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Gazette Salon du livre 2016 - Mercredi

A
AJMUniNE

Gazette Salon du livre 2016 - Mercredi

1  sur  16
Télécharger pour lire hors ligne
salondulivre.ch 27 avril 2016
Le mercredi
La Gazette du 30
e
salon du livre et de la presse de Genève rédigée par les étudiants
de l’Académie du journalisme et des médias de l'Université de Neuchâtel.
Editopar
Christophe Passer
C'était hier
SpectacleProfileur
Après la cruauté télé de la Star Ac’ , Emma Daumas vient agiter la galaxie des livres.
La chanteuse publie ce printemps Supernova (ed. Scrineo), son premier roman. La
jeune femme raconte l’histoire d’Annabelle, une adolescente qui rêve de devenir
célèbre. Toute ressemblance avec un personnage, etc. Interview. Pages4-5
KarimSlamaest
aujourd'huiau
salonpourjouer
unextraitdeson
spectacleconsacré
àTiteuf.Pages 2-3
Emma Daumas: "Il faut des années pour se
remettre droit dans ses baskets."
StéphaneBourgoin
décortiquela
logiquedes tueurs
ensériesurla
scèneducrime.
Page 15
Ne croyez pas que 30 ans, ce soit un âge
de raison ou de pérennité. Vous entrez ce
matin dans un lieu des miracles. Au
printemps 1987, le fondateur,
Pierre-Marcel Favre, attendait (lire son
interview en page 12). C’était le premier
matin, et il ne savait pas, il n’avait fait
qu’imaginer et espérer. Et ce fut la foule
aussitôt,etcefutcestupéfiant,débordant,
ce désir de lire, de livres, de presse, de
débats.
Necroyezpasqu’une foislancé,celaaille
de soi. L’époque est versatile. Le chaland
est sans cesse sollicité. L’habitude peut
tuer. Il faut surprendre sans cesse, mais
aussi ne jamais oublier ce qu’on avait
rêvé. Une manifestation ouverte,
événementielle, tellement plus qu’une
grande librairie, des scènes, des thèmes,
des rendez-vous, presque un festival
désormais: voici le deuxième salon du
livre francophone du monde. Et c’est
même le seul à mériter le nom de
francophone: car viennent ici l’Afrique
noire et le Québec, la Suisse romande et
alémanique,LeMaghrebetParis.
Ne croyez pas que ce ne soit pas
important. Que les débats sur le
numérique, sur l’économie de l’édition ou
de la presse soit juste des questions
techniques ou les marottes des gens de
marketing.Ils’agit duVerbedanscequ’il
a de splendide: un chemin vers la liberté.
Alors 30 ans, oui, et c’était hier. Mais
surtout, 30 miracles et 30 fêtes: soyez les
bienvenus.
Sommaire
15- Les serial-killers décortiqués
16- C'était comment il y a 30 ans
Grâce à Karim Slama, Titeuf
Amélie Rossé,
Pauline Rumpf,
Marielle Savoy
Correcteur
Fanny Sarfati
Impression
Imprimeries Saint-Paul
Fribourg
Maquette
Johnathan Caldwell
Produit par MagTuner
Start up fribourgeoise
qui met à dispostion de
la Gazette son système
rédactionnel en ligne.
www.magtuner.com
2 27 avril 2016
04-Emma Daumas fait tomber les etoiles
Editeur
Salon du livre et de la
presse de Genève -
Palexpo SA
Rédacteurenchef
Christophe Passer
Journalistes
Académie du journa-
lisme et des médias
de l'Université de
Neuchâtel:
Maxime Fayet,
Sandra Hildebrandt,
Noémie Matos,
Romain Michaud,
Delphine Riand,
Steve Riesen,
Impressum
Karim Slama amène Titeuf sur scène avec un spectacle de marionnettes.
SébastienAnex
06-«Ceux qui payent, c’est ceux qui
restent sur place»
08- L'Agenda
11-Taubira, une femme libre
12-«30 ans, ce n’est pas si loin»
13- Helvetiq, quizz ludiques
14- Critiques littéraires 2.0
Karim Slama s’empare de l’embléma-
tique personnage de Titeuf, transformé
en marionnette, pour un spectacle
unique dans sa forme comme par son
ampleur. Il en joue un extrait
aujourd'hui au salon, avant ses pas-
sages à Lausanne en septembre, puis
partout en Suisse romande.
Le comédien et humoriste lausannois
Karim Slama présente au Salon du livre
«Titeuf, le Pestacle». Un projet qui évolue
depuis maintenant trois ans et demi,
lorsque Zep, séduit par l’envergure du
projet, a confié à Slama sa progéniture à
la mèche blonde. Une première histoire a
d’abord été écrite, avant que le comédien
ne décide de la réécrire complètement, au
moisdeseptembredernier.
L’univers imaginé par Zep s’y retrouve
totalement: une génération est née avec
ce mouflet qui n’aime pas l’école, se fait
embêter par son ami Hugo et dont les
avances sont refusées par la belle Nadia.
Une vie simplement pô juste… Une
opportunité saisie par Karim Slama, qui
donne la possibilité à Titeuf de dessiner et
contrôler sa vie. «Il s’agit d’une des
choses les plus difficiles; m’emparer de
ce qui ne m’appartient pas et en faire
quelquechoseàmamanière»,avoue-t-il.
«La scénographie permet de représenter
Zep qui dessine et d’un coup, c’est Titeuf
qui se retrouve avec le crayon dans sa
main et prend les commandes de son
destin, avant que tout ne se complique»,
révèle-t-il.SlamaemmèneTiteufdansune
aventure. Ce pestacle, c’est le mythe du
héros, une mécanique inexistante dans
les bandes dessinées. «Il me fallait un
enjeu, du suspens, quelque chose
d’adaptable au théâtre».
Par SandraHildebrandt
salondulivre.ch
prend désormais vie sur scène
Une grande confiance avant tout
L’histoire raconte à la fois le rapport de
Titeuf avec son créateur – vu qu’il prend
le chemin sur lequel le dessinateur le met
– et la cession du jeune blond à Karim
Slama. «Zep me file le volant pour que je
conduise un moment, le temps d’un
spectacle».
Le Lausannois apprécie la confiance
«magique» de l’auteur, mais aussi des
éditions Glénat. Si le premier texte se
nourrissait des confrontations et des
discussions sur le fond entre les deux
intéressés, Zep a ensuite décidé de lui
laisser la liberté. Faute de temps, mais
également pour lui permettre de ne pas
trop reprendre l’histoire originale et y
mettre une part de lui-même. «C’est à la
fois une grande responsabilité et un
magnifique cadeau», note le comédien.
«Désormais, je profite du théâtre, de ce
que cela peut amener en plus, et apporte
cequejesaisfaire».
Après avoir construit quelque chose de
solide, le Lausannois l’a soumis à de
nombreux testeurs. Des fans, pour être
sûr que les personnages correspondaient
à l’idée que les romands s’étaient faite
de leur idole, mais aussi des
professionnels. «J’ai fait appel à un script
doctor», précise-t-il. Et l’auteur de la BD?
Il a préféré garder la surprise. Un stress
supplémentaire pour Karim Slama, même
s’il avoueque«celafaitpartiedudeal».
«Les enfants de la BD sont représentés
par des marionnettes de mousse, à la
Muppet Show», explique le producteur.
«C’est une sorte de binôme, les
comédiens sont visibles et assumés.» Si
le genre a déjà été pratiqué à Broadway
ou en Allemagne, il est peu connu. En
Suisse,c’est unepremière.
Des comédiens déguisés jouent les
personnages adultes. Un choix qui donne
delavie,maispermetsurtoutderesterau
plus proche des personnages de base,
puisque les adultes sont moins exagérés
graphiquement dans l’œuvre originale.
Les comédiens ont été sélectionnés pour
leur ressemblance avec les personnages.
«Marc Donnet Monay est, par exemple,
rapidement devenu une évidence. Quand
il a demandé à ses enfants qui ils
pensaient qu’il allait jouer, ils ont
directement répondu: le papa», relate
KarimSlama.
Différents niveaux de lecture
«Le fait d’avoir un humain qui parle à une
marionnette rend l’interaction encore plus
magique», s’enthousiasme Karim Slama.
Ainsi, deux lectures se font en parallèle et
les émotions non visibles sur la
marionnette peuvent être interprétées
chezlecomédien.
Au total, ce sont 35 collaborateurs qui
constituent l’équipe. «C’est un immense
et très beau projet», explique avec fierté
l'initiateur du spectacle. Ce dernier se
devise à 1,2 million, tournée comprise. Le
simple coût de fabrication du décor et des
marionnettes est de 600 000 francs.
«C’est le premier grand spectacle
d’envergure autour de notre personnage
national. Il fallait le faire avant que
d’autres, à l’étranger, s’en chargent.»
Mais s’il a choisi Titeuf pour cette énorme
production, c’est aussi pour assouvir son
rêve de réunir toutes les générations au
théâtre.
