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Capitainesd’industrie
Portraitsdedirigeantsquiontmarquéleursterritoires
6
SOMMAIRE
Édito p.8
Alsace - Anne Leitzgen (SALM)	 p.10
Aquitaine - Marc Prikazsky (CEVA Santé animale)	 p.12
Auvergne - Geoffroy Millet (D’ENNERY)	 p.14
Bourgogne - Éric Michoux (GALILÉ)	 p.16
Bretagne - Vincent Bolloré (Groupe BOLLORÉ)	 p.18
Centre - Bruno Grandjean (REDEX)	 p.20
Champagne-Ardenne - Patrick Ballu (Groupe Exel Industries) 	 p.22
Franche-Comté - François Guillin (Groupe GUILLIN) 		 p.24
Guadeloupe - Hervé Damoiseau (Distillerie DAMOISEAU) 		 p.26
Île-de-France - Pierre Kuchly (ERA SIB)	 p.28
Languedoc-Rousillon - Jérôme Engelvin (SAS ENGELVIN TP RÉSEAUX) 	 p.30
Limousin - Jean Paufique (SILAB)	 p.32
Lorraine - Francis Gris (Groupe GRIS DÉCOUPAGE)	 p.34
Martinique - Claudine Neisson-Vernant (Distillerie NEISSON) 	 p.36
Midi-Pyrénées - Daniel Eclache (Laboratoires PHODE) 		 p.38
Nord-Pas-de-Calais - Pierre-Yves Beseme (SBE) 			 p.40
Basse-Normandie - Fabrice Lepotier (EFINOR) 			 p.42
Haute-Normandie - Arnault Daudruy (Groupe OLVEA) 		 p.44
Pays-de-la-Loire - Jean-Pierre Bodet (BODET SA)	 p.46
Picardie - Jérôme Duprez (Groupe Moret Industries)	 p.48
Poitou-Charentes - Frédéric Coirier (POUJOULAT)	 p.50
Provence-Alpes-Côte-d’Azur - Philippe Maubert (ROBERTET) 		 p.52
Rhône-Alpes - Antoine Raymond (ARAYMOND)	 p.54
Remerciements p.57
7
8
9
L’industrie qui a façonné nos paysages et nos représentations
du travail connaît des bouleversements profonds liés à la
globalisation, à la raréfaction des ressources, à la transition
énergétique, à l’avènement du numérique, … Elle mue mais elle
est bien vivante. A elle seule, elle réalise plus des trois quarts de
nos exportations et pèse pour 85% de nos investissements en
recherche et développement.
Oui, notre industrie est en vie.
On ne le dit pas assez. Comment s’étonner alors que peu à peu
l’image de l’industrie se soit ternie aux yeux des Français ? Dans
notre société médiatique, l’arbre qui tombe fait plus de bruit que
la forêt qui pousse. La communication autour de l’industrie s’est
trop souvent focalisée sur les aspects négatifs. L’opinion publique
en aura retenu les fermetures d’usines, les pollutions et atteintes à
l’environnement, la difficulté persistante des conditions de travail, …
La réalité de l’industrie d’aujourd’hui et de demain est bien
différente.
Dans nombre de cas, il s’agit d’activités de pointe, offrant des
emplois de plus en plus qualifiés, des salaires attractifs, des
conditions de travail sûres, une prise en compte et un respect de
l’environnement croissants.
Notre industrie, dans un contexte hyper concurrentiel, reste la
5ème au monde. Elle a su générer des champions mondiaux
dont beaucoup restent méconnus du grand public alors qu’ils
devraient générer un enthousiasme égal à celui drainé par nos
héros sportifs.
Cette France industrielle qui gagne, les CCI de France ont
souhaité lui rendre hommage à travers cet ouvrage.
Il rassemble 23 portraits de chefs d’entreprises industrielles,
hommes et femmes, au parcours remarquable et dont les
entreprises, de secteurs différents, marquent leur territoire de
leur empreinte.
Leurs formations, leurs histoires de vie, leurs projets sont
différents. Mais tous ces « capitaines d’industrie » partagent
des valeurs communes, dont la foi en l’avenir, et appliquent
les mêmes recettes gagnantes : innovation, internationalisation,
vision sur le long terme, …
Je remercie tous ces chefs d’entreprise de s’être prêtés au jeu et
d’avoir accordé un peu de leur temps si précieux pour nous faire
partager leur envie d’industrie !
Ils sont un modèle pour tous, et notamment pour les jeunes
générations.
André MARCON
Président de CCI France
ÉDITO
10
Heidi, c’est le nom donné par Hubert Schmidt, le grand-père
d’Anne, à son premier buffet de cuisine sorti de l’atelier en 1959.
Un nom prédestiné ? Car depuis lors, l’activité de l’entreprise n’a
jamais cessé de progresser vers les sommets. Dans les années
soixante-dix, sous la présidence de Karl et Antonia Leitzgen, la
fille du fondateur, le cap est mis sur la cuisine sur mesure et
les premières machines automatisées. L’usine passe de 6000
à 32 000 m2
, puis à 90 000 m2
avec le rachat d’un site en
Allemagne et la construction d’une nouvelle unité à Sélestat.
1989 voit la naissance de la marque Schmidt distribuée par
un réseau de concessionnaires exclusifs, soutenue par des
campagnes de publicité marquantes. Anne Leitzgen qui a
succédé à sa mère en 2006 représente la troisième génération à
la tête du groupe familial. La société alsacienne est devenue la
1re
marque européenne dans son métier, numéro 1 sur le marché
français des meubles de cuisine. Elle s’est également diversifiée
dans les meubles de salle de bain et désormais les solutions
de rangement sur mesure pour toute la maison. Solidement
implantée en Europe et au-delà, avec ses marques Schmidt
et Cuisinella, la SALM est en passe de devenir un groupe
international, fort de 1400 collaborateurs, 4 sites de production,
un centre logistique et 650 concessionnaires. Anne Leitzgen a
confirmé ses grandes orientations : la fidélité aux équipes et à
l’ancrage local, la priorité à la qualité (certification ISO 9001 en
1997) et à la satisfaction du client. Sans oublier l’engagement
en matière de développement durable. Certifiée ISO 14001 et
OHSAS 18001 en 2008, la SALM est le premier fabricant de
mobilier de cuisine et de salle de bains à décrocher l’écolabel
NF Environnement Ameublement. En 2010, le label PEFC certifie
que le bois utilisé est issu de forêts durablement gérées. Heidi,
la petite héroïne suisse applaudit du haut de ses montagnes.
SALM - Société
Alsacienne de Meubles
Ameublement pour cuisines, salles de
bains et toute la maison
(Alsace)
ANNE
LEITZGEN
« la cuisine française » à la conquête du monde
Repères
1959 : date de création
1400 : nombre de salariés
385 M€ : chiffre d’affaires
15 % : CA à l’export, dans 25 pays
http://www.cuisines-schmidt.com www.cuisinella.com
11
« Il faut oser sortir des sentiers battus
et accorder la liberté à vos équipes
de décider, de prendre des initiatives. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
C’est d’avoir réussi avec les équipes qui
étaient déjà en place en place lorsque j’ai
pris mes fonctions.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Une personne clé de l’entreprise nous a
quittés suite à une maladie grave. C’est
difficile pour les équipes, pour nous
tous, qui voyons partir quelqu’un de très
apprécié. L’entreprise est sous le choc.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Nous avons une culture de PME nationale
orientée B To B et nous sommes en train
de prendre le virage B To B To C. Le vrai
enjeu, c’est de conserver les fondamentaux
qui ont fait notre succès, tout en amenant
les transformations qui nous permettront de
passer du stade de l’ETI à celui de groupe
international.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Ne pas être indispensable, ne surtout pas
se croire indispensable, et faire en sorte
que l’entreprise tourne bien sans lui. Il
doit savoir s’entourer, faire participer les
équipes à l’élaboration de la vision. Pour
avoir l’adhésion, il doit donner du sens.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Avoir confiance en soi, dans son projet,
dans ses équipes. Il faut oser sortir des
sentiers battus et accorder la liberté à
vos équipes de décider, de prendre des
initiatives. Rester ouvert, saisir toutes les
occasions de rencontrer des professionnels
d’autres business, de partager, d’échanger,
de se former.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Pour nous, c’est un élément clé. Primo, ça
limite le risque de n’être que sur un marché ;
secundo, la somme des exigences des
différents marchés nous oblige à améliorer
sans cesse nos produits.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Quand je vais chercher mes filles le soir à
l’école et à la crèche de l’entreprise.
12
Ceva Santé Animale
Laboratoire vétérinaire
(Aquitaine)
« Il faut aimer les autres et
la vie, sans se décourager. »
MARC
PRIKAZSKY
l’esprit entrepreneurial au service de la santé animale
13
Ceva Santé Animale développe, fabrique et commercialise dans
le monde entier, des vaccins et des produits pharmaceutiques
pour les volailles, les ruminants, les porcs et les animaux de
compagnie. Née en 1999 de la cession par Sanofi de sa branche
santé animale et nutrition, l’entreprise libournaise a connu
l’une des plus fortes croissances du marché. En 12 ans, son
chiffre d’affaires est passé de 100 M€ à 600 M€. L’entreprise
est aujourd’hui le 9e
laboratoire vétérinaire mondial, et
3e
pour la biologie aviaire. Ses filiales sont implantées dans
43 pays, dont la Chine. Ce succès, Ceva Santé Animale le doit
à la motivation et à l’engagement de ses salariés. Forte de ses
valeurs « esprit entrepreneurial »,« innovation » et « solidarité »,
l’entreprise a su construire, avec ses partenaires du monde
institutionnel, académique et privé, un véritable écosystème,
pour répondre aux attentes de ses clients. Ceva Santé Animale
se veut économiquement et socialement responsable, au service
du bien-être de la planète et de ses habitants : en contribuant
à sécuriser leurs apports en protéines, tant en quantité qu’en
qualité ; en les protégeant des zoonoses, ces maladies de plus
en plus fréquentes qui se transmettent de l’animal à l’homme ;
en favorisant enfin leur cohabitation harmonieuse avec leurs
compagnons domestiques. Plus du quart des collaborateurs
travaillent en France, au siège et dans ses usines. En 2012,
l’entreprise a investi 18 M€ dans son unité de Libourne. Preuve
que le déploiement à l’international n’est pas incompatible
avec le développement régional. Une conviction que partage
son PDG, Marc Prikazsky, diplômé de l’École Vétérinaire de
Maisons-Alfort et de la Faculté de Créteil, membre de la CCI
internationale et Président du Club des ETI d’Aquitaine. Autant
d’engagements qui témoignent de l’importance qu’il accorde
à l’ancrage de l’entreprise au sein du territoire.
Repères
1999 : date de reprise
3100 : nombre d’employés
607 M€ : chiffre d’affaires
91 % : part du C.A. à l’international
43 : nombre de filiales
273 : nombre de brevets
www.ceva.com
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir piloté l’entreprise pendant la
tempête de 2008 et 2009 en maintenant
notre croissance, en poursuivant notre
effort d’investissement et en nous imposant
une rigueur sans faille. Mais surtout, nous
avons su former un équipage soudé. Une
entreprise, c’est d’abord des hommes dont
le talent et la motivation en font la valeur.
Et à cet égard, je suis fier d’être le Président
de Ceva Santé Animale.
Quel enseignement avez-vous tiré de cette
tempête ?
Dans les moments difficiles, il faut savoir
garder son sang-froid et accepter de faire
un grand écart entre continuer à voir
loin et piloter à vue dans un quotidien
contraignant.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Passer le cap du milliard d’Euros, tout
en conservant nos valeurs de PME :
autonomie, initiative, agilité, pragmatisme.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Un dirigeant doit avoir une vision
stratégique claire qu’il doit savoir faire
partager... Il doit à la fois être capable
d’écouter, de décider et de convaincre.
Et posséder une bonne dose d’énergie et
d’humour !
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
La réussite repose sur la passion et la
conviction. Il faut beaucoup d’endurance
et d’énergie. Il faut aimer les autres et la
vie, sans se décourager.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
À terme oui. La réussite passe d’abord par
la capacité à créer une offre innovante,
renouvelable, répondant à un marché
le plus large possible. En jouant sur
l’échiquier mondial, l’entreprise élargit ses
débouchés, mais en plus, elle s’aguerrit
en se confrontant à des concurrents
performants.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Déguster un vin de Montagne-Saint-Emilion
avec des amis, dont les trajectoires de vie
racontent une belle histoire.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Aucune en particulier. En revanche, les
situations d’injustice continuent à m’être
insupportables, surtout quand elles affectent
des personnes fragilisées par la vie.
14
Sa carrière de salarié chez BSN aura été de courte durée.
Le jeune diplômé de la faculté de Clermont ne se sentait
pas fait pour travailler dans un grand groupe. Après deux
ans à la CCI de Moulins-Vichy, il plonge dans le grand bain
de l’entrepreneuriat en rachetant une ferronnerie d’art avec
deux associés. Repasse par la case salarié dans une entreprise
éditrice de tissus en 2001, mais à la direction générale cette
fois-ci, et finit par trouver en 2010 une petite société de
confection textile spécialisée dans la confection matelassée
pour la décoration, l’ameublement et l’agencement : D’Ennery,
créée en 1946.
La société située près du Puy-en-Velay (43) tire aujourd’hui « son
épingle du jeu » grâce à des employés fortement impliqués et
à des machines à commandes numériques de grande capacité.
Ils confectionnent des jetés et des écharpes de lit, des plaids,
des édredons, des boutis, des housses de canapés et de sièges,
des tentures murales ouatinées de grandes dimensions, des
couettes, des cache-sommiers pour des clients fidèles et variés :
agenceurs, tapissiers, décorateurs, architectes œuvrant pour
des hôtels, des résidences, des boutiques de tissu. D’Ennery
compte également dans sa clientèle des palaces tels que le
Georges V, le Plaza Athénée, le Meurice ou encore le Royal
Monceau à Paris.… Son savoir-faire a été récompensé par
le label d’État Entreprise du patrimoine vivant (EPV). Sa
recherche constante d’innovation l’amène par ailleurs à
valoriser ces compétences dans des domaines très différents,
comme l’emballage, l’isolation, le paramédical… Le chiffre
d’affaires est en hausse depuis la reprise. Et pour Geoffroy
Millet, c’est déjà une belle récompense et un grand pas de
franchi.
D’ENNERY
Confection de textiles matelassés
(Auvergne)
GEOFFROY
MILLET
un challenge gonflé !
Repères
1946 : naissance de D’Ennery
2010 : reprise de l’entreprise par Geoffroy Millet
12 : nombre d’employés
750 k€ : chiffre d’affaires
www.denneryconfection.com
15
« Innover, innover toujours,
j’y crois beaucoup. »Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir réussi à reprendre une entreprise
dans un secteur sur lequel plus personne
ne parie. Les gens raisonnent en terme
de macro-économie alors que l’économie
réelle, c’est de la micro-économie.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Le licenciement d’une ouvrière pour faute.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Je suis plus pointilleux lors des entretiens
d’embauche et plus à l’écoute.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Innover, innover toujours, j’y crois
beaucoup. Aller vers de nouveaux
marchés ; essayer par exemple de mettre
des capteurs dans des couettes pour le
bien-être contrôlé à distance… il y a pire
que de ne pas réussir, c’est de ne pas avoir
essayé !
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Audace, volonté, optimisme. Se projeter
dans l’avenir avec foi.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Foncez, c’est fabuleux ! Entourez-vous,
prenez des conseils auprès des CCI, des
réseaux entreprendre…
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Non, en ce qui concerne D’Ennery. Je fais
de l’export, mais indirectement, via mes
clients, des designers, des tapissiers qui
travaillent pour les palaces internationaux,
achètent mes produits et les envoient dans
un container avec les meubles et décors.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Quand je retrouve ma famille, ou quand
mes enfants viennent à l’usine me donner
un petit coup de main (enlever les peluches
qui traînent par exemple). J’ai six enfants
de 4 à 17 ans, c’est une autre entreprise,
très bien gérée par ma femme.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Lire le journal quand tout est négatif. Je
préfère m’abstenir et ne garder que le
meilleur. Par exemple, le saut dans l’espace
de l’Autrichien Félix Baumgartner. Un grand
moment vécu en direct par des millions
d’internautes. Ça, ça fait rêver et donne
envie de se dépasser !
16
Ingénieur mécanicien, il a d’abord été salarié une dizaine
d’années avant de se lancer à son compte en 1998, en
rachetant une société de maintenance de chariots élévateurs,
la SIEM à Mâcon, bientôt suivie par d’autres dans le secteur de
la manutention et dans la fabrication de bien d’équipements.
Très vite, Éric Michoux fait le constat suivant : d’un côté, les
entreprises françaises en difficulté ou qui vont chercher un
repreneur dans les années à venir sont nombreuses. Il estime
leur nombre à 100 000, dans le commerce, l’artisanat,
les PME et PMI. De l’autre, des jeunes motivés, mais pas
suffisamment formés à la reprise et à la direction d’entreprise.
D’où l’idée d’Éric Michoux de créer en 2003 un réseau
baptisé Galilé, proposant à ces jeunes un appui véritable, un
engagement humain de long terme, des moyens financiers et
une véritable école de terrain. Dix ans plus tard, Galilé est
un groupe industriel composé de 11 entreprises oeuvrant
dans la mécanique de précision (Escofier à Chalon-sur-Saône,
Provéa à Alésia), la robotique (Farman, à Tours), le nucléaire
(CLM Dijon), et la manutention (SIEM, Manustra Lyon,
Benoit Industrie Avignon, Coloc Provence, VDM Valence). La
philosophie entrepreneuriale est plus que jamais au cœur du
projet : chaque directeur général du groupe est coactionnaire
et a pour mission de former au cours de sa carrière trois élèves
entrepreneurs, lesquels devront à leur tour transmettre leur
savoir. 10 ans après la création du groupe, cet infatigable
entrepreneur prépare déjà le réseau Galilé de demain qui
s’appuiera sur des plateformes collaboratives, le numérique,
la réalité augmentée, le crowdfunding (financement en ligne),
le cloud computing et les réseaux sociaux. Une nouvelle façon
d’entreprendre plus ouverte, plus solidaire, et somme toute
très efficace.
Groupe GALILÉ
Manutention, chariots élévateurs,
Biens d’équipements industriels.
(Bourgogne)
ÉRIC
MICHOUX
compagnon entrepreneur
Repères
2003 : date de création de Galilé
11 : nombre de sociétés. 9 en France (dont 4 en Bourgogne),
une en Inde et une en Allemagne
240 : nombre de salariés
32 M€ : chiffre d’affaires total
25 % : part du C.A. à l’export
www.galile.fr
17
« Un chef d’entreprise doit avoir
une ambition, un objectif, une stratégie,
un tableau de bord et un mode
de management. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
La reprise début 2013 de l’entreprise
Farman, une légende de l’aviation
française dont le parcours aurait pu se
terminer au tribunal de commerce de Tours.
Pour moi, c’est carrément un honneur de
relancer l’activité, centrée aujourd’hui non
plus sur les avions, mais les robots.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
En 2008, l’activité s’est mise à chuter
fortement. Beaucoup d’entreprises du
groupe ont failli disparaître.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Chaque PME doit avoir un avantage
concurrentiel, savoir se démarquer
fortement, et pas simplement sur les prix.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Galilé 360, une plateforme internet
collaborative où des jeunes qui ont des
idées de création d’entreprises trouveront
des mentors qui ont de l’expérience et
du temps à leur consacrer. Les moyens
logistiques et financiers seront apportés
par Galilée. Le cursus est soutenu par
Polytechnique et HEC.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
J‘en vois une seule : la volonté.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Unchefd’entreprisedoitavoiruneambition,
un objectif, une stratégie, un tableau de
bord et un mode de management. Où
est-ce que je veux aller et comment je fais
pour y arriver ? S’il ne fait que ça dans sa
semaine, c’est bien suffisant. Mais s’il ne
le fait pas, il n’a pas fait son job de chef
d’entreprise. Il est directeur, mais pas chef
d’entreprise.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Pour l’industrie, la réponse est oui. Si on ne
le faisait pas, on serait déjà morts.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Le samedi matin, quand je vais dans ma
mairie, car je suis maire d’Épervans (1800
habitants). Vous vous apercevez qu’il y a
plusieurs réalités. L’entreprise en est une
parmi d’autres. Là, je prends réellement
conscience des difficultés sociales de notre
pays.
Ses racines ? Elles sont en Cornouaille, tout près de Quimper,
où ses aïeux ont créé les papeteries d’Odet. En 1981, Vincent
Bolloré reprend l’affaire familiale, alors en grande difficulté, et
réoriente l’activité vers le film propylène pour condensateurs,
dont il devient le leader mondial.
