la mise en relation des pratiques médicales avec les recommandations de bonnes pratiques ; * Elle implique l'analyse des données cliniques et permet la confrontation et le suivi des résultats ; * Elle entraîne une actualisation des modalités de prise en charge et une amélioration continue de la qualité des soins. Il devra être bien clair que cette EPP sera formative et non pas sanctionnelle et ne devra pas alourdir les activités du médecin. Dans la validation de son DPC, le médecin doit prouver sa participation à une EPP. L’audit des activités est l’action la plus largement utilisée de par le monde. Ainsi, l’un des rôles du futur OCSS sera de former les médecins à l’EPP en les initiant à ses différentes modalités (groupes d’analyse de pratiques entre pairs, les réunions de concertation pluridisciplinaires, les réseaux de soins, les staffs EPP, les revues 74"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 75 de morbi-mortalité utilisant différentes méthodes tels l’audit clinique, les chemins cliniques, les revues de pertinence, le suivi d’indicateurs…) La validation d’une EPP procurera au médecin un nombre de crédits à définir et qui devra représenter un pourcentage conséquent de l’ensemble des points requis. Un élément important concernant l’EPP est la nécessité de disposer de données exploitables. Il sera conseillé d’encourager les médecins et les institutions publiques ou privées à recourir au Dossier Médical Informatisé. La législation concernant l’utilisation des données informatiques personnelles existe depuis 2004 (Loi organique n° 2004-63 du 27 juillet 2004 portant sur la protection des données à caractère personnel) 3- En pratique : * Le médecin : Le médecin, qui est au centre du processus de DPC, aura la liberté de faire son programme et de choisir parmi les nombreuses activités de DPC proposées. Il devra tenir compte des exigences de la structure nationale de DPC (Conseil, Collège, Bureau…) en matière de priorités, de la pertinence de ses choix avec les compétences exigées par sa spécialité et son domaine d’activité etc. A chaque activité, il lui sera remis une attestation de participation par l’organisateur de l’activité (voire même une attestation de crédits) Il pourra la faire valider par la structure régionale de DPC (sous forme d’une attestation créditante) ; une autre option serait d’informer au fur et à mesure l’organisme qui gère le DPC de ses activités. Au terme d’un cycle de 5 ans, il devra pouvoir prouver sa participation à un programme de DPC. Une attestation quinquennale lui sera alors délivrée par l’autorité Ordinale et un nouveau cycle sera entamé. Sinon, un délai pourra lui être accordé pour se conformer ou un plan de rattrapage proposé avant d’en référer à l’Ordre des Médecins pour décision. * Les pourvoyeurs de DPC : Les associations, syndicats ou autres structures organisatrices d’activité de DPC retireront auprès de la structure accréditante un cahier de charges auquel elles devront se conformer pour obtenir l’accréditation de leurs activités. Chaque activité fera l’objet d’une demande adressée à la structure régionale selon un modèle bien défini. Une fois l’accréditation obtenue, l’activité qui aura lieu donnera droit au médecin qui la suit à ses points de crédit correspondants. 75"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 76 Il peut être envisagé que certains organismes accréditent eux-mêmes leurs activités après avis de la structure nationale de DPC. * Les Structures de DPC (Conseils, Bureaux, Collèges… ) Dans le cas d’un Organisme de Certification National, toutes les demandes d’accréditation d’activités de DPC devront lui être soumises (ou à des représentations régionales) ; chaque corps professionnel aura à statuer sur l’aptitude de ses membres à exercer selon le suivi ou non d’un processus de DPC. Sinon, dans l’attente d’une telle structure, l’Ordre des Médecins pourra jouer ce rôle et sous sa Présidence ; les textes qui les régiront devront être inclus dans la prochaine loi sur l’exercice de la médecine et permettre leur évolutivité en n’en traçant que les grandes lignes. a. La structure Nationale : Elle aura pour rôle o de tracer la politique nationale de DPC ; o préparer les cahiers de charge de DPC ; o ordonner des audits (sur sa propre structure, sur les pourvoyeurs de DPC, sur le