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Anticipation ou Extraction Cataphorique,  Dans La Phrase en Contexte
Anticipation ou Extraction Cataphorique,  Dans La Phrase en Contexte
Table des matières
Les petits fours apéritifs
Introduzione
Louis Begioni
Alvaro Rocchetti
L’évolution de l’ordre des mots dans la phrase du latin aux
langues romanes ; comparaison avec les langues agglutinantes
et isolantes 11
Luciana T. Soliman
Les formes verbales voici/voilà en contexte narratif fictif 27
Sophie Saffi
La phrase en contexte : étude d’une bande dessinée
en français et en italien 47
Mohammed Nabih
De l’organisation compositionnelle du discours médiatique
électronique 91
Guy Achard-Bayle
Ondrej Pešek
La phrase en cotexte et la hiérarchie des unités mésotextuelles 121
Thomas Franck
Quand citer c’est faire. Analyse de la doxa existentialiste à
partir de ses citations décontextualisées 161
Francesco Parisi
Le Schizo et les langues : la frase tra letteratura, linguistica e
filosofia 177
Houda Landolsi
Le Rassemblement National et les prénoms.
Construction du sens intégral dans le discours sur la
francisation des prénoms : une affaire de… contexte ? 201
CONTRIBUTION PERSONNELLE
Dr. Jacques COULARDEAU
Commentaire de la contribution
de Louis BEGIONI et Alvaro ROCCHETTI
ANTICIPATION OU EXTRACTION CATAPHORIQUE
Phylogénie du Langage Homininé
J’aurais en son temps écrit « cataphorique » car c’est un terme grec et il fait paire avec
« anaphorique ». Le titre pose l’enjeu. Quand je dis : « Idoles dorées, je vous adore comme
déesses et dieux », je n’ai extrait ni le genre, ni le nombre, ni la fonction des noms on ne peut plus
communs, sans compter l’accord de l’adjectif « dorées ». Ce sont là des phénomènes
d’agglutination, mais ces simples éléments ne font pas du français une langue agglutinante. Si on
suit Alfred Toth, on peut distinguer vingt-cinq caractéristiques de l’agglutination et on retrouve
certaines de ces caractéristiques dans pratiquement toutes les langues dès qu’il y a des accords
d’une sorte ou d’une autre entre noms et adjectifs, noms et verbes, et autres phénomènes de
transferts catégoriels.
ALFRED TOTH AND AGGLUTINATIVE LANGUAGES
3.1. Nominal clause
3.2. Attributive adjective
3.3. Numerus absolutus
3.4. “half; half part” in one of the body parts in pairs
3.5. Noun as adjectival attribute
3.6. Copulative and tautological compounds
3.7. Possessive personal suffixes
3.8. Possessive Relation
3.9. Possessive personal pronouns in determining function
3.10. Possessive personal suffixes with pronouns and numerals
3.11. “habere”-“non habere”
3.12. Postpositions
3.13. Reflexive pronoun
3.14. Interrogative pronoun
3.15. Tripartite case system
3.16. Lative constructions
3.17. Ablative/adessive constructions in comparisons
3.18. Accusative object with and without suffix
3.19. Figura etymologica
3.20. Verbal nouns as verbal forms
3.21. Use of verbal nouns
3.22. Copulative connection of coordinate parts of speech
3.23. Parataxis and verbal adverb instead of hypotaxis
3.24. Yes-no-questions and answering strategies
3.25. Word order.
Il serait bon de reprendre le chapitre trois de mon livre sur l’émergence linguistique de Homo
Sapiens, Jacques COULARDEAU et Ivan EVE, Cro-Magnon's Language: Emergence of Homo
Sapiens, Invention of Articulated Language, Migrations out of Africa, Édition en Anglais, 31
juillet 2017, format Kindle, disponible dans toutes les boutiques Kindle d’Amazon du monde entier.
La seule modification que j’ai introduite dans mon approche est que les migrations ont toutes été
des migrations hors d’Afrique NOIRE, et la première exclusivement vers l’Afrique du Nord et
saharienne, archéologiquement prouvée comme remontant à 300 000 BCE du fait de « beads »
(pendentifs, coquillages percés pour être enfilés sur une liane ou une corde d’un type ou d’un
autre). J’y examine entre autres en détail les vingt-cinq caractéristiques concernées. Le problème
est de savoir si on peut dire que toute langue qui porte une, deux, trois (ou combien au juste ?) de
ces caractéristiques peut être posée comme agglutinante. Il est évident que cela est inacceptable.
Les trois articulations phylogénétiques
Dans une approche phylogénétique du langage humain on a trois articulations sériées dans le
temps phylogénique de la fonction langagière et communicatoire de l’homme. Les langues
sémitiques à racines tri-consonantiques portent en potentiel toutes les articulations ultérieures
alors qu’elles sont construites en langue sur la seule articulation consonnes-voyelles et leur
rotation. Les langues isolantes construites sur la seule deuxième articulation morphologique qui
posent les catégories nominales et verbales portent en mémoriel la logique de la rotation des
voyelles et des consonnes des langues sémitiques, et en potentiel les caractéristiques des langues
de la troisième articulation (agglutinantes, synthétiques et analytiques). Les langues agglutinantes
portent en mémoriel ce qui vient des deux articulations antérieures, commencent à développer des
caractéristiques de réalisation intra-morphologique des catégories morphologiques et syntaxiques
des noms et des verbes, et posent des règles d’accord entre les éléments nominaux et les
éléments verbaux pour toutes ces catégories, mais ils portent aussi en potentiel ce que les
langues synthétiques et analytiques vont ultérieurement développer à savoir l’extraction
cataphorique ou anaphorique de ces catégories et leur matérialisation en éléments divers
extérieurs au nom ou au verbe, ce que les auteurs de l’article concerné appellent une
« anticipation » et que j’appelle une extraction cataphorique qui existe largement en sémantique et
en simple communication orale ou écrite et donc en stylistique. Notons que le nombre compté et
l’unité singulière ont été eux aussi extraits du nombre compact originel avec là encore une
gradation phylogénique : quadriel, triel, duel, unité, avec en plus l’originalité que cette « unité » a la
même racine que le mot pour « doigt » si nous suivons Joseph Greenberg et Merritt Ruhlen, d’où
la digitalisation (numérisation avec les deux seuls bits 0 et 1) des données ou des œuvres
artistiques, et autres documents, qui n’a rien à voir avec les empreintes digitales, et pourtant.
Survivance ici des langues à racines consonantiques. Le français ou l’anglais doivent être des
langues sémitiques d’une certaine façon ou d’une autre si on suit ce raisonnement par simple
approximation, j’entends mise en proximité. C’est la première étape de la conceptualisation de
l’enfant encore nouveau-né ou très, très jeune : ce qui est proche dans l’espace est identique. Voir
ici Vygotsky, et plus tard il suffira de mettre un mot sur n’importe quoi pour que ce n’importe quoi
devienne une représentation symbolique de ce que le mot désigne. Voir ici Freud et le jeu de
l’enfant « Mutter da, Mutter fort ! »
Les langues synthétiques et analytiques issues de la même troisième articulation conservent
en mémoriel les caractéristiques de toutes les langues des articulations antérieures. Même en
anglais, la langue la plus avancée dans l’analytique qui conserve des éléments d’agglutination et
d’isolation et de consonantisme.
Ma contribution à cette phylogénie met en parallèle la phylogénie commencée en 300,000
BCE et les trois vastes migrations hors d’Afrique NOIRE, ce qui produit les langues sémitiques, les
langues isolantes, les langues agglutinantes, et les langues synthético-analytiques. Ne pas
prendre en compte ces éléments, c’est simplement ne pas entrer en phylogénie qui pose toujours
les simples questions concernant quelque communauté homininée que ce soit :
Où est cette communauté ?
D’où vient-elle ?
Où va-t-elle ?
Quelle langue parle-t-elle au moment concerné ?
Avant ce moment ?
Après ce moment ?
Xavier Rouard et l’indo-européen, puis le Gaulois
Sans entrer dans le détail, l’intéressant travail de Xavier Rouard sur l’origine de l’Indo-
Européen, « Did Indo-European Languages Stem From a Trans-Eurasian Original
Language », https://www.researchgate.net/publication/353331942_Did_Indo-
European_Languages_Stem_From_a_Trans-Eurasian_Original_Language, July 2021, DOI:
10.20935/AL1645, fonctionne en phylogénie de la même façon que l’article considéré ici.
Remontée dans le temps par reconstruction des formes antérieures jusqu’à environ 15 000 ans
avant la première forme attestée archéologiquement d’une langue, donc en forme écrite, sans
poser les questions que je viens juste de donner. On est alors enfermé dans cette distance
maximale de quinze mille ans. Si on veut aller plus loin dans le passé, il faut partir non pas d’un
reconstruction de formes hypothétiques antérieures mais d’une approche phylogénique de
l’émergence de la fonction et capacité langagières d’Homo Sapiens en fonction de son appareil
phonatoire, articulatoire et respiratoire. D’où les trois articulations et la suite. Tout le travail de
Joseph Greenberg et Merritt Ruhlen n'est pas fondé sur cette remontée en reconstruction d’une
langue hypothétique à partir du présent, mais sur le principe que les éléments langagiers qui furent
premiers en phylogénie du langage ont survécu dans un nombre maximum de langues de toutes
les familles possibles, avec en plus le principe que les premiers mots étaient dictés par les
capacités articulatoires nécessaires pour la survie, comme les mouvements de succion ou de
cessation de la succion du sein de la mère (vers 18 mois selon les recherches les plus avancées
sur la structure d’accompagnement de la croissance du nouveau-né, y compris dans des périodes
archéologiques très anciennes) pour construire les premiers mots désignant les personnes
engagées directement dans l’environnement de survie justement, donc la mère ou la personne
féminine, nécessairement, assurant cet accompagnement (succion, consonne « m ») et ensuite le
père ou l’oncle maternel, bref le mâle proche de la mère représentant l’autorité (cessation de la
succion et donc les consonnes « p » et « t »). Vers dix-huit mois l’enfant a une bonne partie de ses
premières dents (permettant l’articulation des dentales).
