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Le modèle républicain pour les immigrés et
leurs descendants
Sous la direction de Anne Ruel
Erika Nakagawa
SOS Racisme
Internships in Francophone Europe—Paris
Printemps 2014
  2	
  
Remerciements
Merci à Anne Ruel ma tutrice pour sa patience et conseils. Sans son aide, je n'aurais jamais pu
développer mon sujet jusqu’à ce niveau. 	
  
	
  
Merci à Flore Ganon et Chloé Scialo pour votre patience et pour m’avoir montré comment SOS
Racisme lutte contre le racisme et les discriminations. C’était une expérience incroyable d’avoir pu
assister au procès et de participer à des testings. 	
  
	
  
Merci aux stagiaires de SOS Racisme pour leur patience et leur aide pendant mon stage. Nos
conversations m’ont donné beaucoup plus de perspective sur la société française et c’était eux qui
m’ont donné l’inspiration pour le sujet de ce mémoire.	
  
	
  
Merci à l’équipe IFE y compris de Thomas Roman, Timothy Carlson, et Guillemette Magnier pour
leur soutien constant au cours de chaque étape du semestre. Sans eux, je n’aurais jamais pu améliorer
mon français à ce niveau. 	
  
Merci à ma famille pour leur soutien constant. Sans eux, je n’aurais jamais imaginé être capable de
venir et étudier à Paris.
  3	
  
Table de Matières
Remerciements 1
Introduction 4
I. L’Intégration des immigrés 5
i. Définition et l’histoire
ii. Devenir « française » : Obtenir la nationalité selon la loi 7
iii. La réalité d’exclusion: le racisme et les discriminations, un rejet de la société 8
iv. Communautaire vs. Communautarisme 14
II. Les descendants des immigrés 15
i. L’ascenseur social : problèmes d’insertion à travers l’éducation et le travail
dans le sphère publique
ii. La vie familial : formation d’une identité culturelle à travers la langue 19
iii. Les banlieues : l’isolement des jeunes et l’anomie 20
Conclusion 22
Bibliographie 23
  4	
  
Introduction
« Mais t’es Chinois, non? » J’étais dans un taxi à 3 heurs du matin quand le
chauffeur m’a posé cette question qu’on me pose tout le temps en France. Quand j’ai dit que je suis
japonaise, il m’a répondu avec, « Mais les chinois et les japonais, il n’y a pas de différence ». Pour le
reste de mon trajet, ce chauffeur a essayé de me convaincre que ces deux ethnies sont les mêmes parce
qu’ils pratiquent la même religion. Il ne voulait pas entendre mes réfutes. Pendant mon séjour à Paris,
je me suis trouvé face à un niveau d’ignorance que je n’ai jamais rencontré auparavant. Mais pourquoi
est-ce qu’il y a autant d’ignorance quand il y a tant d’immigrés ? Que font les gens pour lutter contre
les actes d’exclusion en France ? C’est des questions comme cela qui m’ont mené à la porte de SOS
Racisme, une association qui lutte contre le racisme et les discriminations.
Quand nous voyons la société d’une perspective sociologique, nous voyons que la
société est toujours divisée en groupes à cause des différences. Que ce soit par classe sociale, le sexe
ou l’ethnie, les stigmatisations de ces catégories intrinsèques ont toujours été des obstacles pour la
solidarité. En attendant, à cause de l’augmentation constante de la communication globale, la
circulation entre les frontières des pays est devenue de plus en plus fréquente. Par conséquent, ces
différences sont maintenant accentuées par l’idée des « étrangers » et « ceux qui appartiennent ». Par
exemple, selon l’un des chapitres dans Soziologie du sociologue Georg Simmel, l’étranger est un
catégorie sociale qui est ni un inconnu, qui n’a aucun lien avec la société, ni un nomade, qui vient un
jour et repart un autre. En effet, l’étranger est un membre de la société qui reste et participe dans la vie
mais qui a une certaine distance entre lui est les autres. De plus, Simmel postule que ce statut comme
étranger n’existe pas à cause de la différence de la classe sociale, le sexe, ou de l’ethnie. Il y a une
distance entre l’étranger et les autres parce que l’étranger est distingué par son origine. Tout ce qui le
rend similaire est ignoré pour ce qui le rend différent.
Pour éviter ce traitement de l’étranger en France, le gouvernement français tente
d’instaurer l’égalité dans tous les secteurs publique de la société. Nous voyons le meilleur exemple
dans le secteur de l’éducation auquel le gouvernement a instauré l’idéologie de la laïcité. Pourtant,
même s’il peut essayer de réduire les différences ethniques dans la sphère publique, il a besoin des
associations comme SOS Racisme pour préserver l’égalité de traitement parce que le racisme et les
discriminations existent encore. En effet, c’est avec la collaboration des associations comme SOS
Racisme et les commissions du gouvernement que la politique de « l’intégration », le modèle
Républicain pour accueillir ces immigrés, peut être préservé.
Dans ce mémoire, pour voir l’expérience des gens qui vient de l’étranger et
pour comprendre l’effet d’entraînement, je vais aborder la question de qu’est ce que c’est que cette
  5	
  
idée de l’intégration, quelle est sa contexte, et quels sont les obstacles pour les immigrés pour suivre ce
modèle que ce soit le rejet par la société ou le rejet par l’immigré même. Ensuite, je vais parler des
descendants de ces immigrés et les inégalités dans les cadres de l’éducation et du travail qui
empêchent leur insertion. Cependant ce qui influence le descendant le plus, c’est sa famille et son
environnement. Quand il y a des problèmes d’insertion, l’isolement dans les banlieues exacerbe la
crise d’identité de ces jeunes. Alors, pour conclure, je vais parler des changements récents sur l’avis
de cette politique et les réformations qui sont proposés.
I. L’Intégration des Immigrés
	
  
i. Définition et l’histoire
Quelles sont les attentes derrière l’idéologie d’intégration ? Avant qu’on puisse
aborder cette question, il faut comprendre le phénomène d’immigration qui a développé ce terme. En
fait, le terme « immigration » n’est même pas vraiment apparu jusqu'aux années 1870 quand les
statisticiens et les démographes sous la IIIème République ont commencé a développer ce concept.
Puis, en 1924 à la Convention de Rome, la première définition juridique est apparu : « Est considéré
comme immigrant tout étranger qui arrive dans un pays pour y chercher du travail et dans l'intention
exprimée ou présumée de s'y établir de façon permanente ; est considéré comme simple travailleur tout
étranger qui arrive dans le seul but de s'y établir temporairement. » 1
Depuis ce temps, le concept de
l’immigration est devenu de plus en plus développé et en 2010, la France a même été classé au sixième
rang mondial pour avoir accueillie la plus grande population des ressortissants étrangers. En effet,
selon la définition internationale des Nations Unies (« personne née dans un autre pays que celui où
elle réside ») la France a accueillie 7,2 millions d’immigrés qui est 11,1% de la population et dont 5,1
millions (7,8%) sont nés hors de l’Union Européenne. 2
Cependant, même si le concept de l’immigration n’était pas encore développé, la
franchissement des frontières se passait bien avant. A partir de la colonisation de l’Algérie en 1830, la
France s’est trouvé dans un état de « cohabitation » avec les immigrés. Puisque la colonisation de
l'Algérie a permis aux gens de circuler librement entre les deux pays, la question de comment vivre
ensemble s’est produit. Pourtant, pour ces gens là, leur séjour dans ce nouveau pays n’était que
temporaire. « La ‘cohabitation’ était également le terme qui correspondait à la situation que vivaient
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
1
Holder, Délina, Natifs des Dom en Métropole. L’Harmattan, 2013, p. 57.
2	
  Eurostat. Les ressortissants étrangers constituaient 6,5% de la population de l’UE27 en 2010. [en
ligne]	
  
  6	
  
les immigrés en France tant qu’ils jouissaient d’une certaine liberté de circulation entre la France et
leurs pays d’origine, poursuivant un projet migratoire dont le terme était théoriquement le retour
définitif au pays natal »3
Donc, même s’il y avait le désir d’être accueilli par ce nouveau pays, il n’y
avait pas de raison pour les immigrés d’abandonner leur culture d’origine.
Néanmoins, cette cohabitation a évolué et l’assimilation est devenu la nouvelle
politique. En échange pour les mêmes droits qu’un citoyen français, la France a exigé l’apprentissage
de la langue français et l’adoption de la culture français aux colonies. En effet, la France voulait
transformer les colonisés en des français. C’était sa manière de « civiliser » les indigènes de sont
statut « supérieur ». Un exemple de cela était les Quatre communes au Sénégal où les gens étaient
considérés comme des citoyens français jusqu’au 1944. Pour cette raison, après que la décolonisation
de l’Algérie et l’Indochine a crée une sorte de traumatisme et honte, ce terme d’assimilation qui
provenait de motivation coloniale n’était plus attirant. Tandis que l’immigration augmentait, les
immigrés ont commencé à s’installer dans ces nouveaux pays avec la motivation de rester
indéfiniment. Ils voulaient emmener plus des membres de leurs familles près d’eux pour le
regroupement familial. Par conséquent, les idées sur la façon de gérer ont évolué et après la deuxième
guerre mondiale, l’idée de l’intégration est devenu la nouvelle solution.
Selon la Haute Conseil à l’Intégration, un conseil qui distribuait des rapports sur
l’intégration des immigrés pour le gouvernement jusqu’à sa dissolution en 2012, le modèle
d’intégration est défini par le suivant : «Ensemble de traditions historiques et de pratiques politiques et
administratives caractéristiques d’une politique d’accueil et d’intégration des immigrés dans une
société donnée».4
Puis, dans la note, il précise que « Le processus, inscrit dans la durée, est celui
d’une participation effective de l’ensemble des personnes appelées à vivre en France à la construction
d’une société rassemblée dans le respect de principes partagés (liberté de conscience et de pensée,
égalité entre homme et femme par exemple) telles qu’elles s’expriment dans des droits égaux et des
devoirs communs ». En d’autres termes, l’intégration est une politique qui propose la participation
collective pour la cohésion sociale. Les étrangers venus en France sont censés de mettre à côté leur
culture d’origine et adopter les principes de la France.
En revanche, selon cette définition par le HCI, s’intégrer dans la société, ça ne veut
pas dire que les immigrés doivent renoncer complètement à leur culture d’origine. Contrairement à
l’assimilation, l’intégration suggère que l’immigré peut théoriquement garder sa culture d’origine à
condition que les principes communs de la France l’emportent. « l’Intégration, au contraire de
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
3	
  Khellil, Mohand. Sociologie de l’Intégration. 2e
édition, Paris, Presses Universitaires de France,
coll. « Que sais-je ? », 2008, p. 82-83.	
  
