UpandUnder n°12

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UpandUnder n°12

  1. 1. Le webzine des sites de rugby indépendants / @magUpAndUnder / n°12 / avri-mai 2015 upandunder.fr XV de France à quand les beaux jours ? Dessalesgossesauxstarlettes/Trèfledeplaisanterie! /TopLeague / Quandlerugby tombesurlatête/FranceFéminines,unesecondeplacedebelleaugure/GeorgeNorth recordàquelprix?/U20féminines CrunchàBordeaux/Super15plusspectaculaireque Top14/VarsityCup/ITW: albertCigagna/ThomasLombard/GaëlleMignot/HélèneEzanno
  2. 2. Voila l'été ! édito 2 Le XV de France a terminé sa campagne du Tournoi 2015 par un revers face à l’Angleterre dans son temple de Twickenham. Un échec cinglant, si l’on s’en tient à la lecture de ces seuls chiffres : plus lourde défaite enregistrée face à une nation de l’hémisphère nord, sept essais encaissés et vingt points d’écarts entre les deux équipes, reléguant les Tricolores à une peu avantageuse quatrième place au classement de la compétition. Et pourtant, comble du paradoxe, cette déculottée a redonné le sourire à la France du rugby. Parce qu’après une série de matchs insipides, les Tricolores ont produit du jeu jusqu’à l’ivresse, inscrivant cinq essais à leurs adversaires, un de plus que leur total lors des quatre premières rencontres du Tournoi, enlevant au passage le record de points marqués par une équipe européenne à Twickenham. Parce qu’à quelques décisions litigieuses de Monsieur Owens et une dizaine de points oubliés par les buteurs français près, le XV de France aurait vraisemblablement pu arracher un résultat historique en terres anglaises. Cette tendance à basculer du pessimisme le plus noir à l’optimisme échevelé serait à ranger parmi les curiosités nationales, au même titre que la baguette, le camembert et les modalités de désignation du sélectionneur du XV de France, si elle ne s’accompagnait pas de la sale manie qu’a notre rugby de se délecter d’une performance hors normes sans vraiment s’interroger sur la façon adéquate de la renouveler dans la durée. Pour le dire autrement, les intérêts particuliers des acteurs de l’ovalie hexagonale trouvent leur compte dans le statu quo, tablant sur l’adage de l’homme politique corrézien (tiens tiens…) Henri Queuille selon lequel il n’est pas de problème si complexe qu’une absence de solution ne finisse par résoudre. Philippe Saint-André gagnera-t-il la Coupe du monde ? Le coin de ciel bleu entrevu à Twickenham a certainement conforté le sélectionneur dans ses convictions – ne croyons pas qu’il en soit dépourvu, qu’il pourrait bien réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Mais il faudra davantage qu’une éclaircie pour nous convaincre que le soleil d’Austerlitz brillera sur Londres le 31 octobre prochain. Ce numéro de printemps de votre webzine rugby préféré revient naturellement sur le Tournoi. Et, comme toujours, vous donnera aussi envie de regarder de l’autre côté du globe, en particulier chez nos amis Japonais, qui accueilleront, ne l’oublions pas, l’édition 2019 de la Coupe du monde. Toute l’équipe des blogueurs d’Up and Under vous souhaite une bonne lecture ! P.S. Up and Under veut continuer encore longtemps à vous offrir le meilleur des blogs rugby indépendants. Pour cela, il compte sur votre soutien. On vous explique tout page suivante. Photo : Adidas Un (petit) coin de ciel bleu Antoine @renvoiaux22
  3. 3. Notre projet : vous proposer le webzine Up & Under sur tous les supports numériques Up & Under est un collectif qui, depuis début 2013, réunit différents blogueurs, tous passionnés de rugby et observateurs attentifs du monde de l’Ovalie, auteurs pour certains, qui informent, analysent, interviewent, … même sans carte de presse. Sa vocation est de proposer, chaque mois, une sélection d’articles publiés sur leurs blogs respectifs. Il est pour l'instant disponible en téléchargement gratuit sur upandunder.fr et sur les blogs partenaires. Un melting pot carrément ovale Up & Under a délibérément choisi de cultiver une ligne éditoriale différente de ce que proposent les médias sportifs traditionnels, que ce soit dans le ton, l’esprit et les sujets traités. Up & Under est donc le rendez-vous de la diversité, des points de vue, des sensibilités, qui s’expriment en toute liberté et indépendance… mais aussi de tous les rugbys, d’ici et d’ailleurs, qu’ils se conjuguent au niveau professionnel ou amateur, au masculin ou au féminin. Un collectif soudé & assidu Cette belle aventure n’existerait pas sans la contribution sans faille de nos blogueurs, tous bénévoles : Antoine de Renvoiaux22.fr, Jérémy & co de superrugbynews.fr, Greg et toute l’équipe de xvovalie.com, Hinato de japonrugby. net, Eric de finalesrugby.com, Thibaut de Goodgamerugby, sans oublier Sabine, Sophie & Jérémy de bajadita.com et, pour la partie graphique, Olivier de tahaacrea.com. Un contenu diversifié Up & Under, c'est l'hémisphère sud et l'hémisphère nord, le rugby masculin et le rugby féminin, réunis en un seul support. C'est aussi des entretiens exclusifs et des portraits de joueurs, joueuses, entraîneurs, ... A quoi serviront vos contributions ? Plus simple, plus pratique & plus accessible, toujours gratuit ! Désireux de privilégier un accès le plus large possible au contenu, tout en maintenant la gratuité pour ses lecteurs et lectrices, nous souhaitons pouvoir vous faire profiter des numéros d'Up & Under sur tous les supports disponibles (Smartphones, tablettes, ordinateurs). Pour embarquer avec nous dans l'aventure Up&Under, rendez-vous dès mardi sur kisskissbankbank.com. Bienvenue, merci & à très vite ! Vous appréciez Up & Under ? Devenez son supporter n°1 ! 3
  4. 4. FRENCH CONNECTION iNTERVIEW THOMAS LOMBARD bajadita.com / @jerryman66 - @bajadita portrait albert cigagna finalesrugby.com / @Finales_Rugby 05 12
  5. 5. thomaslombard
  6. 6. 6 interview thomas lombard Thomas, vous êtes parisien. On va dire que le bassin parisien n’est pas une terre de rugby comme peut l’être le sud-ouest. Pour vous le rugby c’était une évidence ou c’est venu un peu par hasard ? Ni une évidence, ni un hasard, mais mon père jouait au rugby, donc je vais dire que je suis venu au rugby par atavisme paternel et à un moment on a toujours envie de marcher sur les traces de son papa. J’ai fait du tennis et un peu de sports co comme le foot, mais le foot ne me plaisait pas vraiment. Je suis venu au rugby vers l’âge de 12 ans et je ne l’ai plus quitté ensuite. Débuts au Chesnay, puis à Versailles, si je vous dis que le rugby c’est l’école de la vie vous confirmez ? Oui, j’y ai retrouvé des notions de convivialité, de partage, d’altruisme. Puis, il y avait l’aspect festif qu’on peut retrouver même en catégorie de jeunes, comme lors de déplacements de tournois. C’était une belle époque. Ensuite le Racing... Oui, Versailles jusqu’en première année cadets, puis le Racing. J’étais en section sports études au lycée Lakanal à Sceaux. J’avais déjà un pied vers les filières de haut niveau. Je pars donc vers le Racing puisque il y avait plus de perspectives de jouer le haut du niveau et j’avais aussi pas mal de copains de sélections de jeunes qui évoluaient là bas. Vous tombez en fait au début du professionnalisme. Effectivement, quand je commence à jouer en première en 93-94, tout se passe très vite ensuite puisqu’il y a la coupe du Monde 95 qui arrive et la fédération tarde un peu mais décide de franchir le pas. Je deviens donc pro, même si à l’époque on garde des rythmes d'entraînement qui sont des restes de l’amateurisme et qui ne sont pas comparables avec ceux de maintenant. C’était comment le Racing à l’époque? Un peu compliqué non? Fin de l’époque show-bizz, etc. Oui, pas tout à fait, mais c’est vrai que ça se précipite un peu brutalement la dernière année, celle de Bob Dwyer, mais il restait quand même au début Cabannes, Mesnel, Deslandes, Blond, Denis Charvet, Laurent Bénézech, du très beau monde quoi. C’était encore une belle équipe. Mais effectivement une phase de transition était en train de se préparer. Cette génération là était plutôt en fin de parcours et derrière il y a quelques difficultés d’ordre sportif qui arrivent. on était considéré comme un ovni... Mais ça a commencé à faire beaucoup de bruit autour de nous quand on bat sèchement le Stade Toulousain ‘‘
  7. 7. 7 interview thomas lombard Le Racing tombe un peu et c’est le Stade Français qui émerge. Vous rejoignez alors le Stade Français. Oui, je reste une année en groupe B avec le Racing avec lequel on fait un barrage contre Toulon pour accéder en groupe A qu’on perd (1996-97). Puis les deux équipes ont un peu des trajectoires opposées avec les années difficiles pour le Racing et les années de gloire du Stade Français. Bernard Laporte me contacte alors et je prends la décision de le rejoindre, mais la décision n’a pas été simple à prendre. Il était difficile de laisser ses potes, ses amis. Derrière, c’est la grande époque du Stade Français. Effectivement, tout va très vite derrière. On est champion de France la première année et là, pour le coup, je rentre en plein dans le professionnalisme, même si la première année j’étais au Bataillon de Joinville à l’armée et que je passais moins de temps au club que la plupart de mes coéquipiers. Mais là on était déjà passé à un entraînement voire deux quotidiens. Un peu comparable à ce qui se fait aujourd’hui. Personne ne nous attendait, on était l’équipe surprise, bien qu’il y ait des super joueurs dans l’équipe. Mais on était considéré comme un mirage, un ovni. Mais ça a commencé à faire beaucoup de bruit autour de nous quand on bat sèchement le Stade Toulousain en demi à Brive. Puis en finale, on écarte facilement Perpignan qui passe complètement à côté de sa finale. 4 titres de champion avec le Stade Français. Un seul regret peut-être, la finale de Coupe d’Europe de 2001 contre Leicester que vous perdez en toute fin de rencontre à l’issue d’une superbe finale ? Oui, mais honnêtement ils nous sont supérieurs ce jour là. Diego (Dominguez) nous maintient à flot avec une réussite insolente au pied comme il avait l’habitude d’avoir. Mais en face, c’était une très belle équipe. On peut toujours regretter de ne pas l’avoir gagnée mais je n’ai pas le souvenir qu’on ait été dans la position de Toulon ou de Clermont ces dernières années où dans les matches de poule et phases finales tu sens qu’il y a une supériorité affichée. On faisait partie des équipes qui pouvaient la gagner, mais on n’était pas l’équipe qui devait la gagner. Vous êtes rapidement sélectionné en équipe de France. Première sélection en 98, premier essai dès la deuxième sélection contre l’Australie. Là aussi, ça va super vite. Peut-être le regret de ne pas avoir disputé la Coupe du Monde un an plus tard ? Effectivement, c’est toujours un regret. Je suis arrivé vite, j’ai rapidement été titulaire à un an de la Coupe du Monde. Mais cette arrivée rapide, je la dois aux performances du Stade Français, mais sur la saison 98-99 on a un creux dans la saison une fois le tournoi terminé. On ne se qualifie d’ailleurs pas pour les phases finales du championnat (élimination en quarts de finale 19 - 51 à Toulouse). On gagne le Du Manoir derrière toutefois, mais le Stade Français a été moins performant, j’ai aussi été moins performant et comme tout joueur on est aussi tributaire des performances de son club. Il y a aussi un choix des sélectionneurs qui avait arrêté un groupe pour partir à la Coupe du monde. Ils avaient leur équipe type dans laquelle je n'apparaissais pas, mais ensuite ils ont choisi des joueurs moins expérimentés. C’est pour ça d’ailleurs je pense qu’ils ont fait beaucoup appel aussi à des joueurs non-capés pour cette Coupe du Monde (Jimmy Marlu, Cédric Desbrosses, Stéphane Castaignède). C’est une stratégie que je comprends tout à fait mais qui fait que je suis resté à la maison. 