3
Projectiondedessins
animés
Mercredi de 11h45 à
13h15, scène de la BD
Auteur des 365 Samouraïs ou, plus récemment
de In Bed, le Genevois Jean-Philippe aime
dessiner en direct.
Un programme de dessins animés mêlant
le Petit Spirou, Yakari et Boule & Bill
ainsi que Kid Paddle et Titeuf est prévu.
L'auteur de Titeuf répond aux questions du
public par la parole ou par le seul biais du dessin.
Un performance unique en son genre.
Zep-Rencontre-
Vendredi de 17h00 à
17h45, L'apostrophe
Interviewdessinée-
Samedi de 11h à 11h45,
scène de la BD
Trois moments forts de la Bande Dessinée
Karim Slama sera présent mercredi 27 avril de 16h à
16h30, sur la scène de la BD pour présenter le spectacle.
Marc Donet Monay incarne le papa de Titeuf. Tous
s'accordent sur la ressemblance.
Performancedessinée
deJean-Philippe
Kalonji
Mercredi de 13h30 à
14h, scène de la BD
4 27 avril 2016
Des étoiles qui s'effondrent sur elles-mêmes
Supernova, c’est l’histoire de la jeune Annabelle, 16 ans,
qui rêve de devenir une célébrité. Repérée par un
producteur, elle s'envole à Paris. Auditions, séances
photo, tout s'enchaîne très vite. Annabelle est
sélectionnée pour participer à Starcatcher, une émission
de télé-crochet en vogue. C'est alors que tout bascule.
«Je suis revenue à
mes fondamentaux»
Emma Daumas présente aujourd’hui
son premier roman. La chanteuse
révélée il y a 14 ans par l’émission Star
Academy sort maintenant la plume.
Avec Supernova, elle revient sur
l'expérience télé qui l'a bouleversée.
Interview avec cette jeune femme
sensible et pleine de charme.
Vous publiez ce printemps votre
premier ouvrage, que ressentez-vous?
Mon premier réflexe a été de le ranger
dans ma bibliothèque. C’est une
satisfaction d’être allée au bout de ce
projet. On a l’impression d’avoir gravi un
sommet. Quand on vient de la chanson,
un roman ça semble ambitieux mais
finalement, j’ai réalisé que c’était naturel.
Pourquoi la forme romanesque?
C'est tout un cheminement qui part de
l’écriture musicale. J’ai toujours écrit des
chansons mais je me suis souvent
reposée sur les auteurs et je développais
plutôt mes qualités d’interprète. Mais le
texte m’appelait. En 2011, je me suis
remise en question et je suis revenue à
mesfondamentaux.Jesuisalléefrapperà
la porte de Maxime Le Forestier que
j’appréciais et qui a toujours posé un
regardbienveillantsurmoi.Ilm’a redonné
la flamme qui me manquait. J’ai fait un
stage avec lui durant quelques mois. De
textes de chansons, aux fables, en
passantparlescontespourenfants,jeme
suis rendu compte que j’élargissais peu à
peumonterritoire.Puisj’ai rencontrémon
éditeur qui m’a dit que mon histoire était
intéressante, que la sur-médiatisation était
un réel phénomène de société. J’ai
tendance à croire que quand on lâche
prise,ilsepassedeschoses.
Le livre raconte l’histoire d'Annabelle.
Quels sont les points communs entre
vous et elle?
J’ai remarqué que de nombreuses
personnes se posaient la question (rires).
J’ai essayé de me détacher le plus
possible d’elle, et donc de mon
expérience. Annabelle est un personnage
de fiction qui me ressemble sur certains
points pour rendre le roman crédible. Je
suis partie de bases communes: une
jeune fille de province, qui enchaîne les
concours et rêve de percer dans la
chanson. Ce qui était intéressant après
c’était d’exacerber les processus, de les
exagérer. Il y a une ambiguïté que
j’assume, une sorte de schizophrénie
entre elle et moi. Dans mon histoire,
Annabelle devient Bella. Il s’agit d’un
Par AmélieRossé
Emma Daumas fait tomber
salondulivre.ch
Si mon livre
devenait un film
Quelle musique imaginez-vous pour
accompagner «Le Royaume de Makorren»?
J'imagineunemusiqueplutôtépique,
commelabande-sondeNarnia.Une
musiquederockiraitaussibienavecles
dragons.
De quel acteur rêveriez-vous?
Lepersonnageprincipaldemonoeuvre
estunereine.J'imaginetoutàfait
HelenaBonhamCarterdanscerôle,que
j'avaisbeaucoupaimédanslesfilms
d'HarryPotter.Elledégagedelaforceet
dumystèreàlafois.
Quel réalisateur pourrait adapter votre
livre au cinéma?
Sanshésitation,TimBurton!Ilsait
rendrejusticeàlamagie,sanslarendre
infantile.
Si vous deviez faire un caméo...
Jeseraissûrementunelfediscret,caché
aumilieud'unefoule.
avatar, un moi idéal qu’on se crée quand
on entre dans ce système et qui, à un
momentdonné,explose.
Votre avatar, à quoi ressemblait-il?
Il est passé par plusieurs formes. Je
pense qu’il ressemblait à une ado
révoltée, arrogante. Un peu trop sûre de
son pouvoir peut-être (rires). J’essayais
de trouver ma place comme quelqu’un de
fort, alors qu’au fond, j’ai fini par
comprendrequej’étais fragileetsensible.
Vous aviez l’impression de ne plus être
vous-même...
Oui, je me suis dit que j’étais dans la
caricature de moi-même. Contrairement à
Annabelle, je n’ai jamais accepté de faire
des choses que je n’avais pas envie de
faire. Moi j’ai su dire «non». C’est la
preuve qu’au fond de moi, je savais que
je me mentais à moi-même. Le
personnage d’Annabelle, c’est le résultat
d’observations plus générales. Je
m’inspire en effet des pop stars actuelles
finissentparexploserenvol.
Pourquoi avez-vous souhaité revenir
sur le thème du télé-crochet?
C’est mon éditeur qui m’a lancé sur le
sujet. C’est vrai qu’il me suit et me suivra
toujours.Iln’y apasuneseulefoisoùl'on
ne me parle pas de la Star Ac’! J’en
avais un peu marre qu’on me pose
toujoursla question«Alors,c’était bien?».
J’avais l’impression qu’on réduisait mon
expérience à certains faits. Pour moi,
c’était des sentiments bien plus ambigus
et complexes que ça. Désormais,
j’assume ce parcours et en faire en
débats.
Aujourd’hui, quel regard portez-vous
sur votre expérience à la Star Ac’ ?
Ce fut pour moi une expérience
bouleversante, car très extrême. Du jour
au lendemain, on s’arrache de son milieu
naturel pour être placé dans un
environnement totalement surfait. Tout
change brusquement: le regard des
autres, de notre famille, et le rapport
qu’on porte sur le monde. Je me suis
sentie déracinée. Il faut des années pour
seremettredroitdanssesbaskets
C'est donc une mise en garde?
Jepenseplutôtquec’est unpointdevue.
Je ne cherche pas à être moralisatrice du
tout, je retransmets une expérience telle
que je l’analyse et telle que je l’ai vécue.
D’autres la vivent différemment.
Effectivement, ça peut toucher certaines
personnes. Le message serait peut-être
qu’il est important de ne pas se perdre de
vue, de ne pas adopter des postures pour
plaire auxautres et de rester attaché à ses
valeurs,resterdroitetjuste.
Un roman aujourd’hui, un nouvel
album le mois prochain... Quelles
seront les prochaines étapes?
Pendant toutes ces années d’exploration
et de recherche, j’ai pu travailler sur des
projets très différents notamment en art
contemporain. Ça a ouvert le champ de
ma conscience. J’ai par exemple travaillé
sur une performance et sur un film d’art
en tant que chanteuse et comédienne.
Aujourd’hui, je remarque que j’ai très
envie de faire des ponts entre les genres.
J’ai compris que mon métier avait cette
puissance de pouvoir lier tout ça, de créer
des passerelles. Je suis quelqu’un qui
marche à la rencontre et je suis prête à
touttester.
5
«J'en avais un peu marre
qu'on me pose toujours la
question: Alors la Star Ac',
c'était bien?»
Mélissa Pollien
L'espace young adult
Mercredi,15h-16h30-N1460
Supernova, premier roman d'Emma Daumas
à découvrir aux éditions Scrineo
les étoiles
La Vaudoise de 18 ans dédicace son livre fantastique
à l'îlot jeunesse, de 10h30 à 12h.
DR
personnalités qui au départ fédèrent puis
roman, c’était l’occasion de réorienter les
«Ceux qui payent, c’est ceux
6
transformer les images, il a donc fallu
travailler sur les jeux de lumière pour
éviterd’envoyer messujetsenprison…
Est-il difficile de garder de la distance
avec le terrain?
