SlideShare une entreprise Scribd logo
LES doSSiErS dE 
EmpLoi 
Et formation metrofrance.com 
lunDi 15 novembre 2010 
Les handicapés n’ont 
pas trouvé leur place 
La Semaine pour l’emploi des personnes handicapées 
commence aujourd’hui Une mobilisation toujours 
nécessaire tant la situation demeure préoccupante 
La loi est claire. Depuis 
2005, 6 % de personnes en 
situation de handicap doi-vent 
être embauchées dans 
les entreprises de plus de 
20 salariés. Un bon objectif 
pour l’Adapt (association 
pour l’insertion sociale et 
professionnelle) chargée 
avec l’Agefiph (association 
de gestion du fonds pour 
l'insertion professionnelle 
des personnes handicapées 
et le FIPHFP (fonds pour 
l’insertion des personnes 
handicapées dans la fonc-tion 
publique) d’organiser 
la Semaine pour l’emploi 
des personnes handica-pées. 
“La loi a déclenché 
une prise de conscience 
dans les grandes entre-prises. 
Elles ont vu la 
nécessité d’employer des 
personnes en situation 
de handicap”, constate 
Emmanuel Forsans, prési-dent 
de l’Adapt. Si les 
entreprises ne satisfont pas 
au quota de 6 %, elles doi-vent 
verser une contribu-tion 
financière (entre 3 500 
et 5 300 euros par salarié 
handicapé manquant) à 
l’Agefiph. Pourtant, encore 
22 % des entreprises n’em-bauchent 
aucun salarié en 
situation de handicap et 
un établissement sur deux 
n’atteint pas le quota fixé ! 
La raison la plus invoquée : 
le manque de qualification 
des ces travailleurs. 
Seulement 20 % des per-sonnes 
en situation de han-dicap 
ont le niveau bac et 
les préjugés perdurent. “Je 
ne vois aucune évolution 
des mentalités dans la 
fonction publique”, 
s’alarme Didier Fontana, 
président de la FIPHFP. Un 
constat partagé par 
Vincent Angel, psycho-logue 
du travail. “Un sala-rié 
en situation de handi-cap 
est souvent considéré 
comme moins compétent”, 
explique-t-il. 
On a tendance à oublier 
que le handicap peut tou-cher 
tout le monde. Selon 
les statistiques établies par 
l’Adapt seulement 15 % des 
personnes handicapées le 
sont de naissance, les 85 % 
restants l’étant devenus 
au cours de leur vie. Et ils 
ne sont que 1,8 million 
dont le handicap est offi-ciellement 
reconnu, sur 
5,5 millions d’actifs décla-rant 
un problème de 
santé. “Beaucoup de sala-riés 
en situation de handi-cap 
ne le savent pas. Ils ne 
connaissent pas les aména-gements 
de poste auxquels 
ils ont accès”, commente 
Perrine Aletti, responsable 
de la mission handicap 
chez Quick. Afin d’amélio-rer 
les conditions d’emploi 
des personnes handica-pées, 
l’Adapt profite de 
cette Semaine pour valori-ser 
l’alternance, mettre 
l’accent sur l’expérience 
professionnelle et faciliter 
l’intégration scolaire. Un 
vaste programme qui 
demanderait plus d’une 
semaine de mobilisation. 
Car le handicap, pour ceux 
qui sont concernés, se vit 
au quotidien. 
n.Dubot-Ducloyer 
www.mEtROfRanCE.COm 
“Je suis assez 
optimiste. 
La contrainte due 
au quota de 6 % 
accélère les 
choses.” 
emmanuel Forsans, De l’aDaPt 
“Je ne constate pas 
une évolution des 
mentalités face au 
handicap.” 
DiDier Fontana De la FiPHFP. 
faUjOUR/iCOnOvOx 
Inégaux face au chômage 
Les personnes handicapées rencontrent plus de difficultés sur 
le marché du travail que le reste des demandeurs d’emploi. 
38% 28% 
79% 
59% 53% 
37% 
Plus de 50 ans Sans le bac Un an ou plus au chômage 
100 
80 
60 
40 
20 
0 
les demandeurs d’emploi handicapés - ensemble des demandeurs d’emploi 
SOURCE : EtUdE SUR la fORmatiOn pROfESSiOnnEllE dES pERSOnnES handiCapéS / tnS SOfRES/ OCtObRE 2010.
lundi 15 novembre 2010 dossier 
14 www.metrofrance.com 
l’emploi des personnes handicapées 
L’étudiante 
et son fauteuil 
Comme les filles de son âge, Léonor va à la fac, sort avec ses copines 
et écoute de la musique Seule di=érence : elle ne peut pas marcher 
Quand on rencontre Leo-nor, 
elle a un grand sourire. 
Elle arrive en fauteuil dans 
l’appartement où elle vit 
avec sa maman. La jeune 
fille revient du cinéma. 
“Aujourd’hui, l’ascenseur 
du cinéma à Châtelet ne 
marchait pas. J’ai dû aller 
voir un dessin animé dans 
une salle du bas…”, com-mente 
cette étudiante de 
21 ans. Ce genre de péripé-tie 
lui arrive souvent. “J’ai 
appris à attendre”, s’amuse-t- 
elle. Incapable de mettre 
la clé dans la porte, de se 
coucher ou de se laver toute 
seule, Léonor a toujours be-soin 
d’aide : “Quand je sors 
le soir, il faut que ce soit des 
copines ou ma mère qui me 
mettent dans mon lit, par-fois 
c’est fatigant mais j’ai 
appris à vivre avec.” Quand 
on lui demande si ce n’est 
pas trop dur d’aller à la fac 
tous les jours à Saint-Denis, 
elle répond avec fermeté : 
“Pourquoi je n’irais pas ? 
J’ai passé le bac, je continue 
mes études.” Pourtant, pour 
la plupart des “valides”, sa 
vie relèverait du parcours 
du combattant. Une heure 
avant ses cours en 
deuxième année de psycho-logie, 
un chauffeur vient la 
chercher. Une fois arrivée à 
l’université, elle se dé-brouille 
seule : “C’est un 
choix, je ne voulais pas d’un 
assistant pour sortir mes af-faires, 
aller aux sanitaires et 
tout ça. Ça coupe trop des 
autres et le côté relationnel 
est en général assez facile 
avec moi.” C’est vrai que 
Leonor sait mettre à l’aise. 
“La première fois qu’on me 
voit, on me demande sou-vent 
ce que j’ai, si ça va pas-ser… 
Je réponds facilement. 
Et non, ma maladie ne par-tira 
pas.” 
Originaire de Paris, elle a 
choisi l’université Paris VIII 
pour son accessibilité. Cela 
n’empêche pas Léonor de se 
retrouver plusieurs fois par 
mois devant un ascenseur 
bloqué. Dans ces cas-là, elle 
n’a pas le choix et doit re-tourner 
chez elle. Deux 
heures de trajet et pas de 
cours ! “Ce n’est pas grave, 
je les rattrape grâce à mes 
copines, explique-t-elle. De 
toute façon, je ne pourrais 
pas rester chez moi enfer-mée. 
Parfois j’en ai marre, 
mais ça ne dure jamais très 
longtemps.” Leonor a un 
mental d’acier et un rêve à 
réaliser : devenir psycho-logue. 
n.Dubot-DucLoyer 
www.metrofrance.com 
Léonor dans son appartement à Paris. 
nicolas richoffer/metro 
“C’est vrai que 
beaucoup de 
personnes avec 
un handicap n’ont 
pas de travail à 
responsabilités. 
J’aimerais avoir 
un poste 
important, même 
si je ne sais pas 
encore comment 
je vais me 
débrouiller.” 
Léonor 
Universités 
Des e-orts 
restent à faire 
C’est un constat : les univer-sités 
n’ont pas assez de 
moyens humains et finan-ciers 
pour se charger de la 
question du handicap selon 
Boris Bertin, président d’Ar-pejeh, 
une association qui 
aide les étudiants handica-pés. 
Pourtant, dès 1986, la 
charte des présidents des 
universités incitait à mettre 
en place un référent handi-cap. 
Résultat : ces derniers 
existent, mais ils ne sont 
pas souvent à temps plein 
sur leur poste. La vie à la fac 
n’est pourtant pas facile 
tous les jours pour les étu-diants 
handicapés (voir le 
portrait de Leonor ci-des-sus). 
Les cours devraient 
être mis en ligne systémati-quement 
pour eux, mais 
beaucoup de professeurs re-fusent. 
La loi de 2005 aurait dû 
faire avancer les choses, 
20,5% 
des étudiants handicapés 
ont un handicap moteur. 
C’est le type le plus recensé 
en fac. (Source : ministère de 
l’Enseignement supérieur, 
2008-2009.) 
76,7% 
des étudiants handicapés 
sont en premier cycle 
(niveau licence). (Source : 
ministère de l’Enseignement 
supérieur, 2008-2009.) 
6 000 
C’est le nombre de lycéens 
handicapés recensés en 
2007. (Source : Dress-2005.) 
20000 
enfants handicapés seraient 
non scolarisés. (Source : 
Inspection générale de 
l’Education nationale, 2008.) 
En chiffres 
l’université se devant d’être 
accessible aux personnes en 
situation de handicap (avec 
des rampes pour les aveu-gles, 
sans marches pour les 
fauteuils…). Mais cette 
accessibilité reste encore 
marginale. “Il y a de la vo-lonté 
collective, mais on 
part de loin”, constate, prag-matique, 
Boris Bertin. 
n.D.-D 
jiho/iconovox 
8 783 
Le nombre d’étudiants 
en situation de handi-cap 
inscrits en fac en 
2007, soit 0,1 % 
de la population 
étudiante. 
Source : étude de 
la Dress-2005.
lundi 15 novembre 2010 dossier 
16 www.metrofrance.com 
l’emploi des personnes handicapées 
Karin raguin, responsable de la mission handicap chez lVmh 
“Le handicap, éLément 
constitutif du cV” 
Est-il nécessaire de parler de son handicap ? Doit-on l’indiquer dans le CV ? Autant de questions 
que se posent les personnes concernées lesquelles postulent à un emploi Les réponses d’une experte 
Est-ce qu’une personne en 
situation de handicap doit 
l’indiquer dans son CV ? 
C’est une stratégie glo-bale 
de recherche d’emploi 
au même titre que les ex-périences 
qui ressortent 
sur un CV. Il faut se poser 
les bonnes questions : est-ce 
que j’ai envie d’en par-ler 
ou pas ? Si on parle de 
son handicap dans le CV, 
on s’expose automatique-ment 
à des questions de la 
part du recruteur. Il faut 
alors avoir les bons mots 
pour parler de son handi-cap. 
Par contre, il n’est pas 
nécessaire de mentionner 
le type de handicap car il 
ne fait pas l’objet de l’en-tretien. 
Quand on envoie 
une candidature, il faut 
également savoir à qui l’on 
s’adresse. Dans les grands 
groupes, le CV d’une per-sonne 
en situation de han-dicap 
passe souvent par 
deux circuits : la mission 
handicap et le recruteur. 
Dans une entreprise qui 
n’affiche pas clairement sa 
volonté d’embauche de 
personnes en situation de 
handicap, quelqu’un qui 
est en situation de handi-cap 
peut s’exposer à des 
stéréotypes en l’indiquant 
sur son CV. 
Lors de l’entretien, faut-il 
parler de son handicap dès 
le début ? 
Beaucoup de personnes 
posent leur dossier médical 
sur la table dès le début et 
détaillent parfois beaucoup 
leur handicap. C’est une fa-çon 
de se “débarrasser du 
problème”. Il faut faire at-tention 
à ne pas employer 
de termes médicaux trop 
abstraits mais l’expliquer 
avec des situations 
concrètes, en précisant 
pourquoi ça fatigue, que 
faire dans ces cas-là … 
Cela évite une mauvaise 
compréhension entre l’em-ployeur 
et le candidat. 
Quelqu’un qui sait nom-mer 
sa pathologie peut 
être perçu positivement 
car cela veut dire que la 
personne a déjà pris du re-cul 
par rapport à son han-dicap. 
Certains candidats 
n’en parlent pas du tout 
lors de l’entretien et c’est 
d’ailleurs leur droit. La 
mission handicap conseille 
aux recruteurs d’aborder la 
question du handicap 
comme un élément consti-tutif 
du CV. Certains ne 
l’abordent qu’à la fin de 
l’entretien, comme une 
formalité administrative, 
c’est souvent parce qu’ils 
ne sont eux-mêmes pas à 
l’aise avec la question. 
Les aménagements du poste 
de travail relèvent-ils d’une 
négociation entre l’employeur 
et le salarié en situation de 
handicap ? 
On parlera plus d’un 
exercice de compréhen-sion. 
Les besoins ne sont 
pas toujours les mêmes 
pour le salarié. C’est une 
gymnastique dont l’entre-prise 
n’a pas l’habitude. Il 
est important que la dis-cussion 
continue sur le 
long terme. Une personne 
en traitement, médical, par 
exemple aura des mo-ments 
où elle sera plus fa-tiguée 
que d’autres, elle 
n’aura pas les mêmes be-soins 
tout au long de 
l’année. 
Existe-t-il vraiment beaucoup 
de différences de comporte-ment 
entre une personne qui 
a un handicap visible ou non 
visible ? 
Avec un handicap non 
visible, la personne a tou-jours 
le choix d’en parler 
ou non. Mais attention, ce 
n’est pas parce qu’on voit 
un handicap que l’on 
comprend la personne. 
Il faut que le candidat 
fournisse les explications 
nécessaires à la compré-hension 
de son handicap. 
Ainsi, par exemple, une 
personne dans en fauteuil 
roulant n’a pas forcément 
que des problèmes d’acces-sibilité, 
elle peut aussi 
avoir des douleurs muscu-laires 
fortes qui la fati-guent. 
n.dubot-ducloyer 
www.metrofrance.com 
“Ne pas employer 
de termes 
médicaux pour 
qualifier le 
handicap mais 
l’expliquer avec 
des situations 
concrètes.” 
Karine raguin 
“Avec un 
handicap non 
visible, la 
personne a le 
choix de ne pas 
en parler.” 
Karin raguin 
nicolas richoffer/metro 
focus 
Le rôle de 
Pôle emploi 
Une fois reconnu travail-leur 
handicapé par la 
MDPH*, celui-ci doit se 
tourner vers Pôle emploi 
afin de trouver un poste 
adapté. Il pourra alors 
être orienté vers plusieurs 
structures dont Cap em-ploi 
pour l’accompagner 
en formation ou Handi-pass, 
une agence de Pôle 
emploi spécialisée dans le 
handicap. “Le problème 
reste le manque d’infor-mation 
en amont”, selon 
Anne Roi, responsable du 
développement d’Unirh, 
fédération regroupant les 
CAP emploi d’Île-de- 
France. Le suivi individuel 
est privilégié mais un res-ponsable 
de CAP emploi 
doit gérer entre 150 et 
200 dossiers. Pour retrou-ver 
du travail, il faut 
compter en moyenne 
deux ans et demi. Sans 
compter que 20 % des tra-vailleurs 
handicapés sont 
au chômage : c’est deux 
fois plus que la moyenne 
nationale. 
*MdPh : maison départe-mentale 
des personnes 
handicapées. 
De précieux sites spécialisés 
Handi-Cv, handijobs, handi-cap- 
monster. De plus en 
plus de sites se spécialisent 
dans la recherche d’emploi 
pour les personnes en situa-tion 
de handicap. Comme 
les sites traditionnels, il suf-fit 
de cliquer sur l’offre 
d’emploi qui correspond à 
son profil. Le candidat peut 
également y déposer son 
CV. Seule différence : l’in-ternaute 
n’a pas besoin 
d’annoncer à son éventuel 
recruteur qu’il est handi-capé, 
