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CHAPITRE IV
MONNAIE ET INFLATION
2
Plan
1. La monnaie, fonctions et définition
2. La création monétaire
3. Le système bancaire
4. Le déroulement de la crise financière
5. L’inflation
6. La grande déflation: la crise de 1929
7. L’inflation un phénomène monétaire
8. Pourquoi la déflation est pire que l’inflation?
3
1. La monnaie, fonctions et définition
La monnaie se définit comme « le stock d’actifs aisément
mobilisables pour procéder à des transactions » (Mankiw)
Définition de la monnaie
4
1. La monnaie, fonctions et définition
Unité de
compte
Définition fonctionnelle de la monnaie
Instrument de
paiement
Réserve de
valeur
La monnaie permet d’établir le
prix de chaque bien. Sans
monnaie, dans une économie
de troc à n biens, il y aura
n*(n-1)/2 prix relatifs
La monnaie est un bien destiné à
faciliter les échanges, permettant
de surmonter la contrainte de la
double coïncidence des besoins
du vendeur et de l’acheteur
Cette fonction résulte de la non-synchronisation des
recettes et des dépenses et l’incertitude des
évènements futurs. Par rapport aux éléments du
patrimoine, elle est un actif non risqué et liquide
5
Les formes de monnaie
Histoire d’évolution de la monnaie
Critères de choix : immuabilité,
transportabilité, identifiabilité
(céréales, bétail, or, argent…)
Valeur indépendante de son coût,
repose sur la confiance, réduisant
les coûts de transaction des
monnaies-marchandises
Constituée par les dépôts à vue
dans les banques. Monnaie
transférée d’un compte à l’autre
par un simple jeu d’écritures
Monnaie fiduciaire
Monnaie électronique
Monnaies-marchandises
Monnaie scripturale
Cartes de paiement prépayées
permettant les retraits d’argent et les
paiements chez les commerçants
6
Les mesures de monnaie
Les agrégats monétaires
M1 inclut les moyens de paiement
immédiatement utilisables
M2 inclut M1 et les dépôts rémunérés,
rapidement transformables sans coût
en moyens de paiement
M3 inclut M2 et les titres de durée
<2 ans (certificats de dépôts, billets
de trésorerie, bons de Trésor)
→ Principal agrégat suivi par la BC
et base de calcul de l’inflation
M2
Quasi-monnaie
M1+Livrets+Epargne logement
M1
Monnaie au sens strict
Pièces + Billets + DAV
M3
Masse monétaire
M2 + Titres de CT
M4
Masse monétaire
M3 + Titres de LT
M4 inclut M3 et les titres du marché
monétaire émis par les ANF (actions,
obligations…)
7
Les mesures de monnaie
8
2. La création monétaire
Banques
commerciales
Trésor
public
Banque
centrale
Création monétaire
Monnaie scripturale
Monnaie centrale (Billets)
+ Monnaie scripturale
Monnaie matérielle (Pièces)
9
2.1. La création de monnaie scripturale par
les banques
Les banques créent de la monnaie par le crédit, elles créditent
le compte du bénéficiaire en mettant à sa disposition de la
monnaie scripturale sans aucune épargne préalable
→ Ainsi les crédits font les dépôts et non pas l’inverse
Actif Passif
Compte de Mr X
Crédit 100€
Dette 100€
10
Limites du pouvoir de création
monétaire
Réserves obligatoires
suffisantes
Retraits en billets
2.1. La création monétaire des banques
Réserves en billets
déposées à la BC selon un
taux sur les dépôts fixé par
les autorités monétaires Fuite monétaire
Retraits en espèces des
clients de la banque
doivent être par la suite
procurer par la BC
Une partie de la monnaie créée par la banque A ne revient pas,
elle est déposée dans une banque B (Mr X règle un fournisseur
dont le compte ouvert à la banque B). Les banques A&B
procèdent à une compensation interbancaire en monnaie centrale
11
2.2. La création de monnaie par la BC
• Excédent commercial → Augmentation de la masse monétaire
• Déficit commercial → Baisse de la masse monétaire
Emission de billets pour remplacer ceux usés
Gestion des comptes de banques ordinaires
+ création de monnaie scripturale
Création de monnaie scripturale en contrepartie
de devises étrangères apportées par les banques
Missions de la Banque de France
Gestion
de
la
circulation
monétaire
Monopole
d’émission
de
billets
12
2.3. La création de monnaie par le Trésor
public
Gérer les recettes & dépenses des APU
• Percevoir les impôts & taxes
• Régler les dépenses publiques par
débit du compte des APU
(Traitements des fonctionnaires
versés par des virements à partir
des Trésoreries générales)
Missions du Trésor public
Agent financier de l’Etat Création monétaire
Monopole d’émission de pièces de monnaie
La dette publique a été longtemps source
de création monétaire. Aujourd’hui, il est
interdit à la Banque de France d’autoriser
des découverts ou d’accorder tout type de
crédit au Trésor depuis la loi de 1993
confirmée par la loi de 1999 instituant la
BC européenne → Dette publique financée
par émission de titres sur le marché
monétaire (bons du Trésor)
13
2.4. Synthèse des sources de création
monétaire
Créances sur l’économie
Créances sur l’Etat
Créances sur l’extérieur
Sources de création monétaire
Crédit accordé à un particulier/
entreprise par une avance en compte,
un découvert bancaire ou une
opération d’escompte
Création monétaire pour compenser
une opération de change
Création monétaire pour l’État: les banques
ordinaires achètent des bons du trésor
14
Les taux d'intérêt
Taux d'intérêt
Coût de crédit Volume de crédit
distribué à l’économie
Quantité de monnaie
en circulation
Rendement des
placements €/devises
Taux de change
de l'euro
Taux d'intérêt
réels
Anticipations
d'inflation
Valeur du patrimoine
titres des agents
Investissement
Croissance
Emploi
Commerce extérieur
Consommation/ Epargne
15
Les taux d'intérêt directeurs
Taux d'intérêt directeurs
Taux auquel la BC fournit
chaque semaine des
liquidités aux banques
→ Instrument de politique
monétaire
Banque
centrale
Crédits distribués
Coût de refinancement
des banques
Taux d’intérêt débiteur
de long terme
Mission: Maintenir un niveau
approprié de taux d'intérêt
Le système bancaire
Finance indirecte
Intermédiation traditionnelle (en déclin)
Finance directe
Nouvelle forme de finance indirecte
Intermédiation de marché (en essor)
Agents à capacité
de financement
Agents à besoin
de financement
Agents à capacité
de financement
Agents à besoin
de financement
Intermédiaire
financier
Agents à besoin
de financement
Intermédiaire
financier
Titres
Titres
Crédits
Dépôts
Financement
Financement
Intermédiaire
financier
Agents à capacité
de financement
16
Dépôts
Titres
17
Avantages
Combinaison de services de tenue de comptes, de
paiement et d’intermédiation dans la réduction des
asymétries informationnelles et meilleure évaluation
de la solvabilité de l’emprunteur
Pourquoi des intermédiaires financiers ?