2004, c’est la fin de l’ère Nick Mallett au Stade Français, vous décidez de partir du club. Oui, j’avais fait un peu le tour, on avait tout gagné. J’avais envie de faire autre chose, me relancer peut-être. J’aurais pu choisir le confort et rester au club puisque j’avais encore deux années de contrat, mais j’avais une opportunité. Ma première fille était née, mais était encore jeune et c’était peut-être le bon moment pour partir. Même si après coup, je dois avouer que quand j’ai appris que Nick Mallett partait, je me suis posé la question. Mais je ne regrette absolument pas mon choix. Worcester n’était pas le plus grand club anglais, mais l’idée n’était pas forcément d’aller dans un club qui dominait tout. Puisque j’avais déjà eu cette situation de confort par rapport aux résultats avec le Stade Français. C’était plus l’aventure qui était intéressante, et il y avait un challenge
  8. 8. 8 interview thomas lombard sportif avec Worcester qui consistait à devenir la première équipe à se maintenir après avoir été promue puisque cela n’était jamais arrivé avant qu’on ne le fasse. De ce point de vue cela a été une aventure humaine intéressante, sans parler du sportif. On note d’ailleurs que vous vous intéressez de très près au rugby anglais. On sent que vous vous êtes régalé là-bas. Vous appréciez ce côté plus cadré, moins bordélique qu’on sent qu’il peut exister parfois en France? Je ne veux pas parler du rugby et de l’organisation générale du rugby parce que c’est toujours très délicat, mais en revanche, du point de vue de la structure du club c’était top. Au stade français on était un peu un club nomade, on n’avait pas de centre d’entraînement, on prenait souvent la voiture et là je suis arrivé dans un club qui était structuré, centralisé, où tout se passait au même endroit avec la rigueur et la discipline anglaises. Une phase de préparation très dure, beaucoup d’encadrement à tous les niveaux. Tout était beaucoup plus élaboré et cadré que ce que j’avais pu connaître jusqu’à alors. Ca a été un changement de situation qui m’a interpellé effectivement. Finalement, vous bouclez la boucle avec un retour au Racing. Malheureusement, vous perdez en finale d’accession contre le Stade Montois. Oui, on avait une bonne équipe, on était un peu jeune collectivement. On était sans doute individuellement supérieur à beaucoup de nos adversaires, mais la Pro D2 ce n’est pas que ça, et on a perdu face à une équipe de Mont-de-Marsan beaucoup plus unie et déterminée que nous même si le match se joue aux prolongations. Mais à un moment, ils ont eu un peu plus d’expérience ensemble ce qui leur a permis de se sublimer et nous, on a calé. Malheureusement derrière vous devez mettre un terme à votre carrière pour des soucis cardiaques. Oui, on me détecte une fuite aortique, qui ne m’a pas laissé le choix. Ça ne doit pas être facile, vous n’avez pas eu le temps de vous y préparer. C’est brutal en effet. Mais est-ce que finalement il y a une bonne façon d’arrêter sa carrière ? L’avantage, c’est que je n’avais pas à réfléchir 0 quand arrêter ma carrière, cela m’a été imposé et c’est vrai que le positif dans l’histoire c’est que j’ai tout de suite eu des sollicitations qui m’ont permis de m’occuper mais surtout de rester dans le rugby. Vous devenez consultant dès 2007 alors que vous jouez encore. Il y a toujours un manque c’est sûr, mais je restais dans mon univers. Je n’étais plus sur le terrain mais en dehors et je n’ai donc pas ressenti de manque d’être sur le terrain, d’être avec les terrains. Aucune envie d’être entraîneur ? Pour le moment non, cela n’a jamais été un but. Vous êtes peut-être le commentateur qui fait le plus l’unanimité sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous le ressentez et est-ce que vous avez une explication ? Non, je n’ai aucune explication, il est vrai que Midi Olympique avait fait un sondage auprès des entraîneurs qui me plaçaient en tête. J’essaie juste de faire mon boulot du mieux possible, comme quand je jouais. J’ai choisi d’être consultant à part entière et non en complément d’une activité. Du coup cela me dégage des périodes de temps plus grandes pour préparer mes matches, visionner mes matches, lire la presse, etc. Peut-être que l’explication vient de là. Cela me ravit en tout cas, et j’espère que cela va continuer. Comment se présente une semaine de consultant ? Lecture des journaux, … ? En effet, j’aime beaucoup lire la presse anglaise en ce qui me concerne, je vais aussi sur les sites étrangers puisque je commente le Super rugby pour Canal. C’est aussi un moyen d’avoir des informations et des points de comparaison sur l’organisation générale, etc. Après, j’aime bien regarder les matches que je n’ai pas vus. Cela prend du temps mais on a la chance avec Canal d’avoir une base de données qui est accessible en permanence. Donc, tout cela me prend deux, trois jours par semaine. Puis il y a aussi la radio et comme j’interviens aussi pas mal en entreprise sur des séminaires et des conventions, cela fait des bonnes semaines.
  9. 9. 9 interview thomas lombard Vous êtes friand de rugby de l’hémisphère Sud, qu’est-ce que vous appréciez dans ces compétitions ? Il y a une notion de spectacle qui est intéressante. Souvent, ce sont des matches qui sont attrayants du point de vue de la prise de risque, etc. Sans comparaison aucune avec le Top14 puisque les enjeux ne sont pas les mêmes, il n’y a pas de descente, les modes de financement des équipes ne sont pas les mêmes. Je trouve que c’est un championnat rafraîchissant, c’est aussi un laboratoire pour les expérimentations des nouvelles règles. Ca permet de voir en amont comment les règles sont gérées et les changements de règles sont assimilés par les joueurs. Voilà, je trouve que c’est un complément intéressant au Top14. Ce qui me frappe en regardant le Super Rugby, c’est la rapidité de libération des ballons ainsi que l’angle des courses qui je trouve meilleur d’une manière générale (plus de courses droites, ...) Par rapport aux libérations, je pense qu’ils sont très forts dans la qualité des soutiens, le travail de libération de la balle. Ce sont des choses qu’ils travaillent beaucoup. Par exemple, on voit beaucoup en Super Rugby ou même souvent au niveau européen des joueurs qui vont se détendre, s’étirer un maximum et se tourner rapidement vers leur camp pour que le ballon soit accessible et qui vont favoriser la sortie de balle. On a tendance à le voir de plus en plus en Top14, mais ce n’est pas aussi régulier. Le Super Rugby est doté d’arbitres qui laissent le jeu se dérouler beaucoup plus. Maintenant sur les angles de course, ils travaillent beaucoup le jeu dans la défense, la faculté à libérer les actions, jouer dans la défense, donc du coup ça entraîne effectivement des réactions des joueurs sans ballon avec des prises d’intervalle, des prises de ligne et c’est vrai que quand ils sont servis, ça va loin. Ils ont une dextérité technique qui est supérieure à la nôtre, c’est vrai, et ça fait souvent impression. Toujours en parlant de jeu, il m’arrive souvent de râler contre des passes sautées qui au lien d’apporter un plus en attaque, desservent finalement le jeu de ligne et favorisent le travail défensif. C’est vrai que la passe sautée, si elle n’est pas à plat et que la course n’est pas bonne, va aider la défense qui va récupérer en glissant. En perdant du terrain certes. Il est vrai que c’est parfois systématique. Après, c’est aussi une question de communication des joueurs. Je sais par exemple qu’en Angleterre justement on avait des codes pour pouvoir annoncer ce qu’on voulait comme passe. Ce n’est donc pas le porteur de balle mais les soutiens qui annonçaient. Tout est question de communication à mon avis. Vous avez relevé il y a peu sur Twitter une statistique sur la possession du ballon et l’occupation. Elle indiquait qu’à part les Blacks, c’est l’équipe qui n’a pas l’occupation ni la possession du jeu qui l’emporte la plupart du temps. Oui. Alors attention, ce n’est pas une statistique définitive. Mais très souvent, aujourd’hui, l’équipe qui a moins souvent le ballon en terme de possession est l’équipe qui gagne les matches. Finalement on se rend compte qu’il est beaucoup plus difficile d’attaquer que de défendre. On a des défenses capables maintenant de défendre sur plus de dix temps de jeu sans se faire pénaliser et avec les règles autour des rucks, les joueurs qui viennent contester du calibre de Steffon Armitage font que l’équipe qui a le ballon finit très souvent par s’épuiser et se mettre à la faute. Du coup procéder par contre est une situation plutôt favorable. En revanche cela ne s’applique pas aux Blacks. Eux font mentir ce genre de statistiques. Qu’est-ce qu’ils ont de plus? La culture ? La technique ? Déjà, ils travaillent énormément les ballons de récupération ( à peu près 50 % des essais sont marqués sur des ballons de récupération) et ils ont une organisation avec des zones de terrain où ils savent qu’ils peuvent à tout moment attaquer, d’autres où en revanche ils savent qu’ils vont taper au pied. Et à partir du moment où il y a une récupération où une prise d’intervalle qui intervient dans cette zone, il y a une mise en mouvement de beaucoup de joueurs avec des courses de soutien, etc., qui est significative. Puis ils ont une dextérité technique, une agilité pour faire des passes au contact ou on est en quête perpétuelle de talents, de joueurs, de certitudes. Donc on change, on renouvelle. Il y a d’autres stratégies. ‘‘
