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Top100
Le classement
des entreprises
en Béarn et Soule
Classements
Lesportraits
de15entreprises,
valeursmontantes
del’année
P. 32à50
Focus
Secteurpar
secteur,lesplus
bellesréussites
del’année
P. 5à10
Béarnoscope
L’économie
dudépartement
retrouve
lesourire
P. 12à18
Photos Hugo Richermoz et archives P.P
Pyrénées EcoSUPPLÉMENTGRATUITAUXÉDITIONSDUMERCREDI6DÉCEMBRE2017-NEPEUTÊTREVENDUSÉPARÉMENT 2017
BTP:larepriseest-elle
FRAGILE?
DOSSIER-11pages Dumieuxsurlescarnetsdecommandes,maisdesinquiétudesdemeurentX
3MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
SOMMAIRE
Alors que 2017 s’achève, il est comme chaque année
à la même époque, l’heure de prendre un peu de hau-
teur et de se retourner sur l’année économique écou-
lée.
Avec, ne boudons pas notre plaisir, une matrice forte
qui émerge de nos entretiens mais aussi des nom-
breux reportages réalisés par nos journalistes ces der-
niers mois. Comme dans beaucoup de territoires du
pays, il flotte ici un regain d’optimisme, le sentiment
que la reprise économique, souvent annoncée, est
enfin là. Ce que démontrent d’ailleurs les différents
indicateurs mais aussi les propos de Frédéric Cabar-
rou, le directeur départemental de la Banque de France.
Après la santé en 2016, l’envi-
ronnement en 2015 et le numé-
rique en 2014, nous avons
choisi de revenir à une filière plus
traditionnelle. Nous avons ainsi
décidé de consacrer ce numéro
de Pyrénées Eco 2017 au sec-
teur du bâtiment et des travaux
publics. Le BTP est en effet
régulièrement présenté comme
l’une des filières qui bénéficie le plus de la reprise éco-
nomique. L’occasion pour nous d’aller voir si ce phé-
nomène se vérifie aussi en Pyrénées-Atlantiques. Et
de constater que la réalité est plus complexe.
Les lecteurs de ce numéro trouveront aussi dans ces
pages les très attendus classements des entreprises
béarnaises, le général et par catégories, mais aussi le
portrait d’une quinzaine d’entreprises. Enfin, rappe-
lons que ce Pyrénées Eco annuel a maintenant des
cousins. Des numéros thématiques - sur l’immobilier,
l’agriculture ou lors d’événements comme les 30 ans
d’Hélioparc - sont publiés tout au long de l’année.
Et complètent la newsletter (inscriptions sur le site
www.larepubliquedespyrenes.fr) diffusée chaque jeudi
à la mi-journée et présentant les sept principales infor-
mations économiques des derniers jours.
ÉDITORIAL
X
LEBTPESTSOUVENT
PRÉSENTÉCOMME
L’UNEDESFILIÈRES
ÉCONOMIQUESQUI
BÉNÉFICIELEPLUS
DELAREPRISE
ÉRICNORMAND
C’estbienl’heuredelareprise
Supplémentauxéditionsdatéesdu6décembre2017de LaRépubliquedesPyrénées,
SudOuest(éditionBéarnetSoule)etEclairPyrénées.
-RéaliséparP.P.S.A.Coordination :EricNormandetOlivierBonetti.
-ImprimerieP.P.S.A.,ZIBerlanne,64160Morlaàs.
Pyrénées Eco
DOSSIER-LE BTP PAGES 20 à 30
XBâtiment:lacraintedenepasprofiterdelareprise
Le diagnostic d’Emmanuel Caro, président de la Fédération du BTP 64
et de son délégué général, Patrick Lacarrère. Pages 20-21
X6grandschantiersquisoutiennentl’activité
Portée également par le marché de l’immobilier, la filière du BTP connaît
une certaine reprise actuellement. Page 22
XUnerepriseréellepourlesartisans
Pierre Lavie, le président de la Capeb et un plombier-chauffagiste cons-
tatent que les carnets de commandes se remplissent. Pages 23-24
XTravauxpublics:lecasse-têtedesgravats
Des entreprises s’adaptent et innovent. Page 25
XEtsilapailledevenaitl’isolantdufutur...
Le procédé aux multiples avantages a fait ses preuves. Page 26
XLadeuxièmeviedescontainersmaritimes
Une entreprise de Serres-Castet les transforme en habitations. P. 27
XLesenjeuxdelaformationdansleBTP
Plusieurs organismes, mais une seule exigence : la qualité. P. 28-29
XLescarrières,toujoursindispensables
Pas d’aménagement du territoire sans granulats. Page 29
XDesopportunitésaveclenumérique
Bourso-Bat permet de répondre plus vite aux appels d’offres. Page 30
©ARCHIVESNICOLASSABATHIER
XLESFOCUS
Industries, agroalimentaire, services,
transports, enseignement supérieur,
numérique : le point sur des innova-
tions, des réussites, avec des chif-
fres clés... Pages 5 à 10
XLEBÉARNOSCOPE
Pyrénées Eco prend le pouls de la
santé économique du département
en interrogeant décideurs et
institutionnels. Pages 12 à 18
XLESCLASSEMENTS
Ces sociétés qui réussissent avec le
Top 100 des entreprises en Béarn et
Soule et les Top 50 par branches
d’activités (commerce, industries,
agroalimentaire, BTP, export et
services). Pages 32 à 50
La société 3C Metal de Philippe Boy
bouillonned’idées.© FRANCKMESLIN
LeBHNS(busàhautniveaudeservice)dePau
fonctionneraavecunepileàhydrogène.©DR
5UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
Groupe coopératif pionnier, Euralis est née de la volonté des agriculteurs de
valoriser durablement et ensemble leurs productions animales et végétales.
La coopérative participe au maintien d’une agriculture diversifiée en accom-
pagnant au quotidien 8 300 agriculteurs coopérateurs sur son territoire.
Nous développons ensemble des filières alimentaires durables, nous inno-
vons en permanence pour répondre aux attentes de nos clients.
Euralis est un acteur du développement économique et social des territoires.
Ensemble nous cultivons la qualité pour nourrir la confiance.
ENSEMBLE
CULTIVONS LA
QUALITÉ POUR
NOURRIR LA
CONFIANCE
www.euralis.fr
TOTALPOSE
UNEPIERRE
DEPLUSENBÉARNNégociant actuellement sa diversifica-
tion en direction des énergies renouve-
lables, le pétrolier Total n’oublie pas les
fondamentaux, ni son fief du Béarn.
Le groupe a ainsi inauguré au mois de
mars, à Artigueloutan, son centre de
mesures physiques de roche. Bâti sur
un ancien site gazier devenu friche
industrielle, occupant 500 m2
sous
une hauteur de 12 mètres, cet équi-
pement a nécessité un investissement
de 7 millions d’euros et fera travailler,
dans un premier temps, une dizaine de
personnes.
Ce centre, dont l’exploitation a été con-
fiée à la société SEMM Logging, basée
dans le Cher et qui s’est implantée
récemment dans la région, sera aussi
ouvert aux concurrents de Total. Ce cen-
tre servira à calibrer et certifier les outils permettant de mieux connaître les roches avant
de débuter un forage. Il s’agit, in fine, d’optimiser les campagnes d’exploitation et de
minorer leurs coûts. Le centre d’Artigueloutan est appelé à recevoir des galettes de roches
issues de l’ensemble de la planète.
Lecentred’Artigueloutaninauguréaumoisdemars.
©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
NouveaupatronchezTorayCarbonfibers
L’industriel japonais du Bassin de Lacq, spécialisé dans la pro-
duction de fibres de carbone, a un nouveau patron. Jean-Marc
Guilhempey a pris la suite cette fin d’année de Bernard Martin,
qui avait lui-même succédé à Michel Brisson cinq ans plus
tôt. Jean-Marc Guilhempey est un bon connaisseur de l’entre-
prise puisqu’il est entré chez Soficar, devenue Toray Carbon
Fibers Europe, en 1985. Il était jusqu’à présent directeur des
unités industrielles et aura à conduire le développement d’un
groupe qui emploie 420 personnes à Lacq et Abidos.
©DR-LAURENTPASCAL
ENCHIFFRES █
4000C’estlenombredenacelles
fabriquéeschaqueannéeparlegroupe
TimeVersalift.L’entreprises’installe
enBéarnenouvrantuneunitésurlazone
deMorlaàs-Berlanneavecunevingtaine
depersonnespourcommencer.
LesmoteursdeSafran
HelicoptersEngines
(ex-Turbomeca)
exposésauBourget.
©ARCHIVESERICNORMAND
Hélicoptères :Safranentrevoitlareprise
Après avoir encaissé une forte baisse de ses ventes, conséquence
directe de l’effondrement du marché des hélicoptères civils, l’industriel
de Bordes, où il fait travailler 2 500 personnes, entrevoit la reprise et
espère repasser le cap des 1 000 moteurs vendus à l’horizon 2020-
2021. En 2016, ce sont 708 moteurs qui ont été vendus par Safran
Helicopters Engines. L’entreprise table sur un regain du marché grâce
aux pays émergents mais aussi aux nouvelles familles de moteurs
comme l’Arrano ou l’Aneto. Dans le même temps, Safran poursuit la
modernisation de ses processus de fabrication avec le déploiement
de lignes dites du futur dans son établissement de Bordes.
FOCUS DE L’INDUSTRIE
6 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
LAFROMAGERIEDES
CHAUMESVEUTAUGMENTER
SAPRODUCTION
Propriété du groupe Bongrain, la fromagerie basée
à Jurançon prépare un gros projet de développe-
ment. Il s’agirait notamment de quasiment dou-
bler sa production de Saint-Albray et de la faire
passer de 11 000 à 20 000 tonnes par an. Une
quarantaine d’emplois pourraient être créés grâce
à cet investissement qui devrait passer par un
réaménagement de l’outil de production.
La Fromagerie des Chaumes emploie 350 per-
sonnes à Jurançon, et une centaine à Mauléon. En
Soule, elle affine l’Etorki alors qu’à Jurançon ce
sont le Saint-Albray et le Brebiou qui sont pro-
duits. Le Saint-Albray a fêté son quarantième
anniversaire en 2016 et plus de 300 000 tonnes
ont été produites en quatre décennies. Pour cette
fabrication, la Fromagerie des Chaumes collecte
60 millions de litres de lait par an. Le site de
Jurançon travaille avec 200 producteurs issus
essentiellement du Béarn et du sud des Landes.
Lafromagerieveutquasimentdoubler
saproduction deSaint-Albray.© RODOLPHEMARTIN
VignasseetDonneychezVivadour
Surprise de taille cette année dans la filière
bovine. L’entreprise béarnaise d’Artix Vignasse
et Donney, spécialiste de la découpe, est en
effet passée sous pavillon gersois en étant
reprise par la coopérative Vivadour. Ancienne
filiale de la CELPA (elle-même reprise quelques
années plus tôt par Euralis), Vignasse et Donney
assure les débouchés de 300 éleveurs et est
leader du segment Label Rouge de la blonde
d’Aquitaine. ©MARCZIRNHELD
ENCHIFFRES█
30C’estlenombredebougies
souffléescetteannéeparMatocq,
leproducteurdefromagesOssau-Iraty,
baséàAsson.Lafromagerieappartient
depuis2000augéantLactalis
etcommercialise1650tonnes
defromagesparan.
Unnouveloutil
pourl’entrepreneur
JacquesBignalet.
©ARCHIVESARNAUDROSSIGNON
ABellocq,Bignaletinauguresonnouveloutil
Dans la zone d’activité de Bellocq, à la sortie de l’A64, l’entreprise
familialedeboucherie-charcuterieaprispossessioncetteannéedeson
nouveau laboratoire de transformation et de conserverie de l’entre-
prise. C’est de là que partiront les produits qui alimenteront ensuite les
étals des boutiques d’Orthez, Pouillon, Habas, Mugron et Tyrosse. En
plein développement, l’entreprise emploie 35 salariés, dont 20 seront
basés à Bellocq, et revendique un chiffre d’affaires de près de 5 mil-
lions d’euros. Le patron Jacques Bignalet nourrit désormais un autre
projet : créer des halles gourmandes dans l’ancien abattoir d’Orthez.
FOCUS DE L’AGROALIMENTAIRE
7UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
DPGdevientEssoretgagne
uneaudiencenationale
L’opérateur spécialisé dans l’immobilier d’entrepri-
ses, dirigé par David Pouyanne et dont le siège social
est à Lons, change de nom et devient Essor. Un an
après la reprise du groupe nantais Delta, l’entreprise
béarnaise revendique une centaine de salariés et
neuf agences en France. Essor, dont la filiale déve-
loppement est conduite localement par Jean-Yves
Langla (au centre sur la photo), espère atteindre les
150 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’hori-
zon 2020. S’il conserve des projets en Béarn,
comme l’aménagement de la zone d’activités Pola-
ris à Pau, Essor a désormais une audience natio-
nale et a même des projets en Afrique.
©ARCHIVESPIERRE-OLIVIERJULIEN
ENCHIFFRES█
7000C’estlenombredecolisque
peutchaquejourtraiterlanouvelleagence
ChronopostdeMorlaàs.Lafilialedela
Poste,spécialiséedanslalivraisonde
colis,s’estdotéedecetteplateforme
ultramodernepourrépondreàl’explosion
d’unmarché,boostéparlee-commerce.
SuperUcontinueson
offensiveenBéarn.
Alorsquel’enseigne
préparesonarrivée
àArtix,l’ancien
Intermarchéd’Orthez
estpassésous
sabannière.
©ARCHIVESMARCZIRNHELD
L’offensivedeSuperUenBéarn
Peu présent il y a quelques années, le distributeur Super U continue à
tisser sa toile en Béarn. Et a réalisé deux jolis coups cette année.
D’abord en faisant tomber dans son escarcelle l’Intermarché d’Orthez.
Après 35 ans d’activité sous la bannière des Mousquetaires, l’hyper-
marché de la zone des Soarns, créé et dirigé par Alain Suzan, a en effet
rouvert sous les couleurs de Super U. Tout comme la station-service
ou encore le magasin auto. Dans le même temps, Super U prépare son
arrivée à Artix, zone Eurolacq II, et a obtenu l’autorisation d’y implan-
ter un magasin de 3 500 m2
avec drive et station-service.
FOCUS DES SERVICES
6632060-es
C
réé en 1949 le Syndicat d’Energie de Pyrénées-Atlantiques (SDEPA) regroupe aujourd’hui les
546 communes du département.Autorité organisatrice de la distribution d’énergie. Le Syndicat
est amené à gérer le réseau public de distribution électrique et de gaz par délégation confiée
à ENEDIS et GRDF.
‰ 200 millions investis pour améliorer
les réseaux de distribution électrique.
Au cours des dix dernières années, le SDEPA a investi plus de 200 millions d’euros sur les réseaux
électriques du département pour en améliorer la qualité, ce qui s’est traduit notamment par l’enfouis-
sement de plus de 400 kms de réseau électrique durant cette période et la sécurisation de 1 000
kms de lignes aériennes vétustes dans les zones rurales.
Pour exemple, le SDEPA engage actuellement, en coordination avec les Syndicats mixtes des
Transports des agglos Paloises et Basques, l’enfouissement des lignes électriques aériennes ancien-
nes, en accompagnement des travaux de terrassement des projets de Bus à Haut Niveau de Service.
‰ Les énergies renouvelables facteur de développement économique
Si le SDEPA, a d’ores et déjà réalisé de nombreuses installations photovoltaïques, notamment sur des
bâtiments publics, cette production décentralisée d’électricité n’est pas la seule solution pour recou-
rir aux énergies renouvelables. Celles-ci s’inscrivent aussi dans une démarche de développement
durable et doivent clairement contribuer au développement économique local. Les récents réseaux
de chaleur collectifs réalisés par le SDEPA font appel par exemple à la ressource bois locale produite
et transformée dans un rayon de 20 kms autour des installations. Une filière amont de production de
plaquettes bois peut ainsi se structurer et les forestiers locaux, en retirer les bénéfices.
De la même manière, la production de bio gaz à partir des déchets de consommation ou des effluents
et déchets agricoles est plus que jamais à l’ordre du jour. Le Syndicat va donc prochainement étudier
la possibilité de porter de tels projets avec des groupements d’agriculteurs.
‰ Investir sur l’éclairage public
Un vaste programme de remplacement des luminaires anciens vétustes et énergivores par des équi-
pements performants faisant notamment appel aux leds comme sources lumineuses, a également
été engagé. Deux millions d’euros sont provisionnés sur les communes du Département pour rem-
placer près de 12 000 points lumineux, et diviser par deux les consommations énergétiques cor-
respondantes. Un vrai plus pour les budgets communaux
‰ Se grouper pour acheter l’énergie
Avec plus de 250 communes adhérant au dispositif qu’il a mis en place en matière d’achat d’énergie,
le SDEPA s’est fortement professionnalisé dans ce domaine. Dans un contexte généralisé d’ouverture
du marché à la concurrence, les offres sont souvent difficiles à analyser et les moyens nécessaires
à consacrer à ces questions sans cesse grandissants.
Par la mutualisation le Syndicat propose ainsi aux communes une solution clé en main.
‰ Une convention signée avec la Région
pour la transition énergétique
En signant une convention avec la Région en présence du Président Alain Rousset, le SDEPA est clai-
rement identifié comme le chef de file de la transition énergétique locale. Cette convention, signée
pour trois ans, décline de nombreux axes d’actions lesquels, pour une large part, rejoignent les initia-
tives déjà engagées par le SDEPA.
Comme l’indique le Président de Nouvelle Aquitaine, « le SDEPA dispose d’un savoir-faire et d’une
histoire en matière énergétique, autant s’appuyer sur ce qui marche déjà ». Cette assise institution-
nelle permettra désormais au SDEPA d’agir pleinement sur le territoire dans ce domaine avec des
moyens accrus.
‰ La fibre optique aussi
Amener la fibre optique jusqu’à chez l’usager (projet départemental) sera largement facilité
par la mise à disposition du réseau électrique aérien et souterrain. Le SDEPA, avec ses
entreprises de travaux, COREBA, SOCAELEC, COPELEC, ETPM accompagnera donc ce
projet au cours des prochaines années.
www.sdepa.fr l Tél. 05 59 02 46 71
Le SDEPA acteur économique majeur du territoire
- PUBLICITÉ -
Signature de la
convention par
Alain ROUSSET,
président du
Conseil Régional de la
Nouvelle-Aquitaine,
Denise SAINT-PÉ et
Barthélémy BIDÉGARAY,
nouveau président
du SDEPA.
*Le Syndicat D’Energie des Pyrénées Atlantiques est
un regroupement de communes, spécialisé dans le domaine
de l’énergie, propriétaire des réseaux publics d’électricité
et de gaz,que l’on appelle AODE
(Autorité Organisatrice de la Distribution d’Energie).
LACUREDEJOUVENCEDESTHERMES
DESALIES-DE-BÉARN
En inaugurant ce début d’année leur escale sensorielle, véritable parcours de bien-être au sein
de l’établissement, les Thermes de Salies complètent leur offre. En un peu plus de six ans,
depuis sa reprise par la puissance publique dans le cadre d’une société d’économie mixte, cinq
millions d’euros ont été investis pour remettre d’aplomb un établissement thermal, le premier
duBéarn,quiséduitchaqueannéeplusde4500 curistesmaisaussi60 000personnesenquête
de bien-être.
L’escale sensorielle représente, elle, un
investissement de 636 000 euros. Avec
son « lagon de la mer Morte » et son bas-
sin d’une exceptionnelle salinité, sa salle de
chromothérapie ou son système d’halo-
thérapie, les thermes, dirigés par Chantal
Manescau, proposent une expérience uni-
que qui doit permettre de séduire une
clientèle locale, nationale, voire interna-
tionale. D’ores et déjà, les premiers mois
de fréquentation à la suite de l’ouverture
des nouveaux espaces, ont montré un fort
intérêt de la clientèle.
L’escalesensoriellereprésenteuninvestissement
dequelque636000euros.©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
8 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
LESLIGNESÀGRANDE
VITESSESUD-OUEST
TRÈSCOMPROMISES
C’est lors de l’inauguration de la ligne fer-
roviaire à grande vitesse Bretagne que le
président de la République a annoncé une
pause dans les grands projets d’infra-
structures. En cause, leurs coûts mais
aussi le fait que de plus en plus de ces
grands projets sont contestés. Les LGV
du Sud-Ouest, qui doivent permettre de relier Bordeaux à Dax et Toulouse semblent donc
encore un peu plus compromises. Rejetée sur le terrain par les riverains, les associations envi-
ronnementales et de plus en plus d’élus, la LGV GPSO (Grand projet du Sud-Ouest) doit per-
mettre aux habitants du 64 de gagner une vingtaine de minutes sur la liaison avec Paris. Le gou-
vernement, tout comme la SNCF d’ailleurs, plaident aujourd’hui pour une amélioration des
lignes existantes. En attendant, avec la mise en service de la LGV SEA (Sud-Europe atlantique),
qui relie Tours à Bordeaux, une heure a déjà été gagnée entre Paris et les Pyrénées-Atlanti-
ques. Il faut aujourd’hui moins de 4h pour relier Bayonne ou Orthez à Paris et, selon les trains,
entre 4h09 et 4h20 (le plus souvent) pour ceux qui rejoignent Montparnasse depuis Pau.
AveclaLGVSEA,uneheureadéjàétégagnéeentrele64
etParis.©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
Leséchangeursdel’A64verront-ilslejour ?
L’année 2016 avait vu l’annonce de leur aménagement et le premier
semestre 2017 la conclusion des tours de table. Reste qu’on ne sait
plus trop aujourd’hui où en sont les projets de nouveaux échangeurs
sur l’A64. Devant voir le jour à Carresse-Cassaber, Orthez et Morlaàs,
intégrés dans le plan de relance autoroutier du précédent gouverne-
ment, leur pertinence est désormais contestée par l’Arafer, l’autorité
de régulation des infrastructures. L’avis très critique du gendarme
des autoroutes pourrait notamment inciter la ministre des Transports,
Elizabeth Borne, à réviser cet ambitieux programme pour le Béarn.
©ARCHIVESJEAN-PHILIPPEGIONNET
ENCHIFFRES█
15MILLIONSC’estlecoût
del’étudequiseramenéepourrouvrir
letronçonferroviaireentreBedouset
Canfrancmaisaussiintégrerdenouveaux
aménagementscôtéfrançais.50%sera
prisenchargeparl’Unioneuropéenne,
leresteparleconseilrégional.
Longde18mètres,
lefuturBHNSdePau,
demarqueVanHool,
seraunbusélectrique
dotéd’unepile
àcombustible
àhydrogène.©DR
L’agglodePaumisesurlesbusàhydrogène
Le futur Bus à haut niveau de service (BHNS), dont la première ligne,
sera mise en service en septembre 2019, roulera avec une pile à
combustible fonctionnant à l’hydrogène. Ce sera le premier BHNS à
utiliser cette motorisation dans le monde. C’est la société belge Van
Hool qui fournira les bus articulés, long de 18 mètres et pouvant
accueillir 125 personnes.
Le groupe Engie, via sa filiale GNVert, aura pour mission d’exploi-
ter la station hydrogène qui sera construite dans l’enceinte d’Idélis,
au Nord-Est de Pau.
La première ligne, dont les travaux sont en cours, reliera la gare à
l’hôpital. Mais une ligne 2, sur un axe Est-Ouest, est aussi en projet.
FOCUS DES TRANSPORTS
9UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
LAPREMIÈREANNÉEDESÉTUDESDESANTÉ
INSTALLÉEÀPAUC’estunepetiterévolutiondans
le paysage local de l’enseigne-
ment supérieur. Depuis cette
rentrée,l’offredeformations’est
élargie avec l’installation de la
PacespourPremièreannéecom-
muneauxétudesdesanté.C’est
l’UniversitédeBordeauxquiàla
chargedecetenseignementqui
a trouvé asile au sein de l’Uni-
versité de Pau et des Pays de
l’Adour.163étudiantssontins-
crits dans ce cursus. Le conseil
régional comme l’agglomération de Pau ont mis la main à la poche pour permettre cette
décentralisationquipourraitêtresuivied’autres(Dax,AgenouPérigueux)danslarégion.
Les cours magistraux sont suivis à distance depuis un amphithéâtre au sein de l’UFR de
droit.Deuxsallesdecoursimmersives,l’uneàl’UFRdedroit,l’autreàl’ENSGTIsontdédiés
aux enseignements dirigés. La Paces est le passage obligé pour exercer les professions
de médecin, mais aussi de dentiste, sage-femme, kinésithérapeute ou pharmacien.
163 étudiants sont inscrits dans ce cursus cette année.
©ARCHIVESJEAN-PHILIPPEGIONNET
L’Estiaaussimonteenpuissance
Pendant que le campus de Pau se développe sous
l’impulsion de l’UPPA, au Pays basque, c’est l’Estia
qui nourrit de gros projets de développements.
L’Ecole supérieure des technologies industrielles
avancées, qui dépend de la CCI Pays basque
et est basée à Bidart, souhaite passer de 850
à 1 000 étudiants par an d’ici trois ans. Pour cela,
un nouveau bâtiment sera construit dans le pro-
longement des deux existants. ©ARCHIVESÉRICNORMAND
ENCHIFFRES
8C’estdésormaislenombredesitesduCNPC,
l’Ecoledecommercedusportdontlesiègeest
àLescaretquidépend
delaCCIPau-Béarn.
