Il y a 100 ans disparaissait…
LOUIS PERGAUD
1882-1915
22 JANVIER 1882 – FEVRIER1889
NAISSANCE ET ENFANCE A BELMONT (DOUBS)
En1879, Elie Pergaud, instituteur àBelmontdepuis 1877...
Instituteur de la nouvelle École
Laïque (instituée par les lois Jules
Ferry de 1881, 1882 et 1883), Elie
Pergaud s’oppose ...
La source du Lison
Le Creux Billard
Mais le mal du pays demeure. Elie
demande sa mutation pour sa région
natale. Il bénéfi...
FEVRIER 1891 – SEPTEMBRE 1894 / A GUYANS VENNES (DOUBS)
Le 5 février 1891, Elie Pergaud est nommé à Guyans-Vennes. Les Per...
1894-1901 /LES ÉTUDES À BESANCON
Louis doit quitter le foyer familial.Il se sépare de ses parents, mais aussi de son frère...
Pendant 3 ans,toujours à Besançon.
Louis Pergaud apprend le métier d’enseignant
auquel son père l’a destiné.
Louis lit bea...
FEVRIER-MARS1900 ORPHELIN EN UN MOIS
Son père est tombé malade en juin 1899. Pour le jour de l’an 1900, Louis
s’inquiète d...
ÉTÉ 1900 LA DECOUVERTE DE LAPOÉSIEDE LEONDEBEUL
Louis et Lucien sont recueillis par un oncle de Belmont.
Été 1900. Louis a...
Léon DEUBEL(1879-1913)
La vie résonne comme un pas
Qui s’est égaré sur la route,Et
l’ombre luit comme une voûte
Dont tu ne...
1901-1904 L’INSTITUTEUR / LE MARIAGE / PREMIERS POÈMES
PUBLIÉS
Le 30 juillet 1901, Louis Pergaud sort de l’École Normale 3...
En1902,Louis fait son service militaire au cours
duquel il développe un fort sentiment
antimilitariste.
Fin 1903, il épous...
En avril1904, paraît le premier recueil de poésies
de Louis Pergaud : L’Aube aux éditions du
Beffroi. Léon Debeu la beauco...
LANDRESSE(Doubs)qui deviendraLongevernedansLa Guerre des
boutons
1905-1907 à LANDRESSE les tensions entre l’Église et l’École républicaine
sont vives à Landresse. On est en pleine loi de ...
DELPHINE DUBOZ en 19622eépouse de
Louis Pergaud (1910)© INA
http://www.ina.fr/video/CPF86634905/l
ouis-pergaud-video.html
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PARIS Place de la Vieille Estrapade
1907 – 1909À PARIS/ 2eRECUEIL
À Paris la vie est difficile. Louis et Léon s’installent...
L’Herbe d’avril permet à Louis d’être introduit
dans les milieux littéraires. Delphine le soutient
pleinement. Il comprend...
1909-1911 DE GOUPIL A MARGOT :
LA CONSECRATION
En novembre 1909, il redevient enseignant pour
avoir davantage le temps d’é...
Extrait deLa Tragique Aventure de Goupil, inDe Goupil à Margot,Mercure de France, 1910
Déjàl'heure grise qui tend ses crêp...
Louis Pergaud prend sa revanche sur la vie.De Goupil à
Margotva battre des records de vente. C’est plus qu’un
succès : c’e...
1912– 1914 DELA GUERRE DES BOUTONSÀ LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
En1912,La Guerre des Boutons, roman de ma douzième
année(é...
Extrait de La Guerre des Boutons, 1912
Tintin avec ses cinq guerriers, qui avaient eu, à midi, la sage précaution de mettr...
En 1913,Le Roman de Miraut, chien de
chasse(Mercure de France) le hisse d’un cran
dans le monde littéraire. Louis Pergaud ...
Mais l’année 1913 est obscurcie par une
terrible nouvelle : le 12 juin, Léon Deubel
s’est jeté dans le Marne à Maisons-Alf...
Ils e penche alors sur un ensemble
de nouvelles villageoises où sont
croqués les paysans de son
plateau avec une précision...
Août 1914 – avril 1915 LA GUERRE
L’ordre de mobilisation tombe le 2 août 1914.
LouisPergaudest envoyé à Verdun comme serge...