Coûts de
transaction
Asymétries
de l’information
Economies d’échelle
à la collecte & l’emploi
des ressources
Incompatibilités
entre les désirs
d’emprunt &
de prêts
Fonction essentielle des IF
Transformation des échéances, des risques
et des rendements des actifs financiers
Baisse du coût unitaire
avec la quantité, le coût des
services financiers diminue
Meilleure diversification des risques
18
Spécificités des banques
Banque
 Octroie des crédits et collecte des dépôts
 Prête à ML terme et emprunte à CT
 Pouvoir de création monétaire
 Octroi de crédit non basé sur des
ressources préexistantes (dépôts)
 Paris sur des projets industriels → Prise de
risque
 Avantage lié à la multiplicité des services
financiers rendus → Source d’informations
 Supériorité du savoir bancaire même si les
asymétries d’informations sont inhérentes
En tant qu’intermédiaire financier
Spécificités de la banque
19
Bilan bancaire typique
Actif Passif
Encaisse de trésorerie
(monnaie centrale en caisse,
réserves libres et obligatoires)
Dépôts interbancaires
Prêts interbancaires
Dépôts des agents non financiers
(dépôts à vue, à terme, comptes sur
livret, comptes et plans d’épargne
logement..)
Crédits aux agents non financiers
Titres émis à l’exception des actions
(certificats de dépôts, obligations..)
Portefeuille de titres Provisions
Immobilisations Capitaux propres
CT
LT
Le bilan est une photographie de la situation patrimoniale d’une
banque à un instant donné
20
Bilan bancaire typique
Actif Passif
Classe 1
Opérations interbancaires
entre la banque et les autres IF dans le cadre de gestion de trésorerie
Excédent (déficit) de trésorerie → Prêter (se refinancer) sur le marché interbancaire
Classe 2
Opérations avec la clientèle
Actif: Crédits accordés
Passif: Dépôts collectés par degré d’exigibilité, forme et nature
Classe 3
Opérations sur titres et opérations diverses
Passif: Titres de dettes que la banque émet pour se refinancer
Classe 4
Actif: Placements sur le marché des capitaux pour le compte de la banque
Passif: Provisions constituées et fonds propres y compris les bénéfices non
distribués
Classe 5
Actif: Valeurs immobilisées (Biens et valeurs durables de la banque)
21
Le hors-bilan
Ensemble d’engagements futurs/virtuels de la banque ne donnant pas
lieu à un flux de trésorerie
Activités
hors-bilan
Opérations sur instruments financiers à
terme (contrats de change, de tx d’intérêt..)
Engagements à avancer des fonds/
acquérir un actif à une date future
Garanties accordées à ses clients pour
obtenir des financements de tiers
France
1990: Hors-bilan = 1.65 fois Bilan
2002: Hors-bilan = 7,77 fois Bilan
 Bilan = 3786 Mds €
 Encours instruments financiers à terme = 29401 Mds €
22
Evolution de l’activité des banques
Innovations financières
&
Dérèglementation
Concurrence entre
banques et non banques
Essor des marchés
financiers
Financement des
entreprises par
émission de titres
(Billets de trésorerie
Obligations)
Baisse des dépôts
+ Hausse des fonds empruntés
Baisse des crédits
+ Accroissement des titres
Actif Passif
Déclin de l’intermédiation
bancaire traditionnelle
23
Evolution de l’activité des banques
Réaction des banques
à l’érosion de leur
rentabilité
Maintien de leurs
activités de prêt
Développement de leurs
activités de marchés
Hors-bilan et activités sur
produits dérivés
Redéploiement des activités
bancaires en dehors du métier
traditionnel
En s’engageant sur des
crédits plus risqués
Risques de marché
24
Restructuration des banques aux USA
Déclin du financement
bancaire des ANF
1970: 35% du financement
1995: 22%
Mutations du passif
1960: Dépôts = 60% du passif
1994: = 20%
2001: = 18%
Revenus des activités
Hors-bilan
1960-80: 19% du total bilan
1999: 43%
25
Restructuration des banques en France
1975 1985 1993-96 1999-2001
Marge d’intermédiation 81 85 47 47,7
Produits divers 19 15 53 52,3
Produit net bancaire 100 100 100 100
Décomposition du produit net bancaire dans les banques françaises (%)
Source: Plihon (1995-98), Boutillier et al. (2003)
 Actif: Décrue de la part des crédits + Accroissement du portefeuille de titres
 Passif: Baisse des dépôts + Augmentation des obligations et titres négociables
Accroissement de la concurrence + Déformation de la structure du bilan
= Baisse de la marge d’intermédiation bancaire
→ Accroissement des revenus hors marge d’intermédiation (liés aux opérations
sur titres et produits dérivés, et commissions)
26
Le déroulement de la crise financière
Crise
Financière
2007
Pays industrialisés
Pays émergents
La crise des subprime
Pertes
d’emploi
Finance
globalisée
Prise de
risque accrue
Fort
endettement
Absence de
régulation
efficace
Croyance
excessive au
marché
Récession
27
L’immobilier craque aux USA
Boom
Immobilier
exceptionnel
Depuis 1997 2004-05
Glissement annuel des prix
de 7%
Glissement annuel des prix
de 10%
Hausse du prix de l’immobilier
Prêts immobiliers (prime) Essor des prêts subprime
10% des nouveaux crédits contre
2-3% en 2001-03
Taux
d’intérêt
bas
2007
Effondrement
de
l’immobilier
Baisse des prix
28
L’immobilier craque aux USA
29
Les taux d'intérêt directeurs
La FED poursuivant un objectif de croissance, n’a pas remonté ses taux
directeurs suffisamment tôt et de manière progressive début des années
2000. Les taux bas maintenus trop longtemps ont alimenté la bulle du
crédit à l'origine de la crise des subprime
30
Les prêts subprime
Prêts subprime
(Prêts risqués)
Phase 1
Payer initialement un taux
de lancement réduit et fixe
Ménages incapables
d’accéder aux schémas
standards de financement
• Scores de crédit faibles
• Historique bancaire
• Revenu insuffisant
Montage spéculatif
(à amortissement négatif)
Phase 2
Après 2 ans, taux rehaussé
flexible indexé sur TMM (Reset)
→ En cas de défaillance de l’emprunteur, la hausse de la
valeur du bien immobilier permet au:
 Prêteur de rentabiliser son opération en saisissant le bien
 Emprunteur de rembourser de façon anticipée son prêt
entretenu par la
Hausse des prix
31
L’immobilier craque aux USA
Hausse des prix
immobiliers
Baisse des taux
d’intérêt dès 2001
Développement
de prêts subprime
Montage spéculatif
rentable
Fin du mécanisme: Eclatement de la bulle immobilière
Hausse des taux
d’intérêt
Essoufflement
du système
Moins de demandes
de subprime
1
2
Ralentissement
des crédits
Baisse des
prix immobiliers
Défauts de
paiement
Forte hausse
des mensualités
Saisies et ventes
de maison
Mécanisme
Achats immobiliers
3
Nombre de reset
accru dès 2006
Extension des
prêts subprime
Dégradation de la
qualité des prêts
4
32
L’immobilier craque aux USA
33
Fragilisation du système bancaire
Pertes de
l’immobilier
500 Mds $
Richesse des
USA ménages
60 000 Mds $
Fonds propres de 50 grandes
banques US, EU et british