L’expérience acquise dans l’ultra fin, le film plastique, les
polymères et le stockage électrique conduit le groupe à se
développer dans l’emballage et l’énergie… Les ailes ? C’est
cette incroyable capacité à déployer le groupe par acquisitions
et développements successifs : dans la logistique, le transport,
le contrôle d’accès aéroportuaire, la distribution d’énergie, la
publicité, les médias, les télécoms… En quelques décennies,
Vincent Bolloré transforme l’entreprise familiale en un groupe
considérable présent dans 152 pays, classé parmi les 500 plus
grandes compagnies mondiales. Pour autant, l’attachement à
ses racines reste inaltérable. « Plus on s’internationalise, plus
on a besoin de racines fortes », confie-t-il. Cette vision prend
tout son sens dans les relations nouées avec la CCI Quimper
Cornouaille et l’IRTEC, institut régional de ressources en
formations techniques et énergies renouvelables, autour des
véhicules électriques et du concept Bluecar. Une nouvelle étape
vient d’être franchie fin septembre 2013 avec l’inauguration
de la nouvelle usine Blue Solutions, destinée à accroître
la production des batteries électriques LMP (lithium métal
polymère), conçues et développées par le groupe Bolloré. Ce
nouveau site d’Ergué-Gaberic emploie 175 personnes, mais
pourrait en recruter 400 autres d’ici à 2022. Des racines et
des ailes… La Cornouaille se retrouve au cœur d’une nouvelle
révolution industrielle : la transition énergétique. Sans grands
discours, mais avec des solutions concrètes qui font d’ores et
déjà leurs preuves.
Groupe BOLLORÉ
Transports, logistique, énergie,
communication et médias
(Bretagne)
VINCENT
BOLLORÉ
des racines et des ailes
Repères
1822 : création des papeteries d’Odet
1981 : arrivée de Vincent Bolloré
55 000 : nombre de collaborateurs, dont 1400 en Bretagne
152 : nombre de pays où le groupe est présent
Plus de 10 milliards d’euros : chiffre d’affaires
18
« Savoir écouter, agir,	
recommencer. »Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
La continuité de cette histoire industrielle
sur 7 générations
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
1981 ; les évolutions technologiques qui
arrivent inéluctablement.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
La nécessité de se remettre en question.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Les Blue Solutions, une façon de réussir la
transition énergétique.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Savoir écouter, agir, recommencer.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Courage
Persévérance
Respect des autres
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Oui
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Le samedi à midi, lorsque je m’arrête de
travailler.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Lundi matin, quand ça recommence !
19
20
REDEX conçoit, fabrique et commercialise des transmissions à haute
performance pour l’industrie (systèmes d’entrainement linéaires et
rotatifs, réducteurs planétaires, boites de vitesse pour machines-outils,
freins et embrayages EMP) et des équipements pour la sidérurgie et la
métallurgie (lignes de planage, laminoirs et équipements pour laminoir).
L’entreprise du Loiret a vu son chiffre d’affaires multiplié par deux ces
dix dernières années sous la présidence de Bruno Grandjean, ingénieur
diplômé de Stanford dont la stratégie tient en 3 i : internationalisation,
investissement et industrialisation. L’international tout d’abord :
REDEX s’est lancé sur les marchés européen et américain dès 1960.
À partir de 2005, Bruno Grandjean met le cap sur le monde entier.
Les machines-outils estampillées REDEX, très qualitatives, conquièrent
l’Inde, la Chine, Taïwan, la Corée, le Brésil, Bahreïn ou encore la
Turquie. Le groupe ouvre sept filiales et réalise désormais 90% de son
chiffre à l’export, avec une fabrication 100% française. Pour s’imposer
face aux poids lourds du secteur (allemands, italiens et suisses) il mise
sur l’investissement et l’innovation : 8% du C.A. chaque année va à
la R&D et près d’un tiers des ingénieurs travaillent au développement
de nouveaux produits. Dernier maillon de cette success story :
l’industrialisation. Bruno Grandjean voit grand. Il modernise l’appareil
de production en injectant pas moins de 25 M€ et fixe de nouvelles
règles du jeu : qualité constante, délais courts, coûts de fabrication
bas. L’homme, modeste, passionné, croit aux réussites industrielles
en France. Il s’émerveille de la capacité de ses équipes à faire d’un
morceau d’acier une machine ultra-performante expédiée en Corée.
Hisser le groupe parmi les 3 leaders mondiaux du secteur était un pari
audacieux. Bruno Grandjean et ses 320 salariés l’ont fait.REDEX
Mécanique de précision, biens d’équipements
(Centre)
BRUNO
GRANDJEAN
la mécanique de l’excellence
Repères
1949 : création de REDEX par le grand-père de Bruno Grandjean,
l’ingénieur Paul Defontenay, inventeur de la « poulie REDEX ».
1995 : arrivée dans l’entreprise
2004 : Président du Directoire
320 : nombre de salariés dans les 2 sites de production et les 7 filiales
50 M€ : CA 2012 consolidé
90 % : part du C.A. à l’export
7 : nombre de filiales à l’étranger
20 : nombre de brevets actifs
http://www.redex-group.com
21
« Les pieds dans nos territoires,
la tête dans la mondialisation. » Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
Vendre du made in France… en Allemagne
et au Japon.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
La crise de 2008, -40 % d’enregistrement
de commandes en 3 mois !
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Être pessimiste dans les périodes
favorables, optimiste dans les périodes de
crise.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Réorganiser nos sites de production pour
franchir un nouveau cap en termes de
productivité. Y associer l’ensemble de nos
équipes.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
L’ouverture d’esprit, la combativité, l’esprit
d’équipe.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Voyager, se comparer, avoir confiance en
soi.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Oui, les pieds dans nos territoires, la tête
dans la mondialisation.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Le café du matin avec mes équipes.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Revenir sur des problèmes déjà traités du
fait d’une dérive. Avoir le sentiment de ne
plus progresser.
Groupe Exel Industries
Techniques de pulvérisation de précision
(Champagne-Ardenne)
« Osez entreprendre, malgré les
pessimistes qui vous entourent. »
PATRICK
BALLU
champion de la pulvérisation
22
Tout commence en 1947 grâce au génie de son père, Vincent Ballu,
créateur d’un tracteur enjambeur viticole, voué à mécaniser le vignoble
champenois. Cinq ans plus tard, il donne naissance à l’entreprise
Tecnoma pour commercialiser son invention. Une véritable rupture
technologique et le début d’une longue success-story dans le domaine
de la pulvérisation agricole. Dès 1966, Tecnoma fait sa première
croissance externe en reprenant les actifs de Vermorel, leader du
moment. Ingénieur diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts
et Métiers (Ensam), Patrick Ballu reprend le navire familial en 1980.
Avec à bord, près de 200 salariés et l’équivalent de 12 M€ de chiffre
d’affaires. Il mise sur l’innovation, la rentabilité et la croissance externe
en repêchant plusieurs entreprises échouées. Caruelle, Berthoud,
Nicolas, Thomas, Séguip intègrent le capital de Tecnoma, qui devient
Exel Industries en 1987. En 10 mois seulement, le C.A. est multiplié
par quatre. Il fait le pari de conserver les marques et leurs gammes.
Une stratégie multiréseau, qui permet de proposer sur le marché des
produits réellement différents, des arguments marketing spécifiques
et des équipes propres à chaque entité. Le groupe EXEL a un métier,
la pulvérisation, et deux vocations principales : la protection des
végétaux (70% du CA) dont il est n° 1 mondial, et celle des matériaux
(30%) où il s’impose comme le n° 3 mondial du matériel d’application
de peinture. La force de cette nouvelle structure ? Elle détient
et fédère l’ensemble des entreprises qui apportent des réponses variées
et inédites, sur des marchés différents. Parmi les plus beaux souvenirs
de Patrick Ballu : la création du Groupe en 1987, l’arrivée en 1996
du groupe Kremlin Rexson, puis en 2007 du groupe Hardi. Et, depuis
un an, de l’Allemand Holmer, leader des arracheuses de betteraves,
et du Britannique Hozelock-Tricoflex, spécialiste de l’arrosage.
Le credo du président ? Rester « Growing, Excellent and Profitable
by Innovations ». Pari pulvérisé !
Repères
1987 : création du groupe Exel Industries
60 : le nombre d’entreprises fédérées (filiales comprises)
3 700 : nombre de salariés dans 26 pays et sur 5 continents
740 M€ : le chiffre d’affaires 2012-2013, dont 60% à l’international
2 000 : nombre de brevets pays actifs
4% : part du CA consacré à la R & D
ww.exel-industries.com
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
Avoir constitué, avec des managers
passionnés, un groupe familial français
devenu leader mondial dans sa spécialité,
tout en respectant les marques et les
cultures des entreprises successivement
reprises.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
En 1991/92, le marché a baissé de 50 en
18 mois alors que nous étions déjà leaders.
Nous avons dû baisser simultanément notre
point mort de 40% et nous restructurer sur
le champ.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut réagir très vite, sans attendre que
le marché rebondisse. Ne pas s’endetter,
refuser toute caution. Être proche et vrai
avec tous ses collaborateurs : nous n’avons
eu aucune heure de grève. Chacun savait
pourquoi, comment et où nous voulions
aller.
Quel est votre prochain défi ?
Confirmer la réussite du passage de témoin
à mes quatre fils, dont Guerric le Directeur
Général du Groupe.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Enthousiaste et positif pour entraîner les
autres. Gagneur, imaginatif, à l’écoute,
travailleur, courageux, tenace sans être têtu.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Osez entreprendre, malgré les pessimistes
qui vous entourent. Ayez confiance
en vous. Entourez-vous de passionnés.
Écoutez-les avant de décider. Respectez-
les. Encouragez-les. Pensez surtout à vos
clients. Ne vous endettez pas trop. Soyez
vite profitables. Restez modeste. Sachez
travailler 35 heures… mais 2 fois dans la
semaine !
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Au début peut-être pas, mais, très
rapidement, il devient indispensable de
penser international.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Motiver, innover, faire différent des
autres (brevet, organisation, production,
marketing).
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Les papiers.
23
24
Barquettes, boîtes pâtissières, plateaux-repas, vaisselle jetable,
conditionnements pour fruits et légumes, emballages pour plats
préparés… Des rayons de grande surface à ceux de nos réfrigérateurs,
les produits Guillin sont à ce point entrés dans nos vies que nous n’y
prêtons même plus attention ! Leader de l’emballage alimentaire
en Europe, avec 17 sociétés installées dans 7 pays – France, Italie,
Espagne, Portugal, Pays-Bas, Grande Bretagne et Pologne – le
groupe est également présent dans la conception et la fourniture
de matériels pour la restauration collective : appareils de scellage,
équipements de logistique en liaison froide et liaison chaude, chariots
de distribution des repas, fours de remise en température de plats
cuisinés. Derrière cet édifice patiemment construit, il y a un homme :
François Guillin, doté d’une solide formation technique de l’École
d’Horlogerie de Besançon, mais surtout d’un flair et d’une capacité
d’entreprendre hors pair. Parti seul dans l’aventure en 1972, dans un
local de 18 m2 à Lods, en Franche-Comté, il a su se rendre petit à
petit incontournable en proposant à toutes les étapes de sa croissance,
des concepts d’avant-garde, des emballages standardisés au service
de la distribution et des consommateurs. Avant-gardiste mais aussi
respectueux de l’environnement : le Groupe Guillin est membre de
la chambre syndicale des emballages en matière plastique. Il s’est
engagé à utiliser et fabriquer des plastiques recyclables et à en réduire
chaque année le poids. Implanté à Ornans, dans le Doubs, le siège
de l’entreprise matérialise l’idéal d’un développement ambitieux et
soucieux d’équilibre. Établir le siège social d’un poids lourd industriel
au milieu des champs démontre qu’une croissance réellement durable
n’est concevable que dans le cadre d’un dialogue constant avec le
tissu local dans lequel elle s’enracine.
Groupe GUILLIN
emballages plastique alimentaires
(Franche-Comté)
FRANÇOIS
GUILLIN
emballe l’Europe
Repères
1972 : date de création
1989 : entrée en bourse
1999 : Certification ISO 9001 pour l’ensemble
des sociétés du Groupe Guillin
2000 : nombre de salariés
500 M€ : chiffre d’affaires
60 % : part du CA à l’export
300 : nombre de brevets/marques déposées
www.groupeguillin.fr
25
« Le propre d’un chef d’entreprise
est d’être un chef d’orchestre :
bon en tout, expert en rien. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir réussi en 40 ans à créer un
groupe européen leader, équilibré,
performant, sans aucune aide extérieure.
Un groupe familial qui a su conserver ses
valeurs : esprit d’équipe, respect mutuel,
engagement total…
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Je n’ai jamais connu de véritable tempête !
C’est pourtant la réalité et cela est sûrement
dû à mon obsession d’être toujours attentif,
à voir loin, dans le cadre d’une stratégie
clairement définie et explicitée. Ce qui m’a
toujours permis d’anticiper les problèmes
et de les éviter.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Réussir la mutation générationnelle
clairement engagée du Groupe Guillin
tout en assurant sa croissance et son
indépendance.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Vision stratégique, capacité de travail,
capacité d’entraînement, détermination,
sens de l’anticipation, lucidité, respect du
client, savoir s’entourer et déléguer…
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
C’est bien entendu le seul moyen d’élargir
ses marchés. Mais une entreprise peut tout
à fait être viable et performante sur des
niches nationales, sa qualité n’étant en
rien liée à sa taille.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Je n’en ai pas particulièrement. Le propre
d’un chef d’entreprise est d’être un chef
d’orchestre : bon en tout, expert en rien.
Mon jour préféré est tout de même le lundi.
La passion de la relance perpétuelle des
équipes !
Le Moulin de Bellevue, au Moule, offre une vue plongeante
sur le bassin cannier des îles de Guadeloupe. Il est l’emblème
de la réussite de la famille Damoiseau qui, en 1942,
rachète et reconstruit une distillerie fondée au 19e
siècle.
Roger Damoiseau va faire de Bellevue un des fleurons des
distilleries guadeloupéennes, en produisant un rhum agricole
de grande qualité, dans la tradition des Antilles françaises.
Hervé Damoiseau prend le relais en 1996. Poursuivant la
modernisation des installations, il entreprend un travail sur
l’image des rhums de Guadeloupe, indissociable selon lui de
la promotion touristique du territoire dont l’industrie cannière
constitue un atout phare. Cette vision à double détente a été
couronnée entre autres par une médaille d’Or 2011, 2012
et 2013 au Concours Général Agricole pour son rhum blanc
et le Laurier d’Or 2012 de la Fédération Internationale
du Tourisme. Leader au plan local avec une production
annuelle de 2.5 millions de litres, la marque est également
commercialisée dans plus de 40 pays, sur les 5 continents. Un
programme d’investissement de 6,5 millions d’euros, en 2010,
doit permettre au Rhum Damoiseau de concrétiser son plan
de développement sur les dix ans à venir, avec 3000 mètres
carrés supplémentaires aux Abymes destinés au stockage et
à l’embouteillage de 5 millions de bouteilles par an – nouvel
objectif à atteindre. Président du Conseil Interprofessionnel
du Rhum Traditionnel des DOM, Hervé Damoiseau poursuit
son combat pour la survie d’une filière qui représente 40 000
emplois et constitue un pilier économique des départements
d’outre-mer. Aussi défend-il avec énergie le renouvellement
pour la période 2014-2020 du régime fiscal dérogatoire
sur le droit d’accise dont bénéficient les rhums des DOM
commercialisés en métropole.
HERVÉ
DAMOISEAU
mise sur le tourisme
Repères
1942 : achat de la distillerie par la famille Damoiseau
2012 : Rhum Damoiseau fête ses 70 ans
2.5 millions : production annuelle, en litres
25 % : pourcentage de vente à l’export
9 M€ : chiffre d’affaires
24 : nombre de salariés
www.damoiseau.com
Distillerie DAMOISEAU
Fabrication et distribution de rhum agricole
(Guadeloupe)
26
« Il faut toujours retrousser
les manches et relever les défis,
c’est à ça que sert un chef d’entreprise. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir amené Damoiseau là où il en est :
leader du marché guadeloupéen, numéro
1 du rhum guadeloupéen à l’export.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Le cyclone Hugo en 1989, le plus gros
cyclone du siècle, avec des vents qui ont
dépassé les 380 km/h. Des bâtiments
entiers ont été rasés. On a dû tout rebâtir.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut toujours retrousser les manches et
relever les défis, c’est à ça que sert un chef
d’entreprise.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Améliorer encore la qualité et doubler la
capacité de production de rhum vieux.
On a 3000 fûts en vieillissement. Nous
visons le doublement de la capacité avec
la construction d’un nouveau chai afin
de garantir une politique de millésime
qu’apprécient nos clients.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
La première qualité c’est d’être visionnaire,
de voir à long terme l’évolution de son
entreprise et de son secteur d’activité.
Ensuite, motiver ses équipes qui doivent se
sentir concernées par le développement de
l’entreprise.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Il faut de la volonté, il faut y croire, sentir
et aimer son entreprise, vivre pour elle et
ne pas compter ses heures de travail.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Oui en ce qui nous concerne, car le marché
local ne peut suffire. Notre seule marge de
progression, c’est l’export.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Il y en a deux : le dimanche, le barbecue
avec les copains ; le lundi, la reprise du
travail !
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Le social. Nous sommes des PME, on n’a
pas de DRH, le DRH c’est nous. Je ne peux
pas passer mes journées à satisfaire telle
et telle revendication. Nous sommes des
chefs d’entreprises, donc là pour créer la
croissance, et le social prend vraiment trop
de temps surtout quand on compare la
France et d’autres pays !
27
28
ERA SIB propose aux utilisateurs exigeants l’une des gammes les plus
larges et les plus complètes au monde d’électrovannes : à commande
directe ou assistée, en laiton, matières plastiques, inox, aluminium,
bronze. Leader européen de l’électrovanne pour distributeurs
automatiques de boissons, la société a étendu son savoir-faire à tous
les besoins spécifiques de sa clientèle dans des domaines aussi divers
que les pompes à carburants, la sécurité incendie, la balnéothérapie, la
cryogénie, les systèmes antienrayages des T.G.V. (équivalent de l’ABS
automobile) et toutes les applications haute pression. Recruté en 1998 en
tant que directeur commercial, Pierre Kuchly fait prendre à l’entreprise un
virage international, avant de la racheter 4 ans plus tard. Ses marchés se
situent en Europe de l’Ouest, notamment Grande Bretagne, Allemagne et
Benelux, mais aussi en Asie (10% en Chine), Corée du Sud, Thaïlande...
Société d’actionnariat français, avec une production 100% française,
elle est une des toutes premières entreprises industrielles de son secteur
à avoir obtenu cette année le Label Origine France Garantie. Une de
premières décisions de Pierre Kuchly en 2002 avait d’ailleurs été de
créer un nouveau logo bleu, blanc, rouge.
Depuis deux ans, l’entreprise travaille sur des produits
complémentaires innovants et dépose des brevets mondiaux, ce
qu’elle ne faisait pas auparavant. La stratégie de croissance à
l’international lui permet aujourd’hui de réaliser plus de 50%
desonchiffred’affairesàl’exportationetcecidanstouslespaysdumonde,
grâce à un réseau de distribution performant qui s’étoffe régulièrement.
Souvent citée dans la presse, ERA SIB est un exemple du dynamisme
des PME françaises qui allient innovation et qualité. L’entreprise s’appuie
par ailleurs sur de nombreux partenariats et réseaux pour accélérer
son développement international : CCI, Comité Mécanique IDF, RMVO,
Comité d’Expansion Économique du Val d’Oise, notamment.
ERA SIB
Étude et fabrication d’électrovannes
(Paris Île-de-France)
PIERRE
KUCHLY
le made in France lui sourit
Repères
1961 : création d’ERA SIB - Études et Réalisations
d’Automatismes - Société Industrielle de Boulogne
1999 : certification ISO 9001
2002 : reprise de l’entreprise par Pierre Kuchly
2011 : ERA SIB fête ses 50 ans
30 : nombre de salariés
5 M€ : chiffre d’affaires
60 % : part du C.A. à l’export
2 : nombre brevets mondiaux
www.era-sib.com
« Il faut y croire, se battre tous
les jours, ne jamais lâcher, accepter
d’être seul contre le monde entier... »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir repris cette entreprise destinée à
un concurrent, d’avoir traversé d’énormes
difficultés, mais d’être aujourd’hui en plein
boom grâce à une stratégie agressive
tournée vers l’innovation et l’international.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
La perte de notre plus gros client (25%
du CA) quelques mois après le rachat de
l’entreprise a fait capoter notre business
plan. Nous sommes passés par des
moments très difficiles, surmontés grâce au
soutien de mon équipe et à la motivation
de tous.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Doubler le chiffre d’affaires dans les 5 à
8 ans à venir, en maintenant ou en
améliorant notre marge.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
De la motivation et une volonté énorme.
Combien de fois ai-je vu sur le visage de
mes interlocuteurs un petit sourire qui
voulait dire « cause toujours » ? Quel
plaisir de pouvoir leur démontrer que j’ai
eu raison d’y croire !
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
La vie d’une entreprise est faite de hauts
et de bas. Il faut y croire, se battre tous
les jours, ne jamais lâcher, accepter d’être
seul contre le monde entier...
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Tout dépend de l’activité et il ne faut surtout
pas délaisser son marché local. Mais au
fond, je suis persuadé qu’aujourd’hui notre
marché n’est plus la France ou l’Europe,
mais le monde entier. Un exemple ?
Nous vendons des électrovannes pour les
distributeurs automatiques de boissons et il
n’y a plus de fabricants de tels équipements
en France. Si nous n’étions pas allés les
chercher en Italie, Allemagne, Pays-Bas,
Chine, États-Unis notamment, nous serions
morts.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
C’est de retrouver mes jumeaux de 11 ans
le week-end pour faire, par exemple, un
tour dans notre 2 CV Charleston....