  10. 10. 10 interview thomas lombard jouer dans la défense qui fait souvent la différence. Et puis ils ont aussi des joueurs comme Kieran Read, qui sont des garçons parvenant à faire le geste juste dans toutes les situations. Donc finalement s’il y a une bonne solution à prendre et 9 de mauvaise, ils vont à 95 % prendre la bonne décision. Ils sont dans l’organisation et la description d’un système de jeu qu’ils mettent en place tous les week-ends dans le Super Rugby. Ils sont dans la continuité avec leur équipe nationale. Ce qui n’est pas forcément notre cas, nous sommes dans un championnat globalement assez fermé avec beaucoup de phases de conquête, de défense, etc. D’où au niveau international quand il faut jouer dans la défense, dans les intervalles, on a moins l’habitude de le faire puisqu’on ne le fait pas forcément au quotidien en club. Eux sont dans la continuité, nous on ne l’est pas. Justement puisqu’on parle de l’équipe de France. Quel est votre regard sur cette équipe ? Au niveau comptable, en terme de bilan comme en terme de jeu, on va dire que celui-ci est assez faible depuis l’arrivée de Philippe Saint-André à la tête des Bleus. On a l’impression qu’il n’y a pas de ligne directrice, de plan de jeu, de fil conducteur. On tâtonne beaucoup, par exemple, on décide à deux jours d’un match en Australie de mettre en place une défense inversée que l’on n’a jamais travaillée. Oui, mais j’ai envie de dire que quand on perd mais qu’on se creuse la tête, c’est plutôt bon signe. Maintenant, je reste optimiste par rapport à cette équipe puisque je pense qu’elle a malgré tout une forme de puissance qui se dégagera à un moment ou à un autre. Pour moment ça tarde c’est vrai, mais il y a du talent, des joueurs d’expérience, un bon équilibre et un groupe qui vient puisque j’ai eu la chance de les accompagner en Nouvelle- Zélande et Australie et m’apercevoir de cela. Ils sont bons ensemble et c’est important. Mais il faudra que ça se matérialise par des résultats même si on peut toujours dire que les deux mois de préparation à la Coupe du Monde, qui est une compétition qui nous réussit toujours plutôt bien, pourront changer les choses. Mais il faudrait quand même qu’ils arrivent à terminer ce Tournoi des 6 Nations avec au moins trois victoires (la date sera précisée dans le topo de l’interview). Cela avait presque été le cas à l'automne mais il y a eu ce croche-patte des Argentins qui nous a remis face à nos doutes, etc. Mais je pense qu’ils vont y arriver. Ce que je trouve dommage quand même c’est que chaque année le Tournoi ne sert plus qu’à préparer la Coupe du Monde. Finalement, gagner le Tournoi n’est pas le plus important... C’est vrai, mais c’est le lot de presque toutes les équipes aujourd’hui à part celles qui dominent le rugby bien sûr. Celles qui ne gagnent pas, qui ont un nouvel entraîneur, un nouveau groupe de joueurs, des anciens qui arrêtent, des nouveaux qui ne donnent pas forcément satisfaction, n’arrivent pas à dégager de certitude. Et si on n’arrive pas à fixer et à figer tout ça par des résultats, on est en quête perpétuelle de talents, de joueurs, de certitudes. Donc on change, on renouvelle. Il y a d’autres stratégies. Les Anglais par exemple. Eux se sont entêtés avec certains choix, mais on voit que malgré tout un garçon qui est titulaire depuis trois ans comme Farrell ne donne pas toutes les certitudes non plus à six mois de la Coupe du Monde. Puis sa blessure n’arrange pas les choses. Donc voilà, je ne crois pas qu’il y ait de vérité absolue. Maintenant ce qui est sûr, c’est que rationnellement il vaut mieux avoir une équipe qui arrive à la Coupe du Monde en ayant gagné deux Tournois et en dégageant une force collective grâce à de bons résultats plutôt qu’une équipe qui navigue un peu à vue. Mais même si l’équipe de France devient Championne du Monde (après tout la poule est accessible et c’est une compétition qui nous réussit plutôt bien) met-on en place tous les ingrédients pour réussir ? Un exemple : au niveau de la formation, on ne brille pas dans les dernières Coupes du Monde des moins de 20 ans. Est-ce qu’on ne devrait pas repenser des choses ? On a un problème institutionnel, notamment au niveau des conventions et du respect de ces conventions. Par exemple dans la convention entre la Premiership rugby et la RFU, le premier point mis en avant est la priorité à l’équipe nationale, ce n’est pas le cas dans la convention LNR / FFR. Donc on progresse doucement, mais il y a une énorme divergence entre les intérêts des clubs et ceux de l’équipe nationale. Par exemple aujourd’hui, il n’y a pas d’intérêt évident pour un président de club comme Mourad Boudjellal de faire tout ce qu’il faut pour que l’Equipe de France soit forte. Son club fonctionne, il est double Champion d’Europe en titre et Champion de France. Il faut trouver des points d’accroche pour indemniser de manière encore plus significative. C’est un dossier extrêmement complexe. On s’en aperçoit d’autant plus avec la liste des 30 joueurs protégés . Finalement sur cette liste, seule la moitié de ces joueurs est sélectionnée de manière récurrente. Il y a donc des clubs qui peuvent logiquement se sentir lésés. Je pense que 30 n’est pas le bon chiffre. Il fallait réduire ce nombre à 10 ou 15 en ciblant prioritairement les cadres comme Thierry Dusautoir qui a besoin de se ménager et de se préparer pour la Coupe du Monde. Maintenant, nous voyons bien qu’il est difficile de mener une politique de résultats pour l’équipe nationale et pour les clubs. Les Anglais par exemple n’ont plus gagné de Coupe d’Europe depuis 2007. Les Saracens s’en sont rapprochés mais n’ont pas réussi. Et ce d’autant plus que les anglais ont eu un passage à vide important dans leur rugby avec la dévaluation de la livre sterling. Le rugby anglais fonctionnant essentiellement sur du mécénat, les mécènes ont réduit leurs investissements et leur participation dans les clubs. Moins de stars étrangères, relative désaffection des stades. Du coup, obligation pour eux de proposer un spectacle attrayant pour essayer de faire revenir ou garder les gens dans les stades et après un choix payant, il faut l’avouer, de prioriser les joueurs issus de la formation anglaise (English Qualified Players). Ces joueurs là du coup aujourd’hui représentent 75 % des joueurs évoluant en Angleterre. Stuart Lancaster, le sélectionneur anglais, a du coup 75 % de joueurs qu’il peut sélectionner pour
  11. 11. 11 interview thomas lombard l’équipe d’Angleterre, ce qui est colossal. Cela s’est mis en place grâce à des mesures incitatives et aujourd’hui ils tirent la quintessence de cela. Si on prend la ligne d’attaque de l’équipe d’Angleterre, il y a une moyenne d’âge très basse. En parlant de l’équipe d’Angleterre et de sa composition, je trouve personnellement dommage qu’on écarte un joueur de la ligne de Danny Care. Danny Care est écarté parce que Stuart Lancaster trouve que Ben Youngs colle plus au plan de jeu qu’il chercher à mettre en place. Care est un joueur plus d’instinct, plus imprévisible. Care n’est même pas sur le banc car Wigglesworth est un excellent joueur au pied, ce qui donne donc plus d’options aux différents temps de jeu de Lancaster. En octobre dernier, la FFR a proposé une ébauche de calendrier dans le but d’une harmonisation. N’est-ce pas une bonne chose pour éviter les doublons, mettre en place un Championnat du Monde des Clubs par exemple ? Le problème, c’est qu’aujourd’hui il y a quand même des mastodontes qu’il faudra bouger. A commencer par le Tournoi des 6 Nations. Les organisateurs ne veulent pas entendre parler d’un tournoi à un autre moment qu’en février et mars. Maintenant, la piste est intéressante et c’est une piste à creuser mais le calendrier sera toujours autant chargé. Il restera toujours les matches de championnat et les phases finales. Top12 ou pas alors ? Non, je ne pense pas que le Top 12 soit une bonne solution. Ce que les clubs font gagner en terme de temps de récupération, ils vont le perdre en recettes par exemple. Il y aura deux réceptions de moins. Puis on va se trouver avec les gros clubs qui auront 35 joueurs compétitifs, une main d’oeuvre extrêmement importante et pas forcément utilisée à sa juste valeur. Pour plus de spectacle en Top14, limiter à une seule descente alors ? 2 descentes sur 14 clubs paraissent très lourdes. Mais en contre partie, il n’y aurait qu’une seule montée. Oui, mais on pourrait s’inspirer de ce que font les Anglais par exemple, c’est à dire avoir des critères d’accession plus drastiques (qualité des stades, montant des budgets pour les clubs etc.) pour essayer d’avoir des équipes pérennes en Top14 avec des bassins économiques forts. Aujourd’hui, il est capital pour le rugby que Lille puisse accéder à l’élite et obtenir une homogénéisation des clubs sur l'hexagone qui soit plus significative. Aujourd’hui c’est trop disparate. Bien sûr on ne pourra jamais empêcher le mérite à une équipe comme Mont-de-Marsan par exemple de remonter en Top14. Mais on sait que ce sont des équipes qui financièrement auront du mal à être compétitives par rapport à d’autres. Tôt ou tard, il y aura un choix à faire. Vous n’avez pas peur qu’on se coupe trop de l’histoire de ce sport ? Oui, on se coupe un peu de l’histoire de ce sport, mais une métropole comme Lyon par exemple peut un jour attirer du monde dans son stade. Le potentiel est là. Puis ce sont des équipes qui sont dans des grands bassins économiques qui peuvent mettre un million sur la table par exemple pour faire venir des stars comme Dan Carter. Vous avez commenté dernièrement du rugby féminin. Vos impressions ? C’était très sympa. Il y avait une belle fenêtre ouverte aux rugbywomen pour attirer la lumière. Elles ont fait quelque chose de chouette pour la Coupe du Monde. Il y a une sorte de solidarité qu’on doit avoir aujourd’hui avec elles. Le rugby masculin est très fort. Il est normal qu’on puisse les aider ainsi de temps à autre. Bon, le match n’a pas forcément été des plus enlevés, mais les conditions étaient difficiles. C’était une chouette initiative. En plus, la rencontre a été suivie par 300 000 téléspectateurs, ce qui est plutôt honorable. En parlant de rugby féminin, il y a ces temps-ci beaucoup de médiatisation. Était-ce un “one shot” pour Canal ou est-ce que l’expérience va être renouvelée ? C’est un match qui s’est inscrit dans le cadre des 24h du sport féminin. Il n’est pas exclu que ça se reproduise. Maintenant il est vrai que nous avons une antenne des plus chargées et il sera compliqué de retransmettre le Top8 qui pourrait entrer en collision avec le Top14 et la Pro D2. Cela ne va pas servir à grand chose de se positionner sur le sport féminin et le diffuser à 23h sur une chaîne annexe de Canal. Jeremy @jerryman66 ou @bajadita Photo : Icon Sport/ enpleinelucarne.net/ biensport.wordpress.com/
  12. 12. 12 portrait albert cigagna Une fois n’est pas coutume, ce mois-ci, FINALESRUGBY ne vous proposera pas un focus sur un match ou sur une biographie. Pour ce numéro 12 d’UP AND UNDER, c’est un très grand joueur du rugby français qui nous fait l’honneur d’un questionnaire de Proust sauce ovale. TOP ! Il a dirigé le pack de Toulouse durant 14 ans au poste de numéro 8. Surnommé « Matabiau » en raison de sa capacité à trier les ballons pour les bonifier, il fut titré 5 fois en 7 finales de championnat de France Doté d’un sens tactique hors du commun et d’une grosse technique individuelle, il connut la consécration internationale bien tard (qui a dit « à tort !! ») à presque 35 ans pour décrocher la 3ème place de la Coupe du Monde 1995 face à nos meilleurs ennemis Il n’est pas possible que vous n’ayez pas encore découvert de qui il s’agit. Je suis !… Je suis !… Monsieur Albert Cigagna bien sûr !