fonctionnement du processus…) o permettre à certains pourvoyeurs de DPC d’accréditer leurs activités ; Elle pourra être composée de représentants o de l’Ordre des Médecins o des Facultés de Médecine ; o du Ministère de la Santé ; o de la CNAM o des Sociétés Savantes b. Les structures Régionales : Elles auront pour rôle : o La délivrance d’attestations de crédits aux médecins qui ont participé à des activités de DPC ; o Demander des audits (notamment sur les activités de DPC et sur leur propre fonctionnement) o Le recueil d’information sur les activités de DPC ; o Examiner les demandes d’accréditation des activités de DPC et les accréditer en cas de conformité au cahier de charge préparé par la structure nationale ; 76"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 77 Elles seront composées de médecins représentants : o des Conseils Régionaux de l’Ordre des Médecins o des Facultés de Médecine ; o des directions régionales de la santé ; o de la CNAM ; La figure 5 schématise le circuit proposé pour le DPC du médecin, entre Organisme de Certification et Ordre des Médecins. La figure 6 décrit le parcours du médecin dans son processus de DPC La figure 7 propose un schéma d’interrelation entre les différents acteurs du processus de DPC ainsi que leurs rôles respectifs. * DPC et NTIC : Toute la démarche de DPC entreprise par les pourvoyeurs de DPC (retrait de cahier de charge, demande d’accréditation des activités de DPC, programme, information de la structure de DPC etc.) et les médecins (programme d’activité de DPC, attestation de crédit, dépôt de rapport d’EPP etc.) pourra être réalisée à distance à travers le site de le structure de DPC (Nationale et/ou Régionale) selon les mêmes modalités. Par ailleurs, les médecins auront également la possibilité de demander auprès de la structure de DPC, qui les examinera au cas par cas, l’équivalence de leurs crédits obtenus sur des sites de DPC étrangers. Les sites des structures de DPC devront contenir toutes les informations utiles aux médecins et aux pourvoyeurs de DPC. 4- Obstacles et solutions proposées Plusieurs obstacles peuvent freiner l’implantation d’un système de DPC en Tunisie. Des solutions peuvent être proposées comme dans le tableau 2 Tableau 2 - Obstacles et solutions à l’implantation d’un système de FMC/DPC [12] Obstacles Solutions Démotivation Changer les mentalités, Reconnaissance, Incitations, Sanctions si nécessaire Manque de temps Meilleure organisation, répartition du temps de travail… Problèmes financiers Dépenser avec parcimonie, viser la formation plus que la convivialité… Difficultés d’accès Information, publicité pour les activités de FMC/DPC… Manque de savoir-faire Auto-apprentissage, travail en atelier, formation de formateurs… Acceptabilité Changer les mentalités, axer sur les besoins, éviter la routine 77"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 78 Figure 4. Modèle de convergence d’intérêts pour la participation de l’industrie pharmaceutique dans le DPC en médecine (Inspiré de Dennis Wentz [60]) Aire&idéale&pour& le&partenariat& «&commercial&»& Besoins&du&patient& " Intérêts&commerciaux& Défauts&de&qualité& du&système&de&santé& Défauts&dans&la&performance& du&pourvoyeur&de&soins& 78"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 79 Figure 5 – Schéma du circuit proposé de DPC du Médecin : Activités de DPC Constitution du dossier Adresser au Bureau de DPC les justificatifs sur 5 ans (par ex.) Non transmission Transmission du dossier du dossier Bureau de DPC Oui Délai pour se Vérification conformer du suivi de DPC < xx crédits ≥ xx crédits Non Adhésion Plan de Information du rattrapage Refus Conseil de l'Ordre Sanctions Attestation 79"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 80 Figure 6. Processus suivi par le médecin, quel que soit son mode d’exercice et sa spécialité dans son parcours de DPC. Pourvoyeur! de!DPC! AcXvité!DPC! Médecin! Choix!du! Pourvoyeur! (ou! pourvoyeur! AestaXon! de!présence! de!DPC! employeur)! de!DPC! Médecin! Structure! (ou! Programme! Régionale!de! de!DPC! Crédit! employeur)! DPC! 80"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 81 Figure 7 : Intervenants du processus de DPC Facultés de Médecine RBP, programme de DPC, EPP, Cahier de charge, formation… Sociétés Ministère de la savantes Santé - DRS