Louis observe, il prend des notes, il accumule les impressions : il
ne restera pas muet. Il assiste à un carnage horrible ...
Extrait deCarnet de guerre, Mercure de France,
2011
Le 6 avril (1915) - Une heure plus tard, le 51
d’inf[anterie] arrive. ...
En mars 1915, il est nommé sous-lieutenant.
Le soir du 7 avril 1915, il reçoit l’ordre d’attaquer la
côte 233 de Marchévil...
Extrait de la dernière lettre, datée du 7 avril,
de Louis Pergaud à sa femme, Delphine
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Le 4 août 1921, Louis Pergaud est
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« mort pour la France ». Puisqu’il
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1923 20141994 / 20111921
L’œuvre posthume
Il laisse un roman inachevé :Lebrac, Bûcheron, publié en 1923 au Mercure de Fran...
Extrait deLa Vie des bêtes,Mercure de France,1923
Il passait pourtant quelque part, à moins qu'il ne fondît et s'évanouît
...
BIBLIOGRAPHIE(Éditions originales)
•
L’Aube, éditions du Beffroi, Lille, 1904
•
L’Herbe d’Avril, éditions du Beffroi, Lill...
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  1. 1. Il y a 100 ans disparaissait… LOUIS PERGAUD 1882-1915
  2. 2. 22 JANVIER 1882 – FEVRIER1889 NAISSANCE ET ENFANCE A BELMONT (DOUBS) En1879, Elie Pergaud, instituteur àBelmontdepuis 1877, épouse Noémie Colette,fille de fermiers dans la même commune. Leur premier enfant, Pierre Amédée, naît en août 1880, mais décède 5 octobre suivant. Le22 janvier 1882, naîtLouis Emile Vincent. Le18 octobre 1883, naît Lucien Amédée.Pour Louis et son frère, ce sera pendant ces années, la découverte des bois, des étangs, des bêtes, des prés. BELMONT(Doubs) de nos jours, village natal de Louis Pergaud
  3. 3. Instituteur de la nouvelle École Laïque (instituée par les lois Jules Ferry de 1881, 1882 et 1883), Elie Pergaud s’oppose à la population catholique locale. En février 1889, il est muté àNans-sous-Sainte-Anne. À 7 ans, Louis doit quitter son village natal et s’éloigner de ses grands- parents. C’est un arrachement. Malgré tout, la famille s’adapte. le père passe ses temps libres à la chasse avec de nouveaux amis.Avec ses nouveaux camarades, dont Eugène Chatot,Louis participe aux combats joyeux et endiablés contre les enfants deMontmahoux, le village voisin. Louis gardera tout cela en souvenir pour plus tard... FEVRIER 1889 – FEVRIER 1891ÀNANS SAINTE ANNE (JURA)
  4. 4. La source du Lison Le Creux Billard Mais le mal du pays demeure. Elie demande sa mutation pour sa région natale. Il bénéficie de bons appuis, car il a activement participé aux recherches de la fille d’un inspecteur de l’Université, noyée dans le Creux Billard, à la source du Lison.
  5. 5. FEVRIER 1891 – SEPTEMBRE 1894 / A GUYANS VENNES (DOUBS) Le 5 février 1891, Elie Pergaud est nommé à Guyans-Vennes. Les Pergaud accueillent la grand-mère paternelle, handicapée par des rhumatismes. Louis a 9 ans. Le retour dans une campagne familière lui ouvre de nouveaux horizons. Son père, retrouvant ses terrains de chasse, l’emmène assez souvent dans ses courses à travers prés et bois. Il s’imprègne de ce monde riche de sensations. À l’école, son travail est excellent.À12 ans, il passe son certificat d’études à Orchamps- Vennes. Il est reçu premier sur 85 candidats, avec félicitations du jury.
  6. 6. 1894-1901 /LES ÉTUDES À BESANCON Louis doit quitter le foyer familial.Il se sépare de ses parents, mais aussi de son frère, de ses copains de jeux. Il évite la rigueur de l’internat en logeant chez un ami de son père, concierge de l’hôtel de Ville de Besançon, près de l’école de l’Arsenal, où il poursuit ses études. Elie Pergaud connaît de nouveaux ennuis professionnels.En avril1897, le Préfet le déplace à Fallerans, pauvre village dont l’école jouxte la fromagerie. Un coup dur venant après la mort de sa mère, un mois auparavant.Mais le travail de son fils Louis à Besançon lui apporte du bonheur : en juillet 1898,Louis,âgé de 16 ans, est reçu premier au concours d’entrée à l’École Normale.