  13. 13. 13 portrait albert cigagna * Mazères Cassagne Sports est un club du Comité Midi Pyrénées qui a également formé William Servat, Hervé Manent et Julien Rey, actuellement centre de l’U.B.B. Quel est aujourd’hui votre activité professionnelle ? Professeur d’EPS depuis 1982, détaché à la Fédération Française du Sport Universitaire depuis 15 ans A quel âge avez-vous commencé à jouer au rugby ? 6 ans Pourquoi avoir choisi ce sport ? C’était le sport du village Quel a été votre parcours de joueur ? Au M.C.S. (Mazères Cassagne Sports*) jusqu’à 18 ans puis 4 saisons à Bagnères. Toulouse de 1983 à 1995 puis 1an à Castres et 2 ans à Pamiers Quel joueur vous a le plus impressionné (par son talent) durant votre carrière (à votre poste de prédilection et tous postes confondus) ? Didier Codorniou (c’est mon ami) Quel est (ou a été) votre joueur préféré ? Kieran Read - Richie Mc Caw - Conrad Smith Un joueur vous a-t-il fait perdre vos moyens durant ta carrière ou du moins déstabilisé ? Aucun Quel numéro 8 actuel vous correspondrait-il le plus ? Ce serait trop prétentieux Auriez-vous aimé jouer actuellement ? Pas spécialement Vous êtes Vice-Président du club de Mazères Cassagne Sports. Constatez- vous une évolution des mentalités dans le rugby amateur ? L’implication et l’amour du club sont-ils toujours des critères importants ? Il est à l’image de l’évolution de la société c’est à dire les joueurs sont des consommateurs et non des acteurs. La rigidité des systèmes de jeux et la préservation du résultat dans le rugby pro ne donnent plus lieu (à quelques exceptions près) à un jeu débridé mais terriblement efficace. Pensez-vous que le « Jeu à la Toulousaine » dont vous êtes l’un des principaux instigateurs est définitivement dissout ? C’est une question de philosophie du club. A ce jour, il est en train de disparaitre L’apprentissage du rugby à 7 peut-il être un moyen de renforcer les capacités techniques d’un joueur ? Oui mais cela reste 2 activités totalement différentes A votre avis, la formation française a-t-elle des carences ? Je le pense Nom : Cigagna. Prénom : Albert. Age : Bientôt 55 ans. (né le 25 septembre 1960). Poste : 3ème ligne Avec Albert Cigagna, le rugby s'invite à la maison d'arrêt de Foix pour l'opération "Bouger pour s’en sortir"
  14. 14. 14 portrait albert cigagna Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un gamin qui souhaiterait devenir un joueur pro ? Fais des études ! Avez-vous des contacts avec le milieu du rugby professionnel ? Si non, est-ce un regret ? Quelques-uns et ce n’est vraiment pas un problème Question mode : le rugby actuel par le biais du marketing attache de plus en plus d’importance aux tenues pour des raisons marketing. Auriez-vous apprécié de jouer avec les maillots actuels ? Oui, pour montrer les tablettes de chocolat Quelle équipe de club (au niveau des championnats français et au niveau international) vous inspire le plus lorsque vous la voyez jouer ? Pourquoi ? Les Blacks, l’Angleterre, l'U.B.B. Beaucoup d’initiatives dans le jeu, jeu fait de mouvements Le «French Flair» a-t-il disparu ? Oui (ce sont les anglais qui ont maintenant le french flair) Le rugby (dans sa grande majorité) sur les chaines payantes… Votre avis ? C’est bien : tu peux zapper ou faire autre chose si c’est nul Pensez-vous que « l’esprit du rugby » est aussi fort chez les garçons que chez les filles ? Sans aucun problème Qualité préférée chez 1 rugbyman ? L’intelligence Qualité préférée chez 1 rugbywoman ? L’intelligence Vous êtes plutôt « famille » OU « copains » ? Les 2 Un film ? “Intouchables”, “Into the wild” Un livre? L’oligarchie des incapables Un chanteur ? Bénabar Une chanson ? Lili, de Pierre Perret Un lieu ? Mazères Quel titre de film, de livre ou de chanson, donneriez-vous à votre carrière de rugbyman ? La vie est un long fleuve tranquille Une boisson ? Un bon verre de vin (Bordeaux ou Corbières) Un bruit ? Le gazouillis des oiseaux le matin au réveil Quel a été votre rêve de bonheur de rugbyman ? Tous les titres de Champion et la Coupe du Monde 1995 Votre plus grand malheur ? Au niveau sportif aucun. Sinon la perte d’amis Votre couleur, votre fleur et votre oiseau préféré ? Fuchsia – Orchidée - Perroquet Votre héros et héroïne préférée en sport, fiction et dans la réalité ? Aucun Don de la nature que vous aimeriez avoir ? J’ai été gâté (je me contente de ce que j’ai) Y a-t-il un don ou une qualité supplémentaire au rugby, que vous auriez aimé avoir ? Mesurer 10 cm de plus, courir le 100m en 10’, avoir plus de détente (blagues) Quelle est la faute dans la vie pour laquelle vous avez le plus d’indulgence ? Ma devise « je pardonne tout mais j’ai de la mémoire » Quelle est la faute au rugby pour laquelle vous avez le plus d’indulgence ? Faire une connerie sur une prise d’initiative Quelle a été votre devise sur le terrain ? Prenons du plaisir – osons Quelle est votre devise dans la vie ? Il y a toujours des choses plus graves Le rugby disparait : une épitaphe ? « J’ai partagé de bons moments » Albert Cigagna avec son ami et opposant politique Fabien Pelous
  15. 15. 15 Eric @Finales_Rugby / finalesrugby.com Photo : Nicolas Derré/ ladepeche.fr/ midinews.com/ l'equipe.fr palmarès albert cigagna 5 FOIS CHAMPION DE FRANCE 1985 avec Toulouse contre Toulon 36 / 22 1986 avec Toulouse contre Agen 16 / 06 1989 avec Toulouse contre Toulon 18 / 12 1994 avec Toulouse contre Montferrand 22 / 16 1995 avec Toulouse contre Castres 31 / 16 2 FOIS FINALISTE DU CHAMPIONNAT DE FRANCE 1981 avec Bagnères contre Béziers 13 / 22 1991 avec Toulouse contre Bègles 18 / 12 1 COUPE DE FRANCE 1984 finaliste de la COUPE DE FRANCE 1985 Pour en voir ou savoir plus sur Albert CIGAGNA Quelques finales disputées avec le Stade Toulousain Toulouse-Toulon 1985 Partie 1 : https://www.youtube.com/watch?v=gLUXICd6lSU Partie 2 : https://www.youtube.com/watch?v=puUiq5NqHzA Partie 3 : https://www.youtube.com/watch?v=Mjnp8fcHG1c Toulouse-Agen 1986 https://www.youtube.com/watch?v=Q0rgsKIeJtE Toulouse-Toulon 1989 Partie 1 : https://www.youtube.com/watch?v=eClXKtblIyE Partie 2 : https://www.youtube.com/watch?v=6lOD3QrDpX8 Bègles-Toulouse 1991 https://www.youtube.com/watch?v=BjAB0fJMdZM Toulouse-Castres 1995 Partie 1 : https://www.youtube.com/watch?v=a4hfqGXKzuo Partie 2 : https://www.youtube.com/watch?v=hlpKLPdmM0k Entretien dans Rugby Magazine le 6 septembre 2014. En 2 minutes 30, vous retrouverez un entretien sans concession et la maitrise technique d’Albert Cigagna http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/emissions/ rugby-magazine/actu/l-entretien-avec-albert-cigagna-un-rugby- professionnel-dans-lequel-il-ne-se-reconnait-pas.html Rugby Magazine est diffusé sur France 3 Midi Pyrénées tous les samedis à 12h10 Interview dans L’EXPRESS en 2004. Certains passages prévalent encore actuellement. http://www.lexpress.fr/informations/albert-cigagna-generation- desenchantee_654850.html 1 Tournoi des 100 ans DU STADE TOULOUSAIN 1989 1 FOIS FINALISTE DU CHALLENGE DU MANOIR 1984 1 Tournoi des MASTERS 1989 3 CHALLENGE DU MANOIR 1988 1993 1995 1 sélection en équipe DE FRANCE (carte d’international n° 829) le 22 juin 1995. Match pour la 3ème place de la Coupe du Monde : France-Angleterre : 19 – 09
  16. 16. COCORICO Une attaque en kilt renvoiaux22.fr / @Renvoiaux22 Trèfle de plaisanterie ! renvoiaux22.fr / @Renvoiaux22 une nouvelle défaite au bout de l'ennui renvoiaux22.fr / @Renvoiaux22 des sales gosses aux starlettes renvoiaux22.fr / @Renvoiaux22 une victoire mais pas d'aggiornamento renvoiaux22.fr / @Renvoiaux22 u20 : le tournoi bajadita.com / @SOSurrullo - @magalica31 17 18 19 20 22 23
  17. 17. 17 Dans un Stade de France transi de froid, le XV de France a essentiellement brillé par sa défense, parvenant à stopper les offensives écossaises souvent initiées par ce diable de Stuart Hogg, l’arrière de poche au cœur de Lions sur les nombreux ballons rendus au pied par Camille Lopez ou Scott Spedding. Encore qu’il faille évoquer l’essai encaissé en fin de première mi-temps, le seul de la rencontre, et quelques occasions assez nettes qui auraient pu aller à dame sans l’intervention heureuse des défenseurs tricolores. Face à des formations plus denses physiquement et mieux organisées après plusieurs temps de jeu, il est à craindre que le rideau français ne connaisse quelques soucis autrement plus épineux. Mais c’est surtout en attaque que le chantier ne paraît toujours pas avoir progressé. Souvent arrêtés, donnant l’impression de ne pas trop savoir que faire du ballon, les attaquants français ont proposé trop peu de courses vraiment tranchantes dans la défense adverse. Et lorsque qu’elles se produisirent, le manque de soutien ou une maladresse dans la passe ont annihilé les occasions d’essai. En deuxième période, les tricolores ont paru se recentrer sur un jeu restrictif, privilégiant des groupés pénétrants il est vrai plus efficaces que le jeu au large incapable de déstabiliser la défense écossaise, faute notamment de déblayage efficient dans les regroupements. Laissant le soin à l’ouvreur Camille Lopez, très en réussite dans cet exercice, de meubler le score sur pénalité, les « rouges » ont assuré l’essentiel hier, à savoir la victoire. Malgré ces critiques, il serait injuste de juger que le succès français est immérité. Les statistiques sont d’ailleurs plutôt flatteuses qui tendent à infirmer le sentiment tenace qu’hier soir les attaques portaient un kilt plutôt qu’un maillot rouge. Sans conteste, le XV de France s’est montré supérieur à son adversaire tant en termes d’occupation du terrain et de possession que courses et d’off-loads. La touche tricolore a donné satisfaction malgré quelques lancers ratés, ce qui est plutôt une bonne surprise face à un alignement écossais de très bon niveau. Pourtant, un goût très net d’inachevé demeure. Et qui ne semble malheureu- sement pas près de disparaître. Le XV de France a peut-être changé de maillot, mais il n’a pas changé sa façon d’aborder les matchs : face à l’Ecosse, pourtant présentée comme l’équipe la plus faible du plateau avec l’Italie, les joueurs de Philippe Saint-André ont encore une fois déçu les attentes des supporters, avec un jeu offensif approximatif et bien peu inspiré. Une attaque en kilt Antoine @renvoiaux22 Photo : AFP
  18. 18. 18 Trèfle de plaisanterie ! Il ne faut pas s’y tromper. Derrière ce score somme toute flatteur (18-11) se cache la vérité toute nue : l’équipe de France est médiocre. Pas nulle, non, médiocre au sens étymologique du terme, c’est à dire moyenne. Sans relief, sans véritable point fort, si ce n’est la défense. Encore qu’avec 18 points encaissés sur pénalités on puisse trouver à redire sur la question. Non, décidément, ce XV de France n’enthousiasme plus grand monde. Peut-on accepter que le soi-disant meilleur championnat du monde produise des joueurs incapables de se faire correctement des passes ? Peut- on raisonnablement se contenter de dix minutes de jeu à peu près cohérentes en deux matchs du Tournoi ? Il fallait s’y attendre, une semaine de travail supplémentaire depuis la rencontre face à l’Ecosse n’a pas réglé les défauts rédhibitoires affichés par l’équipe de France depuis trop longtemps : soutiens offensifs insuffisants, ballons reçus arrêtés, absence d’alternance dans le jeu offensif, jeu de passes à la limite de la faute professionnelle. A quoi il faut ajouter une touche tout juste correcte et une mêlée pas franchement dominatrice. Pendant la quasi-totalité du match, les Français ont subi la domination d’un XV d’Irlande pourtant pas éblouissant. Simplement meilleur sur les fondamentaux, pénible comme à son habitude dans les rucks, et adroit aux tirs au but. Jonathan Sexton, pourtant sonné, encore une fois, sur un plaquage de Mathieu Bastareaud (le seul à surnager chez les trois-quarts), a réalisé un sans faute, inscrivant tous les points de son équipe. De son côté, Camille Lopez a manqué un but franchement dans ses cordes et n’a pas convaincu dans l’animation offensive. Devant, la pack tricolore n’a pas fait d’étincelle, avec une mention spéciale à Pascal Papé, qui a fait admirer son intelligence situationnelle en collant un coup de genou à Jamie Heaslip sous les yeux de l’arbitre pour récolter un carton jaune stupide et mérité. Paradoxalement, cette expulsion temporaire a secoué les bleus, transformant les enfants de l’apathie en révoltés au point de faire douter les Irlandais. Ah, si seulement le XV de France essayait au moins une fois de jouer tout son match comme les dix dernières minutes de l’Aviva Stadium ! Avant cette partie, Thierry Dusautoir affirmait qu’un succès en terre irlandaise serait un exploit. Le rugby français en est là. Espérer créer la surprise contre une formation qu’elle a si souvent battue par le passé. Comme on souhaiterait que cesse la plaisanterie d’une équipe qui préfère s’adonner à la musculation plutôt que de faire des gammes, ballon en main, qui semble trouver suffisant une victoire poussive contre l’Ecosse et estimera certainement encourageante une défaite en Irlande sur une marge plus étroite que celle qu’on lui prédisait avant la rencontre. Les plaisanteries les plus courtes sont, dit-on, toujours les meilleures. Au bout de quatre ans, celle-ci ne nous fait plus rire du tout. Antoine @renvoiaux22 Photo : 3M On craignait une déroute, celle-ci ne s’est pas produite. La défaite peut même sembler honorable. Sept points d’écart seulement séparent les vainqueurs irlandais des perdants français. Les bleus ont même inscrit le seul essai de la rencontre. Et les plus optimistes diront qu’avec un poil de réussite supplémentaire au pied, les hommes de Philippe Saint- André auraient pu repartir de l’Aviva stadium avec un déficit de deux petits points. Une misère. De quoi permettre à PSA de vendre ce nouveau revers comme une presque victoire.