RBP, programme de DPC, EPP, avis... Programmes, priorités, DPC pour les MSP, avis, formation… Programme, priorités Cahier de charge, Information, incitations, OCSS Liste de présence Prestataires CNAM Bureau de de DPC FMC conventionnelle… DPC Programme, accréditation… Attestations, EPP, FMC, programme, Accompagnement… aide aux défaillants… Syndicats de Médecins Médecins Attestations, sanctions avis, autorisations… Ordre des Médecins OCSS : Organisme de Certification des Services de Santé CNAM : Caisse Nationale d'Assurance Maladie DRS : Directions Régionales de la Santé DPC : Développement Professionnel Continu " 81"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 82 Conclusion : La nécessité que chaque médecin s’inscrive dans un processus de Développement Professionnel Continue n’est plus à démontrer. Le nombre sans cesse croissant de pays qui ont implémenté rapidement un système qui le régit démontre le ressenti de ce besoin et, chose importante, la relative facilité de l’asseoir. En effet, il n’est pas difficile de créer une structure de DPC ; ce travail a permis de démontrer que l’ossature est partout la même : une structure centrale (certains systèmes fonctionnent même avec une poignée de volontaires !) qui est garante de la qualité des formations proposées par des prestataires de services de formation de médecins lesquels s’inscrivent dans ce processus selon leurs besoins. Cette même structure ou une autre qui régit l’exercice médical, garante de la qualité des soins que ses adhérents fournissent, certifie les médecins qui suivent ce processus de formation couplé à l’évaluation de leurs pratiques professionnelles. Sauf que rien n’est jamais parfait et des difficultés existent partout, chaque pays s’efforçant d’y trouver des solutions selon sa réalité. Encore faudrait-il que ce système existe pour en découvrir les problèmes et en surmonter les obstacles. En Tunisie, nous nous targuons d’avoir une médecine de qualité, ce qui est probablement vrai, mais qui n’a jamais été mis à l’épreuve. Le monde médical a, des années durant, évolué sans nous en matière de Développement Professionnel Continu mais il n’est certainement pas trop tard pour prendre le train en marche. La volonté des professionnels de la santé se fait de plus en plus entendre pour créer un système, quelle que soit la forme qu’il puisse prendre, qui leur permette de viser la qualité car au bout du compte, nous ne devons jamais oublier que nous sommes, en tant que médecins, au service de notre prochain et que nous lui devons des services de qualité, chose qui ne pourra se réaliser qu’à condition que nous mettions constamment en question nos compétences, face aux données sans cesse renouvelées de la science et face aux exigences toujours plus grandes de nos frères, les humains. 82"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 87 57- Colloque UNAFORMEC : Recertification des médecins en exercice - Paris, 21, 22 novembre 1998 - p.66 (http://www.unaformec.org/publications/textesdivers/Recertification.PDF consulté en avril 2012) 58- VARTANIAN F. - Medical education in Russia - Globe CPD - 2008 (http://www.globecpd.org/pdfs/educationinrussia.pdf ) 59- W Dale Dauphinee - Revalidation of doctors in Canada - BMJ 1999, 319, p.1188–90 60- WENTZ K. D. - Continuing Medical Education : looking back, planning ahead - UPNE, jul. 2011 - 407 pages - p.274 61- ibid - p.281 62- ibid - p.337 63- ibid - p.339 64- ibid- p.349 65- ibid- p.351 66- ibid - p.354 67- ibid - p.355 68- WFME - Continuing Professional Development (CPD) of Medical Doctors : WFME global standards for quality improvement - WFME Office: University of Copenhagen · Denmark · 2003 (http://www.saidem.org.ar/docs/Normas/WFME.%20Continuing%20professional%20developm ent.%20Global%20estandards.pdf ) 69- YAMAN H. - Continuing medical education in Turkey: Recent developments -BMC Medical Education 2002, p. 2-6 (http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1472-6920-2-6.pdf) 70- YOUNGSON G. & al. - The UK Proposals for Revalidation of Physicians : Implications for the Recertification of Surgeons - Arch Surg, jan 2010, 145, 1 (http://archsurg.ama- assn.org/cgi/reprint/145/1/92.pdf ) 71- ZARRIN S. - CPD in Pakistan: ready to take off- Isra Medical Journal, 2009,1, 3, p.64 – 67 http://uwa.academia.edu/ZarrinSiddiqui/Papers/143302/CPD_in_Pakistan_ready_to_take_of consulté en juillet 2012. 