  7. 7. Pendant 3 ans,toujours à Besançon. Louis Pergaud apprend le métier d’enseignant auquel son père l’a destiné. Louis lit beaucoup, griffonne quelques poèmes.L’enseignement est rigoureux, exigeant. Louis entre de temps à autre en rébellion contre une autorité qu’il juge abusive.
  8. 8. FEVRIER-MARS1900 ORPHELIN EN UN MOIS Son père est tombé malade en juin 1899. Pour le jour de l’an 1900, Louis s’inquiète de l’état de santé paternel. Il note dans son carnet : "J’ai peur". Le 20 février, Elie Pergaud meurt. Venu à Fallerans pour l’enterrement, le jeune Louis, ébranlé par ce drame, demande au directeur de l’École Normale de prolonger son congé pour soutenir sa mère défaillante. Monsieur Tronchon refuse.Il rentre donc à Besançon. Mais, le21mars, sa mère décède à son tour. En un mois,Louis est devenu orphelin ! Traumatisé, sans ressort, il écrit : "Je veux mourir pour rejoindre mes parents". Il se replie sur lui-même, repousse les bras tendus de ses camarades. Sa mine devient encore plus farouche ; les traits se durcissent. La douleur l’écrase. Il semble mûr, adulte avant l’âge, alors que c’est seulement son adolescence qui s’est figée sous le choc des malheurs répétés.
  9. 9. ÉTÉ 1900 LA DECOUVERTE DE LAPOÉSIEDE LEONDEBEUL Louis et Lucien sont recueillis par un oncle de Belmont. Été 1900. Louis accepte l’invitation d’un ami normalien, Chenevez, qui habite à Levier.Ils vont jusqu’à Nans-sous-Sainte-Anne, pour saluer des amis de Elie, les Philibert,qui possèdent une taillanderie. Louis y retrouve son ami Chatot qui lui fait découvrir la poésie mélancolique du poète de Belfort,Léon Deubel. Cette poésie correspond à l’état d’esprit du jeune homme qui vouera au poète une passion sans limites.Il reprend goût à la vie. NANS-SOUS-SAINTE-ANNE(Doubs)la taillanderie Philibert(forge fabriquant des outils de coupe)
  10. 10. Léon DEUBEL(1879-1913) La vie résonne comme un pas Qui s’est égaré sur la route,Et l’ombre luit comme une voûte Dont tu ne t’échapperas pas.
  11. 11. 1901-1904 L’INSTITUTEUR / LE MARIAGE / PREMIERS POÈMES PUBLIÉS Le 30 juillet 1901, Louis Pergaud sort de l’École Normale 3ede sa promotion.Il est nommé en octobre à Durnes. Sa première année se passe bien, malgré quelques accrochages avec une partie de la population lors d’élections municipales. À La Barèche,il se lie à une collègue,Marthe Caffot. Il trouve auprès d’elle l’affection qui lui manque depuis la disparition de ses parents. DURNES et ses environs
  12. 12. En1902,Louis fait son service militaire au cours duquel il développe un fort sentiment antimilitariste. Fin 1903, il épouse Marthe. La passion de la poésie est plus forte que celle de l’enseignement. La poésie lui prend de plus en plus de temps. Léon Deubel s’installe chez les Pergaud. Louis est émerveillé par son ami poète .MaisMarthe accepte mal la présence du poète de Belfort qui sera un sujet de discorde entre les jeunes mariés. MARIE CAFFOT,première femme de Louis
  13. 13. En avril1904, paraît le premier recueil de poésies de Louis Pergaud : L’Aube aux éditions du Beffroi. Léon Debeu la beaucoup contribué à cette publication.Mais la joie de ce premier livre est assombrie par le départ de Léon pour Paris où il trouve un emploi dans la revue La Rénovation est hétique d’Émile Bernard.Le16 août naît Gisèle, qui décède 3 mois plus tard.Louis Pergaud a22 ans. Son mariage est un échec.Il envisage le suicide.Grâce aux lettres de Deubel, il résiste.De plus, comme son père, il doit affronter l’opposition des habitants du village où il enseigne. À la rentrée 1905, il est nommé à Landresse.