1500 Mds $ en 2006
Pertes de l’immobilier= 1/3 FP
 Risque de faillite élevé pour
certaines banques
 Incertitude sur l’identité des
banques perdantes
Fragilité du système bancaire
Risque porté in fine par le
système bancaire mondial
Pertes dérisoires des
ménages en 2007
34
La titrisation
Innovations
Financières
Titrisation
Transformation des actifs
illiquides (prêts immobiliers)
en titres liquides
Risque
mutualisé et diversifié
 Montages financiers hasardeux
 Système financier parallèle non
réglementé (hedge funds…)
Théoriquement Réalité complexe
 Bulle mondiale de produits
 Rendement accru de la titrisation
 Prise de positions risquées
35
La liquidité mondiale s’assèche
Faillite de New Century
Financial (Bq immobilière)
1er acteur du marché subprime
Avril 2007
Titrisation affectée par les
pertes de l’immobilier
 Baisse de la rentabilité
 Détour des investisseurs
 Assèchement de la liquidité
Dégradation de la note Moody
de 131 titrisations adossés à des
prêts immobiliers subprime
Gel de deux fonds
d’investissement par BNP-Paribas
 Crise de confiance totale
 Marché interbancaire paralysé
9 Août 2007
Faillite de Lehman Brothers
15 Septembre 2008
36
Répercussions des tensions des marchés sur
les banques fragiles
Exemple de Northern Rock
Banque anglaise: Mode de financement basé sur la liquidité de marché
plutôt que sur des dépôts stables → Vulnérabilité à un choc de liquidité
Déclenchement
de la crise
Difficultés de financement
14 septembre 2007
Panique: Retraits massifs de dépôts
17 septembre 2007
Garantie des actifs par l’Etat
Février 2008
Nationalisation de la banque
37
Système financier: panique à tous les étages
Les banques au cœur de la machination
Merril Lynch (US)
Pertes = 24,2 Mds $
Fin 2007
Banque UBS (Suisse)
Pertes = 18 Mds $
Banque HSBC
(Royaume-Uni)
Pertes = 17 Mds $
Banques européennes
via les activités de titrisation
Début 2008
Natixis (France)
Pertes absorbées par les
Caisses d’épargne et les
Banques populaires
38
Système financier: panique à tous les étages
Faillite du secteur des US banques d’investissement
Bear Stearns (US)
Mars 2008
Lehman Brothers (US)
Cause
Pertes réalisées par un de ses
hedge funds: Carlyle Capital
Sauvetage par la FED
Vente
à la banque JP Morgan Chase
Fin 2008
Panique du système
bancaire mondial
Plans de sauvetage d’urgence
 Bradford & Bingley (Royaume-Uni)
 Fortis (Bénélux)
 Hypo Real Estate (Allemagne)
FMI 2009
Coût de la crise = 4000 Mds $ dont 2/3 supporté par les banques liées
aux défauts sur les crédits et dépréciations d’actifs
39
Système financier: panique à tous les étages
Faillite des US institutions
Fannie Mae
Septembre 2008
Mise sous la tutelle de l’Etat
vu leur rôle dans l’activité de
crédit et la taille de leur actif
Dexia
(Banque Franco-Belge)
Sauvetage par les Etats français,
belge et luxembourgeois à cause des
pertes sur sa filiale FSA spécialisée en
rehaussement de crédit (Garantie à un
organisme qui émet des emprunts sur les
marchés financiers)
Freddie Mac
Secteur des assurances
Agences privées d’achat de crédits
hypothécaires et leur titrisation
40
Solutions apportées par les Etats
Axe 1
Extension des programmes
de garanties des dépôts
Axe 2
Injections massives de
capital
 Rachat d’actifs toxiques
13 pour 700 Mds $
 Recapitalisation par l’injection
de 25 Mds $ dans le capital
des banques Citigroup et JP
Morgan
 Garantie des opérations
bancaires à hauteur de 320 Mds €
 Recapitalisation du système
bancaire par un fonds de 40 Mds €
Actions
menées
Cas des Etats-Unis Cas de l’Europe
41
Réaction des bourses mondiales
(US - Europe)
Fin 2007
2009 T1
2008 T1
Les marchés considèrent encore
la crise comme passagère
Les marchés considèrent finalement
l’économie mondiale en récession
Mars 2009
suite de la faillite de Lehman Brothers
Indices boursiers 5%
(NASDAQ, DAX, Nikkei, FTSE …)
Valeurs bancaires 10%
Indices boursiers 25%
Indice sectoriel bancaire 70%
Capitalisation boursière 4200Mds$
Indice boursier mondial 50%
Indice sectoriel bancaire 70%
Crise financière généralisée
se transformant en crise
économique globale
42
Système financier: panique à tous les étages
43
Qu’est-ce que l’inflation?
 L’inflation est une hausse continue du niveau général
des prix à l’intérieur d’un espace donné
 Le taux d’inflation est le taux de croissance du niveau général
des prix sur une période donnée
 C’est un indicateur de la santé d’une économie
 Le taux moyen de hausse des prix est actuellement de 2%
en Europe
44
Comment mesurer l’inflation?
Indice des prix à la consommation (IPC)
Construction d’un indice
de prix pour chaque type
de produit de l’échantillon
sur tout le territoire
Etape 1 Etape 2
Agrégation des indices
par catégories de plus en plus
larges jusqu’à l’indice
d’ensemble pondéré par la
structure de consommation
Huile de tournesol
Huile et margarines → Huiles et graisses
→ Produits alimentaires
L’IPC mesure le prix des B/S proposés aux consommateurs sur l’ensemble
du territoire à partir d’un échantillon de B/S représentatif de la
consommation des ménages, actualisé tous les ans pour tenir compte de
l’apparition des nouveautés (lecteur DVD, produits alimentaires allégés…) et
la disparition de certains produits (cassette vidéo, essence avec plomb…)
45
46
Influence de l’inflation sur les indicateurs
statistiques économiques
€ constants et € courants
 Une grandeur en € courants est exprimée dans les prix de la période
 Le passage en € constants permet de comparer un bien sur 2
périodes en éliminant l’influence de l’inflation
Exemple
Tx d’inflation = 14,9% sur 1990-97
Prix d’un bien = 12000€ courants en 1997
= (12000/114,9)x100 = 10444 € constants de 1990
114,9 étant l’indice des prix de 1997 en base 100 en 1990
Valeur constante = Valeur courante/ Indice des prix *100
47
Influence de l’inflation sur les indicateurs
statistiques économiques
Variation nominale et variation réelle
 Une grandeur nominale est exprimée en € courants (en valeur): son
évolution tient compte de la hausse des prix
 Une grandeur réelle est exprimée en € constants (en volume): hors
inflation
Valeur réelle = Valeur nominale – Taux d’inflation
Evolution € courants
Evolution € constants
48
Les différents régimes d’inflation
• Taux d’inflation annuel faible: entre 1 et 3%
• Situation des années 1950-60 et aujourd’hui
Inflation rampante
• Taux d’inflation annuel à deux chiffres: ≥ 10%
• Pays industrialisés des années 1970
Inflation galopante
• Taux d’inflation mensuel > 50%
• Cas général de crise profonde (après guerre)
Hyperinflation
• Taux d’inflation annuel positif mais diminue
• Résultat d’une politique économique volontaire
Désinflation
• Taux d’inflation annuel négatif (Baisse des prix)
• Crise des années 1930
Déflation
49
Comment expliquer l’inflation ?