AprèsGrenoble,
Mulhouse,Paris,Orléans,
Quimper,LaRéunionet
biensûrLescar,leCNPC
s’implanteeneffet
àMiramasdansles
Bouches-du-Rhône.
LeprésidentMohamed
Amaraetledirecteurdu
projeti-siteGilles
Pijaudier-Cabot.
©ARCHIVESJEAN-MARCFAURE
Deschercheursàrecruterpourlelabeli-site
Désormais labellisée i-site, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour
(13 000 étudiants) va bénéficier de fonds supplémentaires et se
restructurer en trois collèges. Positionnée dans le domaine des solu-
tions pour l’énergie et l’environnement, elle vise surtout à augmenter
ses effectifs de chercheurs et ambitionne de passer de 250 docto-
rants aujourd’hui à 375 en 2021. Des appels à projets sont lancés
dans cette optique. D’ici quatre ans, l’UPPA pourrait de plus accueillir
une soixantaine d’enseignants-chercheurs supplémentaires. Et 50 %
des enseignements à partir de master se feront en anglais.
FOCUS DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
10 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
URBAN&YOU,
LASTART-UP
QUIMONTE
Avec Mapotempo, repris ce
début d’année par Octime,
c’est l’autre start-up béar-
naise qui perce. Pensée et
mise au point par Jean et
Nathalie Larradet, le premier
directeur informatique, la
seconde architecte, la start-
up paloise Urban & You a mis
au point un algorithme, avec
l’appui de l’école d’ingénieurs
l’EISTI, qui permet de visuali-
ser le potentiel constructible des parcelles. Elle cible ainsi les professionnels de l’urbanisme,
de l’immobilier, de la construction, du notariat... mais aussi toutes les collectivités qui tra-
vaillent actuellement à leur document d’urbanisme (PLUI, PLU, SCOT). De quoi permettre à
tous de gagner un temps précieux. A peine son produit commercialisé sur le marché, la start-
up a déjà séduit ses premiers clients et même les investisseurs puisque le Crédit Agricole
Pyrénées Gascogne est entré à son capital. Et déjà les effectifs d’Urban & You augmentent.
La start-up a été récompensée lors des trophées e-py 2017 dans la catégorie meilleure inno-
vation digitale mais aussi au salon des maires et des collectivités. Sans doute qu’un début.
L’équiped’Urban&Youdansseslocauxd’Hélioparc©ARCHIVESERICNORMAND
Unincubateurdegrandesécoles
Son nom c’est l’EntrePau. Inauguré cette année,
ce nouvel outil est un incubateur installé au sein
de la technopole Hélioparc, porté par l’UPPA et
les grandes écoles paloises. Il propose un espace
de coworking mais aussi un lieu de travail, une
salle de repos et une salle de réunion. Ceci afin de
permettre aux jeunes entrepreneurs de faire matu-
rer leurs projets et de les peaufiner dans les
meilleures conditions possibles.
©ARCHIVESJEAN-PHILIPPEGIONNET
ENCHIFFRES█
30C’estlenombredebougies
souffléescetteannéeparlatechnopole
paloiseHélioparccrééeen1987surlesite
del’anciencentrederecherchesd’Elf.
Hélioparcabriteaujourd’hui150raisons
sociales,soit1300personnes.
D’icicinqans,90%du
territoiredesPyrénées-
Atlantiquesdevraient
êtreéquipésdutrèshaut
débit.©ARCHIVESANTONINNICOL
Legrandchantierdutrèshautdébitestlancé
Equiper 90 % du territoire des Pyrénées-Atlantiques d’ici cinq ans,
c’est l’ambition du conseil départemental. 310 millions d’euros doivent
être investis dans ce dessein avec le soutien de financeurs comme
l’Etat, qui a accordé 67 millions d’euros, la Région encore ou l’Union
européenne.Lesdifférentesintercommunalitésdudépartementseront
elles aussi sollicitées pour participer au tour de table et un syndicat
mixte constitué pour mener à bien ce projet. Un opérateur sera ensuite
désigné, sans doute courant du premier semestre 2018, avant un
début de travaux en milieu d’année. Seule certitude à ce jour, tous les
grands du secteur sont intéressés.
FOCUS DU NUMÉRIQUE
Unepartie
del’équipe
deLumenAI
avecle
fondateur
Sébastien
Loustau
(àgauche).
©ARCHIVESERICNORMAND
LumenAImisesurl’intelligenceartificielle
Basée elle aussi à la technopole Hélioparc, la start-up
LumenAI pourrait être l’une des pépites locales du numé-
riquedanslesprochainesannées.Crééeparl’enseignant-
chercheur béarnais Sébastien Loustau, revenu au pays
pour une aventure entrepreneuriale après des années
universitaires à Angers, LumenAI compte déjà huit col-
laborateurs entre Pau, Paris, Rennes et Nantes.
LumenAI a investi le créneau prometteur de l’intelligence
artificielle. Grosso modo, elle exploite des données pour
mettre ensuite au point des algorithmes qui trouveront
ensuite des applications dans la finance, l’industrie,
l’énergie, les transports... «C’est un outil d’aide à la déci-
sion pour les chefs d’entreprise » explique Sébastien
Loustau, le fondateur de LumenAI. Sa jeune start-up a
décroché la bourse French Tech de la BPI et est soutenue
par le conseil régional et le Crédit Agricole via son dis-
positif le Propulseur. Le fichier clients s’étoffe peu à peu
et revendique des entreprises comme TIGF, Total, Accor
ou encore Suez. LumenAI essaye aussi de prospecter
auprès des industriels locaux et annonce par ailleurs des
contactsaveclaDirectiongénéraledel’armement(DGA).
12 MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
LE BÉARNOSCOPE DE L’ÉCONOMIE RÉGIONALE
DÉCRYPTAGE
X
L’économie
du64retrouve
lesourire
Ce n’est pas seulement
une impression,
un sentiment, quelque
chose qui flotterait dans
l’air mais que l’on aurait
du mal à saisir.
Il s’agit là de chiffres,
d’indicateurs, de don-
nées. Et tous disent
que l’économie des
Pyrénées-Atlantiques
se porte mieux.
Certes, ce phénomène
s’inscrit dans un mou-
vement national et
régional. La France
va mieux qu’hier, peut
espérer une croissance
inédite depuis 10 ans
et la Nouvelle-Aquitaine
est l’une des régions
les plus attractives
de France.
Dans ce tableau, il était
normal que le territoire
basco-béarnais arrive
aussi à profiter du retour
du soleil.
C’est ce que décrypte,
Frédéric Cabarrou,
dans le long entretien
qu’il nous a accordé.
Pour autant, quelques
nuages subsistent
et les responsables
des grandes filières
industrielles
du département,
que ce soit la chimie,
la métallurgie
ou l’agroalimentaire,
disent tous que les
entreprises ne sont pas
encore sorties d’affaire.
Reste que, comme le dit
l’adage, «quand le bâti-
ment va, tout va.»
Et forces est de consta-
ter que le BTP, à qui
nous consacrons cette
année notre dossier
central, a repris un peu
de poil de la bête, porté
par les grands chantiers
publics mais aussi
certaines mesures
comme le dispositif
Pinel ou le prêt à taux
zéro. Mais là aussi,
des inquiétudes se font
jour et certains profes-
sionnels craignent,
à la lumière de décisions
récentes, que la reprise
soit coupée dans
son élan.
L’avenir nous dira s’ils
avaient raison.
MÊMESIL’ÉCONOMIE
LOCALESEMBLEÊTRE
SORTIEDELACRISE,
DESINQUIÉTUDES
DEMEURENT
13MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE DE L’ÉCONOMIE RÉGIONALE
Vousavezprisvosfonctionsdedirec-
teurdelaBanquedeFranceenPyré-
nées-Atlantiquesenjuin.Quelestvotre
premierdiagnosticsurlasantééco-
nomiquedudépartement?
L’économie du département
est à la fois diversifiée et dyna-
mique. Diversifiée avec une forte
composante industrielle et de
grands donneurs d’ordres. Que
ce soit dans l’aéronautique, avec
Safran ou Dassault, dans la
pétrochimie avecTotal et le bas-
sin de Lacq.Tout cela draine une
sous-traitance significative avec
un réseau dense d’entreprises de
proximité.
L’agroalimentaire est aussi très
présent avec deux grandes coo-
pératives, Lur Berri et Euralis, et
une agriculture également très
diversifiée. Enfin, si le gros de
l’industrie est en Béarn et Soule
elle n’est pas absente de la Côte
basque où il existe d’ailleurs
toute une activité textile liée à la
présence de la glisse.
Il y a donc un socle industriel
aux côtés d’une activité de ser-
vices, avec une filière touristique
assez importante, que ce soit en
montagne et sur le littoral. Tout
cela fait que le département
bénéficie d’une attractivité
importante et contribue à dyna-
miser des secteurs comme
l’immobilier, le bâtiment.
Est-cecesacquisquiexpliquentque
letauxduchômagedu64soitplutôt
bas quand on le compare à celui
d’autresterritoires?
Le fait d’avoir cette diversité
fait que notre économie a été
très résiliente. Et maintenant,
on voit bien que la reprise est là,
au niveau national même si elle
reste insuffisante, avec une crois-
sance qui devrait se situer autour
de 1,7% cette année soit la plus
forte depuis 2010, mais aussi au
niveau régional, et enfin au
niveau départemental. Le chô-
mage est aujourd’hui à 7,9%
dans le département alors que
nous étions à 8,2% l’an dernier.
Vousparlezderésilience.Lesecteurde
lapétrochimie,trèsimpactéparlabaisse
descoursdubaril,ena-t-ilfaitpreuve?
Cela fait partie, il est vrai, des
points actuels de fragilité. Et pas
uniquement pour la filière du
pétrole. Regardez ce que l’on
constate, dans l’aéronautique, à
la fois pour les hélicoptères, uti-
lisés sur les plateformes offshore,
mais aussi pour l’aviation d’affai-
res. Nous sommes en point bas
de cycle alors qu’a contrario, le
courant d’affaires de l’aviation
civile commence à remonter.
Au niveau des chiffres de
l’emploi, on constate d’ailleurs
toujours des destructions nettes
de postes dans l’industrie dépar-
tementale, un recul d’environ
2%. On reste donc dans le creux
pour certains secteurs. Et tout
cela, c’est en partie lié à la baisse
du prix du baril.
Est-ceàdirequel’économiedu64est
entraindemuter?
Je ne dirai pas cela parce que le
socle historique, aéronautique
et pétrochimie, reste très pré-
sent. Mais avec aujourd’hui des
enjeux forts comme la reconver-
sion de Lacq qui est effective
mais reste à compléter. L’écono-
mie reste donc assez tradition-
nelle. Ce que j’observe par con-
tre, c’est qu’il y a peu de sociétés
de la nouvelle-économie, de
start-up dans le département.
C’est peut-être quelque chose à
creuser par la promotion des
technopoles présentes.
Deuxième idée, nous avons
des grands donneurs d’ordres
d’envergure internationale et à
côté nous avons tout un tissu de
TPE et PME. L’enjeu est désor-
mais de faire grossir nos PME et
d’avoir plus d’ETI (entreprises
de taille intermédiaire).
Nous avons dans le départe-
ment une cinquantaine d’entre-
prises qui dépassent 50 millions
d’euros de chiffre d’affaires mais
il pourrait y en avoir bien plus.
Quels indicateurs permettent
dedirequelarepriseestlà?
L’un des éléments qui montre
que la reprise est là, c’est la
dynamique de l’intérim qui
progresse de 15% dans le dépar-
tement. Par ailleurs, au niveau
du BTP par exemple, en 2017 et
pour la première fois depuis
cinq ans, la filière recrée des
emplois. Les indicateurs sont
plutôt positifs. Le tourisme
aussi se porte plutôt bien. Mal-
gré les périodes de mauvais
temps, les chiffres sont bons et
pas uniquement sur la Côte bas-
que. De plus, se développe un
tourisme de ville mais aussi
rural.
Enfin, nous effectuons aussi
des enquêtes de conjoncture et
interrogeons chaque mois un
panel de 150 chefs d’entreprise
du département. Il y a égale-
ment une enquête de tendance
régionale en Nouvelle-Aqui-
taine. Et, pour la région, ce que
l’on constate depuis le début de
l’année, c’est qu’en plus de
l’activité tirée par les services,
nous avons une reprise de
l’industrie. De plus, nous avons
observé une baisse des défaillan-
ces d’entreprises de 6%, une pro-
gression des encours de crédit
aux entreprises de 4,5% dont 4%
pour les seules TPE. A fin août,
nous avons aussi une baisse des
incidents de paiement de 4%.
Nos enquêtes de conjoncture
régionale ainsi que nos indica-
teurs départementaux militent
donc pour le fait de dire que
l’économie se porte mieux.
L’activité va dans le bon sens.
Doncglobalement,ledépartementse
portemieux?
Incontestablement. La reprise
est là.
PROPOSRECUEILLISPAR
ERICNORMAND I
N (*) Entreprise de taille
intermédiaire
«Incontestablement,larepriseestbienlà»
FrédéricCabarrou:«Nosenquêtesetindicateursmilitentpourdirequel’activitéseportemieux.»©EIRCNORMAND
Nouveau directeur
de la Banque de France
dans le département,
Frédéric Cabarrou constate
des signes de reprise.
GRANDTÉMOIN FrédéricCabarrou,directeurdepuisjuinde laBanquedeFrancedanslesPyrénées-Atlantiques
«NOUSAVONSICIDEGRANDS
DONNEURSD’ORDRES,
D’ENVERGURE
INTERNATIONALE,MAIS
L’ENJEUESTDEFAIRE
GROSSIRNOSPMEPOUR
ENFAIREDESETI(*).»
ZOOM
4000bilansanalyséeset150entreprisesinterrogées
chaquemoisafindeprendrelepoulsdel’économie
Dans le département, la Banque de France analyse environ 4 000 bilans
d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 750 000 euros.
«Ce qui nous permet de réaliser des études sectorielles et d’établir des
cotations. L’un des rôles de la cotation est de permettre et renforcer le
financement du système bancaire français. Certaines cotations sont ainsi
éligibles et permettent aux banques nationales, quand elles vont emprun-
ter à la BCE, de donner en garantie leurs créances privées accordées à des
entreprises bénéficiant d’une appréciation favorable de la Banque de
France. Et sur ces 4 000 entreprises des Pyrénées-Atlantiques, un peu plus
de deux tiers ont une cotation éligible au refinancement de la BCE. C’est
mieux que la moyenne régionale. Sur une échelle de 11 positions, les cinq
premières cotations sont éligibles. On apprécie ainsi la capacité d’une
entreprise à faire face à ses engagements financiers sur un horizon de trois
ans. Pour connaître la conjoncture, ce qui est important pour nous, c’est que
l’on interroge, dans les deux unités de Pau et Bayonne, 150 entreprises
parmi les plus représentatives tous les mois qui nous permet de prendre,
en temps réel, le pouls de l’économie.»
«LEFAITD’AVOIRCETTE
DIVERSITÉFAITQUENOTRE
ÉCONOMIEAÉTÉTRÈS
RÉSILIENTE.LECHÔMAGE
ESTAUJOURD’HUIÀ7,9%
ALORSQUENOUSÉTIONS
À8,2%L’ANDERNIER.»
EN CHIFFRES
30000C’estenvrionlenombre
dedemandeursd’emploi
decatégorieArecensés
enPyrénées-Atlantiques,
fin2016.Avec7,9%
aujourd’hui,ledépartement
affichel’undestauxlesplus
faiblesdelarégion.
5375C’estlenombred’entreprises,
tousstatusconfondus,créées
en2016enPyrénées-
Atlantiques,soitunléger
fléchissementparrapport
à2015de-0,8%.
4484C’estlenombre
derupturesconventionelles
comptabiliséesen2016
dansle64,soitunehausse
de9,8%parrapportà2015.
5MILLIONS
C’estlenombredenuitées
touristiquesdansle
départementen2016.
2,7millionsdansl’hôtellerie
classiqueet2,1millions
dansl’hôtelleriedepleinair
etplusde200000chezles
plateformesd’hébergement
commeAirbnb.
45000
C’est,entroismois,
lenombre devoyageurs
entrainssupplémentaires
constatéssurlaliaisonentre
lIle-de-FranceetPau,soitune
augmentationde19%.
Uneffetdirectdelamise
enservicedelaLGV.
©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
14 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017LE BÉARNOSCOPE - INDUSTRIES CHIMIQUES
Le coup n’est pas passé loin. Sans
l’amendement qui a permis
d’accorder une dérogation au
Bassin de Lacq, la loi sur les
hydrocarbures aurait sans doute
emporté avec elle tout un édifice
industriel bâti depuis le début
des années 50. Reste que débar-
rassé de cette menace réglemen-
taire, pouvant donc continuer
l’exploitation de son gaz riche en
soufre, Lacq peut désormais
regarder devant lui et poser les
fondations d’une nouvelle étape,
plus verte, qui fait une place de
choix à la recherche et dévelop-
pement. C’est ainsi que début
novembre, les acteurs locaux ont
inauguré la plateforme CANOE.
LesespoirsdeCANOE
« Pour ce projet, je veux déjà
tirer un coup de chapeau à toute
l’équipe car cela a été fait dans
un temps record. Cela veut dire
que les délais et coûts ont été res-
pectés. C’est aussi un bon exem-
ple qu’on peut aller vite » salue
Pierre Nerguararian, le président
de Chemparc. Au sein de ce nou-
veau bâtiment, financé par la
Région et la communauté de
communes de Lacq, deux pilo-
tes ont été installés. Un de ther-
moplastique qui fonctionne et
monte en cadence - « un pilote
préindustriel unique » - et un
second dédié à la carbonisation
de fibres de carbone afin de met-
tre au point des matériaux bio-
sourcés. Une vingtaine de cher-
cheurs doivent travailler sur ces
deux outils afin de mettre au
point des matériaux plus légers,
plus économiques, qui seront
ensuiteutilisésparlesindustriels.
« Et tout cela fonctionne en
mode ouvert avec les structures
voisines que sont Chemstart’up,
le GRL (Arkema) et le PERL
(Total) mais aussi le centre tech-
nique de Toray qui occupe les
anciens locaux deTotal. C’est un
potentiel de développement
avec la présence de plus 380 per-
sonnes. » Désormais Chemparc
vise un troisième bâtiment à
proximité pour accueillir de nou-
veaux locaux. « 50 chercheurs
aujourd’hui dans les deux bâti-
ments de Chemstart’up et 100 en
2020 » espère Pierre Nerguara-
rian.
Mais cette ambition de relance
économique du territoire est
complétée par les projets à plus
court terme que nourrissent les
industriels locaux. Des investis-
sements devraient éclore ces
prochains mois. « Nous avons
une vision de 150 millions
d’euros dans les trois prochaines
années. Pas de grands projets
fédérateurs mais significatifs. En
comptantles30millionsquedoit
investir Sobegi, nous avons aussi
les 15 millions d’euros de
Cerexagri (bouillie bordelaise) à
Mourenx, un autre de 15 millions
et un de trois millions » détaille
Pierre Nerguararian qui garde le
secret sur l’identité de certains
porteurs de projet.
Lesillonsolaire
À cela, s’ajoutent les impor-
tants projets menés par la filiale
photovoltaïque deTotal, Sunpo-
wer. L’ambition est en effet
d’aménager quatre centrales
solaires sur d’anciennes déchar-
ges industrielles de Pechiney et
Celanese, et qui de fait sont
aujourd’hui non valorisables.
Quatre centrales sont ainsi en
projet à Pardies, Noguères et
Bésingrand. Deux de 17 MW, une
de 8 MW et une de 5 MW. Soit un
potentiel de près de 50 MW, sans
compter un autre projet de Sun-
power à Monein, sur l’ancien site
gazier de Pont d’As et un d’EDF
prèsdesusinesKnaufd’Artix.«Et
pour 1 MW, il faut investir 1 mil-
lion d’euros. »
Donc pour 50, on est à 50 mil-
lions, ce qui permet d’arriver au
chiffre global d’investissements
annoncé par Pierre Nerguara-
rian. Reste avant cela à recevoir
l’avisfavorabledelaCommission
de régulation de l’énergie (la
CRE) mais aussi que la CC Lacq-
Orthez achève ses négociations
avec les propriétaires pour maî-
triser le foncier.
Tout cela fait que Chemparc
croit en l’avenir même si la con-
currence pour séduire les inves-
tisseurs apparaît de plus en plus
forte avec les autres plateformes
chimiques françaises (Lyon,
Le Havre) ou européennes. « De
toute façon, le grand projet
industriel, nous ne l’avons pas…
Mais nous semons. Et je pense
que si, dans notre filière, de
grands projets doivent se faire.
Eh bien ils se feront à Lacq. »
Acceptons en l’augure.
ÉRICNORMAND Ie.normand@pyrenees.com
Après avoir tremblé
en raison de la loi sur les
hydrocarbures, le Bassin
de Lacq regarde de nouveau
devant lui et entend poser
les fondations d’un nouveau
développement.
L’inaugurationdelaplateformeCANOEquidoitpermettredeconcevoirlesmatériauxdufutur.©ARCHIVESERICNORMAND
«S’ilyadesgrandsprojets,ilsseferontàLacq»
ZOOM
Yaras’enva,AirLiquideresteetAbengoachange
Dans la vie des usines, 2017 aura quand même connu quelques mouve-
ments. Le groupe norvégien Yara, qui emploie près de 100 personnes à
Pardies, a ainsi confirmé son départ à l’horizon 2018. Un accord a été
trouvé avec les salariés pour les conditions de départ. Par contre, deux
entreprises sur lesquelles planaient des inquiétudes ont confirmé leur fidé-
lité au bassin de Lacq. Air Liquide à Pardies, fragilisé par le départ de Yara,
ne s’en va pas. De son côté, Abengoa à Lacq, spécialisé dans la production
de biocarburants, quitte le giron espagnol... mais pas le Béarn. L’unité
devient BioEnergy du Sud-Ouest, propriété du groupe Vertex. «Mais les diri-
geants locaux sont les mêmes. » Est-ce à dire que le grand projet basé
sur la production de biocarburants de deuxième génération pourrait ressor-
tir. Chez Chemparc, on l’espère très fort tant ses implications économiques
étaient importantes (200 millions d’euros et une soixantaine d’emplois).
L’EXPERT
PIERRENERGUARARIANN
PRÉSIDENTDECHEMPARC
«LEGRANDPROJET
INDUSTRIEL,NOUSNE
L’AVONSPAS.MAISNOUS
SEMONS.»
15UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE - AÉRONAUTIQUE
Comment se porte le secteur de la
métallurgiedansnotredépartement ?
Leralentissementconstatél’ander-
niers’est-ilconfirméen2017 ?
La conjoncture est toujours
molle, 2017 est sur la lignée de
2016. La situation sur le dépar-
tement n’est pas mauvaise mais
les entreprises sont confrontées
à des fluctuations d’activité, des
retards de programme, parfois
un manque de visibilité. Tout
cela a un impact sur leur prise
de décision quant au lancement
d’investissements nouveaux.
Nous le constatons également
sur les recrutements qui sont
décalés dans le temps. Cette
année encore nous avons noté
une diminution du nombre de
contrats en alternance, ce qui est
un signe. Néanmoins notre sec-
teur est porteur d’espoir. La
baisse d’activité simultanée dans
les secteurs de l’aéronautique et
pétrolier que nous connaissons
depuis près de deux ans devrait
s’inverser en 2018. Les entrepri-
ses se préparent à cette reprise,
en témoignent les projets indus-
triels qui font la une des quoti-
diens ces dernières semaines.
Dans un environnement tur-
bulent, notre mission est
d’accompagner les entreprises,
quelle que soit leur taille, con-
frontées à des phases de ralen-
tissement ou de croissance.
Nous devons être à leur écoute
et faire preuve de réactivité pour
les aider efficacement avec nos
partenaires. C’est dans ce cadre
que nous avons lancé l’action
collective OPTIM’Indus avec le
soutien du conseil régional de
Nouvelle-Aquitaine et du F2I
porté par l’UIMM (Fonds pour
l’innovation dans l’industrie).
Cette action a pour objectif
d’accompagner les stratégies de
compétitivité des PMI régiona-
les dans un contexte de fortes
mutations industrielles et parti-
ciper à la mise en œuvre d’une
dynamique autour des enjeux de
l’Usine du Futur.
Quelsmarchéssontlesplusporteurs
(civil,militaire…) ?Lacrisepétrolière
pèse-t-elletoujoursautantsurlechif-
fred’affairesdesentreprises ?
Le secteur aéronautique vit lui
aussi des turbulences. La con-
joncture et les prévisions dépen-
dent des marchés et des pro-
grammes. L’avion civil connaît
toujours un fort développement
notamment pour les avions
monocouloirs, la gamme des
Airbus A320. Cette forte activité
bénéficie à notre tissu industriel.
Le secteur de l’avion d’affaires
connaît quant à lui un très net
recul d’activité avec une baisse
de la demande. La gamme des
Falcon est impactée. Le marché
mondial est en pleine mutation.
Le report du lancement de nou-
veaux programmes, lié à des dif-
ficultés techniques notamment,
est un facteur supplémentaire
du ralentissement d’activité
dans nos entreprises.