  14. 14. LANDRESSE(Doubs)qui deviendraLongevernedansLa Guerre des boutons
  15. 15. 1905-1907 à LANDRESSE les tensions entre l’Église et l’École républicaine sont vives à Landresse. On est en pleine loi de rupture du Concordat, de séparation de l’Église et de l’État. L'arrivée au village d'un instituteur réputé socialiste et anticlérical suscite des protestations des populations locales ulcérées. Le refus de Pergaud d'assister à la messe et d'enseigner la doctrine catholique ont pour effet d'aggraver les tensions. Parfois, il fait front, mais maladroitement, et s’enfonce chaque jour un peu plus. Sa seule joie c’est la chasse. Il fréquente quelques bons chasseurs. Fusil à la main, chiens aux pieds ou à la course, au milieu des champs et des bois, il retrouve les parfums heureux de son enfance. Tard le soir ou tôt le matin, Louis Pergaud écrit, prend des notes.Et puis, une maison lui ouvre grand sa porte, sa table, son foyer : celle de Jules Duboz. Ce cordonnier-cafetier, jovial, malicieux, d’une grande intelligence, a vite sympathisé avec ce jeune instituteur triste et apparemment désemparé. Louis Pergaud se plaît à écouter les récits truculents de ce conteur né qu’est le "Papa Duboz".C’est un refuge, une source de bien-être, que la maison du "barbu" de Landresse! …
  16. 16. DELPHINE DUBOZ en 19622eépouse de Louis Pergaud (1910)© INA http://www.ina.fr/video/CPF86634905/l ouis-pergaud-video.html …Jules Duboz a des enfants, dont Delphine, 23 ans. Simple et admirative, elle soutient Louis dans son projet d’écrivain et saura l’aider à trouver sa voie. En août 1907, il répond à son ami Deubel : il le rejoint à Paris. Sa vraie vie va commencer. Il laisse derrière lui sa Franche-Comténatale et Delphine, qui le rejoindra vite.
  17. 17. PARIS Place de la Vieille Estrapade 1907 – 1909À PARIS/ 2eRECUEIL À Paris la vie est difficile. Louis et Léon s’installent dans une chambre sordide. Louis a abandonné son métier d’instituteur. Il travaille à la Compagnie des Eaux. Il écrit. Son deuxième recueil de poésie sparaît au printemps 1908 :L’Herbe d’Avril, toujours aux éditions du Beffroi. Delphine rejoint Louis.Ils s’installent rue de l’Estrapade avec...Léon. Mais Léon est plutôt bohême. Avec diplomatie, Delphine s’arrange pour ouvrir les yeux à Louis.Deubel comprend qu’il est de trop, il quitte l’appartement et le couple peut vivre pleinement son union.
  18. 18. L’Herbe d’avril permet à Louis d’être introduit dans les milieux littéraires. Delphine le soutient pleinement. Il comprend vite ses limites dans le domaine de la poésie et s’attaque aux récits animaliers, puisant dans sa propos histoires et dans le quotidien de sa région natale. Il travaille ferme. En octobre 1908, après presque trois ans de séparation, son divorce d’avec Marthe est prononcé à ses torts.
  19. 19. 1909-1911 DE GOUPIL A MARGOT : LA CONSECRATION En novembre 1909, il redevient enseignant pour avoir davantage le temps d’écrire, d’abord à Arcueil puis à Maisons Alfort. Les bêtes de sa Comté revivent tout au long des pages qu’il remplit ; ses yeux se noient dans les souvenirs de ses courses champêtres et forestières ; son esprit rallume les récits tant de fois répétés (et si savoureux !) de Papa Duboz. En juillet 1910, il épouse Delphine. En août, le Mercure de France publie De Goupil à Margot, histoires de bêtes. Le 8 décembre 1910, le 8e prix Goncourt est attribué à Louis Pergaud, après 3 tours de scrutin. Parmi les concurrents, on relève les noms de Guillaume Apollinaire et de Colette. Il a 28 ans.