4	
  Haut Conseil de l’Intégration. Mots de l’Intégration. http://www.hci.gouv.fr/-Mots-de-l-integration-
.html#C
  7	
  
l’assimilation, ne suppose pas la rupture physique et culturelle d’avec le pays d’origine, de même que
l’on n’exige pas d’un national qu’il renonce à son identité particulière »5
. En effet, le modèle stipule
qu’un individu a le droit à la fois à l’indifférence, dont il n’est pas discriminé et il est traité comme les
autres, et à la différence dont il peut exister avec sa personnalité et être traité en tenant compte de ses
attentes propres. Par contre, ces deux droits sont souvent en conflit et la définition de l’intégration est
ambiguë. L’intégration est-elle basée sur le modèle républicain comme auparavant ou sur le
multiculturalisme qui évoque le différentialisme ? Pour les associations comme SOS Racisme et le
gouvernement d’aujourd’hui, l’intégration est encore fondée sur le modèle républicain.6
« Quant au
droit à la différence, il porte en lui le germe de la différence des droits, incompatible avec notre
conception de la République. » 7
Mais quand les enjeux comme la question de permettre les foulards à
l’école apparaissent, la définition devient encore contradictoire.
ii. Devenir « française » : Obtenir la nationalité selon la loi
Qu’est ce que c’est qu’un français ? Comment pouvons nous le devenir ? Pour les
gens qui ne sont pas déjà française par attribution, la réponse la plus fondamentale se trouve dans la
naturalisation. Atteindre la nationalité française, c’est la façon plus importante et permanente
d’intégration. « Par ailleurs, l'acquisition de la nationalité est un indicateur d'intégration de premier
plan: cette étape effet marque la 'sortie' du statut d'étranger en résidence durable sur un territoire
nationale»8
. En effet, à cause de l’idée que les différences sont défavorables à l’intégration, l’identité
française est fondée plus sur la notion de nationalité que sur la culture.
D’ailleurs, il y a certaines qualifications pour atteindre la nationalité française. Par
exemple, selon les articles 21 et 17 dans le code civil des Français, un candidat doit être majeur, avoir
vécu dans le pays pendant au moins cinq années consécutives et il doit avoir reçu sa principal source
de revenus en France pendant ces années. De plus, si le candidat n’est pas membre de l’Union
Européenne, l’Espace Economique Européen ou Suisse, il a besoin d’être en possession d’un titre de
séjour.9
Par ailleurs, le candidat doit montrer aussi des preuves d’intégration dans la communauté à
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
5	
  Khellil, Mohand. Op.cit., p. 7.	
  
6 Tassel, Fabrice. « Intégration: le modèle républicain réaffirmé », Libération, (10 février 2014),
http://www.liberation.fr/societe/2014/02/10/integration-le-modele-republicain-reaffirme_979202	
  
7
Sopo, Dominique. Qu’est-ce-que SOS Racisme. Paris, L’Archipel, coll. « L’information citoyenne »,
2006, p. 95.
8	
  Kriegel, Blandine et al. Analyse comparative de différents modèles d’intégration en Europe. Avis à
Monsieur le Premier ministre. Haut Conseil à l’Intégration, 2006, p. 22.
9	
  L’Administration Française. Naturalisation: conditions à remplir, Service Public, (13 septembre
2013), http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2213.xhtml
  8	
  
travers sa maîtrise de langue et son « adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République »10
.
Puis, suite au contrôle de son assimilation, il doit signer la charte des droits et devoirs du citoyen
français pour montrer sa loyauté.
Par contre, alors que cette procédure d’obtention de la citoyenneté est populaire, un
individu peut aussi atteindre la nationalité française à travers des autres occasions. L’une de ces
situations est la naissance soit par jus sanguinis ou l’enfant a au moins un parent de nationalité
française, soit par jus soli ou l’enfant est né sur le territoire français et il a au moins un parent de
nationalité française. Ensuite, un individu peut aussi devenir française à travers le mariage si le
conjoint est quelqu’un de nationalité française. Cependant, le couple doit être marié pour cinq ans,
doit vivre ensemble et le candidat doit avoir une bonne connaissance de la langue française. Sinon,
l’option finale, c’est de faire partie de la légion étrangère dans l’armée pour trois ans.
Ainsi, nous voyons qu’en générale, la maîtrise de la langue française est un élément
de preuve important pour le gouvernement. C’est une façon de réaliser l’unification culturelle.
D’ailleurs selon Patrick Weil, il y a aussi trois autres « piliers » qui constituent « un code
sociopolitique de la France pour les Français et aux yeux du monde »11
. Ces piliers sont le principe
d’égalité (facteur d’indifférenciation), la mémoire positive de la Révolution (facteur d’universalisme)
et la laïcité (facteur de tolérance religieuse). Pour s’intégrer à la société française, un individu doit
adopter ces principes tout en acceptant que ces droits soient également offerts à lui. En théorie, il est
supposé que ce principe partagé de l’égalité aide la société à accueillir la diversité. « Et ces piliers ont
suscité d'autant plus l'adhésion qu'ils ont souvent été mis en œuvre dans la reconnaissance de cette
diversité des Français, dans un équilibre qui leur offre la possibilité de circuler entre des identités
composées »12
. Toutefois, la nationalité n’est pas une garantie contre le racisme et les discriminations.
Tandis que l'adhésion à ces principes est censé garantir un citoyen français les mêmes principes, il
existe encore les inégalités dans la société à cause du racisme et de la xénophobie.
iii. La réalité d’exclusion : le racisme et les discriminations, un rejet de la société
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
10
ibid.	
  
11
Weil, Patrick. « Les quatre piliers de la nationalité par Patrick Weil », Le Monde, (21 décembre
2010), http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/23/les-quatre-piliers-de-la-nationalite-par-patrick-
weil_1401781_3232.html
12
ibid.	
  
  9	
  
Il est évident. Malgré la modèle républicain de « liberté, égalité, fraternité », le
racisme et les discriminations existent encore. En effet, dans un sondage mené par le BVA-CNCDH-
SIG, la majorité des personnes interrogées a convenu que le racisme en France est répandu.13
Ainsi, nous pouvons constater que la prise de la conscience du racisme n’a pas beaucoup changé au fil
des ans. Cependant, avec l’aide des associations comme SOS Racisme, les victimes du racisme peut
porter plainte vers l’autorité juridique et ils peuvent continuer à lutter contre le racisme et encourager
l’intégration. Chaque victoire est un autre message à la société qui dit que l’inégalité ne sera pas
tolérée.
En revanche, selon la loi, il y a une différence entre les actes racistes et la
discrimination. Selon l’article 132-76 du Code pénal, les actes racistes sont décrit comme la suivant :
« Dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque
l’infraction est commise à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de
la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée »14
En d’autres termes, si un
infraction est commise avec un motivation fondée sur le racisme, ça devient un acte raciste. Par
contre, la discrimination est définie comme un traitement différent d’une personne sur la base de ses
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
13	
  Lazerges, Christine et alii. La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Paris,
Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, La Documentation Française, 2014, p.
458.	
  
	
  
14	
  Guide méthodologique	
  
  10	
  
origines. Donc, même si un acte de discrimination peut être considéré raciste, si il fait une distinction
négative à travers le traitement, ça tombe dans la catégorie de discrimination.
En tout cas, dans le pôle discrimination chez SOS Racisme, il y a beaucoup plus de
dossiers sur la discrimination que les actes racistes. Dans l’année 2013, 63,33% de dossiers ouverts
étaient sur les actes de discrimination tandis que les expressions du racisme composaient 36,67%. 15
Et
de ces 63,33% sur la discrimination, la plupart des dossiers étaient sur la discrimination au travail.16
Cela est inquiétant parce que l’accès au travail est l’un des domaines les plus importants pour
l’intégration des immigrés. « …Le Haut Comité à l’intégration (HCI) a estimé dans un avis au
gouvernement en 2003 que ‘dans notre société, la reconnaissance des individus passe
fondamentalement par le travail, principal facteur d’intégration »17
	
   Néanmoins, que ce soit par la
discrimination directe ou indirecte, il y a toujours des stigmates envers les immigrés qui incite certains
employeurs à discriminer contre eux et le pôle discrimination de SOS Racisme existe pour
accompagner les victimes de cela dans leurs procédures judiciaires. Par exemple, dans le cadre du
travail, SOS Racisme a accompagné une victime dans un procès contre un grand magasin alimentaire
en mars 2012. Dans ce cas, la promesse d’un emploi a été retirée après que la victime a présenté son
titre de séjour d’un an. Puisque refuser l’embauche à cause d’un titre de séjour est illégale, le tribunal
a condamné le grand magasin et SOS Racisme a réussit à gagner une autre victoire.
Par contre, le pôle discrimination de SOS Racisme ne se contente pas d’attendre pour les demandes.
Les membres de SOS vont aussi chercher la preuve de discrimination à travers le « testing » dans les
boîtes de nuits, les agences immobiliers et les employeurs depuis que la méthode a été jugée légale et
utile dans les tribunaux pénaux en 2006.18
En effet, dans une société où il est difficile de prouver la
discrimination, le testing est l’une des meilleures façons de recueillir des preuves et rendre les gens
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
15	
  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 428. 	
  
16
Ibid. p. 428
17	
  Khellil, Mohand. Op.cit., p. 61.	
  
18
SOS Racisme, Rapport d'activité 2011, p. 14
  11	
  
conscients de son existence. « C'est un outil de mobilisation et de sensibilisation de la société civile et
des pouvoirs publics. Il permet une prise de conscience de la réalité des pratiques discriminatoires et
de la nécessité d'agir contre ces pratiques »19
. Par exemple, en 2013, après qu’un refus à un rendez-
vous pour un appartement a suscité des soupçons qu’il y avait de la discrimination au logement, SOS
Racisme a organisé un testing qui confirmait que les demandeurs ont été rejetées en fonction de leur
nom et si c’était à consonance étrangère. Par la fin, les deux agents responsables ont été condamnés et
c’était une autre victoire pour SOS. De toute façon, tant que le racisme et les discriminations existent
dans ces cadres du travail, le logement, des services, et les autres cadres mentionnés ci-dessous, les
immigrés vont se sentir indésirables dans la société et l’intégration sera de plus en plus difficile. 20
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
19
ibis. p. 15	
  
20	
  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 429.	
  
