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Le web et les réseaux sociaux sont considérés comme un progrès technologique mais avec des effets
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La relation à l’autre est décrite à la fois avec des effets po...
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Auto-promotion M'améliorer et donner envie aux gens de suivre mon travail
Mettre en place des stratégies pour influer s...
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pub et videos / les pubs / les pubs, les choses futiles et les publications de faux articles (Hoax) / La
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communication, c difficile à régler. On n'est pas en face à face.
La représentation du corps à travers l’image provoque...
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social.
Rien si on trie ses contacts et que l'on maitrise intelligemment ses publications. Chose peut être difficile
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Google : le rôle de l’auto-apprentissage
dans l'intensification de l'utilisation des outils
web
Trouvez-vous que votre ...
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La question fut au départ très générale, « qu’est ce que l’e-réputation ? ». Les pressions qui s’exercent sur l’e-réputation, à travers l’identité numérique, impliquent des formes d’adaptation et des mécanismes de protection. Toutes les composantes de l’e-réputation reposent sur un élément fondamental, la confiance que les internautes ont à l’égard des plateformes web et de leurs utilisations des données personnelles. Nous avons pu observé dans cette pré-étude que les usagers des plateformes web 2.0 mettent en place des stratégies de visibilité pour atteindre leurs objectifs tout en essayant de réduire les effets négatifs dont ils peuvent avoir conscience.
Cet article est la synthèse d'un travail de recherche en 3e cycle ( Master 2 Recherche) en Sciences de l’Information et de la Communication réalisé sous la direction de Christophe Alcantara, enseignant- chercheur à l’ Université Toulouse 1 Capitole.

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Un processus d’intériorisation à l’œuvre sur les réseaux sociaux

  1. 1. 1 Un processus d’intériorisation à l’œuvre sur les réseaux sociaux La question fut au départ très générale, « qu’est ce que l’e-réputation ? ». Les pressions qui s’exercent sur l’e-réputation, à travers l’identité numérique, impliquent des formes d’adaptation et des mécanismes de protection. Toutes les composantes de l’e-réputation reposent sur un élément fondamental, la confiance que les internautes ont à l’égard des plateformes web et de leurs utilisations des données personnelles. Nous avons pu observé dans cette pré-étude que les usagers des plateformes web 2.0 mettent en place des stratégies de visibilité pour atteindre leurs objectifs tout en essayant de réduire les effets négatifs dont ils peuvent avoir conscience. Cet article est la synthèse d'un travail de recherche de 3ème cycle ( Master 2 Recherche) en Sciences de l’Information et de la Communication réalisé sous la direction de Christophe Alcantara, enseignant- chercheur à l’ Université Toulouse 1 Capitole. l’utopie communicationnelle est associée à une vision du progrès technologique dont le web et les réseaux sociaux sont les emblèmes. La réalité est mythifiée et emprunte de déterminisme technologique : réduction des distances géographiques, savoir accessible et illimitée, liberté d’expression, la paix dans le monde. Le web est considéré à la fois comme un catalyseur de solidarité et de liberté. les effets pervers se manifestent à travers le sentiment de superficialité et de manque d’authenticité et les dangers liés à la cybercriminalité. Ces effets induisent des pressions exercées sur la représentation de soi (et du corps) et sur les relations sociales. La gestion de l’information par les internautes suppose une prise de risque constante. Ils doivent adopter des stratégies qui vont leur permettre de trouver un équilibre entre leur besoin de transparence, à travers le partage des données personnelles, dont le principal moteur est la reconnaissance individuelle, et leur besoin de protéger leur e-réputation, contre la surveillance intrusive à la fois des autres internautes et des systèmes technologiques.
  2. 2. 2 Quelques aspects méthodologiques de l’enquête La notion de solidarité n’est pas liée à celle de progrès Plus de trois quarts estime que le web et les réseaux sociaux sont un progrès pour la société. Une réponse très nuancée lorsque nous demandons aux enquêtés de commenter leurs réponses. 73 personnes ont répondu à l’enquête administrée en ligne via les réseaux sociaux
  3. 3. 3 Le web et les réseaux sociaux sont considérés comme un progrès technologique mais avec des effets négatifs que ce soit à titre individuel ou collectif, qui mettent en tension la superficialité et le manque d’authenticité des relations et également les menaces de cybercriminalité. On ne saura pas tout de suite si c'est un progrès, on peut le penser mais sans recul, on peut aussi en douter. / Mais dès qu'il y a de l'argent en jeu : chacun pour soi. / Le coté instantané peu quant à lui, à mon sens, avoir un effet / manque de recul, de réflexion quant aux partages / Le ressenti d'anonymat et d'éloignement / Une pollution d'informations inutiles et chronophages / en encourageant le sectarisme et diffusant des idées encourageant la haine/ Faut savoir faire un choix et ne pas tout lire sur le web. / Il crée des relations peu profondes et trompe parfois les usagés en leur faisant penser que leur vie sociale se trouve uniquement sur le web, laissant IRL de coté / harcèlement, voyeurisme, hacking, anti- communication. / Je reste conscient qu'il y a un travail d'éducation à effectuer notamment au niveau de la vérification des informations et de la notion de confidentialité./ La facilité d'accès et la superficialité des relations sont les deux grandes limites / les rapports sociaux perdent de leur réalité et de leur authenticité. / Toutes les informations deviennent publiques, ça nous échappe. / Phénomène d'addiction / cela peut nuire à une réputation privée ou professionnelle./ Il faut utiliser les réseaux sociaux avec responsabilité./Utilisation frauduleuse / Aller cliquer sur une photo ou partager ne sert pas à grand chose. L'utopie « communicationnelle » à l'œuvre La vision du progrès associé aux web et aux réseaux sociaux est emprunte de déterminisme technologique. Le mythe d’Internet est à l’œuvre à travers des représentations de la réalité mythifiées : réduction des distances géographiques, savoir accessible à tous, solidarité et paix dans le monde. Le web et les réseaux sociaux favorisent une certaine entraide et une certaine solidarité / Le web dans sa globalité est un progrès, pour de nombreuses raisons évidentes tel que la facilité d’accès à l’information, au savoir, le partage d’expériences, le gain de temps/ En terme d'entraide, de solidarité, le web peut se montrer riche en ressources. / Cela permet de se tenir informer de l'actualité que l'on choisit qui nous correspond / Le web est un progrès pour la société dans le sens où il facilite le commerce, les échanges, relations entre individus./ Je suis de nature optimiste et je pense que le web et les réseaux sociaux font plus de bien que de mal./ Ils permettent d'accéder à une connaissance infinie./ J'ai dit oui pour tout ce que le web apporte de positif et d'instructif / Je pense que le web ne doit comporter que des informations qui apportent un plus constructif pour la société. / Le web comme outils de recherche et d'information, je pense que c'est un plus. / Les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec des gens éloignés de nous géographiquement, ou de permettre aux marques d'acquérir davantage de notoriété auprès de sa cible La rapidité de l’accès à l’information et l’accès du média au niveau planétaire propose le vécu d’une société plus transparente et plus libre. Le développement de ces nouvelles technologies donne le sentiment qu'ils influent sur la société en la transformant en une société plus transparente, plus libre et plus ouverte. Dans le discours rhétorique la technique est le pendant de la liberté acquise. Le mythe du progrès technologique est à l’œuvre à travers Internet avec l’utopie d’un monde en paix grâce à la libre circulation de l’information. Le web est considéré comme un catalyseur de solidarité et de liberté.