vu qu’il est sur un site 
dédié à cette recherche spé-cifique. 
“L’existence de tels 
sites permet de lever le 
voile sur le handicap, de ne 
plus le dénigrer ou le consi-dérer 
comme marginal. Ils 
sont une bonne interface 
pour éviter la discrimina-tion 
et évoquer ouverte-ment 
un sujet social mais 
sensible”, indique Philippe 
Manaël, webmaster de 
Handi-Cv. Ces sites sont éga-lement 
une bonne source 
d’information en matière 
de législation et d’actualité 
liées au handicap pour les 
entreprises et les candidats. 
“Les recruteurs ont compris 
que la notion du handicap 
est complexe et que la 
traiter seule dans son coin 
ne suffit plus”, ajoute 
encore Philippe Manaël. 
ProPos recueillis Par n.d.-d 
handi-cv.com, handijobs.fr, 
handicap.monster.fr 
“De tels sites 
permettent de 
lever le voile sur 
le handicap, de ne 
plus le dénigrer… 
Ils sont une bonne 
interface pour éviter 
la discrimination.” 
PhiliPPe Manaël, 
webMaster de handi-cv 
Karin Raguin, responsable chez LVMH. 
dr
www.metrofrance.com 19 
lundi 15 novembre 2010 
faujour/iconovox 
INfoS pRatIqUeS 
Deux initiatives 
prometteuses 
• AssociAtion Arpejeh 
Depuis 2008, cette 
association qui regroupe 
plusieurs entreprises s’est 
donné pour mission 
d’aider les jeunes en 
situation de handicap 
à accéder au monde du 
travail. Elle mène plu-sieurs 
interventions en 
milieu scolaire à la de-mande 
des élèves ou des 
professeurs : animations 
en milieu scolaire et 
visites en entreprise 
pour découvrir des mé-tiers 
insolites, aide à 
la recherche de stages, 
formules de tutorat avec 
un employé dans une 
situation de handicap… 
www.arpejeh.com 
• BAc pro commerce 
et BeAuté de l’oréAl 
Depuis l’année dernière, 
la sociétéL’Oréal a mis en 
place un bac pro com-merce 
(option 
2 
Il faut en moyenne 
2 ans et demi à une 
personne en situation 
de handicap pour 
trouver un emploi. 
Source UNIRH/Cap emploi. 
métiers de la beauté) 
en partenariat avec le 
groupe Casino. Le but : 
former une dizaine de 
jeunes en situation de 
handicap, tout en leur 
garantissant un emploi 
à la sortie de l’école. Une 
initiative que Michel 
Forget, directeur de la 
diversité à L’Oréal, veut 
renouveler en 2011, 
voire élargir à d’autres 
secteurs d’activité tels 
que la distribution ou 
la fabrication. 
www.loreal.fr
lunid 15 novembre 2010 dossier 
20 www.metrofrance.com 
l’emploi des personnes handicapées 
Sébastien Caillarez travaille à l’accueil d’un hôtel Ibis à Paris. Il a un handicap visuel important. 
Des aménagements de son poste ont dû être eFectués pour qu’il puisse exercer son métier dans de bonnes 
conditions. Aujourd’hui, Sébastien est complètement autonome 
sébastien, un salarié 
(presque) comme un autre 
ôtel Ibis Paris 
Berthier Sébas-tien 
bonjour”, 
annonce Sébas-tien 
Caillarez en 
décrochant le 
téléphone. Comme tous les 
autres employés de la récep-tion, 
Sébastien répond au 
téléphone, prend les réser-vations, 
renseigne les 
clients. Rien d’exceptionnel 
pour son métier sauf que 
tout ce qu’il entreprend lui 
demande plus d’efforts de 
concentration car il a un 
handicap visuel important. 
Les clients n’y prêtent pas 
souvent attention car Sébas-tien 
réagit, la plupart du 
temps, comme ses col-lègues. 
“Parfois je suis plus 
lent, le plus dur c’est les 
tickets de réservation écrits 
en tout petit,” confesse-t-il. 
Justement, un client arrive 
avec le fameux ticket de ré-servation. 
Le réceptionniste 
est obligé de l’approcher 
très près de ses lunettes 
pour pouvoir lire. “Certains 
s’impatiente, un jour on 
m’a dit ‘il faut changer de 
lunettes’”, se rappelle-t-il 
non sans regret. Depuis tou-jours, 
sa vision est faible. “Il 
faut bien que je vive et tra-vaille 
avec”, commente-t-il. 
Après avoir passé un bac 
technologique d’hôtellerie, 
le jeune homme qui a au-jourd’hui 
24 ans, a testé plu-sieurs 
métiers grâce à des 
stages. “En cuisine, c’était 
trop dur pour moi, il fallait 
que je fasse attention à tout. 
En service, je ne voyais pas 
tous les obstacles”, se sou-vient- 
il avec un petit sou-rire. 
Au final, il a opté pour 
le métier de réceptionniste. 
Avant d’être embauché à 
l’hôtel Ibis, il avait déjà es-suyé 
plusieurs refus. “L’en-tretien 
se passait bien, se 
souvient-t-il, puis quand je 
disais mon handicap on me 
répondait, ‘là ça va coin-cer’”. 
Des moments diffi-ciles 
à encaisser pour 
Sébastien. 
S’il est vrai que le groupe 
Accor, dont fait partie l’hô-tel 
Ibis où travaille Sébas-tien, 
n’a pas atteint le quota 
obligatoire de 6 % de sala-riés 
en situation de handi-cap 
(à ce jour, il n’enregistre 
que 3,74 %), il semble qu’il 
y ait une volonté de s’adap-ter. 
Avant son arrivée, il y a 
huit mois, Sébastien avait 
rencontré son futur chef de 
réception et lui avait exposé 
ses besoins. Résultat : on lui 
a installé un logiciel grossis-sant 
sur les ordinateurs et 
les feuilles de briefing avec 
les instructions de la jour-née 
sont photocopiées en 
A3 pour qu’il puisse les lire. 
Des mesures qui ont changé 
les habitudes de travail de 
ses collègues et qui auraient 
pu devenir source de ten-sions. 
Mais, prévenus à 
l’avance de son handicap, 
ils se sont tous soudés 
autour de lui. “Il est très mi-nutieux 
et réalise les en-caissements 
avec beaucoup 
d’attention”, commente La-tifa 
Karaoui, une de ses col-lègues. 
Pendant ce temps, à 
la réception, le jeune 
homme a toujours du mal à 
lire le ticket, sa collègue ar-rive 
discrètement pour l’ai-der. 
“Ils sont si prévenants 
que je me dis parfois que 
certains doivent être 
jaloux”, plaisante Sébastien. 
n.Dubot-Ducloyer 
www.metRofRance.com 
infoS pratiqueS 
Que dit 
le code 
du travail ? 
• le statut de travailleur 
handicapé 
Ce statut n’est pas re-connu 
de manière auto-matique. 
Ainsi, il faut le 
demander à la CDAPH 
(commission des droits et 
de l’autonomie des per-sonnes 
handicapées) sur 
présentation d’un dossier. 
• le handicap fait partie 
de la vie privée 
Un salarié handicapé 
n’est en aucun cas tenu 
de révéler son handicap. 
Son unique obligation, 
comme pour tous les sala-riés, 
est de passer la visite 
médicale d’embauche qui 
attestera de son aptitude 
à occuper l’emploi pour 
lequel il a été embauché. 
• les motifs de 
discrimination 
Une personne ne peut pas 
être sanctionnée ou 
même licenciée au motif 
qu’elle est handicapée. De 
plus, le handicap ne peut 
en aucun cas constituer 
un refus d’embauche. Si 
c’est le cas, l’employeur 
s’expose à des sanctions 
pour discrimination. 
• le droit du travail 
reste le même 
Le salarié en situation de 
handicap a un salaire, 
une période d’essai, ou 
encore des congés iden-tiques 
à ceux d’une per-sonne 
valide. 
Seule diffère la durée du 
préavis de licenciement, 
qui est doublée dans la 
limite de trois mois. 
plus d’infos sur 
www.juritravail.com 
“Pour le moment, 
j’habite loin et je 
viens en métro. 
Au début c’était 
difficile de se 
repérer mais 
maintenant je 
connais le trajet 
par coeur.” 
SébaStien 
H 
nicolas RichoffeR/metRo 
n.R/metRo
l’emploi des personnes handicapées 
Vincent Angel, psychologue du travail 
“attention à la surempathie” 
Quand une personne en 
situation de handicap arrive 
au sein d’une équipe de tra-vail, 
il peut y avoir des ten-sions. 
Vincent Angel, 
psychologue du travail*, ex-plique 
comment réagir face 
à un collègue en situation 
de handicap. 
Quand une personne avec un 
handicap arrive dans l’entre-prise, 
doit-on lui en parler ? 
Cela dépend si la per-sonne 
qui a un handicap a 
déjà abordé le sujet. On est 
dans le domaine de l’in-time. 
Si, en amont de l’ac-cueil 
d’un collègue 
handicapé, l’équipe a une 
formation, l’intégration 
peut bien se passer. Le pro-blème 
c’est qu’aujourd’hui, 
les salariés ne sont pas assez 
préparés à la façon de réagir 
et manquent souvent de sa-voir- 
vivre. Ils jugent les 
comportements de l’autre 
www.metrofrance.com 23 
lundi 15 novembre 2010 dossier 
et ils ont des stéréotypes 
dans la tête. Ils pensent 
qu’une personne en situa-tion 
de handicap est plus 
lente, moins compétente. 
Faut-il faire plus attention à 
un collègue en situation de 
handicap ? 
On pense souvent que 
cette personne a besoin d’as-sistance 
mais il ne faut pas 
anticiper ses besoins. Celle-ci 
cherche souvent plus d’au-tonomie. 
Certains collègues 
développent une surempa-thie. 
On pense que celui en 
situation de handicap a be-soin 
de parler de ses pro-blèmes. 
On ne ferait pas ça 
pour une personne “valide”. 
Le relationnel prend souvent 
le pas sur le professionnel. 
Est-il plus difficile de s’inté-grer 
avec un handicap non 
visible ? 
Les salariés avec un han-dicap 
non visible suppri-ment 
souvent leurs 
émotions. Pourtant, même 
avec un handicap non visi-ble, 
elles sont confrontées à 
des choses qu’elles ne peu-vent 
plus faire au travail. 
Le temps d’intégration dans 
une équipe est-il plus long 
pour une personne en 
situation de handicap ? 
Les entreprises vou-draient 
des gens qui soient 
tout de suite capables d’in-tégrer 
les postes avec la 
motivation et les connais-sances. 
Avec une personne 
en situation de handicap, il 
faut un temps d’adaptation 
plus long, avec un aménage-ment 
progressif du poste de 
travail. 
Les problèmes d’intégration 
sont-ils fréquents ? 
Souvent, on demande au 
salarié en situation de han-dicap 
d’effectuer des tâches 
périphériques. Par exemple, 
une assistante maternelle 
dans une école doit aussi 
faire le ménage en plus de 
sa tâche éducative. C’est 
une tâche en plus, impossi-ble 
à réaliser pour elle. Un 
salarié en situation de han-dicap 
est embauché pour 
un coeur de métier dont il a 
les compétences. Le travail 
doit se réorganiser autour, 
car si c’est mal fait, cela 
peut créer des tensions. Les 
autres salariés estiment 
alors que leur collègue han-dicapé 
n’est pas capable. A 
contrario, une personne 
handicapée peut vouloir 
montrer encore plus de 
compétences, même si elle 
est dans l’incapacité de le 
faire. 
n. dubot-ducloyer 
www.metroFrAnce.com 
*egalement doctorant en psy-chologie 
du travail au labora-toire 
de psychologie cognitive 
et sociale de l'université de 
nice-sophia Antipolis 
michel bernouin/metro 
subventions : 
un système 
detourné 
Corinne, 43 ans, assistante 
comptable de la fonction 
publique, discriminée à 
cause de son handicap. 
“J’ai été licenciée en 2004 
pour inaptitude au poste 
de caissière. 
Mon entreprise avait ob-tenu 
des subventions car 
j’étais une travailleuse 
handicapée mais elle 
n’avait jamais aménagé 
mon poste de travail. A la 
suite de mon licencie-ment, 
j’ai saisi la Halde. 
J’ai obtenu gain de cause. 
J’ai retrouvé un emploi et, 
une fois de plus, ils ont eu 
des subventions et n’ont 
rien fait. Cette fois, je n’ai 
pas ressaisi la Halde car 
les procédures sont trop 
longues. Certains em-ployeurs 
sont très profi-teurs 
de la loi sur le 
handicap. Ce n’est pas le 
CV qui les intéresse mais 
les subventions qu’ils vont 
obtenir.” 
les mentalités 
évoluent 
Chantal, 56 ans, professeure 
des écoles. 
“A la suite d’un accident 
en 1979, j’ai eu de grosses 
difficultés à marcher à 
cause de ma cheville. Je 
suis quand même retour-née 
travailler en béquilles. 
Il y avait des escaliers, per-sonne 
ne s’en préoccupait. 
Je ne me plaignais pas, je 
m’arrangeais pour que 
mon handicap se voie le 
moins possible, c’est long 
d’admettre qu’on a un 
problème. Il y a seulement 
trois ans, j’ai demandé ma 
reconnaissance de travail-leur 
handicapé. J’ai ob-tenu 
deux demi-journées 
de repos et un siège pour 
faire la classe assise. J’ai 
noté une légère évolution 
dans les mentalités de mes 
collègues, mais on me de-mande 
toujours si mon 
handicap est réel car il y a 
des jours où je marche 
mieux. Je suis très fatiguée 
et je ne sais pas si je vais 
pouvoir aller jusqu’à la 
retraite.” 
communiquer 
entre collègues 
Florence, 26 ans, équipière 
polyvalente chez Quick. 
“Je suis sourde mais je n’ai 
pas de difficultés par rap-port 
à la communication, 
car j’utilise le langage des 
signes et j’écris. Je suis ve-nue 
à Paris dans l’espoir 
de trouver un emploi car 
je n’essuyais que des refus 
chez moi dans le Sud- 
Ouest. Un jour Quick m’a 
appelée et m’a proposé de 
m’embaucher en CDI. Au 
début, je n’avais pas l’ha-bitude 
de communiquer 
avec mes collègues. Main-tenant 
tout se passe nor-malement. 
On ne me 
parle jamais de mon han-dicap. 
On a aménagé mon 
poste de travail en m’ins-tallant 
un biper de mes-sage 
pour me signaler 
qu’il y a des clients au 
drive, qu’il faut que je re-vienne 
au comptoir ou 
que je fasse le ménage par 
exemple. Je dis ‘bonjour-au 
revoir’ aux clients en 
langage des signes. 
Souvent, ils n’osent pas 
me répondre par les 
signes et me font un 
sourire.” 
Vos 
témoignages 
“Certains 
employeurs ne 
sont pas intéressés 
par un CV mais par 
les subventions 
qu’ils vont 
obtenir.” 
corinne, licenciée à cAuse 
de son hAndicAp 
“Avec une personne en situation de 
handicap, le relationnel prend souvent 
le pas sur le professionnel.” 
vincent Angel, psychologue du trAvAil
Jeunes diplômés : 
un job malgré la crise 
Lors de la crise, les jeunes 
diplômés ont été les actifs 
les plus touchés par le chô-mage 
en France. Mais 
depuis la fin de l’année 
2009, une tendance se con-firme 
: le chômage des 15- 
24 ans recule (- 0,8 points). 
Une amélioration qui 
cependant reste fragile. 
“Malgré tout, je suis 
moins pessimiste pour l’em-ploi 