  12	
  
En attendant, le taux de chômage des immigrés est aussi un facteur qui décourage
l’intégration. Quand nous consultons le tableau en bas, nous voyons que l’ensemble des immigrés ont
toujours un taux de chômage plus haut que l’ensemble des non immigrés.21
De plus, les immigrés qui
viennent hors de l’Union Européenne ont toujours un taux de chômage plus haut que les immigrés de
l’Union Européenne.
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
21	
  Institut national de la statistique et des études économiques. Nombre de chômeurs et taux de
chômage des immigrés et des non-immigrés selon le sexe et l'âge en 2012. 2012.
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03346 	
  
  13	
  
Pour ces immigrés, le travail est la meilleure façon de s’intégrer dans la société. En se trouvant dans
une routine qui est théoriquement indifférent à la différence, ça les aide à se sentir comme s’ils
appartiennent dans la société. « Par le travail, on apprend des relations hiérarchiques autres que celles
qui prévalent dans le cadres familial ou dans la rue : ici, on est confronté à des valeurs nouvelles liées
au monde du travail, à savoir la coopération, la responsabilité réglementée de manière plus stricte. La
vie de chaque jour sera alors structurée autour de cette activité économique »22
. Alors quand ces
immigrés se trouvent au chômage, ça devient un état d’anomie, ils perdent leur statut social et ils
peuvent éprouver de ressentiment contre la société pour laquelle ils ont abandonnées leurs pays
d’origine. Quand les inégalités et le chômage obturent l’accès au travail, l’intégration échoue et à son
tour, la stigmatisation à l’encontre des immigrés se développe de plus en plus. En réponse, puisqu’ils
se sentent rejeté par la société, les immigrés à leur tour rejettent aussi la société.
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
22	
  Khellil, Mohand. Op.cit., p. 62.	
  
  14	
  
iv. Communautaire vs. Communautarisme
Dès qu’ils arrivent en France, les nouvelles arrivées doivent essayer de s’intégrer
dans la société. Mais quand nous venons d’une culture complètement différente et quand nous ne
sentons pas bien accueilli par la nouvelle société, c’est plus rassurant de se retrouver dans une
communauté qui partage notre culture d’origine. C’est dans cette situation que les communautés
deviennent plus grandes et la vie communautaire prospère. Pour le gouvernement, même si ça
décourage des gens de s’intégrer complètement dans la société française, il ne la condamne pas parce
que les communautés ne sont pas repliées sur elles. Même s’ils partagent une culture ou une religion,
les principes français l’emportent.
De l’autre côté, lors de l’élaboration de l’histoire politique en France, le terme
« Communautarisme » a toujours été l’ennemi principal du modèle républicain. C’est justement le
rejet ultime de l’intégration. De plus, alors que certaines personnes croient que le communautarisme
encourage les communautés à maintenir leur propres principes et cultures, il s’oppose en fait le droit à
la différence. « Loin d'incarner le droit à la différence, le communautarisme renverrait donc plutôt à la
tyrannie du groupe sur l'individu »23
Selon Pierre-André Taguieff, « le communautarisme est défini
par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini
aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les
croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté »24
Donc,
dans une société communautariste, la liberté des individus sont confisquée et ils sont subjugué à suivre
les principes de la communauté. En tout cas, le terme est utilisé plus souvent pour sa connotation
négative que pour sa propre définition et alors le sens pour utiliser le terme est toujours vague. « Le
terme se caractérise donc par son sens péjoratif mais également par son équivocité liée au fait qu'on
l'oppose tout autant au républicanisme qu'à la laïcité, au nationalisme, à l'universalisme ou à
l'individualisme »25
.
Pourtant, que ce soit la vie communautaire ou le communautarisme, ce qui est
claire, c’est que les communautés ne vont pas disparaître. Et pour les immigrés, la convergence de la
culture française avec la culture d’origine sera toujours difficile. Mais à qui est ce qu’on attribue la
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
23	
  ibis	
  
24
ibis	
  
25
Halpern, Catherine. « Communautarisme, une notion équivoque » Sciences Humaines, (15 juin
2011), http://www.scienceshumaines.com/-0acommunautarisme-2c-une-notion-equivoque-
0a_fr_3959.html
  15	
  
faute quand il y a les difficultés d’intégration ? Selon le sondage de CNCDH, les gens pensent que
c’est les immigrés qui ne font pas assez d’effort.26
Peut être c’est parce que les communautés sont plus visibles que les discriminations. Ou parce que les
idées de comment s’intégrer sont différents. C’est difficile à savoir.
II. Les descendants des immigrés
i. L’ascenseur social : problèmes d’insertion à travers l’éducation et le travail
dans le sphère publique
Pour les descendants des immigrés, le sentiment d’être Français est plus compliqué
parce que ça peut dépendre sur la situation de ses parents. Par exemple, un enfant né de deux parents
immigrés se sentirait moins comme s’il appartient à la société française parce que ses parents eux
mêmes ne sont probablement pas aussi intégré que les parents qui ne sont pas des immigrés. En effet,
selon le tableau en bas, 63% des descendants de deux parents immigrés se sentent complètement
« française » tandis que 85% des descendants de couples mixte a fais le même choix. 27
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
26	
  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 464. 	
  
27	
  Simon Patrick. Trajectoires et Origines. Enquête sur la diversité des populations en France.
Documents de Travail, INED, 2010, p. 122	
  
  16	
  
Toutefois, pour ces descendants qui sont déjà né en France, il n’y a plus de problème de la nationalité.
Que ce soit par la naissance en France d’au moins un parent française, le déclaration à leur majorité,
ou naturalisation, ils ont tous les mêmes droits. De plus, puisqu’ils devraient participer dans le
système scolaire, leur compréhension du pays et sa langue français ne posent pas de problèmes non
plus.
Par contre, les enfants des immigrés ont encore des problèmes dans les secteurs de
l’éducation et le travail. Leur succès à l’ascenseur social dépend souvent des facteurs comme l’âge
d’arrivée en France (s’ils n’y sont pas nés), le niveau d’éducation de ses parents, et aussi la taille et
structure de leur famille. 28
De plus, en étudiant le tableau en bas, nous pouvons voir que les enfants
des immigrés qui viennent de l’Afrique du Nord semblent toujours venir en dernier dans l’éducation.
Ainsi, le pays d’origine est un facteur aussi.29
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
28	
  Parienté, Jonathan. Piel, Simon. « Le bilan contrasté de l’intégration des immigrés en France ». Le
Monde, (12 octobre 2012), http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/12/le-bilan-contraste-de-l-
integration-des-immigres-en-france_1773335_3224.html
29
Gabizon, Cécilia. « Les contrastes de l’intégration à la française », Le Figaro, (30 septembre 2009),
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/30/01016-20090930ARTFIG00744-les-contrastes-de-
l-integration-a-la-francaise-.php	
  
  17	
  
L’éducation est importante pour tous parce que c’est la meilleure façon pour les jeunes d’apprendre la
diversité. « L’école va aussi apprendre à l’élève à s’intégrer dans le groupe des pairs par des activités
ludiques ou sportives, par l’apprentissage de la tolérance, de l’identification et de la différence »30
SOS Racisme comprend cela et c’est pour cette raison qu’ils organisent « la semaine d’éducation »
chaque année. En démarrant les conversations sur les stéréotypes et les droits des enfants contre le
racisme dans les salles de classes, ils sensibilisent les nouvelles générations au fait que la France n’ont
plus que des ancêtres Gaulois. Alors quand ces facteurs de la diversité sont absents des évènements
comme cela, ça empêche le développement de la tolérance.
Cependant, le système scolaire attache une grande importance sur l’égalité des
chances. Avec l’établissement de la laïcité, le gouvernement veut créer un environnement où les
étudiants peuvent exercer la liberté de conscience. Et malgré les controverses qui entourent ce
principe, cette forme d’égalité peut aider les descendants des immigrés à atteindre la mobilité sociale
que leurs parents n’ont jamais pu atteindre. Enfin, la séparation de la religion de la sphère publique est
évidement un autre effort pour susciter l’intégration en réduisant les différences. Par contre, dans le
cas de ces controverses, le modèle républicain devient le plus instable. Interdire le port de signes
religieux dans la salle de classe, est-ce que c’est plus important que le droit des individus de pratiquer
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
30	
  Khellil, Mohand. Op. cit., p. 66
  18	
  
leur propre religion ? Puisque ça affecte en particulier la pratique du port du foulard, pourrait-il être
une forme de discrimination fondée sur l'islamophobie ? 	
  
De toute façon, cette idée de l’égalité des chances n’est pas encore un succès parce
que les inégalités ne sont pas causées par la religion mais par les discriminations et le milieu socio-
économique des étudiants. « Surtout, la France se démarque par une très forte corrélation entre milieu
socio-économique et performance».31	
  	
  Du coup, en générale, il y a beaucoup des immigrés et leurs
descendants qui se trouvent dans le milieu défavorisé et alors c’est eux qui sont le plus affecté par ces
inégalités. Les experts de l’OCDE affirment que tandis que l’écart entre les meilleurs élèves et les
plus en difficultés élargisse de plus en plus, «les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois
plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté»32
. A son tour, ces inégalités désactivent
l’ascenseur social et les étudiants immigrés--surtout ceux qui ont deux parents immigrés--ne peuvent
plus accéder au travail comme nous voyons en bas :33
	
  
	
  
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
31	
  Piquemal, Marie. «La France, toujours championne des inégalités scolaires » Libération, (3
décembre 2013), http://www.liberation.fr/societe/2013/12/03/la-france-championne-du-monde-des-
inegalites-scolaires_963749	
  
32
ibis.
33	
  Parienté, Jonathan. Piel, Simon. Op. cit. 	
  