  4. 4. 4 La preuve des révolutions ont réussis en grande partie grâce au web / Certaines solidarités internationales se sont organisées grâce au web / Le web dans sa globalité est un progrès, pour de nombreuses raisons évidentes tel que la facilité d’accès à l'information, au savoir, le partage d’expériences, le gain de temps./ Vu les volumes, l'ancrage "culturel", les progrès technos, cela devient incontournable,/ Un progrès technique et cela permet d'écourter les distances entre les personnes / Le web est un progrès pour la société dans le sens où il facilite le commerce, les échanges, les relations entre individus. /Les réseaux sociaux favorisent une certaine entraide et une certaine solidarité / Solidaire depuis prise de conscience d'après seconde guerre et création de la SS / De plus en plus solidaire car cette prise de conscience s'est développée, et causé d'autres systèmes de solidarité. / En terme d'entraide, de solidarité, le web peut se montrer riche en ressources. Le web est considéré comme l’outil technique qui a innové l’accès à l’information. Les internautes différencient également dans leurs discours le média qu’est Internet et les autres médias classiques. Contrairement aux médias classiques dans lesquels, l’homme est téléspectateur, Internet donne le sentiment d’influer sur le cours des choses et d’être acteur de l’information : L'accès aux informations est plus direct, plus riche, peut porter à la réflexion sur la société, et ça permet de moins être "conditionné" par ce que l'on souhaite nous faire voir ou nous faire entendre... l'espace est assez riche pour connaitre le bon et le moins bon, le vrai et le faux. Et surtout il permet une expression libre (sans voir de censure) / Le web plus généralement permet de donner un accès direct et diversifié des informations présentées par les médias classiques. / Cela permet d'échanger des informations et données beaucoup facilement qu'auparavant / échanges informations contenus / l'accès à l'information est illimité sur internet/ Le web permet un partage de l'information et du savoir / Accès à l'information plus rapide et à tout moment. / Diffusion plus rapide de l'information, moyen d'expression de toutes les opinions. / Accès simple et rapide au savoir, à l'information et à la communication./ Facilité de communication, circulation de l'information. / Pour l'accès et la transmission de l'information en temps réel. / L'information est devenue ultra rapide, universelle et difficilement contrôlable./ Ouverture du monde / Diversité des actualités La notion d’espace est également évoquée par les répondants à travers la réduction des distances vécues par les internautes. On retrouve ainsi la notion de « double habitat » qu’explique Antonio Casilli à travers les espaces abstraits qui ont toujours existé bien avant la naissance du web comme les itinéraires maritimes et les itinéraires de caravanes. Les internautes convoquent le mythe du « cyberespace » pour expliquer que leurs usages d’internet ont une incidence sur les pratiques sociales qui leur permettent d’entretenir des liens établis avec ses amis, sa famille et ses connaissances en général.
  5. 5. 5 Des relations sociales en tension sur les réseaux sociaux La relation à l’autre est décrite à la fois avec des effets positifs et des effets négatifs. Les effets positifs la notion de partage domine les échanges d'informations : Grâce aux réseaux sociaux on garde plus facilement contact avec ses relations. / Le web est un progrès pour la société dans le sens où il facilite le commerce, les échanges, les relations entre individus. / Garder contact avec la famille et amis qui sont loin. / A la fois une ouverture vers plus de contenus et de personnes mais si on ne fait pas le geste de transformer ceci en contact réel et pas seulement virtuel seulement reste assez inutile / Connexion entre les gens, partage. / Ce sont de très bons outils de communication tant pour les individus que pour les entreprises / Les réseaux sociaux permettent de rencontrer des nouvelles personnes, de voir la vie et les activités de nos amis et de trouver plus facilement du travail ou autre Nous observons également la capacité et l'envie des internautes à entretenir des liens faibles sur les réseaux sociaux. Ils en éprouvent des avantages et ne considèrent pas cela d'un œil négatif. Cela supposerait que la supposée superficialité des relations virtuelles décrite précédemment ne soit pas liée à la notion de liens faibles. Le web et les réseaux sociaux assurent un entretien minimal des relations sociales, familiales et permettent de retrouver d'anciennes connaissances. / Les réseaux sociaux permettent de garder ou reprendre le contact. / Il est vrai que les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec des gens éloignés de nous géographiquement / Les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec des gens éloignés de nous géographiquement / C'est grâce au social networking que je suis en contact avec mes amis dans différents coin du monde. / Super pour maintenir les bonnes amitiés si on n'est plus physiquement proches / On peut à travers les réseau sociaux demander directement ou pas de l'aide a une personne qu'on n’a pas vue depuis longtemps Ces observations nous incitent à nous interroger sur le sens des relations sociales sur les plateformes web. Dominique Cardon a souligné dans son essai qu’ils existent une pluralité et une diversité des liens liée à la dynamique d’accumulation du capital social. En d’autres terme, les plateformes incitent à étendre son réseau social introduisant différentes dimensions de la relation : amis, membres de la famille, inconnus ayant des traits communs, connaissances professionnelles, etc. Les effets négatifs La virtualité des relations sociales, leur manque de profondeur et des dérives de la représentation de soi : Les réseaux sociaux réduisent les relations humaines à un lien virtuel / Diminution de la sociabilité car davantage d'interaction avec Facebook / Les réseaux sociaux poussent à la méfiance au voyeurisme et a l’impersonnalité des relations / Il crée des relations peu profondes et trompe parfois les usagés en leur faisant penser que leur vie sociale se trouve uniquement sur le web/ harcèlement, voyeurisme, hacking, anti-communication. / la superficialité des relations…limites du web et des réseaux sociaux. / Pas bon pour diffuser de l'info en profondeur: la société évolue dans la direction du 'tous immédiatement' et si quelque chose demande une 'explications plus longue de 2 ligne on lit pas. / Les gens se voient de moins en moins. / Les liens sont artificiels./ Les gens ne prennent plus suffisamment la peine de s'appeler, de s'inviter, de se rencontrer. / si on ne fait pas le geste de transformer ceci en contact réel et pas seulement virtuel seulement reste assez inutile / je préfère les rapports humains directs: sentir, regarder et toucher