Naître et grandir, https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/soins/fiche.aspx?doc=naitre-
grandir-bebe-dent-de-lait-soulager-pousse-dentaire
Masculin-Féminin-et-Tous-Les-Autres
Mais ce qui, dans cet article, surprend le plus concernant le français, c’est cette assertion :
« La morphologie nominale du pluriel ne distingue pas le masculin du féminin en cas régime. » J’ai
envie de demander de quel français on parle. Tout le débat sur l’orthographe inclusive est
justement la négation, même de cette « évolution française » du masculin incluant et engluant tous
les genres dans une seule forme masculine. C'est aussi d'ailleurs ignorer l'évolution beaucoup plus
vaste qui consiste en anglais par exemple à inventer soit des mots marqués en genre, soit des
mots non-marqués en genre pour couvrir les divers genres (chairman, chairwoman, et
chairperson ; fireman, firewoman et firefighter, et notons que ce dernier est masculinisé par le
suffixe -er qui s’oppose au suffixe féminisé -ress, actor-actress, d’où la suggestion du féminin
firefightress, et donc la recherche d’un neutre en genre avec firefighting person). Et le débat fait
rage dans certains milieux. On sait aussi combien certains et certaines veulent absolument en
français soit marquer le genre dans tous les cas, soit effacer ce genre dans tous les cas, ce qui
devient difficile avec les pronoms pluriels en cas sujet comme régime, et bien sûr avec les noms
dans les deux cas. C’est une dimension à la fois sociale et culturelle qui s’impose à une
phylogénie qui n’a cependant jamais été indépendante de ces dimensions sociales et culturelles.
Vieille tendance qui remonte à l’Antiquité si j’en crois David Batchelor (Chromophobia, Reaktion
Books, Londres, UK, 2000) pour certains éléments, comme la couleur rejetée comme chaotique et
inférieure au blanc pur et dur qu’Aristote déjà posait comme nécessaire pour que les formes
ressortent dans leur grandeur qui est la seule dimension acceptable de tout art.
« “… a random distribution of the most attractive colors would never yield as much
pleasure as a definite image without color.” [Aristotle, Poetics] […] Since Aristotle’s time,
the discrimination against color has taken a number of forms, some technical, some
moral, some racial, some sexual, some social. »
[« "… une distribution aléatoire des couleurs les plus attrayantes ne procurerait
jamais autant de plaisir qu'une image bien définie sans couleur." [Aristote, Poétique] […]
Depuis l'époque d'Aristote, la discrimination contre la couleur a pris plusieurs formes,
certaines techniques, certaines morales, certaines raciales, certaines sexuelles, certaines
sociales. »]
C’est cette homogénéisation des genres au seul bénéfice du masculin dominant qui est ce
que les auteurs de l’article voient sans considérer la bataille actuelle pour se débarrasser de cette
homogénéisation, cet a priori idéologique qui nie la diversité et au mieux – au pire ? – l’ossifie dans
un dualisme plus qu’irréaliste. Et cet homogénéisation binaire avec un seul – sur ces deux –
dominant va se perpétuer dans la pensée occidentale, alors que les pensées asiatiques, africaines
et amérindiennes sont fondées sur les couleurs, parfois en nombre limité mais jamais dominées
par le blanc, quand il existe. On connait par exemple les couleurs des points cardinaux et du
centre de l’univers chez les Mayas : Nord-blanc, Est-rouge, Sud-jaune, Ouest-noir, et Centre-
vert/bleu avec l’arbre sacré ceiba.
“There is a famous legend from the Popol Vuh, that the creator gods planted in the
four regions of the cosmos their respective ceiba trees: in the East, the red ceiba; in the
West, the black ceiba; in the south, the yellow ceiba; and in the north, the white ceiba.
Finally, they planted a fifth ceiba in the center of the four directions, and in its roots, they
located the Xibalbá or Mitnal, the dwelling of the dead; at its base, they placed the Kab or
the land where we humans live; and in its trunk and branches they established the
dwelling of the gods; and at the top of the tree was located the origin of all the gods, in the
form of a magnificent heavenly Quetzal bird.” (Yucatan Today,
https://yucatantoday.com/en/la-ceiba-sacred-mayan-tree/)
[Il existe une célèbre légende du Popol Vuh, selon laquelle les dieux créateurs ont
planté dans les quatre régions du cosmos leurs arbres ceiba respectifs : à l'Est, le ceiba
rouge ; à l'ouest, le ceiba noir ; au sud, le ceiba jaune ; et au nord, le ceiba blanc. Enfin, ils
ont planté un cinquième ceiba [vert/bleu en Maya, pierre et couleur du sacrifice] au centre
des quatre directions, et dans ses racines, ils ont localisé le Xibalbá ou Mitnal, la demeure
des morts ; à sa base, ils ont placé le Kab, ou la terre où nous, les humains, vivons; et
dans son tronc et ses branches ils ont établi la demeure des dieux; et au sommet de
l'arbre se trouvait l'origine de tous les dieux, sous la forme d'un magnifique oiseau céleste
Quetzal.]
L’Homogénéisation Occidentale
Cette vision unifiante à tout prix de la pensée occidentale, aujourd’hui en crise absolue, vient
de loin et est la base de toutes les ségrégations, de tous les racismes, du péril jaune,
Robert F. Kennedy Jr. suggests covid was designed to spare Jews, Chinese
people.
Democratic presidential candidate Robert F. Kennedy Jr. advanced a dangerous
conspiracy theory this week that the coronavirus could have been a bioweapon
“deliberately targeted” to spare Ashkenazi Jews and Chinese people while
disproportionately attacking White and Black people, according to a video of the
remarks published Saturday by the New York Post.
“There is an argument that it is ethnically targeted. Covid-19 attacks certain races
disproportionately,” Kennedy said during a dinner on New York’s Upper East Side on
Tuesday evening. “Covid-19 is targeted to attack Caucasians and Black people. The
people who are most immune are Ashkenazi Jews and Chinese.”, The Washington
Post, July 15, 2023, https://www.washingtonpost.com/nation/2023/07/15/robert-kennedy-
jr-covid-conspiracy/
[Robert F. Kennedy Jr. suggère que le covid a été conçu pour épargner les
Juifs, les Chinois.
Le candidat démocrate à la présidentielle Robert F. Kennedy Jr. a avancé cette
semaine une dangereuse théorie du complot selon laquelle le coronavirus aurait pu être
une arme biologique « délibérément ciblée » pour épargner les Juifs ashkénazes et les
Chinois tout en attaquant de manière disproportionnée les Blancs et les Noirs, selon une
vidéo des propos publiés samedi par le New York Post.
« Il y a un argument selon lequel il est ethniquement ciblé. Covid-19 attaque certaines
races de manière disproportionnée », a déclaré Kennedy lors d'un dîner dans l'Upper East
Side de New York mardi soir. "Covid-19 est ciblé pour attaquer les Caucasiens et les
Noirs. Les personnes les plus naturellement réfractaires sont les juifs ashkénazes et les
chinois.” »
au péril rouge et bien sûr tout le noir diabolique et de la perdition. Le français a poussé ce sens de
l’unification si loin qu’aujourd’hui il faut se coltiner la nécessaire réinvention du genre dans la
langue et le discours. En rester aux fonctions de surface de sujet et d’oblique (pour ne pas dire
objet car l’oblique couvre tous les compléments, unifiant à nouveau) est loin de la
psychomécanique du langage qui bien sûr différencie l’agent du thème (accusatif, objet direct) et
bien sûr de la source, du but et du simple lieu, d’ailleurs temporel ou spatial. Les langues
agglutinantes et les langues synthétiques qui sont déclinées font la différence entre ces diverses
fonctions et même parfois plus, beaucoup plus. Il est tentant de dire que ces fonctions ont disparu
en français, ce qui est erroné car elles survivent avec les pronoms et avec des prépositions portant
des pronoms nécessairement obliques.
Dairine O’Kelly, Université de Toulon.
Et les dialectes romans de France (tant d’Oïl que d’Oc, sans compter le Picard, les langues
celtes, le Basque et les langues germaniques, et quelques autres, et sans compter les langues
premières des populations immigrantes ou réfugiées) font parfois des différences intéressantes
comme le « Dis-me-le » du Bordeluche (Occitan de Bordeaux), « Dis-moi le » de l’Auvergnat
(Occitan d’Auvergne), et « Dis-le-moi » du français d’Oïl standard. Et ce ne sont pas que les
humoristes qui produisent des formules du genre « Je te la le lui donne, la gifle promise depuis si
longtemps » et le masculin peu réapparaître avec un bégaiement pronominal « Je te le le lui
donne, le coup de pied au derrière, promis depuis si longtemps. » J’ai l’impression que les auteurs
travaillent sur le français SMS des smartphones, corrigées cependant des fautes d’orthographes
plus que nombreuses, copieuses (à la fois abondantes et copiées d’un SMS à un autre sans la
moindre vergogne).
Les Suffixes Nominaux En Cause
Ils assurent aussi que les suffixes nominaux sont en péril de disparaître. On ne dirait plus
garçonnet ou fillette (je rajoute le second, pour montrer comment le second a survécu avec des
sens positifs ou négatifs divers qui n’ont plus rien à voir avec le sexe et l’âge de la personne) mais
on dirait petit garçon et petite fille. Et pourtant on dit toujours poulet pour un jeune membre de
l’espèce de volatile que Sully mettait dans le pot de toutes les familles (enfin les feux) de France,
la célèbre poule-au-pot qui n’est que rarement une poule, simplement un poulet. Et la poulette
serrait une insulte pour un flic féminin, bien que poulet pour un flic masculin passe très bien, y
compris avec les personnes concernées. Par contre une poulette sans uniforme est sexuellement
chargée. Mort le suffixe ?
Et que dire de la langue courante avec les mots comme poulette, croquettes, baguette (petite
bague pour Picmuche et baguette de pain pour Poupinou, ou l’inverse, du temps des Clowns du
Prato), sans compter la cafette (orthographe personnelle) des campus et la palette des maçons où
le suffixe est une étrange présence qui n’a que peu à voir avec la palette du peintre, ou même la
palette du directeur régional des bâtiments de France qui gère la couleur des volets dans les
villages. Mais mettre sur le même plan cancéreux, cancérigène, cancérologue, est plus que
surprenant.
Le premier suffixe -eux (caractérisé par la peur du cancer appliquée à une personne qui
porterait un tel cancer que l’on peut attraper ou développer – même si c’est un mythe que le
cancer soit contagieux – par négligence ou contact avec une situation ou une personne plus
qu’une matière), cancérigène (qui est la propension d’une matière comme l’amiante à développer
un cancer chez la victime de l’injection ou inhalation de cette fibre), ou cancérologue (spécialiste
médical traitant du cancer de ses patients) est pour le mieux surprenant. Le suffixe -eux forme des
adjectifs à partir de noms et est courant : chanceux, peureux, malheureux, miséreux, affreux, et
bien d’autres.
Le second suffixe -igène est complexe : cheville vocalique pour attacher le radical (modifié
avec un accent) et l’élément sémantique lourd issu du verbe générer qui garde son sens dans
cette composition nominale. Et ce suffixe est loin d’être mort : bloc électrogène.