jeune qu’à la même 
date l’an dernier, indique 
Christian Darantière, direc-teur 
délégué de l’Afi. Il y a 
des signes très timides de 
reprise de l’embauche, ce 
qui permet de freiner la 
chute.” Pour Mathieu Plane, 
économiste à l’OCDE 
(Organisation de coopéra-tion 
et de développement 
économiques), si le taux de 
chômage a légèrement 
baissé, c’est à cause de la 
reprise des emplois intéri-maires 
et des petits bou-lots 
: “Les jeunes sont cinq 
fois plus représentés dans 
les emplois précaires. Les 
entreprises restent frileuses 
et préfèrent embaucher des 
intérimaires.” Autre phéno-mène 
: les 15-24 ans sont 
souvent prêts à accepter des 
postes en dessous de leurs 
compétences. “Prendre un 
emploi non qualifié 
entraîne un risque de 
déclassement. C’est ensuite 
beaucoup plus dur de 
remonter au niveau de son 
diplôme. Il faut faire atten-tion 
à ne pas rester trop 
longtemps dans son petit 
boulot”, conseille Christian 
Darantière. Mais ne pas 
accepter un “petit boulot” 
peut entraîner des soucis 
financiers. En dessous de 
25 ans, très peu de jeunes 
diplômés ont en effet accès 
au RSA (revenu de solidarité 
active), car il faut avoir tra-vaillé 
En France 
Le taux de chômage, 
par tranche d’âge… 
deux ans à temps 
50 
% 
plein dans les trois der-nières 
années, ce qui est 
rarement le cas des jeunes 
sortant des études. 
LES DOSSIERS 
de 
Population la plus fragile face au chômage, les 
jeunes diplômés sont aussi les premiers touchés par la 
crise Avec la légère reprise de ces derniers mois, leur 
avenir pourrait s’éclaircir Qu’en est-il vraiment ? 
N. DEBOT!DUCLOYER 
WWW.METROFRANCE.COM 
CORBIS 
Depuis la fin 2009, le chômage des 15-24 ans recule. 
metrofrance.com 
supplément 
LUNDI "# SEPTEMBRE "#$# 
“Faire du bénévolat 
quand on est 
jeune diplômé 
et sans emploi 
permet d’élargir 
son réseau 
relationnel et 
professionnel.” 
CHRISTIAN DARANTIÈRE, 
DIRECTEUR DE L’AFIJ 
0 
23,3 
8,4 6,1 
!"#$% &'( 
!"#$% &'( 
") &'( *+ + 
!e SEMESTRE !"#" $ L’INSEE. 
Retrouvez l’intégralité 
du dossier sur notre site 
metrofrance.com/ 
jeunesdiplomes
LUNDI 20 SEPTEMBRE 2010 plus 
20 www.metrofrance.com 
Sachez bien utiliser 
les réseaux sociaux 
Facebook, Viadéo… les jeunes diplômés ont tout 
intérêt à les exploiter pour leur recherche d’emploi 
Mais attention, il y a des règles à respecter 
• FACEBOOK, COPAINS D’AVANT… 
Etudiants, jeunes diplô-més… 
La majorité des 15- 
24 ans a un profil Facebook. 
Entre photos de soirée et 
réelle motivation d’em-bauche, 
mieux vaut faire at-tention 
à ne pas raconter 
toute sa vie sur son “wall”. “ 
Je conseille d’avoir deux 
profils : un professionnel et 
un pour les amis”, préco-nise 
Frédéric Canevet, res-ponsable 
de conseil-marketing. 
fr. S’il est vrai 
que Facebook regroupe 20 
millions de Français, ce 
n’est pas pour autant plus 
facile de trouver la bonne 
personne à contacter pour 
un emploi. “Le mieux est de 
combiner les réseaux so-ciaux 
en utilisant aussi Co-pains 
d’avant, par exemple, 
pour recréer un réseau”, 
continue Frédéric Canevet. 
Les anciens camarades 
d’école peuvent alors deve-nir 
des professionnels inté-ressants. 
Un jeune diplômé 
croit souvent ne pas avoir 
de réseaux. C’est faux. Sur 
les réseaux sociaux, il re-trouvera 
toujours 
quelqu’un qu’il connaît. 
• LES RÉSEAUX SOCIAUX PROS 
Pour une recherche d’em-ploi 
dans les règles, mieux 
vaut opter pour des réseaux 
sociaux professionnels. “Au-jourd’hui, 
c’est devenu une 
étape incontournable. Les 
jeunes diplômés doivent 
constituer et animer un ré-seau 
Internet sur du long 
terme”, conseille Nicholas 
Vieuxloup, porte-parole de 
viadeo.fr. Dès sa première 
année d’études, il ne faut 
pas hésiter à créer son pro-fil 
avec une photo, son cur-sus 
scolaire, sa participation 
à des projets… Tous les 
moyens sont bons pour se 
présenter. “Un profil pauvre 
et jamais renouvelé a peu 
de chances d’être 
contacté”, constate Nicholas 
Vieuxloup. 
Plus international, le ré-seau 
professionnel Linkedln 
regroupe des employeurs 
du monde entier. Pour ceux 
qui souhaitent trouver du 
travail à l’étranger et plus 
spécialement aux Etats- 
Unis, ce réseau est très effi-cace. 
Autre site : Xing.fr, 
plateforme d’origine alle-mande 
qui permet égale-ment 
de rentrer en contact 
avec les recruteurs d’outre- 
Rhin. Que ce soit pour pos-tuler 
en France ou ailleurs, 
participer à un réseau social 
implique des codes à respec-ter 
: “Il faut appliquer les 
mêmes règles de politesse 
que dans la vraie vie, insiste 
Nicholas Vieuxloup, on dit 
bonjour, s’il vous plaît, au 
revoir.” 
Les réseaux sociaux peuvent faciliter la recherche d’emploi. 
CORBIS 
CV VIDÉO OU CV CLASSIQUE 
QUEL EST LE PLUS EFFICACE ? 
Le CV vidéo n’est pas tou-jours 
un exercice facile à 
réaliser. Mieux vaut parfois 
privilégier le bon vieux CV 
écrit. Jacques Froissant, fon-dateur 
du cabinet de recru-tement 
Altaïde, donne ses 
conseils. 
• LE CV VERSION “ÉCRITE” 
Pour qui ? 
Pour tous. Des jeunes di-plômés 
aux seniors. 
Comment l’envoyer ? 
Par mail. Il est beaucoup 
plus facile de les transférer 
dans les services de l’entre-prise 
sous cette forme. 
Les CV “écrits” sont-ils 
gardés ? 
Beaucoup d’entreprises ont 
des bases de données où 
les CV sont stockés. 
Combien de temps le recru-teur 
prend-il pour le lire ? 
Il le lit en à peine une mi-nute. 
Si c’est un CV bien 
écrit, il voit ce qui l’inté-resse 
tout de suite. 
• LE CV VIDÉO 
Pour qui ? 
Principalement, pour les 
métiers de l’informatique 
mais, attention, il faut être 
très bon en graphisme et à 
l’aise avec le maniement 
de la vidéo. 
Quels sont les risques 
du CV vidéo ? 
C’est le risque d’être très 
mauvais. Seulement cinq 
ou six candidats se démar-quent 
par an. 
Combien de temps le recru-teur 
prend-il pour le lire ? 
Il faut au moins trois mi-nutes 
pour lire un CV vi-déo. 
C’est plus long que de 
lire un CV normal. 
Faut-il se lancer dans 
le CV vidéo ? 
Le CV dit “classique” fonc-tionne 
encore bien. Le CV 
vidéo n’intéresse pas spé-cialement 
les recruteurs. 
RECUEILLIS PAR N.D.!D 
A vos blogs ! 
FILON. Pour se faire 
connaître, un blog est 
une bonne vitrine. Poster 
ses travaux réalisés pen-dant 
ses études, ses pro-jets, 
son CV sur son blog 
permet à un employeur 
de mieux connaître son 
éventuel futur employé. 
“Il faut savoir se faire dé-sirer 
en tant que produit 
et utiliser tous les canaux 
virtuels qui existent”, 
insiste Frédéric Canevet, 
responsable de conseil-marketing. 
fr. Et souvent 
ça marche, comme Elisa 
qui s’est vu proposer 
un entretien d’embauche 
à la suite de l’ouverture 
de son blog. “Le réseau 
virtuel est un moyen de 
nouer des relations effica-cement”, 
commente-t-elle. 
Et pour les jeunes 
diplômés, utiliser Inter-net 
est rarement un pro-blème. 
Alors, à vos blogs ! 
RECUEILLIS PAR N.D.!D 
Zoom 
DR 
N. DEBOT!DUCLOYER 
WWW.METROFRANCE.COM 
Et Twitter ? 
A la première approche 
Twitter ne paraît pas très 
simple d’utilisation. Une 
fois le langage assimilé – 
beaucoup d’informations 
en très peu de mots –, 
il peut s’utiliser pour faire 
part de son actualité 
professionnelle en temps 
réel. Beaucoup d’offres 
d’emploi dans le domaine 
de l’informatique et de 
l’Internet sont d’abord 
postées sur Twitter puis sur 
les sites d’offres d’emploi. 
Il suffit juste de suivre 
(“follow” en langage 
Twitter) les bonnes 
personnes. 
5 % 
Sur 200 000 personnes 
inscrites à viadeo.fr, 
5 % d’entre elles sont 
des jeunes diplômés. 
Un cadre sur deux 
parisien est inscrit 
sur viadeo.fr. Linkedln 
compte 70 millions de 
membres. 
“Je conseille 
d’avoir deux 
profils : un pro et 
un pour les amis.” 
FRÉDÉRIC CANEVET, RESPONSABLE 
DE CONSEILMARKETING.FR 
“Si un CV est bien 
écrit, l’employeur 
voit ce qui 
l’intéresse tout 
de suite.” 
JACQUES FROISSANT 
DR
LUNDI 20 SEPTEMBRE 2010 plus 
“L’Angleterre 
offre plus 
de chances” 
“C’est avec Erasmus au pays 
de Galles que j’ai eu le coup 
de coeur pour la Grande-Bre-tagne. 
Je suis quand même 
rentrée en France pour faire 
un master de traduction à 
Lille mais ça ne me plaisait 
pas vraiment et je suis re-partie 
tenter ma chance 
dans une université an-glaise 
l’année d’après”, pré-cise 
Lucie. “J’ai obtenu mon 
master de traduction et 
d’interprétariat en 2007 à 
l’université de Bath. En-suite, 
pendant dix mois j’ai 
travaillé comme serveuse 
avant de trouver le job de 
mes rêves ! Je suis désor-mais 
traductrice chez Sony. 
L’Angleterre donne plus de 
chances aux jeunes diplô-més 
et c’est pour ça que je 
suis restée. J'ai vu les oppor-tunités 
qui se présentaient 
à la sortie de mon master et 
je me suis dit : ‘Jamais je 
trouverais ça en France, sur-tout 
à la sortie de la fac.’ 
Ici, quand tu as un di-plôme 
anglais et que ta 
DR 
langue maternelle est le 
français, tu as forcément un 
job à la clé. Et puis, les sa-laires 
sont bien plus élevés 
et les possibilités d’évolu-tion 
aussi. Si je décidais de 
rentrer travailler en France, 
il faudrait d'abord que je 
consacre plusieurs mois à 
ma réintégration à la cul-ture 
française !” N.D!D 
22 www.metrofrance.com 
Partir à l’étranger, 
la bonne pioche ? 
Pascal, !" ans, est parti travailler au Canada avant de revenir en France Lucie, !# ans, travaille 
depuis deux ans en Grande-Bretagne Parcours croisés de jeunes diplômés qui ont choisi de s’expatrier 
Ces secteurs qui recrutent 
Le recrutement des jeunes 
diplômés redémarre timide-ment 
mais pas pour tous les 
métiers. Metro a demandé à 
Laurence Bricteux, direc-trice 
marketing du site de 
recherche d’emploi en ligne 
Monster, quels sont les sec-teurs 
qui embauchent le 
plus en ce moment. 
• LE SECTEUR 
DE L’ÉNERGIE 
L’énergie est un gros pour-voyeur 
d’emplois mais il 
existe peu de diplômes dans 
le domaine. Les entreprises 
de l’énergie embauchent 
souvent des jeunes qui ont 
un diplôme d’ingénieur et 
qui ont fait une spécialisa-tion 
dans l’énergie. 
• LES SECTEURS EN 
RECHERCHE DE 
“JEUNES PROFILS” 
On n’y pense peu mais le 
commerce en ligne recrute 
beaucoup de candidats. 
Pas besoin d’avoir énormé-ment 
d’expérience pour ces 
types de postes, les di-plômes 
demandés sont gé-néralement 
moins élevés 
que dans le secteur du com-merce 
“classique”. 
La santé et le tourisme 
embauchent également 
beaucoup de jeunes diplô-més. 
Selon les études sui-vies 
(du BEP au master), les 
embauchés ont souvent 
moins de 25 ans. 
• LES SECTEURS 
DITS “CLASSIQUES” 
Les métiers de la finance, de 
la banque et aussi de la 
communication n’hésitent 
pas à embaucher des jeunes 
diplômés. Avant d’être défi-nitivement 
installés dans 
l’entreprise, ils ont souvent 
effectué un stage et un ou 
plusieurs CDD. “Une entrée 
classique dans ces secteurs”, 
selon Laurence Bricteux. 
Les collectivités territo-riales 
bénéficient égale-ment 
d’un grand vivier de 
jeunes tout juste sortis de 
leur formation. Ces derniers 
ont souvent été stagiaires 
au sein de la collectivité 
avant d’être embauchés. 
Du côté des grandes en-treprises, 
le recrutement 
des jeunes diplômés re-prend. 
S’ils ont peu d’expé-rience, 
ce n’est pas 
forcément un problème car 
les entreprises les intègrent 
souvent dans des processus 
de recrutement afin de les 
former. 
N.D!D 
“Le Canada 
m’a rendu 
plus 
mobile” 
“En mai 2009, je suis parti 
de Marseille pour aller à 
Montréal. J’avais obtenu 
mon diplôme de master en 
économie des entreprises 
depuis deux ans et demi et 
je travaillais comme con-seiller 
de clientèle dans une 
agence bancaire. J’ai dé-marré 
dans la vie active tout 
de suite après l’université et 
j’ai ressenti le besoin de vi-vre 
une expérience à l’étran-ger 
pour découvrir autre 
chose”, explique Pascal. 
“Le déclic est venu d’un 
ami d’enfance qui était 
parti au Canada avec un 
visa permis vacances travail 
(PVT). Ce visa autorise un 
Français à travailler un an 
partout au Canada. Là-bas 
j’ai fait quelques petits bou-lots 
via des agences d’inté-rim. 
Vivre à Montréal m’a 
permis de partager une co-location 
avec des Québé-cois, 
des Mexicains et des 
Français. J’ai passé des mois 
inoubliables. Je n’étais pas 
parti dans l’esprit d’immi-grer 
mais plutôt pour faire 
une pause. S’il est vrai 
qu’au Canada, les salaires 
sont plus élevés à un niveau 
d’études équivalent, il faut 
décrocher ses diplômes 
dans le pays d’accueil pour 
pouvoir prétendre à des 
postes à responsabilité, et 
les universités coûtent très 
cher. Je suis rentré en 
France en décembre 2009 et 
j’ai trouvé du travail rapide-ment 
dans une compagnie 
d’assurances à Lyon. Travail-ler 
au Canada m’a rendu 
plus mobile et je suis proba-blement 
plus adaptable 
maintenant.” N.D!D 
“Il faut décrocher 
ses diplômes 
dans le pays 
d’accueil 
pour pouvoir 
prétendre à 
des postes à 
responsabilité.” 
PASCAL 
DR 
“Ici, si tu as un 
diplôme anglais 
et que tu parles 
français, tu trouves 
forcément un job.” 
LUCIE 
En chiffres 
Ils embauchent les jeunes diplômés. 
19 
6 3 1 
"#$%&'#" 
!"#$%&'!( 
)O&(++('!( 
,-"%&'$,&!-" 
./'!,$+&$'( 
71 
Pascal, 27 ans, jeune diplomé, a travaillé au Canada pour acquérir de l’expérience. 
Lucié, 27 ans. 
!""# $ INSEE 
En pourcentage
!" plus www.metrofrance.com 
!"#$% &' ()*+),-.) &'/' 
“PENDANT L’ENTRETIEN, 
RESTEZ SPONTANÉ !” 
Savoir mettre en valeur son CV, bien négocier son premier salaire... Amélie Fray, responsable des res-sources 
humaines pour Leroy Merlin, nous conseille pour passer avec succès l’étape de l’entretien d’embauche 