  20. 20. Extrait deLa Tragique Aventure de Goupil, inDe Goupil à Margot,Mercure de France, 1910 Déjàl'heure grise qui tend ses crêpes d'ombre sur la campagne, surhaussant les cimes, approfondissant les vallons, avait fait sortir de leur demeure les bêtes des bois. Mais lui, insensible en apparence à la vie mystérieuse qui s'agitait dans cette ombre familière, terré dans le trou du rocher des Moraies où, serré de près par le chien du braconnier Lisée, il s'était venu réfugier le matin, ne se préparait point à s y mêler comme il le faisait chaque soir. Ce n'était pourtant pas le pressentiment d'une tournée infructueuse dans la coupe prochaine au long des ramées, car Renard n'ignore pas que, les soirs de pleine lune et de grand vent, les lièvres craintifs, trompés par la clarté lunaire et apeurés du bruit des branches, ne quittent leur gîte que fort tard dans la nuit; ce n'était pas non plus le froissement des rameaux agités par le vent, car le vieux forestier à l'oreille exercée sait fort bien discerner les bruits humains des rumeurs sylvestres. La fatigue non plus ne pouvait expliquer cette longue rêverie, cette étrange inaction, Puisque tout le jour il avait reposé, d'abord allongé comme un cadavre dans la grande lassitude consécutive aux poursuites enragées dont il était l'objet, puis enroulé Sur lui-même, le fin museau noir appuyé sur ses pattes De derrière pour le protéger d'un contact ennuyeux ou gênant.
  21. 21. Louis Pergaud prend sa revanche sur la vie.De Goupil à Margotva battre des records de vente. C’est plus qu’un succès : c’est un triomphe ! Cette consécration lui apporte l’aisance. Les 5000 francs du prix lui permettent de louer un appartement plus vaste, d’enrichir son mobilier et, bien sûr, de se faire un nom dans la littérature puisque les lecteurs confirment le choix des Goncourt. Certes, toutes les critiques ne sont pas flatteuses, mais son bestiaire touche le public. En1911, il récidive dans le genre avec La Revanche du Corbeau, nouvelles histoires de bêtes qui connaît un succès moindre.
  22. 22. 1912– 1914 DELA GUERRE DES BOUTONSÀ LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE En1912,La Guerre des Boutons, roman de ma douzième année(éd. Le Mercure de France) fera connaître Landresse Sous le nom de Longeverne. Le livre raconte la rivalité belliqueuse entre garçons de deux villages voisins à chaque rentrée scolaire. Cette guerre prend une forme un peu particulière: en plus des  coups et des injures, les« vaincus »se voient confisquer leurs boutons en guise de trophées, avant d'être renvoyés chez eux. Le roman commence avec humour et innocence, mais devient de plus en plus sinistre au fur et à mesure que la frontière entre jeu et réalité est brouillée. On trouvera aussi dans la Guerre des boutons plusieurs thèmes relevant de la vie sociopolitique de la Troisième République française : le conflit entre l'Église et le mouvement anticlérical,l'instruction civique à la Jules Ferry,la vie misérable dans la campagne comtoise, etc.
  23. 23. Extrait de La Guerre des Boutons, 1912 Tintin avec ses cinq guerriers, qui avaient eu, à midi, la sage précaution de mettre leur goûter dans leurs poches, prirent les devants pendant que les autres allaient quérir leur morceau de pain, et quand, devant les ennemis apparaissant, retentit le cri de guerre de Longeverne : « À cul les Velrans! » ils étaient déjà habilement et confortablement dissimulés, prêts à toutes les péripéties du combat corps à corps. Tous avaient les poches bourrées de cailloux ; quelques-uns même en avaient rempli leur casquette ou leur mouchoir ; les frondeurs vérifiaient les nœuds de leur arme avec précaution ; la plupart des grands étaient armés de triques d’épines ou de lances de coudres avec des nœuds polis à la flamme et des pointes durcies ; certaines s’enjolivaient de naïfs dessins obtenus en faisant sauter l’écorce : les anneaux verts et les anneaux blancs alternaient formant des bigarrures de zèbre ou des tatouages de nègre : c’était solide et beau, disait Boulot, dont le goût n’était peut-être pas si affiné que la pointe de sa lance. Dès que les avant-gardes eurent pris contact par des bordées réciproques d’injures et un échange convenable de moellons, les gros des deux troupes s’affrontèrent. À cinquante mètres à peine l’un de l’autre, disséminés en tirailleurs, se dissimulant parfois derrière les buissons, sautant à gauche, sautant à droite pour se garer des projectiles, les adversaires en présence se défiaient, s’injuriaient, s’invitaient à s’approcher, se traitaient de lâches et de froussards, puis se criblaient de cailloux, pour recommencer encore.