Le marché aéronautique de la
défense se porte bien avec une
augmentation des cadences du
Rafale. En fait, c’est le marché de
la défense au sens large qui con-
naît un essor. Ceci est lié à la
conjoncture géopolitique mon-
diale. Le marché des hélicoptè-
res est lui aussi fortement
impacté par la baisse de la
demande mondiale. La baisse
d’activité durable que connaît le
secteur pétrolier a un impact
direct. Les entreprises du secteur
Oil & Gas sont très touchées et
doivent faire face à cette situa-
tion depuis deux ans. Et Le
redressement n’est pas encore
perceptible. L’UIMM Adour
Atlantique s’est mobilisée en
coopération avec le Pôle Avenia
pour mettre en place un plan
d’accompagnement de forma-
tion qui a reçu le soutien de la
Direccte et du conseil régional.
Quel premier bilan tirez-vous
delaplateformeMétallicadour ?
Le centre Métallicadour est né
il y a deux ans et s’est implanté
dans des locaux dédiés il y a tout
juste un an. Le bilan est positif,
les projets développés sont de
nature à faire monter en puis-
sance cette plateforme. Le sou-
tien des grandes entreprises
locales est déterminant. Safran
joue un rôle primordial dans
cette phase de lancement.
Le centre compte actuelle-
ment quatre ingénieurs de déve-
loppement et réalisera en 2017
un chiffre d’affaires d’environ
400 000 euros. L’implantation
nouvelle du CETIM dans notre
département et la mise en place
d’actions collectives sur la per-
formance industrielle sont de
nature à développer l’activité de
Métallicadour au profit des PME
et ETI du territoire.
Laformationetledéveloppementde
l’apprentissagesontdeuxdevosprio-
rités. Constatez-vous un regain
d’attractivitédesmétiersdel’indus-
triechezlesjeunes ?
Je vous confirme que l’enjeu
des compétences est au cœur de
la politique de l’UIMM en
matière d’accompagnement des
entreprises. L’apprentissage et
plus généralement l’alternance
sont le socle de notre politique
de professionnalisation. Vis-à-
vis des jeunes, nous déployons
de nombreuses actions en lien
avec les acteurs territoriaux de
l’orientation et les prescripteurs.
La Semaine de l’industrie qui
s’est déroulée en mars dernier a
été l’occasion de sensibiliser les
jeunes et les moins jeunes aux
opportunités qu’offre l’industrie
en ouvrant les portes de nos
entreprises.
Concernant les sites de forma-
tion DEFI à Tarnos et DITECH à
Tarbes, ils sont en cours de cons-
truction. Ils seront mis en ser-
vice en septembre 2018, complé-
tant ainsi le dispositif que nous
pilotons avec le site de Bordes
Assat. L’objectif est d’être au plus
près des bassins d’emplois, des
entreprises, et d’offrir à ceux qui
font le choix de l’industrie un
accompagnement de proximité.
Pour ces deux projets nous
avons reçu l’aide de l’Etat par le
biais du Programme d’investis-
sement d’avenir et des conseils
régionaux de Nouvelle-Aqui-
taine pour DEFI et d’Occitanie
pour DITE.
PROPOSRECUEILLISPAR
ERICNORMAND I
e.normand@pyrenees.com
Le président de l’Union des
industries et métiers de la
métallurgie constate un
ralentissement et mise sur
l’innovation et la formation.
LecentreMétallicadourréaliseraen2017unchiffred’affairesde400000euros.©DR
«Laconjonctureesttoujoursmolle»
L’EXPERT
CHRISTIANHOUËLNPRÉSIDENT
DEL’UIMMADOUR-ATLANTIQUE
«L’APPRENTISSAGEESTLE
SOCLEDENOTREPOLITIQUE
DEPROFESSIONNALISATION»
«LABAISSED’ACTIVITÉ
DEVRAITS’INVERSER
EN2018»
16 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017LE BÉARNOSCOPE - AGROALIMENTAIRE
Dans les millésimes agricoles,
2017 restera comme l’une des
annéeslespluscompliquéesqu’a
eu à connaître la filière. « Nous
avions déjà eu une mauvaise
récolte et des rendements faibles
aveclemaïs,ajoutéàdesprixtrès
moyens,puisestarrivéelagrippe
aviaire » racontre Christian Pèes.
Une crise qui a mis à genoux
toute la filière foie gras du Sud-
Ouestmaisaussi,onl’oubliepar-
fois, les éleveurs de poulets.
« Rien qu’à Euralis, nous avons
eu 200 éleveurs de canards tou-
chés et 150 salariés en activité
partielle. Mais aussi 130 produc-
teurs de poulets. Ce fut une crise
économique mais aussi existen-
tielle. » De quoi, une fois la ges-
tion de crise passée, tirer des
enseignements pour les années
à venir. Christian Pèes ne cache
pas que des réflexions sont en
cours afin d’éviter des scénarios
similaires. « Toute une série de
mesures sont à prendre. Notre
filière a été optimisée avec une
production très éclatée et beau-
coup de kilomètres de transport.
C’estàrevoir.Nouspouvonsfaire
bouger les lignes, en créant, par
exemple, des petites régions
autonomes sur la base d’un
arrondissement. »
Plusdepremium
Reste que cette amélioration
de la qualité passera inévitable-
ment par une augmentation des
prix. « Faire mieux coûte plus
cher. Donc nous allons nous
orienter vers plus de qualité, plus
de premium, de haut de gamme.
Cela devient inévitable. » Ceci en
se basant aussi sur l’innovation.
« Historiquement, nous avons
favorisé la production de masse.
L’intérêt, c’est que cela a rendu le
foie gras accessible à tout le
monde. L’inconvénient, c’est
qu’on en a réduit la valeur. Il faut
remettre cela en place. »
Euralis, dont le bilan devrait
être fortement impacté par la
crise, adapte donc ses modèles
en regardant devant. « Il y a un
contextegénéralassezdéprimant
pour les agriculteurs durant cette
période mais il y a malgré tout
beaucoup d’énergie. Notre job,
c’est d’accompagner dans ce
monde perturbé, les agriculteurs
et leur amener des innovations
afin qu’ils puissent aussi s’enga-
ger dans de nouvelles produc-
tions. » Christian Pèes prend
pour exemple l’unité de soja
monté à Vic-en-Bigorre.
« L’objectif c’est de faciliter la vie
des agriculteurs. Nous pensons
par exemple que le digital nous
permettra de faire pas mal de
choses, que ce soit dans l’acte de
production mais aussi dans la
lecture des attentes des consom-
mateurs. » Pour le président
d’Euralis, « la profession a des
perspectives. L’enjeu est aussi de
savoir sortir des marchés, d’aller
vers la diversification et les pro-
duits de niche qui peuvent con-
venirauxspécificitésdelarégion.
Nous devons être force de pro-
positions, innovants. Tout en
ayant toute une réflexion sur
l’acte de production. »
Préparerlarelève
Lacoopérativebéarnaiseadéjà
accéléré ce virage cette année
avec le soja mais aussi en repre-
nant une entreprise de charcute-
rieardéchoise,Teissier.«Cegenre
de chose, on va continuer à le
faire, pour monter en qualité. »
Sanspourautantabandonnerles
fondamentaux. «Même si le pôle
alimentaire a souffert, notam-
ment sur l’activité foie gras. »
Pour négocier cette évolution,
Euralistravailleàformerceuxqui
seront les coopérateurs de
demain. « Nous mettons le
paquet sur l’accompagnement
des jeunes et la formation. Nous
avons ouvert une troisième ses-
sion d’un dispositif qui s’appelle
Atout Jeunes. Une quinzaine
d’agriculteurs réfléchissent
ensemble à leurs métiers. L’idée,
c’est d’avoir des jeunes qui sont
représentatifs de ce que sera
l’agriculture de demain. »
ERICNORMAND Ie.normand@pyrenees.com
Le président d’Euralis
pointe les difficultés mais
aussi les évolutions
qui s’annoncent pour
la profession.
Lagrippeaviaireamisàgenouxunefilièrequidoitdésormaissereconstruire.
©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
«Lamontéeengammedevientinévitable»
█ L’EXPERT
CHRISTIANPÈESNPrésident
delacoopérativeEuralis
«ILYAUNCERTESUN
CONTEXTEDÉPRIMANT
MAISILYAMALGRÉTOUT
BEAUCOUPD’ÉNERGIE»
17UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE - ENTREPRISES
Mi-novembre, ils étaient près de
500 invités à se retrouver à l’hip-
podrome à l’appel de la CCI Pau-
Béarn. Il s’agissait là d’évoquer
l’attractivité du territoire, que la
chambre consulaire et son pré-
sident depuis un an Didier
Laporte, ont mis au cœur de leur
stratégie.
Un rendez-vous organisé en
lien avec les huit intercommu-
nalités béarnaises (1). Avec un
constat, confirmé par le cabinet
CEIS mandaté par la CCI pour
dresser un diagnostic de la santé
du Béarn mais aussi relever, sans
tabou, les points à améliorer.
Dessignesdefléchissement
De fait, si le Béarn peut comp-
ter sur un tissu industriel dense,
s’appuyer sur de grands don-
neurs d’ordres, se féliciter d’une
main-d’œuvre formée et d’éta-
blissements d’enseignement
supérieur de haut niveau, son
économie montre des signes de
fléchissement. De plus, le terri-
toire souffre toujours des tarifs
aéroportuaires très élevés. Un
Paris-Pau avec Air France et par-
fois plus cher qu’un Paris Shan-
ghaï. De quoi potentiellement
dissuader les entrepreneurs.
Mais ce n’est pas suffisant. Le
cabinet évoque aussi une
« baisse de l’emploi salarié, un
faible taux de création d’entre-
prises ou encore des difficultés
d’accueil pour les conjoints. »
Bref, il est urgent de réagir. Au
final, le message général passé à
l’issue de ces premières « Ren-
contres de l’attractivité » est de
« jouer groupés. » Impératif pour
éviter que chacun ne joue sa par-
tition, ce qui au final pénaliserait
le développement du territoire.
Premièresmesures
La chambre de commerce va
donc travailler à la mise en place
d’un plan d’action, une stratégie
globale qui sera dévoilée au prin-
temps 2018. Reste que sans
attendre, le président de la CCI
Pau-Béarn a déjà annoncé quel-
ques initiatives.
Dans un premier temps, un
livre blanc de l’attractivité du
Béarn va donc être rédigé par les
étudiants de l’Ecole supérieure
de commerce. Une plateforme
sera également lancée sur le
même thème.
Également programmé, la
mise en ligne d’un site, baptisé
JOBBB (pour Béarn, Basque,
Bigorre) dédié à l’emploi des
conjoints. On sait en effet que
certains talents hésitent à venir
en Béarn car ils craignent que
leur conjoint ou conjointe ne
puisse trouver un emploi à la
hauteur de son ambition.
Unréseaud’ambassadeurs
Autre projet, l’un des plus
emblématiques, l’installation
d’un réseau d’ambassadeurs
(bénévoles) pour porter à l’exté-
rieur l’image du territoire. Par
ailleurs, les trois chambres con-
sulaires (commerce, artisanat et
agriculture) vont créer une com-
mission pour plancher sur le
développement économique. « Il
y a assez d’expatriés, de Béarnais
travaillant à l’étranger ou ayant
des contacts à l’étranger pour
que l’on puisse constituer un
réseau » explique Pierre Nergua-
rarian, vice-président de la CCI
Pau-Béarn, en charge de l’attrac-
tivité.
Enfin, ces « Rencontres de
l’économie » ont vocation à reve-
nir chaque année. Ce qui per-
mettra de régulièrement faire le
point et, éventuellement, d’amé-
liorer le dispositif.
N (1) L’agglomération Pau-Béarn-
Pyrénées, la CC Lacq-Orthez, la CC
Luys-en-Béarn,laCCNord-EstBéarn,
laCCBéarndesGaves,laCCduHaut-
Béarn, la CC de la Vallée d’Ossau et la
CC du Pays de Nay.
La CCI Pau-Béarn se
penche sur l’attractivité
du territoire. Objectif, mieux
faire connaître les atouts
locaux afin de séduire
les investisseurs.
Lerassemblementàl’hippodromedePauaréuni500personnes.Dequoisatisfaire
DidierLaporte,leprésidentdelaCCIPau-Béarn.©ARCHIVESASCENSIONTORRENT
Commentaméliorerl’attractivitéduterritoire
«ENBÉARN,ILFAUT
QUENOUSSACHIONS
JOUERGROUPÉS»
DIDIERLAPORTE,PRÉSIDENT
DELACCIPAU-BÉARN
18 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017LE BÉARNOSCOPE - DISTINCTIONS
OrganiséeparPyrénéesPresse,la
deuxième édition du salon e-py
s’est déroulée le 31 mai dernier
au Palais Beaumont de Pau.
Une manifestation qui, grâce
au soutien de partenaires (Agglo
de Pau, conseil régional, conseil
départemental, Crédit Agricole
Pyrénées-Gascogne,Technopole
Hélioparc, Enedis et CCI Pau-
Béarn) associe conférences et
tables rondes, présence d’expo-
sants et remise de trophées dans
six catégories distinctes. Cerise
sur le gâteau cette année, l’orga-
nisation d’un job dating qui a
drainé 35 entreprises et plus de
160 candidats.
Plusde600personnes
La finalité de cet événement
reste de mettre en valeur les ini-
tiatives numériques qui émer-
gent sur le département voire
dans les territoires voisins des
Landes ou des Hautes-Pyrénées
mais aussi de permettre aux pro-
fessionnels du numérique de se
rencontrer.
Plus de 600 personnes se sont
rendues cette année au Palais
Beaumont pour cette journée
dédiée à la promotion du numé-
rique et rythmée de nombreux
rendez-vous. La cérémonie de
remise de prix qui a conclu la
journée a été le point d’orgue de
la manifestation.
Cette année, e-py 2017 a vu le
sacre de :
Catégorie meilleur web
d’entreprise : le prix a été remis
àl’entrepriseImmersiveLabpour
avoir mis au point le Tanu, test
d’agilité numérique.
Catégorie e-commerce : c’est
le site Equiswap, plateforme de
venteenlignedematérield’équi-
tation, qui a été récompensé.
Catégorie e-éducation : con-
sécration pour le projet numéri-
que du collège Argote autour du
personnage d’Harry Potter.
Catégorie dispositif numéri-
que en lien avec le territoire : le
trophéeaétédécernéaufourgon
connecté, projet porté par Marc-
Antoine Lasarte.
Catégorie meilleure innova-
tion digitale : le trophée a été
attribué à Jean et Nathalie Larra-
det, créateur à Pau de la start-up
Urban &You.
Catégorie meilleur commu-
nity management : c’est le site
Gueuleton, qui promet le savoir-
vivre du Sud-Ouest qui a reçu le
prix.
Catégorie meilleur Pitch pro-
jet : la récompense pour Move
YourTour.
Catégorie prix du public : vic-
toire pour François Lamoureux,
l’enseignant orthézien et sa
chaîne YouTube « Explique-moi
Plus de 600 personnes ont
participé à l’édition 2017
d’e-py qui s’est tenue fin
mai à Pau. L’occasion de
mettre en lumière les
initiatives qui émergent
un peu partout dans le 64.
Leslauréatsdel’édition2017d’e-pyauPalaisBeaumontàl’issuedel’événementquiaattiréplusde600personnesdansunejournée.©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
E-py2017:lavitaliténumériqueduterritoire
TOUSLESDEUXANS,E-PY
METENVALEURLES
INITIATIVESNUMÉRIQUES
20 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
DOSSIER Le bâtiment et les travaux publics
BâtimentLacraintedenepas
profiterdelareprise
Emmanuel Caro, président de
la Fédération départementale du
bâtiment et des travaux publics
et son directeur Patrick Lacar-
rère reviennent sur le contexte
de la filière.
Peut-on,selonvous,parlerdereprise
danslesecteurduBTPdepuisquel-
quesmois ?
EmmanuelCaro. La reprise, c’est
fait pour les chaussettes. Pour
rebondir sur cette formule, je
dirais que les entrepreneurs sont
en chaussettes en ce moment. Il
n’y a pas de reprise dans les
Pyrénées-Atlantiques car on est
traditionnellement en décalage
par rapport au national.
Le problème, c’est que l’on n’a
toujours pas éradiqué les raisons
qui ont fait qu’il y a eu une
dépression, ces dernières
années, dans le BTP. Il y a tou-
jours des prix prédateurs au
niveau de la promotion privée,
liés au phénomène des tra-
vailleurs détachés. Le dispositif
juridique n’est toujours pas effi-
cient. Il n’y a pas de contrôle,
donc les prix sont à la baisse.
Aujourd’hui, les entreprises
prennent des marchés à perte et
ça ne peut pas durer. C’est
d’autant plus sensible au Pays
basque et sur la côte.
Lesmesuresgouvernementalesvous
inquiètent-elles ?
E.C. : Oui, car elles laissent
craindre que la reprise s’épuise
avant même d’être arrivée chez
nous. Le plafonnement des
niches fiscales a fortement limité
l’intérêt d’investir dans la pierre.
Les annonces concernant la
baisse des Aides personnalisées
au logement (APL) vont inciter
les bailleurs sociaux à stopper
certains projets, ce qui va réduire
d’autant plus le petit os qui nous
restait à ronger.
Notre constat est pessimiste,
mais ce n’est pas par corpora-
tisme ou pour faire les pleureu-
ses : les besoins en logements,
en France, ne sont pas satisfaits.
C’est contradictoire avec la
volonté d’améliorer la vie des
Français, car la première chose
c’est de leur permettre de se
loger dans des conditions
décentes et d’accéder à la pro-
priété. Il y a de très mauvais
signaux qui ont été envoyés. Le
retard, en matière de logements
sociaux se creuse d’année en
année. Sans compter la réforme
de l’Impôt sur la fortune (ISF)
qui va devenir un impôt sur la
richesse immobilière.
Patrick Lacarrère. On avait des
voyants qui passaient au vert à
peu près partout mais l’impact
des mesures concernant les
logements sociaux est énorme.
Sur la Nouvelle-Aquitaine, on a
une baisse d’investissement de
l’ordre de 975 millions d’euros.
Sur cette région, ça peut repré-
senter 20 000 emplois détruits.
Pourtant, on commençait à
recréer un peu d’emploi et là, on
va caler la reprise. Cet impact n’a
pas été maîtrisé.
Avez-vous alerté le gouvernement
quantàcesinquiétudes ?
E.C. Oui. J’ai écrit à tous les
députés et sénateurs du départe-
ment pour les alerter des effets
négatifs des mesures annoncées
par le gouvernement. J’espère
que ce sera relayé au plus haut
niveau par nos représentants
locaux.
P.L. Le président Macron est
venu aux 24 heures du bâtiment.
Il a dit qu’il avait entendu un cer-
tain nombre de nos plaintes et
NSi plusieurs acteurs disent bien constater une
reprise de l’activité dans le secteur du BTP,
d’autres craignent que les dernières mesures
gouvernementales empêchent de profiter plei-
nement de ce regain.
NSi la disparition du dispositif Pinel sur l’agglo-
mération paloise inquiète les promoteurs, le sec-
teur public, que ce soit l’Etat ou les collectivités,
continuent à investir. De gros chantiers devraient
être lancés ces prochaines années, notamment
dans les travaux publics.
N Dans le même temps, la filière continue
à s’adapter aux nouvelles tendances et à une
demande sociétale forte en matière environne-
mentale. Les outils digitaux sont peu à peu inté-
grés et la transformation numérique fait désor-
mais partie des préoccupations des chefs
d’entreprise du BTP.
ENLUMIÈRE
La perception de la reprise est à nuancer
DOSSIERSPÉCIALBTP
«ONAVAITDESVOYANTS
AUVERTÀPEUPRÈS
PARTOUTMAISL’IMPACT
DESMESURESCONCERNANT
LESLOGEMENTSSOCIAUX
ESTÉNORME.»
Emmanuel Caro, président de la
Fédération départementale du BTP et
son délégué général Patrick Lacarrère
craignent fortement que le regain
d’activité constaté au niveau national
ne s’essouffle avant même d’avoir pu
impacter le département.
EMMANUEL
CARO
█ LESEXPERTS
PATRICK
LACARRÈRE
21UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
DOSSIER - Le BTP
qu’il allait faire en sorte de trou-
ver des modalités différentes de
mise en place. Mais sur le fond,
je crois qu’on n’aura pas grand-
chose.
E.C. Je reprendrais bien à mon
compte une formule de Pierre
Dac qui disait, « Il est encore
trop tôt pour savoir s’il n’est pas
déjà trop tard ». Mais je rappelle
que l’un des secteurs qui
apporte du travail, qui permet
l’ascenseur social et le brassage
de travailleurs de toutes origi-
nes, dans une société en plein
questionnement identitaire,
c’est bien le bâtiment !
Quelles autres mesures réclamez-
vouspouraméliorerlasituation ?
E.C. Nous sommes dans une
situation difficile parce qu’en
face de nous, nous avons des
gens qui trichent. Ils tirent les
prix au plus bas en faisant tra-
vailler de « nouveaux esclaves »,
qui viennent de partout et qui
sont payés au lance-pierres.
Nous avons été à l’initiative, en
juillet 2014, de la loi Savary.
Nous demandons qu’elle soit
réellement appliquée, avec des
contrôles effectifs sur les chan-
tiers. Le dernier problème, c’est
que dans le BTP, nous tra-
vaillons au forfait. C’est une
vieille réminiscence du Code
Napoléon qui n’est plus adap-
tée.
Aujourd’hui encore, les entre-
preneurs doivent s’engager sur
un prix, sans savoir s’ils vont
gagner ou s’ils vont perdre. Je
souhaiterais qu’on supprime ce
système du Code civil et qu’on
le remplace par des prix unitai-
res, qu’on multiplie en fonction
des quantités effectuées. Il n’y
aurait alors pas de voleurs et pas
de volés. »
PROPOSRECUEILLISPAR
HUGORICHERMOZ I
ENCHIFFRES█
2266
C’estlenombred’entreprises
duBTPrecenséesen2016dans
ledépartement,soit64demoins
qu’uneannéeplustôt.Depuis
septans,lenombred’entreprises
baissedansle64(ilétaitmonté
à2681en2011).
12314
C’estlenombredepersonnes
quitravaillentdansleBTPdansle
64.Aprèsdesannéesdebaisse,
cechiffreestrepartiàlahausse
en2016avec51personnes
deplusqu’en2015.Donc,
silesentreprisessontmoins
nombreuses,ellessontaussi
deplusenplusimportantes.
En2008,leBTPconcernait
14336personnesdansle64.
Degrandschantierssoutiennentl’activitédanslesecteurduBTP,commeiciceluideshallesdePau.Auniveaulocal,leplusgrosemployeurestlegroupepaloisMASquicompte
quelque650salariésdanssesrangs.©ARCHIVESNICOLASSABATHIER
AUSOMMAIRE
X
6grandschantiers P. 22
Unerepriseréellepour
lesartisans P. 23
Unplombierpourqui
l’activitérepart P. 24
Lecasse-têtedes
gravats P. 25
Lapaillepourisolant P. 26
Bâtirencontainers P. 27
Lesformations P. 28-29
Lescarrières P. 29
Lenumérique P. 30
22 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
Aveccessixgrandschantiers,l’activité
resteraSOUTENUE !
Actuellement, les travaux com-
pliquent le quotidien des auto-
mobilistes palois, mais aussi
celui des Orthéziens, dont le
centre-ville est en pleine réno-
vation, ou des usagers de l’A64
et de l’A63. Reste que ces chan-
tiers permettent aussi aux entre-
prises du BTP de bénéficier de
marchés conséquents et d’avoir
une certaine visibilité pour leurs
carnets de commandes et donc
leur santé économique. Et ce
n’est pas terminé. Dans le
département, d’autres grands
travaux devraient permettre de
soutenir l’activité d’ici 2025.
1.-LERÉSEAUTRÈSHAUTDÉBIT
Voilà qui devrait donner pas
mal de travail aux entreprises
spécialistes des réseaux. Pour
aménager son futur réseau très
haut débit et déployer la fibre
optique, le conseil départemen-
tal des Pyrénées-Atlantiques
prévoit d’investir 310 millions
d’euros. Le concessionnaire
devrait être choisi en 2018 et les
travaux pourraient débuter en
fin d’année. L’objectif est que
d’ici 2022, 90 % du territoire
départemental soit équipé.
2.-LEQUARTIERSARAGOSSE
A Pau, le quartier Saragosse
prépare sa mue. Dans le cadre
d’un grand programme de réno-
vation urbaine appuyé par
l’Etat, il doit être converti en
éco-quartier avec démolition de
logements, construction de
nouveaux immeubles et com-
merces, requalification de la
voirie et aménagement d’espa-
ces verts. Montant de l’enve-
loppe, 128 millions d’euros qui
seront injectés durant huit
années.
3.-LAPRISONDEPAU
Ce devrait être le gros chan-
tier de l’Etat des prochaines
années. L’agglomération de Pau
devrait être dotée, à l’horizon
2025, d’une nouvelle prison.
C’est le ministère de la Justice
qui construira le bâtiment au
Nord-Est de la ville, chemin de
la Lande, face àTotal. L’investis-
sement prévu atteint 100millions
d’euros, pour pouvoir accueillir
plus de 500 détenus.