Comment préparer son pre# 
mier entretien d$embauche ? 
Il est crucial que le jeune 
diplômé se renseigne sur 
l’entreprise. Il doit faire le 
point sur les métiers et les 
postes proposés, et mettre 
en relation son parcours et 
son expérience profession-nelle 
par rapport au poste 
auquel il postule. 
Recherchez-vous des candidats 
via les réseaux sociaux ? 
Nous comptons en fait 
beaucoup sur les réseaux 
sociaux traditionnels. 
Notre sourcing reste avant 
tout les sites d’emploi 
et de recrutement. La 
cooptation est également 
un moyen de recruter. 
Comment le jeune diplômé 
peut-il mettre son peu 
d’expérience en valeur 
aux yeux du recruteur ? 
Dans un CV, il ne faut 
jamais oublier la partie 
“centres d’intérêt”. Au 
cours de l’entretien d’em-bauche, 
si le jeune n’a pas 
d’expérience profession-nelle, 
il pourra néanmoins 
partager ses expériences 
sportives ou associatives. 
Il témoignera ainsi de 
qualités comme l’esprit 
d’initiative, d’ouverture, 
d’adaptabilité et de sou-plesse, 
ce qui facilitera, 
pour le recruteur, la mise 
en perspective sur le poste. 
Avoir eu des expériences 
professionnelles aupara-vant 
est bien sûr toujours 
un plus sur une candida-ture, 
même si ce sont des 
jobs d’été. 
Comment un jeune diplômé 
doit#il se comporter en 
entretien d$embauche ? 
Mieux vaut rester 
simple, sincère et spon-tané. 
Un jeune trop sûr de 
lui, alors qu’il n’a que peu 
d’expérience, ne sera pas 
forcément bien perçu par 
le recruteur. 
Si lors d$un entretien un 
candidat panique, quels 
conseils lui donneriez#vous ? 
Le tout premier 
entretien peut être parfois 
anxiogène. Le candidat 
doit continuer de montrer 
son intérêt pour le poste, 
rester concentré, à 
l’écoute, et reformuler 
les questions s’il ne com-prend 
pas. 
Combien de temps dure 
un entretien au sein de 
votre entreprise ? 
Tout dépend des régions 
et du poste, mais cela 
va généralement de 
45 minutes à une heure. 
Comment bien négocier 
son premier salaire ? 
Ce n’est surtout pas 
une question à aborder de 
prime abord avec le recru-teur 
! C’est mieux pour le 
candidat d’aborder la ques-tion 
à la fin de l’entretien 
et, si possible, d’attendre 
que le recruteur la pose. 
A compétences égales, 
qu$est#ce qui fait, pour vous, 
la différence entre deux 
candidats ? 
L’esprit d’entreprise, 
le goût de l’autonomie et 
le sens des responsabilités 
feront la différence. Une 
ouverture d’esprit et la 
volonté de grandir au sein 
de l’entreprise sont aussi 
très importantes. 
La mobilité géographique 
est#elle un atout chez un 
jeune diplômé ? 
La mobilité ouvre 
un champ des possibles 
important. Je conseille 
d’avoir une vraie réflexion 
sur la mobilité, elle 
permet d’évoluer plus 
facilement au sein d’une 
entreprise. 
“Mieux vaut 
aborder la 
question de la 
rémunération en 
fin d’entretien.” 
AMÉLIE FRAY 
“Un jeune trop 
sûr de lui, alors 
qu’il n’a que peu 
d’expérience, ne 
sera pas 
forcément bien 
vu par le 
recruteur.” 
AMÉLIE FRAY N. DEBOT!DUCLOYER 
WWW.METROFRANCE.COM 
NICOLAS RICHOFFER/METRO 
Amélie Fray, responsable des ressources humaines. 
Salaires de débutants, 
quelques exemples 
Faire son stage 
aux... Nations 
unies 
ASSOCIATION. Pour un 
jeune sans relations, ni 
vraies ressources finan-cières, 
partir à l’étranger 
pour effectuer un stage 
dans une organisation 
internationale, comme 
l’ONU, reste un rêve 
inaccessible. Créée en 
2010, l’association 
ARIEtta souhaite faire 
bouger les choses. Elle 
se donne pour but d’aider 
les jeunes à découvrir 
l’univers de ces grandes 
structures prestigieuses. 
ARIEtta, imaginée par 
la Mission des fonction-naires 
internationaux, 
souhaite, à terme, deve-nir 
un vivier pour facili-ter 
la relève des Français 
servant dans les organisa-tions 
internationales. Fin 
2010, ARIEtta espère être 
en mesure d’offrir une di-zaine 
de bourses à des 
jeunes, en master II, 
ayant candidaté et étant 
retenus par une organisa-tion 
pour y faire un stage 
de quatre à six mois. 
N.D.!D 
Plus d’infos www.arietta.fr et 
www.diplomatie.gouv.fr/mfi 
En bref 
CORBIS 
• Secrétariat de direction 
Rémunération globale 
brute : 23 430 euros par an. 
Niveau de diplôme : BTS, 
licence ou maîtrise. La 
connaissance d’une ou de 
plusieurs langues étran-gères 
est importante. 
• Assistant marketing 
Rémunération globale 
brute : 24 280 euros par an. 
Niveau de diplôme : 
master dans une école de 
commerce ou une école 
d’ingénieurs. 
• Ingénieur 
technico-commercial 
Rémunération globale 
brute : 32 890 euros par an. 
Niveau de diplôme : BTS 
ou DUT. 
• Assistant achat 
Rémunération globale 
brute : 21 000 euros par an. 
Niveau de diplôme : 
BTS, licence ou master 
dans une école de com-merce 
ou d’ingénieur. 
C’est une fonction très 
accessible aux jeunes 
diplômés. 
• Assistant export 
Rémunération globale 
brute : 20 540 euros par an. 
Niveau de diplôme : 
licence ou master dans 
une école de commerce 
ou d’ingénieurs. 
• Assistant RH 
Rémunération globale 
brute : 21 620 euros par an. 
Niveau de diplôme : mas-ter 
1 ou 2 dans une école 
de commerce, à l’univer-sité 
ou dans un IEP (insti-tut 
d’études politiques) 
• Juriste d’entreprise 
Rémunération globale 
brute : 30 150 euros par an. 
Niveau de diplôme : 
master 1 ou master 2 avec 
une spécialisation dans le 
domaine d’activité de l’en-treprise. 
N.D.!D 
Infos sur www.guide-des-salaires. 
com. Les nouveaux 
chiffres de l’Apec sur les jeunes 
diplômés pour "##$ paraîtront 
le "$ septembre. 
BANQUE ET 
ASSURANCE 
COMMERCE 
RESSOURCES 
HUMAINES 
JURIDIQUE
www.metrofrance.com 23 
lundi 21 mars 2011 
Il a écrit Tant d’histoires pour un fauteuil 
“La discrimation, j’y fais face tous les jours” 
Michaël Jérémiasz, 29 ans, 
est handicapé depuis dix 
ans suite à une mauvaise 
chute de ski. Un accident 
qui ne l’a pas empêché de 
devenir joueur de tennis 
professionnel en fauteuil. 
Aujourd’hui, il milite pour 
que les personnes en situa-tion 
de handicap soient 
plus autonomes, y compris 
au travail. Il a créé une asso-ciation 
“Comme les autres” 
et a co-écrit un livre : Tant 
d’histoires pour un fauteuil, 
(Michel Lafon). Rencontre. 
Pour vous, quelle sont les rai-sons 
qui peuvent empêcher 
une personne en situation de 
handicap de trouver sa place 
dans le monde du travail ? 
Ce sont les problèmes 
d’accessibilité. Les per-sonnes 
en situation de han-dicap 
on peu d’accès à 
l’emploi car l’accès à la 
plupart des entreprises est 
compliqué et les postes de 
travail sont rarement amé-nagé. 
L’autre problème 
c’est la sous-qualification 
des personnes en situation 
de handicap. 
Vous parlez de sous-qualifica-tion, 
pensez-vous que les 
personnes en situation de 
handicap ont du mal à accéder 
à l’éducation ? 
Oui. Dès l’enfance, ces 
personnes sont rassem-blées 
dans des établisse-ments 
spécialisés, elles 
n’ont pas accès à la société. 
Dès l’école, elles sont dis-criminées. 
Si on mettait 
des valides et des handica-pés 
dans les mêmes 
classes, ils seraient capa-bles 
plus tard, de travailler 
efficacement ensemble 
dans les entreprises. 
Au travail, quels sont les 
principaux problèmes que 
rencontre un salarié en 
situation de handicap ? 
Souvent, les autres sala-riés 
ne savent pas com-ment 
réagir. Ils sont mal à 
l’aise car ils ont du mal à 
comprendre la différence. 
Le problème vient aussi du 
manque d’informations. Il 
faudrait des conférences 
sur le handicap en entre-prise, 
de la sensibilisation 
dans les écoles … Certaines 
actions sont déjà menées 
dans ce sens mais elles 
sont minimes. Il faut mon-trer 
que le handicap est 
aussi synonyme de mala-die, 
de souffrance. Il y a 
des comportements à adop-ter 
face à ça. 
Etes-vous souvent discriminés 
en tant que personne en situa-tion 
de handicap ? 
Malgré mon statut de 
sportif professionnel où 
je suis reconnu comme 
handicapé, la discrimina-tion, 
j’y fais face chaque 
jours. Parfois, j’ai des fa-veurs 
comme le jour où un 
policier ne m’a pas verba-lisé 
quand il a vu mon fau-teuil, 
d’autre fois, les 
personnes adoptent des 
comportements gênants 
pour moi, en me touchant 
la tête par exemple. 
Pensez-vous que la lutte 
contre les discriminations au 
travail est encore un long 
combat ? 
Oui, beaucoup de 
personnes en situation de 
handicap sont au chômage. 
La loi handicap de 2005 
n’est pas assez forte pour 
changer les choses. Et 
beaucoup de salariés 
n’osent pas se déclarer 
travailleur handicapé par 
peur de perdre leur boulot 
ou de ne plus être traités 
normalement. 
noémie d.-ducloyer 
www.meTRofRance.com 
michel lafon 
Michaël Jérémiasz.
www.metrofrance.com 
Lundi 21 mARs 2011 plus 
Sur les bords du canal Saint-Martin à Paris, La Ruche est un espace collaboratif où les entrepreneurs sociaux 
A l’heure du déjeuner, les résidents de La Ruche échangent leurs bonnes pratiques . 
zOé duCOuRNAu /METRO 
viennent résider. Metro les a rencontrés à l’occasion de leur déjeuner du vendredi. 
À La Ruche, les idées 
bourdonnent 
omme tous les ven-dredis 
à midi, la 
plupart des rési-dents 
de La Ruche 
viennent “buzzer” 
pendant le déjeuner. Dans 
la cuisine, lieu convivial où 
les idées fusent à longueur 
de journée, chacun apporte 
sa bonne nouvelle de la se-maine 
en faisant retentir 
une petite sonnette. Autour 
de la table : que des entre-preneurs 
sociaux. “Le par-tage 
est très important, 
commente Charlotte Hoch-man, 
la créatrice de La 
Ruche. Les entrepreneurs 
doivent se sentir comme 
chez eux.” Elle a importé ce 
concept des pays anglo-saxons. 
“En revenant en 
France il y a trois ans, je 
trouvais qu’il manquait un 
espace pour les innovations 
sociales. Je voulais lier les 
gens aux initiatives sépa-rées”, 
explique-t-elle. 
Café dans une main et 
portable dans l’autre, Gil-berte 
Caron semble à son 
aise. Elle est la créatrice de 
Fil rouge conseil et média-tion, 
une entreprise de 
ressources humaines “lu-diques”. 
Elle a rejoint La 
Ruche en juin dernier avec 
16 autres entrepreneurs so-ciaux. 
Aujourd’hui, La 
Ruche compte plus de 80 ré-sidents. 
“Malgré des critères 
très sélectifs, on est tou-jours 
plein”, continue Char-lotte 
Hochman. Pour être 
admissible, il faut avoir un 
projet social innovant qui 
répond à un défi de société. 
C’est le cas de Malik Badsi, 
26 ans, qui a créé L’entre-prise 
Yoola afin de rendre 
accessibles les évÉnements 
sportifs aux personnes en 
situation de handicap. Pour 
son premier projet, il a or-ganisé 
un voyage en Afrique 
du Sud pour la Coupe du 
monde de football. Un évé-nement 
qui fut un réel suc-cès. 
Pour ce jeune entrepre-neur, 
travailler à La Ruche 
lui a permis d’agrandir son 
réseau. “Le fait d’être ici ou-vre 
des portes, on partage 
nos savoir-faire”, s’enthou-siasme- 
t-il. 
Dans l’open space de 
600 mètres carrés au décor 
de bois et de verdure, 
beaucoup d’entreprises tra-vaillent 
sur le thème de la 
diversité. Certaines ont pris 
tellement d’importance 
qu’elles ont dû partir de La 
Ruche. Comme Mozaïk RH, 
un cabinet de recrutement 
spécialisé créé par Saïd 
Hammouche. Son objectif : 
dénicher “les vrais talents” 
dans les quartiers de ban-lieues. 
Ceux qui ont fait des 
études mais qui n’ont au-cun 
réseau. “Ces jeunes 
sont souvent confrontés 
aux préjugés, explique Ma-riam 
Khattab, la responsa-ble 
du recrutement de 
MozaÏk RH, nous les accom-pagnons 
dans leur dé-marche 
pour trouver un 
emploi et les recruteurs 
sont souvent épatés par la 
variété des profils.” Au-jourd’hui, 
le modèle écono-mique 
sociale et solidaire 
de La Ruche a prouvé qu’il 
fonctionne et d’autres struc-tures 
semblables devraient 
naître en France avec des 
entrepreneurs tout aussi en-thousiastes 
qu’à Paris. 
Comme autour de cette ta-ble 
du déjeuner où l’assem-blée 
a grossi et où les 
bonnes nouvelles ne s’arrê-tent 
plus. 
Passer une journée à La 
Ruche c’est comme avoir 
butiné des idées toute la 
journée. 
C 
noéMie d.-ducloyer 
www.METROFRANCE.COM 
Des clés pour aller 
vers l’entrepreneuriat social 
Comment lancer son en-treprise 
solidaire ? Cathe-rine 
Leroy -Jay, membre 
d’Ashoka, une organisa-tion 
internationale qui 
participe à la structura-tion 
et au développement 
du secteur de l’entrepre-neuriat 
social, donne ici 
quelques conseils. 
• Qu’est-ce qu’un entrepre-neur 
social ? 
Il intervient dans des 
domaines variés comme la 
santé, l’éducation, la lutte 
contre les discriminations 
etc. Son objectif premier 
n’est pas le profit mais la 
résolution d’un problème 
sociétal. 
• Quel profil faut-il avoir 
pour être un bon entrepre-neur 
social ? 
Les études importent 
peu. Le plus important, 
c’est d’être novateur et 
avoir envie de changer les 
choses. 
• Quelles compétences parti-culières 
doit avoir un entre-preneur 
social ? 
Il doit avoir les mêmes 
compétences que tout en-trepreneur, 
comme la vi-sion 
à long terme, la téna-cité, 
etc. Mais il doit aussi 
faire preuve de désintéres-sement 
et d’altruisme. 
• Faut-il un budget consé-quent 
pour se lancer dans 
l’entrepreneuriat social ? 
Il faut surtout y consa-crer 
beaucoup de temps et 
d’énergie. Il existe de plus 
en plus de fonds de sou-tien 
pour les entrepre-neurs 
sociaux qui 
démarrent, notamment 
au niveau régional. 
Plus d’infos sur 
www.ashoka.asso.fr 
“Grâce à La Ruche, 
je peux donner 
vie à mon projet 
en faveur des 
personnes 
en situation 
de handicap.” 
Malik Badsi 
spécial diversité