Inflation
monétaire
Inflation
par la demande
Inflation
par les coûts
Théorie monétariste
avec effets sur l’économie
réelle
sans effets sur l’économie
réelle
Théorie keynésienne
50
1. L’inflation monétaire
Théorie quantitative de la monnaie
T
P
V
M 


 L’inflation est un phénomène purement monétaire
 La monnaie est un voile : sans impact sur le revenu de l’économie
→ effet seulement sur le niveau des prix
 M Masse monétaire en circulation
 V Vitesse de circulation de la monnaie
(nombre de fois qu’1 unité monétaire
est utilisée dans les échanges)
 P Niveau général des prix
 T Volume de transactions
Quantité de
monnaie en
circulation
Valeur globale
des échanges
A V constante, toute augmentation de la masse monétaire M supérieure
à celle de la production réelle T se traduira par une hausse des prix P
51
2. L’inflation par la demande
Entrée de revenus sur le
territoire (entrées capitaux
excédent commercial, …)
Accroissement des
dépenses publiques
Excès de demande
par rapport
à l’offre
Accroissement des
dépenses de consommation
des ménages
 Apparition de nouveaux produits
 Modification du système de prix relatifs
 Enrichissement de certaines catégories sociales
 Changement des anticipations (prix, revenus…)
Hausse
des prix
Appareil de production ne
répondant pas à la demande
Ajustement offre/demande ne
peut se faire par les quantités
 Saturation des capacités productives
 Importations insuffisantes
 Epuisement des gains de productivité
52
3. L’inflation par les coûts
Pression fiscale
Croissance des salaires
et des charges sociales
Croissance de
la rémunération
des facteurs plus
que leur
productivité
Epuisement des
matières premières
Augmenter les
prix des produits
Exemple: Choc pétrolier 1973
Coût des importations
Revendications
de hausse de
rémunérations
53
Courbe de Philips
L’inflation est le prix à payer pour l’emploi:
dilemme inflation-chômage
Relation décroissante entre taux de variation des salaires
nominaux et taux de chômage
Etude statistique sur 1861-1957
en Grande-Bretagne
Plein-emploi Inflation
Saturation de l’appareil productif
Augmentation des coûts salariaux
Selon les monétaristes: cette analyse n’est
valable qu’à CT du fait d’une illusion monétaire
des travailleurs les poussant à augmenter leur
offre de travail alors que leurs salaires réels
n’augmentent pas du fait de l’inflation
54
Les trois formes de déflation
Déflation
monétaire
Déflation
financière
Déflation
réelle
Réduction de la quantité de monnaie
à disposition des agents économiques
Contraction du crédit disponible
accordé par le système bancaire
Réduction de l’activité économique
Baisse des prix des B/S
55
La grande déflation: la crise de 1929
USA: Activité économique
soutenue depuis 1922
Croissance monétaire élevée
Prix stables
Jeudi noir
24 octobre 1929
Hausse
spéculative
sur les marchés
boursiers et
immobiliers
Eclatement
de la crise en
Bourse de
New York
Crédit
alimentant plus
la spéculation
que l’activité
économique
Boom spéculatif
Total des prêts à l’achat en
Bourse est 6 à 7 fois plus
élevé que la normale
Effondrement des cours
56
La grande déflation: la crise de 1929
Origine : Insuffisance de crédit renforcée par les faillites bancaires
Création
monétaire
excessive
Spéculation
boursière
et immobilière
Inflation Déflation
Eclatement
de la bulle
Annulation
des crédits non
remboursés
Faillites de
banques
Politique
monétaires
d’assainissement
restrictives
57
Dépression mondiale de l’après-krach
1929-33
 Production industrielle (US) -50%
 Prix de gros (US) -30%
 Production industrielle (FR) -30%
 Prix de détail (FR) -25%
 Faillite de banques US impliquées
dans la spéculation
 Contagion des banques US saines
 Contraction due aux crédits US
non remboursés
Industrie Agriculture
Secteur bancaire
Masse monétaire
 Prix produits agricoles (US) -50%
Emploi
 Taux de chômage (US) 27%
58
Dépression mondiale de l’après-krach
1929-33
Explications avancées
Système fondé sur
la division du travail à
outrance et les bas
salaires
Système fondé sur la
consommation de masse:
Niveau élevé de consommation
par l’accès aux grands marchés
Système fondé sur
la primauté de la propriété
privée de moyens de
production
Crise
structurelle
du capitalisme
Fin du
Taylorisme
Nécessité du
Fordisme
59
L’inflation: phénomène monétaire
Remise en cause
L’inflation est due à un
excès de la demande globale
Ecole monétariste
Friedman
L’inflation est un
phénomène monétaire
Théorie keynésienne
Contrôle de la
Masse monétaire
60
L’inflation: phénomène monétaire
Trichet
Ancien Président de la BCE
Greenspan
Ancien Président de la Fed
Augmenter ¼ de point
le taux d’intérêt
Contrôler l’inflation
Baisser la demande
Formule keynésienne Formule monétariste
Stabilité des prix
Taux d’inflation ≤ 2%
Contrôler M3 et les prêts au
secteur privé
61
Pourquoi l’inflation c’est mal?
Années 1970
Priorité des politiques économiques: Lutte contre l’inflation
Hausse
du prix de
pétrole
Hausse
des prix
Inflation
Hausse
des salaires
Spirale
inflationniste
→ Dans certains cas, l’inflation se nourrit d’elle-même, les prix
s’accroissent toujours plus (boule de neige), l’inflation devient
hors de contrôle
62
Pourquoi l’inflation c’est mal?
Baisse du
pouvoir d’achat
Désincitation
à l’épargne
« Les prix prennent l’ascenseur,
les salaires prennent l’escalier »
Inflation
Difficulté
d’anticipation
et de calcul
économique
Exemple
Difficulté de procéder à un
investissement sans pouvoir
anticiper les coûts futurs de
production et des prix de vente
Intérêts perçus < hausse des prix →
Effet incertain: face à la baisse du
pouvoir d’achat suite à la hausse des
prix, les ménages peuvent décider
d’épargner plus (cas de la France)
63
N’y a-t-il pas de bénéfices à l’inflation ?
Soutien
temporairement
la demande
Ménages anticipant les hausses
futures de prix → consomment
plus puisqu’ils savent que les
BS coûteront plus cher demain
Inflation
Allègement
du poids réel
des dettes
Si vous remboursez un crédit et les
prix augmentent, votre salaire
aussi → Votre revenu disponible
après paiement d’emprunt s’accroît
et votre pouvoir d’achat aussi
64
Pourquoi la déflation est pire que l’inflation?