  24. 24. En 1913,Le Roman de Miraut, chien de chasse(Mercure de France) le hisse d’un cran dans le monde littéraire. Louis Pergaud a affûté son style, trouvé son rythme. Sa sève, c’est son terroir. Dans l’ombre, Delphine joue son rôle : elle est là ! Sa présence équilibre, rassure. L’écrivain trouve la maîtrise totale de son talent grâce à sa femme. Il en est pleinement conscient, puisqu’il écrit : "Si je dois passer à la postérité un jour, je veux [...] que nos deux noms soient unis dans la gloire comme nos deux cœurs l’auront été dans la vie".
  25. 25. Mais l’année 1913 est obscurcie par une terrible nouvelle : le 12 juin, Léon Deubel s’est jeté dans le Marne à Maisons-Alfort ! Ces douloureux moments vont freiner l’œuvre créatrice de Louis Pergaud. Durant plusieurs mois, il se consacrera uniquement à défendre la mémoire de son si cher ami. En vacances à Landresse, il met au point un recueil, choix de poèmes de DEUBEL, sous le titre Régner,dont il rédige la préface (Mercure de France, 1913).
  26. 26. Ils e penche alors sur un ensemble de nouvelles villageoises où sont croqués les paysans de son plateau avec une précision qui n’a d’égal que le talent de la mise en scène. Toute la vie franc- comtoise, dans ses aspects les plus divers et les plus cocasses, est évoquée avec humour. Les personnages sont vrais, ni enjolivés, ni enlaidis, à peine transposés. De plus, ils évoluent dans une atmosphère et des paysages qui sont bien ceux de Landresse d’avant 1914. Durant l’été 1914, ces contes sont remis à Alfred Vallette,fondateur- directeur du Mercure de France. Ils doivent être publiés sous le titre Les Rustiques, nouvelles villageoises. Ils ne le seront qu’en 1921. Extrait deLes Rustiques, Mercure de France,1921 Le sifflement intermittent d’un merle effrayé par l’approche d’une femme enquête de mûres ou parle passage d’un écureuil,l’appel criard d’un geai sautant d’une branche à une autre dans un roux ébouriffement de plumes troublaient à peine le calme plat de cette mer vallonnée de verdure sur laquelle un soleil implacable versait à pleines écluses ses cascades lumineuses et chaudes de rayons.
  27. 27. Août 1914 – avril 1915 LA GUERRE L’ordre de mobilisation tombe le 2 août 1914. LouisPergaudest envoyé à Verdun comme sergent au 166erégimentd’infanterie.Il est raisonnablement confiant*. D’abord au dépôt, il voit passer les premiers blessés, les premiers prisonniers, les premières erreurs, d’un conflit qui va s’éterniser. En octobre, il est au front, dans la région de la Woëvre. En mars 1915, il est nommé sous-lieutenant. *Dans Mots, propos et anecdotes, 1937, son ami Paul Léautaud livre cette anecdote à propos de de Louis Pergaud : « J’ai des lettres de Louis Pergaud qu’il m’écrivait du "front". Il était aux anges. " Je ne donnerais pas ma place pour je ne sais quoi. On tire du « Boche » comme du lapin." » Sa correspondance à sa femme Delphine (éditions Mercure de France, 2014) permet de nuancer ce propos. Parti dans l'enthousiasme pour chasser rapidement les "Boches", la durée, la dureté et l'horreur le ramèneront à son antimilitarisme d'avant la mobilisation. Et au fil de sa correspondance on sent monter du respect pour les troupes allemandes.