Contenu connexe

Similaire à Metro paris dossier emploi

Guide UDES emploi handicap dans l'ESS
Guide UDES emploi handicap dans l'ESSGuide UDES emploi handicap dans l'ESS
Guide UDES emploi handicap dans l'ESS
AVIE
 
Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...
Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...
Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...
segoleneroyal
 
Contribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunes
Contribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunesContribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunes
Contribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunes
JocFrance
 
Jeunes diplômés au chômage
Jeunes diplômés au chômageJeunes diplômés au chômage
Jeunes diplômés au chômage
BAMBA Athanaz
 
Tract handicap
Tract handicapTract handicap
Tract handicap
Dominique Gayraud
 
Idem, magazine sur le handicap
Idem, magazine sur le handicapIdem, magazine sur le handicap
Idem, magazine sur le handicap
Marianne Bernède
 
Idem
IdemIdem
Idem
cg27
 
Malengreau Danaé Masterblog
Malengreau Danaé MasterblogMalengreau Danaé Masterblog
Malengreau Danaé Masterblog
dmalengreau
 
Note d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprises
Note d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprisesNote d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprises
Note d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprises
France Stratégie
 
La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021
La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021 La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021
La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021
Harris Interactive France
 
Rapport d'activités 2013 cochlée bretagne
Rapport d'activités 2013 cochlée bretagneRapport d'activités 2013 cochlée bretagne
Rapport d'activités 2013 cochlée bretagne
jlcoudrais
 
Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...
Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...
Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...
segoleneroyal
 
Livret (Handi)Cap Entrepreneuriat
Livret (Handi)Cap EntrepreneuriatLivret (Handi)Cap Entrepreneuriat
Livret (Handi)Cap Entrepreneuriat
Jean-Pierre Levayer
 
Lieu Laura - Reportage
Lieu Laura - ReportageLieu Laura - Reportage
Lieu Laura - Reportage
Laura Lieu
 
Appel du coq n°8
Appel du coq n°8Appel du coq n°8
Appel du coq n°8
Ump Soixante Six
 
Le Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille Patronne
Le Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille PatronneLe Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille Patronne
Le Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille Patronne
Loïc Dilly
 
Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...
Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...
Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...
Julia Lemarchand
 
L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation
L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation  L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation
L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation
Gérard Marquié
 
Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015
Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015
Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015
AVIE
 

Similaire à Metro paris dossier emploi (20)

Guide UDES emploi handicap dans l'ESS
Guide UDES emploi handicap dans l'ESSGuide UDES emploi handicap dans l'ESS
Guide UDES emploi handicap dans l'ESS
 
Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...
Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...
Chapitre 10 et 11 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent ...
 
Contribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunes
Contribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunesContribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunes
Contribution joc pour la conference Européenne sur l'emploi des jeunes
 
Jeunes diplômés au chômage
Jeunes diplômés au chômageJeunes diplômés au chômage
Jeunes diplômés au chômage
 
Tract handicap
Tract handicapTract handicap
Tract handicap
 
Idem, magazine sur le handicap
Idem, magazine sur le handicapIdem, magazine sur le handicap
Idem, magazine sur le handicap
 
Idem
IdemIdem
Idem
 
Malengreau Danaé Masterblog
Malengreau Danaé MasterblogMalengreau Danaé Masterblog
Malengreau Danaé Masterblog
 
Note d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprises
Note d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprisesNote d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprises
Note d'analyse - Emploi des personnes handicapées et performance des entreprises
 
La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021
La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021 La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021
La scolarisation des enfants en situation de handicap 2021
 
Rapport d'activités 2013 cochlée bretagne
Rapport d'activités 2013 cochlée bretagneRapport d'activités 2013 cochlée bretagne
Rapport d'activités 2013 cochlée bretagne
 
Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...
Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...
Chapitre 5 de la " Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des sol...
 
Livret (Handi)Cap Entrepreneuriat
Livret (Handi)Cap EntrepreneuriatLivret (Handi)Cap Entrepreneuriat
Livret (Handi)Cap Entrepreneuriat
 
Actualité.net 11 12nov10
Actualité.net 11 12nov10Actualité.net 11 12nov10
Actualité.net 11 12nov10
 
Lieu Laura - Reportage
Lieu Laura - ReportageLieu Laura - Reportage
Lieu Laura - Reportage
 
Appel du coq n°8
Appel du coq n°8Appel du coq n°8
Appel du coq n°8
 
Le Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille Patronne
Le Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille PatronneLe Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille Patronne
Le Foyer Des Lycéennes, Un Internat Taille Patronne
 
Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...
Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...
Les femmes déterminées à gagner la parité - Le supplément des Echos START du ...
 
L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation
L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation  L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation
L’information des jeunes dans leur parcours personnel et leur orientation
 
Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015
Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015
Saphir dans "Var mag n°211" Mars 2015
 

Plus de noemiedebotdu

Dossier discrimation 2 metro paris
Dossier discrimation 2  metro parisDossier discrimation 2  metro paris
Dossier discrimation 2 metro paris
noemiedebotdu
 
Dossier jeunes diplômés metro paris
Dossier jeunes diplômés   metro parisDossier jeunes diplômés   metro paris
Dossier jeunes diplômés metro paris
noemiedebotdu
 
Reportage londres thriller live metro paris
Reportage londres thriller live  metro parisReportage londres thriller live  metro paris
Reportage londres thriller live metro paris
noemiedebotdu
 
Ouverture du musée beaubourg metz
Ouverture du musée beaubourg   metzOuverture du musée beaubourg   metz
Ouverture du musée beaubourg metz
noemiedebotdu
 
Ouverture du musée beaubourg metz
Ouverture du musée beaubourg   metzOuverture du musée beaubourg   metz
Ouverture du musée beaubourg metz
noemiedebotdu
 
Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)
Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)
Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)
noemiedebotdu
 
Articles TGV magazine
Articles TGV magazineArticles TGV magazine
Articles TGV magazine
noemiedebotdu
 
Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)
Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)
Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)
noemiedebotdu
 

Plus de noemiedebotdu (8)

Dossier discrimation 2 metro paris
Dossier discrimation 2  metro parisDossier discrimation 2  metro paris
Dossier discrimation 2 metro paris
 
Dossier jeunes diplômés metro paris
Dossier jeunes diplômés   metro parisDossier jeunes diplômés   metro paris
Dossier jeunes diplômés metro paris
 
Reportage londres thriller live metro paris
Reportage londres thriller live  metro parisReportage londres thriller live  metro paris
Reportage londres thriller live metro paris
 
Ouverture du musée beaubourg metz
Ouverture du musée beaubourg   metzOuverture du musée beaubourg   metz
Ouverture du musée beaubourg metz
 
Ouverture du musée beaubourg metz
Ouverture du musée beaubourg   metzOuverture du musée beaubourg   metz
Ouverture du musée beaubourg metz
 
Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)
Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)
Article pour Metro France - festival de Gérardmer (2010)
 
Articles TGV magazine
Articles TGV magazineArticles TGV magazine
Articles TGV magazine
 
Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)
Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)
Articles du magazine Alimagri ( ministère de l'Agriculture)
 