  6. 6. 6 les personnes. / Trop de superficialité/ Son aspect anonyme rend les gens très délateurs Tension entre une réalité fantasmée et intériorisée Le partage d’informations, une composante de l’amitié sur Facebook Les relations virtuelles ne s'opposent pas au réel. Elles complètent et propose une alternative complémentaire dans une relation intime. Une forme d’intimité est entretenue via les réseaux sociaux qui permet aux internautes de prolonger des amitiés déjà existantes ou d’avoir le sentiment d’en créer des nouvelles. L’amitié, dans ce contexte, est une notion affective liée au partage de l’information. On partage de l’information avec un « ami » sur facebook. La notion d'amitié et corrélée dans les discours à la notion de partage d'informations. Ainsi, un ami est défini comme étant un individu auquel l’internaute donne un droit d’accès à ses informations qu'ils jugent privées. Il y a une contrepartie dans la mesure où cet accès est réciproque. Pour aller plus loin dans ce raisonnement, on pourrait dire qu’aucune page Facebook ne ressemble à une autre, comme le décrit Antonio Casilli, c’est un espace de vie convivial dans lequel les internautes souhaite inviter leurs « amis ». Le terme « ami »peut désigner des amis, des membres de la famille, des connaissances et toute personne avec qui l’internaute souhaite coexister au sein de sa page et lui donner accès à sa vie privée. Je suis contente d'avoir des nouvelles, de voir les photos de mes amis, surtout ceux qui vivent loin. / Je suis content de voir les photos horribles de mes amis. Ca me rassure, je suis mieux qu'eux / ça me permet d'avoir des nouvelles de mes amis ou de reprendre contact avec de vieilles connaissances./ être informée sur la vie de mes amis, ma famille éloignée. / Contente d'avoir des nouvelles da la famille et des amis lointain. / Des nouvelles avec ma famille et mes amis/ Plaisir d'échanger avec mes amis, de garder contact avec des connaissances./ La possibilité de discuter avec des amis à tout moment (sans soucis de les déranger puisque cela se fait lorsqu'ils sont connectés; ils ne sont donc pas occupés à faire autre chose) / Des informations, des photos, des nouvelles de ma famille et amis éloignés / D'un point de vue personnel, le fait d'être connecté à Facebook me permet de connaître les goûts de mes amis et de savoir où ils sont et ce qu'ils font. / De s'envoyer des messages entre mes amis, devoir ce qu'ils font et de partager ce que je fait. / En général je suis heureuse d'avoir des nouvelles de mes amis, je me sens proche d'eux même s'ils vivent loin. / Connaissance des dernières actualités des amis/ Discussion avec des amis qui habitent loin / Curiosité vis vis à de personnes perdues de vue / Interactivité avec les amis (organisation d'évènements, partage d'intérêts communs) / Retrouver des amis / J'y ai recherché des anciens amis, ça été ma motivation de création d'une page.
  7. 7. 7 Des stratégies identitaires en fonction des capacités et des choix d’adaptation A travers le questionnaire, nous observons la capacité des individus à interagir avec leur environnement pour produire un effet positif sur leur vie. Les stratégies d’adaptation mises en place par les internautes traduisent une capacité à interagir avec son environnement, ici le réseau social Facebook, pour produire des sentiments positifs et réussir son insertion et cela en dépit des effets négatifs et des risques encourus. La mise en pratique sur les réseaux sociaux est totalement traversée par le mythe d’Internet, les discours sont emprunts des utopies décrites à travers la réciprocité et l’échange, le partage, l’accès aux connaissances, l’ouverture et la tolérance. Quand nous demandons aux internautes de décrire ce qu’ils vivent à travers le réseau social Facebook, les déclarations sont traitées uniquement à travers le prisme des utopies communicationnelles. La relation à autrui Le réseau social produit sur les individus des sentiments très positifs du fait de se sentir proche des personnes avec lesquelles ils sont en contact via les réseaux sociaux. Ils ont le sentiment de vivre l’instant présent, d'être dans « l’ici et maintenant ». Ils sont heureux d’avoir le sentiment d’être plus présent à soi et aux autres. Le réseau social devient ainsi un outil pour apaiser ses propres angoisses, cela permet d’être « heureux » et de « se rassurer. » La notion de plaisir y est souvent associée. Le réseau social est également un espace ou le fait d’être « curieux » devient une attitude positive du fait de la composante même du réseau social vécue comme un lieu de transparence des uns vis à vis des autres. Les internautes recherchent aussi une forme de divertissement et d’amusement collectif L’estime de soi Les interrogés consacrent du temps à leurs hobbies et à leurs activités sur facebook et peuvent aussi se porter volontaires pour des causes qui leurs sont chères. On observe une implication très active via le partage (photos, vidéo, like, posts) et des attentes très élevées à travers des sentiments de fierté, d’obligation ou encore de satisfaction. L’activité phare du réseau Facebook semble être le partage de photos. On observe que c’est un vecteur de communication pour entretenir des relations avec ses proches et susciter des observations et des remarques de la part des contacts qu’il y ait des « liens forts » ou des « liens faibles »