4.-LESFUTURESLIGNESDEBHNS
Les agglomérations de Pau et
Bayonne sont actuellement
chamboulées par les travaux de
leurs grands projets respectifs
de bus à haut niveau de service
(BHNS), ces transports en site
propre qui doivent à la fois apai-
ser les villes, faciliter les dépla-
cements en luttant contre la
pollution atmosphérique. À Pau,
plus de 50 millions d’euros sont
investis pour une ligne de 6 kilo-
mètres entre le centre hospita-
lier et la gare. Au sein de l’agglo-
mération bayonnaise, le projet
est plus ambitieux : ce sont deux
lignes qui sont aménagées con-
comitamment sur respective-
ment 12 et 13 kilomètres pour
130 millionsd’euros.
Des travaux qui devraient en
appeler d’autres puisque de
nouvelles lignes de BHNS
devraient par la suite être amé-
nagées comme le prévoient les
plans de déplacement urbain.
D’ores et déjà, à Pau, les élus
évoquent une deuxième ligne.
Au regard des sommes que
nécessite ce type d’investisse-
ment, généralement plusde5mil-
lionsd’eurosdukilomètre,il devrait
y avoir des marchés pour les
entreprises de travaux publics.
5.-LADÉVIATIOND’OLORON
Le serpent de mer va-t-il enfin
prendre corps ? S’il a pris du
retard, en raison de la lenteur
des acquisitions foncières et est
désormais annoncé pour 2024
contre 2021 initialement, le pro-
jet de contournement d’Oloron
n’est pas abandonné.
Le conseil départemental et
l’Etat ont trouvé un accord fin
2016 pour mener à bien l’amé-
nagement de cette nouvelle
route qui doit relier, sur 3,6 kilo-
mètres, la zone de Gabarn à
Gurmençon avec un viaduc de
58 mètres et un tunnel de 392
mètres. Montant des travaux,
77 millions d’euros, dont 50 %
pour l’Etat et 50 % pour le
département.
6.-LESÉCHANGEURSDEL’A64
Autres projets structurants,
ceux des nouveaux échangeurs
sur l’A64 qui devraient voir le
jour à respectivement Morlaàs-
Berlanne, Orthez - LaVirginie et
Carresse-Cassaber. Du moins si
le gouvernement actuel con-
firme les options du plan de
relance autoroutier décidé par
le précédent exécutif ce qui n’est
pas encore acquis.
En tout, sur ces trois projets,
plus de 48millionsd’eurosseront
investis. Les tours de tables
associent le conseil départe-
mental, les collectivités concer-
nées mais aussi les usagers de
l’autoroute qui participeront
eux aussi par le biais d’une aug-
mentation des péages.
Lestravauxdubusàhautniveaudeservice(BHNS)battentactuellementleurpleinàPau.Maiscettepremièrelignedevraitenannonceraumoinsuneautre.©MARCZIRNHELD
Portée par les chantiers d’équipement mais aussi le mar-
ché de l’immobilier, la filière connaît actuellement une
certaine reprise. Et ce n’est pas terminé.
LEPLUSGROSCHANTIERDU
64POURRAITÊTRECELUIDE
LARÉNOVATIONDEBEDOUS-
CANFRANC,PLUSDE400
MILLIONSD’EUROS.MAISSA
RÉALISATIONN’ESTPAS
ENCORECERTAINE.
ZOOM
Logementsneufs :
inquiétudeavecla
disparitionduPinelàPau
Le changement de zonage de
l’agglomération paloise et sa sortie
du dispositif dit Pinel vont-ils freiner
la construction de logements
neufs ? C’est ce que semblent
croire plusieurs professionnels qui
envisagent une baisse des cons-
tructions de résidences et la révi-
sion, voire l’arrêt, de certains pro-
grammes. Le dispositif Pinel per-
met aux investisseurs de défiscaliser
par l’acquisition de logements neufs.
Si cet effet néfaste sur la promo-
tion se confirme, cela aura des con-
séquences sur l’activité des entre-
prises du bâtiment.
DOSSIER - Le BTP
23UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
Dansquellemesurele64a-t-ilététou-
chéparlacrisedubâtiment ?
Le creux de la vague a été
atteint à la fin de l’année 2015.
Sur le département, on a cons-
taté que la chute était un peu
moins importante que sur la
Côte basque. Par contre en
Béarn, dans les territoires ruraux,
la baisse a été flagrante. Dans
mon entreprise, j’avais trois sala-
riés et j’ai été le premier à ne pas
retenir quelqu’un qui voulait
partir.
Cettereprisesetraduit-elleenterme
d’embauches ?
En tout, il nous manque 1 000
emplois par rapport à l’année
2009. On était à 16 200 et
aujourd’hui nous sommes à
15 150 dans le secteur du BTP.
Mais ça commence à remonter
un peu. C’est pareil pour les
emplois intérimaires, qui sont
plus nombreux depuis quelques
mois. On voit bien que la reprise
est là, parce qu’on a de nouveau
du mal à embaucher. On va avoir
des difficultés à renouveler la
main-d’œuvre que l’on a perdue,
parce que ce sont des gens qui
ont parfois changé d’activité ou
qui se sont installés en micro-
entreprise.
Comment expliquez-vous cette
reprise ?
Je pense que les gens ont
repris confiance. On attend de
voir ce qui va émaner de la loi de
finances 2018, parce qu’il y a
beaucoup de choses qui ont été
annoncées. De plus, les taux
d’intérêts sont relativement fai-
bles. Il existe des aides à la réno-
vation, comme le crédit d’impôt
pour la transition énergétique
(CITE), qui incitent les gens à
faire faire des travaux. Si ces dis-
positifs sont maintenus, l’acti-
vité en rénovation se poursuivra.
C’est important pour nous parce
que pour les entreprises artisa-
nales, la rénovation énergétique
est un gros morceau.
Cetteaméliorationest-elleplussen-
siblesurlesconstructionsindividuel-
lesoucollectives ?
Sur l’ensemble du départe-
ment, on a noté une progression
de 9 %, toutes catégories confon-
dues, entre juin 2016 et juin 2017
par rapport à la période de juin
2015 - juin 2016. Sur les cons-
tructions individuelles, c’est de
l’ordre de 6 % contre 16 % pour
le collectif. Ce n’est pas unique-
ment de la rénovation puisque
le neuf repart aussi à la hausse.
Quellesmesuresseraient,selonvous,
utilespoursoutenircettecroissance
retrouvée ?
Ce que l’on attend, c’est un
allégement de charges et qu’il
soit ferme et définitif. Concer-
nant les normes, l’accumulation
nous pose de nombreux soucis.
Les professionnels et le gouver-
nement travaillent sur ces dos-
siers, mais on doit attendre la loi
de finances pour en savoir plus.
C’est pareil concernant la sup-
pression du Régime social des
indépendants (RSI) et notre
nouvelle affiliation, on ne sait
pas à quelle sauce on va être
mangé. Le plafond des micro-
entreprises a été doublé, ce qui
n’est pas bon pour nous puis-
que ces entreprises ne facturent
pas la TVA. Enfin, on aimerait
que le gouvernement soit un
peu plus ambitieux dans la
construction de logements
neufs.
Vous êtes donc confiant quant à la
poursuitedecetteamélioration ?
Oui, je suis confiant. Dans
mon entreprise, par exemple,
j’ai déjà réembauché une nou-
velle personne.
Vu la façon dont ça a redé-
marré, on pense que ça va se
poursuivre. Il y a au moins cinq
ou six ans qu’on n’avait pas eu
autant de commandes. Pas mal
de mes collègues recherchent
du personnel, c’est un signe de
la reprise de l’activité dans le
secteur du BTP ».
HUGORICHERMOZ I
«Unerepriseréellepourlesartisans»
PourPierreLavie,larepriseestbienlàmaiselledemeurefragile.©HUGORICHERMOZ
Pierre Lavie, le président
de la Confédération de
l’artisanat et des petites
entreprises du bâtiment
(Capeb) Béarn et Soule,
se réjouit de la reprise
de l’activité pour les petites
entreprises. Et se veut
confiant pour les mois
à venir.
DOSSIER - Le BTP
SILESAIDESÀLA
RÉNOVATIONÉNERGÉTIQUE
SONTMAINTENUES,CELA
INCITERALESGENSÀFAIRE
DESTRAVAUX
«ONSOUHAITERAIT
QUELEGOUVERNEMENT
SOITUNPEUPLUS
AMBITIEUXSUR
LACONSTRUCTION
DELOGEMENTSNEUFS»
24 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017DOSSIER - Le BTP
C’est à la fin de l’année 2016
qu’il a vraiment senti le vent
tourner. Après plusieurs
années au ralenti, l’activité de
la SARL Lorenço-Piters, basée
à Lons, a enfin redécollé il y a
un an.
« Il y a dix ans, on travaillait
avec trois salariés », explique
celui qui a repris il a trois ans
l’entreprise de plomberie-
chauffage de son beau-père,
Louis Lourenço. « Il y a ensuite
eu des départs à la retraite qui
n’ont pas été compensés. On a
eu une baisse du carnet de
commandes, surtout sur le
neuf. On avait toujours du tra-
vail avec notre clientèle régu-
lière, mais ce n’était pas
énorme. Aujourd’hui, on sent
qu’il y a une reprise de l’acti-
vité », constate-t-il.
Lacriseleurapermis
deseformer
Si la baisse d’activité a évi-
demment été préjudiciable à
la petite entreprise artisanale,
elle a au moins eu la vertu de
pousser Vincent et son équipe
à se former dans de nouveaux
domaines. « On s’est servi de
cette période plus calme pour
monter en compétences. Nous
proposons par exemple de
nouvelles solutions de chauf-
fage », détaille Vincent.
« La crise nous a également
permis de penser différem-
ment nos projets, d’élargir
notre zone géographique et de
créer une véritable démarche
commerciale » ajoute le jeune
entrepreneur.
Journées portes ouvertes,
site web : autant d’initiatives
nouvelles et nécessaires selon
l’artisan. « Le métier évolue, la
clientèle aussi. Par exemple,
sur certaines chaudières, il me
suffit de flasher un code-bar-
res pour connaître les pièces
détachées qui sont dedans. »
Ceux qui ne font pas la démar-
che de se former à temps ris-
quent ainsi d’en pâtir. Et de
rester à la traîne des évolutions
technologiques.
Uneembaucheàl’horizon ?
Forte de ces nouvelles com-
pétences, l’entreprise accueille
avec bonheur le regain d’acti-
vité, que ce soit en extension
d’habitation ou sur des cons-
tructions neuves. Mais son
patron reste vigilant quant aux
mesures gouvernementales.
« Il est clair que les crédits
d’impôts, notamment sur les
normes énergétiques, incitent
les gens à adapter leurs systè-
mes de chauffage. On espère
donc que ces dispositifs seront
maintenus », explique-t-il,
avec une pointe d’inquiétude
souvent partagée par les autres
artisans du secteur.
En attendant, même si la
reprise reste à confirmer, la
tendance est plutôt à l’opti-
misme. « Notre carnet de com-
mandes se remplit et on a de
la visibilité sur les six pro-
chains mois, ce qui n’était pas
le cas ces dernières années. On
voit aussi que le volume des
devis augmente, c’est un signe
de l’intérêt des gens. »
Pour faire face à ces nou-
veaux besoins, Vincent Piters,
qui travaille aujourd’hui avec
un ouvrier, pense à embaucher
une seconde personne, si pos-
sible en alternance. Un autre
signe qui ne trompe pas.
H.R.I
Comme beaucoup
d’artisans, Vincent Piters,
plombier et chauffagiste,
constate une reprise
d’activité dans son secteur.
Une bonne nouvelle
qui devrait l’inciter
à embaucher.
Certainsartisansontprofitédelacriseetd’unebaissedel’activitépourseformer
àdenouvellestechniques.©THINKSTOCK
Unplombier-chauffagistetémoigne :«Lecarnet
decommandesseremplitànouveau»
█ L’ARTISAN
VINCENTPITERSNPLOMBIER
ETCHAUFFAGISTE
«ONAUNEVISIBILITÉSUR
LESSIXPROCHAINSMOIS
CEQUIN’ÉTAITPASLECAS
CESDERNIÈRESANNÉES»
25UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017
Après y avoir investi près de
400 000 euros depuis 2014,
l’entreprise LafontTP a inauguré,
zone Louis au Nord d’Orthez, un
équipement désormais pleine-
ment opérationnel qui lui per-
mettrademarierdéveloppement
durable et bénéfice économique.
Au sein de la zone d’activités,
l’entreprise dispose aujourd’hui
de l’ensemble du matériel néces-
saire pour peser, stocker et con-
casser les gravats en vue d’une
utilisation ultérieure.
Si elle utilise d’ores et déjà ces
matériaux dans ses chantiers, la
société entend aussi proposer les
services de la plateforme aux
autres entreprises, tant au niveau
de la vente de déchets recyclés
que pour y déposer leurs propres
gravats.
Obligationlégale
Désireuse de capitaliser sur
l’obligation légale faite aux entre-
prises de recycler, l’entreprise
espère en effet capter puis factu-
rer une partie des gravats issus
des chantiers locaux.
Une solution certes onéreuse,
mais économiquement et écolo-
giquement moins lourde qu’une
noria de camions partant vers
des plateformes éloignées. La
rentabilité du site repose ainsi
sur ce postulat. « Si on se lance
trop tôt, on se casse la figure. Si
on y va trop tard, c’est pareil.
Mais on ne peut plus continuer à
mettre les déchets dans les
champs ou ils polluent les sols
[...] Aujourd’hui, c’est un impé-
ratif de recycler » ont estimé les
dirigeants Philippe Lafont et son
fils David lors de l’inauguration,
en insistant sur l’ensemble des
changements d’organisation
qu’implique ce nouveau para-
digme pour les salariés, entre tri
des gravats sur site et charge
administrative accrue par rap-
port à une décharge pêle-mêle.
Rachatd’unecarrièrefermée
L’entreprise vient par ailleurs
de se porter acquéreur, toujours
à Orthez, de l’ancienne carrière
de la Carmeuse, propriété du
groupe Omya et mise à l’arrêt en
mai 2016. Avec ce rachat, l’ambi-
tion est de combler la cavité avec
de la terre - et uniquement de la
terre, pas de déchets ou gravats
- issue de chantiers de terrasse-
ment puis par la suite de réhabi-
liter le site d’ici une décennie.
Objectif, combler 300 000 m2
puis laisser derrière elle un ter-
rain propre et arboré.
ARNAUDROSSIGNON I
Cet équipement permet
à la société familiale
orthézienne de marier
environnement et
économies.
Laplateformederevalorisationdesgravatsdel’entrepriseLafont.©DR
AOrthez,LafontTPainaugurécetteannée
uneplateformedereconversiondegravats
Depuis avril, le logo du groupe
Sogeba A3TP s‘affiche le long des
travaux du bus à haut niveau de
service (BHNS) de Pau. Basée au
Nord de la ville, cette société
d’une centaine de salariés fait
figure de petit poucet au milieu
des filiales de Bouygues (Colas),
Eiffage ou Vinci (Eurovia).
« Notre force c’est que l’on con-
naît les acteurs locaux, et qu’eux
aussi nous connaissent » détaille
Sébastien Labourdette, le patron
de Sogeba A3TP. Dans son
bureau, la couleur verte est
omniprésente. Vert comme ce
maillot de la Section Paloise au
milieu de la pièce. Mais vert
aussi comme la philosophie du
groupe installé avenue Alfred-
Nobel. « L’objectif, c’est d’être
calé sur le Grenelle de l’environ-
nement » revendique le patron.
Legravatcommematièrepremière
Pour cela, c’est du côté de
Reval BTP qu’il faut se tourner.
Cette petite structure de deux
salariés, intégrée au groupe,
arbore, elle, la couleur verte
directement sur son logo. « C’est
une idée maison », précise le
patron. L’idée de Reval est sim-
ple comme bonjour : il s’agit
tout simplement de réutiliser les
gravats des chantiers.
Grâce à un concasseur, les gra-
vats sont ainsi directement
retraités sur un terrain situé der-
rière le siège de l’entreprise, tan-
dis que la ferraille est isolée grâce
à un aimant. Les gravats sont
transformés en cailloux de tailles
différentes, qui sont réachemi-
nés sur les chantiers du groupe
ou bien vendus à d’autres entre-
prises du secteur.
Le camion rempli de gravats
repart donc chargé sur son
chantier avec des cailloux recon-
ditionnés. « Il peut arriver que le
même matériau revienne sur un
même chantier tout en étant
reconditionné ». Avantage : les
camions du groupe ne voyagent
jamais à vide, ce qui fait faire des
économies financières et permet
aussi de lutter contre les émis-
sions de CO2. C’est ce processus
qui est mis en œuvre dans les
différents chantiers du groupe.
Et c’est cette même technique
qui est utilisée par la Sogeba -
l’une des quatre entités du
groupe - dans le cadre des tra-
vaux du BHNS.
Ungroupeimplantélocalement
Pour ce patron de 40 ans, la
réactivité est l’autre clé pour
dénicher des chantiers. « Je bois
le café tous les matins avec mon
directeur de chantier. Dans un
grand groupe, il faut parfois en
référer à plusieurs niveaux. Cette
proximité est quelque chose de
très puissant pour nous ». Autre
clé de la réussite : un faible taux
de rotation dans ses effectifs.
« J’ai dans l’entreprise plusieurs
générations, avec parfois le père
et le fils. J’ai réussi mon travail
quand j’amène mes salariés
jusqu’à la retraite ».
Implanté dans une bonne par-
tie du grand Sud-Ouest, le
groupe Sogeba A3TP a fait de
son fief palois son territoire de
prédilection. Après être notam-
ment intervenu sur les travaux
de la place deVerdun ou bien sur
ceux du stade du Hameau, le
groupe palois se place, cette fois
encore comme un acteur local
de premier ordre.
KEVINESTRADEI
Afin de minorer les déchets,
les entreprises de travaux
publics mettent en place
des procédures et outils.
Exemple avec Sogeba.
SébastienLabourdette,lepatrondeSogeba,devantsesinstallationsdel’avenueNobeldePau©ASCENSIONTORRENT
Travauxpublics :faceaucasse-têtedesgravats
dechantiers,lesentreprisess’adaptentetinnovent
«NOTREFORCE,C’ESTQUE
L’ONCONNAÎTLESACTEURS
LOCAUXETQU’EUXNOUS
CONNAISSENT»
SÉBASTIENLABOURDETTE
ZOOM
Ungroupepourquatreentreprises
L’aventure commence en 2001 pour Sébastien Labourdette. À 24 ans,
l’entrepreneur palois crée A3TP, un groupe de travaux publics qui va gran-
dir jusqu’à compter aujourd’hui près d’une centaine de salariés. Une expan-
sion en plusieurs étapes : après avoir démarré en douceur, A3TP rachète
la Sogeba en 2010 quelques années après avoir déjà racheté Option, une
usine dont la spécialité est la fabrication d’enrobés. « Celui de la place de
Verdun vient de là », précise le patron. Quatrième entreprise : Reval, créée
en 2014, dont la spécialité est le retraitement des gravats. Avec 25 mil-
lions d’euros de chiffre d’affaires, le groupe A3TP Sogeba vise désormais
à maximiser la complémentarité entre ses quatre entreprises. « Quand la
Sogeba fait Verdun, elle prend sa matière première chez Reval. ».
En plus de la réutilisation directement par les autres entités du groupe,
Reval compte comme clients près de 250 entreprises qui viennent se four-
nir directement chez elle en matière première.
DOSSIER - Le BTP
26 UNE MERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017DOSSIER - Le BTP
N’allez pas conter à Florence et
Luc Claverie l’histoire des trois
petits cochons. Les deux archi-
tectes ne goûtent que très peu ce
« faux conte ancien qui a servi à
faire la pub des fabricants de bri-
ques ». Car si la maison en paille
du premier petit porcin s’envole
sous le souffle du loup, la réalité
est bien différente. « Essayez de
souffler sur un ballot de paille de
20 kilos... » ironise Florence.
Pour ces architectes basés à
Baliros,cerebutagricolepossède
des qualités d’isolant qui en font
un matériau précieux pour la
construction. « Premièrement, il
s’agit d’un matériau technique et
sérieux, sur lequel on a un recul
d’un siècle », assure Luc. « Pour
nous c’est très important, car on
ne veut pas proposer quelque
chose qui ne tient pas la route. »
Depuis les premiers essais, au
début du XXe
siècle dans le
Nebraska,latechniques’estamé-
liorée. « Il existe aujourd’hui des
règles professionnelles strictes,
comme pour n’importe quel
matériau. »
Lapaillestockelecarbone
Outre l’abondance de la res-
source(lafilièreestimequ’ilserait
possible d’utiliser 5 millions de
tonnes par an pour la construc-
tion,soit100foisplusqu’àl’heure
actuelle) et son faible coût, les
ballots de paille possèdent, selon
le duo d’architectes, des vertus
indéniables. « Par leurs caracté-
ristiques techniques, les bottes
de paille permettent d’avoir des
maisons passives », assurent-ils,
c’est-à-diredesconstructionsqui
gardent la chaleur en hiver et la
fraîcheur en été. Depuis dix ans,
ils en ont donc fait leur cheval de
bataille. « On s’est dit que c’était
bien d’avoir un matériau bio-
sourcéetquisoitunexcellentiso-
lant naturel. » De plus, comme le
bois, qu’ils utilisent pour struc-
turer les bâtiments, la paille a le
dondestockerlecarboneetdonc
d’avoir un impact positif sur le
réchauffement climatique.
En Béarn, la grande réalisation
du cabinet est l’établissement et
service d’aide par le travail (Esat)
de Salies-de-Béarn (lire ci-des-
sous),unlieuquiaccueilledepuis
un an des adultes handicapés.
« Après être passés par les quatre
saisons, nous sommes très satis-
faits du rendu en terme d’isola-
tion et de ce que ça génère
comme conditions de travail »,
témoigne Guillaume Goarré,
directeurdupôleEsat.« Cethiver
on a très, très peu allumé le
chauffage, ce qui nous a permis
de faire des économies assez
conséquentes à ce niveau. »
Unefilièrequivasedévelopper ?
Mais alors, si la technique
cumuleautantd’avantages,com-
ment expliquer que seules 2 000
constructions en paille existent
en France ? « Il y a une mécon-
naissance du matériau et une
image baba cool associée à ce
type de construction. Ce que
nous voulons, c’est nous défaire
de ça en montrant qu’il s’agit de
quelque chose de très sérieux et
qui génère de l’emploi qualifié et
non-délocalisable. »
Le Réseau Français de la cons-
truction en paille, qui œuvre au
développement de la filière, a
ainsi dévoilé des objectifs ambi-
tieux pour les années à venir.
Dans une lettre ouverte aux can-
didats à l’élection présidentielle,
il estimait pouvoir passer de 500
à 130 000 bâtiments par an d’ici à
2022 ! Florence Claverie abonde
en ce sens : « On est optimistes
quant à ce développement parce
qu’il existe beaucoup de gens
motivés et beaucoup de compé-
tences dans ce domaine. » Une
chose est sûre : ils y croient dur
comme fer ! Gageons qu’une si
bonne idée ne parte pas en
fumée.
H.R. I
InstallésàBaliros,les
architectesFlorenceetLuc
Claverievantentlespropriétés
desballotsdepaillepour
assureruneisolationefficace
etécologique.Unemanière
poureuxdes’adapteraux
enjeuxenvironnementaux.
L’utilisationdelapailledanslaconstructionestunprocessuséprouvédepuisunsiècle.Maisquitardeàdécoller.©DR
Etsilapailledevenaitl’isolantdufutur...
C’est au sein du Hameau Belle-
vue de Salies-de-Béarn, géré par
les PEP 64, qu’a été livré il y a
quelques mois un bâtiment à
base de paille mais aussi de bois
et construit par l’entreprise
Hourcade, basée à Charritte-de-
Bas en Soule.
Un premier bâtiment avait été
livré en 2013, donnant des résul-
tats encourageants. Un second a
donc été construit suite à un
appel à projet de l’Ademe
(l’Agence de l’environnement et
de la maîtrise de l’énergie). Ce
matériauaunegranderésistance
thermique et le bâtiment est dit
passif, n’ayant pas besoin de
chauffage. Autre avantage, ce
typedeconstructionproduitplus
d’énergie qu’il n’en consomme.
La paille stocke le CO2 au lieu
d’en rejeter et les bottes sont tel-
lement compressées qu’elles
réduisentlerisqued’incendiepar
leur faible concentration en oxy-
gène. Quant au coût, comme à
Salies, il est équivalent à celui
d’une construction convention-
nelle. En plus d’être écologique,
l’utilisation de la paille pourrait
donc se révéler économique
pour les constructeurs.
Salies,pionnièrepourlapaille
ASalies,lapaillepermetdeconserverunetempératureambiantestable.©ARCHIVESN.S.
27UNEMERCREDI 6
DÉCEMBRE 2017 DOSSIER - Le BTP
Habiter dans un container, cela
vous a-t-il déjà traversé
l’esprit ? Loin des « cabanes de
chantier » qui ne donnent pas
franchement envie de s’y instal-
ler, la société Quadrilater, basée
à Serres-Castet, ambitionne de
les transformer en habitat « haut
de gamme ».
Si l’idée de base était de les
transformer en maisons en
assemblant plusieurs pièces, le
concept n’a pas tout à fait pris.
« Les gens n’étaient pas prêts
pour ce type d’habitat », estime
Grégory Hourcadet, le président
de la société.
Unmodèleàimporter
La mire a donc été recadrée.