Metro paris dossier emploi

  • 1. LES doSSiErS dE EmpLoi Et formation metrofrance.com lunDi 15 novembre 2010 Les handicapés n’ont pas trouvé leur place La Semaine pour l’emploi des personnes handicapées commence aujourd’hui Une mobilisation toujours nécessaire tant la situation demeure préoccupante La loi est claire. Depuis 2005, 6 % de personnes en situation de handicap doi-vent être embauchées dans les entreprises de plus de 20 salariés. Un bon objectif pour l’Adapt (association pour l’insertion sociale et professionnelle) chargée avec l’Agefiph (association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées et le FIPHFP (fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonc-tion publique) d’organiser la Semaine pour l’emploi des personnes handica-pées. “La loi a déclenché une prise de conscience dans les grandes entre-prises. Elles ont vu la nécessité d’employer des personnes en situation de handicap”, constate Emmanuel Forsans, prési-dent de l’Adapt. Si les entreprises ne satisfont pas au quota de 6 %, elles doi-vent verser une contribu-tion financière (entre 3 500 et 5 300 euros par salarié handicapé manquant) à l’Agefiph. Pourtant, encore 22 % des entreprises n’em-bauchent aucun salarié en situation de handicap et un établissement sur deux n’atteint pas le quota fixé ! La raison la plus invoquée : le manque de qualification des ces travailleurs. Seulement 20 % des per-sonnes en situation de han-dicap ont le niveau bac et les préjugés perdurent. “Je ne vois aucune évolution des mentalités dans la fonction publique”, s’alarme Didier Fontana, président de la FIPHFP. Un constat partagé par Vincent Angel, psycho-logue du travail. “Un sala-rié en situation de handi-cap est souvent considéré comme moins compétent”, explique-t-il. On a tendance à oublier que le handicap peut tou-cher tout le monde. Selon les statistiques établies par l’Adapt seulement 15 % des personnes handicapées le sont de naissance, les 85 % restants l’étant devenus au cours de leur vie. Et ils ne sont que 1,8 million dont le handicap est offi-ciellement reconnu, sur 5,5 millions d’actifs décla-rant un problème de santé. “Beaucoup de sala-riés en situation de handi-cap ne le savent pas. Ils ne connaissent pas les aména-gements de poste auxquels ils ont accès”, commente Perrine Aletti, responsable de la mission handicap chez Quick. Afin d’amélio-rer les conditions d’emploi des personnes handica-pées, l’Adapt profite de cette Semaine pour valori-ser l’alternance, mettre l’accent sur l’expérience professionnelle et faciliter l’intégration scolaire. Un vaste programme qui demanderait plus d’une semaine de mobilisation. Car le handicap, pour ceux qui sont concernés, se vit au quotidien. n.Dubot-Ducloyer www.mEtROfRanCE.COm “Je suis assez optimiste. La contrainte due au quota de 6 % accélère les choses.” emmanuel Forsans, De l’aDaPt “Je ne constate pas une évolution des mentalités face au handicap.” DiDier Fontana De la FiPHFP. faUjOUR/iCOnOvOx Inégaux face au chômage Les personnes handicapées rencontrent plus de difficultés sur le marché du travail que le reste des demandeurs d’emploi. 38% 28% 79% 59% 53% 37% Plus de 50 ans Sans le bac Un an ou plus au chômage 100 80 60 40 20 0 les demandeurs d’emploi handicapés - ensemble des demandeurs d’emploi SOURCE : EtUdE SUR la fORmatiOn pROfESSiOnnEllE dES pERSOnnES handiCapéS / tnS SOfRES/ OCtObRE 2010.
  • 2. lundi 15 novembre 2010 dossier 14 www.metrofrance.com l’emploi des personnes handicapées L’étudiante et son fauteuil Comme les filles de son âge, Léonor va à la fac, sort avec ses copines et écoute de la musique Seule di=érence : elle ne peut pas marcher Quand on rencontre Leo-nor, elle a un grand sourire. Elle arrive en fauteuil dans l’appartement où elle vit avec sa maman. La jeune fille revient du cinéma. “Aujourd’hui, l’ascenseur du cinéma à Châtelet ne marchait pas. J’ai dû aller voir un dessin animé dans une salle du bas…”, com-mente cette étudiante de 21 ans. Ce genre de péripé-tie lui arrive souvent. “J’ai appris à attendre”, s’amuse-t- elle. Incapable de mettre la clé dans la porte, de se coucher ou de se laver toute seule, Léonor a toujours be-soin d’aide : “Quand je sors le soir, il faut que ce soit des copines ou ma mère qui me mettent dans mon lit, par-fois c’est fatigant mais j’ai appris à vivre avec.” Quand on lui demande si ce n’est pas trop dur d’aller à la fac tous les jours à Saint-Denis, elle répond avec fermeté : “Pourquoi je n’irais pas ? J’ai passé le bac, je continue mes études.” Pourtant, pour la plupart des “valides”, sa vie relèverait du parcours du combattant. Une heure avant ses cours en deuxième année de psycho-logie, un chauffeur vient la chercher. Une fois arrivée à l’université, elle se dé-brouille seule : “C’est un choix, je ne voulais pas d’un assistant pour sortir mes af-faires, aller aux sanitaires et tout ça. Ça coupe trop des autres et le côté relationnel est en général assez facile avec moi.” C’est vrai que Leonor sait mettre à l’aise. “La première fois qu’on me voit, on me demande sou-vent ce que j’ai, si ça va pas-ser… Je réponds facilement. Et non, ma maladie ne par-tira pas.” Originaire de Paris, elle a choisi l’université Paris VIII pour son accessibilité. Cela n’empêche pas Léonor de se retrouver plusieurs fois par mois devant un ascenseur bloqué. Dans ces cas-là, elle n’a pas le choix et doit re-tourner chez elle. Deux heures de trajet et pas de cours ! “Ce n’est pas grave, je les rattrape grâce à mes copines, explique-t-elle. De toute façon, je ne pourrais pas rester chez moi enfer-mée. Parfois j’en ai marre, mais ça ne dure jamais très longtemps.” Leonor a un mental d’acier et un rêve à réaliser : devenir psycho-logue. n.Dubot-DucLoyer www.metrofrance.com Léonor dans son appartement à Paris. nicolas richoffer/metro “C’est vrai que beaucoup de personnes avec un handicap n’ont pas de travail à responsabilités. J’aimerais avoir un poste important, même si je ne sais pas encore comment je vais me débrouiller.” Léonor Universités Des e-orts restent à faire C’est un constat : les univer-sités n’ont pas assez de moyens humains et finan-ciers pour se charger de la question du handicap selon Boris Bertin, président d’Ar-pejeh, une association qui aide les étudiants handica-pés. Pourtant, dès 1986, la charte des présidents des universités incitait à mettre en place un référent handi-cap. Résultat : ces derniers existent, mais ils ne sont pas souvent à temps plein sur leur poste. La vie à la fac n’est pourtant pas facile tous les jours pour les étu-diants handicapés (voir le portrait de Leonor ci-des-sus). Les cours devraient être mis en ligne systémati-quement pour eux, mais beaucoup de professeurs re-fusent. La loi de 2005 aurait dû faire avancer les choses, 20,5% des étudiants handicapés ont un handicap moteur. C’est le type le plus recensé en fac. (Source : ministère de l’Enseignement supérieur, 2008-2009.) 76,7% des étudiants handicapés sont en premier cycle (niveau licence). (Source : ministère de l’Enseignement supérieur, 2008-2009.) 6 000 C’est le nombre de lycéens handicapés recensés en 2007. (Source : Dress-2005.) 20000 enfants handicapés seraient non scolarisés. (Source : Inspection générale de l’Education nationale, 2008.) En chiffres l’université se devant d’être accessible aux personnes en situation de handicap (avec des rampes pour les aveu-gles, sans marches pour les fauteuils…). Mais cette accessibilité reste encore marginale. “Il y a de la vo-lonté collective, mais on part de loin”, constate, prag-matique, Boris Bertin. n.D.-D jiho/iconovox 8 783 Le nombre d’étudiants en situation de handi-cap inscrits en fac en 2007, soit 0,1 % de la population étudiante. Source : étude de la Dress-2005.
  • 3. lundi 15 novembre 2010 dossier 16 www.metrofrance.com l’emploi des personnes handicapées Karin raguin, responsable de la mission handicap chez lVmh “Le handicap, éLément constitutif du cV” Est-il nécessaire de parler de son handicap ? Doit-on l’indiquer dans le CV ? Autant de questions que se posent les personnes concernées lesquelles postulent à un emploi Les réponses d’une experte Est-ce qu’une personne en situation de handicap doit l’indiquer dans son CV ? C’est une stratégie glo-bale de recherche d’emploi au même titre que les ex-périences qui ressortent sur un CV. Il faut se poser les bonnes questions : est-ce que j’ai envie d’en par-ler ou pas ? Si on parle de son handicap dans le CV, on s’expose automatique-ment à des questions de la part du recruteur. Il faut alors avoir les bons mots pour parler de son handi-cap. Par contre, il n’est pas nécessaire de mentionner le type de handicap car il ne fait pas l’objet de l’en-tretien. Quand on envoie une candidature, il faut également savoir à qui l’on s’adresse. Dans les grands groupes, le CV d’une per-sonne en situation de han-dicap passe souvent par deux circuits : la mission handicap et le recruteur. Dans une entreprise qui n’affiche pas clairement sa volonté d’embauche de personnes en situation de handicap, quelqu’un qui est en situation de handi-cap peut s’exposer à des stéréotypes en l’indiquant sur son CV. Lors de l’entretien, faut-il parler de son handicap dès le début ? Beaucoup de personnes posent leur dossier médical sur la table dès le début et détaillent parfois beaucoup leur handicap. C’est une fa-çon de se “débarrasser du problème”. Il faut faire at-tention à ne pas employer de termes médicaux trop abstraits mais l’expliquer avec des situations concrètes, en précisant pourquoi ça fatigue, que faire dans ces cas-là … Cela évite une mauvaise compréhension entre l’em-ployeur et le candidat. Quelqu’un qui sait nom-mer sa pathologie peut être perçu positivement car cela veut dire que la personne a déjà pris du re-cul par rapport à son han-dicap. Certains candidats n’en parlent pas du tout lors de l’entretien et c’est d’ailleurs leur droit. La mission handicap conseille aux recruteurs d’aborder la question du handicap comme un élément consti-tutif du CV. Certains ne l’abordent qu’à la fin de l’entretien, comme une formalité administrative, c’est souvent parce qu’ils ne sont eux-mêmes pas à l’aise avec la question. Les aménagements du poste de travail relèvent-ils d’une négociation entre l’employeur et le salarié en situation de handicap ? On parlera plus d’un exercice de compréhen-sion. Les besoins ne sont pas toujours les mêmes pour le salarié. C’est une gymnastique dont l’entre-prise n’a pas l’habitude. Il est important que la dis-cussion continue sur le long terme. Une personne en traitement, médical, par exemple aura des mo-ments où elle sera plus fa-tiguée que d’autres, elle n’aura pas les mêmes be-soins tout au long de l’année. Existe-t-il vraiment beaucoup de différences de comporte-ment entre une personne qui a un handicap visible ou non visible ? Avec un handicap non visible, la personne a tou-jours le choix d’en parler ou non. Mais attention, ce n’est pas parce qu’on voit un handicap que l’on comprend la personne. Il faut que le candidat fournisse les explications nécessaires à la compré-hension de son handicap. Ainsi, par exemple, une personne dans en fauteuil roulant n’a pas forcément que des problèmes d’acces-sibilité, elle peut aussi avoir des douleurs muscu-laires fortes qui la fati-guent. n.dubot-ducloyer www.metrofrance.com “Ne pas employer de termes médicaux pour qualifier le handicap mais l’expliquer avec des situations concrètes.” Karine raguin “Avec un handicap non visible, la personne a le choix de ne pas en parler.” Karin raguin nicolas richoffer/metro focus Le rôle de Pôle emploi Une fois reconnu travail-leur handicapé par la MDPH*, celui-ci doit se tourner vers Pôle emploi afin de trouver un poste adapté. Il pourra alors être orienté vers plusieurs structures dont Cap em-ploi pour l’accompagner en formation ou Handi-pass, une agence de Pôle emploi spécialisée dans le handicap. “Le problème reste le manque d’infor-mation en amont”, selon Anne Roi, responsable du développement d’Unirh, fédération regroupant les CAP emploi d’Île-de- France. Le suivi individuel est privilégié mais un res-ponsable de CAP emploi doit gérer entre 150 et 200 dossiers. Pour retrou-ver du travail, il faut compter en moyenne deux ans et demi. Sans compter que 20 % des tra-vailleurs handicapés sont au chômage : c’est deux fois plus que la moyenne nationale. *MdPh : maison départe-mentale des personnes handicapées. De précieux sites spécialisés Handi-Cv, handijobs, handi-cap- monster. De plus en plus de sites se spécialisent dans la recherche d’emploi pour les personnes en situa-tion de handicap. Comme les sites traditionnels, il suf-fit de cliquer sur l’offre d’emploi qui correspond à son profil. Le candidat peut également y déposer son CV. Seule différence : l’in-ternaute n’a pas besoin d’annoncer à son éventuel recruteur qu’il est handi-capé, vu qu’il est sur un site dédié à cette recherche spé-cifique. “L’existence de tels sites permet de lever le voile sur le handicap, de ne plus le dénigrer ou le consi-dérer comme marginal. Ils sont une bonne interface pour éviter la discrimina-tion et évoquer ouverte-ment un sujet social mais sensible”, indique Philippe Manaël, webmaster de Handi-Cv. Ces sites sont éga-lement une bonne source d’information en matière de législation et d’actualité liées au handicap pour les entreprises et les candidats. “Les recruteurs ont compris que la notion du handicap est complexe et que la traiter seule dans son coin ne suffit plus”, ajoute encore Philippe Manaël. ProPos recueillis Par n.d.-d handi-cv.com, handijobs.fr, handicap.monster.fr “De tels sites permettent de lever le voile sur le handicap, de ne plus le dénigrer… Ils sont une bonne interface pour éviter la discrimination.” PhiliPPe Manaël, webMaster de handi-cv Karin Raguin, responsable chez LVMH. dr
  • 4. www.metrofrance.com 19 lundi 15 novembre 2010 faujour/iconovox INfoS pRatIqUeS Deux initiatives prometteuses • AssociAtion Arpejeh Depuis 2008, cette association qui regroupe plusieurs entreprises s’est donné pour mission d’aider les jeunes en situation de handicap à accéder au monde du travail. Elle mène plu-sieurs interventions en milieu scolaire à la de-mande des élèves ou des professeurs : animations en milieu scolaire et visites en entreprise pour découvrir des mé-tiers insolites, aide à la recherche de stages, formules de tutorat avec un employé dans une situation de handicap… www.arpejeh.com • BAc pro commerce et BeAuté de l’oréAl Depuis l’année dernière, la sociétéL’Oréal a mis en place un bac pro com-merce (option 2 Il faut en moyenne 2 ans et demi à une personne en situation de handicap pour trouver un emploi. Source UNIRH/Cap emploi. métiers de la beauté) en partenariat avec le groupe Casino. Le but : former une dizaine de jeunes en situation de handicap, tout en leur garantissant un emploi à la sortie de l’école. Une initiative que Michel Forget, directeur de la diversité à L’Oréal, veut renouveler en 2011, voire élargir à d’autres secteurs d’activité tels que la distribution ou la fabrication. www.loreal.fr