C’est trèsdifficiledejouerentreproximité,
voire amitié, et distance journalistique. On
vit les choses ensemble, s’ils se bourrent
la gueule, je bois avec eux, c’est la clé
pour accéder à des moments intimes et
forts. Il y a d’ailleurs plusieurs photos que
je ne me souviens même pas d’avoir
prises! J’ai fait un petit calcul: j’ai bu
seize litres de vodka et de cognac pour ce
projet. Maintenant je ne bois plus d’alcool
dutout!
Mais c’est vrai que j’ai parfois dû garder
mes distances. Yulia, l’héroïne de mon
livre, je la connais mieux que son ex-mari!
Lorsqu'elle préparait son mariage, j’ai
décidé d’aller à l’hôtel plutôt que de
continueràvivrechezeux.
Est-ce que ces trois années se sont
déroulées comme prévu?
Non. Quand je suis arrivé Yulia était
adolescente, elle était très proche de Kiril,
et moi j’ai développé des liens très forts
avec les deux. Je l’ai vue évoluer très
vite, puis quand elle s’est mariée avec
Zhenya,elleetKirilontarrêtédeseparler.
Au milieu d'eux, j’étais comme un enfant
de parents divorcés, à faire la navette
27 avril 2016
Slavutych, 2016: Niels Akermann est
photojournaliste, il a décidé de
raconter la vie de la ville créée de
toutes pièces pour travailler sur la
centrale après la catastrophe.
Quel est le but, le message de votre
livre?
30 ans après Tchernobyl, je voulais
retourner l’appareil à 180 degrés.
D’habitude on se tourne toujours vers le
passé, mais là, au travers d'une histoire
de vie et d’amour, j’avais l’opportunité
demettrelefocussurl’avenir. Jenepeux
pas prédire qu’il sera grandiose, mais je
trouve qu’il faut faire confiance à la
jeunesse ukrainienne, qui ces dernières
annéesatellementcontribuéàl’avenir de
son pays. C’est un message d’ouverture,
optimiste.
Qu’avez-vous découvert en arrivant en
Ukraine?
Je suis tombé amoureux de ce pays.
C’est un peuple très généreux et très
ouvert, notamment dans leur rapport à
l’image. Parfois même un peu trop. Ça
mefaitpeurpoureux,caràl’inverse dela
Suisse où il y a une parano complète, en
Ukraine il y a une grande candeur face au
photographe. Selon qui tient l’appareil et
ce qu’il a envie de raconter, cette attitude
peut vraiment les desservir, sutout quand
on parle de sujets polémiques comme
Tchernobyl. Et ceux qui payent, c’est
ceuxquirestentsurplace.
Vous avez donc dû parfois retenir votre
appareil photo?
Très rapidement, j’ai senti que j’avais
une grande responsabilité. Eux ne m’ont
jamais censuré et je ne me suis pas limité
lors de la prise de vue, mais à l’étape du
choix, il a fallu faire attention. Par
exemple, j’ai fait une image d’un vodnik,
un bricolage à base de bouteilles de Coca
qui leur sert à fumer du cannabis. Mais la
drogue est très réprimée en Ukraine. En
tant que photojournaliste, je n’ai pas le
droit d’effacer des éléments ou de
©AnnaShumeiko
Niels Ackermann, photographe genevois.
Par PaulineRumpf

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Gazette Salon du livre 2016 - Mercredi

  • 1. salondulivre.ch 27 avril 2016 Le mercredi La Gazette du 30 e salon du livre et de la presse de Genève rédigée par les étudiants de l’Académie du journalisme et des médias de l'Université de Neuchâtel. Editopar Christophe Passer C'était hier SpectacleProfileur Après la cruauté télé de la Star Ac’ , Emma Daumas vient agiter la galaxie des livres. La chanteuse publie ce printemps Supernova (ed. Scrineo), son premier roman. La jeune femme raconte l’histoire d’Annabelle, une adolescente qui rêve de devenir célèbre. Toute ressemblance avec un personnage, etc. Interview. Pages4-5 KarimSlamaest aujourd'huiau salonpourjouer unextraitdeson spectacleconsacré àTiteuf.Pages 2-3 Emma Daumas: "Il faut des années pour se remettre droit dans ses baskets." StéphaneBourgoin décortiquela logiquedes tueurs ensériesurla scèneducrime. Page 15 Ne croyez pas que 30 ans, ce soit un âge de raison ou de pérennité. Vous entrez ce matin dans un lieu des miracles. Au printemps 1987, le fondateur, Pierre-Marcel Favre, attendait (lire son interview en page 12). C’était le premier matin, et il ne savait pas, il n’avait fait qu’imaginer et espérer. Et ce fut la foule aussitôt,etcefutcestupéfiant,débordant, ce désir de lire, de livres, de presse, de débats. Necroyezpasqu’une foislancé,celaaille de soi. L’époque est versatile. Le chaland est sans cesse sollicité. L’habitude peut tuer. Il faut surprendre sans cesse, mais aussi ne jamais oublier ce qu’on avait rêvé. Une manifestation ouverte, événementielle, tellement plus qu’une grande librairie, des scènes, des thèmes, des rendez-vous, presque un festival désormais: voici le deuxième salon du livre francophone du monde. Et c’est même le seul à mériter le nom de francophone: car viennent ici l’Afrique noire et le Québec, la Suisse romande et alémanique,LeMaghrebetParis. Ne croyez pas que ce ne soit pas important. Que les débats sur le numérique, sur l’économie de l’édition ou de la presse soit juste des questions techniques ou les marottes des gens de marketing.Ils’agit duVerbedanscequ’il a de splendide: un chemin vers la liberté. Alors 30 ans, oui, et c’était hier. Mais surtout, 30 miracles et 30 fêtes: soyez les bienvenus.
  • 2. Sommaire 15- Les serial-killers décortiqués 16- C'était comment il y a 30 ans Grâce à Karim Slama, Titeuf Amélie Rossé, Pauline Rumpf, Marielle Savoy Correcteur Fanny Sarfati Impression Imprimeries Saint-Paul Fribourg Maquette Johnathan Caldwell Produit par MagTuner Start up fribourgeoise qui met à dispostion de la Gazette son système rédactionnel en ligne. www.magtuner.com 2 27 avril 2016 04-Emma Daumas fait tomber les etoiles Editeur Salon du livre et de la presse de Genève - Palexpo SA Rédacteurenchef Christophe Passer Journalistes Académie du journa- lisme et des médias de l'Université de Neuchâtel: Maxime Fayet, Sandra Hildebrandt, Noémie Matos, Romain Michaud, Delphine Riand, Steve Riesen, Impressum Karim Slama amène Titeuf sur scène avec un spectacle de marionnettes. SébastienAnex 06-«Ceux qui payent, c’est ceux qui restent sur place» 08- L'Agenda 11-Taubira, une femme libre 12-«30 ans, ce n’est pas si loin» 13- Helvetiq, quizz ludiques 14- Critiques littéraires 2.0 Karim Slama s’empare de l’embléma- tique personnage de Titeuf, transformé en marionnette, pour un spectacle unique dans sa forme comme par son ampleur. Il en joue un extrait aujourd'hui au salon, avant ses pas- sages à Lausanne en septembre, puis partout en Suisse romande. Le comédien et humoriste lausannois Karim Slama présente au Salon du livre «Titeuf, le Pestacle». Un projet qui évolue depuis maintenant trois ans et demi, lorsque Zep, séduit par l’envergure du projet, a confié à Slama sa progéniture à la mèche blonde. Une première histoire a d’abord été écrite, avant que le comédien ne décide de la réécrire complètement, au moisdeseptembredernier. L’univers imaginé par Zep s’y retrouve totalement: une génération est née avec ce mouflet qui n’aime pas l’école, se fait embêter par son ami Hugo et dont les avances sont refusées par la belle Nadia. Une vie simplement pô juste… Une opportunité saisie par Karim Slama, qui donne la possibilité à Titeuf de dessiner et contrôler sa vie. «Il s’agit d’une des choses les plus difficiles; m’emparer de ce qui ne m’appartient pas et en faire quelquechoseàmamanière»,avoue-t-il. «La scénographie permet de représenter Zep qui dessine et d’un coup, c’est Titeuf qui se retrouve avec le crayon dans sa main et prend les commandes de son destin, avant que tout ne se complique», révèle-t-il.SlamaemmèneTiteufdansune aventure. Ce pestacle, c’est le mythe du héros, une mécanique inexistante dans les bandes dessinées. «Il me fallait un enjeu, du suspens, quelque chose d’adaptable au théâtre». Par SandraHildebrandt