  19. 19. 19 Une nouvelle défaite au bout de l’ennui. Les discours positifs du sélectionneur ne changeront rien au fond, tout comme les arguments fondés sur le manque de réussite au pied de Camille Lopez, la blessure prématurée de Rémi Lamérat ou la réussite en contre de l’attaque Galloise. Malgré un léger mieux depuis l’entame du Tournoi, cette équipe de France de rugby reste un mauvais élève. Face à des Gallois récitant un rugby sans génie mais assez efficace pour l’emporter, les Français ont fait une nouvelle fois la démonstration de leur fragilité. Cette équipe sur le fil du rasoir semble être à la merci de la première contrariété venue, sans qu’elle soit en mesure d’inverser le cours des événements. Ce samedi, une passe en-avant de quelques centimètres annihilant un essai de Yoann Huget et trois coups de pieds ratés (deux de Camille Lopez, un de Morgan Parra) ont suffi à faire basculer les Bleus du côté de la défaite. En face, les Gallois ont enchainé les phases de jeu stéréotypées (deux ou trois séquences de rentre-dedans des deux centres, soutiens à deux mètres et ballons écartés dans les temps de jeu ultérieurs), profité de l’indiscipline tricolore (en particulier celle de Romain Taofifenua qui a coûté six points à lui seul) pour inscrire cinq pénalités et marquer un essai en contre. Rien de génial, on l’a dit, mais ce fut largement suffisant pour infliger un nouveau revers à PSA au Stade de France. Dans un match encore une fois marqué par l’ennui, les occasions de se réveiller ont été assez peu nombreuses pour les spectateurs, et c’est surtout en défense que les joueurs français ont été les plus en vue. Si les premières minutes ont semblé donner raison aux choix de PSA, avec une ligne de trois-quarts animée des meilleurs intentions, la blessure de Rémi Lamérat après moins de vingt minutes de jeu a certainement contrarié ces bonnes dispositions. Même si la rentrée de Mathieu Bastareaud n’a pas été négative, elle a coïncidé avec le retour à un jeu sans grande ambition, ni variation. Et quand bien même les statistiques révèlent que les Français ont davantage franchi et gagné plus de mètres que leurs adversaires, celles-ci ne se sont pas traduites par des points dans les moments clés. Quant à a botte défaillante de Camille Lopez, elle ne saurait constituer la seule excuse à cette nouvelle défaite. Les rentrées de Uini Atonio et Vincent Debaty en seconde période ont correspondu avec un regain de puissance bénéfique, que les tricolores ont utilisé dans un jeu direct assez intéressant, mais insuffisamment efficace. La faute à quelques choix malheureux et à une défense galloise très agressive. Menés pendant tout le match, les hommes de Philippe Saint-André ont couru en vain après le score, la régularité métronomique au pied de Leigh Halpenny au pied permettant aux Gallois de faire tranquillement la course en tête, jusqu’au coup de sifflet final, qui déclencha la bronca du public du Stade de France. Ce public qui n’en peut plus d’attendre une réaction d’orgueil des Français, qui se lasse des discours lénifiants sur des progrès que le staff tricolore est le seul à vraiment discerner dans une équipe qui nous sert depuis quatre ans un brouet sans saveur en guise de rugby. Alors qu’on se dirige vers un nouveau fiasco dans le Tournoi, un Tournoi que PSA sera le premier sélectionneur en vingt-cinq ans à n’avoir pas remporté pendant son mandat. Une bien triste distinction… Antoine @renvoiaux22 Photo : Icon Sport A l’issue d’un repas où il avait trouvé le temps long, Groucho Marx gratifia la maitresse de maison d’un compliment pour le moins piquant : « J’ai passé une très bonne soirée. Mais ce n’était pas ce soir. » On serait tenté de présenter le même à Philippe Saint-André après une nouvelle défaite dans le Tournoi,la quatrième de rang face au Pays de Galles.
  20. 20. 20 C’est toute l’équipe de France qui en a pris pour son grade. L’attitude du sélectionneur a tranché avec les propos lénifiants auxquels il nous avait habitués jusqu’à présent. Au-delà du ton, c’est surtout la façon de s’en prendre aux joueurs qui a surpris les observateurs. Ce n’est pas la première fois que Saint- André met en avant les défaillances individuelles pour expliquer un revers de son équipe. On se souvient qu’à l’occasion de la catastrophique tournée australienne de l’été 2014, PSA avait fustigé des comportements jugés indignes de la part d’internationaux. Mais cette fois, le timing de l’aigre saillie du sélectionneur lui confère un relief particulier : en plein Tournoi, alors que la Coupe du monde se profile à grande vitesse, les propos du coach résonnent comme un aveu d’impuissance et l’affirmation d’un véritable ras-le-bol. PSA reproche aux joueurs leur implication insuffisante, estimant qu’ils ont trahi sa confiance. Le sélectionneur juge même que de les avoir protégé depuis plusieurs mois face aux critiques des médias n’a servi à rien. Refusant d’assumer seul, désormais, la responsabilité des échecs successifs du XV de France, Saint-André a traité les internationaux de « starlettes » plus soucieuses de leurs contrats publicitaires et du nombre de leur abonnés sur Twitter que des performances de l’équipe nationale. Il est vrai qu’au vu des autres rencontres du même week-end, avec les performances de l’Italie et de l’Irlande, on peut légitimement s’interroger sur la capacité des bleus à se sublimer quand Celtes et Transalpins se transforment en guerrier dès qu’ils revêtent leur tunique d’internationaux. Ces propos de Philippe Saint-André ne sont pas sans rappeler la sortie de Marc Lièvremont pendant la coupe du monde 2011, qui avait traité ses joueurs de « sales gosses ». Dans les deux cas sont fustigées des attitudes à l’égard du maillot après des défaites donnant le sentiment d’une impuissance caractérisée. La similitude des réactions des deux sélectionneurs interroge sur une question plus fondamentale : PSA est-il encore accepté par le groupe ? Son discours est-il encore audible par les joueurs ? En 2011, le courant ne passait plus entre les « sales gosses » et Marc Lièvremont, les premiers se prenant en charge avec l’aide d’une partie du staff pour le résultat que l’on sait : une finale perdue d’un cheveu de Craig Joubert. Aujourd’hui, on ne voit pas bien quel Lionel Nallet ou quel Imanol Harinordoquy pourrait guider la contestation des joueurs vers une révolte positive, de celles qui vous transcendent. C’est précisément le sens des propos de Philippe Saint-André : surprotégés, les internationaux tricolores donnent l’impression de venir en sélection comme A l’occasion d’une conférence de presse donnée au lendemain d’un nouveau revers du XV de France face au Pays de Galles, Philippe Saint-André est sorti de ses gonds. Et pas seulement parce que sa charnière a affiché d’inquiétantes limites face aux Gallois. Des sales gosses aux starlettes
  21. 21. 21 on se rend à son travail, sans émotion particulière. Si certaines accusations semblent un peu à côté de la plaque (on pense aux contrats publicitaires, qui ne sont pas nouveaux), d’autres apparaissent justifiées. Un joueur nouvellement appelé dans le groupe qui demande aux journalistes de passer par son attaché de communication pour un interview, un autre qui trouve sa performance satisfaisante et le fait savoir quand tout indique qu’il est passé à travers, un autre encore qui retweete tous les messages déplorant sa non-sélection, voilà quelques exemples tendant à démontrer que PSA n’est pas totalement dans le faux. Quant à savoir s’il a fait une erreur en sortant ce discours devant les médias, la réponse n’est pas simple. Les réseaux sociaux ont réagi plutôt négativement, mettant l’accent sur le fait que le sélectionneur ne maîtrisait plus rien et que, de toute façon, ce genre de propos devait rester dans l’intimité du vestiaire. L’argument consistant à dire « ce qui se dit dans le vestiaire doit y rester » est recevable jusqu’à un certain point. On a d’ailleurs vu le sélectionneur de l’équipe de France de Handball ne pas se priver d’utiliser la médiatisation de ses critiques pour « piquer » son groupe. Et cela ne lui a pas mal réussi. Bernard Laporte lui-même, très critique à l’égard de Saint- André, n’a pas été le dernier à distiller des commentaires très durs dans la presse à l’égard de ses joueurs. La présence des caméras dans le vestiaire durant un match France – Italie en 2002 ne l’avait pas dissuadé de livrer une engueulade mémorable aux internationaux à la mi- temps. Et cela n’avait pas empêché ces mêmes joueurs de remporter un grand chelem cette année-là. Sans exonérer Philippe Saint-André de ses responsabilités, qui sont irréfragables, on peut être d’accord avec le constat qu’il fait sur ces nouvelles générations de joueurs professionnels, dont le sens des responsabilités et de l’engagement est loin d’être exemplaire. Notre société est schizophrène, voulant tout savoir au nom de la transparence mais criant au scandale quand on lui révèle les secrets du vestiaire. Elle est aussi très perméable à la simplification à outrance, préférant la facilité d’un bouc émissaire à la recherche d’une responsabilité collective forcément plus complexe. La situation du XV de France est pourtant de celles qui appellent à une prise de conscience par l'ensemble des acteurs du rugby hexagonal. Pour résumer en filant la métaphore cinématographique, on souhaiterait que le sélectionneur, metteur en scène du XV de France, nous offre un chef d’œuvre plutôt que les navets qu’il nous sert avec régularité depuis quatre ans. Mais on sait également que les chefs d’œuvre se font avec des stars – souvent des sales gosses – davantage qu’avec des starlettes… Antoine @renvoiaux22 Photo : creapill.fr/ cyberbougnat.fr des « starlettes » plus soucieuses de leurs contrats publicitaires et du nombre de leurs abonnés sur Twitter que des performances de l’équipe nationale. ‘‘ Des sales gosses aux starlettes
  22. 22. 22 Une victoire mais pas d’aggiornamentoxv.2 La seconde, moins conciliante, s’attachera à pointer les carences offensives trop nombreuses et improductives face à un adversaire qui a disputé son plus mauvais match depuis bien longtemps, à mettre en exergue les défaillances individuelles et les insuffisances collectives qui ont conduit à une prestation indigente des bleus en première période. D’une vacuité assez rare, celle-ci a apporté la preuve que le XV de France est loin d’avoir réglé ses problèmes. Et quel contraste avec les deux matchs disputé la veille à Cardiff et Twickenham ! Sur le plan collectif comme individuel, les quarante premières minutes ont été un festival de ballons tombés, de rucks poussifs et de mauvais choix. Sans la médiocrité au pied des buteurs italiens, les Tricolores n’auraient certainement pas viré en tête à la pause (9-0). Camille Lopez, auteur d’un mauvais coup de pied sur son premier ballon, pourra mettre en avant sa réussite dans les tirs au buts. Pour le reste, il est passé à travers son match et a manqué de lucidité dans la seule action vraiment tranchante à mettre à son crédit. Inutile de dire que cela ne va pas servir sa cause, d’autant que la rentrée de Jules Plisson a été très satisfaisante en seconde période. Autre déception, Sébastien Tillous-Borde, qui n’a pas pesé sur ses « gros » et a paru emprunté balle en main. A sa décharge, on ne peut pas dire que les avants français lui aient facilité la tâche dans le jeu courant. Mieux en place défensivement qu’offensivement, les tricolores se sont néanmoins montrés assez indisciplinés. On ne sait pas si la réaction des bleus en deuxième mi-temps a été la conséquence du discours de PSA à la pause, mais force est de reconnaître qu’on a vu des joueurs français plus entreprenants, moins maladroits et mieux disposés en conquête. Face à des Italiens aussi pâles que leur maillots, les tricolores ont inscrit deux essais plutôt bien amenés. Mention spéciale au Bayonnais Scott Spedding et au Rochelais Loann Goujon. Les entrées en jeu de Rabah Slimani et de Vincent Debaty ont également été positives. Reste qu’en face, ce n’était que l’Italie et pas la plus brillante qu’on ait vu, loin s’en faut. En tout état de cause, il est difficile de se contenter de ce succès incontestable mais qu’on ne saurait qualifier de « référence » pour PSA et ses hommes. On attendait, sans trop y croire, que les bleus fassent leur aggiornamento cet après-midi. Cela n’a pas été le cas. L’équipe n’est toujours pas en mesure de répondre aux exigences du top niveau mondial. Il ne s’agit pas de critiquer à plaisir un sélectionneur et des joueurs qui collectionnent les mauvais matchs depuis près de quatre ans, ni de passer par pertes et profits une victoire qui, après tout, ne coulait pas de source après la purge dionysienne contre le Pays de Galles. Mais on est en droit d’attendre tellement mieux de notre sélection. Au sortir d’un match comme celui auquel nous avons assisté entre le XV de France et celui d’Italie, il est possible d’adopter deux attitudes. La première consiste à ne retenir que le résultat, très positif, à se raccrocher à la phase de jeu bien amenée pour l’essai de Yoann Maestri et à se souvenir d’une défense qui n’aura pas pris le moindre point. Antoine @renvoiaux22 Photo : lesechos.fr
  23. 23. Les U20 de Fabien Pelous terminent le Tournoi des 6 Nations 2015 à la deuxième place. A Saint-Gaudens, les Bleuets battent les Gallois, 27 à 5. Extraits en images, grâce à Magali Cazals (@magalica31 - magalicazals.com ) 23 u20
  24. 24. 24 u20 tournoi 2015u20
  25. 25. 25 u20 tournoi 2015 Sophie bajadita.com Photo : @magalica31 - magalicazals.com u20
  26. 26. EUROSTARS ADAMS JONES : COUAC DE FIN upandunder.fr / @PaulineMgd Georges NORTH xvovalie.com / @XVOvalie 27 30 Antoine @renvoiaux22
  27. 27. A peine deux semaines avant le début du Six-Nations, Adam Jones a pris sa retraite internationale. L’annonce met un terme à quelques mois compliqués entre le pilier et sa sélection. Ses bouclettes abandonnent le XV gallois. A première vue, le pilier droit ne fait pas trembler grand monde, malgré son mètre 83 et ses quelque 120 kilos. Une petite barbe aux reflets roux, un visage rond, une démarche pataude, et évidemment une chevelure indisciplinée, le joueur n’est pas l’incarnation de l’élégance sur un terrain.