  • 5. lunid 15 novembre 2010 dossier 20 www.metrofrance.com l’emploi des personnes handicapées Sébastien Caillarez travaille à l’accueil d’un hôtel Ibis à Paris. Il a un handicap visuel important. Des aménagements de son poste ont dû être eFectués pour qu’il puisse exercer son métier dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, Sébastien est complètement autonome sébastien, un salarié (presque) comme un autre ôtel Ibis Paris Berthier Sébas-tien bonjour”, annonce Sébas-tien Caillarez en décrochant le téléphone. Comme tous les autres employés de la récep-tion, Sébastien répond au téléphone, prend les réser-vations, renseigne les clients. Rien d’exceptionnel pour son métier sauf que tout ce qu’il entreprend lui demande plus d’efforts de concentration car il a un handicap visuel important. Les clients n’y prêtent pas souvent attention car Sébas-tien réagit, la plupart du temps, comme ses col-lègues. “Parfois je suis plus lent, le plus dur c’est les tickets de réservation écrits en tout petit,” confesse-t-il. Justement, un client arrive avec le fameux ticket de ré-servation. Le réceptionniste est obligé de l’approcher très près de ses lunettes pour pouvoir lire. “Certains s’impatiente, un jour on m’a dit ‘il faut changer de lunettes’”, se rappelle-t-il non sans regret. Depuis tou-jours, sa vision est faible. “Il faut bien que je vive et tra-vaille avec”, commente-t-il. Après avoir passé un bac technologique d’hôtellerie, le jeune homme qui a au-jourd’hui 24 ans, a testé plu-sieurs métiers grâce à des stages. “En cuisine, c’était trop dur pour moi, il fallait que je fasse attention à tout. En service, je ne voyais pas tous les obstacles”, se sou-vient- il avec un petit sou-rire. Au final, il a opté pour le métier de réceptionniste. Avant d’être embauché à l’hôtel Ibis, il avait déjà es-suyé plusieurs refus. “L’en-tretien se passait bien, se souvient-t-il, puis quand je disais mon handicap on me répondait, ‘là ça va coin-cer’”. Des moments diffi-ciles à encaisser pour Sébastien. S’il est vrai que le groupe Accor, dont fait partie l’hô-tel Ibis où travaille Sébas-tien, n’a pas atteint le quota obligatoire de 6 % de sala-riés en situation de handi-cap (à ce jour, il n’enregistre que 3,74 %), il semble qu’il y ait une volonté de s’adap-ter. Avant son arrivée, il y a huit mois, Sébastien avait rencontré son futur chef de réception et lui avait exposé ses besoins. Résultat : on lui a installé un logiciel grossis-sant sur les ordinateurs et les feuilles de briefing avec les instructions de la jour-née sont photocopiées en A3 pour qu’il puisse les lire. Des mesures qui ont changé les habitudes de travail de ses collègues et qui auraient pu devenir source de ten-sions. Mais, prévenus à l’avance de son handicap, ils se sont tous soudés autour de lui. “Il est très mi-nutieux et réalise les en-caissements avec beaucoup d’attention”, commente La-tifa Karaoui, une de ses col-lègues. Pendant ce temps, à la réception, le jeune homme a toujours du mal à lire le ticket, sa collègue ar-rive discrètement pour l’ai-der. “Ils sont si prévenants que je me dis parfois que certains doivent être jaloux”, plaisante Sébastien. n.Dubot-Ducloyer www.metRofRance.com infoS pratiqueS Que dit le code du travail ? • le statut de travailleur handicapé Ce statut n’est pas re-connu de manière auto-matique. Ainsi, il faut le demander à la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des per-sonnes handicapées) sur présentation d’un dossier. • le handicap fait partie de la vie privée Un salarié handicapé n’est en aucun cas tenu de révéler son handicap. Son unique obligation, comme pour tous les sala-riés, est de passer la visite médicale d’embauche qui attestera de son aptitude à occuper l’emploi pour lequel il a été embauché. • les motifs de discrimination Une personne ne peut pas être sanctionnée ou même licenciée au motif qu’elle est handicapée. De plus, le handicap ne peut en aucun cas constituer un refus d’embauche. Si c’est le cas, l’employeur s’expose à des sanctions pour discrimination. • le droit du travail reste le même Le salarié en situation de handicap a un salaire, une période d’essai, ou encore des congés iden-tiques à ceux d’une per-sonne valide. Seule diffère la durée du préavis de licenciement, qui est doublée dans la limite de trois mois. plus d’infos sur www.juritravail.com “Pour le moment, j’habite loin et je viens en métro. Au début c’était difficile de se repérer mais maintenant je connais le trajet par coeur.” SébaStien H nicolas RichoffeR/metRo n.R/metRo
  • 6. l’emploi des personnes handicapées Vincent Angel, psychologue du travail “attention à la surempathie” Quand une personne en situation de handicap arrive au sein d’une équipe de tra-vail, il peut y avoir des ten-sions. Vincent Angel, psychologue du travail*, ex-plique comment réagir face à un collègue en situation de handicap. Quand une personne avec un handicap arrive dans l’entre-prise, doit-on lui en parler ? Cela dépend si la per-sonne qui a un handicap a déjà abordé le sujet. On est dans le domaine de l’in-time. Si, en amont de l’ac-cueil d’un collègue handicapé, l’équipe a une formation, l’intégration peut bien se passer. Le pro-blème c’est qu’aujourd’hui, les salariés ne sont pas assez préparés à la façon de réagir et manquent souvent de sa-voir- vivre. Ils jugent les comportements de l’autre www.metrofrance.com 23 lundi 15 novembre 2010 dossier et ils ont des stéréotypes dans la tête. Ils pensent qu’une personne en situa-tion de handicap est plus lente, moins compétente. Faut-il faire plus attention à un collègue en situation de handicap ? On pense souvent que cette personne a besoin d’as-sistance mais il ne faut pas anticiper ses besoins. Celle-ci cherche souvent plus d’au-tonomie. Certains collègues développent une surempa-thie. On pense que celui en situation de handicap a be-soin de parler de ses pro-blèmes. On ne ferait pas ça pour une personne “valide”. Le relationnel prend souvent le pas sur le professionnel. Est-il plus difficile de s’inté-grer avec un handicap non visible ? Les salariés avec un han-dicap non visible suppri-ment souvent leurs émotions. Pourtant, même avec un handicap non visi-ble, elles sont confrontées à des choses qu’elles ne peu-vent plus faire au travail. Le temps d’intégration dans une équipe est-il plus long pour une personne en situation de handicap ? Les entreprises vou-draient des gens qui soient tout de suite capables d’in-tégrer les postes avec la motivation et les connais-sances. Avec une personne en situation de handicap, il faut un temps d’adaptation plus long, avec un aménage-ment progressif du poste de travail. Les problèmes d’intégration sont-ils fréquents ? Souvent, on demande au salarié en situation de han-dicap d’effectuer des tâches périphériques. Par exemple, une assistante maternelle dans une école doit aussi faire le ménage en plus de sa tâche éducative. C’est une tâche en plus, impossi-ble à réaliser pour elle. Un salarié en situation de han-dicap est embauché pour un coeur de métier dont il a les compétences. Le travail doit se réorganiser autour, car si c’est mal fait, cela peut créer des tensions. Les autres salariés estiment alors que leur collègue han-dicapé n’est pas capable. A contrario, une personne handicapée peut vouloir montrer encore plus de compétences, même si elle est dans l’incapacité de le faire. n. dubot-ducloyer www.metroFrAnce.com *egalement doctorant en psy-chologie du travail au labora-toire de psychologie cognitive et sociale de l'université de nice-sophia Antipolis michel bernouin/metro subventions : un système detourné Corinne, 43 ans, assistante comptable de la fonction publique, discriminée à cause de son handicap. “J’ai été licenciée en 2004 pour inaptitude au poste de caissière. Mon entreprise avait ob-tenu des subventions car j’étais une travailleuse handicapée mais elle n’avait jamais aménagé mon poste de travail. A la suite de mon licencie-ment, j’ai saisi la Halde. J’ai obtenu gain de cause. J’ai retrouvé un emploi et, une fois de plus, ils ont eu des subventions et n’ont rien fait. Cette fois, je n’ai pas ressaisi la Halde car les procédures sont trop longues. Certains em-ployeurs sont très profi-teurs de la loi sur le handicap. Ce n’est pas le CV qui les intéresse mais les subventions qu’ils vont obtenir.” les mentalités évoluent Chantal, 56 ans, professeure des écoles. “A la suite d’un accident en 1979, j’ai eu de grosses difficultés à marcher à cause de ma cheville. Je suis quand même retour-née travailler en béquilles. Il y avait des escaliers, per-sonne ne s’en préoccupait. Je ne me plaignais pas, je m’arrangeais pour que mon handicap se voie le moins possible, c’est long d’admettre qu’on a un problème. Il y a seulement trois ans, j’ai demandé ma reconnaissance de travail-leur handicapé. J’ai ob-tenu deux demi-journées de repos et un siège pour faire la classe assise. J’ai noté une légère évolution dans les mentalités de mes collègues, mais on me de-mande toujours si mon handicap est réel car il y a des jours où je marche mieux. Je suis très fatiguée et je ne sais pas si je vais pouvoir aller jusqu’à la retraite.” communiquer entre collègues Florence, 26 ans, équipière polyvalente chez Quick. “Je suis sourde mais je n’ai pas de difficultés par rap-port à la communication, car j’utilise le langage des signes et j’écris. Je suis ve-nue à Paris dans l’espoir de trouver un emploi car je n’essuyais que des refus chez moi dans le Sud- Ouest. Un jour Quick m’a appelée et m’a proposé de m’embaucher en CDI. Au début, je n’avais pas l’ha-bitude de communiquer avec mes collègues. Main-tenant tout se passe nor-malement. On ne me parle jamais de mon han-dicap. On a aménagé mon poste de travail en m’ins-tallant un biper de mes-sage pour me signaler qu’il y a des clients au drive, qu’il faut que je re-vienne au comptoir ou que je fasse le ménage par exemple. Je dis ‘bonjour-au revoir’ aux clients en langage des signes. Souvent, ils n’osent pas me répondre par les signes et me font un sourire.” Vos témoignages “Certains employeurs ne sont pas intéressés par un CV mais par les subventions qu’ils vont obtenir.” corinne, licenciée à cAuse de son hAndicAp “Avec une personne en situation de handicap, le relationnel prend souvent le pas sur le professionnel.” vincent Angel, psychologue du trAvAil
  • 7. Jeunes diplômés : un job malgré la crise Lors de la crise, les jeunes diplômés ont été les actifs les plus touchés par le chô-mage en France. Mais depuis la fin de l’année 2009, une tendance se con-firme : le chômage des 15- 24 ans recule (- 0,8 points). Une amélioration qui cependant reste fragile. “Malgré tout, je suis moins pessimiste pour l’em-ploi jeune qu’à la même date l’an dernier, indique Christian Darantière, direc-teur délégué de l’Afi. Il y a des signes très timides de reprise de l’embauche, ce qui permet de freiner la chute.” Pour Mathieu Plane, économiste à l’OCDE (Organisation de coopéra-tion et de développement économiques), si le taux de chômage a légèrement baissé, c’est à cause de la reprise des emplois intéri-maires et des petits bou-lots : “Les jeunes sont cinq fois plus représentés dans les emplois précaires. Les entreprises restent frileuses et préfèrent embaucher des intérimaires.” Autre phéno-mène : les 15-24 ans sont souvent prêts à accepter des postes en dessous de leurs compétences. “Prendre un emploi non qualifié entraîne un risque de déclassement. C’est ensuite beaucoup plus dur de remonter au niveau de son diplôme. Il faut faire atten-tion à ne pas rester trop longtemps dans son petit boulot”, conseille Christian Darantière. Mais ne pas accepter un “petit boulot” peut entraîner des soucis financiers. En dessous de 25 ans, très peu de jeunes diplômés ont en effet accès au RSA (revenu de solidarité active), car il faut avoir tra-vaillé En France Le taux de chômage, par tranche d’âge… deux ans à temps 50 % plein dans les trois der-nières années, ce qui est rarement le cas des jeunes sortant des études. LES DOSSIERS de Population la plus fragile face au chômage, les jeunes diplômés sont aussi les premiers touchés par la crise Avec la légère reprise de ces derniers mois, leur avenir pourrait s’éclaircir Qu’en est-il vraiment ? N. DEBOT!DUCLOYER WWW.METROFRANCE.COM CORBIS Depuis la fin 2009, le chômage des 15-24 ans recule. metrofrance.com supplément LUNDI "# SEPTEMBRE "#$# “Faire du bénévolat quand on est jeune diplômé et sans emploi permet d’élargir son réseau relationnel et professionnel.” CHRISTIAN DARANTIÈRE, DIRECTEUR DE L’AFIJ 0 23,3 8,4 6,1 !"#$% &'( !"#$% &'( ") &'( *+ + !e SEMESTRE !"#" $ L’INSEE. Retrouvez l’intégralité du dossier sur notre site metrofrance.com/ jeunesdiplomes
  • 8. LUNDI 20 SEPTEMBRE 2010 plus 20 www.metrofrance.com Sachez bien utiliser les réseaux sociaux Facebook, Viadéo… les jeunes diplômés ont tout intérêt à les exploiter pour leur recherche d’emploi Mais attention, il y a des règles à respecter • FACEBOOK, COPAINS D’AVANT… Etudiants, jeunes diplô-més… La majorité des 15- 24 ans a un profil Facebook. Entre photos de soirée et réelle motivation d’em-bauche, mieux vaut faire at-tention à ne pas raconter toute sa vie sur son “wall”. “ Je conseille d’avoir deux profils : un professionnel et un pour les amis”, préco-nise Frédéric Canevet, res-ponsable de conseil-marketing. fr. S’il est vrai que Facebook regroupe 20 millions de Français, ce n’est pas pour autant plus facile de trouver la bonne personne à contacter pour un emploi. “Le mieux est de combiner les réseaux so-ciaux en utilisant aussi Co-pains d’avant, par exemple, pour recréer un réseau”, continue Frédéric Canevet. Les anciens camarades d’école peuvent alors deve-nir des professionnels inté-ressants. Un jeune diplômé croit souvent ne pas avoir de réseaux. C’est faux. Sur les réseaux sociaux, il re-trouvera toujours quelqu’un qu’il connaît. • LES RÉSEAUX SOCIAUX PROS Pour une recherche d’em-ploi dans les règles, mieux vaut opter pour des réseaux sociaux professionnels. “Au-jourd’hui, c’est devenu une étape incontournable. Les jeunes diplômés doivent constituer et animer un ré-seau Internet sur du long terme”, conseille Nicholas Vieuxloup, porte-parole de viadeo.fr. Dès sa première année d’études, il ne faut pas hésiter à créer son pro-fil avec une photo, son cur-sus scolaire, sa participation à des projets… Tous les moyens sont bons pour se présenter. “Un profil pauvre et jamais renouvelé a peu de chances d’être contacté”, constate Nicholas Vieuxloup. Plus international, le ré-seau professionnel Linkedln regroupe des employeurs du monde entier. Pour ceux qui souhaitent trouver du travail à l’étranger et plus spécialement aux Etats- Unis, ce réseau est très effi-cace. Autre site : Xing.fr, plateforme d’origine alle-mande qui permet égale-ment de rentrer en contact avec les recruteurs d’outre- Rhin. Que ce soit pour pos-tuler en France ou ailleurs, participer à un réseau social implique des codes à respec-ter : “Il faut appliquer les mêmes règles de politesse que dans la vraie vie, insiste Nicholas Vieuxloup, on dit bonjour, s’il vous plaît, au revoir.” Les réseaux sociaux peuvent faciliter la recherche d’emploi. CORBIS CV VIDÉO OU CV CLASSIQUE QUEL EST LE PLUS EFFICACE ? Le CV vidéo n’est pas tou-jours un exercice facile à réaliser. Mieux vaut parfois privilégier le bon vieux CV écrit. Jacques Froissant, fon-dateur du cabinet de recru-tement Altaïde, donne ses conseils. • LE CV VERSION “ÉCRITE” Pour qui ? Pour tous. Des jeunes di-plômés aux seniors. Comment l’envoyer ? Par mail. Il est beaucoup plus facile de les transférer dans les services de l’entre-prise sous cette forme. Les CV “écrits” sont-ils gardés ? Beaucoup d’entreprises ont des bases de données où les CV sont stockés. Combien de temps le recru-teur prend-il pour le lire ? Il le lit en à peine une mi-nute. Si c’est un CV bien écrit, il voit ce qui l’inté-resse tout de suite. • LE CV VIDÉO Pour qui ? Principalement, pour les métiers de l’informatique mais, attention, il faut être très bon en graphisme et à l’aise avec le maniement de la vidéo. Quels sont les risques du CV vidéo ? C’est le risque d’être très mauvais. Seulement cinq ou six candidats se démar-quent par an. Combien de temps le recru-teur prend-il pour le lire ? Il faut au moins trois mi-nutes pour lire un CV vi-déo. C’est plus long que de lire un CV normal. Faut-il se lancer dans le CV vidéo ? Le CV dit “classique” fonc-tionne encore bien. Le CV vidéo n’intéresse pas spé-cialement les recruteurs. RECUEILLIS PAR N.D.!D A vos blogs ! FILON. Pour se faire connaître, un blog est une bonne vitrine. Poster ses travaux réalisés pen-dant ses études, ses pro-jets, son CV sur son blog permet à un employeur de mieux connaître son éventuel futur employé. “Il faut savoir se faire dé-sirer en tant que produit et utiliser tous les canaux virtuels qui existent”, insiste Frédéric Canevet, responsable de conseil-marketing. fr. Et souvent ça marche, comme Elisa qui s’est vu proposer un entretien d’embauche à la suite de l’ouverture de son blog. “Le réseau virtuel est un moyen de nouer des relations effica-cement”, commente-t-elle. Et pour les jeunes diplômés, utiliser Inter-net est rarement un pro-blème. Alors, à vos blogs ! RECUEILLIS PAR N.D.!D Zoom DR N. DEBOT!DUCLOYER WWW.METROFRANCE.COM Et Twitter ? A la première approche Twitter ne paraît pas très simple d’utilisation. Une fois le langage assimilé – beaucoup d’informations en très peu de mots –, il peut s’utiliser pour faire part de son actualité professionnelle en temps réel. Beaucoup d’offres d’emploi dans le domaine de l’informatique et de l’Internet sont d’abord postées sur Twitter puis sur les sites d’offres d’emploi. Il suffit juste de suivre (“follow” en langage Twitter) les bonnes personnes. 5 % Sur 200 000 personnes inscrites à viadeo.fr, 5 % d’entre elles sont des jeunes diplômés. Un cadre sur deux parisien est inscrit sur viadeo.fr. Linkedln compte 70 millions de membres. “Je conseille d’avoir deux profils : un pro et un pour les amis.” FRÉDÉRIC CANEVET, RESPONSABLE DE CONSEILMARKETING.FR “Si un CV est bien écrit, l’employeur voit ce qui l’intéresse tout de suite.” JACQUES FROISSANT DR