Le troisième suffixe -ologue est encore plus surprenant, et loin de disparaître, -ologue fait
référence à un savoir, une compétence, une profession comme dans politologue, vulcanologue,
idéologue, cardiologue, sexologue, et urologue. Ce suffixe est lui-même, sans sa cheville
vocalique, une racine que l’on retrouve dans logique. Serait-ce une survivance d’un trait de langue
à racine sémitique survivant dans la langue très analytique qu’est le français ?
Ces suffixes – et deux sont en fait des éléments sémantiques propres – peuvent donner des
débats houleux et même franchement haineux. On se souvient du « débat acerbe » concernant
l’adjectif ou le nom « sidéen » (acceptable) et l’adjectif ou le nom « sidaïque » totalement rejeté, et
les guillemets sont ici des pincettes. « Le sidaïque est une espèce de lépreux », a déclaré à la
télévision Jean-Marie Le Pen le 6 mai 1987. De telles remarques sont tellement superficielles que
l’on dirait un garçonnet perdu dans la translation de son smartphone qu’il n’arrive pas à appeler un
téléphone portable et s’obstine à appeler un « chatbot ». Et ces suffixes sont encore fortement
productifs comme pathogène, hydrogène, hypnogène, hypogène, hystérogène.
Pronom Sujet Obligatoire ?
Ce qui est dit sur la « généralisation obligatoire du pronom lorsqu’il n’y a pas de substantif
sujet » est aléatoire et dépend du niveau de discours que nous considérons. Et surtout que
l’impératif peut aisément pourvoir un verbe sans sujet, ou un verbe sans sujet peut aisément être
vu comme un impératif. Seule la visée de discours peut départager. Il est aussi simple d’employer
des infinitifs pour ne pas avoir à spécifier les sujets. « Danser, danser, danser, toujours danser. On
abat bien les chevaux. » ou bien « Manger, manger, toujours manger, et après on n’a plus qu’à
crever à l’exercice. » Ce serait plus simple dans une langue analytique comme l’anglais qui dans
un discours de ce genre ne fait pas la différence entre le thème nu de l’infinitif, le présent de
l’impératif et le présent de l’indicatif, bien qu’il pourrait employer des gérondifs qui eux aussi
peuvent fonctionner sans sujet, ou même des infinitifs complets avec particule to qui eux aussi
n’ont pas besoin de sujets. « To dance, to dance, to dance, that’s slavery. » Ou bien “Dancing,
dancing, dancing, that’s slavery.” Ou bien encore “Dance, dance, dance, dance all the time, and
my feet are killing me.”
Mais nos auteurs auraient pu avancer sensiblement dans la voie de la créolisation du français,
s’ils avaient considéré le picard qui a été fortement créolisé au contact soutenu avec des langues
germaniques, de même que l’anglais a été fortement créolisé à soubassement germanique (Anglo-
Saxon) en contact plus qu’intense et dominant avec le Français normand, lui-même créolisé au
contact avec les langues scandinaves des Vikings. La vitesse d’évolution dépend de l’intensité des
contacts d’une langue avec ses voisines. Tous les phénomènes abordés dans cet article relèvent
justement de langues en contact et de créolisation.
En picard actuel on ne peut pas avoir un substantif directement sujet d’un verbe conjugué ni
même un simple pronom sujet au nominatif. Le substantif est doublé en anaphorique par un
pronom nominatif, et un pronom nominatif seul est doublé en cataphorique par un pronom au cas
régime. « Edmond i parlot toudis trop. » Ou bien « Mi j’parlos toudis pas assez. » Mais jamais
« Edmond parlot toudis trop » ni « J’parlos toudis pas assez. » Le français en contact avec plus de
vingt langues différentes en France-même et de façon quotidienne ne peut qu’évoluer vers une
telle créolisation.
Généraliser Les Verbes du Premier groupe ? !
La remarque sur l’indicatif et le subjonctif, page 17, ne fonctionne qu’avec les verbes du
premier groupe, et cela ne concerne que les trois personnes du singulier et éventuellement la
troisième personne du pluriel que les auteurs de mentionnent pas dans le liste d’exemples. Mais
dès qu’on passe au deuxième et au troisième groupes il faut bien reconnaître que la remarque est
fausse bien que les cas soient au coup par coup pour le troisième groupe. Dans le deuxième
groupe la troisième personne du pluriel est identique au présent de l’indicatif et du subjonctif, mais
pas celles du singulier.
Ind. Je finis Subj. Que je finisse
Ind. Tu finis Subj. Que tu finisses
Ind. Il/elle finit Subj. Qu’il/elle finisse.
Ind. Ils/elles finissent Subj. Qu’ils/elles finissent
Pour le troisième groupe, il faut considérer chaque verbe comme un cas à part. Mais prenons
coudre et nous avons la même situation que pour finir.
Ind. Je couds Subj. Que je couse
Ind. Tu couds Subj. Que tu couses
Ind. Il/elle coud Subj. Qu’il/elle couse
Ind. Ils/elles cousent Subj. Qu’ils/elles cousent
Et cette classification n’a que peu à voir avec la fréquence d’emploi. Premier groupe : manger,
cuisiner, laver, pleurer. Autres groupes : boire, cuire, blanchir, gémir, geindre. Marcher contre
courir. Et de toutes façons l’argument de la perte de marques spécifiques de personne dans la
conjugaison d’un verbe, ou l’absence de différences de forme entre deux temps ou deux
personnes sont la négation même de ce que les auteurs appellent l’agglutination des langues
romanes. En fait, l’extraction cataphorique de la personne avec les pronoms sujets, et de l’aspect
avec des auxiliaires – et d’ailleurs pas que – ne rendent pas le verbe invariable. Ils rendent la
conjugaison au présent de l’indicatif et du subjonctif beaucoup plus simple au premier groupe car
la même forme (qui n’est pas l’infinitif, ou son thème nu qui n’existe pas en français comme en
anglais) tient de nombreuses places dans ce présent, mais pas toutes, et ce plus pour les verbes
du premier groupe, et encore cela n’est vrai qu’oralement, car dès que l’on passe à l’écrit, on a des
différences, des -s de deuxième personne du singulier par exemple. C’est là que le français SMS
triomphe dans le sens du soutien à ce que disent les auteurs. Il faut lire les messages suivant un
billet sur Facebook ou sur Twitter pour voir comment la langue est torturée, triturée, carrément
friturée dans un bain d’huile brûlante. On se croirait parfois revenu au 13ème
siècle sous Louis IX dit
Saint Louis qui développa des poêles à frire géantes avec des bains d’huile importants pour
fricasser quelques gay saisis – plus ou moins – en train de commettre un péché de chair interdit
pas l’église.
Quand Aurons-Nous (et pas aura-t-on) Une Langue Analytique Totale ?
Quand un verbe n’aura plus qu’une seule forme et que tout le reste sera ajouté en discours
sous formes d’innombrables petits mots outils spécifiant les aspects, les temps, les modes, les
personnes, etc., alors peut-être. Mais dans les langues isolantes, ces lexèmes outils sont
nécessaires car le verbe en tant que tel est invariable. Dans les langues analytiques le verbe est
loin d’être invariable, mais de nombreux éléments temporels, aspectuels, personnels, etc., ont été
extraits du verbe agglutinant ou synthétique. On a donc une opération psycho-mentale totalement
différente dans les deux cas : compensation en discours de ce que le verbe ne peut pas porter
mais dont la visée de sens et le contexte communicationnel exigent la spécification pour les
langues isolantes ; et extraction des mêmes éléments du verbe qui les avait intégrés dans la
phase agglutinante (troisième articulation) de la phylogénie du langage et matérialisation de ces
éléments extraits en extériorité du verbe. Il ne s’agit en rien de compensation discursive mais
d’extraction de langue.
Ordre Des Mots Strict S V O Est Une Baleine Blanche, Moby Dick
Je ne dirai pas grand chose sur « l’ordre des mots strict du Type S V O » pour la seule langue
française parmi les langues romanes. C’est encore en rester à une production communicationnelle
des plus primitive car le discours oral ou écrit un tout petit peu soutenu ou expressif produira des
formes que les machines à traduire s’emberlificoteront à traduire faussement. On sait l’opposition
de sens entre « un grand homme » et « un homme grand ». Il suffit d’ajouter quelques sémèmes
signifiants dans le discours pour obtenir des choses que les machines à traduire auront du mal à
rendre. « Un grand homme » est « a great man » en anglais et « un homme grand » est « a big/tall
man » en anglais.
Mais « un homme grand comme un dieu, aussi grand qu’un trou noir qui dévore tout sur son
passage » sera difficile à traduire. La règle est que « grand » en postposition par rapport au nom
qu’il modifie ou qualifie se traduit par « big » ou « tall ». Mais dans l’exemple que je viens de
donner « grand » n’a pas le sens de la taille de l’homme, mais de sa grandeur, son pouvoir, sa
supériorité, etc. « A man as great/powerful as a God, as voracious/unfathomable as a black hole
that devours everything in its path. » Google Translate me propose : "a man as big as a god, as
big as a black hole that devours everything in its path". Deepl me propose exactement la même
chose : "a man as big as a god, as big as a black hole that devours everything in its path". Les
deux n’ont pas saisi que ce n’était pas une question de taille.
La langue française est-elle une langue strictement S V O ? Non bien sûr. « Moi ? Un livre ?
Mais vous n’y pensez-pas. » On ne sait même pas s’il s’agit d’écrire un livre, de lire un livre,
d’acheter un livre, et l’agent hypothétique de cette action non spécifiée est un pronom personnel
de première personne au cas régime, et encore pas n’importe quel cas régime, « moi » et pas
« me », donc un pronom au cas régime au plus proche de la nominalisation alors que les noms en
français ne portent pas de marques de personnes. Et on entend ici la réaction de l’interlocuteur :
« Mais non, mon ami, vous êtes comme un livre, impénétrable et incompréhensible. » Le « moi »
du départ devient à l’heure actuelle dans la répartie un simple thème dont on parle et qui n’a
aucune agence du tout.