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Le trajet entre mon domicile et mon bureau.
29
SAS ENGELVIN
TP RÉSEAUX
Travaux publics et Bois-énergie
(Languedoc-Roussillon)
JÉRÔME
ENGELVIN
de l’énergie à revendre
« Avant de commander
quelqu’un, il faut savoir
faire son travail ! »
30
En 1970, Germain Engelvin associe ses deux fils à la scierie
familiale. Les trois hommes décident de diversifier les activités
et se lancent dans les travaux publics. Leur premier gros
contrat : les PTT qui cherchaient d’urgence une trancheuse en
Lozère pour enterrer les lignes au moment de l’automatisation.
En 1996, les deux frères séparent les activités : Jean-Claude
prend la tête des scieries, Michel et ses fils (Jérôme et Vincent )
celle des Travaux publics. La société Engelvin TP Réseaux
est née. Ses spécialités : le génie civil avec tous les réseaux
urbains (électricité haute et basse tension, télécommunications,
fibre optique, chauffage urbain, lignes téléphoniques), mais
également les réseaux d’appels d’urgence sur autoroute, les
travaux publics (terrassement, adduction d’eau, forages), les
clôtures d’autoroutes, d’aéroports, de lignes TGV et autres sites
sensibles. Enfin, une activité d’aménagement paysager, avec
reboisement forestier, élagage, récupération et exploitation
des produits forestiers. C’est cette dernière spécialité qui va
les pousser en 2006 dans une nouvelle aventure à 33 millions
d’euros : la création de la plus grosse usine de cogénération
biomasse de France, SAS Bio Énergie Lozère, capable de
produire 7500 kWh soit 63 Gigawatts par an (électricité vendue
à EDF), l’équivalent des besoins des 14 000 habitants de Mende.
La ville de son côté récupère pour son réseau de chaleur urbain
le surplus d’énergie dégagé par la combustion. Lancés dans la
filière bois-énergie, Michel, Jérôme et Vincent ont par ailleurs
créé en novembre 2012 la société BC 48, usine de fabrication de
granulés de bois séchés avec la vapeur excédentaire de l’usine
de cogénération, avec objectif d’écouler 50 000 tonnes de
granulés par an sur l’Europe entière. Le bois, nouvel or brun en
Lozère ? Chez Engelvin, on l’a compris depuis bien longtemps !
Repères
1936 : création de la scierie Engelvin
1996 : création de SAS Engelvin TP Réseaux
135 : nombre d’employés ETPR
21 M€ : chiffre d’affaires ETPR 2012
9 M€ : chiffre d’affaires SAS Bio Énergie Lozère
5 M€ : chiffre d’affaire BC 48
http://www.engelvintpreseaux.fr/engelvin-entreprise.htm
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir poursuivi et développé avec mon
frère la société créée par mon père. De
l’avoir amenée là où elle en est aujourd’hui,
en espérant aller plus loin encore, vers de
nouveaux marchés.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
À ce jour, je n’en ai pas rencontré…
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Boucler la boucle en créant une scierie
pour la première transformation du
bois. Cela nous permettrait d’assurer
les approvisionnements en sous produits
(sciures, copeaux…) pour Bio Énergie
Lozère et BC 48.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Il faut être visionnaire pour détecter
les opportunités et s’implanter sur de
nouveaux marchés porteurs. Être à l’écoute
et travailler en parfaite collaboration avec
son personnel. C’est très important.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Mon grand-père me disait très justement :
avant de commander quelqu’un, il faut
savoir faire son travail !
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Non en ce qui nous concerne, nous avons
suffisamment à faire dans notre secteur et
sur notre zone géographique.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Le matin, à 6 heures quand j’ouvre mon
bureau pour commencer la journée. C’est
tranquille, je ne suis pas dérangé par le
téléphone. J’allume mon ordinateur, je
me branche sur la vidéosurveillance et je
vérifie que la fabrication de granulés qui
tourne 24 h/24 se déroule bien dans les
deux usines.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Gérer les pannes sur des engins, des
machines. Participer à des réunions qui
n’ont aucun intérêt. La réunionite est une
maladie bien française.
31
« S’entourer de collaborateurs 	
compétents et fiables. »
JEAN
PAUFIQUE
le naturel au galop
32
SILAB
Ingénierie des actifs naturels
pour l’industrie cosmétique
(Limousin)
Ingénieur agronome et biologiste formé à l’Ecole Nationale
Supérieure Agronomique de Rennes et à l’Institut Pasteur de
Lille, Jean Paufique a débuté sa carrière dans la nutrition
infantile. Créateur d’aliments pour bébé, il intègre BSN -
Gervais Danone en tant que directeur de recherche nutrition
infantile avant de mettre en place le centre de recherche
CREALIS à Brive. En 1984, il se décide à lancer sa propre
entreprise SILAB - Société Industrielle Limousine d’Application
Biologique - à Brive-la-Gaillarde. Malheureusement, le premier
produit de la jeune entreprise, un médicament vétérinaire anti-
diarrhéique pour les veaux, est un échec commercial. En 1991,
en revanche, en pleine tourmente de la vache folle, il dévoile
le résultat de longs mois de recherche : il vient de mettre au
point une molécule active d’origine végétale ayant une activité
et une efficacité identiques à celles du principe actif d’origine
animale. SILAB est sauvée. Grâce à son esprit visionnaire et
sa réactivité, Jean Paufique est le premier à proposer des actifs
d’origine végétale à l’industrie cosmétique et positionne ainsi
durablement SILAB comme un fournisseur incontournable dans
le domaine de l’ingénierie des actifs naturels. SILAB a d’ailleurs
tout d’une entreprise durable. La société soutient de multiples
projets à vocation sociale et sociétale - crèche interentreprises,
Université SILAB, Fondation d’Entreprise destinée à financer
des travaux de recherche fondamentale dans le domaine du
cancer de la peau. Elle mène de nombreuses actions pour le
respect de l’environnement (énergie, biodiversité). La politique
d’innovation, moteur de toutes les équipes, de tous les projets,
est déclinée à tous les niveaux de l’entreprise pour rester force
de proposition et - règle numéro 1 - toujours surprendre les
clients !
Repères
1984 : date de création de SILAB
205 : nombre d’employés
31 M€ : chiffre d’affaires
60% : part du C.A. à l’export
186 : nombre de brevets :
189 : nombre de marques déposées
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
Avoir créé et développé avec succès
une entreprise personnelle considérée
aujourd’hui comme un modèle de PME – ETI.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Pendant environ 2 ans, en raison de graves
problèmes de santé, j’ai été indisponible.
L’entreprise a vécu une crise morale qui
aurait pu lui être fatale.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut « imaginer le pire » et mettre en
place les dispositifs adéquats.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
J’entreprends actuellement une action
consistant à utiliser le modèle SILAB au
bénéfice de la création d’entreprises
innovantes dans le même secteur d’activités.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
La rigueur morale, la motivation, le
courage, l’enthousiasme, l’anticipation et
un brin d’inconscience...
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Se méfier des idées « géniales » si elles
ne sont pas accompagnées de positions
de repli alimentaires. Prévoir un plan B en
vue d’une réaction positive face à l’échec.
S’entourer de collaborateurs compétents
et fiables. Soigner le recrutement en vue
de la création d’une équipe en phase avec
votre projet.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Pas forcément. Le problème se pose
seulement si l’on a des produits exportables.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
J’aime beaucoup ma position de manager
et d’arbitre face à une équipe de Direction
particulièrement compétente et motivée.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Les activités de représentation plus ou
moins obligatoires dans ma position de chef
d’entreprise.
33
Groupe GRIS DÉCOUPAGE
Fabrication de rondelles de fixation
et de composants mécaniques
(Lorraine)
« On ne fait pas des affaires sur
le long terme sans éthique. »
FRANCIS
GRIS
passe à la vitesse supérieure
34
Né à Nancy mais messin de longue date, Francis Gris est
assurément lorrain. Armé d’un DUT commercial, il débute sa
carrière dans le négoce de produits sidérurgiques. Audacieux
et entreprenant, il se lance il y a 30 ans sur le marché de la
rondelle dans lequel les Français sont inexistants. Il investit dans
des bâtiments et des outils de production neufs, qui lui donnent
« un gap technologique considérable » : il démarre avec une
productivité optimale de 400 000 pièces à l’heure alors que
la concurrence en produit au mieux 20 000 ! Le succès est
immédiat. Pour Francis Gris, les investissements incessants sont
la raison de sa réussite, car ils permettent une différenciation
par la qualité. Encore faut-il savoir investir de façon avisée.
Intuitif et proche du marché, Francis Gris possède cette capacité
à sentir les évolutions et anticiper. Ainsi, face aux productions
chinoises à bas prix, il s’oriente vers des produits à valeur
ajoutée. Aujourd’hui, la production se répartit en 50% de pièces
de fixation et 50% de composants mécaniques extrêmement
élaborés pour l’automobile, les TGV, les machines agricoles,
le bâtiment, l’industrie. Insufflant le changement dans sa PME,
Francis Gris a su également se remettre lui-même en cause.
« J’étais dans le management par l’exemple, omniprésent,
omniscient, omnipotent. » L’entreprise ayant évolué, le dirigeant
s’est entouré de cadres compétents et autonomes, et a transformé
la structure pyramidale en une organisation transverse efficace.
Admiratif du modèle capitalistique rhénan basé sur de belles
PME familiales, Francis Gris a cédé les rênes à sa fille Céline,
nommée Directrice générale il y a 3 ans, pour se consacrer à
un rôle plus stratégique. Il accompagne parallèlement un jeune
créateur avec le Réseau Entreprendre. Une autre façon de
communiquer sa passion.
Repères
1984 : création de l’entreprise
150 : nombre de salariés
40 M€ : chiffre d’affaires total
75% : part du C.A. sur le marché automobile
35% : part du C.A. à l’export
450 millions : nombre de pièces vendues par an
15% : investissement annuel moyen (en % C.A.)
www.gris-decoupage.com
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’être devenu leader en Europe, avec une
implantation en Allemagne, dans un secteur
extrêmement concurrentiel. Avoir reçu
cette année le prix du meilleur fournisseur
Qualité par Renault Nissan pour l’Europe.
Une véritable reconnaissance !
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
En 1993, le marché s’est effondré de 18 %
et ajouté aux aléas d’un transfert d’activité
en cours, on a perdu 28 % de chiffre. Les
banques qui pendant dix ans louaient ma
gestion et mon management ont commencé
à vouloir me lâcher. On a eu une perte
importante, j’ai remis de l’argent. L’année
suivante on a fait + 30 % de C.A.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut s’affranchir des banques pour
le court terme. Nous sommes passés à
l’affacturage. Aujourd’hui, les banques
se battent pour financer notre moyen long
terme.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Poursuivre l’excellence. Cette année
encore, nous avons connu une croissance
à 2 chiffres
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Sens de l’engagement, ténacité, éthique.
On ne fait pas des affaires sur le long
terme sans éthique.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Gestion, gestion et gestion. L’une des
premières causes de mortalité des
entreprises, c’est rarement un problème
commercial ou industriel, c’est souvent un
manque de prévisionnel.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Si le marché national suffit à combler
les besoins de l’entreprise, ce n’est pas
une obligation. Si elle veut poursuivre le
développement, elle doit aller chercher les
marchés là où ils sont.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Pendant longtemps j’avais horreur des
week-ends parce que je m’ennuyais.
Maintenant que je m’approche de la
retraite, je les apprécie davantage.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Ne rien faire, je ne peux pas rester sans
rien faire.
35
Médecin hospitalier pendant une trentaine d’années dans le
domaine de la parasitologie et du VIH, Claudine Neisson-
Vernant a entamé une seconde carrière en 1995. Cette année-
là, elle tient la promesse faite à son père peu avant sa mort :
reprendre les rênes de la distillerie familiale, pour passer
le témoin le moment venu à son fils Grégory, alors étudiant
en sciences économiques. Ancrée dans la pure tradition
martiniquaise, l’entreprise industrielle et agricole familiale est
l’une des deux dernières distilleries indépendantes du territoire
avec celle de La Favorite. Et si sa production ne représente que
2 % du rhum produit sur l’île, Neisson a une place à part dans
le cœur des Martiniquais. Ses rhums blancs et ses rhums vieux
se classent dans le haut de gamme, en témoignent les médailles
d’or et d’argent obtenues dans les concours internationaux
les plus prestigieux, les marchés patiemment gagnés tant en
Europe qu’en Asie et Amérique du Nord. Les cartes maîtresses
de Neisson : 80 années d’existence tournées vers la qualité
plutôt que la quantité - couronnées par l’Appellation d’Origine
contrôlée Rhum agricole de la Martinique - un esprit de famille
élargi aux salariés, l’innovation et l’excellence au service
de la tradition… Sans oublier la défense du terroir et plus
généralement, de l’environnement. L’entreprise a longtemps
été la seule à ne pas brûler les cannes et reste adepte d’une
agriculture raisonnée, respectueuse de la nature et des
consommateurs. Présidente du Syndicat des rhums à AOC de
la Martinique, Claudine Neisson-Vernant est très impliquée
dans la défense de l’appellation, la valorisation de la filière et
du territoire. La promesse faite à son père a été honorée : la
chaîne n’a pas été rompue, et les couleurs de Neisson voguent
désormais bien au-delà de la mer des Caraïbes.Distillerie NEISSON
(Martinique)
CLAUDINE
NEISSON
VERNANT
docteur honoris causa du rhum martiniquais
Repères
1995 : prend les rênes de la distillerie
15 à 38 : nombre d’employés (permanents et saisonniers)
3 M € : chiffre d’affaires
18 % : part de l’activité à l’export
www.neisson.com
36
« Il faut réaliser ses rêves,
se fixer des buts »Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
D’avoir tenu parole et fait en sorte
que cette entreprise fête ses 80 ans en
décembre dernier. C’est un challenge, car
nous sommes la plus petite des distilleries
et l’une des toutes dernières structures
familiales.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Les grandes grèves de février 2009. J’ai
paniqué à ce moment-là, car on ne pouvait
pas tourner, on ne pouvait pas livrer notre
rhum, à cause du manque d’essence ou à
cause des barrages. Aucun de nos salariés
ne faisait grève, mais nous ne pouvions
plus bouger.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut faire le gros dos sous la tempête,
garder le cap et ne pas laisser tomber.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Éviter que la moitié de nos terres agricoles
ne soient gelées par un forage d’eau,
prévu dans notre secteur. Cela me
préoccupe, bien que les terres AOC soient
normalement protégées par la loi…
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
L’enthousiasme, l’optimiste qui peut friser
parfois l’inconscience. On n’est pas du tout
dans l’optique du principe de précaution.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Il faut réaliser ses rêves, se fixer des buts,
procéder par étapes. De cette façon, on
atteint plus facilement ses objectifs et ça
permet de prolonger l’enthousiasme.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
En Martinique, la concurrence est rude.
Et même si nous avons une place à part
dans le cœur des Martiniquais, notre
plus grande marge de progression est à
l’international.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Faire déguster nos produits et voir le plaisir
que cela peut procurer.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Les papiers et les rapports commerciaux.
Heureusement, mon fils s’en occupe très
bien !
37
Dans une première vie, Daniel Eclache a exercé plus de 15
ans comme vétérinaire dans la Vallée d’Aspe. Ce spécialiste
reconnu en pathologie de la reproduction et hormonologie
parfait ses compétences avec un diplôme du CPA. Il intègre
alors le milieu industriel, devient directeur scientifique de «
SANOFI Santé Animale » à Libourne puis il prend la direction
générale d’un laboratoire d’arômes suisse. Sa seconde vie, il
l’entame en 1997, à Albi dans le Tarn. Un démarrage discret,
dans une pépinière d’entreprises, avec pour tout bagage une
feuille blanche. Daniel Eclache a une certitude : l’odorat et le
goût sont des facteurs moteurs du bien-être comportemental des
êtres vivants. Le premier objectif des Laboratoires Phodé sera
de comprendre l’impact des molécules olfactives sur le cerveau
et plus généralement sur les émotions, le comportement, et
finalement la santé et le mieux-être des êtres vivants. Puis de
mettre au point des composés et formules appliquées aux
domaines de la nutrition et de l’environnement, au profit de
l’homme et de l’animal. Daniel Eclache invente ni plus ni moins
des arômes intelligents, dotés d’actions positives sur la santé, le
bien-être et la performance. 16 ans plus tard Phodé est devenue
une PME atypique, indépendante, qui continue de surfer sur
une belle vague de croissance : une filiale aux États-Unis, une
autre en Chine, une présence dans plus de 35 pays, plus de 70
collaborateurs parmi lesquels de nombreux ingénieurs-chimistes,
agronomes et préparateurs. Engagé dans la formation des
jeunes, notamment par alternance, le PDG de Phodé fait partie
des rares dirigeants qui ouvrent les portes de leur entreprise à
des collégiens et des enseignants. Pour lui, le mieux-être ne se
trouve pas seulement au fond des tubes à essai, mais bien dans
les échanges humains, dans et hors du monde du travail.
Laboratoires PHODE
industrie, chimie et agroalimentaire
(Midi-Pyrénées)
DANIEL
ECLACHE
les arômes du mieux-être
Repères
1997 : date de création	 de la société
72 : nombre de salariés 	
13 M€ : chiffre d’affaires
70 % : part du C.A. à l’export
20 % : part du C.A. investi en R & D	
Plusieurs dizaines : nombre de brevets et de marques
www.phode.com
38
« Foncez sans vous retourner,
l’avenir appartient à ceux
qui se le construisent ! »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
J’en ai deux. La première, à 22 ans,
lors de ma première césarienne sur une
vache, j’ai vu le soulagement puis la
reconnaissance du client. La seconde
lorsque j’ai embauché mon 10e salarié. Je
devenais une vraie PME.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Mon premier contrôle fiscal. Les remarques
déplacées de l’inspecteur me donnaient
l’impression d’être un délinquant. Lors des
contrôles suivants, j’ai été d’une sévérité
extrême avec les contrôleurs et je n’ai
à ce jour jamais eu le moindre centime
d’amende.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Devenir une ETI dans les 5 prochaines
années.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Ténacité, honnêteté, écoute et modestie.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Plutôt que de donner des conseils qui en
fait répondent aux valeurs ci-dessus, je leur
dirai simplement : c’est incroyablement
plus difficile que tout ce que vous pouvez
imaginer, mais c’est aussi incroyablement
plus passionnant que ce que vous imaginez.
Foncez sans vous retourner, l’avenir
appartient à ceux qui se le construisent !
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Ma réponse est oui bien sûr. La France
est un petit pays et un petit marché sur
le déclin dans le concert des nations. En
revanche, ses entrepreneurs sont parmi les
plus malins, les plus adaptables, les plus
innovants et les plus pragmatiques. Le
monde peut nous appartenir.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Partager un repas avec quelques
collaborateurs et inventer notre futur...
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Faire une remarque désagréable à un
collaborateur même si c’est mérité.
39
Société Boulonnaise
d’Électronique
Service électronique, réparation,
SAV et logistique après-vente
(Nord-Pas-de-Calais)
« Concentrez-vous sur ce que vous
avez décidé de faire parce que
vous en avez l’envie majeure. »
PIERRE
YVES
BESEME
le S.A.V. sans frontières
40
Ingénieur de formation, Pierre-Yves Besème a eu plusieurs vies
professionnelles : cadre salarié, créateur de PMI, directeur
général mandataire de filiale de CGCT, directeur des opérations
du groupe, Président et administrateur de sociétés… À 48 ans, il
choisit de repartir de zéro pour créer SBE, Société Boulonnaise
d’Électronique, à Boulogne-sur-Mer. Une entreprise de logistique
et de maintenance de produits électroniques de télécommunication
de toutes marques. Il recrute 67 salariés licenciés de CGCT et
répartit 49% du capital entre chaque membre du personnel, dont
20% aux non-cadres.
Fort des expertises et savoir-faire techniques de ce personnel,
Pierre-Yves Besème oriente l’activité dès son début vers la
réparation des terminaux de téléphonie, fax, hi-fi, vidéo… Dans les
années 90, l’entreprise devient partenaire majeur des opérateurs
et constructeurs de téléphones mobiles. 26 ans plus tard, le groupe
SBE est un leader européen dans les activités d’expertise, de
logistique, de réparation, de service après-vente et de négoce sur
internet pour les produits technologiques grand public. Ses centres
nationaux de compétence, tous certifiés, en France, Grande-
Bretagne, Irlande, Pologne, Belgique, Portugal et Canada, traitent
5 millions d’appareils par an, du téléphone mobile à l’écran plat,
en prolongeant par le petit électroménager, les appareils de lavage
et de froid. De moins de 4 M€ en 1987, son chiffre d’affaires
consolidé a dépassé les 200 M€ en 2012. Certifiée ISO 9001 et
14001, SBE continue par ses actions à contribuer à l’économie
durable et la protection de l’environnement. Entreprise innovante,
à l’écoute de ses clients et de ses salariés, Société Boulonnaise
d’Électronique sait également attirer les talents de demain : elle a
déjà formé plus de 2000 jeunes aux métiers de l’électronique et
de l’informatique. Et ce n’est pas fini !