« Nous travaillons sur deux axes
principaux. Le premier con-
cerne l’habitat de loisir, avec des
studios pour remplacer le con-
cept de mobile-home, qui
devient vieillissant, ou faire une
extension d’une maison », expli-
que Frédéric Curiotti, le direc-
teur de la société. « Le second
axe, ce sont des restaurants,
notamment pour des gens qui
font de la restauration rapide. »
Il croit énormément dans ce
concept. « On a été obligés de se
canaliser. Il y a un réel engoue-
ment autour de la construction
en container. Les gens sont très
curieux de ce que l’on fait. »
Si la technique n’est pas cou-
rante en France, les habitations
en containers sont bien con-
nues dans d’autres pays. « En
Australie et dans les pays nordi-
ques, ce sont des constructions
communes. Ce sont pourtant
des endroits où les climats sont
très marqués, ce qui prouve les
propriétés énergétiques intéres-
santes des containers. On voit
bien que ce ne sont pas de sim-
ples boîtes en métal », détaille
le directeur, qui ajoute que ces
constructions sont conformes à
la réglementation thermique
RT2012.
Desambitionsnationales
Reste désormais à importer le
modèle et à démocratiser l’idée
d’habiter, ou de travailler, dans
un container. Dans l’atelier de
la société, où tous les modèles
sont fabriqués avant d’être
envoyés sur site, plusieurs chan-
tiers sont menés de front. On y
retrouve d’ailleurs l’ensemble
qui avait servi de loges VIP lors
du Grand prix automobile de
Pau en 2016.
Si les réalisations ont pour
l’instant été locales, Frédéric
Curiotti espère très bientôt
« inonder le marché national ».
L’offensive est prévue pour la fin
de l’année 2017. « Le gros avan-
tage, c’est que 95 % des cons-
tructions peuvent être assem-
blées dans notre atelier et trans-
portées directement sur le lieu
d’installation n’importe où en
France. Il suffit de quatre plots
en béton dans le sol. Il n’y a pas
d’incidence au niveau des tra-
vaux. »
Lelogementd’urgenceaussi
Il y voit également une possi-
bilité pour le logement
d’urgence (notamment grâce
aux propriétés antisismiques de
cette méthode de construction)
ou encore pour le logement sai-
sonnier, les unités pouvant sui-
vre les habitants au gré des
déménagements.
Avec cette autonomie de
transport, l’horizon semble
donc ouvert : reste à savoir
combien de clients franchiront
le pas.
HUGORICHERMOZ I
N Quadrilater, 795, rue de la Vallée
d’Ossau, Serres-Castet.
Tél : 05 59 98 33 09.
Achetés dans les ports
de Marseille ou du Havre,
plusieurs containers ont
atterri à Serres-Castet
où la société Quadrilater leur
donne une deuxième vie en
les transformant en habitat
de loisir, en studios ou en
restaurants.
ÀSerres-Castet,lasociétéQuadrilaterdeGrégoryHourcadettransformed’anciens
containersmaritimesenhabitations,studiosourestaurants...© HUGORICHERMOZETDR
Ladeuxièmeviedescontainersmaritimes
CETYPEDECONSTRUCTION
ESTRÉPANDUENAUSTRALIE
OUENEUROPEDUNORD
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Newsletter ReBin 3ème trimestre 2019
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Pyrénées Eco 2017

  • 1. Top100 Le classement des entreprises en Béarn et Soule Classements Lesportraits de15entreprises, valeursmontantes del’année P. 32à50 Focus Secteurpar secteur,lesplus bellesréussites del’année P. 5à10 Béarnoscope L’économie dudépartement retrouve lesourire P. 12à18 Photos Hugo Richermoz et archives P.P Pyrénées EcoSUPPLÉMENTGRATUITAUXÉDITIONSDUMERCREDI6DÉCEMBRE2017-NEPEUTÊTREVENDUSÉPARÉMENT 2017 BTP:larepriseest-elle FRAGILE? DOSSIER-11pages Dumieuxsurlescarnetsdecommandes,maisdesinquiétudesdemeurentX
  • 2.
  • 3. 3MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 SOMMAIRE Alors que 2017 s’achève, il est comme chaque année à la même époque, l’heure de prendre un peu de hau- teur et de se retourner sur l’année économique écou- lée. Avec, ne boudons pas notre plaisir, une matrice forte qui émerge de nos entretiens mais aussi des nom- breux reportages réalisés par nos journalistes ces der- niers mois. Comme dans beaucoup de territoires du pays, il flotte ici un regain d’optimisme, le sentiment que la reprise économique, souvent annoncée, est enfin là. Ce que démontrent d’ailleurs les différents indicateurs mais aussi les propos de Frédéric Cabar- rou, le directeur départemental de la Banque de France. Après la santé en 2016, l’envi- ronnement en 2015 et le numé- rique en 2014, nous avons choisi de revenir à une filière plus traditionnelle. Nous avons ainsi décidé de consacrer ce numéro de Pyrénées Eco 2017 au sec- teur du bâtiment et des travaux publics. Le BTP est en effet régulièrement présenté comme l’une des filières qui bénéficie le plus de la reprise éco- nomique. L’occasion pour nous d’aller voir si ce phé- nomène se vérifie aussi en Pyrénées-Atlantiques. Et de constater que la réalité est plus complexe. Les lecteurs de ce numéro trouveront aussi dans ces pages les très attendus classements des entreprises béarnaises, le général et par catégories, mais aussi le portrait d’une quinzaine d’entreprises. Enfin, rappe- lons que ce Pyrénées Eco annuel a maintenant des cousins. Des numéros thématiques - sur l’immobilier, l’agriculture ou lors d’événements comme les 30 ans d’Hélioparc - sont publiés tout au long de l’année. Et complètent la newsletter (inscriptions sur le site www.larepubliquedespyrenes.fr) diffusée chaque jeudi à la mi-journée et présentant les sept principales infor- mations économiques des derniers jours. ÉDITORIAL X LEBTPESTSOUVENT PRÉSENTÉCOMME L’UNEDESFILIÈRES ÉCONOMIQUESQUI BÉNÉFICIELEPLUS DELAREPRISE ÉRICNORMAND C’estbienl’heuredelareprise Supplémentauxéditionsdatéesdu6décembre2017de LaRépubliquedesPyrénées, SudOuest(éditionBéarnetSoule)etEclairPyrénées. -RéaliséparP.P.S.A.Coordination :EricNormandetOlivierBonetti. -ImprimerieP.P.S.A.,ZIBerlanne,64160Morlaàs. Pyrénées Eco DOSSIER-LE BTP PAGES 20 à 30 XBâtiment:lacraintedenepasprofiterdelareprise Le diagnostic d’Emmanuel Caro, président de la Fédération du BTP 64 et de son délégué général, Patrick Lacarrère. Pages 20-21 X6grandschantiersquisoutiennentl’activité Portée également par le marché de l’immobilier, la filière du BTP connaît une certaine reprise actuellement. Page 22 XUnerepriseréellepourlesartisans Pierre Lavie, le président de la Capeb et un plombier-chauffagiste cons- tatent que les carnets de commandes se remplissent. Pages 23-24 XTravauxpublics:lecasse-têtedesgravats Des entreprises s’adaptent et innovent. Page 25 XEtsilapailledevenaitl’isolantdufutur... Le procédé aux multiples avantages a fait ses preuves. Page 26 XLadeuxièmeviedescontainersmaritimes Une entreprise de Serres-Castet les transforme en habitations. P. 27 XLesenjeuxdelaformationdansleBTP Plusieurs organismes, mais une seule exigence : la qualité. P. 28-29 XLescarrières,toujoursindispensables Pas d’aménagement du territoire sans granulats. Page 29 XDesopportunitésaveclenumérique Bourso-Bat permet de répondre plus vite aux appels d’offres. Page 30 ©ARCHIVESNICOLASSABATHIER XLESFOCUS Industries, agroalimentaire, services, transports, enseignement supérieur, numérique : le point sur des innova- tions, des réussites, avec des chif- fres clés... Pages 5 à 10 XLEBÉARNOSCOPE Pyrénées Eco prend le pouls de la santé économique du département en interrogeant décideurs et institutionnels. Pages 12 à 18 XLESCLASSEMENTS Ces sociétés qui réussissent avec le Top 100 des entreprises en Béarn et Soule et les Top 50 par branches d’activités (commerce, industries, agroalimentaire, BTP, export et services). Pages 32 à 50 La société 3C Metal de Philippe Boy bouillonned’idées.© FRANCKMESLIN LeBHNS(busàhautniveaudeservice)dePau fonctionneraavecunepileàhydrogène.©DR
  • 4.
  • 5. 5UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 Groupe coopératif pionnier, Euralis est née de la volonté des agriculteurs de valoriser durablement et ensemble leurs productions animales et végétales. La coopérative participe au maintien d’une agriculture diversifiée en accom- pagnant au quotidien 8 300 agriculteurs coopérateurs sur son territoire. Nous développons ensemble des filières alimentaires durables, nous inno- vons en permanence pour répondre aux attentes de nos clients. Euralis est un acteur du développement économique et social des territoires. Ensemble nous cultivons la qualité pour nourrir la confiance. ENSEMBLE CULTIVONS LA QUALITÉ POUR NOURRIR LA CONFIANCE www.euralis.fr TOTALPOSE UNEPIERRE DEPLUSENBÉARNNégociant actuellement sa diversifica- tion en direction des énergies renouve- lables, le pétrolier Total n’oublie pas les fondamentaux, ni son fief du Béarn. Le groupe a ainsi inauguré au mois de mars, à Artigueloutan, son centre de mesures physiques de roche. Bâti sur un ancien site gazier devenu friche industrielle, occupant 500 m2 sous une hauteur de 12 mètres, cet équi- pement a nécessité un investissement de 7 millions d’euros et fera travailler, dans un premier temps, une dizaine de personnes. Ce centre, dont l’exploitation a été con- fiée à la société SEMM Logging, basée dans le Cher et qui s’est implantée récemment dans la région, sera aussi ouvert aux concurrents de Total. Ce cen- tre servira à calibrer et certifier les outils permettant de mieux connaître les roches avant de débuter un forage. Il s’agit, in fine, d’optimiser les campagnes d’exploitation et de minorer leurs coûts. Le centre d’Artigueloutan est appelé à recevoir des galettes de roches issues de l’ensemble de la planète. Lecentred’Artigueloutaninauguréaumoisdemars. ©ARCHIVESASCENCIONTORRENT NouveaupatronchezTorayCarbonfibers L’industriel japonais du Bassin de Lacq, spécialisé dans la pro- duction de fibres de carbone, a un nouveau patron. Jean-Marc Guilhempey a pris la suite cette fin d’année de Bernard Martin, qui avait lui-même succédé à Michel Brisson cinq ans plus tôt. Jean-Marc Guilhempey est un bon connaisseur de l’entre- prise puisqu’il est entré chez Soficar, devenue Toray Carbon Fibers Europe, en 1985. Il était jusqu’à présent directeur des unités industrielles et aura à conduire le développement d’un groupe qui emploie 420 personnes à Lacq et Abidos. ©DR-LAURENTPASCAL ENCHIFFRES █ 4000C’estlenombredenacelles fabriquéeschaqueannéeparlegroupe TimeVersalift.L’entreprises’installe enBéarnenouvrantuneunitésurlazone deMorlaàs-Berlanneavecunevingtaine depersonnespourcommencer. LesmoteursdeSafran HelicoptersEngines (ex-Turbomeca) exposésauBourget. ©ARCHIVESERICNORMAND Hélicoptères :Safranentrevoitlareprise Après avoir encaissé une forte baisse de ses ventes, conséquence directe de l’effondrement du marché des hélicoptères civils, l’industriel de Bordes, où il fait travailler 2 500 personnes, entrevoit la reprise et espère repasser le cap des 1 000 moteurs vendus à l’horizon 2020- 2021. En 2016, ce sont 708 moteurs qui ont été vendus par Safran Helicopters Engines. L’entreprise table sur un regain du marché grâce aux pays émergents mais aussi aux nouvelles familles de moteurs comme l’Arrano ou l’Aneto. Dans le même temps, Safran poursuit la modernisation de ses processus de fabrication avec le déploiement de lignes dites du futur dans son établissement de Bordes. FOCUS DE L’INDUSTRIE
  • 6. 6 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LAFROMAGERIEDES CHAUMESVEUTAUGMENTER SAPRODUCTION Propriété du groupe Bongrain, la fromagerie basée à Jurançon prépare un gros projet de développe- ment. Il s’agirait notamment de quasiment dou- bler sa production de Saint-Albray et de la faire passer de 11 000 à 20 000 tonnes par an. Une quarantaine d’emplois pourraient être créés grâce à cet investissement qui devrait passer par un réaménagement de l’outil de production. La Fromagerie des Chaumes emploie 350 per- sonnes à Jurançon, et une centaine à Mauléon. En Soule, elle affine l’Etorki alors qu’à Jurançon ce sont le Saint-Albray et le Brebiou qui sont pro- duits. Le Saint-Albray a fêté son quarantième anniversaire en 2016 et plus de 300 000 tonnes ont été produites en quatre décennies. Pour cette fabrication, la Fromagerie des Chaumes collecte 60 millions de litres de lait par an. Le site de Jurançon travaille avec 200 producteurs issus essentiellement du Béarn et du sud des Landes. Lafromagerieveutquasimentdoubler saproduction deSaint-Albray.© RODOLPHEMARTIN VignasseetDonneychezVivadour Surprise de taille cette année dans la filière bovine. L’entreprise béarnaise d’Artix Vignasse et Donney, spécialiste de la découpe, est en effet passée sous pavillon gersois en étant reprise par la coopérative Vivadour. Ancienne filiale de la CELPA (elle-même reprise quelques années plus tôt par Euralis), Vignasse et Donney assure les débouchés de 300 éleveurs et est leader du segment Label Rouge de la blonde d’Aquitaine. ©MARCZIRNHELD ENCHIFFRES█ 30C’estlenombredebougies souffléescetteannéeparMatocq, leproducteurdefromagesOssau-Iraty, baséàAsson.Lafromagerieappartient depuis2000augéantLactalis etcommercialise1650tonnes defromagesparan. Unnouveloutil pourl’entrepreneur JacquesBignalet. ©ARCHIVESARNAUDROSSIGNON ABellocq,Bignaletinauguresonnouveloutil Dans la zone d’activité de Bellocq, à la sortie de l’A64, l’entreprise familialedeboucherie-charcuterieaprispossessioncetteannéedeson nouveau laboratoire de transformation et de conserverie de l’entre- prise. C’est de là que partiront les produits qui alimenteront ensuite les étals des boutiques d’Orthez, Pouillon, Habas, Mugron et Tyrosse. En plein développement, l’entreprise emploie 35 salariés, dont 20 seront basés à Bellocq, et revendique un chiffre d’affaires de près de 5 mil- lions d’euros. Le patron Jacques Bignalet nourrit désormais un autre projet : créer des halles gourmandes dans l’ancien abattoir d’Orthez. FOCUS DE L’AGROALIMENTAIRE
  • 7. 7UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 DPGdevientEssoretgagne uneaudiencenationale L’opérateur spécialisé dans l’immobilier d’entrepri- ses, dirigé par David Pouyanne et dont le siège social est à Lons, change de nom et devient Essor. Un an après la reprise du groupe nantais Delta, l’entreprise béarnaise revendique une centaine de salariés et neuf agences en France. Essor, dont la filiale déve- loppement est conduite localement par Jean-Yves Langla (au centre sur la photo), espère atteindre les 150 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’hori- zon 2020. S’il conserve des projets en Béarn, comme l’aménagement de la zone d’activités Pola- ris à Pau, Essor a désormais une audience natio- nale et a même des projets en Afrique. ©ARCHIVESPIERRE-OLIVIERJULIEN ENCHIFFRES█ 7000C’estlenombredecolisque peutchaquejourtraiterlanouvelleagence ChronopostdeMorlaàs.Lafilialedela Poste,spécialiséedanslalivraisonde colis,s’estdotéedecetteplateforme ultramodernepourrépondreàl’explosion d’unmarché,boostéparlee-commerce. SuperUcontinueson offensiveenBéarn. Alorsquel’enseigne préparesonarrivée àArtix,l’ancien Intermarchéd’Orthez estpassésous sabannière. ©ARCHIVESMARCZIRNHELD L’offensivedeSuperUenBéarn Peu présent il y a quelques années, le distributeur Super U continue à tisser sa toile en Béarn. Et a réalisé deux jolis coups cette année. D’abord en faisant tomber dans son escarcelle l’Intermarché d’Orthez. Après 35 ans d’activité sous la bannière des Mousquetaires, l’hyper- marché de la zone des Soarns, créé et dirigé par Alain Suzan, a en effet rouvert sous les couleurs de Super U. Tout comme la station-service ou encore le magasin auto. Dans le même temps, Super U prépare son arrivée à Artix, zone Eurolacq II, et a obtenu l’autorisation d’y implan- ter un magasin de 3 500 m2 avec drive et station-service. FOCUS DES SERVICES 6632060-es C réé en 1949 le Syndicat d’Energie de Pyrénées-Atlantiques (SDEPA) regroupe aujourd’hui les 546 communes du département.Autorité organisatrice de la distribution d’énergie. Le Syndicat est amené à gérer le réseau public de distribution électrique et de gaz par délégation confiée à ENEDIS et GRDF. ‰ 200 millions investis pour améliorer les réseaux de distribution électrique. Au cours des dix dernières années, le SDEPA a investi plus de 200 millions d’euros sur les réseaux électriques du département pour en améliorer la qualité, ce qui s’est traduit notamment par l’enfouis- sement de plus de 400 kms de réseau électrique durant cette période et la sécurisation de 1 000 kms de lignes aériennes vétustes dans les zones rurales. Pour exemple, le SDEPA engage actuellement, en coordination avec les Syndicats mixtes des Transports des agglos Paloises et Basques, l’enfouissement des lignes électriques aériennes ancien- nes, en accompagnement des travaux de terrassement des projets de Bus à Haut Niveau de Service. ‰ Les énergies renouvelables facteur de développement économique Si le SDEPA, a d’ores et déjà réalisé de nombreuses installations photovoltaïques, notamment sur des bâtiments publics, cette production décentralisée d’électricité n’est pas la seule solution pour recou- rir aux énergies renouvelables. Celles-ci s’inscrivent aussi dans une démarche de développement durable et doivent clairement contribuer au développement économique local. Les récents réseaux de chaleur collectifs réalisés par le SDEPA font appel par exemple à la ressource bois locale produite et transformée dans un rayon de 20 kms autour des installations. Une filière amont de production de plaquettes bois peut ainsi se structurer et les forestiers locaux, en retirer les bénéfices. De la même manière, la production de bio gaz à partir des déchets de consommation ou des effluents et déchets agricoles est plus que jamais à l’ordre du jour. Le Syndicat va donc prochainement étudier la possibilité de porter de tels projets avec des groupements d’agriculteurs. ‰ Investir sur l’éclairage public Un vaste programme de remplacement des luminaires anciens vétustes et énergivores par des équi- pements performants faisant notamment appel aux leds comme sources lumineuses, a également été engagé. Deux millions d’euros sont provisionnés sur les communes du Département pour rem- placer près de 12 000 points lumineux, et diviser par deux les consommations énergétiques cor- respondantes. Un vrai plus pour les budgets communaux ‰ Se grouper pour acheter l’énergie Avec plus de 250 communes adhérant au dispositif qu’il a mis en place en matière d’achat d’énergie, le SDEPA s’est fortement professionnalisé dans ce domaine. Dans un contexte généralisé d’ouverture du marché à la concurrence, les offres sont souvent difficiles à analyser et les moyens nécessaires à consacrer à ces questions sans cesse grandissants. Par la mutualisation le Syndicat propose ainsi aux communes une solution clé en main. ‰ Une convention signée avec la Région pour la transition énergétique En signant une convention avec la Région en présence du Président Alain Rousset, le SDEPA est clai- rement identifié comme le chef de file de la transition énergétique locale. Cette convention, signée pour trois ans, décline de nombreux axes d’actions lesquels, pour une large part, rejoignent les initia- tives déjà engagées par le SDEPA. Comme l’indique le Président de Nouvelle Aquitaine, « le SDEPA dispose d’un savoir-faire et d’une histoire en matière énergétique, autant s’appuyer sur ce qui marche déjà ». Cette assise institution- nelle permettra désormais au SDEPA d’agir pleinement sur le territoire dans ce domaine avec des moyens accrus. ‰ La fibre optique aussi Amener la fibre optique jusqu’à chez l’usager (projet départemental) sera largement facilité par la mise à disposition du réseau électrique aérien et souterrain. Le SDEPA, avec ses entreprises de travaux, COREBA, SOCAELEC, COPELEC, ETPM accompagnera donc ce projet au cours des prochaines années. www.sdepa.fr l Tél. 05 59 02 46 71 Le SDEPA acteur économique majeur du territoire - PUBLICITÉ - Signature de la convention par Alain ROUSSET, président du Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine, Denise SAINT-PÉ et Barthélémy BIDÉGARAY, nouveau président du SDEPA. *Le Syndicat D’Energie des Pyrénées Atlantiques est un regroupement de communes, spécialisé dans le domaine de l’énergie, propriétaire des réseaux publics d’électricité et de gaz,que l’on appelle AODE (Autorité Organisatrice de la Distribution d’Energie). LACUREDEJOUVENCEDESTHERMES DESALIES-DE-BÉARN En inaugurant ce début d’année leur escale sensorielle, véritable parcours de bien-être au sein de l’établissement, les Thermes de Salies complètent leur offre. En un peu plus de six ans, depuis sa reprise par la puissance publique dans le cadre d’une société d’économie mixte, cinq millions d’euros ont été investis pour remettre d’aplomb un établissement thermal, le premier duBéarn,quiséduitchaqueannéeplusde4500 curistesmaisaussi60 000personnesenquête de bien-être. L’escale sensorielle représente, elle, un investissement de 636 000 euros. Avec son « lagon de la mer Morte » et son bas- sin d’une exceptionnelle salinité, sa salle de chromothérapie ou son système d’halo- thérapie, les thermes, dirigés par Chantal Manescau, proposent une expérience uni- que qui doit permettre de séduire une clientèle locale, nationale, voire interna- tionale. D’ores et déjà, les premiers mois de fréquentation à la suite de l’ouverture des nouveaux espaces, ont montré un fort intérêt de la clientèle. L’escalesensoriellereprésenteuninvestissement dequelque636000euros.©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
  • 8. 8 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LESLIGNESÀGRANDE VITESSESUD-OUEST TRÈSCOMPROMISES C’est lors de l’inauguration de la ligne fer- roviaire à grande vitesse Bretagne que le président de la République a annoncé une pause dans les grands projets d’infra- structures. En cause, leurs coûts mais aussi le fait que de plus en plus de ces grands projets sont contestés. Les LGV du Sud-Ouest, qui doivent permettre de relier Bordeaux à Dax et Toulouse semblent donc encore un peu plus compromises. Rejetée sur le terrain par les riverains, les associations envi- ronnementales et de plus en plus d’élus, la LGV GPSO (Grand projet du Sud-Ouest) doit per- mettre aux habitants du 64 de gagner une vingtaine de minutes sur la liaison avec Paris. Le gou- vernement, tout comme la SNCF d’ailleurs, plaident aujourd’hui pour une amélioration des lignes existantes. En attendant, avec la mise en service de la LGV SEA (Sud-Europe atlantique), qui relie Tours à Bordeaux, une heure a déjà été gagnée entre Paris et les Pyrénées-Atlanti- ques. Il faut aujourd’hui moins de 4h pour relier Bayonne ou Orthez à Paris et, selon les trains, entre 4h09 et 4h20 (le plus souvent) pour ceux qui rejoignent Montparnasse depuis Pau. AveclaLGVSEA,uneheureadéjàétégagnéeentrele64 etParis.©ARCHIVESASCENCIONTORRENT Leséchangeursdel’A64verront-ilslejour ? L’année 2016 avait vu l’annonce de leur aménagement et le premier semestre 2017 la conclusion des tours de table. Reste qu’on ne sait plus trop aujourd’hui où en sont les projets de nouveaux échangeurs sur l’A64. Devant voir le jour à Carresse-Cassaber, Orthez et Morlaàs, intégrés dans le plan de relance autoroutier du précédent gouverne- ment, leur pertinence est désormais contestée par l’Arafer, l’autorité de régulation des infrastructures. L’avis très critique du gendarme des autoroutes pourrait notamment inciter la ministre des Transports, Elizabeth Borne, à réviser cet ambitieux programme pour le Béarn. ©ARCHIVESJEAN-PHILIPPEGIONNET ENCHIFFRES█ 15MILLIONSC’estlecoût del’étudequiseramenéepourrouvrir letronçonferroviaireentreBedouset Canfrancmaisaussiintégrerdenouveaux aménagementscôtéfrançais.50%sera prisenchargeparl’Unioneuropéenne, leresteparleconseilrégional. Longde18mètres, lefuturBHNSdePau, demarqueVanHool, seraunbusélectrique dotéd’unepile àcombustible àhydrogène.©DR L’agglodePaumisesurlesbusàhydrogène Le futur Bus à haut niveau de service (BHNS), dont la première ligne, sera mise en service en septembre 2019, roulera avec une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène. Ce sera le premier BHNS à utiliser cette motorisation dans le monde. C’est la société belge Van Hool qui fournira les bus articulés, long de 18 mètres et pouvant accueillir 125 personnes. Le groupe Engie, via sa filiale GNVert, aura pour mission d’exploi- ter la station hydrogène qui sera construite dans l’enceinte d’Idélis, au Nord-Est de Pau. La première ligne, dont les travaux sont en cours, reliera la gare à l’hôpital. Mais une ligne 2, sur un axe Est-Ouest, est aussi en projet. FOCUS DES TRANSPORTS
  • 9. 9UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LAPREMIÈREANNÉEDESÉTUDESDESANTÉ INSTALLÉEÀPAUC’estunepetiterévolutiondans le paysage local de l’enseigne- ment supérieur. Depuis cette rentrée,l’offredeformations’est élargie avec l’installation de la PacespourPremièreannéecom- muneauxétudesdesanté.C’est l’UniversitédeBordeauxquiàla chargedecetenseignementqui a trouvé asile au sein de l’Uni- versité de Pau et des Pays de l’Adour.163étudiantssontins- crits dans ce cursus. Le conseil régional comme l’agglomération de Pau ont mis la main à la poche pour permettre cette décentralisationquipourraitêtresuivied’autres(Dax,AgenouPérigueux)danslarégion. Les cours magistraux sont suivis à distance depuis un amphithéâtre au sein de l’UFR de droit.Deuxsallesdecoursimmersives,l’uneàl’UFRdedroit,l’autreàl’ENSGTIsontdédiés aux enseignements dirigés. La Paces est le passage obligé pour exercer les professions de médecin, mais aussi de dentiste, sage-femme, kinésithérapeute ou pharmacien. 163 étudiants sont inscrits dans ce cursus cette année. ©ARCHIVESJEAN-PHILIPPEGIONNET L’Estiaaussimonteenpuissance Pendant que le campus de Pau se développe sous l’impulsion de l’UPPA, au Pays basque, c’est l’Estia qui nourrit de gros projets de développements. L’Ecole supérieure des technologies industrielles avancées, qui dépend de la CCI Pays basque et est basée à Bidart, souhaite passer de 850 à 1 000 étudiants par an d’ici trois ans. Pour cela, un nouveau bâtiment sera construit dans le pro- longement des deux existants. ©ARCHIVESÉRICNORMAND ENCHIFFRES 8C’estdésormaislenombredesitesduCNPC, l’Ecoledecommercedusportdontlesiègeest àLescaretquidépend delaCCIPau-Béarn. AprèsGrenoble, Mulhouse,Paris,Orléans, Quimper,LaRéunionet biensûrLescar,leCNPC s’implanteeneffet àMiramasdansles Bouches-du-Rhône. LeprésidentMohamed Amaraetledirecteurdu projeti-siteGilles Pijaudier-Cabot. ©ARCHIVESJEAN-MARCFAURE Deschercheursàrecruterpourlelabeli-site Désormais labellisée i-site, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (13 000 étudiants) va bénéficier de fonds supplémentaires et se restructurer en trois collèges. Positionnée dans le domaine des solu- tions pour l’énergie et l’environnement, elle vise surtout à augmenter ses effectifs de chercheurs et ambitionne de passer de 250 docto- rants aujourd’hui à 375 en 2021. Des appels à projets sont lancés dans cette optique. D’ici quatre ans, l’UPPA pourrait de plus accueillir une soixantaine d’enseignants-chercheurs supplémentaires. Et 50 % des enseignements à partir de master se feront en anglais. FOCUS DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
  • 10. 10 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 URBAN&YOU, LASTART-UP QUIMONTE Avec Mapotempo, repris ce début d’année par Octime, c’est l’autre start-up béar- naise qui perce. Pensée et mise au point par Jean et Nathalie Larradet, le premier directeur informatique, la seconde architecte, la start- up paloise Urban & You a mis au point un algorithme, avec l’appui de l’école d’ingénieurs l’EISTI, qui permet de visuali- ser le potentiel constructible des parcelles. Elle cible ainsi les professionnels de l’urbanisme, de l’immobilier, de la construction, du notariat... mais aussi toutes les collectivités qui tra- vaillent actuellement à leur document d’urbanisme (PLUI, PLU, SCOT). De quoi permettre à tous de gagner un temps précieux. A peine son produit commercialisé sur le marché, la start- up a déjà séduit ses premiers clients et même les investisseurs puisque le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne est entré à son capital. Et déjà les effectifs d’Urban & You augmentent. La start-up a été récompensée lors des trophées e-py 2017 dans la catégorie meilleure inno- vation digitale mais aussi au salon des maires et des collectivités. Sans doute qu’un début. L’équiped’Urban&Youdansseslocauxd’Hélioparc©ARCHIVESERICNORMAND Unincubateurdegrandesécoles Son nom c’est l’EntrePau. Inauguré cette année, ce nouvel outil est un incubateur installé au sein de la technopole Hélioparc, porté par l’UPPA et les grandes écoles paloises. Il propose un espace de coworking mais aussi un lieu de travail, une salle de repos et une salle de réunion. Ceci afin de permettre aux jeunes entrepreneurs de faire matu- rer leurs projets et de les peaufiner dans les meilleures conditions possibles. ©ARCHIVESJEAN-PHILIPPEGIONNET ENCHIFFRES█ 30C’estlenombredebougies souffléescetteannéeparlatechnopole paloiseHélioparccrééeen1987surlesite del’anciencentrederecherchesd’Elf. Hélioparcabriteaujourd’hui150raisons sociales,soit1300personnes. D’icicinqans,90%du territoiredesPyrénées- Atlantiquesdevraient êtreéquipésdutrèshaut débit.©ARCHIVESANTONINNICOL Legrandchantierdutrèshautdébitestlancé Equiper 90 % du territoire des Pyrénées-Atlantiques d’ici cinq ans, c’est l’ambition du conseil départemental. 310 millions d’euros doivent être investis dans ce dessein avec le soutien de financeurs comme l’Etat, qui a accordé 67 millions d’euros, la Région encore ou l’Union européenne.Lesdifférentesintercommunalitésdudépartementseront elles aussi sollicitées pour participer au tour de table et un syndicat mixte constitué pour mener à bien ce projet. Un opérateur sera ensuite désigné, sans doute courant du premier semestre 2018, avant un début de travaux en milieu d’année. Seule certitude à ce jour, tous les grands du secteur sont intéressés. FOCUS DU NUMÉRIQUE Unepartie del’équipe deLumenAI avecle fondateur Sébastien Loustau (àgauche). ©ARCHIVESERICNORMAND LumenAImisesurl’intelligenceartificielle Basée elle aussi à la technopole Hélioparc, la start-up LumenAI pourrait être l’une des pépites locales du numé- riquedanslesprochainesannées.Crééeparl’enseignant- chercheur béarnais Sébastien Loustau, revenu au pays pour une aventure entrepreneuriale après des années universitaires à Angers, LumenAI compte déjà huit col- laborateurs entre Pau, Paris, Rennes et Nantes. LumenAI a investi le créneau prometteur de l’intelligence artificielle. Grosso modo, elle exploite des données pour mettre ensuite au point des algorithmes qui trouveront ensuite des applications dans la finance, l’industrie, l’énergie, les transports... «C’est un outil d’aide à la déci- sion pour les chefs d’entreprise » explique Sébastien Loustau, le fondateur de LumenAI. Sa jeune start-up a décroché la bourse French Tech de la BPI et est soutenue par le conseil régional et le Crédit Agricole via son dis- positif le Propulseur. Le fichier clients s’étoffe peu à peu et revendique des entreprises comme TIGF, Total, Accor ou encore Suez. LumenAI essaye aussi de prospecter auprès des industriels locaux et annonce par ailleurs des contactsaveclaDirectiongénéraledel’armement(DGA).