Faillites, chômage
Récession
Emploi
Croissance
Hausse du pouvoir
d’achat (PA)
Relance de la
consommation
Plus de
production
Baisse du PA des
agents endettés
Alourdissement
de la dette
Baisse des
recettes
Plus de charges
des entreprises
(CF et d’emprunt)
Déflation
Elément de relance Problème
65
Lutter contre l’inflation/ la déflation
Accroître fortement
les taux d’intérêt
Inflation diminue
Instaurer des taux
d’intérêt négatifs
Or les taux d’intérêt négatifs n’existent pas
→ Les BC baissent fortement leurs taux
d’intérêt pour relancer l’économie avant que
la déflation s’enclenche, car à ce moment-là,
il est très difficile de l’arrêter
Consommation
Relance de l’économie
Décourager
complètement l’épargne
Diminution des
crédits
L’inflation modérée (3%-5%)
n’est pas problématique, elle
accompagne normalement les
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  • 2. 2 Plan 1. La monnaie, fonctions et définition 2. La création monétaire 3. Le système bancaire 4. Le déroulement de la crise financière 5. L’inflation 6. La grande déflation: la crise de 1929 7. L’inflation un phénomène monétaire 8. Pourquoi la déflation est pire que l’inflation?
  • 3. 3 1. La monnaie, fonctions et définition La monnaie se définit comme « le stock d’actifs aisément mobilisables pour procéder à des transactions » (Mankiw) Définition de la monnaie
  • 4. 4 1. La monnaie, fonctions et définition Unité de compte Définition fonctionnelle de la monnaie Instrument de paiement Réserve de valeur La monnaie permet d’établir le prix de chaque bien. Sans monnaie, dans une économie de troc à n biens, il y aura n*(n-1)/2 prix relatifs La monnaie est un bien destiné à faciliter les échanges, permettant de surmonter la contrainte de la double coïncidence des besoins du vendeur et de l’acheteur Cette fonction résulte de la non-synchronisation des recettes et des dépenses et l’incertitude des évènements futurs. Par rapport aux éléments du patrimoine, elle est un actif non risqué et liquide
  • 5. 5 Les formes de monnaie Histoire d’évolution de la monnaie Critères de choix : immuabilité, transportabilité, identifiabilité (céréales, bétail, or, argent…) Valeur indépendante de son coût, repose sur la confiance, réduisant les coûts de transaction des monnaies-marchandises Constituée par les dépôts à vue dans les banques. Monnaie transférée d’un compte à l’autre par un simple jeu d’écritures Monnaie fiduciaire Monnaie électronique Monnaies-marchandises Monnaie scripturale Cartes de paiement prépayées permettant les retraits d’argent et les paiements chez les commerçants
  • 6. 6 Les mesures de monnaie Les agrégats monétaires M1 inclut les moyens de paiement immédiatement utilisables M2 inclut M1 et les dépôts rémunérés, rapidement transformables sans coût en moyens de paiement M3 inclut M2 et les titres de durée <2 ans (certificats de dépôts, billets de trésorerie, bons de Trésor) → Principal agrégat suivi par la BC et base de calcul de l’inflation M2 Quasi-monnaie M1+Livrets+Epargne logement M1 Monnaie au sens strict Pièces + Billets + DAV M3 Masse monétaire M2 + Titres de CT M4 Masse monétaire M3 + Titres de LT M4 inclut M3 et les titres du marché monétaire émis par les ANF (actions, obligations…)
  • 8. 8 2. La création monétaire Banques commerciales Trésor public Banque centrale Création monétaire Monnaie scripturale Monnaie centrale (Billets) + Monnaie scripturale Monnaie matérielle (Pièces)
  • 9. 9 2.1. La création de monnaie scripturale par les banques Les banques créent de la monnaie par le crédit, elles créditent le compte du bénéficiaire en mettant à sa disposition de la monnaie scripturale sans aucune épargne préalable → Ainsi les crédits font les dépôts et non pas l’inverse Actif Passif Compte de Mr X Crédit 100€ Dette 100€
  • 10. 10 Limites du pouvoir de création monétaire Réserves obligatoires suffisantes Retraits en billets 2.1. La création monétaire des banques Réserves en billets déposées à la BC selon un taux sur les dépôts fixé par les autorités monétaires Fuite monétaire Retraits en espèces des clients de la banque doivent être par la suite procurer par la BC Une partie de la monnaie créée par la banque A ne revient pas, elle est déposée dans une banque B (Mr X règle un fournisseur dont le compte ouvert à la banque B). Les banques A&B procèdent à une compensation interbancaire en monnaie centrale
  • 11. 11 2.2. La création de monnaie par la BC • Excédent commercial → Augmentation de la masse monétaire • Déficit commercial → Baisse de la masse monétaire Emission de billets pour remplacer ceux usés Gestion des comptes de banques ordinaires + création de monnaie scripturale Création de monnaie scripturale en contrepartie de devises étrangères apportées par les banques Missions de la Banque de France Gestion de la circulation monétaire Monopole d’émission de billets
  • 12. 12 2.3. La création de monnaie par le Trésor public Gérer les recettes & dépenses des APU • Percevoir les impôts & taxes • Régler les dépenses publiques par débit du compte des APU (Traitements des fonctionnaires versés par des virements à partir des Trésoreries générales) Missions du Trésor public Agent financier de l’Etat Création monétaire Monopole d’émission de pièces de monnaie La dette publique a été longtemps source de création monétaire. Aujourd’hui, il est interdit à la Banque de France d’autoriser des découverts ou d’accorder tout type de crédit au Trésor depuis la loi de 1993 confirmée par la loi de 1999 instituant la BC européenne → Dette publique financée par émission de titres sur le marché monétaire (bons du Trésor)
  • 13. 13 2.4. Synthèse des sources de création monétaire Créances sur l’économie Créances sur l’Etat Créances sur l’extérieur Sources de création monétaire Crédit accordé à un particulier/ entreprise par une avance en compte, un découvert bancaire ou une opération d’escompte Création monétaire pour compenser une opération de change Création monétaire pour l’État: les banques ordinaires achètent des bons du trésor
  • 14. 14 Les taux d'intérêt Taux d'intérêt Coût de crédit Volume de crédit distribué à l’économie Quantité de monnaie en circulation Rendement des placements €/devises Taux de change de l'euro Taux d'intérêt réels Anticipations d'inflation Valeur du patrimoine titres des agents Investissement Croissance Emploi Commerce extérieur Consommation/ Epargne
  • 15. 15 Les taux d'intérêt directeurs Taux d'intérêt directeurs Taux auquel la BC fournit chaque semaine des liquidités aux banques → Instrument de politique monétaire Banque centrale Crédits distribués Coût de refinancement des banques Taux d’intérêt débiteur de long terme Mission: Maintenir un niveau approprié de taux d'intérêt
  • 16. Le système bancaire Finance indirecte Intermédiation traditionnelle (en déclin) Finance directe Nouvelle forme de finance indirecte Intermédiation de marché (en essor) Agents à capacité de financement Agents à besoin de financement Agents à capacité de financement Agents à besoin de financement Intermédiaire financier Agents à besoin de financement Intermédiaire financier Titres Titres Crédits Dépôts Financement Financement Intermédiaire financier Agents à capacité de financement 16 Dépôts Titres