Notons que l’anglais ne distingue pas « me » et « moi » qui sont tous les deux « me »
(prononcez « mi »), mais le français ne peut pas rendre l’expression anglaise avec trois
expressions pronominalisées de la première personne du singulier, « me, myself, and I », et on
pourrait pousser jusqu’à quatre, « me, myself, I and mine » ou, mieux encore, « me myself, mine
and I ». Le raisonnement est alors un peu bancal qui veut mener à l’idée que le français est une
langue néo-isolante. « Seule la langue française […] a totalement anticipé [extrait
cataphoriquement] la morphologie nominale et bien avancé l’anticipation [extraction cataphorique]
de la morphologie verbale, a désormais un ordre des mots strict du type S V O. » Il faudra
m’expliquer alors la bataille autour du féminin de « auteur » suggéré comme pouvant être
« auteure » ou « auteuse » ou encore « autrice ». Nous avons là le contraire même de
l’anticipation, une réinsertion morphologique de la catégorie du genre dans un nom qui était
devenu totalement asexué en français dans sa forme masculine. Dans une langue comme le
français très avancée dans sa dimension analytique, il est très peu raisonnable de poser des
ordres stricts car justement le fait que la langue soit en devenir analytique pose que les ordres sont
toujours aléatoires et flexibles. « Moi, une orange, jamais ! » dit la pèche au citron, « mais vous, un
agrume, toujours ! » Et passons en situation humanoïde et nous avons alors des myriades
d’interprétations et S V O est simplement un mythe. « Moi, des oranges, jamais, » dit l’Esquimau
au Congolais, « Mais vous, du manioc ou des bananes, toujours. » Et le racisme induit dans ce
que dit cet Inuit, au moins le racisme culturel, est bien présent car les bananes pour des locuteurs
français feront penser à Banania et son bonhomme, ou bien à Joséphine Baker et son pagne de
bananes à l’Olympia, si c’était l’Olympia.
Enfermement Dans Les Langues Romanes
Résumons mes arguments sur – ou plutôt contre – l’enfermement dans les langues romanes.
1- les populations qui vont les porter arrivent au Moyen Orient d’Afrique Noire aux alentours
de 35,000 BCE au plus tôt (les Néanderthals du Moyen Orient ont disparu ou ont été intégrés dans
la société turkique qui est arrivée au Moyen Orient vers 65 000 BCE. L’Europe est entièrement
occupée alors par les populations turkiques arrivées au Moyen Orient 30,000 plus tôt que les
populations qui porteront toutes les langues indo-européennes, pas seulement romanes.
2- Ces populations de la dernière vague de la troisième migration sur la base de la troisième
articulation de la phylogénie linguistique s’isolent sur le plateau iranien et n’en descendront qu’au
plus tôt vers 15,000 BCE, donc 4 000 ou 5 000 ans après la pointe de la glaciation, donc dans
l’après de cette glaciation. Cette descente sera ralentie par la mini glaciation dite Younger Dryas
entre 10 900 et 9 600 BCE. Elles sont donc peu en contact jusqu’à leur descente du plateau avec
les populations parlant les langues turkiques agglutinantes au Moyen Orient (et en Asie Centrale)
et encore moins avec les populations sémitiques aux langues à racines consonantiques qui
commencent à arriver au Moyen Orient vers 30,000 BCE.
3- Du côté occidental la première langue connue de nous est le sumérien et le contact avec
les populations sémitiques akkadiennes produisent, pour des raisons commerciales le système
d’écriture cunéiforme et les tablettes d’argile qui la portent remontent jusqu’à environ 6 000 BCE
(avec au Louvre certaines retrouvées en Roumanie et datées de cette période). À partir de cette
date on ne peut remonter que de 15 000 ans , soit jusqu’à 21 000 BCE, en plein dans la phase
maximale de la glaciation. Mais on ne peut remonter que pour la langue sumérienne qui est une
langue synthétique et donc indo-européenne avec une forte présence agglutinante dans les
phénomènes d’accord. Les langues turkiques ne seront écrites que beaucoup plus tard, après que
les Phéniciens sémitiques aient développé l’alphabet consonantiques qui est le leur (avec la seule
voyelle initiale « alep » ou « aleph », en bref « A »), et le transfert vers la Grèce avec les
mouvements de populations indo-européennes à travers l’Anatolie vers ce qui sera bientôt la
Grèce parlant le Grec ou les dialectes grecs. L’alphabet grec introduit les voyelles et devient donc
un système d’écriture alphabétique, ce que n’était pas l’écriture cunéiforme qui était plutôt
syllabique avec la possibilité pour une syllabe d’être réduite à une seule voyelle.
4- C’est sur ces échelles temporelles que la phylogénie linguistique a une chance de se
développer sans avoir le sort de l’Indo-Européen bloqué en remontée et reconstruction
rétrospective vers 15 000 BCE, et peut-être 18 000 BCE, à peine mille ans après la pointe de la
glaciation. Ne considérer que les langues romanes, sans mention du grec, et de l’arménien qui lui
est très proche, c’est s’isoler de toute possibilité de phylogénie linguistique allant dans le sens du
temps donc en perspective vers l’à-venir, puisqu’on les prends là où ils sont aujourd’hui, en dehors
de tout contact ou presque, sans se poser la question sur d’où ils viennent et comment ils sont
arrivés là où ils sont, étant bien entendu que les langues romanes sont développées par les
populations locales non identifiées linguistiquement qui adoptent le latin du fait de la colonisation
romaine.
5- Le manque le plus notoire dans cette approche est le phénomène de langues en contact et
de passage de langues préglaciaires (turkiques et agglutinantes) ou de langues postglaciaires
(indo-européennes et surtout pas au singulier, mais toutes au plus synthétiques et au mieux
analytiques), sur la base d’une population portant ces langues indo-européennes minoritaire (25%
de notre ADN), populations qui intègrent et convertissent aux langues indo-européennes la
majorité turkique de la population ancienne (75% de notre ADN). On ne sait rien sur les langues
turkiques antérieures à la glaciation, sauf si on considère la recherche de Theo Vennemann. Or,
parler de langues en contact, c’est parler de créolisation des langues concernées, qu’elles soient
le substrat ou l’apport nouveau. Le mot créolisation n’est même pas suggéré.
6- Cet article se centre sur l’Europe et sa culture la plus ancienne dont j’ai déjà parlé avec la
référence à Aristote sur le blanc pur, sur la forme dominante, et sur le rejet des couleurs, y compris
raciste puisque « barbare » signifie « qui ne parle pas grec » dans cette civilisation hautement
ségrégationniste et fondée sur l’esclavage de masse, y compris de populations anciennes donc
parlant des langues turkiques agglutinantes à qui il est fait obligation de s’intégrer comme Médée,
la Colchidienne, la Géorgienne, la Turkique donc, dans la mythologie de la Toison d’Or volée aux
Colchidiens et intégrée par Jason dans la culture grecque. Cet européocentrisme est dangereux
linguistiquement car il tue toute logique phylogénique longue.
7- Le concept de néo-isolant est dangereux phylogéniquement. Les langues isolantes sont
construites sur la base de la compensation discursive des absences catégorielles des noms et des
verbes invariables par des mots outils extérieurs aux noms et verbes invariables (haute créativité
discursive d’ailleurs comparable à la haute créativité discursive des langues consonantiques
sémitiques), alors que les langues indo-européennes sont entre synthétique et analytiques
évoluant du synthétique à l’analytique par extraction des catégories intégrées dans les mots par le
développement agglutinant antérieur hors de ces mots et leur réalisation qu’on dira, en se
trompant, ad hoc, qui ne portent que ces catégories, et ces mots outils ne font sens qu’attachés à
un nom ou un verbe dont ils sont des extractions. Et on est loin des langues isolantes qui ne sont
pas toutes sur le même schéma. Dans le sud-est asiatique et dans les îles qui vont de ce sud-est
asiatique jusqu’à la Micronésie et la Polynésie, et probablement au-delà jusqu’en Amérique du sud
et centrale (les planères Inca, Maya, Aztèque et quelques autres en Amazonie avant le génocide
et culturocide des colonisateurs européens), les populations de la migrations hors d’Afrique Noire
concernées ont intégré sur une large échelle les populations Dénosivanes dont, à l’instar des
population Néanderthales, on ignore tout de la langue, de la communication, de la culture etc. Il est
évident que le Vietnamien ou le Laotien sont différents du Coréen et du Chinois, voire du Japonais,
et pourtant toutes ces langues sont isolantes. Dire que le Coréen est agglutinant est pour le moins
inattendu, et pour moi incongru.
8- Chaque articulation, chaque étape conserve et dépasse l’étape antérieure et en même
temps, simultanément et de façon absolument coordonnée par phylogénie, chaque étape contient
en potentiel ce que l’étape suivante va produire. Et cela est vrai de bien plus que les langues et les
cultures. Cela est aussi vrai de la biologie. Certes la première forme du fétus, deux cellules qui se
sont unies, ne contiennent aucune trace de phosphore, et pourtant l’organisme produira dans son
développement fœtal la protéine MAP-2 qui sera essentielle pour le développement de la mémoire
sans laquelle il n’y a aucune émergence possible de l’humanité et même de milliers ou de millions
d’espèces antérieures. Nous avons en nous la mémoire des papillons.
9- La phrase turque « Parislileştiremediklerimizdensinizdir » traduite comme signifiant « Vous
êtes de ceux que nous n’avons pas réussi à rendre parisiens », puis doublée d’un autre couple par
simple rotation du nom de la ville à l’initiale « Istanbullulaştıramadıklarımızdansınızdır » traduite
comme « Vous êtes de ceux que nous n’avons pas réussi à rendre stambouliotes » ignore
totalement le travail de Zellig Harris, le maitre de Chomsky, sur la détermination des ruptures entre
éléments syntaxiques ou sémantiques dans une phrase par le niveau statistique d’un phonème
antérieur au phonème suivant : statistique ouverte dans le choix du phonème suivant, rupture
morphologique ou sémantique donc coupure entre deux unités ; statistique basse dans le choix du
phonème suivant, non-rupture morphologique ou sémantique. On aurait aussi un troisième niveau
aves une statistique médiane pour les éléments formateurs à l’intérieur d’un mot, mais Zellig Harris
ne semble pas avoir posé ce troisième niveau. On sait que Chomsky a totalement rejeté
l’extension de cette approche statistique à la structure sémantico-syntaxique de la phrase car
autrement la célèbre phrase « Colorless green ideas sleep furiously » serait parfaitement
acceptable, alors que Chomsky la refuse comme simplement insensée ou absurde. L’oxymoron
poétique n’est pas intégré à la grammaire générative, du début jusqu’à la fin. La pensée humaine
est posée comme non-oxymoronique par définition. Notons ici cependant que les auteurs de cet
article généralisent sans la moindre hésitation ce qu’ils disent sur le Turc à toutes les langues
agglutinantes qui couvrent pour eux tous les phénomènes d’agglutination dans toutes les langues
sans précision sur le nombre minimal de caractéristiques agglutinantes (les 25 d’Alfred Toth) dans
une langue pour qu’on puisse la considérer comme étant agglutinante.