  • 9. LUNDI 20 SEPTEMBRE 2010 plus “L’Angleterre offre plus de chances” “C’est avec Erasmus au pays de Galles que j’ai eu le coup de coeur pour la Grande-Bre-tagne. Je suis quand même rentrée en France pour faire un master de traduction à Lille mais ça ne me plaisait pas vraiment et je suis re-partie tenter ma chance dans une université an-glaise l’année d’après”, pré-cise Lucie. “J’ai obtenu mon master de traduction et d’interprétariat en 2007 à l’université de Bath. En-suite, pendant dix mois j’ai travaillé comme serveuse avant de trouver le job de mes rêves ! Je suis désor-mais traductrice chez Sony. L’Angleterre donne plus de chances aux jeunes diplô-més et c’est pour ça que je suis restée. J'ai vu les oppor-tunités qui se présentaient à la sortie de mon master et je me suis dit : ‘Jamais je trouverais ça en France, sur-tout à la sortie de la fac.’ Ici, quand tu as un di-plôme anglais et que ta DR langue maternelle est le français, tu as forcément un job à la clé. Et puis, les sa-laires sont bien plus élevés et les possibilités d’évolu-tion aussi. Si je décidais de rentrer travailler en France, il faudrait d'abord que je consacre plusieurs mois à ma réintégration à la cul-ture française !” N.D!D 22 www.metrofrance.com Partir à l’étranger, la bonne pioche ? Pascal, !" ans, est parti travailler au Canada avant de revenir en France Lucie, !# ans, travaille depuis deux ans en Grande-Bretagne Parcours croisés de jeunes diplômés qui ont choisi de s’expatrier Ces secteurs qui recrutent Le recrutement des jeunes diplômés redémarre timide-ment mais pas pour tous les métiers. Metro a demandé à Laurence Bricteux, direc-trice marketing du site de recherche d’emploi en ligne Monster, quels sont les sec-teurs qui embauchent le plus en ce moment. • LE SECTEUR DE L’ÉNERGIE L’énergie est un gros pour-voyeur d’emplois mais il existe peu de diplômes dans le domaine. Les entreprises de l’énergie embauchent souvent des jeunes qui ont un diplôme d’ingénieur et qui ont fait une spécialisa-tion dans l’énergie. • LES SECTEURS EN RECHERCHE DE “JEUNES PROFILS” On n’y pense peu mais le commerce en ligne recrute beaucoup de candidats. Pas besoin d’avoir énormé-ment d’expérience pour ces types de postes, les di-plômes demandés sont gé-néralement moins élevés que dans le secteur du com-merce “classique”. La santé et le tourisme embauchent également beaucoup de jeunes diplô-més. Selon les études sui-vies (du BEP au master), les embauchés ont souvent moins de 25 ans. • LES SECTEURS DITS “CLASSIQUES” Les métiers de la finance, de la banque et aussi de la communication n’hésitent pas à embaucher des jeunes diplômés. Avant d’être défi-nitivement installés dans l’entreprise, ils ont souvent effectué un stage et un ou plusieurs CDD. “Une entrée classique dans ces secteurs”, selon Laurence Bricteux. Les collectivités territo-riales bénéficient égale-ment d’un grand vivier de jeunes tout juste sortis de leur formation. Ces derniers ont souvent été stagiaires au sein de la collectivité avant d’être embauchés. Du côté des grandes en-treprises, le recrutement des jeunes diplômés re-prend. S’ils ont peu d’expé-rience, ce n’est pas forcément un problème car les entreprises les intègrent souvent dans des processus de recrutement afin de les former. N.D!D “Le Canada m’a rendu plus mobile” “En mai 2009, je suis parti de Marseille pour aller à Montréal. J’avais obtenu mon diplôme de master en économie des entreprises depuis deux ans et demi et je travaillais comme con-seiller de clientèle dans une agence bancaire. J’ai dé-marré dans la vie active tout de suite après l’université et j’ai ressenti le besoin de vi-vre une expérience à l’étran-ger pour découvrir autre chose”, explique Pascal. “Le déclic est venu d’un ami d’enfance qui était parti au Canada avec un visa permis vacances travail (PVT). Ce visa autorise un Français à travailler un an partout au Canada. Là-bas j’ai fait quelques petits bou-lots via des agences d’inté-rim. Vivre à Montréal m’a permis de partager une co-location avec des Québé-cois, des Mexicains et des Français. J’ai passé des mois inoubliables. Je n’étais pas parti dans l’esprit d’immi-grer mais plutôt pour faire une pause. S’il est vrai qu’au Canada, les salaires sont plus élevés à un niveau d’études équivalent, il faut décrocher ses diplômes dans le pays d’accueil pour pouvoir prétendre à des postes à responsabilité, et les universités coûtent très cher. Je suis rentré en France en décembre 2009 et j’ai trouvé du travail rapide-ment dans une compagnie d’assurances à Lyon. Travail-ler au Canada m’a rendu plus mobile et je suis proba-blement plus adaptable maintenant.” N.D!D “Il faut décrocher ses diplômes dans le pays d’accueil pour pouvoir prétendre à des postes à responsabilité.” PASCAL DR “Ici, si tu as un diplôme anglais et que tu parles français, tu trouves forcément un job.” LUCIE En chiffres Ils embauchent les jeunes diplômés. 19 6 3 1 "#$%&'#" !"#$%&'!( )O&(++('!( ,-"%&'$,&!-" ./'!,$+&$'( 71 Pascal, 27 ans, jeune diplomé, a travaillé au Canada pour acquérir de l’expérience. Lucié, 27 ans. !""# $ INSEE En pourcentage
  • 10. !" plus www.metrofrance.com !"#$% &' ()*+),-.) &'/' “PENDANT L’ENTRETIEN, RESTEZ SPONTANÉ !” Savoir mettre en valeur son CV, bien négocier son premier salaire... Amélie Fray, responsable des res-sources humaines pour Leroy Merlin, nous conseille pour passer avec succès l’étape de l’entretien d’embauche Comment préparer son pre# mier entretien d$embauche ? Il est crucial que le jeune diplômé se renseigne sur l’entreprise. Il doit faire le point sur les métiers et les postes proposés, et mettre en relation son parcours et son expérience profession-nelle par rapport au poste auquel il postule. Recherchez-vous des candidats via les réseaux sociaux ? Nous comptons en fait beaucoup sur les réseaux sociaux traditionnels. Notre sourcing reste avant tout les sites d’emploi et de recrutement. La cooptation est également un moyen de recruter. Comment le jeune diplômé peut-il mettre son peu d’expérience en valeur aux yeux du recruteur ? Dans un CV, il ne faut jamais oublier la partie “centres d’intérêt”. Au cours de l’entretien d’em-bauche, si le jeune n’a pas d’expérience profession-nelle, il pourra néanmoins partager ses expériences sportives ou associatives. Il témoignera ainsi de qualités comme l’esprit d’initiative, d’ouverture, d’adaptabilité et de sou-plesse, ce qui facilitera, pour le recruteur, la mise en perspective sur le poste. Avoir eu des expériences professionnelles aupara-vant est bien sûr toujours un plus sur une candida-ture, même si ce sont des jobs d’été. Comment un jeune diplômé doit#il se comporter en entretien d$embauche ? Mieux vaut rester simple, sincère et spon-tané. Un jeune trop sûr de lui, alors qu’il n’a que peu d’expérience, ne sera pas forcément bien perçu par le recruteur. Si lors d$un entretien un candidat panique, quels conseils lui donneriez#vous ? Le tout premier entretien peut être parfois anxiogène. Le candidat doit continuer de montrer son intérêt pour le poste, rester concentré, à l’écoute, et reformuler les questions s’il ne com-prend pas. Combien de temps dure un entretien au sein de votre entreprise ? Tout dépend des régions et du poste, mais cela va généralement de 45 minutes à une heure. Comment bien négocier son premier salaire ? Ce n’est surtout pas une question à aborder de prime abord avec le recru-teur ! C’est mieux pour le candidat d’aborder la ques-tion à la fin de l’entretien et, si possible, d’attendre que le recruteur la pose. A compétences égales, qu$est#ce qui fait, pour vous, la différence entre deux candidats ? L’esprit d’entreprise, le goût de l’autonomie et le sens des responsabilités feront la différence. Une ouverture d’esprit et la volonté de grandir au sein de l’entreprise sont aussi très importantes. La mobilité géographique est#elle un atout chez un jeune diplômé ? La mobilité ouvre un champ des possibles important. Je conseille d’avoir une vraie réflexion sur la mobilité, elle permet d’évoluer plus facilement au sein d’une entreprise. “Mieux vaut aborder la question de la rémunération en fin d’entretien.” AMÉLIE FRAY “Un jeune trop sûr de lui, alors qu’il n’a que peu d’expérience, ne sera pas forcément bien vu par le recruteur.” AMÉLIE FRAY N. DEBOT!DUCLOYER WWW.METROFRANCE.COM NICOLAS RICHOFFER/METRO Amélie Fray, responsable des ressources humaines. Salaires de débutants, quelques exemples Faire son stage aux... Nations unies ASSOCIATION. Pour un jeune sans relations, ni vraies ressources finan-cières, partir à l’étranger pour effectuer un stage dans une organisation internationale, comme l’ONU, reste un rêve inaccessible. Créée en 2010, l’association ARIEtta souhaite faire bouger les choses. Elle se donne pour but d’aider les jeunes à découvrir l’univers de ces grandes structures prestigieuses. ARIEtta, imaginée par la Mission des fonction-naires internationaux, souhaite, à terme, deve-nir un vivier pour facili-ter la relève des Français servant dans les organisa-tions internationales. Fin 2010, ARIEtta espère être en mesure d’offrir une di-zaine de bourses à des jeunes, en master II, ayant candidaté et étant retenus par une organisa-tion pour y faire un stage de quatre à six mois. N.D.!D Plus d’infos www.arietta.fr et www.diplomatie.gouv.fr/mfi En bref CORBIS • Secrétariat de direction Rémunération globale brute : 23 430 euros par an. Niveau de diplôme : BTS, licence ou maîtrise. La connaissance d’une ou de plusieurs langues étran-gères est importante. • Assistant marketing Rémunération globale brute : 24 280 euros par an. Niveau de diplôme : master dans une école de commerce ou une école d’ingénieurs. • Ingénieur technico-commercial Rémunération globale brute : 32 890 euros par an. Niveau de diplôme : BTS ou DUT. • Assistant achat Rémunération globale brute : 21 000 euros par an. Niveau de diplôme : BTS, licence ou master dans une école de com-merce ou d’ingénieur. C’est une fonction très accessible aux jeunes diplômés. • Assistant export Rémunération globale brute : 20 540 euros par an. Niveau de diplôme : licence ou master dans une école de commerce ou d’ingénieurs. • Assistant RH Rémunération globale brute : 21 620 euros par an. Niveau de diplôme : mas-ter 1 ou 2 dans une école de commerce, à l’univer-sité ou dans un IEP (insti-tut d’études politiques) • Juriste d’entreprise Rémunération globale brute : 30 150 euros par an. Niveau de diplôme : master 1 ou master 2 avec une spécialisation dans le domaine d’activité de l’en-treprise. N.D.!D Infos sur www.guide-des-salaires. com. Les nouveaux chiffres de l’Apec sur les jeunes diplômés pour "##$ paraîtront le "$ septembre. BANQUE ET ASSURANCE COMMERCE RESSOURCES HUMAINES JURIDIQUE
  • 11. www.metrofrance.com 23 lundi 21 mars 2011 Il a écrit Tant d’histoires pour un fauteuil “La discrimation, j’y fais face tous les jours” Michaël Jérémiasz, 29 ans, est handicapé depuis dix ans suite à une mauvaise chute de ski. Un accident qui ne l’a pas empêché de devenir joueur de tennis professionnel en fauteuil. Aujourd’hui, il milite pour que les personnes en situa-tion de handicap soient plus autonomes, y compris au travail. Il a créé une asso-ciation “Comme les autres” et a co-écrit un livre : Tant d’histoires pour un fauteuil, (Michel Lafon). Rencontre. Pour vous, quelle sont les rai-sons qui peuvent empêcher une personne en situation de handicap de trouver sa place dans le monde du travail ? Ce sont les problèmes d’accessibilité. Les per-sonnes en situation de han-dicap on peu d’accès à l’emploi car l’accès à la plupart des entreprises est compliqué et les postes de travail sont rarement amé-nagé. L’autre problème c’est la sous-qualification des personnes en situation de handicap. Vous parlez de sous-qualifica-tion, pensez-vous que les personnes en situation de handicap ont du mal à accéder à l’éducation ? Oui. Dès l’enfance, ces personnes sont rassem-blées dans des établisse-ments spécialisés, elles n’ont pas accès à la société. Dès l’école, elles sont dis-criminées. Si on mettait des valides et des handica-pés dans les mêmes classes, ils seraient capa-bles plus tard, de travailler efficacement ensemble dans les entreprises. Au travail, quels sont les principaux problèmes que rencontre un salarié en situation de handicap ? Souvent, les autres sala-riés ne savent pas com-ment réagir. Ils sont mal à l’aise car ils ont du mal à comprendre la différence. Le problème vient aussi du manque d’informations. Il faudrait des conférences sur le handicap en entre-prise, de la sensibilisation dans les écoles … Certaines actions sont déjà menées dans ce sens mais elles sont minimes. Il faut mon-trer que le handicap est aussi synonyme de mala-die, de souffrance. Il y a des comportements à adop-ter face à ça. Etes-vous souvent discriminés en tant que personne en situa-tion de handicap ? Malgré mon statut de sportif professionnel où je suis reconnu comme handicapé, la discrimina-tion, j’y fais face chaque jours. Parfois, j’ai des fa-veurs comme le jour où un policier ne m’a pas verba-lisé quand il a vu mon fau-teuil, d’autre fois, les personnes adoptent des comportements gênants pour moi, en me touchant la tête par exemple. Pensez-vous que la lutte contre les discriminations au travail est encore un long combat ? Oui, beaucoup de personnes en situation de handicap sont au chômage. La loi handicap de 2005 n’est pas assez forte pour changer les choses. Et beaucoup de salariés n’osent pas se déclarer travailleur handicapé par peur de perdre leur boulot ou de ne plus être traités normalement. noémie d.-ducloyer www.meTRofRance.com michel lafon Michaël Jérémiasz.
  • 12. www.metrofrance.com Lundi 21 mARs 2011 plus Sur les bords du canal Saint-Martin à Paris, La Ruche est un espace collaboratif où les entrepreneurs sociaux A l’heure du déjeuner, les résidents de La Ruche échangent leurs bonnes pratiques . zOé duCOuRNAu /METRO viennent résider. Metro les a rencontrés à l’occasion de leur déjeuner du vendredi. À La Ruche, les idées bourdonnent omme tous les ven-dredis à midi, la plupart des rési-dents de La Ruche viennent “buzzer” pendant le déjeuner. Dans la cuisine, lieu convivial où les idées fusent à longueur de journée, chacun apporte sa bonne nouvelle de la se-maine en faisant retentir une petite sonnette. Autour de la table : que des entre-preneurs sociaux. “Le par-tage est très important, commente Charlotte Hoch-man, la créatrice de La Ruche. Les entrepreneurs doivent se sentir comme chez eux.” Elle a importé ce concept des pays anglo-saxons. “En revenant en France il y a trois ans, je trouvais qu’il manquait un espace pour les innovations sociales. Je voulais lier les gens aux initiatives sépa-rées”, explique-t-elle. Café dans une main et portable dans l’autre, Gil-berte Caron semble à son aise. Elle est la créatrice de Fil rouge conseil et média-tion, une entreprise de ressources humaines “lu-diques”. Elle a rejoint La Ruche en juin dernier avec 16 autres entrepreneurs so-ciaux. Aujourd’hui, La Ruche compte plus de 80 ré-sidents. “Malgré des critères très sélectifs, on est tou-jours plein”, continue Char-lotte Hochman. Pour être admissible, il faut avoir un projet social innovant qui répond à un défi de société. C’est le cas de Malik Badsi, 26 ans, qui a créé L’entre-prise Yoola afin de rendre accessibles les évÉnements sportifs aux personnes en situation de handicap. Pour son premier projet, il a or-ganisé un voyage en Afrique du Sud pour la Coupe du monde de football. Un évé-nement qui fut un réel suc-cès. Pour ce jeune entrepre-neur, travailler à La Ruche lui a permis d’agrandir son réseau. “Le fait d’être ici ou-vre des portes, on partage nos savoir-faire”, s’enthou-siasme- t-il. Dans l’open space de 600 mètres carrés au décor de bois et de verdure, beaucoup d’entreprises tra-vaillent sur le thème de la diversité. Certaines ont pris tellement d’importance qu’elles ont dû partir de La Ruche. Comme Mozaïk RH, un cabinet de recrutement spécialisé créé par Saïd Hammouche. Son objectif : dénicher “les vrais talents” dans les quartiers de ban-lieues. Ceux qui ont fait des études mais qui n’ont au-cun réseau. “Ces jeunes sont souvent confrontés aux préjugés, explique Ma-riam Khattab, la responsa-ble du recrutement de MozaÏk RH, nous les accom-pagnons dans leur dé-marche pour trouver un emploi et les recruteurs sont souvent épatés par la variété des profils.” Au-jourd’hui, le modèle écono-mique sociale et solidaire de La Ruche a prouvé qu’il fonctionne et d’autres struc-tures semblables devraient naître en France avec des entrepreneurs tout aussi en-thousiastes qu’à Paris. Comme autour de cette ta-ble du déjeuner où l’assem-blée a grossi et où les bonnes nouvelles ne s’arrê-tent plus. Passer une journée à La Ruche c’est comme avoir butiné des idées toute la journée. C noéMie d.-ducloyer www.METROFRANCE.COM Des clés pour aller vers l’entrepreneuriat social Comment lancer son en-treprise solidaire ? Cathe-rine Leroy -Jay, membre d’Ashoka, une organisa-tion internationale qui participe à la structura-tion et au développement du secteur de l’entrepre-neuriat social, donne ici quelques conseils. • Qu’est-ce qu’un entrepre-neur social ? Il intervient dans des domaines variés comme la santé, l’éducation, la lutte contre les discriminations etc. Son objectif premier n’est pas le profit mais la résolution d’un problème sociétal. • Quel profil faut-il avoir pour être un bon entrepre-neur social ? Les études importent peu. Le plus important, c’est d’être novateur et avoir envie de changer les choses. • Quelles compétences parti-culières doit avoir un entre-preneur social ? Il doit avoir les mêmes compétences que tout en-trepreneur, comme la vi-sion à long terme, la téna-cité, etc. Mais il doit aussi faire preuve de désintéres-sement et d’altruisme. • Faut-il un budget consé-quent pour se lancer dans l’entrepreneuriat social ? Il faut surtout y consa-crer beaucoup de temps et d’énergie. Il existe de plus en plus de fonds de sou-tien pour les entrepre-neurs sociaux qui démarrent, notamment au niveau régional. Plus d’infos sur www.ashoka.asso.fr “Grâce à La Ruche, je peux donner vie à mon projet en faveur des personnes en situation de handicap.” Malik Badsi spécial diversité