  • 3. salondulivre.ch prend désormais vie sur scène Une grande confiance avant tout L’histoire raconte à la fois le rapport de Titeuf avec son créateur – vu qu’il prend le chemin sur lequel le dessinateur le met – et la cession du jeune blond à Karim Slama. «Zep me file le volant pour que je conduise un moment, le temps d’un spectacle». Le Lausannois apprécie la confiance «magique» de l’auteur, mais aussi des éditions Glénat. Si le premier texte se nourrissait des confrontations et des discussions sur le fond entre les deux intéressés, Zep a ensuite décidé de lui laisser la liberté. Faute de temps, mais également pour lui permettre de ne pas trop reprendre l’histoire originale et y mettre une part de lui-même. «C’est à la fois une grande responsabilité et un magnifique cadeau», note le comédien. «Désormais, je profite du théâtre, de ce que cela peut amener en plus, et apporte cequejesaisfaire». Après avoir construit quelque chose de solide, le Lausannois l’a soumis à de nombreux testeurs. Des fans, pour être sûr que les personnages correspondaient à l’idée que les romands s’étaient faite de leur idole, mais aussi des professionnels. «J’ai fait appel à un script doctor», précise-t-il. Et l’auteur de la BD? Il a préféré garder la surprise. Un stress supplémentaire pour Karim Slama, même s’il avoueque«celafaitpartiedudeal». «Les enfants de la BD sont représentés par des marionnettes de mousse, à la Muppet Show», explique le producteur. «C’est une sorte de binôme, les comédiens sont visibles et assumés.» Si le genre a déjà été pratiqué à Broadway ou en Allemagne, il est peu connu. En Suisse,c’est unepremière. Des comédiens déguisés jouent les personnages adultes. Un choix qui donne delavie,maispermetsurtoutderesterau plus proche des personnages de base, puisque les adultes sont moins exagérés graphiquement dans l’œuvre originale. Les comédiens ont été sélectionnés pour leur ressemblance avec les personnages. «Marc Donnet Monay est, par exemple, rapidement devenu une évidence. Quand il a demandé à ses enfants qui ils pensaient qu’il allait jouer, ils ont directement répondu: le papa», relate KarimSlama. Différents niveaux de lecture «Le fait d’avoir un humain qui parle à une marionnette rend l’interaction encore plus magique», s’enthousiasme Karim Slama. Ainsi, deux lectures se font en parallèle et les émotions non visibles sur la marionnette peuvent être interprétées chezlecomédien. Au total, ce sont 35 collaborateurs qui constituent l’équipe. «C’est un immense et très beau projet», explique avec fierté l'initiateur du spectacle. Ce dernier se devise à 1,2 million, tournée comprise. Le simple coût de fabrication du décor et des marionnettes est de 600 000 francs. «C’est le premier grand spectacle d’envergure autour de notre personnage national. Il fallait le faire avant que d’autres, à l’étranger, s’en chargent.» Mais s’il a choisi Titeuf pour cette énorme production, c’est aussi pour assouvir son rêve de réunir toutes les générations au théâtre. 3 Projectiondedessins animés Mercredi de 11h45 à 13h15, scène de la BD Auteur des 365 Samouraïs ou, plus récemment de In Bed, le Genevois Jean-Philippe aime dessiner en direct. Un programme de dessins animés mêlant le Petit Spirou, Yakari et Boule & Bill ainsi que Kid Paddle et Titeuf est prévu. L'auteur de Titeuf répond aux questions du public par la parole ou par le seul biais du dessin. Un performance unique en son genre. Zep-Rencontre- Vendredi de 17h00 à 17h45, L'apostrophe Interviewdessinée- Samedi de 11h à 11h45, scène de la BD Trois moments forts de la Bande Dessinée Karim Slama sera présent mercredi 27 avril de 16h à 16h30, sur la scène de la BD pour présenter le spectacle. Marc Donet Monay incarne le papa de Titeuf. Tous s'accordent sur la ressemblance. Performancedessinée deJean-Philippe Kalonji Mercredi de 13h30 à 14h, scène de la BD
  • 4. 4 27 avril 2016 Des étoiles qui s'effondrent sur elles-mêmes Supernova, c’est l’histoire de la jeune Annabelle, 16 ans, qui rêve de devenir une célébrité. Repérée par un producteur, elle s'envole à Paris. Auditions, séances photo, tout s'enchaîne très vite. Annabelle est sélectionnée pour participer à Starcatcher, une émission de télé-crochet en vogue. C'est alors que tout bascule. «Je suis revenue à mes fondamentaux» Emma Daumas présente aujourd’hui son premier roman. La chanteuse révélée il y a 14 ans par l’émission Star Academy sort maintenant la plume. Avec Supernova, elle revient sur l'expérience télé qui l'a bouleversée. Interview avec cette jeune femme sensible et pleine de charme. Vous publiez ce printemps votre premier ouvrage, que ressentez-vous? Mon premier réflexe a été de le ranger dans ma bibliothèque. C’est une satisfaction d’être allée au bout de ce projet. On a l’impression d’avoir gravi un sommet. Quand on vient de la chanson, un roman ça semble ambitieux mais finalement, j’ai réalisé que c’était naturel. Pourquoi la forme romanesque? C'est tout un cheminement qui part de l’écriture musicale. J’ai toujours écrit des chansons mais je me suis souvent reposée sur les auteurs et je développais plutôt mes qualités d’interprète. Mais le texte m’appelait. En 2011, je me suis remise en question et je suis revenue à mesfondamentaux.Jesuisalléefrapperà la porte de Maxime Le Forestier que j’appréciais et qui a toujours posé un regardbienveillantsurmoi.Ilm’a redonné la flamme qui me manquait. J’ai fait un stage avec lui durant quelques mois. De textes de chansons, aux fables, en passantparlescontespourenfants,jeme suis rendu compte que j’élargissais peu à peumonterritoire.Puisj’ai rencontrémon éditeur qui m’a dit que mon histoire était intéressante, que la sur-médiatisation était un réel phénomène de société. J’ai tendance à croire que quand on lâche prise,ilsepassedeschoses. Le livre raconte l’histoire d'Annabelle. Quels sont les points communs entre vous et elle? J’ai remarqué que de nombreuses personnes se posaient la question (rires). J’ai essayé de me détacher le plus possible d’elle, et donc de mon expérience. Annabelle est un personnage de fiction qui me ressemble sur certains points pour rendre le roman crédible. Je suis partie de bases communes: une jeune fille de province, qui enchaîne les concours et rêve de percer dans la chanson. Ce qui était intéressant après c’était d’exacerber les processus, de les exagérer. Il y a une ambiguïté que j’assume, une sorte de schizophrénie entre elle et moi. Dans mon histoire, Annabelle devient Bella. Il s’agit d’un Par AmélieRossé Emma Daumas fait tomber
  • 5. salondulivre.ch Si mon livre devenait un film Quelle musique imaginez-vous pour accompagner «Le Royaume de Makorren»? J'imagineunemusiqueplutôtépique, commelabande-sondeNarnia.Une musiquederockiraitaussibienavecles dragons. De quel acteur rêveriez-vous? Lepersonnageprincipaldemonoeuvre estunereine.J'imaginetoutàfait HelenaBonhamCarterdanscerôle,que j'avaisbeaucoupaimédanslesfilms d'HarryPotter.Elledégagedelaforceet dumystèreàlafois. Quel réalisateur pourrait adapter votre livre au cinéma? Sanshésitation,TimBurton!Ilsait rendrejusticeàlamagie,sanslarendre infantile. Si vous deviez faire un caméo... Jeseraissûrementunelfediscret,caché aumilieud'unefoule. avatar, un moi idéal qu’on se crée quand on entre dans ce système et qui, à un momentdonné,explose. Votre avatar, à quoi ressemblait-il? Il est passé par plusieurs formes. Je pense qu’il ressemblait à une ado révoltée, arrogante. Un peu trop sûre de son pouvoir peut-être (rires). J’essayais de trouver ma place comme quelqu’un de fort, alors qu’au fond, j’ai fini par comprendrequej’étais fragileetsensible. Vous aviez l’impression de ne plus être vous-même... Oui, je me suis dit que j’étais dans la caricature de moi-même. Contrairement à Annabelle, je n’ai jamais accepté de faire des choses que je n’avais pas envie de faire. Moi j’ai su dire «non». C’est la preuve qu’au fond de moi, je savais que je me mentais à moi-même. Le personnage d’Annabelle, c’est le résultat d’observations plus générales. Je m’inspire en effet des pop stars actuelles finissentparexploserenvol. Pourquoi avez-vous souhaité revenir sur le thème du télé-crochet? C’est mon éditeur qui m’a lancé sur le sujet. C’est vrai qu’il me suit et me suivra toujours.Iln’y apasuneseulefoisoùl'on ne me parle pas de la Star Ac’! J’en avais un peu marre qu’on me pose toujoursla question«Alors,c’était bien?». J’avais l’impression qu’on réduisait mon expérience à certains faits. Pour moi, c’était des sentiments bien plus ambigus et complexes que ça. Désormais, j’assume ce parcours et en faire en débats. Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur votre expérience à la Star Ac’ ? Ce fut pour moi une expérience bouleversante, car très extrême. Du jour au lendemain, on s’arrache de son milieu naturel pour être placé dans un environnement totalement surfait. Tout change brusquement: le regard des autres, de notre famille, et le rapport qu’on porte sur le monde. Je me suis sentie déracinée. Il faut des années pour seremettredroitdanssesbaskets C'est donc une mise en garde? Jepenseplutôtquec’est unpointdevue. Je ne cherche pas à être moralisatrice du tout, je retransmets une expérience telle que je l’analyse et telle que je l’ai vécue. D’autres la vivent différemment. Effectivement, ça peut toucher certaines personnes. Le message serait peut-être qu’il est important de ne pas se perdre de vue, de ne pas adopter des postures pour plaire auxautres et de rester attaché à ses valeurs,resterdroitetjuste. Un roman aujourd’hui, un nouvel album le mois prochain... Quelles seront les prochaines étapes? Pendant toutes ces années d’exploration et de recherche, j’ai pu travailler sur des projets très différents notamment en art contemporain. Ça a ouvert le champ de ma conscience. J’ai par exemple travaillé sur une performance et sur un film d’art en tant que chanteuse et comédienne. Aujourd’hui, je remarque que j’ai très envie de faire des ponts entre les genres. J’ai compris que mon métier avait cette puissance de pouvoir lier tout ça, de créer des passerelles. Je suis quelqu’un qui marche à la rencontre et je suis prête à touttester. 5 «J'en avais un peu marre qu'on me pose toujours la question: Alors la Star Ac', c'était bien?» Mélissa Pollien L'espace young adult Mercredi,15h-16h30-N1460 Supernova, premier roman d'Emma Daumas à découvrir aux éditions Scrineo les étoiles La Vaudoise de 18 ans dédicace son livre fantastique à l'îlot jeunesse, de 10h30 à 12h. DR personnalités qui au départ fédèrent puis roman, c’était l’occasion de réorienter les
  • 6. «Ceux qui payent, c’est ceux 6 transformer les images, il a donc fallu travailler sur les jeux de lumière pour éviterd’envoyer messujetsenprison… Est-il difficile de garder de la distance avec le terrain? C’est trèsdifficiledejouerentreproximité, voire amitié, et distance journalistique. On vit les choses ensemble, s’ils se bourrent la gueule, je bois avec eux, c’est la clé pour accéder à des moments intimes et forts. Il y a d’ailleurs plusieurs photos que je ne me souviens même pas d’avoir prises! J’ai fait un petit calcul: j’ai bu seize litres de vodka et de cognac pour ce projet. Maintenant je ne bois plus d’alcool dutout! Mais c’est vrai que j’ai parfois dû garder mes distances. Yulia, l’héroïne de mon livre, je la connais mieux que son ex-mari! Lorsqu'elle préparait son mariage, j’ai décidé d’aller à l’hôtel plutôt que de continueràvivrechezeux. Est-ce que ces trois années se sont déroulées comme prévu? Non. Quand je suis arrivé Yulia était adolescente, elle était très proche de Kiril, et moi j’ai développé des liens très forts avec les deux. Je l’ai vue évoluer très vite, puis quand elle s’est mariée avec Zhenya,elleetKirilontarrêtédeseparler. Au milieu d'eux, j’étais comme un enfant de parents divorcés, à faire la navette 27 avril 2016 Slavutych, 2016: Niels Akermann est photojournaliste, il a décidé de raconter la vie de la ville créée de toutes pièces pour travailler sur la centrale après la catastrophe. Quel est le but, le message de votre livre? 30 ans après Tchernobyl, je voulais retourner l’appareil à 180 degrés. D’habitude on se tourne toujours vers le passé, mais là, au travers d'une histoire de vie et d’amour, j’avais l’opportunité demettrelefocussurl’avenir. Jenepeux pas prédire qu’il sera grandiose, mais je trouve qu’il faut faire confiance à la jeunesse ukrainienne, qui ces dernières annéesatellementcontribuéàl’avenir de son pays. C’est un message d’ouverture, optimiste. Qu’avez-vous découvert en arrivant en Ukraine? Je suis tombé amoureux de ce pays. C’est un peuple très généreux et très ouvert, notamment dans leur rapport à l’image. Parfois même un peu trop. Ça mefaitpeurpoureux,caràl’inverse dela Suisse où il y a une parano complète, en Ukraine il y a une grande candeur face au photographe. Selon qui tient l’appareil et ce qu’il a envie de raconter, cette attitude peut vraiment les desservir, sutout quand on parle de sujets polémiques comme Tchernobyl. Et ceux qui payent, c’est ceuxquirestentsurplace. Vous avez donc dû parfois retenir votre appareil photo? Très rapidement, j’ai senti que j’avais une grande responsabilité. Eux ne m’ont jamais censuré et je ne me suis pas limité lors de la prise de vue, mais à l’étape du choix, il a fallu faire attention. Par exemple, j’ai fait une image d’un vodnik, un bricolage à base de bouteilles de Coca qui leur sert à fumer du cannabis. Mais la drogue est très réprimée en Ukraine. En tant que photojournaliste, je n’ai pas le droit d’effacer des éléments ou de ©AnnaShumeiko Niels Ackermann, photographe genevois. Par PaulineRumpf
  • 7. Mieux qu'un témoignage, des photos pour un avenir possible salondulivre.ch entre les deux pour pouvoir continuer à raconterleursdeuxhistoires. La vie de vos personnage a-t-elle changé à cause de votre présence? Oui, notamment celle de Yulia. Slavutych, c’est une ville aux horizons limités, tant géographiquement que dans le temps. Mais pour l’instant, il y fait bon y vivre et cela suffit pour la plupart des gens qui vivent là-bas. Pourtant cette fille a des envies bien plus grandes; je pense que ce livre l’a aidé à se poser des questions sur qui elle est et ce qu’elle deviendra après lafindestravauxàTchernobyl. Comment s’est passée l’écriture? Gaëtan Vannay connaissait très bien l’Europe de l’Est, il avait été correspondant à Moscou pour la RTS. J’ai vite compris qu’il avait la même compréhension du pays que moi. Je l’ai donc emmené à Slavutych sans rien lui dire, pour ne pas l’influencer, et on a constaté qu’on avait fait les mêmes observations,lesmêmesconstats.Apartir de là seulement, je lui ai donné mes notes pour qu’il puisse écrire le texte. Avez-vous eu des divergences? Légèrement. Je suis d'un naturel optimiste et Gaëtan est plus pessimiste pour l’avenir de la ville et des jeunes qui y vivent. Dans le livre, on sent cette tension entre mes photos et son texte, entre nos deux visions du monde. Qu’allez-vous faire maintenant que le projet est terminé? Je reste en Ukraine. Je vois que ce projet est très bien accueilli et ça m’encourage car j’ai encore plein d’histoires à raconter àproposdecepays. qui restent sur place» 7 Après 3 ans de voyages à Slavutych, la ville créée après la catastrophe de Chernobyl, le photojournaliste Niels Ackermann raconte l'histoire de Yulia et de ses amis, qui travaillent dans l’ancienne centrale. Les travaux seront finis en 2017, et personne ne sait vraiment ce qui arrivera aux 2500 emplois de la ville après cette date. Niels Ackermann sera mercredi à 14h sur la scène philo. Il sera aussi présent vendredi et samedi. ©NielsAckermann/Lundi13 L'Ange Blanc, Niels Ackermann et Gaëtan Vannay, Editions Noir et Blanc