10- Le dernier met doit revenir aux langues en contact et à la créolisation de ces langues.
L’article concerné ici est particulièrement déficient sur cet élément, même si le concept et le
phénomène de créolisation des langues en contact est fortement débattue et même franchement
rejeté par les partisans des langues dites créoles des Antilles, et quelques autres endroits dans le
monde, car ces langues dites créoles sont le résultat de colonisations extrêmes et d’esclavage
génocidaire.
Anticipation ou Extraction Cataphorique,  Dans La Phrase en Contexte

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Anticipation ou Extraction Cataphorique, Dans La Phrase en Contexte

  • 3. Table des matières Les petits fours apéritifs Introduzione Louis Begioni Alvaro Rocchetti L’évolution de l’ordre des mots dans la phrase du latin aux langues romanes ; comparaison avec les langues agglutinantes et isolantes 11 Luciana T. Soliman Les formes verbales voici/voilà en contexte narratif fictif 27 Sophie Saffi La phrase en contexte : étude d’une bande dessinée en français et en italien 47 Mohammed Nabih De l’organisation compositionnelle du discours médiatique électronique 91 Guy Achard-Bayle Ondrej Pešek La phrase en cotexte et la hiérarchie des unités mésotextuelles 121 Thomas Franck Quand citer c’est faire. Analyse de la doxa existentialiste à partir de ses citations décontextualisées 161 Francesco Parisi Le Schizo et les langues : la frase tra letteratura, linguistica e filosofia 177 Houda Landolsi Le Rassemblement National et les prénoms. Construction du sens intégral dans le discours sur la francisation des prénoms : une affaire de… contexte ? 201
  • 4. CONTRIBUTION PERSONNELLE Dr. Jacques COULARDEAU Commentaire de la contribution de Louis BEGIONI et Alvaro ROCCHETTI ANTICIPATION OU EXTRACTION CATAPHORIQUE Phylogénie du Langage Homininé J’aurais en son temps écrit « cataphorique » car c’est un terme grec et il fait paire avec « anaphorique ». Le titre pose l’enjeu. Quand je dis : « Idoles dorées, je vous adore comme déesses et dieux », je n’ai extrait ni le genre, ni le nombre, ni la fonction des noms on ne peut plus communs, sans compter l’accord de l’adjectif « dorées ». Ce sont là des phénomènes d’agglutination, mais ces simples éléments ne font pas du français une langue agglutinante. Si on suit Alfred Toth, on peut distinguer vingt-cinq caractéristiques de l’agglutination et on retrouve certaines de ces caractéristiques dans pratiquement toutes les langues dès qu’il y a des accords d’une sorte ou d’une autre entre noms et adjectifs, noms et verbes, et autres phénomènes de transferts catégoriels. ALFRED TOTH AND AGGLUTINATIVE LANGUAGES 3.1. Nominal clause 3.2. Attributive adjective 3.3. Numerus absolutus 3.4. “half; half part” in one of the body parts in pairs 3.5. Noun as adjectival attribute 3.6. Copulative and tautological compounds 3.7. Possessive personal suffixes 3.8. Possessive Relation 3.9. Possessive personal pronouns in determining function 3.10. Possessive personal suffixes with pronouns and numerals 3.11. “habere”-“non habere” 3.12. Postpositions 3.13. Reflexive pronoun 3.14. Interrogative pronoun 3.15. Tripartite case system 3.16. Lative constructions 3.17. Ablative/adessive constructions in comparisons
  • 5. 3.18. Accusative object with and without suffix 3.19. Figura etymologica 3.20. Verbal nouns as verbal forms 3.21. Use of verbal nouns 3.22. Copulative connection of coordinate parts of speech 3.23. Parataxis and verbal adverb instead of hypotaxis 3.24. Yes-no-questions and answering strategies 3.25. Word order. Il serait bon de reprendre le chapitre trois de mon livre sur l’émergence linguistique de Homo Sapiens, Jacques COULARDEAU et Ivan EVE, Cro-Magnon's Language: Emergence of Homo Sapiens, Invention of Articulated Language, Migrations out of Africa, Édition en Anglais, 31 juillet 2017, format Kindle, disponible dans toutes les boutiques Kindle d’Amazon du monde entier. La seule modification que j’ai introduite dans mon approche est que les migrations ont toutes été des migrations hors d’Afrique NOIRE, et la première exclusivement vers l’Afrique du Nord et saharienne, archéologiquement prouvée comme remontant à 300 000 BCE du fait de « beads » (pendentifs, coquillages percés pour être enfilés sur une liane ou une corde d’un type ou d’un autre). J’y examine entre autres en détail les vingt-cinq caractéristiques concernées. Le problème est de savoir si on peut dire que toute langue qui porte une, deux, trois (ou combien au juste ?) de ces caractéristiques peut être posée comme agglutinante. Il est évident que cela est inacceptable. Les trois articulations phylogénétiques Dans une approche phylogénétique du langage humain on a trois articulations sériées dans le temps phylogénique de la fonction langagière et communicatoire de l’homme. Les langues sémitiques à racines tri-consonantiques portent en potentiel toutes les articulations ultérieures alors qu’elles sont construites en langue sur la seule articulation consonnes-voyelles et leur rotation. Les langues isolantes construites sur la seule deuxième articulation morphologique qui posent les catégories nominales et verbales portent en mémoriel la logique de la rotation des voyelles et des consonnes des langues sémitiques, et en potentiel les caractéristiques des langues de la troisième articulation (agglutinantes, synthétiques et analytiques). Les langues agglutinantes portent en mémoriel ce qui vient des deux articulations antérieures, commencent à développer des caractéristiques de réalisation intra-morphologique des catégories morphologiques et syntaxiques des noms et des verbes, et posent des règles d’accord entre les éléments nominaux et les éléments verbaux pour toutes ces catégories, mais ils portent aussi en potentiel ce que les langues synthétiques et analytiques vont ultérieurement développer à savoir l’extraction cataphorique ou anaphorique de ces catégories et leur matérialisation en éléments divers extérieurs au nom ou au verbe, ce que les auteurs de l’article concerné appellent une « anticipation » et que j’appelle une extraction cataphorique qui existe largement en sémantique et en simple communication orale ou écrite et donc en stylistique. Notons que le nombre compté et l’unité singulière ont été eux aussi extraits du nombre compact originel avec là encore une gradation phylogénique : quadriel, triel, duel, unité, avec en plus l’originalité que cette « unité » a la même racine que le mot pour « doigt » si nous suivons Joseph Greenberg et Merritt Ruhlen, d’où la digitalisation (numérisation avec les deux seuls bits 0 et 1) des données ou des œuvres artistiques, et autres documents, qui n’a rien à voir avec les empreintes digitales, et pourtant. Survivance ici des langues à racines consonantiques. Le français ou l’anglais doivent être des langues sémitiques d’une certaine façon ou d’une autre si on suit ce raisonnement par simple approximation, j’entends mise en proximité. C’est la première étape de la conceptualisation de l’enfant encore nouveau-né ou très, très jeune : ce qui est proche dans l’espace est identique. Voir ici Vygotsky, et plus tard il suffira de mettre un mot sur n’importe quoi pour que ce n’importe quoi devienne une représentation symbolique de ce que le mot désigne. Voir ici Freud et le jeu de l’enfant « Mutter da, Mutter fort ! » Les langues synthétiques et analytiques issues de la même troisième articulation conservent en mémoriel les caractéristiques de toutes les langues des articulations antérieures. Même en anglais, la langue la plus avancée dans l’analytique qui conserve des éléments d’agglutination et d’isolation et de consonantisme.