Repères
1987 : création
2000 : nombre de salariés, dont 1 000 en France
230 M€ : CA total 2012, dont 160 M€ à l’étranger
6 : nombre de filiales nationales à l’étranger
7 : nombre de centres techniques régionaux, Lille, Paris, 	
Strasbourg, Lyon, Tours, Marseille et Montpellier.
ww.sbe-online.com
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
Les 45 ans passés à constituer, animer et
fédérer des dizaines d’équipes industrielles
pluridisciplinaires capables de faire de
leurs entreprises des sociétés libres,
talentueuses, adaptables aux cultures et
aux évolutions techniques, économiques,
sociales, politiques.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Avoir eu à gérer après mai 1981 les effets
de la nationalisation de ma société, filiale
d’ITT, qui l’a conduite à un immédiat
isolement international et déclin avant
reventes séparées des activités et sa
liquidation.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Qu’aucune décision ou action de
management même pour un État ne peut
s’affranchir des faits et réalités comme des
règles essentielles de gestion.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Demeurer force de proposition de valeur
ajoutée et de profit pour nos clients et la
société. Renforcer nos bases, adapter et
élargir nos métiers.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Être au service et à l’écoute de ses clients ;
analyser les situations et décider. Savoir
s’entourer, prendre conseil et choisir ses
hommes. Être loyal, généreux, en bonne
santé, tenace, avoir de l’énergie et des
nerfs d’acier.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Préparez-vous bien ainsi que votre plan,
théoriquement et pratiquement ; formez-
vous aussi sur le tas et confrontez-vous à
la réalité. Voyagez à l’étranger. Diversifiez
les expériences concrètes, découvrez les
cultures. Concentrez-vous sur ce que vous
avez décidé de faire parce que vous en
avez l’envie majeure.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Le développement international est
nécessaire et même indispensable si
l’entreprise, solide sur ses bases nationales,
est sollicitée à l’étranger par des clients
ou déjà exposée à la concurrence
internationale.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Créer, promouvoir, animer, convaincre,
former, développer, récompenser.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Assister à des réunions mal préparées ou
mal conduites.
41
42
En 1988, Fabrice Lepotier ouvre son premier atelier
chaudronnerie, avec un CAP de chaudronnier en poche.
Vingt-cinq ans plus tard, le groupe Éfinor emploie
600 personnes sur une quinzaine de sites en France. « Je
suis un entrepreneur. Une race en voie de disparition... Un
entrepreneur, c’est quelqu’un qui a l’impression d’être riche un
jour et pauvre le lendemain. L’argent, c’est pour la boutique.
Elle n’en a jamais assez. Il faut être curieux, et absolument
motivé. Être en compétition. »(1)
. Le groupe se structure en
3 branches Engineering – Manufacturing – Support, en amont et
en aval de son activité première : le travail du métal. En amont, la
branche Engineering, Éfinor apporte des solutions innovantes en
matière d’ingénierie : gestion de projets, études de conception et
de réalisation en mécanique, chaudronnerie, structure, tuyauterie ;
animations 3D, industrialisation et génie électrique… Le groupe
a réalisé les salles de commande de l’EPR de Flamanville 3 et de
nombreuses études sur le sous-marin Barracuda. En fabrication, la
branche Manufacturing, Éfinor reste fidèle a ses métiers historiques
et se positionne dans les techniques de pointe, de la pièce mécano-
soudée de 600 tonnes, aux piscines nucléaires de Flamanville.
En aval, la branche Support : les équipes accompagnent les
industriels dans la maintenance de leurs installations, en particulier
sur les réacteurs d’essais de Cadarache…
Le groupe se définit comme un ensemblier au service de ses
clients, dans la construction navale, le nucléaire, la pétrochimie,
l’aéronautique, l’armement, la recherche et depuis peu, dans les
énergies marines renouvelables. Une entreprise emblématique
du Cotentin, ouverte à 360° sur le monde et ses opportunités,
à l’image de son patron, disponible et à l’écoute de ses équipes,
toujours prêt à poser la veste pour montrer le chemin.
(1) Source : Ouest-France, 16 juin 2013
EFINOR
Conception, ingénierie, fabrication,
transformation du métal
(Basse-Normandie)
FABRICE
LEPOTIER
champion de la chaudronnerie monumentale
Repères
1988 : création de l’entreprise
530 : nombre de salariés, dont 200 en ingénierie
350 en ateliers et 50 en maintenance
50 M€ : chiffre d’affaires
12 : nombre de sites de transformation en France
www.efinor.com
43
« Soyez courageux, réactifs 	
et disponibles » Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
C’est d’avoir démarré avec un CAP de
Chaudronnerie à l’âge de 22 ans et,
25 ans après, de jouer le match avec les
plus grands !
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
La perte d’un collaborateur.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut être toujours plus vigilant, ne rien
lâcher au niveau S.S.T. - Santé et Sécurité
au Travail.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Réussir les 25 prochaines années comme
nous l’avons fait pour les 25 premières…
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
À la fois de la patience et de l’impatience.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Soyez courageux, réactifs et disponibles.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Dans un premier temps, il faut maîtriser son
produit et être leader dans son pays.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Faire découvrir l’entreprise à des personnes
extérieures.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Gérer les problèmes de trésorerie.
L’activité industrielle du Groupe trouve son origine chez les terre-
neuvas de Fécamp, en Normandie, qui depuis les bancs de Terre-
Neuve approvisionnaient la France en morues. Dès 1929, l’usine
de Charles Daudruy assurait la transformation de l’huile de foie de
morue pour l’alimentation humaine et animale.
Le Président du Directoire d’OLVEA compare d’ailleurs sa stratégie
à une campagne de pêche. « Il faut, dit-il, un bateau solide et un
équipage qui a la confiance de son capitaine et réciproquement.
Les valeurs de solidarité, de professionnalisme, d’abnégation dans
le mauvais temps auront raison des multiples obstacles. Pour l’esprit
de la course, on veut être les premiers à partir, les premiers à
revenir, en s’attachant à ce que tous soient là et en s’assurant du
bien-être des familles restées à terre. Une fois de retour, la pêche est
partagée entre tous. » Dans la droite ligne de ses aïeux – Arnauld
représente la 4e
génération à la tête de l’entreprise –, le groupe s’est
orienté sur les marchés des huiles de poisson riches en Oméga 3
pour les industries pharmaceutiques et alimentaires. L’autre
grande famille de produits est constituée d’huiles végétales pour
les industries cosmétiques, pharmaceutiques et agroalimentaires.
OLVEA Vegetable Oils est ainsi le premier producteur mondial
d’huile d’argan, via son unité de production marocaine OLVEA
Morocco, car le groupe a opté pour un développement industriel
au plus près des sources de matière première. D’autres usines ont
été ouvertes en Mauritanie et au Burkina Faso dans une démarche
maillant l’international et le développement responsable. La création
de valeur repose aussi et surtout sur les hommes et les femmes. Le
Fonds de mécénat du Groupe OLVEA récompense ainsi les jeunes
diplômés méritants, restaure du patrimoine bâti et apporte son
soutien aux populations locales dans les régions où l’entreprise est
implantée.
Groupe OLVEA
Production, transformation et conditionnement
d’huiles végétales et animales.
(Haute-Normandie)
ARNAULD
DAUDRUY
cap sur l’international
Repères
1929 : création de la SIRH par Charles Daudruy
2005 : Arnauld Daudruy succède à son père
150 : nombre de salariés répartis sur 5 sites de production
68 M€ : chiffre d’affaires
35 000 : nombre de tonnes d’huiles commercialisées
75 % : pourcentage des ventes à l’export
91 : pays où exporte le Groupe OLVEA
www.olvea.com
44
« Ne négligez jamais les hommes
(collaborateurs, fournisseurs,
clients), car ce sont eux qui font
le succès de votre entreprise. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
L’internationalisation du groupe (6 filiales
à l’étranger dont 5 hors UE) qui nous a
permis de passer de 6 à 68 ME de chiffre
d’affaires.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
La crise des subprimes de 2008 a provoqué
un effondrement du prix des huiles et de la
demande. Du jour au lendemain, l’activité
s’est effondrée et le peu de commandes
nous obligeait à vendre nos stocks à perte.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Ne jamais dormir sur ses lauriers.
Diversifier toujours plus nos gammes, nos
secteurs d’activités, et ne plus dépendre de
4 ou 5 pays.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Réussir une implantation aux États-Unis,
principal marché en volume et en valeur.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Le bon sens, la capacité à flairer les
business de demain. Savoir déléguer et
faire confiance à ses collaborateurs. Avoir
de la chance.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Soyez réalistes. Pour vous faire financer,
mettez-vous à la place du banquier pour
mieux répondre à ses attentes. Ne négligez
jamais les hommes (collaborateurs,
fournisseurs, clients), car ce sont eux qui
font le succès de votre entreprise.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Nos 36 % de croissance sur le dernier
exercice proviennent exclusivement de nos
exportations. Avec un marché français
atone, il me semble indispensable de sortir
de ce périmètre.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Lesréunionscommercialeshebdomadaires:
j’adore faire du business. Et la course à pied :
je prépare le Marathon de New York.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
La paperasse administrative !
45
BODET SA
Mesure et gestion du temps, horlogerie
industrielle et d’édifice, affichage sportif
(Pays-de-la-Loire)
JEAN
PIERRE
BODET
maître du temps
« La communication interne
est aussi importante que la
communication externe. »
46
47
145 ans séparent l’installation de la première cloche par
l’ébéniste Paul Bodet, en haut de l’église de Trémentines, en
1868, de la 1000e
cloche restaurée à la collégiale de Saint-
Emilion, par le numéro 1 français de l’horlogerie monumentale.
Bien plus que cela, Bodet SA est devenu le leader européen de
la mesure et de la gestion du temps. Sa recette ? Une stratégie
d’innovation et d’internationalisation menée par Jean-Pierre
Bodet, qui représente la 4e
génération et dirige l’entreprise
depuis 1992.
L’innovation tout d’abord : en 1968, l’entreprise se lance dans
la réalisation de tableaux de chronométrage et d’affichage
sportifs à Cholet. 20 ans plus tard, elle créé l’activité Gestion
du temps (devenue Bodet Software). En 2012, Bodet SA a
investi 2,8 millions d’euros dans son espace « recherche et
développement ». Tous les produits sont étudiés et conçus par
les ingénieurs dans les bureaux d’études de Trémentines.
L’internationalisation ensuite : à partir de 1975, des filiales
ont été créées en Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Suisse
et Belgique. La mise en place de distributeurs a également
permis de renforcer la présence de Bodet SA en Allemagne,
en Europe du Nord, en Afrique et au Moyen-Orient. Avec
des réalisations aussi emblématiques que les horloges de la
Grande Mosquée de La Mecque, gravées à l’or fin, ou les neuf
cloches de Notre Dame-de-Paris installées récemment. Pour
financer la croissance, Bodet a ouvert son capital en 2012 à
Ouest Croissance et CM-CIC Capital Finance qui détiennent le
quart du capital aux côtés des actionnaires familiaux et des
cadres. Jean-Pierre Bodet a organisé sa succession avec deux
de ses trois fils déjà dans l’entreprise. Pascal pilote l’export
chez Bodet Software, Sylvain, le marketing de la branche
horlogerie. Chez Bodet, le temps, jamais, ne suspend son vol.
Repères
1868 : création de l’entreprise
630 : nombre de collaborateurs en Europe, 		
dont 540 en France
63 M€ : chiffre d’affaires 2012
22% : pourcentage CA à l’export.
10 : nombre de brevets et marques déposés
ISO 9001 depuis 1997 et ISO 14001 depuis 2001
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
Avoir lancé puis développé une activité
nouvelle : la gestion informatique des
temps. Cette activité représente 50%
du chiffre d’affaires de l’entreprise, soit
30 millions d’euros et 250 emplois en
France et à l’étranger.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Une grève lors des négociations
salariales de 1982, suite à un manque
de communication sur les difficultés et
l’environnement économique de l’époque.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
La communication interne est aussi
importante que la communication externe.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Faire évoluer les produits afin de conserver
une avance technologique permanente.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Percevoir les mutations technologiques et
les anticiper.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Bien connaître le marché auquel ils
s’adressent.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Pour grandir, une entreprise doit
rechercher l’international. Cela exige du
professionnalisme.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
J’aime particulièrement tout ce qui tourne
autour du marketing et des nouveaux
produits.
48
Groupe Moret Industries
Pompes et process agro-industriels
(Picardie)
« Sa capacité à savoir travailler en équipe,
ses qualités de chef d’orchestre, sa capacité
à penser demain et à prendre de la hauteur. »
JÉRÔME
DUPREZ
créateur de solutions sur mesure©David-FrançoisBERGELIN
49
Connue pour la richesse de ses terres agricoles, la Picardie
doit être aussi reconnue pour sa capacité à fournir l’ingénierie
nécessaire à la transformation des matières premières agricoles.
Jérôme Duprez s’y emploie, et avant lui, quatre générations
qui ont su répondre aux besoins des clients, de l’entretien des
machines de tissage à la chaudronnerie puis aux équipements
pour la transformation de la betterave à sucre. Ce parcours
n’est pas achevé. Le dirigeant de Moret Industries veut
maintenant l’inscrire dans une mondialisation vécue comme
une opportunité. Ingénieur de formation, il croit beaucoup aux
vertus de la R & D pour orienter l’activité vers la « haute couture
industrielle ». A la Chine (où le groupe est installé depuis 1996),
les grandes séries. À l’Europe, en particulier la France, le sur-
mesure, micrométré, répondant aux besoins des industries de
transformation. Ou les marchés de niche, à l’image des pompes
équipant les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de notre
Marine nationale. Jérôme Duprez évoque avec passion les
10000 modèles de pompes, petites ou grandes, qui sortent de
ses ateliers d’Ensival Moret, à Saint-Quentin. Il s’enthousiasme
devant les prouesses technologiques d’une nouvelle machine
à commandes numériques dont un opérateur peaufine les
réglages. Il veut comprendre l’adaptation qui sera proposée
pour répondre à un besoin particulier. Produire, certes, mais
pour accroître l’efficacité de ses usines, comme celle de ses
clients. Plus qu’une quête, une exigence. Le monde aura besoin
de ce savoir-faire technologique. Moret Industries s’y prépare.
Brésil, Chine, Thaïlande, Pologne, Allemagne : pas une usine,
ni un marché, que Jérôme Duprez ne visite chaque année au
rythme d’un voyage par mois. Avec une devise « Our process,
your success » et une signature : « Ensival Moret, créateur de
solutions ».
Repères
1868 : création de l’entreprise
1600 : nombre de salariés, dont près de la moitié en France
320 : chiffre d’affaires, en M€
75 % : part d’activité à l’export
50 : nombre d’ingénieurs en R&D
www.moretindustries.com
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
Avoir su créer une équipe pour construire
le Groupe, tant au niveau des actionnaires
que des cadres.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Divers plans de restructurations, nécessaires
dans le monde économique, mais tellement
traumatisant pour les compagnons qui
partent.
Quel est votre prochain défi ?
Internationaliser la gestion du groupe tout
en gardant l’âme et la force de l’humain et
des valeurs.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Sa capacité à savoir travailler en équipe,
ses qualités de chef d’orchestre, sa
capacité à penser demain et à prendre de
la hauteur.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Foncez, car vous êtes généralement le
technicien et le commercial de votre
jeune entreprise, mais ayez le backup
administratif et financier qui vous
complétera.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
Oui, si vous êtes fabricant, constructeur ou
concepteur de biens ou de services aux
entreprises.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Aucune et toutes à des moments différents.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
L’administratif pur.
50
En 2002, alors âgé de 28 ans, Frédéric Coirier devient directeur
général délégué du Groupe Poujoulat, entreprise familiale reprise
par son père en 1975. Ce dernier a déjà tracé la voie, avec
le rachat de plusieurs sociétés en France, Belgique, Royaume-
Uni, Pays-Bas, l’introduction en bourse en 1988 et la création
du laboratoire d’essai CERIC. À la fois concepteur, gestionnaire
et animateur, le jeune dirigeant fait entrer Poujoulat sur le marché
de la cheminée industrielle avec la reprise de la société Beirens, crée
une filiale en Pologne et obtient la certification ISO 14001. En quatre
ans, les effectifs sont quasiment multipliés par deux. Succédant à son
père à la présidence du directoire en 2006, il poursuit l’implantation
de Poujoulat à l’international : Turquie, Allemagne (rachat en 2008
de la société Live, l’un des 5 premiers fabricants de cheminées outre-
Rhin), Danemark (rachat société VL STAAL en 2013). Anticipant
les évolutions de l’économie verte et du développement durable,
Frédéric Coirier crée la société Euro Énergie acteur leader sur
le marché du combustible bois via ses marques Woodstock
et Crepito. Cette société en très forte croissance représente aujourd’hui
15% du chiffre d’affaires du Groupe. 2009 marque l’intégration du
design dans le développement des nouvelles gammes ce qui a valu
à Poujoulat l’obtention du prestigieux Janus de l’Industrie en 2010
et du Trophée du Design au salon Batimat 2011. Ces trois dernières
années, au terme d’un plan d’investissement très ambitieux (70 M€),
en dépit d’un contexte économique difficile, le Groupe a progressé
de 40%, renforçant son leadership européen dans les conduits de
cheminées et les cheminées industrielles – 20% du marché dans
l’une et l’autre catégorie. Frédéric Coirier a développé en outre
3 usines de production de bois de chauffage haute performance
et converti ses principaux sites industriels français à la biomasse.
Il a reçu à ce titre le trophée des énergies renouvelables des mains
de Nathalie Kosciusko-Morizet en 2011 et le grand Prix national
du Business vert en 2012.
POUJOULAT
Leader européen de conduits de cheminées
(Poitou-Charentes)
FRÉDERIC
COIRIER
fait feu de tout bois
Repères
1450 : nombre de salariés
Plus de 200 M€ : chiffre d’affaires
25 % : part d’activité à l’export
35 : nombre de brevets déposés
www.poujoulat.fr
51
« Il faut d’abord aimer son métier,
être passionné par son domaine
d’activité, croire en son projet. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
De voir l’entreprise se développer, malgré
une situation économique très difficile, en
particulier dans le bâtiment.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
Je n’ai encore jamais connu de tempête
majeure qui aurait pu mettre l’entreprise
en danger.
Quel enseignement en avez-vous tiré ?
Il faut faire le gros dos sous la tempête,
garder le cap et ne pas laisser tomber.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Le développement à l’international. D’ici 5
à 10 ans, il faudrait que nous arrivions à
franchir la barre des 30 puis des 50 % du
CA à l’export.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Savoir fixer un cap à ses équipes, être très
persévérant, partager l’information, la
stratégie, les objectifs. Partager aussi les
succès comme les échecs.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Il faut d’abord aimer son métier, être
passionné par son domaine d’activité,
croire en son projet. Ne pas y aller pour
l’argent. J’entends souvent des gens qui
parlent de leur entreprise comme s’ils
l’avaient déjà revendue, avant même de
l’avoir développée !
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
À moyen long terme, c’est inévitable pour
une société qui veut avoir un rôle de leader
sur son marché. Mais il ne faut pas le faire
trop tôt, et surtout, il faut être fort chez soi
avant d’y aller.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Quand les projets avancent, qu’il n’y a pas
d’énergie perdue ; que le travail est bien
fait, que ça se construit.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
Quand ça piétine, que les projets n’avancent
pas ! Tout ce qui contrarie l’avancée de
l’entreprise.
52
Quatre générations ont contribué au succès international de Robertet.
Jean-Baptiste Maubert, neveu du fondateur et chargé des fabrications,
créé les bases de l’entreprise, autour de la transformation des « fleurs
et plantes de la région provençale ». Une médaille d’or à l’Exposition
Universelle de 1900 viendra couronner son travail. Maurice qui a pris
la suite de son père en 1923 ouvre à Robertet les portes des grands
couturiers et parfumeurs parisiens : Guerlain, Chanel, Patou... À partir
de 1961, ses fils Paul et Jean prennent le chemin de la diversification
et de l’internationalisation. En plus de la parfumerie, ils développent
les arômes alimentaires, créent des unités agro-industrielles sur les sites
de récolte, lancent des filiales (États-Unis, Argentine, Brésil, Mexique,
Angleterre) et des unités technico-commerciales au Japon, en Suisse,
en Italie, en Allemagne, à Singapour… La quatrième génération
est à pied d’œuvre lorsqu’en 1986, Robertet prend le contrôle de
Jay Flavors, devenue Robertet Flavors, fournisseur de tous les grands
noms de l’industrie alimentaire américaine. En 1993, Philippe Maubert
devient président. Il incarne la 4e
génération qui va mener l’entreprise
au 7e
rang mondial dans les arômes alimentaires, les compositions
pour les parfums et les matières naturelles. Il poursuit l’expansion,
créant successivement Robertet Fragrances aux États-Unis, une unité
d’extraction et de distillation en Afrique du Sud, un nouveau pôle
arômes en Belgique, un centre de création à New York, une usine en
Chine, une société commune en Inde, une participation dans les Plantes
aromatiques du Diois, spécialisé dans les huiles essentielles et plantes
issues de l’agriculture biologique. Avec toujours le même credo, des
usines aux centres de R&D et de création : le naturel, toujours le naturel,
dans le respect de l’environnement, des consommateurs et des salariés.