Peu importe, Adam Rhys Jones n’est pas là pour faire rêver un stade entier, ou pour vanter des cosmétiques. Mais il convainc dans son jeu. La preuve : à seulement 22 ans, le 23 août 2003, le pilier connaît sa première sélection. Ce sera aussi sa première défaite face à l’Angleterre, au Millenium Stadium.
Le Pays de Galles se fait humilier ce jour-là, 43 à 9. Pas un cadeau pour une première cape chez les grands. Coïncidence ou pas, Adam Jones ne perdra plus face au XV de la Rose dans son stade mythique. 27
  28. 28. Adam Jones couac de fin 28 Des grands chelems au banc Malgré un physique facile à moquer, Il est longtemps considéré comme le meilleur pilier droit du monde. Il faut dire que son palmarès avec le Pays de Galles force au respect.
 Quadruple vainqueur du Six-Nations, il appartient à la petite caste qui a vécu trois grand chelems : en 2005, 2008 et 2012. En Coupe du Monde, il joue un quart de finale en Australie, en 2003, puis une demi-finale en Nouvelle-Zélande, en 2011.
Difficile alors de lire la déclaration d’Adam Jones dans le Sunday Time ce 25 janvier 2015 : « Ce n’est évidemment pas la façon dont je voulais terminer ma carrière, ce n’est pas ce que j’avais prévu ». Le pilier indique également que sa réflexion remonte au dernier match du Six-Nations 2014 (victoire contre l’Ecosse à Cardiff), lorsqu’il a été poussé sur le banc par Rhodri Jones.
Pourtant, le droitier garde espoir : « J’étais assez content de la manière dont les choses évoluaient, et je pensais que je reviendrais. Et puis, il y a eu ces trente minutes en Afrique du Sud ».
 Trois mois plus tard, le 14 juin 2014, à Durban, Adam Jones vit donc sa dernière sélection, la 100e avec le Pays de Galles ou les Lions. En entrant sur le terrain, évidemment, il ne le sait pas. Mais, très vite, il va comprendre que Warren Gatland ne compte plus vraiment sur lui.
Chahuté en mêlée face à l’Afrique du Sud, le sélectionneur le punit : à la trentième minute, il est remplacé par Lee, et sa tournée est terminée. Pour celle d’automne, le droitier n’est carrément plus dans le groupe gallois.
  29. 29. 29 Un choix de poids Avant Noël, il prend une décision : s’il n’est pas retenu pour le Six-Nations, il arrête. Le chevelu gallois sait que son poids est un problème pour la sélection. Il a donc promis de s’affuter, de tout faire pour revenir et surtout pour être présent à la Coupe du Monde, mais c’est « trop compliqué à vivre pour [sa] famille ».
 Le 25 janvier, il tire un trait sur sa carrière internationale, sans un dernier Six-Nations, sans une dernière Coupe du Monde. Son dernier match sous le maillot rouge sera donc une défaite à Durban (38-16), trente minutes à se faire bousculer en mêlée.
Lorsque Rhodri Jones, son concurrent, se blesse à l’épaule, Warren Gatland appelle Scott Andrews. Adam Jones perd donc sa place, et c’est son remplaçant au Cardiff Blues qui a la faveur du sélectionneur. Samson Lee est le droitier numéro 1.
Warren Gatland indique pourtant que « la porte n’est pas définitivement fermée », qu’Adam Jones pourrait faire partie des 45 joueurs à préparer la Coupe du Monde. Ce n’est pas suffisant pour le pilier. Pour ce Tournoi, le sélectionneur ne prend pas la peine de l’appeler : c’est l’entraîneur des arrières, Robin McBryde, qui lui annonce qu’il n’est pas retenu.
A l’annonce de sa retraite internationale, Warren Gatland réagit froidement dans un communiqué de la Fédération : « Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite de sa carrière avec les Cardiff Blues ». Puis, il se dit « surpris » de la décision d’Adam Jones, et loue la carrière du joueur. « C’est évident qu’Adam a joué un rôle primordial dans le succès du Pays de Galles », a-t-il déclaré à la BBC.
Le pilier droit aux trois grands chelems reste lui aussi reconnaissant envers son sélectionneur malgré ces derniers mois difficiles. Au Sunday Times, il décrit leur relation : « Warren est l’homme qui est venu vers moi et m’a sauvé, il m’a donné un coup de pied [au derrière]. Il a eu une influence énorme sur moi […] Je ne suis pas d’accord avec ce qu’il fait en ce moment, je ne suis pas d’accord quand il ne me sélectionne pas. […] Mais il a choisi ceux qu’il pense être les meilleurs ».
 Adam Jones va vouloir être le meilleur avec les Cardiff Blues. Son contrat de joueur se termine à la fin de la saison, mais il se voit bien continuer le rugby deux ou trois ans, puis entraîner des avants. Pauline Maingaud @PaulineMgd / upandunder.fr Photo : Getty/ walesonline.co.uk/ PA Photos Adam Jones couac de fin
  30. 30. 30 Georges North un record certes mais à quel prix ? Face à la France ce samedi, George North va franchir la barre des 50 caps à tout juste 22 ans. Si la presse fran-çaise s'émerveille du phénomène, cette jeune éclosion contrebalance avec les trois commotions cérébrales su-bies par le gallois depuis Novembre dernier. Et s'il n'avait justement pas commencé trop tôt... Le 6 février dernier au Millenium Stadium, le Pays-de-Galles vient de s'incliner 16-21 face à l'Angleterre pour le compte de la première journée du Tournoi des 6 Nations. Au delà de cette défaite, une in-quiétude réside et elle concerne un gamin gallois, oui c'est encore un gamin : George North vient de subir deux KO dont un oublié par le staff gallois. C'est le troisième depuis Novembre 2014 et le joueur de Northampton doit observer par conséquent, une période de re-pos qui l'empêche de participer à la victoire des siens à Murrayfield face à l'Ecosse une semaine plus tard (23-26). Le natif de Norfolk a tout juste 18 ans en 2010 lorsqu'il refuse la sé-lection anglaise pour le Pays-de-Galles. De père originaire du Yorkshire mais de mère galloise, c'est la tête déjà solidement an-crée sur ses épaules qu'il se fixe à tout juste 16 ans, un certain nombre d'objectifs qu'il dit avoir accompli pour la plupart. Warren Gatland fait appel à lui pour la Tournée d'Automne du Pays-de-Galles de 2010, alors qu'il n'est qu'un illustre inconnu entamant à peine sa carrière professionnelle avec les Scarlets. Déjà proche du quintal à cet âge, on lui colle le surnom du Jonah Lomu gallois. Il marque deux essais contre la Namibie lors de la Coupe du Monde de 2011 et devient le plus jeune marqueur de l'histoire de la Coupe du Monde. En 2013 et après trois années de bons et loyaux services pour sa province galloise, il fait partie de l'exode des joueurs inter-nationaux gallois - Lydiate, Roberts au Racing-Métro - et paraphe un juteux contrat avec le club anglais des Northampton Saints, club avec lequel il se souhaite franchir un nouveau palier et surtout un club qui selon lui, lui offrirait l'opportunité de s'étalonner sur la scène européenne, comprenez H-Cup à l'époque. À tout juste 22 ans, plus rien ne semble effrayer le Lion britan-nique qui en a déjà sous le capot, sauf que ses trois "extinctions cé-rébrales" nous amènent à réfléchir quant à sa précocité. Au qua- trième KO, il sera exactement l'heure de se poser la question s'il n'a pas éclos trop tôt au haut niveau. Combien sont les joueurs à avoir mis fin à leur carrière récemment pour commotions cérébrales à ré-pétition ? Quelles en seraient les séquelles ? Alors même si les voeux de 2015 sont déjà loin derrière, souhaitons lui la santé avant les records... Greg @XVOvalie - xvovalie.com Photo : Getty
  31. 31. ALL OVAL THE WORLD pourquoi le super15 est plus spectaculaire que le top14 superrugbynews.fr / @superrugbynews Munakata Sanix Blues japonrugby.net / @Japonrugbynet SUPER RUGBY : 15 JEUNES À SUIVRE superrugbynews.fr / @superrugbynews VARSITY CUP : UN FRANçAIS EN AFRIQUE DU SUD sudrugby.com / @Sudrugby 32 35 42 45
  32. 32. 32 Si vous êtes un fidèle du Top 14 sans être pour autant un habitué du Super 15, il vous est peut-être déjà arrivé de tomber sur un match de l’hémisphère sud à la télé, et de vous entendre dire, “mais ce n’est pas possible, ce n’est pas le même sport, pas les mêmes règles ?!”. C’est vrai qu’à première vue, les deux compétitions ne proposent pas le même rugby. Dans la compétition de l’hémisphère sud, le jeu semble plus ouvert, plus aéré, bref, plus spectaculaire que chez nous. “C’est normal, les meilleurs joueurs du monde sont ceux de l’hémisphère sud !”, diront certains. “Peut-être, mais de nombreuses stars de l’hémisphère sud évoluent en France, et cela ne fait pas pour autant du Top 14 la plus belle compétition en termes de spectacle proposé !”, répliqueront à juste titre d’autres passionnés. On va donc tenter d’apporter des éléments de réponse à ce débat ; n’hésitez pas vous aussi à donner votre avis dans les commentaires en fin d’article ! Avant d’approfondir, sachez qu’on ne juge pas ici de la qualité du rugby proposé. On ne dit pas que le Super 15 est une meilleure compétition, que le rugby pratiqué y est de meilleure qualité. On essaie simplement de comprendre pourquoi le rugby d’en bas est bien souvent plus plaisant à regarder que celui qu’on voit chez nous. Pourquoi le Super 15 est-il plus spectaculaire que le Top 14 ? Ce vendredi commence la nouvelle saison de Super 15, une compétition que tous les amateurs de beau rugby attendent chaque année avec impatience. C’est l’occasion pour nous de tenter de répondre à une question que beaucoup de personnes se posent : pourquoi le Super 15 est-il plus spectaculaire que notre Top 14 ? A l’image d’Alofa Alofa se jouant de la défense des Highlanders sur cette astucieuse passe off-load, le Super 15 nous procure sans cesse un spectacle époustouflant. Pourquoi le Top 14, malgré sa pléthore de stars, n’arrive-t-il pas à suivre le rythme ?