  8. 8. 8 entretenus avec eux. Voir les photos des autres et poster des photos sont un véritable loisir créatif à travers lequel les internautes ont le sentiment individuel de produire quelque chose et le sentiment collectif d'avoir des contacts pour qui ils comptent. Leurs contacts croient en eux et leur font savoir en agissant sur les contenus produits à travers les notifications de posts, de like, de commentaires et de partage. Connexion au réseau social facebook : un acte intériorisé Les internautes accèdent au réseau social Facebook avec la promesse de satisfaire un plaisir dans leurs relations aux autres et à eux même, encore faut-il qu’il puisse se connecter. Nous avons tenté de les mettre en situation face à un problème de connexion. Leurs réponses sont très variées, on peut cependant se poser la question sur le fait qu’il considère la procédure de connexion comme un « automatisme » et un « réflexe ». Ils sont un peu plus de la moitié à ce connecter plusieurs fois par jour. Bien que nous n’ayons par l’information nécessaire pour corréler la fréquentation de la connexion à la source de communication qu’ils utilisent (Smartphone, Ordinateur personnel, etc) Se connecter à Facebook, est ce une nécessité pour vous ? C'est devenu un reflex de s'y connecter / J'ai beaucoup de mal à ne pas me connecter. / Je préfère rester connecter mais ce n'est pas une nécessité. Actuellement je me connecte plusieurs fois par semaine, mais il y a temps ou je n'y suis pas pendant plusieurs mois. / Plus qu'une nécessité, c'est un automatisme. / Je m'y connecte en ouvrant mon portail web sans trop savoir pourquoi la plupart du temps / Je me connecte sur FB tous les jours car je le peux, cependant si je n'ai pas accès à FB ce n'est pas un drame. / Juste quand j'ai le temps / Si j'y ai accès je m'y connecte sinon je peux m'en passer / Le face à face avec la machine ordinateur m'énerve et m'épuise bien que j'y prenne un certain plaisir (c'est une forme d'addiction je pense) / Pas une nécessité juste un plus La nécessité de se connecter est liée au besoin instantanéité de l’information. Le réseau social Facebook est ici considéré comme l’outil premier pour rester en contact, communiquer, échanger en temps réels : Je m'y connecte pour envoyer un message à un ami. / Je le fais pour rester en contact avec des copains plus facilement que par texto / Pas foncièrement, il y a encore Whatsapp pour communiquer avec mes proches et pour le reste tant que j'ai accès au web / Si on devait me supprimer Facebook, ça me manquerait un peu, mais il y a d'autres moyens de rester en contact avec ses amis. / Je n ai pas besoin de facebook pour communiquer avec mes amis actuels / Je m'en sert pour diffuser des infos associatives / Je pense pouvoir m'en passer, bien que cela me donnera une impression de ne plus être "a la page" des derniers évènements dans les vies de mes contacts. Mais je l'accepterai. / Je pourrais très bien m'en passer. J'y vais juste pour me tenir au courant. / Relatif à mon besoin de voyeurisme. / Juste pour les invitations Pour certains, la connexion au réseau social sera fonction de la priorité donnée par rapport à d’autres activités (travail, loisir) : Je peux ne pas me connecter pendant plusieurs semaines, par manque de temps ou d'envie. / Quand je suis en vacance je ne pense pas à me connecter - si Facebook n'existait pas je trouverais des autres moyens pour rester en contact avec mes amis loins /Je suis ravie de couper pendant les vacances, je ne me connecte pas quand j'ai beaucoup de travail, mais je suis contente de retrouver FB après une période d'"absence" / Je le fais juste quand j'ai envie de faire une pause, ce n'est pas obligatoire car je ne regarde pas pendant plusieurs jours quand je ne suis pas connectée. / Je peux ne pas y aller pendant de longues périodes 1 a 2 mois quand je n'y ais pas accès ou que je suis très prise.
  9. 9. 9 Pour d’autres, il y a une forme de nécessité corrélée à une activité professionnelle car le réseau social est aussi un outil professionnel : Je n'ai pas besoin de me connecter tous les jours. Cela devient une nécessité dans le cadre de mon travail seulement / Je peux facilement m'en passer quand je suis occupée à l'extérieur de chez moi et même pendant plusieurs jours. Je m'y connecte seulement chez moi. / C’est un réseau social extrêmement bien référencé. Donc un très bon support pour une présence numérique. / Cela est davantage une nécessité professionnelle que personnel bien que j'y prenne un certain plaisir (c'est une forme d'addiction je pense) / Travail, infos Les avantages que les utilisateurs du réseau social évoquent quant à leurs connexions sont similaires à ceux évoqués plus hauts concernant leurs attentes quant à l’utilisation du réseau social. L’amitié reste la clé de voute de ce système, le mot « amis » revient 27 fois dans les réponses des internautes. On retrouve dans les réponses la même volonté de maintenir le contact, d’échanger et de vivre l’instantanéité du moment . L’estime de soi intervient dans la co-production documentaire. L’internaute est un acteur dans la production de l’information Le regard des autres : une source de tension et de stress Diriez vous que le regard des autres à un impact sur vos publications ? Plus de la moitié répondent par la négative. Les personnes ayant répondu par l’affirmative ont eu la possibilité d’approfondir cela par des exemples de situation concrète. Le réseau social Facebook est vécu par certains comme un espace d’autocensure : Autocensure et consensuelle / Autocensure / Il ne faut pas diffuser n'importe quoi / Je n'aime pas les gens qui se plaignent sur Facebook, pour mes amis c'est pareil donc je ne me plains jamais. Facebook n'est pas un bureau des plaintes. / Je fais attention à ne pas froisser des personnes / Publication concernant des sujets politiques. / Ils connaissent surement mieux mes valeurs et orientation politique La représentation de soi, particulièrement par le biais des photos, est une source de stress : La manière de présenter sa propre image est importante. / ils nous jugent forcément. / Je ne vais pas publier d'informations trop personnelles. / je regarde les commentaires. / Je n'y raconterai pas ma vie du coup. / Rien de spécial a part des amis a qui on ne parle jamais. / J'évite les photos personnelles. / Les photos doivent être flatteuses. / Publication de photos. L’estime de soi passe également par le contrôle de sa propre représentation en gardant le contrôle de son image : Contrôler mon image sur le web / Contrôler autant que possible les informations qui me concernent / Tout simplement contrôler mes informations. / Conserver la maîtrise de mon e-réputation. / Gérer moi-même ma présence sur Internet et les informations diffusées. Ne pas donner une mauvaise image. / Faire attention à mon image