  19	
  
Donc, nous pouvons conclure que les enfants des immigrés n’ont pas de problèmes
avec l’intégration mais ils ont un problème d’insertion parce qu’ils ont du mal à atteindre les standards
socio-économiques. Alors qu’ils peuvent atteindre facilement la nationalité français, ils ont maîtrisé la
langue, dans les sphères publiques de l’éducation et le travail, c’est encore difficile pour les
descendants des immigrés à trouver l’égalité au milieu d’une crise économique.
ii. La vie familial : formation d’une identité culturelle à travers la langue
Dans n’importe quel pays, il y a trois types principaux des descendants des
immigrés. Il y a les deux extrêmes : celui qui se retire le plus que possible dans sa communauté et
retient sa culture d’origine (suggestive de la communautarisme), et celui qui rompt tous les liens avec
son pays d’origine afin de s’immerger complètement dans la société (suggestive de l’assimilation). En
effet, pour les deux extrêmes l’intérêt c’est de soit maintenir le patrimoine du pays d’origine soit
refuser de le transmettre. Il y a même les gens qui jusqu’à franciser leurs noms ou convertir au
christianisme.34
Puis, il y a au milieu la convergence de la culture d’origine et la culture du pays où le
descendant réside à l’époque. Cette convergence à son tour crée une mutation d’identité avec des
degrés variables qui est suggestive du modèle de l’intégration. Selon le gouvernement, l’idéal, c’est
bien sur de trouver un bon équilibre. Mais ce développement d’identité culturelle dépend de plusieurs
facteurs auquel le plus important c’est la vie familiale.
C’est dans ce cadre que des valeurs et des normes seront inculquées à l’enfant ; ici, des
modèles lui seront montrés. Ce qui compte alors est moins de savoir ce qui est transmis que la
manière dont cela a été faite. Et cette manière détermine une appartenance culturelle : c’est de
ce point de vue qu’il faut considérer les familles d’origine étrangère qui appréhendent
différemment les éléments de socialisation, mais qui peuvent avec le temps, adopter certaines
valeurs de la société d’accueil 35
Dans le musée de l’histoire de l’immigration, il y a un œuvre d’art qui constitue de
trois écrans. Le premier de ces écrans montre une immigrée qui parle couramment avec sa mère. Le
deuxième montre l’immigrée entrain de parler avec sa petite fille. Puis, le troisième montre la petite
fille avec sa grand-mère mais elles sont totalement silencieuses. Cela illustre symboliquement ce qui
arrive quand un immigré ne transmet pas le patrimoine de sa culture d’origine à travers son
descendant. En perdant la capacité de parler sa langue d’origine, le descendant perd le lien vers son
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
34	
  Khellil, Mohand. Op. cit., p. 81	
  
35
Khellil, Mohand. Op. cit., p. 55
  20	
  
pays d’origine, son patrimoine. Après tout, la communication est un moyen essentiel pour faire partie
de n’importe quelle société.
D’ailleurs, c’est plus probable qu’un descendant des parents immigrés sera capable
de parler sa langue d’origine qu’un descendant des parents mixtes. L’exception, c’est quand les
parents sont des immigrés d’un ancien colonie de la France. Dans ces cas, la langue Français peut être
la langue principale dans la famille parce que leur pays d’origine a déjà des influences francophones.
Dans un sondage en 1992 sur la mobilité géographique et l’intégration sociale, les experts ont trouvé
que seulement 20% des immigrés utilisaient leurs langues d’origines avec leurs enfants. La proportion
est passée à 26% chez des Marocains et 56% chez les Turcs, dans lequel seulement 7% ont parlé le
français à leurs enfants. A l’extrême opposé, 54% des africains subsahariens ne parlaient que le
français à leurs enfants de même que 37% des immigrés espagnols 35% des immigrés algériens.36
Quoi qu’il en soit, la langue d’origine devient de plus en plus transférée parce que le mariage mixte
deviens de plus en plus nombreux. Le plus éloigné ces générations deviennent de sa généalogie, le
moins probable ça devient qu’ils vont apprendre leur langue d’origine.
iv. Les banlieues : l’isolement des jeunes et l’anomie
Selon le sondage de CNDCDH réalisé en 2013, la majorité des personnes
interrogées pensent que les personnes de différentes origines vivent ensemble avec les tensions dans la
société française aujourd’hui. Par contre, le deuxième choix le plus populaire montre qu’il y a aussi
des gens qui pensent que les personnes de différentes origines vivent séparées avec des tensions. De
tout façon, les réponses peuvent compter sur l’endroit où vis l’interrogée. 37
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
36
Kirszbaum, Thomas. Brinbaum, Yaël. Simon Patrick. The Children of Immigrants in France: The
Emergence of a Second Generation. Innocenti Working Paper, UNICEF, 2009, p. 21
37	
  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 479. 	
  
  21	
  
Alors qu’il y a plusieurs banlieues riches, contrairement aux Etats Unis où les
riches vont pour s’échapper de la ville, les banlieues françaises sont connues pour leur concentration
forte d’immigrés et il y a beaucoup des stigmates pour ces lieus en difficulté. Comme constatent les
stigmates, de nombreuses banlieues sont connus pour son taux de criminalité élevé et son taux
d'emploi élevé. Mais ce que ces stigmates ne rendent pas compte, ce sont les situations derrières ces
taux et les causes qui les exacerbent.
Par exemple, dans le cas du chômage, le taux est si élevé parce que les immigrés qui
vivent dans ces banlieues sont souvent des victimes de la discrimination. En effet, nous pouvons pas
l’attribuer au fait que le niveau d’éducation dans ces lieus sont plus bas parce que selon un article de
BBC, en 2005, tandis que le taux de chômage pour les diplômés de l’université qui sont d’origine
française est 5%, c’est 26,5% pour les diplômés de l’université d’origine africaines. 38
En attendant, le
taux de criminalités peut être expliqué par l’isolement et la discrimination contre ces jeunes dans les
banlieues. Pour certains de ces jeunes qui sont d’origine étrangère, la culture de son origine et la
culture de la société se mettent en conflit. Et alors qu’il y a des gens qui réussissent à converger les
deux, parfois, le jeune se finit par sentir comme s’il n’appartient à ni l’un ni l’autre. Dans ces cas, il
tombe dans l’anomie. Il se sent exclus de la société. Et en ajoutant les discriminations qui exacerbent
ces chances à l’insertion par le travail et le délit des faciès qu’ils rencontrent de la police, il commence
à se développer un ressentiment envers le reste de la société qui à son tour peut se développer dans la
criminalité.
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
38	
  « French Muslims face job discrimination ». BBC, (2 novembre 2005),
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4399748.stm	
  
  22	
  
Conclusion
Aujourd’hui, le modèle républicain de l’intégration qui était la politique française
pour des années est maintenant mis en question. En 2013, un projet lancé par le Premier Ministre,
Jean-Marc Ayrault est apparu avec le but de refondation de la politique d’intégration française.
Cependant, les réactions sont mixtes et le gouvernement ne le soutiens pas ses propositions. « Une
position confortée par des déclarations de François Hollande qui a affirmé que les rapports remis au
premier ministre sur l'intégration n'étaient "pas du tout la position du gouvernement »39
Par exemple, dans le cadre de l’éducation, le rapport propose que la loi actuelle sur
le voile soit supprimée, que les cours sur les colonisations soient offerts et que les cours pour les autres
langues importantes soient également offerts. Puis, dans le cadre de l’emploi, il propose que les
conditions de la nationalité soient supprimées pour que tout le monde puisse accéder à l’emploi dans
les secteurs privés et publics. De plus, il est proposé que tous les enfants que soient leurs situations
atteignent tous les droits offerts aux autres. La France doit avoir un musée sur la colonisation, un autre
comité comme l’ancien HALDE pour lutter contre les discriminations doit être établi etc.
Ainsi, nous voyons que bien que ces refondations sont radical, il est aussi plus
courant de les défauts du modèle d’intégration. En rendant plus compte de la diversité et en faisant
plus d’efforts à sensibiliser les jeunes à la tolérance. Ce rapport se semble plus sensible pour accueillir
les immigrés. A la fin, malgré les inégalités de discrimination et racisme, le gouvernement français et
les associations comme SOS Racisme vont toujours lutter contre cela et préserver les principes de la
France.
	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  	
  
39	
  	
  
	
  
  23	
  
Bibliographie
Documents officiels :
Eurostat. Les ressortissants étrangers constituaient 6,5% de la population de l’UE27 en 2010. [en
ligne]. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-14072011-BP/FR/3-14072011	
  
BP-FR.PDF
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des immigrés et des non-immigrés selon le sexe et l'âge en 2012. 2012.
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03346
Kirszbaum, Thomas. Brinbaum, Yaël. Simon Patrick. The Children of Immigrants in France: The
Emergence of a Second Generation. Innocenti Working Paper, UNICEF, 2009, p. 21
Kriegel, Blandine et al. Analyse comparative de différents modèles d’intégration en
Europe. Avis à Monsieur le Premier ministre. Haut Conseil à l’Intégration, 199
pages.
Lazerges, Christine et al. La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Paris, Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, La
Documentation Française, 2014, 506 pages.
SOS Racisme, Rapport d'activité 2011
Guide méthodologique
Ouvrages :
Holder, Délina. Natifs des Dom en Métropole. Paris, L’Harmattan, 2013.
Khellil, Mohand. Sociologie de l’Intégration. 2e
édition, Paris, Presses Universitaires de France,
coll. « Que sais-je ? », 2008, 125 pages.
Sopo, Dominique. Qu’est-ce-que SOS Racisme. Paris, L’Archipel, coll. « L’information citoyenne »,
2006, 153 pages.
Périodiques :
Gabizon, Cécilia. « Les contrastes de l’intégration à la française », Le Figaro, (30 septembre 2009),
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/30/01016-20090930ARTFIG00744-les	
  
contrastes-de-l-integration-a-la-francaise-.php
Halpern, Catherine. « Communautarisme, une notion équivoque » Sciences Humaines, (15 juin 2011),
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http://www.liberation.fr/societe/2014/02/10/integration-le-modele-republicain
reaffirme_979202
Weil, Patrick. « Les quatre piliers de la nationalité par Patrick Weil », Le Monde, (21 décembre 2010),
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/23/les-quatre-piliers-de-la-nationalite	
  