  • 8. 11:00 - 12:00 - Atelier Letempsdeladouceur Françoise Dorn 12:00 - 13:00 - Rencontre Qu’est-ce doncquinous faittantcourir? Nicolas Duruz et Michael Balavoine 13:00 - 14:00 - Conférence Lebien-êtreémotionnel Gaëtan Cousin et Isabelle Henzi 14:00 - 15:00 Atelierphilo Jean-Paul Mongin 14:00 - 16:00 - Dédicace Lapuissancedel’écoute Laurence Courvoisier 15:00 - 16:00 - Rencontre Laméditationdansla nature Alexandra Dechezelle, Philippe Roch, Claire Tiberghien et Patrick Morier-Genoud 16:00 - 17:00 - Rencontre Confianceensoi Catherine Braillard, Emmanuel Delessert et Patrick Morier-Genoud 17:00 - 18:00 - Rencontre Jepositive... Yves-Alexandre Thalmann et Pascal Schouwey 10:30 - 11:45 - Animation Jeparlelesuisse! Virginie Borel 12:00 - 13:00 - Rencontre SoloavecClaude Torracinta Claude Torracinta 13:00 - 14:00 - Rencontre Parrains&Poulains Eugène et Guy Chevalley 14:00 - 15:00 - Rencontre VeryRoadTrip(Route66) Julie Guinand, Frédéric Lamoth, Bruno Pellegrino et Cornélia de Preux 15:00 - 16:00 - Animation StéphaneBovon&Friends Stéphane Bovon, Jon Ferguson, Jean-Luc Fornelli, Alain Freudiger, Pierre-Yves Lador, Frédéric Valloton, M. Admonk Casimir et Olivier Morattel 16:00 - 16:30 - Lecture LepapadeSolalfaitson show! Florian Eglin 16:30 - 18:00 - Animation Apérofuturiste! André Ourednik, Olivier Sillig et l’équipe Hélice Hélas 10:00 - 10:45 - Animation Sil’Afrique m’était contée Anani André-Pierre Accoh et Koffivi Assem 11:00 - 11:45 - Débat Ledevoirdeviolence Anthony Mangeon, Bi Kacou Parfait Diandué et Felwine Sarr 12:15 - 13:00 - Débat Lepatrimoinenumérique LaRéus Gangouéus, Jean- Jacques Kobenan, Jean- Claude Naba et Aliou Sow 13:30 - 14:15 - Table ronde L’héritage philosophique Felwine Sarr et Anthony Mangeon 14:45 - 15:30 - Débat Lesnouveauxpasseurs James Noël et Laure Leroy 16:00 - 17:00 - Rencontre UneheureavecChristiane Taubira(en dédicace 15:00-16:00) 17:15 - 18:00 - Table ronde LeSénégallittéraire Kadhi Hane et Felwine Sarr 18:15 - 19:00 - Table ronde L’engagement littéraire deMongoBeti,héritage assumé? Odile Biyidi, Awala Tobner et Ambroise Kom 10:00 - 12:00 - Contes Halima Hamdane 10:00 - 18:00 - Atelier Initiationàlacalligraphie arabe 10:00 - 19:00 Expositiondecalligraphie arabeAbderrazak Hamouda 14:00 - 15:00 - Rencontre Durécitdevoyageaux écrivainsdesdiasporas Nouri Al-Jarrah, Abdellatif Chaouite, Younès Ajarraï et Rania Samara 15:30 - 16:30 - Débat Mémoiresetidentitésen littératurediasporique Kaouther Adimi, Lamia Berrada-Berca et Abdellatif Chaouite 16:45 - 17:45 - Débat Récitsdevoyageuses européennesenOrient Ons Debbech, Fawzia Zouari et Rania Samara 18:00 - 18:45 - Projection de film ONORIENTOUR,un voyaged’Orient post PrintempsHajar Chokairi, Oumayma Ajarraï et Servanne Briand 18:45 - 19:00 VernissageExpositionde calligraphie Abderrazak Hamouda et Younès Ajarraï 8 27 avril 2016 10:00 - 11:30 AtelierBooktube avecMargaudLiseuse 13:00 - 13:30 - Table ronde MelissaPollienetPaul Béorn:écrirelafantasy 14:00 - 14:30 - Table ronde “Supernova” avecEmma Daumas 15:00 - 16:30 - Animation RemiseduPrixRTSAdo 2016 10:00 - 11:30 - Animation CréeravecMinecraftavec StéphanePilet 12:00 - 12:45 - Rencontre FrançoisLévesque, fantastiqueQuébec 13:00 - 13:45 - Rencontre ElisabethBarillé,entendre d’une oreille 14:00 - 14:30 - Rencontre MichelTabachnik,la musiquedesavie 14:45 - 15:30 - Rencontre NancyHuston,un arc-en-cieldeviolences 15:45 - 16:30 - Rencontre FrédériqueDeghelt,le nouveauroman! L'apostrophe La place du Moi La place suisse Le pavillon des cultures arabes Le Salon africain L'espace young adult L'agenda Toutes les rencontres sont suivies de dédicaces. Programmesousréserve demodifications.
  • 9. 10:00 - 12:00 - Atelier Viensinventertapropre enquête! Christine Pompéï 13:30 - 14:15 - Rencontre JosephIncardona, MonsieurPolar 14:30 - 15:15 - Table ronde Noir,couleurlocale Olivier Chapuis, Marie-Christine Horn, Francis Parel, Jean-Marie Reber et Marc Voltenauer 15:30 - 16:15 - Rencontre StéphaneBourgoin:ma vieaveclesmonstres 10:00 - 11:30 - Animation Philosophesenherbe Association Pro Philo, Catherine Christodoulidis et Eva Rittmeyer 14:00 - 14:45 - Débat Tchernobyl30ansaprès Niels Ackermann, Andreï Kourkov et Luc Debraine 15:00 - 15:45 - Rencontre Ledroitpeut-il êtreraciste? Raymond Spira et Jacques Poget 16:00 - 16:45 - Rencontre Moïsea-t-ilréellement existé? Thomas Römer et Eléonore Sulser 11:45 - 13:15 Projectiondedessins animés 13:30 - 14:00 - Animation Performancedessinée Jean-Philippe Kalonji 14:15 - 14:45 - Animation Ledueldessinéde Vigousse Bénédicte et Sjöstedt 15:00 - 15:45 Projectiondedessins animés 16:00 - 16:30 - Rencontre KarimSlamaévoque Titeuflepestakle! Karim Slama 16:45 - 17:15 - Rencontre Paroles&dessins Frank Margerin 17:30 - 19:00 Projectiondedessins animés salondulivre.ch 9 10:00 - 10:45 - Rencontre RandonnéedanslesAlpes Vincent Tornay 11:00 - 11:45 - Rencontre Sanslescordes:ledéfides alpinistesensolo Gilles Chappaz 12:00 - 12:45 - Rencontre DuvéloàCuba Claude Marthaler 13:00 - 13:45 - Rencontre Photographedeschamps debataille Yan Morvan 14:00 - 14:45 - Rencontre Voyagepoétiqued’un mannequinenInde Arthur Grossmann 15:00 - 15:45 - Rencontre Levoyageuraveugle Jean-Pierre Brouillaud 16:00 - 16:45 - Rencontre Voyagehistoriqueau Canada Anne Forrest-Wilson et Monique Proulx 13:30 - 14:30 - Conférence Lacuisineàtraversun livre,touteuneaventure Jean-Pierre Gabriel et Sylvia Gabet 15:00 - 17:00 - Animation EnrobagedePopcakes, 3chocolatsetdécorations 17:00 - 17:45 - Conférence Lorsquel’oenologie rencontrelaparfumerie Richard Pfister et Sylvia Gabet La scène de la BD La place du voyage La scène du crime La scène philo La cuisine des livres 10:00 - 11:00 - Débat LavieentresesMains Clapase 11:00 - 12:00 - Animation LePituicyte-Unecellule pouruneamie Lia Rosso 14:00 - 15:00 - Atelier Fabriquetonmarque-page! Aurore Sénézergues 14:00 - 15:00 - Débat LavieentresesMains Clapase 15:00 - 15:45 - Conférence FrankensteinsurLéman Martine de Rosny 6:00 - 17:00 - Animation LaTraverséedu microscope Lia Rosso 18:00 - 19:00 Lecture Catherine Fuchs www.swizma.ch
  • 10. 10:00 - 11:30 - Atelier Lafabriquedespréjugés racistes Véronique Delille 11:00 - 12:00 - Atelier Dessinerpourvaincreles préjugés Franck Dumouilla et David Mazzolini 11:30 - 13:30 - Animation Votreprénomen calligraphie Shinta Zenke 12:00 - 13:00 - Activité culinaire "Lespetitestoques" Karin Rivollet 13:00 - 14:30 - Atelier LescarnetsdeLieneke Emmanuelle Wolff 13:30 - 15:00 - Atelier Lafabriquedespréjugés racistes Véronique Delille 14:30 - 15:30 - Atelier Dessinerpourvaincreles préjugés Franck Dumouilla et David Mazzolini 15:30 - 17:00 - Table ronde Lejudaïsmepourles «nuls» Eric Ackermann 17:30 - 18:30 - Dédicace ClaudeLanzmann 10 27 avril 2016 Assisesdel’édition francophone La TunisieLa CICADL'îlot jeunesseCercle de la Librairie et de l'Edition Genève 10:00 - Atelierlecture par Yves Schaefer 11:00 - AtelierLaFamily par Deborah Tison de l’atelier Le Petit Montessori (de 3 à 6 ans) 12:00 - Atelierdessin par Bruno Doutremer 13:00 - Atelierlectureet chant « Mon papa est un soleil » par Johan Leynaud (dès 2 ans) 14:00 - Animation MascotteLoup 14:30 - Miniconcert ambianceamericana-slave 15:00 - Remiseduprix Enfantaisie2016 par Jean-Marc Richard 15:30 - Animation MascotteLoup 16:30 - Atelierjardinage par l’association « J’aime ma planète » (de 5 à 12 ans) 17:00 - Animation MascotteLoup 17:30 - Atelierphilo par Jean Paul Mongin 14:00 - 15:00 - LectureLa voiedescoeursnomades A.L. Host 15:15 - 16:15 - Animation MatheKellerraconte PabloNeruda Marthe Keller et Vincent Prezioso 16:30 - 17:30 - Animation Inaugurationdunouveau standduCercle 09:30 - 19:00 - Exposition Résistance,tracesd'une révolution 09:30 - 19:00 - Atelier Céramique:LesMonstres Imen Chetouane 09:30 - 19:00 - Exposition Sfax,Capitaledela Culturearabe2016 Sana Tamzini 12:00 - 13:30 - Débat Résistance….tracesd’une révolution Salim Gribaâ, Sonia Kallel, Aouatef Khadhraoui et Mouna Jemal 14:30 - 15:30 - Rencontre FaouziaZouariet l’épreuve dudécentrement Faouzia Zouari et Samia Kassab-Charfi 15:30 - 16:30 - Conférence LATRILOGIEAGRAIRE: Leblé,l’olivier etlavigne Ahlem Bousaâda 9:15 - 9:45 - Accueildes participantsetpetit- déjeuner 9:45 - Motdebienvenueet ouverturedesAssisesde l'éditionfrancophone Isabelle Falconnier, Pascal Schouwey et Madame l'Ambassadeur Anne Lugon-Moulin 10:00 - Etatdeslieuxdes métiersdel'éditionàl'ère dunumérique 11:15 - Quiapeurdu grandméchantlivre numérique? 13:30 - Lenumérique, formidablerelaisdel'écrit 15:00 - Lacommunication etlemarketingàl'èredu digital:révolution! Dès 16:30 - Rencontres professionelles-salleL Conférence dédiée aux professionnels - sur inscription seulement L’espace 100% interactif et participatif qui va vous en faire voir de toutes les couleurs ! Appartement de sept pièces dédié aux activités d’expression personnelle et de création différente : lesalon/bibliothèquebleu (haïkus) lacuisineorange(recettes) leplacardgris(décoration) lestoilettesnoires(secrets) lasalledebainrose(selfies) lachambred’enfant verte (super-héros) lachambreparentalerouge (fantasmes) «Le numérique et le secteur de l’édition: panacée ou enfer ? Le livre face aux défis de la modernité ». Programme sous réserve de modifications.