  10. 10. 10 La gestion de l’information : une tension permanente entre transparence et surveillance Les objectifs des internautes à travers les réseaux sociaux Les objectifs des internautes sont révélateurs des utopies qui ont été intériorisées. Les promesses d’Internet de partage et d’ouverture sont évoquées. Très vite les premiers indices de tension apparaissent à travers la notion d’échange des informations qui relèvent de quelque chose de profond impliquant à la fois les dimensions psychologiques et sociales, instrumentales et cognitives. Nous allons appréhender le phénomène de l’e-réputation à travers le prisme de la résilience. La résilience souligne les tensions que subissent les internautes ainsi que les sentiment de vulnérabilité face aux changements et les mises en place de stratégies dont le but sont de diminuer l’impact de la gestion de l’information à travers les réseaux sociaux sur eux même. Nous observons que les internautes sont déchirés en permanence entre le besoin de transparence à travers le partage des données personnelles et la mise en ligne d’informations privées dans un contexte publique et le besoin de se prémunir de la surveillance et de la curiosité intrusive des autres individus. Dimension psychologique et sociale Les objectifs des internautes sont observés à travers la dimension psychologique et sociale et la dimension instrumentale et marketing. Il en ressort quatre objectifs principaux qui relève des effets positifs des réseaux sociaux : Partager Informer Emouvoir Divertir
  11. 11. 11 Extraits issus des réponses aux questionnaires Partager Echanger des découvertes qui m'ont touchées: musiques, films, vidéos et avoir des opinions sur les découvertes des uns et des autres pour les découvrir moi même par la suite. / Faire découvrir des contenus inédits et originaux / Soit je poste quelque chose de personnel et mon objectif et d'en informer mes contacts et de pouvoir échanger avec eux sur le sujet. Soit je relaye des publications qui me tiennent à cœur (cause animale, écologie, solidarité...) dans l'espoir d'éveiller certaines consciences sur ces sujets, voir d'en débattre, et/ou apporter de l'aide a des associations grâce au partage. / Partager une information lié à ma profession. / La partager à un maximum de monde. Profiter du bouche à oreille en ligne / Faire passer un message / Le dire a mes proches / Qu'elle soit diffusé et qu'il y ai des répercutions positives Informer Informer les personnes pour rassurer ou partager un moment agréable. / Alerter les gens, leur faire prendre conscience. / Débattre sur un sujet ou informer d'un sujet d'actualité qui me tient à coeur pour sensibiliser les autres et faire prendre conscience de certaines situations à mon entourage. / Informer d'un événement à venir culturel ou sportif / Des sujets d'actualité que je trouve intéressants / Donner des nouvelles, partager une anecdote ou une expérience, faire découvrir un livre, une musique, un lieu... à mes amis. / Informer mes proches de mon quotidien / informer les gens (pertes de téléphone, déménagement) / Informer sur un fait important qui touche personnellement / Diffuser des sondages à caractère informatif Emouvoir /Toucher Mon objectif est de faire partager une émotion ou quelque chose que j'apprécie à mon entourage. / Toucher certaines personnes / Faire vivre mes photos au delà du temps et de l'espace, en esperant qu'elles seront vues,copiées, sauvegardées, imprimées et qu'elles auront toujours une vie dans 50-500 ans. / Partager qque chose qui me plait, m'offusque, me touche ou une tranche de ma vie. Si cela ne plait pas, tant pis. (Même si on se sent quand même seul quand sa publication ne génère aucun "like"ou commentaire) / Faire réagir, échanger avec mes amis, les connaitre davantage / Être rassurée Se libérer d'un poids / partager une bonne nouvelle - apporter une petite touche positive. Amuser et divertir Rire, plaisanter avec les amis. / Faire sourire mes amis, informer ou juste faire rigoler, de le montrer aux autres / Amuser ses amis / Faire rigoler avec une anecdote ou partager une info / Faire le con Dimension instrumentale et marketing La dimension instrumentale et marketing du réseau social est fort peu représentatif dans l'ensemble des réponses. La conscience de cette dimension est elle liée à un apprentissage ? La dimension instrumentale est décrite à travers trois indicateurs : la marque, le client et l’autopromotion. Mettre en valeur une maque Leur faire ressentir la proximité, le sérieux et le dynamisme de la marque / Développer la notoriété et l'image de marque des sites pour lesquels je travaille... / Informer - Promouvoir une marque – Acquérir de la notoriété - / Engagement, fidelisation, vie de la marque Relation directe avec le client C'est bien d'avoir des recommandations, photos des clients, et plus facile de mettre à jour qu'un site web. / Si possible obtenir plus de visites sur ces sites dans un but de faire plus de ventes. / Fidéliser les clients et en acquérir de nouveaux / Provoquer des ventes
  12. 12. 12 Auto-promotion M'améliorer et donner envie aux gens de suivre mon travail Mettre en place des stratégies pour influer sur des situations déplaisantes L’internaute doit choisir l’information qu’il souhaite mettre en avant sur son réseau et les cibles qu’il souhaite toucher. Pour cela, il met en place une stratégie de visibilité pour atteindre ses objectifs en minimisant au maximum les effets négatifs dont il peut avoir conscience. Les réponses des internautes démontrent leur conscience de devoir gérer leur visibilité en parallèle à leur utilisation du réseau social. Avoir l'impression de ne pas être totalement un mouton est de mettre des limites à ce système. Il faut en mettre et réfléchir à ce qu'on montre de nous. / J'utilise d'autres réseaux tels que twitter ou google + pour mon réseau professionnel, facebook c'est plus pour la sphère privé... du coup, je partage ce que je publie qu'avec les gens que je connais vraiment, et je publie rarement. / Limiter la visibilité au cercle proche / Je donne accès à ces données qu'à ma famille et amis proches. Je contrôle mes échanges en fonction des personnes. / Au départ, je mélangeais les genre (en ne séparant que