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Haut Conseil à l’Intégratioin. Mots de l’Intégration. [en ligne].
http://www.hci.gouv.fr/-Mots-de-l-integration-.html#I [page consultée le 20/04/14]

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Memoire

  • 1. Le modèle républicain pour les immigrés et leurs descendants Sous la direction de Anne Ruel Erika Nakagawa SOS Racisme Internships in Francophone Europe—Paris Printemps 2014
  • 2.   2   Remerciements Merci à Anne Ruel ma tutrice pour sa patience et conseils. Sans son aide, je n'aurais jamais pu développer mon sujet jusqu’à ce niveau.     Merci à Flore Ganon et Chloé Scialo pour votre patience et pour m’avoir montré comment SOS Racisme lutte contre le racisme et les discriminations. C’était une expérience incroyable d’avoir pu assister au procès et de participer à des testings.     Merci aux stagiaires de SOS Racisme pour leur patience et leur aide pendant mon stage. Nos conversations m’ont donné beaucoup plus de perspective sur la société française et c’était eux qui m’ont donné l’inspiration pour le sujet de ce mémoire.     Merci à l’équipe IFE y compris de Thomas Roman, Timothy Carlson, et Guillemette Magnier pour leur soutien constant au cours de chaque étape du semestre. Sans eux, je n’aurais jamais pu améliorer mon français à ce niveau.   Merci à ma famille pour leur soutien constant. Sans eux, je n’aurais jamais imaginé être capable de venir et étudier à Paris.
  • 3.   3   Table de Matières Remerciements 1 Introduction 4 I. L’Intégration des immigrés 5 i. Définition et l’histoire ii. Devenir « française » : Obtenir la nationalité selon la loi 7 iii. La réalité d’exclusion: le racisme et les discriminations, un rejet de la société 8 iv. Communautaire vs. Communautarisme 14 II. Les descendants des immigrés 15 i. L’ascenseur social : problèmes d’insertion à travers l’éducation et le travail dans le sphère publique ii. La vie familial : formation d’une identité culturelle à travers la langue 19 iii. Les banlieues : l’isolement des jeunes et l’anomie 20 Conclusion 22 Bibliographie 23
  • 4.   4   Introduction « Mais t’es Chinois, non? » J’étais dans un taxi à 3 heurs du matin quand le chauffeur m’a posé cette question qu’on me pose tout le temps en France. Quand j’ai dit que je suis japonaise, il m’a répondu avec, « Mais les chinois et les japonais, il n’y a pas de différence ». Pour le reste de mon trajet, ce chauffeur a essayé de me convaincre que ces deux ethnies sont les mêmes parce qu’ils pratiquent la même religion. Il ne voulait pas entendre mes réfutes. Pendant mon séjour à Paris, je me suis trouvé face à un niveau d’ignorance que je n’ai jamais rencontré auparavant. Mais pourquoi est-ce qu’il y a autant d’ignorance quand il y a tant d’immigrés ? Que font les gens pour lutter contre les actes d’exclusion en France ? C’est des questions comme cela qui m’ont mené à la porte de SOS Racisme, une association qui lutte contre le racisme et les discriminations. Quand nous voyons la société d’une perspective sociologique, nous voyons que la société est toujours divisée en groupes à cause des différences. Que ce soit par classe sociale, le sexe ou l’ethnie, les stigmatisations de ces catégories intrinsèques ont toujours été des obstacles pour la solidarité. En attendant, à cause de l’augmentation constante de la communication globale, la circulation entre les frontières des pays est devenue de plus en plus fréquente. Par conséquent, ces différences sont maintenant accentuées par l’idée des « étrangers » et « ceux qui appartiennent ». Par exemple, selon l’un des chapitres dans Soziologie du sociologue Georg Simmel, l’étranger est un catégorie sociale qui est ni un inconnu, qui n’a aucun lien avec la société, ni un nomade, qui vient un jour et repart un autre. En effet, l’étranger est un membre de la société qui reste et participe dans la vie mais qui a une certaine distance entre lui est les autres. De plus, Simmel postule que ce statut comme étranger n’existe pas à cause de la différence de la classe sociale, le sexe, ou de l’ethnie. Il y a une distance entre l’étranger et les autres parce que l’étranger est distingué par son origine. Tout ce qui le rend similaire est ignoré pour ce qui le rend différent. Pour éviter ce traitement de l’étranger en France, le gouvernement français tente d’instaurer l’égalité dans tous les secteurs publique de la société. Nous voyons le meilleur exemple dans le secteur de l’éducation auquel le gouvernement a instauré l’idéologie de la laïcité. Pourtant, même s’il peut essayer de réduire les différences ethniques dans la sphère publique, il a besoin des associations comme SOS Racisme pour préserver l’égalité de traitement parce que le racisme et les discriminations existent encore. En effet, c’est avec la collaboration des associations comme SOS Racisme et les commissions du gouvernement que la politique de « l’intégration », le modèle Républicain pour accueillir ces immigrés, peut être préservé. Dans ce mémoire, pour voir l’expérience des gens qui vient de l’étranger et pour comprendre l’effet d’entraînement, je vais aborder la question de qu’est ce que c’est que cette
  • 5.   5   idée de l’intégration, quelle est sa contexte, et quels sont les obstacles pour les immigrés pour suivre ce modèle que ce soit le rejet par la société ou le rejet par l’immigré même. Ensuite, je vais parler des descendants de ces immigrés et les inégalités dans les cadres de l’éducation et du travail qui empêchent leur insertion. Cependant ce qui influence le descendant le plus, c’est sa famille et son environnement. Quand il y a des problèmes d’insertion, l’isolement dans les banlieues exacerbe la crise d’identité de ces jeunes. Alors, pour conclure, je vais parler des changements récents sur l’avis de cette politique et les réformations qui sont proposés. I. L’Intégration des Immigrés   i. Définition et l’histoire Quelles sont les attentes derrière l’idéologie d’intégration ? Avant qu’on puisse aborder cette question, il faut comprendre le phénomène d’immigration qui a développé ce terme. En fait, le terme « immigration » n’est même pas vraiment apparu jusqu'aux années 1870 quand les statisticiens et les démographes sous la IIIème République ont commencé a développer ce concept. Puis, en 1924 à la Convention de Rome, la première définition juridique est apparu : « Est considéré comme immigrant tout étranger qui arrive dans un pays pour y chercher du travail et dans l'intention exprimée ou présumée de s'y établir de façon permanente ; est considéré comme simple travailleur tout étranger qui arrive dans le seul but de s'y établir temporairement. » 1 Depuis ce temps, le concept de l’immigration est devenu de plus en plus développé et en 2010, la France a même été classé au sixième rang mondial pour avoir accueillie la plus grande population des ressortissants étrangers. En effet, selon la définition internationale des Nations Unies (« personne née dans un autre pays que celui où elle réside ») la France a accueillie 7,2 millions d’immigrés qui est 11,1% de la population et dont 5,1 millions (7,8%) sont nés hors de l’Union Européenne. 2 Cependant, même si le concept de l’immigration n’était pas encore développé, la franchissement des frontières se passait bien avant. A partir de la colonisation de l’Algérie en 1830, la France s’est trouvé dans un état de « cohabitation » avec les immigrés. Puisque la colonisation de l'Algérie a permis aux gens de circuler librement entre les deux pays, la question de comment vivre ensemble s’est produit. Pourtant, pour ces gens là, leur séjour dans ce nouveau pays n’était que temporaire. « La ‘cohabitation’ était également le terme qui correspondait à la situation que vivaient                                                                                                                 1 Holder, Délina, Natifs des Dom en Métropole. L’Harmattan, 2013, p. 57. 2  Eurostat. Les ressortissants étrangers constituaient 6,5% de la population de l’UE27 en 2010. [en ligne]  
  • 6.   6   les immigrés en France tant qu’ils jouissaient d’une certaine liberté de circulation entre la France et leurs pays d’origine, poursuivant un projet migratoire dont le terme était théoriquement le retour définitif au pays natal »3 Donc, même s’il y avait le désir d’être accueilli par ce nouveau pays, il n’y avait pas de raison pour les immigrés d’abandonner leur culture d’origine. Néanmoins, cette cohabitation a évolué et l’assimilation est devenu la nouvelle politique. En échange pour les mêmes droits qu’un citoyen français, la France a exigé l’apprentissage de la langue français et l’adoption de la culture français aux colonies. En effet, la France voulait transformer les colonisés en des français. C’était sa manière de « civiliser » les indigènes de sont statut « supérieur ». Un exemple de cela était les Quatre communes au Sénégal où les gens étaient considérés comme des citoyens français jusqu’au 1944. Pour cette raison, après que la décolonisation de l’Algérie et l’Indochine a crée une sorte de traumatisme et honte, ce terme d’assimilation qui provenait de motivation coloniale n’était plus attirant. Tandis que l’immigration augmentait, les immigrés ont commencé à s’installer dans ces nouveaux pays avec la motivation de rester indéfiniment. Ils voulaient emmener plus des membres de leurs familles près d’eux pour le regroupement familial. Par conséquent, les idées sur la façon de gérer ont évolué et après la deuxième guerre mondiale, l’idée de l’intégration est devenu la nouvelle solution. Selon la Haute Conseil à l’Intégration, un conseil qui distribuait des rapports sur l’intégration des immigrés pour le gouvernement jusqu’à sa dissolution en 2012, le modèle d’intégration est défini par le suivant : «Ensemble de traditions historiques et de pratiques politiques et administratives caractéristiques d’une politique d’accueil et d’intégration des immigrés dans une société donnée».4 Puis, dans la note, il précise que « Le processus, inscrit dans la durée, est celui d’une participation effective de l’ensemble des personnes appelées à vivre en France à la construction d’une société rassemblée dans le respect de principes partagés (liberté de conscience et de pensée, égalité entre homme et femme par exemple) telles qu’elles s’expriment dans des droits égaux et des devoirs communs ». En d’autres termes, l’intégration est une politique qui propose la participation collective pour la cohésion sociale. Les étrangers venus en France sont censés de mettre à côté leur culture d’origine et adopter les principes de la France. En revanche, selon cette définition par le HCI, s’intégrer dans la société, ça ne veut pas dire que les immigrés doivent renoncer complètement à leur culture d’origine. Contrairement à l’assimilation, l’intégration suggère que l’immigré peut théoriquement garder sa culture d’origine à condition que les principes communs de la France l’emportent. « l’Intégration, au contraire de                                                                                                                 3  Khellil, Mohand. Sociologie de l’Intégration. 2e édition, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2008, p. 82-83.   4  Haut Conseil de l’Intégration. Mots de l’Intégration. http://www.hci.gouv.fr/-Mots-de-l-integration- .html#C