72- ZEDINI Ch. - La Formation permanente des médecins généralistes et sa planification - Mémoire de Mastère en Médecine de Famille - Faculté de Médecine de Sousse - 2011 87"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 88 Annexe 1 : Déclaration de Consensus du CPME en matière de DPC – 2006 [56] C O N T I N U I N G P R O F E S S I O N A L D E V E LO P M E N T Luxembourg, 14 December 2006 Continuing Professional Development Improvning healthcare quality, ensuring patient safety Consensus Statement Within our lifetimes major advances in medicine have 2. It is an ethical and professional responsibility of been, and continue to be made. The implementation of every practising doctor to ensure that the medical these is dependent on doctors learning how new techni- care they provide for patients is safe and based on va- ques, therapies and clinical concepts can improve the lid scientific evidence. In order to achieve this, every quality and safety of care they provide for patients. Since doctor must engage actively in CPD appropriate to its establishment the medical profession has recognised the their medical practice. importance of education, noting this as a core feature of its professionalism and a fundamental ethical principle. 3. Ultimately it is patients who benefit from the In this new century – characterised by an accelerating pace involvement of their doctor(s) in CPD – through of change, increasing complexity, an unprecedented growth the improved quality and safety of medical care. in information, and ever-increasing societal expectations Patients also benefit from the greater availability of – it is essential that doctors are supported in their continu- medical educational material, by being more able to ing education, from medical school to retirement. Suppor- learn about their own health, illness and treatment. ted in this way, and entrusted with this responsibility, This knowledge would be even further improved by doctors will be more able to apply the beneficial effects of enhancing the role of doctors in information for and education, thus developing and improving their clinical communication with their patients. performance. In addition to contributing to improvements in the care 4. Irrespective of the nature of the healthcare system – of individual patients, CPD also plays an important part in whether employer-based, directpaying, or insurance- improving the quality of healthcare systems. This is through remunerated – resources must be allocated to ensure increasing doctors’ awareness of the need for, and how to that doctors are able to take part in CPD. Resources achieve improved healthcare. By virtue of their clinical to support CPD include: educational activities; access and managerial responsibilities, doctors are well-placed to to information technology; time for doctors to engage implement beneficial changes to the quality, efficiency and in education; peer support for a “learning culture”, effectiveness of healthcare. and; financial resources and an educational structure While primarily directed at CPD for doctors, the prin- to support these. ciples of this statement are applicable in the context of the multi-disciplinary and multi-professional nature of 5. Doctors are very familiar with learning, but learn in modern healthcare and can also apply to other health individual ways; recognition must be given to this. professions. Doctors should be supported in being able to use the learning methods that they prefer, based on an 1. Continuing Professional Development (CPD) can be assessment of their learning needs, and educational defined as the educational means by which doctors opportunities must be sufficiently varied to provide ensure that they maintain and improve their medical for this. However, doctors should also be encouraged competence and clinical performance. As such CPD to develop new ways of learning, and to learn how incorporates and goes beyond Continuing MedicalE- to make the most of new technologies that can assist ducation (CME). with medical education. 88"