  33. 33. 33 1 / le Super 15 porte le terme “spectacle” dans ses gènes Avant de comparer les deux compétitions, il faut rappeler une chose fondamentale : alors que le Top 14 n’est autre la version actuelle du championnat de France de rugby – une compétition ancestrale dont les origines remontent à la fin du XIXème siècle, le Super Rugby est une compétition bâtie de toutes pièces (ou presque, puisque le Super 10 l’avait précédé de 1993 à 1995) avec l’avènement du rugby professionnel en 1996. Rupert Murdoch, le magnat des médias australo-américains, avait alors incité les fédérations sud-africaine, néo-zélandaise et australienne à se réunir sous une entité (la SANZAR) pour mettre en place une nouvelle compétition professionnelle regroupant les meilleures provinces de ces trois pays. Inspiré par les grandes compétitions de sport américain (NBA, NFL, NHL…), Murdoch a vendu la compétition aux chaînes télé comme un sport-spectacle. Pour faire de l’audience auprès d’un public pas forcément conquis d’avance par une compétition n’ayant aucune histoire, quoi de mieux qu’une flopée d’essais et une pléiade de belles actions aux quatre coins du terrain ? Il n’y a pas que sur le terrain que l’évolution est palpable. Marketing oblige, les provinces franchises sont devenues des franchises, avec leur identité propre, leur logo, leurs cheerleaders, leur mascotte et bien entendu leurs superstars (à l’époque, Jonah Lomu, John Eales, Joost van der Westhuizen…). Le rugby- spectacle était né ! 2/ il n’y a pas de relégation en Super 15 Evidemment, le beau jeu ne se décrète pas. Ce n’est pas parce qu’un magnat des médias a la volonté de proposer à ses téléspectateurs des attaques tous azimuts que les arrières des équipes vont s’amuser à faire n’importe quoi depuis leur propre ligne d’en-but. Hors de question également de changer les règles du rugby pour cette compétition : après tout, ce sont les actuels et potentiels Springboks, Wallabies et All Blacks qui vont participer à la compétition : impensable de pratiquer un sport en club et un autre en équipe nationale. Ainsi, pour que le jeu soit beau de façon naturelle et non imposée, la SANZAR a fait en sorte qu’il n’y ait pas de relégation possible. A l’instar des compétitions professionnelles américaines, les franchises sont là pour y rester. Cela change tout : on ne joue plus pour ne pas perdre, mais pour gagner. On ne joue plus pour prendre le moins de risques possible et faire le moins de fautes possible, on joue pour marquer plus que l’adversaire. C’est d’ailleurs du Super Rugby que nous vient l’instauration de la règle du point de bonus offensif. L’enjeu n’est donc plus le même : pour attirer les sponsors, les franchises doivent produire non seulement des résultats mais aussi du beau jeu, alors qu’en France, les clubs doivent gagner “coûte que coûte” pour conserver les leurs. Ceci étant, les rencontres du Super Rugby ne sont pas toujours spectaculaires. En Afrique du Sud, la culture est différente, et les franchises les plus prestigieuses ne sont pas celles qui proposent le rugby le plus offensif (les Bulls, Sharks et Stormers, régulièrement sur le devant de la scène, nous montrent que trop rarement l’allant offensif et l’enthousiasme des Lions et des Cheetahs). Mais de façon générale, la plupart des équipes impliquées dans le Super Rugby ont moins tendance à jouer “petits bras” que les équipes du Top 14, à quelques exceptions près. 3/ un arbitrage plus souple Qui n’a jamais eu envie de bousiller sa télé devant un match du Top 14 lorsque l’arbitre siffle un en-avant “imaginaire” sur l’action de la dernière chance de votre équipe favorite ? En Top 14, les enjeux financiers sont tels que les fautes d’arbitrage peuvent avoir d’énormes Pourquoi le Super 15 est-il plus spectaculaire que le Top 14 ?
  34. 34. 34 conséquences. Toulouse privée de Coupe d’Europe ? L’USAP et Biarritz en Pro D2 ? Quid du budget de ces clubs pour la saison suivant une déconvenue sportive ? Dans le doute, les arbitres qui officient sur les pelouses du championnat de France préfèrent siffler que laisser une action échapper à leur vigilance. Dans l’hémisphère sud, la philosophie est toute autre, bien que les enjeux financiers soient très importants également. Un ballon tombé ? Une passe un chouïa en- avant ? Un coup franc rapidement joué mais pas exactement à l’endroit de la faute ? Dans le doute, l’arbitre va laisser jouer, dans “l’esprit du jeu”. On en revient au premier point : dans l’hémisphère sud, c’est le rugby spectacle – on ne va pas tout gâcher pour une phase mal interprétée par l’arbitre. On généralise peut-être ici, mais c’est la tendance qui se dégage. Bien sûr, il arrive que certaines rencontres du Top 14 soient arbitrées de façon particulièrement laxistes, et il arrive aussi que des arbitres du Super 15 abusent de l’arbitrage vidéo. 4/ des joueurs plus frais physiquement Voilà un éternel débat auquel on n’a malheureusement pas encore trouvé de solutions convaincantes en France. Mais les faits sont là : les joueurs français disputent trop de matchs – il suffit d’entendre Mathieu Bastareaud en pleurs à l’issue de Stade Français – Toulon du 28 décembre dernier pour s’en convaincre. Se comparant à un “zombie” et affirmant être “arrivé au point de rupture”, le centre international ne faisait que dire haut et fort ce que nombre de ses coéquipiers internationaux doivent eux aussi ressentir. En France, le championnat compte 26 journées, plus éventuellement 2 ou 3 matchs de phases finales. Une équipe qualifiée pour la Coupe d’Europe s’engage pour au minimum 6 matchs, auxquels on peut ajouter jusqu’à 3 matchs de phases finales. L’équipe de France, quant à elle, dispute en général 5 matchs durant le Tournoi des Six Nations, puis 3 pendant la tournée d’été, et enfin 3 autres à l’automne. Faîtes le compte : un joueur Robocop pourrait disputer 49 matchs dans la saison ! Enfin, moins, car il faut déduire à ce compte les doublons. Toujours est-il qu’il y a beaucoup trop de matchs en France. Etant donné ces chiffres surréalistes, on ne peut pas reprocher à une équipe du Top 14 de se rendre parfois chez l’adversaire avec un plan de jeu des plus restrictifs. Certes, les sports sont différents, mais à titre de comparaison, le championnat professionnel de football américain (NFL) ne s’étend que sur 4 mois de saison régulière plus un mois de phases finales ! Soit un maximum de 20 matchs par équipe. Le reste de l’année est consacré au repos, à la récupération et à la préparation de la saison à venir. Pour en revenir au rugby, les joueurs de l’hémisphère sud disputent 16 matchs de saison régulière en Super 15, plus 3 matchs maximum de phases finales. Les internationaux sont a priori dispensés de leur compétition nationale (ITM Cup pour les Néo-Zélandais, Currie Cup pour les Sud-Africains), sauf s’ils sont en manque de temps de jeu ou en phase de reprise. En équipe nationale, ils disputent en moyenne 3 Tests en juin, puis disputent 6 rencontres dans le cadre du Rugby Championship avant de s’envoler vers l’Europe pour 4 nouveaux Tests. En faisant le compte, on obtient 32 matchs (hors compétition nationale). C’est peut-être trop, mais c’est toujours moins que le nombre de matchs que peut jouer un international français dans la saison ! On peut en déduire que les joueurs de l’hémisphère sud sont plus frais le week- end que les représentants du Top 14, et cela a forcément une incidence sur la qualité du spectacle proposé. Proposer du beau jeu, ce n’est pas qu’une question de volonté ou d’arbitrage. En effet, pour contre-attaquer, courir, venir en soutien, etc., il faut des jambes avant tout ! Toutes ces explications ne sont que des pistes et n’expliquent pas tout, loin de là. Aussi, tout cet article est basé sur un constat subjectif – il y en a peut-être parmi vous qui doivent trouver que le Top 14 est plus spectaculaire que le Super Rugby. Tant mieux ! Le rugby est professionnel, les chaînes télé s’arrachent les droits pour retransmettre les plus belles compétitions et au final, on a la chance en tant que téléspectateurs de pouvoir suivre un maximum de matchs du monde entier. On a l’embarras du choix – si le vôtre c’est le Super 15, ne ratez pas cette nouvelle saison, qui a commencé le 13 février ! (à suivre cette année sur Sport + et Canal + Sport) Pourquoi le Super 15 est-il plus spectaculaire que le Top 14 ? Jérémy @superrugbynews - superrugbynews.fr Photo : Matt King/Getty Images AsiaPac/ Getty/ Rugbyrama/ Icon Sports
  35. 35. 35 Munakata Sanix Blues petit jeune sur la scène japonaise Schinichi Munemasa, le milliardaire japonais et PDG de Sanix Corporation Munakata Sanix Blues Couleur : Bleu marine Année de fondation : 1994 Affiliation ligue : Top League Palmarès Top Ligue Kyushu A : 6 titres : 1999, 2000, 2001, 2002, 2004 et 2013 Promu en ligue Ouest B (1994) Promu en ligue Ouest A (1996) Promu en Top League (2005 et 2014) Petit tour aujourd'hui sur le plus jeune club japonais présent en Top League japonaise. Je veux bien sûr parler de Munakata Sanix Blues. Remontons pour bien comprendre l'histoire de ce club aux origines de l'entreprise. Sanix, société basée sur le recyclage des déchets, voit le jour en avril 1975, à Sasebo, dans la préfecture de Nagasaki. En 1981, l'entreprise déménage définitivement son siège social dans la ville deFukuoka, dans la préfecture du même nom. C'est en mars 1987 que la société nipponne prendra son nom tel que nous le connaissons : Sanix Corporation. Dans les années 90, Schinichi Munemasa le PDG du groupe japonais et riche milliardaire, fait construire à Munakata (ville au nord deFukuoka), le "Sanix Sports Promotion Foundation", un centre sportif complet, dans le but de contribuer à la culture sportive locale.