  • 17. 17 Avantages Combinaison de services de tenue de comptes, de paiement et d’intermédiation dans la réduction des asymétries informationnelles et meilleure évaluation de la solvabilité de l’emprunteur Pourquoi des intermédiaires financiers ? Coûts de transaction Asymétries de l’information Economies d’échelle à la collecte & l’emploi des ressources Incompatibilités entre les désirs d’emprunt & de prêts Fonction essentielle des IF Transformation des échéances, des risques et des rendements des actifs financiers Baisse du coût unitaire avec la quantité, le coût des services financiers diminue Meilleure diversification des risques
  • 18. 18 Spécificités des banques Banque  Octroie des crédits et collecte des dépôts  Prête à ML terme et emprunte à CT  Pouvoir de création monétaire  Octroi de crédit non basé sur des ressources préexistantes (dépôts)  Paris sur des projets industriels → Prise de risque  Avantage lié à la multiplicité des services financiers rendus → Source d’informations  Supériorité du savoir bancaire même si les asymétries d’informations sont inhérentes En tant qu’intermédiaire financier Spécificités de la banque
  • 19. 19 Bilan bancaire typique Actif Passif Encaisse de trésorerie (monnaie centrale en caisse, réserves libres et obligatoires) Dépôts interbancaires Prêts interbancaires Dépôts des agents non financiers (dépôts à vue, à terme, comptes sur livret, comptes et plans d’épargne logement..) Crédits aux agents non financiers Titres émis à l’exception des actions (certificats de dépôts, obligations..) Portefeuille de titres Provisions Immobilisations Capitaux propres CT LT Le bilan est une photographie de la situation patrimoniale d’une banque à un instant donné
  • 20. 20 Bilan bancaire typique Actif Passif Classe 1 Opérations interbancaires entre la banque et les autres IF dans le cadre de gestion de trésorerie Excédent (déficit) de trésorerie → Prêter (se refinancer) sur le marché interbancaire Classe 2 Opérations avec la clientèle Actif: Crédits accordés Passif: Dépôts collectés par degré d’exigibilité, forme et nature Classe 3 Opérations sur titres et opérations diverses Passif: Titres de dettes que la banque émet pour se refinancer Classe 4 Actif: Placements sur le marché des capitaux pour le compte de la banque Passif: Provisions constituées et fonds propres y compris les bénéfices non distribués Classe 5 Actif: Valeurs immobilisées (Biens et valeurs durables de la banque)
  • 21. 21 Le hors-bilan Ensemble d’engagements futurs/virtuels de la banque ne donnant pas lieu à un flux de trésorerie Activités hors-bilan Opérations sur instruments financiers à terme (contrats de change, de tx d’intérêt..) Engagements à avancer des fonds/ acquérir un actif à une date future Garanties accordées à ses clients pour obtenir des financements de tiers France 1990: Hors-bilan = 1.65 fois Bilan 2002: Hors-bilan = 7,77 fois Bilan  Bilan = 3786 Mds €  Encours instruments financiers à terme = 29401 Mds €
  • 22. 22 Evolution de l’activité des banques Innovations financières & Dérèglementation Concurrence entre banques et non banques Essor des marchés financiers Financement des entreprises par émission de titres (Billets de trésorerie Obligations) Baisse des dépôts + Hausse des fonds empruntés Baisse des crédits + Accroissement des titres Actif Passif Déclin de l’intermédiation bancaire traditionnelle
  • 23. 23 Evolution de l’activité des banques Réaction des banques à l’érosion de leur rentabilité Maintien de leurs activités de prêt Développement de leurs activités de marchés Hors-bilan et activités sur produits dérivés Redéploiement des activités bancaires en dehors du métier traditionnel En s’engageant sur des crédits plus risqués Risques de marché
  • 24. 24 Restructuration des banques aux USA Déclin du financement bancaire des ANF 1970: 35% du financement 1995: 22% Mutations du passif 1960: Dépôts = 60% du passif 1994: = 20% 2001: = 18% Revenus des activités Hors-bilan 1960-80: 19% du total bilan 1999: 43%
  • 25. 25 Restructuration des banques en France 1975 1985 1993-96 1999-2001 Marge d’intermédiation 81 85 47 47,7 Produits divers 19 15 53 52,3 Produit net bancaire 100 100 100 100 Décomposition du produit net bancaire dans les banques françaises (%) Source: Plihon (1995-98), Boutillier et al. (2003)  Actif: Décrue de la part des crédits + Accroissement du portefeuille de titres  Passif: Baisse des dépôts + Augmentation des obligations et titres négociables Accroissement de la concurrence + Déformation de la structure du bilan = Baisse de la marge d’intermédiation bancaire → Accroissement des revenus hors marge d’intermédiation (liés aux opérations sur titres et produits dérivés, et commissions)
  • 26. 26 Le déroulement de la crise financière Crise Financière 2007 Pays industrialisés Pays émergents La crise des subprime Pertes d’emploi Finance globalisée Prise de risque accrue Fort endettement Absence de régulation efficace Croyance excessive au marché Récession
  • 27. 27 L’immobilier craque aux USA Boom Immobilier exceptionnel Depuis 1997 2004-05 Glissement annuel des prix de 7% Glissement annuel des prix de 10% Hausse du prix de l’immobilier Prêts immobiliers (prime) Essor des prêts subprime 10% des nouveaux crédits contre 2-3% en 2001-03 Taux d’intérêt bas 2007 Effondrement de l’immobilier Baisse des prix
  • 29. 29 Les taux d'intérêt directeurs La FED poursuivant un objectif de croissance, n’a pas remonté ses taux directeurs suffisamment tôt et de manière progressive début des années 2000. Les taux bas maintenus trop longtemps ont alimenté la bulle du crédit à l'origine de la crise des subprime
  • 30. 30 Les prêts subprime Prêts subprime (Prêts risqués) Phase 1 Payer initialement un taux de lancement réduit et fixe Ménages incapables d’accéder aux schémas standards de financement • Scores de crédit faibles • Historique bancaire • Revenu insuffisant Montage spéculatif (à amortissement négatif) Phase 2 Après 2 ans, taux rehaussé flexible indexé sur TMM (Reset) → En cas de défaillance de l’emprunteur, la hausse de la valeur du bien immobilier permet au:  Prêteur de rentabiliser son opération en saisissant le bien  Emprunteur de rembourser de façon anticipée son prêt entretenu par la Hausse des prix
  • 31. 31 L’immobilier craque aux USA Hausse des prix immobiliers Baisse des taux d’intérêt dès 2001 Développement de prêts subprime Montage spéculatif rentable Fin du mécanisme: Eclatement de la bulle immobilière Hausse des taux d’intérêt Essoufflement du système Moins de demandes de subprime 1 2 Ralentissement des crédits Baisse des prix immobiliers Défauts de paiement Forte hausse des mensualités Saisies et ventes de maison Mécanisme Achats immobiliers 3 Nombre de reset accru dès 2006 Extension des prêts subprime Dégradation de la qualité des prêts 4