ROBERTET
Conception, production et commercialisation
de produits aromatiques
(Provence-Alpes-Côte d’Azur)
PHILIPPE
MAUBERT
tous les parfums du monde
Repères
1850 : création
1 800 : nombre d’employés
1984 : introduction en bourse
1993 : Philippe Maubert prend la Présidence
396 M€ : chiffre d’affaires 2012 (45 % arômes alimentaires
35 % parfumerie, 20 % matières premières)
85 % : part du chiffre d’affaires à l’export
50 : nombre de pays où la société est présente (filiales réseau d’agents)
10 % : part du CA investi dans la recherche
www.robertet.com
53
« J’ai du mal à imaginer
un développement significatif
purement régional ou national. »
Entretien
Quelle est votre plus grande fierté
professionnelle ?
En l’an 2000, après 150 ans d’existence,
d’avoir atteint un milliard de Francs de
chiffre d’affaires. Tous les investissements
industriels réalisés à Grasse. La réussite
de nos implantations américaines qui
représentent 40% de notre activité
aujourd’hui.
Quelle est la plus grosse tempête que
vous ayez eue à traverser en tant que chef
d’entreprise ?
L’incendie d’un site industriel à Grasse.
Grâce à un personnel motivé et disponible,
l’activité a repris rapidement.
Quel est votre prochain défi, ou défi en
cours ?
Un milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Quelles qualités majeures doit posséder un
entrepreneur pour réussir ?
Écoute, patience, décision.
Avez-vous un, deux ou trois conseils à
donner à de jeunes chefs d’entreprise ?
Non, j’aimerais bien être à leur place.
Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse-
t-elle nécessairement par l’international ?
J’ai du mal à imaginer un développement
significatif purement régional ou national.
Quelle est votre activité préférée (ou
moment préféré) de la semaine ?
Le lundi matin.
Quelle est a contrario l’activité que vous
aimez le moins ?
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Capitaines d'industrie (Recueil de portraits)

  • 2.
  • 3.
  • 4.
  • 6. 6
  • 7. SOMMAIRE Édito p.8 Alsace - Anne Leitzgen (SALM) p.10 Aquitaine - Marc Prikazsky (CEVA Santé animale) p.12 Auvergne - Geoffroy Millet (D’ENNERY) p.14 Bourgogne - Éric Michoux (GALILÉ) p.16 Bretagne - Vincent Bolloré (Groupe BOLLORÉ) p.18 Centre - Bruno Grandjean (REDEX) p.20 Champagne-Ardenne - Patrick Ballu (Groupe Exel Industries) p.22 Franche-Comté - François Guillin (Groupe GUILLIN) p.24 Guadeloupe - Hervé Damoiseau (Distillerie DAMOISEAU) p.26 Île-de-France - Pierre Kuchly (ERA SIB) p.28 Languedoc-Rousillon - Jérôme Engelvin (SAS ENGELVIN TP RÉSEAUX) p.30 Limousin - Jean Paufique (SILAB) p.32 Lorraine - Francis Gris (Groupe GRIS DÉCOUPAGE) p.34 Martinique - Claudine Neisson-Vernant (Distillerie NEISSON) p.36 Midi-Pyrénées - Daniel Eclache (Laboratoires PHODE) p.38 Nord-Pas-de-Calais - Pierre-Yves Beseme (SBE) p.40 Basse-Normandie - Fabrice Lepotier (EFINOR) p.42 Haute-Normandie - Arnault Daudruy (Groupe OLVEA) p.44 Pays-de-la-Loire - Jean-Pierre Bodet (BODET SA) p.46 Picardie - Jérôme Duprez (Groupe Moret Industries) p.48 Poitou-Charentes - Frédéric Coirier (POUJOULAT) p.50 Provence-Alpes-Côte-d’Azur - Philippe Maubert (ROBERTET) p.52 Rhône-Alpes - Antoine Raymond (ARAYMOND) p.54 Remerciements p.57 7
  • 8. 8
  • 9. 9 L’industrie qui a façonné nos paysages et nos représentations du travail connaît des bouleversements profonds liés à la globalisation, à la raréfaction des ressources, à la transition énergétique, à l’avènement du numérique, … Elle mue mais elle est bien vivante. A elle seule, elle réalise plus des trois quarts de nos exportations et pèse pour 85% de nos investissements en recherche et développement. Oui, notre industrie est en vie. On ne le dit pas assez. Comment s’étonner alors que peu à peu l’image de l’industrie se soit ternie aux yeux des Français ? Dans notre société médiatique, l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse. La communication autour de l’industrie s’est trop souvent focalisée sur les aspects négatifs. L’opinion publique en aura retenu les fermetures d’usines, les pollutions et atteintes à l’environnement, la difficulté persistante des conditions de travail, … La réalité de l’industrie d’aujourd’hui et de demain est bien différente. Dans nombre de cas, il s’agit d’activités de pointe, offrant des emplois de plus en plus qualifiés, des salaires attractifs, des conditions de travail sûres, une prise en compte et un respect de l’environnement croissants. Notre industrie, dans un contexte hyper concurrentiel, reste la 5ème au monde. Elle a su générer des champions mondiaux dont beaucoup restent méconnus du grand public alors qu’ils devraient générer un enthousiasme égal à celui drainé par nos héros sportifs. Cette France industrielle qui gagne, les CCI de France ont souhaité lui rendre hommage à travers cet ouvrage. Il rassemble 23 portraits de chefs d’entreprises industrielles, hommes et femmes, au parcours remarquable et dont les entreprises, de secteurs différents, marquent leur territoire de leur empreinte. Leurs formations, leurs histoires de vie, leurs projets sont différents. Mais tous ces « capitaines d’industrie » partagent des valeurs communes, dont la foi en l’avenir, et appliquent les mêmes recettes gagnantes : innovation, internationalisation, vision sur le long terme, … Je remercie tous ces chefs d’entreprise de s’être prêtés au jeu et d’avoir accordé un peu de leur temps si précieux pour nous faire partager leur envie d’industrie ! Ils sont un modèle pour tous, et notamment pour les jeunes générations. André MARCON Président de CCI France ÉDITO
  • 10. 10 Heidi, c’est le nom donné par Hubert Schmidt, le grand-père d’Anne, à son premier buffet de cuisine sorti de l’atelier en 1959. Un nom prédestiné ? Car depuis lors, l’activité de l’entreprise n’a jamais cessé de progresser vers les sommets. Dans les années soixante-dix, sous la présidence de Karl et Antonia Leitzgen, la fille du fondateur, le cap est mis sur la cuisine sur mesure et les premières machines automatisées. L’usine passe de 6000 à 32 000 m2 , puis à 90 000 m2 avec le rachat d’un site en Allemagne et la construction d’une nouvelle unité à Sélestat. 1989 voit la naissance de la marque Schmidt distribuée par un réseau de concessionnaires exclusifs, soutenue par des campagnes de publicité marquantes. Anne Leitzgen qui a succédé à sa mère en 2006 représente la troisième génération à la tête du groupe familial. La société alsacienne est devenue la 1re marque européenne dans son métier, numéro 1 sur le marché français des meubles de cuisine. Elle s’est également diversifiée dans les meubles de salle de bain et désormais les solutions de rangement sur mesure pour toute la maison. Solidement implantée en Europe et au-delà, avec ses marques Schmidt et Cuisinella, la SALM est en passe de devenir un groupe international, fort de 1400 collaborateurs, 4 sites de production, un centre logistique et 650 concessionnaires. Anne Leitzgen a confirmé ses grandes orientations : la fidélité aux équipes et à l’ancrage local, la priorité à la qualité (certification ISO 9001 en 1997) et à la satisfaction du client. Sans oublier l’engagement en matière de développement durable. Certifiée ISO 14001 et OHSAS 18001 en 2008, la SALM est le premier fabricant de mobilier de cuisine et de salle de bains à décrocher l’écolabel NF Environnement Ameublement. En 2010, le label PEFC certifie que le bois utilisé est issu de forêts durablement gérées. Heidi, la petite héroïne suisse applaudit du haut de ses montagnes. SALM - Société Alsacienne de Meubles Ameublement pour cuisines, salles de bains et toute la maison (Alsace) ANNE LEITZGEN « la cuisine française » à la conquête du monde Repères 1959 : date de création 1400 : nombre de salariés 385 M€ : chiffre d’affaires 15 % : CA à l’export, dans 25 pays http://www.cuisines-schmidt.com www.cuisinella.com
  • 11. 11 « Il faut oser sortir des sentiers battus et accorder la liberté à vos équipes de décider, de prendre des initiatives. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? C’est d’avoir réussi avec les équipes qui étaient déjà en place en place lorsque j’ai pris mes fonctions. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Une personne clé de l’entreprise nous a quittés suite à une maladie grave. C’est difficile pour les équipes, pour nous tous, qui voyons partir quelqu’un de très apprécié. L’entreprise est sous le choc. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Nous avons une culture de PME nationale orientée B To B et nous sommes en train de prendre le virage B To B To C. Le vrai enjeu, c’est de conserver les fondamentaux qui ont fait notre succès, tout en amenant les transformations qui nous permettront de passer du stade de l’ETI à celui de groupe international. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Ne pas être indispensable, ne surtout pas se croire indispensable, et faire en sorte que l’entreprise tourne bien sans lui. Il doit savoir s’entourer, faire participer les équipes à l’élaboration de la vision. Pour avoir l’adhésion, il doit donner du sens. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Avoir confiance en soi, dans son projet, dans ses équipes. Il faut oser sortir des sentiers battus et accorder la liberté à vos équipes de décider, de prendre des initiatives. Rester ouvert, saisir toutes les occasions de rencontrer des professionnels d’autres business, de partager, d’échanger, de se former. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Pour nous, c’est un élément clé. Primo, ça limite le risque de n’être que sur un marché ; secundo, la somme des exigences des différents marchés nous oblige à améliorer sans cesse nos produits. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Quand je vais chercher mes filles le soir à l’école et à la crèche de l’entreprise.
  • 12. 12 Ceva Santé Animale Laboratoire vétérinaire (Aquitaine) « Il faut aimer les autres et la vie, sans se décourager. » MARC PRIKAZSKY l’esprit entrepreneurial au service de la santé animale
  • 13. 13 Ceva Santé Animale développe, fabrique et commercialise dans le monde entier, des vaccins et des produits pharmaceutiques pour les volailles, les ruminants, les porcs et les animaux de compagnie. Née en 1999 de la cession par Sanofi de sa branche santé animale et nutrition, l’entreprise libournaise a connu l’une des plus fortes croissances du marché. En 12 ans, son chiffre d’affaires est passé de 100 M€ à 600 M€. L’entreprise est aujourd’hui le 9e laboratoire vétérinaire mondial, et 3e pour la biologie aviaire. Ses filiales sont implantées dans 43 pays, dont la Chine. Ce succès, Ceva Santé Animale le doit à la motivation et à l’engagement de ses salariés. Forte de ses valeurs « esprit entrepreneurial »,« innovation » et « solidarité », l’entreprise a su construire, avec ses partenaires du monde institutionnel, académique et privé, un véritable écosystème, pour répondre aux attentes de ses clients. Ceva Santé Animale se veut économiquement et socialement responsable, au service du bien-être de la planète et de ses habitants : en contribuant à sécuriser leurs apports en protéines, tant en quantité qu’en qualité ; en les protégeant des zoonoses, ces maladies de plus en plus fréquentes qui se transmettent de l’animal à l’homme ; en favorisant enfin leur cohabitation harmonieuse avec leurs compagnons domestiques. Plus du quart des collaborateurs travaillent en France, au siège et dans ses usines. En 2012, l’entreprise a investi 18 M€ dans son unité de Libourne. Preuve que le déploiement à l’international n’est pas incompatible avec le développement régional. Une conviction que partage son PDG, Marc Prikazsky, diplômé de l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort et de la Faculté de Créteil, membre de la CCI internationale et Président du Club des ETI d’Aquitaine. Autant d’engagements qui témoignent de l’importance qu’il accorde à l’ancrage de l’entreprise au sein du territoire. Repères 1999 : date de reprise 3100 : nombre d’employés 607 M€ : chiffre d’affaires 91 % : part du C.A. à l’international 43 : nombre de filiales 273 : nombre de brevets www.ceva.com Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir piloté l’entreprise pendant la tempête de 2008 et 2009 en maintenant notre croissance, en poursuivant notre effort d’investissement et en nous imposant une rigueur sans faille. Mais surtout, nous avons su former un équipage soudé. Une entreprise, c’est d’abord des hommes dont le talent et la motivation en font la valeur. Et à cet égard, je suis fier d’être le Président de Ceva Santé Animale. Quel enseignement avez-vous tiré de cette tempête ? Dans les moments difficiles, il faut savoir garder son sang-froid et accepter de faire un grand écart entre continuer à voir loin et piloter à vue dans un quotidien contraignant. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Passer le cap du milliard d’Euros, tout en conservant nos valeurs de PME : autonomie, initiative, agilité, pragmatisme. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Un dirigeant doit avoir une vision stratégique claire qu’il doit savoir faire partager... Il doit à la fois être capable d’écouter, de décider et de convaincre. Et posséder une bonne dose d’énergie et d’humour ! Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? La réussite repose sur la passion et la conviction. Il faut beaucoup d’endurance et d’énergie. Il faut aimer les autres et la vie, sans se décourager. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? À terme oui. La réussite passe d’abord par la capacité à créer une offre innovante, renouvelable, répondant à un marché le plus large possible. En jouant sur l’échiquier mondial, l’entreprise élargit ses débouchés, mais en plus, elle s’aguerrit en se confrontant à des concurrents performants. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Déguster un vin de Montagne-Saint-Emilion avec des amis, dont les trajectoires de vie racontent une belle histoire. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Aucune en particulier. En revanche, les situations d’injustice continuent à m’être insupportables, surtout quand elles affectent des personnes fragilisées par la vie.
  • 14. 14 Sa carrière de salarié chez BSN aura été de courte durée. Le jeune diplômé de la faculté de Clermont ne se sentait pas fait pour travailler dans un grand groupe. Après deux ans à la CCI de Moulins-Vichy, il plonge dans le grand bain de l’entrepreneuriat en rachetant une ferronnerie d’art avec deux associés. Repasse par la case salarié dans une entreprise éditrice de tissus en 2001, mais à la direction générale cette fois-ci, et finit par trouver en 2010 une petite société de confection textile spécialisée dans la confection matelassée pour la décoration, l’ameublement et l’agencement : D’Ennery, créée en 1946. La société située près du Puy-en-Velay (43) tire aujourd’hui « son épingle du jeu » grâce à des employés fortement impliqués et à des machines à commandes numériques de grande capacité. Ils confectionnent des jetés et des écharpes de lit, des plaids, des édredons, des boutis, des housses de canapés et de sièges, des tentures murales ouatinées de grandes dimensions, des couettes, des cache-sommiers pour des clients fidèles et variés : agenceurs, tapissiers, décorateurs, architectes œuvrant pour des hôtels, des résidences, des boutiques de tissu. D’Ennery compte également dans sa clientèle des palaces tels que le Georges V, le Plaza Athénée, le Meurice ou encore le Royal Monceau à Paris.… Son savoir-faire a été récompensé par le label d’État Entreprise du patrimoine vivant (EPV). Sa recherche constante d’innovation l’amène par ailleurs à valoriser ces compétences dans des domaines très différents, comme l’emballage, l’isolation, le paramédical… Le chiffre d’affaires est en hausse depuis la reprise. Et pour Geoffroy Millet, c’est déjà une belle récompense et un grand pas de franchi. D’ENNERY Confection de textiles matelassés (Auvergne) GEOFFROY MILLET un challenge gonflé ! Repères 1946 : naissance de D’Ennery 2010 : reprise de l’entreprise par Geoffroy Millet 12 : nombre d’employés 750 k€ : chiffre d’affaires www.denneryconfection.com
  • 15. 15 « Innover, innover toujours, j’y crois beaucoup. »Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir réussi à reprendre une entreprise dans un secteur sur lequel plus personne ne parie. Les gens raisonnent en terme de macro-économie alors que l’économie réelle, c’est de la micro-économie. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Le licenciement d’une ouvrière pour faute. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Je suis plus pointilleux lors des entretiens d’embauche et plus à l’écoute. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Innover, innover toujours, j’y crois beaucoup. Aller vers de nouveaux marchés ; essayer par exemple de mettre des capteurs dans des couettes pour le bien-être contrôlé à distance… il y a pire que de ne pas réussir, c’est de ne pas avoir essayé ! Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Audace, volonté, optimisme. Se projeter dans l’avenir avec foi. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Foncez, c’est fabuleux ! Entourez-vous, prenez des conseils auprès des CCI, des réseaux entreprendre… Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Non, en ce qui concerne D’Ennery. Je fais de l’export, mais indirectement, via mes clients, des designers, des tapissiers qui travaillent pour les palaces internationaux, achètent mes produits et les envoient dans un container avec les meubles et décors. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Quand je retrouve ma famille, ou quand mes enfants viennent à l’usine me donner un petit coup de main (enlever les peluches qui traînent par exemple). J’ai six enfants de 4 à 17 ans, c’est une autre entreprise, très bien gérée par ma femme. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Lire le journal quand tout est négatif. Je préfère m’abstenir et ne garder que le meilleur. Par exemple, le saut dans l’espace de l’Autrichien Félix Baumgartner. Un grand moment vécu en direct par des millions d’internautes. Ça, ça fait rêver et donne envie de se dépasser !
  • 16. 16 Ingénieur mécanicien, il a d’abord été salarié une dizaine d’années avant de se lancer à son compte en 1998, en rachetant une société de maintenance de chariots élévateurs, la SIEM à Mâcon, bientôt suivie par d’autres dans le secteur de la manutention et dans la fabrication de bien d’équipements. Très vite, Éric Michoux fait le constat suivant : d’un côté, les entreprises françaises en difficulté ou qui vont chercher un repreneur dans les années à venir sont nombreuses. Il estime leur nombre à 100 000, dans le commerce, l’artisanat, les PME et PMI. De l’autre, des jeunes motivés, mais pas suffisamment formés à la reprise et à la direction d’entreprise. D’où l’idée d’Éric Michoux de créer en 2003 un réseau baptisé Galilé, proposant à ces jeunes un appui véritable, un engagement humain de long terme, des moyens financiers et une véritable école de terrain. Dix ans plus tard, Galilé est un groupe industriel composé de 11 entreprises oeuvrant dans la mécanique de précision (Escofier à Chalon-sur-Saône, Provéa à Alésia), la robotique (Farman, à Tours), le nucléaire (CLM Dijon), et la manutention (SIEM, Manustra Lyon, Benoit Industrie Avignon, Coloc Provence, VDM Valence). La philosophie entrepreneuriale est plus que jamais au cœur du projet : chaque directeur général du groupe est coactionnaire et a pour mission de former au cours de sa carrière trois élèves entrepreneurs, lesquels devront à leur tour transmettre leur savoir. 10 ans après la création du groupe, cet infatigable entrepreneur prépare déjà le réseau Galilé de demain qui s’appuiera sur des plateformes collaboratives, le numérique, la réalité augmentée, le crowdfunding (financement en ligne), le cloud computing et les réseaux sociaux. Une nouvelle façon d’entreprendre plus ouverte, plus solidaire, et somme toute très efficace. Groupe GALILÉ Manutention, chariots élévateurs, Biens d’équipements industriels. (Bourgogne) ÉRIC MICHOUX compagnon entrepreneur Repères 2003 : date de création de Galilé 11 : nombre de sociétés. 9 en France (dont 4 en Bourgogne), une en Inde et une en Allemagne 240 : nombre de salariés 32 M€ : chiffre d’affaires total 25 % : part du C.A. à l’export www.galile.fr
  • 17. 17 « Un chef d’entreprise doit avoir une ambition, un objectif, une stratégie, un tableau de bord et un mode de management. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? La reprise début 2013 de l’entreprise Farman, une légende de l’aviation française dont le parcours aurait pu se terminer au tribunal de commerce de Tours. Pour moi, c’est carrément un honneur de relancer l’activité, centrée aujourd’hui non plus sur les avions, mais les robots. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? En 2008, l’activité s’est mise à chuter fortement. Beaucoup d’entreprises du groupe ont failli disparaître. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Chaque PME doit avoir un avantage concurrentiel, savoir se démarquer fortement, et pas simplement sur les prix. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Galilé 360, une plateforme internet collaborative où des jeunes qui ont des idées de création d’entreprises trouveront des mentors qui ont de l’expérience et du temps à leur consacrer. Les moyens logistiques et financiers seront apportés par Galilée. Le cursus est soutenu par Polytechnique et HEC. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? J‘en vois une seule : la volonté. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Unchefd’entreprisedoitavoiruneambition, un objectif, une stratégie, un tableau de bord et un mode de management. Où est-ce que je veux aller et comment je fais pour y arriver ? S’il ne fait que ça dans sa semaine, c’est bien suffisant. Mais s’il ne le fait pas, il n’a pas fait son job de chef d’entreprise. Il est directeur, mais pas chef d’entreprise. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Pour l’industrie, la réponse est oui. Si on ne le faisait pas, on serait déjà morts. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Le samedi matin, quand je vais dans ma mairie, car je suis maire d’Épervans (1800 habitants). Vous vous apercevez qu’il y a plusieurs réalités. L’entreprise en est une parmi d’autres. Là, je prends réellement conscience des difficultés sociales de notre pays.