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    Le Développement ProfessionnelContinu du Médecin : revue documentaire et perspectives - Page 89 C O N T I N U I N G P R O F E S S I O N A L D E V E LO P M E N T 6. Every practising doctor must maintain those compo- 10. Doctors should reflect on what they have learned and nents of CPD that apply for all doctors, such as good on how this can be applied in their clinical practice. communication, team-working, learning from audit Every doctor, preferably in a peer dialogue, should and research. Similarly, each doctor must engage in regularly review the outcomes of their CPD, and con- “specialised” aspects of CPD, which are specific for sider what areas need to be addressed before the next each speciality, or sub-speciality, and are relevant to review. To assist with this, doctors should keep a re- their individual area of medical practice. cord of their CPD activities, ideally emphasising what they have learned. In addition to being supportive of 7. Specific attention must be given to the doctor’s work good education, a system such as this – based on peer environment, to ensure that this is supportive of review of CPD goals set and achieved – also provides learning “on the job”. This will encourage doctors to the basis for accountable self-regulation. reflect on, and learn from issues directly applicable to their clinical practice. As important members of- 11. In order to ensure that doctors can know that they healthcare teams, doctors should also be encouraged are taking part in formal CPD activities that fulfil to support multi-disciplinary, and multi-professional appropriately high quality standards, a quality as- team learning where that is relevant to the care of surance system, based on accreditation of CPD events patients. and validation of providers, must be enforced. While usually these are national systems, in the case of the 8. Doctors also should take part in medical educational European Accreditation Council for CME (EACCME) activities outside the workplace, such as learning accreditation can also be confirmed for international through reading, e-learning activities, small group meetings. learning, and clinical conferences. These support the development of learning with reference to externally- 12. There must be appropriate regulation of formal CPD set educational standards. activities. All providers of formal CPD activities must adhere to policies – usually national - that ensure such 9. It is important to ensure that learning also oc- CPD will be free of any form of bias. There must be curs when there may have been problems related to a clear declaration by organisers and lecturers of any medical care. Accordingly, learning should be linked potential or actual conflict of interest, and transparen- to clinical audit, patient and colleague feedback, and cy regarding the funding of educational activities. clinical/critical incident reporting systems, thus en- suring that these contribute to a culture of improving quality and safety. 89" 34
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    Faculté de MédecineIbn El Jazzar Sousse Tunisie Année universitaire 2011/2012 Mémoire pour le diplôme de mastère professionnel Médecine de Famille N° ……………………… Nom et Prénom: BOUZAOUACHE Foued Titre du Travail: Le Développement Professionnel Continu du Médecin : revue documentaire et perspectives …………………………………………………………….............................................. Résumé Avec la progression incessante des connaissances en médecine et l'élargissement des champs de compétences et des habilités exigées de la part du médecin, quel que soit son exercice, le maintien des connaissances, pour essentiel qu'il soit, n'en est pas moins insuffisant pour garantir une médecine de qualité. C'est ainsi que nous assistons depuis près de deux décennies à une activité fébrile de par le monde vers ce qui est désormais appelé le Développement Professionnel Continu du Médecin (DPC). Ce travail a colligé plus d'une trentaine d'expériences internationales de DPC en s'intéressant à leur structure, leur organisation et leurs interactions avec les différents acteurs dans le champ de la Formation Médicale. Cette revue a servi ensuite à dessiner les grandes lignes d'un système de DPC applicable à la Tunisie, tenant compte de ses particularités et qui pourrait être rapidement mis en place. Médecine de la famille – Développement Professionnel Continu Mots-clés Médecin – Revue de la littérature