  • 11.
  • 12. 12 MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE DE L’ÉCONOMIE RÉGIONALE DÉCRYPTAGE X L’économie du64retrouve lesourire Ce n’est pas seulement une impression, un sentiment, quelque chose qui flotterait dans l’air mais que l’on aurait du mal à saisir. Il s’agit là de chiffres, d’indicateurs, de don- nées. Et tous disent que l’économie des Pyrénées-Atlantiques se porte mieux. Certes, ce phénomène s’inscrit dans un mou- vement national et régional. La France va mieux qu’hier, peut espérer une croissance inédite depuis 10 ans et la Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions les plus attractives de France. Dans ce tableau, il était normal que le territoire basco-béarnais arrive aussi à profiter du retour du soleil. C’est ce que décrypte, Frédéric Cabarrou, dans le long entretien qu’il nous a accordé. Pour autant, quelques nuages subsistent et les responsables des grandes filières industrielles du département, que ce soit la chimie, la métallurgie ou l’agroalimentaire, disent tous que les entreprises ne sont pas encore sorties d’affaire. Reste que, comme le dit l’adage, «quand le bâti- ment va, tout va.» Et forces est de consta- ter que le BTP, à qui nous consacrons cette année notre dossier central, a repris un peu de poil de la bête, porté par les grands chantiers publics mais aussi certaines mesures comme le dispositif Pinel ou le prêt à taux zéro. Mais là aussi, des inquiétudes se font jour et certains profes- sionnels craignent, à la lumière de décisions récentes, que la reprise soit coupée dans son élan. L’avenir nous dira s’ils avaient raison. MÊMESIL’ÉCONOMIE LOCALESEMBLEÊTRE SORTIEDELACRISE, DESINQUIÉTUDES DEMEURENT
  • 13. 13MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE DE L’ÉCONOMIE RÉGIONALE Vousavezprisvosfonctionsdedirec- teurdelaBanquedeFranceenPyré- nées-Atlantiquesenjuin.Quelestvotre premierdiagnosticsurlasantééco- nomiquedudépartement? L’économie du département est à la fois diversifiée et dyna- mique. Diversifiée avec une forte composante industrielle et de grands donneurs d’ordres. Que ce soit dans l’aéronautique, avec Safran ou Dassault, dans la pétrochimie avecTotal et le bas- sin de Lacq.Tout cela draine une sous-traitance significative avec un réseau dense d’entreprises de proximité. L’agroalimentaire est aussi très présent avec deux grandes coo- pératives, Lur Berri et Euralis, et une agriculture également très diversifiée. Enfin, si le gros de l’industrie est en Béarn et Soule elle n’est pas absente de la Côte basque où il existe d’ailleurs toute une activité textile liée à la présence de la glisse. Il y a donc un socle industriel aux côtés d’une activité de ser- vices, avec une filière touristique assez importante, que ce soit en montagne et sur le littoral. Tout cela fait que le département bénéficie d’une attractivité importante et contribue à dyna- miser des secteurs comme l’immobilier, le bâtiment. Est-cecesacquisquiexpliquentque letauxduchômagedu64soitplutôt bas quand on le compare à celui d’autresterritoires? Le fait d’avoir cette diversité fait que notre économie a été très résiliente. Et maintenant, on voit bien que la reprise est là, au niveau national même si elle reste insuffisante, avec une crois- sance qui devrait se situer autour de 1,7% cette année soit la plus forte depuis 2010, mais aussi au niveau régional, et enfin au niveau départemental. Le chô- mage est aujourd’hui à 7,9% dans le département alors que nous étions à 8,2% l’an dernier. Vousparlezderésilience.Lesecteurde lapétrochimie,trèsimpactéparlabaisse descoursdubaril,ena-t-ilfaitpreuve? Cela fait partie, il est vrai, des points actuels de fragilité. Et pas uniquement pour la filière du pétrole. Regardez ce que l’on constate, dans l’aéronautique, à la fois pour les hélicoptères, uti- lisés sur les plateformes offshore, mais aussi pour l’aviation d’affai- res. Nous sommes en point bas de cycle alors qu’a contrario, le courant d’affaires de l’aviation civile commence à remonter. Au niveau des chiffres de l’emploi, on constate d’ailleurs toujours des destructions nettes de postes dans l’industrie dépar- tementale, un recul d’environ 2%. On reste donc dans le creux pour certains secteurs. Et tout cela, c’est en partie lié à la baisse du prix du baril. Est-ceàdirequel’économiedu64est entraindemuter? Je ne dirai pas cela parce que le socle historique, aéronautique et pétrochimie, reste très pré- sent. Mais avec aujourd’hui des enjeux forts comme la reconver- sion de Lacq qui est effective mais reste à compléter. L’écono- mie reste donc assez tradition- nelle. Ce que j’observe par con- tre, c’est qu’il y a peu de sociétés de la nouvelle-économie, de start-up dans le département. C’est peut-être quelque chose à creuser par la promotion des technopoles présentes. Deuxième idée, nous avons des grands donneurs d’ordres d’envergure internationale et à côté nous avons tout un tissu de TPE et PME. L’enjeu est désor- mais de faire grossir nos PME et d’avoir plus d’ETI (entreprises de taille intermédiaire). Nous avons dans le départe- ment une cinquantaine d’entre- prises qui dépassent 50 millions d’euros de chiffre d’affaires mais il pourrait y en avoir bien plus. Quels indicateurs permettent dedirequelarepriseestlà? L’un des éléments qui montre que la reprise est là, c’est la dynamique de l’intérim qui progresse de 15% dans le dépar- tement. Par ailleurs, au niveau du BTP par exemple, en 2017 et pour la première fois depuis cinq ans, la filière recrée des emplois. Les indicateurs sont plutôt positifs. Le tourisme aussi se porte plutôt bien. Mal- gré les périodes de mauvais temps, les chiffres sont bons et pas uniquement sur la Côte bas- que. De plus, se développe un tourisme de ville mais aussi rural. Enfin, nous effectuons aussi des enquêtes de conjoncture et interrogeons chaque mois un panel de 150 chefs d’entreprise du département. Il y a égale- ment une enquête de tendance régionale en Nouvelle-Aqui- taine. Et, pour la région, ce que l’on constate depuis le début de l’année, c’est qu’en plus de l’activité tirée par les services, nous avons une reprise de l’industrie. De plus, nous avons observé une baisse des défaillan- ces d’entreprises de 6%, une pro- gression des encours de crédit aux entreprises de 4,5% dont 4% pour les seules TPE. A fin août, nous avons aussi une baisse des incidents de paiement de 4%. Nos enquêtes de conjoncture régionale ainsi que nos indica- teurs départementaux militent donc pour le fait de dire que l’économie se porte mieux. L’activité va dans le bon sens. Doncglobalement,ledépartementse portemieux? Incontestablement. La reprise est là. PROPOSRECUEILLISPAR ERICNORMAND I N (*) Entreprise de taille intermédiaire «Incontestablement,larepriseestbienlà» FrédéricCabarrou:«Nosenquêtesetindicateursmilitentpourdirequel’activitéseportemieux.»©EIRCNORMAND Nouveau directeur de la Banque de France dans le département, Frédéric Cabarrou constate des signes de reprise. GRANDTÉMOIN FrédéricCabarrou,directeurdepuisjuinde laBanquedeFrancedanslesPyrénées-Atlantiques «NOUSAVONSICIDEGRANDS DONNEURSD’ORDRES, D’ENVERGURE INTERNATIONALE,MAIS L’ENJEUESTDEFAIRE GROSSIRNOSPMEPOUR ENFAIREDESETI(*).» ZOOM 4000bilansanalyséeset150entreprisesinterrogées chaquemoisafindeprendrelepoulsdel’économie Dans le département, la Banque de France analyse environ 4 000 bilans d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 750 000 euros. «Ce qui nous permet de réaliser des études sectorielles et d’établir des cotations. L’un des rôles de la cotation est de permettre et renforcer le financement du système bancaire français. Certaines cotations sont ainsi éligibles et permettent aux banques nationales, quand elles vont emprun- ter à la BCE, de donner en garantie leurs créances privées accordées à des entreprises bénéficiant d’une appréciation favorable de la Banque de France. Et sur ces 4 000 entreprises des Pyrénées-Atlantiques, un peu plus de deux tiers ont une cotation éligible au refinancement de la BCE. C’est mieux que la moyenne régionale. Sur une échelle de 11 positions, les cinq premières cotations sont éligibles. On apprécie ainsi la capacité d’une entreprise à faire face à ses engagements financiers sur un horizon de trois ans. Pour connaître la conjoncture, ce qui est important pour nous, c’est que l’on interroge, dans les deux unités de Pau et Bayonne, 150 entreprises parmi les plus représentatives tous les mois qui nous permet de prendre, en temps réel, le pouls de l’économie.» «LEFAITD’AVOIRCETTE DIVERSITÉFAITQUENOTRE ÉCONOMIEAÉTÉTRÈS RÉSILIENTE.LECHÔMAGE ESTAUJOURD’HUIÀ7,9% ALORSQUENOUSÉTIONS À8,2%L’ANDERNIER.» EN CHIFFRES 30000C’estenvrionlenombre dedemandeursd’emploi decatégorieArecensés enPyrénées-Atlantiques, fin2016.Avec7,9% aujourd’hui,ledépartement affichel’undestauxlesplus faiblesdelarégion. 5375C’estlenombred’entreprises, tousstatusconfondus,créées en2016enPyrénées- Atlantiques,soitunléger fléchissementparrapport à2015de-0,8%. 4484C’estlenombre derupturesconventionelles comptabiliséesen2016 dansle64,soitunehausse de9,8%parrapportà2015. 5MILLIONS C’estlenombredenuitées touristiquesdansle départementen2016. 2,7millionsdansl’hôtellerie classiqueet2,1millions dansl’hôtelleriedepleinair etplusde200000chezles plateformesd’hébergement commeAirbnb. 45000 C’est,entroismois, lenombre devoyageurs entrainssupplémentaires constatéssurlaliaisonentre lIle-de-FranceetPau,soitune augmentationde19%. Uneffetdirectdelamise enservicedelaLGV. ©ARCHIVESASCENCIONTORRENT
  • 14. 14 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017LE BÉARNOSCOPE - INDUSTRIES CHIMIQUES Le coup n’est pas passé loin. Sans l’amendement qui a permis d’accorder une dérogation au Bassin de Lacq, la loi sur les hydrocarbures aurait sans doute emporté avec elle tout un édifice industriel bâti depuis le début des années 50. Reste que débar- rassé de cette menace réglemen- taire, pouvant donc continuer l’exploitation de son gaz riche en soufre, Lacq peut désormais regarder devant lui et poser les fondations d’une nouvelle étape, plus verte, qui fait une place de choix à la recherche et dévelop- pement. C’est ainsi que début novembre, les acteurs locaux ont inauguré la plateforme CANOE. LesespoirsdeCANOE « Pour ce projet, je veux déjà tirer un coup de chapeau à toute l’équipe car cela a été fait dans un temps record. Cela veut dire que les délais et coûts ont été res- pectés. C’est aussi un bon exem- ple qu’on peut aller vite » salue Pierre Nerguararian, le président de Chemparc. Au sein de ce nou- veau bâtiment, financé par la Région et la communauté de communes de Lacq, deux pilo- tes ont été installés. Un de ther- moplastique qui fonctionne et monte en cadence - « un pilote préindustriel unique » - et un second dédié à la carbonisation de fibres de carbone afin de met- tre au point des matériaux bio- sourcés. Une vingtaine de cher- cheurs doivent travailler sur ces deux outils afin de mettre au point des matériaux plus légers, plus économiques, qui seront ensuiteutilisésparlesindustriels. « Et tout cela fonctionne en mode ouvert avec les structures voisines que sont Chemstart’up, le GRL (Arkema) et le PERL (Total) mais aussi le centre tech- nique de Toray qui occupe les anciens locaux deTotal. C’est un potentiel de développement avec la présence de plus 380 per- sonnes. » Désormais Chemparc vise un troisième bâtiment à proximité pour accueillir de nou- veaux locaux. « 50 chercheurs aujourd’hui dans les deux bâti- ments de Chemstart’up et 100 en 2020 » espère Pierre Nerguara- rian. Mais cette ambition de relance économique du territoire est complétée par les projets à plus court terme que nourrissent les industriels locaux. Des investis- sements devraient éclore ces prochains mois. « Nous avons une vision de 150 millions d’euros dans les trois prochaines années. Pas de grands projets fédérateurs mais significatifs. En comptantles30millionsquedoit investir Sobegi, nous avons aussi les 15 millions d’euros de Cerexagri (bouillie bordelaise) à Mourenx, un autre de 15 millions et un de trois millions » détaille Pierre Nerguararian qui garde le secret sur l’identité de certains porteurs de projet. Lesillonsolaire À cela, s’ajoutent les impor- tants projets menés par la filiale photovoltaïque deTotal, Sunpo- wer. L’ambition est en effet d’aménager quatre centrales solaires sur d’anciennes déchar- ges industrielles de Pechiney et Celanese, et qui de fait sont aujourd’hui non valorisables. Quatre centrales sont ainsi en projet à Pardies, Noguères et Bésingrand. Deux de 17 MW, une de 8 MW et une de 5 MW. Soit un potentiel de près de 50 MW, sans compter un autre projet de Sun- power à Monein, sur l’ancien site gazier de Pont d’As et un d’EDF prèsdesusinesKnaufd’Artix.«Et pour 1 MW, il faut investir 1 mil- lion d’euros. » Donc pour 50, on est à 50 mil- lions, ce qui permet d’arriver au chiffre global d’investissements annoncé par Pierre Nerguara- rian. Reste avant cela à recevoir l’avisfavorabledelaCommission de régulation de l’énergie (la CRE) mais aussi que la CC Lacq- Orthez achève ses négociations avec les propriétaires pour maî- triser le foncier. Tout cela fait que Chemparc croit en l’avenir même si la con- currence pour séduire les inves- tisseurs apparaît de plus en plus forte avec les autres plateformes chimiques françaises (Lyon, Le Havre) ou européennes. « De toute façon, le grand projet industriel, nous ne l’avons pas… Mais nous semons. Et je pense que si, dans notre filière, de grands projets doivent se faire. Eh bien ils se feront à Lacq. » Acceptons en l’augure. ÉRICNORMAND Ie.normand@pyrenees.com Après avoir tremblé en raison de la loi sur les hydrocarbures, le Bassin de Lacq regarde de nouveau devant lui et entend poser les fondations d’un nouveau développement. L’inaugurationdelaplateformeCANOEquidoitpermettredeconcevoirlesmatériauxdufutur.©ARCHIVESERICNORMAND «S’ilyadesgrandsprojets,ilsseferontàLacq» ZOOM Yaras’enva,AirLiquideresteetAbengoachange Dans la vie des usines, 2017 aura quand même connu quelques mouve- ments. Le groupe norvégien Yara, qui emploie près de 100 personnes à Pardies, a ainsi confirmé son départ à l’horizon 2018. Un accord a été trouvé avec les salariés pour les conditions de départ. Par contre, deux entreprises sur lesquelles planaient des inquiétudes ont confirmé leur fidé- lité au bassin de Lacq. Air Liquide à Pardies, fragilisé par le départ de Yara, ne s’en va pas. De son côté, Abengoa à Lacq, spécialisé dans la production de biocarburants, quitte le giron espagnol... mais pas le Béarn. L’unité devient BioEnergy du Sud-Ouest, propriété du groupe Vertex. «Mais les diri- geants locaux sont les mêmes. » Est-ce à dire que le grand projet basé sur la production de biocarburants de deuxième génération pourrait ressor- tir. Chez Chemparc, on l’espère très fort tant ses implications économiques étaient importantes (200 millions d’euros et une soixantaine d’emplois). L’EXPERT PIERRENERGUARARIANN PRÉSIDENTDECHEMPARC «LEGRANDPROJET INDUSTRIEL,NOUSNE L’AVONSPAS.MAISNOUS SEMONS.»