  • 11. Le classique que vous rêvez de finir Alain Bittar est fondateur et directeur de la Librairie arabe "L'Olivier" à Genève. Après une longue réflexion, car il a beaucoup lu, il réalise : "Les Mille et Une Nuits, je ne l'ai jamais lu en entier. C'est quand-même le comble pour un libraire spécialiste de la littérature arabe! J'ai lu des analyses du texte, des ouvrages critiques, et j'ai lu plusieurs nuits séparément, mais j'aimerais un jour le lire d'une traite." PR Les Mille et Une Nuits Editions Libretto #idéefoireuse #surlaplacesuisse #latrilogieGérimont #sefaitdémolirenpublic #StéphaneBovon #aimelacritique #unpeusadomaso? @ la place suisse, C389, de 15h à 16h. salondulivre.ch Par MarielleSavoy 11 Aujourd’hui, Stéphane Bovon se fait descendre par ses potes La venue aujourd'hui à Genève de l'ex- garde des Sceaux française est l'un des événements du Salon du livre. Une politicienne atypique. Comment définirautrementChristianeTaubira?A64 ans, cette Française née en Guyane se distingue d’une classe politique plutôt formatée par son franc-parler et sa liberté de penser. L’ancienne ministre de la Justice française ne manque jamais de surprendre par son fort caractère et un naturel parfois déconcertant. Capable de piquer un fou-rire devant l’Assemblée nationale, elle est devenue aussi la reine de la répartie politique, avec des punchlines assassines mais toujours subtiles. A ceux qui la traitaient par exemple de tract ambulant pour le Front National, elle a rétorqué : «Je trouverais ça pitoyable si j’avais de la pitié à gaspiller».Imparable. Le langage flamboyant de Christiane Taubira laisse rarement indifférent. Dire qu'elle a le goût des mots serait un euphémisme. Avide de littérature depuis toute petite, elle n'a jamais songé à renoncer à cette passion pendant qu'elle était garde des Sceaux : «Durant presque quatre ans, je n’ai pu lire que la nuit. J’ai continué à le faire parce que c’est vital pour moi» a-t-elle confié au Temps le weekenddernier.Leplaisirdelalecturea aussi donné à Christiane Taubira celui de l’écriture. Auteure de plusieurs ouvrages, celle qui a longtemps été une militante indépendantiste en Guyane a notamment prêté sa plume à la cause noire, mais aussi raconté sa vie et son parcours politique. Chacun de ses livres est truffé de références à des auteurs qu’elle admire. Désormaislibredesontemps,Taubiraest retournéeàCayenneets’est lancéedans une aventure inédite: elle écrit les paroles des chansons du prochain album de Chris Combette, vedette locale et ami de l'ex-ministre. Se retirera-t-elle pour autant de la scène politique? Rien n’est moins sûr. Son dernier ouvrage, «Murmures à la jeunesse», rappelle qu'elle est avant tout une femme engagée. Engagée et courageuse, car ce plaidoyer contre la déchéance de nationalité n’est que l’aboutissement d’un combat qu’elle n’a pas hésité à mener parfois contre le gouvernement dont elle faisait partie. En 2017, cette figure de la gauche pourrait donc faire encore parler d’elle, si elle décidait de se lancer dans la course à la présidentielle. Mercredi27avril,scèneduSalonafricain >15h-16h:dédicace > 16h-17h:«Une heure avec Christiane Taubira» Taubira, une femme libre «Les Mille et Une Nuits» MaximeFayet DR
  • 12. pour retrouver des amis, entre copines pour écouter une personnalité. Isabelle Falconnier et moi tenons beaucoup à perpétuer cette idée de fête du livre pour tous: chacun de nous a dans sa bibliothèque aussi bien des romans que des livres de cuisine, des polars, des BD, des livres de photos, des guides de voyages, des livres pour enfants ou des cahiersdevacances… Quel était l’événement phare de la première édition en 1987 et quel est celui de 2016? PMF: La foule. L’essentiel, c’était que cela marche, que le grand rassemblement fonctionne.Cefutlecas. AB: Personnellement, je suis fière de tous lesprojetsquenousavonsmenésàterme et j’ai une immense reconnaissance pour ceux qui les ont rendus possibles. Cette année, les expositions que nous propo- sons sont particulièrement exception- nelles, c’est incroyable. La fabrique aussi 12 27 avril 2016 par DelphineRiand «30 ans, ce n’est pas si loin» Le Salon du livre et de la presse fête cette année sa trentième édition. A son origine, Pierre-Marcel Favre, fameux fondateur des éditions Favre, à Lausanne. Il a présidé le salon pendant 23 ans, avant de laisser sa place à Adeline Beaux. Interview croisé, entre présent et passé. La première édition du Salon du livre voit le jour à Genève en 1987: comment est née cette idée? Pierre-Marcel Favre: Pour combler une lacune. Il y avait des salons, des foires, des festivals du livre partout dans le monde.EtrienenSuisse. Trente ans plus tard, comment expliquez-vous le succès constant de cette manifestation? Adeline Beaux: Le public adore le Salon du livre, et je suis la première à le comprendre: une telle richesse culturelle rassemblée en un seul endroit! Des livres et des auteurs, bien sûr, mais aussi des expos inédites, des ateliers, la Fabrique, la Chasse au Trésor…ce salon regorge de propositions,impossibledes’y ennuyer. PMF: Trente ans plus tard, l’esprit du salon reste le même: servir les auteurs, servir le livre. L’événement a connu quelques changements, mais le nombre de visiteurs, la surface, le nombre d’auteurs est à peu près le même qu’au début. Avec les années, le public du salon a-t-il évolué? PMF: Il n’y a pas un public, mais heureu- sement, des publics. Genève d’abord, la Suisse romande et la France voisine ensuite. Beaucoup de familles. Il y a une certainecontinuité. AB: Précisément, le Salon du livre a depuis le début été ouvert à tout un chacun et pas seulement aux grands lecteurs. C’est un salon très familial, les gensyviennentavecleursjeunesenfants, sort du commun et j’ai hâte d’aller y raconter un dîner de Noël en famille. Il y aurait encore les rencontres Philo, que je ne raterais pour rien au monde, le concert d’Oxmo Puccino de vendredi, les duels dessinés de Vigousse…Je n’aurais jamais assezde5jourspourtoutvoir. Les différentes scènes présentes au salon témoignent d'un marché du livre relativement diversifié. Était-ce déjà le cas en 1986 et que dire de l'évolution de ce marché? PMF: J’ai publié, parallèlement au salon, 1700 livres. Il y a, aujourd’hui comme hier, des livres pour enfants, des essais, des romans, des beaux livres, etc. Il y a évolutionsansrupture. AB: Hormis le genre «young adult» qui n’existait pas comme phénomène massif d’édition, oui, toutes les thématiques étaient abordées. 30 ans ce n’est pas si loin! Adeline Beaux, directrice du Salon du livre. Pierre-Marcel Favre, le fondateur.