  28. 28. Louis observe, il prend des notes, il accumule les impressions : il ne restera pas muet. Il assiste à un carnage horrible où le courage des combattants est souvent anéanti par des ordres d’une opportunité douteuse : il témoignera dans un livre de guerre qu’il se promet d’écrire. Il prend des notes dès le 3 août 1914. Mais les semaines passent, et de nombreux pressentiments l’envahissent. Le 6 avril 1915, il écrit sa dernière note. SonCarnet de guerre*nesera publié qu’en 1994 dans le bulletin n°30 de l’Association des amis de Louis Pergaud, et réédité en 2011 par Le Mercure de France. * Lundi19 juillet1915,Delphine écrivit à Marcel Martinet, un grand ami de son mari : « J’ai reçu samedi dernier la cantine de Louis que j’avais réclamée au 166ème RI. J’ai trouvé son carnet où il inscrivait, au jour le jour, ce qu’il avait vu, ce qu’il avait fait, et ce qu’il souffrait. Il s’arrête au 6 avril. Vous devinerez, chers amis, comme il m’a été pénible de revoir ces choses. Comme j’ai encore pleuré ! ».Delphinefera don de la cantine deLouisau Mémorial de Verdun. Le carnet deguerre,mentionné dans la lettre deDelphine,manquait : en effet, le couple n’ayant pas eu d’héritier direct, sa veuve avait décidé de donner le carnet à la bibliothèque Doucet de Paris.
  29. 29. Extrait deCarnet de guerre, Mercure de France, 2011 Le 6 avril (1915) - Une heure plus tard, le 51 d’inf[anterie] arrive. Il faut dans ce cantonnement déjà très resserré lui faire la place. Montvert et Talopp évacuent leurs chambres et nous nous replions tous sur la popote. Un sergent du 303 photographie les sergents et le bureau – j’arrive juste à temps pour prendre place dans le groupe*. Des bruits nouveaux circulent. Marchéville serait repris et nous aurions également avancé du côté de Combres. Mais rien n’est confirmé. * Il s’agit de la photographie ci-contre. Louis Pergaud est au centre, en veste claire.
  30. 30. En mars 1915, il est nommé sous-lieutenant. Le soir du 7 avril 1915, il reçoit l’ordre d’attaquer la côte 233 de Marchéville-en-Woëvre, dans la nuit, à 2 heures du matin. Il pleut. Le sous-lieutenant PERGAUD, à la tête de ses hommes, sort de la tranchée de départ. Deux rangs de fils barbelés sont franchies,à quelques mètres de la tranchée ennemie. Une fusillade nourrie les accueille et décime les assaillants. Pergaud,blessé au pied, demande à ses soldats de poursuivre l’offensive. Aux premières lueurs du jour, les rescapés se replient. Leur chef n’est pas avec eux. Quelques heures plus tard, les soldats allemands viennent au secours des blessés et les emmènent dans un hôpital provisoire. Le même jour, 8 avril, ce bâtiment, situé à Fresnes-en-Woëvre, est détruit par un tir de barrage de l'armée française. Louis Pergaud, et de nombreux compatriotes, sont au nombre des victimes. Son corps n'a jamais été retrouvé.
  31. 31. Extrait de la dernière lettre, datée du 7 avril, de Louis Pergaud à sa femme, Delphine InLettres à Delphine, Correspondance (1907-1915), Mercure de France, 2014 J’ai reçu hier de toi une bien bonne lettre, tout imprégnée d’amour, toute débordante de tendresse. Merci, mon bon petit, de m’écrire si longuement et de me dire des choses si douces au cœur, si réconfortantes… …Je te conterai plus tard des histoires émouvantes et terribles, et de gaies aussi… En attendant, il faut s’armer de patience et de courage.Nous n'avons pas bougé hier encore et j'ai passé une très bonne nuit dans un bois de lit rempli de paille avec mon sac de couchage, une couverture et un oreiller.Il a plu toute la nuit. Mais, aujourd'hui, il n'est encore rien tombé. Le canon gronde toujours à côté de nous et la fusillade crépite. Les Boches ont essayé vainement de nous canarder, mais leurs obus à bout de souffle venaient péniblement renifler dans la terre à 50 mètres du village. Ce qu'ils devaient rager. À demain, ma chérie, je te prends dans mes bras et je t'embrasse de toute mon âme, de toutes mes forces et de tout mon cœur.