  • 15. 15UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE - AÉRONAUTIQUE Comment se porte le secteur de la métallurgiedansnotredépartement ? Leralentissementconstatél’ander- niers’est-ilconfirméen2017 ? La conjoncture est toujours molle, 2017 est sur la lignée de 2016. La situation sur le dépar- tement n’est pas mauvaise mais les entreprises sont confrontées à des fluctuations d’activité, des retards de programme, parfois un manque de visibilité. Tout cela a un impact sur leur prise de décision quant au lancement d’investissements nouveaux. Nous le constatons également sur les recrutements qui sont décalés dans le temps. Cette année encore nous avons noté une diminution du nombre de contrats en alternance, ce qui est un signe. Néanmoins notre sec- teur est porteur d’espoir. La baisse d’activité simultanée dans les secteurs de l’aéronautique et pétrolier que nous connaissons depuis près de deux ans devrait s’inverser en 2018. Les entrepri- ses se préparent à cette reprise, en témoignent les projets indus- triels qui font la une des quoti- diens ces dernières semaines. Dans un environnement tur- bulent, notre mission est d’accompagner les entreprises, quelle que soit leur taille, con- frontées à des phases de ralen- tissement ou de croissance. Nous devons être à leur écoute et faire preuve de réactivité pour les aider efficacement avec nos partenaires. C’est dans ce cadre que nous avons lancé l’action collective OPTIM’Indus avec le soutien du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et du F2I porté par l’UIMM (Fonds pour l’innovation dans l’industrie). Cette action a pour objectif d’accompagner les stratégies de compétitivité des PMI régiona- les dans un contexte de fortes mutations industrielles et parti- ciper à la mise en œuvre d’une dynamique autour des enjeux de l’Usine du Futur. Quelsmarchéssontlesplusporteurs (civil,militaire…) ?Lacrisepétrolière pèse-t-elletoujoursautantsurlechif- fred’affairesdesentreprises ? Le secteur aéronautique vit lui aussi des turbulences. La con- joncture et les prévisions dépen- dent des marchés et des pro- grammes. L’avion civil connaît toujours un fort développement notamment pour les avions monocouloirs, la gamme des Airbus A320. Cette forte activité bénéficie à notre tissu industriel. Le secteur de l’avion d’affaires connaît quant à lui un très net recul d’activité avec une baisse de la demande. La gamme des Falcon est impactée. Le marché mondial est en pleine mutation. Le report du lancement de nou- veaux programmes, lié à des dif- ficultés techniques notamment, est un facteur supplémentaire du ralentissement d’activité dans nos entreprises. Le marché aéronautique de la défense se porte bien avec une augmentation des cadences du Rafale. En fait, c’est le marché de la défense au sens large qui con- naît un essor. Ceci est lié à la conjoncture géopolitique mon- diale. Le marché des hélicoptè- res est lui aussi fortement impacté par la baisse de la demande mondiale. La baisse d’activité durable que connaît le secteur pétrolier a un impact direct. Les entreprises du secteur Oil & Gas sont très touchées et doivent faire face à cette situa- tion depuis deux ans. Et Le redressement n’est pas encore perceptible. L’UIMM Adour Atlantique s’est mobilisée en coopération avec le Pôle Avenia pour mettre en place un plan d’accompagnement de forma- tion qui a reçu le soutien de la Direccte et du conseil régional. Quel premier bilan tirez-vous delaplateformeMétallicadour ? Le centre Métallicadour est né il y a deux ans et s’est implanté dans des locaux dédiés il y a tout juste un an. Le bilan est positif, les projets développés sont de nature à faire monter en puis- sance cette plateforme. Le sou- tien des grandes entreprises locales est déterminant. Safran joue un rôle primordial dans cette phase de lancement. Le centre compte actuelle- ment quatre ingénieurs de déve- loppement et réalisera en 2017 un chiffre d’affaires d’environ 400 000 euros. L’implantation nouvelle du CETIM dans notre département et la mise en place d’actions collectives sur la per- formance industrielle sont de nature à développer l’activité de Métallicadour au profit des PME et ETI du territoire. Laformationetledéveloppementde l’apprentissagesontdeuxdevosprio- rités. Constatez-vous un regain d’attractivitédesmétiersdel’indus- triechezlesjeunes ? Je vous confirme que l’enjeu des compétences est au cœur de la politique de l’UIMM en matière d’accompagnement des entreprises. L’apprentissage et plus généralement l’alternance sont le socle de notre politique de professionnalisation. Vis-à- vis des jeunes, nous déployons de nombreuses actions en lien avec les acteurs territoriaux de l’orientation et les prescripteurs. La Semaine de l’industrie qui s’est déroulée en mars dernier a été l’occasion de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes aux opportunités qu’offre l’industrie en ouvrant les portes de nos entreprises. Concernant les sites de forma- tion DEFI à Tarnos et DITECH à Tarbes, ils sont en cours de cons- truction. Ils seront mis en ser- vice en septembre 2018, complé- tant ainsi le dispositif que nous pilotons avec le site de Bordes Assat. L’objectif est d’être au plus près des bassins d’emplois, des entreprises, et d’offrir à ceux qui font le choix de l’industrie un accompagnement de proximité. Pour ces deux projets nous avons reçu l’aide de l’Etat par le biais du Programme d’investis- sement d’avenir et des conseils régionaux de Nouvelle-Aqui- taine pour DEFI et d’Occitanie pour DITE. PROPOSRECUEILLISPAR ERICNORMAND I e.normand@pyrenees.com Le président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie constate un ralentissement et mise sur l’innovation et la formation. LecentreMétallicadourréaliseraen2017unchiffred’affairesde400000euros.©DR «Laconjonctureesttoujoursmolle» L’EXPERT CHRISTIANHOUËLNPRÉSIDENT DEL’UIMMADOUR-ATLANTIQUE «L’APPRENTISSAGEESTLE SOCLEDENOTREPOLITIQUE DEPROFESSIONNALISATION» «LABAISSED’ACTIVITÉ DEVRAITS’INVERSER EN2018»
  • 16. 16 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017LE BÉARNOSCOPE - AGROALIMENTAIRE Dans les millésimes agricoles, 2017 restera comme l’une des annéeslespluscompliquéesqu’a eu à connaître la filière. « Nous avions déjà eu une mauvaise récolte et des rendements faibles aveclemaïs,ajoutéàdesprixtrès moyens,puisestarrivéelagrippe aviaire » racontre Christian Pèes. Une crise qui a mis à genoux toute la filière foie gras du Sud- Ouestmaisaussi,onl’oubliepar- fois, les éleveurs de poulets. « Rien qu’à Euralis, nous avons eu 200 éleveurs de canards tou- chés et 150 salariés en activité partielle. Mais aussi 130 produc- teurs de poulets. Ce fut une crise économique mais aussi existen- tielle. » De quoi, une fois la ges- tion de crise passée, tirer des enseignements pour les années à venir. Christian Pèes ne cache pas que des réflexions sont en cours afin d’éviter des scénarios similaires. « Toute une série de mesures sont à prendre. Notre filière a été optimisée avec une production très éclatée et beau- coup de kilomètres de transport. C’estàrevoir.Nouspouvonsfaire bouger les lignes, en créant, par exemple, des petites régions autonomes sur la base d’un arrondissement. » Plusdepremium Reste que cette amélioration de la qualité passera inévitable- ment par une augmentation des prix. « Faire mieux coûte plus cher. Donc nous allons nous orienter vers plus de qualité, plus de premium, de haut de gamme. Cela devient inévitable. » Ceci en se basant aussi sur l’innovation. « Historiquement, nous avons favorisé la production de masse. L’intérêt, c’est que cela a rendu le foie gras accessible à tout le monde. L’inconvénient, c’est qu’on en a réduit la valeur. Il faut remettre cela en place. » Euralis, dont le bilan devrait être fortement impacté par la crise, adapte donc ses modèles en regardant devant. « Il y a un contextegénéralassezdéprimant pour les agriculteurs durant cette période mais il y a malgré tout beaucoup d’énergie. Notre job, c’est d’accompagner dans ce monde perturbé, les agriculteurs et leur amener des innovations afin qu’ils puissent aussi s’enga- ger dans de nouvelles produc- tions. » Christian Pèes prend pour exemple l’unité de soja monté à Vic-en-Bigorre. « L’objectif c’est de faciliter la vie des agriculteurs. Nous pensons par exemple que le digital nous permettra de faire pas mal de choses, que ce soit dans l’acte de production mais aussi dans la lecture des attentes des consom- mateurs. » Pour le président d’Euralis, « la profession a des perspectives. L’enjeu est aussi de savoir sortir des marchés, d’aller vers la diversification et les pro- duits de niche qui peuvent con- venirauxspécificitésdelarégion. Nous devons être force de pro- positions, innovants. Tout en ayant toute une réflexion sur l’acte de production. » Préparerlarelève Lacoopérativebéarnaiseadéjà accéléré ce virage cette année avec le soja mais aussi en repre- nant une entreprise de charcute- rieardéchoise,Teissier.«Cegenre de chose, on va continuer à le faire, pour monter en qualité. » Sanspourautantabandonnerles fondamentaux. «Même si le pôle alimentaire a souffert, notam- ment sur l’activité foie gras. » Pour négocier cette évolution, Euralistravailleàformerceuxqui seront les coopérateurs de demain. « Nous mettons le paquet sur l’accompagnement des jeunes et la formation. Nous avons ouvert une troisième ses- sion d’un dispositif qui s’appelle Atout Jeunes. Une quinzaine d’agriculteurs réfléchissent ensemble à leurs métiers. L’idée, c’est d’avoir des jeunes qui sont représentatifs de ce que sera l’agriculture de demain. » ERICNORMAND Ie.normand@pyrenees.com Le président d’Euralis pointe les difficultés mais aussi les évolutions qui s’annoncent pour la profession. Lagrippeaviaireamisàgenouxunefilièrequidoitdésormaissereconstruire. ©ARCHIVESASCENCIONTORRENT «Lamontéeengammedevientinévitable» █ L’EXPERT CHRISTIANPÈESNPrésident delacoopérativeEuralis «ILYAUNCERTESUN CONTEXTEDÉPRIMANT MAISILYAMALGRÉTOUT BEAUCOUPD’ÉNERGIE»
  • 17. 17UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 LE BÉARNOSCOPE - ENTREPRISES Mi-novembre, ils étaient près de 500 invités à se retrouver à l’hip- podrome à l’appel de la CCI Pau- Béarn. Il s’agissait là d’évoquer l’attractivité du territoire, que la chambre consulaire et son pré- sident depuis un an Didier Laporte, ont mis au cœur de leur stratégie. Un rendez-vous organisé en lien avec les huit intercommu- nalités béarnaises (1). Avec un constat, confirmé par le cabinet CEIS mandaté par la CCI pour dresser un diagnostic de la santé du Béarn mais aussi relever, sans tabou, les points à améliorer. Dessignesdefléchissement De fait, si le Béarn peut comp- ter sur un tissu industriel dense, s’appuyer sur de grands don- neurs d’ordres, se féliciter d’une main-d’œuvre formée et d’éta- blissements d’enseignement supérieur de haut niveau, son économie montre des signes de fléchissement. De plus, le terri- toire souffre toujours des tarifs aéroportuaires très élevés. Un Paris-Pau avec Air France et par- fois plus cher qu’un Paris Shan- ghaï. De quoi potentiellement dissuader les entrepreneurs. Mais ce n’est pas suffisant. Le cabinet évoque aussi une « baisse de l’emploi salarié, un faible taux de création d’entre- prises ou encore des difficultés d’accueil pour les conjoints. » Bref, il est urgent de réagir. Au final, le message général passé à l’issue de ces premières « Ren- contres de l’attractivité » est de « jouer groupés. » Impératif pour éviter que chacun ne joue sa par- tition, ce qui au final pénaliserait le développement du territoire. Premièresmesures La chambre de commerce va donc travailler à la mise en place d’un plan d’action, une stratégie globale qui sera dévoilée au prin- temps 2018. Reste que sans attendre, le président de la CCI Pau-Béarn a déjà annoncé quel- ques initiatives. Dans un premier temps, un livre blanc de l’attractivité du Béarn va donc être rédigé par les étudiants de l’Ecole supérieure de commerce. Une plateforme sera également lancée sur le même thème. Également programmé, la mise en ligne d’un site, baptisé JOBBB (pour Béarn, Basque, Bigorre) dédié à l’emploi des conjoints. On sait en effet que certains talents hésitent à venir en Béarn car ils craignent que leur conjoint ou conjointe ne puisse trouver un emploi à la hauteur de son ambition. Unréseaud’ambassadeurs Autre projet, l’un des plus emblématiques, l’installation d’un réseau d’ambassadeurs (bénévoles) pour porter à l’exté- rieur l’image du territoire. Par ailleurs, les trois chambres con- sulaires (commerce, artisanat et agriculture) vont créer une com- mission pour plancher sur le développement économique. « Il y a assez d’expatriés, de Béarnais travaillant à l’étranger ou ayant des contacts à l’étranger pour que l’on puisse constituer un réseau » explique Pierre Nergua- rarian, vice-président de la CCI Pau-Béarn, en charge de l’attrac- tivité. Enfin, ces « Rencontres de l’économie » ont vocation à reve- nir chaque année. Ce qui per- mettra de régulièrement faire le point et, éventuellement, d’amé- liorer le dispositif. N (1) L’agglomération Pau-Béarn- Pyrénées, la CC Lacq-Orthez, la CC Luys-en-Béarn,laCCNord-EstBéarn, laCCBéarndesGaves,laCCduHaut- Béarn, la CC de la Vallée d’Ossau et la CC du Pays de Nay. La CCI Pau-Béarn se penche sur l’attractivité du territoire. Objectif, mieux faire connaître les atouts locaux afin de séduire les investisseurs. Lerassemblementàl’hippodromedePauaréuni500personnes.Dequoisatisfaire DidierLaporte,leprésidentdelaCCIPau-Béarn.©ARCHIVESASCENSIONTORRENT Commentaméliorerl’attractivitéduterritoire «ENBÉARN,ILFAUT QUENOUSSACHIONS JOUERGROUPÉS» DIDIERLAPORTE,PRÉSIDENT DELACCIPAU-BÉARN
  • 18. 18 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017LE BÉARNOSCOPE - DISTINCTIONS OrganiséeparPyrénéesPresse,la deuxième édition du salon e-py s’est déroulée le 31 mai dernier au Palais Beaumont de Pau. Une manifestation qui, grâce au soutien de partenaires (Agglo de Pau, conseil régional, conseil départemental, Crédit Agricole Pyrénées-Gascogne,Technopole Hélioparc, Enedis et CCI Pau- Béarn) associe conférences et tables rondes, présence d’expo- sants et remise de trophées dans six catégories distinctes. Cerise sur le gâteau cette année, l’orga- nisation d’un job dating qui a drainé 35 entreprises et plus de 160 candidats. Plusde600personnes La finalité de cet événement reste de mettre en valeur les ini- tiatives numériques qui émer- gent sur le département voire dans les territoires voisins des Landes ou des Hautes-Pyrénées mais aussi de permettre aux pro- fessionnels du numérique de se rencontrer. Plus de 600 personnes se sont rendues cette année au Palais Beaumont pour cette journée dédiée à la promotion du numé- rique et rythmée de nombreux rendez-vous. La cérémonie de remise de prix qui a conclu la journée a été le point d’orgue de la manifestation. Cette année, e-py 2017 a vu le sacre de : Catégorie meilleur web d’entreprise : le prix a été remis àl’entrepriseImmersiveLabpour avoir mis au point le Tanu, test d’agilité numérique. Catégorie e-commerce : c’est le site Equiswap, plateforme de venteenlignedematérield’équi- tation, qui a été récompensé. Catégorie e-éducation : con- sécration pour le projet numéri- que du collège Argote autour du personnage d’Harry Potter. Catégorie dispositif numéri- que en lien avec le territoire : le trophéeaétédécernéaufourgon connecté, projet porté par Marc- Antoine Lasarte. Catégorie meilleure innova- tion digitale : le trophée a été attribué à Jean et Nathalie Larra- det, créateur à Pau de la start-up Urban &You. Catégorie meilleur commu- nity management : c’est le site Gueuleton, qui promet le savoir- vivre du Sud-Ouest qui a reçu le prix. Catégorie meilleur Pitch pro- jet : la récompense pour Move YourTour. Catégorie prix du public : vic- toire pour François Lamoureux, l’enseignant orthézien et sa chaîne YouTube « Explique-moi Plus de 600 personnes ont participé à l’édition 2017 d’e-py qui s’est tenue fin mai à Pau. L’occasion de mettre en lumière les initiatives qui émergent un peu partout dans le 64. Leslauréatsdel’édition2017d’e-pyauPalaisBeaumontàl’issuedel’événementquiaattiréplusde600personnesdansunejournée.©ARCHIVESASCENCIONTORRENT E-py2017:lavitaliténumériqueduterritoire TOUSLESDEUXANS,E-PY METENVALEURLES INITIATIVESNUMÉRIQUES
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  • 20. 20 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 DOSSIER Le bâtiment et les travaux publics BâtimentLacraintedenepas profiterdelareprise Emmanuel Caro, président de la Fédération départementale du bâtiment et des travaux publics et son directeur Patrick Lacar- rère reviennent sur le contexte de la filière. Peut-on,selonvous,parlerdereprise danslesecteurduBTPdepuisquel- quesmois ? EmmanuelCaro. La reprise, c’est fait pour les chaussettes. Pour rebondir sur cette formule, je dirais que les entrepreneurs sont en chaussettes en ce moment. Il n’y a pas de reprise dans les Pyrénées-Atlantiques car on est traditionnellement en décalage par rapport au national. Le problème, c’est que l’on n’a toujours pas éradiqué les raisons qui ont fait qu’il y a eu une dépression, ces dernières années, dans le BTP. Il y a tou- jours des prix prédateurs au niveau de la promotion privée, liés au phénomène des tra- vailleurs détachés. Le dispositif juridique n’est toujours pas effi- cient. Il n’y a pas de contrôle, donc les prix sont à la baisse. Aujourd’hui, les entreprises prennent des marchés à perte et ça ne peut pas durer. C’est d’autant plus sensible au Pays basque et sur la côte. Lesmesuresgouvernementalesvous inquiètent-elles ? E.C. : Oui, car elles laissent craindre que la reprise s’épuise avant même d’être arrivée chez nous. Le plafonnement des niches fiscales a fortement limité l’intérêt d’investir dans la pierre. Les annonces concernant la baisse des Aides personnalisées au logement (APL) vont inciter les bailleurs sociaux à stopper certains projets, ce qui va réduire d’autant plus le petit os qui nous restait à ronger. Notre constat est pessimiste, mais ce n’est pas par corpora- tisme ou pour faire les pleureu- ses : les besoins en logements, en France, ne sont pas satisfaits. C’est contradictoire avec la volonté d’améliorer la vie des Français, car la première chose c’est de leur permettre de se loger dans des conditions décentes et d’accéder à la pro- priété. Il y a de très mauvais signaux qui ont été envoyés. Le retard, en matière de logements sociaux se creuse d’année en année. Sans compter la réforme de l’Impôt sur la fortune (ISF) qui va devenir un impôt sur la richesse immobilière. Patrick Lacarrère. On avait des voyants qui passaient au vert à peu près partout mais l’impact des mesures concernant les logements sociaux est énorme. Sur la Nouvelle-Aquitaine, on a une baisse d’investissement de l’ordre de 975 millions d’euros. Sur cette région, ça peut repré- senter 20 000 emplois détruits. Pourtant, on commençait à recréer un peu d’emploi et là, on va caler la reprise. Cet impact n’a pas été maîtrisé. Avez-vous alerté le gouvernement quantàcesinquiétudes ? E.C. Oui. J’ai écrit à tous les députés et sénateurs du départe- ment pour les alerter des effets négatifs des mesures annoncées par le gouvernement. J’espère que ce sera relayé au plus haut niveau par nos représentants locaux. P.L. Le président Macron est venu aux 24 heures du bâtiment. Il a dit qu’il avait entendu un cer- tain nombre de nos plaintes et NSi plusieurs acteurs disent bien constater une reprise de l’activité dans le secteur du BTP, d’autres craignent que les dernières mesures gouvernementales empêchent de profiter plei- nement de ce regain. NSi la disparition du dispositif Pinel sur l’agglo- mération paloise inquiète les promoteurs, le sec- teur public, que ce soit l’Etat ou les collectivités, continuent à investir. De gros chantiers devraient être lancés ces prochaines années, notamment dans les travaux publics. N Dans le même temps, la filière continue à s’adapter aux nouvelles tendances et à une demande sociétale forte en matière environne- mentale. Les outils digitaux sont peu à peu inté- grés et la transformation numérique fait désor- mais partie des préoccupations des chefs d’entreprise du BTP. ENLUMIÈRE La perception de la reprise est à nuancer DOSSIERSPÉCIALBTP «ONAVAITDESVOYANTS AUVERTÀPEUPRÈS PARTOUTMAISL’IMPACT DESMESURESCONCERNANT LESLOGEMENTSSOCIAUX ESTÉNORME.» Emmanuel Caro, président de la Fédération départementale du BTP et son délégué général Patrick Lacarrère craignent fortement que le regain d’activité constaté au niveau national ne s’essouffle avant même d’avoir pu impacter le département. EMMANUEL CARO █ LESEXPERTS PATRICK LACARRÈRE
  • 21. 21UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 DOSSIER - Le BTP qu’il allait faire en sorte de trou- ver des modalités différentes de mise en place. Mais sur le fond, je crois qu’on n’aura pas grand- chose. E.C. Je reprendrais bien à mon compte une formule de Pierre Dac qui disait, « Il est encore trop tôt pour savoir s’il n’est pas déjà trop tard ». Mais je rappelle que l’un des secteurs qui apporte du travail, qui permet l’ascenseur social et le brassage de travailleurs de toutes origi- nes, dans une société en plein questionnement identitaire, c’est bien le bâtiment ! Quelles autres mesures réclamez- vouspouraméliorerlasituation ? E.C. Nous sommes dans une situation difficile parce qu’en face de nous, nous avons des gens qui trichent. Ils tirent les prix au plus bas en faisant tra- vailler de « nouveaux esclaves », qui viennent de partout et qui sont payés au lance-pierres. Nous avons été à l’initiative, en juillet 2014, de la loi Savary. Nous demandons qu’elle soit réellement appliquée, avec des contrôles effectifs sur les chan- tiers. Le dernier problème, c’est que dans le BTP, nous tra- vaillons au forfait. C’est une vieille réminiscence du Code Napoléon qui n’est plus adap- tée. Aujourd’hui encore, les entre- preneurs doivent s’engager sur un prix, sans savoir s’ils vont gagner ou s’ils vont perdre. Je souhaiterais qu’on supprime ce système du Code civil et qu’on le remplace par des prix unitai- res, qu’on multiplie en fonction des quantités effectuées. Il n’y aurait alors pas de voleurs et pas de volés. » PROPOSRECUEILLISPAR HUGORICHERMOZ I ENCHIFFRES█ 2266 C’estlenombred’entreprises duBTPrecenséesen2016dans ledépartement,soit64demoins qu’uneannéeplustôt.Depuis septans,lenombred’entreprises baissedansle64(ilétaitmonté à2681en2011). 12314 C’estlenombredepersonnes quitravaillentdansleBTPdansle 64.Aprèsdesannéesdebaisse, cechiffreestrepartiàlahausse en2016avec51personnes deplusqu’en2015.Donc, silesentreprisessontmoins nombreuses,ellessontaussi deplusenplusimportantes. En2008,leBTPconcernait 14336personnesdansle64. Degrandschantierssoutiennentl’activitédanslesecteurduBTP,commeiciceluideshallesdePau.Auniveaulocal,leplusgrosemployeurestlegroupepaloisMASquicompte quelque650salariésdanssesrangs.©ARCHIVESNICOLASSABATHIER AUSOMMAIRE X 6grandschantiers P. 22 Unerepriseréellepour lesartisans P. 23 Unplombierpourqui l’activitérepart P. 24 Lecasse-têtedes gravats P. 25 Lapaillepourisolant P. 26 Bâtirencontainers P. 27 Lesformations P. 28-29 Lescarrières P. 29 Lenumérique P. 30