  • 13. salondulivre.ch HELVETIQ vous aurait permis de répondre aux questions de l'intro:du 3 au 29 novembre 1847, Stans et la viande séchée. 13 Par RomainMichaud En quelle année a eu lieu la guerre du Sonderbund ? Quel est le chef lieu de Nidwald ? Quelle est la spécialité des Grisons ? Vous séchez ? Voilà déjà 8 ans que l’entreprise HELVETIQ a sorti son premier jeu «Tour de Suisse». Un succès parti de l’expérience de son directeur et inventeur Hadi Barkat, suite à la préparation de son examen de connaissance pour la naturalisation suisse. «Je ne savais pas comment réviser. J’ai utilisé internet et des manuels scolaires. J’ai eu cette idée de jeu, car je voulais apprendre de manière ludique et je me suis rendu compte que mes amis suisses ne connaissaient souvent pas les réponses à ces questions ou les avaient oubliées», expliqueHadiBarkat. Depuis ce premier opus, la société s’est professionnalisée. Elle compte aujourd’hui sept personnes à temps plein et travaille dans tous le pays. «On se développe aussi à l’international. Nous créons des jeux dans des boîtes d’allumettes géantesqui ontbeaucoupde succès. Nous sommes présent dans une quinzainedepays»,raconteHadiBarkat. HELVETIQ continue ponctuellement de sortir de nouveaux livres et de nouveaux concepts, comme «Pictolingua». Un jeu de vocabulaire sur des mots à décliner en cinq langues (Allemand, Français, Italien, Romanche et Anglais). Si vous êtes plutôt géographie, vous pouvez jouer à «Cantuun» et parcourir les cantons suisses sur un plateau, en répondant par exempleàdesquestionssurlacharmante ville de Stans dans le canton de Nidwald. Pour les amoureux des cimes, une création sur les montagnes est en cours depréparation. Des quizz pour Monsieur ou Madame «Je sais tout»? L’inventeur s'en défend: «Nos jeux sont pensés pour des joueurs occasionels. Les questions ne demandent pasdesavoirpréalable.Nousvoulonsque les gens apprennent en profitant de la vie. Ce sont des jeux familiaux, il faut que les enfantspuissentbattreleursparents.» Présentation et démonstration des jeux Helvétiq, le mercredi 27 avril de 09h30 à 19h00àL’îlot Jeunesse(E531) Helvetiq, quizz ludiques HELVETIQ
  • 14. Où écrivez-vous? Critiques littéraires 2.0 14 27 avril 2016 Par SteveRiesen Enseignant à 80 %, c’est à son bureau que Florian Eglin consacre deux heures chaque matin à l’écriture, avant les cours. L’auteur avoue toutefois que pour un travail vraiment fructueux, quatre heures consécutives seraient nécessaires. Le lieu rêvé pour laisser libre cours à sa plume, Florian l’a déjà déniché. Depuis quelque temps, il nourrit un petit fantasme. Il rêve de s’installer avec sa famille au Japon et écrire quelques années là-bas. «C’est un endroit qui m’inspire beaucoup.» SH Margaud Liseuse, de son vrai nom Margaud Quartenoud, parle de littérature sur Youtube depuis cinq ans. De 10h à 11h30, Margaud Liseuse partage ses astuces de Booktubeuse à l'espace young adult. Au milieu des vidéos de chats et d’humour, le Booktube commence à s'imposer sur Internet. Le principe: conseiller des lectures par des vidéos. «Je puise dans l’émotion plutôt que dans l’analyse intellectuelle,témoigneMargaud Liseuse, booktubeuse fribourgeoise de 25 ans. Je pense que ce sont ma personnalité et ma spontanéité qui plaisent aux jeunes». Peu friands de critiques littéraires, les adolescents se tournent en effet vers Youtube pour remplir leur bibliothèque. «Les médias traditionnels parlent très peu de la littérature des jeunes adultes, car elle ne plaît ni à leurs journalistes, ni à leur lectorat»,estimeMargaudLiseuse. Comme dans le secteur de la mode, les professionnelss’intéressent désormaisde près à ces nouveaux leaders d’opinion, mais Margaud tient à son indépendance. La Fribourgeoise ne se gêne pas de dire siellen’aime pasunroman,mêmequand ellel’a reçugratuitement.Libraireàtemps plein, elle réalise ses vidéos sur son temps libre. Sa passion ne lui rapporte qu'un maigre argent de poche, malgré ses 30000abonnés. Les booktubeurs, en majorité des femmes de 20 à 25 ans, ont créé tout un univers, avec ses codes et son vocabulaire anglicisé. Ainsi, on parle de «Bookshelf tour» lorsqu’on présente sa bibliothèque ou de «Book Jar Challenge», lorsqu’on lit un livre que l'on a tiré au sort. L’atmosphère se veut enjouée et divertissante. «J'essaie de rendre mes vidéos un peu interactives. Je passe notamment beaucoup de temps à répondre aux commentaires, cela permet d’impliquer monpublic.» DR AnoukSchneider
  • 15. Stéphane Bourgoin Touteslesrencontresetdédicacessedéroulent sur«Lascèneducrime»,L1230. Mercredi27avrilde15h30à16h15:« StéphaneBourgoin:Mavieaveclesmonstres» Jeudi28avril,de16h15à17h:"La psychologieduserialkiller"-Rencontreentre StéphaneBourgoinetMichèleAgrapart. Vendredi29avril,10h30-11h15:"La passionducrime",lancementdesrevues"True Crime"et"BonSang".Rencontreavec StéphaneBourgoin,FrédéricPloquin,Danielle Thiéry etYannickDehée. 1992, les essais sur les plus grands criminels, tels que Jack l'Eventreur ou l'Ogre de Santa Cruz. Sa dernière actualité? Une contribution à True Crime, une revue sous forme d’ouvrage collectif, rassemblant les plumes de neuf auteurs parmi les plus connus des faits-diversiers. Parmieux:FrédéricPloquin(aussiprésent au Salon du livre vendredi), grand reporter, et Frédérique Lantieri, actuelle présentatrice de l'émission «Faites entrer l'accusé». Stéphane Bourgoin y raconte la fascinante histoire de «Sévé», alias «le cannibale du Comminges». En l’espace de 13 ans, ce premier serial-killer français avait perpétré 22 agressions sexuelles et meurtres à connotation pédophile… et aussi fétichiste: «Il avait l’habitude d’emporter après ses actes des vêtements ou des rubans de ses victimes.» Pour Stéphane Bourgoin, coucher ces histoires sanglantes sur le papier, «cela me permet de mettre une distance par salondulivre.ch 15 Par NoémieMatos Stéphane Bourgoin, interrogeant le "tueur vampire d'Eustis" Roderick Feller, le plus jeune condamné à mort de Floride, 2008. Tous les secrets des tueurs en série seront livrés dès aujourd'hui par Stéphane Bourgoin, écrivain français spécialiste dans l'étude des tueurs en série. Rendez-vous sur la scène du crime. Deux millions de livres vendus, 77 criminels interviewés, une bonne centaine d'invitations à des émissions de télévision... Il faut dire que Stéphane Bourgoin s'y connaît en matière de serial-killers,crimessanglantsetenquêtes policières: sa femme a été sauvagement assassinée en 1976. D'écrivain à enquêteur, la frontière est ténue. L'auteur précise:«J’ai unepositionatypique.Jene suis pas officier dans la police judiciaire, mais j’ai notamment travaillé comme consultant du FBI sans pour autant intervenir sur des enquêtes criminelles». Il a aussi enseigné au Centre national de formation de police judiciaire. Du côté littéraire, le Français a multiplié depuis rapport à l’horreur des sujets qui me préoccupent. Car c’est stressant, voire violent d'effectuer des centaines d’heures d’entretien avec de grands criminels». A travers ses écrits, il souhaite comprendre et vulgariser ces actes innommables. «Je pense avoir apporté ma pierre à la connaissance des phénomènes criminels»,estimelefinlimier. Les serial-killers décortiqués
  • 16. 16 27 avril 2016 Chaque jour, la rédaction de "Vigousse" (stand 590) dessinne pour La Gazette C'était comment il y a 30 ans Caroline Rutz Il y a trente ans, Daniel Pennac en avait 42. Ancien cancre du fond de la classe, il avait à cette époque troqué son bonnet d’âne pour endosser la casquette de professeur. A côté, il écrit des livres. Des livres remplis de personnages atypiques et dans lesquels on navigue à vue. C’est le cas de La Fée Carabine qui, comme le salon,affichetrenteansaucompteurcette année. Publié aux éditions Gallimard, ce roman policier se fait le porte parole de l’absurde. Une grand-mère dégomme un flic à coup de pistolet automatique, la drogue coule à flot chez les seniors, les chiens sont épileptiques et on ne compte plus les morts. Benjamin Malaussène porte le chapeau de tout ce joyeux foutoir, mais c’est normal puisqu’il est bouc émissaire de métier. L’ouvrage remporte le Prix Mystère de la critique en 1988. Cerise sur le gâteau, Yves Boisset en fait un téléfilm avec un certain Fabrice Luchini. Il y a trente ans, ce dernier était moins grisonnant, mais comme l’écrit Pennac: «Vieillir, hélas […]c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour ne pas mourir jeune.» Luchini à l'affiche du téléfilm La fee Carabine en 1988 Par DelphineRiand