  • 18. Ses racines ? Elles sont en Cornouaille, tout près de Quimper, où ses aïeux ont créé les papeteries d’Odet. En 1981, Vincent Bolloré reprend l’affaire familiale, alors en grande difficulté, et réoriente l’activité vers le film propylène pour condensateurs, dont il devient le leader mondial. L’expérience acquise dans l’ultra fin, le film plastique, les polymères et le stockage électrique conduit le groupe à se développer dans l’emballage et l’énergie… Les ailes ? C’est cette incroyable capacité à déployer le groupe par acquisitions et développements successifs : dans la logistique, le transport, le contrôle d’accès aéroportuaire, la distribution d’énergie, la publicité, les médias, les télécoms… En quelques décennies, Vincent Bolloré transforme l’entreprise familiale en un groupe considérable présent dans 152 pays, classé parmi les 500 plus grandes compagnies mondiales. Pour autant, l’attachement à ses racines reste inaltérable. « Plus on s’internationalise, plus on a besoin de racines fortes », confie-t-il. Cette vision prend tout son sens dans les relations nouées avec la CCI Quimper Cornouaille et l’IRTEC, institut régional de ressources en formations techniques et énergies renouvelables, autour des véhicules électriques et du concept Bluecar. Une nouvelle étape vient d’être franchie fin septembre 2013 avec l’inauguration de la nouvelle usine Blue Solutions, destinée à accroître la production des batteries électriques LMP (lithium métal polymère), conçues et développées par le groupe Bolloré. Ce nouveau site d’Ergué-Gaberic emploie 175 personnes, mais pourrait en recruter 400 autres d’ici à 2022. Des racines et des ailes… La Cornouaille se retrouve au cœur d’une nouvelle révolution industrielle : la transition énergétique. Sans grands discours, mais avec des solutions concrètes qui font d’ores et déjà leurs preuves. Groupe BOLLORÉ Transports, logistique, énergie, communication et médias (Bretagne) VINCENT BOLLORÉ des racines et des ailes Repères 1822 : création des papeteries d’Odet 1981 : arrivée de Vincent Bolloré 55 000 : nombre de collaborateurs, dont 1400 en Bretagne 152 : nombre de pays où le groupe est présent Plus de 10 milliards d’euros : chiffre d’affaires 18
  • 19. « Savoir écouter, agir, recommencer. »Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? La continuité de cette histoire industrielle sur 7 générations Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? 1981 ; les évolutions technologiques qui arrivent inéluctablement. Quel enseignement en avez-vous tiré ? La nécessité de se remettre en question. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Les Blue Solutions, une façon de réussir la transition énergétique. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Savoir écouter, agir, recommencer. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Courage Persévérance Respect des autres Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Oui Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Le samedi à midi, lorsque je m’arrête de travailler. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Lundi matin, quand ça recommence ! 19
  • 20. 20 REDEX conçoit, fabrique et commercialise des transmissions à haute performance pour l’industrie (systèmes d’entrainement linéaires et rotatifs, réducteurs planétaires, boites de vitesse pour machines-outils, freins et embrayages EMP) et des équipements pour la sidérurgie et la métallurgie (lignes de planage, laminoirs et équipements pour laminoir). L’entreprise du Loiret a vu son chiffre d’affaires multiplié par deux ces dix dernières années sous la présidence de Bruno Grandjean, ingénieur diplômé de Stanford dont la stratégie tient en 3 i : internationalisation, investissement et industrialisation. L’international tout d’abord : REDEX s’est lancé sur les marchés européen et américain dès 1960. À partir de 2005, Bruno Grandjean met le cap sur le monde entier. Les machines-outils estampillées REDEX, très qualitatives, conquièrent l’Inde, la Chine, Taïwan, la Corée, le Brésil, Bahreïn ou encore la Turquie. Le groupe ouvre sept filiales et réalise désormais 90% de son chiffre à l’export, avec une fabrication 100% française. Pour s’imposer face aux poids lourds du secteur (allemands, italiens et suisses) il mise sur l’investissement et l’innovation : 8% du C.A. chaque année va à la R&D et près d’un tiers des ingénieurs travaillent au développement de nouveaux produits. Dernier maillon de cette success story : l’industrialisation. Bruno Grandjean voit grand. Il modernise l’appareil de production en injectant pas moins de 25 M€ et fixe de nouvelles règles du jeu : qualité constante, délais courts, coûts de fabrication bas. L’homme, modeste, passionné, croit aux réussites industrielles en France. Il s’émerveille de la capacité de ses équipes à faire d’un morceau d’acier une machine ultra-performante expédiée en Corée. Hisser le groupe parmi les 3 leaders mondiaux du secteur était un pari audacieux. Bruno Grandjean et ses 320 salariés l’ont fait.REDEX Mécanique de précision, biens d’équipements (Centre) BRUNO GRANDJEAN la mécanique de l’excellence Repères 1949 : création de REDEX par le grand-père de Bruno Grandjean, l’ingénieur Paul Defontenay, inventeur de la « poulie REDEX ». 1995 : arrivée dans l’entreprise 2004 : Président du Directoire 320 : nombre de salariés dans les 2 sites de production et les 7 filiales 50 M€ : CA 2012 consolidé 90 % : part du C.A. à l’export 7 : nombre de filiales à l’étranger 20 : nombre de brevets actifs http://www.redex-group.com
  • 21. 21 « Les pieds dans nos territoires, la tête dans la mondialisation. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? Vendre du made in France… en Allemagne et au Japon. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? La crise de 2008, -40 % d’enregistrement de commandes en 3 mois ! Quel enseignement en avez-vous tiré ? Être pessimiste dans les périodes favorables, optimiste dans les périodes de crise. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Réorganiser nos sites de production pour franchir un nouveau cap en termes de productivité. Y associer l’ensemble de nos équipes. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? L’ouverture d’esprit, la combativité, l’esprit d’équipe. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Voyager, se comparer, avoir confiance en soi. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Oui, les pieds dans nos territoires, la tête dans la mondialisation. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Le café du matin avec mes équipes. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Revenir sur des problèmes déjà traités du fait d’une dérive. Avoir le sentiment de ne plus progresser.
  • 22. Groupe Exel Industries Techniques de pulvérisation de précision (Champagne-Ardenne) « Osez entreprendre, malgré les pessimistes qui vous entourent. » PATRICK BALLU champion de la pulvérisation 22
  • 23. Tout commence en 1947 grâce au génie de son père, Vincent Ballu, créateur d’un tracteur enjambeur viticole, voué à mécaniser le vignoble champenois. Cinq ans plus tard, il donne naissance à l’entreprise Tecnoma pour commercialiser son invention. Une véritable rupture technologique et le début d’une longue success-story dans le domaine de la pulvérisation agricole. Dès 1966, Tecnoma fait sa première croissance externe en reprenant les actifs de Vermorel, leader du moment. Ingénieur diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers (Ensam), Patrick Ballu reprend le navire familial en 1980. Avec à bord, près de 200 salariés et l’équivalent de 12 M€ de chiffre d’affaires. Il mise sur l’innovation, la rentabilité et la croissance externe en repêchant plusieurs entreprises échouées. Caruelle, Berthoud, Nicolas, Thomas, Séguip intègrent le capital de Tecnoma, qui devient Exel Industries en 1987. En 10 mois seulement, le C.A. est multiplié par quatre. Il fait le pari de conserver les marques et leurs gammes. Une stratégie multiréseau, qui permet de proposer sur le marché des produits réellement différents, des arguments marketing spécifiques et des équipes propres à chaque entité. Le groupe EXEL a un métier, la pulvérisation, et deux vocations principales : la protection des végétaux (70% du CA) dont il est n° 1 mondial, et celle des matériaux (30%) où il s’impose comme le n° 3 mondial du matériel d’application de peinture. La force de cette nouvelle structure ? Elle détient et fédère l’ensemble des entreprises qui apportent des réponses variées et inédites, sur des marchés différents. Parmi les plus beaux souvenirs de Patrick Ballu : la création du Groupe en 1987, l’arrivée en 1996 du groupe Kremlin Rexson, puis en 2007 du groupe Hardi. Et, depuis un an, de l’Allemand Holmer, leader des arracheuses de betteraves, et du Britannique Hozelock-Tricoflex, spécialiste de l’arrosage. Le credo du président ? Rester « Growing, Excellent and Profitable by Innovations ». Pari pulvérisé ! Repères 1987 : création du groupe Exel Industries 60 : le nombre d’entreprises fédérées (filiales comprises) 3 700 : nombre de salariés dans 26 pays et sur 5 continents 740 M€ : le chiffre d’affaires 2012-2013, dont 60% à l’international 2 000 : nombre de brevets pays actifs 4% : part du CA consacré à la R & D ww.exel-industries.com Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? Avoir constitué, avec des managers passionnés, un groupe familial français devenu leader mondial dans sa spécialité, tout en respectant les marques et les cultures des entreprises successivement reprises. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? En 1991/92, le marché a baissé de 50 en 18 mois alors que nous étions déjà leaders. Nous avons dû baisser simultanément notre point mort de 40% et nous restructurer sur le champ. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut réagir très vite, sans attendre que le marché rebondisse. Ne pas s’endetter, refuser toute caution. Être proche et vrai avec tous ses collaborateurs : nous n’avons eu aucune heure de grève. Chacun savait pourquoi, comment et où nous voulions aller. Quel est votre prochain défi ? Confirmer la réussite du passage de témoin à mes quatre fils, dont Guerric le Directeur Général du Groupe. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Enthousiaste et positif pour entraîner les autres. Gagneur, imaginatif, à l’écoute, travailleur, courageux, tenace sans être têtu. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Osez entreprendre, malgré les pessimistes qui vous entourent. Ayez confiance en vous. Entourez-vous de passionnés. Écoutez-les avant de décider. Respectez- les. Encouragez-les. Pensez surtout à vos clients. Ne vous endettez pas trop. Soyez vite profitables. Restez modeste. Sachez travailler 35 heures… mais 2 fois dans la semaine ! Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Au début peut-être pas, mais, très rapidement, il devient indispensable de penser international. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Motiver, innover, faire différent des autres (brevet, organisation, production, marketing). Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Les papiers. 23
  • 24. 24 Barquettes, boîtes pâtissières, plateaux-repas, vaisselle jetable, conditionnements pour fruits et légumes, emballages pour plats préparés… Des rayons de grande surface à ceux de nos réfrigérateurs, les produits Guillin sont à ce point entrés dans nos vies que nous n’y prêtons même plus attention ! Leader de l’emballage alimentaire en Europe, avec 17 sociétés installées dans 7 pays – France, Italie, Espagne, Portugal, Pays-Bas, Grande Bretagne et Pologne – le groupe est également présent dans la conception et la fourniture de matériels pour la restauration collective : appareils de scellage, équipements de logistique en liaison froide et liaison chaude, chariots de distribution des repas, fours de remise en température de plats cuisinés. Derrière cet édifice patiemment construit, il y a un homme : François Guillin, doté d’une solide formation technique de l’École d’Horlogerie de Besançon, mais surtout d’un flair et d’une capacité d’entreprendre hors pair. Parti seul dans l’aventure en 1972, dans un local de 18 m2 à Lods, en Franche-Comté, il a su se rendre petit à petit incontournable en proposant à toutes les étapes de sa croissance, des concepts d’avant-garde, des emballages standardisés au service de la distribution et des consommateurs. Avant-gardiste mais aussi respectueux de l’environnement : le Groupe Guillin est membre de la chambre syndicale des emballages en matière plastique. Il s’est engagé à utiliser et fabriquer des plastiques recyclables et à en réduire chaque année le poids. Implanté à Ornans, dans le Doubs, le siège de l’entreprise matérialise l’idéal d’un développement ambitieux et soucieux d’équilibre. Établir le siège social d’un poids lourd industriel au milieu des champs démontre qu’une croissance réellement durable n’est concevable que dans le cadre d’un dialogue constant avec le tissu local dans lequel elle s’enracine. Groupe GUILLIN emballages plastique alimentaires (Franche-Comté) FRANÇOIS GUILLIN emballe l’Europe Repères 1972 : date de création 1989 : entrée en bourse 1999 : Certification ISO 9001 pour l’ensemble des sociétés du Groupe Guillin 2000 : nombre de salariés 500 M€ : chiffre d’affaires 60 % : part du CA à l’export 300 : nombre de brevets/marques déposées www.groupeguillin.fr
  • 25. 25 « Le propre d’un chef d’entreprise est d’être un chef d’orchestre : bon en tout, expert en rien. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir réussi en 40 ans à créer un groupe européen leader, équilibré, performant, sans aucune aide extérieure. Un groupe familial qui a su conserver ses valeurs : esprit d’équipe, respect mutuel, engagement total… Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Je n’ai jamais connu de véritable tempête ! C’est pourtant la réalité et cela est sûrement dû à mon obsession d’être toujours attentif, à voir loin, dans le cadre d’une stratégie clairement définie et explicitée. Ce qui m’a toujours permis d’anticiper les problèmes et de les éviter. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Réussir la mutation générationnelle clairement engagée du Groupe Guillin tout en assurant sa croissance et son indépendance. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Vision stratégique, capacité de travail, capacité d’entraînement, détermination, sens de l’anticipation, lucidité, respect du client, savoir s’entourer et déléguer… Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? C’est bien entendu le seul moyen d’élargir ses marchés. Mais une entreprise peut tout à fait être viable et performante sur des niches nationales, sa qualité n’étant en rien liée à sa taille. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Je n’en ai pas particulièrement. Le propre d’un chef d’entreprise est d’être un chef d’orchestre : bon en tout, expert en rien. Mon jour préféré est tout de même le lundi. La passion de la relance perpétuelle des équipes !
  • 26. Le Moulin de Bellevue, au Moule, offre une vue plongeante sur le bassin cannier des îles de Guadeloupe. Il est l’emblème de la réussite de la famille Damoiseau qui, en 1942, rachète et reconstruit une distillerie fondée au 19e siècle. Roger Damoiseau va faire de Bellevue un des fleurons des distilleries guadeloupéennes, en produisant un rhum agricole de grande qualité, dans la tradition des Antilles françaises. Hervé Damoiseau prend le relais en 1996. Poursuivant la modernisation des installations, il entreprend un travail sur l’image des rhums de Guadeloupe, indissociable selon lui de la promotion touristique du territoire dont l’industrie cannière constitue un atout phare. Cette vision à double détente a été couronnée entre autres par une médaille d’Or 2011, 2012 et 2013 au Concours Général Agricole pour son rhum blanc et le Laurier d’Or 2012 de la Fédération Internationale du Tourisme. Leader au plan local avec une production annuelle de 2.5 millions de litres, la marque est également commercialisée dans plus de 40 pays, sur les 5 continents. Un programme d’investissement de 6,5 millions d’euros, en 2010, doit permettre au Rhum Damoiseau de concrétiser son plan de développement sur les dix ans à venir, avec 3000 mètres carrés supplémentaires aux Abymes destinés au stockage et à l’embouteillage de 5 millions de bouteilles par an – nouvel objectif à atteindre. Président du Conseil Interprofessionnel du Rhum Traditionnel des DOM, Hervé Damoiseau poursuit son combat pour la survie d’une filière qui représente 40 000 emplois et constitue un pilier économique des départements d’outre-mer. Aussi défend-il avec énergie le renouvellement pour la période 2014-2020 du régime fiscal dérogatoire sur le droit d’accise dont bénéficient les rhums des DOM commercialisés en métropole. HERVÉ DAMOISEAU mise sur le tourisme Repères 1942 : achat de la distillerie par la famille Damoiseau 2012 : Rhum Damoiseau fête ses 70 ans 2.5 millions : production annuelle, en litres 25 % : pourcentage de vente à l’export 9 M€ : chiffre d’affaires 24 : nombre de salariés www.damoiseau.com Distillerie DAMOISEAU Fabrication et distribution de rhum agricole (Guadeloupe) 26
  • 27. « Il faut toujours retrousser les manches et relever les défis, c’est à ça que sert un chef d’entreprise. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir amené Damoiseau là où il en est : leader du marché guadeloupéen, numéro 1 du rhum guadeloupéen à l’export. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Le cyclone Hugo en 1989, le plus gros cyclone du siècle, avec des vents qui ont dépassé les 380 km/h. Des bâtiments entiers ont été rasés. On a dû tout rebâtir. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut toujours retrousser les manches et relever les défis, c’est à ça que sert un chef d’entreprise. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Améliorer encore la qualité et doubler la capacité de production de rhum vieux. On a 3000 fûts en vieillissement. Nous visons le doublement de la capacité avec la construction d’un nouveau chai afin de garantir une politique de millésime qu’apprécient nos clients. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? La première qualité c’est d’être visionnaire, de voir à long terme l’évolution de son entreprise et de son secteur d’activité. Ensuite, motiver ses équipes qui doivent se sentir concernées par le développement de l’entreprise. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Il faut de la volonté, il faut y croire, sentir et aimer son entreprise, vivre pour elle et ne pas compter ses heures de travail. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Oui en ce qui nous concerne, car le marché local ne peut suffire. Notre seule marge de progression, c’est l’export. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Il y en a deux : le dimanche, le barbecue avec les copains ; le lundi, la reprise du travail ! Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Le social. Nous sommes des PME, on n’a pas de DRH, le DRH c’est nous. Je ne peux pas passer mes journées à satisfaire telle et telle revendication. Nous sommes des chefs d’entreprises, donc là pour créer la croissance, et le social prend vraiment trop de temps surtout quand on compare la France et d’autres pays ! 27
  • 28. 28 ERA SIB propose aux utilisateurs exigeants l’une des gammes les plus larges et les plus complètes au monde d’électrovannes : à commande directe ou assistée, en laiton, matières plastiques, inox, aluminium, bronze. Leader européen de l’électrovanne pour distributeurs automatiques de boissons, la société a étendu son savoir-faire à tous les besoins spécifiques de sa clientèle dans des domaines aussi divers que les pompes à carburants, la sécurité incendie, la balnéothérapie, la cryogénie, les systèmes antienrayages des T.G.V. (équivalent de l’ABS automobile) et toutes les applications haute pression. Recruté en 1998 en tant que directeur commercial, Pierre Kuchly fait prendre à l’entreprise un virage international, avant de la racheter 4 ans plus tard. Ses marchés se situent en Europe de l’Ouest, notamment Grande Bretagne, Allemagne et Benelux, mais aussi en Asie (10% en Chine), Corée du Sud, Thaïlande... Société d’actionnariat français, avec une production 100% française, elle est une des toutes premières entreprises industrielles de son secteur à avoir obtenu cette année le Label Origine France Garantie. Une de premières décisions de Pierre Kuchly en 2002 avait d’ailleurs été de créer un nouveau logo bleu, blanc, rouge. Depuis deux ans, l’entreprise travaille sur des produits complémentaires innovants et dépose des brevets mondiaux, ce qu’elle ne faisait pas auparavant. La stratégie de croissance à l’international lui permet aujourd’hui de réaliser plus de 50% desonchiffred’affairesàl’exportationetcecidanstouslespaysdumonde, grâce à un réseau de distribution performant qui s’étoffe régulièrement. Souvent citée dans la presse, ERA SIB est un exemple du dynamisme des PME françaises qui allient innovation et qualité. L’entreprise s’appuie par ailleurs sur de nombreux partenariats et réseaux pour accélérer son développement international : CCI, Comité Mécanique IDF, RMVO, Comité d’Expansion Économique du Val d’Oise, notamment. ERA SIB Étude et fabrication d’électrovannes (Paris Île-de-France) PIERRE KUCHLY le made in France lui sourit Repères 1961 : création d’ERA SIB - Études et Réalisations d’Automatismes - Société Industrielle de Boulogne 1999 : certification ISO 9001 2002 : reprise de l’entreprise par Pierre Kuchly 2011 : ERA SIB fête ses 50 ans 30 : nombre de salariés 5 M€ : chiffre d’affaires 60 % : part du C.A. à l’export 2 : nombre brevets mondiaux www.era-sib.com
  • 29. « Il faut y croire, se battre tous les jours, ne jamais lâcher, accepter d’être seul contre le monde entier... » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir repris cette entreprise destinée à un concurrent, d’avoir traversé d’énormes difficultés, mais d’être aujourd’hui en plein boom grâce à une stratégie agressive tournée vers l’innovation et l’international. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? La perte de notre plus gros client (25% du CA) quelques mois après le rachat de l’entreprise a fait capoter notre business plan. Nous sommes passés par des moments très difficiles, surmontés grâce au soutien de mon équipe et à la motivation de tous. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Doubler le chiffre d’affaires dans les 5 à 8 ans à venir, en maintenant ou en améliorant notre marge. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? De la motivation et une volonté énorme. Combien de fois ai-je vu sur le visage de mes interlocuteurs un petit sourire qui voulait dire « cause toujours » ? Quel plaisir de pouvoir leur démontrer que j’ai eu raison d’y croire ! Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? La vie d’une entreprise est faite de hauts et de bas. Il faut y croire, se battre tous les jours, ne jamais lâcher, accepter d’être seul contre le monde entier... Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Tout dépend de l’activité et il ne faut surtout pas délaisser son marché local. Mais au fond, je suis persuadé qu’aujourd’hui notre marché n’est plus la France ou l’Europe, mais le monde entier. Un exemple ? Nous vendons des électrovannes pour les distributeurs automatiques de boissons et il n’y a plus de fabricants de tels équipements en France. Si nous n’étions pas allés les chercher en Italie, Allemagne, Pays-Bas, Chine, États-Unis notamment, nous serions morts. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? C’est de retrouver mes jumeaux de 11 ans le week-end pour faire, par exemple, un tour dans notre 2 CV Charleston.... Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Le trajet entre mon domicile et mon bureau. 29
  • 30. SAS ENGELVIN TP RÉSEAUX Travaux publics et Bois-énergie (Languedoc-Roussillon) JÉRÔME ENGELVIN de l’énergie à revendre « Avant de commander quelqu’un, il faut savoir faire son travail ! » 30
  • 31. En 1970, Germain Engelvin associe ses deux fils à la scierie familiale. Les trois hommes décident de diversifier les activités et se lancent dans les travaux publics. Leur premier gros contrat : les PTT qui cherchaient d’urgence une trancheuse en Lozère pour enterrer les lignes au moment de l’automatisation. En 1996, les deux frères séparent les activités : Jean-Claude prend la tête des scieries, Michel et ses fils (Jérôme et Vincent ) celle des Travaux publics. La société Engelvin TP Réseaux est née. Ses spécialités : le génie civil avec tous les réseaux urbains (électricité haute et basse tension, télécommunications, fibre optique, chauffage urbain, lignes téléphoniques), mais également les réseaux d’appels d’urgence sur autoroute, les travaux publics (terrassement, adduction d’eau, forages), les clôtures d’autoroutes, d’aéroports, de lignes TGV et autres sites sensibles. Enfin, une activité d’aménagement paysager, avec reboisement forestier, élagage, récupération et exploitation des produits forestiers. C’est cette dernière spécialité qui va les pousser en 2006 dans une nouvelle aventure à 33 millions d’euros : la création de la plus grosse usine de cogénération biomasse de France, SAS Bio Énergie Lozère, capable de produire 7500 kWh soit 63 Gigawatts par an (électricité vendue à EDF), l’équivalent des besoins des 14 000 habitants de Mende. La ville de son côté récupère pour son réseau de chaleur urbain le surplus d’énergie dégagé par la combustion. Lancés dans la filière bois-énergie, Michel, Jérôme et Vincent ont par ailleurs créé en novembre 2012 la société BC 48, usine de fabrication de granulés de bois séchés avec la vapeur excédentaire de l’usine de cogénération, avec objectif d’écouler 50 000 tonnes de granulés par an sur l’Europe entière. Le bois, nouvel or brun en Lozère ? Chez Engelvin, on l’a compris depuis bien longtemps ! Repères 1936 : création de la scierie Engelvin 1996 : création de SAS Engelvin TP Réseaux 135 : nombre d’employés ETPR 21 M€ : chiffre d’affaires ETPR 2012 9 M€ : chiffre d’affaires SAS Bio Énergie Lozère 5 M€ : chiffre d’affaire BC 48 http://www.engelvintpreseaux.fr/engelvin-entreprise.htm Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir poursuivi et développé avec mon frère la société créée par mon père. De l’avoir amenée là où elle en est aujourd’hui, en espérant aller plus loin encore, vers de nouveaux marchés. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? À ce jour, je n’en ai pas rencontré… Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Boucler la boucle en créant une scierie pour la première transformation du bois. Cela nous permettrait d’assurer les approvisionnements en sous produits (sciures, copeaux…) pour Bio Énergie Lozère et BC 48. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Il faut être visionnaire pour détecter les opportunités et s’implanter sur de nouveaux marchés porteurs. Être à l’écoute et travailler en parfaite collaboration avec son personnel. C’est très important. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Mon grand-père me disait très justement : avant de commander quelqu’un, il faut savoir faire son travail ! Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Non en ce qui nous concerne, nous avons suffisamment à faire dans notre secteur et sur notre zone géographique. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Le matin, à 6 heures quand j’ouvre mon bureau pour commencer la journée. C’est tranquille, je ne suis pas dérangé par le téléphone. J’allume mon ordinateur, je me branche sur la vidéosurveillance et je vérifie que la fabrication de granulés qui tourne 24 h/24 se déroule bien dans les deux usines. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Gérer les pannes sur des engins, des machines. Participer à des réunions qui n’ont aucun intérêt. La réunionite est une maladie bien française. 31