  36. 36. 36 Dans ce centre sera ainsi basée la future équipe de rugby de Sanix Corporation. Le Sanix World Rugby Youth Tournament, tournoi crée en 2000 par le milliardaire nippon, s'y déroulera dès lors. Mais pas seulement. D'autres tournois comme la Sanix Cup International Youth Soccer Tournament (crée en 2003) s'y dérouleront. Grand passionné de rugby, Schinichi Munemasa crée l'équipe de rugby de Sanix Corporation en 1994. Le club japonais vient de naître. L'équipe évolue pour ses tout débuts en ligue C, dans la préfecture de Fukuoka. Elle recrute d'entrée le 3/4 australien Mark Finley (1994-1998) et remporte dès sa première saison le titre et est ainsi promu en ligue Ouest B. Alors en 2ème division japonaise, le club frappe un énorme coup en recrutant en 1995 le 1/2 de mêlée All Black Graeme Bachop (1995-2002)! Pour sa première saison en 2ème division japonaise, le club termine 3ème . Mais Sanix Corporation a des très grosses ambitions pour son si jeune âge et effectue un recrutement monstrueux en 1996. Le 3ème ligne All Black à la retraite, Jamie Joseph (1996-2002) et le jeune 3ème ligne néo-zélandais Richard Norton (1996-2002), en provenance de l'équipe universitaire de Yamanashi Gakuin et fils de l'ancien All Black Tane Norton, rejoignent l'équipe. Lors de la saison 1996/1997, le club de Munakata remporte le titre de champion et bat en barrage MHI Nagasaki et accède ainsi à la ligue Ouest A! Sanix Corporation continue son ascension fulgurante. L'équipe termine 5ème de la ligue Ouest A en 1997. L'ouvreur Koji Orii (1998-2001), passé autrefois par Nisshin Steel et le championnat néo-zélandais, débarque. Sanix Corporation termine 4ème en 1998. En 1999, les deux anciens All Blacks Graeme Bachop et Jamie Joseph deviennent les premiers joueurs de l'histoire du club nippon à porter le maillot des Cherry Blossoms! Les deux joueurs participeront d'ailleurs à la coupe du monde de rugby de 1999 avec le Japon! Cette même année, Mark Finley prend les commandes pour une saison en tant qu'entraîneur-chef. Munakata Sanix Blues petit jeune sur la scène japonaise Graeme Bachop et Jamie Joseph sous le maillot japonais en 1999
  37. 37. 37 Le club marque un grand coup médiatique avec la venue du centre international écossais John Leslie (1999-2000). Ce néo-zélandais d'origine ne restera qu'une saison mais donnera une autre dimension à Sanix Corporation. Le 3/4 japonais Yuichiro Fujii (1999-2001) vient lui aussi intégrer l'équipe nipponne. Avec cet effectif très riche, l'équipe remporte son premier titre de champion de la ligue Ouest A en 1999! Ce titre lui permet ainsi d'accéder lors de la saison 1999/2000 à son premier tournoi national des sociétés, où il sera éliminé dès le premier tour. Sanix Corporation poursuit sa domination en ligue Ouest A et remporte trois autres titres de champion consécutif (2000, 2001 et 2002). Mais à chaque fois, il voit son chemin s'arrêter au premier tour dans le tournoi national des sociétés. Son titre de 2002 lui permet au passage d'intégrer la toute nouvelle Top League japonaise, qui va faire ses grands débuts en 2003. Pour cela, le club change de nom et se fait dès lors renommer Fukuoka Sanix Bomuzu. A cette époque, les premières stars étrangères historiques du club sont parties et ont été remplacées par une nouvelle vague: les internationaux à 7 néo-zélandais Damian Karauna et Matua Parkinson et le 3ème ligne néo-zélandais Deon Muir (2003-2009). Quant au centre Reuben Parkinson, frère de Matua Parkinson et lui aussi dans le club, il sera sélectionné en 2003 par le technicien nippon Shogo Mukai et participera à la coupe du monde de rugby de 2003 en Australie. Un autre néo-zélandais débarque aussi: le 2ème /3ème ligne Hare Makiri. Les débuts de Fukuoka Sanix Bomuzu en Top League japonaise sont prometteurs avec une victoire dès la première journée contre Kubota Spears le 14 septembre 2003. Mais l'équipe de Munakata va enchaîner ensuite une longue série de défaites. Elle perd lors de la dernière journée un match décisif contre Kintetsu Liners (45 à 42), le 25 janvier 2004, suite à une pénalité de Yasumasa Shigemitsu à la 83ème minute qui l'envoie en deuxième division japonaise. L'équipe est ainsi reléguée en Top Ligue Kyushu A. Renforcée par l'arrivée de l'ouvreur et international japonais Hiroaki Ito (ex-Aquila), ancien joueur emblématique de Suntory qui revient tout droit d'une pige en Italie, Fukuoka Sanix Bomuzu pulvérise et remporte son championnat. L'équipe gagne ensuite ses deux rencontres en Top Challenge contre Secom Rugguts (34 à zéro) le 16 janvier 2005 et Toyota Shokki Shuttles (41 à 36) le 23 anvier 2005 et retrouve ainsi la Top League japonaise un an après! Durant l'intersaison, la sélection japonaise part en tournée en Amérique du sud.Hare Makiri fait ses grands débuts avec le Japon lors du désastre en Uruguay (défaite 24 à 18), le 16 aril 2005). Munakata Sanix Blues petit jeune sur la scène japonaise Reuben Parkinson face aux Fidji, le 23 octobre 2003 Vaincu par Kintetsu Liners, Fukuoka Sanix Bomuzu est relégué en 2ème division japonaise
  38. 38. 38 L'été 2005 voit le départ de nombreux cadres (les frères Parkinson, Damian Karauna et Hiroaki Ito). Le 2ème ligne sud- africain Jacques Deen, en provenance de Castres, débarque pour une pige d'une saison (2005-2006). Fukuoka Sanix Blues poursuit son recrutement à l'étranger avec la venue de l'ouvreur Martin Kafka. L'international tchèque arrive tout droit alors du Racing- Métro 92 et s'engage une saison avec le club de Munakata (2005-2006). Yuichiro Fujii, ancien joueur du club, en devient le nouveau manager (toujours en poste aujourd'hui encore en 2015). Le club quant à lui change de nom et se fait désormais appeler Fukuoka Sanix Blues, en hommage notamment à l'océan et le ciel visible depuis Fukuoka. Mais la nouvelle saison du club en Top League japonaise va s'avérer être un pur cauchemar. Onze défaites en onze rencontres, humiliation sur humiliation avec dont celle du 1er octobre 2005 contre Toyota Verblitz (défaite 82 à 21). Fukuoka Sanix Blues termine bon dernier du championnat avec un goal-average de - 409 et deux petits points au compteur! Fort heureusement, l'équipe gagnera son maintien après son succès en barrage contre Kintetsu Liners (46 à 20), le 11 février 2006, prenant au passage sa revanche de 2004. Durant l'été 2006, l'équipe de Munakata se renforce avec du très lourd pour ne pas revivre pareille saison. Deux internationaux tongiens du Top 14 rejoignent le club: le 3ème ligne du Stade Toulousain, Isitolo Maka (2006-2009) et le 3/4 de Bayonne, Pila Fifita (2006-2011). L'international à 7 fidjien Amasio Valence arrive aussi. Le tongien Fale Simitaitoko (Tokuyama) rejoindra aussi le club (2006-2008) avant ensuite de se lancer dans la carrière de lutteur professionnel. Avec un tel effectif, les résultats sont au rendez-vous et Fukuoka Sanix Blues termine à une très belle 9ème place lors de la saison 2006/2007. Sa meilleure historiquement en Top League japonaise! Durant l'intersaison 2007, le club de Munakata recrute le jeune ouvreur Kosei Ono (Christchruch Boys HS). A tout juste 20 ans, il a passé toute sa jeunesse en Nouvelle-Zélande et offre un profil atypique. Il est alors un grand espoir du rugby nippon malgré son petit gabarit à l'ouverture. Il sera sélectionné avec le Japon par le technicien néo-zélandais John Kirwan lors de la coupe du monde de rugby de 2007. En Top League japonaise, la saison 2007/2008 est un calvaire pour le club nippon qui retombe au fond du gouffre, malgré le derby remporté contre Coca- Cola West Red Sparks (17 à 13), lors de la première journée. Fukuoka Sanix Blues prend plusieurs branlées: 72 à 05 contre Sanyo Wild Knights, 45 à 0 contre NEC Green Rockets et 55 à 26 contre Suntory Sungoliath. Heureusement pour le club cette saison- là, d'autres équipes auront été bien plus faibles (Ricoh Black Rams et surtout Mitsubishi Sagamihara Dynaboars). Les hommes de Yuichiro Fujii terminent 12èmes du championnat et sauveront leur maintien lors de leur large succès en barrage contre Mazda Blue Zoomers (79 à 10), le 9 mars 2008. A l'intersaison 2008, l'effectif est renforcé avec l'arrivée de l'international à 7 néo-zélandais Tafai Ioasa (2008-2013). Lors de la saison 2008-2009, Fukuoka Sanix Blues ne fait guère mieux (11ème) et sauve sa place en Top League japonaise en barrage contre Toyota Shokki Shuttles (38 à 22), le 14 février 2009. A l'été 2009, le 3ème ligne néo-zélandais Deon Muir quitte le club après six saisons. En sens opposé, Fukuoka Sanix Blues profite de la relégation d'IBM Japan Big Blue et de ses problèmes d'endettements pour recruter deux de ses joueurs: le 2ème /3ème ligne Munakata Sanix Blues petit jeune sur la scène japonaise Martin Kafka Isitolo Maka Pila Fifita
  39. 39. 39 Jake Paringatai (2009-2013) et le 3ème ligne tongienTuvi Mahe (2009-2013). La saison 2009/2010 montre un autre visage de l'équipe qui terminera à une exceptionnelle 7ème place au classement! Le premier derby de Fukuoka de la saison, joué le 5 septembre 2009, aura été remporté par Fukuoka Sanix Blues face à Kyuden Voltex (25 à 15), devant plus de 6 000 spectateurs! A l'été 2010, le club de Munakata recrute deux joueurs néo-zélandais: les 3/4 Siliva Ahio (Rissho) et Karne Hesketh (Otago). Fukuoka Sanix Blues termine 8ème de la Top League japonaise lors de la saison 2010/2011 en prenant notamment sa revanche dans le derby de Fukuoka contre Coca-Cola West Red Sparks (22 à 17), le 4 septembre 2010. En 2011, le club frappe un nouveau grand coup médiatique avec le recrutement du 2ème ligne All Black champion du monde Brad Thorn (2011- 2013)! Mais malgré cette arrivée, les Sanix Blues réalisent une très mauvaise saison. 11ème au final du championnat, il se sauveront en barrage (une fois de plus) avec leur victoire contre Toyota Shokki Shuttles (39 à 17), le 3 mars 2012. Le départ du club de l'international nippon Kosei Ono vers Suntory Sungoliath à l'été 2012 est une pure catastrophe pour l'équipe de Munakata qui perd son cadre essentiel. Et ce qui suit n'est que pure logique. Fukuoka Sanix Blues réalise l'une des pires saisons de son histoire: une seule victoire lors du derby de Fukuoka contre Kyuden Voltex (31 à 13) le 1er septembre 2012 puis onze défaites consécutives derrière! Dernier du championnat, le club japonais peut encore sauver sa place dans une Top League japonaise qui va bientôt passer à 16 clubs. Mais le 3 février 2013, Fukuoka Sanix Blues est battu à la surprise générale parToyota Shokki Shuttles (34 à 28)! Le club de Munakata est alors relégué en Top Ligue Kyushu A. L'intersaison 2013 voit le départ d'une marée de joueurs (Brad Thorn, Jake Paringatai, Tuvi Mahe, etc...). Fukuoka Sanix Blues renouvelle totalement son effectif: les piliers néo-zélandais Ben May et Jacob Ellison, le 2ème ligne sudafricain Jacques Potgieter, l'international samoan Faatiga Lemalu, l'ancien international nippon Bryce Robins (ex-Honda Heat) et bien d'autres viennent renforcer l'équipe de Munakata. Comme attendu, les hommes de Yuichiro Fujii écrasent leur championnat et remportent le 6ème titre de la Top Ligue Kyushu A (ex-ligue Ouest A) du club nippon! Qualifié pour le Top Challenge 1,Fukuoka Sanix Blues va battre successivement Mitsubishi Sagamihara Dynaboars (34 à 20), Yokogawa Musashino Atlastars(113 à 07) et Honda Heat (30 à 16), gagnant ainsi son ticket pour la remontée en Top League japonaise ! A peine promu, le club de Munakata (Fukuoka) va connaître un bouleversement majeur. Fukuoka Sanix Blues est en effet renommé Munakata Sanix Blues suite à l'accord de coopération entre le club japonais, dont le siège se situe à Munakata et la ville nippone. La cérémonie de la signature, qui conclut cet accord, a lieu le 29 avril 2014 dans la ville de Munakata. De nombreux personnages importants participent à cette cérémonie: le président de la Japan Rugby Football Union,Yoshiro Mori, le gouverneur de Fukuoka, Hiroshi Ogawa, le maire de Munakata, Hiromi Tanii, le millardaire et président de Sanix Corporation, Shinichi Munemasa et le manager de Fukuoka Sanix Blues, Yuichiro Fujii. De retour en Top League japonaise dans un championnat avec une nouvelle formule depuis 2013, Munakata Sanix Blues connait une saison bien galère malgré l'arrivée du centre néo-zélandais Dwayne Sweeney (Chiefs). Bon dernier des play-downs (une victoire et six défaites), le club de Munakata est relégué en 2ème division japonaise et évoluera la saison prochaine en Top Ligue Kyushu A... Munakata Sanix Blues petit jeune sur la scène japonaise Le 5 septembre 2009, Fukuoka Sanix Blues remporte le derby de Fukuoka face à Kyuden Voltex (25 à 15) au Level-5 Stadium, devant plus de 6 000 spectateurs! Le 3 février 2013, le Springbok Ryan Kankowski et Toyota Shokki Shuttles envoient Fukuoka Sanix Blues en 2ème division japonaise
  40. 40. 40 Munakata Sanix Blues petit jeune sur la scène japonaise Le 26 janvier 2014, Fukuoka Sanix Blues et Stephen Packer battent Honda Heat (30 à 16) et remontent en Top League japonaise ! Personnages importants Schinichi Munemasa: milliardaire et PDG de Sanix Corporation, ce dernier n'est pas un fan à l'origine de rugby. Mais tout va changer quand son fils, délinquant, va transformer totalement sa mentalité et devenir enfin quelqu'un de bien en intégrant un club de rugby. Schinichi Munemasa va dès lors voir le rugby comme un sport à part et avec des valeurs et investir grandement dans ce sport. Outre son club de rugby, il créera ainsi en 2000 le Sanix World Rugby Youth Tournament. Liste des internationaux japonais passés par Munakata Sanix Blues Graeme Bachop (1967- , 8 caps): ancien 1/2 de mêlée de Sanix Corporation. Ancien international All Black (1992-1995), il intègre le club japonais en 1996. Avec l'équipe de Munakata, il remportera troisfois la ligue Ouest A (1999, 2000 et 2001). International nippon à huit reprises, il sera appelé par la sélectionneur Seiji Hirao et fêtera sa première cape avec le Japon lors de la victoire contre le Canada (23 à 21), le 1er mai 1999. Il participera à la coupe du monde de rugby avec les Cherry Blossoms cette année-là. Bien plus tard, alors manager des Highlanders, il fera venir l'international nippon Fumiaki Tanakadans son équipe, dès le Super Rugby 2013. Un moment historique pour le rugby japonais.

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