  • 7.   7   l’assimilation, ne suppose pas la rupture physique et culturelle d’avec le pays d’origine, de même que l’on n’exige pas d’un national qu’il renonce à son identité particulière »5 . En effet, le modèle stipule qu’un individu a le droit à la fois à l’indifférence, dont il n’est pas discriminé et il est traité comme les autres, et à la différence dont il peut exister avec sa personnalité et être traité en tenant compte de ses attentes propres. Par contre, ces deux droits sont souvent en conflit et la définition de l’intégration est ambiguë. L’intégration est-elle basée sur le modèle républicain comme auparavant ou sur le multiculturalisme qui évoque le différentialisme ? Pour les associations comme SOS Racisme et le gouvernement d’aujourd’hui, l’intégration est encore fondée sur le modèle républicain.6 « Quant au droit à la différence, il porte en lui le germe de la différence des droits, incompatible avec notre conception de la République. » 7 Mais quand les enjeux comme la question de permettre les foulards à l’école apparaissent, la définition devient encore contradictoire. ii. Devenir « française » : Obtenir la nationalité selon la loi Qu’est ce que c’est qu’un français ? Comment pouvons nous le devenir ? Pour les gens qui ne sont pas déjà française par attribution, la réponse la plus fondamentale se trouve dans la naturalisation. Atteindre la nationalité française, c’est la façon plus importante et permanente d’intégration. « Par ailleurs, l'acquisition de la nationalité est un indicateur d'intégration de premier plan: cette étape effet marque la 'sortie' du statut d'étranger en résidence durable sur un territoire nationale»8 . En effet, à cause de l’idée que les différences sont défavorables à l’intégration, l’identité française est fondée plus sur la notion de nationalité que sur la culture. D’ailleurs, il y a certaines qualifications pour atteindre la nationalité française. Par exemple, selon les articles 21 et 17 dans le code civil des Français, un candidat doit être majeur, avoir vécu dans le pays pendant au moins cinq années consécutives et il doit avoir reçu sa principal source de revenus en France pendant ces années. De plus, si le candidat n’est pas membre de l’Union Européenne, l’Espace Economique Européen ou Suisse, il a besoin d’être en possession d’un titre de séjour.9 Par ailleurs, le candidat doit montrer aussi des preuves d’intégration dans la communauté à                                                                                                                 5  Khellil, Mohand. Op.cit., p. 7.   6 Tassel, Fabrice. « Intégration: le modèle républicain réaffirmé », Libération, (10 février 2014), http://www.liberation.fr/societe/2014/02/10/integration-le-modele-republicain-reaffirme_979202   7 Sopo, Dominique. Qu’est-ce-que SOS Racisme. Paris, L’Archipel, coll. « L’information citoyenne », 2006, p. 95. 8  Kriegel, Blandine et al. Analyse comparative de différents modèles d’intégration en Europe. Avis à Monsieur le Premier ministre. Haut Conseil à l’Intégration, 2006, p. 22. 9  L’Administration Française. Naturalisation: conditions à remplir, Service Public, (13 septembre 2013), http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2213.xhtml
  • 8.   8   travers sa maîtrise de langue et son « adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République »10 . Puis, suite au contrôle de son assimilation, il doit signer la charte des droits et devoirs du citoyen français pour montrer sa loyauté. Par contre, alors que cette procédure d’obtention de la citoyenneté est populaire, un individu peut aussi atteindre la nationalité française à travers des autres occasions. L’une de ces situations est la naissance soit par jus sanguinis ou l’enfant a au moins un parent de nationalité française, soit par jus soli ou l’enfant est né sur le territoire français et il a au moins un parent de nationalité française. Ensuite, un individu peut aussi devenir française à travers le mariage si le conjoint est quelqu’un de nationalité française. Cependant, le couple doit être marié pour cinq ans, doit vivre ensemble et le candidat doit avoir une bonne connaissance de la langue française. Sinon, l’option finale, c’est de faire partie de la légion étrangère dans l’armée pour trois ans. Ainsi, nous voyons qu’en générale, la maîtrise de la langue française est un élément de preuve important pour le gouvernement. C’est une façon de réaliser l’unification culturelle. D’ailleurs selon Patrick Weil, il y a aussi trois autres « piliers » qui constituent « un code sociopolitique de la France pour les Français et aux yeux du monde »11 . Ces piliers sont le principe d’égalité (facteur d’indifférenciation), la mémoire positive de la Révolution (facteur d’universalisme) et la laïcité (facteur de tolérance religieuse). Pour s’intégrer à la société française, un individu doit adopter ces principes tout en acceptant que ces droits soient également offerts à lui. En théorie, il est supposé que ce principe partagé de l’égalité aide la société à accueillir la diversité. « Et ces piliers ont suscité d'autant plus l'adhésion qu'ils ont souvent été mis en œuvre dans la reconnaissance de cette diversité des Français, dans un équilibre qui leur offre la possibilité de circuler entre des identités composées »12 . Toutefois, la nationalité n’est pas une garantie contre le racisme et les discriminations. Tandis que l'adhésion à ces principes est censé garantir un citoyen français les mêmes principes, il existe encore les inégalités dans la société à cause du racisme et de la xénophobie. iii. La réalité d’exclusion : le racisme et les discriminations, un rejet de la société                                                                                                                 10 ibid.   11 Weil, Patrick. « Les quatre piliers de la nationalité par Patrick Weil », Le Monde, (21 décembre 2010), http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/23/les-quatre-piliers-de-la-nationalite-par-patrick- weil_1401781_3232.html 12 ibid.  
  • 9.   9   Il est évident. Malgré la modèle républicain de « liberté, égalité, fraternité », le racisme et les discriminations existent encore. En effet, dans un sondage mené par le BVA-CNCDH- SIG, la majorité des personnes interrogées a convenu que le racisme en France est répandu.13 Ainsi, nous pouvons constater que la prise de la conscience du racisme n’a pas beaucoup changé au fil des ans. Cependant, avec l’aide des associations comme SOS Racisme, les victimes du racisme peut porter plainte vers l’autorité juridique et ils peuvent continuer à lutter contre le racisme et encourager l’intégration. Chaque victoire est un autre message à la société qui dit que l’inégalité ne sera pas tolérée. En revanche, selon la loi, il y a une différence entre les actes racistes et la discrimination. Selon l’article 132-76 du Code pénal, les actes racistes sont décrit comme la suivant : « Dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l’infraction est commise à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée »14 En d’autres termes, si un infraction est commise avec un motivation fondée sur le racisme, ça devient un acte raciste. Par contre, la discrimination est définie comme un traitement différent d’une personne sur la base de ses                                                                                                                 13  Lazerges, Christine et alii. La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Paris, Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, La Documentation Française, 2014, p. 458.     14  Guide méthodologique  
  • 10.   10   origines. Donc, même si un acte de discrimination peut être considéré raciste, si il fait une distinction négative à travers le traitement, ça tombe dans la catégorie de discrimination. En tout cas, dans le pôle discrimination chez SOS Racisme, il y a beaucoup plus de dossiers sur la discrimination que les actes racistes. Dans l’année 2013, 63,33% de dossiers ouverts étaient sur les actes de discrimination tandis que les expressions du racisme composaient 36,67%. 15 Et de ces 63,33% sur la discrimination, la plupart des dossiers étaient sur la discrimination au travail.16 Cela est inquiétant parce que l’accès au travail est l’un des domaines les plus importants pour l’intégration des immigrés. « …Le Haut Comité à l’intégration (HCI) a estimé dans un avis au gouvernement en 2003 que ‘dans notre société, la reconnaissance des individus passe fondamentalement par le travail, principal facteur d’intégration »17   Néanmoins, que ce soit par la discrimination directe ou indirecte, il y a toujours des stigmates envers les immigrés qui incite certains employeurs à discriminer contre eux et le pôle discrimination de SOS Racisme existe pour accompagner les victimes de cela dans leurs procédures judiciaires. Par exemple, dans le cadre du travail, SOS Racisme a accompagné une victime dans un procès contre un grand magasin alimentaire en mars 2012. Dans ce cas, la promesse d’un emploi a été retirée après que la victime a présenté son titre de séjour d’un an. Puisque refuser l’embauche à cause d’un titre de séjour est illégale, le tribunal a condamné le grand magasin et SOS Racisme a réussit à gagner une autre victoire. Par contre, le pôle discrimination de SOS Racisme ne se contente pas d’attendre pour les demandes. Les membres de SOS vont aussi chercher la preuve de discrimination à travers le « testing » dans les boîtes de nuits, les agences immobiliers et les employeurs depuis que la méthode a été jugée légale et utile dans les tribunaux pénaux en 2006.18 En effet, dans une société où il est difficile de prouver la discrimination, le testing est l’une des meilleures façons de recueillir des preuves et rendre les gens                                                                                                                 15  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 428.   16 Ibid. p. 428 17  Khellil, Mohand. Op.cit., p. 61.   18 SOS Racisme, Rapport d'activité 2011, p. 14
  • 11.   11   conscients de son existence. « C'est un outil de mobilisation et de sensibilisation de la société civile et des pouvoirs publics. Il permet une prise de conscience de la réalité des pratiques discriminatoires et de la nécessité d'agir contre ces pratiques »19 . Par exemple, en 2013, après qu’un refus à un rendez- vous pour un appartement a suscité des soupçons qu’il y avait de la discrimination au logement, SOS Racisme a organisé un testing qui confirmait que les demandeurs ont été rejetées en fonction de leur nom et si c’était à consonance étrangère. Par la fin, les deux agents responsables ont été condamnés et c’était une autre victoire pour SOS. De toute façon, tant que le racisme et les discriminations existent dans ces cadres du travail, le logement, des services, et les autres cadres mentionnés ci-dessous, les immigrés vont se sentir indésirables dans la société et l’intégration sera de plus en plus difficile. 20                                                                                                                 19 ibis. p. 15   20  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 429.  