  • 32. « S’entourer de collaborateurs compétents et fiables. » JEAN PAUFIQUE le naturel au galop 32 SILAB Ingénierie des actifs naturels pour l’industrie cosmétique (Limousin)
  • 33. Ingénieur agronome et biologiste formé à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes et à l’Institut Pasteur de Lille, Jean Paufique a débuté sa carrière dans la nutrition infantile. Créateur d’aliments pour bébé, il intègre BSN - Gervais Danone en tant que directeur de recherche nutrition infantile avant de mettre en place le centre de recherche CREALIS à Brive. En 1984, il se décide à lancer sa propre entreprise SILAB - Société Industrielle Limousine d’Application Biologique - à Brive-la-Gaillarde. Malheureusement, le premier produit de la jeune entreprise, un médicament vétérinaire anti- diarrhéique pour les veaux, est un échec commercial. En 1991, en revanche, en pleine tourmente de la vache folle, il dévoile le résultat de longs mois de recherche : il vient de mettre au point une molécule active d’origine végétale ayant une activité et une efficacité identiques à celles du principe actif d’origine animale. SILAB est sauvée. Grâce à son esprit visionnaire et sa réactivité, Jean Paufique est le premier à proposer des actifs d’origine végétale à l’industrie cosmétique et positionne ainsi durablement SILAB comme un fournisseur incontournable dans le domaine de l’ingénierie des actifs naturels. SILAB a d’ailleurs tout d’une entreprise durable. La société soutient de multiples projets à vocation sociale et sociétale - crèche interentreprises, Université SILAB, Fondation d’Entreprise destinée à financer des travaux de recherche fondamentale dans le domaine du cancer de la peau. Elle mène de nombreuses actions pour le respect de l’environnement (énergie, biodiversité). La politique d’innovation, moteur de toutes les équipes, de tous les projets, est déclinée à tous les niveaux de l’entreprise pour rester force de proposition et - règle numéro 1 - toujours surprendre les clients ! Repères 1984 : date de création de SILAB 205 : nombre d’employés 31 M€ : chiffre d’affaires 60% : part du C.A. à l’export 186 : nombre de brevets : 189 : nombre de marques déposées Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? Avoir créé et développé avec succès une entreprise personnelle considérée aujourd’hui comme un modèle de PME – ETI. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Pendant environ 2 ans, en raison de graves problèmes de santé, j’ai été indisponible. L’entreprise a vécu une crise morale qui aurait pu lui être fatale. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut « imaginer le pire » et mettre en place les dispositifs adéquats. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? J’entreprends actuellement une action consistant à utiliser le modèle SILAB au bénéfice de la création d’entreprises innovantes dans le même secteur d’activités. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? La rigueur morale, la motivation, le courage, l’enthousiasme, l’anticipation et un brin d’inconscience... Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Se méfier des idées « géniales » si elles ne sont pas accompagnées de positions de repli alimentaires. Prévoir un plan B en vue d’une réaction positive face à l’échec. S’entourer de collaborateurs compétents et fiables. Soigner le recrutement en vue de la création d’une équipe en phase avec votre projet. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Pas forcément. Le problème se pose seulement si l’on a des produits exportables. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? J’aime beaucoup ma position de manager et d’arbitre face à une équipe de Direction particulièrement compétente et motivée. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Les activités de représentation plus ou moins obligatoires dans ma position de chef d’entreprise. 33
  • 34. Groupe GRIS DÉCOUPAGE Fabrication de rondelles de fixation et de composants mécaniques (Lorraine) « On ne fait pas des affaires sur le long terme sans éthique. » FRANCIS GRIS passe à la vitesse supérieure 34
  • 35. Né à Nancy mais messin de longue date, Francis Gris est assurément lorrain. Armé d’un DUT commercial, il débute sa carrière dans le négoce de produits sidérurgiques. Audacieux et entreprenant, il se lance il y a 30 ans sur le marché de la rondelle dans lequel les Français sont inexistants. Il investit dans des bâtiments et des outils de production neufs, qui lui donnent « un gap technologique considérable » : il démarre avec une productivité optimale de 400 000 pièces à l’heure alors que la concurrence en produit au mieux 20 000 ! Le succès est immédiat. Pour Francis Gris, les investissements incessants sont la raison de sa réussite, car ils permettent une différenciation par la qualité. Encore faut-il savoir investir de façon avisée. Intuitif et proche du marché, Francis Gris possède cette capacité à sentir les évolutions et anticiper. Ainsi, face aux productions chinoises à bas prix, il s’oriente vers des produits à valeur ajoutée. Aujourd’hui, la production se répartit en 50% de pièces de fixation et 50% de composants mécaniques extrêmement élaborés pour l’automobile, les TGV, les machines agricoles, le bâtiment, l’industrie. Insufflant le changement dans sa PME, Francis Gris a su également se remettre lui-même en cause. « J’étais dans le management par l’exemple, omniprésent, omniscient, omnipotent. » L’entreprise ayant évolué, le dirigeant s’est entouré de cadres compétents et autonomes, et a transformé la structure pyramidale en une organisation transverse efficace. Admiratif du modèle capitalistique rhénan basé sur de belles PME familiales, Francis Gris a cédé les rênes à sa fille Céline, nommée Directrice générale il y a 3 ans, pour se consacrer à un rôle plus stratégique. Il accompagne parallèlement un jeune créateur avec le Réseau Entreprendre. Une autre façon de communiquer sa passion. Repères 1984 : création de l’entreprise 150 : nombre de salariés 40 M€ : chiffre d’affaires total 75% : part du C.A. sur le marché automobile 35% : part du C.A. à l’export 450 millions : nombre de pièces vendues par an 15% : investissement annuel moyen (en % C.A.) www.gris-decoupage.com Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’être devenu leader en Europe, avec une implantation en Allemagne, dans un secteur extrêmement concurrentiel. Avoir reçu cette année le prix du meilleur fournisseur Qualité par Renault Nissan pour l’Europe. Une véritable reconnaissance ! Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? En 1993, le marché s’est effondré de 18 % et ajouté aux aléas d’un transfert d’activité en cours, on a perdu 28 % de chiffre. Les banques qui pendant dix ans louaient ma gestion et mon management ont commencé à vouloir me lâcher. On a eu une perte importante, j’ai remis de l’argent. L’année suivante on a fait + 30 % de C.A. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut s’affranchir des banques pour le court terme. Nous sommes passés à l’affacturage. Aujourd’hui, les banques se battent pour financer notre moyen long terme. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Poursuivre l’excellence. Cette année encore, nous avons connu une croissance à 2 chiffres Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Sens de l’engagement, ténacité, éthique. On ne fait pas des affaires sur le long terme sans éthique. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Gestion, gestion et gestion. L’une des premières causes de mortalité des entreprises, c’est rarement un problème commercial ou industriel, c’est souvent un manque de prévisionnel. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Si le marché national suffit à combler les besoins de l’entreprise, ce n’est pas une obligation. Si elle veut poursuivre le développement, elle doit aller chercher les marchés là où ils sont. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Pendant longtemps j’avais horreur des week-ends parce que je m’ennuyais. Maintenant que je m’approche de la retraite, je les apprécie davantage. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Ne rien faire, je ne peux pas rester sans rien faire. 35
  • 36. Médecin hospitalier pendant une trentaine d’années dans le domaine de la parasitologie et du VIH, Claudine Neisson- Vernant a entamé une seconde carrière en 1995. Cette année- là, elle tient la promesse faite à son père peu avant sa mort : reprendre les rênes de la distillerie familiale, pour passer le témoin le moment venu à son fils Grégory, alors étudiant en sciences économiques. Ancrée dans la pure tradition martiniquaise, l’entreprise industrielle et agricole familiale est l’une des deux dernières distilleries indépendantes du territoire avec celle de La Favorite. Et si sa production ne représente que 2 % du rhum produit sur l’île, Neisson a une place à part dans le cœur des Martiniquais. Ses rhums blancs et ses rhums vieux se classent dans le haut de gamme, en témoignent les médailles d’or et d’argent obtenues dans les concours internationaux les plus prestigieux, les marchés patiemment gagnés tant en Europe qu’en Asie et Amérique du Nord. Les cartes maîtresses de Neisson : 80 années d’existence tournées vers la qualité plutôt que la quantité - couronnées par l’Appellation d’Origine contrôlée Rhum agricole de la Martinique - un esprit de famille élargi aux salariés, l’innovation et l’excellence au service de la tradition… Sans oublier la défense du terroir et plus généralement, de l’environnement. L’entreprise a longtemps été la seule à ne pas brûler les cannes et reste adepte d’une agriculture raisonnée, respectueuse de la nature et des consommateurs. Présidente du Syndicat des rhums à AOC de la Martinique, Claudine Neisson-Vernant est très impliquée dans la défense de l’appellation, la valorisation de la filière et du territoire. La promesse faite à son père a été honorée : la chaîne n’a pas été rompue, et les couleurs de Neisson voguent désormais bien au-delà de la mer des Caraïbes.Distillerie NEISSON (Martinique) CLAUDINE NEISSON VERNANT docteur honoris causa du rhum martiniquais Repères 1995 : prend les rênes de la distillerie 15 à 38 : nombre d’employés (permanents et saisonniers) 3 M € : chiffre d’affaires 18 % : part de l’activité à l’export www.neisson.com 36
  • 37. « Il faut réaliser ses rêves, se fixer des buts »Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? D’avoir tenu parole et fait en sorte que cette entreprise fête ses 80 ans en décembre dernier. C’est un challenge, car nous sommes la plus petite des distilleries et l’une des toutes dernières structures familiales. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Les grandes grèves de février 2009. J’ai paniqué à ce moment-là, car on ne pouvait pas tourner, on ne pouvait pas livrer notre rhum, à cause du manque d’essence ou à cause des barrages. Aucun de nos salariés ne faisait grève, mais nous ne pouvions plus bouger. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut faire le gros dos sous la tempête, garder le cap et ne pas laisser tomber. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Éviter que la moitié de nos terres agricoles ne soient gelées par un forage d’eau, prévu dans notre secteur. Cela me préoccupe, bien que les terres AOC soient normalement protégées par la loi… Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? L’enthousiasme, l’optimiste qui peut friser parfois l’inconscience. On n’est pas du tout dans l’optique du principe de précaution. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Il faut réaliser ses rêves, se fixer des buts, procéder par étapes. De cette façon, on atteint plus facilement ses objectifs et ça permet de prolonger l’enthousiasme. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? En Martinique, la concurrence est rude. Et même si nous avons une place à part dans le cœur des Martiniquais, notre plus grande marge de progression est à l’international. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Faire déguster nos produits et voir le plaisir que cela peut procurer. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Les papiers et les rapports commerciaux. Heureusement, mon fils s’en occupe très bien ! 37
  • 38. Dans une première vie, Daniel Eclache a exercé plus de 15 ans comme vétérinaire dans la Vallée d’Aspe. Ce spécialiste reconnu en pathologie de la reproduction et hormonologie parfait ses compétences avec un diplôme du CPA. Il intègre alors le milieu industriel, devient directeur scientifique de « SANOFI Santé Animale » à Libourne puis il prend la direction générale d’un laboratoire d’arômes suisse. Sa seconde vie, il l’entame en 1997, à Albi dans le Tarn. Un démarrage discret, dans une pépinière d’entreprises, avec pour tout bagage une feuille blanche. Daniel Eclache a une certitude : l’odorat et le goût sont des facteurs moteurs du bien-être comportemental des êtres vivants. Le premier objectif des Laboratoires Phodé sera de comprendre l’impact des molécules olfactives sur le cerveau et plus généralement sur les émotions, le comportement, et finalement la santé et le mieux-être des êtres vivants. Puis de mettre au point des composés et formules appliquées aux domaines de la nutrition et de l’environnement, au profit de l’homme et de l’animal. Daniel Eclache invente ni plus ni moins des arômes intelligents, dotés d’actions positives sur la santé, le bien-être et la performance. 16 ans plus tard Phodé est devenue une PME atypique, indépendante, qui continue de surfer sur une belle vague de croissance : une filiale aux États-Unis, une autre en Chine, une présence dans plus de 35 pays, plus de 70 collaborateurs parmi lesquels de nombreux ingénieurs-chimistes, agronomes et préparateurs. Engagé dans la formation des jeunes, notamment par alternance, le PDG de Phodé fait partie des rares dirigeants qui ouvrent les portes de leur entreprise à des collégiens et des enseignants. Pour lui, le mieux-être ne se trouve pas seulement au fond des tubes à essai, mais bien dans les échanges humains, dans et hors du monde du travail. Laboratoires PHODE industrie, chimie et agroalimentaire (Midi-Pyrénées) DANIEL ECLACHE les arômes du mieux-être Repères 1997 : date de création de la société 72 : nombre de salariés 13 M€ : chiffre d’affaires 70 % : part du C.A. à l’export 20 % : part du C.A. investi en R & D Plusieurs dizaines : nombre de brevets et de marques www.phode.com 38
  • 39. « Foncez sans vous retourner, l’avenir appartient à ceux qui se le construisent ! » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? J’en ai deux. La première, à 22 ans, lors de ma première césarienne sur une vache, j’ai vu le soulagement puis la reconnaissance du client. La seconde lorsque j’ai embauché mon 10e salarié. Je devenais une vraie PME. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Mon premier contrôle fiscal. Les remarques déplacées de l’inspecteur me donnaient l’impression d’être un délinquant. Lors des contrôles suivants, j’ai été d’une sévérité extrême avec les contrôleurs et je n’ai à ce jour jamais eu le moindre centime d’amende. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Devenir une ETI dans les 5 prochaines années. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Ténacité, honnêteté, écoute et modestie. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Plutôt que de donner des conseils qui en fait répondent aux valeurs ci-dessus, je leur dirai simplement : c’est incroyablement plus difficile que tout ce que vous pouvez imaginer, mais c’est aussi incroyablement plus passionnant que ce que vous imaginez. Foncez sans vous retourner, l’avenir appartient à ceux qui se le construisent ! Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Ma réponse est oui bien sûr. La France est un petit pays et un petit marché sur le déclin dans le concert des nations. En revanche, ses entrepreneurs sont parmi les plus malins, les plus adaptables, les plus innovants et les plus pragmatiques. Le monde peut nous appartenir. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Partager un repas avec quelques collaborateurs et inventer notre futur... Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Faire une remarque désagréable à un collaborateur même si c’est mérité. 39
  • 40. Société Boulonnaise d’Électronique Service électronique, réparation, SAV et logistique après-vente (Nord-Pas-de-Calais) « Concentrez-vous sur ce que vous avez décidé de faire parce que vous en avez l’envie majeure. » PIERRE YVES BESEME le S.A.V. sans frontières 40
  • 41. Ingénieur de formation, Pierre-Yves Besème a eu plusieurs vies professionnelles : cadre salarié, créateur de PMI, directeur général mandataire de filiale de CGCT, directeur des opérations du groupe, Président et administrateur de sociétés… À 48 ans, il choisit de repartir de zéro pour créer SBE, Société Boulonnaise d’Électronique, à Boulogne-sur-Mer. Une entreprise de logistique et de maintenance de produits électroniques de télécommunication de toutes marques. Il recrute 67 salariés licenciés de CGCT et répartit 49% du capital entre chaque membre du personnel, dont 20% aux non-cadres. Fort des expertises et savoir-faire techniques de ce personnel, Pierre-Yves Besème oriente l’activité dès son début vers la réparation des terminaux de téléphonie, fax, hi-fi, vidéo… Dans les années 90, l’entreprise devient partenaire majeur des opérateurs et constructeurs de téléphones mobiles. 26 ans plus tard, le groupe SBE est un leader européen dans les activités d’expertise, de logistique, de réparation, de service après-vente et de négoce sur internet pour les produits technologiques grand public. Ses centres nationaux de compétence, tous certifiés, en France, Grande- Bretagne, Irlande, Pologne, Belgique, Portugal et Canada, traitent 5 millions d’appareils par an, du téléphone mobile à l’écran plat, en prolongeant par le petit électroménager, les appareils de lavage et de froid. De moins de 4 M€ en 1987, son chiffre d’affaires consolidé a dépassé les 200 M€ en 2012. Certifiée ISO 9001 et 14001, SBE continue par ses actions à contribuer à l’économie durable et la protection de l’environnement. Entreprise innovante, à l’écoute de ses clients et de ses salariés, Société Boulonnaise d’Électronique sait également attirer les talents de demain : elle a déjà formé plus de 2000 jeunes aux métiers de l’électronique et de l’informatique. Et ce n’est pas fini ! Repères 1987 : création 2000 : nombre de salariés, dont 1 000 en France 230 M€ : CA total 2012, dont 160 M€ à l’étranger 6 : nombre de filiales nationales à l’étranger 7 : nombre de centres techniques régionaux, Lille, Paris, Strasbourg, Lyon, Tours, Marseille et Montpellier. ww.sbe-online.com Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? Les 45 ans passés à constituer, animer et fédérer des dizaines d’équipes industrielles pluridisciplinaires capables de faire de leurs entreprises des sociétés libres, talentueuses, adaptables aux cultures et aux évolutions techniques, économiques, sociales, politiques. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Avoir eu à gérer après mai 1981 les effets de la nationalisation de ma société, filiale d’ITT, qui l’a conduite à un immédiat isolement international et déclin avant reventes séparées des activités et sa liquidation. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Qu’aucune décision ou action de management même pour un État ne peut s’affranchir des faits et réalités comme des règles essentielles de gestion. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Demeurer force de proposition de valeur ajoutée et de profit pour nos clients et la société. Renforcer nos bases, adapter et élargir nos métiers. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Être au service et à l’écoute de ses clients ; analyser les situations et décider. Savoir s’entourer, prendre conseil et choisir ses hommes. Être loyal, généreux, en bonne santé, tenace, avoir de l’énergie et des nerfs d’acier. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Préparez-vous bien ainsi que votre plan, théoriquement et pratiquement ; formez- vous aussi sur le tas et confrontez-vous à la réalité. Voyagez à l’étranger. Diversifiez les expériences concrètes, découvrez les cultures. Concentrez-vous sur ce que vous avez décidé de faire parce que vous en avez l’envie majeure. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Le développement international est nécessaire et même indispensable si l’entreprise, solide sur ses bases nationales, est sollicitée à l’étranger par des clients ou déjà exposée à la concurrence internationale. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Créer, promouvoir, animer, convaincre, former, développer, récompenser. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Assister à des réunions mal préparées ou mal conduites. 41
  • 42. 42 En 1988, Fabrice Lepotier ouvre son premier atelier chaudronnerie, avec un CAP de chaudronnier en poche. Vingt-cinq ans plus tard, le groupe Éfinor emploie 600 personnes sur une quinzaine de sites en France. « Je suis un entrepreneur. Une race en voie de disparition... Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui a l’impression d’être riche un jour et pauvre le lendemain. L’argent, c’est pour la boutique. Elle n’en a jamais assez. Il faut être curieux, et absolument motivé. Être en compétition. »(1) . Le groupe se structure en 3 branches Engineering – Manufacturing – Support, en amont et en aval de son activité première : le travail du métal. En amont, la branche Engineering, Éfinor apporte des solutions innovantes en matière d’ingénierie : gestion de projets, études de conception et de réalisation en mécanique, chaudronnerie, structure, tuyauterie ; animations 3D, industrialisation et génie électrique… Le groupe a réalisé les salles de commande de l’EPR de Flamanville 3 et de nombreuses études sur le sous-marin Barracuda. En fabrication, la branche Manufacturing, Éfinor reste fidèle a ses métiers historiques et se positionne dans les techniques de pointe, de la pièce mécano- soudée de 600 tonnes, aux piscines nucléaires de Flamanville. En aval, la branche Support : les équipes accompagnent les industriels dans la maintenance de leurs installations, en particulier sur les réacteurs d’essais de Cadarache… Le groupe se définit comme un ensemblier au service de ses clients, dans la construction navale, le nucléaire, la pétrochimie, l’aéronautique, l’armement, la recherche et depuis peu, dans les énergies marines renouvelables. Une entreprise emblématique du Cotentin, ouverte à 360° sur le monde et ses opportunités, à l’image de son patron, disponible et à l’écoute de ses équipes, toujours prêt à poser la veste pour montrer le chemin. (1) Source : Ouest-France, 16 juin 2013 EFINOR Conception, ingénierie, fabrication, transformation du métal (Basse-Normandie) FABRICE LEPOTIER champion de la chaudronnerie monumentale Repères 1988 : création de l’entreprise 530 : nombre de salariés, dont 200 en ingénierie 350 en ateliers et 50 en maintenance 50 M€ : chiffre d’affaires 12 : nombre de sites de transformation en France www.efinor.com
  • 43. 43 « Soyez courageux, réactifs et disponibles » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? C’est d’avoir démarré avec un CAP de Chaudronnerie à l’âge de 22 ans et, 25 ans après, de jouer le match avec les plus grands ! Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? La perte d’un collaborateur. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut être toujours plus vigilant, ne rien lâcher au niveau S.S.T. - Santé et Sécurité au Travail. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Réussir les 25 prochaines années comme nous l’avons fait pour les 25 premières… Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? À la fois de la patience et de l’impatience. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Soyez courageux, réactifs et disponibles. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Dans un premier temps, il faut maîtriser son produit et être leader dans son pays. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Faire découvrir l’entreprise à des personnes extérieures. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Gérer les problèmes de trésorerie.