  • 22. 22 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 Aveccessixgrandschantiers,l’activité resteraSOUTENUE ! Actuellement, les travaux com- pliquent le quotidien des auto- mobilistes palois, mais aussi celui des Orthéziens, dont le centre-ville est en pleine réno- vation, ou des usagers de l’A64 et de l’A63. Reste que ces chan- tiers permettent aussi aux entre- prises du BTP de bénéficier de marchés conséquents et d’avoir une certaine visibilité pour leurs carnets de commandes et donc leur santé économique. Et ce n’est pas terminé. Dans le département, d’autres grands travaux devraient permettre de soutenir l’activité d’ici 2025. 1.-LERÉSEAUTRÈSHAUTDÉBIT Voilà qui devrait donner pas mal de travail aux entreprises spécialistes des réseaux. Pour aménager son futur réseau très haut débit et déployer la fibre optique, le conseil départemen- tal des Pyrénées-Atlantiques prévoit d’investir 310 millions d’euros. Le concessionnaire devrait être choisi en 2018 et les travaux pourraient débuter en fin d’année. L’objectif est que d’ici 2022, 90 % du territoire départemental soit équipé. 2.-LEQUARTIERSARAGOSSE A Pau, le quartier Saragosse prépare sa mue. Dans le cadre d’un grand programme de réno- vation urbaine appuyé par l’Etat, il doit être converti en éco-quartier avec démolition de logements, construction de nouveaux immeubles et com- merces, requalification de la voirie et aménagement d’espa- ces verts. Montant de l’enve- loppe, 128 millions d’euros qui seront injectés durant huit années. 3.-LAPRISONDEPAU Ce devrait être le gros chan- tier de l’Etat des prochaines années. L’agglomération de Pau devrait être dotée, à l’horizon 2025, d’une nouvelle prison. C’est le ministère de la Justice qui construira le bâtiment au Nord-Est de la ville, chemin de la Lande, face àTotal. L’investis- sement prévu atteint 100millions d’euros, pour pouvoir accueillir plus de 500 détenus. 4.-LESFUTURESLIGNESDEBHNS Les agglomérations de Pau et Bayonne sont actuellement chamboulées par les travaux de leurs grands projets respectifs de bus à haut niveau de service (BHNS), ces transports en site propre qui doivent à la fois apai- ser les villes, faciliter les dépla- cements en luttant contre la pollution atmosphérique. À Pau, plus de 50 millions d’euros sont investis pour une ligne de 6 kilo- mètres entre le centre hospita- lier et la gare. Au sein de l’agglo- mération bayonnaise, le projet est plus ambitieux : ce sont deux lignes qui sont aménagées con- comitamment sur respective- ment 12 et 13 kilomètres pour 130 millionsd’euros. Des travaux qui devraient en appeler d’autres puisque de nouvelles lignes de BHNS devraient par la suite être amé- nagées comme le prévoient les plans de déplacement urbain. D’ores et déjà, à Pau, les élus évoquent une deuxième ligne. Au regard des sommes que nécessite ce type d’investisse- ment, généralement plusde5mil- lionsd’eurosdukilomètre,il devrait y avoir des marchés pour les entreprises de travaux publics. 5.-LADÉVIATIOND’OLORON Le serpent de mer va-t-il enfin prendre corps ? S’il a pris du retard, en raison de la lenteur des acquisitions foncières et est désormais annoncé pour 2024 contre 2021 initialement, le pro- jet de contournement d’Oloron n’est pas abandonné. Le conseil départemental et l’Etat ont trouvé un accord fin 2016 pour mener à bien l’amé- nagement de cette nouvelle route qui doit relier, sur 3,6 kilo- mètres, la zone de Gabarn à Gurmençon avec un viaduc de 58 mètres et un tunnel de 392 mètres. Montant des travaux, 77 millions d’euros, dont 50 % pour l’Etat et 50 % pour le département. 6.-LESÉCHANGEURSDEL’A64 Autres projets structurants, ceux des nouveaux échangeurs sur l’A64 qui devraient voir le jour à respectivement Morlaàs- Berlanne, Orthez - LaVirginie et Carresse-Cassaber. Du moins si le gouvernement actuel con- firme les options du plan de relance autoroutier décidé par le précédent exécutif ce qui n’est pas encore acquis. En tout, sur ces trois projets, plus de 48millionsd’eurosseront investis. Les tours de tables associent le conseil départe- mental, les collectivités concer- nées mais aussi les usagers de l’autoroute qui participeront eux aussi par le biais d’une aug- mentation des péages. Lestravauxdubusàhautniveaudeservice(BHNS)battentactuellementleurpleinàPau.Maiscettepremièrelignedevraitenannonceraumoinsuneautre.©MARCZIRNHELD Portée par les chantiers d’équipement mais aussi le mar- ché de l’immobilier, la filière connaît actuellement une certaine reprise. Et ce n’est pas terminé. LEPLUSGROSCHANTIERDU 64POURRAITÊTRECELUIDE LARÉNOVATIONDEBEDOUS- CANFRANC,PLUSDE400 MILLIONSD’EUROS.MAISSA RÉALISATIONN’ESTPAS ENCORECERTAINE. ZOOM Logementsneufs : inquiétudeavecla disparitionduPinelàPau Le changement de zonage de l’agglomération paloise et sa sortie du dispositif dit Pinel vont-ils freiner la construction de logements neufs ? C’est ce que semblent croire plusieurs professionnels qui envisagent une baisse des cons- tructions de résidences et la révi- sion, voire l’arrêt, de certains pro- grammes. Le dispositif Pinel per- met aux investisseurs de défiscaliser par l’acquisition de logements neufs. Si cet effet néfaste sur la promo- tion se confirme, cela aura des con- séquences sur l’activité des entre- prises du bâtiment. DOSSIER - Le BTP
  • 23. 23UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 Dansquellemesurele64a-t-ilététou- chéparlacrisedubâtiment ? Le creux de la vague a été atteint à la fin de l’année 2015. Sur le département, on a cons- taté que la chute était un peu moins importante que sur la Côte basque. Par contre en Béarn, dans les territoires ruraux, la baisse a été flagrante. Dans mon entreprise, j’avais trois sala- riés et j’ai été le premier à ne pas retenir quelqu’un qui voulait partir. Cettereprisesetraduit-elleenterme d’embauches ? En tout, il nous manque 1 000 emplois par rapport à l’année 2009. On était à 16 200 et aujourd’hui nous sommes à 15 150 dans le secteur du BTP. Mais ça commence à remonter un peu. C’est pareil pour les emplois intérimaires, qui sont plus nombreux depuis quelques mois. On voit bien que la reprise est là, parce qu’on a de nouveau du mal à embaucher. On va avoir des difficultés à renouveler la main-d’œuvre que l’on a perdue, parce que ce sont des gens qui ont parfois changé d’activité ou qui se sont installés en micro- entreprise. Comment expliquez-vous cette reprise ? Je pense que les gens ont repris confiance. On attend de voir ce qui va émaner de la loi de finances 2018, parce qu’il y a beaucoup de choses qui ont été annoncées. De plus, les taux d’intérêts sont relativement fai- bles. Il existe des aides à la réno- vation, comme le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), qui incitent les gens à faire faire des travaux. Si ces dis- positifs sont maintenus, l’acti- vité en rénovation se poursuivra. C’est important pour nous parce que pour les entreprises artisa- nales, la rénovation énergétique est un gros morceau. Cetteaméliorationest-elleplussen- siblesurlesconstructionsindividuel- lesoucollectives ? Sur l’ensemble du départe- ment, on a noté une progression de 9 %, toutes catégories confon- dues, entre juin 2016 et juin 2017 par rapport à la période de juin 2015 - juin 2016. Sur les cons- tructions individuelles, c’est de l’ordre de 6 % contre 16 % pour le collectif. Ce n’est pas unique- ment de la rénovation puisque le neuf repart aussi à la hausse. Quellesmesuresseraient,selonvous, utilespoursoutenircettecroissance retrouvée ? Ce que l’on attend, c’est un allégement de charges et qu’il soit ferme et définitif. Concer- nant les normes, l’accumulation nous pose de nombreux soucis. Les professionnels et le gouver- nement travaillent sur ces dos- siers, mais on doit attendre la loi de finances pour en savoir plus. C’est pareil concernant la sup- pression du Régime social des indépendants (RSI) et notre nouvelle affiliation, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Le plafond des micro- entreprises a été doublé, ce qui n’est pas bon pour nous puis- que ces entreprises ne facturent pas la TVA. Enfin, on aimerait que le gouvernement soit un peu plus ambitieux dans la construction de logements neufs. Vous êtes donc confiant quant à la poursuitedecetteamélioration ? Oui, je suis confiant. Dans mon entreprise, par exemple, j’ai déjà réembauché une nou- velle personne. Vu la façon dont ça a redé- marré, on pense que ça va se poursuivre. Il y a au moins cinq ou six ans qu’on n’avait pas eu autant de commandes. Pas mal de mes collègues recherchent du personnel, c’est un signe de la reprise de l’activité dans le secteur du BTP ». HUGORICHERMOZ I «Unerepriseréellepourlesartisans» PourPierreLavie,larepriseestbienlàmaiselledemeurefragile.©HUGORICHERMOZ Pierre Lavie, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) Béarn et Soule, se réjouit de la reprise de l’activité pour les petites entreprises. Et se veut confiant pour les mois à venir. DOSSIER - Le BTP SILESAIDESÀLA RÉNOVATIONÉNERGÉTIQUE SONTMAINTENUES,CELA INCITERALESGENSÀFAIRE DESTRAVAUX «ONSOUHAITERAIT QUELEGOUVERNEMENT SOITUNPEUPLUS AMBITIEUXSUR LACONSTRUCTION DELOGEMENTSNEUFS»
  • 24. 24 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017DOSSIER - Le BTP C’est à la fin de l’année 2016 qu’il a vraiment senti le vent tourner. Après plusieurs années au ralenti, l’activité de la SARL Lorenço-Piters, basée à Lons, a enfin redécollé il y a un an. « Il y a dix ans, on travaillait avec trois salariés », explique celui qui a repris il a trois ans l’entreprise de plomberie- chauffage de son beau-père, Louis Lourenço. « Il y a ensuite eu des départs à la retraite qui n’ont pas été compensés. On a eu une baisse du carnet de commandes, surtout sur le neuf. On avait toujours du tra- vail avec notre clientèle régu- lière, mais ce n’était pas énorme. Aujourd’hui, on sent qu’il y a une reprise de l’acti- vité », constate-t-il. Lacriseleurapermis deseformer Si la baisse d’activité a évi- demment été préjudiciable à la petite entreprise artisanale, elle a au moins eu la vertu de pousser Vincent et son équipe à se former dans de nouveaux domaines. « On s’est servi de cette période plus calme pour monter en compétences. Nous proposons par exemple de nouvelles solutions de chauf- fage », détaille Vincent. « La crise nous a également permis de penser différem- ment nos projets, d’élargir notre zone géographique et de créer une véritable démarche commerciale » ajoute le jeune entrepreneur. Journées portes ouvertes, site web : autant d’initiatives nouvelles et nécessaires selon l’artisan. « Le métier évolue, la clientèle aussi. Par exemple, sur certaines chaudières, il me suffit de flasher un code-bar- res pour connaître les pièces détachées qui sont dedans. » Ceux qui ne font pas la démar- che de se former à temps ris- quent ainsi d’en pâtir. Et de rester à la traîne des évolutions technologiques. Uneembaucheàl’horizon ? Forte de ces nouvelles com- pétences, l’entreprise accueille avec bonheur le regain d’acti- vité, que ce soit en extension d’habitation ou sur des cons- tructions neuves. Mais son patron reste vigilant quant aux mesures gouvernementales. « Il est clair que les crédits d’impôts, notamment sur les normes énergétiques, incitent les gens à adapter leurs systè- mes de chauffage. On espère donc que ces dispositifs seront maintenus », explique-t-il, avec une pointe d’inquiétude souvent partagée par les autres artisans du secteur. En attendant, même si la reprise reste à confirmer, la tendance est plutôt à l’opti- misme. « Notre carnet de com- mandes se remplit et on a de la visibilité sur les six pro- chains mois, ce qui n’était pas le cas ces dernières années. On voit aussi que le volume des devis augmente, c’est un signe de l’intérêt des gens. » Pour faire face à ces nou- veaux besoins, Vincent Piters, qui travaille aujourd’hui avec un ouvrier, pense à embaucher une seconde personne, si pos- sible en alternance. Un autre signe qui ne trompe pas. H.R.I Comme beaucoup d’artisans, Vincent Piters, plombier et chauffagiste, constate une reprise d’activité dans son secteur. Une bonne nouvelle qui devrait l’inciter à embaucher. Certainsartisansontprofitédelacriseetd’unebaissedel’activitépourseformer àdenouvellestechniques.©THINKSTOCK Unplombier-chauffagistetémoigne :«Lecarnet decommandesseremplitànouveau» █ L’ARTISAN VINCENTPITERSNPLOMBIER ETCHAUFFAGISTE «ONAUNEVISIBILITÉSUR LESSIXPROCHAINSMOIS CEQUIN’ÉTAITPASLECAS CESDERNIÈRESANNÉES»
  • 25. 25UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 Après y avoir investi près de 400 000 euros depuis 2014, l’entreprise LafontTP a inauguré, zone Louis au Nord d’Orthez, un équipement désormais pleine- ment opérationnel qui lui per- mettrademarierdéveloppement durable et bénéfice économique. Au sein de la zone d’activités, l’entreprise dispose aujourd’hui de l’ensemble du matériel néces- saire pour peser, stocker et con- casser les gravats en vue d’une utilisation ultérieure. Si elle utilise d’ores et déjà ces matériaux dans ses chantiers, la société entend aussi proposer les services de la plateforme aux autres entreprises, tant au niveau de la vente de déchets recyclés que pour y déposer leurs propres gravats. Obligationlégale Désireuse de capitaliser sur l’obligation légale faite aux entre- prises de recycler, l’entreprise espère en effet capter puis factu- rer une partie des gravats issus des chantiers locaux. Une solution certes onéreuse, mais économiquement et écolo- giquement moins lourde qu’une noria de camions partant vers des plateformes éloignées. La rentabilité du site repose ainsi sur ce postulat. « Si on se lance trop tôt, on se casse la figure. Si on y va trop tard, c’est pareil. Mais on ne peut plus continuer à mettre les déchets dans les champs ou ils polluent les sols [...] Aujourd’hui, c’est un impé- ratif de recycler » ont estimé les dirigeants Philippe Lafont et son fils David lors de l’inauguration, en insistant sur l’ensemble des changements d’organisation qu’implique ce nouveau para- digme pour les salariés, entre tri des gravats sur site et charge administrative accrue par rap- port à une décharge pêle-mêle. Rachatd’unecarrièrefermée L’entreprise vient par ailleurs de se porter acquéreur, toujours à Orthez, de l’ancienne carrière de la Carmeuse, propriété du groupe Omya et mise à l’arrêt en mai 2016. Avec ce rachat, l’ambi- tion est de combler la cavité avec de la terre - et uniquement de la terre, pas de déchets ou gravats - issue de chantiers de terrasse- ment puis par la suite de réhabi- liter le site d’ici une décennie. Objectif, combler 300 000 m2 puis laisser derrière elle un ter- rain propre et arboré. ARNAUDROSSIGNON I Cet équipement permet à la société familiale orthézienne de marier environnement et économies. Laplateformederevalorisationdesgravatsdel’entrepriseLafont.©DR AOrthez,LafontTPainaugurécetteannée uneplateformedereconversiondegravats Depuis avril, le logo du groupe Sogeba A3TP s‘affiche le long des travaux du bus à haut niveau de service (BHNS) de Pau. Basée au Nord de la ville, cette société d’une centaine de salariés fait figure de petit poucet au milieu des filiales de Bouygues (Colas), Eiffage ou Vinci (Eurovia). « Notre force c’est que l’on con- naît les acteurs locaux, et qu’eux aussi nous connaissent » détaille Sébastien Labourdette, le patron de Sogeba A3TP. Dans son bureau, la couleur verte est omniprésente. Vert comme ce maillot de la Section Paloise au milieu de la pièce. Mais vert aussi comme la philosophie du groupe installé avenue Alfred- Nobel. « L’objectif, c’est d’être calé sur le Grenelle de l’environ- nement » revendique le patron. Legravatcommematièrepremière Pour cela, c’est du côté de Reval BTP qu’il faut se tourner. Cette petite structure de deux salariés, intégrée au groupe, arbore, elle, la couleur verte directement sur son logo. « C’est une idée maison », précise le patron. L’idée de Reval est sim- ple comme bonjour : il s’agit tout simplement de réutiliser les gravats des chantiers. Grâce à un concasseur, les gra- vats sont ainsi directement retraités sur un terrain situé der- rière le siège de l’entreprise, tan- dis que la ferraille est isolée grâce à un aimant. Les gravats sont transformés en cailloux de tailles différentes, qui sont réachemi- nés sur les chantiers du groupe ou bien vendus à d’autres entre- prises du secteur. Le camion rempli de gravats repart donc chargé sur son chantier avec des cailloux recon- ditionnés. « Il peut arriver que le même matériau revienne sur un même chantier tout en étant reconditionné ». Avantage : les camions du groupe ne voyagent jamais à vide, ce qui fait faire des économies financières et permet aussi de lutter contre les émis- sions de CO2. C’est ce processus qui est mis en œuvre dans les différents chantiers du groupe. Et c’est cette même technique qui est utilisée par la Sogeba - l’une des quatre entités du groupe - dans le cadre des tra- vaux du BHNS. Ungroupeimplantélocalement Pour ce patron de 40 ans, la réactivité est l’autre clé pour dénicher des chantiers. « Je bois le café tous les matins avec mon directeur de chantier. Dans un grand groupe, il faut parfois en référer à plusieurs niveaux. Cette proximité est quelque chose de très puissant pour nous ». Autre clé de la réussite : un faible taux de rotation dans ses effectifs. « J’ai dans l’entreprise plusieurs générations, avec parfois le père et le fils. J’ai réussi mon travail quand j’amène mes salariés jusqu’à la retraite ». Implanté dans une bonne par- tie du grand Sud-Ouest, le groupe Sogeba A3TP a fait de son fief palois son territoire de prédilection. Après être notam- ment intervenu sur les travaux de la place deVerdun ou bien sur ceux du stade du Hameau, le groupe palois se place, cette fois encore comme un acteur local de premier ordre. KEVINESTRADEI Afin de minorer les déchets, les entreprises de travaux publics mettent en place des procédures et outils. Exemple avec Sogeba. SébastienLabourdette,lepatrondeSogeba,devantsesinstallationsdel’avenueNobeldePau©ASCENSIONTORRENT Travauxpublics :faceaucasse-têtedesgravats dechantiers,lesentreprisess’adaptentetinnovent «NOTREFORCE,C’ESTQUE L’ONCONNAÎTLESACTEURS LOCAUXETQU’EUXNOUS CONNAISSENT» SÉBASTIENLABOURDETTE ZOOM Ungroupepourquatreentreprises L’aventure commence en 2001 pour Sébastien Labourdette. À 24 ans, l’entrepreneur palois crée A3TP, un groupe de travaux publics qui va gran- dir jusqu’à compter aujourd’hui près d’une centaine de salariés. Une expan- sion en plusieurs étapes : après avoir démarré en douceur, A3TP rachète la Sogeba en 2010 quelques années après avoir déjà racheté Option, une usine dont la spécialité est la fabrication d’enrobés. « Celui de la place de Verdun vient de là », précise le patron. Quatrième entreprise : Reval, créée en 2014, dont la spécialité est le retraitement des gravats. Avec 25 mil- lions d’euros de chiffre d’affaires, le groupe A3TP Sogeba vise désormais à maximiser la complémentarité entre ses quatre entreprises. « Quand la Sogeba fait Verdun, elle prend sa matière première chez Reval. ». En plus de la réutilisation directement par les autres entités du groupe, Reval compte comme clients près de 250 entreprises qui viennent se four- nir directement chez elle en matière première. DOSSIER - Le BTP
  • 26. 26 UNE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017DOSSIER - Le BTP N’allez pas conter à Florence et Luc Claverie l’histoire des trois petits cochons. Les deux archi- tectes ne goûtent que très peu ce « faux conte ancien qui a servi à faire la pub des fabricants de bri- ques ». Car si la maison en paille du premier petit porcin s’envole sous le souffle du loup, la réalité est bien différente. « Essayez de souffler sur un ballot de paille de 20 kilos... » ironise Florence. Pour ces architectes basés à Baliros,cerebutagricolepossède des qualités d’isolant qui en font un matériau précieux pour la construction. « Premièrement, il s’agit d’un matériau technique et sérieux, sur lequel on a un recul d’un siècle », assure Luc. « Pour nous c’est très important, car on ne veut pas proposer quelque chose qui ne tient pas la route. » Depuis les premiers essais, au début du XXe siècle dans le Nebraska,latechniques’estamé- liorée. « Il existe aujourd’hui des règles professionnelles strictes, comme pour n’importe quel matériau. » Lapaillestockelecarbone Outre l’abondance de la res- source(lafilièreestimequ’ilserait possible d’utiliser 5 millions de tonnes par an pour la construc- tion,soit100foisplusqu’àl’heure actuelle) et son faible coût, les ballots de paille possèdent, selon le duo d’architectes, des vertus indéniables. « Par leurs caracté- ristiques techniques, les bottes de paille permettent d’avoir des maisons passives », assurent-ils, c’est-à-diredesconstructionsqui gardent la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Depuis dix ans, ils en ont donc fait leur cheval de bataille. « On s’est dit que c’était bien d’avoir un matériau bio- sourcéetquisoitunexcellentiso- lant naturel. » De plus, comme le bois, qu’ils utilisent pour struc- turer les bâtiments, la paille a le dondestockerlecarboneetdonc d’avoir un impact positif sur le réchauffement climatique. En Béarn, la grande réalisation du cabinet est l’établissement et service d’aide par le travail (Esat) de Salies-de-Béarn (lire ci-des- sous),unlieuquiaccueilledepuis un an des adultes handicapés. « Après être passés par les quatre saisons, nous sommes très satis- faits du rendu en terme d’isola- tion et de ce que ça génère comme conditions de travail », témoigne Guillaume Goarré, directeurdupôleEsat.« Cethiver on a très, très peu allumé le chauffage, ce qui nous a permis de faire des économies assez conséquentes à ce niveau. » Unefilièrequivasedévelopper ? Mais alors, si la technique cumuleautantd’avantages,com- ment expliquer que seules 2 000 constructions en paille existent en France ? « Il y a une mécon- naissance du matériau et une image baba cool associée à ce type de construction. Ce que nous voulons, c’est nous défaire de ça en montrant qu’il s’agit de quelque chose de très sérieux et qui génère de l’emploi qualifié et non-délocalisable. » Le Réseau Français de la cons- truction en paille, qui œuvre au développement de la filière, a ainsi dévoilé des objectifs ambi- tieux pour les années à venir. Dans une lettre ouverte aux can- didats à l’élection présidentielle, il estimait pouvoir passer de 500 à 130 000 bâtiments par an d’ici à 2022 ! Florence Claverie abonde en ce sens : « On est optimistes quant à ce développement parce qu’il existe beaucoup de gens motivés et beaucoup de compé- tences dans ce domaine. » Une chose est sûre : ils y croient dur comme fer ! Gageons qu’une si bonne idée ne parte pas en fumée. H.R. I InstallésàBaliros,les architectesFlorenceetLuc Claverievantentlespropriétés desballotsdepaillepour assureruneisolationefficace etécologique.Unemanière poureuxdes’adapteraux enjeuxenvironnementaux. L’utilisationdelapailledanslaconstructionestunprocessuséprouvédepuisunsiècle.Maisquitardeàdécoller.©DR Etsilapailledevenaitl’isolantdufutur... C’est au sein du Hameau Belle- vue de Salies-de-Béarn, géré par les PEP 64, qu’a été livré il y a quelques mois un bâtiment à base de paille mais aussi de bois et construit par l’entreprise Hourcade, basée à Charritte-de- Bas en Soule. Un premier bâtiment avait été livré en 2013, donnant des résul- tats encourageants. Un second a donc été construit suite à un appel à projet de l’Ademe (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce matériauaunegranderésistance thermique et le bâtiment est dit passif, n’ayant pas besoin de chauffage. Autre avantage, ce typedeconstructionproduitplus d’énergie qu’il n’en consomme. La paille stocke le CO2 au lieu d’en rejeter et les bottes sont tel- lement compressées qu’elles réduisentlerisqued’incendiepar leur faible concentration en oxy- gène. Quant au coût, comme à Salies, il est équivalent à celui d’une construction convention- nelle. En plus d’être écologique, l’utilisation de la paille pourrait donc se révéler économique pour les constructeurs. Salies,pionnièrepourlapaille ASalies,lapaillepermetdeconserverunetempératureambiantestable.©ARCHIVESN.S.
  • 27. 27UNEMERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017 DOSSIER - Le BTP Habiter dans un container, cela vous a-t-il déjà traversé l’esprit ? Loin des « cabanes de chantier » qui ne donnent pas franchement envie de s’y instal- ler, la société Quadrilater, basée à Serres-Castet, ambitionne de les transformer en habitat « haut de gamme ». Si l’idée de base était de les transformer en maisons en assemblant plusieurs pièces, le concept n’a pas tout à fait pris. « Les gens n’étaient pas prêts pour ce type d’habitat », estime Grégory Hourcadet, le président de la société. Unmodèleàimporter La mire a donc été recadrée. « Nous travaillons sur deux axes principaux. Le premier con- cerne l’habitat de loisir, avec des studios pour remplacer le con- cept de mobile-home, qui devient vieillissant, ou faire une extension d’une maison », expli- que Frédéric Curiotti, le direc- teur de la société. « Le second axe, ce sont des restaurants, notamment pour des gens qui font de la restauration rapide. » Il croit énormément dans ce concept. « On a été obligés de se canaliser. Il y a un réel engoue- ment autour de la construction en container. Les gens sont très curieux de ce que l’on fait. » Si la technique n’est pas cou- rante en France, les habitations en containers sont bien con- nues dans d’autres pays. « En Australie et dans les pays nordi- ques, ce sont des constructions communes. Ce sont pourtant des endroits où les climats sont très marqués, ce qui prouve les propriétés énergétiques intéres- santes des containers. On voit bien que ce ne sont pas de sim- ples boîtes en métal », détaille le directeur, qui ajoute que ces constructions sont conformes à la réglementation thermique RT2012. Desambitionsnationales Reste désormais à importer le modèle et à démocratiser l’idée d’habiter, ou de travailler, dans un container. Dans l’atelier de la société, où tous les modèles sont fabriqués avant d’être envoyés sur site, plusieurs chan- tiers sont menés de front. On y retrouve d’ailleurs l’ensemble qui avait servi de loges VIP lors du Grand prix automobile de Pau en 2016. Si les réalisations ont pour l’instant été locales, Frédéric Curiotti espère très bientôt « inonder le marché national ». L’offensive est prévue pour la fin de l’année 2017. « Le gros avan- tage, c’est que 95 % des cons- tructions peuvent être assem- blées dans notre atelier et trans- portées directement sur le lieu d’installation n’importe où en France. Il suffit de quatre plots en béton dans le sol. Il n’y a pas d’incidence au niveau des tra- vaux. » Lelogementd’urgenceaussi Il y voit également une possi- bilité pour le logement d’urgence (notamment grâce aux propriétés antisismiques de cette méthode de construction) ou encore pour le logement sai- sonnier, les unités pouvant sui- vre les habitants au gré des déménagements. Avec cette autonomie de transport, l’horizon semble donc ouvert : reste à savoir combien de clients franchiront le pas. HUGORICHERMOZ I N Quadrilater, 795, rue de la Vallée d’Ossau, Serres-Castet. Tél : 05 59 98 33 09. Achetés dans les ports de Marseille ou du Havre, plusieurs containers ont atterri à Serres-Castet où la société Quadrilater leur donne une deuxième vie en les transformant en habitat de loisir, en studios ou en restaurants. ÀSerres-Castet,lasociétéQuadrilaterdeGrégoryHourcadettransformed’anciens containersmaritimesenhabitations,studiosourestaurants...© HUGORICHERMOZETDR Ladeuxièmeviedescontainersmaritimes CETYPEDECONSTRUCTION ESTRÉPANDUENAUSTRALIE OUENEUROPEDUNORD