  • 12.   12   En attendant, le taux de chômage des immigrés est aussi un facteur qui décourage l’intégration. Quand nous consultons le tableau en bas, nous voyons que l’ensemble des immigrés ont toujours un taux de chômage plus haut que l’ensemble des non immigrés.21 De plus, les immigrés qui viennent hors de l’Union Européenne ont toujours un taux de chômage plus haut que les immigrés de l’Union Européenne.                                                                                                                 21  Institut national de la statistique et des études économiques. Nombre de chômeurs et taux de chômage des immigrés et des non-immigrés selon le sexe et l'âge en 2012. 2012. http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03346  
  • 13.   13   Pour ces immigrés, le travail est la meilleure façon de s’intégrer dans la société. En se trouvant dans une routine qui est théoriquement indifférent à la différence, ça les aide à se sentir comme s’ils appartiennent dans la société. « Par le travail, on apprend des relations hiérarchiques autres que celles qui prévalent dans le cadres familial ou dans la rue : ici, on est confronté à des valeurs nouvelles liées au monde du travail, à savoir la coopération, la responsabilité réglementée de manière plus stricte. La vie de chaque jour sera alors structurée autour de cette activité économique »22 . Alors quand ces immigrés se trouvent au chômage, ça devient un état d’anomie, ils perdent leur statut social et ils peuvent éprouver de ressentiment contre la société pour laquelle ils ont abandonnées leurs pays d’origine. Quand les inégalités et le chômage obturent l’accès au travail, l’intégration échoue et à son tour, la stigmatisation à l’encontre des immigrés se développe de plus en plus. En réponse, puisqu’ils se sentent rejeté par la société, les immigrés à leur tour rejettent aussi la société.                                                                                                                 22  Khellil, Mohand. Op.cit., p. 62.  
  • 14.   14   iv. Communautaire vs. Communautarisme Dès qu’ils arrivent en France, les nouvelles arrivées doivent essayer de s’intégrer dans la société. Mais quand nous venons d’une culture complètement différente et quand nous ne sentons pas bien accueilli par la nouvelle société, c’est plus rassurant de se retrouver dans une communauté qui partage notre culture d’origine. C’est dans cette situation que les communautés deviennent plus grandes et la vie communautaire prospère. Pour le gouvernement, même si ça décourage des gens de s’intégrer complètement dans la société française, il ne la condamne pas parce que les communautés ne sont pas repliées sur elles. Même s’ils partagent une culture ou une religion, les principes français l’emportent. De l’autre côté, lors de l’élaboration de l’histoire politique en France, le terme « Communautarisme » a toujours été l’ennemi principal du modèle républicain. C’est justement le rejet ultime de l’intégration. De plus, alors que certaines personnes croient que le communautarisme encourage les communautés à maintenir leur propres principes et cultures, il s’oppose en fait le droit à la différence. « Loin d'incarner le droit à la différence, le communautarisme renverrait donc plutôt à la tyrannie du groupe sur l'individu »23 Selon Pierre-André Taguieff, « le communautarisme est défini par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté »24 Donc, dans une société communautariste, la liberté des individus sont confisquée et ils sont subjugué à suivre les principes de la communauté. En tout cas, le terme est utilisé plus souvent pour sa connotation négative que pour sa propre définition et alors le sens pour utiliser le terme est toujours vague. « Le terme se caractérise donc par son sens péjoratif mais également par son équivocité liée au fait qu'on l'oppose tout autant au républicanisme qu'à la laïcité, au nationalisme, à l'universalisme ou à l'individualisme »25 . Pourtant, que ce soit la vie communautaire ou le communautarisme, ce qui est claire, c’est que les communautés ne vont pas disparaître. Et pour les immigrés, la convergence de la culture française avec la culture d’origine sera toujours difficile. Mais à qui est ce qu’on attribue la                                                                                                                 23  ibis   24 ibis   25 Halpern, Catherine. « Communautarisme, une notion équivoque » Sciences Humaines, (15 juin 2011), http://www.scienceshumaines.com/-0acommunautarisme-2c-une-notion-equivoque- 0a_fr_3959.html
  • 15.   15   faute quand il y a les difficultés d’intégration ? Selon le sondage de CNCDH, les gens pensent que c’est les immigrés qui ne font pas assez d’effort.26 Peut être c’est parce que les communautés sont plus visibles que les discriminations. Ou parce que les idées de comment s’intégrer sont différents. C’est difficile à savoir. II. Les descendants des immigrés i. L’ascenseur social : problèmes d’insertion à travers l’éducation et le travail dans le sphère publique Pour les descendants des immigrés, le sentiment d’être Français est plus compliqué parce que ça peut dépendre sur la situation de ses parents. Par exemple, un enfant né de deux parents immigrés se sentirait moins comme s’il appartient à la société française parce que ses parents eux mêmes ne sont probablement pas aussi intégré que les parents qui ne sont pas des immigrés. En effet, selon le tableau en bas, 63% des descendants de deux parents immigrés se sentent complètement « française » tandis que 85% des descendants de couples mixte a fais le même choix. 27                                                                                                                 26  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 464.   27  Simon Patrick. Trajectoires et Origines. Enquête sur la diversité des populations en France. Documents de Travail, INED, 2010, p. 122  
  • 16.   16   Toutefois, pour ces descendants qui sont déjà né en France, il n’y a plus de problème de la nationalité. Que ce soit par la naissance en France d’au moins un parent française, le déclaration à leur majorité, ou naturalisation, ils ont tous les mêmes droits. De plus, puisqu’ils devraient participer dans le système scolaire, leur compréhension du pays et sa langue français ne posent pas de problèmes non plus. Par contre, les enfants des immigrés ont encore des problèmes dans les secteurs de l’éducation et le travail. Leur succès à l’ascenseur social dépend souvent des facteurs comme l’âge d’arrivée en France (s’ils n’y sont pas nés), le niveau d’éducation de ses parents, et aussi la taille et structure de leur famille. 28 De plus, en étudiant le tableau en bas, nous pouvons voir que les enfants des immigrés qui viennent de l’Afrique du Nord semblent toujours venir en dernier dans l’éducation. Ainsi, le pays d’origine est un facteur aussi.29                                                                                                                 28  Parienté, Jonathan. Piel, Simon. « Le bilan contrasté de l’intégration des immigrés en France ». Le Monde, (12 octobre 2012), http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/12/le-bilan-contraste-de-l- integration-des-immigres-en-france_1773335_3224.html 29 Gabizon, Cécilia. « Les contrastes de l’intégration à la française », Le Figaro, (30 septembre 2009), http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/30/01016-20090930ARTFIG00744-les-contrastes-de- l-integration-a-la-francaise-.php  
  • 17.   17   L’éducation est importante pour tous parce que c’est la meilleure façon pour les jeunes d’apprendre la diversité. « L’école va aussi apprendre à l’élève à s’intégrer dans le groupe des pairs par des activités ludiques ou sportives, par l’apprentissage de la tolérance, de l’identification et de la différence »30 SOS Racisme comprend cela et c’est pour cette raison qu’ils organisent « la semaine d’éducation » chaque année. En démarrant les conversations sur les stéréotypes et les droits des enfants contre le racisme dans les salles de classes, ils sensibilisent les nouvelles générations au fait que la France n’ont plus que des ancêtres Gaulois. Alors quand ces facteurs de la diversité sont absents des évènements comme cela, ça empêche le développement de la tolérance. Cependant, le système scolaire attache une grande importance sur l’égalité des chances. Avec l’établissement de la laïcité, le gouvernement veut créer un environnement où les étudiants peuvent exercer la liberté de conscience. Et malgré les controverses qui entourent ce principe, cette forme d’égalité peut aider les descendants des immigrés à atteindre la mobilité sociale que leurs parents n’ont jamais pu atteindre. Enfin, la séparation de la religion de la sphère publique est évidement un autre effort pour susciter l’intégration en réduisant les différences. Par contre, dans le cas de ces controverses, le modèle républicain devient le plus instable. Interdire le port de signes religieux dans la salle de classe, est-ce que c’est plus important que le droit des individus de pratiquer                                                                                                                 30  Khellil, Mohand. Op. cit., p. 66
  • 18.   18   leur propre religion ? Puisque ça affecte en particulier la pratique du port du foulard, pourrait-il être une forme de discrimination fondée sur l'islamophobie ?   De toute façon, cette idée de l’égalité des chances n’est pas encore un succès parce que les inégalités ne sont pas causées par la religion mais par les discriminations et le milieu socio- économique des étudiants. « Surtout, la France se démarque par une très forte corrélation entre milieu socio-économique et performance».31    Du coup, en générale, il y a beaucoup des immigrés et leurs descendants qui se trouvent dans le milieu défavorisé et alors c’est eux qui sont le plus affecté par ces inégalités. Les experts de l’OCDE affirment que tandis que l’écart entre les meilleurs élèves et les plus en difficultés élargisse de plus en plus, «les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté»32 . A son tour, ces inégalités désactivent l’ascenseur social et les étudiants immigrés--surtout ceux qui ont deux parents immigrés--ne peuvent plus accéder au travail comme nous voyons en bas :33                                                                                                                     31  Piquemal, Marie. «La France, toujours championne des inégalités scolaires » Libération, (3 décembre 2013), http://www.liberation.fr/societe/2013/12/03/la-france-championne-du-monde-des- inegalites-scolaires_963749   32 ibis. 33  Parienté, Jonathan. Piel, Simon. Op. cit.  