mes "amis" de mes "connaissances" et je me suis vite rendu compte que parmi les "amis" tous ne sont pas proches au point de connaître certains détails tel que mon adresse email, mon lieu de résidence ou mes photos de famille. / Du coup, j'ai plusieurs groupes et sous-groupes. / Trop de manque de confidentialité et volonté de choisir a qui donner l’information / Limiter l'accès de mes données personnelles. Les internautes décrivent la complexité de la situation vécue car tous les contacts « amis » convergent vers une même information qui ne leur est pas forcément destinés. Ils mettent en place des stratégies pour contourner cette situation qu'ils sont obligés d'accepter s'ils adhèrent à la logique d’accumulation du capital social imposé par le réseau social. Eviter que des inconnus ou des gens que je connais mais que je n'apprécie pas puisse accéder à mon compte. / Mieux diriger mes contenus vers un public cible / Ne pas laisser mon profil avec un accès illimité par tous / Je souhaite avoir un échange avec mes proches sur certaines sujets et débats (je ne souhaite pas mélanger mes idées avec mes collègues par exemple). Cela reste pour moi une manière de m'exprimer dans ma vie privée. / je ne souhaite pas partager toutes mes informations avec tout mon réseau systématiquement / Dissocier suivant les personnes les informations que l'on communique. / Que les gens qui ne sont pas mes amis ne puissent pas trouver des informations me concernant. / D'un point de vue personnel, je ne souhaite pas que n'importe qui puisse voir mes photos, mes statuts ou autre publication personnelle destiné à mon entourage. / Segmenter les actualités diffusées / Mes motivations sont de catégoriser les cibles des publications. / Ne pas montrer la même chose à tous mes amis, collègues, famille. Ne pas autoriser / L'accès à d'autres personnes qu'à mes contacts Facebook / Restreindre l'accès aux personnes qui ne sont pas des amis "réels" ou aux connaissances. / Que les choses ne soient visibles que pour mes “amis" / Protéger les informations que je partage avec mes amis. La gestion de l’anonymat est proposée comme une alternative Ne pas être vue par tous / Eviter que des personnes que je ne connaisse pas ou que je n'ai jamais rencontré voient mon profil. / Je ne veux pas que n'importe qui ait accès à mes infos et je n’accepte pas des inconnus comme 'amis'. / Ne pas être vu et retrouver par des inconnus / Garder mon image cachée (donc bloquer les photos) / Garder une certaine confidentialité La notion de vie privée est en tension dans un espace hybride à la fois public et privé Je bloque mon compte aux autres personnes que mes amis pour protéger ma vie privée notamment pour mes futurs employeurs / Je ne veux pas partager ma vie privée avec le reste du monde / Sécurité de ma vie privée. J'essaye de faire en sorte qu'aucune information sensible ne
  13. 13. 13 soit présente sur FB. / Confidentialité, même relative, des conversation. Pas obligé que la Terre entière soit au courant de nos dernières vacances / Pour éviter que n'importe qui ne puisse accéder à mon profil. / Respect / Que ça ne devienne pas trop public / D'un point de vue personnel, je ne souhaite pas que n'importe qui puisse voir mes photos, mes statuts ou autre publication Mécanismes de défense et d’adaptation sur les réseaux sociaux Les pressions exercées sur les réseaux sociaux sont à la fois une résultante des développements de fonctionnalités techniques de partage sur les plateformes web et des stratégies de représentation de soi qui induisent à la fois des effets individuels et collectifs. L’identité même des participants est produite par eux même, mais également par les autres et par le système technique échappant quelque peu à son créateur. Les exemples des pratiques sur les réseaux sociaux sont révélateurs d’un décalage entre un vécu « réel » et un vécu « fantasmé ». Les pressions exercées sur les internautes à travers les réseaux sociaux Qu’est ce qui vous agace le plus sur Facebook ? En premier lieu, on distingue un décalage entre la volonté de partager et d’informer de l’internaute et le phénomène d’extimicité sur les réseaux sociaux. En effet, la visibilité excessive des « amis » et leur autopromotion constante devient très vite dérangeante pour les internautes. La relation d'amitié sur les réseaux sociaux et sujette à de fortes pressions et contradictions. La contrepartie de la réciprocité serait elle plus difficilement acceptable par les internautes ? On observe les limites du collectif, dans la mesure où l’internaute ne fait pas autant preuve d’ouverture qu’il le prétend et souhaiterait contraindre l’autre à jouer « le jeu » selon ses propres règles Les gens qui publient toute leur vie / Les personnes qui racontent leur vie quotidienne!/ Les gens qui balancent leur vie, les gens qui essayent de se rendre important sur FB alors que dans la vie réelle ils ne sont personnes. / J'ai plus l'impression qu'en voyant ces détails de vie, je m'éloigne plus de ces personnes car le message est destiné à tout le monde virtuel et non à moi directement / l'échange devient lointain, superficiel puis ... devient néant (sur le long terme). je ne conçois pas l'amitié comme cela. Il faut y ajouter d'autre chose / L'étalage des états d'âme des uns et des autres et les statuts énigmatiques pour susciter le buzz sans parler de ceux qui postent toutes les quiches, gâteaux et autres plats cuisinés qu'ils vont manger ou qui étalent toute la vie de leurs mômes sur la toile / Les personnes qui racontent toute leur vie. / Les publications incessantes d'amis qui ne m'intéressent pas. / les gens qui racontent toute leur vie et ceux qui veulent faire voir qu'ils ont fait si ou ca. / L'exposition de la vie personnelle sans limite / Le paraître, le manque d'honnêteté sur le jugement réel que l'on porte sur sa vie. Les publications "normées": selfies, foodporn. En deuxième lieu, ce sont les jeux et les publicités qui sont déconsidérés car jugées comme des activités spam et intrusives. Les invitations aux jeux / Les personnes qui donnent des infos perso sur moi par le biais de jeux par exemple, je trouve ça dégueulasse surtout de la part du réseau plus que de la personne qui se fait avoir finalement. / Les jeux inutiles et les pubs! / Les publicités ciblées, les jeux, les"pancartes" du type "si toi aussi tu aimes ton père/ta mère/ton chien/ton facteur, mets ça sur ton mur", les chaînes, les JEUX et autres appli à la con. /Les publicités. / Les putains de publications sur les jeux!!! et les publicités. / Les jeux et publications vulgaires postées par certains / Les invitations à jouer à des jeux / La publicité, les jeux /