  • 33. 33 Fragilisation du système bancaire Pertes de l’immobilier 500 Mds $ Richesse des USA ménages 60 000 Mds $ Fonds propres de 50 grandes banques US, EU et british 1500 Mds $ en 2006 Pertes de l’immobilier= 1/3 FP  Risque de faillite élevé pour certaines banques  Incertitude sur l’identité des banques perdantes Fragilité du système bancaire Risque porté in fine par le système bancaire mondial Pertes dérisoires des ménages en 2007
  • 34. 34 La titrisation Innovations Financières Titrisation Transformation des actifs illiquides (prêts immobiliers) en titres liquides Risque mutualisé et diversifié  Montages financiers hasardeux  Système financier parallèle non réglementé (hedge funds…) Théoriquement Réalité complexe  Bulle mondiale de produits  Rendement accru de la titrisation  Prise de positions risquées
  • 35. 35 La liquidité mondiale s’assèche Faillite de New Century Financial (Bq immobilière) 1er acteur du marché subprime Avril 2007 Titrisation affectée par les pertes de l’immobilier  Baisse de la rentabilité  Détour des investisseurs  Assèchement de la liquidité Dégradation de la note Moody de 131 titrisations adossés à des prêts immobiliers subprime Gel de deux fonds d’investissement par BNP-Paribas  Crise de confiance totale  Marché interbancaire paralysé 9 Août 2007 Faillite de Lehman Brothers 15 Septembre 2008
  • 36. 36 Répercussions des tensions des marchés sur les banques fragiles Exemple de Northern Rock Banque anglaise: Mode de financement basé sur la liquidité de marché plutôt que sur des dépôts stables → Vulnérabilité à un choc de liquidité Déclenchement de la crise Difficultés de financement 14 septembre 2007 Panique: Retraits massifs de dépôts 17 septembre 2007 Garantie des actifs par l’Etat Février 2008 Nationalisation de la banque
  • 37. 37 Système financier: panique à tous les étages Les banques au cœur de la machination Merril Lynch (US) Pertes = 24,2 Mds $ Fin 2007 Banque UBS (Suisse) Pertes = 18 Mds $ Banque HSBC (Royaume-Uni) Pertes = 17 Mds $ Banques européennes via les activités de titrisation Début 2008 Natixis (France) Pertes absorbées par les Caisses d’épargne et les Banques populaires
  • 38. 38 Système financier: panique à tous les étages Faillite du secteur des US banques d’investissement Bear Stearns (US) Mars 2008 Lehman Brothers (US) Cause Pertes réalisées par un de ses hedge funds: Carlyle Capital Sauvetage par la FED Vente à la banque JP Morgan Chase Fin 2008 Panique du système bancaire mondial Plans de sauvetage d’urgence  Bradford & Bingley (Royaume-Uni)  Fortis (Bénélux)  Hypo Real Estate (Allemagne) FMI 2009 Coût de la crise = 4000 Mds $ dont 2/3 supporté par les banques liées aux défauts sur les crédits et dépréciations d’actifs
  • 39. 39 Système financier: panique à tous les étages Faillite des US institutions Fannie Mae Septembre 2008 Mise sous la tutelle de l’Etat vu leur rôle dans l’activité de crédit et la taille de leur actif Dexia (Banque Franco-Belge) Sauvetage par les Etats français, belge et luxembourgeois à cause des pertes sur sa filiale FSA spécialisée en rehaussement de crédit (Garantie à un organisme qui émet des emprunts sur les marchés financiers) Freddie Mac Secteur des assurances Agences privées d’achat de crédits hypothécaires et leur titrisation
  • 40. 40 Solutions apportées par les Etats Axe 1 Extension des programmes de garanties des dépôts Axe 2 Injections massives de capital  Rachat d’actifs toxiques 13 pour 700 Mds $  Recapitalisation par l’injection de 25 Mds $ dans le capital des banques Citigroup et JP Morgan  Garantie des opérations bancaires à hauteur de 320 Mds €  Recapitalisation du système bancaire par un fonds de 40 Mds € Actions menées Cas des Etats-Unis Cas de l’Europe
  • 41. 41 Réaction des bourses mondiales (US - Europe) Fin 2007 2009 T1 2008 T1 Les marchés considèrent encore la crise comme passagère Les marchés considèrent finalement l’économie mondiale en récession Mars 2009 suite de la faillite de Lehman Brothers Indices boursiers 5% (NASDAQ, DAX, Nikkei, FTSE …) Valeurs bancaires 10% Indices boursiers 25% Indice sectoriel bancaire 70% Capitalisation boursière 4200Mds$ Indice boursier mondial 50% Indice sectoriel bancaire 70% Crise financière généralisée se transformant en crise économique globale
  • 42. 42 Système financier: panique à tous les étages
  • 43. 43 Qu’est-ce que l’inflation?  L’inflation est une hausse continue du niveau général des prix à l’intérieur d’un espace donné  Le taux d’inflation est le taux de croissance du niveau général des prix sur une période donnée  C’est un indicateur de la santé d’une économie  Le taux moyen de hausse des prix est actuellement de 2% en Europe
  • 44. 44 Comment mesurer l’inflation? Indice des prix à la consommation (IPC) Construction d’un indice de prix pour chaque type de produit de l’échantillon sur tout le territoire Etape 1 Etape 2 Agrégation des indices par catégories de plus en plus larges jusqu’à l’indice d’ensemble pondéré par la structure de consommation Huile de tournesol Huile et margarines → Huiles et graisses → Produits alimentaires L’IPC mesure le prix des B/S proposés aux consommateurs sur l’ensemble du territoire à partir d’un échantillon de B/S représentatif de la consommation des ménages, actualisé tous les ans pour tenir compte de l’apparition des nouveautés (lecteur DVD, produits alimentaires allégés…) et la disparition de certains produits (cassette vidéo, essence avec plomb…)
  • 45. 45
  • 46. 46 Influence de l’inflation sur les indicateurs statistiques économiques € constants et € courants  Une grandeur en € courants est exprimée dans les prix de la période  Le passage en € constants permet de comparer un bien sur 2 périodes en éliminant l’influence de l’inflation Exemple Tx d’inflation = 14,9% sur 1990-97 Prix d’un bien = 12000€ courants en 1997 = (12000/114,9)x100 = 10444 € constants de 1990 114,9 étant l’indice des prix de 1997 en base 100 en 1990 Valeur constante = Valeur courante/ Indice des prix *100
  • 47. 47 Influence de l’inflation sur les indicateurs statistiques économiques Variation nominale et variation réelle  Une grandeur nominale est exprimée en € courants (en valeur): son évolution tient compte de la hausse des prix  Une grandeur réelle est exprimée en € constants (en volume): hors inflation Valeur réelle = Valeur nominale – Taux d’inflation Evolution € courants Evolution € constants
  • 48. 48 Les différents régimes d’inflation • Taux d’inflation annuel faible: entre 1 et 3% • Situation des années 1950-60 et aujourd’hui Inflation rampante • Taux d’inflation annuel à deux chiffres: ≥ 10% • Pays industrialisés des années 1970 Inflation galopante • Taux d’inflation mensuel > 50% • Cas général de crise profonde (après guerre) Hyperinflation • Taux d’inflation annuel positif mais diminue • Résultat d’une politique économique volontaire Désinflation • Taux d’inflation annuel négatif (Baisse des prix) • Crise des années 1930 Déflation
  • 49. 49 Comment expliquer l’inflation ? Inflation monétaire Inflation par la demande Inflation par les coûts Théorie monétariste avec effets sur l’économie réelle sans effets sur l’économie réelle Théorie keynésienne