  • 19.   19   Donc, nous pouvons conclure que les enfants des immigrés n’ont pas de problèmes avec l’intégration mais ils ont un problème d’insertion parce qu’ils ont du mal à atteindre les standards socio-économiques. Alors qu’ils peuvent atteindre facilement la nationalité français, ils ont maîtrisé la langue, dans les sphères publiques de l’éducation et le travail, c’est encore difficile pour les descendants des immigrés à trouver l’égalité au milieu d’une crise économique. ii. La vie familial : formation d’une identité culturelle à travers la langue Dans n’importe quel pays, il y a trois types principaux des descendants des immigrés. Il y a les deux extrêmes : celui qui se retire le plus que possible dans sa communauté et retient sa culture d’origine (suggestive de la communautarisme), et celui qui rompt tous les liens avec son pays d’origine afin de s’immerger complètement dans la société (suggestive de l’assimilation). En effet, pour les deux extrêmes l’intérêt c’est de soit maintenir le patrimoine du pays d’origine soit refuser de le transmettre. Il y a même les gens qui jusqu’à franciser leurs noms ou convertir au christianisme.34 Puis, il y a au milieu la convergence de la culture d’origine et la culture du pays où le descendant réside à l’époque. Cette convergence à son tour crée une mutation d’identité avec des degrés variables qui est suggestive du modèle de l’intégration. Selon le gouvernement, l’idéal, c’est bien sur de trouver un bon équilibre. Mais ce développement d’identité culturelle dépend de plusieurs facteurs auquel le plus important c’est la vie familiale. C’est dans ce cadre que des valeurs et des normes seront inculquées à l’enfant ; ici, des modèles lui seront montrés. Ce qui compte alors est moins de savoir ce qui est transmis que la manière dont cela a été faite. Et cette manière détermine une appartenance culturelle : c’est de ce point de vue qu’il faut considérer les familles d’origine étrangère qui appréhendent différemment les éléments de socialisation, mais qui peuvent avec le temps, adopter certaines valeurs de la société d’accueil 35 Dans le musée de l’histoire de l’immigration, il y a un œuvre d’art qui constitue de trois écrans. Le premier de ces écrans montre une immigrée qui parle couramment avec sa mère. Le deuxième montre l’immigrée entrain de parler avec sa petite fille. Puis, le troisième montre la petite fille avec sa grand-mère mais elles sont totalement silencieuses. Cela illustre symboliquement ce qui arrive quand un immigré ne transmet pas le patrimoine de sa culture d’origine à travers son descendant. En perdant la capacité de parler sa langue d’origine, le descendant perd le lien vers son                                                                                                                 34  Khellil, Mohand. Op. cit., p. 81   35 Khellil, Mohand. Op. cit., p. 55
  • 20.   20   pays d’origine, son patrimoine. Après tout, la communication est un moyen essentiel pour faire partie de n’importe quelle société. D’ailleurs, c’est plus probable qu’un descendant des parents immigrés sera capable de parler sa langue d’origine qu’un descendant des parents mixtes. L’exception, c’est quand les parents sont des immigrés d’un ancien colonie de la France. Dans ces cas, la langue Français peut être la langue principale dans la famille parce que leur pays d’origine a déjà des influences francophones. Dans un sondage en 1992 sur la mobilité géographique et l’intégration sociale, les experts ont trouvé que seulement 20% des immigrés utilisaient leurs langues d’origines avec leurs enfants. La proportion est passée à 26% chez des Marocains et 56% chez les Turcs, dans lequel seulement 7% ont parlé le français à leurs enfants. A l’extrême opposé, 54% des africains subsahariens ne parlaient que le français à leurs enfants de même que 37% des immigrés espagnols 35% des immigrés algériens.36 Quoi qu’il en soit, la langue d’origine devient de plus en plus transférée parce que le mariage mixte deviens de plus en plus nombreux. Le plus éloigné ces générations deviennent de sa généalogie, le moins probable ça devient qu’ils vont apprendre leur langue d’origine. iv. Les banlieues : l’isolement des jeunes et l’anomie Selon le sondage de CNDCDH réalisé en 2013, la majorité des personnes interrogées pensent que les personnes de différentes origines vivent ensemble avec les tensions dans la société française aujourd’hui. Par contre, le deuxième choix le plus populaire montre qu’il y a aussi des gens qui pensent que les personnes de différentes origines vivent séparées avec des tensions. De tout façon, les réponses peuvent compter sur l’endroit où vis l’interrogée. 37                                                                                                                 36 Kirszbaum, Thomas. Brinbaum, Yaël. Simon Patrick. The Children of Immigrants in France: The Emergence of a Second Generation. Innocenti Working Paper, UNICEF, 2009, p. 21 37  Lazerges, Christine et alii. Op. cit., p. 479.  
  • 21.   21   Alors qu’il y a plusieurs banlieues riches, contrairement aux Etats Unis où les riches vont pour s’échapper de la ville, les banlieues françaises sont connues pour leur concentration forte d’immigrés et il y a beaucoup des stigmates pour ces lieus en difficulté. Comme constatent les stigmates, de nombreuses banlieues sont connus pour son taux de criminalité élevé et son taux d'emploi élevé. Mais ce que ces stigmates ne rendent pas compte, ce sont les situations derrières ces taux et les causes qui les exacerbent. Par exemple, dans le cas du chômage, le taux est si élevé parce que les immigrés qui vivent dans ces banlieues sont souvent des victimes de la discrimination. En effet, nous pouvons pas l’attribuer au fait que le niveau d’éducation dans ces lieus sont plus bas parce que selon un article de BBC, en 2005, tandis que le taux de chômage pour les diplômés de l’université qui sont d’origine française est 5%, c’est 26,5% pour les diplômés de l’université d’origine africaines. 38 En attendant, le taux de criminalités peut être expliqué par l’isolement et la discrimination contre ces jeunes dans les banlieues. Pour certains de ces jeunes qui sont d’origine étrangère, la culture de son origine et la culture de la société se mettent en conflit. Et alors qu’il y a des gens qui réussissent à converger les deux, parfois, le jeune se finit par sentir comme s’il n’appartient à ni l’un ni l’autre. Dans ces cas, il tombe dans l’anomie. Il se sent exclus de la société. Et en ajoutant les discriminations qui exacerbent ces chances à l’insertion par le travail et le délit des faciès qu’ils rencontrent de la police, il commence à se développer un ressentiment envers le reste de la société qui à son tour peut se développer dans la criminalité.                                                                                                                 38  « French Muslims face job discrimination ». BBC, (2 novembre 2005), http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4399748.stm  
  • 22.   22   Conclusion Aujourd’hui, le modèle républicain de l’intégration qui était la politique française pour des années est maintenant mis en question. En 2013, un projet lancé par le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault est apparu avec le but de refondation de la politique d’intégration française. Cependant, les réactions sont mixtes et le gouvernement ne le soutiens pas ses propositions. « Une position confortée par des déclarations de François Hollande qui a affirmé que les rapports remis au premier ministre sur l'intégration n'étaient "pas du tout la position du gouvernement »39 Par exemple, dans le cadre de l’éducation, le rapport propose que la loi actuelle sur le voile soit supprimée, que les cours sur les colonisations soient offerts et que les cours pour les autres langues importantes soient également offerts. Puis, dans le cadre de l’emploi, il propose que les conditions de la nationalité soient supprimées pour que tout le monde puisse accéder à l’emploi dans les secteurs privés et publics. De plus, il est proposé que tous les enfants que soient leurs situations atteignent tous les droits offerts aux autres. La France doit avoir un musée sur la colonisation, un autre comité comme l’ancien HALDE pour lutter contre les discriminations doit être établi etc. Ainsi, nous voyons que bien que ces refondations sont radical, il est aussi plus courant de les défauts du modèle d’intégration. En rendant plus compte de la diversité et en faisant plus d’efforts à sensibiliser les jeunes à la tolérance. Ce rapport se semble plus sensible pour accueillir les immigrés. A la fin, malgré les inégalités de discrimination et racisme, le gouvernement français et les associations comme SOS Racisme vont toujours lutter contre cela et préserver les principes de la France.                                                                                                                 39      
  • 23.   23   Bibliographie Documents officiels : Eurostat. Les ressortissants étrangers constituaient 6,5% de la population de l’UE27 en 2010. [en ligne]. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-14072011-BP/FR/3-14072011   BP-FR.PDF Institut national de la statistique et des études économiques. Nombre de chômeurs et taux de chômage des immigrés et des non-immigrés selon le sexe et l'âge en 2012. 2012. http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03346 Kirszbaum, Thomas. Brinbaum, Yaël. Simon Patrick. The Children of Immigrants in France: The Emergence of a Second Generation. Innocenti Working Paper, UNICEF, 2009, p. 21 Kriegel, Blandine et al. Analyse comparative de différents modèles d’intégration en Europe. Avis à Monsieur le Premier ministre. Haut Conseil à l’Intégration, 199 pages. Lazerges, Christine et al. La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Paris, Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, La Documentation Française, 2014, 506 pages. SOS Racisme, Rapport d'activité 2011 Guide méthodologique Ouvrages : Holder, Délina. Natifs des Dom en Métropole. Paris, L’Harmattan, 2013. Khellil, Mohand. Sociologie de l’Intégration. 2e édition, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2008, 125 pages. Sopo, Dominique. Qu’est-ce-que SOS Racisme. Paris, L’Archipel, coll. « L’information citoyenne », 2006, 153 pages. Périodiques : Gabizon, Cécilia. « Les contrastes de l’intégration à la française », Le Figaro, (30 septembre 2009), http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/30/01016-20090930ARTFIG00744-les   contrastes-de-l-integration-a-la-francaise-.php Halpern, Catherine. « Communautarisme, une notion équivoque » Sciences Humaines, (15 juin 2011), http://www.scienceshumaines.com/-0acommunautarisme-2c-une-notion-equivoque   0a_fr_3959.html Parienté, Jonathan. Piel, Simon. « Le bilan contrasté de l’intégration des immigrés en France ». Le Monde, (12 octobre 2012), http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/12/le-bilan   contraste-de-l-integration-des-immigres-en-france_1773335_3224.html Piquemal, Marie. «La France, toujours championne des inégalités scolaires » Libération, (3 décembre 2013), http://www.liberation.fr/societe/2013/12/03/la-france-championne-du   monde-des-inegalites-scolaires_963749
  • 24.   24   Tassel, Fabrice. « Intégration: le modèle républicain réaffirmé », Libération, (10 février 2014), http://www.liberation.fr/societe/2014/02/10/integration-le-modele-republicain reaffirme_979202 Weil, Patrick. « Les quatre piliers de la nationalité par Patrick Weil », Le Monde, (21 décembre 2010), http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/23/les-quatre-piliers-de-la-nationalite   par-patrick-weil_1401781_3232.html « French Muslims face job discrimination ». BBC, (2 novembre 2005), http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4399748.stm Sites internet : L’Administration Française. Naturalisation: conditions à remplir, Service Public, (13 septembre 2013), http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2213.xhtml Haut Conseil à l’Intégratioin. Mots de l’Intégration. [en ligne]. http://www.hci.gouv.fr/-Mots-de-l-integration-.html#I [page consultée le 20/04/14]