  14. 14. 14 pub et videos / les pubs / les pubs, les choses futiles et les publications de faux articles (Hoax) / La pression commerciale de Facebook qui réduit la visibilité des publications auprès des communautés. En troisième lieu, la pression du groupe est jugée agaçante à travers le sentiment de subir les actions des autres ou de devoir normer sa propre attitude sur le réseau social : Le fait que trop de monde puisse avoir un regard sur nos vies. / Ne pas pouvoir discuter des opinions, rester consensuel / Le non respect des autres et la désinformation liée à la liberté de publication / L'attitude des jeunes / les défis bidon / Les défis débiles / Les plaintes des gens et les "m'as tu vue". / la vulgarité / publications vulgaires postées par certains / L'exhibitionnisme, le manque de pudeur. / les j'aime et les selfies / Il faut aimer, on ne peut rien détester. Je suis étonnée de la foule d'informations personnelles que les gens y postent de leur plein gré. Dans un pays où toute notion de fichier fait bondir / Que les gens mettent des truc imbécile qui servent à rien Le sentiment d’appartenance à une communauté Plus des trois quarts des internautes ayant répondu à l’enquête ont le sentiment de ne pas appartenir à une communauté. Quant à ceux qui ont répondu par l’affirmative, leurs réponses sont à nuancer car elle révèle plus l’appartenance à un groupe de personnes ayant des intérêts communs qu’à une communauté. L'échantillon est trop peu représentatif pour en déduire quoique ce soit mais on peut se poser la question de l'utilisation du terme communauté par les médias et experts de l'e-réputation. L’identité numérique, trois facteurs de stress Perte de contrôle Regard des autres Vie privée Le réseau social Facebook est considéré comme plus convivial et plus personnel que Google+ qui est considéré comme étant plus professionnel. Ainsi il semblerait que la gestion de son identité numérique sur Google poserait moins problème que celle sur Facebook. La perte de contrôle Le contrôle de soi implique la possibilité de pouvoir réguler ce qui compose un stress dans la vie de tous les jours. Or, sur les réseaux sociaux, ce contrôle n’est plus possible du fait de la distanciation impliquée par l’aspect technique du système. La non-maîtrise de son contenu et des publications de ses contacts. / De voir une photo de nous compromettante, de perdre aux jeux Facebook / Que l on poste des choses sur vous et ne pas contrôler son image. / La perte de contrôle de son image. / La non maîtrise du contenu et des informations sur la page Facebook. / Ne pas contrôler son image, faire attention à ce que les autres postent / Une publication gênante qui porte atteinte à votre image et à votre intégrité. / La diffusion rapide des informations personnelles sans notre accord ( ex marquage photo) / Le fait que toutes les invitations et proposition de sortie passent pas la. / Les informations que l'on ne gère pas nous-même: les tags, les photos de nous postées par d'autres personnes / Violation / Le fait que votre employeur ou personne du monde professionnel puisse avoir accès à des infos plus privées. / Avoir trop "d'amis" / Un problème de
  15. 15. 15 communication, c difficile à régler. On n'est pas en face à face. La représentation du corps à travers l’image provoque également du stress chez les internautes. Cela s’explique surement à travers l’analyse du corps de Antonio Casilli qui décrit le corps comme étant plus qu’une représentation imaginaire de soi, c’est une stratégie de reconnaissance. L’image de ce corps, sa singularité, est exposée aux autres pour permettre une identification. Le corps est mis en scène dans une stratégie globale de représentation de soi et de création de son identité numérique qui sera soumise à la validation des autres et le contrôle de la représentation du corps est essentiel pour les individus. Quelques citations extraites des réponses des internautes : J'ai supprimé l'identification liée à mon image et demandé sur mon compte à voir les photos sur lesquelles je suis identifié avant qu'elles soient sur mon journal. / J'ai demandé aux personnes qui avaient marqué une photo de moi de la retirer. / J'ai demandé aux personnes qui postaient des photos, vidéos ou infos sur moi de me demander d'abord si j'étais d'accords et je leur ai demandé de retirer la vidéo en question / enlevé les tags de toutes les photos. / Quand on m'a taguée à mon insu. / Mes photos sont uniquement consultables par mes amis / Une photo où j'ai été taguée et qui avait prise à mon insu. / Un email pour demander la suppression d'une photo / Ne pas identifier la photo Le regard des autres sur soi Nous avons introduit par la représentation du corps, le besoin de validation par les autres. Ainsi le regard des autres sur soi compose le deuxième grand facteur de stress après la perte du contrôle. La dynamique de l’e-réputation est liée à l’interaction avec les autres car ce sont eux qui commentent, partagent et postent des informations en contribuant ainsi à la viralité de vos informations. En soi le dynamisme de son identité numérique va dépendre de l’interaction avec les autres. Le fait que les gens n'aiment pas vos publications ou ne les commente pas. / de passer inaperçue. / le fait de montrer quelque chose d'important qui ne sera pas liké / Le "regard" des autres. / Des échanges sans moi / les jugements. / le nombre de "J'aime" sur une publication / Le fait que tout le monde a l'air heureux, en pleine forme et toujours très occupé./ "et moi alors", d'où la surenchère permanente / la publication d'image nous concernant mais que l'on ne souhaite pas voir publier./ Problèmes d'interprétation du à l'écrit./ Les messages, commentaire ou publication moqueurs et/ou non respectueux Intrusion dans la vie privée Enfin, le troisième facteur de stress dénonce le caractère intrusif du réseau social. Pour aller plus loin, on pourrait parler de colonisation numérique de la vie des internautes. Nous avons vu précédemment que la majorité des internautes se connectent plusieurs fois par jours, interagissent régulièrement via les réseaux sociaux totalement impliqués dans leur vies quotidiennes que ce soit à titre personnel ou professionnel. Le système recompose le monde virtuel que l’internaute souhaite se construire en le « forçant » à accéder à des informations qu’ils jugent indésirables et inutiles. Publications indésirables / Trop de "micro publications" / Mes contacts me taggent trop dans leur photos / Les publications de gens que vous n'aimez pas / le pseudo bonheur qu'affichent nos contacts / Les articles ou informations choquantes: du style une ado qui tuait des chiots en live / les images de reporters de guerre.