  • 6. Ma contribution à cette phylogénie met en parallèle la phylogénie commencée en 300,000 BCE et les trois vastes migrations hors d’Afrique NOIRE, ce qui produit les langues sémitiques, les langues isolantes, les langues agglutinantes, et les langues synthético-analytiques. Ne pas prendre en compte ces éléments, c’est simplement ne pas entrer en phylogénie qui pose toujours les simples questions concernant quelque communauté homininée que ce soit : Où est cette communauté ? D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Quelle langue parle-t-elle au moment concerné ? Avant ce moment ? Après ce moment ? Xavier Rouard et l’indo-européen, puis le Gaulois Sans entrer dans le détail, l’intéressant travail de Xavier Rouard sur l’origine de l’Indo- Européen, « Did Indo-European Languages Stem From a Trans-Eurasian Original Language », https://www.researchgate.net/publication/353331942_Did_Indo- European_Languages_Stem_From_a_Trans-Eurasian_Original_Language, July 2021, DOI: 10.20935/AL1645, fonctionne en phylogénie de la même façon que l’article considéré ici. Remontée dans le temps par reconstruction des formes antérieures jusqu’à environ 15 000 ans avant la première forme attestée archéologiquement d’une langue, donc en forme écrite, sans poser les questions que je viens juste de donner. On est alors enfermé dans cette distance
  • 7. maximale de quinze mille ans. Si on veut aller plus loin dans le passé, il faut partir non pas d’un reconstruction de formes hypothétiques antérieures mais d’une approche phylogénique de l’émergence de la fonction et capacité langagières d’Homo Sapiens en fonction de son appareil phonatoire, articulatoire et respiratoire. D’où les trois articulations et la suite. Tout le travail de Joseph Greenberg et Merritt Ruhlen n'est pas fondé sur cette remontée en reconstruction d’une langue hypothétique à partir du présent, mais sur le principe que les éléments langagiers qui furent premiers en phylogénie du langage ont survécu dans un nombre maximum de langues de toutes les familles possibles, avec en plus le principe que les premiers mots étaient dictés par les capacités articulatoires nécessaires pour la survie, comme les mouvements de succion ou de cessation de la succion du sein de la mère (vers 18 mois selon les recherches les plus avancées sur la structure d’accompagnement de la croissance du nouveau-né, y compris dans des périodes archéologiques très anciennes) pour construire les premiers mots désignant les personnes engagées directement dans l’environnement de survie justement, donc la mère ou la personne féminine, nécessairement, assurant cet accompagnement (succion, consonne « m ») et ensuite le père ou l’oncle maternel, bref le mâle proche de la mère représentant l’autorité (cessation de la succion et donc les consonnes « p » et « t »). Vers dix-huit mois l’enfant a une bonne partie de ses premières dents (permettant l’articulation des dentales). Naître et grandir, https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/soins/fiche.aspx?doc=naitre- grandir-bebe-dent-de-lait-soulager-pousse-dentaire Masculin-Féminin-et-Tous-Les-Autres Mais ce qui, dans cet article, surprend le plus concernant le français, c’est cette assertion : « La morphologie nominale du pluriel ne distingue pas le masculin du féminin en cas régime. » J’ai envie de demander de quel français on parle. Tout le débat sur l’orthographe inclusive est justement la négation, même de cette « évolution française » du masculin incluant et engluant tous les genres dans une seule forme masculine. C'est aussi d'ailleurs ignorer l'évolution beaucoup plus vaste qui consiste en anglais par exemple à inventer soit des mots marqués en genre, soit des mots non-marqués en genre pour couvrir les divers genres (chairman, chairwoman, et
  • 8. chairperson ; fireman, firewoman et firefighter, et notons que ce dernier est masculinisé par le suffixe -er qui s’oppose au suffixe féminisé -ress, actor-actress, d’où la suggestion du féminin firefightress, et donc la recherche d’un neutre en genre avec firefighting person). Et le débat fait rage dans certains milieux. On sait aussi combien certains et certaines veulent absolument en français soit marquer le genre dans tous les cas, soit effacer ce genre dans tous les cas, ce qui devient difficile avec les pronoms pluriels en cas sujet comme régime, et bien sûr avec les noms dans les deux cas. C’est une dimension à la fois sociale et culturelle qui s’impose à une phylogénie qui n’a cependant jamais été indépendante de ces dimensions sociales et culturelles. Vieille tendance qui remonte à l’Antiquité si j’en crois David Batchelor (Chromophobia, Reaktion Books, Londres, UK, 2000) pour certains éléments, comme la couleur rejetée comme chaotique et inférieure au blanc pur et dur qu’Aristote déjà posait comme nécessaire pour que les formes ressortent dans leur grandeur qui est la seule dimension acceptable de tout art. « “… a random distribution of the most attractive colors would never yield as much pleasure as a definite image without color.” [Aristotle, Poetics] […] Since Aristotle’s time, the discrimination against color has taken a number of forms, some technical, some moral, some racial, some sexual, some social. » [« "… une distribution aléatoire des couleurs les plus attrayantes ne procurerait jamais autant de plaisir qu'une image bien définie sans couleur." [Aristote, Poétique] […] Depuis l'époque d'Aristote, la discrimination contre la couleur a pris plusieurs formes, certaines techniques, certaines morales, certaines raciales, certaines sexuelles, certaines sociales. »] C’est cette homogénéisation des genres au seul bénéfice du masculin dominant qui est ce que les auteurs de l’article voient sans considérer la bataille actuelle pour se débarrasser de cette homogénéisation, cet a priori idéologique qui nie la diversité et au mieux – au pire ? – l’ossifie dans un dualisme plus qu’irréaliste. Et cet homogénéisation binaire avec un seul – sur ces deux – dominant va se perpétuer dans la pensée occidentale, alors que les pensées asiatiques, africaines et amérindiennes sont fondées sur les couleurs, parfois en nombre limité mais jamais dominées par le blanc, quand il existe. On connait par exemple les couleurs des points cardinaux et du centre de l’univers chez les Mayas : Nord-blanc, Est-rouge, Sud-jaune, Ouest-noir, et Centre- vert/bleu avec l’arbre sacré ceiba. “There is a famous legend from the Popol Vuh, that the creator gods planted in the four regions of the cosmos their respective ceiba trees: in the East, the red ceiba; in the West, the black ceiba; in the south, the yellow ceiba; and in the north, the white ceiba. Finally, they planted a fifth ceiba in the center of the four directions, and in its roots, they located the Xibalbá or Mitnal, the dwelling of the dead; at its base, they placed the Kab or the land where we humans live; and in its trunk and branches they established the dwelling of the gods; and at the top of the tree was located the origin of all the gods, in the form of a magnificent heavenly Quetzal bird.” (Yucatan Today, https://yucatantoday.com/en/la-ceiba-sacred-mayan-tree/) [Il existe une célèbre légende du Popol Vuh, selon laquelle les dieux créateurs ont planté dans les quatre régions du cosmos leurs arbres ceiba respectifs : à l'Est, le ceiba rouge ; à l'ouest, le ceiba noir ; au sud, le ceiba jaune ; et au nord, le ceiba blanc. Enfin, ils ont planté un cinquième ceiba [vert/bleu en Maya, pierre et couleur du sacrifice] au centre des quatre directions, et dans ses racines, ils ont localisé le Xibalbá ou Mitnal, la demeure des morts ; à sa base, ils ont placé le Kab, ou la terre où nous, les humains, vivons; et dans son tronc et ses branches ils ont établi la demeure des dieux; et au sommet de l'arbre se trouvait l'origine de tous les dieux, sous la forme d'un magnifique oiseau céleste Quetzal.] L’Homogénéisation Occidentale Cette vision unifiante à tout prix de la pensée occidentale, aujourd’hui en crise absolue, vient de loin et est la base de toutes les ségrégations, de tous les racismes, du péril jaune,
  • 9. Robert F. Kennedy Jr. suggests covid was designed to spare Jews, Chinese people. Democratic presidential candidate Robert F. Kennedy Jr. advanced a dangerous conspiracy theory this week that the coronavirus could have been a bioweapon “deliberately targeted” to spare Ashkenazi Jews and Chinese people while disproportionately attacking White and Black people, according to a video of the remarks published Saturday by the New York Post. “There is an argument that it is ethnically targeted. Covid-19 attacks certain races disproportionately,” Kennedy said during a dinner on New York’s Upper East Side on Tuesday evening. “Covid-19 is targeted to attack Caucasians and Black people. The people who are most immune are Ashkenazi Jews and Chinese.”, The Washington Post, July 15, 2023, https://www.washingtonpost.com/nation/2023/07/15/robert-kennedy- jr-covid-conspiracy/ [Robert F. Kennedy Jr. suggère que le covid a été conçu pour épargner les Juifs, les Chinois. Le candidat démocrate à la présidentielle Robert F. Kennedy Jr. a avancé cette semaine une dangereuse théorie du complot selon laquelle le coronavirus aurait pu être une arme biologique « délibérément ciblée » pour épargner les Juifs ashkénazes et les Chinois tout en attaquant de manière disproportionnée les Blancs et les Noirs, selon une vidéo des propos publiés samedi par le New York Post. « Il y a un argument selon lequel il est ethniquement ciblé. Covid-19 attaque certaines races de manière disproportionnée », a déclaré Kennedy lors d'un dîner dans l'Upper East Side de New York mardi soir. "Covid-19 est ciblé pour attaquer les Caucasiens et les Noirs. Les personnes les plus naturellement réfractaires sont les juifs ashkénazes et les chinois.” » au péril rouge et bien sûr tout le noir diabolique et de la perdition. Le français a poussé ce sens de l’unification si loin qu’aujourd’hui il faut se coltiner la nécessaire réinvention du genre dans la langue et le discours. En rester aux fonctions de surface de sujet et d’oblique (pour ne pas dire objet car l’oblique couvre tous les compléments, unifiant à nouveau) est loin de la psychomécanique du langage qui bien sûr différencie l’agent du thème (accusatif, objet direct) et bien sûr de la source, du but et du simple lieu, d’ailleurs temporel ou spatial. Les langues agglutinantes et les langues synthétiques qui sont déclinées font la différence entre ces diverses fonctions et même parfois plus, beaucoup plus. Il est tentant de dire que ces fonctions ont disparu en français, ce qui est erroné car elles survivent avec les pronoms et avec des prépositions portant des pronoms nécessairement obliques. Dairine O’Kelly, Université de Toulon. Et les dialectes romans de France (tant d’Oïl que d’Oc, sans compter le Picard, les langues celtes, le Basque et les langues germaniques, et quelques autres, et sans compter les langues premières des populations immigrantes ou réfugiées) font parfois des différences intéressantes comme le « Dis-me-le » du Bordeluche (Occitan de Bordeaux), « Dis-moi le » de l’Auvergnat (Occitan d’Auvergne), et « Dis-le-moi » du français d’Oïl standard. Et ce ne sont pas que les humoristes qui produisent des formules du genre « Je te la le lui donne, la gifle promise depuis si longtemps » et le masculin peu réapparaître avec un bégaiement pronominal « Je te le le lui donne, le coup de pied au derrière, promis depuis si longtemps. » J’ai l’impression que les auteurs travaillent sur le français SMS des smartphones, corrigées cependant des fautes d’orthographes