  32. 32. Le 4 août 1921, Louis Pergaud est déclaré « mort pour la France ». Puisqu’il était officier, le jugement fera l'objet de deux transcriptions, les 3 et 5 septembre1921. Marchéville-en-Woëvre : stèle érigée en hommage à Louis Pergaud©Jean-LucKaluzko 1921 Louis Pergaud est déclaré mort pour la France
  33. 33. 1923 20141994 / 20111921 L’œuvre posthume Il laisse un roman inachevé :Lebrac, Bûcheron, publié en 1923 au Mercure de France avec d’autres récits de bêtes, dont certains avaient été publiés en revue :La Vie des bêtes(1923). En 2014, Mercure de France publie Lettres à Delphine, Correspondance (1907-1915).
  34. 34. Extrait deLa Vie des bêtes,Mercure de France,1923 Il passait pourtant quelque part, à moins qu'il ne fondît et s'évanouît Comme une poudrée de neige au soleil du printemps, ce roi des Capucins du Fays, ce maître oreillard qui savait tous les tours, Ce prince des bouquins qui roulait depuis des saisons et des saisons Des générations de chiens. Cette fois, il avait à ses trousses Miraut, le plus fameux chien de tout Le canton, et Lisée, le braco, un riche fusil, qui prenait bien des permis mais chassait quand même en tout temps, et ces deux gaillards-là allaient lui donner du fil à retordre. La lutte commença un matin de novembre, un beau matin givré que la terre sonnai tsous le talon, où le limier trouva son fret à cinquante sauts de son gîte, et, sans perdre un vain temps, comme les camarades moins expérimentés, à « ravauder » sur le pâturage, vint, après quelques coupes savantes, lui fourrer sans façon le nez au derrière. Roussard lièvre comprit qu'il avait affaire à un maître et qu'il fallait gagner au pied. Alors, bondissant de son gîte, il fila comme un trait, allongé de toute sa longueur, ventre à terre, yeux tout blancs, oreilles rabattues, moustaches en avant, tandis que la bordée coutumière de coups de gueule suivait son déboulé. Miraut avait beau avoir bon jarret, il ne put longtemps soutenir la course à vue, d'autant que Roussard, qui connaissait l'homme et n'ignorait pas la signification des coups de fusil, avait grand soin de profiter, pour se défiler, de tous les abris et de tous les couverts utilisables. Au bout de cinq minutes de ce train d'enfer, l'aboi du chien était à un kilomètre derrière lui… il avait le temps.
  35. 35. BIBLIOGRAPHIE(Éditions originales) • L’Aube, éditions du Beffroi, Lille, 1904 • L’Herbe d’Avril, éditions du Beffroi, Lille, 1908 • De Goupil à Margot, histoires de bêtes(prix Goncourt 1910), Mercure de France, Paris, 1910 • La Revanche du corbeau, nouvelles histoires de bêtes, Mercure de France, Paris, 1911 • La Guerre des boutons, roman de ma douzième année, Paris, Mercure de France, 1912 • Le Roman de Miraut, chien de chasse, Paris, Mercure de France, 1913 • LéonDeubel : Régner, poèmes recueilliset préface parLouis Pergaud, Mercure de France, Paris,1913 Publications posthumes • Les Rustiques, nouvelles villageoises, préface de LucienDescaves, Mercure de France, Paris, 1921 • La Vie des bêtes, études et nouvelles, suivie deLebrac,bûcheron, roman inachevé, introduction d'Edmond Rocher, Mercure de France, Paris, 1923 • Mélanges. Histoires de loups et autres nouvelles, Les Petits gars des champs, Léon Deubel, Lettres à sa femme (1914-1915), suivies deFragments du carnet de guerre. Mercure de France, 1928. • Carnetde guerre,Mercurede France, Paris,2011 • Lettresà Delphine. Correspondance (1907-1915), Mercure de France, Paris, 2014
  36. 36. Références des textes et images: Tous les textes de ce diaporama sont extraits ou adaptés du site de l’Association des Amis de Louis Pergaud : http://pergaudlouis.free.fr www.wikipedia.org/wiki/Louis_Pergaud http://www.paperblog.fr/2804878/louis-pergaud-par- edmond-rocher/ Bibliographie complète (livres, publications en revues, journaux, etc.) sur www.sisyphe.com Ce diaporama a été réalisé par Jacques Fournier, Directeur de la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines à l'occasion de son intervention au collège Louis-Pergaud auprès de deux classes de 3e Les élèves et l'équipe pédagogique le remercient

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