(je suis la page de RFI) / Des suggestions sur les personnes que je dois connaître, même si en vie actuelle, je ne les connais pas ou les supporte pas / Les favicons moisis des sites / Avoir comme par hasard de la pub sur des choses que l'on vient de regarder sur Internet (sites de vacances...) / Trop de publicité Pour certains, le réseau ne génère strictement aucun stress. On peut éventuellement se poser la question sur la capacité de chaque individu à s’adapter et à accepter les règles imposées par le réseau
  16. 16. 16 social. Rien si on trie ses contacts et que l'on maitrise intelligemment ses publications. Chose peut être difficile chez les ados. / Rien ne me stress sur Facebook / Je ne sais pas, surtout je ne crois pas que FB puisse me générer du stress... / Rien ce n'est qu'un réseau social! / Pour le moment, Facebook ne me stresse pas. Les solutions mises en œuvre par les internautes Les solutions mises en œuvre par les internautes démontrent d’une capacité à contourner les règles du réseau social à travers trois notions que nous avons définies : la confiance, la flexibilité et le leadership. Demander aux autres de réaliser une action pour soi implique un degré de confiance élevé dans l'action d’autrui. Elle démontre la perception positive des internautes à l’égard des autres utilisateurs et de la plateforme : J'ai demandé aux personnes qui avaient marqué une photo de moi de la retirer. / J'ai demandé aux personnes qui postaient des photos, vidéos u infos sur moi de me demander d'abord si j'étais d'accords et je leur ai demandé de retirer la vidéo en question / Une photo où j'ai été taguée et qui avait prise mon à mon insu. J'ai demandé à la personne de la retirer. / J'ai demandé de supprimer les infos / Contacter la personne concernée / Un email pour demander la suppression d'une photo D'autres solutions consiste à adopter une solution technique à travers les options de gestion de profil et de confidentialité proposé par le système. Ces solutions permettent une certaine flexibilité, l’internaute choisit de préserver son identité en adaptant l’environnement de la plateforme à ses prérogatives. Demander sur mon compte à voir les photos sur lesquelles je suis identifié avant qu'elles soient sur mon journal. / Décoché l'option pour que le compte Facebook n'apparaisse pas sur Google et autres moteurs de recherche. Régulièrement, je tape mon nom sur Google et me débrouille pour supprimer toutes les informations me concernant hors CV. / J'ai bloqué l'accès à mon compte / J'ai décidé de masquer mon profil (pas facilement trouvable sur Google), mes photos sont uniquement consultables par mes amis, etc Enfin, d'autres solutions consiste à changer sa propre action personnelle par la mise en place par exemple d’une présence passive sur le réseau social. Cela implique que l’internaute choisit de donner des informations ou non, de choisir le comportement qu’il souhaite adopter et de lui donner du sens même si cela ne coïncident pas avec les règles proposées par la plateforme : Je ne publie plus rien. / Limiter les publications trop personnelles /Je ne le poste pas / Je ne mets rien sur mon mur et envoie des messages "privés"
  17. 17. 17 Google : le rôle de l’auto-apprentissage dans l'intensification de l'utilisation des outils web Trouvez-vous que votre utilisation de Google a évolué dans le temps ? 66% ont répondu par l’affirmative. Globalement, les raisons de l’intensification de l’utilisation des outils web sont évoquées en des termes qui induisent la facilité à apprendre à les utiliser. De plus, l'interaction des données entre elles est vécues comme étant un aspect positif : Plus de services / Outils en amélioration j'ai petit à petit privilégié les services google pour leur simplicité et interactivité / Les produits google interagissent beaucoup plus qu'avant entre eux / La facilité de recherche multiplication des service et force à l'utilisation de google + / Utilisation de plus de services / de + en + de services, bien pensés donc utilisés / Diversification des services et applications. / Plus complet et intégré aux équipement mobiles (smartphone, tablette) / Méthode / Plus de fonctionnalités. plus d'applications / Concentration de différent service vers google / Google se résumait pour moi à une page d'accueil. Depuis, je ne peux plus m'en passer / Plus intensive, c'est une référence familière. / j'ai découvert de plus en plus d'options au fur et à mesure / Plus d'usage du moteur de recherche / Partage de données / partage de donner plus importante avec drive pour envoyer des photos Cette observation sous-entend le rôle et l’importance de l’auto-apprentissage dans l’intensification de l’utilisation d’un outil web en général. A travers le prisme de la résilience, il serait intéressant d’étudier le phénomène d’apprentissage qui a lieu autour des outils Google. L’observateur souhaite faire un parallèle avec son expérience personnelle étant donné son utilisation quotidienne des outils Google dans le cadre de sa vie personnelle et professionnelle. La formation et l’apprentissage des outils Google comportent, selon son expérience vécue, une dimension collective à travers les tutoriels en ligne accessible sur YouTube et l’accès à des plateformes de formation gratuite (Google Webmaster Tool) ou à des forums de discussion. Nous souhaitons approfondir une intuition selon laquelle le travail individuel et l’expérience collective sont impliqués dans le phénomène d’adaptation qui survient sur les plateformes.
  18. 18. 18 Pour plus d’information : Ghislaine ABBASSI contact@ghislaine-abbassi.com

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