  • 10. plus que nombreuses, copieuses (à la fois abondantes et copiées d’un SMS à un autre sans la moindre vergogne). Les Suffixes Nominaux En Cause Ils assurent aussi que les suffixes nominaux sont en péril de disparaître. On ne dirait plus garçonnet ou fillette (je rajoute le second, pour montrer comment le second a survécu avec des sens positifs ou négatifs divers qui n’ont plus rien à voir avec le sexe et l’âge de la personne) mais on dirait petit garçon et petite fille. Et pourtant on dit toujours poulet pour un jeune membre de l’espèce de volatile que Sully mettait dans le pot de toutes les familles (enfin les feux) de France, la célèbre poule-au-pot qui n’est que rarement une poule, simplement un poulet. Et la poulette serrait une insulte pour un flic féminin, bien que poulet pour un flic masculin passe très bien, y compris avec les personnes concernées. Par contre une poulette sans uniforme est sexuellement chargée. Mort le suffixe ? Et que dire de la langue courante avec les mots comme poulette, croquettes, baguette (petite bague pour Picmuche et baguette de pain pour Poupinou, ou l’inverse, du temps des Clowns du Prato), sans compter la cafette (orthographe personnelle) des campus et la palette des maçons où le suffixe est une étrange présence qui n’a que peu à voir avec la palette du peintre, ou même la palette du directeur régional des bâtiments de France qui gère la couleur des volets dans les villages. Mais mettre sur le même plan cancéreux, cancérigène, cancérologue, est plus que surprenant. Le premier suffixe -eux (caractérisé par la peur du cancer appliquée à une personne qui porterait un tel cancer que l’on peut attraper ou développer – même si c’est un mythe que le cancer soit contagieux – par négligence ou contact avec une situation ou une personne plus qu’une matière), cancérigène (qui est la propension d’une matière comme l’amiante à développer un cancer chez la victime de l’injection ou inhalation de cette fibre), ou cancérologue (spécialiste médical traitant du cancer de ses patients) est pour le mieux surprenant. Le suffixe -eux forme des adjectifs à partir de noms et est courant : chanceux, peureux, malheureux, miséreux, affreux, et bien d’autres. Le second suffixe -igène est complexe : cheville vocalique pour attacher le radical (modifié avec un accent) et l’élément sémantique lourd issu du verbe générer qui garde son sens dans cette composition nominale. Et ce suffixe est loin d’être mort : bloc électrogène. Le troisième suffixe -ologue est encore plus surprenant, et loin de disparaître, -ologue fait référence à un savoir, une compétence, une profession comme dans politologue, vulcanologue, idéologue, cardiologue, sexologue, et urologue. Ce suffixe est lui-même, sans sa cheville vocalique, une racine que l’on retrouve dans logique. Serait-ce une survivance d’un trait de langue à racine sémitique survivant dans la langue très analytique qu’est le français ? Ces suffixes – et deux sont en fait des éléments sémantiques propres – peuvent donner des débats houleux et même franchement haineux. On se souvient du « débat acerbe » concernant l’adjectif ou le nom « sidéen » (acceptable) et l’adjectif ou le nom « sidaïque » totalement rejeté, et les guillemets sont ici des pincettes. « Le sidaïque est une espèce de lépreux », a déclaré à la télévision Jean-Marie Le Pen le 6 mai 1987. De telles remarques sont tellement superficielles que l’on dirait un garçonnet perdu dans la translation de son smartphone qu’il n’arrive pas à appeler un téléphone portable et s’obstine à appeler un « chatbot ». Et ces suffixes sont encore fortement productifs comme pathogène, hydrogène, hypnogène, hypogène, hystérogène. Pronom Sujet Obligatoire ? Ce qui est dit sur la « généralisation obligatoire du pronom lorsqu’il n’y a pas de substantif sujet » est aléatoire et dépend du niveau de discours que nous considérons. Et surtout que l’impératif peut aisément pourvoir un verbe sans sujet, ou un verbe sans sujet peut aisément être vu comme un impératif. Seule la visée de discours peut départager. Il est aussi simple d’employer des infinitifs pour ne pas avoir à spécifier les sujets. « Danser, danser, danser, toujours danser. On abat bien les chevaux. » ou bien « Manger, manger, toujours manger, et après on n’a plus qu’à
  • 11. crever à l’exercice. » Ce serait plus simple dans une langue analytique comme l’anglais qui dans un discours de ce genre ne fait pas la différence entre le thème nu de l’infinitif, le présent de l’impératif et le présent de l’indicatif, bien qu’il pourrait employer des gérondifs qui eux aussi peuvent fonctionner sans sujet, ou même des infinitifs complets avec particule to qui eux aussi n’ont pas besoin de sujets. « To dance, to dance, to dance, that’s slavery. » Ou bien “Dancing, dancing, dancing, that’s slavery.” Ou bien encore “Dance, dance, dance, dance all the time, and my feet are killing me.” Mais nos auteurs auraient pu avancer sensiblement dans la voie de la créolisation du français, s’ils avaient considéré le picard qui a été fortement créolisé au contact soutenu avec des langues germaniques, de même que l’anglais a été fortement créolisé à soubassement germanique (Anglo- Saxon) en contact plus qu’intense et dominant avec le Français normand, lui-même créolisé au contact avec les langues scandinaves des Vikings. La vitesse d’évolution dépend de l’intensité des contacts d’une langue avec ses voisines. Tous les phénomènes abordés dans cet article relèvent justement de langues en contact et de créolisation. En picard actuel on ne peut pas avoir un substantif directement sujet d’un verbe conjugué ni même un simple pronom sujet au nominatif. Le substantif est doublé en anaphorique par un pronom nominatif, et un pronom nominatif seul est doublé en cataphorique par un pronom au cas régime. « Edmond i parlot toudis trop. » Ou bien « Mi j’parlos toudis pas assez. » Mais jamais « Edmond parlot toudis trop » ni « J’parlos toudis pas assez. » Le français en contact avec plus de vingt langues différentes en France-même et de façon quotidienne ne peut qu’évoluer vers une telle créolisation.
  • 12. Généraliser Les Verbes du Premier groupe ? ! La remarque sur l’indicatif et le subjonctif, page 17, ne fonctionne qu’avec les verbes du premier groupe, et cela ne concerne que les trois personnes du singulier et éventuellement la troisième personne du pluriel que les auteurs de mentionnent pas dans le liste d’exemples. Mais dès qu’on passe au deuxième et au troisième groupes il faut bien reconnaître que la remarque est fausse bien que les cas soient au coup par coup pour le troisième groupe. Dans le deuxième groupe la troisième personne du pluriel est identique au présent de l’indicatif et du subjonctif, mais pas celles du singulier. Ind. Je finis Subj. Que je finisse Ind. Tu finis Subj. Que tu finisses Ind. Il/elle finit Subj. Qu’il/elle finisse. Ind. Ils/elles finissent Subj. Qu’ils/elles finissent Pour le troisième groupe, il faut considérer chaque verbe comme un cas à part. Mais prenons coudre et nous avons la même situation que pour finir. Ind. Je couds Subj. Que je couse Ind. Tu couds Subj. Que tu couses Ind. Il/elle coud Subj. Qu’il/elle couse Ind. Ils/elles cousent Subj. Qu’ils/elles cousent Et cette classification n’a que peu à voir avec la fréquence d’emploi. Premier groupe : manger, cuisiner, laver, pleurer. Autres groupes : boire, cuire, blanchir, gémir, geindre. Marcher contre courir. Et de toutes façons l’argument de la perte de marques spécifiques de personne dans la conjugaison d’un verbe, ou l’absence de différences de forme entre deux temps ou deux personnes sont la négation même de ce que les auteurs appellent l’agglutination des langues romanes. En fait, l’extraction cataphorique de la personne avec les pronoms sujets, et de l’aspect avec des auxiliaires – et d’ailleurs pas que – ne rendent pas le verbe invariable. Ils rendent la conjugaison au présent de l’indicatif et du subjonctif beaucoup plus simple au premier groupe car la même forme (qui n’est pas l’infinitif, ou son thème nu qui n’existe pas en français comme en anglais) tient de nombreuses places dans ce présent, mais pas toutes, et ce plus pour les verbes du premier groupe, et encore cela n’est vrai qu’oralement, car dès que l’on passe à l’écrit, on a des différences, des -s de deuxième personne du singulier par exemple. C’est là que le français SMS triomphe dans le sens du soutien à ce que disent les auteurs. Il faut lire les messages suivant un billet sur Facebook ou sur Twitter pour voir comment la langue est torturée, triturée, carrément friturée dans un bain d’huile brûlante. On se croirait parfois revenu au 13ème siècle sous Louis IX dit Saint Louis qui développa des poêles à frire géantes avec des bains d’huile importants pour fricasser quelques gay saisis – plus ou moins – en train de commettre un péché de chair interdit pas l’église. Quand Aurons-Nous (et pas aura-t-on) Une Langue Analytique Totale ? Quand un verbe n’aura plus qu’une seule forme et que tout le reste sera ajouté en discours sous formes d’innombrables petits mots outils spécifiant les aspects, les temps, les modes, les personnes, etc., alors peut-être. Mais dans les langues isolantes, ces lexèmes outils sont nécessaires car le verbe en tant que tel est invariable. Dans les langues analytiques le verbe est loin d’être invariable, mais de nombreux éléments temporels, aspectuels, personnels, etc., ont été extraits du verbe agglutinant ou synthétique. On a donc une opération psycho-mentale totalement différente dans les deux cas : compensation en discours de ce que le verbe ne peut pas porter mais dont la visée de sens et le contexte communicationnel exigent la spécification pour les langues isolantes ; et extraction des mêmes éléments du verbe qui les avait intégrés dans la phase agglutinante (troisième articulation) de la phylogénie du langage et matérialisation de ces éléments extraits en extériorité du verbe. Il ne s’agit en rien de compensation discursive mais d’extraction de langue.