  • 50. 50 1. L’inflation monétaire Théorie quantitative de la monnaie T P V M     L’inflation est un phénomène purement monétaire  La monnaie est un voile : sans impact sur le revenu de l’économie → effet seulement sur le niveau des prix  M Masse monétaire en circulation  V Vitesse de circulation de la monnaie (nombre de fois qu’1 unité monétaire est utilisée dans les échanges)  P Niveau général des prix  T Volume de transactions Quantité de monnaie en circulation Valeur globale des échanges A V constante, toute augmentation de la masse monétaire M supérieure à celle de la production réelle T se traduira par une hausse des prix P
  • 51. 51 2. L’inflation par la demande Entrée de revenus sur le territoire (entrées capitaux excédent commercial, …) Accroissement des dépenses publiques Excès de demande par rapport à l’offre Accroissement des dépenses de consommation des ménages  Apparition de nouveaux produits  Modification du système de prix relatifs  Enrichissement de certaines catégories sociales  Changement des anticipations (prix, revenus…) Hausse des prix Appareil de production ne répondant pas à la demande Ajustement offre/demande ne peut se faire par les quantités  Saturation des capacités productives  Importations insuffisantes  Epuisement des gains de productivité
  • 52. 52 3. L’inflation par les coûts Pression fiscale Croissance des salaires et des charges sociales Croissance de la rémunération des facteurs plus que leur productivité Epuisement des matières premières Augmenter les prix des produits Exemple: Choc pétrolier 1973 Coût des importations Revendications de hausse de rémunérations
  • 53. 53 Courbe de Philips L’inflation est le prix à payer pour l’emploi: dilemme inflation-chômage Relation décroissante entre taux de variation des salaires nominaux et taux de chômage Etude statistique sur 1861-1957 en Grande-Bretagne Plein-emploi Inflation Saturation de l’appareil productif Augmentation des coûts salariaux Selon les monétaristes: cette analyse n’est valable qu’à CT du fait d’une illusion monétaire des travailleurs les poussant à augmenter leur offre de travail alors que leurs salaires réels n’augmentent pas du fait de l’inflation
  • 54. 54 Les trois formes de déflation Déflation monétaire Déflation financière Déflation réelle Réduction de la quantité de monnaie à disposition des agents économiques Contraction du crédit disponible accordé par le système bancaire Réduction de l’activité économique Baisse des prix des B/S
  • 55. 55 La grande déflation: la crise de 1929 USA: Activité économique soutenue depuis 1922 Croissance monétaire élevée Prix stables Jeudi noir 24 octobre 1929 Hausse spéculative sur les marchés boursiers et immobiliers Eclatement de la crise en Bourse de New York Crédit alimentant plus la spéculation que l’activité économique Boom spéculatif Total des prêts à l’achat en Bourse est 6 à 7 fois plus élevé que la normale Effondrement des cours
  • 56. 56 La grande déflation: la crise de 1929 Origine : Insuffisance de crédit renforcée par les faillites bancaires Création monétaire excessive Spéculation boursière et immobilière Inflation Déflation Eclatement de la bulle Annulation des crédits non remboursés Faillites de banques Politique monétaires d’assainissement restrictives
  • 57. 57 Dépression mondiale de l’après-krach 1929-33  Production industrielle (US) -50%  Prix de gros (US) -30%  Production industrielle (FR) -30%  Prix de détail (FR) -25%  Faillite de banques US impliquées dans la spéculation  Contagion des banques US saines  Contraction due aux crédits US non remboursés Industrie Agriculture Secteur bancaire Masse monétaire  Prix produits agricoles (US) -50% Emploi  Taux de chômage (US) 27%
  • 58. 58 Dépression mondiale de l’après-krach 1929-33 Explications avancées Système fondé sur la division du travail à outrance et les bas salaires Système fondé sur la consommation de masse: Niveau élevé de consommation par l’accès aux grands marchés Système fondé sur la primauté de la propriété privée de moyens de production Crise structurelle du capitalisme Fin du Taylorisme Nécessité du Fordisme
  • 59. 59 L’inflation: phénomène monétaire Remise en cause L’inflation est due à un excès de la demande globale Ecole monétariste Friedman L’inflation est un phénomène monétaire Théorie keynésienne Contrôle de la Masse monétaire
  • 60. 60 L’inflation: phénomène monétaire Trichet Ancien Président de la BCE Greenspan Ancien Président de la Fed Augmenter ¼ de point le taux d’intérêt Contrôler l’inflation Baisser la demande Formule keynésienne Formule monétariste Stabilité des prix Taux d’inflation ≤ 2% Contrôler M3 et les prêts au secteur privé
  • 61. 61 Pourquoi l’inflation c’est mal? Années 1970 Priorité des politiques économiques: Lutte contre l’inflation Hausse du prix de pétrole Hausse des prix Inflation Hausse des salaires Spirale inflationniste → Dans certains cas, l’inflation se nourrit d’elle-même, les prix s’accroissent toujours plus (boule de neige), l’inflation devient hors de contrôle
  • 62. 62 Pourquoi l’inflation c’est mal? Baisse du pouvoir d’achat Désincitation à l’épargne « Les prix prennent l’ascenseur, les salaires prennent l’escalier » Inflation Difficulté d’anticipation et de calcul économique Exemple Difficulté de procéder à un investissement sans pouvoir anticiper les coûts futurs de production et des prix de vente Intérêts perçus < hausse des prix → Effet incertain: face à la baisse du pouvoir d’achat suite à la hausse des prix, les ménages peuvent décider d’épargner plus (cas de la France)
  • 63. 63 N’y a-t-il pas de bénéfices à l’inflation ? Soutien temporairement la demande Ménages anticipant les hausses futures de prix → consomment plus puisqu’ils savent que les BS coûteront plus cher demain Inflation Allègement du poids réel des dettes Si vous remboursez un crédit et les prix augmentent, votre salaire aussi → Votre revenu disponible après paiement d’emprunt s’accroît et votre pouvoir d’achat aussi
  • 64. 64 Pourquoi la déflation est pire que l’inflation? Faillites, chômage Récession Emploi Croissance Hausse du pouvoir d’achat (PA) Relance de la consommation Plus de production Baisse du PA des agents endettés Alourdissement de la dette Baisse des recettes Plus de charges des entreprises (CF et d’emprunt) Déflation Elément de relance Problème
  • 65. 65 Lutter contre l’inflation/ la déflation Accroître fortement les taux d’intérêt Inflation diminue Instaurer des taux d’intérêt négatifs Or les taux d’intérêt négatifs n’existent pas → Les BC baissent fortement leurs taux d’intérêt pour relancer l’économie avant que la déflation s’enclenche, car à ce moment-là, il est très difficile de l’arrêter Consommation Relance de l’économie Décourager complètement l’épargne Diminution des crédits L’inflation modérée (3%-5%) n’est pas problématique, elle accompagne normalement les économies en croissance Les 2 vrais dangers pour une économie: l’hyperinflation et la déflation Comment stopper l’inflation? Comment stopper la déflation?