  • 44. L’activité industrielle du Groupe trouve son origine chez les terre- neuvas de Fécamp, en Normandie, qui depuis les bancs de Terre- Neuve approvisionnaient la France en morues. Dès 1929, l’usine de Charles Daudruy assurait la transformation de l’huile de foie de morue pour l’alimentation humaine et animale. Le Président du Directoire d’OLVEA compare d’ailleurs sa stratégie à une campagne de pêche. « Il faut, dit-il, un bateau solide et un équipage qui a la confiance de son capitaine et réciproquement. Les valeurs de solidarité, de professionnalisme, d’abnégation dans le mauvais temps auront raison des multiples obstacles. Pour l’esprit de la course, on veut être les premiers à partir, les premiers à revenir, en s’attachant à ce que tous soient là et en s’assurant du bien-être des familles restées à terre. Une fois de retour, la pêche est partagée entre tous. » Dans la droite ligne de ses aïeux – Arnauld représente la 4e génération à la tête de l’entreprise –, le groupe s’est orienté sur les marchés des huiles de poisson riches en Oméga 3 pour les industries pharmaceutiques et alimentaires. L’autre grande famille de produits est constituée d’huiles végétales pour les industries cosmétiques, pharmaceutiques et agroalimentaires. OLVEA Vegetable Oils est ainsi le premier producteur mondial d’huile d’argan, via son unité de production marocaine OLVEA Morocco, car le groupe a opté pour un développement industriel au plus près des sources de matière première. D’autres usines ont été ouvertes en Mauritanie et au Burkina Faso dans une démarche maillant l’international et le développement responsable. La création de valeur repose aussi et surtout sur les hommes et les femmes. Le Fonds de mécénat du Groupe OLVEA récompense ainsi les jeunes diplômés méritants, restaure du patrimoine bâti et apporte son soutien aux populations locales dans les régions où l’entreprise est implantée. Groupe OLVEA Production, transformation et conditionnement d’huiles végétales et animales. (Haute-Normandie) ARNAULD DAUDRUY cap sur l’international Repères 1929 : création de la SIRH par Charles Daudruy 2005 : Arnauld Daudruy succède à son père 150 : nombre de salariés répartis sur 5 sites de production 68 M€ : chiffre d’affaires 35 000 : nombre de tonnes d’huiles commercialisées 75 % : pourcentage des ventes à l’export 91 : pays où exporte le Groupe OLVEA www.olvea.com 44
  • 45. « Ne négligez jamais les hommes (collaborateurs, fournisseurs, clients), car ce sont eux qui font le succès de votre entreprise. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? L’internationalisation du groupe (6 filiales à l’étranger dont 5 hors UE) qui nous a permis de passer de 6 à 68 ME de chiffre d’affaires. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? La crise des subprimes de 2008 a provoqué un effondrement du prix des huiles et de la demande. Du jour au lendemain, l’activité s’est effondrée et le peu de commandes nous obligeait à vendre nos stocks à perte. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Ne jamais dormir sur ses lauriers. Diversifier toujours plus nos gammes, nos secteurs d’activités, et ne plus dépendre de 4 ou 5 pays. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Réussir une implantation aux États-Unis, principal marché en volume et en valeur. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Le bon sens, la capacité à flairer les business de demain. Savoir déléguer et faire confiance à ses collaborateurs. Avoir de la chance. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Soyez réalistes. Pour vous faire financer, mettez-vous à la place du banquier pour mieux répondre à ses attentes. Ne négligez jamais les hommes (collaborateurs, fournisseurs, clients), car ce sont eux qui font le succès de votre entreprise. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Nos 36 % de croissance sur le dernier exercice proviennent exclusivement de nos exportations. Avec un marché français atone, il me semble indispensable de sortir de ce périmètre. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Lesréunionscommercialeshebdomadaires: j’adore faire du business. Et la course à pied : je prépare le Marathon de New York. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? La paperasse administrative ! 45
  • 46. BODET SA Mesure et gestion du temps, horlogerie industrielle et d’édifice, affichage sportif (Pays-de-la-Loire) JEAN PIERRE BODET maître du temps « La communication interne est aussi importante que la communication externe. » 46
  • 47. 47 145 ans séparent l’installation de la première cloche par l’ébéniste Paul Bodet, en haut de l’église de Trémentines, en 1868, de la 1000e cloche restaurée à la collégiale de Saint- Emilion, par le numéro 1 français de l’horlogerie monumentale. Bien plus que cela, Bodet SA est devenu le leader européen de la mesure et de la gestion du temps. Sa recette ? Une stratégie d’innovation et d’internationalisation menée par Jean-Pierre Bodet, qui représente la 4e génération et dirige l’entreprise depuis 1992. L’innovation tout d’abord : en 1968, l’entreprise se lance dans la réalisation de tableaux de chronométrage et d’affichage sportifs à Cholet. 20 ans plus tard, elle créé l’activité Gestion du temps (devenue Bodet Software). En 2012, Bodet SA a investi 2,8 millions d’euros dans son espace « recherche et développement ». Tous les produits sont étudiés et conçus par les ingénieurs dans les bureaux d’études de Trémentines. L’internationalisation ensuite : à partir de 1975, des filiales ont été créées en Espagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Suisse et Belgique. La mise en place de distributeurs a également permis de renforcer la présence de Bodet SA en Allemagne, en Europe du Nord, en Afrique et au Moyen-Orient. Avec des réalisations aussi emblématiques que les horloges de la Grande Mosquée de La Mecque, gravées à l’or fin, ou les neuf cloches de Notre Dame-de-Paris installées récemment. Pour financer la croissance, Bodet a ouvert son capital en 2012 à Ouest Croissance et CM-CIC Capital Finance qui détiennent le quart du capital aux côtés des actionnaires familiaux et des cadres. Jean-Pierre Bodet a organisé sa succession avec deux de ses trois fils déjà dans l’entreprise. Pascal pilote l’export chez Bodet Software, Sylvain, le marketing de la branche horlogerie. Chez Bodet, le temps, jamais, ne suspend son vol. Repères 1868 : création de l’entreprise 630 : nombre de collaborateurs en Europe, dont 540 en France 63 M€ : chiffre d’affaires 2012 22% : pourcentage CA à l’export. 10 : nombre de brevets et marques déposés ISO 9001 depuis 1997 et ISO 14001 depuis 2001 Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? Avoir lancé puis développé une activité nouvelle : la gestion informatique des temps. Cette activité représente 50% du chiffre d’affaires de l’entreprise, soit 30 millions d’euros et 250 emplois en France et à l’étranger. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Une grève lors des négociations salariales de 1982, suite à un manque de communication sur les difficultés et l’environnement économique de l’époque. Quel enseignement en avez-vous tiré ? La communication interne est aussi importante que la communication externe. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Faire évoluer les produits afin de conserver une avance technologique permanente. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Percevoir les mutations technologiques et les anticiper. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Bien connaître le marché auquel ils s’adressent. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Pour grandir, une entreprise doit rechercher l’international. Cela exige du professionnalisme. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? J’aime particulièrement tout ce qui tourne autour du marketing et des nouveaux produits.
  • 48. 48 Groupe Moret Industries Pompes et process agro-industriels (Picardie) « Sa capacité à savoir travailler en équipe, ses qualités de chef d’orchestre, sa capacité à penser demain et à prendre de la hauteur. » JÉRÔME DUPREZ créateur de solutions sur mesure©David-FrançoisBERGELIN
  • 49. 49 Connue pour la richesse de ses terres agricoles, la Picardie doit être aussi reconnue pour sa capacité à fournir l’ingénierie nécessaire à la transformation des matières premières agricoles. Jérôme Duprez s’y emploie, et avant lui, quatre générations qui ont su répondre aux besoins des clients, de l’entretien des machines de tissage à la chaudronnerie puis aux équipements pour la transformation de la betterave à sucre. Ce parcours n’est pas achevé. Le dirigeant de Moret Industries veut maintenant l’inscrire dans une mondialisation vécue comme une opportunité. Ingénieur de formation, il croit beaucoup aux vertus de la R & D pour orienter l’activité vers la « haute couture industrielle ». A la Chine (où le groupe est installé depuis 1996), les grandes séries. À l’Europe, en particulier la France, le sur- mesure, micrométré, répondant aux besoins des industries de transformation. Ou les marchés de niche, à l’image des pompes équipant les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de notre Marine nationale. Jérôme Duprez évoque avec passion les 10000 modèles de pompes, petites ou grandes, qui sortent de ses ateliers d’Ensival Moret, à Saint-Quentin. Il s’enthousiasme devant les prouesses technologiques d’une nouvelle machine à commandes numériques dont un opérateur peaufine les réglages. Il veut comprendre l’adaptation qui sera proposée pour répondre à un besoin particulier. Produire, certes, mais pour accroître l’efficacité de ses usines, comme celle de ses clients. Plus qu’une quête, une exigence. Le monde aura besoin de ce savoir-faire technologique. Moret Industries s’y prépare. Brésil, Chine, Thaïlande, Pologne, Allemagne : pas une usine, ni un marché, que Jérôme Duprez ne visite chaque année au rythme d’un voyage par mois. Avec une devise « Our process, your success » et une signature : « Ensival Moret, créateur de solutions ». Repères 1868 : création de l’entreprise 1600 : nombre de salariés, dont près de la moitié en France 320 : chiffre d’affaires, en M€ 75 % : part d’activité à l’export 50 : nombre d’ingénieurs en R&D www.moretindustries.com Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? Avoir su créer une équipe pour construire le Groupe, tant au niveau des actionnaires que des cadres. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Divers plans de restructurations, nécessaires dans le monde économique, mais tellement traumatisant pour les compagnons qui partent. Quel est votre prochain défi ? Internationaliser la gestion du groupe tout en gardant l’âme et la force de l’humain et des valeurs. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Sa capacité à savoir travailler en équipe, ses qualités de chef d’orchestre, sa capacité à penser demain et à prendre de la hauteur. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Foncez, car vous êtes généralement le technicien et le commercial de votre jeune entreprise, mais ayez le backup administratif et financier qui vous complétera. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? Oui, si vous êtes fabricant, constructeur ou concepteur de biens ou de services aux entreprises. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Aucune et toutes à des moments différents. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? L’administratif pur.
  • 50. 50 En 2002, alors âgé de 28 ans, Frédéric Coirier devient directeur général délégué du Groupe Poujoulat, entreprise familiale reprise par son père en 1975. Ce dernier a déjà tracé la voie, avec le rachat de plusieurs sociétés en France, Belgique, Royaume- Uni, Pays-Bas, l’introduction en bourse en 1988 et la création du laboratoire d’essai CERIC. À la fois concepteur, gestionnaire et animateur, le jeune dirigeant fait entrer Poujoulat sur le marché de la cheminée industrielle avec la reprise de la société Beirens, crée une filiale en Pologne et obtient la certification ISO 14001. En quatre ans, les effectifs sont quasiment multipliés par deux. Succédant à son père à la présidence du directoire en 2006, il poursuit l’implantation de Poujoulat à l’international : Turquie, Allemagne (rachat en 2008 de la société Live, l’un des 5 premiers fabricants de cheminées outre- Rhin), Danemark (rachat société VL STAAL en 2013). Anticipant les évolutions de l’économie verte et du développement durable, Frédéric Coirier crée la société Euro Énergie acteur leader sur le marché du combustible bois via ses marques Woodstock et Crepito. Cette société en très forte croissance représente aujourd’hui 15% du chiffre d’affaires du Groupe. 2009 marque l’intégration du design dans le développement des nouvelles gammes ce qui a valu à Poujoulat l’obtention du prestigieux Janus de l’Industrie en 2010 et du Trophée du Design au salon Batimat 2011. Ces trois dernières années, au terme d’un plan d’investissement très ambitieux (70 M€), en dépit d’un contexte économique difficile, le Groupe a progressé de 40%, renforçant son leadership européen dans les conduits de cheminées et les cheminées industrielles – 20% du marché dans l’une et l’autre catégorie. Frédéric Coirier a développé en outre 3 usines de production de bois de chauffage haute performance et converti ses principaux sites industriels français à la biomasse. Il a reçu à ce titre le trophée des énergies renouvelables des mains de Nathalie Kosciusko-Morizet en 2011 et le grand Prix national du Business vert en 2012. POUJOULAT Leader européen de conduits de cheminées (Poitou-Charentes) FRÉDERIC COIRIER fait feu de tout bois Repères 1450 : nombre de salariés Plus de 200 M€ : chiffre d’affaires 25 % : part d’activité à l’export 35 : nombre de brevets déposés www.poujoulat.fr
  • 51. 51 « Il faut d’abord aimer son métier, être passionné par son domaine d’activité, croire en son projet. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? De voir l’entreprise se développer, malgré une situation économique très difficile, en particulier dans le bâtiment. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? Je n’ai encore jamais connu de tempête majeure qui aurait pu mettre l’entreprise en danger. Quel enseignement en avez-vous tiré ? Il faut faire le gros dos sous la tempête, garder le cap et ne pas laisser tomber. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Le développement à l’international. D’ici 5 à 10 ans, il faudrait que nous arrivions à franchir la barre des 30 puis des 50 % du CA à l’export. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Savoir fixer un cap à ses équipes, être très persévérant, partager l’information, la stratégie, les objectifs. Partager aussi les succès comme les échecs. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Il faut d’abord aimer son métier, être passionné par son domaine d’activité, croire en son projet. Ne pas y aller pour l’argent. J’entends souvent des gens qui parlent de leur entreprise comme s’ils l’avaient déjà revendue, avant même de l’avoir développée ! Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? À moyen long terme, c’est inévitable pour une société qui veut avoir un rôle de leader sur son marché. Mais il ne faut pas le faire trop tôt, et surtout, il faut être fort chez soi avant d’y aller. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Quand les projets avancent, qu’il n’y a pas d’énergie perdue ; que le travail est bien fait, que ça se construit. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Quand ça piétine, que les projets n’avancent pas ! Tout ce qui contrarie l’avancée de l’entreprise.
  • 52. 52 Quatre générations ont contribué au succès international de Robertet. Jean-Baptiste Maubert, neveu du fondateur et chargé des fabrications, créé les bases de l’entreprise, autour de la transformation des « fleurs et plantes de la région provençale ». Une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900 viendra couronner son travail. Maurice qui a pris la suite de son père en 1923 ouvre à Robertet les portes des grands couturiers et parfumeurs parisiens : Guerlain, Chanel, Patou... À partir de 1961, ses fils Paul et Jean prennent le chemin de la diversification et de l’internationalisation. En plus de la parfumerie, ils développent les arômes alimentaires, créent des unités agro-industrielles sur les sites de récolte, lancent des filiales (États-Unis, Argentine, Brésil, Mexique, Angleterre) et des unités technico-commerciales au Japon, en Suisse, en Italie, en Allemagne, à Singapour… La quatrième génération est à pied d’œuvre lorsqu’en 1986, Robertet prend le contrôle de Jay Flavors, devenue Robertet Flavors, fournisseur de tous les grands noms de l’industrie alimentaire américaine. En 1993, Philippe Maubert devient président. Il incarne la 4e génération qui va mener l’entreprise au 7e rang mondial dans les arômes alimentaires, les compositions pour les parfums et les matières naturelles. Il poursuit l’expansion, créant successivement Robertet Fragrances aux États-Unis, une unité d’extraction et de distillation en Afrique du Sud, un nouveau pôle arômes en Belgique, un centre de création à New York, une usine en Chine, une société commune en Inde, une participation dans les Plantes aromatiques du Diois, spécialisé dans les huiles essentielles et plantes issues de l’agriculture biologique. Avec toujours le même credo, des usines aux centres de R&D et de création : le naturel, toujours le naturel, dans le respect de l’environnement, des consommateurs et des salariés. ROBERTET Conception, production et commercialisation de produits aromatiques (Provence-Alpes-Côte d’Azur) PHILIPPE MAUBERT tous les parfums du monde Repères 1850 : création 1 800 : nombre d’employés 1984 : introduction en bourse 1993 : Philippe Maubert prend la Présidence 396 M€ : chiffre d’affaires 2012 (45 % arômes alimentaires 35 % parfumerie, 20 % matières premières) 85 % : part du chiffre d’affaires à l’export 50 : nombre de pays où la société est présente (filiales réseau d’agents) 10 % : part du CA investi dans la recherche www.robertet.com
  • 53. 53 « J’ai du mal à imaginer un développement significatif purement régional ou national. » Entretien Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ? En l’an 2000, après 150 ans d’existence, d’avoir atteint un milliard de Francs de chiffre d’affaires. Tous les investissements industriels réalisés à Grasse. La réussite de nos implantations américaines qui représentent 40% de notre activité aujourd’hui. Quelle est la plus grosse tempête que vous ayez eue à traverser en tant que chef d’entreprise ? L’incendie d’un site industriel à Grasse. Grâce à un personnel motivé et disponible, l’activité a repris rapidement. Quel est votre prochain défi, ou défi en cours ? Un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Quelles qualités majeures doit posséder un entrepreneur pour réussir ? Écoute, patience, décision. Avez-vous un, deux ou trois conseils à donner à de jeunes chefs d’entreprise ? Non, j’aimerais bien être à leur place. Laréussited’uneentreprisefrançaisepasse- t-elle nécessairement par l’international ? J’ai du mal à imaginer un développement significatif purement régional ou national. Quelle est votre activité préférée (ou moment préféré) de la semaine ? Le lundi matin. Quelle est a contrario l’activité que vous aimez le moins ? Répondre à un questionnaire !