  • 13. Ordre Des Mots Strict S V O Est Une Baleine Blanche, Moby Dick Je ne dirai pas grand chose sur « l’ordre des mots strict du Type S V O » pour la seule langue française parmi les langues romanes. C’est encore en rester à une production communicationnelle des plus primitive car le discours oral ou écrit un tout petit peu soutenu ou expressif produira des formes que les machines à traduire s’emberlificoteront à traduire faussement. On sait l’opposition de sens entre « un grand homme » et « un homme grand ». Il suffit d’ajouter quelques sémèmes signifiants dans le discours pour obtenir des choses que les machines à traduire auront du mal à rendre. « Un grand homme » est « a great man » en anglais et « un homme grand » est « a big/tall man » en anglais. Mais « un homme grand comme un dieu, aussi grand qu’un trou noir qui dévore tout sur son passage » sera difficile à traduire. La règle est que « grand » en postposition par rapport au nom qu’il modifie ou qualifie se traduit par « big » ou « tall ». Mais dans l’exemple que je viens de donner « grand » n’a pas le sens de la taille de l’homme, mais de sa grandeur, son pouvoir, sa supériorité, etc. « A man as great/powerful as a God, as voracious/unfathomable as a black hole that devours everything in its path. » Google Translate me propose : "a man as big as a god, as big as a black hole that devours everything in its path". Deepl me propose exactement la même chose : "a man as big as a god, as big as a black hole that devours everything in its path". Les deux n’ont pas saisi que ce n’était pas une question de taille. La langue française est-elle une langue strictement S V O ? Non bien sûr. « Moi ? Un livre ? Mais vous n’y pensez-pas. » On ne sait même pas s’il s’agit d’écrire un livre, de lire un livre, d’acheter un livre, et l’agent hypothétique de cette action non spécifiée est un pronom personnel de première personne au cas régime, et encore pas n’importe quel cas régime, « moi » et pas « me », donc un pronom au cas régime au plus proche de la nominalisation alors que les noms en français ne portent pas de marques de personnes. Et on entend ici la réaction de l’interlocuteur : « Mais non, mon ami, vous êtes comme un livre, impénétrable et incompréhensible. » Le « moi » du départ devient à l’heure actuelle dans la répartie un simple thème dont on parle et qui n’a aucune agence du tout. Notons que l’anglais ne distingue pas « me » et « moi » qui sont tous les deux « me » (prononcez « mi »), mais le français ne peut pas rendre l’expression anglaise avec trois expressions pronominalisées de la première personne du singulier, « me, myself, and I », et on pourrait pousser jusqu’à quatre, « me, myself, I and mine » ou, mieux encore, « me myself, mine and I ». Le raisonnement est alors un peu bancal qui veut mener à l’idée que le français est une langue néo-isolante. « Seule la langue française […] a totalement anticipé [extrait cataphoriquement] la morphologie nominale et bien avancé l’anticipation [extraction cataphorique] de la morphologie verbale, a désormais un ordre des mots strict du type S V O. » Il faudra m’expliquer alors la bataille autour du féminin de « auteur » suggéré comme pouvant être
  • 14. « auteure » ou « auteuse » ou encore « autrice ». Nous avons là le contraire même de l’anticipation, une réinsertion morphologique de la catégorie du genre dans un nom qui était devenu totalement asexué en français dans sa forme masculine. Dans une langue comme le français très avancée dans sa dimension analytique, il est très peu raisonnable de poser des ordres stricts car justement le fait que la langue soit en devenir analytique pose que les ordres sont toujours aléatoires et flexibles. « Moi, une orange, jamais ! » dit la pèche au citron, « mais vous, un agrume, toujours ! » Et passons en situation humanoïde et nous avons alors des myriades d’interprétations et S V O est simplement un mythe. « Moi, des oranges, jamais, » dit l’Esquimau au Congolais, « Mais vous, du manioc ou des bananes, toujours. » Et le racisme induit dans ce que dit cet Inuit, au moins le racisme culturel, est bien présent car les bananes pour des locuteurs français feront penser à Banania et son bonhomme, ou bien à Joséphine Baker et son pagne de bananes à l’Olympia, si c’était l’Olympia. Enfermement Dans Les Langues Romanes Résumons mes arguments sur – ou plutôt contre – l’enfermement dans les langues romanes. 1- les populations qui vont les porter arrivent au Moyen Orient d’Afrique Noire aux alentours de 35,000 BCE au plus tôt (les Néanderthals du Moyen Orient ont disparu ou ont été intégrés dans la société turkique qui est arrivée au Moyen Orient vers 65 000 BCE. L’Europe est entièrement occupée alors par les populations turkiques arrivées au Moyen Orient 30,000 plus tôt que les populations qui porteront toutes les langues indo-européennes, pas seulement romanes. 2- Ces populations de la dernière vague de la troisième migration sur la base de la troisième articulation de la phylogénie linguistique s’isolent sur le plateau iranien et n’en descendront qu’au plus tôt vers 15,000 BCE, donc 4 000 ou 5 000 ans après la pointe de la glaciation, donc dans l’après de cette glaciation. Cette descente sera ralentie par la mini glaciation dite Younger Dryas entre 10 900 et 9 600 BCE. Elles sont donc peu en contact jusqu’à leur descente du plateau avec les populations parlant les langues turkiques agglutinantes au Moyen Orient (et en Asie Centrale)
  • 15. et encore moins avec les populations sémitiques aux langues à racines consonantiques qui commencent à arriver au Moyen Orient vers 30,000 BCE. 3- Du côté occidental la première langue connue de nous est le sumérien et le contact avec les populations sémitiques akkadiennes produisent, pour des raisons commerciales le système d’écriture cunéiforme et les tablettes d’argile qui la portent remontent jusqu’à environ 6 000 BCE (avec au Louvre certaines retrouvées en Roumanie et datées de cette période). À partir de cette date on ne peut remonter que de 15 000 ans , soit jusqu’à 21 000 BCE, en plein dans la phase maximale de la glaciation. Mais on ne peut remonter que pour la langue sumérienne qui est une langue synthétique et donc indo-européenne avec une forte présence agglutinante dans les phénomènes d’accord. Les langues turkiques ne seront écrites que beaucoup plus tard, après que les Phéniciens sémitiques aient développé l’alphabet consonantiques qui est le leur (avec la seule voyelle initiale « alep » ou « aleph », en bref « A »), et le transfert vers la Grèce avec les mouvements de populations indo-européennes à travers l’Anatolie vers ce qui sera bientôt la Grèce parlant le Grec ou les dialectes grecs. L’alphabet grec introduit les voyelles et devient donc un système d’écriture alphabétique, ce que n’était pas l’écriture cunéiforme qui était plutôt syllabique avec la possibilité pour une syllabe d’être réduite à une seule voyelle. 4- C’est sur ces échelles temporelles que la phylogénie linguistique a une chance de se développer sans avoir le sort de l’Indo-Européen bloqué en remontée et reconstruction rétrospective vers 15 000 BCE, et peut-être 18 000 BCE, à peine mille ans après la pointe de la glaciation. Ne considérer que les langues romanes, sans mention du grec, et de l’arménien qui lui est très proche, c’est s’isoler de toute possibilité de phylogénie linguistique allant dans le sens du temps donc en perspective vers l’à-venir, puisqu’on les prends là où ils sont aujourd’hui, en dehors de tout contact ou presque, sans se poser la question sur d’où ils viennent et comment ils sont arrivés là où ils sont, étant bien entendu que les langues romanes sont développées par les populations locales non identifiées linguistiquement qui adoptent le latin du fait de la colonisation romaine. 5- Le manque le plus notoire dans cette approche est le phénomène de langues en contact et de passage de langues préglaciaires (turkiques et agglutinantes) ou de langues postglaciaires (indo-européennes et surtout pas au singulier, mais toutes au plus synthétiques et au mieux analytiques), sur la base d’une population portant ces langues indo-européennes minoritaire (25% de notre ADN), populations qui intègrent et convertissent aux langues indo-européennes la majorité turkique de la population ancienne (75% de notre ADN). On ne sait rien sur les langues turkiques antérieures à la glaciation, sauf si on considère la recherche de Theo Vennemann. Or, parler de langues en contact, c’est parler de créolisation des langues concernées, qu’elles soient le substrat ou l’apport nouveau. Le mot créolisation n’est même pas suggéré. 6- Cet article se centre sur l’Europe et sa culture la plus ancienne dont j’ai déjà parlé avec la référence à Aristote sur le blanc pur, sur la forme dominante, et sur le rejet des couleurs, y compris raciste puisque « barbare » signifie « qui ne parle pas grec » dans cette civilisation hautement ségrégationniste et fondée sur l’esclavage de masse, y compris de populations anciennes donc parlant des langues turkiques agglutinantes à qui il est fait obligation de s’intégrer comme Médée, la Colchidienne, la Géorgienne, la Turkique donc, dans la mythologie de la Toison d’Or volée aux Colchidiens et intégrée par Jason dans la culture grecque. Cet européocentrisme est dangereux linguistiquement car il tue toute logique phylogénique longue. 7- Le concept de néo-isolant est dangereux phylogéniquement. Les langues isolantes sont construites sur la base de la compensation discursive des absences catégorielles des noms et des verbes invariables par des mots outils extérieurs aux noms et verbes invariables (haute créativité discursive d’ailleurs comparable à la haute créativité discursive des langues consonantiques sémitiques), alors que les langues indo-européennes sont entre synthétique et analytiques évoluant du synthétique à l’analytique par extraction des catégories intégrées dans les mots par le développement agglutinant antérieur hors de ces mots et leur réalisation qu’on dira, en se trompant, ad hoc, qui ne portent que ces catégories, et ces mots outils ne font sens qu’attachés à un nom ou un verbe dont ils sont des extractions. Et on est loin des langues isolantes qui ne sont
  • 16. pas toutes sur le même schéma. Dans le sud-est asiatique et dans les îles qui vont de ce sud-est asiatique jusqu’à la Micronésie et la Polynésie, et probablement au-delà jusqu’en Amérique du sud et centrale (les planères Inca, Maya, Aztèque et quelques autres en Amazonie avant le génocide et culturocide des colonisateurs européens), les populations de la migrations hors d’Afrique Noire concernées ont intégré sur une large échelle les populations Dénosivanes dont, à l’instar des population Néanderthales, on ignore tout de la langue, de la communication, de la culture etc. Il est évident que le Vietnamien ou le Laotien sont différents du Coréen et du Chinois, voire du Japonais, et pourtant toutes ces langues sont isolantes. Dire que le Coréen est agglutinant est pour le moins inattendu, et pour moi incongru. 8- Chaque articulation, chaque étape conserve et dépasse l’étape antérieure et en même temps, simultanément et de façon absolument coordonnée par phylogénie, chaque étape contient en potentiel ce que l’étape suivante va produire. Et cela est vrai de bien plus que les langues et les cultures. Cela est aussi vrai de la biologie. Certes la première forme du fétus, deux cellules qui se sont unies, ne contiennent aucune trace de phosphore, et pourtant l’organisme produira dans son développement fœtal la protéine MAP-2 qui sera essentielle pour le développement de la mémoire sans laquelle il n’y a aucune émergence possible de l’humanité et même de milliers ou de millions d’espèces antérieures. Nous avons en nous la mémoire des papillons. 9- La phrase turque « Parislileştiremediklerimizdensinizdir » traduite comme signifiant « Vous êtes de ceux que nous n’avons pas réussi à rendre parisiens », puis doublée d’un autre couple par simple rotation du nom de la ville à l’initiale « Istanbullulaştıramadıklarımızdansınızdır » traduite comme « Vous êtes de ceux que nous n’avons pas réussi à rendre stambouliotes » ignore totalement le travail de Zellig Harris, le maitre de Chomsky, sur la détermination des ruptures entre éléments syntaxiques ou sémantiques dans une phrase par le niveau statistique d’un phonème antérieur au phonème suivant : statistique ouverte dans le choix du phonème suivant, rupture morphologique ou sémantique donc coupure entre deux unités ; statistique basse dans le choix du phonème suivant, non-rupture morphologique ou sémantique. On aurait aussi un troisième niveau aves une statistique médiane pour les éléments formateurs à l’intérieur d’un mot, mais Zellig Harris ne semble pas avoir posé ce troisième niveau. On sait que Chomsky a totalement rejeté l’extension de cette approche statistique à la structure sémantico-syntaxique de la phrase car autrement la célèbre phrase « Colorless green ideas sleep furiously » serait parfaitement acceptable, alors que Chomsky la refuse comme simplement insensée ou absurde. L’oxymoron poétique n’est pas intégré à la grammaire générative, du début jusqu’à la fin. La pensée humaine est posée comme non-oxymoronique par définition. Notons ici cependant que les auteurs de cet article généralisent sans la moindre hésitation ce qu’ils disent sur le Turc à toutes les langues agglutinantes qui couvrent pour eux tous les phénomènes d’agglutination dans toutes les langues sans précision sur le nombre minimal de caractéristiques agglutinantes (les 25 d’Alfred Toth) dans une langue pour qu’on puisse la considérer comme étant agglutinante. 10- Le dernier met doit revenir aux langues en contact et à la créolisation de ces langues. L’article concerné ici est particulièrement déficient sur cet élément, même si le concept et le phénomène de créolisation des langues en contact est fortement débattue et même franchement rejeté par les partisans des langues dites créoles des Antilles, et quelques autres endroits dans le monde, car ces langues dites créoles sont le résultat de colonisations extrêmes et d’esclavage génocidaire.